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LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°647 vendredi 22 mai 2026

SPONSO RIN G.FR

Publicité virtuelle et sponsoring : les nouveaux

leviers économiques du sport français

La proposition de loi sur le sport professionnel discutée à l’Assemblée Nationale ouvre de nouvelles perspectives de

monétisation pour les détenteurs de droits. Publicité virtuelle, exposition gratuite et visibilité accrue du sport féminin

pourraient rebattre les cartes du sponsoring.

première vue, la proposition

de loi relative

à l'organisation,

à la gestion et au financement

du sport professionnel, examinée

en Commission à

l'Assemblée nationale la semaine

dernière, relève du

droit du sport. À y regarder

de plus près, elle touche au

cœur du marketing sportif : la

capacité à créer de nouveaux

inventaires, à élargir les audiences

et à sécuriser les actifs

proposés aux annonceurs.

La publicité virtuelle, une

expérimentation très attendue

L'amendement porté par

Belkhir Belhaddad

(Renaissance, Moselle) autorise,

à titre expérimental

entre 2027 et 2028, la publicité

et le parrainage virtuels

lors des retransmissions sportives.

Déjà largement utilisée

en Europe, cette technologie

permet de substituer numériquement

des messages publicitaires

selon les zones géographiques.

Une même compétition

peut ainsi proposer

plusieurs inventaires simultanés.

La diffusion numérique

rend l'espace commercial potentiellement

extensible, facilitant

des offres ciblées par

territoire. Une marque active

en Asie, en Amérique du

Nord ou au Moyen-Orient

peut bénéficier d'une visibilité

dédiée sans modifier l'habillage

physique du stade.

Salary cap et régulation

des rémunérations

Un amendement de

Delphine Lingemann (Les

Démocrates, Puy-de-Dôme)

sécurise juridiquement les

mécanismes de régulation

des rémunérations, en précisant

que les avantages de

toute nature versés aux sportifs

peuvent être intégrés

dans les dispositifs de plafonnement

— confortant le salary

cap de la LNR ou la

luxury tax du basket. Un

autre amendement de

Pierrick Courbon

(Socialistes, Loire) propose

de plafonner la masse salariale

à 65 % du budget de

chaque club.

Le retour de la gratuité, un

atout pour les partenaires

Un match hebdomadaire en

clair modifierait la proposition

de valeur offerte aux

sponsors. Une audience plus

large accroît la portée des

dispositifs de visibilité et

améliore le retour sur investissement

: un actif moins exclusif

peut devenir plus performant

s'il touche un public

beaucoup plus vaste.

Le sport féminin, un inventaire

encore sous-exploité

Véronique Riotton

(Renaissance, Haute-Savoie)

défend les avancées du texte

en faveur du sport professionnel

féminin. Les ligues

pourront disposer de leur

propre structure juridique,

renforçant leur attractivité

pour les investisseurs. Un

chiffre résume le retard : en

2025, le sport féminin ne représentait

que 6 % de la valeur

des partenariats sportifs.

Hospitalités : un levier fiscal

au service des revenus

premium

Lionel Duparay (Droite

Républicaine) rappelle que

les hospitalités représentent

entre 15 et 30 % des revenus

des organisateurs, et plaide

pour un relèvement pérenne

du plafond d'exemption fiscale,

à l'image de ce qui avait

été accordé lors de la Coupe

du monde de rugby 2023.

Une modernisation du

marketing sportif français

Publicité virtuelle, exposition

en clair, essor du sport féminin

et optimisation des hospitalités

composent un ensemble

cohérent. La proposition

de loi ne crée pas à elle

seule de nouveaux revenus,

mais établit un cadre favorable

à une monétisation plus

diversifiée, plus internationale

et mieux adaptée aux attentes

des marques.

SPONSORING.FR

Sommaire

Sponsoring

Le PIF plante un nouveau drapeau saoudien à la FIFA..................................................................2

ALL Accor prolonge son séjour avec le PSG........................................................................3

Le COJOP Alpes 2030 ouvre la course à l’équipementier officiel .......................................4

Sodebo renouvelle son ancrage dans la voile ........................................................................5

Brioni ouvre la voie, Gucci vise la pole ................................................................................6

Economie

Roland-Garros : quand 61,7 M€ ne suffisent plus à acheter la paix sociale .............................7

WWW.SPONSORING.FR

La Lettre du Sponsoring

Publication fondée par Bruno Lalande,

David Tomaszek et Emmanuel Frattali

Sponsoring.fr SARL

16, avenue Hoche

75008 PARIS

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Abonnement

Tél. 09 70 40 65 15

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Disponible uniquement sur abonnement

Directeur publication : D. Tomaszek

Rédacteur en chef : Emmanuel Frattali

Dépôt légal à parution

CPPAP 1024T91549

Imprimerie Domenica Media / Espagne


Sponsoring

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°647 La Lettre du Sponsoring vendredi 22 mai 2026

Football

SPONSO RIN G.FR

Le PIF plante un nouveau drapeau saoudien à la

FIFA

Le Fonds public d’investissement saoudien (PIF) devient Supporter officiel de la Coupe du Monde 2026 pour

l’Amérique du Nord et l’Asie, aux côtés de ses filiales Savvy Games Group et Qiddiya City. L’annonce prolonge un

ancrage commercial qui place désormais l’Arabie Saoudite à deux échelons distincts de la hiérarchie des partenaires

de la FIFA.

