Rapport annuel SFP 2023, traduit en français
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Oasis de la Paix, L'École de la Paix
L'École de la paix, Oasis de la paix
L'Ecole pour la paix
RAPPORT
ANNUEL 2023
1
TABLE DES MATIÈRES
Lettre du directeur .........................................................................................6
Cours « Agents du changement ».................................................................8
Formation des animateurs en collaboration avec Sadaqa-Reut ..............................................9
Cours sur la justice climatique et environnementale en collaboration avec
Citizens For the Environment (CFE).............................................................................................10
Cours sur les leaders dans les villes mixtes, en collaboration avec Sikkuy-Aufoq ........................11
À L'AFFICHE : Abraham AlterVisites narratives | Kholoud Abu Ahmad ...............................13
Réseau des diplômés du SFP........................................................................14
Questions avancées en animation de groupe..............................................................................14
Forum des politiciens...................................................................................................................15
Deuxième conférence annuelle des diplômés du SFP .............................................................16
À L'AFFICHE : Dogma 4.8 | Einat Weizmann..........................................................................19
Activités avec nos communautés d'origine ..................................................20
Séances de dialogue pour les résidents de Wahat al-Salam - Neve Shalom...................20
Séances de dialogue pour les enseignants et les parents à l'école primaire de Wahat al-
Salam - Neve Shalom.................................................................................................................21
Visite d'une exposition d'art palestinien en collaboration avec la Village Art Gallery ...............22
Activités pour les jeunes adultes et les étudiants.....................................24
Séminaire « Dialogue » du week-end.......................................................................................24
Atelier de dialogue pour le groupe de jeunes « Heart-to-Heart »
en collaboration avec Givat Haviva ............................................................................................25
Visite des groupes en année sabbatique de l'AJEEC .......................................................26
Séance de réflexion critique pour l'Israeli Policy Forum (IPF).....................................................26
Activités « Desert Stars » ..........................................................................................................27
Atelier des enseignants de Lavi ................................................................................................27
Programme de stages pour étudiants internationaux............................................................27
2
Résister au coup d'État judiciaire de 2023 ..................................................30
Programme de formation avancée aux droits de l'homme pour les avocats ..............................31
Forum des avocats de la SFP........................................................................................................31
Séminaire sur le coup d'État judiciaire : BRAK (Barreau allemand).............................................32
Dialogue entre les dirigeants de l’opposition au coup d’État judiciaire
et les dirigeants des citoyens palestiniens d’Israël .....................................................................33
Dialogue dans l'obscurité : actions d'urgence en temps de guerre....................34
Forums des diplômés du SFP : sessions de dialogue en temps de guerre...................................35
Atelier de dialogue - Le Fonds pour l'éducation innovante ....................................................36
Activités universitaires.................................................................................................................36
Diffusion de notre message : apparitions médiatiques du SFP....................................................38
Renforcer notre communauté par la connaissance : conférences en temps de guerre .............38
ARTICLE : Le dialogue en temps de guerre -
Une analyse des sessions de dialogue en temps de guerre de la SFP ....................................40
Activités à l'étranger.....................................................................................44
Voyage d'étude de la Fondation Bosch........................................................................................44
Formation pour le New Israel Fund Allemagne ...........................................................................45
Délégation du SFP en Suède et consultation auprès de l'organisation de jeunesse « Fryshuset »45
Dialogue entre Israéliens et Palestiniens vivant en Europe.........................................................46
À LA UNE : Services sanitaires pour les Gazaouis déplacés | Seba Abu Daqa
et Tom Kellner .....................................................................................................................47
Nos collaborations ........................................................................................48
Atelier destiné au personnel médical : Centre médical Carmel ..................................................49
Retour aux sources : le SFP revient sur un campus reconstruit....................50
Résumé............................................................................................................51
En couverture : le bâtiment SFP rénové
3
2023
en
chiffres
à l'Ecole pour la paix
1344 60 %
Participants à toutes les
activités
augmentation
2022 2023
609 30 %
Nombre total d'heures pour
toutes les activités
augmentation
2022 2023
71
conférences
115
%
augmentat
ion
2022
2023
Collaborations avec
27
80
on
organisations
%
augmentati
2022
2023
NOTRE
COMMUNAUTÉ
3
Cours « Agents
du changement
»
Oasis de la paix, École de la paix
6
L'École de la paix, Oasis de la paix
L'Ecole pour la paix
forums actifs
pour les diplômés
Justice
climatique et
environnementa
le
Villes
mixtes
Animateu
rs de groupe
Avocats
Villes mixtes
4
Les diplômés ont
reçu une bourse
spéciale
Urbanistes et
architectes
Professionnels
de la santé
mentale
Éducation à l'environnement
Aménagement participatif d'un
village palestinien
Performance artistique politique
à partir de documents d'archives
Film documentaire sur une vision politique
Cinéma et
arts du
spectacle
Animateurs
Hommes politiques
ACTIVITÉS D'URGENCE EN TEMPS DE
GUERRE
Réponse d'urgence à
13
organisations
partenaires
9
groupes issus de notre
communauté immédiate
un total de
70
séances
de
dialogue
800
participants
LETTRE DU
DIRECTEUR
Nous traversons actuellement la période la plus difficile que les militants pour
la consolidation de la paix aient jamais connue dans la région. La combinaison
du coup d’État judiciaire et de la guerre qui a éclaté le 7 octobre a créé un
schisme profond dans l’Israël d’aujourd’hui. En fin de compte, nous pensons que
ce schisme a rendu vains tous les efforts visant à changer la politique sous le
régime actuel, ce qui a détourné l’essentiel de notre attention vers la
transformation de l’ordre établi afin de parvenir à une réalité plus égalitaire, de
garantir les droits des Palestiniens et d’assurer un avenir meilleur pour tous.
Les événements récents ont clairement montré que le contexte des relations
collectives entre Juifs et Palestiniens l'emportera toujours sur toute coopération
locale. Il est primordial que nous acceptions le fait dérangeant que, sous ce
régime, la vision d'une société partagée fondée sur des intérêts communs
ancrés dans des défis locaux concrets n'est pas viable à long terme. Au SFP, nous
refusons de nous contenter de gestes isolés de bonne volonté, car nous savons
que la complaisance peut conduire à la normalisation de l’oppression
palestinienne et à l’acceptation d’un statu quo sanglant. De plus, l’expérience
nous a montré que les relations judéo-palestiniennes doivent être envisagées
de manière holistique, en reconnaissant que le peuple palestinien est un tout,
et non un ensemble d’îlots fragmentés (Gaza, la Cisjordanie, les citoyens
palestiniens d’Israël, les réfugiés palestiniens). Notre travail n’est pas un
pansement, mais un catalyseur pour transformer la réalité politique.
6
Cette année, nous avons mis l’accent sur l’élargissement de notre sphère
d’influence grâce à la coopération avec des organisations éducatives et
politiques partageant les mêmes idées, tant en Israël qu’à l’étranger. Ces
partenariats nous permettent de toucher un public plus large et de façonner
l’opinion publique, d’adopter de nouvelles perspectives et de nouveaux outils, et
d’améliorer nos activités.
L'année écoulée a été marquée par des crises. Le coup d'État judiciaire et la
guerre ont fait resurgir les démons qui se cachaient dans notre conscience
collective, et le SFP a joué un rôle de premier plan pour y faire face. Les activités
détaillées ci-dessous démontrent notre capacité à naviguer en temps réel à
travers des événements tumultueux avec ingéniosité et créativité. Notre force de
caractère découle de notre approche du dialogue : nous abordons les choses
avec sincérité, sans les normaliser ni minimiser l’influence de l’oppression. De
cette manière, nous évitons de nous bercer d’illusions, nous saisissons la
complexité des événements au fur et à mesure qu’ils se déroulent, nous
comprenons leurs causes sous-jacentes et nous conservons notre confiance en
« l’autre ». C’est ainsi que nous trouvons une voie à suivre en ces temps
extrêmes et incertains.
Dans ce contexte, nous sommes particulièrement fiers de nos diplômés qui
continuent de militer pour le changement en développant et en mettant en œuvre
des projets (voir les exemples dans les sections ci-dessous) face à des obstacles
insurmontables, au silence imposé et même à la persécution de l’État et de la société.
Nous sommes fiers de la communauté de pratique que nous avons développée et
nous continuerons à la soutenir et à la guider à travers ces temps troublés – pour
son bien et celui de notre société dans son ensemble.
Dr Roi Silberberg, directeur du SFP
7
AGENTS
DU
CHANGEMENT
Ces cours, d’une durée de plusieurs mois, constituent le cœur des activités du SFP
en tant qu’organisation d’éducation politique. Au cours de ces formations, les
militants politiques découvrent notre méthode de dialogue unique, reçoivent des
conseils pratiques pour planifier et mettre en œuvre des initiatives visant à changer la
réalité, et sont formés aux aspects pertinents du conflit israélo-palestinien. En 2023,
nous avons continué à concevoir et à développer des programmes destinés à divers
domaines professionnels dans le but d’influencer les décideurs politiques au sein des
institutions établies, ainsi que par le biais de l’activisme politique de base.
Aujourd’hui, nous proposons des cours sur mesure pour les dirigeants de villes
mixtes, les professionnels de la santé mentale, les écologistes, les urbanistes et les
architectes, les avocats, ainsi que pour ceux qui souhaitent devenir animateurs de
groupes de dialogue palestino-juifs, parmi bien d’autres.
Nos cours explorent trois aspects de la consolidation de la paix : mener un véritable
dialogue égalitaire, accumuler des connaissances, et développer et mettre en
œuvre des initiatives. Des conférences et des excursions qui suscitent la réflexion
mettent en lumière les réalités sociologiques, éducatives, économiques et juridiques
qui affectent la vie dans la région. Des discussions uninationales et binationales
mettent en lumière les relations de pouvoir inégales, les identités personnelles et
nationales des participants ainsi que leurs rôles dans le conflit, tout en affinant leurs
capacités de réflexion critique. Enfin, les participants développent leurs propres
initiatives avec l’aide de notre équipe.
