13.05.2026 Vues

LES1696

  • Aucun tag trouvé…

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

N°1696 vendredi 15 mai 2026

Décrochage sportif des 14-18 ans : un sur

quatre abandonne

A 14 ans, un collégien sur cinq ne fait pas de sport régulièrement pendant ses loisirs. Parmi ceux qui en faisaient, un

sur quatre décroche entre 14 et 18 ans. Qui sont ces jeunes ? Quels sont les raisons et les freins qui les détournent du

sport ? Une étude de l’INJEP réalisée à partir d’enquêtes menées avec la direction de l’évaluation, de la prospective et

de la performance (DEPP) sur un panel d’élèves nous éclaire sur le profil de ces jeunes et les facteurs qui influencent

cette désaffection.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

ls étaient sportifs. Ils ne le

sont plus. Entre le collège

et la fin du lycée, un quart

des jeunes Français lâchent

la pratique régulière du sport,

entendre : au moins une

séance par semaine. C’est le

résultat d’une enquête longitudinale

menée par l’Institut

national de la jeunesse et de

l’éducation populaire (IN-

JEP), qui a suivi les mêmes

individus de 14 à 18 ans,

entre 2019 et 2023. En apparence,

le phénomène est

connu. En réalité, ses ressorts,

et ses implications

pour l’ensemble des acteurs

du sport organisé, restent largement

sous-estimés.

Car ce n’est pas seulement

une pratique que ces jeunes

abandonnent : c’est un rapport

au sport, une appartenance

à un club, une relation

à une marque. Et cette rupture

intervient précisément à

l’âge où se forge l’identité de

consommateur.

Sommaire

Les filles, premières victimes

d’un modèle qui ne

leur ressemble pas

Le premier enseignement de

l’étude est aussi le plus dérangeant

pour les organisations

sportives qui se flattent

d’œuvrer à la démocratisation

du sport : le décrochage

est deux fois plus fréquent

chez les filles que chez les

garçons. À 18 ans, 34 % des

jeunes filles qui pratiquaient

régulièrement à 14 ans ont

cessé de le faire, contre 18 %

des garçons. Des critères sociaux

ont aussi une influence

sur le rapport des jeunes avec

le sport. L'abandon du sport

concerne un tiers des enfants

d’ouvriers non qualifiés et

d’inactifs, un quart des enfants

d’employés et seulement

un enfant de cadre sur

cinq. Toutes choses égales

par ailleurs, le genre est la

variable qui pèse le plus sur

la probabilité d’abandonner :

15 points séparent les deux

sexes. Déjà, en début d’année,

une étude publiée par la

MGEN expliquait que

« 49 % des adolescentes

abandonnent le sport avant

leurs 15 ans ». Ce déséquilibre

se reflète également

dans la façon de s’arrêter.

Lorsqu’elles décrochent,

c'est souvent de manière définitive:

10 % des filles abandonnent

le sport pour de bon,

soit plus du double des garçons,

qui ne sont que 4,5 %

dans ce cas.

Ce différentiel interroge

frontalement la capacité du

mouvement sportif à concevoir

des offres, des espaces et

des récits qui parlent aux

adolescentes. Le sport reste,

dans son organisation et dans

ses représentations, massivement

modelé par et pour les

garçons. La persistance de

cet écart dans tous les milieux

sociaux, même s’il

s'accentue dans les familles

les moins diplômées et les

Chiffres

Noyades en France : l’été 2025 révèle une hausse alarmante des décès .....................................4

Fédérations

Un euro par licence pour financer la transition écologique de la montagne............................4

International

La réintégration des Bélarusses ouvre la voie au retour des Russes avant Los Angeles 2028 ..6

Pour 2030, « Il ne s’agira que de neige et de glace »..............................................................7

PRO.SPORT.FR

moins aisées, suggère que la

variable culturelle et structurelle

est bien plus déterminante

que la seule contrainte

économique.

Quand le désamour s’installe

avant même que le décrochage

survienne

Autre paradoxe révélé par

l’enquête : la désaffection

pour le sport ne surgit pas au

moment de l’abandon. Elle

s’installe silencieusement

bien avant. Dès 14 ans, les

futurs décrocheurs déclaraient

deux fois plus souvent

n’avoir jamais aimé le sport

que les futurs persévérants,

15 % contre 8 %. À 18 ans,

cette proportion grimpe à

28 % chez les premiers, tandis

qu’elle reste stable chez

les seconds. Chez les filles

qui décrochent, le désamour

explose : il passe de 14 % à

32 %.

