26.05.2026 Vues

J3e d'avril 2026 - Hôpital, une transition sous contrainte

J3e d'avril 2026 - Hôpital, une transition sous contrainte - Smart Hôpital : Concilier excellence médicale et efficacité énergétique - IRVE : Le déploiement des bornes ouvertes au public dopé par l’augmentation des puissances - Industrie : Les moteurs électriques et variateurs de vitesse au service de la performance énergétique...

J3e d'avril 2026 - Hôpital, une transition sous contrainte - Smart Hôpital : Concilier excellence médicale et efficacité énergétique - IRVE : Le déploiement des bornes ouvertes au public dopé par l’augmentation des puissances - Industrie : Les moteurs électriques et variateurs de vitesse au service de la performance énergétique...

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Le courant passe entre nous depuis 76 ans

HÔPITAL

UNE TRANSITION

SOUS CONTRAINTE

Smart Hôpital

Concilier excellence

médicale et efficacité

énergétique

IRVE

Le déploiement

des bornes ouvertes

au public dopé

par l’augmentation

des puissances

Industrie

Les moteurs électriques

et variateurs de vitesse

au service de la

performance énergétique

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

WWW.FILIERE-3E.FR

ISSN 0758-3826 / AVRIL 2026

925


2 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


ISSN 0758-3826 / AVRIL 2026

ÉDITO

Hôpital : une transition sous

contrainte, mais nécessaire

© DR

‘‘

Reste un paradoxe

majeur : l’énergie ne

représente que 4 %

environ du budget d’un

CHU. Les gains sont

réels, mais peu décisifs

face aux dépenses de

soins. Les arbitrages

restent donc contraints,

et la transition

dépendante des capacités

d’investissement.

’’

Le courant passe entre nous depuis 76 ans

HÔPITAL

UNE TRANSITION

SOUS CONTRAINTE

Smart Hôpital

Concilier excellence

médicale et efficacité

énergétique

IRVE

Le déploiement

des bornes ouvertes

au public dopé

par l’augmentation

des puissances

Industrie

Les moteurs électriques

et variateurs de vitesse

au service de la

performance énergétique

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

Dans

ce numéro :

J3e propose une vision des

transitions en cours dans les

hôpitaux et établissements de santé.

Entrée principale de l'Hôpital

de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

© Adobe Stock

WWW.FILIERE-3E.FR

925

Les hôpitaux concentrent toutes les tensions de la transition énergétique. Ultraénergivores,

ils représentent près de 12 % de la consommation du parc tertiaire

et consomment 40 à 45 % de plus qu’un bâtiment classique au mètre carré.

Fonctionnant 24 h/24, soumis à des exigences sanitaires strictes, ils ne peuvent ni ralentir

ni arbitrer au détriment du soin. Toute l’équation consiste à décarboner sans jamais

compromettre la continuité de service.

Il s’agit en premier lieu d’une transition patrimoniale. Un parc vieillissant, hétérogène,

difficile à adapter. Les premières optimisations ont été réalisées dans la plupart des

établissements, mais elles ne suffisent plus. Désormais, l’effort porte sur les postes les plus

énergivores, notamment la ventilation, la climatisation, les blocs opératoires, avec, à la clé,

des rénovations lourdes et complexes en sites occupés.

En parallèle, une autre dynamique s’accélère. Les projets neufs intègrent déjà les logiques

bas-carbone, avec des surcoûts évalués entre 5 et 10 % à la construction, mais une approche

pensée sur le cycle de vie. Deux modèles cohabitent : un existant contraint qui avance par

étapes, et des bâtiments neufs qui redéfinissent les standards.

Dans ce contexte, l’électrification s’impose comme un levier incontournable. Mais à l’hôpital,

elle ne peut se faire sans exigence de résilience : sécuriser les alimentations, garantir la

continuité, renforcer les infrastructures. La transition énergétique ne doit jamais fragiliser

le système.

Même logique côté digitalisation. Électrifier sans piloter ne permet pas d’atteindre les

objectifs. Capteurs, GTB, hypervision génèrent jusqu’à 24 % d’économies et plus. Surtout,

ils transforment la performance énergétique en fonction pilotée : suivre, analyser, anticiper.

La réglementation elle-même impose désormais cette maîtrise fine des consommations. La

donnée devient un élément de décision central.

Reste un paradoxe majeur : l’énergie ne représente que 4 % environ du budget d’un CHU.

Les gains sont réels, mais peu décisifs face aux dépenses de soins. Les arbitrages restent

donc contraints, et la transition dépendante des capacités d’investissement.

Au fond, le sujet dépasse la seule technique. Il interroge le modèle hospitalier. Demain,

les établissements devront être plus flexibles, plus modulaires, conçus pour évoluer sur

le long terme. Intégrer dès l’origine énergie, numérique et carbone comme des fonctions

structurantes. Entre un parc existant difficile à transformer et des projets neufs plus

vertueux, la trajectoire est engagée, mais progressive.

Dans ce numéro, J3e propose une vision des transitions en cours dans les hôpitaux et

établissements de santé, au travers d’une interview de Pierre Nassif, directeur du pôle

investissement & logistique du CHU de Nantes et président des Journées IHF 2026, et d’un

dossier portant sur les solutions pour concilier qualité des soins et performance énergétique.

Bonne lecture,

Alexandre Arène,

rédacteur en chef

j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 3


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j3e est édité par la société 3e Médias,

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SA au capital de 140 000 euros ;

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Siège social : 32 rue du Faubourg

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Poissonnière - 75010 Paris

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Bureaux : 17, rue de l’amiral Hamelin -

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75016 Paris

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Représentant légal : David Catelain.

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© 3e Médias, Paris.

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Reproduction interdite.

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Toutefois, des photocopies peuvent être

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réalisées avec l’autorisation de l’éditeur.

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Celle-ci pourra être obtenue auprès du

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Centre français du copyright, 20, rue des

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Grands-Augustins, 75006 Paris, auquel

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3e Médias a donné mandat pour le

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représenter auprès des utilisateurs.

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Tél. : + 33 (0)1 44 07 47 70

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Dépôt légal : avril 2026

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Conception graphique - Réalisation :

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Planète Graphique Studio - Paris 17 e .

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Impression : IPPAC / Imprimerie

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de Champagne 52500 Langres.

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Directeur de la publication : David Catelain

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Rédaction

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3e Médias

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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris

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Email : redaction@filiere-3e.fr

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Rédacteur en chef : Alexandre Arène

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Ont collaboré à ce numéro :

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Jean-Paul Beaudet

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et Jean-François Moreau.

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Marketing & Publicité

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3e Médias

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Sandrine de Montmorillon

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Responsable publicité print & digital

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3e Médias

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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris

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Tél. + 33 (0) 6 51 30 28 68

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sdm@filiere-3e.fr

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Diffusion

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Relations abonnements

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Juliette Aguelon

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compta.3emedias@gmail.com

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Pour l’étranger : 165 € HT franco ;

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185 € HT par avion

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Prix au numéro : 17 €

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Corrections

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Laurence Chabrun

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laurencechabrun@gmail.com

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© DR

‘‘

L’énergie représente

environ 4 % du budget

d’un CHU. Même avec des

gains importants, cela reste

marginal à l’échelle globale.

06

INTERVIEW

Pierre Nassif

Directeur du pôle investissement

& logistique du CHU de Nantes et

président des Journées IHF 2026

10

ACTUALITÉS

10 / Plan d’électrification

Le gouvernement précise sa

feuille de route pour réduire la

dépendance aux énergies fossiles

GTB

Un marché en légère croissance de

3,5 %, tiré par la rénovation

11 / Datacenters

Des scientifiques mettent le doigt

sur l’impact thermique local

Véhicule électrique

Les ventes au plus haut en mars,

tirées par les flottes professionnelles

Nomination

Émilie Piette nommée à la

présidence du directoire de RTE

DANS CE NUMÉRO

’’

Pierre Nassif

© DR

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hôpital

33

CONCILIER EXCELLENCE MÉDICALE

ET EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

12 / Économies d’énergie

Effy crée le pôle « Entreprises et

Collectivités » pour accélérer sur le

marché B2B

IRVE

Un livre blanc pour guider les

collectivités dans leurs choix

contractuels

Climat

Les impacts région par région,

d’après les scénarios du GIEC

14

AGENDA

16

ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026 : zoom sur les

évolutions et les tendances de KNX

17 / Lutz Steiner, ABB

18 / Victor Méndez, Hager

19 / Sascha Kniep, JUNG

20 / Marcel Gramann, MDT

Technologies

21 / Sami Shaikh, Schneider Electric

22 / Yann Plévin, Siemens

4 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


© Driveco

IRVE

42

LE DÉPLOIEMENT DES BORNES

OUVERTES AU PUBLIC DOPÉ PAR

L’AUGMENTATION DES PUISSANCES

23 / Jens Wierichs, Theben

24 / Franck Camus, Zennio France

25 / Patrick Poulouin, CATS

25 / Alexandre Wallyn, ESYLUX France

26 / Nouveautés KNX

Light+Building 2026

30

ANALYSE

Revamping des datacenters :

passer du remplacement à

la modernisation

15

DÉVELOPPEMENTS

15 / Benoit Hémon

Directeur général d’EPSA Energy

16 / Mathieu Rochard

Cofondateur et directeur général

de Symphonics

17 / Christophe Rémy

Directeur de la Business Line HSE,

Tennaxia

62

SOLUTIONS

La sélection de la rédaction

DANS CE NUMÉRO

© ABB

Industrie

54

LES MOTEURS ÉLECTRIQUES

ET VARIATEURS DE VITESSE AU

SERVICE DE LA PERFORMANCE

ÉNERGÉTIQUE

64

3 QUESTIONS À

64 / Piero Giorgio Schiannini, Global

Marketing & Sales Leader, Divisions Smart

Power & Smart Buildings, ABB

66 / Susanne Seitz, PDG de l’activité Smart

Infrastructure Buildings monde chez

Siemens

67

INDEX DES ENTREPRISES

ET ORGANISMES CITÉS

LISTE DES ANNONCEURS :

• 2 e COUV – KNX

• 4 e COUV – AIRZONE

• P. 9 - ENERJ-MEETING

• P. 13 - REUSE ECONOMY EXPO

• P. 15 - SEPEM BREST

• P. 31 - DRIVE TO ZERO

• P. 35 - SOCOMEC

• P. 37 - SYLVANIA

• P. 39 - WILO

• P. 49 - WAGO

• P. 61 - INDUSTRIE TIME

• P. 65 - ABB

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David Catelain

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Directeur de la publication

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Alexandre Arène

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Rédacteur en chef

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alexandre.arene@filiere-3e.fr

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Jean-François Moreau

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Journaliste spécialiste supervision,

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efficacité énergétique, BIM

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journalistes@filiere-3e.fr

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Jean-Paul Beaudet

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Journaliste spécialiste

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datacenters, stockage de

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l’énergie, énergies renouvelables,

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véhicules électriques et IRVE

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journalistes@filiere-3e.fr

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Sandrine de Montmorillon

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Responsable publicité,

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partenariats & réseaux sociaux

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Groupe 3e Médias

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sdm@filiere-3e.fr

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j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 5


INTERVIEW

Propos recueillis par Alexandre Arène

Pierre Nassif

Directeur du pôle investissement &

logistique du CHU de Nantes

et président des Journées IHF 2026

© DR

‘‘

L’énergie représente environ 4 % du budget

d’un CHU. Même avec des gains importants,

cela reste marginal à l’échelle globale.

’’

Face aux impératifs de décarbonation, d’efficacité énergétique et de transformation

numérique, les hôpitaux sont aujourd’hui engagés dans des mutations profondes

qui interrogent à la fois leurs modèles techniques, économiques et organisationnels.

L’association des Ingénieurs Hospitaliers de France (IHF) fédère les professionnels de

l’ingénierie hospitalière et organise chaque année les Journées d’Études et de Formation, un

rendez-vous national dédié aux retours d’expériences, au partage de bonnes pratiques et aux

enjeux du secteur. À l’occasion de l’édition 2026, qui se tiendra à Nantes du 17 au 19 juin,

Pierre Nassif, directeur du pôle investissement & logistique du CHU de Nantes et président

des Journées IHF, revient sur le rôle structurant de l’ingénierie hospitalière, les défis de la

transition du parc existant, les impacts des réglementations et, plus globalement, sur les

grandes tendances qui dessinent l’hôpital de demain.

Quel rôle joue aujourd’hui l’ingénierie

hospitalière dans les grandes transitions

du secteur ?

Pierre Nassif - Le rôle de l’ingénierie hospitalière

est fondamental et structurant. Elle se situe

à l’interface de tous les acteurs : les patients, qui

sont toujours notre premier point de référence,

les gestionnaires qui arbitrent les investissements,

et l’ensemble de la chaîne de conception

et de réalisation, qui comprend les industriels,

bureaux d’études, architectes et entreprises.

Nous sommes véritablement le point de convergence

de cet écosystème. Si cette fonction n’est

pas pleinement intégrée, les projets peuvent

dériver avec une mauvaise compréhension des

usages, des réponses techniques inadaptées ou

encore une lecture trop rigide de la réglementation.

Notre rôle consiste justement à faire le lien,

à traduire les besoins, à hiérarchiser les priorités.

Cela vaut aussi pour les certifications environnementales.

Les appliquer de manière systématique

n’a pas de sens si l’on ne les adapte pas

aux spécificités hospitalières. L’ingénierie hospitalière

doit donc être à la fois technique, stratégique

et profondément ancrée dans l’usage.

Quels sont les principaux défis auxquels font

face les directions techniques aujourd’hui ?

P. N. - Ils sont doubles et indissociables. Le premier

est patrimonial, car une part importante

du parc hospitalier est vieillissante. Ces bâtiments

ne sont plus adaptés, ni aux exigences climatiques

actuelles ni aux conditions de travail

attendues par les soignants. Le second défi est

financier. Les ressources d’investissement sont

contraintes, ce qui impose des arbitrages permanents.

Dans les faits, les priorités vont naturellement

vers le soin et les équipements biomédicaux,

ce qui est légitime. Mais cela signifie que

le bâti et la performance énergétique passent

souvent au second plan.

Notre valeur ajoutée est précisément de faire

les bons choix, au bon moment, avec une vision

globale. On ne peut pas tout faire, donc il faut

prioriser intelligemment.

Comment la réglementation,

notamment la RE2020, impacte-t-elle

les projets hospitaliers ?

P. N. - La RE2020 marque une rupture. Elle

s’appliquera aux hôpitaux dont les permis de

6 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


INTERVIEW

Pierre Nassif

construire sont déposés à partir de mai 2026. Elle

introduit plusieurs indicateurs structurants : le

besoin bioclimatique (Bbio), la consommation

d’énergie primaire (CEP), l’impact carbone de

l’énergie et de la construction (IC énergie et IC

construction), ainsi que le confort d’été (DH

max). Le problème, c’est que nous manquons

de repères. Certains indicateurs n’étaient pas

mesurés auparavant, ce qui rend leur appropriation

complexe. Nous sommes dans une phase

d’acculturation, avec une vraie incertitude sur

notre capacité à atteindre les objectifs environnementaux

et leurs impacts financiers sur nos

projets, estimés entre + 4 % et + 10 %. Même

chez les experts de ces sujets, les interrogations

demeurent : les seuils sont-ils adaptés aux spécificités

hospitalières, qui sont très énergivores

par nature ? Aujourd’hui, personne ne peut

répondre avec certitude.

Qu’en est-il des autres réglementations

comme le décret tertiaire ou le BACS ?

P. N. - Ces dispositifs sont désormais bien intégrés.

Nous avons acquis une forme de maturité

sur les premières actions, les plus atteignables

sans investissements lourds, qui représentent

80 % des gains potentiels. En revanche, la dernière

marche sera beaucoup plus difficile à

franchir, en particulier pour les établissements

anciens. Sans rénovation lourde, certains objectifs

seront très compliqués à atteindre. Cela

pose clairement la question des moyens et des

priorités. Nous sommes également soumis à des

réglementations sur la végétalisation, la gestion

de l’eau, la production d’énergie renouvelable,

l’électrification des parkings… La végétalisation,

par exemple, est devenue quasi incontournable

en zone urbaine. Mais elle est plutôt vertueuse,

car elle améliore l’isolation et l’inertie thermique.

Sur les bornes de recharge pour véhicules

électriques, la situation est plus nuancée.

Les usages restent encore limités, notamment

pour les personnels. En revanche, l’électrification

des flottes hospitalières progresse, même si

le coût des véhicules lourds reste un frein.

La réglementation est-elle une contrainte

ou une opportunité ?

P. N. - C’est clairement une opportunité. Elle

pousse à améliorer nos pratiques et à aller dans

le bon sens. À condition de ne pas la subir. Nous

encourageons une approche proactive. S’engager

volontairement permet non seulement de progresser,

mais aussi d’influencer les règles. Cela

passe par la participation à des groupes de travail,

ou par des retours d’expérience structurés

auprès des pouvoirs publics. Mais, encore une

fois, tout ramène à la question du financement.

Quelles sont les grandes tendances

technologiques aujourd’hui ?

P. N. - Le fil conducteur, c’est le lien entre investissement

et exploitation. Chaque décision d’investissement

est analysée à l’aune des économies

qu’elle générera. Après les « quick wins » comme

le remplacement des sources d’éclairage par des

leds, les enjeux se concentrent sur les systèmes les

plus énergivores : ventilation, chauffage, climatisation,

notamment dans les blocs opératoires ou

les laboratoires. La grande transformation, c’est

l’hypervision, qui nous permet de connecter les

systèmes, centraliser les données, et piloter en

temps réel. Cela passe par des jumeaux numériques

et une instrumentation fine des bâtiments.

L’intelligence artificielle ouvre aussi de nouvelles

perspectives, notamment en maintenance prédictive.

On ne remplace plus un équipement à

date fixe, mais en fonction de son état réel et des

projections. Cela permet une gestion beaucoup

plus fine des ressources.

Quel rôle joue la donnée dans l’exploitation ?

P. N. - Elle est devenue essentielle. Encore faut-il

qu’elle soit disponible, exploitable et exploitée.

Cela suppose une évolution des compétences.

Aux côtés des techniciens apparaissent des profils

capables d’analyser la data. Certains établissements

intègrent désormais de véritables spécialistes

de la donnée dans leurs équipes techniques.

Le défi est aussi organisationnel : disposer des

ressources humaines nécessaires pour transformer

la donnée en décisions opérationnelles.

Comment sont organisés les liens entre

exploitation technique et achat d’énergie ?

P. N. - Il n’existe pas de lien direct entre exploitants

techniques et acheteurs. En revanche, les

achats d’énergie se professionnalisent fortement.

Dans les CHU, ils sont souvent mutualisés via

des centrales d’achats, avec des profils spécialisés

capables d’intervenir sur des marchés complexes,

y compris avec des composantes à prix

variables. Les contrats à prix fixe sur plusieurs

années ont quasiment disparu.

L’achat d’énergie devient donc une expertise à

part entière.

Quelles sont les clés de réussite d’un projet

hospitalier ?

P. N. - Deux facteurs sont déterminants.

D’abord, la qualité des concepteurs. Ensuite,

la solidité de l’équipe de maîtrise d’ouvrage. Il

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INTERVIEW

Pierre Nassif

‘‘

Les Journées IHF 2026 s’articulent autour

d’un fil conducteur central : la réussite des

grands projets hospitaliers, avec pour illustration

le retour d’expérience du futur CHU de Nantes.

’’

faut une équipe technique compétente, stable,

impliquée dès le départ et jusqu’à l’exploitation.

La continuité et la traçabilité des décisions sont

essentielles. Sans cette cohérence dans le temps,

le projet perd en efficacité.

Comment concilier exigences médicales,

techniques et financières ?

P. N. - Il s’agit d’un enjeu organisationnel fort. Je

peux vous donner l’exemple du CHU de Nantes.

Nous avons structuré un pôle technique intégrant

toutes les compétences, y compris le numérique.

Cela permet une vision globale et évite les

silos, qui sont néfastes à la performance globale.

Mais cela suppose aussi des ressources humaines

importantes. Sur un grand CHU, la fonction

technique et logistique peut représenter plusieurs

centaines de personnes. Au final, ce sont

les équipes qui font la réussite des projets.

Où en est le secteur en matière

de performance énergétique ?

P. N. - Nous sommes engagés, ce qui est déjà

essentiel. Les logiques de cycle de vie, y compris

la déconstruction, commencent à être intégrées.

Mais nous sommes encore au début du chemin,

notamment en raison des cycles très longs du

bâtiment. Entre l’émergence d’une solution et sa

mise en œuvre, il peut s’écouler 10 à 15 ans, voire

beaucoup moins aujourd’hui. En comparaison,

entre la construction et la démolition des bâtiments,

la durée des cycles est plus proche des

50 ans. L’amélioration de la performance énergétique

a souvent lieu en début ou en milieu de

cycle, lors des opérations de rénovation.

Quel regard portez-vous sur l’état

du parc hospitalier ?

P. N. - Il est très hétérogène. Certains établissements

récents sont performants, mais beaucoup

sont vieillissants et nécessitent des investissements

lourds. Le principal frein reste le financement.

Une reconstruction peut représenter l’équivalent

d’une année complète de budget d’exploitation.

Le modèle repose sur trois tiers : subventions,

emprunt et autofinancement. Or, sans capacité

d’autofinancement, les projets ne peuvent pas voir

le jour. De nombreux établissements sont donc en

attente, malgré des besoins urgents.

Les économies d’énergie sont-elles un levier

financier significatif ?

P. N. - Elles sont utiles, mais leur impact reste

très limité. L’énergie représente environ 4 %

du budget d’un CHU. Même avec des gains

importants, cela reste marginal à l’échelle globale.

Les principaux postes de dépenses restent

les ressources humaines (environ 70 %) et les

médicaments. Cela n’enlève rien à l’intérêt des

démarches d’efficacité énergétique, mais il faut

en mesurer correctement les effets.

Quels seront les temps forts des Journées

IHF 2026 ?

P. N. - Les Journées IHF 2026 s’articulent

autour d’un fil conducteur central : la réussite

des grands projets hospitaliers, avec pour illustration

le retour d’expérience du futur CHU

de Nantes, abordé sous plusieurs dimensions.

Quatre grands axes structurent le programme.

Le premier traite de la conduite des projets hospitaliers

complexes. Le deuxième est consacré

au numérique, à la robotique et à l’intelligence

artificielle, avec des applications concrètes

comme le BIM Exploitation, les jumeaux

numériques ou l’optimisation des flux. Le troisième

axe porte sur l’énergie, la résilience et la

performance environnementale, à travers des

retours d’expérience et des démarches opérationnelles.

Enfin, une ouverture internationale

viendra enrichir les réflexions, avec des

exemples européens et des coopérations. Ces

thématiques seront mises en perspective lors de

deux séances plénières et déclinées dans 8 ateliers

thématiques couvrant les grands enjeux

de l’ingénierie hospitalière. Un espace d’exposition,

des forums d’échanges et une visite technique

du nouveau CHU de Nantes viendront

compléter le dispositif, dans un esprit à la fois

professionnel et convivial.

Pour finir, comment imaginez-vous

l’hôpital de 2050 ?

P. N. - La clé sera la modularité. Les bâtiments

devront être capables d’évoluer dans le temps,

en fonction des besoins. Historiquement, les

hôpitaux étaient conçus de manière monolithique.

Demain, chaque fonction devra

pouvoir être transformée, déplacée ou remplacée.

Cette évolution passera d’abord par

l’architecture, et la technique suivra. Car si

l’on peut anticiper certaines évolutions, il reste

très difficile de projeter les besoins médicaux à

cinquante ans. L’hôpital de demain sera donc

avant tout flexible, adaptable et pensé sur le

long terme.

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ACTUALITÉ

Plan d’électrification

Le gouvernement précise sa feuille de route pour

réduire la dépendance aux énergies fossiles

Le gouvernement

accélère sa stratégie

d’électrification de

l’économie afin de

réduire la dépendance

de la France aux

hydrocarbures importés,

dans un contexte de

tensions géopolitiques

et de hausse des prix de

l’énergie. À la demande

du Premier ministre

Sébastien Lecornu,

chaque ministère a

été chargé d’identifier

rapidement des actions

prioritaires, avec une

ambition affichée :

ramener la part du pétrole

dans la consommation

énergétique de 60 %

à 40 % d’ici 2030.

L’électrification, au-delà

de l’enjeu climatique,

est désormais présentée

comme un levier de

souveraineté nationale.

Parmi les pistes

avancées, le financement

des mesures pourrait

s’appuyer en partie sur

les recettes fiscales

supplémentaires liées à

la hausse des carburants.

Le ministre chargé

des Comptes publics,

David Amiel, doit ainsi

étudier l’affectation de

ces « surplus », tandis

que des financements

complémentaires sont

envisagés avec des

acteurs institutionnels

et bancaires pour

accompagner les

investissements,

notamment dans les

secteurs les plus exposés

aux coûts énergétiques.

