BO#517 RETOUR CANNES - 27-05-2026
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Bimensuel N°517 / 27 mai 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
MATT
DAMON
TOM
HOLLAND
ANNE
HATHAWAY
ROBERT
PATTINSON
LUPITA
NYONG’O
AVEC ZENDAYA
ET
CHARLIZE
THERON
UN FILM DE CHRISTOPHER NOLAN
15.07.26
@UniversalFR
Lodyssée-LeFilm.com
FILMÉ ENTIÈREMENT AVEC DES CAMÉRAS
UGC PRÉSENTE
ALAN
CUMMING
BERNARD
FARCY
LUKA
PEROS
ÉMILIE
CAEN
ALEXANDRE
DESROUSSEAUX NAWELLE
EVAD
création : photo : matthias clamer
le 24 juin au cinéma
© 2024 - LES FILMS DU 24 - M6 FILMS - UMEDIA
Bimensuel N°517 / 27 mai 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
CANNES 2026
LE CNC SUR
TOUS LES FRONTS
L'édito
Sommaire
XIII
De ce Cannes, on aurait préféré garder en tête que Jean
Labadie est le héros incontesté de la Croisette, avec une 13 e
Palme d’or en tant que distributeur (ce qui en fait naturellement
le spécialiste du genre). On aurait aussi préféré retenir
un palmarès réussi, dans lequel l’industrie française est
omniprésente, et qui a vu Cristian Mungiu intégrer le cercle
très fermé des réalisateurs ayant remporté deux Palmes d’or.
Mais non. Ce Festival de Cannes aura, une fois de plus,
illustré la mauvaise habitude du cinéma français à créer des
polémiques contre-productives. Non pas que la question de
fond ne soit pas essentielle : l’indépendance éditoriale et –
puisque c’était l’objet de la tribune publiée et co-initiée
semble-t-il par le quotidien Libération – celle de la future
programmation du réseau UGC sont naturellement des
sujets qui appellent à la plus grande vigilance. Cependant,
que ce soit par sa forme ou par le moment choisi pour sa
publication, cette tribune a suscité une large incompréhension
au sein de la profession. D’ailleurs, qu’aucune organisation
syndicale, même parmi les plus virulentes, n’ait apposé sa
signature au bas du document aurait dû alarmer ses auteurs.
La réponse de Maxime Saada peut naturellement être tout
autant discutée. Mais au-delà du fait qu’il faut se méfier des
“prophéties autoréalisatrices”, pour reprendre les termes du
président du CNC, on a le sentiment que les signataires ont
donné des munitions à ceux-là mêmes qu’ils dénoncent. En
matière de diversité, le bilan éditorial cinéma des équipes
de Canal+ et de Studiocanal des dix dernières années ne
souffre aucune contestation. Pourtant, cette tribune risque
de fragiliser leur position, comme elle fragilise celle du
cinéma français dans son ensemble alors qu’il s’affiche
ostensiblement sur le tapis rouge. À un an de la présidentielle,
alors que le CNC est régulièrement attaqué, l’audiovisuel
public questionné, chaque prise de parole doit être pesée,
mesurée, pour ne pas se retourner contre l’ensemble de la
filière. Cela n’empêche pas d’agir, de travailler, de se battre
pour son avenir. Mais cela doit être fait de manière constructive,
et ne pas venir alimenter les préjugés qu’entretiennent
les ennemis de la culture et du cinéma. Comme le célèbre
héros de Jean Van Hamme, certains semblent l’avoir oublié.
est une publication de
Laurent Cotillon
N°ISSN : 2740-3335
Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-
Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal
à parution
P. 6 à 9
ACTUS
Retour sur la tribune « Zapper Bolloré »
France Télévisions, rempart fragile
du cinéma français ?
Du mouvement dans l’industrie
Les palmarès cannois
Partenariats renforcés et éducation
aux images : l’offensive du CNC dans les
territoires
P. 10 à 15
RENCONTRES
NATIONALES ART ET
ESSAI
AG de l’AFCAE : face à l’adversité,
défendre la diversité
Politiques culturelles :
une crise inédite à combattre
Pass Culture : le cinéma devient la
première dépense des jeunes
P. 20 à 25
CANNES 2026
Le SCARE se livre en AG
FACC : Rencontre avec Gaëtan Bruel
Retour sur le Cinemas Club
P. 26-27
BILANS
Médiateure du cinéma : radiographie
d’une année sous haute tension
Le CNC livre son bilan 2025
P. 28 à 30
INTERNATIONAL
Exploitation à l'international : tarification,
IA, accessibilité et politiques publiques au
cœur des nouveaux défis
Sommet Lumière : vers une nouvelle
diplomatie mondiale du cinéma
IMAX : un excellent premier trimestre,
et des rumeurs de vente
P. 31
DISTRIBUTION
Figure O se lance dans la distribution
P. 32-33
EXPLOITATION
Megarama renforce son maillage francilien
P. 34
MISCELLANÉES
Programme des Rencontres du Cinéma
Indépendant, carnet noir, petite annonce
et agenda de la profession
Directeur de la publication
Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr
Directeur général délégué média & stratégie
Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr
Rédacteurs
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Cécile Vargoz / cecile.vargoz@cinegroup.fr,
Jules Dreyfus / jules.dreyfus@cinegroup.fr
Collaboration au magazine
Tanguy Colon
Base de données Films
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Publicité / Base de données distributeurs
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publication
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média & stratégie
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Journaliste
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Journaliste
JULES DREYFUS
Journaliste
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Boxoffice Pro France
4 N°517 / 27 mai 2026
“ LA FORMIDABLE SAGA
D’UNE FAMILLE ÉGYPTIENNE”
RADIO NOVA
MAVERICK DISTRIBUTION
PRÉSENTE
CHRONIQUES DU CAIRE
ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR
ABU BAKR SHAWKY
AU CINÉMA LE 1 ER JUILLET
CINENOVO PRÉSENTE UNE COPRODUCTION CINENOVO FILM AG FILM CLINIC FOX IN THE SNOW FILM SQUARE LAGOONIE FILM PRODUCTION FILM I VÄST WRONG MEN COPRODUIT PAR LE RED SEA FUND UNE INITIATIVE DU RED SEA INTERNATIONAL FILM FESTIVAL AVEC LE SOUTIEN DE L’ÖSTERREICHISCHES FILMINSTITUT AND ÖFI+
FILMFONDS WIEN RÉGION ÎLE-DE-FRANCE LAND NIEDERÖSTERREICH TAX SHELTER DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL BELGE BNP PARIBAS FORTIS FILM FINANCE DOHA FILM INSTITUTE EN COLLABORATION AVEC ORF FILM/FERNSEH-ABKOMMEN VENTES INTERNATIONALES GOODFELLAS DISTRIBUTION MAVERICK DISTRIBUTION ET AD VITAM
“NOTRE HISTOIRE - CHRONIQUES DU CAIRE” AVEC AMIR EL-MASRY VALERIE PACHNER NELLY KARIM CHEF MONTEUR ROLAND STÖTTINGER CHEF DÉCORATEUR HEND ABDELRAZEK HAIDER DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE WOLFGANG THALER AAC PRODUCTEURS EXÉCUTIFS JACKIE BERNON SHERIF RIZKALLAH JULIE FLAMENT RASHA
ABURISH COPRODUCTEURS OLIVIER GUERPILLON MARTA REGUERA KRISTINA BÖRJESON BENOÎT ROLAND PRODUCTEURS MOHAMED HEFZY ALEXANDER GLEHR JOHANNA SCHERZ SHAHINAZ AL AKKAD AHMED BADAWY PRODUIT PAR JULIE VIEZ ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR ABU BAKR SHAWKY
©2025 CINENOVO - FILM AG - FOX IN THE SNOW - FILM I VÄST - WRONG MEN - TOUS DROITS RÉSERVÉS.
Actualités
©Isabelle Nègre pour Boxoffice Pro ©Nour Films ©Afcae ©Ciclic Centre-Val de Loire
Mouvements chez…
Warner Bros. France
Après une décennie chez Disney,
puis, ces dernières années, une
activité de conseil en tant
qu’indépendant, Frédéric
Monnereau a rejoint le 18 mai
l’équipe cinéma de Warner Bros.
France, pour une mission de
manager de transition/consultant à la direction de la
programmation et des opérations. Il travaille aux côtés
d’Olivier Snanoudj, senior vice-president cinéma de la filiale,
et Cheima Selmi, directrice de la stratégie de distribution
cinéma, fort de son expérience chez Disney mais aussi
Studiocanal, la Fox, Paramount, EuropaCorp, Gaumont et
Ciby 2000.
Nour Films
Lélia Saligari devient directrice de la
programmation chez Nour, après en
avoir été responsable. « Cette
nomination vient reconnaître un
engagement profond, un travail de
fond et une vision de la
programmation qui a pleinement
participé à nos récents succès », commente Patrick Sibourd,
fondateur et gérant de la société. Lélia Saligari aura la charge
d'accompagner les prochaines sorties du distributeur, dont
L'Affaire Zanetti de Leonardo Di Costanzo (03/06/26) et Le
Passage de Brandt Andersen (08/07/26).
Cinémathèque française
à Marseille
L’antenne marseillaise, qui ouvrira en
avril 2027, sera dirigée par Sabine
Putorti, actuelle directrice de
l’Institut de l’image à Aix-en-
Provence, qui est aussi
administratrice de l’Afcae et
co-responsable du groupe répertoire.
Auparavant, elle a travaillé dans la production de
documentaires et s’est formée aux ateliers Varan, avant de
rejoindre la Cinémathèque Gaumont pour participer à la
restauration et la numérisation du fonds.
CinéCiclic
Centre-Val de Loire
Après près de onze ans passés à la
direction de l'agence, Philippe
Germain passera la relais le 14
septembre prochain à Annaïck Le
Ru. Une évolution naturelle pour
celle qui occupe actuellement le
poste de directrice générale adjointe
de l'établissement, après y avoir été chargée de mission, puis
responsable et directrice administrative et financière.
©LCP - Assemblée nationale
LA TRIBUNE « ZAPPER
BOLLORÉ » DIVISE LE CINÉMA
FRANÇAIS
Après la tribune « Zapper Bolloré » puis la décision de Canal+ d'exclure tout projet
impliquant un de ses signataires, la filière oscille entre appels à la médiation des
organisations professionnelles et menaces d'actions en justice.
Le point sur un bras de fer qui met l’écosystème à l'épreuve de la discorde.
La veille de l’ouverture du Festival de Cannes, Libération
publiait la tribune « Zapper Bolloré », signée par plus de
600 professionnels à titre individuel – producteurs,
exploitants, distributeurs, techniciens, acteurs – qui y
dénonçaient « l’emprise grandissante » de Vincent Bolloré
sur le secteur, citant, entre autres, son rachat en cours
d’UGC. « En laissant le cinéma français aux mains d’un
patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une
uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste
sur l’imaginaire collectif. » Conscients de dépendre, à des
degrés divers, pour leurs projets comme leur salaire, « de
l’argent de Vincent Bolloré », les signataires entendaient
« sortir ensemble du silence imposé insidieusement à notre
secteur. Construisons ensemble un mouvement capable de
défendre notre indépendance et la possibilité de créer, de
diffuser et de programmer librement, comme certain·es
s’emploient déjà à le faire ».
Une « injustice » contre Canal+
Au-delà de cette tribune, la fronde « Zapper Bolloré »
s’est manifestée à Cannes lors des apparitions à l’écran
du logo Canal+, dont le milliardaire est actionnaire
majoritaire. Le 17 mai, la chaîne cryptée est finalement
sortie de son silence, par la voie de son président de
directoire. « J’ai vécu cette pétition comme une injustice
vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre
l’indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de
ses choix », a déclaré Maxime Saada, cité par Le Film
français, lors d’un brunch avec des producteurs. « En
conséquence, je ne souhaite plus que Canal+ travaille avec
les signataires de cette tribune. Si certains en viennent à
qualifier Canal+ de “crypto-fasciste”, alors je ne peux pas
accepter de collaborer avec eux : la limite est là. »
Face à cette contre-attaque, le collectif « Zapper Bolloré »
a dénoncé « des méthodes d’intimidation dignes de Vincent
Bolloré », soulignant que la tribune « n’a jamais désigné
que ce dernier, sans incriminer les équipes de Canal + ».
Pour le collectif, « cette menace confirme cependant nos
craintes : pouvons-nous encore croire à l’indépendance de
Canal+ vis-à-vis du milliardaire d’extrême droite, contre
lequel il est désormais officiellement impossible de s’exprimer ? ».
Dans la foulée, la tribune recueillait des milliers de
signatures supplémentaires, dont celles de cinéastes
internationaux comme Javier Bardem, Aki Kaurismäki,
Yórgos Lánthimos, Mark Ruffalo, Walter Salles et Ken Loach.
La bataille… du dialogue
Les débats autour de la tribune « Zapper Bolloré » et la réaction
de Maxime Saada dépassent les enjeux de filière. Le 19
mai à l’Assemblée nationale, dans le cadre des questions au
gouvernement, la ministre de la Culture déclarait : « La place
majeure de [Canal+] dans le cinéma lui donne une voix qui
compte. Je regrette que la réponse, disproportionnée à tout le
moins, apportée aux inquiétudes bien réelles qui se sont exprimées,
les avive. » Mettant en garde contre « les polémiques qui
fragilisent [le cinéma français] en attaquant, semaine après
semaine, ses différents piliers accusés d’être au service d’idéologies
politiques », Catherine Pégard a multiplié ses appels pour
que « la raison et le dialogue puissent l’emporter sur les
menaces ». Dès le lendemain, elle était interpellée par le sénateur
de Loire-Atlantique Ronan Dantec : une « liste noire » de
professionnels du cinéma devenus indésirables, « ne peut que
rappeler les heures sombres du maccarthysme s’attaquant à
Hollywood ». Dès lors, « la bataille de France est engagée ».
6 N°517 / 27 mai 2026
Maxime Saada lors des dernières Rencontres de L’ARP
©SUSY LAGRANGE
Le CNC veut calmer le jeu
Interrogé le 18 mai sur les ondes de France Inter,
Gaëtan Bruel a estimé que la réaction de Maxime
Saada interroge la liberté d’expression, rappelant que
« le droit à la critique fait partie de ce principe fondamental
». Le président du CNC confessait toutefois
avoir du mal à y voir autre chose « qu’une réaction à
chaud », et ne pas douter de l’intention de Canal de
demeurer « le premier soutien privé de la plus grande
diversité du cinéma français ». Concernant la teneur de
la tribune, Gaëtan Bruel a indiqué « respecter la démarche »
des signataires, mais ne se retrouve pas « dans les faits
qu’ils avancent » et met en garde contre des inquiétudes
qui doivent rester « précises sur les faits », afin d’éviter
des « prophéties autoréalisatrices ».
Appels à la médiation
Première organisation professionnelle à prendre publiquement
la parole, la Société des réalisateurs de films
a rappelé le 19 mai « qu'elle est et sera toujours solidaire
des cinéastes et de tous les autres acteurs de la filière qui
expriment librement leur opinion et leurs inquiétudes
légitimes et qu'elle condamne et condamnera toute mise
à l'écart qui en résulterait ». Pour la SRF, Canal+ a
« toujours veillé à la liberté et à l'indépendance de la
création et nous souhaitons qu'il en soit encore de même
dans les années à venir ». L'organisation a ainsi proposé
d’organiser une médiation entre les cinéastes signataires
et les équipes cinéma de Canal, « afin d’échanger très
rapidement sur leurs inquiétudes et de rétablir une
confiance qui permette à tous de travailler sereinement ».