La Lettre de l’économie du sport

est éditée par

GROUPE SPORT.FR SA

BP 40077

66050 PERPIGNAN CEDEX

E-mail : sport@sport.fr

Service abonnements

Tél. 09 70 40 65 15

E-mail : commercial@sport.fr

Disponible uniquement sur abonnement

Directeur de la publication :

David Tomaszek

Rédacteur en chef :

Emmanuel Frattali

Suite page 2

Dépôt légal à parution

ISSN 0767-9769

Imprimerie Domenica Media / Espagne


Pratique sportive

N°1696 La Lettre de l’économie du sport vendredi 15 mai 2026

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

Décrochage sportif des 14-18 ans : un

sur quatre abandonne

Suite de la page 1

Ce glissement progressif signifie

que le décrochage ne

résulte pas d’un accident de

parcours (un déménagement,

une blessure, un conflit avec

un entraîneur) mais d’une

érosion lente du lien affectif

avec la pratique. Or les organisations

sportives n’ont aujourd’hui

aucun outil pour détecter

ce refroidissement

avant qu’il ne débouche sur la

résiliation de la licence.

Le poids de la trajectoire

scolaire et sociale

L’étude de l'INJEP met également

en lumière une corrélation

forte entre parcours scolaire

et risque de décrochage

sportif. Les lycéens généraux

sont les mieux protégés : seulement

21 % d’entre eux

abandonnent la pratique régulière.

La courbe monte régulièrement

avec les lycéens

technologiques (26 %), prof

e s s i o n n e l s

(30 %), les apprentis (31 %),

pour culminer à 36 % chez

les jeunes sortis du système

éducatif. La pression du baccalauréat

est souvent invoquée

comme facteur explicatif

du manque de temps : la

part de décrocheurs qui estiment

que le sport prend trop

de temps passe de 23 % à

42 % entre 14 et 18 ans. Mais

cette explication ne vaut que

pour les lycéens généraux.

Elle ne tient pas pour les apprentis,

chez qui cette montée

du ressenti de manque de

temps n’apparaît pas.

Ce que l’enquête pointe ici est

un effet de pairs : les jeunes

en situation scolaire précaire

évoluent dans des environnements

où la pratique sportive

régulière est moins valorisée

et moins accessible socialement.

Pour les collectivités

territoriales qui financent des

équipements sportifs de

proximité, et pour les fédérations

qui cherchent à élargir

leurs bases de licenciés, cette

donnée remet en question la

pertinence des offres existantes,

souvent pensées pour

des publics déjà convertis.

L’isolement, un frein plus

profond qu’il n’y paraît

Parmi les motifs évoqués par

les décrocheurs, l’un mérite

une attention particulière car

il bouscule la rhétorique habituelle

sur les « freins à la pratique

» : la difficulté à trouver

des partenaires. À 18 ans,

48 % des décrocheurs estiment

que le sport n’est pas

agréable à pratiquer seul. Et

ce sentiment n’est pas nouveau

: ils étaient déjà

46 % à le partager à 14 ans.

Ce n’est pas l’argent, ni

même la distance aux équipements,

qui domine, c’est la

solitude sportive. Toutes

choses égales par ailleurs,

cette opinion est associée à

une hausse du risque de décrochage

de 7 points. Là où le

modèle club permettait historiquement

de tisser ce réseau

amical autour du sport, son

effondrement chez les décrocheurs

(les inscriptions en

club chutent de 47 % à 8 %

entre 14 et 18 ans pour ce public)

laisse un vide que ni

l’offre numérique ni l’offre

associative n’ont encore su

combler.

L’étude soulève également un

enjeu d’aménagement du territoire

que les collectivités locales

peinent souvent à anticiper.

Le sentiment d’éloignement

des installations sportives

progresse nettement

parmi les décrocheurs : un

cinquième d’entre eux le citaient

à 14 ans, un tiers à 18

PRO.SPORT.FR/PRATIQUE-SPORTIVE

ans. Cette évolution reflète en

partie le fait que les lycées,

contrairement aux collèges,

sont souvent plus dispersés

géographiquement, coupant

les adolescents de leurs équipements

habituels. Cette donnée

plaide pour une réflexion

sur la localisation des infrastructures

autant que sur leur

densité.