8
Formation des animateurs
en collaboration avec Sadaqa-Reut
Dans cette édition spéciale de notre formation destinée aux animateurs de groupes
de dialogue entre Palestiniens et Juifs, nous avons collaboré avec Sadaqa-Reut, une
organisation binationale d’éducation politique et sociale pour les étudiants et les
jeunes motivés par le changement social. Comme l’a déclaré Rahada Shbeita Arafat,
codirectrice de Sadaqa-Reut : « Nous partageons les principes, les intentions, les
convictions et l’approche de la SFP en matière de facilitation des conflits, et nous la
considérons comme une source de connaissances reconnue et un partenaire de
collaboration fructueuse. Nous sommes tous deux
« Je crois qu’une société
égalitaire nécessite une
responsabilité mutuelle et
une reconnaissance
critique des mécanismes
oppressifs qui l’empêchent,
et que le dialogue peut
grandement contribuer à y
parvenir. »
La plupart des
participants au cours
avaient une expérience Remise des diplômes de la formation des animateurs, juillet 2023
des organisations
binationales
et la formation elle-même comprenait trois modules : l’étude des théories sociopsychologiques
et de la méthode de dialogue unique du SFP ; une expérience
pratique de discussions uninationales et binationales ; et une formation pratique à
l’animation de groupes de dialogue. Nous avons discuté du rôle du langage dans
l’oppression et la communication, de l’interaction entre genre et nationalité, du
subterfuge binationale du conflit, et bien plus encore.
Selon Tal Kulka, animateur du SFP, « de nombreux participants juifs ont [au départ]
rejeté l’idée qu’une conversation honnête nécessite de reconnaître le rapport de force
inégal, ce qui a aliéné de nombreux Palestiniens, mais à la fin du cours, la plupart des
premiers ont reconnu leurs privilèges, et la plupart des seconds se sont sentis plus
autonomes ».
9
Excursion du cours sur la justice climatique et environnementale à Jisr az-Zarqa, juillet 2023
Cours sur la justice climatique et environnementale
en collaboration avec Citizens For the Environment (CFE)
L'hypothèse selon laquelle notre relation à l'environnement est influencée par la
politique est au cœur de la consolidation de la paix environnementale telle que
nous la concevons. C'est une manière de mettre à profit les préoccupations
climatiques communes au service de la paix et d'appliquer une réflexion critique à
l'allocation des ressources. La dernière édition de notre cours sur la justice
environnementale (juin 2023-mars 2024) a été organisée en collaboration avec
Citizens For the Environment (CFE), une organisation à but non lucratif qui se
consacre à la défense des besoins et des défis environnementaux de la communauté
palestinienne en Israël. L'excellente coopération avec CFE nous a permis de mieux
former les participants aux différentes manières dont ils peuvent simultanément
créer une société plus égalitaire et respectueuse de l'environnement grâce au
dialogue, à la mise en pratique de la création d'initiatives environnementales et à des
excursions éducatives.
Mais la guerre a compliqué notre tâche. Le chagrin et la terreur font paraître les
préoccupations environnementales lointaines, tout en pesant lourdement sur
des relations binationales déjà tendues. Néanmoins, nous avons poursuivi nos
réunions, et comme l’a souligné Maytal Strul, l’animatrice juive : « Nous avons
pris conscience de l’importance capitale de maintenir le lien en de tels moments.
» Un participant palestinien a déclaré que « le cours offre un espace sûr, à l’abri
de la violence extérieure ». Au lieu de nous détourner de nos préoccupations
environnementales, nous avons trouvé des moyens d’intégrer la guerre dans
notre programme en discutant
10
l’immense coût environnemental que la guerre nous inflige – un message qui brille
par son absence dans les cercles environnementaux politiquement non
critiques en Israël.
Malgré les difficultés, nous avons soutenu les initiatives environnementales
naissantes de nos participants par des consultations individuelles, ce qui a donné
lieu à des projets prometteurs. Un exemple particulièrement notable a été une
demande de réunion adressée au directeur général de l’Organisation pour la vie
et l’environnement, dans laquelle deux participants au cours ont convoqué une
réunion avec l’organisation et l’ont appelée « à prendre une mesure décisive
pour promouvoir la fin de la guerre, tout en proposant un plan d’action
alternatif », en invoquant plusieurs motifs liés aux dommages causés par Israël
à l’environnement et à la population de Gaza, notamment « le ciblage des
installations de traitement des eaux et des canalisations d’égouts », et «
l’augmentation de la concentration en métaux lourds dans le sol ».
Cours « Leaders in Mixed Cities »
en collaboration avec Sikkuy-Aufoq
Pour sa septième année consécutive, le cours 2023-2024 « Agents du
changement » destiné aux dirigeants des villes mixtes n’a jamais été aussi
pertinent, car même dans les meilleures circonstances, les relations
binationales en Israël sont fragiles. Le spectre de la flambée de violence de mai
2021 dans les villes mixtes et la terreur écrasante de la guerre actuelle pèsent
lourdement, menaçant de replonger la situation dans le chaos. Ce cours vise à
favoriser une compréhension profonde entre les groupes nationaux qui partagent
Première session du cours « Leaders in Mixed Cities », novembre 2023
les villes et à promouvoir l’égalité pour les personnes privées de leurs droits
11
Remise des diplômes du cours « Leaders in Mixed Cities », mars
2024
communautés qui y vivent, comme
base d’une réalité meilleure tant
pour les Juifs que pour les
Palestiniens.
Nous avons collaboré avec Sik-kuy-
Aufoq, une organisation à but non
lucratif binationale juivepalestinienne
fondée en 1991,
spécialisée dans la modification des
politiques visant à promouvoir
l’égalité. Ya’ala Mazor, co-directrice
du département « Société partagée » de Sik-kuy-Aufoq, a expliqué cette
coopération : « Nous tirerons certainement profit des années d’expérience du SFP
dans la promotion du dialogue judéo-palestinien et la création de communautés de
pairs. Ces compétences nous permettront de mieux ancrer nos valeurs fondamentales
communes de coopération et d’égalité dans la vie quotidienne, et de doter les
participants de capacités pratiques qui leur permettront d’élargir leurs cercles de
soutien et d’agir en tant que leaders d’un changement systémique efficace. »
Nous avons recruté 20 militants (dont 18 femmes) issus de villes mixtes et occupant des
postes influents, notamment des organisateurs communautaires, des administrateurs
municipaux et des responsables éducatifs. Au départ, nous craignions que les
participants ne se désistent en raison de la guerre, mais il s’est avéré qu’ils
étaient motivés par l’urgence d’améliorer la réalité contre toute attente.
Au cours de sessions de dialogue binational, les participants ont examiné comment la
terminologie peut trahir des idéologies cachées, comme c’est le cas avec les termes «
terroriste » ou « combattant de la liberté ». Un participant palestinien a déclaré : «
La terminologie façonne les relations de pouvoir, et j’utilise cet espace, et ce groupe,
pour essayer de proposer une autre façon de formuler les choses. »
Le cours a été prolifique, les diplômés ayant conçu de nombreux projets visant à
changer la réalité. Parmi ceux-ci figurent un groupe d’étude en pleine expansion sur
le climat et la justice sociale, dédié à la diffusion de connaissances critiques ; une base
de données en ligne sur les résidents palestiniens de Jaffa menacés d’expulsion ; deux
ateliers sur l’identité destinés à des adolescents juifs et palestiniens ; et une visite
éducative de Jérusalem qui montre à la fois ses facettes juives et palestiniennes. Une
participante a déclaré que le cours l’avait aidée à « ouvrir les yeux et à voir la réalité
clairement ».
12
POINT FORT : PROJET D’UNE DIPLÔMÉE
Abraham AlterVisites narratives Kholoud
Abu Ahmad
Les visites guidées durables « Abraham Alternative » sont une idée originale de la
militante et diplômée du cours « Leadership in Mixed Cities » du SFP, Kholoud Abu
Ahmad, en collaboration avec son partenaire juif,
Maoz Ynon. Au cours de ces visites, les
participants découvrent l’histoire des villes
mixtes à travers le regard des habitants, ce
qui favorise la compréhension, renforce les
économies locales et encourage
l’engagement en mettant en lumière les
récits occultés des Palestiniens.
Kholoud Abu Ahmad animant une visite guidée à Haïfa
Par exemple, l’un des sites préférés d’Abu Ahmad lors de la visite de Nazareth est le
« mur de la Nakba » : un mur situé à l’entrée de la vieille ville sur lequel les jeunes
ont pour habitude de peindre des graffitis racontant l’histoire de la Nakba, bien que
la municipalité ne cesse de les recouvrir de peinture. En mai 2022, un portrait de la
journaliste palestinienne Shireen Abu Akleh, abattue par des soldats israéliens, est
apparu sur le mur, avant d’être effacé après le déclenchement de la guerre. Là, Abu
Ahmad nous a dit : « Nous ne pouvons pas partager cette terre tant que nous
n’aurons pas appris à écouter toutes les histoires nationales qui s’y déroulent, car la
clé de la coopération réside dans la reconnaissance. C’est pourquoi j’insiste pour
raconter mon histoire et celle de mon peuple, tout comme ces jeunes gens courageux
et tenaces qui résistent à la censure des autorités en repeignant ce mur. »
Abu Ahmad affirme que son expérience au sein du SFP l’a aidée à « comprendre
certains aspects des villes mixtes qui sont activement occultés, ainsi que les défis
particuliers auxquels elles sont confrontées », et qu’elle lui a donné « les outils
pour agir de manière plus globale au sein de la communauté ».
