J3e de mai 2026 - Électrification, garder le cap
J3e de mai 2026 - Électrification, garder le cap - Interview : Christophe Habouzit, Vice-président Global Product Line, fusible et appareillage fusible de norme CEI, Mersen et Aida Antoli, Product Manager fusible et appareillage fusible de norme CEI, Electrical Power, Mersen - Interview : Jean-Christophe Krieger, Président de l’organisation mondiale KNX - BACS Flex Ready : Consommer au bon moment et anticiper les nouveaux usages électriques - Autoconsommation : Les solutions pour des installations photovoltaïques productives, durables et évolutives
J3e de mai 2026 - Électrification, garder le cap - Interview : Christophe Habouzit, Vice-président Global Product Line, fusible et appareillage fusible de norme CEI, Mersen et Aida Antoli, Product Manager fusible et appareillage fusible de norme CEI, Electrical Power, Mersen - Interview : Jean-Christophe Krieger, Président de l’organisation mondiale KNX - BACS Flex Ready : Consommer au bon moment et anticiper les nouveaux usages électriques - Autoconsommation : Les solutions pour des installations photovoltaïques productives, durables et évolutives
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Le courant passe entre nous depuis 76 ans
ÉLECTRIFICATION
GARDER LE CAP
BACS Flex Ready
Consommer au bon moment
et anticiper les nouveaux
usages électriques
Autoconsommation
Les solutions pour des installations
photovoltaïques productives,
durables et évolutives
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
WWW.FILIERE-3E.FR
ISSN 0758-3826 / MAI 2026
926
2 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
ISSN 0758-3826 / MAI 2026
ÉDITO
Électrification : garder le cap !
© DR
‘‘
Ce "stop-and-go"
réglementaire est devenu
un frein à la transition ellemême.
Car les industriels, les
exploitants, les bailleurs ou les
collectivités n’investissent pas
sur des signaux fluctuants.
Les filières ont besoin de
visibilité pour recruter,
produire, former et
industrialiser.
’’
Le courant passe entre nous depuis 76 ans
ÉLECTRIFICATION
GARDER LE CAP
BACS Flex Ready
Consommer au bon moment
et anticiper les nouveaux
usages électriques
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
Autoconsommation
Les solutions pour des installations
photovoltaïques productives,
durables et évolutives
WWW.FILIERE-3E.FR 926
Dans
ce numéro :
J3e met en lumière des usages
phares de l’électrification,
mais aussi des technologies au
service de l’adaptation et de
l’équilibrage du réseau électrique :
l’autoconsommation et les BACS
Flex Ready.
© Adobe Stock
La guerre au Moyen-Orient et les tensions autour de l’Iran rappellent une réalité
que l’Europe peine encore à accepter : sa dépendance aux énergies fossiles reste
une fragilité économique, industrielle et géopolitique majeure. Pour la France,
la facture s’élève à plus de 60 milliards d’euros d’importations de pétrole et de gaz chaque
année, et les énergies fossiles comptent pour près de 60 % de son mix énergétique,
malgré une électricité déjà largement décarbonée.
Dans ce contexte, le plan d’électrification présenté par le gouvernement marque une
accélération assumée : réduire la part des énergies fossiles dans les usages du bâtiment,
des transports et de l’industrie, tout en renforçant la souveraineté énergétique du pays.
Pompes à chaleur, véhicules électriques, électrification des procédés industriels : la
trajectoire est désormais posée.
Le signal envoyé au marché est fort. Dans le bâtiment, les rénovations aidées par
MaPrimeRénov’ ne pourront progressivement plus conserver de chauffage au gaz.
Dans les transports, l’État pousse l’électrique à grande échelle. Dans l’industrie, il s’agit
de substituer graduellement l’électricité aux usages fossiles tout en sécurisant les coûts
énergétiques des entreprises. Sur le fond, difficile de contester la logique. L’électrification
apparaît aujourd’hui comme l’un des leviers centraux de la décarbonation française.
Encore faut-il que cette ambition s’inscrive dans une politique cohérente, lisible et durable.
Or, depuis plusieurs années, les signaux envoyés aux acteurs économiques souffrent
d’une instabilité chronique. Reports d’échéances réglementaires, ajustements successifs
des dispositifs d’aide, modifications de calendrier… Cette succession de revirements
entretient une incertitude contre-productive. Le décret BACS, pourtant stratégique
pour le pilotage énergétique des bâtiments tertiaires, a vu ses échéances repoussées.
MaPrimeRénov’ a connu des changements récurrents de règles et de périmètre. Les
nouvelles dispositions excluant les logements chauffés au gaz des aides manquent en
partie leur cible, risquant de renforcer la fracture énergétique en excluant les bâtiments
les plus émissifs. Les aides à l’achat de véhicules électriques ont, elles aussi, évolué au gré
des arbitrages budgétaires. À chaque fois, le même risque apparaît : ralentir les décisions
d’investissement et fragiliser la dynamique des filières.
Ce « stop-and-go » réglementaire est devenu un frein à la transition elle-même. Car
les industriels, les exploitants, les bailleurs ou les collectivités n’investissent pas sur des
signaux fluctuants. Les filières ont besoin de visibilité pour recruter, produire, former
et industrialiser. Le réseau électrique français se renforce et le gestionnaire investit
fortement pour anticiper l’arrivée des nouveaux usages électriques, qui peinent pourtant
à se développer.
Or la France dispose précisément de nombreux atouts : une production électrique
largement décarbonée, des industriels capables de monter en puissance, des technologies
désormais matures dans le bâtiment comme dans la mobilité. Le sujet n’est donc plus
seulement technique. Il est devenu stratégique.
L’électrification de l’économie française ne pourra réussir qu’à une condition : maintenir
un cap clair, stable et durable. La transition énergétique ne se pilote pas à coups de pauses,
d’atermoiements ou d’ajustements permanents pour suivre le contexte géopolitique,
dont l’instabilité est devenue la norme ces dernières années. Elle exige de la constance.
Alexandre Arène,
rédacteur en chef
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 3
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j3e est édité par la société 3e Médias,
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SA au capital de 140 000 euros ;
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Siège social : 32 rue du Faubourg
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Poissonnière - 75010 Paris
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Bureaux : 17, rue de l’amiral Hamelin -
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75016 Paris
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Représentant légal : David Catelain.
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© 3e Médias, Paris.
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Reproduction interdite.
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Toutefois, des photocopies peuvent être
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réalisées avec l’autorisation de l’éditeur.
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Celle-ci pourra être obtenue auprès du
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Centre français du copyright, 20, rue des
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Grands-Augustins, 75006 Paris, auquel
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3e Médias a donné mandat pour le
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représenter auprès des utilisateurs.
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Tél. : + 33 (0)1 44 07 47 70
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Dépôt légal : mai 2026
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Conception graphique - Réalisation :
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Planète Graphique Studio - Paris 17 e .
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Impression : IPPAC / Imprimerie
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de Champagne 52500 Langres.
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Directeur de la publication : David Catelain
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Rédaction
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3e Médias
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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris
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Email : redaction@filiere-3e.fr
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Rédacteur en chef : Alexandre Arène
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Ont collaboré à ce numéro :
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Jean-Paul Beaudet
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et Jean-François Moreau.
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Marketing & Publicité
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3e Médias
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Sandrine de Montmorillon
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Responsable publicité print & digital
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3e Médias
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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris
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Tél. + 33 (0) 6 51 30 28 68
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sdm@filiere-3e.fr
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Diffusion
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Relations abonnements
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Juliette Aguelon
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compta.3emedias@gmail.com
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Pour l’étranger : 165 € HT franco ;
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185 € HT par avion
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Prix au numéro : 17 €
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Corrections
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Laurence Chabrun
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laurencechabrun@gmail.com
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© DR
© DR
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La montée en puissance
des sources et des usages en
courant continu, notamment le
photovoltaïque, le stockage par
batteries ou la mobilité électrique,
favorise naturellement
l’émergence de réseaux DC.
06
INTERVIEW
06 / Christophe Habouzit
Vice-président Global Product
Line, fusible et appareillage fusible
de norme CEI, Mersen
Aida Antoli
Product Manager fusible et
appareillage fusible de norme CEI,
Electrical Power, Mersen
08 / Jean-Christophe Krieger
Président de l’organisation
mondiale KNX
’’
Christophe Habouzit
DANS CE NUMÉRO
‘‘
La simplification répond
directement à notre objectif
d’augmenter le taux de
pénétration de KNX dans les
bâtiments. Plus une technologie
est simple à comprendre et à
mettre en œuvre, plus elle peut être
déployée largement.
10
ACTUALITÉS
10 / Tribune
Plus de 250 organisations alertent
sur l’avenir de l’Ademe
Présidentielle 2027
Le pouvoir d’achat redéfinit les
priorités énergétiques
11 / REP
Citeo Pro et ecosystem s’allient
autour de la REP des emballages
professionnels
12
Digitalisation de l’industrie
Schneider Electric rejoint
le Lighthouse OS du Forum
économique mondial
AGENDA
’’
Jean-Christophe Krieger
4 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
© Florian Delée sur Unsplash
LES DOSSIERS DU MOIS
BACS Flex Ready
21
CONSOMMER AU BON MOMENT ET
ANTICIPER LES NOUVEAUX USAGES
ÉLECTRIQUES
14
DÉVELOPPEMENTS
14 / Benoît Ribault
Directeur projets innovation, services
& ESG chez Rexel France
16 / Jean-Michel Lagarde
Directeur général de Meljac
Marie-Line David
Directrice déléguée de FD Éclairage
18
ANALYSE
Transition énergétique : le vrai défi n’est
pas l’ambition, mais la capacité du système
à suivre
48
SOLUTIONS
La sélection de la rédaction
DANS CE NUMÉRO
© Systèmes Solaires & Groupe OMERIN
Autoconsommation
32
LES SOLUTIONS POUR DES
INSTALLATIONS PHOTOVOLTAÏQUES
PRODUCTIVES, DURABLES
ET ÉVOLUTIVES
50
3 QUESTIONS À
Antonio Calvo
Directeur France d’Airzone
51
INDEX DES ENTREPRISES
ET ORGANISMES CITÉS
LISTE DES ANNONCEURS :
• 2 e COUV – INDUSTRY TIME
• 4 e COUV – HAGER
• P. 13 - TECH FOR INDUSTRY SHOW
• P. 17 - 3E MÉDIAS
• P. 19 - ÉLECTRICIENS SANS FRONTIÈRES
• P. 23 - PCVUE
• P. 31 - FESTIVAL PASSIBAT'
• P. 35 - TRACE SOFTWARE
• P. 37 - SOCOMEC
• P. 39 - IRISOLARIS
• P. 47 - ENERJ-MEETING LYON
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David Catelain
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Directeur de la publication
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Alexandre Arène
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Rédacteur en chef
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alexandre.arene@filiere-3e.fr
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Jean-François Moreau
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Journaliste spécialiste supervision,
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efficacité énergétique, BIM
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journalistes@filiere-3e.fr
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Jean-Paul Beaudet
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Journaliste spécialiste
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datacenters, stockage de
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l’énergie, énergies renouvelables,
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véhicules électriques et IRVE
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journalistes@filiere-3e.fr
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Sandrine de Montmorillon
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Responsable publicité,
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partenariats & réseaux sociaux
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Groupe 3e Médias
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sdm@filiere-3e.fr
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j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 5
INTERVIEW
Propos recueillis par Alexandre Arène
© DR
La montée en puissance
des sources et des usages en
courant continu, notamment
le photovoltaïque, le
stockage par batteries ou la
mobilité électrique, favorise
naturellement l’émergence
de réseaux DC.
Christophe Habouzit, vice-président Global Product Line,
fusible et appareillage fusible de norme CEI
Aida Antoli, Product Manager fusible et appareillage fusible
de norme CEI, Electrical Power, Mersen
Sous l’effet de la montée des énergies renouvelables, de l’électrification des usages et de
la digitalisation des réseaux, les installations électriques évoluent vers des systèmes plus
complexes, plus dynamiques et plus exigeants en matière de pilotage et de protection.
Mersen, spécialiste mondial des solutions de protection électrique et des matériaux avancés,
accompagne ces transformations à travers ses expertises en fusibles, appareillages et gestion
de l’énergie. À l’occasion du salon Light + Building, Christophe Habouzit et Aida Antoli
reviennent sur les enjeux de la mesure en basse tension, l’émergence du courant continu
dans les installations électriques et les travaux de normalisation en cours, et présentent les
innovations développées pour répondre à ces mutations.
‘‘
’’
En quoi la mesure en basse tension
devient-elle stratégique ?
Christophe Habouzit – La mesure permet de rendre
visible une partie du réseau qui, historiquement, ne
l’était pas. Les opérateurs disposaient surtout d’informations
en moyenne tension, mais très peu en basse
tension, là où se situent pourtant les usages finaux.
Avec l’évolution actuelle du mix énergétique, cette
absence de visibilité devient problématique. L’intégration
croissante du photovoltaïque, du stockage et
des nouveaux usages comme la recharge des véhicules
électriques modifie profondément les profils de
consommation.
On passe d’un modèle relativement prévisible, basé
sur des estimations statistiques, à un système beaucoup
plus dynamique, où la demande peut chuter brutalement.
À l’inverse, certains réseaux se retrouvent en
situation de congestion, incapables d’absorber de nouveaux
usages. Sans mesure fine, il est impossible de
comprendre ces phénomènes ni d’agir efficacement.
La donnée permet ainsi de piloter le réseau à plusieurs
horizons : à court terme pour la maintenance et la
détection d’anomalies, à moyen terme pour optimiser
l’exploitation et la répartition de la puissance, et à long
terme pour planifier les développements d’infrastructures.
Elle devient également un levier pour arbitrer les
usages, par exemple déterminer quand et avec quelle
puissance alimenter des bornes de recharge en fonction
de la charge globale d’une zone.
Pourquoi le courant continu suscite-t-il autant
d’intérêt aujourd’hui ?
Christophe Habouzit – L’intérêt pour le courant
continu s’explique par des considérations à la fois
énergétiques, techniques et structurelles. D’abord,
il permet de limiter les pertes liées aux conversions
d’énergie. Aujourd’hui, l’électricité est transportée
en courant alternatif, puis convertie en courant
continu pour de nombreux usages finaux : électronique,
informatique, éclairage led, ou recharge de
batteries. Chaque conversion engendre des pertes
significatives, pouvant aller de 5 à 30 %. En supprimant
ou en réduisant ces conversions, un réseau en
courant continu améliore directement le rendement
énergétique. Ensuite, le courant continu permet de
travailler à des niveaux de tension plus élevés, ce
qui réduit l’intensité pour une puissance donnée.
Cela se traduit par des sections de câbles plus faibles
et donc des économies de cuivre, un enjeu à la fois
économique, matériel et environnemental. Enfin, la
montée en puissance des sources et des usages en
courant continu, notamment le photovoltaïque, le
6 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
INTERVIEW
Christophe Habouzit & Aida Antoli
stockage par batteries ou la mobilité électrique, favorise
naturellement l’émergence de réseaux DC. On
voit ainsi apparaître des microréseaux en courant
continu capables de connecter directement production,
stockage et consommation, sans conversions
intermédiaires. Certains environnements s’y prêtent
particulièrement bien, comme les datacenters, où les
usages sont massivement en courant continu et où la
présence humaine est limitée. Cela permet d’expérimenter
plus rapidement ces architectures, même en
l’absence de standards complètement stabilisés.
Justement, où en est la normalisation
autour du courant continu ?
Christophe Habouzit – La normalisation est encore en
construction. Il existe déjà des cadres en moyenne tension
et en basse tension, mais pour le courant continu,
les standards ne sont pas encore totalement établis. Des
travaux sont en cours sous forme de drafts, portés par
des organismes comme l’IEC ou l’UL, en collaboration
étroite avec les industriels. Des consortiums comme
Current/OS ou l’ODCA jouent également un rôle clé
pour faire converger les pratiques, notamment sur des
éléments structurants comme les niveaux de tension.
L’un des enjeux majeurs est justement d’aboutir à des
référentiels communs, car différents acteurs ont historiquement
développé leurs propres approches. Dans
ce contexte, certains industriels, à l’instar de Mersen
en tant que membre du board de Current/OS, contribuent
directement aux travaux visant à harmoniser les
architectures, les interfaces et les standards, dans une
logique de convergence et d’interopérabilité à l’échelle
du secteur. En parallèle, certaines applications avancent
plus vite que les normes. C’est le cas des datacenters ou
de certaines installations en Chine, où des architectures
en courant continu sont déjà déployées. Un autre
point critique concerne les technologies de protection.
En courant continu, les contraintes sont différentes et
certaines solutions traditionnelles, comme les disjoncteurs,
peuvent atteindre leurs limites en termes de
capacité de coupure. Les fusibles restent performants
dans de nombreux cas, mais de nouvelles typologies,
comme les dispositifs à semi-conducteurs, sont développées
pour répondre à des exigences accrues de rapidité
et de sécurité, notamment lorsque des personnes
sont exposées.
Comment Mersen se prépare-t-il
à ces évolutions ?
Christophe Habouzit – D’une part, Mersen adapte
son offre historique de protection contre les surtensions
aux usages liés aux smart grids et au courant
continu. Cela se traduit par une feuille de route produit
importante, visant à élargir les gammes et à répondre
à des niveaux de tension et de puissance en forte
évolution. D’autre part, Mersen est très impliqué en
amont, dans les phases de prospective et d’expérimentation.
Nous participons à des projets pilotes et à des
Proof of Concept, notamment dans le domaine photovoltaïque,
où les tensions ont fortement évolué ces
dernières années. Les architectures en 800 V, 1 000 V
puis 1 500 V constituent aujourd’hui des marchés largement
déployés, pour lesquels Mersen dispose d’une
expertise éprouvée et de solutions déjà largement validées
sur le terrain. En parallèle, les travaux se poursuivent
sur les prochaines générations d’installations,
avec des expérimentations en cours jusqu’à 2 000 V,
voire 3 000 V. Dans le même temps, les développements
produits accompagnent cette évolution, avec
des capacités de courant en constante augmentation,
atteignant désormais plusieurs centaines d’ampères.
Cette implication dans les phases amont est essentielle
pour anticiper les futurs standards.
Quelles nouveautés avez-vous présentées
à Light + Building ?
Aida Antoli – Comme l’évoquait Christophe Habouzit,
la transformation des réseaux passe d’abord par
une meilleure visibilité en basse tension. C’est précisément
l’objet de notre solution ProGrid, développée
pour les postes de transformation. Il s’agit d’un interrupteur-sectionneur
à fusible, conçu pour sécuriser
les départs basse tension, avec une ouverture brevetée,
en parallèle, qui limite fortement les risques d’arc
électrique et garantit une intervention sans contact
avec des parties sous tension. Cette base est complétée
par une version « smart », intégrant un module de
mesure capable de remonter des données de courant
et de tension. Ces informations sont ensuite exploitées
par les gestionnaires du réseau pour comprendre son
fonctionnement réel, détecter des déséquilibres ou
anticiper des besoins. Nous sommes pleinement dans
la logique décrite par Christophe Habouzit : apporter
de la donnée là où il n’y en avait pas, pour piloter un
réseau devenu plus complexe et plus dynamique.
Comment ces innovations s’inscrivent-elles dans
les nouveaux usages, notamment en DC ?
Aida Antoli – Elles accompagnent directement
les évolutions évoquées autour du courant continu
et des nouveaux usages énergétiques. Au-delà du
réseau, nous adaptons aussi nos solutions de protection
à des environnements comme le photovoltaïque,
le stockage d’énergie ou la recharge des véhicules
électriques, où les contraintes diffèrent fortement.
Par exemple, dans le stockage ou la recharge rapide,
les niveaux de court-circuit peuvent être très élevés,
ce qui impose l’utilisation de fusibles spécifiques en
complément des protections contre les surtensions.
