Haiti Liberte 13 Mai 2026
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Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
CONDAMNÉS POUR L’ASSASSINAT DU
PRÉSIDENT MOÏSE !
Fizeme Vatikan,
Bandi Savyen ap bwè
san!
Page 6
Le Cap-Haïtien
comme bouc
émissaire : quand
l’échec de l’État
central cherche des
responsables locaux
Page 7
De gauche à droite, Arcángel Pretel Ortiz, Antonio « Tony » Intriago, James Solages et Walter Veintemilla ont été
reconnus coupables par un tribunal fédéral de Miami pour leur implication dans l’assassinat du président haïtien
Jovenel Moïse.
Voir page 3
QUAND LA VIOLENCE CONTRAINT LA
POPULATION À FUIR !
1915 Redux:
Operation Southern
Spear Begins to
Establish De Facto
U.S. Military Bases
in Haiti
page 9
Venezuela et FMI
: souveraineté et
résistance !
page. 10
Des milliers de déplacés hommes, femmes et enfants sont abandonnés dans les rues de la capitale.
Voir page 4
Angleterre : Les
employés de Google
DeepMind se
syndiquent….
Page 17
Editorial
HAITI
LIBERTÉ
Les médias au service des puissances impérialistes
1583 Albany Ave
Brooklyn, NY 11210
Tel: 718-421-0162
Fax: 718-421-3471
Par Berthony Dupont
Il existe dans ce pays, un certain nombre de médias qui prennent un
plaisir incroyable à interviewer les représentants diplomatiques des
nations qui dominent Haïti. Ces entretiens n’ont pas pour but de recueillir
des informations sur ce qui se passe dans les pays d’origine de ces
représentants, mais plutôt de leur permettre d’exprimer leur point de
vue sur la situation interne d’Haïti. Conformément aux conventions diplomatiques
internationales, aucun ambassadeur ni aucun chargé d’affaires
quel que soit le titre spécifique détenu par la personne accréditée
n’a le droit d’émettre une opinion sur la situation du pays où il est en
poste. Cette règle existe par respect pour la souveraineté des États et
pour les principes régissant les relations diplomatiques, tels qu’ils sont
consacrés par la Convention de Vienne de 1961.
Après tout et plus particulièrement dans le cas d’Haïti quand
a-t-on jamais vu un ambassadeur haïtien se présenter devant la presse
de son pays d’accueil pour porter un jugement sur les événements qui
s’y déroulent ? S’il s’avisait simplement de s’exprimer que ce soit en
termes positifs ou négatifs il serait immédiatement déclaré « persona
non grata ». Alors, pourquoi certains médias haïtiens ne respectent-ils
cette règle diplomatique élémentaire ? Parmi les médias qui se font les
champions de cette pratique humiliante figurent Le Nouvelliste, Radio
Télé Métropole, Alterpresse et tout récemment Ayibopost, pour n’en
citer que quelques-uns. Ce dernier média a interviewé le chargé d’affaires
des États-Unis en Haïti, Henry T. Wooster en avril 2026, et vient
de réitérer l’offense le 1er mai avec l’ambassadeur du Canada, André
François Giroux. Qu’est-ce qui poussent ces journalistes sur cette voie
? Est-ce une quête d’information ou de notoriété ? Ce n’est pas, en
réalité, l’objectif qu’ils poursuivent.
Il s’agit là d’une illustration classique de la domination néocoloniale
exercée par ces nations. Ayant totalement ruiné Haïti, elles
n’hésitent plus aujourd’hui à s’ingérer dans des affaires qui ne les regardent
absolument pas. Pourtant, ce qui est encore plus consternant,
c’est que ce sont souvent les médias locaux eux-mêmes qui vont à
leur rencontre allant jusqu’à les supplier d’intervenir. Dans ce cas, les
représentants de la nation dominante, sont tout à fait en droit de décliner
l’invitation. Néanmoins, certains journalistes persistent car, à leurs
yeux, c’est un honneur d’avoir un ambassadeur étranger en interview
et qui se prononce sur la politique de leur propre pays. Cela constitue un
spectacle pernicieux teinté, de surcroît, d’une certaine ignorance favorisant
même l’établissement de liens personnels avec ledit ambassadeur.
Longtemps, cette pratique s’exerçait de manière anonyme ;
aujourd’hui, cependant, ces diplomates ont choisi d’afficher ouvertement
leurs points de vue tout comme le ferait un citoyen du pays dans
le but d’orienter l’opinion publique nationale. Ces ambassadeurs s’expriment
avec une véhémente arrogance, voire fallacieuse et grotesque,
et beaucoup d’hypocrisie. Qui croient-ils duper, sinon eux-mêmes et
les journalistes courtisans qui leur servent de laquais à force de relayer
leurs propos ? Le rôle propre des médias est de dénoncer l’ingérence des
nations dominantes ; or, ce sont eux qui leur tendent le micro, leur permettant
ainsi d’assurer leur défense et de dépeindre Haïti comme une
nation totalement dépourvue de valeur. Une chose est certaine : si Haïti
est arrivé à cette situation indescriptible actuelle, si désastreuse c’est
en raison de la complicité des puissances impérialistes, en l’occurrence,
ce triumvirat composé des États-Unis, du Canada et de la France.
Trop souvent, ce sont précisément ces nations tirant parti de leur
richesse et de leur puissance militaire et économique qui corrompent de
nombreux dirigeants haïtiens, les contraignant par là même à se plier
à leur volonté. L’ambassadeur du Canada, tout comme M. Wooster,
a perdu toute crédibilité en colportant des contrevérités et en pratiquant
la culpabilité par amalgame. L’argumentation d’André François
Giroux s’apparente à une propagande intellectuellement malhonnête.
L’ambassadeur critique les politiciens qui instrumentalisent les gangs ;
pourtant, il devrait également reconnaître que ce sont les États-Unis, le
Canada et la France agissant avec la complicité des oligarques haïtiens
qui ont fomenté les mouvements de gangs armés qui ravagent le pays
depuis le coup d’État de 1990 et qui se sont amplifiés depuis 2021 avec
l’assassinat du Président Jovenel Moïse.
Nous invitons l’ambassadeur à juger d’abord son propre pays
avant de critiquer le nôtre. Ce sont ces nations qui s’arrogent le droit
de déterminer pour les Haïtiens quel gouvernement est « bon ou mauvais.»
Haïti n’est pas arrivé seul à ce carrefour honteux. Des forces
dominantes étrangères sont à l’œuvre ; ce sont elles qui ont mené la
danse, transformant la vie des Haïtiens en un vaste océan de souffrance,
de misère et de pauvreté. Le Département d’État américain a
apporté son soutien total à tout gouvernement corrompu et dictatorial,
sous le prétexte de promouvoir la démocratie et les droits humains. Les
puissances impérialistes ont conduit Haïti à ce point et en faisant la nation
la plus appauvrie de l’hémisphère occidental. Et maintenant, sans
la moindre honte, elles reviennent pour la critiquer, voire pour lui faire
la leçon comme si le pays et son peuple avaient choisi volontairement
de vivre dans cet état de désolation.
Cette rhétorique ne sert que de paravent à l’impérialisme américain,
lui permettant de poursuivre une politique encore plus agressive
à l’encontre de la nation. C’est une stratégie conçue pour brouiller
les pistes, se complaisant dans des manœuvres de déstabilisation et
des conspirations de tout acabit afin d’assurer la perpétuation de leur
mainmise. Messieurs les Ambassadeurs, il y a un individu cynique que
le peuple commence véritablement à démasquer bien que depuis bien
longtemps nous ayons nous-mêmes levé le voile sur son rôle en tant
qu’agent criminel c’est : le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance.
Cet homme est un pur produit des laboratoires des États-Unis et
du Canada, opérant sous les traits d’un défenseur des droits humains.
C’est l’informateur attitré de vos ambassades. C’est votre fameux scélérat,
déployé pour calomnier et anéantir tous ceux qui refusent de se
plier aux desseins de la stratégie impérialiste américaine !
Étant donné qu’il vit à votre solde, est-ce la raison pour laquelle,
vous ne l’avez jamais dénoncé pour tous les crimes qu’il a concoctés
et ses mensonges orchestrés pour désintégrer la société haïtienne et
déstabiliser le pays tout entier ? Qui, en effet, tire les ficelles de ces éléments
corrompus ? Sans aucun doute, les forces capitalistes et impérialistes
occidentales. Le système capitaliste ne saurait survivre s’il n’appauvrissait
certaines nations et ne pillait les richesses des plus faibles.
Haïti en est victime, en raison du rôle historique qu’elle a joué sur la
scène mondiale et de sa position géographique et stratégique située à
proximité immédiate du plus grand monstre qui soit. Le paradoxe est
toutefois flagrant. Il n’existe qu’une seule alternative aux instruments
idéologiques au service de la classe dirigeante occidentale. Avant toute
chose, nous devons dénoncer toutes les manœuvres des médias réactionnaires,
ces courtiers au service de la propagande capitaliste, portant
la marque indélébile de l’infamie. Ensuite, nous devons commencer
par dissiper leurs effets persistants afin d’extirper les racines mêmes
du mal.
Cela exige un nouvel état d’esprit, celui d’hommes et de femmes
d’action et de conviction, voué à la transformation sociale de notre
société. Que tout patriote intègre place l’intérêt national au-dessus de
tout, veillant à ce que la fermeté alliée à la compétence devienne la
règle absolue, afin que toute ingérence de Washington, d’Ottawa et de
Paris dans les affaires intérieures du pays cesse une fois pour toutes.
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2 Haiti Liberté
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
A Travers Haiti
Condamnés à Miami pour l’assassinat du
président Jovenel Moïse !
Le président Jovenel Moise
Un jury fédéral de Miami, aux
États-Unis, a reconnu coupables
ce vendredi Arcángel Pretel Ortiz,
Antonio Intriago, Walter Veintemilla
et James Solages de leur participation
au complot visant à kidnapper et assassiner
le président haïtien Jovenel
Moïse à Port-au-Prince en 2021.
Avec ce verdict, neuf personnes
sont désormais condamnées aux
États-Unis pour cet assassinat, perpétré
par un groupe de mercenaires,
dont 17 anciens soldats colombiens.
La sentence
Cinq autres accusés avaient déjà
été condamnés à la prison à vie, tandis
qu’une sixième personne a écopé
Mario Antonio Palacios Palacios
d’une peine de neuf ans de prison
après qu’il a été établi qu’elle ignorait
tout du complot, ayant financé l’envoi
de gilets pare-balles.
Les quatre accusés, qui avaient
plaidé non coupables, ont été reconnus
coupables d’avoir apporté un soutien
matériel à la conspiration et d’avoir
participé à une opération armée contre
une nation amie. Outre le chef d’accusation
principal, ils encouraient tous la
réclusion à perpétuité et leur sentence
sera prononcée dans les prochains
mois. Le verdict a été rendu par un
jury de douze personnes à l’issue d’un
procès de 39 jours devant un tribunal
fédéral de Miami, présidé par la juge
de district Jacqueline Becerra.
Huit autres coaccusés dans cette
affaire, dont deux mercenaires colombiens
et plusieurs alliés haïtiens
et américains du groupe, avaient déjà
plaidé coupable de leur participation à
la conspiration.
La Conspiration
L’ancien sénateur haïtien Joseph
Joël John
Selon l’acte d’accusation, les
hommes condamnés ont conspiré
dans le sud de la Floride pour orchestrer
l’enlèvement puis l’assassinat de
Moïse, survenu le 7 juillet 2021 à son
domicile privé de Pétion-Ville, près de
Port-au-Prince, par un groupe de mercenaires.
Ce jour-là, Solages et des mercenaires
colombiens ont abattu Moïse,
âgé de 53 ans, dans sa chambre et
grièvement blessé son épouse, Martine,
sans que ses gardes du corps
n’interviennent. Selon des documents
judiciaires, entre février et juillet 2021,
le sud de la Floride a servi de centre
névralgique pour la planification et le
financement du complot visant à renverser
le président haïtien et à le remplacer
par une personne partageant
les intérêts politiques et économiques
des conspirateurs.
L’objectif était que le médecin
haïtien Christian Sanon accède à la
présidence et attribue ensuite des contrats
à une société basée à Doral, liée
à Intriago et Ortiz, tandis que Solages
assurait la liaison en Haïti. Veintemilla,
quant à lui, aurait financé l’opération
par le biais de sa société, Worldwide
Investment Development Group.
Le procès de Sanon, initialement
prévu dans cette affaire, a été disjoint
pour raisons de santé et se tiendra ultérieurement.
Les accusés ont élaboré plusieurs
plans pour kidnapper Moïse,
mais face à leur échec, ils ont ordonné
à des mercenaires colombiens de
prendre d’assaut la résidence présidentielle.
Le Plan
Les autorités ont indiqué que le
plan avait initialement été présenté
aux mercenaires colombiens comme
une opération d’arrestation légale
soutenue par les agences américaines,
notamment parce que certains des
participants avaient collaboré avec le
FBI et la DEA en tant qu’informateurs.
Cependant, selon des témoignages,
l’opération a abouti à des meurtres
après plusieurs tentatives d’arrestation
infructueuses.
Plus de 50 personnes ont été inculpées
en Haïti pour cet assassinat,
dont la veuve de Moïse, bien que la
procédure judiciaire soit au point mort
en raison de l’insécurité extrême. La
plupart des anciens soldats colombiens
impliqués dans cette affaire sont
emprisonnés en Haïti.
Crise
L’assassinat du président a déclenché
une crise profonde en Haïti,
créant un vide du pouvoir qui a permis
aux bandes armées de prendre le
contrôle de la ville et aggravé la situation
humanitaire. Depuis, de puissants
gangs contrôlent la quasi-totalité de la
capitale, y compris l’aéroport, ainsi
que les principaux axes routiers du
pays.
Cette situation a engendré une
vague de migration vers d’autres
pays, notamment les États-Unis, où
quelque 350 000 Haïtiens bénéficient
du statut de protection temporai-
Le groupe paramilitaire qui en 2021 avait assassiné le président haïtien
re (TPS) pour éviter l’expulsion. Les tions depuis 2016 et est sans président
depuis l’assassinat du Premier
tentatives de l’administration du président
Donald Trump pour abroger ce ministre. Alix Didier Fils-Aimé, Premier
ministre par intérim, exerce ac-
statut ont jusqu’à présent été bloquées
par les tribunaux.
tuellement le pouvoir avec le soutien
Le pays le plus pauvre des des États-Unis.
Amériques n’a pas organisé d’élec-
Pagina XXII 08 mai 2026
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Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Haiti Liberté
3
A Travers Haiti
Quand la violence contraint la population à fuir !
Par Isabelle L. Papillon
Soudain, plusieurs groupes armés
s’affrontent dans divers quartiers
tels qu’Aral, la rue Germain, Sarthe
40, la Route Neuve, Blanchard,
Pierre 6, Fourgy, Terre Noire, Nerette
et Malo, au sein de la Plaine du Culde-Sac.
Qu’est-ce qui se cache derrière
cette nouvelle vague de violence ?
C’est la question que se posent bon
nombre d’observateurs. Ces actes de
violence ont éclaté le dimanche 10
et le lundi 11 mai, contraignant de
nombreuses personnes à abandonner
leurs quartiers, leurs maisons et leurs
effets personnels pour échapper aux
balles perdues.
En effet, plusieurs maisons auraient
également été touchées par des
tirs. Et depuis la nuit du dimanche 10
au lundi 11 mai, hommes, femmes,
enfants et personnes âgées ont trouvé
refuge devant les locaux du Parc industriel
de la SONAPI. Dans les quartiers
touchés, les écoles sont fermées
et toutes les activités commerciales
sont à l’arrêt.
Selon certains résidents, les
affrontements entre groupes armés
rivaux se multiplient dans plusieurs
quartiers de la Plaine du Cul-de-Sac.
Des hommes armés affiliés à « Jeff »
du groupe Taliban et à « Chen Mechan
» auraient lancé une attaque contre le
quartier de Duvivier. Mais la raison
exacte de ces combats demeure la
question essentielle à laquelle la population
souhaiterait obtenir une réponse.
Je ne crois pas, en effet, qu’ils
se soient mis à s’entre-tuer sans aucun
motif. On pourrait certes y voir
l’œuvre d’un fou, mais quel est le
véritable catalyseur de cette guerre
ouverte ?
Ce mardi, d’ailleurs, la peur
reste vive dans plusieurs secteurs de
la Plaine du Cul-de-Sac. Devant la
SONAPI et à Carrefour 3 Mains, les
personnes déplacées continuent d’affluer,
en quête de protection et d’assistance
humanitaire.
Le danger est tellement inouï
que même la clinique médicale «
Partners in Development », située
près de Damiens, a dû fermer ses
portes pour la première fois, alors
même que des gens faisaient la queue
à l’extérieur, nécessitant des soins
pour des blessures par balle. Médecins
Sans Frontières (MSF) également est
contrainte de suspendre ses activités
à Cité Soleil, l’hôpital étant débordé
par des patients dans un état critique,
dont plus de 40 blessés par balle. De
plus, MSF ne dispose pas des moyens
adéquats pour garantir la sécurité des
patients et de son personnel médical.
D’aucuns affirment que, depuis
l’assassinat de « Bébé », un chef important
du gang de Village La Renaissance,
survenu en mars 2026 dernier,
la Plaine a sombré dans cette spirale
de violence sans précédent. C’est «
Champion », un autre chef de gang du
secteur, qui a assassiné Bébé. La mort
de ce dernier a laissé un vide, immédiatement
comblé par une guerre de
succession et de territoire. Trois jours
après cet incident, Jeff, du groupe «
Taliban », a lancé une offensive pour
reprendre le contrôle du village. Cet
événement a déclenché un conflit ouvert
entre ces deux groupes armés.
D’autres soutiennent qu’il s’agit
là d’une lutte visant à déterminer quel
secteur contrôlera le poste de péage
de Carrefour Duvivier.
Mais l’information la plus significative,
émanant d’une source
bien informée, est la suivante : dans
son bulletin daté du 10 mai 2026,
l’OCHA (Bureau de la coordination
des affaires humanitaires des Nations
unies) estime que 70 % de la population
de la plaine est directement
touchée par les combats, souffrant
de pénuries alimentaires ainsi que
d’une recrudescence des violences
sexuelles.
L’OCHA, qui coordonne le
plan d’intervention d’urgence 2026
pour Haïti, a prévu de débloquer une
somme d’environ 127 millions de
dollars américains sur une période de
six mois afin de répondre à l’urgence
humanitaire en Haïti, et plus particulièrement
dans la zone métropolitaine,
situation aggravée par la violence des
gangs et l’insécurité alimentaire.
Ces fonds doivent être alloués
aux domaines suivants :
- aide alimentaire d’urgence ;
- soins de santé (traumatismes
liés à la guerre et à la violence) ;
- hébergement temporaire pour
les personnes déplacées ;
- protection des civils (en particulier
les femmes et les enfants).
Des milliers de déplacés hommes,
femmes et enfants sont abandonnés
à Carrefour 3 Mains. Toutefois,
de nombreux observateurs locaux se
demandent si cette guerre déclarée
ne constitue pas une manœuvre
soigneusement calculée par certains
dirigeants d’ONG pour canaliser ces
fonds vers leurs propres zones d’intervention.
Les projets humanitaires
ne seraient-ils pas, bien souvent, les
garants de la violence dans certaines
parties du pays, au profit d’un secteur
ou d’une « main invisible » ?
Des personnes déplacées se tiennent au bord de la rue
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public
entendu, maintient le défaut octroyé contre
la défenderesse à l’audience précitée, pour le
profit déclare fondée ladite action. Admet en
conséquence le divorce du sieur Campane JOSEPH,
d’avec son épouse née Mirielle Mariette VILBRUN
pour injures graves et publiques. Prononce la
dissolution des liens matrimoniaux existant entre
lesdits époux. Ordonne à l’officier de l’état civil de
Delmas, de transcrire sur les registres à ce destinés,
le dispositif du présent jugement dont un extrait
sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant
à la Capitale sous peine de dommages intérêts
envers les tiers s’il y échet. Commet l’huissier
Emmanuel JEAN de ce siège pour la signification
de ce jugement. Compense les dépens. Ainsi
jugé et prononcé par nous, Nelson CILIUS, Juge
en audience civile, ordinaire et publique du Jeudi
cinq Février deux mille vingt-six, en présence
de Me Elysée Fénélon, Substitut Commissaire du
gouvernement de ce ressort et avec l’assistance du
sieur Mozart TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc.....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal jugeant publiquement, après avoir
délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions
du Ministère public, accueille l’action de la
demanderesse, la dame née Maradona LUBIN.
Maintient le défaut octroyé contre le sieur Edzel
AUGUSTE, défendeur à l’audience précitée. Admet
en conséquence le divorce desdits époux Edzel
AUGUSTE la femme née Maradona LUBIN pour
injures graves et publiques, faits prévus à l’article
217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution
des liens matrimoniaux ayant existé entre eux
aux torts exclusifs de l’époux. Ordonne à l’officier
de l’état civil de la Section Est de Port-au-Prince de
transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif
du présent jugement dont un extrait sera publié
dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale
sous peine de dommages intérêts envers les tiers.
Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège
pour la signification du présent jugement
Ainsi jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-
ALEXIS, Juge en audience civile, ordinaire et
publique de divorce du vendredi vingt-quatre
(24) Janvier deux mille vingt-cinq, en présence de
Me Fabienne BIEN-AIMÉ, Substitut Commissaire
du gouvernement de Port-au-Prince et avec
l’assistance du citoyen Homère RAYMOND,
Greffier du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc.....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen et sur les conclusions du
Ministère public, accueille l’action du demandeur,
le sieur Jimmy JOSEPH en la forme. Maintient le
défaut octroyé contre dame née Marjorie VILLA,
défenderesse à l’audience précitée; Admet en
conséquence le divorce du sieur Jimmy JOSEPH
d’avec son épouse née Marjorie VILLA pour injures
graves et publiques, faits prévus à l’article 217 du
code civil Haïtien. Prononce la dissolution des liens
matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux ce,
aux torts exclusifs de l’épouse. Ordonne à l’officier
de l’état civil de la Section Est de Port-au-Prince de
transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif
du présent jugement dont un extrait sera publié
dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale
sous peine de dommages intérêts envers les tiers.
Compense les dépens. Commet l’huissier Clerbrun
Faure de ce siège pour la signification du présent
jugement
Ainsi jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-
ALEXIS, Juge en audience civile, ordinaire et
publique de divorce du vendredi vingt (20)
Décembre deux mille vingt-quatre, en présence
de Me Jean Claude Jean Antoine, Substitut
Commissaire du gouvernement de Port-au-
Prince et avec l’assistance du citoyen Homère
RAYMOND, Greffier du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc.....
S MOTIFS
Le Tribunal après en avoir délibéré conformément
à la loi statuant publiquement et par défaut, sur
les conclusions du Ministère public. Maintient
en la forme le défaut octroyé au profit du sieur
Odson FILIAS. Prononce la dissolution des liens
matrimoniaux ayant existé entre les époux Edson
FILIAS la femme née Cherly DELILLE aux torts
de l’épouse. Dit que l’épouse reprendra son nom
de jeune fille. Renvoi par les parties par devant
l’officier de l’état civil de la Croix-des-Missions pour
les suites de droit. Ordonne la publication du présent
jugement dans l’un des quotidiens s’éditant à la
Capitale. Compense les frais et dépens de l’instance.
Commet l’huissier Arince LAGUERRE, immatriculé
au greffe du Tribunal de première instance de la
Croix-des-Bouquets, pour la signification dudit
jugement. Ainsi jugé et prononcé par nous, Olane
COMPERE , Juge en audience ordinaire publique
et civile du Jeudi quinze (15) Janvier deux mille
vingt-six (2026) en présence de Zachée Stephen
Osiris, Substitut Commissaire du gouvernement,
représentant du Ministres public avec l’assistance
de David ALEXIS ,Greffier du siège
Il est ordonné...etc...
