EnAction mai 2026
Restez informé avec notre magazine «En Action! » Retrouvez histoires de vie passionnantes et émouvantes, des nouvelles de nos projets de lutte contre la lèpre, des informations sur la prière et tout ce qui concerne Mission Lèpre.
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EN
ACTION
N°2 | 2026
Soyez informé, restez engagé
TÉMOIGNAGE : Anjali, la
lèpre et le silence
ÉTUDE : Stigmatisation
CONFLITS : Conséquences
sur les personnes
affectées par la lèpre
APERÇU
ÉDITORIAL
NOVARTIS ET L’OMS PRO-
LONGENT LEUR DÉCLARATION
D’INTENTION – MISSION LÈPRE,
PARTENAIRE CLÉ POUR PAR-
COURIR LA DERNIÈRE ÉTAPE.
Novartis fournira, en partenariat
avec l’Organisation
mondiale de la santé (OMS),
le traitement MDT pour les
patients atteints de lèpre
gratuitement pendant au
moins cinq années supplémentaires.
L’objectif est de
traiter un million de personnes
supplémentaires d’ici 2030 et
de prévenir d’innombrables
nouveaux cas.
À cette fin, l’entreprise pharmaceutique
a conclu un
Memorandum of Understanding
(MoU) avec l’OMS. Dans
le cadre de cette déclaration
d’intention, Novartis continuera
à fournir le MDT et la
clofazimine à tous les patients
atteints de lèpre.
Mission Lèpre, en tant que
partenaire, veille à ce que les
médicaments parviennent
effectivement aux personnes
concernées, permettant ainsi
de transformer et de sauver
des milliers de vies.
Chili
LE CHILI,
PREMIER PAYS DES AMÉRIQUES
EXEMPT DE LÈPRE
Selon l’Organisation mondiale de la santé
(OMS), le Chili est devenu le deuxième pays au
monde et le premier des Amériques à éliminer
la lèpre. Les derniers cas secondaires ont été
traités à la fin des années 1990. Depuis le Chili
n’a signalé aucun cas de lèpre acquis localement
depuis plus de 30 ans ; le dernier cas
date de 1993. Entre 2012 et 2023, 47 cas ont été
signalés, mais tous étaient importés.
Parmi les facteurs ayant contribué à ce succès
figurent notamment un programme de dépistage
précoce et l’accès universel aux soins
médicaux.
« Ce jalon en matière de santé publique est une
preuve impressionnante de ce que le leadership,
la science et la solidarité peuvent
accomplir », a déclaré le Directeur général de
l’OMS, le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus. «
L’élimination de la lèpre au Chili envoie un
message clair au monde : avec un engagement
durable, des services de santé inclusifs,
des stratégies intégrées, un dépistage précoce
et un accès universel aux soins, nous pouvons
reléguer les maladies anciennes au passé. »
IMPRESSUM
Dans ce nouveau numéro, nous avons
choisi de mettre en lumière une réalité
trop souvent reléguée dans l’ombre : la stigmatisation
persistante subie par les personnes affectées par la
lèpre. Au-delà de la maladie elle-même, ce sont les
regards, les jugements et l’exclusion sociale qui
continuent de marquer durablement les vies.
À travers une étude et un témoignage poignant, ce magazine
vous invite à comprendre les mécanismes de cette stigmatisation,
ses racines culturelles et ses conséquences humaines. Car si les
traitements médicaux ont considérablement progressé, les
mentalités, elles, évoluent plus lentement.
Réfléchir à cette question, c’est comprendre que la lutte contre la
lèpre ne se limite pas à un combat sanitaire. Elle implique aussi un
engagement éthique et social : redonner une place, une dignité,
une voix à celles et ceux qui en ont été privés. La stigmatisation isole,
fragilise et freine l’accès aux soins. Elle est, en elle-même, une
injustice.
Nous vous invitons à poursuivre la lecture de ce numéro, à la
rencontre de celles et ceux dont les voix éclairent ces réalités
avec courage et humanité.
Bonne lecture !
Helen Woldu
Cher lecteur,
chère lectrice,
Mission Lèpre Suisse est une organisation humanitaire
chrétienne engagée dans l’élimination des
causes et des conséquences de la lèpre. Elle a pour
but la guérison et la réhabilitation des plus démunis.
L'association est exonérée d'impôts: les dons peuvent
être déduits du revenu imposable. Si les dons pour un
projet/une activité spécifique dépassent ce qui est
budgété, ils seront attribués à des projets similaires.