À l’inverse, certaines applications photovoltaïques
nécessitent des approches différentes. Ces développements
s’inscrivent dans une logique globale, qui
vise à accompagner la montée en puissance du DC,
limiter les pertes liées aux conversions d’énergie et
adapter les dispositifs de protection à des architectures
électriques en pleine mutation.
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 7
INTERVIEW
Propos recueillis par Alexandre Arène
Jean-Christophe
Krieger,
Président de l’organisation mondiale KNX
© DR
‘‘
La simplification répond directement
à notre objectif d’augmenter le taux de
pénétration de KNX dans les bâtiments. Plus
une technologie est simple à comprendre et à
mettre en œuvre, plus elle peut être déployée
largement.
’’
Réélu à la présidence de l’organisation mondiale KNX lors de la réunion du conseil
d’administration du 16 février dernier, Jean-Christophe Krieger entame un nouveau mandat
de cinq ans dans un contexte de profonde transformation du bâtiment connecté. À la tête
d’un écosystème qui fédère plus de 500 industriels, 140000 partenaires dans 190 pays et
45 groupes nationaux, il pilote avec les membres du conseil d’administration les orientations
stratégiques d’une technologie en mutation. Simplification des outils, communication adaptée
aux intervenants dans la chaîne de valeur, montée en puissance de l’intégration des énergies
renouvelables, conformité aux nouvelles réglementations notamment liées à la cybersécurité,
ouverture vers l’IoT : autant de chantiers structurants qui redéfinissent le rôle de KNX dans un
environnement technique, réglementaire et concurrentiel en pleine évolution.
Vous avez été réélu à la tête de l’organisation
mondiale KNX, quels sont les principaux axes
de travail de ce nouveau mandat ?
Jean-Christophe Krieger – Ce nouveau mandat
s’inscrit clairement dans la continuité du précédent.
Dès le lendemain de l’élection, le 17 février,
le nouveau conseil d’administration (élargi de
14 à 17 membres pour renforcer la dimension
internationale et intégrer de nouveaux profils)
s’est réuni pour valider les orientations existantes
et y apporter des ajustements. Deux axes prioritaires
incluant notamment l’intelligence artificielle
structurent notre action : la simplicité et la contribution
à la transition énergétique. Simplicité dans
notre communication (nouveau site knx.org), et
logique de communication adaptée à chaque cible
(intégrateurs, électriciens, architectes, bureaux
d’études ou utilisateurs finaux). Simplicité de l’outil
ETS de configuration des installations KNX :
réduire le temps nécessaire pour concevoir et
maintenir un projet. La version ETS 6.4.0 a été
présentée à Light + Building avec déjà des améliorations
significatives. Une version 6.5 est prévue
début 2027, et ETS 7 en 2028, avec des évolutions
majeures en préparation. Évolution des spécifications
pour standardiser l’intégration des énergies
renouvelables (panneaux photovoltaïques, pompe
à chaleur, batteries, bornes de charges électriques).
Accélération de l’adoption de KNX IoT par la
mise à disposition d’un stack KNX IoT, composant
logiciel fourni gratuitement aux fabricants.
Il permet d’intégrer plus facilement KNX dans
des équipements existants, notamment ceux déjà
connectés sur IP.
Lors du salon Light + Building, nous avons pu
constater un foisonnement de développements
produits chez les fabricants membres de KNX.
Comment s’orientent les développements
produits en KNX à l’échelle mondiale ?
J.-C. C. – KNX évolue en permanence pour
s’adapter aux transformations du marché. Historiquement
filaire, la technologie a intégré le sans-fil,
puis l’IP, et aujourd’hui KNX IoT. Cette évolution
est pilotée par l’Association, dont le rôle est de produire
des spécifications permettant aux fabricants
8 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
INTERVIEW
Jean-Christophe Krieger
de développer des produits interopérables. Les
fabricants continuent d’enrichir leurs catalogues
avec de nouveaux produits combinant plusieurs
fonctions, d’apporter des nouveautés sur la visualisation
avec des écrans de plus en plus attractifs, et
d’inclure des produits sur de nouveaux cas d’usage.
Nous avons pu voir au salon que tous les fabricants
exposaient leurs produits KNX Secure en
préparation de l’arrivée du Cyber Resilience Act à
fin 2027, beaucoup de solutions de management
de l’énergie intégrant KNX. Les prémices du prochain
saut technologique : la migration vers des
architectures IP avec l’intégration de KNX IoT.
Quel rôle spécifique le KNX peut-il jouer
dans cette mutation du bâtiment en système
énergétique complexe ?
J.-C. C. – La gestion de l’énergie constitue
aujourd’hui un axe majeur. Historiquement, elle
consistait à mesurer et afficher les consommations.
Puis, KNX a permis d’optimiser les usages, par
exemple via la détection de présence ou la régulation
en fonction de la luminosité. Aujourd’hui,
KNX entre dans une nouvelle phase avec l’intégration
des ressources énergétiques distribuées : panneaux
photovoltaïques, batteries, pompes à chaleur,
bornes de recharge. L’enjeu est de coordonner ces
équipements dans une architecture cohérente.
Comme je l’expliquais précédemment, l’Association
produit des spécifications permettant aux fabricants
de ces équipements d’intégrer KNX nativement.
Cela garantit l’interopérabilité et évite le recours à
des passerelles multiples, souvent coûteuses et complexes.
Nous avons déjà publié des spécifications en
ce sens, et les premiers retours du marché sont très
positifs. Par ailleurs, nous avons renforcé notre présence
à Bruxelles, au cœur du réacteur de l’Europe,
pour participer aux travaux réglementaires européens.
KNX était historiquement peu présent dans
ces instances, mais nous avons désormais un plan
d’action structuré, avec l’appui de spécialistes des
affaires publiques. Enfin, nous analysons un sujet
émergent : l’évolution des installations électriques
vers des architectures hybrides AC/DC. Il ne s’agit
pas encore d’une feuille de route, mais d’une analyse
prospective pour identifier dans quelle mesure
KNX pourra être la solution de gestion de ces architectures
électriques hybrides.
La cybersécurité devient un enjeu structurant.
En quoi KNX Secure constitue-t-il un avantage
concurrentiel ?
J.-C. C. – KNX Secure est la réponse à l’entrée en
vigueur du Cyber Resilience Act fin 2027. À partir
de janvier 2028, les produits non conformes
ne pourront plus être marqués « CE » et, donc,
commercialisés sur les nouvelles installations. Les
fabricants sont engagés dans une transformation
profonde de leurs gammes, car KNX Secure s’inscrit
dans une proposition de valeur globale fondée
sur la cybersécurité et la pérennité.
Vous avez évoqué en préambule l’importance
donnée à la simplicité. Quelles en sont les
raisons ?
J.-C. C. – La simplification répond directement à
notre objectif d’augmenter le taux de pénétration
de KNX dans les bâtiments. Plus une technologie
est simple à comprendre et à mettre en œuvre, plus
elle peut être déployée largement. Aujourd’hui, la
complexité perçue freine certains acteurs, notamment
les électriciens. Nous voulons donc élargir
l’écosystème en proposant des outils adaptés, tout
en maintenant un niveau d’expertise élevé pour les
intégrateurs. Un autre levier essentiel concerne le
temps de mise en œuvre. Dans un projet KNX, le
coût ne se limite pas au matériel, mais inclut aussi
le temps passé à configurer et maintenir une installation.
En réduisant ce temps, nous agissons
directement sur le coût global. Les évolutions
d’ETS vont dans ce sens, avec des gains de productivité
très importants. Certaines fonctionnalités
permettent déjà de réduire drastiquement le
nombre d’opérations manuelles, et les prochaines
versions intégreront des capacités d’intelligence
artificielle pour automatiser encore davantage certaines
tâches.
KNX s’inscrit dans un écosystème
de plus en plus ouvert. Quels sont les axes
de développement pour favoriser
l’interopérabilité avec Matter ?
J.-C. C. – Il faut d’abord clarifier les termes. Thread
est une technologie réseau IP, utilisée notamment
par Matter. KNX IoT repose lui aussi sur Thread,
dans sa version sans fil. KNX IoT over Thread permet
de s’affranchir des contraintes de fréquence de
KNX RF, limité à l’Europe, et d’ouvrir des perspectives
globales, notamment en Asie ou aux États-
Unis. Concernant Matter, il s’agit aujourd’hui d’un
standard orienté résidentiel et grand public. Son
ambition est de se développer dans le tertiaire,
mais cela prendra du temps. Du côté de KNX, des
solutions existent déjà pour intégrer des produits
Matter dans des installations KNX, notamment
via des passerelles ou des développements spécifiques
de certains fabricants. L’enjeu est de rester
ouvert, tout en capitalisant sur les forces de KNX,
notamment sa capacité de rétrocompatibilité :
une installation réalisée dans les années 1990
peut encore être maintenue aujourd’hui. Cette
promesse constitue un avantage majeur unique.
C’est cette notion que nous mettons désormais en
avant, sous l’idée de la « tranquillité d’esprit » : la
certitude qu’une installation KNX restera évolutive
et maintenable dans le temps.
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 9
ACTUALITÉ
Tribune
Plus de 250 organisations alertent sur l’avenir
de l’Ademe
Par le biais d’une
tribune, plus de
250 associations et
personnalités du secteur
environnemental
s’inquiètent des
conséquences du projet
de loi « visant à renforcer
l’État local », dont une
version transmise au
Conseil d’État prévoit
une réorganisation de
l’Agence de la transition
écologique. En cause :
l’intégration des
directions régionales de
l’Ademe au sein des Dreal
(directions régionales
de l’environnement, de
l’aménagement et du
logement), placées sous
l’autorité des préfets,
ainsi que la possibilité
d’une mise à disposition
d’office des personnels
pour une durée de trois
ans renouvelable. Selon
les signataires de la
tribune, ces dispositions
conduiraient à la
disparition progressive
des directions régionales
de l’Ademe et à une
dilution de l’expertise
technique et scientifique
de l’agence dans des
structures administratives
ne disposant ni du même
savoir-faire ni du même
ancrage territorial.
Un tiers des effectifs
pourrait être concerné
par ces mutations
sans consentement.
Les auteurs défendent
un modèle qu’ils
jugent efficace et peu
coûteux. Créée en 1992,
l’Ademe accompagne
chaque année plus de
8 000 projets liés à la
transition écologique
dans les territoires, avec
2,8 milliards d’euros de
subventions mobilisés en
2025 pour les collectivités
et les entreprises.
Les projets soutenus
concernent notamment
la décarbonation
industrielle, les réseaux
de chaleur renouvelable,
la gestion des sites
pollués, le recyclage
ou encore les mobilités
décarbonées. La tribune
rappelle également
que le budget de
fonctionnement de
l’agence s’élève à
135 millions d’euros,
sur un budget total de
3,5 milliards d’euros
essentiellement consacrés
au financement des
projets. Les signataires
soulignent par ailleurs
qu’une mission de
l’Inspection générale
des finances menée
au printemps 2024
n’a formulé aucune
critique structurelle
sur le fonctionnement
de l’agence, évoquant
au contraire des
coûts maîtrisés et des
rémunérations inférieures
de 25 % à celles du secteur
privé. Dans un contexte
de réindustrialisation
et d’électrification des
usages, les signataires
estiment que le maintien
de l’implantation
régionale de l’Ademe
constitue un levier pour
poursuivre une transition
écologique articulant
enjeux environnementaux,
économiques et sociaux.
Ils demandent le retrait des
dispositions du projet de
loi relatives à l’intégration
des directions régionales
dans les Dreal et à la mise
à disposition d’office des
salariés.
Présidentielle 2027
Le pouvoir d’achat redéfinit les priorités énergétiques
un an de l’élection
À présidentielle
de 2027, une étude
Ifop réalisée pour le
groupe Hellio montre
que les préoccupations
énergétiques des
Français se concentrent
désormais avant tout
sur le pouvoir d’achat.
La lutte contre la
hausse des factures
d’énergie arrive en tête
des priorités pour 79 %
des répondants, soit
une augmentation de
13 points depuis 2022,
devant l’indépendance
énergétique (72 %) et la
sécurité nucléaire (67 %).
L’étude met en évidence
l’impact croissant des
dépenses énergétiques
sur les ménages :
45 % des Français
estiment qu’elles pèsent
lourdement sur leur
budget. Cette pression
conduit certains à
renoncer aux vacances
(27 %), à l’usage de
la voiture (15 %) ou
à certains achats
alimentaires (12 %). Plus
d’un Français sur deux
(57 %) déclare également
réduire son confort pour
limiter sa consommation
d’énergie. Dans ce
contexte, la rénovation
énergétique est perçue
comme un levier
majeur de réduction
des consommations :
83 % des répondants
la jugent prioritaire.
Toutefois, seuls 37 %
envisagent de réaliser
des travaux, un recul
de 6 points par rapport
à 2022. Le manque
d’accompagnement
apparaît comme un frein
important : 50 % jugent
les aides mal ciblées
et seulement 45 % se
sentent suffisamment
informés pour engager
des travaux. Enfin, les
tensions géopolitiques
renforcent les inquiétudes
liées à l’énergie pour
89 % des Français.
Dans ce contexte, le
nucléaire progresse
nettement dans l’opinion :
42 % le considèrent
comme l’énergie la
plus intéressante pour
l’avenir de la France,
soit 10 points de plus en
un an.
10 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
ACTUALITÉ
REP
Citeo Pro et ecosystem s’allient autour de la REP
des emballages professionnels
Citeo Pro et ecosystem
annoncent un
partenariat destiné
à accompagner les
acteurs des équipements
électriques, électroniques
et des batteries dans le
cadre de la future filière
REP (responsabilité
élargie du producteur)
des emballages
professionnels, qui
entrera en vigueur
le 1 er juillet prochain.
Cette coopération vise à
simplifier les démarches
de mise en conformité
des entreprises déjà
engagées dans plusieurs
filières de REP. Dans
une première étape,
ecosystem orientera
depuis son site ses
adhérents vers l’espace
client de Citeo Pro
afin de faciliter leur
adhésion à la nouvelle
filière des emballages
professionnels. À
terme, les deux écoorganismes
prévoient
d’intégrer un espace
dédié aux emballages
professionnels
directement dans
le portail adhérents
d’ecosystem. L’objectif
est de fluidifier
les démarches
administratives et
d’accompagner les
entreprises dans l’atteinte
de leurs objectifs
environnementaux
autour du couple
produit-emballage. Le
partenariat s’appuie
sur la complémentarité
des expertises des
deux structures :
ecosystem pour les
déchets d’équipements
électriques et
électroniques (DEEE)
et les batteries, et Citeo
Pro pour les emballages
professionnels. Les deux
partenaires souhaitent
ainsi développer des
synergies adaptées
aux spécificités des
secteurs concernés
afin d’optimiser la
gestion des déchets
d’emballages,
d’améliorer le tri
et d’accompagner
l’évolution des
pratiques. À travers
cette approche intégrée,
Citeo Pro et ecosystem
affichent l’ambition de
renforcer la performance
économique et
environnementale de
la filière en traitant de
manière transversale
les enjeux de réduction,
de réemploi et de
recyclage.
Digitalisation de l’industrie
Schneider Electric rejoint le Lighthouse OS du Forum
économique mondial
Schneider Electric
annonce son entrée
au Conseil consultatif du
système d’exploitation
Lighthouse (Lighthouse
OS) porté par le Forum
économique mondial.
Cette initiative
vise à accélérer la
transformation digitale
industrielle à l’échelle
mondiale en proposant
un cadre opérationnel
open source destiné aux
industriels. Développé
à partir des retours
d’expérience du Global
Lighthouse Network,
le Lighthouse OS
propose une feuille de
route structurée pour
aider les fabricants
à déployer à grande
échelle leurs projets
de transformation
numérique. Le modèle
repose sur six principes
opérationnels, parmi
lesquels la connectivité
des flux, la durabilité
intégrée ou encore
l’optimisation des
capacités numériques et
des données. Schneider
Electric apporte à cette
initiative son retour
d’expérience issu
de plus de vingt ans
de transformation
industrielle. Le groupe
indique avoir déployé
ces principes dans plus
de 120 usines et centres
logistiques intelligents.
© DR
Neuf de ses sites ont par
ailleurs été reconnus
comme « Lighthouse » par
le Forum économique
mondial. Selon les
partenaires du projet,
l’objectif est de permettre
aux industriels de
passer plus facilement
de projets pilotes isolés
à une transformation
opérationnelle à grande
échelle, en intégrant
innovation numérique,
automatisation,
durabilité et performance
industrielle dans une
approche unique.
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 11
AGENDA
2 et 3 juin
2 et 3 juin
16 au 18 juin
17 juin
SEPEM BREST
Parc des expositions
Penfeld, Brest
Depuis près de 20 ans, les
salons SEPEM Industries
(Salon des équipements,
process et maintenance)
rassemblent les acteurs
de toutes les filières
industrielles pour favoriser
l’innovation, la durabilité et
la digitalisation. Avec plus
de 50 éditions organisées
dans 8 régions françaises
et une édition en Italie, ces
événements mettent en
valeur les savoir-faire locaux
tout en offrant des solutions
pertinentes sur les enjeux
du secteur.
www.sepem-industries.com
DRIVE TO ZERO
Paris Expo,
porte de Versailles
En 2026, Drive to Zero
revient avec une ambition
claire : faire du salon le lieu
où les solutions de mobilité
décarbonée s’inventent,
s’expérimentent et se
déploient à grande échelle.
Avec près de 150 exposants et
plus de 3 000 professionnels
rassemblés, l’événement
s’impose désormais comme le
salon européen de référence
pour l’innovation bas
carbone. Un circuit d’essai
intérieur/extérieur permet
d’expérimenter, en conditions
réelles, les véhicules et
technologies de demain.
https://event.drivetozero.fr
PRÉVENTICA
GRAND OUEST
Rennes Parc expo, Bruz
Depuis près de 25 ans,
Préventica est le lieu de
rencontre et d’inspiration
pour tous les acteurs de la
santé, la sécurité et la qualité
de vie au travail : dirigeants,
DRH, managers, services
généraux, production,
préventeurs... Une plateforme
de ressources en ligne
permet également chaque
mois à 100 000 utilisateurs
de bénéficier de conseils et
retours d’expériences, pour
la mise en œuvre de leurs
actions de prévention des
risques et de qualité de vie
au travail.
www.preventica.com
FESTIVAL PASSIBAT’
Cité Fertile, Pantin
Aujourd’hui en pleine
mutation, Passibat’ devient
le Festival Passibat’ : un
format plus convivial,
plus associatif, plus à
taille humaine. Avec son
congrès reconnu pour la
qualité de ses interventions,
l’événement attire chaque
année un public varié :
professionnels, maîtres
d’ouvrage, mais aussi
particuliers curieux de
découvrir une autre manière
de concevoir et construire
des bâtiments sobres,
performants et respectueux
de l’environnement.
https://www.passibat.fr
17 au 19 juin 1 er au 3 sept
15 au 17 sept 15 sept
JOURNÉES D’ÉTUDES
ET DE FORMATION IHF
Cité des Congrès,
Nantes
IHF organise chaque année
les journées nationales
d’études et de formation
des Ingénieurs Hospitaliers
de France, événement de
référence de l’ingénierie
hospitalière réunissant tous
les professionnels de ce
vaste secteur qui œuvrent
depuis les études préalables
jusqu’à la conception, la
construction, la rénovation,
la gestion et l’exploitation
des établissements
de santé. Cette année,
les 66 es Journées IHF auront
pour thème central la
conduite des grands projets
hospitaliers.
www.journees-ihf.com
SIBCA
Paris, Grand Palais
Le Sibca – Salon de
l'immobilier bas carbone –,
coorganisé par SIBCA
Events et l’association
BBCA, réunit tous les
acteurs clés engagés
dans le financement,
l’aménagement, la
conception, la construction
et la rénovation de
bâtiments, de quartiers
et de villes bas carbone.
