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N°1311 vendredi 22 mai 2026

Un cinquième Grand Chelem ?

La sortie fracassante d’Angelo Binaghi, président de la fédération italienne de tennis, en marge du dernier Masters

1000 de Rome, relance un débat que le tennis mondial préfère étouffer : le monopole des quatre Majeurs est-il encore

défendable à l’heure où les droits des joueurs s’invitent dans l’équation économique ?

ngelo Binaghi ne

mâche pas ses mots.

« Le monopole qui

existe dans le tennis avec ces

quatre tournois du Grand

Chelem est quelque chose de

scandaleux, qui n’existe plus

dans notre société moderne

que dans le tennis », lâche le

président de la Fédération

italienne de tennis (FITP),

en marge du dernier Masters

1000 de Rome. La charge de

Binaghi contre l’ordre établi

des Majeurs ressemble à une

candidature politique. Le timing

est calculé : Rome

vient de confirmer son statut

de place forte du tennis

mondial, Jannik Sinner

truste les sommets du classement

ATP, et le football italien

(la Nazionale a manqué

sa qualification pour une

troisième Coupe du monde

consécutive, ndlr) laisse un

boulevard médiatique et

émotionnel que la FITP entend

occuper pleinement.

Un argumentaire

économique qui tient la

route… en partie

Le fond de la démonstration

de Binaghi repose sur une

asymétrie financière réelle.

Roland-Garros, Wimbledon,

l’US Open et l’Open

d’Australie reversent en

moyenne 15 % de leurs recettes

aux joueurs sous

forme de prize money. Les

joueurs réclament 22 %. « Il

est scandaleux que nous partagions,

à juste titre, une plus

grande partie de nos revenus

avec les joueurs que les

quatre tournois du Grand

Chelem ne le font », insiste

le dirigeant italien, signifiant

que les Masters 1000, dont

Rome, affichent déjà des ratios

de redistribution plus

généreux. L’argument est

audible : les Grands

Chelems génèrent des centaines

de millions de revenus

annuels cumulés, et leur modèle

économique fermé

concentre une rente considérable

entre les mains de

quatre institutions nationales

disposant d’un monopole de

fait sur le calendrier. Là où le

raisonnement se complexifie,

c’est lorsque Binaghi

évoque un « système méritocratique

» qui ferait défaut.

Mais méritocratique selon

quel critère ? Le nombre de

champions produits ?

L’audience générée ?

L’investissement fédéral

dans les infrastructures ? Si

l’on retient la production de

champions comme étalon,

l’Espagne, à travers Rafael

Nadal, vingt-deux titres du

Grand Chelem, dont plus

d’une décennie de domination

à Roland-Garros (14

victoires), présente un dossier

infiniment plus étayé

que l’Italie d’avant Sinner.

La question se pose donc

avec une acuité particulière :

si l’Italie mérite son Grand

Chelem aujourd’hui,

l’Espagne le méritait-elle

hier ? Et demain, qui sera le

suivant à frapper à la porte ?

Le paradoxe de la rareté

C’est ici que le projet de

Binaghi bute sur sa contradiction

la plus fondamentale.

Ce qui fait des quatre

Grands Chelems des événements

à part, aussi bien économiquement,

symboliquement

que sportivement, c’est

précisément leur nombre.

Quatre tournois par an, deux

semaines chacun, sur trois

surfaces différentes (gazon,

terre battue, dur), dans

quatre fuseaux horaires : la

formule a été pensée comme

un équilibre. Ajouter un cinquième

Majeur, c’est mécaniquement

diluer la valeur

de l’ensemble.

Suite page 2

LA LETTRE DU SPORT

Sommaire

International

L’exemple du rugby : quand l’élargissement ne fait pas le développement..............................2

France

Roland-Garros 2026 : entre hommages et expérimentations .....................................................3

Economie

Roland-Garros : quand 61,7 M€ ne suffisent plus à acheter la paix sociale .............................4

OL : une situation financière toujours très fragile ......................................................................5

Médias

La PPL cherche un nouvel équilibre économique pour le sport professionnel .........................6

La Lettre du Sport

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Rédacteur en chef :

Emmanuel Frattali

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Imprimerie Domenica Media / Espagne


International

N°1311 La Lettre du Sport vendredi 22 mai 2026

Un cinquième Grand Chelem ?

suite de la page 1

LA LETTRE DU SPORT

Personne ne remet en cause

le nombre de Grands Tours,

non pas parce qu’un régulateur

l’interdit, mais parce que

le marché a trouvé son équilibre.

En tennis, l’argument

du « monopole scandaleux »

oublie que ce monopole est

aussi une promesse de valeur

pour les diffuseurs, les sponsors

et les spectateurs.

