07.05.2026 Vues

Boxoffice Pro n°516 – 6 mai 2026

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Bimensuel N°516 / 6 mai 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

LE 24 JUIN AU CINÉMA

#DesMinionsEtDesMonstres

UniversalFR


LA BAT

DE GA

L’ÂGE D

AU CINÉMA


AILLE

ULLE

E FER

LE 3 JUIN


SIMON

RUSSELL BEALE

FLORIAN

LESIEUR

JÉRÔME SEYDOUX

P R É S E N T E

SIMON

ABKARIAN

KARIM

LEKLOU

BENOÎT

MAGIMEL

NIELS

SCHNEIDER

TOM

MISON

KACEY

MOTTET-KLEIN

ET MATHIEU

KASSOVITZ

LA BATAILLE DE GAULLE

L’ÂGE DE FER

UN FILM DE

ANTONIN

BAUDRY

SCÉNARIO, ADAPTATION ET DIALOGUES

ANTONIN BAUDRY ET

BÉRÉNICE VILA

D’APRÈS

LE LIVRE « DE GAULLE : UNE CERTAINE

IDÉE DE LA FRANCE » DE JULIAN

JACKSON AV E C GRÉGOIRE COLIN

ANTHONY CALF ET CAMPBELL SCOTT

MUSIQUE

ORIGINALE VOLKER BERTELMANN PRODUIT

PAR

JÉRÔME SEYDOUX

ET

ARDAVAN SAFAEE PRODUIT

UNE

PAR AXELLE BOUCAÏ COPRODUCTION PATHÉ

TF1 FILMS PRODUCTION BELVÉDÈRE AUVERGNE-

RHÔNE-ALPES CINÉMA NESS FILMS LOGICAL CONTENT

UNE

AVEC LE

VENTURES COPRODUCTION BESIDE PRODUCTIONS SOUTIEN DU TAX SHELTER

DU GOUVERNEMENT FÉDERAL BELGE VIA

BESIDE TAX SHELTER

AVEC LA

EN COPRODUCTION

PARTICIPATION DE WALLIMAGE (LA WALLONIE) AVEC LAURENT

DASSAULT ROND-POINT OUROBOUROS ENTERTAINMENT

- LAURE SUDREAU STAGS PARTICIPATIONS

- FAMILLE PHILIPPE LOUIS-DREYFUS AONIA

VENTURES - OLIVIER BROURHANT

AVEC LE SOUTIEN

ESSENTIEL DE

CANAL+

AVEC LA

AVEC LA

AVEC LA

AVEC LE

PARTICIPATION DE DISNEY+ PARTICIPATION DE TF1 PARTICIPATION DE TMC SOUTIEN DE

EN ASSOCIATION

BNP PARIBAS AVEC SOFITVCINE 11 CINÉMAGE 18

INDÉFILMS 12 SG IMAGE 2022 CINÉMAGE 19

AVEC LE SOUTIEN

SOFITVCINE 12 DE LA RÉGION ÎLE-DE-FRANCE

DE LA RÉGION

PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR ET DE LA RÉGION AUVERGNE-

EN PARTENARIAT

RHÔNE-ALPES AVEC LE CENTRE NATIONAL DU

DISTRIBUTION ET VENTES

CINÉMA ET DE L’IMAGE ANIMÉE INTERNATIONALES PATHÉ

© 2026 PATHÉ FILMS - TF1 FILMS PRODUCTION - BELVÉDÈRE - AUVERGNE-RHÔNE-ALPES CINÉMA

LOÏC

CORBERY

de la Comédie Française

ANAMARIA

VARTOLOMEI

CRÉATION :


Bimensuel N°516 / 6 mai 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

CANNES 2026

PRÊTS À EN PRENDRE

PLEIN LES YEUX ?


L'édito

Sommaire

Tissus rural

Le financement du cinéma est régulièrement abordé.

À chaque grande crise avec les diffuseurs, et chaque

année dans les différents bilans – dont nous nous faisons

d’ailleurs l’écho dans nos pages –, nous revenons sur la

santé financière de la production. Celle de l’exploitation,

et du financement des salles de cinéma, est en revanche

rarement évoquée. Il s’agit pourtant d’un sujet majeur,

et c’est pourquoi nous avons choisi de l’aborder dans

ce numéro et d’y revenir régulièrement.

L’article que nous publions apporte un éclairage intéressant

sur le rôle – que l’on sait essentiel – des collectivités

locales. Mais il pointe également la fragilité de la situation,

et le risque qui pèse sur le modèle de financement de

nos salles. L’apport des collectivités locales, qu’elles

soient communales, départementales, régionales, etc.

est une composante essentielle du budget d’un établissement.

Et si la bonne volonté de nombre de ses acteurs

ne fait pas de doute, ainsi que leur attachement à la

culture, la situation dans lesquels se trouvent leurs

comptes et leurs perspectives sont moins enthousiasmantes.

La décentralisation croissante, la tendance forte

de l'État à faire supporter par les collectivités des charges

dont il s’acquittait auparavant, font peser des risques

sur les comptes des collectivités et leur capacité à soutenir

des projets culturels, quels qu’ils soient. Chaque Région,

au fil des ans, est appelée à faire des efforts budgétaires

dont la culture est souvent la victime, parfois sans

discernement, voire avec brutalité. Le contexte politique,

dans lequel elle est prise pour cible à travers certains

festivals, le CNC, ou encore l’audiovisuel public, n’incite

pas à un optimisme débridé. La vigilance doit donc

être grande, le dialogue permanent, la confiance forte

pour leur prouver qu’un cinéma est non seulement un

lieu de culture, mais aussi un lieu social indispensable

à la vie de la cité.

est une publication de

Laurent Cotillon

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-

Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal

à parution

P. 6 à 8

ACTUS

Le CNC saisit la Médiateure du cinéma et

lance un appel à témoignages

Le Festival d’Annecy déroule sa sélection

Les BFF sur les routes de France

Lancement de la plateforme de séance

à la demande cineOD

P. 10 à 31

CANNES 2026

Les rendez-vous cannois (Cinemas Club,

ACID, CST…)

Entretien avec Ava Cahen (Semaine de

la Critique), Julien Rejl (Quinzaine des

Cinéastes) et Pauline Ginot (ACID)

Rencontres nationales art et essai :

bande annonce avec David Obadia

Rencontre avec le groupe Inédits

de l’AFCAE

Les distributeurs sur la Croisette

P. 35 à 37

DISTRIBUTION

Metropolitan prépare son entrée

dans les Backrooms

Nathalie Cieutat (Pathé Films)

dans l’Émission

P. 38 à 41

DOSSIER FINANCEMENT

Financement des cinémas :

quels comptes sont bons ?

Interview de Henri de Roquemaurel

(BNP Paribas)

Entretien avec Karim Mouttalib et

Sébastien Saunier (IFCIC)

P. 44 à 47

INTERNATIONAL

Les Blue Ribbon Awards français

P. 48 à 53

EXPLOITATION

Cannes, 365 jours par an,

avec Philippe Borys-Combret (Cineplanet)

Rencontre avec Nicolas Gorjux (mairie de

Cannes)

Le Star de Cannes se métamorphose

Focus sur L’Alliance de Guipry-Messac

P. 54

MISCELLANÉES

Pathé en mouvement, carnet noir,

petite annonce, CDACi et Agenda de la

profession

Crédit page 3 : La Vénus électrique de Pierre Salvadori © Diaphana

Directeur de la publication

Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr

Directeur général délégué média & stratégie

Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr

Rédacteurs

Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,

Cécile Vargoz / cecile.vargoz@cinegroup.fr,

Jules Dreyfus / jules.dreyfus@cinegroup.fr

Collaboration au magazine

Tanguy Colon & Lucas Fillon

Base de données Films

guillaume.martin@webedia-group.com

Publicité / Base de données distributeurs

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Caroline Roux / caroline.roux@webedia-group.com

Lucille Duthoit / lucille.duthoit@webedia-group.com

Réalisation CINE GROUP

Maquette / Infographie

Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@cinegroup.fr

Impression

ORMONT IMPRIMEUR

4 Rue Antoine de Saint-Exupéry

88100 Saint-Dié-des-Vosges

La Rédaction

Certifié PEFC

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JULIEN MARCEL

Directeur de la

publication

LAURENT COTILLON

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média & stratégie

AYSEGÜL ALGAN

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Boxoffice Pro France

4 N°516 / 6 mai 2026


jérémie renier

CHI-FOU-MI & VIXENS

présentent

loury lag

“UN VOYAGE HUMAIN ET SENSORIEL

À TRAVERS LE DEUIL ET L’AMITIÉ”

FRANCE INTER

d’un monde

à l’autre

un film de

jérémie renier


Actualités

Les cinémas AMC

lancent une expérience

de concert interactif

Avec son nouveau partenaire Arena One, le géant de l’exploitation

mondial AMC Theatres lance “Arena One at AMC”. Il

s'agit d'un nouveau format de concert spécialement pensé

pour être diffusé en temps réel dans les cinémas, avec l’ambition

de connecter le public et les artistes, grâce à une technologie

innovante. L’opération débutera en juin dans plus de

300 cinémas AMC, à travers 89 villes des États-Unis, avec les

concerts de Bebe Rexha (17 juin), Paris Hilton (18 juin), Kim

Petras (19 juin) et Maren Morris (20 juin).

Après le succès dans ses salles des concerts filmés de Taylor

Swift – qui s'étaient imposés en tête du box-office US en

2023 puis l’année dernière –, le patron d’AMC Adam Aron

entrevoit là le potentiel d'ouvrir un « tout nouveau chapitre

dans le divertissement en direct ». Peter Hamilton, PDG

d'Arena One, précise qu’une scène a été conçue « pour une

adaptation parfaite au cinéma, mais ce sont les artistes qui en

définissent la forme. Ils n'adaptent pas des tournées ; ils créent

quelque chose de nouveau. C'est ainsi qu'un média se réinvente

».

C.V.

ICE Theaters s’étend

en Allemagne

En l’espace de six mois, ICE Theaters aura ouvert quatre salles

chez Cineplex, exploitant leader en Allemagne. Après Fürth

et Germering, le concept premium développé par CGR s’installe

en effet à Königsbrunn, et dans les prochaines semaines

à Aichach. Ces deux nouvelles salles, comme les deux

premières, seront équipées du combo premium « Ultimate x

ICE Theaters », qui allie panneaux LED placés de chaque côté

de la salle, son immersif Dolby Atmos, projection laser et

fauteuils premium.

« Notre objectif est de faire revenir le public vers l’expérience

partagée du cinéma, et nous voyons dans cela un fort potentiel

pour l’avenir », comment Alexander Rusch, directeur

général de Cineplex. Pour Sébastien Bruel, directeur de ICE

Theaters, « cette dynamique envoie un signal très positif

quant à l’attractivité du format immersif et confirme l’adhésion

du public.».

Avec ces deux ouvertures, ICE Theaters équipe désormais 58

salles à travers six pays : la France, l’Espagne, l’Inde, l’Estonie,

l’Équateur et l’Allemagne. De son côté, Cineplex est l’exploitant

leader en Allemagne avec 90 cinémas répartis dans

71 villes.

J.D.

©AMC

©ICE Theaters

CNC : saisine de la Médiateure du cinéma

et appel à témoignages

Suite à l'article paru dans Le Monde du 28 avril

concernant des pratiques présumées d'entrave à

la concurrence entre salles, le président du CNC

a officiellement saisi l’autorité de conciliation du

secteur et appelle la profession à se manifester.

Dans un courrier adressé le 30 avril à la Médiateure

Laurence Franceschini, Gaëtan Bruel a rappelé la

récente deuxième recommandation issue des travaux

du comité de concertation distributeurs-exploitants

[voir le Boxoffice Pro du 4 février 2026]. La démarche

fait suite à des accusations selon lesquelles le circuit

Megarama aurait demandé à plusieurs distributeurs

Lutte contre le piratage : carton rouge du

Conseil d’État

Dans une décision rendue le 30 avril 2026, la

juridiction administrative française a jugé la riposte

graduée de l’Arcom non conforme au droit

européen.

Saisi par quatre associations, dont La Quadrature du

Net, le Conseil d’État estime que le décret (du 5 mars

2010) encadrant l’identification des internautes et le

traitement de leurs données personnelles doit être revu.

La décision s’inscrit dans le prolongement d’un arrêt de

la Cour de justice de l’Union européenne : si les États

membres peuvent imposer la conservation généralisée

des adresses IP pour lutter contre certaines infractions,

leur utilisation est strictement encadrée. Or, en France,

Oscars 2027 : l’International s’émancipe

L’Academy of Motion Picture Arts and Sciences fait évoluer les règles d’éligibilité des Oscars 2027, avec

une nouvelle voie d’accès à la catégorie Long métrage international et des exigences d’accessibilité

renforcées pour les campagnes.

Historiquement, la désignation des candidats à la catégorie

Long métrage international reposait sur le choix du

comité de sélection de chaque pays. Désormais, tout film

en langue non anglaise ayant reçu la récompense suprême

d’un grand festival international intègre directement la

liste des candidats éligibles. Concrètement, un film non

retenu par le comité de son propre pays – ou issu d'un

territoire sans comité – pourra candidater… s’il figure

au palmarès du Festival de Cannes (Palme d'Or), de la

Mostra de Venise (Lion d'Or), du Festival de Berlin (Ours

d'Or du meilleur film), du Festival du film de Sundance

(Grand Prix du Jury World Cinema), du Festival de

Toronto - TIFF (Prix Platform) et du Festival de Busan

(Prix de Busan - Meilleur film).

Autre évolution symbolique qui permet de dissocier les

œuvres d’éventuelles dynamiques – et pressions – politiques

au sein de cette catégorie : c’est le film qui sera

désormais "nommé", et non plus le pays ou la région

qu'il représente. En cas de victoire, la statuette sera

acceptée par le réalisateur au nom de l'équipe, et la plaque

affichera le nom du cinéaste juste après le titre de l'œuvre

– le pays d'origine n'étant mentionné qu'à titre

indicatif.

Parmi les autres évolutions annoncées – dont la précision

que les scénarios des films nommés à l’Oscar dédié doivent

être écrits par des humains –, l’Academy fait également

©Valerie Durant / The Academy / A.M.P.A.S.

de refuser des sorties nationales à des cinémas

concurrents.

Face à ce qui s'apparente à un obstacle « à la plus large

diffusion des œuvres cinématographiques », et soulignant

qu'aucun litige n'a encore été formellement déposé à

ce stade, Gaëtan Bruel appelle l'ensemble des exploitants

et distributeurs susceptibles d'être concernés par

cette situation à prendre attache sans délai avec la

Médiateure. À noter que, afin d'encourager la remontée

de preuves concrètes et d'informer l'ensemble de la

filière du lancement de cette procédure, le courrier

de Gaëtan Bruel a été rendu public sur le site du CNC.

le cloisonnement des données est jugé insuffisant dans le

cadre de la réponse graduée de l’Arcom. Le Conseil estime,

en outre, que « si l’autorité publique a déjà, à deux reprises,

mis en relation les données d’identité d’un même abonné

avec des informations sur le contenu d’œuvres qu’il aurait

piratées, elle ne peut procéder à une troisième mise en relation

de ce type sans y avoir été préalablement autorisée par une

juridiction ou une entité administrative indépendante » .

Sans remettre en cause le principe de la lutte contre le

piratage, la décision contraint donc les pouvoirs publics

à revoir le cadre juridique. Dans l’attente d’un nouveau

décret, l’Arcom peut poursuivre le croisement des données,

« mais uniquement pour leur adresser les deux premiers

avertissements de la réponse graduée », précise le Conseil d’État.

entrer les enjeux d’accessibilité dans la réglementation

de la promotion autour des nommés. Dans un souci

d’inclusion de tous les votants, les campagnes “For Your

Consideration” doivent faire figurer un contact (mail ou

téléphone) auprès duquel formuler des besoins liés à

l’accessibilité ou vérifier l’adaptation des lieux de

projection.

A.A.

6 N°516 / 6 mai 2026


LA SÉLECTION DU FESTIVAL D’ANNECY DÉVOILÉE

L’édition 2026 du Festival international du

film d’animation se déroulera du 21 au 27 juin

prochains.

Le festival s’ouvrira avec l’avant-première de Des Minions

et des monstres, des studios Illumination et réalisé par

le Français Pierre Coffin (distribué par Universal), et permettra

de découvrir pas moins de 44 longs métrages en sélection

officielle. Elle témoigne de la vitalité de la production

européenne, avec 13 pays représentés, et en particulier

française, avec 14 longs cette année. Outre la compétition,

la quinzaine de films de la section “Annecy présente”,

qui rassemble des œuvres “grand public”, seront désormais

récompensés d'un prix du public soutenu par Peugeot.

On n’oubliera pas les Midnight Specials, pour des films

plus expérimentaux, les Work in Progress et les nombreuses

Séances événement, dont une sur les studios Aardman,

une plongée dans Ghost in the Shell, un coup de projecteur

sur Fleur de Rémi Chayé ou encore un avant-goût

du programme de Warner Bros. Pictures Animation.

Et bien sûr le Mifa, marché international du film d’animation,

propose de nombreux rendez-vous et de nouveaux

formats aux professionnels de l’ensemble de la filière.

Compétition

Longs métrages L’officielle

• Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach

(Haut et Court, 16/12/26)

• Decorado d’Alberto Vazquez (Le Pacte)

• In Waves de Phuong Mai Nguen (Diaphana, 01/07/26)

• Le Corset de Louis Clichy (KMBO, 14/10/26)

• Le Dossier de l’aube de Rupert Wyatt, Alexis Bloom

et Emilie Phoung (KMBO)

• Le Violoniste d’Ervin Han et Raúl Garcia

• Lucy Lost d’Olivier Clert (Le Pacte, 28/10/26)

• Nobody de Shui Yu

• Tana de Ji Zhao et Ke Er Zhu

• Tangles de Leah Nelson

• We Are Aliens de Kohei Kadowaki (Dulac Distribution)

Jury : Faisal Baltyuor, Mònica Garcia Massagué et

Maïlys Vallade

Longs métrages Contrechamp

• 58 e de Carl Joseph Papa

• Une aube nouvelle de Yoshitoshi Shinomiya (ADN, 12/08/26)

• Bienvenue chez Dolly de Steven Ych et Rady Fu

• Blaise de Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue (Jokers)

• Chroniques de l’espace-temps de Stefano Bertelli

• L’Orbite des satellites mineurs de Christopher Sullivan

• Le Fils de pute d’Érica Maradona, Otto Guerra, Tania

Anaya et Sávio Leite

• Muyi, la légende du village des femmes de Julien

Chheng (Gebeka)

• Passionné à la folie de Wataru Takahashi

• Peleliu : Guernica of Paradise de Goro Kuji (Eurozoom)

• Winnipeg de Beñat Beitia et Elio Quiroga

Jury : Suresh Eriyat, Lola Lefèvre et Anna Ida Orosz

LES BFF SUR LES ROUTES DE FRANCE

Ces dernières semaines, ces best friends forever

ont sillonné le pays à la rencontre des salles et des

spectateurs. De quoi concrétiser un projet social

et interactif, lancé il y a plus d’un an et demi.

Ce 21 mai, Caroline, Romane et Salim achèveront

leur tour de France des cinémas, entamé le 21 avril.

Une initiative prolongeant le concept que les trois

amis ont lancé en octobre 2024, les “BFF du ciné”,

en forte effervescence sur les réseaux sociaux avec plus

de 30 000 abonnés cumulés sur Instagram et TikTok.

Une fois par semaine, la bande d’amis propose à sa

communauté de choisir une séance parisienne parmi

trois options. En s'adossant à la programmation

existante de l'établissement, la projection a lieu la

semaine suivante et se prolonge régulièrement autour

d’un verre. « Notre objectif est de soutenir les sorties qui

en ont le plus besoin, tout en offrant aux spectateurs

l'opportunité de découvrir des films qu'ils n'auraient pas

choisis spontanément », explique Caroline. Ainsi, depuis

le début de l’année, des séances ont été organisées

autour de Gourou, Marty Supreme ou La Maison des

femmes, mais aussi N121 - Bus de nuit, À pied d’œuvre,

Nino dans la nuit ou encore Les Filles du ciel. Et le

succès est au rendez-vous, avec en moyenne 80 à 150

spectateurs, principalement de 18 à 30 ans. Le record

a d’ailleurs été atteint le jour de l’ouverture de leur

tour de France avec 190 personnes réunies. Ce roadtrip

est justement né de la volonté des trois amis de

s’étendre hors de la capitale etd’aller à la rencontre de

leurs abonnés. Et pourquoi pas, dans un futur idéal,

de démarrer un mouvement national, « avec une antenne

BFF dans toutes les villes de France » ?

©Thibaut Morin

Documenté jour après jour sur les réseaux sociaux, le

parcours a démarré le 21 avril à l’UGC Ciné Cité les

Halles, et est passé par l’UGC Ciné Cité Strasbourg,

l’UGC Ciné Cité Lille, l’Arvor de Rennes, le Katorza

de Nantes, l’UGC Ciné Cité Bordeaux, le Royal de

Biarritz, l’American Cosmograph de Toulouse, l’Utopia

de Montpellier et le Chambord de Marseille. Il entame

son ultime étape ce 12 mai, avec l’arrivée des BFF au

Festival de Cannes, dont les portes leur ont été ouvertes

par le CNC, partenaire du tour aux côtés de

GetAround, La Vie, Bjorg, CineOD [voir p. 8],

Lomography, Maison Les Dames et UGC. Tout un

programme, donc, pour « faire des émeutes » dans le

plus de cinémas de France, comme les trois amis le

clament en début de chaque vlog afin de « souligner

une idée de mouvement et de rassemblement ». Un élan

soutenu par le président du CNC, Gaëtan Bruel, qui

a lui-même déclaré lors de l’inauguration du tour :

« Il est temps de faire la révolution ! »

J.D.

N°516 / 6 mai 2026

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Actualités

cineOD

LES SÉANCES À LA DEMANDE ARRIVENT

DANS LES SALLES FRANÇAISES

Une démarche itérative, où chaque feedback de salle vient

enrichir l’outil avant son déploiement plus large.

Agathe Marçais en charge du projet cineOD et Julien Marcel, président de Cine Group, lors d’une présentation de la plateforme à Amsterdam lors du

Boxoffice Tour

Développée par Cine Group* avec la collaboration de Gathr, pionnier américain du cinéma à la

demande, la plateforme cineOD entame sa phase pilote dans des salles partenaires à Paris et

en région. Première séance officielle au Grand Rex début avril, soutien du CNC, catalogue

Gaumont déjà en ligne : la mécanique se met en place, et la filière commence à en mesurer

le potentiel.

Le concept est simple, et c’est précisément ce qui en

fait la force. Sur la base d’un catalogue sécurisé par la

plateforme cineOD, les spectateurs pré-réservent une

séance dans le cinéma et à l’horaire de leur choix. Dès

que la jauge du nombre de spectateurs minimum, fixée

par l’exploitant à l’avance, est atteinte, cineOD informe

la salle, qui peut alors créer une séance ordinaire avec

un socle de billets garantis. Le projet de séance permis

par cineOD devient alors une séance classique, et cineOD

ferme les ventes de son côté, redirigeant les spectateurs

vers le site web de l'exploitant. L’idée est double : permettre

aux spectateurs de participer à la programmation, et

sécuriser économiquement chaque projection pour

l’exploitant, qui ne déclenche la séance qu’avec la certitude

d’un volume minimum de spectateurs déjà engagés.

Pensé en complément de la programmation classique

et non en substitution, cineOD propose actuellement

des titres de catalogue qui pourraient, à terme, cohabiter

avec des films ayant récemment quitté l’affiche, pour

lesquels les exploitants pourraient ainsi tester la demande

avant d’ouvrir une nouvelle séance.

Un programme « pionniers » déjà bien

engagé

Les présentations successives, auprès de Cinéo, lors du

Boxoffice Tour à Amsterdam ou encore lors des Rencontres

de Bretagne, ont permis de fédérer rapidement plusieurs

dizaines d’exploitants à Paris et à travers la France. Côté

indépendants parisiens, Multiciné et Dulac ont rejoint

le programme « pionniers », aux côtés de salles comme

Cinewest, Baucine, Cinémonde, le Sélect de Saint-Jeande-Luz

ou encore le Royal de Biarritz. Des discussions

sont par ailleurs en cours avec les principaux circuits

nationaux, signe d’un intérêt qui ne semble pas se limiter

à certaines catégories de salles.

« Ces échanges, avant même le lancement, nous ont déjà

permis de beaucoup ajuster et affiner la plateforme », explique

Agathe Marçais, qui pilote le projet chez Cine Group.

Première séance au Grand Rex, étape à

Biarritz

Début avril, c’est au Grand Rex qu’a eu lieu la toute

première séance cineOD, autour de OSS 117 : Le

Caire, nid d’espions. « Une séance tout à fait à l'image

de ce que nous espérons : un groupe motivé de spectateurs

mobilisés pour que la séance existe, rejoints par des

spectateurs venus simplement découvrir le film à l'affiche

du Grand Rex – et qui sont repartis en parlant entre eux

de cineOD et des prochaines séances qu'ils avaient envie

d'organiser ! », relate Agathe Marçais. Un cas d’école

qui illustre la logique d’hybridation recherchée : une

séance déclenchée par une communauté, mais qui

nourrit ensuite la fréquentation classique de la salle.

cineOD accompagne par ailleurs le Tour de France

des BFF du cinéma [voir p. 7], ce groupe de cinéphiles

qui mobilise sur Instagram pour fédérer des communautés

autour de séances partagées en salle, suivies

d’un moment de convivialité spontanée. Au Royal de

Biarritz, le 2 mai, c’est sur La Boum que s’est porté le

choix des spectateurs cineOD, confirmant l’appétit

du public pour des expériences de cinéma collectives,

choisies et incarnées.

Rendez-vous à Cannes

Prochaine étape pour la plateforme : une présentation

dans le cadre du showcase innovation Dolby, mercredi

13 mai au Cinémas Club de Cannes. L’occasion, en

marge du Festival, de présenter cineOD à l’ensemble

de la filière et d’engager le dialogue avec les exploitants,

distributeurs et ayants droit qui souhaiteraient rejoindre

l’aventure.

Découvrez la plateforme sur www.cineOD.fr

* Société éditrice de Boxoffice Pro France

Gaumont a tout de suite adhéré au projet et mis à

disposition un catalogue de plus d’une centaine de films,

de Léon à Intouchables, en passant par Zéro de conduite

ou La Boum. Une diversité qui permet de s'adresser

aussi bien au public cinéphile qu'aux communautés de

fans, pour des programmations événementielles ou

patrimoniales. Le concept a également séduit le CNC,

qui a apporté son soutien sous la forme d’une aide aux

moyens techniques de diffusion, saluant une innovation

jugée « vertueuse pour la filière ». Un signal qui inscrit

cineOD dans la continuité des dispositifs visant à élargir

l’offre en salle sans fragiliser l’équilibre économique des

exploitants, et qui valide la cohérence du modèle au

regard des enjeux de diversité et d’accès au cinéma.

La page d'accueil de cineOD.fr fait la part belle au catalogue Gaumont.

8 N°516 / 6 mai 2026



Cannes 2026

LES RENDEZ-VOUS DU CINEMAS CLUB

Mardi 12 mai

15h15-16h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :

Moyen Orient et Afrique du Nord : nouvelles terres

d’opportunités pour la salle de cinéma ?

avec Mohamed-Reda Benjelloun, directeur du Centre

cinématographique marocain, Mohamed Khouna,

président de la Commission d’aide aux salles du Centre

cinématographique marocain, Jean-Marc Lalo, architecte.

Modéré par Julien Marcel, président de Cine Group.

Mercredi 13 mai

11h15-12h45 - Lérins Cinemas Club - Showcase :

Dolby Innovation Day

avec Youry Bredewold, responsable des relations

exploitants EMEA de Dolby, Leslie Vuchot, CEO et

fondatrice de Timeless Cinema, Agathe Marçais, cheffe

de projet de cineOD, Jeffrey Guevara, Business Developer

de ICE Theaters, Sébastien Aubert, producteur

chez Adastra Films, Anne Pouliquen, co-fondatrice

de Traverse, et Quentin Bitran, fondateur de Réfractio.

Modéré par Laurent Cotillon, directeur général délégué

média & stratégie de Cine Group.

15h15-16h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :

À quoi ressemblera l’offre d’Hollywood au

cinéma demain ?

avec Niels Swinkels, président de Focus Features,

Jackie Brenneman, présidente et CEO de l’Independant

Film & Television Alliance, et Charles Rivkin, président

de la Motion Picture Association. Modéré par

Julien Marcel.

16h-18h - Cinemas Club - Présentation : Pass

Culture et cinéma : analyse de l’usage par les jeunes

et évaluation du soutien de l’industrie

avec Laurence Tison-Vuillaume, présidente du pass

Culture, et François Catala, directeur du développement

du pass Culture.

