22.05.2026 Vues

EnAction mai 2026

Restez informé avec notre magazine «En Action! » Retrouvez histoires de vie passionnantes et émouvantes, des nouvelles de nos projets de lutte contre la lèpre, des informations sur la prière et tout ce qui concerne Mission Lèpre.

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EN

ACTION

N°2 | 2026

Soyez informé, restez engagé

TÉMOIGNAGE : Anjali, la

lèpre et le silence

ÉTUDE : Stigmatisation

CONFLITS : Conséquences

sur les personnes

affectées par la lèpre


APERÇU

ÉDITORIAL

NOVARTIS ET L’OMS PRO-

LONGENT LEUR DÉCLARATION

D’INTENTION – MISSION LÈPRE,

PARTENAIRE CLÉ POUR PAR-

COURIR LA DERNIÈRE ÉTAPE.

Novartis fournira, en partenariat

avec l’Organisation

mondiale de la santé (OMS),

le traitement MDT pour les

patients atteints de lèpre

gratuitement pendant au

moins cinq années supplémentaires.

L’objectif est de

traiter un million de personnes

supplémentaires d’ici 2030 et

de prévenir d’innombrables

nouveaux cas.

À cette fin, l’entreprise pharmaceutique

a conclu un

Memorandum of Understanding

(MoU) avec l’OMS. Dans

le cadre de cette déclaration

d’intention, Novartis continuera

à fournir le MDT et la

clofazimine à tous les patients

atteints de lèpre.

Mission Lèpre, en tant que

partenaire, veille à ce que les

médicaments parviennent

effectivement aux personnes

concernées, permettant ainsi

de transformer et de sauver

des milliers de vies.

Chili

LE CHILI,

PREMIER PAYS DES AMÉRIQUES

EXEMPT DE LÈPRE

Selon l’Organisation mondiale de la santé

(OMS), le Chili est devenu le deuxième pays au

monde et le premier des Amériques à éliminer

la lèpre. Les derniers cas secondaires ont été

traités à la fin des années 1990. Depuis le Chili

n’a signalé aucun cas de lèpre acquis localement

depuis plus de 30 ans ; le dernier cas

date de 1993. Entre 2012 et 2023, 47 cas ont été

signalés, mais tous étaient importés.

Parmi les facteurs ayant contribué à ce succès

figurent notamment un programme de dépistage

précoce et l’accès universel aux soins

médicaux.

« Ce jalon en matière de santé publique est une

preuve impressionnante de ce que le leadership,

la science et la solidarité peuvent

accomplir », a déclaré le Directeur général de

l’OMS, le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus. «

L’élimination de la lèpre au Chili envoie un

message clair au monde : avec un engagement

durable, des services de santé inclusifs,

des stratégies intégrées, un dépistage précoce

et un accès universel aux soins, nous pouvons

reléguer les maladies anciennes au passé. »

IMPRESSUM

Dans ce nouveau numéro, nous avons

choisi de mettre en lumière une réalité

trop souvent reléguée dans l’ombre : la stigmatisation

persistante subie par les personnes affectées par la

lèpre. Au-delà de la maladie elle-même, ce sont les

regards, les jugements et l’exclusion sociale qui

continuent de marquer durablement les vies.

À travers une étude et un témoignage poignant, ce magazine

vous invite à comprendre les mécanismes de cette stigmatisation,

ses racines culturelles et ses conséquences humaines. Car si les

traitements médicaux ont considérablement progressé, les

mentalités, elles, évoluent plus lentement.

Réfléchir à cette question, c’est comprendre que la lutte contre la

lèpre ne se limite pas à un combat sanitaire. Elle implique aussi un

engagement éthique et social : redonner une place, une dignité,

une voix à celles et ceux qui en ont été privés. La stigmatisation isole,

fragilise et freine l’accès aux soins. Elle est, en elle-même, une

injustice.

Nous vous invitons à poursuivre la lecture de ce numéro, à la

rencontre de celles et ceux dont les voix éclairent ces réalités

avec courage et humanité.

Bonne lecture !

