Rapport annuel SFP 2025, traduit en français
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Rapport annuel 2025 de la SFP
L'École de la Paix, l'Oasis de la Paix
l'Oasis de la paix, L'École de la paix
L'Ecole pour la paix
RAPPORT ANNUEL
2025
TABLE DES MATIÈRES
Lettre du directeur..................................................................................................5
L'Ecole pour la paix – Favoriser le changement sociopolitique.................................................8
Cours « Agents du changement » pour les professionnels................................................9
Agents du changement pour la justice climatique et environnementale.......................................10
Coup de projecteur : Einat Last et la lutte pour sauver Ein Fit 12
Acteurs du changement pour la justice spatiale : animation de visites guidées sur la Nakba, un processus
toujours en cours. 13
La santé mentale comme vecteur de consolidation de la paix. ...................................15
Cours « Agents du changement » destiné aux professionnels de la santé mentale. .............16
Groupe d'apprentissage et de développement : « La psychopolitique en thérapie ». ......................18
Forum des anciens élèves en santé mentale. ..........................................................................19
Congrès à Berlin : « Entre deux polarités – Le travail psychosocial en situation de crise » ........20
Coup de projecteur – Shlomit Peled : La santé mentale pour les militants.......................21
Cours intensifs en 2025. ........................................................................................22
Programme de dialogue international ..................................................................................22
Coup de projecteur : Dr Slieman Halabi – Responsable de projet Europe chez SFP..............24
Coup de projecteur : Nuha et la mission de sauvetage d'une fillette de Gaza...................25
Cours d'animation de groupe sur le conflit israélo-palestinien. .............................................26
Cours de traduction simultanée du SFP. .............................................................................28
TABLE DES MATIÈRES
Programmes universitaires..................................................................................29
Conseil et accompagnement du personnel enseignant .............................................................29
Dialogue universitaire - Cours donnant droit à des crédits universitaires, Tel-Aviv et Beer-Sheva.31
Réseau des diplômés du SFP. .................................................................................33
4e conférence annuelle des diplômés. ...................................................................................33
Week-end du Forum des anciens élèves organisateurs. ............................................................37
Activités et ateliers nouveaux et en cours. ..................................................................38
Programme de dialogue unifié palestinien.............................................................................38
Nouveau programme : « Les responsables politiques établissent des partenariats »................39
Séances de dialogue pour les habitants de Wahat al-Salam – Neve Shalom. ..........................41
Partager notre message, nos connaissances et notre expertise. .....................................43
Toucher des publics locaux et internationaux......................................................................43
Conférenciers et présentations. .........................................................................................46
Apparitions dans les médias locaux et à l'étranger. .............................................................49
Recherches et rapports – Développer nos connaissances et notre expertise. .............................51
Partenaires de la SFP. ........................................................................................55
Coup de projecteur : Atelier animé par les animateurs du Rossing Center.......................55
Nos partenaires, à qui nous sommes reconnaissants................................................................56
2025
EN CHIFFRES
L'École pour la paix
813
TOTAL D'HEURES
D'ACTIVITÉ
1 022
PARTICIPANTS À L'ENSEMBLE DES
ACTIVITÉS
COOPÉRATION
AVEC
21
DES ORGANISATIONS
97
PARTICIPANTS À
NOTRE QUATRIÈME
ÉDITION
ANNUELLE DE LA
SFP
CONFÉRENCE DES DIPLÔMÉS
18
VISITES POLITIQUES ET ÉDUCATIVES
76
CONFÉRENC
ES
Rapport annuel 2025 du SFP 5
Lettre du directeur
Ce n’est pas une lettre comme les autres. Elle est écrite en pleine période de guerre,
marquée notamment par la récente escalade avec l’Iran, que le gouvernement
israélien utilise pour intensifier ses politiques de destruction à l’encontre des
Palestiniens à Gaza, à Jérusalem, en Cisjordanie et au sein même d’Israël.
Ce qui semblait autrefois impensable est en train de devenir la norme. Beaucoup se
retirent, submergés ou peu enclins à s’engager. Dans le même temps, ceux qui
viennent à nos activités arrivent avec un sentiment d’urgence accru ; pour eux, la
participation n’est plus facultative, c’est une nécessité.
Au sein de la société palestinienne en Israël, nous assistons à une aggravation de la crise
liée à la violence intracommunautaire, principalement due au crime organisé, qui
entraîne des meurtres quotidiens. Des décennies de négligence délibérée de la part
de l’État en matière de maintien de l’ordre efficace et responsable, exacerbée par
l’actuel gouvernement extrémiste, ont engendré un profond sentiment d’abandon et
de vulnérabilité. En réponse, nous avons soutenu et accompagné les mouvements de
protestation menés par les Palestiniens pour réclamer la sécurité et traduire les
auteurs en justice. Nous avons adapté nos activités pour permettre aux participants
de prendre part à ces luttes, reconnaissant que l'engagement civique dans ce
contexte ne se distingue pas de notre travail, mais en constitue au contraire une
partie essentielle.
En Cisjordanie, nous assistons à une escalade alarmante de la violence perpétrée
par les colons israéliens, avec le soutien du gouvernement et souvent celui de
l’armée israélienne. Ces attaques contre les villages palestiniens contribuent à des
processus qui s’apparentent de plus en plus à un nettoyage ethnique. Dans ce contexte,
SFP reste engagé dans le travail de terrain et a proposé son soutien à des initiatives
de présence protectrice. Il est important de reconnaître que cette présence n'offre
plus la protection qu'elle offrait autrefois. Les militants internationaux et israéliens
sont souvent incapables d'empêcher la violence des colons ; parfois, leur rôle se
limite à être témoins et à documenter, alors qu'ils sont eux-mêmes de plus en plus
souvent pris pour cible.
Rapport annuel 2025 de la SFP 6
À Gaza, les conséquences catastrophiques du génocide
continuent de se faire sentir. L'ampleur des
destructions – humaines, matérielles et sociales – est
immense et ne cesse de s'aggraver. Et malgré le cessezle-feu
déclaré, les attaques israéliennes se poursuivent
et font de nombreuses victimes parmi la population
civile. Il est essentiel non seulement d'en témoigner,
mais aussi de soutenir activement les efforts visant à
parvenir à un cessez-le-feu global et à reconstruire tant
les infrastructures que le tissu social.
C'est dans ce contexte que nous nous tournons vers
aux leçons de l'histoire. Les spécialistes du génocide ont montré Dr Roi Silberberg, que la directeur violence de de
l'Ecole pour la paix
masse n'éclate pas soudainement, mais se déroule selon des processus identifiables. Le
génocide au Rwanda, par exemple, a été précédé par une déshumanisation systématique,
une radicalisation politique, l’armement des milices, des massacres restés impunis et une
réaction internationale limitée. Ce ne sont pas là des leçons abstraites. Elles nous
obligent à examiner de manière critique les processus qui se déroulent autour de nous,
à en voir les parallèles, à résister à leur normalisation et à exiger que les auteurs
rendent des comptes.
À l’Ecole pour la paix, nous n’offrons pas de réconfort sous la forme d’un espoir facile.
Nous aidons plutôt les gens à faire face à une réalité qu’ils n’ont jamais souhaitée et qu’ils
n’auraient jamais pu imaginer. Cela implique de regarder la réalité en face, sans illusion,
et de reconnaître qu’il y a peu de raisons d’être optimiste. Pourtant, reconnaître la dureté
de la réalité ne signifie pas céder au désespoir. Au contraire, notre travail repose sur la
conviction que la lucidité est une condition préalable essentielle à toute action
significative.
Les participants viennent à nos programmes afin de comprendre que la situation
actuelle n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat de processus politiques, de
décisions et de structures qui se sont construits au fil du temps. C’est une vérité difficile
à accepter pour beaucoup, mais elle est aussi source d’autonomie : si la réalité a été
façonnée, elle peut aussi être refaçonnée. L’une des idées essentielles qui se dégage de
notre travail est que la solidarité passe par la confrontation
Rapport annuel 2025 du SFP 7
vérités difficiles. Éviter les forces qui sous-tendent les inégalités et la violence conduit à
un engagement superficiel, tandis qu’une compréhension honnête et critique permet
une véritable transformation.
Parallèlement, cette année a mis en évidence l’importance de la communauté
internationale. Dans un contexte où les dynamiques locales sont de plus en plus
bridées, l’engagement international devient un espace crucial pour l’influence, la
responsabilité et la solidarité. Cette prise de conscience a guidé nos efforts visant à
étendre nos activités à l’étranger, notamment en organisant notre deuxième
séminaire de dialogue en Europe et en renforçant nos partenariats avec des
organisations et des publics au-delà d’Israël et de la Palestine (voir « Toucher des
publics locaux et internationaux » pour plus de détails).
Nous poursuivons notre travail non pas par espoir détaché, mais par sens des
responsabilités. Notre engagement consiste à créer des espaces où la réalité politique
peut être abordée en toute honnêteté, où les gens peuvent trouver un sens et une
capacité d’agir même en période de crise profonde, et où les fondements d’un avenir
plus juste et plus égalitaire peuvent encore être imaginés et construits.
Dr Roi Silberberg,
Directeur de l'Ecole pour la paix
Voyage des « Agents du changement pour la justice climatique » à Jisr az-Zarqa, mai 2025
Rapport annuel 2025 de la SFP 8
L'Ecole pour la paix -
Créer un changement sociopolitique
L'École pour la paix est le premier établissement d'enseignement en Israël à promouvoir
une transformation à grande échelle vers la paix et des relations plus égalitaires et
plus justes entre Palestiniens et Juifs. Fondée en 1979 en tant qu'institution
idéologique et éducative à Wahat Al-Salam – Neve Shalom (qui signifie « Oasis de paix
» en arabe et en hébreu, ou NSWAS), la SFP s'inscrit dans l'engagement plus large du
village en faveur de l'égalité, de la responsabilité historique, du respect mutuel et de la
reconnaissance.
Le dialogue est au cœur du modèle d’éducation politique en trois volets de la SFP pour
le changement sociopolitique. Animé par des facilitateurs formés par la SFP, il
encourage la pensée critique chez les Palestiniens et
Les participants juifs approfondissent
leur compréhension du conflit dont
ils font partie. Les participants
développent des compétences
analytiques et explorent l'identité et
la dynamique de groupe à travers le
prisme des relations de pouvoir et du
contexte historique. Ce faisant, ils
acquièrent les compétences
nécessaires pour communiquer
efficacement et agir afin de lutter
contre les injustices systémiques.
Le SFP s’abstient d’utiliser le terme trompeur «
Arabes israéliens » lorsqu’il fait référence
aux citoyens palestiniens d'Israël. Nous
désignons plutôt tous les membres du peuple
palestinien par le terme « Palestinien(s) »,
en précisant, lorsque nous parlons de
communautés spécifiques au sein de ce
groupe plus large,
afin d’affirmer que les citoyens palestiniens
d’Israël font partie intégrante du peuple
palestinien.
Dialogue
S'engager dans une communication authentique ancrée dans la méthode
unique du SFP, qui met l'accent sur l'identité de groupe et les relations de
pouvoir.
Développer des compétences de réflexion critique pour mieux comprendre le
Apprendre à connaître le conflit et son propre rôle dans celui-ci, et à identifier les
racines systémiques de la discrimination et de l’oppression.
Action
Prendre des mesures concrètes en utilisant les nouvelles connaissances, les
outils et le
plateforme d'un réseau actif de diplômés du SFP visant à contribuer à mettre
fin au conflit et à promouvoir l'égalité et la justice.
