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Haiti Liberte 13 Mai 2026

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Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026

CONDAMNÉS POUR L’ASSASSINAT DU

PRÉSIDENT MOÏSE !

Fizeme Vatikan,

Bandi Savyen ap bwè

san!

Page 6

Le Cap-Haïtien

comme bouc

émissaire : quand

l’échec de l’État

central cherche des

responsables locaux

Page 7

De gauche à droite, Arcángel Pretel Ortiz, Antonio « Tony » Intriago, James Solages et Walter Veintemilla ont été

reconnus coupables par un tribunal fédéral de Miami pour leur implication dans l’assassinat du président haïtien

Jovenel Moïse.

Voir page 3

QUAND LA VIOLENCE CONTRAINT LA

POPULATION À FUIR !

1915 Redux:

Operation Southern

Spear Begins to

Establish De Facto

U.S. Military Bases

in Haiti

page 9

Venezuela et FMI

: souveraineté et

résistance !

page. 10

Des milliers de déplacés hommes, femmes et enfants sont abandonnés dans les rues de la capitale.

Voir page 4

Angleterre : Les

employés de Google

DeepMind se

syndiquent….

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

Les médias au service des puissances impérialistes

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

Par Berthony Dupont

Il existe dans ce pays, un certain nombre de médias qui prennent un

plaisir incroyable à interviewer les représentants diplomatiques des

nations qui dominent Haïti. Ces entretiens n’ont pas pour but de recueillir

des informations sur ce qui se passe dans les pays d’origine de ces

représentants, mais plutôt de leur permettre d’exprimer leur point de

vue sur la situation interne d’Haïti. Conformément aux conventions diplomatiques

internationales, aucun ambassadeur ni aucun chargé d’affaires

quel que soit le titre spécifique détenu par la personne accréditée

n’a le droit d’émettre une opinion sur la situation du pays où il est en

poste. Cette règle existe par respect pour la souveraineté des États et

pour les principes régissant les relations diplomatiques, tels qu’ils sont

consacrés par la Convention de Vienne de 1961.

Après tout et plus particulièrement dans le cas d’Haïti quand

a-t-on jamais vu un ambassadeur haïtien se présenter devant la presse

de son pays d’accueil pour porter un jugement sur les événements qui

s’y déroulent ? S’il s’avisait simplement de s’exprimer que ce soit en

termes positifs ou négatifs il serait immédiatement déclaré « persona

non grata ». Alors, pourquoi certains médias haïtiens ne respectent-ils

cette règle diplomatique élémentaire ? Parmi les médias qui se font les

champions de cette pratique humiliante figurent Le Nouvelliste, Radio

Télé Métropole, Alterpresse et tout récemment Ayibopost, pour n’en

citer que quelques-uns. Ce dernier média a interviewé le chargé d’affaires

des États-Unis en Haïti, Henry T. Wooster en avril 2026, et vient

de réitérer l’offense le 1er mai avec l’ambassadeur du Canada, André

François Giroux. Qu’est-ce qui poussent ces journalistes sur cette voie

? Est-ce une quête d’information ou de notoriété ? Ce n’est pas, en

réalité, l’objectif qu’ils poursuivent.

Il s’agit là d’une illustration classique de la domination néocoloniale

exercée par ces nations. Ayant totalement ruiné Haïti, elles

n’hésitent plus aujourd’hui à s’ingérer dans des affaires qui ne les regardent

absolument pas. Pourtant, ce qui est encore plus consternant,

c’est que ce sont souvent les médias locaux eux-mêmes qui vont à

leur rencontre allant jusqu’à les supplier d’intervenir. Dans ce cas, les

représentants de la nation dominante, sont tout à fait en droit de décliner

l’invitation. Néanmoins, certains journalistes persistent car, à leurs

yeux, c’est un honneur d’avoir un ambassadeur étranger en interview

et qui se prononce sur la politique de leur propre pays. Cela constitue un

spectacle pernicieux teinté, de surcroît, d’une certaine ignorance favorisant

même l’établissement de liens personnels avec ledit ambassadeur.

Longtemps, cette pratique s’exerçait de manière anonyme ;

aujourd’hui, cependant, ces diplomates ont choisi d’afficher ouvertement

leurs points de vue tout comme le ferait un citoyen du pays dans

le but d’orienter l’opinion publique nationale. Ces ambassadeurs s’expriment

avec une véhémente arrogance, voire fallacieuse et grotesque,

et beaucoup d’hypocrisie. Qui croient-ils duper, sinon eux-mêmes et

les journalistes courtisans qui leur servent de laquais à force de relayer

leurs propos ? Le rôle propre des médias est de dénoncer l’ingérence des

nations dominantes ; or, ce sont eux qui leur tendent le micro, leur permettant

ainsi d’assurer leur défense et de dépeindre Haïti comme une

nation totalement dépourvue de valeur. Une chose est certaine : si Haïti

est arrivé à cette situation indescriptible actuelle, si désastreuse c’est

en raison de la complicité des puissances impérialistes, en l’occurrence,

ce triumvirat composé des États-Unis, du Canada et de la France.

Trop souvent, ce sont précisément ces nations tirant parti de leur

richesse et de leur puissance militaire et économique qui corrompent de

nombreux dirigeants haïtiens, les contraignant par là même à se plier

à leur volonté. L’ambassadeur du Canada, tout comme M. Wooster,

a perdu toute crédibilité en colportant des contrevérités et en pratiquant

la culpabilité par amalgame. L’argumentation d’André François

Giroux s’apparente à une propagande intellectuellement malhonnête.

L’ambassadeur critique les politiciens qui instrumentalisent les gangs ;

pourtant, il devrait également reconnaître que ce sont les États-Unis, le

Canada et la France agissant avec la complicité des oligarques haïtiens

qui ont fomenté les mouvements de gangs armés qui ravagent le pays

depuis le coup d’État de 1990 et qui se sont amplifiés depuis 2021 avec

l’assassinat du Président Jovenel Moïse.

Nous invitons l’ambassadeur à juger d’abord son propre pays

avant de critiquer le nôtre. Ce sont ces nations qui s’arrogent le droit

de déterminer pour les Haïtiens quel gouvernement est « bon ou mauvais.»

Haïti n’est pas arrivé seul à ce carrefour honteux. Des forces

dominantes étrangères sont à l’œuvre ; ce sont elles qui ont mené la

danse, transformant la vie des Haïtiens en un vaste océan de souffrance,

de misère et de pauvreté. Le Département d’État américain a

apporté son soutien total à tout gouvernement corrompu et dictatorial,

sous le prétexte de promouvoir la démocratie et les droits humains. Les

puissances impérialistes ont conduit Haïti à ce point et en faisant la nation

la plus appauvrie de l’hémisphère occidental. Et maintenant, sans

la moindre honte, elles reviennent pour la critiquer, voire pour lui faire

la leçon comme si le pays et son peuple avaient choisi volontairement

de vivre dans cet état de désolation.

Cette rhétorique ne sert que de paravent à l’impérialisme américain,

lui permettant de poursuivre une politique encore plus agressive

à l’encontre de la nation. C’est une stratégie conçue pour brouiller

les pistes, se complaisant dans des manœuvres de déstabilisation et

des conspirations de tout acabit afin d’assurer la perpétuation de leur

mainmise. Messieurs les Ambassadeurs, il y a un individu cynique que

le peuple commence véritablement à démasquer bien que depuis bien

longtemps nous ayons nous-mêmes levé le voile sur son rôle en tant

qu’agent criminel c’est : le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance.

Cet homme est un pur produit des laboratoires des États-Unis et

du Canada, opérant sous les traits d’un défenseur des droits humains.

C’est l’informateur attitré de vos ambassades. C’est votre fameux scélérat,

déployé pour calomnier et anéantir tous ceux qui refusent de se

plier aux desseins de la stratégie impérialiste américaine !

Étant donné qu’il vit à votre solde, est-ce la raison pour laquelle,

vous ne l’avez jamais dénoncé pour tous les crimes qu’il a concoctés

et ses mensonges orchestrés pour désintégrer la société haïtienne et

déstabiliser le pays tout entier ? Qui, en effet, tire les ficelles de ces éléments

corrompus ? Sans aucun doute, les forces capitalistes et impérialistes

occidentales. Le système capitaliste ne saurait survivre s’il n’appauvrissait

certaines nations et ne pillait les richesses des plus faibles.

Haïti en est victime, en raison du rôle historique qu’elle a joué sur la

scène mondiale et de sa position géographique et stratégique située à

proximité immédiate du plus grand monstre qui soit. Le paradoxe est

toutefois flagrant. Il n’existe qu’une seule alternative aux instruments

idéologiques au service de la classe dirigeante occidentale. Avant toute

chose, nous devons dénoncer toutes les manœuvres des médias réactionnaires,

ces courtiers au service de la propagande capitaliste, portant

la marque indélébile de l’infamie. Ensuite, nous devons commencer

par dissiper leurs effets persistants afin d’extirper les racines mêmes

du mal.

Cela exige un nouvel état d’esprit, celui d’hommes et de femmes

d’action et de conviction, voué à la transformation sociale de notre

société. Que tout patriote intègre place l’intérêt national au-dessus de

tout, veillant à ce que la fermeté alliée à la compétence devienne la

règle absolue, afin que toute ingérence de Washington, d’Ottawa et de

Paris dans les affaires intérieures du pays cesse une fois pour toutes.

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Email :

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Website :

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DIRECTEUR

Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

Victoria T. H. Sylvain

RÉDACTION

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Bissainthe Anneseau

COLLABORATEURS

Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Yves Camille

Jacques Elie Leblanc

Claudel C. Loiseau

Henriot Dorcent

Dr. Antoine Fritz Pierre

Eddy Toussaint

Edmond Bertin

Robert Garoute

Jacques Nési

Ed Rainer

Elysée Luckner Vil

ADMINISTRATION

Marie Laurette Numa

Didier Leblanc

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2 Haiti Liberté

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026


A Travers Haiti

Condamnés à Miami pour l’assassinat du

président Jovenel Moïse !

Le président Jovenel Moise

Un jury fédéral de Miami, aux

États-Unis, a reconnu coupables

ce vendredi Arcángel Pretel Ortiz,

Antonio Intriago, Walter Veintemilla

et James Solages de leur participation

au complot visant à kidnapper et assassiner

le président haïtien Jovenel

Moïse à Port-au-Prince en 2021.

Avec ce verdict, neuf personnes

sont désormais condamnées aux

États-Unis pour cet assassinat, perpétré

par un groupe de mercenaires,

dont 17 anciens soldats colombiens.

La sentence

Cinq autres accusés avaient déjà

été condamnés à la prison à vie, tandis

qu’une sixième personne a écopé

Mario Antonio Palacios Palacios

d’une peine de neuf ans de prison

après qu’il a été établi qu’elle ignorait

tout du complot, ayant financé l’envoi

de gilets pare-balles.

Les quatre accusés, qui avaient

plaidé non coupables, ont été reconnus

coupables d’avoir apporté un soutien

matériel à la conspiration et d’avoir

participé à une opération armée contre

une nation amie. Outre le chef d’accusation

principal, ils encouraient tous la

réclusion à perpétuité et leur sentence

sera prononcée dans les prochains

mois. Le verdict a été rendu par un

jury de douze personnes à l’issue d’un

procès de 39 jours devant un tribunal

fédéral de Miami, présidé par la juge

de district Jacqueline Becerra.

Huit autres coaccusés dans cette

affaire, dont deux mercenaires colombiens

et plusieurs alliés haïtiens

et américains du groupe, avaient déjà

plaidé coupable de leur participation à

la conspiration.

La Conspiration

L’ancien sénateur haïtien Joseph

Joël John

Selon l’acte d’accusation, les

hommes condamnés ont conspiré

dans le sud de la Floride pour orchestrer

l’enlèvement puis l’assassinat de

Moïse, survenu le 7 juillet 2021 à son

domicile privé de Pétion-Ville, près de

Port-au-Prince, par un groupe de mercenaires.

Ce jour-là, Solages et des mercenaires

colombiens ont abattu Moïse,

âgé de 53 ans, dans sa chambre et

grièvement blessé son épouse, Martine,

sans que ses gardes du corps

n’interviennent. Selon des documents

judiciaires, entre février et juillet 2021,

le sud de la Floride a servi de centre

névralgique pour la planification et le

financement du complot visant à renverser

le président haïtien et à le remplacer

par une personne partageant

les intérêts politiques et économiques

des conspirateurs.

L’objectif était que le médecin

haïtien Christian Sanon accède à la

présidence et attribue ensuite des contrats

à une société basée à Doral, liée

à Intriago et Ortiz, tandis que Solages

assurait la liaison en Haïti. Veintemilla,

quant à lui, aurait financé l’opération

par le biais de sa société, Worldwide

Investment Development Group.

Le procès de Sanon, initialement

prévu dans cette affaire, a été disjoint

pour raisons de santé et se tiendra ultérieurement.

Les accusés ont élaboré plusieurs

plans pour kidnapper Moïse,

mais face à leur échec, ils ont ordonné

à des mercenaires colombiens de

prendre d’assaut la résidence présidentielle.

Le Plan

Les autorités ont indiqué que le

plan avait initialement été présenté

aux mercenaires colombiens comme

une opération d’arrestation légale

soutenue par les agences américaines,

notamment parce que certains des

participants avaient collaboré avec le

FBI et la DEA en tant qu’informateurs.

Cependant, selon des témoignages,

l’opération a abouti à des meurtres

après plusieurs tentatives d’arrestation

infructueuses.

Plus de 50 personnes ont été inculpées

en Haïti pour cet assassinat,

dont la veuve de Moïse, bien que la

procédure judiciaire soit au point mort

en raison de l’insécurité extrême. La

plupart des anciens soldats colombiens

impliqués dans cette affaire sont

emprisonnés en Haïti.

Crise

L’assassinat du président a déclenché

une crise profonde en Haïti,

créant un vide du pouvoir qui a permis

aux bandes armées de prendre le

contrôle de la ville et aggravé la situation

humanitaire. Depuis, de puissants

gangs contrôlent la quasi-totalité de la

capitale, y compris l’aéroport, ainsi

que les principaux axes routiers du

pays.

Cette situation a engendré une

vague de migration vers d’autres

pays, notamment les États-Unis, où

quelque 350 000 Haïtiens bénéficient

du statut de protection temporai-

Le groupe paramilitaire qui en 2021 avait assassiné le président haïtien

re (TPS) pour éviter l’expulsion. Les tions depuis 2016 et est sans président

depuis l’assassinat du Premier

tentatives de l’administration du président

Donald Trump pour abroger ce ministre. Alix Didier Fils-Aimé, Premier

ministre par intérim, exerce ac-

statut ont jusqu’à présent été bloquées

par les tribunaux.

tuellement le pouvoir avec le soutien

Le pays le plus pauvre des des États-Unis.

Amériques n’a pas organisé d’élec-

Pagina XXII 08 mai 2026

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Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026

Haiti Liberté

3


A Travers Haiti

Quand la violence contraint la population à fuir !

Par Isabelle L. Papillon

Soudain, plusieurs groupes armés

s’affrontent dans divers quartiers

tels qu’Aral, la rue Germain, Sarthe

40, la Route Neuve, Blanchard,

Pierre 6, Fourgy, Terre Noire, Nerette

et Malo, au sein de la Plaine du Culde-Sac.

Qu’est-ce qui se cache derrière

cette nouvelle vague de violence ?

C’est la question que se posent bon

nombre d’observateurs. Ces actes de

violence ont éclaté le dimanche 10

et le lundi 11 mai, contraignant de

nombreuses personnes à abandonner

leurs quartiers, leurs maisons et leurs

effets personnels pour échapper aux

balles perdues.

En effet, plusieurs maisons auraient

également été touchées par des

tirs. Et depuis la nuit du dimanche 10

au lundi 11 mai, hommes, femmes,

enfants et personnes âgées ont trouvé

refuge devant les locaux du Parc industriel

de la SONAPI. Dans les quartiers

touchés, les écoles sont fermées

et toutes les activités commerciales

sont à l’arrêt.

Selon certains résidents, les

affrontements entre groupes armés

rivaux se multiplient dans plusieurs

quartiers de la Plaine du Cul-de-Sac.

Des hommes armés affiliés à « Jeff »

du groupe Taliban et à « Chen Mechan

» auraient lancé une attaque contre le

quartier de Duvivier. Mais la raison

exacte de ces combats demeure la

question essentielle à laquelle la population

souhaiterait obtenir une réponse.

Je ne crois pas, en effet, qu’ils

se soient mis à s’entre-tuer sans aucun

motif. On pourrait certes y voir

l’œuvre d’un fou, mais quel est le

véritable catalyseur de cette guerre

ouverte ?

Ce mardi, d’ailleurs, la peur

reste vive dans plusieurs secteurs de

la Plaine du Cul-de-Sac. Devant la

SONAPI et à Carrefour 3 Mains, les

personnes déplacées continuent d’affluer,

en quête de protection et d’assistance

humanitaire.

Le danger est tellement inouï

que même la clinique médicale «

Partners in Development », située

près de Damiens, a dû fermer ses

portes pour la première fois, alors

même que des gens faisaient la queue

à l’extérieur, nécessitant des soins

pour des blessures par balle. Médecins

Sans Frontières (MSF) également est

contrainte de suspendre ses activités

à Cité Soleil, l’hôpital étant débordé

par des patients dans un état critique,

dont plus de 40 blessés par balle. De

plus, MSF ne dispose pas des moyens

adéquats pour garantir la sécurité des

patients et de son personnel médical.

D’aucuns affirment que, depuis

l’assassinat de « Bébé », un chef important

du gang de Village La Renaissance,

survenu en mars 2026 dernier,

la Plaine a sombré dans cette spirale

de violence sans précédent. C’est «

Champion », un autre chef de gang du

secteur, qui a assassiné Bébé. La mort

de ce dernier a laissé un vide, immédiatement

comblé par une guerre de

succession et de territoire. Trois jours

après cet incident, Jeff, du groupe «

Taliban », a lancé une offensive pour

reprendre le contrôle du village. Cet

événement a déclenché un conflit ouvert

entre ces deux groupes armés.

D’autres soutiennent qu’il s’agit

là d’une lutte visant à déterminer quel

secteur contrôlera le poste de péage

de Carrefour Duvivier.

Mais l’information la plus significative,

émanant d’une source

bien informée, est la suivante : dans

son bulletin daté du 10 mai 2026,

l’OCHA (Bureau de la coordination

des affaires humanitaires des Nations

unies) estime que 70 % de la population

de la plaine est directement

touchée par les combats, souffrant

de pénuries alimentaires ainsi que

d’une recrudescence des violences

sexuelles.

L’OCHA, qui coordonne le

plan d’intervention d’urgence 2026

pour Haïti, a prévu de débloquer une

somme d’environ 127 millions de

dollars américains sur une période de

six mois afin de répondre à l’urgence

humanitaire en Haïti, et plus particulièrement

dans la zone métropolitaine,

situation aggravée par la violence des

gangs et l’insécurité alimentaire.

Ces fonds doivent être alloués

aux domaines suivants :

- aide alimentaire d’urgence ;

- soins de santé (traumatismes

liés à la guerre et à la violence) ;

- hébergement temporaire pour

les personnes déplacées ;

- protection des civils (en particulier

les femmes et les enfants).

Des milliers de déplacés hommes,

femmes et enfants sont abandonnés

à Carrefour 3 Mains. Toutefois,

de nombreux observateurs locaux se

demandent si cette guerre déclarée

ne constitue pas une manœuvre

soigneusement calculée par certains

dirigeants d’ONG pour canaliser ces

fonds vers leurs propres zones d’intervention.

Les projets humanitaires

ne seraient-ils pas, bien souvent, les

garants de la violence dans certaines

parties du pays, au profit d’un secteur

ou d’une « main invisible » ?

Des personnes déplacées se tiennent au bord de la rue

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public

entendu, maintient le défaut octroyé contre

la défenderesse à l’audience précitée, pour le

profit déclare fondée ladite action. Admet en

conséquence le divorce du sieur Campane JOSEPH,

d’avec son épouse née Mirielle Mariette VILBRUN

pour injures graves et publiques. Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre

lesdits époux. Ordonne à l’officier de l’état civil de

Delmas, de transcrire sur les registres à ce destinés,

le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant

à la Capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s’il y échet. Commet l’huissier

Emmanuel JEAN de ce siège pour la signification

de ce jugement. Compense les dépens. Ainsi

jugé et prononcé par nous, Nelson CILIUS, Juge

en audience civile, ordinaire et publique du Jeudi

cinq Février deux mille vingt-six, en présence

de Me Elysée Fénélon, Substitut Commissaire du

gouvernement de ce ressort et avec l’assistance du

sieur Mozart TASSY, Greffier du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc.....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal jugeant publiquement, après avoir

délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions

du Ministère public, accueille l’action de la

demanderesse, la dame née Maradona LUBIN.

Maintient le défaut octroyé contre le sieur Edzel

AUGUSTE, défendeur à l’audience précitée. Admet

en conséquence le divorce desdits époux Edzel

AUGUSTE la femme née Maradona LUBIN pour

injures graves et publiques, faits prévus à l’article

217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre eux

aux torts exclusifs de l’époux. Ordonne à l’officier

de l’état civil de la Section Est de Port-au-Prince de

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera publié

dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale

sous peine de dommages intérêts envers les tiers.

Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège

pour la signification du présent jugement

Ainsi jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-

ALEXIS, Juge en audience civile, ordinaire et

publique de divorce du vendredi vingt-quatre

(24) Janvier deux mille vingt-cinq, en présence de

Me Fabienne BIEN-AIMÉ, Substitut Commissaire

du gouvernement de Port-au-Prince et avec

l’assistance du citoyen Homère RAYMOND,

Greffier du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc.....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen et sur les conclusions du

Ministère public, accueille l’action du demandeur,

le sieur Jimmy JOSEPH en la forme. Maintient le

défaut octroyé contre dame née Marjorie VILLA,

défenderesse à l’audience précitée; Admet en

conséquence le divorce du sieur Jimmy JOSEPH

d’avec son épouse née Marjorie VILLA pour injures

graves et publiques, faits prévus à l’article 217 du

code civil Haïtien. Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux ce,

aux torts exclusifs de l’épouse. Ordonne à l’officier

de l’état civil de la Section Est de Port-au-Prince de

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera publié

dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale

sous peine de dommages intérêts envers les tiers.

Compense les dépens. Commet l’huissier Clerbrun

Faure de ce siège pour la signification du présent

jugement

Ainsi jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-

ALEXIS, Juge en audience civile, ordinaire et

publique de divorce du vendredi vingt (20)

Décembre deux mille vingt-quatre, en présence

de Me Jean Claude Jean Antoine, Substitut

Commissaire du gouvernement de Port-au-

Prince et avec l’assistance du citoyen Homère

RAYMOND, Greffier du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc.....

S MOTIFS

Le Tribunal après en avoir délibéré conformément

à la loi statuant publiquement et par défaut, sur

les conclusions du Ministère public. Maintient

en la forme le défaut octroyé au profit du sieur

Odson FILIAS. Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux ayant existé entre les époux Edson

FILIAS la femme née Cherly DELILLE aux torts

de l’épouse. Dit que l’épouse reprendra son nom

de jeune fille. Renvoi par les parties par devant

l’officier de l’état civil de la Croix-des-Missions pour

les suites de droit. Ordonne la publication du présent

jugement dans l’un des quotidiens s’éditant à la

Capitale. Compense les frais et dépens de l’instance.

