Boxoffice Pro n°516 – 6 mai 2026
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Bimensuel N°516 / 6 mai 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
LE 24 JUIN AU CINÉMA
#DesMinionsEtDesMonstres
UniversalFR
LA BAT
DE GA
L’ÂGE D
AU CINÉMA
AILLE
ULLE
E FER
LE 3 JUIN
SIMON
RUSSELL BEALE
FLORIAN
LESIEUR
JÉRÔME SEYDOUX
P R É S E N T E
SIMON
ABKARIAN
KARIM
LEKLOU
BENOÎT
MAGIMEL
NIELS
SCHNEIDER
TOM
MISON
KACEY
MOTTET-KLEIN
ET MATHIEU
KASSOVITZ
LA BATAILLE DE GAULLE
L’ÂGE DE FER
UN FILM DE
ANTONIN
BAUDRY
SCÉNARIO, ADAPTATION ET DIALOGUES
ANTONIN BAUDRY ET
BÉRÉNICE VILA
D’APRÈS
LE LIVRE « DE GAULLE : UNE CERTAINE
IDÉE DE LA FRANCE » DE JULIAN
JACKSON AV E C GRÉGOIRE COLIN
ANTHONY CALF ET CAMPBELL SCOTT
MUSIQUE
ORIGINALE VOLKER BERTELMANN PRODUIT
PAR
JÉRÔME SEYDOUX
ET
ARDAVAN SAFAEE PRODUIT
UNE
PAR AXELLE BOUCAÏ COPRODUCTION PATHÉ
TF1 FILMS PRODUCTION BELVÉDÈRE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES CINÉMA NESS FILMS LOGICAL CONTENT
UNE
AVEC LE
VENTURES COPRODUCTION BESIDE PRODUCTIONS SOUTIEN DU TAX SHELTER
DU GOUVERNEMENT FÉDERAL BELGE VIA
BESIDE TAX SHELTER
AVEC LA
EN COPRODUCTION
PARTICIPATION DE WALLIMAGE (LA WALLONIE) AVEC LAURENT
DASSAULT ROND-POINT OUROBOUROS ENTERTAINMENT
- LAURE SUDREAU STAGS PARTICIPATIONS
- FAMILLE PHILIPPE LOUIS-DREYFUS AONIA
VENTURES - OLIVIER BROURHANT
AVEC LE SOUTIEN
ESSENTIEL DE
CANAL+
AVEC LA
AVEC LA
AVEC LA
AVEC LE
PARTICIPATION DE DISNEY+ PARTICIPATION DE TF1 PARTICIPATION DE TMC SOUTIEN DE
EN ASSOCIATION
BNP PARIBAS AVEC SOFITVCINE 11 CINÉMAGE 18
INDÉFILMS 12 SG IMAGE 2022 CINÉMAGE 19
AVEC LE SOUTIEN
SOFITVCINE 12 DE LA RÉGION ÎLE-DE-FRANCE
DE LA RÉGION
PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR ET DE LA RÉGION AUVERGNE-
EN PARTENARIAT
RHÔNE-ALPES AVEC LE CENTRE NATIONAL DU
DISTRIBUTION ET VENTES
CINÉMA ET DE L’IMAGE ANIMÉE INTERNATIONALES PATHÉ
© 2026 PATHÉ FILMS - TF1 FILMS PRODUCTION - BELVÉDÈRE - AUVERGNE-RHÔNE-ALPES CINÉMA
LOÏC
CORBERY
de la Comédie Française
ANAMARIA
VARTOLOMEI
CRÉATION :
Bimensuel N°516 / 6 mai 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
CANNES 2026
PRÊTS À EN PRENDRE
PLEIN LES YEUX ?
L'édito
Sommaire
Tissus rural
Le financement du cinéma est régulièrement abordé.
À chaque grande crise avec les diffuseurs, et chaque
année dans les différents bilans – dont nous nous faisons
d’ailleurs l’écho dans nos pages –, nous revenons sur la
santé financière de la production. Celle de l’exploitation,
et du financement des salles de cinéma, est en revanche
rarement évoquée. Il s’agit pourtant d’un sujet majeur,
et c’est pourquoi nous avons choisi de l’aborder dans
ce numéro et d’y revenir régulièrement.
L’article que nous publions apporte un éclairage intéressant
sur le rôle – que l’on sait essentiel – des collectivités
locales. Mais il pointe également la fragilité de la situation,
et le risque qui pèse sur le modèle de financement de
nos salles. L’apport des collectivités locales, qu’elles
soient communales, départementales, régionales, etc.
est une composante essentielle du budget d’un établissement.
Et si la bonne volonté de nombre de ses acteurs
ne fait pas de doute, ainsi que leur attachement à la
culture, la situation dans lesquels se trouvent leurs
comptes et leurs perspectives sont moins enthousiasmantes.
La décentralisation croissante, la tendance forte
de l'État à faire supporter par les collectivités des charges
dont il s’acquittait auparavant, font peser des risques
sur les comptes des collectivités et leur capacité à soutenir
des projets culturels, quels qu’ils soient. Chaque Région,
au fil des ans, est appelée à faire des efforts budgétaires
dont la culture est souvent la victime, parfois sans
discernement, voire avec brutalité. Le contexte politique,
dans lequel elle est prise pour cible à travers certains
festivals, le CNC, ou encore l’audiovisuel public, n’incite
pas à un optimisme débridé. La vigilance doit donc
être grande, le dialogue permanent, la confiance forte
pour leur prouver qu’un cinéma est non seulement un
lieu de culture, mais aussi un lieu social indispensable
à la vie de la cité.
est une publication de
Laurent Cotillon
N°ISSN : 2740-3335
Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-
Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal
à parution
P. 6 à 8
ACTUS
Le CNC saisit la Médiateure du cinéma et
lance un appel à témoignages
Le Festival d’Annecy déroule sa sélection
Les BFF sur les routes de France
Lancement de la plateforme de séance
à la demande cineOD
P. 10 à 31
CANNES 2026
Les rendez-vous cannois (Cinemas Club,
ACID, CST…)
Entretien avec Ava Cahen (Semaine de
la Critique), Julien Rejl (Quinzaine des
Cinéastes) et Pauline Ginot (ACID)
Rencontres nationales art et essai :
bande annonce avec David Obadia
Rencontre avec le groupe Inédits
de l’AFCAE
Les distributeurs sur la Croisette
P. 35 à 37
DISTRIBUTION
Metropolitan prépare son entrée
dans les Backrooms
Nathalie Cieutat (Pathé Films)
dans l’Émission
P. 38 à 41
DOSSIER FINANCEMENT
Financement des cinémas :
quels comptes sont bons ?
Interview de Henri de Roquemaurel
(BNP Paribas)
Entretien avec Karim Mouttalib et
Sébastien Saunier (IFCIC)
P. 44 à 47
INTERNATIONAL
Les Blue Ribbon Awards français
P. 48 à 53
EXPLOITATION
Cannes, 365 jours par an,
avec Philippe Borys-Combret (Cineplanet)
Rencontre avec Nicolas Gorjux (mairie de
Cannes)
Le Star de Cannes se métamorphose
Focus sur L’Alliance de Guipry-Messac
P. 54
MISCELLANÉES
Pathé en mouvement, carnet noir,
petite annonce, CDACi et Agenda de la
profession
Crédit page 3 : La Vénus électrique de Pierre Salvadori © Diaphana
Directeur de la publication
Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr
Directeur général délégué média & stratégie
Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr
Rédacteurs
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Collaboration au magazine
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Boxoffice Pro France
4 N°516 / 6 mai 2026
jérémie renier
CHI-FOU-MI & VIXENS
présentent
loury lag
“UN VOYAGE HUMAIN ET SENSORIEL
À TRAVERS LE DEUIL ET L’AMITIÉ”
FRANCE INTER
d’un monde
à l’autre
un film de
jérémie renier
Actualités
Les cinémas AMC
lancent une expérience
de concert interactif
Avec son nouveau partenaire Arena One, le géant de l’exploitation
mondial AMC Theatres lance “Arena One at AMC”. Il
s'agit d'un nouveau format de concert spécialement pensé
pour être diffusé en temps réel dans les cinémas, avec l’ambition
de connecter le public et les artistes, grâce à une technologie
innovante. L’opération débutera en juin dans plus de
300 cinémas AMC, à travers 89 villes des États-Unis, avec les
concerts de Bebe Rexha (17 juin), Paris Hilton (18 juin), Kim
Petras (19 juin) et Maren Morris (20 juin).
Après le succès dans ses salles des concerts filmés de Taylor
Swift – qui s'étaient imposés en tête du box-office US en
2023 puis l’année dernière –, le patron d’AMC Adam Aron
entrevoit là le potentiel d'ouvrir un « tout nouveau chapitre
dans le divertissement en direct ». Peter Hamilton, PDG
d'Arena One, précise qu’une scène a été conçue « pour une
adaptation parfaite au cinéma, mais ce sont les artistes qui en
définissent la forme. Ils n'adaptent pas des tournées ; ils créent
quelque chose de nouveau. C'est ainsi qu'un média se réinvente
».
C.V.
ICE Theaters s’étend
en Allemagne
En l’espace de six mois, ICE Theaters aura ouvert quatre salles
chez Cineplex, exploitant leader en Allemagne. Après Fürth
et Germering, le concept premium développé par CGR s’installe
en effet à Königsbrunn, et dans les prochaines semaines
à Aichach. Ces deux nouvelles salles, comme les deux
premières, seront équipées du combo premium « Ultimate x
ICE Theaters », qui allie panneaux LED placés de chaque côté
de la salle, son immersif Dolby Atmos, projection laser et
fauteuils premium.
« Notre objectif est de faire revenir le public vers l’expérience
partagée du cinéma, et nous voyons dans cela un fort potentiel
pour l’avenir », comment Alexander Rusch, directeur
général de Cineplex. Pour Sébastien Bruel, directeur de ICE
Theaters, « cette dynamique envoie un signal très positif
quant à l’attractivité du format immersif et confirme l’adhésion
du public.».
Avec ces deux ouvertures, ICE Theaters équipe désormais 58
salles à travers six pays : la France, l’Espagne, l’Inde, l’Estonie,
l’Équateur et l’Allemagne. De son côté, Cineplex est l’exploitant
leader en Allemagne avec 90 cinémas répartis dans
71 villes.
J.D.
©AMC
©ICE Theaters
CNC : saisine de la Médiateure du cinéma
et appel à témoignages
Suite à l'article paru dans Le Monde du 28 avril
concernant des pratiques présumées d'entrave à
la concurrence entre salles, le président du CNC
a officiellement saisi l’autorité de conciliation du
secteur et appelle la profession à se manifester.
Dans un courrier adressé le 30 avril à la Médiateure
Laurence Franceschini, Gaëtan Bruel a rappelé la
récente deuxième recommandation issue des travaux
du comité de concertation distributeurs-exploitants
[voir le Boxoffice Pro du 4 février 2026]. La démarche
fait suite à des accusations selon lesquelles le circuit
Megarama aurait demandé à plusieurs distributeurs
Lutte contre le piratage : carton rouge du
Conseil d’État
Dans une décision rendue le 30 avril 2026, la
juridiction administrative française a jugé la riposte
graduée de l’Arcom non conforme au droit
européen.
Saisi par quatre associations, dont La Quadrature du
Net, le Conseil d’État estime que le décret (du 5 mars
2010) encadrant l’identification des internautes et le
traitement de leurs données personnelles doit être revu.
La décision s’inscrit dans le prolongement d’un arrêt de
la Cour de justice de l’Union européenne : si les États
membres peuvent imposer la conservation généralisée
des adresses IP pour lutter contre certaines infractions,
leur utilisation est strictement encadrée. Or, en France,
Oscars 2027 : l’International s’émancipe
L’Academy of Motion Picture Arts and Sciences fait évoluer les règles d’éligibilité des Oscars 2027, avec
une nouvelle voie d’accès à la catégorie Long métrage international et des exigences d’accessibilité
renforcées pour les campagnes.
Historiquement, la désignation des candidats à la catégorie
Long métrage international reposait sur le choix du
comité de sélection de chaque pays. Désormais, tout film
en langue non anglaise ayant reçu la récompense suprême
d’un grand festival international intègre directement la
liste des candidats éligibles. Concrètement, un film non
retenu par le comité de son propre pays – ou issu d'un
territoire sans comité – pourra candidater… s’il figure
au palmarès du Festival de Cannes (Palme d'Or), de la
Mostra de Venise (Lion d'Or), du Festival de Berlin (Ours
d'Or du meilleur film), du Festival du film de Sundance
(Grand Prix du Jury World Cinema), du Festival de
Toronto - TIFF (Prix Platform) et du Festival de Busan
(Prix de Busan - Meilleur film).
Autre évolution symbolique qui permet de dissocier les
œuvres d’éventuelles dynamiques – et pressions – politiques
au sein de cette catégorie : c’est le film qui sera
désormais "nommé", et non plus le pays ou la région
qu'il représente. En cas de victoire, la statuette sera
acceptée par le réalisateur au nom de l'équipe, et la plaque
affichera le nom du cinéaste juste après le titre de l'œuvre
– le pays d'origine n'étant mentionné qu'à titre
indicatif.
Parmi les autres évolutions annoncées – dont la précision
que les scénarios des films nommés à l’Oscar dédié doivent
être écrits par des humains –, l’Academy fait également
©Valerie Durant / The Academy / A.M.P.A.S.
de refuser des sorties nationales à des cinémas
concurrents.
Face à ce qui s'apparente à un obstacle « à la plus large
diffusion des œuvres cinématographiques », et soulignant
qu'aucun litige n'a encore été formellement déposé à
ce stade, Gaëtan Bruel appelle l'ensemble des exploitants
et distributeurs susceptibles d'être concernés par
cette situation à prendre attache sans délai avec la
Médiateure. À noter que, afin d'encourager la remontée
de preuves concrètes et d'informer l'ensemble de la
filière du lancement de cette procédure, le courrier
de Gaëtan Bruel a été rendu public sur le site du CNC.
le cloisonnement des données est jugé insuffisant dans le
cadre de la réponse graduée de l’Arcom. Le Conseil estime,
en outre, que « si l’autorité publique a déjà, à deux reprises,
mis en relation les données d’identité d’un même abonné
avec des informations sur le contenu d’œuvres qu’il aurait
piratées, elle ne peut procéder à une troisième mise en relation
de ce type sans y avoir été préalablement autorisée par une
juridiction ou une entité administrative indépendante » .
Sans remettre en cause le principe de la lutte contre le
piratage, la décision contraint donc les pouvoirs publics
à revoir le cadre juridique. Dans l’attente d’un nouveau
décret, l’Arcom peut poursuivre le croisement des données,
« mais uniquement pour leur adresser les deux premiers
avertissements de la réponse graduée », précise le Conseil d’État.
entrer les enjeux d’accessibilité dans la réglementation
de la promotion autour des nommés. Dans un souci
d’inclusion de tous les votants, les campagnes “For Your
Consideration” doivent faire figurer un contact (mail ou
téléphone) auprès duquel formuler des besoins liés à
l’accessibilité ou vérifier l’adaptation des lieux de
projection.
A.A.
6 N°516 / 6 mai 2026
LA SÉLECTION DU FESTIVAL D’ANNECY DÉVOILÉE
L’édition 2026 du Festival international du
film d’animation se déroulera du 21 au 27 juin
prochains.
Le festival s’ouvrira avec l’avant-première de Des Minions
et des monstres, des studios Illumination et réalisé par
le Français Pierre Coffin (distribué par Universal), et permettra
de découvrir pas moins de 44 longs métrages en sélection
officielle. Elle témoigne de la vitalité de la production
européenne, avec 13 pays représentés, et en particulier
française, avec 14 longs cette année. Outre la compétition,
la quinzaine de films de la section “Annecy présente”,
qui rassemble des œuvres “grand public”, seront désormais
récompensés d'un prix du public soutenu par Peugeot.
On n’oubliera pas les Midnight Specials, pour des films
plus expérimentaux, les Work in Progress et les nombreuses
Séances événement, dont une sur les studios Aardman,
une plongée dans Ghost in the Shell, un coup de projecteur
sur Fleur de Rémi Chayé ou encore un avant-goût
du programme de Warner Bros. Pictures Animation.
Et bien sûr le Mifa, marché international du film d’animation,
propose de nombreux rendez-vous et de nouveaux
formats aux professionnels de l’ensemble de la filière.
Compétition
Longs métrages L’officielle
• Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach
(Haut et Court, 16/12/26)
• Decorado d’Alberto Vazquez (Le Pacte)
• In Waves de Phuong Mai Nguen (Diaphana, 01/07/26)
• Le Corset de Louis Clichy (KMBO, 14/10/26)
• Le Dossier de l’aube de Rupert Wyatt, Alexis Bloom
et Emilie Phoung (KMBO)
• Le Violoniste d’Ervin Han et Raúl Garcia
• Lucy Lost d’Olivier Clert (Le Pacte, 28/10/26)
• Nobody de Shui Yu
• Tana de Ji Zhao et Ke Er Zhu
• Tangles de Leah Nelson
• We Are Aliens de Kohei Kadowaki (Dulac Distribution)
Jury : Faisal Baltyuor, Mònica Garcia Massagué et
Maïlys Vallade
Longs métrages Contrechamp
• 58 e de Carl Joseph Papa
• Une aube nouvelle de Yoshitoshi Shinomiya (ADN, 12/08/26)
• Bienvenue chez Dolly de Steven Ych et Rady Fu
• Blaise de Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue (Jokers)
• Chroniques de l’espace-temps de Stefano Bertelli
• L’Orbite des satellites mineurs de Christopher Sullivan
• Le Fils de pute d’Érica Maradona, Otto Guerra, Tania
Anaya et Sávio Leite
• Muyi, la légende du village des femmes de Julien
Chheng (Gebeka)
• Passionné à la folie de Wataru Takahashi
• Peleliu : Guernica of Paradise de Goro Kuji (Eurozoom)
• Winnipeg de Beñat Beitia et Elio Quiroga
Jury : Suresh Eriyat, Lola Lefèvre et Anna Ida Orosz
LES BFF SUR LES ROUTES DE FRANCE
Ces dernières semaines, ces best friends forever
ont sillonné le pays à la rencontre des salles et des
spectateurs. De quoi concrétiser un projet social
et interactif, lancé il y a plus d’un an et demi.
Ce 21 mai, Caroline, Romane et Salim achèveront
leur tour de France des cinémas, entamé le 21 avril.
Une initiative prolongeant le concept que les trois
amis ont lancé en octobre 2024, les “BFF du ciné”,
en forte effervescence sur les réseaux sociaux avec plus
de 30 000 abonnés cumulés sur Instagram et TikTok.
Une fois par semaine, la bande d’amis propose à sa
communauté de choisir une séance parisienne parmi
trois options. En s'adossant à la programmation
existante de l'établissement, la projection a lieu la
semaine suivante et se prolonge régulièrement autour
d’un verre. « Notre objectif est de soutenir les sorties qui
en ont le plus besoin, tout en offrant aux spectateurs
l'opportunité de découvrir des films qu'ils n'auraient pas
choisis spontanément », explique Caroline. Ainsi, depuis
le début de l’année, des séances ont été organisées
autour de Gourou, Marty Supreme ou La Maison des
femmes, mais aussi N121 - Bus de nuit, À pied d’œuvre,
Nino dans la nuit ou encore Les Filles du ciel. Et le
succès est au rendez-vous, avec en moyenne 80 à 150
spectateurs, principalement de 18 à 30 ans. Le record
a d’ailleurs été atteint le jour de l’ouverture de leur
tour de France avec 190 personnes réunies. Ce roadtrip
est justement né de la volonté des trois amis de
s’étendre hors de la capitale etd’aller à la rencontre de
leurs abonnés. Et pourquoi pas, dans un futur idéal,
de démarrer un mouvement national, « avec une antenne
BFF dans toutes les villes de France » ?
©Thibaut Morin
Documenté jour après jour sur les réseaux sociaux, le
parcours a démarré le 21 avril à l’UGC Ciné Cité les
Halles, et est passé par l’UGC Ciné Cité Strasbourg,
l’UGC Ciné Cité Lille, l’Arvor de Rennes, le Katorza
de Nantes, l’UGC Ciné Cité Bordeaux, le Royal de
Biarritz, l’American Cosmograph de Toulouse, l’Utopia
de Montpellier et le Chambord de Marseille. Il entame
son ultime étape ce 12 mai, avec l’arrivée des BFF au
Festival de Cannes, dont les portes leur ont été ouvertes
par le CNC, partenaire du tour aux côtés de
GetAround, La Vie, Bjorg, CineOD [voir p. 8],
Lomography, Maison Les Dames et UGC. Tout un
programme, donc, pour « faire des émeutes » dans le
plus de cinémas de France, comme les trois amis le
clament en début de chaque vlog afin de « souligner
une idée de mouvement et de rassemblement ». Un élan
soutenu par le président du CNC, Gaëtan Bruel, qui
a lui-même déclaré lors de l’inauguration du tour :
« Il est temps de faire la révolution ! »
J.D.
N°516 / 6 mai 2026
7
Actualités
cineOD
LES SÉANCES À LA DEMANDE ARRIVENT
DANS LES SALLES FRANÇAISES
Une démarche itérative, où chaque feedback de salle vient
enrichir l’outil avant son déploiement plus large.
Agathe Marçais en charge du projet cineOD et Julien Marcel, président de Cine Group, lors d’une présentation de la plateforme à Amsterdam lors du
Boxoffice Tour
Développée par Cine Group* avec la collaboration de Gathr, pionnier américain du cinéma à la
demande, la plateforme cineOD entame sa phase pilote dans des salles partenaires à Paris et
en région. Première séance officielle au Grand Rex début avril, soutien du CNC, catalogue
Gaumont déjà en ligne : la mécanique se met en place, et la filière commence à en mesurer
le potentiel.
Le concept est simple, et c’est précisément ce qui en
fait la force. Sur la base d’un catalogue sécurisé par la
plateforme cineOD, les spectateurs pré-réservent une
séance dans le cinéma et à l’horaire de leur choix. Dès
que la jauge du nombre de spectateurs minimum, fixée
par l’exploitant à l’avance, est atteinte, cineOD informe
la salle, qui peut alors créer une séance ordinaire avec
un socle de billets garantis. Le projet de séance permis
par cineOD devient alors une séance classique, et cineOD
ferme les ventes de son côté, redirigeant les spectateurs
vers le site web de l'exploitant. L’idée est double : permettre
aux spectateurs de participer à la programmation, et
sécuriser économiquement chaque projection pour
l’exploitant, qui ne déclenche la séance qu’avec la certitude
d’un volume minimum de spectateurs déjà engagés.
Pensé en complément de la programmation classique
et non en substitution, cineOD propose actuellement
des titres de catalogue qui pourraient, à terme, cohabiter
avec des films ayant récemment quitté l’affiche, pour
lesquels les exploitants pourraient ainsi tester la demande
avant d’ouvrir une nouvelle séance.
Un programme « pionniers » déjà bien
engagé
Les présentations successives, auprès de Cinéo, lors du
Boxoffice Tour à Amsterdam ou encore lors des Rencontres
de Bretagne, ont permis de fédérer rapidement plusieurs
dizaines d’exploitants à Paris et à travers la France. Côté
indépendants parisiens, Multiciné et Dulac ont rejoint
le programme « pionniers », aux côtés de salles comme
Cinewest, Baucine, Cinémonde, le Sélect de Saint-Jeande-Luz
ou encore le Royal de Biarritz. Des discussions
sont par ailleurs en cours avec les principaux circuits
nationaux, signe d’un intérêt qui ne semble pas se limiter
à certaines catégories de salles.
« Ces échanges, avant même le lancement, nous ont déjà
permis de beaucoup ajuster et affiner la plateforme », explique
Agathe Marçais, qui pilote le projet chez Cine Group.
Première séance au Grand Rex, étape à
Biarritz
Début avril, c’est au Grand Rex qu’a eu lieu la toute
première séance cineOD, autour de OSS 117 : Le
Caire, nid d’espions. « Une séance tout à fait à l'image
de ce que nous espérons : un groupe motivé de spectateurs
mobilisés pour que la séance existe, rejoints par des
spectateurs venus simplement découvrir le film à l'affiche
du Grand Rex – et qui sont repartis en parlant entre eux
de cineOD et des prochaines séances qu'ils avaient envie
d'organiser ! », relate Agathe Marçais. Un cas d’école
qui illustre la logique d’hybridation recherchée : une
séance déclenchée par une communauté, mais qui
nourrit ensuite la fréquentation classique de la salle.
cineOD accompagne par ailleurs le Tour de France
des BFF du cinéma [voir p. 7], ce groupe de cinéphiles
qui mobilise sur Instagram pour fédérer des communautés
autour de séances partagées en salle, suivies
d’un moment de convivialité spontanée. Au Royal de
Biarritz, le 2 mai, c’est sur La Boum que s’est porté le
choix des spectateurs cineOD, confirmant l’appétit
du public pour des expériences de cinéma collectives,
choisies et incarnées.
Rendez-vous à Cannes
Prochaine étape pour la plateforme : une présentation
dans le cadre du showcase innovation Dolby, mercredi
13 mai au Cinémas Club de Cannes. L’occasion, en
marge du Festival, de présenter cineOD à l’ensemble
de la filière et d’engager le dialogue avec les exploitants,
distributeurs et ayants droit qui souhaiteraient rejoindre
l’aventure.
Découvrez la plateforme sur www.cineOD.fr
* Société éditrice de Boxoffice Pro France
Gaumont a tout de suite adhéré au projet et mis à
disposition un catalogue de plus d’une centaine de films,
de Léon à Intouchables, en passant par Zéro de conduite
ou La Boum. Une diversité qui permet de s'adresser
aussi bien au public cinéphile qu'aux communautés de
fans, pour des programmations événementielles ou
patrimoniales. Le concept a également séduit le CNC,
qui a apporté son soutien sous la forme d’une aide aux
moyens techniques de diffusion, saluant une innovation
jugée « vertueuse pour la filière ». Un signal qui inscrit
cineOD dans la continuité des dispositifs visant à élargir
l’offre en salle sans fragiliser l’équilibre économique des
exploitants, et qui valide la cohérence du modèle au
regard des enjeux de diversité et d’accès au cinéma.
La page d'accueil de cineOD.fr fait la part belle au catalogue Gaumont.
8 N°516 / 6 mai 2026
Cannes 2026
LES RENDEZ-VOUS DU CINEMAS CLUB
Mardi 12 mai
15h15-16h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :
Moyen Orient et Afrique du Nord : nouvelles terres
d’opportunités pour la salle de cinéma ?
avec Mohamed-Reda Benjelloun, directeur du Centre
cinématographique marocain, Mohamed Khouna,
président de la Commission d’aide aux salles du Centre
cinématographique marocain, Jean-Marc Lalo, architecte.
Modéré par Julien Marcel, président de Cine Group.
Mercredi 13 mai
11h15-12h45 - Lérins Cinemas Club - Showcase :
Dolby Innovation Day
avec Youry Bredewold, responsable des relations
exploitants EMEA de Dolby, Leslie Vuchot, CEO et
fondatrice de Timeless Cinema, Agathe Marçais, cheffe
de projet de cineOD, Jeffrey Guevara, Business Developer
de ICE Theaters, Sébastien Aubert, producteur
chez Adastra Films, Anne Pouliquen, co-fondatrice
de Traverse, et Quentin Bitran, fondateur de Réfractio.
Modéré par Laurent Cotillon, directeur général délégué
média & stratégie de Cine Group.
15h15-16h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :
À quoi ressemblera l’offre d’Hollywood au
cinéma demain ?
avec Niels Swinkels, président de Focus Features,
Jackie Brenneman, présidente et CEO de l’Independant
Film & Television Alliance, et Charles Rivkin, président
de la Motion Picture Association. Modéré par
Julien Marcel.
16h-18h - Cinemas Club - Présentation : Pass
Culture et cinéma : analyse de l’usage par les jeunes
et évaluation du soutien de l’industrie
avec Laurence Tison-Vuillaume, présidente du pass
Culture, et François Catala, directeur du développement
du pass Culture.
Jeudi 14 mai
17h15-18h15 - Cinemas Club - Table ronde : La salle
de cinéma peut-elle encore nous surprendre ?
avec Jens Kayser, directeur cinéma EMEA de Sharp,
Hervé Baujard, directeur commercial cinéma EMEA de
Dolby, Jeffrey Guevara, Business Developer de ICE
Theaters, et Marion Rosset, CEO de ADDE. Modéré
par Laurent Cotillon.
Vendredi 15 mai
15h15-16h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :
Publicité : le cinéma, dernier bastion de l’attention ?
avec Julian Pinn, CEO de l’Association mondiale de la
publicité cinématographique (SAWA), Valérie Candeiller,
directrice de la communication et activations de marque
de Peugeot et Bertrand Nadeau, président d’OMD.
Modéré par Laurent Cotillon.