Rapport annuel 2025 de la SFP 9
Cours « Agents du
changement » pour les
professionnels
D'une durée de 6 à 8 mois, les formations « Agents of Change » destinées aux
professionnels allient dialogue, théorie et formation pratique. Les formations de
cette année constituent une réponse cruciale à la crise régionale persistante dans
laquelle vivent Palestiniens et Juifs. Avec plus de deux ans d’extermination à Gaza, le
nettoyage ethnique des Palestiniens en Cisjordanie, la guerre contre le Hezbollah et
l’Iran, et la restriction systématique des libertés civiles en Israël, le coût du conflit a
été sans précédent pour tous. SFP a donc, entre autres activités, renouvelé son cours
destiné aux professionnels de la santé mentale afin de doter les soignants d’outils leur
permettant de faire face à l’impact de cette guerre prolongée sur la santé mentale
collective.
Voyage à Lifta organisé par « Agents of Change for Spatial Justice », février 2026
Rapport annuel 2025 de la SFP 10
Agents of Change for Climatic &
Environnementale
En partenariat avec Citizens For the Environment (CFE)
18 participants | 100 heures | 4 visites
Quelle place les préoccupations environnementales peuvent-elles occuper au
lendemain de la guerre et de la destruction ? Comment les initiatives de
consolidation de la paix environnementale peuvent-elles avoir un impact dans un
contexte géopolitique marqué par l’injustice ? Lorsque ce programme a été conçu,
avant la guerre, nous avions entrepris d’explorer ce qui pourrait émerger lorsque le
discours environnemental et le processus de dialogue israélopalestinien
sont délibérément mis en
relation.
Pendant la guerre à Gaza, nous avons
fait le choix délibéré de poursuivre
notre cours sur la justice
environnementale (janvier-novembre
2025) en partenariat avec Citizens For
the Environment (CFE), une organisation
à but non lucratif qui se consacre à la
défense
Les croyances sur lesquelles reposent
l’identité et le comportement d’une
personne sont profondément enracinées et
rarement remises en question. Dans notre
travail au SFP, nous mettons à nu le cœur
de ces croyances afin qu’elles puissent être
évaluées et confrontées, et devenir une
source de transformation.
les besoins environnementaux de la communauté palestinienne en Israël. Nous estimons
que le discours environnemental et le dialogue critique sont indissociables. La guerre
dévastatrice et les ravages qu’elle a causés sont eux-mêmes l’expression de la
dégradation de l’environnement et de l’injustice. Pourtant, malgré l’urgence de ce lien,
rares sont les initiatives qui ont adopté une approche véritablement intersectionnelle.
« Le cours a montré comment la
nature peut être un pont pour la
communication plutôt qu’une
source de conflit. » Participant
palestinien
La consolidation de la paix environnementale
intègre la gestion des ressources à la prévention
et à la résolution des conflits. À travers le
dialogue, des visites sur le terrain et l’élaboration
de projets concrets, les participants ont abordé les
causes profondes de l’inégalité environnementale
Rapport annuel 2025 de la SFP 11
et ont acquis des compétences
pratiques pour un changement
significatif.
Notre visite à Jisr az-Zarqa, le 9 mai 2025,
a constitué un moment fort : il s’agit du
seul village palestinien encore existant le
long de la côte israélienne après les
expulsions massives de la Nakba en 1948.
Sami Alia, leader local et militant social, a
guidé le groupe à travers sa ville natale,
mettant en lumière le manque
d’investissements dans les infrastructures
de base, les difficultés des pêcheurs, ainsi
que la discrimination et la négligence
persistantes face aux atteintes
environnementales. Cette visite a
clairement montré comment la négligence
environnementale s’inscrit dans une
politique gouvernementale délibérée,
affaiblissant et ant davantage une
déjà
décimée. Dans le même temps, elle a mis en lumière les efforts locaux menés sur le
terrain pour surmonter ces obstacles, servant de source d’inspiration aux participants
pour commencer à développer leurs propres projets.
Ce travail a déjà porté ses fruits : les participants développent actuellement quatre
projets de suivi, parmi lesquels « The Gardening Project » – une pépinière horticole
située dans la ville de Jaljulia qui emploiera des personnes en situation de handicap
et servira de centre communautaire pour les militants écologistes.
Le cours a également été observé par Gal Harmat, experte en évaluation chez Swiss
Peace, un institut de recherche et de pratique dédié à la promotion d’une
consolidation de la paix efficace, afin de permettre une analyse plus approfondie de
. À l’issue de l’étude, elle a écrit : « Mener cette recherche a été, de loin, l’entreprise
scientifique la plus difficile que j’aie jamais entreprise. Se plonger dans cette matière m’a
obligée à me confronter non seulement au sujet lui-même
l’impact à long terme du cours
« J’ai compris à quel point il est
important de créer des espaces
permettant une discussion approfondie
sur le conflit, de manière honnête,
sincère et respectueuse. » Participant juif
Voyage des Agents du changement pour la justice
climatique à Jisr az-Zarqa, mai 2025
Rapport annuel 2025 de la SFP 12
en soi, mais aussi à des aspects de mon propre passé qui sont porteurs d’un traumatisme
personnel. Plutôt que
de rester un exercice purement analytique, le projet est devenu une expérience
émotionnelle
et politiquement exigeant de remise en question. »
S p t t l i g t t
Einat Last, 27 ans, vit à Kiryat
Shmona
Ancienne étudiante juive du programme de justice
environnementale
»
Einat est une militante écologiste et a été l'une des figures de proue de la lutte pour
la préservation de la source d'Ein Fit dans les hauteurs du Golan occupées.
Ein Fit était à l'origine un village syrien dont la population a été expulsée pendant la
guerre de 1967. Au cours des décennies suivantes, le village déserté et sa source sont
devenus un havre écologique abritant une extraordinaire diversité de faune et de flore,
épargnées par l'intervention humaine. L'armée israélienne avait prévu de construire une
immense base d'entraînement qui aurait effacé ce site rare et détruit les quelques
vestiges restants du village syrien d'origine.
Dans le cadre de ce combat, Einat a vécu à Ein Fit pendant sept mois, une initiative
s’inscrivant dans un large éventail d’actions visant à sensibiliser le public, l’armée
israélienne, les responsables politiques, les tribunaux israéliens et les communautés
locales environnantes. Finalement, après plus de deux ans de mobilisation et
d’activisme citoyen, sous la pression croissante de l’opinion publique, le chef d’étatmajor
de l’armée israélienne a annoncé la décision d’annuler le projet.
« C'est notre amour de la nature et de ce lieu unique qui a permis de le sauver
pour les générations futures – même si la construction de la base militaire avait
déjà été approuvée par les institutions officielles », explique Einat Last.
Rapport annuel 2025 de la SFP 13
Agents du changement pour la justice spatiale :
Organisation de visites guidées sur la Nakba en cours
En partenariat avec « Zochrot »
14 participants | 120 heures | Octobre 2025 – juin 2026 À l'automne
2025, SFP a lancé une formation destinée à animer des visites pédagogiques dans les
communautés palestiniennes détruites lors de la Nakba, qui se poursuit encore
aujourd'hui. Grâce à notre partenariat avec Zochrot – une ONG qui se consacre à la
collecte et à la diffusion de sources historiques sur la Nakba et qui œuvre pour la mise en
œuvre du droit au retour des réfugiés palestiniens –, nous avons pu bénéficier de
l’expertise d’Umar al-Ghubari, éducateur et militant de renom, qui a animé des centaines
de visites guidées dans des localités palestiniennes expulsées et dépeuplées par Israël lors
de la Nakba de 1948.
« Le premier week-end a déjà donné lieu à des discussions douloureuses », se souvient
Rose Amer, l’animatrice palestinienne du groupe. La plupart des participants juifs étaient
politiquement actifs et occupaient des fonctions publiques : historiens, avocats,
professeurs. Ils avaient rejoint le groupe parce qu’ils se sentaient en rupture avec leur
société depuis le 7 octobre 2023. Les participants palestiniens, dont beaucoup étaient des
militants d’organisations locales autour de Nazareth et du Néguev, étaient presque tous
d’anciens participants au SFP à la recherche d’un espace sûr où s’exprimer. « Ils ont parlé et
parlé. Ils ont tout dit. Ils se sentaient en sécurité et pouvaient être honnêtes », a confié Rose.
Le village détruit de Lifta
Un participant juif a déclaré : « J’ai désormais
une nouvelle façon de voir le paysage :
l’apparence superficielle cache quelque
chose, délibérément, dans le cadre de la
politique gouvernementale. J’ai eu le
sentiment d’avoir été systématiquement
trompé. Ma responsabilité est d’examiner ce
qui se cache
« aller au-delà des apparences et rendre ces
connaissances accessibles à ma communauté. »
Rapport annuel 2025 de la SFP 14
La conférence d’ouverture d’Umar sur l’histoire de la Nakba a été suivie d’une visite à
Manshiye, un ancien quartier de Jaffa presque entièrement rasé en 1948 et ses environs,
ainsi qu’à Bayt Jiz, un petit village palestinien dans les hauteurs de Jérusalem, où les
maisons vides des réfugiés sont toujours debout. Les rencontres alternaient entre
conférences données par des invités, dialogues binationaux et uninationaux, et visites
de sites tels que Lifta et Lod. La dernière partie du cours sera consacrée à un stage
pratique :
Les membres du groupe animeront quatre visites guidées
abordées sous l’angle d’une histoire décolonisatrice, à
Al-Kabri (à l’est de Nahariyya), à Majdal Yaba
(actuellement le parc national « Migdal Tsedek ») à Yazur
(à l’est de Jaffa), et à Hiribya, dans le sud.
Un participant palestinien a
déclaré : « À chaque étape,
j’ai rassemblé des
fragments de mon
identité. »
Voyage d’Agents of Change for Spatial Justice à El-Mansheya, octobre 2025
Au cours d’une des visites auxquelles le groupe a participé, ils ont filmé la maison
d’un ancien mukhtar (chef de village palestinien), qui est aujourd’hui la propriété
privée d’une famille juive s’y étant installée après 1948. Un habitant du quartier a
appelé la police : les participants ont été interpellés et interrogés pendant deux
heures et demie
heures. « Israël n’est plus un endroit où l’on peut simplement voyager », a déclaré Rose
a déclaré Amer. Malgré les risques, elle restait optimiste : « Je sais que les participants
fera connaître au monde cette histoire effacée – à travers des visites guidées, des films, et
la « de racontera toutes les manières possibles ! »
Rapport annuel 2025 de la SFP 15
La santé mentale comme
vecteur de consolidation
de la paix
La réalité persistante de la guerre, de la répression et de la fragmentation politique
continue d’avoir de graves répercussions psychologiques sur les sociétés
palestinienne et juive. Dans ce contexte, la santé mentale ne peut être considérée
comme une préoccupation individuelle ou apolitique, mais plutôt comme un enjeu
collectif. La détresse est façonnée par les histoires collectives, la violence structurelle et
les relations de pouvoir inégales. Pour les Palestiniens, la souffrance est indissociable
du génocide, de la dépossession, de la surveillance, du silence imposé et de la Nakba
qui se poursuit. Pour les Israéliens juifs, la peur, les blessures morales, les
traumatismes hérités et persistants se croisent avec le militarisme et le déni,
réduisant souvent l’espace émotionnel et politique disponible pour le deuil, la
réflexion et la prise de responsabilité.
Dans ce contexte, SFP considère la santé mentale comme un lieu essentiel de la
consolidation de la paix. Les espaces thérapeutiques comptent parmi les rares arènes où
la vérité émotionnelle peut encore être exprimée et maintenue en relation avec la réalité
politique. Pourtant, les paradigmes psychologiques conventionnels échouent
fréquemment à
Rapport annuel 2025 de la SFP 16
aborder les dimensions collectives et structurelles du traumatisme, en insistant sur
une neutralité qui, en fin de compte, reproduit l'injustice.