L’équipe du SFP près du Mur de la Nakba, Nazareth, novembre 2022 Le mur de la Nakba effacé, Nazareth, novembre 2023
13
RÉSEAU
DES
DIPLÔMÉS DU
SFP
Au cours des dernières années, nous avons investi dans le développement de
relations solides avec les diplômés de nos formations grâce à des forums de
diplômés, des activités sur mesure, des newsletters et des programmes avancés, dont
notre conférence annuelle des diplômés. Aujourd’hui, nous disposons d’une
communauté de diplômés qui soutient ses membres sur les plans moral,
émotionnel, pratique et intellectuel, alors que nous nous efforçons de changer le
statu quo pour parvenir à une société plus juste. En 2023, notre réseau de diplômés
a maintenu et continue de réaffirmer notre engagement commun à forger un avenir
meilleur malgré la délégitimation des voix critiques en ces temps de troubles
politiques diviseurs et de guerre. Voici quelques exemples d’activités menées dans ce
contexte.
Thèmes avancés en animation d’ s de groupe
Le traumatisme sans cesse croissant infligé par la guerre et le conflit rend le
dialogue entre Juifs et Palestiniens plus tendu que jamais. Répondant à un
besoin croissant chez nos diplômés et nos facilitateurs, nous avons décidé de
lancer un cours avancé destiné aux facilitateurs, visant à partager et à analyser les
expériences des facilitateurs de dialogue afin de développer des outils qui leur
permettront de poursuivre leur travail de dialogue transformateur, en inspirant
les participants à agir pour le changement.
La première édition s'est achevée (avril 2023-janvier 2024) avec des résultats
remarquables. Les diplômés ont assisté à des conférences passionnantes
données par des psychologues, des universitaires et
activistes qui promeuvent le dialogue binational, expliquant les outils
conceptuels et émotionnels qu’ils ont développés pour faire face et progresser,
ce qui a donné lieu à des discussions fructueuses entre les participants sur leurs
propres expériences.
Les discussions ont porté sur un large éventail de sujets : la promotion de l’égalité
dans un contexte de disparités de pouvoir inégales ; la langue et l’hégémonie ; la
gestion de l’implication émotionnelle ; la définition d’objectifs réalistes sans
compromettre les idéaux ; le rôle de l’égalité des genres dans les conflits nationaux,
et bien plus encore.
Forum des politiciens
En septembre dernier, nous avons organisé la première réunion de notre Forum des
politiciens, réunissant des diplômés juifs et palestiniens de nos anciens cours
destinés aux futurs agents du changement. Le récent coup d’État judiciaire mené par
des politiciens de droite et la montée d’une rhétorique politique déshumanisante en
Israël nous ont fait prendre conscience de la nécessité de développer une perspective
binationale au sein des institutions et du discours politique public.
La professeure Ariella Friedman lors d’une intervention dans le cadre d’une session sur les questions avancées en animation de groupe, mai 2023
15
Parmi les thèmes abordés figuraient le désintérêt croissant des jeunes juifs pour
l’égalité, la nécessité d’intégrer les Palestiniens dans le militantisme, la situation
désespérée du crime organisé dans les communautés palestiniennes, et bien d’autres
encore. Les participants ont assisté à une conférence très instructive et ont discuté de
projets pour l’avenir, tels que le renforcement d’un discours axé sur la justice,
l’apport d’un soutien moral pour éviter l’isolement social et l’analyse des modes de
fonctionnement de la droite.
Nous espérons que ce forum continuera à évoluer et à former une nouvelle
génération de responsables politiques influents, issus des deux camps politiques,
capables de jeter les bases d’une collaboration fondée sur la responsabilité
mutuelle. Malgré la situation actuelle de guerre infernale, et en réponse à celle-ci.
Deuxième conférence annuelle des
diplômés du SFP
L'année 2023 a été particulièrement difficile pour nos diplômés, même avant
cette terrible guerre, car l'extrême droite s'est emparée du gouvernement et du
parlement, et a sapé le pouvoir de la Cour suprême de contrôler les abus de pouvoir du
gouvernement. Nos diplômés ont souffert d'une répression accrue en raison de leurs
opinions critiques. C'est pourquoi nous avons jugé crucial de réunir nos diplômés lors
d'une conférence et de leur rappeler qu'ils font partie d'une communauté solidaire.
Les animateurs du SFP lors de la conférence
16
Noam Shuster-Eliassi, humoriste politique et militant, né et élevé à NSWAS, a présenté
un spectacle de stand-up bilingue lors de la conférence
La conférence (17-18 mars 2023) s’est articulée autour du thème du dialogue et
de l’activisme en période de crise. Environ 120 diplômés de différentes
promotions du SFP se sont réunis à Wahat al Salam-Neve Shalom (ci-après
NSWAS) pour un week-end de conférences données par des universitaires et des
dirigeants politiques de premier plan, de sessions de dialogue uninational et
binational, ainsi que d’activités sociales. Selon une participante juive, la
conférence « a suscité de nombreuses réflexions et émotions » et lui a appris « le
rôle important de l’imagination politique en tant que vecteur de changement et
de dialogue sincère ».
La conférence était entièrement bilingue et comprenait des services de traduction
simultanée afin de permettre à tous les participants de s’exprimer sur
Les participants à la conférence
17
sur un pied d'égalité et dans leur langue maternelle. Tout au long du week-end, les
participants ont échangé leurs points de vue, trouvé l'inspiration dans les initiatives
des uns et des autres, collaboré à de nouveaux projets et réaffirmé leur sentiment
d'appartenance à une communauté. Un participant juif a déclaré : « C'était
émouvant de voir tant de personnes de bonne volonté s'efforcer de bâtir une société
juste dans notre région. »
Nous avons clôturé la conférence en mettant en lumière les projets
exceptionnels et variés qui ont remporté les bourses SFP-Nava Sonnenschein
pour cette année-là. Parmi ceux-ci figuraient un projet architectural visant à
transformer un parking délabré en un parc accueillant et riche en informations
historiques ; un documentaire sur une initiative de paix binationale ; un
programme éducatif visant à enseigner aux enfants comment transformer les
déchets de construction en outils de jardinage ; et une performance artistique
utilisant des archives sur le conflit israélo-palestinien (« Dogma 4.8 »). Les
diplômés ont déclaré que l’opportunité de se réunir avec des pairs partageant
les mêmes idées, de présenter leur travail et d’être reconnus pour celui-ci, leur
avait été inestimable, car la consolidation de la paix en Israël peut être une
tâche très solitaire et ingrate.
De gauche à droite : Avraham Burg, le Dr Roi Silberberg, le Dr Nava Sonnenscein et le Dr
Nasreen Hadad Haj Yahya, lors de la table ronde principale de la conférence
18
POINT FORT : PROJET D’UN DIPLÔMÉ
Dogma 4.8 Einat Weizmann
« L’art change les perspectives en s’adressant directement aux cœurs et aux
esprits, en bouleversant le quotidien et en remettant en question ce que les
médias et la politique occultent souvent. Il peut ouvrir une fenêtre sur des lieux
que nous avons tendance à ignorer et sur des endroits où personne d’autre ne
pénètre. » Einat Weizmann
Dogma 4.8 est un projet artistique
documentaire unique composé de 8
courts métrages réalisés par des artistes
juifs et palestiniens, inspirés de
documents d’archives officiels, dont la
diffusion a débuté en mai 2023. Il a été
conçu et réalisé par Einat Weizmann,
réalisatrice chevronnée, actrice et
diplômée de la SFP. L’objectif était de
créer une
Une invitation en hébreu à Dogma 4.8
une archive performative qui met à nu les politiques israéliennes occultées au fil des
décennies, montrant comment les décisions passées influencent les actions
présentes. Chaque artiste intègre dans son œuvre un document d’archive ancien et
un document contemporain. « Israël est comme une maison hantée », déclare
Weizmann, « nous devons revisiter les événements refoulés, sous peine de continuer à
faire face à des spectres ».
Chaque pièce dure 8 minutes et 40 secondes, en référence à 1948, ou « l’année du
péché originel », comme l’appelle Weizmann. « Dogma » fait référence au Dogme 95,
le mouvement cinématographique danois des années 90 qui a poussé le médium à
redéfinir son rôle, inspirant Weizmann à utiliser le théâtre pour aborder l’oppression
et comme
catalyseur de l’action politique et
de la pensée critique. Les artistes
présentés explorent des sujets tels
que la censure, la violence
institutionnelle, les prisons
politiques et bien d’autres.
Einat Weizmann présentant son projet lors de la conférence
annuelle des diplômés
ACTIVITÉS AVEC
NOS
COMMUNAUTÉS
La société de Wahat-al-Salam-NSWAS constitue la communauté immédiate de la
SFP. En effet, le SFP a été créé par les fondateurs du village afin d’organiser des cours
d’éducation politique destinés au grand public, au-delà des limites du village. Mais
notre mission s’étend également à l’intérieur de NSWAS, et nous avons toujours
œuvré activement à favoriser le dialogue entre les habitants du village et le
personnel. Depuis le début de la guerre, nous encourageons le dialogue en ces
temps difficiles auprès des habitants, des enseignants, des parents et bien d’autres.
Séances de dialogue pour les habitants de
Wahat al-Salam - Neve Shalom
Les habitants de NSWAS ne sont pas déconnectés de la réalité. Bien au contraire :
ils sont contraints d’affronter le conflit de manière d’autant plus vive qu’ils ne
peuvent éviter leur « autre » politique. La guerre a tendu les relations entre
Palestiniens et Juifs, c’est pourquoi le SFP a jugé impératif d’adresser une invitation
ouverte aux habitants de NSWAS pour qu’ils participent à un dialogue.