Photos : Sabrina Dangol, Mission Lèpre Internationale,
© MONUSCO/Aubin Mukoni (ONU)
Couverture : Inde, Anjali rêve d’un nouveau
En Action - Magazine d’information pour les
membres et les donateurs · ISSN 1422-6685
Rédaction : Helen Woldu, Daniel Gerber
Mise en page : Sonja Räss
Impression : Jordi SA, Belp
Mission Lèpre Suisse
Route de Denges 38 · 1027 Lonay
Tél. 021 801 50 81 · info@missionlepre.ch
missionlepre.ch
IBAN : CH44 0900 0000 1000 4835 5
2 départ.
3
TÉMOIGNAGE
Anjali, une vie marquée
par la lèpre et le silence
Diagnostiquée trop tard et privée de traitement, Anjali a vu sa vie basculer dès l’enfance.
Son histoire poignante illustre les ravages de la lèpre lorsqu’elle n’est pas détectée à
temps, mais aussi les conséquences de la peur et de la discrimination. Aujourd’hui encore,
son parcours rappelle combien la sensibilisation et l’accès précoce aux soins sont essentiels
pour éviter des séquelles irréversibles.
LES PREMIERS SIGNES IGNORÉS
En Inde, Anjali n’avait que 11 ans lorsqu’elle remarqua
les premières taches pâles apparaître
sur son visage et son corps. Au début, elle tenta
de les ignorer mais semaine après semaine,
de nouvelles marques apparaissaient.
La peur s’installa progressivement. Sa mère,
inquiète, décida finalement de l’envoyer à
l’hôpital.
Le diagnostic tomba : Anjali était atteinte de
la lèpre. Une maladie dont elle ignorait tout,
et qui n’avait jamais touché sa famille auparavant.
Pourtant, malgré cette détection, aucun traitement
ne lui fut administré. Ce moment marque
un tournant tragique : sans prise en charge rapide,
la maladie a pu progresser librement,
entraînant des dommages irréversibles. La
lèpre, lorsqu’elle est diagnostiquée tôt, se
soigne efficacement. Mais dans le cas d’Anjali,
cette opportunité fut perdue.
UNE MALADIE QUI DÉTRUIT LE CORPS
EN SILENCE
Trois ans plus tard, les conséquences devinrent
visibles et terrifiantes. À 14 ans, alors
qu’elle préparait le repas familial, Anjali laissa
échapper une marmite de riz bouillant.
Elle s’attendait à ressentir une douleur intense…
mais rien.
Ses nerfs avaient été endommagés. Elle ne
ressentait plus la douleur.
Ce symptôme, typique de la lèpre avancée,
est souvent à l’origine de handicaps sévères.
Sans douleur pour alerter, les blessures s’aggravent,
les infections se multiplient et les
séquelles deviennent permanentes.
Sa mère, désespérée, multiplia les consultations
auprès de guérisseurs traditionnels
sans résultat. Là encore, l’absence de traitement
médical précoce a condamné Anjali à
vivre avec des handicaps évitables.
LA VIOLENCE ET LA PEUR AU SEIN
DE LA FAMILLE
Alors que sa mère tentait de la protéger, une
autre menace grandissait dans l’ombre :
son propre grand-père. Chef autoritaire de
la famille, il voyait la maladie comme une
honte. Très vite, ses paroles devinrent des
menaces. La peur devint le quotidien de la
jeune fille. Elle raconte avoir été empoisonnée,
poussée vers un train en marche, et
constamment menacée. Sa mère, impuissante
face à l’autorité de cet homme, ne
pouvait que s’inquiéter sans pouvoir intervenir
efficacement.
Cette violence illustre une réalité encore trop
répandue : la méconnaissance de la lèpre
alimente la peur, qui à son tour engendre rejet
et maltraitance. La maladie n’est pas
seulement physique, elle devient sociale.
L’ABANDON ET LA RECONSTRUCTION
Un jour, son grand-père annonça qu’il l’emmenait
à l’hôpital. Mais après plusieurs
heures de trajet, il l’abandonna dans une
colonie de personnes affectées par la lèpre,
loin de chez elle.
Seule et désemparée, Anjali vit sa vie basculer
une nouvelle fois. Heureusement, un couple
âgé lui vint en aide et la prit sous son aile.
Peu à peu, elle reconstruisit son existence
malgré ses mains handicapées, l’absence
de ressources et les perspectives limitées. À
19 ans, elle se maria avec un homme vivant
lui aussi dans une colonie similaire. Ensemble,
ils eurent deux fils.