Au fil des ans, SFP a renforcé son engagement auprès des professionnels de la santé
mentale, s’efforçant d’intégrer l’analyse psychopolitique des dynamiques de pouvoir
dans la pratique clinique, éducative et communautaire. Le premier cours sur la santé
mentale a été lancé en 2006, et au cours des décennies suivantes, SFP a organisé des
cours et une grande variété d’autres activités, avec un total de plusieurs centaines de
participants à ce jour.
Ce travail repose sur un postulat clair : la guérison dans un contexte de violence
persistante est intrinsèquement politique, et en aidant les cliniciens à examiner de
manière critique le pouvoir et la politique dans leurs rôles professionnels et au sein des
communautés qu’ils servent, SFP promeut des pratiques éthiques qui élargissent les
possibilités de résilience, de solidarité et de transformation sociale. Vous trouverez cidessous
un aperçu des programmes 2025 de SFP destinés aux professionnels de la santé
mentale.
Cours « Agents of Change » pour les
professionnels de la santé mentale
professionnels de la santé mentale
18 participants | 80 heures de formation
Le cours « Agents of Change » destiné aux professionnels de la santé mentale était le 7e
cours de ce type. Il marque le 20e anniversaire de la première promotion et
reste une pierre angulaire du travail de la SFP à la croisée de la psychologie
et la consolidation de la paix. Ce cours répond à une prise de conscience croissante chez
les praticiens que les cadres professionnels existants sont insuffisants face aux réalités
auxquelles ils sont confrontés. Les participants arrivent souvent avec un profond
sentiment de dissonance professionnelle, formés à mettre la politique entre
parenthèses alors qu’ils travaillent avec des clients dont la détresse est indissociable du
génocide, de l’occupation, du racisme et du traumatisme collectif.
Tout au long du programme, les participants s’engagent dans un dialogue binational
et uninational, s’adonnent à un apprentissage critique et discutent des applications
professionnelles. S’appuyant sur la méthode SFP, le cours est axé sur l’identité de
groupe
Rapport annuel 2025 de la SFP 17
, les relations de pouvoir et le contexte, remettant en question les postulats de la
psychologie classique qui écartent les causes sociales et politiques de la souffrance. À
travers un dialogue guidé, les participants examinent comment leurs propres
identités, en tant que Palestiniens ou Juifs, en tant que citoyens ou sujets,
façonnent les relations thérapeutiques et la prise de décision éthique.
Le cours de cette année s’est déroulé dans un climat de répression et de peur
accrues, en particulier pour les professionnels palestiniens qui, face à la destruction
effrénée menée par Israël à Gaza et à la répression au sein même d’Israël, sont
confrontés à une surveillance croissante, à des sanctions et à des restrictions de leur
liberté d’expression publique. Dans ce contexte, le cours a offert un espace rare pour
parler ouvertement de la marginalisation, de l’épuisement professionnel et des
pressions à l’autocensure dans les milieux cliniques. Les participants juifs se sont
penchés sur les questions de complicité, de déni et du coût émotionnel du travail au
sein d’institutions impliquées dans des préjudices systémiques. Plutôt que de
rechercher une fausse symétrie, le cours a explicitement abordé les asymétries en
matière de risque, de légitimité et de permission émotionnelle.
Cours « Agents of Change » destiné aux professionnels de la santé mentale, septembre 2025
Les modules d’apprentissage comprenaient une approche de la psychologie de la
libération, de la théorie du traumatisme en grand groupe, ainsi que des critiques
féministes et décoloniales des pratiques en santé mentale. Les participants ont exploré
des études de cas tirées de leur propre travail, examinant des situations où la neutralité
masquait l’injustice, ou où la réalité politique était pathologisée plutôt que nommée.
Le volet pratique du cours a aidé les participants à traduire les enseignements tirés tout
au long du processus en initiatives concrètes.
Rapport annuel 2025 de la SFP 18
Les diplômés ont développé des projets allant du travail de groupe tenant compte des
traumatismes dans les communautés palestiniennes à la mise en place de formations
critiques, en passant par des thérapies subventionnées pour les militants. En inscrivant
ce travail dans le cadre plus large de la lutte pour la justice et l'égalité, le cours a donné
aux praticiens les moyens d'agir en tant qu'agents du changement au sein de leurs
domaines, institutions et communautés.
Groupe Apprentissage et développement
:
« Psychopolitique en thérapie »
En partenariat avec le Centre Maana
13 participants | 65 heures de cours | 8 conférences
SFP a animé le groupe d’apprentissage et de développement intitulé « La
psychopolitique en thérapie », en partenariat avec le Maana Center, un centre
palestinien de santé mentale et de formation situé à Nazareth. Ce groupe se
distinguait du cours « Agents of Change » en ce qu’il s’adressait à des
professionnels de la santé mentale palestiniens et juifs possédant une solide
expérience du dialogue israélo-palestinien et souhaitant analyser l’impact des
réalités politiques en constante évolution sur le travail thérapeutique, au-delà du
cadre des programmes de formation officiels.
Se réunissant régulièrement pendant six mois, le groupe a constitué un espace à la fois
professionnel et politique où les participants ont examiné comment la guerre, la
répression et les injustices systémiques s’immiscent dans la salle de thérapie à travers le
transfert, le contre-transfert, le silence et la rupture. Les séances ont porté sur des
questions souvent exclues de la supervision traditionnelle : comment travailler de
manière éthique avec le traumatisme dans un contexte de violence persistante ? Quelle
responsabilité incombe aux thérapeutes dont les institutions sont ancrées dans des
structures de domination ?
Le groupe a privilégié l’analyse collective plutôt que la pathologisation individuelle.
Grâce à des conférences données par des invités et à une réflexion collective sur la
psychologie de la libération, les participants ont approfondi leur capacité à
reconnaître comment le langage psychodynamique classique peut masquer les
relations de pouvoir, et comment les techniques thérapeutiques peuvent
involontairement normaliser l’injustice. Ce
Rapport annuel 2025 de la SFP 19
processus a renforcé la capacité des participants à gérer la complexité, à tolérer
l’inconfort et à maintenir un engagement critique sur la durée. Les participants ont
développé des projets allant de la rédaction professionnelle et de modèles de
supervision critique à des formations en milieu de travail qui ont fait progresser
l’analyse psychopolitique au sein de leurs lieux de travail.
Forum des anciens étudiants en santé mentale
En 2019, la SFP a lancé le Forum des anciens étudiants en santé mentale, un espace
dédié aux diplômés de ses programmes de santé mentale, qui est resté actif depuis lors.
Le forum reconnaît que les défis auxquels sont confrontés les praticiens ne s’arrêtent pas
à la fin d’un cursus. Au contraire, ils s’intensifient à mesure que les diplômés tentent
d’appliquer des approches critiques dans des environnements professionnels souvent peu
favorables, voire hostiles.
Lors d’une conférence au printemps, la Dr Amalia Saar a présenté son concept d’«
abjection » d’un point de vue anthropologique et sociologique, et a examiné sa
pertinence pour les relations entre Palestiniens et Juifs en temps de guerre et de
génocide. À travers un cadre théorique et la lecture de témoignages décrivant les
attitudes israéliennes envers les Palestiniens à Gaza, en Cisjordanie et dans les prisons
israéliennes, la conférence a exploré comment les processus de déshumanisation
opèrent sur le plan émotionnel et symbolique dans des conditions de violence extrême.
Ce forum a fourni aux anciens élèves un cadre analytique commun pour examiner les
dimensions psychologiques et politiques de la réalité actuelle, renforçant ainsi la
valeur des espaces collectifs pour l’apprentissage continu et la collaboration au-delà
de la formation formelle.
Conférence de la Dre Amalia Saar devant le Forum des anciens étudiants en santé mentale, mai 2025
Rapport annuel 2025 de la SFP 20
Congrès à Berlin : « In Between
Polarités : le travail psychosocial en situation de crise
»
En partenariat avec AMCHA Allemagne
Le SFP a également organisé un congrès conjointement avec AMCHA Allemagne, une
organisation à but non lucratif qui fournit une prise en charge psychosociale des
traumatismes aux survivants de l’Holocauste et à leurs familles. Cela a marqué une
expansion significative du travail du SFP en matière de santé mentale au-delà de la
Palestine/Israël. Réunissant des cliniciens, des universitaires et des militants d’Europe et
de Palestine/Israël, le congrès a exploré le rôle de l’analyse psychopolitique dans les
conflits prolongés et la répression.
Les sessions ont abordé les traumatismes collectifs, l'identité de groupe, les blessures
morales et les limites de la neutralité dans les contextes thérapeutiques. Les
animateurs de SFP ont dirigé des groupes de dialogue aux côtés de collègues
internationaux, replaçant le contexte palestino-juif dans un cadre mondial plus large de
colonialisme, de racisme et de violence d'État. Le congrès a mis en évidence la
spécificité de la réalité locale et l'universalité des approches de santé mentale tenant
compte du contexte.
Participants au congrès à Berlin, novembre 2025
Il est important de noter que le congrès a offert un espace où les voix palestiniennes
ont pu s’exprimer sans aucune contrainte. Cette évolution a permis d’approfondir le
débat sur la responsabilité, la solidarité et les devoirs des professionnels évoluant au sein
de structures de pouvoir inégales. Le congrès a renforcé le rôle de la SFP en tant
qu’acteur de premier plan dans les discussions internationales sur la santé mentale et la
consolidation de la paix, et a jeté les bases de futures collaborations internationales.
S p o t l i g t t
Shlomit Peled, 57 ans, vit à Herzliya :
ancienne participante au cours « Agents of
destiné Change aux » professionnels de la santé mentale
Shlomit Peled est psychologue et assistante sociale. Elle est titulaire d’un master en
psychothérapie centrée sur le corps délivré par le California Institute of Integral Studies
de San Francisco, avec une spécialisation dans la thérapie par la parole centrée sur le
corps pour le traitement des traumatismes.
Shlomit est une ancienne participante au cours « Agents of Change » destiné aux
professionnels de la santé mentale à SFP, qu’elle a qualifié de « à la fois incroyable
et exigeant ». Après avoir obtenu son diplôme, elle a élaboré un projet d’espace
thérapeutique destiné aux militants des droits humains, notamment ceux engagés
dans la présence protectrice et l’activisme solidaire visant à protéger les
communautés palestiniennes rurales de Cisjordanie contre les attaques des colons et
la violence de l’armée.
« Si quelqu’un a vécu une expérience traumatisante et ressent le besoin d’aide, il
il lui suffit de remplir un formulaire et nous le contacterons dans les deux heures qui
suivent. Nous
proposer gratuitement jusqu'à quatre séances de soutien psychologique d'urgence par
personne. Je souhaite
que nous devenions un point de contact central au sein de la communauté militante – un
avec des personnes partageant les mêmes valeurs politiques, où les militants se sentent
espace
en sécurité et compris. »
Au cours des mois qui ont suivi l'obtention de son diplôme, elle a recruté plus d'une
douzaine de thérapeutes spécialisés dans la thérapie axée sur les traumatismes. Deux
d'entre eux proposent également des traitements en arabe. Ces thérapeutes ont suivi
une formation préparatoire et Shlomit a également contacté des organisations de
défense des droits de l'homme pour leur proposer ce service. Dès le premier mois,
plus de vingt militants (dont 60 % impliqués dans des missions de présence
protectrice) se sont déjà manifestés et sont en train de suivre un traitement. Tous les
coûts liés au travail des thérapeutes et à la formation préparatoire sont pris en charge
par le NIF (New Israel Fund) et aucun frais n'est facturé aux militants.
Rapport annuel 2025 de la SFP 22
Cours intensifs en 2025
Programme de dialogue international
21 participants | 50 heures
Vivre à l’étranger et se rencontrer en tant qu’Israéliens et Palestiniens hors de la
région est une expérience profondément différente de celle de se rencontrer en
Palestine/Israël. Chez SFP, nous reconnaissons que l’intervention internationale est
essentielle pour apporter des changements aux populations vivant entre le Jourdain
et la mer Méditerranée. Pour contribuer à la consolidation de la paix et à
l’intensification de la pression internationale, nous comprenons le rôle significatif
joué par les diasporas palestinienne et israélienne.