Jeudi 14 mai

17h15-18h15 - Cinemas Club - Table ronde : La salle

de cinéma peut-elle encore nous surprendre ?

avec Jens Kayser, directeur cinéma EMEA de Sharp,

Hervé Baujard, directeur commercial cinéma EMEA de

Dolby, Jeffrey Guevara, Business Developer de ICE

Theaters, et Marion Rosset, CEO de ADDE. Modéré

par Laurent Cotillon.

Vendredi 15 mai

15h15-16h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :

Publicité : le cinéma, dernier bastion de l’attention ?

avec Julian Pinn, CEO de l’Association mondiale de la

publicité cinématographique (SAWA), Valérie Candeiller,

directrice de la communication et activations de marque

de Peugeot et Bertrand Nadeau, président d’OMD.

Modéré par Laurent Cotillon.

Samedi 16 mai

9h-11h - Cinemas Club - Présentation : Timeless Cinema

avec Leslie Vuchot, CEO de Timeless Cinema.

15h15-16h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :

Diversification des contenus : les nouveaux leviers de

croissance des salles ?

avec Mitchel Berger, vice-président exécutif du commerce

mondial de Crunchyroll, Caspar Nadaud, CEO et

fondateur de Piece of Magic Entertainment, et Éric

Meyniel, chief box-office officer de Kinepolis. Modéré

par Laurent Cotillon.

Dimanche 17 mai

11h15-12h45 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :

Le 7 ème art : toujours un art ? Dérégulation et concentration

du secteur, où en sommes-nous de la liberté

de création ?

avec Radu Mihaileanu, réalisateur (L’ARP), Zoé Wittock,

réalisatrice (SRF)… Modéré par Laurent Cotillon.

RETROUVEZ

LE PROGRAMME

JOUR PAR JOUR

Lundi 18 mai

11h15-12h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :

Comment vont les salles de cinéma à l’international,

et que peuvent-elles nous apprendre ?

avec Phil Clapp, président de l’UNIC, Fatima Djoumer,

directrice générale d’Europa Cinemas, et Cécile Lacoue,

directrice des études, des statistiques et de la prospective

du CNC. Modéré par Julien Marcel.

Mardi 19 mai

11h15-12h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :

Quel futur pour les salles de cinéma d’art et d’essai ?

avec Alicia Kozma, vice-présidente de Art House Convergence,

Christian Bräuer, président de la CICAE, Guillaume

Bachy, président de l’AFCAE, et Ilda Santiago, CEO du

Festival international du film de Rio de Janeiro. Modéré

par Laurent Cotillon.

Mercredi 20 mai

11h15-12h15 - Lérins Cinemas Club - Table ronde :

L’avenir des jeunes en salle

avec Charlotte Corniot, déléguée générale de Cinéma

pour tous, Chloé Delaporte, enseignante-chercheuse, et

Les Bffs - Collectif Citadelle : Samir Hamzaoui, Caroline

Sabuco et Romane Talva. Modéré par Julien Marcel.

10 N°516 / 6 mai 2026


©Cécile Vargoz

PAVILLON CNC

Du dialogue intergénérationnel autour de la salle au financement du cinéma européen

« à l’heure de la tech », en passant par les mutations de l’exploitation à l’international,

le Centre national du cinéma irriguera le festival de sa traditionnelle série de tables

rondes depuis son pavillon de la plage du Gray d’Albion.

Mercredi 13 mai

10h à 12h (sur invitation) : Partager le cinéma en salle

entre 15 et 25 ans – Restitution d’un dialogue intergénérationnel

- Regards croisés entre exploitants et jeunes

impliqués dans les pratiques de salle. Organisée par

l’ACID, région Sud et Écrans Sud, en partenariat avec

le CNC

15h à 17h30 : Résidence du Festival de Cannes : session

de pitchs - En partenariat avec le Festival de Cannes

Jeudi 14 mai

10h à 12h : 80 ans du CNC - Le cinéma français, un

fleuron industriel au service de la diversité culturelle -

Table ronde

15h à 16h30 : Comment les studios de tournage

s’adaptent désormais à tous les types de production ? -

Table ronde

Vendredi 15 mai

10h15 à 11h45 : La nouvelle donne du cinéma aux

États-Unis - Table ronde en partenariat avec la Villa

Albertine - Traduction anglais-français

15h à 17h30 (sur invitation) : Rendez-vous des producteurs

francophones

Samedi 16 mai

10h à 10h20 : Conversation avec Henna Virkkunen,

Vice-présidente exécutive de la Commission européenne

chargée de la Souveraineté technologique, de la Sécurité

et de la Démocratie

10h30 à 12h : Le financement du cinéma en Europe

à l’heure de la tech - Table ronde en partenariat avec les

EFAD et la SACD - Traduction anglais-français

15h à 16h15 : ESFUF – Ukrainian Cinema of Tomorrow

16h30 à 17h30 : Rencontre avec les producteurs coréens

Dimanche 17 mai

Matinée Cinéma en salles : Quelles tendances mondiales ?

Quelles stratégies pour l’avenir ?

10h à 11h : Exploitation : Quelles tendances à

l'international ?

11h à 12h30 : Expérience collective, défis communs :

quelles stratégies pour l’avenir du cinéma ? - Table ronde

- Traduction anglais-français

14h45 à 16h30 : Jeunesses en Méditerranée et au

Moyen-Orient : accompagner les talents et les publics de

demain - À l’occasion de la Saison Méditerranée de

l’Institut français - Table ronde en partenariat avec Doha

Film Institute - Traduction anglais-français

Lundi 18 mai

9h30 à 11h : Cannes Remakes : session de pitchs - En

partenariat avec le Marché du Film

14h30 à 16h : La collaboration auteurs/producteurs :

une entente déterminante pour un scénario réussi -

Table ronde

16h à 17h30 : Parité : un changement de paradigme

pour le cinéma en France - Table ronde

Mardi 19 mai

10h à 12h : Matinée Doc Day - En partenariat avec le

Marché du Film - En anglais

15h à 16h30 : Entre regard et geste : quel apport de la

pratique dans l’éducation au cinéma et à l’image ? -

Table ronde

Mercredi 20 mai - Journée du patrimoine

09h45 à 11h : De Malraux écrivain à Malraux cinéaste,

d’Espoir à Sierra de Terruel - Table ronde

11h à 12h : Fondation Aliph, CNC et INA au secours

du patrimoine cinéma et audiovisuel international -

Table ronde

15h à 16h : Le CNC et le Festival de Cannes, 80 ans

d’histoire commune - Table ronde

16h à 17h : Toulouse : un nouvel élan pour le cinéma

autour de la Cinémathèque - Table ronde

Jeudi 21 mai

10h à 11h30 : Sommes-nous toutes et tous devenus

des critiques de cinéma ? - Table ronde en partenariat

avec le Syndicat français de la critique de cinéma

11h30 à 12h30 : Conférence de presse – Concours

Moteur ! Saison 10

15h à 16h : Comment la diversité (sociale, générationnelle,

de genre) est représentée devant et derrière l’écran

au cinéma ? - Table ronde proposée par le Prix de la

Citoyenneté, en partenariat avec Unis-Cité

Vendredi 22 mai

10h à 16h30 : 11 e Journée du Cinéma Positif

Lieu : Pavillon du CNC – Plage du Gray d’Albion, sur

inscription

Programme prévisionnel sous réserve de modifications.

L’accès aux événements se fera dans la limite des places

disponibles.

N°516 / 6 mai 2026

11


Cannes 2026

LES RENDEZ-VOUS DU CAFÉ DES CINÉASTES

©A.Algan/Boxoffice Pro

Les Écrans Inclusifs

2 è édition

Comme l’an dernier, une journée consacrée à

l’inclusion dans les métiers du cinéma, organisée

par le SPCH, sera accueillie sur le pavillon

de la CST, avec trois tables rondes.

Une rencontre du Café des Cinéastes, ACID Cannes 2025

Pour la sixième édition, l’ACID convie exploitants,

distributeurs, cinéastes et autres professionnels à ses

tables rondes se déroulant en marge de ses projections.

Un espace pensé pour « protéger les œuvres et

leurs auteurs », comme le souligne Pauline Ginot,

déléguée générale de l’Association [voir p. 18-19].

L’espace, situé 8 rue du Batéguier à Cannes, est ouvert

du 13 au 21 mai de 10h à 15h. Toutes les tables rondes

démarrent à 15h30.

Jeudi 14 mai - Santé mentale dans la culture : constats,

enjeux et outils mobilisables

en partenariat avec Audiens et Thalie Santé

Vendredi 15 mai - Quelle Europe pour les auteurs et

la création ?

en partenariat avec la SACD

Samedi 16 mai - Un an après le rapport d’enquête, le

cinéma français veut-il vraiment changer – ou

fait-il semblant ?

en partenariat avec MeTooMedia

Dimanche 17 mai - Action culturelle cinématographique

: coopérations et enjeux territoriaux

en partenariat avec la FACC

Lundi 18 mai - Accompagner son documentaire, à

quel(s) prix ?

en partenariat avec la SCAM

Mardi 19 mai - La politique de France Télévisions en

matière de financement et de diffusion du cinéma

en partenariat avec la SACD

Mercredi 20 mai - Comment soutenir la diversité de

la création et améliorer le soutien à l’écriture ?

en partenariat avec la SACD

Jeudi 21 mai

10h10 : Diversité à l’écran et dans les métiers : de

l’ambition à la réussite

En présence Camille Galliard-Minier, ministre

déléguée chargée de l’Autonomie et des personnes

handicapées, de Laëtitia Bernard, journaliste chargée

de mission par la ministre de la Culture, et avec

Leslie Thomas, secrétaire générale du CNC, des

représentants de la Mission Handicap d’Audiens,

l’Agefiph, France Travail et Ghislain Gauthier, secrétaire

national CGT spectacle. Table ronde animée

par Pascal Parsat, expert du handicap pour la culture

chez Audiens.

11h10 : La formation et l’émergence des talents

Avec des représentants de La Fémis, IMCA Provence,

Travelling… animée par Lara Sarciaux, agente artistique

(Cristal)

12h10 : Le rôle central des producteurs

Avec des producteurs du SPI et l’UPC, Marie-Castille

Mention-Schaar (réalisatrice de Pour le meilleur), et

Manuel Alduy, directeur du cinéma de France Télévisions,

modérée par Keren Marciano, Réalisatrice

et Déléguée générale du SPCH

LES RENDEZ-VOUS DE LA CST

Partenaire technique historique du Festival de Cannes,

la Commission supérieure technique y organise aussi des

rencontres, sur son pavillon à Pantiero. Outre son Club

des partenaires, accueillant des sociétés des industries

techniques, elle propose chaque matin, de 10h à 11h,

une rencontre CanneS Technique, avec un expert, animée

par Alexia de Mari, journaliste et docteure en études

cinématographiques et audiovisuelles, retransmise en

direct sur la chaîne YouTube de la CST. Et chaque soir,

dans l’émission CanneS prime Time, Alexia de Mari et

Mathieu Guetta, référent exploitation à la CST, décryptent

les films en sélection officielle avec leurs invités.

CanneS Technique

Mercredi 13 mai - La production cinématographique

au féminin : focus sur les techniciennes

avec Cécile Prévost, Responsable des relations avec les

branches professionnelles et des accompagnements

individuels et entreprises chez Audiens

Jeudi 14 mai - La Nikon ZR : un nouvel outil de

tournage de cinéma

avec Ludovic Drean, Responsable Département Vidéo

et Photo Professionnel chez Nikon France

Vendredi 15 mai - Demain, quel modèle économique

pour la formation des techniciens du cinéma ?

avec Jack Aubert, Directeur général adjoint de l’AFDAS

Samedi 16 mai - Les outils HAL Picture à travers les

sélections du Festival de Cannes 2026

avec Martin Roux, Directeur de la photographie - AFC

- HAL Picture - Polyson

Dimanche 17 mai - Profondeur, densité visuelle, et

avantage du format 65mm

avec Marc Cattrall, Cinema Business Development

Manager chez Fujifilm Europe

Lundi 18 mai - Comment mettre les nouvelles optiques

ZEISS Aatma au service d’une histoire ?

avec Hélène de Roux, Réalisatrice et consultante

chez ZEISS

Mardi 19 mai - Voix du futur : la performance vocale

augmentée par l'IA

avec Jacques Barreau, Vice President - Media & Interactive

Entertainment chez Transperfect

Mercredi 20 mai - VFX et narration : l’art de la

supervision

avec Hugues Namur, Superviseur VFX chez MPC Paris

12 N°516 / 6 mai 2026



Cannes 2026

©Capucine Henry

SEMAINE DE LA CRITIQUE

ENTRETIEN AVEC AVA CAHEN

La déléguée générale de la section des “premières fois” réaffirme sa volonté

d’accompagner les films et les cinéastes auprès du public, bien au-delà de Cannes.

On compte quatre premiers films français sélectionnés

cette année, mais un seul dans la compétition,

qui est particulièrement ouverte sur le monde [voir

p.27]. Constatez-vous l’émergence de nouveaux

pays de cinéma ?

Le Festival de Cannes est international et nous essayons

donc d'avoir une compétition qui le soit : nous avons

vu cette année 1 050 longs métrages parvenus de 106

pays différents. L'Asie est très en forme, et après un

film thaïlandais primé l’an dernier, Fantôme Utile,

nous avons un premier film chinois, mais aussi un

premier film de fiction mexicain, ainsi qu’un court

métrage algérien et un autre syrien, qui apportent de

nouvelles couleurs à cette sélection. Mais cette année,

nous allons surtout présenter pour la première fois

un long métrage du Yémen et un du Kosovo. C'est

beau, parce que la Semaine de la Critique, c'est des

premières fois, et c’est toujours grisant, en tant que

programmateur, de vivre des premières fois. Chaque

année, nous sommes en effet surpris par de nouvelles

cinématographies qui émergent, dans des contextes

politiques et sociaux parfois très compliqués. Ainsi

Dua, de la kosovare Blerta Basholli, parle du conflit

naissant entre le Kosovo et la Serbie dans les années

90, à travers le regard d'une adolescente ; The Station,

premier long de la Yéménite Sara Ishaq, montre la vie

de femmes qui résistent à un patriarcat étouffant dans

ce pays, que l’on n’a pas souvent l'occasion de voir.

Nous retrouvons aussi cette année des territoires de

cinéma rarement exposés à Cannes, comme l'Irlande

avec Tin Castle, portrait d'une famille de travelers

irlandais, qui marque le retour du documentaire dans

notre compétition. Mais si nous essayons d’être une

fenêtre sur le monde, c’est toujours la qualité artistique

qui guide notre sélection.

Sur les 7 longs en compétition, 5 sont réalisés par

des femmes. La Semaine continue d’être exemplaire

à cet égard, mais là aussi, est-ce la qualité

artistique qui prime ?

Toujours. On ne pratique pas de politique de quotas,

pas plus que de boycott culturel de quelconque pays. En

revanche, on constate une progression du nombre de

films réalisés par des femmes parmi ceux que l’on reçoit ;

en quelques années, on est passé de 24 % à 30 %. Ce

n'est pas encore la parité, mais ce sont souvent les films

qui nous ont le plus touchés et bousculés, et c’est un très

heureux hasard. Car en tant que critique et programmateur,

nous avons une responsabilité dans les images et les

représentations que l'on partage : l'exigence artistique est

la même pour toutes les sélections du Festival de Cannes,

un endroit merveilleux qui peut faire des carrières, mais

peut aussi être très cruel.

Autre première fois, la Semaine s'ouvrira avec un

film d’animation : est-ce d'abord le film qui vous

a conquis ou la volonté de soutenir l’animation

française ?

Un peu les deux : le cinéma d'animation français est aimé

de par le monde et ses talents sont souvent récupérés par

d'autres pays producteurs. Dans ce très beau film d'ouverture,

la grâce de l'animation nous a percutés. Il s'appelle

In Waves et sa représentation des vagues, réaliste et poétique,

nous a vraiment enchantés. Réalisé par la franco-vietnamienne

Phuong Mai Nguyen, c'est un film français mais

qui se passe aux États-Unis, et reprend un peu les codes

des teen movies américains des années 90, fusionnant

les genres, la 2D et et de la 3D. Plus généralement, on

constate une belle percée de l’animation à Cannes, avec

Flow il y a deux ans, l'année dernière Arco et, en clôture

de la Semaine de la Critique, Planètes de Momoko Seto.

La question des publics

nous tient beaucoup

à cœur en tant que

critiques de cinéma :

c’est un métier de

transmission

Nous essayons de montrer le cinéma dans tous ses états,

avec, chaque jour de la Semaine, un langage et une

couleur différente.

La salle du Miramar à Cannes n’est-elle pas devenue

trop petite ?

C'est une salle de 450 places mais extrêmement bien

équipée, et qui surtout, avec son côté cocon, est la

maison refuge des premiers films. Cela peut être très

impressionnant de montrer son premier film à Cannes

et Miramar est une petite salle, mais avec une grande

caisse de résonance. Je l’ai constaté dès 2022 lors de

ma première année en tant que déléguée générale :

j'avais l'impression que tout le monde parlait d'Aftersun

sur la Croisette. Et puis nous proposons trois séances

par jour pour chaque film, ainsi que des projections

publiques au cinéma de Valbonne, avec l'Association

Les Visiteurs du Soir, et à La Licorne à Cannes-la Bocca.

14 N°516 / 6 mai 2026


Après Cannes, comment accompagnez-vous la vie

des films auprès du public ?

Un film existe dès lors qu'il est vu. Depuis quelques

années, tous les films que nous sélectionnons à la Semaine

de la Critique ont un distributeur, ce qui n’est pas un

critère d'éligibilité, mais nous assure de la visibilité du

film en France et pour les ventes internationales. C’est

aussi souvent notre sélection qui déclenche l’arrivée d’un

distributeur, ce qui est très réjouissant : modestement,

on se dit qu'on a les yeux au bon endroit. Nous accompagnons

ensuite les films dans le cadre de leurs avant-premières

en travaillant avec les distributeurs, mais aussi sur

la durée, notamment auprès des scolaires. Les membres

de notre comité ont présenté récemment Imago, Planètes

ou Des preuves d’amour qui étaient en sélection l'an

dernier, en expliquant pourquoi on choisit certains films

et comment se bâtit un regard critique. C'est une façon

pour nous d’être présents aux côtés des cinéastes, qu'on

ne lâche pas dans la nature après Cannes, mais aussi aux

côtés des spectateurs et spectatrices.

Vous organisez aussi des ciné-clubs ?

Nous animons le ciné-club “Critique et création” au Jeu

de paume, une salle très accueillante d’une centaine de

places, qui nous permet là aussi d'être dans un petit cocon

et de vivre des moments privilégiés. Je crois que le discours

critique est toujours prescripteur et quand un critique

de cinéma vient parler d'un film en salle, cela peut susciter

une excitation incroyable, comme un Philippe Rouyer

sait le faire. La question des publics nous tient beaucoup

à cœur en tant que critiques de cinéma : c'est un métier

de transmission. Et le cinéma d'auteur peut être très

généreux et trouver son chemin en salles auprès de toutes

les générations, en témoignent des films comme La

Pampa ou Nino, pour lequel nous avons organisé une

très belle avant-première en septembre dernier, en compagnie

de Théodore Pellerin.

Théodore Pellerin qui est d’ailleurs membre de

votre jury cette année…

C'est un acteur que j'ai découvert en 2018, dans le cadre

d'un de mes voyages au Canada, dans Chien de garde de

Sophie Dupuis. Je le suivais de loin jusqu'à ce que Nino

Nous sommes très fiers

quand, dès leur

deuxième ou troisième

film, ces cinéastes

s’inscrivent dans

l’Histoire du cinéma

nous arrive et séduise tout le monde, valant à Théodore

le prix de la révélation à la Semaine de la critique puis le

César du meilleur espoir. Il saura regarder les films exigeants

que l’on propose, et nous avions très envie de passer la

semaine avec lui… parce qu'on l'adore. Et puis cela crée

une continuité, comme l'affiche de la Semaine de la

Critique qui chaque année remet en avant un film marquant

de l'édition précédente. Cette fois, nous rendons hommage

à Manon Clavel et Makita Samba qui nous ont bouleversés

dans Kika, car nous sommes aussi la section de la révélation

de jeunes comédiennes et comédiens. Nous tenons

beaucoup, à travers des premiers films, à faire découvrir

de nouveaux visages.

Prévoyez-vous à nouveau une reprise de la sélection

de la semaine de la Critique en salles ?

Dans la foulée de Cannes, l'intégralité de l'édition – courts

et longs – est reprise à la Cinémathèque française, puis

les longs sont montrés à Marseille, aux Variétés et à La

Baleine. Ce sont des moments plus détendus qu'à Cannes

et formidables, parce que le public est là, et peut échanger

avec les équipes qui viennent présenter leurs films. Il y

a une reprise également en Corse, que nous avons décalée

cette année de juin à octobre, pour toucher tous les

publics, y compris étudiants. Cela coïncidera avec nos

ateliers Next Step II en Corse, à Casell’arte, lancés il y a

deux ans autour de Musique et cinéma. Les films de

chaque édition sont aussi repris en octobre au Mexique,

en partenariat avec le Festival de Morelia. Nous avions

autrefois une très belle reprise au Liban, où c'est malheureusement

devenu compliqué à assumer mais que nous

aimerions relancer, et nous essayons d'ouvrir à l'Asie.

Vous accompagnez aussi les cinéastes dans la

poursuite de leur carrière. Comment se déploient

vos ateliers Next Step ?

Next Step volume 1 consiste à accompagner des cinéastes

dont nous avons sélectionné un court métrage et qui

passent au long. Nous les invitions à Paris et au Moulin

d’Andé où pendant une semaine, ils sont conseillés sur

l’écriture de leur scénario et son lancement sur le

marché. Le programme Next Step II, en Corse, vise à

créer des rencontres entre des cinéastes, passés par la

Semaine de la critique et en train d'écrire leur deuxième

long, et des compositeurs et compositrices. Ces ateliers

donnent lieu à des moments absolument magiques de

travail collectif, de réflexion sur l’apport de la musique

dans un film. Des compositeurs donnent aussi des

master class, comme Amine Bouhafa, qui a fait la

musique de La Petite Dernière d’Hafsia Herzi… une

réalisatrice révélée à la Semaine de la Critique. Nous

tenons vraiment à accompagnement les cinéastes pour

qu'ils trouvent leur place dans l'industrie ; pas juste

pour les lancer, mais pour qu’ils volent de leurs

propres ailes.

Et on le voit cette année avec trois anciens, trois alumni

de la Semaine de la Critique en compétition officielle :

Charline Bourgeois-Tacquet avec La Vie d'une femme,

dont nous avions présenté Les Amours d'Anaïs en 2021 ;

Emmanuel Marre avec Notre salut, après Rien à foutre

à la Semaine en 2021 ; et Léa Mysius avec Histoires de

la nuit, dont nous avions projeté Ava en 2017. Nous

sommes très fiers quand, dès leur deuxième ou troisième

film, ces cinéastes s'inscrivent dans l'Histoire du cinéma.

Propos recueillis par Cécile Vargoz

©Semaine de la Critique

©Semaine de la Critique

Théodore Pellerin, révélé dans Nino de Pauline Loquès en 2025, avec Ava Cahen. Cette année, il est membre du

jury de la Semaine de la Critique.

Makita Samba et Manon Clavel, les jeunes acteurs de Kika d’Alexe Poukine, l’an dernier lors de la présentation

du film à la Semaine de la Critique. On les retrouve en 2026 sur l’affiche.

N°516 / 6 mai 2026

15


Cannes 2026

QUINZAINE DES CINÉASTES

ENTRETIEN AVEC

JULIEN REJL

©Florent Drillon

Avec une sélection 2026 qui

fait la part belle aux premiers

films, au documentaire et à

l'animation [voir p.30], la section

parallèle créée par la Société des

réalisatrices et réalisateurs de

films réaffirme son ambition de

faire partie de – et de restituer –

l’histoire du cinéma et des salles.

Julien Rejl, délégué général de la Quinzaine des Cinéastes

Votre sélection 2026 compte six premiers longs

métrages, soit près d'un tiers d'une sélection de 19

films provenant de cinq continents. Assumez-vous

la ligne plus “découvreuse” que suit la Quinzaine

depuis votre arrivée, en juin 2022 ?

La découverte et l'éclectisme ont toujours été les deux

piliers de la Quinzaine. L’idée est donc de toujours

continuer à défricher de jeunes talents, qu'ils en soient

à leur premier ou à leur deuxième long métrage, mais

également de rassembler au sein d'une même sélection,

sans aucune hiérarchie, cinéastes confirmés, productions

destinées à un large public et œuvres plus pointues pour

cinéphiles. C'est ce mélange des genres qui fait l'originalité

de la Quinzaine, qui pour rappel est ouverte au public

auquel on se doit de proposer la sélection la plus riche

et variée possible.

Au-delà de la diversité géographique, votre sélection

se distingue également par la diversité

des genres cinématographiques qui y sont représentés…

Cette année, nous avons en effet mis un accent particulier

sur le documentaire [avec Gabin de Maxence Voiseux et

Merci d’être venu d’Alain Cavalier, ndlr.] et sur l'animation

[Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach et Le

Vertige de Quentin Dupieux en clôture, ndlr.]. Il s'agit

de deux genres aux écritures plurielles qu'il nous tenait

à cœur d'intégrer pleinement dans la sélection, au même

titre que les autres formes de cinéma. Nous sommes très

heureux d'avoir rétabli cet équilibre.

Quel sera le buzz de la Quinzaine cette année ?

Avec ses deux actrices principales extrêmement connues

en Corée et au Japon, Dora, le troisième long métrage

de July Jung, nous promet déjà un buzz asiatique. Même

chose pour le film norvégien Low Expectations d’Eivind

Landsvik, dont l'actrice principale compte un nombre

impressionnant de followers sur les réseaux sociaux et

qui va probablement attirer beaucoup de projecteurs sur

la Quinzaine.

Il est évidemment toujours difficile de prédire le buzz à

l'avance et je suis honnêtement très curieux de le découvrir !

Déjà, je ne sais pas si beaucoup de monde s'attendait à

retrouver Kantemir Balagov [réalisateur russe de Tesnota

– Une vie à l’étroit, Une grande fille… et de The Last Of

Us - Saison 1, ndlr.] en ouverture. Enfin, j'espère que nos

propositions d'animation vont détonner, et largement

rassembler les publics.

Le Gâteau du président de Hasan Hadi, qui a reçu

le “Choix du public”, l’unique prix décerné à la

Quinzaine, a réalisé 265 000 entrées dans les salles

françaises depuis sa sortie sous bannière Tandem

en février dernier. Que vous inspire ce succès ?

C'est un plaisir d'autant plus grand que ce film n’était

pas vraiment dans nos radars et que nous l’avons repéré

de manière… inattendue. Dès l'annonce de sa sélection,

de nombreux distributeurs ont cherché à l'acquérir et

pour beaucoup d'exploitants, il était l’une des plus belles

propositions des Rencontres de l’AFCAE. Ensuite, il y

a eu la Caméra d'or – qui récompense un premier film

toutes sections confondues – couplée à notre Choix du

public. Et au-delà de sa très belle carrière française en

salles, il a eu un incroyable parcours international, jusqu'à

sa nomination à l'Oscar du meilleur film étranger, sachant

qu’il a été acquis par Sony aux États-Unis.

Bien sûr, nous aimerions que cela se passe comme ça à

chaque fois. Le premier Choix du public avait été attribué

au film canadien Une langue universelle, une œuvre

originale, voire complètement barrée sur laquelle personne

n'aurait parié. C’est donc un film d'auteur un peu plus

niche, puis l’année suivante une proposition à vocation

plus populaire qui ont remporté l'adhésion du public de

la Quinzaine, prouvant à quel point ce dernier est pluriel

et imprévisible. Mais dans les deux cas, ce qui me réjouit,

c'est que les spectateurs ont décidé de primer une véritable

découverte plutôt qu'un cinéaste déjà installé. Enfin, le

succès du Gâteau du président prouve l'impact de ce

“label” sur la distribution, pensé pour pouvoir être mis

en avant sur leurs outils de communication.

Quel est par ailleurs le titre de la sélection de

l’année dernière dont la carrière vous a le plus

surpris dans les salles françaises ?

L'Engloutie de Louise Hémon, un premier film, pas

forcément facile d’accès, qui aux dernières nouvelles

dépasse les 70 000 entrées. Après son lancement à la

Quinzaine, il a cumulé les récompenses – comme le prix

Jean-Vigo ou André Bazin des Cahiers du Cinéma – et

a été primé dans un nombre incroyable de festivals. Et

16 N°516 / 6 mai 2026


sachant que le film sortait un 24 décembre, son distributeur

Condor a réussi à le faire exister à la période de

Noël, pourtant peu propice aux films d’auteur.

Comment s'annonce la nouvelle édition de la

Quinzaine en salles, prévue du 10 au 21 juin ?

