J3e d'avril 2026 - Hôpital, une transition sous contrainte
J3e d'avril 2026 - Hôpital, une transition sous contrainte - Smart Hôpital : Concilier excellence médicale et efficacité énergétique - IRVE : Le déploiement des bornes ouvertes au public dopé par l’augmentation des puissances - Industrie : Les moteurs électriques et variateurs de vitesse au service de la performance énergétique...
J3e d'avril 2026 - Hôpital, une transition sous contrainte - Smart Hôpital : Concilier excellence médicale et efficacité énergétique - IRVE : Le déploiement des bornes ouvertes au public dopé par l’augmentation des puissances - Industrie : Les moteurs électriques et variateurs de vitesse au service de la performance énergétique...
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Le courant passe entre nous depuis 76 ans
HÔPITAL
UNE TRANSITION
SOUS CONTRAINTE
Smart Hôpital
Concilier excellence
médicale et efficacité
énergétique
IRVE
Le déploiement
des bornes ouvertes
au public dopé
par l’augmentation
des puissances
Industrie
Les moteurs électriques
et variateurs de vitesse
au service de la
performance énergétique
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
WWW.FILIERE-3E.FR
ISSN 0758-3826 / AVRIL 2026
925
2 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
ISSN 0758-3826 / AVRIL 2026
ÉDITO
Hôpital : une transition sous
contrainte, mais nécessaire
© DR
‘‘
Reste un paradoxe
majeur : l’énergie ne
représente que 4 %
environ du budget d’un
CHU. Les gains sont
réels, mais peu décisifs
face aux dépenses de
soins. Les arbitrages
restent donc contraints,
et la transition
dépendante des capacités
d’investissement.
’’
Le courant passe entre nous depuis 76 ans
HÔPITAL
UNE TRANSITION
SOUS CONTRAINTE
Smart Hôpital
Concilier excellence
médicale et efficacité
énergétique
IRVE
Le déploiement
des bornes ouvertes
au public dopé
par l’augmentation
des puissances
Industrie
Les moteurs électriques
et variateurs de vitesse
au service de la
performance énergétique
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
Dans
ce numéro :
J3e propose une vision des
transitions en cours dans les
hôpitaux et établissements de santé.
Entrée principale de l'Hôpital
de la Pitié-Salpêtrière à Paris.
© Adobe Stock
WWW.FILIERE-3E.FR
925
Les hôpitaux concentrent toutes les tensions de la transition énergétique. Ultraénergivores,
ils représentent près de 12 % de la consommation du parc tertiaire
et consomment 40 à 45 % de plus qu’un bâtiment classique au mètre carré.
Fonctionnant 24 h/24, soumis à des exigences sanitaires strictes, ils ne peuvent ni ralentir
ni arbitrer au détriment du soin. Toute l’équation consiste à décarboner sans jamais
compromettre la continuité de service.
Il s’agit en premier lieu d’une transition patrimoniale. Un parc vieillissant, hétérogène,
difficile à adapter. Les premières optimisations ont été réalisées dans la plupart des
établissements, mais elles ne suffisent plus. Désormais, l’effort porte sur les postes les plus
énergivores, notamment la ventilation, la climatisation, les blocs opératoires, avec, à la clé,
des rénovations lourdes et complexes en sites occupés.
En parallèle, une autre dynamique s’accélère. Les projets neufs intègrent déjà les logiques
bas-carbone, avec des surcoûts évalués entre 5 et 10 % à la construction, mais une approche
pensée sur le cycle de vie. Deux modèles cohabitent : un existant contraint qui avance par
étapes, et des bâtiments neufs qui redéfinissent les standards.
Dans ce contexte, l’électrification s’impose comme un levier incontournable. Mais à l’hôpital,
elle ne peut se faire sans exigence de résilience : sécuriser les alimentations, garantir la
continuité, renforcer les infrastructures. La transition énergétique ne doit jamais fragiliser
le système.
Même logique côté digitalisation. Électrifier sans piloter ne permet pas d’atteindre les
objectifs. Capteurs, GTB, hypervision génèrent jusqu’à 24 % d’économies et plus. Surtout,
ils transforment la performance énergétique en fonction pilotée : suivre, analyser, anticiper.
La réglementation elle-même impose désormais cette maîtrise fine des consommations. La
donnée devient un élément de décision central.
Reste un paradoxe majeur : l’énergie ne représente que 4 % environ du budget d’un CHU.
Les gains sont réels, mais peu décisifs face aux dépenses de soins. Les arbitrages restent
donc contraints, et la transition dépendante des capacités d’investissement.
Au fond, le sujet dépasse la seule technique. Il interroge le modèle hospitalier. Demain,
les établissements devront être plus flexibles, plus modulaires, conçus pour évoluer sur
le long terme. Intégrer dès l’origine énergie, numérique et carbone comme des fonctions
structurantes. Entre un parc existant difficile à transformer et des projets neufs plus
vertueux, la trajectoire est engagée, mais progressive.
Dans ce numéro, J3e propose une vision des transitions en cours dans les hôpitaux et
établissements de santé, au travers d’une interview de Pierre Nassif, directeur du pôle
investissement & logistique du CHU de Nantes et président des Journées IHF 2026, et d’un
dossier portant sur les solutions pour concilier qualité des soins et performance énergétique.
Bonne lecture,
Alexandre Arène,
rédacteur en chef
j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 3
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j3e est édité par la société 3e Médias,
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SA au capital de 140 000 euros ;
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Siège social : 32 rue du Faubourg
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Poissonnière - 75010 Paris
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Bureaux : 17, rue de l’amiral Hamelin -
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75016 Paris
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Représentant légal : David Catelain.
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© 3e Médias, Paris.
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Reproduction interdite.
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Toutefois, des photocopies peuvent être
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réalisées avec l’autorisation de l’éditeur.
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Celle-ci pourra être obtenue auprès du
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Centre français du copyright, 20, rue des
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Grands-Augustins, 75006 Paris, auquel
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3e Médias a donné mandat pour le
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représenter auprès des utilisateurs.
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Tél. : + 33 (0)1 44 07 47 70
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Dépôt légal : avril 2026
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Conception graphique - Réalisation :
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Planète Graphique Studio - Paris 17 e .
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Impression : IPPAC / Imprimerie
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de Champagne 52500 Langres.
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Directeur de la publication : David Catelain
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Rédaction
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3e Médias
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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris
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Email : redaction@filiere-3e.fr
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Rédacteur en chef : Alexandre Arène
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Ont collaboré à ce numéro :
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Jean-Paul Beaudet
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et Jean-François Moreau.
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Marketing & Publicité
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3e Médias
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Sandrine de Montmorillon
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Responsable publicité print & digital
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3e Médias
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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris
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Tél. + 33 (0) 6 51 30 28 68
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sdm@filiere-3e.fr
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Diffusion
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Relations abonnements
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Juliette Aguelon
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compta.3emedias@gmail.com
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Pour l’étranger : 165 € HT franco ;
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185 € HT par avion
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Prix au numéro : 17 €
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Corrections
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Laurence Chabrun
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laurencechabrun@gmail.com
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© DR
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L’énergie représente
environ 4 % du budget
d’un CHU. Même avec des
gains importants, cela reste
marginal à l’échelle globale.
06
INTERVIEW
Pierre Nassif
Directeur du pôle investissement
& logistique du CHU de Nantes et
président des Journées IHF 2026
10
ACTUALITÉS
10 / Plan d’électrification
Le gouvernement précise sa
feuille de route pour réduire la
dépendance aux énergies fossiles
GTB
Un marché en légère croissance de
3,5 %, tiré par la rénovation
11 / Datacenters
Des scientifiques mettent le doigt
sur l’impact thermique local
Véhicule électrique
Les ventes au plus haut en mars,
tirées par les flottes professionnelles
Nomination
Émilie Piette nommée à la
présidence du directoire de RTE
DANS CE NUMÉRO
’’
Pierre Nassif
© DR
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hôpital
33
CONCILIER EXCELLENCE MÉDICALE
ET EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE
12 / Économies d’énergie
Effy crée le pôle « Entreprises et
Collectivités » pour accélérer sur le
marché B2B
IRVE
Un livre blanc pour guider les
collectivités dans leurs choix
contractuels
Climat
Les impacts région par région,
d’après les scénarios du GIEC
14
AGENDA
16
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026 : zoom sur les
évolutions et les tendances de KNX
17 / Lutz Steiner, ABB
18 / Victor Méndez, Hager
19 / Sascha Kniep, JUNG
20 / Marcel Gramann, MDT
Technologies
21 / Sami Shaikh, Schneider Electric
22 / Yann Plévin, Siemens
4 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
© Driveco
IRVE
42
LE DÉPLOIEMENT DES BORNES
OUVERTES AU PUBLIC DOPÉ PAR
L’AUGMENTATION DES PUISSANCES
23 / Jens Wierichs, Theben
24 / Franck Camus, Zennio France
25 / Patrick Poulouin, CATS
25 / Alexandre Wallyn, ESYLUX France
26 / Nouveautés KNX
Light+Building 2026
30
ANALYSE
Revamping des datacenters :
passer du remplacement à
la modernisation
15
DÉVELOPPEMENTS
15 / Benoit Hémon
Directeur général d’EPSA Energy
16 / Mathieu Rochard
Cofondateur et directeur général
de Symphonics
17 / Christophe Rémy
Directeur de la Business Line HSE,
Tennaxia
62
SOLUTIONS
La sélection de la rédaction
DANS CE NUMÉRO
© ABB
Industrie
54
LES MOTEURS ÉLECTRIQUES
ET VARIATEURS DE VITESSE AU
SERVICE DE LA PERFORMANCE
ÉNERGÉTIQUE
64
3 QUESTIONS À
64 / Piero Giorgio Schiannini, Global
Marketing & Sales Leader, Divisions Smart
Power & Smart Buildings, ABB
66 / Susanne Seitz, PDG de l’activité Smart
Infrastructure Buildings monde chez
Siemens
67
INDEX DES ENTREPRISES
ET ORGANISMES CITÉS
LISTE DES ANNONCEURS :
• 2 e COUV – KNX
• 4 e COUV – AIRZONE
• P. 9 - ENERJ-MEETING
• P. 13 - REUSE ECONOMY EXPO
• P. 15 - SEPEM BREST
• P. 31 - DRIVE TO ZERO
• P. 35 - SOCOMEC
• P. 37 - SYLVANIA
• P. 39 - WILO
• P. 49 - WAGO
• P. 61 - INDUSTRIE TIME
• P. 65 - ABB
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David Catelain
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Directeur de la publication
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Alexandre Arène
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Rédacteur en chef
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alexandre.arene@filiere-3e.fr
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Jean-François Moreau
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Journaliste spécialiste supervision,
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efficacité énergétique, BIM
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journalistes@filiere-3e.fr
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Jean-Paul Beaudet
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Journaliste spécialiste
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datacenters, stockage de
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l’énergie, énergies renouvelables,
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véhicules électriques et IRVE
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journalistes@filiere-3e.fr
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Sandrine de Montmorillon
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Responsable publicité,
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partenariats & réseaux sociaux
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Groupe 3e Médias
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sdm@filiere-3e.fr
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j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 5
INTERVIEW
Propos recueillis par Alexandre Arène
Pierre Nassif
Directeur du pôle investissement &
logistique du CHU de Nantes
et président des Journées IHF 2026
© DR
‘‘
L’énergie représente environ 4 % du budget
d’un CHU. Même avec des gains importants,
cela reste marginal à l’échelle globale.
’’
Face aux impératifs de décarbonation, d’efficacité énergétique et de transformation
numérique, les hôpitaux sont aujourd’hui engagés dans des mutations profondes
qui interrogent à la fois leurs modèles techniques, économiques et organisationnels.
L’association des Ingénieurs Hospitaliers de France (IHF) fédère les professionnels de
l’ingénierie hospitalière et organise chaque année les Journées d’Études et de Formation, un
rendez-vous national dédié aux retours d’expériences, au partage de bonnes pratiques et aux
enjeux du secteur. À l’occasion de l’édition 2026, qui se tiendra à Nantes du 17 au 19 juin,
Pierre Nassif, directeur du pôle investissement & logistique du CHU de Nantes et président
des Journées IHF, revient sur le rôle structurant de l’ingénierie hospitalière, les défis de la
transition du parc existant, les impacts des réglementations et, plus globalement, sur les
grandes tendances qui dessinent l’hôpital de demain.
Quel rôle joue aujourd’hui l’ingénierie
hospitalière dans les grandes transitions
du secteur ?
Pierre Nassif - Le rôle de l’ingénierie hospitalière
est fondamental et structurant. Elle se situe
à l’interface de tous les acteurs : les patients, qui
sont toujours notre premier point de référence,
les gestionnaires qui arbitrent les investissements,
et l’ensemble de la chaîne de conception
et de réalisation, qui comprend les industriels,
bureaux d’études, architectes et entreprises.
Nous sommes véritablement le point de convergence
de cet écosystème. Si cette fonction n’est
pas pleinement intégrée, les projets peuvent
dériver avec une mauvaise compréhension des
usages, des réponses techniques inadaptées ou
encore une lecture trop rigide de la réglementation.
Notre rôle consiste justement à faire le lien,
à traduire les besoins, à hiérarchiser les priorités.
Cela vaut aussi pour les certifications environnementales.
Les appliquer de manière systématique
n’a pas de sens si l’on ne les adapte pas
aux spécificités hospitalières. L’ingénierie hospitalière
doit donc être à la fois technique, stratégique
et profondément ancrée dans l’usage.
Quels sont les principaux défis auxquels font
face les directions techniques aujourd’hui ?
P. N. - Ils sont doubles et indissociables. Le premier
est patrimonial, car une part importante
du parc hospitalier est vieillissante. Ces bâtiments
ne sont plus adaptés, ni aux exigences climatiques
actuelles ni aux conditions de travail
attendues par les soignants. Le second défi est
financier. Les ressources d’investissement sont
contraintes, ce qui impose des arbitrages permanents.
Dans les faits, les priorités vont naturellement
vers le soin et les équipements biomédicaux,
ce qui est légitime. Mais cela signifie que
le bâti et la performance énergétique passent
souvent au second plan.
Notre valeur ajoutée est précisément de faire
les bons choix, au bon moment, avec une vision
globale. On ne peut pas tout faire, donc il faut
prioriser intelligemment.
Comment la réglementation,
notamment la RE2020, impacte-t-elle
les projets hospitaliers ?
P. N. - La RE2020 marque une rupture. Elle
s’appliquera aux hôpitaux dont les permis de
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INTERVIEW
Pierre Nassif
construire sont déposés à partir de mai 2026. Elle
introduit plusieurs indicateurs structurants : le
besoin bioclimatique (Bbio), la consommation
d’énergie primaire (CEP), l’impact carbone de
l’énergie et de la construction (IC énergie et IC
construction), ainsi que le confort d’été (DH
max). Le problème, c’est que nous manquons
de repères. Certains indicateurs n’étaient pas
mesurés auparavant, ce qui rend leur appropriation
complexe. Nous sommes dans une phase
d’acculturation, avec une vraie incertitude sur
notre capacité à atteindre les objectifs environnementaux
et leurs impacts financiers sur nos
projets, estimés entre + 4 % et + 10 %. Même
chez les experts de ces sujets, les interrogations
demeurent : les seuils sont-ils adaptés aux spécificités
hospitalières, qui sont très énergivores
par nature ? Aujourd’hui, personne ne peut
répondre avec certitude.
Qu’en est-il des autres réglementations
comme le décret tertiaire ou le BACS ?
P. N. - Ces dispositifs sont désormais bien intégrés.
Nous avons acquis une forme de maturité
sur les premières actions, les plus atteignables
sans investissements lourds, qui représentent
80 % des gains potentiels. En revanche, la dernière
marche sera beaucoup plus difficile à
franchir, en particulier pour les établissements
anciens. Sans rénovation lourde, certains objectifs
seront très compliqués à atteindre. Cela
pose clairement la question des moyens et des
priorités. Nous sommes également soumis à des
réglementations sur la végétalisation, la gestion
de l’eau, la production d’énergie renouvelable,
l’électrification des parkings… La végétalisation,
par exemple, est devenue quasi incontournable
en zone urbaine. Mais elle est plutôt vertueuse,
car elle améliore l’isolation et l’inertie thermique.
Sur les bornes de recharge pour véhicules
électriques, la situation est plus nuancée.
Les usages restent encore limités, notamment
pour les personnels. En revanche, l’électrification
des flottes hospitalières progresse, même si
le coût des véhicules lourds reste un frein.
La réglementation est-elle une contrainte
ou une opportunité ?
P. N. - C’est clairement une opportunité. Elle
pousse à améliorer nos pratiques et à aller dans
le bon sens. À condition de ne pas la subir. Nous
encourageons une approche proactive. S’engager
volontairement permet non seulement de progresser,
mais aussi d’influencer les règles. Cela
passe par la participation à des groupes de travail,
ou par des retours d’expérience structurés
auprès des pouvoirs publics. Mais, encore une
fois, tout ramène à la question du financement.
Quelles sont les grandes tendances
technologiques aujourd’hui ?
P. N. - Le fil conducteur, c’est le lien entre investissement
et exploitation. Chaque décision d’investissement
est analysée à l’aune des économies
qu’elle générera. Après les « quick wins » comme
le remplacement des sources d’éclairage par des
leds, les enjeux se concentrent sur les systèmes les
plus énergivores : ventilation, chauffage, climatisation,
notamment dans les blocs opératoires ou
les laboratoires. La grande transformation, c’est
l’hypervision, qui nous permet de connecter les
systèmes, centraliser les données, et piloter en
temps réel. Cela passe par des jumeaux numériques
et une instrumentation fine des bâtiments.
L’intelligence artificielle ouvre aussi de nouvelles
perspectives, notamment en maintenance prédictive.
On ne remplace plus un équipement à
date fixe, mais en fonction de son état réel et des
projections. Cela permet une gestion beaucoup
plus fine des ressources.
Quel rôle joue la donnée dans l’exploitation ?
P. N. - Elle est devenue essentielle. Encore faut-il
qu’elle soit disponible, exploitable et exploitée.
Cela suppose une évolution des compétences.
Aux côtés des techniciens apparaissent des profils
capables d’analyser la data. Certains établissements
intègrent désormais de véritables spécialistes
de la donnée dans leurs équipes techniques.
Le défi est aussi organisationnel : disposer des
ressources humaines nécessaires pour transformer
la donnée en décisions opérationnelles.
Comment sont organisés les liens entre
exploitation technique et achat d’énergie ?
P. N. - Il n’existe pas de lien direct entre exploitants
techniques et acheteurs. En revanche, les
achats d’énergie se professionnalisent fortement.
Dans les CHU, ils sont souvent mutualisés via
des centrales d’achats, avec des profils spécialisés
capables d’intervenir sur des marchés complexes,
y compris avec des composantes à prix
variables. Les contrats à prix fixe sur plusieurs
années ont quasiment disparu.
L’achat d’énergie devient donc une expertise à
part entière.
Quelles sont les clés de réussite d’un projet
hospitalier ?
P. N. - Deux facteurs sont déterminants.
D’abord, la qualité des concepteurs. Ensuite,
la solidité de l’équipe de maîtrise d’ouvrage. Il
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INTERVIEW
Pierre Nassif
‘‘
Les Journées IHF 2026 s’articulent autour
d’un fil conducteur central : la réussite des
grands projets hospitaliers, avec pour illustration
le retour d’expérience du futur CHU de Nantes.
’’
faut une équipe technique compétente, stable,
impliquée dès le départ et jusqu’à l’exploitation.
La continuité et la traçabilité des décisions sont
essentielles. Sans cette cohérence dans le temps,
le projet perd en efficacité.
Comment concilier exigences médicales,
techniques et financières ?
P. N. - Il s’agit d’un enjeu organisationnel fort. Je
peux vous donner l’exemple du CHU de Nantes.
Nous avons structuré un pôle technique intégrant
toutes les compétences, y compris le numérique.
Cela permet une vision globale et évite les
silos, qui sont néfastes à la performance globale.
Mais cela suppose aussi des ressources humaines
importantes. Sur un grand CHU, la fonction
technique et logistique peut représenter plusieurs
centaines de personnes. Au final, ce sont
les équipes qui font la réussite des projets.
Où en est le secteur en matière
de performance énergétique ?
P. N. - Nous sommes engagés, ce qui est déjà
essentiel. Les logiques de cycle de vie, y compris
la déconstruction, commencent à être intégrées.
Mais nous sommes encore au début du chemin,
notamment en raison des cycles très longs du
bâtiment. Entre l’émergence d’une solution et sa
mise en œuvre, il peut s’écouler 10 à 15 ans, voire
beaucoup moins aujourd’hui. En comparaison,
entre la construction et la démolition des bâtiments,
la durée des cycles est plus proche des
50 ans. L’amélioration de la performance énergétique
a souvent lieu en début ou en milieu de
cycle, lors des opérations de rénovation.
Quel regard portez-vous sur l’état
du parc hospitalier ?
P. N. - Il est très hétérogène. Certains établissements
récents sont performants, mais beaucoup
sont vieillissants et nécessitent des investissements
lourds. Le principal frein reste le financement.
Une reconstruction peut représenter l’équivalent
d’une année complète de budget d’exploitation.
Le modèle repose sur trois tiers : subventions,
emprunt et autofinancement. Or, sans capacité
d’autofinancement, les projets ne peuvent pas voir
le jour. De nombreux établissements sont donc en
attente, malgré des besoins urgents.
Les économies d’énergie sont-elles un levier
financier significatif ?
P. N. - Elles sont utiles, mais leur impact reste
très limité. L’énergie représente environ 4 %
du budget d’un CHU. Même avec des gains
importants, cela reste marginal à l’échelle globale.
Les principaux postes de dépenses restent
les ressources humaines (environ 70 %) et les
médicaments. Cela n’enlève rien à l’intérêt des
démarches d’efficacité énergétique, mais il faut
en mesurer correctement les effets.
Quels seront les temps forts des Journées
IHF 2026 ?
P. N. - Les Journées IHF 2026 s’articulent
autour d’un fil conducteur central : la réussite
des grands projets hospitaliers, avec pour illustration
le retour d’expérience du futur CHU
de Nantes, abordé sous plusieurs dimensions.
Quatre grands axes structurent le programme.
Le premier traite de la conduite des projets hospitaliers
complexes. Le deuxième est consacré
au numérique, à la robotique et à l’intelligence
artificielle, avec des applications concrètes
comme le BIM Exploitation, les jumeaux
numériques ou l’optimisation des flux. Le troisième
axe porte sur l’énergie, la résilience et la
performance environnementale, à travers des
retours d’expérience et des démarches opérationnelles.
Enfin, une ouverture internationale
viendra enrichir les réflexions, avec des
exemples européens et des coopérations. Ces
thématiques seront mises en perspective lors de
deux séances plénières et déclinées dans 8 ateliers
thématiques couvrant les grands enjeux
de l’ingénierie hospitalière. Un espace d’exposition,
des forums d’échanges et une visite technique
du nouveau CHU de Nantes viendront
compléter le dispositif, dans un esprit à la fois
professionnel et convivial.
Pour finir, comment imaginez-vous
l’hôpital de 2050 ?
P. N. - La clé sera la modularité. Les bâtiments
devront être capables d’évoluer dans le temps,
en fonction des besoins. Historiquement, les
hôpitaux étaient conçus de manière monolithique.
Demain, chaque fonction devra
pouvoir être transformée, déplacée ou remplacée.
Cette évolution passera d’abord par
l’architecture, et la technique suivra. Car si
l’on peut anticiper certaines évolutions, il reste
très difficile de projeter les besoins médicaux à
cinquante ans. L’hôpital de demain sera donc
avant tout flexible, adaptable et pensé sur le
long terme.
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ACTUALITÉ
Plan d’électrification
Le gouvernement précise sa feuille de route pour
réduire la dépendance aux énergies fossiles
Le gouvernement
accélère sa stratégie
d’électrification de
l’économie afin de
réduire la dépendance
de la France aux
hydrocarbures importés,
dans un contexte de
tensions géopolitiques
et de hausse des prix de
l’énergie. À la demande
du Premier ministre
Sébastien Lecornu,
chaque ministère a
été chargé d’identifier
rapidement des actions
prioritaires, avec une
ambition affichée :
ramener la part du pétrole
dans la consommation
énergétique de 60 %
à 40 % d’ici 2030.
L’électrification, au-delà
de l’enjeu climatique,
est désormais présentée
comme un levier de
souveraineté nationale.
Parmi les pistes
avancées, le financement
des mesures pourrait
s’appuyer en partie sur
les recettes fiscales
supplémentaires liées à
la hausse des carburants.
Le ministre chargé
des Comptes publics,
David Amiel, doit ainsi
étudier l’affectation de
ces « surplus », tandis
que des financements
complémentaires sont
envisagés avec des
acteurs institutionnels
et bancaires pour
accompagner les
investissements,
notamment dans les
secteurs les plus exposés
aux coûts énergétiques.