Le plan repose en priorité

sur l’électrification des

transports, premier

poste de consommation

d’énergies fossiles. Le

ministre de l’Économie,

Roland Lescure, est

chargé de structurer cette

transition, notamment

via le développement de

solutions accessibles aux

professionnels fortement

dépendants de leur

véhicule. Les travaux

préparatoires menés

par plusieurs groupes

d’experts convergent

vers des mesures

jugées consensuelles :

accélération du

déploiement des

infrastructures de

recharge, simplification

des procédures et

meilleure coordination

entre acteurs publics

et privés. Le bâtiment

constitue un autre axe

structurant, avec la

poursuite de la sortie

du gaz au profit de

solutions électriques,

en particulier dans le

logement neuf et social.

Le ministre du Logement,

Vincent Jeanbrun, doit

préciser les modalités

opérationnelles de cette

évolution, en s’appuyant

sur les dispositifs d’aide à

la rénovation énergétique.

Dans l’industrie, le

travail porte à la fois

sur l’identification des

procédés pouvant être

décarbonés à horizon 2030-

2035 et sur le renforcement

des capacités nationales de

production d’équipements

électriques stratégiques,

sous la responsabilité du

ministre Sébastien Martin.

Au total, cette feuille de

route vise à structurer une

transformation profonde

des usages énergétiques,

en conciliant contraintes

économiques, objectifs

climatiques et impératifs

de souveraineté. Le plan

final, attendu à court

terme, devra préciser les

priorités opérationnelles

et les moyens mobilisés

pour accélérer cette

électrification à l’échelle

nationale.

GTB

Un marché en légère croissance de 3,5 %,

tiré par la rénovation

Lors de son point

presse annuel, le

syndicat ACR a constaté

que le marché de la

GTB atteignait une

croissance de 3,5 % en

2025, dans un contexte

immobilier marqué par

un effondrement de la

construction neuve.

La dynamique repose

essentiellement sur la

rénovation, devenue

le principal moteur du

secteur, tandis que le

tertiaire de bureaux reste

en difficulté, avec des

taux de vacance élevés.

Cette évolution traduit

une transformation

structurelle : 75 % des

bâtiments de 2050 étant

déjà construits, le marché

bascule vers l’exploitation

et la performance des

installations existantes.

Les solutions de

régulation CVC et de

GTB en rénovation

tirent l’activité, avec

une progression des

équipements standardisés

et des protocoles

ouverts, appuyés par

les référentiels EN

ISO 52120, BACnet et

KNX. Le syndicat souligne

également un enjeu

majeur d’exploitation,

car ses porte-parole

soulignent que près

d’une GTB sur deux

serait insuffisamment

utilisée, ce qui renforce

le rôle des services, de

la maintenance et des

contrôles réglementaires,

notamment dans le cadre

du décret BACS. Enfin,

les membres du syndicat

ACR mettent en avant

l’accélération des enjeux

de cybersécurité, avec

l’entrée en vigueur dans

les années à venir de

trois réglementations : le

Cyber Resilience Act de la

Commission européenne,

la directive NIS 2, ou la

réglementation DORA,

qui structurent désormais

la filière. Si les solutions

techniques existent,

leur déploiement et leur

appropriation par les

maîtres d’ouvrage restent

un défi, en particulier

dans le petit et moyen

tertiaire.

10 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


ACTUALITÉ

Datacenters

Des scientifiques mettent le doigt sur l’impact

thermique local

Une étude de

l’université de

Cambridge met en

évidence un effet

environnemental jusqu’ici

peu exploré des grands

datacenters dédiés à

l’intelligence artificielle :

leur contribution au

réchauffement local des

territoires environnants.

En s’appuyant sur

l’analyse de plus de

6000 « hyperscalers » et

sur vingt ans de données

de température issues

de capteurs distants, les

chercheurs observent

qu’après la mise en

service d’un centre de

données, la température

de surface augmente en

moyenne de 2 °C autour

des installations. Dans

certains cas extrêmes,

la hausse peut atteindre

près de 9 °C. L’étude

souligne également

que ces effets ne se

limitent pas au voisinage

immédiat des sites,

mais peuvent s’étendre

jusqu’à 10 kilomètres,

et concerner des zones

habitées importantes,

représentant

potentiellement jusqu’à

340 millions de personnes

à l’échelle mondiale. Des

phénomènes similaires

ont été observés dans

plusieurs régions

fortement dotées

en infrastructures

numériques, comme le

Mexique ou certaines

zones d’Espagne. Ces

résultats, qui n’ont pas

encore été évalués par

des pairs, interviennent

dans un contexte de forte

expansion des centres

de données liés à l’IA.

Les auteurs estiment que

cette dynamique pourrait

accentuer les effets

observés, en parallèle

d’un réchauffement

climatique global déjà à

l’œuvre.

Véhicule électrique

Les ventes au plus haut en mars, tirées par les flottes

professionnelles

Le marché de la voiture

électrique confirme

sa dynamique en France.

En mars, les véhicules

particuliers 100 %

électriques ont atteint 28 %

de part de marché, égalant

leur record historique de

janvier, selon les données

d’AAA Data. Dans le

même temps, le marché

global des voitures neuves

repart à la hausse, avec

176633 immatriculations

sur le mois. La progression

est encore plus marquée

sur le marché de

l’occasion, où les ventes

de véhicules électriques

bondissent de 47 % sur

un an. Au total, plus d’un

véhicule sur quatre vendu

est désormais électrique,

une tendance que le

cabinet d’analyse juge

structurelle, même si elle

reste à confirmer dans un

contexte marqué par les

tensions sur les prix de

l’énergie. Cette dynamique

est largement portée par

les flottes professionnelles,

qui représentent environ

60 % des ventes en Europe.

En mars, 41 % de leurs

achats ont concerné des

modèles électriques,

en hausse de 77 % sur

un an. Selon AAA Data,

le durcissement des

réglementations en France

joue un rôle déterminant

dans l’accélération du

verdissement de ces parcs,

faisant des flottes un levier

central de décarbonation

du marché automobile. Sur

le plan des constructeurs,

Renault conserve la

première place sur

l’électrique avec près de

20 % de part de marché,

suivi de Tesla, dont les

ventes ont fortement

progressé sur le trimestre.

La Tesla Model Y reste

le modèle le plus vendu,

devant la Renault 5

produite à Douai. Malgré

ces signaux positifs, le

marché reste globalement

en retrait depuis le début

de l’année (- 2,08 %), avec

des commandes en

baisse de 10 %, laissant

présager un premier

semestre encore sous

pression.

Nomination

Émilie Piette nommée à la présidence du directoire de RTE

Le conseil de

surveillance de RTE,

réuni le 30 mars dernier,

a nommé Émilie Piette en

qualité de présidente du

directoire de RTE, après

approbation du ministère

chargé de l’Énergie

et délibération de la

Commission de régulation

de l’énergie (CRE) relative

au respect des conditions

d’indépendance fixées

par le code de l’énergie.

Son mandat a débuté le

7 avril dernier, pour la

durée restant à courir du

mandat du directoire, soit

jusqu’au 31 août 2030.

Âgée de 48 ans, Émilie

Piette travaillait depuis

2023 à la présidence de

la République, en tant

que secrétaire générale

adjointe en charge des

pôles économie (industrie,

numérique, attractivité…)

et du pôle vert (climat,

environnement, énergie,

transport, logement,

agriculture). Émilie

Piette succède à Xavier

Piechaczyk, nommé en

2020 à la présidence

du directoire de RTE,

et récemment appelé

à exercer les fonctions

de président-directeur

général du groupe

RATP.

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ACTUALITÉ

Économies d’énergie

Effy crée le pôle « Entreprises et Collectivités »

pour accélérer sur le marché B2B

Effy, acteur de

l’efficience

énergétique pour

les particuliers et les

artisans, accélère

la diversification de

ses activités avec le

développement de

solutions dédiées aux

grands consommateurs

d’énergie. Le pôle

« Entreprises et

Collectivités » regroupera

des activités d’audits et

d’études énergétiques

réalisées en amont par

son bureau d’études

interne (Assistant

Renov), ainsi que la

valorisation des CEE

(certificats d’économie

d’énergie) opérée

en aval par sa filiale

dédiée (Effy Cert). Ce

pôle est consacré aux

actions de performance

énergétique réalisées

dans le résidentiel

collectif, les bâtiments

tertiaires privés ou

publics, l’industrie ainsi

que la mobilité, soit

directement auprès

des consommateurs,

soit indirectement avec

l’appui d’installateurs ou

de partenaires. Relancée

il y a dix-huit mois,

l’activité B2B d’Effy s’est

fortement intensifiée.

Elle représentait déjà,

fin 2025, près de 25 %

du chiffre d’affaires du

groupe. Ce déploiement

s’inscrit également dans

le contexte de l’entrée en

vigueur de la 6 e période

des CEE.

IRVE

Un livre blanc pour guider les collectivités

dans leurs choix contractuels

Publié le 30 mars 2026

à l’initiative de l’Avere-

France, de la FNCCR,

d’Advenir Formation et

du SERCE, le livre blanc

L’action publique locale au

défi de la démocratisation

de la recharge propose

un cadre méthodologique

pour accompagner

le déploiement des

infrastructures de recharge

ouvertes au public.

Réalisé par Tactis et Inlo

Avocats, ce document

s’adresse en priorité aux

collectivités locales et

syndicats d’énergie,

en première ligne dans

le maillage territorial.

Dans un contexte où les

transports représentent

31 % des émissions de gaz

à effet de serre, l’essor

du véhicule électrique

impose une accélération

des déploiements. Les

collectivités doivent

composer avec des

modèles économiques

encore fragiles et un cadre

réglementaire complexe.

Le livre blanc passe

en revue les différents

montages juridiques

mobilisables (concessions,

marchés globaux de

performance, appels à

initiatives privées, contrats

mixtes), en analysant leurs

conditions de pertinence

selon les territoires.

Il insiste notamment

sur l’articulation entre

compétence voirie et

IRVE, ainsi que sur le

rôle structurant des

conventions d’occupation

du domaine public. Véritable

outil opérationnel, ce guide

vise à sécuriser les projets

et à aider les décideurs

publics à arbitrer dans un

environnement en mutation

rapide. Il est disponible en

téléchargement gratuit sur

le site de l’Avere-France.

Climat

Les impacts région par région, d’après les scénarios

du GIEC

Le Réseau Action

Climat publie France.

Urgence climat – Les

impacts région par région,

d’après les scénarios du

GIEC, un ouvrage d’Anne

Bringault et Benjamin

Crettenand, préfacé

par Valérie Masson-

Delmotte, consacré

aux conséquences du

changement climatique

en France. Basé sur les

scénarios du GIEC, le

livre met en évidence

l’intensification des

événements extrêmes

sur le territoire :

sécheresses records,

mégafeux dans le

Sud-Ouest, inondations

dans plusieurs régions

et épisodes de chaleur

dépassant régulièrement

les 40 °C. Les auteurs

soulignent une hausse

de la fréquence et

de l’intensité de ces

phénomènes. Illustré de

cartes et d’infographies,

l’ouvrage propose

une lecture régionale

des impacts actuels

et futurs, avec des

projections à 2050 et

2100. Il met en avant

les enjeux d’adaptation

des territoires face

aux transformations

climatiques en cours.

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AGENDA

19 au 21 mai

2 et 3 juin

2 et 3 juin

16 au 18 juin

SANTEXPO

Paris Expo,

porte de Versailles

SantExpo est le salon

annuel de référence de

l’écosystème santé et

médico-social en France,

organisé par la Fédération

hospitalière de France

(FHF). L’événement réunit

plus de 30 000 professionnels

et 650 exposants, et propose

un programme riche avec

conférences, agoras et prises

de parole d’experts couvrant

l’innovation, les technologies

numériques, les parcours

de soins, l’expérience

patient, l’équipement

et la transformation des

établissements de santé.

https://www.santexpo.com

SEPEM BREST

Parc des expositions

Penfeld, Brest

Depuis près de 20 ans, les

salons SEPEM Industries

(Salon des équipements,

process et maintenance)

rassemblent les acteurs

de toutes les filières

industrielles pour favoriser

l’innovation, la durabilité et

la digitalisation. Avec plus

de 50 éditions organisées

dans 8 régions françaises

et une édition en Italie, ces

événements mettent en

valeur les savoir-faire locaux

tout en offrant des solutions

pertinentes sur les enjeux

du secteur.

www.sepem-industries.com

DRIVE TO ZERO

Paris Expo,

porte de Versailles

En 2026, Drive to Zero

revient avec une ambition

claire : faire du salon le lieu

où les solutions de mobilité

décarbonée s’inventent,

s’expérimentent et se

déploient à grande échelle.

Avec près de 150 exposants et

plus de 3 000 professionnels

rassemblés, l’événement

s’impose désormais comme le

salon européen de référence

pour l’innovation bas

carbone. Un circuit d’essai

intérieur/extérieur permet

d’expérimenter, en conditions

réelles, les véhicules et

technologies de demain.

https://event.drivetozero.fr

PRÉVENTICA

GRAND OUEST

Rennes Parc expo, Bruz

Depuis près de 25 ans,

Préventica est le lieu de

rencontre et d’inspiration

pour tous les acteurs de la

santé, la sécurité et la qualité

de vie au travail : dirigeants,

DRH, managers, services

généraux, production,

préventeurs... Une plateforme

de ressources en ligne

permet également chaque

mois à 100 000 utilisateurs

de bénéficier de conseils et

retours d’expériences, pour

la mise en œuvre de leurs

actions de prévention des

risques et de qualité de vie

au travail.

www.preventica.com

17 juin 17 au 19 juin 1 er au 3 sept

15 au 17 sept

FESTIVAL PASSIBAT’

Cité Fertile, Pantin

Aujourd’hui en pleine

mutation, Passibat’ devient

le Festival Passibat’ : un

format plus convivial,

plus associatif, plus à

taille humaine. Avec son

congrès reconnu pour la

qualité de ses interventions,

l’événement attire chaque

année un public varié :

professionnels, maîtres

d’ouvrage, mais aussi

particuliers curieux de

découvrir une autre manière

de concevoir et construire

des bâtiments sobres,

performants et respectueux

de l’environnement.

https://www.passibat.fr

JOURNÉES D’ÉTUDE

ET DE FORMATION IHF

Cité des Congrès,

Nantes

IHF organise chaque année

les journées nationales

d’études et de formation

des Ingénieurs Hospitaliers

de France, événement de

référence de l’ingénierie

hospitalière réunissant tous

les professionnels de ce

vaste secteur qui œuvrent

depuis les études préalables

jusqu’à la conception, la

construction, la rénovation,

la gestion et l’exploitation

des établissements

de santé. Cette année,

les 66 es Journées IHF auront

pour thème central la

conduite des grands projets

hospitaliers.

www.journees-ihf.com

SIBCA

Paris, Grand Palais

Le SIBCA - Salon de

l’Immobilier Bas Carbone,

co-organisé par SIBCA

Events et l’Association

BBCA, réunit tous les

acteurs clés engagés

dans le financement,

l’aménagement, la

conception, la construction

et la rénovation de

bâtiments, de quartiers

et de villes bas carbone.

Pour cette 5 e édition, le

salon est de retour au

Grand Palais, à Paris.

L’édition 2025 avait réuni

près de 13 000 visiteurs

et 200 exposants venus

présenter leurs innovations

pour décarboner

l’immobilier, la ville et les

territoires.

https://sibca.fr/fr

NRF RETAIL’S BIG

SHOW

Paris Expo,

porte de Versailles

NRF 2026 : Retail’s Big

Show Europe s'affirme

comme la pierre angulaire

du réseau mondial NRF.

Conçu en complément

des sommets phares de

New York et Singapour,

cet événement fédère un

écosystème sophistiqué et

interconnecté pour l'élite

internationale du retail. Cet

événement se veut être une

plateforme transfrontalière

de premier plan où

12 000 professionnels,

représentant 60 marchés

internationaux, convergent

pour recalibrer le paysage

du secteur à travers un

prisme européen unique.

https://www.

nrfbigshoweurope.com/

fr-FR

14 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 15


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

Light + Building 2026 : zoom

sur les évolutions et les tendances

de KNX

Light + Building 2026 a mis en lumière la place du standard KNX parmi les

solutions qui accompagnent la transformation du bâtiment. Les échanges

avec les industriels font émerger des lignes de force claires. La galerie

d’échanges qui suit en propose une lecture directe, pour comprendre

les orientations actuelles des développements produits KNX, à l’échelle

mondiale comme sur le marché français.

© Pietro Sutera

© Jochen Günther

Première tendance, KNX élargit son spectre. Historiquement

centré sur le pilotage des fonctions techniques du

bâtiment, il s’impose désormais comme une colonne

vertébrale capable d’orchestrer des écosystèmes complets. Gestion

énergétique, interaction avec les réseaux, intégration du

stockage et de la mobilité électrique : les fabricants convergent

vers une même vision, celle d’un bâtiment interconnecté, piloté

par la donnée et orienté performance. Le KNX n’est plus seulement

un protocole, mais une plateforme d’intégration.

Deuxième tendance majeure, l’accélération autour de l’énergie.

Tous les acteurs interrogés mettent en avant le rôle structurant

du KNX dans l’optimisation des consommations, en

particulier sur le CVC, l’éclairage et, de plus en plus, les flux

énergétiques globaux. Cette évolution est directement liée à

la pression réglementaire, en Europe comme en France, mais

aussi à la montée en puissance des usages : autoconsommation,

recharge de véhicules électriques, pilotage dynamique. Le bâtiment

devient un système énergétique complexe, que le KNX

contribue à rendre lisible et pilotable.

Autre moteur déterminant : la cybersécurité. L’entrée en

vigueur progressive du Cyber Resilience Act et de NIS 2 agit

comme un accélérateur. L’ensemble des industriels s’aligne

sur une généralisation de KNX Secure, avec des feuilles

de route clairement orientées vers 2027. Dans ce contexte,

l’antériorité du KNX en matière de chiffrement constitue

un avantage compétitif décisif. La sécurité n’est plus une

option, mais un prérequis structurant des développements

produits.

En parallèle, une autre transformation s’opère, plus discrète

mais tout aussi stratégique : la simplification. Réduction du

temps de paramétrage, outils logiciels plus intuitifs, intégration

de fonctions dans des équipements compacts, voire touten-un…

Les fabricants cherchent à élargir l’accès au KNX en

facilitant sa mise en œuvre. Cette évolution répond à un enjeu

terrain majeur : accompagner la montée en compétences des

intégrateurs et accélérer le déploiement, notamment dans la

rénovation.

Car c’est bien là un autre point clé révélé par ce dossier : l’importance

croissante de l’existant. Le développement de solutions

sans fil, l’émergence de KNX IoT et les architectures hybrides

traduisent une volonté commune d’adresser plus efficacement

les bâtiments déjà construits. Flexibilité, facilité d’installation et

interopérabilité deviennent des critères centraux.

Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large d’ouverture.

Interconnexion avec d’autres protocoles, passerelles

vers les environnements IP, convergence avec des standards

comme Matter : le KNX évolue dans un écosystème de plus en

plus décloisonné. Cette capacité à dialoguer avec d’autres univers

technologiques apparaît comme un levier essentiel pour

rester au cœur des architectures de demain.

Alexandre Arène

16 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

© DR

‘‘

Le développement d’un portefeuille

KNX IoT sans fil constitue une évolution

majeure à venir.

’’

Lutz Steiner

Senior Vice President Product Line KNX & Group

R&D Building Automation, ABB, et membre du

KNX Executive Board

Portée par les exigences croissantes en matière de performance énergétique des

bâtiments et du renforcement des réglementations, notamment en cybersécurité, la

filière accélère l’évolution de ses solutions. Dans ce contexte, ABB déploie une stratégie

globale autour de KNX combinant durabilité des installations, enrichissement fonctionnel,

ouverture aux technologies IoT et intégration renforcée de la cybersécurité. Lutz Steiner,

Senior Vice President Product Line KNX & Group R&D Building Automation du groupe

ABB, détaille ces orientations et les innovations présentées à Light + Building.

Quelle est votre stratégie globale pour le développement

des solutions en KNX ?

La stratégie d’ABB repose sur un engagement clé : assurer la

pérennité des solutions. Concrètement, cela signifie qu’un

client pourra, même 20 ans plus tard, remplacer un produit,

bénéficier de compatibilités ascendantes ou intégrer

de nouveaux équipements dans une installation existante.

Cette continuité est essentielle pour sécuriser les investissements.

Par ailleurs, le groupe ABB se positionne comme un

fournisseur global, avec une offre complète. L’innovation se

concentre notamment sur le CVC en KNX, pertinent pour

des bâtiments tertiaires de taille intermédiaire, tels que les

établissements scolaires, où KNX peut apporter des gains

d’efficacité énergétique significatifs. Nous préparons également

le développement d’un portefeuille KNX IoT sans fil

qui constitue une évolution majeure à venir. Notre objectif

est d’introduire des équipements sans fil compatibles

avec le standard KNX IoT. En parallèle, nous poursuivons

l’enrichissement de notre offre CVC, le développement

de nouveaux formats d’écrans et, surtout, le renforcement

de la cybersécurité. L’ensemble des solutions devrait être

conforme aux exigences KNX Data Secure d’ici à la fin de

l’année.

Comment répondez-vous aux exigences réglementaires

en matière de cybersécurité, notamment concernant

le Cyber Resilience Act ou NIS 2 ?

Les réglementations comme NIS 2 ou le Cyber Resilience

Act sont pleinement intégrées à notre feuille de route. À partir

de 2027, seuls les équipements conformes aux exigences

de cybersécurité pourront être commercialisés en Europe,

impliquant une évolution significative des portefeuilles

produits. Dans ce contexte, KNX bénéficie d’un avantage :

des mécanismes de sécurité, notamment le chiffrement des

communications, sont déjà standardisés depuis longtemps.

Le déploiement de KNX Data Secure sur l’ensemble de notre

offre vise à anticiper ces obligations et garantir une conformité

durable. Cependant, l’exigence de cybersécurité va

mettre en difficulté certains protocoles qui ne disposent pas

encore de standards de chiffrement définis. À l’inverse, face

à ces enjeux croissants, KNX ou BACnet apparaissent ainsi

comme des solutions déjà structurées disposant de bases

solides en matière de sécurité. Cela représente un avantage

important dans un contexte où la conformité réglementaire

devient incontournable.

Quelles nouveautés produits KNX avez-vous présentées

sur Light + Building ?

ABB a lancé plusieurs innovations majeures. Parmi elles,

deux écrans de visualisation IQ Touch, en formats 7 et

10 pouces, ainsi que la gamme ClimaECO, une avancée

notable sur le CVC permettant de piloter des actionneurs de

systèmes de chauffage professionnels directement via KNX.

Nous avons également présenté de nouveaux détecteurs de

mouvement ainsi qu’une nouvelle gamme d’appareillage

mural KNX. Par ailleurs, notre plateforme ABB i-bus KNX

continue de structurer notre offre à l’échelle globale. Enfin,

la solution Building Pro, dédiée à la gestion technique des

grands bâtiments tertiaires, permet de superviser l’ensemble

des systèmes du bâtiment : planification, suivi des données,

optimisation énergétique ou encore support aux facility

managers. Cette solution qui peut être déployée en local ou

dans le cloud, est interopérable et fonctionne avec KNX et

d’autres protocoles.

j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 17


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

© DR

‘‘

KNX est de plus en plus connecté aux enjeux

d’energy management comme partie d’un

écosystème intégrant gestion de l’énergie,

stockage et recharge de véhicules électriques.

Victor Méndez

Product Range Manager, Solution Development

and Marketing, Hager

’’

Porté par les exigences croissantes en matière de performance énergétique,

d’interopérabilité et de cybersécurité, le KNX s’impose comme un standard clé

dans l’évolution des bâtiments intelligents, notamment dans le tertiaire. Dans ce

contexte, Hager structure son développement autour d’une offre unifiée, enrichie

fonctionnellement et de plus en plus connectée aux enjeux d’energy management.

Victor Méndez, Product Range Manager, Solution Development and Marketing chez

Hager, détaille les orientations stratégiques du groupe, leur déclinaison sur le marché

français et les principales innovations KNX présentées sur le salon Light + Building.

Quelle est votre stratégie globale pour le développement

des solutions en KNX ?

Notre stratégie consiste à faire évoluer KNX en l’inscrivant

dans une approche plus globale du bâtiment. Nous

continuons bien sûr à enrichir les fonctionnalités, mais

surtout à renforcer les interactions avec d’autres systèmes,

en particulier tout ce qui touche à l’energy management.

KNX devient une brique centrale, capable de dialoguer

avec l’ensemble des équipements du bâtiment. L’Allemagne

reste historiquement notre marché principal, notamment

sur le tertiaire, mais nous développons activement le KNX

dans d’autres pays européens comme la Suisse, l’Autriche,

l’Espagne et bien sûr la France. Dans chacun de ces marchés,

nous devons adapter nos gammes aux standards locaux, à

la fois sur l’appareillage en lui-même et sur les habitudes

d’installation, tout en maintenant une cohérence de l’offre

à l’échelle globale. Concrètement, nous associons systématiquement

une offre KNX à nos gammes d’appareillage

classique, dans un même design, pour faciliter l’intégration.