SPONSORING.FR

e PIF s’appuie sur une

relation déjà établie

avec l’instance internationale,

inaugurée lors de

la Coupe du Monde des

Clubs 2025, et consolidée en

parallèle par une collaboration

avec la Concacaf.

L’entrée dans le portefeuille

du Mondial 2026 constitue

donc moins une rupture

qu’une montée en régime

planifiée, cohérente avec la

feuille de route 2026-2030

que le fonds souverain a récemment

dévoilée pour ses

investissements dans le sport,

le tourisme et les loisirs.

La nomenclature commerciale

de la FIFA distingue

plusieurs paliers d’engagement.

Au sommet, les

« Partenaires FIFA » bénéficient

de droits mondiaux

couvrant l’ensemble des

compétitions de l’instance.

Ainsi Aramco, autre entité à

capitaux saoudiens, occupe

déjà la première marche en

tant que Partenaire FIFA

(comme Adidas, Coca-Cola,

Qatar Airways, Visa et

Hyundai/Kia), la catégorie la

plus exclusive et la plus coûteuse

du portefeuille. En dessous

figurent les sponsors de

Coupe du Monde, puis les

Supporters régionaux, et enfin,

au quatrième rang, les

Supporters officiels — échelon

auquel le PIF fait son entrée

pour l’édition 2026, avec

une couverture géographique

limitée à l’Amérique du

Nord et à l’Asie. L’Arabie

Saoudite se retrouve donc simultanément

présente au

premier et au quatrième niveau

de la hiérarchie commerciale

de la FIFA. Une

configuration inédite pour un

État et ses émanations, qui

illustre la profondeur d’un

engagement pensé à plusieurs

horizons temporels et

sur plusieurs fronts institutionnels.

Un milliard pour les stades,

et maintenant les droits

marketing

Ce partenariat ne s’apprécie

pas sans son contexte financier

immédiat. En novembre

dernier, l’Arabie Saoudite

avait conclu avec la FIFA un

accord distinct portant sur le

financement à hauteur de 1

milliard de dollars — soit environ

860 M€ — de la

construction et de la réhabilitation

d’infrastructures sportives

à travers le monde. Un

engagement présenté comme

un outil de développement

du football, mais qui renforce

mécaniquement l’influence

saoudienne sur les décisions

d’investissement de la fédération.

Ces deux types d’engagements

— financement

d’infrastructures d’un côté,

droits marketing de l’autre

— dessinent une présence à

double registre : institutionnel

et commercial. Sur le

plan des recettes, les données

financières de la FIFA éclairent

le poids de la ligne des

Supporters et fournisseurs

officiels dans l’économie

globale de l’organisation : en

2025, les droits marketing

ont généré 964 975 M$ de

produits pour la fédération,

dont 36 267 M$ imputables à

la seule catégorie

« Supporters compétitions de

la FIFA / Fournisseurs officiels

de la FIFA ». Une part

minoritaire mais structurellement

croissante, à mesure

que la FIFA densifie son

portfolio de partenaires.

Du côté de la FIFA, le discours

commercial se place

résolument sur le terrain du

développement. « Le partenariat

avec le PIF contribuera

au développement du

football partout dans le

monde, en ouvrant de nouvelles

perspectives, en encourageant

l’innovation et

en mobilisant les jeunes, afin

de permettre à des millions

d’entre eux de jouer au football

», déclare Romy Gai, directeur

des Affaires commerciales

de la FIFA.

2034 en filigrane

Ce qui frappe dans le communiqué,

c’est la manière

dont l’édition 2034 apparaît

— en toute fin de texte,

presque en note de bas de

page. L’organisation par

l’Arabie Saoudite du

Mondial 2034 est mentionnée

pour renforcer la narration

du développement footballistique

à long terme, mais

sans que le PIF ne soit explicitement

associé à des droits

commerciaux afférents à

cette édition. La question

reste ouverte : le fonds souverain

négociera-t-il, en tant

que pays hôte, un dispositif

de partenariat ad hoc pour

2034, vraisemblablement à

un échelon supérieur ? « Le

PIF poursuit son expansion

mondiale dans le domaine

du sport – et le football est au

cœur de cette croissance.

Notre objectif est d’avoir un

impact positif et durable »,

répond Mohamed Alsayyad,

chef de la marque PIF. Une

formulation volontairement

ouverte, qui ne ferme aucune

porte sur les ambitions à venir.