L’exemple du rugby :

quand l’élargissement ne

fait pas le développement

Ce qui ressemblait à un

simple contournement du salary

cap est désormais entre

les mains d’une juridiction

spécialisée dans le crime organisé.

Le transfert de

Melvyn Jaminet de

Perpignan à Toulouse en

2022 expose, dans toute sa

brutalité, les failles de la gouvernance

financière du rugby

professionnel français.

L’autre précédent historique

que Binaghi pourrait invoquer

est celui du Tournoi des

Six Nations. En 2000, le

Tournoi des Cinq Nations

s’est ouvert à l’Italie, offrant

aux Azzurri une vitrine inespérée.

Vingt-six ans plus

tard, le rugby italien reste

structurellement fragile au

niveau des clubs, et l’équipe

nationale alterne des phases

de progrès avec des séries

noires. L’accession à un tournoi

majeur n’a pas, à elle

seule, produit le développement

espéré. La forme n’a

pas suffi à transformer le

fond. Ce précédent devrait

interpeller les instances du

tennis mondial qui auraient

in fine le dernier mot sur une

éventuelle restructuration du

calendrier des Majeurs. Car

c’est bien là que le projet de

Binaghi achoppe sur sa faisabilité

opérationnelle :

« Soyez patients, laisseznous

travailler dans la discrétion

pour trouver les

meilleures solutions possibles

», répond-il aux questions

sur le calendrier et les

négociations. Une discrétion

qui, pour l’heure, ne dit rien

sur les discussions éventuellement

engagées avec les

quatre organisateurs existants.

Rome en embuscade, mais

à quel prix ?

Sur le plan des infrastructures,

le Foro Italico présente

des atouts indéniables.

« C’est certes le plus bel endroit

qui existe peut-être aujourd’hui

au monde pour

jouer au tennis », concède

Binaghi lui-même, avant

d’en pointer immédiatement

les limites : absence de métro,

desserte en transports en

commun défaillante, coûts

logistiques élevés liés au

montage et démontage des

structures temporaires. Le

président de la FITP évoque

d’ailleurs la possibilité d’un

site entièrement nouveau,

sans en préciser la localisation.

En 2028, le Campo

Centrale sera doté d’un toit

rétractable et porté à 12.500

places, un prérequis minimal

pour un Majeur, mais très en

deçà des 23.000 places de

l’Arthur Ashe Stadium ou

des 15.000 du Court

Philippe-Chatrier. Les montants

d’investissement nécessaires

pour hisser un nouveau

tournoi au niveau opérationnel

d’un Grand

Chelem existant se chiffrent

en centaines de millions.

Roland-Garros a engagé plus

de 300 M€ dans sa modernisation

au cours des dix dernières

années. L’Open

d’Australie, soutenu par le

gouvernement du Victoria,

dépasse le milliard de dollars

australiens d’investissements

cumulés depuis les années

1990. Binaghi le sait, lui qui

rappelle avoir ressuscité les

Internationaux d’Italie depuis

un état quasi-moribond :

« Il a été cent fois plus difficile

de faire passer les

Internationaux d’Italie de ce

qu’ils étaient à l’époque à ce

qu’ils sont aujourd’hui (...)

de boucler la dernière étape

qui manque. »

Une fenêtre historique,

mais une montagne politique

Le président de la FITP a raison

sur un point : la fenêtre

italienne est réelle et peutêtre

unique. Sinner au sommet

du tennis mondial,

draine un engouement populaire,

un Masters 1000 parmi

PRO.SPORT.FR/TENNIS

les plus suivis d’Europe, un

vide laissé par le football.

Les planètes sont alignées

comme elles ne l’ont jamais

été. « Tant que je serai dirigeant,

j’essaierai de l’obtenir

(...) Et si nous, nous n’y

arrivons pas, le tennis perdra

une occasion unique car

personne n’y arrivera dans

les cent prochaines années »,

prévient Binaghi, conscient

que les cycles d’engouement

sportif ont leurs propres lois

d’expiration. Mais transformer

un rapport de force médiatique

en réforme structurelle

du tennis mondial suppose

de convaincre des acteurs

qui n’ont, à ce stade,

aucun intérêt économique

évident à partager leur rente.

La vraie question n’est donc

pas de savoir si l’Italie mérite

un Grand Chelem. Elle est de

savoir si le tennis, en tant que

système économique global,

a intérêt à ce que la valeur de

ses quatre joyaux soit diluée

pour satisfaire une ambition

aussi légitime soit-elle.

2


France

N°1311 La Lettre du Sport vendredi 22 mai 2026

Roland-Garros 2026 : entre hommages et

expérimentations

L’édition 2026 de Roland-Garros sera marquée par plusieurs adieux de figures emblématiques et un élargissement du

périmètre d’expérience spectateur.