Cette structuration passe aussi par des plateformes unifiées.

Avec le One Switch System, nous avons regroupé plusieurs

gammes au sein d’un même ensemble, intégrant à la fois les

fonctions traditionnelles, le KNX et une ouverture vers le

résidentiel connecté avec Matter et Thread. Notre objectif :

plus de fonctionnalités, plus d’interactivité et une convergence

forte avec les enjeux énergétiques.

Comment cette stratégie se décline-t-elle

sur le marché français ?

Le marché français présente des particularités importantes,

notamment en matière d’appareillage et de pratiques d’installation.

Il s’agit d’un marché de premier plan pour KNX.

Cela nous conduit à proposer des gammes spécifiques, différentes

de celles déployées en Allemagne. Aujourd’hui,

notre offre KNX en France est un peu moins complète,

mais elle est en cours d’évolution. Notre objectif est d’y intégrer

progressivement les avancées développées sur d’autres

marchés, en particulier le passage au KNX Secure et l’enrichissement

des fonctionnalités. Il faut aussi tenir compte

du contexte énergétique. En Allemagne, le marché est très

fragmenté, avec de nombreuses régies locales et un coût de

l’électricité plus élevé, ce qui pousse fortement les solutions

d’optimisation. En France, le système électrique est plus

centralisé, mais les enjeux de flexibilité et de maîtrise de

l’énergie progressent.

Quelles nouveautés produits KNX avez-vous présentées

sur Light + Building ?

Nous étendons notre offre KNX au sein du One Switch System

avec une gamme complète de capteurs et d’actionneurs en

KNX Secure. Les nouveaux boutons-poussoirs apportent plus

de modularité, avec différentes configurations et des possibilités

d’illumination, pour une solution cohérente, complète

et sécurisée. Cette évolution accompagne le lancement d’un

nouveau système d’appareillage Hager, dans la continuité de

Berker, combinant design, compatibilité et ouverture vers les

environnements connectés, avec des produits KNX et Matter

intégrés dans une plateforme communicante.

Au-delà du KNX, ces nouveautés s’inscrivent dans une

approche globale intégrant energy management, recharge

électrique et outils numériques, pour optimiser les usages

et les consommations.

18 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

‘‘

JUNG met en avant trois grandes familles

de nouveautés KNX, qui traduisent une

même logique : plus de compacité, moins de

complexité et un temps de paramétrage réduit.

’’

© DR

Sascha Kniep

Responsable Product Management KNX, JUNG

Membre actif du KNX Technical Board, Sascha Kniep pilote chez JUNG la

stratégie produits KNX à l’échelle internationale. À l’occasion de Light + Building,

il revient sur les orientations structurantes du groupe, notamment autour de la

cybersécurité, et détaille les innovations présentées en avant-première, entre

compacité, intégration fonctionnelle et simplification de la mise en œuvre.

Quelle est la stratégie globale de JUNG

pour le développement des solutions KNX ?

La stratégie de JUNG en KNX s’inscrit dans une trajectoire

claire engagée dès 2020 : faire de KNX Secure le socle de

l’ensemble notre portefeuille. JUNG a été l’un des premiers

fabricants à proposer des équipements compatibles avec

cette technologie, anticipant ainsi les enjeux de cybersécurité

qui s’imposent aujourd’hui à l’ensemble du secteur,

avec l’arrivée du Cyber Resilience Act (CRA) de l’Union

européenne, qui entrera en vigueur à l’horizon 2027. Pour

JUNG, il ne s’agit donc plus seulement d’une différenciation

technologique, mais d’un alignement avec les futures

exigences du marché. Ce positionnement s’inscrit dans

l’ADN même du groupe, membre fondateur de KNX. Le

choix historique d’un protocole ouvert, interopérable et

multifabricants reste au cœur de la proposition de valeur :

garantir aux utilisateurs une pérennité des installations et

une compatibilité dans le temps. Aujourd’hui, avec plus de

500 fabricants impliqués, cette vision s’est imposée comme

un standard incontournable du bâtiment intelligent.

Comment cette stratégie se décline-t-elle

sur le marché français ?

En France, cette stratégie s’appuie sur un travail de terrain

structuré, porté notamment par les équipes locales. L’objectif

est double : renforcer la présence auprès des intégrateurs

et diffuser plus largement la culture KNX Secure. Le marché

français est abordé de manière ciblée, avec une attention

particulière portée à certaines régions dynamiques comme

l’Île-de-France, la région PACA ou encore Rhône-Alpes.

JUNG y développe une approche d’accompagnement global

: support technique, formation des installateurs, assistance

à la conception. L’enjeu est également de structurer

l’offre auprès d’un écosystème élargi : bureaux d’études,

architectes, prescripteurs. Le discours est adapté selon les

interlocuteurs, avec un accent sur l’aide à la rédaction des

documents techniques et à la structuration des projets.

Cette proximité permet à JUNG de se positionner comme

un interlocuteur de référence, capable d’accompagner les

professionnels sur toute la chaîne de valeur, de la conception

à la mise en œuvre.

Quelles solutions avez-vous présentées

sur Light + Building ?

JUNG met en avant trois grandes familles de nouveautés

KNX, qui traduisent une même logique : plus de compacité,

moins de complexité et un temps de paramétrage réduit. La

première concerne les détecteurs de présence et de mouvement,

avec une nouvelle génération compacte intégrant

davantage de fonctions. Outre la détection, certains modèles

embarquent désormais un capteur d’humidité, répondant

aux enjeux croissants de pilotage des systèmes CVC. La

deuxième innovation majeure est la KNX Multistation,

pensée pour répondre aux besoins spécifiques du tertiaire,

et en particulier de l’hôtellerie. L’idée est de regrouper dans

un seul appareil l’ensemble des fonctions d’une pièce : éclairage,

variation, stores, prises, CVC. Au-delà du gain de place

dans les tableaux électriques, l’intégration de l’ensemble de

ces composantes dans un seul module permet de scénariser

facilement les usages. Enfin, JUNG renouvelle sa gamme

d’actionneurs de commutation KNX, désormais compatibles

KNX Secure et conformes aux évolutions normatives.

Ces nouveaux produits introduisent des fonctions facilitant

considérablement la mise en service, comme la configuration

simplifiée via des templates ou des outils de diagnostic

permettant de vérifier la cohérence entre firmware et projet

ETS. L’objectif est clair : réduire la complexité et le temps de

paramétrage sur le terrain.

j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 19


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

‘‘

Light + Building a illustré notre

dynamique d’innovation, avec 196 nouveaux

produits présentés, structurés autour de trois

axes : rénover, innover et élever.

’’

© DR

Marcel Gramann

Directeur commercial du groupe MDT Technologies

Parmi les principaux fabricants de produits KNX, MDT Technologies est spécialisé dans

l’automatisation de bâtiments commerciaux et résidentiels. Le fabricant allemand développe

une offre complète, articulée autour d’architectures filaires, et sans fil, avec une stratégie

d’innovation dynamique, orientée usage et terrain. Marcel Gramann, directeur commercial

du groupe MDT Technologies, revient sur les orientations stratégiques de l’entreprise, son

déploiement sur le marché français et les nouveautés présentées lors du salon Light + Building.

Quelle est votre stratégie globale pour le développement

des solutions en KNX ?

KNX est une technologie mature qui conserve un fort

potentiel d’innovation. Nous développons de manière équilibrée

les trois piliers du KNX, à savoir les capteurs, actionneurs

et équipements système, car leur complémentarité

est essentielle dans les projets. Le sans-fil est aujourd’hui

un axe structurant. Nous sommes convaincus que le KNX

doit évoluer dans cette direction pour répondre aux enjeux

de flexibilité, notamment en rénovation. Nous avons donc

engagé cette transition, tout en continuant à enrichir les

solutions filaires et hybrides, avec par exemple des passerelles

permettant de gérer d’autres architectures, comme

Modbus ou DALI. Notre stratégie est également tournée

vers l’international. Si l’Europe reste un socle solide, avec

des marchés comme l’Allemagne ou la France, nous regardons

de près des zones à fort potentiel comme le Moyen-

Orient et l’Asie. L’ambition est de positionner KNX comme

une solution universelle, capable d’adresser tous les types

de bâtiments.

Comment cette stratégie se décline-t-elle

sur le marché français ?

La France est un marché stratégique pour MDT, à la fois par

sa taille et son niveau d’exigence. Depuis 2024, nous avons

structuré une organisation locale complète, avec une équipe

commerciale dédiée et un support technique sur place.

Cette implantation traduit notre volonté de nous inscrire

dans la durée. Nous nous appuyons sur la distribution pour

couvrir efficacement le territoire, tout en travaillant avec

les intégrateurs, qui sont des acteurs clés pour prescrire et

déployer nos solutions. En parallèle, nous avons réalisé un

important travail d’adaptation de nos bases de données,

documentations et outils, qui sont désormais disponibles en

français. L’ensemble de notre catalogue est commercialisé

en France et nous adaptons nos développements aux spécificités

locales. Nous investissons également dans le développement

du marché, notamment via des formations et des

présentations. Cette approche commence à porter ses fruits,

avec des réalisations concrètes, notamment dans le tertiaire.

Quelles nouveautés produits KNX avez-vous

présentées sur Light + Building ?

Light + Building a illustré notre dynamique d’innovation,

avec 196 nouveaux produits présentés, structurés autour

de trois axes : rénover, innover et élever. Sur la rénovation,

nous lançons homeXpert, un système KNX sans fil,

pensé pour les installateurs électriciens. Grâce à un serveur

connecté au cloud et à un configurateur simplifié, il permet

de déployer des installations sans passer par ETS, tout en

restant compatible et évolutif. Côté interfaces utilisateurs,

nous enrichissons notre offre avec la gamme Aurelio. Ces

écrans tactiles (2”, 4”, 6’’ et 8”) plus compacts, personnalisables

et réactifs permettent de piloter l’ensemble des usages

du bâtiment avec des fonctions avancées comme les scénarios,

l’interphonie ou le portier vidéo. Nous poursuivons

également le développement de solutions intégrées, notamment

avec des contrôleurs universels capables de centraliser

plusieurs fonctions, ainsi que des équipements système

(serveurs, passerelles) assurant l’interopérabilité entre

architectures, dans un contexte de généralisation du KNX

Secure. Enfin, avec la gamme Tense, nous adressons le segment

haut de gamme, en présentant des produits KNX au

design premium. Ces nouveautés traduisent notre volonté

de proposer une offre complète, du sans-fil simplifié au premium,

adaptée à tous les types de bâtiments.

20 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

© DR

‘‘

Les nouveautés présentées sur

Light + Building s’articulent autour

de trois axes : simplification, cybersécurité

et efficacité énergétique.

’’

Sami Shaikh,

Global Strategy & Product Leader KNX,

Schneider Electric

Les enjeux croissants d’efficacité énergétique, de pilotage des usages et de cybersécurité

entraînent le marché vers des architectures toujours plus intégrées et sécurisées. Dans ce

contexte, Schneider Electric structure sa stratégie autour de la durabilité, de la simplification

des déploiements et de l’intégration des nouveaux enjeux énergétiques. Sami Shaikh, Global

Strategy & Product Leader KNX chez Schneider Electric, détaille les orientations du groupe, leur

déclinaison sur le marché français et les principales innovations présentées à Light + Building.

Quelle est votre stratégie globale pour le développement

des solutions en KNX ?

Notre stratégie KNX est directement alignée sur notre

vision globale : durabilité et efficacité énergétique. Nous

concentrons nos développements sur l’optimisation des

usages, notamment l’éclairage et le CVC, dans le résidentiel

comme dans le tertiaire, avec une volonté d’étendre progressivement

cette approche au secteur de l’hôtellerie. La cybersécurité

est un axe structurant. Nous faisons évoluer l’ensemble

de notre portefeuille pour répondre aux exigences

du Cyber Resilience Act et de KNX Secure à horizon 2027.

Cela implique des transformations matérielles profondes et

mobilise aujourd’hui une part importante de nos équipes

R&D. Nous travaillons également à simplifier le quotidien

des intégrateurs : réduction du nombre d’outils, interfaces

plus intuitives, configuration simplifiée, monitoring ou

maintenance à distance. L’objectif est de gagner en efficacité

et d’ouvrir la voie à de nouveaux services, notamment en

maintenance et en exploitation. Enfin, l’énergie est un pilier

clé. Avec l’essor des renouvelables, du stockage et des véhicules

électriques, les bâtiments deviennent plus complexes

à piloter. KNX joue un rôle central pour orchestrer ces flux

et améliorer la performance globale.

Comment cette stratégie se décline-t-elle

sur le marché français ?

La France fait partie des marchés prioritaires et ses exigences

sont intégrées dès la conception des produits. Nous

ne développons pas de gammes spécifiques : les solutions

sont globales, avec une adaptation systématique aux normes

locales. Le marché français en KNX reste dynamique, porté

par le résidentiel, le petit tertiaire et les rénovations. Le

report du décret BACS n’a pas significativement ralenti cette

dynamique, KNX étant davantage positionné sur des projets

complets. Nous visons une conformité totale au Cyber

Resilience Act d’ici fin 2027 pour l’ensemble de nos produits.

En parallèle, les innovations, notamment autour de

l’IoT, du cloud et des applications, sont déployées progressivement.

Nous tenons à proposer des solutions complètes

intégrant produits, contrôle, supervision, applications et

services, avec une attention particulière portée à la simplicité

de mise en œuvre et d’exploitation.

Quelles nouveautés produits KNX avez-vous

présentées sur Light + Building ?

Elles s’articulent autour de trois axes : simplification, cybersécurité

et efficacité énergétique. Côté outils, ETS 6.4, avec

Smart Linking et eConfigure simplifient et accélèrent la

configuration des projets. Sur le plan des équipements,

nous introduisons une nouvelle génération de produits

KNX Secure conformes CRA : boutons-poussoirs avec

affichage dynamique, actionneurs de commutation jusqu’à

20 A pour des applications tertiaires exigeantes, multicapteurs

intégrant température et humidité. Nous développons

également des solutions KNX IoT, notamment en sans-fil,

pour répondre aux besoins des rénovations et faciliter l’intégration

avec des écosystèmes existants, avec une évolution

prévue vers Matter. Enfin, nous faisons un pas de plus vers

l’efficacité énergétique, avec de nouveaux tableaux de bord

et des applications permettant de visualiser et piloter les

flux énergétiques (production, consommation, stockage,

recharge de véhicules).

j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 21


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

© DR

‘‘

Notre stratégie vise le bâtiment autonome,

centré sur l’humain, capable d’optimiser

en continu ses performances énergétiques

et opérationnelles.

’’

Yann Plévin

Responsable réglementation et normalisation,

Siemens Smart Infrastructure France et référent KNX

Porté par les exigences croissantes en matière de rénovation énergétique,

d’interopérabilité et de cybersécurité, KNX s’impose comme un standard clé pour

accélérer le déploiement des BACS dans le tertiaire. Dans ce contexte, Siemens,

à travers sa division Smart Infrastructure France, structure une stratégie centrée

sur la donnée, l’automatisation et des solutions ouvertes pour accompagner la

transformation des bâtiments existants. Yann Plévin, responsable réglementation et

normalisation et référent KNX, revient sur les orientations du groupe, leur déclinaison

sur le marché français et les dernières innovations présentées à Light + Building.

Quelle est la stratégie globale de Siemens

pour le développement des solutions KNX ?

Notre stratégie vise le bâtiment autonome, centré sur l’humain,

capable d’optimiser en continu ses performances

énergétiques et opérationnelles. Elle repose sur trois piliers :

la donnée, l’automatisation et les services. Plus de 75 % des

bâtiments de 2050 existent déjà et la priorité concerne

donc l’existant. Pour y répondre, nous privilégions des

solutions d’automatisation ouvertes, standardisées, interopérables

et cybersécurisées, comme KNX Secure. Dans ce

cadre, KNX joue un rôle clé, notamment sur le segment du

petit et moyen tertiaire. C’est un levier très pertinent pour

moderniser les bâtiments dans le respect des contraintes

réglementaires et budgétaires, tout en garantissant performance

énergétique, confort, sécurité et efficacité opérationnelle.

L’objectif intrinsèque est de maximiser durablement

la valeur des actifs.

Comment cette stratégie se décline-t-elle

sur le marché français ?

Elle se traduit par une approche globale, avec une offre complète

allant du capteur jusqu’au management de la donnée.

Cela nous permet d’adapter précisément les solutions aux

besoins des clients en exploitant toute la richesse de KNX.

Trois axes structurent notre positionnement. D’abord, un

portefeuille solide sur le CVC, qui reste le principal levier

de gains énergétiques en rénovation. Ensuite, une offre

flexible, capable de s’adapter à tous les environnements,

en filaire (KNX TP, IP) comme en sans-fil (KNX IoT), y

compris en site occupé. Enfin, un engagement fort sur la

cybersécurité, avec une gamme en cours de généralisation

pour répondre aux exigences du Cyber Resilience Act européen

d’ici 2027. Par ailleurs, le déploiement à grande échelle

passe par des intégrateurs formés et certifiés. C’est pourquoi

nous sommes très engagés aux côtés de KNX France et du

Collège intégrateurs pour promouvoir la technologie et

accélérer le déploiement des BACS.

Quelles sont les nouveautés présentées

en avant-première sur Light + Building ?

Trois innovations illustrent concrètement notre feuille de

route, avec un objectif commun : simplifier et sécuriser les

solutions tout en facilitant le déploiement de KNX. D’abord,

la nouvelle gamme d’interfaces utilisateur initiée par le

redesign des QMX6. Elle mise sur une expérience simple et

lisible, avec un design épuré. La technologie e-ink très basse

consommation des écrans permet jusqu’à huit ans d’autonomie,

ce qui réduit fortement la maintenance. Associée à une

communication sans fil, elle est particulièrement adaptée

à la rénovation. Ensuite, le coupleur de ligne KNX Secure

N 140S11, qui répond aux exigences croissantes en cybersécurité.

Il agit comme un proxy sécurisé, capable de gérer

des communications chiffrées et non chiffrées, facilitant

ainsi l’exploitation tout en renforçant la protection globale

des installations. Enfin, l’intégration de la fonction Smart

Linking d’ETS 6.4 simplifie considérablement la mise en

service. Elle permet de créer rapidement les liaisons entre

équipements, avec moins d’erreurs et un gain de temps

significatif, tout en préparant les installations à l’IoT. Ces

évolutions visent à rendre KNX plus accessible, plus sûr

et plus rapide à déployer, notamment dans un contexte de

rénovation à grande échelle.

22 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

© DR

‘‘

Notre objectif est de renforcer l’expérience

utilisateur, intégrer plus d’intelligence dans

les systèmes KNX et répondre concrètement

aux enjeux énergétiques.

’’

Jens Wierichs

Senior Director Portfolio & Product Management,

Theben

Le renforcement des exigences réglementaires, la cybersécurité et l’intégration croissante

de systèmes connectés imposent des mutations dans l’écosystème KNX. Dans ce contexte,

Theben structure son offre autour de gammes différenciées, du produit simple aux

solutions KNX Secure et systèmes de gestion énergétique, afin de répondre à des marchés

aux besoins et niveaux de maturité variés. Jens Wierichs, Senior Director Portfolio &

Product Management chez Theben, revient sur cette stratégie, son adaptation au marché

français et les principales innovations KNX présentées lors du salon Light + Building.

Quelle est votre stratégie globale pour le développement

des solutions en KNX ?

Notre stratégie consiste à trouver le bon équilibre entre

une approche globale et les besoins spécifiques de chaque

marché. Le rôle du Product Management est précisément

de couvrir un spectre très large d’usages, tout en intégrant

les contraintes réglementaires locales, notamment sur les

sujets environnementaux. Nous structurons notre offre en

plusieurs niveaux : une entrée de gamme peu connectée,

puis des solutions intermédiaires et haut de gamme, plus

riches en fonctionnalités et en intégration. Cette segmentation

répond à des réalités économiques différentes selon

les pays. En Europe, les attentes sont élevées en matière

d’automatisation, d’intégration BMS et de cybersécurité.

Sur ce point, nous sommes fortement engagés dans le KNX

Secure. Theben figure aujourd’hui parmi les acteurs les plus

avancés en nombre d’équipements sécurisés disponibles.

Notre portefeuille s’étend ainsi de produits mécaniques

à des solutions IP, cloud compatibles et entièrement intégrées.

Notre objectif est d’accompagner la montée en puissance

de la connectivité, de la sécurité et de la performance

énergétique dans le bâtiment.

Comment cette stratégie se décline-t-elle

sur le marché français ?

La France est notre deuxième marché après l’Allemagne,

notamment en raison de notre positionnement historique

sur les horloges de programmation, l’éclairage et la détection.

Nous y déclinons l’ensemble de notre offre globale,

en l’adaptant aux usages. Par exemple, en France, les radiateurs

restent dominants. Nous proposons donc des solutions

KNX avec vannes connectées permettant jusqu’à 30 %

d’économies d’énergie. Ce type d’application n’est pas pertinent

partout. Le marché français présente aussi des spécificités

structurantes, notamment avec un système énergétique

centralisé et des infrastructures comme le compteur

Linky, qui facilite le déploiement de solutions de gestion de

l’énergie. Nous lançons un système de gestion énergétique

résidentiel pour piloter l’ensemble des flux : production

photovoltaïque, stockage, recharge de véhicule, consommation

réseau. Le système automatise les arbitrages en fonction

des tarifs, de la météo et des besoins utilisateurs. Le

retour sur investissement dépend des équipements installés.

Plus les usages sont nombreux, plus il est rapide. Sur le

seul système de gestion énergétique, il peut être atteint en

quelques années.

Quelles nouveautés produits KNX avez-vous

présentées sur Light + Building ?

Nous avons présenté plusieurs évolutions importantes, avec

un focus sur l’interface utilisateur et l’énergie. La gamme

iONprime illustre cette dynamique, avec des boutons-poussoirs

et écrans tactiles intégrant des capteurs. Le front-end

prend une place croissante dans notre offre, en réponse à

une demande forte du marché. Nous avons également introduit

notre système de gestion de l’énergie, le HEMS EM100,

d’abord lancé en Allemagne. Il vient enrichir l’écosystème

KNX en intégrant le pilotage énergétique global du résidentiel

et petit tertiaire. Enfin, nous faisons évoluer des produits

phares comme la station météo KNX. Une nouvelle

version arrive, avec une application enrichie et davantage de

fonctionnalités. Notre objectif est de renforcer l’expérience

utilisateur, intégrer plus d’intelligence dans les systèmes

KNX et répondre concrètement aux enjeux énergétiques.

j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 23


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

© DR

‘‘

Zennio conçoit et fabrique des solutions

KNX destinées aux projets de bâtiment

connecté et dispose d’un portefeuille de

250 produits certifiés.

’’

Franck Camus

Smart Home & Smart Building Regional Sales

Manager Sud-Ouest, Zennio France

Zennio s’inscrit dans une dynamique d’innovation continue sur le marché des solutions

KNX, portée par une forte présence internationale et un accompagnement de proximité.

Au cœur de cette approche, une équipe engagée et des solutions pensées pour répondre

aux attentes concrètes du terrain. Fort d’un parcours de plus de 30 ans entre bureaux

d’études, formation et environnements techniques liés à l’électricité, au CVC et à la

domotique, Franck Camus, Regional Sales Manager Sud-Ouest, revient sur la stratégie de

l’entreprise, son ancrage en France et les nouveautés présentées sur Light + Building.

Quelle est votre stratégie globale pour le développement

des solutions en KNX ?

Zennio conçoit et fabrique des solutions KNX destinées aux

projets de bâtiment connecté et dispose d’un portefeuille de

250 produits certifiés. L’entreprise s’est développée au fil des

années pour s’imposer comme un acteur reconnu à l’échelle

internationale dans son secteur. Nous nous distinguons par

une démarche proactive, à la fois en recherche et développement

et dans la proximité avec nos collaborateurs, avec

une attention constante portée aux usages et aux besoins du

terrain. Les nouveautés sont particulièrement fréquentes,

comme les visiteurs ont pu le constater lors du salon

Light + Building. Cette dynamique d’innovation continue

s’inscrit dans une volonté forte de rester au plus près des

attentes du marché et de ses évolutions. Cette année, nous

serons présents sur plus de 40 salons internationaux, afin

de renforcer cette proximité et d’échanger directement avec

les professionnels. Au cours des deux dernières années,

Zennio a recruté plus de 200 collaborateurs. Ces nouveaux

talents ont permis de renforcer les équipes à Tolède, siège

de l’entreprise, ainsi qu’à l’international, pour accompagner

nos clients avec des produits toujours plus performants,

notamment à travers une solution hôtelière parmi les plus

abouties à ce jour.

Comment se décline-t-elle sur le marché français ?

Le marché français se compose à la fois d’intégrateurs KNX

et de clients finaux tels que les architectes, bureaux d’études,

prescripteurs et investisseurs privés. Notre approche

consiste à adresser cet écosystème dans sa globalité, en

tenant compte des spécificités de chaque acteur. Nous

entretenons un dialogue privilégié avec les associations

KNX en France, à qui nous présentons régulièrement nos

nouveautés, tout en les accompagnant à travers des formations

dédiées à nos solutions. Cette dimension pédagogique

est essentielle pour favoriser la montée en compétence des

acteurs et faciliter l’appropriation des technologies. Par ailleurs,

nous soutenons nos clients dans leurs études et dans

le choix de nos produits, afin de leur permettre de répondre

au mieux aux besoins de leurs propres clients.