Une présence systémique,

pas seulement commerciale

La montée en puissance du

PIF au sein du portefeuille

FIFA pose des questions

structurelles. Lorsqu’un

fonds souverain finance des

stades, sponsorise des compétitions,

collabore avec les

confédérations et pèse sur les

décisions d’attribution de

tournois, la frontière entre

partenaire commercial et partie

prenante institutionnelle

devient poreuse. Ce

brouillage des rôles transforme

la nature même des

appels d’offres et des négociations

de droits, dans un

écosystème où la neutralité

des processus de sélection est

déjà questionnée. Le PIF

n’est pas simplement un

sponsor de plus au palmarès

de la FIFA. Il est le révélateur

d’un nouveau modèle dans

lequel la puissance financière

d’un État redessine, de l’intérieur,

l’économie du football

mondial.

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Sponsoring

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°647 La Lettre du Sponsoring vendredi 22 mai 2026

Football

SPONSO RIN G.FR

ALL Accor prolonge son séjour avec le PSG

ALL Accor, la plateforme de réservation et programme de fidélité du groupe Accor, prolonge son association avec le

Paris SG pour quatre saisons supplémentaires, jusqu’en 2030.

ébutée en 2019,

cette collaboration

s’était d’abord matérialisée

par la présence de

ALL (Accor Live Limitless)

comme sponsor principal

sur le maillot du PSG, avant

d’évoluer vers un statut de

partenaire hôtelier premium.

À travers ce renouvellement,

les deux parties souhaitent

continuer à développer des

expériences autour du sport,

du divertissement et de

l’hospitalité pour les

membres du programme de

fidélité du groupe hôtelier.

« Le Paris Saint-Germain et

ALL Accor incarnent chacun,

dans leurs univers respectifs,

le rayonnement international

d’acteurs français

capables de fédérer des

communautés à travers le

monde », explique Richard

Heaselgrave, Chief Revenue

Officer du PSG. Le partenariat

« a joué un rôle significatif

dans le positionnement

international de notre programme

de fidélité ALL

Accor, permettant d’enrichir

l’expérience de nos

membres à travers des moments

privilégiés et mémorables

autour du club parisien

», précise Mehdi

Hemici, DG Fidélité et E-

Commerce All Accor. Avant

d’ajouter : « Nous abordons

cette nouvelle étape avec enthousiasme,

déterminés à

proposer des expériences

toujours plus immersives,

émotionnelles et ancrées

dans les passions qui font vibrer

nos membres. » Ce partenariat

permet notamment

aux membres du programme

de fidélité du géant français

de l’hôtellerie (5,63 Md€ de

chiffre d’affaires en 2025)

de réserver des places pour

les matchs du PSG, ainsi que

d’autres événements en lien

avec le club. ALL Accor revendique

aujourd’hui plus

de 100 millions de membres

dans le monde et plus de

7.000 événements organisés

chaque année autour de son

programme de fidélité.

En bref

Monster Energy séduit par l’OM. L’Olympique de Marseille accueille un nouvel entrant avec Monster Energy, marque reconnue et

ancrée dans l’univers du sport surtout mécanique. « Ce partenariat s'inscrit dans une volonté commune de faire converger deux univers

aux codes forts et aux fanbases très engagées : le football et la culture Monster Energy », justifient les deux parties. Présente lors des

rencontres à l’Orange Vélodrome, la marque de boissons énergisantes, fondée en 2002 et distribuée dans plus de 140 marchés à travers le

monde, bénéficiera d’une visibilité renforcée à travers différents dispositifs au stade, dont la disponibilité de boissons les jours de match.

« C’est une marque avec une identité très forte, qui a su construire une relation durable avec ses publics. Ce rapprochement permet de

faire se rencontrer deux communautés qui vivent le sport avec la même intensité », souligne le Directeur Général de l’OM, Alessandro

Antonello. Florian Chevalier, Vice-Président Marketing Western Europe de Monster Energy, parle d’un « club unique » à propos de l’OM.

« La passion et l’authenticité font écho à l’ADN de Monster Energy. L’OM incarne une ferveur forte et une culture du dépassement qui

rassemblent bien au-delà du terrain », continue le dirigeant. L’OM et Monster Energy « ambitionnent de bâtir des passerelles entre

différentes cultures sportives et de faire vibrer une communauté toujours plus large, à Marseille et au-delà ».

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Öko Europe renforce sa présence auprès des Marseillaises. Öko Europe renouvelle son partenariat avec l’Olympique de Marseille

en tant que « hydrateur officiel des équipes féminines et masculines de l’OM ». La collaboration annoncée en 2025 avait vu l’entreprise

française spécialisée dans le domaine des solutions de filtration d’eau écologiques devenir hydrateur officiel des équipes féminines et

masculines de l’OM, ainsi que partenaire de « Treizième Homme ». « Le travail réalisé par les équipes du club afin d’implémenter nos

solutions au quotidien a été considérable, car il ne s’agit pas simplement de gourdes, mais d’une véritable évolution dans la manière

d’aborder l’hydratation », souligne Jan Vansinte, fondateur d’Öko Europe. Cette nouvelle phase verra le logo Öko Europe s’afficher sur

les shorts de l’équipe féminine, les Marseillaises, ainsi que sur ceux des équipes du centre de formation, offrant ainsi une visibilité renforcée.

