26.05.2026 Vues

J3e de mai 2026 - Électrification, garder le cap

J3e de mai 2026 - Électrification, garder le cap - Interview : Christophe Habouzit, Vice-président Global Product Line, fusible et appareillage fusible de norme CEI, Mersen et Aida Antoli, Product Manager fusible et appareillage fusible de norme CEI, Electrical Power, Mersen - Interview : Jean-Christophe Krieger, Président de l’organisation mondiale KNX - BACS Flex Ready : Consommer au bon moment et anticiper les nouveaux usages électriques - Autoconsommation : Les solutions pour des installations photovoltaïques productives, durables et évolutives

J3e de mai 2026 - Électrification, garder le cap - Interview : Christophe Habouzit, Vice-président Global Product Line, fusible et appareillage fusible de norme CEI, Mersen et Aida Antoli, Product Manager fusible et appareillage fusible de norme CEI, Electrical Power, Mersen - Interview : Jean-Christophe Krieger, Président de l’organisation mondiale KNX - BACS Flex Ready : Consommer au bon moment et anticiper les nouveaux usages électriques - Autoconsommation : Les solutions pour des installations photovoltaïques productives, durables et évolutives

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Le courant passe entre nous depuis 76 ans

ÉLECTRIFICATION

GARDER LE CAP

BACS Flex Ready

Consommer au bon moment

et anticiper les nouveaux

usages électriques

Autoconsommation

Les solutions pour des installations

photovoltaïques productives,

durables et évolutives

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

WWW.FILIERE-3E.FR

ISSN 0758-3826 / MAI 2026

926


2 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


ISSN 0758-3826 / MAI 2026

ÉDITO

Électrification : garder le cap !

© DR

‘‘

Ce "stop-and-go"

réglementaire est devenu

un frein à la transition ellemême.

Car les industriels, les

exploitants, les bailleurs ou les

collectivités n’investissent pas

sur des signaux fluctuants.

Les filières ont besoin de

visibilité pour recruter,

produire, former et

industrialiser.

’’

Le courant passe entre nous depuis 76 ans

ÉLECTRIFICATION

GARDER LE CAP

BACS Flex Ready

Consommer au bon moment

et anticiper les nouveaux

usages électriques

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE

Autoconsommation

Les solutions pour des installations

photovoltaïques productives,

durables et évolutives

WWW.FILIERE-3E.FR 926

Dans

ce numéro :

J3e met en lumière des usages

phares de l’électrification,

mais aussi des technologies au

service de l’adaptation et de

l’équilibrage du réseau électrique :

l’autoconsommation et les BACS

Flex Ready.

© Adobe Stock

La guerre au Moyen-Orient et les tensions autour de l’Iran rappellent une réalité

que l’Europe peine encore à accepter : sa dépendance aux énergies fossiles reste

une fragilité économique, industrielle et géopolitique majeure. Pour la France,

la facture s’élève à plus de 60 milliards d’euros d’importations de pétrole et de gaz chaque

année, et les énergies fossiles comptent pour près de 60 % de son mix énergétique,

malgré une électricité déjà largement décarbonée.

Dans ce contexte, le plan d’électrification présenté par le gouvernement marque une

accélération assumée : réduire la part des énergies fossiles dans les usages du bâtiment,

des transports et de l’industrie, tout en renforçant la souveraineté énergétique du pays.

Pompes à chaleur, véhicules électriques, électrification des procédés industriels : la

trajectoire est désormais posée.

Le signal envoyé au marché est fort. Dans le bâtiment, les rénovations aidées par

MaPrimeRénov’ ne pourront progressivement plus conserver de chauffage au gaz.

Dans les transports, l’État pousse l’électrique à grande échelle. Dans l’industrie, il s’agit

de substituer graduellement l’électricité aux usages fossiles tout en sécurisant les coûts

énergétiques des entreprises. Sur le fond, difficile de contester la logique. L’électrification

apparaît aujourd’hui comme l’un des leviers centraux de la décarbonation française.

Encore faut-il que cette ambition s’inscrive dans une politique cohérente, lisible et durable.

Or, depuis plusieurs années, les signaux envoyés aux acteurs économiques souffrent

d’une instabilité chronique. Reports d’échéances réglementaires, ajustements successifs

des dispositifs d’aide, modifications de calendrier… Cette succession de revirements

entretient une incertitude contre-productive. Le décret BACS, pourtant stratégique

pour le pilotage énergétique des bâtiments tertiaires, a vu ses échéances repoussées.

MaPrimeRénov’ a connu des changements récurrents de règles et de périmètre. Les

nouvelles dispositions excluant les logements chauffés au gaz des aides manquent en

partie leur cible, risquant de renforcer la fracture énergétique en excluant les bâtiments

les plus émissifs. Les aides à l’achat de véhicules électriques ont, elles aussi, évolué au gré

des arbitrages budgétaires. À chaque fois, le même risque apparaît : ralentir les décisions

d’investissement et fragiliser la dynamique des filières.

Ce « stop-and-go » réglementaire est devenu un frein à la transition elle-même. Car

les industriels, les exploitants, les bailleurs ou les collectivités n’investissent pas sur des

signaux fluctuants. Les filières ont besoin de visibilité pour recruter, produire, former

et industrialiser. Le réseau électrique français se renforce et le gestionnaire investit

fortement pour anticiper l’arrivée des nouveaux usages électriques, qui peinent pourtant

à se développer.

Or la France dispose précisément de nombreux atouts : une production électrique

largement décarbonée, des industriels capables de monter en puissance, des technologies

désormais matures dans le bâtiment comme dans la mobilité. Le sujet n’est donc plus

seulement technique. Il est devenu stratégique.

L’électrification de l’économie française ne pourra réussir qu’à une condition : maintenir

un cap clair, stable et durable. La transition énergétique ne se pilote pas à coups de pauses,

d’atermoiements ou d’ajustements permanents pour suivre le contexte géopolitique,

dont l’instabilité est devenue la norme ces dernières années. Elle exige de la constance.

Alexandre Arène,

rédacteur en chef

j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 3


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j3e est édité par la société 3e Médias,

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SA au capital de 140 000 euros ;

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Siège social : 32 rue du Faubourg

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Poissonnière - 75010 Paris

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Bureaux : 17, rue de l’amiral Hamelin -

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75016 Paris

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Représentant légal : David Catelain.

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© 3e Médias, Paris.

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Reproduction interdite.

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Toutefois, des photocopies peuvent être

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réalisées avec l’autorisation de l’éditeur.

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Celle-ci pourra être obtenue auprès du

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Centre français du copyright, 20, rue des

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Grands-Augustins, 75006 Paris, auquel

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3e Médias a donné mandat pour le

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représenter auprès des utilisateurs.

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Tél. : + 33 (0)1 44 07 47 70

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Dépôt légal : mai 2026

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Conception graphique - Réalisation :

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Planète Graphique Studio - Paris 17 e .

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Impression : IPPAC / Imprimerie

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de Champagne 52500 Langres.

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Directeur de la publication : David Catelain

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Rédaction

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3e Médias

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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris

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Email : redaction@filiere-3e.fr

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Rédacteur en chef : Alexandre Arène

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Ont collaboré à ce numéro :

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Jean-Paul Beaudet

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et Jean-François Moreau.

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Marketing & Publicité

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3e Médias

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Sandrine de Montmorillon

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Responsable publicité print & digital

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3e Médias

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17, rue de l’Amiral Hamelin, 75016 Paris

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Tél. + 33 (0) 6 51 30 28 68

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sdm@filiere-3e.fr

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Diffusion

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Relations abonnements

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Juliette Aguelon

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compta.3emedias@gmail.com

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Pour l’étranger : 165 € HT franco ;

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185 € HT par avion

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Prix au numéro : 17 €

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Corrections

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Laurence Chabrun

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laurencechabrun@gmail.com

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© DR

© DR

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La montée en puissance

des sources et des usages en

courant continu, notamment le

photovoltaïque, le stockage par

batteries ou la mobilité électrique,

favorise naturellement

l’émergence de réseaux DC.

06

INTERVIEW

06 / Christophe Habouzit

Vice-président Global Product

Line, fusible et appareillage fusible

de norme CEI, Mersen

Aida Antoli

Product Manager fusible et

appareillage fusible de norme CEI,

Electrical Power, Mersen

08 / Jean-Christophe Krieger

Président de l’organisation

mondiale KNX

’’

Christophe Habouzit

DANS CE NUMÉRO

‘‘

La simplification répond

directement à notre objectif

d’augmenter le taux de

pénétration de KNX dans les

bâtiments. Plus une technologie

est simple à comprendre et à

mettre en œuvre, plus elle peut être

déployée largement.

10

ACTUALITÉS

10 / Tribune

Plus de 250 organisations alertent

sur l’avenir de l’Ademe

Présidentielle 2027

Le pouvoir d’achat redéfinit les

priorités énergétiques

11 / REP

Citeo Pro et ecosystem s’allient

autour de la REP des emballages

professionnels

12

Digitalisation de l’industrie

Schneider Electric rejoint

le Lighthouse OS du Forum

économique mondial

AGENDA

’’

Jean-Christophe Krieger

4 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


© Florian Delée sur Unsplash

LES DOSSIERS DU MOIS

BACS Flex Ready

21

CONSOMMER AU BON MOMENT ET

ANTICIPER LES NOUVEAUX USAGES

ÉLECTRIQUES

14

DÉVELOPPEMENTS

14 / Benoît Ribault

Directeur projets innovation, services

& ESG chez Rexel France

16 / Jean-Michel Lagarde

Directeur général de Meljac

Marie-Line David

Directrice déléguée de FD Éclairage

18

ANALYSE

Transition énergétique : le vrai défi n’est

pas l’ambition, mais la capacité du système

à suivre

48

SOLUTIONS

La sélection de la rédaction

DANS CE NUMÉRO

© Systèmes Solaires & Groupe OMERIN

Autoconsommation

32

LES SOLUTIONS POUR DES

INSTALLATIONS PHOTOVOLTAÏQUES

PRODUCTIVES, DURABLES

ET ÉVOLUTIVES

50

3 QUESTIONS À

Antonio Calvo

Directeur France d’Airzone

51

INDEX DES ENTREPRISES

ET ORGANISMES CITÉS

LISTE DES ANNONCEURS :

• 2 e COUV – INDUSTRY TIME

• 4 e COUV – HAGER

• P. 13 - TECH FOR INDUSTRY SHOW

• P. 17 - 3E MÉDIAS

• P. 19 - ÉLECTRICIENS SANS FRONTIÈRES

• P. 23 - PCVUE

• P. 31 - FESTIVAL PASSIBAT'

• P. 35 - TRACE SOFTWARE

• P. 37 - SOCOMEC

• P. 39 - IRISOLARIS

• P. 47 - ENERJ-MEETING LYON

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David Catelain

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Directeur de la publication

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Alexandre Arène

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Rédacteur en chef

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alexandre.arene@filiere-3e.fr

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Jean-François Moreau

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Journaliste spécialiste supervision,

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efficacité énergétique, BIM

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journalistes@filiere-3e.fr

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Jean-Paul Beaudet

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Journaliste spécialiste

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datacenters, stockage de

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l’énergie, énergies renouvelables,

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véhicules électriques et IRVE

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journalistes@filiere-3e.fr

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Sandrine de Montmorillon

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Responsable publicité,

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partenariats & réseaux sociaux

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Groupe 3e Médias

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sdm@filiere-3e.fr

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j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 5


INTERVIEW

Propos recueillis par Alexandre Arène

© DR

La montée en puissance

des sources et des usages en

courant continu, notamment

le photovoltaïque, le

stockage par batteries ou la

mobilité électrique, favorise

naturellement l’émergence

de réseaux DC.

Christophe Habouzit, vice-président Global Product Line,

fusible et appareillage fusible de norme CEI

Aida Antoli, Product Manager fusible et appareillage fusible

de norme CEI, Electrical Power, Mersen

Sous l’effet de la montée des énergies renouvelables, de l’électrification des usages et de

la digitalisation des réseaux, les installations électriques évoluent vers des systèmes plus

complexes, plus dynamiques et plus exigeants en matière de pilotage et de protection.

Mersen, spécialiste mondial des solutions de protection électrique et des matériaux avancés,

accompagne ces transformations à travers ses expertises en fusibles, appareillages et gestion

de l’énergie. À l’occasion du salon Light + Building, Christophe Habouzit et Aida Antoli

reviennent sur les enjeux de la mesure en basse tension, l’émergence du courant continu

dans les installations électriques et les travaux de normalisation en cours, et présentent les

innovations développées pour répondre à ces mutations.

‘‘

’’

En quoi la mesure en basse tension

devient-elle stratégique ?

Christophe Habouzit – La mesure permet de rendre

visible une partie du réseau qui, historiquement, ne

l’était pas. Les opérateurs disposaient surtout d’informations

en moyenne tension, mais très peu en basse

tension, là où se situent pourtant les usages finaux.

Avec l’évolution actuelle du mix énergétique, cette

absence de visibilité devient problématique. L’intégration

croissante du photovoltaïque, du stockage et

des nouveaux usages comme la recharge des véhicules

électriques modifie profondément les profils de

consommation.

On passe d’un modèle relativement prévisible, basé

sur des estimations statistiques, à un système beaucoup

plus dynamique, où la demande peut chuter brutalement.

À l’inverse, certains réseaux se retrouvent en

situation de congestion, incapables d’absorber de nouveaux

usages. Sans mesure fine, il est impossible de

comprendre ces phénomènes ni d’agir efficacement.

La donnée permet ainsi de piloter le réseau à plusieurs

horizons : à court terme pour la maintenance et la

détection d’anomalies, à moyen terme pour optimiser

l’exploitation et la répartition de la puissance, et à long

terme pour planifier les développements d’infrastructures.

Elle devient également un levier pour arbitrer les

usages, par exemple déterminer quand et avec quelle

puissance alimenter des bornes de recharge en fonction

de la charge globale d’une zone.

Pourquoi le courant continu suscite-t-il autant

d’intérêt aujourd’hui ?

Christophe Habouzit – L’intérêt pour le courant

continu s’explique par des considérations à la fois

énergétiques, techniques et structurelles. D’abord,

il permet de limiter les pertes liées aux conversions

d’énergie. Aujourd’hui, l’électricité est transportée

en courant alternatif, puis convertie en courant

continu pour de nombreux usages finaux : électronique,

informatique, éclairage led, ou recharge de

batteries. Chaque conversion engendre des pertes

significatives, pouvant aller de 5 à 30 %. En supprimant

ou en réduisant ces conversions, un réseau en

courant continu améliore directement le rendement

énergétique. Ensuite, le courant continu permet de

travailler à des niveaux de tension plus élevés, ce

qui réduit l’intensité pour une puissance donnée.

Cela se traduit par des sections de câbles plus faibles

et donc des économies de cuivre, un enjeu à la fois

économique, matériel et environnemental. Enfin, la

montée en puissance des sources et des usages en

courant continu, notamment le photovoltaïque, le

6 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


INTERVIEW

Christophe Habouzit & Aida Antoli

stockage par batteries ou la mobilité électrique, favorise

naturellement l’émergence de réseaux DC. On

voit ainsi apparaître des microréseaux en courant

continu capables de connecter directement production,

stockage et consommation, sans conversions

intermédiaires. Certains environnements s’y prêtent

particulièrement bien, comme les datacenters, où les

usages sont massivement en courant continu et où la

présence humaine est limitée. Cela permet d’expérimenter

plus rapidement ces architectures, même en

l’absence de standards complètement stabilisés.

Justement, où en est la normalisation

autour du courant continu ?

Christophe Habouzit – La normalisation est encore en

construction. Il existe déjà des cadres en moyenne tension

et en basse tension, mais pour le courant continu,

les standards ne sont pas encore totalement établis. Des

travaux sont en cours sous forme de drafts, portés par

des organismes comme l’IEC ou l’UL, en collaboration

étroite avec les industriels. Des consortiums comme

Current/OS ou l’ODCA jouent également un rôle clé

pour faire converger les pratiques, notamment sur des

éléments structurants comme les niveaux de tension.

L’un des enjeux majeurs est justement d’aboutir à des

référentiels communs, car différents acteurs ont historiquement

développé leurs propres approches. Dans

ce contexte, certains industriels, à l’instar de Mersen

en tant que membre du board de Current/OS, contribuent

directement aux travaux visant à harmoniser les

architectures, les interfaces et les standards, dans une

logique de convergence et d’interopérabilité à l’échelle

du secteur. En parallèle, certaines applications avancent

plus vite que les normes. C’est le cas des datacenters ou

de certaines installations en Chine, où des architectures

en courant continu sont déjà déployées. Un autre

point critique concerne les technologies de protection.

En courant continu, les contraintes sont différentes et

certaines solutions traditionnelles, comme les disjoncteurs,

peuvent atteindre leurs limites en termes de

capacité de coupure. Les fusibles restent performants

dans de nombreux cas, mais de nouvelles typologies,

comme les dispositifs à semi-conducteurs, sont développées

pour répondre à des exigences accrues de rapidité

et de sécurité, notamment lorsque des personnes

sont exposées.

Comment Mersen se prépare-t-il

à ces évolutions ?

Christophe Habouzit – D’une part, Mersen adapte

son offre historique de protection contre les surtensions

aux usages liés aux smart grids et au courant

continu. Cela se traduit par une feuille de route produit

importante, visant à élargir les gammes et à répondre

à des niveaux de tension et de puissance en forte

évolution. D’autre part, Mersen est très impliqué en

amont, dans les phases de prospective et d’expérimentation.

Nous participons à des projets pilotes et à des

Proof of Concept, notamment dans le domaine photovoltaïque,

où les tensions ont fortement évolué ces

dernières années. Les architectures en 800 V, 1 000 V

puis 1 500 V constituent aujourd’hui des marchés largement

déployés, pour lesquels Mersen dispose d’une

expertise éprouvée et de solutions déjà largement validées

sur le terrain. En parallèle, les travaux se poursuivent

sur les prochaines générations d’installations,

avec des expérimentations en cours jusqu’à 2 000 V,

voire 3 000 V. Dans le même temps, les développements

produits accompagnent cette évolution, avec

des capacités de courant en constante augmentation,

atteignant désormais plusieurs centaines d’ampères.

Cette implication dans les phases amont est essentielle

pour anticiper les futurs standards.

Quelles nouveautés avez-vous présentées

à Light + Building ?

Aida Antoli – Comme l’évoquait Christophe Habouzit,

la transformation des réseaux passe d’abord par

une meilleure visibilité en basse tension. C’est précisément

l’objet de notre solution ProGrid, développée

pour les postes de transformation. Il s’agit d’un interrupteur-sectionneur

à fusible, conçu pour sécuriser

les départs basse tension, avec une ouverture brevetée,

en parallèle, qui limite fortement les risques d’arc

électrique et garantit une intervention sans contact

avec des parties sous tension. Cette base est complétée

par une version « smart », intégrant un module de

mesure capable de remonter des données de courant

et de tension. Ces informations sont ensuite exploitées

par les gestionnaires du réseau pour comprendre son

fonctionnement réel, détecter des déséquilibres ou

anticiper des besoins. Nous sommes pleinement dans

la logique décrite par Christophe Habouzit : apporter

de la donnée là où il n’y en avait pas, pour piloter un

réseau devenu plus complexe et plus dynamique.

Comment ces innovations s’inscrivent-elles dans

les nouveaux usages, notamment en DC ?

Aida Antoli – Elles accompagnent directement

les évolutions évoquées autour du courant continu

et des nouveaux usages énergétiques. Au-delà du

réseau, nous adaptons aussi nos solutions de protection

à des environnements comme le photovoltaïque,

le stockage d’énergie ou la recharge des véhicules

électriques, où les contraintes diffèrent fortement.

Par exemple, dans le stockage ou la recharge rapide,

les niveaux de court-circuit peuvent être très élevés,

ce qui impose l’utilisation de fusibles spécifiques en

complément des protections contre les surtensions.