Commet l’huissier Arince LAGUERRE, immatriculé

au greffe du Tribunal de première instance de la

Croix-des-Bouquets, pour la signification dudit

jugement. Ainsi jugé et prononcé par nous, Olane

COMPERE , Juge en audience ordinaire publique

et civile du Jeudi quinze (15) Janvier deux mille

vingt-six (2026) en présence de Zachée Stephen

Osiris, Substitut Commissaire du gouvernement,

représentant du Ministres public avec l’assistance

de David ALEXIS ,Greffier du siège

Il est ordonné...etc...

En foi de quoi....etc....

David ALEXIS, Greffier

AVIS DE DIVORCE

Le Tribunal de première instance de la Croix-des-

Bouquets a rendu un jugement le divorce dont

le dispositif est ainsi conçu. Le Tribunal après

avoir délibéré conformément à la loi, statuant

publiquement et par défaut sur les conclusions

du Ministère public. Maintient en la forme le

défaut octroyé au profit de la dame Stéphanie

Jacquet Cangé. Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux ayant existé entre les époux Dave

Chrislaire Cangé la femme née Stéphanie Jacquet,

aux torts de l’époux. Dit que l’épouse reprendra

son nom de jeune fille renvoi les parties par devant

l’officier de l’état civil de la Croix-des-Missions

pour le surplus des formalités légales. Ordonne

la publication du présent jugement dans l’un des

quotidiens s’éditant à la Capitale. Compense les

dépens les frais et dépens de l’instance. Commet

l’huissier Arince LAGUERRE pour la signification

du dit jugement. Ainsi jugé et prononcé par nous,

Olane COMPERE, Juge en audience ordinaire

publique et civile du Jeudi 23 Avril deux mille vingtsix,

en présence de Me Zachée Stephen Osiris,

Substitut Commissaire du gouvernement Greffier

du siège, avec l’assistance de David ALEXIS,

Greffier du siège

Il est ordonné...etc......

En foi de quoi....etc....

Me Gérard C. CHERY ,Avocat

AVIS DE PUBLICATION

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après en avoir délibéré conformément

au voeu de la loi, du Mardi 09 décembre 2025

contre les cités Michel-Ange Desrosiers, Edva

Paulinice, Gabriel Cadichon, déclare recevable

l’action des demandeurs Marc Emmanuel Prou

et son épouse Rosemarie Auguste dite Rose-

Mary Auguste pour être intentée dans le délai et

selon les formes prescrites par la loi, se déclare

compétent rationae materiae puisqu’il s’agit de

trouble possessoire, déclare que le trouble a été

porté à l’occupation de la demanderesse; aux cités

Gabriel Cadichon, Edva Paulinice via Michel-Ange

Desrosiers de ne plus troubler la possession des

requérants à l’avenir. Ordonne la remise des lieux

dans leur état initial soit l’arrachement des bornes

plantées illégalement sur le terrain par les cités à

la diligence de l’huissier exécutant ; maintient

les demandeurs Marc Emmanuel Prou et son

épouse née Rosemarie Auguste dite Rose-Mary

Auguste en possession sur leur occupation sis à

Cour-Cadichon, Marmont. Ordonne l’annulation

de l’opération d’arpentage effectuée les 11 et

19 octobre 2025 par le Ministère de l’arpenteur

Michelange Desrosiers ou tout autre collègue

de la juridiction du TPI de Hinche. Condamne

solidairement les cités Gabriel Cadichon, Edva

Paulinice via l’arpenteur Michelange Desrosiers

à vingt cinq mille 25000) gourdes de dommages

intérêts pour les préjudices. Condamne également

les cités aux frais et dépens de l’instance. Commet

l’huissier Arome Gauthier du TPI de Hinche pour

la signification de cette présente sentence. Donné

de nous, Magistrat Ralph-Eddy Silva, Juge en

audience ordinaire, civile et publique en date du

mardi 23 Décembre 2025, avec l’assistance de Me

Mackenson Isaac, Greffier du siège

Il est ordonné...etc......

En foi de quoi....etc....

Me Mackenson ISAAC, Greffier

4 Haiti Liberté

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026


Perspectives

Haïti : « Le gouvernement ne souhaite pas rétablir la démocratie »,

déclare un responsable syndical !

Par Cha Dafol

Selon le responsable syndical Ferdinand

Jean-Mary, les ajustements

salariaux consécutifs aux grèves ne résolvent

pas les crises du pays.

Après un mois d’avril marqué par

une montée des manifestations populaires

et syndicales, le gouvernement intérimaire

haïtien a annoncé lundi 4 une

augmentation du salaire minimum pour

les travailleurs sous-traitants. Bien qu’inférieure

aux revendications des grévistes,

cette mesure récompense la mobilisation

syndicale entamée il y a six mois et qui

a connu une croissance exponentielle ces

dernières semaines face à l’envolée des

prix de l’essence.

Dans un communiqué officiel, le

ministère de l’Économie et des Finances a

garanti que cet ajustement salarial serait

étendu progressivement à d’autres secteurs,

sans calendrier précis.

Pour Reyneld Sanon, coordinateur

d’Antèn Ouvrye (« Antenne des

Travailleurs »), une organisation de la

société civile qui défend les droits des

travailleurs, cette maigre concession

est une victoire pour la classe ouvrière

qui ne témoigne pas d›une quelconque

sympathie du gouvernement envers

la cause ouvrière, mais plutôt d›une

crainte de révolte générale. « Dès le début

des manifestations, il fallait empêcher

l›escalade, empêcher le mouvement

ouvrier de se transformer en rébellion

nationale. C›est pourquoi ils ont accordé

cette petite augmentation pour freiner

la mobilisation des travailleurs. Mais ce

gouvernement, comme la plupart des

gouvernements, ne se soucie absolument

pas des revendications des travailleurs »,

affirme-t-il.

Dans les faits, les réponses sont

rares et progressives, comme dans le

secteur de la santé, où les grévistes réclament

le paiement des arriérés de salaire.

À Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays,

les employés de l’hôpital Justinien ont annoncé

cette semaine leur retour au travail

après des négociations fructueuses avec la

direction. À Port-au-Prince, les grévistes

de l’hôpital La Paix n’ont pas obtenu gain

de cause et poursuivent leur grève.

Revendications multiples

D’un côté, la stratégie du gouvernement

semble se limiter à gagner

du temps. De l’autre, les travailleurs

étouffent. « Les salaires sont vraiment

misérables », dénonce Sanon. « Ils ne correspondent

pas au coût de la vie dans le

pays. Un salaire minimum ne résout rien ;

il ne permet pas de manger tous les jours,

d’emmener les enfants à l’école, ni de subvenir

à ses besoins essentiels… Sans parler

des conditions de travail épouvantables

dans les usines. »

Le professeur Ferdinand Jean-Mary,

responsable syndical et coordinateur

du Collectif des enseignants pour le renouveau

de l’éducation en Haïti (Ceneh),

signale une situation similaire dans

l’enseignement public où, selon lui, « les

conditions de vie et de travail sont très difficiles

». Avec une inflation oscillant entre

25 % et 30 %, se procurer les produits de

première nécessité devient de plus en plus

difficile. « C’est pourquoi nous ne demandons

pas seulement une augmentation,

mais un ajustement salarial qui reflète le

coût de la vie », explique-t-il.

Jean-Mary souligne également que

la solution à la crise multiforme qui frappe

Haïti – et le secteur de l’éducation en particulier

– ne se limite pas à une question

de revenus.

Plusieurs problèmes structurels

exigent une attention urgente. Les écoles

publiques, par exemple, continuent de

souffrir d’un manque de repas scolaires,

de tables et de chaises dans les salles de

classe – des besoins que, selon lui, l’État

est en mesure de satisfaire. Plus largement,

l’insécurité et l’impossibilité de circuler

sur les principaux axes routiers du

pays affectent directement les conditions

de vie de tous les Haïtiens. « L’insécurité a

Les travailleurs du textile haïtiens rejettent la modeste augmentation de salaire du gouvernement et

maintiennent la grève.

des conséquences très graves sur tous les

aspects de la vie. Dès que les communications

routières sont interrompues, tout

se complique. Aujourd’hui, les principaux

axes routiers sont bloqués [par des

bandes armées], et le refus du gouvernement

de résoudre ce problème constitue

un crime contre tous les travailleurs des

secteurs public et privé », déclare Jean-

Mary, soulignant que, dans le contexte

actuel, se déplacer d’une région à l’autre

représente non seulement un coût très

élevé, mais aussi un danger de mort.

Des défis complexes et contradictoires

Face à une stratégie de pouvoir

qui consiste à diviser et à traiter chaque

revendication comme si elle était unique,

le défi pour les mouvements et les organisations

est de maintenir la mobilisation et

de construire l’unité de la classe ouvrière

afin de trouver une issue à la crise politique

et sociale que traverse le pays. Dans

ce contexte, la Confédération unifiée des

travailleurs des secteurs public et privé

d’Haïti (Cutraseph) a été créée en 2025.

Cette organisation nationale rassemble

des syndicats de différents secteurs, et

Ferdinand Jean-Mary en est également le

secrétaire général adjoint.

L’un des thèmes centraux des débats

dans toutes les sphères de la vie

sociale et politique est la nécessité de

restaurer un État démocratique et souverain.

Pour Jean-Mary, cela ne peut se

faire qu’à travers des élections régulières

et crédibles, dont la priorité absolue est de

garantir la sécurité et la liberté de circulation

du nord au sud de l’île. « Ce n’est que

lorsque tous les problèmes fondamentaux

seront résolus que nous pourrons organiser

des élections et, enfin, avoir un gouvernement

légitime capable de répondre

aux problèmes du pays. »

Malgré les efforts de la Police nationale

haïtienne, des décennies d’interventions

de forces internationales sous l’égide

des Nations Unies, et même le recours par

le gouvernement actuel à des mercenaires

étrangers, force est de constater que la

situation sécuritaire ne s’est absolument

pas améliorée ces dernières années. Derrière

cette inefficacité quasi mystérieuse

se cachent de nombreuses personnes qui

doutent des bonnes intentions des autorités.

« Ce gouvernement ne se soucie

ni de débloquer les routes ni de rétablir

la démocratie. Son seul objectif est de se

maintenir au pouvoir », affirme Ferdinand

Jean-Mary.

Reyneld Sanon, quant à lui, estime

que seule une révolution pourrait résoudre

le problème. Or, dans le contexte actuel,

les conditions sont loin d’être réunies. «

Il est nécessaire et urgent de s’indigner,

de se révolter et de se mobiliser face à

la situation actuelle. Mais des obstacles

persistent. L’insécurité elle-même constitue

un frein. Des bandes ont infiltré les

quartiers populaires précisément pour

empêcher les grands mouvements et les

revendications. Et, malheureusement,

elles ont réussi. »

Autrement dit, les conditions

mêmes qui rendent la vie misérable aux

classes laborieuses sont particulièrement

avantageuses pour le maintien d’un gouvernement

non élu et de plus en plus suspect,

qui ne semble guère pressé d’organiser

une transition du pouvoir légitime et

démocratique.

Édité par : Thaís Ferraz

Brasil de Fato 7 mai 2026

Association des Amis de Belle-Anse

(ASSAB) et le reboisement de Belle-Anse !

Par Jean Claude Cajou

Le reboisement est la pierre angulaire

de tous les projets de l’ASSAB, car

il est indispensable au développement

de l’agriculture. Sans une couverture

végétale adéquate pour protéger les sols,

l’agriculture ne peut se développer réellement.

Le reboisement est essentiel pour

améliorer l’environnement dégradé de la

commune de Belle-Anse. La coupe systématique

des arbres forestiers et même

fruitiers dans des zones comme Ansabèf,

Nan Ban, Sibawo, Kadik ect... menace

sérieusement l’écosystème de la commune

de Belle-Anse. Par conséquent, le gaïac,

arbre précieux, est en voie de disparition,

abattu massivement dès l’année 1970

pour produire du charbon ou être vendu à

Port-au-Prince pour l’exportation.

Du reste, la population haïtienne

n’a cessé d’augmenter, En 1950, elle était

de 3 millions d’habitants. Elle est passée

à 12 millions en 2026, soit une hausse

nette de 9 millions d’habitants. Comment

Haïti et plus spécifiquement la commune

de Belle-Anse, peut-elle faire face à cette

croissance démographique rapide?

Dans les années 1980, la Chine

a instauré une politique de planning familial

coercitive dite: « politique de l’enfant

unique », pour freiner la croissance

démographique. Si elle a réduit le taux de

natalité, elle a aussi provoqué un taux de

vieillissement accéléré et des déséquilibres

sociaux. Abandonnée en 2015, elle n’est

plus un modèle transposable.

Pour Belle-Anse, la réponse ne peut

être coercitive. Elle doit s’appuyer sur 3

leviers clés adoptés en milieu citadin et

rural:

a) Planning familial volontaire,

b) Créer des alternatives

économiques au charbon de bois,

c) Éducation et formation des

jeunes,

Aussi protéger l’environnement de

la commune de Belle-Anse passe par l’autonomisation

des familles, pas par la contrainte.

C’est en liant reboisement et agriculture

durable et santé reproductive que

la commune pourra absorber sa croissance

démographique sans épuiser ses sols.

La déforestation en Haïti est un fait

avéré: « La tendance est que 92% des

ménages haïtiens utilisent du bois ou du

charbon pour cuisiner. » Elle s’explique

surtout par l’abattage des arbres et la pression

démographique.

Les arbres forestiers et fruitiers sont

l’ossature de l’environnement. En quoi la

protection de l’environnement de la commune

de Belle-Anse est-elle indispensable?

Les méfaits de la coupe démesurée

des arbres sont:

a) Le déboisement dérègle le

régime des pluies,

b) Sans pluie ni irrigation, aucune

agriculture n’est possible,

c) Sans secteur primaire, pas de

développement économique : “ Le premier

L’ASSAB lance un appel à la mobilisation de toute la communauté

bellansoise. L’objectif de cette invitation est de participer effectivement

dans le processus de reboisement.

besoin d’un peuple, c’est avant tout le

pain.”

d) Sans agriculture et les ressources

minières et énergétiques, les secteurs

secondaire et tertiaire ne peuvent exister,

e) Le reboisement est un levier clé

pour relancer l’agriculture.

Par ailleurs, lancer un projet de

reboisement sans un plan d’action bien

élaboré pour réduire progressivement

l’impact négatif du déboisement sur le

développement de la commune n’est pas

réaliste. Néanmoins, ce plan doit préciser

les étapes concrètes à suivre pour atteindre

les objectifs fixés: « L’exécution d’un plan

d’action est la capacité de convertir des

idées en action. »

Le reboisement n’est pas une

panacée. C ‘est un corollaire et un vecteur

important du développement communautaire,

au même titre que l’agriculture, la

santé, l’éducation, les loisirs et la recréation,

les infrastructures routières et le commerce

sont des facteurs qui contribuent au

développement d’une communauté.

L’ASSAB lance un appel à la mobilisation

de toute la communauté bellansoise:

autorités locales, secteurs religieux,

élèves des écoles et la population de la ville

de Belle-Anse et de ses sept sections communales.

L’objectif de cette invitation est

de participer effectivement dans le processus

de reboisement, de soutenir l’éducation

formelle et non formelle et d’implanter

des jardins potagers individuels et collectifs

pour essayer d’améliorer concrètement les

conditions de vie à Belle-Anse. Cette mobilisation

doit se traduire en actions concrètes

menées par et pour la population

bellansoise. Comme le rappelle l’ASSAB:

« Rien n’est possible sans les hommes,

rien n’est durable que les institutions. »

Aux côtés des associations et des

citoyens de bonne volonté, l’ASSAB s’engage

à contribuer à la réhabilitation de

l’écosystème de Belle-anse. Elle est prête

à gravir avec la population le chemin ardu

du reboisement. Elle est convaincue que

« On peut trébucher sur une pierre et être

capable de gravir la montagne. »

Jean Claude Cajou

Membre fondateur de l’ASSAB.

Spécialiste en développement

communautaire

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026

Haiti Liberté

5


Kwonik Kreyòl

Aktivite Zokiki : Lik Mèvil anba kòd

J. Fatal Piard

Se lè kabwèt la resi kole

W konn non tout bèf yo

P w o v è b

Ayisyen

Lajistis nan Kebèk jwenn tout

prèv Lik Mèvil koupab pou agresyon

seksyèl yo rele nan langaj Ayisyen

an kadejakè. Se konsa apre

jijman an ki te fini jou madi 12 me a

yo te pran direksyon prizon tèt dwat

ak li. Jij yo kondane li a de (2) lane

prizon poutèt zak kadejak l te fè sou

yon jèn fi nan lane 2000 yo sa fè

26 lane. Apre yo fin jwenn ti Lik te

deklare li koupab nan mwa dawout

pase a kòm gason ki maton nan zak

kadejak, chantè Koletif Non 184

GNB a te rantre tèt bese nan prizon

lendi maten 11 me a. Se nan tribinal

vil Rimouski, de ajan sekirite te

pwoche bò kote li pou mete li anba

kòd li merite.

Se Jij Djenms Wondo nan Tribinal

Kebèk ki te deklare: “Santans

lan dwe montre jan sosyete a rejte

krim seksyèl yo.” Li bay atis konpozitè

entèprèt la, ki gen 58 lane e ki

te vin popilè atravè komedi mizikal

Nòtdam Pari, yon santans de lane

prizon. Lè kadejakè pwofesyonèl

la fini ak 2 lane prizon an, li pa ko

fini pou sa ak lajistis. Ti Lik pral sou

pwobasyon ki vle di pandan twa

lane ankò li pral bijo respekte plizyè

kondisyon. Jij la mande tou pou

yo mete non ti Lik nan lis delenkan

seksyèl pandan 20 lane ankò. Yo te

kondane li poutèt agresyon seksyèl

sou yon jèn fi 19 lane nan yon

chanm otèl nan Rimouski pandan

fèt Sen Jan an nan lane 2000, sa

vle di plis pase 25 lane pase. Lalwa

pwoteje idantite viktim nan pou non

l pa sal kòm madan kadejakè.

Daprè jij la, te gen penetrasyon

sou viktim nan pandan li te

“san konesans ap dòmi”. Nou tande

de bagay? Sa k pi grav la toujou ti

Lik Mèvil te tèlman cho pou l fè bèl

mèvèy li pat tande houy li pat tande

la. Li pa t respekte refi ak pwotestasyon

li lè li te reprann konesans li

t ap plede l di l non non non m pa

dakò. Jij la di viktim nan te nan yon

sitiyasyon frajil epi vilnerab, anpil

anpil. Zak kadejak sa a te kòz li sibi

gwo chòk sikolojik. Nan sal tribinal

la, Lik Mèvil, ki gen bon non l ki

rele Likèsonn an reyalite, te rete san

emosyon pandan yo t ap li jijman

an, ak men li kole devan li.

An bon je chèch odasye li deja

fè apèl kont desizyon ki ta kondane

l kòm koupab zak kadejak la. Paske

li di yo fè erè sou moun nan. Li

menm prezante tèt li kòm viktim

yon konplo ki ta ka gen enterè komèsyal

dèyè li. Jij la pa t aksepte

demann pwokirè a ki te mande de

lane edmi prizon pou pini ti Lik, ni

demann akize a ki te vle fè santans

lan lakay li. Jij la eksplike se sèlman

prizon fèm dèyè kat miray ki te ka

yon pinisyon ki jis yon zak kadejak

konsa merite. Akòz gravite zak

kadejak la ak bezwen pou denonse

epi dekouraje atoufè kontinye fè zak

kadejak ki se krim sosyete a dwe

kwape.

Men jij la t ap chache jwe kwen

pou l rekonèt kèk eleman ki te an

favè akize a ki se ti Lik. Jij la dakò li

toujou travay, li itil pou sosyete a,

epi li pa t gen okenn dosye kriminèl

nan moman zak la te fèt. Yo fè

remake tou ke an 2018, li te deja resevwa

sis mwa prizon lakay apre li

te plede koupab pou eksplwatasyon

seksyèl sou yon adolesant 17 lane

kote li te nan pozisyon otorite sou li.

Men zak sa yo te fèt apre agresyon

seksyèl ki konsène dosye aktyèl la.

Kiyès ti Lik ye ?

Ti Lik se yon atis chantè

konpozitè men ki plis fonksyone

kòm aktivis 184 GNB Kolektif Non.

An 2004 se gwo deblozay zentèlèktyèl

komokyèl Kolektif Non t

ap manniganse pou yo te bòykote

Bisantnè Lendepandans pwòp peyi

yo. Enben pou sa k pat konnen se

ak menm ti Lik sa a zentèlèktyèl

konze pa bò isit yo te sèvi. An 2004

ti Lik se te Anbasadè Kolektif NON

184 GNB nan Kebèk. Se li k te dan

devan nan peyi sa a nan òganize

manifesdtasyon pou l jape kont Titid.

Se aktivite mache jape Titid sa a

nan tou Kanada ki te fè anpil moun

te vin konn ti èsklav mantal la.

Pi devan nan lokazyon Zougoudou

12 janvye 2010 la menm

ti Lik sa a te ranmase plizyè milya

dola pou l te vin bati kay pou moun

kay kraze yo. Pa menm nan televizyon

viktim yo pat menm gen chans

wè foto kay yo. Men se do detan ti

Lik nan prizon an l ap resi rann li

kont tout lè zentèlèktyèl kolektif

NON yo t ap ankouraje l jape Titid la

se tankou kapòt yo t ap pran woulib

sou li. Men padan l nan prizon pou

Lik Mèvil

zak kadejakè a youn nan yo pa di

se matchòpwèl yo l te ye. Se lè sa

a li resi wè se kòm kapòt ekspire

Kolektif NON yo t ap sèvi ak li. Men

si ti Lik te Konnen toujou nan dèyè

l. Pou le Moman ti Lika p peye

de kama. Kama bòykote Bisantnè

Lendepandans Ayiti an 2004. Kama

fè milya sou malè viktim Zougoudou

2010 yo.

Fizeme Vatikan, Bandi Savyen ap bwè san!

J. Fatal Piard

Ki te mele manman bourik

Nan lanmò manman milèt ?

Pwòvèb Ayisyen.

Pandan wikenn pase a, bandi sistèm

nan Savyen an bandisyon ap bwè

rès san peyizan san defans yo. Detan

sa a Aliks Disye Fizeme ki se pi gwo

defansè sistèm nan ap bwè rès diven

ekspire anba dyòl lepap jis nan fon

lakou Vatikan. Jiskaske l retounen

Ayiti, pèsonn nan popilasyon an pa

ko janm konprann ki sa Fizeme t al

fè Vatikan. Nan ki sa bwèlta sa a ap

itil pèp Savyen an ki livre de bra mare

anba grif asye bandi Viv Nan San n yo.

Apre yon lanmès nan lang laten ki te

òganize pou lapè an Ayiti, Premye Minis

la, Aliks Didye Fizeme, te pran lapawòl

pou remèsye otorite Vatikan yo

San l pa menm konprann anyen

nan prèch Dominoum Vobiskoum

ekspire pap ti Leon 14 t ap rablabla a,

ti Didye te salye inisyativ selebrasyon

sa a ki te dedye pou Ayiti. Pou Ayiti

wi li gen odas di w !!!! Vakabon abiye

gen bèl diskou. Bèl diskou radòtè

pwofesyonèl. Chèf Gouvènman an

reyafime angajman Leta Ayisyen pou

retabli sekirite, ranfòse tèt ansanm

nasyonal la, epi kreye kondisyon pou

yon retou dirab nan estabilite peyi a,

sitou atravè preparasyon eleksyon enklizif.

Eleksyon enklizif ta vle di tout

moun nèt ladan l. Menm Bandi yo.

Nou tande ? Li te souliye tou enpòtans

dyalòg ant relijyon yo, gwo wòl Legliz

katolik an Ayiti nan domèn sosyal yo,

ansanm ak kontribisyon dyaspora

ayisyen an nan pwosesis rebati peyi a.