LA LETTRE DU SPORT

u 24 mai au 7 juin,

Roland-Garros accueillera

sa 125e

édition dans une configuration

inédite : jamais le tournoi

n’avait autant joué la

carte de l’événement total,

mêlant adieux de champions,

gastronomie étoilée,

danse contemporaine et expérimentation

technologique.

Amélie Mauresmo,

directrice du tournoi, résume

l’ambition : « l’idée, c’est

d’ouvrir Roland-Garros au

plus grand nombre ».

Des hommages aux

grandes figures du tennis

C’est le rendez-vous le plus

attendu hors compétition : le

jeudi 21 mai, soit trois jours

avant le premier coup de raquette

officiel, le court

Philippe-Chatrier accueille

« Gaël & Friends », une soirée

conçue autour de Gaël

Monfils, demi-finaliste en

2008 et figure atypique du

tennis français. Tennis,

doubles mixtes, performances

musicales (Matt

Pokora, Martin Solveig,

Franglish sont annoncés) : la

FFT orchestre un format hybride

qui emprunte autant au

concert qu’au gala caritatif.

Les bénéfices seront reversés

à Terre d’Impact, le

fonds de dotation de la fédération,

ainsi qu’à plusieurs

associations. « Il y aura du

tennis, des doubles mixtes et

bien sûr du show, comme

sait faire Gaël », a précisé

Mauresmo. Le modèle n’est

pas nouveau dans le sport,

mais il marque une accélération

pour Roland-Garros :

transformer un adieu en produit

d’appel, capable de séduire

un public qui ne serait

pas venu pour un premier

tour. L’hommage se prolongera

à l’issue du dernier

match de Monfils dans le tableau

principal, selon un

protocole plus traditionnel.

Caroline Garcia, ancienne

numéro 4 mondiale et victorieuse

du Masters WTA en

2022, sera, elle aussi, honorée

sur le Chatrier après la

première demi-finale dames.

Le Suisse Stan Wawrinka,

41 ans, disputera son 21e et

dernier Roland-Garros et recevra

un hommage à l’issue

de son ultime match. « On a

envie de remercier ces

joueurs qui ont fait vibrer le

tournoi », glisse la directrice

du tournoi. À ces adieux

s’ajoutera une cérémonie dédiée

à Althea Gibson,

soixante-dix ans après son

sacre de 1956 : mémoire du

tennis, mémoire d’une

époque.

Terre battue et objets

connectés : l’expérimentation

comme argument

compétitif

PRO.SPORT.FR/TENNIS

Côté terrain, Roland-Garros

2026 franchit un cap technologique

discret mais significatif

: le tournoi deviendra le

premier Grand Chelem à autoriser,

à titre d’essai, l’utilisation

des objets connectés

par les joueurs pour analyser

leurs données biométriques

en match. Objectif : affiner

la préparation physique et

optimiser la récupération

tout au long du tournoi.

« L’idée, c’est d’aller chercher

quelques pourcents en

plus », justifie Mauresmo,

« pour donner encore plus

de spectacle ». Autre avancée

: le renforcement des infrastructures

dédiées au

bien-être avec la mise à disposition

d’un caisson hyperbare

pour améliorer l’oxygénation

et une salle de cryothérapie

sur le site. « Nous

souhaitons mettre les

joueurs dans les meilleures

conditions », insiste Amélie

Mauresmo. En revanche, la

FFT maintient les juges de

ligne humains, refusant le

passage à l’arbitrage électronique

« en raison de l’absence

de fiabilité technologique

totale ». Une posture

prudente, à rebours de

Wimbledon ou de l’Open

d’Australie. Le Centre national

d’entraînement (CNE),

lui, sera pour la première

fois doté de deux courts indoor

en terre battue, offrant

aux joueurs des conditions

d’entraînement intégrées au

site, sans dépendre des clubs

environnants. Un détail logistique

qui, sur le plan de

l’attractivité du tournoi pour

les têtes de série, compte

plus qu’il n’y paraît.

Le hors-terrain comme

nouveau terrain de jeu

Le « Jardin des Chefs », installé

dans les Serres

d’Auteuil à proximité du

court Simonne-Mathieu,

proposera du 24 mai au 5

juin une offre de restauration

tournante sur 1.200 m², animée

par plusieurs chefs dont

certains étoilés. Dans le

même esprit, la Tribune

Concorde, installée place de

la Concorde et pouvant accueillir

jusqu’à 3.800 personnes

simultanément sur

plus de 6.000 m², est reconduite

et renforcée. La retransmission

gratuite sur

écrans géants des quarts,

demi-finales et finales élargit

le bassin d’audience physique

du tournoi bien audelà

de l’enceinte de la porte

d’Auteuil.

Le tournoi assume ainsi pleinement

sa mue culturelle :

Roland-Garros ne vend plus

seulement du tennis, il vend

une expérience dont le tennis

est le prétexte le plus

noble. Les cérémonies

d’avant-finales de simple seront

confiées au danseur et

chorégraphe Benjamin

Millepied, avec deux créations

originales.