Je suis très fier que nous ayons réussi à installer dans la

durée et la stabilité un véritable partenariat interprofessionnel,

avec le SCARE, les syndicats de distributeurs

comme le DIRE et de SDI, de producteurs comme le

SPI, les réseaux MK2 et Dulac ou encore Cinego pour

la technique. Nous maintenons notre maillage d'une

trentaine de salles. Celles qui sont en travaux cette année,

comme le Star à Strasbourg ou le Diagonal à Montpellier,

reviendront en 2027. En attendant, nous accueillons de

nouveaux venus comme les CinéPlanet de Salon-de-

Provence et d'Alès, Les Montreurs d'images à Agen, et

le Ciné St-Leu à Amiens, dont l'arrivée me réjouit particulièrement

car il acte le retour dans notre festival des

Hauts-de-France, ma région d’origine.

Quelles sont les autres nouveautés de la Quinzaine

en salles ?

Sur le fonctionnement, nous conservons la flexibilité

introduite l'an dernier. Si Paris, Lyon et Marseille font

toujours une reprise intégrale, les autres exploitants

peuvent adapter la manifestation à leur échelle, en présentant

un minimum de six films et au moins deux séances

accompagnées.

Le public de la

Quinzaine a prouvé

à quel point il est

pluriel et imprévisible

Par contre, le Festival d'Annecy commençant un peu

plus tard cette année, les deux longs métrages d'animation

de notre sélection ne pourront pas être diffusés lors de

la Quinzaine en salles. Je trouve dommage de faire primer

la "logique de festival" sur l'intérêt des œuvres, des

cinéastes et des distributeurs. Ces trente cinémas partenaires

font partie des plus performants de France ; et la

Quinzaine en salles, dans la foulée de Cannes, donne un

tremplin à tous ces films pour que différents publics

puissent les découvrir tout de suite, avec un aspect de

“démocratisation” qui ne veut pas profiter aux deux films

d'animation.

Pour cette édition 2026, vous publierez également

le deuxième numéro des Carnets de la Quinzaine.

Est-ce une autre façon de lier la section parallèle

à son public et à une certaine histoire du cinéma ?

La Quinzaine est une sélection dans laquelle les cinéastes

parlent avec le public après les projections. Ces échanges-là,

il est important d’en garder une trace, pour les partager

avec le plus grand nombre et transmettre cette cinéphilie

dans le temps. Le principe de ces Carnets est donc de

faire fructifier les échanges enregistrés lors de l'édition

précédente, tout en y ajoutant des contenus inédits. Nous

avons ainsi prolongé la discussion avec Alain Chabat,

notre invité d'honneur de l’année dernière, en compagnie

du critique de cinéma Adrien Dénouette. Cette année,

Alain Guiraudie, qui nous a confié une photographie

pour l'affiche du festival, a accepté de réaliser un entretien

pour la préface. C'est une belle façon de continuer à

travailler avec les cinéastes que nous aimons, en les faisant

parler de cinéma autrement.

Pour ce numéro deux, nous avons également fait évoluer

la forme. Au lieu de la stricte retranscription de questions-réponses

de l'an passé, l'essayiste et historienne

Gabriella Trujillo a transformé ces dialogues en récits.

Elle y transmet notre enthousiasme de sélectionneurs

tout en citant les réalisateurs. L'autre immense valeur

ajoutée, ce sont les documents de travail et les photos de

tournage inédits, fournis par les cinéastes eux-mêmes.

C'est une plongée unique dans leur processus de création

que l'on ne trouvera nulle part ailleurs. L'ouvrage sera

disponible pour les plus chanceux à la boutique de la

Quinzaine pendant le festival, puis partout en librairie

et en ligne dès le mois de juin.

Propos recueillis par Aysegül Algan

©Quinzaine des Cinéastes / Guillaume Lutz

Julien Rejl devant le public du Théâtre Croisette, Quinzaine des Cinéastes 2023

N°516 / 6 mai 2026

17


Cannes 2026

©Lea Rener

ACID

ENTRETIEN AVEC

PAULINE GINOT

La déléguée générale Pauline Ginot lors d'une présentation d'une séance de l'ACID Cannes, en 2025

Avec une 34 e sélection mêlant fiction,

documentaire voire film hybride

[voir le programme p. 31], et un Café

des Cinéastes toujours plus ouvert

et engagé, l’Association du cinéma

indépendant pour sa diffusion

continue son combat pour l’action

culturelle.

Que retenir de cette sélection ?

Nous avons reçu plus de 650 films, ce qui est bien plus

que d’habitude, et la sélection de neuf films qui en résulte

est marquée par une grande fraîcheur, puisque six d’entre

eux sont des premiers longs métrages. Plus globalement,

tous sont réalisés par des auteurs dont le travail n’est pas

encore identifié par le grand public. Nous notons également

la force de l’Iran à travers deux films qui se sont

naturellement imposés par leur puissance : le documentaire

français Dans la gueule de l’ogre de Mahsa Karampour et

la fiction punk Living Twice, Dying Thrice de Karim

Lakzadeh. Nous comptons deux autres documentaires :

Cœur secret de Tom Fontenille et La Détention de

Guillaume Massart, en plus d’un film hybride voire

“non-binaire", Virages des Suissesses Céline Carridroit

et Aline Suter. Côté fiction nous aurons Promised Spaces

du Serbe Ivan Marković, Barça Zou de Paul Nouhet et

Blaise de Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue, qui

représentera l’animation. Enfin, Mauvaise Étoile de Lola

Cambourieu et Yann Berlier ouvrira la sélection.

Pour l’instant, deux films possèdent des distributeurs

en France, à savoir Blaise chez The Jokers, et

Mauvaise Étoile chez Tandem…

Une offre plurielle est une des clés pour faire revenir le

public en salles et cette sélection en est l’incarnation. Je

suis donc convaincue que tous les films finiront par

trouver leur structure, comme l’année dernière. Néanmoins,

la faible proportion de titres pour l’heure distribués

renseigne sur une plus grande frilosité au moment du

marché, et d’un rétrécissement du marché pour les

propositions émergentes, sans casting identifié, et qui

s'écrivent (et donc se produisent) différemment. Nous

avons hâte des retours des distributeurs sur une œuvre

comme Barça Zou avec ses allers-retours narratifs par

exemple. On a le sentiment à l’ACID que seuls les cinéastes

déjà identifiés peuvent se permettre une totale liberté

Une offre plurielle est

une des clés pour faire

revenir le public

en salles

narrative en ayant l’assurance que les diffuseurs les suivront

dès les préfinancements, ce qui nous inquiète pour

l’émergence de nouveaux talents. L’un des rôles de l’ACID

est justement de mettre en lumière certaines des propositions

que nous recevons, afin de signaler aux distributeurs

et vendeurs internationaux les longs métrages qui ont

réussi leur pari, avant de commencer le travail avec les

exploitants. C’est ce travail de défrichage qui permet,

des années plus tard, l'éclosion de figures comme Justine

Triet, Kaouther Ben Hania ou, plus récemment,

Martin Jauvat.

18 N°516 / 6 mai 2026


L’ACID est un lieu d’expression privilégié du documentaire,

en témoignent les trois – plus un film

hybride – de cette sélection. Néanmoins, les derniers

échos sur la place de cette typologie en salles

évoquent une diffusion de plus en plus restreinte.

Y a-t-il toutefois des raisons de rester optimiste ?

L’Association se trouve dans une position paradoxale :

les cinéastes de l’ACID sont en première ligne pour

constater les risques inédits qui planent sur le documentaire

de création, tout en observant sa capacité vitale à recréer,

grâce au cinéma, des espaces de dialogue autour de sujets

sur lesquels la société se crispe. Ces craintes dépassent le

simple documentaire de création et concernent notre

avenir démocratique ; perdre cette production et sa

visibilité en salle auprès des publics, c’est perdre un espace

d’échange nécessaire. Par ailleurs, nous alertons également

sur les inégalités de programmation liées à la nature même

d’un film : trop souvent, le documentaire est relégué aux

seules projections événementielles, et aucun écosystème

ne peut tenir sur le long terme ainsi Ce risque de marginalisation

s'accentue avec son exclusion récente du

plancher de séances dans certains engagements de programmation

homologués individuellement. C’est d’autant

plus dommage que le CNC a renforcé son soutien pour

la création et la distribution du documentaire, ce que

nous saluons. L’angle mort est du côté de

l’exploitation.

Dans ce contexte, comment percevez-vous la

pondération des séances des œuvres de moins

de 80 copies labellisées Recherche et découverte,

en cours depuis le début d’année dans le cadre du

deuxième volet de la réforme art et essai ?

La fréquentation des films labellisés Recherche peut

fortement varier d’une année à l’autre. En 2024, sa

progression massive était principalement portée par

quelques titres comme La Zone d’intérêt, L’Histoire de

Souleymane ou encore Les Graines du figuier sauvage qui

ont tous dépassé les 500 000 entrées. Dans ces moments-là,

il est crucial de s’assurer que cela ne cache pas une majorité

de films en décrochage. Il faut donc laisser du temps à

cette réforme avant d’en mesurer les véritables impacts

sur la diffusion. Elle n'en demeurait pas moins une

nécessité pour donner de l’air aux titres dont la diffusion

est fragilisée, qui représentent le cœur du renouvellement

des talents, mais aussi de notre cœur d’action : articuler

exigence esthétique et découverte par de jeunes publics.

Cela permet des rencontres fortes, comme celles observées

autour de La Vie après Siham de Namir Abdel Messeeh

ou l’Aventura de Sophie Letourneur [sélectionnés à l’ACID

Cannes 2025, ndlr.]. Les projections de ces films ont

suscité un immense enthousiasme et semblent même

avoir éveillé des vocations chez de nombreux lycéens.

Justement, quel bilan tirez-vous des films de l’édition

2025 ?

De nombreux événements extérieurs ont semé d'embûches

le parcours de cette programmation, mais nous sommes

extrêmement fiers que les films aient réussi à exister par

eux-mêmes. C’est notamment le cas du documentaire

Put Your Soul On Your Hand and Walk de Sepideh Farsi

[60 000 entrées depuis sa sortie le 24 septembre par New

Story, ndlr.] qui, dans le contexte environnant – la situation

israélo-palestinienne et le décès dramatique de la protagoniste

Fatem Hassona – s’est imposé dans les salles par

sa force. Même constat pour L’Aventura de Sophie Letourneur

et Laurent dans le vent d’Anton Balekdjian, Léo

Couture et Mattéo Eustachon, tous deux accompagnés

par Arizona, qui totalisent chacun près de 40 000 entrées.

Il existe une vraie appétence des publics pour des propositions

esthétiquement ambitieuses qui ne prennent pas

le spectateur par la main. Pour preuve, lors d'une projection

ACID Pop de L’Aventura en présence de la réalisatrice

©Lea Rener

Il existe une vraie

appétence des publics

pour des propositions

esthétiquement

ambitieuses qui ne

prennent pas le

spectateur par la main

au mk2 Quai de Seine, les préventes affichant complet,

nous avons dû basculer l'événement dans une salle de

300 places, qui s'est retrouvée pleine à craquer, plus de

10 mois après la sortie du film. Nous avons également

la chance de pouvoir nous appuyer sur un noyau d’exploitants

fidèles. Leur curiosité permanente force le

respect : à Cannes, ils peuvent détester un film le lundi

et revenir en salle avec le même enthousiasme le mardi.

Ils font preuve d’un amour fort et d’une envie de transmission,

malgré la conjoncture difficile qu’ils traversent.

L’ACID s’illustre aussi à Cannes par son Café des

Cinéastes [voir programme complet p. 12]. Quels

seront les thèmes abordés cette année ?

Il s’agit de la sixième édition de ce dispositif, né de la

volonté des cinéastes de l’Association de créer un espace

ouvert pour protéger les œuvres et leurs auteurs. Accessible

de 10h à 15h à tous les festivaliers même sans accréditation,

puis avec des rencontres pro de 15h à 17h, c'est un

carrefour où se croisent cinéastes, diffuseurs, exploitants,

jeunes ambassadeurs et spectateurs. Pour cette édition,

la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques)

organisera des rencontres pour présenter les dispositifs

de France Télévisions avec Manuel Alduy [directeur du

cinéma et des fictions internationales et jeunes adultes,

ndlr.] et ceux du CNC avec Lionel Bertinet [directeur

du cinéma, ndlr.], mais elle mettra aussi en place un

dialogue avec la députée européenne Emma Rafowicz.

La SCAM (Société civile des auteurs multimédia) se

concentrera pour sa part sur la rémunération des auteurs

et particulièrement lors des tournées. L’action culturelle

sera également au programme avec l’ALCA (Agence livre

cinéma & audiovisuel en Nouvelle-Aquitaine) et la FACC

(Fédération de l’action culturelle cinématographique),

dans la lignée du pacte territorial que nous avons co-signé

en mars. Nous nous plaçons en outre en écho du tour

de France du président du CNC Gaëtan Bruel que nous

saluons. À côté, nous prolongeons la question de la santé

mentale des indépendants que nous avons entamée aux

précédents Café des indépendants, ce qui illustre entre

autres l’engagement RSE du Café des Cinéastes.

Sonia Ben Slama, Romain André et Laure Vermeersch, cinéastes de l'ACID, aux côtés de Pauline Ginot

Propos recueillis par Jules Dreyfus

N°516 / 6 mai 2026

19


Cannes 2026

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI

BANDE ANNONCE AVEC DAVID OBADIA

David Obadia entouré de Gaëtan Bruel, président du CNC, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes,

et Guillaume Bachy, président de l’AFCAE, à Cannes en 2025.

Le délégué général de l’AFCAE s’attend à

un très beau Festival de Cannes, et à des

débats politiques denses pour les cinémas

art et essai lors de ces 35 es Rencontres, qui

seront aussi le point d’orgue d’une année

anniversaire.

Comment s’annoncent la participation à ces Rencontres

nationales 2026 ?

Nos adhérents sont de plus en plus nombreux à venir à

ces rencontres, mais aussi beaucoup de partenaires proches

de notre écosystème, tels que des distributeurs, ou encore

des responsables de festivals, qui souhaitent y participer.

L’organisation est un défi : nous avons 1 100 inscrits pour

cette édition, qui se terminera par une grande fête pour

marquer la clôture de notre 70 e anniversaire.

Elles sont aussi l’occasion de découvrir avant tout

le monde 10 films issus des différentes sections

cannoises…

En visionnant chaque année une quarantaine de titres,

pour en retenir 10 que nous montrons pendant ces trois

jours, nous avons un bel aperçu de ce que va être le

Festival. Et cette année, nous avons vu de très beaux

films : cela présage d’un très bon Cannes. Nous avons

choisi 10 films vraiment singuliers, car c’est aussi le rôle

de nos rencontres : montrer la diversité des films en

sélection à Cannes. L’an dernier, les Rencontres art et

essai ont notamment contribué à faire découvrir un film

comme Le Gâteau du président – auquel les adhérents de

l’AFCAE ont attribué leur Coup de cœur à l’issue du

Festival – et ont bien aidé à sa programmation par la

suite. Indépendamment des rencontres, nous renouvelons

aussi le Prix des exploitants art et essai, qui distingue un

film de la Compétition, avec l’ambition que ce prix ait

un réel impact. Nous allons essayer de le faire exister

davantage auprès du public.

Et comment abordez-vous le temps fort de l’assemblée

générale de l’AFCAE ?

Notre assemblée générale du lundi matin aura une forte

tonalité politique, dans le contexte d’une année dense

en général et marquant les 70 ans de l’AFCAE. Nous

ferons le bilan de notre année anniversaire qui a lancé

une vraie dynamique. Les portraits de salles en vidéo, les

plus de 800 séances-événement labellisées “70 ans”, le

temps fort de notre colloque… ont contribué à la visibilité

de l’art et essai dans la presse et auprès du public. L’enjeu

était de dépoussiérer la notion d’art et essai auprès des

plus jeunes, mais aussi auprès de tous ceux qui, parfois,

ne connaissent même pas le terme. Nos adhérents se sont

vraiment emparés de cette proposition, avec, dans un

contexte compliqué, une vraie volonté de faire réseau.

Ils ont montré tout au long de cette année l’importance

d’appartenir à un collectif qui revendique la même idée

du cinéma, en disant « on défend les mêmes valeurs, et

on est 1 250 partout en France ».

Nous aurons avec nous le président du CNC Gaëtan

Bruel qui sera présent à notre Assemblée générale. Elle

sera l'occasion d'aborder collectivement, les sujets d’accès

au film et de concurrence, les propositions du Plan

interministériel autour l’éducation aux images, le bilan

de la réforme art et essai… mais aussi les inquiétudes

liées aux baisses de budget des collectivités territoriales.

On défend

les mêmes valeurs,

et on est 1 250

partout en France

Le contexte politique sera aussi au cœur de la table

ronde du mardi ?

Ces Rencontres 2026 vont clôturer notre année anniversaire.

Or, si les cinémas art et essai existent depuis

70 ans et ont pu se développer, si l’on a un tel maillage

territorial aujourd’hui, c’est aussi grâce aux politiques

culturelles mises en place depuis des décennies, et

notamment l’action du CNC. Nous souhaitons donc

retracer et examiner l'historique des politiques culturelles

jusqu'à aujourd'hui – et nous avons interrogé à ce sujet

Emmanuel Négrier dans notre Courrier art et essai de

ce mois de mai – et imaginer ce qu’elles pourront être

demain. Deux universitaires, Chloé Delaporte, enseignante-chercheuse

en socioéconomie du cinéma et de

l'audiovisuel, et Philippe Teillet, maître de conférences

en sciences politiques et responsable d’un master direction

projets culturels, interviendront lors du temps d’échange

organisé le mardi après-midi, animé par le journaliste

et critique Pierre Charpilloz. Nous avons fait le choix

de limiter à deux intervenants — des chercheurs spécialistes

du sujet — et de nous tenir à distance d’un registre

©ISABELLE NEGRE

Dimanche 10 mai

• 17h45 : Le Corset de Louis Clichy (Un Certain Regard),

en présence du réalisateur et de Thierry Frémaux

• 20h30 : La Gradiva de Marine Atlan (Semaine de la

Critique), en présence de la réalisatrice

Lundi 11 mai

• 9h - 12h45 : Assemblée générale

• 13h - 15h : Déjeuner (sur invitation)

• 15h15 : Présentation de la programmation Acid

Cannes 2026

• 15h30 : Gabin de Maxence Voiseux (Quinzaine des

Cinéastes), en présence du réalisateur

• 17h30 : L'Âge d’Or de Bérenger Thouin (Cannes

Classics), en présence du réalisateur et de la productrice

Carine Ruszniewski

• 19h45 : Quelques mots d'amour de Rudi Rosenberg

(Un Certain Regard), en présence du réalisateur et du

producteur Hugo Sélignac

• 21h30 : Congo Boy de Rafiki Fariala (Un Certain

Regard), en présence du réalisateur et du producteur

Boris Lojkine

Mardi 12 mai

• 9h : Ton animal maternel de Valentina Maurel (Un

Certain Regard), en présence de la réalisatrice et de

Gautier Labrusse, président du GNCR

• 11h : Du fioul dans les arteres de Pierre Le Gall

(Semaine de la Critique), en présence du réalisateur

et du producteur Nicolas Blanc

• 15h - 16h30 : Temps d'échange « Politiques culturelles

: quelles propositions des cinémas Art et Essai

pour 2027 ? » en présence de Chloé Delaporte et

Philippe Teillet, animé par Pierre Charpilloz

• 16h45 : Dégel de Manuela Martelli (Un Certain

Regard), en présence de la réalisatrice

• 19h : Journal d’une femme de chambre de Radu Jude

(Quinzaine des Cinéastes)

• 21h30 : Fête de clôture des 70 ans de l'AFCAE (sur

invitation)

NB : L’AFCAE sera présente aussi au Cinemas club le

19 mai, aux côtés de la CICAE, pour une table ronde

sur le futur des salles art et essai à l’international.

politique, afin de privilégier des échanges approfondis

et de laisser une large place au dialogue avec nos

adhérents.

Car l’idée de cette rencontre est qu’elle se prolonge

au-delà du temps cannois. Nous espérons en faire

émerger quelques idées fortes, que l’AFCAE porterait

ensuite auprès des futurs candidats à la présidentielle.

C’est ambitieux, mais l'enjeu est d’aboutir à des propositions,

venant des salles art et essai, pour les politiques

culturelles qui seront mises en œuvre à partir de 2027.

Et 2027, c’est demain.

Propos recueillis par Cécile Vargoz

20 N°516 / 6 mai 2026



Cannes 2026

SOUTENIR LA PROGRAMMATION DES FILMS

ET DES SALLES ART ET ESSAI :

LE GROUPE INÉDITS DE L’AFCAE

©ISABELLE NEGRE

Sylvie Buscail et Nicolas Milesi, lors de l'Assemblée générale de l'AFCAE de mai 2025

Avant l’assemblée générale de l’AFCAE à Cannes, les exploitants

Sylvie Buscail et Nicolas Milesi, responsables du groupe Inédits, et son

coordinateur Arnaud Kerneur, rappellent le fonctionnement d’un groupe

renouvelé, tant dans sa composition que son action.

Il y a deux ans, le groupe historique “Actions Promotion”

de l’AFCAE a changé de nom pour devenir celui des

“Inédits”. D’abord parce que l’action et la promotion

concernent tout autant le travail des groupes “Répertoire”,

“Jeune Public” et du “Comité 15-25” de l’association,

mais surtout parce que « 100 % des films que l’on accompagne

sont inédits, terme qui est celui employé par le CNC

dans son aide à la distribution », souligne Nicolas Milesi,

directeur d’exploitation du cinéma Jean-Eustache à Pessac

et co-responsable du groupe avec Sylvie Buscail. Pour la

dirigeante de Ciné 32 à Auch, « ce changement de nom

correspondait aussi à un fort renouvellement du groupe, une

nouvelle énergie, et de façon concomitante la décision d’augmenter

le nombre de soutiens en passant de 20 films par an

à 45 ». Aujourd'hui le groupe Inédits rassemble 34 exploitants

bénévoles, plus deux membres de l’ADRC, qui

représentent la diversité des salles et des régions et autant

de femmes que d‘hommes. Depuis 2024, ils sont recrutés

par un appel à candidature et signent une charte qui

encadre leur engagement, « désormais sur un mandat

déterminé, ce qui assure un fonctionnement clair et

renouvelé ».

Le groupe se réunit dix fois par an, principalement à

Paris mais aussi en régions – en session décentralisée au

mois de janvier (Blois en 2026), à Auch pendant le

festival, ou encore à La Rochelle… – pour visionner entre

7 à 10 films – dont 2 ou 3 en amont via des liens –,

proposés par les distributeurs ou repérés par le comité

de sélection. Pour qu’un film soit soutenu, il doit recueillir

60 % de votes favorables, si le quorum des deux tiers est

atteint. Sur une année, le groupe soutient 45 films en

moyenne, en veillant à ce qu’ils reflètent la diversité

artistique, « avec un équilibre entre auteurs reconnus,

Nous estimons que

notre soutien ajoute

environ un quart de

salles supplémentaires

à un film et renforce sa

durée d'exploitation

Sylvie Buscail

22 N°516 / 6 mai 2026


cinéastes émergents et œuvres plus confidentielles, venues du

monde entier, dans toute leur diversité », précise la co-responsable.

En 2025, 46 films de 25 distributeurs différents

ont été soutenus, dont 9 labellisés Recherche, 3 documentaires,

1 animation, 11 premiers longs, et 19 réalisés

par des femmes. « Nous nous concertons avec les autres

groupes de l’AFCAE pour éviter de multiplier les soutiens

aux mêmes films, même s’il y a parfois des exceptions, comme

pour L’Histoire de Souleymane, qui a été soutenu à la fois

par le groupe Inédits et le Comité 15/25 », précise Nicolas

Milesi. Il s’agit d’être complémentaire et d’optimiser le

nombre de films soutenus, sachant que « 45, c'est aussi

un plafond réaliste pour accompagner chaque film efficacement

», ajoute Sylvie Buscail.

Un accompagnement spécifique…

Dès que les soutiens mensuels de l’ensemble des groupes

de l'AFCAE sont connus, un rendez-vous en visio est

organisé avec les associations territoriales, afin de leur

présenter les films soutenus et ainsi favoriser des pré-visionnements.

Les exploitants sont quant à eux informés

en parallèle via les réseaux sociaux puis par newsletter.

Arnaud Kerneur, coordinateur du groupe depuis 2024,

cite la communication « auprès de partenaires tels que

Cinesociety, Cinego, les associations CineSens, La Bavarde

ou Retour d’image pour les séances adaptées, ou plus récemment

la plateforme Place des Libraires, pour les adaptations

littéraires ». Les films soutenus sont notamment mis en

avant à travers “le mot de l’exploitant”, rédigé par un

membre du groupe, que l’on retrouve aussi sur SensCritique

et Letterboxd. Quant aux documents 4 pages à

destination du public, ils sont désormais systématisés

Philippe Béziat, le réalisateur de Nous l’orchestre

(Pyramide) et Stéphanie Debaye du cinéma Le Trianon

de Sceaux, présentent le document 4 pages créé par

l'AFCAE, sur les réseaux Meta…

©AFCAE

Nous sommes un

groupe très vivant

d’exploitants, de salles

et de territoires

très divers

Nicolas Milesi

pour chaque film soutenu. L’AFCAE expérimente, depuis

quelques mois, la commande par paquets de 50 pour le

rendre accessible aux plus petites salles.

L’AFCAE propose aussi des bandes annonces spécifiques

et pastilles vidéo, à diffuser en salles et sur leur supports

numériques. « Nous en réalisons chaque année à Cannes

lors de nos Rencontres avec les présents, ou demandons aux

distributeurs d’enregistrer des messages courts de cinéastes,

comme récemment avec Leyla Bouzid pour À voix basse

ou Gus Van Sant encourageant les spectateurs à aller voir

La Corde au cou. » Enfin, deux à trois tournées par an

sont organisées, « en essayant d’aller dans des endroits où

les distributeurs ne vont pas forcément, comme pour No

Other Land, en partenariat avec l’ADRC, qui a fait étape

dans 15 villes ». Quel que soit l’accompagnement, les

distributeurs y participent via une contribution forfaitaire

de 600 € par film soutenu.

… Et même exercice avec Leyla Bouzid pour son film À

voix basse (Memento). Ou comment communiquer sur un

film soutenu, par le papier et par voie numérique.

©AFCAE

… pour encourager la programmation

« Nous estimons, de façon empirique, que notre soutien

ajoute environ 20 % de salles supplémentaires à un film et

renforce sa durée d'exploitation, notamment dans la ruralité »,

se réjouit Sylvie Buscail. S’il est certes plus difficile de

mesurer l’effet du soutien sur les entrées d’un film, qui

reste un prototype, le principe est aussi de soutenir le

réseau de salles de l’AFCAE, et la filière en général. « En

soutenant certains films qui n'ont pas nécessairement besoin

de nous – celui d’un Almodóvar par exemple –, nous incitons

leurs distributeurs à les diffuser dans les salles art et essai. »

Les salles, elles, sont encouragées à travailler avec tout

type de distributeur, le groupe « étant très attentif à la

pluralité des structures accompagnées. Pour nos Rencontres

de Cannes par exemple, la règle est de ne sélectionner qu’un

film par distributeur ». Cela n'entraîne d’ailleurs pas un

soutien automatique, comme pour l’ensemble des titres

soumis au groupe. S’il peut y avoir des distributeurs déçus

quand leur film n’est pas élu, le fait d’être pré-sélectionné

par le groupe Inédits leur assure déjà qu’il sera vu par

une trentaine exploitants français. « D’autres, selon leur

stratégie, choisissent de ne pas nous soumettre certains titres,

parce qu’ils visent une sortie plus large que les salles art et

essai », précise Sylvie Buscail.

Évolutions et projets

Parmi les évolutions prochaines et la modernisation de

ses outils, le groupe compte beaucoup sur le nouveau

site internet de l’AFCAE, qui devrait être mis en ligne

d’ici la rentrée et sera présenté lors de l'Assemblée générale

de Cannes. « Nous espérons qu’il devienne une plateforme

ressource de référence pour les exploitants », avance Nicolas

Milesi, sachant que le site rassemblera tous les contenus

disponibles autour des films (quiz, vidéos, podcasts,

interviews…), et mutualisera tout ce que proposent les

salles adhérentes et les partenaires de l’AFCAE. Car si

les documents papier restent importants pour beaucoup

de salles – qui, à l’instar d’un public âgé, ne sont pas

toutes au même niveau d’utilisation des réseaux sociaux

–, l’idée est de multiplier les formats “instagrammables”,

par exemple en demandant aux réalisateurs de poster

une photo d’eux avec… le document papier sur leur film.

Les rencontres de Cannes 2026 s’annoncent comme « un

moment de découvertes cinématographiques et de discussions

professionnelles intenses », prévoit Sylvie Buscail, et pour

le groupe Inédits en particulier. Ses membres se réuniront

pour attribuer leurs soutiens parmi les dix films qui seront

montrés – dont un choisi avec le GNCR. Mais au-delà

de ses missions, « nous sommes un groupe très vivant d’exploitants,

de salles et de territoires très divers, rappelle Nicolas

Milesi. Se réunir une fois par mois, y compris à Cannes,

nous permet aussi d’échanger sur tous les sujets liés à notre

métier et à notre spécificité art et essai ».