En foi de quoi....etc....
David ALEXIS, Greffier
AVIS DE DIVORCE
Le Tribunal de première instance de la Croix-des-
Bouquets a rendu un jugement le divorce dont
le dispositif est ainsi conçu. Le Tribunal après
avoir délibéré conformément à la loi, statuant
publiquement et par défaut sur les conclusions
du Ministère public. Maintient en la forme le
défaut octroyé au profit de la dame Stéphanie
Jacquet Cangé. Prononce la dissolution des liens
matrimoniaux ayant existé entre les époux Dave
Chrislaire Cangé la femme née Stéphanie Jacquet,
aux torts de l’époux. Dit que l’épouse reprendra
son nom de jeune fille renvoi les parties par devant
l’officier de l’état civil de la Croix-des-Missions
pour le surplus des formalités légales. Ordonne
la publication du présent jugement dans l’un des
quotidiens s’éditant à la Capitale. Compense les
dépens les frais et dépens de l’instance. Commet
l’huissier Arince LAGUERRE pour la signification
du dit jugement. Ainsi jugé et prononcé par nous,
Olane COMPERE, Juge en audience ordinaire
publique et civile du Jeudi 23 Avril deux mille vingtsix,
en présence de Me Zachée Stephen Osiris,
Substitut Commissaire du gouvernement Greffier
du siège, avec l’assistance de David ALEXIS,
Greffier du siège
Il est ordonné...etc......
En foi de quoi....etc....
Me Gérard C. CHERY ,Avocat
AVIS DE PUBLICATION
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après en avoir délibéré conformément
au voeu de la loi, du Mardi 09 décembre 2025
contre les cités Michel-Ange Desrosiers, Edva
Paulinice, Gabriel Cadichon, déclare recevable
l’action des demandeurs Marc Emmanuel Prou
et son épouse Rosemarie Auguste dite Rose-
Mary Auguste pour être intentée dans le délai et
selon les formes prescrites par la loi, se déclare
compétent rationae materiae puisqu’il s’agit de
trouble possessoire, déclare que le trouble a été
porté à l’occupation de la demanderesse; aux cités
Gabriel Cadichon, Edva Paulinice via Michel-Ange
Desrosiers de ne plus troubler la possession des
requérants à l’avenir. Ordonne la remise des lieux
dans leur état initial soit l’arrachement des bornes
plantées illégalement sur le terrain par les cités à
la diligence de l’huissier exécutant ; maintient
les demandeurs Marc Emmanuel Prou et son
épouse née Rosemarie Auguste dite Rose-Mary
Auguste en possession sur leur occupation sis à
Cour-Cadichon, Marmont. Ordonne l’annulation
de l’opération d’arpentage effectuée les 11 et
19 octobre 2025 par le Ministère de l’arpenteur
Michelange Desrosiers ou tout autre collègue
de la juridiction du TPI de Hinche. Condamne
solidairement les cités Gabriel Cadichon, Edva
Paulinice via l’arpenteur Michelange Desrosiers
à vingt cinq mille 25000) gourdes de dommages
intérêts pour les préjudices. Condamne également
les cités aux frais et dépens de l’instance. Commet
l’huissier Arome Gauthier du TPI de Hinche pour
la signification de cette présente sentence. Donné
de nous, Magistrat Ralph-Eddy Silva, Juge en
audience ordinaire, civile et publique en date du
mardi 23 Décembre 2025, avec l’assistance de Me
Mackenson Isaac, Greffier du siège
Il est ordonné...etc......
En foi de quoi....etc....
Me Mackenson ISAAC, Greffier
4 Haiti Liberté
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Perspectives
Haïti : « Le gouvernement ne souhaite pas rétablir la démocratie »,
déclare un responsable syndical !
Par Cha Dafol
Selon le responsable syndical Ferdinand
Jean-Mary, les ajustements
salariaux consécutifs aux grèves ne résolvent
pas les crises du pays.
Après un mois d’avril marqué par
une montée des manifestations populaires
et syndicales, le gouvernement intérimaire
haïtien a annoncé lundi 4 une
augmentation du salaire minimum pour
les travailleurs sous-traitants. Bien qu’inférieure
aux revendications des grévistes,
cette mesure récompense la mobilisation
syndicale entamée il y a six mois et qui
a connu une croissance exponentielle ces
dernières semaines face à l’envolée des
prix de l’essence.
Dans un communiqué officiel, le
ministère de l’Économie et des Finances a
garanti que cet ajustement salarial serait
étendu progressivement à d’autres secteurs,
sans calendrier précis.
Pour Reyneld Sanon, coordinateur
d’Antèn Ouvrye (« Antenne des
Travailleurs »), une organisation de la
société civile qui défend les droits des
travailleurs, cette maigre concession
est une victoire pour la classe ouvrière
qui ne témoigne pas d›une quelconque
sympathie du gouvernement envers
la cause ouvrière, mais plutôt d›une
crainte de révolte générale. « Dès le début
des manifestations, il fallait empêcher
l›escalade, empêcher le mouvement
ouvrier de se transformer en rébellion
nationale. C›est pourquoi ils ont accordé
cette petite augmentation pour freiner
la mobilisation des travailleurs. Mais ce
gouvernement, comme la plupart des
gouvernements, ne se soucie absolument
pas des revendications des travailleurs »,
affirme-t-il.
Dans les faits, les réponses sont
rares et progressives, comme dans le
secteur de la santé, où les grévistes réclament
le paiement des arriérés de salaire.
À Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays,
les employés de l’hôpital Justinien ont annoncé
cette semaine leur retour au travail
après des négociations fructueuses avec la
direction. À Port-au-Prince, les grévistes
de l’hôpital La Paix n’ont pas obtenu gain
de cause et poursuivent leur grève.
Revendications multiples
D’un côté, la stratégie du gouvernement
semble se limiter à gagner
du temps. De l’autre, les travailleurs
étouffent. « Les salaires sont vraiment
misérables », dénonce Sanon. « Ils ne correspondent
pas au coût de la vie dans le
pays. Un salaire minimum ne résout rien ;
il ne permet pas de manger tous les jours,
d’emmener les enfants à l’école, ni de subvenir
à ses besoins essentiels… Sans parler
des conditions de travail épouvantables
dans les usines. »
Le professeur Ferdinand Jean-Mary,
responsable syndical et coordinateur
du Collectif des enseignants pour le renouveau
de l’éducation en Haïti (Ceneh),
signale une situation similaire dans
l’enseignement public où, selon lui, « les
conditions de vie et de travail sont très difficiles
». Avec une inflation oscillant entre
25 % et 30 %, se procurer les produits de
première nécessité devient de plus en plus
difficile. « C’est pourquoi nous ne demandons
pas seulement une augmentation,
mais un ajustement salarial qui reflète le
coût de la vie », explique-t-il.
Jean-Mary souligne également que
la solution à la crise multiforme qui frappe
Haïti – et le secteur de l’éducation en particulier
– ne se limite pas à une question
de revenus.
Plusieurs problèmes structurels
exigent une attention urgente. Les écoles
publiques, par exemple, continuent de
souffrir d’un manque de repas scolaires,
de tables et de chaises dans les salles de
classe – des besoins que, selon lui, l’État
est en mesure de satisfaire. Plus largement,
l’insécurité et l’impossibilité de circuler
sur les principaux axes routiers du
pays affectent directement les conditions
de vie de tous les Haïtiens. « L’insécurité a
Les travailleurs du textile haïtiens rejettent la modeste augmentation de salaire du gouvernement et
maintiennent la grève.
des conséquences très graves sur tous les
aspects de la vie. Dès que les communications
routières sont interrompues, tout
se complique. Aujourd’hui, les principaux
axes routiers sont bloqués [par des
bandes armées], et le refus du gouvernement
de résoudre ce problème constitue
un crime contre tous les travailleurs des
secteurs public et privé », déclare Jean-
Mary, soulignant que, dans le contexte
actuel, se déplacer d’une région à l’autre
représente non seulement un coût très
élevé, mais aussi un danger de mort.
Des défis complexes et contradictoires
Face à une stratégie de pouvoir
qui consiste à diviser et à traiter chaque
revendication comme si elle était unique,
le défi pour les mouvements et les organisations
est de maintenir la mobilisation et
de construire l’unité de la classe ouvrière
afin de trouver une issue à la crise politique
et sociale que traverse le pays. Dans
ce contexte, la Confédération unifiée des
travailleurs des secteurs public et privé
d’Haïti (Cutraseph) a été créée en 2025.
Cette organisation nationale rassemble
des syndicats de différents secteurs, et
Ferdinand Jean-Mary en est également le
secrétaire général adjoint.
L’un des thèmes centraux des débats
dans toutes les sphères de la vie
sociale et politique est la nécessité de
restaurer un État démocratique et souverain.
Pour Jean-Mary, cela ne peut se
faire qu’à travers des élections régulières
et crédibles, dont la priorité absolue est de
garantir la sécurité et la liberté de circulation
du nord au sud de l’île. « Ce n’est que
lorsque tous les problèmes fondamentaux
seront résolus que nous pourrons organiser
des élections et, enfin, avoir un gouvernement
légitime capable de répondre
aux problèmes du pays. »
Malgré les efforts de la Police nationale
haïtienne, des décennies d’interventions
de forces internationales sous l’égide
des Nations Unies, et même le recours par
le gouvernement actuel à des mercenaires
étrangers, force est de constater que la
situation sécuritaire ne s’est absolument
pas améliorée ces dernières années. Derrière
cette inefficacité quasi mystérieuse
se cachent de nombreuses personnes qui
doutent des bonnes intentions des autorités.
« Ce gouvernement ne se soucie
ni de débloquer les routes ni de rétablir
la démocratie. Son seul objectif est de se
maintenir au pouvoir », affirme Ferdinand
Jean-Mary.
Reyneld Sanon, quant à lui, estime
que seule une révolution pourrait résoudre
le problème. Or, dans le contexte actuel,
les conditions sont loin d’être réunies. «
Il est nécessaire et urgent de s’indigner,
de se révolter et de se mobiliser face à
la situation actuelle. Mais des obstacles
persistent. L’insécurité elle-même constitue
un frein. Des bandes ont infiltré les
quartiers populaires précisément pour
empêcher les grands mouvements et les
revendications. Et, malheureusement,
elles ont réussi. »
Autrement dit, les conditions
mêmes qui rendent la vie misérable aux
classes laborieuses sont particulièrement
avantageuses pour le maintien d’un gouvernement
non élu et de plus en plus suspect,
qui ne semble guère pressé d’organiser
une transition du pouvoir légitime et
démocratique.
Édité par : Thaís Ferraz
Brasil de Fato 7 mai 2026
Association des Amis de Belle-Anse
(ASSAB) et le reboisement de Belle-Anse !
Par Jean Claude Cajou
Le reboisement est la pierre angulaire
de tous les projets de l’ASSAB, car
il est indispensable au développement
de l’agriculture. Sans une couverture
végétale adéquate pour protéger les sols,
l’agriculture ne peut se développer réellement.
Le reboisement est essentiel pour
améliorer l’environnement dégradé de la
commune de Belle-Anse. La coupe systématique
des arbres forestiers et même
fruitiers dans des zones comme Ansabèf,
Nan Ban, Sibawo, Kadik ect... menace
sérieusement l’écosystème de la commune
de Belle-Anse. Par conséquent, le gaïac,
arbre précieux, est en voie de disparition,
abattu massivement dès l’année 1970
pour produire du charbon ou être vendu à
Port-au-Prince pour l’exportation.
Du reste, la population haïtienne
n’a cessé d’augmenter, En 1950, elle était
de 3 millions d’habitants. Elle est passée
à 12 millions en 2026, soit une hausse
nette de 9 millions d’habitants. Comment
Haïti et plus spécifiquement la commune
de Belle-Anse, peut-elle faire face à cette
croissance démographique rapide?
Dans les années 1980, la Chine
a instauré une politique de planning familial
coercitive dite: « politique de l’enfant
unique », pour freiner la croissance
démographique. Si elle a réduit le taux de
natalité, elle a aussi provoqué un taux de
vieillissement accéléré et des déséquilibres
sociaux. Abandonnée en 2015, elle n’est
plus un modèle transposable.
Pour Belle-Anse, la réponse ne peut
être coercitive. Elle doit s’appuyer sur 3
leviers clés adoptés en milieu citadin et
rural:
a) Planning familial volontaire,
b) Créer des alternatives
économiques au charbon de bois,
c) Éducation et formation des
jeunes,
Aussi protéger l’environnement de
la commune de Belle-Anse passe par l’autonomisation
des familles, pas par la contrainte.
C’est en liant reboisement et agriculture
durable et santé reproductive que
la commune pourra absorber sa croissance
démographique sans épuiser ses sols.
La déforestation en Haïti est un fait
avéré: « La tendance est que 92% des
ménages haïtiens utilisent du bois ou du
charbon pour cuisiner. » Elle s’explique
surtout par l’abattage des arbres et la pression
démographique.
Les arbres forestiers et fruitiers sont
l’ossature de l’environnement. En quoi la
protection de l’environnement de la commune
de Belle-Anse est-elle indispensable?
Les méfaits de la coupe démesurée
des arbres sont:
a) Le déboisement dérègle le
régime des pluies,
b) Sans pluie ni irrigation, aucune
agriculture n’est possible,
c) Sans secteur primaire, pas de
développement économique : “ Le premier
L’ASSAB lance un appel à la mobilisation de toute la communauté
bellansoise. L’objectif de cette invitation est de participer effectivement
dans le processus de reboisement.
besoin d’un peuple, c’est avant tout le
pain.”
d) Sans agriculture et les ressources
minières et énergétiques, les secteurs
secondaire et tertiaire ne peuvent exister,
e) Le reboisement est un levier clé
pour relancer l’agriculture.
Par ailleurs, lancer un projet de
reboisement sans un plan d’action bien
élaboré pour réduire progressivement
l’impact négatif du déboisement sur le
développement de la commune n’est pas
réaliste. Néanmoins, ce plan doit préciser
les étapes concrètes à suivre pour atteindre
les objectifs fixés: « L’exécution d’un plan
d’action est la capacité de convertir des
idées en action. »
Le reboisement n’est pas une
panacée. C ‘est un corollaire et un vecteur
important du développement communautaire,
au même titre que l’agriculture, la
santé, l’éducation, les loisirs et la recréation,
les infrastructures routières et le commerce
sont des facteurs qui contribuent au
développement d’une communauté.
L’ASSAB lance un appel à la mobilisation
de toute la communauté bellansoise:
autorités locales, secteurs religieux,
élèves des écoles et la population de la ville
de Belle-Anse et de ses sept sections communales.
L’objectif de cette invitation est
de participer effectivement dans le processus
de reboisement, de soutenir l’éducation
formelle et non formelle et d’implanter
des jardins potagers individuels et collectifs
pour essayer d’améliorer concrètement les
conditions de vie à Belle-Anse. Cette mobilisation
doit se traduire en actions concrètes
menées par et pour la population
bellansoise. Comme le rappelle l’ASSAB:
« Rien n’est possible sans les hommes,
rien n’est durable que les institutions. »
Aux côtés des associations et des
citoyens de bonne volonté, l’ASSAB s’engage
à contribuer à la réhabilitation de
l’écosystème de Belle-anse. Elle est prête
à gravir avec la population le chemin ardu
du reboisement. Elle est convaincue que
« On peut trébucher sur une pierre et être
capable de gravir la montagne. »
Jean Claude Cajou
Membre fondateur de l’ASSAB.
Spécialiste en développement
communautaire
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Haiti Liberté
5
Kwonik Kreyòl
Aktivite Zokiki : Lik Mèvil anba kòd
J. Fatal Piard
Se lè kabwèt la resi kole
W konn non tout bèf yo
P w o v è b
Ayisyen
Lajistis nan Kebèk jwenn tout
prèv Lik Mèvil koupab pou agresyon
seksyèl yo rele nan langaj Ayisyen
an kadejakè. Se konsa apre
jijman an ki te fini jou madi 12 me a
yo te pran direksyon prizon tèt dwat
ak li. Jij yo kondane li a de (2) lane
prizon poutèt zak kadejak l te fè sou
yon jèn fi nan lane 2000 yo sa fè
26 lane. Apre yo fin jwenn ti Lik te
deklare li koupab nan mwa dawout
pase a kòm gason ki maton nan zak
kadejak, chantè Koletif Non 184
GNB a te rantre tèt bese nan prizon
lendi maten 11 me a. Se nan tribinal
vil Rimouski, de ajan sekirite te
pwoche bò kote li pou mete li anba
kòd li merite.
Se Jij Djenms Wondo nan Tribinal
Kebèk ki te deklare: “Santans
lan dwe montre jan sosyete a rejte
krim seksyèl yo.” Li bay atis konpozitè
entèprèt la, ki gen 58 lane e ki
te vin popilè atravè komedi mizikal
Nòtdam Pari, yon santans de lane
prizon. Lè kadejakè pwofesyonèl
la fini ak 2 lane prizon an, li pa ko
fini pou sa ak lajistis. Ti Lik pral sou
pwobasyon ki vle di pandan twa
lane ankò li pral bijo respekte plizyè
kondisyon. Jij la mande tou pou
yo mete non ti Lik nan lis delenkan
seksyèl pandan 20 lane ankò. Yo te
kondane li poutèt agresyon seksyèl
sou yon jèn fi 19 lane nan yon
chanm otèl nan Rimouski pandan
fèt Sen Jan an nan lane 2000, sa
vle di plis pase 25 lane pase. Lalwa
pwoteje idantite viktim nan pou non
l pa sal kòm madan kadejakè.
Daprè jij la, te gen penetrasyon
sou viktim nan pandan li te
“san konesans ap dòmi”. Nou tande
de bagay? Sa k pi grav la toujou ti
Lik Mèvil te tèlman cho pou l fè bèl
mèvèy li pat tande houy li pat tande
la. Li pa t respekte refi ak pwotestasyon
li lè li te reprann konesans li
t ap plede l di l non non non m pa
dakò. Jij la di viktim nan te nan yon
sitiyasyon frajil epi vilnerab, anpil
anpil. Zak kadejak sa a te kòz li sibi
gwo chòk sikolojik. Nan sal tribinal
la, Lik Mèvil, ki gen bon non l ki
rele Likèsonn an reyalite, te rete san
emosyon pandan yo t ap li jijman
an, ak men li kole devan li.
An bon je chèch odasye li deja
fè apèl kont desizyon ki ta kondane
l kòm koupab zak kadejak la. Paske
li di yo fè erè sou moun nan. Li
menm prezante tèt li kòm viktim
yon konplo ki ta ka gen enterè komèsyal
dèyè li. Jij la pa t aksepte
demann pwokirè a ki te mande de
lane edmi prizon pou pini ti Lik, ni
demann akize a ki te vle fè santans
lan lakay li. Jij la eksplike se sèlman
prizon fèm dèyè kat miray ki te ka
yon pinisyon ki jis yon zak kadejak
konsa merite. Akòz gravite zak
kadejak la ak bezwen pou denonse
epi dekouraje atoufè kontinye fè zak
kadejak ki se krim sosyete a dwe
kwape.
Men jij la t ap chache jwe kwen
pou l rekonèt kèk eleman ki te an
favè akize a ki se ti Lik. Jij la dakò li
toujou travay, li itil pou sosyete a,
epi li pa t gen okenn dosye kriminèl
nan moman zak la te fèt. Yo fè
remake tou ke an 2018, li te deja resevwa
sis mwa prizon lakay apre li
te plede koupab pou eksplwatasyon
seksyèl sou yon adolesant 17 lane
kote li te nan pozisyon otorite sou li.
Men zak sa yo te fèt apre agresyon
seksyèl ki konsène dosye aktyèl la.
Kiyès ti Lik ye ?
Ti Lik se yon atis chantè
konpozitè men ki plis fonksyone
kòm aktivis 184 GNB Kolektif Non.
An 2004 se gwo deblozay zentèlèktyèl
komokyèl Kolektif Non t
ap manniganse pou yo te bòykote
Bisantnè Lendepandans pwòp peyi
yo. Enben pou sa k pat konnen se
ak menm ti Lik sa a zentèlèktyèl
konze pa bò isit yo te sèvi. An 2004
ti Lik se te Anbasadè Kolektif NON
184 GNB nan Kebèk. Se li k te dan
devan nan peyi sa a nan òganize
manifesdtasyon pou l jape kont Titid.
Se aktivite mache jape Titid sa a
nan tou Kanada ki te fè anpil moun
te vin konn ti èsklav mantal la.
Pi devan nan lokazyon Zougoudou
12 janvye 2010 la menm
ti Lik sa a te ranmase plizyè milya
dola pou l te vin bati kay pou moun
kay kraze yo. Pa menm nan televizyon
viktim yo pat menm gen chans
wè foto kay yo. Men se do detan ti
Lik nan prizon an l ap resi rann li
kont tout lè zentèlèktyèl kolektif
NON yo t ap ankouraje l jape Titid la
se tankou kapòt yo t ap pran woulib
sou li. Men padan l nan prizon pou
Lik Mèvil
zak kadejakè a youn nan yo pa di
se matchòpwèl yo l te ye. Se lè sa
a li resi wè se kòm kapòt ekspire
Kolektif NON yo t ap sèvi ak li. Men
si ti Lik te Konnen toujou nan dèyè
l. Pou le Moman ti Lika p peye
de kama. Kama bòykote Bisantnè
Lendepandans Ayiti an 2004. Kama
fè milya sou malè viktim Zougoudou
2010 yo.
Fizeme Vatikan, Bandi Savyen ap bwè san!
J. Fatal Piard
Ki te mele manman bourik
Nan lanmò manman milèt ?
Pwòvèb Ayisyen.
Pandan wikenn pase a, bandi sistèm
nan Savyen an bandisyon ap bwè
rès san peyizan san defans yo. Detan
sa a Aliks Disye Fizeme ki se pi gwo
defansè sistèm nan ap bwè rès diven
ekspire anba dyòl lepap jis nan fon
lakou Vatikan. Jiskaske l retounen
Ayiti, pèsonn nan popilasyon an pa
ko janm konprann ki sa Fizeme t al
fè Vatikan. Nan ki sa bwèlta sa a ap
itil pèp Savyen an ki livre de bra mare
anba grif asye bandi Viv Nan San n yo.
Apre yon lanmès nan lang laten ki te
òganize pou lapè an Ayiti, Premye Minis
la, Aliks Didye Fizeme, te pran lapawòl
pou remèsye otorite Vatikan yo
San l pa menm konprann anyen
nan prèch Dominoum Vobiskoum
ekspire pap ti Leon 14 t ap rablabla a,
ti Didye te salye inisyativ selebrasyon
sa a ki te dedye pou Ayiti. Pou Ayiti
wi li gen odas di w !!!! Vakabon abiye
gen bèl diskou. Bèl diskou radòtè
pwofesyonèl. Chèf Gouvènman an
reyafime angajman Leta Ayisyen pou
retabli sekirite, ranfòse tèt ansanm
nasyonal la, epi kreye kondisyon pou
yon retou dirab nan estabilite peyi a,
sitou atravè preparasyon eleksyon enklizif.
Eleksyon enklizif ta vle di tout
moun nèt ladan l. Menm Bandi yo.
Nou tande ? Li te souliye tou enpòtans
dyalòg ant relijyon yo, gwo wòl Legliz
katolik an Ayiti nan domèn sosyal yo,
ansanm ak kontribisyon dyaspora
ayisyen an nan pwosesis rebati peyi a.