Anfen, Premye Minis la lanse

yon apèl pou kominote entènasyonal

la ogmante sipò li bay Ayiti, epi li

mansyone nesesite pou òganize yon

konferans entènasyonal solidarite pou

Ayiti. Li fini entèvansyon li a avèk espwa

selebrasyon sa a va ede ranfòse

lespwa ak inite pèp ayisyen an. Men

èske Fizeme te gen ase grenn pou l di

pap Ti Leon 14 se legliz katolib menm

Leta Tèt Kale a te bay franchiz pou

rantre zam fann fwa pou yo vann bay

bandi san fwa ni lwa pou vin faann

fwa pòv malere nan katye popilè yo.

Ayiti se sèl peyi pè ak pastè trafikan

tout kalib nan Legliz tout kalte gen baryè

lib pou rantre zam fann fwa pou

vann bay bandi.

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La a Nikaragwa se ak kout pye

tout longè nan bouda yo Noryega

pran legliz latrin yo ak tout pè ak pastè

bayakou pwofesyonèl yo k ap vin

preche mas pèp la sòm reziyasyon. Epi

lepap sanble l fin fimen pwèl moun fou

li konprann li ka priye pou lapè jis an

Ayiti. Epi l gen lagè Risi ak Ikrèn depi

4 lane edmi nan twou nen l an Ewòp.

Li pa fouti janm di yo youn nan Lwijan

Boje o otan. Pou se bandi Savyen pou

pap la ta vin di fè yon kanpe. Ou kwè

tèt ni Fizeme ni Leon 14 dwat lè lòlòj

yo pran vire kou toupi lè yo fin bwè

diven ekspire ki fè limon ?

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6 Haiti Liberté

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026


Perspectives

Le Cap-Haïtien comme bouc émissaire : quand l’échec de

l’État central cherche des responsables locaux

Par Reynoldson Mompoint

En Haïti, chaque fois que l’État

échoue, le pouvoir cherche immédiatement

un responsable secondaire à

exposer à la colère populaire. C’est une

vieille technique politique : détourner

l’attention de l’effondrement général en

concentrant les critiques sur une institution

plus visible, plus accessible et surtout

moins puissante. Aujourd’hui, c’est

le cartel municipal du Cap-Haïtien qui se

retrouve au centre de cette mécanique de

diversion politique.

Les accusations pleuvent. Les critiques

se multiplient. Les commentaires

indignés envahissent les radios, les réseaux

sociaux et les conversations populaires.

Certains parlent d’incompétence

municipale. D’autres évoquent une incapacité

administrative. Mais derrière

cette avalanche de reproches se cache

une vérité beaucoup plus profonde que

plusieurs refusent d’admettre : le problème

du pays ne commence pas dans les

mairies. Le véritable problème est l’effondrement

global de l’État haïtien et surtout

l’absence totale de limites imposées

aux agents intérimaires qui dirigent les

institutions publiques. Le Cap-Haïtien

n’est pas la cause principale du désordre

national. Il en est simplement le miroir.

Car comment exiger le fonctionnement

normal d’une mairie dans un

pays où presque toutes les institutions

fonctionnent en dehors des règles normales

de gouvernance ? Comment demander

de la rigueur administrative aux

collectivités territoriales quand l’État

central lui-même ne respecte plus ni la

logique institutionnelle, ni les principes

démocratiques, ni les limites constitutionnelles

?

Le pays vit sous un régime de

gestion improvisée où le provisoire s’est

transformé en système permanent. Et

dans ce système, les agents intérimaires

occupent des postes stratégiques sans

véritable contrôle, sans légitimité électorale

et parfois sans compétence administrative

réelle. Le cartel municipal du

Cap-Haïtien devient alors un bouc émissaire

pratique dans un pays où le pouvoir

central refuse d’assumer ses propres

faillites.

La culture de l’intérim : le cancer

silencieux de l’administration

haïtienne

Depuis plusieurs années, Haïti

est gouvernée par des responsables

provisoires. Des directeurs généraux

intérimaires. Des délégués départementaux

intérimaires. Des présidents d’institutions

intérimaires. Des responsables

administratifs temporaires devenus permanents

dans les faits. Cette situation

a progressivement détruit la culture institutionnelle

du pays. L’intérim devait

être une exception. Il est devenu une

norme. Et lorsqu’un État commence à

fonctionner durablement sur des bases

exceptionnelles, il cesse d’être un véritable

État. Le danger de cette situation

est immense. Un responsable intérimaire

agit souvent sans véritable vision à long

terme. Il ne se sent pas toujours lié à des

obligations de reddition de comptes. Il

exerce un pouvoir administratif sans la

pression de la légitimité populaire. Dans

plusieurs cas, il développe même une

forme d’arrogance institutionnelle parce

qu’il sait que le système lui-même est

dysfonctionnel.

En Haïti, beaucoup d’agents intérimaires

finissent par agir comme des

propriétaires d’institutions publiques.

Ils prennent des décisions majeures. Ils

imposent des orientations administratives.

Ils gèrent des budgets publics. Ils

déplacent des ressources humaines. Ils

influencent la vie des citoyens. Pourtant,

ils ne disposent parfois d’aucune

base légitime solide pour exercer un tel

niveau d’autorité. C’est là que se situe le

vrai drame national. Le pays n’est plus

gouverné selon des principes institutionnels

clairs. Il est administré selon des

arrangements politiques, des compromis

temporaires et des équilibres fragiles entre

groupes d’intérêts. Dans ce contexte,

accuser uniquement les mairies revient

à ignorer volontairement la racine du

problème.

Le Cap-Haïtien : une ville

abandonnée par l’État central

Le Cap-Haïtien représente aujourd’hui

l’une des villes les plus importantes

du pays. Capitale historique, centre

culturel majeur, espace économique

stratégique du Nord, la ville porte une

grande partie des ambitions nationales

en matière de tourisme et de développement

régional.

Pourtant, malgré cette importance

stratégique, le Cap-Haïtien fonctionne

dans des conditions extrêmement difficiles.

Les infrastructures urbaines sont

insuffisantes. Les réseaux d’assainissement

sont défaillants. Les moyens techniques

restent limités. Les ressources

financières locales sont faibles. Les pressions

démographiques augmentent. L’insécurité

économique fragilise davantage

les capacités administratives.

Mais au lieu de reconnaître l’abandon

structurel dont souffrent les collectivités

territoriales, plusieurs responsables

préfèrent concentrer toute la colère populaire

sur le cartel municipal. C’est une hypocrisie

nationale. Car les municipalités

haïtiennes dépendent largement de l’État

central pour fonctionner efficacement.

Elles ont besoin de transferts financiers.

Elles ont besoin d’accompagnement

technique. Elles ont besoin de coordination

institutionnelle. Elles ont besoin de

politiques publiques cohérentes.

Or, l’État haïtien est lui-même

désorganisé. Comment une mairie peutelle

résoudre durablement les problèmes

d’assainissement lorsqu’il n’existe aucune

politique nationale sérieuse de gestion

des déchets ? Comment une administration

municipale peut-elle moderniser

une ville sans véritable plan national

d’urbanisme ? Comment les collectivités

locales peuvent-elles renforcer leurs

capacités lorsque le pouvoir central luimême

fonctionne dans l’improvisation

permanente ? Le Cap-Haïtien devient

alors victime d’un double abandon :

abandon administratif et abandon politique.

Le réflexe haïtien : critiquer

les conséquences sans attaquer les

causes

La société haïtienne souffre d’un

problème récurrent : elle concentre souvent

son indignation sur les conséquences

visibles plutôt que sur les causes

profondes des crises. Quand les rues

sont sales, on accuse immédiatement la

mairie. Quand l’ordre public se détériore,

on cherche un responsable local.

Quand les infrastructures se dégradent,

on pointe du doigt les administrations

municipales.

Mais combien de personnes analysent

réellement le fonctionnement

global de l’État ? Combien interrogent le

rôle du gouvernement central ? Combien

questionnent les ministères ? Combien

examinent la faillite des politiques publiques

nationales ? Combien dénoncent

sérieusement le chaos administratif produit

par la prolifération des postes intérimaires

? Très peu.

Parce qu’en Haïti, le débat public

reste souvent émotionnel, superficiel

et manipulable. Les véritables centres

de décision savent parfaitement utiliser

cette faiblesse collective. Ils orientent

les frustrations populaires vers des institutions

secondaires pendant qu’euxmêmes

échappent à toute véritable

reddition de comptes. Le cartel municipal

du Cap-Haïtien subit aujourd’hui

cette logique politique. On transforme la

Cap –Haïtien une ville abandonnée par l’État central

mairie en symbole absolu d’échec pour

éviter de parler de la faillite complète du

système national de gouvernance.

Un État qui ne gouverne plus

La crise actuelle révèle surtout

une vérité inquiétante : l’État haïtien

ne gouverne plus réellement le pays. Il

réagit. Il improvise. Il communique. Il

tente parfois de survivre politiquement.

Mais il ne gouverne plus. La différence

est fondamentale. Gouverner signifie

planifier, coordonner, superviser, corriger

et anticiper.

Or, l’administration haïtienne

fonctionne désormais dans une logique

d’urgence permanente. Chaque crise

chasse la précédente. Chaque scandale

remplace le précédent. Chaque

polémique sert à masquer les problèmes

plus profonds.

Pendant ce temps, les institutions

continuent de s’affaiblir. Le pouvoir central

n’exerce presque plus de contrôle réel

sur l’efficacité des structures administratives

locales. Les collectivités territoriales

sont souvent laissées à elles-mêmes.

Les agents intérimaires exercent leurs

fonctions dans un climat d’incertitude

généralisée.

Et lorsque les résultats deviennent

catastrophiques, le système cherche immédiatement

un responsable visible à

offrir à l’opinion publique. C’est précisément

ce qui se produit avec le Cap-Haïtien.

Les limites du pouvoir intérimaire

: une question ignorée

L’un des plus grands dangers

actuels réside dans l’absence totale de

définition claire des limites du pouvoir

intérimaire. Dans un État normal, un responsable

intérimaire agit dans un cadre

précis. Son rôle est temporaire. Ses pouvoirs

sont encadrés. Son mandat reste

limité. En Haïti, cette logique a disparu.

Des responsables provisoires dirigent

parfois des institutions pendant plusieurs

années. Ils développent leurs propres réseaux.

Ils prennent des décisions structurantes.

Ils influencent profondément la

vie administrative du pays.

Cette situation crée un déséquilibre

institutionnel dangereux. Parce

qu’un pouvoir sans véritable légitimité

démocratique finit presque toujours par

dépasser ses limites naturelles. Le problème

n’est donc pas seulement la mairie

du Cap-Haïtien. Le problème est l’ensemble

du modèle administratif actuel. Un

modèle basé sur le provisoire permanent.

Un modèle fondé sur l’improvisation. Un

modèle où les responsabilités deviennent

floues. Un modèle où chacun peut exercer

du pouvoir sans véritable contrôle.

Et tant que cette réalité ne sera pas

abordée sérieusement, les crises locales

continueront de se multiplier.

La faiblesse des collectivités

territoriales

Depuis des décennies, les collectivités

territoriales haïtiennes restent parmi

les institutions les plus fragiles du pays.

Leur autonomie financière est limitée.

Leurs capacités techniques sont faibles.

Leurs ressources humaines sont souvent

insuffisantes. Leur dépendance vis-à-vis

du pouvoir central demeure énorme.

Pourtant, ce sont elles qui subissent

directement la colère populaire.

C’est une contradiction majeure. Les citoyens

exigent des résultats municipaux

comparables à ceux de villes modernes,

alors que les mairies haïtiennes fonctionnent

parfois sans ressources minimales

adéquates. Dans plusieurs communes,

les administrations locales manquent

même d’équipements de base pour assurer

correctement leurs missions. Mais

personne ne veut parler sérieusement du

sous-financement chronique des collectivités

territoriales. Personne ne veut discuter

de la centralisation excessive des

ressources nationales. Personne ne veut

reconnaître que l’État haïtien traite souvent

les municipalités comme des structures

secondaires sans véritable importance

stratégique. Puis, lorsque les villes

se dégradent, on accuse immédiatement

les cartels municipaux.

Le Cap-Haïtien entre pression

populaire et récupération politique

Le Cap-Haïtien occupe une place

symbolique particulière dans l’imaginaire

national. Deuxième ville du pays,

espace historique majeur, vitrine touristique

potentielle, la cité nordiste cristallise

énormément d’attentes. Mais

cette importance attire aussi les calculs

politiques. Chaque crise locale devient

rapidement nationale. Chaque difficulté

municipale se transforme en sujet

médiatique. Chaque dysfonctionnement

alimente des affrontements politiques

dépassant largement le cadre communal.

Ainsi, le débat autour du cartel

municipal du Cap-Haïtien dépasse

largement les simples questions administratives.

Il révèle surtout les luttes

d’influence, les frustrations nationales et

les stratégies de diversion utilisées par

différents secteurs du pouvoir. Dans ce

climat, il devient difficile de distinguer

les critiques légitimes des manipulations

politiques. Car oui, toute administration

publique doit accepter les critiques. Toute

mairie doit rendre des comptes. Toute

gestion municipale mérite d’être évaluée.

Mais la critique devient suspecte

lorsqu’elle cherche à isoler artificiellement

une mairie comme unique responsable

d’un désordre produit par l’effondrement

général de l’État.

La faillite morale de la gouvernance

haïtienne

Au-delà des problèmes administratifs,

la crise actuelle révèle également

une profonde faillite morale du système

politique haïtien. Les dirigeants refusent

rarement le pouvoir. Les responsables

acceptent difficilement leurs échecs. Les

institutions évitent la reddition de comptes.

Les acteurs politiques cherchent constamment

des responsables extérieurs.

Cette culture de l’irresponsabilité

collective détruit progressivement la confiance

publique. Les citoyens ne savent

plus qui dirige réellement. Ils ne savent

plus qui décide. Ils ne savent plus qui

doit répondre des échecs.

Cette confusion profite évidemment

aux acteurs les plus puissants du

système. Car dans un État où les responsabilités

sont floues, personne n’est

réellement comptable de ses actes. Le

cartel municipal du Cap-Haïtien devient

alors un écran politique utile : il concentre

les critiques pendant que les véritables

centres de pouvoir restent relativement

protégés.

Haïti face à son propre miroir

La situation actuelle du Cap-Haïtien

doit être comprise comme un

symptôme national. Elle révèle l’état

réel du pays. Elle expose les limites du

modèle administratif actuel. Elle montre

les conséquences du provisoire permanent.

Elle démontre l’incapacité de l’État

central à organiser efficacement ses propres

structures. Mais surtout, elle oblige

le pays à se regarder honnêtement. Le

problème haïtien n’est pas uniquement

municipal. Il n’est pas uniquement local.

Il n’est pas uniquement lié à un cartel.

Le problème est systémique. C’est tout

le modèle de gouvernance qui s’effondre

progressivement sous les yeux de la

population. Les institutions perdent leur

crédibilité. Les mécanismes de contrôle

disparaissent. Les responsabilités deviennent

confuses. Les agents intérimaires

occupent durablement des fonctions

stratégiques sans véritable encadrement

démocratique. Et pendant que ce système

continue de se détériorer, les débats

publics restent prisonniers de polémiques

superficielles. Le danger de la normalisation

du chaos. Le plus inquiétant dans

cette crise est peut-être la banalisation

progressive du désordre.

Les Haïtiens commencent à considérer

l’improvisation institutionnelle

comme normale. Ils s’habituent aux responsables

provisoires permanents. Ils

acceptent l’absence de vision nationale.

Ils vivent dans un système où presque

tout fonctionne en dehors des règles normales.

Cette normalisation du chaos est

extrêmement dangereuse. Parce qu’un

peuple qui s’habitue au dysfonctionnement

finit par perdre toute capacité d’exiger

un véritable État. Le débat autour du

Cap-Haïtien devrait justement servir à

réveiller cette conscience nationale.

Au lieu de chercher des boucs

émissaires locaux, le pays devrait s’interroger

sérieusement sur l’avenir de ses

institutions. Comment reconstruire une

administration publique crédible ? Comment

limiter les abus liés aux fonctions

intérimaires ? Comment restaurer la

légitimité institutionnelle ? Comment

renforcer les collectivités territoriales ?

Comment rétablir la responsabilité publique

? Voilà les vraies questions.

Le Cap-Haïtien ne peut pas

porter seul l’échec national

Il est facile de transformer une

mairie en symbole d’échec. Il est facile

de concentrer la colère populaire sur un

cartel municipal. Il est facile de fabriquer

des responsables locaux. Mais cette

stratégie ne résout rien. Le Cap-Haïtien

ne peut pas porter seul le poids de l’effondrement

national. Les mairies ne peuvent

pas devenir les décharges politiques

d’un État central incapable d’assumer

ses propres responsabilités. La crise actuelle

doit pousser le pays à dépasser

les accusations simplistes pour analyser

sérieusement les causes structurelles du

désordre.

Le vrai problème est un État sans

direction claire. Un système dominé par

l’intérim permanent. Une administration

sans véritable contrôle. Une gouvernance

fondée sur l’improvisation. Une

culture politique qui préfère les boucs

émissaires à la responsabilité. Tant que

cette réalité ne sera pas affrontée avec

honnêteté, Haïti continuera d’accuser

les symptômes pendant que la maladie

détruira lentement les fondations mêmes

de l’État.

Et pendant que les regards restent

fixés sur le cartel municipal du Cap-Haïtien,

le véritable effondrement poursuit

silencieusement sa marche au sommet

du pouvoir.

Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 07 mai 2026

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026

Haiti Liberté

7


Haïti, Chronique d’une Transition Permanente (13)

D’un processus électoral à l’autre, la saga continue ! (32 e partie)

Par Catherine Charlemagne

Comme attendu, au cours de la

dernière semaine du mois d’octobre

2025, le Conseil électoral allait

publier une première ébauche de son

projet de décret électoral en vue des

prochains scrutins. Cette première version

était en fait destinée surtout aux

acteurs sociopolitiques, notamment

aux responsables des partis politiques

qui devraient, s’ils le désirent, apporter

des modifications, des ajouts et d’autres

changements dans le texte. Ce qui

est intéressant dans ce premier jet rendu

par le CEP, c’est que l’essentiel du

texte s’appuyait sur la Constitution que

l’institution électorale devait modifier

ou amender. Compte tenu des farouches

oppositions des uns et des autres,

chacun selon son prisme, les dirigeants

du CEP n’ont pas voulu directement

émettre un décret fini, prêt à l’emploi

au gouvernement. Ils préféraient

sonder le terrain avec un avant-projet,

histoire d’avoir la réaction de l’ensemble

des acteurs politiques sur la question.

C’est par un communiqué en date

du 31 octobre 2025 que l’organisme

électoral avait annoncé la mise à disposition

du document à son siège situé à

Pétion-Ville à partir du vendredi 31 octobre

2025 de 10 heures à 15 heures.

Et les intéressés avaient dix jours,

soit jusqu’au 10 novembre 2025, pour

retourner leur copie avec les éventuelles

suggestions, voire corrections.

« Le Conseil électoral provisoire tient à

informer la population en général, les

partis politiques et les organisations de

la Société civile en particulier, que le

projet de décret électoral devant régir

l›organisation des prochaines joutes est

disponible. Dans un souci d›inclusion

et de transparence, le CEP invite les

acteurs politiques et les organisations

de la Société civile à passer récupérer

une version imprimée du document, à

partir du vendredi 31 octobre 2025, au

local du CEP, à Pétion-ville, au numéro

72, Rue Stephen Archer, pour avis,

suggestions et/ou recommandations. »

Dans ce document de 103 pages

comportant des centaines d’articles -

400 pour être exact -, les dirigeants du

CEP persistent à rappeler, comme s’ils

y étaient obligés, que le CEP entend

mener un processus électoral en toute

indépendance et transparence, de

manière impartiale et inclusive, tout

en apportant quelques précisions sur

les points les plus cruciaux en Haïti en

matière électorale.

C’est le cas de l’article 150 dudit

décret qui stipule que : « Conformément

à l’article 131 de la Constitution, ne

peuvent être élus (es) membres du

Corps législatif : 1) Les concessionnaires

ou cocontractants(tes) de l’État pour

l’exploitation des services publics ; 2) Les

représentants(es) ou mandataires des

concessionnaires ou cocontractants(es)

de l’État, compagnies ou sociétés

concessionnaires ou contractantes

de l’État ; 3) Les délégués(es), vicedélégués(es),

les juges, les officiers

de Ministère public dont les fonctions

n’ont pas cessé six (6) mois avant

la date fixée pour les élections ; 4)

Toute personne se trouvant dans les

autres cas d’inéligibilité prévus par la

Constitution et par le présent Décret ».

Est-ce un oubli qui a été vite réparé ?

En tout cas, le CEP pointe dans son

article 410 le cas des agents exécutifs,

en clair des Maires intérimaires qui

n’ont pas démissionné dans les délais

requis par l’avant-projet, c’est-à-dire

30 jours après la publication du décret,

qui ne pourront pas non plus se porter

candidats à aucune fonction élective.

Mais, les articles qui étaient les

plus attendus et sans doute les plus

lus de cet avant-projet de décret électoral

par les chefs des partis politiques

restent cette série d’articles portant sur

le financement de la campagne électorale

ou tout au moins ce que la campagne

électorale peut apporter à chaque

dirigeant d’une organisation politique.

Ce qui, d’ailleurs, est en grande partie

responsable de cette inflation de partis

qu’on observe en Haïti surtout à l’occasion

de chaque processus électoral dans

le pays. Commençons par l’article 183

qui se lit ainsi : « À l’occasion des compétitions

électorales, l’État accorde

aux partis politiques et regroupements

de partis politiques ayant des candidats(es)

agréés(es) aux élections une

subvention pour les aider à mener

leur campagne électorale. » Avant de

rajouter que : « Les regroupements

de partis politiques bénéficient d’une

subvention additionnelle déterminée

par le CEP suivant l’enveloppe allouée

à cet effet » Art. 183.1. Tandis que les

articles 184, 185 et 186 indiquaient :

« Le montant de la subvention à accorder

aux partis et regroupements de

partis politiques concernés est déterminé

par le Conseil électoral en fonction

du nombre de candidats agréés.

Qu’aucune subvention financière publique

ne sera allouée aux candidats

indépendants. Pour bénéficier de la

subvention prévue à l’article 183 du

présent Décret, les partis et regroupements

de partis politiques ayant des

candidats(es) agréés(es) : 1) Présentent

l’accusé de réception du dépôt

de leur rapport de gestion de l’exercice

budgétaire précédent à la Cour Supérieure

des Comptes et du Contentieux

Administratif, au moins un (1)

mois avant la campagne électorale ;

2) Remplissent au Conseil électoral

le formulaire d’acceptation de ladite

subvention. » Dans cet avant-projet,

les 9 membres du CEP, cette fois-ci,

vont plus loin que leurs collègues des

Le ministre de la Justice du

gouvernement de facto, Patrick

Pélissier

précédents CEP.

En effet, ils préconisent que les

partis politiques voulant participer aux

joutes électorales présentent au moins

30% de femmes candidates aux législatives

sur leur liste lors des élections

sinon leurs listes seront rejetées par

l’institution. Idem pour le Sénat auquel

le CEP impose une femme obligatoire

parmi les trois candidats en lice pour

le département. Mieux, les formations

politiques présentant plus 50%

de femmes au Parlement recevront

une subvention additionnelle de 50%

du financement prévu par l’État. Enfin,

toujours dans l’objectif de favoriser

la candidature des femmes et des

personnes handicapées, l’organisme

électoral proposait une réduction de

frais au moment de l’enregistrement

de ces partis pour les élections. L’Organisation

du Peuple en Lutte (OPL)

était l’une des premières formations

politiques à réagir à la publication de

ce document. Par l’intermédiaire de

son porte-parole, Dario Siriac, l’OPL

estimait que ce décret électoral était un

pas dans de bonnes directions. Par la

même occasion, celui-ci saluait cette

démarche tout en indiquant que son

parti prenait le temps nécessaire pour

faire une analyse approfondie du décret

avant, de porter quelques correctifs et

observations, s’il y a lieu.