Le plan repose en priorité
sur l’électrification des
transports, premier
poste de consommation
d’énergies fossiles. Le
ministre de l’Économie,
Roland Lescure, est
chargé de structurer cette
transition, notamment
via le développement de
solutions accessibles aux
professionnels fortement
dépendants de leur
véhicule. Les travaux
préparatoires menés
par plusieurs groupes
d’experts convergent
vers des mesures
jugées consensuelles :
accélération du
déploiement des
infrastructures de
recharge, simplification
des procédures et
meilleure coordination
entre acteurs publics
et privés. Le bâtiment
constitue un autre axe
structurant, avec la
poursuite de la sortie
du gaz au profit de
solutions électriques,
en particulier dans le
logement neuf et social.
Le ministre du Logement,
Vincent Jeanbrun, doit
préciser les modalités
opérationnelles de cette
évolution, en s’appuyant
sur les dispositifs d’aide à
la rénovation énergétique.
Dans l’industrie, le
travail porte à la fois
sur l’identification des
procédés pouvant être
décarbonés à horizon 2030-
2035 et sur le renforcement
des capacités nationales de
production d’équipements
électriques stratégiques,
sous la responsabilité du
ministre Sébastien Martin.
Au total, cette feuille de
route vise à structurer une
transformation profonde
des usages énergétiques,
en conciliant contraintes
économiques, objectifs
climatiques et impératifs
de souveraineté. Le plan
final, attendu à court
terme, devra préciser les
priorités opérationnelles
et les moyens mobilisés
pour accélérer cette
électrification à l’échelle
nationale.
GTB
Un marché en légère croissance de 3,5 %,
tiré par la rénovation
Lors de son point
presse annuel, le
syndicat ACR a constaté
que le marché de la
GTB atteignait une
croissance de 3,5 % en
2025, dans un contexte
immobilier marqué par
un effondrement de la
construction neuve.
La dynamique repose
essentiellement sur la
rénovation, devenue
le principal moteur du
secteur, tandis que le
tertiaire de bureaux reste
en difficulté, avec des
taux de vacance élevés.
Cette évolution traduit
une transformation
structurelle : 75 % des
bâtiments de 2050 étant
déjà construits, le marché
bascule vers l’exploitation
et la performance des
installations existantes.
Les solutions de
régulation CVC et de
GTB en rénovation
tirent l’activité, avec
une progression des
équipements standardisés
et des protocoles
ouverts, appuyés par
les référentiels EN
ISO 52120, BACnet et
KNX. Le syndicat souligne
également un enjeu
majeur d’exploitation,
car ses porte-parole
soulignent que près
d’une GTB sur deux
serait insuffisamment
utilisée, ce qui renforce
le rôle des services, de
la maintenance et des
contrôles réglementaires,
notamment dans le cadre
du décret BACS. Enfin,
les membres du syndicat
ACR mettent en avant
l’accélération des enjeux
de cybersécurité, avec
l’entrée en vigueur dans
les années à venir de
trois réglementations : le
Cyber Resilience Act de la
Commission européenne,
la directive NIS 2, ou la
réglementation DORA,
qui structurent désormais
la filière. Si les solutions
techniques existent,
leur déploiement et leur
appropriation par les
maîtres d’ouvrage restent
un défi, en particulier
dans le petit et moyen
tertiaire.
10 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
ACTUALITÉ
Datacenters
Des scientifiques mettent le doigt sur l’impact
thermique local
Une étude de
l’université de
Cambridge met en
évidence un effet
environnemental jusqu’ici
peu exploré des grands
datacenters dédiés à
l’intelligence artificielle :
leur contribution au
réchauffement local des
territoires environnants.
En s’appuyant sur
l’analyse de plus de
6000 « hyperscalers » et
sur vingt ans de données
de température issues
de capteurs distants, les
chercheurs observent
qu’après la mise en
service d’un centre de
données, la température
de surface augmente en
moyenne de 2 °C autour
des installations. Dans
certains cas extrêmes,
la hausse peut atteindre
près de 9 °C. L’étude
souligne également
que ces effets ne se
limitent pas au voisinage
immédiat des sites,
mais peuvent s’étendre
jusqu’à 10 kilomètres,
et concerner des zones
habitées importantes,
représentant
potentiellement jusqu’à
340 millions de personnes
à l’échelle mondiale. Des
phénomènes similaires
ont été observés dans
plusieurs régions
fortement dotées
en infrastructures
numériques, comme le
Mexique ou certaines
zones d’Espagne. Ces
résultats, qui n’ont pas
encore été évalués par
des pairs, interviennent
dans un contexte de forte
expansion des centres
de données liés à l’IA.
Les auteurs estiment que
cette dynamique pourrait
accentuer les effets
observés, en parallèle
d’un réchauffement
climatique global déjà à
l’œuvre.
Véhicule électrique
Les ventes au plus haut en mars, tirées par les flottes
professionnelles
Le marché de la voiture
électrique confirme
sa dynamique en France.
En mars, les véhicules
particuliers 100 %
électriques ont atteint 28 %
de part de marché, égalant
leur record historique de
janvier, selon les données
d’AAA Data. Dans le
même temps, le marché
global des voitures neuves
repart à la hausse, avec
176633 immatriculations
sur le mois. La progression
est encore plus marquée
sur le marché de
l’occasion, où les ventes
de véhicules électriques
bondissent de 47 % sur
un an. Au total, plus d’un
véhicule sur quatre vendu
est désormais électrique,
une tendance que le
cabinet d’analyse juge
structurelle, même si elle
reste à confirmer dans un
contexte marqué par les
tensions sur les prix de
l’énergie. Cette dynamique
est largement portée par
les flottes professionnelles,
qui représentent environ
60 % des ventes en Europe.
En mars, 41 % de leurs
achats ont concerné des
modèles électriques,
en hausse de 77 % sur
un an. Selon AAA Data,
le durcissement des
réglementations en France
joue un rôle déterminant
dans l’accélération du
verdissement de ces parcs,
faisant des flottes un levier
central de décarbonation
du marché automobile. Sur
le plan des constructeurs,
Renault conserve la
première place sur
l’électrique avec près de
20 % de part de marché,
suivi de Tesla, dont les
ventes ont fortement
progressé sur le trimestre.
La Tesla Model Y reste
le modèle le plus vendu,
devant la Renault 5
produite à Douai. Malgré
ces signaux positifs, le
marché reste globalement
en retrait depuis le début
de l’année (- 2,08 %), avec
des commandes en
baisse de 10 %, laissant
présager un premier
semestre encore sous
pression.
Nomination
Émilie Piette nommée à la présidence du directoire de RTE
Le conseil de
surveillance de RTE,
réuni le 30 mars dernier,
a nommé Émilie Piette en
qualité de présidente du
directoire de RTE, après
approbation du ministère
chargé de l’Énergie
et délibération de la
Commission de régulation
de l’énergie (CRE) relative
au respect des conditions
d’indépendance fixées
par le code de l’énergie.
Son mandat a débuté le
7 avril dernier, pour la
durée restant à courir du
mandat du directoire, soit
jusqu’au 31 août 2030.
Âgée de 48 ans, Émilie
Piette travaillait depuis
2023 à la présidence de
la République, en tant
que secrétaire générale
adjointe en charge des
pôles économie (industrie,
numérique, attractivité…)
et du pôle vert (climat,
environnement, énergie,
transport, logement,
agriculture). Émilie
Piette succède à Xavier
Piechaczyk, nommé en
2020 à la présidence
du directoire de RTE,
et récemment appelé
à exercer les fonctions
de président-directeur
général du groupe
RATP.
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ACTUALITÉ
Économies d’énergie
Effy crée le pôle « Entreprises et Collectivités »
pour accélérer sur le marché B2B
Effy, acteur de
l’efficience
énergétique pour
les particuliers et les
artisans, accélère
la diversification de
ses activités avec le
développement de
solutions dédiées aux
grands consommateurs
d’énergie. Le pôle
« Entreprises et
Collectivités » regroupera
des activités d’audits et
d’études énergétiques
réalisées en amont par
son bureau d’études
interne (Assistant
Renov), ainsi que la
valorisation des CEE
(certificats d’économie
d’énergie) opérée
en aval par sa filiale
dédiée (Effy Cert). Ce
pôle est consacré aux
actions de performance
énergétique réalisées
dans le résidentiel
collectif, les bâtiments
tertiaires privés ou
publics, l’industrie ainsi
que la mobilité, soit
directement auprès
des consommateurs,
soit indirectement avec
l’appui d’installateurs ou
de partenaires. Relancée
il y a dix-huit mois,
l’activité B2B d’Effy s’est
fortement intensifiée.
Elle représentait déjà,
fin 2025, près de 25 %
du chiffre d’affaires du
groupe. Ce déploiement
s’inscrit également dans
le contexte de l’entrée en
vigueur de la 6 e période
des CEE.
IRVE
Un livre blanc pour guider les collectivités
dans leurs choix contractuels
Publié le 30 mars 2026
à l’initiative de l’Avere-
France, de la FNCCR,
d’Advenir Formation et
du SERCE, le livre blanc
L’action publique locale au
défi de la démocratisation
de la recharge propose
un cadre méthodologique
pour accompagner
le déploiement des
infrastructures de recharge
ouvertes au public.
Réalisé par Tactis et Inlo
Avocats, ce document
s’adresse en priorité aux
collectivités locales et
syndicats d’énergie,
en première ligne dans
le maillage territorial.
Dans un contexte où les
transports représentent
31 % des émissions de gaz
à effet de serre, l’essor
du véhicule électrique
impose une accélération
des déploiements. Les
collectivités doivent
composer avec des
modèles économiques
encore fragiles et un cadre
réglementaire complexe.
Le livre blanc passe
en revue les différents
montages juridiques
mobilisables (concessions,
marchés globaux de
performance, appels à
initiatives privées, contrats
mixtes), en analysant leurs
conditions de pertinence
selon les territoires.
Il insiste notamment
sur l’articulation entre
compétence voirie et
IRVE, ainsi que sur le
rôle structurant des
conventions d’occupation
du domaine public. Véritable
outil opérationnel, ce guide
vise à sécuriser les projets
et à aider les décideurs
publics à arbitrer dans un
environnement en mutation
rapide. Il est disponible en
téléchargement gratuit sur
le site de l’Avere-France.
Climat
Les impacts région par région, d’après les scénarios
du GIEC
Le Réseau Action
Climat publie France.
Urgence climat – Les
impacts région par région,
d’après les scénarios du
GIEC, un ouvrage d’Anne
Bringault et Benjamin
Crettenand, préfacé
par Valérie Masson-
Delmotte, consacré
aux conséquences du
changement climatique
en France. Basé sur les
scénarios du GIEC, le
livre met en évidence
l’intensification des
événements extrêmes
sur le territoire :
sécheresses records,
mégafeux dans le
Sud-Ouest, inondations
dans plusieurs régions
et épisodes de chaleur
dépassant régulièrement
les 40 °C. Les auteurs
soulignent une hausse
de la fréquence et
de l’intensité de ces
phénomènes. Illustré de
cartes et d’infographies,
l’ouvrage propose
une lecture régionale
des impacts actuels
et futurs, avec des
projections à 2050 et
2100. Il met en avant
les enjeux d’adaptation
des territoires face
aux transformations
climatiques en cours.
12 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 13
AGENDA
19 au 21 mai
2 et 3 juin
2 et 3 juin
16 au 18 juin
SANTEXPO
Paris Expo,
porte de Versailles
SantExpo est le salon
annuel de référence de
l’écosystème santé et
médico-social en France,
organisé par la Fédération
hospitalière de France
(FHF). L’événement réunit
plus de 30 000 professionnels
et 650 exposants, et propose
un programme riche avec
conférences, agoras et prises
de parole d’experts couvrant
l’innovation, les technologies
numériques, les parcours
de soins, l’expérience
patient, l’équipement
et la transformation des
établissements de santé.
https://www.santexpo.com
SEPEM BREST
Parc des expositions
Penfeld, Brest
Depuis près de 20 ans, les
salons SEPEM Industries
(Salon des équipements,
process et maintenance)
rassemblent les acteurs
de toutes les filières
industrielles pour favoriser
l’innovation, la durabilité et
la digitalisation. Avec plus
de 50 éditions organisées
dans 8 régions françaises
et une édition en Italie, ces
événements mettent en
valeur les savoir-faire locaux
tout en offrant des solutions
pertinentes sur les enjeux
du secteur.
www.sepem-industries.com
DRIVE TO ZERO
Paris Expo,
porte de Versailles
En 2026, Drive to Zero
revient avec une ambition
claire : faire du salon le lieu
où les solutions de mobilité
décarbonée s’inventent,
s’expérimentent et se
déploient à grande échelle.
Avec près de 150 exposants et
plus de 3 000 professionnels
rassemblés, l’événement
s’impose désormais comme le
salon européen de référence
pour l’innovation bas
carbone. Un circuit d’essai
intérieur/extérieur permet
d’expérimenter, en conditions
réelles, les véhicules et
technologies de demain.
https://event.drivetozero.fr
PRÉVENTICA
GRAND OUEST
Rennes Parc expo, Bruz
Depuis près de 25 ans,
Préventica est le lieu de
rencontre et d’inspiration
pour tous les acteurs de la
santé, la sécurité et la qualité
de vie au travail : dirigeants,
DRH, managers, services
généraux, production,
préventeurs... Une plateforme
de ressources en ligne
permet également chaque
mois à 100 000 utilisateurs
de bénéficier de conseils et
retours d’expériences, pour
la mise en œuvre de leurs
actions de prévention des
risques et de qualité de vie
au travail.
www.preventica.com
17 juin 17 au 19 juin 1 er au 3 sept
15 au 17 sept
FESTIVAL PASSIBAT’
Cité Fertile, Pantin
Aujourd’hui en pleine
mutation, Passibat’ devient
le Festival Passibat’ : un
format plus convivial,
plus associatif, plus à
taille humaine. Avec son
congrès reconnu pour la
qualité de ses interventions,
l’événement attire chaque
année un public varié :
professionnels, maîtres
d’ouvrage, mais aussi
particuliers curieux de
découvrir une autre manière
de concevoir et construire
des bâtiments sobres,
performants et respectueux
de l’environnement.
https://www.passibat.fr
JOURNÉES D’ÉTUDE
ET DE FORMATION IHF
Cité des Congrès,
Nantes
IHF organise chaque année
les journées nationales
d’études et de formation
des Ingénieurs Hospitaliers
de France, événement de
référence de l’ingénierie
hospitalière réunissant tous
les professionnels de ce
vaste secteur qui œuvrent
depuis les études préalables
jusqu’à la conception, la
construction, la rénovation,
la gestion et l’exploitation
des établissements
de santé. Cette année,
les 66 es Journées IHF auront
pour thème central la
conduite des grands projets
hospitaliers.
www.journees-ihf.com
SIBCA
Paris, Grand Palais
Le SIBCA - Salon de
l’Immobilier Bas Carbone,
co-organisé par SIBCA
Events et l’Association
BBCA, réunit tous les
acteurs clés engagés
dans le financement,
l’aménagement, la
conception, la construction
et la rénovation de
bâtiments, de quartiers
et de villes bas carbone.
Pour cette 5 e édition, le
salon est de retour au
Grand Palais, à Paris.
L’édition 2025 avait réuni
près de 13 000 visiteurs
et 200 exposants venus
présenter leurs innovations
pour décarboner
l’immobilier, la ville et les
territoires.
https://sibca.fr/fr
NRF RETAIL’S BIG
SHOW
Paris Expo,
porte de Versailles
NRF 2026 : Retail’s Big
Show Europe s'affirme
comme la pierre angulaire
du réseau mondial NRF.
Conçu en complément
des sommets phares de
New York et Singapour,
cet événement fédère un
écosystème sophistiqué et
interconnecté pour l'élite
internationale du retail. Cet
événement se veut être une
plateforme transfrontalière
de premier plan où
12 000 professionnels,
représentant 60 marchés
internationaux, convergent
pour recalibrer le paysage
du secteur à travers un
prisme européen unique.
https://www.
nrfbigshoweurope.com/
fr-FR
14 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 15
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
Light + Building 2026 : zoom
sur les évolutions et les tendances
de KNX
Light + Building 2026 a mis en lumière la place du standard KNX parmi les
solutions qui accompagnent la transformation du bâtiment. Les échanges
avec les industriels font émerger des lignes de force claires. La galerie
d’échanges qui suit en propose une lecture directe, pour comprendre
les orientations actuelles des développements produits KNX, à l’échelle
mondiale comme sur le marché français.
© Pietro Sutera
© Jochen Günther
Première tendance, KNX élargit son spectre. Historiquement
centré sur le pilotage des fonctions techniques du
bâtiment, il s’impose désormais comme une colonne
vertébrale capable d’orchestrer des écosystèmes complets. Gestion
énergétique, interaction avec les réseaux, intégration du
stockage et de la mobilité électrique : les fabricants convergent
vers une même vision, celle d’un bâtiment interconnecté, piloté
par la donnée et orienté performance. Le KNX n’est plus seulement
un protocole, mais une plateforme d’intégration.
Deuxième tendance majeure, l’accélération autour de l’énergie.
Tous les acteurs interrogés mettent en avant le rôle structurant
du KNX dans l’optimisation des consommations, en
particulier sur le CVC, l’éclairage et, de plus en plus, les flux
énergétiques globaux. Cette évolution est directement liée à
la pression réglementaire, en Europe comme en France, mais
aussi à la montée en puissance des usages : autoconsommation,
recharge de véhicules électriques, pilotage dynamique. Le bâtiment
devient un système énergétique complexe, que le KNX
contribue à rendre lisible et pilotable.
Autre moteur déterminant : la cybersécurité. L’entrée en
vigueur progressive du Cyber Resilience Act et de NIS 2 agit
comme un accélérateur. L’ensemble des industriels s’aligne
sur une généralisation de KNX Secure, avec des feuilles
de route clairement orientées vers 2027. Dans ce contexte,
l’antériorité du KNX en matière de chiffrement constitue
un avantage compétitif décisif. La sécurité n’est plus une
option, mais un prérequis structurant des développements
produits.
En parallèle, une autre transformation s’opère, plus discrète
mais tout aussi stratégique : la simplification. Réduction du
temps de paramétrage, outils logiciels plus intuitifs, intégration
de fonctions dans des équipements compacts, voire touten-un…
Les fabricants cherchent à élargir l’accès au KNX en
facilitant sa mise en œuvre. Cette évolution répond à un enjeu
terrain majeur : accompagner la montée en compétences des
intégrateurs et accélérer le déploiement, notamment dans la
rénovation.
Car c’est bien là un autre point clé révélé par ce dossier : l’importance
croissante de l’existant. Le développement de solutions
sans fil, l’émergence de KNX IoT et les architectures hybrides
traduisent une volonté commune d’adresser plus efficacement
les bâtiments déjà construits. Flexibilité, facilité d’installation et
interopérabilité deviennent des critères centraux.
Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large d’ouverture.
Interconnexion avec d’autres protocoles, passerelles
vers les environnements IP, convergence avec des standards
comme Matter : le KNX évolue dans un écosystème de plus en
plus décloisonné. Cette capacité à dialoguer avec d’autres univers
technologiques apparaît comme un levier essentiel pour
rester au cœur des architectures de demain.
Alexandre Arène
16 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
© DR
‘‘
Le développement d’un portefeuille
KNX IoT sans fil constitue une évolution
majeure à venir.
’’
Lutz Steiner
Senior Vice President Product Line KNX & Group
R&D Building Automation, ABB, et membre du
KNX Executive Board
Portée par les exigences croissantes en matière de performance énergétique des
bâtiments et du renforcement des réglementations, notamment en cybersécurité, la
filière accélère l’évolution de ses solutions. Dans ce contexte, ABB déploie une stratégie
globale autour de KNX combinant durabilité des installations, enrichissement fonctionnel,
ouverture aux technologies IoT et intégration renforcée de la cybersécurité. Lutz Steiner,
Senior Vice President Product Line KNX & Group R&D Building Automation du groupe
ABB, détaille ces orientations et les innovations présentées à Light + Building.
Quelle est votre stratégie globale pour le développement
des solutions en KNX ?
La stratégie d’ABB repose sur un engagement clé : assurer la
pérennité des solutions. Concrètement, cela signifie qu’un
client pourra, même 20 ans plus tard, remplacer un produit,
bénéficier de compatibilités ascendantes ou intégrer
de nouveaux équipements dans une installation existante.
Cette continuité est essentielle pour sécuriser les investissements.
Par ailleurs, le groupe ABB se positionne comme un
fournisseur global, avec une offre complète. L’innovation se
concentre notamment sur le CVC en KNX, pertinent pour
des bâtiments tertiaires de taille intermédiaire, tels que les
établissements scolaires, où KNX peut apporter des gains
d’efficacité énergétique significatifs. Nous préparons également
le développement d’un portefeuille KNX IoT sans fil
qui constitue une évolution majeure à venir. Notre objectif
est d’introduire des équipements sans fil compatibles
avec le standard KNX IoT. En parallèle, nous poursuivons
l’enrichissement de notre offre CVC, le développement
de nouveaux formats d’écrans et, surtout, le renforcement
de la cybersécurité. L’ensemble des solutions devrait être
conforme aux exigences KNX Data Secure d’ici à la fin de
l’année.
Comment répondez-vous aux exigences réglementaires
en matière de cybersécurité, notamment concernant
le Cyber Resilience Act ou NIS 2 ?
Les réglementations comme NIS 2 ou le Cyber Resilience
Act sont pleinement intégrées à notre feuille de route. À partir
de 2027, seuls les équipements conformes aux exigences
de cybersécurité pourront être commercialisés en Europe,
impliquant une évolution significative des portefeuilles
produits. Dans ce contexte, KNX bénéficie d’un avantage :
des mécanismes de sécurité, notamment le chiffrement des
communications, sont déjà standardisés depuis longtemps.
Le déploiement de KNX Data Secure sur l’ensemble de notre
offre vise à anticiper ces obligations et garantir une conformité
durable. Cependant, l’exigence de cybersécurité va
mettre en difficulté certains protocoles qui ne disposent pas
encore de standards de chiffrement définis. À l’inverse, face
à ces enjeux croissants, KNX ou BACnet apparaissent ainsi
comme des solutions déjà structurées disposant de bases
solides en matière de sécurité. Cela représente un avantage
important dans un contexte où la conformité réglementaire
devient incontournable.
Quelles nouveautés produits KNX avez-vous présentées
sur Light + Building ?
ABB a lancé plusieurs innovations majeures. Parmi elles,
deux écrans de visualisation IQ Touch, en formats 7 et
10 pouces, ainsi que la gamme ClimaECO, une avancée
notable sur le CVC permettant de piloter des actionneurs de
systèmes de chauffage professionnels directement via KNX.
Nous avons également présenté de nouveaux détecteurs de
mouvement ainsi qu’une nouvelle gamme d’appareillage
mural KNX. Par ailleurs, notre plateforme ABB i-bus KNX
continue de structurer notre offre à l’échelle globale. Enfin,
la solution Building Pro, dédiée à la gestion technique des
grands bâtiments tertiaires, permet de superviser l’ensemble
des systèmes du bâtiment : planification, suivi des données,
optimisation énergétique ou encore support aux facility
managers. Cette solution qui peut être déployée en local ou
dans le cloud, est interopérable et fonctionne avec KNX et
d’autres protocoles.
j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 17
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
© DR
‘‘
KNX est de plus en plus connecté aux enjeux
d’energy management comme partie d’un
écosystème intégrant gestion de l’énergie,
stockage et recharge de véhicules électriques.
Victor Méndez
Product Range Manager, Solution Development
and Marketing, Hager
’’
Porté par les exigences croissantes en matière de performance énergétique,
d’interopérabilité et de cybersécurité, le KNX s’impose comme un standard clé
dans l’évolution des bâtiments intelligents, notamment dans le tertiaire. Dans ce
contexte, Hager structure son développement autour d’une offre unifiée, enrichie
fonctionnellement et de plus en plus connectée aux enjeux d’energy management.
Victor Méndez, Product Range Manager, Solution Development and Marketing chez
Hager, détaille les orientations stratégiques du groupe, leur déclinaison sur le marché
français et les principales innovations KNX présentées sur le salon Light + Building.
Quelle est votre stratégie globale pour le développement
des solutions en KNX ?
Notre stratégie consiste à faire évoluer KNX en l’inscrivant
dans une approche plus globale du bâtiment. Nous
continuons bien sûr à enrichir les fonctionnalités, mais
surtout à renforcer les interactions avec d’autres systèmes,
en particulier tout ce qui touche à l’energy management.
KNX devient une brique centrale, capable de dialoguer
avec l’ensemble des équipements du bâtiment. L’Allemagne
reste historiquement notre marché principal, notamment
sur le tertiaire, mais nous développons activement le KNX
dans d’autres pays européens comme la Suisse, l’Autriche,
l’Espagne et bien sûr la France. Dans chacun de ces marchés,
nous devons adapter nos gammes aux standards locaux, à
la fois sur l’appareillage en lui-même et sur les habitudes
d’installation, tout en maintenant une cohérence de l’offre
à l’échelle globale. Concrètement, nous associons systématiquement
une offre KNX à nos gammes d’appareillage
classique, dans un même design, pour faciliter l’intégration.