La marque continuera par ailleurs de fournir ses gourdes filtrantes aux équipes du club.

McDonald’s officialise le « McDonald’s Park ». En 2028, le Chicago Fire FC disposera d’une nouvelle enceinte de 22.000 places. Le

club de MLS évoluera alors au « McDonald’s Park ». Pour la première fois, McDonald’s donne son nom à un stade d’un club professionnel.

Le contrat court jusqu’en 2040. En parallèle, l’enseigne de fast-food devient le « presenting partner » d’un programme RSE avec le Chicago

Fire à destination des écoles publiques de Chicago, où se trouve le siège social de McDonald’s. En changeant d’échelle, le dispositif passe

de 70 à 280 écoles publiques, et de 31.000 à plus de 125.000 élèves bénéficiaires.

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Sponsoring

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°647 La Lettre du Sponsoring vendredi 22 mai 2026

Sports d’hiver

SPONSO RIN G.FR

Le COJOP Alpes 2030 ouvre la course à

l’équipementier officiel

Le COJOP Alpes 2030 lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour sélectionner ses équipementiers textiles,

couvrant à la fois les Jeux d’hiver de 2030 et les deux prochaines éditions olympiques d’été (Los Angeles 2028 et

Brisbane 2032). Ce marché, structuré en cinq lots aux valeurs très disparates, redessine le périmètre d’un partenariat

olympique national.

SPONSORING.FR

Un dispositif tripartite inédit

’AMI publié est le

fruit d’une construction

juridique originale.

Il associe le COJOP au

Comité National Olympique

et Sportif Français (CNOSF)

et au Comité Paralympique et

Sportif Français (CPSF), réunis

sous l’appellation

« Regroupement ». Cette trilogie

institutionnelle détient

jusqu’au 31 décembre 2030

la responsabilité commerciale

des droits liés à l’Équipe

de France Olympique et

Paralympique. Ce n’est donc

pas seulement un contrat de

fourniture de vêtements :

c’est une délégation de droits

marketing sur l’image des

athlètes tricolores lors de trois

olympiades consécutives :

Los Angeles 2028, Alpes

2030 et Brisbane 2032. La

date limite de remise des

offres est fixée au 26 juin,

avec une présentation en visioconférence

prévue dès le

21 mai. Les candidats disposent

donc de peu de temps

pour construire une réponse

qui doit couvrir à la fois une

offre technique, une offre financière

et un cadre de responsabilité

sociale et environnementale

détaillé.

Cinq lots, trois niveaux

d’ambition

L’architecture de l’appel s’articule

autour de cinq lots dont

la portée commerciale varie

considérablement. Le Lot A

est de loin le plus complexe

et le plus convoité : il porte

sur les tenues de représentation

des athlètes et du staff

des Équipes de France pendant

les trois prochains Jeux

(podiums, villages olympiques),

ainsi que, en option,

les équipements de performance

et d’entraînement portés

en compétition. Ce lot

exige une capacité industrielle,

des process de tests

itératifs avec les fédérations

sportives, et une première livraison

opérationnelle dès

janvier 2027 pour couvrir le

Festival Olympique de la

Jeunesse d’hiver.

Le Lot B, obligatoirement

couplé au Lot A si un candidat

souhaite répondre à ce

dernier, concerne les tenues

de cérémonie : ouvertures et

clôtures des Jeux de Los

Angeles 2028, Alpes 2030 et

Brisbane 2032, ainsi que les

grandes cérémonies protocolaires.

Les Lots C et D, combinables,

concernent respectivement

les 15.000 volontaires

des Jeux d’hiver de

2030 et les salariés du CO-

JOP ainsi que certains arbitres

et officiels. Leurs droits

marketing sont plus étroits, et

leur durée limitée à fin 2030.

Quant au Lot E, dédié au

Relais de la Flamme, il présente

la particularité d’être

évalué en premier lieu sur les

critères de responsabilité environnementale,

sociale et

territoriale, avant même les

aspects financiers et techniques.

Une seuil minimum de

12 % du chiffre d’affaires

de la redevance demandée

Sur le plan économique, le

COJOP impose une architecture

contractuelle en trois volets.

L’équipementier retenu

prend d’abord en charge l’intégralité

des coûts de fabrication,

de marquage, de transport,

de stockage et de

douane. Autrement dit, tout

l’apport en nature est à sa

charge exclusive. En parallèle,

il verse une

« Contrepartie Financière

Marketing », dont le montant

est librement proposé dans

l’offre, en échange des droits

d’usage des marques « Alpes

Françaises 2030 » et

« Équipe de France

Olympique et Paralympique

» sur le territoire français.