Samedi 16 mai
9h-11h - Cinemas Club - Présentation : Timeless Cinema
avec Leslie Vuchot, CEO de Timeless Cinema.
15h15-16h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :
Diversification des contenus : les nouveaux leviers de
croissance des salles ?
avec Mitchel Berger, vice-président exécutif du commerce
mondial de Crunchyroll, Caspar Nadaud, CEO et
fondateur de Piece of Magic Entertainment, et Éric
Meyniel, chief box-office officer de Kinepolis. Modéré
par Laurent Cotillon.
Dimanche 17 mai
11h15-12h45 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :
Le 7 ème art : toujours un art ? Dérégulation et concentration
du secteur, où en sommes-nous de la liberté
de création ?
avec Radu Mihaileanu, réalisateur (L’ARP), Zoé Wittock,
réalisatrice (SRF)… Modéré par Laurent Cotillon.
RETROUVEZ
LE PROGRAMME
JOUR PAR JOUR
Lundi 18 mai
11h15-12h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :
Comment vont les salles de cinéma à l’international,
et que peuvent-elles nous apprendre ?
avec Phil Clapp, président de l’UNIC, Fatima Djoumer,
directrice générale d’Europa Cinemas, et Cécile Lacoue,
directrice des études, des statistiques et de la prospective
du CNC. Modéré par Julien Marcel.
Mardi 19 mai
11h15-12h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :
Quel futur pour les salles de cinéma d’art et d’essai ?
avec Alicia Kozma, vice-présidente de Art House Convergence,
Christian Bräuer, président de la CICAE, Guillaume
Bachy, président de l’AFCAE, et Ilda Santiago, CEO du
Festival international du film de Rio de Janeiro. Modéré
par Laurent Cotillon.
Mercredi 20 mai
11h15-12h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :
L’avenir des jeunes en salle
avec Charlotte Corniot, déléguée générale de Cinéma
pour tous, Chloé Delaporte, enseignante-chercheuse, et
Les Bffs - Collectif Citadelle : Samir Hamzaoui, Caroline
Sabuco et Romane Talva. Modéré par Julien Marcel.
10 N°516 / 6 mai 2026
©Cécile Vargoz
PAVILLON CNC
Du dialogue intergénérationnel autour de la salle au financement du cinéma européen
« à l’heure de la tech », en passant par les mutations de l’exploitation à l’international,
le Centre national du cinéma irriguera le festival de sa traditionnelle série de tables
rondes depuis son pavillon de la plage du Gray d’Albion.
Mercredi 13 mai
10h à 12h (sur invitation) : Partager le cinéma en salle
entre 15 et 25 ans – Restitution d’un dialogue intergénérationnel
- Regards croisés entre exploitants et jeunes
impliqués dans les pratiques de salle. Organisée par
l’ACID, région Sud et Écrans Sud, en partenariat avec
le CNC
15h à 17h30 : Résidence du Festival de Cannes : session
de pitchs - En partenariat avec le Festival de Cannes
Jeudi 14 mai
10h à 12h : 80 ans du CNC - Le cinéma français, un
fleuron industriel au service de la diversité culturelle -
Table ronde
15h à 16h30 : Comment les studios de tournage
s’adaptent désormais à tous les types de production ? -
Table ronde
Vendredi 15 mai
10h15 à 11h45 : La nouvelle donne du cinéma aux
États-Unis - Table ronde en partenariat avec la Villa
Albertine - Traduction anglais-français
15h à 17h30 (sur invitation) : Rendez-vous des producteurs
francophones
Samedi 16 mai
10h à 10h20 : Conversation avec Henna Virkkunen,
Vice-présidente exécutive de la Commission européenne
chargée de la Souveraineté technologique, de la Sécurité
et de la Démocratie
10h30 à 12h : Le financement du cinéma en Europe
à l’heure de la tech - Table ronde en partenariat avec les
EFAD et la SACD - Traduction anglais-français
15h à 16h15 : ESFUF – Ukrainian Cinema of Tomorrow
16h30 à 17h30 : Rencontre avec les producteurs coréens
Dimanche 17 mai
Matinée Cinéma en salles : Quelles tendances mondiales ?
Quelles stratégies pour l’avenir ?
10h à 11h : Exploitation : Quelles tendances à
l'international ?
11h à 12h30 : Expérience collective, défis communs :
quelles stratégies pour l’avenir du cinéma ? - Table ronde
- Traduction anglais-français
14h45 à 16h30 : Jeunesses en Méditerranée et au
Moyen-Orient : accompagner les talents et les publics de
demain - À l’occasion de la Saison Méditerranée de
l’Institut français - Table ronde en partenariat avec Doha
Film Institute - Traduction anglais-français
Lundi 18 mai
9h30 à 11h : Cannes Remakes : session de pitchs - En
partenariat avec le Marché du Film
14h30 à 16h : La collaboration auteurs/producteurs :
une entente déterminante pour un scénario réussi -
Table ronde
16h à 17h30 : Parité : un changement de paradigme
pour le cinéma en France - Table ronde
Mardi 19 mai
10h à 12h : Matinée Doc Day - En partenariat avec le
Marché du Film - En anglais
15h à 16h30 : Entre regard et geste : quel apport de la
pratique dans l’éducation au cinéma et à l’image ? -
Table ronde
Mercredi 20 mai - Journée du patrimoine
09h45 à 11h : De Malraux écrivain à Malraux cinéaste,
d’Espoir à Sierra de Terruel - Table ronde
11h à 12h : Fondation Aliph, CNC et INA au secours
du patrimoine cinéma et audiovisuel international -
Table ronde
15h à 16h : Le CNC et le Festival de Cannes, 80 ans
d’histoire commune - Table ronde
16h à 17h : Toulouse : un nouvel élan pour le cinéma
autour de la Cinémathèque - Table ronde
Jeudi 21 mai
10h à 11h30 : Sommes-nous toutes et tous devenus
des critiques de cinéma ? - Table ronde en partenariat
avec le Syndicat français de la critique de cinéma
11h30 à 12h30 : Conférence de presse – Concours
Moteur ! Saison 10
15h à 16h : Comment la diversité (sociale, générationnelle,
de genre) est représentée devant et derrière l’écran
au cinéma ? - Table ronde proposée par le Prix de la
Citoyenneté, en partenariat avec Unis-Cité
Vendredi 22 mai
10h à 16h30 : 11 e Journée du Cinéma Positif
Lieu : Pavillon du CNC – Plage du Gray d’Albion, sur
inscription
Programme prévisionnel sous réserve de modifications.
L’accès aux événements se fera dans la limite des places
disponibles.
N°516 / 6 mai 2026
11
Cannes 2026
LES RENDEZ-VOUS DU CAFÉ DES CINÉASTES
©A.Algan/Boxoffice Pro
Les Écrans Inclusifs
2 è édition
Comme l’an dernier, une journée consacrée à
l’inclusion dans les métiers du cinéma, organisée
par le SPCH, sera accueillie sur le pavillon
de la CST, avec trois tables rondes.
Une rencontre du Café des Cinéastes, ACID Cannes 2025
Pour la sixième édition, l’ACID convie exploitants,
distributeurs, cinéastes et autres professionnels à ses
tables rondes se déroulant en marge de ses projections.
Un espace pensé pour « protéger les œuvres et
leurs auteurs », comme le souligne Pauline Ginot,
déléguée générale de l’Association [voir p. 18-19].
L’espace, situé 8 rue du Batéguier à Cannes, est ouvert
du 13 au 21 mai de 10h à 15h. Toutes les tables rondes
démarrent à 15h30.
Jeudi 14 mai - Santé mentale dans la culture : constats,
enjeux et outils mobilisables
en partenariat avec Audiens et Thalie Santé
Vendredi 15 mai - Quelle Europe pour les auteurs et
la création ?
en partenariat avec la SACD
Samedi 16 mai - Un an après le rapport d’enquête, le
cinéma français veut-il vraiment changer – ou
fait-il semblant ?
en partenariat avec MeTooMedia
Dimanche 17 mai - Action culturelle cinématographique
: coopérations et enjeux territoriaux
en partenariat avec la FACC
Lundi 18 mai - Accompagner son documentaire, à
quel(s) prix ?
en partenariat avec la SCAM
Mardi 19 mai - La politique de France Télévisions en
matière de financement et de diffusion du cinéma
en partenariat avec la SACD
Mercredi 20 mai - Comment soutenir la diversité de
la création et améliorer le soutien à l’écriture ?
en partenariat avec la SACD
Jeudi 21 mai
10h10 : Diversité à l’écran et dans les métiers : de
l’ambition à la réussite
En présence Camille Galliard-Minier, ministre
déléguée chargée de l’Autonomie et des personnes
handicapées, de Laëtitia Bernard, journaliste chargée
de mission par la ministre de la Culture, et avec
Leslie Thomas, secrétaire générale du CNC, des
représentants de la Mission Handicap d’Audiens,
l’Agefiph, France Travail et Ghislain Gauthier, secrétaire
national CGT spectacle. Table ronde animée
par Pascal Parsat, expert du handicap pour la culture
chez Audiens.
11h10 : La formation et l’émergence des talents
Avec des représentants de La Fémis, IMCA Provence,
Travelling… animée par Lara Sarciaux, agente artistique
(Cristal)
12h10 : Le rôle central des producteurs
Avec des producteurs du SPI et l’UPC, Marie-Castille
Mention-Schaar (réalisatrice de Pour le meilleur), et
Manuel Alduy, directeur du cinéma de France Télévisions,
modérée par Keren Marciano, Réalisatrice
et Déléguée générale du SPCH
LES RENDEZ-VOUS DE LA CST
Partenaire technique historique du Festival de Cannes,
la Commission supérieure technique y organise aussi des
rencontres, sur son pavillon à Pantiero. Outre son Club
des partenaires, accueillant des sociétés des industries
techniques, elle propose chaque matin, de 10h à 11h,
une rencontre CanneS Technique, avec un expert, animée
par Alexia de Mari, journaliste et docteure en études
cinématographiques et audiovisuelles, retransmise en
direct sur la chaîne YouTube de la CST. Et chaque soir,
dans l’émission CanneS prime Time, Alexia de Mari et
Mathieu Guetta, référent exploitation à la CST, décryptent
les films en sélection officielle avec leurs invités.
CanneS Technique
Mercredi 13 mai - La production cinématographique
au féminin : focus sur les techniciennes
avec Cécile Prévost, Responsable des relations avec les
branches professionnelles et des accompagnements
individuels et entreprises chez Audiens
Jeudi 14 mai - La Nikon ZR : un nouvel outil de
tournage de cinéma
avec Ludovic Drean, Responsable Département Vidéo
et Photo Professionnel chez Nikon France
Vendredi 15 mai - Demain, quel modèle économique
pour la formation des techniciens du cinéma ?
avec Jack Aubert, Directeur général adjoint de l’AFDAS
Samedi 16 mai - Les outils HAL Picture à travers les
sélections du Festival de Cannes 2026
avec Martin Roux, Directeur de la photographie - AFC
- HAL Picture - Polyson
Dimanche 17 mai - Profondeur, densité visuelle, et
avantage du format 65mm
avec Marc Cattrall, Cinema Business Development
Manager chez Fujifilm Europe
Lundi 18 mai - Comment mettre les nouvelles optiques
ZEISS Aatma au service d’une histoire ?
avec Hélène de Roux, Réalisatrice et consultante
chez ZEISS
Mardi 19 mai - Voix du futur : la performance vocale
augmentée par l'IA
avec Jacques Barreau, Vice President - Media & Interactive
Entertainment chez Transperfect
Mercredi 20 mai - VFX et narration : l’art de la
supervision
avec Hugues Namur, Superviseur VFX chez MPC Paris
12 N°516 / 6 mai 2026
Cannes 2026
©Capucine Henry
SEMAINE DE LA CRITIQUE
ENTRETIEN AVEC AVA CAHEN
La déléguée générale de la section des “premières fois” réaffirme sa volonté
d’accompagner les films et les cinéastes auprès du public, bien au-delà de Cannes.
On compte quatre premiers films français sélectionnés
cette année, mais un seul dans la compétition,
qui est particulièrement ouverte sur le monde [voir
p.27]. Constatez-vous l’émergence de nouveaux
pays de cinéma ?
Le Festival de Cannes est international et nous essayons
donc d'avoir une compétition qui le soit : nous avons
vu cette année 1 050 longs métrages parvenus de 106
pays différents. L'Asie est très en forme, et après un
film thaïlandais primé l’an dernier, Fantôme Utile,
nous avons un premier film chinois, mais aussi un
premier film de fiction mexicain, ainsi qu’un court
métrage algérien et un autre syrien, qui apportent de
nouvelles couleurs à cette sélection. Mais cette année,
nous allons surtout présenter pour la première fois
un long métrage du Yémen et un du Kosovo. C'est
beau, parce que la Semaine de la Critique, c'est des
premières fois, et c’est toujours grisant, en tant que
programmateur, de vivre des premières fois. Chaque
année, nous sommes en effet surpris par de nouvelles
cinématographies qui émergent, dans des contextes
politiques et sociaux parfois très compliqués. Ainsi
Dua, de la kosovare Blerta Basholli, parle du conflit
naissant entre le Kosovo et la Serbie dans les années
90, à travers le regard d'une adolescente ; The Station,
premier long de la Yéménite Sara Ishaq, montre la vie
de femmes qui résistent à un patriarcat étouffant dans
ce pays, que l’on n’a pas souvent l'occasion de voir.
Nous retrouvons aussi cette année des territoires de
cinéma rarement exposés à Cannes, comme l'Irlande
avec Tin Castle, portrait d'une famille de travelers
irlandais, qui marque le retour du documentaire dans
notre compétition. Mais si nous essayons d’être une
fenêtre sur le monde, c’est toujours la qualité artistique
qui guide notre sélection.
Sur les 7 longs en compétition, 5 sont réalisés par
des femmes. La Semaine continue d’être exemplaire
à cet égard, mais là aussi, est-ce la qualité
artistique qui prime ?
Toujours. On ne pratique pas de politique de quotas,
pas plus que de boycott culturel de quelconque pays. En
revanche, on constate une progression du nombre de
films réalisés par des femmes parmi ceux que l’on reçoit ;
en quelques années, on est passé de 24 % à 30 %. Ce
n'est pas encore la parité, mais ce sont souvent les films
qui nous ont le plus touchés et bousculés, et c’est un très
heureux hasard. Car en tant que critique et programmateur,
nous avons une responsabilité dans les images et les
représentations que l'on partage : l'exigence artistique est
la même pour toutes les sélections du Festival de Cannes,
un endroit merveilleux qui peut faire des carrières, mais
peut aussi être très cruel.
Autre première fois, la Semaine s'ouvrira avec un
film d’animation : est-ce d'abord le film qui vous
a conquis ou la volonté de soutenir l’animation
française ?
Un peu les deux : le cinéma d'animation français est aimé
de par le monde et ses talents sont souvent récupérés par
d'autres pays producteurs. Dans ce très beau film d'ouverture,
la grâce de l'animation nous a percutés. Il s'appelle
In Waves et sa représentation des vagues, réaliste et poétique,
nous a vraiment enchantés. Réalisé par la franco-vietnamienne
Phuong Mai Nguyen, c'est un film français mais
qui se passe aux États-Unis, et reprend un peu les codes
des teen movies américains des années 90, fusionnant
les genres, la 2D et et de la 3D. Plus généralement, on
constate une belle percée de l’animation à Cannes, avec
Flow il y a deux ans, l'année dernière Arco et, en clôture
de la Semaine de la Critique, Planètes de Momoko Seto.
La question des publics
nous tient beaucoup
à cœur en tant que
critiques de cinéma :
c’est un métier de
transmission
Nous essayons de montrer le cinéma dans tous ses états,
avec, chaque jour de la Semaine, un langage et une
couleur différente.
La salle du Miramar à Cannes n’est-elle pas devenue
trop petite ?
C'est une salle de 450 places mais extrêmement bien
équipée, et qui surtout, avec son côté cocon, est la
maison refuge des premiers films. Cela peut être très
impressionnant de montrer son premier film à Cannes
et Miramar est une petite salle, mais avec une grande
caisse de résonance. Je l’ai constaté dès 2022 lors de
ma première année en tant que déléguée générale :
j'avais l'impression que tout le monde parlait d'Aftersun
sur la Croisette. Et puis nous proposons trois séances
par jour pour chaque film, ainsi que des projections
publiques au cinéma de Valbonne, avec l'Association
Les Visiteurs du Soir, et à La Licorne à Cannes-la Bocca.
14 N°516 / 6 mai 2026
Après Cannes, comment accompagnez-vous la vie
des films auprès du public ?
Un film existe dès lors qu'il est vu. Depuis quelques
années, tous les films que nous sélectionnons à la Semaine
de la Critique ont un distributeur, ce qui n’est pas un
critère d'éligibilité, mais nous assure de la visibilité du
film en France et pour les ventes internationales. C’est
aussi souvent notre sélection qui déclenche l’arrivée d’un
distributeur, ce qui est très réjouissant : modestement,
on se dit qu'on a les yeux au bon endroit. Nous accompagnons
ensuite les films dans le cadre de leurs avant-premières
en travaillant avec les distributeurs, mais aussi sur
la durée, notamment auprès des scolaires. Les membres
de notre comité ont présenté récemment Imago, Planètes
ou Des preuves d’amour qui étaient en sélection l'an
dernier, en expliquant pourquoi on choisit certains films
et comment se bâtit un regard critique. C'est une façon
pour nous d’être présents aux côtés des cinéastes, qu'on
ne lâche pas dans la nature après Cannes, mais aussi aux
côtés des spectateurs et spectatrices.
Vous organisez aussi des ciné-clubs ?
Nous animons le ciné-club “Critique et création” au Jeu
de paume, une salle très accueillante d’une centaine de
places, qui nous permet là aussi d'être dans un petit cocon
et de vivre des moments privilégiés. Je crois que le discours
critique est toujours prescripteur et quand un critique
de cinéma vient parler d'un film en salle, cela peut susciter
une excitation incroyable, comme un Philippe Rouyer
sait le faire. La question des publics nous tient beaucoup
à cœur en tant que critiques de cinéma : c'est un métier
de transmission. Et le cinéma d'auteur peut être très
généreux et trouver son chemin en salles auprès de toutes
les générations, en témoignent des films comme La
Pampa ou Nino, pour lequel nous avons organisé une
très belle avant-première en septembre dernier, en compagnie
de Théodore Pellerin.
Théodore Pellerin qui est d’ailleurs membre de
votre jury cette année…
C'est un acteur que j'ai découvert en 2018, dans le cadre
d'un de mes voyages au Canada, dans Chien de garde de
Sophie Dupuis. Je le suivais de loin jusqu'à ce que Nino
Nous sommes très fiers
quand, dès leur
deuxième ou troisième
film, ces cinéastes
s’inscrivent dans
l’Histoire du cinéma
nous arrive et séduise tout le monde, valant à Théodore
le prix de la révélation à la Semaine de la critique puis le
César du meilleur espoir. Il saura regarder les films exigeants
que l’on propose, et nous avions très envie de passer la
semaine avec lui… parce qu'on l'adore. Et puis cela crée
une continuité, comme l'affiche de la Semaine de la
Critique qui chaque année remet en avant un film marquant
de l'édition précédente. Cette fois, nous rendons hommage
à Manon Clavel et Makita Samba qui nous ont bouleversés
dans Kika, car nous sommes aussi la section de la révélation
de jeunes comédiennes et comédiens. Nous tenons
beaucoup, à travers des premiers films, à faire découvrir
de nouveaux visages.
Prévoyez-vous à nouveau une reprise de la sélection
de la semaine de la Critique en salles ?
Dans la foulée de Cannes, l'intégralité de l'édition – courts
et longs – est reprise à la Cinémathèque française, puis
les longs sont montrés à Marseille, aux Variétés et à La
Baleine. Ce sont des moments plus détendus qu'à Cannes
et formidables, parce que le public est là, et peut échanger
avec les équipes qui viennent présenter leurs films. Il y
a une reprise également en Corse, que nous avons décalée
cette année de juin à octobre, pour toucher tous les
publics, y compris étudiants. Cela coïncidera avec nos
ateliers Next Step II en Corse, à Casell’arte, lancés il y a
deux ans autour de Musique et cinéma. Les films de
chaque édition sont aussi repris en octobre au Mexique,
en partenariat avec le Festival de Morelia. Nous avions
autrefois une très belle reprise au Liban, où c'est malheureusement
devenu compliqué à assumer mais que nous
aimerions relancer, et nous essayons d'ouvrir à l'Asie.
Vous accompagnez aussi les cinéastes dans la
poursuite de leur carrière. Comment se déploient
vos ateliers Next Step ?
Next Step volume 1 consiste à accompagner des cinéastes
dont nous avons sélectionné un court métrage et qui
passent au long. Nous les invitions à Paris et au Moulin
d’Andé où pendant une semaine, ils sont conseillés sur
l’écriture de leur scénario et son lancement sur le
marché. Le programme Next Step II, en Corse, vise à
créer des rencontres entre des cinéastes, passés par la
Semaine de la critique et en train d'écrire leur deuxième
long, et des compositeurs et compositrices. Ces ateliers
donnent lieu à des moments absolument magiques de
travail collectif, de réflexion sur l’apport de la musique
dans un film. Des compositeurs donnent aussi des
master class, comme Amine Bouhafa, qui a fait la
musique de La Petite Dernière d’Hafsia Herzi… une
réalisatrice révélée à la Semaine de la Critique. Nous
tenons vraiment à accompagnement les cinéastes pour
qu'ils trouvent leur place dans l'industrie ; pas juste
pour les lancer, mais pour qu’ils volent de leurs
propres ailes.
Et on le voit cette année avec trois anciens, trois alumni
de la Semaine de la Critique en compétition officielle :
Charline Bourgeois-Tacquet avec La Vie d'une femme,
dont nous avions présenté Les Amours d'Anaïs en 2021 ;
Emmanuel Marre avec Notre salut, après Rien à foutre
à la Semaine en 2021 ; et Léa Mysius avec Histoires de
la nuit, dont nous avions projeté Ava en 2017. Nous
sommes très fiers quand, dès leur deuxième ou troisième
film, ces cinéastes s'inscrivent dans l'Histoire du cinéma.
Propos recueillis par Cécile Vargoz
©Semaine de la Critique
©Semaine de la Critique
Théodore Pellerin, révélé dans Nino de Pauline Loquès en 2025, avec Ava Cahen. Cette année, il est membre du
jury de la Semaine de la Critique.
Makita Samba et Manon Clavel, les jeunes acteurs de Kika d’Alexe Poukine, l’an dernier lors de la présentation
du film à la Semaine de la Critique. On les retrouve en 2026 sur l’affiche.
N°516 / 6 mai 2026
15
Cannes 2026
QUINZAINE DES CINÉASTES
ENTRETIEN AVEC
JULIEN REJL
©Florent Drillon
Avec une sélection 2026 qui
fait la part belle aux premiers
films, au documentaire et à
l'animation [voir p.30], la section
parallèle créée par la Société des
réalisatrices et réalisateurs de
films réaffirme son ambition de
faire partie de – et de restituer –
l’histoire du cinéma et des salles.
Julien Rejl, délégué général de la Quinzaine des Cinéastes
Votre sélection 2026 compte six premiers longs
métrages, soit près d'un tiers d'une sélection de 19
films provenant de cinq continents. Assumez-vous
la ligne plus “découvreuse” que suit la Quinzaine
depuis votre arrivée, en juin 2022 ?
La découverte et l'éclectisme ont toujours été les deux
piliers de la Quinzaine. L’idée est donc de toujours
continuer à défricher de jeunes talents, qu'ils en soient
à leur premier ou à leur deuxième long métrage, mais
également de rassembler au sein d'une même sélection,
sans aucune hiérarchie, cinéastes confirmés, productions
destinées à un large public et œuvres plus pointues pour
cinéphiles. C'est ce mélange des genres qui fait l'originalité
de la Quinzaine, qui pour rappel est ouverte au public
auquel on se doit de proposer la sélection la plus riche
et variée possible.
Au-delà de la diversité géographique, votre sélection
se distingue également par la diversité
des genres cinématographiques qui y sont représentés…
Cette année, nous avons en effet mis un accent particulier
sur le documentaire [avec Gabin de Maxence Voiseux et
Merci d’être venu d’Alain Cavalier, ndlr.] et sur l'animation
[Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach et Le
Vertige de Quentin Dupieux en clôture, ndlr.]. Il s'agit
de deux genres aux écritures plurielles qu'il nous tenait
à cœur d'intégrer pleinement dans la sélection, au même
titre que les autres formes de cinéma. Nous sommes très
heureux d'avoir rétabli cet équilibre.
Quel sera le buzz de la Quinzaine cette année ?
Avec ses deux actrices principales extrêmement connues
en Corée et au Japon, Dora, le troisième long métrage
de July Jung, nous promet déjà un buzz asiatique. Même
chose pour le film norvégien Low Expectations d’Eivind
Landsvik, dont l'actrice principale compte un nombre
impressionnant de followers sur les réseaux sociaux et
qui va probablement attirer beaucoup de projecteurs sur
la Quinzaine.
Il est évidemment toujours difficile de prédire le buzz à
l'avance et je suis honnêtement très curieux de le découvrir !
Déjà, je ne sais pas si beaucoup de monde s'attendait à
retrouver Kantemir Balagov [réalisateur russe de Tesnota
– Une vie à l’étroit, Une grande fille… et de The Last Of
Us - Saison 1, ndlr.] en ouverture. Enfin, j'espère que nos
propositions d'animation vont détonner, et largement
rassembler les publics.
Le Gâteau du président de Hasan Hadi, qui a reçu
le “Choix du public”, l’unique prix décerné à la
Quinzaine, a réalisé 265 000 entrées dans les salles
françaises depuis sa sortie sous bannière Tandem
en février dernier. Que vous inspire ce succès ?
C'est un plaisir d'autant plus grand que ce film n’était
pas vraiment dans nos radars et que nous l’avons repéré
de manière… inattendue. Dès l'annonce de sa sélection,
de nombreux distributeurs ont cherché à l'acquérir et
pour beaucoup d'exploitants, il était l’une des plus belles
propositions des Rencontres de l’AFCAE. Ensuite, il y
a eu la Caméra d'or – qui récompense un premier film
toutes sections confondues – couplée à notre Choix du
public. Et au-delà de sa très belle carrière française en
salles, il a eu un incroyable parcours international, jusqu'à
sa nomination à l'Oscar du meilleur film étranger, sachant
qu’il a été acquis par Sony aux États-Unis.
Bien sûr, nous aimerions que cela se passe comme ça à
chaque fois. Le premier Choix du public avait été attribué
au film canadien Une langue universelle, une œuvre
originale, voire complètement barrée sur laquelle personne
n'aurait parié. C’est donc un film d'auteur un peu plus
niche, puis l’année suivante une proposition à vocation
plus populaire qui ont remporté l'adhésion du public de
la Quinzaine, prouvant à quel point ce dernier est pluriel
et imprévisible. Mais dans les deux cas, ce qui me réjouit,
c'est que les spectateurs ont décidé de primer une véritable
découverte plutôt qu'un cinéaste déjà installé. Enfin, le
succès du Gâteau du président prouve l'impact de ce
“label” sur la distribution, pensé pour pouvoir être mis
en avant sur leurs outils de communication.
Quel est par ailleurs le titre de la sélection de
l’année dernière dont la carrière vous a le plus
surpris dans les salles françaises ?
L'Engloutie de Louise Hémon, un premier film, pas
forcément facile d’accès, qui aux dernières nouvelles
dépasse les 70 000 entrées. Après son lancement à la
Quinzaine, il a cumulé les récompenses – comme le prix
Jean-Vigo ou André Bazin des Cahiers du Cinéma – et
a été primé dans un nombre incroyable de festivals. Et
16 N°516 / 6 mai 2026
sachant que le film sortait un 24 décembre, son distributeur
Condor a réussi à le faire exister à la période de
Noël, pourtant peu propice aux films d’auteur.
Comment s'annonce la nouvelle édition de la
Quinzaine en salles, prévue du 10 au 21 juin ?
Je suis très fier que nous ayons réussi à installer dans la
durée et la stabilité un véritable partenariat interprofessionnel,
avec le SCARE, les syndicats de distributeurs
comme le DIRE et de SDI, de producteurs comme le
SPI, les réseaux MK2 et Dulac ou encore Cinego pour
la technique. Nous maintenons notre maillage d'une
trentaine de salles. Celles qui sont en travaux cette année,
comme le Star à Strasbourg ou le Diagonal à Montpellier,
reviendront en 2027. En attendant, nous accueillons de
nouveaux venus comme les CinéPlanet de Salon-de-
Provence et d'Alès, Les Montreurs d'images à Agen, et
le Ciné St-Leu à Amiens, dont l'arrivée me réjouit particulièrement
car il acte le retour dans notre festival des
Hauts-de-France, ma région d’origine.
Quelles sont les autres nouveautés de la Quinzaine
en salles ?