Cette structuration passe aussi par des plateformes unifiées.
Avec le One Switch System, nous avons regroupé plusieurs
gammes au sein d’un même ensemble, intégrant à la fois les
fonctions traditionnelles, le KNX et une ouverture vers le
résidentiel connecté avec Matter et Thread. Notre objectif :
plus de fonctionnalités, plus d’interactivité et une convergence
forte avec les enjeux énergétiques.
Comment cette stratégie se décline-t-elle
sur le marché français ?
Le marché français présente des particularités importantes,
notamment en matière d’appareillage et de pratiques d’installation.
Il s’agit d’un marché de premier plan pour KNX.
Cela nous conduit à proposer des gammes spécifiques, différentes
de celles déployées en Allemagne. Aujourd’hui,
notre offre KNX en France est un peu moins complète,
mais elle est en cours d’évolution. Notre objectif est d’y intégrer
progressivement les avancées développées sur d’autres
marchés, en particulier le passage au KNX Secure et l’enrichissement
des fonctionnalités. Il faut aussi tenir compte
du contexte énergétique. En Allemagne, le marché est très
fragmenté, avec de nombreuses régies locales et un coût de
l’électricité plus élevé, ce qui pousse fortement les solutions
d’optimisation. En France, le système électrique est plus
centralisé, mais les enjeux de flexibilité et de maîtrise de
l’énergie progressent.
Quelles nouveautés produits KNX avez-vous présentées
sur Light + Building ?
Nous étendons notre offre KNX au sein du One Switch System
avec une gamme complète de capteurs et d’actionneurs en
KNX Secure. Les nouveaux boutons-poussoirs apportent plus
de modularité, avec différentes configurations et des possibilités
d’illumination, pour une solution cohérente, complète
et sécurisée. Cette évolution accompagne le lancement d’un
nouveau système d’appareillage Hager, dans la continuité de
Berker, combinant design, compatibilité et ouverture vers les
environnements connectés, avec des produits KNX et Matter
intégrés dans une plateforme communicante.
Au-delà du KNX, ces nouveautés s’inscrivent dans une
approche globale intégrant energy management, recharge
électrique et outils numériques, pour optimiser les usages
et les consommations.
18 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
‘‘
JUNG met en avant trois grandes familles
de nouveautés KNX, qui traduisent une
même logique : plus de compacité, moins de
complexité et un temps de paramétrage réduit.
’’
© DR
Sascha Kniep
Responsable Product Management KNX, JUNG
Membre actif du KNX Technical Board, Sascha Kniep pilote chez JUNG la
stratégie produits KNX à l’échelle internationale. À l’occasion de Light + Building,
il revient sur les orientations structurantes du groupe, notamment autour de la
cybersécurité, et détaille les innovations présentées en avant-première, entre
compacité, intégration fonctionnelle et simplification de la mise en œuvre.
Quelle est la stratégie globale de JUNG
pour le développement des solutions KNX ?
La stratégie de JUNG en KNX s’inscrit dans une trajectoire
claire engagée dès 2020 : faire de KNX Secure le socle de
l’ensemble notre portefeuille. JUNG a été l’un des premiers
fabricants à proposer des équipements compatibles avec
cette technologie, anticipant ainsi les enjeux de cybersécurité
qui s’imposent aujourd’hui à l’ensemble du secteur,
avec l’arrivée du Cyber Resilience Act (CRA) de l’Union
européenne, qui entrera en vigueur à l’horizon 2027. Pour
JUNG, il ne s’agit donc plus seulement d’une différenciation
technologique, mais d’un alignement avec les futures
exigences du marché. Ce positionnement s’inscrit dans
l’ADN même du groupe, membre fondateur de KNX. Le
choix historique d’un protocole ouvert, interopérable et
multifabricants reste au cœur de la proposition de valeur :
garantir aux utilisateurs une pérennité des installations et
une compatibilité dans le temps. Aujourd’hui, avec plus de
500 fabricants impliqués, cette vision s’est imposée comme
un standard incontournable du bâtiment intelligent.
Comment cette stratégie se décline-t-elle
sur le marché français ?
En France, cette stratégie s’appuie sur un travail de terrain
structuré, porté notamment par les équipes locales. L’objectif
est double : renforcer la présence auprès des intégrateurs
et diffuser plus largement la culture KNX Secure. Le marché
français est abordé de manière ciblée, avec une attention
particulière portée à certaines régions dynamiques comme
l’Île-de-France, la région PACA ou encore Rhône-Alpes.
JUNG y développe une approche d’accompagnement global
: support technique, formation des installateurs, assistance
à la conception. L’enjeu est également de structurer
l’offre auprès d’un écosystème élargi : bureaux d’études,
architectes, prescripteurs. Le discours est adapté selon les
interlocuteurs, avec un accent sur l’aide à la rédaction des
documents techniques et à la structuration des projets.
Cette proximité permet à JUNG de se positionner comme
un interlocuteur de référence, capable d’accompagner les
professionnels sur toute la chaîne de valeur, de la conception
à la mise en œuvre.
Quelles solutions avez-vous présentées
sur Light + Building ?
JUNG met en avant trois grandes familles de nouveautés
KNX, qui traduisent une même logique : plus de compacité,
moins de complexité et un temps de paramétrage réduit. La
première concerne les détecteurs de présence et de mouvement,
avec une nouvelle génération compacte intégrant
davantage de fonctions. Outre la détection, certains modèles
embarquent désormais un capteur d’humidité, répondant
aux enjeux croissants de pilotage des systèmes CVC. La
deuxième innovation majeure est la KNX Multistation,
pensée pour répondre aux besoins spécifiques du tertiaire,
et en particulier de l’hôtellerie. L’idée est de regrouper dans
un seul appareil l’ensemble des fonctions d’une pièce : éclairage,
variation, stores, prises, CVC. Au-delà du gain de place
dans les tableaux électriques, l’intégration de l’ensemble de
ces composantes dans un seul module permet de scénariser
facilement les usages. Enfin, JUNG renouvelle sa gamme
d’actionneurs de commutation KNX, désormais compatibles
KNX Secure et conformes aux évolutions normatives.
Ces nouveaux produits introduisent des fonctions facilitant
considérablement la mise en service, comme la configuration
simplifiée via des templates ou des outils de diagnostic
permettant de vérifier la cohérence entre firmware et projet
ETS. L’objectif est clair : réduire la complexité et le temps de
paramétrage sur le terrain.
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ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
‘‘
Light + Building a illustré notre
dynamique d’innovation, avec 196 nouveaux
produits présentés, structurés autour de trois
axes : rénover, innover et élever.
’’
© DR
Marcel Gramann
Directeur commercial du groupe MDT Technologies
Parmi les principaux fabricants de produits KNX, MDT Technologies est spécialisé dans
l’automatisation de bâtiments commerciaux et résidentiels. Le fabricant allemand développe
une offre complète, articulée autour d’architectures filaires, et sans fil, avec une stratégie
d’innovation dynamique, orientée usage et terrain. Marcel Gramann, directeur commercial
du groupe MDT Technologies, revient sur les orientations stratégiques de l’entreprise, son
déploiement sur le marché français et les nouveautés présentées lors du salon Light + Building.
Quelle est votre stratégie globale pour le développement
des solutions en KNX ?
KNX est une technologie mature qui conserve un fort
potentiel d’innovation. Nous développons de manière équilibrée
les trois piliers du KNX, à savoir les capteurs, actionneurs
et équipements système, car leur complémentarité
est essentielle dans les projets. Le sans-fil est aujourd’hui
un axe structurant. Nous sommes convaincus que le KNX
doit évoluer dans cette direction pour répondre aux enjeux
de flexibilité, notamment en rénovation. Nous avons donc
engagé cette transition, tout en continuant à enrichir les
solutions filaires et hybrides, avec par exemple des passerelles
permettant de gérer d’autres architectures, comme
Modbus ou DALI. Notre stratégie est également tournée
vers l’international. Si l’Europe reste un socle solide, avec
des marchés comme l’Allemagne ou la France, nous regardons
de près des zones à fort potentiel comme le Moyen-
Orient et l’Asie. L’ambition est de positionner KNX comme
une solution universelle, capable d’adresser tous les types
de bâtiments.
Comment cette stratégie se décline-t-elle
sur le marché français ?
La France est un marché stratégique pour MDT, à la fois par
sa taille et son niveau d’exigence. Depuis 2024, nous avons
structuré une organisation locale complète, avec une équipe
commerciale dédiée et un support technique sur place.
Cette implantation traduit notre volonté de nous inscrire
dans la durée. Nous nous appuyons sur la distribution pour
couvrir efficacement le territoire, tout en travaillant avec
les intégrateurs, qui sont des acteurs clés pour prescrire et
déployer nos solutions. En parallèle, nous avons réalisé un
important travail d’adaptation de nos bases de données,
documentations et outils, qui sont désormais disponibles en
français. L’ensemble de notre catalogue est commercialisé
en France et nous adaptons nos développements aux spécificités
locales. Nous investissons également dans le développement
du marché, notamment via des formations et des
présentations. Cette approche commence à porter ses fruits,
avec des réalisations concrètes, notamment dans le tertiaire.
Quelles nouveautés produits KNX avez-vous
présentées sur Light + Building ?
Light + Building a illustré notre dynamique d’innovation,
avec 196 nouveaux produits présentés, structurés autour
de trois axes : rénover, innover et élever. Sur la rénovation,
nous lançons homeXpert, un système KNX sans fil,
pensé pour les installateurs électriciens. Grâce à un serveur
connecté au cloud et à un configurateur simplifié, il permet
de déployer des installations sans passer par ETS, tout en
restant compatible et évolutif. Côté interfaces utilisateurs,
nous enrichissons notre offre avec la gamme Aurelio. Ces
écrans tactiles (2”, 4”, 6’’ et 8”) plus compacts, personnalisables
et réactifs permettent de piloter l’ensemble des usages
du bâtiment avec des fonctions avancées comme les scénarios,
l’interphonie ou le portier vidéo. Nous poursuivons
également le développement de solutions intégrées, notamment
avec des contrôleurs universels capables de centraliser
plusieurs fonctions, ainsi que des équipements système
(serveurs, passerelles) assurant l’interopérabilité entre
architectures, dans un contexte de généralisation du KNX
Secure. Enfin, avec la gamme Tense, nous adressons le segment
haut de gamme, en présentant des produits KNX au
design premium. Ces nouveautés traduisent notre volonté
de proposer une offre complète, du sans-fil simplifié au premium,
adaptée à tous les types de bâtiments.
20 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
© DR
‘‘
Les nouveautés présentées sur
Light + Building s’articulent autour
de trois axes : simplification, cybersécurité
et efficacité énergétique.
’’
Sami Shaikh,
Global Strategy & Product Leader KNX,
Schneider Electric
Les enjeux croissants d’efficacité énergétique, de pilotage des usages et de cybersécurité
entraînent le marché vers des architectures toujours plus intégrées et sécurisées. Dans ce
contexte, Schneider Electric structure sa stratégie autour de la durabilité, de la simplification
des déploiements et de l’intégration des nouveaux enjeux énergétiques. Sami Shaikh, Global
Strategy & Product Leader KNX chez Schneider Electric, détaille les orientations du groupe, leur
déclinaison sur le marché français et les principales innovations présentées à Light + Building.
Quelle est votre stratégie globale pour le développement
des solutions en KNX ?
Notre stratégie KNX est directement alignée sur notre
vision globale : durabilité et efficacité énergétique. Nous
concentrons nos développements sur l’optimisation des
usages, notamment l’éclairage et le CVC, dans le résidentiel
comme dans le tertiaire, avec une volonté d’étendre progressivement
cette approche au secteur de l’hôtellerie. La cybersécurité
est un axe structurant. Nous faisons évoluer l’ensemble
de notre portefeuille pour répondre aux exigences
du Cyber Resilience Act et de KNX Secure à horizon 2027.
Cela implique des transformations matérielles profondes et
mobilise aujourd’hui une part importante de nos équipes
R&D. Nous travaillons également à simplifier le quotidien
des intégrateurs : réduction du nombre d’outils, interfaces
plus intuitives, configuration simplifiée, monitoring ou
maintenance à distance. L’objectif est de gagner en efficacité
et d’ouvrir la voie à de nouveaux services, notamment en
maintenance et en exploitation. Enfin, l’énergie est un pilier
clé. Avec l’essor des renouvelables, du stockage et des véhicules
électriques, les bâtiments deviennent plus complexes
à piloter. KNX joue un rôle central pour orchestrer ces flux
et améliorer la performance globale.
Comment cette stratégie se décline-t-elle
sur le marché français ?
La France fait partie des marchés prioritaires et ses exigences
sont intégrées dès la conception des produits. Nous
ne développons pas de gammes spécifiques : les solutions
sont globales, avec une adaptation systématique aux normes
locales. Le marché français en KNX reste dynamique, porté
par le résidentiel, le petit tertiaire et les rénovations. Le
report du décret BACS n’a pas significativement ralenti cette
dynamique, KNX étant davantage positionné sur des projets
complets. Nous visons une conformité totale au Cyber
Resilience Act d’ici fin 2027 pour l’ensemble de nos produits.
En parallèle, les innovations, notamment autour de
l’IoT, du cloud et des applications, sont déployées progressivement.
Nous tenons à proposer des solutions complètes
intégrant produits, contrôle, supervision, applications et
services, avec une attention particulière portée à la simplicité
de mise en œuvre et d’exploitation.
Quelles nouveautés produits KNX avez-vous
présentées sur Light + Building ?
Elles s’articulent autour de trois axes : simplification, cybersécurité
et efficacité énergétique. Côté outils, ETS 6.4, avec
Smart Linking et eConfigure simplifient et accélèrent la
configuration des projets. Sur le plan des équipements,
nous introduisons une nouvelle génération de produits
KNX Secure conformes CRA : boutons-poussoirs avec
affichage dynamique, actionneurs de commutation jusqu’à
20 A pour des applications tertiaires exigeantes, multicapteurs
intégrant température et humidité. Nous développons
également des solutions KNX IoT, notamment en sans-fil,
pour répondre aux besoins des rénovations et faciliter l’intégration
avec des écosystèmes existants, avec une évolution
prévue vers Matter. Enfin, nous faisons un pas de plus vers
l’efficacité énergétique, avec de nouveaux tableaux de bord
et des applications permettant de visualiser et piloter les
flux énergétiques (production, consommation, stockage,
recharge de véhicules).
j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 21
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
© DR
‘‘
Notre stratégie vise le bâtiment autonome,
centré sur l’humain, capable d’optimiser
en continu ses performances énergétiques
et opérationnelles.
’’
Yann Plévin
Responsable réglementation et normalisation,
Siemens Smart Infrastructure France et référent KNX
Porté par les exigences croissantes en matière de rénovation énergétique,
d’interopérabilité et de cybersécurité, KNX s’impose comme un standard clé pour
accélérer le déploiement des BACS dans le tertiaire. Dans ce contexte, Siemens,
à travers sa division Smart Infrastructure France, structure une stratégie centrée
sur la donnée, l’automatisation et des solutions ouvertes pour accompagner la
transformation des bâtiments existants. Yann Plévin, responsable réglementation et
normalisation et référent KNX, revient sur les orientations du groupe, leur déclinaison
sur le marché français et les dernières innovations présentées à Light + Building.
Quelle est la stratégie globale de Siemens
pour le développement des solutions KNX ?
Notre stratégie vise le bâtiment autonome, centré sur l’humain,
capable d’optimiser en continu ses performances
énergétiques et opérationnelles. Elle repose sur trois piliers :
la donnée, l’automatisation et les services. Plus de 75 % des
bâtiments de 2050 existent déjà et la priorité concerne
donc l’existant. Pour y répondre, nous privilégions des
solutions d’automatisation ouvertes, standardisées, interopérables
et cybersécurisées, comme KNX Secure. Dans ce
cadre, KNX joue un rôle clé, notamment sur le segment du
petit et moyen tertiaire. C’est un levier très pertinent pour
moderniser les bâtiments dans le respect des contraintes
réglementaires et budgétaires, tout en garantissant performance
énergétique, confort, sécurité et efficacité opérationnelle.
L’objectif intrinsèque est de maximiser durablement
la valeur des actifs.
Comment cette stratégie se décline-t-elle
sur le marché français ?
Elle se traduit par une approche globale, avec une offre complète
allant du capteur jusqu’au management de la donnée.
Cela nous permet d’adapter précisément les solutions aux
besoins des clients en exploitant toute la richesse de KNX.
Trois axes structurent notre positionnement. D’abord, un
portefeuille solide sur le CVC, qui reste le principal levier
de gains énergétiques en rénovation. Ensuite, une offre
flexible, capable de s’adapter à tous les environnements,
en filaire (KNX TP, IP) comme en sans-fil (KNX IoT), y
compris en site occupé. Enfin, un engagement fort sur la
cybersécurité, avec une gamme en cours de généralisation
pour répondre aux exigences du Cyber Resilience Act européen
d’ici 2027. Par ailleurs, le déploiement à grande échelle
passe par des intégrateurs formés et certifiés. C’est pourquoi
nous sommes très engagés aux côtés de KNX France et du
Collège intégrateurs pour promouvoir la technologie et
accélérer le déploiement des BACS.
Quelles sont les nouveautés présentées
en avant-première sur Light + Building ?
Trois innovations illustrent concrètement notre feuille de
route, avec un objectif commun : simplifier et sécuriser les
solutions tout en facilitant le déploiement de KNX. D’abord,
la nouvelle gamme d’interfaces utilisateur initiée par le
redesign des QMX6. Elle mise sur une expérience simple et
lisible, avec un design épuré. La technologie e-ink très basse
consommation des écrans permet jusqu’à huit ans d’autonomie,
ce qui réduit fortement la maintenance. Associée à une
communication sans fil, elle est particulièrement adaptée
à la rénovation. Ensuite, le coupleur de ligne KNX Secure
N 140S11, qui répond aux exigences croissantes en cybersécurité.
Il agit comme un proxy sécurisé, capable de gérer
des communications chiffrées et non chiffrées, facilitant
ainsi l’exploitation tout en renforçant la protection globale
des installations. Enfin, l’intégration de la fonction Smart
Linking d’ETS 6.4 simplifie considérablement la mise en
service. Elle permet de créer rapidement les liaisons entre
équipements, avec moins d’erreurs et un gain de temps
significatif, tout en préparant les installations à l’IoT. Ces
évolutions visent à rendre KNX plus accessible, plus sûr
et plus rapide à déployer, notamment dans un contexte de
rénovation à grande échelle.
22 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
© DR
‘‘
Notre objectif est de renforcer l’expérience
utilisateur, intégrer plus d’intelligence dans
les systèmes KNX et répondre concrètement
aux enjeux énergétiques.
’’
Jens Wierichs
Senior Director Portfolio & Product Management,
Theben
Le renforcement des exigences réglementaires, la cybersécurité et l’intégration croissante
de systèmes connectés imposent des mutations dans l’écosystème KNX. Dans ce contexte,
Theben structure son offre autour de gammes différenciées, du produit simple aux
solutions KNX Secure et systèmes de gestion énergétique, afin de répondre à des marchés
aux besoins et niveaux de maturité variés. Jens Wierichs, Senior Director Portfolio &
Product Management chez Theben, revient sur cette stratégie, son adaptation au marché
français et les principales innovations KNX présentées lors du salon Light + Building.
Quelle est votre stratégie globale pour le développement
des solutions en KNX ?
Notre stratégie consiste à trouver le bon équilibre entre
une approche globale et les besoins spécifiques de chaque
marché. Le rôle du Product Management est précisément
de couvrir un spectre très large d’usages, tout en intégrant
les contraintes réglementaires locales, notamment sur les
sujets environnementaux. Nous structurons notre offre en
plusieurs niveaux : une entrée de gamme peu connectée,
puis des solutions intermédiaires et haut de gamme, plus
riches en fonctionnalités et en intégration. Cette segmentation
répond à des réalités économiques différentes selon
les pays. En Europe, les attentes sont élevées en matière
d’automatisation, d’intégration BMS et de cybersécurité.
Sur ce point, nous sommes fortement engagés dans le KNX
Secure. Theben figure aujourd’hui parmi les acteurs les plus
avancés en nombre d’équipements sécurisés disponibles.
Notre portefeuille s’étend ainsi de produits mécaniques
à des solutions IP, cloud compatibles et entièrement intégrées.
Notre objectif est d’accompagner la montée en puissance
de la connectivité, de la sécurité et de la performance
énergétique dans le bâtiment.
Comment cette stratégie se décline-t-elle
sur le marché français ?
La France est notre deuxième marché après l’Allemagne,
notamment en raison de notre positionnement historique
sur les horloges de programmation, l’éclairage et la détection.
Nous y déclinons l’ensemble de notre offre globale,
en l’adaptant aux usages. Par exemple, en France, les radiateurs
restent dominants. Nous proposons donc des solutions
KNX avec vannes connectées permettant jusqu’à 30 %
d’économies d’énergie. Ce type d’application n’est pas pertinent
partout. Le marché français présente aussi des spécificités
structurantes, notamment avec un système énergétique
centralisé et des infrastructures comme le compteur
Linky, qui facilite le déploiement de solutions de gestion de
l’énergie. Nous lançons un système de gestion énergétique
résidentiel pour piloter l’ensemble des flux : production
photovoltaïque, stockage, recharge de véhicule, consommation
réseau. Le système automatise les arbitrages en fonction
des tarifs, de la météo et des besoins utilisateurs. Le
retour sur investissement dépend des équipements installés.
Plus les usages sont nombreux, plus il est rapide. Sur le
seul système de gestion énergétique, il peut être atteint en
quelques années.
Quelles nouveautés produits KNX avez-vous
présentées sur Light + Building ?
Nous avons présenté plusieurs évolutions importantes, avec
un focus sur l’interface utilisateur et l’énergie. La gamme
iONprime illustre cette dynamique, avec des boutons-poussoirs
et écrans tactiles intégrant des capteurs. Le front-end
prend une place croissante dans notre offre, en réponse à
une demande forte du marché. Nous avons également introduit
notre système de gestion de l’énergie, le HEMS EM100,
d’abord lancé en Allemagne. Il vient enrichir l’écosystème
KNX en intégrant le pilotage énergétique global du résidentiel
et petit tertiaire. Enfin, nous faisons évoluer des produits
phares comme la station météo KNX. Une nouvelle
version arrive, avec une application enrichie et davantage de
fonctionnalités. Notre objectif est de renforcer l’expérience
utilisateur, intégrer plus d’intelligence dans les systèmes
KNX et répondre concrètement aux enjeux énergétiques.
j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 23
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
© DR
‘‘
Zennio conçoit et fabrique des solutions
KNX destinées aux projets de bâtiment
connecté et dispose d’un portefeuille de
250 produits certifiés.
’’
Franck Camus
Smart Home & Smart Building Regional Sales
Manager Sud-Ouest, Zennio France
Zennio s’inscrit dans une dynamique d’innovation continue sur le marché des solutions
KNX, portée par une forte présence internationale et un accompagnement de proximité.
Au cœur de cette approche, une équipe engagée et des solutions pensées pour répondre
aux attentes concrètes du terrain. Fort d’un parcours de plus de 30 ans entre bureaux
d’études, formation et environnements techniques liés à l’électricité, au CVC et à la
domotique, Franck Camus, Regional Sales Manager Sud-Ouest, revient sur la stratégie de
l’entreprise, son ancrage en France et les nouveautés présentées sur Light + Building.
Quelle est votre stratégie globale pour le développement
des solutions en KNX ?
Zennio conçoit et fabrique des solutions KNX destinées aux
projets de bâtiment connecté et dispose d’un portefeuille de
250 produits certifiés. L’entreprise s’est développée au fil des
années pour s’imposer comme un acteur reconnu à l’échelle
internationale dans son secteur. Nous nous distinguons par
une démarche proactive, à la fois en recherche et développement
et dans la proximité avec nos collaborateurs, avec
une attention constante portée aux usages et aux besoins du
terrain. Les nouveautés sont particulièrement fréquentes,
comme les visiteurs ont pu le constater lors du salon
Light + Building. Cette dynamique d’innovation continue
s’inscrit dans une volonté forte de rester au plus près des
attentes du marché et de ses évolutions. Cette année, nous
serons présents sur plus de 40 salons internationaux, afin
de renforcer cette proximité et d’échanger directement avec
les professionnels. Au cours des deux dernières années,
Zennio a recruté plus de 200 collaborateurs. Ces nouveaux
talents ont permis de renforcer les équipes à Tolède, siège
de l’entreprise, ainsi qu’à l’international, pour accompagner
nos clients avec des produits toujours plus performants,
notamment à travers une solution hôtelière parmi les plus
abouties à ce jour.
Comment se décline-t-elle sur le marché français ?