Helen Woldu

Cher lecteur,

chère lectrice,

Mission Lèpre Suisse est une organisation humanitaire

chrétienne engagée dans l’élimination des

causes et des conséquences de la lèpre. Elle a pour

but la guérison et la réhabilitation des plus démunis.

L'association est exonérée d'impôts: les dons peuvent

être déduits du revenu imposable. Si les dons pour un

projet/une activité spécifique dépassent ce qui est

budgété, ils seront attribués à des projets similaires.

Photos : Sabrina Dangol, Mission Lèpre Internationale,

© MONUSCO/Aubin Mukoni (ONU)

Couverture : Inde, Anjali rêve d’un nouveau

En Action - Magazine d’information pour les

membres et les donateurs · ISSN 1422-6685

Rédaction : Helen Woldu, Daniel Gerber

Mise en page : Sonja Räss

Impression : Jordi SA, Belp

Mission Lèpre Suisse

Route de Denges 38 · 1027 Lonay

Tél. 021 801 50 81 · info@missionlepre.ch

missionlepre.ch

IBAN : CH44 0900 0000 1000 4835 5

2 départ.

3



TÉMOIGNAGE

Anjali, une vie marquée

par la lèpre et le silence

Diagnostiquée trop tard et privée de traitement, Anjali a vu sa vie basculer dès l’enfance.

Son histoire poignante illustre les ravages de la lèpre lorsqu’elle n’est pas détectée à

temps, mais aussi les conséquences de la peur et de la discrimination. Aujourd’hui encore,

son parcours rappelle combien la sensibilisation et l’accès précoce aux soins sont essentiels

pour éviter des séquelles irréversibles.

LES PREMIERS SIGNES IGNORÉS

En Inde, Anjali n’avait que 11 ans lorsqu’elle remarqua

les premières taches pâles apparaître

sur son visage et son corps. Au début, elle tenta

de les ignorer mais semaine après semaine,

de nouvelles marques apparaissaient.

La peur s’installa progressivement. Sa mère,

inquiète, décida finalement de l’envoyer à

l’hôpital.

Le diagnostic tomba : Anjali était atteinte de

la lèpre. Une maladie dont elle ignorait tout,

et qui n’avait jamais touché sa famille auparavant.

Pourtant, malgré cette détection, aucun traitement

ne lui fut administré. Ce moment marque

un tournant tragique : sans prise en charge rapide,

la maladie a pu progresser librement,

entraînant des dommages irréversibles. La

lèpre, lorsqu’elle est diagnostiquée tôt, se

soigne efficacement. Mais dans le cas d’Anjali,

cette opportunité fut perdue.

UNE MALADIE QUI DÉTRUIT LE CORPS

EN SILENCE

Trois ans plus tard, les conséquences devinrent

visibles et terrifiantes. À 14 ans, alors

qu’elle préparait le repas familial, Anjali laissa

échapper une marmite de riz bouillant.

Elle s’attendait à ressentir une douleur intense…

mais rien.

Ses nerfs avaient été endommagés. Elle ne

ressentait plus la douleur.

Ce symptôme, typique de la lèpre avancée,

est souvent à l’origine de handicaps sévères.

Sans douleur pour alerter, les blessures s’aggravent,

les infections se multiplient et les

séquelles deviennent permanentes.

Sa mère, désespérée, multiplia les consultations

auprès de guérisseurs traditionnels

sans résultat. Là encore, l’absence de traitement

médical précoce a condamné Anjali à

vivre avec des handicaps évitables.

LA VIOLENCE ET LA PEUR AU SEIN

DE LA FAMILLE

Alors que sa mère tentait de la protéger, une

autre menace grandissait dans l’ombre :

son propre grand-père. Chef autoritaire de

la famille, il voyait la maladie comme une

honte. Très vite, ses paroles devinrent des

menaces. La peur devint le quotidien de la

jeune fille. Elle raconte avoir été empoisonnée,

poussée vers un train en marche, et

constamment menacée. Sa mère, impuissante

face à l’autorité de cet homme, ne

pouvait que s’inquiéter sans pouvoir intervenir

efficacement.