Au cours de six sessions, deux uninationales et quatre binationales, les résidents
ont partagé leurs émotions et leurs attentes les uns envers les autres, et ont
tenté de faire preuve d’empathie envers des points de vue radicalement
opposés, précisément au moment où il est le plus tentant de
20
Les résidents du village lors d’une session de dialogue, octobre
2023
ignorer la complexité de la réalité. Au final, leur confiance et leur empathie
mutuelles se sont renforcées, et ils ont acquis la conviction qu’ils étaient
capables de trouver un terrain d’entente et une compréhension mutuelle
malgré les obstacles.
Séances de dialogue pour les enseignants et
les parents à l'école primaire Wahat al-Salam
- Neve Shalom
Séances de dialogue pour les enseignants
Les enseignants de l’école primaire bilingue et binationale NSWAS ont la
lourde responsabilité de transmettre les idéaux de coexistence du village à la
prochaine génération, même en temps de guerre. Pour les aider, nous avons
organisé un séminaire en trois sessions à l’intention des enseignants de l’école,
au cours duquel ils ont retrouvé leur sentiment d’autonomie et ouvert des voies
de communication, apaisant ainsi leurs craintes d’un éventuel musellement
politique et réaffirmant leurs valeurs éducatives et sociales communes.
21
Séance de dialogue avec les parents
Neuf jours seulement après le début de la guerre, nous avons été convoqués à
l'école primaire pour aider la communauté des parents à faire face à leur
ambivalence. D'un côté, ils souhaitent sincèrement coopérer, mais de l'autre, ils ne
peuvent ignorer les défis posés par le binationalisme en temps de guerre. Lors de la
première session d'une série prévue, nous avons abordé les thèmes du nationalisme,
du quiétisme, des loyautés divergentes, de l'injustice générationnelle et du cycle de la
violence et de la vengeance, thèmes que nous continuerons d'approfondir lors des
prochaines sessions de dialogue.
Enseignants du primaire lors d'un séminaire de week-end, février 2024
Visite d'une exposition d'art palestinien
EN COLLABORATION AVEC LA GALERIE D'ART DU VILLAGE
L'art fait partie de l'identité d'une nation et revêt donc un caractère politique. En
Israël, l'expression politique palestinienne à travers l'art est étouffée, car elle ne
bénéficie d'aucun financement ni d'aucune tribune. Récemment, le musée d'art
Mishkan Ein-Harod a organisé une exposition sans précédent, intitulée « Spirit of
Man, Spirit of Place » (L'esprit de l'homme, l'esprit du lieu), composée exclusivement
d'œuvres de cinq artistes palestiniens de la famille Abu-Shakra. Michal Modrik,
diplômée du SFP et conservatrice adjointe du
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résidents du Village et diplômés du SFP présents dans l’exposition.
exposition, a collaboré avec le personnel du SFP et la galerie NSWAS dirigée par
Dyana Shaloufi-Rizek pour organiser une visite des diplômés du SFP et des
résidents de la NSWAS. Cette coopération s’est avérée fructueuse, les visiteurs
ayant trouvé l’art débordant d’intention et d’expression et ayant estimé que la
visite était inspirante et stimulante.
Résidents du Village et diplômés du SFP présents à l’exposition. 1er à droite : l’artiste Farid Abu Shakra ; 3e à droite : l’artiste
et propriétaire de la galerie d’art d’Umm el-Fahem, Said Abu Shakra
23
ACTIVITÉS
POUR LES
JEUNES
ADULTES ET
LES
ÉTUDIANTS
Les jeunes adultes d’aujourd’hui sont les décideurs de demain.
Malheureusement, nous constatons une montée inquiétante de l’extrême
droite et du nationalisme juif chez les jeunes. Les activités suivantes ont été
conçues sur mesure pour renforcer l’esprit critique de la jeune génération dans
une perspective binationale, afin qu’elle comprenne la complexité de notre
réalité politique, et pour nous permettre de rester à l’écoute de la situation. Les
événements comprenaient une introduction à la situation d’inégalité politique et
d’oppression et à la manière dont cela se traduit dans le dialogue binational, ainsi
qu’une visite du NSWAS et de ses institutions d’éducation politique (l’école
binationale, le centre spirituel du village, la galerie d’art, etc.). Ces activités
complètent notre travail sur les campus universitaires présenté ci-dessous (voir :
Dialogue in the Dark) afin de promouvoir la paix dans le présent tout en gardant
un œil sur l’avenir.
Week-end de dialogue : séminaire « »
Au cours de ce séminaire de deux jours (28-29 juillet), nous avons invité des
étudiants et des jeunes adultes à approfondir leur compréhension du conflit
24
et de ses réalités oppressives, et à faire l’expérience d’un discours politique
ouvert. Nous avons combiné des conversations et des conférences pour
soutenir et remettre en question
Séminaire « Dialogue Weekend » pour jeunes adultes, juillet 2023
les participants dans ce qui était pour beaucoup d’entre eux la première occasion
d’aborder des questions difficiles, telles que les attitudes envers le Hamas, la
position morale de l’armée israélienne et les discours nationaux militaristes. Un
participant juif a soulevé la question cruciale de savoir « si le maintien de
l’occupation justifie l’existence de l’armée ».
Le séminaire comprenait également une visite du NSWAS, exemple d’une
communauté vouée aux idéaux d’égalité et de respect mutuel, ainsi qu’une visite
de la galerie d’art collaborative du village. Le séminaire a permis aux participants
de repartir dans le monde en tant qu’acteurs du changement mieux informés et
plus motivés.
Atelier de dialogue pour
groupe de jeunes « Heart-to-Heart »
en collaboration avec Givat Haviva
Givat Haviva est l’une des plus grandes organisations de changement social en
Israël. Nous avons accueilli l’un de leurs programmes pour la jeunesse, intitulé «
Heart-to-Heart », pour un séminaire de dialogue de deux jours. Habituellement,
leurs participants s’expriment en anglais lors des dialogues binationaux, mais des
traducteurs simultanés formés par SFP leur ont permis
25
de s'exprimer dans leur langue maternelle, ce qui, selon les animateurs du
programme, a permis d'instaurer un dialogue plus ouvert et plus empathique.
Visite du village pour les participants du groupe de jeunes « Heart-to-Heart », janvier 2023
Visite des groupes AJEEC en année sabbatique
L'AJEEC est une organisation arabo-juive qui organise des programmes de year
gap uniques, dans le cadre desquels de jeunes Palestiniens et Juifs, hommes et
femmes, passent une année après leur baccalauréat à faire du bénévolat dans
diverses initiatives sociales et à s'engager dans un dialogue critique. Le SFP a
accueilli deux groupes de l’AJEEC en année sabbatique pour une visite de
NSWAS afin de leur présenter un exemple concret de communauté
véritablement binationale incarnant les idéaux de respect mutuel et d’égalité.
De plus, nous avons organisé une session de dialogue binationale, au cours de
laquelle les participants ont discuté de leur expérience de la visite et de notre
réalité politique divisée.
Session de réflexion critique à l' e de
l'Israeli Policy Forum (IPF)
L'IPF est une organisation juive américaine, composée principalement de jeunes
professionnels, qui promeut la négociation d'une solution à deux États au conflit
israélo-palestinien. À leur demande, le Dr Roi Silberberg a donné une conférence à
leurs membres sur l'application de la pensée critique à l'analyse du conflit.
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Activités
de Desert Stars
Desert Stars est une organisation qui se consacre à la formation d’une nouvelle
génération de leaders bédouins afin de promouvoir les intérêts de la communauté en
Israël. Au début de l’année 2023, nous avons animé des conférences et des sessions
de discussion pour trois de leurs groupes, notamment des conférences données par
la chercheuse principale, le Dr Maram Masarwi, sur l’approche pédagogique critique
du philosophe et éducateur Paulo Freire, et par le Dr Roi Silberberg, directeur du SFP,
sur la pensée critique dans le contexte des relations binationales en Israël.
Atelier « Lavi Teachers
Au cours de cet atelier, nous avons abordé les questions auxquelles sont confrontés
les enseignants de Jérusalem-Est travaillant dans un système éducatif ségrégué,
notamment celle de savoir si les enseignants arabophones devraient enseigner
l’hébreu à leurs élèves : d’un côté, cela pourrait aider les élèves à trouver un emploi,
mais de l’autre, cela peut être perçu comme une capitulation face à l’oppresseur.
Programme
internationaux
de stages pour étudiants
Dans le cadre de ce nouveau programme, des étudiants internationaux issus
d’établissements d’enseignement supérieur en Israël et à l’étranger viennent au SFP
pour se familiariser avec notre méthode de dialogue ainsi qu’avec les origines et les
réalités du conflit, et pour mettre ces enseignements en pratique dans leurs études
et leurs recherches. Les participants assistent à des conférences, à des séances de
dialogue et à des excursions, et évoluent dans un environnement véritablement
binational tout en acquérant une expérience pratique en participant à diverses tâches
(rédaction de publications sur les réseaux sociaux et le site web, tenue de registres
d’activités, coordination de collaborations et conduite de projets de recherche). À
l'issue de leur stage, les étudiants retournent dans leurs universités et leurs pays
d'origine en tant qu'ambassadeurs du SFP, diffusant les connaissances et les
expériences qu'ils ont accumulées auprès d'un public international. Nous sommes
profondément reconnaissants envers nos stagiaires – dont certains sont présentés cidessous
– pour leur excellent travail, et nous sommes ravis de poursuivre cette
relation mutuellement bénéfique à l'avenir.
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RENCONTREZ NOS STAGIAIRES 2023
DIEGO N. AUSTIN
Originaire de Miami, en Floride (États-Unis), Diego parle
couramment l’anglais et l’espagnol. Son stage au SFP s’est
déroulé de février à juillet 2023, dans le cadre d’un
programme annuel d’échange universitaire en études
islamiques et moyen-orientales à la Rothberg International
School de l’Université hébraïque de Jérusalem. Il est
actuellement en quatrième et dernière année de licence
en affaires internationales à l’université George
Washington, à Washington, DC.