À l’inverse, certaines applications photovoltaïques

nécessitent des approches différentes. Ces développements

s’inscrivent dans une logique globale, qui

vise à accompagner la montée en puissance du DC,

limiter les pertes liées aux conversions d’énergie et

adapter les dispositifs de protection à des architectures

électriques en pleine mutation.

j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 7


INTERVIEW

Propos recueillis par Alexandre Arène

Jean-Christophe

Krieger,

Président de l’organisation mondiale KNX

© DR

‘‘

La simplification répond directement

à notre objectif d’augmenter le taux de

pénétration de KNX dans les bâtiments. Plus

une technologie est simple à comprendre et à

mettre en œuvre, plus elle peut être déployée

largement.

’’

Réélu à la présidence de l’organisation mondiale KNX lors de la réunion du conseil

d’administration du 16 février dernier, Jean-Christophe Krieger entame un nouveau mandat

de cinq ans dans un contexte de profonde transformation du bâtiment connecté. À la tête

d’un écosystème qui fédère plus de 500 industriels, 140000 partenaires dans 190 pays et

45 groupes nationaux, il pilote avec les membres du conseil d’administration les orientations

stratégiques d’une technologie en mutation. Simplification des outils, communication adaptée

aux intervenants dans la chaîne de valeur, montée en puissance de l’intégration des énergies

renouvelables, conformité aux nouvelles réglementations notamment liées à la cybersécurité,

ouverture vers l’IoT : autant de chantiers structurants qui redéfinissent le rôle de KNX dans un

environnement technique, réglementaire et concurrentiel en pleine évolution.

Vous avez été réélu à la tête de l’organisation

mondiale KNX, quels sont les principaux axes

de travail de ce nouveau mandat ?

Jean-Christophe Krieger – Ce nouveau mandat

s’inscrit clairement dans la continuité du précédent.

Dès le lendemain de l’élection, le 17 février,

le nouveau conseil d’administration (élargi de

14 à 17 membres pour renforcer la dimension

internationale et intégrer de nouveaux profils)

s’est réuni pour valider les orientations existantes

et y apporter des ajustements. Deux axes prioritaires

incluant notamment l’intelligence artificielle

structurent notre action : la simplicité et la contribution

à la transition énergétique. Simplicité dans

notre communication (nouveau site knx.org), et

logique de communication adaptée à chaque cible

(intégrateurs, électriciens, architectes, bureaux

d’études ou utilisateurs finaux). Simplicité de l’outil

ETS de configuration des installations KNX :

réduire le temps nécessaire pour concevoir et

maintenir un projet. La version ETS 6.4.0 a été

présentée à Light + Building avec déjà des améliorations

significatives. Une version 6.5 est prévue

début 2027, et ETS 7 en 2028, avec des évolutions

majeures en préparation. Évolution des spécifications

pour standardiser l’intégration des énergies

renouvelables (panneaux photovoltaïques, pompe

à chaleur, batteries, bornes de charges électriques).

Accélération de l’adoption de KNX IoT par la

mise à disposition d’un stack KNX IoT, composant

logiciel fourni gratuitement aux fabricants.

Il permet d’intégrer plus facilement KNX dans

des équipements existants, notamment ceux déjà

connectés sur IP.

Lors du salon Light + Building, nous avons pu

constater un foisonnement de développements

produits chez les fabricants membres de KNX.

Comment s’orientent les développements

produits en KNX à l’échelle mondiale ?

J.-C. C. – KNX évolue en permanence pour

s’adapter aux transformations du marché. Historiquement

filaire, la technologie a intégré le sans-fil,

puis l’IP, et aujourd’hui KNX IoT. Cette évolution

est pilotée par l’Association, dont le rôle est de produire

des spécifications permettant aux fabricants

8 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


INTERVIEW

Jean-Christophe Krieger

de développer des produits interopérables. Les

fabricants continuent d’enrichir leurs catalogues

avec de nouveaux produits combinant plusieurs

fonctions, d’apporter des nouveautés sur la visualisation

avec des écrans de plus en plus attractifs, et

d’inclure des produits sur de nouveaux cas d’usage.

Nous avons pu voir au salon que tous les fabricants

exposaient leurs produits KNX Secure en

préparation de l’arrivée du Cyber Resilience Act à

fin 2027, beaucoup de solutions de management

de l’énergie intégrant KNX. Les prémices du prochain

saut technologique : la migration vers des

architectures IP avec l’intégration de KNX IoT.

Quel rôle spécifique le KNX peut-il jouer

dans cette mutation du bâtiment en système

énergétique complexe ?

J.-C. C. – La gestion de l’énergie constitue

aujourd’hui un axe majeur. Historiquement, elle

consistait à mesurer et afficher les consommations.

Puis, KNX a permis d’optimiser les usages, par

exemple via la détection de présence ou la régulation

en fonction de la luminosité. Aujourd’hui,

KNX entre dans une nouvelle phase avec l’intégration

des ressources énergétiques distribuées : panneaux

photovoltaïques, batteries, pompes à chaleur,

bornes de recharge. L’enjeu est de coordonner ces

équipements dans une architecture cohérente.

Comme je l’expliquais précédemment, l’Association

produit des spécifications permettant aux fabricants

de ces équipements d’intégrer KNX nativement.

Cela garantit l’interopérabilité et évite le recours à

des passerelles multiples, souvent coûteuses et complexes.

Nous avons déjà publié des spécifications en

ce sens, et les premiers retours du marché sont très

positifs. Par ailleurs, nous avons renforcé notre présence

à Bruxelles, au cœur du réacteur de l’Europe,

pour participer aux travaux réglementaires européens.

KNX était historiquement peu présent dans

ces instances, mais nous avons désormais un plan

d’action structuré, avec l’appui de spécialistes des

affaires publiques. Enfin, nous analysons un sujet

émergent : l’évolution des installations électriques

vers des architectures hybrides AC/DC. Il ne s’agit

pas encore d’une feuille de route, mais d’une analyse

prospective pour identifier dans quelle mesure

KNX pourra être la solution de gestion de ces architectures

électriques hybrides.

La cybersécurité devient un enjeu structurant.

En quoi KNX Secure constitue-t-il un avantage

concurrentiel ?

J.-C. C. – KNX Secure est la réponse à l’entrée en

vigueur du Cyber Resilience Act fin 2027. À partir

de janvier 2028, les produits non conformes

ne pourront plus être marqués « CE » et, donc,

commercialisés sur les nouvelles installations. Les

fabricants sont engagés dans une transformation

profonde de leurs gammes, car KNX Secure s’inscrit

dans une proposition de valeur globale fondée

sur la cybersécurité et la pérennité.

Vous avez évoqué en préambule l’importance

donnée à la simplicité. Quelles en sont les

raisons ?

J.-C. C. – La simplification répond directement à

notre objectif d’augmenter le taux de pénétration

de KNX dans les bâtiments. Plus une technologie

est simple à comprendre et à mettre en œuvre, plus

elle peut être déployée largement. Aujourd’hui, la

complexité perçue freine certains acteurs, notamment

les électriciens. Nous voulons donc élargir

l’écosystème en proposant des outils adaptés, tout

en maintenant un niveau d’expertise élevé pour les

intégrateurs. Un autre levier essentiel concerne le

temps de mise en œuvre. Dans un projet KNX, le

coût ne se limite pas au matériel, mais inclut aussi

le temps passé à configurer et maintenir une installation.

En réduisant ce temps, nous agissons

directement sur le coût global. Les évolutions

d’ETS vont dans ce sens, avec des gains de productivité

très importants. Certaines fonctionnalités

permettent déjà de réduire drastiquement le

nombre d’opérations manuelles, et les prochaines

versions intégreront des capacités d’intelligence

artificielle pour automatiser encore davantage certaines

tâches.

KNX s’inscrit dans un écosystème

de plus en plus ouvert. Quels sont les axes

de développement pour favoriser

l’interopérabilité avec Matter ?

J.-C. C. – Il faut d’abord clarifier les termes. Thread

est une technologie réseau IP, utilisée notamment

par Matter. KNX IoT repose lui aussi sur Thread,

dans sa version sans fil. KNX IoT over Thread permet

de s’affranchir des contraintes de fréquence de

KNX RF, limité à l’Europe, et d’ouvrir des perspectives

globales, notamment en Asie ou aux États-

Unis. Concernant Matter, il s’agit aujourd’hui d’un

standard orienté résidentiel et grand public. Son

ambition est de se développer dans le tertiaire,

mais cela prendra du temps. Du côté de KNX, des

solutions existent déjà pour intégrer des produits

Matter dans des installations KNX, notamment

via des passerelles ou des développements spécifiques

de certains fabricants. L’enjeu est de rester

ouvert, tout en capitalisant sur les forces de KNX,

notamment sa capacité de rétrocompatibilité :

une installation réalisée dans les années 1990

peut encore être maintenue aujourd’hui. Cette

promesse constitue un avantage majeur unique.

C’est cette notion que nous mettons désormais en

avant, sous l’idée de la « tranquillité d’esprit » : la

certitude qu’une installation KNX restera évolutive

et maintenable dans le temps.

j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 9


ACTUALITÉ

Tribune

Plus de 250 organisations alertent sur l’avenir

de l’Ademe

Par le biais d’une

tribune, plus de

250 associations et

personnalités du secteur

environnemental

s’inquiètent des

conséquences du projet

de loi « visant à renforcer

l’État local », dont une

version transmise au

Conseil d’État prévoit

une réorganisation de

l’Agence de la transition

écologique. En cause :

l’intégration des

directions régionales de

l’Ademe au sein des Dreal

(directions régionales

de l’environnement, de

l’aménagement et du

logement), placées sous

l’autorité des préfets,

ainsi que la possibilité

d’une mise à disposition

d’office des personnels

pour une durée de trois

ans renouvelable. Selon

les signataires de la

tribune, ces dispositions

conduiraient à la

disparition progressive

des directions régionales

de l’Ademe et à une

dilution de l’expertise

technique et scientifique

de l’agence dans des

structures administratives

ne disposant ni du même

savoir-faire ni du même

ancrage territorial.

Un tiers des effectifs

pourrait être concerné

par ces mutations

sans consentement.

Les auteurs défendent

un modèle qu’ils

jugent efficace et peu

coûteux. Créée en 1992,

l’Ademe accompagne

chaque année plus de

8 000 projets liés à la

transition écologique

dans les territoires, avec

2,8 milliards d’euros de

subventions mobilisés en

2025 pour les collectivités

et les entreprises.

Les projets soutenus

concernent notamment

la décarbonation

industrielle, les réseaux

de chaleur renouvelable,

la gestion des sites

pollués, le recyclage

ou encore les mobilités

décarbonées. La tribune

rappelle également

que le budget de

fonctionnement de

l’agence s’élève à

135 millions d’euros,

sur un budget total de

3,5 milliards d’euros

essentiellement consacrés

au financement des

projets. Les signataires

soulignent par ailleurs

qu’une mission de

l’Inspection générale

des finances menée

au printemps 2024

n’a formulé aucune

critique structurelle

sur le fonctionnement

de l’agence, évoquant

au contraire des

coûts maîtrisés et des

rémunérations inférieures

de 25 % à celles du secteur

privé. Dans un contexte

de réindustrialisation

et d’électrification des

usages, les signataires

estiment que le maintien

de l’implantation

régionale de l’Ademe

constitue un levier pour

poursuivre une transition

écologique articulant

enjeux environnementaux,

économiques et sociaux.

Ils demandent le retrait des

dispositions du projet de

loi relatives à l’intégration

des directions régionales

dans les Dreal et à la mise

à disposition d’office des

salariés.

Présidentielle 2027

Le pouvoir d’achat redéfinit les priorités énergétiques

un an de l’élection

À présidentielle

de 2027, une étude

Ifop réalisée pour le

groupe Hellio montre

que les préoccupations

énergétiques des

Français se concentrent

désormais avant tout

sur le pouvoir d’achat.

La lutte contre la

hausse des factures

d’énergie arrive en tête

des priorités pour 79 %

des répondants, soit

une augmentation de

13 points depuis 2022,

devant l’indépendance

énergétique (72 %) et la

sécurité nucléaire (67 %).

L’étude met en évidence

l’impact croissant des

dépenses énergétiques

sur les ménages :

45 % des Français

estiment qu’elles pèsent

lourdement sur leur

budget. Cette pression

conduit certains à

renoncer aux vacances

(27 %), à l’usage de

la voiture (15 %) ou

à certains achats

alimentaires (12 %). Plus

d’un Français sur deux

(57 %) déclare également

réduire son confort pour

limiter sa consommation

d’énergie. Dans ce

contexte, la rénovation

énergétique est perçue

comme un levier

majeur de réduction

des consommations :

83 % des répondants

la jugent prioritaire.

Toutefois, seuls 37 %

envisagent de réaliser

des travaux, un recul

de 6 points par rapport

à 2022. Le manque

d’accompagnement

apparaît comme un frein

important : 50 % jugent

les aides mal ciblées

et seulement 45 % se

sentent suffisamment

informés pour engager

des travaux. Enfin, les

tensions géopolitiques

renforcent les inquiétudes

liées à l’énergie pour

89 % des Français.

Dans ce contexte, le

nucléaire progresse

nettement dans l’opinion :

42 % le considèrent

comme l’énergie la

plus intéressante pour

l’avenir de la France,

soit 10 points de plus en

un an.

10 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


ACTUALITÉ

REP

Citeo Pro et ecosystem s’allient autour de la REP

des emballages professionnels

Citeo Pro et ecosystem

annoncent un

partenariat destiné

à accompagner les

acteurs des équipements

électriques, électroniques

et des batteries dans le

cadre de la future filière

REP (responsabilité

élargie du producteur)

des emballages

professionnels, qui

entrera en vigueur

le 1 er juillet prochain.

Cette coopération vise à

simplifier les démarches

de mise en conformité

des entreprises déjà

engagées dans plusieurs

filières de REP. Dans

une première étape,

ecosystem orientera

depuis son site ses

adhérents vers l’espace

client de Citeo Pro

afin de faciliter leur

adhésion à la nouvelle

filière des emballages

professionnels. À

terme, les deux écoorganismes

prévoient

d’intégrer un espace

dédié aux emballages

professionnels

directement dans

le portail adhérents

d’ecosystem. L’objectif

est de fluidifier

les démarches

administratives et

d’accompagner les

entreprises dans l’atteinte

de leurs objectifs

environnementaux

autour du couple

produit-emballage. Le

partenariat s’appuie

sur la complémentarité

des expertises des

deux structures :

ecosystem pour les

déchets d’équipements

électriques et

électroniques (DEEE)

et les batteries, et Citeo

Pro pour les emballages

professionnels. Les deux

partenaires souhaitent

ainsi développer des

synergies adaptées

aux spécificités des

secteurs concernés

afin d’optimiser la

gestion des déchets

d’emballages,

d’améliorer le tri

et d’accompagner

l’évolution des

pratiques. À travers

cette approche intégrée,

Citeo Pro et ecosystem

affichent l’ambition de

renforcer la performance

économique et

environnementale de

la filière en traitant de

manière transversale

les enjeux de réduction,

de réemploi et de

recyclage.

Digitalisation de l’industrie

Schneider Electric rejoint le Lighthouse OS du Forum

économique mondial

Schneider Electric

annonce son entrée

au Conseil consultatif du

système d’exploitation

Lighthouse (Lighthouse

OS) porté par le Forum

économique mondial.

Cette initiative

vise à accélérer la

transformation digitale

industrielle à l’échelle

mondiale en proposant

un cadre opérationnel

open source destiné aux

industriels. Développé

à partir des retours

d’expérience du Global

Lighthouse Network,

le Lighthouse OS

propose une feuille de

route structurée pour

aider les fabricants

à déployer à grande

échelle leurs projets

de transformation

numérique. Le modèle

repose sur six principes

opérationnels, parmi

lesquels la connectivité

des flux, la durabilité

intégrée ou encore

l’optimisation des

capacités numériques et

des données. Schneider

Electric apporte à cette

initiative son retour

d’expérience issu

de plus de vingt ans

de transformation

industrielle. Le groupe

indique avoir déployé

ces principes dans plus

de 120 usines et centres

logistiques intelligents.

© DR

Neuf de ses sites ont par

ailleurs été reconnus

comme « Lighthouse » par

le Forum économique

mondial. Selon les

partenaires du projet,

l’objectif est de permettre

aux industriels de

passer plus facilement

de projets pilotes isolés

à une transformation

opérationnelle à grande

échelle, en intégrant

innovation numérique,

automatisation,

durabilité et performance

industrielle dans une

approche unique.

j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 11


AGENDA

2 et 3 juin

2 et 3 juin

16 au 18 juin

17 juin

SEPEM BREST

Parc des expositions

Penfeld, Brest

Depuis près de 20 ans, les

salons SEPEM Industries

(Salon des équipements,

process et maintenance)

rassemblent les acteurs

de toutes les filières

industrielles pour favoriser

l’innovation, la durabilité et

la digitalisation. Avec plus

de 50 éditions organisées

dans 8 régions françaises

et une édition en Italie, ces

événements mettent en

valeur les savoir-faire locaux

tout en offrant des solutions

pertinentes sur les enjeux

du secteur.

www.sepem-industries.com

DRIVE TO ZERO

Paris Expo,

porte de Versailles

En 2026, Drive to Zero

revient avec une ambition

claire : faire du salon le lieu

où les solutions de mobilité

décarbonée s’inventent,

s’expérimentent et se

déploient à grande échelle.

Avec près de 150 exposants et

plus de 3 000 professionnels

rassemblés, l’événement

s’impose désormais comme le

salon européen de référence

pour l’innovation bas

carbone. Un circuit d’essai

intérieur/extérieur permet

d’expérimenter, en conditions

réelles, les véhicules et

technologies de demain.

https://event.drivetozero.fr

PRÉVENTICA

GRAND OUEST

Rennes Parc expo, Bruz

Depuis près de 25 ans,

Préventica est le lieu de

rencontre et d’inspiration

pour tous les acteurs de la

santé, la sécurité et la qualité

de vie au travail : dirigeants,

DRH, managers, services

généraux, production,

préventeurs... Une plateforme

de ressources en ligne

permet également chaque

mois à 100 000 utilisateurs

de bénéficier de conseils et

retours d’expériences, pour

la mise en œuvre de leurs

actions de prévention des

risques et de qualité de vie

au travail.

www.preventica.com

FESTIVAL PASSIBAT’

Cité Fertile, Pantin

Aujourd’hui en pleine

mutation, Passibat’ devient

le Festival Passibat’ : un

format plus convivial,

plus associatif, plus à

taille humaine. Avec son

congrès reconnu pour la

qualité de ses interventions,

l’événement attire chaque

année un public varié :

professionnels, maîtres

d’ouvrage, mais aussi

particuliers curieux de

découvrir une autre manière

de concevoir et construire

des bâtiments sobres,

performants et respectueux

de l’environnement.

https://www.passibat.fr

17 au 19 juin 1 er au 3 sept

15 au 17 sept 15 sept

JOURNÉES D’ÉTUDES

ET DE FORMATION IHF

Cité des Congrès,

Nantes

IHF organise chaque année

les journées nationales

d’études et de formation

des Ingénieurs Hospitaliers

de France, événement de

référence de l’ingénierie

hospitalière réunissant tous

les professionnels de ce

vaste secteur qui œuvrent

depuis les études préalables

jusqu’à la conception, la

construction, la rénovation,

la gestion et l’exploitation

des établissements

de santé. Cette année,

les 66 es Journées IHF auront

pour thème central la

conduite des grands projets

hospitaliers.

www.journees-ihf.com

SIBCA

Paris, Grand Palais

Le Sibca – Salon de

l'immobilier bas carbone –,

coorganisé par SIBCA

Events et l’association

BBCA, réunit tous les

acteurs clés engagés

dans le financement,

l’aménagement, la

conception, la construction

et la rénovation de

bâtiments, de quartiers

et de villes bas carbone.

Pour cette 5 e édition, le

salon est de retour au

Grand Palais, à Paris.