« Ce fut le dialogue le plus difficile que j’aie jamais eu. Intense, confrontant et brut. Toutes les
personnes présentes ici ont été et sont personnellement touchées par ce conflit. En partageant
nos histoires et les chemins qui nous ont menés ici, l’asymétrie entre nos deux groupes est
apparue clairement – en termes de pouvoir, de citoyenneté et de privilèges. C’était douloureux à
entendre, mais nécessaire à reconnaître, et cela a donné à nos conversations plus de profondeur
et d’honnêteté. » (Participant juif).
Comment les participants perçoivent-ils, de loin, ce qui se passe chez eux ? Comment les
relations entre les deux peuples affectent-elles la vie en Europe ? Comment peut-on avoir
un impact à distance ? Le programme de dialogue destiné aux Palestiniens et aux
Israéliens vivant en Europe s’est révélé être une plateforme cruciale pour explorer ces
questions et favoriser la compréhension et l’engagement parmi les participants.
Pour la troisième fois, nous avons réuni 21 Palestiniens et Israéliens vivant dans des
pays européens, guidés par des animateurs qui vivent eux-mêmes
Rapport annuel 2025 de la SFP 23
à l’étranger. Neuf sessions de dialogue ont été organisées en plus d’un séminaire
intensif en présentiel, offrant aux participants un cadre structuré pour discuter de
sujets liés à leur identité, à leur vie à l’étranger et à leurs points de vue sur le conflit
israélo-palestinien.
« L’expérience de ces rencontres restera
gravée dans ma mémoire pendant de
nombreuses années. Même si le contenu
Le temps fort a été un week-end en
présentiel à Wuppertal, où les participants
se sont rencontrés en personne pour la
première fois après les sessions en ligne.
était difficile à assimiler, il y avait
« Les premières heures ont donné
quelque chose dans l’atmosphère
l'impression d'être un test pour
générale qui était très rassurant, agréable vérifier s’il était possible de travailler
et accueillant. Il y a eu beaucoup de
« ensemble », se souvient le facilitateur
larmes, mais aussi des rires, et la
palestinien, le Dr Slieman Halabi. « Les
combinaison des deux était si authentique Palestiniens exigeaient de la franchise de la
part des Israéliens, et il leur était également
et humaine. » (Participant palestinien)
difficile de s’ouvrir aux Palestiniens de Gaza.
Nous avons dû insister sur le fait que les
voix n’appartiennent pas seulement
aux Gazaouis, mais que l’expérience et les sentiments de l’ensemble du groupe comptent. »
Ce n’est qu’une fois l’ , l’ , un espace sûr , et la confiance établies parmi les
participants, des conversations difficiles pouvaient avoir lieu. « Nous ne leur donnons
pas de sujet de discussion. Ce sont eux qui nous disent ce dont ils ont besoin. Les sujets
varient : l’histoire, le sionisme, l’identité palestinienne, les récits et les rêves qu’ils
nourrissent pour l’
avenir », explique Slieman.
Programme de dialogue international, week-end à Wuppertal, en Allemagne
Rapport annuel 2025 de la SFP 24
S p o t l i g t t
Le Dr Slieman Halabi, 37 ans, vit à
Munich : responsable du projet Europe de la SFP
Ancien participant palestinien à la formation d'animateur de groupe
Le Dr Slieman Halabi est un psychologue social formé en Israël et en Allemagne, qui
mène des recherches sur l'identité sociale, les relations intergroupes, les conflits et la
mémoire collective.
Il occupe un poste de chercheur postdoctoral au département de psychologie sociale
et de la personnalité de l’université de Wuppertal. Slieman a grandi au sein de la
minorité druze en Israël et a obtenu son diplôme d’animateur de groupe à l’Ecole
pour la paix en 2011. Depuis lors, il œuvre à la promotion du dialogue entre
Palestiniens et Juifs. Au lendemain du 7 octobre 2023, il a créé un groupe SFP en
Europe afin d'étudier comment les asymétries de pouvoir, de privilèges et de
responsabilité se manifestent dans le dialogue, et comment les contextes de diaspora
peuvent encourager la réflexion, la solidarité et l'action politique.
En reconnaissance de son engagement et de sa contribution exceptionnels, le célèbre
magazine économique allemand « Capital » l’a inscrit sur la liste des « 40 meilleurs
jeunes leaders allemands de moins de 40 ans ». Toute l’équipe de SFP le félicite pour
cette formidable réussite. Vous pouvez en savoir plus sur son point de vue et ses activités
ici : Quand Israéliens et Palestiniens s’écoutent mutuellement – même si cela fait mal.
« Pour moi, le dialogue consiste à construire une communauté alternative composée d’Israéliens
et de Palestiniens qui partagent l’objectif commun de prendre soin de notre patrie, le souhait
de la voir s’épanouir un jour, et la ferme conviction que les valeurs humaines et morales finiront
par prévaloir. Le dialogue est un espace où il se passe beaucoup de choses et où l’on discute de tout.
Cependant, voir la transformation des gens me touche profondément
– voir les gens évoluer tout au long du processus de dialogue me donne de l’espoir et de la joie. Le
dialogue au sein de la diaspora, en particulier, peut être un puissant moteur d’action qui n’est pas
possible chez nous – les gens sont créatifs et peuvent accomplir beaucoup de choses d’ici. »
Rapport annuel 2025 de la SFP 25
S p o t l i g t t
Nuha - 46 ans, vit en Allemagne
Ancienne participante palestinienne au cours de dialogue international
Nuha est une citoyenne palestinienne d'Israël qui vit en Allemagne depuis 12 ans,
où elle travaille comme chercheuse. Depuis le 7 octobre 2023, elle a diversifié ses
activités en s'engageant dans la défense des droits humains et le plaidoyer. Elle
travaille au sein d'une organisation à but non lucratif qui soutient les femmes
réfugiées originaires des pays du Moyen-Orient et participe également au projet «
Clean Shelter », né de la première promotion du cours SFP International Dialogue, qui
vise à fournir des équipements sanitaires et de l'eau potable aux personnes déplacées
à Gaza. De plus, elle fait partie d’un collectif qui soutient les Palestiniens des
communautés rurales de Cisjordanie, en les aidant à résister à la violence des colons
et à préserver leurs moyens de subsistance, principalement en fournissant de la
nourriture pour leurs animaux de ferme. En raison de l’aggravation de la situation à
laquelle sont confrontés les bergers et leurs familles, qui subissent quotidiennement
la violence et le harcèlement des colons, Nuha travaille également avec sa partenaire
Yael à la mise en place d’un dispositif de soutien psychologique et émotionnel, avec
l’aide de travailleurs sociaux et de psychologues arabophones.
Au cours de la formation, l’un des participants a raconté qu’il avait une proche
parente à Gaza : une fillette de 12 ans prénommée Layla*, dont toute la famille avait
été attaquée par les forces israéliennes. Seul son père avait été épargné, tandis qu’ellemême
avait subi une grave lésion cérébrale. Par la suite, Nuha a pris l’initiative
d’organiser l’évacuation de Layla afin qu’elle puisse recevoir des soins. Le groupe a
baptisé le projet « Ezra LeLayla », qui signifie « Aide pour Layla » en hébreu.
Nuha explique : « Je suis revenue de l'atelier de Wuppertal bien décidée à sauver la vie de
Layla. Dès le lendemain de mon retour, je me suis mise au travail : j'ai dressé des
listes de personnes susceptibles de nous aider et j'ai renoué avec d'anciennes
connaissances. Je passais mon temps au téléphone. Mais je ne me suis jamais sentie
seule. Chaque membre de notre groupe a soutenu cette initiative à sa manière. »
Rapport annuel 2025 de la SFP 26
Après plusieurs tentatives infructueuses pour évacuer Layla vers l'Allemagne, le
groupe a finalement pris contact avec une organisation à Ramallah qui collabore avec
l'OMS (Organisation mondiale de la santé). Au bout d'un mois, ils ont réussi à
l'évacuer vers la Jordanie, où elle a enfin pu subir une opération du cerveau.
Actuellement, Nuha aide la famille à obtenir un visa humanitaire pour la Suisse :
. Mais son état est stable. »
« Nous espérons qu'ils obtiendront le feu
. Actuellement, il reste encore du liquide dans le vert crâne de Layla qui doit être régulièrement
Nuha participe également à la fourniture de prothèses pour les Gazaouis en
rééducation, une idée lancée par l’un des membres du groupe, qui s’est
immédiatement mobilisé aux côtés de Nuha pour donner vie à ce projet. Le projet en
est encore à ses débuts, compte tenu de la situation actuelle à Gaza.
*Layla est un pseudonyme.
Cours d’animation de groupe sur le conflit
israéloconflit
israélo-palestinien
24 participants | 80 heures
Le cours de formation des animateurs du SFP est un pilier de la mission du SFP et
est source de fierté et de sens : il donne aux militants palestiniens et juifs les outils
nécessaires pour mener un dialogue constructif. Dans un contexte marqué par une
violence et une répression extrêmes, ce cours semblait particulièrement urgent
cette année.
Au fond, la méthode SFP part du principe que les perceptions du conflit ne doivent
pas être refoulées ; remettre en question les rapports de force inégaux, encourager
les Juifs à reconnaître les mauvais traitements infligés aux Palestiniens et donner aux
Palestiniens les moyens de s’exprimer selon leurs propres termes sont autant d’éléments
essentiels du dialogue. Les séances allient compétences en animation, analyse des
dynamiques de pouvoir et courage de poser des questions dérangeantes. On laisse
délibérément la tension persister afin d’en tirer des enseignements.
Rapport annuel 2025 de la SFP 27
« Une participante palestinienne a lu un
poème en arabe vendredi soir. Je n’ai
compris que la moitié des mots, mais la
façon dont elle l’a lu m’a émue
« Pour moi, c'était très émouvant qu'elle
partage cela avec moi dans sa propre
langue. » (Participante juive)
La facilitatrice juive Michal Zak se
souvient de ce début fragile : « Au début,
les Palestiniens étaient assis là et
n’osaient rien dire. » Mais un changement
s’est produit. La moitié des participants
juifs parlaient arabe et comprenaient les
asymétries politiques en jeu, tandis que
deux Palestiniens de Jérusalem-Est ne
parlaient pas hébreu. « Cette situation
inhabituelle
« Cette situation a créé une dynamique que je n’avais jamais observée auparavant »,
réfléchit Zak. « Cela a allégé la pression qui pesait sur les Palestiniens de devoir parler
hébreu tout le temps. Mais en même temps, ceux du groupe juif qui ne comprenaient pas
l’arabe se sont sentis exclus. Pourtant, cela nous a donné un aperçu du potentiel d’une
identité moyen-orientale véritablement bilingue. »
Visite du cours de facilitation de groupe dans le village de NSWAS, avril 2025
Compte tenu, d’une part, d’une réalité extrêmement violente et, d’autre part, de
participants politiquement sensibilisés, les deux groupes se sont approchés l’un de
l’autre avec plus de douceur que les années précédentes. «
Une fois
explique Zak. Les participants palestiniens, pour la
quand on trouve enfin des gens capables d'écouter et de parler franchement, on a le qu’on
plupart des Bédouins, se sont sentis en sécurité pour partager leurs expériences
sentiment
vécues.
que « Ils Nous ont ne évoqué voulons leur pas perdre vie marquée par la peur constante du crime organisé, la
cela discrimination », de l’État et la violence aux postes de contrôle. Au final, le stage s’est
transformé en
Rapport annuel 2025 de la SFP 28
« J'ai vraiment compris ce qu'ont vécu les
Juifs après le 7 octobre. Ce cours m'a aidé à
garder mon humanité, que je sentais que je
risquais de perdre facilement face à la réalité
qui règne dehors. »
(Participant palestinien)
une tentative d’insister sur le
partenariat politique à un moment où
le sol semblait s’effondrer sous nos
pieds – et la preuve que ce partenariat
est bel et bien possible, même s’il
représente un défi.