Sur le fonctionnement, nous conservons la flexibilité
introduite l'an dernier. Si Paris, Lyon et Marseille font
toujours une reprise intégrale, les autres exploitants
peuvent adapter la manifestation à leur échelle, en présentant
un minimum de six films et au moins deux séances
accompagnées.
Le public de la
Quinzaine a prouvé
à quel point il est
pluriel et imprévisible
Par contre, le Festival d'Annecy commençant un peu
plus tard cette année, les deux longs métrages d'animation
de notre sélection ne pourront pas être diffusés lors de
la Quinzaine en salles. Je trouve dommage de faire primer
la "logique de festival" sur l'intérêt des œuvres, des
cinéastes et des distributeurs. Ces trente cinémas partenaires
font partie des plus performants de France ; et la
Quinzaine en salles, dans la foulée de Cannes, donne un
tremplin à tous ces films pour que différents publics
puissent les découvrir tout de suite, avec un aspect de
“démocratisation” qui ne veut pas profiter aux deux films
d'animation.
Pour cette édition 2026, vous publierez également
le deuxième numéro des Carnets de la Quinzaine.
Est-ce une autre façon de lier la section parallèle
à son public et à une certaine histoire du cinéma ?
La Quinzaine est une sélection dans laquelle les cinéastes
parlent avec le public après les projections. Ces échanges-là,
il est important d’en garder une trace, pour les partager
avec le plus grand nombre et transmettre cette cinéphilie
dans le temps. Le principe de ces Carnets est donc de
faire fructifier les échanges enregistrés lors de l'édition
précédente, tout en y ajoutant des contenus inédits. Nous
avons ainsi prolongé la discussion avec Alain Chabat,
notre invité d'honneur de l’année dernière, en compagnie
du critique de cinéma Adrien Dénouette. Cette année,
Alain Guiraudie, qui nous a confié une photographie
pour l'affiche du festival, a accepté de réaliser un entretien
pour la préface. C'est une belle façon de continuer à
travailler avec les cinéastes que nous aimons, en les faisant
parler de cinéma autrement.
Pour ce numéro deux, nous avons également fait évoluer
la forme. Au lieu de la stricte retranscription de questions-réponses
de l'an passé, l'essayiste et historienne
Gabriella Trujillo a transformé ces dialogues en récits.
Elle y transmet notre enthousiasme de sélectionneurs
tout en citant les réalisateurs. L'autre immense valeur
ajoutée, ce sont les documents de travail et les photos de
tournage inédits, fournis par les cinéastes eux-mêmes.
C'est une plongée unique dans leur processus de création
que l'on ne trouvera nulle part ailleurs. L'ouvrage sera
disponible pour les plus chanceux à la boutique de la
Quinzaine pendant le festival, puis partout en librairie
et en ligne dès le mois de juin.
Propos recueillis par Aysegül Algan
©Quinzaine des Cinéastes / Guillaume Lutz
Julien Rejl devant le public du Théâtre Croisette, Quinzaine des Cinéastes 2023
N°516 / 6 mai 2026
17
Cannes 2026
©Lea Rener
ACID
ENTRETIEN AVEC
PAULINE GINOT
La déléguée générale Pauline Ginot lors d'une présentation d'une séance de l'ACID Cannes, en 2025
Avec une 34 e sélection mêlant fiction,
documentaire voire film hybride
[voir le programme p. 31], et un Café
des Cinéastes toujours plus ouvert
et engagé, l’Association du cinéma
indépendant pour sa diffusion
continue son combat pour l’action
culturelle.
Que retenir de cette sélection ?
Nous avons reçu plus de 650 films, ce qui est bien plus
que d’habitude, et la sélection de neuf films qui en résulte
est marquée par une grande fraîcheur, puisque six d’entre
eux sont des premiers longs métrages. Plus globalement,
tous sont réalisés par des auteurs dont le travail n’est pas
encore identifié par le grand public. Nous notons également
la force de l’Iran à travers deux films qui se sont
naturellement imposés par leur puissance : le documentaire
français Dans la gueule de l’ogre de Mahsa Karampour et
la fiction punk Living Twice, Dying Thrice de Karim
Lakzadeh. Nous comptons deux autres documentaires :
Cœur secret de Tom Fontenille et La Détention de
Guillaume Massart, en plus d’un film hybride voire
“non-binaire", Virages des Suissesses Céline Carridroit
et Aline Suter. Côté fiction nous aurons Promised Spaces
du Serbe Ivan Marković, Barça Zou de Paul Nouhet et
Blaise de Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue, qui
représentera l’animation. Enfin, Mauvaise Étoile de Lola
Cambourieu et Yann Berlier ouvrira la sélection.
Pour l’instant, deux films possèdent des distributeurs
en France, à savoir Blaise chez The Jokers, et
Mauvaise Étoile chez Tandem…
Une offre plurielle est une des clés pour faire revenir le
public en salles et cette sélection en est l’incarnation. Je
suis donc convaincue que tous les films finiront par
trouver leur structure, comme l’année dernière. Néanmoins,
la faible proportion de titres pour l’heure distribués
renseigne sur une plus grande frilosité au moment du
marché, et d’un rétrécissement du marché pour les
propositions émergentes, sans casting identifié, et qui
s'écrivent (et donc se produisent) différemment. Nous
avons hâte des retours des distributeurs sur une œuvre
comme Barça Zou avec ses allers-retours narratifs par
exemple. On a le sentiment à l’ACID que seuls les cinéastes
déjà identifiés peuvent se permettre une totale liberté
Une offre plurielle est
une des clés pour faire
revenir le public
en salles
narrative en ayant l’assurance que les diffuseurs les suivront
dès les préfinancements, ce qui nous inquiète pour
l’émergence de nouveaux talents. L’un des rôles de l’ACID
est justement de mettre en lumière certaines des propositions
que nous recevons, afin de signaler aux distributeurs
et vendeurs internationaux les longs métrages qui ont
réussi leur pari, avant de commencer le travail avec les
exploitants. C’est ce travail de défrichage qui permet,
des années plus tard, l'éclosion de figures comme Justine
Triet, Kaouther Ben Hania ou, plus récemment,
Martin Jauvat.
18 N°516 / 6 mai 2026
L’ACID est un lieu d’expression privilégié du documentaire,
en témoignent les trois – plus un film
hybride – de cette sélection. Néanmoins, les derniers
échos sur la place de cette typologie en salles
évoquent une diffusion de plus en plus restreinte.
Y a-t-il toutefois des raisons de rester optimiste ?
L’Association se trouve dans une position paradoxale :
les cinéastes de l’ACID sont en première ligne pour
constater les risques inédits qui planent sur le documentaire
de création, tout en observant sa capacité vitale à recréer,
grâce au cinéma, des espaces de dialogue autour de sujets
sur lesquels la société se crispe. Ces craintes dépassent le
simple documentaire de création et concernent notre
avenir démocratique ; perdre cette production et sa
visibilité en salle auprès des publics, c’est perdre un espace
d’échange nécessaire. Par ailleurs, nous alertons également
sur les inégalités de programmation liées à la nature même
d’un film : trop souvent, le documentaire est relégué aux
seules projections événementielles, et aucun écosystème
ne peut tenir sur le long terme ainsi Ce risque de marginalisation
s'accentue avec son exclusion récente du
plancher de séances dans certains engagements de programmation
homologués individuellement. C’est d’autant
plus dommage que le CNC a renforcé son soutien pour
la création et la distribution du documentaire, ce que
nous saluons. L’angle mort est du côté de
l’exploitation.
Dans ce contexte, comment percevez-vous la
pondération des séances des œuvres de moins
de 80 copies labellisées Recherche et découverte,
en cours depuis le début d’année dans le cadre du
deuxième volet de la réforme art et essai ?
La fréquentation des films labellisés Recherche peut
fortement varier d’une année à l’autre. En 2024, sa
progression massive était principalement portée par
quelques titres comme La Zone d’intérêt, L’Histoire de
Souleymane ou encore Les Graines du figuier sauvage qui
ont tous dépassé les 500 000 entrées. Dans ces moments-là,
il est crucial de s’assurer que cela ne cache pas une majorité
de films en décrochage. Il faut donc laisser du temps à
cette réforme avant d’en mesurer les véritables impacts
sur la diffusion. Elle n'en demeurait pas moins une
nécessité pour donner de l’air aux titres dont la diffusion
est fragilisée, qui représentent le cœur du renouvellement
des talents, mais aussi de notre cœur d’action : articuler
exigence esthétique et découverte par de jeunes publics.
Cela permet des rencontres fortes, comme celles observées
autour de La Vie après Siham de Namir Abdel Messeeh
ou l’Aventura de Sophie Letourneur [sélectionnés à l’ACID
Cannes 2025, ndlr.]. Les projections de ces films ont
suscité un immense enthousiasme et semblent même
avoir éveillé des vocations chez de nombreux lycéens.
Justement, quel bilan tirez-vous des films de l’édition
2025 ?
De nombreux événements extérieurs ont semé d'embûches
le parcours de cette programmation, mais nous sommes
extrêmement fiers que les films aient réussi à exister par
eux-mêmes. C’est notamment le cas du documentaire
Put Your Soul On Your Hand and Walk de Sepideh Farsi
[60 000 entrées depuis sa sortie le 24 septembre par New
Story, ndlr.] qui, dans le contexte environnant – la situation
israélo-palestinienne et le décès dramatique de la protagoniste
Fatem Hassona – s’est imposé dans les salles par
sa force. Même constat pour L’Aventura de Sophie Letourneur
et Laurent dans le vent d’Anton Balekdjian, Léo
Couture et Mattéo Eustachon, tous deux accompagnés
par Arizona, qui totalisent chacun près de 40 000 entrées.
Il existe une vraie appétence des publics pour des propositions
esthétiquement ambitieuses qui ne prennent pas
le spectateur par la main. Pour preuve, lors d'une projection
ACID Pop de L’Aventura en présence de la réalisatrice
©Lea Rener
Il existe une vraie
appétence des publics
pour des propositions
esthétiquement
ambitieuses qui ne
prennent pas le
spectateur par la main
au mk2 Quai de Seine, les préventes affichant complet,
nous avons dû basculer l'événement dans une salle de
300 places, qui s'est retrouvée pleine à craquer, plus de
10 mois après la sortie du film. Nous avons également
la chance de pouvoir nous appuyer sur un noyau d’exploitants
fidèles. Leur curiosité permanente force le
respect : à Cannes, ils peuvent détester un film le lundi
et revenir en salle avec le même enthousiasme le mardi.
Ils font preuve d’un amour fort et d’une envie de transmission,
malgré la conjoncture difficile qu’ils traversent.
L’ACID s’illustre aussi à Cannes par son Café des
Cinéastes [voir programme complet p. 12]. Quels
seront les thèmes abordés cette année ?
Il s’agit de la sixième édition de ce dispositif, né de la
volonté des cinéastes de l’Association de créer un espace
ouvert pour protéger les œuvres et leurs auteurs. Accessible
de 10h à 15h à tous les festivaliers même sans accréditation,
puis avec des rencontres pro de 15h à 17h, c'est un
carrefour où se croisent cinéastes, diffuseurs, exploitants,
jeunes ambassadeurs et spectateurs. Pour cette édition,
la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques)
organisera des rencontres pour présenter les dispositifs
de France Télévisions avec Manuel Alduy [directeur du
cinéma et des fictions internationales et jeunes adultes,
ndlr.] et ceux du CNC avec Lionel Bertinet [directeur
du cinéma, ndlr.], mais elle mettra aussi en place un
dialogue avec la députée européenne Emma Rafowicz.
La SCAM (Société civile des auteurs multimédia) se
concentrera pour sa part sur la rémunération des auteurs
et particulièrement lors des tournées. L’action culturelle
sera également au programme avec l’ALCA (Agence livre
cinéma & audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine) et la FACC
(Fédération de l’action culturelle cinématographique),
dans la lignée du pacte territorial que nous avons co-signé
en mars. Nous nous plaçons en outre en écho du tour
de France du président du CNC Gaëtan Bruel que nous
saluons. À côté, nous prolongeons la question de la santé
mentale des indépendants que nous avons entamée aux
précédents Café des indépendants, ce qui illustre entre
autres l’engagement RSE du Café des Cinéastes.
Sonia Ben Slama, Romain André et Laure Vermeersch, cinéastes de l'ACID, aux côtés de Pauline Ginot
Propos recueillis par Jules Dreyfus
N°516 / 6 mai 2026
19
Cannes 2026
RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI
BANDE ANNONCE AVEC DAVID OBADIA
David Obadia entouré de Gaëtan Bruel, président du CNC, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes,
et Guillaume Bachy, président de l’AFCAE, à Cannes en 2025.
Le délégué général de l’AFCAE s’attend à
un très beau Festival de Cannes, et à des
débats politiques denses pour les cinémas
art et essai lors de ces 35 es Rencontres, qui
seront aussi le point d’orgue d’une année
anniversaire.
Comment s’annoncent la participation à ces Rencontres
nationales 2026 ?
Nos adhérents sont de plus en plus nombreux à venir à
ces rencontres, mais aussi beaucoup de partenaires proches
de notre écosystème, tels que des distributeurs, ou encore
des responsables de festivals, qui souhaitent y participer.
L’organisation est un défi : nous avons 1 100 inscrits pour
cette édition, qui se terminera par une grande fête pour
marquer la clôture de notre 70 e anniversaire.
Elles sont aussi l’occasion de découvrir avant tout
le monde 10 films issus des différentes sections
cannoises…
En visionnant chaque année une quarantaine de titres,
pour en retenir 10 que nous montrons pendant ces trois
jours, nous avons un bel aperçu de ce que va être le
Festival. Et cette année, nous avons vu de très beaux
films : cela présage d’un très bon Cannes. Nous avons
choisi 10 films vraiment singuliers, car c’est aussi le rôle
de nos rencontres : montrer la diversité des films en
sélection à Cannes. L’an dernier, les Rencontres art et
essai ont notamment contribué à faire découvrir un film
comme Le Gâteau du président – auquel les adhérents de
l’AFCAE ont attribué leur Coup de cœur à l’issue du
Festival – et ont bien aidé à sa programmation par la
suite. Indépendamment des rencontres, nous renouvelons
aussi le Prix des exploitants art et essai, qui distingue un
film de la Compétition, avec l’ambition que ce prix ait
un réel impact. Nous allons essayer de le faire exister
davantage auprès du public.
Et comment abordez-vous le temps fort de l’assemblée
générale de l’AFCAE ?
Notre assemblée générale du lundi matin aura une forte
tonalité politique, dans le contexte d’une année dense
en général et marquant les 70 ans de l’AFCAE. Nous
ferons le bilan de notre année anniversaire qui a lancé
une vraie dynamique. Les portraits de salles en vidéo, les
plus de 800 séances-événement labellisées “70 ans”, le
temps fort de notre colloque… ont contribué à la visibilité
de l’art et essai dans la presse et auprès du public. L’enjeu
était de dépoussiérer la notion d’art et essai auprès des
plus jeunes, mais aussi auprès de tous ceux qui, parfois,
ne connaissent même pas le terme. Nos adhérents se sont
vraiment emparés de cette proposition, avec, dans un
contexte compliqué, une vraie volonté de faire réseau.
Ils ont montré tout au long de cette année l’importance
d’appartenir à un collectif qui revendique la même idée
du cinéma, en disant « on défend les mêmes valeurs, et
on est 1 250 partout en France ».
Nous aurons avec nous le président du CNC Gaëtan
Bruel qui sera présent à notre Assemblée générale. Elle
sera l'occasion d'aborder collectivement, les sujets d’accès
au film et de concurrence, les propositions du Plan
interministériel autour l’éducation aux images, le bilan
de la réforme art et essai… mais aussi les inquiétudes
liées aux baisses de budget des collectivités territoriales.
On défend
les mêmes valeurs,
et on est 1 250
partout en France
Le contexte politique sera aussi au cœur de la table
ronde du mardi ?
Ces Rencontres 2026 vont clôturer notre année anniversaire.
Or, si les cinémas art et essai existent depuis
70 ans et ont pu se développer, si l’on a un tel maillage
territorial aujourd’hui, c’est aussi grâce aux politiques
culturelles mises en place depuis des décennies, et
notamment l’action du CNC. Nous souhaitons donc
retracer et examiner l'historique des politiques culturelles
jusqu'à aujourd'hui – et nous avons interrogé à ce sujet
Emmanuel Négrier dans notre Courrier art et essai de
ce mois de mai – et imaginer ce qu’elles pourront être
demain. Deux universitaires, Chloé Delaporte, enseignante-chercheuse
en socioéconomie du cinéma et de
l'audiovisuel, et Philippe Teillet, maître de conférences
en sciences politiques et responsable d’un master direction
projets culturels, interviendront lors du temps d’échange
organisé le mardi après-midi, animé par le journaliste
et critique Pierre Charpilloz. Nous avons fait le choix
de limiter à deux intervenants — des chercheurs spécialistes
du sujet — et de nous tenir à distance d’un registre
©ISABELLE NEGRE
Dimanche 10 mai
• 17h45 : Le Corset de Louis Clichy (Un Certain Regard),
en présence du réalisateur et de Thierry Frémaux
• 20h30 : La Gradiva de Marine Atlan (Semaine de la
Critique), en présence de la réalisatrice
Lundi 11 mai
• 9h - 12h45 : Assemblée générale
• 13h - 15h : Déjeuner (sur invitation)
• 15h15 : Présentation de la programmation Acid
Cannes 2026
• 15h30 : Gabin de Maxence Voiseux (Quinzaine des
Cinéastes), en présence du réalisateur
• 17h30 : L'Âge d’Or de Bérenger Thouin (Cannes
Classics), en présence du réalisateur et de la productrice
Carine Ruszniewski
• 19h45 : Quelques mots d'amour de Rudi Rosenberg
(Un Certain Regard), en présence du réalisateur et du
producteur Hugo Sélignac
• 21h30 : Congo Boy de Rafiki Fariala (Un Certain
Regard), en présence du réalisateur et du producteur
Boris Lojkine
Mardi 12 mai
• 9h : Ton animal maternel de Valentina Maurel (Un
Certain Regard), en présence de la réalisatrice et de
Gautier Labrusse, président du GNCR
• 11h : Du fioul dans les arteres de Pierre Le Gall
(Semaine de la Critique), en présence du réalisateur
et du producteur Nicolas Blanc
• 15h - 16h30 : Temps d'échange « Politiques culturelles
: quelles propositions des cinémas Art et Essai
pour 2027 ? » en présence de Chloé Delaporte et
Philippe Teillet, animé par Pierre Charpilloz
• 16h45 : Dégel de Manuela Martelli (Un Certain
Regard), en présence de la réalisatrice
• 19h : Journal d’une femme de chambre de Radu Jude
(Quinzaine des Cinéastes)
• 21h30 : Fête de clôture des 70 ans de l'AFCAE (sur
invitation)
NB : L’AFCAE sera présente aussi au Cinemas club le
19 mai, aux côtés de la CICAE, pour une table ronde
sur le futur des salles art et essai à l’international.
politique, afin de privilégier des échanges approfondis
et de laisser une large place au dialogue avec nos
adhérents.
Car l’idée de cette rencontre est qu’elle se prolonge
au-delà du temps cannois. Nous espérons en faire
émerger quelques idées fortes, que l’AFCAE porterait
ensuite auprès des futurs candidats à la présidentielle.
C’est ambitieux, mais l'enjeu est d’aboutir à des propositions,
venant des salles art et essai, pour les politiques
culturelles qui seront mises en œuvre à partir de 2027.
Et 2027, c’est demain.
Propos recueillis par Cécile Vargoz
20 N°516 / 6 mai 2026
Cannes 2026
SOUTENIR LA PROGRAMMATION DES FILMS
ET DES SALLES ART ET ESSAI :
LE GROUPE INÉDITS DE L’AFCAE
©ISABELLE NEGRE
Sylvie Buscail et Nicolas Milesi, lors de l'Assemblée générale de l'AFCAE de mai 2025
Avant l’assemblée générale de l’AFCAE à Cannes, les exploitants
Sylvie Buscail et Nicolas Milesi, responsables du groupe Inédits, et son
coordinateur Arnaud Kerneur, rappellent le fonctionnement d’un groupe
renouvelé, tant dans sa composition que son action.
Il y a deux ans, le groupe historique “Actions Promotion”
de l’AFCAE a changé de nom pour devenir celui des
“Inédits”. D’abord parce que l’action et la promotion
concernent tout autant le travail des groupes “Répertoire”,
“Jeune Public” et du “Comité 15-25” de l’association,
mais surtout parce que « 100 % des films que l’on accompagne
sont inédits, terme qui est celui employé par le CNC
dans son aide à la distribution », souligne Nicolas Milesi,
directeur d’exploitation du cinéma Jean-Eustache à Pessac
et co-responsable du groupe avec Sylvie Buscail. Pour la
dirigeante de Ciné 32 à Auch, « ce changement de nom
correspondait aussi à un fort renouvellement du groupe, une
nouvelle énergie, et de façon concomitante la décision d’augmenter
le nombre de soutiens en passant de 20 films par an
à 45 ». Aujourd'hui le groupe Inédits rassemble 34 exploitants
bénévoles, plus deux membres de l’ADRC, qui
représentent la diversité des salles et des régions et autant
de femmes que d‘hommes. Depuis 2024, ils sont recrutés
par un appel à candidature et signent une charte qui
encadre leur engagement, « désormais sur un mandat
déterminé, ce qui assure un fonctionnement clair et
renouvelé ».
Le groupe se réunit dix fois par an, principalement à
Paris mais aussi en régions – en session décentralisée au
mois de janvier (Blois en 2026), à Auch pendant le
festival, ou encore à La Rochelle… – pour visionner entre
7 à 10 films – dont 2 ou 3 en amont via des liens –,
proposés par les distributeurs ou repérés par le comité
de sélection. Pour qu’un film soit soutenu, il doit recueillir
60 % de votes favorables, si le quorum des deux tiers est
atteint. Sur une année, le groupe soutient 45 films en
moyenne, en veillant à ce qu’ils reflètent la diversité
artistique, « avec un équilibre entre auteurs reconnus,
Nous estimons que
notre soutien ajoute
environ un quart de
salles supplémentaires
à un film et renforce sa
durée d'exploitation
Sylvie Buscail
22 N°516 / 6 mai 2026
cinéastes émergents et œuvres plus confidentielles, venues du
monde entier, dans toute leur diversité », précise la co-responsable.
En 2025, 46 films de 25 distributeurs différents
ont été soutenus, dont 9 labellisés Recherche, 3 documentaires,
1 animation, 11 premiers longs, et 19 réalisés
par des femmes. « Nous nous concertons avec les autres
groupes de l’AFCAE pour éviter de multiplier les soutiens
aux mêmes films, même s’il y a parfois des exceptions, comme
pour L’Histoire de Souleymane, qui a été soutenu à la fois
par le groupe Inédits et le Comité 15/25 », précise Nicolas
Milesi. Il s’agit d’être complémentaire et d’optimiser le
nombre de films soutenus, sachant que « 45, c'est aussi
un plafond réaliste pour accompagner chaque film efficacement
», ajoute Sylvie Buscail.
Un accompagnement spécifique…
Dès que les soutiens mensuels de l’ensemble des groupes
de l'AFCAE sont connus, un rendez-vous en visio est
organisé avec les associations territoriales, afin de leur
présenter les films soutenus et ainsi favoriser des pré-visionnements.
Les exploitants sont quant à eux informés
en parallèle via les réseaux sociaux puis par newsletter.
Arnaud Kerneur, coordinateur du groupe depuis 2024,
cite la communication « auprès de partenaires tels que
Cinesociety, Cinego, les associations CineSens, La Bavarde
ou Retour d’image pour les séances adaptées, ou plus récemment
la plateforme Place des Libraires, pour les adaptations
littéraires ». Les films soutenus sont notamment mis en
avant à travers “le mot de l’exploitant”, rédigé par un
membre du groupe, que l’on retrouve aussi sur SensCritique
et Letterboxd. Quant aux documents 4 pages à
destination du public, ils sont désormais systématisés
Philippe Béziat, le réalisateur de Nous l’orchestre
(Pyramide) et Stéphanie Debaye du cinéma Le Trianon
de Sceaux, présentent le document 4 pages créé par
l'AFCAE, sur les réseaux Meta…
©AFCAE
Nous sommes un
groupe très vivant
d’exploitants, de salles
et de territoires
très divers
Nicolas Milesi
pour chaque film soutenu. L’AFCAE expérimente, depuis
quelques mois, la commande par paquets de 50 pour le
rendre accessible aux plus petites salles.
L’AFCAE propose aussi des bandes annonces spécifiques
et pastilles vidéo, à diffuser en salles et sur leur supports
numériques. « Nous en réalisons chaque année à Cannes
lors de nos Rencontres avec les présents, ou demandons aux
distributeurs d’enregistrer des messages courts de cinéastes,
comme récemment avec Leyla Bouzid pour À voix basse
ou Gus Van Sant encourageant les spectateurs à aller voir
La Corde au cou. » Enfin, deux à trois tournées par an
sont organisées, « en essayant d’aller dans des endroits où
les distributeurs ne vont pas forcément, comme pour No
Other Land, en partenariat avec l’ADRC, qui a fait étape
dans 15 villes ». Quel que soit l’accompagnement, les
distributeurs y participent via une contribution forfaitaire
de 600 € par film soutenu.
… Et même exercice avec Leyla Bouzid pour son film À
voix basse (Memento). Ou comment communiquer sur un
film soutenu, par le papier et par voie numérique.
©AFCAE
… pour encourager la programmation
« Nous estimons, de façon empirique, que notre soutien
ajoute environ 20 % de salles supplémentaires à un film et
renforce sa durée d'exploitation, notamment dans la ruralité »,
se réjouit Sylvie Buscail. S’il est certes plus difficile de
mesurer l’effet du soutien sur les entrées d’un film, qui
reste un prototype, le principe est aussi de soutenir le
réseau de salles de l’AFCAE, et la filière en général. « En
soutenant certains films qui n'ont pas nécessairement besoin
de nous – celui d’un Almodóvar par exemple –, nous incitons
leurs distributeurs à les diffuser dans les salles art et essai. »
Les salles, elles, sont encouragées à travailler avec tout
type de distributeur, le groupe « étant très attentif à la
pluralité des structures accompagnées. Pour nos Rencontres
de Cannes par exemple, la règle est de ne sélectionner qu’un
film par distributeur ». Cela n'entraîne d’ailleurs pas un
soutien automatique, comme pour l’ensemble des titres
soumis au groupe. S’il peut y avoir des distributeurs déçus
quand leur film n’est pas élu, le fait d’être pré-sélectionné
par le groupe Inédits leur assure déjà qu’il sera vu par
une trentaine exploitants français. « D’autres, selon leur
stratégie, choisissent de ne pas nous soumettre certains titres,
parce qu’ils visent une sortie plus large que les salles art et
essai », précise Sylvie Buscail.
Évolutions et projets
Parmi les évolutions prochaines et la modernisation de
ses outils, le groupe compte beaucoup sur le nouveau
site internet de l’AFCAE, qui devrait être mis en ligne
d’ici la rentrée et sera présenté lors de l'Assemblée générale
de Cannes. « Nous espérons qu’il devienne une plateforme
ressource de référence pour les exploitants », avance Nicolas
Milesi, sachant que le site rassemblera tous les contenus
disponibles autour des films (quiz, vidéos, podcasts,
interviews…), et mutualisera tout ce que proposent les
salles adhérentes et les partenaires de l’AFCAE. Car si
les documents papier restent importants pour beaucoup
de salles – qui, à l’instar d’un public âgé, ne sont pas
toutes au même niveau d’utilisation des réseaux sociaux
–, l’idée est de multiplier les formats “instagrammables”,
par exemple en demandant aux réalisateurs de poster
une photo d’eux avec… le document papier sur leur film.
Les rencontres de Cannes 2026 s’annoncent comme « un
moment de découvertes cinématographiques et de discussions
professionnelles intenses », prévoit Sylvie Buscail, et pour
le groupe Inédits en particulier. Ses membres se réuniront
pour attribuer leurs soutiens parmi les dix films qui seront
montrés – dont un choisi avec le GNCR. Mais au-delà
de ses missions, « nous sommes un groupe très vivant d’exploitants,
de salles et de territoires très divers, rappelle Nicolas
Milesi. Se réunir une fois par mois, y compris à Cannes,
nous permet aussi d’échanger sur tous les sujets liés à notre
métier et à notre spécificité art et essai ».
Cécile Vargoz
N°516 / 6 mai 2026
23
Les sélections cannoises
AVEC LEURS DISTRIBUTEURS
ET DATES DE SORTIE
Sélection officielle
CANNES 2026
LES DISTRIBUTEURS
SUR LA CROISETTE
À l’heure où nous bouclons ce numéro, près de deux tiers des films cannois possèdent un
distributeur. Pour certains, cette sélection amorce une nouvelle relation, tandis que d’autres
s’inscrivent dans une collaboration déjà bien établie. Petit tour d’horizon, le plus exhaustif
possible, sur les structures les plus en vue, de la Sélection officielle à l’ACID Cannes, en passant
par la Quinzaine des Cinéastes et la Semaine de la Critique.