Cécile Vargoz

N°516 / 6 mai 2026

23


Les sélections cannoises

AVEC LEURS DISTRIBUTEURS

ET DATES DE SORTIE

Sélection officielle

CANNES 2026

LES DISTRIBUTEURS

SUR LA CROISETTE

À l’heure où nous bouclons ce numéro, près de deux tiers des films cannois possèdent un

distributeur. Pour certains, cette sélection amorce une nouvelle relation, tandis que d’autres

s’inscrivent dans une collaboration déjà bien établie. Petit tour d’horizon, le plus exhaustif

possible, sur les structures les plus en vue, de la Sélection officielle à l’ACID Cannes, en passant

par la Quinzaine des Cinéastes et la Semaine de la Critique.

Film d’ouverture

La Vénus électrique de Pierre Salvadori (Diaphana, sortie

française le 12/05/26)

Compétition

• Autofiction de Pedro Almodóvar (Pathé, 20/05/26)

• Coward de Lukas Dhont (Diaphana)

• Fatherland de Paweł Pawlikowski (Pathé)

• Fjord de Cristian Mungiu (Le Pacte, 19/08/26)

• Garance de Jeanne Herry (Studiocanal, 23/09/26)

• Gentle Monster de Marie Kreutzer (Ad Vitam)

• Histoires de la nuit de Léa Mysius (Le Pacte, 16/09/26)

• Histoires parallèles d’Asghar Farhadi (Memento, 14/05/26)

• Hope de Na Hong-jin

• L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach

(Haut et Court, 15/07/26)

• L’Inconnue d’Arthur Harari (Pathé, 26/08/26)

• L’Être aimé (El Ser Querido) de Rodrigo Sorogoyen

(Le Pacte, 16/05/26)

• La Bola Negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi

(Le Pacte)

• La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet

(Pyramide, 09/09/26)

• Minotaure d’Andrey Zvyagintsev (Les Films du

Losange, 14/10/26)

• Moulin de László Nemes (Studio TF1, 28/10/26)

• Notre salut d’Emmanuel Marre (Condor, 30/09/26)

• Paper Tiger de James Gray (SND)

• Quelques jours à Nagi de Kōji Fukada

(Art House, 07/10/26)

• Sheep in the Box de Hirokazu Kore-eda (Le Pacte, 16/12/26)

• Soudain de Ryusuke Hamaguchi (Diaphana, 12/08/26)

• The Man I Love d’Ira Sachs (Memento)

Si le podium des distributeurs les plus présents à

Cannes est identique à l’année dernière, son ordre est

inversé. Ainsi, c’est Le Pacte qui compte le plus de

films en lice avec sept sélections, dont cinq en Compétition

de la Sélection officielle. Autant de chances de

remporter une cinquième Palme d’or après Moi, Daniel

Blake de Ken Loach (2016), Une affaire de famille de

Hirokazu Kore-eda (2018), Anatomie d’une chute de

Justine Triet (2023) et Anora de Sean Baker (2024).

Pour ce faire, la structure fondée par Jean Labadie

peut compter sur de nombreux habitués – du Pacte

comme du Festival –, tels que Cristian Mungiu et son

Fjord (19/08/26), qui marque la cinquième collaboration

entre le distributeur et le cinéaste roumain,

palmé en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours.

Cinquième collaboration également avec l’Espagnol

Rodrigo Sorogoyen, en Compétition avec L’Être aimé

(16/05/26). Avec Sheep in the Box (16/12/26), Le

Pacte accompagne pour la neuvième fois le Japonais

Hirokazu Kore-eda, qui tentera, comme Cristian

Mungiu, de décrocher sa deuxième Palme d’or après

Une affaire de famille en 2018. L’histoire est en revanche

plus récente entre le distributeur et Léa Mysius qui

se retrouvent pour la deuxième fois avec Histoires de

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen

la nuit, quatre ans après Les Cinq Diables. Enfin, cette

édition cannoise marque trois nouvelles collaborations :

toujours en Compétition avec La Bola Negra des

Espagnols Javier Calvo et Javier Ambrossi, en Séance

famille avec Lucy Lost d’Olivier Clert (28/10/26) et

en ouverture de la Quinzaine des Cinéastes avec

Butterfly Jam du Russe Kantemir Balagov. Ce dernier

est de retour à Cannes une troisième fois, après Tesnota,

une vie à l’étroit en 2017 et Une grande fille en 2019

(tous deux Prix FIPRESCI).

Diaphana affiche également sept sélections, dont

deux en Compétition ; de quoi espérer remporter une

troisième Palme d’or après L’Enfant des frères Dardenne

(2005) et Le vent se lève de Ken Loach (2006). La

structure présidée par Michel Saint-Jean y accompagne

pour la quatrième fois le Japonais Ryusuke Hamaguchi

avec Soudain (12/08/26), familier du Festival après

entre autres son Prix du scénario en 2021 pour Drive

My Car. Le Belge Lukas Dhont est lui aussi bien connu

de la Croisette depuis sa Caméra d’or en 2018 pour

Girl et son Grand Prix en 2022 pour Close. Avec

Coward, en Compétition, il est accompagné pour la

troisième fois par Diaphana. En Séance de minuit et

©Manolo Pavon

24 N°516 / 6 mai 2026


©Silex Films

Hors compétition

• Diamond d’Andy Garcia

• Her Private Hell de Nicolas Winding Refn (The Jokers)

• Karma de Guillaume Canet (Pathé, 21/10/26)

• L’Abandon de Vincent Garenq (UGC Distribution,

13/05/26)

• L’Objet du délit d’Agnès Jaoui (Studiocanal, 27/05/26)

• La Bataille de Gaulle - Partie 1 : L’Âge de fer

d’Antonin Baudry (Pathé, 03/06/26)

In Waves de Phuong Mai Nguyen

en clôture de la Quinzaine des Cinéastes, le distributeur

retrouve pour la neuvième… et la dixième fois Quentin

Dupieux, présent respectivement pour Full Phil et

Le Vertige (10/06/26). Cette édition de Cannes est

également marquée par des débuts : In Waves de

Phuong Mai Nguyen (01/07/26) et Adieu monde

cruel de Félix de Givry, ouvrant et clôturant la Semaine

de la Critique. Le tout sans oublier La Vénus électrique

de Pierre Salvadori, qui lancera les festivités de la

Croisette le 12 mai.

Troisième structure la plus représentée avec six sélections,

Ad Vitam arrive à Cannes avec une opportunité

de remporter la première Palme d’or de son histoire :

Gentle Monster de l’Autrichienne Marie Kreutzer,

que le distributeur a déjà accompagnée en 2022 pour

Corsage. Ad Vitam retrouve également, une troisième

fois, Christophe Honoré qui signe Mariage au goût

d’orange (18/11/26), projeté à Cannes Première ; il

s’agit de la huitième apparition du cinéaste sur la

Croisette. Les quatre autres sélections de la structure

dirigée par Alexandra Henochsberg sont autant de

nouvelles collaborations : Ben’imana de Marie Clémentine

Dusabejambo et Quelques mots d’amour de

Rudi Rosenberg (28/10/26), tous deux à Un Certain

Regard, Le Triangle d’or d’Hélène Rosselet Ruiz

(15/07/26) en Séance Spéciale et La Frappe de Julien

Gaspar-Oliveri à la Semaine de la Critique.

Présent à Cannes à cinq reprises, Pathé compte trois

sélections en Compétition pour deux nouvelles collaborations

[voir aussi p. 36-37] : Fatherland de Paweł

Pawlikowski, lauréat du Prix de la mise en scène en

2018 pour Cold War, et L’Inconnue d’Arthur Harari

(26/08/26), remarqué en 2021 pour Onoda, 10 000

nuits dans la jungle (passé par Un Certain Regard).

Également, avec Autofiction (20/05/26), le distributeur

retrouve pour la 13 e fois Pedro Almodóvar qu’il accompagne

depuis Tout sur ma mère en 1999. Le retour du

cinéaste espagnol à Cannes offre par ailleurs à Pathé

l’occasion d'une sortie salle simultanée. Une stratégie

qui s’est régulièrement révélée payante, notamment

pour ses deux précédents longs métrages sélectionnés

en Compétition : Julieta en 2016 (800 000 entrées)

et Douleur et Gloire en 2019 (850 000 entrées). Enfin,

Hors Compétition, le distributeur accompagne pour

la cinquième fois Guillaume Canet avec Karma

(21/10/26) – de retour sur la Croisette 13 ans après

Blood Ties –, et pour la deuxième fois Antonin Baudry

avec La Bataille de Gaulle - Partie 1 : L’Âge de

fer (03/06/26).

Les Films du Losange présente cinq films en lice,

dont un en Compétition : Minotaure d’Andrey Zvyagintsev

(14/10/26), de retour à Cannes neuf ans après

son Prix du jury Faute d’amour. Il s’agit également

d’une opportunité pour la structure sexagénaire de

©Chi Fou Mi Productions

Cannes Première

• Aqui de Tiago Guedes

• La Troisième nuit de Daniel Auteuil (SND)

• Le Bois de Klara de Volker Schlöndorff

(Studiocanal)

• Le Château d’Arioka de Kiyoshi Kurosawa (Art House)

• Mariage au goût d’orange

de Christophe Honoré (Ad Vitam, 18/11/26)

• Marie Madeleine de Gessica Généus (Pyramide)

• Si tu penses bien de Géraldine Nakache (Pan

Distribution)

• The End of It de Maria Martinez Bayona - premier

long métrage

• The Game de Juan Cabral et Santiago Franco

• Vol de nuit pour Los Angeles de John Travolta

(Apple TV, 29/05/26)

Un Certain Regard

• Teenage Sex and Death at Camp Miasma

de Jane Schoenbrun - Ouverture

• Ben’imana de Marie Clémentine Dusabejambo

(Ad Vitam) - premier long métrage

• Club Kid de Jordan Firstman - premier long métrage

• Congo Boy de Rafiki Fariala (Jour2Fête)

• De toutes les nuits, les amants de Yukiko Sode

(Art House)

• Dégel de Manuela Martelli (Les Films du Losange)

• Everytime de Sandra Wollner (New Story)

• I’ll Be Gone in June de Katharina Rivilis - premier

long métrage

• Le Corset de Louis Clichy (KMBO, 14/10/26)

• Les Éléphants dans la brume d’Abinash Bikram

Shah (Les Valseurs/Arizona, 23/09/26) - premier long métrage

• Les Fraises de Laïla Marrakchi (Jour2Fête)

• Mémoire de fille de Judith Godrèche (Jour2Fête, 30/09/26)

• Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg

(Ad Vitam, 28/10/26)

• Titanic Ocean de Konstantina Kotzamani - premier

long métrage

• Ton animal maternel de Valentina Maurel (JHR)

• Ulya de Viesturs Kairišs

• Victorian Psycho de Zachary Wigon

• Yesterday The Eye Didn’t Sleep de Rakan Mayasi

• Ulysse de Laetitia Masson (ARP Sélection, 16/09/26)

- Clôture

Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg

N°516 / 6 mai 2026

25


Cannes 2026

Séances de minuit

• Colony de Yeon Sang-ho (ARP Sélection, 27/05/26)

• Full Phil de Quentin Dupieux (Diaphana)

• Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athané

(The Jokers, 17/06/26) - premier long métrage

• Roma Elastica de Bertrand Mandico (Condor)

• Sanguine de Marion Le Corroller

(ARP Sélection, 28/10/26) - premier long métrage

Séances spéciales

• Avedon de Ron Howard

• Cantona de David Tryhorn et Ben Nicholas

• Ceniza en la boca de Diego Luna

• Groundswell de Joshua et Rebecca Tickell

• John Lennon : The Last Interview

de Steven Soderbergh

• L’Affaire Marie-Claire de Lauriane Escaffre et

Yvo Muller (Gaumont, 04/11/26)

• Le Triangle d’or d’Hélène Rosselet-Ruiz

(Ad Vitam, 15/07/26) - premier long métrage

• Les Matins Merveilleux d’Avril Besson

(Arizona, 29/07/26) - premier long métrage

• Les Survivants du Che de Christophe Réveille

(Paname, 09/09/26) - premier long métrage

• Printemps de Rostislav Kirpičenko - premier long

métrage (JHR)

• Viendra la révolution de Pegah Ahangarani (Jour2Fête)

- premier long métrage

• Tangles de Leah Nelson - premier long métrage

Séance famille

• Lucy Lost d’Olivier Clert (Le Pacte, 28/10/26) - premier

long métrage

Cannes Classics

• L’Âge d’or de Bérenger Thouin (Pyramide) - premier

long métrage

• Une vie manifeste de Jean-Gabriel Périot (Potemkine)

• The Story of Documentary Film (The 1970s) de

Mark Cousins

• Dernsie : The Amazing Life of Bruce Dern de

Mike Mendez

• Maverick : The Epic Adventures of David Lean

de Barnaby Thompson

• Vittorio De Sica - La Vita I Scea de Francesco Zippel

• Mon Coluche à moi de Michel Denisot, Camille

Bruère et Julie Lazare

• Nostalgia for the Future de Brecht Debackere

• Le Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro

• Fast and Furious de Rob Cohen

• Rétrospective Pelechian d’Artavazd Pelechian (Potemkine)

• Espoir d’André Malraux (Les Acacias)

• Travail au noir de Jerzy Skolimowski (Potemkine)

• Disons, un soir à dîner de Giuseppe Patroni Griffi

(Les Films du Camélia, 01/07/26)

• Amma Ariyan de John Abraham

• Adieu ma Concubine de Chen Kaige (Carlotta)

• L’Homme de fer d’Andrzej Wajda

L’Inconnue d’Arthur Harari

remporter la quatrième Palme d’or de son histoire,

après Amour (2012) et Le Ruban blanc (2009) de

Michael Haneke, et Dancer In The Dark de Lars Von

Trier (2000). Toujours en Sélection officielle, le distributeur

accompagne pour la première fois Manuela

Martelli avec Dégel, à Un Certain Regard. Enfin, le

Losange représente trois longs métrages à la Quinzaine

des Cinéastes : Shana, le premier long métrage de

Lila Pinell (17/06/26), Dora de July Jung, remarquée

à la Semaine de la Critique en 2022 pour About Kim

Sohee, et Les Roches rouges de Bruno Dumont, en

Séance spéciale. Le distributeur accompagne pour la

seconde fois le cinéaste français bien habitué du Festival

(Grand prix en 1999 pour L’Humanité et en 2006

pour Flandres) après Jeanne (2019).

Même nombre de sélections pour Arizona qui accompagne

quatre premiers longs métrages, dont Les

Éléphants dans la brume du Népalais Abinash Bikram

Shah. Sélectionné à Un Certain Regard, le film sera

co-distribué le 23 septembre avec Les Valseurs. Le

distributeur portera également sur les écrans Les

Matins merveilleux d’Avril Besson en Séance spéciale

(29/07/26), Gabin de Maxence Voiseux à la Quinzaine

des Cinéastes (18/11/26) et The Station de Sara Ishaq

à la Semaine de la Critique (mars 2027). Enfin, après

Piccolo Corpo en 2021 (Semaine de la Critique),

Arizona accompagne pour la deuxième fois la cinéaste

transalpine Laura Samani pour Une année italienne,

projeté à Cannes Écrans Juniors (10/06/26).

Sur ses cinq sélections, Jour2Fête ne compte qu’un

cinéaste connu de son catalogue : Rafiki Fariala, présent

à Un Certain Regard pour Congo Boy, que le distributeur

avait déjà accompagné en 2023 pour Nous,

étudiants. Dans la même section, la structure intègre

Les Fraises, le retour de la réalisatrice franco-marocaine

Laïla Marrakchi, 13 ans après Rock the Casbah et 20

ans après Marock (passé par Un Certain Regard). Dans

la même section, la structure signe également sa

première collaboration avec Judith Godrèche pour

Mémoire de fille (30/09/26), dans la continuité de

son court métrage Moi aussi, passé en Hors Compétition

en 2024. En Séance spéciale, Jour2Fête mise

sur le premier long métrage de fiction de l’Iranienne

Pegah Ahangarani, Viendra la révolution. Enfin, à

la Semaine de la Critique, le distributeur défendra

Dua de la Kosovare Blerta Basholli.

Édition de nouvelles collaborations pour Pyramide

qui compte cinq sélections, dont une en Compétition :

La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet

(09/09/26), la réalisatrice étant présente une deuxième

fois sur la Croisette après Les Amours d’Anaïs en 2021

(Semaine de la Critique). Pyramide dispose ainsi d’une

chance d’ajouter une deuxième Palme d’or à son

compteur après Oncle Boonmee, celui qui se souvient

de ses vies antérieures d’Apichatpong Weerasethakul

en 2010. À Cannes Première, la réalisatrice haïtienne

Gessica Geneus présentera Marie Madeleine, dans le

sillage de sa Freda, passé par Un Certain Regard en

©Pathé ©Redpeter Films

Dora de July Jung

26 N°516 / 6 mai 2026


Les Matins merveilleux d’Avril Besson

©Arizona Distribution

• Eva de Maria Plyta

• Ken Russell’s The Devils de Ken Russell

• La Maison de l’Ange de Leopoldo Torre Nilsson

• La Ciociara de Vittorio De Sica (Les Acacias)

• La Dérive de Paula Delsol (Les Acacias)

• La Symphonie pastorale de Jean Delannoy (Solaris)

• L’Innocent de Luchino Visconti (Les Acacias)

• Lu Bing Hua de Yang Li-Kuo

• Machine Gun Kelly de Roger Corman

• Les mouettes meurent au port de Roland Verhavert,

Rik Kuypers et Ivo Michiels

• La Légende du grand judo d’Akira Kurosawa

(Carlotta et mk2 films)

• Tilaï d’Idrissa Ouedraogo (Carlotta)

• Le Criminel d’Orson Welles

2021. Enfin, le distributeur accompagne trois premiers

longs métrages : Je vois des immeubles tomber comme

la foudre de la Britannique Clio Barnard, à la Quinzaine

des Cinéastes, La Deuxième Fille de la Chinoise

Zou Jing, à la Semaine de la Critique, et L’Âge d’or

de Bérenger Thouin, à Cannes Classics.

Quatre sélections pour Art House qui accompagne

une neuvième fois Kōji Fukada, bien habitué de la

Croisette après Harmonium (Un Certain Regard en

2016), la duologie Suis-moi, je te fuis et Fuis-moi, je

te suis (labellisé Cannes 2020) et Love On Trial (Cannes

Première en 2025). Le réalisateur fait son entrée en

Compétition avec Quelques jours à Nagi (07/10/26),

soit la deuxième sélection d’Art House dans la section

reine après Asako I & II en 2019. À Cannes Première,

le distributeur retrouve également un habitué, Kiyoshi

Kurosawa, sélectionné pour Le Château d’Arioka

(24/06/26). Le cinéaste est un visage bien identifié

du Festival, après entre autres ses deux prix à Un

Certain Regard : le Prix du jury en 2008 pour Tokyo

Sonata et le Prix de la mise en scène en 2015 pour

Vers l’autre rive. Toujours en Sélection officielle, la

structure fondée par Éric Le Bot accompagne De

toutes les nuits, les amants de Yukiko Sode, quatre

ans après Aristocrats. Enfin, à Cannes Écrans Juniors,

le distributeur collabore pour la première fois avec

Takashi Miike avec Sham (24/06/26), cinéaste déjà

passé par la Croisette en 2003 pour Gozu et en 2011

pour Hara-Kiri : Mort d’un samouraï.

Sur ses quatre sélections, ARP Sélection défendra

deux titres en Séance de minuit : Sanguine, le premier

long métrage de Marion Le Corroller (28/10/26), et

Colony de Yeon Sang-ho (27/05/26). Le cinéaste

sud-coréen est de retour à Cannes dix ans après son

Dernier train pour Busan (Hors Compétition) et six

ans après Peninsula (label Cannes 2020), tous deux

accompagnés par ARP. Le distributeur présentera

Ulysse de Laetitia Masson (16/09/26) en clôture d’Un

Certain Regard, pour une deuxième collaboration

avec la réalisatrice après La Repentie en 2002. La

cinéaste fait quant à elle son retour à Cannes, 28 ans

après À vendre, passé par Un Certain Regard. Enfin,

la structure s’engage sur L’Apaisement, le premier

long métrage de Reed Van Dyk, sélectionné à la

Quinzaine des Cinéastes. Autre distributeur présent

quatre fois, Potemkine accompagne Le Journal d’une

femme de chambre de Radu Jude, sélectionné à la

Quinzaine des Cinéastes. Il s’agit de la première sélection

cannoise du cinéaste roumain, Ours d’or en 2021 pour

Bad Luck Banging Or Loony Porn. Le distributeur

compte également trois films à Cannes Classics : Une

vie manifeste de Jean-Gabriel Périot, une Rétrospective

Pelechian autour du cinéaste arménien, et Travail au

noir de Jerzy Skolimowski

Condor sera présent à trois reprises sur la Croisette,

dont une en Compétition pour Notre salut d’Emmanuel

Marre (30/09/26). Il s’agit du deuxième

compagnonnage entre le distributeur et le réalisateur

après Rien à foutre (Semaine de la Critique 2021), et

d’une nouvelle chance pour Condor d’obtenir la

première Palme d’or de son histoire. En Séance de

minuit, la structure présidée par Alexis Mas collabore

pour la première fois avec Bertrand Mandico qui signe

Roma Elastica, son deuxième long métrage sélectionné

à Cannes après Conann en 2023 (Quinzaine des

Cinéastes). Condor présentera également Sur la route

d’Omaha de Cole Webley (17/06/26) à Cannes Écrans

Juniors. En Compétition, L’Aventure rêvée de Valeska

Grisebach (15/07/26) sera inauguré sous pavillon

Haut et Court. Du côté de la Quinzaine des Cinéastes,

Sébastien Laudenbach défendra Carmen, l’oiseau

rebelle (16/12/26). Il s’agit de la troisième apparition

du cinéaste d’animation sur la Croisette après La Jeune

Fille sans mains et Linda veut du poulet !, tous deux

passés par l’ACID. Autre sélection, Viva, le premier

long métrage d’Aina Clotet (14/10/26), projeté à la

Semaine de la Critique. Même nombre de sélections

pour Studiocanal, qui défendra un film en Compétition

: Garance de Jeanne Herry (23/09/26), accompagnée

pour la quatrième fois par le distributeur. Une

possibilité pour la structure d’obtenir une deuxième

Palme d’or après Fahrenheit 9/11 de Michael Moore

en 2004. Hors Compétition, Studiocanal travaille

une troisième fois avec Agnès Jaoui avec L’Objet du

délit (27/05/26), présente sur la Croisette plus de 20

ans après Comme une image (Prix du Scénario). Studiocanal

accompagne également pour la première fois

Volker Schlöndorff avec Le Bois de Klara ; le réalisateur

allemand est de retour à Cannes, près de 20 ans après

Ulzhan, et près de 50 ans après sa Palme d’or Le Tambour.

Pan Distribution représentera trois films, dont Si tu

penses bien de Géraldine Nakache. Le quatrième long

métrage de la réalisatrice et actrice – son premier

étiqueté Pan – sera projeté à Cannes Première. La

structure accompagne également deux premiers longs :

Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall, en Séance

spéciale de la Semaine de la Critique, et L’Espèce

explosive de Sarah Arnold, à la Quinzaine des Cinéastes.

The Jokers défendra Hors Compétition Her Private

Hell, le retour en salles de Nicolas Winding Refn,

Semaine

de la Critique

Film d’ouverture

• In Waves de Phuong Mai Nguyen (Diaphana, 01/07/26)

- premier long métrage

Séances spéciales

• Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall

(Pan Distribution) - premier long métrage

• La Frappe de Julien Gaspar-Oliveri (Ad Vitam) - premier

long métrage

Compétition

• Dua de Blerta Basholli (Jour2Fête)

• Irish Travellers d’Alexander Murphy (Dulac)

• La Deuxième Fille de Zou Jing (Pyramide) - premier

long métrage

• La Gradiva de Marine Atlan (Tandem) - premier

long métrage

• The Station de Sara Ishaq (Arizona, 03/27) - premier

long métrage

• Viva d’Aina Clotet (Haut et Court, 14/10/26) - premier

long métrage

Film de clôture

• Adieu monde cruel de Félix de Givry (Diaphana)

- premier long métrage

N°516 / 6 mai 2026

27


élodie bouchez

romane bohrinGer

michèle & laurent pétin

présentent

GrinGe

stanislas merhar

alphonse roberts


FESTIVAL DE CANNES

SÉLECTION OFFICIELLE 2026

UN CERTAIN REGARD

arp présente élodie bouchez - stanislas merhar - romane bohrinGer

GrinGe - alphonse roberts avec la participation de cYril liGnac

anne consiGnY - emmanuel salinGer - Gérard WatKins

« ulYsse » un film de lÆtitia masson écrit par lÆtitia masson

1er assistant réalisateur stéphane manaranche imaGe emmanuelle collinot

décors fannY stauff castinG florence loubeau costumes carole Gérard

son damien luQuet montaGe aleXandre auQue directeur de production robin Welch

ventes inter Goodfellas produit par michèle & laurent pétin une production arp

avec le soutien du centre national du cinéma et de l’imaGe animée

au cinéma le 17 juin

un film de

laetitia masson

©CARACTÈRES - LOLOLOLU


Cannes 2026

Quinzaine

des Cinéastes

Film d’ouverture

• Butterfly Jam de Kantemir Balagov (Le Pacte)

Sélection

• 9 Temples to Heaven de Sompot Chidgasornpongse

- premier long métrage

• Atonement (L’Apaisement) de Reed Van Dyk - premier

long métrage (ARP Sélection)

• Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach

(Haut et Court, 16/12/26)

• Clarissa de Arie Esiri & Chuko Esiri

• Death Has No Master de Jorge Thielen Armand

• Dora de July Jung (Les Films du Losange)

• Double Freedom (La Libertad Doble) de Lisandro Alonso

• Gabin de Maxence Voiseux (Arizona, 18/11/26) - premier

long métrage

• Je vois des immeubles tomber comme la foudre

de Clio Barnard (Pyramide)

• L’Espèce explosive de Sarah Arnold (Pan Distribution)

- premier long métrage

• La Perra de Dominga Sotomayor

• Le Journal d’une femme de chambre

de Radu Jude (Potemkine)

• Low Expectations d’Eiving Landsvik - premier

long métrage

• Merci d’être venu d’Alain Cavalier

• Once Upon a Time in Harlem de William Greaves

& David Greaves

• Shana de Lila Pinell (Les Films du Losange, 17/06/26)

• We Are Aliens de Kohei Kadowaki (Dulac) - premier

long métrage

Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach

Prix de la mise en scène en 2011 pour Drive. Il s’agit

de la deuxième collaboration entre la structure et le

réalisateur après The Neon Demon en 2016 – co-distribué

avec Le Pacte –, à l’époque passé par la Compétition.

Les autres sélections des Jokers sont toutes des

premiers longs métrages d’animation : Blaise de

Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue, projeté à

l’ACID, et Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas

Athané (17/06/26), projeté en Séance de minuit.

Deux sélections en Compétition pour Memento, soit

autant de chances de décrocher une deuxième Palme

d’or consécutive après Un simple accident de Jafar

Panahi. La structure présidée par Alexandre Mallet-Guy

retrouve pour la septième fois son fidèle Asghar Farhadi

avec Histoires parallèles (14/05/26). Le cinéaste

iranien est un habitué du Festival, après y avoir entre

autres obtenu le Grand prix en 2021 pour Un héros

et le Prix du scénario en 2016 pour Le Client. Il signe

ici son deuxième film en français après Le Passé, en

2013. Première collaboration en revanche avec Ira

Sachs, auteur de The Man I Love, et qui est de retour

sur la Croisette après Frankie (2019). SND a de son

côté la chance d’obtenir la première Palme d’or de

son histoire avec Paper Tiger de James Gray. Il s’agit

de la cinquième apparition en Compétition pour le

cinéaste, après La nuit nous appartient (2007), Two

Lovers (2008), The Immigrant (2013) et Armageddon

Time (2022). À Cannes Première, le distributeur

présentera pour la première fois une réalisation de

Daniel Auteuil, La Troisième Nuit. L’acteur-réalisateur

intègre pour la deuxième fois la Sélection officielle

après Le Fil, projeté en Séance spéciale en 2024.

Sélectionné à deux reprises, Dulac Distribution

retrouve Alexander Murphy trois mois après Au-delà

de Katmandou. Le réalisateur franco-irlandais signe

Irish Travellers, documentaire projeté à la Semaine

de la Critique. Du côté de la Quinzaine, le distributeur

accompagne l’animation We Are Aliens de Kohei

Kadowaki, qui signe son premier long métrage. JHR

compte pour sa part deux premières collaborations :

Printemps, le premier long métrage du Lituanien

Rostislav Kirpičenko (Séance spéciale), et Ton animal

maternel de la cinéaste franco-costaricienne Valentina

Maurel (Un Certain Regard). Même schéma pour

Tandem qui défendra deux premières réalisations.