Ce que l’engagement familial

change à l’équation

Un dernier levier, souvent négligé

par les politiques publiques

de développement de

la pratique, ressort avec force

de l'enquête : la pratique sportive

partagée en famille est un

puissant facteur de protection.

Les jeunes qui pratiquaient

régulièrement du sport avec

leurs parents au CM2 abandonnent

deux fois moins souvent

à 18 ans que ceux qui

n’en faisaient jamais : 17 %

contre 34 %. Avoir une mère

qui pratiquait pendant le collège

réduit le risque de décrochage

de 3 à 4 points toutes

choses égales par ailleurs. Ce

résultat repositionne la famille

comme un acteur central

de la fidélisation sportive

à long terme. Proposer des

offres de pratique familiale,

co-construire des événements

intergénérationnels, associer

les parents aux projets sportifs

des enfants : autant de leviers

dont l'efficacité se mesure

non pas à 14 ans, mais à

18.

2


Pratique sportive

N°1696 La Lettre de l’économie du sport vendredi 15 mai 2026

Évolution de la perception de ce qui déplait dans le sport quand les jeunes arrêtent ou

continuent de faire régulièrement du sport pendant ses loisirs entre 14 et 18 ans (en %)

A. Jeunes arrêtant de faire régulièrement du sport

B. Jeunes continuent de faire régulièrement du sport

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

Lecture : Quand ils arrêtent de faire du sport régulièrement (c’est-à-dire au moins une fois par semaine), 48 % des jeunes pensent à 18 ans que le sport n’est

pas un loisir qu’il est agréable de pratiquer seul ; à 14 ans, ils étaient 46 % à formuler la même opinion. Quand ils continuent de faire régulièrement du sport,

la part de jeunes qui considèrent que le sport n’est pas un loisir qu’il est agréable de pratiquer seul est de 32 % à 18 ans et était de 40 % à 14 ans.

Source : DEPP INJEP, Enquête sur les activités des jeunes en dehors du collège (2019) et Jeunes et orientation (2023), panel d’élèves recruté en 2011.

3


Chiffres

N°1696 La Lettre de l’économie du sport vendredi 15 mai 2026

Noyades en France : l’été 2025 révèle une hausse

alarmante des décès

En France, la noyade tue plus que les accidents de la route chez les moins de 25 ans ! Le bilan de l’été 2025 publié par

Santé publique France vient brutalement rappeler l’ampleur d'un phénomène que la chaleur extrême a transformé en

urgence de santé publique.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

'été 2025 restera dans

les annales épidémiologiques

comme une

saison noire pour les lieux de

baignade. Entre le 1er juin et

le 30 septembre 2025, 1.418

noyades accidentelles

(+14% par rapport à l'été

2024) ont été recensées sur

le territoire national (métropole

et départements et régions

d'outre-mer confondus),

dont 409 ont été suivies

d'un décès (+16%), soit

près d'une sur trois. Ces

chiffres, issus de la surveillance

épidémiologique

conduite par Santé publique

France en collaboration avec

le Snosan, traduisent un paradoxe

profond dans une société

qui a massivement investi

dans la pratique aquatique

sans jamais résoudre la

question de la sécurité dans

l'eau. Car voici ce que l'on

omet trop souvent de rappeler

: la noyade est la première

cause de mortalité par

accident de la vie courante

chez les moins de 25 ans en

France, devant les accidents

domestiques et les chutes.

Une canicule précoce

Pour comprendre l'ampleur

du bilan 2025, il faut d'abord

regarder la météo. Selon

Météo France, l'été 2025

s'est classé au troisième rang

des étés les plus chauds depuis

1900. Mais c'est surtout

la chronologie de la chaleur

qui a fait basculer les

chiffres. Une vague de chaleur

précoce et prolongée

s'est installée du 19 juin au 8

juillet 2025, suivie d'un

deuxième épisode à partir du

7 août. Sur la seule fenêtre

du 19 juin au 8 juillet, 355

noyades ont été comptabilisées

et 106 décès. Ces

chiffres s'expliquent par un

afflux massif de population

vers les lieux de baignade à

un moment où la surveillance

des sites en milieu

naturel n'avait pas débuté

partout. Le dispositif de sécurité

est organisé autour des

vacances scolaires estivales,

qui débutent fin juin ou début

juillet selon les zones.