Siriac reconnait néanmoins que

le contexte est peu favorable à l’organisation

d’un scrutin qui s’avère

crucial pour la Transition. Le responsable

politique revient sur la situation

dans les départements de l’Artibonite,

du Centre et de l’Ouest, trois départements

concentrant le plus d’électeurs

que le reste de la République. Même le

cabinet du Conseiller-Président Edgard

Leblanc Fils, par la voix de l’un de ses

membres, André Raphaël, admet que

la situation est critique et qu’il faudra

un climat plus favorable avant la tenue

des scrutins. Depuis quelques décennies,

la diaspora haïtienne n’a pas été

oubliée par le CEP. Dès l’article 6, on

peut lire : « (…) Le Conseil Électoral

Provisoire est chargé de la planification,

de l’organisation, de la gestion et

du contrôle des opérations électorales

sur toute l’étendue du territoire de la

République et dans les Communautés

haïtiennes de la diaspora dûment

Dario Siriac porte-parole de

L’Organisation du Peuple en Lutte

(OPL)

Les dirigeants du Conseil électoral provisoire (CEP)

identifiées. »

Le jour même de la publication

du projet de décret, le 31 octobre 2025,

le CEP a reçu une visite protocolaire

des membres du Conseil Présidentiel

de Transition (CPT). Ce sont Louis

Gérald Gilles, Emmanuel Vertilaire et

Frinel Joseph qui étaient venus assister

à la distribution du décret aux partis

et aux dirigeants des partis par le

CEP. A l’issue de cette visite, les trois

Conseiller-Présidents se disaient venir

encourager une étape importante

dans l’avancement du processus électoral.

Ils affirmaient conseiller le CEP

de poursuivre ses efforts dans l’accomplissement

d’un devoir patriotique

dans un souci inclusif et indépendant.

Le samedi 1 er novembre 2025, toutes

les formations politiques étaient appelées

à prendre part à une activité intitulée

: Programme de renforcement des

capacités des partis politiques en Haïti.

C’est le gouvernement, notamment,

le titulaire du Ministère de la Justice et

de la Sécurité Publique (MJSP), Patrick

Pélissier, qui était à l’origine de cette

initiative. A cette invitation, plusieurs

partis politiques et leurs dirigeants ont

répondu présent.

Dès l’ouverture, sous le chahut

de l’auditoire, le Conseiller-Présidentiel

Emmanuel Vertillaire qui avait du

mal à terminer son allocution compte

tenu du brouhaha dans la salle s’est

employé à mettre les partis au centre

du jeu démocratique en commençant

par les présenter comme le passage

obligé des élections en déclarant :

« L’organisation des élections est l’un

des indicateurs clés pour évaluer la

démocratie dans notre pays. Renforcer

les partis politiques, c’est renforcer la

démocratie elle-même. Ce programme

s’inscrit non seulement dans une

démarche institutionnelle, mais aussi

de préparation éthique, technique des

acteurs politiques à la compétition

électorale. Je profite pour lancer un

appel aux acteurs politiques afin que le

dialogue triomphe sur la confrontation

et que les intérêts nationaux priment

sur tout. » Par ailleurs, intervenant

en tant que puissance invitante, le

ministre de la Justice, Patrick Pélissier,

a été très loquace en s’enorgueillissant

du fait que beaucoup de partis

politiques ont écrit à son Ministère tout

en reconnaissant tout de même que

parmi ces organisations, très peu sont

viables. Lui aussi a mis l’accent sur le

rôle des partis dans le jeu démocratique

en Haïti.

Durant son intervention, le ministre

a aussi évoqué la participation

de l’argent sale dans la campagne et

que le gouvernement sera attentif à ce

fait. Il annonce que des mesures seront

prises afin d’empêcher que les potentiels

candidats utilisent de l’argent sale

pour financer leur campagne. « La

démocratie ne peut exister sans des

partis politiques forts, crédibles. Les

partis sont le cœur du débat public. Ils

traduisent les aspirations du peuple en

projet concret. Ils forment les dirigeants

de demain. Ils portent la voix de

ceux qui n’en n’ont pas. J’ai tenu à

rappeler qu’au mois de juin de cette

année, le MJSP avait invité les partis

politiques à venir régulariser leurs

dossiers d’enregistrements. Plus de

220 partis politiques sont enregistrés et

régularisés, cela traduit les aspirations

des hommes et des femmes politiques à

participer à la gouvernance du pays. Il

y a lieu de constater que notre paysage

politique s’est élargi et il est affaibli

parallèlement, puisque peu parmi ces

partis enregistrés continuent d’exister

réellement et ne peuvent encadrer les

militants de façon continue. Le CPT

et la Primature ont compris que ces

partis ont besoin d’être accompagnés,

structurés et soutenus.

Quant à un éventuel fusionnement,

il leur appartient de juger cette

opportunité. Nous ne pouvons que le

souhaiter, l’espérer et l’encourager.

Le gouvernement a mis 3 milliards de

gourdes pour le financement des partis

politiques dans le budget national

et l’année 2026 sera une année électorale.

L’État va prendre des mesures

pour empêcher que l’argent sale ne

participe au financement électoral.

L’État va prendre des mesures pour

empêcher les candidats ayant des démêlés

avec la justice de prendre part à

la course électorale. C’est l’organisation

de bonnes élections qui prouvera

que la Transition est une exception et

non la règle. La Transition est une exception

pour établir la règle du jeu. La

responsabilité d’organiser les élections

est une responsabilité partagée.

Le MJSP travaille en vue de former les

acteurs judiciaires sur le processus de

protection des droits humains durant

les joutes électorales » extrait du long

discours du ministre Patrick Pélissier

le 1 er novembre 2025. Mais, une telle

manifestation ne saurait exister sans la

participation du locataire de la Primature,

Alix Didier Fils-Aimé, qui était en

passe de devenir l’homme fort de cette

Transition permanente. (À suivre)

C.C

8 Haiti Liberté

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026


This week in Haiti

Some Convicted, but Questions Remain: The Miami Trial for the

Assassination of Haitian President Jovenel Moïse

by Kim Ives

Nearly five years after the brazen

murder of Haiti’s last elected

president, a federal jury in South Florida

has convicted four men for their

roles in the conspiracy — but the masterminds

behind the plot have not yet

been identified.

On May 8, 2026, a federal jury

in Miami delivered a landmark verdict

in one of the most audacious political

crimes of the 21 st century: the assassination

of Haitian President Jovenel

Moïse. After 39 days of testimony

spread across nearly nine weeks of trial,

and just over two days of deliberations,

jurors found four South Florida

men guilty of conspiring to kidnap and

kill a sitting head of state.

The verdict was historic, but

for many observers — and for the Haitian

people still reeling from the chaos

that followed Moïse’s death — it was

only a partial answer to a much deeper

question: Who truly ordered and funded

the murder?

The Night of the Assassination

At around 1 a.m. on Jul. 7, 2021,

a team of just over two dozen foreign

mercenaries — mostly former Colombian

soldiers — stormed the rented,

walled residence of President Jovenel

Moïse in the Pèlerin 5 neighborhood,

about a mile up the road to Kenscoff

above Pétionville.

Moïse was shot 12 times

inside his bedroom. His wife, Martine

Moïse, was gravely wounded in the

same attack. She survived by pretending

to be dead and was subsequently

airlifted to the United States for emergency

surgery.

The assassination plunged

Haiti into a political abyss from which

it has yet to emerge. More than 50 suspects

have been charged in Haiti, but

the domestic investigation has been

chronically stalled by judicial dysfunction

and political interference.

Meanwhile, U.S. federal

prosecutors in the Southern District of

Florida — because much of the conspiracy

was apparently planned and

financed on U.S. soil — mounted the

only legal response to the magnicide to

date.

The Defendants and the Conspiracy

The four men convicted on May

8, 2026, are: Arcángel Pretel Ortiz,

53, a Colombian; Antonio “Tony”

Intriago, 63, a Venezuelan-American;

James Solages, 40, a Haitian-American;

and Walter Veintemilla, an Ecuadorian

American mortgage broker

from Broward County, FL.

A fifth co-defendant, Christian

Emmanuel Sanon — a Haiti-born

physician/pastor who lived in

South Florida and was initially chosen

as the plotters’ preferred successor to

Moïse — had his case delayed due to

undisclosed health issues and will be

Rodolphe Jarr gave more than

$150,000 to the operation,

covering housing, equipment, and

alleged bribes paid to members of

the presidential security detail.

Martine Moïse leaving the Miami federal courthouse on Mar. 11, 2026

during the opening days of the trial against four men involved in Jovenel

Moïse’s assassination. Photo: CBS News

tried separately.

Pretel Ortiz and Intriago were

the co-principals of two Doral, Florida-based

firms known collectively as

CTU: Counter Terrorist Unit Federal

Academy and Counter Terrorist Unit

Security.

Veintemilla was the principal

of Worldwide Capital Lending Group,

also based in South Florida.

Solages served as CTU’s operational

representative in Haiti.

According to prosecutors, the

plot originated in early 2021, when

the group began scheming to remove

Moïse from power and install a handpicked

successor who would award

them lucrative security and infrastructure

contracts in Haiti. “This case is

very simple,” lead Assistant U.S. Attorney

Sean McLaughlin told jurors

in closing arguments. “This is a case

about greed, arrogance, and power.”

The scheme evolved over

several months from a plan to arrest

Moïse under a bogus warrant signed

by a Haitian investigative judge, to

an outright assassination. Prosecutors

forensically traced approximately

$343,000 used to finance the plot,

sourced through loans, wire transfers,

and — remarkably — U.S. federal pandemic

relief funds. (The FBI’s estimate

is likely low, because a Dominican

money laundering analyst calculated in

2022 that $20 million was channeled

through Dominican banks for the operation.)

Veintemilla’s lending company

provided a $175,000 loan to CTU,

funded in part through fraudulently obtained

CARES Act Paycheck Protection

Program and Economic Injury Disaster

Loan money. Each defendant played a

distinct role: Pretel Ortiz directed tactical

planning and coordinated by phone

with the Colombian mercenaries in Haiti;

Intriago managed day-to-day logistics

including payroll and equipment;

Solages served as the on-the-ground

liaison and fixer in Haiti, coordinating

with local actors and conducting surveillance

of the president’s residence;

and Veintemilla served as the primary

financier, according to U.S. prosecutors.

The jury found all four men

guilty on five counts, including conspiracy

to provide material support

resulting in death, conspiracy to kill

and kidnap a person outside the United

States, conspiracy to commit offenses

against the United States, and mounting

an expedition against a friendly nation

— a violation of the U.S. Neutrality

Act, which prohibits U.S. citizens and

residents from waging war against a

nation at peace with the United States.

Intriago faced three additional

counts related to the smuggling of

bulletproof vests and tactical gear from

Miami to Haiti. All four defendants face

possible life sentences, with a sentencing

hearing before District Judge Jacqueline

Becerra scheduled for Jul. 28.

In total, 13 people were

charged in the U.S. case. Eight took

plea deals before the trial, and six of

those cooperating witnesses took the

stand. Five are already serving life sentences.

Jovenel Moïse was assassinated in

his bedroom early on Jul. 7, 2021.

Four men involved in the killing

were convicted on May 8.

Key Testimony: The Witnesses

Who Built the Prosecution’s Case

The government’s case rested

heavily on the testimony of cooperating

witnesses who had pleaded guilty

Ex-Lavalas Family senator John

Joel Joseph, who cried on the

stand, insisted he had believed the

original goal was exile, not murder.

to their own roles in the conspiracy.

Their accounts, delivered over weeks of

dramatic courtroom testimony, painted

a vivid and sometimes contradictory

picture of a conspiracy riddled with

deception, confusion, and moral ambiguity.

Martine Moïse

The trial opened with one of the

trial’s most emotionally powerful moments:

the testimony of Martine Moïse,

the slain president’s widow. She was

the government’s first witness when

the trial began on Mar. 9, 2026, and

she testified through a Kreyòl interpreter.

Speaking from personal experience

of the night’s horror, she described how

she had gone to bed around 10 p.m.

on Jul. 6 while her husband remained

awake working. She awoke to the

sound of gunfire. In perhaps the trial’s

most haunting exchange, she recounted

turning to her husband and asking

what was happening. He replied:

“Honey, we are dead.”

Martine Moïse testified that

she was shot multiple times when

Spanish-speaking men entered their

bedroom and ultimately survived by

feigning death.

Her testimony established

the human reality at the center of the

case and directly implicated the Colombian

mercenaries recruited by CTU.

Rodolphe Jaar

Haitian-Chilean businessman

Rodolphe “Dodof” Jaar was one of the

conspiracy’s most significant insider

witnesses. A former DEA informant

and one-time cocaine trafficker, Jaar

owned a house near Moïse’s residence

where the conspirators — including the

Colombian mercenaries — gathered in

the hours before the assassination. He

had pleaded guilty prior to trial and was

already serving a life sentence handed

down in June 2023.

As a cooperating witness,

Jaar testified that he contributed more

than $150,000 to the operation — the

single largest individual financial contribution

(known so far) to the plot

— covering housing, equipment, and

alleged bribes paid to members of the

presidential security detail. His testimony

was essential in tracing the money

flows that financed the killing. He also

acknowledged an unusual sidelight:

an interview he gave to the New York

Times while hiding in Haiti had been

arranged by someone he believed at the

time was an FBI agent. He later learned

the man was not a federal agent at all.

Jaar’s willingness to testify came with

the hope of a sentence reduction —

although his life sentence has already

been imposed.

Joseph Félix Badio, who is in custody

in Haiti, appeared repeatedly

throughout the testimony of multiple

witnesses as an influential organizer

and logistics coordinator of the

assassination. Photo: Le Nouvelliste

John Joel Joseph (Joseph Joël

John)

Perhaps the most riveting witness

of the trial was former Haitian

Senator John Joël Joseph, who testified

under the name “John” over three and a

half days. John had pleaded guilty and

received a life sentence in December

2023, and his testimony for the prosecution

was among the most detailed accounts

of the conspiracy’s inner workings

and its chaotic final hours.

John described the gathering

at Jaar’s house on the night of Jul. 6,

2021, where he found himself alongside

defendant James Solages, DEA informant

Joseph Vincent, former Haitian

Justice Ministry official Joseph Félix

Badio, and Rodolphe Jaar. He watched

as a circle of roughly 10 men formed

around Solages, who then ordered

what he called “the special commando”

team – also called the “Delta Team” –

into a pickup truck for the mission to

kill the president.

“The person who was calling

the shots was James Solages,” John

testified. “He took his position as the

boss.”

John also described

how the plan underwent a dramatic

and disturbing shift on the eve of the

killing. What had originally been conceived

as an operation to force Moïse

into exile suddenly became something

else: a plan to “kill and burn” both the

president and his wife. According to

John, Solages told the group “one entry,

one exit” — a phrase John interpreted

as an unambiguous order to execute

Moïse. Shocked by the change, John,

who cried on the stand, insisted he had

believed the original goal was exile,

not murder. He testified that he was

ultimately left stranded as the convoy

of Colombian commandos, Haitian national

police officers, Solages, Vincent,

and Badio moved out toward the president’s

hillside compound in the middle

of the night.

Defense attorneys challenged

John’s credibility extensively, noting

that he had met with prosecutors 31

times to prepare his testimony and that

his account had shifted over time. John

Germán Alejandro “Captain Mike”

Rivera García communicated

directly and regularly with Pretel

Ortiz and Intriago throughout the

operation, as well as with Solages.

acknowledged withholding information

early on, but attributed that to fear for

his life, insisting that his trial testimony

was the truth.

Mario Antonio Palacios Palacios

Mario Antonio “Floro” Palacios

Palacios was the only member of the

five-man “Delta Team” — the group

of former Colombian special forces soldiers

who physically entered Moïse’s

bedroom and killed him — who managed

to escape after the attack. He tried

to flee to Panama, via Jamaica, where

he was arrested in October 2021, before

being extradited to the United States. He

pleaded guilty and was sentenced to life

in prison in March 2024, and testified at

the Miami trial as a cooperating witness.

His testimony was among

the most harrowing of the trial. Palacios

also broke down in tears on the stand.

“I did not travel to that country to do

anything wrong,” he said. “While I was

there, I agreed to participate in this.

What happened there does not represent

me as a person. For that reason, I have

agreed to tell the truth, because I am not

a criminal, and I am very sorry for what

happened over there.”

Palacios testified that he had

been deceived from the very beginning.

He said he was recruited for what he

was told was a security job in an unspecified

Central American country. He

was not informed that the assignment

was in Haiti until he was already committed.

Once there, he and his fellow Colombians

were made to wait weeks for

weapons that never arrived and were

promised a monthly salary of $2,500

and a $300,000 bonus — neither of

which was ever paid.

continued on p(16)

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026

Haiti Liberté

9


VENEZUELA ET FMI : SOUVE

Par Domingo Medina Gutiérrez *

FMI et Venezuela : bien plus

qu’une question technique

L

’annonce du rétablissement des relations

entre la République bolivarienne

du Venezuela et le Fonds monétaire international

(FMI) a déclenché une intense

campagne visant à affaiblir le gouvernement

bolivarien, en particulier la gestion

de la présidente par intérim Delcy

Rodríguez, et à diviser les forces révolutionnaires.

Cette campagne ne repose pas

seulement sur des mensonges et des

demi‐vérités, mais aussi sur l’oubli délibéré

de la relation historique entre le FMI et le

Venezuela, en particulier au cours de la

période chaviste.

Il faut d’abord souligner que la relation

entre le FMI et la République bolivarienne

du Venezuela ne peut en aucun

cas être réduite à un épisode technique de

politique macroéconomique, comme ce

fut le cas dans d’autres pays et pendant

la période de Punto Fijo de notre histoire

récente. L’examen de cette relation à travers

les gouvernements du Commandant

Hugo Chávez d’abord, du président Nicolás

Maduro ensuite, puis plus récemment sous

la présidence par intérim de Delcy Rodríguez,

montre qu’il s’agit de deux projets

antagonistes.

D’un côté, on trouve une architecture

financière issue des accords de

Bretton Woods, structurée autour de

logiques visant à imposer des conditions

structurelles, des politiques néolibérales

et des hiérarchies monétaires centrées sur

le dollar. De l’autre, un modèle d’intégration

souveraine qui, depuis la Révolution

bolivarienne, a priorisé la planification endogène,

la coopération Sud‐Sud et la décolonisation

des institutions économiques

globales.

Dans le cadre de la campagne évoquée

plus haut, on a voulu présenter le

rétablissement des relations avec le FMI

comme une reddition ou une capitulation

du gouvernement bolivarien, et comme

son acceptation des conditions que cet organisme

économique impose traditionnellement

aux pays avec lesquels il négocie

des prêts et des programmes de financement.

Or, c’est exactement l’inverse. Comme

l’ont affirmé à plusieurs reprises, dans

différents espaces, aussi bien la présidente

Rodríguez que le vice‐président sectoriel de

l’Économie et des Finances, Calixto Ortega,

la décision du FMI représente l’échec

du blocus financier auquel on a voulu soumettre

le Venezuela face à la Diplomatie

bolivarienne de paix.

La réouverture du dialogue avec le

FMI ne traduit pas un retour du Venezuela

au paradigme de Washington, mais bien la

crise de l’hégémonie financière unipolaire.

Il faut rappeler que cette décision intervient

alors que l’économie vénézuélienne enregistre

vingt trimestres consécutifs de croissance,

et ce malgré l’imposition de mesures

coercitives unilatérales et d’autres formes

de blocus financier.

Nous assistons, par conséquent, à la

consolidation d’une nouvelle carte des rapports

de forces. Le Venezuela a contribué

à briser le monopole que les institutions

de Bretton Woods ont exercé pendant des

décennies.

Sous Chávez : rompre avec le

calendrier du FMI

Lorsque le Commandant Hugo

Chávez assume la présidence en 1999,

le Venezuela traîne des décennies de subordination

aux programmes d’ajustement

structurel du FMI et de la Banque mondiale.

L’héritage du fameux « Consensus

de Washington » se traduisait par des privatisations

accélérées, une dérégulation

financière et du travail, la contraction

des dépenses sociales et une dépendance

vis‐à‐vis des marchés de capitaux extérieurs.

Dès ses premiers mois, le gouvernement

bolivarien inaugure une stratégie

de désengagement progressif par rapport à

cette matrice. Le jalon le plus symbolique et

le plus opérationnel survient en avril 2007,

lorsque Rodrigo Cabezas, alors ministre des

Finances, annonce le paiement de 3 milliards

de dollars grâce auxquels le Venezuela

rembourse par anticipation la totalité de

sa dette envers le FMI et la Banque mondiale,

se libérant ainsi des clauses de conditionnalité

et récupérant son autonomie

pour concevoir des politiques d’investissement

public et de protection sociale.

Cette décision n’a rien d’un geste

isolé. Elle constitue le corollaire d’une

doctrine économique qui conçoit la souveraineté

comme condition préalable au

développement.

Chávez a payé la dette, contesté

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la légitimité politique des organismes qui

l’administraient et dénoncé leur caractère

sélectif, asymétrique et fonctionnel aux

intérêts des capitaux transnationaux. Immédiatement

après avoir annulé la dette,

le Commandant Chávez annonce la sortie

du Venezuela du FMI et de la Banque

mondiale.

Même s’il comprenait et affirmait

que le Venezuela avait besoin de souveraineté

économique, les démarches administratives

pour formaliser cette sortie,

comme il l’avait ordonné à ses ministres,

ne furent jamais menées à terme, et le pays

continua d’être membre de ces deux institutions,

comme il l’était depuis 1946.

Parallèlement, le gouvernement

bolivarien impulse d’autres initiatives et

construit d’autres mécanismes : l’AL-

BA‐TCP comme espace d’échanges non

marchands, la Banque du Sud pour doter

l’Amérique latine d’un organisme régional

de financement sans conditions, notamment

idéologiques, le Système unitaire

de compensation régionale (SUCRE) pour

réduire la dépendance au dollar dans le

commerce intrarégional, et la promotion de

mécanismes d’intégration productive priorisant

la sécurité alimentaire, énergétique et

technologique.

Ces initiatives et ces mécanismes,

malgré les nombreuses limitations qui ont

entravé leur développement inégal, ont

dessiné ce que l’on peut appeler un véritable

laboratoire de souveraineté financière,

anticipant les crises de légitimité que le FMI

allait traverser.

Le chavisme a démontré que l’autonomie

monétaire relevait d’une décision

politique, fondée sur la mobilisation des

ressources internes, la nationalisation de

secteurs stratégiques et la réorientation de

l’État vers des fonctions de planification et

de redistribution.

Maduro : guerre économique,

blocus et rupture institutionnelle

La mort du Commandant Chávez

en 2013 entraîne la tenue d’élections qui

portent Nicolás Maduro à la présidence.

Certains acteurs, internes comme externes,

interprètent ce moment comme une période

de faiblesse du gouvernement bolivarien

et mettent en marche une stratégie

de reconfiguration de l’environnement

international visant l’isolement et le blocus

économique du Venezuela, avec pour

objectif de provoquer un changement de

gouvernement, un processus inédit dans

l’histoire de notre pays.