Film d’ouverture
La Vénus électrique de Pierre Salvadori (Diaphana, sortie
française le 12/05/26)
Compétition
• Autofiction de Pedro Almodóvar (Pathé, 20/05/26)
• Coward de Lukas Dhont (Diaphana)
• Fatherland de Paweł Pawlikowski (Pathé)
• Fjord de Cristian Mungiu (Le Pacte, 19/08/26)
• Garance de Jeanne Herry (Studiocanal, 23/09/26)
• Gentle Monster de Marie Kreutzer (Ad Vitam)
• Histoires de la nuit de Léa Mysius (Le Pacte, 16/09/26)
• Histoires parallèles d’Asghar Farhadi (Memento, 14/05/26)
• Hope de Na Hong-jin
• L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach
(Haut et Court, 15/07/26)
• L’Inconnue d’Arthur Harari (Pathé, 26/08/26)
• L’Être aimé (El Ser Querido) de Rodrigo Sorogoyen
(Le Pacte, 16/05/26)
• La Bola Negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi
(Le Pacte)
• La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet
(Pyramide, 09/09/26)
• Minotaure d’Andrey Zvyagintsev (Les Films du
Losange, 14/10/26)
• Moulin de László Nemes (Studio TF1, 28/10/26)
• Notre salut d’Emmanuel Marre (Condor, 30/09/26)
• Paper Tiger de James Gray (SND)
• Quelques jours à Nagi de Kōji Fukada
(Art House, 07/10/26)
• Sheep in the Box de Hirokazu Kore-eda (Le Pacte, 16/12/26)
• Soudain de Ryusuke Hamaguchi (Diaphana, 12/08/26)
• The Man I Love d’Ira Sachs (Memento)
Si le podium des distributeurs les plus présents à
Cannes est identique à l’année dernière, son ordre est
inversé. Ainsi, c’est Le Pacte qui compte le plus de
films en lice avec sept sélections, dont cinq en Compétition
de la Sélection officielle. Autant de chances de
remporter une cinquième Palme d’or après Moi, Daniel
Blake de Ken Loach (2016), Une affaire de famille de
Hirokazu Kore-eda (2018), Anatomie d’une chute de
Justine Triet (2023) et Anora de Sean Baker (2024).
Pour ce faire, la structure fondée par Jean Labadie
peut compter sur de nombreux habitués – du Pacte
comme du Festival –, tels que Cristian Mungiu et son
Fjord (19/08/26), qui marque la cinquième collaboration
entre le distributeur et le cinéaste roumain,
palmé en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours.
Cinquième collaboration également avec l’Espagnol
Rodrigo Sorogoyen, en Compétition avec L’Être aimé
(16/05/26). Avec Sheep in the Box (16/12/26), Le
Pacte accompagne pour la neuvième fois le Japonais
Hirokazu Kore-eda, qui tentera, comme Cristian
Mungiu, de décrocher sa deuxième Palme d’or après
Une affaire de famille en 2018. L’histoire est en revanche
plus récente entre le distributeur et Léa Mysius qui
se retrouvent pour la deuxième fois avec Histoires de
L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen
la nuit, quatre ans après Les Cinq Diables. Enfin, cette
édition cannoise marque trois nouvelles collaborations :
toujours en Compétition avec La Bola Negra des
Espagnols Javier Calvo et Javier Ambrossi, en Séance
famille avec Lucy Lost d’Olivier Clert (28/10/26) et
en ouverture de la Quinzaine des Cinéastes avec
Butterfly Jam du Russe Kantemir Balagov. Ce dernier
est de retour à Cannes une troisième fois, après Tesnota,
une vie à l’étroit en 2017 et Une grande fille en 2019
(tous deux Prix FIPRESCI).
Diaphana affiche également sept sélections, dont
deux en Compétition ; de quoi espérer remporter une
troisième Palme d’or après L’Enfant des frères Dardenne
(2005) et Le vent se lève de Ken Loach (2006). La
structure présidée par Michel Saint-Jean y accompagne
pour la quatrième fois le Japonais Ryusuke Hamaguchi
avec Soudain (12/08/26), familier du Festival après
entre autres son Prix du scénario en 2021 pour Drive
My Car. Le Belge Lukas Dhont est lui aussi bien connu
de la Croisette depuis sa Caméra d’or en 2018 pour
Girl et son Grand Prix en 2022 pour Close. Avec
Coward, en Compétition, il est accompagné pour la
troisième fois par Diaphana. En Séance de minuit et
©Manolo Pavon
24 N°516 / 6 mai 2026
©Silex Films
Hors compétition
• Diamond d’Andy Garcia
• Her Private Hell de Nicolas Winding Refn (The Jokers)
• Karma de Guillaume Canet (Pathé, 21/10/26)
• L’Abandon de Vincent Garenq (UGC Distribution,
13/05/26)
• L’Objet du délit d’Agnès Jaoui (Studiocanal, 27/05/26)
• La Bataille de Gaulle - Partie 1 : L’Âge de fer
d’Antonin Baudry (Pathé, 03/06/26)
In Waves de Phuong Mai Nguyen
en clôture de la Quinzaine des Cinéastes, le distributeur
retrouve pour la neuvième… et la dixième fois Quentin
Dupieux, présent respectivement pour Full Phil et
Le Vertige (10/06/26). Cette édition de Cannes est
également marquée par des débuts : In Waves de
Phuong Mai Nguyen (01/07/26) et Adieu monde
cruel de Félix de Givry, ouvrant et clôturant la Semaine
de la Critique. Le tout sans oublier La Vénus électrique
de Pierre Salvadori, qui lancera les festivités de la
Croisette le 12 mai.
Troisième structure la plus représentée avec six sélections,
Ad Vitam arrive à Cannes avec une opportunité
de remporter la première Palme d’or de son histoire :
Gentle Monster de l’Autrichienne Marie Kreutzer,
que le distributeur a déjà accompagnée en 2022 pour
Corsage. Ad Vitam retrouve également, une troisième
fois, Christophe Honoré qui signe Mariage au goût
d’orange (18/11/26), projeté à Cannes Première ; il
s’agit de la huitième apparition du cinéaste sur la
Croisette. Les quatre autres sélections de la structure
dirigée par Alexandra Henochsberg sont autant de
nouvelles collaborations : Ben’imana de Marie Clémentine
Dusabejambo et Quelques mots d’amour de
Rudi Rosenberg (28/10/26), tous deux à Un Certain
Regard, Le Triangle d’or d’Hélène Rosselet Ruiz
(15/07/26) en Séance Spéciale et La Frappe de Julien
Gaspar-Oliveri à la Semaine de la Critique.
Présent à Cannes à cinq reprises, Pathé compte trois
sélections en Compétition pour deux nouvelles collaborations
[voir aussi p. 36-37] : Fatherland de Paweł
Pawlikowski, lauréat du Prix de la mise en scène en
2018 pour Cold War, et L’Inconnue d’Arthur Harari
(26/08/26), remarqué en 2021 pour Onoda, 10 000
nuits dans la jungle (passé par Un Certain Regard).
Également, avec Autofiction (20/05/26), le distributeur
retrouve pour la 13 e fois Pedro Almodóvar qu’il accompagne
depuis Tout sur ma mère en 1999. Le retour du
cinéaste espagnol à Cannes offre par ailleurs à Pathé
l’occasion d'une sortie salle simultanée. Une stratégie
qui s’est régulièrement révélée payante, notamment
pour ses deux précédents longs métrages sélectionnés
en Compétition : Julieta en 2016 (800 000 entrées)
et Douleur et Gloire en 2019 (850 000 entrées). Enfin,
Hors Compétition, le distributeur accompagne pour
la cinquième fois Guillaume Canet avec Karma
(21/10/26) – de retour sur la Croisette 13 ans après
Blood Ties –, et pour la deuxième fois Antonin Baudry
avec La Bataille de Gaulle - Partie 1 : L’Âge de
fer (03/06/26).
Les Films du Losange présente cinq films en lice,
dont un en Compétition : Minotaure d’Andrey Zvyagintsev
(14/10/26), de retour à Cannes neuf ans après
son Prix du jury Faute d’amour. Il s’agit également
d’une opportunité pour la structure sexagénaire de
©Chi Fou Mi Productions
Cannes Première
• Aqui de Tiago Guedes
• La Troisième nuit de Daniel Auteuil (SND)
• Le Bois de Klara de Volker Schlöndorff
(Studiocanal)
• Le Château d’Arioka de Kiyoshi Kurosawa (Art House)
• Mariage au goût d’orange
de Christophe Honoré (Ad Vitam, 18/11/26)
• Marie Madeleine de Gessica Généus (Pyramide)
• Si tu penses bien de Géraldine Nakache (Pan
Distribution)
• The End of It de Maria Martinez Bayona - premier
long métrage
• The Game de Juan Cabral et Santiago Franco
• Vol de nuit pour Los Angeles de John Travolta
(Apple TV, 29/05/26)
Un Certain Regard
• Teenage Sex and Death at Camp Miasma
de Jane Schoenbrun - Ouverture
• Ben’imana de Marie Clémentine Dusabejambo
(Ad Vitam) - premier long métrage
• Club Kid de Jordan Firstman - premier long métrage
• Congo Boy de Rafiki Fariala (Jour2Fête)
• De toutes les nuits, les amants de Yukiko Sode
(Art House)
• Dégel de Manuela Martelli (Les Films du Losange)
• Everytime de Sandra Wollner (New Story)
• I’ll Be Gone in June de Katharina Rivilis - premier
long métrage
• Le Corset de Louis Clichy (KMBO, 14/10/26)
• Les Éléphants dans la brume d’Abinash Bikram
Shah (Les Valseurs/Arizona, 23/09/26) - premier long métrage
• Les Fraises de Laïla Marrakchi (Jour2Fête)
• Mémoire de fille de Judith Godrèche (Jour2Fête, 30/09/26)
• Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg
(Ad Vitam, 28/10/26)
• Titanic Ocean de Konstantina Kotzamani - premier
long métrage
• Ton animal maternel de Valentina Maurel (JHR)
• Ulya de Viesturs Kairišs
• Victorian Psycho de Zachary Wigon
• Yesterday The Eye Didn’t Sleep de Rakan Mayasi
• Ulysse de Laetitia Masson (ARP Sélection, 16/09/26)
- Clôture
Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg
N°516 / 6 mai 2026
25
Cannes 2026
Séances de minuit
• Colony de Yeon Sang-ho (ARP Sélection, 27/05/26)
• Full Phil de Quentin Dupieux (Diaphana)
• Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athané
(The Jokers, 17/06/26) - premier long métrage
• Roma Elastica de Bertrand Mandico (Condor)
• Sanguine de Marion Le Corroller
(ARP Sélection, 28/10/26) - premier long métrage
Séances spéciales
• Avedon de Ron Howard
• Cantona de David Tryhorn et Ben Nicholas
• Ceniza en la boca de Diego Luna
• Groundswell de Joshua et Rebecca Tickell
• John Lennon : The Last Interview
de Steven Soderbergh
• L’Affaire Marie-Claire de Lauriane Escaffre et
Yvo Muller (Gaumont, 04/11/26)
• Le Triangle d’or d’Hélène Rosselet-Ruiz
(Ad Vitam, 15/07/26) - premier long métrage
• Les Matins Merveilleux d’Avril Besson
(Arizona, 29/07/26) - premier long métrage
• Les Survivants du Che de Christophe Réveille
(Paname, 09/09/26) - premier long métrage
• Printemps de Rostislav Kirpičenko - premier long
métrage (JHR)
• Viendra la révolution de Pegah Ahangarani (Jour2Fête)
- premier long métrage
• Tangles de Leah Nelson - premier long métrage
Séance famille
• Lucy Lost d’Olivier Clert (Le Pacte, 28/10/26) - premier
long métrage
Cannes Classics
• L’Âge d’or de Bérenger Thouin (Pyramide) - premier
long métrage
• Une vie manifeste de Jean-Gabriel Périot (Potemkine)
• The Story of Documentary Film (The 1970s) de
Mark Cousins
• Dernsie : The Amazing Life of Bruce Dern de
Mike Mendez
• Maverick : The Epic Adventures of David Lean
de Barnaby Thompson
• Vittorio De Sica - La Vita I Scea de Francesco Zippel
• Mon Coluche à moi de Michel Denisot, Camille
Bruère et Julie Lazare
• Nostalgia for the Future de Brecht Debackere
• Le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro
• Fast and Furious de Rob Cohen
• Rétrospective Pelechian d’Artavazd Pelechian (Potemkine)
• Espoir d’André Malraux (Les Acacias)
• Travail au noir de Jerzy Skolimowski (Potemkine)
• Disons, un soir à dîner de Giuseppe Patroni Griffi
(Les Films du Camélia, 01/07/26)
• Amma Ariyan de John Abraham
• Adieu ma Concubine de Chen Kaige (Carlotta)
• L’Homme de fer d’Andrzej Wajda
L’Inconnue d’Arthur Harari
remporter la quatrième Palme d’or de son histoire,
après Amour (2012) et Le Ruban blanc (2009) de
Michael Haneke, et Dancer In The Dark de Lars Von
Trier (2000). Toujours en Sélection officielle, le distributeur
accompagne pour la première fois Manuela
Martelli avec Dégel, à Un Certain Regard. Enfin, le
Losange représente trois longs métrages à la Quinzaine
des Cinéastes : Shana, le premier long métrage de
Lila Pinell (17/06/26), Dora de July Jung, remarquée
à la Semaine de la Critique en 2022 pour About Kim
Sohee, et Les Roches rouges de Bruno Dumont, en
Séance spéciale. Le distributeur accompagne pour la
seconde fois le cinéaste français bien habitué du Festival
(Grand prix en 1999 pour L’Humanité et en 2006
pour Flandres) après Jeanne (2019).
Même nombre de sélections pour Arizona qui accompagne
quatre premiers longs métrages, dont Les
Éléphants dans la brume du Népalais Abinash Bikram
Shah. Sélectionné à Un Certain Regard, le film sera
co-distribué le 23 septembre avec Les Valseurs. Le
distributeur portera également sur les écrans Les
Matins merveilleux d’Avril Besson en Séance spéciale
(29/07/26), Gabin de Maxence Voiseux à la Quinzaine
des Cinéastes (18/11/26) et The Station de Sara Ishaq
à la Semaine de la Critique (mars 2027). Enfin, après
Piccolo Corpo en 2021 (Semaine de la Critique),
Arizona accompagne pour la deuxième fois la cinéaste
transalpine Laura Samani pour Une année italienne,
projeté à Cannes Écrans Juniors (10/06/26).
Sur ses cinq sélections, Jour2Fête ne compte qu’un
cinéaste connu de son catalogue : Rafiki Fariala, présent
à Un Certain Regard pour Congo Boy, que le distributeur
avait déjà accompagné en 2023 pour Nous,
étudiants. Dans la même section, la structure intègre
Les Fraises, le retour de la réalisatrice franco-marocaine
Laïla Marrakchi, 13 ans après Rock the Casbah et 20
ans après Marock (passé par Un Certain Regard). Dans
la même section, la structure signe également sa
première collaboration avec Judith Godrèche pour
Mémoire de fille (30/09/26), dans la continuité de
son court métrage Moi aussi, passé en Hors Compétition
en 2024. En Séance spéciale, Jour2Fête mise
sur le premier long métrage de fiction de l’Iranienne
Pegah Ahangarani, Viendra la révolution. Enfin, à
la Semaine de la Critique, le distributeur défendra
Dua de la Kosovare Blerta Basholli.
Édition de nouvelles collaborations pour Pyramide
qui compte cinq sélections, dont une en Compétition :
La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet
(09/09/26), la réalisatrice étant présente une deuxième
fois sur la Croisette après Les Amours d’Anaïs en 2021
(Semaine de la Critique). Pyramide dispose ainsi d’une
chance d’ajouter une deuxième Palme d’or à son
compteur après Oncle Boonmee, celui qui se souvient
de ses vies antérieures d’Apichatpong Weerasethakul
en 2010. À Cannes Première, la réalisatrice haïtienne
Gessica Geneus présentera Marie Madeleine, dans le
sillage de sa Freda, passé par Un Certain Regard en
©Pathé ©Redpeter Films
Dora de July Jung
26 N°516 / 6 mai 2026
Les Matins merveilleux d’Avril Besson
©Arizona Distribution
• Eva de Maria Plyta
• Ken Russell’s The Devils de Ken Russell
• La Maison de l’Ange de Leopoldo Torre Nilsson
• La Ciociara de Vittorio De Sica (Les Acacias)
• La Dérive de Paula Delsol (Les Acacias)
• La Symphonie pastorale de Jean Delannoy (Solaris)
• L’Innocent de Luchino Visconti (Les Acacias)
• Lu Bing Hua de Yang Li-Kuo
• Machine Gun Kelly de Roger Corman
• Les mouettes meurent au port de Roland Verhavert,
Rik Kuypers et Ivo Michiels
• La Légende du grand judo d’Akira Kurosawa
(Carlotta et mk2 films)
• Tilaï d’Idrissa Ouedraogo (Carlotta)
• Le Criminel d’Orson Welles
2021. Enfin, le distributeur accompagne trois premiers
longs métrages : Je vois des immeubles tomber comme
la foudre de la Britannique Clio Barnard, à la Quinzaine
des Cinéastes, La Deuxième Fille de la Chinoise
Zou Jing, à la Semaine de la Critique, et L’Âge d’or
de Bérenger Thouin, à Cannes Classics.
Quatre sélections pour Art House qui accompagne
une neuvième fois Kōji Fukada, bien habitué de la
Croisette après Harmonium (Un Certain Regard en
2016), la duologie Suis-moi, je te fuis et Fuis-moi, je
te suis (labellisé Cannes 2020) et Love On Trial (Cannes
Première en 2025). Le réalisateur fait son entrée en
Compétition avec Quelques jours à Nagi (07/10/26),
soit la deuxième sélection d’Art House dans la section
reine après Asako I & II en 2019. À Cannes Première,
le distributeur retrouve également un habitué, Kiyoshi
Kurosawa, sélectionné pour Le Château d’Arioka
(24/06/26). Le cinéaste est un visage bien identifié
du Festival, après entre autres ses deux prix à Un
Certain Regard : le Prix du jury en 2008 pour Tokyo
Sonata et le Prix de la mise en scène en 2015 pour
Vers l’autre rive. Toujours en Sélection officielle, la
structure fondée par Éric Le Bot accompagne De
toutes les nuits, les amants de Yukiko Sode, quatre
ans après Aristocrats. Enfin, à Cannes Écrans Juniors,
le distributeur collabore pour la première fois avec
Takashi Miike avec Sham (24/06/26), cinéaste déjà
passé par la Croisette en 2003 pour Gozu et en 2011
pour Hara-Kiri : Mort d’un samouraï.
Sur ses quatre sélections, ARP Sélection défendra
deux titres en Séance de minuit : Sanguine, le premier
long métrage de Marion Le Corroller (28/10/26), et
Colony de Yeon Sang-ho (27/05/26). Le cinéaste
sud-coréen est de retour à Cannes dix ans après son
Dernier train pour Busan (Hors Compétition) et six
ans après Peninsula (label Cannes 2020), tous deux
accompagnés par ARP. Le distributeur présentera
Ulysse de Laetitia Masson (16/09/26) en clôture d’Un
Certain Regard, pour une deuxième collaboration
avec la réalisatrice après La Repentie en 2002. La
cinéaste fait quant à elle son retour à Cannes, 28 ans
après À vendre, passé par Un Certain Regard. Enfin,
la structure s’engage sur L’Apaisement, le premier
long métrage de Reed Van Dyk, sélectionné à la
Quinzaine des Cinéastes. Autre distributeur présent
quatre fois, Potemkine accompagne Le Journal d’une
femme de chambre de Radu Jude, sélectionné à la
Quinzaine des Cinéastes. Il s’agit de la première sélection
cannoise du cinéaste roumain, Ours d’or en 2021 pour
Bad Luck Banging Or Loony Porn. Le distributeur
compte également trois films à Cannes Classics : Une
vie manifeste de Jean-Gabriel Périot, une Rétrospective
Pelechian autour du cinéaste arménien, et Travail au
noir de Jerzy Skolimowski
Condor sera présent à trois reprises sur la Croisette,
dont une en Compétition pour Notre salut d’Emmanuel
Marre (30/09/26). Il s’agit du deuxième
compagnonnage entre le distributeur et le réalisateur
après Rien à foutre (Semaine de la Critique 2021), et
d’une nouvelle chance pour Condor d’obtenir la
première Palme d’or de son histoire. En Séance de
minuit, la structure présidée par Alexis Mas collabore
pour la première fois avec Bertrand Mandico qui signe
Roma Elastica, son deuxième long métrage sélectionné
à Cannes après Conann en 2023 (Quinzaine des
Cinéastes). Condor présentera également Sur la route
d’Omaha de Cole Webley (17/06/26) à Cannes Écrans
Juniors. En Compétition, L’Aventure rêvée de Valeska
Grisebach (15/07/26) sera inauguré sous pavillon
Haut et Court. Du côté de la Quinzaine des Cinéastes,
Sébastien Laudenbach défendra Carmen, l’oiseau
rebelle (16/12/26). Il s’agit de la troisième apparition
du cinéaste d’animation sur la Croisette après La Jeune
Fille sans mains et Linda veut du poulet !, tous deux
passés par l’ACID. Autre sélection, Viva, le premier
long métrage d’Aina Clotet (14/10/26), projeté à la
Semaine de la Critique. Même nombre de sélections
pour Studiocanal, qui défendra un film en Compétition
: Garance de Jeanne Herry (23/09/26), accompagnée
pour la quatrième fois par le distributeur. Une
possibilité pour la structure d’obtenir une deuxième
Palme d’or après Fahrenheit 9/11 de Michael Moore
en 2004. Hors Compétition, Studiocanal travaille
une troisième fois avec Agnès Jaoui avec L’Objet du
délit (27/05/26), présente sur la Croisette plus de 20
ans après Comme une image (Prix du Scénario). Studiocanal
accompagne également pour la première fois
Volker Schlöndorff avec Le Bois de Klara ; le réalisateur
allemand est de retour à Cannes, près de 20 ans après
Ulzhan, et près de 50 ans après sa Palme d’or Le Tambour.
Pan Distribution représentera trois films, dont Si tu
penses bien de Géraldine Nakache. Le quatrième long
métrage de la réalisatrice et actrice – son premier
étiqueté Pan – sera projeté à Cannes Première. La
structure accompagne également deux premiers longs :
Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall, en Séance
spéciale de la Semaine de la Critique, et L’Espèce
explosive de Sarah Arnold, à la Quinzaine des Cinéastes.
The Jokers défendra Hors Compétition Her Private
Hell, le retour en salles de Nicolas Winding Refn,
Semaine
de la Critique
Film d’ouverture
• In Waves de Phuong Mai Nguyen (Diaphana, 01/07/26)
- premier long métrage
Séances spéciales
• Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall
(Pan Distribution) - premier long métrage
• La Frappe de Julien Gaspar-Oliveri (Ad Vitam) - premier
long métrage
Compétition
• Dua de Blerta Basholli (Jour2Fête)
• Irish Travellers d’Alexander Murphy (Dulac)
• La Deuxième Fille de Zou Jing (Pyramide) - premier
long métrage
• La Gradiva de Marine Atlan (Tandem) - premier
long métrage
• The Station de Sara Ishaq (Arizona, 03/27) - premier
long métrage
• Viva d’Aina Clotet (Haut et Court, 14/10/26) - premier
long métrage
Film de clôture
• Adieu monde cruel de Félix de Givry (Diaphana)
- premier long métrage
N°516 / 6 mai 2026
27
élodie bouchez
romane bohrinGer
michèle & laurent pétin
présentent
GrinGe
stanislas merhar
alphonse roberts
FESTIVAL DE CANNES
SÉLECTION OFFICIELLE 2026
UN CERTAIN REGARD
arp présente élodie bouchez - stanislas merhar - romane bohrinGer
GrinGe - alphonse roberts avec la participation de cYril liGnac
anne consiGnY - emmanuel salinGer - Gérard WatKins
« ulYsse » un film de lÆtitia masson écrit par lÆtitia masson
1er assistant réalisateur stéphane manaranche imaGe emmanuelle collinot
décors fannY stauff castinG florence loubeau costumes carole Gérard
son damien luQuet montaGe aleXandre auQue directeur de production robin Welch
ventes inter Goodfellas produit par michèle & laurent pétin une production arp
avec le soutien du centre national du cinéma et de l’imaGe animée
au cinéma le 17 juin
un film de
laetitia masson
©CARACTÈRES - LOLOLOLU
Cannes 2026
Quinzaine
des Cinéastes
Film d’ouverture
• Butterfly Jam de Kantemir Balagov (Le Pacte)
Sélection
• 9 Temples to Heaven de Sompot Chidgasornpongse
- premier long métrage
• Atonement (L’Apaisement) de Reed Van Dyk - premier
long métrage (ARP Sélection)
• Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach
(Haut et Court, 16/12/26)
• Clarissa de Arie Esiri & Chuko Esiri
• Death Has No Master de Jorge Thielen Armand
• Dora de July Jung (Les Films du Losange)
• Double Freedom (La Libertad Doble) de Lisandro Alonso
• Gabin de Maxence Voiseux (Arizona, 18/11/26) - premier
long métrage
• Je vois des immeubles tomber comme la foudre
de Clio Barnard (Pyramide)
• L’Espèce explosive de Sarah Arnold (Pan Distribution)
- premier long métrage
• La Perra de Dominga Sotomayor
• Le Journal d’une femme de chambre
de Radu Jude (Potemkine)
• Low Expectations d’Eiving Landsvik - premier
long métrage
• Merci d’être venu d’Alain Cavalier
• Once Upon a Time in Harlem de William Greaves
& David Greaves
• Shana de Lila Pinell (Les Films du Losange, 17/06/26)
• We Are Aliens de Kohei Kadowaki (Dulac) - premier
long métrage
Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach
Prix de la mise en scène en 2011 pour Drive. Il s’agit
de la deuxième collaboration entre la structure et le
réalisateur après The Neon Demon en 2016 – co-distribué
avec Le Pacte –, à l’époque passé par la Compétition.
Les autres sélections des Jokers sont toutes des
premiers longs métrages d’animation : Blaise de
Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue, projeté à
l’ACID, et Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas
Athané (17/06/26), projeté en Séance de minuit.
Deux sélections en Compétition pour Memento, soit
autant de chances de décrocher une deuxième Palme
d’or consécutive après Un simple accident de Jafar
Panahi. La structure présidée par Alexandre Mallet-Guy
retrouve pour la septième fois son fidèle Asghar Farhadi
avec Histoires parallèles (14/05/26). Le cinéaste
iranien est un habitué du Festival, après y avoir entre
autres obtenu le Grand prix en 2021 pour Un héros
et le Prix du scénario en 2016 pour Le Client. Il signe
ici son deuxième film en français après Le Passé, en
2013. Première collaboration en revanche avec Ira
Sachs, auteur de The Man I Love, et qui est de retour
sur la Croisette après Frankie (2019). SND a de son
côté la chance d’obtenir la première Palme d’or de
son histoire avec Paper Tiger de James Gray. Il s’agit
de la cinquième apparition en Compétition pour le
cinéaste, après La nuit nous appartient (2007), Two
Lovers (2008), The Immigrant (2013) et Armageddon
Time (2022). À Cannes Première, le distributeur
présentera pour la première fois une réalisation de
Daniel Auteuil, La Troisième Nuit. L’acteur-réalisateur
intègre pour la deuxième fois la Sélection officielle
après Le Fil, projeté en Séance spéciale en 2024.
Sélectionné à deux reprises, Dulac Distribution
retrouve Alexander Murphy trois mois après Au-delà
de Katmandou. Le réalisateur franco-irlandais signe
Irish Travellers, documentaire projeté à la Semaine
de la Critique. Du côté de la Quinzaine, le distributeur
accompagne l’animation We Are Aliens de Kohei
Kadowaki, qui signe son premier long métrage. JHR
compte pour sa part deux premières collaborations :
Printemps, le premier long métrage du Lituanien
Rostislav Kirpičenko (Séance spéciale), et Ton animal
maternel de la cinéaste franco-costaricienne Valentina
Maurel (Un Certain Regard). Même schéma pour
Tandem qui défendra deux premières réalisations.
Le distributeur ouvrira l’ACID avec Mauvaise Étoile
de Lola Cambourieu et Yann Berlier, et sera présent
à la Semaine de la Critique pour La Gradiva de
Marine Atlan.