Quand la chaleur arrive trois

semaines en avance, les baigneurs

n'attendent pas.

Une géographie du risque

concentrée sur le sud et les

façades maritimes

Le bilan régional dessine

une carte de France du

risque qui n'est pas le fruit du

hasard. Provence-Alpes-

Côte d'Azur arrive en tête

avec 332 noyades recensées,

devant la Nouvelle-

Aquitaine (203), l'Occitanie

(194) et l'Auvergne-Rhône-

Alpes (114). Ces quatre régions

concentrent à elles

seules 59 % du total des

noyades et 46 % des décès.

Trois facteurs structurels

l'expliquent : leur façade

maritime, leur statut de premières

destinations touristiques

et leur concentration

de piscines privées familiales.

À l'échelle départementale,

le Var se distingue

douloureusement avec 113

noyades et 19 décès, suivi

des Alpes-Maritimes (94),

des Bouches-du-Rhône (88)

et de l'Hérault (72). Ces territoires

cumulent forte attractivité

balnéaire, démographie

touristique explosive

et géographie complexe

rendant la surveillance difficile.

Des mineurs surexposés,

des adolescents en première

ligne

Derrière les données globales

se cache une réalité

particulièrement préoccupante

: les mineurs paient un

tribut croissant. En 2025, 57

décès ont concerné des enfants

et adolescents, contre

39 en 2024 (+46 % en un

an). Parmi eux, les adolescents

de 13 à 17 ans ont vu

leur nombre de décès doubler,

passant de 10 à 21. Et

33 de ces 57 décès sont survenus

dans des cours d'eau

ou plans d'eau, soit 58 % des

décès dans cette classe d'âge.

Les piscines privées familiales

représentent 21 % des

décès de mineurs hors cours

d'eau. Pour les adultes, c'est

la mer qui domine (48 % des

décès).

Fatalité ou défaillance collective

?

Faut-il accepter ces chiffres

comme une fatalité estivale

? La réponse, sans ambiguïté,

est non. Plusieurs leviers

existent. Le premier est

éducatif. Le plan Aisance

Aquatique, porté par le ministère

des Sports avec le

soutien de la FFN, vise à former

les enfants de 4 à 6 ans

à l'autonomie dans l'eau

avant l'apprentissage de la

nage codifiée. Le dispositif

Bébé nageur cible les moins

de 3 ans. Ces programmes

existent, ils fonctionnent,

mais leur couverture territoriale

reste inégale, souvent

contrariée par un manque de

piscines disponibles et des

fermetures estivales d'équipements

publics. Le

deuxième levier est organisationnel.

La corrélation

entre les pics de noyades et

les épisodes de canicule précoce

devrait conduire à un

réajustement du calendrier

de surveillance : déployer les

maîtres-nageurs sauveteurs

et les équipes de la SNSM à

partir de la mi-juin, et non du

1er juillet, est une mesure de

bon sens que les données

épidémiologiques rendent

désormais incontournable.

Le troisième levier est réglementaire.

La communication

de crise lors des canicules

doit intégrer, au même

titre que les consignes de rafraîchissement,

des messages

spécifiques sur les

risques aquatiques (baïnes,

courants de rivière, chocs

thermiques).

L'enjeu dépasse la sécurité :

il touche à la responsabilité

et à la cohérence d'une offre

sportive qui ne peut pas

continuer à ignorer que la

première cause de mort accidentelle

chez les jeunes

Français se produit là où ils

se baignent.

4


Fédérations

N°1696 La Lettre de l’économie du sport vendredi 15 mai 2026

Un euro par licence pour financer la transition

écologique de la montagne

La Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM) franchit un cap dans son engagement écologique

en rendant obligatoire une cotisation d’un euro par licence, jusqu’alors facultative. Environ 80.000 € annuels sont en

jeu. Une somme modeste, mais dont la portée symbolique et structurelle dépasse largement le montant affiché.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

ors de son assemblée

générale tenue le 14

mars à Bayonne

(Pyrénées-Atlantiques), la

FFCAM a tranché : ce qui

relevait encore du volontariat

devient désormais une

contribution collective. La

décision, applicable dès la

campagne d’adhésion de

septembre 2026, dit quelque

chose d’assez rare dans le

paysage fédéral français : la

capacité à demander un effort

financier explicite à ses

licenciés au nom de la protection

d’un milieu que la

pratique elle-même contribue

à fragiliser. C’est précisément

là que réside le paradoxe

fondateur de toute fédération

dont le terrain de

jeu se trouve dans les espaces

naturels : ses membres

sont à la fois les premiers

amoureux et les premiers

perturbateurs de l’écosystème

qu’ils fréquentent.