À partir de là, dans un contexte

de chute des prix du pétrole, les gouvernements

des États‐Unis, du Canada, de

l’Union européenne et de quelques pays

latino‐américains mettent en œuvre un ensemble

de mesures coercitives unilatérales,

visant tout particulièrement le secteur financier

: déclaration du Venezuela en tant

que « menace inhabituelle et extraordinaire

» pour les États‐Unis, gel des actifs du

pays à l’étranger, blocage de transactions

bancaires et pressions sur les institutions

multilatérales pour isoler le Venezuela du

système financier global.

S’y ajoutent les soi‐disant sanctions

individuelles, des mesures dirigées contre

des fonctionnaires, leurs familles et des

alliés du gouvernement, par lesquelles

sont gelés les biens, restreinte la délivrance

de visas et interdites les transactions financières,

le tout présenté comme des

dispositifs destinés à faire pression sur la

La mort du Commandant Chávez en 2013 entraîne la tenue d’élections qui portent Nicolás Maduro à la

présidence

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direction politique sans affecter la population.

Le FMI se joint à cette stratégie

d’isolement du Venezuela et de son gouvernement

légitime. En 2019, face à la

crise de reconnaissance diplomatique

générée par l’auto‐proclamation de Juan

Guaidó, l’institution reconnaît temporairement

les représentants désignés par l’opposition,

suspend la participation effective

du gouvernement constitutionnel dans ses

instances et paralyse tout canal de dialogue

technique.

Le 15 mars 2020, quatre jours

seulement après que l’Organisation

mondiale de la santé (OMS) a déclaré

Le rétablissement des relations avec le FMI n’est pas une r

le COVID‐19 comme pandémie, le gouvernement

du président Nicolás Maduro

sollicite officiellement auprès du FMI un

financement de 5 milliards de dollars au

titre du fonds d’urgence de l’Instrument de

financement rapide, destiné à renforcer la

réponse sanitaire au virus.

On connaît l’histoire, mais il est utile

de la rappeler : avec ses propres ressources,

une politique de santé courageuse et intelligente

(confinement strict dès le début,

suspension des activités et des vols, port

obligatoire du masque), et avec l’appui

d’alliés comme Cuba et la Russie, le gouvernement

de Nicolás Maduro affronte la

pandémie avec succès, enregistrant parmi

les meilleurs résultats au monde en termes

de contagions et de mortalité, non

seulement par rapport à la région, mais

aussi à l’échelle globale.

Le FMI, pour sa part, refuse de traiter

la demande, en arguant d’un manque de

clarté concernant la reconnaissance internationale

et la légitimité du gouvernement

du président Maduro. De toute évidence,

cette décision ne répond pas à des critères

économiques, mais à une logique de pression

institutionnelle visant à approfondir

l’isolement et à légitimer des interventions

extérieures dans le pays.

L’Observatoire vénézuélien antiblocage

(https://observatorio.gob.ve) a

largement documenté le fonctionnement

de ce siège financier, instrument de guerre

économique non conventionnelle, ainsi

que ses effets dévastateurs sur la capacité

productive, l’accès aux devises, les chaînes

d’approvisionnement médicales et alimentaires

et la stabilité monétaire du Venezuela.

La réponse du pays ne s’est pas limitée

à une résistance passive. Une stratégie

de diversification des alliances a été

déployée : promotion de mécanismes de

paiement en monnaies locales, renforcement

de la coopération avec des pays non

alignés, exploration d’actifs numériques

souverains et réactivation de canaux com-

10 Haiti Liberté

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026


RAINETÉ ET RÉSISTANCE !

eddition ou une capitulation du gouvernement bolivarien.

merciaux avec les pays des BRICS, la CEL-

AC et le Mouvement des non‐alignés.

Sous ces conditions de blocus

économique et financier, l’économie

vénézuélienne a fait preuve d’une capacité

de résistance qui a démenti les pronostics

de « collapse total » annoncés à chaque

nouvelle mesure contre le pays, obligeant

les centres de pouvoir à reconsidérer l’efficacité

de l’isolement.

La rupture avec le FMI, loin d’affaiblir

la position de négociation du Venezuela,

a mis en évidence la dépendance des propres

organismes multilatéraux à l’égard de

la participation des pays qu’ils prétendent

discipliner, pour légitimer leurs mandats

techniques. L’absence du Venezuela à

leurs tables de travail n’a pas produit les

résultats escomptés. Elle n’a été que l’expression

d’une architecture privilégiant la

coercition sur le dialogue entre pairs.

Delcy Rodríguez et la diplomatie

bolivarienne de paix

Les analystes qui pratiquent l’«

oubli intéressé » se gardent évidemment

de rappeler que Delcy Rodríguez occupe

la présidence de la République en qualité

de présidente par intérim, désignée par la

Chambre constitutionnelle du Tribunal suprême

de justice, conformément à la Constitution

de la République bolivarienne du

Venezuela, véritable rempart contre toutes

les tentatives de déstabilisation qui ont été

mises en œuvre.

Avant d’assumer la présidence par

intérim, Delcy Rodríguez a occupé des

postes de premier plan à la Vice‐présidence

exécutive de la République, au ministère

des Affaires étrangères et au ministère des

Finances, depuis lesquels elle a développé

des fonctions stratégiques d’articulation

entre la politique extérieure et la politique

économique du pays.

Son leadership s’est avéré déterminant

dans le passage d’une phase de

confrontation ouverte à une diplomatie de

reconstruction institutionnelle, de négociation

pragmatique et de repositionnement

multilatéral.

La présidente par intérim a été en

première ligne d’initiatives visant à normaliser

les relations bilatérales, à impulser

des tables de dialogue sur les mesures coercitives

unilatérales, à récupérer des actifs

gelés dans des juridictions internationales

(Portugal, Royaume‐Uni) et à repositionner

le Venezuela, dans des forums comme

l’ONU, la CELAC et les BRICS, comme un

interlocuteur souverain et légitime.

Dès le premier jour, la présidente

Delcy Rodríguez a appelé le pays à la

patience et à la prudence stratégique.

C’est ce qui caractérise sa gestion : une

défense sans concession et irréductible de

l’autodétermination, de la souveraineté

énergétique et de la planification par l’État,

tout en construisant un discours et une

pratique diplomatique qui permettent de

jeter des ponts avec les acteurs institutionnels

sans se soumettre à leurs conditions.

Cette approche a consisté à dépolitiser

les canaux techniques, renforcer la

transparence dans la gestion des réserves

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et rechercher des cadres de coopération

tenant compte de la réalité économique

vénézuélienne, sans imposer des recettes

étrangères à notre structure productive.

Cette ligne d’action a été essentielle

pour créer les conditions qui rendent

aujourd’hui possible le rétablissement du

dialogue avec le FMI, non comme un acte

de soumission, mais comme un exercice

de la Diplomatie bolivarienne de paix, qui

a contraint les organismes internationaux

à traiter le Venezuela dans le respect de son

ordre constitutionnel et de sa trajectoire de

résistance face au blocus.

Reprise des relations et déblocage

des fonds

Comme on le sait, le FMI a récemment

annoncé officiellement le rétablissement

de ses relations institutionnelles avec

le Venezuela, incluant l’envoi de missions

techniques d’évaluation, la réactivation

des canaux de communication avec la

Banque centrale du Venezuela et la mise

en place de mécanismes de déblocage progressif

des ressources gelées dans les circuits

financiers internationaux.

Dans le même temps, l’organisme a

indiqué qu’un espace de dialogue s’ouvre

autour de la restructuration de la dette extérieure,

de la modernisation des systèmes

statistiques, ainsi que d’une coopération en

matière de stabilité du taux de change et de

soutenabilité budgétaire.

Ces annonces ont nourri, dans

certains milieux médiatiques, le discours

d’un « retour à la normalité financière » ou

d’une « ouverture au consensus de marché

», interprétés comme une capitulation du

Venezuela devant Bretton Woods.

Il convient de rappeler, comme

on l’a déjà mentionné plus haut, que

ce rétablissement de relations n’est pas

une concession unilatérale du FMI, mais

la reconnaissance implicite de l’échec

La présidente par intérim Delcy Rodríguez

de sa stratégie d’isolement et de pression

économique visant à provoquer un

changement de gouvernement.

Le Venezuela a démontré une

capacité extraordinaire de gestion macroéconomique

dans des conditions adverses,

supportant le poids de plus de mille mesures

coercitives unilatérales et d’un blocus

qui a signifié la perte de près de 99% des

revenus du pays.

Le pays a maintenu le contrôle de

ses réserves stratégiques, diversifié ses

marchés d’exportation et consolidé des

alliances avec des économies émergentes

offrant des alternatives au dollar et aux circuits

financiers traditionnels.

Le déblocage des fonds pour leur utilisation

par le gouvernement vénézuélien

ne constitue pas un « sauvetage » au sens

classique du terme, mais une réparation

partielle des effets collatéraux des mesures

coercitives unilatérales, que la rapporteuse

spéciale de l’ONU sur l’impact négatif de

ces mesures sur la jouissance des droits

humains, Alena Douhan, a qualifiées de

violations du droit international ainsi que

des droits économiques et sociaux de la

population.

Le FMI ne fait que reconnaître

que, sans la participation du Venezuela,

ses rapports manquent de légitimité

régionale, que les marchés ne peuvent

fonctionner de manière stable tant que

persistent des asymétries d’accès et que

la gouvernance financière globale exige

l’inclusion, non l’exclusion sélective qui l’a

caractérisée jusqu’ici, notamment dans le

cas vénézuélien.

Négocier avec le FMI sans

renoncer à la souveraineté

L’histoire de la région montre que

les programmes du FMI ont, en général,

privilégié l’équilibre budgétaire sur le

développement productif, la libéralisation

du change sur la souveraineté monétaire et

l’investissement étranger sur la protection

de l’emploi et des services publics.

Dans cette nouvelle phase qui s’ouvre,

le Venezuela aborde le dialogue avec le

FMI sans aucun complexe, à partir d’une

position de force dans la négociation, en

fixant des limites claires aux conditions

que certains analystes commencent déjà

à présenter comme typiques des programmes

du Fonds.

La priorité est donnée à la relance

de l’appareil productif national, à la diversification

de la matrice exportatrice et à la

protection des dépenses sociales. La présidente

Delcy Rodríguez et le vice‐président

Calixto Ortega ont été très clairs : il n’est

prévu ni programme de financement ni

mécanisme de prêts.

Les deux responsables insistent sur

le fait que les ressources débloquées (les

Droits de tirage spéciaux) auxquelles le

Venezuela a désormais accès seront utilisées

pour l’investissement public, les infrastructures

critiques (système électrique,

eau et hôpitaux), le transfert de technologie

et le renforcement des capacités statistiques

souveraines, en évitant toute reproduction

de dynamiques de dépendance

financière.

Un nouvel ordre économique en

gestation

Le rétablissement des relations avec

le FMI et la réouverture des canaux de

communication avec cet organisme financier

doivent être compris dans le cadre d’un

processus plus vaste de reconfiguration de

l’ordre économique international, auquel le

Venezuela participe pleinement.

Le système multicentrique et multipolaire

dont parlait Chávez est désormais

une réalité tangible : l’expansion

des BRICS+, la création de mécanismes

de compensation en monnaies locales, la

dédollarisation progressive du commerce

énergétique et la consolidation de banques

de développement régionales fissurent

le monopole des institutions de Bretton

Woods.

Ces institutions, de leur côté, tentent

de s’adapter à un monde où la coercition

unilatérale ne garantit plus les résultats,

où la légitimité technique dépend de la

représentativité politique et où les États du

Sud exigent un traitement d’égal à égal.

Pour le Venezuela, ce moment historique

pose trois défis stratégiques.

Premièrement, garantir que la

coopération technique ne se traduise pas

par l’imposition de conditions déguisées qui

démantèleraient les avancées en matière

de souveraineté alimentaire, énergétique et

technologique.

Deuxièmement, renforcer les institutions

nationales afin que la gestion des

ressources débloquées se fasse avec transparence,

efficacité et reddition de comptes

devant le peuple vénézuélien, consolidant

ainsi la confiance interne et externe.

Troisièmement, approfondir la

coopération Sud‐Sud et l’intégration régionale

comme contre‐poids structurel à

l’architecture financière traditionnelle, pour

que le Venezuela ne se retrouve plus jamais

exposé aux cycles de dépendance.

La reprise des relations et le déblocage

des fonds ne marquent pas la fin

du conflit entre les modèles portés par la

Révolution bolivarienne et ceux du FMI

; ils inaugurent une nouvelle phase de

négociation dont l’axe central sera la souveraineté.

Le Venezuela a prouvé qu’il est

possible de résister au blocus financier,

de préserver la gouvernabilité institutionnelle

et de se repositionner sur l’échiquier

multilatéral sans renoncer à son projet de

nation.

Le FMI, pour sa part, se trouve face

à une disjonction historique : transformer

son mandat vers un modèle de coopération

réellement mutuelle ou demeurer prisonnier

de logiques de subordination que l’histoire

a déjà commencé à dépasser.

La leçon centrale est limpide : l’architecture

financière globale ne sera légitime

que lorsqu’elle cessera d’être un

instrument de pression géopolitique pour

devenir une plateforme de développement

partagé.

Le Venezuela, fort de son parcours

de résistance et de sa vocation multilatéraliste,

continuera de travailler à cette

transformation, non dans la soumission et

l’abandon, mais dans la fermeté souveraine,

la clarté stratégique et la conviction

qu’un autre système économique est non

seulement possible, mais nécessaire.

Le rétablissement des relations et

le déblocage des fonds ne sont pas une

concession du FMI. Ils constituent la reconnaissance

tardive d’une réalité que la

Révolution bolivarienne affirme depuis

plus de deux décennies : la véritable stabilité

financière naît de la justice, de l’égalité

et du respect du droit des peuples à disposer

d’eux-mêmes.

*Domingo Medina Gutiérrez est

un politologue vénézuélien, analyste politique

et militant chaviste, membre de la

Red de Intelectuales, Artistas y Movimientos

Sociales en Defensa de la Humanidad

(REDH Venezuela). Il est président du

Centro Internacional Miranda (CIM), institution

de recherche critique fondée par

l’État vénézuélien et dédiée à l’étude des

transformations politiques, économiques

et culturelles impulsées par la Révolution

bolivarienne. Auteur de travaux sur la

participation électorale et la conflictualité

politique, il intervient régulièrement dans

les médias publics vénézuéliens en tant

qu’analyste de la conjoncture, de la guerre

économique et de la géopolitique régionale.

Miradas de la red 21Avril 2026

Traduction Bernard Tornare

23 Avril 2026

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026

Haiti Liberté

11


Perspectives

Tchad: la Cendrillon des colonies françaises

(11 ème partie)

Par Alexandra Panaguli

Incapacité politique mais capacité

répressive

Au moment où Gide relatait les

rudes épreuves de la main d’œuvre africaine,

il s’apprêtait à faire le voyage

de Sahr (à l’époque Fort-Archambault),

près de la frontière centre-africaine, à

N’Djamena (Fort-Lamy) sur le fleuve

Chari (long de 1400 km), dont le Logone

(1000 km) est le principal affluent.

Il est en compagnie de Marcel de Coppet

(1881-1968), gouverneur de plusieurs

colonies françaises, qui vient d’être

nommé au Tchad (1926-1928 et 1929-

1932). Coppet est proche de Gide et de

Roger Martin du Gard, deux prix Nobel

de littérature (respectivement 1947

et 1937), lui-même licencié en droit

et diplômé en malgache de l’École des

langues orientales, sympathisant socialiste,

protestant et franc-maçon. Gide le

présente comme “aimé” de “ce peuple

noir”.

Cela n’empêche que Coppet doit

exécuter les ordres de la métropole.

Alors que Coppet est haut-commissaire

à Madagascar lors de la révolte anticoloniale

de 1947-48 – protestant entre

autres, là aussi, la pratique du travail

forcé et de la conscription involontaire

dans l’armée en cas de guerre de la

puissance coloniale – l’armée française

« emploie diverses tactiques de terreur

destinées à démoraliser la population.

Elle procède à des exécutions de masse,

à des tortures, à des viols de guerre, à

l’incendie de villages entiers, à des châtiments

collectifs et à d’autres atrocités

telles que le jet de prisonniers malgaches

vivants depuis des avions (vols de

la mort) ».

Au même moment, cette même

armée assassine et viole des centaines

de civils dans les villages de My Trach

(29 novembre 1947) et de Quang Nam

(12 juin 1948) au Vietnam, alors partie

de l’Indochine française. Un avantgoût

de l’Algérie occupée où cette bestialité

s’est centuplée. Jugé trop modéré,

Coppet est remplacé en février 1948

par Pierre de Chevigné, colonel puis

politicien, qui complète le tableau dans

le sang. « L’intensité et la cruauté de

la réponse française étaient alors sans

précédent dans l’histoire coloniale de la

France ». Le total des tués malgaches

est estimé entre 11.000 et 100.000. Au

départ, 550 Français avaient été tués.

Des proportions qui font penser à Gaza,

mais où les Israéliens se sont largement

surpassés.

(Coppet avait également été le

seul gouverneur général – à l’époque, à

Madagascar – à être limogé par le régime

de Vichy en 1940 pour avoir tenté

de maintenir la “Grande Île” dans la

guerre au côté des Britanniques)

Interpellé par la répression du

soulèvement malgache, Albert Camus

avait comparé les méthodes françaises

à celles qu’ils venaient de subir de la

part des Allemands, et il avait directement

lié la cruauté au racisme: « Si les

hitlériens ont appliqué à l’Europe les

lois abjectes qui étaient les leurs, c’est

qu’ils considéraient que leur race était

supérieure et que la loi ne pouvait être

la même pour les Allemands et pour les

peuples esclaves [...] si, aujourd’hui,

des Français apprennent sans révolte

les méthodes que d’autres Français utilisent

parfois envers des Algériens ou

des Malgaches, c’est qu’ils vivent, de

manière inconsciente, sur la certitude

que nous sommes supérieurs en quelque

manière à ces peuples et que le choix de

moyens propres à illustrer cette supériorité

importe peu ». Toujours d’actualité

à Gaza, un siècle plus tard.

Le plus ironique est que la

manière dont les colonisateurs traitent

ceux qu’ils ont soumis en fait

eux-mêmes des êtres inférieurs, bien

inférieurs, comme l’étaient les nazis.

Intérieurement et extérieurement. Gide

l’a bien remarqué: « Ce que je ne peux

peindre, c’est la beauté des regards de

ces indigènes, l’intonation émue de

leur voix, la réserve et la dignité de leur

maintien, la noble élégance de leurs

gestes. Auprès de ces noirs, combien de

blancs ont l’air de goujats ».

Et agissent comme tels. Gide rapporte

“la lésinerie de certains blancs à

l’égard des indigènes”. La femme d’un

administrateur à Fort-Lamy – surnommée

“Madame cinquante centimes” – ne

trouvait pas du poisson car elle ne voulait

payer que le quart du prix demandé.

« C’est elle qui jetait à son chien les

restes de viande, plutôt que de les laisser

finir par ses boys ».

L’armée française était très capable

d’organiser des massacres – “Un

haut fonctionnaire évoque un ‘Oradour

malgache’», le village français où les

nazis ont exécuté 643 civils en 1944

– mais l’administration était très incapable

d’organiser son empire. Selon un

directeur même des affaires politiques

de l’Agence générale des colonies entre

1924 et 1926, Charles Régismanset

(1877-1945): « Il est clair que la

France n’a pas de programme colonial

et en persévérant dans cette attitude

négative, elle est fidèle à sa tradition.

Elle n’a pas de programme et n’en a

jamais eu ».

Elle n’avait pas de programme

mais bien des objectifs. Le livre

sur le Tchad de la bibliothèque du congrès

étatsunien le décrit: « Deux thèmes

fondamentaux ont dominé l’expérience

coloniale du Tchad avec les Français :

l’absence de politiques visant à unifier

le territoire et un rythme de modernisation

exceptionnellement lent. Dans

l’échelle des priorités françaises, la

colonie du Tchad se classait presque au

bas de l’échelle, et les Français en sont

venus à considérer le Tchad principalement

comme une source de coton brut

et de main-d’œuvre non qualifiée à utiliser

dans les colonies plus productives

du sud ».

Dans son “Essai sur la colonisation”,

en 1912, Régismanset résume

clairement le plan colonial et les priorités

de toute puissance coloniale: «

Pauvre humanité noire ! Ayons donc

au moins la franchise d’avouer que si

nous prenons tant de soin de toi, c’est

que tu nous parais constituer une inépuisable

réserve de main d’œuvre ...

Nous entendons que les races africaines

rapportent le maximum. Nous

voulons que les boules de caoutchouc,

l’ivoire, abondent sur les quais de Bordeaux

ou du Havre, que les arachides

croissent, que l’huile de palme coule à

pleins bords. Rien de mieux. Mais que

viennent faire ici la science, la justice,

la bonté et surtout le progrès ? Je ne

souhaite point que l’éducation noire

soit poussée trop avant... Tant que les

populations seront les plus faibles, elles

admettront le droit du plus fort. Le jour

où le «plus fort» désarmerait, le jour

où elles auraient compris l’admirable

mensonge de toutes ces abstractions,

elles auraient tôt fait — les Annamites

nous en donnent déjà un avant-goût

— de dénoncer ce prétendu «contrat

d’association», de s’insurger contre la

tutelle et l’exploitation européennes.

Assimilation irréalisable ou association

hypocrite, deux systèmes également

en contradiction flagrante avec le

Ecolières à Bongor au moment de la collation. Dans son fameux “Au

cœur des ténèbres” inspiré de son emploi au Congo, où il vu “le travail

forcé, les châtiments corporels et la cupidité incontrôlée qui ont permis à

la Belgique de récolter de manière lucrative de l’ivoire et du caoutchouc”,

Joseph Conrad parle de “l’extraordinaire effort d’imagination qu’il nous a

fallu pour voir dans ces gens-là des ennemis”. André Gide ajoute: “quelle

politique de haine et de mauvais vouloir il a fallu pour obtenir de quoi

justifier les brutalités, les exactions et les sévices”. C’est le travail des

médias officiels: diaboliser l’ennemi, alors les Africains, les Vietnamiens,

les Malgaches, les Algériens; aujourd’hui la Chine, la Russie, les

Palestiniens (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).

Le vieux sultan accueille les visiteurs étrangers à Katoa, le chef-lieu du pays Mousgoum, qui regroupe 37

villages et plus de 50.000 habitants. Nous sommes près de Bogo, en territoire camerounais où a eu lieu, fin

du 19ème siècle, la grande bataille où les Mousgoum ont pu vaincre les Peuls qui lançaient des “jihads” pour

convertir les autres peuplades à l’islam (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).

fait». Belle prédiction avec un demi-siècle

d’avance.

La perception colore la réalité

Pendant que nous écoutions avec

révérence le vieux sultan de Katoa,

les enfants, espiègles, nous épiaient

tout autour de l’estrade recouverte de

chaume où nous étions assis sur les

sempiternelles chaises en plastique

qui caractérisent notre époque moderne

dans le monde entier. Le Logone

s’écoulait paisiblement juste à côté. Un

peu plus loin s’élevait la forteresse construite

en 1764. Il n’en reste pas grand

chose à part la muraille. Des ruines.

Pourtant à l’intérieur se trouve la maison

du sultan, très simple. (Pix castle

231026_4773++) Katoa est le chef-lieu

du pays Mousgoum, qui regroupe 37 villages

et plus de 50.000 habitants. Nous

sommes à une 50aine de kilomètres de

Bogo, en territoire camerounais par-delà

le fleuve Logone, où a eu lieu, fin du

19ème siècle, la grande bataille où les

Mousgoum ont pu vaincre les Peuls qui

lançaient des “jihads” pour convertir les

autres peuplades à l’islam.