Cours de traduction simultanée du SFP
8 participants | 45 heures | 10 sessions
Au SFP, nous pensons qu’un véritable dialogue exige que les participants s’expriment
dans leur langue maternelle. Mais en Israël, les citoyens palestiniens parlent l’hébreu,
tandis que peu d’Israéliens juifs maîtrisent l’arabe, ce qui oblige les Palestiniens à
abandonner leur langue maternelle dans le dialogue binational. Le cours de traduction
simultanée du SFP a été créé pour combler cette lacune et vise à former un groupe
croissant de traducteurs simultanés qui permettra un dialogue palestinien-juif plus
égalitaire.
Pour la troisième année consécutive, nous avons formé des employés d'organisations
engagées dans le travail binational au métier d'interprète simultané. Il existe une pénurie
importante d'interprètes pour ce type de contexte, en raison à la fois des exigences
techniques de la traduction simultanée et des complexités sociopolitiques, notamment
les différentes connotations émotionnelles, historiques, politiques et culturelles associées
à diverses expressions, événements historiques et lieux.
Remise des diplômes du cours de traduction simultanée, juillet 2025
Rapport annuel 2025 de la SFP 29
Huit femmes palestiniennes, parlant couramment l’arabe et l’hébreu, ont participé cette
année. Elles ont appris à utiliser du matériel professionnel et se sont exercées à traduire
des vidéos, des textes et des conversations en direct. Le programme comprenait des
transcriptions de véritables groupes de discussion ainsi que des documents politiques,
historiques et culturels.
La formation allait au-delà des compétences techniques. Les participantes se sont
profondément intéressées aux subtilités du conflit, et beaucoup ont estimé que cette
formation leur avait non seulement apporté de nouvelles compétences, mais avait
également renforcé leur compréhension de la manière dont la langue – et la façon
dont elle est traduite – façonne le discours, l’identité et la vision du monde.
Programmes universitaires
Depuis 36 ans, SFP facilite un engagement constructif entre étudiants palestiniens et
juifs à travers des cours de dialogue de premier cycle dans tout le pays, ainsi que par le
conseil et l’accompagnement du personnel universitaire. Ces cours sont devenus un
pilier dans la formation de nouvelles générations engagées dans la difficile tâche de
promouvoir une société plus juste. Cette année, nous avons maintenu cet engagement
malgré un climat universitaire de plus en plus répressif, afin de garantir que le débat
ouvert reste possible à une époque où l’expression critique est menacée.
Conseil et accompagnement du personnel
universitaire
En juillet 2025, 19 membres du personnel académique et administratif issus de 11
institutions israéliennes, dont l’Université hébraïque, le Collège Sapir et l’Institut
Weizmann, se sont réunis au SFP pour une journée d’apprentissage immersive. Cet
événement constituait une tentative rare de créer ce qui est devenu presque impossible :
un espace académique interidentitaire pour les Palestiniens et les Juifs engagés dans un
partenariat égalitaire. La journée a combiné apprentissage théorique et dialogue
approfondi sur la sécurité, l'appartenance, l'identité politique et les structures
institutionnelles.
Rapport annuel 2025 de la SFP 30
Journée d'apprentissage pour le personnel académique au SFP, juillet 2025
La SFP a invité l’historien Dr Tawfiq Da’adli à parler de l’initiative « Gaza en hébreu »,
une série de conférences publiques organisées à l’Université hébraïque tout au long de
2024-2025, partageant des témoignages de Gazaouis et discutant de leur réalité
inhumaine. Ces conférences ont été une voix isolée contre le musellement de la
protestation, et leurs initiateurs ont dû faire face à une forte opposition de la part
la direction de l’université et des
organisations étudiantes de droite.
« Il n’y avait pas de mots à la
mode ici. Il y avait du courage.
La sociologue Teresa Koloma Beck,
professeure à l'université Helmut-Schmidt de
Nous avons enfin parlé de ce dont
Hambourg, a présenté des travaux de
tout le monde se tait. » Participant
recherche sur l'impact des événements du 7
palestinien
octobre 2023 sur la sécurité sur les campus en
Allemagne,
affirmant que la priorité accordée à la stabilité institutionnelle peut étouffer les voix
marginalisées et que les politiques visant la « neutralité » perpétuent souvent les
inégalités existantes au lieu de les résoudre.
À une autre occasion, suite à une recommandation de l’Institut Hartman, le personnel
de la SFP a animé un atelier destiné à 15 membres du personnel du Kaye Academic
College of Education à Be’er
Sheva, un établissement où plus de la moitié des
étudiants sont palestiniens. La session a abordé
les inégalités linguistiques dans les espaces
universitaires, la mise au silence des voix
palestiniennes et la crainte généralisée de
sanctions institutionnelles.
« Cette journée m’a permis de me
voir non seulement comme
faisant partie du système, mais
aussi comme quelqu’un qui peut
l’influencer. » Participant juif
Rapport annuel 2025 de la SFP 31
Ces activités ont créé un espace où la réalité pouvait être affrontée sans que cela ne
provoque un effondrement. Elles ont offert la possibilité de reconnaître que le dialogue
politique n’est pas en contradiction avec le monde universitaire, mais une condition de
son existence éducative et morale. Il ne s’agit pas d’un processus achevé en un seul jour,
mais du début d’un effort à long terme visant à réimaginer le campus non seulement comme un
lieu de savoir, mais aussi d’appartenance, de solidarité et d’action.
Dialogue universitaire - Cours donnant droit
à des crédits universitaires à Tel-Aviv et
Beer-Sheva
Beer-Sheva : 11 participants – 21 heures
Tel Aviv : 18 participants – 39 heures
Octobre 2025 à février 2026
Au cours du semestre d'hiver, l'équipe du SFP a animé deux cours donnant droit à des
crédits universitaires au sein des facultés de psychologie de l'université de Beer-Sheva
et de l'université de Tel-Aviv. Les animateurs ont indiqué qu'il avait été plus difficile
de recruter des étudiants pour ces cours qu'avant la guerre, en raison d'un climat de
conformisme au sein des établissements universitaires israéliens.
Cours « Dialogue » de l'université de Tel Aviv, janvier 2026
Rapport annuel 2025 de la SFP 32
À Tel Aviv, les participants se sont rencontrés avec beaucoup de sensibilité. L’animatrice
du groupe, le Dr Nava Sonnenschein, fait part de ses réflexions a posteriori : « Ils ont été
un exemple remarquable du potentiel du dialogue, capables de faire place à l’autre tout en
critiquant ouvertement leur propre communauté et en assumant leurs responsabilités.
Impressionnant, d’autant plus après deux années d’une guerre terrible. »
Les étudiants ont été encouragés à tenir un
journal pour y noter leurs impressions et
leurs sentiments tout au long du cours. Ils ont
été répartis en binômes binationaux. Chaque
binôme a dû travailler sur un sujet lié aux
conflits et établir un lien entre ce sujet et une
théorie. À la fin, chaque binôme a présenté
son travail lors d’un exposé de 15 minutes.
« Avant, je ne parlais pas souvent
parce que j’avais peur qu’il y ait
un conflit et une explosion, mais
maintenant je comprends que parfois
un débat est une bonne chose et qu’il
ne faut pas en avoir peur. » (Participant
palestinien)
Cours sur le dialogue à l’université de Tel Aviv, janvier 2026
« Ce stage m’a aidé à me forger une opinion claire. Toutes les connaissances que j’ai acquises,
ainsi que les discussions sincères et pleines de sensibilité avec ce groupe formidable, m’ont
permis de mieux cerner mes propres convictions et de ressentir un regain d’enthousiasme pour
œuvrer en faveur de la paix entre les peuples et d’une véritable coexistence. Ce stage m’a
apporté énormément, bien plus que les mots ne peuvent l’exprimer. Je garderai à jamais en
mémoire ce stage, ce groupe et ces animateurs exceptionnels. » Participant juif
Rapport annuel 2025 de la SFP 33
Réseau des diplômés
Introduction
En 2025, notre réseau des diplômés a continué à servir de cadre durable pour la
connexion, le développement professionnel et l’action collective parmi les anciens
élèves du SFP. L’engagement ne s’arrête pas à la fin du cours ; les diplômés restent des
membres actifs d’une communauté binationale engagée à remettre en question les
structures de pouvoir et à influencer la transformation politique. Grâce à des forums, des
séminaires, des initiatives ciblées et notre conférence annuelle des anciens élèves, nous
avons renforcé le soutien entre pairs, élargi la collaboration professionnelle et consolidé
notre objectif stratégique commun. L'un des axes prioritaires du réseau des diplômés est
de créer des opportunités pour nouer des relations et lancer de nouveaux projets qui
transforment les outils acquis dans les programmes du SFP en impact civique et
politique.
4e conférence annuelle des diplômés
4e conférence des anciens
élèves de l'Ecole pour la paix
97 anciens étudiants
présents
5 initiatives menées par des anciens élèves présentées
En décembre 2025, la SFP a organisé sa quatrième conférence annuelle des anciens
élèves, réunissant environ 100 diplômés issus de différentes promotions et années
d’activité. Se déroulant sur deux jours, la conférence a réaffirmé le rôle du réseau des
diplômés en tant que communauté politique et professionnelle durable.
Le thème de cette année, « Vivre dans une catastrophe permanente – De la
dépossession et de l’effacement à la construction d’une influence », a défini
l’orientation politique et pédagogique de la conférence. Les participants ont été
confrontés à une réalité marquée par des
Rapport annuel 2025 de la SFP 34
violence, un génocide en cours, des déplacements de population, la répression et
l’érosion institutionnelle. La conférence s’est interrogée sur la manière dont l’action
politique peut s’exercer dans des conditions de dévastation persistante : comment
naviguer entre l’effacement physique et symbolique et l’effort visant à construire une
influence, une responsabilité et des avenirs communs.
Les séances de dialogue structuré, organisées en groupes binationaux et
uninationaux fixes, ont permis de créer un espace où exprimer des craintes, des
critiques et des opinions que la plupart des participants ne peuvent pas exprimer au
sein de la société israélienne dans son ensemble. Les participants ont examiné les
responsabilités au sein de relations de pouvoir asymétriques, tout en reconnaissant le
sentiment d’être paralysés et réduits au silence. Les participants palestiniens ont
abordé les questions d’autonomie dans des conditions de dépossession, de réduction
au silence et de déshumanisation, tandis que les participants juifs se sont penchés sur
les implications d’une position de pouvoir structurel et de complicité. Cet espace de
dialogue a permis un engagement direct et rigoureux sans sombrer dans l’abstraction.
L'un des moments forts de la conférence a été une table ronde animée par l'équipe
de SFP, à laquelle ont participé Amal Oraby, avocate, urbaniste, militante des droits
humains et ancienne participante au programme SFP, ainsi qu'Orly Noy, journaliste,
traductrice, éditrice et présidente de « Betselem ». La discussion a offert une analyse
politique pointue de la situation actuelle et a constitué une contribution substantielle
pour les groupes de dialogue. Plutôt que de prendre la forme de conférences formelles,
la table ronde s’est déroulée comme une conversation entre les intervenants, les
modérateurs et le public, illustrant ainsi le désaccord fondé sur des principes et la réflexion
critique. La discussion a abordé des questions telles que : quelles sont nos
responsabilités respectives
compte tenu de nos positions
respectives au sein de la société ? De
quelles formes d’influence
disposons-nous, ou ne disposonsnous
pas, dans des conditions de
dépossession ? Comment ces
positions façonnent-elles l’action
politique ?