3


Economie

N°1311 La Lettre du Sport vendredi 22 mai 2026

Roland-Garros : quand 61,7 M€ ne suffisent plus à

acheter la paix sociale

La Fédération française de tennis (FFT) a annoncé une hausse de près de 10 % du prize money pour la nouvelle édition

de Roland-Garros. Mais derrière les chiffres records, la fracture s’élargit entre les joueurs et les organisateurs des

Grands Chelems sur la répartition de la valeur créée.

LA LETTRE DU SPORT

ur le papier, le chiffre

impressionne. En

hausse de 9,5 % par

rapport à 2025, en progression

de 45 % depuis 2019, la

dotation de Roland-Garros

2026 constitue, selon la

Fédération Française de

Tennis (FFT), la preuve d’un

« engagement constant en faveur

de l’augmentation de la

rémunération des joueurs ».

Et pourtant, quelques jours à

peine après l’annonce, les

meilleures raquettes mondiales

ont signé un communiqué

commun pour dénoncer

non pas le montant absolu de

la dotation, mais la logique

qui le sous-tend. Le conflit

n’est donc pas arithmétique.

Il est structurel.

La part du gâteau, pas la

taille du gâteau

Jannik Sinner, Carlos

Alcaraz, Aryna Sabalenka,

Coco Gauff, les signataires

du communiqué, sont précisément

ceux dont la présence

justifie en grande partie les

revenus records du tournoi

parisien. « Alors que Roland-

Garros s’apprête à enregistrer

des revenus records, les

joueurs reçoivent donc une

part de plus en plus faible de

la valeur qu’ils contribuent à

créer », écrivent-ils.

L’argument central n’est pas

la pauvreté (les vainqueurs

empocheront 2,8 M€, ndlr),

mais le ratio. Si le tournoi

grossit plus vite que la dotation,

la part relative des athlètes

se réduit mécaniquement,

quand bien même leur

chèque augmente en valeur

absolue. C’est la même tension

qui a structuré des décennies

de conflits dans le

sport US entre les ligues et

les joueurs : à mesure que les

droits TV et les revenus commerciaux

explosent, la question

de la répartition de la valeur

devient plus brûlante que

celle de son volume.

Les revendications dépassent

le seul prize money. Dès avril

2025, les leaders des circuits

ATP et WTA avaient formellement

demandé la création

d’un fonds de prévoyance

couvrant retraites, soins de

santé et congés maternité, autant

de protections sociales

qui relèvent de l’évidence

dans la plupart des sports collectifs

professionnels, mais

qui restent absentes dans un

tennis où le statut d’indépendant

prévaut. « Alors que

d’autres grands sports internationaux

modernisent leur

gouvernance, coordonnent

mieux les acteurs et cherchent

à créer de la valeur sur

le long terme, les tournois du

Grand Chelem restent peu

enclins au changement », attaque

le communiqué.

La réponse de la FFT : le

modèle associatif comme

bouclier

Face à ces accusations, la

FFT a choisi une ligne de défense

structurée autour de son

statut juridique. Organisation

à but non lucratif, la FFT rappelle

que « l’ensemble des revenus

générés par le tournoi

est réinvesti dans Roland-

Garros, ainsi que dans le développement

du tennis en

France et à l’international ».

Elle énumère : financement

des clubs, programmes de

formation, soutien au tennis

féminin, au tennis fauteuil,

contributions à la Fédération

Internationale (ITF). La fédération

met également en

avant un investissement de

plus de 400 M€ consenti dans

les infrastructures du site des

Internationaux de France,

dont une partie bénéficie directement

aux conditions

d’accueil des joueurs. La

FFT révèle avoir orienté les

hausses les plus importantes

(supérieures à 11 %) vers les

joueurs éliminés aux premiers

tours (87.000 €) et aux

qualifications. Ce ciblage répond

à une réalité économique

souvent occultée par

le débat sur les prize money

des têtes d’affiche. Dans le

tennis pro, la pyramide des

revenus est vertigineuse. Le

joueur classé 150e mondial

peine à rentabiliser ses frais ;

c’est lui qui a besoin d’une

revalorisation urgente. Sur ce

point précis, la FFT marque

des points.

Boycott ou négociation ?

C’est pourtant là que le dialogue

risque de se gripper.

Car si les revendications des

joueurs d’élite sont légitimes

en matière de gouvernance et

de protection sociale, leur

crédibilité morale en matière

de prize money est plus fragile

lorsqu’ils s’expriment

depuis le vestiaire d’un tournoi

à 61,7 M€ de dotation.