Le marché français se compose à la fois d’intégrateurs KNX
et de clients finaux tels que les architectes, bureaux d’études,
prescripteurs et investisseurs privés. Notre approche
consiste à adresser cet écosystème dans sa globalité, en
tenant compte des spécificités de chaque acteur. Nous
entretenons un dialogue privilégié avec les associations
KNX en France, à qui nous présentons régulièrement nos
nouveautés, tout en les accompagnant à travers des formations
dédiées à nos solutions. Cette dimension pédagogique
est essentielle pour favoriser la montée en compétence des
acteurs et faciliter l’appropriation des technologies. Par ailleurs,
nous soutenons nos clients dans leurs études et dans
le choix de nos produits, afin de leur permettre de répondre
au mieux aux besoins de leurs propres clients.
Quelles sont vos nouveautés présentées
sur Light + Building ?
Cette année, nous présentons de nombreuses nouveautés
sur les salons, illustrant la dynamique d’innovation
de Zennio. Lors du salon Light + Building, nous avons
notamment présenté la nouvelle gamme d’écrans CX, déjà
disponible en versions 4 et 5 pouces, et qui sera prochainement
complétée par d’autres formats pour élargir les possibilités
d’intégration. Parmi les évolutions majeures, la
finition métal fait son apparition sur ces produits, apportant
une nouvelle dimension esthétique et répondant aux
attentes croissantes en matière de design. Un autre lancement
important se profile avec TITAN, notre premier
interrupteur métallique, décliné en plusieurs coloris et
jusqu’à 6 boutons, offrant à la fois flexibilité et cohérence
esthétique. De nombreux développements sont également
en cours d’étude, tandis que de nouveaux services, tels que
ZennIoT ou ZenProg Remote, seront bientôt disponibles
pour enrichir l’écosystème.
24 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
© DR
‘‘
Notre stratégie est de proposer des solutions novatrices simplifiant
l’intégration de l’éclairage dans le cadre d’un projet KNX.
Patrick Poulouin, chef de produits, CATS
Partenaire de Mean Well depuis plus de 35 ans, CATS développe
des solutions d’éclairage visant à simplifier l’intégration en KNX,
notamment grâce à des drivers led nativement compatibles. Patrick
Poulouin, chef de produits chez CATS, revient sur la stratégie de
développement KNX de Mean Well et présente les nouveautés produits.
’’
Quelle est votre stratégie globale pour le développement
des solutions en KNX ?
Notre stratégie consiste à proposer des solutions novatrices
simplifiant l’intégration de l’éclairage dans le cadre d’un projet
KNX, et d’accompagner les intégrateurs dans la mise en
œuvre de leurs projets.
Comment se décline-t-elle sur le marché français ?
Comme toute solution novatrice, le pilotage direct en KNX
n’est pas la solution technique la plus connue. Nous disposons
d’un showroom en région parisienne et de mallettes de
démonstration, afin de présenter nos solutions aux intégrateurs
et leur permettre de découvrir nos produits.
Quelles nouveautés présentez-vous cette année ?
Lors du salon Light + Building 2026, Mean Well, qui
était présent sur l’espace KNX, a présenté la série XLC,
sa nouvelle génération de drivers led nativement KNX.
Disponible en 25 W, 40 W et 60 W, elle permet de piloter
directement en KNX des luminaires à courant constant de
300 mA à 1700 mA, configurables via ETS. Ces drivers led
sont compatibles avec l’ensemble des solutions d’éclairage,
y compris les éclairages de secours. Ils sont entièrement
paramétrables via ETS, et compatibles KNX Data Secure.
Ils permettent une variation minimale jusqu’à 0,5 % et ont
une consommation en veille de 0,5 W. De très nombreuses
fonctions sont configurables via ETS et, surtout, de très
nombreux paramètres peuvent être remontés au niveau
du contrôle, des systèmes de visualisation ou de la GTB.
Les statuts en temps réel du driver et le suivi des consommations
électriques simplifient la mise en application du
décret BACS.
© DR
‘‘
Chez ESYLUX, le développement des solutions KNX s’inscrit comme un
axe stratégique majeur pour répondre aux enjeux du Smart Building.
Alexandre Wallyn, directeur ESYLUX France
Acteur européen des solutions d’automatisation et d’éclairage intelligents,
ESYLUX est fortement implanté en Allemagne, où se concentrent ses
activités de R&D et de production, déployées à l’échelle européenne. À
la tête d’ESYLUX France, Alexandre Wallyn pilote le développement sur
le marché national, en s’appuyant notamment sur le standard KNX.
’’
Quelle est votre stratégie globale pour le développement
des solutions en KNX ?
Chez ESYLUX, le développement des solutions KNX s’inscrit
comme un axe stratégique majeur pour répondre aux
enjeux du Smart Building. En tant que standard ouvert et
normalisé, KNX permet d’interconnecter de manière transparente
des équipements issus de plus de 500 fabricants,
couvrant l’ensemble des usages du bâtiment. Cette approche
garantit des architectures interopérables, fiables et évolutives,
tout en assurant une intégration durable dans les écosystèmes
IT. À la clé, des infrastructures pérennes, capables
de s’adapter aux évolutions technologiques et aux exigences
croissantes de sécurisation des réseaux (KNX Secure) et de
convergence IT/OT dans les bâtiments connectés.
Comment se décline-t-elle sur le marché français ?
Depuis de nombreuses années, ESYLUX propose une gamme
complète de détecteurs KNX, basée sur nos séries phares, tels
que nos multicapteurs Atmo, et nos détecteurs de présence et
de mouvement Compact, Compact Mini, Flat et Basic. Toutes
nos gammes sont également disponibles en finition noire afin
de répondre aux exigences architecturales actuelles.
Quelles nouveautés en KNX présentez-vous en 2026 ?
En septembre prochain, nous lancerons deux nouvelles
séries certifiées KNX Secure : Flat et Compact Mini. Cette
nouvelle génération s’enrichit de fonctionnalités avec des
capteurs de température, de luminosité et de présence,
ainsi que des options avancées uniques comme le pilotage
indépendant de l’éclairage sur trois groupes autonomes.
Cette évolution répond aux besoins croissants de solutions
plus intelligentes, flexibles et sécurisées pour les bâtiments
connectés. Dans cette dynamique, l’ensemble de la gamme
KNX sera progressivement renouvelé à horizon 2027.
j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 25
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
ABB
ClimaECO, une solution KNX pour
l’automatisation des systèmes CVC
ABB lance ClimaECO, une solution complète d’automatisation des systèmes
CVC basée sur ABB i-bus® KNX. Elle regroupe, sur une architecture unifiée, le
chauffage, la ventilation, la climatisation, mais aussi l’éclairage, l’ombrage et la
gestion énergétique, via un réseau unique. Le pilotage centralisé et intelligent des
flux énergétiques, de la production à la consommation, permet d’atteindre jusqu’à
30 % d’économies d’énergie et jusqu’à 40 % de réduction des coûts d’investissement initiaux,
tout en assurant la conformité aux réglementations environnementales. La solution vise également une
baisse des coûts d’exploitation et de maintenance. Compatible avec BACnet et Modbus, ClimaECO s’adapte
aux bâtiments tertiaires (bureaux, hôtels, commerces), en neuf comme en rénovation. Son architecture
simplifie la planification, la mise en service via ETS et l’intégration des systèmes, tout en garantissant
interopérabilité et évolutivité.
© ABB
© Hager
Hager
domovea V3, une supervision domotique avancée
Hager domovea V3 est un système de supervision domotique
avancé, conçu pour optimiser la gestion des équipements
dans les bâtiments résidentiels et les petits bâtiments tertiaires.
Compatible avec le protocole KNX et désormais Matter Bridge,
elle permet de centraliser le pilotage de l’éclairage, du chauffage,
des ouvrants, de la sécurité, des bornes de recharge et bien plus
encore. Disponible en version « basic » ou « expert », domovea
V3 s’adapte à tous les projets de bâtiment connecté, en offrant
une interface intuitive accessible localement ou à distance
via smartphone, tablette ou ordinateur. Les deux versions de
la solution domovea V3, domovea basic et domovea expert,
permettent de répondre à la diversité des projets domotiques, du
logement connecté aux petits bâtiments tertiaires. Ce choix permet d’adapter précisément les
fonctionnalités aux besoins du client, tout en garantissant évolutivité et simplicité d’usage.
Jung
KNX multistation, actionneur multifonction
compact
Jung dévoile la KNX multistation, qui regroupe, dans un format de 4 modules
DIN, plusieurs fonctions d’automatisation avec des sorties combinant variation et
commutation pour piloter l’éclairage, les stores ou les vannes. Conçue pour rationaliser
les armoires électriques, elle permet de remplacer plusieurs actionneurs unitaires
par un seul équipement, réduisant ainsi le nombre de composants, le câblage et les
sources potentielles d’erreur. La configuration via ETS, associée à une commande
manuelle en local, facilite les phases de mise en service, de test et de maintenance.
Compatible avec KNX Secure, la solution intègre également les exigences croissantes
en matière de cybersécurité dans les systèmes d’automatisation du bâtiment. Déclinée
en deux versions, la KNX multistation s’adapte aux besoins des projets. Cette approche
intégrée et modulaire apporte flexibilité et optimisation des coûts pour les applications
tertiaires.
© Jung
26 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
MDT Technologies
Acturio AKR, un contrôleur universel KNX
compact et multifonction
MDT Technologies présente le contrôleur Acturio AKR, qui se positionne comme une
solution universelle pour les fonctions de commutation et de gestion des stores et volets
roulants. Compact et polyvalent, il peut être utilisé comme actionneur mixte, combinant
pilotage d’éclairage, de protections solaires et d’équipements techniques au sein d’un même
module. Doté d’entrées analogiques et numériques, il permet le raccordement de sondes de
température et de contacts libres de potentiel (boutons-poussoirs, interrupteurs, contacts
de fenêtre). Il intègre un thermostat d’ambiance avec consigne réglable, ainsi qu’un pilotage
du chauffage par PWM de 0 à 100 %. Des fonctions dédiées à la ventilation et aux ventiloconvecteurs
complètent ses capacités de gestion CVC. Compatible avec KNX Data Secure, l’Acturio AKR
répond aux exigences de cybersécurité et s’intègre dans les architectures KNX modernes.
© MDT Technologies
© Schneider Electric
Schneider Electric
Passerelle KNX DALI Broadcast,
au service de l’éclairage intelligent
Schneider Electric a développé la KNX DALI Broadcast Gateway, qui marque une avancée
majeure dans le pilotage de l’éclairage connecté. Conçue pour simplifier l’intégration et la
maintenance des équipements DALI, elle permet de gérer jusqu’à 32 dispositifs par canal,
sur 4 canaux indépendants, sans nécessiter de configuration DALI complexe. Grâce à
la communication en mode broadcast, la passerelle élimine le besoin d’adressage ou de
regroupement des appareils, pour une installation accélérée, une maintenance facilitée,
et un remplacement d’appareils défectueux sans reconfiguration. Compatible avec le
DALI Device Type 8, elle assure un pilotage fin de la couleur et de la température de
couleur. Elle intègre également la mesure de puissance et d’énergie (DALI Type 51), pour
un suivi énergétique précis. Certifiée KNX Secure, la passerelle garantit une protection
optimale contre les manipulations et les intrusions, assurant la fiabilité des installations
dans les environnements sensibles.
Siemens
KNX Line Coupler secure, un coupleur de lignes
sécurisé KNX
Siemens a développé le KNX Line Coupler Secure, permettant de connecter différents segments
de bus KNX ou lignes tout en garantissant un échange de données sécurisé et une isolation
galvanique entre les réseaux. Il assure ainsi un fonctionnement indépendant de chaque ligne
tout en maintenant la communication au sein de l’installation. Paramétrable via ETS 6, il peut
être utilisé comme coupleur de ligne, de zone ou de segment, en fonction de l’architecture
du système. Les télégrammes sont filtrés automatiquement via des tables générées lors de la
configuration, optimisant le trafic et la sécurité des échanges. Compatible avec une mise en
service sécurisée, le dispositif prend en charge les fonctions de secure proxy et les mises à jour
firmware via le bus KNX. Il s’intègre aux architectures KNX sécurisées et répond aux exigences
croissantes en cybersécurité des bâtiments connectés.
© Siemens
j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 27
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
Theben
HEMS EM100 : gestion intelligente
et centralisée de l’énergie
Theben présente le HEMS EM100 (Home Energy Management System), une solution
de gestion énergétique permettant d’optimiser automatiquement les flux d’énergie
dans les bâtiments résidentiels et tertiaires. Il coordonne production photovoltaïque,
stockage, pompes à chaleur et bornes de recharge au sein d’un système global. Le
système analyse en temps réel la consommation et la production d’électricité afin
d’ajuster dynamiquement les usages selon la disponibilité de l’énergie, le coût et les
priorités définies par l’utilisateur. Il permet ainsi d’éviter l’injection non optimisée
du surplus photovoltaïque, de limiter les recharges aux heures les plus coûteuses et
d’adapter le fonctionnement des équipements aux contraintes du réseau. Compatible
avec les tarifs dynamiques et les signaux réseau, le HEMS EM100 assure un pilotage automatisé
des charges et une meilleure utilisation de l’énergie disponible.
© Theben
© Zennio
Zennio
Presentia C Multisensor,
un détecteur de présence KNX
Zennio présente le détecteur de présence KNX Presentia C
Multisensor, avec capteur de luminosité pour installation en
plafond, avec une aire de détection de 360° et jusqu’à 30 mètres
de diamètre. Il dispose de multiples canaux configurables pour
la variation constante d’éclairage, le contrôle de l’éclairage en
fonction d’un seuil de luminosité ou la détection de présence.
Chaque capteur permet un réglage indépendant de la sensibilité
et de la calibration de la luminosité sur le plan de travail.
La configuration maître/esclave permet d’utiliser plusieurs
détecteurs pour de grands espaces. Il inclut une sonde de température et un module de
thermostat, un capteur d’humidité et un capteur de CO 2
avec un module de contrôle, ce qui
permet d’optimiser la qualité de l’air. Possibilité d’installation encastrée ou en saillie (accessoire
inclus). Compatible avec KNX Secure, il est également disponible en blanc et anthracite.
CATS
XLC-KN, des drivers led à courant
constant avec KNX Data Secure
Mean Well enrichit son offre KNX avec la série XLC-25/40/60KN, des
alimentations led à courant constant, intégrant nativement le protocole
KNX avec fonction Data Secure. Disponibles en 25, 40 et 60 W, ces
drivers AC/DC couvrent une plage d’entrée de 100 à 305 VAC et proposent
un courant de sortie réglable de 350 à 1 700 mA selon les modèles. Ils
assurent un pilotage numérique précis de l’éclairage et une intégration
directe dans les systèmes KNX. Avec un rendement atteignant 90 %,
ils fonctionnent en convection naturelle sur une plage de température
de - 25 °C à + 85 °C (jusqu’à 90 °C selon les versions). La série intègre des fonctions
avancées : variation par bouton-poussoir, gestion de groupes et de scènes, suivi du
temps de fonctionnement, maintien de l’éclairement constant, programmation horaire,
ou encore détection thermique.
© Mean Well
28 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
ÉVÉNEMENT
Light + Building 2026
Esylux
Compact Mini, des détecteurs de présence
ultracompacts et polyvalents
Esylux propose avec la gamme Compact Mini des détecteurs de présence et de
mouvement pour l’automatisation de l’éclairage et des équipements techniques dans les
bâtiments. Destinés à une installation en plafond, ces capteurs infrarouges 360° assurent
la commutation ou la régulation de l’éclairage en fonction de la présence et de la lumière
naturelle, avec des portées jusqu’à 12 m de diamètre selon les modèles. Leur format
ultracompact (diamètre d’encastrement à partir de 25 mm) facilite l’intégration dans tous
types d’environnements. La gamme couvre plusieurs technologies (230 V, 1-10 V, DALI, KNX)
et permet également le pilotage CVC. Conçus pour les applications tertiaires, ces détecteurs
offrent une mise en œuvre simplifiée, une flexibilité de paramétrage et une optimisation des
consommations énergétiques.
© Esylux
© Airzone
Airzone
Aidoo KNX Détente directe : la base de données
enrichie
Airzone a étendu la base de données Aidoo KNX à 427 objets de communication, élargissant
ainsi ses fonctionnalités. Cette mise à jour simplifie également le processus de paramétrage
et la manipulation des données. Parmi les nouveautés de cette mise à jour, l'ajout de la
surveillance de l'état des sondes de température intérieure et extérieure, ainsi que le suivi
du compresseur. Pour une meilleure accessibilité, la base de données KNX
est désormais disponible en 6 langues : anglais, espagnol, français, italien,
portugais et allemand. Aidoo KNX assure l'alimentation directe depuis le bus
KNX, pour une programmation depuis le bureau sans besoin d'unité intérieure
ou de sources d'alimentation supplémentaires. Pour répondre aux besoins
spécifiques, l'Aidoo KNX peut exécuter des fonctions spéciales telles que
l'économie d'énergie, la purification, ou encore le mode turbo.
Thermokon
Thanos EVO KNX Casambi : supervision
et pilotage des pièces
Les contrôleurs d’ambiance Thermokon permettent de superviser et piloter
tous les éléments importants dans une pièce. En plus de mesurer les principaux
paramètres nécessaires, ils transmettent les commandes des utilisateurs du
bâtiment à la GTB, notamment en KNX. Devenant ainsi le cœur du Smart
Building ou de l’automatisation complète des bâtiments. Ces produits tactiles
design et élégants mesurent jusqu’à 4 paramètres au choix : température,
humidité, CO 2
et COV. Ils permettent également de piloter par la GTB KNX
(ou autre bus filaire), le chauffage, la climatisation, la ventilation, ou les
volets roulants. Sa connectivité Casambi (Bluetooth Mesh) permet de piloter toutes les leds du
bâtiment en RGB et en intensité, à partir d’un seul point central ou via une application.
© Thermokon
j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 29
ANALYSE
© DR
Revamping des datacenters :
passer du remplacement à
la modernisation
Par Clément Barthelmebs, Datacenter Segment Manager chez Socomec
Face aux défis énergétiques, le « revamping » (la
rénovation des infrastructures existantes) doit être
envisagé comme une opportunité de modernisation.
Chaque remplacement d’équipement en fin de vie
est donc un levier pour rendre ces installations
plus performantes et plus efficientes. Dans cette
perspective, l’accroche « faire du revamping un levier
de modernisation » souligne la nécessité de transformer une simple mise à
niveau technique en une démarche globale d’amélioration, combinant baisse
des coûts d’exploitation, continuité de service et performance énergétique.
Les ASI – alimentations sans
interruption, ou onduleurs
– nouvelle génération dites
« modulaires » illustrent parfaitement
cette approche, en faisant du remplacement
d’un vieil onduleur une véritable
action de modernisation du datacenter.
La modularité au cœur
de la modernisation
Ces dispositifs offrent une architecture
évolutive grande puissance, simplement
par l’ajout de modules remplaçables
à chaud et la mise en parallèle d’unités.
Une telle modularité garantit une
flexibilité d’intégration exceptionnelle :
l’ASI s’adapte à l’existant sans modification
lourde des tableaux électriques. En
rénovation, où conserver la distribution
d’origine (disjoncteurs, câbles, jeux de
barres) est souvent un impératif, cette
souplesse évite des travaux coûteux et
des interruptions de service prolongées.
Au-delà de l’intégration, le revamping
technologique optimise les performances
énergétiques. En effet, les
onduleurs de dernière génération tirent
parti des semi-conducteurs au carbure
de silicium (SiC) pour atteindre un rendement
en ligne (double conversion)
d’environ 97,5 %, surpassant ainsi largement
les équipements précédents.
En mode Smart Conversion, l’efficacité
dépasse même 99 %. Parmi les bénéfices
observés, une réduction considérable
de la consommation d’énergie, des
besoins en refroidissement et des émissions
de CO 2
.
De plus, ces performances rendent les
nouvelles ASI éligibles aux certificats
d’économies d’énergie (CEE), étendus
aux onduleurs haut rendement. De quoi
encourager les gestionnaires de centres
de données à accélérer la modernisation
tout en réduisant le coût global du
projet.
Durabilité et simplification
de la maintenance
Au sein d’une démarche de modernisation,
la fiabilité à long terme doit également
rentrer en ligne de compte. À ce
titre, l’approche modulaire intègre une
redondance inhérente pour une disponibilité
maximale. Chaque module, conçu
pour une fiabilité extrême, se remplace
en quelques minutes sans arrêter l’onduleur.
L’absence de composant critique non
duplicable élimine les points de défaillance
uniques. Le résultat ? Un cycle de
maintenance allégé et des interventions
sans risque pour la continuité de service.
Cette modernisation s’inscrit par ailleurs
dans une philosophie de pérennité. Le
datacenter peut intégrer à tout moment
des modules de nouvelle génération sans
besoin de changer l’architecture globale. Il
maîtrise de ce fait la fin de vie de son équipement
en maintenant son ASI à niveau
par simples échanges de modules. Les
durabilités économique et technique du
site se voient alors renforcées.
Enfin, la démarche durable s’applique
également à la fabrication : une production
locale ou régionale contribue à
réduire l’empreinte carbone du transport,
un aspect qui – comme les autres étapes
du cycle de vie – est documenté et évalué
au travers des PEP ecopassport®.
Moderniser plutôt que simplement
remplacer
Introduire un onduleur modulaire de
dernière génération lors d’un revamping
transforme un datacenter existant en une
installation efficace, évolutive et durable.
Plutôt que de « changer à l’identique », on
dote le site d’une infrastructure capable
de suivre l’évolution des besoins jusqu’à
de très hautes puissances, tout en réduisant
les coûts énergétiques et d’entretien.
Ce virage vers la modernisation, soutenu
par des incitations publiques et le progrès
technologique, offre un avantage concurrentiel
décisif aux acteurs du numérique,
avec le maintien d’un service optimal, une
maîtrise des dépenses d’exploitation et
une réponse crédible aux objectifs environnementaux.
30 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
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LES DOSSIERS
DU MOIS
42
IRVE
Le déploiement
des bornes ouvertes
au public dopé
par l’augmentation
des puissances
33
SMART
HÔPITAL
54
INDUSTRIE
Les moteurs électriques
et variateurs de vitesse
au service de la
performance énergétique
© DR
© ABB
© Driveco
32 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Concilier excellence
médicale et efficacité
énergétique
Les hôpitaux et cliniques doivent allier conditions de confort, sécurité,
et maîtrise énergétique, des enjeux clés pour des bâtiments souvent très
énergivores. Les systèmes CVC (chauffage, ventilation, climatisation) sont
au cœur de cet équilibre : ils garantissent une qualité de l’air (QAI) optimale
et un confort thermique, tout en limitant les risques infectieux. Grâce à
des équipements performants et bien pilotés, il est possible de réduire la
consommation d’énergie sans nuire aux soins. Tour d'horizon des solutions
techniques permettant de conjuguer efficience énergétique et confort des
patients, tant sur le volet de l’efficacité hydraulique que de la maîtrise QAI.
Le froid alimentaire,
premier poste énergétique
« La norme NF S90-351, texte de référence en hygiène
hospitalière (risque contamination aéroportée), définit
les exigences et les moyens à mettre en œuvre selon
le niveau de risque infectieux de chaque zone », introduit
Pierre Poinsot, directeur de la prescription au
sein de France Air, leader de la ventilation dans les
locaux à risque. La norme classe ainsi les espaces en
4 catégories :
Zone 4 : très haut risque
Zone 3 : haut risque
Zone 2 : risque moyen
Zone 1 : risque nul
La norme ISO 14698 définit, quant à elle, les principes
fondamentaux pour contrôler la biocontamination
et détaille les méthodes de suivi des zones
à haut risque. Dans les zones moins sensibles, son
application reste surtout indicative.
La QAI, enjeu global du secteur de la santé
« Dans le secteur médical, la qualité de l’air est cruciale,
notamment pour limiter la propagation des
virus, bactéries et microbes. Mais il n’y a pas que
les polluants biologiques qui présentent un intérêt
sanitaire, d’autres polluants comme les particules ou
les polluants sont aussi présents dans les hôpitaux
et peuvent aggraver l’état des patients fragiles (personnes
immunodéprimées, femmes enceintes, jeunes
enfants) », explique Claire-Sophie Coeudevez,
directrice de Medieco Conseil & Formation.
Medieco agit donc notamment pour protéger les
Smart Hôpital
publics vulnérables en combinant sensibilisation et
expertise technique :
• Formations et outils pédagogiques (par exemple :
escape game sur les perturbateurs endocriniens,
ateliers sur les textiles).
• Audits complets des produits utilisés dans les bâtiments
(matériaux de construction, produits d’entretien,
équipements médicaux, etc.), en analysant
notamment leurs fiches de données de sécurité
(FDS) pour identifier des substances dangereuses
(par exemple : bisphénol dans un vernis de résine
de sol).
Claire-Sophie Coeudevez ajoute que Medieco réalise
aussi des campagnes de mesure (de 24 heures à
plusieurs mois) pour :
• Analyser les pics de pollution et leur impact,
• évaluer l’efficacité des systèmes de ventilation et
filtration.