BRISER LE CYCLE : L’ESPOIR POUR
LA PROCHAINE GÉNÉRATION
Anjali vit aujourd’hui dans une grande précarité,
dans une maison délabrée, mais elle reste
déterminée à offrir un avenir meilleur à ses
enfants en les envoyant à l’école. Son histoire
rappelle l’importance de la détection précoce
de la lèpre, qui permet d’éviter les séquelles,
et la nécessité de sensibiliser pour lutter
contre les préjugés — la discrimination ayant
marqué sa vie plus durement encore que la
maladie.
4
5
ÉTUDE
Résister à la stigmatisation :
comment les personnes touchées
par la lèpre se défendent
Longtemps associée à des croyances erronées, la lèpre continue d’être source de peur et
de discrimination. Au Mozambique, une étude menée par la Dre Arianna Bobba (Responsable
programmes internationaux, Mission Lèpre Internationale) met en lumière la manière dont
les personnes concernées vivent cette stigmatisation et surtout, comment elles y résistent
au quotidien.
COMPRENDRE LES MÉCANISMES
DE LA STIGMATISATION
La lèpre demeure entourée
de préjugés tenaces. Pour
celles et ceux qui reçoivent
ce diagnostic, la stigmatisation,
voire le rejet, marque
encore profondément la vie
sociale, familiale et professionnelle.
La Dre Arianna
Dre Arianna Bobba
Bobba a souhaité comprendre comment
ces personnes réagissent, s’adaptent et
mobilisent des stratégies conscientes ou
non pour préserver leur dignité.
Son étude a été menée dans la province de
Cabo Delgado, au Mozambique, un pays où
la lèpre reste présente et où les croyances
culturelles influencent fortement la perception
de la maladie.
LES FORMES DE STIGMATISATION
Trois dimensions principales ressortent :
• Anticipée : la peur d’être rejeté.
• Intériorisée : la honte ou la culpabilité adoptée
par la personne elle-même.
• Actée : la discrimination réelle, venant de
la famille, des voisins ou des services
publics.
6
CROYANCES ET LANGAGE : DES FACTEURS QUI
AGGRAVENT LE REJET
Les représentations culturelles jouent un
rôle déterminant. L’étude révèle plusieurs
croyances persistantes :
• la lèpre est parfois vue comme une punition
divine liée à un comportement jugé immoral
;
• certaines personnes pensent encore que
le contact avec le sang menstruel transmet
la maladie ;
• des termes injurieux sont utilisés pour désigner
les personnes touchées, la connotation
changeant selon le ton et l’intention.
Ces croyances peuvent maintenir la stigmatisation
même après guérison.
LE RÔLE DÉTERMINANT DU SYSTÈME DE SANTÉ
Les professionnels de santé ont une influence
majeure sur la perception de la maladie.
Or, l’étude montre :
• l’usage persistant de termes stigmatisants ;
• 26% des patients craignent d’être discriminés
lors des consultations ;
• certains soignants évitent le contact physique
ou offrent des soins incomplets.
Le manque de formation renforce ainsi les
préjugés, fragilisant la confiance entre
soignants et patients.
FAMILLE, COMMUNAUTÉ :
L’IMPACT DU REGARD SOCIAL
Le rejet est plus fort lorsque des incapacités
visibles apparaissent.
Un exemple marquant évoque deux frères
diagnostiqués :
• l’un ne présente aucune séquelle et peut
poursuivre une vie normale ;
• l’autre souffre d’atteintes aux yeux, mains
et pieds, ce qui entraîne rejet, perte de statut
et difficultés économiques.
La manière dont la société perçoit la maladie
peut donc peser davantage que la maladie
elle-même.
COMMENT LES PERSONNES RÉSISTENT-ELLES ?
L’étude identifie trois niveaux de résistance.
1. Stratégies personnelles
Pour préserver leur dignité et limiter les
discriminations, les personnes adoptent
notamment :
• une hygiène très soignée ;
• l’appui sur la foi ;
• l’observance rigoureuse du traitement ;
• parfois, la dissimulation du diagnostic.
2. Soutien entre pairs
Souvent informelle, cette résistance passe par
• l’évitement des confrontations ;
• l’aide discrète entre personnes concernées ;
• le partage d’informations seulement avec
des individus de confiance.
3. Actions publiques
Plus visibles, ces actions visent à transformer
les perceptions :
• sensibilisation et correction des idées
fausses ;
• participation à des groupes d’entraide ou
d’auto soins ;
• plaidoyer contre la discrimination.