L’édition 2025 avait réuni

près de 13 000 visiteurs

et 200 exposants venus

présenter leurs innovations

pour décarboner

l’immobilier, la ville et les

territoires.

https://sibca.fr/fr

NRF RETAIL’S BIG

SHOW

Paris Expo,

porte de Versailles

NRF 2026 : Retail’s Big

Show Europe s’affirme

comme la pierre angulaire

du réseau mondial NRF.

Conçu en complément

des sommets phares de

New York et Singapour,

cet événement fédère un

écosystème sophistiqué et

interconnecté pour l’élite

internationale du retail. Ce

rendez-vous se veut être une

plateforme transfrontalière

de premier plan où

12 000 professionnels,

représentant 60 marchés

internationaux, convergent

pour recalibrer le paysage

du secteur à travers un

prisme européen unique.

www.nrfbigshoweurope.

com/fr-FR

ENERJ-MEETING LYON

Palais de la Bourse, Lyon

EnerJ-meeting célébrera

le 15 septembre 2026

à Lyon la Journée de

l'efficacité énergétique

et environnementale

du bâtiment autour des

enjeux stratégiques

pour transformer le

bâtiment vers plus de

sobriété, d'efficacité, de

décarbonation, d'adaptation

et de désirabilité. Dans un

contexte de mutation d’un

bâtiment élargi et connecté,

l’événement rassemblera

2 000 décideurs clés maîtres

d’ouvrage et maîtres

d’œuvre.

lyon.enerj-meeting.com/

12 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


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DÉVELOPPEMENT

Propos recueillis

par Alexandre Arène

Benoît Ribault

Directeur projets innovation,

services & ESG chez Rexel France

© DR

Face à l’absence de référentiel partagé pour mesurer l’empreinte carbone des équipements

électriques reconditionnés, Rexel a initié une démarche collective visant à combler ce vide

méthodologique. En s’appuyant sur les données existantes du programme PEP ecopassport

et sur une approche volontairement simplifiée, le livre blanc Calcul simplifié de l’empreinte

carbone des produits reconditionnés propose un cadre opérationnel pour estimer, de façon

rapide et homogène, l’impact environnemental du reconditionné. Benoît Ribault, directeur

projets innovation, services & ESG chez Rexel France, revient sur la genèse de cette initiative,

ses principes méthodologiques et son rôle dans l’accélération de l’économie circulaire.

Dans quel contexte sont nés le livre blanc

et la démarche collective qui l’accompagne ?

Benoît Ribault – Cette démarche est née d’un double constat.

D’un côté, nous avons accéléré la vente de produits reconditionnés

chez Rexel. De l’autre, nos clients nous demandaient

des bilans carbone, notamment via notre outil Carbon Tracker.

Nous étions convaincus que le reconditionné avait un

impact positif, mais incapables de le prouver ou de le valoriser

de manière fiable dans un reporting environnemental.

Il n’existait pas de référentiel commun. Le programme

PEP ecopassport, qui fait référence en analyse de cycle de

vie, ne proposait pas encore de cadre pour le reconditionné.

Il y avait des initiatives isolées, mais rien d’unifié. Face à ce

vide, nous avons réuni différents acteurs, industriels, experts

ACV, éco-organismes, pour

construire une méthodologie

commune. Notre objectif était

de créer une base de calcul partagée,

crédible et exploitable

par tous. Une première version

a été présentée lors de Rexel

Expo 2025, puis enrichie avec

de nouveaux partenaires,

notamment la fédération

IGNES. Nous avons ensuite

consolidé une deuxième

version, présentée récemment

à ChangeNOW, avec

l’ambition d’élargir encore

le périmètre et d’industrialiser

la démarche.

En quoi votre approche se distingue-t-elle

des méthodes existantes, notamment celles basées

sur les PEP ecopassport ?

B. R. - Il n’y a aucune volonté de se substituer au PEP, bien au

contraire. Nous sommes dans une logique de complémentarité.

Aujourd’hui, on dispose de plusieurs niveaux de données

environnementales : le PEP, très précis mais encore peu généralisé

; les données par défaut de l’Ademe ; et des approches

plus simplifiées. Notre méthodologie occupe cet espace

intermédiaire. Le PEP reconditionné va être publié prochainement,

mais il faudra du temps pour que les fabricants s’en

emparent et produisent des données à grande échelle. Nous

proposons donc une méthode simplifiée, immédiatement

opérationnelle, qui s’appuie sur les PEP existants des produits

neufs. Elle permet de répondre à des besoins concrets, pour

valoriser l’impact d’un chantier ou d’un panier de commande.

En revanche, si un PEP reconditionné existe pour un produit

donné, c’est bien cette méthodologie qui primera. Notre

approche est une solution pragmatique pour démarrer rapidement,

avec un bon niveau de cohérence et un coût limité.

Elle repose sur une autodéclaration de type 2, conforme à la

norme ISO 14021, donc exploitable par les clients, même si

elle n’a pas le niveau de certification d’un PEP complet.

Concrètement, comment calculez-vous l’impact

d’un produit reconditionné ?

B. R. – Nous partons du PEP du produit neuf, en nous concentrant

sur les deux phases les plus impactantes : la fabrication et

l’usage. La méthodologie repose sur trois niveaux de reconditionnement.

Le niveau 1 correspond à un simple nettoyage,

test et reconditionnement sans remplacement de composants.

14 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


DÉVELOPPEMENT

Propos recueillis

par Alexandre Arène

© Rexel

Présentation du livre blanc lors de l'événement ChangeNOW au Grand Palais à Paris.

On applique alors une fraction de 10 à 30 % de l’impact de

fabrication du produit neuf. Le niveau 2 intègre le remplacement

de composants mineurs, avec un impact situé entre 35 et

55 % de l’impact de la fabrication du produit neuf. Le niveau 3

concerne des remplacements plus lourds, par exemple des

batteries, des ventilateurs…, et peut atteindre jusqu’à 70 %.

Prenons un exemple : un onduleur dont la fabrication initiale

représente 1 500 kg de CO₂. En reconditionnement niveau 1,

l’impact descend à environ 255 kg ; niveau 2, à 525 kg ; niveau 3,

à environ 1 050 kg. On voit bien le gain, mais aussi la limite, car

plus le nombre de composants remplacés est important, plus

on se rapproche de l’impact du neuf.

À un certain point, le reconditionnement

perd son intérêt environnemental.

Cette approche a été définie

collectivement avec les fabricants,

sur la base de données statistiques.

Elle est volontairement simplifiée,

standardisée et majorante. Nous

préférons surestimer légèrement

l’impact plutôt que de le minimiser.

L’objectif est d’obtenir une valeur robuste, comparable et rapidement

mobilisable.

En quoi cette méthodologie peut-elle accélérer

le développement du reconditionné ?

B. R. – Elle répond à une attente très concrète du marché.

Aujourd’hui, les acteurs, publics comme privés, ont besoin de

données pour arbitrer. Sans indicateur de l’impact carbone,

impossible de valoriser le reconditionné dans un appel d’offres.

Avec cette méthodologie, on peut produire une estimation en

24 à 48 heures, là où un PEP complet demande du temps et

des investissements importants. Dès cette année, nous serons

en mesure d’intégrer ces données dans les réponses aux appels

d’offres et les marchés publics. Autre avantage, l’uniformisation.

Tous les fabricants peuvent s’appuyer sur la même méthode, ce

‘‘

Plus le nombre de composants

remplacés est important, plus

on se rapproche de l’impact

du neuf. À un certain point, le

reconditionnement perd son intérêt

environnemental.

qui crée un langage commun et facilite l’adoption. Enfin, cette

démarche redonne de la valeur à la donnée environnementale.

Elle ne représente plus une contrainte réglementaire, mais

devient un argument commercial et stratégique. Chez Rexel,

nous l’intégrons directement dans nos outils, comme le Carbon

Tracker, via des formats de données standardisés.

Le marché suit-il cette dynamique ?

B. R. – En 2025, nous avons réalisé 4 millions d’euros de ventes

de produits reconditionnés. Nous anticipons un doublement,

voire un triplement cette année. Mais au-delà des volumes, c’est

toute une filière qui se structure. On

parle désormais de collecte, de tri, de

stockage, de reconditionnement, de

distribution. De nouveaux métiers

émergent, et l’équilibre de cette économie

repose sur la coordination de

tous les acteurs. Rexel se positionne

comme un tiers de confiance, un

agrégateur à la fois de produits et de

données. Notre rôle est de fédérer

l’écosystème et d’accélérer cette montée en puissance. C’est un

’’

enjeu de marché, mais aussi un engagement environnemental

fort pour nous.

Quelles sont les prochaines étapes ?

B. R. – Nous allons élargir le cercle des partenaires, intégrer

de nouvelles catégories de produits et finaliser une version

publique du livre blanc. L’enjeu est de passer à l’échelle, en

rendant la méthodologie pleinement opérationnelle et en

favorisant l’adoption par le plus grand nombre. En parallèle,

nous continuons à porter le sujet dans différents écosystèmes,

que ce soit chez les industriels, les institutionnels ou

les scientifiques, pour renforcer la légitimité et l’impact de la

démarche. L’objectif final est clair : faire du reconditionné un

levier de performance environnementale.

j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 15


DÉVELOPPEMENT

Propos recueillis

par Alexandre Arène

Jean-Michel Lagarde,

directeur général de Meljac

© DR

Marie-Line David,

directrice déléguée de FD Éclairage

Meljac renforce son expertise

avec le rachat de FD Éclairage

Meljac franchit une nouvelle étape en rachetant FD Éclairage-Le spot français. Finalisée le

1 er juillet 2025, cette opération illustre la volonté du fabricant d’enrichir son offre en intégrant

une expertise de l’éclairage, tout en soutenant un savoir-faire industriel français. Depuis plus de

40 ans, FD Éclairage conçoit et fabrique des spots reconnus pour leur fiabilité et leur durabilité,

notamment grâce à une approche technique responsable fondée sur le câblage en série.

Quels sont les facteurs qui ont motivé le rachat

de FD Éclairage-Le spot français par Meljac ?

Jean-Michel Lagarde – C’est d’abord une rencontre humaine.

Marie-Line David est venue vers nous dans un contexte d’évolution

capitalistique, et nous avons immédiatement identifié

des valeurs communes : culture familiale, fabrication française,

innovation. Meljac souhaitait renforcer son expertise dans la

lumière, devenue centrale, tandis que FD Éclairage apportait

un savoir-faire technique très abouti. Il y avait aussi la volonté

de préserver un acteur français du spot. L’intérêt est double, car

FD nous apporte cette expertise lumière, et nous pouvons les

accompagner vers des marchés plus haut de gamme, grâce à

notre positionnement et à notre maîtrise des finitions.

Marie-Line David – Nous avions la volonté de trouver un partenaire

en phase avec notre ADN. FD Éclairage est une entreprise

très technique, avec une forte culture de l’innovation et

plus de 30 brevets à son actif, mais limitée dans ses moyens

pour franchir un cap. Ce rapprochement permet d’envisager

un développement cohérent, sans renier notre identité.

Comment la complémentarité de vos savoir-faire

va-t-elle se traduire dans les futures offres et innovations

proposées par Meljac ?

Jean-Michel Lagarde – Elle se traduit d’abord par une meilleure

intégration de l’éclairage dans nos produits. Nous travaillons déjà

sur des liseuses nouvelle génération, avec des optiques développées

par FD, offrant une qualité de lumière supérieure. Nous

allons aussi revisiter l’ensemble de notre offre d’éclairage intégré,

qui comprend des solutions de balisage, de rétroéclairage, et des

têtes de lits, avec une approche toujours centrée sur l’intégration.

Marie-Line David – Cette collaboration nous permet d’aller

plus loin techniquement. L’accès à des marchés plus haut de

gamme rend possible l’intégration de composants ou d’optiques

fabriqués en France dans les produits Meljac. Cela se

traduira par de nouveaux produits dans le catalogue Meljac et

celui de FD, qui nous permettront de monter en gamme du

point de vue technique et esthétique.

Quels leviers concrets vont permettre à FD Éclairage

d’accélérer sa montée en gamme grâce aux moyens

apportés par Meljac ?

Jean-Michel Lagarde – Le premier levier est industriel, car

notre appareil productif permet de lancer plus facilement de

nouveaux produits et d’apporter de la souplesse à FD. Le deuxième

levier est le design : les spots FD seront habillés avec des

finitions Meljac pour un rendu plus haut de gamme, combinant

esthétique et performance. Enfin, notre réseau de prescription

va offrir à FD un accès à de nouveaux projets.

Marie-Line David – L’enjeu est aussi de sortir de notre niche.

Nos produits sont reconnus pour leur robustesse, leur réparabilité

et leur durabilité, mais nous manquions de moyens pour

structurer notre développement. Le soutien de Meljac va nous

permettre d’aller plus loin tout en restant fidèles à notre approche.

Quels sont les prochains jalons ?

Jean-Michel Lagarde – À court terme, nous sommes dans

une phase opérationnelle : revue du catalogue FD, développement

de nouvelles versions et intégration progressive

dans notre offre. Nous allons nous concentrer sur les produits

phares, liseuses chez Meljac, spots chez FD, pour créer

rapidement des synergies visibles. À moyen terme, l’enjeu est

aussi commercial, en France comme à l’international, en s’appuyant

sur la notoriété de Meljac.

Marie-Line David – L’objectif pour nous est d’accélérer le

développement produits et de structurer notre croissance.

Nous allons continuer à innover dans un cadre plus solide.

FD Éclairage conserve son identité, avec l’ambition de grandir

grâce aux synergies créées par ce rapprochement.

16 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


Filière 3e

LE MÉDIA B2B de la filière

électrique, de l’efficacité énergétique

et de l’illumination des bâtiments

résidentiels, tertiaires, industriels

et collectifs.

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ

ÉNERGÉTIQUE ET

ENVIRONNEMENTALE

TOUTE L’ACTUALITÉ

DE L’INTÉGRATION DOMOTIQUE

ET INSTALLATION ÉLECTRIQUE

DANS L’HABITAT RÉSIDENTIEL

ET COLLECTIF

TOUTES LES LUMIÈRES

INTÉRIEURES, EXTÉRIEURES

ET ARCHITECTURALES

Le courant passe entre nous depuis 76 ans

LA REVUE DES INTÉGRATEURS DOMOTIQUES ET INSTALLATEURS ÉLECTRIQUES EN PETIT TERTIAIRE, RÉSIDENTIEL ET COLLECTIF

SMARTHOME

ÉVÈNEMENTS

Retour sur le CES 2026 :

la maison autonome se construit

dès aujourd’hui

ISE 2026 : un salon qui parle

de plus en plus aux électriciens

Milwaukee à Rome : puissance,

numérique et solutions métier

pour les électriciens

Lumières

N° 54 - MARS 2026

ENTRETIEN

Xavier BOYMOND, photographe

© Photo : Aquarium de la Rochelle (2008) - Xavier Boymond

DOSSIERS

Matter en habitat et petit

tertiaire : quelle place pour les

pros entre KNX, Thread et le

nouveau standard universel ?

NF C 15-100 : une mise à jour

pour répondre aux nouveaux

usages électriques

ÉLECTRIFICATION

GARDER LE 8CAP

numéros

/an

+220 000

BACS Flex Ready

Autoconsommation

Consommer au bon moment Les solutions

lecteurs

pour des installations

et anticiper les nouveaux photovoltaïques productives,

usages électriques

durables et évolutives

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE WWW.FILIERE-3E.FR 926

ISSN 0758-3826 / MAI 2026

INTERVIEWS

Aurélien Hillairet-Falzon -

Collège Intégrateurs KNX

France

Erwan Emery - WAGO

Dominik Naumann - Wiha

Retrouvez la version ebook sur www.filiere-3e.fr

Une publication de 3e Médias

4 numéros

/an

+120 000

lecteurs

ISSN : 2297-098X ELECTRICIEN+ N. 102 - MARS 2026

DOSSIER

+100 000

lecteurs

LUMIÈRES N° 36 - OCTOBRE 2021 - 1

Éclairage des musées

4 numéros

/an

ENERGY MANAGERS, BET

ET DE CONTRÔLES, MAITRES

D’OUVRAGES, EXPLOITANTS

ET SERVICES DE MAINTENANCE,

ENTREPRISES D’INSTALLATION

ÉLECTRIQUE, CONSTRUCTEURS

ET DISTRIBUTEURS

ARTISANS INSTALLATEURS,

INTÉGRATEURS, BET

ET ARCHITECTES

CONCEPTEURS LUMIÈRE,

ARCHITECTES, COLLECTIVITÉS,

BET, INSTALLATEURS

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Actus quotidiennes et l’ensemble

des articles de nos revues.

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ANALYSE

© DR

Transition énergétique : le vrai

défi n’est pas l’ambition, mais

la capacité du système à suivre

Par Jean-Sébastien Pelland, directeur exécutif, Eland Cables

La nouvelle loi énergie, adoptée en février, revoit à

la baisse les objectifs de développement du solaire

et de l’éolien pour 2035. Le gouvernement justifie ce

choix par les limites actuelles du réseau électrique

et les délais de raccordement. Le constat est juste :

le système n’est pas prêt à absorber la croissance

attendue. Mais en conclure qu’il faudrait ralentir les

renouvelables revient à prendre le problème à l’envers.

La véritable question n’est pas la hauteur des objectifs, mais la capacité du

pays à lever les obstacles qui empêchent aujourd’hui leur déploiement.

Partout en France, le même phénomène

se répète. Des postes

sources saturés, des files d’attente

qui s’étendent, des congestions

régionales persistantes et des projets

dont la mise en service glisse faute

d’infrastructures disponibles. RTE le

souligne régulièrement : construire ou

renforcer une ligne électrique prend

bien plus de temps que de développer

une centrale photovoltaïque ou un

parc éolien. Cette asymétrie explique

en grande partie les retards que l’on

observe.

Dans ce contexte, abaisser les ambitions

revient à s’attaquer aux effets plus

qu’aux causes. Cela fragilise également

une filière capable d’apporter rapidement

des capacités compétitives, d’accélérer

la décarbonation et de soutenir

l’attractivité industrielle des territoires.

Les freins qui ralentissent le déploiement

ne relèvent pas de débats théoriques.

Ils sont concrets, quotidiens,

et largement identifiés par les professionnels

du secteur. Le réseau manque

de capacité là où les projets émergent.

L’industrialisation des postes et des liaisons

électriques n’avance pas au rythme

nécessaire. Les procédures administratives

manquent de lisibilité, ce qui complique

la planification pour les déve-

loppeurs comme pour les collectivités.

À cela s’ajoutent des contraintes matérielles

dont on parle encore trop peu.

La transition énergétique dépend de

chaînes d’approvisionnement mondiales

en équipements clés : câbles,

transformateurs, composants de puissance,

cuivre, aluminium. La demande

internationale progresse rapidement, et

le moindre retard d’approvisionnement

peut ralentir l’ensemble d’un chantier.

Ces réalités techniques devraient

être pleinement intégrées à la stratégie

nationale, car ce sont elles qui déterminent

la vitesse véritable de la transition.

Le besoin d’une vision d’ensemble

Pour gagner en efficacité, la France doit

cesser de penser le développement des

renouvelables comme une addition de

projets dispersés. Il s’agit d’un chantier

d’infrastructure à l’échelle du pays.

Cela implique d’anticiper les corridors

de capacité, de planifier les postes

sources plusieurs années à l’avance,

d’harmoniser les procédures et de simplifier

les étapes qui peuvent l’être sans

réduire les exigences environnementales.

Cela signifie aussi sécuriser les

approvisionnements en équipements

et en matériaux critiques afin de rendre

les calendriers réellement tenables.

De leur côté, les industriels sont prêts

à s’engager davantage : investir, renforcer

leurs chaînes logistiques, moderniser

leurs capacités de production. Mais

ces engagements nécessitent un cadre

stable et aligné avec les ambitions affichées.

Le débat ne doit pas opposer technologies

ou modèles. Le nucléaire restera

un pilier essentiel du mix français. Toutefois,

les capacités supplémentaires

dont le pays aura besoin au cours des

dix prochaines années viendront principalement

des renouvelables, qui sont

aujourd’hui les seules solutions rapidement

déployables à grande échelle.