Deux jours plus tard, le 21 mai, c’était au tour du
Syndicat de la production indépendante (SPI) de
réagir officiellement. Et si l’organisation estime que
« l'éviction des signataires de la tribune “Zappons Bolloré”
des projets financés par Canal+ constituerait une mesure
de rétorsion » inacceptable, elle n’en souligne pas moins
le rôle « fondamental » que la chaîne cryptée joue depuis
quarante ans dans le financement de la création, « y
compris dans sa dimension la plus diverse, la plus singulière,
la plus exigeante ».
Enfin, le 23 mai, la Ligue des droits de l’homme et
la CGT-Spectacle ont annoncé leur intention d’assigner
Canal+ en justice pour discrimiation des signataires
« en raison d’une expression politique et syndicale ».
En outre, les deux structures examinent un éventuel
recours devant la Commission européenne « pour
sanctionner l’abus de dépendance économique de Canal+,
qui s'inscrit dans un schéma de concentration réactionnaire
de tous les vecteurs de la culture élaboré par Vincent Bolloré ».
En attendant, à l’heure où nous bouclons ces lignes,
la tribune « Zapper Bolloré » revendiquait près de 4 400
signatures.
Tanguy Colon, Cécile Vargoz et Ayşegül Algan
FRANCE TÉLÉVISIONS, REMPART FRAGILE
DU CINÉMA FRANÇAIS ?
Dans le contexte de fortes tensions autour
de Canal+, la rencontre, le 19 mai au Café des
Cinéastes de l’ACID à Cannes autour de la politique
éditoriale de France Télévisions en matière
de financement et de diffusion du cinéma a naturellement
dérivé vers la fragilité du financement
des films et l’avenir de la chronologie des médias.
Alors que France Télévisions est fragilisé par les conclusions
du rapport Alloncle, et par plusieurs années de
baisse de ses ressources, le groupe public peut-il être le
rempart du cinéma français ? Sans reprendre explicitement
la dimension politique de la polémique “Bolloré”,
Manuel Alduy, directeur du cinéma de France Télévisions,
a néanmoins décrit l’année « chaotique » qui a suivi le
nouvel accord cinéma signé par Canal+, « avec une
réduction du nombre de films » et l'arrivée du nouvel
acteur Disney+. Résultat : « On était souvent confrontés
à devoir exprimer notre envie d’être sur un film, voire de
le chiffrer, sans savoir si la première fenêtre payante serait
là, et à quel prix. » Avec une répercussion particulière
sur les films du milieu, dont le directeur du cinéma de
France Télévisions est pleinement conscient.
La chronologie des médias : un « mariage »
en péril ?
Pour le groupe public – qui a, entres autres et aux côtés
de Canal+, co-financé Fjord de Cristian Mungiu (France
3 Cinéma), Notre salut de Emmanuel Marre (France 2)
ou encore Coward de Lukas Dhont (France 2) –, le
cinéma reste un « genre culturel différent de tous nos autres
programmes, parce qu'il existe indépendamment de France
Télévisions ». Dès lors, le diffuseur reste très attaché à la
salle, « qui incarne le lancement du film ». Rappelant que
les chaînes gratuites restent « les derniers dans un schéma
de financement » et « les derniers en exploitation », Manuel
Alduy estime la chronologie des médias « un peu obsolète ».
Car si le dirigeant ne remet aucunement en cause les 4
mois d'exclusivité salle, les discussions entre acteurs des
fenêtres de diffusion suivantes s'annoncent tendues. « La
chronologie des médias, c’est un “mariage polygame”. Si
quelqu’un n’a plus envie d’être dedans, ça appelle un divorce »
lance-t-il, en observant que la chronologie des médias
constitue un avantage pour les opérateurs privés payants ;
« les chaînes gratuites n’en ont pas besoin ».
Manuel Alduy n’en est pas moins conscient de la fragilité
économique de France Télévisions. « Nous n’avons pas de
trajectoire budgétaire qui nous permette d’anticiper nos
possibilités d’investir dans le cinéma ». Une situation d’autant
plus complexe que le groupe public amortit aujourd’hui
des investissements décidés plusieurs années plus tôt,
dans un contexte budgétaire depuis dégradé.
Pas de quoi rassurer la filière*. Dans un paysage fragmenté,
voire désormais divisé, jusqu’où le service public peut-il
encore garantir un certain équilibre du financement du
cinéma français ?
Ayşegül Algan et Cécile Vargoz
*Le 11 mai, les Cinéastes de L'ARP, la SRF, l’UPC UPC, et le SPI se sont indignés des conclusions
du rapport Alloncle, « qui font peser une menace grave sur l’avenir de l’audiovisuel
public français », l’un des « garants essentiels » de la diversité cinématographique française.
©Prime Video
Prime Video :
l’Arcom entérine une
hausse massive des
investissements
D’après l'avenant conventionnel validé par l’Arcom le 6
mai dernier, Prime Video portera son investissement
annuel dans la création française et européenne à 90 M€
pour l'année 2026 – voire à 110 M€ si la plateforme
souhaite diffuser des films moins de 12 mois après leur
sortie en salles (contre les 40 M€ minimum attribués
depuis 2021). Ce montant sera ajusté au prorata temporis
pour 2026, l’avenant entrant en vigueur au 1 er mai, puis
selon l’évolution du chiffre d’affaires de la plateforme les
deux années suivantes. Ce nouveau cadre reste toutefois
conditionné à la signature d’accords avec la filière cinéma
d’ici le 31 juillet 2026.
Le premier film Amazon Original français, Le Bal des
Folles de Mélanie Laurent (2021), n’est pas sorti dans les
salles françaises
N°517 / 27 mai 2026
7
Actualités
CANNES 2026
LES PALMARÈS
©Le Pacte
Prix Fondation Louis Roederer
de la Révélation
Aina Clotet pour Viva d'Aina Clotet (Haut et Court, 14/10/26)
Prix Fondation Gan à la diffusion
Pyramide Distribution pour La Deuxième Fille
de Zou Jing (à dater)
Prix SACD
Blerta Basholli & Nicole Borgeat, autrices de Dua
(Jour2Fête)
Fjord de Cristian Mungiu
Sélection officielle
Palme d’or
Fjord de Cristian Mungiu (Le Pacte, 19/08/26)
Grand Prix
Minotaure d’Andreï Zviaguintsev (Les Films du Losange, 14/10/26)
Prix du jury
L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach (15/07/26)
Prix de la mise en scène
La Bola Negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi (Le Pacte)
Fatherland de Paweł Pawlikowski (Pathé)
Prix du scénario
Notre salut d’Emmanuel Marre (Condor, 30/09/26)
Prix d’interprétation féminine
Virginie Efira et Tao Okamoto pour Soudain
de Ryusuke Hamaguchi (Diaphana, 12/08/26)
Prix d’interprétation masculine
Emmanuel Macchia et Valentin Campagne pour Coward
de Lukas Dhont (Diaphana)
Caméra d’or
Ben’imama de Marie Clémentine Dusabejambo (Ad Vitam)
©AFCAE
Prix de la meilleure actrice
Marina de Tavira, Daniela Marín Navarro et Mariangel
Villegas dans Ton animal maternel de Valentina Maurel
(JHR, 30/09/26)
Quinzaine des Cinéastes
Choix du public
Je vois des immeubles tomber comme la foudre
de Clio Barnard (Pyramide)
Label Europa Cinemas
L’Espèce explosive de Sarah Arnold (Pan Distribution, 07/10/26)
Coup de cœur des auteurs SACD
Shana de Lila Pinell (Les Films du Losange, 17/06/26)
Semaine de la Critique
Grand Prix Ami Paris
La Gradiva de Marine Atlan (Tandem, 04/11/26)
Prix CST
Prix CST de l’artiste-technicien
Nicolas Rumpl, chef monteur de Notre salut
d’Emmanuel Marre
Prix CST de la jeune technicienne de
cinéma
Esther Mysius, cheffe décoratrice de Histoires de la nuit
de Léa Mysius (Le Pacte, 16/09/26)
Prix Jean Vivié
Abdelkader Tetek (meilleure projection)
Anne-Lise Gilibert (meilleur montage)
Prix des cinémas art et essai
Notre salut d’Emmanuel Marre
L’Œil d’or
Viendra la révolution de Pegah Ahangarani (Jour2Fête, 09/12/26)
Prix Fipresci
Fjord de Cristian Mungiu
Ben’imama de Marie Clémentine Dusabejambo
La Deuxième Fille de Zou Jing
Prix Ecoprod
Soudain de Ryusuke Hamaguchi
Mention spéciale
Notre salut d’Emmanuel Marre
Queer Palm
Teenage Sex and Death at Camp Miasma
de Jane Schoenbrun
Un Certain Regard
Prix Un Certain Regard
Everytime de Sandra Wollner (New Story)
Prix du jury
Les Éléphants dans la brume d’Abinash Bikram Shah
(Les Valseurs/Arizona, 23/09/26)
Prix spécial du jury
Le Corset de Louis Clichy (KMBO, 14/10/26)
Prix du meilleur acteur
Bradley Fiomona Dembeasset dans Congo Boy de Rafiki
Fariala (Jour2Fête, 25/11/26)
8 N°517 / 27 mai 2026
Emmanuel Marre et Swann Arlaud, entouré du jury des cinémas art et essai, le 23 mai 2026 à Cannes
PARTENARIATS RENFORCÉS ET
ÉDUCATION AUX IMAGES :
L’OFFENSIVE DU CNC DANS LES
TERRITOIRES
©D.R.
Catherine Pégard à
Cannes : défendre la
création face à l’IA
14 Régions s’engagent dans un partenariat renforcé avec le ministère de la Culture, via le CNC, pour
soutenir la diffusion du cinéma. Ce nouveau pacte s'accompagne d'un appel à projets de 700 000 € pour
l'éducation aux images, d’un « fonds de concours » de 2,7 M €, et d’un soutien accru aux associations
territoriales de salles.
En France, « les deux tiers de la dépense culturelle sont portés
par les collectivités », a rappelé Gaëtan Bruel le 11 mai à
Cannes. Or, leur « désengagement à bas bruit » ces dernières
années et les contraintes budgétaires locales font peser
une menace « existentielle » pour la filière cinéma, qui doit
« s'assurer que demain, on ait toujours des spectateurs devant
nos œuvres ». Sachant que certaines régions, restant attachées
au financement de la production, envisageaient de diminuer
leur soutien à la diffusion, le CNC a donc proposé
un pacte inédit aux exécutifs régionaux.
14 des 17 Régions françaises* ont accepté ce « partenariat
renforcé », prenant l'engagement pour l'année à venir de
ne pas baisser leurs crédits en faveur des salles, festivals
et actions d’éducation aux images. En contrepartie, le
CNC modifie son modèle de cofinancement – jusqu'ici
fixé à 1 € de l'État pour 2 € de la collectivité –, avec un
apport de 2 €, voire 3 € pour 1 € de la collectivité. Les
régions bénéficiaires bénéficieront de feuilles de route
« sur mesure » – comme dans le Grand Est pour relancer
la fréquentation en zone rurale – et seront associées plus
étroitement aux décisions.
5 à 6 M € consacrés à la diffusion et l'éducation
Parallèlement à ces partenariats avec les Régions, le CNC
lance un appel à projets innovants pour l'éducation au
cinéma et à l'image, doté de 700 000 €. Une manière
d'accompagner le plan « révolutionnaire » annoncé par
le gouvernement en novembre dernier, « en prenant
davantage en compte les pratiques des jeunes et en les
incluant dans la construction des projets », souligne le
CNC. L'appel est ouvert jusqu'en juin, et les projets
retenus – « a minima à l’échelle départementale » mais
encouragés à être déployables à plus large échelle – seront
annoncés à l'automne. Par ailleurs, un « fonds de concours »
de 2,7 M € sera mis en place afin de compenser intégralement
les baisses de budget des DRAC sur l'éducation
aux images.
En additionnant le coût de ces différentes mesures, sans
oublier les 250 000 € accordés aux associations territoriales
de salles… et « un ensemble d’autres actions à préciser »,
le CNC consacrera 5 à 6 M € à la diffusion et l'éducation.
Et ce alors que le budget du Centre est lui-même restreint
– notamment par l'amendement Lavarde, qui réduira
l’apport de la TST-E de près de 30 M €. Gaëtan Bruel a
fait le choix de « ne pas faire peser ce plan d'économie
sur le cinéma », d’autant plus lorsqu’il s’agit d’enjeux
« fondamentalement égalitaires » comme la diffusion et
l’éducation à l’image.
Ayşegül Algan et Cécile Vargoz
* Seules la Guadeloupe, la Nouvelle-Aquitaine et les Pays de la Loire manquent à l'appel
à ce stade. L’absence des Pays de la Loire s’explique par le retrait récent et massif de la
Région des dispositifs de soutien culturel, tandis qu’avec la Nouvelle-Aquitaine, très
engagée dans la filière depuis des années mais freinée aujourd’hui par un « manque de
visibilité budgétaire » selon le président du CNC, la discussion se poursuit.
©ISABELLE NEGRE
La Ministre de la Culture était très attendue à Cannes, où
elle s’est adressée pour la première fois directement – et
rapidement – à l’ensemble des représentants de la filière,
le 16 mai, aux côtés du CNC. Sans faire d’annonce précise,
la ministre a souligné la nécessité de la régulation,
notamment face au défi de l'IA. « L'acte de création est le
propre de notre humanité. La création n'est pas la réutilisation
», a déclaré Catherine Pégard, avant d’indiquer que
les aides du CNC vont « très prochainement » intégrer cette
notion. « Cela signifie que le CNC n'aidera pas une œuvre
qui n'aurait pas d'auteur ». Dans la même logique, seule
l'interprétation humaine pourra être soutenue, notamment
s'agissant du doublage. Il ne s’agit pas d’interdire
l'usage de l'IA dans les œuvres soutenues, mais « nous
n'aiderons pas des œuvres où l'IA se substituerait aux créateurs
au lieu de lui apporter des outils supplémentaires ».
Sur la politique en faveur de l'égalité hommes-femmes,
après le bonus parité de 2019, Caroline Pégard a précisé
que le principe du malus parité, annoncé l'an dernier,
sera mis en place le 1 er janvier 2027 de façon progressive,
avec des pénalisations financières pour les productions
qui s'écartent trop des objectifs.
L'enjeu européen
La ministre a rappelé que les ressources du CNC ont une
seule finalité : « financer la création française dans toute sa
diversité ». Elle défendra ce principe dans « chaque débat
budgétaire face à chaque tentative de dévoiement »,
notamment pour que les taxes versées par les plateformes
« évoluent rapidement ». Mais le modèle doit être
conforté au niveau européen, et la ministre entend
convaincre ses homologues, dans le cadre de la directive
SMA et surtout du programme Agora EU, « pour qu'une
enveloppe accrue soit véritablement dédiée à la création et
à la production audiovisuelle et cinématographique, et tout
particulièrement à la production indépendante ».
Et pour favoriser le dialogue au niveau mondial, la
ministre a rappelé que la France organisera le premier
Sommet international sur le cinéma le 7 septembre
prochain à Saint-Paul-de-Vence, coprésidé avec la Corée.
« Ce sera le Sommet Lumière, appelé ainsi en hommage aux
inventeurs français du cinéma il y a 130 ans, mais aussi à
l'héritage universaliste du XVIII e siècle et des Lumières ».
Cécile Vargoz
N°517 / 27 mai 2026
9
Cannes 2026
©ISABELLE NEGRE
AFCAE : FACE À L’ADVERSITÉ,
DÉFENDRE LA DIVERSITÉ
Dans un contexte de tensions politiques et au sein même de l’exploitation, les
salles de l’AFCAE, réunies en assemblée générale à Cannes, ont réaffirmé les
valeurs fortes qui les guident et leur soutien au CNC… qui, de son côté, entend
soutenir davantage leur travail. Une AG qui a aussi permis de faire le bilan du
classement art et essai et des projets de l’association.