Le troisième pilier est la

licence de produits dérivés.

Le COJOP fixe un taux plancher

de redevances à 12 % du

chiffre d’affaires net, tout en

précisant que toute proposition

au-delà de ce seuil « sera

favorablement appréciée ».

Le candidat doit également

proposer, pour chaque lot, un

« Minimum Garanti » lié à

cette commercialisation. Le

COJOP se réserve par

ailleurs un droit d’audit permanent

sur les données

comptables et commerciales

de l’équipementier, aux frais

de ce dernier si des écarts

sont constatés.

Des exigences RSE

Au-delà des chiffres, l’appel

impose des engagements environnementaux

et sociaux :

trajectoire de décarbonation

documentée, priorité aux matières

recyclées ou biosourcées,

conformité à la loi

PFAS du 27 février 2025,

gestion rigoureuse des emballages,

devoir de vigilance

sur l’ensemble de la chaîne

d’approvisionnement, égalité

professionnelle femmeshommes

et inclusion des travailleurs

handicapés.

L’équipementier doit également

concevoir un plan

structuré de « seconde vie »

pour les équipements non utilisés

à l’issue des Jeux.

Les offres seront analysées

lot par lot, avec une attention

explicite à la limitation du

nombre d’équipementiers.

Le COJOP valorise les candidats

capables de couvrir plusieurs

lots simultanément.

Une logique qui devrait favoriser

les principaux équipementiers

du marché. L’appel

à manifestation d’intérêt est

construit de telle sorte d’écarter

d’office des candidatures

comme celle du Coq Sportif.

Pour Paris 2024, un feuilleton

avait accompagné la préparation

avec les difficultés

financières et d’approvisionnement

de l’équipementier.

Non seulement, le Coq

Sportif n’a pas été en mesure

de verser l’apport prévu dans

le contrat de partenariat, mais

en plus le COJOP de Paris

2024 avait dû consentir en

mai 2024 une avance de trésorerie

de 2,87 M€ à son

prestataire.

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Sponsoring

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°647 La Lettre du Sponsoring vendredi 22 mai 2026

Voile

SPONSO RIN G.FR

Sodebo renouvelle son ancrage dans la voile

L’entreprise vendéenne Sodebo prolonge son partenariat avec le Vendée Globe jusqu’en 2028, sept éditions

consécutives pour une entreprise qui a fait de la course au large le cœur de sa communication.

ingt-huit ans. C’est la

durée que revendique

Sodebo à bord

du Vendée Globe, bien avant

que la course ne devienne le

phénomène médiatique

qu’elle représente aujourd’hui.

Quand une entreprise

de l’agroalimentaire s’inscrit

aussi profondément dans

l’univers d’un événement

sportif, la question se pose

naturellement : s’agit-il d’un

choix marketing ou d’une

conviction d’entreprise ?

Chez Sodebo, la réponse

semble avoir été tranchée depuis

longtemps, au point que

les deux dimensions se

confondent désormais. Le renouvellement

du partenariat

jusqu’en 2028 couvre non

seulement le Vendée Globe,

mais aussi les courses associées,

la Vendée Arctique et

la New York Vendée, toutes

deux au départ des Sables

d’Olonne (Vendée), élargissant

ainsi la surface d’exposition

de la marque à l’ensemble

de l’écosystème de la

course au large hauturière.

Ce qui distingue Sodebo

d’un simple sponsor opportuniste,

c’est précisément

l’articulation entre ancrage

géographique et investissement

sportif.

Un territoire, une marque,

une cohérence

L’entreprise est née et a

grandi en Vendée (3.300 collaborateurs

sur le site de

Montaigu-Vendée), l’intégralité

de la production

concentrée sur ce territoire

depuis plus de cinquante ans.

L’expression de « territoire

de marque » prend ici tout

son sens. « Pour Sodebo, entreprise

depuis toujours basée

en Vendée et engagée

dans la course depuis 28 ans,

cette course a une résonance

particulière », souligne

Patricia Brochard, co-présidente

de Sodebo. Cette résonance

n’est pas rhétorique :

elle traduit une continuité

entre la culture d’entreprise

et le récit sportif porté par

l’événement. Le Vendée

Globe raconte le dépassement

de soi, la robustesse

face à l’adversité, la fidélité à

un cap, autant de valeurs que

Sodebo projette sur sa propre

histoire entrepreneuriale.

« Fidèles à notre conviction

que les projets solides sont

ceux que l’on fait grandir

dans la durée, nous sommes

heureux d’en être partenaire

pour la 7e édition consécutive

», affirme Patricia

Brochard.

La contrepartie de cette longévité

est aussi son principal

risque : une suridentification

à un seul événement peut fragiliser

la marque si celui-ci

traverse une période difficile.