©Haut et Court ©Art House
Séance spéciale
• Les Roches rouges de Bruno Dumont (Les Films
du Losange)
Séance de clôture
• Le Vertige de Quentin Dupieux (Diaphana, 10/06/26)
Quelques jours à Nagi de Koji Fukada
30 N°516 / 6 mai 2026
Irish Travellers, documentaire d’Alexander Murphy
Première édition cannoise remarquée pour Studio TF1
qui présentera en Compétition Moulin de László Nemes
(28/10/26). Une opportunité pour le cinéaste hongrois
de remporter une nouvelle récompense, onze ans après
son Grand prix pour Le Fils de Saul. En Séance spéciale,
Gaumont accompagne la première réalisation commune
de Lauriane Escaffre et Yvo Muller, L’Affaire Marie-Claire
(04/11/26), revenant sur le procès de Bobigny et la figure
de l’avocate Gisèle Halimi. Du côté de Un Certain Regard,
KMBO montrera Le Corset (14/10/26), premier long
métrage solo de Louis Clichy après les Astérix Le Domaine
des Dieux et Le Secret de la potion magique, en coréalisation
avec Alexandre Astier. New Story accompagnera de son
côté Everytime de l’Autrichienne Sandra Wollner. Toujours
en Sélection officielle, Paname dévoilera le documentaire
Les Survivants du Che (09/09/26), le premier long
métrage de Christophe Réveille, en Séance spéciale, tandis
que UGC présentera L’Abandon de Vincent Garenq
(13/05/26) Hors Compétition.
Quatre distributeurs sont uniquement présents à Cannes
Écrans Juniors : Les Films du Préau avec Atlas of the
Universe de Paul Negoescu, Maverick avec The Good
Daughter de Julia De Paz Solvas, Wayna Pitch avec
Vanilla de Mayra Hermosillo (20/05/26) et Wild Bunch
avec Chicas Triste de Fernanda Tovar (12/08/26). Enfin,
du côté de Cannes Classics, Les Acacias défendra quatre
films : Espoir d’André Malraux, La Ciociara de Vittorio
De Sica, La Dérive de Paula Delsol et L’Innocent de
Luchino Visconti. Carlotta défendra trois films en
sélection avec Adieu ma Concubine de Chen Kaige –
Palme d’or ex-aequo en 1993 –, La Légende du grand
judo d’Akira Kurosawa – en co-distribution avec mk2
films – et Tilaï d’Idrissa Ouedraogo. Enfin, Les Films
du Camélia présentera Disons, un soir à dîner de
Giuseppe Patroni Griffi (01/07/26), et Solaris distribuera
La Symphonie Pastorale de Jean Delannoy.
Pour l’heure, et en comptant Cannes Écrans Juniors –
dont tous les films sont déjà accompagnés par une structure
–, 67 % des titres présentés sur la Croisette possèdent un
distributeur : 75 % à la Sélection officielle, 100 % à la
Semaine de la Critique, 60 % à la Quinzaine des Cinéastes,
22 % à l’ACID et 45 % à Cannes Classics.
Jules Dreyfus
©Dulac Distribution ©Tandem
ACID
Film d’ouverture
• Mauvaise Étoile de Lola Cambourieu & Yann
Berlier (Tandem) - premier long métrage
Sélection
• Barça Zou de Paul Nouhet - premier long métrage
• Blaise de Dimitri Planchon & Jean-Paul Guigue
(The Jokers) - premier long métrage
• Cœur secret de Tom Fontenille - premier long métrage
• Dans la gueule de l’ogre de Mahsa Karampour -
premier long métrage
• La Détention de Guillaume Massart
• Living Twice, Dying Thrice de Karim Lakzadeh
• Promised Spaces d’Ivan Marković
• Virages de Céline Carridroit & Aline Suter - premier
long métrage
Mauvaise Étoile de Lola Cambourieu et Yann Berlier
Cannes Écrans Juniors
• Atlas of the Universe de Paul Negoescu (Les Films
du Préau)
• Chicas Triste de Fernanda Tovar (Wild Bunch, 12/08/26)
• Sur la route d’Omaha de Cole Webley (Condor, 17/06/26)
• Sham de Takashi Miike (Art House, 24/06/26)
• The Good Daughter de Julia De Paz Solvas
(Maverick)
• Une année italienne de Laura Samani (Arizona, 10/06/26)
• Vanilla de Mayra Hermosillo (Wayna Pitch, 20/05/26)
N°516 / 6 mai 2026
31
Calendrier
SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ
JOUR FÉRIÉ
CHANGEMENT/NOUVELLE DATE
REPRISE
CONTENU ALTERNATIF
Zone A
Besançon, Bordeaux,
Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,
Limoges, Lyon, Poitiers
Zone B
Aix-Marseille, Amiens, Caen,
Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,
Orléans-Tours, Reims, Rennes,
Rouen, Strasbourg
Zone C
Créteil, Montpellier,
Paris, Toulouse,
Versailles
S20
13 MAI
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
POWERHOUSE PRODUCTIONS ATHIRADI A.Anirudhan T.Thomas, B.Joseph, R.Shibu
CARLOTTA FILMS
5 FILMS CULTES DU STUDIO KADOKAWA
EUROZOOM CHAO 01h30 Y.Aoki O.Suzuka, A.Yamada, K.Miyake
LES ACACIAS DUNE 02h17 D.Lynch K.MacLachlan, J.Prochnow, F.Annis
KMBO ÉLISE SOUS EMPRISE 01h26 M.Rémond M.Rémond, J.Garcia, G.Kervern
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ELLA MCCAY 01h55 J.Brooks E.Mackey, J.Curtis, W.Harrelson
SEVENTH ART PRODUCTIONS FRIDA KAHLO 01h30 A.Ray
MEMENTO HISTOIRES PARALLÈLES 02h19 A.Farhadi I.Huppert, V.Efira, P.Niney
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR IRON MAIDEN : BURNING AMBITION 01h46 M.Venville S.Harris, B.Dickinson, N.McBrain
UFO DISTRIBUTION JUNK WORLD 01h45 T.Hori
POWERHOUSE PRODUCTIONS KARUPPU 02h30 R.Balaji S.Sivakumar, T.Krishnan, R.Balaji
UGC DISTRIBUTION L’ABANDON 01h40 V.Garenq A.Reinartz, E.Bercot, E.Boumali
LE PACTE L’ÊTRE AIMÉ R.Sorogoyen J.Bardem, V.Luengo, R.Arévalo
LE PACTE OBSESSION 01h49 C.Barker M.Johnston (II), I.Navarrette, C.Tomlinson
PARAMOUNT PICTURES FRANCE TOP GUN 01h50 T.Scott T.Cruise, K.McGillis, T.Skerritt
PARAMOUNT PICTURES FRANCE TOP GUN : MAVERICK 02h11 J.Kosinski T.Cruise, M.Teller, J.Connelly
MK2.ALT TRENTE 01h10
LES FILMS DU TITAN VOUS N’ÊTES PAS IVAN GALLATIN 01h31 P.Torrado A.Buil, R.Vouilloz, N.Ahmed
CGR EVENTS YU-GI-OH ! THE DARK SIDE OF DIMENSIONS 02h10 S.Kuwabara S.Kazama, K.Tsuda, H.Takahashi
S21
20 MAI
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
ANIME LIMITED ALL YOU NEED IS KILL 01h26 K.Akimoto A.Mikami, N.Hanae, M.Chûgakusei
PATHÉ FILMS AUTOFICTION 01h51 P.Almodóvar B.Lennie, L.Sbaraglia, A.Sánchez-Gijón
LÉOPARD FILMS CHARLI XCX : ALONE TOGETHER 01h07 B.Bell et P.Jones-Soler Charli xcx
POWERHOUSE PRODUCTIONS DRISHYAM 3 02h35 J.Joseph Mohanlal, Meena, A.Hassan
DULAC DISTRIBUTION LEAVING LAS VEGAS 01h51 M.Figgis N.Cage, E.Shue, S.Weber
DESTINY FILMS LES GOÛTEUSES D'HITLER 02h03 S.Soldini E.Schlott, M.Riemelt, A.Hasun
SAJE DISTRIBUTION MAXIMILIEN KOLBE 01h51 A.D'Ambrosio M.Kwasny, C.Sherwood, R.Polonski
BLUE NOTE FILMS MORTE E VIDA MADALENA 01h25 G.Parente N.Bonoba, T.Teixeira, N.Rocha
PARAMOUNT PICTURES FRANCE PASSENGER 01h34 A.Øvredal J.Scipio, L.Llobell, M.Leo
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE STAR WARS : THE MANDALORIAN AND GROGU 02h12 J.Favreau P.Pascal, S.Weaver, J.Allen White
WAYNA PITCH VANILLA 01h39 M.Hermosillo N.Plasencia, D.Porras, M.Castellá
S22
27 MAI
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
WAYNA PITCH À BRAS-LE-CORPS (SILENT REBELLION) 01h36 M.Sgualdo L.Gueneau, G.Colin, T.Doret
PANAME DISTRIBUTION COCOTTE 01h37 G.Pálfi M.Diakopanayotou, A.Pandazaras, Y.Kokiasmenos
ARP SÉLECTION COLONY 02h02 S.Yeon G.Jun, K.Koo, J.Chang-Wook
NEXT FILM DISTRIBUTION CUBA & ALASKA 01h33 Y.Troyanovsky
EPICENTRE FILMS FATHER 01h42 T.Nvotová M.Ondrík, D.Moravkova, P.Bebjak
LÉOPARD FILMS HOLY DESTRUCTORS 01h25 A.Žegulytė
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION LE COYOTE 01h29 K.Jerkovic E.Avila, C.de la Cortina, C.Pop
PATHÉ LIVE LE DERNIER RÊVE DE FRIDA ET DIEGO (METROPOLITAN OPERA) 02h48 D.Colker I.Leonard, C.Alvarez, G.Reyes
ANIME LIMITED LE DERNIER SOUFFLE D'UN YAKUZA 01h30 B.Kinoshita K.Kobayashi, H.Mitsushima, Y.Miyazaki
SUDU CONNEXION LE PONT 01h30 W.Mattar M.Hamzaoui, S.Omrane, S.Hannachi
PARK CIRCUS FRANCE LES HOMMES PRÉFÈRENT LES BLONDES 01h31 H.Hawks J.Russell, M.Monroe, C.Coburn
METROPOLITAN FILMEXPORT LE VIRTUOSE 01h49 D.Roher L.Woodall, D.Hoffman, H.Liu
SPLENDOR FILMS L'HOMME QUI VOULUT ÊTRE ROI 02h09 J.Huston S.Connery, M.Caine, C.Plummer
STUDIOCANAL L'OBJET DU DÉLIT A.Jaoui D.Auteuil, A.Jaoui, E.Haïdara
WARNER BROS. FRANCE MATA R.Lang (II) E.Haïdara, J.Japy, R.Personnaz
ATYPIK STUDIO MINIBIOPIC 01h08 K.Hamon et R.Cathelineau R.Cathelineau, F.Nilsson, V.Lextreyt
PATHÉ LIVE PAUL MIRABEL - PAR AMOUR : LE SPECTACLE AU CINÉMA 01h25 N.Munnich P.Mirabel
ZINC FILM TOUT VA SUPER P.Cassir H.Jemili, N.Lvovsky, M.Colomb
S23
3 JUIN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
PARADIS FILMS ANNA ET LES ENFANTS 01h30 D.Clavier C.Chamoux, A.Lenoir, O.Côte
ED DISTRIBUTION BAIT 01h29 M.Jenkin E.Rowe, S.Shepherd, M.Woodvine
NORTE DISTRIBUTION BOUCHRA 01h23 O.Barki et M.Bennani
LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION
(EX CINÉ SORBONNE) BYE BYE BRÉSIL 01h40 C.Diegues B.Faria, J.Wilker, F.Jr.
AD VITAM EN NOUS 02h07 J.Binoche J.Binoche, A.Khan
VALENTINE LOEB SAS FRANCESCA & GIOVANNI 01h47 S.Izzo et R.Tognazzi E.Pantano, P.Reggiani, G.Arezzo
PATHÉ FILMS LA BATAILLE DE GAULLE : L’ÂGE DE FER A.Baudry S.Abkarian, S.Beale, F.Lesieur
NOUR FILMS L'AFFAIRE ZANETTI 01h45 L.Di Costanzo R.Zem, B.Ronchi, D.Ribon
DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS LA TSIGANE, SUR LA ROUTE AVEC TAMÈRANTONG ! 01h01 S.Lefebvre (III)
KMBO LE GARÇON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES 01h39 G.Unkovski A.Jakup, A.Agushev, D.Akan Zlatanova
LES FILMS DES DEUX RIVES LOIN DE MOI LA COLÈRE 01h33 J.Akafou
GEBEKA FILMS NOUVEAUX COPAINS À PUFFIN ROCK 01h19 J.Purcell C.O'Dowd, A.Huberman, E.Whittaker
SHADOWZ / PROGRAM STORE SACCHARINE 01h52 N.James M.Francis, D.Macdonald, M.Madden
PATHÉ LIVE SANTA – LE CONCERT AU CINÉMA 01h40 T.Carné Santa
PARAMOUNT PICTURES FRANCE SCARY MOVIE M.Tiddes M.Wayans, S.Wayans, A.Faris
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE THE AMAZING DIGITAL CIRCUS : ACTE FINAL 01h33 Gooseworx L.Freeman, M.Kovach, M.Lenti
ORIGINALS FACTORY THE PLAGUE 01h35 C.Polinger J.Edgerton, E.Blunck, E.Heffernan
PYRAMIDE DISTRIBUTION TOUTES MES SOEURS 01h18 M.Bakhshi
SPLENDOR FILMS WHEN WE WERE KINGS 01h29 L.Gast M.Ali, G.Foreman, D.King
32 N°516 / 6 mai 2026
S24
10 JUIN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
WAYNA PITCH A SECOND LIFE 01h17 L.Slama A.Rousselle, A.Lawther, S.Bemba
SINGULARIS FILMS AU BORD DU MONDE 01h45 G.van de Vorst et S.Muselle M.Taquin, S.Deprez, N.Richard
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR DISCLOSURE DAY S.Spielberg E.Blunt, J.O'Connor, C.Firth
L'ATELIER DISTRIBUTION D'OÙ VIENT LE VENT 01h40 A.Guellaty E.Bellagha, S.Baccar, S.Belhassen
PAN DISTRIBUTION D’UN MONDE À L’AUTRE 01h15 J.Renier
SONY PICTURES RELEASING FRANCE FILS DE PERSONNE 01h37 S.Nebbou R.Duris
ANIME LIMITED GHOST IN THE SHELL 01h23 M.Oshii A.Tanaka, A.Ôtsuka, T.Ôki
PATHÉ LIVE JOHNNY HALLYDAY, LORADA TOUR - BERCY 1995 02h15 Bernard Schmitt
SOLARIS DISTRIBUTION L'AMANT 01h55 J.Annaud J.March, T.Leung Ka Fai, J.Moreau
CARLOTTA FILMS LE DERNIER VRAI SAMOURAÏ 02h11 J.Yasuda M.Yamaguchi, N.Fuke, Y.Sakura
DIAPHANA DISTRIBUTION LE VERTIGE Q.Dupieux A.Chabat, J.Cohen, A.Demoustier
WEEKEND FILMS / AVA FILMS MA FAMILLE CHÉRIE 01h23 I.Le Besco É.Bouchez, M.Berenson, J.Balibar
LES FILMS DU CAMELIA SUR MES LÈVRES 02h00 J.Audiard E.Devos, V.Cassel, O.Gourmet
DULAC DISTRIBUTION THE CHRISTOPHERS 01h40 S.Soderbergh I.McKellen, M.Coel, J.Corden
METROPOLITAN FILMEXPORT THE FURIOUS 01h53 K.Tanigaki X.Miao, J.Taslim, S.Boonthanakit
MOTEL THE LAST VIKING 01h56 A.Jensen M.Mikkelsen, N.Lie Kaas, L.Brygmann
ARIZONA DISTRIBUTION UNE ANNÉE ITALIENNE 01h42 L.Samani S.Wendick, G.Covi, P.Giustolisi
S25
17 JUIN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
METROPOLITAN FILMEXPORT BACKROOMS 01h45 K.Parsons C.Ejiofor, R.Reinsve, M.Duplass
APOLLO FILMS DEVIENS GÉNIAL L.Grandperret M.Payet, M.Bedia, M.Baup
THE JOKERS FILMS JIM QUEEN 01h20 M.Nguyen et N.Athane A.Ramires, J.Gillet, S.Souagnon
JOUR2FÊTE LA BALEINE ET LE MUSICIEN 01h23 V.Paoli Rone
SWASHBUCKLER FILMS L'AILE OU LA CUISSE 01h44 C.Zidi L.de Funès, Coluche, A.Zacharias
CGR EVENTS LA NUIT DE LA GÉOPOLITIQUE 2026 03h00
POTEMKINE FILMS LE CUIRASSÉ POTEMKINE 01h08 S.Eisenstein et G.Aleksandrov G.Aleksandrov, S.Eisenstein, A.Antonov
MICHAËL JOURNOLLEAU LES BEAUX JOURS 00h35 M.Journolleau J.Lepic
AD VITAM L'ILLUSION DE YAKUSHIMA 02h02 N.Kawase V.Krieps, Kan'ichirô
FRIDAY ENTERTAINMENT NOS VICTOIRES FRAGILES 01h30 M.Ozgun S.Ozgun, F.Renard, A.Martin (II)
LES ACACIAS PÂQUES SANGLANTES 01h43 G.de Santis R.Vallone, L.Bosè, F.Lulli
MALAVIDA FILMS
RÉTROSPECTIVE DEREK JARMAN (5 FILMS)
LES ACACIAS RIZ AMER 01h50 G.de Santis D.Dowling, V.Gassman, S.Mangano
LES FILMS DU LOSANGE SHANA 01h20 L.Pinell E.Huault, N.Lvovsky, I.Gherib
CONDOR DISTRIBUTION SUR LA ROUTE D'OMAHA 01h33 C.Webley J.Magaro, M.Wright, W.Solis
LE PACTE THE GIACCOMO B.Drapeau Giaccomo, Tibo Inshape, M.Quiviger
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE TOY STORY 5 A.Stanton et M.Harris T.Hanks, T.Allen, J.Cusack
ARP SÉLECTION ULYSSE 01h37 L.Masson É.Bouchez, S.Merhar, R.Bohringer
NEW STORY UN CHAMP DE FRAISES POUR L’ÉTERNITÉ 01h44 A.Raoust P.Rebbot, G.Montel, Q.Dolmaire
S26
24 JUIN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
NAUTEIN PRODUCTION 11 RUE DENVER 01h15 O.Thouret L.Philippe, O.Thouret, C.Mostacci
ÉCLUMIA PICTURES ART COLLEGE 1994 01h58 L.Jian J.Zhangke, Z.Dongyu, B.Gan
POTEMKINE FILMS BLUE HERON 01h30 S.Romvari E.Guven, A.Zimmer, I.Retí
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR DES MINIONS ET DES MONSTRES P.Coffin P.Coffin, A.Sedaris, R.Ranganathan
NORTE DISTRIBUTION DRY LEAF 03h06 A.Koberidze D.Koberidze, O.Nijaradze, I.Chelidze
CARLOTTA FILMS EEGA, LA MOUCHE VENGERESSE 02h14 S.Rajamouli Sudeep, Nani, S.Ruth Prabhu
LES ALCHIMISTES ENTRONCAMENTO 02h11 P.Cabeleira A.Vilaça, C.Diára, R.Morais
UFO DISTRIBUTION ERUPTION 01h11 P.Ohs Charli xcx, L.Góra, W.Madden
SUDU CONNEXION HANAMI 01h36 D.Fernandes D.Mendes, A.Da Luz Gomes, S.Andrade
LE PACTE LES CAPRICES DE L’ENFANT ROI M.Leclerc Artus, J.Piaton, F.Dubosc
UGC DISTRIBUTION LES PARFAIT(S) : ARNAQUES EN FAMILLE L.Bernard A.Fleurot, R.Bedia, A.Cumming
TANDEM L’ÉTRANGÈRE 01h41 G.Jiji Z.Ebrahimi, A.Manenti, A.Waked
EPICENTRE FILMS MASPALOMAS 01h55 A.Arregi et J.Goenaga J.Soroiz, N.Aranburu, K.Uranga
SPLENDOR FILMS NEW YORK 1997 01h39 J.Carpenter K.Russell, L.Van Cleef, E.Borgnine
KMBO NOISE 01h33 S.Kim L.Sun-bin, K.Min-seok, K.Ryu
JHR FILMS SEULS LES REBELLES 01h38 D.Arbid H.Abbass, A.Benrachid, S.Dekhissi
ART HOUSE SHAM 02h09 T.Miike K.Shibasaki, K.Ohkura, F.Kimura
S27
1 ER JUIL
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
ORIGINALS FACTORY ANDRÉ EST UN IDIOT 01h27 A.Benna A.Ricciardi
WAYNA PITCH COTTON QUEEN 01h35 S.Mirghani M.Murtada, R.Mahmoud, T.Farid
LES FILMS DU CAMELIA DISONS, UN SOIR À DÎNER 02h05 G.Patroni Griffi J.Trintignant, L.Capolicchio, A.Girardot
BLUE NOTE FILMS GHOST ELEPHANTS 01h39 W.Herzog S.Boyes, W.Herzog
DIAPHANA DISTRIBUTION IN WAVES 01h35 P.Nguen L.Khoudri, P.Kircher, R.Vega
PATHÉ LIVE JULIEN DORÉ - LE DERNIER PESTACLE 01h50
CARLOTTA FILMS KWAIDAN 03h03 M.Kobayashi M.Aratama, M.Watanabe, R.Mikuni
PATHÉ FILMS LA BATAILLE DE GAULLE : J’ÉCRIS TON NOM A.Baudry S.Abkarian, S.Beale, F.Lesieur
UNA MATINA FILMS LAISSEZ-NOUS LES CLÉS 01h29 Y.Helali
JOUR2FÊTE MISS MERMAID 01h32 P.Brunner et M.Verlé A.Sauvage, T.VDB, A.Wheeler
BAC FILMS NIGHTBORN 01h32 H.Bergholm S.Haarla, R.Grint, P.Tola
MAVERICK DISTRIBUTION NOTRE HISTOIRE - CHRONIQUES DU CAIRE 02h00 A.Shawky A.El-Masry, V.Pachner, K.Kassem
METROPOLITAN FILMEXPORT ON L'APPELAIT ROBIN DES BOIS M.Sarnoski H.Jackman, J.Comer, B.Skarsgård
PAN DISTRIBUTION PERMIS DE DÉTRUIRE E.Fraticelli K.Merad, P.Timsit, E.Fraticelli
WARNER BROS. FRANCE SUPERGIRL 01h50 C.Gillespie M.Alcock, M.Schoenaerts, E.Ridley
Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.
AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir
régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr
N°516 / 6 mai 2026
33
Chiffres
3 FILMS - 3 CARRIÈRES
1 POINT DE COMPARAISON
Comme à son habitude, Disney profite du mois de mai
pour sortir un blockbuster, tantôt suite d’une franchise,
tantôt reboot, ou tantôt remake. Retour en chiffres sur les
performances en salles des trois dernières sorties de la major.
LILO & STITCH
LA PLANÈTE DES SINGES :
LE NOUVEAU ROYAUME
LES GARDIENS DE LA
GALAXIE VOLUME 3
Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Date de sortie
Distributeur
Cumul des entrées
1 er jour
1 er week-end
Séances
Moyenne par séance 1 er we
Cœfficient Paris/Province
Taux de transformation
(cumul des entrées/1 er jour)
Note Spectateur AlloCiné
21/05/2025 08/05/2024 03/05/2023
DISNEY DISNEY DISNEY
5 162 390 2 571 729 3 607 680
260 176 240 102 159 499
1 188 419 825 979 1 017 381
14 649 14 225 14 447
81 58 70
5,95 4,86 5,13
20 11 23
3,8 3,6 4,2
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END
DEPUIS 1 SEMAINE
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 29/04/2026 LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 DISNEY 505 870 253 12 230 71
2 29/04/2026 VIVALDI ET MOI DIAPHANA 216 79 852 2 670 30
3 29/04/2026 RÉTROSPECTIVE SHOHEI IMAMURA (3 FILMS) THE JOKERS 5 1 106 60 18
4 29/04/2026 DAO JOUR2FÊTE 54 5 965 351 17
5 29/04/2026 SORDA CONDOR 152 19 476 1 601 12
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END
EN 2026
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 04/02/2026 STRAY KIDS : THE DOMINATE EXPERIENCE UNIVERSAL 213 66 238 860 77
2 22/04/2026 MICHAEL UNIVERSAL 540 1 171 314 15 489 76
3 29/04/2026 LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 DISNEY 505 870 253 12 230 71
4 01/04/2026 SUPER MARIO GALAXY LE FILM UNIVERSAL 779 1 429 883 20 122 71
5 04/02/2026 MARSUPILAMI PATHÉ 673 990 632 16 813 59
6 28/01/2026 GOUROU STUDIOCANAL 595 558 767 10 354 54
7 25/02/2026 SCREAM 7 PARAMOUNT 431 407 540 9 411 43
8 25/02/2026 ORWELL : 2+2=5 LE PACTE 77 25 002 622 40
9 15/04/2026 JUSTE UNE ILLUSION GAUMONT 665 450 584 11 268 40
10 11/02/2026 IT'S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY PIECE OF MAGIC 41 2 996 75 40
Le Diable s’habille en Prada 2 ajoute du charme au top en s’emparant
de la couronne des meilleurs démarrages sur cette dernière semaine,
porté par une excellente moyenne de 71 entrées par séance (e/s).
Il s’agit en outre de la troisième meilleure performance de l’année,
ex-aequo avec Super Mario Galaxy. Cela conclut donc un mois
d’avril parsemé de démarrages en trombes avec trois films (Le
Diable s’habille en Prada 2, Mario et Michael) ayant dépassé les
70 e/s sur leur premier week-end, ce qui contraste avec les résultats
de 2024 et 2025. Dans le reste du classement de cette dernière
semaine, Vivaldi et moi s’octroie une très bonne moyenne de 30
e/s soit la cinquième meilleure performance de Diaphana depuis
2021. Jolies moyennes également pour la Rétrospective Shōhei
Imamura (18 e/s) et Dao (17 e/s), tandis que Sorda ponctue le
top avec 12 e/s.
*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
34 N°516 / 6 mai 2026
Distribution
METROPOLITAN PRÉPARE SON
ENTRÉE DANS LES BACKROOMS
Renate Reinsve, familière du cinéma de Joachim Trier, transportée dans les Backrooms
©Metropolitan Filmexport
Le 24 février dernier, les premières images du long métrage de Kane Parsons ont
été dévoilées, suscitant un fort engouement sur les réseaux sociaux. Sa sortie en
France, fixée au 17 juin, marque l’aboutissement d’une ascension fulgurante qui
enflamme Internet depuis plus de six ans.
Origine et ampleur
À la fin des années 2010, un phénomène visuel et narratif
émerge sur Internet. Au fil de discussions sur des forums
comme Reddit ou 4chan, le concept “d’espace liminaire”
(ou liminal spaces) devient viral, porté par sa propension
à être décliné et partagé par les utilisateurs. Il s’agit de
vastes lieux vides, étranges et pourtant familiers, où règne
l’impression d’être observé. Parmi les images qui circulent,
l’une d’elles – une succession de pièces vides tapissées de
papier peint jaune et éclairées au néon – est reperée par
un internaute qui l’accompagne d’une petite histoire :
« Si vous ne faites pas attention et que vous traversez la réalité
au mauvais endroit, vous finirez dans les Backrooms, où il
n’y a rien d’autre que la puanteur des vieux tapis humides,
l’enfer du jaune monochrome, le bruit incessant des lumières
fluorescentes, et approximativement 1,5 milliard de kilomètres
carrés de pièces vides aléatoirement segmentées pour vous y
piéger. » Le concept des Backrooms naît ainsi et, de fil en
aiguille, est complété par une communauté
grandissante.
Puis, en janvier 2022, Kane Parsons (Kane Pixels sur les
réseaux) publie sur YouTube The Backrooms (Found
Footage), une modélisation 3D d’une exploration de ces
espaces. Elle totalise à ce jour près de 80 millions de vues,
et donne au phénomène une tout autre ampleur. Le
jeune artiste de 17 ans commence alors une série de
vidéos cumulant plus de 210 millions de vues, soit près
de 12 millions de vues par publication. Le succès s'étend
également à la France, où des YouTubers influents se sont
approprié le concept : Inoxtag, dont la vidéo consacrée
à cet univers a totalisé 22 millions de vues, et Feldup,
spécialisé dans les mystères d’Internet, dont les trois
vidéos publies sur le sujet cumulent plus de 12 millions
de vues. En 2023, l’annonce du film Backrooms, réalisé
par Kane Parsons et produit par A24, prolonge cet
engouement qui ne s’est pas essoufflé depuis : rien que
sur YouTube, les différents teasers ont réalisé plus de 50
millions de vues.