Cette violence illustre une réalité encore trop

répandue : la méconnaissance de la lèpre

alimente la peur, qui à son tour engendre rejet

et maltraitance. La maladie n’est pas

seulement physique, elle devient sociale.

L’ABANDON ET LA RECONSTRUCTION

Un jour, son grand-père annonça qu’il l’emmenait

à l’hôpital. Mais après plusieurs

heures de trajet, il l’abandonna dans une

colonie de personnes affectées par la lèpre,

loin de chez elle.

Seule et désemparée, Anjali vit sa vie basculer

une nouvelle fois. Heureusement, un couple

âgé lui vint en aide et la prit sous son aile.

Peu à peu, elle reconstruisit son existence

malgré ses mains handicapées, l’absence

de ressources et les perspectives limitées. À

19 ans, elle se maria avec un homme vivant

lui aussi dans une colonie similaire. Ensemble,

ils eurent deux fils.

BRISER LE CYCLE : L’ESPOIR POUR

LA PROCHAINE GÉNÉRATION

Anjali vit aujourd’hui dans une grande précarité,

dans une maison délabrée, mais elle reste

déterminée à offrir un avenir meilleur à ses

enfants en les envoyant à l’école. Son histoire

rappelle l’importance de la détection précoce

de la lèpre, qui permet d’éviter les séquelles,

et la nécessité de sensibiliser pour lutter

contre les préjugés — la discrimination ayant

marqué sa vie plus durement encore que la

maladie.

4

5



ÉTUDE

Résister à la stigmatisation :

comment les personnes touchées

par la lèpre se défendent

Longtemps associée à des croyances erronées, la lèpre continue d’être source de peur et

de discrimination. Au Mozambique, une étude menée par la Dre Arianna Bobba (Responsable

programmes internationaux, Mission Lèpre Internationale) met en lumière la manière dont

les personnes concernées vivent cette stigmatisation et surtout, comment elles y résistent

au quotidien.

COMPRENDRE LES MÉCANISMES

DE LA STIGMATISATION

La lèpre demeure entourée

de préjugés tenaces. Pour

celles et ceux qui reçoivent

ce diagnostic, la stigmatisation,

voire le rejet, marque

encore profondément la vie

sociale, familiale et professionnelle.

La Dre Arianna

Dre Arianna Bobba

Bobba a souhaité comprendre comment

ces personnes réagissent, s’adaptent et

mobilisent des stratégies conscientes ou

non pour préserver leur dignité.

Son étude a été menée dans la province de

Cabo Delgado, au Mozambique, un pays où

la lèpre reste présente et où les croyances

culturelles influencent fortement la perception

de la maladie.

LES FORMES DE STIGMATISATION

Trois dimensions principales ressortent :

• Anticipée : la peur d’être rejeté.

• Intériorisée : la honte ou la culpabilité adoptée

par la personne elle-même.

• Actée : la discrimination réelle, venant de

la famille, des voisins ou des services

publics.

6

CROYANCES ET LANGAGE : DES FACTEURS QUI

AGGRAVENT LE REJET

Les représentations culturelles jouent un

rôle déterminant. L’étude révèle plusieurs

croyances persistantes :

• la lèpre est parfois vue comme une punition

divine liée à un comportement jugé immoral

;

• certaines personnes pensent encore que

le contact avec le sang menstruel transmet

la maladie ;

• des termes injurieux sont utilisés pour désigner

les personnes touchées, la connotation

changeant selon le ton et l’intention.

Ces croyances peuvent maintenir la stigmatisation

même après guérison.

LE RÔLE DÉTERMINANT DU SYSTÈME DE SANTÉ

Les professionnels de santé ont une influence

majeure sur la perception de la maladie.

Or, l’étude montre :

• l’usage persistant de termes stigmatisants ;

• 26% des patients craignent d’être discriminés

lors des consultations ;

• certains soignants évitent le contact physique

ou offrent des soins incomplets.

Le manque de formation renforce ainsi les

préjugés, fragilisant la confiance entre

soignants et patients.

FAMILLE, COMMUNAUTÉ :

L’IMPACT DU REGARD SOCIAL

Le rejet est plus fort lorsque des incapacités

visibles apparaissent.