Pour cette 5 e édition, le
salon est de retour au
Grand Palais, à Paris.
L’édition 2025 avait réuni
près de 13 000 visiteurs
et 200 exposants venus
présenter leurs innovations
pour décarboner
l’immobilier, la ville et les
territoires.
https://sibca.fr/fr
NRF RETAIL’S BIG
SHOW
Paris Expo,
porte de Versailles
NRF 2026 : Retail’s Big
Show Europe s’affirme
comme la pierre angulaire
du réseau mondial NRF.
Conçu en complément
des sommets phares de
New York et Singapour,
cet événement fédère un
écosystème sophistiqué et
interconnecté pour l’élite
internationale du retail. Ce
rendez-vous se veut être une
plateforme transfrontalière
de premier plan où
12 000 professionnels,
représentant 60 marchés
internationaux, convergent
pour recalibrer le paysage
du secteur à travers un
prisme européen unique.
www.nrfbigshoweurope.
com/fr-FR
ENERJ-MEETING LYON
Palais de la Bourse, Lyon
EnerJ-meeting célébrera
le 15 septembre 2026
à Lyon la Journée de
l'efficacité énergétique
et environnementale
du bâtiment autour des
enjeux stratégiques
pour transformer le
bâtiment vers plus de
sobriété, d'efficacité, de
décarbonation, d'adaptation
et de désirabilité. Dans un
contexte de mutation d’un
bâtiment élargi et connecté,
l’événement rassemblera
2 000 décideurs clés maîtres
d’ouvrage et maîtres
d’œuvre.
lyon.enerj-meeting.com/
12 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 13
DÉVELOPPEMENT
Propos recueillis
par Alexandre Arène
Benoît Ribault
Directeur projets innovation,
services & ESG chez Rexel France
© DR
Face à l’absence de référentiel partagé pour mesurer l’empreinte carbone des équipements
électriques reconditionnés, Rexel a initié une démarche collective visant à combler ce vide
méthodologique. En s’appuyant sur les données existantes du programme PEP ecopassport
et sur une approche volontairement simplifiée, le livre blanc Calcul simplifié de l’empreinte
carbone des produits reconditionnés propose un cadre opérationnel pour estimer, de façon
rapide et homogène, l’impact environnemental du reconditionné. Benoît Ribault, directeur
projets innovation, services & ESG chez Rexel France, revient sur la genèse de cette initiative,
ses principes méthodologiques et son rôle dans l’accélération de l’économie circulaire.
Dans quel contexte sont nés le livre blanc
et la démarche collective qui l’accompagne ?
Benoît Ribault – Cette démarche est née d’un double constat.
D’un côté, nous avons accéléré la vente de produits reconditionnés
chez Rexel. De l’autre, nos clients nous demandaient
des bilans carbone, notamment via notre outil Carbon Tracker.
Nous étions convaincus que le reconditionné avait un
impact positif, mais incapables de le prouver ou de le valoriser
de manière fiable dans un reporting environnemental.
Il n’existait pas de référentiel commun. Le programme
PEP ecopassport, qui fait référence en analyse de cycle de
vie, ne proposait pas encore de cadre pour le reconditionné.
Il y avait des initiatives isolées, mais rien d’unifié. Face à ce
vide, nous avons réuni différents acteurs, industriels, experts
ACV, éco-organismes, pour
construire une méthodologie
commune. Notre objectif était
de créer une base de calcul partagée,
crédible et exploitable
par tous. Une première version
a été présentée lors de Rexel
Expo 2025, puis enrichie avec
de nouveaux partenaires,
notamment la fédération
IGNES. Nous avons ensuite
consolidé une deuxième
version, présentée récemment
à ChangeNOW, avec
l’ambition d’élargir encore
le périmètre et d’industrialiser
la démarche.
En quoi votre approche se distingue-t-elle
des méthodes existantes, notamment celles basées
sur les PEP ecopassport ?
B. R. - Il n’y a aucune volonté de se substituer au PEP, bien au
contraire. Nous sommes dans une logique de complémentarité.
Aujourd’hui, on dispose de plusieurs niveaux de données
environnementales : le PEP, très précis mais encore peu généralisé
; les données par défaut de l’Ademe ; et des approches
plus simplifiées. Notre méthodologie occupe cet espace
intermédiaire. Le PEP reconditionné va être publié prochainement,
mais il faudra du temps pour que les fabricants s’en
emparent et produisent des données à grande échelle. Nous
proposons donc une méthode simplifiée, immédiatement
opérationnelle, qui s’appuie sur les PEP existants des produits
neufs. Elle permet de répondre à des besoins concrets, pour
valoriser l’impact d’un chantier ou d’un panier de commande.
En revanche, si un PEP reconditionné existe pour un produit
donné, c’est bien cette méthodologie qui primera. Notre
approche est une solution pragmatique pour démarrer rapidement,
avec un bon niveau de cohérence et un coût limité.
Elle repose sur une autodéclaration de type 2, conforme à la
norme ISO 14021, donc exploitable par les clients, même si
elle n’a pas le niveau de certification d’un PEP complet.
Concrètement, comment calculez-vous l’impact
d’un produit reconditionné ?
B. R. – Nous partons du PEP du produit neuf, en nous concentrant
sur les deux phases les plus impactantes : la fabrication et
l’usage. La méthodologie repose sur trois niveaux de reconditionnement.
Le niveau 1 correspond à un simple nettoyage,
test et reconditionnement sans remplacement de composants.
14 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
DÉVELOPPEMENT
Propos recueillis
par Alexandre Arène
© Rexel
Présentation du livre blanc lors de l'événement ChangeNOW au Grand Palais à Paris.
On applique alors une fraction de 10 à 30 % de l’impact de
fabrication du produit neuf. Le niveau 2 intègre le remplacement
de composants mineurs, avec un impact situé entre 35 et
55 % de l’impact de la fabrication du produit neuf. Le niveau 3
concerne des remplacements plus lourds, par exemple des
batteries, des ventilateurs…, et peut atteindre jusqu’à 70 %.
Prenons un exemple : un onduleur dont la fabrication initiale
représente 1 500 kg de CO₂. En reconditionnement niveau 1,
l’impact descend à environ 255 kg ; niveau 2, à 525 kg ; niveau 3,
à environ 1 050 kg. On voit bien le gain, mais aussi la limite, car
plus le nombre de composants remplacés est important, plus
on se rapproche de l’impact du neuf.
À un certain point, le reconditionnement
perd son intérêt environnemental.
Cette approche a été définie
collectivement avec les fabricants,
sur la base de données statistiques.
Elle est volontairement simplifiée,
standardisée et majorante. Nous
préférons surestimer légèrement
l’impact plutôt que de le minimiser.
L’objectif est d’obtenir une valeur robuste, comparable et rapidement
mobilisable.
En quoi cette méthodologie peut-elle accélérer
le développement du reconditionné ?
B. R. – Elle répond à une attente très concrète du marché.
Aujourd’hui, les acteurs, publics comme privés, ont besoin de
données pour arbitrer. Sans indicateur de l’impact carbone,
impossible de valoriser le reconditionné dans un appel d’offres.
Avec cette méthodologie, on peut produire une estimation en
24 à 48 heures, là où un PEP complet demande du temps et
des investissements importants. Dès cette année, nous serons
en mesure d’intégrer ces données dans les réponses aux appels
d’offres et les marchés publics. Autre avantage, l’uniformisation.
Tous les fabricants peuvent s’appuyer sur la même méthode, ce
‘‘
Plus le nombre de composants
remplacés est important, plus
on se rapproche de l’impact
du neuf. À un certain point, le
reconditionnement perd son intérêt
environnemental.
qui crée un langage commun et facilite l’adoption. Enfin, cette
démarche redonne de la valeur à la donnée environnementale.
Elle ne représente plus une contrainte réglementaire, mais
devient un argument commercial et stratégique. Chez Rexel,
nous l’intégrons directement dans nos outils, comme le Carbon
Tracker, via des formats de données standardisés.
Le marché suit-il cette dynamique ?
B. R. – En 2025, nous avons réalisé 4 millions d’euros de ventes
de produits reconditionnés. Nous anticipons un doublement,
voire un triplement cette année. Mais au-delà des volumes, c’est
toute une filière qui se structure. On
parle désormais de collecte, de tri, de
stockage, de reconditionnement, de
distribution. De nouveaux métiers
émergent, et l’équilibre de cette économie
repose sur la coordination de
tous les acteurs. Rexel se positionne
comme un tiers de confiance, un
agrégateur à la fois de produits et de
données. Notre rôle est de fédérer
l’écosystème et d’accélérer cette montée en puissance. C’est un
’’
enjeu de marché, mais aussi un engagement environnemental
fort pour nous.
Quelles sont les prochaines étapes ?
B. R. – Nous allons élargir le cercle des partenaires, intégrer
de nouvelles catégories de produits et finaliser une version
publique du livre blanc. L’enjeu est de passer à l’échelle, en
rendant la méthodologie pleinement opérationnelle et en
favorisant l’adoption par le plus grand nombre. En parallèle,
nous continuons à porter le sujet dans différents écosystèmes,
que ce soit chez les industriels, les institutionnels ou
les scientifiques, pour renforcer la légitimité et l’impact de la
démarche. L’objectif final est clair : faire du reconditionné un
levier de performance environnementale.
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DÉVELOPPEMENT
Propos recueillis
par Alexandre Arène
Jean-Michel Lagarde,
directeur général de Meljac
© DR
Marie-Line David,
directrice déléguée de FD Éclairage
Meljac renforce son expertise
avec le rachat de FD Éclairage
Meljac franchit une nouvelle étape en rachetant FD Éclairage-Le spot français. Finalisée le
1 er juillet 2025, cette opération illustre la volonté du fabricant d’enrichir son offre en intégrant
une expertise de l’éclairage, tout en soutenant un savoir-faire industriel français. Depuis plus de
40 ans, FD Éclairage conçoit et fabrique des spots reconnus pour leur fiabilité et leur durabilité,
notamment grâce à une approche technique responsable fondée sur le câblage en série.
Quels sont les facteurs qui ont motivé le rachat
de FD Éclairage-Le spot français par Meljac ?
Jean-Michel Lagarde – C’est d’abord une rencontre humaine.
Marie-Line David est venue vers nous dans un contexte d’évolution
capitalistique, et nous avons immédiatement identifié
des valeurs communes : culture familiale, fabrication française,
innovation. Meljac souhaitait renforcer son expertise dans la
lumière, devenue centrale, tandis que FD Éclairage apportait
un savoir-faire technique très abouti. Il y avait aussi la volonté
de préserver un acteur français du spot. L’intérêt est double, car
FD nous apporte cette expertise lumière, et nous pouvons les
accompagner vers des marchés plus haut de gamme, grâce à
notre positionnement et à notre maîtrise des finitions.
Marie-Line David – Nous avions la volonté de trouver un partenaire
en phase avec notre ADN. FD Éclairage est une entreprise
très technique, avec une forte culture de l’innovation et
plus de 30 brevets à son actif, mais limitée dans ses moyens
pour franchir un cap. Ce rapprochement permet d’envisager
un développement cohérent, sans renier notre identité.
Comment la complémentarité de vos savoir-faire
va-t-elle se traduire dans les futures offres et innovations
proposées par Meljac ?
Jean-Michel Lagarde – Elle se traduit d’abord par une meilleure
intégration de l’éclairage dans nos produits. Nous travaillons déjà
sur des liseuses nouvelle génération, avec des optiques développées
par FD, offrant une qualité de lumière supérieure. Nous
allons aussi revisiter l’ensemble de notre offre d’éclairage intégré,
qui comprend des solutions de balisage, de rétroéclairage, et des
têtes de lits, avec une approche toujours centrée sur l’intégration.
Marie-Line David – Cette collaboration nous permet d’aller
plus loin techniquement. L’accès à des marchés plus haut de
gamme rend possible l’intégration de composants ou d’optiques
fabriqués en France dans les produits Meljac. Cela se
traduira par de nouveaux produits dans le catalogue Meljac et
celui de FD, qui nous permettront de monter en gamme du
point de vue technique et esthétique.
Quels leviers concrets vont permettre à FD Éclairage
d’accélérer sa montée en gamme grâce aux moyens
apportés par Meljac ?
Jean-Michel Lagarde – Le premier levier est industriel, car
notre appareil productif permet de lancer plus facilement de
nouveaux produits et d’apporter de la souplesse à FD. Le deuxième
levier est le design : les spots FD seront habillés avec des
finitions Meljac pour un rendu plus haut de gamme, combinant
esthétique et performance. Enfin, notre réseau de prescription
va offrir à FD un accès à de nouveaux projets.
Marie-Line David – L’enjeu est aussi de sortir de notre niche.
Nos produits sont reconnus pour leur robustesse, leur réparabilité
et leur durabilité, mais nous manquions de moyens pour
structurer notre développement. Le soutien de Meljac va nous
permettre d’aller plus loin tout en restant fidèles à notre approche.
Quels sont les prochains jalons ?
Jean-Michel Lagarde – À court terme, nous sommes dans
une phase opérationnelle : revue du catalogue FD, développement
de nouvelles versions et intégration progressive
dans notre offre. Nous allons nous concentrer sur les produits
phares, liseuses chez Meljac, spots chez FD, pour créer
rapidement des synergies visibles. À moyen terme, l’enjeu est
aussi commercial, en France comme à l’international, en s’appuyant
sur la notoriété de Meljac.
Marie-Line David – L’objectif pour nous est d’accélérer le
développement produits et de structurer notre croissance.
Nous allons continuer à innover dans un cadre plus solide.
FD Éclairage conserve son identité, avec l’ambition de grandir
grâce aux synergies créées par ce rapprochement.
16 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
Filière 3e
LE MÉDIA B2B de la filière
électrique, de l’efficacité énergétique
et de l’illumination des bâtiments
résidentiels, tertiaires, industriels
et collectifs.
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ
ÉNERGÉTIQUE ET
ENVIRONNEMENTALE
TOUTE L’ACTUALITÉ
DE L’INTÉGRATION DOMOTIQUE
ET INSTALLATION ÉLECTRIQUE
DANS L’HABITAT RÉSIDENTIEL
ET COLLECTIF
TOUTES LES LUMIÈRES
INTÉRIEURES, EXTÉRIEURES
ET ARCHITECTURALES
Le courant passe entre nous depuis 76 ans
LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF
SMARTHOME
ÉVÈNEMENTS
Retour sur le CES 2026 :
la maison autonome se construit
dès aujourd’hui
ISE 2026 : un salon qui parle
de plus en plus aux électriciens
Milwaukee à Rome : puissance,
numérique et solutions métier
pour les électriciens
Lumières
N° 54 - MARS 2026
ENTRETIEN
Xavier BOYMOND, photographe
© Photo : Aquarium de la Rochelle (2008) - Xavier Boymond
DOSSIERS
Matter en habitat et petit
tertiaire : quelle place pour les
pros entre KNX, Thread et le
nouveau standard universel ?
NF C 15-100 : une mise à jour
pour répondre aux nouveaux
usages électriques
ÉLECTRIFICATION
GARDER LE 8CAP
numéros
/an
+220 000
BACS Flex Ready
Autoconsommation
Consommer au bon moment Les solutions
lecteurs
pour des installations
et anticiper les nouveaux photovoltaïques productives,
usages électriques
durables et évolutives
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE WWW.FILIERE-3E.FR 926
ISSN 0758-3826 / MAI 2026
INTERVIEWS
Aurélien Hillairet-Falzon -
Collège Intégrateurs KNX
France
Erwan Emery - WAGO
Dominik Naumann - Wiha
Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr
Une publication de 3e Médias
4 numéros
/an
+120 000
lecteurs
ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026
DOSSIER
+100 000
lecteurs
LUMIÈRES N° 36 - OCTOBRE 2021 - 1
Éclairage des musées
4 numéros
/an
ENERGY MANAGERS, BET
ET DE CONTRÔLES, MAITRES
D’OUVRAGES, EXPLOITANTS
ET SERVICES DE MAINTENANCE,
ENTREPRISES D’INSTALLATION
ÉLECTRIQUE, CONSTRUCTEURS
ET DISTRIBUTEURS
ARTISANS INSTALLATEURS,
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ET ARCHITECTES
CONCEPTEURS LUMIÈRE,
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BET, INSTALLATEURS
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Actus quotidiennes et l’ensemble
des articles de nos revues.
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ANALYSE
© DR
Transition énergétique : le vrai
défi n’est pas l’ambition, mais
la capacité du système à suivre
Par Jean-Sébastien Pelland, directeur exécutif, Eland Cables
La nouvelle loi énergie, adoptée en février, revoit à
la baisse les objectifs de développement du solaire
et de l’éolien pour 2035. Le gouvernement justifie ce
choix par les limites actuelles du réseau électrique
et les délais de raccordement. Le constat est juste :
le système n’est pas prêt à absorber la croissance
attendue. Mais en conclure qu’il faudrait ralentir les
renouvelables revient à prendre le problème à l’envers.
La véritable question n’est pas la hauteur des objectifs, mais la capacité du
pays à lever les obstacles qui empêchent aujourd’hui leur déploiement.
Partout en France, le même phénomène
se répète. Des postes
sources saturés, des files d’attente
qui s’étendent, des congestions
régionales persistantes et des projets
dont la mise en service glisse faute
d’infrastructures disponibles. RTE le
souligne régulièrement : construire ou
renforcer une ligne électrique prend
bien plus de temps que de développer
une centrale photovoltaïque ou un
parc éolien. Cette asymétrie explique
en grande partie les retards que l’on
observe.
Dans ce contexte, abaisser les ambitions
revient à s’attaquer aux effets plus
qu’aux causes. Cela fragilise également
une filière capable d’apporter rapidement
des capacités compétitives, d’accélérer
la décarbonation et de soutenir
l’attractivité industrielle des territoires.
Les freins qui ralentissent le déploiement
ne relèvent pas de débats théoriques.
Ils sont concrets, quotidiens,
et largement identifiés par les professionnels
du secteur. Le réseau manque
de capacité là où les projets émergent.
L’industrialisation des postes et des liaisons
électriques n’avance pas au rythme
nécessaire. Les procédures administratives
manquent de lisibilité, ce qui complique
la planification pour les déve-
loppeurs comme pour les collectivités.
À cela s’ajoutent des contraintes matérielles
dont on parle encore trop peu.
La transition énergétique dépend de
chaînes d’approvisionnement mondiales
en équipements clés : câbles,
transformateurs, composants de puissance,
cuivre, aluminium. La demande
internationale progresse rapidement, et
le moindre retard d’approvisionnement
peut ralentir l’ensemble d’un chantier.
Ces réalités techniques devraient
être pleinement intégrées à la stratégie
nationale, car ce sont elles qui déterminent
la vitesse véritable de la transition.
Le besoin d’une vision d’ensemble
Pour gagner en efficacité, la France doit
cesser de penser le développement des
renouvelables comme une addition de
projets dispersés. Il s’agit d’un chantier
d’infrastructure à l’échelle du pays.
Cela implique d’anticiper les corridors
de capacité, de planifier les postes
sources plusieurs années à l’avance,
d’harmoniser les procédures et de simplifier
les étapes qui peuvent l’être sans
réduire les exigences environnementales.
Cela signifie aussi sécuriser les
approvisionnements en équipements
et en matériaux critiques afin de rendre
les calendriers réellement tenables.
De leur côté, les industriels sont prêts
à s’engager davantage : investir, renforcer
leurs chaînes logistiques, moderniser
leurs capacités de production. Mais
ces engagements nécessitent un cadre
stable et aligné avec les ambitions affichées.