Accompagner un phénomène
Dans un tel contexte, Metropolitan mise sur plusieurs
activations d’influence sur les réseaux sociaux afin de
mobiliser une cible déjà captivée par le sujet. Dans la
même veine, le distributeur compte intégrer de la publicité
Réalisé grâce à l'IA
au sein de Fortnite pour toucher un public familier des
jeux vidéo. L’univers des Backrooms y est en effet fortement
lié, de nombreux jeux ayant été développés ces
dernières années tels que Inside the Backrooms qui, selon
des estimations, a été téléchargé plus d’un million de
fois. Côté marketing salle, un concept de PLV immersive
est développé : des totems découpés horizontalement
seront disposés dans certains halls pour donner l’impression
qu’ils rentrent dans le sol, et donc qu’ils “traversent”
la réalité. Ils seront accompagnés de scotch bleu, symbole
d’entrée dans les Backrooms [voir photo].
Avec cette sortie le 17 juin, Metropolitan poursuit donc
sa collaboration avec A24, qui s’est déjà illustrée cette
année par deux succès : Marty Supreme (premier titre
du studio américain à dépasser le million d’entrées en
France) et The Drama (près de 800 000 entrées actuellement).
De quoi prolonger la belle dynamique du
distributeur entamée dès fin 2025 avec La Femme de
ménage, qui a terminé sa carrière à plus de 4,5 millions
de spectateurs, dont 3 millions en 2026. D’ici la fin
d’année, la structure distribuera aussi Evil Dead Burn
de Sébastien Vaniček (réalisateur de Vermines) le 8 juillet,
I Want Your Sex de Gregg Araki le 29 juillet, Resident
Evil de Zach Cregger (Évanouis) le 16 septembre, Wife
and Dog de Guy Ritchie le 28 octobre, Hunger Games :
Lever de soleil sur la moisson de Francis Lawrence le 18
novembre ou encore I Play Rocky de Peter Farrelly le
30 décembre.
Jules Dreyfus
N°516 / 6 mai 2026
35
L’Émission
ENTRETIEN
NATHALIE CIEUTAT, DIRECTRICE GÉNÉRALE
ADJOINTE DE LA DISTRIBUTION DE PATHÉ FILMS
©Boxoffice Pro
Emission à voir
ou revoir sur notre
chaîne YouTube
Après un début d’année bondissant, Pathé sera au Festival de Cannes avec
cinq films illustrant sa ligne éditoriale. Et qui seront bientôt au cœur de la
stratégie d’événementialisation et de marketing du distributeur, comme des
enjeux de programmation. Autant de sujets abordés par Nathalie Cieutat,
invitée de L’Émission.
Line-up Pathé :
Autofiction de Pedro Almodovar - 20/05/26
Who de Wil Aime - 28/05/26
La Bataille De Gaulle Film 1 : L’Âge de fer
d’Antonin Baudry - 03/06/26
La Bataille De Gaulle Film 2 : J’écris ton nom
d'Antonin Baudry - 03/07/26
L’Inconnue d’Arthur Harari - 26/08/26
Karma de Guillaume Canet - 21/10/26
Il faut brûler maman d’Albert Dupontel - 11/11/26
Fatherland de Paweł Pawlikowski - à dater
Melody pour un ours de Gilles de Maistre - 10/02/27
Dumas : Diable noir de Ladj Ly - 13/10/27
Ally de Bong Joon-ho - 2027
Bunker de Florian Zeller - à dater
L’Enragé d’Emmanuelle Bercot - à dater
Le début de l’année a été intense pour Pathé, avec des
sorties tous les 15 jours, dont un Marsupilami qui vient
de dépasser les 6 millions d’entrées, « après une énorme
tournée et pendant que nos équipes étaient sur les routes
pour celle de La Maison des femmes, ce très beau premier
film qui a donné du sens à nos métiers et a atteint les 500
000 entrées », décrit Nathalie Cieutat. Une période représentative
de la vie de tout distributeur, « avec de grandes
joies liées à des résultats géniaux… et des déceptions pour
des films qui méritaient plus ».
Le succès de Marsupilami dépasse l’objectif des 5 millions
dont rêvaient les équipes de Pathé. « Quand vous avez un
enfant et une peluche sur une affiche, le message familial
est fort. Notre challenge était de nous adresser plus largement
à tous ceux qui aiment la comédie… et la bande à Fifi. »
Philippe Lacheau et sa bande sont connus pour être
extrêmement généreux et proches de leur public, « et c'est
en écoutant le public que l'on devient si bon. Il était inconcevable
de ne pas faire de tournée sur ce film ». Résultat :
pas moins de 190 000 entrées en avant première, pour
un film qui a bénéficié de 23 000 séances sur chacune
de ses trois premières semaines.
Une relation de couple, qui ne veut pas
divorcer
« Ces chiffres vertigineux s’expliquent d’abord par la durée
du film et le fait qu’il soit disponible dans tous les formats
spéciaux – IMAX, ICE, 4DX, etc. –, mais ils sont aussi le
baromètre de l'enthousiasme des salles. » Et pour un film
au tel potentiel, « nous n’exigeons pas un nombre de séances,
mais une durée d’exploitation, et le plein programme…
même si cette notion est relative. En tout cas, une base solide
de séances toute la journée ». Nathalie Cieutat, qui a aussi
été programmatrice des cinémas Pathé, connaît les problématiques
de chacun. « La relation distributeur/exploitant
est celle d’un vieux couple qui travaille main dans la main
en permanence, et qui ne veut pas divorcer. » Et si c’est la
directrice des ventes, Claire Cortès, qui est au contact
direct des exploitants, la directrice de la distribution sait
faire preuve à la fois « d’indulgence et de beaucoup d’exigence
». Par exemple sur la multiprogrammation – « un
gros mot pour les uns, une super solution pour les autres »
– qui permet de proposer au public de « petits films d’auteur
aux côtés de blockbusters », mais qui, si les horaires sont
inadaptés, peut créer des crispations entre salles et distributeurs.
Car « la multiprogrammation ne multiplie pas les
entrées ; elle crée avant tout de la satisfaction client », estime
Nathalie Cieutat, qui dit par ailleurs avoir « un respect
immense pour notre parc de salles dans toute sa diversité »
et avec lesquels, « globalement, tout se passe très bien ».
Quand on l’interroge sur les tensions entre grands circuits
et salles municipales relayées récemment dans la presse
généraliste, la distributrice reconnaît que le sujet est
complexe. « Entre des cinémas privés qui prennent énormément
de risques financiers et des cinémas subventionnés
qui jouent un rôle clé dans la cité, la question de la répartition
des films entre eux se pose forcément. En tant que distributeur,
notre rôle est de faire remonter des recettes aux ayants droit
qui ont pris des risques en faisant un film. Donc évidemment,
on se crispe quand on voit des tarifs trop bas, des frais de
gestion qui nous paraissent démesurés, ou des offres confiserie
dans lesquelles le prix du billet est réduit à néant. » Et au-delà
de la question du prix du billet, « si on donne les films à
tout le monde tout de suite, les entrées se diluent et ce n’est
pas bon pour le film ». Nathalie Cieutat reconnaît la
responsabilité des distributeurs, qui ont « voulu donner
des vivres aux salles après le Covid », alors qu’un plan de
sortie dépend d'un nombre de paramètres « monstrueux :
36 N°516 / 6 mai 2026
de la particularité de chaque film et de chaque cinéma, de
la période, du contexte concurrentiel… On ne peut faire de
généralités, et exposer ces problématiques au grand public,
dans les médias, ne me paraît pas être la bonne stratégie ».
Voire être « dangereux selon Nathalie Cieutat, parce qu'il
va y avoir des amalgames, et que la culture est un rempart
contre l'adversité. Nous avons des cinémas dans de toutes
petites villes qui donnent accès à la culture, et il faut chérir
notre parc de salles dans son ensemble, intelligemment. Chez
Pathé, si on refuse une copie, c'est pour une raison ».
Événementialisation, influence et
“Marketing Day”
Reste que face au nombre de films qui sortent, il faut se
démarquer dans les médias… et partout. « Si un film n’est
pas un événement, il est considéré comme un contenu. »
Pathé travaille ainsi avec des agences, notamment Silencio
ou Vertigo, « parce qu'il faut trouver des idées qui sortent
du lot ». Cela repose beaucoup sur la disponibilité des
talents, comme celle de Pierre Niney pour Le Comte de
Monte-Cristo, « conscient de l’importance de la promo et
particulièrement engagé », ou encore de Jean-Paul Rouve
qui avait hacké un tunnel de pub sur TF1 avec la voix
de Jeff Tuche, ce qui a valu à Pathé le prix d'or dans la
catégorie contenu de la Nuit des Rois (concours du
marketing digital).
Aujourd’hui, le marketing est beaucoup pensé pour les
fans et il faut savoir, pour chaque film, « ce qui a du sens
et à qui on veut s'adresser »… sachant « que c'est souvent
extrêmement coûteux ». C’est notamment ce que Nathalie
Cieutat a expliqué lors de la journée organisée par la
FNEF – « où l’on s’est rendu compte que nos métiers sont
peu connus même au sein de la profession ». Pour Le Comte
de Monte-Cristo, Pathé s’est adressé à la cible jeune à
travers des formats « très innovants, comme la toute première
Watch Party TikTok, des séances avec des créateurs de contenu
en présence de Pierre Niney – un travail qui nous a valu
d'être dans le top dix des marques les plus influentes sur
TikTok et la deuxième marque après Netflix dans le domaine
culturel ». De façon générale, et même si la base reste une
bonne bande-annonce, le distributeur active beaucoup
l’influence, « car il y a des créateurs de contenus partout et
sur tous les sujets, y compris localement, comme ceux que
nous avons utilisés pour la tournée province de La Maison
des femmes ».
Pathé préconise aussi d’aller de plus en plus sur les tournages,
« le public étant très sensible à l’envers du décor ».
Pour Marsupilami, « la bande à Fifi avait une équipe dédiée
sur le tournage, qui les filmait en train de faire des blagues,
et à la sortie du film, leurs 60 vidéos avaient déjà fait plus
d'un million de vues ». Un travail qui s’anticipe, d’autant
qu’il n’est pas toujours facile de déranger les comédiens
en débarquant sur un plateau. Ainsi un “Marketing Day”
est déjà prévu sur le tournage en costumes de l’ambitieux
Dumas : Diable noir de Ladj Ly, produit par Dimitri
Rassam (Chapter 2), « avec lequel nous partageons l’ambition
de faire de grands films ».
De De Gaulle… au général Dumas
Et des grands films… Pathé en présente cinq à Cannes,
dont trois en Compétition – Fatherland de Paweł Pawlikowski,
Autofiction de Pedro Almodóvar et L’Inconnue
d’Arthur Harari – tandis que Karma de Guillaume Canet
et le premier volet de La Bataille De Gaulle : L’Âge de fer
seront montrés Hors Compétition. Aux côtés de grands
films populaires, « nous avons toujours la volonté de suivre
de grands auteurs – comme Pedro Almodóvar, Paolo Sorrentino,
ou Alice Winocour… –, et d’en accueillir de nouveaux,
selon nos coups de cœur, comme Amélie Bonnin avec Partir
un jour l’an dernier ou Arthur Harari aujourd'hui ». Le
premier enjeu est la sortie de De Gaulle, une semaine
après le Festival. « Des films comme celui-là, il n’y en a pas
beaucoup. Il fallait l’audace de Jérôme Seydoux et le génie
d’Antonin Baudry pour se lancer dans une telle aventure,
estime Nathalie Cieutat, au sujet de ce qui n’est pas un
biopic sur De Gaulle, mais un grand film où l’on suit la
détermination d'un homme et son désir viscéral d’agir pour
que la France reste un pays libre, de son départ à Londres
jusqu'à la libération de Paris. » Et si le point de vue
historique est passionnant, La Bataille De Gaulle ne doit
pas être perçu « seulement » comme un film historique.
« Le challenge est de faire venir une nouvelle génération
pour un film grand spectacle, drôle et émouvant. Nous en
sommes très fiers et voulons le porter le plus loin possible.
C'est un travail de tous les instants : on vit et on dort De
Gaulle. » Et à film exceptionnel, sortie exceptionnelle :
en deux parties de 2h38 mais rapprochées, l’été étant
propice pour voir des films longs – Monte-Cristo, sorti
en juin, avait connu un fort rebond à la mi-août. On
note d’ailleurs que c’est la troisième année consécutive
que Pathé investit le mois de juin avec un film français
ambitieux, après une comédie familiale en février, souvent
un film d’auteur cannois à la fin de l’été. De là à y avoir
une stratégie de saisonnalité… « Tout dépend des films,
selon Nathalie Cieutat, même si le public a des réflexes. »
Ainsi le film d’Almodóvar sortira le jour de sa projection
cannoise, celui d’Harrari fin août, et celui de Pawlikowski
est prévu d’ici la fin de l'année, tandis que le film familial
Melody pour un ours de Gilles de Maistre est daté pour
février 2027. Sans oublier le « merveilleux » film d’Albert
Dupontel, Il faut brûler maman, avec Artus. « Albert a
poussé le bouchon en faisant une comédie en plans séquences.
Elle sortira le 11 novembre 2026 après une grande tournée. »
L’année suivante s’annonce tout aussi riche, avec de
nouveaux auteurs arrivés chez Pathé : Emmanuelle Bercot,
Florian Zeller, Bong Joon-ho pour son premier film
d’animation, ou encore Ladj Ly… dont le film, sur le
père d’Alexandre Dumas, né esclave et devenu général,
« va, dans le contexte français, être un très gros morceau
de 2027 ».
Cécile Vargoz
©Guy Ferrandis
Pathé entend cibler les jeunes avec La Bataille De Gaulle : L’Âge de fer
N°516 / 6 mai 2026
37
Dossier Financement
FINANCEMENT DES CINÉMAS
QUELS COMPTES SONT BONS ?
Régulièrement érigé en modèle à
l'échelle internationale, tant pour
son maillage territorial que pour
la qualité de ses équipements, le
parc cinématographique français
repose sur une mécanique
d'investissements volontariste et
vertueuse, mêlant capitaux privés
et publics. Or cet écosystème subit
aujourd’hui une pression inédite,
avec des équations de financement
en plein recalcul.
©Les Feux de la Rampe
« Avant de parler financement des cinémas, il faut parler de
l'augmentation des coûts de construction et de fonctionnement
», prévient Antoine Mesnier, directeur général du
cabinet CinéConseil, en énumérant les effets successifs
de la crise sanitaire, de la guerre en Ukraine, au Moyen-
Orient… et leurs contrecoups sur les prix des matériaux
et de l’énergie. Dans ce contexte inflationniste, les entrées
sont, elles, à la baisse. « Malgré la bonne trajectoire entamée
en 2026, depuis plusieurs années la fréquentation est dépressive.
Et si on reste durablement entre 160 et 180 millions
d’entrées, nous allons avoir un problème structurel de ressources. »
Sophie Girieud, consultante senior chez Hexacom,
confirme : « Parmi les plus grosses difficultés de trésorerie,
les cinémas sortis de terre juste après la crise sanitaire, avec
des business plans basés sur l’avant Covid, n'ont pas du
tout atteint les objectifs espérés. » Pendant ce temps, sur les
nouveaux projets, les plans de financements se bouclent
très tardivement, « parfois juste avant le premier coup de
pioche ». C’est donc dans un contexte de « durcissement
général » que les cinémas doivent se financer, notamment
auprès de « banques plus frileuses pour prêter, dans des
conditions pas toujours avantageuses, et après beaucoup de
négociations ». L’experte d’Hexacom n’intervient pas auprès
des établissements bancaires, mais accompagne les porteurs
de projets sur leurs demandes de subventions publiques.
Une forêt touffue
Soutiens CNC, aides publiques transverses, solutions européennes,
financement participatif… Face à la « forêt
touffue » des guichets de financement que peuvent solliciter
les cinémas, l’ADRC s'est posé la question d’éditer un authentique
“Atlas”, explique son délégué général Christian
Landais. À défaut et pour l’heure, l'Agence propose un répertoire
très complet des aides à l'investissement des cinémas
dans son guide “Créer ou transformer un cinéma” – dont la
dernière édition en date remonte à octobre 2023.
Le projet Planet-Ciné à Flers (Orne), porté par Sébastien Le Goffe et Bertille Martins qui exploitent
déjà l’actuel cinéma 4 Viking de la Ville, avait obtenu 600 000 € d’aide sélective du CNC en 2023,
de l’avance sur recettes et l’accompagnement des collectivités. Le chantier suivi par l’architecte
Gilles Imbert est en cours, et l’ouverture prévue en janvier-février 2027.
Finance-moi si tu peux
Le plus grand garant du parc français reste, de fait, le
CNC, via le soutien automatique généré par la TSA
– entre droits acquis et avances sur droits, voire avances
majorées, calculées sur le potentiel du futur cinéma – et
l'aide sélective – réservée aux exploitants réalisant moins
de 1 % des entrées annuelles nationales. « Il s’agit souvent
de deux guichets qui marchent ensemble, observe la consultante.
Et même s’ils ne représentent pas toujours des parts
importantes dans les devis, ils ont un évident effet de levier
sur les autres financements. » Néanmoins le serpent peut
se mordre la queue. « Le CNC demande qu'il y ait des
collectivités impliquées dans les projets, mais parfois, pour
demander une aide régionale... il faut avoir obtenu l'aide
du CNC. » Et les acteurs territoriaux, dont la présence
dans les plans de financement est appréciée des banques,
font eux-mêmes face à des contraintes budgétaires….
« Soyons clair, personne ne connaît l’avenir des capacités
de soutien des collectivités », prévient le président de la
FNCC (Fédération nationale des collectivités pour la
Culture), Jean-Philippe Lefebvre. « Comme le disait
De Gaulle : “On peut regretter le charme du temps des
équipages… mais il n’y a pas de politique qui vaille en
dehors des réalités”. Hélas, tout le monde doit comprendre
que nous sommes en train de vivre une vraie mutation
budgétaire, et le code des collectivités ne les oblige qu’à
financer les compétences qui leur ont été dévolues par la
loi… et dont la culture – hormis l’architecture – ne fait
pas partie. » Pour autant, Jean-Philippe Lefebvre est
« tout, sauf un culturicide », lui qui, en tant qu'élu
municipal à Dole (et à la Région de Bourgogne-
Franche-Comté), a accompagné la création du Majestic
Dole – Rive gauche l’année dernière [voir Boxoffice
Personne ne connaît
l’avenir des capacités
de soutien des
collectivités
Jean-Philippe Lefebvre,
président de la FNCC
Pro du 2 avril 2025]. Mais c’est avant tout l’effort et
le risque pris par l’investisseur privé, Jean-Claude
Tupin – « qui a sorti plusieurs millions d’euros de sa
poche » – qu’il salue. « Notre rôle en tant que collectivité
a été de l'accompagner, notamment en lui trouvant le
terrain – qu’il a par ailleurs acheté. Comme le disait
Jacques Duhamel quand il était ministre de la Culture*,
notre job est de créer “l’atmosphère” ». Une dynamique
essentielle pour accueillir un équipement cinématographique,
qui représente « la première activité culturelle
d’une ville. Tous les élus en sont conscients, autrement
nous ne serions pas à ces fonctions-là », insiste Jean-Philippe
Lefebvre. « Nous sommes des politiques, et nous
devons faire des choix. »
38 N°516 / 6 mai 2026
On arrive enfin à l’année du tournant
ENTRETIEN AVEC
HENRI DE ROQUEMAUREL,
DIRECTEUR DU PÔLE IMAGE & MÉDIAS DE BNP PARIBAS
La banque qui aime le cinéma, et qui contribue
chaque année au financement de près d'un
film sur deux produits en France – avec pas
moins de 33 productions sélectionnées au
Festival de Cannes 2026 – reste également
un fidèle partenaire de l’exploitation. À
l'heure où les salles doivent relancer leurs
investissements et faire l’objet d’une vague
inédite de transmissions, le point avec Henri
de Roquemaurel, directeur du pôle Image &
Médias de BNP Paribas.
Quel regard portez-vous sur la santé financière du
parc cinématographique français ?
De notre point de vue, ces cinq dernières années ont
été particulièrement éprouvantes pour l'exploitation.
Cette période trouble a commencé après une année
2019 record qui a masqué la disparition d’un studio,
conséquence naturelle du rachat de la Fox par Disney.
Puis se sont enchaînées la crise du Covid, la fermeture
des cinémas – avec des mesures d'aide majeures auxquelles
nous avons beaucoup contribué –, et la grève des
scénaristes et des acteurs à Hollywood – qui a fortement
impacté le secteur. En 2024, en France, les succès
d’Un P’tit truc en plus, du Comte de Monte-Cristo et
de L’Amour ouf ont en partie masqué le déficit d'offre
américaine de qualité, qui a pourtant créé de multiples
tensions de trésorerie. Nous avons rencontré des
situations complexes et essayé d'aider tous nos exploitants,
notamment en étalant des dettes, en rachetant
des créances mais également en “syndiquant” auprès
d'autres banques.
Vous voulez dire que BNP Paribas soutient les
cinémas auprès d’autres établissements bancaires ?
Oui, tout à fait. Le secteur fait l'objet de publications
quasi quotidiennes, et paradoxalement cet excès de
communication le rend difficile à appréhender de l'extérieur,
notamment par certaines banques qui ont du
mal à “synthétiser” une confiance à long terme. En
syndiquant auprès de nos confères, dans notre rôle de
grande banque sectorielle, nous expliquons a structuration
de la dette, le fonctionnement du marché le détail des
investissements futurs, les enjeux environnementaux qui
rejoignent des objectifs nationaux et européens…
C'est un travail pédagogique.
Quels sont les gros enjeux du secteur pour les
années à venir ?
En 2026, nous arrivons enfin à l’année du tournant, avec
une fréquentation des salles solide et probablement plus
stable, des films – comme Marsupilami et actuellement
Michael – qui dépassent les espérances, un line-up clair
et ambitieux jusqu’à 2028-2029. Maintenant, il va falloir
reprendre le cycle des investissements qui ont été décalés
en raison des tensions de trésorerie. Nous avons par
exemple pris beaucoup de retard sur l'équipement en
projecteurs laser.
Quel accompagnement prévoyez-vous sur le terrain
de la transmission des cinémas, qui apparaît comme
un des grands enjeux dans les années à venir ?
L'exploitation est un métier de sociétés familiales, avec
de très belles histoires, et une “vague” de transmissions
attendue dans les cinq ans à venir. Qu’il s’agisse d’une
transmission familiale ou d’une cession, notre rôle est
d’assurer la continuité de ces cinémas, en trouvant la
meilleure solution pour le cédant, en trouvant le bon
repreneur, en le finançant. Mais pour cela, nous manquons
de projets portés par les nouvelles générations. Par ailleurs,
l’exploitation reste un métier encore très masculin. Sur
ces deux points – la jeunesse et la parité –, BNP Paribas
est prêt à donner des "coups de pouce", une démarche
que nous pratiquons déjà beaucoup dans la production.
Enfin, concernant un certain débat selon lequel le prix
des salles serait trop élevé, car les valorisations n'ont pas
toujours tenu compte de l'évolution du marché, la situation
est en train de se corriger. Pour moi, le fond du problème
n'est pas tant le prix que l'audace : il faut encourager les
nouvelles générations à oser reprendre le flambeau.
Parmi les ressources dont peuvent disposer les
cinémas, on observe un regain d'intérêt de grandes
marques pour le cinéma. Est-ce un signal rassurant
et une piste à creuser pour les exploitants ?
En effet, le retour de grandes marques – comme BYD,
Peugeot, Chanel ou encore Kering avec Saint Laurent
– est un signal extrêmement positif. Et cette attractivité
du cinéma ne concerne pas uniquement la production
ou les festivals ; elle s'applique aussi pleinement aux salles,
qui ont un lien direct et privilégié avec le public. J'invite
d'ailleurs les exploitants à explorer cette voie. Dans chaque
région, il y a de grandes entreprises locales qui seraient
certainement intéressées par des partenariats avec leur
cinéma, dès lors que cela fait sens avec leur environnement
et leur clientèle. Et ces entreprises, BNP Paribas les
connaît aussi ; nous pouvons donc parfaitement faire le
lien entre les exploitants et ces potentiels partenaires, en
nous appuyant notamment sur l'exemple de notre Pathé
BNP Paribas dans le quartier de l'Opéra à Paris.
Vous citiez le rachat de la Fox par Disney. Quel
regard portez-vous sur les mouvements de concentration
en cours dans le cinéma, aux États-Unis
comme en France ?
Concernant le rachat de Warner par Paramount, sa
direction s'est engagée à maintenir un volume important
de 30 longs métrages annuels et le Cinemacon a redonné
de la couleur et des perspectives au marché. Ce qu'il faut
surtout regarder, c'est le renforcement de nos acteurs
européens et français, avec de grands studios très identifiés
comme Pathé, Gaumont, UGC, SND, ou encore CGR
à travers Apollo. Sans oublier les acteurs de taille intermédiaire
de plus en plus puissants en distribution, comme
Metropolitan, Le Pacte, Ad Vitam ou Pyramide, qui se
sont consolidés et qui assureront une grande partie du
box-office de demain.
©Claire Jachymiak
L'entrée de Canal+ au capital d'UGC est également un
signal positif ; qu'un acteur historique et majeur, qui
connaît si bien les métiers du Cinéma, décide d’investir
dans la salle et la production doit donner confiance à
l'ensemble des exploitants. Pathé, qui a fait le choix
d'accueillir un nouvel actionnaire [à savoir la famille
Saadé, via sa holding Merit France, ndlr], il nous semble
que le secteur doit y voir un signal extrêmement satisfaisant,
notamment vu le nombre croissant d’entrées
réalisées chaque année par ce groupe emblématique.
Pathé et UGC sont véritablement les "faîtières" du cinéma
français, actives dans les trois métiers : production, distribution
et exploitation. C'est grâce à cette vision globale
qu'ils fournissent à l'ensemble des salles un mix de grands
films fédérateurs et de films de cinéastes ambitieux.
Surtout, ils ont la capacité d'exporter et d'européaniser
le savoir-faire cinématographique de la France, aujourd’hui
le seul pays d'Europe à posséder une industrie aussi
structurée. C'est précisément pour cela que BNP Paribas
accompagne le Cinéma, avec l’objectif de participer à
son rayonnement international.
Propos recueillis par Aysegül Algan
N°516 / 6 mai 2026
39
Dossier Financement
La nouvelle carte du risque
Côté exploitants, l'heure est également aux arbitrages.
À la tête des Cinémas Confluences et membre du bureau
exécutif de Cinéo (groupement des cinémas privés indépendants),
Cédric Aubry boucle actuellement le financement
de son complexe de 7 salles à Annonay, « avec un
soutien de la Ville et de la Communauté de communes de
l’ordre de 500 000 euros pour un projet qui va coûter plus
de 6 millions, et les accompagnements de la Région et du
Département pas encore confirmés ». Même la perspective
aussi pertinente que celle de doter la plus grande ville
d’Ardèche d’un cinéma ne semble plus évidente : « Avec
des devis plus chers, des taux d’intérêt élevés et la rentabilité
des établissements en baisse, il va falloir être rigoureux dans
les opérations que l'on veut mener. Et dans un marché dont
on ne connaît pas le “nouveau normal”, tout le monde a le
pied sur le frein », résume l'exploitant-entrepreneur.
Pour Antoine Mesnier de CinéConseil, nous sommes
bien arrivés « à la fin d'un cycle d’investissements lourds,
mais la création de sites n’est pas terminée ». Si rares sont
les agglomérations de 300 000 habitants qui, comme
Valenciennes jusqu’à l’ouverture de L’Arsenal en février
dernier, n’ont pas d’équipement en centre-ville, le parc
français a besoin de régénération. « Il y a encore plusieurs
dizaines de villes en France dont les cinémas anciens attendent
d’être remplacés par des nouveaux », estime le consultant,
en citant les projets à Flers dans l’Orne (porté par Sébastien
Le Goffe et Bertille Martins), à Lisieux dans le Calvados
(famille Reynaud) ou encore, celui en cours de finalisation
à Bastia en Corse (Daniel Benedittini). Si le futur “Toiles
du Bassin” de Biganos en Gironde (Cédric Favard et
Philippe Gonzalez) s'inscrit dans cette même trajectoire
Les soutiens CNC en chiffres
En attendant les chiffres 2025 qui s'apprêtent à être dévoilés dans
son Bilan annuel publié à Cannes, le CNC comptabilisait, lors de sa
Commission Chavane [voir le Boxoffice Pro du 15 avril 2026],
71,3 M € de soutien automatique à l'exploitation sur l’année
écoulée. L’ensemble de ses soutiens sélectifs au secteur (donc
soutien art et essai compris), s'élevait à 29 M €.
En 2024, les trois commissions annuelles dédiées du Centre ont
attribué 7,6 M € à un total 28 projets de création et de modernisation
de salles. À noter que sur cette même année 2024, l’enveloppe
du soutien sélectif intégrait le million d’euros prévu pour le premier
volet de l’aide à l’investissement des itinérants, tandis que le
second volet fléché vers l’emploi, de 500 000 euros par an, dispose
d’une ligne spécifique parmi les aides sélectives à l'exploitation.