Sur le chemin du retour, assis dans

la grande pirogue, devant un coucher de

soleil grandiose du côté camerounais, je

pense à André Gide qui a navigué sur

ces mêmes eaux à ce même endroit

mais venant du nord, de la capitale, il y

a un siècle, pour bifurquer vers l’ouest à

Katoa. Un mois plus tard et plus au sud,

il rencontrera, hasard surprenant, en

pleine brousse camerounaise, à la passe

de Keigama-Tekel, Théodore Monod

(1902-2000), le fameux naturaliste et

humaniste français, grand spécialiste

du Sahara où il a passé une soixantaine

d’années. Monod était alors au

Muséum national d’histoire naturelle,

un préparateur « qu’on envoie étudier

les poissons du Tchad », mais l’écrivain

ne consacre à cet événement qu’une

ligne de son livre, à la date du le 22 avril

1927 – Monod, à 25 ans, n’était pas encore

connu!

Comme Gide sur le Logone, « Je

n’ai le temps ni le désir de rien noter.

Complètement absorbé par la contemplation

». De la nature autant que

des habitants. Il y a quelque chose de

prenant que j’avais déja ressenti lors de

nos deux semaines sur l’Amazone (de

Belem à Manaus) et sur son affluent, le

Rio Madeira (de Manaus à Porto Velho,

aux portes du Pantanal). Le paysage ne

change pas énormément mais on est

surpris de ne jamais s’ennuyer, voyant

défiler cette nature si puissante. Le plus

beau et vivant est cette fine bordure

verte – les détails de la nature changent

constamment, tout à coup on débouche

sur une immense étendue plate sans

arbres. Régulièrement on passe des

barques de pêcheurs, ou on accoste

pour signaler notre présence aux autorités

locales, ce qui crée toujours un

attroupement.

Pourtant, beaucoup – Occidentaux

généralement – trouvent que

c’est de l’ennui. C’est ici que joue la

perception – totalement subjective –

qui colore de façon parfois diamétralement

opposée une même réalité. C’est

la définition que l’on donne à un objet

qui le ... définit et lui donne un bagage

émotionnel. On peut revenir à la culture.

Parlant des Ibos du Nigéria voisin, Kapuscinski

dit qu’ils ne connaissaient pas

le péché avant que les missionnaires

chrétiens ne viennent le leur enseigner.

S’ils avaient de mauvaise pensée envers

quelqu’un, il n’y avait de mal que si elle

résultait en une action qui heurterait

cette personne. « L’acte n’est mauvais

que s’il est dévoilé et si la société ou

une tierce personne le considère mauvais

». Comme disait mon oncle, l’ingénieur-philosophe,

une folie devient

règle et normalité quand la majorité des

gens l’accepte. Comme aujourd’hui avec

Trump aux Etats-Unis. 80 millions ont

voté pour lui, entérinant un comportement

jugé jusqu’à présent criminel.

En Afrique, le catholicisme est

venu intérioriser cette faute. Avant les

chrétiens, les Stoïciens s’étaient penchés

sur cette relation si importante entre

l’intérieur et l’extérieur. Le philosophe

grec Epictète l’a définie dans son Enchiridion

(Manuel): « Les hommes ne sont

pas troublés par les choses, mais par

l’opinion qu’ils en ont». Et quelques

siècles plus tard, Shakespeare l’a reformulé

dans Hamlet: «Il n’y a rien de bon

ou de mauvais, mais c’est la pensée qui

le rend tel».

C’est le moment de citer Joseph

Conrad dans son fameux “Au cœur

des ténèbres” inspiré de son bref emploi

au Congo, où il a vu « le travail

forcé, les châtiments corporels et la

cupidité incontrôlée qui ont permis à

la Belgique de récolter de manière lucrative

de l’ivoire et du caoutchouc ».

Conrad parle de «l’extraordinaire effort

d’imagination qu’il nous a fallu pour

voir dans ces gens-là des ennemis ».

Gide qui le cite ajoute: « quelle politique

de haine et de mauvais vouloir il a fallu

pour obtenir de quoi justifier les brutalités,

les exactions et les sévices ». C’est

le travail des médias officiels: diaboliser

l’ennemi, alors les Africains, les Vietnamiens,

les Malgaches, les Algériens;

aujourd’hui la Chine, la Russie, les Palestiniens.

Pareil effort d’imagination et de

subjectivisation de la réalité avec les

tableaux, à propos desquels le peintre

français Marcel Duchamp disait: «Je

crois que l’artiste ne sait pas ce qu’il

fait. J’attache encore plus d’importance

au spectateur qu’à l’artiste. [...]

L’acte créateur n’est pas accompli par

l’artiste seul; le spectateur met l’œuvre

en contact avec le monde extérieur en

déchiffrant et en interprétant ses qualifications

internes et ajoute ainsi sa

contribution à l’acte créateur».

Plus généralement, la différence

entre deux opposés n’est souvent pas

déterminante. Dans “La fuite du temps”

du chinois Yan Lianke, lauréat du prix

Franz Kafka en 2014 décerné à Prague

sur l’histoire semi-véridique d’un village

de montagne dans le Henan, la province

natale de l’auteur, où les habitants

mourraient avant l’âge de 40 ans à

cause de la toxicité des terres et eaux de

la région, il commence avec une citation

du Bouddha: « Maître Dahui! Tous les

êtres de ce monde craignent profondément

les douleurs de la vie et de la mort

et aspirent au nirvâna,. Ils ne savent

guère que la frontière entre nirvâna,

vie et mort n’est que métamorphose

d’une seule et même nature, que toute

différence est illusoire ».

(À suivre)

12 Haiti Liberté

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026


Devoir de Mémoire

Philadelphie, 1985 :

la terreur d’État s’abat sur une organisation noire

Par Olivier Esteves

On n’est pas en Alabama, on n’est

« pas en 1963. On est à Philadelphie,

«ville de l’amour fraternel» et de Rocky

Balboa, en 1985. Une bombe fournie

par le FBI est larguée depuis un hélicoptère

policier sur une maison abritant

des militants de MOVE, un mouvement

écologiste radical essentiellement composé

d’Afro-Américains… »

Prologue

On est le dimanche 12 mai 1985.

C’est le jour de la fête des mères1. Sur

Washington Avenue, dans le quartier

de Cobbs Creek tout à l’ouest de Philadelphie,

on prépare ce qui promet d’être

une journée radieuse. Des pères confectionnent

les repas avec les saveurs préférées

de leurs épouses et les enfants

rivalisent d’attentions gentilles envers

leur maman. Au mitan des années

1980, tout le monde prend cette fête

très au sérieux. Les hommes noirs, très

majoritaires dans le quartier, veulent

aussi montrer qu’ils n’ont rien à voir

avec ces deadbeat dads2 qui, dans les

représentations médiatiques, partagent

la même pigmentation qu’eux. Ils ne

sont pas de ces individus irresponsables

qui ont abandonné leurs femmes

et leurs enfants, refusant de leur verser

une pension, ne venant pas rendre visite

à leurs gosses, encore moins s’en

occupant.

La journée se passe magnifiquement,

il fait 27° Celsius, soit 80° Fahrenheit.

Ça sent le barbecue, il y a comme

un avant-goût d’été. Le soir, bien

des pères se couchent avec le sentiment

du devoir conjugal et familial accompli.

Inquiétudes

À huit blocs de là, sur Osage

Avenue, une fête des mères vraiment

différente se déroule. C’est que la

police est passée par là. Elle a intimé

à une partie des familles vivant dans le

périmètre de prendre quelques affaires

et de partir pour quelques heures : «

C’est pour votre sécurité », « Vous serez

très bientôt revenus », voire « Vous

devez obtempérer, sinon ça pourrait

vous porter préjudice ». Certains

policiers ont parlé d’un ton rassurant,

d’autres en donnant l’impression de ne

pas trop savoir ce qu’ils disaient et ce

qu’ils faisaient, d’autres enfin se sont

montrés arrogants avec les habitants

– afro-américains3 pour la plupart –

comme s’ils appartenaient à une force

d’occupation. James Taylor, qui habitait

au 6244 Osage Avenue, a pris ses

vêtements de travail, ses chaussures

de sécurité, des paires de chaussettes

et quelques caleçons, sans oublier trois

bouteilles d’eau de Cologne de marque

Jovan, « car c’est le seul truc que ma

famille trouve à m’offrir à Noël et aux

anniversaires4 ».

Margaret Lane, qui vivait au

6234 Pine Street, a été la dernière à être

évacuée : « Moi, j’ai refusé de partir. Je

leur ai dit que ça faisait 29 ans que je

vivais ici et que j’ai toujours travaillé

dur et qu’il est hors de question qu’un

groupe de militants me chasse de chez

moi. » Après quoi, menacée de représailles

par la police, elle a dû s’exécuter

et s’en aller sans la moindre affaire. «

Mais, a-t-elle dit, ce qui me choque le

plus, c’est qu’ils m’ont promis que je reviendrais

chez moi dans les 24 heures.

Ils avaient l’air tellement sincère. » Earl

Watkins, qui vivait avec sa famille et

était propriétaire de sa maison au 6218

Osage Avenue, a lui aussi dû prendre

ses affaires et partir précipitamment,

laissant derrière lui sa collection de près

de 2 500 disques. Ce dimanche-là, il est

tout de même allé à l’église et a prié «

très fort pour les militants de MOVE »,

car, même s’il n’avait pas la moindre

sympathie pour eux, il « sentait bien

que quelque chose de grave se préparait

».

Un policier monte la garde sur Pine Street, à West Philadelphia, près des vestiges de 61 maisons mitoyennes,

quelques jours après leur destruction par un incendie le 13 mai 1985, lorsque la police a largué des explosifs

sur une maison occupée par des membres du groupe radical MOVE. George Widman/AP

Forces en présence

Au moment de l’évacuation, un

haut-parleur au son un peu saturé recrache

des cris. Ce ne sont pas des ordres

policiers, plutôt des menaces, des

insultes, des revendications proférées

par des militants. Le haut-parleur est

fixé à une maison située au 6221 Osage

Avenue. À l’intérieur, les membres

principaux d’une organisation politique

portant le nom loufoque de « MOVE »,

et des enfants dont le nombre est alors

inconnu, y ont élu domicile depuis trois

ans au moins. MOVE, ce n’est pas un

acronyme de quoi que ce soit, et le

nom renvoie au culte de la vie et du

mouvement au sein de ce groupe. Ces

révolutionnaires autoproclamés dénoncent

de nombreux maux modernes : air

vicié, pauvreté endémique, violences

policières, capitalisme, etc. Leur mode

de vie anarchique et antisystème a déjà

causé beaucoup de consternation et de

colère au sein du voisinage. Ils exigent

la libération immédiate de quatorze de

leurs membres emprisonnés et menacent

de tuer des policiers. Dans le

périmètre de la maison, semaine après

semaine, la présence policière est constante,

les journalistes sont légion, et

cet étrange spectacle charrie quotidiennement

son lot de curieux.

Quelques semaines avant le 13

mai 1985, des résidents du quartier

ont déclaré publiquement qu’ils utiliseraient

leurs propres armes pour chasser

les MOVE si les autorités municipales

ne mettaient pas tout en œuvre pour en

finir avec ce chaos. Cette menace bien

réelle a fini par contraindre la mairie à

agir, elle qui rechignait jusqu’alors à le

faire. Elle pensait, à tort, que MOVE

disposait de nombreuses armes. C’est

aussi que le maire a alors bien conscience

que des militants MOVE ont été

injustement emprisonnés. Neuf d’entre

eux ont en effet écopé de peines très

lourdes pour le meurtre jamais élucidé

d’un policier, James Ramp, à l’issue

d’un premier assaut contre MOVE, dans

le quartier de Powelton Village (un autre

quartier de Philadelphie) le 1er août

1978.

En ce 13 mai 1985, l’action

est lancée. Les autorités disposent à

présent de mandats d’arrêt pour quatre

occupants du 6221 Osage Avenue, leur

permettant en même temps de procéder

à l’éviction de tous les membres du

groupe.

Cercles de l’enfer

Les habitants de Cobbs Creek

et de tout West Philly ne se sont pas

encore réveillés de leur nuit de fête des

mères que, du côté d’Osage Avenue,

l’extrême tension va bientôt se muer en

véritable enfer d’acier.

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Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026

Haiti Liberté

13


Perspectives

Mali : une guerre de libération face aux offensives terroristes

Par Filippo Bovo*

Au Mali, une réalité s’impose

avec force : la tentative de

reproduire le scénario syrien —

chaos organisé, terrorisme instrumentalisé

et déstabilisation d’un

État souverain — est en train

d’échouer. Contrairement aux attentes

des puissances occidentales

et de leurs relais médiatiques, le

pays résiste, s’organise et riposte.

Porté par une dynamique

révolutionnaire et un soutien populaire

réel, le Mali s’inscrit désormais

dans une logique de guerre de

libération contre des forces qui ne

sont ni spontanées ni isolées, mais

bien intégrées dans une stratégie

néocoloniale plus large.

Un pays immense face à

une guerre importée

Le Mali n’est pas un « petit

pays fragile », comme on le

présente souvent en Europe pour

mieux justifier les ingérences.

Sa superficie équivaut à celle de

la France, de l’Allemagne et du

Royaume-Uni réunis. Un territoire

gigantesque, aux frontières

délibérément rendues poreuses,

notamment au nord et au centre,

où circulent armes, combattants et

trafics en tous genres.

Dans cet espace prolifèrent

des groupes jihadistes et séparatistes

– FLA, JNIM, ISSP – dont

l’existence et la capacité opérationnelle

reposent largement sur

des soutiens extérieurs. À cela

s’ajoutent des cellules dormantes

dans les centres urbains, activées

au moment opportun pour semer

la terreur.

Contrôler le terrain : un

défi stratégique majeur

Les Forces armées maliennes

(FAMA), épaulées par des unités

paramilitaires et leurs alliés de l’African

Corps, font face à une guerre

asymétrique particulièrement complexe.

Dans un pays majoritairement

plat, il est facile d’entrer —

mais extrêmement difficile de tenir,

sécuriser et stabiliser durablement.

Les armées occidentales

elles-mêmes en ont fait l’amère

expérience. En Irak, après 2003,

les États-Unis ont rapidement

découvert que conquérir un territoire

n’équivaut pas à le contrôler.

L’occupation s’est transformée en

bourbier, alimenté par des groupes

qu’ils avaient eux-mêmes contribué

à structurer ou financer.

Le précédent syrien : manipulation

et désinformation

Depuis 2011, la Libye et la

Syrie ont servi de laboratoires à

ces stratégies de destruction étatique.

Sous couvert de « révoltes

populaires », des guerres hybrides

ont été menées, combinant terrorisme,

propagande et ingérences

étrangères.

Contrairement au récit dominant,

les populations n’étaient

pas massivement opposées à leurs

gouvernements. Cette fiction médiatique

a servi à légitimer des opérations

de changement de régime,

dont les conséquences continuent

de déstabiliser durablement ces régions.

L’expérience russe et le

tournant sahélien

L’intervention russe en Syrie

en 2015 a marqué un tournant.

Forte de son expérience en

Tchétchénie, la Russie a développé

des capacités de contre-insurrection

parmi les plus efficaces au

monde. Ces compétences sont aujourd’hui

mobilisées au Sahel.

Le Mali s’inscrit désormais dans une logique de guerre de libération nationale

Au Mali, l’African Corps joue

un rôle structurant : formation, appui

opérationnel, présence sur le

terrain. Avec environ 2 000 hommes

déployés, il constitue un levier

stratégique pour renforcer la souveraineté

militaire du pays.

La guerre des drones : un

changement de paradigme

Le conflit malien entre dans

une nouvelle phase, marquée par

l’usage croissant des drones. Si

leur potentiel a été initialement

sous-exploité, la tendance s’inverse

rapidement.

Les critiques internes, tant au

Mali qu’en Russie, appellent à intensifier

leur utilisation, en s’inspirant

notamment du front ukrainien.

Le recours aux drones turcs

Bayraktar TB2 et Akinci illustre

cette montée en puissance, malgré

les tensions régionales qu’elle peut

susciter.

Des avancées qui démentent

le récit occidental

Sur le terrain, les résultats

sont sans appel. Les FAMA, leurs

alliés et l’African Corps ont libéré

de nombreuses localités et positions

stratégiques des mains de

groupes armés largement financés,

équipés et politiquement soutenus

par des puissances occidentales.

La Force conjointe de l’Alliance

des États du Sahel (AES) renforce

cette dynamique. En verrouillant

les frontières et en frappant les

groupes armés jusque dans leurs

bastions, notamment à Kidal, elle

réduit considérablement leur capacité

de nuisance.

Les pertes infligées au FLA,

au JNIM et à l’ISSP sont importantes,

tant en effectifs qu’en

matériel. Une réalité soigneusement

minimisée par les grands médias

occidentaux.

Une dynamique de libération

irréversible

Ce qui se joue aujourd’hui au

Mali dépasse le simple cadre sécuritaire.

Il s’agit d’une lutte pour la

souveraineté, contre des décennies

de domination, d’ingérence et de

prédation.

La « guerre de libération totale

» engagée par Bamako n’en

est qu’à une phase intermédiaire.

D’autres offensives viendront

consolider les acquis et étendre le

contrôle de l’État sur l’ensemble du

territoire.

Contrairement à leurs adversaires,

dépendants de soutiens extérieurs

et de relais médiatiques, les

forces maliennes disposent d’un

avantage décisif : la légitimité populaire,

la cohésion morale et une

volonté politique claire. Cette fois,

le scénario syrien ne se répétera

pas.

*Filippo Bovo est un journaliste

et analyste géopolitique

italien spécialisé dans les conflits

contemporains, en particulier au

Moyen-Orient, dans la Corne de

l’Afrique et au Sahel. Il est l’auteur

de plusieurs essais historiques

et géopolitiques publiés ces dix

dernières années.

Traduction Bernard Tornare

12 Mai 2026

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen sur les conclusions du

Ministère public, maintient le défaut octroyé contre

la défenderesse à l’audience précitée, pour le profit

déclare fondée ladite action. Admet en conséquence

le divorce Carl Wenshell LOUISSAINT d’avec

son épouse née Dorena Stephane ALEXIS pour

injures graves et publiques aux torts de l’épouse.

Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux. Ordonne à l’officier

de l’état civil de Port-au-Prince, Section Sud de

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale

sous peine de dommages intérêts envers les tiers

s’il y échet. Commet l’huissier Canal GABRIEL de

ce Tribunal pour la signification de ce jugement ;

Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par

nous, Me Nelson CILIUS, Juge en audience civile

ordinaire du douze Février deux mille vingt-cinq,

en présence de Me. Romain ORANGE, Substitut

Commissaire du gouvernement de ce ressort, avec

l’assistance de Me Mozart TASSY, Greffier du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut octroyé

contre son épouse WISLANDE FILS à l’audience

précitée, pour le profit déclare fondée ladite

action. Admet en conséquence, le divorce du

sieur Vladimyr KEBREAU d’avec son épouse née

WISLANDE FILS pour injures graves et publiques.

Prononce en conséquence la dissolution des liens

matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux.

Ordonne à l’officier de l’état civil de la commune

de cavaillon de transcrire sur les registres à ce

destinés, le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera publié dans l’un des quotidiens

s’éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s’il y échet. Compense les

dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, Osmond

CASTOR, Doyen en audience civile, ordinaire et

publique en date du Treize Avril deux mille vingttrois,

en présence de Holitha JACQUET, Substitut

Commissaire avec l’assistance du Greffier Jean

Claude Novembre

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut octroyé

contre la défenderesse à l’audience précitée, pour

le profit déclare fondée ladite action. Admet

en conséquence le divorce du sieur Frantzdy

JEAN d’avec son épouse née Kimberly PIERRE

PAUL, pour injures graves et publiques, aux

torts de l’épouse. Prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre lesdits époux.

Ordonne à l’officier de l’état civil de Port-au-

Prince, Section Sud de transcrire sur les registres à

ce destinés, le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens

s’éditant à la Capitale sous peine de dommages

et intérêts envers les tiers s’il y échet. Commet

l’huissier Canal GABRIEL de ce siège pour la

signification de ce jugement. Compense les

dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, Me

Nelson CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire

du douze juin deux mille vingt-cinq, en présence

de Me Elysée FENELON, Substitut Commissaire

du gouvernement de ce ressort, avec l’assistance

de Mozart TASSY, Greffier du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc.....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions

du Ministère public, maintient le défaut octroyé

contre son épouse Saint Faura Virgile à l’audience

précitée, pour le profit déclare fondée ladite action.

Admet en conséquence le divorce de Peterson

Joseph avec Saint Faura Virgile pour injures

graves et publiques. Prononce en conséquence la

dissolution des liens matrimoniaux ayant existé

entre lesdits époux. Ordonne à l’officier de l’état

civil de la commune d’Aquin, de transcrire sur

les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un des

quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s’il y échet.

Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par

nous, Me Osmond CASTOR, Av. Juge en audience

civile ordinaire et publique en date du vingttrois

Juin deux mille vingt-cinq, en présence de

Me Vanna Mané, Av. Substitut Commissaire du

gouvernement de ce ressort avec l’assistance du

Greffier Me Paulin Civil, Greffier du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc.....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public

entendu, maintient le défaut octroyé contre

le défendeur à l’audience précitée, pour le

profit déclare fondée ladite action. Admet en

conséquence le divorce d’Esther DORILAS,

d’avec son époux Frantz MERTILUS pour injures

graves et publiques. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre lesdits

époux. Ordonne à l’officier de l’état civil de Taïfer

commune de Carrefour de transcrire dans les

registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet.

Compense les dépens. Commet l’huissier Maxime

CANDIO pour la signification de ce jugement

Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé

par nous, Guy AUGUSTIN, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du Mercredi vingtet-un

Avril deux mille vingt-et-un, en présence

de Me. Paul WESLEY, Substitut Commissaire du

gouvernement de ce ressort avec l’assistance du

sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, Greffier du

siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen et sur les conclusions

du Ministère public, accueille l’action de la

demanderesse, la dame Chenetti JEAN MARY née

Cassandre Laurie FRANÇOIS en la forme. Maintient

le défaut octroyé contre le sieur Chenetti JEAN

MARY défendeur à l’audience précitée. Admet

en conséquence le divorce de la dame Chenetti

JEAN MARY née Cassandre Laurie FRANÇOIS

d’avec son époux Chenetti JEAN MARY pour

injures graves et publiques faits prévus à l’article

217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre

lesdits époux, ce, aux torts exclusifs de l’époux.

Ordonne à l’officier de l’état civil de la Section Est

de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à

ce destinés, le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera publié dans l’un des quotidiens

s’éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers. Compense les dépens.

Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège

pour la signification du présent jugement. Ainsi

jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS,

Juge en audience civile, ordinaire et publique de

divorce du vendredi six Mars deux mille vingt-six,

en présence de Me Romain ORANGE, Substitut

Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince

et avec l’assistance de la dame Célène Saint Jean

CHERY, Greffière du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc....

Celène Saint Jean CHERY, Greffière

14 Haiti Liberté

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026


Perspectives

N’osez même pas !

Par Stalin Vladímir Centeno

La paix dont vit le Nicaragua n’est

ni un hasard ni apparue du jour

au lendemain. Elle a été construite

pendant des années, au milieu de difficultés,

d’agressions et de moments

complexes qui ont marqué le pays.

C’est précisément pour cela qu’aujourd’hui

il ne suffit pas de dire que la

paix existe : il faut aussi affirmer clairement

qu’elle se défend chaque jour.

N’osez pas confondre la tranquillité du

peuple avec de la faiblesse. N’osez pas

croire que parce que les familles travaillent,

étudient, produisent et vivent

heureuses, cela signifie qu’on a oublié

ce qui s’est passé lorsqu’ils ont tenté de

renverser notre gouvernement sandiniste.