Ces mesures comparent les niveaux de polluants à
l’extérieur et à l’intérieur des bâtiments, afin d’optimiser
la qualité de l’air.
Les mesures en intérieur portent souvent sur les
COV (composés organiques volatils), classés en très
volatils, classiques et semi-volatils – ces derniers
étant les plus difficiles à analyser. Globalement, les
études montrent que les émissions liées aux produits
de construction ont diminué depuis quelques
années.
Pour le Medipôle Lyon Villeurbanne, Medieco a
réalisé un audit complet des expositions environnementales
dans les services de néonatologie. « Les
1 000 premiers jours de vie sont en effet critiques : les
...
Pierre Poinsot,
directeur de la
prescription, France Air.
Claire-Sophie
Coeudevez, directrice
de Medieco Conseil &
Formation.
© France Air
© Medieco
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Medieco
© Medieco
Exemple de
campagne de mesures
(ext/int) sur PM 2,5
.
Appareils de mesures
pour les polluants de
l’air intérieur.
...
34 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hôpital
perturbateurs endocriniens – même à faible dose –
peuvent bloquer l’action des hormones naturelles et
avoir des effets durables. Les maternités sont donc
une priorité, tant pour protéger les nouveau-nés
que pour sensibiliser les parents après la naissance »,
ajoute l’experte de Medieco.
Les polluants mesurés incluent notamment :
• des composés organiques volatils (benzène,
toluène, xylènes, éthylbenzène, styrène, limonène,
etc.) ;
• le bisphénol A ;
• le formaldéhyde et l’acétaldéhyde ;
• 12 phtalates couramment retrouvés dans les environnements
intérieurs.
Ces mesures et analyses permettent d’identifier les
sources possibles de pollution et de mesurer l’impact
des changements dans les services hospitaliers.
Par exemple, les contenants plastiques souples
ont été remplacés au maximum par du verre pour
réduire les phtalates.
La démarche de l’hôpital repose sur une collaboration
entre tous les services : soins (cadres, équipes
© Zehnder
soignantes, pédiatres), pharmacie, biomédical,
logistique, nettoyage, maintenance, recherche et
direction.
« Les interventions de Medieco visent d’abord à déterminer
les sources de pollution, les mesurer et tenter
de les limiter ; viennent ensuite les actions de remédiations
avec notamment un travail sur le renouvellement
d’air pour garantir de bons volumes et une
filtration adaptée. Les systèmes d’épuration ne sont
qu’à étudier en second lieu, si aucune des actions
précédentes n’a fonctionné », conclut Claire-Sophie
Coeudevez.
Ventilation double flux et récupération
d’énergie
Dans les bâtiments médico-sociaux et de soins de
proximité – cabinets médicaux, maisons de santé,
centres de consultations et soins, Ehpad –, la qualité
de l’air intérieur constitue aussi un enjeu sanitaire
et énergétique majeur. Ces locaux accueillent des
personnes vulnérables (patients fragiles, personnes
âgées) ainsi que du personnel exposé en continu. Ils
nécessitent donc un renouvellement d’air permanent
et maîtrisé, une filtration efficace des polluants
et particules, et une stabilité du confort thermique,
sans surconsommation énergétique.
Nous avons interrogé le fabricant Zehnder – l’un
des leaders de la ventilation et de la qualité de
l’air intérieur – qui conseille, pour répondre à ces
besoins, des systèmes de ventilation double flux
avec récupération de chaleur. Plus performants que
la ventilation simple flux, ces systèmes apportent
de l’air neuf filtré, évacuent l’air vicié et limitent les
pertes d’énergie, tout en se conformant aux normes
en vigueur.
Pour Zehnder, les centrales de traitement d’air
(CTA) double flux à échangeur à plaques assurant
CTA double flux Silvertop – débit jusqu’à 5 200 m³/h.
une séparation stricte entre l’air neuf et l’air extrait,
sans mélange ni transfert de polluants, sont souvent
la réponse à privilégier. Les échangeurs à plaques
permettent une récupération de chaleur à très haut
rendement, pouvant atteindre jusqu’à 90 %, ce qui
limite fortement les besoins en chauffage et en
refroidissement.
Ces principes contribuent à maintenir une qualité
de l’air intérieur stable, un confort thermique
homogène et une réduction significative des
consommations énergétiques.
Côté filtration mécanique, les systèmes double flux,
comme ceux de la gamme Zehnder, intègrent une
filtration mécanique performante, positionnée sur
l’air neuf et, selon la configuration, sur l’air extrait.
La filtration fonctionne en continu, indépendamment
de l’occupation des locaux, et il est possible de
mettre en œuvre une double filtration sur l’air neuf,
par exemple M5 + F7 ou F7 + F9, afin de réduire
efficacement les particules fines, poussières, pollens
et polluants atmosphériques. Cette filtration contribue
à la protection des occupants et à la durabilité
des équipements, tout en venant en complément
du renouvellement d’air. Mais elle ne se substitue
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hôpital
pas à des dispositifs de désinfection active de l’air.
À noter que les centrales de traitement de l’air
Zehnder sont pilotables et régulables, et peuvent
être intégrées aux systèmes de gestion technique
du bâtiment (GTB/GTC) existants. Cette connec-
...
CTA double flux
Flatpower pour
installation en plafond.
© Zehnder
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© France Air
© Wilo France
Plafond Cassiopée avec Filtres THE (H14) couvrant la surface
diffusante totale.
Benjamin Jouanny,
Business Developper
pour Wilo France.
...
36 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hôpital
tivité permet une exploitation optimisée, une maintenance
préventive et une continuité de service
accrue, particulièrement importantes en milieu de
soins.
Des solutions de renouvellement et de
filtration adaptées à chaque niveau de risque
Pour les blocs opératoires, des solutions sur mesure
– en neuf comme en rénovation – sont proposées.
« Conçues et fabriquées en France, modulaires et
adaptables à toutes les configurations, elles reposent
sur un flux d’air unidirectionnel : de l’air filtré et stérilisé
est soufflé depuis un plafond filtrant vers le bas de
la salle, à un débit contrôlé, pour garantir une hygiène
optimale », introduit Pierre Poinsot, de France Air.
L’aide à la conception est importante pour aider
à choisir les bonnes solutions, notamment sur les
projets de rénovation. « Par exemple, au CHU de
Caen, la commande initiale prévoyait des plafonds
filtrants unidirectionnels Biovax, mais très vite, dès
la conception du projet, le constat a été fait que les
réservations pour les gaines ne permettaient pas de
fournir le débit suffisant. La solution de plafond filtrant
baptisée Cassiopée avec intégration du recyclage
d’air – jusqu’à 90 % de l’air soufflé – a permis à la
fois de diminuer l’emprise du local technique avec un
dimensionnement moindre des centrales, avec 5 centrales
de 7 000 m 3 /h en lieu et place des 6 centrales
de 9 000 m 3 /h initialement prévues, et de respecter les
contraintes de réservation. »
Le plafond Cassiopée assure le débit d’air total
nécessaire en salle d’opération en combinant un
faible débit d’air neuf et de l’air recyclé filtré. « Cette
solution permet d’atteindre les exigences de propreté
particulaire et bactériologique fixées par la norme
NF S 90-351 pour les zones à haut risque 3 et 4 »,
complète l’expert de France Air. La minimisation
de l’impact énergétique est réalisée par l’usage de
moteurs EC à faible consommation énergétique,
Système BVX 3 en mural en espace ophtalmologie.
couplé à un réseau de recyclage à très faibles pertes
de charge et un fort taux de recyclage possible avec
une modulation des débits jour/nuit en période
d’inoccupation du bloc.
« Pour les zones à risque infectieux 2 ou 3 définis
dans la norme NF S90-351, il est possible de mettre
en place le module CompaClean® diffusant monobloc
non unidirectionnel cette fois, et conçu, donc,
pour les chambres à risques infectieux, les couloirs,
les stérilisations, les SSPI (salles de réveil). Il équipe
aujourd’hui plus de 2 500 salles type 2 et 3 en France »,
ajoute Pierre Poinsot.
Enfin, France Air propose également des solutions
techniques pour les autres espaces comme des halls
ou espaces d’accueil, mais aussi des systèmes avec
récupération d’énergie pour les cuisines professionnelles,
et couvre ainsi la totalité des besoins d’un site
hospitalier. Pierre Poinsot ajoute qu’il est possible
par la GTB ou en accès direct de suivre les consommations
des motoventilateurs et, d’ici à la fin de
l’année, il sera possible de suivre la QAI en temps
réel dans le bloc opératoire.
Soigner mieux en consommant moins
Décrets tertiaire et BACS obligent, l’efficacité énergétique
est au cœur des sujets, notamment pour les
établissements de santé existants. Mais le confort,
l’hygiène et le soin des patients sont aussi des priorités
qui nécessitent une attention accrue et continue,
tant sur les conditions de températures de chauffage,
climatisation et ECS, que de renouvellement
et de qualité de l’air.
« Dans un Smart Hôpital, la maîtrise des coûts énergétiques
est cruciale, car les besoins sont permanents
(24 h/24). Pourtant, il est impossible de réduire les
dépenses en baissant les températures : les chambres
doivent rester chaudes pour le confort des patients,
et les blocs opératoires et laboratoires doivent rester
frais pour des raisons techniques et sanitaires. Ces
© France Air
...
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. . . . . . . .
© Wilo France
38 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hôpital
Centre hospitalier de Béziers, une rénovation complète
de chaufferie pour optimiser l’énergie sans compromettre
la continuité des soins
Le centre hospitalier de Béziers. Pompe de la gamme Stratos à
débit variable et communicante.
« L’ancienne chaufferie était
équipée de trois pompes dont le
dimensionnement ne correspondait
plus aux besoins, fonctionnant à
pleine puissance toute l’année. En
période de faible besoin, l’excédent
de fluide était redirigé vers un
by-pass par sous-stations, ce qui
entraînait une surconsommation
inutile », explique Benjamin Jouanny,
de Wilo France.
L’objectif conjoint du bureau
d’études thermiques Delta, de
l’intégrateur Hervé Thermique et de
Wilo était donc de mettre en place
une installation plus flexible avec
une adaptation à la demande réelle,
hautement performante pour les
exigences sanitaires, et fiable avec
un fonctionnement continu sans
interruption.
« La nouvelle chaufferie avec
chaudières et pompes en cascade
permet dorénavant de produire
utile et juste, sans risque de panne.
Les pompes de distribution Wilo
en débit variable distribuent
uniquement l’énergie nécessaire
aux besoins. La chaufferie s’adapte
donc aussi bien à un pic de
consommation du centre hospitalier
qu’aux périodes où les besoins en
énergie sont moindres », ajoute
l’expert de Wilo.
« Grâce à ses 4 pompes en
cascade, la chaufferie de
l’hôpital a drastiquement réduit
sa consommation annuelle. La
quatrième pompe en réserve permet
« La nouvelle
chaufferie de
l’hôpital, avec
chaudières et
pompes en cascade,
permet dorénavant
de produire utile
et juste, sans risque
de panne. »
la continuité de service si l’une
des pompes tombe en panne. Une
sécurité qui assure pleinement
la continuité des soins », souligne
Benjamin Jouanny. Les équipements
Wilo sont communicants et
permettent d’obtenir facilement
n’importe quelle donnée de
fonctionnement et d’agir en
conséquence pour une efficience
énergétique dans la durée.
En résultat, sur un an, une
consommation divisée par 3
au niveau de la consommation
électrique des pompes, mais
aussi 45 % d’économies sur le
gaz lors de la saison estivale.
Grâce au débit variable, l’hôpital
ne consomme que le gaz dont
il a vraiment besoin – et en été
les besoins sont beaucoup plus
faibles –, et cela permet de réaliser
des économies significatives. Enfin,
en pleine saison de chauffe, de 5 à
15 % d’économies s’ajoutent sur la
consommation de gaz. À la clé, des
économies de près de 87 000 kWh
en électricité et 708 000 kWh de gaz
(-25 %).
« En outre, l’accompagnement dans
la prise en main de l’installation
a été essentiel pour tirer le plein
bénéfice des équipements. Même
avec des produits haut de gamme,
il ne faut jamais oublier que la
performance de ces derniers sur le
temps long sera toujours tributaire
d’un bon entretien. Grâce à ce travail
de terrain, les exploitants savent
aujourd’hui au sein de l’hôpital faire
évoluer les réglages des pompes et
optimiser leur durée de vie », conclut
Benjamin Jouanny, de Wilo France.
© Wilo France
...
contraintes rendent la gestion énergétique particulièrement
complexe », souligne Benjamin Jouanny,
Business Developper pour Wilo France et notamment
pour le secteur hospitalier.
« Bien sûr, rénover une chaufferie complète tout en
changeant d’énergie ou en les mixant, ou encore réaliser
une isolation thermique par l’extérieur (ITE) est
toujours possible, mais les budgets sont le plus souvent
conséquents. Les leviers faciles à actionner, permettant
cependant des gains significatifs par simple
remplacement d’équipements, trouvent donc un écho
très favorable », poursuit l’expert de Wilo.
Les pompes sont déterminantes pour le
confort et l’efficacité énergétique
« En France, près d’un million de pompes devraient
être remplacées pour contribuer à respecter le décret
tertiaire. Or, beaucoup sont mal dimensionnées ou
tournent en continu et à débit fixe, ce qui génère des
dépenses énergétiques élevées et évitables », décrit
Benjamin Jouanny, de Wilo. Rénover une chaufferie,
bien que souvent perçu comme un acte coûteux
et peu prioritaire, peut en réalité se révéler rentable
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hôpital
et stratégique. Ainsi, l’investissement dans des
pompes de distribution haut rendement se justifie
pleinement : leur efficacité énergétique permet
des économies substantielles, souvent proches de
70 % par rapport à une pompe ancienne, assurant
un retour sur investissement rapide ainsi qu’une
réduction de l’empreinte carbone de l’installation.
La condition préalable est cependant de réaliser une
évaluation précise des besoins techniques (consommation
réelle, contraintes budgétaires), pour
dimensionner la solution de manière optimale.
« Le passage du débit constant au débit variable permet
de réduire le débit au niveau ad hoc et, donc, de
...
© France Air
CompaClean ®
diffusant installable
en faux plafond.
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© DR
AVIS D'EXPERT
Purificateur, une solution
plug and play qui complète
les infrastructures
existantes ?
« Les systèmes d’épuration
apportent un traitement
localisé intensif des risques
infectieux aéroportés
(virus, bactéries, particules
fines), sans modification
lourde des infrastructures
CVC. Ils permettent ainsi
d’obtenir et de maintenir
une QAI optimale sans
avoir à surdimensionner le
renouvellement d’air neuf,
particulièrement coûteux
à chauffer ou refroidir. »
Cela constitue ainsi un
complément intéressant
et qualitatif aux systèmes
existants, notamment en
cas de débits insuffisants ou
encore limités par des
contraintes techniques.
La solution PRISM baptisée
Eolis Air Manager utilisée
pour les zones à haut risque
– oncologie, néonatologie,
blocs opératoires – est
entièrement communicante
avec un monitoring en temps
réel et une analyse constante
(PM2,5, COV, CO 2
) avec
ajustement automatique
des débits (Mode Smart).
Ce système intelligent
garantit une maîtrise totale
de la contamination, et
une supervision à distance
de l’ensemble du parc est
également possible via
une plateforme dédiée,
permettant aux équipes
techniques un suivi précis
par service. En termes de
maintenance prédictive, le
40 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hôpital
Les purificateurs, une solution agile
et complémentaire aux infrastructures
existantes
Jérémy Pellissier, responsable marketing et communication
chez PRISM
« PRISM est un acteur français engagé pour la santé et la souveraineté industrielle, qui
se distingue par une offre globale en hygiène environnementale : masques chirurgicaux
et FFP2, systèmes de nettoyage-désinfection vapeur haute pression, et solutions de
purification d’air. Grâce à cette expertise intégrée et globale, l’entreprise apporte des
réponses concrètes aux enjeux des établissements de santé, en réduisant les risques
infectieux, en maîtrisant les contaminations et en garantissant un environnement sûr »,
introduit Jérémy Pellissier.
© PRISM
Épurateurs pour établissements de santé et Ehpad.
système effectue un calcul
de l’usure réelle des filtres
selon la pollution traitée,
optimisant ainsi les coûts
d’exploitation.
Pour les zones de
flux – salles d’attente ou
de repos, accueils, bureaux
administratifs… –, il est
également possible de
mettre en place une solution
de purification polyvalente
baptisée « Air Protect »
garantissant un air sain pour
le personnel et les usagers.
Sur quels principes
techniques reposent
la désinfection de vos
purificateurs ?
Les technologies
utilisables reposent sur une
combinaison de filtration
médicale et de traitement
actif :
• Filtration HEPA (H13/
H14) : capture 99,97 % des
particules jusqu’à 0,1 µm.
• Charbons actifs haute
densité : adsorption
des COV (composés
organiques volatils) et des
odeurs chimiques.
• Traitement biocide
(selon modèles) :
utilisation de lampes
UV-C, de photocatalyse
ou de plasma pour la
neutralisation des agents
pathogènes sans rejet
de produits chimiques ni
d’ozone.
La technologie au
charbon actif, notamment,
répond à de nombreuses
problématiques rencontrées
dans les établissements
de santé et, selon la nature
des zones, leur surface et
les besoins de filtration,
l’épurateur choisi sera
équipé de différents étages
de filtration.
Des dispositifs qui
s’inscrivent dans une
démarche de conformité
stricte, notamment vis-à-vis
de la norme NF S 90-351
pour la maîtrise de la
contamination aéroportée
en zones à environnement
maîtrisé et ISO 14644-3 pour
la qualification des salles
propres.
Les épurateurs, et
notamment ceux à filtrage
moléculaire, conviennent
parfaitement à un usage
hospitalier, mais ils sont
aussi bien adaptés pour
les zones de préparation,
les cabinets médicaux et
dentaires, les salles d’attente
et de repos, les unités de
psychiatrie, les chambres de
patient ou d’Ehpad… Avec
pour bénéfice un confort
accru aux usagers, tant
résidents que familles, en
toute discrétion et simplicité
d’usage.
Chambre d’Ehpad avec purificateur en pose murale Hygéolis.
© PRISM
...
diminuer les consommations associées aux circulateurs
tout en garantissant un niveau de confort optimal.
Les pertes en ligne sont diminuées et les économies
sont conséquentes – notamment pendant la
saison estivale, car l’été, l’hôpital utilise l’eau chaude
pour produire essentiellement de l’eau chaude sanitaire
et de la déshumidification pour les centrales de
ses blocs opératoires », détaille l’expert de Wilo.
« Avec des pompes de la gamme Wilo-Stratos, il
est possible de remplacer une pompe de 45 kW par
quatre pompes de 7,5 kW fonctionnant en cascade.
Résultat : une réduction significative de la consommation
énergétique, car la pleine puissance n’est
nécessaire le plus souvent que 8 à 10 % du temps.
Grâce à leur intelligence, ces pompes communiquent
avec la supervision ou un automate, mais aussi
entre elles (par exemple, entre la pompe du circuit
primaire et celles du secondaire) pour ajuster les
débits de manière optimale et éviter les gaspillages »,
précise l’expert de Wilo.
« Avec la solution numérique de surveillance à
distance Wilo-Monitor, il est possible de suivre les
installations partout et à tout moment, ce qui permet
d’améliorer ainsi durablement la sécurité et la
rentabilité des pompes. Un concept qui se révèle très
utile en environnement de surveillance de multiples
installations, et qui est utilisable aussi bien pour les
systèmes de pompes de CVC ou de surpression que
pour les stations de relevage ou encore les systèmes
incendie », poursuit l’expert de Wilo. En cas de
problème ou d’alerte, une notification est envoyée
immédiatement. Pour les blocs opératoires, c’est
LES DOSSIERS DU MOIS
Smart Hôpital
essentiel : tous les paramètres importants (temps
de fonctionnement, consommation d’énergie,
cycles de marche/arrêt, état des pompes) sont
visibles en temps réel, ce qui permet de garantir
la fiabilité du système à tout moment. Les données
peuvent aussi être transmises à la GTB du site hospitalier
par des protocoles standard comme Modbus
ou BACnet.
Jean-François Moreau
© Wilo
Pompe de la gamme
Stratos à débit variable
et communicante.
© Wilo
Le principe de remontée
d’informations de Wilo-
Monitor.
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
42 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
Le déploiement des bornes
ouvertes au public
dopé par l’augmentation
des puissances
Le déploiement des IRVE ouvertes au public se poursuit en France à un
rythme élevé, avec une augmentation de la puissance d’une partie de
ces bornes pour une recharge rapide. Ces paramètres nécessitent une
adaptation des solutions d’alimentation électrique passant par l’utilisation
des énergies renouvelables, le stockage et des logiciels de gestion de ces
charges pour mieux utiliser les puissances d’alimentation disponibles.
Les installations de
bornes de recharge se
développent sur les
parkings des centres
commerciaux.
Les données de l’AVERE-France au
31 décembre 2025, établies de façon
indépendante par Gireve, plateforme
d’interopérabilité pour la mobilité électrique
pour le compte du ministère de la Transition écologique
et de l’AVERE-France, indiquent que plus
de 185 00 points de charge sont mis à la disposition
du public en France.
Cette progression de plus de 30 800 points
de charge en 2025 ne se ralentit pas (+ 20 %
sur 12 mois). Après l’équipement de toutes
les aires de services des autoroutes concédées,
ce déploiement se poursuit dans les
zones commerciales et hôtels qui représentent
46 % du nombre de bornes à disposition des
© Driveco
clients et usagers de véhicules électriques.
L’installation de bornes de recharge rapide ou
ultrarapide DC de puissance supérieure à 50 kW
se développe et représente aujourd’hui près de
25 % du parc, dont plus de 4200 bornes d’une
puissance supérieure à 350 kW. Une tendance
qui devrait encore croître avec la mise à disposition
sur le marché de bornes de puissance supérieure
à 700 kW et l’amorce du développement
des poids lourds électriques qui vont nécessiter
de telles puissances.
Développement des solutions combinant
IRVE, production photovoltaïque et stockage
d’électricité
Les secteurs résidentiel, commercial et industriel
adoptent de plus en plus des solutions combinées
associant production photovoltaïque,
stockage d’énergie et bornes de recharge pour
véhicules électriques (IRVE). Cette convergence
répond à des enjeux communs : réduction des
coûts énergétiques, autonomie accrue et valorisation
de l’énergie solaire.
Les bornes sur les parkings commerciaux permettent
de fidéliser des clients.
© SolarEdge
Comme l’explique Arnold Bourges, directeur de
SolarEdge France, « dans les secteurs tertiaire et
industriel, ces systèmes permettent de répondre
aux obligations réglementaires, de gérer les pics
de consommation liés à la recharge des flottes ou
des visiteurs, et d’optimiser l’usage de l’énergie
produite sur site. Le pilotage intelligent des flux
énergétiques devient un levier stratégique pour
améliorer la performance globale des bâtiments
et réduire leur empreinte carbone. Parkings d’entreprise,
immeubles tertiaires, sites logistiques
ou centres commerciaux cherchent à réduire
leurs coûts énergétiques, optimiser l’autoconsommation
et répondre aux obligations réglementaires
liées à la mobilité électrique. Ces solutions
permettent également de soulager le réseau,
de valoriser l’énergie solaire en temps réel et
de garantir une recharge intelligente des véhicules
électriques, même en cas de forte demande ».
LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
Socomec a équipé son usine de Benfeld (67) de panneaux photovoltaïque et de
bornes de recharge Hager.
Émergence du concept de « prosumer »
pour les installations de recharge connectées
à des installations photovoltaïques
La transition énergétique vers des productions
d’énergies renouvelables produites localement
(panneaux photovoltaïques, ombrières
ou éoliennes) favorise l’émergence du concept
« prosumer », un acteur capable de produire et
consommer simultanément de l’électricité. Ce
modèle s’appuie sur des solutions combinant
photovoltaïque, stockage et pilotage intelligent,
particulièrement adaptées aux bâtiments commerciaux,
tertiaires et industriels.
Pour illustrer cette approche, Socomec a déployé • Triplement de la puissance disponible pour la
sur son site de Benfeld (Alsace), en partenariat recharge par rapport au réseau : ceci est possible
avec SOVEC pour le photovoltaïque et l’installation
et Hager pour les bornes de recharge des véhi-
la puissance du réseau.
grâce au système de stockage qui vient renforcer
cules électriques, un démonstrateur intégrant 65 • Résilience accrue : il est également possible de
kWc de production photovoltaïque, un stockage fonctionner totalement îloté en cas de défaillance
par batteries lithium-ion SUNSYS HES L 200 kVA du réseau.
de 372 kWh pour alimenter 320 kW de bornes de Ces gains démontrent que le stockage, associé à un
recharge Hager (AC et DC rapide 60 kW), le tout pilotage intelligent, est une solution efficace pour
supervisé via une plateforme IoT.
gérer la production et la consommation locale,
Ludovic Berger, Application Marketing Manager tout en intégrant des usages comme les IRVE. »
de Socomec, mentionne, après 18 mois d’exploitation,
des résultats significatifs :
Les perspectives : ombrières et recharge
• « Autoconsommation doublée : la part d’électricité
photovoltaïque utilisée sur site a été multi-
Comme le note Ludovic Berger, « le développe-
rapide, un levier pour le stockage
pliée par deux.
ment des ombrières photovoltaïques sur parkings
• Autoproduction photovoltaïque : la recharge des commerciaux et la montée en puissance des bornes
véhicules se fait en été uniquement via le photovoltaïque,
directement, ou via les batteries. flexibilité énergétique.
de recharge rapide vont accentuer les besoins en
• Écrêtage des pics et optimisation tarifaire : Ces installations génèrent :
des économies de plusieurs centaines d’euros par • Des excédents de production en été, nécessitant
mois sont possibles en hiver, en chargeant la nuit du stockage pour éviter les déséquilibres réseau.
et en évitant les heures de pointe. • Des appels de puissance élevés pour la recharge ...