Anfen, Premye Minis la lanse
yon apèl pou kominote entènasyonal
la ogmante sipò li bay Ayiti, epi li
mansyone nesesite pou òganize yon
konferans entènasyonal solidarite pou
Ayiti. Li fini entèvansyon li a avèk espwa
selebrasyon sa a va ede ranfòse
lespwa ak inite pèp ayisyen an. Men
èske Fizeme te gen ase grenn pou l di
pap Ti Leon 14 se legliz katolib menm
Leta Tèt Kale a te bay franchiz pou
rantre zam fann fwa pou yo vann bay
bandi san fwa ni lwa pou vin faann
fwa pòv malere nan katye popilè yo.
Ayiti se sèl peyi pè ak pastè trafikan
tout kalib nan Legliz tout kalte gen baryè
lib pou rantre zam fann fwa pou
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preche mas pèp la sòm reziyasyon. Epi
lepap sanble l fin fimen pwèl moun fou
li konprann li ka priye pou lapè jis an
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Li pa fouti janm di yo youn nan Lwijan
Boje o otan. Pou se bandi Savyen pou
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6 Haiti Liberté
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Perspectives
Le Cap-Haïtien comme bouc émissaire : quand l’échec de
l’État central cherche des responsables locaux
Par Reynoldson Mompoint
En Haïti, chaque fois que l’État
échoue, le pouvoir cherche immédiatement
un responsable secondaire à
exposer à la colère populaire. C’est une
vieille technique politique : détourner
l’attention de l’effondrement général en
concentrant les critiques sur une institution
plus visible, plus accessible et surtout
moins puissante. Aujourd’hui, c’est
le cartel municipal du Cap-Haïtien qui se
retrouve au centre de cette mécanique de
diversion politique.
Les accusations pleuvent. Les critiques
se multiplient. Les commentaires
indignés envahissent les radios, les réseaux
sociaux et les conversations populaires.
Certains parlent d’incompétence
municipale. D’autres évoquent une incapacité
administrative. Mais derrière
cette avalanche de reproches se cache
une vérité beaucoup plus profonde que
plusieurs refusent d’admettre : le problème
du pays ne commence pas dans les
mairies. Le véritable problème est l’effondrement
global de l’État haïtien et surtout
l’absence totale de limites imposées
aux agents intérimaires qui dirigent les
institutions publiques. Le Cap-Haïtien
n’est pas la cause principale du désordre
national. Il en est simplement le miroir.
Car comment exiger le fonctionnement
normal d’une mairie dans un
pays où presque toutes les institutions
fonctionnent en dehors des règles normales
de gouvernance ? Comment demander
de la rigueur administrative aux
collectivités territoriales quand l’État
central lui-même ne respecte plus ni la
logique institutionnelle, ni les principes
démocratiques, ni les limites constitutionnelles
?
Le pays vit sous un régime de
gestion improvisée où le provisoire s’est
transformé en système permanent. Et
dans ce système, les agents intérimaires
occupent des postes stratégiques sans
véritable contrôle, sans légitimité électorale
et parfois sans compétence administrative
réelle. Le cartel municipal du
Cap-Haïtien devient alors un bouc émissaire
pratique dans un pays où le pouvoir
central refuse d’assumer ses propres
faillites.
La culture de l’intérim : le cancer
silencieux de l’administration
haïtienne
Depuis plusieurs années, Haïti
est gouvernée par des responsables
provisoires. Des directeurs généraux
intérimaires. Des délégués départementaux
intérimaires. Des présidents d’institutions
intérimaires. Des responsables
administratifs temporaires devenus permanents
dans les faits. Cette situation
a progressivement détruit la culture institutionnelle
du pays. L’intérim devait
être une exception. Il est devenu une
norme. Et lorsqu’un État commence à
fonctionner durablement sur des bases
exceptionnelles, il cesse d’être un véritable
État. Le danger de cette situation
est immense. Un responsable intérimaire
agit souvent sans véritable vision à long
terme. Il ne se sent pas toujours lié à des
obligations de reddition de comptes. Il
exerce un pouvoir administratif sans la
pression de la légitimité populaire. Dans
plusieurs cas, il développe même une
forme d’arrogance institutionnelle parce
qu’il sait que le système lui-même est
dysfonctionnel.
En Haïti, beaucoup d’agents intérimaires
finissent par agir comme des
propriétaires d’institutions publiques.
Ils prennent des décisions majeures. Ils
imposent des orientations administratives.
Ils gèrent des budgets publics. Ils
déplacent des ressources humaines. Ils
influencent la vie des citoyens. Pourtant,
ils ne disposent parfois d’aucune
base légitime solide pour exercer un tel
niveau d’autorité. C’est là que se situe le
vrai drame national. Le pays n’est plus
gouverné selon des principes institutionnels
clairs. Il est administré selon des
arrangements politiques, des compromis
temporaires et des équilibres fragiles entre
groupes d’intérêts. Dans ce contexte,
accuser uniquement les mairies revient
à ignorer volontairement la racine du
problème.
Le Cap-Haïtien : une ville
abandonnée par l’État central
Le Cap-Haïtien représente aujourd’hui
l’une des villes les plus importantes
du pays. Capitale historique, centre
culturel majeur, espace économique
stratégique du Nord, la ville porte une
grande partie des ambitions nationales
en matière de tourisme et de développement
régional.
Pourtant, malgré cette importance
stratégique, le Cap-Haïtien fonctionne
dans des conditions extrêmement difficiles.
Les infrastructures urbaines sont
insuffisantes. Les réseaux d’assainissement
sont défaillants. Les moyens techniques
restent limités. Les ressources
financières locales sont faibles. Les pressions
démographiques augmentent. L’insécurité
économique fragilise davantage
les capacités administratives.
Mais au lieu de reconnaître l’abandon
structurel dont souffrent les collectivités
territoriales, plusieurs responsables
préfèrent concentrer toute la colère populaire
sur le cartel municipal. C’est une hypocrisie
nationale. Car les municipalités
haïtiennes dépendent largement de l’État
central pour fonctionner efficacement.
Elles ont besoin de transferts financiers.
Elles ont besoin d’accompagnement
technique. Elles ont besoin de coordination
institutionnelle. Elles ont besoin de
politiques publiques cohérentes.
Or, l’État haïtien est lui-même
désorganisé. Comment une mairie peutelle
résoudre durablement les problèmes
d’assainissement lorsqu’il n’existe aucune
politique nationale sérieuse de gestion
des déchets ? Comment une administration
municipale peut-elle moderniser
une ville sans véritable plan national
d’urbanisme ? Comment les collectivités
locales peuvent-elles renforcer leurs
capacités lorsque le pouvoir central luimême
fonctionne dans l’improvisation
permanente ? Le Cap-Haïtien devient
alors victime d’un double abandon :
abandon administratif et abandon politique.
Le réflexe haïtien : critiquer
les conséquences sans attaquer les
causes
La société haïtienne souffre d’un
problème récurrent : elle concentre souvent
son indignation sur les conséquences
visibles plutôt que sur les causes
profondes des crises. Quand les rues
sont sales, on accuse immédiatement la
mairie. Quand l’ordre public se détériore,
on cherche un responsable local.
Quand les infrastructures se dégradent,
on pointe du doigt les administrations
municipales.
Mais combien de personnes analysent
réellement le fonctionnement
global de l’État ? Combien interrogent le
rôle du gouvernement central ? Combien
questionnent les ministères ? Combien
examinent la faillite des politiques publiques
nationales ? Combien dénoncent
sérieusement le chaos administratif produit
par la prolifération des postes intérimaires
? Très peu.
Parce qu’en Haïti, le débat public
reste souvent émotionnel, superficiel
et manipulable. Les véritables centres
de décision savent parfaitement utiliser
cette faiblesse collective. Ils orientent
les frustrations populaires vers des institutions
secondaires pendant qu’euxmêmes
échappent à toute véritable
reddition de comptes. Le cartel municipal
du Cap-Haïtien subit aujourd’hui
cette logique politique. On transforme la
Cap –Haïtien une ville abandonnée par l’État central
mairie en symbole absolu d’échec pour
éviter de parler de la faillite complète du
système national de gouvernance.
Un État qui ne gouverne plus
La crise actuelle révèle surtout
une vérité inquiétante : l’État haïtien
ne gouverne plus réellement le pays. Il
réagit. Il improvise. Il communique. Il
tente parfois de survivre politiquement.
Mais il ne gouverne plus. La différence
est fondamentale. Gouverner signifie
planifier, coordonner, superviser, corriger
et anticiper.
Or, l’administration haïtienne
fonctionne désormais dans une logique
d’urgence permanente. Chaque crise
chasse la précédente. Chaque scandale
remplace le précédent. Chaque
polémique sert à masquer les problèmes
plus profonds.
Pendant ce temps, les institutions
continuent de s’affaiblir. Le pouvoir central
n’exerce presque plus de contrôle réel
sur l’efficacité des structures administratives
locales. Les collectivités territoriales
sont souvent laissées à elles-mêmes.
Les agents intérimaires exercent leurs
fonctions dans un climat d’incertitude
généralisée.
Et lorsque les résultats deviennent
catastrophiques, le système cherche immédiatement
un responsable visible à
offrir à l’opinion publique. C’est précisément
ce qui se produit avec le Cap-Haïtien.
Les limites du pouvoir intérimaire
: une question ignorée
L’un des plus grands dangers
actuels réside dans l’absence totale de
définition claire des limites du pouvoir
intérimaire. Dans un État normal, un responsable
intérimaire agit dans un cadre
précis. Son rôle est temporaire. Ses pouvoirs
sont encadrés. Son mandat reste
limité. En Haïti, cette logique a disparu.
Des responsables provisoires dirigent
parfois des institutions pendant plusieurs
années. Ils développent leurs propres réseaux.
Ils prennent des décisions structurantes.
Ils influencent profondément la
vie administrative du pays.
Cette situation crée un déséquilibre
institutionnel dangereux. Parce
qu’un pouvoir sans véritable légitimité
démocratique finit presque toujours par
dépasser ses limites naturelles. Le problème
n’est donc pas seulement la mairie
du Cap-Haïtien. Le problème est l’ensemble
du modèle administratif actuel. Un
modèle basé sur le provisoire permanent.
Un modèle fondé sur l’improvisation. Un
modèle où les responsabilités deviennent
floues. Un modèle où chacun peut exercer
du pouvoir sans véritable contrôle.
Et tant que cette réalité ne sera pas
abordée sérieusement, les crises locales
continueront de se multiplier.
La faiblesse des collectivités
territoriales
Depuis des décennies, les collectivités
territoriales haïtiennes restent parmi
les institutions les plus fragiles du pays.
Leur autonomie financière est limitée.
Leurs capacités techniques sont faibles.
Leurs ressources humaines sont souvent
insuffisantes. Leur dépendance vis-à-vis
du pouvoir central demeure énorme.
Pourtant, ce sont elles qui subissent
directement la colère populaire.
C’est une contradiction majeure. Les citoyens
exigent des résultats municipaux
comparables à ceux de villes modernes,
alors que les mairies haïtiennes fonctionnent
parfois sans ressources minimales
adéquates. Dans plusieurs communes,
les administrations locales manquent
même d’équipements de base pour assurer
correctement leurs missions. Mais
personne ne veut parler sérieusement du
sous-financement chronique des collectivités
territoriales. Personne ne veut discuter
de la centralisation excessive des
ressources nationales. Personne ne veut
reconnaître que l’État haïtien traite souvent
les municipalités comme des structures
secondaires sans véritable importance
stratégique. Puis, lorsque les villes
se dégradent, on accuse immédiatement
les cartels municipaux.
Le Cap-Haïtien entre pression
populaire et récupération politique
Le Cap-Haïtien occupe une place
symbolique particulière dans l’imaginaire
national. Deuxième ville du pays,
espace historique majeur, vitrine touristique
potentielle, la cité nordiste cristallise
énormément d’attentes. Mais
cette importance attire aussi les calculs
politiques. Chaque crise locale devient
rapidement nationale. Chaque difficulté
municipale se transforme en sujet
médiatique. Chaque dysfonctionnement
alimente des affrontements politiques
dépassant largement le cadre communal.
Ainsi, le débat autour du cartel
municipal du Cap-Haïtien dépasse
largement les simples questions administratives.
Il révèle surtout les luttes
d’influence, les frustrations nationales et
les stratégies de diversion utilisées par
différents secteurs du pouvoir. Dans ce
climat, il devient difficile de distinguer
les critiques légitimes des manipulations
politiques. Car oui, toute administration
publique doit accepter les critiques. Toute
mairie doit rendre des comptes. Toute
gestion municipale mérite d’être évaluée.
Mais la critique devient suspecte
lorsqu’elle cherche à isoler artificiellement
une mairie comme unique responsable
d’un désordre produit par l’effondrement
général de l’État.
La faillite morale de la gouvernance
haïtienne
Au-delà des problèmes administratifs,
la crise actuelle révèle également
une profonde faillite morale du système
politique haïtien. Les dirigeants refusent
rarement le pouvoir. Les responsables
acceptent difficilement leurs échecs. Les
institutions évitent la reddition de comptes.
Les acteurs politiques cherchent constamment
des responsables extérieurs.
Cette culture de l’irresponsabilité
collective détruit progressivement la confiance
publique. Les citoyens ne savent
plus qui dirige réellement. Ils ne savent
plus qui décide. Ils ne savent plus qui
doit répondre des échecs.
Cette confusion profite évidemment
aux acteurs les plus puissants du
système. Car dans un État où les responsabilités
sont floues, personne n’est
réellement comptable de ses actes. Le
cartel municipal du Cap-Haïtien devient
alors un écran politique utile : il concentre
les critiques pendant que les véritables
centres de pouvoir restent relativement
protégés.
Haïti face à son propre miroir
La situation actuelle du Cap-Haïtien
doit être comprise comme un
symptôme national. Elle révèle l’état
réel du pays. Elle expose les limites du
modèle administratif actuel. Elle montre
les conséquences du provisoire permanent.
Elle démontre l’incapacité de l’État
central à organiser efficacement ses propres
structures. Mais surtout, elle oblige
le pays à se regarder honnêtement. Le
problème haïtien n’est pas uniquement
municipal. Il n’est pas uniquement local.
Il n’est pas uniquement lié à un cartel.
Le problème est systémique. C’est tout
le modèle de gouvernance qui s’effondre
progressivement sous les yeux de la
population. Les institutions perdent leur
crédibilité. Les mécanismes de contrôle
disparaissent. Les responsabilités deviennent
confuses. Les agents intérimaires
occupent durablement des fonctions
stratégiques sans véritable encadrement
démocratique. Et pendant que ce système
continue de se détériorer, les débats
publics restent prisonniers de polémiques
superficielles. Le danger de la normalisation
du chaos. Le plus inquiétant dans
cette crise est peut-être la banalisation
progressive du désordre.
Les Haïtiens commencent à considérer
l’improvisation institutionnelle
comme normale. Ils s’habituent aux responsables
provisoires permanents. Ils
acceptent l’absence de vision nationale.
Ils vivent dans un système où presque
tout fonctionne en dehors des règles normales.
Cette normalisation du chaos est
extrêmement dangereuse. Parce qu’un
peuple qui s’habitue au dysfonctionnement
finit par perdre toute capacité d’exiger
un véritable État. Le débat autour du
Cap-Haïtien devrait justement servir à
réveiller cette conscience nationale.
Au lieu de chercher des boucs
émissaires locaux, le pays devrait s’interroger
sérieusement sur l’avenir de ses
institutions. Comment reconstruire une
administration publique crédible ? Comment
limiter les abus liés aux fonctions
intérimaires ? Comment restaurer la
légitimité institutionnelle ? Comment
renforcer les collectivités territoriales ?
Comment rétablir la responsabilité publique
? Voilà les vraies questions.
Le Cap-Haïtien ne peut pas
porter seul l’échec national
Il est facile de transformer une
mairie en symbole d’échec. Il est facile
de concentrer la colère populaire sur un
cartel municipal. Il est facile de fabriquer
des responsables locaux. Mais cette
stratégie ne résout rien. Le Cap-Haïtien
ne peut pas porter seul le poids de l’effondrement
national. Les mairies ne peuvent
pas devenir les décharges politiques
d’un État central incapable d’assumer
ses propres responsabilités. La crise actuelle
doit pousser le pays à dépasser
les accusations simplistes pour analyser
sérieusement les causes structurelles du
désordre.
Le vrai problème est un État sans
direction claire. Un système dominé par
l’intérim permanent. Une administration
sans véritable contrôle. Une gouvernance
fondée sur l’improvisation. Une
culture politique qui préfère les boucs
émissaires à la responsabilité. Tant que
cette réalité ne sera pas affrontée avec
honnêteté, Haïti continuera d’accuser
les symptômes pendant que la maladie
détruira lentement les fondations mêmes
de l’État.
Et pendant que les regards restent
fixés sur le cartel municipal du Cap-Haïtien,
le véritable effondrement poursuit
silencieusement sa marche au sommet
du pouvoir.
Reynoldson Mompoint
Port-au-Prince, le 07 mai 2026
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Haiti Liberté
7
Haïti, Chronique d’une Transition Permanente (13)
D’un processus électoral à l’autre, la saga continue ! (32 e partie)
Par Catherine Charlemagne
Comme attendu, au cours de la
dernière semaine du mois d’octobre
2025, le Conseil électoral allait
publier une première ébauche de son
projet de décret électoral en vue des
prochains scrutins. Cette première version
était en fait destinée surtout aux
acteurs sociopolitiques, notamment
aux responsables des partis politiques
qui devraient, s’ils le désirent, apporter
des modifications, des ajouts et d’autres
changements dans le texte. Ce qui
est intéressant dans ce premier jet rendu
par le CEP, c’est que l’essentiel du
texte s’appuyait sur la Constitution que
l’institution électorale devait modifier
ou amender. Compte tenu des farouches
oppositions des uns et des autres,
chacun selon son prisme, les dirigeants
du CEP n’ont pas voulu directement
émettre un décret fini, prêt à l’emploi
au gouvernement. Ils préféraient
sonder le terrain avec un avant-projet,
histoire d’avoir la réaction de l’ensemble
des acteurs politiques sur la question.
C’est par un communiqué en date
du 31 octobre 2025 que l’organisme
électoral avait annoncé la mise à disposition
du document à son siège situé à
Pétion-Ville à partir du vendredi 31 octobre
2025 de 10 heures à 15 heures.
Et les intéressés avaient dix jours,
soit jusqu’au 10 novembre 2025, pour
retourner leur copie avec les éventuelles
suggestions, voire corrections.
« Le Conseil électoral provisoire tient à
informer la population en général, les
partis politiques et les organisations de
la Société civile en particulier, que le
projet de décret électoral devant régir
l›organisation des prochaines joutes est
disponible. Dans un souci d›inclusion
et de transparence, le CEP invite les
acteurs politiques et les organisations
de la Société civile à passer récupérer
une version imprimée du document, à
partir du vendredi 31 octobre 2025, au
local du CEP, à Pétion-ville, au numéro
72, Rue Stephen Archer, pour avis,
suggestions et/ou recommandations. »
Dans ce document de 103 pages
comportant des centaines d’articles -
400 pour être exact -, les dirigeants du
CEP persistent à rappeler, comme s’ils
y étaient obligés, que le CEP entend
mener un processus électoral en toute
indépendance et transparence, de
manière impartiale et inclusive, tout
en apportant quelques précisions sur
les points les plus cruciaux en Haïti en
matière électorale.
C’est le cas de l’article 150 dudit
décret qui stipule que : « Conformément
à l’article 131 de la Constitution, ne
peuvent être élus (es) membres du
Corps législatif : 1) Les concessionnaires
ou cocontractants(tes) de l’État pour
l’exploitation des services publics ; 2) Les
représentants(es) ou mandataires des
concessionnaires ou cocontractants(es)
de l’État, compagnies ou sociétés
concessionnaires ou contractantes
de l’État ; 3) Les délégués(es), vicedélégués(es),
les juges, les officiers
de Ministère public dont les fonctions
n’ont pas cessé six (6) mois avant
la date fixée pour les élections ; 4)
Toute personne se trouvant dans les
autres cas d’inéligibilité prévus par la
Constitution et par le présent Décret ».
Est-ce un oubli qui a été vite réparé ?
En tout cas, le CEP pointe dans son
article 410 le cas des agents exécutifs,
en clair des Maires intérimaires qui
n’ont pas démissionné dans les délais
requis par l’avant-projet, c’est-à-dire
30 jours après la publication du décret,
qui ne pourront pas non plus se porter
candidats à aucune fonction élective.
Mais, les articles qui étaient les
plus attendus et sans doute les plus
lus de cet avant-projet de décret électoral
par les chefs des partis politiques
restent cette série d’articles portant sur
le financement de la campagne électorale
ou tout au moins ce que la campagne
électorale peut apporter à chaque
dirigeant d’une organisation politique.
Ce qui, d’ailleurs, est en grande partie
responsable de cette inflation de partis
qu’on observe en Haïti surtout à l’occasion
de chaque processus électoral dans
le pays. Commençons par l’article 183
qui se lit ainsi : « À l’occasion des compétitions
électorales, l’État accorde
aux partis politiques et regroupements
de partis politiques ayant des candidats(es)
agréés(es) aux élections une
subvention pour les aider à mener
leur campagne électorale. » Avant de
rajouter que : « Les regroupements
de partis politiques bénéficient d’une
subvention additionnelle déterminée
par le CEP suivant l’enveloppe allouée
à cet effet » Art. 183.1. Tandis que les
articles 184, 185 et 186 indiquaient :
« Le montant de la subvention à accorder
aux partis et regroupements de
partis politiques concernés est déterminé
par le Conseil électoral en fonction
du nombre de candidats agréés.
Qu’aucune subvention financière publique
ne sera allouée aux candidats
indépendants. Pour bénéficier de la
subvention prévue à l’article 183 du
présent Décret, les partis et regroupements
de partis politiques ayant des
candidats(es) agréés(es) : 1) Présentent
l’accusé de réception du dépôt
de leur rapport de gestion de l’exercice
budgétaire précédent à la Cour Supérieure
des Comptes et du Contentieux
Administratif, au moins un (1)
mois avant la campagne électorale ;
2) Remplissent au Conseil électoral
le formulaire d’acceptation de ladite
subvention. » Dans cet avant-projet,
les 9 membres du CEP, cette fois-ci,
vont plus loin que leurs collègues des
Le ministre de la Justice du
gouvernement de facto, Patrick
Pélissier
précédents CEP.
En effet, ils préconisent que les
partis politiques voulant participer aux
joutes électorales présentent au moins
30% de femmes candidates aux législatives
sur leur liste lors des élections
sinon leurs listes seront rejetées par
l’institution. Idem pour le Sénat auquel
le CEP impose une femme obligatoire
parmi les trois candidats en lice pour
le département. Mieux, les formations
politiques présentant plus 50%
de femmes au Parlement recevront
une subvention additionnelle de 50%
du financement prévu par l’État. Enfin,
toujours dans l’objectif de favoriser
la candidature des femmes et des
personnes handicapées, l’organisme
électoral proposait une réduction de
frais au moment de l’enregistrement
de ces partis pour les élections. L’Organisation
du Peuple en Lutte (OPL)
était l’une des premières formations
politiques à réagir à la publication de
ce document. Par l’intermédiaire de
son porte-parole, Dario Siriac, l’OPL
estimait que ce décret électoral était un
pas dans de bonnes directions. Par la
même occasion, celui-ci saluait cette
démarche tout en indiquant que son
parti prenait le temps nécessaire pour
faire une analyse approfondie du décret
avant, de porter quelques correctifs et
observations, s’il y a lieu.