« Mon passage au SFP a parfaitement complété mes recherches sur la résolution
des conflits en Israël-Palestine, améliorant mes compétences en recherche et
élargissant ma compréhension du conflit et de son impact humain. Mon stage au
SFP m’a appris que, bien que les communautés israéliennes et palestiniennes
soient généralement séparées par des obstacles profonds, les deux groupes
peuvent s’unir dans la poursuite de la paix. Cette expérience a grandement
contribué à ma conviction qu’il faut poursuivre un avenir pacifique, même dans les
moments les plus difficiles. »
LINNÉA RUBIN
Linnéa, originaire de Suède, est en troisième année de
licence à l’université de Lund. Son stage au SFP en juin
2023 a été financé par une bourse de l’Association
suédoise des Amis de NSWAS, en coopération avec
l’université. Elle espère intégrer ses expériences dans son
mémoire de licence, qui portera sur le travail du SFP.
« Mon expérience au SFP a été marquante, car j’ai pu constater l’impact que les
activités, organisées dans la « bulle de paix » du NSWAS, ont sur les participants.
Cela m’a fait réaliser à quel point il est important de soutenir des organisations
comme le SFP, car elles peuvent véritablement changer la vie des gens en
montrant que la paix est un objectif réalisable qui peut et doit être vécu au niveau
individuel. »
28
ELENA NINI
Originaire de Bologne, en Italie, Elena est titulaire
d’une licence en anthropologie, religion et civilisations
orientales de l’université de Bologne, et prépare
actuellement un master en intervention éducative
dans les situations de détresse sociale. Son
stage au SFP s’est déroulé entre septembre et octobre 2023 dans le cadre de la
recherche pour sa thèse intitulée « Méthodes non violentes et pédagogie de la
paix ; les chemins de la paix en Israël et en Palestine ».
« Le personnel du SFP est très compétent et professionnel ; il recherche
constamment des méthodes innovantes et améliore ses programmes. Par-dessus
tout, il s’engage pour que chacun en Israël-Palestine puisse mener une vie
meilleure. Il m’a tant appris – non seulement sur la paix, mais aussi sur ce que
signifie se consacrer véritablement à une cause. »
GRACE GREGORY
Grace est une anglophone originaire de Bristol, au
Royaume-Uni, qui parle couramment l’allemand.
Son stage au SFP, qui s’est déroulé de mars à juin
2023, s’inscrivait dans le cadre d’un programme
annuel d’échange pour étudiants de troisième cycle
en études islamiques et moyen-orientales à la
Rothberg International School de l’Université
hébraïque de Jérusalem. Elle prépare actuellement
un
master en arts libéraux (spécialisation en histoire) à l’université de Bristol.
« Le fait d’observer la méthode de facilitation du dialogue de l’école et ses effets
sur le changement de perspective des participants m’a inspirée à rédiger un article
sur l’approche du SFP concernant les relations judéo-palestiniennes, que mon
professeur a jugée novatrice. De plus, il était incroyablement émouvant de voir
des Palestiniens et des Juifs travailler ensemble au bureau, s’exprimant dans leur
langue maternelle. Cela m’a motivée à partager le modèle de paix du NSWAS avec
le plus grand nombre de personnes possible. »
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RÉSISTER AU
COUP D’ÉTAT
JUDICIAIRE
DE 2023
Le SFP lutte contre les inégalités, l’oppression et la discrimination subies par les
Palestiniens sous l’occupation, tout en combattant les déficiences démocratiques
d’Israël à l’intérieur des frontières tracées en 1967.
Compte tenu de sa nature déjà compromise, les récentes tentatives du
gouvernement de droite d’éroder le tissu de la démocratie israélienne sous le couvert
d’une « réforme judiciaire » nous ont confrontés à de nombreuses questions. La
nature du mouvement de protestation existant était décourageante, car il se
contentait d’un simple retour à la
Manifestation contre la réforme judiciaire, Tel Aviv 2023. Photo de Tally Melamed, Shatil Stock
30
un statu quo d'égalité réservé aux seuls Juifs, qui marginalise les citoyens palestiniens
d'Israël. Mais comme ce coup d'État judiciaire constituait une menace concrète
susceptible de conduire à un Israël encore moins démocratique et de causer un
préjudice encore plus grave aux Palestiniens et aux Juifs critiques à l'égard du
nationalisme juif, nous avons décidé qu'il était de notre devoir de rejoindre la
résistance, tout en continuant à militer pour une démocratie plus authentique et
une égalité réelle. Ce qui suit présente les résultats de cette décision.
Programme de formation avancée en
droits humains et en défense des droits
pour les avocats
Cette année a été terrible pour les droits humains en Israël, car les décisions
gouvernementales et la guerre en cours aggravent les préjudices et la
discrimination à l’encontre de la population palestinienne en Israël et dans les
territoires occupés. Nous avons donc décidé de lancer un programme de formation
avancée en droits humains destiné aux avocats (mai 2023-juillet 2023). Michael Sfard,
l’un des principaux avocats spécialisés en droits humains en Israël, diplômé du cours
de facilitation de la SFP et membre du Forum des avocats, a dirigé l’élaboration du
programme et la formation.
Au cours de six sessions, 16 participants ont discuté des dilemmes moraux et
stratégiques auxquels sont confrontés les avocats spécialisés dans les droits de
l’homme en Israël, en examinant des textes pertinents, des affaires judiciaires et des
expériences personnelles. Les thèmes abordés comprenaient l’exercice du droit dans
le cadre d’un programme d’intérêt public ; la convergence et la tension entre les
idéaux moraux et le droit ; l’interaction entre identité et droit ; et bien d’autres
encore. Un diplômé a déclaré que « le cours présentait un excellent équilibre entre
l’apprentissage à partir de précédents étrangers et locaux. Notre objectif est de
doter les avocats des connaissances nécessaires pour s’engager dans le domaine
crucial du droit des droits de l’homme afin de protéger les droits de toutes les
communautés et de tous les individus. Comme l’a formulé un diplômé du cours : «
Les discussions tout au long du cours m’ont aidé à développer une perspective plus
large que celle à laquelle j’étais habitué, et à adopter des approches différentes
pour réussir en tant qu’avocat spécialisé dans les droits de l’homme. »
Forum des avocats de la SFP
En juin 2021, nous avons fondé le Forum des avocats juifs et palestiniens de SFP,
composé de diplômés de nos anciens cours « Agents du changement » destinés aux
avocats. Aujourd’hui, il fonctionne comme une communauté de pratique sur les
questions juridiques et politiques
Maître Michael Sfard et les participants au programme de formation avancée aux droits de l’homme pour avocats
, qui se consacre à l’utilisation de l’expertise pour promouvoir une réalité plus
égalitaire. Le forum se réunit quatre fois par an pour discuter des questions
d’actualité en matière de politique et de droit, écouter des conférenciers experts
dans divers domaines juridiques et fixer des objectifs militants. En raison des
actions actuelles des législateurs d’extrême droite, ce travail est plus urgent que
jamais.
Le premier projet du forum a consisté à influencer l’élection du président du
Barreau d’Israël en encourageant les avocats palestiniens, qui s’abstiennent
généralement, à voter. Après une impressionnante campagne publique, avec le
modeste soutien du SFP, Amit Bachar, qui s’oppose au coup d’État judiciaire, a été
nommé président. En septembre 2023, le forum a rencontré Bachar pour lui présenter ses
objectifs en tant que membres du Barreau soutenant la coopération et la justice, et a
assisté à une conférence du professeur Michael Karayanni de l’Université hébraïque de
Jérusalem, expert de renommée mondiale en droit international privé, qui les a conseillés
sur leurs stratégies futures.
Séminaire sur le coup d'État judiciaire
: BRAK Association allemande du
barreau
Des délégués du Forum des avocats du SFP ont été invités à rencontrer en ligne
le « BRAK », l’Association fédérale allemande du barreau, afin d’expliquer les
ramifications du coup d’État judiciaire proposé. Le Dr Manal Totry-Jubran, maître
de conférences à la faculté de droit de l’université Bar-Ilan et conférencière
chevronnée du SFP,
a présenté les conséquences du coup d’État judiciaire pour les citoyens
palestiniens d’Israël ; et l’avocat Michael Sfard a évoqué la pratique du droit des
droits de l’homme dans les territoires occupés, ainsi que la structure juridique
ségrégationniste en vigueur : un système civil pour les citoyens juifs israéliens et
un système militaire pour les habitants palestiniens de Cisjordanie.
Dialogue entre les leaders de l’opposition au
coup d’État judiciaire et les leaders des
citoyens palestiniens d’Israël
À première vue, les citoyens palestiniens d’Israël et les Juifs pro-démocratie
semblent être des alliés politiques naturels. Mais en réalité, leur coopération est
semée d’embûches et de frictions. À l’été 2023, au plus fort des manifestations
contre le coup d’État judiciaire, nous avons invité les leaders des manifestations
et d’éminents dirigeants palestiniens en Israël à une série de réunions afin
d’explorer et de surmonter ces obstacles par le dialogue. Lorsque la guerre a
éclaté, cette ligne de communication semblait plus cruciale que jamais pour
lutter contre la division croissante entre Juifs et Palestiniens en Israël. Les
dirigeants politiques sont la clé d’une grande influence, et nous espérons que
notre initiative jettera les bases permettant aux dirigeants de ces groupes de
combler certains de ces fossés, débouchant ainsi sur une coopération politique
solide.