UNE RÉSILIENCE INSPIRANTE
L’étude met en lumière la force et la résilience
de personnes qui, malgré les obstacles,
s’organisent, se soutiennent et revendiquent
leur place au sein de la société.
Elle montre combien il est essentiel de poursuivre
les efforts de sensibilisation, de formation
et de lutte contre les préjugés. Réduire
la stigmatisation, c’est protéger les
personnes touchées, mais aussi renforcer
la cohésion et la justice au sein des communautés.
ÉDUCATION
Le diagnostic de la lèpre
n’avait pas le dernier mot
Le diagnostic de la lèpre a plongé Dipendu dans une profonde dépression. Pourtant, grâce à
son traitement et à l’école professionnelle de Mission Lèpre, le jeune Indien a retrouvé espoir.
Aujourd’hui, il veut démontrer qu’une maladie ne doit jamais déterminer l’avenir d’une personne.
Dipendu, 20 ans, a grandi dans une famille
très modeste, dans une maison en terre battue.
Son père, journalier, nourrissait sa femme
et ses deux fils avec un revenu annuel
équivalent à environ 520 francs. Malgré ces
conditions difficiles, Dipendu gardait un rêve
d’enfant : devenir électricien.
UN DIAGNOSTIC QUI BOULEVERSE UNE VIE
En 2023, sa vie bascule lorsque des taches
blanches apparaissent sur sa jambe droite.
Inquiet, il consulte l’hôpital de Mission Lèpre à
Purulia : le verdict tombe, il est atteint de la
lèpre. Le choc est immense. La peur et la
stigmatisation liées à la maladie l’enferment
dans une dépression.
Auparavant, il profitait des petits plaisirs du
quotidien, comme une soupe de poulet bien
chaude durant l’hiver. Peu à peu, il s’isole et
s’éloigne de ce qui la rendait heureuse.
LE CENTRE DE FORMATION,
UN NOUVEAU DÉPART
Dipendu commence la polychimiothérapie
(MDT) mais les effets secondaires sont parfois
difficiles à supporter. Sa confiance en lui
s’effrite, et son rêve de devenir électricien
semble s’éloigner.
Tout change lorsqu’il apprend l’existence du
Vocational Training Centre (VTC) de Mission
Lèpre. Encouragé, il s’inscrit à la filière
d’électricien, sans aucune expérience des
outils ou appareils techniques. Ce choix
marque le début de sa reconstruction.
RETROUVER COURAGE ET COMPÉTENCES
Au VTC, Dipendu reçoit non seulement une
formation technique solide, mais aussi un
accompagnement humain essentiel. Il y
trouve un cadre bienveillant, du soutien émotionnel
et un sentiment d’appartenance qui
lui redonnent confiance.
La modernisation du centre — notamment
l’installation d’un laboratoire informatique —
joue un rôle clé dans son évolution. Lui qui
n’avait jamais touché un ordinateur en découvre
l’usage avec enthousiasme. Aujourd’hui,
il l’utilise avec aisance, une compétence
qu’il jugeait autrefois inaccessible.
« FAIRE PARTIE DE LA NOUVELLE GÉNÉRATION »
« La salle de classe me donne l’impression de
faire partie de la nouvelle génération », confie-t-il
avec fierté.
Reconnaissant envers Mission Lèpre, il affirme
: « Grâce à leur soutien, j’apprends un
métier, je retrouve ma confiance et je reconstruis
ma vie. »
Son objectif est clair : travailler dans l’électrotechnique,
obtenir un emploi stable et aider
sa famille à sortir de la précarité. Il veut être la
preuve vivante qu’un diagnostic de lèpre
n’est pas une fatalité.
RENFORCER LA
FORMATION POUR
CHANGER DES VIES :
Ravi Anthony, directeur du VTC de
Bankura, participe régulièrement à des
formations continues, dont un programme
de l’ETH Zurich consacré à
l’éducation professionnelle et au
développement économique.
Il insiste sur l’importance d’une analyse
précise des besoins et d’une collaboration
étroite avec l’industrie pour adapter
l’enseignement au marché du travail.
À Bankura, il voit un fort potentiel pour
développer des programmes de formation
pratiques et durables, offrant de
véritables perspectives aux personnes
touchées par la lèpre.
Le soutien à la formation professionnelle
reste essentiel pour créer des opportunités
et renforcer l’autonomie. Le VTC de
Bankura en est un exemple concret : un
projet qui transforme des vies grâce à un
accompagnement ciblé et à des formations
adaptées.