Siriac reconnait néanmoins que
le contexte est peu favorable à l’organisation
d’un scrutin qui s’avère
crucial pour la Transition. Le responsable
politique revient sur la situation
dans les départements de l’Artibonite,
du Centre et de l’Ouest, trois départements
concentrant le plus d’électeurs
que le reste de la République. Même le
cabinet du Conseiller-Président Edgard
Leblanc Fils, par la voix de l’un de ses
membres, André Raphaël, admet que
la situation est critique et qu’il faudra
un climat plus favorable avant la tenue
des scrutins. Depuis quelques décennies,
la diaspora haïtienne n’a pas été
oubliée par le CEP. Dès l’article 6, on
peut lire : « (…) Le Conseil Électoral
Provisoire est chargé de la planification,
de l’organisation, de la gestion et
du contrôle des opérations électorales
sur toute l’étendue du territoire de la
République et dans les Communautés
haïtiennes de la diaspora dûment
Dario Siriac porte-parole de
L’Organisation du Peuple en Lutte
(OPL)
Les dirigeants du Conseil électoral provisoire (CEP)
identifiées. »
Le jour même de la publication
du projet de décret, le 31 octobre 2025,
le CEP a reçu une visite protocolaire
des membres du Conseil Présidentiel
de Transition (CPT). Ce sont Louis
Gérald Gilles, Emmanuel Vertilaire et
Frinel Joseph qui étaient venus assister
à la distribution du décret aux partis
et aux dirigeants des partis par le
CEP. A l’issue de cette visite, les trois
Conseiller-Présidents se disaient venir
encourager une étape importante
dans l’avancement du processus électoral.
Ils affirmaient conseiller le CEP
de poursuivre ses efforts dans l’accomplissement
d’un devoir patriotique
dans un souci inclusif et indépendant.
Le samedi 1 er novembre 2025, toutes
les formations politiques étaient appelées
à prendre part à une activité intitulée
: Programme de renforcement des
capacités des partis politiques en Haïti.
C’est le gouvernement, notamment,
le titulaire du Ministère de la Justice et
de la Sécurité Publique (MJSP), Patrick
Pélissier, qui était à l’origine de cette
initiative. A cette invitation, plusieurs
partis politiques et leurs dirigeants ont
répondu présent.
Dès l’ouverture, sous le chahut
de l’auditoire, le Conseiller-Présidentiel
Emmanuel Vertillaire qui avait du
mal à terminer son allocution compte
tenu du brouhaha dans la salle s’est
employé à mettre les partis au centre
du jeu démocratique en commençant
par les présenter comme le passage
obligé des élections en déclarant :
« L’organisation des élections est l’un
des indicateurs clés pour évaluer la
démocratie dans notre pays. Renforcer
les partis politiques, c’est renforcer la
démocratie elle-même. Ce programme
s’inscrit non seulement dans une
démarche institutionnelle, mais aussi
de préparation éthique, technique des
acteurs politiques à la compétition
électorale. Je profite pour lancer un
appel aux acteurs politiques afin que le
dialogue triomphe sur la confrontation
et que les intérêts nationaux priment
sur tout. » Par ailleurs, intervenant
en tant que puissance invitante, le
ministre de la Justice, Patrick Pélissier,
a été très loquace en s’enorgueillissant
du fait que beaucoup de partis
politiques ont écrit à son Ministère tout
en reconnaissant tout de même que
parmi ces organisations, très peu sont
viables. Lui aussi a mis l’accent sur le
rôle des partis dans le jeu démocratique
en Haïti.
Durant son intervention, le ministre
a aussi évoqué la participation
de l’argent sale dans la campagne et
que le gouvernement sera attentif à ce
fait. Il annonce que des mesures seront
prises afin d’empêcher que les potentiels
candidats utilisent de l’argent sale
pour financer leur campagne. « La
démocratie ne peut exister sans des
partis politiques forts, crédibles. Les
partis sont le cœur du débat public. Ils
traduisent les aspirations du peuple en
projet concret. Ils forment les dirigeants
de demain. Ils portent la voix de
ceux qui n’en n’ont pas. J’ai tenu à
rappeler qu’au mois de juin de cette
année, le MJSP avait invité les partis
politiques à venir régulariser leurs
dossiers d’enregistrements. Plus de
220 partis politiques sont enregistrés et
régularisés, cela traduit les aspirations
des hommes et des femmes politiques à
participer à la gouvernance du pays. Il
y a lieu de constater que notre paysage
politique s’est élargi et il est affaibli
parallèlement, puisque peu parmi ces
partis enregistrés continuent d’exister
réellement et ne peuvent encadrer les
militants de façon continue. Le CPT
et la Primature ont compris que ces
partis ont besoin d’être accompagnés,
structurés et soutenus.
Quant à un éventuel fusionnement,
il leur appartient de juger cette
opportunité. Nous ne pouvons que le
souhaiter, l’espérer et l’encourager.
Le gouvernement a mis 3 milliards de
gourdes pour le financement des partis
politiques dans le budget national
et l’année 2026 sera une année électorale.
L’État va prendre des mesures
pour empêcher que l’argent sale ne
participe au financement électoral.
L’État va prendre des mesures pour
empêcher les candidats ayant des démêlés
avec la justice de prendre part à
la course électorale. C’est l’organisation
de bonnes élections qui prouvera
que la Transition est une exception et
non la règle. La Transition est une exception
pour établir la règle du jeu. La
responsabilité d’organiser les élections
est une responsabilité partagée.
Le MJSP travaille en vue de former les
acteurs judiciaires sur le processus de
protection des droits humains durant
les joutes électorales » extrait du long
discours du ministre Patrick Pélissier
le 1 er novembre 2025. Mais, une telle
manifestation ne saurait exister sans la
participation du locataire de la Primature,
Alix Didier Fils-Aimé, qui était en
passe de devenir l’homme fort de cette
Transition permanente. (À suivre)
C.C
8 Haiti Liberté
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
This week in Haiti
Some Convicted, but Questions Remain: The Miami Trial for the
Assassination of Haitian President Jovenel Moïse
by Kim Ives
Nearly five years after the brazen
murder of Haiti’s last elected
president, a federal jury in South Florida
has convicted four men for their
roles in the conspiracy — but the masterminds
behind the plot have not yet
been identified.
On May 8, 2026, a federal jury
in Miami delivered a landmark verdict
in one of the most audacious political
crimes of the 21 st century: the assassination
of Haitian President Jovenel
Moïse. After 39 days of testimony
spread across nearly nine weeks of trial,
and just over two days of deliberations,
jurors found four South Florida
men guilty of conspiring to kidnap and
kill a sitting head of state.
The verdict was historic, but
for many observers — and for the Haitian
people still reeling from the chaos
that followed Moïse’s death — it was
only a partial answer to a much deeper
question: Who truly ordered and funded
the murder?
The Night of the Assassination
At around 1 a.m. on Jul. 7, 2021,
a team of just over two dozen foreign
mercenaries — mostly former Colombian
soldiers — stormed the rented,
walled residence of President Jovenel
Moïse in the Pèlerin 5 neighborhood,
about a mile up the road to Kenscoff
above Pétionville.
Moïse was shot 12 times
inside his bedroom. His wife, Martine
Moïse, was gravely wounded in the
same attack. She survived by pretending
to be dead and was subsequently
airlifted to the United States for emergency
surgery.
The assassination plunged
Haiti into a political abyss from which
it has yet to emerge. More than 50 suspects
have been charged in Haiti, but
the domestic investigation has been
chronically stalled by judicial dysfunction
and political interference.
Meanwhile, U.S. federal
prosecutors in the Southern District of
Florida — because much of the conspiracy
was apparently planned and
financed on U.S. soil — mounted the
only legal response to the magnicide to
date.
The Defendants and the Conspiracy
The four men convicted on May
8, 2026, are: Arcángel Pretel Ortiz,
53, a Colombian; Antonio “Tony”
Intriago, 63, a Venezuelan-American;
James Solages, 40, a Haitian-American;
and Walter Veintemilla, an Ecuadorian
American mortgage broker
from Broward County, FL.
A fifth co-defendant, Christian
Emmanuel Sanon — a Haiti-born
physician/pastor who lived in
South Florida and was initially chosen
as the plotters’ preferred successor to
Moïse — had his case delayed due to
undisclosed health issues and will be
Rodolphe Jarr gave more than
$150,000 to the operation,
covering housing, equipment, and
alleged bribes paid to members of
the presidential security detail.
Martine Moïse leaving the Miami federal courthouse on Mar. 11, 2026
during the opening days of the trial against four men involved in Jovenel
Moïse’s assassination. Photo: CBS News
tried separately.
Pretel Ortiz and Intriago were
the co-principals of two Doral, Florida-based
firms known collectively as
CTU: Counter Terrorist Unit Federal
Academy and Counter Terrorist Unit
Security.
Veintemilla was the principal
of Worldwide Capital Lending Group,
also based in South Florida.
Solages served as CTU’s operational
representative in Haiti.
According to prosecutors, the
plot originated in early 2021, when
the group began scheming to remove
Moïse from power and install a handpicked
successor who would award
them lucrative security and infrastructure
contracts in Haiti. “This case is
very simple,” lead Assistant U.S. Attorney
Sean McLaughlin told jurors
in closing arguments. “This is a case
about greed, arrogance, and power.”
The scheme evolved over
several months from a plan to arrest
Moïse under a bogus warrant signed
by a Haitian investigative judge, to
an outright assassination. Prosecutors
forensically traced approximately
$343,000 used to finance the plot,
sourced through loans, wire transfers,
and — remarkably — U.S. federal pandemic
relief funds. (The FBI’s estimate
is likely low, because a Dominican
money laundering analyst calculated in
2022 that $20 million was channeled
through Dominican banks for the operation.)
Veintemilla’s lending company
provided a $175,000 loan to CTU,
funded in part through fraudulently obtained
CARES Act Paycheck Protection
Program and Economic Injury Disaster
Loan money. Each defendant played a
distinct role: Pretel Ortiz directed tactical
planning and coordinated by phone
with the Colombian mercenaries in Haiti;
Intriago managed day-to-day logistics
including payroll and equipment;
Solages served as the on-the-ground
liaison and fixer in Haiti, coordinating
with local actors and conducting surveillance
of the president’s residence;
and Veintemilla served as the primary
financier, according to U.S. prosecutors.
The jury found all four men
guilty on five counts, including conspiracy
to provide material support
resulting in death, conspiracy to kill
and kidnap a person outside the United
States, conspiracy to commit offenses
against the United States, and mounting
an expedition against a friendly nation
— a violation of the U.S. Neutrality
Act, which prohibits U.S. citizens and
residents from waging war against a
nation at peace with the United States.
Intriago faced three additional
counts related to the smuggling of
bulletproof vests and tactical gear from
Miami to Haiti. All four defendants face
possible life sentences, with a sentencing
hearing before District Judge Jacqueline
Becerra scheduled for Jul. 28.
In total, 13 people were
charged in the U.S. case. Eight took
plea deals before the trial, and six of
those cooperating witnesses took the
stand. Five are already serving life sentences.
Jovenel Moïse was assassinated in
his bedroom early on Jul. 7, 2021.
Four men involved in the killing
were convicted on May 8.
Key Testimony: The Witnesses
Who Built the Prosecution’s Case
The government’s case rested
heavily on the testimony of cooperating
witnesses who had pleaded guilty
Ex-Lavalas Family senator John
Joel Joseph, who cried on the
stand, insisted he had believed the
original goal was exile, not murder.
to their own roles in the conspiracy.
Their accounts, delivered over weeks of
dramatic courtroom testimony, painted
a vivid and sometimes contradictory
picture of a conspiracy riddled with
deception, confusion, and moral ambiguity.
Martine Moïse
The trial opened with one of the
trial’s most emotionally powerful moments:
the testimony of Martine Moïse,
the slain president’s widow. She was
the government’s first witness when
the trial began on Mar. 9, 2026, and
she testified through a Kreyòl interpreter.
Speaking from personal experience
of the night’s horror, she described how
she had gone to bed around 10 p.m.
on Jul. 6 while her husband remained
awake working. She awoke to the
sound of gunfire. In perhaps the trial’s
most haunting exchange, she recounted
turning to her husband and asking
what was happening. He replied:
“Honey, we are dead.”
Martine Moïse testified that
she was shot multiple times when
Spanish-speaking men entered their
bedroom and ultimately survived by
feigning death.
Her testimony established
the human reality at the center of the
case and directly implicated the Colombian
mercenaries recruited by CTU.
Rodolphe Jaar
Haitian-Chilean businessman
Rodolphe “Dodof” Jaar was one of the
conspiracy’s most significant insider
witnesses. A former DEA informant
and one-time cocaine trafficker, Jaar
owned a house near Moïse’s residence
where the conspirators — including the
Colombian mercenaries — gathered in
the hours before the assassination. He
had pleaded guilty prior to trial and was
already serving a life sentence handed
down in June 2023.
As a cooperating witness,
Jaar testified that he contributed more
than $150,000 to the operation — the
single largest individual financial contribution
(known so far) to the plot
— covering housing, equipment, and
alleged bribes paid to members of the
presidential security detail. His testimony
was essential in tracing the money
flows that financed the killing. He also
acknowledged an unusual sidelight:
an interview he gave to the New York
Times while hiding in Haiti had been
arranged by someone he believed at the
time was an FBI agent. He later learned
the man was not a federal agent at all.
Jaar’s willingness to testify came with
the hope of a sentence reduction —
although his life sentence has already
been imposed.
Joseph Félix Badio, who is in custody
in Haiti, appeared repeatedly
throughout the testimony of multiple
witnesses as an influential organizer
and logistics coordinator of the
assassination. Photo: Le Nouvelliste
John Joel Joseph (Joseph Joël
John)
Perhaps the most riveting witness
of the trial was former Haitian
Senator John Joël Joseph, who testified
under the name “John” over three and a
half days. John had pleaded guilty and
received a life sentence in December
2023, and his testimony for the prosecution
was among the most detailed accounts
of the conspiracy’s inner workings
and its chaotic final hours.
John described the gathering
at Jaar’s house on the night of Jul. 6,
2021, where he found himself alongside
defendant James Solages, DEA informant
Joseph Vincent, former Haitian
Justice Ministry official Joseph Félix
Badio, and Rodolphe Jaar. He watched
as a circle of roughly 10 men formed
around Solages, who then ordered
what he called “the special commando”
team – also called the “Delta Team” –
into a pickup truck for the mission to
kill the president.
“The person who was calling
the shots was James Solages,” John
testified. “He took his position as the
boss.”
John also described
how the plan underwent a dramatic
and disturbing shift on the eve of the
killing. What had originally been conceived
as an operation to force Moïse
into exile suddenly became something
else: a plan to “kill and burn” both the
president and his wife. According to
John, Solages told the group “one entry,
one exit” — a phrase John interpreted
as an unambiguous order to execute
Moïse. Shocked by the change, John,
who cried on the stand, insisted he had
believed the original goal was exile,
not murder. He testified that he was
ultimately left stranded as the convoy
of Colombian commandos, Haitian national
police officers, Solages, Vincent,
and Badio moved out toward the president’s
hillside compound in the middle
of the night.
Defense attorneys challenged
John’s credibility extensively, noting
that he had met with prosecutors 31
times to prepare his testimony and that
his account had shifted over time. John
Germán Alejandro “Captain Mike”
Rivera García communicated
directly and regularly with Pretel
Ortiz and Intriago throughout the
operation, as well as with Solages.
acknowledged withholding information
early on, but attributed that to fear for
his life, insisting that his trial testimony
was the truth.
Mario Antonio Palacios Palacios
Mario Antonio “Floro” Palacios
Palacios was the only member of the
five-man “Delta Team” — the group
of former Colombian special forces soldiers
who physically entered Moïse’s
bedroom and killed him — who managed
to escape after the attack. He tried
to flee to Panama, via Jamaica, where
he was arrested in October 2021, before
being extradited to the United States. He
pleaded guilty and was sentenced to life
in prison in March 2024, and testified at
the Miami trial as a cooperating witness.
His testimony was among
the most harrowing of the trial. Palacios
also broke down in tears on the stand.
“I did not travel to that country to do
anything wrong,” he said. “While I was
there, I agreed to participate in this.
What happened there does not represent
me as a person. For that reason, I have
agreed to tell the truth, because I am not
a criminal, and I am very sorry for what
happened over there.”
Palacios testified that he had
been deceived from the very beginning.
He said he was recruited for what he
was told was a security job in an unspecified
Central American country. He
was not informed that the assignment
was in Haiti until he was already committed.
Once there, he and his fellow Colombians
were made to wait weeks for
weapons that never arrived and were
promised a monthly salary of $2,500
and a $300,000 bonus — neither of
which was ever paid.
continued on p(16)
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Haiti Liberté
9
VENEZUELA ET FMI : SOUVE
Par Domingo Medina Gutiérrez *
FMI et Venezuela : bien plus
qu’une question technique
L
’annonce du rétablissement des relations
entre la République bolivarienne
du Venezuela et le Fonds monétaire international
(FMI) a déclenché une intense
campagne visant à affaiblir le gouvernement
bolivarien, en particulier la gestion
de la présidente par intérim Delcy
Rodríguez, et à diviser les forces révolutionnaires.
Cette campagne ne repose pas
seulement sur des mensonges et des
demi‐vérités, mais aussi sur l’oubli délibéré
de la relation historique entre le FMI et le
Venezuela, en particulier au cours de la
période chaviste.
Il faut d’abord souligner que la relation
entre le FMI et la République bolivarienne
du Venezuela ne peut en aucun
cas être réduite à un épisode technique de
politique macroéconomique, comme ce
fut le cas dans d’autres pays et pendant
la période de Punto Fijo de notre histoire
récente. L’examen de cette relation à travers
les gouvernements du Commandant
Hugo Chávez d’abord, du président Nicolás
Maduro ensuite, puis plus récemment sous
la présidence par intérim de Delcy Rodríguez,
montre qu’il s’agit de deux projets
antagonistes.
D’un côté, on trouve une architecture
financière issue des accords de
Bretton Woods, structurée autour de
logiques visant à imposer des conditions
structurelles, des politiques néolibérales
et des hiérarchies monétaires centrées sur
le dollar. De l’autre, un modèle d’intégration
souveraine qui, depuis la Révolution
bolivarienne, a priorisé la planification endogène,
la coopération Sud‐Sud et la décolonisation
des institutions économiques
globales.
Dans le cadre de la campagne évoquée
plus haut, on a voulu présenter le
rétablissement des relations avec le FMI
comme une reddition ou une capitulation
du gouvernement bolivarien, et comme
son acceptation des conditions que cet organisme
économique impose traditionnellement
aux pays avec lesquels il négocie
des prêts et des programmes de financement.
Or, c’est exactement l’inverse. Comme
l’ont affirmé à plusieurs reprises, dans
différents espaces, aussi bien la présidente
Rodríguez que le vice‐président sectoriel de
l’Économie et des Finances, Calixto Ortega,
la décision du FMI représente l’échec
du blocus financier auquel on a voulu soumettre
le Venezuela face à la Diplomatie
bolivarienne de paix.
La réouverture du dialogue avec le
FMI ne traduit pas un retour du Venezuela
au paradigme de Washington, mais bien la
crise de l’hégémonie financière unipolaire.
Il faut rappeler que cette décision intervient
alors que l’économie vénézuélienne enregistre
vingt trimestres consécutifs de croissance,
et ce malgré l’imposition de mesures
coercitives unilatérales et d’autres formes
de blocus financier.
Nous assistons, par conséquent, à la
consolidation d’une nouvelle carte des rapports
de forces. Le Venezuela a contribué
à briser le monopole que les institutions
de Bretton Woods ont exercé pendant des
décennies.
Sous Chávez : rompre avec le
calendrier du FMI
Lorsque le Commandant Hugo
Chávez assume la présidence en 1999,
le Venezuela traîne des décennies de subordination
aux programmes d’ajustement
structurel du FMI et de la Banque mondiale.
L’héritage du fameux « Consensus
de Washington » se traduisait par des privatisations
accélérées, une dérégulation
financière et du travail, la contraction
des dépenses sociales et une dépendance
vis‐à‐vis des marchés de capitaux extérieurs.
Dès ses premiers mois, le gouvernement
bolivarien inaugure une stratégie
de désengagement progressif par rapport à
cette matrice. Le jalon le plus symbolique et
le plus opérationnel survient en avril 2007,
lorsque Rodrigo Cabezas, alors ministre des
Finances, annonce le paiement de 3 milliards
de dollars grâce auxquels le Venezuela
rembourse par anticipation la totalité de
sa dette envers le FMI et la Banque mondiale,
se libérant ainsi des clauses de conditionnalité
et récupérant son autonomie
pour concevoir des politiques d’investissement
public et de protection sociale.
Cette décision n’a rien d’un geste
isolé. Elle constitue le corollaire d’une
doctrine économique qui conçoit la souveraineté
comme condition préalable au
développement.
Chávez a payé la dette, contesté
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la légitimité politique des organismes qui
l’administraient et dénoncé leur caractère
sélectif, asymétrique et fonctionnel aux
intérêts des capitaux transnationaux. Immédiatement
après avoir annulé la dette,
le Commandant Chávez annonce la sortie
du Venezuela du FMI et de la Banque
mondiale.
Même s’il comprenait et affirmait
que le Venezuela avait besoin de souveraineté
économique, les démarches administratives
pour formaliser cette sortie,
comme il l’avait ordonné à ses ministres,
ne furent jamais menées à terme, et le pays
continua d’être membre de ces deux institutions,
comme il l’était depuis 1946.
Parallèlement, le gouvernement
bolivarien impulse d’autres initiatives et
construit d’autres mécanismes : l’AL-
BA‐TCP comme espace d’échanges non
marchands, la Banque du Sud pour doter
l’Amérique latine d’un organisme régional
de financement sans conditions, notamment
idéologiques, le Système unitaire
de compensation régionale (SUCRE) pour
réduire la dépendance au dollar dans le
commerce intrarégional, et la promotion de
mécanismes d’intégration productive priorisant
la sécurité alimentaire, énergétique et
technologique.
Ces initiatives et ces mécanismes,
malgré les nombreuses limitations qui ont
entravé leur développement inégal, ont
dessiné ce que l’on peut appeler un véritable
laboratoire de souveraineté financière,
anticipant les crises de légitimité que le FMI
allait traverser.
Le chavisme a démontré que l’autonomie
monétaire relevait d’une décision
politique, fondée sur la mobilisation des
ressources internes, la nationalisation de
secteurs stratégiques et la réorientation de
l’État vers des fonctions de planification et
de redistribution.
Maduro : guerre économique,
blocus et rupture institutionnelle
La mort du Commandant Chávez
en 2013 entraîne la tenue d’élections qui
portent Nicolás Maduro à la présidence.
Certains acteurs, internes comme externes,
interprètent ce moment comme une période
de faiblesse du gouvernement bolivarien
et mettent en marche une stratégie
de reconfiguration de l’environnement
international visant l’isolement et le blocus
économique du Venezuela, avec pour
objectif de provoquer un changement de
gouvernement, un processus inédit dans
l’histoire de notre pays.
À partir de là, dans un contexte
de chute des prix du pétrole, les gouvernements
des États‐Unis, du Canada, de
l’Union européenne et de quelques pays
latino‐américains mettent en œuvre un ensemble
de mesures coercitives unilatérales,
visant tout particulièrement le secteur financier
: déclaration du Venezuela en tant
que « menace inhabituelle et extraordinaire
» pour les États‐Unis, gel des actifs du
pays à l’étranger, blocage de transactions
bancaires et pressions sur les institutions
multilatérales pour isoler le Venezuela du
système financier global.
S’y ajoutent les soi‐disant sanctions
individuelles, des mesures dirigées contre
des fonctionnaires, leurs familles et des
alliés du gouvernement, par lesquelles
sont gelés les biens, restreinte la délivrance
de visas et interdites les transactions financières,
le tout présenté comme des
dispositifs destinés à faire pression sur la
La mort du Commandant Chávez en 2013 entraîne la tenue d’élections qui portent Nicolás Maduro à la
présidence
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direction politique sans affecter la population.