La crédibilité de la trajectoire française

dépend donc de sa capacité à raccorder,

transporter et intégrer ces nouvelles

productions. Chaque poste source livré

à temps, chaque raccordement accéléré

et chaque procédure simplifiée se traduit

immédiatement par des mégawattheures

bas carbone supplémentaires.

Ralentir reviendrait à prendre du retard

alors même que les solutions existent.

Agir sur l’infrastructure, en revanche,

permet de remettre la transition sur

une trajectoire à la fois ambitieuse, réaliste

et compatible avec l’urgence climatique.

18 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


LUTTER CONTRE

LES INÉGALITÉS D’ACCÈS

À L’ÉLECTRICITÉ

ET À L’EAU

Electriciens sans frontières, ONG de solidarité

internationale, lutte contre les inégalités d’accès

à l’électricité et à l’eau dans le monde. Grâce à

l’implication de près de 1 200 bénévoles, au soutien

de nombreuses entreprises et collectivités françaises

et à nos partenariats avec des acteurs locaux, nous

favorisons le développement économique et humain

en utilisant les énergies renouvelables.

Chiffres clés

Nos raisons d’agir

675 millions

de personnes n’ont pas accès

à l’électricité dans le monde

2,2 milliards

de personnes n’ont toujours

pas accès à l’eau potable

Les impacts de notre action

Chaque mission menée par Electriciens sans frontières a vocation

à apporter un bénéfice direct et pérenne aux populations dans l’un

des domaines suivants :

Près de 1 200 bénévoles

dans 14 délégations

régionales

1 réseau international

Allemagne, Espagne, Italie,

Suisse, Amérique du Nord

Éducation Santé Eau de qualité

Vie sociale

et sécurité

Formation

Sécurité

alimentaire

1 projet sur 2

permet l’accès

à une eau de qualité

et à un assainissement adéquat

90 % de nos projets

utilisent des énergies

renouvelables de manière

totale ou partielle

Développement

économique

Dérèglement

climatique

Je soutiens

Electriciens sans frontières

Je fais un don

par chèque

À l’ordre

d’Electriciens sans frontières

et l’envoie au 59, avenue

de la République 93170 Bagnolet

Je donne

en ligne

Electriciens sans frontières

59, avenue de la République – 93170 Bagnolet – 01 84 21 10 40

contact@electriciens-sans-frontieres.org

www.electriciens-sans-frontieres.org

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LES DOSSIERS

DU MOIS

32

AUTO-

CONSOMMATION

Les solutions pour des

installations photovoltaïques

productives, durables

et évolutives

21

BACS FLEX

READY

© Florian Delée sur Unsplash

© Systèmes Solaires & Groupe OMERIN

20 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


LES DOSSIERS DU MOIS

Consommer au bon moment

et anticiper les nouveaux

usages électriques

Les bâtiments équipés de système de pilotage BACS conforme « Flex Ready »

sont pour les gestionnaires de bâtiments la clé de voûte du combo gagnant :

intégration des nouveaux usages électriques (PAC, IRVE), sobriété et

flexibilité énergétique. Ils ouvrent ainsi la voie à de nouveaux modèles

de rémunération pour les responsables immobiliers. Dans ce dossier,

J3e décrypte le rôle des BACS Flex Ready comme levier de performance

énergétique et économique.

Selon RTE, la flexibilité se définit comme

la capacité d’un moyen de production, de

consommation ou de stockage à moduler

à la hausse ou à la baisse son injection ou son

soutirage sur le réseau. Par ailleurs, le bâtiment

tertiaire joue un rôle majeur dans les appels de

puissance en période de pointe – mais représente

aussi un gisement de capacité de flexibilité –, car

certains de ses usages majeurs (chauffage, ventilation,

climatisation…) peuvent être facilement

effacés ou décalés.

Cette capacité du bâtiment tertiaire est un levier

clé du plan national d’électrification des bâtiments

qui vise notamment, d’ici 2030, à installer

un million de pompes à chaleur par an et

400 000 bornes de recharge pour véhicules électriques.

« Face à cette transition attendue du bâtiment vers

l’électrique, le pilotage énergétique s’impose comme

un allié essentiel. Les systèmes de gestion technique

du bâtiment (BACS), en intégrant les fonctionnalités

“Flex Ready”, offrent aux gestionnaires un

levier concret pour optimiser les usages énergétiques,

en maîtriser les coûts et renforcer la soutenabilité

économique de leurs investissements »,

souligne Delphine Eyraud Galant, déléguée Bâtiments

au sein du Gimelec.

« La création de la marque Flex Ready et de son

référentiel constitue un outil de standardisation

nécessaire pour transformer la flexibilité énergétique

en un “réflexe opérationnel” dans le bâtiment

tertiaire, en France et en Europe », introduit Guillaume

Cayeux, directeur relations industrielles &

territoires chez Schneider Electric France.

Avec un objectif premier de lever les barrières

BACS Flex Ready

techniques liées à la multiplicité des protocoles

propriétaires, Flex Ready a permis de :

- standardiser les interfaces techniques et les données

échangées entre les acteurs du bâtiment et

les acteurs du système électrique (fournisseurs,

agrégateurs, réseaux) ;

- garantir l’interopérabilité via des API standardisées,

permettant au bâtiment de recevoir des

signaux de prix ou de tension réseau et de choisir

d’y répondre automatiquement.

« Cette année, la France passera à un déploiement

massif du standard, en s’appuyant sur les flexibilités

prévues par la PPE 3 et sur la tarification dynamique.

À horizon 2030, l’objectif est d’atteindre

100 000 bâtiments tertiaires pilotés, permettant de

mobiliser plus de 6 GW de flexibilité lors des pics

de consommation ou des alertes EcoWatt », complète

l’expert de Schneider Electric.

...

Objectif visé en

filière : 100 000

bâtiments pilotés et

Flex Ready en 2030.

© Gimelec

j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 21

. . . . . . . . .


. . . . . . . .

© DR

© DR

Delphine Eyraud

Galant, déléguée

Bâtiments du Gimelec.

Cédric Peltier, délégué

général de Think

Smartgrids.

...

22 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

BACS Flex Ready

Delphine Eyraud Galant rappelle que ce référentiel

est porté par RTE, Enedis, le Gimelec

et Think Smartgrids, ce dernier en assurant la

propriété et l’animation. « Et au-delà du mode

de communication standardisé entre les acteurs

pour mettre en œuvre la flexibilité, la fonctionnalité

Flex Ready est aussi, pour les gestionnaires

de bâtiments tertiaires, une option gagnante pour

profiter d’incitations tarifaires à consommer au

bon moment. La marque permet d’identifier les

systèmes de pilotage ayant cette fonctionnalité »,

ajoute l’experte.

RTE, Enedis, Gimelec, Ignes, Think Smartgrids,

la SBA et Actee (FNCCR) publient le baromètre

annuel des flexibilités. Ce baromètre suit chaque

année l’évolution des flexibilités de consommation

pour optimiser le système électrique et

évaluer les prérequis techniques et économiques

nécessaires à leur généralisation. L’édition 2026

est parue le 16 avril dernier.

« La technologie est désormais mature et évolue

pour répondre aux besoins du marché, mais le

vrai défi reste humain et organisationnel. Pour

y faire face, la filière a donc développé un cadre

de référence technique et organisationnel complet

(cahiers des charges et standard d’échanges,

référentiels de commissionnement, cybersécurité,

etc.), servant à la fois d’outil opérationnel pour les

acteurs de l’immobilier et de support de formation

pour monter en compétences, souligne Delphine

Eyraud Galant, du Gimelec. C’est une formidable

boîte à outils à copier/coller sur le terrain, portée

en filière au bénéfice des acteurs de l’immobilier.

Tous ces référentiels sont par ailleurs des outils

pour soutenir la montée en compétences de tous les

acteurs impliqués. »

Pour généraliser la mise en conformité des bâtiments

et l’adoption du Flex Ready, le Gimelec et

ses partenaires demandent le soutien d’un grand

programme CEE (certificats d’économies d’énergie)

dédié.

Un référentiel qui accompagne la montée

en compétence de la filière

« Ce standard facilite la génération de nouveaux

gains économiques liés à la flexibilité pour l’ensemble

de la chaîne de valeur du bâtiment – des

industriels aux utilisateurs –, tout en contribuant

à l’équilibre du réseau électrique, explique Cédric

Peltier, délégué général de l’association Think

Smartgrids. Il permettra aux fabricants de matériel

et de logiciels de proposer des solutions compatibles

et pérennes avec les différents acteurs de

la flexibilité sur le marché, et aux installateurs et

gestionnaires de bâtiments de ne plus avoir à s’intégrer

dans des protocoles propriétaires. Pour les

opérateurs d’effacement, la conformité Flex Ready

garantit une réponse fiable et sécurisée des bâti-

ments aux appels de flexibilité, tout en réduisant

les coûts d’intégration technique et en facilitant

le passage à l’échelle grâce à un parc de matériel

compatible beaucoup plus large. Quant aux fournisseurs

d’énergie, le standard leur offre une interface

commune pour diffuser des signaux tarifaires,

mieux engager les clients dans une consommation

optimisée et proposer de nouveaux services »,

ajoute l’expert de Think SmartGrid.

Pour les utilisateurs et les gestionnaires de bâtiments,

les pilotes, tant publics que privés, ont

tous démontré des bénéfices économiques tangibles,

tout en maintenant un bon niveau de

confort et d’usages.

« Grâce à sa conformité avec les normes européennes

de communication, le référentiel permet

également d’assurer une utilisation au-delà du

périmètre France. Enfin, dans le courant de l’année,

un processus d’attribution de la marque Flex

Ready au travers d’un processus d’approbation sera

mis en place pour les solutions des offreurs tant

hardware que logicielles », complète l’expert de

Think Smartgrids.

La flexibilité tertiaire et sa valorisation

Pour les gestionnaires de bâtiments, l’un des

bénéfices immédiats est la capacité du système à

minimiser la facture d’électricité en automatisant

les décalages de consommation.

« Au-delà de la flexibilité implicite – heure pleine,

heure creuse – proposée par un BACS que l’on

pourrait qualifier de “classique”, le BACS Flex

Ready va permettre de recevoir et d’interpréter

des signaux tarifaires complexes (comme les offres

“Bloc + Spot”) pour programmer les appareils et

usages en fonction des différences de prix au cours

de la journée », détaille Guillaume Cayeux, de

Schneider Electric.

La flexibilité offre un second avantage économique

: en lissant la consommation, elle permet

de maintenir la puissance souscrite du bâtiment

et d’éviter des travaux coûteux pour renforcer le

réseau, surtout avec l’essor des usages électriques

(bornes de recharge, pompes à chaleur, etc.).

« En consommant lorsque l’électricité est abondante

et décarbonée, le bâtiment aide ainsi à réduire

l’écrêtement des énergies renouvelables – ou cloche

solaire – en journée et à limiter le recours aux centrales

thermiques carbonées lors des pointes », note

l’expert de Schneider.

Le référentiel ne se limite pas à l’effacement ponctuel

de crise et peut être valorisé avec trois types

de flexibilités complémentaires :

La flexibilité structurelle et régulière ou flexibilité

implicite : il s’agit d’une programmation

fixe visant à optimiser la facture au quotidien

en décalant les usages (chauffage, eau chaude,

recharge VE) vers les heures creuses. L’objectif est

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j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 23


. . . . . . . .

© Schneider Electric

Guillaume

Cayeux, directeur

relations industrielles,

Schneider Electric

France.

Les interfaces du

système BACS dans le

cadre de la flexibilité.

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24 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

BACS Flex Ready

de transformer la courbe de charge de manière

durable.

La flexibilité dynamique et continue ou flexibilité

explicite : elle permet d’ajuster plus finement la

consommation en fonction de signaux de prix ou

de besoins réseau reçus via API, avec un préavis

allant de quelques jours à une heure. Le client

signe alors un contrat avec un opérateur d’effacement

ou agrégateur, qui vend ses capacités agrégées

de modulation sur les marchés de l’énergie

ou via le mécanisme de capacité de RTE.

Le passage de NEBEF à NEBCO : un changement

majeur est intervenu en septembre 2025 avec le

mécanisme NEBCO (notification d’échanges

de blocs de consommation), qui remplace le

concept historique d’effacement (NEBEF) par

celui de décalage de consommation. Cela permet

aux agrégateurs de valoriser non seulement une

baisse de consommation, mais aussi une hausse

(en report ou anticipation), rendant la modulation

plus dynamique.

« Il existe ainsi des modèles de partage de valeur où

l’agrégateur capte la valeur sur les marchés d’énergie

et la redistribue selon un pourcentage négocié

© Gimelec

* Volet cybersécurité du référentiel Flex Ready.

aux parties prenantes du bâtiment : propriétaire,

prestataire de maintenance ou locataire », ajoute

Guillaume Cayeux.

Cybersécurité, une priorité pour le bâtiment

BACS Flex Ready

Fin d’année dernière, le référentiel Flex Ready a

franchi une nouvelle étape avec la mise à disposition

de contenus dédiés à la cybersécurité.

L’objectif est d’être ainsi prêts à contribuer à la

flexibilité énergétique, mais également de donner

au smart building les moyens de protection des

données et usages face aux menaces numériques.

« La connexion du bâtiment vers l’extérieur via

internet oblige à faire de la cybersécurité une priorité,

et c’est pour cela que le référentiel impose l’intégration

d’un socle de cybersécurité de référence*,

élaboré en collaboration avec l’ANSSI. Le référentiel

inclut notamment des mesures comme l’authentification

(OAuth 2.0), le chiffrement des flux

(TLS) et la validation des entrées/sorties via API.

Pour être labélisé Flex Ready, un système doit donc

prouver sa robustesse face aux menaces numériques,

garantissant que les ordres de flexibilité ne

...


LES DOSSIERS DU MOIS

BACS Flex Ready

Retour d’expérience sur le projet pilote de flexibilité

électrique de bâtiments tertiaires avec Morbihan Énergies

« Le projet pilote Flex Ready s’inscrit

dans une démarche globale visant à

offrir aux communes et EPCI membres,

notamment en association avec le

groupement d’achats d’électricité

coordonné par Morbihan Énergies, des

services innovants pour les accompagner

sur la performance énergétique et la

maîtrise des dépenses tout en préservant

la logique de service au citoyen, que

ce soit pour la rénovation de l’éclairage

public, celle des bâtiments, l’intégration

des énergies renouvelables et la flexibilité

électrique », introduit Charlotte Bervas,

DGA de Morbihan Énergies.

« Le projet a d’abord ciblé le pilotage de

l’éclairage public, avec la rénovation des

installations existantes, le déploiement

de 1 500 horloges connectées et le

pré-équipement de 50 000 points

lumineux. Au-delà des économies liées

à la rénovation ou la préservation de la

biodiversité, ce dispositif permettrait un

potentiel d’effacement agrégé de 0,5 à

1 MW sur l’éclairage public en lien avec

des dispositifs de type EcoWatt », précise

Charlotte Bervas.

En parallèle, ces équipements permettent

d’offrir de nouveaux services au citoyen

afin de ne pas opposer des logiques de

sécurité à des logiques économiques

ou environnementales. « Un système

d’éclairage à la demande est testé : via

une appli avec QR code, les habitants

peuvent réactiver localement l’éclairage

public quand celui-ci est éteint en soirée

sur leur zone (par exemple : sorties de

salles de sport ou de crêperies). Une

quinzaine de sites sont déjà équipés »,

souligne Charlotte Bervas.

« Pour massifier la flexibilité

dans le tertiaire, un programme

d’instrumentation des bâtiments a été

Charlotte Bervas, DGA de Morbihan

Énergies.

Schéma du pilotage des actions et services de Morbihan Énergies à destination de ses membres.

lancé auprès des adhérents, incluant

l’installation de solutions de mesure et

de suivi des consommations par usage,

la captation des données d’ambiance

et de qualité de l’air intérieur (QAI),

ainsi qu’un pilotage à distance des

équipements via des régulations CVC

communicantes », explique Édouard

Cereuil, chef de mission stratégie

innovation chez Morbihan Énergies.

Ce programme, porté par Morbihan

Énergies, a été en cofinancé par le

programme ACTEE et Territoires

d’innovation, ce qui a permis d’engager

une prise de confiance avec le

financement d’un premier bâtiment par

commune. « Avec, actuellement, près

de 70 bâtiments équipés en 2026 et 150

fin 2027, pour un potentiel d’effacement

diffus de 1 à 2 MW sur l’ensemble »,

poursuit l’expert de Morbihan Énergies.

Le déploiement de la flexibilité diffuse

à grande échelle sera possible grâce

au standard Flex Ready. Son usage

a été testé et validé sur le siège de

Morbihan Énergies « Kergrid », via des

échanges entre la plateforme de pilotage

énergétique AVOB, des agrégateurs

comme Energy Pool et Survoltage.

L’association Think Smartgrids a

grandement contribué à la réussite

de ces activations. « Ainsi, un besoin

d’effacement exprimé par RTE peut

être automatiquement transmis de

l’agrégateur aux systèmes énergétiques,

qui la traduisent en abaissement ou arrêt

temporaire de certains équipements.

Ce dispositif, déjà opérationnel sur le

siège Kergrid pourra l’être dans des

bâtiments tertiaires (bureaux, écoles,

Édouard Cereuil, chef de mission stratégie

innovation de Morbihan Énergies.

salles des fêtes) avec l’accord préalable

des communes, et permettra de moduler

la consommation électrique en fonction

des contraintes du système électrique

national, au bénéfice à la fois du réseau et

des adhérents », explique Édouard Cereuil.

La flexibilité est réalisable si l’architecture

mise en place sur les bâtiments est

réplicable et s’appuie sur des systèmes

énergétiques qui intègrent le protocole

Flex Ready. L’enjeu est d’assurer en

premier lieu une maîtrise de la gestion

énergétique avec la remontée des

bonnes données pour prendre les bonnes

décisions, mais aussi de se préparer à

répondre aux besoins locaux et nationaux

d’ajustement électrique. « Enfin, et c’est

primordial, le confort des occupants

reste garanti et inchangé, même en cas

d’effacement », conclut Charlotte Bervas.

De plus, au sein des projets de Morbihan

Énergies, des dispositifs EnR et batteries

de stockage – 8 batteries actuellement –

contribuent au pool d’effacement.

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. . . . . . . .

© DR

Fabien Boissié,

ingénieur avant-vente

et relations partenaires

Arc Informatique.

Exemple d’écran

PcVue de suivi fonction

Flex sur un bâtiment.

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26 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

BACS Flex Ready

compromettent pas la sécurité des équipements

critiques ou du réseau », ajoute l’expert de Schneider

Electric.

BACS connectés Flex Ready, les fournisseurs

de logiciels sont partie prenante

Pour Fabien Boissié, ingénieur avant-vente au

sein d’Arc Informatique, éditeur de la plateforme

de supervision PcVue, « le BACS Flex Ready, bien

que non obligatoire selon le décret BACS, représente

une solution 3-en-1 pour les gestionnaires

de bâtiments qui permet à la fois de réduire la

consommation, de profiter d’offres tarifaires avantageuses

en adaptant les usages, et de participer à

la décarbonation ».

La flexibilité repose sur les systèmes de gestion

énergétique (BACS, GTB, BMS/CEMS), qui

coordonnent et optimisent l’ensemble des usages,

y compris ceux pouvant être modulés ou effacés.

En tant qu’adhérent de Think Smartgrids,

du Gimelec et de la SBA, Arc Informatique est

impliqué dans la construction du référentiel

et intègre la fonctionnalité Flex Ready dans la

plateforme PcVue. « Plus précisément, la solution

utilise l’API standardisée Flex Ready dans ses deux

volets : agrégateurs de flexibilité et fournisseurs

d’électricité », explique Fabien Boissié.