Le Vendée Globe, porté par

la SAEM Vendée et le

Département, bénéficie toutefois

d’une gouvernance

stable que salue Alain

Leboeuf, président du

Vendée Globe et du

Département de la Vendée :

« Depuis plus de vingt ans,

nous partageons une même

vision et des valeurs communes,

au service du rayonnement

du Vendée Globe et

de la valorisation de notre

territoire vendéen. » La dimension

institutionnelle du

partenariat, impliquant une

collectivité territoriale,

constitue un filet de sécurité

supplémentaire pour la

marque, tout en posant la

question de l’équilibre entre

intérêt public et valorisation

commerciale privée.

Armateur et partenaire : le

double engagement qui

change tout

Ce qui rend le cas Sodebo

singulier dans le paysage du

sponsoring nautique, c’est

que l’entreprise ne se

contente pas d’apposer son

nom sur un événement : elle

est aussi armateur. Deux

multicoques naviguent sous

ses couleurs avec un trimaran

Ultim de 32 mètres, détenteur

du Trophée Jules

Verne, et un Ocean Fifty de

15 mètres. Ce positionnement

d’armateur transforme

la nature de l’engagement :

Sodebo produit ici du

contenu sportif, elle génère

ses propres actifs médiatiques,

elle pilote son propre

récit. Le programme Voile

global, qui chapeaute l’ensemble

de ces engagements,

est pensé comme un vecteur

d’émotion partagée, à même

de toucher des audiences très

au-delà du cœur de cible de

la voile.

SPONSORING.FR

En bref

Selectour embarque sur la Route du Rhum. Selectour devient Fournisseur Officiel de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe,

dont le départ sera donné de Saint-Malo le 1er novembre. Le réseau d'agences de voyages souhaite accompagner « la venue des publics,

partenaires et passionnés au cœur de l'événement ».

Un nouvel équipementier pour la fédération française de karaté. La FFKDA a conclu un partenariat avec Joma Sport, qui devient

fournisseur officiel de l'ensemble de ses équipes jusqu'en 2028. Les clubs affiliés bénéficieront de réductions sur la boutique de

l'équipementier espagnol, tandis qu'Harmonie Sport assurera la personnalisation des tenues.

All Accor escorte les Dragons catalans. ALL Accor devient partenaire officiel d'hébergement des Dragons Catalans à l'occasion de leur

match de Super League face aux Wigan Warriors, délocalisé le 6 juin au stade Jean-Bouin à Paris. En contrepartie, le groupe bénéficiera

d'une visibilité sur les maillots et les membres du programme ALL pourront accéder à la rencontre via sa plateforme.

Waterdrop accompagne le numéro 2 français. Waterdrop devient fournisseur officiel pour 2026 de Johan Bergeron, numéro 2 français

et 150e joueur mondial de padel. Le logo de la marque apparaîtra sur le short du joueur en compétition, renforçant ainsi la présence de

Waterdrop dans le padel après son engagement dans le tennis.

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Sponsoring Formule 1

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°647 La Lettre du Sponsoring vendredi 22 mai 2026

SPONSO RIN G.FR

Brioni ouvre la voie, Gucci vise la pole

Quand une maison de couture centenaire envisage de prêter son nom à une écurie de Formule 1, c’est toute l’économie

du sport automobile qui se recompose sous nos yeux. Les discussions entre Alpine et Gucci pourraient consacrer une

première absolue.

out commence par un

costume ou presque. Il

y a quelques semaines,

Alpine et le groupe

Kering officialisaient un accord

aux apparences modestes

: Brioni, la maison de

couture pour hommes du

conglomérat français, habillera

désormais l’encadrement

de l’écurie lors des

temps forts de la saison. Une

entrée discrète qui, rétrospectivement,

ressemble à une

mise en bouche. Car selon

plusieurs sources concordantes,

les négociations se

poursuivent à un niveau autrement

plus ambitieux :

Gucci serait en discussions

avancées pour devenir le

sponsor titre d’Alpine à partir

de la saison 2027, succédant

à BWT, dont le contrat

s’achève à l’issue de la saison

2026. L’écurie basée à

Enstone abandonnerait ses

couleurs rose et bleue pour

adopter la palette rouge, verte

et or de la maison florentine,

et se renommerait « Gucci

Alpine Formula One Team ».

Ce rapprochement doit beaucoup

à un homme. Luca de

Meo, architecte du retour

d’Alpine en Formule 1 et

proche de Flavio Briatore

qu’il a placé comme

conseiller exécutif de

l’équipe, a rejoint Kering en

septembre 2025 pour en

prendre la direction générale.

Il s’habille en Brioni, suit la

compétition avec passion et

connaît les rouages

d’Enstone mieux que quiconque.

Sans qu’aucune

confirmation officielle n’ait

été apportée, sa trajectoire

forme le fil conducteur d’un

accord qui n’aurait guère pu

émerger sans lui. Côté

Renault, le nouveau patron

François Provost, moins féru

de sport automobile que son

prédécesseur, voit surtout

dans ce dossier une opportunité

de sécuriser des recettes :

un contrat de naming de cette

envergure pourrait rapporter

entre plusieurs dizaines de

millions par saison, apportant

une précieuse visibilité budgétaire

à une écurie qui a terminé

dernière du classement

constructeurs en 2025.