De gauche à droite : Noor Abo Ras, Orly Noy, Amal Oraby
Rapport annuel 2025 de la SFP 35
Le programme comprenait la projection du film « The
Sea », une coproduction palestino-juive mettant en
scène un enfant palestinien de Cisjordanie, à qui l’on
refuse l’entrée en Israël pour voir la mer pour la
première fois. Le film, lauréat d’un Oscar israélien,
expose à travers une histoire « modeste » mais
puissante les dures réalités de l’occupation, ce qui le
rend profondément personnel et trouve un écho auprès
du public.
« Le dialogue a ajouté une
dimension humaine et
concrète à la
conférence, en reliant les
idées théoriques à la réalité.
» Participant palestinien
Cette projection a permis d'approfondir la réflexion menée lors de la conférence sur
les aspirations et les contraintes dans un contexte d'oppression et de privation.
Participants à la conférence
Le deuxième jour, la session « The Field Speaks » a présenté cinq initiatives menées par
d’anciens participants, permettant aux participants de s’engager directement dans des
projets civiques et politiques en cours et de rejoindre ou de renforcer des efforts
collaboratifs. L’un des projets présentés était l’activisme de « présence protectrice » en
Cisjordanie, décrivant comment des militants restent dans des communautés
palestiniennes menacées pour dissuader la violence, documenter les incidents
et aident les agriculteurs à accéder à
leurs terres. La session a été animée par
Eden Fuchs, Ze’ev Arad et Avi Dabush
(directeur général de Rabbis for Human
Rights), tous anciens participants au SFP,
chacun apportant son expérience du
terrain et de l’organisation
communautaire.
« La rencontre avec d’autres anciens
élèves a été très enrichissante : elle m’a
permis de prendre la mesure de l’ampleur
des activités en cours et de découvrir toute
la gamme des possibilités d’action. »
Participant juif
Rapport annuel 2025 du SFP 36
Participants à la conférence
« Je suis revenue de la conférence avec
une motivation renouvelée pour l’action
et un sentiment accru
d’optimisme quant à la possibilité d’un
changement. » Participant juif
La conférence des anciens élèves a réaffirmé
le rôle du réseau des diplômés en tant que
communauté d’apprentissage politique qui
n’élude ni les asymétries de pouvoir ni les
tensions émotionnelles. Elle a en outre
démontré la capacité d’un engagement
durable des anciens élèves à traduire
dialogue critique en
responsabilité et action collectives. Ce fut un rassemblement important pour notre
communauté d’anciens élèves, un lieu où se rencontrer, apprendre ensemble, se sentir
responsabilisés et inspirés. Ensemble, nous avons appris l’importance de dire la vérité
dans un contexte de mensonges et de manipulation mentale, d’insister pour rechercher
notre autonomie et nos domaines de responsabilité, ce qui peut être fait, et nous avons
puisé de l’inspiration dans les actions significatives menées au sein de la communauté.
Participants à la conférence | Rose Amer et Tal Kulka, animateurs SFP
Rapport annuel 2025 de la SFP 37
Week-end du Forum des organisateurs d'anciens
élèves
32 participants | 5 conférences
Après une interruption de deux ans, survenue pendant l’une des périodes les plus
difficiles des relations entre Palestiniens et Juifs, le Forum des anciens étudiants en
urbanisme s’est réuni à nouveau, rassemblant 32 diplômés palestiniens et juifs
venus de tout le pays. Tous les participants sont d’anciens étudiants de la formation
« SFP Change Agents », destinée aux urbanistes, ingénieurs civils et architectes,
élaborée et dispensée en partenariat avec le Centre arabe pour l’urbanisme alternatif.
Le programme alliait dialogue, formation professionnelle et analyse politique. Le
journaliste Nir Hasson a abordé la réalité catastrophique à Gaza, replaçant la crise
humanitaire plus large dans le contexte d’une politique israélienne délibérée. Le
professeur Oren Yiftachel a examiné les politiques foncières et d’aménagement du
territoire à long terme visant à déposséder les Palestiniens, ainsi que leur lien avec le
conflit actuel. Il a proposé une voie pour réparer les torts causés par le colonialisme
de peuplement grâce à une action conjointe entre Palestiniens et Juifs. L'architecte
Smadar Okel a donné une conférence sur le futur plan d'urbanisme gouvernemental
pour la ville d'Umm al-Fahm. Un plan qui, au lieu de se concentrer sur les besoins
futurs d'Umm al-Fahm, vise à fournir un prétexte juridique pour la démolition massive
des maisons existantes dans le quartier d'Ein Jarar.
Les participants ont souligné le rôle du forum en tant qu'espace permettant d'aborder
les réalités politiques tout en préservant la solidarité professionnelle.
La réunion s'est conclue par un
engagement à élargir la
participation, à renforcer le réseau
des anciens participants et à faire
progresser les initiatives communes
de plaidoyer en faveur d'un
changement structurel dans le
domaine de l'aménagement du
territoire.
Nir Hasson lors d'une conférence au forum des
urbanistes, septembre 2025
Rapport annuel 2025 de la SFP 38
Activités et ateliers
nouveaux et en cours
Dialogue unifié palestinien
Programme
20 participants | 25 heures
Pour la deuxième année consécutive, SFP a organisé un groupe de dialogue palestinien
intra-national destiné à des participants de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et d’Israël.
Cette initiative aborde la question de la fragmentation au sein de la société
palestinienne, provoquée par la politique israélienne depuis 1948, qui affecte tous
les aspects de la vie palestinienne. Cela inclut la capacité à s’organiser, à s’opposer à
la dépossession et à l’oppression. Notre initiative vise à réparer cette rupture
intentionnelle du tissu socio-politique palestinien
qui entrave la guérison communautaire et la
lutte collective pour la liberté.
« Ce week-end a contribué à détruire ce
Pour cette première rencontre, le groupe que l’occupation a construit en nous
palestinien d'Israël s'est rendu à Beit Jala, divisant et en nous séparant. À partir de
en Cisjordanie, mais les participants de la là, nous pouvons mener des actions en
Cisjordanie ont eu environ deux heures et demie faveur de de retard la société à cause palestinienne. des postes » de
contrôle de l’armée. Cet incident a donné le ton de la rencontre, de nombreux
Palestiniens d’Israël exprimant un sentiment de culpabilité, car ils pouvaient se
déplacer librement, alors que les Palestiniens de Cisjordanie rencontrent de grandes
difficultés à le faire.
La discussion sur la culpabilité a conduit le groupe palestinien de Cisjordanie à
exprimer son propre sentiment de culpabilité envers les habitants de Gaza qui sont
confrontés à la famine et
Rapport annuel 2025 de la SFP 39
anéantissement. Ces sentiments
partagés ont donné lieu à une
discussion axée sur l’empathie
mutuelle et la découverte des défis
auxquels sont confrontés les
différents groupes palestiniens.
Cette rencontre a également été
marquée par l’absence flagrante des
Palestiniens de Gaza.
« J’ai participé à cette réunion à un moment
très difficile, marqué par les pressions que
nous subissons quotidiennement sur le plan
politique, en particulier à Jérusalem. Cette
réunion m’a offert un espace pour exprimer ce
à quoi je suis confronté et que je ne peux pas
exprimer ailleurs. »
Les participants ont souligné l’importance de créer une vision palestinienne unifiée, un
leadership et une représentation de l’ensemble du peuple palestinien. Ils ont estimé
que le groupe de dialogue SFP avait jeté les bases d’une vision collective pour la
libération palestinienne.
N
Nous
w
P o u g r m m
Les politiciens nouent des partenariats
23 participants | 16 heures de cours
La préservation des caractéristiques démocratiques, même très partielles, du système
politique israélien actuel ne peut se faire sans un partenariat entre Palestiniens et Juifs.
C'est pourquoi l'ancienne directrice du SFP, le Dr Nava Sonnenschein, a proposé un
programme visant à réunir des responsables politiques issus des partis d'opposition
palestiniens et juifs en Israël, afin de renforcer leur capacité à coopérer face à la montée
en puissance des voix ultranationalistes qui se sont imposées dans la société dominante
pendant la guerre à Gaza.
Cette initiative a été lancée en réponse à une période de troubles politiques : la
tentative d’exclure le député Ayman Odeh de la Knesset, et un discours public qui a
révélé à quel point les Palestiniens sont perçus comme une menace pour la sécurité
plutôt que comme des partenaires politiques et des citoyens à part entière ayant le
droit de faire entendre leur voix.
Rapport annuel 2025 de la SFP 40
« Depuis le début de la guerre, j’ai consacré
toute mon énergie à y mettre fin et à
empêcher la destruction de mon
peuple. Le désespoir est un privilège. J’essaie
de nouer des partenariats avec la société juive,
même si j’en ai payé le prix. J’ai fait l’objet
d’une procédure disciplinaire et d’accusations
d’incitation publique… Ce gouvernement a
franchi toutes les lignes rouges et il faut
l’arrêter. » Participant palestinien
Réunion « Politicians Building
Partnerships », septembre 2025
L’atout du SFP résidait dans ses liens avec tous les partis palestiniens en Israël. Le
programme en quatre sessions a été lancé à l’automne 2025 avec 23 participants
issus de six partis d’opposition, dont des figures de proue du mouvement de
protestation contre la réforme judiciaire et le gouvernement. Un groupe WhatsApp a
été créé, permettant de poursuivre les discussions et l’échange de documents bien
au-delà des réunions elles-mêmes.
Bien que les deux parties partageaient la conviction qu’il était essentiel de renverser le
gouvernement actuel, les premières sessions ont révélé de la peur, de la honte,
Réunion « Politicians Building Partnerships », septembre 2025
Rapport annuel 2025 de la SFP 41
et la confusion. Les Palestiniens ont évoqué leur lutte contre la déshumanisation et
leur difficulté à trouver des alliés juifs prêts à s’opposer à la guerre à Gaza. Les
participants juifs ont réfléchi au traumatisme suivi du 7 octobre 2023, à la
responsabilité morale de l’armée israélienne
actions, et la montée de la droite
populiste dans la société juive.
Malgré les tensions, le déroulement des
réunions a permis de créer un espace
propice à un dialogue sincère. Les
participants ont examiné les limites du
partenariat, la nécessité de défendre la
légitimité politique palestinienne et
l’urgence de faire évoluer le
« J’ai fini par comprendre qu’on ne peut
pas se battre uniquement pour la
démocratie, un système judiciaire fort et
les droits tout en ignorant l’occupation et
la conduite de la guerre à Gaza. Ça va
continuer à nous exploser au visage. C’est
un désastre – tout cela est motivé par la
peur du centre politique (due à la
propagande de la droite). » Participant juif
discours public. Une vision commune s’est dégagée : le partenariat entre Palestiniens et
Juifs est essentiel au changement politique, en particulier à l’approche des élections de
2026.
Séances de dialogue pour les habitants de
Wahat
al-Salam – Neve Shalom
Outre nos cours d’éducation politique, le SFP organise des ateliers de dialogue et des
activités adaptés à l’évolution de la situation qui nous entoure. Parmi ceux-ci, ceux qui
sont les plus proches de nos racines sont ceux qui se déroulent au sein de notre
communauté d’origine, Wahat al-Salam – Neve Shalom (NSWAS). Depuis le début de
la guerre à Gaza, nous avons lancé plusieurs programmes visant à permettre aux
membres de NSWAS de relever les défis auxquels ils sont confrontés en tant que
communauté binationale intentionnelle s’efforçant de défendre les principes
d’égalité et de compréhension mutuelle.