Aryna Sabalenka n’a pas hésité

à agiter l’épouvantail :

« À un moment donné, il faudra

boycotter si c’est la seule

solution pour défendre nos

droits », a déclaré la

Biélorusse, numéro un mondiale,

en marge du WTA

1000 de Rome. Une sortie

qui a aussitôt été relativisée

par Iga Swiatek : « Le boycott

des tournois serait quand

même une solution un peu extrême

», a tempéré la

Polonaise, numéro 3 mondiale,

appelant à « plus de

communication et de négociation

». Cette divergence de

ton au sein du même camp

illustre la fragilité du front

commun. Un boycott de

Roland-Garros par les têtes

de série reste un scénario peu

probable, les joueurs y ont

autant à perdre que les organisateurs,

mais sa simple

évocation modifie le rapport

de force symbolique.

Toutefois, le message est

passé : l’époque où le prestige

d’un Grand Chelem suffisait

à discipliner les prétentions

des joueurs est révolue.

La FFT, de son côté, affirme

rester « pleinement engagée

dans un dialogue continu » et

se déclare « à disposition des

joueurs pour échanger directement

avec eux ». Formule

de bonne volonté ou posture

défensive ? La réponse se lira

à l’aune des décisions prises

d’ici à l’édition 2027. Car si

la question de la gouvernance

et de la protection sociale des

joueurs n’est pas traitée structurellement,

Roland-Garros

continuera de gagner la bataille

des chiffres tout en perdant

celle du récit.

4


Economie

N°1311 La Lettre du Sport vendredi 22 mai 2026

OL : une situation financière toujours très fragile

Malgré une réduction spectaculaire des charges, Eagle Football Group, propriétaire de l’Olympique Lyonnais, affiche

–186,5 M€ de pertes au premier semestre 2025-2026 et conditionne la survie du club à l’arrivée d’un repreneur

rapidement, pendant que des garanties inconnues, signées du temps de John Textor, refont surface.

LA LETTRE DU SPORT

e feuilleton financier

de l’Olympique

Lyonnais n’en finit pas

de révéler ses couches. Six

mois après des pertes historiques

qui avaient conduit le

club au bord de la relégation

administrative en Ligue 2,

Eagle Football Group (EFG)

a publié ses résultats semestriels

pour la période allant du

1er juillet au 31 décembre

2025. Le tableau n’est pas

sans nuances positives :

l’Excédent Brut

d’Exploitation (EBE), jadis à

–46,1 M€, remonte à

–2,2 M€ et se rapproche de

l’équilibre « pour la première

fois depuis le 31 décembre

2023 », précise le communiqué

du groupe. La masse salariale

a fondu de 38,8 M€,

les charges externes ont reculé

de 11,1 M€, et les ratios

de dépenses se sont significativement

contractés : la

masse salariale représente désormais

50 % des produits

d’activité, contre 84 % un an

plus tôt ! Les produits d’activité

atteignent 121,3 M€

(+3 %). La direction y lit le

« succès de la politique de réduction

des charges mise en

œuvre par la nouvelle direction

». Mais cette lecture optimiste

se heurte à une réalité

comptable d’une tout autre

ampleur.

Un résultat net à –186,5 M€

alourdi par des dépréciations

inattendues

Car derrière l’embellie opérationnelle

se dissimule un résultat

net de –186,5 M€,

« fortement impacté par des

dépréciations de créances

sur des parties liées

(126 M€) », selon le groupe.

Ces provisions concernent

l’intégralité des créances sur

Eagle Bidco (40 M€) et une

part significative de celles sur

le club brésilien Botafogo (86

M€ sur 142 M€), au titre du

risque de défaut désormais

identifié sur ces deux contreparties.

Sans ces écritures

comptables, le résultat opérationnel

se serait établi à –37,5

M€, en amélioration de 52,9

M€. Ce chiffre, plus lisible,

n’en demeure pas moins préoccupant

pour un club dont la

dette financière a grossi à

616,3 M€ au 31 décembre

2025. Un bond de 98,4 M€

en six mois qui reflète notamment

un nouveau prêt d’actionnaire

de

87,3 M€ injecté en juillet

2025 pour maintenir le

groupe à flot. Les capitaux

propres, eux, ressortent à –

347,9 M€.

Les garanties Textor : une

bombe à retardement hors

bilan

EFG révèle avoir « découvert

que des tiers se prévalaient

de garanties consenties, entre

août 2023 et avril 2025, par

la Société ou sa filiale OL

SASU » pour couvrir des

obligations de Botafogo et

Molenbeek, engagements

« qui n’étaient pas connus et

n’avaient pas été reportés

dans les comptes publiés »

par la société. Trois garanties

sont identifiées : une première

de droit suisse (montant

maximum initial de

30 M€, réclamation reçue de

1,1 M€), une seconde de droit

anglais portant sur des achats

de joueurs de Botafogo

(montant initial de 19,9 M€,

réclamation de 3,9 M€ avec

intérêts), et une troisième,

également de droit anglais et

datée d’avril 2025, couvrant

un prêt consenti à Botafogo,

pour laquelle le bénéficiaire

se réserve le droit d’appeler

14,8 M€ auprès d’OL SASU.