Le débat ne doit pas opposer technologies
ou modèles. Le nucléaire restera
un pilier essentiel du mix français. Toutefois,
les capacités supplémentaires
dont le pays aura besoin au cours des
dix prochaines années viendront principalement
des renouvelables, qui sont
aujourd’hui les seules solutions rapidement
déployables à grande échelle.
La crédibilité de la trajectoire française
dépend donc de sa capacité à raccorder,
transporter et intégrer ces nouvelles
productions. Chaque poste source livré
à temps, chaque raccordement accéléré
et chaque procédure simplifiée se traduit
immédiatement par des mégawattheures
bas carbone supplémentaires.
Ralentir reviendrait à prendre du retard
alors même que les solutions existent.
Agir sur l’infrastructure, en revanche,
permet de remettre la transition sur
une trajectoire à la fois ambitieuse, réaliste
et compatible avec l’urgence climatique.
18 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
LUTTER CONTRE
LES INÉGALITÉS D’ACCÈS
À L’ÉLECTRICITÉ
ET À L’EAU
Electriciens sans frontières, ONG de solidarité
internationale, lutte contre les inégalités d’accès
à l’électricité et à l’eau dans le monde. Grâce à
l’implication de près de 1 200 bénévoles, au soutien
de nombreuses entreprises et collectivités françaises
et à nos partenariats avec des acteurs locaux, nous
favorisons le développement économique et humain
en utilisant les énergies renouvelables.
Chiffres clés
Nos raisons d’agir
675 millions
de personnes n’ont pas accès
à l’électricité dans le monde
2,2 milliards
de personnes n’ont toujours
pas accès à l’eau potable
Les impacts de notre action
Chaque mission menée par Electriciens sans frontières a vocation
à apporter un bénéfice direct et pérenne aux populations dans l’un
des domaines suivants :
Près de 1 200 bénévoles
dans 14 délégations
régionales
1 réseau international
Allemagne, Espagne, Italie,
Suisse, Amérique du Nord
Éducation Santé Eau de qualité
Vie sociale
et sécurité
Formation
Sécurité
alimentaire
1 projet sur 2
permet l’accès
à une eau de qualité
et à un assainissement adéquat
90 % de nos projets
utilisent des énergies
renouvelables de manière
totale ou partielle
Développement
économique
Dérèglement
climatique
Je soutiens
Electriciens sans frontières
Je fais un don
par chèque
À l’ordre
d’Electriciens sans frontières
et l’envoie au 59, avenue
de la République 93170 Bagnolet
Je donne
en ligne
Electriciens sans frontières
59, avenue de la République – 93170 Bagnolet – 01 84 21 10 40
contact@electriciens-sans-frontieres.org
www.electriciens-sans-frontieres.org
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 19
LES DOSSIERS
DU MOIS
32
AUTO-
CONSOMMATION
Les solutions pour des
installations photovoltaïques
productives, durables
et évolutives
21
BACS FLEX
READY
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© Systèmes Solaires & Groupe OMERIN
20 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Consommer au bon moment
et anticiper les nouveaux
usages électriques
Les bâtiments équipés de système de pilotage BACS conforme « Flex Ready »
sont pour les gestionnaires de bâtiments la clé de voûte du combo gagnant :
intégration des nouveaux usages électriques (PAC, IRVE), sobriété et
flexibilité énergétique. Ils ouvrent ainsi la voie à de nouveaux modèles
de rémunération pour les responsables immobiliers. Dans ce dossier,
J3e décrypte le rôle des BACS Flex Ready comme levier de performance
énergétique et économique.
Selon RTE, la flexibilité se définit comme
la capacité d’un moyen de production, de
consommation ou de stockage à moduler
à la hausse ou à la baisse son injection ou son
soutirage sur le réseau. Par ailleurs, le bâtiment
tertiaire joue un rôle majeur dans les appels de
puissance en période de pointe – mais représente
aussi un gisement de capacité de flexibilité –, car
certains de ses usages majeurs (chauffage, ventilation,
climatisation…) peuvent être facilement
effacés ou décalés.
Cette capacité du bâtiment tertiaire est un levier
clé du plan national d’électrification des bâtiments
qui vise notamment, d’ici 2030, à installer
un million de pompes à chaleur par an et
400 000 bornes de recharge pour véhicules électriques.
« Face à cette transition attendue du bâtiment vers
l’électrique, le pilotage énergétique s’impose comme
un allié essentiel. Les systèmes de gestion technique
du bâtiment (BACS), en intégrant les fonctionnalités
“Flex Ready”, offrent aux gestionnaires un
levier concret pour optimiser les usages énergétiques,
en maîtriser les coûts et renforcer la soutenabilité
économique de leurs investissements »,
souligne Delphine Eyraud Galant, déléguée Bâtiments
au sein du Gimelec.
« La création de la marque Flex Ready et de son
référentiel constitue un outil de standardisation
nécessaire pour transformer la flexibilité énergétique
en un “réflexe opérationnel” dans le bâtiment
tertiaire, en France et en Europe », introduit Guillaume
Cayeux, directeur relations industrielles &
territoires chez Schneider Electric France.
Avec un objectif premier de lever les barrières
BACS Flex Ready
techniques liées à la multiplicité des protocoles
propriétaires, Flex Ready a permis de :
- standardiser les interfaces techniques et les données
échangées entre les acteurs du bâtiment et
les acteurs du système électrique (fournisseurs,
agrégateurs, réseaux) ;
- garantir l’interopérabilité via des API standardisées,
permettant au bâtiment de recevoir des
signaux de prix ou de tension réseau et de choisir
d’y répondre automatiquement.
« Cette année, la France passera à un déploiement
massif du standard, en s’appuyant sur les flexibilités
prévues par la PPE 3 et sur la tarification dynamique.
À horizon 2030, l’objectif est d’atteindre
100 000 bâtiments tertiaires pilotés, permettant de
mobiliser plus de 6 GW de flexibilité lors des pics
de consommation ou des alertes EcoWatt », complète
l’expert de Schneider Electric.
...
Objectif visé en
filière : 100 000
bâtiments pilotés et
Flex Ready en 2030.
© Gimelec
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 21
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© DR
© DR
Delphine Eyraud
Galant, déléguée
Bâtiments du Gimelec.
Cédric Peltier, délégué
général de Think
Smartgrids.
...
22 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
BACS Flex Ready
Delphine Eyraud Galant rappelle que ce référentiel
est porté par RTE, Enedis, le Gimelec
et Think Smartgrids, ce dernier en assurant la
propriété et l’animation. « Et au-delà du mode
de communication standardisé entre les acteurs
pour mettre en œuvre la flexibilité, la fonctionnalité
Flex Ready est aussi, pour les gestionnaires
de bâtiments tertiaires, une option gagnante pour
profiter d’incitations tarifaires à consommer au
bon moment. La marque permet d’identifier les
systèmes de pilotage ayant cette fonctionnalité »,
ajoute l’experte.
RTE, Enedis, Gimelec, Ignes, Think Smartgrids,
la SBA et Actee (FNCCR) publient le baromètre
annuel des flexibilités. Ce baromètre suit chaque
année l’évolution des flexibilités de consommation
pour optimiser le système électrique et
évaluer les prérequis techniques et économiques
nécessaires à leur généralisation. L’édition 2026
est parue le 16 avril dernier.
« La technologie est désormais mature et évolue
pour répondre aux besoins du marché, mais le
vrai défi reste humain et organisationnel. Pour
y faire face, la filière a donc développé un cadre
de référence technique et organisationnel complet
(cahiers des charges et standard d’échanges,
référentiels de commissionnement, cybersécurité,
etc.), servant à la fois d’outil opérationnel pour les
acteurs de l’immobilier et de support de formation
pour monter en compétences, souligne Delphine
Eyraud Galant, du Gimelec. C’est une formidable
boîte à outils à copier/coller sur le terrain, portée
en filière au bénéfice des acteurs de l’immobilier.
Tous ces référentiels sont par ailleurs des outils
pour soutenir la montée en compétences de tous les
acteurs impliqués. »
Pour généraliser la mise en conformité des bâtiments
et l’adoption du Flex Ready, le Gimelec et
ses partenaires demandent le soutien d’un grand
programme CEE (certificats d’économies d’énergie)
dédié.
Un référentiel qui accompagne la montée
en compétence de la filière
« Ce standard facilite la génération de nouveaux
gains économiques liés à la flexibilité pour l’ensemble
de la chaîne de valeur du bâtiment – des
industriels aux utilisateurs –, tout en contribuant
à l’équilibre du réseau électrique, explique Cédric
Peltier, délégué général de l’association Think
Smartgrids. Il permettra aux fabricants de matériel
et de logiciels de proposer des solutions compatibles
et pérennes avec les différents acteurs de
la flexibilité sur le marché, et aux installateurs et
gestionnaires de bâtiments de ne plus avoir à s’intégrer
dans des protocoles propriétaires. Pour les
opérateurs d’effacement, la conformité Flex Ready
garantit une réponse fiable et sécurisée des bâti-
ments aux appels de flexibilité, tout en réduisant
les coûts d’intégration technique et en facilitant
le passage à l’échelle grâce à un parc de matériel
compatible beaucoup plus large. Quant aux fournisseurs
d’énergie, le standard leur offre une interface
commune pour diffuser des signaux tarifaires,
mieux engager les clients dans une consommation
optimisée et proposer de nouveaux services »,
ajoute l’expert de Think SmartGrid.
Pour les utilisateurs et les gestionnaires de bâtiments,
les pilotes, tant publics que privés, ont
tous démontré des bénéfices économiques tangibles,
tout en maintenant un bon niveau de
confort et d’usages.
« Grâce à sa conformité avec les normes européennes
de communication, le référentiel permet
également d’assurer une utilisation au-delà du
périmètre France. Enfin, dans le courant de l’année,
un processus d’attribution de la marque Flex
Ready au travers d’un processus d’approbation sera
mis en place pour les solutions des offreurs tant
hardware que logicielles », complète l’expert de
Think Smartgrids.
La flexibilité tertiaire et sa valorisation
Pour les gestionnaires de bâtiments, l’un des
bénéfices immédiats est la capacité du système à
minimiser la facture d’électricité en automatisant
les décalages de consommation.
« Au-delà de la flexibilité implicite – heure pleine,
heure creuse – proposée par un BACS que l’on
pourrait qualifier de “classique”, le BACS Flex
Ready va permettre de recevoir et d’interpréter
des signaux tarifaires complexes (comme les offres
“Bloc + Spot”) pour programmer les appareils et
usages en fonction des différences de prix au cours
de la journée », détaille Guillaume Cayeux, de
Schneider Electric.
La flexibilité offre un second avantage économique
: en lissant la consommation, elle permet
de maintenir la puissance souscrite du bâtiment
et d’éviter des travaux coûteux pour renforcer le
réseau, surtout avec l’essor des usages électriques
(bornes de recharge, pompes à chaleur, etc.).
« En consommant lorsque l’électricité est abondante
et décarbonée, le bâtiment aide ainsi à réduire
l’écrêtement des énergies renouvelables – ou cloche
solaire – en journée et à limiter le recours aux centrales
thermiques carbonées lors des pointes », note
l’expert de Schneider.
Le référentiel ne se limite pas à l’effacement ponctuel
de crise et peut être valorisé avec trois types
de flexibilités complémentaires :
La flexibilité structurelle et régulière ou flexibilité
implicite : il s’agit d’une programmation
fixe visant à optimiser la facture au quotidien
en décalant les usages (chauffage, eau chaude,
recharge VE) vers les heures creuses. L’objectif est
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. . . . . . . .
© Schneider Electric
Guillaume
Cayeux, directeur
relations industrielles,
Schneider Electric
France.
Les interfaces du
système BACS dans le
cadre de la flexibilité.
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LES DOSSIERS DU MOIS
BACS Flex Ready
de transformer la courbe de charge de manière
durable.
La flexibilité dynamique et continue ou flexibilité
explicite : elle permet d’ajuster plus finement la
consommation en fonction de signaux de prix ou
de besoins réseau reçus via API, avec un préavis
allant de quelques jours à une heure. Le client
signe alors un contrat avec un opérateur d’effacement
ou agrégateur, qui vend ses capacités agrégées
de modulation sur les marchés de l’énergie
ou via le mécanisme de capacité de RTE.
Le passage de NEBEF à NEBCO : un changement
majeur est intervenu en septembre 2025 avec le
mécanisme NEBCO (notification d’échanges
de blocs de consommation), qui remplace le
concept historique d’effacement (NEBEF) par
celui de décalage de consommation. Cela permet
aux agrégateurs de valoriser non seulement une
baisse de consommation, mais aussi une hausse
(en report ou anticipation), rendant la modulation
plus dynamique.
« Il existe ainsi des modèles de partage de valeur où
l’agrégateur capte la valeur sur les marchés d’énergie
et la redistribue selon un pourcentage négocié
© Gimelec
* Volet cybersécurité du référentiel Flex Ready.
aux parties prenantes du bâtiment : propriétaire,
prestataire de maintenance ou locataire », ajoute
Guillaume Cayeux.
Cybersécurité, une priorité pour le bâtiment
BACS Flex Ready
Fin d’année dernière, le référentiel Flex Ready a
franchi une nouvelle étape avec la mise à disposition
de contenus dédiés à la cybersécurité.
L’objectif est d’être ainsi prêts à contribuer à la
flexibilité énergétique, mais également de donner
au smart building les moyens de protection des
données et usages face aux menaces numériques.
« La connexion du bâtiment vers l’extérieur via
internet oblige à faire de la cybersécurité une priorité,
et c’est pour cela que le référentiel impose l’intégration
d’un socle de cybersécurité de référence*,
élaboré en collaboration avec l’ANSSI. Le référentiel
inclut notamment des mesures comme l’authentification
(OAuth 2.0), le chiffrement des flux
(TLS) et la validation des entrées/sorties via API.
Pour être labélisé Flex Ready, un système doit donc
prouver sa robustesse face aux menaces numériques,
garantissant que les ordres de flexibilité ne
...
LES DOSSIERS DU MOIS
BACS Flex Ready
Retour d’expérience sur le projet pilote de flexibilité
électrique de bâtiments tertiaires avec Morbihan Énergies
« Le projet pilote Flex Ready s’inscrit
dans une démarche globale visant à
offrir aux communes et EPCI membres,
notamment en association avec le
groupement d’achats d’électricité
coordonné par Morbihan Énergies, des
services innovants pour les accompagner
sur la performance énergétique et la
maîtrise des dépenses tout en préservant
la logique de service au citoyen, que
ce soit pour la rénovation de l’éclairage
public, celle des bâtiments, l’intégration
des énergies renouvelables et la flexibilité
électrique », introduit Charlotte Bervas,
DGA de Morbihan Énergies.
« Le projet a d’abord ciblé le pilotage de
l’éclairage public, avec la rénovation des
installations existantes, le déploiement
de 1 500 horloges connectées et le
pré-équipement de 50 000 points
lumineux. Au-delà des économies liées
à la rénovation ou la préservation de la
biodiversité, ce dispositif permettrait un
potentiel d’effacement agrégé de 0,5 à
1 MW sur l’éclairage public en lien avec
des dispositifs de type EcoWatt », précise
Charlotte Bervas.
En parallèle, ces équipements permettent
d’offrir de nouveaux services au citoyen
afin de ne pas opposer des logiques de
sécurité à des logiques économiques
ou environnementales. « Un système
d’éclairage à la demande est testé : via
une appli avec QR code, les habitants
peuvent réactiver localement l’éclairage
public quand celui-ci est éteint en soirée
sur leur zone (par exemple : sorties de
salles de sport ou de crêperies). Une
quinzaine de sites sont déjà équipés »,
souligne Charlotte Bervas.
« Pour massifier la flexibilité
dans le tertiaire, un programme
d’instrumentation des bâtiments a été
Charlotte Bervas, DGA de Morbihan
Énergies.
Schéma du pilotage des actions et services de Morbihan Énergies à destination de ses membres.
lancé auprès des adhérents, incluant
l’installation de solutions de mesure et
de suivi des consommations par usage,
la captation des données d’ambiance
et de qualité de l’air intérieur (QAI),
ainsi qu’un pilotage à distance des
équipements via des régulations CVC
communicantes », explique Édouard
Cereuil, chef de mission stratégie
innovation chez Morbihan Énergies.
Ce programme, porté par Morbihan
Énergies, a été en cofinancé par le
programme ACTEE et Territoires
d’innovation, ce qui a permis d’engager
une prise de confiance avec le
financement d’un premier bâtiment par
commune. « Avec, actuellement, près
de 70 bâtiments équipés en 2026 et 150
fin 2027, pour un potentiel d’effacement
diffus de 1 à 2 MW sur l’ensemble »,
poursuit l’expert de Morbihan Énergies.
Le déploiement de la flexibilité diffuse
à grande échelle sera possible grâce
au standard Flex Ready. Son usage
a été testé et validé sur le siège de
Morbihan Énergies « Kergrid », via des
échanges entre la plateforme de pilotage
énergétique AVOB, des agrégateurs
comme Energy Pool et Survoltage.
L’association Think Smartgrids a
grandement contribué à la réussite
de ces activations. « Ainsi, un besoin
d’effacement exprimé par RTE peut
être automatiquement transmis de
l’agrégateur aux systèmes énergétiques,
qui la traduisent en abaissement ou arrêt
temporaire de certains équipements.
Ce dispositif, déjà opérationnel sur le
siège Kergrid pourra l’être dans des
bâtiments tertiaires (bureaux, écoles,
Édouard Cereuil, chef de mission stratégie
innovation de Morbihan Énergies.
salles des fêtes) avec l’accord préalable
des communes, et permettra de moduler
la consommation électrique en fonction
des contraintes du système électrique
national, au bénéfice à la fois du réseau et
des adhérents », explique Édouard Cereuil.
La flexibilité est réalisable si l’architecture
mise en place sur les bâtiments est
réplicable et s’appuie sur des systèmes
énergétiques qui intègrent le protocole
Flex Ready. L’enjeu est d’assurer en
premier lieu une maîtrise de la gestion
énergétique avec la remontée des
bonnes données pour prendre les bonnes
décisions, mais aussi de se préparer à
répondre aux besoins locaux et nationaux
d’ajustement électrique. « Enfin, et c’est
primordial, le confort des occupants
reste garanti et inchangé, même en cas
d’effacement », conclut Charlotte Bervas.
De plus, au sein des projets de Morbihan
Énergies, des dispositifs EnR et batteries
de stockage – 8 batteries actuellement –
contribuent au pool d’effacement.
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. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© DR
Fabien Boissié,
ingénieur avant-vente
et relations partenaires
Arc Informatique.
Exemple d’écran
PcVue de suivi fonction
Flex sur un bâtiment.
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LES DOSSIERS DU MOIS
BACS Flex Ready
compromettent pas la sécurité des équipements
critiques ou du réseau », ajoute l’expert de Schneider
Electric.
BACS connectés Flex Ready, les fournisseurs
de logiciels sont partie prenante
Pour Fabien Boissié, ingénieur avant-vente au
sein d’Arc Informatique, éditeur de la plateforme
de supervision PcVue, « le BACS Flex Ready, bien
que non obligatoire selon le décret BACS, représente
une solution 3-en-1 pour les gestionnaires
de bâtiments qui permet à la fois de réduire la
consommation, de profiter d’offres tarifaires avantageuses
en adaptant les usages, et de participer à
la décarbonation ».
La flexibilité repose sur les systèmes de gestion
énergétique (BACS, GTB, BMS/CEMS), qui
coordonnent et optimisent l’ensemble des usages,
y compris ceux pouvant être modulés ou effacés.
En tant qu’adhérent de Think Smartgrids,
du Gimelec et de la SBA, Arc Informatique est
impliqué dans la construction du référentiel
et intègre la fonctionnalité Flex Ready dans la
plateforme PcVue. « Plus précisément, la solution
utilise l’API standardisée Flex Ready dans ses deux
volets : agrégateurs de flexibilité et fournisseurs
d’électricité », explique Fabien Boissié.