Schéma illustrant les implications de la réforme judiciaire sur le système démocratique en Israël
33
DIALOGUE
DANS
L'OBSCURITÉ :
ACTIVITÉS
D'URGENCE
EN TEMPS DE
GUERRE
Nous traversons une période traumatisante marquée par une guerre qui se
déroule sous nos yeux. Le chagrin nous serre le cœur alors que nous prenons
conscience des atrocités commises par le Hamas et de la riposte meurtrière et
vengeresse d’Israël à Gaza, qui a causé d’innombrables victimes civiles
34
Cours « Leaders in Mixed Cities », octobre 2023
et une crise humanitaire catastrophique. Les citoyens palestiniens d’Israël sont
massivement réduits au silence et persécutés, et la violence des colons juifs,
soutenue par l’armée, s’intensifie en Cisjordanie.
Dans un tel contexte de tension, il est tentant de garder le silence et d’attendre
que les événements se déroulent. Mais nous considérons qu’il est de notre
responsabilité de faciliter une réflexion et un dialogue honnêtes et difficiles
face à cette catastrophe. En effet, nous avons reçu de nombreuses demandes de
consultation, notamment de la part d’organismes dont le personnel est
binationale. Depuis le début de la guerre, nous avons pris plusieurs mesures pour
soutenir nos diplômés, les membres de NSWAS et des organisations externes.
Même si nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans une mer agitée, nous
continuons à œuvrer pour une société égalitaire, juste et démocratique, en
nous appuyant sur les outils que nous avons développés au fil des ans et sur la
confiance durement acquise entre le SFP et ses diplômés palestiniens et juifs.
Forums des diplômés du SFP Séances
dialogue en temps de guerre
sur le
Depuis le début de la guerre, nous avons organisé des réunions de dialogue pour
cinq forums différents de diplômés du SFP afin de réfléchir à la guerre et à ses effets
: les dirigeants des villes à population mixte, les artistes de scène, les animateurs de
dialogue, les professionnels de la santé mentale, ainsi que les architectes et les
urbanistes. Tout au long de ces sessions, un message profond est ressorti : dans
l’Israël d’aujourd’hui, il est illégitime d’exposer le point de vue humaniste selon lequel
nous devrions donner la priorité à la fin des souffrances des personnes des deux
côtés. Cette position en apparence simple est systématiquement balayée sous le
tapis et considérée comme divergente et dangereuse.
Un autre thème récurrent était la difficulté de faire preuve d’empathie envers la
douleur des autres face à sa propre souffrance, ainsi que la lutte contre la tendance
à céder au désespoir. Ce sentiment se retrouve dans les deux groupes nationaux,
mais n’est jamais exprimé ni exploré ailleurs que dans ces forums – ce qui souligne
leur importance. De plus, les diplômés palestiniens ont dû composer avec leur
déception face à certains de leurs homologues juifs qui ressentaient le besoin de
s’aligner sur certaines actions militaires de l’armée israélienne, tandis que les Juifs
luttaient contre leur sentiment de sécurité perdu à la suite de l’attaque ; palestiniens
et Juifs partageaient toutefois leur inquiétude d’être réduits au silence par une
position publique militariste. Un
35
participant palestinien a résumé son expérience en déclarant : « La session a
offert aux participants une tribune pour exprimer leurs sentiments sans
jugement ni crainte, et en ces temps où la peur envahit le quotidien, cela peut
être très important ; j’en avais vraiment besoin. »
Atelier de dialogue - Le Fonds pour
l'éducation innovante
Le Fonds pour une éducation innovante est un organisme qui se consacre à
l'amélioration du système éducatif israélien à la base. Les dirigeants du Fonds
nous ont demandé conseil, mais craignaient que le fait d'aborder le sujet ne
provoque de la détresse et une désintégration. Heureusement, cette anxiété a
fait place à la compréhension lors de l'atelier que nous avons organisé, car il est
apparu clairement que, malgré leurs désaccords, les membres du personnel du
Fonds avaient un fort sentiment d'appartenance à l'organisation. De nombreux
participants ont déclaré se sentir soulagés après avoir pris conscience des limites
du dialogue, et avoir ressenti une plus grande liberté d'échanger les uns avec les
autres dans ces limites.
Activités
universitaires
Les campus universitaires offrent aux Juifs et aux Palestiniens une occasion rare
d’interagir les uns avec les autres sur un pied d’égalité apparent.
Malheureusement, cette interaction est souvent superficielle et tend à renforcer
les disparités et les préjugés, que la guerre a attisés pour en faire des troubles qui
menacent de bouleverser les relations. Nos activités universitaires proposent
une voie différente, en offrant au personnel et aux étudiants l’occasion de
partager leur vision de cette réalité problématique, d’avoir des conversations
sincères sur les barrières sociales, psychologiques et politiques, et d’explorer
des moyens de résoudre ces problèmes – réaffirmant ainsi le rôle de l’université
en tant que bastion de la libre pensée.
Séances de dialogue d’urgence pour les
étudiants en psychologie de l’Université de
Tel-Aviv (TAU)
Alors que la guerre déchirait la communauté étudiante de la TAU, le département de
psychologie nous a sollicités pour animer deux sessions de dialogue. Les participants
palestiniens ont fait part de leur sentiment d’aliénation vis-à-vis de la société
israélienne, la guerre ayant renforcé le déni palestinien, tandis que les Juifs ont
exprimé leur sentiment d’avoir été bafoués. Ensemble, nous avons levé le voile de la
répression qui pesait sur notre conscience sociale collective et fragmentée, afin de
avoir une vision lucide de notre réalité, en permettant l’expression de différents
points de vue tout en garantissant le respect mutuel.
Atelier destiné au personnel de l’université de Be’er-Sheva
Le personnel de l’université de Be’er-Sheva redoutait
les troubles politiques auxquels ils risquaient d’être confrontés lorsque les
étudiants reviendraient sur le campus, où se côtoient des étudiants de toutes
les nationalités. Les enseignants ont exprimé leurs inquiétudes quant à la
difficulté de trouver un équilibre entre le désir de se concentrer sur les études et
la possibilité de s’exprimer politiquement, et ont mis en scène des scénarios
susceptibles de déclencher des tensions. Nous avons analysé et remis en question
leurs inquiétudes, ainsi que les écueils liés au fait de se réduire mutuellement à
des stéréotypes. Nous avons notamment remis en question l’idée selon laquelle
l’identité politique palestinienne est intrinsèquement envahissante, ainsi que la
tendance à vouloir l’effacer. Au final, les enseignants sont sortis de la session
plus conscients des tensions politiques qui accompagnent les étudiants en
classe et mieux armés pour accomplir leur travail d’éducateurs.
Étudiants en psychologie de l'université de Tel-Aviv, décembre 2023
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Diffuser notre message : SFP Médias
Interventions
La guerre en cours a propulsé le conflit
israélo-palestinien sous les feux de la
rampe mondiale. Cela représente une
occasion unique de façonner l’opinion
publique internationale, d’influencer la
perception du conflit et de proposer ce
qui pourrait être l’
efficace pour le résoudre. Nous diffusons trois messages clés en plusieurs langues
(notamment en anglais, arabe, hébreu, allemand, suédois, finnois, français et
néerlandais) : (i) Le peuple palestinien est uni, comme en témoigne la souffrance
collective des Palestiniens à Gaza, en Cisjordanie, en Israël et dans la diaspora
palestinienne ; (ii) Les approches militaires du problème sont inefficaces et ne font
qu’exacerber la situation ; nous exigeons donc un cessez-le-feu immédiat, la fin de
l’occupation et de toute forme de domination par la force, ainsi qu’une résolution
diplomatique du conflit ; (iii) La persécution et la répression de la liberté de pensée à
l’encontre de quiconque sont inacceptables, et nous nous engageons à favoriser des
espaces propices à un dialogue sûr et libre, tant pour les Palestiniens que pour les
Juifs. Nous espérons que notre
avec les médias internationaux puisse inciter l'opinion publique
et les institutions influentes à prendre position en faveur de la
paix. Veuillez scanner le code QR pour accéder aux liens vers
certaines de ces interviews
Renforcer notre communauté
par la connaissance : conférences en temps de
guerre
La guerre a posé de nouveaux défis à la sphère publique, et nous avons joué un
rôle essentiel pour identifier les tendances, apprendre auprès d’experts et
réfléchir à des stratégies d’adaptation. Voici quelques exemples de conférences
que nous avons organisées pour notre communauté.
Voici quelques exemples de conférences que nous avons organisées pour notre
communauté. Suivez les codes QR pour accéder à un résumé de chaque
conférence
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La première conférence, donnée par Hassan Jabareen, PDG du
Centre juridique Adalah pour les droits de la minorité arabe en
Israël, a mis en lumière les aspects politiques et publics de la
tendance alarmante récente à la persécution institutionnelle des
citoyens palestiniens d’Israël, qu’il s’agisse d’étudiants ou de
personnalités publiques. Depuis le début
de la guerre, cela s’est traduit par de fausses accusations, l’absence de procédure
régulière et même l’exil.
La deuxième conférence, donnée par Ofer Dagan, co-PDG de
Sik-kyu-Aufoq, a retracé l’histoire des politiques économiques et
stratégiques menées depuis des décennies qui ont favorisé les
pratiques discriminatoires et les fractures sociales, conduisant à
une dégradation des services de santé et des services sociaux
destinés aux Palestiniens, ainsi que les tentatives actuelles visant
à mettre en place des politiques susceptibles de changer cette
situation.
La troisième conférence, donnée par Umar al-Ghubari, expert en
matière de Nakba et de retour au sein de l’organisation Zochrot, a
retracé l’histoire des soi-disant « villes mixtes » d’Israël à travers le
prisme de la Nakba, démontrant qu’elles sont en réalité le résultat
de campagnes de nettoyage ethnique traumatisantes et cruelles
remontant à avant la création d’Israël.
Une autre conférence remarquable, donnée par Jameela
Hardal, PDG de Citizens for the Environment, a présenté
l’impact environnemental de la guerre, mettant en lumière le
sujet crucial mais souvent négligé des graves dommages
environnementaux causés par la guerre.