Le distributeur ouvrira l’ACID avec Mauvaise Étoile

de Lola Cambourieu et Yann Berlier, et sera présent

à la Semaine de la Critique pour La Gradiva de

Marine Atlan.

©Haut et Court ©Art House

Séance spéciale

• Les Roches rouges de Bruno Dumont (Les Films

du Losange)

Séance de clôture

• Le Vertige de Quentin Dupieux (Diaphana, 10/06/26)

Quelques jours à Nagi de Koji Fukada

30 N°516 / 6 mai 2026


Irish Travellers, documentaire d’Alexander Murphy

Première édition cannoise remarquée pour Studio TF1

qui présentera en Compétition Moulin de László Nemes

(28/10/26). Une opportunité pour le cinéaste hongrois

de remporter une nouvelle récompense, onze ans après

son Grand prix pour Le Fils de Saul. En Séance spéciale,

Gaumont accompagne la première réalisation commune

de Lauriane Escaffre et Yvo Muller, L’Affaire Marie-Claire

(04/11/26), revenant sur le procès de Bobigny et la figure

de l’avocate Gisèle Halimi. Du côté de Un Certain Regard,

KMBO montrera Le Corset (14/10/26), premier long

métrage solo de Louis Clichy après les Astérix Le Domaine

des Dieux et Le Secret de la potion magique, en coréalisation

avec Alexandre Astier. New Story accompagnera de son

côté Everytime de l’Autrichienne Sandra Wollner. Toujours

en Sélection officielle, Paname dévoilera le documentaire

Les Survivants du Che (09/09/26), le premier long

métrage de Christophe Réveille, en Séance spéciale, tandis

que UGC présentera L’Abandon de Vincent Garenq

(13/05/26) Hors Compétition.

Quatre distributeurs sont uniquement présents à Cannes

Écrans Juniors : Les Films du Préau avec Atlas of the

Universe de Paul Negoescu, Maverick avec The Good

Daughter de Julia De Paz Solvas, Wayna Pitch avec

Vanilla de Mayra Hermosillo (20/05/26) et Wild Bunch

avec Chicas Triste de Fernanda Tovar (12/08/26). Enfin,

du côté de Cannes Classics, Les Acacias défendra quatre

films : Espoir d’André Malraux, La Ciociara de Vittorio

De Sica, La Dérive de Paula Delsol et L’Innocent de

Luchino Visconti. Carlotta défendra trois films en

sélection avec Adieu ma Concubine de Chen Kaige –

Palme d’or ex-aequo en 1993 –, La Légende du grand

judo d’Akira Kurosawa – en co-distribution avec mk2

films – et Tilaï d’Idrissa Ouedraogo. Enfin, Les Films

du Camélia présentera Disons, un soir à dîner de

Giuseppe Patroni Griffi (01/07/26), et Solaris distribuera

La Symphonie Pastorale de Jean Delannoy.

Pour l’heure, et en comptant Cannes Écrans Juniors –

dont tous les films sont déjà accompagnés par une structure

–, 67 % des titres présentés sur la Croisette possèdent un

distributeur : 75 % à la Sélection officielle, 100 % à la

Semaine de la Critique, 60 % à la Quinzaine des Cinéastes,

22 % à l’ACID et 45 % à Cannes Classics.

Jules Dreyfus

©Dulac Distribution ©Tandem

ACID

Film d’ouverture

• Mauvaise Étoile de Lola Cambourieu & Yann

Berlier (Tandem) - premier long métrage

Sélection

• Barça Zou de Paul Nouhet - premier long métrage

• Blaise de Dimitri Planchon & Jean-Paul Guigue

(The Jokers) - premier long métrage

• Cœur secret de Tom Fontenille - premier long métrage

• Dans la gueule de l’ogre de Mahsa Karampour -

premier long métrage

• La Détention de Guillaume Massart

• Living Twice, Dying Thrice de Karim Lakzadeh

• Promised Spaces d’Ivan Marković

• Virages de Céline Carridroit & Aline Suter - premier

long métrage

Mauvaise Étoile de Lola Cambourieu et Yann Berlier

Cannes Écrans Juniors

• Atlas of the Universe de Paul Negoescu (Les Films

du Préau)

• Chicas Triste de Fernanda Tovar (Wild Bunch, 12/08/26)

• Sur la route d’Omaha de Cole Webley (Condor, 17/06/26)

• Sham de Takashi Miike (Art House, 24/06/26)

• The Good Daughter de Julia De Paz Solvas

(Maverick)

• Une année italienne de Laura Samani (Arizona, 10/06/26)

• Vanilla de Mayra Hermosillo (Wayna Pitch, 20/05/26)

N°516 / 6 mai 2026

31


Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

JOUR FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S20

13 MAI

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

POWERHOUSE PRODUCTIONS ATHIRADI A.Anirudhan T.Thomas, B.Joseph, R.Shibu

CARLOTTA FILMS

5 FILMS CULTES DU STUDIO KADOKAWA

EUROZOOM CHAO 01h30 Y.Aoki O.Suzuka, A.Yamada, K.Miyake

LES ACACIAS DUNE 02h17 D.Lynch K.MacLachlan, J.Prochnow, F.Annis

KMBO ÉLISE SOUS EMPRISE 01h26 M.Rémond M.Rémond, J.Garcia, G.Kervern

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ELLA MCCAY 01h55 J.Brooks E.Mackey, J.Curtis, W.Harrelson

SEVENTH ART PRODUCTIONS FRIDA KAHLO 01h30 A.Ray

MEMENTO HISTOIRES PARALLÈLES 02h19 A.Farhadi I.Huppert, V.Efira, P.Niney

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR IRON MAIDEN : BURNING AMBITION 01h46 M.Venville S.Harris, B.Dickinson, N.McBrain

UFO DISTRIBUTION JUNK WORLD 01h45 T.Hori

POWERHOUSE PRODUCTIONS KARUPPU 02h30 R.Balaji S.Sivakumar, T.Krishnan, R.Balaji

UGC DISTRIBUTION L’ABANDON 01h40 V.Garenq A.Reinartz, E.Bercot, E.Boumali

LE PACTE L’ÊTRE AIMÉ R.Sorogoyen J.Bardem, V.Luengo, R.Arévalo

LE PACTE OBSESSION 01h49 C.Barker M.Johnston (II), I.Navarrette, C.Tomlinson

PARAMOUNT PICTURES FRANCE TOP GUN 01h50 T.Scott T.Cruise, K.McGillis, T.Skerritt

PARAMOUNT PICTURES FRANCE TOP GUN : MAVERICK 02h11 J.Kosinski T.Cruise, M.Teller, J.Connelly

MK2.ALT TRENTE 01h10

LES FILMS DU TITAN VOUS N’ÊTES PAS IVAN GALLATIN 01h31 P.Torrado A.Buil, R.Vouilloz, N.Ahmed

CGR EVENTS YU-GI-OH ! THE DARK SIDE OF DIMENSIONS 02h10 S.Kuwabara S.Kazama, K.Tsuda, H.Takahashi

S21

20 MAI

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

ANIME LIMITED ALL YOU NEED IS KILL 01h26 K.Akimoto A.Mikami, N.Hanae, M.Chûgakusei

PATHÉ FILMS AUTOFICTION 01h51 P.Almodóvar B.Lennie, L.Sbaraglia, A.Sánchez-Gijón

LÉOPARD FILMS CHARLI XCX : ALONE TOGETHER 01h07 B.Bell et P.Jones-Soler Charli xcx

POWERHOUSE PRODUCTIONS DRISHYAM 3 02h35 J.Joseph Mohanlal, Meena, A.Hassan

DULAC DISTRIBUTION LEAVING LAS VEGAS 01h51 M.Figgis N.Cage, E.Shue, S.Weber

DESTINY FILMS LES GOÛTEUSES D'HITLER 02h03 S.Soldini E.Schlott, M.Riemelt, A.Hasun

SAJE DISTRIBUTION MAXIMILIEN KOLBE 01h51 A.D'Ambrosio M.Kwasny, C.Sherwood, R.Polonski

BLUE NOTE FILMS MORTE E VIDA MADALENA 01h25 G.Parente N.Bonoba, T.Teixeira, N.Rocha

PARAMOUNT PICTURES FRANCE PASSENGER 01h34 A.Øvredal J.Scipio, L.Llobell, M.Leo

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE STAR WARS : THE MANDALORIAN AND GROGU 02h12 J.Favreau P.Pascal, S.Weaver, J.Allen White

WAYNA PITCH VANILLA 01h39 M.Hermosillo N.Plasencia, D.Porras, M.Castellá

S22

27 MAI

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

WAYNA PITCH À BRAS-LE-CORPS (SILENT REBELLION) 01h36 M.Sgualdo L.Gueneau, G.Colin, T.Doret

PANAME DISTRIBUTION COCOTTE 01h37 G.Pálfi M.Diakopanayotou, A.Pandazaras, Y.Kokiasmenos

ARP SÉLECTION COLONY 02h02 S.Yeon G.Jun, K.Koo, J.Chang-Wook

NEXT FILM DISTRIBUTION CUBA & ALASKA 01h33 Y.Troyanovsky

EPICENTRE FILMS FATHER 01h42 T.Nvotová M.Ondrík, D.Moravkova, P.Bebjak

LÉOPARD FILMS HOLY DESTRUCTORS 01h25 A.Žegulytė

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION LE COYOTE 01h29 K.Jerkovic E.Avila, C.de la Cortina, C.Pop

PATHÉ LIVE LE DERNIER RÊVE DE FRIDA ET DIEGO (METROPOLITAN OPERA) 02h48 D.Colker I.Leonard, C.Alvarez, G.Reyes

ANIME LIMITED LE DERNIER SOUFFLE D'UN YAKUZA 01h30 B.Kinoshita K.Kobayashi, H.Mitsushima, Y.Miyazaki

SUDU CONNEXION LE PONT 01h30 W.Mattar M.Hamzaoui, S.Omrane, S.Hannachi

PARK CIRCUS FRANCE LES HOMMES PRÉFÈRENT LES BLONDES 01h31 H.Hawks J.Russell, M.Monroe, C.Coburn

METROPOLITAN FILMEXPORT LE VIRTUOSE 01h49 D.Roher L.Woodall, D.Hoffman, H.Liu

SPLENDOR FILMS L'HOMME QUI VOULUT ÊTRE ROI 02h09 J.Huston S.Connery, M.Caine, C.Plummer

STUDIOCANAL L'OBJET DU DÉLIT A.Jaoui D.Auteuil, A.Jaoui, E.Haïdara

WARNER BROS. FRANCE MATA R.Lang (II) E.Haïdara, J.Japy, R.Personnaz

ATYPIK STUDIO MINIBIOPIC 01h08 K.Hamon et R.Cathelineau R.Cathelineau, F.Nilsson, V.Lextreyt

PATHÉ LIVE PAUL MIRABEL - PAR AMOUR : LE SPECTACLE AU CINÉMA 01h25 N.Munnich P.Mirabel

ZINC FILM TOUT VA SUPER P.Cassir H.Jemili, N.Lvovsky, M.Colomb

S23

3 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PARADIS FILMS ANNA ET LES ENFANTS 01h30 D.Clavier C.Chamoux, A.Lenoir, O.Côte

ED DISTRIBUTION BAIT 01h29 M.Jenkin E.Rowe, S.Shepherd, M.Woodvine

NORTE DISTRIBUTION BOUCHRA 01h23 O.Barki et M.Bennani

LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION

(EX CINÉ SORBONNE) BYE BYE BRÉSIL 01h40 C.Diegues B.Faria, J.Wilker, F.Jr.

AD VITAM EN NOUS 02h07 J.Binoche J.Binoche, A.Khan

VALENTINE LOEB SAS FRANCESCA & GIOVANNI 01h47 S.Izzo et R.Tognazzi E.Pantano, P.Reggiani, G.Arezzo

PATHÉ FILMS LA BATAILLE DE GAULLE : L’ÂGE DE FER A.Baudry S.Abkarian, S.Beale, F.Lesieur

NOUR FILMS L'AFFAIRE ZANETTI 01h45 L.Di Costanzo R.Zem, B.Ronchi, D.Ribon

DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS LA TSIGANE, SUR LA ROUTE AVEC TAMÈRANTONG ! 01h01 S.Lefebvre (III)

KMBO LE GARÇON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES 01h39 G.Unkovski A.Jakup, A.Agushev, D.Akan Zlatanova

LES FILMS DES DEUX RIVES LOIN DE MOI LA COLÈRE 01h33 J.Akafou

GEBEKA FILMS NOUVEAUX COPAINS À PUFFIN ROCK 01h19 J.Purcell C.O'Dowd, A.Huberman, E.Whittaker

SHADOWZ / PROGRAM STORE SACCHARINE 01h52 N.James M.Francis, D.Macdonald, M.Madden

PATHÉ LIVE SANTA – LE CONCERT AU CINÉMA 01h40 T.Carné Santa

PARAMOUNT PICTURES FRANCE SCARY MOVIE M.Tiddes M.Wayans, S.Wayans, A.Faris

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE THE AMAZING DIGITAL CIRCUS : ACTE FINAL 01h33 Gooseworx L.Freeman, M.Kovach, M.Lenti

ORIGINALS FACTORY THE PLAGUE 01h35 C.Polinger J.Edgerton, E.Blunck, E.Heffernan

PYRAMIDE DISTRIBUTION TOUTES MES SOEURS 01h18 M.Bakhshi

SPLENDOR FILMS WHEN WE WERE KINGS 01h29 L.Gast M.Ali, G.Foreman, D.King

32 N°516 / 6 mai 2026


S24

10 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

WAYNA PITCH A SECOND LIFE 01h17 L.Slama A.Rousselle, A.Lawther, S.Bemba

SINGULARIS FILMS AU BORD DU MONDE 01h45 G.van de Vorst et S.Muselle M.Taquin, S.Deprez, N.Richard

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR DISCLOSURE DAY S.Spielberg E.Blunt, J.O'Connor, C.Firth

L'ATELIER DISTRIBUTION D'OÙ VIENT LE VENT 01h40 A.Guellaty E.Bellagha, S.Baccar, S.Belhassen

PAN DISTRIBUTION D’UN MONDE À L’AUTRE 01h15 J.Renier

SONY PICTURES RELEASING FRANCE FILS DE PERSONNE 01h37 S.Nebbou R.Duris

ANIME LIMITED GHOST IN THE SHELL 01h23 M.Oshii A.Tanaka, A.Ôtsuka, T.Ôki

PATHÉ LIVE JOHNNY HALLYDAY, LORADA TOUR - BERCY 1995 02h15 Bernard Schmitt

SOLARIS DISTRIBUTION L'AMANT 01h55 J.Annaud J.March, T.Leung Ka Fai, J.Moreau

CARLOTTA FILMS LE DERNIER VRAI SAMOURAÏ 02h11 J.Yasuda M.Yamaguchi, N.Fuke, Y.Sakura

DIAPHANA DISTRIBUTION LE VERTIGE Q.Dupieux A.Chabat, J.Cohen, A.Demoustier

WEEKEND FILMS / AVA FILMS MA FAMILLE CHÉRIE 01h23 I.Le Besco É.Bouchez, M.Berenson, J.Balibar

LES FILMS DU CAMELIA SUR MES LÈVRES 02h00 J.Audiard E.Devos, V.Cassel, O.Gourmet

DULAC DISTRIBUTION THE CHRISTOPHERS 01h40 S.Soderbergh I.McKellen, M.Coel, J.Corden

METROPOLITAN FILMEXPORT THE FURIOUS 01h53 K.Tanigaki X.Miao, J.Taslim, S.Boonthanakit

MOTEL THE LAST VIKING 01h56 A.Jensen M.Mikkelsen, N.Lie Kaas, L.Brygmann

ARIZONA DISTRIBUTION UNE ANNÉE ITALIENNE 01h42 L.Samani S.Wendick, G.Covi, P.Giustolisi

S25

17 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

METROPOLITAN FILMEXPORT BACKROOMS 01h45 K.Parsons C.Ejiofor, R.Reinsve, M.Duplass

APOLLO FILMS DEVIENS GÉNIAL L.Grandperret M.Payet, M.Bedia, M.Baup

THE JOKERS FILMS JIM QUEEN 01h20 M.Nguyen et N.Athane A.Ramires, J.Gillet, S.Souagnon

JOUR2FÊTE LA BALEINE ET LE MUSICIEN 01h23 V.Paoli Rone

SWASHBUCKLER FILMS L'AILE OU LA CUISSE 01h44 C.Zidi L.de Funès, Coluche, A.Zacharias

CGR EVENTS LA NUIT DE LA GÉOPOLITIQUE 2026 03h00

POTEMKINE FILMS LE CUIRASSÉ POTEMKINE 01h08 S.Eisenstein et G.Aleksandrov G.Aleksandrov, S.Eisenstein, A.Antonov

MICHAËL JOURNOLLEAU LES BEAUX JOURS 00h35 M.Journolleau J.Lepic

AD VITAM L'ILLUSION DE YAKUSHIMA 02h02 N.Kawase V.Krieps, Kan'ichirô

FRIDAY ENTERTAINMENT NOS VICTOIRES FRAGILES 01h30 M.Ozgun S.Ozgun, F.Renard, A.Martin (II)

LES ACACIAS PÂQUES SANGLANTES 01h43 G.de Santis R.Vallone, L.Bosè, F.Lulli

MALAVIDA FILMS

RÉTROSPECTIVE DEREK JARMAN (5 FILMS)

LES ACACIAS RIZ AMER 01h50 G.de Santis D.Dowling, V.Gassman, S.Mangano

LES FILMS DU LOSANGE SHANA 01h20 L.Pinell E.Huault, N.Lvovsky, I.Gherib

CONDOR DISTRIBUTION SUR LA ROUTE D'OMAHA 01h33 C.Webley J.Magaro, M.Wright, W.Solis

LE PACTE THE GIACCOMO B.Drapeau Giaccomo, Tibo Inshape, M.Quiviger

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE TOY STORY 5 A.Stanton et M.Harris T.Hanks, T.Allen, J.Cusack

ARP SÉLECTION ULYSSE 01h37 L.Masson É.Bouchez, S.Merhar, R.Bohringer

NEW STORY UN CHAMP DE FRAISES POUR L’ÉTERNITÉ 01h44 A.Raoust P.Rebbot, G.Montel, Q.Dolmaire

S26

24 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

NAUTEIN PRODUCTION 11 RUE DENVER 01h15 O.Thouret L.Philippe, O.Thouret, C.Mostacci

ÉCLUMIA PICTURES ART COLLEGE 1994 01h58 L.Jian J.Zhangke, Z.Dongyu, B.Gan

POTEMKINE FILMS BLUE HERON 01h30 S.Romvari E.Guven, A.Zimmer, I.Retí

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR DES MINIONS ET DES MONSTRES P.Coffin P.Coffin, A.Sedaris, R.Ranganathan

NORTE DISTRIBUTION DRY LEAF 03h06 A.Koberidze D.Koberidze, O.Nijaradze, I.Chelidze

CARLOTTA FILMS EEGA, LA MOUCHE VENGERESSE 02h14 S.Rajamouli Sudeep, Nani, S.Ruth Prabhu

LES ALCHIMISTES ENTRONCAMENTO 02h11 P.Cabeleira A.Vilaça, C.Diára, R.Morais

UFO DISTRIBUTION ERUPTION 01h11 P.Ohs Charli xcx, L.Góra, W.Madden

SUDU CONNEXION HANAMI 01h36 D.Fernandes D.Mendes, A.Da Luz Gomes, S.Andrade

LE PACTE LES CAPRICES DE L’ENFANT ROI M.Leclerc Artus, J.Piaton, F.Dubosc

UGC DISTRIBUTION LES PARFAIT(S) : ARNAQUES EN FAMILLE L.Bernard A.Fleurot, R.Bedia, A.Cumming

TANDEM L’ÉTRANGÈRE 01h41 G.Jiji Z.Ebrahimi, A.Manenti, A.Waked

EPICENTRE FILMS MASPALOMAS 01h55 A.Arregi et J.Goenaga J.Soroiz, N.Aranburu, K.Uranga

SPLENDOR FILMS NEW YORK 1997 01h39 J.Carpenter K.Russell, L.Van Cleef, E.Borgnine

KMBO NOISE 01h33 S.Kim L.Sun-bin, K.Min-seok, K.Ryu

JHR FILMS SEULS LES REBELLES 01h38 D.Arbid H.Abbass, A.Benrachid, S.Dekhissi

ART HOUSE SHAM 02h09 T.Miike K.Shibasaki, K.Ohkura, F.Kimura

S27

1 ER JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

ORIGINALS FACTORY ANDRÉ EST UN IDIOT 01h27 A.Benna A.Ricciardi

WAYNA PITCH COTTON QUEEN 01h35 S.Mirghani M.Murtada, R.Mahmoud, T.Farid

LES FILMS DU CAMELIA DISONS, UN SOIR À DÎNER 02h05 G.Patroni Griffi J.Trintignant, L.Capolicchio, A.Girardot

BLUE NOTE FILMS GHOST ELEPHANTS 01h39 W.Herzog S.Boyes, W.Herzog

DIAPHANA DISTRIBUTION IN WAVES 01h35 P.Nguen L.Khoudri, P.Kircher, R.Vega

PATHÉ LIVE JULIEN DORÉ - LE DERNIER PESTACLE 01h50

CARLOTTA FILMS KWAIDAN 03h03 M.Kobayashi M.Aratama, M.Watanabe, R.Mikuni

PATHÉ FILMS LA BATAILLE DE GAULLE : J’ÉCRIS TON NOM A.Baudry S.Abkarian, S.Beale, F.Lesieur

UNA MATINA FILMS LAISSEZ-NOUS LES CLÉS 01h29 Y.Helali

JOUR2FÊTE MISS MERMAID 01h32 P.Brunner et M.Verlé A.Sauvage, T.VDB, A.Wheeler

BAC FILMS NIGHTBORN 01h32 H.Bergholm S.Haarla, R.Grint, P.Tola

MAVERICK DISTRIBUTION NOTRE HISTOIRE - CHRONIQUES DU CAIRE 02h00 A.Shawky A.El-Masry, V.Pachner, K.Kassem

METROPOLITAN FILMEXPORT ON L'APPELAIT ROBIN DES BOIS M.Sarnoski H.Jackman, J.Comer, B.Skarsgård

PAN DISTRIBUTION PERMIS DE DÉTRUIRE E.Fraticelli K.Merad, P.Timsit, E.Fraticelli

WARNER BROS. FRANCE SUPERGIRL 01h50 C.Gillespie M.Alcock, M.Schoenaerts, E.Ridley

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr

N°516 / 6 mai 2026

33


Chiffres

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

Comme à son habitude, Disney profite du mois de mai

pour sortir un blockbuster, tantôt suite d’une franchise,

tantôt reboot, ou tantôt remake. Retour en chiffres sur les

performances en salles des trois dernières sorties de la major.

LILO & STITCH

LA PLANÈTE DES SINGES :

LE NOUVEAU ROYAUME

LES GARDIENS DE LA

GALAXIE VOLUME 3

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

21/05/2025 08/05/2024 03/05/2023

DISNEY DISNEY DISNEY

5 162 390 2 571 729 3 607 680

260 176 240 102 159 499

1 188 419 825 979 1 017 381

14 649 14 225 14 447

81 58 70

5,95 4,86 5,13

20 11 23

3,8 3,6 4,2

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 1 SEMAINE

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 29/04/2026 LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 DISNEY 505 870 253 12 230 71

2 29/04/2026 VIVALDI ET MOI DIAPHANA 216 79 852 2 670 30

3 29/04/2026 RÉTROSPECTIVE SHOHEI IMAMURA (3 FILMS) THE JOKERS 5 1 106 60 18

4 29/04/2026 DAO JOUR2FÊTE 54 5 965 351 17

5 29/04/2026 SORDA CONDOR 152 19 476 1 601 12

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END

EN 2026

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 04/02/2026 STRAY KIDS : THE DOMINATE EXPERIENCE UNIVERSAL 213 66 238 860 77

2 22/04/2026 MICHAEL UNIVERSAL 540 1 171 314 15 489 76

3 29/04/2026 LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 DISNEY 505 870 253 12 230 71

4 01/04/2026 SUPER MARIO GALAXY LE FILM UNIVERSAL 779 1 429 883 20 122 71

5 04/02/2026 MARSUPILAMI PATHÉ 673 990 632 16 813 59

6 28/01/2026 GOUROU STUDIOCANAL 595 558 767 10 354 54

7 25/02/2026 SCREAM 7 PARAMOUNT 431 407 540 9 411 43

8 25/02/2026 ORWELL : 2+2=5 LE PACTE 77 25 002 622 40

9 15/04/2026 JUSTE UNE ILLUSION GAUMONT 665 450 584 11 268 40

10 11/02/2026 IT'S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY PIECE OF MAGIC 41 2 996 75 40

Le Diable s’habille en Prada 2 ajoute du charme au top en s’emparant

de la couronne des meilleurs démarrages sur cette dernière semaine,

porté par une excellente moyenne de 71 entrées par séance (e/s).

Il s’agit en outre de la troisième meilleure performance de l’année,

ex-aequo avec Super Mario Galaxy. Cela conclut donc un mois

d’avril parsemé de démarrages en trombes avec trois films (Le

Diable s’habille en Prada 2, Mario et Michael) ayant dépassé les

70 e/s sur leur premier week-end, ce qui contraste avec les résultats

de 2024 et 2025. Dans le reste du classement de cette dernière

semaine, Vivaldi et moi s’octroie une très bonne moyenne de 30

e/s soit la cinquième meilleure performance de Diaphana depuis

2021. Jolies moyennes également pour la Rétrospective Shōhei

Imamura (18 e/s) et Dao (17 e/s), tandis que Sorda ponctue le

top avec 12 e/s.

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

34 N°516 / 6 mai 2026


Distribution

METROPOLITAN PRÉPARE SON

ENTRÉE DANS LES BACKROOMS

Renate Reinsve, familière du cinéma de Joachim Trier, transportée dans les Backrooms

©Metropolitan Filmexport

Le 24 février dernier, les premières images du long métrage de Kane Parsons ont

été dévoilées, suscitant un fort engouement sur les réseaux sociaux. Sa sortie en

France, fixée au 17 juin, marque l’aboutissement d’une ascension fulgurante qui

enflamme Internet depuis plus de six ans.

Origine et ampleur

À la fin des années 2010, un phénomène visuel et narratif

émerge sur Internet. Au fil de discussions sur des forums

comme Reddit ou 4chan, le concept “d’espace liminaire”

(ou liminal spaces) devient viral, porté par sa propension

à être décliné et partagé par les utilisateurs. Il s’agit de

vastes lieux vides, étranges et pourtant familiers, où règne

l’impression d’être observé. Parmi les images qui circulent,

l’une d’elles – une succession de pièces vides tapissées de

papier peint jaune et éclairées au néon – est reperée par

un internaute qui l’accompagne d’une petite histoire :

« Si vous ne faites pas attention et que vous traversez la réalité

au mauvais endroit, vous finirez dans les Backrooms, où il

n’y a rien d’autre que la puanteur des vieux tapis humides,

l’enfer du jaune monochrome, le bruit incessant des lumières

fluorescentes, et approximativement 1,5 milliard de kilomètres

carrés de pièces vides aléatoirement segmentées pour vous y

piéger. » Le concept des Backrooms naît ainsi et, de fil en

aiguille, est complété par une communauté

grandissante.

Puis, en janvier 2022, Kane Parsons (Kane Pixels sur les

réseaux) publie sur YouTube The Backrooms (Found

Footage), une modélisation 3D d’une exploration de ces

espaces. Elle totalise à ce jour près de 80 millions de vues,

et donne au phénomène une tout autre ampleur. Le

jeune artiste de 17 ans commence alors une série de

vidéos cumulant plus de 210 millions de vues, soit près

de 12 millions de vues par publication. Le succès s'étend

également à la France, où des YouTubers influents se sont

approprié le concept : Inoxtag, dont la vidéo consacrée

à cet univers a totalisé 22 millions de vues, et Feldup,

spécialisé dans les mystères d’Internet, dont les trois

vidéos publies sur le sujet cumulent plus de 12 millions

de vues. En 2023, l’annonce du film Backrooms, réalisé

par Kane Parsons et produit par A24, prolonge cet

engouement qui ne s’est pas essoufflé depuis : rien que

sur YouTube, les différents teasers ont réalisé plus de 50

millions de vues.