La salle Debussy du Palais des festivals de Cannes
était comble, le 11 mai dernier, pour l’assemblée
générale de l’AFCAE, après une année marquée par
son 70 e anniversaire, mais aussi des attaques inédites
sur la Culture qui ont conduit les salles art et essai à
affirmer encore davantage leurs valeurs collectives,
qjui sont désormais énoncées dans une charte de
bonne conduite. L’année 2025 a en effet été « ambivalente
» pour l’art et essai, selon le terme du président
de l’AFCAE, avec des parts de marché pour les films
(28,6 %) et pour les salles (38,5 %) qui ont rarement
été aussi élevées… dans un marché globalement faible.
Mais c’est aussi cette réussite relative qui a accentué
les tensions entre exploitants. Car si les études du
CNC ont montré que « la baisse des entrées des circuits
nationaux ne peut être attribuée à un accès aux films
plus large et plus rapide des salles indépendantes »,
Guillaume Bachy s’inquiète des pratiques de grands
circuits – « demandes d’exclusivité, formes de chantage
au nombre de séances, d’une baisse plus rapide du partage
de recettes ou de la durée d’exploitation » –, qui risquent
de nuire en premier lieu aux distributeurs, et bien sûr
aux salles et au public. Dans ce contexte, le président
de l’AFCAE s’est dit préoccupé de l’arrivée de « milliardaires
» dans l’exploitation, habitués à des logiques de
rentabilité rapide. « Si l’arrivée de nouveaux entrants
dans la filière peut contribuer à des équilibres économiques
nécessaires, elle fait naître ici de réelles inquiétudes,
notamment au regard des orientations du Groupe Bolloré. »
De leur côté, plusieurs exploitants ont témoigné d’un
« étau qui se resserre » de la part des distributeurs, avec
des exigences démesurées, notamment sur le nombre
de séances, y compris en troisième semaine. Quant à
©ISABELLE NEGRE
Le président Guillaume Bachy lisant son rapport moral
10 N°517 / 27 mai 2026
savoir si ces exigences résultent de pressions de la part
d’exploitants concurrents, « nous n’avons pas de preuves
pour saisir la médiateure ».
Afficher l’unité de la filière… et se mobiliser
pour soutenir le CNC
Cette AG se tenait en effet dans la foulée de l’injonction
de la médiateure du cinéma à l'encontre de Megarama
[voir p. 22page 26] qui aurait exigé de plusieurs distributeurs
de ne pas sortir leurs films chez ses concurrents.
Une démarche « totalement contraire à l'intérêt général »
selon le président du CNC, qui a lui-même saisi la
médiateure pour inviter tous les acteurs concernés à se
manifester, soulignant qu’il avait été le seul à le faire.
Pour Gaëtan Bruel, le réseau de salles indépendantes
« mérite d'accéder aux films dans des conditions équitables ;
ce n'est pas négociable ». Pour autant, le président du CNC
met en garde contre l’étalage dans la presse des tensions
entre exploitants, en appelant à les résoudre par les canaux
appropriés – la médiation mais aussi le comité de concertation.
« À l'approche d'échéance politiques majeures, nous
avons besoin de faire front commun, pas de nourrir des
tensions dont nous sortirons tous perdants ». Car non seulement
les salles municipales ne volent pas d’entrées aux
gros circuits, réaffirme Gaëtan Bruel, mais si les salles art
et essai forment les jeunes spectateurs qui vont ensuite
dans les multiplexes, c’est pour lui « le plus bel exemple de
la solidarité et de la complémentarité du secteur ». Le véritable
enjeu, c’est « de retrouver l’unité de la filière cinématographique
» – a-t-il dit à la veille d’une certaine tribune et
de ses suites. C’est cette unité qui permet les grands
équilibres du CNC, « où la TSA a rapporté 130 millions
d'euros l’an passé, mais où nous avons consacré près du triple
– 360 millions d’euros – au secteur dans son ensemble ».
Un modèle que l’AFCAE entend bien défendre et promouvoir.
Face aux attaques politiques sans précédent contre
le CNC, les adhérents ont fait part de leur volonté
d’informer précisément leur public sur le financement
français du cinéma – et des salles –, par exemple en
inscrivant des chiffres sur les billets de cinéma, tandis
que collectivement, l’AFCAE travaille avec le CNC à
une vidéo pédagogique. La présidente de l’ADRC, Nadège
Lauzzana, a pris la parole en tant que « militante » pour
défendre plus largement l’exception culturelle. « On tue
Si l’arrivée de nouveaux
entrants dans la filière
peut contribuer
à des équilibres
économiques,
elle fait naître ici de
réelles inquiétudes
Guillaume Bachy
ce qui fonde notre engagement depuis plus de 50 ans : une
action artistique et culturelle sur tous les territoires. Il va
falloir changer de dimension et se faire entendre, en multipliant
les explications. »
Politique territoriale
Car on s’inquiète aussi, bien sûr, des politiques à l’échelle
locale, avec des budgets consacrés à la culture qui ont
baissé dans les deux tiers des Régions, mais aussi dans
70 % des Départements. Le groupe des associations
territoriales de l’AFCAE a ainsi rapporté que 68 % d’entre
elles ont été touchées par des baisses de financement ces
deux dernières années, dont deux ont cessé toute activité.
Et le péril n’est pas seulement financier, mais idéologique,
avec des élus locaux s'ingérant dans la programmation
et les animations des salles, comme l’a rappelé Guillaume
Bachy, ainsi que des campagnes de pression sur les réseaux
sociaux contre certains exploitants – qui ont dû en appeler
à la police ou la DGSE. En réponse, l'AFCAE a mis en
place une ligne directe et un accompagnement juridique
pour ses adhérents, qui concerne autant les difficultés
d’ordre politique qu’économique des salles. Et attend,
plus largement, une vraie reconnaissance des activités
des associations territoriales dans les conventions État-Régions
2026-2029.
©ISABELLE NEGRE
Classer les salles art et
essai… au patrimoine de
l’UNESCO
Dans la continuité de ses 70 ans, l'AFCAE ambitionne de
faire reconnaître le statut des salles art et essai comme
bien immatériel culturel par l'UNESCO. « Cette démarche,
qui demandera du temps et un engagement important,
affirmerait que ces salles ne sont pas seulement des équipements
culturels parmi d’autres, mais des lieux patrimoniaux
vivants, des espaces de transmission, de pluralisme,
d’accès aux œuvres et de débat public », explique l’AFCAE.
Elle dirait, à l’échelle internationale, qu’une salle art et essai
mérite protection parce qu’elle abrite une pratique culturelle
singulière : voir des films ensemble, dans la durée, dans la
discussion, dans l’attention aux œuvres et aux publics. »
Cet enjeu dépassant le cadre français, la CICAE est pleinement
partie prenante de cette dynamique. « Le classement
UNESCO serait à la fois une reconnaissance
symbolique majeure et un levier politique concret (...),
et rappellerait avec force qu’en matière de culture, protéger
les lieux compte autant que soutenir les œuvres. »
Gaëtan Bruel, aux côtés de Sophie Zeller, la nouvelle
directrice des publics et des territoires du CNC, a répondu
en annonçant le partenariat renforcé avec 14 Régions
sur 17 pour soutenir leur engagement dans la diffusion
et l'éducation au cinéma. [voir p. 8] « J’ai également
souhaité renforcer le soutien aux associations territoriales de
salles de 250 000 euros cette année », a précisé le président
du CNC, et, dans le cadre des conventions 2026-2029,
« des garanties renforcées sont prévues pour la liberté de
création, dont la définition intègre explicitement la liberté
de programmation ».
… et éducation à l’image
Sur le volet de l’éducation au cinéma et à l’image et du
grand plan voulu par les ministres, Gaëtan Bruel a indiqué
que quelques mesures seront mises en place en septembre
(accès gratuit pour les enseignants aux plateformes Bref
et Tënk, doublement des classes inscrites au défi Écris ta
série et au dispositif Enfants des Lumières…), et « l’appel
à projets doté de 700 000 euros pour soutenir les initiatives
les plus innovantes ». La formation des enseignants avance,
avec une expérimentation en cours dans les académies
de Créteil, Versailles et Clermont-Ferrand, qui permettra
de former plus de 2 000 professeurs. En outre, « 2,7
millions d'euros supplémentaires seront répartis, via les
DRAC, pour renforcer notamment Ma classe au cinéma et
Passeurs d'images. » Reste que l’AFCAE s’inquiète toujours
sur le budget de la part collective du pass Culture, devenu
essentiel dans ces dispositifs.
Le Conseil d’administration de l’AFCAE au complet. Lors de l’assemblée générale à Cannes, ont été élu.e.s ou réélu.e.s :
Emmanuel Baron (Cinéma Jacques Perrin, Tarare), Solenne Berger (Ciné Off, Tours), Sylvie Buscail (Ciné32, Auch), Régis
Faure (Cinémas Panacéa), Chloé Guilhem (Le Pestel, Die), Eric Miot (Megarama, Arras) et Sabine Putorti (Institut de
l’image, Aix-en-Provence).
La réforme art et essai n'a exclu aucun
cinéma
Enfin, la rencontre a permis de faire le bilan du classement
art et essai. Le président du CNC a salué les
« résultats positifs » de la réforme, « qui n'exclut aucun
cinéma ». 1 357 cinémas sont classés à l’issue des commissions
régionales 2026, soit 40 de plus qu'en 2025, et
alors que la commission d'appel n'a pas encore eu lieu.
La pondération des films, qui avait suscité quelques
craintes, n'a pas entraîné de baisse globale pour telle
ou telle catégorie de cinéma ; elle eu un effet légèrement
plus favorable aux salles des grandes villes, et bénéfique
ou neutre pour la majorité des salles de catégorie E et
plus des trois quarts des circuits itinérants.
N°517 / 27 mai 2026
11
Cannes 2026
Le comité 15-25 devient
“le groupe” 15-25
Myriam Djebour
Le comité créé en 2022, pour identifier des films s’adressant
aux 15-25 ans et proposer un accompagnement, va
devenir un groupe de travail au même titre que les autres
groupes de soutien de l’AFCAE (Inédits, Jeune Public et
Répertoire). Le label 15-25 créé par le CNC pour le classement
art et essai a été un signal fort, et « nous souhaitons
aller plus loin, pour que l’attribution du label prenne en
compte la programmation des coups de coeur du comité »,
a expliqué Myriam Djebour, exploitante du cinéma Les
Carmes à Orléans et responsable du comité. L’an dernier,
le comité 15-25, qui rassemble 32 exploitants et coordinateurs
d’associations régionales, a décerné son coup de
cœur à 12 films sur 47 repérés, dans l’idée d'accompagner
les salles art essai à la fois dans leur programmation et
leurs liens direct avec les jeunes. Guillaume Bachy a
souligné que les distributeurs sont de plus en plus
nombreux à reconnaître la valeur de cet accompagnement,
et en devenant un “groupe” de travail, ses membres
« auront plus de temps pour se voir, pour soutenir plus de
films et mettre en place plus d’actions à dans vos salles. »
©ISABELLE NEGRE
Lionel Bertinet, directeur du
cinéma au CNC, a détaillé le
montant des aides proposées, qui
s’élève à 20,82 M €, écrêté à 19,59
M € après un ajustement de 8,4 %,
« afin de garder un budget suffisant
pour la commission d’appel d’automne
». Le montant est donc
supérieur de 10 000 € aux subventions
2025, qui avaient connu un
ajustement budgétaire de 5,5 %.
On notera que par rapport à 2024,
toutes les catégories de salles voient
leurs aides augmenter en 2026.
Une situation qui interroge Guillaume Bachy au regard
des prochaines années, alors que de plus en plus de
cinémas sont classés, mais que l’enveloppe allouée à
l’art et essai n’évolue pas. Le président du CNC a assuré
en tout cas qu’elle ne baisserait pas, et ce malgré l’amputation
du budget du Centre de 30 millions d’euros
environ, dans le cadre de l’amendement Lavarde [voir
Boxoffice Pro du 21 janvier 2026].
Lionel Bertinet a aussi précisé les prochains calendriers
de dépôt de dossier pour le classement. Le formulaire
simplifié pour 2027 sera ouvert du 21 septembre au 30
novembre, pour la reconduction du classement 2026 –
sauf cas particuliers. Concernant le classement 2028,
pour la période du 2 juillet 2026 au 29 juin 2027, les
©ISABELLE NEGRE
Le CNC à l'AG de l'AFCAE : Gaëtan Bruel, Lionel Bertinet et Sophie Zeller
questionnaires ouvrent dès ce 25 mai, au lendemain du
Festival de Cannes, pour une transmission des demandes
entre le 6 septembre et le 8 novembre 2027. Les exploitants,
qui réclamaient plus de temps, auront donc 17
mois pour remplir leur dossier.
En attendant, le réseau des salles art et essai, « vital pour
notre société » selon le président du CNC, reste pleinement
engagé. Pour Guillaume Bachy « dans un moment où les
fondamentaux tanguent, où les vents sont parfois contraires,
nous aurons besoin de toute l’énergie collective que l’AFCAE
permet pour faire face aux prochains événements et pour
créer des dynamiques positives ».
Cécile Vargoz
PROGRAMMATION, CONCENTRATION DU MARCHÉ,
FINANCEMENT : LA CICAE SE POSITIONNE
©CICAE
influence politique, et indispensables à l’industrie audiovisuelle
européenne », a déclaré Christian Bräuer, président
de la CICAE. Son vice-président Guillaume Bachy a
souligné que « les pressions politiques ne pourront, ni ne
réussiront à limiter ce que le cinéma d’art et d’essai peut
accomplir. À Cannes, nous constatons une nouvelle fois
combien l’écosystème international de l’art et essai est
interconnecté et combien des cadres culturels stables sont
essentiels pour le soutenir ».
Le Conseil d'administration de la CICAE, le 13 mai 2026 à Cannes
La Confédération internationale des cinémas
art et essai, qui tenait elle aussi son assemblée
générale à Cannes, appelle à préserver l’autonomie
du cinéma indépendant face aux pressions
politiques et économiques croissantes.
« Les cinémas indépendants sont des piliers essentiels de
la diversité et de la résilience culturelles – et cinématographiques
– qui doivent être soutenus : nous résisterons
aux pressions politiques », a déclaré la CICAE, qui
représente plus de 2 400 salles indépendantes à travers
le monde. À Cannes, l’organisation a appelé à préserver
et renforcer les cadres de financement nationaux et
internationaux pour les cinémas indépendants, notamment
à travers le programme AgoraEU, appelé à
remplacer Europe Créative MEDIA. Le futur programme
« doit garder le cinéma en son cœur – avec un financement
dédié et protégé reconnaissant les cinémas comme des
institutions culturelles indépendantes, libres dans leur
autonomie de programmation et indépendantes de toute
La pluralité des acteurs doit être préservée face à la
concentration… et notamment le projet de fusion
Warner-Paramount : la CICAE invite les autorités de
régulation des marchés à l’empêcher et à défaut, à y
apporter « des mesures correctives robustes ».
Enfin, la Confédération internationale s’est réjouie
que cette année, les salles de cinéma soient au centre
de nombreuses discussions à Cannes. L’association a
notamment invité plus de 200 représentants de la
filière au Cinemas Club, dont Charles Rivkin ( Motion
Picture Association), Emilie Anthonis (Motion Picture
Association EMEA), Jackie Brenneman (American
Film Market), Lela Meadow-Conner (Arthouse Convergence),
Fatima Djoumer (Europa Cinemas), Tanja
Meissner (European Film Market), et des représentants
des organismes nationaux de financement.