Cette dernière garantie est

d’autant plus troublante

qu’elle couvrirait un prêt

adossé à « une prétendue

créance relative à des

sommes dues au titre de

transfert de joueurs entre

Botafogo et l’OL qui ne sont

jamais intervenus ».

Comment de tels engagements

ont-ils pu être signés

sans que le conseil d’administration

de l’époque en soit

informé ?

Une cession sous pression

Alors qu’un administrateur

judiciaire britannique pilote

le processus de vente de la

participation de 88 % détenue

par Eagle Bidco dans EFG, le

groupe conditionne explicitement

la continuité d’exploitation

à « l’arrivée d’un nouvel

actionnaire en mesure de

participer au besoin de financement

du Groupe d’ici juin

2026 ». La finalisation des

mesures de restructuration est

attendue avant la fin de la saison,

« en vue notamment des

échéances du groupe avec les

instances footballistiques ».

La DNCG notamment. Cette

pression réglementaire rend

le calendrier non négociable.

Dans ce dossier de cession

sous contrainte, les actifs tangibles

du club constituent le

principal argument de valorisation.

Les immobilisations

corporelles (stade, centre

d’entraînement, centre de formation)

s’élèvent à 288,1 M€

au bilan. La valeur de marché

de l’effectif professionnel

masculin est estimée à

240,2 M€ au 31 mars. Sur le

plan sportif, l’OL termine à la

4e place de Ligue 1, synonyme

de barrage pour la

Ligue des Champions 2026-

2027. Une compétition qui

change tout ou presque sur le

plan financier. Quant au

Groupama Stadium, dont le

calendrier événementiel du

semestre passé se résumait à

un concert, loin des onze

matchs des JO de Paris 2024

et du choc France-Belgique

en Ligue des Nations qui

avaient gonflé les recettes

Events à 10,7 M€ un an plus

tôt, la direction annonce une

densification de la programmation

avec deux concerts en

juin, et surtout pour 2027

avec les finales des coupes

européennes de rugby

(Investec Champions Cup et

EPCR Challenge Cup, les 21

et 22 mai 2027), et le concert

de Karol G le 21 juillet 2027.

Un pipeline événementiel qui

améliorera mécaniquement

les recettes d’une ligne

Events tombée à 3,5 M€ ce

semestre.

L’OL se trouve à un point

d’inflexion de son histoire où

l’assainissement opérationnel,

réel, ne peut seul restaurer

la confiance. Ce sont les

prochaines semaines, et la nature

du repreneur qui émergera,

qui diront si le club rhodanien

amorce une véritable

reconstruction ou si la dette

continue d’écrire, seule, le récit.

5


Médias

N°1311 La Lettre du Sport vendredi 22 mai 2026

La PPL cherche un nouvel équilibre économique pour

le sport professionnel

Après l’effondrement de la valeur des droits audiovisuels du football, la proposition de loi relative à l’organisation, à la

gestion et au financement du sport professionnel, examiné en Commission à l’Assemblée nationale la semaine dernière,

tente de rebâtir un modèle plus accessible et plus robuste. Entre exposition gratuite, lutte contre le piratage et soutien

au sport féminin, l’équation reste délicate.

LA LETTRE DU SPORT

a proposition de loi

sur le sport professionnel

est née d’une

crise de confiance. En

quelques saisons, les droits

audiovisuels du football

français ont cessé d’apparaître

comme une rente intangible

pour redevenir ce

qu’ils sont réellement : un

actif dépendant de la qualité

du produit, de la solidité des

diffuseurs et de l’adhésion

du public. C’est au député de

Moselle, Belkhir Belhaddad

(Renaissance), rapporteur

des dispositions économiques,

qu’incombe la partie

la plus structurante du

texte : la mise en place d’une

société commerciale chargée

de gérer les droits d’exploitation

audiovisuels du

football professionnel.

Après ce qu’il qualifie d’effondrement

de la valeur de

ces droits, dénoncé par un

rapport parlementaire qu’il

juge « accablant », le rapporteur

entend reconstruire

sur d’autres principes. « Les

maîtres mots sont régulation,

moralité et réaffirmation

des principes de solidarité

», résume-t-il. Le texte

autorise l’allotissement des

droits en un ou plusieurs

lots. Belkhir Belhaddad y

voit une opportunité de

meilleure valorisation, couplée

à une réduction de l’incitation

au piratage.

Un match en clair par

journée de championnat !