« Alpine Formula One Team

est constamment à la recherche

de nouvelles opportunités

de partenariat », a déclaré

un porte-parole de

l’équipe. Gucci, de son côté,

n’a pas souhaité commenter.

La F1, nouveau ring du

luxe mondial

Si l’opération se concrétise,

elle serait sans précédent : aucune

maison de luxe n’a encore

signé comme sponsor

titre d’une écurie. Elle s’inscrirait

pourtant dans une dynamique

de fond irrésistible.

En moins d’une décennie,

Liberty Media a transformé

la F1 en phénomène culturel

planétaire : 827 millions de

fans revendiqués, des recettes

de sponsoring multipliées par

dix (3 Md€), une audience rajeunie

et féminisée qui attire

l’industrie de la mode.

LVMH avait ouvert la voie

en 2024 avec un méga-partenariat

de dix ans et un milliard

d’euros : Louis Vuitton

sur les panneaux de bord de

piste, Moët & Chandon sur

les podiums, Tag Heuer

comme chronométreur officiel,

et des accords titre sur

les Grands Prix de Monaco,

Spa et Madrid. Kering ne

peut se permettre de laisser

son rival de la place

Vendôme occuper seul ce terrain.

Gucci, qui représente la

moitié des ventes du groupe

et les deux tiers de son résultat

opérationnel courant, traverse

une phase de repositionnement

où l’audace est

revendiquée comme ADN.

S’afficher sur les grilles de

départ devant plusieurs centaines

de millions de téléspectateurs

par saison serait

pour la maison née à

Florence bien plus qu’un

logo sur une carrosserie : une

déclaration d’intention planétaire.

En bref

Facom signe Esteban Ocon. La marque française d’outillage poursuit son lien avec l’univers automobile en misant sur le pilote français

de Formule 1 pour renforcer son image auprès des professionnels. Esteban Ocon devient un ambassadeur de la marque qu’il connaît depuis

longtemps. « Depuis mes débuts en karting, avec mon père, on a toujours utilisé des outils Facom », affirme le pilote Haas. Créée en 1918,

la marque revendique plus de 8.000 produits distribués auprès des professionnels de l’automobile et de la maintenance industrielle.

SPONSORING.FR

Un acteur du luxe animalier mise sur Ollie Bearman… et ses chiens. Vetreska devient partenaire officiel d'Ollie Bearman pour la

saison 2026 de F1, avec un logo apparu dès le Grand Prix de Miami. La collaboration, inspirée de ses deux chiens, débouchera en juin sur

une campagne mondiale et une ligne de produits inspirée de la F1. Une tendance qui dépasse les simples accessoires : à l'approche de la

Coupe du Monde, Adidas a lancé une première collection de maillots pour animaux de compagnie, déclinant les tuniques officielles du

Mexique, de l'Argentine, de la Colombie et du Japon — quatre des quatorze sélections habillées par la marque.

The North Face se positionne avant les JO 2034. The North Face officialise un partenariat de huit ans, jusqu’en 2034, année de la

tenue des Jeux olympiques d’hiver à Salt Lake City, avec la fédération américaine de ski (US Ski & Snowboard). La marque de VF

Corporation succède ainsi à Kappa. Elle équipera les athlètes et l’ensemble du staff des 11 disciplines de la fédération. Cela concerne

notamment le ski alpin, le ski de fond, le freeski et le snowboard. De plus, les programmes para-sportifs sont totalement intégrés au

dispositif. La marque fournira également les couches techniques, les vêtements d’entraînement et la bagagerie. Par ailleurs, une collection

grand public verra le jour dès cet automne.

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Economie

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°647 La Lettre du Sponsoring vendredi 22 mai 2026

SPONSO RIN G.FR

SPONSORING.FR

Roland-Garros : quand 61,7 M€ ne

suffisent plus à acheter la paix sociale

La Fédération française de tennis (FFT) a annoncé une hausse de près de 10 % du prize

money pour la nouvelle édition de Roland-Garros. Mais derrière les chiffres records, la

fracture s’élargit entre les joueurs et les organisateurs des Grands Chelems sur la

répartition de la valeur créée.

ur le papier, le chiffre

impressionne. En

hausse de 9,5 % par

rapport à 2025, en progression

de 45 % depuis 2019, la

dotation de Roland-Garros

2026 constitue, selon la

Fédération Française de

Tennis (FFT), la preuve d’un

« engagement constant en

faveur de l’augmentation de

la rémunération des

joueurs ». Et pourtant,

quelques jours à peine après

l’annonce, les meilleures raquettes

mondiales ont signé

un communiqué commun

pour dénoncer non pas le

montant absolu de la dotation,

mais la logique qui le

sous-tend. Le conflit n’est

donc pas arithmétique. Il est

structurel.