Accompagner un phénomène

Dans un tel contexte, Metropolitan mise sur plusieurs

activations d’influence sur les réseaux sociaux afin de

mobiliser une cible déjà captivée par le sujet. Dans la

même veine, le distributeur compte intégrer de la publicité

Réalisé grâce à l'IA

au sein de Fortnite pour toucher un public familier des

jeux vidéo. L’univers des Backrooms y est en effet fortement

lié, de nombreux jeux ayant été développés ces

dernières années tels que Inside the Backrooms qui, selon

des estimations, a été téléchargé plus d’un million de

fois. Côté marketing salle, un concept de PLV immersive

est développé : des totems découpés horizontalement

seront disposés dans certains halls pour donner l’impression

qu’ils rentrent dans le sol, et donc qu’ils “traversent”

la réalité. Ils seront accompagnés de scotch bleu, symbole

d’entrée dans les Backrooms [voir photo].

Avec cette sortie le 17 juin, Metropolitan poursuit donc

sa collaboration avec A24, qui s’est déjà illustrée cette

année par deux succès : Marty Supreme (premier titre

du studio américain à dépasser le million d’entrées en

France) et The Drama (près de 800 000 entrées actuellement).

De quoi prolonger la belle dynamique du

distributeur entamée dès fin 2025 avec La Femme de

ménage, qui a terminé sa carrière à plus de 4,5 millions

de spectateurs, dont 3 millions en 2026. D’ici la fin

d’année, la structure distribuera aussi Evil Dead Burn

de Sébastien Vaniček (réalisateur de Vermines) le 8 juillet,

I Want Your Sex de Gregg Araki le 29 juillet, Resident

Evil de Zach Cregger (Évanouis) le 16 septembre, Wife

and Dog de Guy Ritchie le 28 octobre, Hunger Games :

Lever de soleil sur la moisson de Francis Lawrence le 18

novembre ou encore I Play Rocky de Peter Farrelly le

30 décembre.

Jules Dreyfus

N°516 / 6 mai 2026

35


L’Émission

ENTRETIEN

NATHALIE CIEUTAT, DIRECTRICE GÉNÉRALE

ADJOINTE DE LA DISTRIBUTION DE PATHÉ FILMS

©Boxoffice Pro

Emission à voir

ou revoir sur notre

chaîne YouTube

Après un début d’année bondissant, Pathé sera au Festival de Cannes avec

cinq films illustrant sa ligne éditoriale. Et qui seront bientôt au cœur de la

stratégie d’événementialisation et de marketing du distributeur, comme des

enjeux de programmation. Autant de sujets abordés par Nathalie Cieutat,

invitée de L’Émission.

Line-up Pathé :

Autofiction de Pedro Almodovar - 20/05/26

Who de Wil Aime - 28/05/26

La Bataille De Gaulle Film 1 : L’Âge de fer

d’Antonin Baudry - 03/06/26

La Bataille De Gaulle Film 2 : J’écris ton nom

d'Antonin Baudry - 03/07/26

L’Inconnue d’Arthur Harari - 26/08/26

Karma de Guillaume Canet - 21/10/26

Il faut brûler maman d’Albert Dupontel - 11/11/26

Fatherland de Paweł Pawlikowski - à dater

Melody pour un ours de Gilles de Maistre - 10/02/27

Dumas : Diable noir de Ladj Ly - 13/10/27

Ally de Bong Joon-ho - 2027

Bunker de Florian Zeller - à dater

L’Enragé d’Emmanuelle Bercot - à dater

Le début de l’année a été intense pour Pathé, avec des

sorties tous les 15 jours, dont un Marsupilami qui vient

de dépasser les 6 millions d’entrées, « après une énorme

tournée et pendant que nos équipes étaient sur les routes

pour celle de La Maison des femmes, ce très beau premier

film qui a donné du sens à nos métiers et a atteint les 500

000 entrées », décrit Nathalie Cieutat. Une période représentative

de la vie de tout distributeur, « avec de grandes

joies liées à des résultats géniaux… et des déceptions pour

des films qui méritaient plus ».

Le succès de Marsupilami dépasse l’objectif des 5 millions

dont rêvaient les équipes de Pathé. « Quand vous avez un

enfant et une peluche sur une affiche, le message familial

est fort. Notre challenge était de nous adresser plus largement

à tous ceux qui aiment la comédie… et la bande à Fifi. »

Philippe Lacheau et sa bande sont connus pour être

extrêmement généreux et proches de leur public, « et c'est

en écoutant le public que l'on devient si bon. Il était inconcevable

de ne pas faire de tournée sur ce film ». Résultat :

pas moins de 190 000 entrées en avant première, pour

un film qui a bénéficié de 23 000 séances sur chacune

de ses trois premières semaines.

Une relation de couple, qui ne veut pas

divorcer

« Ces chiffres vertigineux s’expliquent d’abord par la durée

du film et le fait qu’il soit disponible dans tous les formats

spéciaux – IMAX, ICE, 4DX, etc. –, mais ils sont aussi le

baromètre de l'enthousiasme des salles. » Et pour un film

au tel potentiel, « nous n’exigeons pas un nombre de séances,

mais une durée d’exploitation, et le plein programme…

même si cette notion est relative. En tout cas, une base solide

de séances toute la journée ». Nathalie Cieutat, qui a aussi

été programmatrice des cinémas Pathé, connaît les problématiques

de chacun. « La relation distributeur/exploitant

est celle d’un vieux couple qui travaille main dans la main

en permanence, et qui ne veut pas divorcer. » Et si c’est la

directrice des ventes, Claire Cortès, qui est au contact

direct des exploitants, la directrice de la distribution sait

faire preuve à la fois « d’indulgence et de beaucoup d’exigence

». Par exemple sur la multiprogrammation – « un

gros mot pour les uns, une super solution pour les autres »

– qui permet de proposer au public de « petits films d’auteur

aux côtés de blockbusters », mais qui, si les horaires sont

inadaptés, peut créer des crispations entre salles et distributeurs.

Car « la multiprogrammation ne multiplie pas les

entrées ; elle crée avant tout de la satisfaction client », estime

Nathalie Cieutat, qui dit par ailleurs avoir « un respect

immense pour notre parc de salles dans toute sa diversité »

et avec lesquels, « globalement, tout se passe très bien ».

Quand on l’interroge sur les tensions entre grands circuits

et salles municipales relayées récemment dans la presse

généraliste, la distributrice reconnaît que le sujet est

complexe. « Entre des cinémas privés qui prennent énormément

de risques financiers et des cinémas subventionnés

qui jouent un rôle clé dans la cité, la question de la répartition

des films entre eux se pose forcément. En tant que distributeur,

notre rôle est de faire remonter des recettes aux ayants droit

qui ont pris des risques en faisant un film. Donc évidemment,

on se crispe quand on voit des tarifs trop bas, des frais de

gestion qui nous paraissent démesurés, ou des offres confiserie

dans lesquelles le prix du billet est réduit à néant. » Et au-delà

de la question du prix du billet, « si on donne les films à

tout le monde tout de suite, les entrées se diluent et ce n’est

pas bon pour le film ». Nathalie Cieutat reconnaît la

responsabilité des distributeurs, qui ont « voulu donner

des vivres aux salles après le Covid », alors qu’un plan de

sortie dépend d'un nombre de paramètres « monstrueux :

36 N°516 / 6 mai 2026


de la particularité de chaque film et de chaque cinéma, de

la période, du contexte concurrentiel… On ne peut faire de

généralités, et exposer ces problématiques au grand public,

dans les médias, ne me paraît pas être la bonne stratégie ».

Voire être « dangereux selon Nathalie Cieutat, parce qu'il

va y avoir des amalgames, et que la culture est un rempart

contre l'adversité. Nous avons des cinémas dans de toutes

petites villes qui donnent accès à la culture, et il faut chérir

notre parc de salles dans son ensemble, intelligemment. Chez

Pathé, si on refuse une copie, c'est pour une raison ».

Événementialisation, influence et

“Marketing Day”

Reste que face au nombre de films qui sortent, il faut se

démarquer dans les médias… et partout. « Si un film n’est

pas un événement, il est considéré comme un contenu. »

Pathé travaille ainsi avec des agences, notamment Silencio

ou Vertigo, « parce qu'il faut trouver des idées qui sortent

du lot ». Cela repose beaucoup sur la disponibilité des

talents, comme celle de Pierre Niney pour Le Comte de

Monte-Cristo, « conscient de l’importance de la promo et

particulièrement engagé », ou encore de Jean-Paul Rouve

qui avait hacké un tunnel de pub sur TF1 avec la voix

de Jeff Tuche, ce qui a valu à Pathé le prix d'or dans la

catégorie contenu de la Nuit des Rois (concours du

marketing digital).

Aujourd’hui, le marketing est beaucoup pensé pour les

fans et il faut savoir, pour chaque film, « ce qui a du sens

et à qui on veut s'adresser »… sachant « que c'est souvent

extrêmement coûteux ». C’est notamment ce que Nathalie

Cieutat a expliqué lors de la journée organisée par la

FNEF – « où l’on s’est rendu compte que nos métiers sont

peu connus même au sein de la profession ». Pour Le Comte

de Monte-Cristo, Pathé s’est adressé à la cible jeune à

travers des formats « très innovants, comme la toute première

Watch Party TikTok, des séances avec des créateurs de contenu

en présence de Pierre Niney – un travail qui nous a valu

d'être dans le top dix des marques les plus influentes sur

TikTok et la deuxième marque après Netflix dans le domaine

culturel ». De façon générale, et même si la base reste une

bonne bande-annonce, le distributeur active beaucoup

l’influence, « car il y a des créateurs de contenus partout et

sur tous les sujets, y compris localement, comme ceux que

nous avons utilisés pour la tournée province de La Maison

des femmes ».

Pathé préconise aussi d’aller de plus en plus sur les tournages,

« le public étant très sensible à l’envers du décor ».

Pour Marsupilami, « la bande à Fifi avait une équipe dédiée

sur le tournage, qui les filmait en train de faire des blagues,

et à la sortie du film, leurs 60 vidéos avaient déjà fait plus

d'un million de vues ». Un travail qui s’anticipe, d’autant

qu’il n’est pas toujours facile de déranger les comédiens

en débarquant sur un plateau. Ainsi un “Marketing Day”

est déjà prévu sur le tournage en costumes de l’ambitieux

Dumas : Diable noir de Ladj Ly, produit par Dimitri

Rassam (Chapter 2), « avec lequel nous partageons l’ambition

de faire de grands films ».

De De Gaulle… au général Dumas

Et des grands films… Pathé en présente cinq à Cannes,

dont trois en Compétition – Fatherland de Paweł Pawlikowski,

Autofiction de Pedro Almodóvar et L’Inconnue

d’Arthur Harari – tandis que Karma de Guillaume Canet

et le premier volet de La Bataille De Gaulle : L’Âge de fer

seront montrés Hors Compétition. Aux côtés de grands

films populaires, « nous avons toujours la volonté de suivre

de grands auteurs – comme Pedro Almodóvar, Paolo Sorrentino,

ou Alice Winocour… –, et d’en accueillir de nouveaux,

selon nos coups de cœur, comme Amélie Bonnin avec Partir

un jour l’an dernier ou Arthur Harari aujourd'hui ». Le

premier enjeu est la sortie de De Gaulle, une semaine

après le Festival. « Des films comme celui-là, il n’y en a pas

beaucoup. Il fallait l’audace de Jérôme Seydoux et le génie

d’Antonin Baudry pour se lancer dans une telle aventure,

estime Nathalie Cieutat, au sujet de ce qui n’est pas un

biopic sur De Gaulle, mais un grand film où l’on suit la

détermination d'un homme et son désir viscéral d’agir pour

que la France reste un pays libre, de son départ à Londres

jusqu'à la libération de Paris. » Et si le point de vue

historique est passionnant, La Bataille De Gaulle ne doit

pas être perçu « seulement » comme un film historique.

« Le challenge est de faire venir une nouvelle génération

pour un film grand spectacle, drôle et émouvant. Nous en

sommes très fiers et voulons le porter le plus loin possible.

C'est un travail de tous les instants : on vit et on dort De

Gaulle. » Et à film exceptionnel, sortie exceptionnelle :

en deux parties de 2h38 mais rapprochées, l’été étant

propice pour voir des films longs – Monte-Cristo, sorti

en juin, avait connu un fort rebond à la mi-août. On

note d’ailleurs que c’est la troisième année consécutive

que Pathé investit le mois de juin avec un film français

ambitieux, après une comédie familiale en février, souvent

un film d’auteur cannois à la fin de l’été. De là à y avoir

une stratégie de saisonnalité… « Tout dépend des films,

selon Nathalie Cieutat, même si le public a des réflexes. »

Ainsi le film d’Almodóvar sortira le jour de sa projection

cannoise, celui d’Harrari fin août, et celui de Pawlikowski

est prévu d’ici la fin de l'année, tandis que le film familial

Melody pour un ours de Gilles de Maistre est daté pour

février 2027. Sans oublier le « merveilleux » film d’Albert

Dupontel, Il faut brûler maman, avec Artus. « Albert a

poussé le bouchon en faisant une comédie en plans séquences.

Elle sortira le 11 novembre 2026 après une grande tournée. »

L’année suivante s’annonce tout aussi riche, avec de

nouveaux auteurs arrivés chez Pathé : Emmanuelle Bercot,

Florian Zeller, Bong Joon-ho pour son premier film

d’animation, ou encore Ladj Ly… dont le film, sur le

père d’Alexandre Dumas, né esclave et devenu général,

« va, dans le contexte français, être un très gros morceau

de 2027 ».

Cécile Vargoz

©Guy Ferrandis

Pathé entend cibler les jeunes avec La Bataille De Gaulle : L’Âge de fer

N°516 / 6 mai 2026

37


Dossier Financement

FINANCEMENT DES CINÉMAS

QUELS COMPTES SONT BONS ?

Régulièrement érigé en modèle à

l'échelle internationale, tant pour

son maillage territorial que pour

la qualité de ses équipements, le

parc cinématographique français

repose sur une mécanique

d'investissements volontariste et

vertueuse, mêlant capitaux privés

et publics. Or cet écosystème subit

aujourd’hui une pression inédite,

avec des équations de financement

en plein recalcul.

©Les Feux de la Rampe

« Avant de parler financement des cinémas, il faut parler de

l'augmentation des coûts de construction et de fonctionnement

», prévient Antoine Mesnier, directeur général du

cabinet CinéConseil, en énumérant les effets successifs

de la crise sanitaire, de la guerre en Ukraine, au Moyen-

Orient… et leurs contrecoups sur les prix des matériaux

et de l’énergie. Dans ce contexte inflationniste, les entrées

sont, elles, à la baisse. « Malgré la bonne trajectoire entamée

en 2026, depuis plusieurs années la fréquentation est dépressive.

Et si on reste durablement entre 160 et 180 millions

d’entrées, nous allons avoir un problème structurel de ressources. »

Sophie Girieud, consultante senior chez Hexacom,

confirme : « Parmi les plus grosses difficultés de trésorerie,

les cinémas sortis de terre juste après la crise sanitaire, avec

des business plans basés sur l’avant Covid, n'ont pas du

tout atteint les objectifs espérés. » Pendant ce temps, sur les

nouveaux projets, les plans de financements se bouclent

très tardivement, « parfois juste avant le premier coup de

pioche ». C’est donc dans un contexte de « durcissement

général » que les cinémas doivent se financer, notamment

auprès de « banques plus frileuses pour prêter, dans des

conditions pas toujours avantageuses, et après beaucoup de

négociations ». L’experte d’Hexacom n’intervient pas auprès

des établissements bancaires, mais accompagne les porteurs

de projets sur leurs demandes de subventions publiques.

Une forêt touffue

Soutiens CNC, aides publiques transverses, solutions européennes,

financement participatif… Face à la « forêt

touffue » des guichets de financement que peuvent solliciter

les cinémas, l’ADRC s'est posé la question d’éditer un authentique

“Atlas”, explique son délégué général Christian

Landais. À défaut et pour l’heure, l'Agence propose un répertoire

très complet des aides à l'investissement des cinémas

dans son guide “Créer ou transformer un cinéma” – dont la

dernière édition en date remonte à octobre 2023.

Le projet Planet-Ciné à Flers (Orne), porté par Sébastien Le Goffe et Bertille Martins qui exploitent

déjà l’actuel cinéma 4 Viking de la Ville, avait obtenu 600 000 € d’aide sélective du CNC en 2023,

de l’avance sur recettes et l’accompagnement des collectivités. Le chantier suivi par l’architecte

Gilles Imbert est en cours, et l’ouverture prévue en janvier-février 2027.

Finance-moi si tu peux

Le plus grand garant du parc français reste, de fait, le

CNC, via le soutien automatique généré par la TSA

– entre droits acquis et avances sur droits, voire avances

majorées, calculées sur le potentiel du futur cinéma – et

l'aide sélective – réservée aux exploitants réalisant moins

de 1 % des entrées annuelles nationales. « Il s’agit souvent

de deux guichets qui marchent ensemble, observe la consultante.

Et même s’ils ne représentent pas toujours des parts

importantes dans les devis, ils ont un évident effet de levier

sur les autres financements. » Néanmoins le serpent peut

se mordre la queue. « Le CNC demande qu'il y ait des

collectivités impliquées dans les projets, mais parfois, pour

demander une aide régionale... il faut avoir obtenu l'aide

du CNC. » Et les acteurs territoriaux, dont la présence

dans les plans de financement est appréciée des banques,

font eux-mêmes face à des contraintes budgétaires….

« Soyons clair, personne ne connaît l’avenir des capacités

de soutien des collectivités », prévient le président de la

FNCC (Fédération nationale des collectivités pour la

Culture), Jean-Philippe Lefebvre. « Comme le disait

De Gaulle : “On peut regretter le charme du temps des

équipages… mais il n’y a pas de politique qui vaille en

dehors des réalités”. Hélas, tout le monde doit comprendre

que nous sommes en train de vivre une vraie mutation

budgétaire, et le code des collectivités ne les oblige qu’à

financer les compétences qui leur ont été dévolues par la

loi… et dont la culture – hormis l’architecture – ne fait

pas partie. » Pour autant, Jean-Philippe Lefebvre est

« tout, sauf un culturicide », lui qui, en tant qu'élu

municipal à Dole (et à la Région de Bourgogne-

Franche-Comté), a accompagné la création du Majestic

Dole – Rive gauche l’année dernière [voir Boxoffice

Personne ne connaît

l’avenir des capacités

de soutien des

collectivités

Jean-Philippe Lefebvre,

président de la FNCC

Pro du 2 avril 2025]. Mais c’est avant tout l’effort et

le risque pris par l’investisseur privé, Jean-Claude

Tupin – « qui a sorti plusieurs millions d’euros de sa

poche » – qu’il salue. « Notre rôle en tant que collectivité

a été de l'accompagner, notamment en lui trouvant le

terrain – qu’il a par ailleurs acheté. Comme le disait

Jacques Duhamel quand il était ministre de la Culture*,

notre job est de créer “l’atmosphère” ». Une dynamique

essentielle pour accueillir un équipement cinématographique,

qui représente « la première activité culturelle

d’une ville. Tous les élus en sont conscients, autrement

nous ne serions pas à ces fonctions-là », insiste Jean-Philippe

Lefebvre. « Nous sommes des politiques, et nous

devons faire des choix. »

38 N°516 / 6 mai 2026


On arrive enfin à l’année du tournant

ENTRETIEN AVEC

HENRI DE ROQUEMAUREL,

DIRECTEUR DU PÔLE IMAGE & MÉDIAS DE BNP PARIBAS

La banque qui aime le cinéma, et qui contribue

chaque année au financement de près d'un

film sur deux produits en France – avec pas

moins de 33 productions sélectionnées au

Festival de Cannes 2026 – reste également

un fidèle partenaire de l’exploitation. À

l'heure où les salles doivent relancer leurs

investissements et faire l’objet d’une vague

inédite de transmissions, le point avec Henri

de Roquemaurel, directeur du pôle Image &

Médias de BNP Paribas.

Quel regard portez-vous sur la santé financière du

parc cinématographique français ?

De notre point de vue, ces cinq dernières années ont

été particulièrement éprouvantes pour l'exploitation.

Cette période trouble a commencé après une année

2019 record qui a masqué la disparition d’un studio,

conséquence naturelle du rachat de la Fox par Disney.

Puis se sont enchaînées la crise du Covid, la fermeture

des cinémas – avec des mesures d'aide majeures auxquelles

nous avons beaucoup contribué –, et la grève des

scénaristes et des acteurs à Hollywood – qui a fortement

impacté le secteur. En 2024, en France, les succès

d’Un P’tit truc en plus, du Comte de Monte-Cristo et

de L’Amour ouf ont en partie masqué le déficit d'offre

américaine de qualité, qui a pourtant créé de multiples

tensions de trésorerie. Nous avons rencontré des

situations complexes et essayé d'aider tous nos exploitants,

notamment en étalant des dettes, en rachetant

des créances mais également en “syndiquant” auprès

d'autres banques.

Vous voulez dire que BNP Paribas soutient les

cinémas auprès d’autres établissements bancaires ?

Oui, tout à fait. Le secteur fait l'objet de publications

quasi quotidiennes, et paradoxalement cet excès de

communication le rend difficile à appréhender de l'extérieur,

notamment par certaines banques qui ont du

mal à “synthétiser” une confiance à long terme. En

syndiquant auprès de nos confères, dans notre rôle de

grande banque sectorielle, nous expliquons a structuration

de la dette, le fonctionnement du marché le détail des

investissements futurs, les enjeux environnementaux qui

rejoignent des objectifs nationaux et européens…

C'est un travail pédagogique.

Quels sont les gros enjeux du secteur pour les

années à venir ?

En 2026, nous arrivons enfin à l’année du tournant, avec

une fréquentation des salles solide et probablement plus

stable, des films – comme Marsupilami et actuellement

Michael – qui dépassent les espérances, un line-up clair

et ambitieux jusqu’à 2028-2029. Maintenant, il va falloir

reprendre le cycle des investissements qui ont été décalés

en raison des tensions de trésorerie. Nous avons par

exemple pris beaucoup de retard sur l'équipement en

projecteurs laser.

Quel accompagnement prévoyez-vous sur le terrain

de la transmission des cinémas, qui apparaît comme

un des grands enjeux dans les années à venir ?

L'exploitation est un métier de sociétés familiales, avec

de très belles histoires, et une “vague” de transmissions

attendue dans les cinq ans à venir. Qu’il s’agisse d’une

transmission familiale ou d’une cession, notre rôle est

d’assurer la continuité de ces cinémas, en trouvant la

meilleure solution pour le cédant, en trouvant le bon

repreneur, en le finançant. Mais pour cela, nous manquons

de projets portés par les nouvelles générations. Par ailleurs,

l’exploitation reste un métier encore très masculin. Sur

ces deux points – la jeunesse et la parité –, BNP Paribas

est prêt à donner des "coups de pouce", une démarche

que nous pratiquons déjà beaucoup dans la production.

Enfin, concernant un certain débat selon lequel le prix

des salles serait trop élevé, car les valorisations n'ont pas

toujours tenu compte de l'évolution du marché, la situation

est en train de se corriger. Pour moi, le fond du problème

n'est pas tant le prix que l'audace : il faut encourager les

nouvelles générations à oser reprendre le flambeau.

Parmi les ressources dont peuvent disposer les

cinémas, on observe un regain d'intérêt de grandes

marques pour le cinéma. Est-ce un signal rassurant

et une piste à creuser pour les exploitants ?

En effet, le retour de grandes marques – comme BYD,

Peugeot, Chanel ou encore Kering avec Saint Laurent

– est un signal extrêmement positif. Et cette attractivité

du cinéma ne concerne pas uniquement la production

ou les festivals ; elle s'applique aussi pleinement aux salles,

qui ont un lien direct et privilégié avec le public. J'invite

d'ailleurs les exploitants à explorer cette voie. Dans chaque

région, il y a de grandes entreprises locales qui seraient

certainement intéressées par des partenariats avec leur

cinéma, dès lors que cela fait sens avec leur environnement

et leur clientèle. Et ces entreprises, BNP Paribas les

connaît aussi ; nous pouvons donc parfaitement faire le

lien entre les exploitants et ces potentiels partenaires, en

nous appuyant notamment sur l'exemple de notre Pathé

BNP Paribas dans le quartier de l'Opéra à Paris.

Vous citiez le rachat de la Fox par Disney. Quel

regard portez-vous sur les mouvements de concentration

en cours dans le cinéma, aux États-Unis

comme en France ?

Concernant le rachat de Warner par Paramount, sa

direction s'est engagée à maintenir un volume important

de 30 longs métrages annuels et le Cinemacon a redonné

de la couleur et des perspectives au marché. Ce qu'il faut

surtout regarder, c'est le renforcement de nos acteurs

européens et français, avec de grands studios très identifiés

comme Pathé, Gaumont, UGC, SND, ou encore CGR

à travers Apollo. Sans oublier les acteurs de taille intermédiaire

de plus en plus puissants en distribution, comme

Metropolitan, Le Pacte, Ad Vitam ou Pyramide, qui se

sont consolidés et qui assureront une grande partie du

box-office de demain.

©Claire Jachymiak

L'entrée de Canal+ au capital d'UGC est également un

signal positif ; qu'un acteur historique et majeur, qui

connaît si bien les métiers du Cinéma, décide d’investir

dans la salle et la production doit donner confiance à

l'ensemble des exploitants. Pathé, qui a fait le choix

d'accueillir un nouvel actionnaire [à savoir la famille

Saadé, via sa holding Merit France, ndlr], il nous semble

que le secteur doit y voir un signal extrêmement satisfaisant,

notamment vu le nombre croissant d’entrées

réalisées chaque année par ce groupe emblématique.

Pathé et UGC sont véritablement les "faîtières" du cinéma

français, actives dans les trois métiers : production, distribution

et exploitation. C'est grâce à cette vision globale

qu'ils fournissent à l'ensemble des salles un mix de grands

films fédérateurs et de films de cinéastes ambitieux.

Surtout, ils ont la capacité d'exporter et d'européaniser

le savoir-faire cinématographique de la France, aujourd’hui

le seul pays d'Europe à posséder une industrie aussi

structurée. C'est précisément pour cela que BNP Paribas

accompagne le Cinéma, avec l’objectif de participer à

son rayonnement international.

Propos recueillis par Aysegül Algan

N°516 / 6 mai 2026

39


Dossier Financement

La nouvelle carte du risque

Côté exploitants, l'heure est également aux arbitrages.

À la tête des Cinémas Confluences et membre du bureau

exécutif de Cinéo (groupement des cinémas privés indépendants),

Cédric Aubry boucle actuellement le financement

de son complexe de 7 salles à Annonay, « avec un

soutien de la Ville et de la Communauté de communes de

l’ordre de 500 000 euros pour un projet qui va coûter plus

de 6 millions, et les accompagnements de la Région et du

Département pas encore confirmés ». Même la perspective

aussi pertinente que celle de doter la plus grande ville

d’Ardèche d’un cinéma ne semble plus évidente : « Avec

des devis plus chers, des taux d’intérêt élevés et la rentabilité

des établissements en baisse, il va falloir être rigoureux dans

les opérations que l'on veut mener. Et dans un marché dont

on ne connaît pas le “nouveau normal”, tout le monde a le

pied sur le frein », résume l'exploitant-entrepreneur.

Pour Antoine Mesnier de CinéConseil, nous sommes

bien arrivés « à la fin d'un cycle d’investissements lourds,

mais la création de sites n’est pas terminée ». Si rares sont

les agglomérations de 300 000 habitants qui, comme

Valenciennes jusqu’à l’ouverture de L’Arsenal en février

dernier, n’ont pas d’équipement en centre-ville, le parc

français a besoin de régénération. « Il y a encore plusieurs

dizaines de villes en France dont les cinémas anciens attendent

d’être remplacés par des nouveaux », estime le consultant,

en citant les projets à Flers dans l’Orne (porté par Sébastien

Le Goffe et Bertille Martins), à Lisieux dans le Calvados

(famille Reynaud) ou encore, celui en cours de finalisation

à Bastia en Corse (Daniel Benedittini). Si le futur “Toiles

du Bassin” de Biganos en Gironde (Cédric Favard et

Philippe Gonzalez) s'inscrit dans cette même trajectoire

Les soutiens CNC en chiffres

En attendant les chiffres 2025 qui s'apprêtent à être dévoilés dans

son Bilan annuel publié à Cannes, le CNC comptabilisait, lors de sa

Commission Chavane [voir le Boxoffice Pro du 15 avril 2026],

71,3 M € de soutien automatique à l'exploitation sur l’année

écoulée. L’ensemble de ses soutiens sélectifs au secteur (donc

soutien art et essai compris), s'élevait à 29 M €.

En 2024, les trois commissions annuelles dédiées du Centre ont

attribué 7,6 M € à un total 28 projets de création et de modernisation

de salles. À noter que sur cette même année 2024, l’enveloppe

du soutien sélectif intégrait le million d’euros prévu pour le premier

volet de l’aide à l’investissement des itinérants, tandis que le

second volet fléché vers l’emploi, de 500 000 euros par an, dispose

d’une ligne spécifique parmi les aides sélectives à l'exploitation.