Umar al-Ghubari donnant une conférence dans le cadre du cours « Leaders in Mixed Cities », décembre 2023
39
ARTICLE
LE DIALOGUE
EN TEMPS
DE GUERRE
Une analyse des sessions de dialogue
en temps de guerre du SFP
Octobre à décembre 2023
Rédigé par Noor Abo Ras – Coordinateur des cours universitaires et chef
de projet à la SFP
Depuis sa création à la fin des années 1970, l’Ecole pour la paix a soutenu les
membres de sa communauté à travers de nombreuses périodes de crise. Elle offre en
permanence une plateforme à partir de laquelle les participants peuvent construire
une alternative politique égalitaire et juste. Entre le 7 octobre et décembre 2023, au
milieu des traumatismes, du désespoir et du silence, nous avons poursuivi notre
travail crucial de dialogue, en organisant des réunions auxquelles ont participé
environ 800 personnes issues de diverses institutions.
Le dialogue entre l’occupant et l’occupé soulève de nombreuses questions. On
peut notamment se demander si le dialogue ne risque pas de finir par
normaliser les inégalités. Cette question est d’autant plus préoccupante lorsque
les relations de pouvoir asymétriques sont particulièrement marquées,
empêchant la création d’un espace sûr pour toutes les parties. Comme l’a
formulé un animateur juif : »Comment pouvons-nous avoir un véritable dialogue
alors que les organisations réduisent au silence leurs employés palestiniens ? »
40
Ce sentiment de censure a été exprimé par un facilitateur palestinien qui a déclaré
qu’il « avait d’abord eu peur de mettre en lumière l’oppression exercée par les
participants juifs sur les Palestiniens dans le cadre du dialogue », ce qui l’avait conduit
à se sentir « incompétent car il n’avait pas protégé les participants palestiniens ».
Dans notre travail pendant la guerre, nous avons essayé de relever ces défis.
Pourquoi continuer ? Quel est le rôle du
dialogue en temps de crise ?
En période de crise, lorsque la sécurité est compromise, le rétablissement d’un
sentiment de sécurité peut permettre aux personnes de sortir du mode de
survie et d’agir de manière équilibrée et compatissante. Notre analyse montre
qu’un espace sûr ne peut émerger qu’en présence totale de « l’autre », puisque
le danger trouve son origine dans la relation traumatique avec « l’autre ».
Le concept psychanalytique de « l’espace potentiel » de Winnicott (Winnicott, 1971)
est utile ici, car il nous enseigne à ne pas distinguer les sources externes des sources
internes, mais à remarquer que les deux interagissent d’une manière qui permet aux
personnes de découvrir quelque chose de nouveau (Jemstedt, 2000). Cet espace
mental, à mi-chemin entre la réalité objective et l’expérience subjective, fonde notre
capacité à élargir notre expérience (Winnicott, 1971).
Les participants entrent dans l’espace potentiel avec des fantasmes initiaux
selon lesquels leurs besoins personnels seraient satisfaits par « l’autre ». Lors de
nos séances depuis le
41
, les Juifs exigent souvent que les Palestiniens condamnent les actions du Hamas.
Un animateur a déclaré : « Alors que 80 % du groupe condamnait les actions du
Hamas, les membres juifs restaient fixés sur les 20 % restants. » Nous pensons
que la demande de condamnation des Juifs trouve son origine dans une tentative
de retrouver un sentiment de contrôle qui a été ébranlé le 7 octobre, se
traduisant par un fantasme de contrôle des Palestiniens et de ce qu’ils disent.
Bien sûr, obtenir ce qu’ils souhaitent dans ce cas ne leur apporte qu’un répit
temporaire face à leur anxiété. En revanche, le fantasme du groupe palestinien
était que « l’autre » prenne ses responsabilités en équilibrant les rapports de
force au sein du groupe et en créant un espace sûr. Un participant palestinien a
déclaré qu’il était « venu pour tout mettre sur la table. Pas pour créer un
partenariat, juste pour parler », ce qui illustrait clairement un processus de
recalibrage des attentes, menant à un objectif commun : avoir une discussion
authentique et sûre.
Malgré le désir commun de créer un espace sûr, les deux groupes sont repartis
avec un sentiment d’étouffement. Comme l’a dit un animateur juif : « C’est
probablement un fantasme qui ne peut se réaliser... Les participants juifs filtrent
leurs émotions pour éviter de blesser l’autre partie… Les deux parties veulent
être entendues… » C’est précisément lorsque la réalité s’effondre et que la
critique devient illicite que l’espace potentiel d’opinions et de sentiments
suscité par les rencontres dans le dialogue est le plus crucial, car il permet
l’exploration et rétablit un sentiment d’autonomie.
Le rôle du dialogue unilatéral au sein d'un
espace binational en période de crise
La demande de sessions uninationales – qui font partie intégrante du processus
binational – s’est intensifiée depuis le début de la guerre, car elles constituent un
espace sûr unique où les Palestiniens peuvent partager leur chagrin. Comme l’a
souligné un facilitateur palestinien, la souffrance palestinienne est « jugée
inacceptable » et est de fait bannie de la sphère publique israélienne, sous peine de
persécution par l’État et les citoyens. Cela va à l’encontre du besoin fondamental
d’exprimer sa tristesse et sa colère, ce qui conduit à une fracture oppressante entre
les émotions et les sensations physiques des personnes. Une participante
palestinienne a déclaré que, comme elle n’était en substance « pas autorisée à
ressentir de l’impuissance
42
et le désespoir », elle finit par avoir le sentiment que son identité « n’a aucune
valeur et n’a pas le droit d’exister ».
Le dialogue uninational juif a permis d’explorer en profondeur la conception du
changement du groupe, l’étendue de son engagement en faveur du
changement et ses attentes vis-à-vis du groupe palestinien. Un animateur juif a
confié que les sessions uninationales leur avaient fourni « un moyen de parler
d’oppression et de responsabilité », et de « se connecter authentiquement à la
douleur israélienne », car cela les libérait « de l’exploitation politique du deuil
comme prétexte à la guerre ». Se trouver dans un espace permettant aux
participants d’expérimenter le fait d’ôter leurs masques a permis aux deux
groupes de se mettre à nu et de se connecter à des sentiments authentiques de
douleur.
Dans notre dure réalité, nous avons réussi à créer un espace d’expérimentation
et à restaurer le sentiment d’autonomie des participants. Ainsi, nous pensons
que nous devons continuer à poser des questions politiques difficiles sur notre
travail, mais aussi nous rappeler que le dialogue revêt une importance capitale en
ce moment. Il est de notre responsabilité de cultiver les vestiges des relations
entre Palestiniens et Juifs, de maintenir l’espoir d’une amélioration et de nous
efforcer d’apprendre et d’évoluer.
43
DES ACTIVITÉS
À L'ÉTRANGER
Comme nous l’avons déjà mentionné, nous pensons que l’opinion publique
internationale a son importance, car elle peut influencer la politique locale. C’est
pourquoi, en plus de nos interventions dans les médias au cours de l’année écoulée,
nous avons régulièrement dialogué avec des publics en dehors d’Israël. Nous vous
présentons ci-dessous un aperçu de certaines de nos initiatives de sensibilisation à
l’échelle mondiale.
Voyage d'étude de la Fondation Bosch
En février 2023, deux de nos représentants ont participé à un voyage d'étude
interdisciplinaire à Berlin et à Stuttgart organisé par la Fondation Bosch. À cette
occasion, les partenaires du Fonds (ACAP, Citizens for the Environment et le SFP)
ont échangé leurs points de vue sur la planification environnementale et la
consolidation de la paix à travers le travail municipal et la société civile. Dans
l'ensemble, ce voyage a été très fructueux, et nous espérons qu'il débouchera sur
des partenariats et des collaborations pour les années à venir.
Participants au voyage d'étude de la Fondation Bosch, février 2023. Crédit : RBSG
44
Formation pour le New Israel Fund Allemagne
Le New Israel Fund se consacre à la promotion de la démocratie
libérale en Israël. Sa branche allemande nous a demandé de l'aider à
la formation de deux groupes basés à Berlin : (i) des enseignants et des
professionnels de l’éducation souhaitant faciliter le dialogue sur le conflit parmi
les élèves, et (ii) un groupe de femmes animatrices de dialogue. Le groupe
d’enseignants a assisté à une conférence de Roi Silberberg, directeur du SFP, sur
notre méthodologie et la vie au sein d’une communauté fondée sur l’égalité, et a
participé à une session de formation pratique avec Rose Amar, facilitatrice
chevronnée du SFP, qui a abordé les implications de l’utilisation de différents
termes pour décrire les relations judéo-palestiniennes (conflit, occupation,
discrimination, colonisation, apartheid), ainsi que les stéréotypes et idées
fausses que les élèves d’âge scolaire pourraient apporter dans la discussion. Le
groupe de facilitatrices a également bénéficié de l’expérience de Rose, qui a
partagé ses réflexions issues de nombreuses années de facilitation du dialogue,
notamment sur les effets inévitables des relations de pouvoir asymétriques.
Délégation du SFP en Suède : et consultation auprès
de l'organisation de jeunesse Fryshuset
En mai 2023, deux représentants de la SFP se sont rendus à Stockholm, en
Suède, afin de renforcer les liens avec notre association d’amis suédois. Sur
place, ils ont donné une conférence sur le conflit devant un large
public d’universitaires de l’université polytechnique ; ils ont accordé
une interview à un journaliste du
du journal le plus lu de Suède ; et ont répondu aux questions du
L'équipe SFP rencontre l'association de jeunesse Fryshuset, mai 2023
personnel de
Fryshuset, le plus
grand centre de
jeunesse de Suède, sur
les stratégies
d’apaisement des
tensions, qui
La collaboration s'est
poursuivie lorsque des
délégués de Fryshuset
ont rendu visite au SFP
en Israël en août 2023.