Un exemple marquant évoque deux frères

diagnostiqués :

• l’un ne présente aucune séquelle et peut

poursuivre une vie normale ;

• l’autre souffre d’atteintes aux yeux, mains

et pieds, ce qui entraîne rejet, perte de statut

et difficultés économiques.

La manière dont la société perçoit la maladie

peut donc peser davantage que la maladie

elle-même.

COMMENT LES PERSONNES RÉSISTENT-ELLES ?

L’étude identifie trois niveaux de résistance.

1. Stratégies personnelles

Pour préserver leur dignité et limiter les

discriminations, les personnes adoptent

notamment :

• une hygiène très soignée ;

• l’appui sur la foi ;

• l’observance rigoureuse du traitement ;

• parfois, la dissimulation du diagnostic.

2. Soutien entre pairs

Souvent informelle, cette résistance passe par

• l’évitement des confrontations ;

• l’aide discrète entre personnes concernées ;

• le partage d’informations seulement avec

des individus de confiance.

3. Actions publiques

Plus visibles, ces actions visent à transformer

les perceptions :

• sensibilisation et correction des idées

fausses ;

• participation à des groupes d’entraide ou

d’auto soins ;

• plaidoyer contre la discrimination.

UNE RÉSILIENCE INSPIRANTE

L’étude met en lumière la force et la résilience

de personnes qui, malgré les obstacles,

s’organisent, se soutiennent et revendiquent

leur place au sein de la société.

Elle montre combien il est essentiel de poursuivre

les efforts de sensibilisation, de formation

et de lutte contre les préjugés. Réduire

la stigmatisation, c’est protéger les

personnes touchées, mais aussi renforcer

la cohésion et la justice au sein des communautés.



ÉDUCATION

Le diagnostic de la lèpre

n’avait pas le dernier mot

Le diagnostic de la lèpre a plongé Dipendu dans une profonde dépression. Pourtant, grâce à

son traitement et à l’école professionnelle de Mission Lèpre, le jeune Indien a retrouvé espoir.

Aujourd’hui, il veut démontrer qu’une maladie ne doit jamais déterminer l’avenir d’une personne.

Dipendu, 20 ans, a grandi dans une famille

très modeste, dans une maison en terre battue.

Son père, journalier, nourrissait sa femme

et ses deux fils avec un revenu annuel

équivalent à environ 520 francs. Malgré ces

conditions difficiles, Dipendu gardait un rêve

d’enfant : devenir électricien.

UN DIAGNOSTIC QUI BOULEVERSE UNE VIE

En 2023, sa vie bascule lorsque des taches

blanches apparaissent sur sa jambe droite.

Inquiet, il consulte l’hôpital de Mission Lèpre à

Purulia : le verdict tombe, il est atteint de la

lèpre. Le choc est immense. La peur et la

stigmatisation liées à la maladie l’enferment

dans une dépression.

Auparavant, il profitait des petits plaisirs du

quotidien, comme une soupe de poulet bien

chaude durant l’hiver. Peu à peu, il s’isole et

s’éloigne de ce qui la rendait heureuse.

LE CENTRE DE FORMATION,

UN NOUVEAU DÉPART

Dipendu commence la polychimiothérapie

(MDT) mais les effets secondaires sont parfois

difficiles à supporter. Sa confiance en lui

s’effrite, et son rêve de devenir électricien

semble s’éloigner.

Tout change lorsqu’il apprend l’existence du

Vocational Training Centre (VTC) de Mission

Lèpre. Encouragé, il s’inscrit à la filière

d’électricien, sans aucune expérience des

outils ou appareils techniques. Ce choix

marque le début de sa reconstruction.

RETROUVER COURAGE ET COMPÉTENCES

Au VTC, Dipendu reçoit non seulement une

formation technique solide, mais aussi un

accompagnement humain essentiel. Il y

trouve un cadre bienveillant, du soutien émotionnel

et un sentiment d’appartenance qui

lui redonnent confiance.