Quelles sont vos nouveautés présentées

sur Light + Building ?

Cette année, nous présentons de nombreuses nouveautés

sur les salons, illustrant la dynamique d’innovation

de Zennio. Lors du salon Light + Building, nous avons

notamment présenté la nouvelle gamme d’écrans CX, déjà

disponible en versions 4 et 5 pouces, et qui sera prochainement

complétée par d’autres formats pour élargir les possibilités

d’intégration. Parmi les évolutions majeures, la

finition métal fait son apparition sur ces produits, apportant

une nouvelle dimension esthétique et répondant aux

attentes croissantes en matière de design. Un autre lancement

important se profile avec TITAN, notre premier

interrupteur métallique, décliné en plusieurs coloris et

jusqu’à 6 boutons, offrant à la fois flexibilité et cohérence

esthétique. De nombreux développements sont également

en cours d’étude, tandis que de nouveaux services, tels que

ZennIoT ou ZenProg Remote, seront bientôt disponibles

pour enrichir l’écosystème.

24 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

© DR

‘‘

Notre stratégie est de proposer des solutions novatrices simplifiant

l’intégration de l’éclairage dans le cadre d’un projet KNX.

Patrick Poulouin, chef de produits, CATS

Partenaire de Mean Well depuis plus de 35 ans, CATS développe

des solutions d’éclairage visant à simplifier l’intégration en KNX,

notamment grâce à des drivers led nativement compatibles. Patrick

Poulouin, chef de produits chez CATS, revient sur la stratégie de

développement KNX de Mean Well et présente les nouveautés produits.

’’

Quelle est votre stratégie globale pour le développement

des solutions en KNX ?

Notre stratégie consiste à proposer des solutions novatrices

simplifiant l’intégration de l’éclairage dans le cadre d’un projet

KNX, et d’accompagner les intégrateurs dans la mise en

œuvre de leurs projets.

Comment se décline-t-elle sur le marché français ?

Comme toute solution novatrice, le pilotage direct en KNX

n’est pas la solution technique la plus connue. Nous disposons

d’un showroom en région parisienne et de mallettes de

démonstration, afin de présenter nos solutions aux intégrateurs

et leur permettre de découvrir nos produits.

Quelles nouveautés présentez-vous cette année ?

Lors du salon Light + Building 2026, Mean Well, qui

était présent sur l’espace KNX, a présenté la série XLC,

sa nouvelle génération de drivers led nativement KNX.

Disponible en 25 W, 40 W et 60 W, elle permet de piloter

directement en KNX des luminaires à courant constant de

300 mA à 1700 mA, configurables via ETS. Ces drivers led

sont compatibles avec l’ensemble des solutions d’éclairage,

y compris les éclairages de secours. Ils sont entièrement

paramétrables via ETS, et compatibles KNX Data Secure.

Ils permettent une variation minimale jusqu’à 0,5 % et ont

une consommation en veille de 0,5 W. De très nombreuses

fonctions sont configurables via ETS et, surtout, de très

nombreux paramètres peuvent être remontés au niveau

du contrôle, des systèmes de visualisation ou de la GTB.

Les statuts en temps réel du driver et le suivi des consommations

électriques simplifient la mise en application du

décret BACS.

© DR

‘‘

Chez ESYLUX, le développement des solutions KNX s’inscrit comme un

axe stratégique majeur pour répondre aux enjeux du Smart Building.

Alexandre Wallyn, directeur ESYLUX France

Acteur européen des solutions d’automatisation et d’éclairage intelligents,

ESYLUX est fortement implanté en Allemagne, où se concentrent ses

activités de R&D et de production, déployées à l’échelle européenne. À

la tête d’ESYLUX France, Alexandre Wallyn pilote le développement sur

le marché national, en s’appuyant notamment sur le standard KNX.

’’

Quelle est votre stratégie globale pour le développement

des solutions en KNX ?

Chez ESYLUX, le développement des solutions KNX s’inscrit

comme un axe stratégique majeur pour répondre aux

enjeux du Smart Building. En tant que standard ouvert et

normalisé, KNX permet d’interconnecter de manière transparente

des équipements issus de plus de 500 fabricants,

couvrant l’ensemble des usages du bâtiment. Cette approche

garantit des architectures interopérables, fiables et évolutives,

tout en assurant une intégration durable dans les écosystèmes

IT. À la clé, des infrastructures pérennes, capables

de s’adapter aux évolutions technologiques et aux exigences

croissantes de sécurisation des réseaux (KNX Secure) et de

convergence IT/OT dans les bâtiments connectés.

Comment se décline-t-elle sur le marché français ?

Depuis de nombreuses années, ESYLUX propose une gamme

complète de détecteurs KNX, basée sur nos séries phares, tels

que nos multicapteurs Atmo, et nos détecteurs de présence et

de mouvement Compact, Compact Mini, Flat et Basic. Toutes

nos gammes sont également disponibles en finition noire afin

de répondre aux exigences architecturales actuelles.

Quelles nouveautés en KNX présentez-vous en 2026 ?

En septembre prochain, nous lancerons deux nouvelles

séries certifiées KNX Secure : Flat et Compact Mini. Cette

nouvelle génération s’enrichit de fonctionnalités avec des

capteurs de température, de luminosité et de présence,

ainsi que des options avancées uniques comme le pilotage

indépendant de l’éclairage sur trois groupes autonomes.

Cette évolution répond aux besoins croissants de solutions

plus intelligentes, flexibles et sécurisées pour les bâtiments

connectés. Dans cette dynamique, l’ensemble de la gamme

KNX sera progressivement renouvelé à horizon 2027.

j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 25


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

ABB

ClimaECO, une solution KNX pour

l’automatisation des systèmes CVC

ABB lance ClimaECO, une solution complète d’automatisation des systèmes

CVC basée sur ABB i-bus® KNX. Elle regroupe, sur une architecture unifiée, le

chauffage, la ventilation, la climatisation, mais aussi l’éclairage, l’ombrage et la

gestion énergétique, via un réseau unique. Le pilotage centralisé et intelligent des

flux énergétiques, de la production à la consommation, permet d’atteindre jusqu’à

30 % d’économies d’énergie et jusqu’à 40 % de réduction des coûts d’investissement initiaux,

tout en assurant la conformité aux réglementations environnementales. La solution vise également une

baisse des coûts d’exploitation et de maintenance. Compatible avec BACnet et Modbus, ClimaECO s’adapte

aux bâtiments tertiaires (bureaux, hôtels, commerces), en neuf comme en rénovation. Son architecture

simplifie la planification, la mise en service via ETS et l’intégration des systèmes, tout en garantissant

interopérabilité et évolutivité.

© ABB

© Hager

Hager

domovea V3, une supervision domotique avancée

Hager domovea V3 est un système de supervision domotique

avancé, conçu pour optimiser la gestion des équipements

dans les bâtiments résidentiels et les petits bâtiments tertiaires.

Compatible avec le protocole KNX et désormais Matter Bridge,

elle permet de centraliser le pilotage de l’éclairage, du chauffage,

des ouvrants, de la sécurité, des bornes de recharge et bien plus

encore. Disponible en version « basic » ou « expert », domovea

V3 s’adapte à tous les projets de bâtiment connecté, en offrant

une interface intuitive accessible localement ou à distance

via smartphone, tablette ou ordinateur. Les deux versions de

la solution domovea V3, domovea basic et domovea expert,

permettent de répondre à la diversité des projets domotiques, du

logement connecté aux petits bâtiments tertiaires. Ce choix permet d’adapter précisément les

fonctionnalités aux besoins du client, tout en garantissant évolutivité et simplicité d’usage.

Jung

KNX multistation, actionneur multifonction

compact

Jung dévoile la KNX multistation, qui regroupe, dans un format de 4 modules

DIN, plusieurs fonctions d’automatisation avec des sorties combinant variation et

commutation pour piloter l’éclairage, les stores ou les vannes. Conçue pour rationaliser

les armoires électriques, elle permet de remplacer plusieurs actionneurs unitaires

par un seul équipement, réduisant ainsi le nombre de composants, le câblage et les

sources potentielles d’erreur. La configuration via ETS, associée à une commande

manuelle en local, facilite les phases de mise en service, de test et de maintenance.

Compatible avec KNX Secure, la solution intègre également les exigences croissantes

en matière de cybersécurité dans les systèmes d’automatisation du bâtiment. Déclinée

en deux versions, la KNX multistation s’adapte aux besoins des projets. Cette approche

intégrée et modulaire apporte flexibilité et optimisation des coûts pour les applications

tertiaires.

© Jung

26 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

MDT Technologies

Acturio AKR, un contrôleur universel KNX

compact et multifonction

MDT Technologies présente le contrôleur Acturio AKR, qui se positionne comme une

solution universelle pour les fonctions de commutation et de gestion des stores et volets

roulants. Compact et polyvalent, il peut être utilisé comme actionneur mixte, combinant

pilotage d’éclairage, de protections solaires et d’équipements techniques au sein d’un même

module. Doté d’entrées analogiques et numériques, il permet le raccordement de sondes de

température et de contacts libres de potentiel (boutons-poussoirs, interrupteurs, contacts

de fenêtre). Il intègre un thermostat d’ambiance avec consigne réglable, ainsi qu’un pilotage

du chauffage par PWM de 0 à 100 %. Des fonctions dédiées à la ventilation et aux ventiloconvecteurs

complètent ses capacités de gestion CVC. Compatible avec KNX Data Secure, l’Acturio AKR

répond aux exigences de cybersécurité et s’intègre dans les architectures KNX modernes.

© MDT Technologies

© Schneider Electric

Schneider Electric

Passerelle KNX DALI Broadcast,

au service de l’éclairage intelligent

Schneider Electric a développé la KNX DALI Broadcast Gateway, qui marque une avancée

majeure dans le pilotage de l’éclairage connecté. Conçue pour simplifier l’intégration et la

maintenance des équipements DALI, elle permet de gérer jusqu’à 32 dispositifs par canal,

sur 4 canaux indépendants, sans nécessiter de configuration DALI complexe. Grâce à

la communication en mode broadcast, la passerelle élimine le besoin d’adressage ou de

regroupement des appareils, pour une installation accélérée, une maintenance facilitée,

et un remplacement d’appareils défectueux sans reconfiguration. Compatible avec le

DALI Device Type 8, elle assure un pilotage fin de la couleur et de la température de

couleur. Elle intègre également la mesure de puissance et d’énergie (DALI Type 51), pour

un suivi énergétique précis. Certifiée KNX Secure, la passerelle garantit une protection

optimale contre les manipulations et les intrusions, assurant la fiabilité des installations

dans les environnements sensibles.

Siemens

KNX Line Coupler secure, un coupleur de lignes

sécurisé KNX

Siemens a développé le KNX Line Coupler Secure, permettant de connecter différents segments

de bus KNX ou lignes tout en garantissant un échange de données sécurisé et une isolation

galvanique entre les réseaux. Il assure ainsi un fonctionnement indépendant de chaque ligne

tout en maintenant la communication au sein de l’installation. Paramétrable via ETS 6, il peut

être utilisé comme coupleur de ligne, de zone ou de segment, en fonction de l’architecture

du système. Les télégrammes sont filtrés automatiquement via des tables générées lors de la

configuration, optimisant le trafic et la sécurité des échanges. Compatible avec une mise en

service sécurisée, le dispositif prend en charge les fonctions de secure proxy et les mises à jour

firmware via le bus KNX. Il s’intègre aux architectures KNX sécurisées et répond aux exigences

croissantes en cybersécurité des bâtiments connectés.

© Siemens

j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 27


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

Theben

HEMS EM100 : gestion intelligente

et centralisée de l’énergie

Theben présente le HEMS EM100 (Home Energy Management System), une solution

de gestion énergétique permettant d’optimiser automatiquement les flux d’énergie

dans les bâtiments résidentiels et tertiaires. Il coordonne production photovoltaïque,

stockage, pompes à chaleur et bornes de recharge au sein d’un système global. Le

système analyse en temps réel la consommation et la production d’électricité afin

d’ajuster dynamiquement les usages selon la disponibilité de l’énergie, le coût et les

priorités définies par l’utilisateur. Il permet ainsi d’éviter l’injection non optimisée

du surplus photovoltaïque, de limiter les recharges aux heures les plus coûteuses et

d’adapter le fonctionnement des équipements aux contraintes du réseau. Compatible

avec les tarifs dynamiques et les signaux réseau, le HEMS EM100 assure un pilotage automatisé

des charges et une meilleure utilisation de l’énergie disponible.

© Theben

© Zennio

Zennio

Presentia C Multisensor,

un détecteur de présence KNX

Zennio présente le détecteur de présence KNX Presentia C

Multisensor, avec capteur de luminosité pour installation en

plafond, avec une aire de détection de 360° et jusqu’à 30 mètres

de diamètre. Il dispose de multiples canaux configurables pour

la variation constante d’éclairage, le contrôle de l’éclairage en

fonction d’un seuil de luminosité ou la détection de présence.

Chaque capteur permet un réglage indépendant de la sensibilité

et de la calibration de la luminosité sur le plan de travail.

La configuration maître/esclave permet d’utiliser plusieurs

détecteurs pour de grands espaces. Il inclut une sonde de température et un module de

thermostat, un capteur d’humidité et un capteur de CO 2

avec un module de contrôle, ce qui

permet d’optimiser la qualité de l’air. Possibilité d’installation encastrée ou en saillie (accessoire

inclus). Compatible avec KNX Secure, il est également disponible en blanc et anthracite.

CATS

XLC-KN, des drivers led à courant

constant avec KNX Data Secure

Mean Well enrichit son offre KNX avec la série XLC-25/40/60KN, des

alimentations led à courant constant, intégrant nativement le protocole

KNX avec fonction Data Secure. Disponibles en 25, 40 et 60 W, ces

drivers AC/DC couvrent une plage d’entrée de 100 à 305 VAC et proposent

un courant de sortie réglable de 350 à 1 700 mA selon les modèles. Ils

assurent un pilotage numérique précis de l’éclairage et une intégration

directe dans les systèmes KNX. Avec un rendement atteignant 90 %,

ils fonctionnent en convection naturelle sur une plage de température

de - 25 °C à + 85 °C (jusqu’à 90 °C selon les versions). La série intègre des fonctions

avancées : variation par bouton-poussoir, gestion de groupes et de scènes, suivi du

temps de fonctionnement, maintien de l’éclairement constant, programmation horaire,

ou encore détection thermique.

© Mean Well

28 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


ÉVÉNEMENT

Light + Building 2026

Esylux

Compact Mini, des détecteurs de présence

ultracompacts et polyvalents

Esylux propose avec la gamme Compact Mini des détecteurs de présence et de

mouvement pour l’automatisation de l’éclairage et des équipements techniques dans les

bâtiments. Destinés à une installation en plafond, ces capteurs infrarouges 360° assurent

la commutation ou la régulation de l’éclairage en fonction de la présence et de la lumière

naturelle, avec des portées jusqu’à 12 m de diamètre selon les modèles. Leur format

ultracompact (diamètre d’encastrement à partir de 25 mm) facilite l’intégration dans tous

types d’environnements. La gamme couvre plusieurs technologies (230 V, 1-10 V, DALI, KNX)

et permet également le pilotage CVC. Conçus pour les applications tertiaires, ces détecteurs

offrent une mise en œuvre simplifiée, une flexibilité de paramétrage et une optimisation des

consommations énergétiques.

© Esylux

© Airzone

Airzone

Aidoo KNX Détente directe : la base de données

enrichie

Airzone a étendu la base de données Aidoo KNX à 427 objets de communication, élargissant

ainsi ses fonctionnalités. Cette mise à jour simplifie également le processus de paramétrage

et la manipulation des données. Parmi les nouveautés de cette mise à jour, l'ajout de la

surveillance de l'état des sondes de température intérieure et extérieure, ainsi que le suivi

du compresseur. Pour une meilleure accessibilité, la base de données KNX

est désormais disponible en 6 langues : anglais, espagnol, français, italien,

portugais et allemand. Aidoo KNX assure l'alimentation directe depuis le bus

KNX, pour une programmation depuis le bureau sans besoin d'unité intérieure

ou de sources d'alimentation supplémentaires. Pour répondre aux besoins

spécifiques, l'Aidoo KNX peut exécuter des fonctions spéciales telles que

l'économie d'énergie, la purification, ou encore le mode turbo.

Thermokon

Thanos EVO KNX Casambi : supervision

et pilotage des pièces

Les contrôleurs d’ambiance Thermokon permettent de superviser et piloter

tous les éléments importants dans une pièce. En plus de mesurer les principaux

paramètres nécessaires, ils transmettent les commandes des utilisateurs du

bâtiment à la GTB, notamment en KNX. Devenant ainsi le cœur du Smart

Building ou de l’automatisation complète des bâtiments. Ces produits tactiles

design et élégants mesurent jusqu’à 4 paramètres au choix : température,

humidité, CO 2

et COV. Ils permettent également de piloter par la GTB KNX

(ou autre bus filaire), le chauffage, la climatisation, la ventilation, ou les

volets roulants. Sa connectivité Casambi (Bluetooth Mesh) permet de piloter toutes les leds du

bâtiment en RGB et en intensité, à partir d’un seul point central ou via une application.

© Thermokon

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ANALYSE

© DR

Revamping des datacenters :

passer du remplacement à

la modernisation

Par Clément Barthelmebs, Datacenter Segment Manager chez Socomec

Face aux défis énergétiques, le « revamping » (la

rénovation des infrastructures existantes) doit être

envisagé comme une opportunité de modernisation.

Chaque remplacement d’équipement en fin de vie

est donc un levier pour rendre ces installations

plus performantes et plus efficientes. Dans cette

perspective, l’accroche « faire du revamping un levier

de modernisation » souligne la nécessité de transformer une simple mise à

niveau technique en une démarche globale d’amélioration, combinant baisse

des coûts d’exploitation, continuité de service et performance énergétique.

Les ASI – alimentations sans

interruption, ou onduleurs

– nouvelle génération dites

« modulaires » illustrent parfaitement

cette approche, en faisant du remplacement

d’un vieil onduleur une véritable

action de modernisation du datacenter.

La modularité au cœur

de la modernisation

Ces dispositifs offrent une architecture

évolutive grande puissance, simplement

par l’ajout de modules remplaçables

à chaud et la mise en parallèle d’unités.

Une telle modularité garantit une

flexibilité d’intégration exceptionnelle :

l’ASI s’adapte à l’existant sans modification

lourde des tableaux électriques. En

rénovation, où conserver la distribution

d’origine (disjoncteurs, câbles, jeux de

barres) est souvent un impératif, cette

souplesse évite des travaux coûteux et

des interruptions de service prolongées.

Au-delà de l’intégration, le revamping

technologique optimise les performances

énergétiques. En effet, les

onduleurs de dernière génération tirent

parti des semi-conducteurs au carbure

de silicium (SiC) pour atteindre un rendement

en ligne (double conversion)

d’environ 97,5 %, surpassant ainsi largement

les équipements précédents.

En mode Smart Conversion, l’efficacité

dépasse même 99 %. Parmi les bénéfices

observés, une réduction considérable

de la consommation d’énergie, des

besoins en refroidissement et des émissions

de CO 2

.

De plus, ces performances rendent les

nouvelles ASI éligibles aux certificats

d’économies d’énergie (CEE), étendus

aux onduleurs haut rendement. De quoi

encourager les gestionnaires de centres

de données à accélérer la modernisation

tout en réduisant le coût global du

projet.

Durabilité et simplification

de la maintenance

Au sein d’une démarche de modernisation,

la fiabilité à long terme doit également

rentrer en ligne de compte. À ce

titre, l’approche modulaire intègre une

redondance inhérente pour une disponibilité

maximale. Chaque module, conçu

pour une fiabilité extrême, se remplace

en quelques minutes sans arrêter l’onduleur.

L’absence de composant critique non

duplicable élimine les points de défaillance

uniques. Le résultat ? Un cycle de

maintenance allégé et des interventions

sans risque pour la continuité de service.

Cette modernisation s’inscrit par ailleurs

dans une philosophie de pérennité. Le

datacenter peut intégrer à tout moment

des modules de nouvelle génération sans

besoin de changer l’architecture globale. Il

maîtrise de ce fait la fin de vie de son équipement

en maintenant son ASI à niveau

par simples échanges de modules. Les

durabilités économique et technique du

site se voient alors renforcées.

Enfin, la démarche durable s’applique

également à la fabrication : une production

locale ou régionale contribue à

réduire l’empreinte carbone du transport,

un aspect qui – comme les autres étapes

du cycle de vie – est documenté et évalué

au travers des PEP ecopassport®.

Moderniser plutôt que simplement

remplacer

Introduire un onduleur modulaire de

dernière génération lors d’un revamping

transforme un datacenter existant en une

installation efficace, évolutive et durable.

Plutôt que de « changer à l’identique », on

dote le site d’une infrastructure capable

de suivre l’évolution des besoins jusqu’à

de très hautes puissances, tout en réduisant

les coûts énergétiques et d’entretien.

Ce virage vers la modernisation, soutenu

par des incitations publiques et le progrès

technologique, offre un avantage concurrentiel

décisif aux acteurs du numérique,

avec le maintien d’un service optimal, une

maîtrise des dépenses d’exploitation et

une réponse crédible aux objectifs environnementaux.

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LES DOSSIERS

DU MOIS

42

IRVE

Le déploiement

des bornes ouvertes

au public dopé

par l’augmentation

des puissances

33

SMART

HÔPITAL

54

INDUSTRIE

Les moteurs électriques

et variateurs de vitesse

au service de la

performance énergétique

© DR

© ABB

© Driveco

32 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


LES DOSSIERS DU MOIS

Concilier excellence

médicale et efficacité

énergétique

Les hôpitaux et cliniques doivent allier conditions de confort, sécurité,

et maîtrise énergétique, des enjeux clés pour des bâtiments souvent très

énergivores. Les systèmes CVC (chauffage, ventilation, climatisation) sont

au cœur de cet équilibre : ils garantissent une qualité de l’air (QAI) optimale

et un confort thermique, tout en limitant les risques infectieux. Grâce à

des équipements performants et bien pilotés, il est possible de réduire la

consommation d’énergie sans nuire aux soins. Tour d'horizon des solutions

techniques permettant de conjuguer efficience énergétique et confort des

patients, tant sur le volet de l’efficacité hydraulique que de la maîtrise QAI.

Le froid alimentaire,

premier poste énergétique

« La norme NF S90-351, texte de référence en hygiène

hospitalière (risque contamination aéroportée), définit

les exigences et les moyens à mettre en œuvre selon

le niveau de risque infectieux de chaque zone », introduit

Pierre Poinsot, directeur de la prescription au

sein de France Air, leader de la ventilation dans les

locaux à risque. La norme classe ainsi les espaces en

4 catégories :

Zone 4 : très haut risque

Zone 3 : haut risque

Zone 2 : risque moyen

Zone 1 : risque nul

La norme ISO 14698 définit, quant à elle, les principes

fondamentaux pour contrôler la biocontamination

et détaille les méthodes de suivi des zones

à haut risque. Dans les zones moins sensibles, son

application reste surtout indicative.

La QAI, enjeu global du secteur de la santé

« Dans le secteur médical, la qualité de l’air est cruciale,

notamment pour limiter la propagation des

virus, bactéries et microbes. Mais il n’y a pas que

les polluants biologiques qui présentent un intérêt

sanitaire, d’autres polluants comme les particules ou

les polluants sont aussi présents dans les hôpitaux

et peuvent aggraver l’état des patients fragiles (personnes

immunodéprimées, femmes enceintes, jeunes

enfants) », explique Claire-Sophie Coeudevez,

directrice de Medieco Conseil & Formation.

Medieco agit donc notamment pour protéger les

Smart Hôpital

publics vulnérables en combinant sensibilisation et

expertise technique :

• Formations et outils pédagogiques (par exemple :

escape game sur les perturbateurs endocriniens,

ateliers sur les textiles).

• Audits complets des produits utilisés dans les bâtiments

(matériaux de construction, produits d’entretien,

équipements médicaux, etc.), en analysant

notamment leurs fiches de données de sécurité

(FDS) pour identifier des substances dangereuses

(par exemple : bisphénol dans un vernis de résine

de sol).

Claire-Sophie Coeudevez ajoute que Medieco réalise

aussi des campagnes de mesure (de 24 heures à

plusieurs mois) pour :

• Analyser les pics de pollution et leur impact,

• évaluer l’efficacité des systèmes de ventilation et

filtration.

Ces mesures comparent les niveaux de polluants à

l’extérieur et à l’intérieur des bâtiments, afin d’optimiser

la qualité de l’air.

Les mesures en intérieur portent souvent sur les

COV (composés organiques volatils), classés en très

volatils, classiques et semi-volatils – ces derniers

étant les plus difficiles à analyser. Globalement, les

études montrent que les émissions liées aux produits

de construction ont diminué depuis quelques

années.