12 N°517 / 27 mai 2026
L’ACTUALITÉ DE
L’EXPLOITATION ET DE LA
DISTRIBUTION CINÉMA
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Cannes 2026
POLITIQUES CULTURELLES
UNE CRISE INÉDITE À COMBATTRE
Pierre Charpilloz, journaliste et critique de cinéma, Chloé Delaporte, professeure à l'Université de Montpellier Paul Valéry, et Philippe Teillet, maître de conférences en sciences politiques à l'IEP de Grenoble
©Boxoffice Pro
À l'occasion des Rencontres nationales art et essai, les universitaires Philippe
Teillet et Chloé Delaporte ont confronté leurs analyses sur l'évolution des
politiques culturelles, et en ont débattu avec les salles de l'AFCAE lors d'une table
ronde modérée par le journaliste et critique Pierre Charpilloz.
Il n’y a jamais eu
d’accord unanime
sur la direction
et la légitimité des
politiques culturelles
Philippe Teillet
Luttes, consensus… et luttes
Aujourd’hui encore, les politiques culturelles françaises
sont le produit de dynamiques historiques conflictuelles,
ce qui signifie « qu’il n’y a jamais eu d’accord unanime
sur leur direction, ni sur leur légitimité propre », rappelle
Philippe Teillet, maître de conférences en sciences
politiques à l'IEP de Grenoble. Car au sein de la culture,
domaine autrefois investi par des acteurs privés, la
question de l’intervention publique a longtemps divisé.
Néanmoins, dans les années qui suivent la création du
ministère des Affaires culturelles en 1959, un certain
consensus sur l’intervention de l’État règne – « unissant
le PCF au pouvoir gaulliste, incarné ici par André Malraux »
–, et permet de professionnaliser et démocratiser le
secteur. Les années Jack Lang élargissent ensuite le
champ d’action culturel de l’État, suscitant autant
d’intérêt que de critiques. « Une rupture apparaît progressivement
au début des années 90 avec de nombreux
intellectuels qui contestent cette ouverture, au motif d'une
perte de cohérence. » L’universitaire souligne toutefois
que ces désapprobations ne remettent pas en cause
l’existence de ces politiques, contrairement à ce qui
émerge aujourd’hui. Le politologue Emmanuel Négrier
définit le mouvement actuel en “quatre P” : le patrimonialisme,
pour des politiques culturelles qui ne
s’intéressent qu’à la diffusion du patrimoine au détriment
de la création ; la privatisation, qui considère que
l’action publique n’est plus légitime ; la politisation,
soit, « comme le disait un élu RN, celui qui paie l’orchestre
choisit ses musiques » ; la proscription, qui interdit des
propositions artistiques.
Comment défendre les intérêts de la
culture
Dans le cas du cinéma, la crise qu’il traverse n’est, selon
Chloé Delaporte, professeure à l’Université de Montpellier
Paul-Valéry, pas due à un désintérêt de la puissance
publique, bien au contraire. « Le cinéma intéresse tout le
monde, et devient donc facilement une cible à abattre.
Chacun a un avis dessus, ce qui peut mener à des situations
dangereuses comme un interventionnisme dans la programmation
ou la baisse drastique des budgets. » Et c’est également
en raison de cette importance du cinéma dans le champ
social que sa crise actuelle est intimement liée à des
questions démocratiques, et qu’une résolution des tensions
passera par « une convergence des luttes à l’échelle nationale
et locale, où un État fort contraindra le privé à travailler
avec le public ». Et pour unir ces deux acteurs, la chercheuse
affirme qu’il faut cesser d’adopter un discours « politiquement
radical », qui serait en fait « contre-productif » par
rapport à d’autres arguments : « Mettons en avant que le
cinéma ramène de l’argent, qu’il fait vivre des territoires,
des infrastructures, qu’il rentabilise les investissements publics.
La défense de la culture n’est pas une radicalité politique. »
Il s'agit de proposer une ouverture au-delà du cercle
politique restreint souvent lié à l’art et essai, afin de
toucher l'intégralité de la population. Cette approche
La défense de la
culture n’est pas une
radicalité politiques
Chloé Delaporte
fait écho à l'interrogation d'un exploitant dans la salle :
« Comment affirmer nos valeurs d’ouverture et de diversité
tout en restant ouverts aux spectateurs de tous horizons
politiques ? » À ce titre, Chloé Delaporte soutient de « faire
confiance aux publics, car tous sont concernés par les notions
d’ouverture et de discussion ».
Autre piste : l’utilisation des petits écrans. Si la professeure
regrette la stigmatisation du rapport des jeunes
aux nouveaux écrans, elle juge en outre que leur utilisation
peut être bénéfique. Une intervention de la salle
a notamment pris en exemple un extrait d’une interview
de Roxane Arnold chez OnTime, une chaîne YouTube
d’entretiens. La directrice de la distribution de Pyramide
y expliquait le financement du CNC, et la vidéo a été
partagée et commentée de nombreuses fois. « Ce sont
des espaces à investir pour diffuser des informations et en
rectifier d’autres, et la viralité des réseaux peut aider,
valide Chloé Delaporte. La communication permet de
maintenir une lutte dans la durée, d’autant plus dans
une période de concentration médiatique. » Mais les
difficultés restent nombreuses, particulièrement au vu
du désengagement de nombreuses collectivités qui
mènent à un fort déséquilibre territorial, et d’une
« bureaucratisation » importante de l’espace public, qui
épuise les structures. Le modèle associatif est particulièrement
exposé à ces tensions, comme l’a relevé un
représentant d’une association territoriale, et la crise
qu’il traverse est un danger pour la vie culturelle de
nombreux territoires, particulièrement ruraux.
Jules Dreyfus
14 N°517 / 27 mai 2026
PASS CULTURE : LE CINÉMA DEVIENT
LA PREMIÈRE DÉPENSE DES JEUNES
Laurence Tison-Vuillaume, présidente du pass Culture, et Guillaume Bachy, président de l'AFCAE, ont signé à Cannes une nouvelle convention.
©Jules Dreyfus
Valoriser son cinéma
sur le pass Culture
Les jeunes privilégient de plus en plus leurs cinémas de proximité
(sur le pass, 68 % des réservations en 2025 se font sur
des séances géolocalisées, contre 28 % en 2023), et peuvent
repérer les salles dans la playlist ”les cinémas de ton quartier”.
Quand un film est valorisé sur le pass, les jeunes voient automatiquement
la séance la plus proche de chez eux. Mais ils
peuvent aussi aller directement sur la page de leur cinéma :
les salles sont donc encouragées à se mettre elles-mêmes en
valeur sur l’appli (via leur espace professionnel), en ajoutant
une photo et toutes les infos pratiques de leur cinéma, mais
aussi une “offre à la une”, qui apparaîtra en premier et sera
trois fois plus consultée que les autres. Bientôt, les séances
accompagnées (ciné débats, ciné Relax…) remonteront
automatiquement sur l’API publique du pass.
Le bilan, présenté à Cannes au
Cinemas Club, montre la belle
dynamique entre cinéma et pass
Culture… en particulier depuis le
début de l’année 2026.
Le partenariat avec les salles
art et essai est également renforcé.
En cinq ans, le pass Culture et le cinéma ont écrit
« une très belle histoire », selon Laurence Tison-Vuillaume,
présidente du pass Culture, qui faisait le 13
mai un bilan du dispositif, en compagnie de François
Catala, directeur du développement, et de leur équipe.
Pour rappel, le pass Culture est devenu en janvier
dernier un opérateur de l'État, ce qui conforte sa
mission de service public et lui donne un « cap très
clair » pour sa présidente : « Partir des territoires, pour
l’accès à la culture des jeunes qui en sont le plus éloignés. »
Aujourd’hui, la quasi-totalité des cinémas sont référencés
sur le pass (94 %) et 36,6 millions d’entrées
ont été enregistrées via l’appli depuis sa création (dont
27,5 M via le volet individuel). En 2025, ce volet
individuel a représenté 5,3 M d’entrées, mais le cinéma
restait encore le deuxième poste de réservation après
le livre. En 2026, pour la première fois depuis la
création du pass, le cinéma est devenu le premier
secteur de dépenses, alors que les crédits alloués aux
jeunes ont baissé. Les places achetées via le volet
individuel (en comptant les cartes) représentent 1,9
M d’entrées entre le 1 er janvier et le 1 er mai. Sur la
part collective, les réservations ont subi le gel du
budget (et ont baissé de 42 % par rapport à l’année
scolaire précédente), mais elle est de plus en plus
utilisée pour les dispositifs Ma classe au cinéma, pour
lesquels 60 % des réservations se font dans les cinémas
art et essai.
Une nouvelle convention avec l’AFCAE
Des cinémas art et essai qui, au fil des années, ont resserré
les liens avec le pass Culture, pendant que celui-ci a
développé son éditorialisation : mise en avant des films,
des événements et des cinémas, et notamment par les
jeunes eux mêmes, à travers les jurys pass Culture dans
les festivals et un ciné club très actif. Plusieurs partenariats
ont été noués avec l’AFCAE, mais aussi avec le SDI côté
distributeurs. L'équipe du pass a détaillé à Cannes les
fonctionnalités et initiatives récentes, tandis que sa présidente
a fait part des projets imminents, autour de trois
axes : l’engagement des jeunes – avec le lancement d’un
label “coup de cœur du pass Culture” à la rentrée et des
ambassadeurs associés à une salle –, la médiation – notamment
par le biais d’une synchronisation automatique des
séances accompagnées –, et la valorisation nationale – à
travers un grand concours autour du cinéma. Et pour
renforcer le travail avec les salles art et essai, une convention
de trois ans a été signée à Cannes entre le pass Culture et
l’AFCAE. Elle prolonge le partenariat déjà engagé (valorisation
des films du comité 15-25 de l’AFCAE, événement
Halloween…), avec l’ambition de développer le travail
avec les ambassadeurs, sur leurs actions de médiation mais
aussi leur formation. Pour ouvrir des perspectives aux
jeunes… au-delà de leur statut de spectateur.
Cécile Vargoz
2025
1 954 cinémas
sont sur le pass Culture
1 115 classés art et essai
69 circuits itinérant
7,3 M d’entrées
(volet individuel et collectif)
2026
36,5 % du volet individuel
est dépensé dans
les cinémas
contre 22,5 % en 2025
Magalie Armand,
déléguée générale du SDI,
aux côtés de l’équipe du
pass Culture à Cannes,
lors de la présentation
du bilan de celui-ci sur le
Cinemas Club de Cine Group
et du Marché du Film
©Cécile Vargoz
N°517 / 27 mai 2026
15
Calendrier
SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ
JOUR FÉRIÉ
CHANGEMENT/NOUVELLE DATE
REPRISE
CONTENU ALTERNATIF
Zone A
Besançon, Bordeaux,
Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,
Limoges, Lyon, Poitiers
Zone B
Aix-Marseille, Amiens, Caen,
Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,
Orléans-Tours, Reims, Rennes,
Rouen, Strasbourg
Zone C
Créteil, Montpellier,
Paris, Toulouse,
Versailles
S22
27 MAI
S23
3 JUIN
S24
10 JUIN
S25
17 JUIN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
WAYNA PITCH À BRAS-LE-CORPS (SILENT REBELLION) 01h36 M.Sgualdo L.Gueneau, G.Colin, T.Doret
NIGHT ED FILMS BLAST 02h24 S.Raj A.Sarja, P.Mukhundhan
NIGHT ED FILMS CHARDIKALA 02h30 A.Singh Saron R.Gill, A.Virk, A.Mehraj
PANAME DISTRIBUTION COCOTTE 01h37 G.Pálfi M.Diakopanayotou, A.Pandazaras, Y.Kokiasmenos
ARP SÉLECTION COLONY 02h02 S.Yeon G.Jun, K.Koo, J.Chang-Wook
NEXT FILM DISTRIBUTION CUBA & ALASKA 01h33 Y.Troyanovsky
EPICENTRE FILMS FATHER 01h42 T.Nvotová M.Ondrík, D.Moravkova, P.Bebjak
LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION
(EX CINÉ SORBONNE) FRENCH CONNECTION 01h44 W.Friedkin G.Hackman, R.Scheider, P.McDermott
LÉOPARD FILMS HOLY DESTRUCTORS 01h25 A.Žegulytė
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION LE COYOTE 01h29 K.Jerkovic E.Avila, C.de la Cortina, C.Pop
PATHÉ LIVE LE DERNIER RÊVE DE FRIDA ET DIEGO (METROPOLITAN OPERA) 02h48 D.Colker I.Leonard, C.Alvarez, G.Reyes
ANIME LIMITED LE DERNIER SOUFFLE D'UN YAKUZA 01h30 B.Kinoshita K.Kobayashi, H.Mitsushima, Y.Miyazaki
SUDU CONNEXION LE PONT 01h30 W.Mattar M.Hamzaoui, S.Omrane, S.Hannachi
PARK CIRCUS FRANCE LES HOMMES PRÉFÈRENT LES BLONDES 01h31 H.Hawks J.Russell, M.Monroe, C.Coburn
METROPOLITAN FILMEXPORT LE VIRTUOSE 01h49 D.Roher L.Woodall, D.Hoffman, H.Liu
SPLENDOR FILMS L'HOMME QUI VOULUT ÊTRE ROI 02h09 J.Huston S.Connery, M.Caine, C.Plummer
STUDIOCANAL L'OBJET DU DÉLIT 02h13 A.Jaoui A.Jaoui, D.Auteuil, E.Haïdara
CARLOTTA FILMS MACHO DANCER 02h14 L.Brocka D.Fernando, J.Jose, A.Paule
WARNER BROS. FRANCE MATA 01h38 R.Lang (II) E.Haïdara, J.Japy, R.Personnaz
ATYPIK STUDIO MINIBIOPIC 01h08 K.Hamon et R.Cathelineau R.Cathelineau, F.Nilsson, V.Lextreyt
POWERHOUSE PRODUCTIONS PARIMALA AND CO Pandiraj Jayaram, Urvashi, Mysskin
ATYPIK STUDIO PAULINE, REVERSIBLE 00h12 K.Hamon et R.Cathelineau F.Nilsson, L.Emery, Q.Wasner-Launois
PATHÉ LIVE PAUL MIRABEL - PAR AMOUR : LE SPECTACLE AU CINÉMA 01h25 N.Munnich P.Mirabel
ZINC FILM / WARNER BROS. FRANCE TOUT VA SUPER 01h31 P.Cassir H.Jemili, N.Lvovsky, M.Colomb
PATHÉ FILMS WHO W.Aime W.Aime, R.Geslot, H.Koné
NIGHT ED FILMS ZOMBEID 02h30 N.Qureshi F.Mustafa, M.Hayat, I.Motiwala
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
PARADIS FILMS ANNA ET LES ENFANTS 01h30 D.Clavier C.Chamoux, A.Lenoir, O.Côte
ED DISTRIBUTION BAIT 01h29 M.Jenkin E.Rowe, S.Shepherd, M.Woodvine
NORTE DISTRIBUTION BOUCHRA 01h23 O.Barki et M.Bennani
LA FILMOTHÈQUE DISTRIBUTION
(EX CINÉ SORBONNE) BYE BYE BRÉSIL 01h40 C.Diegues B.Faria, J.Wilker, F.Jr.