Le FMI se joint à cette stratégie
d’isolement du Venezuela et de son gouvernement
légitime. En 2019, face à la
crise de reconnaissance diplomatique
générée par l’auto‐proclamation de Juan
Guaidó, l’institution reconnaît temporairement
les représentants désignés par l’opposition,
suspend la participation effective
du gouvernement constitutionnel dans ses
instances et paralyse tout canal de dialogue
technique.
Le 15 mars 2020, quatre jours
seulement après que l’Organisation
mondiale de la santé (OMS) a déclaré
Le rétablissement des relations avec le FMI n’est pas une r
le COVID‐19 comme pandémie, le gouvernement
du président Nicolás Maduro
sollicite officiellement auprès du FMI un
financement de 5 milliards de dollars au
titre du fonds d’urgence de l’Instrument de
financement rapide, destiné à renforcer la
réponse sanitaire au virus.
On connaît l’histoire, mais il est utile
de la rappeler : avec ses propres ressources,
une politique de santé courageuse et intelligente
(confinement strict dès le début,
suspension des activités et des vols, port
obligatoire du masque), et avec l’appui
d’alliés comme Cuba et la Russie, le gouvernement
de Nicolás Maduro affronte la
pandémie avec succès, enregistrant parmi
les meilleurs résultats au monde en termes
de contagions et de mortalité, non
seulement par rapport à la région, mais
aussi à l’échelle globale.
Le FMI, pour sa part, refuse de traiter
la demande, en arguant d’un manque de
clarté concernant la reconnaissance internationale
et la légitimité du gouvernement
du président Maduro. De toute évidence,
cette décision ne répond pas à des critères
économiques, mais à une logique de pression
institutionnelle visant à approfondir
l’isolement et à légitimer des interventions
extérieures dans le pays.
L’Observatoire vénézuélien antiblocage
(https://observatorio.gob.ve) a
largement documenté le fonctionnement
de ce siège financier, instrument de guerre
économique non conventionnelle, ainsi
que ses effets dévastateurs sur la capacité
productive, l’accès aux devises, les chaînes
d’approvisionnement médicales et alimentaires
et la stabilité monétaire du Venezuela.
La réponse du pays ne s’est pas limitée
à une résistance passive. Une stratégie
de diversification des alliances a été
déployée : promotion de mécanismes de
paiement en monnaies locales, renforcement
de la coopération avec des pays non
alignés, exploration d’actifs numériques
souverains et réactivation de canaux com-
10 Haiti Liberté
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
RAINETÉ ET RÉSISTANCE !
eddition ou une capitulation du gouvernement bolivarien.
merciaux avec les pays des BRICS, la CEL-
AC et le Mouvement des non‐alignés.
Sous ces conditions de blocus
économique et financier, l’économie
vénézuélienne a fait preuve d’une capacité
de résistance qui a démenti les pronostics
de « collapse total » annoncés à chaque
nouvelle mesure contre le pays, obligeant
les centres de pouvoir à reconsidérer l’efficacité
de l’isolement.
La rupture avec le FMI, loin d’affaiblir
la position de négociation du Venezuela,
a mis en évidence la dépendance des propres
organismes multilatéraux à l’égard de
la participation des pays qu’ils prétendent
discipliner, pour légitimer leurs mandats
techniques. L’absence du Venezuela à
leurs tables de travail n’a pas produit les
résultats escomptés. Elle n’a été que l’expression
d’une architecture privilégiant la
coercition sur le dialogue entre pairs.
Delcy Rodríguez et la diplomatie
bolivarienne de paix
Les analystes qui pratiquent l’«
oubli intéressé » se gardent évidemment
de rappeler que Delcy Rodríguez occupe
la présidence de la République en qualité
de présidente par intérim, désignée par la
Chambre constitutionnelle du Tribunal suprême
de justice, conformément à la Constitution
de la République bolivarienne du
Venezuela, véritable rempart contre toutes
les tentatives de déstabilisation qui ont été
mises en œuvre.
Avant d’assumer la présidence par
intérim, Delcy Rodríguez a occupé des
postes de premier plan à la Vice‐présidence
exécutive de la République, au ministère
des Affaires étrangères et au ministère des
Finances, depuis lesquels elle a développé
des fonctions stratégiques d’articulation
entre la politique extérieure et la politique
économique du pays.
Son leadership s’est avéré déterminant
dans le passage d’une phase de
confrontation ouverte à une diplomatie de
reconstruction institutionnelle, de négociation
pragmatique et de repositionnement
multilatéral.
La présidente par intérim a été en
première ligne d’initiatives visant à normaliser
les relations bilatérales, à impulser
des tables de dialogue sur les mesures coercitives
unilatérales, à récupérer des actifs
gelés dans des juridictions internationales
(Portugal, Royaume‐Uni) et à repositionner
le Venezuela, dans des forums comme
l’ONU, la CELAC et les BRICS, comme un
interlocuteur souverain et légitime.
Dès le premier jour, la présidente
Delcy Rodríguez a appelé le pays à la
patience et à la prudence stratégique.
C’est ce qui caractérise sa gestion : une
défense sans concession et irréductible de
l’autodétermination, de la souveraineté
énergétique et de la planification par l’État,
tout en construisant un discours et une
pratique diplomatique qui permettent de
jeter des ponts avec les acteurs institutionnels
sans se soumettre à leurs conditions.
Cette approche a consisté à dépolitiser
les canaux techniques, renforcer la
transparence dans la gestion des réserves
One time use only. Cannot be used in conjunction with any other coupon or
offer. Valid for any new service except subscription fees. Must mention
coupon at the time of sale.
et rechercher des cadres de coopération
tenant compte de la réalité économique
vénézuélienne, sans imposer des recettes
étrangères à notre structure productive.
Cette ligne d’action a été essentielle
pour créer les conditions qui rendent
aujourd’hui possible le rétablissement du
dialogue avec le FMI, non comme un acte
de soumission, mais comme un exercice
de la Diplomatie bolivarienne de paix, qui
a contraint les organismes internationaux
à traiter le Venezuela dans le respect de son
ordre constitutionnel et de sa trajectoire de
résistance face au blocus.
Reprise des relations et déblocage
des fonds
Comme on le sait, le FMI a récemment
annoncé officiellement le rétablissement
de ses relations institutionnelles avec
le Venezuela, incluant l’envoi de missions
techniques d’évaluation, la réactivation
des canaux de communication avec la
Banque centrale du Venezuela et la mise
en place de mécanismes de déblocage progressif
des ressources gelées dans les circuits
financiers internationaux.
Dans le même temps, l’organisme a
indiqué qu’un espace de dialogue s’ouvre
autour de la restructuration de la dette extérieure,
de la modernisation des systèmes
statistiques, ainsi que d’une coopération en
matière de stabilité du taux de change et de
soutenabilité budgétaire.
Ces annonces ont nourri, dans
certains milieux médiatiques, le discours
d’un « retour à la normalité financière » ou
d’une « ouverture au consensus de marché
», interprétés comme une capitulation du
Venezuela devant Bretton Woods.
Il convient de rappeler, comme
on l’a déjà mentionné plus haut, que
ce rétablissement de relations n’est pas
une concession unilatérale du FMI, mais
la reconnaissance implicite de l’échec
La présidente par intérim Delcy Rodríguez
de sa stratégie d’isolement et de pression
économique visant à provoquer un
changement de gouvernement.
Le Venezuela a démontré une
capacité extraordinaire de gestion macroéconomique
dans des conditions adverses,
supportant le poids de plus de mille mesures
coercitives unilatérales et d’un blocus
qui a signifié la perte de près de 99% des
revenus du pays.
Le pays a maintenu le contrôle de
ses réserves stratégiques, diversifié ses
marchés d’exportation et consolidé des
alliances avec des économies émergentes
offrant des alternatives au dollar et aux circuits
financiers traditionnels.
Le déblocage des fonds pour leur utilisation
par le gouvernement vénézuélien
ne constitue pas un « sauvetage » au sens
classique du terme, mais une réparation
partielle des effets collatéraux des mesures
coercitives unilatérales, que la rapporteuse
spéciale de l’ONU sur l’impact négatif de
ces mesures sur la jouissance des droits
humains, Alena Douhan, a qualifiées de
violations du droit international ainsi que
des droits économiques et sociaux de la
population.
Le FMI ne fait que reconnaître
que, sans la participation du Venezuela,
ses rapports manquent de légitimité
régionale, que les marchés ne peuvent
fonctionner de manière stable tant que
persistent des asymétries d’accès et que
la gouvernance financière globale exige
l’inclusion, non l’exclusion sélective qui l’a
caractérisée jusqu’ici, notamment dans le
cas vénézuélien.
Négocier avec le FMI sans
renoncer à la souveraineté
L’histoire de la région montre que
les programmes du FMI ont, en général,
privilégié l’équilibre budgétaire sur le
développement productif, la libéralisation
du change sur la souveraineté monétaire et
l’investissement étranger sur la protection
de l’emploi et des services publics.
Dans cette nouvelle phase qui s’ouvre,
le Venezuela aborde le dialogue avec le
FMI sans aucun complexe, à partir d’une
position de force dans la négociation, en
fixant des limites claires aux conditions
que certains analystes commencent déjà
à présenter comme typiques des programmes
du Fonds.
La priorité est donnée à la relance
de l’appareil productif national, à la diversification
de la matrice exportatrice et à la
protection des dépenses sociales. La présidente
Delcy Rodríguez et le vice‐président
Calixto Ortega ont été très clairs : il n’est
prévu ni programme de financement ni
mécanisme de prêts.
Les deux responsables insistent sur
le fait que les ressources débloquées (les
Droits de tirage spéciaux) auxquelles le
Venezuela a désormais accès seront utilisées
pour l’investissement public, les infrastructures
critiques (système électrique,
eau et hôpitaux), le transfert de technologie
et le renforcement des capacités statistiques
souveraines, en évitant toute reproduction
de dynamiques de dépendance
financière.
Un nouvel ordre économique en
gestation
Le rétablissement des relations avec
le FMI et la réouverture des canaux de
communication avec cet organisme financier
doivent être compris dans le cadre d’un
processus plus vaste de reconfiguration de
l’ordre économique international, auquel le
Venezuela participe pleinement.
Le système multicentrique et multipolaire
dont parlait Chávez est désormais
une réalité tangible : l’expansion
des BRICS+, la création de mécanismes
de compensation en monnaies locales, la
dédollarisation progressive du commerce
énergétique et la consolidation de banques
de développement régionales fissurent
le monopole des institutions de Bretton
Woods.
Ces institutions, de leur côté, tentent
de s’adapter à un monde où la coercition
unilatérale ne garantit plus les résultats,
où la légitimité technique dépend de la
représentativité politique et où les États du
Sud exigent un traitement d’égal à égal.
Pour le Venezuela, ce moment historique
pose trois défis stratégiques.
Premièrement, garantir que la
coopération technique ne se traduise pas
par l’imposition de conditions déguisées qui
démantèleraient les avancées en matière
de souveraineté alimentaire, énergétique et
technologique.
Deuxièmement, renforcer les institutions
nationales afin que la gestion des
ressources débloquées se fasse avec transparence,
efficacité et reddition de comptes
devant le peuple vénézuélien, consolidant
ainsi la confiance interne et externe.
Troisièmement, approfondir la
coopération Sud‐Sud et l’intégration régionale
comme contre‐poids structurel à
l’architecture financière traditionnelle, pour
que le Venezuela ne se retrouve plus jamais
exposé aux cycles de dépendance.
La reprise des relations et le déblocage
des fonds ne marquent pas la fin
du conflit entre les modèles portés par la
Révolution bolivarienne et ceux du FMI
; ils inaugurent une nouvelle phase de
négociation dont l’axe central sera la souveraineté.
Le Venezuela a prouvé qu’il est
possible de résister au blocus financier,
de préserver la gouvernabilité institutionnelle
et de se repositionner sur l’échiquier
multilatéral sans renoncer à son projet de
nation.
Le FMI, pour sa part, se trouve face
à une disjonction historique : transformer
son mandat vers un modèle de coopération
réellement mutuelle ou demeurer prisonnier
de logiques de subordination que l’histoire
a déjà commencé à dépasser.
La leçon centrale est limpide : l’architecture
financière globale ne sera légitime
que lorsqu’elle cessera d’être un
instrument de pression géopolitique pour
devenir une plateforme de développement
partagé.
Le Venezuela, fort de son parcours
de résistance et de sa vocation multilatéraliste,
continuera de travailler à cette
transformation, non dans la soumission et
l’abandon, mais dans la fermeté souveraine,
la clarté stratégique et la conviction
qu’un autre système économique est non
seulement possible, mais nécessaire.
Le rétablissement des relations et
le déblocage des fonds ne sont pas une
concession du FMI. Ils constituent la reconnaissance
tardive d’une réalité que la
Révolution bolivarienne affirme depuis
plus de deux décennies : la véritable stabilité
financière naît de la justice, de l’égalité
et du respect du droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes.
*Domingo Medina Gutiérrez est
un politologue vénézuélien, analyste politique
et militant chaviste, membre de la
Red de Intelectuales, Artistas y Movimientos
Sociales en Defensa de la Humanidad
(REDH Venezuela). Il est président du
Centro Internacional Miranda (CIM), institution
de recherche critique fondée par
l’État vénézuélien et dédiée à l’étude des
transformations politiques, économiques
et culturelles impulsées par la Révolution
bolivarienne. Auteur de travaux sur la
participation électorale et la conflictualité
politique, il intervient régulièrement dans
les médias publics vénézuéliens en tant
qu’analyste de la conjoncture, de la guerre
économique et de la géopolitique régionale.
Miradas de la red 21Avril 2026
Traduction Bernard Tornare
23 Avril 2026
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Haiti Liberté
11
Perspectives
Tchad: la Cendrillon des colonies françaises
(11 ème partie)
Par Alexandra Panaguli
Incapacité politique mais capacité
répressive
Au moment où Gide relatait les
rudes épreuves de la main d’œuvre africaine,
il s’apprêtait à faire le voyage
de Sahr (à l’époque Fort-Archambault),
près de la frontière centre-africaine, à
N’Djamena (Fort-Lamy) sur le fleuve
Chari (long de 1400 km), dont le Logone
(1000 km) est le principal affluent.
Il est en compagnie de Marcel de Coppet
(1881-1968), gouverneur de plusieurs
colonies françaises, qui vient d’être
nommé au Tchad (1926-1928 et 1929-
1932). Coppet est proche de Gide et de
Roger Martin du Gard, deux prix Nobel
de littérature (respectivement 1947
et 1937), lui-même licencié en droit
et diplômé en malgache de l’École des
langues orientales, sympathisant socialiste,
protestant et franc-maçon. Gide le
présente comme “aimé” de “ce peuple
noir”.
Cela n’empêche que Coppet doit
exécuter les ordres de la métropole.
Alors que Coppet est haut-commissaire
à Madagascar lors de la révolte anticoloniale
de 1947-48 – protestant entre
autres, là aussi, la pratique du travail
forcé et de la conscription involontaire
dans l’armée en cas de guerre de la
puissance coloniale – l’armée française
« emploie diverses tactiques de terreur
destinées à démoraliser la population.
Elle procède à des exécutions de masse,
à des tortures, à des viols de guerre, à
l’incendie de villages entiers, à des châtiments
collectifs et à d’autres atrocités
telles que le jet de prisonniers malgaches
vivants depuis des avions (vols de
la mort) ».
Au même moment, cette même
armée assassine et viole des centaines
de civils dans les villages de My Trach
(29 novembre 1947) et de Quang Nam
(12 juin 1948) au Vietnam, alors partie
de l’Indochine française. Un avantgoût
de l’Algérie occupée où cette bestialité
s’est centuplée. Jugé trop modéré,
Coppet est remplacé en février 1948
par Pierre de Chevigné, colonel puis
politicien, qui complète le tableau dans
le sang. « L’intensité et la cruauté de
la réponse française étaient alors sans
précédent dans l’histoire coloniale de la
France ». Le total des tués malgaches
est estimé entre 11.000 et 100.000. Au
départ, 550 Français avaient été tués.
Des proportions qui font penser à Gaza,
mais où les Israéliens se sont largement
surpassés.
(Coppet avait également été le
seul gouverneur général – à l’époque, à
Madagascar – à être limogé par le régime
de Vichy en 1940 pour avoir tenté
de maintenir la “Grande Île” dans la
guerre au côté des Britanniques)
Interpellé par la répression du
soulèvement malgache, Albert Camus
avait comparé les méthodes françaises
à celles qu’ils venaient de subir de la
part des Allemands, et il avait directement
lié la cruauté au racisme: « Si les
hitlériens ont appliqué à l’Europe les
lois abjectes qui étaient les leurs, c’est
qu’ils considéraient que leur race était
supérieure et que la loi ne pouvait être
la même pour les Allemands et pour les
peuples esclaves [...] si, aujourd’hui,
des Français apprennent sans révolte
les méthodes que d’autres Français utilisent
parfois envers des Algériens ou
des Malgaches, c’est qu’ils vivent, de
manière inconsciente, sur la certitude
que nous sommes supérieurs en quelque
manière à ces peuples et que le choix de
moyens propres à illustrer cette supériorité
importe peu ». Toujours d’actualité
à Gaza, un siècle plus tard.
Le plus ironique est que la
manière dont les colonisateurs traitent
ceux qu’ils ont soumis en fait
eux-mêmes des êtres inférieurs, bien
inférieurs, comme l’étaient les nazis.
Intérieurement et extérieurement. Gide
l’a bien remarqué: « Ce que je ne peux
peindre, c’est la beauté des regards de
ces indigènes, l’intonation émue de
leur voix, la réserve et la dignité de leur
maintien, la noble élégance de leurs
gestes. Auprès de ces noirs, combien de
blancs ont l’air de goujats ».
Et agissent comme tels. Gide rapporte
“la lésinerie de certains blancs à
l’égard des indigènes”. La femme d’un
administrateur à Fort-Lamy – surnommée
“Madame cinquante centimes” – ne
trouvait pas du poisson car elle ne voulait
payer que le quart du prix demandé.
« C’est elle qui jetait à son chien les
restes de viande, plutôt que de les laisser
finir par ses boys ».
L’armée française était très capable
d’organiser des massacres – “Un
haut fonctionnaire évoque un ‘Oradour
malgache’», le village français où les
nazis ont exécuté 643 civils en 1944
– mais l’administration était très incapable
d’organiser son empire. Selon un
directeur même des affaires politiques
de l’Agence générale des colonies entre
1924 et 1926, Charles Régismanset
(1877-1945): « Il est clair que la
France n’a pas de programme colonial
et en persévérant dans cette attitude
négative, elle est fidèle à sa tradition.
Elle n’a pas de programme et n’en a
jamais eu ».
Elle n’avait pas de programme
mais bien des objectifs. Le livre
sur le Tchad de la bibliothèque du congrès
étatsunien le décrit: « Deux thèmes
fondamentaux ont dominé l’expérience
coloniale du Tchad avec les Français :
l’absence de politiques visant à unifier
le territoire et un rythme de modernisation
exceptionnellement lent. Dans
l’échelle des priorités françaises, la
colonie du Tchad se classait presque au
bas de l’échelle, et les Français en sont
venus à considérer le Tchad principalement
comme une source de coton brut
et de main-d’œuvre non qualifiée à utiliser
dans les colonies plus productives
du sud ».
Dans son “Essai sur la colonisation”,
en 1912, Régismanset résume
clairement le plan colonial et les priorités
de toute puissance coloniale: «
Pauvre humanité noire ! Ayons donc
au moins la franchise d’avouer que si
nous prenons tant de soin de toi, c’est
que tu nous parais constituer une inépuisable
réserve de main d’œuvre ...
Nous entendons que les races africaines
rapportent le maximum. Nous
voulons que les boules de caoutchouc,
l’ivoire, abondent sur les quais de Bordeaux
ou du Havre, que les arachides
croissent, que l’huile de palme coule à
pleins bords. Rien de mieux. Mais que
viennent faire ici la science, la justice,
la bonté et surtout le progrès ? Je ne
souhaite point que l’éducation noire
soit poussée trop avant... Tant que les
populations seront les plus faibles, elles
admettront le droit du plus fort. Le jour
où le «plus fort» désarmerait, le jour
où elles auraient compris l’admirable
mensonge de toutes ces abstractions,
elles auraient tôt fait — les Annamites
nous en donnent déjà un avant-goût
— de dénoncer ce prétendu «contrat
d’association», de s’insurger contre la
tutelle et l’exploitation européennes.
Assimilation irréalisable ou association
hypocrite, deux systèmes également
en contradiction flagrante avec le
Ecolières à Bongor au moment de la collation. Dans son fameux “Au
cœur des ténèbres” inspiré de son emploi au Congo, où il vu “le travail
forcé, les châtiments corporels et la cupidité incontrôlée qui ont permis à
la Belgique de récolter de manière lucrative de l’ivoire et du caoutchouc”,
Joseph Conrad parle de “l’extraordinaire effort d’imagination qu’il nous a
fallu pour voir dans ces gens-là des ennemis”. André Gide ajoute: “quelle
politique de haine et de mauvais vouloir il a fallu pour obtenir de quoi
justifier les brutalités, les exactions et les sévices”. C’est le travail des
médias officiels: diaboliser l’ennemi, alors les Africains, les Vietnamiens,
les Malgaches, les Algériens; aujourd’hui la Chine, la Russie, les
Palestiniens (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).
Le vieux sultan accueille les visiteurs étrangers à Katoa, le chef-lieu du pays Mousgoum, qui regroupe 37
villages et plus de 50.000 habitants. Nous sommes près de Bogo, en territoire camerounais où a eu lieu, fin
du 19ème siècle, la grande bataille où les Mousgoum ont pu vaincre les Peuls qui lançaient des “jihads” pour
convertir les autres peuplades à l’islam (Alexandra Panaguli/Haïti-Liberté).
fait». Belle prédiction avec un demi-siècle
d’avance.
La perception colore la réalité
Pendant que nous écoutions avec
révérence le vieux sultan de Katoa,
les enfants, espiègles, nous épiaient
tout autour de l’estrade recouverte de
chaume où nous étions assis sur les
sempiternelles chaises en plastique
qui caractérisent notre époque moderne
dans le monde entier. Le Logone
s’écoulait paisiblement juste à côté. Un
peu plus loin s’élevait la forteresse construite
en 1764. Il n’en reste pas grand
chose à part la muraille. Des ruines.
Pourtant à l’intérieur se trouve la maison
du sultan, très simple. (Pix castle
231026_4773++) Katoa est le chef-lieu
du pays Mousgoum, qui regroupe 37 villages
et plus de 50.000 habitants. Nous
sommes à une 50aine de kilomètres de
Bogo, en territoire camerounais par-delà
le fleuve Logone, où a eu lieu, fin du
19ème siècle, la grande bataille où les
Mousgoum ont pu vaincre les Peuls qui
lançaient des “jihads” pour convertir les
autres peuplades à l’islam.
Sur le chemin du retour, assis dans
la grande pirogue, devant un coucher de
soleil grandiose du côté camerounais, je
pense à André Gide qui a navigué sur
ces mêmes eaux à ce même endroit
mais venant du nord, de la capitale, il y
a un siècle, pour bifurquer vers l’ouest à
Katoa. Un mois plus tard et plus au sud,
il rencontrera, hasard surprenant, en
pleine brousse camerounaise, à la passe
de Keigama-Tekel, Théodore Monod
(1902-2000), le fameux naturaliste et
humaniste français, grand spécialiste
du Sahara où il a passé une soixantaine
d’années. Monod était alors au
Muséum national d’histoire naturelle,
un préparateur « qu’on envoie étudier
les poissons du Tchad », mais l’écrivain
ne consacre à cet événement qu’une
ligne de son livre, à la date du le 22 avril
1927 – Monod, à 25 ans, n’était pas encore
connu!