Généraliser cette contribution,

c’est poser la question

de la responsabilité collective

à bras le corps.

Un euro, mais pas pour

tout le monde

La nuance n’est pas anodine

: les licenciés de moins de 24

ans conserveront la faculté

de ne pas s’acquitter de cette

contribution. La FFCAM,

qui fait de l’accès des jeunes

publics aux sports de montagne

une priorité affichée,

évite ainsi d’ériger une barrière

financière, même symbolique,

là où elle cherche

précisément à abaisser les

seuils d’entrée. Ce choix

dessine une fédération qui

hiérarchise ses injonctions et

assume qu’un engagement

environnemental ne peut

pas, dans le même mouvement,

exclure les publics

qu’elle cherche à conquérir.

Le montant global attendu

(80.000 €) restera sans doute

insuffisant à lui seul pour financer

une véritable transition

écologique à l’échelle

d’un réseau de refuges et de

dizaines de milliers de pratiquants.

Mais la FFCAM ne

prétend pas à l’exhaustivité

budgétaire. Elle prétend à la

cohérence. « En tant qu’acteur

historique de la montagne

et de l’alpinisme, la

FFCAM a une responsabilité

particulière. Nous faisons

le choix de donner à

notre engagement environnemental

des moyens dédiés,

concrets et durables », souligne

Charles Van der Elst,

président de la FFCAM.

De la charte aux actes

La fédération a signé en

2025 la charte des 15 engagements

écoresponsables

des fédérations sportives et

ligues de sport professionnel.

Signer une charte est

une chose ; flécher un financement

récurrent pour en assurer

la mise en œuvre en est

une autre. En créant un poste

salarié dédié à la politique de

Responsabilité sociétale de

l’organisation, la FFCAM

traduit une intention en organigramme,

ce qui, dans le

monde fédéral, constitue

souvent le test de vérité des

engagements affichés. Le

programme Refuges phares

pour l’environnement

illustre cette même logique

de preuve par l’action.

Récompensé en 2025 par le

Mountain protection award

de l’Union internationale

des associations d’alpinisme

(UIAA), ce programme

transforme sept refuges en

lieux de sensibilisation et

d’éducation environnementale.

La contribution d'un

euro vise notamment à amplifier

ce déploiement. « Ce

geste symbolique que nous

demandons à nos licenciés a

pour but de les embarquer

dans notre démarche pour la

protection de l’environnement

et dans l'engagement

sociétal qui en découle »,

précise Hélène Constanty,

vice-présidente environnement

de la FFCAM.

Le modèle fédéral à

l’épreuve de la transition

écologique

Ce que fait la FFCAM intéresse

bien au-delà du monde

alpin. D’autres fédérations

de sports de nature peuvent

observer avec attention la

manière dont une structure

de taille intermédiaire parvient,

ou non, à institutionnaliser

une politique environnementale

sans perdre en

route l’adhésion de ses

membres. Le passage du volontariat

à l’obligation,

même pour un euro, constitue

un exercice politique délicat

: il suppose que la

confiance soit suffisamment

établie entre la tête de réseau

et ses clubs pour que la

contrainte soit acceptée

comme légitime. Sur ce

point, le brevet avenir montagne

lancé en 2025, qui

forme des instructeurs capables

de sensibiliser encadrants

et pratiquants à la protection

du milieu, témoigne

d’une approche par capillarité

: l’éducation descend du

cadre fédéral vers le terrain,

refuge par refuge, club par

club. C’est moins spectaculaire

qu’une campagne de

communication nationale,

mais structurellement plus

robuste. « Nous souhaitons

soutenir leurs efforts », résume

Hélène Constanty, en

évoquant les clubs et comités

déjà engagés dans des

démarches de réduction de

leurs émissions, notamment

via la promotion des mobilités

actives.

La vraie question sera de savoir

si cette contribution

aura réussi à produire non

seulement des projets, mais

une culture fédérale dans laquelle

la protection du milieu

n’est plus un axe parmi

d’autres, mais la condition

même de l’existence de la

pratique.