AD VITAM EN NOUS 02h07 J.Binoche J.Binoche, A.Khan
VALENTINE LOEB SAS FRANCESCA & GIOVANNI 01h47 S.Izzo et R.Tognazzi E.Pantano, P.Reggiani, G.Arezzo
PATHÉ FILMS LA BATAILLE DE GAULLE : L’ÂGE DE FER 02h40 A.Baudry S.Abkarian, S.Beale, F.Lesieur
NOUR FILMS L'AFFAIRE ZANETTI 01h45 L.Di Costanzo R.Zem, B.Ronchi, H.Girardot
DHR DISTRIBUTION / A VIF CINEMAS LA TSIGANE, SUR LA ROUTE AVEC TAMÈRANTONG ! 01h01 S.Lefebvre (III)
KMBO LE GARÇON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES 01h39 G.Unkovski A.Jakup, A.Agushev, D.Akan Zlatanova
LES FILMS DES DEUX RIVES LOIN DE MOI LA COLÈRE 01h33 J.Akafou
CGR EVENTS MIRAGE 01h15 V.Birant
NIGHT ED FILMS MOLLYWOOD TIMES 02h30 A.Nayak S.Prathap, Sharafudheen
GEBEKA FILMS NOUVEAUX COPAINS À PUFFIN ROCK 01h19 J.Purcell C.O'Dowd, A.Huberman, E.Whittaker
SHADOWZ / PROGRAM STORE SACCHARINE 01h52 N.James M.Francis, D.Macdonald, M.Madden
PATHÉ LIVE SANTA – LE CONCERT AU CINÉMA 01h40 T.Carné Santa
PARAMOUNT PICTURES FRANCE SCARY MOVIE 01h36 M.Tiddes M.Wayans, S.Wayans, A.Faris
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE THE AMAZING DIGITAL CIRCUS : ACTE FINAL 01h34 Gooseworx L.Freeman, M.Kovach, M.Lenti
ORIGINALS FACTORY THE PLAGUE 01h35 C.Polinger J.Edgerton, E.Blunck, E.Heffernan
PYRAMIDE DISTRIBUTION TOUTES MES SOEURS 01h18 M.Bakhshi
SPLENDOR FILMS WHEN WE WERE KINGS 01h29 L.Gast M.Ali, G.Foreman, D.King
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
WAYNA PITCH A SECOND LIFE 01h18 L.Slama A.Rousselle, A.Lawther, S.Bemba
SINGULARIS FILMS AU BORD DU MONDE 01h45 G.van de Vorst et S.Muselle M.Taquin, S.Deprez, N.Richard
PATHÉ LIVE BTS WORLD TOUR 'ARIRANG' IN BUSAN : LIVE VIEWING 03h15 J.Ha BTS, RM, Jin
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR DISCLOSURE DAY 02h25 S.Spielberg E.Blunt, J.O'Connor, C.Firth
PAN DISTRIBUTION D’UN MONDE À L’AUTRE 01h15 J.Renier J.Renier, L.Lag
FIGURE O EAGLE VS SHARK 01h33 T.Waititi J.Clement, L.Horsley, T.Waititi
SONY PICTURES RELEASING FRANCE FILS DE PERSONNE 01h37 S.Nebbou R.Duris
ANIME LIMITED GHOST IN THE SHELL 01h23 M.Oshii A.Tanaka, A.Ôtsuka, T.Ôki
PATHÉ LIVE JOHNNY HALLYDAY, LORADA TOUR - BERCY 1995 02h15 Bernard Schmitt
SOLARIS DISTRIBUTION L'AMANT 01h55 J.Annaud J.March, T.Leung Ka Fai, J.Moreau
PARK CIRCUS FRANCE LA REVANCHE D'UNE BLONDE 01h36 R.Luketic R.Witherspoon, L.Wilson, S.Blair
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION L'ATHLÈTE 01h34 M.Fournier S.Dorcelus
CARLOTTA FILMS LE DERNIER VRAI SAMOURAÏ 02h11 J.Yasuda M.Yamaguchi, N.Fuke, Y.Sakura
DIAPHANA DISTRIBUTION LE VERTIGE 01h07 Q.Dupieux A.Chabat, J.Cohen, A.Demoustier
WEEKEND FILMS / AVA FILMS MA FAMILLE CHÉRIE 01h23 I.Le Besco É.Bouchez, M.Berenson, J.Balibar
LES FILMS DU CAMELIA SUR MES LÈVRES 02h00 J.Audiard E.Devos, V.Cassel, O.Gourmet
DULAC DISTRIBUTION THE CHRISTOPHERS 01h40 S.Soderbergh I.McKellen, M.Coel, J.Corden
METROPOLITAN FILMEXPORT THE FURIOUS 01h53 K.Tanigaki X.Miao, J.Taslim, B.Le
ARIZONA DISTRIBUTION UNE ANNÉE ITALIENNE 01h42 L.Samani S.Wendick, G.Covi, P.Giustolisi
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
METROPOLITAN FILMEXPORT BACKROOMS 01h45 K.Parsons C.Ejiofor, R.Reinsve, M.Duplass
PARK CIRCUS FRANCE BOOGIE NIGHTS 02h33 P.Anderson M.Wahlberg, B.Reynolds, J.Moore
APOLLO FILMS DEVIENS GÉNIAL L.Grandperret M.Payet, M.Bedia, M.Baup
THE JOKERS FILMS JIM QUEEN 01h20 M.Nguyen et N.Athane A.Ramires, J.Gillet, S.Souagnon
JOUR2FÊTE LA BALEINE ET LE MUSICIEN 01h23 V.Paoli Rone
SWASHBUCKLER FILMS L'AILE OU LA CUISSE 01h44 C.Zidi L.de Funès, Coluche, A.Zacharias
CGR EVENTS LA NUIT DE LA GÉOPOLITIQUE 2026 03h00
POTEMKINE FILMS LE CUIRASSÉ POTEMKINE 01h08 S.Eisenstein et G.Aleksandrov G.Aleksandrov, S.Eisenstein, A.Antonov
MICHAËL JOURNOLLEAU LES BEAUX JOURS 00h35 M.Journolleau J.Lepic
AD VITAM L'ILLUSION DE YAKUSHIMA 02h02 N.Kawase V.Krieps, Kan'ichirô
FRIDAY ENTERTAINMENT NOS VICTOIRES FRAGILES 01h30 M.Ozgun S.Ozgun, F.Renard, A.Martin (II)
16 N°517 / 27 mai 2026
S25
17 JUIN
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
LES ACACIAS PÂQUES SANGLANTES 01h43 G.de Santis R.Vallone, L.Bosè, F.Lulli
MALAVIDA FILMS
RÉTROSPECTIVE DEREK JARMAN (5 FILMS)
LES ACACIAS RIZ AMER 01h50 G.de Santis D.Dowling, V.Gassman, S.Mangano
LES FILMS DU LOSANGE SHANA 01h20 L.Pinell E.Huault, N.Lvovsky, I.Gherib
LE PACTE THE GIACCOMO B.Drapeau Giaccomo, Tibo Inshape, M.Quiviger
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE TOY STORY 5 A.Stanton et M.Harris T.Hanks, T.Allen, J.Cusack
ARP SÉLECTION ULYSSE 01h37 L.Masson É.Bouchez, A.Roberts, S.Merhar
S26
24 JUIN
S27
1 ER JUIL
5 JUIL
S28
8 JUIL
S29
22 JUIL
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
NAUTEIN PRODUCTION 11 RUE DENVER 01h15 O.Thouret L.Philippe, O.Thouret, C.Mostacci
ÉCLUMIA PICTURES ART COLLEGE 1994 01h58 L.Jian J.Zhangke, Z.Dongyu, B.Gan
CGR EVENTS BLEACH : THOUSAND-YEAR BLOOD WAR - THE CALAMITY 01h20 T.Taguchi M.Morita, F.Orikasa, N.Sugiyama
POTEMKINE FILMS BLUE HERON 01h30 S.Romvari E.Guven, A.Zimmer, I.Retí
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR DES MINIONS ET DES MONSTRES 01h30 P.Coffin P.Coffin, A.Sedaris, R.Ranganathan
CARLOTTA FILMS EEGA, LA MOUCHE VENGERESSE 02h14 S.Rajamouli Sudeep, Nani, S.Ruth Prabhu
LES ALCHIMISTES ENTRONCAMENTO 02h11 P.Cabeleira A.Vilaça, C.Diára, R.Morais
UFO DISTRIBUTION ERUPTION 01h11 P.Ohs Charli xcx, L.Góra, W.Madden
SUDU CONNEXION HANAMI 01h36 D.Fernandes D.Mendes, A.Da Luz Gomes, S.Andrade
LE PACTE LES CAPRICES DE L’ENFANT ROI 01h55 M.Leclerc Artus, J.Piaton, N.Schiffman
UGC DISTRIBUTION LES PARFAIT(S) : ARNAQUES EN FAMILLE L.Bernard A.Fleurot, R.Bedia, A.Cumming
TANDEM L’ÉTRANGÈRE 01h41 G.Jiji Z.Amir, A.Manenti, A.Waked
EPICENTRE FILMS MASPALOMAS 01h55 A.Arregi et J.Goenaga J.Soroiz, N.Aranburu, K.Uranga
SPLENDOR FILMS NEW YORK 1997 01h39 J.Carpenter K.Russell, L.Van Cleef, E.Borgnine
KMBO NOISE 01h33 S.Kim L.Sun-bin, K.Min-seok, K.Ryu
JHR FILMS SEULS LES REBELLES 01h38 D.Arbid H.Abbass, A.Benrachid, S.Dekhissi
ART HOUSE SHAM 02h09 T.Miike K.Shibasaki, K.Ohkura, F.Kimura
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
ORIGINALS FACTORY ANDRÉ EST UN IDIOT 01h27 A.Benna A.Ricciardi
CONTRE-JOUR DISTRIBUTION AUTOUR DE LUCIO E.Barrier et P.Delisse
WAYNA PITCH COTTON QUEEN 01h35 S.Mirghani M.Murtada, R.Mahmoud, T.Farid
LES FILMS DU CAMELIA DISONS, UN SOIR À DÎNER 02h05 G.Patroni Griffi J.Trintignant, L.Capolicchio, A.Girardot
BLUE NOTE FILMS GHOST ELEPHANTS 01h39 W.Herzog S.Boyes, W.Herzog
DIAPHANA DISTRIBUTION IN WAVES 01h35 P.Nguen L.Khoudri, P.Kircher, R.Vega
PATHÉ LIVE JULIEN DORÉ - LE DERNIER PESTACLE 01h50
CARLOTTA FILMS KWAIDAN 03h03 M.Kobayashi M.Aratama, M.Watanabe, R.Mikuni
PATHÉ FILMS LA BATAILLE DE GAULLE : J’ÉCRIS TON NOM A.Baudry S.Abkarian, S.Beale, F.Lesieur
UNA MATINA FILMS LAISSEZ-NOUS LES CLÉS 01h29 Y.Helali
SONY PICTURES RELEASING FRANCE LE TOMBEAU DES LUCIOLES 01h30 I.Takahata J.Spencer, A.Shiraishi, V.Taylor
JOUR2FÊTE MISS MERMAID 01h32 P.Brunner et M.Verlé A.Sauvage, T.VDB, A.Wheeler
BAC FILMS NIGHTBORN 01h32 H.Bergholm S.Haarla, R.Grint, P.Tola
MAVERICK DISTRIBUTION NOTRE HISTOIRE - CHRONIQUES DU CAIRE 02h00 A.Shawky A.El-Masry, V.Pachner, K.Kassem
METROPOLITAN FILMEXPORT ON L'APPELAIT ROBIN DES BOIS 02h02 M.Sarnoski H.Jackman, J.Comer, B.Skarsgård
PAN DISTRIBUTION PERMIS DE DÉTRUIRE E.Fraticelli K.Merad, P.Timsit, E.Fraticelli
WARNER BROS. FRANCE SUPERGIRL 01h50 C.Gillespie M.Alcock, M.Schoenaerts, E.Ridley
NEW STORY UN CHAMP DE FRAISES POUR L’ÉTERNITÉ 01h44 A.Raoust P.Rebbot, G.Montel, Q.Dolmaire
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
DESTINY FILMS CAP FAREWELL 01h48 V.D'Alcantara N.Abita, P.Bussières, O.Gourmet
NORTE DISTRIBUTION DRY LEAF 03h06 A.Koberidze D.Koberidze, O.Nijaradze, I.Chelidze
LES FILMS DU WHIPPET ENTRE CIEL ET TERRE 00h33 A.Jaffé et R.Synkevich
METROPOLITAN FILMEXPORT EVIL DEAD BURN S.Vaniček S.Yacoub, H.Doohan, L.Buchanan
STUDIOCANAL KILL BILL: THE WHOLE BLOODY AFFAIR 04h35 Q.Tarantino U.Thurman, D.Carradine, L.Liu
MEMENTO LA CHALEUR S.Demoustier H.Hussein, T.Richard, M.La Manna
TANDEM L’ÉCOLOGIE DES SENTIMENTS 01h24 A.Steiger A.Manet, S.Stein, A.Steiger
LES FILMS DE L'ATALANTE LE MASQUE ARRACHÉ 01h44 D.Miller J.Crawford, J.Palance, G.Grahame
NOUR FILMS LE PASSAGE 01h43 B.Andersen Y.Al Massri, Y.Mahayni, O.Sy
KMBO LES SILENCES DE RIYAD 01h39 H.Al Mansour M.Alzahrani, A.Gharbawi, S.Al Harthy
MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION MICROSTAR 01h27 L.Kraus A.Wapler, F.Lefebvre, R.Hazanavicius
PYRAMIDE DISTRIBUTION SEULE LA VIE 02h01 A.Goiginger V.Pachner, R.Stadlober, S.Reinsperger
DAMNED DISTRIBUTION THE FIN 01h25 S.Park Y.Yeji, P.Kim, Goh-woo
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE VAIANA, LA LÉGENDE DU BOUT DU MONDE T.Kail C.Laga'aia, D.Johnson, F.Adams
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
DULAC DISTRIBUTION COMÈTE É.Wajeman V.Macaigne, S.Funtek, A.Chardard
L'ATELIER DISTRIBUTION D'OÙ VIENT LE VENT 01h40 A.Guellaty E.Bellagha, S.Baccar, S.Belhassen
LES FILMS DE L'ATALANTE JEZEBEL 01h30 I.Rapper B.Davis, G.Merrill, E.Williams
LE PACTE KAYARA, PRINCESSE INCA 01h21 C.Zelada N.Serrano, N.Begle, C.Gonzales
FRIDAY ENTERTAINMENT LA DERNIÈRE SÉANCE 01h50 P.Nalin B.Rabari, B.Shrimali, R.Meena
HAUT ET COURT L'AVENTURE RÊVÉE 02h41 V.Grisebach S.Alilov Letifov, Y.Radeva, V.Frandev
JOUR2FÊTE LE BERGER ET LES OURS 01h41 M.Keegan
THE JOKERS FILMS LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ 02h08 K.Jee-Woon S.Kang-Ho, L.Byung-Hun, W.Jung
PANAME DISTRIBUTION LE HÉROS DE BERLIN 01h53 W.Becker C.Hübner, C.Paul, L.Ullrich
SWASHBUCKLER FILMS LES AUTRES 01h44 A.Amenábar N.Kidman, E.Cassidy, C.Eccleston
AD VITAM LE TRIANGLE D'OR 01h30 H.Rosselet-Ruiz M.Khebizi, S.Mosbah, Z.Bakri
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL
FRANCE L'ODYSSÉE 02h52 C.Nolan M.Damon, T.Holland, C.Theron
CARLOTTA FILMS
RÉTROSPECTIVE INTÉGRALE JACQUES TATI (6 FILMS)
MOTEL THE LAST VIKING 01h56 A.Jensen M.Mikkelsen, N.Lie Kaas, L.Brygmann
Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.
AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir
régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr
N°517 / 27 mai 2026
17
Chiffres
3 FILMS - 3 CARRIÈRES
1 POINT DE COMPARAISON
Trois ans après son dernier film, Steven Spielberg est de
retour avec Disclosure Day, sous pavillon Universal. Un
projet qui semble renouer avec le cinéma spectaculaire
et aventureux de ses années 1980, et qui nous donne
l’occasion de revenir, en chiffres, sur les performances
de ses trois précédents longs métrages.
THE FABELMANS WEST SIDE STORY READY PLAYER ONE
Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Date de sortie
Distributeur
Cumul des entrées
1 er jour
1 er week-end
Séances
Moyenne par séance 1 er we
Cœfficient Paris/Province
Taux de transformation
(cumul des entrées/1 er jour)
Note Spectateur AlloCiné
22/02/2023 08/12/2021 28/03/2018
UNIVERSAL DISNEY WARNER
934 626 668 926 2 280 801
40 880 20 618 81 958
273 926 137 138 656 858
7 728 7 325 10 560
35 19 62
3,02 3,89 3,74
23 32 28
4,2 4 4,2
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END
DEPUIS 3 SEMAINES
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 13/05/2026 OBSESSION LE PACTE 239 160 779 4 435 36
2 14/05/2026 HISTOIRES PARALLÈLES (SORTIE UN JEUDI) MEMENTO 427 123 484 4 093 30
3 13/05/2026 L'ABANDON UGC 347 160 520 5 678 28
4 13/05/2026 LA VÉNUS ÉLECTRIQUE DIAPHANA 517 236 212 8 359 28
5 13/05/2026 IRON MAIDEN: BURNING AMBITION UNIVERSAL 185 12 254 436 28
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END
EN 2026
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 04/02/2026 STRAY KIDS: THE DOMINATE EXPERIENCE UNIVERSAL 213 66 238 860 77
2 22/04/2026 MICHAEL UNIVERSAL 540 1 171 314 15 489 76
3 29/04/2026 LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 DISNEY 505 870 253 12 230 71
4 01/04/2026 SUPER MARIO GALAXY LE FILM UNIVERSAL 779 1 429 883 20 122 71
5 04/02/2026 MARSUPILAMI PATHÉ 673 990 632 16 813 59
6 28/01/2026 GOUROU STUDIOCANAL 595 558 767 10 354 54
7 25/02/2026 SCREAM 7 PARAMOUNT 431 407 540 9 411 43
8 25/02/2026 ORWELL: 2+2=5 LE PACTE 77 25 002 622 40
9 15/04/2026 JUSTE UNE ILLUSION GAUMONT 665 450 584 11 268 40
10 11/02/2026 IT'S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY PIECE OF MAGIC 41 2 996 75 40
Alors que le top 5 couvre les trois dernières semaines, l’intégralité
des titres y figurant sont sortis la semaine du 13 mai. Obsession
de Curry Barker figure en tête du classement avec une très bonne
moyenne de 36 entrées par séance (e/s), supérieure aux 21 e/s de
L’Exorciste du Vatican, sorti à la même période en 2023. Sorti un
jeudi en raison de sa présentation cannoise, Histoires parallèles
d’Asghar Farhadi engrange quant à lui 30 e/s, et se lance mieux
que les 23 e/s de Un héros, le précédent long métrage du cinéaste
iranien. Les deux autres films sont tout aussi empreints du Festival
de Cannes : L’Abandon de Vincent Garenq, présenté Hors
Compétition, et La Vénus électrique, qui a ouvert les festivités,
obtiennent tous deux 28 e/s. Enfin, chez Universal, Iron Maiden:
Burning Ambition réalise également 28 e/s.
*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
18 N°517 / 27 mai 2026
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Cannes 2026
LE SCARE SE LIVRE
EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
Le Syndicat des cinémas d’art et d’essai a réuni ses adhérents sur la Croisette
pour un échange mouvementé sur un secteur fragilisé par des pressions
externes et internes.
©Boxoffice Pro
Le conseil d'administration du SCARE
Après le Congrès de Deauville ou encore les Rencontres
du Cinéma Indépendant, c’est donc à Cannes, en
amont du Festival et des Rencontres nationales art et
essai, que le SCARE a organisé son AG. L’événement
était précédé de deux projections de films cannois,
Viva d’Aina Clotet (Haut et Court, 14/10/26) et Les
Survivants du Che de Christophe Réveille (Paname,
09/09/26), et a connu un franc succès avec plus de
150 participants. Le Syndicat a mis en avant ses 395
adhérents représentant 469 cinémas et 802 écrans, soit
une hausse de 20 établissements et 27 salles depuis leur
dernière AG en juin 2025. 14 associations sont également
adhérentes en tant que membres partenaires,
Atmosphère 53, la CST et Cinessonne ayant adhéré
en début d’année. Parmi ses différents chantiers des
derniers mois, le SCARE s’est mobilisé sur la réforme
art et essai, en demandant la clarification du fonctionnement
des commissions et des critères d’évaluation,
ainsi que la transparence des motivations quand une
note éliminatoire est prononcée. Concernant la pondération
des séances, appliquée à partir de cette année,
le Syndicat plaide pour une majoration sur tous les
films art et essai sortant à moins de 80 copies, et non
uniquement ceux labellisés Recherche et Découverte.
Le SCARE a aussi régulièrement consulté Laurence
Franceschini, la Médiateure du cinéma, au sujet notamment
du déséquilibre dans le calendrier des sorties art
et essai : la période de mars à août est très peu fournie
en titres porteurs – si ce n’est au moment du Festival
de Cannes – avant un embouteillage à partir de l’automne.
La structure soutient à ce propos la nécessité
de « trouver des moyens incitatifs sans provoquer des effets
de bord ni de biais ».
À côté, le Syndicat poursuit l’accompagnement de ses
adhérents par ses multiples formations, notamment une
nouvelle sur l’accueil des publics – déjà organisée à
Toulouse, Paris et Ugine –, et une autre inaugurée en fin
d’année avec Hexacom sur les particularités économiques
d’un cinéma art et essai. Le SCARE continue également
son travail sur la data, et souhaite désormais commercialiser
auprès des distributeurs les données spectateurs des
cinémas adhérents. Une soixantaine de salles se sont pour
l’instant portées volontaires pour partager leur data, le
Syndicat souhaitant atteindre plus de 100 adhérents.
Deux ou trois tensions et inquiétudes
du secteur
Dans son bilan moral, le SCARE, par la voix de ses
deux co-présidents Christine Beauchemin-Flot et Martin
Bidou, a souligné le « paradoxe » que traverse le secteur,
résumé par une citation de Jean-Pierre Melville dans À
bout de souffle de Jean-Luc Godard : « Devenir immortel,
et puis mourir. » Car si l’exploitation a survécu à la
pandémie, elle se trouve confrontée à des pressions de
plus en plus intenses, qu’elles soient économiques ou
politiques. Si 2026 devrait terminer bien plus proche
des niveaux de 2024 et 2023 que de 2025, cette dynamique
ne s’observe pas chez les cinémas art et essai dont
la fréquentation est pour l’heure contrastée. Et si le
Syndicat assure que, « dans ce contexte déjà tendu, il serait
illusoire de se réjouir des difficultés rencontrées par les
circuits », il constate « avec regret une montée des tensions
entre certains acteurs de la grande exploitation et nos salles ».
Ces crispations ont alimenté les échanges avec la salle,
mettant aussi en évidence le besoin de pédagogie auprès
des élus locaux. Ces derniers, confrontés aux difficultés
économiques de leurs cinémas, suggèrent parfois des
solutions aux effets contre-productifs, telles qu’un jour
de fermeture ou le recours à un agent polyvalent unique.
Ont également été évoquées les révélations du Monde
sur les pressions de Megarama ainsi que la pétition du
Syndicat des cinémas de proximité qui a suivi. Parmi
les prises de paroles, certains ont évoqué le manque de
reconnaissance de la grande exploitation envers les plus
petits cinémas et la nécessité de faire entendre par tous
les moyens possibles les pressions qu’ils subissent. D’autres,
tout en condamnant ces comportements, ont appelé à
Le Conseil d’Administration
du SCARE
Christine Beauchemin-Flot
Le Select, Antony : coprésidente
Martin Bidou
Haut et Court Cinémas : coprésident
Stephen Bonato
Cinéma Utopia, Bordeaux
Jérémy Breta
American Cosmograph, Toulouse
Eva Brucato – Le Royal, Toulon
Paul-Marie Claret
Cinémas Le Méliès, Saint-Etienne
Sylvain Clochard – Le Concorde, Nantes
Frédérique Duperret – Comoedia, Lyon
Stéphanie Jaunay – Ciné TNB, Rennes
Sylvie Larroque – L’Atalante, Bayonne
Stéphane Libs – Le Star, Strasbourg
Élise Mignot – Le Café des Images, Hérouville-Saint-Clair
Arnaud Surel – Dulac Cinémas, Paris
Mathias Triballeau
Le Concorde, La Roche-sur-Yon
Michel Humbert – Président d’honneur
ne pas exposer ces débats dans la presse et à les régler
en interne. La Médiateure du cinéma Laurence Franceschini
a de son côté rappelé la nécessité de la saisir dans des
cas litigieux, tout en soulignant que la simple menace
d’une saisine peut dénouer un problème : « Sur les 69
saisines formelles de 2025, 18 ont trouvé une issue avant
la réunion de conciliation. »
Jules Dreyfus
20 N°517 / 27 mai 2026
FACC,
RENCONTRE AVEC LE PRÉSIDENT DU CNC
©Boxoffice Pro/A.Algan
Nouveau bureau
pour la FACC
En amont du Festival de Cannes, la Fédération de l’action
culturelle cinématographique a renouvelé son bureau.
Co-présidence
Amélie Chatellier (L’Agence du court métrage)
William Benedetto (Alhambra Cinémarseille)
Vice-présidence
Pauline Ginot (ACID)
Guillaume Poulet (Image’Est)
Secrétaires
Barbara Cornuaud (Les Écrans)
Damien Vildrac (Aquarium Ciné Café)
Le président du CNC, Gaëtan Bruel, était face aux adhérents de la FACC, au Café des Cinéastres de l’ACID. 17 mai 2026, Cannes
Dimanche 17 mai au Café des Cinéastes de l’ACID à Cannes, Gaëtan Bruel
était aux côtés de la Fédération de l’Action Culturelle Cinématographique.
Une démarche inédite de la part d’un président du CNC, directe et
constructive, face à des professionnels qui défendent, de longue date, leurs
actions, face aux restrictions des financements territoriaux.
Trésoriers
Anne Lidove (ANCI)
Olivier Bitoun (Ubik)
« La composition du nouveau Bureau traduit ce que la FACC
est structurellement : une fédération transversale, qui
rassemble des réalités très différentes du secteur sans les
hiérarchiser », souligne la Fédération. Créée il y a six ans,
elle rassemble des salles de cinéma, circuits itinérants,
agences culturelles, festivals, réseaux de diffusion, auteurs,
professionnel·les de l’éducation aux images… pour porter
une voix collective auprès des institutions publiques.
L’échange, animé par Amélie Chatellier et Olivier Meneux
– coprésidente et coordinateur général de la FACC –, a
témoigné de l’engagement du président du CNC sur le
terrain de la diffusion, de l'éducation aux images et l'avenir
d'un modèle français qui doit plus que jamais remettre le
public au centre de son équation. Pour Gaëtan Bruel, ce
modèle, historiquement performant, doit désormais être
consolidé face à l’évolution des usages de consommation
des images : « Les termes de la rencontre entre les œuvres et
les publics ne vont plus de soi. Il faut que les enjeux de l’action
culturelle cinématographique soient ceux de toute la filière. »
Coopérations territoriales et sécurisation
des financements
Face à des acteurs associatifs et culturels fragilisés par les
diverses restrictions budgétaires de ces dernières années,
« le pire, pour le président du CNC, serait de « de se donner
de grandes ambitions sans les moyens qui vont avec ».
Pour répondre à ces tensions, Gaëtan Bruel a rappelé
le fonds de concours destiné à compenser les baisses
de crédits DRAC dédiés à l’éducation aux images, à
hauteur de 2,5 à 2,7 millions d’euros, avec l’objectif
de « neutraliser les baisses de 2025 et de cette année 2026
pour revenir aux niveaux de 2024 ». Parallèlement,
14 conventions de partenariats renforcés ont été signées
avec les Régions, celles-ci s'engageant notamment à
stabiliser
De son côté, la FACC a alerté sur la précarité croissante
des intervenants de l’éducation aux images, souvent
en première ligne dans la mise en œuvre des dispositifs
sur les territoires, et appelé à l’ouverture d’un cadre
de dialogue spécifique avec le CNC et les DRAC afin
d’aborder les enjeux de statut, de rémunération et de
pérennité des missions.
La salle de cinéma comme ultime
« détox numérique »
Pour Gaëtan Bruel, les enjeux du cinéma dépassent
aujourd'hui les simples cadres du divertissement et
de la culture, pour devenir un véritable enjeu de santé
publique et de cohésion sociétale. Devant la FACC,
le président du CNC a ainsi redéfini le rôle fondamental
des salles pour les années à venir, comme « lieux d'une
détox numérique où on laisse nos portables de côté, où
on réapprend le sens du collectif, où l’on essaye d'apporter
un mieux-être dans les familles ». Un cap clair, ambitieux…
et une marque de considération forte pour
ces "premiers de cordée" de la diffusion culturelle et
de l'éducation au cinéma et à l’image. Pour résumer :
« On ne lâche rien ! »
Ayşegül Algan
Un colloque CNC pour la Toussaint
Dans le cadre de la célébration de ses 80 ans, le Centre
national du cinéma et de l’image animée met en place,
du 26 au 28 octobre, un « grand colloque scientifique » au
Sénat et à la Cinémathèque française. Une façon, pour
son président Gaëtan Bruel, de « comprendre tout ce que
ce modèle [du CNC] a produit, et réfléchir ensemble à ce
qu’il doit devenir ». L’événement a été annoncé le 17 mai
à Cannes, et dans un contexte de tensions et d’attaques
de ce même modèle, qui est « le résultat de 80 ans de choix
politiques assumés portés par des gouvernements successifs,
qui ont entretenu la conviction que la création mérite qu’on
se batte pour elle. [...] La réalité du CNC, que certains
veulent caricaturer, c’est cette diversité qui finance aussi bien
des premiers films d'auteurs audacieux que des grandes
comédies populaires, des documentaires, des films d'animation,
ajoute Gaëtan Bruel. C’est une diversité qui n'oppose pas
les gens, qui ne hiérarchise ni les ambitions des cinéastes, ni
les goûts du public. »
N°517 / 27 mai 2026
21
Cannes 2026
CINEMAS CLUB
PREMIÈRE ÉDITION
Premier espace dédié à l'exploitation dans un marché majeur,
le Cinemas Club, né de la volonté du Marché du film de Cannes et de Cine Group,
a accueilli plus de 1000 visiteurs du 12 au 20 mai. Venus de plus de 35 pays,
ils ont pu assiter à des tables rondes, des conférences, des présentations,
des cocktails, et se retrouver chaque jour au sein du Palais des Festivals !
Retour en image sur une première édition réussie.
©Agathe Marçais
Julien Marcel et Laurent Cotillon (Cine Group) inaugurent le Cinemas Club avec Guillaume Esmiol, directeur exécutif du Marché du film de Cannes.
En association avec
Avec le soutien de
Et le concours de
©Boxoffice Pro
Plusieurs adhérents de Cineville BV, venus de toute l’Europe, ont pris la paro
22
N°517 / 27 mai 2026
©@paulinefournier
La salle premium Lérins Cinemas Club, équipée de sofas désignés spécialement par KLS
Laurent Cotillon (Cine Group), Mitchel Berger (Crunchyroll), Eric Meyniel (Kinepolis)
et Caspar Nadaud (Piece of Magic Ent.)