©SAS Sedan Cinéma

de transfert-extension, ailleurs, des projets se réorientent

vers des rénovations de l’existant, à l'image du Cinéma

le Dunois à Châteaudun dans l’Eure-et-Loir (Christine

Bentabet) ou encore, comme l’explique Sophie Girieud

d’Hexacom, à Langres en Haute-Marne où, « face à

l'explosion de devis qu'impliquait la zone archéologique du

site prévu, les exploitants Frédéric Perrot et Jérôme Quaretti

ont opté, avec le soutien des collectivités, pour une amélioration

du New Vox existant [voir Boxoffice Pro du 15 avril

2026, ndlr.] ».

Cédric Aubry souligne de son côté que ce nouveau cycle

de rénovation rime souvent avec montée en gamme. Et

qui dit salles premium, « pour lesquelles le public a de

l’appétence », dit révision à la hausse des tarifs. « Au sortir

du Covid, les grands circuits ont tout de suite compris – parce

que mieux structurés – que le prix du billet était un curseur

important pour la restauration des marges. » Le président

des Cinémas Confluences note ainsi que les indépendants

des petites villes et des villes moyennes sont en train

d'opérer un « petit rattrapage tarifaire, contrairement aux

Les projets, rapportés

aux entrées

escomptées, coûtent

plus cher que le passé

Christian Landais,

délégué général de l’ADRC

cinémas municipaux et associatifs ». Ce qui « étire » d’autant

plus l’amplitude des tarifs entre les différents types d’établissements,

et exacerbe les tensions entre exploitants et

distributeurs, « ou entre exploitants ».

Quel que soit le contexte, « que l’on soit une collectivité,

une association ou un privé, il faut continuer à investir,

rappelle Christian Landais. Ne serait-ce que dans l’entretien

du parc tel qu’il existe, avec des exigences de qualité en

hausse, tant en matière de confort que de transition écologique

». Le délégué général de l’ADRC observe bien, à la

lumière des coûts et ratios de construction que l'Agence

publie annuellement, que « les projets, rapportés aux entrées

escomptées, coûtent plus cher que le passé », alors que le

« modèle “hôtelier” » appliqué au secteur est dépassé. « Nous

avons besoin d’analyses méthodiques et rationnelles pour

déterminer jusqu’où aller en fonds propres, évaluer le retour

sur investissements et identifier, suivant nos modes de gestion,

là où on va chercher le financement. » Le tout, « sans s'enfermer

dans des modélisations… », mais probablement en

inventant de nouveaux modèles.

Des modèles où l'équation financière s'équilibre souvent

grâce à… un supplément d'âme. Dans les Ardennes,

en passant des 3 salles de son Turenne aux 5 salles d’un

cinéma Apollo flambant neuf, la famille Thiriot pourrait

tripler la fréquentation de 50 000 à 150 000 entrées à

Sedan. « Une ville qui a perdu de sa population, mais

qui pourtant mérite un cinéma nouvelle génération »,

note Antoine Mesnier, rappelant que ces projets ne

sont pas constitués de pure rationalité économique.

« Il y a aussi une forme de déontologie propre aux exploitants,

faite de fidélité à une histoire, à une ville et à des

initiatives qui leur tiennent à cœur. » Car au bout des

comptes, « s’il n’y avait que l'argent qui comptait dans le

cinéma, on ferait autre chose ».

Ayşegül Algan

*1971-1973, sous Georges Pompidou

Loi Sueur, un texte clarifié

Depuis 1993, la loi dite “Sueur”, du nom du sénateur Jean-Pierre

Sueur qui l’a portée, codifie les subventions des collectivités dont

peuvent bénéficier les cinémas, limitant ces dernières à 30 % du

budget des projets et aux établissements réalisant un maximum de

7 500 entrées hebdomadaires (soit 390 000 annuelles) ou classés

art et essai. En 2021, un exploitant contestant la subvention municipale

accordée à son concurrent a saisi le Conseil d’État, qui a à son

tour pointé l’ambiguïté du texte de loi sur la possibilité d’y inclure

les projets de création de nouveaux établissements.

Depuis février 2022, c’est donc une loi Sueur modifiée et clarifiée

qui est de rigueur, pour les projets de création de nouveaux

cinémas, au même titre que les projets d’extension ou de modernisation

de cinémas déjà existants. Parmi ses autres aménagements,

dans le cadre de la crise Covid, son taux avait pour rappel été

temporairement relevé à 60 %, de mai 2021 à janvier 2023.

Le nouveau cinéma Apollo de la famille Thirriot

devrait tripler la fréquentation cinématographique à

Sedan (Ardennes).

40 N°516 / 6 mai 2026


IFCIC : UNE INTERFACE CLÉ

ENTRE EXPLOITANTS ET BANQUES

Établissement de crédit doté d’une mission d’intérêt général, dans un monde bancaire de plus en plus

normé, l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles exerce sa fonction singulière

à la croisée des logiques de marché et des enjeux de filière. Un rôle d’autant plus déterminant à

l’heure où les besoins de financement se recomposent.

Face à une spirale de baisse de fréquentation qui induirait

une baisse des investissements dans le parc cinématographique

français, Karim Mouttalib, directeur général

de l’IFCIC, pose d’emblée l’enjeu central du financement.

« Pour attirer le public, une bonne offre de films ne suffit

pas : il faut des cinémas de qualité, à la hauteur de l’expérience

collective unique de la salle, loin du visionnage

solitaire à domicile. » D'où le besoin d’investissement

constant, que l’IFCIC accompagne avec ses deux outils :

le prêt bancaire et, surtout, la garantie, « qui représente

la majorité de nos interventions ».*

Débloquer l’investissement

Sébastien Saunier, directeur du Crédit aux entreprises

et de la Stratégie, assume volontiers sa mission pédagogique

: « Entre l’implication des collectivités, du CNC

avec ses taxes affectées, le secteur est régi par des mécanismes

uniques. À l’IFCIC, nous aidons les exploitants à expliquer

leur modèle économique aux banques et à leur donner des

clés de lecture des comptes de résultats et des bilans. » En

apportant 50 à 70 % de garantie de prêt, l’implication

de l’IFCIC se révèle ainsi généralement décisive pour

engager la prise de risque de l’établissement bancaire.

À l’occasion, pour « compléter le tour de table », l’organisme

peut lui-même accorder des prêts, « notamment

quand le risque est plus difficilement mesurable, comme

dans le cas de transmissions de salles ».

©IFCIC

les besoins en investissements et voir comment nous pouvons

y participer », précise Sébastien Saunier qui voit, dans ce

qui est destiné à devenir une économie à long terme,

« typiquement le genre de choses à financer avec des crédits,

sans sortir de trésorerie ».

Autre sujet « devant nous » : les 500 000 chefs d’entreprises

qui vont partir à la retraite ces 10 prochaines années

et, parmi eux, des exploitants. Autant de transmissions

qui peuvent donner lieu à des mutualisations et des

rapprochements d’acteurs indépendants, comme l’a

déjà observé l'IFCIC. « Nous œuvrons principalement

©Emile Lombard

auprès de la petite et moyenne exploitation, l’art et essai

et la profondeur des territoires, et sommes donc d’autant

plus soucieux de la préservation de la diversité des acteurs

dans le secteur », concluent les experts, qui planchent

déjà, avec le comité jeunes exploitants de la FNCF, sur

des reprises de cinémas par des salariés.

A.A.

*À fin mars 2026, l’IFCIC enregistre un encours de 110 millions d’euros de prêts garantis

et octroyés en faveur de l’exploitation cinématographique.

L'IFCIC faisait naturellement partie du mécanisme

d’urgence mis en place par le CNC dans la foulée du

Congrès 2025, pour soutenir les exploitants en peine de

trésorerie. Nombreuses ont alors été les sollicitations de

conseils pour entrer en négociation avec les banques,

« sur la possibilité de mobiliser les garanties de prêts pour

aménager les modalités de remboursement, les allonger ou

les assouplir », décrit Sébastien Saunier. Finalement, le

directeur spécialisé aura la satisfaction de voir la plupart

des difficultés de ses interlocuteurs résorbées par « la

réactivité du CNC sur les outils d’urgence, la rapidité des

décisions et des versements et la reprise de la fréquentation

dès décembre 2025. Mais nous restons attentifs car dans le

contexte inflationniste des coûts d'exploitation, les sujets de

trésorerie peuvent émerger rapidement ».

Nouveaux chantiers

Depuis la crise sanitaire, l’IFCIC observe que les investissements

de ses bénéficiaires se sont réduits. « Entre

2017 et 2019, nos nouvelles garanties et prêts directs représentaient

un volume de 71 millions d’euros. Depuis fin

2020, ils ne représentent que 65 millions d’euros », détaille

Karim Mouttalib, qui n’y voit pas forcément un reflet

de difficultés, « mais d’attentisme de la part des exploitants,

qui décalent leurs projets ». De fait, dans le défi permanent

de modernisation, le directeur général de l’IFCIC rappelle

deux sujets centraux. D’abord le passage au laser, « sans

grand plan spécifique de soutien mais en complémentarité

avec les aides du CNC, et avec l’option du changement à

neuf ou celle du rétrofit ». Plus généralement, sur l’ensemble

des enjeux énergétiques, l’IFCIC travaille avec le comité

écologie des cinémas de la FNCF « pour bien identifier

Karim Mouttalib

Sébastien Saunier

N°516 / 6 mai 2026

41


42 N°516 / 6 mai 2026

©A.Bonnet


Publi-rédactionnel

VALÉRIE CANDEILLER

UN PARTENARIAT « INÉDIT ET VRAIMENT

COMPLET » ENTRE PEUGEOT ET PATHÉ

« Peugeot et Pathé, réunis pour célébrer le cinéma » : Valérie Candeiller, Directrice

de la communication et activations de Marque Peugeot Monde, revient sur la

stratégie de ce partenariat inédit annoncé en janvier dernier entre deux grandes

marques françaises.

Comment s'est créée l'idée d'un partenariat

entre Peugeot et Pathé ?

Cela fait plus d'un an et demi que l'on travaillait sur

un partenariat avec la belle maison Pathé. A ce

moment, la marque Peugeot voulait s'engager dans

un nouveau territoire de marque, le cinéma. Mais

pas n'importe lequel : le cinéma français. L'histoire

de Peugeot est très liée à celle du cinéma. la marque

est beaucoup sollicitée, que ce soit pour du prêt de

véhicule ou du placement de produit. L'univers du

cinéma tourne beaucoup autour de l'émotion, une

valeur commune avec celles de Peugeot. Nous nous

sommes mis ainsi très rapidement en contact avec

Pathé, maison emblématique française qui démontre

son excellence en matière de cinéma. La réflexion a

commencé autour de cette notion d'émotion : nous

voulions faire vivre des émotions à nos clients, dans

des domaines différents. De plus, il y avait une

véritable envie de soutenir la culture française, les

jeunes talents du cinéma français.

Quelle est la stratégie de ce partenariat ?

Notre partenariat est inédit, il est vraiment complet.

Il va toucher les trois activités de Pathé : production,

distribution, exploitation. Peugeot sera présent à ces

trois niveaux. Pour la production, nous serons présents

très en amont sur les films Pathé. Dans le line-up,

nous pouvons choisir ensemble dans quel film la

marque Peugeot peut s'insérer en étant très respectueuse

de l'histoire que le film raconte. La marque ne doit

pas être plaquée pour le principe, mais doit s'intégrer

dans le film. Des véhicules électriques mis à dispo sur

les tournages, pour l'aspect responsable. Ensuite, la

distribution, pour le marketing des films : on va

développer des contenus sur les écosystèmes de communication

(réseaux sociaux, print, concessionnaires de

notre réseau...). Enfin, pour l'exploitation, nous avons

des accords avec les cinémas Pathé où notre partenariat

est très visible.

Comment se concrétise ce partenariat dans

son aspect exploitation ?

La partie exploitation est cruciale. Les concessionnaires

apprécient énormément le cinéma en tant

qu'outil de communication. C'est un levier très fort

vis-à-vis de leurs clients. C'est très facile à activer

localement. Nous avons plus de 400 points de ventes

dans toute la France, ce qui permet de s'accorder

facilement avec les cinémas Pathé. Le réseau a ainsi

un quota de places pour aller dans les salles Pathé.

Nous pouvons organiser des avant-premières avec

leurs clients, ou bien des expositions de véhicules

dans les cinémas. Dans le cadre des essais de notre

nouvelle 408, la présentation aux journalistes se fait

dans un cinéma Pathé. Sa façade est mise aux couleurs

du partenariat, avec l'image forte du coq et du lion,

et nous avons accès à une salle exclusive...

Nous avons plus de

400 points de ventes

dans toute la France,

ce qui permet de

s'accorder facilement

avec les cinémas Pathé

Vous avez créé un film, Le Lion et le coq, qui

illustre le partenariat entre les deux marques.

Quelle était l'idée ?

L'idée du film est un mélange entre des discussions

Pathé/Peugeot et l'agence créative. Tout est parti d'un

constat très simple : les symboles des deux entreprises

sont des animaux. D'un côté le coq de Pathé, symbole

français, et de l'autre, le lion, qui revendique ses racines

franc-comtoises... Qu'est-ce qu'on pouvait faire avec

ces deux emblèmes ? L'agence nous a proposé l'idée

d'une fable autour de la rencontre entre ces deux

animaux : le coq chantant à Paris, le lion rugissant sur

les collines de Belfort qui s'admirent de loin et cherchent

à se rencontrer. Ils finiront par chanter à l'unisson

devant le soleil levant. Mais j'insiste, pour nous, ce

n'est pas une publicité au sens classique du terme :

c'est un contenu éditorial qui fait la promotion de ce

partenariat. Nous n'avons rien à vendre derrière. Avec

ce film, on veut montrer aux gens que l'automobile

peut créer des expériences émotionnelles autour du

produit, pas seulement avec le produit.

Des exemples concrets de ce partenariat ?

Pour le film Le Marsupilami, le logo Peugeot était

présent sur tous les leviers de communication. Lors

de l'avant-première au Grand Rex, on avait fait

sticker les véhicules 3008 et 5008 qui amenaient les

invités aux couleurs jaune et noir du Marsupilami.

Et pour les essais de la nouvelle 408, on a créé une

expérience dans des studios de cinema à Marseille,

pour journalistes et influenceurs, avec une démonstration

de cascades qui utilisait la Peugeot 406 de

Taxi 3. Ils avaient des étoiles dans les yeux. Ça montre

à quel point la marque Peugeot dans un film peut

avoir un impact incroyable, et peut se substituer à

n'importe quelle publicité. Mais il faut que ce soit

une intégration intelligente.

Vous avez également mis en place une

série régulière autour des Métiers du cinéma :

de quoi s'agit-il ?

Quand on parle de créer des expériences pour les

clients, il s'agit aussi de leur raconter des histoires

autour du cinéma. Nous avions envie de montrer

en vidéo les coulisses du cinéma, d'une façon un

peu nouvelle, en mettant en valeur des personnalités

qui ont une certaine expérience de leur métier.

Tout en les confrontant à un jeune étudiant en

cinéma, qui lui posera des questions personnelles,

spontanées et passionnées. Et tout se passe dans

une Peugeot ! On a commencé avec Jean-Baptiste

Saurel, réalisateur de Police Flash 80 dont nous

sommes partenaires, puis Jean-François Elie, le

monteur de Un p'tit truc en plus... Le prochain

rendez-vous « Métiers du cinéma » aura lieu lors du

Festival de Cannes.

Quel premier bilan tirez-vous de ce partenariat ?

Il est évidemment trop tôt pour faire un bilan, mais

on peut déjà noter le niveau d'engagement sur les

réseaux sociaux montre que le cinéma joue beaucoup

dans la perception positive de la marque, en termes

d'adhésion. Ce n'est pas par hasard que nous sommes

venus sur le domaine du cinéma : nous avions fait

une étude qui montrait que 70 % des clients Peugeot

avaient une affinité forte envers le cinéma. Aujourd’hui,

grâce à notre stratégie, au travers des premières études,

la marque Peugeot est associée spontanément au

cinéma, et c’est déjà une reconnaissance de notre

engagement.

N°516 / 6 mai 2026

43


International

BLUE RIBBON

AWARDS

LE SACRE DES

SALLES FRANÇAISES

L’édition nord-américaine de Boxoffice Pro a publié, à l'occasion du

CinemaCon 2026, sa première liste valorisant l'excellence mondiale en

matière de conception, de technologie et d'exploitation de cinémas.

Parmi plus de 200 établissements distingués, issus de 45 pays et ayant

ouvert ou modernisé leurs installations au cours des six dernières années,

figurent pas moins de 19 Frenchies.

2025

©Nicolas Thomas

Capitole Panacéa - Montceau-les-Mines

• Construction

Ouvert en 2025, l’établissement art et essai de centre-ville s'inspire des palaces de l'âge d'or du cinéma par sa façade monumentale

et sa marquise, tandis que l’intérieur met l'accent sur la chaleur et le confort. Fauteuils lounge dans les quatre salles (de 244, 156,

75 et 64 places), son Atmos dans deux, café, bar à vin et espaces de convivialité, le tout dans un bâtiment conçu de façon durable,

avec une isolation biologique, un poêle de masse, la récupération des eaux de pluie et un toit photovoltaïque.

4 salles | Projection Laser 4K | Son Dolby Atmos | Bâtiment dDurable | Sièges Lounge | Espaces de convivialité

©Léa-Jade Charpentier ©CGR Cinémas

©© Mary Erhardy

Le Grand Rex - Paris • Rénovation

L’emblématique “palais du cinéma”, classé monument historique, a achevé sa rénovation en 2025, retrouvant sa grandeur Art

Déco d'origine tout en intégrant des technologies modernes. Il comprend sept salles, dont l'une des plus grandes à écran unique

au monde, avec 2 702 places – un écran principal de 24 mètres de large, un auditorium premium Infinite… Parmi les points

forts de la restauration : fresques, finitions en marbre, lustres de Murano, façade revenant ses couleurs d'origine, sièges premium

dans certaines salles. Les halls, bars et espaces d'accueil ont été améliorés, combinant détails historiques et luxe contemporain,

et offrant une gamme élargie de restauration et boissons.

7 salles | Grand auditorium | Monument historique | Design Art Deco

CGR La Mézière • Rénovation

Le multiplexe, inauguré en 2003 dans la zone de Cap Malo, près de Rennes, a fait l'objet d'une rénovation majeure en 2025, en

maintenant une continuité d'exploitation.

L'établissement, d’une capacité globale de 2 051 fauteuils (dont 60 emplacements PMR), intègre notamment une salle premium

ICE Theaters de 186 fauteuils, tandis que les salles 1 et 12 ont été reconfigurées avec l'ajout de fauteuils club, un éclairage travaillé

et des méridiennes au premier rang.

12 salles | Format Premium ICE Theaters | Projection Laser 4K | Son Dolby Atmos

Multiciné Elysées Lincoln – Paris • Rénovation

Le cinéma art et essai des Champs-Élysées a été entièrement transformé en 2025 pour conjuguer son identité historique et haut

de gamme contemporain. Ses trois salles – Le Studio (42 fauteuils-canapés), L’Audito (146 places) et Le Club, espace modulable

intégrant un bar, pouvant accueillir 36 personnes assises ou jusqu'à 200 en configuration cocktail – combinent un design Art

Déco/Art Nouveau et technologies de pointe. La rénovation a fait appel à un artisanat sur mesure, avec tous les matériaux sourcés

en France, et se conjuque avec des services personnalisés pour les projections publiques et les événements privés.

3 salles | Projection Tri-Laser 4K | Espaces modulables cinéma/événementiel | Design Art Déco | Sièges confort premium

44 N°516 / 6 mai 2026


©Lineaire A architecture

2024

©Jonathan Letoublon

Majestic Rive Gauche - Dole • Construction

Ouvert en 2025 par la famille Tupin, ce cinéma haut de gamme privilégie le confort, la technologie et l'intégration à son environnement

naturel. Il dispose de 10 salles, pour 1 568 fauteuils inclinables, dont une IMAX et une au concept premium propriétaire

Odyssée. Le bâtiment marie des matériaux contemporains à l'environnement fluvial – façades en aluminium anodisé, passerelle

en bois, hall vitré de 400 m² avec vue panoramique sur la rivière. L’intérieur intègre des zones de salon, un espace d'exposition en

mezzanine, deux restaurants, un Ciné Café et un musée sur l'histoire du cinéma.

10 salles | Formats Premium IMAX et Odyssée | Laser 4K - son Dolby Atmos et 7.1 | Conception architecturale en bord

de rivière

©Boxoffice Pro/Cine Group

Cineplanet Antibes • Construction

Ouvert en 2024, ce multiplexe moderne situé dans un éco-quartier s'étend sur plus de 4 000 m² et trois étages, construit dans un

souci de durabilité, avec une façade de verre, conçue par Leclerc & Associés, inspirée de l'origami. Ses 8 salles et 1 000 places – dont

fauteuils inclinables extra-larges et canapés – sont équipées en laser, certaines en Dolby Vision et son Atmos, et d’une installation

audio personnalisée MAG Cinema (CinemaNext France). Avec une salle d'arcade, un café et un futur toit-terrasse pour des projections

plein air, le Cineplanet est un vrai pôle culturel, accueillant aussi des concerts et des festivals.

8 salles | Projection Laser 4K | Dolby Cinema & Dolby Atmos | Système Sonore MAG Cinema | Café et toit-terrasse

©Eric Zaragoza

Nova Ciné - Saint-Dié • Construction

Ouvert en 2025, le cinéma est pensé pour offrir une expérience premium dans ses 7 salles (totalisant 630 sièges), toutes équipées

de fauteuils inclinables électriques (avec réservation à la place) et de projecteurs lasar 4K. Quatre salles sont équipées en DTS :X

et les trois autres en DTS Surround. Le lieu intègre un café, une offre large de confiserie, et en tant que seul cinéma de la ville, joue

un rôle social et culturel central, y compris par son travail d’éducation à l’image.

7 salles | Projection laser 4K | Son Immersif DTS :X | Premium dans toutes les salles

©Caribbean Cinemas

Les Balcons de Mougins • Construction

Ouvert en 2024 dans le cadre de la revitalisation du centre-ville, le cinéma se veut un nouveau modèle pour la moyenne exploitation,

combinant design haut de gamme, innovation et dimension sociale. Avec 3 salles pour un total de 285 sièges, il abrite la

première salle Ōma au monde, avec son système de pods verticaux, rapprochant le public de l'écran tout en améliorant l'immersion.

Elle associe laser 4K et système sonore Dolby 7.3 adapté à sa conception verticale, et bénéficie d'une entrée dédiée et d’un bar

privé (avec sélection de vins, bières et champagnes).

3 salles | Salle Ōma (Laser 4K et son Dolby 7.3) | Bar Privé dans la salle | Sièges premium partout

Cinestar - Les Abymes • Rénovation

Ouvert en 2017 par le groupe portoricain Caribbean Cinemas et dirigé par Christelle Galou, le premier multiplexe de Guadeloupe

(10 salles et 1 998 sièges) a rénové sa grande salle en 2025. Avec 440 places et un écran de 22 m, elle est équipée du format CXC

Large Premium, technologie exclusive à Caribbean Cinemas (projection laser et son Dolby Atmos). Le cinéma est particulièrement

engagé auprès de sa communauté, à travers de nombreux événements mettant en avant les talents locaux et caribéens (le

"Cinestar Black History Month", "Femmes d'ici & Cinéma", "Cinestar International Film Festival"...).

10 salles | Format CXC Large Premium | Popcorn fait sur place et offre de restauration | Fort engagement

communautaire

N°516 / 6 mai 2026

45


International

La Géode - Paris • Rénovation

La sphère emblématique de la Villette, inaugurée en 1985, a été entièrement rénovée par Pathé qui l’a rouverte fin 2024. Le hall

a été repensé avec du vidéo mapping et un son spatialisé. La salle immersive de 294 places est désormais dotée du premier

système de projection dôme IMAX Laser 4K de France, offrant à la fois un écran hémisphérique de 27 m pour les documentaires

spéciaux et un format IMAX de 24 m pour les sorties cinéma, associé au son IMAX 6.0. Pour une programmation qui mêle science,

culture et divertissement.

Sphère géodésique | Projection Dôme IMAX Laser 4K | Écran hémisphérique de 27 m | Son IMAX 6.0 | Hall immersif

Pathé Palace - Paris • Rénovation

Rouvert en juillet 2024, cet ancien théâtre historique du XIX e siècle a été réinventé par l'architecte Renzo Piano, se voulant une

destination cinéma de classe mondiale. Sur plus de 9 300 m², le site abrite 7 salles et 854 places et 28 PMR, autour d’un atrium

intérieur lumineux avec façade en verre et jardin intégré, et des équipements haut de gamme dont un café, un bar à cocktails,

un mur à vin, un vestiaire, des espaces événementiels privés et un service à la place. C’est le seul cinéma de Paris entièrement

équipé en Dolby Atmos, avec une salle en Dolby Vision et proposant du 35 et 70 mm, les autres étant dotées d'écrans LED Samsung

Onyx et de sièges inclinables chauffants.

7 salles Dolby Atmos | Dolby Vision | Écrans LED Samsung Onyx | Sièges inclinables chauffants | Services de luxe

©Adrien Daste

©© Joan Bracco ©Les Toiles du Sud

©CGR ©Cinéma L'Alcazar

2023

CGR Castres • Construction

Inauguré en 2023, ce multiplexe de 10 écrans et 1 302 places propose bien sûr une salle ICE, le son Atmos dans la plus grande, et

marque plus généralement la montée en gamme des cinémas CGR. Construit sur mesure le long de la rivière Durenque, il offre

des fauteuils club numérotés, un hall spacieux avec zone de jeux, mais a aussi été conçu pour renforcer le pôle culturel de la ville.

Situé près d’une salle de spectacle, il propose une programmation diversifiée et de nombreuses animations (ciné-débats,

ciné-goûters, séances scolaires…) et il est classé art et essai.

10 salles | Format Premium ICE Theaters | Projection Laser 4K | Son Dolby Atmos | Classé art et essai

2022

L’Alcazar - Asnières • Rénovation

Le complexe art et essai, en banlieue parisienne, a ouvert en octobre 2022 la première salle au monde équipée d'un écran LED

LG. Un saut technologique pour le cinéma indépendant de Xavier Orsel, qui avait déjà rénové son hall et installé des fauteuils club

dans ses quatre salles. Son écran LED de 10 m offre un format d'image 1.90 et utilise un processeur Dolby CP950 pour le son,

diffusé par des haut-parleurs situés en haut et en bas de l'écran.

4 salles | Écran LED LG | Classé art et essai

Toiles du Sud (TDS) - Rivière-Salée • Construction

Ouvert fin 2024, le complexe a été conçu comme un espace de loisirs, pour pallier au manque d'infrastructures au sud de la

Martinique. Ses 5 salles (931 places) sont équipées d'écrans incurvés, de projection laser et Dolby 7.1 – la plus grande en Atmos.

Le cinéma intègre une salle de jeux, dispose d’un grand rooftop pour des événements, et se distingue par son offre large de

confiserie/restauration : popcorn fabriqué sur place, point de restauration rapide, restaurant traditionnel créole et prochainement

espace crêpes et glaces locales.

5 salles dont 1 PLF | Salle de jeux | Offre large de restauration

46 N°516 / 6 mai 2026


©D.R.

Omnia République Rouen • Rénovation

En 2022, le cinéma historique de Rouen, exploité par Noé, a été transformé pour devenir un lieu de vie moderne. Il a retrouvé sa

grande façade vitrée, est passé de 7 à 8 salles (pour un total de 1 211 places), toutes équipées en son 7.1. L’écran de la plus grande

est au format Ultra Panavision, tandis que la plus petite, de 19 places, est installée sur l'une des terrasses extérieures. Le hall a

été entièrement repensé pour inclure un ciné-café (offre bio et locale) ouvert sur la rue. Le cinéma est classé art et essai avec les

5 labels.

8 salles | Projection laser | Convivialité | Classé art et essai

2021

©NOÉ Cinémas

©Megarex

©D.Paillard ©Stef.Guiochon

Cineum Cannes • Construction

Ouvert en 2021, le premier cinéma de France équipé à 100 % en son immersif, et le deuxième pour le 100 % projection laser, se

distingue aussi par son architecture aux facettes de béton blanc et l’élégance de son design intérieur. Sur ses 12 salles grand

confort (pour plus de 2 200 places), le Cineum propose une salle Lodge (avec sièges inclinables Flexsound Augmented Audio),

une salle Aurore (avec son immersif DTS :X), une IMAX et une Screen X. Son offre de pointe est complétée par une large gamme

de services et de restauration.

10 salles immersives dont | 1 Lodge | 1 Aurore | 1 Imax | 1 ScreenX

Le Grand Lux - Les Herbiers • Construction

Ouvert en 2021, ce complexe de 5 salles symbolise d’abord l'engagement des bénévoles qui l’ont imaginé, la force d'un modèle

associatif ancré dans son territoire. Le cinéma a été construit en réhabilitant une ancienne ferme, dont la grange a été conservée

et intégrée au hall pour créer le Ciné-Café, et la longère réhabilitée en brasserie gastronomique. Sans rien sacrifier au confort et

à la technologie – les deux plus grandes salles sont en Dolby Atmos – et au service d’un travail important d’animation et d’éducation

à l’image, en lien avec tous les acteurs locaux.