©SAS Sedan Cinéma
de transfert-extension, ailleurs, des projets se réorientent
vers des rénovations de l’existant, à l'image du Cinéma
le Dunois à Châteaudun dans l’Eure-et-Loir (Christine
Bentabet) ou encore, comme l’explique Sophie Girieud
d’Hexacom, à Langres en Haute-Marne où, « face à
l'explosion de devis qu'impliquait la zone archéologique du
site prévu, les exploitants Frédéric Perrot et Jérôme Quaretti
ont opté, avec le soutien des collectivités, pour une amélioration
du New Vox existant [voir Boxoffice Pro du 15 avril
2026, ndlr.] ».
Cédric Aubry souligne de son côté que ce nouveau cycle
de rénovation rime souvent avec montée en gamme. Et
qui dit salles premium, « pour lesquelles le public a de
l’appétence », dit révision à la hausse des tarifs. « Au sortir
du Covid, les grands circuits ont tout de suite compris – parce
que mieux structurés – que le prix du billet était un curseur
important pour la restauration des marges. » Le président
des Cinémas Confluences note ainsi que les indépendants
des petites villes et des villes moyennes sont en train
d'opérer un « petit rattrapage tarifaire, contrairement aux
Les projets, rapportés
aux entrées
escomptées, coûtent
plus cher que le passé
Christian Landais,
délégué général de l’ADRC
cinémas municipaux et associatifs ». Ce qui « étire » d’autant
plus l’amplitude des tarifs entre les différents types d’établissements,
et exacerbe les tensions entre exploitants et
distributeurs, « ou entre exploitants ».
Quel que soit le contexte, « que l’on soit une collectivité,
une association ou un privé, il faut continuer à investir,
rappelle Christian Landais. Ne serait-ce que dans l’entretien
du parc tel qu’il existe, avec des exigences de qualité en
hausse, tant en matière de confort que de transition écologique
». Le délégué général de l’ADRC observe bien, à la
lumière des coûts et ratios de construction que l'Agence
publie annuellement, que « les projets, rapportés aux entrées
escomptées, coûtent plus cher que le passé », alors que le
« modèle “hôtelier” » appliqué au secteur est dépassé. « Nous
avons besoin d’analyses méthodiques et rationnelles pour
déterminer jusqu’où aller en fonds propres, évaluer le retour
sur investissements et identifier, suivant nos modes de gestion,
là où on va chercher le financement. » Le tout, « sans s'enfermer
dans des modélisations… », mais probablement en
inventant de nouveaux modèles.
Des modèles où l'équation financière s'équilibre souvent
grâce à… un supplément d'âme. Dans les Ardennes,
en passant des 3 salles de son Turenne aux 5 salles d’un
cinéma Apollo flambant neuf, la famille Thiriot pourrait
tripler la fréquentation de 50 000 à 150 000 entrées à
Sedan. « Une ville qui a perdu de sa population, mais
qui pourtant mérite un cinéma nouvelle génération »,
note Antoine Mesnier, rappelant que ces projets ne
sont pas constitués de pure rationalité économique.
« Il y a aussi une forme de déontologie propre aux exploitants,
faite de fidélité à une histoire, à une ville et à des
initiatives qui leur tiennent à cœur. » Car au bout des
comptes, « s’il n’y avait que l'argent qui comptait dans le
cinéma, on ferait autre chose ».
Ayşegül Algan
*1971-1973, sous Georges Pompidou
Loi Sueur, un texte clarifié
Depuis 1993, la loi dite “Sueur”, du nom du sénateur Jean-Pierre
Sueur qui l’a portée, codifie les subventions des collectivités dont
peuvent bénéficier les cinémas, limitant ces dernières à 30 % du
budget des projets et aux établissements réalisant un maximum de
7 500 entrées hebdomadaires (soit 390 000 annuelles) ou classés
art et essai. En 2021, un exploitant contestant la subvention municipale
accordée à son concurrent a saisi le Conseil d’État, qui a à son
tour pointé l’ambiguïté du texte de loi sur la possibilité d’y inclure
les projets de création de nouveaux établissements.
Depuis février 2022, c’est donc une loi Sueur modifiée et clarifiée
qui est de rigueur, pour les projets de création de nouveaux
cinémas, au même titre que les projets d’extension ou de modernisation
de cinémas déjà existants. Parmi ses autres aménagements,
dans le cadre de la crise Covid, son taux avait pour rappel été
temporairement relevé à 60 %, de mai 2021 à janvier 2023.
Le nouveau cinéma Apollo de la famille Thirriot
devrait tripler la fréquentation cinématographique à
Sedan (Ardennes).
40 N°516 / 6 mai 2026
IFCIC : UNE INTERFACE CLÉ
ENTRE EXPLOITANTS ET BANQUES
Établissement de crédit doté d’une mission d’intérêt général, dans un monde bancaire de plus en plus
normé, l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles exerce sa fonction singulière
à la croisée des logiques de marché et des enjeux de filière. Un rôle d’autant plus déterminant à
l’heure où les besoins de financement se recomposent.
Face à une spirale de baisse de fréquentation qui induirait
une baisse des investissements dans le parc cinématographique
français, Karim Mouttalib, directeur général
de l’IFCIC, pose d’emblée l’enjeu central du financement.
« Pour attirer le public, une bonne offre de films ne suffit
pas : il faut des cinémas de qualité, à la hauteur de l’expérience
collective unique de la salle, loin du visionnage
solitaire à domicile. » D'où le besoin d’investissement
constant, que l’IFCIC accompagne avec ses deux outils :
le prêt bancaire et, surtout, la garantie, « qui représente
la majorité de nos interventions ».*
Débloquer l’investissement
Sébastien Saunier, directeur du Crédit aux entreprises
et de la Stratégie, assume volontiers sa mission pédagogique
: « Entre l’implication des collectivités, du CNC
avec ses taxes affectées, le secteur est régi par des mécanismes
uniques. À l’IFCIC, nous aidons les exploitants à expliquer
leur modèle économique aux banques et à leur donner des
clés de lecture des comptes de résultats et des bilans. » En
apportant 50 à 70 % de garantie de prêt, l’implication
de l’IFCIC se révèle ainsi généralement décisive pour
engager la prise de risque de l’établissement bancaire.
À l’occasion, pour « compléter le tour de table », l’organisme
peut lui-même accorder des prêts, « notamment
quand le risque est plus difficilement mesurable, comme
dans le cas de transmissions de salles ».
©IFCIC
les besoins en investissements et voir comment nous pouvons
y participer », précise Sébastien Saunier qui voit, dans ce
qui est destiné à devenir une économie à long terme,
« typiquement le genre de choses à financer avec des crédits,
sans sortir de trésorerie ».
Autre sujet « devant nous » : les 500 000 chefs d’entreprises
qui vont partir à la retraite ces 10 prochaines années
et, parmi eux, des exploitants. Autant de transmissions
qui peuvent donner lieu à des mutualisations et des
rapprochements d’acteurs indépendants, comme l’a
déjà observé l'IFCIC. « Nous œuvrons principalement
©Emile Lombard
auprès de la petite et moyenne exploitation, l’art et essai
et la profondeur des territoires, et sommes donc d’autant
plus soucieux de la préservation de la diversité des acteurs
dans le secteur », concluent les experts, qui planchent
déjà, avec le comité jeunes exploitants de la FNCF, sur
des reprises de cinémas par des salariés.
A.A.
*À fin mars 2026, l’IFCIC enregistre un encours de 110 millions d’euros de prêts garantis
et octroyés en faveur de l’exploitation cinématographique.
L'IFCIC faisait naturellement partie du mécanisme
d’urgence mis en place par le CNC dans la foulée du
Congrès 2025, pour soutenir les exploitants en peine de
trésorerie. Nombreuses ont alors été les sollicitations de
conseils pour entrer en négociation avec les banques,
« sur la possibilité de mobiliser les garanties de prêts pour
aménager les modalités de remboursement, les allonger ou
les assouplir », décrit Sébastien Saunier. Finalement, le
directeur spécialisé aura la satisfaction de voir la plupart
des difficultés de ses interlocuteurs résorbées par « la
réactivité du CNC sur les outils d’urgence, la rapidité des
décisions et des versements et la reprise de la fréquentation
dès décembre 2025. Mais nous restons attentifs car dans le
contexte inflationniste des coûts d'exploitation, les sujets de
trésorerie peuvent émerger rapidement ».
Nouveaux chantiers
Depuis la crise sanitaire, l’IFCIC observe que les investissements
de ses bénéficiaires se sont réduits. « Entre
2017 et 2019, nos nouvelles garanties et prêts directs représentaient
un volume de 71 millions d’euros. Depuis fin
2020, ils ne représentent que 65 millions d’euros », détaille
Karim Mouttalib, qui n’y voit pas forcément un reflet
de difficultés, « mais d’attentisme de la part des exploitants,
qui décalent leurs projets ». De fait, dans le défi permanent
de modernisation, le directeur général de l’IFCIC rappelle
deux sujets centraux. D’abord le passage au laser, « sans
grand plan spécifique de soutien mais en complémentarité
avec les aides du CNC, et avec l’option du changement à
neuf ou celle du rétrofit ». Plus généralement, sur l’ensemble
des enjeux énergétiques, l’IFCIC travaille avec le comité
écologie des cinémas de la FNCF « pour bien identifier
Karim Mouttalib
Sébastien Saunier
N°516 / 6 mai 2026
41
42 N°516 / 6 mai 2026
©A.Bonnet
Publi-rédactionnel
VALÉRIE CANDEILLER
UN PARTENARIAT « INÉDIT ET VRAIMENT
COMPLET » ENTRE PEUGEOT ET PATHÉ
« Peugeot et Pathé, réunis pour célébrer le cinéma » : Valérie Candeiller, Directrice
de la communication et activations de Marque Peugeot Monde, revient sur la
stratégie de ce partenariat inédit annoncé en janvier dernier entre deux grandes
marques françaises.
Comment s'est créée l'idée d'un partenariat
entre Peugeot et Pathé ?
Cela fait plus d'un an et demi que l'on travaillait sur
un partenariat avec la belle maison Pathé. A ce
moment, la marque Peugeot voulait s'engager dans
un nouveau territoire de marque, le cinéma. Mais
pas n'importe lequel : le cinéma français. L'histoire
de Peugeot est très liée à celle du cinéma. la marque
est beaucoup sollicitée, que ce soit pour du prêt de
véhicule ou du placement de produit. L'univers du
cinéma tourne beaucoup autour de l'émotion, une
valeur commune avec celles de Peugeot. Nous nous
sommes mis ainsi très rapidement en contact avec
Pathé, maison emblématique française qui démontre
son excellence en matière de cinéma. La réflexion a
commencé autour de cette notion d'émotion : nous
voulions faire vivre des émotions à nos clients, dans
des domaines différents. De plus, il y avait une
véritable envie de soutenir la culture française, les
jeunes talents du cinéma français.
Quelle est la stratégie de ce partenariat ?
Notre partenariat est inédit, il est vraiment complet.
Il va toucher les trois activités de Pathé : production,
distribution, exploitation. Peugeot sera présent à ces
trois niveaux. Pour la production, nous serons présents
très en amont sur les films Pathé. Dans le line-up,
nous pouvons choisir ensemble dans quel film la
marque Peugeot peut s'insérer en étant très respectueuse
de l'histoire que le film raconte. La marque ne doit
pas être plaquée pour le principe, mais doit s'intégrer
dans le film. Des véhicules électriques mis à dispo sur
les tournages, pour l'aspect responsable. Ensuite, la
distribution, pour le marketing des films : on va
développer des contenus sur les écosystèmes de communication
(réseaux sociaux, print, concessionnaires de
notre réseau...). Enfin, pour l'exploitation, nous avons
des accords avec les cinémas Pathé où notre partenariat
est très visible.
Comment se concrétise ce partenariat dans
son aspect exploitation ?
La partie exploitation est cruciale. Les concessionnaires
apprécient énormément le cinéma en tant
qu'outil de communication. C'est un levier très fort
vis-à-vis de leurs clients. C'est très facile à activer
localement. Nous avons plus de 400 points de ventes
dans toute la France, ce qui permet de s'accorder
facilement avec les cinémas Pathé. Le réseau a ainsi
un quota de places pour aller dans les salles Pathé.
Nous pouvons organiser des avant-premières avec
leurs clients, ou bien des expositions de véhicules
dans les cinémas. Dans le cadre des essais de notre
nouvelle 408, la présentation aux journalistes se fait
dans un cinéma Pathé. Sa façade est mise aux couleurs
du partenariat, avec l'image forte du coq et du lion,
et nous avons accès à une salle exclusive...
Nous avons plus de
400 points de ventes
dans toute la France,
ce qui permet de
s'accorder facilement
avec les cinémas Pathé
Vous avez créé un film, Le Lion et le coq, qui
illustre le partenariat entre les deux marques.
Quelle était l'idée ?
L'idée du film est un mélange entre des discussions
Pathé/Peugeot et l'agence créative. Tout est parti d'un
constat très simple : les symboles des deux entreprises
sont des animaux. D'un côté le coq de Pathé, symbole
français, et de l'autre, le lion, qui revendique ses racines
franc-comtoises... Qu'est-ce qu'on pouvait faire avec
ces deux emblèmes ? L'agence nous a proposé l'idée
d'une fable autour de la rencontre entre ces deux
animaux : le coq chantant à Paris, le lion rugissant sur
les collines de Belfort qui s'admirent de loin et cherchent
à se rencontrer. Ils finiront par chanter à l'unisson
devant le soleil levant. Mais j'insiste, pour nous, ce
n'est pas une publicité au sens classique du terme :
c'est un contenu éditorial qui fait la promotion de ce
partenariat. Nous n'avons rien à vendre derrière. Avec
ce film, on veut montrer aux gens que l'automobile
peut créer des expériences émotionnelles autour du
produit, pas seulement avec le produit.
Des exemples concrets de ce partenariat ?
Pour le film Le Marsupilami, le logo Peugeot était
présent sur tous les leviers de communication. Lors
de l'avant-première au Grand Rex, on avait fait
sticker les véhicules 3008 et 5008 qui amenaient les
invités aux couleurs jaune et noir du Marsupilami.
Et pour les essais de la nouvelle 408, on a créé une
expérience dans des studios de cinema à Marseille,
pour journalistes et influenceurs, avec une démonstration
de cascades qui utilisait la Peugeot 406 de
Taxi 3. Ils avaient des étoiles dans les yeux. Ça montre
à quel point la marque Peugeot dans un film peut
avoir un impact incroyable, et peut se substituer à
n'importe quelle publicité. Mais il faut que ce soit
une intégration intelligente.
Vous avez également mis en place une
série régulière autour des Métiers du cinéma :
de quoi s'agit-il ?
Quand on parle de créer des expériences pour les
clients, il s'agit aussi de leur raconter des histoires
autour du cinéma. Nous avions envie de montrer
en vidéo les coulisses du cinéma, d'une façon un
peu nouvelle, en mettant en valeur des personnalités
qui ont une certaine expérience de leur métier.
Tout en les confrontant à un jeune étudiant en
cinéma, qui lui posera des questions personnelles,
spontanées et passionnées. Et tout se passe dans
une Peugeot ! On a commencé avec Jean-Baptiste
Saurel, réalisateur de Police Flash 80 dont nous
sommes partenaires, puis Jean-François Elie, le
monteur de Un p'tit truc en plus... Le prochain
rendez-vous « Métiers du cinéma » aura lieu lors du
Festival de Cannes.
Quel premier bilan tirez-vous de ce partenariat ?
Il est évidemment trop tôt pour faire un bilan, mais
on peut déjà noter le niveau d'engagement sur les
réseaux sociaux montre que le cinéma joue beaucoup
dans la perception positive de la marque, en termes
d'adhésion. Ce n'est pas par hasard que nous sommes
venus sur le domaine du cinéma : nous avions fait
une étude qui montrait que 70 % des clients Peugeot
avaient une affinité forte envers le cinéma. Aujourd’hui,
grâce à notre stratégie, au travers des premières études,
la marque Peugeot est associée spontanément au
cinéma, et c’est déjà une reconnaissance de notre
engagement.
N°516 / 6 mai 2026
43
International
BLUE RIBBON
AWARDS
LE SACRE DES
SALLES FRANÇAISES
L’édition nord-américaine de Boxoffice Pro a publié, à l'occasion du
CinemaCon 2026, sa première liste valorisant l'excellence mondiale en
matière de conception, de technologie et d'exploitation de cinémas.
Parmi plus de 200 établissements distingués, issus de 45 pays et ayant
ouvert ou modernisé leurs installations au cours des six dernières années,
figurent pas moins de 19 Frenchies.
2025
©Nicolas Thomas
Capitole Panacéa - Montceau-les-Mines
• Construction
Ouvert en 2025, l’établissement art et essai de centre-ville s'inspire des palaces de l'âge d'or du cinéma par sa façade monumentale
et sa marquise, tandis que l’intérieur met l'accent sur la chaleur et le confort. Fauteuils lounge dans les quatre salles (de 244, 156,
75 et 64 places), son Atmos dans deux, café, bar à vin et espaces de convivialité, le tout dans un bâtiment conçu de façon durable,
avec une isolation biologique, un poêle de masse, la récupération des eaux de pluie et un toit photovoltaïque.
4 salles | Projection Laser 4K | Son Dolby Atmos | Bâtiment dDurable | Sièges Lounge | Espaces de convivialité
©Léa-Jade Charpentier ©CGR Cinémas
©© Mary Erhardy
Le Grand Rex - Paris • Rénovation
L’emblématique “palais du cinéma”, classé monument historique, a achevé sa rénovation en 2025, retrouvant sa grandeur Art
Déco d'origine tout en intégrant des technologies modernes. Il comprend sept salles, dont l'une des plus grandes à écran unique
au monde, avec 2 702 places – un écran principal de 24 mètres de large, un auditorium premium Infinite… Parmi les points
forts de la restauration : fresques, finitions en marbre, lustres de Murano, façade revenant ses couleurs d'origine, sièges premium
dans certaines salles. Les halls, bars et espaces d'accueil ont été améliorés, combinant détails historiques et luxe contemporain,
et offrant une gamme élargie de restauration et boissons.
7 salles | Grand auditorium | Monument historique | Design Art Deco
CGR La Mézière • Rénovation
Le multiplexe, inauguré en 2003 dans la zone de Cap Malo, près de Rennes, a fait l'objet d'une rénovation majeure en 2025, en
maintenant une continuité d'exploitation.
L'établissement, d’une capacité globale de 2 051 fauteuils (dont 60 emplacements PMR), intègre notamment une salle premium
ICE Theaters de 186 fauteuils, tandis que les salles 1 et 12 ont été reconfigurées avec l'ajout de fauteuils club, un éclairage travaillé
et des méridiennes au premier rang.
12 salles | Format Premium ICE Theaters | Projection Laser 4K | Son Dolby Atmos
Multiciné Elysées Lincoln – Paris • Rénovation
Le cinéma art et essai des Champs-Élysées a été entièrement transformé en 2025 pour conjuguer son identité historique et haut
de gamme contemporain. Ses trois salles – Le Studio (42 fauteuils-canapés), L’Audito (146 places) et Le Club, espace modulable
intégrant un bar, pouvant accueillir 36 personnes assises ou jusqu'à 200 en configuration cocktail – combinent un design Art
Déco/Art Nouveau et technologies de pointe. La rénovation a fait appel à un artisanat sur mesure, avec tous les matériaux sourcés
en France, et se conjuque avec des services personnalisés pour les projections publiques et les événements privés.
3 salles | Projection Tri-Laser 4K | Espaces modulables cinéma/événementiel | Design Art Déco | Sièges confort premium
44 N°516 / 6 mai 2026
©Lineaire A architecture
2024
©Jonathan Letoublon
Majestic Rive Gauche - Dole • Construction
Ouvert en 2025 par la famille Tupin, ce cinéma haut de gamme privilégie le confort, la technologie et l'intégration à son environnement
naturel. Il dispose de 10 salles, pour 1 568 fauteuils inclinables, dont une IMAX et une au concept premium propriétaire
Odyssée. Le bâtiment marie des matériaux contemporains à l'environnement fluvial – façades en aluminium anodisé, passerelle
en bois, hall vitré de 400 m² avec vue panoramique sur la rivière. L’intérieur intègre des zones de salon, un espace d'exposition en
mezzanine, deux restaurants, un Ciné Café et un musée sur l'histoire du cinéma.
10 salles | Formats Premium IMAX et Odyssée | Laser 4K - son Dolby Atmos et 7.1 | Conception architecturale en bord
de rivière
©Boxoffice Pro/Cine Group
Cineplanet Antibes • Construction
Ouvert en 2024, ce multiplexe moderne situé dans un éco-quartier s'étend sur plus de 4 000 m² et trois étages, construit dans un
souci de durabilité, avec une façade de verre, conçue par Leclerc & Associés, inspirée de l'origami. Ses 8 salles et 1 000 places – dont
fauteuils inclinables extra-larges et canapés – sont équipées en laser, certaines en Dolby Vision et son Atmos, et d’une installation
audio personnalisée MAG Cinema (CinemaNext France). Avec une salle d'arcade, un café et un futur toit-terrasse pour des projections
plein air, le Cineplanet est un vrai pôle culturel, accueillant aussi des concerts et des festivals.
8 salles | Projection Laser 4K | Dolby Cinema & Dolby Atmos | Système Sonore MAG Cinema | Café et toit-terrasse
©Eric Zaragoza
Nova Ciné - Saint-Dié • Construction
Ouvert en 2025, le cinéma est pensé pour offrir une expérience premium dans ses 7 salles (totalisant 630 sièges), toutes équipées
de fauteuils inclinables électriques (avec réservation à la place) et de projecteurs lasar 4K. Quatre salles sont équipées en DTS :X
et les trois autres en DTS Surround. Le lieu intègre un café, une offre large de confiserie, et en tant que seul cinéma de la ville, joue
un rôle social et culturel central, y compris par son travail d’éducation à l’image.
7 salles | Projection laser 4K | Son Immersif DTS :X | Premium dans toutes les salles
©Caribbean Cinemas
Les Balcons de Mougins • Construction
Ouvert en 2024 dans le cadre de la revitalisation du centre-ville, le cinéma se veut un nouveau modèle pour la moyenne exploitation,
combinant design haut de gamme, innovation et dimension sociale. Avec 3 salles pour un total de 285 sièges, il abrite la
première salle Ōma au monde, avec son système de pods verticaux, rapprochant le public de l'écran tout en améliorant l'immersion.
Elle associe laser 4K et système sonore Dolby 7.3 adapté à sa conception verticale, et bénéficie d'une entrée dédiée et d’un bar
privé (avec sélection de vins, bières et champagnes).
3 salles | Salle Ōma (Laser 4K et son Dolby 7.3) | Bar Privé dans la salle | Sièges premium partout
Cinestar - Les Abymes • Rénovation
Ouvert en 2017 par le groupe portoricain Caribbean Cinemas et dirigé par Christelle Galou, le premier multiplexe de Guadeloupe
(10 salles et 1 998 sièges) a rénové sa grande salle en 2025. Avec 440 places et un écran de 22 m, elle est équipée du format CXC
Large Premium, technologie exclusive à Caribbean Cinemas (projection laser et son Dolby Atmos). Le cinéma est particulièrement
engagé auprès de sa communauté, à travers de nombreux événements mettant en avant les talents locaux et caribéens (le
"Cinestar Black History Month", "Femmes d'ici & Cinéma", "Cinestar International Film Festival"...).
10 salles | Format CXC Large Premium | Popcorn fait sur place et offre de restauration | Fort engagement
communautaire
N°516 / 6 mai 2026
45
International
La Géode - Paris • Rénovation
La sphère emblématique de la Villette, inaugurée en 1985, a été entièrement rénovée par Pathé qui l’a rouverte fin 2024. Le hall
a été repensé avec du vidéo mapping et un son spatialisé. La salle immersive de 294 places est désormais dotée du premier
système de projection dôme IMAX Laser 4K de France, offrant à la fois un écran hémisphérique de 27 m pour les documentaires
spéciaux et un format IMAX de 24 m pour les sorties cinéma, associé au son IMAX 6.0. Pour une programmation qui mêle science,
culture et divertissement.
Sphère géodésique | Projection Dôme IMAX Laser 4K | Écran hémisphérique de 27 m | Son IMAX 6.0 | Hall immersif
Pathé Palace - Paris • Rénovation
Rouvert en juillet 2024, cet ancien théâtre historique du XIX e siècle a été réinventé par l'architecte Renzo Piano, se voulant une
destination cinéma de classe mondiale. Sur plus de 9 300 m², le site abrite 7 salles et 854 places et 28 PMR, autour d’un atrium
intérieur lumineux avec façade en verre et jardin intégré, et des équipements haut de gamme dont un café, un bar à cocktails,
un mur à vin, un vestiaire, des espaces événementiels privés et un service à la place. C’est le seul cinéma de Paris entièrement
équipé en Dolby Atmos, avec une salle en Dolby Vision et proposant du 35 et 70 mm, les autres étant dotées d'écrans LED Samsung
Onyx et de sièges inclinables chauffants.
7 salles Dolby Atmos | Dolby Vision | Écrans LED Samsung Onyx | Sièges inclinables chauffants | Services de luxe
©Adrien Daste
©© Joan Bracco ©Les Toiles du Sud
©CGR ©Cinéma L'Alcazar
2023
CGR Castres • Construction
Inauguré en 2023, ce multiplexe de 10 écrans et 1 302 places propose bien sûr une salle ICE, le son Atmos dans la plus grande, et
marque plus généralement la montée en gamme des cinémas CGR. Construit sur mesure le long de la rivière Durenque, il offre
des fauteuils club numérotés, un hall spacieux avec zone de jeux, mais a aussi été conçu pour renforcer le pôle culturel de la ville.
Situé près d’une salle de spectacle, il propose une programmation diversifiée et de nombreuses animations (ciné-débats,
ciné-goûters, séances scolaires…) et il est classé art et essai.
10 salles | Format Premium ICE Theaters | Projection Laser 4K | Son Dolby Atmos | Classé art et essai
2022
L’Alcazar - Asnières • Rénovation
Le complexe art et essai, en banlieue parisienne, a ouvert en octobre 2022 la première salle au monde équipée d'un écran LED
LG. Un saut technologique pour le cinéma indépendant de Xavier Orsel, qui avait déjà rénové son hall et installé des fauteuils club
dans ses quatre salles. Son écran LED de 10 m offre un format d'image 1.90 et utilise un processeur Dolby CP950 pour le son,
diffusé par des haut-parleurs situés en haut et en bas de l'écran.
4 salles | Écran LED LG | Classé art et essai
Toiles du Sud (TDS) - Rivière-Salée • Construction
Ouvert fin 2024, le complexe a été conçu comme un espace de loisirs, pour pallier au manque d'infrastructures au sud de la
Martinique. Ses 5 salles (931 places) sont équipées d'écrans incurvés, de projection laser et Dolby 7.1 – la plus grande en Atmos.
Le cinéma intègre une salle de jeux, dispose d’un grand rooftop pour des événements, et se distingue par son offre large de
confiserie/restauration : popcorn fabriqué sur place, point de restauration rapide, restaurant traditionnel créole et prochainement
espace crêpes et glaces locales.
5 salles dont 1 PLF | Salle de jeux | Offre large de restauration
46 N°516 / 6 mai 2026
©D.R.
Omnia République Rouen • Rénovation
En 2022, le cinéma historique de Rouen, exploité par Noé, a été transformé pour devenir un lieu de vie moderne. Il a retrouvé sa
grande façade vitrée, est passé de 7 à 8 salles (pour un total de 1 211 places), toutes équipées en son 7.1. L’écran de la plus grande
est au format Ultra Panavision, tandis que la plus petite, de 19 places, est installée sur l'une des terrasses extérieures. Le hall a
été entièrement repensé pour inclure un ciné-café (offre bio et locale) ouvert sur la rue. Le cinéma est classé art et essai avec les
5 labels.
8 salles | Projection laser | Convivialité | Classé art et essai
2021
©NOÉ Cinémas
©Megarex
©D.Paillard ©Stef.Guiochon
Cineum Cannes • Construction
Ouvert en 2021, le premier cinéma de France équipé à 100 % en son immersif, et le deuxième pour le 100 % projection laser, se
distingue aussi par son architecture aux facettes de béton blanc et l’élégance de son design intérieur. Sur ses 12 salles grand
confort (pour plus de 2 200 places), le Cineum propose une salle Lodge (avec sièges inclinables Flexsound Augmented Audio),
une salle Aurore (avec son immersif DTS :X), une IMAX et une Screen X. Son offre de pointe est complétée par une large gamme
de services et de restauration.