Salle de classe au centre professionnel de Bankura.
Dipendu en salle d'informatique.
8 9
ACTUALITÉ
Scène du quotidien à Bukavu, région fragilisée par les conflits.
Lèpre et conflits : quel
impact et comment retrouver
le chemin du progrès ?
Dans les pays où la lèpre reste endémique, les conflits armés fragilisent encore davantage
des systèmes de santé déjà faibles. En RDC, l’insécurité perturbe les soins, interrompt les
traitements et met en danger les progrès réalisés en inclusion et autonomisation. Comment
mesurer l’impact de ces crises et, surtout, comment reconstruire durablement ?
DES SERVICES DE SANTÉ ENTRAVÉS
PAR L’INSÉCURITÉ
Dans l’est du pays, l’insécurité complique
fortement le travail des équipes de santé :
certaines zones deviennent inaccessibles,
les déplacements dangereux et certaines
tâches doivent être confiées à des acteurs
locaux moins formés; ce qui peut nuire à la
qualité des soins et augmenter les coûts.
L’acheminement des médicaments, notamment
la polychimiothérapie, est entravé
par des routes impraticables et la nécessité
d’éviter les zones contrôlées par des
groupes armés. Dans des villes comme Bukavu,
l’accès aux patients reste difficile, et
même dans les zones plus sûres, les besoins
demeurent élevés, obligeant les équipes à
adapter en permanence leurs stratégies
pour éviter les interruptions de traitement.
RECONSTRUIRE APRÈS LA CRISE :
UNE APPROCHE GLOBALE
Revenir au niveau de services d’avant-conflit
ne consiste pas seulement à rouvrir des
centres de santé. La reconstruction exige une
réponse globale, intégrant les dimensions
sanitaires, sociales et psychologiques.
UN SOUTIEN PSYCHOSOCIAL ESSENTIEL
Les conflits laissent des traumatismes profonds.
Pour les personnes affectées par la
lèpre ou vivant avec un handicap, ces
épreuves s’ajoutent à la stigmatisation et à
la précarité. Beaucoup voient s’effondrer les
progrès accomplis au fil des années.
Un accompagnement psychosocial renforcé
est donc indispensable. Restaurer l’estime
de soi, recréer des réseaux de solidarité
et lutter contre la discrimination sont des
leviers essentiels pour permettre aux personnes
concernées de retrouver confiance
et autonomie.
REPENSER LA CARTOGRAPHIE DES BESOINS
Les déplacements massifs de population
modifient la répartition géographique des
cas. Les données antérieures ne reflètent
plus nécessairement la réalité. Une nouvelle
cartographie de la lèpre, accompagnée
d’une mise à jour des données de base, est
nécessaire pour identifier où vivent désormais
les personnes affectées et planifier
des interventions adaptées.
À KAZIBA : DES AVANCÉES ANÉANTIES
À Kaziba, dans l’est de la RDC, l’Organisation
des personnes affectées par la lèpre au Congo
(OPALCO) s’était structurée depuis 2021 avec
l’appui de partenaires, dont Mission Lèpre.
Sous la direction de Bubake Mwikaza Dieudonne,
la branche locale regroupait plus de
100 membres répartis dans dix aires de santé.
Grâce à des financements obtenus en 2024
et 2025, deux boutiques avaient été ouvertes
: l’une de denrées alimentaires, l’autre
d’intrants agricoles. Ces activités génératrices
de revenus facilitaient l’accès à des
produits de qualité à prix abordable et
constituaient une source de financement
durable pour l’organisation. Elles valorisaient
aussi les savoir-faire locaux, tels que
la fabrication de savon ou la vannerie.
Les affrontements de mars 2025 entre les
forces du M23 et l’armée régulière ont cependant
entraîné des déplacements massifs
et des pillages. La boutique alimentaire
a été entièrement dévalisée, puis les outils
agricoles stockés dans un autre local ont
également été pillés lors de nouveaux combats
en décembre. Privée de ressources,
l’organisation a dû distribuer les derniers
stocks à ses membres et réduire ses locaux,
faute de moyens.
RESTAURER L’ESPOIR
Aujourd’hui, la précarité fragilise à nouveau
la confiance des personnes affectées par la
lèpre. Les progrès réalisés grâce aux activités
économiques et au soutien psychosocial
sont menacés.