La modernisation du centre — notamment

l’installation d’un laboratoire informatique —

joue un rôle clé dans son évolution. Lui qui

n’avait jamais touché un ordinateur en découvre

l’usage avec enthousiasme. Aujourd’hui,

il l’utilise avec aisance, une compétence

qu’il jugeait autrefois inaccessible.

« FAIRE PARTIE DE LA NOUVELLE GÉNÉRATION »

« La salle de classe me donne l’impression de

faire partie de la nouvelle génération », confie-t-il

avec fierté.

Reconnaissant envers Mission Lèpre, il affirme

: « Grâce à leur soutien, j’apprends un

métier, je retrouve ma confiance et je reconstruis

ma vie. »

Son objectif est clair : travailler dans l’électrotechnique,

obtenir un emploi stable et aider

sa famille à sortir de la précarité. Il veut être la

preuve vivante qu’un diagnostic de lèpre

n’est pas une fatalité.

RENFORCER LA

FORMATION POUR

CHANGER DES VIES :

Ravi Anthony, directeur du VTC de

Bankura, participe régulièrement à des

formations continues, dont un programme

de l’ETH Zurich consacré à

l’éducation professionnelle et au

développement économique.

Il insiste sur l’importance d’une analyse

précise des besoins et d’une collaboration

étroite avec l’industrie pour adapter

l’enseignement au marché du travail.

À Bankura, il voit un fort potentiel pour

développer des programmes de formation

pratiques et durables, offrant de

véritables perspectives aux personnes

touchées par la lèpre.

Le soutien à la formation professionnelle

reste essentiel pour créer des opportunités

et renforcer l’autonomie. Le VTC de

Bankura en est un exemple concret : un

projet qui transforme des vies grâce à un

accompagnement ciblé et à des formations

adaptées.

Salle de classe au centre professionnel de Bankura.

Dipendu en salle d'informatique.

8 9



ACTUALITÉ

Scène du quotidien à Bukavu, région fragilisée par les conflits.

Lèpre et conflits : quel

impact et comment retrouver

le chemin du progrès ?

Dans les pays où la lèpre reste endémique, les conflits armés fragilisent encore davantage

des systèmes de santé déjà faibles. En RDC, l’insécurité perturbe les soins, interrompt les

traitements et met en danger les progrès réalisés en inclusion et autonomisation. Comment

mesurer l’impact de ces crises et, surtout, comment reconstruire durablement ?

DES SERVICES DE SANTÉ ENTRAVÉS

PAR L’INSÉCURITÉ

Dans l’est du pays, l’insécurité complique

fortement le travail des équipes de santé :

certaines zones deviennent inaccessibles,

les déplacements dangereux et certaines

tâches doivent être confiées à des acteurs

locaux moins formés; ce qui peut nuire à la

qualité des soins et augmenter les coûts.

L’acheminement des médicaments, notamment

la polychimiothérapie, est entravé

par des routes impraticables et la nécessité

d’éviter les zones contrôlées par des

groupes armés. Dans des villes comme Bukavu,

l’accès aux patients reste difficile, et

même dans les zones plus sûres, les besoins

demeurent élevés, obligeant les équipes à

adapter en permanence leurs stratégies

pour éviter les interruptions de traitement.

RECONSTRUIRE APRÈS LA CRISE :

UNE APPROCHE GLOBALE

Revenir au niveau de services d’avant-conflit

ne consiste pas seulement à rouvrir des

centres de santé. La reconstruction exige une

réponse globale, intégrant les dimensions

sanitaires, sociales et psychologiques.

UN SOUTIEN PSYCHOSOCIAL ESSENTIEL

Les conflits laissent des traumatismes profonds.

Pour les personnes affectées par la

lèpre ou vivant avec un handicap, ces

épreuves s’ajoutent à la stigmatisation et à

la précarité. Beaucoup voient s’effondrer les

progrès accomplis au fil des années.

Un accompagnement psychosocial renforcé

est donc indispensable. Restaurer l’estime

de soi, recréer des réseaux de solidarité

et lutter contre la discrimination sont des

leviers essentiels pour permettre aux personnes

concernées de retrouver confiance

et autonomie.