10 salles immersives dont | 1 Lodge | 1 Aurore | 1 Imax | 1 ScreenX
Le Grand Lux - Les Herbiers • Construction
Ouvert en 2021, ce complexe de 5 salles symbolise d’abord l'engagement des bénévoles qui l’ont imaginé, la force d'un modèle
associatif ancré dans son territoire. Le cinéma a été construit en réhabilitant une ancienne ferme, dont la grange a été conservée
et intégrée au hall pour créer le Ciné-Café, et la longère réhabilitée en brasserie gastronomique. Sans rien sacrifier au confort et
à la technologie – les deux plus grandes salles sont en Dolby Atmos – et au service d’un travail important d’animation et d’éducation
à l’image, en lien avec tous les acteurs locaux.
5 salles | Réhabilitation d’une ancienne ferme | Modèle associatif | Classé art essai
Megarex Haguenau • Rénovation
Avec la fin de sa rénovation fin 2025, le multiplexe de la famille Wernert a été le premier cinéma au monde à associer le concept
ICE Theaters à un écran LED Samsung Onyx 2, installé dans l’une de ses 10 salles. Une qualité complétée par un son Dolby Atmos
diffusé par des enceintes Darkside et des fauteuils inclinables. Le Megarex est aussi un complexe de loisirs complet, avec un
bowling, une salle de billard, un stand de fléchettes, une salle de flippers… une offre restauration et un bar Licence IV.
10 salles | Format ICE Onyx LED | Bar et billard
UGC Ciné Cité Part-Dieu • Construction
Ouvert en 2021 au cœur du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon, ce Ciné Cité offre une capacité étendue de 18 salles et 3
101 fauteuils et un vaste atrium central de 17 m de haut, répartis sur 15 000 m². Les salles sont équipées de projecteurs laser
phosphore 4K, d'écrans allant de 9 à 18 mètres de large et d'un son surround 7.1. 800 places sont adaptées pour les enfants, et
deux salles sont disponibles pour des événements privés.
18 salles | Projection Laser 4K | Très grande capacité
N°516 / 6 mai 2026
47
Exploitation
CANNES
365 JOURS DE CINÉMA PAR AN
©Cineum/Cineplanet
©Cineum/Cineplanet
Cineum de Cannes, intérieur...
... et extérieur
Parmi la multitude de salles qui
s’animent dans la ville durant le
Festival de Cannes, il y en a trois
dont les lumières restent toujours
allumées. Entre frénésie du mois
de mai et le lien aux spectateurs le
reste de l’année, plongée dans leur
quotidien, en compagnie de Philippe
Borys-Combret, à la tête du réseau
Cineplanet.
En rachetant l’Olympia auprès de la famille Aubert en
novembre dernier, Philippe Borys-Combret avait conscience
de faire l'acquisition d’un cinéma « à dépoussiérer, structuré
à l'ancienne, au niveau de l’architecture et de la volumétrie
des salles ». Mais l’établissement bénéficie d'une notoriété
historique, d'une proximité immédiate avec le Palais des
Festivals. sans compter sa salle Atmos et ses projecteurs
laser qui équipent désormais 5 des 9 salles, en attendant
la fin de la transition.
L'Olympia, durant le Festival de Cannes 2022
Avec ce troisième site dans la ville, sans compter le Cineplanet
implanté dans le Antibes voisin depuis janvier
2024*, l’exploitant opère pour l’heure l'intégralité des
cinémas commerciaux actifs à Cannes. Il est en effet aux
manettes des Arcades – qu’il a réorienté art et essai dès
son arrivée dans l’entreprise familiale il y a 20 ans – et
du prestigieux et très premium Cineum – ouvert depuis
juillet 2021. « Soit trois établissements très différents par
©Léa Rener/ACID
leurs tailles, leurs générations de construction et leurs technologies
», et qui opèrent désormais en parfaite harmonie,
la programmation de l’Olympia, « auparavant un peu en
confrontation avec celle du Cineum », étant désormais plus
mixte. D’autant plus que l’Olympia est en réalité constitué
de deux établissements, « juridiquement séparés et avec des
visas d’exploitations différents et deux billetteries séparées »,
détaille l’exploitant, en décrivant les salles 1 à 4 dédiées
aux blockbusters, « en tandem avec le Cineum », tandis
que les salles 5 à 9 se concentrent sur les films d'auteur,
en synergie avec Les Arcades.
Des Azuréens cinéphiles et connectés
Cette articulation minutieuse de l’offre répond aux
exigences d’un public qui a « un bon pouvoir d’achat » et
auquel la dimension touristique de la Côte d'Azur, tout
comme le pôle technologique de Sophia Antipolis,
insufflent une forte dimension internationale. Il est friand
de VO, « qu’il s’agisse de films d'auteur ou de blockbusters »,
et a un fort réflexe d’achat de billets en ligne, « le Cineum
affichant des taux de VàD proches de Paris », en attendant
que l’Olympia et les Arcades passent au placement numéroté.
Et contrairement aux clichés d'une ville “de vieux”
hors-saison, la jeunesse cannoise répond bien présente,
des étudiants de la branche de l’école de cinéma l’ESRA,
implantée juste à côté du Cineum, aux petits assidus de
son Kids Club, en passant par les jeunes parents. Avec
le renfort de ses quatre salles premium (Imax, ScreenX,
Lodge et la formule Aurore maison), le Cineum a attiré
plus de 430 000 spectateurs en 2025, s'imposant comme
le deuxième cinéma en termes de fréquentation de la
mégalopole qui s’étale de Monaco à Toulon, juste derrière
le Pathé Lingostière (471 000 entrées) et devant le Pathé
Gare du Sud (365 000 entrées), tous deux à Nice.
Le frisson de mai
Tous les mois de mai, les trois cinémas cannois de Cineplanet
se mettent bien entendu à l'heure du Festival et
de son Marché, en étroite collaboration logistique avec
leurs équipes respectives, ainsi qu’avec celle de la CST.
Au centre-ville, Les Arcades et l'Olympia sont largement
réquisitionnés par les « 200 à 300 » projections du Marché,
Les Arcades accueillant par ailleurs les projections de
©Léa Rener/ACID
l’ACID Cannes. Le Cineum, de son côté, brille en
Sélection officielle avec “les Séances du lendemain”
proposées dans quatre de ses plus grandes salles. De quoi
« requinquer les festivaliers, qui apprécient, au terme d’un
trajet en navette de 25 à 30 minutes, de profiter d’un cinéma
moderne, à l'abri des intempéries ou du soleil, avec une
brasserie au rez-de-chaussée, un bar en terrasse, un burger,
un coffee-shop… bref, tout ce qu'il faut pour bien accueillir
le public ».
Arcades, 2024
Mais pendant le Festival de Cannes, au Cineum, il y a
aussi le reste des films à l’affiche du moment, accessibles
avec la billetterie classique, « que même les festivaliers se
plaisent à fréquenter », précise Philippe Borys-Combret,
ravi de voir ce public « éclectique et heureux dans nos
cinémas ». Enfin, le bonheur de Cannes réside aussi dans
ces moments magiques, lorsque « Cate Blanchett vient
voir une exposition immersive ou Steven Spielberg un film
dans une de nos salles. Que ce soit pour une projection test
ou juste pour le plaisir, c’est stimulant pour toutes nos équipes ».
Ayşegül Algan
* Le réseau est complété par les Cineplanet de Salon-de-Provence et d’Alès, et compte
deux établissements parmi les Blue Ribbon Awards (voir p.46-49).
48 N°516 / 6 mai 2026
RENCONTRE AVEC
NICOLAS GORJUX
PREMIER ADJOINT AU MAIRE DE CANNES ET PRÉSIDENT DU PALAIS
DES FESTIVALS ET DES CONGRÈS DE CANNES
Nicolas Gorjux fait le point sur le parc
de salles de la ville, alors que le cinéma
Le Star rouvrira prochainement.
Il évoque par ailleurs le succès du
pôle d’excellence Cannes Bastide
Rouge, ainsi que le projet du Musée
international du cinéma.
©Palais des Festivals et des Congrès de Cannes
Cannes a toujours eu à cœur de proposer une offre
de salles dynamique en centre-ville. La réouverture
prochaine du cinéma Le Star, rue d’Antibes, propriété
de Starimmo, en est une nouvelle preuve…
Cannes est la ville du 7 e art, de la créativité, et il est donc
logique que nous travaillions au maintien des cinémas
de centre-ville. En plus d’être des lieux de projection
complémentaires durant la période du Festival, ces
établissements participent à l’attractivité de la ville. L’offre
culturelle qu’ils proposent se marie avec l’offre commerciale
et de restauration et contribue à la vitalité économique.
Pour favoriser ce dynamisme du parc de salles, nous
menons une politique proactive en termes d’urbanisme
et d’accompagnement des propriétaires. La réouverture
du Star, fermé depuis 2016, est un fabuleux projet. Les
travaux ayant pris un peu de retard, nous ne pouvons
encore annoncer de date officielle concernant celle-ci.
Elle aura probablement lieu en fin d’année ou début
2027. À l’issue de cette réouverture, le taux de fauteuils
par habitant de Cannes, déjà l'un des plus importants
de France, sera encore plus élevé.
Nicolas Gorjux
À quoi ressemblera ce nouveau Star ?
Il occupera une superficie de 1800 m² répartis sur cinq
niveaux et sera composé de quatre salles, qui représentent
un total de 480 places. Le cinéma, dont la programmation
sera plurielle, est situé dans un bâtiment qui accueillera
aussi des enseignes commerciales.
Le Cineum, multiplexe situé dans le quartier de
Cannes La Bocca, où se trouve également le pôle
d’excellence Bastide Rouge, dédié à l’économie
créative et aux métiers de l’image, fête son cinquième
anniversaire…
Quand il a vu le jour, en 2021, le Cineum [piloté par
Philippe Borys-Combret, voir p.48, ndlr.] s’est imposé
comme un complément à l’offre de cinémas en centreville,
notamment parce que le Star était fermé. Dans
l’intérêt des Cannois, mais aussi des festivaliers, il était
vital d’avoir des salles supplémentaires, avec une programmation
différente. Le Cineum a aussi permis de requalifier
un point d’entrée de la ville de Cannes qui était jusqu’alors
occupé par une friche industrielle à l’abandon. Enfin,
sa construction s’est inscrite dans le projet porté dès
2014 par le maire, David Lisnard, de faire émerger un
pôle créatif, où est notamment né, en 2021, le Campus
Georges Méliès. Véritable succès, ce campus forme aux
métiers des industries créatives et culturelles (ICC) et
accueille plus de 1 200 étudiants. Cannes Bastide Rouge
regroupe aussi une cité des entreprises [ses structures
Nous profiterons du
festival pour faire
porter la voix de la
Ville de Cannes
concernant le projet
du Musée international
du cinéma
officient dans les ICC], une pépinière d’entreprises [ses
structures s’illustrent dans les ICC et le numérique], et
un hôtel d’entreprises [ses structures œuvrent dans les
domaines du spatial, de l’agritech, etc.], qui, à elles
trois, ont généré 160 emplois. À Cannes Bastide Rouge,
on compte également des studios de tournage, de
post-production, etc. C’est un endroit qui fourmille de
créativité et d’innovation.
Où en est le projet du Musée international du
cinéma ?
C’est l’un de nos dossiers prioritaires et nous sommes
déterminés à ce qu’il aboutisse. Mais ce n’est pas simple.
Nous devons composer avec des impératifs liés à la
protection contre les risques d’inondation, et c’est pour
cette raison que nous ne pouvons encore déterminer de
lieu d’implantation, même si nous avons déjà plusieurs
options. En parallèle, nous sommes confrontés à des
problématiques de financements. Nous en cherchons
des privés et des publics et avançons pas à pas. Nous
profiterons du festival pour continuer à faire porter la
voix de la Ville de Cannes concernant le projet du musée.
D’ailleurs, le festival et son histoire auront une partie
dédiée au sein de celui-ci.
Outre le Festival, la ville accueille d’autres manifestations
liées au 7 e art, comme Les Rencontres
cinématographiques de Cannes ou La Semaine
du cinéma italien…
Absolument. Ces manifestations, que nous soutenons,
se poursuivent. Et, en 2025, nous avons créé le Festival
international des films des écoles de cinéma, organisé
avec le Poitiers Film Festival. Cannes est une ville cinéphile
tout au long de l’année.
Propos recueillis par Lucas Fillon
N°516 / 6 mai 2026
49
Exploitation
À CANNES,
LE STAR SE MÉTAMORPHOSE
Fermé depuis une décennie, le cinéma du centre-ville cannois poursuit sa
mue sous la houlette du cabinet Pierre Chican, mandaté par le propriétaire
Starimmo, qui mène en parallèle des négociations pour trouver un futur
exploitant.
Après des années de turbulences consécutives à sa
fermeture en 2016, Le Star semble enfin en bonne voie
pour retrouver sa vocation de cinéma. Si, dans un
premier temps, Starimmo, propriétaire des murs, avait
envisagé de transformer le site en espace commercial,
la préemption du lieu par la municipalité a finalement
eu raison de ses velléités. En acceptant de maintenir
l’activité cinématographique, la société a obtenu, en
avril 2024, le feu vert de la CDACi pour lancer officiellement
un vaste chantier de rénovation.
Starimmo a confié à l’agence Pierre Chican, spécialiste
de l’architecture cinématographique, le soin de piloter
la métamorphose du Star. L’immeuble a été presque
entièrement désossé, à l’exception de la façade de la
rue d’Antibes, classée, qui surplombera à terme un
commerce. L’entrée du futur cinéma se fera à l’opposé,
rue Victor-Cousin, via un large parvis encadrant le
hall. C’est de ce côté que l’identité visuelle du lieu va
innover grâce à une façade contemporaine. « L’enveloppe
sera composée de lames de verre assemblées à la façon d’un
rideau lumineux. Elle sera réalisée à partir de profils
verriers à la fois transparents et translucides, qui procureront
à la façade un aspect mouvant et vivant. L’enseigne
apparaîtra discrètement par transparence, de jour comme
de nuit, au travers de cette peau de verre, tandis que le
soir, le cinéma s’habillera de ses plus beaux habits de
lumière pour rayonner sur la ville », détaille Pierre Chican,
promettant un établissement « emblématique à la
hauteur du statut de Cannes ».
Un espace club et un rooftop privatisables
À l’intérieur, les aménagements tirent parti des contraintes
d’une parcelle enclavée en plein hypercentre. Conçu
comme un lieu élégant et haut de gamme, le site se
décompose en deux entités indépendantes afin d’optimiser
le fonctionnement des quatre salles. Deux d’entre elles
– une de 140 places au sous-sol et une de 180 au deuxième
étage – seront dédiées à une exploitation classique. Les
deux autres salles, de 70 fauteuils ultra-confortables,
formeront avec un espace de réception et un rooftop
privatisable un ensemble club premium. « Inondée de
lumière » grâce à une large verrière amovible, cette terrasse
de 165 m², baptisée Les Étoiles, sera accessible par un
ascenseur indépendant des salles, facilitant ainsi l’organisation
d’événements en lien avec la riche programmation
qui anime la ville tout au long de l’année.
L’emplacement géographique du cinéma constitue son
principal atout : situé à trois minutes à pied du Palais des
Festivals depuis la rue Victor-Cousin, il débouche également
sur la rue d’Antibes, l’artère commerçante majeure
de la ville, tout en étant inséré au cœur du Carré d’Or,
un secteur festif et réputé où se mêlent cafés et restaurants.
Une situation stratégique qui devrait permettre au Star
d’atteindre les 135 000 entrées annuelles, selon le potentiel
estimé par le cabinet d’études Ciné Conseil. De quoi
susciter de vives convoitises.
Quel exploitant aux manettes ?
Car c’est LA grande inconnue de l’équation : qui exploitera
ce complexe « à forte personnalité, à la fois chic et sobre, et
à fort pouvoir émotionnel », selon les mots de Pierre Chican ?
Les discussions exclusives avec un premier exploitant
n’ayant pas abouti, Starimmo a rouvert une série de
négociations, autour d’un bail en état futur d’achèvement
(BEFA), avec d’autres opérateurs, dont plusieurs groupes
étrangers. Des visites de chantier devraient d’ailleurs être
organisées durant le Festival de Cannes.
« L'objectif est de livrer la coque froide au plus tard en
décembre 2026, sachant que l’exploitant retenu pourra
débuter les travaux d’aménagement dès septembre », explique
Nicolas Chican. Avec un second œuvre estimé à cinq
mois, la réouverture du cinéma pourrait intervenir au
printemps 2027, juste à temps pour la 80 e édition du
Festival de Cannes. Un scénario idéal pour que Le Star
brille de nouveau sur la Croisette.
Tanguy Colon
©Agence Pierre Chican
©Agence Pierre Chican
50 N°516 / 6 mai 2026
VENEZ RETROUVER
LES ÉQUIPES DE
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©Jacky Cerisier
©Jacky Cerisier
L’ALLIANCE DE GUIPRY-MESSAC
FAIT PEAU NEUVE
Aboutissement d’un projet global de revitalisation urbaine au sein de la commune
d’Ille-et-Vilaine, le cinéma associatif de deux écrans a rouvert ses portes ce 6 mai, et
compte repartir de l’avant, après un exercice 2025 délicat.
Un projet d’union
Entre Guipry et Messac, l’alliance n’a jamais été bien
loin. Les communes voisines ont régulièrement entretenu
des liens intenses, ayant poussé les habitants des deux
villes à créer en 1960 l’association L’Alliance pour appeler
à leur réunion. Cette dernière n’arrive qu’en 2016, dans
le cadre de la loi du 16 mars 2015 relative à l’amélioration
du régime de la commune nouvelle, et dès lors un projet
de rénovation urbaine est pensé. Le quartier de la gare
est complètement remodelé et de nouveaux immeubles
sont construits, à l’instar du cinéma, implanté dans un
bâtiment pensé comme un pôle culturel et social. Cette
initiative s’imposait face à l’état critique du précédent
site, doté d’une seule salle, tout en longueur, typique des
constructions d’autrefois. « Le bâtiment datait d’il y a un
siècle, et était devenu une véritable passoire thermique ; la
poursuite des activités à l'intérieur était devenue très difficile »,
décrit Jacky Cerisier, co-président de l’association. Comme
l’évoquait Damien Deby, architecte chez Linéaire A, lors
de la journée « Vers la salle de cinéma durable » de l’ADRC
[voir le Boxoffice Pro du 15 avril], cette construction a
été orientée vers un modèle écologique, dont une ventilation
et un chauffage naturels. Ainsi, bien que le nouveau
bâtiment soit quatre fois plus grand en surface que
l’ancien, ses charges énergétiques ne seront que légèrement
supérieures. Cet effort est couplé à une modernisation
technologique intégrale, notamment avec l’installation
de projecteurs laser.
©Jacky Cerisier
52 N°516 / 6 mai 2026
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : MAIRIE DE GUIPRY-MESSAC
Maître d’œuvre / pilote : LINÉAIRE A (DAMIEN DEBY)
Bureau de contrôle : ALPES CONTRÔLES (VIVIAN COURDE)
BÂTIMENT
Gros œuvre : VIGNON CONTRUCTIONS
Electricité et réseaux : RIHET
Climatisation/chauffage : RIHET
©Jacky Cerisier
©Jacky Cerisier
FAÇADE/HALL
Comptoir : GOUÉDARD (PATRICE LAMOUR)
Système de billetterie : CINÉDIGITAL
Signalétique intérieure : GOUÉDARD (PATRICE LAMOUR)
Enseignes façade : GOUÉDARD (PATRICE LAMOUR)
Affichage dynamique : CINÉDIGITAL
SALLES
Fauteuils : SIGNATURE F
CABINES
Installateur : CINÉDIGITAL
EXPLOITATION
Programmation : CINÉDIFFUSION
SITE INTERNET
Conception : CINÉ OFFICE
*Basé sur le déclaratif de la salle
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE
1 182 5 14,5 x 6,07 Atmos 4K LASER
2 108 4 11,2 x 4,69 7.3 2K LASER
TOTAL 290 9
Créer un lieu de vie
Avec ce nouveau complexe, l’association double son
nombre d’écrans : la première salle, de 187 fauteuils dont
5 PMR, est équipée en Atmos, tandis que la deuxième
compte 112 places dont 4 PMR, et un son en 7.3. En
complément, une salle est entièrement dédiée à la Micro-
Folie, un espace culturel modulable proposant ici des
expériences de réalité virtuelle et un musée numérique ;
une activité qui nécessitait auparavant l’arrêt du cinéma.
Pour Jacky Cerisier, l’objectif est de se positionner comme
« le pendant de la médiathèque, mais pour les images qui
bougent ». La programmation événementielle sera de son
côté accentuée dans les prochains mois avec l’ajout de
cinés cafés et de cinés échanges. La touche globale sera
orientée art et essai, de manière à conserver le classement
et le label Jeune public. Le label Patrimoine et répertoire,
bien que dans le viseur, n’est pour l’instant pas une priorité
tant il demande un travail spécifique et « une éducation
du public » qui s’avère prématurée dans cette période où
l’équipe cherche à « prendre ses marques ». Le tout sans
oublier une offre plus généraliste et familiale, qui possède
toutefois sa particularité : « Des titres comme Marsupilami
fonctionnent très bien, contrairement aux sorties comme
Avengers. » De quoi créer un espace de vie essentiel dans
un bassin de 7 500 habitants, rayonnant sur une dizaine
de communes à moins de dix minutes en voiture, et dont
les principaux pôles culturels sont situés à 30 km, à
Rennes ou Redon. « En dehors de quelques événements
©Jacky Cerisier
ponctuels, il n’y a pas beaucoup de sorties culturelles à
Guipry-Messac : il y a donc un espace à combler. »
Retrouver l’ascension post-Covid
Avec ce nouvel écrin, L’Alliance compte gagner en attractivité
et conquérir de nouveaux publics, à l’instar des
15-25 qui sont, pour l’instant, la cible la plus dure à
atteindre. L’association peut pour cela compter sur une
équipe de 85 bénévoles, en hausse depuis trois ans pour
préparer ce déménagement, ainsi que deux salariés et un
service civique. Le nombre de séances sera quant à lui
doublé, et les prix seront « tout à fait raisonnables » : plein
tarif à 6 €, une carte d’abonnement qui revient à 5 € le
film, et tarif réduit de 4,50 € pour les enfants. De quoi
retrouver la dynamique post-Covid qui avait permis au
cinéma de revenir près des 18 000 entrées d’avant la
pandémie, avant un triste exercice 2025 à -18 % de
fréquentation hors scolaires. Ici, l’étude par Ciné Conseil
table sur 30 000 entrées d’ici 3 ans, même si Jacky Cerisier
sait que ce résultat ne pourra être atteint « sans une offre
forte de titres porteurs généralistes ».
Jules Dreyfus
N°516 / 6 mai 2026
53
Miscellanées
PROCHAINE CDACi
DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO
21/05/26 PATHÉ CINÉMAS CÉZANNE 10 1 255 Projet d'extension et de restructuration par l'ajout d'une
salle et la diminution de 284 places
Aix-en-Provence
Bouches-du-Rhônes
Communauté d'agglomération
du pays d'Aix
Pathé en mouvement
De la production à l’exploitation, le groupe présidé
par Jérôme Seydoux annonce plusieurs partenariats
et évolutions.
Une nouvelle société de production et
de financement
La stratégie visée avec l’entrée de Merit France – appartenant
à la famille Saadé – au capital de Pathé il y a un
an, se concrétise un peu plus avec la création d’Emotion
Pictures, en association avec Vendôme Pictures. L’idée
est d'acquérir, financer et produire « des films que les studios
produisaient dans les années 80 et 90, que les spectateurs
du monde entier réclament », selon Philippe Rousselet,
président et co-PDG de Vendôme Pictures. Pathé s’occupera
de la distribution de ces films en France, Suisse
et au Bénélux.
Le CinéPass évolue
Pathé Cinémas modifie les tarifs de son offre illimitée et
ajoute une nouvelle formule. Le CinéPass -26, permettant
d’accéder à toutes les séances “standard”, passe de 18,40 €
à 19,40 € par mois, la formule Classique de 22,90 € à
23,90 €, et le CinéPass Gold, donnant accès à toutes les
Le Pathé Zwolle, aux Pays-Bas
séances et formats, passe de 39,90 € à 36,90 € – avec une
offre à 34,90 € jusqu’au 31 décembre. Le nouveau venu,
le CinéPass Silver, donne accès à 31,90 € par mois et
sans supplément aux Pathé Palace, Pathé BNP Paribas
et Pathé Parnasse, ainsi qu’aux salles premium des Pathé
Annecy, Amiens et Le Havre. Enfin, Le CinéPass Duo
à 37,90 € disparaît, pour laisser place à une option Duo
à 15 € par mois activable sur toutes les formules
d’abonnements.
Une association avec La CinéFabrique
Le groupe de Jérôme Seydoux a annoncé un partenariat
inédit avec l’école nationale supérieure de cinéma, qui
s’inscrit « dans la volonté de Pathé de renforcer son engagement
en faveur de la formation et de lʼémergence de nouveaux
talents, en soutenant une école qui place l’égalité des chances
et l’excellence artistique au cœur de son projet pédagogique ».
Pour rappel, La CinéFabrique a été créée en 2015, d’abord
à Lyon et depuis 4 ans à Marseille, et propose une formation
gratuite et professionnalisante en trois ans aux métiers
du cinéma, avec une attention particulière à la diversité
sociale, culturelle et géographique de ses élèves, dont
55 % sont boursiers.
AGENDA DE LA PROFESSION
©CardMapr.nl / Unsplash
Disparition de
Jean Roux, exploitant
au Puy-en-Velay
La figure emblématique du cinéma dans la commune
de Haute-Loire est décédée le 23 avril dernier, à l'âge de
90 ans. Jean Roux aura consacré près de cinquante ans
de sa vie à faire vivre et évoluer les salles obscures du Puy.
Cet ingénieur en électronique de formation débute sa
carrière chez Thomson, avant de créer sa propre entreprise
d’électroménager au Puy. Mais cet enfant de la balle,
dont les parents Fernand et Madeleine Roux ont acquis
le cinéma Family en 1934, ne va pas tarder à embrasser
la voie de ces derniers. En 1962, il devient exploitant de
salles de cinéma et un en plus tard, épouse Raymonde
Maisonneuve, qui partagera à la fois sa vie et sa passion.
Ensemble, ils rachètent le cinéma Ciné-France, puis
reprennent dans les années 1980 la gestion du Family
cinéma. Visionnaires et profondément attachés à leur
public, ils accompagnent l’évolution du métier en transformant
les salles traditionnelles en complexes puis en
multiplexes. Leur engagement culmine en 2009, lorsque
ils fondent le Ciné Dyke (6 salles), toujours au Puy-en-
Velay, avec leur fille Florence. Celle-ci salue aujourd'hui
« un homme de conviction, un travailleur passionné », qui
laisse derrière lui l’image d’un « artisan du cinéma de
proximité, ayant su marier technique et amour du film ».
Jean Roux laisse dans le deuil ses trois enfants, ses sept
petits-enfants et un arrière-petit-fils.
A.A.
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SCARE 09 et 10/05/26 CANNES
RENCONTRE NATIONALES ART ET ESSAI AFCAE 10 au 12/05/26 CANNES
FESTIVAL DE CANNES 12 au 23/05/26 CANNES
RÉUNION EUROPA CINEMAS 17/05/26 Cannes
AG DU SYNDICAT DES PAYS DE SAVOIE 02/06/26 ANNECY
AG DU SLEC 08 et 09/06/26 LE CREUSOT
AG DU SYNDICAT DES CINÉMAS DE L'OUEST 16/06/26 BEAUPRÉAU-EN-MAUGES
12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 17 au 19/06/26 DINARD
RENCONTRES DU CINÉMA INDÉPENDANT 17 au 19/06/26 PARIS
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY
CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE
BIARRITZ FILM FESTIVAL NOUVELLES VAGUES 23 au 28/06/26 BIARRITZ
FÊTE DU CINÉMA 28/06 au 01/07/25 FRANCE
STUDIO SHOW 02 et 03/07/26 PARIS
AG DE L'ACOR - ASSOCIATION DES CINÉMAS DE L'OUEST
POUR LA RECHERCHE
02/07/26 LA ROCHELLE
RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI JEUNE PUBLIC 08 au 10/09/26 NANCY
54 N°516 / 6 mai 2026
LEADER DIGITAL SUR LE CINÉMA
17.5M 45M 67%
De visiteurs
uniques
par mois*
De sessions
par mois**
Des spectateurs
se rendent sur
AlloCiné***
LA MARQUE ALLOCINÉ PRÉSENTE
SUR TOUTES LES PLATEFORMES
+18M
DE FOLLOWERS
Réseaux sociaux, AlloCiné, Avril 2025
11,9M
abonnés
521K
abonnés
1,5M
abonnés
465K
abonnés
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1,2M
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RELATIONS EXPLOITANTS : Marion Chauvet exploitants@allocine.fr
OUTILS D'ANALYSE THE BOXOFFICE COMPANY : Emilien Robert emilien.robert@boxoffice.com
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