L’un des amendements les

plus commentés, celui de

Pierrick Courbon

(Socialistes et apparentés,

Loire), prévoit la création

d’un lot réservé à la diffusion

gratuite d’au moins une

rencontre par semaine pour

chaque compétition professionnelle.

« La multiplication

du nombre de diffuseurs

des différentes compétitions

sportives, et ainsi la multiplication

des abonnements

payants, éloignent fortement

les spectateurs des évènements

sportifs, et incite au

développement du piratage

», expliquent les députés

qui ont déposé cet amendement.

Et d'ajouter: « Pour

permettre l’accès à ces compétitions

professionnelles au

plus grand nombre, il

conviendrait de prévoir à

chaque commercialisation

des droits d’exploitation télévisuelle,

un lot pour la diffusion

en clair d’un match

par semaine. La diffusion

d’un match de Ligue 1 en

clair par week-end, participerait

de manière indéniable

à l’exposition du football national.

»

La mesure prend le contrepied

de la logique de segmentation

maximale des

droits. Depuis plusieurs années,

la multiplication des

abonnements a alimenté une

frustration croissante du public

et nourri le recours à

l’IPTV illicite. Le paradoxe

est connu : plus les droits

sont verrouillés derrière des

offres payantes, plus leur exposition

se réduit, ce qui

peut à terme affaiblir leur valeur.

Le retour d’un match en

clair pourrait donc représenter

un sacrifice immédiat sur

certaines recettes, mais aussi

un investissement dans la

notoriété des compétitions

dans l’imaginaire des députés

alors que le secteur professionnel

n’a rien demandé

sur le sujet.

Des extraits gratuits pour

préserver la visibilité éditoriale

Dans le même esprit, un

autre amendement de

Pierrick Courbon, l’« amendement

Téléfoot », prévoit

que les diffuseurs détenteurs

de droits mettent gratuitement

à disposition de courts

extraits destinés aux magazines

sportifs diffusés sur la

TNT.

Cette disposition consoliderait

l’accès aux images pour

des programmes tels que

Téléfoot, Stade 2 ou Tout le

Sport. Le texte reconnaît implicitement

qu’un championnat

ne vit pas seulement

à travers ses retransmissions

en direct. Ministre des

Sports, Marina Ferrari, s’est

opposée à l’amendement, redondant

avec le droit à l’information.

Il a pourtant été

voté. Très actif sur le sujet,

un amendement de Pierrick

Courbon prévoit même une

concertation entre les ligues

professionnelles et les associations

nationales de supporters

lors des négociations

relatives à la commercialisation

des droits audiovisuels.

Protection des événements

d’importance majeure

Un amendement adopté à

l’article 5 bis précise que les

obligations de cession de

droits concernant les événements

d’importance majeure

bénéficieront uniquement

aux chaînes gratuites de la

TNT, afin d’éviter qu’une

plateforme numérique ne

contourne le dispositif au

moyen d’un service gratuit

temporaire. Ici encore, les

députés vont au-delà des demandes

du secteur professionnel

de toute façon sur la

défensive depuis le vote du

texte au Sénat.

Lutte contre le piratage :

sortir de l’artisanat

Sophie Mette (Mouvement

Démocrate, Gironde) prend

en charge l’article le plus

technique de la proposition

de loi, mais l’un des plus attendus

par la filière : la réforme

du dispositif anti-piratage

face à l’IPTV frauduleuse.

Elle dresse un constat

sans détour : « L’Arcom fait

un travail de qualité, mais

elle travaille de manière artisanale

à l’heure où le piratage

s’est industrialisé. » Et

d’enfoncer le clou : « Cinq

ans en matière de nouvelles

technologies, c’est une éternité.

» Le piratage n’est plus

une simple infraction marginale

; il est devenu une économie

parallèle capable de

capter une partie de la valeur

créée par les ayants droit. La

réforme proposée maintient

6


Médias

N°1311 La Lettre du Sport vendredi 22 mai 2026

l’ordonnance du juge judiciaire

comme socle, mais

automatise la suite : les

ayants droit pourront solliciter

directement les prestataires

techniques via un système

développé par

l’Arcom, sur le modèle de

dispositifs déjà déployés au

Royaume-Uni, en Espagne,

au Portugal et en Grèce. Les

amendements adoptés renforcent

encore ce dispositif :

les organisateurs étrangers,

tel que le Comité international

olympique (CIO), pourront

agir devant les juridictions

françaises pour protéger

leurs compétitions.

Un autre amendement supprime

une restriction du

droit pénal afin de sanctionner

la commercialisation

d’équipements permettant

également le piratage de

programmes diffusés en

clair.

Le sport féminin entre

dans l’équation audiovisuelle

Si le texte devait être voté en

l’état, les conventions de

commercialisation des droits

devraient intégrer des engagements

de visibilité des

compétitions féminines selon

un amendement adopté

de Jean Bodart (LIOT,

Nord). Les services de télévision

seront également appelés

à contribuer à leur exposition.