« La feuille de route de PcVue pour la flexibilité est
somme toute assez simple, la brique technologique
ajoutée a été conçue pour échanger avec n’importe
quel agrégateur respectant le standard exigé par
Flex Ready, en s’appuyant sur l’interopérabilité
existante de notre solution. Elle permet aussi d’intégrer
de nouveaux paramètres utiles, comme les
données météo, les signaux du réseau électrique
(EcoWatt) ou encore les informations déjà dispo-
nibles dans les GTB des clients (CVC, éclairage,
bornes de recharge, etc.). La suite PcVue s’avère clé
pour mettre en place une stratégie d’effacement, les
exploitants peuvent ensuite prendre des décisions
en fonction de scénarios d’actions proposés pour
assurer des performances optimales et aller plus
loin en paramétrant leurs propres scénarios selon
leurs cas d’usages », explique l’expert.
« Un projet est en cours pour tester le pilotage et l’effacement
d’une CTA et de deux PAC au sein d’un
immeuble tertiaire. Une fois la puissance effaçable
validée, l’expérience sera étendue à d’autres CTA et
usages (comme les bornes de recharge). Fort de ce
retour, le maître d’ouvrage compte déployer ce service
pour plusieurs de ses clients », indique Fabien
Boissié.
Hors bâtiments publics, les secteurs prioritaires
– bureaux, commerce, enseignement – tirent la
dynamique : ils concentrent 70 % des surfaces
tertiaires à équiper et les deux tiers des systèmes
de pilotage déjà déployés en France. Les collèges,
les bureaux et les grandes enseignes commerciales
s’y distinguent particulièrement.
« La suite logicielle Avob en mode SaaS joue le rôle
de chef d’orchestre, car elle centralise le suivi et le
pilotage de tous les usages, y compris ceux modulables
ou effaçables, pour former un ensemble
cohérent et faciliter la gestion de la flexibilité »,
présente Olivier Sudan, directeur général d’Avob.
L’architecture repose sur l’Avob Energy Box,
installée dans le bâtiment. Elle connecte les
équipements techniques, les sous-comptages
électriques et les sondes de confort via des protocoles
interopérables avec les GTB ou automates
existants, et centralise les données structurées du
bâtiment pour échanger de manière sécurisée et
© Arc Informatique
...
© Schneider Electric
LES DOSSIERS DU MOIS
BACS Flex Ready
Schneider Electric, des pilotes avec des bénéfices réels
Guillaume Cayeux, directeur relations industrielles & territoires
pour Schneider Electric France
Quelles sont les
fonctionnalités clés pour
le bâtiment BACS Flex
Ready ?
Sur les bâtiments de nos
clients et sur deux de nos
sites grenoblois, IntenCity et
Electropole, la fonctionnalité
Flex Ready repose sur la
plateforme EcoStruxure.
Le système peut offrir un
ajustement automatique des
consignes sans intervention
humaine, interpréter les
signaux (tarifs SPOT,
requêtes d’agrégateurs,
alertes EcoWatt) via une
API, établir des prévisions
de consommation et de
production grâce à l’IA, et
assurer un reporting détaillé
avec suivi de la courbe de
puissance et analyse des
performances.
Quels types de flexibilité
pour les pilotes actuels ?
Les projets pilotes
privilégient deux types
de flexibilité : la flexibilité
structurelle et régulière,
intégrée au BACS, qui
programme les équipements
pour consommer aux heures
creuses – moins chères
et moins carbonées – et
la flexibilité dynamique,
apportée par Flex Ready,
IntenCity de Schneider Electric à Grenoble, site Flex Ready.
qui permet de répondre à
des demandes ponctuelles
de modulation envoyées
par des agrégateurs ou
gestionnaires de réseau lors
des pics de consommation
ou de forte production
d’énergies renouvelables.
Dans tous les cas, le BACS
garantit que la modulation
de consommation reste
invisible pour l’utilisateur
final et respecte les
Stéphane Bediou, Energy Data Product leader de Schneider Electric,
montrant un événement Flex Ready sur l’écran de suivi EcoStruxure sur
le site IntenCity Grenoble, avec une baisse de consommation en fin de
journée qui permet « d’effacer » le site du réseau.
consignes de confort
thermique et d’usage
prédéfinies.
À la clé, avec quelles
économies réalisées
ou visées ?
Selon RTE, une réduction de
7 à 9 % de la consommation
est réalisable lors des
pics de demande, un
résultat confirmé par le
concours CUBE Flex, où
les participants ont atteint
des baisses similaires. Par
ailleurs, l’optimisation via
les tarifs heures pleines/
heures creuses (flexibilité
implicite) permet des
économies de 5 à 7 % sur
la facture. Enfin, certains
bâtiments pilotes Flex
Ready génèrent déjà
plusieurs milliers d’euros de
rémunération annuelle.
Quels synthèse et retour
d’expérience des projets
pilotes déployés ?
« Le référentiel Flex
Ready encourage aussi
l’intégration des énergies
renouvelables et du
stockage directement
dans le pilotage global
via le BACS ou un
microgrid pour optimiser
l’autoconsommation. » Par
exemple, sur le bâtiment
IntenCity à Grenoble,
l’agrégateur envoie des
requêtes via l’API Flex
Ready pour que le système
de pilotage active la
batterie de 300 kWh du
bâtiment. Cela permet de
s’effacer partiellement
du réseau lors des pics,
sans impact sur les usages
directs des collaborateurs.
Le stockage d’énergie,
l’autoconsommation sont
les meilleurs alliés de la
flexibilité.
« De façon générale, ce que
l’on peut retenir à ce jour des
projets déployés, c’est que
la technologie est mature
et que le passage à l’échelle
aura bien lieu, car la filière
adresse la simplification des
outils, l’équation économique
par la rémunération de
la flexibilité et, enfin, la
professionnalisation de
l’exploitation dans la durée »,
conclut l’expert de
Schneider.
© Schneider Electric
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. . . . . . . .
© DR
© avob
Principe de la suite de
pilotage de la flexibilité
Avob.
Olivier Sudan,
directeur général Avob.
Suivi cartographique
et zoom sur la puissance
d’un bâtiment.
...
28 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
BACS Flex Ready
bidirectionnelle avec la plateforme SaaS de gestion
énergétique multisites.
« C’est la plateforme de gestion d’énergie My
Energy Manager qui porte les interfaces standards
Flex Ready pour échanger avec les agrégateurs de
capacités ou les fournisseurs. Avec le label Flex
Ready, l’API permet de se plugger à n’importe quel
opérateur compatible de manière très simple.
Par exemple, sur ordre d’un bloc d’effacement de
1 MW provenant de l’agrégateur, il va être possible
au niveau du module de gestion d’énergie d’activer
les changements ad hoc pour diffuser les consignes
sur les différents équipements effaçables des bâtiments
en répartissant la charge sur différents bâtiments
et clients », souligne Olivier Sudan.
Il va ainsi être possible de gérer une capacité
diffuse sur de nombreux bâtiments et apporter
une rémunération complémentaire aux gestionnaires
de ces immeubles. L’algorithmie de
répartition entre les bâtiments est préprogrammée
dans la solution en fonction des signatures
énergétiques des sites pour ne pas impacter le
confort dans les bâtiments. Le but est d’intervenir
automatiquement et à distance sur les
usages les plus énergivores (chauffage, ventilation,
climatisation, production d’eau chaude),
de manière transparente et sans impact pour
l’occupant.
« La solution d’Avob a été la première à démontrer
en réel la mise en œuvre du standard Flex Ready
en juin 2025 dans le cadre du projet de flexibilité
développé avec Morbihan Énergies visant à équiper
plus d’une centaine de bâtiments publics »,
conclut Olivier Sudan.
© Avob
© Symphonics
LES DOSSIERS DU MOIS
BACS Flex Ready
Opérateurs d’effacement, le Flex Ready ou la garantie
d’une réponse fiable aux appels de flexibilité
Le témoignage de Symphonics, scale-up spécialisée dans la flexibilité énergétique
Mathieu Rochard, directeur
général de Symphonics.
« Dans le cadre du plan
français d’électrification,
les bâtiments tertiaires
offrent un potentiel
majeur de flexibilité grâce
à leurs usages et leur
consommation. Le BACS
Flex Ready facilite cette
flexibilité en standardisant
les échanges, permettant
à des opérateurs comme
Symphonics d’éviter des
intégrations spécifiques
et complexes avec chaque
système client », explique
Mathieu Rochard, directeur
général de la société
Symphonics.
La solution Symphonics
modélise chaque bâtiment
comme une réserve
d’énergie, où chaque
équipement (ECS, CVC,
IRVE, etc.) devient une
« batterie virtuelle » avec
ses propres contraintes.
Par exemple, l’ECS peut
constituer une « batterie »
sous forme de réserve
d’énergie thermique,
réserve qui permettra de
limiter la consommation
sur un certain créneau
horaire et, à l’inverse, de
consommer à un autre
moment, tout en respectant
les normes sanitaires.
L’inertie du bâtiment et son
taux d’occupation offrent
aussi une capacité de
flexibilité, à condition de
maintenir le confort.
« Le point important
est la capacité du
modèle à prévoir la juste
consommation pour effacer
les usages au moment
optimal, en exploitant
pleinement le potentiel
du bâtiment et sans perte
de confort », souligne
Mathieu Rochard. Pour cela,
l’exploitation optimale du
bâtiment doit être pérenne
et continue et faire mentir
l’adage « BACS un jour…
mais BACS pas toujours ».
En relation permanente avec
les réseaux, Symphonics
peut, avec l’interface Flex
Ready, mobiliser dans un
temps très court l’activation
de l’effacement de certains
usages, et ce, pour un
groupement plus ou moins
importants de bâtiments.
« Il est ainsi possible
d’apporter plusieurs niveaux
de valeurs ajoutées aux
gestionnaires immobiliers,
Les défis de la gestion énergétique flexible
La gestion énergétique du secteur tertiaire fait
face à plusieurs défis majeurs, comme l’explique
Guillaume Cayeux, de Schneider Electric. « En
hiver, ce secteur représente un tiers de la consommation
nationale entre 7 h et 11 h, sollicitant fortement
le réseau et nécessitant souvent le recours à
des moyens de production carbonés. Par ailleurs,
55 % des systèmes BACS seraient mal exploités ou
mal paramétrés, ce qui limite leur performance,
alors qu’un simple reparamétrage pourrait restaurer
leur efficacité. » Un autre obstacle est le
manque de visibilité sur les données, de nombreux
bâtiments n’étant pas équipés d’outils de
mesure précis par zone ou usage.
L’intégration croissante des énergies renouvelables
(solaire, éolien) et des nouveaux usages,
comme les bornes de recharge, pose également
des défis : il faut absorber les surplus de production
décarbonée et gérer les pics de puissance
induits par ces équipements. Le déficit de compétences
sur site aggrave la situation, les services
techniques étant souvent surchargés ou peu formés
au pilotage numérique.
Enfin, la complexité de la chaîne d’acteurs (propriétaires,
locataires, mainteneurs) et l’absence
de motivation tarifaire jusqu’à récemment ont
freiné l’adoption de pratiques plus flexibles et
optimisées.
« La filière s’attache actuellement à clarifier les
rôles et à renforcer les incitations, mais la technologie
est déjà mature. Le passage à l’échelle aura
en commençant par
l’optimisation tarifaire – la
puissance souscrite est
elle optimale par rapport
au profil de consommation
constaté –, mais aussi en
faisant baisser les charges
et, enfin, en procurant des
revenus complémentaires
par les modèles rémunérés
d’effacement. À titre
d’exemple, la rémunération
était de l’ordre de 1 euro
par mètre carré et par an en
2025 », conclut l’expert de
Symphonics.
Part des BACS non exploités selon enquête d’opinion du Gimelec.
...
© Gimelec
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© DR
Maxime Duvauchelle,
CEO Alva Systems.
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LES DOSSIERS DU MOIS
BACS Flex Ready
bien lieu, car la filière adresse la simplification des
outils, l’équation économique via la rémunération
de la flexibilité, et la professionnalisation durable
de l’exploitation », conclut l’expert de Schneider
Electric.
BACS et Flex Ready : bien analyser le potentiel
des équipements techniques en place
« Sans GTB ni système BACS, pas de flexibilité.
La GTB est le prérequis absolu, parce que c’est elle,
et elle seule, qui permet de commander les équipements
à distance et de les piloter en fonction
d’un signal extérieur, qu’il s’agisse de la charge
du réseau, d’un signal d’effacement ou d’un signal
tarifaire », pose Maxime Duvauchelle, CEO
d’Alva Systems, intégrateur et installateur de
GTB multimarque.
C’est aussi, aujourd’hui, l’une des principales
contraintes de déploiement de la flexibilité dans
le tertiaire : le Flex Ready suppose au préalable
un bâtiment équipé d’une GTB conforme au
décret BACS. « Sur le terrain, cela impose de
mener deux logiques en parallèle : d’un côté, la
mise en conformité BACS, de l’autre, l’intégration
de la fonctionnalité Flex Ready. Les deux chantiers
gagnent à être pensés ensemble dès l’amont, plutôt
que séquentiellement, pour éviter les doubles interventions
et optimiser l’investissement », souligne
l’expert.
Pour les bâtiments déjà équipés d’une GTB
conforme BACS, l’enjeu se déplace : il s’agit de
vérifier, à la fois sur le plan technique et sur le
plan financier, que l’infrastructure existante peut
accueillir la flexibilité – capacité de communication
des équipements, ouverture des protocoles,
coût d’évolution des automates et de la supervision,
notamment.
C’est précisément le rôle de l’audit. « Pour mettre
en place une GTB conforme au décret BACS, et
ensuite être prêt pour la flexibilité électrique, la
première étape essentielle est de réaliser un audit
technique du site. Cet audit doit être mené par
un expert indépendant, garantissant des conseils
détaillés, neutres et objectifs », explique Maxime
Duvauchelle.
L’audit doit identifier notamment :
- les principaux postes de consommation ;
- les équipements existants – à conserver, à optimiser
ou à remplacer – et leurs moyens de communication
et potentiel d’interopérabilité, et
notamment vis-à-vis du Flex ;
- les solutions et scénarios adaptés pour atteindre
les objectifs des classes A, B ou C du décret.
Un audit bien mené peut aussi révéler de mauvaises
pratiques, facilement corrigées par de
simples réglages. Une fois la gestion du bâtiment
optimisée, le remplacement des équipements
peut devenir utile, en particulier sur le volet de la
communication et de l’interopérabilité, ce point
étant incontournable pour aborder la flexibilité
électrique.
L’audit est donc le véritable point d’entrée clé, et
c’est pour cela qu’Alva Systems a publié sur LinkedIn
une forme de référentiel d’audit BACS,
déjà utilisée par notre société et mise à disposition
de tous les acteurs.
« La flexibilité ne s’applique qu’aux équipements
électriques : les solutions au gaz ou raccordées au
chauffage urbain ne permettent pas vraiment d’y
participer, mais la digitalisation des bâtiments et
l’électrification du chauffage ouvrent donc un gisement
clé de flexibilité, avec un double avantage,
à savoir se libérer des énergies fossiles et bénéficier
de revenus (jusqu’à 3 k€/an à 5 k€/an) via
les mécanismes d’effacement », précise Maxime
Duvauchelle.
Mais la flexibilité ne se résume pas à activer ou
couper des équipements au gré des signaux du
réseau. « Il faut s’assurer que les actions de flexibilité
ne génèrent pas de surconsommations et
n’usent pas prématurément les équipements. Le
principe consiste souvent à préchauffer le bâtiment
pendant les heures creuses du réseau électrique
pour ne pas tirer en heures de pointe : on coupe
alors le chauffage ou la climatisation pendant
quelques heures, sans impact pour les occupants »,
détaille l’expert.
Cela suppose surtout que les consignes de flexibilité
soient pensées en concertation avec la GTB,
qui dispose déjà d’une programmation par défaut
du chauffage, de la climatisation et des autres
usages. « L’enjeu, c’est de travailler en harmonie
entre l’intégrateur GTB et l’opérateur de flexibilité,
pour que les ordres reçus de l’extérieur s’articulent
proprement avec la régulation existante du bâtiment,
sans la perturber. À titre d’illustration, Alva
Systèmes a mis en œuvre un process d’effacement
sur les rooftops de deux hypermarchés, avec une
diminution des consignes de quelques degrés sur
les horaires de pointe de consommation », poursuit
Maxime Duvauchelle. La programmation
de la boucle locale de régulation du rooftop a été
modifiée pour prendre en compte le signal de
flexibilité, le point critique étant l’interface entre
la GTB et l’opérateur d’effacement. Sur ce dernier
point, l’interface BACS Flex Ready apportera une
simplification majeure par la standardisation des
échanges, en lieu et place d’échanges propriétaires
entre opérateurs et GTB, avec des API et
des formats différenciés par partenaire.
Jean-François Moreau
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LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
Les solutions pour des
installations photovoltaïques
productives, durables
et évolutives
Le développement des installations photovoltaïques se poursuit, aussi bien
dans le domaine résidentiel que pour des installations de moyenne et forte
puissance sur des sites commerciaux ou industriels. Ce développement se
traduit par l’utilisation de solutions plus performantes, plus durables, plus
sûres et mieux intégrées dans le réseau électrique.
Des sites industriels
comme les usines
Omerin développent
des installations
photovoltaïques en
autoconsommation.
Le marché des installations photovoltaïques
reste largement soutenu par les
projets tertiaires et industriels. D’après
les données d’Enedis pour le premier trimestre
2026, 31 565 installations ont été raccordées
au réseau pour une puissance de 1418 MW,
mais les 4954 installations de puissance supérieure
à 36 kW représentent plus de 88 % de cette
puissance raccordée.
En 2025, le segment 100-500 kW a représenté
65 % des nouvelles capacités raccordées des installations
dans les entreprises, les commerces, les
agriculteurs et les collectivités.
Dernier chiffre : à la fin de 2025, la puissance
cumulée du parc photovoltaïque français était de
26,8 GW après une année 2025 record.
© Systèmes Solaires & Groupe OMERIN
Un développement qui reste lié au contexte
réglementaire
Comme le souligne Nicolas Dousset, Key Account
Manager C&I France de SMA, « le contexte a
beaucoup changé ces deux dernières années pour
les industriels et les acteurs du tertiaire. Aux motivations
historiques, réduire la facture d’électricité,
se protéger contre la volatilité des prix de marché
s’ajoute désormais une pression réglementaire qui
structure les arbitrages d’investissement.
Le décret tertiaire impose une trajectoire de réduction
des consommations, le décret BACS pousse à
l’instrumentation des bâtiments, et la loi APER
rend obligatoire la couverture des grands parkings
extérieurs par des ombrières photovoltaïques. À
cela s’ajoute la directive CSRD, qui transforme la
décarbonation en exigence de reporting extra-financier.
Le solaire devient un levier opérationnel,
et plus seulement un projet RSE ».
Ce qui incite les industriels à proposer des solutions
cohérentes sur l’ensemble de la chaîne de
valeur pour ces différents utilisateurs.
Ainsi, explique Nicolas Dousset, « SMA couvre
le résidentiel, le commercial et industriel, et le utility-scale
avec une même logique d’architecture :
des onduleurs string forte puissance pour les toitures
et ombrières, des onduleurs centraux pour les
centrales au sol, du stockage à toutes les échelles et,
surtout, une couche logicielle commune, le Sunny
Portal et la plateforme ennexOS, qui permet de
superviser ces installations de manière unifiée et
de les intégrer aux SI clients via Modbus SunSpec.