REPENSER LA CARTOGRAPHIE DES BESOINS

Les déplacements massifs de population

modifient la répartition géographique des

cas. Les données antérieures ne reflètent

plus nécessairement la réalité. Une nouvelle

cartographie de la lèpre, accompagnée

d’une mise à jour des données de base, est

nécessaire pour identifier où vivent désormais

les personnes affectées et planifier

des interventions adaptées.

À KAZIBA : DES AVANCÉES ANÉANTIES

À Kaziba, dans l’est de la RDC, l’Organisation

des personnes affectées par la lèpre au Congo

(OPALCO) s’était structurée depuis 2021 avec

l’appui de partenaires, dont Mission Lèpre.

Sous la direction de Bubake Mwikaza Dieudonne,

la branche locale regroupait plus de

100 membres répartis dans dix aires de santé.

Grâce à des financements obtenus en 2024

et 2025, deux boutiques avaient été ouvertes

: l’une de denrées alimentaires, l’autre

d’intrants agricoles. Ces activités génératrices

de revenus facilitaient l’accès à des

produits de qualité à prix abordable et

constituaient une source de financement

durable pour l’organisation. Elles valorisaient

aussi les savoir-faire locaux, tels que

la fabrication de savon ou la vannerie.

Les affrontements de mars 2025 entre les

forces du M23 et l’armée régulière ont cependant

entraîné des déplacements massifs

et des pillages. La boutique alimentaire

a été entièrement dévalisée, puis les outils

agricoles stockés dans un autre local ont

également été pillés lors de nouveaux combats

en décembre. Privée de ressources,

l’organisation a dû distribuer les derniers

stocks à ses membres et réduire ses locaux,

faute de moyens.

RESTAURER L’ESPOIR

Aujourd’hui, la précarité fragilise à nouveau

la confiance des personnes affectées par la

lèpre. Les progrès réalisés grâce aux activités

économiques et au soutien psychosocial

sont menacés.

Pour retrouver le chemin du progrès, il faudra

sécuriser l’accès aux soins, relancer les

activités génératrices de revenus et renforcer

l’accompagnement psychosocial. La

solidarité internationale et l’engagement

des partenaires demeurent essentiels pour

que les personnes affectées par la lèpre ne

soient plus les victimes oubliées des conflits.

10 11



APERÇU RAPPORT ANNUEL

Transparence

Nous attachons une grande importance à une gestion transparente et responsable des

finances ainsi qu'à une à une utilisation efficace des fonds qui nous sont confiés. Les

comptes sont présentés selon la norme Swiss GAAP RPC 21. Nous nous faisons régulièrement

contrôler par Zewo.

Le calcul des charges

est présenté selon

la méthode Zewo *

Sur un don de 100 francs,

81.10 francs sont

affectés aux projets.

CHARGES DE PROJETS

81.1%

Année précédente 82.8%

RECHERCHE DE FONDS

11.8%

Année précédente 10.8%

ADMINISTRATION

7.1%

Année précédente 6.4%

7.1%

11.8%

UTILISATION

DES FONDS

81.1%

Distribution

des fonds

Le graphique suivant

montre la répartition

des moyens financiers entre

les pays prioritaires.

34% 18%

BANGLADESH INDE

16% 16%

RD CONGO NIGER

15% 1%

NÉPAL SUISSE

16%

15%

1%

DISTRIBUTION

DES FONDS

16%

18%

34%

Origine

des fonds

44%

DE DONS PRIVÉS

22%

DE FONDS PUBLICS

21%

DE FONDATIONS /

INSTITUTIONS

13%

DE LEGS ET HÉRITAGES

21%

13%

ORIGINE

DES FONDS

22%

44%

L'impact de vos dons en 2025

Découvrez ce qui a été réalisé dans les projets au cours de l'année écoulée grâce à vos

dons. Les résultats sont encourageants. Derrière chaque chiffre se cache une personne

dont la vie a été positivement transformée. Un grand merci pour votre soutien.