Comme Gide sur le Logone, « Je
n’ai le temps ni le désir de rien noter.
Complètement absorbé par la contemplation
». De la nature autant que
des habitants. Il y a quelque chose de
prenant que j’avais déja ressenti lors de
nos deux semaines sur l’Amazone (de
Belem à Manaus) et sur son affluent, le
Rio Madeira (de Manaus à Porto Velho,
aux portes du Pantanal). Le paysage ne
change pas énormément mais on est
surpris de ne jamais s’ennuyer, voyant
défiler cette nature si puissante. Le plus
beau et vivant est cette fine bordure
verte – les détails de la nature changent
constamment, tout à coup on débouche
sur une immense étendue plate sans
arbres. Régulièrement on passe des
barques de pêcheurs, ou on accoste
pour signaler notre présence aux autorités
locales, ce qui crée toujours un
attroupement.
Pourtant, beaucoup – Occidentaux
généralement – trouvent que
c’est de l’ennui. C’est ici que joue la
perception – totalement subjective –
qui colore de façon parfois diamétralement
opposée une même réalité. C’est
la définition que l’on donne à un objet
qui le ... définit et lui donne un bagage
émotionnel. On peut revenir à la culture.
Parlant des Ibos du Nigéria voisin, Kapuscinski
dit qu’ils ne connaissaient pas
le péché avant que les missionnaires
chrétiens ne viennent le leur enseigner.
S’ils avaient de mauvaise pensée envers
quelqu’un, il n’y avait de mal que si elle
résultait en une action qui heurterait
cette personne. « L’acte n’est mauvais
que s’il est dévoilé et si la société ou
une tierce personne le considère mauvais
». Comme disait mon oncle, l’ingénieur-philosophe,
une folie devient
règle et normalité quand la majorité des
gens l’accepte. Comme aujourd’hui avec
Trump aux Etats-Unis. 80 millions ont
voté pour lui, entérinant un comportement
jugé jusqu’à présent criminel.
En Afrique, le catholicisme est
venu intérioriser cette faute. Avant les
chrétiens, les Stoïciens s’étaient penchés
sur cette relation si importante entre
l’intérieur et l’extérieur. Le philosophe
grec Epictète l’a définie dans son Enchiridion
(Manuel): « Les hommes ne sont
pas troublés par les choses, mais par
l’opinion qu’ils en ont». Et quelques
siècles plus tard, Shakespeare l’a reformulé
dans Hamlet: «Il n’y a rien de bon
ou de mauvais, mais c’est la pensée qui
le rend tel».
C’est le moment de citer Joseph
Conrad dans son fameux “Au cœur
des ténèbres” inspiré de son bref emploi
au Congo, où il a vu « le travail
forcé, les châtiments corporels et la
cupidité incontrôlée qui ont permis à
la Belgique de récolter de manière lucrative
de l’ivoire et du caoutchouc ».
Conrad parle de «l’extraordinaire effort
d’imagination qu’il nous a fallu pour
voir dans ces gens-là des ennemis ».
Gide qui le cite ajoute: « quelle politique
de haine et de mauvais vouloir il a fallu
pour obtenir de quoi justifier les brutalités,
les exactions et les sévices ». C’est
le travail des médias officiels: diaboliser
l’ennemi, alors les Africains, les Vietnamiens,
les Malgaches, les Algériens;
aujourd’hui la Chine, la Russie, les Palestiniens.
Pareil effort d’imagination et de
subjectivisation de la réalité avec les
tableaux, à propos desquels le peintre
français Marcel Duchamp disait: «Je
crois que l’artiste ne sait pas ce qu’il
fait. J’attache encore plus d’importance
au spectateur qu’à l’artiste. [...]
L’acte créateur n’est pas accompli par
l’artiste seul; le spectateur met l’œuvre
en contact avec le monde extérieur en
déchiffrant et en interprétant ses qualifications
internes et ajoute ainsi sa
contribution à l’acte créateur».
Plus généralement, la différence
entre deux opposés n’est souvent pas
déterminante. Dans “La fuite du temps”
du chinois Yan Lianke, lauréat du prix
Franz Kafka en 2014 décerné à Prague
sur l’histoire semi-véridique d’un village
de montagne dans le Henan, la province
natale de l’auteur, où les habitants
mourraient avant l’âge de 40 ans à
cause de la toxicité des terres et eaux de
la région, il commence avec une citation
du Bouddha: « Maître Dahui! Tous les
êtres de ce monde craignent profondément
les douleurs de la vie et de la mort
et aspirent au nirvâna,. Ils ne savent
guère que la frontière entre nirvâna,
vie et mort n’est que métamorphose
d’une seule et même nature, que toute
différence est illusoire ».
(À suivre)
12 Haiti Liberté
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Devoir de Mémoire
Philadelphie, 1985 :
la terreur d’État s’abat sur une organisation noire
Par Olivier Esteves
On n’est pas en Alabama, on n’est
« pas en 1963. On est à Philadelphie,
«ville de l’amour fraternel» et de Rocky
Balboa, en 1985. Une bombe fournie
par le FBI est larguée depuis un hélicoptère
policier sur une maison abritant
des militants de MOVE, un mouvement
écologiste radical essentiellement composé
d’Afro-Américains… »
Prologue
On est le dimanche 12 mai 1985.
C’est le jour de la fête des mères1. Sur
Washington Avenue, dans le quartier
de Cobbs Creek tout à l’ouest de Philadelphie,
on prépare ce qui promet d’être
une journée radieuse. Des pères confectionnent
les repas avec les saveurs préférées
de leurs épouses et les enfants
rivalisent d’attentions gentilles envers
leur maman. Au mitan des années
1980, tout le monde prend cette fête
très au sérieux. Les hommes noirs, très
majoritaires dans le quartier, veulent
aussi montrer qu’ils n’ont rien à voir
avec ces deadbeat dads2 qui, dans les
représentations médiatiques, partagent
la même pigmentation qu’eux. Ils ne
sont pas de ces individus irresponsables
qui ont abandonné leurs femmes
et leurs enfants, refusant de leur verser
une pension, ne venant pas rendre visite
à leurs gosses, encore moins s’en
occupant.
La journée se passe magnifiquement,
il fait 27° Celsius, soit 80° Fahrenheit.
Ça sent le barbecue, il y a comme
un avant-goût d’été. Le soir, bien
des pères se couchent avec le sentiment
du devoir conjugal et familial accompli.
Inquiétudes
À huit blocs de là, sur Osage
Avenue, une fête des mères vraiment
différente se déroule. C’est que la
police est passée par là. Elle a intimé
à une partie des familles vivant dans le
périmètre de prendre quelques affaires
et de partir pour quelques heures : «
C’est pour votre sécurité », « Vous serez
très bientôt revenus », voire « Vous
devez obtempérer, sinon ça pourrait
vous porter préjudice ». Certains
policiers ont parlé d’un ton rassurant,
d’autres en donnant l’impression de ne
pas trop savoir ce qu’ils disaient et ce
qu’ils faisaient, d’autres enfin se sont
montrés arrogants avec les habitants
– afro-américains3 pour la plupart –
comme s’ils appartenaient à une force
d’occupation. James Taylor, qui habitait
au 6244 Osage Avenue, a pris ses
vêtements de travail, ses chaussures
de sécurité, des paires de chaussettes
et quelques caleçons, sans oublier trois
bouteilles d’eau de Cologne de marque
Jovan, « car c’est le seul truc que ma
famille trouve à m’offrir à Noël et aux
anniversaires4 ».
Margaret Lane, qui vivait au
6234 Pine Street, a été la dernière à être
évacuée : « Moi, j’ai refusé de partir. Je
leur ai dit que ça faisait 29 ans que je
vivais ici et que j’ai toujours travaillé
dur et qu’il est hors de question qu’un
groupe de militants me chasse de chez
moi. » Après quoi, menacée de représailles
par la police, elle a dû s’exécuter
et s’en aller sans la moindre affaire. «
Mais, a-t-elle dit, ce qui me choque le
plus, c’est qu’ils m’ont promis que je reviendrais
chez moi dans les 24 heures.
Ils avaient l’air tellement sincère. » Earl
Watkins, qui vivait avec sa famille et
était propriétaire de sa maison au 6218
Osage Avenue, a lui aussi dû prendre
ses affaires et partir précipitamment,
laissant derrière lui sa collection de près
de 2 500 disques. Ce dimanche-là, il est
tout de même allé à l’église et a prié «
très fort pour les militants de MOVE »,
car, même s’il n’avait pas la moindre
sympathie pour eux, il « sentait bien
que quelque chose de grave se préparait
».
Un policier monte la garde sur Pine Street, à West Philadelphia, près des vestiges de 61 maisons mitoyennes,
quelques jours après leur destruction par un incendie le 13 mai 1985, lorsque la police a largué des explosifs
sur une maison occupée par des membres du groupe radical MOVE. George Widman/AP
Forces en présence
Au moment de l’évacuation, un
haut-parleur au son un peu saturé recrache
des cris. Ce ne sont pas des ordres
policiers, plutôt des menaces, des
insultes, des revendications proférées
par des militants. Le haut-parleur est
fixé à une maison située au 6221 Osage
Avenue. À l’intérieur, les membres
principaux d’une organisation politique
portant le nom loufoque de « MOVE »,
et des enfants dont le nombre est alors
inconnu, y ont élu domicile depuis trois
ans au moins. MOVE, ce n’est pas un
acronyme de quoi que ce soit, et le
nom renvoie au culte de la vie et du
mouvement au sein de ce groupe. Ces
révolutionnaires autoproclamés dénoncent
de nombreux maux modernes : air
vicié, pauvreté endémique, violences
policières, capitalisme, etc. Leur mode
de vie anarchique et antisystème a déjà
causé beaucoup de consternation et de
colère au sein du voisinage. Ils exigent
la libération immédiate de quatorze de
leurs membres emprisonnés et menacent
de tuer des policiers. Dans le
périmètre de la maison, semaine après
semaine, la présence policière est constante,
les journalistes sont légion, et
cet étrange spectacle charrie quotidiennement
son lot de curieux.
Quelques semaines avant le 13
mai 1985, des résidents du quartier
ont déclaré publiquement qu’ils utiliseraient
leurs propres armes pour chasser
les MOVE si les autorités municipales
ne mettaient pas tout en œuvre pour en
finir avec ce chaos. Cette menace bien
réelle a fini par contraindre la mairie à
agir, elle qui rechignait jusqu’alors à le
faire. Elle pensait, à tort, que MOVE
disposait de nombreuses armes. C’est
aussi que le maire a alors bien conscience
que des militants MOVE ont été
injustement emprisonnés. Neuf d’entre
eux ont en effet écopé de peines très
lourdes pour le meurtre jamais élucidé
d’un policier, James Ramp, à l’issue
d’un premier assaut contre MOVE, dans
le quartier de Powelton Village (un autre
quartier de Philadelphie) le 1er août
1978.
En ce 13 mai 1985, l’action
est lancée. Les autorités disposent à
présent de mandats d’arrêt pour quatre
occupants du 6221 Osage Avenue, leur
permettant en même temps de procéder
à l’éviction de tous les membres du
groupe.
Cercles de l’enfer
Les habitants de Cobbs Creek
et de tout West Philly ne se sont pas
encore réveillés de leur nuit de fête des
mères que, du côté d’Osage Avenue,
l’extrême tension va bientôt se muer en
véritable enfer d’acier.
Contretemps 8 mai 2026
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Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Haiti Liberté
13
Perspectives
Mali : une guerre de libération face aux offensives terroristes
Par Filippo Bovo*
Au Mali, une réalité s’impose
avec force : la tentative de
reproduire le scénario syrien —
chaos organisé, terrorisme instrumentalisé
et déstabilisation d’un
État souverain — est en train
d’échouer. Contrairement aux attentes
des puissances occidentales
et de leurs relais médiatiques, le
pays résiste, s’organise et riposte.
Porté par une dynamique
révolutionnaire et un soutien populaire
réel, le Mali s’inscrit désormais
dans une logique de guerre de
libération contre des forces qui ne
sont ni spontanées ni isolées, mais
bien intégrées dans une stratégie
néocoloniale plus large.
Un pays immense face à
une guerre importée
Le Mali n’est pas un « petit
pays fragile », comme on le
présente souvent en Europe pour
mieux justifier les ingérences.
Sa superficie équivaut à celle de
la France, de l’Allemagne et du
Royaume-Uni réunis. Un territoire
gigantesque, aux frontières
délibérément rendues poreuses,
notamment au nord et au centre,
où circulent armes, combattants et
trafics en tous genres.
Dans cet espace prolifèrent
des groupes jihadistes et séparatistes
– FLA, JNIM, ISSP – dont
l’existence et la capacité opérationnelle
reposent largement sur
des soutiens extérieurs. À cela
s’ajoutent des cellules dormantes
dans les centres urbains, activées
au moment opportun pour semer
la terreur.
Contrôler le terrain : un
défi stratégique majeur
Les Forces armées maliennes
(FAMA), épaulées par des unités
paramilitaires et leurs alliés de l’African
Corps, font face à une guerre
asymétrique particulièrement complexe.
Dans un pays majoritairement
plat, il est facile d’entrer —
mais extrêmement difficile de tenir,
sécuriser et stabiliser durablement.
Les armées occidentales
elles-mêmes en ont fait l’amère
expérience. En Irak, après 2003,
les États-Unis ont rapidement
découvert que conquérir un territoire
n’équivaut pas à le contrôler.
L’occupation s’est transformée en
bourbier, alimenté par des groupes
qu’ils avaient eux-mêmes contribué
à structurer ou financer.
Le précédent syrien : manipulation
et désinformation
Depuis 2011, la Libye et la
Syrie ont servi de laboratoires à
ces stratégies de destruction étatique.
Sous couvert de « révoltes
populaires », des guerres hybrides
ont été menées, combinant terrorisme,
propagande et ingérences
étrangères.
Contrairement au récit dominant,
les populations n’étaient
pas massivement opposées à leurs
gouvernements. Cette fiction médiatique
a servi à légitimer des opérations
de changement de régime,
dont les conséquences continuent
de déstabiliser durablement ces régions.
L’expérience russe et le
tournant sahélien
L’intervention russe en Syrie
en 2015 a marqué un tournant.
Forte de son expérience en
Tchétchénie, la Russie a développé
des capacités de contre-insurrection
parmi les plus efficaces au
monde. Ces compétences sont aujourd’hui
mobilisées au Sahel.
Le Mali s’inscrit désormais dans une logique de guerre de libération nationale
Au Mali, l’African Corps joue
un rôle structurant : formation, appui
opérationnel, présence sur le
terrain. Avec environ 2 000 hommes
déployés, il constitue un levier
stratégique pour renforcer la souveraineté
militaire du pays.
La guerre des drones : un
changement de paradigme
Le conflit malien entre dans
une nouvelle phase, marquée par
l’usage croissant des drones. Si
leur potentiel a été initialement
sous-exploité, la tendance s’inverse
rapidement.
Les critiques internes, tant au
Mali qu’en Russie, appellent à intensifier
leur utilisation, en s’inspirant
notamment du front ukrainien.
Le recours aux drones turcs
Bayraktar TB2 et Akinci illustre
cette montée en puissance, malgré
les tensions régionales qu’elle peut
susciter.
Des avancées qui démentent
le récit occidental
Sur le terrain, les résultats
sont sans appel. Les FAMA, leurs
alliés et l’African Corps ont libéré
de nombreuses localités et positions
stratégiques des mains de
groupes armés largement financés,
équipés et politiquement soutenus
par des puissances occidentales.
La Force conjointe de l’Alliance
des États du Sahel (AES) renforce
cette dynamique. En verrouillant
les frontières et en frappant les
groupes armés jusque dans leurs
bastions, notamment à Kidal, elle
réduit considérablement leur capacité
de nuisance.
Les pertes infligées au FLA,
au JNIM et à l’ISSP sont importantes,
tant en effectifs qu’en
matériel. Une réalité soigneusement
minimisée par les grands médias
occidentaux.
Une dynamique de libération
irréversible
Ce qui se joue aujourd’hui au
Mali dépasse le simple cadre sécuritaire.
Il s’agit d’une lutte pour la
souveraineté, contre des décennies
de domination, d’ingérence et de
prédation.
La « guerre de libération totale
» engagée par Bamako n’en
est qu’à une phase intermédiaire.
D’autres offensives viendront
consolider les acquis et étendre le
contrôle de l’État sur l’ensemble du
territoire.
Contrairement à leurs adversaires,
dépendants de soutiens extérieurs
et de relais médiatiques, les
forces maliennes disposent d’un
avantage décisif : la légitimité populaire,
la cohésion morale et une
volonté politique claire. Cette fois,
le scénario syrien ne se répétera
pas.
*Filippo Bovo est un journaliste
et analyste géopolitique
italien spécialisé dans les conflits
contemporains, en particulier au
Moyen-Orient, dans la Corne de
l’Afrique et au Sahel. Il est l’auteur
de plusieurs essais historiques
et géopolitiques publiés ces dix
dernières années.
Traduction Bernard Tornare
12 Mai 2026
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen sur les conclusions du
Ministère public, maintient le défaut octroyé contre
la défenderesse à l’audience précitée, pour le profit
déclare fondée ladite action. Admet en conséquence
le divorce Carl Wenshell LOUISSAINT d’avec
son épouse née Dorena Stephane ALEXIS pour
injures graves et publiques aux torts de l’épouse.
Prononce la dissolution des liens matrimoniaux
existant entre lesdits époux. Ordonne à l’officier
de l’état civil de Port-au-Prince, Section Sud de
transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif
du présent jugement dont un extrait sera inséré
dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale
sous peine de dommages intérêts envers les tiers
s’il y échet. Commet l’huissier Canal GABRIEL de
ce Tribunal pour la signification de ce jugement ;
Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par
nous, Me Nelson CILIUS, Juge en audience civile
ordinaire du douze Février deux mille vingt-cinq,
en présence de Me. Romain ORANGE, Substitut
Commissaire du gouvernement de ce ressort, avec
l’assistance de Me Mozart TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen sur les conclusions
du Ministère public, maintient le défaut octroyé
contre son épouse WISLANDE FILS à l’audience
précitée, pour le profit déclare fondée ladite
action. Admet en conséquence, le divorce du
sieur Vladimyr KEBREAU d’avec son épouse née
WISLANDE FILS pour injures graves et publiques.
Prononce en conséquence la dissolution des liens
matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux.
Ordonne à l’officier de l’état civil de la commune
de cavaillon de transcrire sur les registres à ce
destinés, le dispositif du présent jugement dont
un extrait sera publié dans l’un des quotidiens
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages
intérêts envers les tiers s’il y échet. Compense les
dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, Osmond
CASTOR, Doyen en audience civile, ordinaire et
publique en date du Treize Avril deux mille vingttrois,
en présence de Holitha JACQUET, Substitut
Commissaire avec l’assistance du Greffier Jean
Claude Novembre
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen sur les conclusions
du Ministère public, maintient le défaut octroyé
contre la défenderesse à l’audience précitée, pour
le profit déclare fondée ladite action. Admet
en conséquence le divorce du sieur Frantzdy
JEAN d’avec son épouse née Kimberly PIERRE
PAUL, pour injures graves et publiques, aux
torts de l’épouse. Prononce la dissolution des
liens matrimoniaux existant entre lesdits époux.
Ordonne à l’officier de l’état civil de Port-au-
Prince, Section Sud de transcrire sur les registres à
ce destinés, le dispositif du présent jugement dont
un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages
et intérêts envers les tiers s’il y échet. Commet
l’huissier Canal GABRIEL de ce siège pour la
signification de ce jugement. Compense les
dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, Me
Nelson CILIUS, Juge en audience civile, ordinaire
du douze juin deux mille vingt-cinq, en présence
de Me Elysée FENELON, Substitut Commissaire
du gouvernement de ce ressort, avec l’assistance
de Mozart TASSY, Greffier du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc.....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen sur les conclusions
du Ministère public, maintient le défaut octroyé
contre son épouse Saint Faura Virgile à l’audience
précitée, pour le profit déclare fondée ladite action.
Admet en conséquence le divorce de Peterson
Joseph avec Saint Faura Virgile pour injures
graves et publiques. Prononce en conséquence la
dissolution des liens matrimoniaux ayant existé
entre lesdits époux. Ordonne à l’officier de l’état
civil de la commune d’Aquin, de transcrire sur
les registres à ce destinés le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l’un des
quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine de
dommages intérêts envers les tiers s’il y échet.
Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par
nous, Me Osmond CASTOR, Av. Juge en audience
civile ordinaire et publique en date du vingttrois
Juin deux mille vingt-cinq, en présence de
Me Vanna Mané, Av. Substitut Commissaire du
gouvernement de ce ressort avec l’assistance du
Greffier Me Paulin Civil, Greffier du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc.....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, le Ministère public
entendu, maintient le défaut octroyé contre
le défendeur à l’audience précitée, pour le
profit déclare fondée ladite action. Admet en
conséquence le divorce d’Esther DORILAS,
d’avec son époux Frantz MERTILUS pour injures
graves et publiques. Prononce la dissolution
des liens matrimoniaux existant entre lesdits
époux. Ordonne à l’officier de l’état civil de Taïfer
commune de Carrefour de transcrire dans les
registres à ce destinés, le dispositif du présent
jugement dont un extrait sera inséré dans l’un
des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine
de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet.
Compense les dépens. Commet l’huissier Maxime
CANDIO pour la signification de ce jugement
Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé
par nous, Guy AUGUSTIN, Juge en audience
civile, ordinaire et publique du Mercredi vingtet-un
Avril deux mille vingt-et-un, en présence
de Me. Paul WESLEY, Substitut Commissaire du
gouvernement de ce ressort avec l’assistance du
sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, Greffier du
siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen et sur les conclusions
du Ministère public, accueille l’action de la
demanderesse, la dame Chenetti JEAN MARY née
Cassandre Laurie FRANÇOIS en la forme. Maintient
le défaut octroyé contre le sieur Chenetti JEAN
MARY défendeur à l’audience précitée. Admet
en conséquence le divorce de la dame Chenetti
JEAN MARY née Cassandre Laurie FRANÇOIS
d’avec son époux Chenetti JEAN MARY pour
injures graves et publiques faits prévus à l’article
217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution
des liens matrimoniaux ayant existé entre
lesdits époux, ce, aux torts exclusifs de l’époux.
Ordonne à l’officier de l’état civil de la Section Est
de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à
ce destinés, le dispositif du présent jugement dont
un extrait sera publié dans l’un des quotidiens
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages
intérêts envers les tiers. Compense les dépens.
Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège
pour la signification du présent jugement. Ainsi
jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS,
Juge en audience civile, ordinaire et publique de
divorce du vendredi six Mars deux mille vingt-six,
en présence de Me Romain ORANGE, Substitut
Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince
et avec l’assistance de la dame Célène Saint Jean
CHERY, Greffière du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc....
Celène Saint Jean CHERY, Greffière
14 Haiti Liberté
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Perspectives
N’osez même pas !
Par Stalin Vladímir Centeno
La paix dont vit le Nicaragua n’est
ni un hasard ni apparue du jour
au lendemain. Elle a été construite
pendant des années, au milieu de difficultés,
d’agressions et de moments
complexes qui ont marqué le pays.
C’est précisément pour cela qu’aujourd’hui
il ne suffit pas de dire que la
paix existe : il faut aussi affirmer clairement
qu’elle se défend chaque jour.
N’osez pas confondre la tranquillité du
peuple avec de la faiblesse. N’osez pas
croire que parce que les familles travaillent,
étudient, produisent et vivent
heureuses, cela signifie qu’on a oublié
ce qui s’est passé lorsqu’ils ont tenté de
renverser notre gouvernement sandiniste.