5


International

N°1696 La Lettre de l’économie du sport vendredi 15 mai 2026

La réintégration des Bélarusses ouvre la voie au

retour des Russes avant Los Angeles 2028

En levant les restrictions imposées aux athlètes bélarusses, le CIO envoie un signal dont la portée dépasse largement

Minsk. C’est l’ensemble de l’architecture de gouvernance du sport international, et son rapport à la guerre en Ukraine,

qui se trouve repositionné.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

uatre ans après l’invasion

de l’Ukraine,

le Comité olympique

international (CIO) a

franchi un pas que beaucoup

attendaient et que d’autres

redoutaient : le 7 mai, sa

commission exécutive a annoncé

qu’il « ne recommande

désormais plus aucune

restriction à la participation

des athlètes bélarusses

» aux compétitions

internationales. Hymne, drapeau,

sports collectifs : les

Bélarusses retrouvent l’intégralité

de leurs droits de participation.

Les athlètes russes, eux, restent

exclus.

La distinction peut sembler

logique en droit (le Comité

olympique russe est suspendu

depuis l’automne

2023 pour avoir placé sous

son autorité les organisations

sportives de quatre régions

ukrainiennes occupées,

ndlr), mais elle révèle surtout

la tension profonde qui traverse

l’institution depuis le

24 février 2022 : comment

arbitrer entre universalisme

olympique et responsabilité

politique, sans sacrifier l’un

Les athlètes russes dédommagés

à l’autre ?

Une réintégration aux

mains des fédérations

Le CIO n’a pas de pouvoir

d’injonction directe : ses recommandations

s’imposent

moralement, rarement juridiquement.

Et la décision du 7

mai illustre parfaitement

cette limite. Formellement, il

reviendra à chaque fédération

internationale de mettre

en œuvre, ou non, ce revirement.

Le tableau qui se dessine

est celui d’une gouvernance

fragmentée, où le

sport mondial parle d’une

voix composite plutôt que

d’une seule. World Athletics

a déjà indiqué qu’elle maintiendrait

l’exclusion totale

des athlètes russes et bélarusses

tant que des « avancées

concrètes vers des négociations

de paix » en

Ukraine n’auront pas eu lieu.

La fédération internationale

de biathlon (IBU) adoptait la

même position avant la décision

du CIO. À l’inverse, les

instances du judo (IFJ) et de

la natation (World Aquatics)

avaient anticipé le mouvement,

réintégrant les sportifs

des deux pays dès novembre

Los Angeles 2028 comme horizon

Derrière la procédure juridique, l’horloge tourne. Les qualifications

pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 débuteront dès cet

été dans plusieurs disciplines. Si la réintégration du ROC devait

intervenir trop tard dans le cycle, des milliers d’athlètes russes se

trouveraient de facto exclus non par décision explicite, mais par

effet de calendrier.

et avril respectivement, emboîtant

le pas au Comité international

paralympique

(IPC), qui avait déjà ouvert

la porte pour les Jeux paralympiques

de Milan Cortina

2026. Le CIO, loin de mener

le jeu, rattrape donc ici une

partie du peloton.

Le cas russe, entre procédure

et calcul politique

C’est pourtant bien la question

russe qui concentre tous

les regards. La présidente du

CIO, Kirsty Coventry, a reconnu

n’avoir « pas de calendrier

précis » pour statuer

sur le sort des Russes, renvoyant

la décision à la commission

des affaires juridiques,

chargée de « soumettre

ensuite son rapport à

la commission exécutive ».

Une formulation prudente,

mais son positionnement de

fond est connu : depuis son

entrée en fonction l’an dernier,

elle plaide pour la

« neutralité du sport, un espace

où chaque athlète peut

concourir sans être entravé

par la politique ». Il faut être

équilibriste pour s’y retrouver.

La même institution qui

justifie l’exclusion de la

Russie par des critères institutionnels

(la suspension du

ROC, les doutes persistants

sur son système antidopage)

affirme dans le même souffle

que le sort des sportifs « ne

doit pas être conditionné par

les actions de leurs gouvernements,

y compris leur implication

dans une guerre ou

un conflit ». Ce glissement

argumentaire, appliqué aux

Bélarusses dont le territoire a

servi de base arrière à l’invasion

ukrainienne, fragilise la

cohérence du raisonnement.

Il révèle surtout que le CIO

joue sur deux tableaux : le

droit olympique d’un côté, la

pression diplomatique et médiatique

de l’autre.