C’est ce que nous appelons la SMA Commercial
Energy Solution : un écosystème dans lequel le PV,
le stockage et la recharge électrique communiquent
nativement, ce qui simplifie considérablement la
gestion d’un site ou d’un parc de sites ».
LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
Les onduleurs, éléments essentiels
d’une installation photovoltaïque
En convertissant le courant continu DC généré
par les panneaux en courant alternatif, les onduleurs
photovoltaïques sont un des éléments
essentiels des installations photovoltaïques. Ces
onduleurs doivent être adaptés aux différentes
utilisations, du domestique aux grandes centrales
au sol, avec des obligations de rendement élevé,
de fiabilité et de maintenabilité pour des durées
de vie qui peuvent dépasser 20 à 25 ans.
Nicolas Dousset donne l’exemple du nouvel
onduleur Sunny Tripower X 60 : « C’est le produit
dont nous sommes le plus fiers cette année sur le
segment C&I. Le Sunny Tripower X 60, décliné
en versions 50 kW (STP 50-80) et 60 kW (STP
60-80), s’adresse aux entreprises de taille moyenne
et aux installations PV industrielles, typiquement
les toitures, les ombrières de parking dans le cadre
de la loi APER, ou les projets d’autoconsommation
collective. »
Cet onduleur se caractérise par sa flexibilité côté
DC : cinq MPP trackers indépendants, deux
entrées string par tracker, soit dix strings raccordables
sur une même machine, et un courant
d’entrée élevé (40 A par MPPT) qui le rend pleinement
compatible avec les modules bifaciaux
« Pour l’installateur, cela ouvre des possibilités
intéressantes sur les toitures complexes à orientations
multiples ou en présence d’ombrages portés,
d’autant que notre algorithme SMA ShadeFix
vient corriger l’impact de ces ombrages sur la production.
Le rendement européen atteint 97,8 % et
le rendement maximal 98,1 % », indique Nicolas
Dousset.
Ces onduleurs sont équipés de SMA ArcFix, un
dispositif de détection et de prévention d’arc
électrique conforme à la norme CEI 63027, un
sujet de plus en plus structurant sur les toitures
industrielles, où l’enjeu de sécurité incendie
haut rendement les plus récents. devient central pour les assureurs.
...
La loi APER s’applique pour les toitures et ombrières
avec obligation d’installer une production d’énergie
renouvelable
L’article 40 de la loi APER
de 2023 prévoit l’obligation
d’installation d’un procédé
EnR (ou de végétalisation) en
toiture :
- Bâtiments neufs
(construction, extension ou
rénovation lourde) d’une
surface de plus de 500 m 2
d’emprise au sol, 30 % de la
toiture concernée depuis le
1 er janvier 2025.
- Bâtiments existants
(administration, bureaux,
hôpitaux, éducation, sportif)
de plus de 500 m 2 au sol, à
partir de janvier 2028.
Selon un calendrier
progressif étalé du 1 er juillet
2026 au 1 er juillet 2028, les
parcs de stationnement
extérieurs existants
de plus de 1 500 m² devront
comporter des ombrières
produisant de l’énergie
renouvelable sur au moins
50 % de leur superficie.
Ces ombrières doivent
intégrer un procédé de
production d’énergies
renouvelables (panneaux
photovoltaïques) sur la
totalité de leur partie
supérieure assurant
l’ombrage.
À l’occasion de leur
construction ou de
rénovations lourdes,
les parcs de stationnement
extérieurs de plus de
500 m² doivent également
intégrer sur au
Onduleur
Sunny X 60
de SMA.
Pose de panneaux photovoltaïques sur des ombrières de parking.
© SMA
moins 50 % de leur surface
des dispositifs d’ombrage
et de gestion des eaux
pluviales.
© Irisolaris
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© SMA
Solution Sunny
Central Station de
SMA.
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LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
Des onduleurs de très forte puissance pour
des réalisations dépassant plusieurs MW
Pour les très grandes centrales au sol, dont la
puissance peut dépasser plusieurs mégawatts, la
configuration peut être une installation centralisée
avec un nombre réduit d’onduleurs centraux
de grande puissance.
Omerin, des installations en toitures de 6,1 MW
en autoconsommation pour ses usines
La société Omerin, leader de
la fabrication de fils et câbles
résistants à des températures
extrêmes de 190 °C à
+ 1 400 °C, a agrandi son
installation photovoltaïque
en autoconsommation pour
atteindre 6,1 mégawatts
de puissance cumulée sur
les toitures des usines et
bureaux de 10 sites.
La volonté du Groupe
Omerin de passer à
l’autoconsommation
grâce à l’énergie solaire
s’inscrit dans un plan
ambitieux de réduction de
la consommation électrique
provenant du réseau pour
l’ensemble de ses activités,
en particulier pour les
usines très énergivores
utilisant des équipements
industriels, tout en visant à
alimenter l’ensemble de sa
future flotte de véhicules
électriques avec une source
d’énergie renouvelable.
Les 10 installations solaires
s’étendent sur 34 000 m 2
de toiture et comprennent
plus de 16 000 panneaux
solaires. Alimentée par des
onduleurs et des optimiseurs
de puissance SolarEdge
et d’une puissance
totale de 6,1 mégawatts,
l’installation solaire
couvre 30 % des besoins
en électricité du Groupe
Omerin. Afin d’optimiser
l’autoconsommation de
l’énergie solaire générée
et réduire les dépenses
globales d’électricité du
Groupe, une convention
d’autoconsommation
collective a été signée avec
Enedis pour redistribuer le
surplus non consommé des
sites Omerin sur les autres
sites demandeurs dans un
rayon de 7 km.
Pour optimiser la production
d’énergie des panneaux
solaires des 10 sites,
Omerin a investi dans des
optimiseurs de puissance
SolarEdge directement
fixés sous chaque paire de
panneaux. L’application
SolarEdge ONE for C&I
contrôle, gère et améliore
l’efficacité de l’installation
tout en optimisant
l’autoconsommation, afin
de permettre un retour
sur investissement plus
rapide. « Contrairement aux
technologies classiques
« SMA a développé le Sunny Central UP pour ces
grands projets. Sa logique est celle de la densité,
jusqu’à environ 4,6 MVA par unité dans une station
compacte qui intègre transformateur et cellule
HTA. Pour un développeur ou un EPC, cela se
traduit très concrètement par moins d’équipements
à déployer, moins de génie civil, et un schéma de
maintenance plus simple sur la durée de vie de
la centrale. Le produit est par ailleurs en pleine
conformité avec les codes réseau européens et
capable de fournir l’ensemble des services système
attendus par les gestionnaires de réseau », explique
Nicolas Dousset.
La tension de 1500 VDC, qui est aujourd’hui le
standard pour ces grandes installations, va dans
le même sens. « Augmenter la tension permet, à
puissance égale, de réduire les courants, donc les
sections de câbles et les pertes Joule. Les strings
deviennent plus longs, le nombre de boîtiers de
jonction diminue, le câblage est allégé. L’effet sur
le LCOE est réel, même s’il varie selon la configu-
de chaînes d’onduleurs,
si un panneau solaire est
sous-performant en raison
par exemple d’ombrage ou
d’encrassement, ces boîtiers,
petits mais innovants,
garantissent que le panneau
en question n’affecte pas
le reste de l’installation
solaire, maximisant ainsi la
production d’énergie pour
Omerin et optimisant son
retour sur investissement »,
explique Thomas Sallès,
gérant de la société
Systèmes Solaires qui a
installé l’ensemble des sites
photovoltaïques.
La présence d’optimiseurs
de puissance SolarEdge
offre également la possibilité
de surveiller l’installation
à distance au niveau de
chaque panneau solaire,
ce qui permet à Omerin de
suivre de près et en temps
réel les performances du
système, tout en permettant
à l’installateur de procéder
plus rapidement à un
dépannage en cas de
problème afin d’assurer
un fonctionnement
ininterrompu.
Installation photovoltaïque en toiture d'une usine du groupe OMERIN.
...
© Systèmes Solaires & Groupe OMERIN
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LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
ration des projets, note Nicolas Dousset. La filière
réfléchit à un passage à 2000 V DC, et SMA participe
à ces travaux. Mais il faut rester prudent sur
le calendrier : les verrous sont autant normatifs
(classes d’isolation, IEC 60364, IEC 61730) qu’industriels,
puisqu’il faut que l’ensemble de la chaîne,
modules, connecteurs, onduleurs, soit qualifié
simultanément. »
Le rôle de plus en plus important des systèmes
de stockage d’énergie
Le stockage d’énergie est devenu un maillon
essentiel de la transition énergétique en permettant
non seulement de mieux intégrer la production
d’électricité provenant des installations
solaires et éoliennes mais aussi de stabiliser les
réseaux électriques. Le stockage de l’énergie va
permettre de répondre aux besoins de compétitivité,
de stabilité et de flexibilité des industriels
et utilisateurs et à leurs problématiques énergétiques.
Le stockage va également mettre à disposition
une source de secours en cas de coupure
du réseau pour alimenter des équipements prioritaires.
Comme le confirme Nicolas Dousset, « le stockage
par batterie est probablement le segment qui
a le plus évolué ces deux dernières années, dans
ses usages comme dans la perception qu’en ont les
industriels. On ne parle plus seulement d’autoconsommation
: les batteries servent aujourd’hui
à écrêter les pointes de soutirage – avec un effet
direct sur le TURPE (tarif d’utilisation du réseau
public d’électricité) –, à sécuriser des procédés
critiques en cas de coupure, à arbitrer les prix de
marché sur des fenêtres horaires, ou à fournir des
services système aux gestionnaires de réseau (FCR,
AFRR). Et, de plus en plus, ces usages se cumulent
sur une même batterie, c’est ce que nous appelons
le Multi-Use ».
Pour le segment commercial et industriel, SMA a
construit une réponse complète avec le SMA Storage
XL Package. « Le système associe un onduleur-chargeur
Sunny Tripower Storage X (30 ou
50 kW) et une batterie LFP de 89, 107 ou 197 kWh
utiles, en configuration intérieure ou extérieure,
avec la possibilité de mettre jusqu’à quatre systèmes
en parallèle. Nous avons fait le choix d’une
cellule LFP à très longue durée de vie – jusqu’à
Un nouveau rapport de l’IRENA confirme la compétitivité
des coûts de l’électricité renouvelable disponible en
continu grâce à des solutions hybrides combinant solaire,
éolien et stockage par batteries.
L’énergie solaire et l’énergie
éolienne associées au
stockage par batteries
sont fiables et permettent
déjà aujourd’hui de
fournir une électricité
disponible 24 h/24 à des
coûts compétitifs, selon un
nouveau rapport de l’Agence
internationale de l’énergie
renouvelable (IRENA).
Le rapport 24/7 renewables:
The economics of firm solar
and wind confirme que,
dans les régions bénéficiant
de ressources solaires et
éoliennes optimales, les
solutions hybrides avec
stockage permettent de
produire de l’électricité en
continu à un coût inférieur
à celui des combustibles
fossiles.
Selon le directeur général
de l’IRENA, Francesco
La Camera, « l’électricité
renouvelable disponible
24 h/24 et 7 j/7 est
désormais compétitive en
termes de coûts par rapport
aux énergies fossiles.
L’argument selon lequel
les énergies renouvelables
manquent de fiabilité ne
tient plus. Aujourd’hui, elles
peuvent fournir une énergie
fiable en continu. Alors
que les marchés du pétrole
et du gaz restent exposés
aux chocs géopolitiques, y
compris les perturbations
en cours dans le détroit
d’Ormuz, nous devons
protéger nos économies
grâce à des systèmes
énergétiques renouvelables
résilients. L’économie
globale du système
énergétique a changé : la
révolution des batteries a
fait baisser les coûts tout
en accélérant les progrès
du stockage. L’avantage des
énergies renouvelables n’est
pas seulement économique,
il est aussi stratégique :
il renforce la résilience,
la stabilité et la sécurité
énergétique en période de
crise ».
L’électricité renouvelable
24 h/24 et 7 j/7 optimise
l’utilisation des capacités
limitées de raccordements
au réseau, déplace la
production d’électricité vers
les heures de plus grande
valeur et réduit l’exposition
à la volatilité des prix. Ces
solutions hybrides sont
particulièrement adaptées
aux utilisateurs les plus
exigeants, notamment
l’intelligence artificielle
(IA) et les centres de
données (datacenters),
qui nécessitent une
alimentation ininterrompue
comme l'un des principaux
critères commerciaux, mais
aussi pour les installations
de recharge de véhicules
électriques (IRVE) de forte
puissance qui peuvent
nécessiter des coûts de
raccordement au réseau
élevés.
L’analyse de l’IRENA
montre que les coûts
de l’électricité pilotable
ont fortement diminué,
sous l’effet de la baisse
rapide des coûts du
solaire photovoltaïque, de
l’éolien et du stockage par
batteries. Depuis 2010, les
coûts totaux d’installation
ont diminué de 87 % pour le
solaire photovoltaïque et de
55 % pour l’éolien terrestre.
Les coûts du stockage
par batteries ont encore
davantage chuté, diminuant
de 93 %.
12 000 cycles, dont 8 500 garantis dans les conditions
de garantie –, et nous proposons une garantie
système et capacité batterie de dix ans, ce qui est
un signal fort sur la solidité de l’investissement.
Les modes de gestion (autoconsommation, peak
shaving, Multi-Use, Time-of-Use, planification
horaire) sont natifs, et le système peut s’installer
sur des sites équipés d’onduleurs PV tiers, ce qui le
rend pertinent en rétrofit. »
Du côté des coûts, cela va générer d’importantes
économies et figer dans le temps, à horizon 20
ou 25 ans, un coût fixe du kWh photovoltaïque
produit (et stocké) au plus près de sa consommation,
en toiture ou en ombrière de parkings pour
une gestion fine des charges et du pilotage énergétique.
Alors que l’Europe accélère sa transition énergétique,
les systèmes de stockage de l’énergie jouent
un rôle crucial dans la garantie de la stabilité et la
fiabilité du réseau face à l’augmentation de la part
des énergies renouvelables. Selon l’AIE (Agence
internationale de l’énergie), le scénario « Net
Zero » implique une augmentation significative
des déploiements annuels de systèmes de stoc-
LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
kage d’énergie, pour atteindre une moyenne de
près de 120 GW par an sur la période 2023-2030.
Les systèmes de couplage batterie peuvent être
AC ou DC suivant les besoins de l’utilisateur. « Les
systèmes à couplage AC sont idéaux lorsque des
systèmes de stockage à batterie doivent être montés
a posteriori dans des centrales photovoltaïques
existantes. Dans le cas de nouvelles installations,
un système de stockage à batterie à couplage
© SMA
...
Solution de stockage
SMA Storage XL.
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© Irisolaris © Mob-Energy
Site avec production
et stockage d’énergie
photovoltaïque pour
l'alimentation de
bornes de recharge.
Site industriel avec
ombrières équipées
de panneaux
photovoltaïques.
...
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LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
AC permet également d’optimiser la gestion des
charges. Il stocke l’énergie excédentaire et la remet
à disposition en l’espace de quelques millisecondes,
explique Nicolas Dousset. Les systèmes à couplage
DC, eux, sont idéaux pour les nouvelles centrales
photovoltaïques de grande envergure dotées de la
technologie Sunny Central 1 500 V. La batterie et
le générateur photovoltaïque sont raccordés à l’onduleur
central côté DC et l’énergie solaire excédentaire
est amenée directement dans la batterie de
manière très efficace. »
Les gains apportés par ces solutions de stockage
vont varier suivant les utilisateurs en fonctions
de leurs contrats et des politiques tarifaires
La Commission de régulation de l’énergie a
publié, début mars, sa note sur le développement
des installations hybrides couplant photovoltaïque
et stockage stationnaire. Il est notable que
le prix de marché « capté » par des installations
photovoltaïques produisant en journée décroche
de plus en plus du prix moyen de l’énergie, sans
bénéfice pour les acteurs du territoire dont les
contrats protègent des variations du marché.
Et, comme le note Etienne Lamy, de Irisolaris :
« Pour autant, et malgré le changement des heures
creuses en novembre pour favoriser la consom-
mation en milieu de journée, le dernier week-end
d’avril a vu un niveau record de prix négatifs avec
des pics à -49,8 centimes d’euro par kWh, avec un
écart entre le minimum et le maximum journalier
de l’ordre de 14 cts d’euro, soit trois fois le prix
moyen du mois. Ces arbitrages ne bénéficieront
qu’aux acteurs couvrant une partie significative de
leur production sur les marchés, avec des incitations
pour installer du stockage raccordé directement
à leur production.
Pour les autres acteurs et suivant la date d’échéance
de leur contrat de fourniture d’énergie, l’enjeu principal
est de couvrir l’exposition aux hausses prévisibles
à venir, et le photovoltaïque ne répond
qu’à une partie de l’équation. Avec le coup d’arrêt
porté au rachat du « surplus » par l’État, il faut se
résoudre soit à sous-dimensionner la centrale PV
au niveau des consommations moyennes à midi,
soit opter pour une solution d’hybridation avec du
stockage physique ou virtuel. »
Le stockage sur site aura la particularité d’économiser
les taxes de transport de l’électricité, par
rapport aux batteries « virtuelles » qui sont soit
délocalisées, soit simulées via des mécanismes de
marché.
« La batterie va aussi mutualiser ses coûts de raccordement
avec une installation photovoltaïque.
Depuis le 29 avril dernier, les schémas Enedis
évoluent pour permettre d’ajouter la puissance
du PV et du stockage à un même raccordement,
sans devoir dimensionner le projet sur la puissance
totale injectable. De son côté, la DGEC envisage
le soutien d’offres tarifaires avec stockage pour les
prochaines périodes afin de développer la filière »,
explique Etienne Lamy.
« Le stockage installé en standalone sur un site
client pourra contribuer significativement au
financement d’un projet parfois coûteux comme un
projet PV en toiture avec rénovation et désamiantage,
ou simplement la construction d’un bâtiment
neuf. Cela, grâce aux écarts journaliers de prix de
marché, qui s’ajoutent aux services rémunérés par
le réseau (réserve primaire et secondaire, mécanisme
de capacité, flexibilités locales).
L’installation de batteries permet aussi des synergies
en mutualisant les coûts de raccordement. Que ce
soit avec une centrale photovoltaïque ou pour installer
des bornes de recharge de véhicules électriques, la
mutualisation permet de répondre aux besoins des
clients dans des territoires de moindre rentabilité
comme les zones rurales », poursuit-il.
La question du coût de ces batteries se pose aussi
avant d’envisager une solution de stockage et de
définir son dimensionnement mais avec le développement
de l’industrie des batteries pour les véhicules
électriques ces prix sont orientés à la baisse.
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© Socomec
Système
de stockage
d’énergie
déplaçable
SUNSYS HES
L SKID de
Socomec.
© Socomec
Système de stockage
de grande puissance
SUNSYS HES XXL de
Socomec avec connexion
directe au réseau MT.
...
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LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
« Les coûts des batteries ont fortement diminué
avec l’accélération mondiale fulgurante qui a eu
lieu ces dernières années. Des articles récents du
groupe de réflexion Ember parlent de 40 % de
baisse des coûts depuis 2024, permettant au stockage
d’atteindre 65 $ par MWh (coût mondial
moyen nivelé de l’électricité), note Etienne Lamy.
Certes, les projets de restrictions à l’export de la
Chine, et les ambitions de résilience européennes et
françaises pour l’approvisionnement des panneaux
et des onduleurs décaleront légèrement les coûts
des installations hybrides ces prochains mois, mais
le stockage constituera un formidable moyen, à très
court terme pour les consommateurs, d’augmenter
la part de leur autoconsommation à prix maîtrisé.