Le Nicaragua a trop appris de ces
temps difficiles, et c’est justement pour
cela qu’aujourd’hui la paix se protège
avec fermeté.
N’osez pas tenter d’imposer la
peur aux familles nicaraguayennes. Ce
peuple sait ce que signifie vivre sous
les menaces, la violence, la guerre, les
blocus et les sanctions semés par des
ennemis extérieurs et promus par des
pantins, des traîtres et des vendus. Aujourd’hui,
les rues sont pleines d’activité
économique et familiale, les marchés
fonctionnent, les transports circulent,
les écoles restent ouvertes, tandis que
les hôpitaux soignent et sauvent des
vies dans un système de santé gratuit,
sans faire payer un seul centime. La
vie continue avec stabilité parce que
le pays a retrouvé la tranquillité. Cette
stabilité a une valeur immense pour le
peuple, et personne ne veut revenir en
arrière. La paix est devenue une partie
de la vie quotidienne au Nicaragua, et
c’est pourquoi notre peuple comprend
qu’il doit la protéger comme l’un de ses
biens les plus sacrés.
N’osez pas toucher à la paix
avec des mains sales. Le Nicaragua
a réussi à avancer parce que le pays
travaille, produit et se met en mouvement
chaque jour avec stabilité, sur les
chemins du bien commun. Lorsqu’un
pays vit en paix, il peut construire des
routes, des hôpitaux, des logements,
des écoles et créer des programmes sociaux
qui transforment la vie de ses habitants.
Lorsque les ennemis insistent
sur la déstabilisation et la confrontation,
tout se paralyse, l’emploi est frappé,
l’économie s’arrête et les familles
finissent par payer les conséquences de
ces âmes en peine qui se nourrissent de
haine et de destruction.
Ici, la paix se défend parce que
le pays sait déjà ce que coûte sa perte.
N’osez pas semer la haine entre les
Nicaraguayens eux-mêmes. Pendant
longtemps, certains ont tenté — et tentent
encore — de diviser le pays, d’opposer
les familles et de faire du conflit
une manière de pratiquer une politique
sale et de gagner de l’argent à travers
des fausses nouvelles. Cependant, la
majorité du peuple a fini par comprendre
qu’aucune nation ne peut avancer
en vivant en permanence dans les divisions
et dans l’absence d’amour. Aujourd’hui,
la majorité des citoyens veut
de la stabilité, veut avancer et continuer
à construire sa vie sans revenir
à des périodes marquées par le chaos
et la violence. La paix signifie aussi la
coexistence, le respect et la capacité de
continuer à aller de l’avant sans permettre
le retour de temps qui ont laissé
douleur et blessures profondes dans la
vie de milliers et de milliers de foyers.
N’osez pas penser que ce peuple
n’a rien appris de ce qu’il a vécu.
Le Nicaragua sait parfaitement ce qui
arrive lorsque la haine devient un
outil politique et lorsque le mensonge
tente de s’imposer, de manière répétée
et malveillante, face à la vérité. C’est
pourquoi il existe aujourd’hui une conscience
plus forte de l’importance de
défendre la paix et le fonctionnement
du pays. Les gens veulent travailler,
entreprendre, circuler librement sans
Le Nicaragua, guidé par nos Coprésidents, Rosario Murillo et le Commandant Daniel Ortega
ces barrages de la mort érigés par la
droite terroriste, et pouvoir vivre aujourd’hui
en sécurité. Cette détermination
du peuple à protéger la paix explique
pourquoi le pays maintient un rythme
constant et pourquoi la paix est devenue
une priorité nationale que la population
est décidée à défendre.
Le Nicaragua, guidé par nos Coprésidents,
la Compagne Rosario et le
Commandant Daniel, a pris une décision
définitive : continuer d’avancer et
ne pas revenir aux périodes marquées
par les affrontements et la déstabilisation.
Ici, la tranquillité se vit, mais elle
se protège aussi avec responsabilité et
cohérence. N’osez pas attaquer la paix
à travers des campagnes de haine et de
manipulation. Certains tentent encore
de décrire un pays qui n’existe pas ; ils
parlent de dictature alors que les véritables
dictateurs furent eux, qui pendant
trois mois ont violé les droits humains
des Nicaraguayens, tenté de renverser
un gouvernement élu constitutionnellement
par la majorité du peuple et
voulu mettre la nation à genoux pour
la livrer aux ennemis de toujours.
N’osez pas sous-estimer l’engagement
du Bon Gouvernement
sandiniste pour la paix. Les bonnes
nouvelles ont cessé d’être une simple
aspiration pour devenir une décision
ferme depuis 2007, et cela reste valable
jusqu’à aujourd’hui. Ici, il existe
une conscience claire de ce que signifie
perdre la paix et, surtout, de ce qu’il a
fallu pour la récupérer. C’est pourquoi
la paix occupe aujourd’hui une place
centrale dans le présent et dans l’avenir
du pays.
N’osez pas oublier que ce peuple
sandiniste vous a vaincus et continuera
de vous vaincre autant de fois que
vous tenterez de revenir. Grâce à Dieu
et à notre Bon Gouvernement, nous vivons
une étape différente, marquée par
le travail, le progrès, le développement
et des temps de prospérité visibles et
tangibles.
Ici, personne ne veut revenir à la
haine qui n’habite que chez quelquesuns,
ces quelques-uns qui ne sont plus
que des fantômes, qui ne font plus peur
et qui n’existent déjà plus. Et c’est précisément
pour cela que le Nicaragua
lance un avertissement simple, direct et
définitif : N’OSEZ PAS, car avec Rosario
et Daniel nous continuons d’avancer,
de progresser et de construire de nouvelles
victoires.
Stalin Vladímir Centeno est
un journaliste et chroniqueur nicaraguayen,
vivant à Managua. Il collabore
avec des médias comme El 19 Digital,
Barricada, Radio La Primerísima, Chicago
ALBA Solidarity, ainsi que des
plateformes militantes comme Stalin
Magazine.
Tortilla con Sal 6 de mayo 2026
Traduction Bernard Tornare
7 Mai 2026
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après examen, et sur les conclusions du
Ministère public, accueille l’action du demandeur,
le sieur René TOUSSAINT, en la forme maintient
le défaut octroyé contre la dame Sandra CASIMIR
défenderesse à l’audience précitée. Admet en
conséquence le divorce du sieur René TOUSSAINT
d’avec son épouse née Sandra CASIMIR pour
injures graves et publiques faits prévus à l’article
217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution
des liens matrimoniaux ayant existé entre
lesdits époux, ce, aux torts exclusifs de l’épouse.
Ordonne à l’officier de l’état civil de la Section Sud
de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à
ce destinés, le dispositif du présent jugement dont
un extrait sera publié dans l’un des quotidiens
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages
intérêts envers les tiers. Compense les dépens.
Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège
pour la signification du présent jugement. Ainsi
jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS,
Juge en audience civile, ordinaire et publique de
divorce du vendredi dix-sept Avril deux mille
vingt-six, en présence de Me Romain ORANGE,
Substitut Commissaire du gouvernement de Portau-Prince,
et avec l’assistance de la dame Célène
Saint Jean CHERY, Greffière du siège
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc.....
CELENE SAINT JEAN CHERY, Greffière du siège
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, et sur les conclusions du
Ministère public, accueille l’action du demandeur,
le sieur Samuel ANTOINE en la forme maintient le
défaut octroyé contre la dame née Mirline PIERRE
défenderesse à l’audience précitée. Admet en
conséquence le divorce du sieur Samuel ANTOINE
d’avec son épouse née Mirline PIERRE pour
injures graves et publiques faits prévus à l’article
217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution
des liens matrimoniaux ayant existé entre
lesdits époux, ce, aux torts exclusifs de l’épouse.
Ordonne à l’officier de l’état civil de la Section Sud
de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à
ce destinés, le dispositif du présent jugement dont
un extrait sera publié dans l’un des quotidiens
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages
intérêts envers les tiers. Compense les dépens.
Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège
pour la signification du présent jugement. Ainsi
jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS,
Juge en audience civile ordinaire et publique de
divorce du vendredi six Mars deux mille vingt-six,
en présence de Me Romain ORANGE, Substitut
Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince
et avec l’assistance de la dame Célene Saint Jean
CHERY, Greffière du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc.....
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal après examen, et sur les conclusions
du Ministère public, accueille l’action de la
demanderesse, la dame Naomie JOCELIN; en la
forme maintient le défaut octroyé contre le André
CHEVALIER défendeur à l’audience précitée ;
Admet en conséquence le divorce de la dame
André CHEVALIER née Nahomie JOCELIN d’avec
son époux André CHEVALIER pour injures graves
et publiques faits prévus à l’article 217 du code
civil Haïtien. Prononce la dissolution des liens
matrimoniaux existant entre lesdits époux. Ce,
aux torts exclusifs de l’époux. Ordonne à l’officier
de l’état civil de la Section Sud de Port-au-Prince
de transcrire sur les registres à ce destinés, le
dispositif du présent jugement dont un extrait
sera publié dans l’un des quotidiens s’éditant
à la Capitale sous peine de dommages intérêts
envers les tiers. Compense les dépens. Commet
l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour la
signification du présent jugement. Ainsi jugé et
prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS, Juge en
audience civile, ordinaire et publique de divorce
du vendredi six Mars deux mille vingt-six, en
présence de Me Romain ORANGE, Substitut
Commissaire du gouvernement de Port-au-Prince
et avec l’assistance de la dame Célène Saint Jean
CHERY, Greffière du siège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc....
CELENE SAINT JEAN CHERY, Greffière du siège
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, jugeant publiquement après avoir délibéré
au vœu de la loi et sur les conclusions du Ministère
public, accueille l’action de la demanderesse la dame
Alain FEQUIERE Becaman Woudlene GEDEON en la
forme; maintient le défaut octroyé contre le sieur Alain
FEQUIERE Becaman Woudlene GEDEON défendeur à
l’audience précitée. Admet en conséquence le divorce
de la dame Alain FEQUIERE née Becaman Woudlene
GEDEON d’avec son époux Alain FEQUIERE pour
injures graves et publiques, faits prévus à l’article
217 du code civil Haïtien. Prononce la dissolution des
liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux,
ce, aux torts exclusifs de l’époux. Ordonne à l’officier
de l’état civil de la Section Sud de Port-au-Prince de
transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif
du présent jugement dont un extrait sera publié dans
l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine
de dommages intérêts envers les tiers. Compense les
dépens. Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce
siège pour la signification du présent jugement. Ainsi
jugé et prononcé par nous, Gerty LEON-ALEXIS, Juge
en audience civile, ordinaire et publique de divorce du
vendredi six Mars deux mille vingt-six, en présence
de Me Romain ORANGE, Substitut Commissaire du
gouvernement de Port-au-Prince et avec l’assistance
de la dame Célène Saint Jean CHERY, Greffière du si
ège
Il est ordonné...etc.....
En foi de quoi....etc....
DISPOSITIF PAR CES MOTIFS
Après examen et sur les conclusions conformes
du Ministère public, le Tribunal, au voeu de la loi,
maintient le défaut requis et octroyé à l’audience
contre la défenderesse pour faute de comparaître
; pour le profit, accueille l’action du demandeur le
sieur Gary PHILOGENE vu que cette demande est
juste et fondée. Admet le divorce des époux Gary
PHILOGENE, née Judith LEROCIER pour injures
graves et publiques incompatibilité de caractères et aux
torts exclusifs de l’épouse. Prononce la dissolution des
liens matrimoniaux ayant existé entre-eux. Ordonne
à l’officier de l’état civil de Petit-Goâve, Section Sud de
transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif du
présent jugement dit qu’un extrait sera publié dans
l’un des colonnes d’un quotidien s’éditant à la Capitale
sous peine de dommages intérêts envers les tiers s’il
y échet. Commet le sieur Jean Fruisner MONICE,
huissier de notre Tribunal pour la signification du
présent jugement. Compense les dépens, vu la qualité
des parties. Rendu par nous, Fritzner DUCLAIRE,
Doyen du Tribunal de première de première instance
de Petit-Goâve, en audience publique civile de divorce
ce dix Février deux mille vingt-cinq (10 Février
2025), en présence de Me Joseph André EXAVIER,
Substitut Commissaire du gouvernement de ce ressort
assisté du sieur Christophe BONBON, Greffier du siège
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc.....
PAR CES MOTIFS
Après examen et sur les conclusions conformes
du Ministère public, le Tribunal au voeu de la loi,
maintient le défaut requis et octroyé à l’audience
contre le défendeur pour faute de comparaître ; pour le
profit, accueille l’action de la demanderesse, la dame
Ensley BAYARD, femme née Mikeneja BRITOU
vu que cette demande est juste et fondée. Admet
le divorce des époux Ensley BAYARD, femme née
Mikeneja BRITOU pour injures graves et publiques et
aux torts exclusifs de l’époux. Prononce la dissolution
des liens matrimoniaux ayant existé entre eux.
Ordonne à l’officier de l’état civil de Petit-Goâve,
Section Sud de transcrire sur les registres à ce destinés,
le dispositif du présent jugement ; dit qu’un extrait
sera publié dans l’un des colonnes d’un quotidien
s’éditant à la Capitale sous peine de dommages
intérêts envers les tiers s’il y échet. Commet le sieur
Jean Fruisner MONICE huissier de notre Tribunal pour
la signification du présent jugement. Compense les
dépens vu la qualité des parties. Rendu par nous, Me
Fritzner DUCLAIRE, Doyen du Tribunal de première
instance de Petit-Goâve, en audience publique civile
de divorce ce jourd’hui vingt-cinq Août deux mille
vingt-cinq (25 Août 2025), en présence de Me
Joseph André EXAVIER, Substitut Commissaire
du gouvernement, assisté du sieur Christophe
BONBON, Greffier du siège
Il est ordonné...etc....
En foi de quoi....etc...
Christophe BONBON, Greffier
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Haiti Liberté
15
continued from p (9)
Initially, the men were told
they would be providing security for Sanon,
he said. They were given only two
shotguns for the job.
It was not until the very last
moment, Palacios testified, that the mission’s
true nature became clear. He described
being told that a Haitian armed
group was supposed to attack the president’s
house first, and that the Colombian
team would follow to search for videos
and computers. But when the gang
members could not be reached by phone
on the night of the attack, the order came
through. “They gave us the order,” Palacios
said. “We had to do the job they were
going to be doing.”
Like John, he identified Solages
as “the boss” who gave the command to
proceed to the president’s residence. Ballistic
evidence presented at trial matched
bullets recovered from both Moïse and his
wife to a rifle used by the Delta Team. (The
defense argued that two of the recovered
bullets were “pristine” and planted.)
“Captain Mike” — Germán Alejandro
Rivera García
Among the most revealing of the
cooperating witnesses was Germán Alejandro
Rivera García, a retired Colombian
Army captain who went by the code name
“Mike” or “Mikael” within the conspiracy.
He had commanded the Colombian mercenaries
on the ground in Haiti. Rivera
had pleaded guilty and testified against
the four defendants in what proved to be
some of the trial’s most striking testimony.
Rivera testified that Arcángel
Pretel Ortiz — who wore fake U.S.
military-style uniforms and referred to
himself as “Colonel Gabriel,” after the
archangel Gabriel — had assigned angelic
code names to all of the plot’s principal
figures. Pretel went by “Gabriel,” Rivera
by “Mikael,” and others received names
like “Uriel” and “Rafael.” When a defense
attorney displayed a group chat message
from May 10, 2021, featuring an image of
a winged angel with a sword and armor,
Rivera explained that the group did not
see themselves as ordinary angels.
“Not just angels with arms
and wings,” Rivera testified, “but rather
avenging angels.”
Unlike John and Jaar, Rivera
said he communicated directly and
regularly with Pretel Ortiz and Intriago
throughout the operation, as well as with
Solages. He testified that the critical shift
— from kidnapping to assassination —
came approximately two weeks before
Moïse was killed, in the aftermath of a
failed Jun. 19, 2021, operation to seize the
president when he returned from a state
visit to Turkey. After that failure, a new
figure entered the scene: the previously
mentioned Joseph Félix Badio, a former
Haitian Justice Ministry official who had
recently been fired, whom Pretel Ortiz introduced
to the group as “the cousin” —
the new CTU representative in Haiti. Pretel
Ortiz told Rivera to take his orders from
Badio going forward, Rivera testified. At
that point, the group also switched its designated
presidential successor from Sanon
to Wendelle Coq Thélot, a justice of Haiti’s
Supreme Court and a close associate of
Badio. Thélot died as a fugitive in January
Dimitri Vorbe (left) and Dr. Reginald Boulos have long been suspected as
being intellectual authors and funders of Jovenel Moïse’s assassination,
although no evidence has come to light.
2025 before she could face justice.
Rivera also noted that he joined
the operation because he was struggling
financially to support his wife and child
— a reminder that the conspiracy exploited
vulnerable former soldiers by offering
them promises of money that largely never
materialized.
The Central Mystery: Who Ordered
and Funded the Killing?
Despite the sweeping scope of the
Miami trial — 39 days of testimony, more
than 40 witnesses, 8,000 gigabytes of
data recovered from over 100 electronic
devices across three countries — the verdict
has failed to answer the question that
haunts the case most profoundly: Who are
the intellectual authors of Jovenel Moïse’s
assassination?
The men convicted in Miami
were architects of the plot’s operations.
They hired the mercenaries, supplied the
weapons and gear, arranged some of the
financing, and pulled the logistical strings.
But neither the prosecution nor the defense,
across weeks of competing narratives,
came close to identifying the higher-level
mastermind(s).
The figure who looms largest
over the unanswered questions is Badio,
whose name was cited repeatedly
throughout the testimony of multiple
witnesses as an influential organizer and
logistics coordinator. Rivera testified that it
was Badio who effectively redirected the
operation toward assassination following
the failed arrest attempt after the trip to
Turkey. Yet Badio has never been charged
in the U.S. case, and, although he was arrested
in Haiti in October 2023, his whereabouts
and legal status remain unclear.
The defense teams, for their
part, argued a strikingly different theory:
that their clients were not the masterminds
but the duped. They contended that the
four defendants believed they were operating
under a legitimate Haitian judicial
warrant, signed by an investigative judge
named Jean Roger Noelcius — a document
they claimed authorized Moïse’s arrest.
The judge himself testified via
video that the warrant was illegal because
he had no authority to order the arrest of
a sitting head of state. Defense attorneys
also argued that the actual killing of Moïse
was carried out not by the Colombian
From left to right, Arcangel Pretel Ortiz, Antonio Intriago, Walter Veintemilla,
and James Solages were all found guilty of involvement in Jovenel Moïse’s
assassination and face life in prison at their sentencing in July.
commandos but by members of the presidential
security detail and rogue Haitian
national police, who killed the president
before the commandos ever arrived. Central
to this theory is the figure of Badio,
who, according to John’s testimony, suggested
after the assassination that they
should cut up Moïse’s body, place it in a
barrel, and dump it in the ocean — suggesting
a level of foreknowledge and cold
calculation that pointed toward deeper
Haitian involvement.
The defendants further
claimed, without success, that they had
operated with the tacit approval of the U.S.
government. Prosecutors sharply denied
any such backing, however many observers
find it inconceivable that an operation
of this size and duration could have been
carried out without the U.S. Embassy and
its robust intelligence gathering capabilities
(and the U.S. government’s previous
association with many of the plot’s actors)
having foreknowledge of, if not involvement
with, the plot.
Several other factors may have
hampered pursuit of higher-level culpability.
One reason may be that parts of the
case were handled under the Classified
Information Procedures Act (CIPA), a law
that restricts the public’s access to potentially
“sensitive details” of secret U.S. operations.
Another possibility is that several
plea agreements and closed-door processes
limited what attorneys could reference
in open court. Yet a third reason may be
the lack of cooperation (or the feigned appearance
of it) between Haitian and U.S.
investigators, which has left key witnesses
in Haiti off the stand in Miami.
Meanwhile, Haiti’s investigation
has charged more than 50 suspects.
A 2024 round of indictments was overturned
on appeal in October of the same
year, and a new investigation was ordered.
The judicial system’s dysfunction
has rendered meaningful progress nearly
impossible. None of the indictments have
identified who ordered and financed the
assassination at the highest level.
What the Miami verdict has
established is the operational layer of a
complex, multi-actor crime. It has shown
that South Florida served as a staging
ground, that a group of greed-driven individuals
exploited Colombia’s vast pool
of unemployed former special forces soldiers,
and that the $343,000 budget — a
surely only partial sum for the murder of a
head of state — was assembled through a
patchwork of loans, fraud, and individual
contributions. But it has not told us who
commissioned the hit, who provided any
backing from within Haiti’s political or
business elite, or whether the conspiracy
extended to figures with far more power
and wealth than a Doral security firm and
a Broward mortgage broker.
Martine Moïse herself, in the
immediate aftermath of the killing, pointed
to a different class of suspects altogether.
She told the New York Times that she
didn’t think that the Haitian police had
identified those who ordered the murder.
“Only the oligarchs and the
system could kill him,” she said. “I would
like the people who did this to be caught,
otherwise they will kill every single president
who takes power. They did it once.
They will do it again.”
Two of Moïse’s wealthy bourgeois
opponents were named in early
reporting as Dr. Reginald Boulos and
Dimitri Vorbe, though Boulos has denied
involvement. Boulos was detained by Immigration
and Customs Enforcement (ICE)
in July 2025 and deported to Colombia in
April. Since September 2025, Vorbe has
been in ICE custody in Florida.
Former Colombian soldier Mario
Antonio Palacios Palacios testified
that he was not informed that the
assignment was in Haiti until he
was already committed.
The Main Take-Aways from the
Miami Trial
Prior to the trial, the involvement of
Jovenel Moïse’s political opposition in Haiti
was only rumored, but now it has been
very clearly revealed.
Testimony detailed the central
role played by actors, allies, and/or veterans
of the Democratic Political Sector
(SDP) of André Michel, Marjorie Michel,
and Nènèl Cassy, the Inite/Espwa sector
of the late President René Préval, the
Lavalas Family party of former President
Jean-Bertrand Aristide, and even former
President Michel Martelly, who helped
hoist Moïse to power but later had a falling
out.
Most of the Haitian public,
both in Haiti and its diaspora, see this trial
merely as a first step in finding justice
for Jovenel Moïse, whose reputation and
tragic status has grown since his death. It
will push Haitian authorities to eventually
deliver a trial of its own, which seems
unlikely under the current corrupt de facto
Prime Minister Alix Didier Fils-Aimé.
The sentencing for the four
convicted men is scheduled for Jul. 28 before
Judge Becerra. There still is no date for
when Sanon will be tried. Some of the defendants
who pleaded guilty but testified
for the U.S. government may see sentence
modifications depending on their continued
cooperation.
For Haiti, a nation still in the
grips of an historic political struggle between
the armed groups of Haiti’s poor
neighborhoods demanding services and
“system change” or, at the very least, national
dialogue, and the massacring police
and mercenary death-squads and drones
of an illegitimate government literally imposed
by U.S. gunships, the Miami convictions
offer a small measure of justice
and legal accountability. But the deeper
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16 Haiti Liberté
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
A Travers le monde
Italie : Étudiants et enseignants font grève
contre les réformes de droite et la militarisation !
Par Ana Vračar
Étudiants et enseignants à travers
l›Italie se sont mobilisés pour protester
contre les réformes favorables à
l›industrie et la militarisation planifiées
par le gouvernement Meloni.
Étudiants et enseignants de plus
de 60 localités à travers l›Italie ont fait
grève le 7 mai pour protester contre
les réformes de l›éducation présentées
par le gouvernement Meloni, lesquelles
visent à subordonner le secteur
éducatif aux intérêts de l›industrie et à
la militarisation. Ces mesures incluent
l›alignement des filières techniques et
professionnelles sur les besoins des
employeurs, ainsi que la suppression
de contenus critiques des programmes
scolaires, tout en maintenant des
milliers de travailleurs de lݎducation
dans des situations précaires.