Le Nicaragua a trop appris de ces

temps difficiles, et c’est justement pour

cela qu’aujourd’hui la paix se protège

avec fermeté.

N’osez pas tenter d’imposer la

peur aux familles nicaraguayennes. Ce

peuple sait ce que signifie vivre sous

les menaces, la violence, la guerre, les

blocus et les sanctions semés par des

ennemis extérieurs et promus par des

pantins, des traîtres et des vendus. Aujourd’hui,

les rues sont pleines d’activité

économique et familiale, les marchés

fonctionnent, les transports circulent,

les écoles restent ouvertes, tandis que

les hôpitaux soignent et sauvent des

vies dans un système de santé gratuit,

sans faire payer un seul centime. La

vie continue avec stabilité parce que

le pays a retrouvé la tranquillité. Cette

stabilité a une valeur immense pour le

peuple, et personne ne veut revenir en

arrière. La paix est devenue une partie

de la vie quotidienne au Nicaragua, et

c’est pourquoi notre peuple comprend

qu’il doit la protéger comme l’un de ses

biens les plus sacrés.

N’osez pas toucher à la paix

avec des mains sales. Le Nicaragua

a réussi à avancer parce que le pays

travaille, produit et se met en mouvement

chaque jour avec stabilité, sur les

chemins du bien commun. Lorsqu’un

pays vit en paix, il peut construire des

routes, des hôpitaux, des logements,

des écoles et créer des programmes sociaux

qui transforment la vie de ses habitants.

Lorsque les ennemis insistent

sur la déstabilisation et la confrontation,

tout se paralyse, l’emploi est frappé,

l’économie s’arrête et les familles

finissent par payer les conséquences de

ces âmes en peine qui se nourrissent de

haine et de destruction.

Ici, la paix se défend parce que

le pays sait déjà ce que coûte sa perte.

N’osez pas semer la haine entre les

Nicaraguayens eux-mêmes. Pendant

longtemps, certains ont tenté — et tentent

encore — de diviser le pays, d’opposer

les familles et de faire du conflit

une manière de pratiquer une politique

sale et de gagner de l’argent à travers

des fausses nouvelles. Cependant, la

majorité du peuple a fini par comprendre

qu’aucune nation ne peut avancer

en vivant en permanence dans les divisions

et dans l’absence d’amour. Aujourd’hui,

la majorité des citoyens veut

de la stabilité, veut avancer et continuer

à construire sa vie sans revenir

à des périodes marquées par le chaos

et la violence. La paix signifie aussi la

coexistence, le respect et la capacité de

continuer à aller de l’avant sans permettre

le retour de temps qui ont laissé

douleur et blessures profondes dans la

vie de milliers et de milliers de foyers.

N’osez pas penser que ce peuple

n’a rien appris de ce qu’il a vécu.

Le Nicaragua sait parfaitement ce qui

arrive lorsque la haine devient un

outil politique et lorsque le mensonge

tente de s’imposer, de manière répétée

et malveillante, face à la vérité. C’est

pourquoi il existe aujourd’hui une conscience

plus forte de l’importance de

défendre la paix et le fonctionnement

du pays. Les gens veulent travailler,

entreprendre, circuler librement sans

Le Nicaragua, guidé par nos Coprésidents, Rosario Murillo et le Commandant Daniel Ortega

ces barrages de la mort érigés par la

droite terroriste, et pouvoir vivre aujourd’hui

en sécurité. Cette détermination

du peuple à protéger la paix explique

pourquoi le pays maintient un rythme

constant et pourquoi la paix est devenue

une priorité nationale que la population

est décidée à défendre.

Le Nicaragua, guidé par nos Coprésidents,

la Compagne Rosario et le

Commandant Daniel, a pris une décision

définitive : continuer d’avancer et

ne pas revenir aux périodes marquées

par les affrontements et la déstabilisation.

Ici, la tranquillité se vit, mais elle

se protège aussi avec responsabilité et

cohérence. N’osez pas attaquer la paix

à travers des campagnes de haine et de

manipulation. Certains tentent encore

de décrire un pays qui n’existe pas ; ils

parlent de dictature alors que les véritables

dictateurs furent eux, qui pendant

trois mois ont violé les droits humains

des Nicaraguayens, tenté de renverser

un gouvernement élu constitutionnellement

par la majorité du peuple et

voulu mettre la nation à genoux pour

la livrer aux ennemis de toujours.

N’osez pas sous-estimer l’engagement

du Bon Gouvernement

sandiniste pour la paix. Les bonnes

nouvelles ont cessé d’être une simple

aspiration pour devenir une décision

ferme depuis 2007, et cela reste valable

jusqu’à aujourd’hui. Ici, il existe

une conscience claire de ce que signifie

perdre la paix et, surtout, de ce qu’il a

fallu pour la récupérer. C’est pourquoi

la paix occupe aujourd’hui une place

centrale dans le présent et dans l’avenir

du pays.

N’osez pas oublier que ce peuple

sandiniste vous a vaincus et continuera

de vous vaincre autant de fois que

vous tenterez de revenir. Grâce à Dieu

et à notre Bon Gouvernement, nous vivons

une étape différente, marquée par

le travail, le progrès, le développement

et des temps de prospérité visibles et

tangibles.

Ici, personne ne veut revenir à la

haine qui n’habite que chez quelquesuns,

ces quelques-uns qui ne sont plus

que des fantômes, qui ne font plus peur

et qui n’existent déjà plus. Et c’est précisément

pour cela que le Nicaragua

lance un avertissement simple, direct et

définitif : N’OSEZ PAS, car avec Rosario

et Daniel nous continuons d’avancer,

de progresser et de construire de nouvelles

victoires.

Stalin Vladímir Centeno est

un journaliste et chroniqueur nicaraguayen,

vivant à Managua. Il collabore

avec des médias comme El 19 Digital,

Barricada, Radio La Primerísima, Chicago

ALBA Solidarity, ainsi que des

plateformes militantes comme Stalin

Magazine.

Tortilla con Sal 6 de mayo 2026

Traduction Bernard Tornare

7 Mai 2026

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, et sur les conclusions du

Ministère public, accueille l’action du demandeur,

le sieur René TOUSSAINT, en la forme maintient

le défaut octroyé contre la dame Sandra CASIMIR

défenderesse à l’audience précitée. Admet en

conséquence le divorce du sieur René TOUSSAINT

d’avec son épouse née Sandra CASIMIR pour

injures graves et publiques faits prévus à l’article

217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre

lesdits époux, ce, aux torts exclusifs de l’épouse.

Ordonne à l’officier de l’état civil de la Section Sud

de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à

ce destinés, le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera publié dans l’un des quotidiens

s’éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers. Compense les dépens.

Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège

pour la signification du présent jugement. Ainsi

jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS,

Juge en audience civile, ordinaire et publique de

divorce du vendredi dix-sept Avril deux mille

vingt-six, en présence de Me Romain ORANGE,

Substitut Commissaire du gouvernement de Portau-Prince,

et avec l’assistance de la dame Célène

Saint Jean CHERY, Greffière du siège

Il est ordonné...etc....

En foi de quoi....etc.....

CELENE SAINT JEAN CHERY, Greffière du siège

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, et sur les conclusions du

Ministère public, accueille l’action du demandeur,

le sieur Samuel ANTOINE en la forme maintient le

défaut octroyé contre la dame née Mirline PIERRE

défenderesse à l’audience précitée. Admet en

conséquence le divorce du sieur Samuel ANTOINE

d’avec son épouse née Mirline PIERRE pour

injures graves et publiques faits prévus à l’article

217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre

lesdits époux, ce, aux torts exclusifs de l’épouse.

Ordonne à l’officier de l’état civil de la Section Sud

de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à

ce destinés, le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera publié dans l’un des quotidiens

s’éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers. Compense les dépens.

Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège

pour la signification du présent jugement. Ainsi

jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS,

Juge en audience civile ordinaire et publique de

divorce du vendredi six Mars deux mille vingt-six,

en présence de Me Romain ORANGE, Substitut

Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince

et avec l’assistance de la dame Célene Saint Jean

CHERY, Greffière du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc.....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, et sur les conclusions

du Ministère public, accueille l’action de la

demanderesse, la dame Naomie JOCELIN; en la

forme maintient le défaut octroyé contre le André

CHEVALIER défendeur à l’audience précitée ;

Admet en conséquence le divorce de la dame

André CHEVALIER née Nahomie JOCELIN d’avec

son époux André CHEVALIER pour injures graves

et publiques faits prévus à l’article 217 du code

civil Haïtien. Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre lesdits époux. Ce,

aux torts exclusifs de l’époux. Ordonne à l’officier

de l’état civil de la Section Sud de Port-au-Prince

de transcrire sur les registres à ce destinés, le

dispositif du présent jugement dont un extrait

sera publié dans l’un des quotidiens s’éditant

à la Capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers. Compense les dépens. Commet

l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour la

signification du présent jugement. Ainsi jugé et

prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS, Juge en

audience civile, ordinaire et publique de divorce

du vendredi six Mars deux mille vingt-six, en

présence de Me Romain ORANGE, Substitut

Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince

et avec l’assistance de la dame Célène Saint Jean

CHERY, Greffière du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc....

CELENE SAINT JEAN CHERY, Greffière du siège

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, jugeant publiquement après avoir délibéré

au vœu de la loi et sur les conclusions du Ministère

public, accueille l’action de la demanderesse la dame

Alain FEQUIERE Becaman Woudlene GEDEON en la

forme; maintient le défaut octroyé contre le sieur Alain

FEQUIERE Becaman Woudlene GEDEON défendeur à

l’audience précitée. Admet en conséquence le divorce

de la dame Alain FEQUIERE née Becaman Woudlene

GEDEON d’avec son époux Alain FEQUIERE pour

injures graves et publiques, faits prévus à l’article

217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution des

liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux,

ce, aux torts exclusifs de l’époux. Ordonne à l’officier

de l’état civil de la Section Sud de Port-au-Prince de

transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera publié dans

l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers. Compense les

dépens. Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce

siège pour la signification du présent jugement. Ainsi

jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS, Juge

en audience civile, ordinaire et publique de divorce du

vendredi six Mars deux mille vingt-six, en présence

de Me Romain ORANGE, Substitut Commissaire du

gouvernement de Port-au-Prince et avec l’assistance

de la dame Célène Saint Jean CHERY, Greffière du si

ège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi....etc....

DISPOSITIF PAR CES MOTIFS

Après examen et sur les conclusions conformes

du Ministère public, le Tribunal, au voeu de la loi,

maintient le défaut requis et octroyé à l’audience

contre la défenderesse pour faute de comparaître

; pour le profit, accueille l’action du demandeur le

sieur Gary PHILOGENE vu que cette demande est

juste et fondée. Admet le divorce des époux Gary

PHILOGENE, née Judith LEROCIER pour injures

graves et publiques incompatibilité de caractères et aux

torts exclusifs de l’épouse. Prononce la dissolution des

liens matrimoniaux ayant existé entre-eux. Ordonne

à l’officier de l’état civil de Petit-Goâve, Section Sud de

transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif du

présent jugement dit qu’un extrait sera publié dans

l’un des colonnes d’un quotidien s’éditant à la Capitale

sous peine de dommages intérêts envers les tiers s’il

y échet. Commet le sieur Jean Fruisner MONICE,

huissier de notre Tribunal pour la signification du

présent jugement. Compense les dépens, vu la qualité

des parties. Rendu par nous, Fritzner DUCLAIRE,

Doyen du Tribunal de première de première instance

de Petit-Goâve, en audience publique civile de divorce

ce dix Février deux mille vingt-cinq (10 Février

2025), en présence de Me Joseph André EXAVIER,

Substitut Commissaire du gouvernement de ce ressort

assisté du sieur Christophe BONBON, Greffier du siège

Il est ordonné...etc....

En foi de quoi....etc.....

PAR CES MOTIFS

Après examen et sur les conclusions conformes

du Ministère public, le Tribunal au voeu de la loi,

maintient le défaut requis et octroyé à l’audience

contre le défendeur pour faute de comparaître ; pour le

profit, accueille l’action de la demanderesse, la dame

Ensley BAYARD, femme née Mikeneja BRITOU

vu que cette demande est juste et fondée. Admet

le divorce des époux Ensley BAYARD, femme née

Mikeneja BRITOU pour injures graves et publiques et

aux torts exclusifs de l’époux. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre eux.

Ordonne à l’officier de l’état civil de Petit-Goâve,

Section Sud de transcrire sur les registres à ce destinés,

le dispositif du présent jugement ; dit qu’un extrait

sera publié dans l’un des colonnes d’un quotidien

s’éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s’il y échet. Commet le sieur

Jean Fruisner MONICE huissier de notre Tribunal pour

la signification du présent jugement. Compense les

dépens vu la qualité des parties. Rendu par nous, Me

Fritzner DUCLAIRE, Doyen du Tribunal de première

instance de Petit-Goâve, en audience publique civile

de divorce ce jourd’hui vingt-cinq Août deux mille

vingt-cinq (25 Août 2025), en présence de Me

Joseph André EXAVIER, Substitut Commissaire

du gouvernement, assisté du sieur Christophe

BONBON, Greffier du siège

Il est ordonné...etc....

En foi de quoi....etc...

Christophe BONBON, Greffier

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026

Haiti Liberté

15


continued from p (9)

Initially, the men were told

they would be providing security for Sanon,

he said. They were given only two

shotguns for the job.

It was not until the very last

moment, Palacios testified, that the mission’s

true nature became clear. He described

being told that a Haitian armed

group was supposed to attack the president’s

house first, and that the Colombian

team would follow to search for videos

and computers. But when the gang

members could not be reached by phone

on the night of the attack, the order came

through. “They gave us the order,” Palacios

said. “We had to do the job they were

going to be doing.”

Like John, he identified Solages

as “the boss” who gave the command to

proceed to the president’s residence. Ballistic

evidence presented at trial matched

bullets recovered from both Moïse and his

wife to a rifle used by the Delta Team. (The

defense argued that two of the recovered

bullets were “pristine” and planted.)

“Captain Mike” — Germán Alejandro

Rivera García

Among the most revealing of the

cooperating witnesses was Germán Alejandro

Rivera García, a retired Colombian

Army captain who went by the code name

“Mike” or “Mikael” within the conspiracy.

He had commanded the Colombian mercenaries

on the ground in Haiti. Rivera

had pleaded guilty and testified against

the four defendants in what proved to be

some of the trial’s most striking testimony.

Rivera testified that Arcángel

Pretel Ortiz — who wore fake U.S.

military-style uniforms and referred to

himself as “Colonel Gabriel,” after the

archangel Gabriel — had assigned angelic

code names to all of the plot’s principal

figures. Pretel went by “Gabriel,” Rivera

by “Mikael,” and others received names

like “Uriel” and “Rafael.” When a defense

attorney displayed a group chat message

from May 10, 2021, featuring an image of

a winged angel with a sword and armor,

Rivera explained that the group did not

see themselves as ordinary angels.

“Not just angels with arms

and wings,” Rivera testified, “but rather

avenging angels.”

Unlike John and Jaar, Rivera

said he communicated directly and

regularly with Pretel Ortiz and Intriago

throughout the operation, as well as with

Solages. He testified that the critical shift

— from kidnapping to assassination —

came approximately two weeks before

Moïse was killed, in the aftermath of a

failed Jun. 19, 2021, operation to seize the

president when he returned from a state

visit to Turkey. After that failure, a new

figure entered the scene: the previously

mentioned Joseph Félix Badio, a former

Haitian Justice Ministry official who had

recently been fired, whom Pretel Ortiz introduced

to the group as “the cousin” —

the new CTU representative in Haiti. Pretel

Ortiz told Rivera to take his orders from

Badio going forward, Rivera testified. At

that point, the group also switched its designated

presidential successor from Sanon

to Wendelle Coq Thélot, a justice of Haiti’s

Supreme Court and a close associate of

Badio. Thélot died as a fugitive in January

Dimitri Vorbe (left) and Dr. Reginald Boulos have long been suspected as

being intellectual authors and funders of Jovenel Moïse’s assassination,

although no evidence has come to light.

2025 before she could face justice.

Rivera also noted that he joined

the operation because he was struggling

financially to support his wife and child

— a reminder that the conspiracy exploited

vulnerable former soldiers by offering

them promises of money that largely never

materialized.

The Central Mystery: Who Ordered

and Funded the Killing?

Despite the sweeping scope of the

Miami trial — 39 days of testimony, more

than 40 witnesses, 8,000 gigabytes of

data recovered from over 100 electronic

devices across three countries — the verdict

has failed to answer the question that

haunts the case most profoundly: Who are

the intellectual authors of Jovenel Moïse’s

assassination?

The men convicted in Miami

were architects of the plot’s operations.

They hired the mercenaries, supplied the

weapons and gear, arranged some of the

financing, and pulled the logistical strings.

But neither the prosecution nor the defense,

across weeks of competing narratives,

came close to identifying the higher-level

mastermind(s).

The figure who looms largest

over the unanswered questions is Badio,

whose name was cited repeatedly

throughout the testimony of multiple

witnesses as an influential organizer and

logistics coordinator. Rivera testified that it

was Badio who effectively redirected the

operation toward assassination following

the failed arrest attempt after the trip to

Turkey. Yet Badio has never been charged

in the U.S. case, and, although he was arrested

in Haiti in October 2023, his whereabouts

and legal status remain unclear.

The defense teams, for their

part, argued a strikingly different theory:

that their clients were not the masterminds

but the duped. They contended that the

four defendants believed they were operating

under a legitimate Haitian judicial

warrant, signed by an investigative judge

named Jean Roger Noelcius — a document

they claimed authorized Moïse’s arrest.

The judge himself testified via

video that the warrant was illegal because

he had no authority to order the arrest of

a sitting head of state. Defense attorneys

also argued that the actual killing of Moïse

was carried out not by the Colombian

From left to right, Arcangel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, Walter Veintemilla,

and James Solages were all found guilty of involvement in Jovenel Moïse’s

assassination and face life in prison at their sentencing in July.

commandos but by members of the presidential

security detail and rogue Haitian

national police, who killed the president

before the commandos ever arrived. Central

to this theory is the figure of Badio,

who, according to John’s testimony, suggested

after the assassination that they

should cut up Moïse’s body, place it in a

barrel, and dump it in the ocean — suggesting

a level of foreknowledge and cold

calculation that pointed toward deeper

Haitian involvement.

The defendants further

claimed, without success, that they had

operated with the tacit approval of the U.S.

government. Prosecutors sharply denied

any such backing, however many observers

find it inconceivable that an operation

of this size and duration could have been

carried out without the U.S. Embassy and

its robust intelligence gathering capabilities

(and the U.S. government’s previous

association with many of the plot’s actors)

having foreknowledge of, if not involvement

with, the plot.

Several other factors may have

hampered pursuit of higher-level culpability.

One reason may be that parts of the

case were handled under the Classified

Information Procedures Act (CIPA), a law

that restricts the public’s access to potentially

“sensitive details” of secret U.S. operations.

Another possibility is that several

plea agreements and closed-door processes

limited what attorneys could reference

in open court. Yet a third reason may be

the lack of cooperation (or the feigned appearance

of it) between Haitian and U.S.

investigators, which has left key witnesses

in Haiti off the stand in Miami.

Meanwhile, Haiti’s investigation

has charged more than 50 suspects.

A 2024 round of indictments was overturned

on appeal in October of the same

year, and a new investigation was ordered.

The judicial system’s dysfunction

has rendered meaningful progress nearly

impossible. None of the indictments have

identified who ordered and financed the

assassination at the highest level.

What the Miami verdict has

established is the operational layer of a

complex, multi-actor crime. It has shown

that South Florida served as a staging

ground, that a group of greed-driven individuals

exploited Colombia’s vast pool

of unemployed former special forces soldiers,

and that the $343,000 budget — a

surely only partial sum for the murder of a

head of state — was assembled through a

patchwork of loans, fraud, and individual

contributions. But it has not told us who

commissioned the hit, who provided any

backing from within Haiti’s political or

business elite, or whether the conspiracy

extended to figures with far more power

and wealth than a Doral security firm and

a Broward mortgage broker.

Martine Moïse herself, in the

immediate aftermath of the killing, pointed

to a different class of suspects altogether.

She told the New York Times that she

didn’t think that the Haitian police had

identified those who ordered the murder.

“Only the oligarchs and the

system could kill him,” she said. “I would

like the people who did this to be caught,

otherwise they will kill every single president

who takes power. They did it once.

They will do it again.”

Two of Moïse’s wealthy bourgeois

opponents were named in early

reporting as Dr. Reginald Boulos and

Dimitri Vorbe, though Boulos has denied

involvement. Boulos was detained by Immigration

and Customs Enforcement (ICE)

in July 2025 and deported to Colombia in

April. Since September 2025, Vorbe has

been in ICE custody in Florida.

Former Colombian soldier Mario

Antonio Palacios Palacios testified

that he was not informed that the

assignment was in Haiti until he

was already committed.

The Main Take-Aways from the

Miami Trial

Prior to the trial, the involvement of

Jovenel Moïse’s political opposition in Haiti

was only rumored, but now it has been

very clearly revealed.

Testimony detailed the central

role played by actors, allies, and/or veterans

of the Democratic Political Sector

(SDP) of André Michel, Marjorie Michel,

and Nènèl Cassy, the Inite/Espwa sector

of the late President René Préval, the

Lavalas Family party of former President

Jean-Bertrand Aristide, and even former

President Michel Martelly, who helped

hoist Moïse to power but later had a falling

out.

Most of the Haitian public,

both in Haiti and its diaspora, see this trial

merely as a first step in finding justice

for Jovenel Moïse, whose reputation and

tragic status has grown since his death. It

will push Haitian authorities to eventually

deliver a trial of its own, which seems

unlikely under the current corrupt de facto

Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé.

The sentencing for the four

convicted men is scheduled for Jul. 28 before

Judge Becerra. There still is no date for

when Sanon will be tried. Some of the defendants

who pleaded guilty but testified

for the U.S. government may see sentence

modifications depending on their continued

cooperation.

For Haiti, a nation still in the

grips of an historic political struggle between

the armed groups of Haiti’s poor

neighborhoods demanding services and

“system change” or, at the very least, national

dialogue, and the massacring police

and mercenary death-squads and drones

of an illegitimate government literally imposed

by U.S. gunships, the Miami convictions

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16 Haiti Liberté

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026


A Travers le monde

Italie : Étudiants et enseignants font grève

contre les réformes de droite et la militarisation !

Par Ana Vračar

Étudiants et enseignants à travers

l›Italie se sont mobilisés pour protester

contre les réformes favorables à

l›industrie et la militarisation planifiées

par le gouvernement Meloni.

Étudiants et enseignants de plus

de 60 localités à travers l›Italie ont fait

grève le 7 mai pour protester contre

les réformes de l›éducation présentées

par le gouvernement Meloni, lesquelles

visent à subordonner le secteur

éducatif aux intérêts de l›industrie et à

la militarisation. Ces mesures incluent

l›alignement des filières techniques et

professionnelles sur les besoins des

employeurs, ainsi que la suppression

de contenus critiques des programmes

scolaires, tout en maintenant des

milliers de travailleurs de lݎducation

dans des situations précaires.

Cette journée de mobilisation a

été précédée d’une journée de grève

sectorielle supplémentaire le 6 mai et

a coïncidé avec une nouvelle vague de

manifestations de dockers réclamant de

meilleures conditions de travail et s’opposant

aux transferts d’armes.