Rappelant que les centrales photovoltaïques ont
une durée de vie démontrée de plus de 30 ans et
que la sécurité des batteries a fortement progressé
avec les technologies sans hydrogène comme LFP. »
Des solutions de stockage de plus en plus
puissantes et faciles à mettre en œuvre
Pour faciliter l’intégration d’installations photovoltaïques
de plus en plus puissantes dans le
réseau des systèmes de stockage, de grande puissance
peuvent être mises en œuvre.
Dans cette optique, Socomec a développé une
offre d’unités compactes de stockage SUNSYS
HES montées sur SKID.
Toutes les armoires du système de stockage
d’énergie sont livrées assemblées, montées et
câblées sur un SKID adapté. Cela garantit un
temps et des efforts minimaux ainsi qu’une qualité
d’installation optimale, tout en limitant les
investissements en travaux de génie civil. Une
fois le système livré sur site, la seule chose qu’il
reste à faire est de connecter l’alimentation AC
et les câbles de communication. Le système étant
facilement transportable et déployable, il peut
en outre être aisément installé sur un autre site
afin de satisfaire des besoins futurs. Cette nouvelle
conception permet de connecter jusqu’à
6 armoires batteries par système pour les applications
on-grid et off-grid pour la version SUNSYS
HES L SKID.
« En discutant régulièrement avec nos clients,
nous comprenons la lourdeur administrative et
les défis logistiques auxquels ils sont confrontés
pour déployer les solutions de stockage dont
ils ont besoin. C’est pourquoi nos ingénieurs ont
repensé la nôtre avec pour objectifs de minimiser
le temps d’installation, d’augmenter sa flexibilité
et de réduire les coûts de transport globaux. Avec
la hausse de la capacité des énergies renouvelables
et l’essor des véhicules électriques dans le monde,
nous aurons besoin de solutions de stockage
comme celle-ci pour soutenir la mise en place d’une
infrastructure adaptée, essentielle à un monde plus
vert », souligne Élodie Hestin, spécialiste Energy
Storage chez Socomec.
Pour une connexion directe aux réseaux
moyenne tension, Socomec propose une solution
de grande puissance, SUNSYS HES XXL SKID,
qui facilite l’installation et optimise l’utilisation
d’espace.
Le système intègre un convertisseur bidirectionnel,
une armoire de pilotage du système, des
cellules de protection moyenne tension (dans le
cas d’une connexion au réseau moyenne tension)
et, surtout, un transformateur (400 V ou 20 kV).
Son système préfabriqué simplifie considérablement
l’approvisionnement et l’installation sur
site. Ainsi, les développeurs de projets n’ont qu’à
connecter l’arrivée réseau, les câbles de batterie
en courant continu et les liaisons de communication,
avec un minimum de compétences en ingénierie
requises.
« SUNSYS HES XXL SKID met l’accent sur la
vitesse, la fiabilité et le retour sur investissement »,
explique Étienne Cottrant, Energy Storage Solutions
Specialist chez Socomec. « Cette solution
permet la fourniture de services – la régulation
de fréquence par exemple – aux gestionnaires de
réseaux électriques, la recharge ultrarapide des
véhicules électriques ou des plus gros véhicules
LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
L’aéroport de Trieste (Italie) a adopté le stockage d’énergie
par batterie pour réduire son bilan carbone
L’aéroport de Trieste,
plateforme multimodale
majeure du nord-est de
l’Italie, accueille 1,65 million
de passagers par an. Avec
une croissance rapide de
son activité, il s’est fixé
d’ambitieux objectifs en
matière de développement
durable (la neutralité
carbone d’ici 2027). Une
démarche qui repose
notamment sur une
plus grande autonomie
énergétique grâce à la
production d’énergie
renouvelable sur site.
Pour relever ce défi,
Socomec a déployé une
stratégie intégrée de
gestion de l’énergie
reposant sur l’installation de
trois systèmes de stockage
modulaires SUNSYS HES L,
connectés en parallèle pour
atteindre une puissance de
600 kVA et une capacité de
3,3 MWh. Le système de
gestion de l’énergie (Power
Management System - PMS)
de Socomec – fonctionnant
en synergie avec un
système de gestion de
l’énergie externe – optimise
les cycles de charge et de
décharge des batteries en
fonction de la production
photovoltaïque et de la
demande électrique en
temps réel du site.
En seulement un an, cette
démarche a permis de
transformer radicalement
le mix énergétique de
l’aéroport. Ce dernier
couvre désormais 70 %
de ses besoins grâce
à l’autoconsommation
d’énergie renouvelable, dont
46 % directement produits
par l’installation solaire et
24 % fournis via les batteries.
Le système de stockage
de Socomec joue par
ailleurs un rôle clé dans
l’électrification des
tels que les camions, les véhicules de chantier ou
les bateaux, mais aussi les installations d’énergies
renouvelables à grande échelle, avec une intégration
facilitée dans les réseaux existants. »
Une plateforme digitale de supervision
de ces installations de stockage par batterie
Pour superviser ces installations de stockage,
Socomec met à disposition des exploitants sa
nouvelle plateforme de supervision à distance,
enrichie par l’IA, SoLive PRO BESS.
« Dans un contexte d’essor rapide du stockage
d’énergie et de pression accrue sur la rentabilité
des actifs, les exploitants de systèmes de stockage
d’énergie par batterie (BESS) ont besoin d’outils
capables non seulement de suivre leurs installations,
mais aussi d’en optimiser la performance
sur toute leur durée de vie. Accessible en ligne,
cette solution s’adresse aux exploitants souhaitant
mieux maîtriser l’efficacité, améliorer la sécurité
et les performances globales de leurs installations.
Désormais, chaque système BESS commercialisé
par Socomec inclut cinq années de services
de supervision standard », explique Jean-Marc
Guillou, directeur Energy Storage de Socomec.
La plateforme analyse les données d’exploitation
opérations aéroportuaires.
En servant de tampon entre
les chargeurs et le réseau,
il permet de recharger
42 véhicules électriques
pendant la nuit, sans
nécessiter de renforcement
coûteux de l’infrastructure
– historiques et en temps réel – à l’aide d’algorithmes
avancés afin d’identifier les premiers
signes de dégradation qui échappent aux systèmes
de gestion de batterie conventionnels. En
analysant des indicateurs tels que l’état de santé
(State of Health), la durée de vie utile restante
(Remaining Useful Lifetime) et les déséquilibres
entre cellules, Socomec permet aux exploitants
d’intervenir plus tôt, d’éviter les arrêts forcés et
de réduire les risques opérationnels. La plateforme
comprend une couche standard de BDA
qui fournit des indicateurs clés de performance
au niveau du système de stockage. Une option
permet également un suivi au niveau des racks,
accompagné de rapports d’expertise réalisés
par un ingénieur électrochimiste, incluant des
recommandations d’optimisation personnalisées.
Enfin, les fonctionnalités avancées permettent de
télécharger les données historiques et d’accéder à
des connexions API pour les systèmes de gestion
de l’énergie (Energy Monitoring System-EMS)
ainsi que pour des logiciels tiers.
Ces capacités se traduisent par des résultats opérationnels
et financiers mesurables. Utilisée efficacement,
la BDA intégrée à SoLive PRO BESS
permet aux exploitants d’allonger la durée de vie
électrique. Cette avancée a
déjà permis l’électrification
de 75 % des véhicules au
sol, réduisant par là même
la consommation de diesel
d’environ 14 000 litres
par an, et supprimant les
émissions associées.
Station de stockage sous ombrières de l’aéroport de Trieste.
...
© Socomec
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Plateforme de
supervision de stockage
d'énergie SoLive PRO
BESS de Socomec.
EMS SolarEdge ONE
de SolarEdge.
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LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
des batteries jusqu’à 20 %, d’améliorer la disponibilité
du système de 3 à 5 % par an et d’augmenter
jusqu’à 15 % la capacité réellement exploitable.
« Les batteries sont des actifs à forte intensité
capitalistique qui doivent fonctionner de manière
fiable pendant des décennies, souligne Jean-Marc
Guillou. Avec SoLive PRO BESS et son analyse
embarquée des données batteries, les exploitants
disposent instantanément d’une vision complète de
leurs actifs. Ils peuvent s’appuyer sur une interface
unique fournissant des indicateurs cohérents et des
analyses exploitables, leur permettant de prendre
de meilleures décisions et de tirer davantage de
valeur de leurs systèmes de stockage d’énergie. »
L’importance des systèmes de management
de l’énergie (EMS) pour ces installations
Une installation photovoltaïque, et en particulier
lorsqu’elle inclut des unités de stockage et fonc-
tionne en autoconsommation totale ou partielle
ou en injection réseau, doit être pilotée par un
système de management de l’énergie (EMS).
Ce système de management va collecter en temps
réel des données provenant des différents éléments
du site (onduleurs, batteries de stockage,
appareils de mesure et capteurs), les analyser et si
besoin envoyer des informations ou des alarmes,
les afficher sur des écrans et/ou les stocker.
Cet EMS va suivre la production des panneaux, le
stockage et les consommations du site, il va gérer
les limites de revente ou d’autoconsommation. Il
va aussi détecter des alarmes ou des défauts pour
déclencher des maintenances ou dépannage et
fournir des rapports et des analyses de performances
en fonction des besoins du client.
Il peut également traiter des informations extérieures
qui auront un impact sur le fonctionnement
du site (météo, évolution du prix du kWh
© Socomec
© SolarEdge
© Mobileese
et barème tarifaire du fournisseur d’électricité).
Pour Patrice Perrin, responsable marché C&I
de SolarEdge France, « sur un site tertiaire, on
va avoir des interactions avec d’autres équipements
: PAC, des systèmes de contrôle d’ouverture
ou de fermeture, des IRVE. Ce système d’EMS
doit être un système ouvert. Pour répondre à ces
besoins, SolarEdge a développé un appareillage
LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
dédié, le ONE Controller, une passerelle interopérable
assurant communication, cybersécurité et
contrôle en temps réel de l’infrastructure énergie
du site et SolarEdge ONE for C&I, une plateforme
d’optimisation énergétique basée sur le cloud et
adaptée aux besoins des consommateurs d’énergie
tertiaires. Cette plateforme offre des capacités
avancées de supervision, d’exploitation et de main-
Mobileese lance une solution d’optimisation énergétique
basée sur les usages d’électrification des mobilités et des
bâtiments
François Gatineau,
président de Mobileese.
Face à la montée en
puissance des véhicules
électriques et à la recherche
d’indépendance énergétique,
les entreprises s’interrogent
sur la meilleure manière de
concilier décarbonation et
performance économique.
L’électrification des usages,
tant dans les bâtiments que
dans les mobilités, n’est plus
une question de principe :
elle s’impose comme un
levier stratégique. Mais
dans un contexte de coûts
d’investissement élevés et de
réglementation mouvante, le
défi réside dans la rentabilité.
Mobileese, cabinet de
conseil et bureau d’ingénierie
technique indépendant,
lance sa solution Energy
Management System (EMS),
le premier système de gestion
d’énergie entièrement basé
sur l’usage des bâtiments et
des mobilités de l’entreprise.
Cette solution unique se
déploie sur les sites qui
regroupent une infrastructure
de recharge, des bâtiments
industriels ou tertiaires,
un stockage d’électricité,
et éventuellement une
production d’électricité
photovoltaïque locale pour
optimiser l’usage combiné de
ces infrastructures.
« Nos clients nous disaient :
investir dans des bornes
de recharge, des panneaux
solaires ou des ombrières
de parking coûte cher et ne
rapporte pas assez vite. Nous
avons voulu inverser cette
logique en créant un système
qui s’appuie sur les usages
réels de l’entreprise, explique
François Gatineau, président
de Mobileese. Le constat est
partagé par de nombreux
décideurs. Si l’électrification
des flottes d’entreprise
offre des avantages fiscaux,
la rentabilité globale
reste difficile à atteindre
lorsque les équipements
ne communiquent pas
entre eux ou que l’énergie
produite localement n’est
pas valorisée. L’EMS
de Mobileese entend
précisément résoudre ce
problème en coordonnant la
production, le stockage et la
consommation d’électricité
selon les réels besoins
immédiats et futurs des
sites ».
Conçu pour fonctionner
avec tous les matériels
compatibles Modbus et
OCPP (bornes, onduleurs
photovoltaïques, batteries,
GTB), le système agit en
local, sans dépendre d’un
opérateur externe. Il anticipe
la météo du lendemain
pour ajuster la production
solaire, prend en compte
les tournées prévues des
véhicules électriques pour
doser la recharge, et arbitre
quasi en temps réel entre
consommation et stockage
d’électricité.
Autre atout : la solution
est indépendante des
installateurs et opérateurs.
Elle peut donc être ajoutée
Système de management de l’énergie (EMS) de Mobileese.
...
à une infrastructure déjà
en place, ou proposée via
les réseaux de distributeurs
existants. Un point clé pour
les acteurs déjà engagés dans
des projets d’électrification.
Mobileese rappelle qu’il
existe des montages
financiers « déconsolidants »,
qui transforment
l’investissement initial en
loyer avant de retrouver la
pleine propriété des actifs,
renforçant ainsi la valeur du
patrimoine foncier.
« Toutes les configurations
que nous avons réalisées à ce
jour démontrent que la baisse
du coût de l’électricité utilisée
permet de rembourser son
infrastructure entre 6 et
10 ans, y compris pour des
installations simples, souligne
François Gatineau, président
de Mobileese. Au-delà,
les économies d’énergie
contribuent à l’augmentation
du cash-flow de l’entreprise. »
© Mobileese
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 43
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© SolarEdge
Contrôleur
SolarEdge ONE.
Certifications CNPP
des équipements
SolarEdge.
44 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
© SolarEdge
LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
... tenance, ainsi que de gestion optimisée des sites ».
Eaton annonce le lancement de Brightlayer
Energy, un système de gestion et d’optimisation
de l’énergie (EMOS) reposant sur l’intelligence
artificielle. La solution a été conçue pour aider
les propriétaires de bâtiments à piloter, optimiser
et valoriser leurs investissements énergétiques,
tout en répondant aux exigences réglementaires
locales. La plateforme combine analyse de données
en temps réel, prévisions et pilotage automatisé
afin de maximiser la valeur des infrastructures
électriques et des ressources énergétiques
distribuées des bâtiments.
Sécurité électrique des installations
photovoltaïques : un maillon incontournable
La sécurité des installations électriques d’un site
de production PV est un point très important en
raison des risques d’incendie provoqué, en cas
de défaut, par des arcs électriques sur les nombreuses
connexions d’une installation.
Le référentiel APSAD D20, publié par CNPP
(organisme de référence en sécurité incendie
et gestion des risques) en septembre 2025, est
un document technique de référence destiné à
renforcer la sécurité incendie des installations
photovoltaïques. En définissant des règles claires
et partagées, il répond à la fois aux attentes des
assureurs, des exploitants et des pouvoirs publics.
Comme le détaille Patrice Perrin, « il couvre un
large éventail de configurations,
des toitures
industrielles
aux ombrières
solaires, en passant
par les installations en
autoconsommation ou
avec batteries. Il précise
également la prestation
de contrôle, les
compétences et les
modalités associées,
ainsi que le modèle
de compte rendu
de contrôle initial et
périodique Q20. Dans
l’édition de septembre 2025
du référentiel APSAD D20,
pour garantir la sécurité des installations photovoltaïques,
il est recommandé d’utiliser une
solution capable de détecter les arcs électriques
(série, parallèle, à la terre), d’activer automatiquement
la mise en sécurité de la partie concernée et
de signaler tout incident.
Nos onduleurs ont obtenu après des tests techniques
la certification CNPP Certified SDAEIP
(solutions de détection d’arcs électriques sur les
installations photovoltaïques). C’est une reconnaissance
délivrée par CNPP qui atteste que les solutions
testées de SolarEdge respectent des exigences
strictes en matière d’identification, de détection et
d’arrêt rapide des arcs électriques, de mise en sécurité
de l’installation, de signalisation et de cybersécurité
dans les installations photovoltaïques.
Ce que l’on peut résumer en : identifier-mettre en
sécurité-alerter ».
Adapter les protections DC à l’augmentation
des tensions jusqu’à 2000 V
L’essor des énergies renouvelables, notamment
l’éolien et le solaire, qui sont principalement
générées de manière intermittente sous forme
de courant continu (DC), entraîne une demande
croissante pour des appareillages de protection
capables de gérer des tensions élevées, assurant
ainsi un fonctionnement sûr et efficace des installations.
En parallèle, avec l’électrification croissante
des transports et l’avènement du stockage
d’énergie ainsi que des véhicules électriques,
il devient impératif de disposer de systèmes de
coupure DC toujours plus performants et fiables.
Face à la montée en puissance des installations
photovoltaïques commerciales et industrielles,
les exigences techniques de protection des circuits
évoluent vite.
« Le marché évolue rapidement vers des architectures
toujours plus puissantes. Notre mission est
d’accompagner cette transition en proposant des
solutions fiables, déjà largement adoptées pour les
systèmes en 1500 V DC/800 V AC, et prêtes pour le
passage à 2000 V DC. Ces innovations constituent
des leviers majeurs pour accroître la performance
des installations tout en optimisant les coûts »,
explique Aida Antoli, Product Manager F&FG,
Electrical Power de Mersen.
L’évolution la plus marquante concerne en effet
le passage au 1000 V AC/2000 V DC, prochaine
étape majeure pour les grandes fermes solaires à
onduleurs centraux. En augmentant la tension à
puissance équivalente, les installations intègrent
davantage de modules par chaîne à un courant
réduit. Ainsi, les pertes de puissance, les sections
de câbles et le nombre de composants à installer
sont également moindres. Le résultat : des
économies notables sur les coûts d’installation
(CAPEX), un meilleur rendement global, et une
amélioration du coût actualisé de l’électricité
(LCOE).
Mersen y répond avec sa gamme HelioProtection®,
des solutions robustes et éprouvées, déjà
adoptées sur de nombreuses installations. Pour
accompagner ces évolutions, le groupe s’appuie
sur une expertise reconnue dans la protection des
systèmes photovoltaïques et se distingue comme
le seul fabricant européen à couvrir l’ensemble
des besoins en protection contre les surintensités
et les surtensions. Cette maîtrise globale se traduit
par une offre complète et cohérente : fusibles
jusqu’à 2000 V DC, interrupteurs-sectionneurs
intelligents facilitant la maintenance prévisionnelle,
ainsi que des dispositifs de protection
contre la foudre. Autant de solutions conçues
pour garantir fiabilité, conformité aux normes
CEI et UL, et performance durable des installations
PV les plus exigeantes.
Socomec a développé INOSYS LBS pour ces
applications DC à tensions élevées, une gamme
d’interrupteurs-sectionneurs à commande
manuelle. Ils peuvent être actionnés manuellement
à l’aide de la poignée pour sectionner
tout ou une partie de l’installation électrique. Ils
assurent la coupure et la fermeture en charge et
le sectionnement de sécurité de tous les circuits
électriques basse tension jusqu’à 2000 VDC. Ils
peuvent également être utilisés pour les applications
de coupure d’urgence.
Les interrupteurs-sectionneurs INOSYS LBS
intègrent une technologie brevetée assurant une
capacité de coupure de 750 VDC par pôle, fournissant
1500 VDC en 2 pôles seulement, et limitant
considérablement les puissances dissipées.
Le tout dans un appareil compact, également
disponible en 2000 VDC en configuration 3 ou
4 pôles. L’évolution de 1500 VDC à 2000 VDC
permet aux interrupteurs-sectionneurs de gérer
des applications à plus haute tension et d’apporter
plus de puissance. Conçus pour des environnements
difficiles, ces interrupteurs-sectionneurs
sont disponibles de 160 à 1600 A.