« La feuille de route de PcVue pour la flexibilité est

somme toute assez simple, la brique technologique

ajoutée a été conçue pour échanger avec n’importe

quel agrégateur respectant le standard exigé par

Flex Ready, en s’appuyant sur l’interopérabilité

existante de notre solution. Elle permet aussi d’intégrer

de nouveaux paramètres utiles, comme les

données météo, les signaux du réseau électrique

(EcoWatt) ou encore les informations déjà dispo-

nibles dans les GTB des clients (CVC, éclairage,

bornes de recharge, etc.). La suite PcVue s’avère clé

pour mettre en place une stratégie d’effacement, les

exploitants peuvent ensuite prendre des décisions

en fonction de scénarios d’actions proposés pour

assurer des performances optimales et aller plus

loin en paramétrant leurs propres scénarios selon

leurs cas d’usages », explique l’expert.

« Un projet est en cours pour tester le pilotage et l’effacement

d’une CTA et de deux PAC au sein d’un

immeuble tertiaire. Une fois la puissance effaçable

validée, l’expérience sera étendue à d’autres CTA et

usages (comme les bornes de recharge). Fort de ce

retour, le maître d’ouvrage compte déployer ce service

pour plusieurs de ses clients », indique Fabien

Boissié.

Hors bâtiments publics, les secteurs prioritaires

– bureaux, commerce, enseignement – tirent la

dynamique : ils concentrent 70 % des surfaces

tertiaires à équiper et les deux tiers des systèmes

de pilotage déjà déployés en France. Les collèges,

les bureaux et les grandes enseignes commerciales

s’y distinguent particulièrement.

« La suite logicielle Avob en mode SaaS joue le rôle

de chef d’orchestre, car elle centralise le suivi et le

pilotage de tous les usages, y compris ceux modulables

ou effaçables, pour former un ensemble

cohérent et faciliter la gestion de la flexibilité »,

présente Olivier Sudan, directeur général d’Avob.

L’architecture repose sur l’Avob Energy Box,

installée dans le bâtiment. Elle connecte les

équipements techniques, les sous-comptages

électriques et les sondes de confort via des protocoles

interopérables avec les GTB ou automates

existants, et centralise les données structurées du

bâtiment pour échanger de manière sécurisée et

© Arc Informatique

...


© Schneider Electric

LES DOSSIERS DU MOIS

BACS Flex Ready

Schneider Electric, des pilotes avec des bénéfices réels

Guillaume Cayeux, directeur relations industrielles & territoires

pour Schneider Electric France

Quelles sont les

fonctionnalités clés pour

le bâtiment BACS Flex

Ready ?

Sur les bâtiments de nos

clients et sur deux de nos

sites grenoblois, IntenCity et

Electropole, la fonctionnalité

Flex Ready repose sur la

plateforme EcoStruxure.

Le système peut offrir un

ajustement automatique des

consignes sans intervention

humaine, interpréter les

signaux (tarifs SPOT,

requêtes d’agrégateurs,

alertes EcoWatt) via une

API, établir des prévisions

de consommation et de

production grâce à l’IA, et

assurer un reporting détaillé

avec suivi de la courbe de

puissance et analyse des

performances.

Quels types de flexibilité

pour les pilotes actuels ?

Les projets pilotes

privilégient deux types

de flexibilité : la flexibilité

structurelle et régulière,

intégrée au BACS, qui

programme les équipements

pour consommer aux heures

creuses – moins chères

et moins carbonées – et

la flexibilité dynamique,

apportée par Flex Ready,

IntenCity de Schneider Electric à Grenoble, site Flex Ready.

qui permet de répondre à

des demandes ponctuelles

de modulation envoyées

par des agrégateurs ou

gestionnaires de réseau lors

des pics de consommation

ou de forte production

d’énergies renouvelables.

Dans tous les cas, le BACS

garantit que la modulation

de consommation reste

invisible pour l’utilisateur

final et respecte les

Stéphane Bediou, Energy Data Product leader de Schneider Electric,

montrant un événement Flex Ready sur l’écran de suivi EcoStruxure sur

le site IntenCity Grenoble, avec une baisse de consommation en fin de

journée qui permet « d’effacer » le site du réseau.

consignes de confort

thermique et d’usage

prédéfinies.

À la clé, avec quelles

économies réalisées

ou visées ?

Selon RTE, une réduction de

7 à 9 % de la consommation

est réalisable lors des

pics de demande, un

résultat confirmé par le

concours CUBE Flex, où

les participants ont atteint

des baisses similaires. Par

ailleurs, l’optimisation via

les tarifs heures pleines/

heures creuses (flexibilité

implicite) permet des

économies de 5 à 7 % sur

la facture. Enfin, certains

bâtiments pilotes Flex

Ready génèrent déjà

plusieurs milliers d’euros de

rémunération annuelle.

Quels synthèse et retour

d’expérience des projets

pilotes déployés ?

« Le référentiel Flex

Ready encourage aussi

l’intégration des énergies

renouvelables et du

stockage directement

dans le pilotage global

via le BACS ou un

microgrid pour optimiser

l’autoconsommation. » Par

exemple, sur le bâtiment

IntenCity à Grenoble,

l’agrégateur envoie des

requêtes via l’API Flex

Ready pour que le système

de pilotage active la

batterie de 300 kWh du

bâtiment. Cela permet de

s’effacer partiellement

du réseau lors des pics,

sans impact sur les usages

directs des collaborateurs.

Le stockage d’énergie,

l’autoconsommation sont

les meilleurs alliés de la

flexibilité.

« De façon générale, ce que

l’on peut retenir à ce jour des

projets déployés, c’est que

la technologie est mature

et que le passage à l’échelle

aura bien lieu, car la filière

adresse la simplification des

outils, l’équation économique

par la rémunération de

la flexibilité et, enfin, la

professionnalisation de

l’exploitation dans la durée »,

conclut l’expert de

Schneider.

© Schneider Electric

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© DR

© avob

Principe de la suite de

pilotage de la flexibilité

Avob.

Olivier Sudan,

directeur général Avob.

Suivi cartographique

et zoom sur la puissance

d’un bâtiment.

...

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LES DOSSIERS DU MOIS

BACS Flex Ready

bidirectionnelle avec la plateforme SaaS de gestion

énergétique multisites.

« C’est la plateforme de gestion d’énergie My

Energy Manager qui porte les interfaces standards

Flex Ready pour échanger avec les agrégateurs de

capacités ou les fournisseurs. Avec le label Flex

Ready, l’API permet de se plugger à n’importe quel

opérateur compatible de manière très simple.

Par exemple, sur ordre d’un bloc d’effacement de

1 MW provenant de l’agrégateur, il va être possible

au niveau du module de gestion d’énergie d’activer

les changements ad hoc pour diffuser les consignes

sur les différents équipements effaçables des bâtiments

en répartissant la charge sur différents bâtiments

et clients », souligne Olivier Sudan.

Il va ainsi être possible de gérer une capacité

diffuse sur de nombreux bâtiments et apporter

une rémunération complémentaire aux gestionnaires

de ces immeubles. L’algorithmie de

répartition entre les bâtiments est préprogrammée

dans la solution en fonction des signatures

énergétiques des sites pour ne pas impacter le

confort dans les bâtiments. Le but est d’intervenir

automatiquement et à distance sur les

usages les plus énergivores (chauffage, ventilation,

climatisation, production d’eau chaude),

de manière transparente et sans impact pour

l’occupant.

« La solution d’Avob a été la première à démontrer

en réel la mise en œuvre du standard Flex Ready

en juin 2025 dans le cadre du projet de flexibilité

développé avec Morbihan Énergies visant à équiper

plus d’une centaine de bâtiments publics »,

conclut Olivier Sudan.

© Avob


© Symphonics

LES DOSSIERS DU MOIS

BACS Flex Ready

Opérateurs d’effacement, le Flex Ready ou la garantie

d’une réponse fiable aux appels de flexibilité

Le témoignage de Symphonics, scale-up spécialisée dans la flexibilité énergétique

Mathieu Rochard, directeur

général de Symphonics.

« Dans le cadre du plan

français d’électrification,

les bâtiments tertiaires

offrent un potentiel

majeur de flexibilité grâce

à leurs usages et leur

consommation. Le BACS

Flex Ready facilite cette

flexibilité en standardisant

les échanges, permettant

à des opérateurs comme

Symphonics d’éviter des

intégrations spécifiques

et complexes avec chaque

système client », explique

Mathieu Rochard, directeur

général de la société

Symphonics.

La solution Symphonics

modélise chaque bâtiment

comme une réserve

d’énergie, où chaque

équipement (ECS, CVC,

IRVE, etc.) devient une

« batterie virtuelle » avec

ses propres contraintes.

Par exemple, l’ECS peut

constituer une « batterie »

sous forme de réserve

d’énergie thermique,

réserve qui permettra de

limiter la consommation

sur un certain créneau

horaire et, à l’inverse, de

consommer à un autre

moment, tout en respectant

les normes sanitaires.

L’inertie du bâtiment et son

taux d’occupation offrent

aussi une capacité de

flexibilité, à condition de

maintenir le confort.

« Le point important

est la capacité du

modèle à prévoir la juste

consommation pour effacer

les usages au moment

optimal, en exploitant

pleinement le potentiel

du bâtiment et sans perte

de confort », souligne

Mathieu Rochard. Pour cela,

l’exploitation optimale du

bâtiment doit être pérenne

et continue et faire mentir

l’adage « BACS un jour…

mais BACS pas toujours ».

En relation permanente avec

les réseaux, Symphonics

peut, avec l’interface Flex

Ready, mobiliser dans un

temps très court l’activation

de l’effacement de certains

usages, et ce, pour un

groupement plus ou moins

importants de bâtiments.

« Il est ainsi possible

d’apporter plusieurs niveaux

de valeurs ajoutées aux

gestionnaires immobiliers,

Les défis de la gestion énergétique flexible

La gestion énergétique du secteur tertiaire fait

face à plusieurs défis majeurs, comme l’explique

Guillaume Cayeux, de Schneider Electric. « En

hiver, ce secteur représente un tiers de la consommation

nationale entre 7 h et 11 h, sollicitant fortement

le réseau et nécessitant souvent le recours à

des moyens de production carbonés. Par ailleurs,

55 % des systèmes BACS seraient mal exploités ou

mal paramétrés, ce qui limite leur performance,

alors qu’un simple reparamétrage pourrait restaurer

leur efficacité. » Un autre obstacle est le

manque de visibilité sur les données, de nombreux

bâtiments n’étant pas équipés d’outils de

mesure précis par zone ou usage.

L’intégration croissante des énergies renouvelables

(solaire, éolien) et des nouveaux usages,

comme les bornes de recharge, pose également

des défis : il faut absorber les surplus de production

décarbonée et gérer les pics de puissance

induits par ces équipements. Le déficit de compétences

sur site aggrave la situation, les services

techniques étant souvent surchargés ou peu formés

au pilotage numérique.

Enfin, la complexité de la chaîne d’acteurs (propriétaires,

locataires, mainteneurs) et l’absence

de motivation tarifaire jusqu’à récemment ont

freiné l’adoption de pratiques plus flexibles et

optimisées.

« La filière s’attache actuellement à clarifier les

rôles et à renforcer les incitations, mais la technologie

est déjà mature. Le passage à l’échelle aura

en commençant par

l’optimisation tarifaire – la

puissance souscrite est

elle optimale par rapport

au profil de consommation

constaté –, mais aussi en

faisant baisser les charges

et, enfin, en procurant des

revenus complémentaires

par les modèles rémunérés

d’effacement. À titre

d’exemple, la rémunération

était de l’ordre de 1 euro

par mètre carré et par an en

2025 », conclut l’expert de

Symphonics.

Part des BACS non exploités selon enquête d’opinion du Gimelec.

...

© Gimelec

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© DR

Maxime Duvauchelle,

CEO Alva Systems.

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LES DOSSIERS DU MOIS

BACS Flex Ready

bien lieu, car la filière adresse la simplification des

outils, l’équation économique via la rémunération

de la flexibilité, et la professionnalisation durable

de l’exploitation », conclut l’expert de Schneider

Electric.

BACS et Flex Ready : bien analyser le potentiel

des équipements techniques en place

« Sans GTB ni système BACS, pas de flexibilité.

La GTB est le prérequis absolu, parce que c’est elle,

et elle seule, qui permet de commander les équipements

à distance et de les piloter en fonction

d’un signal extérieur, qu’il s’agisse de la charge

du réseau, d’un signal d’effacement ou d’un signal

tarifaire », pose Maxime Duvauchelle, CEO

d’Alva Systems, intégrateur et installateur de

GTB multimarque.

C’est aussi, aujourd’hui, l’une des principales

contraintes de déploiement de la flexibilité dans

le tertiaire : le Flex Ready suppose au préalable

un bâtiment équipé d’une GTB conforme au

décret BACS. « Sur le terrain, cela impose de

mener deux logiques en parallèle : d’un côté, la

mise en conformité BACS, de l’autre, l’intégration

de la fonctionnalité Flex Ready. Les deux chantiers

gagnent à être pensés ensemble dès l’amont, plutôt

que séquentiellement, pour éviter les doubles interventions

et optimiser l’investissement », souligne

l’expert.

Pour les bâtiments déjà équipés d’une GTB

conforme BACS, l’enjeu se déplace : il s’agit de

vérifier, à la fois sur le plan technique et sur le

plan financier, que l’infrastructure existante peut

accueillir la flexibilité – capacité de communication

des équipements, ouverture des protocoles,

coût d’évolution des automates et de la supervision,

notamment.

C’est précisément le rôle de l’audit. « Pour mettre

en place une GTB conforme au décret BACS, et

ensuite être prêt pour la flexibilité électrique, la

première étape essentielle est de réaliser un audit

technique du site. Cet audit doit être mené par

un expert indépendant, garantissant des conseils

détaillés, neutres et objectifs », explique Maxime

Duvauchelle.

L’audit doit identifier notamment :

- les principaux postes de consommation ;

- les équipements existants – à conserver, à optimiser

ou à remplacer – et leurs moyens de communication

et potentiel d’interopérabilité, et

notamment vis-à-vis du Flex ;

- les solutions et scénarios adaptés pour atteindre

les objectifs des classes A, B ou C du décret.

Un audit bien mené peut aussi révéler de mauvaises

pratiques, facilement corrigées par de

simples réglages. Une fois la gestion du bâtiment

optimisée, le remplacement des équipements

peut devenir utile, en particulier sur le volet de la

communication et de l’interopérabilité, ce point

étant incontournable pour aborder la flexibilité

électrique.

L’audit est donc le véritable point d’entrée clé, et

c’est pour cela qu’Alva Systems a publié sur LinkedIn

une forme de référentiel d’audit BACS,

déjà utilisée par notre société et mise à disposition

de tous les acteurs.

« La flexibilité ne s’applique qu’aux équipements

électriques : les solutions au gaz ou raccordées au

chauffage urbain ne permettent pas vraiment d’y

participer, mais la digitalisation des bâtiments et

l’électrification du chauffage ouvrent donc un gisement

clé de flexibilité, avec un double avantage,

à savoir se libérer des énergies fossiles et bénéficier

de revenus (jusqu’à 3 k€/an à 5 k€/an) via

les mécanismes d’effacement », précise Maxime

Duvauchelle.

Mais la flexibilité ne se résume pas à activer ou

couper des équipements au gré des signaux du

réseau. « Il faut s’assurer que les actions de flexibilité

ne génèrent pas de surconsommations et

n’usent pas prématurément les équipements. Le

principe consiste souvent à préchauffer le bâtiment

pendant les heures creuses du réseau électrique

pour ne pas tirer en heures de pointe : on coupe

alors le chauffage ou la climatisation pendant

quelques heures, sans impact pour les occupants »,

détaille l’expert.

Cela suppose surtout que les consignes de flexibilité

soient pensées en concertation avec la GTB,

qui dispose déjà d’une programmation par défaut

du chauffage, de la climatisation et des autres

usages. « L’enjeu, c’est de travailler en harmonie

entre l’intégrateur GTB et l’opérateur de flexibilité,

pour que les ordres reçus de l’extérieur s’articulent

proprement avec la régulation existante du bâtiment,

sans la perturber. À titre d’illustration, Alva

Systèmes a mis en œuvre un process d’effacement

sur les rooftops de deux hypermarchés, avec une

diminution des consignes de quelques degrés sur

les horaires de pointe de consommation », poursuit

Maxime Duvauchelle. La programmation

de la boucle locale de régulation du rooftop a été

modifiée pour prendre en compte le signal de

flexibilité, le point critique étant l’interface entre

la GTB et l’opérateur d’effacement. Sur ce dernier

point, l’interface BACS Flex Ready apportera une

simplification majeure par la standardisation des

échanges, en lieu et place d’échanges propriétaires

entre opérateurs et GTB, avec des API et

des formats différenciés par partenaire.

Jean-François Moreau


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LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

Les solutions pour des

installations photovoltaïques

productives, durables

et évolutives

Le développement des installations photovoltaïques se poursuit, aussi bien

dans le domaine résidentiel que pour des installations de moyenne et forte

puissance sur des sites commerciaux ou industriels. Ce développement se

traduit par l’utilisation de solutions plus performantes, plus durables, plus

sûres et mieux intégrées dans le réseau électrique.

Des sites industriels

comme les usines

Omerin développent

des installations

photovoltaïques en

autoconsommation.

Le marché des installations photovoltaïques

reste largement soutenu par les

projets tertiaires et industriels. D’après

les données d’Enedis pour le premier trimestre

2026, 31 565 installations ont été raccordées

au réseau pour une puissance de 1418 MW,

mais les 4954 installations de puissance supérieure

à 36 kW représentent plus de 88 % de cette

puissance raccordée.

En 2025, le segment 100-500 kW a représenté

65 % des nouvelles capacités raccordées des installations

dans les entreprises, les commerces, les

agriculteurs et les collectivités.

Dernier chiffre : à la fin de 2025, la puissance

cumulée du parc photovoltaïque français était de

26,8 GW après une année 2025 record.

© Systèmes Solaires & Groupe OMERIN

Un développement qui reste lié au contexte

réglementaire

Comme le souligne Nicolas Dousset, Key Account

Manager C&I France de SMA, « le contexte a

beaucoup changé ces deux dernières années pour

les industriels et les acteurs du tertiaire. Aux motivations

historiques, réduire la facture d’électricité,

se protéger contre la volatilité des prix de marché

s’ajoute désormais une pression réglementaire qui

structure les arbitrages d’investissement.

Le décret tertiaire impose une trajectoire de réduction

des consommations, le décret BACS pousse à

l’instrumentation des bâtiments, et la loi APER

rend obligatoire la couverture des grands parkings

extérieurs par des ombrières photovoltaïques. À

cela s’ajoute la directive CSRD, qui transforme la

décarbonation en exigence de reporting extra-financier.

Le solaire devient un levier opérationnel,

et plus seulement un projet RSE ».

Ce qui incite les industriels à proposer des solutions

cohérentes sur l’ensemble de la chaîne de

valeur pour ces différents utilisateurs.

Ainsi, explique Nicolas Dousset, « SMA couvre

le résidentiel, le commercial et industriel, et le utility-scale

avec une même logique d’architecture :

des onduleurs string forte puissance pour les toitures

et ombrières, des onduleurs centraux pour les

centrales au sol, du stockage à toutes les échelles et,

surtout, une couche logicielle commune, le Sunny

Portal et la plateforme ennexOS, qui permet de

superviser ces installations de manière unifiée et

de les intégrer aux SI clients via Modbus SunSpec.

C’est ce que nous appelons la SMA Commercial

Energy Solution : un écosystème dans lequel le PV,

le stockage et la recharge électrique communiquent


nativement, ce qui simplifie considérablement la

gestion d’un site ou d’un parc de sites ».

LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

Les onduleurs, éléments essentiels

d’une installation photovoltaïque

En convertissant le courant continu DC généré

par les panneaux en courant alternatif, les onduleurs

photovoltaïques sont un des éléments

essentiels des installations photovoltaïques. Ces

onduleurs doivent être adaptés aux différentes

utilisations, du domestique aux grandes centrales

au sol, avec des obligations de rendement élevé,

de fiabilité et de maintenabilité pour des durées

de vie qui peuvent dépasser 20 à 25 ans.