DR
DR DR
Apollo Films a reçu des partenaires et exploitants pour une présentation de son line-up.
Laurence Tison-Vuillaume, lors de la présentation du bilan de Pass Culture
©Boxoffice Pro
le lors de la présentation qui y était dédiée.
Julien Marcel, Jackie Brenneman (Independant Film & Television Alliance), Charles Rivkin (Motion Picture Association)
et Niels Swinkels (Focus Features)
N°517 / 27 mai 2026
23
Cinemas Club 2026
DR
Ariane Toscan du Plantier lance la présentation Gaumont au Lérins Cinemas Club.
DR
La salle de projection premium Lérins Cinemas Club a acceuilli tables rondes,
projections et présentations.
DR
Les cinéastes Ira Sachs, Radu Mihaileanu, Anna Hints, Francesco Ranieri Martinotti,
notamment, après leur table ronde sur la liberté de création.
DR
René Kraus a ouvert le cocktail de l’UCF, dont il est le président, et qui était
partenaire du Cinemas Club.
Retrouvez les tables rondes et présentations
du Cinemas Club sur notre chaîne Youtube
Moyen Orient et Afrique :
nouvelles terres
d'opportunités pour la salle
de cinéma ?
Mohamed-Reda Benjelloun
(Directeur du Centre
cinématographique marocain)
Mohamed Khouna
(Président, Commission d’aide à la numérisation,
la modernisation et la création des salles de
cinéma, Centre cinématographique marocain)
Jean-Marc Lalo
(Architect, Atelier d’architecture Lalo)
Dolby Innovation Day
Youry Bredewold
(Head of Exhibitor Relations EMEA, Dolby)
Leslie Vuchot
(CEO & Fondatrice, Timeless Cinema)
Jeffrey Guevara (Responsable du
Développement international, Ice Theaters)
Anne Pouliquen (Co-fondatrice, Traverse)
Agathe Marçais (Cheffe de projet, cineOD)
Sébastien Aubert (Producteur, Adastra Films)
Quentin Bitran (Fondateur, Refractio)
Anthony Lannes, (Data scientist,
Vertigo Research)
À quoi ressemblera l'offre
d'Hollywood au cinéma
demain ?
Charles Rivkin (President, MPA)
Niels Swinkels (President International
Distribution, Focus Features)
Jackie Brenneman (President & CEO, IFTA)
La salle de cinéma peut-elle
encore nous surprendre ?
Jens Kayser (Head of Cinema EMEA, Sharp)
Hervé Baujard (Cinema Sales Director,
EMEA, Dolby)
Jeffrey Guevara (Responsable du
Développement international,
Ice Theaters (France))
Marion Rosset (Présidente, ADDE)
Publicité : le cinéma, dernier
bastion de l'attention ?
Julian Pinn (CEO, SAWA)
Valérie Candeiller
(Directrice de la communication globale
et de la marque, Peugeot)
Bertrand Nadeau (Président, OMD)
24
N°517 / 27 mai 2026
DR
Julien Marcel (Cine Group), Jean-Marc Lalo (architecte), Mohamed Khouna (président de commission, CCM)
et Mohamed Reda Benjelloun (Dg du Centre Cinématographique Marocain)
DR
Échange sur le Cinemas Club sur le thème « La salle de cinéma peut-elle encore
nous surprendre ? »
©Hinzgucker (c) Daniel Hinz
Sebastian Naumann (CICAE), Emilie Anthonis et Charles Rivkin (MPA), Jackie Brenneman (IFTA),
Julien Marcel (Cine Group)
©Hinzgucker (c) Daniel Hinz
Le cocktail annuel de la CICAE s’est tenu sur le Cinemas Club.
Diversification des
contenus :
les nouveaux leviers de
croissance des salles
Mitchel Berger (Executive Vice President of
Global Commerce and Theatrical, Crunchyroll)
Caspar Nadaud (CEO et fondateur,
Piece of Magic Entertainment)
Eric Meyniel (Chief Box-office Officer, Kinepolis)
Le 7 è art : toujours un art ?
Dérégulation et
concentration du secteur,
où en sommes-nous de la
liberté de création ?
Radu Mihaileanu (Réalisateur, L'ARP)
Zoé Wittock (Réalisatrice, SRF)
Ira Sachs (Réalisateur, DGA)
Anna Hints, (Réalisatrice, EFG)
Athena Xenidou (Scénariste)
Francesco Ranieri Martinotti (Scénariste,
réalisateur, ANAC)
Comment vont les salles de
cinéma à l'international,
et que peuvent-elles nous
apprendre ?
Phil Clapp (President, UNIC)
Fatima Djoumer (Directrice générale,
Europa Cinema)
Cécile Lacoue (Directrice des études,
des statistiques et de la prospective, CNC)
Quel futur pour les salles de
cinéma d'art et d'essai ?
Alicia Kozma (Vice-présidente,
Art House Convergence (USA))
Christian Brauer (Président, CICAE)
Laurent Callonec (Trésorier, CICAE)
Ilda Santiago (CEO, Festival do Rio)
L'avenir des jeunes en salle
Charlotte Corniot (Déléguée générale,
Cinéma pour tous)
Samir Hamzaoui (Les Bffs - Collectif Citadelle)
Chloé Delaporte (Enseignante-chercheuse)
Frédéric Cornet (Directeur général, Cinemas
Galleries de Bruxelles)
N°517 / 27 mai 2026
25
Bilan
MÉDIATEURE DU CINÉMA : RADIOGRAPHIE
D'UNE ANNÉE SOUS HAUTE TENSION
La publication du bilan annuel 2025
de la Médiateure du cinéma résonne
avec une actualité particulière.
©Tanguy Colon
Avant de prononcer son injonction à l’encontre de Megarama
le 7 mai (voir ci-contre), Laurence Franceschini a
publié son rapport d’activité, faisant écho des tensions
de programmation actuelles.
Chiffres clés de 2025
69 demandes de médiation
(contre 80 en 2024)
18 aboutissant à un accord
avant la tenue de réunions de conciliation
62 émanant d'exploitants
et 7 de distributeurs
44 % de la petite exploitation
et 45 % de la moyenne
« Des tensions et une inquiétude singulières »
La Médiateure du cinéma évalue son bilan 2025 comme
la confirmation des « grandes tendances observées les années
précédentes », exacerbées par la baisse de fréquentation.
« Traduction d’un phénomène conjoncturel, [les saisines]
peuvent être aussi le signe de la recherche d’un nouvel équilibre
dans les relations entre exploitants et entre ces derniers et les
distributeurs ». Laurence Franceschini souligne en outre
un renouvellement important des auteurs des saisines :
sur 50 demandeurs, 31 n'avaient pas sollicité l'institution
ces deux dernières années, « et parmi eux, 16 n’avaient
jamais eu recours à la médiation ». Autre évolution notable :
l’envolée de la part de la petite exploitation parmi les
demandeurs. Les cinémas réalisant moins de 80 000
entrées annuelles, qui ne constituaient que le tiers des
saisines, représentent désormais 44 % des demandes, à
jeu quasi égal avec la moyenne exploitation (45 %).
À l'inverse, les “affaires” purement parisiennes ont fondu
(seulement 2 saisines en 2025 contre 13 en 2024), les
litiges se déportant vers des villes petites et moyennes.
Pour autant, la Médiateure du cinéma compte anticiper
les problèmes relatifs à l’exploitation indépendante
parisienne et prévoit, en liaison avec la Mission cinéma
de la Ville de Paris et le CNC, de réunir les exploitants
locaux pour évoquer leurs problématiques spécifiques.
« Ces difficultés sont doubles et concernent à la fois des
Laurence Franceschini, médiatrice du cinéma, sur le plateau de L’Émission Boxoffice Pro en juin 2023
distributeurs qui n’arrivent pas à avoir une exposition
suffisante pour leurs films et des exploitants, art et essai ou
non, qui ont du mal à avoir accès aux films les plus porteurs,
art et essai ou non », souligne le rapport.
Vigilance et actions
Dans son bilan 2025, la Médiateure du cinéma anticipe
également les nouvelles situations de concurrence qui
ont émergé dans certaines zones géographiques en ce
début d’année 2026. « Cela concerne notamment une zone
à concurrence où, un cinéma récemment ouvert a saisi la
Médiation à plusieurs reprises, dans la mesure où il se voyait
refuser, malgré sa récente ouverture, un certain nombre de
films en sortie nationale compte tenu notamment de la
concurrence d’un circuit présent dans la ville », détaille
l’institution. Insistant sur le fait que ce type de difficulté
« ne peut être durablement résolu par des médiations répétées »,
la Médiateure souligne l’importance de la constitution
d’un cadre global, « dans l’intérêt de tous ».
Ce cadre général, c’est justement la mission du comité
de concertation distributeurs-exploitants mis en place
par le CNC depuis mai 2025 – rassemblant 7 exploitants
et 7 distributeurs représentatifs. Étroitement associée à
ce comité et à ses deux recommandations déjà publiées
– celle sur les avant-premières en juillet 2025, puis celle
sur les bonnes pratiques de diffusion des films en janvier
2026 –, la Médiateure s'appuiera désormais sur ces textes
en cas de litige.
UNE INJONCTION CONTRE MEGARAMA
Après la saisine du président du CNC, consécutive aux
révélations du Monde sur des pressions qu'aurait exercées
Megarama sur les plans de sortie, la Médiateure du cinéma
a rendu sa décision le 7 mai 2026. Avant de prononcer
son injonction, Laurence Franceschini a auditionné les
principales organisations représentant les exploitants et
les distributeurs, ainsi que Megarama, mis en cause pour
son courriel expédié le 3 mars 2026 à 25 sociétés de
distribution. Le circuit y listait des salles générant selon
lui une « distorsion de concurrence » et priait les distributeurs
de « prendre en compte ces éléments » pour leurs futures sorties.
Rejetant l'argument de Megarama – « qui soutient que sa
volonté était d'inciter les distributeurs à faire connaître en
amont leurs plans de sortie dans les zones [...] concernées par
la concurrence d'un cinéma “public” afin de prendre les
décisions de programmation de ses établissements en toute
connaissance de cause », la Médiateure estime que ce courriel
est « assimilable à une pression sur les distributeurs visés ».
Mais elle relève également qu’à l’heure de la publication
de l’article du Monde, elle n'avait été saisie par aucun des
exploitants cités dans le cadre de cet article.
À l’issue de son instruction, la Médiateure a donc enjoint
à Megarama de mettre fin aux pratiques commerciales
visant à empêcher les distributeurs de programmer leurs
films en sortie nationale dans des salles municipales de
sa zone de chalandise, ou à conditionner l'exploitation
d'une œuvre au refus du distributeur de la placer dans
un cinéma concurrent. À noter que « le raisonnement
présenté dans cette injonction peut trouver application à
l'ensemble des pratiques commerciales analogues ».
À noter enfin que la Médiateure estime que ce comité
de concertation est « le lieu approprié » pour mener
l'expérimentation proposée l’année dernière par la commission
“diffusion des films en salle de cinéma” de la FNCF*.
Cette initiative visait à mettre concrètement à l’épreuve
les recommandations de la Médiateure sur un panel de
cinémas représentatifs de la petite exploitation, en collaboration
avec « 4 distributeurs importants », afin de démontrer
la validité de différents modèles de programmation, « sans
nuire à l’intérêt des films ni à la diversité ». L’expérimentation
pourrait donc être relancée en 2026.
De fait, Laurence Franceschini reste convaincue de l’utilité
de ce comité, comme de la médiation, « car une des forces
du cinéma c’est de savoir être solidaire face aux défis auxquels
il est confronté. »
Ayşegül Algan
* Composée de 14 exploitants au sein de la FNCF, cette commission vise à répondre aux
attentes de la petite exploitation.
26 N°517 / 27 mai 2026
LE CNC A OCTROYÉ 315,5 M € DE SON FONDS
DE SOUTIEN POUR LE CINÉMA EN 2025
Dans son bilan annuel, le Centre national du cinéma livre les tendances pour
l’ensemble de ses filières et détaille le montant des aides, automatiques
comme sélectives, allouées au cinéma qui connaît par ailleurs une baisse
nette de ses effectifs.
En 2025, le fonds de soutien du CNC a enregistré
877,5 millions d’euros (M €), provenant des taxes
affectées : celle sur les entrées en salles de cinéma
(TSA), celle sur les éditeurs de services de télévision
(TST-E), celle sur les distributeurs de services de
télévision (TST-D) et celle sur la vidéo (TSV). Parmi
elles, le produit de la TSA s’établit à 123,6 M €, en
recul de 18,2 M € par rapport à 2024 et inférieur de
30,8 M € au budget initial 2025, que le Centre incombe
à « une fréquentation des salles plus faible qu’anticipé,
liée à une offre de films moins performante qu’en 2024 ».
En parallèle, le CNC a mobilisé, l’an passé, 772,4
millions d’euros (M €) de ce fonds de soutien pour le
cinéma, l’audiovisuel et l’image animée. Sur cette
enveloppe, 315,5 M € ont été fléchés vers le secteur
cinématographique, dont 185,9 M € de soutien automatique
et 129,5 M € d’aides sélectives. S’agissant du
secteur distribution, le Centre a versé 42 M € de
soutien automatique, dont 35,9 M € pour 209 films
et 56 sociétés et 5,2 M € de bonus pour 120 films
d’initiative française, et 14,4 M € d’aides sélectives,
essentiellement pour des films inédits. Par ailleurs,
34,4 M € de soutiens sélectifs ont été attribués pour
la diffusion du cinéma, soit les subventions aux Cinémathèques
et les dispositifs d'éducation au cinéma et
à l'image.
Des aides renforcées pour les exploitants
L’exploitation a, de son côté, bénéficié de 71,3 M €
d’aides automatiques et 29 M € d’aides sélectives.
Dans le détail, 68,4 M € ont été mobilisés dans le
cadre du soutien automatique aux exploitants pour
financer les travaux d’équipement et de modernisation
ainsi que les créations de salles, représentant 1 077
dossiers. 59 projets – 35 cinémas et 24 circuits itinérant
– ont perçu l’aide à la création et à la modernisation
de salles pour un montant total de 7,1 M €. L’aide art
et essai (19,9 M €) a concerné 1 317 établissements
classés ; l’aide aux salles maintenant une programmation
difficile face à la concurrence (1,5 M €) a été attribuée
à 41 établissements, dont 30 à Paris. À noter que le
CNC a attribué 5 M € d’avance exceptionnelle destinée
aux exploitants en grande difficulté financière en
raison de la baisse de la fréquentation en 2025. « Ces
aides sont couvertes par les remboursements perçus au
titre des aides octroyées les années antérieures. » Enfin,
18 circuits itinérants ont reçu l’aide au développement
de l’emploi dans le secteur de l’exploitation cinématographique
itinérante (550 000 €).