NIGER

2'734

personnes contact

dépistées pour la lèpre

RD CONGO

165

nouveaux cas

de lèpre détectés

INDE

3096

patients pris

en charge par des

cliniques mobiles

NÉPAL

108'270

prestations médicales et

diagnostiques fournies

BANGLADESH

1'360

patients de

la lèpre traités

224

nouveaux cas

de lèpre détectés

644

personnes formées

et informées sur la lèpre

1769

personnes ont reçu des

chaussures de protection

spéciales

167

nouveaux cas

de lèpre détectés

7'540

personnes sont organisées

en 537 groupes d’entraide

233

professionnels de santé et bénévoles

formés et sensibilisés à la lèpre

2'267

personnes contact

dépistées pour la lèpre

87%

de tous les étudiants

ont terminé leur formation

avec succès

6'182

séances de

physiothérapie réalisées

1'784

personnes ont reçu des aides

à la mobilité (béquilles, etc).

* https://zewo.ch/fr/methode-zewo/

Retrouvez le rapport annuel complet sur missionlepre.ch/rapportannuel ou commandezle

sur info@missionlepre.ch.

12 13



NOUVELLE COLLABORATRICE

Devenez Donateur Bienfaiteur :

Agissez contre la lèpre,

durablement

Chaque année, des milliers de personnes

sont encore touchées par la

lèpre, une maladie qui, bien que curable,

laisse trop souvent des séquelles irréversibles.

En devenant Bienfaiteur, vous

apportez un soutien essentiel et régulier

pour éradiquer cette maladie et accompagner

ceux qui en souffrent.

Votre don permet d'agir sur le long

terme : dépister, soigner, réhabiliter et

lutter contre la stigmatisation. Grâce à

ENSEMBLE, METTONS

FIN À LA LÈPRE.

FAITES UN GESTE QUI

COMPTE, CHAQUE ANNÉE.

votre engagement durable, nous pouvons

mener des actions pérennes et

changer des vies.

Scannez le QR code

pour vous inscrire

directement sur notre

page de don.

Contactez-nous à info@missionlepre.

ch ou au 021 801 50 81 pour plus d’informations.

JOUEZ AVEC NOUS !

RÈGLE DU JEU

Après avoir biffé dans la grille, tous les mots de la liste ci-dessus qui se lisent

horizontalement, verticalement et diagonalement (dans les deux sens), il ne restera

que les lettres formant le mot caché.

Cette fleur aux pétales retournés semble suspendue

comme une petite clochette délicate.

P N A R C I S S E A

R C A A E I X I A R

I H A I S E E R F N

M E I M N O M I A I

E V N N P U M O C C

V R N S T A T I P A

E E I I U A N E M I

R F Z L B N E U P S

E E O I E E M S L N

E U A B R M A U V E

S I S U E O L T L T

N L T L U N C O I R

E L E O S E Y L E O

P E R V E N C H E H

ANÉMONE

ARNICA

ASTER

CAMPANULE

CHÈVREFEUILLE

CYCLAMEN

FREESIA

HORTENSIA

IPOMÉE

IRIS

IXIA

LOTUS

MAUVE

MIMOSA

NARCISSE

PENSÉE

PERVENCHE

PÉTUNIA

PRIMEVÈRE

TUBÉREUSE

VOLUBILIS

ZINNIA

LA SOLUTION DU JEU

PRÉCÉDENT ÉTAIT :

INFRACTION

VOICI LES GAGNANTS

DU CONCOURS :

Gaby Saxer, Ittigen

Denis Gutknecht, Les

Geneveys-sur-

Coffrane

Marguerite Bouget,

St-George

Merci pour votre précieux soutien !

Vous pouvez nous faire parvenir votre réponse jusqu'au 30 juin 2026 par courrier :

Route de Denges 38, 1027 Lonay, par email : info@missionlepre.ch, ou au 021 801 50 81.

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LA LÈPRE NE DEVRAIT PLUS

EXISTER AU 21e SIÈCLE !

Soutenez les personnes atteintes

de la lèpre en faisant un don.

Scannez le code QR avec votre

appareil photo ou l'application TWINT.

Notre page dédiée aux dons vous

propose différentes options de

paiement en ligne.

Merci de tout cœur !

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