Importance de la cybersécurité
des installations photovoltaïques
Les équipements d’une installation photovoltaïque
et en particulier les onduleurs, les unités
de stockage ou d’autres composants sont de plus
en plus souvent connectés à internet pour suivre
leur fonctionnement, l’optimiser ou détecter
un défaut. Cette connexion augmente ainsi les
risques de cyberattaque, des logiciels malveillants
pouvant bloquer l’accès aux systèmes, pro-
LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
voquer des pannes, les opérateurs se retrouvant
sans supervision ou contrôle ou avec de graves
dysfonctionnements.
Un pirate ayant récupéré des droits d’administrateur
peut désactiver, endommager ou verrouiller
l’onduleur, accéder à des données sensibles,
comme des bases de données, ou des informations
sur la consommation énergétique révélant
les habitudes des usagers. Plus préoccupant, les
pirates peuvent cibler les serveurs centraux des
installations solaires, permettant de contrôler
des milliers, voire des millions de systèmes et
risquant la paralysie du réseau. Un déséquilibre
entre production et demande d’électricité pourrait
provoquer une panne généralisée. Avec l’essor
mondial des installations solaires, les enjeux
de cybersécurité deviennent cruciaux pour la
sécurité énergétique.
© Mersen
Protection interrupteursectionneur
à fusibles
ProGrid de Mersen.
...
Interrupteur-sectionneur 2000 V
DC INOSYS de Socomec.
Fusibles
HelioProtection de
Mersen.
© Socomec © Mersen
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 45
. . . . . . . . .
. . . . . . . .
© SMA
Site de stockage
grid-forming SMA de
Blackhillock (GB).
...
46 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
LES DOSSIERS DU MOIS
Autoconsommation
« La Commission européenne a décidé, début mai
2026, dans le cadre du NZIA (Net Zero Industry
Act) de ne plus accepter l’utilisation d’onduleurs
fabriqués en Chine (qui monitorent plus de
200 GW d’installations PV en Europe) dans les
projets financés par l’UE et de les remplacer par
des équipements fabriqués en Europe, aux USA ou
au Japon, Corée du Sud ou Suisse, explique Patrice
Perrin. Cela incite à être extrêmement vigilant sur
la provenance des équipements installés, mettre en
place des bonnes pratiques vis-à-vis des infrastructure
réseau telles que les mots de passe durcis et la
vérification des codes des fabricants pour détecter
des failles de sécurité ou des portes dérobées. »
Il s’agit d’une mesure importante visant à protéger
les infrastructures énergétiques critiques
contre d’éventuelles cybermenaces susceptibles
de provoquer des pannes d’électricité. « Et ce
risque est d’autant plus grand, note Patrice Perrin,
que vous avez d’équipements connectés à des EMS,
à des réseaux, à des unités de stockage et, plus particulièrement,
pour des centrales anciennes. »
Cette décision fait suite à des avertissements
d’analystes, selon lesquels la forte dépendance
de l’Europe à l’égard des onduleurs solaires fabriqués
par des entreprises chinoises pourrait compromettre
la stabilité du réseau électrique européen,
d’autant plus que l’Europe s’appuie de plus
en plus sur les énergies renouvelables telles que le
solaire et l’éolien.
Nicolas Dousset, de SMA, donne l’exemple de son
nouvel onduleur Sunny Tripower X60 qui intègre
nativement le socle de cybersécurité, conforme à
la directive RED de l’UE (EN 18031-1), à ETSI
EN 303 645 et à NIS2, avec un hébergement des
données dans l’UE certifié ISO 27001. « C’est un
sujet qui monte rapidement chez nos clients industriels
et leurs DSI. »
Développement des solutions grid-forming
Le développement et le raccordement au réseau
électrique des sources d’énergies renouvelables
(solaire et éolien) transforme la façon dont ces
réseaux électriques sont pilotés et stabilisés. De
nouvelles solutions doivent être mises en œuvre
pour éviter des instabilités graves du réseau pouvant
aller jusqu’à une panne générale.
Une nouvelle technologie se développe : l’utilisation
d’onduleurs grid-forming (formateur de
réseau) pour assurer l’inertie et la résistance du
système.
Nicolas Dousset explique les nouvelles caractéristiques
de ces onduleurs : « La différence
avec un onduleur classique est conceptuelle mais
structurante : un onduleur grid-following se synchronise
sur un réseau qu’il suppose stable ; un
onduleur grid-forming, lui, impose la tension et la
fréquence, comme le faisaient historiquement les
groupes synchrones des centrales conventionnelles.
Il apporte de l’inertie, contribue à la stabilité du
réseau, et permet le black start ainsi que l’exploitation
en îlotage. C’est un sujet qui devient critique
à mesure que les centrales thermiques sont mises à
l’arrêt et que la part des renouvelables augmente. »
L’exemple que donne Nicolas Dousset est celui du
site de Blackhillock en Ecosse qui vient d’être mis
en service.
« C’est aujourd’hui le plus grand système de stockage
par batterie connecté au réseau de transport
en Europe, avec une capacité qui atteindra
300 MW/600 MWh à l’issue de la seconde phase en
2026. Le projet est porté par l’opérateur Zenobē et
intégré par Wärtsilä ; SMA y a fourni 62 Medium
Voltage Power Stations équipées d’onduleurs-chargeurs
Sunny Central Storage. Concrètement, notre
solution Grid Forming délivre 116 MVA de puissance
de court-circuit et 370 MWs d’inertie au
réseau britannique. Et, point qui nous importe
beaucoup, Blackhillock est le premier projet à avoir
validé le processus de conformité au nouveau Grid
Code 0137 du National Energy System Operator
(NESO), qui définit précisément les exigences en
matière de grid-forming. Il s’inscrit dans le programme
britannique Pathfinder, et un second projet,
Kilmarnock, est déjà engagé avec les mêmes
partenaires ».
Déjà utilisées dans des micro-réseaux, ces technologies
vont se généraliser à grande échelle
grâce aux progrès de l’électronique de puissance.
Jean-Paul Beaudet
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 47
SOLUTIONS
Détection
Finder propose un détecteur de mouvement
orientable pour applications extérieures
Finder complète sa Série 18 avec le détecteur de mouvement Type 18.81 destiné aux
applications extérieures en résidentiel et tertiaire. Ce modèle mural orientable vise les usages
en façade, accès de bâtiments ou circulations extérieures, en neuf comme en rénovation.
Le détecteur dispose d’un contact libre de potentiel 1 NO 10 A et peut être associé à un
bouton-poussoir externe pour le forçage de la sortie. Il intègre une temporisation réglable
de 18 secondes à 15 minutes, ainsi qu’un seuil crépusculaire ajustable de 10 à 350 lux afin
d’adapter le fonctionnement aux contraintes du site. Grâce à sa tête orientable, le Type 18.81
assure une couverture jusqu’à 110°, avec une portée de 10 m. Alimenté en 230 V AC, il peut
piloter jusqu’à 1 000 W en lampes halogènes ou incandescentes et jusqu’à 150 W en led. Le
produit fonctionne dans une plage de température comprise entre - 30 °C et + 50 °C.
https://www.findernet.com/fr/france
© Finder
© Meljac
Appareillage
Meljac décline ses appareillages en laiton
pour la rénovation
Meljac propose des appareillages électriques en laiton
compatibles avec la majorité des boîtiers d’encastrement
standards du marché, afin de faciliter leur intégration dans les
projets de rénovation, en résidentiel comme dans l’hôtellerie
ou le tertiaire. Fabriqués en France et labellisés Origine
France Garantie, ces appareillages sont réalisés à la main et
disponibles dans 29 finitions. Les collections peuvent être
configurées avec différents mécanismes et connectiques :
interrupteurs, boutons-poussoirs, prises françaises ou
Schuko, RJ45, USB, HDMI ou embase F. Les produits peuvent
également être personnalisés avec des gravures et des voyants lumineux. Les appareillages sont
proposés dans plusieurs formats, notamment 80 x 80 mm et 154 x 80 mm, avec ou sans vis apparentes.
https://www.meljac.com
Supervision
Sauter dévoile une application mobile
pour le régulateur ECOS 501
Sauter propose une application smartphone dédiée à
son régulateur ECOS 501 pour ventilo-convecteurs.
Disponible sur Android et prochainement sur l’App
Store, elle permet de piloter, configurer et superviser
les installations via une connexion Bluetooth LE.
L’application intègre une interface utilisateur pour
le réglage du confort et une interface technique
destinée aux installateurs. Elle permet notamment
le paramétrage des régulateurs, la sauvegarde des
configurations, la gestion des profils horaires et la mise
en place d’architectures réseau. Compatible avec les installations 2 tubes, 2 tubes avec résistance
et 4 tubes, l’ECOS 501 intègre un serveur web et peut être associé à des capteurs mesurant
notamment la température, l’humidité, le CO₂, les COV, la luminosité ou le bruit.
https://www.sauter.fr
© Sauter
48 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
SOLUTIONS
Éclairage
Sylvania lance la gamme de hublots LED
Novella
Sylvania dévoile Novella, une nouvelle gamme de hublots led conçue pour les
applications intérieures et extérieures dans les bâtiments tertiaires, résidentiels ou
industriels. Les hublots Novella offrent une protection IP66 contre les intempéries
et une résistance aux chocs IK10. Leur conception intègre des vis anti-vandales et
peut recevoir une casquette de protection en option. Disponibles en noir ou blanc,
ils existent en deux diamètres, 220 mm et 300 mm, avec une température de couleur
sélectionnable entre 3000 K et 4000 K. Le modèle 220 mm propose un flux lumineux
réglable de 720 à 1550 lm, avec une efficacité jusqu’à 138 lm/W, tandis que la version
300 mm atteint jusqu’à 2800 lm et 147 lm/W. La gamme est proposée en versions
multipuissances, DALI ou avec détecteur de présence hyperfréquence paramétrable.
L’installation est facilitée par un connecteur repiquable Lilo.
https://www.sylvania-group.com
© Sylvania
Web Panels 400
Wago rend la supervision industrielle
plus accessible que jamais
Dans un contexte où la performance
des interfaces de supervision devient
un levier clé, Wago frappe fort
avec ses Web Panels 400. Objectif :
proposer une solution à la fois
performante, simple à intégrer et
pensée pour répondre aux exigences
du terrain.
Pensés pour afficher des visualisations
web depuis un contrôleur Wago ou
tout autre serveur, ces terminaux
s’inscrivent pleinement dans les
architectures industrielles actuelles, plus ouvertes, plus connectées et plus évolutives. Dès la prise en main,
l’expérience utilisateur se distingue. Interface fluide, navigation intuitive, design épuré : tout est conçu pour
simplifier l’exploitation au quotidien. L’écran tactile capacitif, associé à une façade en verre intégral, offre un
affichage précis et une interaction naturelle, au plus proche des standards actuels. Côté intégration, le gain est
immédiat. Montage en face avant d’armoire ou sur support VESA, alimentation possible via le réseau : les Web
Panels 400 facilitent le câblage et accélèrent la mise en service. Un atout concret pour les intégrateurs, confrontés
à des contraintes de productivité toujours plus fortes. Enfin, c’est par leur équilibre global que ces nouveaux
panels se démarquent. Capables de gérer des visualisations exigeantes avec fluidité, ils répondent efficacement
aux besoins de supervision, notamment dans les bâtiments industriels.
Avec cette nouvelle gamme, Wago confirme une approche pragmatique : rendre la performance
accessible, sans complexifier l’usage. Une proposition en phase avec les attentes actuelles des
professionnels de l’automatisation.
Scannez le QR Code
https://www.wago.com/fr/
pour plus d'informations
© Wago
j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 49
3 QUESTIONS À
Propos recueillis
par Alexandre Arène
‘‘
Avec Enerface, l’objectif est de consommer
mieux sans renoncer au confort.
’’
Antonio Calvo
Directeur France d’Airzone
© DR
Airzone enrichit ses solutions de pilotage CVC avec Enerface, une nouvelle
fonctionnalité dédiée à la maîtrise de la consommation énergétique et
à la flexibilité électrique. Associé à un compteur d’énergie Wi-Fi et à
Airzone Cloud, ce programme vise à optimiser les usages en fonction du
réseau, des tarifs dynamiques ou encore de la production photovoltaïque.
Antonio Calvo, directeur France d’Airzone, détaille le programme
Enerface et revient sur la stratégie d’Airzone autour de la flexibilité.
Pouvez-vous présenter le programme
Enerface d’Airzone ?
Antonio Calvo – Enerface est une
nouvelle fonctionnalité intégrée à l’ensemble
des solutions Airzone. Ce n’est
pas une solution autonome, mais une
extension de nos systèmes de pilotage
pour pompes à chaleur, qu’il
s’agisse d’installations multizones ou
monozones, pilotées par Aidoo ou les
systèmes Airzone. Le principe repose
sur l’ajout d’un compteur d’énergie
Wi-Fi connecté à Airzone Cloud.
Cela permet d’abord de visualiser la
consommation énergétique de l’installation,
puis d’aller progressivement vers
de la supervision, l’aide à la décision et
l’automatisation. Nous souhaitons aider
les utilisateurs à mieux consommer
sans renoncer à leur confort. Pour cela,
nous intégrons plusieurs données : les
consommations de l’installation, l’état
du réseau électrique ou encore les tarifs
dynamiques de l’électricité. L’idée n’est
pas forcément de consommer moins,
car un certain niveau d’énergie reste
indispensable pour maintenir le confort
thermique, mais de consommer au
meilleur moment afin de réduire la
facture électrique. C’est tout l’enjeu de
la flexibilité énergétique : déplacer les
usages vers les périodes où l’électricité
est moins chère et où le réseau est
moins sollicité. Nous travaillons également
avec des agrégateurs afin de permettre
aux utilisateurs d’Airzone Cloud
de participer à ces mécanismes de flexibilité
et, à terme, d’en tirer un bénéfice
économique.
Quels outils Enerface met-il
à disposition des utilisateurs ?
Airzone permet déjà de réduire les
consommations énergétiques du chauffage,
de la climatisation et de la production
d’eau chaude sanitaire, grâce
au pilotage pièce par pièce. Avec Enerface,
nous allons plus loin en travaillant
sur l’optimisation du coût de l’énergie.
Cette approche s’appuie notamment sur
des scénarios, capables de déclencher
automatiquement des actions selon des
conditions extérieures ou intérieures.
Contrairement à une simple programmation
horaire, le système peut réagir
à différents événements : géolocalisation,
signal réseau, tarif dynamique ou
production photovoltaïque. Le système
pourra également exploiter un surplus
photovoltaïque pour activer certains
équipements, plutôt que de réinjecter
cette énergie sur le réseau. L’objectif est
de proposer un pilotage énergétique
plus intelligent, capable d’adapter automatiquement
les usages aux meilleures
conditions disponibles.
Pourquoi la flexibilité énergétique
devient-elle stratégique
pour Airzone ?
Nous observons une forte montée en
puissance des Energy Management
Systems (EMS), capables de piloter
les usages énergétiques des bâtiments.
Airzone s’intègre déjà à de nombreux
environnements tiers, notamment
KNX, mais nous estimons qu’il est
logique d’être également acteur de
cette évolution. Nos solutions pilotent
le chauffage, la climatisation et parfois
l’eau chaude sanitaire, qui représentent
une part très importante de la consommation
énergétique d’un bâtiment.
Dans ce contexte, la certification OpenADR
obtenue pour Aidoo Pro constitue
une étape importante. Ce protocole,
développé pour le marché américain,
facilite les échanges entre les équipements
du bâtiment et les opérateurs de
flexibilité énergétique. En Europe, un
équivalent est en cours d’élaboration.
Airzone participe actuellement avec
Ignes aux réflexions autour de futurs
standards d’interopérabilité adaptés au
marché européen. L’objectif est de permettre
aux équipements énergétiques
des bâtiments de dialoguer plus efficacement
avec le réseau afin de rendre la
consommation plus flexible, plus intelligente
et plus performante.
50 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr
Le courant passe entre nous depuis 76 ans
924
LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE WWW.FILIERE-3E.FR 925
ISSN 0758-3826 / AVRIL 2026
926
INDEX
Index des entreprises et organismes cités
Ademe............................................www.ademe.fr.................................................10, 14
AIE..................................................www.iea.org..........................................................37
Airzone............................................www.airzonecontrol.com........................................50
Alva Systems..................................www.alva-systems.fr.............................................30
ANSSI..............................................https://cyber.gouv.fr/..............................................24
Arc Informatique.............................https://www.pcvue.com/fr......................................26
Association BBCA...........................www.batimentbascarbone.org................................12
Avob................................................https://avob.com/......................................25, 26, 28
BACnet............................................https://bacnetfrance.org/.......................................28
ChangeNOW....................................https://www.changenow.world/fr/.....................14, 15
Citeo Pro.........................................https://www.citeopro.com/.....................................11
CNPP...............................................https://www.cnpp.com/..........................................44
CRE.................................................https://www.cre.fr/................................................38
CUBE Flex.......................................https://www.cube-flex.org/.....................................27
Current/OS......................................https://currentos.org/...............................................7
DGEC...............................................https://www.ecologie.gouv.fr/
......................................................direction-generale-lenergie-et-du-climat-dgec........38
Drive to Zero...................................https://event.drivetozero.fr/....................................12
Eaton..............................................https://www.eaton.com/fr......................................44
ecosystem......................................https://www.ecosystem.eco/..................................11
EcoWatt..........................................https://www.monecowatt.fr/.......................25, 26, 27
Eland Cables...................................https://www.elandcables.com/fr.............................18
Ember.............................................https://ember-energy.org/......................................40
Enedis.............................................https://www.enedis.fr/.....................................22, 32
Energy Pool.....................................https://energy-pool.com/.......................................25
EnerJ-Meeting................................https://www.enerj-meeting.com/............................12
FD Éclairage...................................https://www.fdeclairage.com/.................................16
Festival Passibat'............................www.passibat.fr....................................................12
Finder.............................................https://www.findernet.com/fr..................................48
FNCCR.............................................www.fnccr.asso.fr............................................22, 25
Forum Économique Mondial...........https://www.weforum.org/.....................................11
Gimelec...........................................https://gimelec.fr/................................ 21, 22, 24, 26
Global Lighthouse Network............https://initiatives.weforum.org/
.......................................................global-lighthouse-network/home............................11
Hellio...............................................https://www.hellio.com/.........................................10
IEC..................................................https://www.iec.ch/homepage............................7, 45
Ifop.................................................https://www.ifop.com/...........................................10
Ignes...............................................https://ignes.fr/.....................................................22
IHF..................................................www.ihf.fr.............................................................12
IRENA..............................................https://www.irena.org/...........................................36
Irisolaris..........................................https://irisolaris.com/.......................................33, 38
Journées d'études et de formation IHF...www.journees-ihf.com...........................................12
KNX.................................................www.knx.fr....................................................8, 9, 50
Light+Building................................https://light-building.messefrankfurt.com/..... 6, 7, 8, 9
LonWorks........................................https://lonmark.fr/wp/............................................28
LoRaWAN........................................https://lora-alliance.org/.........................................28
Matter...........................................................................................................................9
M-Bus.............................................https://m-bus.com/...............................................28
Meljac.............................................https://www.meljac.com/.................................16, 48
Mersen............................................https://www.mersen.com/fr...................... 6, 7, 44, 45
Mob-Energy....................................https://www.mob-energy.com/...............................38
Mobileese.......................................https://mobileese.com/..........................................43
Modbus...........................................www.modbus.org............................................28, 43
Morbihan Énergies..........................https://morbihan-energies.fr/.................................25
NRF Retail's Big Show....................www.nrfbigshoweurope.com..................................12
OCPP...............................................https://openchargealliance.org/
.......................................................protocols/open-charge-point-protocol/....................43
ODCA...............................................https://currentos.org................................................7
Omerin............................................https://www.omerin.com/...........................20, 32, 34
OpenADR.........................................https://www.openadr.org/.......................................50
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PEP ecopassport.............................http://www.pep-ecopassport.org//fr/.................14, 15
Préventica.......................................www.preventica.com.............................................12
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