Les bornes de recharge du site Socomec sont associées à des batteries de stockage
pour optimiser l'utilisation de l'électricité photovoltaïque.
© Socomec
© Socomec
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© KEBA
Bornes KEBA sur
le site du Centre
technique de la Ville
de Lorient.
...
44 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
rapide, difficilement supportables par des
infrastructures existantes.
Dans ce contexte, le stockage devient un élément
stratégique :
• Il absorbe les surplus photovoltaïques et les restitue
aux moments opportuns.
• Il limite les coûts liés aux pointes de consommation.
• Il garantit la disponibilité de puissance pour les
IRVE, sans surdimensionner les raccordements.
Les évolutions réglementaires (obligation d’ombrières,
baisse du tarif de rachat d’énergie photovoltaïque)
et la volatilité des prix de l’électricité
renforcent l’intérêt économique du stockage.
Pour Socomec, ces solutions s’inscrivent dans une
logique de microréseaux intelligents, capables de
concilier mobilité électrique, performance et résilience
énergétique. »
Coupler production solaire et IRVE :
l’exemple de la ville de Lorient pour
son Centre technique municipal
La Ville de Lorient mène des actions concrètes
en développant la production photovoltaïque
et la mobilité électrique. En 2025, le verdissement
du parc automobile a débuté afin d’équiper
l’ensemble des agents concernés de véhicule
électrique (hors engins volumineux). Le site du
Centre technique municipal (CTM) disposait
déjà de deux centrales solaires (42 kWc au total)
fonctionnant en autoconsommation simple.
Dans ce cadre, le surplus de production, en particulier
le week-end, n’était pas valorisé. Le projet
est donc né de la volonté d’installer des bornes
de recharge, 36 bornes KeContact P30 du fabricant
KEBA, spécialiste des solutions de recharge
AC et DC, ont été implantées pour véhicules
électriques capables d’exploiter l’énergie solaire
disponible, afin de réduire les consommations
d’électricité issues du réseau. Dans ce contexte, le
bureau d’études Tetradis a développé le TetraSun
Charge, une solution de couplage simplifiée entre
la production d’énergie solaire et la recharge de
véhicules électriques. Elle permet à chaque utilisateur
de personnaliser son installation en fonction
de ses besoins spécifiques. « Avec le TetraSun
Charge, vous produisez, consommez et optimisez
l’énergie solaire. Cette technologie permet de router
l’énergie produite par les panneaux solaires directement
vers la borne de recharge en fonction de
paramètres définis tels que la puissance disponible
ou l’heure de la journée. Un calendrier hebdomadaire
programmable permet de créer des scénarios
de recharge adaptés aux usages du site (résidentiel,
tertiaire ou industriel), tout en réduisant la réinjection
d’énergie excédentaire sur le réseau », indique
la direction de Tetradis.
La solution est conçue pour s’intégrer facilement
à toutes les installations photovoltaïques du marché,
sans contrainte technologique ni dépendance
à un matériel spécifique. Elle s’adapte
aussi bien à des projets de petite taille qu’à des
infrastructures plus importantes, allant d’une
à plusieurs dizaines de bornes de recharge, en
environnement résidentiel comme professionnel.
Sa compatibilité éprouvée avec plusieurs
marques de bornes reconnues comme KEBA,
ainsi que son ouverture à toute borne communicante,
garantit une grande liberté de choix et
une évolutivité durable des installations. Cette
approche ouverte et pragmatique facilite le
déploiement, sécurise les investissements et
permet aux collectivités et entreprises de faire
évoluer leurs équipements au rythme de leurs
besoins énergétiques et de mobilité.
Répondre à un besoin d’optimisation
des recharges des véhicules en fonction
des surplus photovoltaïques
Le besoin principal de la Ville de Lorient était
d’optimiser la recharge des véhicules en fonction
du surplus photovoltaïque, en privilégiant les
recharges lorsque la production solaire est réellement
disponible plutôt que selon des créneaux
horaires fixes. Les véhicules de service sont laissés
en recharge par les agents chaque midi et chaque
week-end. « Nous voulions qu’ils soient alimentés
exclusivement par l’énergie solaire dès que la
météo le permet. En cas d’absence de recharge à
cause du mauvais temps, nous souhaitions pouvoir
utiliser un mode “BOOST” le dimanche soir
pour garantir leur disponibilité le lundi matin.
© Tetradis
Solution TetraSun pour suivre le fonctionnement
des bornes de recharge.
Aujourd’hui, le système répond pleinement à nos
attentes : il déclenche la recharge en présence d’un
excédent photovoltaïque et nous permet d’exploiter
au mieux l’énergie produite sur site. Autre point
fort, il s’agit d’une solution évolutive : l’intégration
de futures centrales solaires pourra se faire naturellement,
le système saura les intégrer automatiquement.
Par exemple, le véhicule pouvait charger
le samedi via le réseau alors que le dimanche s’annonçait
ensoleillé et que la production aurait pu
servir à le charger », se réjouit Sébastien Fleury,
chargé de l’optimisation des équipements énergétiques
à la ville de Lorient.
Aujourd’hui, le système déclenche automatiquement
la recharge uniquement lorsqu’il y a du
surplus solaire disponible. La Ville de Lorient
estime qu’environ 25 % de l’énergie photovoltaïque
est utilisée pour alimenter la recharge,
principalement le week-end et entre 12 h et 14 h.
La solution a permis de gagner en souplesse,
le système fonctionne seul et il a la capacité de
s’activer ponctuellement en mode BOOST si un
agent a un besoin de recharge urgent. La solution
va continuer à s’améliorer lorsque s’ajouteront de
nouvelles centrales solaires. « Le premier constat
est positif : nous valorisons désormais notre énergie
photovoltaïque de façon beaucoup plus efficace.
Avant, nous fonctionnions avec des plages horaires
fixes de recharge, ce qui entraînait parfois des
recharges réseau non souhaitées », conclut Sébastien
Fleury.
LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
Associer un système de stockage
à des ombrières photovoltaïques et des bornes
de recharge
Dans le cadre de sa stratégie de transition énergétique,
le Morbihan s’est doté depuis mi-2025
de huit systèmes de stockage intelligents sur
batteries recyclées. Sept de ces systèmes ont été
conçus pour de l’optimisation HC/HP (Heures
creuses/Heures pleines), tandis qu’un huitième
système équipe une ombrière photovoltaïque
pour alimenter des bornes de recharge. Ce projet
pilote, réalisé en collaboration avec la PME française
SIREA, vise à aider les communes à réduire
considérablement leur facture énergétique.
L’objectif principal de ces shelters à batteries
fabriqués en France est de réduire la facture
d’électricité des collectivités. Ils permettent en
effet de stocker l’énergie du réseau lorsqu’elle
est la moins chère (par exemple la nuit), puis de
la déstocker au fil de la consommation, quand
l’énergie du réseau est plus chère.
Cette optimisation selon les plages tarifaires des
communes est d’autant plus intéressante qu’elle
est modulable : avec l’arrivée de nouvelles offres
tarifaires, notamment des heures creuses en journée,
ces batteries intelligentes seront capables
de s’adapter pour continuer à optimiser le coût
d’achat de l’électricité au réseau.
« Ce projet illustre l’importance du pilotage dans
la performance économique des systèmes de stockage.
Nous sommes fiers qu’une solution française,
conçue et fabriquée à Castres, dans le Tarn,
permette d’offrir aux communes du Morbihan
une réelle réduction des dépenses publiques liées
à l’énergie sur le long terme », explique David
Grand, responsable communication de SIREA.
...
Batteries de
stockage SIREA.
© SIREA
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LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
Une enseigne de service bureautique allemande réduit
de 70 % ses coûts de charge de véhicules électriques
grâce à une solution solaire
Basée à Regensburg, BV-comOffice est
une enseigne allemande spécialisée
dans les équipements et les
technologies bureautiques destinées
aux entreprises. Pour atteindre ses
objectifs environnementaux, sociaux
et de gouvernance (ESG), la société a
investi dans un système photovoltaïque
de 100 kWc sur le toit, connecté à
des onduleurs et des optimiseurs de
puissance SolarEdge, une batterie de
40,5 kWh, ainsi qu’un parc de 12 bornes
de recharge SolarEdge pour véhicules
électriques. Le logiciel de gestion
de l’énergie SolarEdge ONE for C&I
permet à BV-comOffice de piloter
l’usage de l’énergie solaire en fonction
de ses différents besoins énergétiques
afin de réaliser un maximum
d’économies sur sa facture énergétique.
« Le logiciel de BV-comOffice es,t par
exemple, configuré de façon que les
besoins énergétiques du bâtiment
soient satisfaits en priorité par l’énergie
solaire produite, explique Arnold
Bourges, directeur de SolarEdge
France. L’énergie solaire excédentaire
est ensuite stockée dans la batterie
en vue d’une utilisation ultérieure, le
soir, lorsque les tarifs de l’électricité
sont plus élevés. Le second objectif
consiste à alimenter la flotte de
Logiciel SolarEdge Wevo pour piloter l’installation.
Bornes de recharge associées à une production photovoltaïque sur le site du
magasin BV-comOffice.
véhicules électriques de BV-comOffice
avec de l’énergie solaire. Les besoins
en charge variant, les modes de charge
échelonnés de SolarEdge permettent
aux utilisateurs prioritaires – tels que
les commerciaux ayant besoin de leur
voiture toute la journée – d’accéder
à l’électricité du réseau en cas de
besoin. La charge des autres véhicules
moins prioritaires est paramétrée
pour s’effectuer uniquement lorsque
l’énergie solaire est disponible. »
En s’appuyant sur les nouvelles
fonctionnalités de SolarEdge pour la
gestion des bornes de recharge dédiées
aux flottes de VE, issues du rachat
de Wevo Energy l’année dernière,
l’enseigne allemande BV-comOffice a
réduit ses coûts de charge de sa flotte
de VE d’environ 70 %.
© SolarEdge
© SolarEdge
...
Des solutions logicielles permettent
la gestion des bornes de recharge
Afin d’accélérer la transition vers la mobilité
électrique, les réglementations telles que la loi
d’orientation des mobilités (LOM) et la loi pour
l’accélération de la production d’énergies renouvelables
(APER) introduisent de nouvelles obligations
aux entreprises et aux collectivités. Par
exemple, les bâtiments neufs et ceux avec des
rénovations dites importantes doivent avoir un
pré-équipement en bornes de recharge et une
installation d’ombrières photovoltaïques en fonction
de leurs superficies de parking.
Avec l’augmentation du nombre de bornes sur
un site, mais aussi la montée en puissance de ces
bornes qui peut dépasser plusieurs centaines de
kW, la gestion des opérations de recharge devient
cruciale pour optimiser l’utilisation de l’énergie.
Schneider Electric a développé le gestionnaire
EcoStruxure EV Charging Expert. Installé en tête
de l’infrastructure de recharge, il permet de limiter
la puissance instantanée consommée par l’ensemble
des véhicules et gérer l’énergie attribuée à
chaque véhicule.
En temps réel, il transmet une consigne à chaque
borne de recharge qui la relaie aux véhicules. En
cas de dépassement de la consigne, une baisse de
l’énergie est appliquée de la même façon à tous les
points de charge.
Quand le délestage d’un point de charge est déclenché,
un algorithme répartit l’énergie disponible selon
2 stratégies (à choisir lors de la configuration) :
• Proportionnalité de la puissance consommée :
le système interrompt la charge des véhicules
ayant obtenu le plus de kWh depuis le début de
leur charge au profit des nouveaux véhicules.
L’algorithme fait en sorte que toutes les voitures
aient consommé la même quantité d’énergie.
LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
• Proportionnalité du temps de recharge : le système
interrompt la charge des véhicules dont la
durée de la charge est la plus importante au profit
des nouveaux véhicules. Une scrutation cyclique
toutes les 15 minutes permet de reprendre
la charge sur les premières bornes délestées si
d’autres bornes ont atteint la même durée.
WAGO Application Load Management,
une solution clé en main pour anticiper
les besoins futurs
Pendant le fonctionnement, il est essentiel de
pouvoir déterminer dynamiquement, ajuster et
optimiser en continu la capacité de charge d’une
infrastructure en fonction de la charge totale.
L’adaptation continue, qui inclut l’intégration et
l’utilisation de toutes les capacités disponibles,
est la seule façon d’atteindre une gestion énergétique
intégrée et, en fin de compte, sensible aux
coûts. Dans ce processus, la gamme d’options disponibles
pour la mesure, le contrôle et la régula-
...
© Schneider Electric
Solutions de
gestion statique
ou dynamique des
bornes de recharge.
Installation
Schneider Electric
avec gestion de
l’énergie.
© Schneider Electric
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Installation de
bornes associées à des
ombrières.
Solution WALM de
WAGO pour un pilotage
statique ou dynamique
de la charge.
© WAGO
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LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
tion déterminera la qualité de l’infrastructure de
recharge. « Le WALM (WAGO Application Load
Management) est une solution logicielle de gestion
intelligente de bornes de recharge pour véhicules
électriques (IRVE) », explique Pierre Vang, chef
de produit AUTOMATION de WAGO.
Adaptée aux besoins actuels et futurs, elle optimise
la répartition énergétique en fonction de la
consommation et de la production photovoltaïque,
tout en maîtrisant les pics de demande. Facile à
installer et compatible avec les automates WAGO,
le WALM offre un pilotage sur les bornes (multimarques)
du marché via le protocole de communication
standard OCPP, avec une ouverture possible
sur la supervision via OCPP (OCPP proxy),
MQTT et Modbus/TCP. De plus, un pilotage
dynamique de charge peut être effectué en prenant
en compte les puissances injectées sur le réseau
(point de livraison, panneaux photovoltaïques,
batteries de stockage), mais également les consommations
des bâtiments d’exploitation en plaçant
des compteurs d’énergie Modbus au plus près de
ces terminaux.
Le WALM se démarque par sa compatibilité multi-hardwares
avec divers équipements matériels
et sa capacité d’intégration simplifiée grâce à une
plateforme à la fois robuste et sécurisée. Ce système
prend en charge plusieurs configurations, allant de
l’automate compact (CC100) à l’automate modulaire
(PFC) et à la plateforme Edge (Edge Controller).
Ainsi, il offre une solution puissante pour la
gestion des infrastructures. »
La solution WALM va permettre un pilotage statique
et dynamique de charge avec un lissage de la
consommation d’énergie, le contrôle et la maîtrise
des pics de consommation électrique, la régulation
individuelle d’un point de charge ou par
groupe et la priorisation en fonction des utilisateurs
avec badges RFID et des plages horaires. Le
pilotage dynamique de charge sur l’installation se
fait en prenant en compte les puissances injectées
(point de livraison, panneaux photovoltaïques et
batteries) sur le réseau et les consommations électriques
autres que celles liées à l’IRVE.
Des solutions adaptées aux besoins
spécifiques des centres commerciaux,
hôtels ou entreprises
Ainsi, KEBA eMobility propose une gamme
complète de solutions de recharge AC et DC
adaptées aux besoins spécifiques des centres
commerciaux, des sites d’entreprises et des hôtels.
L’accent est mis sur l’association d’un équipement
fiable à une gestion intelligente de la charge et à
des outils logiciels faciles à utiliser.
© WAGO
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© Hager
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LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
Pour répondre à ces besoins, KEBA eMobility
propose les bornes KeContact DCW15, d’une
puissance de recharge allant jusqu’à 40 kW, ou
KeContact DCA10 jusqu’à 320 kW permettant
une recharge rapide et pratique sur de courtes
durées, aidant ainsi les entreprises à améliorer
l’expérience client tout en gérant efficacement la
capacité disponible du réseau.
Comme le précise Alexis Menegoz, directeur
France de KEBA eMobility, « pour les hôtels et
autres lieux où les véhicules sont stationnés pen-
Importance de la norme ISO 15-118
pour faciliter la recharge
La norme ISO IEC 15-118, publiée en
2019, concerne les voitures électriques
et vise à faciliter et sécuriser la
communication entre les véhicules
et les bornes de recharge lors des
opérations de recharge. Ce protocole de
communication se généralise en offrant
des services pour faciliter les recharges,
le confort du client et la cybersécurité.
La norme ISO 15-118 vise à établir
une communication bidirectionnelle
entre la borne, d’un côté, et le véhicule
branché de l’autre. Le protocole de
communication et de facturation est
directement établi via un dialogue
entre la voiture et la borne de recharge.
La norme EN ISO 15-118 étend
les possibilités de communication
entre la borne de recharge et le
véhicule et permet l’interopérabilité,
la facturation automatisée et des
fonctions avancées telles que Plug &
Charge et la fonctionnalité véhiculeréseau
(V2G). Cette fonction Plug &
Intérêt de la norme ISO 15-118.
Play permet aux conducteurs de se
brancher et de commencer à recharger
automatiquement, sans utiliser de carte
ni d’application. Elle repose sur les
principes de communication sécurisée
de la norme ISO 15-118.
La norme ISO 15-118 décrit de manière
générale les interfaces, les protocoles
et les fonctions. Cette norme doit être
supportée par la borne de charge et le
véhicule. Pour la recharge DC, la norme
EN ISO 15-118 est déjà utilisée et prise
en charge par les bornes de recharge et
les véhicules dans toute l’Europe.
Cette norme ISO 15-118-2 : 2016 est
obligatoire pour les nouvelles bornes
AC installées en Europe et accessibles
au public depuis début 2026 à la
suite d’une décision en 2025 de la
Commission européenne dans le
cadre de l’AFIR (Alternative Fuels
Infrastructure Regulation). En 2027, elle
sera applicable aux bornes accessibles
au public ou privées.
dant de longues périodes, les solutions de recharge
AC telles que la borne KeContact P40 sont particulièrement
adaptées. Elles offrent une recharge
nocturne économique pour les clients, tandis que
l’ajout d’un contrôleur de gestion de charge, tel que
le KeContact M20, garantit que plusieurs bornes
de recharge peuvent fonctionner simultanément
sans surcharger l’infrastructure électrique ».
KEBA propose en outre la solution logicielle
KEBA eMobility Solution pour les hôtels et les
entreprises, conçue pour simplifier l’exploitation
Cette solution de tarification
interopérable fonctionne de pair avec
des protocoles tels que l’OCPP.
Hager, dont les bornes witty park 2
supportent la norme ISO 15-118-1 à 5,
explique les avantages de ce protocole
de communication :
• Faciliter la recharge des
véhicules (Plug & Charge), grâce à une
borne reconnaissant automatiquement
la voiture branchée, et délivrant la
puissance adéquate à sa recharge,
de la façon la plus efficace possible.
Grâce à cette norme, plus besoin
de s’identifier avec son badge
avant de brancher sa voiture, la
reconnaissance est immédiate. Ainsi,
le Plug and Charge permet de garantir
la confidentialité et l’authenticité
des transactions effectuées entre le
véhicule, la station de recharge et
l’opérateur de paiement.
• Automatiser les stratégies de charge,
en déployant une quantité d’énergie
adaptée aux besoins de la voiture
branchée.
Par exemple, si deux voitures sont
branchées à une borne certifiée
ISO 15-118, avec un véhicule chargé à
80 %, et l’autre à 20 %, la borne ajustera
automatiquement la puissance de
recharge pour que le véhicule le plus
chargé reçoive une quantité d’énergie
moindre, en priorisant la transmission
d’énergie vers le véhicule en ayant le
plus besoin.
• Disposer de statistiques sur la
recharge, en affichant par exemple
le pourcentage de charge en temps réel,
et la durée requise pour que la batterie
atteigne les 100 %. La borne 15-118,
connectée en Wi-Fi, permet donc aux
propriétaires de voitures électriques
d’en savoir plus sur le processus de
recharge de leur véhicule.
© KEBA
et la facturation. Cette application de bureau
conviviale permet aux exploitants de gérer et de
surveiller les sessions de recharge des clients, des
employés ou des visiteurs.
« Elle génère des rapports personnalisés détaillant
les sessions de recharge, la consommation d’énergie,
la durée de recharge et les coûts associés, sur
la base d’un prix au kWh défini. Ces rapports
peuvent ensuite être directement intégrés aux factures
de l’hôtel, explique Alexis Menegoz, qui liste
les principaux avantages de cette solution :
• Génération de rapports spécifiques à l’utilisatrice
ou l’utilisateur sur l’énergie chargée, y compris les
coûts, pour la facturation aux clients et employés.
• Gestion simple des cartes RFID et personnalisation
pour les clients et les employés.
• Démarrage d’une session de charge au moyen
d’une carte RFID sur chaque borne intégrée.
• Possibilité d’intégrer jusqu’à 16 bornes dans un
seul système ».
Associer un portail numérique pour le
contrôle et l’optimisation des recharges
Pour une gestion simple et centralisée de l’infrastructure
de recharge depuis un PC ou une
tablette, KEBA a développé KEBA eMobility
Portal. Ce portail numérique allie facilité d’utilisation
et fonctionnalités puissantes, offrant un
contrôle total, une transparence et une optimisation
intelligente de la recharge.
Concrètement, il permet de surveiller et de
contrôler plusieurs bornes AC réparties sur différents
sites, de configurer à distance les paramètres
de recharge et de gérer les rôles ainsi que
l’authentification des utilisateurs.
Et, ajoute Alexis Menegoz, « parmi les principaux
avantages, on peut citer la transparence de
la surveillance et du reporting, avec des informations
détaillées sur les sessions de recharge, ainsi
que des options de configuration avancées telles
Portail KEBA eMobility Portal.
LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
que les plans de recharge et les profils de puissance
pour une gestion optimisée de l’énergie. Et une
nouvelle fonctionnalité clé est la recharge au prix
du marché : le système recharge automatiquement
les véhicules électriques lorsque les prix de l’électricité
sont les plus bas, en fonction de tarifs dynamiques.
Cela réduit les coûts de recharge, améliore
l’efficacité énergétique et permet une recharge plus
durable, entièrement automatisée ».
Les bornes de recharge rapide DC
sont de plus en plus nombreuses
Après leur installation sur les aires de service des
autoroutes et les stations-service pour répondre
aux besoins des utilisateurs souhaitant une
recharge en quelques dizaines de minutes, l’installation
de bornes de recharge rapide se développe
sur les parkings des zones commerciales.
Recharger jusqu’à 80 % de la capacité de la batterie
en 30 minutes est vu comme très intéressant
par les utilisateurs, et comme un avantage
concurrentiel par les entreprises proposant ce
service de recharge rapide.
Le développement de ces bornes renforce également
l’attrait et la rentabilité des véhicules élec-
...
Bornes KEBA AC et
DC jusqu'à 480 kW.
Les aires de recharge
incluent toutes les
puissances de bornes
AC et DC pour les
différents usagers.
© ENGIE Vianeo
© KEBA
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Borne de recharge
ENGIE Vianeo 400 kW
pour la recharge de
camions électriques
Windrose.
Bornes de recharge
ABB Terra DC.
© ENGIE Vianeo
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LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
triques, en particulier pour les usages réguliers et
les trajets longs, les bornes AC 7-22 kW restant
toutefois intéressantes pour les stationnements
longs (journée ou nuit).
Parallèlement, de plus en plus de véhicules électriques
acceptent ces recharges rapides DC jusqu’à
des puissances de plusieurs centaines de kW.
Ce développement doit aussi se faire pour répondre
à l’arrivée des poids lourds et bus électriques.
La recharge des véhicules lourds nécessite
des bornes de plus en plus puissantes
La transition des poids lourds vers l’électrique et
la décarbonation du transport va nécessiter un
déploiement de bornes de très forte puissance sur
les grands axes de circulation européens, les parkings
industriels et d’entreprises commerciales.
ENGIE Vianeo, installateur et exploitant de
bornes rapides et ultrarapides sur les autoroutes,
en ville et dans les parkings d’hôtels et de centres
commerciaux, vient ainsi de signer un accord
pour faciliter l’accès des poids lourds électriques
du fabricant Windrose dans ses stations.
Le partenariat porte également sur le déploiement
de nouvelles stations publiques en partenariat,
notamment à Onnaing, près de Valen-
© ABB
ciennes, où Windrose ouvrira en 2027 une usine
de près de 100 000 m² qui a vocation à devenir
le plus grand hub de recharge pour poids lourds
européens et où les camions pourront se recharger
grâce à des bornes ENGIE Vianeo in situ.