Pour le Medipôle Lyon Villeurbanne, Medieco a

réalisé un audit complet des expositions environnementales

dans les services de néonatologie. « Les

1 000 premiers jours de vie sont en effet critiques : les

...

Pierre Poinsot,

directeur de la

prescription, France Air.

Claire-Sophie

Coeudevez, directrice

de Medieco Conseil &

Formation.

© France Air

© Medieco

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. . . . . . . . .


. . . . . . . .

© Medieco

© Medieco

Exemple de

campagne de mesures

(ext/int) sur PM 2,5

.

Appareils de mesures

pour les polluants de

l’air intérieur.

...

34 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hôpital

perturbateurs endocriniens – même à faible dose –

peuvent bloquer l’action des hormones naturelles et

avoir des effets durables. Les maternités sont donc

une priorité, tant pour protéger les nouveau-nés

que pour sensibiliser les parents après la naissance »,

ajoute l’experte de Medieco.

Les polluants mesurés incluent notamment :

• des composés organiques volatils (benzène,

toluène, xylènes, éthylbenzène, styrène, limonène,

etc.) ;

• le bisphénol A ;

• le formaldéhyde et l’acétaldéhyde ;

• 12 phtalates couramment retrouvés dans les environnements

intérieurs.

Ces mesures et analyses permettent d’identifier les

sources possibles de pollution et de mesurer l’impact

des changements dans les services hospitaliers.

Par exemple, les contenants plastiques souples

ont été remplacés au maximum par du verre pour

réduire les phtalates.

La démarche de l’hôpital repose sur une collaboration

entre tous les services : soins (cadres, équipes

© Zehnder

soignantes, pédiatres), pharmacie, biomédical,

logistique, nettoyage, maintenance, recherche et

direction.

« Les interventions de Medieco visent d’abord à déterminer

les sources de pollution, les mesurer et tenter

de les limiter ; viennent ensuite les actions de remédiations

avec notamment un travail sur le renouvellement

d’air pour garantir de bons volumes et une

filtration adaptée. Les systèmes d’épuration ne sont

qu’à étudier en second lieu, si aucune des actions

précédentes n’a fonctionné », conclut Claire-Sophie

Coeudevez.

Ventilation double flux et récupération

d’énergie

Dans les bâtiments médico-sociaux et de soins de

proximité – cabinets médicaux, maisons de santé,

centres de consultations et soins, Ehpad –, la qualité

de l’air intérieur constitue aussi un enjeu sanitaire

et énergétique majeur. Ces locaux accueillent des

personnes vulnérables (patients fragiles, personnes

âgées) ainsi que du personnel exposé en continu. Ils

nécessitent donc un renouvellement d’air permanent

et maîtrisé, une filtration efficace des polluants

et particules, et une stabilité du confort thermique,

sans surconsommation énergétique.

Nous avons interrogé le fabricant Zehnder – l’un

des leaders de la ventilation et de la qualité de

l’air intérieur – qui conseille, pour répondre à ces

besoins, des systèmes de ventilation double flux

avec récupération de chaleur. Plus performants que

la ventilation simple flux, ces systèmes apportent

de l’air neuf filtré, évacuent l’air vicié et limitent les

pertes d’énergie, tout en se conformant aux normes

en vigueur.

Pour Zehnder, les centrales de traitement d’air

(CTA) double flux à échangeur à plaques assurant

CTA double flux Silvertop – débit jusqu’à 5 200 m³/h.


une séparation stricte entre l’air neuf et l’air extrait,

sans mélange ni transfert de polluants, sont souvent

la réponse à privilégier. Les échangeurs à plaques

permettent une récupération de chaleur à très haut

rendement, pouvant atteindre jusqu’à 90 %, ce qui

limite fortement les besoins en chauffage et en

refroidissement.

Ces principes contribuent à maintenir une qualité

de l’air intérieur stable, un confort thermique

homogène et une réduction significative des

consommations énergétiques.

Côté filtration mécanique, les systèmes double flux,

comme ceux de la gamme Zehnder, intègrent une

filtration mécanique performante, positionnée sur

l’air neuf et, selon la configuration, sur l’air extrait.

La filtration fonctionne en continu, indépendamment

de l’occupation des locaux, et il est possible de

mettre en œuvre une double filtration sur l’air neuf,

par exemple M5 + F7 ou F7 + F9, afin de réduire

efficacement les particules fines, poussières, pollens

et polluants atmosphériques. Cette filtration contribue

à la protection des occupants et à la durabilité

des équipements, tout en venant en complément

du renouvellement d’air. Mais elle ne se substitue

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hôpital

pas à des dispositifs de désinfection active de l’air.

À noter que les centrales de traitement de l’air

Zehnder sont pilotables et régulables, et peuvent

être intégrées aux systèmes de gestion technique

du bâtiment (GTB/GTC) existants. Cette connec-

...

CTA double flux

Flatpower pour

installation en plafond.

© Zehnder

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. . . . . . . .

© France Air

© Wilo France

Plafond Cassiopée avec Filtres THE (H14) couvrant la surface

diffusante totale.

Benjamin Jouanny,

Business Developper

pour Wilo France.

...

36 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hôpital

tivité permet une exploitation optimisée, une maintenance

préventive et une continuité de service

accrue, particulièrement importantes en milieu de

soins.

Des solutions de renouvellement et de

filtration adaptées à chaque niveau de risque

Pour les blocs opératoires, des solutions sur mesure

– en neuf comme en rénovation – sont proposées.

« Conçues et fabriquées en France, modulaires et

adaptables à toutes les configurations, elles reposent

sur un flux d’air unidirectionnel : de l’air filtré et stérilisé

est soufflé depuis un plafond filtrant vers le bas de

la salle, à un débit contrôlé, pour garantir une hygiène

optimale », introduit Pierre Poinsot, de France Air.

L’aide à la conception est importante pour aider

à choisir les bonnes solutions, notamment sur les

projets de rénovation. « Par exemple, au CHU de

Caen, la commande initiale prévoyait des plafonds

filtrants unidirectionnels Biovax, mais très vite, dès

la conception du projet, le constat a été fait que les

réservations pour les gaines ne permettaient pas de

fournir le débit suffisant. La solution de plafond filtrant

baptisée Cassiopée avec intégration du recyclage

d’air – jusqu’à 90 % de l’air soufflé – a permis à la

fois de diminuer l’emprise du local technique avec un

dimensionnement moindre des centrales, avec 5 centrales

de 7 000 m 3 /h en lieu et place des 6 centrales

de 9 000 m 3 /h initialement prévues, et de respecter les

contraintes de réservation. »

Le plafond Cassiopée assure le débit d’air total

nécessaire en salle d’opération en combinant un

faible débit d’air neuf et de l’air recyclé filtré. « Cette

solution permet d’atteindre les exigences de propreté

particulaire et bactériologique fixées par la norme

NF S 90-351 pour les zones à haut risque 3 et 4 »,

complète l’expert de France Air. La minimisation

de l’impact énergétique est réalisée par l’usage de

moteurs EC à faible consommation énergétique,

Système BVX 3 en mural en espace ophtalmologie.

couplé à un réseau de recyclage à très faibles pertes

de charge et un fort taux de recyclage possible avec

une modulation des débits jour/nuit en période

d’inoccupation du bloc.

« Pour les zones à risque infectieux 2 ou 3 définis

dans la norme NF S90-351, il est possible de mettre

en place le module CompaClean® diffusant monobloc

non unidirectionnel cette fois, et conçu, donc,

pour les chambres à risques infectieux, les couloirs,

les stérilisations, les SSPI (salles de réveil). Il équipe

aujourd’hui plus de 2 500 salles type 2 et 3 en France »,

ajoute Pierre Poinsot.

Enfin, France Air propose également des solutions

techniques pour les autres espaces comme des halls

ou espaces d’accueil, mais aussi des systèmes avec

récupération d’énergie pour les cuisines professionnelles,

et couvre ainsi la totalité des besoins d’un site

hospitalier. Pierre Poinsot ajoute qu’il est possible

par la GTB ou en accès direct de suivre les consommations

des motoventilateurs et, d’ici à la fin de

l’année, il sera possible de suivre la QAI en temps

réel dans le bloc opératoire.

Soigner mieux en consommant moins

Décrets tertiaire et BACS obligent, l’efficacité énergétique

est au cœur des sujets, notamment pour les

établissements de santé existants. Mais le confort,

l’hygiène et le soin des patients sont aussi des priorités

qui nécessitent une attention accrue et continue,

tant sur les conditions de températures de chauffage,

climatisation et ECS, que de renouvellement

et de qualité de l’air.

« Dans un Smart Hôpital, la maîtrise des coûts énergétiques

est cruciale, car les besoins sont permanents

(24 h/24). Pourtant, il est impossible de réduire les

dépenses en baissant les températures : les chambres

doivent rester chaudes pour le confort des patients,

et les blocs opératoires et laboratoires doivent rester

frais pour des raisons techniques et sanitaires. Ces

© France Air

...


j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 37


. . . . . . . .

© Wilo France

38 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hôpital

Centre hospitalier de Béziers, une rénovation complète

de chaufferie pour optimiser l’énergie sans compromettre

la continuité des soins

Le centre hospitalier de Béziers. Pompe de la gamme Stratos à

débit variable et communicante.

« L’ancienne chaufferie était

équipée de trois pompes dont le

dimensionnement ne correspondait

plus aux besoins, fonctionnant à

pleine puissance toute l’année. En

période de faible besoin, l’excédent

de fluide était redirigé vers un

by-pass par sous-stations, ce qui

entraînait une surconsommation

inutile », explique Benjamin Jouanny,

de Wilo France.

L’objectif conjoint du bureau

d’études thermiques Delta, de

l’intégrateur Hervé Thermique et de

Wilo était donc de mettre en place

une installation plus flexible avec

une adaptation à la demande réelle,

hautement performante pour les

exigences sanitaires, et fiable avec

un fonctionnement continu sans

interruption.

« La nouvelle chaufferie avec

chaudières et pompes en cascade

permet dorénavant de produire

utile et juste, sans risque de panne.

Les pompes de distribution Wilo

en débit variable distribuent

uniquement l’énergie nécessaire

aux besoins. La chaufferie s’adapte

donc aussi bien à un pic de

consommation du centre hospitalier

qu’aux périodes où les besoins en

énergie sont moindres », ajoute

l’expert de Wilo.

« Grâce à ses 4 pompes en

cascade, la chaufferie de

l’hôpital a drastiquement réduit

sa consommation annuelle. La

quatrième pompe en réserve permet

« La nouvelle

chaufferie de

l’hôpital, avec

chaudières et

pompes en cascade,

permet dorénavant

de produire utile

et juste, sans risque

de panne. »

la continuité de service si l’une

des pompes tombe en panne. Une

sécurité qui assure pleinement

la continuité des soins », souligne

Benjamin Jouanny. Les équipements

Wilo sont communicants et

permettent d’obtenir facilement

n’importe quelle donnée de

fonctionnement et d’agir en

conséquence pour une efficience

énergétique dans la durée.

En résultat, sur un an, une

consommation divisée par 3

au niveau de la consommation

électrique des pompes, mais

aussi 45 % d’économies sur le

gaz lors de la saison estivale.

Grâce au débit variable, l’hôpital

ne consomme que le gaz dont

il a vraiment besoin – et en été

les besoins sont beaucoup plus

faibles –, et cela permet de réaliser

des économies significatives. Enfin,

en pleine saison de chauffe, de 5 à

15 % d’économies s’ajoutent sur la

consommation de gaz. À la clé, des

économies de près de 87 000 kWh

en électricité et 708 000 kWh de gaz

(-25 %).

« En outre, l’accompagnement dans

la prise en main de l’installation

a été essentiel pour tirer le plein

bénéfice des équipements. Même

avec des produits haut de gamme,

il ne faut jamais oublier que la

performance de ces derniers sur le

temps long sera toujours tributaire

d’un bon entretien. Grâce à ce travail

de terrain, les exploitants savent

aujourd’hui au sein de l’hôpital faire

évoluer les réglages des pompes et

optimiser leur durée de vie », conclut

Benjamin Jouanny, de Wilo France.

© Wilo France


...

contraintes rendent la gestion énergétique particulièrement

complexe », souligne Benjamin Jouanny,

Business Developper pour Wilo France et notamment

pour le secteur hospitalier.

« Bien sûr, rénover une chaufferie complète tout en

changeant d’énergie ou en les mixant, ou encore réaliser

une isolation thermique par l’extérieur (ITE) est

toujours possible, mais les budgets sont le plus souvent

conséquents. Les leviers faciles à actionner, permettant

cependant des gains significatifs par simple

remplacement d’équipements, trouvent donc un écho

très favorable », poursuit l’expert de Wilo.

Les pompes sont déterminantes pour le

confort et l’efficacité énergétique

« En France, près d’un million de pompes devraient

être remplacées pour contribuer à respecter le décret

tertiaire. Or, beaucoup sont mal dimensionnées ou

tournent en continu et à débit fixe, ce qui génère des

dépenses énergétiques élevées et évitables », décrit

Benjamin Jouanny, de Wilo. Rénover une chaufferie,

bien que souvent perçu comme un acte coûteux

et peu prioritaire, peut en réalité se révéler rentable

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hôpital

et stratégique. Ainsi, l’investissement dans des

pompes de distribution haut rendement se justifie

pleinement : leur efficacité énergétique permet

des économies substantielles, souvent proches de

70 % par rapport à une pompe ancienne, assurant

un retour sur investissement rapide ainsi qu’une

réduction de l’empreinte carbone de l’installation.

La condition préalable est cependant de réaliser une

évaluation précise des besoins techniques (consommation

réelle, contraintes budgétaires), pour

dimensionner la solution de manière optimale.

« Le passage du débit constant au débit variable permet

de réduire le débit au niveau ad hoc et, donc, de

...

© France Air

CompaClean ®

diffusant installable

en faux plafond.

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. . . . . . . . .


. . . . . . . .

© DR

AVIS D'EXPERT

Purificateur, une solution

plug and play qui complète

les infrastructures

existantes ?

« Les systèmes d’épuration

apportent un traitement

localisé intensif des risques

infectieux aéroportés

(virus, bactéries, particules

fines), sans modification

lourde des infrastructures

CVC. Ils permettent ainsi

d’obtenir et de maintenir

une QAI optimale sans

avoir à surdimensionner le

renouvellement d’air neuf,

particulièrement coûteux

à chauffer ou refroidir. »

Cela constitue ainsi un

complément intéressant

et qualitatif aux systèmes

existants, notamment en

cas de débits insuffisants ou

encore limités par des

contraintes techniques.

La solution PRISM baptisée

Eolis Air Manager utilisée

pour les zones à haut risque

– oncologie, néonatologie,

blocs opératoires – est

entièrement communicante

avec un monitoring en temps

réel et une analyse constante

(PM2,5, COV, CO 2

) avec

ajustement automatique

des débits (Mode Smart).

Ce système intelligent

garantit une maîtrise totale

de la contamination, et

une supervision à distance

de l’ensemble du parc est

également possible via

une plateforme dédiée,

permettant aux équipes

techniques un suivi précis

par service. En termes de

maintenance prédictive, le

40 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hôpital

Les purificateurs, une solution agile

et complémentaire aux infrastructures

existantes

Jérémy Pellissier, responsable marketing et communication

chez PRISM

« PRISM est un acteur français engagé pour la santé et la souveraineté industrielle, qui

se distingue par une offre globale en hygiène environnementale : masques chirurgicaux

et FFP2, systèmes de nettoyage-désinfection vapeur haute pression, et solutions de

purification d’air. Grâce à cette expertise intégrée et globale, l’entreprise apporte des

réponses concrètes aux enjeux des établissements de santé, en réduisant les risques

infectieux, en maîtrisant les contaminations et en garantissant un environnement sûr »,

introduit Jérémy Pellissier.

© PRISM

Épurateurs pour établissements de santé et Ehpad.

système effectue un calcul

de l’usure réelle des filtres

selon la pollution traitée,

optimisant ainsi les coûts

d’exploitation.

Pour les zones de

flux – salles d’attente ou

de repos, accueils, bureaux

administratifs… –, il est

également possible de

mettre en place une solution

de purification polyvalente

baptisée « Air Protect »

garantissant un air sain pour

le personnel et les usagers.

Sur quels principes

techniques reposent

la désinfection de vos

purificateurs ?

Les technologies

utilisables reposent sur une

combinaison de filtration

médicale et de traitement

actif :

• Filtration HEPA (H13/

H14) : capture 99,97 % des

particules jusqu’à 0,1 µm.

• Charbons actifs haute

densité : adsorption

des COV (composés

organiques volatils) et des

odeurs chimiques.

• Traitement biocide

(selon modèles) :

utilisation de lampes

UV-C, de photocatalyse

ou de plasma pour la

neutralisation des agents

pathogènes sans rejet

de produits chimiques ni

d’ozone.

La technologie au

charbon actif, notamment,

répond à de nombreuses

problématiques rencontrées

dans les établissements

de santé et, selon la nature

des zones, leur surface et

les besoins de filtration,

l’épurateur choisi sera

équipé de différents étages

de filtration.

Des dispositifs qui

s’inscrivent dans une

démarche de conformité

stricte, notamment vis-à-vis

de la norme NF S 90-351

pour la maîtrise de la

contamination aéroportée

en zones à environnement

maîtrisé et ISO 14644-3 pour

la qualification des salles

propres.

Les épurateurs, et

notamment ceux à filtrage

moléculaire, conviennent

parfaitement à un usage

hospitalier, mais ils sont

aussi bien adaptés pour

les zones de préparation,

les cabinets médicaux et

dentaires, les salles d’attente

et de repos, les unités de

psychiatrie, les chambres de

patient ou d’Ehpad… Avec

pour bénéfice un confort

accru aux usagers, tant

résidents que familles, en

toute discrétion et simplicité

d’usage.

Chambre d’Ehpad avec purificateur en pose murale Hygéolis.

© PRISM


...

diminuer les consommations associées aux circulateurs

tout en garantissant un niveau de confort optimal.

Les pertes en ligne sont diminuées et les économies

sont conséquentes – notamment pendant la

saison estivale, car l’été, l’hôpital utilise l’eau chaude

pour produire essentiellement de l’eau chaude sanitaire

et de la déshumidification pour les centrales de

ses blocs opératoires », détaille l’expert de Wilo.

« Avec des pompes de la gamme Wilo-Stratos, il

est possible de remplacer une pompe de 45 kW par

quatre pompes de 7,5 kW fonctionnant en cascade.

Résultat : une réduction significative de la consommation

énergétique, car la pleine puissance n’est

nécessaire le plus souvent que 8 à 10 % du temps.

Grâce à leur intelligence, ces pompes communiquent

avec la supervision ou un automate, mais aussi

entre elles (par exemple, entre la pompe du circuit

primaire et celles du secondaire) pour ajuster les

débits de manière optimale et éviter les gaspillages »,

précise l’expert de Wilo.

« Avec la solution numérique de surveillance à

distance Wilo-Monitor, il est possible de suivre les

installations partout et à tout moment, ce qui permet

d’améliorer ainsi durablement la sécurité et la

rentabilité des pompes. Un concept qui se révèle très

utile en environnement de surveillance de multiples

installations, et qui est utilisable aussi bien pour les

systèmes de pompes de CVC ou de surpression que

pour les stations de relevage ou encore les systèmes

incendie », poursuit l’expert de Wilo. En cas de

problème ou d’alerte, une notification est envoyée

immédiatement. Pour les blocs opératoires, c’est

LES DOSSIERS DU MOIS

Smart Hôpital

essentiel : tous les paramètres importants (temps

de fonctionnement, consommation d’énergie,

cycles de marche/arrêt, état des pompes) sont

visibles en temps réel, ce qui permet de garantir

la fiabilité du système à tout moment. Les données

peuvent aussi être transmises à la GTB du site hospitalier

par des protocoles standard comme Modbus

ou BACnet.

Jean-François Moreau

© Wilo

Pompe de la gamme

Stratos à débit variable

et communicante.

© Wilo

Le principe de remontée

d’informations de Wilo-

Monitor.

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. . . . . . . . .


. . . . . . . .

42 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

Le déploiement des bornes

ouvertes au public

dopé par l’augmentation

des puissances

Le déploiement des IRVE ouvertes au public se poursuit en France à un

rythme élevé, avec une augmentation de la puissance d’une partie de

ces bornes pour une recharge rapide. Ces paramètres nécessitent une

adaptation des solutions d’alimentation électrique passant par l’utilisation

des énergies renouvelables, le stockage et des logiciels de gestion de ces

charges pour mieux utiliser les puissances d’alimentation disponibles.

Les installations de

bornes de recharge se

développent sur les

parkings des centres

commerciaux.

Les données de l’AVERE-France au

31 décembre 2025, établies de façon

indépendante par Gireve, plateforme

d’interopérabilité pour la mobilité électrique

pour le compte du ministère de la Transition écologique

et de l’AVERE-France, indiquent que plus

de 185 00 points de charge sont mis à la disposition

du public en France.

Cette progression de plus de 30 800 points

de charge en 2025 ne se ralentit pas (+ 20 %

sur 12 mois). Après l’équipement de toutes

les aires de services des autoroutes concédées,

ce déploiement se poursuit dans les

zones commerciales et hôtels qui représentent

46 % du nombre de bornes à disposition des

© Driveco

clients et usagers de véhicules électriques.

L’installation de bornes de recharge rapide ou

ultrarapide DC de puissance supérieure à 50 kW

se développe et représente aujourd’hui près de

25 % du parc, dont plus de 4200 bornes d’une

puissance supérieure à 350 kW. Une tendance

qui devrait encore croître avec la mise à disposition

sur le marché de bornes de puissance supérieure

à 700 kW et l’amorce du développement

des poids lourds électriques qui vont nécessiter

de telles puissances.

Développement des solutions combinant

IRVE, production photovoltaïque et stockage

d’électricité

Les secteurs résidentiel, commercial et industriel

adoptent de plus en plus des solutions combinées

associant production photovoltaïque,

stockage d’énergie et bornes de recharge pour

véhicules électriques (IRVE). Cette convergence

répond à des enjeux communs : réduction des

coûts énergétiques, autonomie accrue et valorisation

de l’énergie solaire.

Les bornes sur les parkings commerciaux permettent

de fidéliser des clients.

© SolarEdge


Comme l’explique Arnold Bourges, directeur de

SolarEdge France, « dans les secteurs tertiaire et

industriel, ces systèmes permettent de répondre

aux obligations réglementaires, de gérer les pics

de consommation liés à la recharge des flottes ou

des visiteurs, et d’optimiser l’usage de l’énergie

produite sur site. Le pilotage intelligent des flux

énergétiques devient un levier stratégique pour

améliorer la performance globale des bâtiments

et réduire leur empreinte carbone. Parkings d’entreprise,

immeubles tertiaires, sites logistiques

ou centres commerciaux cherchent à réduire

leurs coûts énergétiques, optimiser l’autoconsommation

et répondre aux obligations réglementaires

liées à la mobilité électrique. Ces solutions

permettent également de soulager le réseau,

de valoriser l’énergie solaire en temps réel et

de garantir une recharge intelligente des véhicules

électriques, même en cas de forte demande ».

LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

Socomec a équipé son usine de Benfeld (67) de panneaux photovoltaïque et de

bornes de recharge Hager.

Émergence du concept de « prosumer »

pour les installations de recharge connectées

à des installations photovoltaïques

La transition énergétique vers des productions

d’énergies renouvelables produites localement

(panneaux photovoltaïques, ombrières

ou éoliennes) favorise l’émergence du concept

« prosumer », un acteur capable de produire et

consommer simultanément de l’électricité. Ce

modèle s’appuie sur des solutions combinant

photovoltaïque, stockage et pilotage intelligent,

particulièrement adaptées aux bâtiments commerciaux,

tertiaires et industriels.

Pour illustrer cette approche, Socomec a déployé • Triplement de la puissance disponible pour la

sur son site de Benfeld (Alsace), en partenariat recharge par rapport au réseau : ceci est possible

avec SOVEC pour le photovoltaïque et l’installation

et Hager pour les bornes de recharge des véhi-

la puissance du réseau.

grâce au système de stockage qui vient renforcer

cules électriques, un démonstrateur intégrant 65 • Résilience accrue : il est également possible de

kWc de production photovoltaïque, un stockage fonctionner totalement îloté en cas de défaillance

par batteries lithium-ion SUNSYS HES L 200 kVA du réseau.

de 372 kWh pour alimenter 320 kW de bornes de Ces gains démontrent que le stockage, associé à un

recharge Hager (AC et DC rapide 60 kW), le tout pilotage intelligent, est une solution efficace pour

supervisé via une plateforme IoT.

gérer la production et la consommation locale,

Ludovic Berger, Application Marketing Manager tout en intégrant des usages comme les IRVE. »

de Socomec, mentionne, après 18 mois d’exploitation,

des résultats significatifs :

Les perspectives : ombrières et recharge

• « Autoconsommation doublée : la part d’électricité

photovoltaïque utilisée sur site a été multi-

Comme le note Ludovic Berger, « le développe-

rapide, un levier pour le stockage

pliée par deux.

ment des ombrières photovoltaïques sur parkings

• Autoproduction photovoltaïque : la recharge des commerciaux et la montée en puissance des bornes

véhicules se fait en été uniquement via le photovoltaïque,

directement, ou via les batteries. flexibilité énergétique.

de recharge rapide vont accentuer les besoins en

• Écrêtage des pics et optimisation tarifaire : Ces installations génèrent :

des économies de plusieurs centaines d’euros par • Des excédents de production en été, nécessitant

mois sont possibles en hiver, en chargeant la nuit du stockage pour éviter les déséquilibres réseau.

et en évitant les heures de pointe. • Des appels de puissance élevés pour la recharge ...