Au cours de l'année 2025, les résidents de NSWAS se sont réunis à deux reprises
pour discuter des pratiques communautaires. Les discussions ont notamment porté
sur la gestion des conflits internes, le renforcement de la vie communautaire malgré
le climat politique toxique à l'extérieur de la communauté, ainsi que le renforcement
de son idéologie
Rapport annuel 2025 de la SFP 42
Les habitants de NSWAS en dialogue, juillet 2025
fondements et l'intensification des manifestations extérieures et du plaidoyer public.
Les discussions ont donné lieu à de nouvelles initiatives, notamment l'installation
d'une pancarte de protestation permanente à l'entrée du village contre la guerre à
Gaza, et la publication d'une déclaration publique appelant à la fin de la guerre.
Le courage dont ont fait preuve les membres de NSWAS en s'engageant dans un
dialogue difficile a jeté des bases solides pour la confiance mutuelle et le
développement futur de la communauté. Afin de continuer à relever les défis à long
terme, nous prévoyons d'organiser d'autres réunions avec les animateurs de SFP.
Rapport annuel 2025 de la SFP 43
Partager notre message,
nos connaissances et
notre expertise
Toucher des publics locaux et internationaux
Chaque année, SFP élargit la portée de ses actions d’éducation politique et sensibilise
le public à l’importance d’un dialogue sincère pour faire avancer les luttes
internationales contre l’injustice et la discrimination. Grâce à des ateliers, des
conférences et la participation à des congrès, ces initiatives ne cessent de prendre de
l’ampleur à l’échelle mondiale. Cette année, nous avons été présents dans plusieurs
pays pour toucher de nouveaux publics, notamment en Italie, en Bosnie-Herzégovine et
à Taïwan.
Rondine Cittadella della Pace, Italie
Rondine est une organisation italienne qui rassemble des jeunes issus de régions en
conflit ou sortant d’un conflit, en les aidant à découvrir l’être humain qui se cache
derrière leur ennemi grâce à l’expérience de la vie en communauté. En juin, nous avons
organisé un atelier d’une journée pour présenter la méthode de dialogue SFP au
personnel de Rondine. Les participants se sont sentis responsabilisés par notre atelier et
nos animateurs ont été invités à revenir en novembre pour animer un séminaire de
quatre jours, dont une journée pour le personnel et trois jours pour les participants aux
programmes de Rondine.
La journée réservée au personnel a permis d'approfondir les fondements de la méthode
SFP et de discuter de la manière dont ces principes peuvent s'appliquer aux activités de
Rondine. Le séminaire intensif de trois jours destiné aux 60 participants
internationaux
Rapport annuel 2025 de la SFP 44
Les animateurs du SFP organisent un atelier pour les participants du programme Rondine en Italie, en novembre
2025
Le programme comprenait des exercices de réflexion guidée et des dialogues explorant
l'identité personnelle et collective, ainsi qu'un atelier permettant aux participants de
partager leurs expériences et leurs interprétations des conflits. Les réactions des
participants au séminaire ont été exceptionnelles. Plusieurs ont déclaré qu'il s'agissait
de l'expérience la plus intense sur le plan émotionnel qu'ils aient vécue depuis leur
arrivée à Rondine, et beaucoup ont estimé que cela leur avait permis de tisser des liens
plus profonds avec leurs homologues.
NECE Lab, Sarajevo, Bosnie-Herzégovine
En juin, nous avons participé à l'atelier « Travailler avec des groupes polarisés dans le
cadre de l'éducation civique », organisé par le NECE Lab Sarajevo, le Civics Innovation
Hub, EUSTORY et la Körber-Stiftung. Cet échange a réuni des éducateurs et des
animateurs de toute l'Europe afin de partager des stratégies sur la manière dont
l'éducation civique peut contribuer à combler les fossés émotionnels et sociétaux entre
les jeunes dans des sociétés polarisées marquées par des tensions nationales, ethniques,
politiques et religieuses.
Taiwan Peace Fellowship
En septembre, le directeur de la SFP, le Dr Roi Silberberg, a rejoint la Taiwan Peace Fellowship –
trois semaines en compagnie de 250 artisans de la paix, militants et universitaires
Rapport annuel 2025 de la SFP 45
venus du monde entier. Sur l’île de Kinmen, les participants ont découvert l’histoire de
la guerre civile chinoise et les tensions persistantes avec la République populaire de
Chine. Roi a donné des conférences et animé des ateliers à l’Université nationale
Chengchi, à l’Université nationale de Taipei et à Kinmen, en mettant l’accent sur le
dialogue, la consolidation de la paix et la résistance. Roi a résumé son expérience à
Taïwan en ces termes : « Mon séjour à Taïwan m’a fait prendre conscience de
l’importance de créer des espaces sûrs pour le dialogue, même lorsque les sujets sont
controversés, tabous ou politiquement sensibles. J’ai appris l’importance de la
consolidation de la paix au niveau communautaire, de l’intégration de l’innovation
numérique dans les luttes civiles, et de la pertinence de l’histoire israélopalestinienne
dans d’autres contextes mondiaux. » Réflexion complète du Dr Roi
Silberberg sur son séjour à Taïwan
Cours universitaire, Université de Vérone, Italie
Un séminaire animé par des facilitateurs de la SFP à l’Université de Vérone a réuni
un petit groupe d’étudiants afin de permettre une réflexion personnelle
approfondie. Des séances de théâtre, de photolangage et des ateliers terminologiques
ont aidé les étudiants à créer des liens émotionnels, à exprimer leurs conflits
intérieurs et à examiner comment le langage politique façonne la perception.
Au départ, les étudiants étaient hésitants et peu familiarisés avec les méthodes
dialogiques, mais leur engagement s’est accru à mesure que la confiance s’installait. À
mesure que des thèmes clés émergeaient, la difficulté d’exprimer leur voix authentique
sur les questions politiques et le climat émotionnel tendu sur les campus européens sont
devenus des points centraux de la discussion. Les étudiants comme le personnel
académique ont estimé que ce séminaire avait été une expérience marquante. Un
étudiant a conclu en déclarant : « Parler davantage du conflit israélo-palestinien
pourrait contribuer à sensibiliser et nous
apprendre à dépasser les stéréotypes et la
peur. Je pense que de tels dialogues peuvent
inspirer davantage d’empathie, de
compréhension et d’ouverture. »
Rapport annuel 2025 de la SFP 46
Conférenciers et présentations
Atelier « De la connexion à l'action : compétences pour le
dialogue et le leadership »
Un atelier organisé à l'intention des membres de « Humanity in Action », une
organisation internationale dédiée au développement du leadership. Le thème
principal abordé lors de cet atelier était la manière de créer un espace sûr propice au
dialogue, ainsi que les motivations qui poussent à engager le dialogue en cette
période difficile.
Le Centre Martin Buber pour l'éducation au dialogue
partagé à Beit Berl
Le Centre a pour objectif de réduire le fossé socio-économique entre les régions
centrales prospères du pays et sa périphérie plus défavorisée, ainsi que d’offrir de
meilleures perspectives aux jeunes en situation de vulnérabilité de la périphérie, y
compris au sein des communautés palestiniennes. Nous avons eu une discussion sur
place avec des étudiants au sujet de l’approche pédagogique du SFP et du dilemme
que représente le refus du service militaire.
Centre pour une société partagée de l'Institut Shalom-
Hartman à Jérusalem
L'institut Shalom-Hartman travaille avec des Palestiniens
et aux acteurs juifs du changement en Israël afin d’intégrer la notion de société
partagée. Le SFP a participé à une table ronde avec d’autres organisations sur les
défis liés à la création d’une société partagée, et a présenté une position critique sur
la définition courante de la société partagée.
Solidarité des nations
Un groupe de jeunes adultes juifs participant à un programme de quatre mois intitulé
« Achvat Amim » (qui signifie « Solidarité des nations » en hébreu) en Israël et en
Palestine, afin de s’engager dans des actions militantes et de contribuer à la
construction d’un mouvement aux côtés de Palestiniens et d’Israéliens. Conférence
sur la méthode de dialogue SFP suivie d’une visite guidée au NSWAS.
Rapport annuel 2025 de la SFP 47
Fondation Bosch
La Fondation Bosch soutient la paix durable
par un financement à long terme dans les régions en conflit. Avec des partenaires
locaux, elle initie des processus de paix et met en œuvre des projets sur le terrain.
Nous avons organisé un atelier pour les représentants de diverses organisations de
consolidation de la paix soutenues par Bosch.
Maison d'édition Lindau Think Tank
Réunion en ligne consacrée au concept de l'espoir tel que le conçoit le SFP, un espoir qui
ne repose pas sur des illusions optimistes, mais sur notre travail d'éducation politique.
Et sur la manière de dépasser les catégories politiques étroites pour construire à la
place un nouveau langage et de nouvelles alliances fondés sur la justice et l'égalité.
Atelier terminologique avec des amis américains et britanniques
associations du NSWAS
Au cours des dernières années, le SFP a développé un atelier de terminologie unique sur
les discours publics et les perceptions concernant le conflit israélo-palestinien. Des ateliers
ont été organisés en ligne avec l'American Friends Association et en présentiel avec la
British Friends Association.
Fondation Berghof
La Fondation Berghof œuvre à travers le monde pour créer un espace propice à la
transformation des conflits. Des animateurs du SFP ont rencontré à Berlin un
consultant senior de la fondation et ont discuté des méthodes permettant de faciliter
les rencontres entre groupes en conflit.
Rapport annuel 2025 de la SFP 48
École d'été Bucerius sur la gouvernance mondiale
Conférence en ligne sur la méthode SFP pour l'École d'été Bucerius 2025 sur la
gouvernance mondiale, organisée par la ZEIT STIFTUNG BUCERIUS et la Fondation Karl
Schlecht sur le thème « Repenser la gouvernance mondiale – S'adapter à un désordre
mondial croissant », destinée aux jeunes leaders du monde entier.
Conférence en ligne du professeur Ian Lustick de
l'université de Pennsylvanie sur « L'espoir et le
problème du solutionnisme dans le conflit israélo-palestinien »
Conférence destinée au personnel et aux diplômés du SFP sur les travaux de recherche
du professeur Lustick et son ouvrage intitulé « Paradigm Lost: From Two-State Solution to
One-State Reality », axée sur l'échec de la solution à deux États et la nécessité de
remplacer la réalité d'un seul État par un paradigme de démocratisation.
Table ronde en ligne organisée par Caritas Italie
Ahmad Mukbel, animateur du SFP originaire de Jérusalem-Est
et diplômé de la formation des animateurs et du cours international
, a représenté le SFP lors d’une table ronde en ligne. Il a conclu son témoignage par ces
mots :
« En participant aux cours du SFP, j’ai pu constater de près à quel point
« Notre démarche repose sur les connaissances, les outils professionnels,
l’expérience et, surtout, l’humanité. Dans ces programmes, les mythes des deux
côtés sont remis en question, et les participants acquièrent des outils concrets
qu’ils peuvent mettre en pratique dans leur propre vie. J’ai un rêve : voir une
paix véritable s’installer dans mon pays. Et c’est peut-être au sein du SFP et
dans le village de Wahat al-Salam – Neve Shalom que j’ai vu ce rêve se réaliser
le plus pleinement. »
Rapport annuel 2025 de la SFP 49
Apparitions dans les médias locaux et internationaux
SFP accorde une grande importance à l’engagement auprès de l’opinion publique
internationale et propose une analyse critique de la réalité actuelle, soulignant
l’échec des moyens violents pour résoudre les problèmes politiques, en proposant
une approche alternative fondée sur un dialogue honnête et la fin de l’occupation et
de l’oppression brutale des Palestiniens.