Nicolas Dousset donne l’exemple du nouvel

onduleur Sunny Tripower X 60 : « C’est le produit

dont nous sommes le plus fiers cette année sur le

segment C&I. Le Sunny Tripower X 60, décliné

en versions 50 kW (STP 50-80) et 60 kW (STP

60-80), s’adresse aux entreprises de taille moyenne

et aux installations PV industrielles, typiquement

les toitures, les ombrières de parking dans le cadre

de la loi APER, ou les projets d’autoconsommation

collective. »

Cet onduleur se caractérise par sa flexibilité côté

DC : cinq MPP trackers indépendants, deux

entrées string par tracker, soit dix strings raccordables

sur une même machine, et un courant

d’entrée élevé (40 A par MPPT) qui le rend pleinement

compatible avec les modules bifaciaux

« Pour l’installateur, cela ouvre des possibilités

intéressantes sur les toitures complexes à orientations

multiples ou en présence d’ombrages portés,

d’autant que notre algorithme SMA ShadeFix

vient corriger l’impact de ces ombrages sur la production.

Le rendement européen atteint 97,8 % et

le rendement maximal 98,1 % », indique Nicolas

Dousset.

Ces onduleurs sont équipés de SMA ArcFix, un

dispositif de détection et de prévention d’arc

électrique conforme à la norme CEI 63027, un

sujet de plus en plus structurant sur les toitures

industrielles, où l’enjeu de sécurité incendie

haut rendement les plus récents. devient central pour les assureurs.

...

La loi APER s’applique pour les toitures et ombrières

avec obligation d’installer une production d’énergie

renouvelable

L’article 40 de la loi APER

de 2023 prévoit l’obligation

d’installation d’un procédé

EnR (ou de végétalisation) en

toiture :

- Bâtiments neufs

(construction, extension ou

rénovation lourde) d’une

surface de plus de 500 m 2

d’emprise au sol, 30 % de la

toiture concernée depuis le

1 er janvier 2025.

- Bâtiments existants

(administration, bureaux,

hôpitaux, éducation, sportif)

de plus de 500 m 2 au sol, à

partir de janvier 2028.

Selon un calendrier

progressif étalé du 1 er juillet

2026 au 1 er juillet 2028, les

parcs de stationnement

extérieurs existants

de plus de 1 500 m² devront

comporter des ombrières

produisant de l’énergie

renouvelable sur au moins

50 % de leur superficie.

Ces ombrières doivent

intégrer un procédé de

production d’énergies

renouvelables (panneaux

photovoltaïques) sur la

totalité de leur partie

supérieure assurant

l’ombrage.

À l’occasion de leur

construction ou de

rénovations lourdes,

les parcs de stationnement

extérieurs de plus de

500 m² doivent également

intégrer sur au

Onduleur

Sunny X 60

de SMA.

Pose de panneaux photovoltaïques sur des ombrières de parking.

© SMA

moins 50 % de leur surface

des dispositifs d’ombrage

et de gestion des eaux

pluviales.

© Irisolaris

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© SMA

Solution Sunny

Central Station de

SMA.

...

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LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

Des onduleurs de très forte puissance pour

des réalisations dépassant plusieurs MW

Pour les très grandes centrales au sol, dont la

puissance peut dépasser plusieurs mégawatts, la

configuration peut être une installation centralisée

avec un nombre réduit d’onduleurs centraux

de grande puissance.

Omerin, des installations en toitures de 6,1 MW

en autoconsommation pour ses usines

La société Omerin, leader de

la fabrication de fils et câbles

résistants à des températures

extrêmes de 190 °C à

+ 1 400 °C, a agrandi son

installation photovoltaïque

en autoconsommation pour

atteindre 6,1 mégawatts

de puissance cumulée sur

les toitures des usines et

bureaux de 10 sites.

La volonté du Groupe

Omerin de passer à

l’autoconsommation

grâce à l’énergie solaire

s’inscrit dans un plan

ambitieux de réduction de

la consommation électrique

provenant du réseau pour

l’ensemble de ses activités,

en particulier pour les

usines très énergivores

utilisant des équipements

industriels, tout en visant à

alimenter l’ensemble de sa

future flotte de véhicules

électriques avec une source

d’énergie renouvelable.

Les 10 installations solaires

s’étendent sur 34 000 m 2

de toiture et comprennent

plus de 16 000 panneaux

solaires. Alimentée par des

onduleurs et des optimiseurs

de puissance SolarEdge

et d’une puissance

totale de 6,1 mégawatts,

l’installation solaire

couvre 30 % des besoins

en électricité du Groupe

Omerin. Afin d’optimiser

l’autoconsommation de

l’énergie solaire générée

et réduire les dépenses

globales d’électricité du

Groupe, une convention

d’autoconsommation

collective a été signée avec

Enedis pour redistribuer le

surplus non consommé des

sites Omerin sur les autres

sites demandeurs dans un

rayon de 7 km.

Pour optimiser la production

d’énergie des panneaux

solaires des 10 sites,

Omerin a investi dans des

optimiseurs de puissance

SolarEdge directement

fixés sous chaque paire de

panneaux. L’application

SolarEdge ONE for C&I

contrôle, gère et améliore

l’efficacité de l’installation

tout en optimisant

l’autoconsommation, afin

de permettre un retour

sur investissement plus

rapide. « Contrairement aux

technologies classiques

« SMA a développé le Sunny Central UP pour ces

grands projets. Sa logique est celle de la densité,

jusqu’à environ 4,6 MVA par unité dans une station

compacte qui intègre transformateur et cellule

HTA. Pour un développeur ou un EPC, cela se

traduit très concrètement par moins d’équipements

à déployer, moins de génie civil, et un schéma de

maintenance plus simple sur la durée de vie de

la centrale. Le produit est par ailleurs en pleine

conformité avec les codes réseau européens et

capable de fournir l’ensemble des services système

attendus par les gestionnaires de réseau », explique

Nicolas Dousset.

La tension de 1500 VDC, qui est aujourd’hui le

standard pour ces grandes installations, va dans

le même sens. « Augmenter la tension permet, à

puissance égale, de réduire les courants, donc les

sections de câbles et les pertes Joule. Les strings

deviennent plus longs, le nombre de boîtiers de

jonction diminue, le câblage est allégé. L’effet sur

le LCOE est réel, même s’il varie selon la configu-

de chaînes d’onduleurs,

si un panneau solaire est

sous-performant en raison

par exemple d’ombrage ou

d’encrassement, ces boîtiers,

petits mais innovants,

garantissent que le panneau

en question n’affecte pas

le reste de l’installation

solaire, maximisant ainsi la

production d’énergie pour

Omerin et optimisant son

retour sur investissement »,

explique Thomas Sallès,

gérant de la société

Systèmes Solaires qui a

installé l’ensemble des sites

photovoltaïques.

La présence d’optimiseurs

de puissance SolarEdge

offre également la possibilité

de surveiller l’installation

à distance au niveau de

chaque panneau solaire,

ce qui permet à Omerin de

suivre de près et en temps

réel les performances du

système, tout en permettant

à l’installateur de procéder

plus rapidement à un

dépannage en cas de

problème afin d’assurer

un fonctionnement

ininterrompu.

Installation photovoltaïque en toiture d'une usine du groupe OMERIN.

...

© Systèmes Solaires & Groupe OMERIN


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LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

ration des projets, note Nicolas Dousset. La filière

réfléchit à un passage à 2000 V DC, et SMA participe

à ces travaux. Mais il faut rester prudent sur

le calendrier : les verrous sont autant normatifs

(classes d’isolation, IEC 60364, IEC 61730) qu’industriels,

puisqu’il faut que l’ensemble de la chaîne,

modules, connecteurs, onduleurs, soit qualifié

simultanément. »

Le rôle de plus en plus important des systèmes

de stockage d’énergie

Le stockage d’énergie est devenu un maillon

essentiel de la transition énergétique en permettant

non seulement de mieux intégrer la production

d’électricité provenant des installations

solaires et éoliennes mais aussi de stabiliser les

réseaux électriques. Le stockage de l’énergie va

permettre de répondre aux besoins de compétitivité,

de stabilité et de flexibilité des industriels

et utilisateurs et à leurs problématiques énergétiques.

Le stockage va également mettre à disposition

une source de secours en cas de coupure

du réseau pour alimenter des équipements prioritaires.

Comme le confirme Nicolas Dousset, « le stockage

par batterie est probablement le segment qui

a le plus évolué ces deux dernières années, dans

ses usages comme dans la perception qu’en ont les

industriels. On ne parle plus seulement d’autoconsommation

: les batteries servent aujourd’hui

à écrêter les pointes de soutirage – avec un effet

direct sur le TURPE (tarif d’utilisation du réseau

public d’électricité) –, à sécuriser des procédés

critiques en cas de coupure, à arbitrer les prix de

marché sur des fenêtres horaires, ou à fournir des

services système aux gestionnaires de réseau (FCR,

AFRR). Et, de plus en plus, ces usages se cumulent

sur une même batterie, c’est ce que nous appelons

le Multi-Use ».

Pour le segment commercial et industriel, SMA a

construit une réponse complète avec le SMA Storage

XL Package. « Le système associe un onduleur-chargeur

Sunny Tripower Storage X (30 ou

50 kW) et une batterie LFP de 89, 107 ou 197 kWh

utiles, en configuration intérieure ou extérieure,

avec la possibilité de mettre jusqu’à quatre systèmes

en parallèle. Nous avons fait le choix d’une

cellule LFP à très longue durée de vie – jusqu’à

Un nouveau rapport de l’IRENA confirme la compétitivité

des coûts de l’électricité renouvelable disponible en

continu grâce à des solutions hybrides combinant solaire,

éolien et stockage par batteries.

L’énergie solaire et l’énergie

éolienne associées au

stockage par batteries

sont fiables et permettent

déjà aujourd’hui de

fournir une électricité

disponible 24 h/24 à des

coûts compétitifs, selon un

nouveau rapport de l’Agence

internationale de l’énergie

renouvelable (IRENA).

Le rapport 24/7 renewables:

The economics of firm solar

and wind confirme que,

dans les régions bénéficiant

de ressources solaires et

éoliennes optimales, les

solutions hybrides avec

stockage permettent de

produire de l’électricité en

continu à un coût inférieur

à celui des combustibles

fossiles.

Selon le directeur général

de l’IRENA, Francesco

La Camera, « l’électricité

renouvelable disponible

24 h/24 et 7 j/7 est

désormais compétitive en

termes de coûts par rapport

aux énergies fossiles.

L’argument selon lequel

les énergies renouvelables

manquent de fiabilité ne

tient plus. Aujourd’hui, elles

peuvent fournir une énergie

fiable en continu. Alors

que les marchés du pétrole

et du gaz restent exposés

aux chocs géopolitiques, y

compris les perturbations

en cours dans le détroit

d’Ormuz, nous devons

protéger nos économies

grâce à des systèmes

énergétiques renouvelables

résilients. L’économie

globale du système

énergétique a changé : la

révolution des batteries a

fait baisser les coûts tout

en accélérant les progrès

du stockage. L’avantage des

énergies renouvelables n’est

pas seulement économique,

il est aussi stratégique :

il renforce la résilience,

la stabilité et la sécurité

énergétique en période de

crise ».

L’électricité renouvelable

24 h/24 et 7 j/7 optimise

l’utilisation des capacités

limitées de raccordements

au réseau, déplace la

production d’électricité vers

les heures de plus grande

valeur et réduit l’exposition

à la volatilité des prix. Ces

solutions hybrides sont

particulièrement adaptées

aux utilisateurs les plus

exigeants, notamment

l’intelligence artificielle

(IA) et les centres de

données (datacenters),

qui nécessitent une

alimentation ininterrompue

comme l'un des principaux

critères commerciaux, mais

aussi pour les installations

de recharge de véhicules

électriques (IRVE) de forte

puissance qui peuvent

nécessiter des coûts de

raccordement au réseau

élevés.

L’analyse de l’IRENA

montre que les coûts

de l’électricité pilotable

ont fortement diminué,

sous l’effet de la baisse

rapide des coûts du

solaire photovoltaïque, de

l’éolien et du stockage par

batteries. Depuis 2010, les

coûts totaux d’installation

ont diminué de 87 % pour le

solaire photovoltaïque et de

55 % pour l’éolien terrestre.

Les coûts du stockage

par batteries ont encore

davantage chuté, diminuant

de 93 %.


12 000 cycles, dont 8 500 garantis dans les conditions

de garantie –, et nous proposons une garantie

système et capacité batterie de dix ans, ce qui est

un signal fort sur la solidité de l’investissement.

Les modes de gestion (autoconsommation, peak

shaving, Multi-Use, Time-of-Use, planification

horaire) sont natifs, et le système peut s’installer

sur des sites équipés d’onduleurs PV tiers, ce qui le

rend pertinent en rétrofit. »

Du côté des coûts, cela va générer d’importantes

économies et figer dans le temps, à horizon 20

ou 25 ans, un coût fixe du kWh photovoltaïque

produit (et stocké) au plus près de sa consommation,

en toiture ou en ombrière de parkings pour

une gestion fine des charges et du pilotage énergétique.

Alors que l’Europe accélère sa transition énergétique,

les systèmes de stockage de l’énergie jouent

un rôle crucial dans la garantie de la stabilité et la

fiabilité du réseau face à l’augmentation de la part

des énergies renouvelables. Selon l’AIE (Agence

internationale de l’énergie), le scénario « Net

Zero » implique une augmentation significative

des déploiements annuels de systèmes de stoc-

LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

kage d’énergie, pour atteindre une moyenne de

près de 120 GW par an sur la période 2023-2030.

Les systèmes de couplage batterie peuvent être

AC ou DC suivant les besoins de l’utilisateur. « Les

systèmes à couplage AC sont idéaux lorsque des

systèmes de stockage à batterie doivent être montés

a posteriori dans des centrales photovoltaïques

existantes. Dans le cas de nouvelles installations,

un système de stockage à batterie à couplage

© SMA

...

Solution de stockage

SMA Storage XL.

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© Irisolaris © Mob-Energy

Site avec production

et stockage d’énergie

photovoltaïque pour

l'alimentation de

bornes de recharge.

Site industriel avec

ombrières équipées

de panneaux

photovoltaïques.

...

38 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

AC permet également d’optimiser la gestion des

charges. Il stocke l’énergie excédentaire et la remet

à disposition en l’espace de quelques millisecondes,

explique Nicolas Dousset. Les systèmes à couplage

DC, eux, sont idéaux pour les nouvelles centrales

photovoltaïques de grande envergure dotées de la

technologie Sunny Central 1 500 V. La batterie et

le générateur photovoltaïque sont raccordés à l’onduleur

central côté DC et l’énergie solaire excédentaire

est amenée directement dans la batterie de

manière très efficace. »

Les gains apportés par ces solutions de stockage

vont varier suivant les utilisateurs en fonctions

de leurs contrats et des politiques tarifaires

La Commission de régulation de l’énergie a

publié, début mars, sa note sur le développement

des installations hybrides couplant photovoltaïque

et stockage stationnaire. Il est notable que

le prix de marché « capté » par des installations

photovoltaïques produisant en journée décroche

de plus en plus du prix moyen de l’énergie, sans

bénéfice pour les acteurs du territoire dont les

contrats protègent des variations du marché.

Et, comme le note Etienne Lamy, de Irisolaris :

« Pour autant, et malgré le changement des heures

creuses en novembre pour favoriser la consom-

mation en milieu de journée, le dernier week-end

d’avril a vu un niveau record de prix négatifs avec

des pics à -49,8 centimes d’euro par kWh, avec un

écart entre le minimum et le maximum journalier

de l’ordre de 14 cts d’euro, soit trois fois le prix

moyen du mois. Ces arbitrages ne bénéficieront

qu’aux acteurs couvrant une partie significative de

leur production sur les marchés, avec des incitations

pour installer du stockage raccordé directement

à leur production.

Pour les autres acteurs et suivant la date d’échéance

de leur contrat de fourniture d’énergie, l’enjeu principal

est de couvrir l’exposition aux hausses prévisibles

à venir, et le photovoltaïque ne répond

qu’à une partie de l’équation. Avec le coup d’arrêt

porté au rachat du « surplus » par l’État, il faut se

résoudre soit à sous-dimensionner la centrale PV

au niveau des consommations moyennes à midi,

soit opter pour une solution d’hybridation avec du

stockage physique ou virtuel. »

Le stockage sur site aura la particularité d’économiser

les taxes de transport de l’électricité, par

rapport aux batteries « virtuelles » qui sont soit

délocalisées, soit simulées via des mécanismes de

marché.

« La batterie va aussi mutualiser ses coûts de raccordement

avec une installation photovoltaïque.

Depuis le 29 avril dernier, les schémas Enedis

évoluent pour permettre d’ajouter la puissance

du PV et du stockage à un même raccordement,

sans devoir dimensionner le projet sur la puissance

totale injectable. De son côté, la DGEC envisage

le soutien d’offres tarifaires avec stockage pour les

prochaines périodes afin de développer la filière »,

explique Etienne Lamy.

« Le stockage installé en standalone sur un site

client pourra contribuer significativement au

financement d’un projet parfois coûteux comme un

projet PV en toiture avec rénovation et désamiantage,

ou simplement la construction d’un bâtiment

neuf. Cela, grâce aux écarts journaliers de prix de

marché, qui s’ajoutent aux services rémunérés par

le réseau (réserve primaire et secondaire, mécanisme

de capacité, flexibilités locales).

L’installation de batteries permet aussi des synergies

en mutualisant les coûts de raccordement. Que ce

soit avec une centrale photovoltaïque ou pour installer

des bornes de recharge de véhicules électriques, la

mutualisation permet de répondre aux besoins des

clients dans des territoires de moindre rentabilité

comme les zones rurales », poursuit-il.

La question du coût de ces batteries se pose aussi

avant d’envisager une solution de stockage et de

définir son dimensionnement mais avec le développement

de l’industrie des batteries pour les véhicules

électriques ces prix sont orientés à la baisse.

...


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© Socomec

Système

de stockage

d’énergie

déplaçable

SUNSYS HES

L SKID de

Socomec.

© Socomec

Système de stockage

de grande puissance

SUNSYS HES XXL de

Socomec avec connexion

directe au réseau MT.

...

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LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

« Les coûts des batteries ont fortement diminué

avec l’accélération mondiale fulgurante qui a eu

lieu ces dernières années. Des articles récents du

groupe de réflexion Ember parlent de 40 % de

baisse des coûts depuis 2024, permettant au stockage

d’atteindre 65 $ par MWh (coût mondial

moyen nivelé de l’électricité), note Etienne Lamy.

Certes, les projets de restrictions à l’export de la

Chine, et les ambitions de résilience européennes et

françaises pour l’approvisionnement des panneaux

et des onduleurs décaleront légèrement les coûts

des installations hybrides ces prochains mois, mais

le stockage constituera un formidable moyen, à très

court terme pour les consommateurs, d’augmenter

la part de leur autoconsommation à prix maîtrisé.

Rappelant que les centrales photovoltaïques ont

une durée de vie démontrée de plus de 30 ans et

que la sécurité des batteries a fortement progressé

avec les technologies sans hydrogène comme LFP. »

Des solutions de stockage de plus en plus

puissantes et faciles à mettre en œuvre

Pour faciliter l’intégration d’installations photovoltaïques

de plus en plus puissantes dans le

réseau des systèmes de stockage, de grande puissance

peuvent être mises en œuvre.

Dans cette optique, Socomec a développé une

offre d’unités compactes de stockage SUNSYS

HES montées sur SKID.