Les bornes de recharge du site Socomec sont associées à des batteries de stockage

pour optimiser l'utilisation de l'électricité photovoltaïque.

© Socomec

© Socomec

j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 43

. . . . . . . . .


. . . . . . . .

© KEBA

Bornes KEBA sur

le site du Centre

technique de la Ville

de Lorient.

...

44 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

rapide, difficilement supportables par des

infrastructures existantes.

Dans ce contexte, le stockage devient un élément

stratégique :

• Il absorbe les surplus photovoltaïques et les restitue

aux moments opportuns.

• Il limite les coûts liés aux pointes de consommation.

• Il garantit la disponibilité de puissance pour les

IRVE, sans surdimensionner les raccordements.

Les évolutions réglementaires (obligation d’ombrières,

baisse du tarif de rachat d’énergie photovoltaïque)

et la volatilité des prix de l’électricité

renforcent l’intérêt économique du stockage.

Pour Socomec, ces solutions s’inscrivent dans une

logique de microréseaux intelligents, capables de

concilier mobilité électrique, performance et résilience

énergétique. »

Coupler production solaire et IRVE :

l’exemple de la ville de Lorient pour

son Centre technique municipal

La Ville de Lorient mène des actions concrètes

en développant la production photovoltaïque

et la mobilité électrique. En 2025, le verdissement

du parc automobile a débuté afin d’équiper

l’ensemble des agents concernés de véhicule

électrique (hors engins volumineux). Le site du

Centre technique municipal (CTM) disposait

déjà de deux centrales solaires (42 kWc au total)

fonctionnant en autoconsommation simple.

Dans ce cadre, le surplus de production, en particulier

le week-end, n’était pas valorisé. Le projet

est donc né de la volonté d’installer des bornes

de recharge, 36 bornes KeContact P30 du fabricant

KEBA, spécialiste des solutions de recharge

AC et DC, ont été implantées pour véhicules

électriques capables d’exploiter l’énergie solaire

disponible, afin de réduire les consommations

d’électricité issues du réseau. Dans ce contexte, le

bureau d’études Tetradis a développé le TetraSun

Charge, une solution de couplage simplifiée entre

la production d’énergie solaire et la recharge de

véhicules électriques. Elle permet à chaque utilisateur

de personnaliser son installation en fonction

de ses besoins spécifiques. « Avec le TetraSun

Charge, vous produisez, consommez et optimisez

l’énergie solaire. Cette technologie permet de router

l’énergie produite par les panneaux solaires directement

vers la borne de recharge en fonction de

paramètres définis tels que la puissance disponible

ou l’heure de la journée. Un calendrier hebdomadaire

programmable permet de créer des scénarios

de recharge adaptés aux usages du site (résidentiel,

tertiaire ou industriel), tout en réduisant la réinjection

d’énergie excédentaire sur le réseau », indique

la direction de Tetradis.

La solution est conçue pour s’intégrer facilement

à toutes les installations photovoltaïques du marché,

sans contrainte technologique ni dépendance

à un matériel spécifique. Elle s’adapte

aussi bien à des projets de petite taille qu’à des

infrastructures plus importantes, allant d’une

à plusieurs dizaines de bornes de recharge, en

environnement résidentiel comme professionnel.

Sa compatibilité éprouvée avec plusieurs

marques de bornes reconnues comme KEBA,

ainsi que son ouverture à toute borne communicante,

garantit une grande liberté de choix et

une évolutivité durable des installations. Cette

approche ouverte et pragmatique facilite le

déploiement, sécurise les investissements et

permet aux collectivités et entreprises de faire

évoluer leurs équipements au rythme de leurs

besoins énergétiques et de mobilité.

Répondre à un besoin d’optimisation

des recharges des véhicules en fonction

des surplus photovoltaïques

Le besoin principal de la Ville de Lorient était

d’optimiser la recharge des véhicules en fonction

du surplus photovoltaïque, en privilégiant les

recharges lorsque la production solaire est réellement

disponible plutôt que selon des créneaux

horaires fixes. Les véhicules de service sont laissés

en recharge par les agents chaque midi et chaque

week-end. « Nous voulions qu’ils soient alimentés

exclusivement par l’énergie solaire dès que la

météo le permet. En cas d’absence de recharge à

cause du mauvais temps, nous souhaitions pouvoir

utiliser un mode “BOOST” le dimanche soir

pour garantir leur disponibilité le lundi matin.


© Tetradis

Solution TetraSun pour suivre le fonctionnement

des bornes de recharge.

Aujourd’hui, le système répond pleinement à nos

attentes : il déclenche la recharge en présence d’un

excédent photovoltaïque et nous permet d’exploiter

au mieux l’énergie produite sur site. Autre point

fort, il s’agit d’une solution évolutive : l’intégration

de futures centrales solaires pourra se faire naturellement,

le système saura les intégrer automatiquement.

Par exemple, le véhicule pouvait charger

le samedi via le réseau alors que le dimanche s’annonçait

ensoleillé et que la production aurait pu

servir à le charger », se réjouit Sébastien Fleury,

chargé de l’optimisation des équipements énergétiques

à la ville de Lorient.

Aujourd’hui, le système déclenche automatiquement

la recharge uniquement lorsqu’il y a du

surplus solaire disponible. La Ville de Lorient

estime qu’environ 25 % de l’énergie photovoltaïque

est utilisée pour alimenter la recharge,

principalement le week-end et entre 12 h et 14 h.

La solution a permis de gagner en souplesse,

le système fonctionne seul et il a la capacité de

s’activer ponctuellement en mode BOOST si un

agent a un besoin de recharge urgent. La solution

va continuer à s’améliorer lorsque s’ajouteront de

nouvelles centrales solaires. « Le premier constat

est positif : nous valorisons désormais notre énergie

photovoltaïque de façon beaucoup plus efficace.

Avant, nous fonctionnions avec des plages horaires

fixes de recharge, ce qui entraînait parfois des

recharges réseau non souhaitées », conclut Sébastien

Fleury.

LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

Associer un système de stockage

à des ombrières photovoltaïques et des bornes

de recharge

Dans le cadre de sa stratégie de transition énergétique,

le Morbihan s’est doté depuis mi-2025

de huit systèmes de stockage intelligents sur

batteries recyclées. Sept de ces systèmes ont été

conçus pour de l’optimisation HC/HP (Heures

creuses/Heures pleines), tandis qu’un huitième

système équipe une ombrière photovoltaïque

pour alimenter des bornes de recharge. Ce projet

pilote, réalisé en collaboration avec la PME française

SIREA, vise à aider les communes à réduire

considérablement leur facture énergétique.

L’objectif principal de ces shelters à batteries

fabriqués en France est de réduire la facture

d’électricité des collectivités. Ils permettent en

effet de stocker l’énergie du réseau lorsqu’elle

est la moins chère (par exemple la nuit), puis de

la déstocker au fil de la consommation, quand

l’énergie du réseau est plus chère.

Cette optimisation selon les plages tarifaires des

communes est d’autant plus intéressante qu’elle

est modulable : avec l’arrivée de nouvelles offres

tarifaires, notamment des heures creuses en journée,

ces batteries intelligentes seront capables

de s’adapter pour continuer à optimiser le coût

d’achat de l’électricité au réseau.

« Ce projet illustre l’importance du pilotage dans

la performance économique des systèmes de stockage.

Nous sommes fiers qu’une solution française,

conçue et fabriquée à Castres, dans le Tarn,

permette d’offrir aux communes du Morbihan

une réelle réduction des dépenses publiques liées

à l’énergie sur le long terme », explique David

Grand, responsable communication de SIREA.

...

Batteries de

stockage SIREA.

© SIREA

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. . . . . . . . .


. . . . . . . .

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LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

Une enseigne de service bureautique allemande réduit

de 70 % ses coûts de charge de véhicules électriques

grâce à une solution solaire

Basée à Regensburg, BV-comOffice est

une enseigne allemande spécialisée

dans les équipements et les

technologies bureautiques destinées

aux entreprises. Pour atteindre ses

objectifs environnementaux, sociaux

et de gouvernance (ESG), la société a

investi dans un système photovoltaïque

de 100 kWc sur le toit, connecté à

des onduleurs et des optimiseurs de

puissance SolarEdge, une batterie de

40,5 kWh, ainsi qu’un parc de 12 bornes

de recharge SolarEdge pour véhicules

électriques. Le logiciel de gestion

de l’énergie SolarEdge ONE for C&I

permet à BV-comOffice de piloter

l’usage de l’énergie solaire en fonction

de ses différents besoins énergétiques

afin de réaliser un maximum

d’économies sur sa facture énergétique.

« Le logiciel de BV-comOffice es,t par

exemple, configuré de façon que les

besoins énergétiques du bâtiment

soient satisfaits en priorité par l’énergie

solaire produite, explique Arnold

Bourges, directeur de SolarEdge

France. L’énergie solaire excédentaire

est ensuite stockée dans la batterie

en vue d’une utilisation ultérieure, le

soir, lorsque les tarifs de l’électricité

sont plus élevés. Le second objectif

consiste à alimenter la flotte de

Logiciel SolarEdge Wevo pour piloter l’installation.

Bornes de recharge associées à une production photovoltaïque sur le site du

magasin BV-comOffice.

véhicules électriques de BV-comOffice

avec de l’énergie solaire. Les besoins

en charge variant, les modes de charge

échelonnés de SolarEdge permettent

aux utilisateurs prioritaires – tels que

les commerciaux ayant besoin de leur

voiture toute la journée – d’accéder

à l’électricité du réseau en cas de

besoin. La charge des autres véhicules

moins prioritaires est paramétrée

pour s’effectuer uniquement lorsque

l’énergie solaire est disponible. »

En s’appuyant sur les nouvelles

fonctionnalités de SolarEdge pour la

gestion des bornes de recharge dédiées

aux flottes de VE, issues du rachat

de Wevo Energy l’année dernière,

l’enseigne allemande BV-comOffice a

réduit ses coûts de charge de sa flotte

de VE d’environ 70 %.

© SolarEdge

© SolarEdge


...

Des solutions logicielles permettent

la gestion des bornes de recharge

Afin d’accélérer la transition vers la mobilité

électrique, les réglementations telles que la loi

d’orientation des mobilités (LOM) et la loi pour

l’accélération de la production d’énergies renouvelables

(APER) introduisent de nouvelles obligations

aux entreprises et aux collectivités. Par

exemple, les bâtiments neufs et ceux avec des

rénovations dites importantes doivent avoir un

pré-équipement en bornes de recharge et une

installation d’ombrières photovoltaïques en fonction

de leurs superficies de parking.

Avec l’augmentation du nombre de bornes sur

un site, mais aussi la montée en puissance de ces

bornes qui peut dépasser plusieurs centaines de

kW, la gestion des opérations de recharge devient

cruciale pour optimiser l’utilisation de l’énergie.

Schneider Electric a développé le gestionnaire

EcoStruxure EV Charging Expert. Installé en tête

de l’infrastructure de recharge, il permet de limiter

la puissance instantanée consommée par l’ensemble

des véhicules et gérer l’énergie attribuée à

chaque véhicule.

En temps réel, il transmet une consigne à chaque

borne de recharge qui la relaie aux véhicules. En

cas de dépassement de la consigne, une baisse de

l’énergie est appliquée de la même façon à tous les

points de charge.

Quand le délestage d’un point de charge est déclenché,

un algorithme répartit l’énergie disponible selon

2 stratégies (à choisir lors de la configuration) :

• Proportionnalité de la puissance consommée :

le système interrompt la charge des véhicules

ayant obtenu le plus de kWh depuis le début de

leur charge au profit des nouveaux véhicules.

L’algorithme fait en sorte que toutes les voitures

aient consommé la même quantité d’énergie.

LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

• Proportionnalité du temps de recharge : le système

interrompt la charge des véhicules dont la

durée de la charge est la plus importante au profit

des nouveaux véhicules. Une scrutation cyclique

toutes les 15 minutes permet de reprendre

la charge sur les premières bornes délestées si

d’autres bornes ont atteint la même durée.

WAGO Application Load Management,

une solution clé en main pour anticiper

les besoins futurs

Pendant le fonctionnement, il est essentiel de

pouvoir déterminer dynamiquement, ajuster et

optimiser en continu la capacité de charge d’une

infrastructure en fonction de la charge totale.

L’adaptation continue, qui inclut l’intégration et

l’utilisation de toutes les capacités disponibles,

est la seule façon d’atteindre une gestion énergétique

intégrée et, en fin de compte, sensible aux

coûts. Dans ce processus, la gamme d’options disponibles

pour la mesure, le contrôle et la régula-

...

© Schneider Electric

Solutions de

gestion statique

ou dynamique des

bornes de recharge.

Installation

Schneider Electric

avec gestion de

l’énergie.

© Schneider Electric

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Installation de

bornes associées à des

ombrières.

Solution WALM de

WAGO pour un pilotage

statique ou dynamique

de la charge.

© WAGO

...

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LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

tion déterminera la qualité de l’infrastructure de

recharge. « Le WALM (WAGO Application Load

Management) est une solution logicielle de gestion

intelligente de bornes de recharge pour véhicules

électriques (IRVE) », explique Pierre Vang, chef

de produit AUTOMATION de WAGO.

Adaptée aux besoins actuels et futurs, elle optimise

la répartition énergétique en fonction de la

consommation et de la production photovoltaïque,

tout en maîtrisant les pics de demande. Facile à

installer et compatible avec les automates WAGO,

le WALM offre un pilotage sur les bornes (multimarques)

du marché via le protocole de communication

standard OCPP, avec une ouverture possible

sur la supervision via OCPP (OCPP proxy),

MQTT et Modbus/TCP. De plus, un pilotage

dynamique de charge peut être effectué en prenant

en compte les puissances injectées sur le réseau

(point de livraison, panneaux photovoltaïques,

batteries de stockage), mais également les consommations

des bâtiments d’exploitation en plaçant

des compteurs d’énergie Modbus au plus près de

ces terminaux.

Le WALM se démarque par sa compatibilité multi-hardwares

avec divers équipements matériels

et sa capacité d’intégration simplifiée grâce à une

plateforme à la fois robuste et sécurisée. Ce système

prend en charge plusieurs configurations, allant de

l’automate compact (CC100) à l’automate modulaire

(PFC) et à la plateforme Edge (Edge Controller).

Ainsi, il offre une solution puissante pour la

gestion des infrastructures. »

La solution WALM va permettre un pilotage statique

et dynamique de charge avec un lissage de la

consommation d’énergie, le contrôle et la maîtrise

des pics de consommation électrique, la régulation

individuelle d’un point de charge ou par

groupe et la priorisation en fonction des utilisateurs

avec badges RFID et des plages horaires. Le

pilotage dynamique de charge sur l’installation se

fait en prenant en compte les puissances injectées

(point de livraison, panneaux photovoltaïques et

batteries) sur le réseau et les consommations électriques

autres que celles liées à l’IRVE.

Des solutions adaptées aux besoins

spécifiques des centres commerciaux,

hôtels ou entreprises

Ainsi, KEBA eMobility propose une gamme

complète de solutions de recharge AC et DC

adaptées aux besoins spécifiques des centres

commerciaux, des sites d’entreprises et des hôtels.

L’accent est mis sur l’association d’un équipement

fiable à une gestion intelligente de la charge et à

des outils logiciels faciles à utiliser.

© WAGO

...


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. . . . . . . .

© Hager

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LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

Pour répondre à ces besoins, KEBA eMobility

propose les bornes KeContact DCW15, d’une

puissance de recharge allant jusqu’à 40 kW, ou

KeContact DCA10 jusqu’à 320 kW permettant

une recharge rapide et pratique sur de courtes

durées, aidant ainsi les entreprises à améliorer

l’expérience client tout en gérant efficacement la

capacité disponible du réseau.

Comme le précise Alexis Menegoz, directeur

France de KEBA eMobility, « pour les hôtels et

autres lieux où les véhicules sont stationnés pen-

Importance de la norme ISO 15-118

pour faciliter la recharge

La norme ISO IEC 15-118, publiée en

2019, concerne les voitures électriques

et vise à faciliter et sécuriser la

communication entre les véhicules

et les bornes de recharge lors des

opérations de recharge. Ce protocole de

communication se généralise en offrant

des services pour faciliter les recharges,

le confort du client et la cybersécurité.

La norme ISO 15-118 vise à établir

une communication bidirectionnelle

entre la borne, d’un côté, et le véhicule

branché de l’autre. Le protocole de

communication et de facturation est

directement établi via un dialogue

entre la voiture et la borne de recharge.

La norme EN ISO 15-118 étend

les possibilités de communication

entre la borne de recharge et le

véhicule et permet l’interopérabilité,

la facturation automatisée et des

fonctions avancées telles que Plug &

Charge et la fonctionnalité véhiculeréseau

(V2G). Cette fonction Plug &

Intérêt de la norme ISO 15-118.

Play permet aux conducteurs de se

brancher et de commencer à recharger

automatiquement, sans utiliser de carte

ni d’application. Elle repose sur les

principes de communication sécurisée

de la norme ISO 15-118.

La norme ISO 15-118 décrit de manière

générale les interfaces, les protocoles

et les fonctions. Cette norme doit être

supportée par la borne de charge et le

véhicule. Pour la recharge DC, la norme

EN ISO 15-118 est déjà utilisée et prise

en charge par les bornes de recharge et

les véhicules dans toute l’Europe.

Cette norme ISO 15-118-2 : 2016 est

obligatoire pour les nouvelles bornes

AC installées en Europe et accessibles

au public depuis début 2026 à la

suite d’une décision en 2025 de la

Commission européenne dans le

cadre de l’AFIR (Alternative Fuels

Infrastructure Regulation). En 2027, elle

sera applicable aux bornes accessibles

au public ou privées.

dant de longues périodes, les solutions de recharge

AC telles que la borne KeContact P40 sont particulièrement

adaptées. Elles offrent une recharge

nocturne économique pour les clients, tandis que

l’ajout d’un contrôleur de gestion de charge, tel que

le KeContact M20, garantit que plusieurs bornes

de recharge peuvent fonctionner simultanément

sans surcharger l’infrastructure électrique ».

KEBA propose en outre la solution logicielle

KEBA eMobility Solution pour les hôtels et les

entreprises, conçue pour simplifier l’exploitation

Cette solution de tarification

interopérable fonctionne de pair avec

des protocoles tels que l’OCPP.

Hager, dont les bornes witty park 2

supportent la norme ISO 15-118-1 à 5,

explique les avantages de ce protocole

de communication :

• Faciliter la recharge des

véhicules (Plug & Charge), grâce à une

borne reconnaissant automatiquement

la voiture branchée, et délivrant la

puissance adéquate à sa recharge,

de la façon la plus efficace possible.

Grâce à cette norme, plus besoin

de s’identifier avec son badge

avant de brancher sa voiture, la

reconnaissance est immédiate. Ainsi,

le Plug and Charge permet de garantir

la confidentialité et l’authenticité

des transactions effectuées entre le

véhicule, la station de recharge et

l’opérateur de paiement.

• Automatiser les stratégies de charge,

en déployant une quantité d’énergie

adaptée aux besoins de la voiture

branchée.

Par exemple, si deux voitures sont

branchées à une borne certifiée

ISO 15-118, avec un véhicule chargé à

80 %, et l’autre à 20 %, la borne ajustera

automatiquement la puissance de

recharge pour que le véhicule le plus

chargé reçoive une quantité d’énergie

moindre, en priorisant la transmission

d’énergie vers le véhicule en ayant le

plus besoin.

• Disposer de statistiques sur la

recharge, en affichant par exemple

le pourcentage de charge en temps réel,

et la durée requise pour que la batterie

atteigne les 100 %. La borne 15-118,

connectée en Wi-Fi, permet donc aux

propriétaires de voitures électriques

d’en savoir plus sur le processus de

recharge de leur véhicule.


© KEBA

et la facturation. Cette application de bureau

conviviale permet aux exploitants de gérer et de

surveiller les sessions de recharge des clients, des

employés ou des visiteurs.

« Elle génère des rapports personnalisés détaillant

les sessions de recharge, la consommation d’énergie,

la durée de recharge et les coûts associés, sur

la base d’un prix au kWh défini. Ces rapports

peuvent ensuite être directement intégrés aux factures

de l’hôtel, explique Alexis Menegoz, qui liste

les principaux avantages de cette solution :

• Génération de rapports spécifiques à l’utilisatrice

ou l’utilisateur sur l’énergie chargée, y compris les

coûts, pour la facturation aux clients et employés.

• Gestion simple des cartes RFID et personnalisation

pour les clients et les employés.

• Démarrage d’une session de charge au moyen

d’une carte RFID sur chaque borne intégrée.

• Possibilité d’intégrer jusqu’à 16 bornes dans un

seul système ».

Associer un portail numérique pour le

contrôle et l’optimisation des recharges

Pour une gestion simple et centralisée de l’infrastructure

de recharge depuis un PC ou une

tablette, KEBA a développé KEBA eMobility

Portal. Ce portail numérique allie facilité d’utilisation

et fonctionnalités puissantes, offrant un

contrôle total, une transparence et une optimisation

intelligente de la recharge.

Concrètement, il permet de surveiller et de

contrôler plusieurs bornes AC réparties sur différents

sites, de configurer à distance les paramètres

de recharge et de gérer les rôles ainsi que

l’authentification des utilisateurs.

Et, ajoute Alexis Menegoz, « parmi les principaux

avantages, on peut citer la transparence de

la surveillance et du reporting, avec des informations

détaillées sur les sessions de recharge, ainsi

que des options de configuration avancées telles

Portail KEBA eMobility Portal.

LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

que les plans de recharge et les profils de puissance

pour une gestion optimisée de l’énergie. Et une

nouvelle fonctionnalité clé est la recharge au prix

du marché : le système recharge automatiquement

les véhicules électriques lorsque les prix de l’électricité

sont les plus bas, en fonction de tarifs dynamiques.

Cela réduit les coûts de recharge, améliore

l’efficacité énergétique et permet une recharge plus

durable, entièrement automatisée ».

Les bornes de recharge rapide DC

sont de plus en plus nombreuses

Après leur installation sur les aires de service des

autoroutes et les stations-service pour répondre

aux besoins des utilisateurs souhaitant une

recharge en quelques dizaines de minutes, l’installation

de bornes de recharge rapide se développe

sur les parkings des zones commerciales.

Recharger jusqu’à 80 % de la capacité de la batterie

en 30 minutes est vu comme très intéressant

par les utilisateurs, et comme un avantage

concurrentiel par les entreprises proposant ce

service de recharge rapide.

Le développement de ces bornes renforce également

l’attrait et la rentabilité des véhicules élec-

...

Bornes KEBA AC et

DC jusqu'à 480 kW.

Les aires de recharge

incluent toutes les

puissances de bornes

AC et DC pour les

différents usagers.

© ENGIE Vianeo

© KEBA

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Borne de recharge

ENGIE Vianeo 400 kW

pour la recharge de

camions électriques

Windrose.

Bornes de recharge

ABB Terra DC.

© ENGIE Vianeo

...

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LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

triques, en particulier pour les usages réguliers et

les trajets longs, les bornes AC 7-22 kW restant

toutefois intéressantes pour les stationnements

longs (journée ou nuit).

Parallèlement, de plus en plus de véhicules électriques

acceptent ces recharges rapides DC jusqu’à

des puissances de plusieurs centaines de kW.

Ce développement doit aussi se faire pour répondre

à l’arrivée des poids lourds et bus électriques.

La recharge des véhicules lourds nécessite

des bornes de plus en plus puissantes

La transition des poids lourds vers l’électrique et

la décarbonation du transport va nécessiter un

déploiement de bornes de très forte puissance sur

les grands axes de circulation européens, les parkings

industriels et d’entreprises commerciales.

ENGIE Vianeo, installateur et exploitant de

bornes rapides et ultrarapides sur les autoroutes,

en ville et dans les parkings d’hôtels et de centres

commerciaux, vient ainsi de signer un accord

pour faciliter l’accès des poids lourds électriques

du fabricant Windrose dans ses stations.

Le partenariat porte également sur le déploiement

de nouvelles stations publiques en partenariat,

notamment à Onnaing, près de Valen-

© ABB

ciennes, où Windrose ouvrira en 2027 une usine

de près de 100 000 m² qui a vocation à devenir

le plus grand hub de recharge pour poids lourds

européens et où les camions pourront se recharger

grâce à des bornes ENGIE Vianeo in situ.