5 salles | Réhabilitation d’une ancienne ferme | Modèle associatif | Classé art essai

Megarex Haguenau • Rénovation

Avec la fin de sa rénovation fin 2025, le multiplexe de la famille Wernert a été le premier cinéma au monde à associer le concept

ICE Theaters à un écran LED Samsung Onyx 2, installé dans l’une de ses 10 salles. Une qualité complétée par un son Dolby Atmos

diffusé par des enceintes Darkside et des fauteuils inclinables. Le Megarex est aussi un complexe de loisirs complet, avec un

bowling, une salle de billard, un stand de fléchettes, une salle de flippers… une offre restauration et un bar Licence IV.

10 salles | Format ICE Onyx LED | Bar et billard

UGC Ciné Cité Part-Dieu • Construction

Ouvert en 2021 au cœur du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon, ce Ciné Cité offre une capacité étendue de 18 salles et 3

101 fauteuils et un vaste atrium central de 17 m de haut, répartis sur 15 000 m². Les salles sont équipées de projecteurs laser

phosphore 4K, d'écrans allant de 9 à 18 mètres de large et d'un son surround 7.1. 800 places sont adaptées pour les enfants, et

deux salles sont disponibles pour des événements privés.

18 salles | Projection Laser 4K | Très grande capacité

N°516 / 6 mai 2026

47


Exploitation

CANNES

365 JOURS DE CINÉMA PAR AN

©Cineum/Cineplanet

©Cineum/Cineplanet

Cineum de Cannes, intérieur...

... et extérieur

Parmi la multitude de salles qui

s’animent dans la ville durant le

Festival de Cannes, il y en a trois

dont les lumières restent toujours

allumées. Entre frénésie du mois

de mai et le lien aux spectateurs le

reste de l’année, plongée dans leur

quotidien, en compagnie de Philippe

Borys-Combret, à la tête du réseau

Cineplanet.

En rachetant l’Olympia auprès de la famille Aubert en

novembre dernier, Philippe Borys-Combret avait conscience

de faire l'acquisition d’un cinéma « à dépoussiérer, structuré

à l'ancienne, au niveau de l’architecture et de la volumétrie

des salles ». Mais l’établissement bénéficie d'une notoriété

historique, d'une proximité immédiate avec le Palais des

Festivals. sans compter sa salle Atmos et ses projecteurs

laser qui équipent désormais 5 des 9 salles, en attendant

la fin de la transition.

L'Olympia, durant le Festival de Cannes 2022

Avec ce troisième site dans la ville, sans compter le Cineplanet

implanté dans le Antibes voisin depuis janvier

2024*, l’exploitant opère pour l’heure l'intégralité des

cinémas commerciaux actifs à Cannes. Il est en effet aux

manettes des Arcades – qu’il a réorienté art et essai dès

son arrivée dans l’entreprise familiale il y a 20 ans – et

du prestigieux et très premium Cineum – ouvert depuis

juillet 2021. « Soit trois établissements très différents par

©Léa Rener/ACID

leurs tailles, leurs générations de construction et leurs technologies

», et qui opèrent désormais en parfaite harmonie,

la programmation de l’Olympia, « auparavant un peu en

confrontation avec celle du Cineum », étant désormais plus

mixte. D’autant plus que l’Olympia est en réalité constitué

de deux établissements, « juridiquement séparés et avec des

visas d’exploitations différents et deux billetteries séparées »,

détaille l’exploitant, en décrivant les salles 1 à 4 dédiées

aux blockbusters, « en tandem avec le Cineum », tandis

que les salles 5 à 9 se concentrent sur les films d'auteur,

en synergie avec Les Arcades.

Des Azuréens cinéphiles et connectés

Cette articulation minutieuse de l’offre répond aux

exigences d’un public qui a « un bon pouvoir d’achat » et

auquel la dimension touristique de la Côte d'Azur, tout

comme le pôle technologique de Sophia Antipolis,

insufflent une forte dimension internationale. Il est friand

de VO, « qu’il s’agisse de films d'auteur ou de blockbusters »,

et a un fort réflexe d’achat de billets en ligne, « le Cineum

affichant des taux de VàD proches de Paris », en attendant

que l’Olympia et les Arcades passent au placement numéroté.

Et contrairement aux clichés d'une ville “de vieux”

hors-saison, la jeunesse cannoise répond bien présente,

des étudiants de la branche de l’école de cinéma l’ESRA,

implantée juste à côté du Cineum, aux petits assidus de

son Kids Club, en passant par les jeunes parents. Avec

le renfort de ses quatre salles premium (Imax, ScreenX,

Lodge et la formule Aurore maison), le Cineum a attiré

plus de 430 000 spectateurs en 2025, s'imposant comme

le deuxième cinéma en termes de fréquentation de la

mégalopole qui s’étale de Monaco à Toulon, juste derrière

le Pathé Lingostière (471 000 entrées) et devant le Pathé

Gare du Sud (365 000 entrées), tous deux à Nice.

Le frisson de mai

Tous les mois de mai, les trois cinémas cannois de Cineplanet

se mettent bien entendu à l'heure du Festival et

de son Marché, en étroite collaboration logistique avec

leurs équipes respectives, ainsi qu’avec celle de la CST.

Au centre-ville, Les Arcades et l'Olympia sont largement

réquisitionnés par les « 200 à 300 » projections du Marché,

Les Arcades accueillant par ailleurs les projections de

©Léa Rener/ACID

l’ACID Cannes. Le Cineum, de son côté, brille en

Sélection officielle avec “les Séances du lendemain”

proposées dans quatre de ses plus grandes salles. De quoi

« requinquer les festivaliers, qui apprécient, au terme d’un

trajet en navette de 25 à 30 minutes, de profiter d’un cinéma

moderne, à l'abri des intempéries ou du soleil, avec une

brasserie au rez-de-chaussée, un bar en terrasse, un burger,

un coffee-shop… bref, tout ce qu'il faut pour bien accueillir

le public ».

Arcades, 2024

Mais pendant le Festival de Cannes, au Cineum, il y a

aussi le reste des films à l’affiche du moment, accessibles

avec la billetterie classique, « que même les festivaliers se

plaisent à fréquenter », précise Philippe Borys-Combret,

ravi de voir ce public « éclectique et heureux dans nos

cinémas ». Enfin, le bonheur de Cannes réside aussi dans

ces moments magiques, lorsque « Cate Blanchett vient

voir une exposition immersive ou Steven Spielberg un film

dans une de nos salles. Que ce soit pour une projection test

ou juste pour le plaisir, c’est stimulant pour toutes nos équipes ».

Ayşegül Algan

* Le réseau est complété par les Cineplanet de Salon-de-Provence et d’Alès, et compte

deux établissements parmi les Blue Ribbon Awards (voir p.46-49).

48 N°516 / 6 mai 2026


RENCONTRE AVEC

NICOLAS GORJUX

PREMIER ADJOINT AU MAIRE DE CANNES ET PRÉSIDENT DU PALAIS

DES FESTIVALS ET DES CONGRÈS DE CANNES

Nicolas Gorjux fait le point sur le parc

de salles de la ville, alors que le cinéma

Le Star rouvrira prochainement.

Il évoque par ailleurs le succès du

pôle d’excellence Cannes Bastide

Rouge, ainsi que le projet du Musée

international du cinéma.

©Palais des Festivals et des Congrès de Cannes

Cannes a toujours eu à cœur de proposer une offre

de salles dynamique en centre-ville. La réouverture

prochaine du cinéma Le Star, rue d’Antibes, propriété

de Starimmo, en est une nouvelle preuve…

Cannes est la ville du 7 e art, de la créativité, et il est donc

logique que nous travaillions au maintien des cinémas

de centre-ville. En plus d’être des lieux de projection

complémentaires durant la période du Festival, ces

établissements participent à l’attractivité de la ville. L’offre

culturelle qu’ils proposent se marie avec l’offre commerciale

et de restauration et contribue à la vitalité économique.

Pour favoriser ce dynamisme du parc de salles, nous

menons une politique proactive en termes d’urbanisme

et d’accompagnement des propriétaires. La réouverture

du Star, fermé depuis 2016, est un fabuleux projet. Les

travaux ayant pris un peu de retard, nous ne pouvons

encore annoncer de date officielle concernant celle-ci.

Elle aura probablement lieu en fin d’année ou début

2027. À l’issue de cette réouverture, le taux de fauteuils

par habitant de Cannes, déjà l'un des plus importants

de France, sera encore plus élevé.

Nicolas Gorjux

À quoi ressemblera ce nouveau Star ?

Il occupera une superficie de 1800 m² répartis sur cinq

niveaux et sera composé de quatre salles, qui représentent

un total de 480 places. Le cinéma, dont la programmation

sera plurielle, est situé dans un bâtiment qui accueillera

aussi des enseignes commerciales.

Le Cineum, multiplexe situé dans le quartier de

Cannes La Bocca, où se trouve également le pôle

d’excellence Bastide Rouge, dédié à l’économie

créative et aux métiers de l’image, fête son cinquième

anniversaire…

Quand il a vu le jour, en 2021, le Cineum [piloté par

Philippe Borys-Combret, voir p.48, ndlr.] s’est imposé

comme un complément à l’offre de cinémas en centreville,

notamment parce que le Star était fermé. Dans

l’intérêt des Cannois, mais aussi des festivaliers, il était

vital d’avoir des salles supplémentaires, avec une programmation

différente. Le Cineum a aussi permis de requalifier

un point d’entrée de la ville de Cannes qui était jusqu’alors

occupé par une friche industrielle à l’abandon. Enfin,

sa construction s’est inscrite dans le projet porté dès

2014 par le maire, David Lisnard, de faire émerger un

pôle créatif, où est notamment né, en 2021, le Campus

Georges Méliès. Véritable succès, ce campus forme aux

métiers des industries créatives et culturelles (ICC) et

accueille plus de 1 200 étudiants. Cannes Bastide Rouge

regroupe aussi une cité des entreprises [ses structures

Nous profiterons du

festival pour faire

porter la voix de la

Ville de Cannes

concernant le projet

du Musée international

du cinéma

officient dans les ICC], une pépinière d’entreprises [ses

structures s’illustrent dans les ICC et le numérique], et

un hôtel d’entreprises [ses structures œuvrent dans les

domaines du spatial, de l’agritech, etc.], qui, à elles

trois, ont généré 160 emplois. À Cannes Bastide Rouge,

on compte également des studios de tournage, de

post-production, etc. C’est un endroit qui fourmille de

créativité et d’innovation.

Où en est le projet du Musée international du

cinéma ?

C’est l’un de nos dossiers prioritaires et nous sommes

déterminés à ce qu’il aboutisse. Mais ce n’est pas simple.

Nous devons composer avec des impératifs liés à la

protection contre les risques d’inondation, et c’est pour

cette raison que nous ne pouvons encore déterminer de

lieu d’implantation, même si nous avons déjà plusieurs

options. En parallèle, nous sommes confrontés à des

problématiques de financements. Nous en cherchons

des privés et des publics et avançons pas à pas. Nous

profiterons du festival pour continuer à faire porter la

voix de la Ville de Cannes concernant le projet du musée.

D’ailleurs, le festival et son histoire auront une partie

dédiée au sein de celui-ci.

Outre le Festival, la ville accueille d’autres manifestations

liées au 7 e art, comme Les Rencontres

cinématographiques de Cannes ou La Semaine

du cinéma italien…

Absolument. Ces manifestations, que nous soutenons,

se poursuivent. Et, en 2025, nous avons créé le Festival

international des films des écoles de cinéma, organisé

avec le Poitiers Film Festival. Cannes est une ville cinéphile

tout au long de l’année.

Propos recueillis par Lucas Fillon

N°516 / 6 mai 2026

49


Exploitation

À CANNES,

LE STAR SE MÉTAMORPHOSE

Fermé depuis une décennie, le cinéma du centre-ville cannois poursuit sa

mue sous la houlette du cabinet Pierre Chican, mandaté par le propriétaire

Starimmo, qui mène en parallèle des négociations pour trouver un futur

exploitant.

Après des années de turbulences consécutives à sa

fermeture en 2016, Le Star semble enfin en bonne voie

pour retrouver sa vocation de cinéma. Si, dans un

premier temps, Starimmo, propriétaire des murs, avait

envisagé de transformer le site en espace commercial,

la préemption du lieu par la municipalité a finalement

eu raison de ses velléités. En acceptant de maintenir

l’activité cinématographique, la société a obtenu, en

avril 2024, le feu vert de la CDACi pour lancer officiellement

un vaste chantier de rénovation.

Starimmo a confié à l’agence Pierre Chican, spécialiste

de l’architecture cinématographique, le soin de piloter

la métamorphose du Star. L’immeuble a été presque

entièrement désossé, à l’exception de la façade de la

rue d’Antibes, classée, qui surplombera à terme un

commerce. L’entrée du futur cinéma se fera à l’opposé,

rue Victor-Cousin, via un large parvis encadrant le

hall. C’est de ce côté que l’identité visuelle du lieu va

innover grâce à une façade contemporaine. « L’enveloppe

sera composée de lames de verre assemblées à la façon d’un

rideau lumineux. Elle sera réalisée à partir de profils

verriers à la fois transparents et translucides, qui procureront

à la façade un aspect mouvant et vivant. L’enseigne

apparaîtra discrètement par transparence, de jour comme

de nuit, au travers de cette peau de verre, tandis que le

soir, le cinéma s’habillera de ses plus beaux habits de

lumière pour rayonner sur la ville », détaille Pierre Chican,

promettant un établissement « emblématique à la

hauteur du statut de Cannes ».

Un espace club et un rooftop privatisables

À l’intérieur, les aménagements tirent parti des contraintes

d’une parcelle enclavée en plein hypercentre. Conçu

comme un lieu élégant et haut de gamme, le site se

décompose en deux entités indépendantes afin d’optimiser

le fonctionnement des quatre salles. Deux d’entre elles

– une de 140 places au sous-sol et une de 180 au deuxième

étage – seront dédiées à une exploitation classique. Les

deux autres salles, de 70 fauteuils ultra-confortables,

formeront avec un espace de réception et un rooftop

privatisable un ensemble club premium. « Inondée de

lumière » grâce à une large verrière amovible, cette terrasse

de 165 m², baptisée Les Étoiles, sera accessible par un

ascenseur indépendant des salles, facilitant ainsi l’organisation

d’événements en lien avec la riche programmation

qui anime la ville tout au long de l’année.

L’emplacement géographique du cinéma constitue son

principal atout : situé à trois minutes à pied du Palais des

Festivals depuis la rue Victor-Cousin, il débouche également

sur la rue d’Antibes, l’artère commerçante majeure

de la ville, tout en étant inséré au cœur du Carré d’Or,

un secteur festif et réputé où se mêlent cafés et restaurants.

Une situation stratégique qui devrait permettre au Star

d’atteindre les 135 000 entrées annuelles, selon le potentiel

estimé par le cabinet d’études Ciné Conseil. De quoi

susciter de vives convoitises.

Quel exploitant aux manettes ?

Car c’est LA grande inconnue de l’équation : qui exploitera

ce complexe « à forte personnalité, à la fois chic et sobre, et

à fort pouvoir émotionnel », selon les mots de Pierre Chican ?

Les discussions exclusives avec un premier exploitant

n’ayant pas abouti, Starimmo a rouvert une série de

négociations, autour d’un bail en état futur d’achèvement

(BEFA), avec d’autres opérateurs, dont plusieurs groupes

étrangers. Des visites de chantier devraient d’ailleurs être

organisées durant le Festival de Cannes.

« L'objectif est de livrer la coque froide au plus tard en

décembre 2026, sachant que l’exploitant retenu pourra

débuter les travaux d’aménagement dès septembre », explique

Nicolas Chican. Avec un second œuvre estimé à cinq

mois, la réouverture du cinéma pourrait intervenir au

printemps 2027, juste à temps pour la 80 e édition du

Festival de Cannes. Un scénario idéal pour que Le Star

brille de nouveau sur la Croisette.

Tanguy Colon

©Agence Pierre Chican

©Agence Pierre Chican

50 N°516 / 6 mai 2026


VENEZ RETROUVER

LES ÉQUIPES DE

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Focus Exploitation

©Jacky Cerisier

©Jacky Cerisier

L’ALLIANCE DE GUIPRY-MESSAC

FAIT PEAU NEUVE

Aboutissement d’un projet global de revitalisation urbaine au sein de la commune

d’Ille-et-Vilaine, le cinéma associatif de deux écrans a rouvert ses portes ce 6 mai, et

compte repartir de l’avant, après un exercice 2025 délicat.

Un projet d’union

Entre Guipry et Messac, l’alliance n’a jamais été bien

loin. Les communes voisines ont régulièrement entretenu

des liens intenses, ayant poussé les habitants des deux

villes à créer en 1960 l’association L’Alliance pour appeler

à leur réunion. Cette dernière n’arrive qu’en 2016, dans

le cadre de la loi du 16 mars 2015 relative à l’amélioration

du régime de la commune nouvelle, et dès lors un projet

de rénovation urbaine est pensé. Le quartier de la gare

est complètement remodelé et de nouveaux immeubles

sont construits, à l’instar du cinéma, implanté dans un

bâtiment pensé comme un pôle culturel et social. Cette

initiative s’imposait face à l’état critique du précédent

site, doté d’une seule salle, tout en longueur, typique des

constructions d’autrefois. « Le bâtiment datait d’il y a un

siècle, et était devenu une véritable passoire thermique ; la

poursuite des activités à l'intérieur était devenue très difficile »,

décrit Jacky Cerisier, co-président de l’association. Comme

l’évoquait Damien Deby, architecte chez Linéaire A, lors

de la journée « Vers la salle de cinéma durable » de l’ADRC

[voir le Boxoffice Pro du 15 avril], cette construction a

été orientée vers un modèle écologique, dont une ventilation

et un chauffage naturels. Ainsi, bien que le nouveau

bâtiment soit quatre fois plus grand en surface que

l’ancien, ses charges énergétiques ne seront que légèrement

supérieures. Cet effort est couplé à une modernisation

technologique intégrale, notamment avec l’installation

de projecteurs laser.

©Jacky Cerisier

52 N°516 / 6 mai 2026


LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : MAIRIE DE GUIPRY-MESSAC

Maître d’œuvre / pilote : LINÉAIRE A (DAMIEN DEBY)

Bureau de contrôle : ALPES CONTRÔLES (VIVIAN COURDE)

BÂTIMENT

Gros œuvre : VIGNON CONTRUCTIONS

Electricité et réseaux : RIHET

Climatisation/chauffage : RIHET

©Jacky Cerisier

©Jacky Cerisier

FAÇADE/HALL

Comptoir : GOUÉDARD (PATRICE LAMOUR)

Système de billetterie : CINÉDIGITAL

Signalétique intérieure : GOUÉDARD (PATRICE LAMOUR)

Enseignes façade : GOUÉDARD (PATRICE LAMOUR)

Affichage dynamique : CINÉDIGITAL

SALLES

Fauteuils : SIGNATURE F

CABINES

Installateur : CINÉDIGITAL

EXPLOITATION

Programmation : CINÉDIFFUSION

SITE INTERNET

Conception : CINÉ OFFICE

*Basé sur le déclaratif de la salle

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE

1 182 5 14,5 x 6,07 Atmos 4K LASER

2 108 4 11,2 x 4,69 7.3 2K LASER

TOTAL 290 9

Créer un lieu de vie

Avec ce nouveau complexe, l’association double son

nombre d’écrans : la première salle, de 187 fauteuils dont

5 PMR, est équipée en Atmos, tandis que la deuxième

compte 112 places dont 4 PMR, et un son en 7.3. En

complément, une salle est entièrement dédiée à la Micro-

Folie, un espace culturel modulable proposant ici des

expériences de réalité virtuelle et un musée numérique ;

une activité qui nécessitait auparavant l’arrêt du cinéma.

Pour Jacky Cerisier, l’objectif est de se positionner comme

« le pendant de la médiathèque, mais pour les images qui

bougent ». La programmation événementielle sera de son

côté accentuée dans les prochains mois avec l’ajout de

cinés cafés et de cinés échanges. La touche globale sera

orientée art et essai, de manière à conserver le classement

et le label Jeune public. Le label Patrimoine et répertoire,

bien que dans le viseur, n’est pour l’instant pas une priorité

tant il demande un travail spécifique et « une éducation

du public » qui s’avère prématurée dans cette période où

l’équipe cherche à « prendre ses marques ». Le tout sans

oublier une offre plus généraliste et familiale, qui possède

toutefois sa particularité : « Des titres comme Marsupilami

fonctionnent très bien, contrairement aux sorties comme

Avengers. » De quoi créer un espace de vie essentiel dans

un bassin de 7 500 habitants, rayonnant sur une dizaine

de communes à moins de dix minutes en voiture, et dont

les principaux pôles culturels sont situés à 30 km, à

Rennes ou Redon. « En dehors de quelques événements

©Jacky Cerisier

ponctuels, il n’y a pas beaucoup de sorties culturelles à

Guipry-Messac : il y a donc un espace à combler. »

Retrouver l’ascension post-Covid

Avec ce nouvel écrin, L’Alliance compte gagner en attractivité

et conquérir de nouveaux publics, à l’instar des

15-25 qui sont, pour l’instant, la cible la plus dure à

atteindre. L’association peut pour cela compter sur une

équipe de 85 bénévoles, en hausse depuis trois ans pour

préparer ce déménagement, ainsi que deux salariés et un

service civique. Le nombre de séances sera quant à lui

doublé, et les prix seront « tout à fait raisonnables » : plein

tarif à 6 €, une carte d’abonnement qui revient à 5 € le

film, et tarif réduit de 4,50 € pour les enfants. De quoi

retrouver la dynamique post-Covid qui avait permis au

cinéma de revenir près des 18 000 entrées d’avant la

pandémie, avant un triste exercice 2025 à -18 % de

fréquentation hors scolaires. Ici, l’étude par Ciné Conseil

table sur 30 000 entrées d’ici 3 ans, même si Jacky Cerisier

sait que ce résultat ne pourra être atteint « sans une offre

forte de titres porteurs généralistes ».

Jules Dreyfus

N°516 / 6 mai 2026

53


Miscellanées

PROCHAINE CDACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO

21/05/26 PATHÉ CINÉMAS CÉZANNE 10 1 255 Projet d'extension et de restructuration par l'ajout d'une

salle et la diminution de 284 places

Aix-en-Provence

Bouches-du-Rhônes

Communauté d'agglomération

du pays d'Aix

Pathé en mouvement

De la production à l’exploitation, le groupe présidé

par Jérôme Seydoux annonce plusieurs partenariats

et évolutions.

Une nouvelle société de production et

de financement

La stratégie visée avec l’entrée de Merit France – appartenant

à la famille Saadé – au capital de Pathé il y a un

an, se concrétise un peu plus avec la création d’Emotion

Pictures, en association avec Vendôme Pictures. L’idée

est d'acquérir, financer et produire « des films que les studios

produisaient dans les années 80 et 90, que les spectateurs

du monde entier réclament », selon Philippe Rousselet,

président et co-PDG de Vendôme Pictures. Pathé s’occupera

de la distribution de ces films en France, Suisse

et au Bénélux.

Le CinéPass évolue

Pathé Cinémas modifie les tarifs de son offre illimitée et

ajoute une nouvelle formule. Le CinéPass -26, permettant

d’accéder à toutes les séances “standard”, passe de 18,40 €

à 19,40 € par mois, la formule Classique de 22,90 € à

23,90 €, et le CinéPass Gold, donnant accès à toutes les

Le Pathé Zwolle, aux Pays-Bas

séances et formats, passe de 39,90 € à 36,90 € – avec une

offre à 34,90 € jusqu’au 31 décembre. Le nouveau venu,

le CinéPass Silver, donne accès à 31,90 € par mois et

sans supplément aux Pathé Palace, Pathé BNP Paribas

et Pathé Parnasse, ainsi qu’aux salles premium des Pathé

Annecy, Amiens et Le Havre. Enfin, Le CinéPass Duo

à 37,90 € disparaît, pour laisser place à une option Duo

à 15 € par mois activable sur toutes les formules

d’abonnements.

Une association avec La CinéFabrique

Le groupe de Jérôme Seydoux a annoncé un partenariat

inédit avec l’école nationale supérieure de cinéma, qui

s’inscrit « dans la volonté de Pathé de renforcer son engagement

en faveur de la formation et de lʼémergence de nouveaux

talents, en soutenant une école qui place l’égalité des chances

et l’excellence artistique au cœur de son projet pédagogique ».

Pour rappel, La CinéFabrique a été créée en 2015, d’abord

à Lyon et depuis 4 ans à Marseille, et propose une formation

gratuite et professionnalisante en trois ans aux métiers

du cinéma, avec une attention particulière à la diversité

sociale, culturelle et géographique de ses élèves, dont

55 % sont boursiers.

AGENDA DE LA PROFESSION

©CardMapr.nl / Unsplash

Disparition de

Jean Roux, exploitant

au Puy-en-Velay

La figure emblématique du cinéma dans la commune

de Haute-Loire est décédée le 23 avril dernier, à l'âge de

90 ans. Jean Roux aura consacré près de cinquante ans

de sa vie à faire vivre et évoluer les salles obscures du Puy.

Cet ingénieur en électronique de formation débute sa

carrière chez Thomson, avant de créer sa propre entreprise

d’électroménager au Puy. Mais cet enfant de la balle,

dont les parents Fernand et Madeleine Roux ont acquis

le cinéma Family en 1934, ne va pas tarder à embrasser

la voie de ces derniers. En 1962, il devient exploitant de

salles de cinéma et un en plus tard, épouse Raymonde

Maisonneuve, qui partagera à la fois sa vie et sa passion.

Ensemble, ils rachètent le cinéma Ciné-France, puis

reprennent dans les années 1980 la gestion du Family

cinéma. Visionnaires et profondément attachés à leur

public, ils accompagnent l’évolution du métier en transformant

les salles traditionnelles en complexes puis en

multiplexes. Leur engagement culmine en 2009, lorsque

ils fondent le Ciné Dyke (6 salles), toujours au Puy-en-

Velay, avec leur fille Florence. Celle-ci salue aujourd'hui

« un homme de conviction, un travailleur passionné », qui

laisse derrière lui l’image d’un « artisan du cinéma de

proximité, ayant su marier technique et amour du film ».

Jean Roux laisse dans le deuil ses trois enfants, ses sept

petits-enfants et un arrière-petit-fils.

A.A.

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU SCARE 09 et 10/05/26 CANNES

RENCONTRE NATIONALES ART ET ESSAI AFCAE 10 au 12/05/26 CANNES

FESTIVAL DE CANNES 12 au 23/05/26 CANNES

RÉUNION EUROPA CINEMAS 17/05/26 Cannes

AG DU SYNDICAT DES PAYS DE SAVOIE 02/06/26 ANNECY

AG DU SLEC 08 et 09/06/26 LE CREUSOT

AG DU SYNDICAT DES CINÉMAS DE L'OUEST 16/06/26 BEAUPRÉAU-EN-MAUGES

12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 17 au 19/06/26 DINARD

RENCONTRES DU CINÉMA INDÉPENDANT 17 au 19/06/26 PARIS

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY

CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE

BIARRITZ FILM FESTIVAL NOUVELLES VAGUES 23 au 28/06/26 BIARRITZ

FÊTE DU CINÉMA 28/06 au 01/07/25 FRANCE

STUDIO SHOW 02 et 03/07/26 PARIS

AG DE L'ACOR - ASSOCIATION DES CINÉMAS DE L'OUEST

POUR LA RECHERCHE

02/07/26 LA ROCHELLE

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI JEUNE PUBLIC 08 au 10/09/26 NANCY

54 N°516 / 6 mai 2026


LEADER DIGITAL SUR LE CINÉMA

17.5M 45M 67%

De visiteurs

uniques

par mois*

De sessions

par mois**

Des spectateurs

se rendent sur

AlloCiné***

LA MARQUE ALLOCINÉ PRÉSENTE

SUR TOUTES LES PLATEFORMES

+18M

DE FOLLOWERS

Réseaux sociaux, AlloCiné, Avril 2025

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1,5M

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465K

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En 2025, BNP Paribas a participé au financement

de plus d’un film sur deux agréés en France **

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SERRE MOI FORT - BLOODY MARIE - BOWLING SATURNE - C’ÉTAIT MIEUX DEMAIN - UN PEUPLE ET SON ROI - KARATEKA - UNE ROBE POUR MRS HARRIS - LA DOULEUR - EN CORPS - ADORABLES - LIBERTÉ - L’ATTACHEMENT - NOUVELLE VAGUE - THE APPRENTICE - LE MANGEUR D’ÂMES - LE ROMAN DE JIM - ALICE - DEUX PROCUREURS - 16 ANS

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** En 2025, BNP Paribas a participé au financement

de 111 films sur 216 agréés en France

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