Toutes les armoires du système de stockage

d’énergie sont livrées assemblées, montées et

câblées sur un SKID adapté. Cela garantit un

temps et des efforts minimaux ainsi qu’une qualité

d’installation optimale, tout en limitant les

investissements en travaux de génie civil. Une

fois le système livré sur site, la seule chose qu’il

reste à faire est de connecter l’alimentation AC

et les câbles de communication. Le système étant

facilement transportable et déployable, il peut

en outre être aisément installé sur un autre site

afin de satisfaire des besoins futurs. Cette nouvelle

conception permet de connecter jusqu’à

6 armoires batteries par système pour les applications

on-grid et off-grid pour la version SUNSYS

HES L SKID.

« En discutant régulièrement avec nos clients,

nous comprenons la lourdeur administrative et

les défis logistiques auxquels ils sont confrontés

pour déployer les solutions de stockage dont

ils ont besoin. C’est pourquoi nos ingénieurs ont

repensé la nôtre avec pour objectifs de minimiser

le temps d’installation, d’augmenter sa flexibilité

et de réduire les coûts de transport globaux. Avec

la hausse de la capacité des énergies renouvelables

et l’essor des véhicules électriques dans le monde,

nous aurons besoin de solutions de stockage

comme celle-ci pour soutenir la mise en place d’une

infrastructure adaptée, essentielle à un monde plus

vert », souligne Élodie Hestin, spécialiste Energy

Storage chez Socomec.

Pour une connexion directe aux réseaux

moyenne tension, Socomec propose une solution

de grande puissance, SUNSYS HES XXL SKID,

qui facilite l’installation et optimise l’utilisation

d’espace.

Le système intègre un convertisseur bidirectionnel,

une armoire de pilotage du système, des

cellules de protection moyenne tension (dans le

cas d’une connexion au réseau moyenne tension)

et, surtout, un transformateur (400 V ou 20 kV).

Son système préfabriqué simplifie considérablement

l’approvisionnement et l’installation sur

site. Ainsi, les développeurs de projets n’ont qu’à

connecter l’arrivée réseau, les câbles de batterie

en courant continu et les liaisons de communication,

avec un minimum de compétences en ingénierie

requises.

« SUNSYS HES XXL SKID met l’accent sur la

vitesse, la fiabilité et le retour sur investissement »,

explique Étienne Cottrant, Energy Storage Solutions

Specialist chez Socomec. « Cette solution

permet la fourniture de services – la régulation

de fréquence par exemple – aux gestionnaires de

réseaux électriques, la recharge ultrarapide des

véhicules électriques ou des plus gros véhicules


LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

L’aéroport de Trieste (Italie) a adopté le stockage d’énergie

par batterie pour réduire son bilan carbone

L’aéroport de Trieste,

plateforme multimodale

majeure du nord-est de

l’Italie, accueille 1,65 million

de passagers par an. Avec

une croissance rapide de

son activité, il s’est fixé

d’ambitieux objectifs en

matière de développement

durable (la neutralité

carbone d’ici 2027). Une

démarche qui repose

notamment sur une

plus grande autonomie

énergétique grâce à la

production d’énergie

renouvelable sur site.

Pour relever ce défi,

Socomec a déployé une

stratégie intégrée de

gestion de l’énergie

reposant sur l’installation de

trois systèmes de stockage

modulaires SUNSYS HES L,

connectés en parallèle pour

atteindre une puissance de

600 kVA et une capacité de

3,3 MWh. Le système de

gestion de l’énergie (Power

Management System - PMS)

de Socomec – fonctionnant

en synergie avec un

système de gestion de

l’énergie externe – optimise

les cycles de charge et de

décharge des batteries en

fonction de la production

photovoltaïque et de la

demande électrique en

temps réel du site.

En seulement un an, cette

démarche a permis de

transformer radicalement

le mix énergétique de

l’aéroport. Ce dernier

couvre désormais 70 %

de ses besoins grâce

à l’autoconsommation

d’énergie renouvelable, dont

46 % directement produits

par l’installation solaire et

24 % fournis via les batteries.

Le système de stockage

de Socomec joue par

ailleurs un rôle clé dans

l’électrification des

tels que les camions, les véhicules de chantier ou

les bateaux, mais aussi les installations d’énergies

renouvelables à grande échelle, avec une intégration

facilitée dans les réseaux existants. »

Une plateforme digitale de supervision

de ces installations de stockage par batterie

Pour superviser ces installations de stockage,

Socomec met à disposition des exploitants sa

nouvelle plateforme de supervision à distance,

enrichie par l’IA, SoLive PRO BESS.

« Dans un contexte d’essor rapide du stockage

d’énergie et de pression accrue sur la rentabilité

des actifs, les exploitants de systèmes de stockage

d’énergie par batterie (BESS) ont besoin d’outils

capables non seulement de suivre leurs installations,

mais aussi d’en optimiser la performance

sur toute leur durée de vie. Accessible en ligne,

cette solution s’adresse aux exploitants souhaitant

mieux maîtriser l’efficacité, améliorer la sécurité

et les performances globales de leurs installations.

Désormais, chaque système BESS commercialisé

par Socomec inclut cinq années de services

de supervision standard », explique Jean-Marc

Guillou, directeur Energy Storage de Socomec.

La plateforme analyse les données d’exploitation

opérations aéroportuaires.

En servant de tampon entre

les chargeurs et le réseau,

il permet de recharger

42 véhicules électriques

pendant la nuit, sans

nécessiter de renforcement

coûteux de l’infrastructure

– historiques et en temps réel – à l’aide d’algorithmes

avancés afin d’identifier les premiers

signes de dégradation qui échappent aux systèmes

de gestion de batterie conventionnels. En

analysant des indicateurs tels que l’état de santé

(State of Health), la durée de vie utile restante

(Remaining Useful Lifetime) et les déséquilibres

entre cellules, Socomec permet aux exploitants

d’intervenir plus tôt, d’éviter les arrêts forcés et

de réduire les risques opérationnels. La plateforme

comprend une couche standard de BDA

qui fournit des indicateurs clés de performance

au niveau du système de stockage. Une option

permet également un suivi au niveau des racks,

accompagné de rapports d’expertise réalisés

par un ingénieur électrochimiste, incluant des

recommandations d’optimisation personnalisées.

Enfin, les fonctionnalités avancées permettent de

télécharger les données historiques et d’accéder à

des connexions API pour les systèmes de gestion

de l’énergie (Energy Monitoring System-EMS)

ainsi que pour des logiciels tiers.

Ces capacités se traduisent par des résultats opérationnels

et financiers mesurables. Utilisée efficacement,

la BDA intégrée à SoLive PRO BESS

permet aux exploitants d’allonger la durée de vie

électrique. Cette avancée a

déjà permis l’électrification

de 75 % des véhicules au

sol, réduisant par là même

la consommation de diesel

d’environ 14 000 litres

par an, et supprimant les

émissions associées.

Station de stockage sous ombrières de l’aéroport de Trieste.

...

© Socomec

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. . . . . . . .

Plateforme de

supervision de stockage

d'énergie SoLive PRO

BESS de Socomec.

EMS SolarEdge ONE

de SolarEdge.

...

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LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

des batteries jusqu’à 20 %, d’améliorer la disponibilité

du système de 3 à 5 % par an et d’augmenter

jusqu’à 15 % la capacité réellement exploitable.

« Les batteries sont des actifs à forte intensité

capitalistique qui doivent fonctionner de manière

fiable pendant des décennies, souligne Jean-Marc

Guillou. Avec SoLive PRO BESS et son analyse

embarquée des données batteries, les exploitants

disposent instantanément d’une vision complète de

leurs actifs. Ils peuvent s’appuyer sur une interface

unique fournissant des indicateurs cohérents et des

analyses exploitables, leur permettant de prendre

de meilleures décisions et de tirer davantage de

valeur de leurs systèmes de stockage d’énergie. »

L’importance des systèmes de management

de l’énergie (EMS) pour ces installations

Une installation photovoltaïque, et en particulier

lorsqu’elle inclut des unités de stockage et fonc-

tionne en autoconsommation totale ou partielle

ou en injection réseau, doit être pilotée par un

système de management de l’énergie (EMS).

Ce système de management va collecter en temps

réel des données provenant des différents éléments

du site (onduleurs, batteries de stockage,

appareils de mesure et capteurs), les analyser et si

besoin envoyer des informations ou des alarmes,

les afficher sur des écrans et/ou les stocker.

Cet EMS va suivre la production des panneaux, le

stockage et les consommations du site, il va gérer

les limites de revente ou d’autoconsommation. Il

va aussi détecter des alarmes ou des défauts pour

déclencher des maintenances ou dépannage et

fournir des rapports et des analyses de performances

en fonction des besoins du client.

Il peut également traiter des informations extérieures

qui auront un impact sur le fonctionnement

du site (météo, évolution du prix du kWh

© Socomec

© SolarEdge


© Mobileese

et barème tarifaire du fournisseur d’électricité).

Pour Patrice Perrin, responsable marché C&I

de SolarEdge France, « sur un site tertiaire, on

va avoir des interactions avec d’autres équipements

: PAC, des systèmes de contrôle d’ouverture

ou de fermeture, des IRVE. Ce système d’EMS

doit être un système ouvert. Pour répondre à ces

besoins, SolarEdge a développé un appareillage

LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

dédié, le ONE Controller, une passerelle interopérable

assurant communication, cybersécurité et

contrôle en temps réel de l’infrastructure énergie

du site et SolarEdge ONE for C&I, une plateforme

d’optimisation énergétique basée sur le cloud et

adaptée aux besoins des consommateurs d’énergie

tertiaires. Cette plateforme offre des capacités

avancées de supervision, d’exploitation et de main-

Mobileese lance une solution d’optimisation énergétique

basée sur les usages d’électrification des mobilités et des

bâtiments

François Gatineau,

président de Mobileese.

Face à la montée en

puissance des véhicules

électriques et à la recherche

d’indépendance énergétique,

les entreprises s’interrogent

sur la meilleure manière de

concilier décarbonation et

performance économique.

L’électrification des usages,

tant dans les bâtiments que

dans les mobilités, n’est plus

une question de principe :

elle s’impose comme un

levier stratégique. Mais

dans un contexte de coûts

d’investissement élevés et de

réglementation mouvante, le

défi réside dans la rentabilité.

Mobileese, cabinet de

conseil et bureau d’ingénierie

technique indépendant,

lance sa solution Energy

Management System (EMS),

le premier système de gestion

d’énergie entièrement basé

sur l’usage des bâtiments et

des mobilités de l’entreprise.

Cette solution unique se

déploie sur les sites qui

regroupent une infrastructure

de recharge, des bâtiments

industriels ou tertiaires,

un stockage d’électricité,

et éventuellement une

production d’électricité

photovoltaïque locale pour

optimiser l’usage combiné de

ces infrastructures.

« Nos clients nous disaient :

investir dans des bornes

de recharge, des panneaux

solaires ou des ombrières

de parking coûte cher et ne

rapporte pas assez vite. Nous

avons voulu inverser cette

logique en créant un système

qui s’appuie sur les usages

réels de l’entreprise, explique

François Gatineau, président

de Mobileese. Le constat est

partagé par de nombreux

décideurs. Si l’électrification

des flottes d’entreprise

offre des avantages fiscaux,

la rentabilité globale

reste difficile à atteindre

lorsque les équipements

ne communiquent pas

entre eux ou que l’énergie

produite localement n’est

pas valorisée. L’EMS

de Mobileese entend

précisément résoudre ce

problème en coordonnant la

production, le stockage et la

consommation d’électricité

selon les réels besoins

immédiats et futurs des

sites ».

Conçu pour fonctionner

avec tous les matériels

compatibles Modbus et

OCPP (bornes, onduleurs

photovoltaïques, batteries,

GTB), le système agit en

local, sans dépendre d’un

opérateur externe. Il anticipe

la météo du lendemain

pour ajuster la production

solaire, prend en compte

les tournées prévues des

véhicules électriques pour

doser la recharge, et arbitre

quasi en temps réel entre

consommation et stockage

d’électricité.

Autre atout : la solution

est indépendante des

installateurs et opérateurs.

Elle peut donc être ajoutée

Système de management de l’énergie (EMS) de Mobileese.

...

à une infrastructure déjà

en place, ou proposée via

les réseaux de distributeurs

existants. Un point clé pour

les acteurs déjà engagés dans

des projets d’électrification.

Mobileese rappelle qu’il

existe des montages

financiers « déconsolidants »,

qui transforment

l’investissement initial en

loyer avant de retrouver la

pleine propriété des actifs,

renforçant ainsi la valeur du

patrimoine foncier.

« Toutes les configurations

que nous avons réalisées à ce

jour démontrent que la baisse

du coût de l’électricité utilisée

permet de rembourser son

infrastructure entre 6 et

10 ans, y compris pour des

installations simples, souligne

François Gatineau, président

de Mobileese. Au-delà,

les économies d’énergie

contribuent à l’augmentation

du cash-flow de l’entreprise. »

© Mobileese

j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 43

. . . . . . . . .


. . . . . . . .

© SolarEdge

Contrôleur

SolarEdge ONE.

Certifications CNPP

des équipements

SolarEdge.

44 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr

© SolarEdge

LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

... tenance, ainsi que de gestion optimisée des sites ».

Eaton annonce le lancement de Brightlayer

Energy, un système de gestion et d’optimisation

de l’énergie (EMOS) reposant sur l’intelligence

artificielle. La solution a été conçue pour aider

les propriétaires de bâtiments à piloter, optimiser

et valoriser leurs investissements énergétiques,

tout en répondant aux exigences réglementaires

locales. La plateforme combine analyse de données

en temps réel, prévisions et pilotage automatisé

afin de maximiser la valeur des infrastructures

électriques et des ressources énergétiques

distribuées des bâtiments.

Sécurité électrique des installations

photovoltaïques : un maillon incontournable

La sécurité des installations électriques d’un site

de production PV est un point très important en

raison des risques d’incendie provoqué, en cas

de défaut, par des arcs électriques sur les nombreuses

connexions d’une installation.

Le référentiel APSAD D20, publié par CNPP

(organisme de référence en sécurité incendie

et gestion des risques) en septembre 2025, est

un document technique de référence destiné à

renforcer la sécurité incendie des installations

photovoltaïques. En définissant des règles claires

et partagées, il répond à la fois aux attentes des

assureurs, des exploitants et des pouvoirs publics.

Comme le détaille Patrice Perrin, « il couvre un

large éventail de configurations,

des toitures

industrielles

aux ombrières

solaires, en passant

par les installations en

autoconsommation ou

avec batteries. Il précise

également la prestation

de contrôle, les

compétences et les

modalités associées,

ainsi que le modèle

de compte rendu

de contrôle initial et

périodique Q20. Dans

l’édition de septembre 2025

du référentiel APSAD D20,

pour garantir la sécurité des installations photovoltaïques,

il est recommandé d’utiliser une

solution capable de détecter les arcs électriques

(série, parallèle, à la terre), d’activer automatiquement

la mise en sécurité de la partie concernée et

de signaler tout incident.

Nos onduleurs ont obtenu après des tests techniques

la certification CNPP Certified SDAEIP

(solutions de détection d’arcs électriques sur les

installations photovoltaïques). C’est une reconnaissance

délivrée par CNPP qui atteste que les solutions

testées de SolarEdge respectent des exigences

strictes en matière d’identification, de détection et

d’arrêt rapide des arcs électriques, de mise en sécurité

de l’installation, de signalisation et de cybersécurité

dans les installations photovoltaïques.

Ce que l’on peut résumer en : identifier-mettre en

sécurité-alerter ».

Adapter les protections DC à l’augmentation

des tensions jusqu’à 2000 V

L’essor des énergies renouvelables, notamment

l’éolien et le solaire, qui sont principalement

générées de manière intermittente sous forme

de courant continu (DC), entraîne une demande

croissante pour des appareillages de protection

capables de gérer des tensions élevées, assurant

ainsi un fonctionnement sûr et efficace des installations.

En parallèle, avec l’électrification croissante

des transports et l’avènement du stockage

d’énergie ainsi que des véhicules électriques,

il devient impératif de disposer de systèmes de

coupure DC toujours plus performants et fiables.

Face à la montée en puissance des installations

photovoltaïques commerciales et industrielles,

les exigences techniques de protection des circuits

évoluent vite.

« Le marché évolue rapidement vers des architectures

toujours plus puissantes. Notre mission est

d’accompagner cette transition en proposant des

solutions fiables, déjà largement adoptées pour les

systèmes en 1500 V DC/800 V AC, et prêtes pour le

passage à 2000 V DC. Ces innovations constituent

des leviers majeurs pour accroître la performance

des installations tout en optimisant les coûts »,

explique Aida Antoli, Product Manager F&FG,

Electrical Power de Mersen.

L’évolution la plus marquante concerne en effet

le passage au 1000 V AC/2000 V DC, prochaine

étape majeure pour les grandes fermes solaires à

onduleurs centraux. En augmentant la tension à

puissance équivalente, les installations intègrent

davantage de modules par chaîne à un courant

réduit. Ainsi, les pertes de puissance, les sections

de câbles et le nombre de composants à installer

sont également moindres. Le résultat : des


économies notables sur les coûts d’installation

(CAPEX), un meilleur rendement global, et une

amélioration du coût actualisé de l’électricité

(LCOE).

Mersen y répond avec sa gamme HelioProtection®,

des solutions robustes et éprouvées, déjà

adoptées sur de nombreuses installations. Pour

accompagner ces évolutions, le groupe s’appuie

sur une expertise reconnue dans la protection des

systèmes photovoltaïques et se distingue comme

le seul fabricant européen à couvrir l’ensemble

des besoins en protection contre les surintensités

et les surtensions. Cette maîtrise globale se traduit

par une offre complète et cohérente : fusibles

jusqu’à 2000 V DC, interrupteurs-sectionneurs

intelligents facilitant la maintenance prévisionnelle,

ainsi que des dispositifs de protection

contre la foudre. Autant de solutions conçues

pour garantir fiabilité, conformité aux normes

CEI et UL, et performance durable des installations

PV les plus exigeantes.

Socomec a développé INOSYS LBS pour ces

applications DC à tensions élevées, une gamme

d’interrupteurs-sectionneurs à commande

manuelle. Ils peuvent être actionnés manuellement

à l’aide de la poignée pour sectionner

tout ou une partie de l’installation électrique. Ils

assurent la coupure et la fermeture en charge et

le sectionnement de sécurité de tous les circuits

électriques basse tension jusqu’à 2000 VDC. Ils

peuvent également être utilisés pour les applications

de coupure d’urgence.

Les interrupteurs-sectionneurs INOSYS LBS

intègrent une technologie brevetée assurant une

capacité de coupure de 750 VDC par pôle, fournissant

1500 VDC en 2 pôles seulement, et limitant

considérablement les puissances dissipées.

Le tout dans un appareil compact, également

disponible en 2000 VDC en configuration 3 ou

4 pôles. L’évolution de 1500 VDC à 2000 VDC

permet aux interrupteurs-sectionneurs de gérer

des applications à plus haute tension et d’apporter

plus de puissance. Conçus pour des environnements

difficiles, ces interrupteurs-sectionneurs

sont disponibles de 160 à 1600 A.

Importance de la cybersécurité

des installations photovoltaïques

Les équipements d’une installation photovoltaïque

et en particulier les onduleurs, les unités

de stockage ou d’autres composants sont de plus

en plus souvent connectés à internet pour suivre

leur fonctionnement, l’optimiser ou détecter

un défaut. Cette connexion augmente ainsi les

risques de cyberattaque, des logiciels malveillants

pouvant bloquer l’accès aux systèmes, pro-

LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

voquer des pannes, les opérateurs se retrouvant

sans supervision ou contrôle ou avec de graves

dysfonctionnements.

Un pirate ayant récupéré des droits d’administrateur

peut désactiver, endommager ou verrouiller

l’onduleur, accéder à des données sensibles,

comme des bases de données, ou des informations

sur la consommation énergétique révélant

les habitudes des usagers. Plus préoccupant, les

pirates peuvent cibler les serveurs centraux des

installations solaires, permettant de contrôler

des milliers, voire des millions de systèmes et

risquant la paralysie du réseau. Un déséquilibre

entre production et demande d’électricité pourrait

provoquer une panne généralisée. Avec l’essor

mondial des installations solaires, les enjeux

de cybersécurité deviennent cruciaux pour la

sécurité énergétique.