La collaboration entre ENGIE Vianeo et Windrose

implique un important volet technologique

pour anticiper la montée en puissance des bornes

de recharge et la normalisation du standard MCS

(Megawatt Charging System). Le déploiement

conjoint des standards CCS (Combined Charging

System) et MCS assurera ainsi la compatibilité

des camions Windrose avec les deux technologies,

permettant d’exploiter immédiatement les

infrastructures CCS existantes tout en préparant

l’arrivée progressive de la recharge mégawatt.

« La décarbonation de la mobilité lourde est l’un

des plus grands défis climatiques en Europe. Avec

ce partenariat, nous passons d’une logique d’expérimentation

à une logique d’impact : rendre le

camion électrique accessible, fiable et viable pour

les acteurs du transport logistique. Le rôle d’EN-

GIE Vianeo est de créer les conditions concrètes de

cette bascule », déclare Didier Liautaud, directeur

général France d’ENGIE Vianeo.

Pour répondre à ces besoins, la puissance

des bornes DC augmente

En quelques années, la puissance maximale des

bornes de recharge DC est passée de 300 kW à

plus de 1000 kW.

ABB propose des gammes de bornes DC pour

les différents besoins : bornes C50 de 25 à 50 kW,

bornes A400 de 200 à 400 kW, bornes HVC 360

de 200 à 360 kW pour les flottes de véhicules

lourds et bornes MCS 1200 de 400 kW à 1200 kW

en tension continue 1500V pour la recharge des

camions électriques.

En complément de ses gammes AC EVlink Pro,

Schneider Electric propose ses nouvelles gammes

DC StarCharge Fast de 60 kW à 720 kW, composées

d’une unité de puissance modulaire et de

bornes satellites.

Electra équipe 690 stations en Europe avec

des bornes de 50 à 400 kW sur les aires d’autoroutes,

mais aussi dans de nombreux parkings

de centres commerciaux. Electra a un objectif de

15 000 points de charge en Europe en 2030.

Siemens a développé SICHARGE FLEX, une

recharge distribuée pour véhicules électriques.

En séparant l’alimentation de la prise, une

armoire électrique centrale de puissance 480

à 1680 kW alimente dynamiquement jusqu’à

6 colonnes distributrices, avec une portée maximale

de 300 mètres entre les distributeurs.

Ces bornes sont adaptées aux normes de recharge


© Electra

LES DOSSIERS DU MOIS

IRVE

Borne de recharge DC d’Electra. Gamme de bornes de recharge DC de Siemens.

MCS et peuvent distribuer jusqu’à 1500 A de courant

de charge pour la recharge des véhicules électriques

lourds, mais aussi équiper des centres de

recharge polyvalents pour voitures, camions ou bus.

Analyser l’impact sur les réseaux électriques

de l’alimentation des sites IRVE

Le développement de sites de bornes sur des parkings

de centres commerciaux ou de bâtiments

tertiaires peut représenter pour ces bornes, si

toutes les bornes fonctionnaient à leur puissance

nominale, une puissance supérieure à celle des

autres usages de ces bâtiments (éclairage, CVC…).

Et cela devient encore plus important avec le développement

des bornes de recharge rapide.

Chaque fois qu’un véhicule électrique est

connecté à une station de recharge, cela a un

impact sur le réseau électrique. En fonction de

la consommation d’énergie et de l’emplacement

spécifique d’où elle est tirée, la recharge des VE,

comme d’autres charges électriques, peut poser

des problèmes opérationnels et nécessiter des

améliorations.

Pour Charles-Édouard Marcelino, responsable développement

marchés de la division Électrification

d’ABB-France, « cette transition massive vers l’électrique

représente un véritable défi pour l’infrastructure

énergétique et la distribution de la charge.

En effet, alors que la problématique des stations

de recharge a été jusque-là en général analysée

du point de vue de la quantité et de leur répartition

sur le territoire, c’est aujourd’hui le sujet de

leur capacité électrique et de l’optimisation de

leur fonctionnement qui est un véritable défi face

à l’augmentation du parc électrique en France.

La généralisation des véhicules électriques soulève

aujourd’hui une question centrale : celle de l’infrastructure

énergétique capable de soutenir cette

transformation. L’électrification à grande échelle

des flottes automobiles implique en effet de repenser

l’alimentation électrique, la gestion de la demande

et l’intégration des systèmes de recharge dans les

réseaux existants. Pour les industriels comme pour

les acteurs de l’énergie, l’enjeu est désormais de

garantir une recharge fiable, efficace et durable,

capable d’accompagner l’essor de la mobilité électrique

tout en limitant son impact sur les réseaux et

la consommation énergétique globale.

Alors que l’électrification s’accélère, notre rôle est

d’accompagner les industriels et les opérateurs de

mobilité avec des solutions de gestion de l’énergie,

flexibles et intelligentes, qui garantissent la disponibilité

et l’efficacité de la recharge, tout en préparant

les réseaux pour l’avenir », conclut Charles-

Edouard Marcelino.

Jean-Paul Beaudet

...

© ABB

Le développement de

stations de recharge

très puissantes

pour véhicules

lourds demande une

adaptation du réseau

électrique.

© Siemens

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. . . . . . . .

© ABB

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LES DOSSIERS DU MOIS

Industrie

Les moteurs électriques

et variateurs de vitesse, un

levier encore sous-exploité

pour la performance

énergétique industrielle

Longtemps relégués au rang de simples composants techniques, les moteurs

électriques et leurs systèmes de pilotage s’imposent aujourd’hui comme

des éléments structurants de la performance énergétique industrielle.

Les systèmes entraînés par moteurs électriques représentent entre 53 et

60 % de l’électricité utilisée dans l’industrie, selon les périmètres étudiés.

À l’échelle européenne, le parc est estimé à environ 380 millions de

moteurs pour une consommation totale estimée à près de 1 326 TWh par

an. Pourtant, ce gisement reste encore largement sous-exploité, en raison

d’un ensemble de freins techniques, économiques et culturels. En France,

une immense majorité du parc est constituée de moteurs d’anciennes

générations. La question ne se limite pas au choix d’un moteur performant,

mais relève désormais d’une approche globale intégrant technologies,

dimensionnement, pilotage, conditions d’exploitation et, de plus en plus,

gestion intelligente des flux énergétiques à l’échelle des installations.

Des moteurs ABB

servent au pompage de

l’eau potable.

Pour comprendre les enjeux actuels, il

faut d’abord analyser l’existant. Et sur

ce point, le diagnostic est sans appel,

comme l’explique Nicolas Vlemynckx, Business

Developer Energy Efficiency chez ABB Motion

France et spécialiste de l’efficacité énergétique

et des études de cas : « Le parc de moteurs industriels

en France est structurellement ancien. Nous

estimons, en nous basant sur nos constats terrain,

qu’environ 90 % du parc installé correspond encore

à des moteurs IE1 ou IE2. » Autrement dit, une

très large majorité des équipements présente un

potentiel d’amélioration immédiat.

Edouard van den Corput, responsable marketing

de l’offre Motor Management de Schneider Electric,

dresse un constat similaire, mais apporte

une nuance méthodologique : « Il n’existe pas de

statistique publique consolidée par classe IE pour

le parc français », mais les modèles européens et

les observations de terrain convergent vers « un

parc très largement composé de moteurs installés

avant les paliers réglementaires récents », ce qui

confirme le diagnostic partagé par les industriels.

Les raisons qui expliquent l’ancienneté du parc

de moteurs installés sont nombreuses. L’une

d’elles est liée à la durée de vie de ces équipements

industriels très robustes. Comme l’explique

Mohamed Ait Moulay, directeur de la


division ABB Motion France et spécialiste des

moteurs basse et moyenne tension : « Les moteurs

électriques industriels ont une durée de vie longue,

souvent comprise entre quinze et vingt ans. Dans

les faits, ils restent en service bien au-delà. Il n’est

pas rare de rencontrer des machines en fonctionnement

depuis cinquante ans ou plus. »

Ce décalage temporel entraîne des conséquences

directes sur la performance énergétique. D’autant

que les exigences européennes issues du règlement

Écoconception ont été introduites de manière

progressive, avec une classe IE3 devenue obligatoire

selon les plages de puissance à partir de 2015,

puis généralisée à l’ensemble des moteurs en 2021,

et une classe IE4 imposée depuis 2023 pour certaines

puissances, ce qui explique mécaniquement

la lenteur du renouvellement du parc installé.

Mais cette situation ne s’explique pas uniquement

par l’âge des installations ou la lenteur réglementaire.

Elle est avant tout liée aux habitudes industrielles,

comme le souligne Nicolas Vlemynckx :

« Tant qu’un moteur fonctionne, il est rarement

considéré comme prioritaire de le remplacer. On

privilégie la réparation immédiate, parfois répétée

pendant des décennies, plutôt que d’intégrer une

réflexion en coût global. » Cette logique de court

terme reste aujourd’hui un obstacle majeur à

l’amélioration de l’efficacité énergétique.

Des gains énergétiques réels,

mais encore sous-évalués

Le remplacement des moteurs anciens constitue

un premier levier d’action. Mais pour en comprendre

l’intérêt, il faut s’intéresser au rendement

des moteurs et à ses évolutions. Comme l’explique

Nicolas Vlemynckx : « Lorsque l’on compare un

moteur IE1 à un moteur IE4, le gain de rendement

LES DOSSIERS DU MOIS

Industrie

est de l’ordre de 3 à 3,5 %. Ce chiffre peut sembler

modeste, mais il doit être replacé dans son contexte

d’usage. » Sur des équipements fonctionnant

plusieurs milliers d’heures par an, ces quelques

points de rendement se traduisent par des économies

significatives. « Dans la plupart des cas, on

observe des retours sur investissement inférieurs

à trois ans, uniquement sur la base du remplacement

du moteur », précise l’expert ABB.

Selon Edouard van den Corput, « l’écart entre

deux classes de rendement successives se situe

généralement entre 1 et 3 points. Ramené à des

durées de fonctionnement industrielles de 4 000

à 7 000 heures par an, cela représente rapidement

plusieurs mégawattheures économisés ».

Mohamed Ait Moulay apporte une illustration

concrète : « Pour un moteur de 75 kW fonctionnant

environ 6 000 heures par an, le passage d’un IE1 à

un IE3 ou IE4 permet d’économiser entre 10 000 et

15 000 kWh par an. Sur la durée de vie de l’équipement,

cela représente plusieurs dizaines de milliers

d’euros. »

« Si l’on se réfère aux niveaux de rendement, les

moteurs IE3 se situent autour de 91 à 92 %, les IE4

atteignent 93 à 94 %, et les IE5 dépassent les 95 %.

À l’inverse, certains moteurs plus anciens, notamment

en IE1 ou IE2, peuvent présenter des rendements

nettement plus faibles, avec des pertes qui,

dans certains cas, peuvent représenter 10 à 15 %

de l’énergie consommée », précise Jan Gadras, responsable

commercial France chez KEBA.

Edouard van den Corput précise à ce sujet que

ces pertes sont directement liées « aux caractéristiques

de conception, aux matériaux utilisés et aux

conditions d’exploitation », ce qui renforce l’intérêt

d’une approche globale combinant remplacement

et optimisation.

© ABB

...

Mohamed Ait Moulay,

directeur de la division

ABB Motion France.

Jan Gadras,

responsable

commercial France

chez KEBA.

La solution ABB LV

Titanium combine

moteur et variateur

de vitesse pour une

installation plug &

play.

© ABB

© KEBA

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© Schneider Electric

Un technicien en

intervention sur un

variateur de vitesse.

...

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LES DOSSIERS DU MOIS

Industrie

Les gains énergétiques peuvent être considérables,

mais il faut rester prudent car ils

dépendent fortement du contexte d’exploitation,

notamment du taux de charge, du type d’application

et du temps de fonctionnement.

Cependant, tous les intervenants sont en parfait

accord sur un point : le véritable levier de performance

réside dans l’association d’un moteur

performant et d’un variateur de vitesse, nous y

reviendrons.

Zoom sur les technologies de moteurs

L’amélioration des performances énergétiques

passe nécessairement par une bonne compréhension

des technologies disponibles. L’offre sur

le marché est structurée autour de trois grandes

familles.

Le moteur asynchrone à induction reste

aujourd’hui la technologie dominante dans l’industrie.

Il fonctionne selon un principe de glissement

entre le champ magnétique statorique et

le rotor, ce qui induit mécaniquement des pertes

d’énergie. Mohamed Ait Moulay le décrit comme

« robuste, fiable, bien maîtrisé », tandis que Jan

Gadras rappelle qu’il est « simple, peu coûteux

et nécessite peu d’entretien ». Cette robustesse

explique sa diffusion massive, mais elle s’accompagne

de limites physiques intrinsèques. Le

glissement génère une dissipation thermique et

un rendement qui dépend fortement du taux de

charge, avec des performances qui peuvent se

dégrader en fonctionnement partiel. Edouard

van den Corput rappelle que cette technologie

reste aujourd’hui « largement compatible avec

les variateurs de vitesse et encadrée par la norme

IEC 60034-30-1 », ce qui explique sa longévité

industrielle malgré ses limites.

Les moteurs synchrones à aimants permanents

(PM), ou brushless, représentent une technologie

plus récente. Leur particularité est que le rotor

tourne à la même vitesse que le champ magnétique,

sans glissement. Cela élimine une source

importante de pertes et permet d’obtenir un

rendement très élevé, y compris à faible charge.

Selon Jan Gadras, « leur facteur de puissance est

proche de 1, ce qui en fait des machines particulièrement

efficaces d’un point de vue énergétique.

En revanche, ces moteurs présentent un coût initial

plus élevé et nécessitent l’utilisation d’un variateur

pour fonctionner ». Là où un moteur asynchrone

peut être directement raccordé au réseau ou

piloté de manière simple, le moteur synchrone

exige un pilotage électronique. Edouard van den

Corput précise que ces technologies permettent

d’atteindre « des niveaux de rendement correspondant

aux classes IE4, voire IE5 », ce qui en fait des

solutions particulièrement performantes dans les

applications exigeantes.

Enfin, la troisième technologie, plus récente, correspond

aux moteurs à réluctance synchrone, ou

SynRM. Cette technologie, fortement développée

par ABB, ne nécessite pas d’aimants permanents,

donc évite l’usage de terres rares, et permet d’atteindre

des rendements très élevés, jusqu’à IE5

et désormais IE6. Ces moteurs présentent également

un avantage majeur en matière de durabilité,

avec une recyclabilité pouvant atteindre

98 %. « Avec l’introduction récente de moteurs IE6

SynRM en standard, ABB franchit une nouvelle

étape, en proposant des solutions d’hyper efficacité

énergétique déjà industrialisées, alors même que

cette classe n’est pas encore officiellement normalisée

», explique Mohamed Ait Moulay.

La performance réelle : un système

à optimiser dans son ensemble

Si les technologies progressent, leur efficacité

réelle dépend étroitement de leur mise en œuvre.

La performance énergétique d’un moteur ne

peut être appréhendée indépendamment de son

contexte d’exploitation.

Il faut aussi insister sur le fait que le rendement

affiché sur la plaque signalétique correspond

à des conditions idéales de laboratoire. Dans la

réalité industrielle, de nombreux paramètres

viennent perturber ces performances : cycles de

fonctionnement, variations de charge, dimensionnement

initial ou encore environnement

d’exploitation. C’est pourquoi une démarche d’audit

énergétique, basée sur des mesures réelles, est

indispensable pour identifier les véritables leviers

d’amélioration.

Le premier facteur déterminant est le taux de

charge. Un moteur fonctionne de manière optimale

lorsqu’il est proche de sa charge nominale,


ce qui n’est pas toujours le cas, comme l’explique

Nicolas Vlemynckx : « Dans de nombreuses installations,

les moteurs sont surdimensionnés et

fonctionnent à 50 ou 60 % de leur capacité, ce qui

dégrade fortement leur rendement réel. » Edouard

van den Corput complète en précisant qu’un

fonctionnement optimal se situe « généralement

entre 75 et 90 % de la charge », ce qui confirme

l’importance d’un dimensionnement adapté dès

la conception.

Le deuxième facteur est lié à la maintenance, qui

joue également un rôle clé. « Un moteur encrassé,

mal ventilé ou mal aligné va consommer davantage

pour produire la même puissance. Des éléments

simples, comme le nettoyage ou le réalignement,

peuvent déjà générer des gains mesurables »,

explique Nicolas Vlemynckx.

Les cycles de fonctionnement jouent aussi un

rôle important, comme le précise Jan Gadras :

« Un moteur dimensionné pour un fonctionnement

continu ne se comportera pas de la même

manière dans un usage intermittent. »

À cela s’ajoutent les pertes internes. « Les pertes

électriques, liées notamment à l’effet Joule dans

les bobinages, génèrent de la chaleur. Les pertes

magnétiques dépendent de la qualité des matériaux

utilisés. Les pertes mécaniques, quant à elles,

sont liées aux frottements et à la ventilation »,

détaille Jan Gadras. La gestion thermique est un

élément essentiel. Un moteur qui ne parvient pas

à évacuer correctement la chaleur qu’il produit

voit son rendement se dégrader. L’ensemble de

ces facteurs montre que la performance énergétique

d’un moteur ne dépend pas uniquement de

sa classe IE, mais bien de son intégration et de

son exploitation dans le système global.

À ces paramètres s’ajoute un dernier point saillant

: la qualité de l’énergie. Edouard van den

Corput rappelle que « les déséquilibres de tension

ou les harmoniques peuvent dégrader les performances

et accélérer l’échauffement. Cela engendre

un impact sur la durée de vie des équipements », ce

qui impose dans certains cas des dispositifs de filtrage

et un suivi de la qualité de l’énergie en sites

dits « pollués ».

Moteur et variateur, le duo gagnant

Au-delà de la performance intrinsèque et des

conditions d’exploitation, le véritable levier de

performance réside dans l’association d’un variateur

de vitesse au moteur.

Pour illustrer le fonctionnement d’un variateur

de vitesse, faisons une analogie. Un moteur sans

variateur, c’est comme rouler avec une voiture

pied au plancher constamment, en freinant pour

ralentir. Avec un variateur, on règle sa vitesse

LES DOSSIERS DU MOIS

Industrie

uniquement avec l’accélérateur, de façon beaucoup

plus efficace.

Le variateur de vitesse agit comme un véritable

système de pilotage intelligent du moteur. « Il

permet d’ajuster en continu la vitesse de rotation

en fonction du besoin réel, ce qui optimise immédiatement

la consommation d’énergie. Il améliore

également le fonctionnement global du système

en assurant des démarrages progressifs, réduisant

ainsi les appels de courant et les contraintes mécaniques

», explique Billy Charles, directeur de la

division Drive Products d’ABB et spécialiste des

variateurs basse tension. Cela se traduit par une

diminution de l’usure et une augmentation de la

durée de vie des équipements.

Au-delà du matériel, c’est surtout la couche

logicielle qui fait aujourd’hui la différence. Les

variateurs intègrent des applicatifs métiers spécifiques

(HVAC, traitement de l’eau, levage, process

industriels), qui permettent d’adapter finement le

comportement du système à chaque usage.

Edouard van den Corput rappelle que cette

relation moteur-variateur constitue « le levier le

plus rapide pour améliorer l’efficacité énergétique

des utilités », ce qui en fait une priorité dans les

démarches d’optimisation.

Dans de nombreuses installations, ces équipements

fonctionnent encore à vitesse constante,

avec des systèmes de régulation mécaniques

qui dissipent l’énergie inutilement. Le variateur

permet de remplacer cette logique par une régulation

dynamique, adaptée en permanence au

besoin réel.

Certaines applications se révèlent particulièrement

propices à son utilisation. Nicolas Vlemynckx

cite « les pompes, ventilateurs et compresseurs

centrifuges », qui représentent une part

majeure des usages industriels. Mohamed Ait

Moulay explique cette pertinence par « une loi

physique bien connue, appelée la loi des cubes.

La puissance consommée est proportionnelle au

cube de la vitesse. Concrètement, une réduction de

vitesse de 20 % peut entraîner une réduction de la

consommation électrique proche de 50 %. »

Edouard van den Corput souligne également que

les variateurs modernes intègrent « des fonctions

avancées de régulation, de suivi énergétique et de

diagnostic », permettant d’aller au-delà du simple

pilotage pour entrer dans une logique d’optimisation

continue du process.

Ils permettent également de gérer les flux d’énergie

de manière beaucoup plus intelligente,

comme l’explique Jan Gadras : « Lorsqu’un moteur

est en phase de freinage, l’énergie qu’il génère peut

être récupérée. Dans des architectures où les variateurs

sont interconnectés via un bus continu, cette

...

© ABB

Billy Charles, directeur

de la division Drive

Products d’ABB.

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© Schneider Electric © KEBA

© KEBA

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LES DOSSIERS DU MOIS

Industrie

Le système complet KeDrive D3 comprend, en plus du variateur de vitesse, un module

de stockage de l’énergie et un système d’energy management.

Servomoteurs haute performance de la gamme DMS2.

...

Variateur de vitesse Altivar

Process ATV600.

énergie peut être directement utilisée par un autre

moteur en phase d’accélération. Lorsque l’énergie

excédentaire ne peut pas être consommée localement,

elle peut être réinjectée sur le réseau électrique,

au lieu d’être dissipée sous forme de chaleur

dans des résistances de freinage. »

Enfin, la qualité du variateur lui-même a un

impact sur la performance globale. Tous les

variateurs ne se valent pas en termes de rende-

Suivi du fonctionnement d’un moteur via le variateur de vitesse Altivar Process.

ment, comme le décrit Jan Gadras : « Certains

nécessitent plus d’énergie en entrée pour fournir la

même puissance au moteur. Il est donc essentiel de

disposer d’équipements offrant un facteur de puissance

élevé, afin de limiter les pertes entre l’entrée

et la sortie. »

Vers des équipements intelligents

et hyper efficaces

Les fabricants accélèrent aujourd’hui leurs développements

pour répondre à ces enjeux croissants

d’efficacité énergétique et de pilotage intelligent.

Côté moteurs, Mohamed Ait Moulay met en

avant « l’introduction de moteurs IE6 en standard

», notamment basés sur la technologie

SynRM. Cette gamme de moteurs, baptisée ABB

SynRM IE6 Hyper-Efficiency, est désormais disponible

en grandes tailles dans une large gamme

de puissance allant de 110 à 450 kW. Du côté

des variateurs, Billy Charles souligne le rôle des

gammes ACS580 et ACS880, qui couvrent respectivement

les applications générales et les process

industriels les plus exigeants : « Ces solutions

intègrent des fonctionnalités avancées comme

le contrôle direct de couple (DTC), qui permet

d’atteindre un niveau de précision comparable à

celui des moteurs à courant continu, ainsi que des

capacités de connectivité, de réduction des harmoniques

et de récupération d’énergie. »

Chez KEBA, les développements s’articulent

autour d’une approche systémique de l’énergie.

Jan Gadras met en avant « des solutions capables

de récupérer l’énergie lors des phases de freinage et

de la réinjecter sur le réseau, évitant ainsi les pertes

inutiles », à l’image des variateurs KeDrive D3 et

D5. Ces systèmes s’appuient également sur des

© Schneider Electric


Démarreur progressif Altivar ATS430.

modules capacitifs performants, capables de

stocker temporairement l’énergie de manière

dynamique. Cette énergie peut ensuite être réutilisée

lors des phases de forte demande, améliorant

ainsi l’efficacité globale de l’installation.

L’intégration de solutions de stockage d’énergie

intelligentes permet de sécuriser les processus

industriels face aux perturbations du réseau électrique.

En cas de microcoupures ou d’instabilités,

ils assurent une continuité de fonctionnement,

renforçant ainsi la disponibilité des équipements

et la productivité des lignes de production. Ces

dispositifs jouent un rôle de « buffer » énergétique,

contribuant à la fois à la réduction des

coûts liés aux appels de puissance et à l’amélioration

de la résilience des infrastructures.

© Schneider Electric

LES DOSSIERS DU MOIS

Industrie

En complément, Edouard van den Corput met

en avant les solutions développées par Schneider

Electric, notamment les variateurs Altivar Process

ATV600 et ATV900, conçus pour piloter à

la fois moteurs asynchrones et synchrones, avec

des fonctions avancées de régulation (PID), de

monitoring énergétique et de communication

industrielle. La version ATV680 Low Harmonic

est spécifiquement adaptée aux environnements

sensibles à la qualité du réseau.

Il cite par ailleurs les démarreurs progressifs Altivar

ATS430 et ATS490, qui permettent de limiter

les appels de courant et les contraintes mécaniques

dans les applications ne nécessitant pas de

variation de vitesse continue, ainsi que la gamme

Altivar Machine ATV320, destinée aux constructeurs

de machines confrontés à des contraintes

d’intégration fortes.

Enfin, il insiste sur l’approche globale au travers

de la plateforme EcoStruxure Motor Management,

qui vise à intégrer l’ensemble des composantes

du pilotage moteur (dimensionnement,

variation de vitesse, protection, qualité de l’énergie,

suivi des performances et cybersécurité)

dans une logique cohérente et interconnectée.