« Le dialogue en temps de guerre : la méthode de l'Ecole pour la paix et la pédagogie de
la justice sociale dans l'éducation » (en anglais). Blog sur l'éducation du Bristol Inter-
Disciplinary Group for Education Research (BRIDGE), comprenant une conférence de notre
directeur, le Dr Roi Silberberg, dans laquelle il partage son histoire personnelle et explique
comment celle-ci a été transformée par sa rencontre avec la SFP. Il retrace les débuts de
la SFP et la manière dont elle a été influencée par les théories mondiales de l'éducation à
la paix et les travaux de pédagogues critiques tels que Paulo Freire et Bell Hooks, mettant
l'accent sur l'autonomisation, la transformation et la pensée critique.
Janvier 2025 | lien vers le blog
Hebdomadaire arabe Kul-Al-Arab (en arabe)
: Le Dr Samer Swaid à propos du cours
d'urbanisme de SFP
Mai 2025 | lien vers l'article
Rapport annuel 2025 de la SFP 50
« Trois voix sur la question de l'extrémisme
israélien en Cisjordanie. Entretien avec Roi
Silberberg et Efrat Reubinof » (en italien). Le média
italien Terrasanta sur la violence des colons en
Cisjordanie
Août 2025 | lien vers l'article
« Ne pas se battre, c'est travailler dur » (néerlandais). Dans le magazine « De Groene
Amsterdammer ». Article sur le NSWAS comprenant une section sur la SFP et une
interview de Maisoon Badawi
Juillet 2025 | lien vers l'article
« Au-delà des gros titres. Une conversation sur la paix, Gaza et
Taïwan » (anglais). Le 52e épisode du podcast Taiwanology
comprend une discussion entre le Dr Roi Silberberg et le Dr
Hazem Almassry
Septembre 2025 | lien vers le podcast | lien vers la transcription
« Comment les Palestiniens et les Israéliens peuvent-ils dialoguer ? » (en allemand).
Sur WDR5, radio publique régionale allemande. Entretien avec le Dr Slieman Halabi et
des participants au Groupe de dialogue international.
Janvier 2026 | lien vers le podcast
Rapport annuel 2025 de la SFP 51
Recherche et rapports - Développer notre
connaissances et de notre expertise
Introduction
Outre notre mission éducative, SFP contribue régulièrement à faire progresser les
connaissances en vue d’une transformation sociopolitique. Nous produisons des
recherches, des rapports et des prises de position sur nos méthodes d’éducation politique
et de dialogue, en lien avec les développements locaux et mondiaux. Et nous sommes fiers
d'annoncer que l'article « Education for Democracy and Justice Under Fire: Integrating
Identity Perspectives into Global Citizenship Education in Conflict Settings » (L'éducation
à la démocratie et à la justice sous le feu des critiques : intégrer les perspectives
identitaires dans l'éducation à la citoyenneté mondiale en situation de conflit), que nous
avons présenté dans notre rapport annuel 2024 et qui a été rédigé par le Dr Roi Silberberg
et Noor Abo Ras, a été sélectionné pour figurer dans la liste des « Choix de la rédaction »
de la Revue internationale de l'éducation de l'UNESCO.
Actuellement, l’équipe de SFP rédige un article analysant le processus de facilitation
mené pendant trois ans auprès des enseignants de l’école bilingue palestinienne-juive
de NSWAS. Un résumé détaillé de l’article suit ci-dessous :
Face à la tempête qui se lève :
Animation du programme de développement professionnel
du personnel éducatif binational de l'école primaire NSWAS
(résumé détaillé)
Il s'agit d'un résumé détaillé d'un article en cours de rédaction par les animateurs
du SFP, analysant un processus d'accompagnement de trois ans auprès des
enseignants de l'école bilingue palestinienne-juive de NSWAS. Mené sous la forme
d'un programme de développement professionnel volontaire, ce processus combinait
des réunions régulières pendant l'année scolaire et des sessions de formation d'une
journée entière le week-end. Au cours de sa deuxième année, après le 7 octobre 2023
et la guerre à Gaza, il a également inclus un multi-
Rapport annuel 2025 de la SFP 52
séminaire d'une journée à Chypre, qui a mis en évidence à la fois l'engagement
profond du personnel envers la vision de l'école primaire et la difficulté de participer
dans un contexte de contraintes politiques aiguës.
Le processus comprenait des ateliers de dialogue, des sessions d’une journée, des
retraites, des présentations de cas et une coordination continue avec la direction de
l’école. Au lendemain du 7 octobre 2023, le personnel s’est réuni via Zoom dans un état
de choc profond. Cette première interaction a révélé une asymétrie significative dans les
expériences : les enseignants juifs ont parlé ouvertement de leur impuissance, de leur
anxiété et de leur inquiétude pour les membres de leur famille engagés dans l’armée,
tandis que les enseignants palestiniens sont restés largement silencieux. Ce silence
n’était pas un manque d’émotion, mais un mécanisme de survie et de résistance face aux
« tests de loyauté » répandus dans la sphère publique israélienne. Alors que leurs
collègues juifs interprétaient parfois ce silence comme un soutien à la violence, les
enseignants palestiniens étaient en réalité confrontés à la crainte de la surveillance, aux
risques professionnels et au danger de parler arabe ou de porter un hijab en public.
Les animateurs ont utilisé l’approche SFP du dialogue, qui considère le groupe comme
un microcosme de la société au sens large. Une méthodologie clé
Réunion d'un groupe d'enseignants devant la galerie d'art NSWAS
Rapport annuel 2025 de la SFP 53
consistait à diviser le personnel en sous-groupes uninationaux, permettant ainsi aux
participants de s’exprimer librement dans leur langue maternelle sans crainte
d’autocensure ni besoin d’apaiser l’autre partie. Cette stratégie a aidé le groupe à passer
d’une approche « thérapeutique » axée sur les traumatismes individuels à un discours
« pédagogique et politique » reconnaissant les identités nationales collectives et les
déséquilibres de pouvoir.
Malgré des années de pratiques communes, notamment l’enseignement bilingue, la
reconnaissance des deux calendriers nationaux et une collaboration soutenue, la guerre
a exacerbé les clivages idéologiques, les asymétries émotionnelles et l’inégalité
d’exposition au risque et à l’oppression systémique. Les enseignants ont décrit une salle
des professeurs hésitante, une incertitude quant à la manière de réagir aux déclarations
politiques des élèves et un fossé grandissant entre ce qui pouvait être dit à la maison et
au travail.
Afin de réduire davantage le fossé, le personnel a participé à une retraite à Chypre. Ce
séminaire a délibérément sorti le groupe de son contexte politique et institutionnel
immédiat, permettant ainsi des formes de réflexion largement inaccessibles en Israël.
Cette distance a donné lieu à un apprentissage comparatif sur le conflit chypriote et à
des moments de fierté face à la rareté et à la difficulté de maintenir un
en période de conflit actif.
En observant la division entre Grecs et Turcs
à Nicosie, les enseignants ont pu discuter de
concepts sensibles tels que les « frontières
», « l’occupation » et les « points de contrôle »
sans se mettre immédiatement sur la
défensive. Cette perspective extérieure a
permis une discussion approfondie sur la
terminologie
et le pouvoir, comme lorsque les enseignants palestiniens ont fait remarquer que ce qui
était un « passage » à Chypre était un « poste de Séance contrôle d'atelier » impliquant du groupe d'enseignants des armes et de la
peur dans leur propre vie quotidienne.
L'un des principaux défis pour les animateurs consistait à gérer la tension entre «
protection » et « mise au défi ». Bien qu'il y eût une volonté de protéger les
Rapport annuel 2025 de la SFP 54
Pour protéger les enseignants de la violence de la sphère publique, les animateurs
ont fait valoir qu’éviter toute discussion politique constituait en soi un acte politique
qui préservait le statu quo. Ils ont incité le personnel à aborder des sujets difficiles,
comme une exposition artistique sur la guerre, qui a finalement constitué une
expérience apaisante permettant au groupe de reprendre ses fonctions
professionnelles avec une conscience accrue. En fin de compte, l’animation visait à
intégrer le « ici et maintenant » de la dynamique de groupe au contexte politique
apparemment plus lointain. À l’issue du processus, le personnel était passé d’un état
de paralysie et de méfiance à un partenariat plus résilient.
Le programme a exploré différentes formes de silence. Les enseignants palestiniens
ont pratiqué un silence stratégique comme mécanisme de survie, façonné par la
vulnérabilité personnelle et institutionnelle, la répression et la menace de sanctions.
Les enseignants juifs ont décrit comment ils se réduisaient au silence par prudence,
par incertitude et par un besoin inhabituel de s’autolimiter. Une mauvaise
interprétation de ces silences a engendré du ressentiment et des accusations morales.
Les auteurs soutiennent que l'autocensure ne peut fonctionner comme une
pratique de survie consciente que lorsqu'elle est nommée et fait l'objet d'une
réflexion collective ; une censure tacite engendre stagnation et projections
dangereuses. Ils examinent également de manière critique les moments où leur désir
de protéger le groupe a pu limiter des remises en question nécessaires, soulevant des
questions sur la responsabilité de l'éducateur d'introduire des perspectives politiques,
malgré la résistance.
Ce processus montre qu’une animation soutenue et fondée sur une réflexion critique
peut aider les équipes éducatives binationales, et les équipes binationales en général,
à rester opérationnelles dans des conditions extrêmes. Si les asymétries de pouvoir
ne peuvent être résolues dans le cadre limité du développement professionnel au sein
d’une école publique financée par l’État, elles peuvent toutefois être mises en
lumière et partiellement surmontées. Les auteurs concluent que la capacité du
personnel à « regarder la réalité en face » sans que leur partenariat ne s'effondre
démontre la possibilité de maintenir une mission éducative binationale dynamique,
même en période de crise extrême.
Rapport annuel 2025 de la SFP 55
Partenaires du SFP
Depuis 2025, des particuliers et des organisations en Palestine/Israël et à l'étranger
soutiennent SFP et collaborent avec nous pour promouvoir la justice et l'égalité. Sans
eux, nos succès et notre influence croissante n'auraient pas été possibles. Ces
partenaires proviennent d'horizons géographiques et de domaines professionnels
très variés ; ils renforcent nos efforts tout en apportant de nouvelles idées pour
améliorer notre travail.
Nous tenons à souligner notre coopération particulière avec le
Rossing Center :
S p o t l i g t t
Le rôle du dialogue uninational : atelier
avec les animateurs du Centre Rossing
Le Centre Rossing pour l'éducation et le dialogue est une
organisation interreligieuse basée à Jérusalem qui œuvre
en faveur de la justice et de l'égalité tant pour les Israéliens
que pour les Palestiniens, et qui considère la diversité
religieuse,
ethnique et nationale comme un atout pour la société. SFP a organisé un atelier
d’une journée pour 22 animateurs du Centre Rossing, au cours duquel nous avons
présenté et discuté notre approche unique du dialogue de groupe. L’accent a été mis
sur le rôle du dialogue uninational et son importance dans le cadre plus large du
dialogue binational. L’équipe du Centre Rossing a trouvé l’atelier enrichissant et a
manifesté un vif intérêt pour l’intégration de l’outil de dialogue uninational dans ses
groupes de dialogue.
Nos partenaires, à qui nous exprimons toute notre
gratitude
56
Programme Taiwan Peace
Fellowship
Rapport annuel 2025 de la SFP 57
Rejoignez-nous pour renforcer la voie vers l'égalité, la justice et la
paix
Nous tenons à remercier chaleureusement toutes les personnes qui
ont permis à notre travail, de plus en plus important, de se
poursuivre et de se développer. Votre générosité et votre soutien
constituent le fondement qui renforce le chemin vers la paix.
Les dons à l'Ecole pour la paix
à Neve Shalom Wahat al-Salam peuvent être versées à :
Banque Hapoalim n° 12/690, King George 16, Jérusalem
Nom du compte : Ecole pour la paix, Amutat
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