© Mersen

Protection interrupteursectionneur

à fusibles

ProGrid de Mersen.

...

Interrupteur-sectionneur 2000 V

DC INOSYS de Socomec.

Fusibles

HelioProtection de

Mersen.

© Socomec © Mersen

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. . . . . . . . .


. . . . . . . .

© SMA

Site de stockage

grid-forming SMA de

Blackhillock (GB).

...

46 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr

LES DOSSIERS DU MOIS

Autoconsommation

« La Commission européenne a décidé, début mai

2026, dans le cadre du NZIA (Net Zero Industry

Act) de ne plus accepter l’utilisation d’onduleurs

fabriqués en Chine (qui monitorent plus de

200 GW d’installations PV en Europe) dans les

projets financés par l’UE et de les remplacer par

des équipements fabriqués en Europe, aux USA ou

au Japon, Corée du Sud ou Suisse, explique Patrice

Perrin. Cela incite à être extrêmement vigilant sur

la provenance des équipements installés, mettre en

place des bonnes pratiques vis-à-vis des infrastructure

réseau telles que les mots de passe durcis et la

vérification des codes des fabricants pour détecter

des failles de sécurité ou des portes dérobées. »

Il s’agit d’une mesure importante visant à protéger

les infrastructures énergétiques critiques

contre d’éventuelles cybermenaces susceptibles

de provoquer des pannes d’électricité. « Et ce

risque est d’autant plus grand, note Patrice Perrin,

que vous avez d’équipements connectés à des EMS,

à des réseaux, à des unités de stockage et, plus particulièrement,

pour des centrales anciennes. »

Cette décision fait suite à des avertissements

d’analystes, selon lesquels la forte dépendance

de l’Europe à l’égard des onduleurs solaires fabriqués

par des entreprises chinoises pourrait compromettre

la stabilité du réseau électrique européen,

d’autant plus que l’Europe s’appuie de plus

en plus sur les énergies renouvelables telles que le

solaire et l’éolien.

Nicolas Dousset, de SMA, donne l’exemple de son

nouvel onduleur Sunny Tripower X60 qui intègre

nativement le socle de cybersécurité, conforme à

la directive RED de l’UE (EN 18031-1), à ETSI

EN 303 645 et à NIS2, avec un hébergement des

données dans l’UE certifié ISO 27001. « C’est un

sujet qui monte rapidement chez nos clients industriels

et leurs DSI. »

Développement des solutions grid-forming

Le développement et le raccordement au réseau

électrique des sources d’énergies renouvelables

(solaire et éolien) transforme la façon dont ces

réseaux électriques sont pilotés et stabilisés. De

nouvelles solutions doivent être mises en œuvre

pour éviter des instabilités graves du réseau pouvant

aller jusqu’à une panne générale.

Une nouvelle technologie se développe : l’utilisation

d’onduleurs grid-forming (formateur de

réseau) pour assurer l’inertie et la résistance du

système.

Nicolas Dousset explique les nouvelles caractéristiques

de ces onduleurs : « La différence

avec un onduleur classique est conceptuelle mais

structurante : un onduleur grid-following se synchronise

sur un réseau qu’il suppose stable ; un

onduleur grid-forming, lui, impose la tension et la

fréquence, comme le faisaient historiquement les

groupes synchrones des centrales conventionnelles.

Il apporte de l’inertie, contribue à la stabilité du

réseau, et permet le black start ainsi que l’exploitation

en îlotage. C’est un sujet qui devient critique

à mesure que les centrales thermiques sont mises à

l’arrêt et que la part des renouvelables augmente. »

L’exemple que donne Nicolas Dousset est celui du

site de Blackhillock en Ecosse qui vient d’être mis

en service.

« C’est aujourd’hui le plus grand système de stockage

par batterie connecté au réseau de transport

en Europe, avec une capacité qui atteindra

300 MW/600 MWh à l’issue de la seconde phase en

2026. Le projet est porté par l’opérateur Zenobē et

intégré par Wärtsilä ; SMA y a fourni 62 Medium

Voltage Power Stations équipées d’onduleurs-chargeurs

Sunny Central Storage. Concrètement, notre

solution Grid Forming délivre 116 MVA de puissance

de court-circuit et 370 MWs d’inertie au

réseau britannique. Et, point qui nous importe

beaucoup, Blackhillock est le premier projet à avoir

validé le processus de conformité au nouveau Grid

Code 0137 du National Energy System Operator

(NESO), qui définit précisément les exigences en

matière de grid-forming. Il s’inscrit dans le programme

britannique Pathfinder, et un second projet,

Kilmarnock, est déjà engagé avec les mêmes

partenaires ».

Déjà utilisées dans des micro-réseaux, ces technologies

vont se généraliser à grande échelle

grâce aux progrès de l’électronique de puissance.

Jean-Paul Beaudet


j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 47


SOLUTIONS

Détection

Finder propose un détecteur de mouvement

orientable pour applications extérieures

Finder complète sa Série 18 avec le détecteur de mouvement Type 18.81 destiné aux

applications extérieures en résidentiel et tertiaire. Ce modèle mural orientable vise les usages

en façade, accès de bâtiments ou circulations extérieures, en neuf comme en rénovation.

Le détecteur dispose d’un contact libre de potentiel 1 NO 10 A et peut être associé à un

bouton-poussoir externe pour le forçage de la sortie. Il intègre une temporisation réglable

de 18 secondes à 15 minutes, ainsi qu’un seuil crépusculaire ajustable de 10 à 350 lux afin

d’adapter le fonctionnement aux contraintes du site. Grâce à sa tête orientable, le Type 18.81

assure une couverture jusqu’à 110°, avec une portée de 10 m. Alimenté en 230 V AC, il peut

piloter jusqu’à 1 000 W en lampes halogènes ou incandescentes et jusqu’à 150 W en led. Le

produit fonctionne dans une plage de température comprise entre - 30 °C et + 50 °C.

https://www.findernet.com/fr/france

© Finder

© Meljac

Appareillage

Meljac décline ses appareillages en laiton

pour la rénovation

Meljac propose des appareillages électriques en laiton

compatibles avec la majorité des boîtiers d’encastrement

standards du marché, afin de faciliter leur intégration dans les

projets de rénovation, en résidentiel comme dans l’hôtellerie

ou le tertiaire. Fabriqués en France et labellisés Origine

France Garantie, ces appareillages sont réalisés à la main et

disponibles dans 29 finitions. Les collections peuvent être

configurées avec différents mécanismes et connectiques :

interrupteurs, boutons-poussoirs, prises françaises ou

Schuko, RJ45, USB, HDMI ou embase F. Les produits peuvent

également être personnalisés avec des gravures et des voyants lumineux. Les appareillages sont

proposés dans plusieurs formats, notamment 80 x 80 mm et 154 x 80 mm, avec ou sans vis apparentes.

https://www.meljac.com

Supervision

Sauter dévoile une application mobile

pour le régulateur ECOS 501

Sauter propose une application smartphone dédiée à

son régulateur ECOS 501 pour ventilo-convecteurs.

Disponible sur Android et prochainement sur l’App

Store, elle permet de piloter, configurer et superviser

les installations via une connexion Bluetooth LE.

L’application intègre une interface utilisateur pour

le réglage du confort et une interface technique

destinée aux installateurs. Elle permet notamment

le paramétrage des régulateurs, la sauvegarde des

configurations, la gestion des profils horaires et la mise

en place d’architectures réseau. Compatible avec les installations 2 tubes, 2 tubes avec résistance

et 4 tubes, l’ECOS 501 intègre un serveur web et peut être associé à des capteurs mesurant

notamment la température, l’humidité, le CO₂, les COV, la luminosité ou le bruit.

https://www.sauter.fr

© Sauter

48 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


SOLUTIONS

Éclairage

Sylvania lance la gamme de hublots LED

Novella

Sylvania dévoile Novella, une nouvelle gamme de hublots led conçue pour les

applications intérieures et extérieures dans les bâtiments tertiaires, résidentiels ou

industriels. Les hublots Novella offrent une protection IP66 contre les intempéries

et une résistance aux chocs IK10. Leur conception intègre des vis anti-vandales et

peut recevoir une casquette de protection en option. Disponibles en noir ou blanc,

ils existent en deux diamètres, 220 mm et 300 mm, avec une température de couleur

sélectionnable entre 3000 K et 4000 K. Le modèle 220 mm propose un flux lumineux

réglable de 720 à 1550 lm, avec une efficacité jusqu’à 138 lm/W, tandis que la version

300 mm atteint jusqu’à 2800 lm et 147 lm/W. La gamme est proposée en versions

multipuissances, DALI ou avec détecteur de présence hyperfréquence paramétrable.

L’installation est facilitée par un connecteur repiquable Lilo.

https://www.sylvania-group.com

© Sylvania

Web Panels 400

Wago rend la supervision industrielle

plus accessible que jamais

Dans un contexte où la performance

des interfaces de supervision devient

un levier clé, Wago frappe fort

avec ses Web Panels 400. Objectif :

proposer une solution à la fois

performante, simple à intégrer et

pensée pour répondre aux exigences

du terrain.

Pensés pour afficher des visualisations

web depuis un contrôleur Wago ou

tout autre serveur, ces terminaux

s’inscrivent pleinement dans les

architectures industrielles actuelles, plus ouvertes, plus connectées et plus évolutives. Dès la prise en main,

l’expérience utilisateur se distingue. Interface fluide, navigation intuitive, design épuré : tout est conçu pour

simplifier l’exploitation au quotidien. L’écran tactile capacitif, associé à une façade en verre intégral, offre un

affichage précis et une interaction naturelle, au plus proche des standards actuels. Côté intégration, le gain est

immédiat. Montage en face avant d’armoire ou sur support VESA, alimentation possible via le réseau : les Web

Panels 400 facilitent le câblage et accélèrent la mise en service. Un atout concret pour les intégrateurs, confrontés

à des contraintes de productivité toujours plus fortes. Enfin, c’est par leur équilibre global que ces nouveaux

panels se démarquent. Capables de gérer des visualisations exigeantes avec fluidité, ils répondent efficacement

aux besoins de supervision, notamment dans les bâtiments industriels.

Avec cette nouvelle gamme, Wago confirme une approche pragmatique : rendre la performance

accessible, sans complexifier l’usage. Une proposition en phase avec les attentes actuelles des

professionnels de l’automatisation.

Scannez le QR Code

https://www.wago.com/fr/

pour plus d'informations

© Wago

j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr 49


3 QUESTIONS À

Propos recueillis

par Alexandre Arène

‘‘

Avec Enerface, l’objectif est de consommer

mieux sans renoncer au confort.

’’

Antonio Calvo

Directeur France d’Airzone

© DR

Airzone enrichit ses solutions de pilotage CVC avec Enerface, une nouvelle

fonctionnalité dédiée à la maîtrise de la consommation énergétique et

à la flexibilité électrique. Associé à un compteur d’énergie Wi-Fi et à

Airzone Cloud, ce programme vise à optimiser les usages en fonction du

réseau, des tarifs dynamiques ou encore de la production photovoltaïque.

Antonio Calvo, directeur France d’Airzone, détaille le programme

Enerface et revient sur la stratégie d’Airzone autour de la flexibilité.

Pouvez-vous présenter le programme

Enerface d’Airzone ?

Antonio Calvo – Enerface est une

nouvelle fonctionnalité intégrée à l’ensemble

des solutions Airzone. Ce n’est

pas une solution autonome, mais une

extension de nos systèmes de pilotage

pour pompes à chaleur, qu’il

s’agisse d’installations multizones ou

monozones, pilotées par Aidoo ou les

systèmes Airzone. Le principe repose

sur l’ajout d’un compteur d’énergie

Wi-Fi connecté à Airzone Cloud.

Cela permet d’abord de visualiser la

consommation énergétique de l’installation,

puis d’aller progressivement vers

de la supervision, l’aide à la décision et

l’automatisation. Nous souhaitons aider

les utilisateurs à mieux consommer

sans renoncer à leur confort. Pour cela,

nous intégrons plusieurs données : les

consommations de l’installation, l’état

du réseau électrique ou encore les tarifs

dynamiques de l’électricité. L’idée n’est

pas forcément de consommer moins,

car un certain niveau d’énergie reste

indispensable pour maintenir le confort

thermique, mais de consommer au

meilleur moment afin de réduire la

facture électrique. C’est tout l’enjeu de

la flexibilité énergétique : déplacer les

usages vers les périodes où l’électricité

est moins chère et où le réseau est

moins sollicité. Nous travaillons également

avec des agrégateurs afin de permettre

aux utilisateurs d’Airzone Cloud

de participer à ces mécanismes de flexibilité

et, à terme, d’en tirer un bénéfice

économique.

Quels outils Enerface met-il

à disposition des utilisateurs ?

Airzone permet déjà de réduire les

consommations énergétiques du chauffage,

de la climatisation et de la production

d’eau chaude sanitaire, grâce

au pilotage pièce par pièce. Avec Enerface,

nous allons plus loin en travaillant

sur l’optimisation du coût de l’énergie.

Cette approche s’appuie notamment sur

des scénarios, capables de déclencher

automatiquement des actions selon des

conditions extérieures ou intérieures.

Contrairement à une simple programmation

horaire, le système peut réagir

à différents événements : géolocalisation,

signal réseau, tarif dynamique ou

production photovoltaïque. Le système

pourra également exploiter un surplus

photovoltaïque pour activer certains

équipements, plutôt que de réinjecter

cette énergie sur le réseau. L’objectif est

de proposer un pilotage énergétique

plus intelligent, capable d’adapter automatiquement

les usages aux meilleures

conditions disponibles.

Pourquoi la flexibilité énergétique

devient-elle stratégique

pour Airzone ?

Nous observons une forte montée en

puissance des Energy Management

Systems (EMS), capables de piloter

les usages énergétiques des bâtiments.

Airzone s’intègre déjà à de nombreux

environnements tiers, notamment

KNX, mais nous estimons qu’il est

logique d’être également acteur de

cette évolution. Nos solutions pilotent

le chauffage, la climatisation et parfois

l’eau chaude sanitaire, qui représentent

une part très importante de la consommation

énergétique d’un bâtiment.

Dans ce contexte, la certification OpenADR

obtenue pour Aidoo Pro constitue

une étape importante. Ce protocole,

développé pour le marché américain,

facilite les échanges entre les équipements

du bâtiment et les opérateurs de

flexibilité énergétique. En Europe, un

équivalent est en cours d’élaboration.

Airzone participe actuellement avec

Ignes aux réflexions autour de futurs

standards d’interopérabilité adaptés au

marché européen. L’objectif est de permettre

aux équipements énergétiques

des bâtiments de dialoguer plus efficacement

avec le réseau afin de rendre la

consommation plus flexible, plus intelligente

et plus performante.

50 j3e 926 / MAI 2026 - www.filiere-3e.fr


Le courant passe entre nous depuis 76 ans

924

LA REVUE DE L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE WWW.FILIERE-3E.FR 925

ISSN 0758-3826 / AVRIL 2026

926

INDEX

Index des entreprises et organismes cités

Ademe............................................www.ademe.fr.................................................10, 14

AIE..................................................www.iea.org..........................................................37

Airzone............................................www.airzonecontrol.com........................................50

Alva Systems..................................www.alva-systems.fr.............................................30

ANSSI..............................................https://cyber.gouv.fr/..............................................24

Arc Informatique.............................https://www.pcvue.com/fr......................................26

Association BBCA...........................www.batimentbascarbone.org................................12

Avob................................................https://avob.com/......................................25, 26, 28

BACnet............................................https://bacnetfrance.org/.......................................28

ChangeNOW....................................https://www.changenow.world/fr/.....................14, 15

Citeo Pro.........................................https://www.citeopro.com/.....................................11

CNPP...............................................https://www.cnpp.com/..........................................44

CRE.................................................https://www.cre.fr/................................................38

CUBE Flex.......................................https://www.cube-flex.org/.....................................27

Current/OS......................................https://currentos.org/...............................................7

DGEC...............................................https://www.ecologie.gouv.fr/

......................................................direction-generale-lenergie-et-du-climat-dgec........38

Drive to Zero...................................https://event.drivetozero.fr/....................................12

Eaton..............................................https://www.eaton.com/fr......................................44

ecosystem......................................https://www.ecosystem.eco/..................................11

EcoWatt..........................................https://www.monecowatt.fr/.......................25, 26, 27

Eland Cables...................................https://www.elandcables.com/fr.............................18

Ember.............................................https://ember-energy.org/......................................40

Enedis.............................................https://www.enedis.fr/.....................................22, 32

Energy Pool.....................................https://energy-pool.com/.......................................25

EnerJ-Meeting................................https://www.enerj-meeting.com/............................12

FD Éclairage...................................https://www.fdeclairage.com/.................................16

Festival Passibat'............................www.passibat.fr....................................................12

Finder.............................................https://www.findernet.com/fr..................................48

FNCCR.............................................www.fnccr.asso.fr............................................22, 25

Forum Économique Mondial...........https://www.weforum.org/.....................................11

Gimelec...........................................https://gimelec.fr/................................ 21, 22, 24, 26

Global Lighthouse Network............https://initiatives.weforum.org/

.......................................................global-lighthouse-network/home............................11

Hellio...............................................https://www.hellio.com/.........................................10

IEC..................................................https://www.iec.ch/homepage............................7, 45

Ifop.................................................https://www.ifop.com/...........................................10

Ignes...............................................https://ignes.fr/.....................................................22

IHF..................................................www.ihf.fr.............................................................12

IRENA..............................................https://www.irena.org/...........................................36

Irisolaris..........................................https://irisolaris.com/.......................................33, 38

Journées d'études et de formation IHF...www.journees-ihf.com...........................................12

KNX.................................................www.knx.fr....................................................8, 9, 50

Light+Building................................https://light-building.messefrankfurt.com/..... 6, 7, 8, 9

LonWorks........................................https://lonmark.fr/wp/............................................28

LoRaWAN........................................https://lora-alliance.org/.........................................28

Matter...........................................................................................................................9

M-Bus.............................................https://m-bus.com/...............................................28

Meljac.............................................https://www.meljac.com/.................................16, 48

Mersen............................................https://www.mersen.com/fr...................... 6, 7, 44, 45

Mob-Energy....................................https://www.mob-energy.com/...............................38

Mobileese.......................................https://mobileese.com/..........................................43

Modbus...........................................www.modbus.org............................................28, 43

Morbihan Énergies..........................https://morbihan-energies.fr/.................................25

NRF Retail's Big Show....................www.nrfbigshoweurope.com..................................12

OCPP...............................................https://openchargealliance.org/

.......................................................protocols/open-charge-point-protocol/....................43

ODCA...............................................https://currentos.org................................................7

Omerin............................................https://www.omerin.com/...........................20, 32, 34

OpenADR.........................................https://www.openadr.org/.......................................50

PcVue..............................................https://www.pcvue.com/fr......................................26

PEP ecopassport.............................http://www.pep-ecopassport.org//fr/.................14, 15

Préventica.......................................www.preventica.com.............................................12

Rexel...............................................https://www.rexel.fr/........................................14, 15

RTE.................................................www.rte-france.com................ 18, 21, 22, 24, 25, 27

Sauter.............................................https://www.sauter.fr/............................................48

SBA.................................................https://www.smartbuildingsalliance.org/............22, 26

Schneider Electric..........................www.se.com/fr.............11, 21, 22, 24, 26, 27, 29, 30

Sepem Brest...................................https://brest.sepem-industries.com/.......................12

Sepem Industries............................www.sepem-industries.com...................................12

Sibca...............................................https://sibca.fr/.....................................................12

SMA................................................https://www.sma-france.com/....32, 33, 34, 36, 37, 38, 46

Socomec.........................................www.socomec.fr.................................. 40, 41, 42, 45

SolarEdge.......................................www.solaredge.com............................ 34, 42, 43, 44

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Sylvania..........................................www.sylvania-group.com.......................................49

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