Des freins persistants, mais surmontables

Malgré ces avancées, plusieurs freins continuent

de limiter l’adoption de ces technologies. « Le

principal frein reste économique. Le coût d’investissement

est immédiat et parfaitement visible,

alors que les gains énergétiques s’inscrivent dans

le temps et sont parfois plus difficiles à quantifier

au moment de la décision », explique Jan Gadras.

À cela s’ajoutent des freins techniques et organisationnels.

L’intégration de variateurs introduit

une complexité supplémentaire. « On passe

d’un simple câblage électrique à des équipements

paramétrables, programmables, qui nécessitent des

© Schneider Electric

...

Intervention pour le suivi

du fonctionnement des

variateurs de vitesse.

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Deux moteurs sur la

chaîne de fabrication

de l’usine ABB de

Vaasa, en Finlande.

...

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LES DOSSIERS DU MOIS

Industrie

compétences spécifiques », poursuit l’expert KEBA.

Cette complexité peut constituer un obstacle,

notamment pour les équipes de maintenance ou

dans des environnements où les compétences ne

sont pas disponibles. Elle peut également générer

une certaine réticence face au changement.

Il existe également des contraintes liées aux normes

et aux installations existantes, comme l’explique

Mohamed Ait Moulay : « Les moteurs anciens ne

respectent pas toujours les standards actuels, ce qui

peut nécessiter des adaptations mécaniques ou électriques

lors du remplacement des moteurs. »

Mais au-delà de ces aspects techniques, il y a une

dimension humaine, comme l’explique Mohamed

Ait Moulay : « Les équipes de maintenance

sont souvent réticentes à intervenir sur des équipements

qui fonctionnent depuis longtemps. Il

faut donc accompagner ce changement avec des

preuves concrètes et des résultats mesurables. »

Enfin, il existe des logiques industrielles, comme

la standardisation des équipements pour simplifier

la maintenance, qui peuvent conduire à privilégier

des solutions moins optimisées d’un point

de vue énergétique.

Un autre frein concerne l’intégration mécanique,

comme l’indique Nicolas Vlemynckx : « Les nouveaux

moteurs peuvent être plus longs ou présenter

des dimensions différentes, ce qui complique leur

installation dans des environnements contraints. »

Edouard van den Corput complète en évoquant

des contraintes liées « aux compatibilités électromécaniques,

au câblage, aux exigences CEM et à la

qualité du réseau », qui nécessitent une approche

rigoureuse lors des projets de rétrofit.

Enfin, les contraintes liées au process industriel

sont déterminantes, comme l’explique Billy

Charles : « Dans certains secteurs, les arrêts de

© ABB

production sont rares et planifiés longtemps à

l’avance. L’intégration de nouvelles solutions doit

donc être parfaitement anticipée et coordonnée

avec l’ensemble des intervenants. »

Une approche en coût global indispensable

Pour dépasser ces freins, il est nécessaire de changer

de référentiel d’analyse. Nicolas Vlemynckx rappelle

que l’indicateur clé reste le coût total de possession

ou TCO : « Le coût d’achat d’un moteur représente

environ 3 % de son coût global sur sa durée de vie.

La maintenance représente quelques pourcents supplémentaires,

tandis que l’énergie constitue la quasi-totalité

du coût. » Il est donc essentiel de raisonner

en termes de consommation énergétique, de retour

sur investissement et de réduction des émissions de

CO₂, plutôt qu’en coût d’acquisition immédiat.

Cette approche est renforcée par le cadre réglementaire

européen, qui impose progressivement des

niveaux de rendement minimum pour les moteurs

et les variateurs, incitant à raisonner sur le cycle de

vie complet des équipements.

Les retours d’expérience confirment la pertinence de

cette approche. Nicolas Vlemynckx affirme que les

gains sont systématiquement au rendez-vous : « Les

temps de retour sur investissement sont particulièrement

attractifs, se situant généralement entre trois et

quatre ans pour un remplacement de moteur seul, et

souvent en dessous de deux ans lorsqu’un variateur

est intégré. Dans certaines applications à fort potentiel,

comme les ventilateurs ou les pompes, ces délais

peuvent même descendre en dessous d’un an. »

Ces résultats illustrent l’intérêt d’une stratégie progressive,

consistant à cibler en priorité les équipements

les plus énergivores avant d’étendre les

actions à l’ensemble du parc.

Au-delà des technologies, qui évoluent à un rythme

soutenu, c’est bien un changement fondamental

qui se dessine, en sortant le moteur de son isolement

pour l’intégrer à un système énergétique

élargi, intelligent et interconnecté. Entre innovations

technologiques, digitalisation et nouvelles

approches de gestion de l’énergie, les industriels

disposent aujourd’hui de tous les leviers nécessaires

pour améliorer significativement leur performance

énergétique. L’enjeu consiste désormais à aligner la

vitesse sur le besoin réel, améliorer la disponibilité

des équipements et piloter finement les consommations,

une approche qui combine efficacité énergétique,

performance industrielle et durabilité. Reste à

lever les freins et à inscrire ces démarches dans une

vision de long terme. Car une chose est désormais

certaine : le potentiel est immense, et il ne demande

qu’à être pleinement exploité.

Alexandre Arène


LES DOSSIERS DU MOIS

Industrie

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SOLUTIONS

Sécurité

DEHN innove avec un parafoudre de

Type 1 intégrant la technologie ACI+

DEHN commercialise DEHNventil ACI, le premier parafoudre de

Type 1 à intégrer la technologie ACI, qui supprime le déconnecteur

en amont et facilite donc la protection contre les surtensions et

sa mise en œuvre dans l’installation électrique. DEHN élargit

ainsi sa gamme de parafoudres avec technologie ACI, jusqu’ici

dédiée aux parafoudres de Type 2, pour proposer une famille

de produits complète, répondant aux exigences croissantes en

matière de protection contre les surtensions dans les installations

électriques. Avec l’introduction de la technologie ACI dans les parafoudres de Type 1, DEHN adopte

une approche nouvelle. Le déconnecteur externe est remplacé par une combinaison éclateur et chambre

d’extinction intégrée directement dans le parafoudre. Cette conception assure une protection fiable contre

les surintensités, une isolation galvanique en fonctionnement normal, supprime les courants de fuite, et

garantit une excellente tenue aux surtensions temporaires (TOV).

www.dehn.fr

© DEHN

© Ledvance

Éclairage

Ledvance lance son nouveau Spot Combo Dim

Multi Select IP65/IP5X

Le Spot Combo Dim Multi Select IP65/IP5X de Ledvance s’impose comme une solution

d’éclairage innovante et complète. Avec une haute efficacité lumineuse pouvant atteindre

100 lm/W et un flux lumineux allant jusqu’à 600 lumens, il offre un éclairage performant

et maîtrisé, tout en garantissant une durée de vie de 50 000 heures (L70). Le

Spot Combo est gradable et mise sur une flexibilité maximale grâce à

ses sélecteurs intégrés en façade. En un geste, il est possible d’ajuster

la puissance (4,3 W ou 6 W) et la température de couleur (2 700 K,

3 000 K ou 4 000 K). Conçu pour simplifier le quotidien des installateurs

comme des prescripteurs, il est livré avec un filin de sécurité permettant,

au besoin, une installation conforme à la norme NF C 15-100. Recouvrable par tout isolant, il

affiche une protection IP65/IP5X.

www.ledvance.com

Datacenter

Legrand présente l’ASI modulaire

triphasée Keor FLEX

Keor FLEX de Legrand est une alimentation sans interruption (ASI) en ligne

à double conversion triphasée conçue pour les centres de données, offrant

une architecture modulaire entièrement échangeable à chaud qui assure une

croissance sans interruption, optimisant le coût total de possession (TCO).

Avec une efficacité allant jusqu’à 98,6 % en mode double conversion, le Keor

FLEX réduit considérablement la consommation d’énergie et les coûts de

refroidissement. Son design évolutif, prenant en charge jusqu’à 1,2 MW dans

un seul cadre et extensible à 4,8 MW, permet un dimensionnement optimal

de la puissance en fonction de la charge à protéger. Les modules entièrement

échangeables à chaud, l’accès total par l’avant et le diagnostic prédictif permettent

une maintenance et une opération de service simplifiées et confortables, réduisant

les coûts et augmentant la disponibilité.

www.legrand.fr

© Legrand

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SOLUTIONS

Câblage

Magic Elek innove avec un câble ultraplat sans

gaine plastique

Magic Elek a développé un câble ultraplat et sans plastique, capable de se fondre dans les

murs sans casser, sans bruit ni déchet. Dix ans de recherche, un brevet, une fabrication 100 %

française. La conception du câble Magic Elek exige plusieurs étapes de transformation du

cuivre : aplatissement, protection, assemblage, puis contrôles qualité successifs. Son câble

ultraplat élimine les gaines plastiques, réduit la durée des chantiers et supprime les gravats liés

aux travaux d’encastrement, sans aucune dépense d’énergie supplémentaire. Cette simplicité

d’usage permet également de valoriser les bâtiments anciens ou classés, souvent difficiles à

moderniser sans dénaturer leur structure et constitue une réponse technique adaptée aux

maisons en bois, bureaux à cloisons légères ou mobil-homes, où les saignées sont impossibles.

www.magicelek.com

© Magic Elek

© Socomec

Alimentation sans interruption

Socomec lance Masterys GP4 200-250 kVA/kW,

un onduleur à haut rendement

Socomec dévoile Masterys GP4 200-250 kVA/kW, son premier

onduleur intégrant des semi-conducteurs en carbure de silicium.

La topologie à trois niveaux et le recours à des semi-conducteurs au

carbure de silicium (SiC) confèrent à cet onduleur moyenne puissance

un rendement de 97 % sur une large plage de taux de charge (de 15 %

à 80 %). Il constitue une solution particulièrement flexible pour une

alimentation fiable des équipements critiques. Il vient compléter la

gamme Masterys GP4 (désormais de 10 à 250 kVA/kW), solution

d’alimentation sans interruption (ASI) monolithique conçue pour

protéger les installations critiques, notamment les bâtiments de santé et

les centres de données, contre les coupures de courant, les surtensions

et sous-tensions, les microcoupures, les ondulations et autres

distorsions électriques. L’ASI se décline en deux modèles, « Regular » et

« High-Efficiency ».

www.socomec.fr

Éclairage

Sylvania dévoile un Panel IP66 dédié

aux salles blanches

Le luminaire Panel IP66 de Sylvania, spécialement pensé pour

répondre aux besoins des salles blanches dans les hôpitaux,

les laboratoires et l’industrie pharmaceutique, réunit tous les

ingrédients pour répondre aux critères de la norme ISO 14644-1,

qui spécifie la classification de la propreté de l’air des salles propres. Le

luminaire est certifié conforme classe 2-9, ce qui signifie un nombre maximum

de particules autorisé ≥ 0,5 μm par m³ d’air. Il possède des bords arrondis qui éliminent toute prolifération

de sédiments et de bactéries, une conception sans vis pour un nettoyage facilité, une haute protection IP66 au

niveau de sa face avant et IP50 à l’arrière, un verre de sécurité trempé qui maintient l’étanchéité et lui confère une

excellente résistance aux chocs mécaniques (IK08), ainsi qu’une large plage de températures de fonctionnement,

de - 20° à + 60 °C.

www.sylvania-group.com

© Sylvania

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3 QUESTIONS À

Propos recueillis

par Alexandre Arène

‘‘

Notre objectif est simple : améliorer

l’efficacité énergétique, réduire l’impact

environnemental et optimiser les coûts

d’exploitation, le tout grâce aux données.

’’

Piero Giorgio Schiannini,

Global Marketing & Sales Leader,

Divisions Smart Power & Smart Buildings, ABB

© DR

Sous l’impulsion de l’électrification et de la transition vers la décarbonation, la

gestion de l’énergie devient un enjeu crucial pour les bâtiments. Parmi les leaders

dans les domaines de l’électrification et de l’automatisation, ABB se concentre

sur la convergence de l’électrification et des données afin d’améliorer la

performance énergétique et de réduire l’empreinte carbone des bâtiments. Piero

Giorgio Schiannini, Global Marketing & Sales Leader, Divisions Smart Power

& Smart Buildings du groupe ABB, partage cette vision, ainsi que son point de

vue sur les principales tendances du marché, notamment l’essor des systèmes

de gestion de l’énergie (EMS) et le rôle croissant du courant continu (DC).

Quelle est aujourd’hui votre stratégie

de développement produits chez

ABB ?

Notre stratégie repose sur une vision

claire de l’électrification, depuis la distribution

d’électricité jusqu’au point

d’utilisation. Notre objectif est simple :

améliorer l’efficacité énergétique,

réduire l’impact environnemental et

optimiser les coûts d’exploitation, le

tout en s’appuyant sur les données.

Grâce à un plus grand nombre de capteurs,

nous pouvons mesurer et analyser

les performances à tous les niveaux

d’un bâtiment. Cela nous permet de

transformer les données en informations

exploitables, favorisant ainsi une

gestion énergétique plus intelligente

et des opérations plus efficaces. Cette

approche s’étend à l’ensemble du système,

du réseau électrique à l’automatisation

des bâtiments et aux usages

finaux.

Pourquoi les systèmes de gestion

de l’énergie (EMS) deviennent-ils

incontournables ?

L’électrification s’accélère rapidement

et devient la norme dans la plupart des

domaines d’application, du chauffage

et de la climatisation à l’eau chaude,

en passant par l’éclairage ou les transports.

En conséquence, la demande en

électricité connaît une hausse structurelle.

Dans ce contexte, le défi est clair :

comment faire plus avec moins ? Cela

implique une compréhension fine des

usages, puis l’optimisation de la distribution.

C’est précisément là qu’interviennent

les systèmes de gestion

de l’énergie, qui permettent de mesurer,

d’analyser et de contrôler les flux

d’énergie. Il s’agit d’un besoin universel,

pertinent pour tous les types de

bâtiments, quelle que soit leur taille.

Par exemple, dans les projets de rénovation,

l’ajout de capacités de mesure

aide à identifier les gains d’efficacité

possibles.

Quels sont les grands enjeux

technologiques et marchés à venir ?

Plusieurs grandes tendances sont en

train de redéfinir le marché. Tout

d’abord, le rôle croissant du courant

continu (DC), porté par l’expansion

des énergies renouvelables, du stockage

par batterie et des véhicules

électriques. Bien qu’il reste des défis

techniques à relever, le DC repré-

sente une opportunité considérable,

en particulier dans des secteurs à

forte croissance comme les énergies

renouvelables et les datacenters.

L’expansion rapide des datacenters

eux-mêmes devient un domaine

prioritaire, alors que la numérisation

et l’IA continuent de stimuler

la demande en électricité. Parallèlement,

les énergies renouvelables

jouent un rôle de plus en plus central

dans le mix énergétique, créant

de nouvelles exigences quant à la

manière dont l’énergie est produite,

gérée et distribuée. Par ailleurs, nous

observons une forte croissance dans

des régions telles que l’Asie-Pacifique,

le Moyen-Orient et certaines

parties de l’Afrique, où l’urbanisation

et le développement des infrastructures

s’accélèrent. Ces marchés

investissent massivement dans de

nouveaux bâtiments et systèmes

énergétiques, souvent en mettant

l’accent sur l’efficacité dès le départ.

Dans toutes les régions et tous les

segments, la tendance est claire : la

demande s’oriente vers des bâtiments

plus connectés, plus efficaces sur le

plan énergétique et plus durables.

64 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr 65


3 QUESTIONS À

Propos recueillis

par Alexandre Arène

‘‘

Sans système de gestion technique

du bâtiment, il est impossible d’atteindre

les objectifs énergétiques.

’’

Susanne Seitz,

PDG de l’activité Smart Infrastructure Buildings

monde chez Siemens

© DR

Entre pression réglementaire, flambée des coûts de l’énergie et pénurie de

compétences, le secteur du bâtiment est à un tournant, sommé d’accélérer

sa transformation tout en gérant un parc existant massif. Siemens, à

travers son activité Smart Infrastructure Buildings, déploie une stratégie

centrée sur la donnée, l’automatisation et les services pour faire émerger

le bâtiment autonome, capable d’optimiser en continu ses performances

énergétiques et opérationnelles. À sa tête, Susanne Seitz détaille les

leviers de cette mutation, entre rénovation du parc, intelligence artificielle,

cybersécurité, évolution des marchés et nouveaux équilibres énergétiques.

Pouvez-vous présenter l’activité

Smart Infrastructure Buildings

et votre vision du Smart Building ?

ESI Buildings regroupe environ

29 000 personnes à l’échelle mondiale,

couvrant toute la chaîne de valeur :

R&D, production, vente et services

digitaux. Notre ambition est de devenir

leader des bâtiments autonomes, qui

est l’évolution logique du Smart Building.

La différence majeure aujourd’hui

tient à la connectivité généralisée des

équipements et à l’exploitation massive

des données, qui créent de la valeur sur

plusieurs axes : performance énergétique,

fiabilité des équipements, exploitation

et expérience utilisateur. Mais

ces choix restent guidés par les priorités

du propriétaire : réduire les coûts, améliorer

le confort ou atteindre des objectifs

environnementaux. Le véritable

défi réside dans la rénovation. Plus de

75 % des bâtiments de 2050 sont déjà

construits. Il faut donc planifier les

investissements en commençant par la

connectivité, puis déployer l’automatisation.

Sans système de gestion technique

du bâtiment, il est impossible

d’atteindre les objectifs énergétiques.

Le sujet n’est plus technologique, mais

organisationnel et financier.

Quels sont les principaux moteurs

du marché des bâtiments intelligents

et de l’efficacité énergétique ?

Le premier moteur est réglementaire,

avec des cadres comme la directive

EPBD et les objectifs CO₂, désormais

très proches. Ensuite, il y a un

facteur économique, avec le coût de

l’énergie, qui est très variable selon

les pays, mais toujours structurant.

Enfin, un enjeu majeur émerge partout

: la pénurie de main-d’œuvre

qualifiée. Les systèmes deviennent

plus complexes, combinant IT, OT et

IA, alors même que les experts historiques

partent à la retraite. Cela crée

une pression forte pour automatiser

tout en simplifiant la mise en œuvre

des solutions. Par ailleurs, certains

marchés verticaux tirent la croissance,

comme les datacenters, les

hôpitaux ou encore la défense. Tous

nécessitent des infrastructures performantes

et pilotées finement. Enfin,

les bâtiments deviennent des acteurs

du système énergétique capables de

stocker, d’équilibrer et d’optimiser les

flux énergétiques. Techniquement,

les systèmes de gestion de l’énergie et

les GTB permettent déjà d’aller loin.

Mais la flexibilité ne dépend pas seu-

lement de la technologie, elle repose

aussi sur les modèles économiques.

Les mécanismes de rémunération, les

règles imposées par les gestionnaires

de réseaux et le manque de standardisation

freinent encore le déploiement

à grande échelle.

Comment abordez-vous les enjeux

de cybersécurité et de complexité

croissante ?

La cybersécurité est au cœur de notre

stratégie. Ce n’est pas un sujet produit,

mais d’architecture globale, du

capteur au cloud. Nous investissons

massivement, avec des tests internes

et externes, des mises à jour continues

et une approche intégrée à

l’échelle du groupe. Par ailleurs, l’IA

va jouer un rôle clé. Nous intégrons

des modèles de langage capables

d’interagir directement avec les systèmes.

Un technicien peut simplement

décrire un problème à l’oral

et être guidé étape par étape. C’est

une rupture majeure : on passe de la

documentation ou des vidéos à une

interaction intelligente et contextualisée.

Cela permettra de compenser le

manque de compétences et d’accélérer

les déploiements.

66 j3e 925 / AVRIL 2026 - www.filiere-3e.fr


Le courant passe entre nous depuis 76 ans

923

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

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ISSN 0758-3826 / MARS 2026

924

925

INDEX

Index des entreprises et organismes cités

AAA Data ........................................www.aaa-data.fr....................................................11

ABB.................................................https://new.abb.com/fr................. 17, 26, 32, 52, 53,

..........................................................................................54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 64

Advenir Formations........................https://advenir-formations.fr/..................................12

Airzone............................................www.airzonecontrol.com........................................29

Association IHF...............................www.ihf.fr................................................. 6, 7, 8, 14

Avere-France..................................www.avere-france.org.....................................12, 42

BACnet............................................https://bacnetfrance.org/..................... 10, 17, 26, 41

BBCA...............................................www.batimentbascarbone.org................................14

BV-comOffice..................................https://bvcom.de/..................................................46

Casambi..........................................https://casambi.com/fr/.........................................29

CATS...............................................www.cats-france.fr..........................................25, 28

CHU Caen Normandie.....................www.chu-caen.fr...................................................36

CHU de Nantes................................www.chu-nantes.fr.................................... 6, 7, 8, 32

DALI................................................www.dali-alliance.org......................................20, 27

Dehn...............................................www.dehn.fr.........................................................62

Drive to Zero...................................https://event.drivetozero.fr/....................................14

Driveco...........................................https://driveco.com/........................................32, 42

Effy.................................................www.effy.fr...........................................................12

Electra............................................www.go-electra.com/fr..........................................53

ENGIE Vianeo..................................www.engie-vianeo.com....................................51, 52

ESYLUX...........................................www.esylux.fr..................................................25, 29

Fédération hospitalière de France..www.fhf.fr.............................................................14

Festival Passibat'............................www.passibat.fr....................................................14

FNCCR.............................................www.fnccr.asso.fr..................................................12

France Air.......................................www.france-air.com...................................33, 36, 39

GIEC................................................www.ipcc.ch.........................................................12

Gireve.............................................www.gireve.com....................................................42

Hager..............................................https://hagergroup.com/fr.................... 18, 26, 43, 50

Hervé Thermique............................www.herve-thermique.com....................................38

Inlo Avocats....................................www.inlo.fr............................................................12

JEF 2026.........................................www.journees-ihf.com............................... 6, 7, 8, 14

Jung................................................www.jung-group.com/fr...................................19, 26

KEBA...............................................www.keba.com/fr/home................ 44, 48, 50, 51, 54,

..................................................................................................... 55, 56, 57, 58, 59, 60

KNX.................................................www.knx.fr..................10, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22,

................................................................................................23, 24, 25, 26, 27, 28, 29

Ledvance........................................www.ledvance.com..................................................2

Legrand..........................................www.legrand.fr......................................................62

Light + Building..............................https://light-building.messefrankfurt.com/........16, 17,

...................................................................................................................... 18, 19, 20,

....................................................................................21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29

Magic Elek......................................www.magicelek.com..............................................63

Matter....................................................................................................... 16, 18, 21, 26

MDT Technologies...........................www.mdt.fr.....................................................20, 27

Mean Well.......................................www.meanwell.com...............................................25

Medieco..........................................www.medieco.fr..............................................33, 34

Medipôle Lyon Villeurbanne............www.grandlyon.com..............................................33

Modbus...........................................www.modbus.org............................................26, 41

NRF 2026........................................www.nrfbigshoweurope.com..................................14

PEP ecopassport.............................http://www.pep-ecopassport.org//fr/.......................30

Préventica.......................................www.preventica.com.............................................14

PRISM.............................................https://prism-medical-protect.com/fr/.....................40

RATP...............................................www.ratp.fr...........................................................11

Renault...........................................www.renault.fr.......................................................11

Réseau Action Climat......................https://reseauactionclimat.org/...............................12

RTE.................................................www.rte-france.com..............................................11

SantExpo.........................................www.santexpo.com...............................................14

Schneider Electric..........................www.se.com/fr........................21, 27, 47, 54, 55, 56,

................................................................................................................. 57, 58, 59, 60

SEPEM Brest...................................https://brest.sepem-industries.com/.......................14

SEPEM Industries...........................www.sepem-industries.com...................................14

SERCE.............................................https://serce.fr/.....................................................12

Sibca...............................................https://sibca.fr/.....................................................14

Sibca Events...................................https://sibca.fr/.....................................................14

Siemens..........................................www.siemens.com/fr..................... 22, 27, 52, 53, 66

SIREA..............................................www.sireagroup.com.............................................45

Socomec.........................................www.socomec.fr........................................30, 43, 63

SolarEdge.......................................www.solaredge.com..................................42, 43, 46

Sovec..............................................www.sovec-groupe.fr.............................................43

Sylvania..........................................www.sylvania-group.com.......................................63

Syndicat ACR..................................https://acr-regulation.com/.....................................10

Tactis..............................................www.tactis.fr.........................................................12

Tesla...............................................www.tesla.com/fr_fr..............................................11

Tetradis...........................................www.tetradis.com............................................44, 45

Theben............................................www.theben.fr.................................................23, 28

Thermokon.....................................https://www.thermokon.de/fr-fr/.............................29

Thread............................................https://openthread.io/............................................18

Université de Cambridge................www.cam.ac.uk.....................................................11

Ville de Lorient................................www.lorient.bzh...............................................44, 45

Wago...............................................www.wago.com/fr...........................................47, 48

Wilo.................................................https://wilo.com/fr/fr/........................... 36, 38, 39, 41

Zehnder..........................................www.zehnder.fr...............................................34, 35

Zennio.............................................www.zennio.com.............................................24, 28

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