Pour retrouver le chemin du progrès, il faudra
sécuriser l’accès aux soins, relancer les
activités génératrices de revenus et renforcer
l’accompagnement psychosocial. La
solidarité internationale et l’engagement
des partenaires demeurent essentiels pour
que les personnes affectées par la lèpre ne
soient plus les victimes oubliées des conflits.
10 11
APERÇU RAPPORT ANNUEL
Transparence
Nous attachons une grande importance à une gestion transparente et responsable des
finances ainsi qu'à une à une utilisation efficace des fonds qui nous sont confiés. Les
comptes sont présentés selon la norme Swiss GAAP RPC 21. Nous nous faisons régulièrement
contrôler par Zewo.
Le calcul des charges
est présenté selon
la méthode Zewo *
Sur un don de 100 francs,
81.10 francs sont
affectés aux projets.
CHARGES DE PROJETS
81.1%
Année précédente 82.8%
RECHERCHE DE FONDS
11.8%
Année précédente 10.8%
ADMINISTRATION
7.1%
Année précédente 6.4%
7.1%
11.8%
UTILISATION
DES FONDS
81.1%
Distribution
des fonds
Le graphique suivant
montre la répartition
des moyens financiers entre
les pays prioritaires.
34% 18%
BANGLADESH INDE
16% 16%
RD CONGO NIGER
15% 1%
NÉPAL SUISSE
16%
15%
1%
DISTRIBUTION
DES FONDS
16%
18%
34%
Origine
des fonds
44%
DE DONS PRIVÉS
22%
DE FONDS PUBLICS
21%
DE FONDATIONS /
INSTITUTIONS
13%
DE LEGS ET HÉRITAGES
21%
13%
ORIGINE
DES FONDS
22%
44%
L'impact de vos dons en 2025
Découvrez ce qui a été réalisé dans les projets au cours de l'année écoulée grâce à vos
dons. Les résultats sont encourageants. Derrière chaque chiffre se cache une personne
dont la vie a été positivement transformée. Un grand merci pour votre soutien.
NIGER
2'734
personnes contact
dépistées pour la lèpre
RD CONGO
165
nouveaux cas
de lèpre détectés
INDE
3096
patients pris
en charge par des
cliniques mobiles
NÉPAL
108'270
prestations médicales et
diagnostiques fournies
BANGLADESH
1'360
patients de
la lèpre traités
224
nouveaux cas
de lèpre détectés
644
personnes formées
et informées sur la lèpre
1769
personnes ont reçu des
chaussures de protection
spéciales
167
nouveaux cas
de lèpre détectés
7'540
personnes sont organisées
en 537 groupes d’entraide
233
professionnels de santé et bénévoles
formés et sensibilisés à la lèpre
2'267
personnes contact
dépistées pour la lèpre
87%
de tous les étudiants
ont terminé leur formation
avec succès
6'182
séances de
physiothérapie réalisées
1'784
personnes ont reçu des aides
à la mobilité (béquilles, etc).
* https://zewo.ch/fr/methode-zewo/
Retrouvez le rapport annuel complet sur missionlepre.ch/rapportannuel ou commandezle
sur info@missionlepre.ch.
12 13
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lèpre, une maladie qui, bien que curable,
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RÈGLE DU JEU
Après avoir biffé dans la grille, tous les mots de la liste ci-dessus qui se lisent
horizontalement, verticalement et diagonalement (dans les deux sens), il ne restera
que les lettres formant le mot caché.
Cette fleur aux pétales retournés semble suspendue
comme une petite clochette délicate.
P N A R C I S S E A
R C A A E I X I A R
I H A I S E E R F N
M E I M N O M I A I
E V N N P U M O C C
V R N S T A T I P A
E E I I U A N E M I
R F Z L B N E U P S
E E O I E E M S L N
E U A B R M A U V E
S I S U E O L T L T
N L T L U N C O I R
E L E O S E Y L E O
P E R V E N C H E H
ANÉMONE
ARNICA
ASTER
CAMPANULE
CHÈVREFEUILLE
CYCLAMEN
FREESIA
HORTENSIA
IPOMÉE
IRIS
IXIA
LOTUS
MAUVE
MIMOSA
NARCISSE
PENSÉE
PERVENCHE
PÉTUNIA
PRIMEVÈRE
TUBÉREUSE
VOLUBILIS
ZINNIA
LA SOLUTION DU JEU
PRÉCÉDENT ÉTAIT :
INFRACTION
VOICI LES GAGNANTS
DU CONCOURS :
Gaby Saxer, Ittigen
Denis Gutknecht, Les
Geneveys-sur-
Coffrane
Marguerite Bouget,
St-George
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