Le comité olympique russe (ROC) va dédommager financièrement les 116 athlètes qui n’ont pas pu participer aux Jeux Olympiques d’hiver

de Milan-Cortina 2026 à cause des règles mises en place par le CIO depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. « Nous avons décidé en

comité exécutif d’attribuer une prime financière à tous les athlètes olympiques qui n’ont pas pu participer aux Jeux (de Milan Cortina) à

cause de décisions politiques déloyales », a expliqué Mikhaïl Degtyarev, président du ROC et ministre russe des Sports de la Russie. « Le

ministère des Sports et le comité olympique russe font tout ce qui est possible pour assurer le retour de l’ensemble de la délégation nationale

dans les compétitions internationales avec le drapeau et l’hymne national », a ajouté le dirigeant. En Italie, 13 athlètes russes avaient

participé aux derniers Jeux d’hiver. Nikita Filippov, vice champion olympique de l’épreuve de sprint en ski alpinisme, a été le seul à

décrocher une médaille.

6


International

N°1696 La Lettre de l’économie du sport vendredi 15 mai 2026

Pour 2030, « Il ne s’agira que de neige et de glace »

Le Comité international olympique (CIO) ferme la porte à la présence aux JO 2030 d’hiver dans les Alpes françaises

de « sports d’été » ou « sports toutes saisons ».

’est une pierre de

plus dans le jardin du

Cojop des JO 2030.

Le CIO a d’ores et déjà

fermé la porte à certains

sports qui auraient pu intégrer

le programme dans les

Alpes françaises. « Nous voterons

sur le programme en

juin, mais nous avons déjà

décidé qu’aucun sport d’été

et aucun sport toutes saisons

n’y figureront. Il ne s’agira

que de neige et de glace », a

déclaré à la presse Kirsty

Coventry, la présidente du

CIO. Sa déclaration rend

presque nulle la probabilité

de l’intégration de sports

comme le cross-country, le

trail, le cyclo-cross ou le gravel

au programme des prochains

JO d’hiver. Elle restreint

aussi le champ des

« sports additionnels » que

pourraient proposer les organisateurs

français pour 2030,

ce qui devrait réjouir le freeride

ou l’escalade sur glace,

qui restent en lice.

Edgar Grospiron avait envisagé

en décembre l’entrée de

disciplines d’extérieur sans

lien avec la neige et la glace,

à l’organisation peu coûteuse.

« Entre 1.000 m et

2.500 m d’altitude, on a

toute la neige, toutes les stations.

Mais entre 0 et

1.000 m, il n’y a rien alors

que c’est un formidable terrain

de jeu. Et là on pense

aux sports outdoor: trail, cyclocross,

gravel… Ce serait

quand même dommage de

ne pas montrer cette facettelà

», avait-il déclaré. Mais

cette perspective s’était

heurtée à l’hostilité des fédérations

internationales d’hiver,

qui avaient appelé à ne

pas « dénaturer » l’événement

en l’ouvrant à des disciplines

portées par les fédérations

internationales d’été.

Un groupe de travail sur le

programme olympique avait

été lancé en septembre, et le

CIO avait alors expliqué réfléchir

« à la possibilité de

faire cohabiter des sports

traditionnellement disputés

en été ou en hiver, à la date

des Jeux et au calendrier

sportif » dans un communiqué.

Rien ne dit qu’il en sera

toujours ainsi pour l’édition

suivante, prévue en 2034 à

Salt Lake City, mais pour les

JO 2030 c’est cuit.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

En bref

La fédération internationale d’escrime sous tension. Près de 3.000 athlètes et entraîneurs ont signé une lettre ouverte, adressée au Comité

international olympique (CIO) pour alerter sur les problèmes de gouvernance au sein de la fédération internationale d’escrime (FEI). Ils

réclament une étude indépendante de ce qu’ils qualifient de « défaillances de gouvernance et de corruption » au sein de l’instance présidée

par intérim par Abdelmoneim El Husseiny. Les signataires de cette lettre estiment que l’escrime a été déstabilisée par les troubles au sommet

de la FIE avec des conflits concernant la direction, la transparence et la prise de décision. Cela inclut notamment les répercussions du retour

de l’ancien président russe Alicher Ousmanov. « En tant qu’athlètes, nous nous soucions profondément de l’avenir de notre sport », peut-on

lire. « Les défaillances de gouvernance et la corruption au sein de la Fédération internationale d’escrime menacent la crédibilité et la stabilité

de ce sport et doivent être officiellement traitées. » Les athlètes affirment que l’ancien président par intérim de la FIE, Emmanuel Katsiadakis,

a démissionné après avoir refusé de signer une lettre adressée au président américain Donald Trump demandant la levée des sanctions contre