Des actions collectives ont été

lancées par des groupes étudiants et des

syndicats, notamment Cambiare Rotta,

OSA et la branche éducation du syndicat

de base Unione Sindacale di Base

(USB). « Nous faisons grève contre la

militarisation des écoles et de la société,

contre le service militaire obligatoire,

contre la réforme des écoles

techniques et professionnelles qui livre

l’éducation de la classe ouvrière directement

aux entreprises, contre les

nouvelles directives pour les lycées, et

Photo Unione Sindacale di Base

contre un renouvellement de contrat

qui propose des salaires honteux alors

que l’inflation grimpe, alimentée par le

coût de guerres que nous n’avons pas

voulues et que nous ne voulons pas »,

a écrit l’USB en amont de la mobilisation.

Les modifications prévues aux

programmes éducatifs réduisent l’enseignement

général pour les élèves des

écoles techniques et professionnelles,

issus en grande majorité de la classe

ouvrière. En lieu et place, la réforme

axe leur formation sur les priorités des

employeurs. Parallèlement, le gouvernement

a également l’intention d’adapter

les programmes des lycées (licei) en

minimisant, entre autres, les contenus

critiques à l’égard du colonialisme européen,

de l’impérialisme et d’autres

concepts favorisant l’esprit critique.

« Les lycées, fréquentés en

grande partie par les classes supérieures

et moyennes, sont quant à eux orientés

vers la promotion d›un sentiment

identitaire explicitement eurocentré et

nationaliste », a ajouté l›USB. « Il s›agit

d›un système scolaire qui segmente,

hiérarchise et forme les enfants des

familles ouvrières à des emplois

précaires, tout en préparant les enfants

de l›élite à une «mission civilisatrice»

au service de la rhétorique de guerre. »

Les droits des enseignants sont

également menacés, le secteur reposant

déjà sur des travailleurs précaires après

des décennies de sous-investissement

et de coupes budgétaires, sans aucune

perspective de titularisation à l’horizon.

Les syndicats et les groupes étudiants

insistent sur le fait que ces reculs sont

interdépendants et qu’ils privilégient

les intérêts des nantis au détriment des

revendications populaires ; il est donc

crucial que les différents acteurs du secteur

fassent front commun.

« USB Scuola et OSA affirment

que leur alliance constitue un choix

stratégique, et non un simple geste

symbolique », ont écrit les sections de

l’USB et de l’OSA à Potenza. « L›unité

entre les travailleurs de lݎducation et

les étudiants fait la force de notre projet,

car le système scolaire est gangrené

par les mêmes contradictions qui

affligent la société dans son ensemble :

exploitation, précarité, militarisation et

subordination au capital. »

Dans le cadre de la campagne

étudiante internationale contre la

conscription intitulée « Nous ne nous

enrôlons pas », la grève a également

souligné l’importance de résister au

rétablissement du service militaire obligatoire

dans la région — des actions

devant suivre dans d’autres pays, notamment

en Allemagne, le vendredi

8 mai. « L’ensemble du système scolaire

public est orienté vers la logique

de guerre qui imprègne le monde : on

attend des étudiants qu’ils acquièrent

les compétences et les stratégies nécessaires

pour constituer une armée au

service d’un marché du travail de plus

en plus préparé à la guerre », a ajouté

l’USB le 7 mai.

« Nous devons également

faire grève contre la conscription :

les étudiants ne sont pas de la chair

à canon, ils ne constituent pas une

main-d›œuvre jetable et ne sont pas

de simples ressources à exploiter pour

l›économie de guerre. »

Enfin, les étudiants et les enseignants

ont souligné le caractère internationaliste

de leur lutte, établissant

un lien entre les guerres fomentées par

les États-Unis à travers le monde et les

pressions croissantes exercées sur les

étudiants et les travailleurs européens.

Cambiare Rotta et OSA ont mis en

avant la présence du secrétaire d’État

américain Marco Rubio en Italie comme

la preuve de la collaboration continue

des gouvernements européens dans

des actes d’agression illégaux et des

crimes de guerre.

« La visite de Marco Rubio

en Italie a suscité l›indignation des

étudiants, qui réclament son expulsion

», ont déclaré les groupes. « Ce criminel

international, complice du génocide à

Gaza et responsable de la guerre au

Moyen-Orient, est également une figure

clé de la campagne contre Cuba,

qui risque d’être attaquée par les

États-Unis. Des centaines de drapeaux

cubains flottent sur les places, en soutien

et en défense de la Révolution, de

la souveraineté et de la paix à Cuba

— l’île la plus solidaire du monde —

et un cri de protestation s’élève contre

Rubio. »

Peoples Dispatch 7 mai 2026

Bolivie: Un mandat d’arrêt contre Evo Morales

Par María Ramirez

Le dirigeant des cultivateurs de

coca Dieter Mendoza a averti lundi

qu’une éventuelle arrestation de l’ancien

président Evo Morales (2006-

2019) provoquerait une insurrection et

des troubles dans le pays. Mendoza a

rejeté la décision d’un tribunal de Tarija

(sud) qui déclare Morales en rébellion

et a émis un mandat d’arrêt dans le

cadre d’un procès contre lui pour soidisant

traite d’êtres humains aggravée,

ce que l’ancien président et spa défense

qualifient de persécution politique.

Mendoza a affirmé à radio

Kawsachun Coca qu’en cas d’arrestation

de Morales, les secteurs sociaux

rejoindraient les mobilisations de la

Centrale Ouvrière Bolivienne (COB) et

des syndicats paysans qui bloquent les

routes pour exiger la démission du président

Rodrigo Paz. « S’ils touchent à

Evo, le pays va connaître des troubles

comme vous ne pouvez l›imaginer ; il

y aura une insurrection sur le territoire

national bolivien », a averti le dirigeant

des cultivateurs de coca Dieter Mendoza

qui a appelé instamment les secteurs

du Tropique de Cochabamba à rester en

alerte maximale et sur pied de guerre.

Auparavant, le premier tribunal

de sentence de Tarija avait déclaré Evo

Morales en rébellion et émis un mandat

d’arrêt contre lui après que celui-ci n’ait

pas assisté à l’audience du procès oral

concernant cette affaire.

Face à l’absence de Morales et de

ses avocats, le tribunal a décidé que la

procédure serait suspendue jusqu’à ce

que l’homme politique se présente devant

la justice ou qu’il soit arrêté. Le

procureur de Tarija a fait savoir que la

défense privée n’avait pas présenté de

justificatifs de l’absence, c’est pourquoi

des avocats commis d’office ont été

désignés pour défendre l’ancien président.

Cindy Vargas : Il n’y a eu ni

fait ni exploitation

Cindy Saraí Vargas Pozo, identifiée

par le procureur comme la victime

présumée de l’affaire de soi-disant traite

d’êtres humains aggravée a présenté

un mémoire auprès du premier tribunal

chargé de lutter contre la violence

à l’égard des femmes de Tarija, demandant

le classement de l’affaire. Dans ce

document judiciaire, Mme Vargas Pozo

affirme à plusieurs reprises : « Je ne suis

pas une victime, il n’y a pas eu de faits,

Angleterre : Les employés de

Google DeepMind se syndiquent

pour empêcher l’utilisation

militaire de sa technologie.

Les employés du bureau londonien de Google DeepMind ont entrepris

des démarches pour se syndiquer, en réaction à la décision du géant

technologique de fournir sa technologie d’intelligence artificielle (IA) à des

entités de la défense et de maintenir ses liens avec le régime israélien.

Le personnel du laboratoire d’intelligence

artificielle au Royaume-Uni

réclame un droit de veto sur les projets

militaires suite au récent accord

de plusieurs milliards de dollars conclu

entre la multinationale et le Pentagone.

L’ancien président bolivien Evo

Morales

pas plus qu’il n’y a eu d’exploitation ».

La jeune femme fait valoir que le

délit de traite des êtres humains ne peut

être retenu si elle-même nie l’existence

de violations. Elle a également dénoncé

des irrégularités dans le respect des

garanties procédurales, soulignant l’absence

de notifications et l’ouverture du

Les employés de Google Deep-

Mind, le laboratoire de recherche en

intelligence artificielle de Google au

Royaume-Uni, ont voté pour se syndiquer

afin de s’opposer à l’approche de

plus en plus militariste de l’entreprise.

Dans une lettre adressée à la direction

de l’entreprise, dont The Guardian a pu

consulter les résultats, les employés

demandent que le Syndicat des travailleurs

de la communication (CWU) et le

syndicat Unite soient reconnus comme

leurs représentants légaux. Cette décision

fait suite au contrat signé vendredi

dernier par la multinationale avec le

département américain de la Défense

pour intégrer ses systèmes d’intelligence

artificielle à l’infrastructure militaire

du Pentagone.

Les employés ont exprimé leur

opposition à ce que leurs travaux

soient utilisés pour renforcer les intérêts

stratégiques américains et les applications

de surveillance de masse. « J’ai rejoint

le syndicat car je crains que l’IA ne

serve à consolider l’autoritarisme, que

ce soit par le biais d’applications militaires

ou de surveillance, tant à l’étranger

qu’au niveau national », a déclaré un

employé sous couvert d’anonymat par

crainte de représailles de l’entreprise.

Le personnel reproche au département

américain de la Défense de ne pas être

un « partenaire responsable », citant

comme preuves l’implication des États-

Unis dans la guerre contre l’Iran et les

différends de l’administration Trump

avec d’autres entreprises du secteur.

Le conflit éthique et matériel

au sein de cette multinationale technologique

a été exacerbé par la complicité

de Google dans l’occupation et

le génocide de la Palestine. Selon les

déclarations des employés des laboratoires,

l’entreprise a fourni à l’armée

israélienne un accès étendu à ses outils

d’intelligence artificielle depuis le début

des attaques de grande ampleur à Gaza

en octobre 2023, en plus de maintenir

le contrat de 1,2 milliard de dollars

du « Projet Nimbus » avec le gouvernement

israélien. « Notre technologie a

aidé l’armée israélienne », a déclaré un

autre employé, ajoutant espérer qu’elle

« profitera à l’humanité et ne facilitera

pas un génocide ».

Face au refus de Google de tenir

sa promesse de « ne pas développer

d’IA à des fins militaires », les employés

syndiqués envisagent désormais des

actions de pression directe, telles que

des manifestations et des grèves de la

recherche. Ces actions impliqueraient

l’arrêt des travaux des équipes sur les

améliorations essentielles apportées

aux produits stratégiques, comme le

chatbot Gemini, afin de contraindre la

direction à accepter leurs revendications.

Parmi ces revendications figurent

l’engagement de ne pas développer de

technologies destinées à nuire à autrui,

la création d’un organe de contrôle

éthique indépendant et le droit individuel

de chaque employé de refuser de

participer à des projets militaires pour

des raisons morales.

De son côté, le Pentagone a

confirmé que cet accord avec Google

et six autres grandes entreprises technologiques

– dont OpenAI, Microsoft et

Amazon – vise à accélérer la transformation

des forces armées américaines

en une « force de combat axée sur l’IA

». Bien que le contrat contienne des

clauses non contraignantes qui sont

censées « limiter » l’utilisation de ces

systèmes à des fins de surveillance

de masse ou d’armes autonomes sans

contrôle humain, le texte précise que

Google ne dispose d’aucun droit de

veto sur les décisions opérationnelles

du gouvernement, ouvrant ainsi la voie

à une fusion définitive du secteur technologique

avec le complexe militaro-industriel.

Socialist Daily 7 mai 2026

procès sans que les exceptions légales

préalables aient été tranchées.

Vargas Pozo, qui se trouve en dehors

de la Bolivie, a refusé la représentation

des institutions étatiques et a

demandé la nullité de l’ordonnance

d’ouverture du procès. La procédure

pénale est toujours en cours alors que

le tribunal évalue les arguments exposés

dans ce mémoire.

Le début de la phase de procès

à Tarija se déroule dans un contexte

de forte polarisation politique. Morales

a systématiquement dénoncé avoir

fait l’objet de poursuites judiciaires et

politiques, soulignant que le procès

pour traite aggravée s’ajoute à d’autres

enquêtes diffusées par les médias

locaux qui tentent de le lier à des faits

présumés liés au trafic de drogue aux

États-Unis.

TeleSur 11 Mai 2026

Traduction Françoise Lopez

Bolivar Infos 12 Mai 2026

Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026

Haiti Liberté

17


La Libye réclame

10 millions d’euros

de dommages et

intérêts à Nicolas

Sarkozy

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Lors d’une audience devant la Cour

d’appel de Paris, l’avocat des autorités

libyennes a réclamé à l’ancien

président français Nicolas Sarkozy et à

ses proches 10 millions d’euros à titre

de dommages-intérêts dans l’affaire du

financement présumé de sa campagne

présidentielle de 2007 par la Libye.

C’est ce qu’a rapporté la chaîne de

télévision française TF1.

Il s’agit de deux virements effectués

en 2006 par le Trésor et les

services de renseignement libyens sur

un compte de l’intermédiaire franco-libanais

Ziad Takieddine. Ces fonds, qui

auraient été détournés du budget de

l’État, étaient destinés à financer de

manière occulte la campagne présidentielle

de Nicolas Sarkozy dans le cadre

d’un pacte de corruption.

En janvier 2025, le deuxième fils

de Mouammar Saïf al-Islam Kadhafi, a

déclaré avoir personnellement participé

à la remise à l’ancien président français

Nicolas Sarkozy de valises avec de l’argent

pour financer sa campagne électorale

de 2007.

En septembre dernier, le tribunal

de Paris a reconnu l’ancien président

français Nicolas Sarkozy coupable d’association

de malfaiteurs dans l’affaire

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L’ancien président français Nicolas Sarkozy

du financement de sa campagne présidentielle

de 2007 par le gouvernement

libyen de Mouammar Kadhafi. Lors de

ce procès, Nicolas Sarkozy a été accusé

de corruption passive, financement

illégal de campagne électorale, recel de

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détournement de fonds publics et association

de malfaiteurs. L’ancien président

a nié toute implication et a affirmé

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initiée par des menteurs et des escrocs.

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Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026


Une organisation iranienne soumet

des preuves de crimes de guerre

commis par les États-Unis et Israël à la

Cour pénale internationale

Par Jake Johnson

«

Tous les cas d’attaques contre des

civils font l’objet de poursuites judiciaires

en vertu des Conventions de

Genève», a déclaré le président de la

Société du Croissant-Rouge iranien.

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Le président de la Société du

Croissant-Rouge iranien a déclaré samedi

que son organisation avait soumis

des preuves de crimes de guerre

commis par les États-Unis et Israël

à la Cour pénale internationale et à

d’autres instances mondiales, afin que

les responsables de ces attaques massives

contre des infrastructures civiles

et d’autres violations soient traduits en

justice.

«Le procureur de la CPI a

annoncé que les documents fournis

par la Société du Croissant-Rouge

iranien sont acceptés comme preuves

officielles», a déclaré Pir-Hossein Koulivand,

le président de la Société du

Croissant-Rouge iranien. «Toutes les

affaires d’attaques contre des civils

font l’objet de poursuites judiciaires en

vertu des Conventions de Genève».

La Société du Croissant-Rouge

iranien estime que les frappes aériennes

américaines et israéliennes

ont détruit plus de 132 000 structures

civiles à travers l’Iran, notamment

des hôpitaux, des immeubles d’habitation,

des universités, des centres de

recherche et des ponts. Le président

américain Donald Trump a menacé à

plusieurs reprises de détruire tous les

ponts et toutes les centrales électriques

de l’Iran si les dirigeants du pays ne cédaient

pas aux exigences de son administration

lors des négociations visant

à mettre fin à la guerre.

Luis Moreno Ocampo, premier

procureur général fondateur de la CPI,

a déclaré au début du mois que Trump

pourrait être inculpé s’il mettait ses

menaces à exécution. «Mon conseil

: lisez l’acte d’accusation contre les

Russes, changez le nom, et c’est très

similaire», a déclaré Ocampo, faisant

référence aux mandats d’arrêt de la

CPI émis contre de hauts responsables

russes en 2024 pour des crimes de

guerre présumés en Ukraine.

«Parmi les crimes de guerre les

plus odieux commis par les États-Unis

et Israël en Iran figure l’attaque contre

le domicile d’Helma, âgée de 19 mois,

à Tabriz, au cours de laquelle quatre

membres de sa famille ont été tués», a

écrit samedi la Croix-Rouge iranienne.

«La seule survivante de cette famille

est Helma».

La CPI est chargée d’enquêter et

de poursuivre les individus pour crimes

de guerre, crimes contre l’humanité et

autres violations graves du droit international.

L’Iran n’est actuellement pas

partie au Statut de Rome, qui a institué

la CPI ; la Cour n’a donc pas compétence

pour juger les crimes de guerre

commis sur le territoire iranien.

Les organisations de défense des

droits humains et les militants ont imploré

l’Iran d’accorder à la CPI la compétence

nécessaire pour rendre justice

Photo à titre d’illustration montrant une audience à la Cour permanente

d’arbitrage de La Haye, aux Pays-Bas. (Photo provenant du site web de la CPA)

concernant les crimes de guerre commis

lors de l’attaque illégale menée par

les États-Unis et Israël qui a débuté le

28 février. Le premier jour de la guerre,

les États-Unis ont bombardé une école

primaire dans le sud de l’Iran.

«Du meurtre de plus de 150

élèves et enseignants aux frappes sur

des hôpitaux remplis de nouveau-nés,

chaque jour, de plus en plus de preuves

émergent, indiquant que de graves

crimes de guerre ont été commis en

Iran depuis le début de la guerre», a

déclaré Omar Shakir, directeur exécutif

de DAWN. «Les victimes méritent

que justice soit faite. Les mécanismes

existent, et les États-Unis n’ont pas de

droit de veto sur ceux-ci».

Kenneth Roth, ancien directeur

exécutif de Human Rights Watch, a

écrit au début du mois que «le gouvernement

iranien pourrait adhérer à

la Cour dès maintenant et lui accorder

une compétence rétroactive, à l’instar

de ce qu’a fait l’Ukraine pour permettre

la poursuite des crimes de guerre

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russes».

Le mois dernier, la Société iranienne

du Croissant-Rouge (IRCS) a

officiellement demandé à la CPI d’ouvrir

«une enquête sur les crimes de

guerre découlant des attaques menées

par les États-Unis d’Amérique et le régime

israélien contre des biens de caractère

civil».

«D’après les rapports de terrain

des travailleurs humanitaires,

la documentation opérationnelle et

les données enregistrées par la Société

du Croissant-Rouge iranien, un

large éventail de zones résidentielles,

d’établissements médicaux, d’écoles,

d’installations humanitaires, d’infrastructures

urbaines vitales et de

lieux publics ont été directement ou

aveuglément pris pour cible lors des

récentes attaques militaires», a écrit

le groupe dans une lettre adressée au

procureur général de la CPI.

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Haiti Liberté

19


9 mai, Jour de la Victoire sur le fascisme !

Par Ricardo Abud

Le soleil se lève à peine sur la

Place Rouge que les premières

notes de l’hymne national retentissent

déjà. Les drapeaux flottent au

vent et les vétérans, de moins en

moins nombreux et de plus en plus

âgés chaque année, épinglent leurs

médailles d’une main tremblante.

Des enfants tiennent des

photos en noir et blanc de leurs

grands-parents décédés avant leur

naissance. Nous sommes le 9 mai

en Russie. Ce n’est pas qu’une simple

date sur le calendrier. C’est une

blessure qui ne se referme jamais

complètement, revêtue des atours

de la victoire.

Les Russes appellent la Seconde

Guerre mondiale autrement :

la Grande Guerre patriotique. Et

cette différence n’est pas qu’une

question de sémantique. Elle est

émotionnelle. Elle est politique. Elle

est profondément humaine. Alors

que le monde parle de 1939, on

compte à partir de 1941, lorsque les

troupes allemandes franchirent la

frontière soviétique aux premières

heures du 22 juin, inaugurant quatre

années de souffrances que peu

de nations ont connues dans l’histoire

moderne.

Vingt-sept millions de morts.

Ce chiffre est si souvent répété qu’il

finit par perdre de son sens. Mais

derrière chaque chiffre, il y avait

quelqu’un. Un père jamais revenu

du front. Une mère morte de faim

durant les 872 jours du siège de

Leningrad. Un enfant qui a grandi

sans entendre la voix de son père.

En Russie, il n’y a pratiquement

pas de famille qui n’ait perdu un

être cher pendant cette guerre. Le

deuil collectif est devenu mémoire

collective, et la mémoire collective,

identité nationale.

C’est pourquoi le Jour de la

Victoire n’est pas célébré comme les

autres pays célèbrent leurs victoires

militaires. Il revêt une solennité différente.

Les mères pleurent. Les vieillards

s’étreignent sans honte. Lors

des marches du Régiment Immortel,

des jeunes portent les visages de

leurs arrière-grands-parents tombés

au combat, formant un fleuve humain

de photographies qui traverse

les rues de Moscou, Saint-Pétersbourg,

Novossibirsk et Vladivostok.

Des millions de personnes marchent

avec le passé entre leurs mains.

Le 8 mai 1945, l’Allemagne

signait sa capitulation à Berlin.

Mais en raison du décalage horaire,

il était déjà le 9 mai à Moscou. Ce

détail, en apparence insignifiant, a

marqué à jamais une fracture symbolique

entre la mémoire soviétique

et la mémoire occidentale de la

guerre. L’Europe se souvient du 8.

La Russie se souvient du 9. Chacune

célèbre sa propre aube.

Pour la génération qui a vécu

ces années, le 9 mai revêtait une signification

sacrée, presque religieuse.

Les vétérans encore en vie – ils sont

moins d’une poignée – portent dans

leurs yeux une émotion qu’aucune

médaille ne saurait exprimer. Ils ont

vu Stalingrad. Ils ont vu la Volga

rougir. Ils ont vu leurs camarades

tomber dans la neige. Et puis ils ont

vu Berlin. Puis ils sont rentrés chez

eux, dans un pays dévasté, et l’ont

reconstruit de leurs propres mains,

celles-là mêmes qui avaient jadis

tenu un fusil.

La génération suivante a

hérité de ce souvenir comme d’un

nom de famille. Avec fierté et gravité.

Les Soviétiques qui ont grandi

dans l’après-guerre ont appris dès

leur plus jeune âge que la victoire

n’était pas un cadeau : c’était le prix

le plus lourd qu’un peuple ait jamais

payé. Et cela a façonné leur vision

du monde, de la force, du sacrifice

et de la patrie.

Aujourd’hui, le 9 mai est aussi

un miroir dans lequel la Russie se

regarde. Des chars défilent sur la

Place Rouge, des avions dessinent

des traînées colorées au-dessus du

Kremlin, des discours invoquent les

Commémoration du 9 mai, jour de la victoire sur le fascisme

héros de 1945. Pour beaucoup de

Russes, tout cela est authentique.

C’est de la gratitude. C’est une

mémoire vivante. C’est le seul moyen

qu’ils ont trouvé pour dire à leurs

morts qu’ils n’ont pas été oubliés.

Le Régiment immortel en est

l’incarnation. L’État ne l’a pas inventé

: ce sont des citoyens ordinaires

de Tomsk, en 2012, qui voulaient

simplement marcher avec la

photo de leur grand-père, qui l’ont

inventé. L’idée s’est répandue comme

une traînée de poudre car elle

touchait à une réalité tangible, à

quelque chose qu’aucun décret ne

saurait imposer : l’amour d’un peuple

pour ses morts.

Aujourd’hui, 9 mai 2026, le

soleil se lève à nouveau sur la Place

Rouge. La musique résonne encore.

Et dans un appartement moscovite,

une femme âgée sort d’un tiroir

une photographie jaunie. Un jeune

homme, en uniforme, souriant. Il

n’est jamais revenu. Mais aujourd’hui,

comme chaque 9 mai, elle

la pose sur la table, allume une petite

bougie et lui parle à voix basse.

C’est aussi le Jour de la Victoire.

Aporrea News 9 mai 2026

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