La collaboration entre ENGIE Vianeo et Windrose
implique un important volet technologique
pour anticiper la montée en puissance des bornes
de recharge et la normalisation du standard MCS
(Megawatt Charging System). Le déploiement
conjoint des standards CCS (Combined Charging
System) et MCS assurera ainsi la compatibilité
des camions Windrose avec les deux technologies,
permettant d’exploiter immédiatement les
infrastructures CCS existantes tout en préparant
l’arrivée progressive de la recharge mégawatt.
« La décarbonation de la mobilité lourde est l’un
des plus grands défis climatiques en Europe. Avec
ce partenariat, nous passons d’une logique d’expérimentation
à une logique d’impact : rendre le
camion électrique accessible, fiable et viable pour
les acteurs du transport logistique. Le rôle d’EN-
GIE Vianeo est de créer les conditions concrètes de
cette bascule », déclare Didier Liautaud, directeur
général France d’ENGIE Vianeo.
Pour répondre à ces besoins, la puissance
des bornes DC augmente
En quelques années, la puissance maximale des
bornes de recharge DC est passée de 300 kW à
plus de 1000 kW.
ABB propose des gammes de bornes DC pour
les différents besoins : bornes C50 de 25 à 50 kW,
bornes A400 de 200 à 400 kW, bornes HVC 360
de 200 à 360 kW pour les flottes de véhicules
lourds et bornes MCS 1200 de 400 kW à 1200 kW
en tension continue 1500V pour la recharge des
camions électriques.
En complément de ses gammes AC EVlink Pro,
Schneider Electric propose ses nouvelles gammes
DC StarCharge Fast de 60 kW à 720 kW, composées
d’une unité de puissance modulaire et de
bornes satellites.
Electra équipe 690 stations en Europe avec
des bornes de 50 à 400 kW sur les aires d’autoroutes,
mais aussi dans de nombreux parkings
de centres commerciaux. Electra a un objectif de
15 000 points de charge en Europe en 2030.
Siemens a développé SICHARGE FLEX, une
recharge distribuée pour véhicules électriques.
En séparant l’alimentation de la prise, une
armoire électrique centrale de puissance 480
à 1680 kW alimente dynamiquement jusqu’à
6 colonnes distributrices, avec une portée maximale
de 300 mètres entre les distributeurs.
Ces bornes sont adaptées aux normes de recharge
© Electra
LES DOSSIERS DU MOIS
IRVE
Borne de recharge DC d’Electra. Gamme de bornes de recharge DC de Siemens.
MCS et peuvent distribuer jusqu’à 1500 A de courant
de charge pour la recharge des véhicules électriques
lourds, mais aussi équiper des centres de
recharge polyvalents pour voitures, camions ou bus.
Analyser l’impact sur les réseaux électriques
de l’alimentation des sites IRVE
Le développement de sites de bornes sur des parkings
de centres commerciaux ou de bâtiments
tertiaires peut représenter pour ces bornes, si
toutes les bornes fonctionnaient à leur puissance
nominale, une puissance supérieure à celle des
autres usages de ces bâtiments (éclairage, CVC…).
Et cela devient encore plus important avec le développement
des bornes de recharge rapide.
Chaque fois qu’un véhicule électrique est
connecté à une station de recharge, cela a un
impact sur le réseau électrique. En fonction de
la consommation d’énergie et de l’emplacement
spécifique d’où elle est tirée, la recharge des VE,
comme d’autres charges électriques, peut poser
des problèmes opérationnels et nécessiter des
améliorations.
Pour Charles-Édouard Marcelino, responsable développement
marchés de la division Électrification
d’ABB-France, « cette transition massive vers l’électrique
représente un véritable défi pour l’infrastructure
énergétique et la distribution de la charge.
En effet, alors que la problématique des stations
de recharge a été jusque-là en général analysée
du point de vue de la quantité et de leur répartition
sur le territoire, c’est aujourd’hui le sujet de
leur capacité électrique et de l’optimisation de
leur fonctionnement qui est un véritable défi face
à l’augmentation du parc électrique en France.
La généralisation des véhicules électriques soulève
aujourd’hui une question centrale : celle de l’infrastructure
énergétique capable de soutenir cette
transformation. L’électrification à grande échelle
des flottes automobiles implique en effet de repenser
l’alimentation électrique, la gestion de la demande
et l’intégration des systèmes de recharge dans les
réseaux existants. Pour les industriels comme pour
les acteurs de l’énergie, l’enjeu est désormais de
garantir une recharge fiable, efficace et durable,
capable d’accompagner l’essor de la mobilité électrique
tout en limitant son impact sur les réseaux et
la consommation énergétique globale.
Alors que l’électrification s’accélère, notre rôle est
d’accompagner les industriels et les opérateurs de
mobilité avec des solutions de gestion de l’énergie,
flexibles et intelligentes, qui garantissent la disponibilité
et l’efficacité de la recharge, tout en préparant
les réseaux pour l’avenir », conclut Charles-
Edouard Marcelino.
Jean-Paul Beaudet
...
© ABB
Le développement de
stations de recharge
très puissantes
pour véhicules
lourds demande une
adaptation du réseau
électrique.
© Siemens
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© ABB
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie
Les moteurs électriques
et variateurs de vitesse, un
levier encore sous-exploité
pour la performance
énergétique industrielle
Longtemps relégués au rang de simples composants techniques, les moteurs
électriques et leurs systèmes de pilotage s’imposent aujourd’hui comme
des éléments structurants de la performance énergétique industrielle.
Les systèmes entraînés par moteurs électriques représentent entre 53 et
60 % de l’électricité utilisée dans l’industrie, selon les périmètres étudiés.
À l’échelle européenne, le parc est estimé à environ 380 millions de
moteurs pour une consommation totale estimée à près de 1 326 TWh par
an. Pourtant, ce gisement reste encore largement sous-exploité, en raison
d’un ensemble de freins techniques, économiques et culturels. En France,
une immense majorité du parc est constituée de moteurs d’anciennes
générations. La question ne se limite pas au choix d’un moteur performant,
mais relève désormais d’une approche globale intégrant technologies,
dimensionnement, pilotage, conditions d’exploitation et, de plus en plus,
gestion intelligente des flux énergétiques à l’échelle des installations.
Des moteurs ABB
servent au pompage de
l’eau potable.
Pour comprendre les enjeux actuels, il
faut d’abord analyser l’existant. Et sur
ce point, le diagnostic est sans appel,
comme l’explique Nicolas Vlemynckx, Business
Developer Energy Efficiency chez ABB Motion
France et spécialiste de l’efficacité énergétique
et des études de cas : « Le parc de moteurs industriels
en France est structurellement ancien. Nous
estimons, en nous basant sur nos constats terrain,
qu’environ 90 % du parc installé correspond encore
à des moteurs IE1 ou IE2. » Autrement dit, une
très large majorité des équipements présente un
potentiel d’amélioration immédiat.
Edouard van den Corput, responsable marketing
de l’offre Motor Management de Schneider Electric,
dresse un constat similaire, mais apporte
une nuance méthodologique : « Il n’existe pas de
statistique publique consolidée par classe IE pour
le parc français », mais les modèles européens et
les observations de terrain convergent vers « un
parc très largement composé de moteurs installés
avant les paliers réglementaires récents », ce qui
confirme le diagnostic partagé par les industriels.
Les raisons qui expliquent l’ancienneté du parc
de moteurs installés sont nombreuses. L’une
d’elles est liée à la durée de vie de ces équipements
industriels très robustes. Comme l’explique
Mohamed Ait Moulay, directeur de la
division ABB Motion France et spécialiste des
moteurs basse et moyenne tension : « Les moteurs
électriques industriels ont une durée de vie longue,
souvent comprise entre quinze et vingt ans. Dans
les faits, ils restent en service bien au-delà. Il n’est
pas rare de rencontrer des machines en fonctionnement
depuis cinquante ans ou plus. »
Ce décalage temporel entraîne des conséquences
directes sur la performance énergétique. D’autant
que les exigences européennes issues du règlement
Écoconception ont été introduites de manière
progressive, avec une classe IE3 devenue obligatoire
selon les plages de puissance à partir de 2015,
puis généralisée à l’ensemble des moteurs en 2021,
et une classe IE4 imposée depuis 2023 pour certaines
puissances, ce qui explique mécaniquement
la lenteur du renouvellement du parc installé.
Mais cette situation ne s’explique pas uniquement
par l’âge des installations ou la lenteur réglementaire.
Elle est avant tout liée aux habitudes industrielles,
comme le souligne Nicolas Vlemynckx :
« Tant qu’un moteur fonctionne, il est rarement
considéré comme prioritaire de le remplacer. On
privilégie la réparation immédiate, parfois répétée
pendant des décennies, plutôt que d’intégrer une
réflexion en coût global. » Cette logique de court
terme reste aujourd’hui un obstacle majeur à
l’amélioration de l’efficacité énergétique.
Des gains énergétiques réels,
mais encore sous-évalués
Le remplacement des moteurs anciens constitue
un premier levier d’action. Mais pour en comprendre
l’intérêt, il faut s’intéresser au rendement
des moteurs et à ses évolutions. Comme l’explique
Nicolas Vlemynckx : « Lorsque l’on compare un
moteur IE1 à un moteur IE4, le gain de rendement
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie
est de l’ordre de 3 à 3,5 %. Ce chiffre peut sembler
modeste, mais il doit être replacé dans son contexte
d’usage. » Sur des équipements fonctionnant
plusieurs milliers d’heures par an, ces quelques
points de rendement se traduisent par des économies
significatives. « Dans la plupart des cas, on
observe des retours sur investissement inférieurs
à trois ans, uniquement sur la base du remplacement
du moteur », précise l’expert ABB.
Selon Edouard van den Corput, « l’écart entre
deux classes de rendement successives se situe
généralement entre 1 et 3 points. Ramené à des
durées de fonctionnement industrielles de 4 000
à 7 000 heures par an, cela représente rapidement
plusieurs mégawattheures économisés ».
Mohamed Ait Moulay apporte une illustration
concrète : « Pour un moteur de 75 kW fonctionnant
environ 6 000 heures par an, le passage d’un IE1 à
un IE3 ou IE4 permet d’économiser entre 10 000 et
15 000 kWh par an. Sur la durée de vie de l’équipement,
cela représente plusieurs dizaines de milliers
d’euros. »
« Si l’on se réfère aux niveaux de rendement, les
moteurs IE3 se situent autour de 91 à 92 %, les IE4
atteignent 93 à 94 %, et les IE5 dépassent les 95 %.
À l’inverse, certains moteurs plus anciens, notamment
en IE1 ou IE2, peuvent présenter des rendements
nettement plus faibles, avec des pertes qui,
dans certains cas, peuvent représenter 10 à 15 %
de l’énergie consommée », précise Jan Gadras, responsable
commercial France chez KEBA.
Edouard van den Corput précise à ce sujet que
ces pertes sont directement liées « aux caractéristiques
de conception, aux matériaux utilisés et aux
conditions d’exploitation », ce qui renforce l’intérêt
d’une approche globale combinant remplacement
et optimisation.
© ABB
...
Mohamed Ait Moulay,
directeur de la division
ABB Motion France.
Jan Gadras,
responsable
commercial France
chez KEBA.
La solution ABB LV
Titanium combine
moteur et variateur
de vitesse pour une
installation plug &
play.
© ABB
© KEBA
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© Schneider Electric
Un technicien en
intervention sur un
variateur de vitesse.
...
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie
Les gains énergétiques peuvent être considérables,
mais il faut rester prudent car ils
dépendent fortement du contexte d’exploitation,
notamment du taux de charge, du type d’application
et du temps de fonctionnement.
Cependant, tous les intervenants sont en parfait
accord sur un point : le véritable levier de performance
réside dans l’association d’un moteur
performant et d’un variateur de vitesse, nous y
reviendrons.
Zoom sur les technologies de moteurs
L’amélioration des performances énergétiques
passe nécessairement par une bonne compréhension
des technologies disponibles. L’offre sur
le marché est structurée autour de trois grandes
familles.
Le moteur asynchrone à induction reste
aujourd’hui la technologie dominante dans l’industrie.
Il fonctionne selon un principe de glissement
entre le champ magnétique statorique et
le rotor, ce qui induit mécaniquement des pertes
d’énergie. Mohamed Ait Moulay le décrit comme
« robuste, fiable, bien maîtrisé », tandis que Jan
Gadras rappelle qu’il est « simple, peu coûteux
et nécessite peu d’entretien ». Cette robustesse
explique sa diffusion massive, mais elle s’accompagne
de limites physiques intrinsèques. Le
glissement génère une dissipation thermique et
un rendement qui dépend fortement du taux de
charge, avec des performances qui peuvent se
dégrader en fonctionnement partiel. Edouard
van den Corput rappelle que cette technologie
reste aujourd’hui « largement compatible avec
les variateurs de vitesse et encadrée par la norme
IEC 60034-30-1 », ce qui explique sa longévité
industrielle malgré ses limites.
Les moteurs synchrones à aimants permanents
(PM), ou brushless, représentent une technologie
plus récente. Leur particularité est que le rotor
tourne à la même vitesse que le champ magnétique,
sans glissement. Cela élimine une source
importante de pertes et permet d’obtenir un
rendement très élevé, y compris à faible charge.
Selon Jan Gadras, « leur facteur de puissance est
proche de 1, ce qui en fait des machines particulièrement
efficaces d’un point de vue énergétique.
En revanche, ces moteurs présentent un coût initial
plus élevé et nécessitent l’utilisation d’un variateur
pour fonctionner ». Là où un moteur asynchrone
peut être directement raccordé au réseau ou
piloté de manière simple, le moteur synchrone
exige un pilotage électronique. Edouard van den
Corput précise que ces technologies permettent
d’atteindre « des niveaux de rendement correspondant
aux classes IE4, voire IE5 », ce qui en fait des
solutions particulièrement performantes dans les
applications exigeantes.
Enfin, la troisième technologie, plus récente, correspond
aux moteurs à réluctance synchrone, ou
SynRM. Cette technologie, fortement développée
par ABB, ne nécessite pas d’aimants permanents,
donc évite l’usage de terres rares, et permet d’atteindre
des rendements très élevés, jusqu’à IE5
et désormais IE6. Ces moteurs présentent également
un avantage majeur en matière de durabilité,
avec une recyclabilité pouvant atteindre
98 %. « Avec l’introduction récente de moteurs IE6
SynRM en standard, ABB franchit une nouvelle
étape, en proposant des solutions d’hyper efficacité
énergétique déjà industrialisées, alors même que
cette classe n’est pas encore officiellement normalisée
», explique Mohamed Ait Moulay.
La performance réelle : un système
à optimiser dans son ensemble
Si les technologies progressent, leur efficacité
réelle dépend étroitement de leur mise en œuvre.
La performance énergétique d’un moteur ne
peut être appréhendée indépendamment de son
contexte d’exploitation.
Il faut aussi insister sur le fait que le rendement
affiché sur la plaque signalétique correspond
à des conditions idéales de laboratoire. Dans la
réalité industrielle, de nombreux paramètres
viennent perturber ces performances : cycles de
fonctionnement, variations de charge, dimensionnement
initial ou encore environnement
d’exploitation. C’est pourquoi une démarche d’audit
énergétique, basée sur des mesures réelles, est
indispensable pour identifier les véritables leviers
d’amélioration.
Le premier facteur déterminant est le taux de
charge. Un moteur fonctionne de manière optimale
lorsqu’il est proche de sa charge nominale,
ce qui n’est pas toujours le cas, comme l’explique
Nicolas Vlemynckx : « Dans de nombreuses installations,
les moteurs sont surdimensionnés et
fonctionnent à 50 ou 60 % de leur capacité, ce qui
dégrade fortement leur rendement réel. » Edouard
van den Corput complète en précisant qu’un
fonctionnement optimal se situe « généralement
entre 75 et 90 % de la charge », ce qui confirme
l’importance d’un dimensionnement adapté dès
la conception.
Le deuxième facteur est lié à la maintenance, qui
joue également un rôle clé. « Un moteur encrassé,
mal ventilé ou mal aligné va consommer davantage
pour produire la même puissance. Des éléments
simples, comme le nettoyage ou le réalignement,
peuvent déjà générer des gains mesurables »,
explique Nicolas Vlemynckx.
Les cycles de fonctionnement jouent aussi un
rôle important, comme le précise Jan Gadras :
« Un moteur dimensionné pour un fonctionnement
continu ne se comportera pas de la même
manière dans un usage intermittent. »
À cela s’ajoutent les pertes internes. « Les pertes
électriques, liées notamment à l’effet Joule dans
les bobinages, génèrent de la chaleur. Les pertes
magnétiques dépendent de la qualité des matériaux
utilisés. Les pertes mécaniques, quant à elles,
sont liées aux frottements et à la ventilation »,
détaille Jan Gadras. La gestion thermique est un
élément essentiel. Un moteur qui ne parvient pas
à évacuer correctement la chaleur qu’il produit
voit son rendement se dégrader. L’ensemble de
ces facteurs montre que la performance énergétique
d’un moteur ne dépend pas uniquement de
sa classe IE, mais bien de son intégration et de
son exploitation dans le système global.
À ces paramètres s’ajoute un dernier point saillant
: la qualité de l’énergie. Edouard van den
Corput rappelle que « les déséquilibres de tension
ou les harmoniques peuvent dégrader les performances
et accélérer l’échauffement. Cela engendre
un impact sur la durée de vie des équipements », ce
qui impose dans certains cas des dispositifs de filtrage
et un suivi de la qualité de l’énergie en sites
dits « pollués ».
Moteur et variateur, le duo gagnant
Au-delà de la performance intrinsèque et des
conditions d’exploitation, le véritable levier de
performance réside dans l’association d’un variateur
de vitesse au moteur.
Pour illustrer le fonctionnement d’un variateur
de vitesse, faisons une analogie. Un moteur sans
variateur, c’est comme rouler avec une voiture
pied au plancher constamment, en freinant pour
ralentir. Avec un variateur, on règle sa vitesse
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie
uniquement avec l’accélérateur, de façon beaucoup
plus efficace.
Le variateur de vitesse agit comme un véritable
système de pilotage intelligent du moteur. « Il
permet d’ajuster en continu la vitesse de rotation
en fonction du besoin réel, ce qui optimise immédiatement
la consommation d’énergie. Il améliore
également le fonctionnement global du système
en assurant des démarrages progressifs, réduisant
ainsi les appels de courant et les contraintes mécaniques
», explique Billy Charles, directeur de la
division Drive Products d’ABB et spécialiste des
variateurs basse tension. Cela se traduit par une
diminution de l’usure et une augmentation de la
durée de vie des équipements.
Au-delà du matériel, c’est surtout la couche
logicielle qui fait aujourd’hui la différence. Les
variateurs intègrent des applicatifs métiers spécifiques
(HVAC, traitement de l’eau, levage, process
industriels), qui permettent d’adapter finement le
comportement du système à chaque usage.
Edouard van den Corput rappelle que cette
relation moteur-variateur constitue « le levier le
plus rapide pour améliorer l’efficacité énergétique
des utilités », ce qui en fait une priorité dans les
démarches d’optimisation.
Dans de nombreuses installations, ces équipements
fonctionnent encore à vitesse constante,
avec des systèmes de régulation mécaniques
qui dissipent l’énergie inutilement. Le variateur
permet de remplacer cette logique par une régulation
dynamique, adaptée en permanence au
besoin réel.
Certaines applications se révèlent particulièrement
propices à son utilisation. Nicolas Vlemynckx
cite « les pompes, ventilateurs et compresseurs
centrifuges », qui représentent une part
majeure des usages industriels. Mohamed Ait
Moulay explique cette pertinence par « une loi
physique bien connue, appelée la loi des cubes.
La puissance consommée est proportionnelle au
cube de la vitesse. Concrètement, une réduction de
vitesse de 20 % peut entraîner une réduction de la
consommation électrique proche de 50 %. »
Edouard van den Corput souligne également que
les variateurs modernes intègrent « des fonctions
avancées de régulation, de suivi énergétique et de
diagnostic », permettant d’aller au-delà du simple
pilotage pour entrer dans une logique d’optimisation
continue du process.
Ils permettent également de gérer les flux d’énergie
de manière beaucoup plus intelligente,
comme l’explique Jan Gadras : « Lorsqu’un moteur
est en phase de freinage, l’énergie qu’il génère peut
être récupérée. Dans des architectures où les variateurs
sont interconnectés via un bus continu, cette
...
© ABB
Billy Charles, directeur
de la division Drive
Products d’ABB.
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© Schneider Electric © KEBA
© KEBA
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie
Le système complet KeDrive D3 comprend, en plus du variateur de vitesse, un module
de stockage de l’énergie et un système d’energy management.
Servomoteurs haute performance de la gamme DMS2.
...
Variateur de vitesse Altivar
Process ATV600.
énergie peut être directement utilisée par un autre
moteur en phase d’accélération. Lorsque l’énergie
excédentaire ne peut pas être consommée localement,
elle peut être réinjectée sur le réseau électrique,
au lieu d’être dissipée sous forme de chaleur
dans des résistances de freinage. »
Enfin, la qualité du variateur lui-même a un
impact sur la performance globale. Tous les
variateurs ne se valent pas en termes de rende-
Suivi du fonctionnement d’un moteur via le variateur de vitesse Altivar Process.
ment, comme le décrit Jan Gadras : « Certains
nécessitent plus d’énergie en entrée pour fournir la
même puissance au moteur. Il est donc essentiel de
disposer d’équipements offrant un facteur de puissance
élevé, afin de limiter les pertes entre l’entrée
et la sortie. »
Vers des équipements intelligents
et hyper efficaces
Les fabricants accélèrent aujourd’hui leurs développements
pour répondre à ces enjeux croissants
d’efficacité énergétique et de pilotage intelligent.
Côté moteurs, Mohamed Ait Moulay met en
avant « l’introduction de moteurs IE6 en standard
», notamment basés sur la technologie
SynRM. Cette gamme de moteurs, baptisée ABB
SynRM IE6 Hyper-Efficiency, est désormais disponible
en grandes tailles dans une large gamme
de puissance allant de 110 à 450 kW. Du côté
des variateurs, Billy Charles souligne le rôle des
gammes ACS580 et ACS880, qui couvrent respectivement
les applications générales et les process
industriels les plus exigeants : « Ces solutions
intègrent des fonctionnalités avancées comme
le contrôle direct de couple (DTC), qui permet
d’atteindre un niveau de précision comparable à
celui des moteurs à courant continu, ainsi que des
capacités de connectivité, de réduction des harmoniques
et de récupération d’énergie. »
Chez KEBA, les développements s’articulent
autour d’une approche systémique de l’énergie.
Jan Gadras met en avant « des solutions capables
de récupérer l’énergie lors des phases de freinage et
de la réinjecter sur le réseau, évitant ainsi les pertes
inutiles », à l’image des variateurs KeDrive D3 et
D5. Ces systèmes s’appuient également sur des
© Schneider Electric
Démarreur progressif Altivar ATS430.
modules capacitifs performants, capables de
stocker temporairement l’énergie de manière
dynamique. Cette énergie peut ensuite être réutilisée
lors des phases de forte demande, améliorant
ainsi l’efficacité globale de l’installation.
L’intégration de solutions de stockage d’énergie
intelligentes permet de sécuriser les processus
industriels face aux perturbations du réseau électrique.
En cas de microcoupures ou d’instabilités,
ils assurent une continuité de fonctionnement,
renforçant ainsi la disponibilité des équipements
et la productivité des lignes de production. Ces
dispositifs jouent un rôle de « buffer » énergétique,
contribuant à la fois à la réduction des
coûts liés aux appels de puissance et à l’amélioration
de la résilience des infrastructures.
© Schneider Electric
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie
En complément, Edouard van den Corput met
en avant les solutions développées par Schneider
Electric, notamment les variateurs Altivar Process
ATV600 et ATV900, conçus pour piloter à
la fois moteurs asynchrones et synchrones, avec
des fonctions avancées de régulation (PID), de
monitoring énergétique et de communication
industrielle. La version ATV680 Low Harmonic
est spécifiquement adaptée aux environnements
sensibles à la qualité du réseau.
Il cite par ailleurs les démarreurs progressifs Altivar
ATS430 et ATS490, qui permettent de limiter
les appels de courant et les contraintes mécaniques
dans les applications ne nécessitant pas de
variation de vitesse continue, ainsi que la gamme
Altivar Machine ATV320, destinée aux constructeurs
de machines confrontés à des contraintes
d’intégration fortes.
Enfin, il insiste sur l’approche globale au travers
de la plateforme EcoStruxure Motor Management,
qui vise à intégrer l’ensemble des composantes
du pilotage moteur (dimensionnement,
variation de vitesse, protection, qualité de l’énergie,
suivi des performances et cybersécurité)
dans une logique cohérente et interconnectée.