Alicher Ousmanov. L’oligarque, qui a dirigé la fédération de 2008 à 2022, a été réélu président en novembre 2024. Il s’était déjà mis en retrait

en 2022 après avoir été sanctionné par l’Union européenne à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Il a ensuite été sanctionné par la

Grande-Bretagne et les États-Unis. Il a suspendu ses fonctions de président de la FIE en décembre 2024, affirmant qu’il souhaitait éviter que

les sanctions n’affectent la fédération. Dans leur missive, les athlètes expliquent que leurs préoccupations portent également sur la suppression

des vérifications approfondies des antécédents des athlètes concourant sous bannière neutre. Mais aussi les restrictions imposées aux athlètes,

aux médias et aux fédérations concernant l’enregistrement des compétitions, les charges financières supplémentaires imposées aux armuriers

et enfin le report à la dernière minute d’épreuves de la Coupe du monde.

Coupe du monde 2026 : trois cérémonies d’ouverture, une par pays organisateur. La FIFA n’en finit plus d’étirer au maximum la

Coupe du monde. La compétition, qui promet déjà d’être interminable avec ses 48 participants, démarrera avec une cérémonie d’ouverture

sans fin. En effet, chaque pays organisateur de la Coupe du Monde 2026, le Mexique, les ֤États-Unis et le Canada, aura droit à sa cérémonie

d’ouverture. Celles-ci précéderont les premiers matchs des trois nations organisatrices. La première aura lieu le 11 juin avec le match Mexique-

Afrique du Sud dans le stade Azteca de Mexico. Les festivités réuniront des artistes comme la star colombienne du reggaeton J Balvin,

l’Hispano-Mexicaine Belinda ou encore le Mexicain Alejandro Fernandez. Le Canada aura le droit à sa propre cérémonie le 12 juin à Toronto

avant d’affronter la Bosnie-Herzégovine, comme les États-Unis plus tard, le même jour, à Los Angeles avant la rencontre inaugurale de la

Team USA face au Paraguay. Le chanteur français Vegedream est programmé à Toronto avec Nora Fatehi ou encore Michael Bublé, quand la

pop-star Katy Perry, le rappeur Future et la chanteuse brésilienne Anitta se produiront à Los Angeles.

7


Abonnement

N°1696 La Lettre de l’économie du sport vendredi 15 mai 2026

Le magazine

Women Sports

N°39 est paru

Entretien-confession

exclusif avec

Amélie Oudéa-Castéra,

présidente du CNOSF

Commandez ce

magazine sur

www.womensports.fr

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

Abonnement

Etablissement : ............................................................................................

Service :......................................................................................................

Nom : .................................. Prénom : .....................................................

Adresse :.....................................................................................................

CP : ................. Ville :................................................................................

Tél : ................................................................. Fax : ...............................

E- mail : ......................................................................................................

Formules d’abonnement (1 an)

100% Digital avec option PRINT(*)

La Lettre du Sport (LDS) 199 € TTC 349 € TTC

La Lettre de l’économie du Sport (LES) 199 € TTC 349 € TTC

La Lettre de l’Officiel juridique du Sport (LOJS) 169 € TTC 299 € TTC

LDS + LES 329 € TTC 499 € TTC

LDS + LES + LOJS 399 € TTC 599 € TTC

* depuis le 01/01/2025, un seul envoi par mois (de 4 numéros)

A retourner à : Groupe Sport.fr - BP 40077 - 66050 PERPIGNAN CEDEX

Mode de règlement

Chèque bancaire à l’ordre de Groupe Sport.fr

Virement

Bon de commande (réservé aux administrations)

Signature et cachet de votre établissement

Les informations relatives à votre abonnement ne seront pas communiquées à des tiers. En application de la loi informatique et liberté du 6 janvier 1978, art L.27, vous

disposez d'un droit d'accès et de rectification de ces données. Abonnements groupés et renseignements complémentaires : tél. 09 70 40 65 15 / abonnement@sport.fr

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!