45
Dialogue pour les Israéliens et les
Palestiniens vivant en Europe
En octobre, nous avons lancé un nouveau groupe de dialogue en ligne destiné aux
Israéliens et aux Palestiniens vivant en Europe, animé par un facilitateur palestinien
et un facilitateur juif, tous deux résidant à l’étranger. Au cours de plusieurs sessions
en ligne, le groupe a exploré l’expérience d’avoir des liens nationaux avec une zone
de conflit tout en vivant en dehors de celle-ci, les dynamiques entre les groupes
nationaux à l’étranger, ainsi que les options d’actions susceptibles de changer la
réalité.
La première réunion était prévue le 8 octobre, au lendemain du déclenchement de la
guerre. Alors qu’en Israël et en Palestine, toutes les réunions binationales étaient
suspendues, ce groupe était déterminé à se réunir. Malgré de nombreux désaccords,
la conversation a été marquée par le respect et la compréhension mutuels. Les
participants ont indiqué que cela avait contribué à atténuer leur solitude et leur avait
offert une échappatoire bienvenue à l’espace public polarisé, où l’on est soit propalestinien,
soit pro-israélien, sans possibilité de position intermédiaire. Ce succès a
conduit le groupe à planifier une rencontre en face à face à Berlin en 2024.
Séminaire de dialogue d'un week-end pour les Israéliens et les Palestiniens vivant en Europe, Berlin, mars 2024
46
POINT FORT : PROJET D'UN DIPLÔMÉ
Services sanitaires pour les Gazaouis déplacés
Seba Abu Daqa et Tom Kellner
Seba, une Palestinienne de Gaza, et Tom, un Juif
israélien, vivent tous deux en Allemagne. Ils se sont
rencontrés lors du programme de dialogue SFP
destiné aux Palestiniens et aux Israéliens en
Europe, qui a débuté le lendemain de l’attaque du
Hamas, le 7 octobre. C’est là qu’ils ont conçu le
projet « Clean Shelter », visant à fournir des
services sanitaires aux Gazaouis déplacés.
La mère de Seba vit dans un camp de fortune pour personnes déplacées à l’intérieur
de leur propre pays (PDI) à Gaza, où les installations sanitaires sont extrêmement
rares. Cela augmente non seulement le risque de transmission de maladies, mais
prive aussi les gens de leur dignité. Seba et Tom ont décidé de s’attaquer à ce
problème.
Se décrivant eux-mêmes comme des personnes d’action, Seba et Tom étaient au
départ sceptiques quant au programme de dialogue, mais ils ont finalement vécu
une expérience enrichissante, rencontrant des personnes responsables et
empathiques, et apprenant que les idées nées du dialogue peuvent mener à des
résultats concrets. C’est particulièrement vrai pour Seba, dont la famille à Gaza
subit les horreurs de la guerre en cours.
Tom et Seba se sont rapprochés lors d’une discussion de groupe tendue sur
l’utilisation du mot « terroriste ». Seba a rejeté la suggestion d’un autre participant
selon laquelle il y aurait une symétrie entre les occupés et les occupants, ce que Tom
a apprécié. Ils ont rapidement établi une relation de confiance en collaborant sur leur
initiative, qu’ils attribuent à leur parcours commun marqué par des engagements
féministes et intellectuels.
Le projet a débuté par un appel aux dons en décembre 2023, qui a rapidement dépassé le
plafond autorisé en Allemagne pour les organisations non gouvernementales, de sorte
que
Ils sont actuellement en train de s'enregistrer en
tant que tels. Ils ont déjà construit des dizaines de
toilettes et livré de nombreuses tentes et matelas
aux personnes déplacées de Gaza. Alors que le
nombre de réfugiés augmente chaque jour, les
ressources sont constamment
, ce qui rend cette initiative
cruciale. Scannez le code QR
Projet « Clean Shelter » en
cours de réalisation, Gaza,
décembre 2023
pour plus d'informations et
pour faire un don.
NOS
COLLABO
RATIONS
Comme le montre ce qui précède, la SFP collabore avec de nombreuses institutions et
organisations. Dans cette section, nous souhaitons mettre en avant notre
collaboration particulière avec le Centre médical Carmel.
48
Atelier destiné au personnel
médical au Centre médical
Carmel
Le secteur médical en Israël est particulièrement binational, les Palestiniens étant
fortement représentés au sein du personnel par rapport à leur part dans la population.
Les responsables du Centre médical Carmel à Haïfa ont pris conscience qu’ignorer la
politique était une stratégie intenable pour parvenir à un environnement de travail
coopératif et inclusif. Ils nous ont donc contactés pour nous demander d’animer un
atelier destiné à enseigner aux membres influents du personnel médical comment
aborder de manière productive et critique des sujets politiques sensibles. Avec
l’aide de l’Association médicale israélienne (IMA), nous avons organisé une série de
quatre ateliers de dialogue destinés à seize membres du personnel médical, dont
beaucoup occupent des postes de direction. Nous les avons formés aux méthodes de
dialogue SFP et leur avons présenté le conflit. Les discussions ont été fructueuses, et
les participants se sont sentis dynamisés et revigorés d’avoir enfin l’occasion
d’aborder « l’éléphant dans la pièce ».
La vice-présidente de l’hôpital, le Dr Shani Brosh, a déclaré qu’ils avaient « pris
conscience de l’importance de la question » et qu’elle avait été très surprise de voir «
autant de courage pour aborder ce qui est considéré comme tabou ». Le groupe de
participants a été transformé en comité consultatif pour les relations judéopalestiniennes,
et ses membres agissent en tant qu’ambassadeurs en organisant des
événements culturels, en animant des discussions politiques et en conseillant la
direction de l’hôpital sur les questions de diversité nationale. Le comité a depuis
publié une charte établissant des lignes directrices qui garantiront un
environnement de travail et de traitement égalitaire et respectueux en ces temps
difficiles. Nous suivons de près les développements au Centre médical Carmel, qui
pourrait servir de projet pilote pour d’autres établissements médicaux et
organisations disposant d’un personnel binational.
Atelier au Centre médical Carmel, juin 2023
49
RETOUR AUX
SOURCES : LE SFP
REVIENT SUR UN
CAMPUS
RECONSTRUIT
Nous sommes ravis de réintégrer le bâtiment de l’Ecole pour la paix, qui a été détruit
par un incendie criminel en 2020. Le bâtiment a été reconstruit, rénové et meublé
grâce à l’aide généreuse de nos donateurs : la Harrison-Frank Family Foundation, la
Tolkien Foundation, la Fondazione SanZeno, plusieurs fondations privées en Suisse et
au Liechtenstein, ainsi que les associations d’amis de la SFP en Suisse, aux États-Unis,
en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Autriche, en Italie et en Suède, entre autres –
19 au total. Nous tenons à leur exprimer notre profonde gratitude. Ce bâtiment
chargé d’histoire, qui a servi de centre de formation pour les militants pour la paix
pendant près de 40 ans, a été
50
réaménagé et reconstruit pour servir de base d’opérations encore plus efficace à nos
activités, répondant ainsi à tous les besoins de notre personnel et de nos activités. Il
continuera d’accueillir des cours, nouveaux ou déjà existants, qui forment de
nouvelles générations d’artisans de la paix.
RÉSUMÉ
En tant qu’organisation politico-éducative, l’année 2023 a été particulièrement
difficile – c’est le moins qu’on puisse dire. Mais c’est précisément en ces temps
sombres que les organisations œuvrant pour le changement politique doivent
redoubler d’efforts, car notre rôle dans le conflit, en tant que facilitateurs du dialogue
et critiques impartiaux, est plus essentiel que jamais. En effet, nous nous engageons à
apporter un soutien constant aux réseaux et forums de nos diplômés, à créer de
nouveaux programmes et à développer des activités de sensibilisation et des
collaborations nationales et internationales. Il est de notre devoir de continuer à
pousser Israël et la région vers une réalité plus humaine, plus juste et plus
égalitaire, et nous n’abandonnerons jamais la vision d’un avenir meilleur.
Oasis de la paix, École de la paix
مدرسة السلام، واحة السلام
L'Ecole pour la paix
Aidez-nous à bâtir une société juste, égalitaire et pacifique, en formant des
Palestiniens et des Juifs pour qu’ils deviennent des acteurs du changement. Les dons
à l’Ecole pour la paix sont les bienvenus et peuvent être versés sur le compte
suivant :
Banque Hapoalim n° 12/690, King George 16, Jérusalem Nom du
compte : Ecole pour la paix,
Amutat Yedide Hamosadot Hachinuchiim
Numéro de compte : 694344 Swift :
POALILIT | IBAN : IL64-0126-9000-0000-0694-344
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Sur la photo : un participant à l’un de nos programmes en cours nous a confié que son
fils de 13 ans lui posait beaucoup de questions sur la situation et qu’il avait
notamment exprimé son inquiétude pour les enfants de Gaza.
Son père lui a suggéré d'écrire une lettre aux enfants de Gaza, ce
qu'il a fait.
La lettre dit : « Chers habitants de Gaza, je ne peux pas, et je ne pourrai
probablement jamais, comprendre les souffrances que vous endurez. J’aurais
souhaité que vous, et n’importe qui d’autre dans le monde, n’ayez jamais eu à vivre
cela.
Je vous souhaite sincèrement, du fond du cœur, tout ce qu’il y a de meilleur. Je serais
très heureux d’apprendre un jour, si c’est possible, que vous êtes heureux et que vous
menez une belle
vie. Je crois sincèrement qu’un jour ce conflit prendra fin et que nous vivrons en paix,
sans rancœur ni haine. Je souhaite que tout ce qu’il y a de meilleur au monde
parvienne à tous les êtres humains. Avec amour et la profonde conviction que vous
aussi, vous ne méritez que le bien. »
Oasis de la paix, École de la paix
مدرسة السلام، واحة السلام
L'Ecole pour la paix