Les députés pensent

ainsi répondre à un

déséquilibre persistant.

Véronique Riotton

(Renaissance, Haute-

Savoie) rappelle qu’en 2025,

le sport féminin ne représentait

que 6 % de la valeur des

partenariats sportifs. La

question posée est simple :

comment espérer une montée

en puissance économique

sans accès régulier

aux écrans ? Un autre amendement,

porté par Belkhir

Belhaddad, modifie la loi du

30 septembre 1986 afin

d’inscrire explicitement la

contribution des services de

télévision à la visibilité du

sport féminin, y compris

dans les missions de l’audiovisuel

public.

Pour aller plus loin,

Véronique Riotton évoque

des pistes complémentaires

— quotas de diffusion télévisée,

solidarité financière

accrue entre secteurs masculin

et féminin, allègements

de charges sociales pour les

sportives en sortie de centre

de formation — relevant du

domaine réglementaire ou

de futurs textes budgétaires.

« Une loi se construit par

étape » : ce texte en pose les

bases, à charge pour les acteurs

du secteur d’en consolider

les fondations.

Un nouvel équilibre entre

rareté et exposition

Comme au Sénat, l’outil vise

à professionnaliser la négociation

et à mieux structurer

les relations avec les investisseurs.

Mais il ne résout pas

les fragilités du marché. La

valeur des droits ne dépend

pas de leur architecture juridique.

Elle repose aussi sur la

compétitivité des championnats,

la confiance des diffuseurs

et la capacité à reconquérir

le public. En introduisant

de la gratuité et en renforçant

la lutte contre le piratage,

les députés de la

Commission des affaires culturelles

et de l’éducation

cherchent à réconcilier accessibilité

et rentabilité. Reste à

savoir si cet équilibre permettra

de restaurer durablement

la valeur du produit sportif

français et du football en premier

lieu.

LA LETTRE DU SPORT

En bref

Ligue 1+ : le coprésident de Brest plaide pour un abonnement couplé. La chute des droits télévisés domestiques rebat les cartes pour

les clubs de Ligue 1 les plus modestes. À Brest, le coprésident Gérard Le Saint en mesure déjà les effets concrets : les Pirates percevront environ

8 M€ de droits TV la saison prochaine, contre 20 à 25 M€ auparavant. Le budget annuel devrait en conséquence fondre de 50 à 35 M€. « Ça

va vite ! », résume l’intéressé dans Ouest-France. Il anticipe deux ou trois ventes importantes cet été pour équilibrer les comptes. C’est dans

ce contexte de tension financière que Le Saint formule une proposition concrète à destination de la Ligue : donner aux clubs les moyens d’agir

comme leviers d’acquisition pour Ligue 1+. Il propose de coupler l’abonnement au stade avec un tarif préférentiel sur la plateforme. « On peut,

pourquoi pas, mixer l’abonnement au stade avec un prix sur Ligue 1+ », avance-t-il. Son raisonnement s’appuie sur un constat arithmétique

simple : les clubs de L1 totalisent 325 millions de followers cumulés sur les réseaux sociaux, quand la plateforme ne compte qu’un million

d’abonnés payants. « Le ratio est quand même dingue. Pour être bien, il faudrait être autour de 4 ou 5 millions », estime le coprésident brestois,

qui pointe au passage l’inefficacité du dispositif actuel : « On passe des pubs de Ligue 1+ pendant les matches à des gens déjà abonnés. » Sa

prise de position s’inscrit dans un sentiment d’impuissance. « Nous, les petits paysans, on n’a pas beaucoup de poids. Il y a des réunions mais,

bon, on ne voit pas grand-chose sortir. Ce n’est pas la maison Le Saint qui pourra mettre plus qu’elle ne met aujourd'hui. Nous, on vend des

carottes et du persil », confie-t-il avec une franchise désarmante.

Le boss d’un réseau IPTV condamné à 8,6 M€ d’amende par la justice espagnole. La justice espagnole a condamné le cerveau d’un

réseau IPTV à 8,6 M€ d’amende et 23 mois de prison. L’homme était à la tête d’un réseau qui servait notamment à blanchir de l’argent venant

également de projets immobiliers. Avec quatre autres accusés, il a été condamné pour des charges liées

à diverses accusations de violation de la propriété intellectuelle et de blanchiment d’argent. L’homme,

surnommé « Dash, l’Iranien », a fourni l’accès à plusieurs événements sportifs illégalement à 2 millions

de personnes notamment via les sites IPTVStack et RapidIPTV.

Entreprises citées

Eagle Football Group ..............5

Ligue 1+ ..................................7

7


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N°1311 La Lettre du Sport vendredi 22 mai 2026

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présidente du CNOSF

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