La part du gâteau, pas la

taille du gâteau

Jannik Sinner, Carlos

Alcaraz, Aryna Sabalenka,

Coco Gauff, les signataires

du communiqué, sont précisément

ceux dont la présence

justifie en grande partie les

revenus du tournoi. « Alors

que Roland-Garros s’apprête

à enregistrer des revenus

records, les joueurs reçoivent

donc une part de plus

en plus faible de la valeur

qu’ils contribuent à créer »,

écrivent-ils. L’argument central

n’est pas la pauvreté (les

vainqueurs empocheront 2,8

M€, ndlr), mais le ratio. Si le

tournoi grossit plus vite que

la dotation, la part relative

des athlètes se réduit mécaniquement,

quand bien même

leur chèque augmente en valeur

absolue. C’est la même

tension qui a structuré des

décennies de conflits dans le

sport US entre les ligues et

les joueurs : à mesure que les

droits TV et les revenus

commerciaux explosent, la

question de la répartition de

la valeur devient plus brûlante

que celle de son volume.

Les revendications dépassent

le prize money : est également

demandé un fonds de

prévoyance couvrant retraites,

soins de santé et

congés maternité, autant de

protections sociales qui relèvent

de l’évidence dans la

plupart des sports collectifs

professionnels, mais qui restent

absentes dans un tennis

où le statut d’indépendant

prévaut. « Les tournois du

Grand Chelem restent peu

enclins au changement », attaque

le communiqué.

La réponse de la FFT : le

modèle associatif comme

bouclier

Face à ces accusations, la

FFT a choisi une ligne de défense

structurée autour de

son statut juridique.

Organisation à but non lucratif,

la FFT rappelle que «

l’ensemble des revenus générés

par le tournoi est réinvesti

dans Roland-Garros,

ainsi que dans le développement

du tennis en France et

à l’international ». Elle énumère

: financement des

clubs, programmes de formation,

soutien au tennis féminin,

au tennis fauteuil,

contributions à la Fédération

Internationale (ITF). La fédération

met également en

avant un investissement de

plus de 400 M€ consenti

dans les infrastructures du

site des Internationaux de

France, dont une partie bénéficie

directement aux conditions

d’accueil des joueurs.

La FFT révèle avoir orienté

les hausses les plus importantes

(supérieures à 11 %)

vers les joueurs éliminés aux

premiers tours (87.000 €) et

aux qualifications. Ce ciblage

répond à une réalité

économique souvent occultée

par le débat sur les prize

money des têtes d’affiche.

Dans le tennis pro, la pyramide

des revenus est vertigineuse.

Le joueur classé 150e

mondial peine à rentabiliser

ses frais ; c’est lui qui a besoin

d’une revalorisation urgente.

Sur ce point précis, la

FFT marque des points.

Boycott ou négociation ?

C’est pourtant là que le dialogue

risque de se gripper.

Car si les revendications des

joueurs d’élite sont légitimes

en matière de gouvernance

et de protection

sociale, leur crédibilité morale

en matière de prize money

est plus fragile lorsqu’ils

s’expriment depuis le

vestiaire d’un tournoi à

61,7 M€ de dotation. Aryna

Sabalenka n’a pas hésité à

agiter l’épouvantail : « À un

moment donné, il faudra

boycotter si c’est la seule solution

pour défendre nos

droits », a déclaré la

Biélorusse, numéro un mondiale,

en marge du WTA

1000 de Rome. Une sortie

qui a aussitôt été relativisée

par Iga Swiatek : « Le boycott

des tournois serait

quand même une solution un

peu extrême », a tempéré la

Polonaise, numéro 3 mondiale,

appelant à « plus de

communication et de négociation

». Cette divergence

de ton au sein du même

camp illustre la fragilité du

front commun. Un boycott

de Roland-Garros par les

têtes de série reste un scénario

peu probable, les joueurs

y ont autant à perdre que les

organisateurs, mais sa simple

évocation modifie le rapport

de force symbolique.

Toutefois, le message est

passé : l’époque où le prestige

d’un Grand Chelem suffisait

à discipliner les prétentions

des joueurs est révolue.

La FFT, de son côté, affirme

rester « pleinement engagée

dans un dialogue continu »

et se déclare « à disposition

des joueurs pour échanger

directement avec eux ».

Formule de bonne volonté

ou posture défensive ? La réponse

se lira à l’aune des décisions

prises d’ici à l’édition

2027. Car si la question de la

gouvernance et de la protection

sociale des joueurs n’est

pas traitée structurellement,

Roland-Garros continuera de

gagner la bataille des chiffres

tout en perdant celle du récit.

Entreprises citées

Public Investment Fund ..................2

Monster Energy................................3

Öko Europe......................................3

McDonald’s......................................3

Sodebo ............................................5

Selectour ..........................................5

Joma Sport ......................................5

Waterdrop ........................................5

Gucci................................................6

Facom ..............................................6

Vetreska............................................6

The North Face ................................6

Accor............................................3, 5

7


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