Des freins persistants, mais surmontables
Malgré ces avancées, plusieurs freins continuent
de limiter l’adoption de ces technologies. « Le
principal frein reste économique. Le coût d’investissement
est immédiat et parfaitement visible,
alors que les gains énergétiques s’inscrivent dans
le temps et sont parfois plus difficiles à quantifier
au moment de la décision », explique Jan Gadras.
À cela s’ajoutent des freins techniques et organisationnels.
L’intégration de variateurs introduit
une complexité supplémentaire. « On passe
d’un simple câblage électrique à des équipements
paramétrables, programmables, qui nécessitent des
© Schneider Electric
...
Intervention pour le suivi
du fonctionnement des
variateurs de vitesse.
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Deux moteurs sur la
chaîne de fabrication
de l’usine ABB de
Vaasa, en Finlande.
...
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LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie
compétences spécifiques », poursuit l’expert KEBA.
Cette complexité peut constituer un obstacle,
notamment pour les équipes de maintenance ou
dans des environnements où les compétences ne
sont pas disponibles. Elle peut également générer
une certaine réticence face au changement.
Il existe également des contraintes liées aux normes
et aux installations existantes, comme l’explique
Mohamed Ait Moulay : « Les moteurs anciens ne
respectent pas toujours les standards actuels, ce qui
peut nécessiter des adaptations mécaniques ou électriques
lors du remplacement des moteurs. »
Mais au-delà de ces aspects techniques, il y a une
dimension humaine, comme l’explique Mohamed
Ait Moulay : « Les équipes de maintenance
sont souvent réticentes à intervenir sur des équipements
qui fonctionnent depuis longtemps. Il
faut donc accompagner ce changement avec des
preuves concrètes et des résultats mesurables. »
Enfin, il existe des logiques industrielles, comme
la standardisation des équipements pour simplifier
la maintenance, qui peuvent conduire à privilégier
des solutions moins optimisées d’un point
de vue énergétique.
Un autre frein concerne l’intégration mécanique,
comme l’indique Nicolas Vlemynckx : « Les nouveaux
moteurs peuvent être plus longs ou présenter
des dimensions différentes, ce qui complique leur
installation dans des environnements contraints. »
Edouard van den Corput complète en évoquant
des contraintes liées « aux compatibilités électromécaniques,
au câblage, aux exigences CEM et à la
qualité du réseau », qui nécessitent une approche
rigoureuse lors des projets de rétrofit.
Enfin, les contraintes liées au process industriel
sont déterminantes, comme l’explique Billy
Charles : « Dans certains secteurs, les arrêts de
© ABB
production sont rares et planifiés longtemps à
l’avance. L’intégration de nouvelles solutions doit
donc être parfaitement anticipée et coordonnée
avec l’ensemble des intervenants. »
Une approche en coût global indispensable
Pour dépasser ces freins, il est nécessaire de changer
de référentiel d’analyse. Nicolas Vlemynckx rappelle
que l’indicateur clé reste le coût total de possession
ou TCO : « Le coût d’achat d’un moteur représente
environ 3 % de son coût global sur sa durée de vie.
La maintenance représente quelques pourcents supplémentaires,
tandis que l’énergie constitue la quasi-totalité
du coût. » Il est donc essentiel de raisonner
en termes de consommation énergétique, de retour
sur investissement et de réduction des émissions de
CO₂, plutôt qu’en coût d’acquisition immédiat.
Cette approche est renforcée par le cadre réglementaire
européen, qui impose progressivement des
niveaux de rendement minimum pour les moteurs
et les variateurs, incitant à raisonner sur le cycle de
vie complet des équipements.
Les retours d’expérience confirment la pertinence de
cette approche. Nicolas Vlemynckx affirme que les
gains sont systématiquement au rendez-vous : « Les
temps de retour sur investissement sont particulièrement
attractifs, se situant généralement entre trois et
quatre ans pour un remplacement de moteur seul, et
souvent en dessous de deux ans lorsqu’un variateur
est intégré. Dans certaines applications à fort potentiel,
comme les ventilateurs ou les pompes, ces délais
peuvent même descendre en dessous d’un an. »
Ces résultats illustrent l’intérêt d’une stratégie progressive,
consistant à cibler en priorité les équipements
les plus énergivores avant d’étendre les
actions à l’ensemble du parc.
Au-delà des technologies, qui évoluent à un rythme
soutenu, c’est bien un changement fondamental
qui se dessine, en sortant le moteur de son isolement
pour l’intégrer à un système énergétique
élargi, intelligent et interconnecté. Entre innovations
technologiques, digitalisation et nouvelles
approches de gestion de l’énergie, les industriels
disposent aujourd’hui de tous les leviers nécessaires
pour améliorer significativement leur performance
énergétique. L’enjeu consiste désormais à aligner la
vitesse sur le besoin réel, améliorer la disponibilité
des équipements et piloter finement les consommations,
une approche qui combine efficacité énergétique,
performance industrielle et durabilité. Reste à
lever les freins et à inscrire ces démarches dans une
vision de long terme. Car une chose est désormais
certaine : le potentiel est immense, et il ne demande
qu’à être pleinement exploité.
Alexandre Arène
LES DOSSIERS DU MOIS
Industrie
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SOLUTIONS
Sécurité
DEHN innove avec un parafoudre de
Type 1 intégrant la technologie ACI+
DEHN commercialise DEHNventil ACI, le premier parafoudre de
Type 1 à intégrer la technologie ACI, qui supprime le déconnecteur
en amont et facilite donc la protection contre les surtensions et
sa mise en œuvre dans l’installation électrique. DEHN élargit
ainsi sa gamme de parafoudres avec technologie ACI, jusqu’ici
dédiée aux parafoudres de Type 2, pour proposer une famille
de produits complète, répondant aux exigences croissantes en
matière de protection contre les surtensions dans les installations
électriques. Avec l’introduction de la technologie ACI dans les parafoudres de Type 1, DEHN adopte
une approche nouvelle. Le déconnecteur externe est remplacé par une combinaison éclateur et chambre
d’extinction intégrée directement dans le parafoudre. Cette conception assure une protection fiable contre
les surintensités, une isolation galvanique en fonctionnement normal, supprime les courants de fuite, et
garantit une excellente tenue aux surtensions temporaires (TOV).
www.dehn.fr
© DEHN
© Ledvance
Éclairage
Ledvance lance son nouveau Spot Combo Dim
Multi Select IP65/IP5X
Le Spot Combo Dim Multi Select IP65/IP5X de Ledvance s’impose comme une solution
d’éclairage innovante et complète. Avec une haute efficacité lumineuse pouvant atteindre
100 lm/W et un flux lumineux allant jusqu’à 600 lumens, il offre un éclairage performant
et maîtrisé, tout en garantissant une durée de vie de 50 000 heures (L70). Le
Spot Combo est gradable et mise sur une flexibilité maximale grâce à
ses sélecteurs intégrés en façade. En un geste, il est possible d’ajuster
la puissance (4,3 W ou 6 W) et la température de couleur (2 700 K,
3 000 K ou 4 000 K). Conçu pour simplifier le quotidien des installateurs
comme des prescripteurs, il est livré avec un filin de sécurité permettant,
au besoin, une installation conforme à la norme NF C 15-100. Recouvrable par tout isolant, il
affiche une protection IP65/IP5X.
www.ledvance.com
Datacenter
Legrand présente l’ASI modulaire
triphasée Keor FLEX
Keor FLEX de Legrand est une alimentation sans interruption (ASI) en ligne
à double conversion triphasée conçue pour les centres de données, offrant
une architecture modulaire entièrement échangeable à chaud qui assure une
croissance sans interruption, optimisant le coût total de possession (TCO).
Avec une efficacité allant jusqu’à 98,6 % en mode double conversion, le Keor
FLEX réduit considérablement la consommation d’énergie et les coûts de
refroidissement. Son design évolutif, prenant en charge jusqu’à 1,2 MW dans
un seul cadre et extensible à 4,8 MW, permet un dimensionnement optimal
de la puissance en fonction de la charge à protéger. Les modules entièrement
échangeables à chaud, l’accès total par l’avant et le diagnostic prédictif permettent
une maintenance et une opération de service simplifiées et confortables, réduisant
les coûts et augmentant la disponibilité.
www.legrand.fr
© Legrand
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SOLUTIONS
Câblage
Magic Elek innove avec un câble ultraplat sans
gaine plastique
Magic Elek a développé un câble ultraplat et sans plastique, capable de se fondre dans les
murs sans casser, sans bruit ni déchet. Dix ans de recherche, un brevet, une fabrication 100 %
française. La conception du câble Magic Elek exige plusieurs étapes de transformation du
cuivre : aplatissement, protection, assemblage, puis contrôles qualité successifs. Son câble
ultraplat élimine les gaines plastiques, réduit la durée des chantiers et supprime les gravats liés
aux travaux d’encastrement, sans aucune dépense d’énergie supplémentaire. Cette simplicité
d’usage permet également de valoriser les bâtiments anciens ou classés, souvent difficiles à
moderniser sans dénaturer leur structure et constitue une réponse technique adaptée aux
maisons en bois, bureaux à cloisons légères ou mobil-homes, où les saignées sont impossibles.
www.magicelek.com
© Magic Elek
© Socomec
Alimentation sans interruption
Socomec lance Masterys GP4 200-250 kVA/kW,
un onduleur à haut rendement
Socomec dévoile Masterys GP4 200-250 kVA/kW, son premier
onduleur intégrant des semi-conducteurs en carbure de silicium.
La topologie à trois niveaux et le recours à des semi-conducteurs au
carbure de silicium (SiC) confèrent à cet onduleur moyenne puissance
un rendement de 97 % sur une large plage de taux de charge (de 15 %
à 80 %). Il constitue une solution particulièrement flexible pour une
alimentation fiable des équipements critiques. Il vient compléter la
gamme Masterys GP4 (désormais de 10 à 250 kVA/kW), solution
d’alimentation sans interruption (ASI) monolithique conçue pour
protéger les installations critiques, notamment les bâtiments de santé et
les centres de données, contre les coupures de courant, les surtensions
et sous-tensions, les microcoupures, les ondulations et autres
distorsions électriques. L’ASI se décline en deux modèles, « Regular » et
« High-Efficiency ».
www.socomec.fr
Éclairage
Sylvania dévoile un Panel IP66 dédié
aux salles blanches
Le luminaire Panel IP66 de Sylvania, spécialement pensé pour
répondre aux besoins des salles blanches dans les hôpitaux,
les laboratoires et l’industrie pharmaceutique, réunit tous les
ingrédients pour répondre aux critères de la norme ISO 14644-1,
qui spécifie la classification de la propreté de l’air des salles propres. Le
luminaire est certifié conforme classe 2-9, ce qui signifie un nombre maximum
de particules autorisé ≥ 0,5 μm par m³ d’air. Il possède des bords arrondis qui éliminent toute prolifération
de sédiments et de bactéries, une conception sans vis pour un nettoyage facilité, une haute protection IP66 au
niveau de sa face avant et IP50 à l’arrière, un verre de sécurité trempé qui maintient l’étanchéité et lui confère une
excellente résistance aux chocs mécaniques (IK08), ainsi qu’une large plage de températures de fonctionnement,
de - 20° à + 60 °C.
www.sylvania-group.com
© Sylvania
j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 63
3 QUESTIONS À
Propos recueillis
par Alexandre Arène
‘‘
Notre objectif est simple : améliorer
l’efficacité énergétique, réduire l’impact
environnemental et optimiser les coûts
d’exploitation, le tout grâce aux données.
’’
Piero Giorgio Schiannini,
Global Marketing & Sales Leader,
Divisions Smart Power & Smart Buildings, ABB
© DR
Sous l’impulsion de l’électrification et de la transition vers la décarbonation, la
gestion de l’énergie devient un enjeu crucial pour les bâtiments. Parmi les leaders
dans les domaines de l’électrification et de l’automatisation, ABB se concentre
sur la convergence de l’électrification et des données afin d’améliorer la
performance énergétique et de réduire l’empreinte carbone des bâtiments. Piero
Giorgio Schiannini, Global Marketing & Sales Leader, Divisions Smart Power
& Smart Buildings du groupe ABB, partage cette vision, ainsi que son point de
vue sur les principales tendances du marché, notamment l’essor des systèmes
de gestion de l’énergie (EMS) et le rôle croissant du courant continu (DC).
Quelle est aujourd’hui votre stratégie
de développement produits chez
ABB ?
Notre stratégie repose sur une vision
claire de l’électrification, depuis la distribution
d’électricité jusqu’au point
d’utilisation. Notre objectif est simple :
améliorer l’efficacité énergétique,
réduire l’impact environnemental et
optimiser les coûts d’exploitation, le
tout en s’appuyant sur les données.
Grâce à un plus grand nombre de capteurs,
nous pouvons mesurer et analyser
les performances à tous les niveaux
d’un bâtiment. Cela nous permet de
transformer les données en informations
exploitables, favorisant ainsi une
gestion énergétique plus intelligente
et des opérations plus efficaces. Cette
approche s’étend à l’ensemble du système,
du réseau électrique à l’automatisation
des bâtiments et aux usages
finaux.
Pourquoi les systèmes de gestion
de l’énergie (EMS) deviennent-ils
incontournables ?
L’électrification s’accélère rapidement
et devient la norme dans la plupart des
domaines d’application, du chauffage
et de la climatisation à l’eau chaude,
en passant par l’éclairage ou les transports.
En conséquence, la demande en
électricité connaît une hausse structurelle.
Dans ce contexte, le défi est clair :
comment faire plus avec moins ? Cela
implique une compréhension fine des
usages, puis l’optimisation de la distribution.
C’est précisément là qu’interviennent
les systèmes de gestion
de l’énergie, qui permettent de mesurer,
d’analyser et de contrôler les flux
d’énergie. Il s’agit d’un besoin universel,
pertinent pour tous les types de
bâtiments, quelle que soit leur taille.
Par exemple, dans les projets de rénovation,
l’ajout de capacités de mesure
aide à identifier les gains d’efficacité
possibles.
Quels sont les grands enjeux
technologiques et marchés à venir ?
Plusieurs grandes tendances sont en
train de redéfinir le marché. Tout
d’abord, le rôle croissant du courant
continu (DC), porté par l’expansion
des énergies renouvelables, du stockage
par batterie et des véhicules
électriques. Bien qu’il reste des défis
techniques à relever, le DC repré-
sente une opportunité considérable,
en particulier dans des secteurs à
forte croissance comme les énergies
renouvelables et les datacenters.
L’expansion rapide des datacenters
eux-mêmes devient un domaine
prioritaire, alors que la numérisation
et l’IA continuent de stimuler
la demande en électricité. Parallèlement,
les énergies renouvelables
jouent un rôle de plus en plus central
dans le mix énergétique, créant
de nouvelles exigences quant à la
manière dont l’énergie est produite,
gérée et distribuée. Par ailleurs, nous
observons une forte croissance dans
des régions telles que l’Asie-Pacifique,
le Moyen-Orient et certaines
parties de l’Afrique, où l’urbanisation
et le développement des infrastructures
s’accélèrent. Ces marchés
investissent massivement dans de
nouveaux bâtiments et systèmes
énergétiques, souvent en mettant
l’accent sur l’efficacité dès le départ.
Dans toutes les régions et tous les
segments, la tendance est claire : la
demande s’oriente vers des bâtiments
plus connectés, plus efficaces sur le
plan énergétique et plus durables.
64 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
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3 QUESTIONS À
Propos recueillis
par Alexandre Arène
‘‘
Sans système de gestion technique
du bâtiment, il est impossible d’atteindre
les objectifs énergétiques.
’’
Susanne Seitz,
PDG de l’activité Smart Infrastructure Buildings
monde chez Siemens
© DR
Entre pression réglementaire, flambée des coûts de l’énergie et pénurie de
compétences, le secteur du bâtiment est à un tournant, sommé d’accélérer
sa transformation tout en gérant un parc existant massif. Siemens, à
travers son activité Smart Infrastructure Buildings, déploie une stratégie
centrée sur la donnée, l’automatisation et les services pour faire émerger
le bâtiment autonome, capable d’optimiser en continu ses performances
énergétiques et opérationnelles. À sa tête, Susanne Seitz détaille les
leviers de cette mutation, entre rénovation du parc, intelligence artificielle,
cybersécurité, évolution des marchés et nouveaux équilibres énergétiques.
Pouvez-vous présenter l’activité
Smart Infrastructure Buildings
et votre vision du Smart Building ?
ESI Buildings regroupe environ
29 000 personnes à l’échelle mondiale,
couvrant toute la chaîne de valeur :
R&D, production, vente et services
digitaux. Notre ambition est de devenir
leader des bâtiments autonomes, qui
est l’évolution logique du Smart Building.
La différence majeure aujourd’hui
tient à la connectivité généralisée des
équipements et à l’exploitation massive
des données, qui créent de la valeur sur
plusieurs axes : performance énergétique,
fiabilité des équipements, exploitation
et expérience utilisateur. Mais
ces choix restent guidés par les priorités
du propriétaire : réduire les coûts, améliorer
le confort ou atteindre des objectifs
environnementaux. Le véritable
défi réside dans la rénovation. Plus de
75 % des bâtiments de 2050 sont déjà
construits. Il faut donc planifier les
investissements en commençant par la
connectivité, puis déployer l’automatisation.
Sans système de gestion technique
du bâtiment, il est impossible
d’atteindre les objectifs énergétiques.
Le sujet n’est plus technologique, mais
organisationnel et financier.
Quels sont les principaux moteurs
du marché des bâtiments intelligents
et de l’efficacité énergétique ?
Le premier moteur est réglementaire,
avec des cadres comme la directive
EPBD et les objectifs CO₂, désormais
très proches. Ensuite, il y a un
facteur économique, avec le coût de
l’énergie, qui est très variable selon
les pays, mais toujours structurant.
Enfin, un enjeu majeur émerge partout
: la pénurie de main-d’œuvre
qualifiée. Les systèmes deviennent
plus complexes, combinant IT, OT et
IA, alors même que les experts historiques
partent à la retraite. Cela crée
une pression forte pour automatiser
tout en simplifiant la mise en œuvre
des solutions. Par ailleurs, certains
marchés verticaux tirent la croissance,
comme les datacenters, les
hôpitaux ou encore la défense. Tous
nécessitent des infrastructures performantes
et pilotées finement. Enfin,
les bâtiments deviennent des acteurs
du système énergétique capables de
stocker, d’équilibrer et d’optimiser les
flux énergétiques. Techniquement,
les systèmes de gestion de l’énergie et
les GTB permettent déjà d’aller loin.
Mais la flexibilité ne dépend pas seu-
lement de la technologie, elle repose
aussi sur les modèles économiques.
Les mécanismes de rémunération, les
règles imposées par les gestionnaires
de réseaux et le manque de standardisation
freinent encore le déploiement
à grande échelle.
Comment abordez-vous les enjeux
de cybersécurité et de complexité
croissante ?
La cybersécurité est au cœur de notre
stratégie. Ce n’est pas un sujet produit,
mais d’architecture globale, du
capteur au cloud. Nous investissons
massivement, avec des tests internes
et externes, des mises à jour continues
et une approche intégrée à
l’échelle du groupe. Par ailleurs, l’IA
va jouer un rôle clé. Nous intégrons
des modèles de langage capables
d’interagir directement avec les systèmes.
Un technicien peut simplement
décrire un problème à l’oral
et être guidé étape par étape. C’est
une rupture majeure : on passe de la
documentation ou des vidéos à une
interaction intelligente et contextualisée.
Cela permettra de compenser le
manque de compétences et d’accélérer
les déploiements.
66 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr
Le courant passe entre nous depuis 76 ans
923
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
WWW.FILIERE-3E.FR
ISSN 0758-3826 / MARS 2026
924
925
INDEX
Index des entreprises et organismes cités
AAA Data ........................................www.aaa-data.fr....................................................11
ABB.................................................https://new.abb.com/fr................. 17, 26, 32, 52, 53,
..........................................................................................54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 64
Advenir Formations........................https://advenir-formations.fr/..................................12
Airzone............................................www.airzonecontrol.com........................................29
Association IHF...............................www.ihf.fr................................................. 6, 7, 8, 14
Avere-France..................................www.avere-france.org.....................................12, 42
BACnet............................................https://bacnetfrance.org/..................... 10, 17, 26, 41
BBCA...............................................www.batimentbascarbone.org................................14
BV-comOffice..................................https://bvcom.de/..................................................46
Casambi..........................................https://casambi.com/fr/.........................................29
CATS...............................................www.cats-france.fr..........................................25, 28
CHU Caen Normandie.....................www.chu-caen.fr...................................................36
CHU de Nantes................................www.chu-nantes.fr.................................... 6, 7, 8, 32
DALI................................................www.dali-alliance.org......................................20, 27
Dehn...............................................www.dehn.fr.........................................................62
Drive to Zero...................................https://event.drivetozero.fr/....................................14
Driveco...........................................https://driveco.com/........................................32, 42
Effy.................................................www.effy.fr...........................................................12
Electra............................................www.go-electra.com/fr..........................................53
ENGIE Vianeo..................................www.engie-vianeo.com....................................51, 52
ESYLUX...........................................www.esylux.fr..................................................25, 29
Fédération hospitalière de France..www.fhf.fr.............................................................14
Festival Passibat'............................www.passibat.fr....................................................14
FNCCR.............................................www.fnccr.asso.fr..................................................12
France Air.......................................www.france-air.com...................................33, 36, 39
GIEC................................................www.ipcc.ch.........................................................12
Gireve.............................................www.gireve.com....................................................42
Hager..............................................https://hagergroup.com/fr.................... 18, 26, 43, 50
Hervé Thermique............................www.herve-thermique.com....................................38
Inlo Avocats....................................www.inlo.fr............................................................12
JEF 2026.........................................www.journees-ihf.com............................... 6, 7, 8, 14
Jung................................................www.jung-group.com/fr...................................19, 26
KEBA...............................................www.keba.com/fr/home................ 44, 48, 50, 51, 54,
..................................................................................................... 55, 56, 57, 58, 59, 60
KNX.................................................www.knx.fr..................10, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22,
................................................................................................23, 24, 25, 26, 27, 28, 29
Ledvance........................................www.ledvance.com..................................................2
Legrand..........................................www.legrand.fr......................................................62
Light + Building..............................https://light-building.messefrankfurt.com/........16, 17,
...................................................................................................................... 18, 19, 20,
....................................................................................21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29
Magic Elek......................................www.magicelek.com..............................................63
Matter....................................................................................................... 16, 18, 21, 26
MDT Technologies...........................www.mdt.fr.....................................................20, 27
Mean Well.......................................www.meanwell.com...............................................25
Medieco..........................................www.medieco.fr..............................................33, 34
Medipôle Lyon Villeurbanne............www.grandlyon.com..............................................33
Modbus...........................................www.modbus.org............................................26, 41
NRF 2026........................................www.nrfbigshoweurope.com..................................14
PEP ecopassport.............................http://www.pep-ecopassport.org//fr/.......................30
Préventica.......................................www.preventica.com.............................................14
PRISM.............................................https://prism-medical-protect.com/fr/.....................40
RATP...............................................www.ratp.fr...........................................................11
Renault...........................................www.renault.fr.......................................................11
Réseau Action Climat......................https://reseauactionclimat.org/...............................12
RTE.................................................www.rte-france.com..............................................11
SantExpo.........................................www.santexpo.com...............................................14
Schneider Electric..........................www.se.com/fr........................21, 27, 47, 54, 55, 56,
................................................................................................................. 57, 58, 59, 60
SEPEM Brest...................................https://brest.sepem-industries.com/.......................14
SEPEM Industries...........................www.sepem-industries.com...................................14
SERCE.............................................https://serce.fr/.....................................................12
Sibca...............................................https://sibca.fr/.....................................................14
Sibca Events...................................https://sibca.fr/.....................................................14
Siemens..........................................www.siemens.com/fr..................... 22, 27, 52, 53, 66
SIREA..............................................www.sireagroup.com.............................................45
Socomec.........................................www.socomec.fr........................................30, 43, 63
SolarEdge.......................................www.solaredge.com..................................42, 43, 46
Sovec..............................................www.sovec-groupe.fr.............................................43
Sylvania..........................................www.sylvania-group.com.......................................63
Syndicat ACR..................................https://acr-regulation.com/.....................................10
Tactis..............................................www.tactis.fr.........................................................12
Tesla...............................................www.tesla.com/fr_fr..............................................11
Tetradis...........................................www.tetradis.com............................................44, 45
Theben............................................www.theben.fr.................................................23, 28
Thermokon.....................................https://www.thermokon.de/fr-fr/.............................29
Thread............................................https://openthread.io/............................................18
Université de Cambridge................www.cam.ac.uk.....................................................11
Ville de Lorient................................www.lorient.bzh...............................................44, 45
Wago...............................................www.wago.com/fr...........................................47, 48
Wilo.................................................https://wilo.com/fr/fr/........................... 36, 38, 39, 41
Zehnder..........................................www.zehnder.fr...............................................34, 35
Zennio.............................................www.zennio.com.............................................24, 28
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