Cette journée de mobilisation a
été précédée d’une journée de grève
sectorielle supplémentaire le 6 mai et
a coïncidé avec une nouvelle vague de
manifestations de dockers réclamant de
meilleures conditions de travail et s’opposant
aux transferts d’armes.
Des actions collectives ont été
lancées par des groupes étudiants et des
syndicats, notamment Cambiare Rotta,
OSA et la branche éducation du syndicat
de base Unione Sindacale di Base
(USB). « Nous faisons grève contre la
militarisation des écoles et de la société,
contre le service militaire obligatoire,
contre la réforme des écoles
techniques et professionnelles qui livre
l’éducation de la classe ouvrière directement
aux entreprises, contre les
nouvelles directives pour les lycées, et
Photo Unione Sindacale di Base
contre un renouvellement de contrat
qui propose des salaires honteux alors
que l’inflation grimpe, alimentée par le
coût de guerres que nous n’avons pas
voulues et que nous ne voulons pas »,
a écrit l’USB en amont de la mobilisation.
Les modifications prévues aux
programmes éducatifs réduisent l’enseignement
général pour les élèves des
écoles techniques et professionnelles,
issus en grande majorité de la classe
ouvrière. En lieu et place, la réforme
axe leur formation sur les priorités des
employeurs. Parallèlement, le gouvernement
a également l’intention d’adapter
les programmes des lycées (licei) en
minimisant, entre autres, les contenus
critiques à l’égard du colonialisme européen,
de l’impérialisme et d’autres
concepts favorisant l’esprit critique.
« Les lycées, fréquentés en
grande partie par les classes supérieures
et moyennes, sont quant à eux orientés
vers la promotion d›un sentiment
identitaire explicitement eurocentré et
nationaliste », a ajouté l›USB. « Il s›agit
d›un système scolaire qui segmente,
hiérarchise et forme les enfants des
familles ouvrières à des emplois
précaires, tout en préparant les enfants
de l›élite à une «mission civilisatrice»
au service de la rhétorique de guerre. »
Les droits des enseignants sont
également menacés, le secteur reposant
déjà sur des travailleurs précaires après
des décennies de sous-investissement
et de coupes budgétaires, sans aucune
perspective de titularisation à l’horizon.
Les syndicats et les groupes étudiants
insistent sur le fait que ces reculs sont
interdépendants et qu’ils privilégient
les intérêts des nantis au détriment des
revendications populaires ; il est donc
crucial que les différents acteurs du secteur
fassent front commun.
« USB Scuola et OSA affirment
que leur alliance constitue un choix
stratégique, et non un simple geste
symbolique », ont écrit les sections de
l’USB et de l’OSA à Potenza. « L›unité
entre les travailleurs de lݎducation et
les étudiants fait la force de notre projet,
car le système scolaire est gangrené
par les mêmes contradictions qui
affligent la société dans son ensemble :
exploitation, précarité, militarisation et
subordination au capital. »
Dans le cadre de la campagne
étudiante internationale contre la
conscription intitulée « Nous ne nous
enrôlons pas », la grève a également
souligné l’importance de résister au
rétablissement du service militaire obligatoire
dans la région — des actions
devant suivre dans d’autres pays, notamment
en Allemagne, le vendredi
8 mai. « L’ensemble du système scolaire
public est orienté vers la logique
de guerre qui imprègne le monde : on
attend des étudiants qu’ils acquièrent
les compétences et les stratégies nécessaires
pour constituer une armée au
service d’un marché du travail de plus
en plus préparé à la guerre », a ajouté
l’USB le 7 mai.
« Nous devons également
faire grève contre la conscription :
les étudiants ne sont pas de la chair
à canon, ils ne constituent pas une
main-d›œuvre jetable et ne sont pas
de simples ressources à exploiter pour
l›économie de guerre. »
Enfin, les étudiants et les enseignants
ont souligné le caractère internationaliste
de leur lutte, établissant
un lien entre les guerres fomentées par
les États-Unis à travers le monde et les
pressions croissantes exercées sur les
étudiants et les travailleurs européens.
Cambiare Rotta et OSA ont mis en
avant la présence du secrétaire d’État
américain Marco Rubio en Italie comme
la preuve de la collaboration continue
des gouvernements européens dans
des actes d’agression illégaux et des
crimes de guerre.
« La visite de Marco Rubio
en Italie a suscité l›indignation des
étudiants, qui réclament son expulsion
», ont déclaré les groupes. « Ce criminel
international, complice du génocide à
Gaza et responsable de la guerre au
Moyen-Orient, est également une figure
clé de la campagne contre Cuba,
qui risque d’être attaquée par les
États-Unis. Des centaines de drapeaux
cubains flottent sur les places, en soutien
et en défense de la Révolution, de
la souveraineté et de la paix à Cuba
— l’île la plus solidaire du monde —
et un cri de protestation s’élève contre
Rubio. »
Peoples Dispatch 7 mai 2026
Bolivie: Un mandat d’arrêt contre Evo Morales
Par María Ramirez
Le dirigeant des cultivateurs de
coca Dieter Mendoza a averti lundi
qu’une éventuelle arrestation de l’ancien
président Evo Morales (2006-
2019) provoquerait une insurrection et
des troubles dans le pays. Mendoza a
rejeté la décision d’un tribunal de Tarija
(sud) qui déclare Morales en rébellion
et a émis un mandat d’arrêt dans le
cadre d’un procès contre lui pour soidisant
traite d’êtres humains aggravée,
ce que l’ancien président et spa défense
qualifient de persécution politique.
Mendoza a affirmé à radio
Kawsachun Coca qu’en cas d’arrestation
de Morales, les secteurs sociaux
rejoindraient les mobilisations de la
Centrale Ouvrière Bolivienne (COB) et
des syndicats paysans qui bloquent les
routes pour exiger la démission du président
Rodrigo Paz. « S’ils touchent à
Evo, le pays va connaître des troubles
comme vous ne pouvez l›imaginer ; il
y aura une insurrection sur le territoire
national bolivien », a averti le dirigeant
des cultivateurs de coca Dieter Mendoza
qui a appelé instamment les secteurs
du Tropique de Cochabamba à rester en
alerte maximale et sur pied de guerre.
Auparavant, le premier tribunal
de sentence de Tarija avait déclaré Evo
Morales en rébellion et émis un mandat
d’arrêt contre lui après que celui-ci n’ait
pas assisté à l’audience du procès oral
concernant cette affaire.
Face à l’absence de Morales et de
ses avocats, le tribunal a décidé que la
procédure serait suspendue jusqu’à ce
que l’homme politique se présente devant
la justice ou qu’il soit arrêté. Le
procureur de Tarija a fait savoir que la
défense privée n’avait pas présenté de
justificatifs de l’absence, c’est pourquoi
des avocats commis d’office ont été
désignés pour défendre l’ancien président.
Cindy Vargas : Il n’y a eu ni
fait ni exploitation
Cindy Saraí Vargas Pozo, identifiée
par le procureur comme la victime
présumée de l’affaire de soi-disant traite
d’êtres humains aggravée a présenté
un mémoire auprès du premier tribunal
chargé de lutter contre la violence
à l’égard des femmes de Tarija, demandant
le classement de l’affaire. Dans ce
document judiciaire, Mme Vargas Pozo
affirme à plusieurs reprises : « Je ne suis
pas une victime, il n’y a pas eu de faits,
Angleterre : Les employés de
Google DeepMind se syndiquent
pour empêcher l’utilisation
militaire de sa technologie.
Les employés du bureau londonien de Google DeepMind ont entrepris
des démarches pour se syndiquer, en réaction à la décision du géant
technologique de fournir sa technologie d’intelligence artificielle (IA) à des
entités de la défense et de maintenir ses liens avec le régime israélien.
Le personnel du laboratoire d’intelligence
artificielle au Royaume-Uni
réclame un droit de veto sur les projets
militaires suite au récent accord
de plusieurs milliards de dollars conclu
entre la multinationale et le Pentagone.
L’ancien président bolivien Evo
Morales
pas plus qu’il n’y a eu d’exploitation ».
La jeune femme fait valoir que le
délit de traite des êtres humains ne peut
être retenu si elle-même nie l’existence
de violations. Elle a également dénoncé
des irrégularités dans le respect des
garanties procédurales, soulignant l’absence
de notifications et l’ouverture du
Les employés de Google Deep-
Mind, le laboratoire de recherche en
intelligence artificielle de Google au
Royaume-Uni, ont voté pour se syndiquer
afin de s’opposer à l’approche de
plus en plus militariste de l’entreprise.
Dans une lettre adressée à la direction
de l’entreprise, dont The Guardian a pu
consulter les résultats, les employés
demandent que le Syndicat des travailleurs
de la communication (CWU) et le
syndicat Unite soient reconnus comme
leurs représentants légaux. Cette décision
fait suite au contrat signé vendredi
dernier par la multinationale avec le
département américain de la Défense
pour intégrer ses systèmes d’intelligence
artificielle à l’infrastructure militaire
du Pentagone.
Les employés ont exprimé leur
opposition à ce que leurs travaux
soient utilisés pour renforcer les intérêts
stratégiques américains et les applications
de surveillance de masse. « J’ai rejoint
le syndicat car je crains que l’IA ne
serve à consolider l’autoritarisme, que
ce soit par le biais d’applications militaires
ou de surveillance, tant à l’étranger
qu’au niveau national », a déclaré un
employé sous couvert d’anonymat par
crainte de représailles de l’entreprise.
Le personnel reproche au département
américain de la Défense de ne pas être
un « partenaire responsable », citant
comme preuves l’implication des États-
Unis dans la guerre contre l’Iran et les
différends de l’administration Trump
avec d’autres entreprises du secteur.
Le conflit éthique et matériel
au sein de cette multinationale technologique
a été exacerbé par la complicité
de Google dans l’occupation et
le génocide de la Palestine. Selon les
déclarations des employés des laboratoires,
l’entreprise a fourni à l’armée
israélienne un accès étendu à ses outils
d’intelligence artificielle depuis le début
des attaques de grande ampleur à Gaza
en octobre 2023, en plus de maintenir
le contrat de 1,2 milliard de dollars
du « Projet Nimbus » avec le gouvernement
israélien. « Notre technologie a
aidé l’armée israélienne », a déclaré un
autre employé, ajoutant espérer qu’elle
« profitera à l’humanité et ne facilitera
pas un génocide ».
Face au refus de Google de tenir
sa promesse de « ne pas développer
d’IA à des fins militaires », les employés
syndiqués envisagent désormais des
actions de pression directe, telles que
des manifestations et des grèves de la
recherche. Ces actions impliqueraient
l’arrêt des travaux des équipes sur les
améliorations essentielles apportées
aux produits stratégiques, comme le
chatbot Gemini, afin de contraindre la
direction à accepter leurs revendications.
Parmi ces revendications figurent
l’engagement de ne pas développer de
technologies destinées à nuire à autrui,
la création d’un organe de contrôle
éthique indépendant et le droit individuel
de chaque employé de refuser de
participer à des projets militaires pour
des raisons morales.
De son côté, le Pentagone a
confirmé que cet accord avec Google
et six autres grandes entreprises technologiques
– dont OpenAI, Microsoft et
Amazon – vise à accélérer la transformation
des forces armées américaines
en une « force de combat axée sur l’IA
». Bien que le contrat contienne des
clauses non contraignantes qui sont
censées « limiter » l’utilisation de ces
systèmes à des fins de surveillance
de masse ou d’armes autonomes sans
contrôle humain, le texte précise que
Google ne dispose d’aucun droit de
veto sur les décisions opérationnelles
du gouvernement, ouvrant ainsi la voie
à une fusion définitive du secteur technologique
avec le complexe militaro-industriel.
Socialist Daily 7 mai 2026
procès sans que les exceptions légales
préalables aient été tranchées.
Vargas Pozo, qui se trouve en dehors
de la Bolivie, a refusé la représentation
des institutions étatiques et a
demandé la nullité de l’ordonnance
d’ouverture du procès. La procédure
pénale est toujours en cours alors que
le tribunal évalue les arguments exposés
dans ce mémoire.
Le début de la phase de procès
à Tarija se déroule dans un contexte
de forte polarisation politique. Morales
a systématiquement dénoncé avoir
fait l’objet de poursuites judiciaires et
politiques, soulignant que le procès
pour traite aggravée s’ajoute à d’autres
enquêtes diffusées par les médias
locaux qui tentent de le lier à des faits
présumés liés au trafic de drogue aux
États-Unis.
TeleSur 11 Mai 2026
Traduction Françoise Lopez
Bolivar Infos 12 Mai 2026
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
Haiti Liberté
17
La Libye réclame
10 millions d’euros
de dommages et
intérêts à Nicolas
Sarkozy
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Lors d’une audience devant la Cour
d’appel de Paris, l’avocat des autorités
libyennes a réclamé à l’ancien
président français Nicolas Sarkozy et à
ses proches 10 millions d’euros à titre
de dommages-intérêts dans l’affaire du
financement présumé de sa campagne
présidentielle de 2007 par la Libye.
C’est ce qu’a rapporté la chaîne de
télévision française TF1.
Il s’agit de deux virements effectués
en 2006 par le Trésor et les
services de renseignement libyens sur
un compte de l’intermédiaire franco-libanais
Ziad Takieddine. Ces fonds, qui
auraient été détournés du budget de
l’État, étaient destinés à financer de
manière occulte la campagne présidentielle
de Nicolas Sarkozy dans le cadre
d’un pacte de corruption.
En janvier 2025, le deuxième fils
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déclaré avoir personnellement participé
à la remise à l’ancien président français
Nicolas Sarkozy de valises avec de l’argent
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de 2007.
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18 Haiti Liberté
Vol 19 #46 • Du 13 au 19 Mai 2026
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des preuves de crimes de guerre
commis par les États-Unis et Israël à la
Cour pénale internationale
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Tous les cas d’attaques contre des
civils font l’objet de poursuites judiciaires
en vertu des Conventions de
Genève», a déclaré le président de la
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Le président de la Société du
Croissant-Rouge iranien a déclaré samedi
que son organisation avait soumis
des preuves de crimes de guerre
commis par les États-Unis et Israël
à la Cour pénale internationale et à
d’autres instances mondiales, afin que
les responsables de ces attaques massives
contre des infrastructures civiles
et d’autres violations soient traduits en
justice.
«Le procureur de la CPI a
annoncé que les documents fournis
par la Société du Croissant-Rouge
iranien sont acceptés comme preuves
officielles», a déclaré Pir-Hossein Koulivand,
le président de la Société du
Croissant-Rouge iranien. «Toutes les
affaires d’attaques contre des civils
font l’objet de poursuites judiciaires en
vertu des Conventions de Genève».
La Société du Croissant-Rouge
iranien estime que les frappes aériennes
américaines et israéliennes
ont détruit plus de 132 000 structures
civiles à travers l’Iran, notamment
des hôpitaux, des immeubles d’habitation,
des universités, des centres de
recherche et des ponts. Le président
américain Donald Trump a menacé à
plusieurs reprises de détruire tous les
ponts et toutes les centrales électriques
de l’Iran si les dirigeants du pays ne cédaient
pas aux exigences de son administration
lors des négociations visant
à mettre fin à la guerre.
Luis Moreno Ocampo, premier
procureur général fondateur de la CPI,
a déclaré au début du mois que Trump
pourrait être inculpé s’il mettait ses
menaces à exécution. «Mon conseil
: lisez l’acte d’accusation contre les
Russes, changez le nom, et c’est très
similaire», a déclaré Ocampo, faisant
référence aux mandats d’arrêt de la
CPI émis contre de hauts responsables
russes en 2024 pour des crimes de
guerre présumés en Ukraine.
«Parmi les crimes de guerre les
plus odieux commis par les États-Unis
et Israël en Iran figure l’attaque contre
le domicile d’Helma, âgée de 19 mois,
à Tabriz, au cours de laquelle quatre
membres de sa famille ont été tués», a
écrit samedi la Croix-Rouge iranienne.
«La seule survivante de cette famille
est Helma».
La CPI est chargée d’enquêter et
de poursuivre les individus pour crimes
de guerre, crimes contre l’humanité et
autres violations graves du droit international.
L’Iran n’est actuellement pas
partie au Statut de Rome, qui a institué
la CPI ; la Cour n’a donc pas compétence
pour juger les crimes de guerre
commis sur le territoire iranien.
Les organisations de défense des
droits humains et les militants ont imploré
l’Iran d’accorder à la CPI la compétence
nécessaire pour rendre justice
Photo à titre d’illustration montrant une audience à la Cour permanente
d’arbitrage de La Haye, aux Pays-Bas. (Photo provenant du site web de la CPA)
concernant les crimes de guerre commis
lors de l’attaque illégale menée par
les États-Unis et Israël qui a débuté le
28 février. Le premier jour de la guerre,
les États-Unis ont bombardé une école
primaire dans le sud de l’Iran.
«Du meurtre de plus de 150
élèves et enseignants aux frappes sur
des hôpitaux remplis de nouveau-nés,
chaque jour, de plus en plus de preuves
émergent, indiquant que de graves
crimes de guerre ont été commis en
Iran depuis le début de la guerre», a
déclaré Omar Shakir, directeur exécutif
de DAWN. «Les victimes méritent
que justice soit faite. Les mécanismes
existent, et les États-Unis n’ont pas de
droit de veto sur ceux-ci».
Kenneth Roth, ancien directeur
exécutif de Human Rights Watch, a
écrit au début du mois que «le gouvernement
iranien pourrait adhérer à
la Cour dès maintenant et lui accorder
une compétence rétroactive, à l’instar
de ce qu’a fait l’Ukraine pour permettre
la poursuite des crimes de guerre
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russes».
Le mois dernier, la Société iranienne
du Croissant-Rouge (IRCS) a
officiellement demandé à la CPI d’ouvrir
«une enquête sur les crimes de
guerre découlant des attaques menées
par les États-Unis d’Amérique et le régime
israélien contre des biens de caractère
civil».
«D’après les rapports de terrain
des travailleurs humanitaires,
la documentation opérationnelle et
les données enregistrées par la Société
du Croissant-Rouge iranien, un
large éventail de zones résidentielles,
d’établissements médicaux, d’écoles,
d’installations humanitaires, d’infrastructures
urbaines vitales et de
lieux publics ont été directement ou
aveuglément pris pour cible lors des
récentes attaques militaires», a écrit
le groupe dans une lettre adressée au
procureur général de la CPI.
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Haiti Liberté
19
9 mai, Jour de la Victoire sur le fascisme !
Par Ricardo Abud
Le soleil se lève à peine sur la
Place Rouge que les premières
notes de l’hymne national retentissent
déjà. Les drapeaux flottent au
vent et les vétérans, de moins en
moins nombreux et de plus en plus
âgés chaque année, épinglent leurs
médailles d’une main tremblante.
Des enfants tiennent des
photos en noir et blanc de leurs
grands-parents décédés avant leur
naissance. Nous sommes le 9 mai
en Russie. Ce n’est pas qu’une simple
date sur le calendrier. C’est une
blessure qui ne se referme jamais
complètement, revêtue des atours
de la victoire.
Les Russes appellent la Seconde
Guerre mondiale autrement :
la Grande Guerre patriotique. Et
cette différence n’est pas qu’une
question de sémantique. Elle est
émotionnelle. Elle est politique. Elle
est profondément humaine. Alors
que le monde parle de 1939, on
compte à partir de 1941, lorsque les
troupes allemandes franchirent la
frontière soviétique aux premières
heures du 22 juin, inaugurant quatre
années de souffrances que peu
de nations ont connues dans l’histoire
moderne.
Vingt-sept millions de morts.
Ce chiffre est si souvent répété qu’il
finit par perdre de son sens. Mais
derrière chaque chiffre, il y avait
quelqu’un. Un père jamais revenu
du front. Une mère morte de faim
durant les 872 jours du siège de
Leningrad. Un enfant qui a grandi
sans entendre la voix de son père.
En Russie, il n’y a pratiquement
pas de famille qui n’ait perdu un
être cher pendant cette guerre. Le
deuil collectif est devenu mémoire
collective, et la mémoire collective,
identité nationale.
C’est pourquoi le Jour de la
Victoire n’est pas célébré comme les
autres pays célèbrent leurs victoires
militaires. Il revêt une solennité différente.
Les mères pleurent. Les vieillards
s’étreignent sans honte. Lors
des marches du Régiment Immortel,
des jeunes portent les visages de
leurs arrière-grands-parents tombés
au combat, formant un fleuve humain
de photographies qui traverse
les rues de Moscou, Saint-Pétersbourg,
Novossibirsk et Vladivostok.
Des millions de personnes marchent
avec le passé entre leurs mains.
Le 8 mai 1945, l’Allemagne
signait sa capitulation à Berlin.
Mais en raison du décalage horaire,
il était déjà le 9 mai à Moscou. Ce
détail, en apparence insignifiant, a
marqué à jamais une fracture symbolique
entre la mémoire soviétique
et la mémoire occidentale de la
guerre. L’Europe se souvient du 8.
La Russie se souvient du 9. Chacune
célèbre sa propre aube.
Pour la génération qui a vécu
ces années, le 9 mai revêtait une signification
sacrée, presque religieuse.
Les vétérans encore en vie – ils sont
moins d’une poignée – portent dans
leurs yeux une émotion qu’aucune
médaille ne saurait exprimer. Ils ont
vu Stalingrad. Ils ont vu la Volga
rougir. Ils ont vu leurs camarades
tomber dans la neige. Et puis ils ont
vu Berlin. Puis ils sont rentrés chez
eux, dans un pays dévasté, et l’ont
reconstruit de leurs propres mains,
celles-là mêmes qui avaient jadis
tenu un fusil.
La génération suivante a
hérité de ce souvenir comme d’un
nom de famille. Avec fierté et gravité.
Les Soviétiques qui ont grandi
dans l’après-guerre ont appris dès
leur plus jeune âge que la victoire
n’était pas un cadeau : c’était le prix
le plus lourd qu’un peuple ait jamais
payé. Et cela a façonné leur vision
du monde, de la force, du sacrifice
et de la patrie.
Aujourd’hui, le 9 mai est aussi
un miroir dans lequel la Russie se
regarde. Des chars défilent sur la
Place Rouge, des avions dessinent
des traînées colorées au-dessus du
Kremlin, des discours invoquent les
Commémoration du 9 mai, jour de la victoire sur le fascisme
héros de 1945. Pour beaucoup de
Russes, tout cela est authentique.
C’est de la gratitude. C’est une
mémoire vivante. C’est le seul moyen
qu’ils ont trouvé pour dire à leurs
morts qu’ils n’ont pas été oubliés.
Le Régiment immortel en est
l’incarnation. L’État ne l’a pas inventé
: ce sont des citoyens ordinaires
de Tomsk, en 2012, qui voulaient
simplement marcher avec la
photo de leur grand-père, qui l’ont
inventé. L’idée s’est répandue comme
une traînée de poudre car elle
touchait à une réalité tangible, à
quelque chose qu’aucun décret ne
saurait imposer : l’amour d’un peuple
pour ses morts.
Aujourd’hui, 9 mai 2026, le
soleil se lève à nouveau sur la Place
Rouge. La musique résonne encore.
Et dans un appartement moscovite,
une femme âgée sort d’un tiroir
une photographie jaunie. Un jeune
homme, en uniforme, souriant. Il
n’est jamais revenu. Mais aujourd’hui,
comme chaque 9 mai, elle
la pose sur la table, allume une petite
bougie et lui parle à voix basse.
C’est aussi le Jour de la Victoire.
Aporrea News 9 mai 2026
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