Bilan à retrouver
sur ce lien
Concernant l’emploi, le Centre confirme la période
délicate que traverse la filière cinématographique. 60 500
personnes travaillaient dans la production cinéma l’an
passé, contre 67 000 en 2024 (-9,7 %). De son côté,
l’exploitation compte 15 393 salariés, dont 99 % de
permanents et 55,3 % de moins de 30 ans : en 2024, il
y avait 16 133 employés et en 2019 près de 17 000
(16 953 soit -9,2 %). L’exploitation affiche ainsi la plus
Fiche d’identité du cinéma en 2025
Fréquentation : 156,2 millions d’entrées (-14 % par rapport à 2024)
Nombre de spectateurs : 40,9 millions (-2,3 %)
73,6 % sont des occasionnels* et représentent 43,1 % des entrées
23,4 % sont des réguliers* et représentent 38,6 % des entrées
3 % sont des assidus* et représentent 18,4 % des entrées
Prix moyen du ticket de cinéma : 7,42 €
Films en première exclusivité : 812 (+9,3 %)
404 titres français et 101 titres américains
449 films art et essai
Parts de marché
films français : 37,9 %
films américains : 34,9 % (plus bas niveau depuis 1982)
Nombre de distributeurs actifs : 177 (record)
28 distribuent au moins 10 films (15,8 %)
79 ne distribuent qu’un film (44,6 %)
Nombre de cinémas actifs en France : 2 060 (+7 vs 2024)
12,3 % de multiplexes (+ de 8 écrans) et représentent 56,8 % des entrées
54,1 % de mono-écrans et représentent 9 % des entrées
Nombre d’écrans : 6 401 (+46 vs 2024)
forte baisse de salariés depuis 2019 parmi toutes les
filières soutenues par le CNC, devant… la distribution
(-9 %). Ce secteur comptait 1 938 employés il y a 6 ans
contre 1 764 en 2025, après avoir atteint 2 092 salariés
en 2022. Si elle compte également une majorité de
permanents (98,9 %), la distribution est surtout la seule
filière très majoritairement féminine (1 057 femmes,
soit 60 % des effectifs).
Tanguy Colon
*Les spectateurs assidus vont au moins une fois par semaine au cinéma. Les spectateurs réguliers y vont au moins une fois par mois et moins d’une fois par semaine.
Les spectateurs occasionnels y vont au moins une fois par an (et moins d’une fois par mois).
N°517 / 27 mai 2026
27
International
©Boxoffice Pro/A.Algan
De gauche à droite : Julien Marcel (président de Cine Group), Florence Leborgne (consultante chez Hexacom) et Cécile Lacoue (directrice des études, des statistiques et de la prospective au CNC), Cannes, 17 mai 2026
EXPLOITATION À L’INTERNATIONAL :
TARIFICATION, IA, ACCESSIBILITÉ ET POLITIQUES
PUBLIQUES AU CŒUR DES NOUVEAUX DÉFIS
Le 17 mai à Cannes, à la Plage du CNC, était présentée l'étude “Exploitation :
Quelles tendances à l'international ?” pilotée par la direction des études, des
statistiques et de la prospective du Centre. L’occasion pour sa directrice
Cécile Lacoue de revenir sur les enseignements du rapport, en compagnie de
deux de ses co-auteurs, Julien Marcel, président de Cine Group,
et Florence Leborgne, consultante chez Hexacom.
Le paradoxe du prix
L'inflation et la hausse du prix moyen du billet soulèvent
une question récurrente sur tous les marchés : le cinéma
est-il devenu trop cher ? Pour Julien Marcel, la réponse
des spectateurs est paradoxale mais claire : « La réalité,
c’est que que ce qui marche le mieux, ce sont les expériences
les plus premium et donc souvent les plus chères », tandis
que les stratégies de bas tarifs peinent parfois à convaincre,
comme l'illustre l'échec relatif du circuit Helios en
Pologne, qui proposait jusqu'à 40 % de réduction pour
un billet acheté quatre jours à l’avance, puis des remises
dégressives à mesure que la séance approchait (-30 % à
3 jours, -20 % à deux jours…). À l’inverse, les offres
d’abonnement illimité – comme Cineville aux Pays-Bas
– triomphent, mais reposent moins sur leur prix que sur
le sentiment d’appartenance qu’elles procurent :
« Les spectateurs sont attachés au fait d’appartenir à une
communauté de cinéphiles », insiste Julien Marcel, rappelant
que « pendant le Covid, les porteurs de cartes Cineville ont
dans leur immense majorité continué à payer leur abonnement
pour soutenir le réseau de cinémas indépendants. »
Data et IA, vecteurs inattendus de diversité
« La question de la data anime tous les débats de toutes les
réunions d’exploitants à travers le monde », observe Julien
Marcel, tout en reconnaissant que ce n’est qu’avec l’essor
de l’intelligence artificielle que le secteur a commencé à
en faire une « utilisation effective, avec des perspectives
nouvelles ». Et l'exemple du circuit Vue au Royaume-Uni,
qui utilise l'IA depuis près d'une décennie pour accompagner
sa programmation, a de quoi tordre le cou aux
idées reçues : « Le résultat, c'est beaucoup plus de films
programmés qu'avant, de films en langue originale, de films
de niche… bref, de diversité », constate le président de
Cine Group.
L'accessibilité : un enjeu humain qui pèse
15 % du marché
« Une personne sur six, à un moment ou un autre de sa vie,
sera concernée par des problématiques d’accessibilité ou de
handicap », rappelle Julien Marcel, en pointant la pertinence
économique des progrès encore à accomplir en la
matière dans les cinémas du monde. « Un sujet qui concerne
10 à 15 % du marché adressable, il serait absurde de le
laisser de côté. » Au-delà de l’enjeu économique, se pose
aussi celui de l’inclusion dans ces lieux d’expérience
collective que sont les cinémas, « dont aucun public ne
doit être exclu ». Si la France a beaucoup avancé sur
l’accessibilité, d’autres pays déploient aussi des initiatives
remarquables, comme le Brésil, qui impose des normes
très strictes en matière de localisation des emplacements
PMR dans les salles, ou qui propose des fauteuils adaptés
aux personnes en situation de surpoids.
Le parent pauvre des soutiens publics
L'étude met également en exergue la grande disparité
des politiques publiques selon les pays, mais, dans la
majorité des cas, l’exploitation reste « le parent pauvre
de ces politiques publiques », observe Florence Leborgne
d’Hexacom. Et lorsque ces aides existent, elles ciblent
généralement la programmation (art et essai, public
jeune), alors que « très peu de pays ont un soutien construit
et massif à l’investissement dans l’exploitation, que ce
soit la création, la rénovation ou la modernisation des
équipements », à l'exception notable de l'Italie.
28 N°517 / 27 mai 2026
Or le manque de subventions structurelles peut avoir
des conséquences dramatiques, comme au Royaume-Uni
où, selon un sondage réalisé l’année dernière, « pratiquement
un tiers des salles indépendantes déclarent
risquer de fermer dans un délai de trois à cinq ans du
fait de la vétusté de leurs équipements ».
Un constat qui rejoint, selon Julien Marcel, le rôle
décisif de l’investissement dans la relance de la fréquentation
: « Si les salles se disent qu’elles ne pourront investir
que lorsque le public sera revenu, cela signifie que l’on fait
revenir les spectateurs dans des établissements qui ne sont
pas au niveau attendu. » D’où, parmi les enseignements
majeurs de cette étude internationale du CNC, le
caractère déterminant des mécanismes publics d’accompagnement
et de régulation pour maintenir un
parc à niveau et, par extension, « soutenir la diversité de
la programmation ».
Confiée à trois partenaires (Cine Group, Hexacom et
Omdia), l’étude “Les salles de cinéma : quelles tendances
à l’international ?” a porté sur 14 marchés : États-Unis,
Mexique, Brésil, Royaume-Uni, Pays-Bas, Italie, Pologne,
Chine, Japon, Corée du Sud, Vietnam, Indonésie,
Arabie Saoudite, Afrique du Sud.
Ayşegül Algan
L'intégralité de l'étude, ainsi que les 14 fiches pays détaillées,
sont disponibles sur le site du CNC.
SOMMET LUMIÈRE :
VERS UNE NOUVELLE DIPLOMATIE MONDIALE
DU CINÉMA
Un format compact pour des engagements
concrets
Organisé dans un format volontairement resserré, le
Sommet Lumière accueillera « 120 décideurs internationaux,
responsables institutionnels, créateurs et professionnels
venus des cinq continents », représentant non
seulement le cinéma, mais aussi la télévision, le streaming,
le jeu vidéo et la création immersive. Le tout
avec l’objectif, au-delà de l’observation des transformations
en cours, « de construire ensemble des réponses
collectives, forger des alliances, façonner une vision
partagée de l'avenir des images animées, et surtout d'aboutir
à des engagements concrets ».
En clôture de la matinée d'échanges sur l'état de l'exploitation mondiale, le
président du CNC a détaillé les contours et les grands enjeux du futur Sommet
qui réunira les décideurs internationaux de l'image animée en septembre
prochain.
C'est à l'issue de la matinée organisée par le CNC autour
des tendances internationales de l’exploitation, marquée
notamment par la restitution de l'étude dédiée [voir
p.20], que Gaëtan Bruel a pris la parole. « Jamais auparavant
le CNC n’avait produit une étude d’une telle
ampleur sur l’exploitation cinématographique dans le
monde », a d’abord souligné le président du CNC,
estimant que les échanges de la matinée avaient mis en
lumière « un secteur à un tournant ». Selon lui, si « les
défis sont immenses », le niveau de mobilisation de la
filière l’est tout autant, dans un contexte où exploitants,
distributeurs, producteurs et créateurs « continuent
d’innover, d’expérimenter et de réinventer » les salles
comme lieux d’expérience collective.
Une gouvernance mondiale face à des
défis sans frontières
Le président du CNC a surtout insisté sur l’idée
qu’aucun acteur ne pourra affronter seul les transformations
en cours. « Chaque territoire, chaque acteur
de cet écosystème mondial détient une pièce du puzzle »,
a-t-il déclaré, appelant à inventer « une véritable diplomatie
du cinéma » capable de construire des réponses
collectives aux mutations technologiques, économiques
et culturelles qui traversent l’ensemble de
l’industrie.
Le futur Sommet international du cinéma et de l’image
animée, désormais baptisé Lumière Summit/Sommet
Lumière, se tiendra le 7 septembre 2026 dans le cadre
prestigieux de la Fondation Maeght*, à Saint-Paulde-Vence
dans les Alpes-Maritimes. Un lieu symbolique
choisi pour rappeler que « les grandes transformations
artistiques naissent toujours d'un dialogue entre les
cultures, les artistes et les œuvres ».
Pour incarner sa dimension internationale, le Sommet
Lumière sera coprésidé par Emmanuel Macron et son
homologue sud-coréen Lee Jae-myung, en partenariat
étroit avec le Korean Film Council (KOFIC) – dont
le président Han Sang-jun était d'ailleurs présent dans
l'assistance à la Plage du CNC. « Il existe de nombreuses
agences cinéma dans le monde, mais aucune n’est plus
proche du CNC que le KOFIC », a insisté Gaëtan Bruel,
évoquant des défis et des modèles communs entre les
deux pays.
©Boxoffice Pro
Parmi les thèmes prioritaires figurent l'avenir des salles
de cinéma, les convergences entre les médias, l'intelligence
artificielle, mais aussi l'éducation à l'image.
Dans ce domaine, Gaëtan Bruel a notamment comparé
le dispositif chinois, qui montre annuellement quatre
films à 300 millions d’élèves… dans leurs écoles, aux
dispositifs de Ma classe au cinéma en France, « qui
représente six millions d’entrées dans les salles à court
terme mais, surtout, une manière de développer sur le
long terme un goût pour le cinéma… et pour les cinémas ».
Enfin, le président du CNC a posé l'urgence absolue
de la sauvegarde des oeuvres, alors que 80 % de notre
patrimoine cinématographique n’a pas été numérisé,
et que, « même dans des pays comme la France ou l’Italie,
nous n'avons plus assez d'experts, ni assez d'entreprises
dans le domaine de leur préservation ».
Mais pour Gaëtan Bruel, « si la période qui s'ouvre
devant nous est pleine de défis, elle est avant tout pleine
d'opportunités », et si « c’est une révolution, nous devons
être révolutionnaires. L'invention du cinéma a été portée
par des talents et des entrepreneurs. Ce dont nous avons
besoin aujourd'hui, c'est que les décideurs politiques et
les militants de l'éducation à l'image fassent également
partie de la conversation. » Avant de conclure : « Je crois
profondément que le cinéma peut avoir un immense
avenir devant lui, à condition d’avoir, désormais, l’ambition
de construire cet avenir véritablement ensemble. »
Le rendez-vous est pris le Sommet Lumière.
Ayşegül Algan
* Inaugurée en 1964 par André Malraux, la Fondation Maeght est la première à avoir été
entièrement dédiée à l’art contemporain
N°517 / 27 mai 2026
29
International
L'abonnement
illimité Cineville
prépare son arrivée
au Danemark
Cinéma Reprise Theatret à Holte fait partie des cinémas qui
collaboreront sur Cineville
L'Artcinema Association, qui regroupe des
cinémas art et essai danois de premier plan,
a reçu le soutien du programme Collaborate
to Innovate du réseau Europa Cinemas pour
le développement de Cineville Danemark.
Créée en 2009 aux Pays-Bas, où elle fédère désormais
80 cinémas indépendants, l’offre de Cineville BV
est aujourd'hui également présente en Belgique,
en Autriche, en Allemagne, en Suède… en attendant
la France. En 2025, la plateforme d'abonnement
mensuel illimité était ainsi proposée dans 238
cinémas et rassemblait 158 000 abonnés, générant
plus de 3,3 millions d'entrées sur la seule année
2025.
Au Danemark, le projet sera porté par les membres
de l'Artcinema Association répartis sur tout le
territoire. Ces derniers comptent particulièrement
sur l’attrait de la formule auprès des jeunes, dont
la fréquentation des salles a été, selon le Danish
Film Institute, divisée par deux depuis 2012 dans
le pays.
L’offre a également fait ses preuves en matière de
renforcement du cinéma européen. Europa Cinemas
accompagnera donc, comme il le fait depuis les
débuts de l’initiative, l’extension de Cineville au
Danemark via son programme Collaborate to
Innovate. À noter que Cineville Denmark bénéficie
aussi, depuis décembre dernier, du soutien du
Danish Film Institute et de la Fondation Biografklub
Danmark, poursuivant actuellement sa phase de
développement autour des enjeux d’organisation,
de partenariats, d’intégration technique et de
financement. « Le soutien d’Europa Cinemas sera
utilisé, entre autres choses, pour adapter le modèle au
contexte danois, renforcer la coopération entre les
cinémas, et jeter les bases d’un déploiement durable »,
indiquent les porteurs du projet.
Pour rappel, Cineville BV travaille également à la
mise en place du concept en France, en collaboration
avec Cine Group, maison mère de Boxoffice Pro.
A.A.
©Reprise Theatret /Cinéville B.V.
IMAX : UN EXCELLENT PREMIER
TRIMESTRE, ET DES RUMEURS DE VENTE
Alors que la société canadienne, après un exercice
2025 record, confirme son excellente dynamique,
elle serait en discussion auprès d’éventuels
acheteurs.
D’après des informations du Wall Street Journal, IMAX
« [envisagerait] une vente, et a contacté des sociétés de
divertissements en tant que potentiels acheteurs ». Le journal
ajoute que Rich Gelfond, PDG de la société, a déclaré
lors d’une réunion d’investisseurs, en décembre dernier,
que le groupe serait « un acteur extrêmement précieux,
que ce soit en tant que société cotée en bourse totalement
indépendante ou au sein d'un groupe plus important ».
Une remarque d'autant moins anodine que la firme a
récemment publié ses excellents résultats du premier
trimestre. Particulièrement en France, où 7,9 millions
de dollars de box-office ont été engrangés, soit une
nette hausse de 230 % sur un an. Avatar : de feu et de
cendres, qui a engrangé à lui-seul 12 millions de dollars
en 2025 et 2026, est même devenu le deuxième plus
grand succès de la société canadienne sur le marché
français. De quoi confirmer l’importance du territoire,
qui se place au 7 e rang mondial du box-office IMAX
sur ces premiers mois. Pour rappel, 36 salles tricolores
sont à ce jour équipées – dont une majorité chez le
leader Pathé –, après les 7 ouvertures de 2025 ; 5 nouvelles
salles sont prévues cette année.
Après une année 2025 record avec 1,28 milliard de dollars
de chiffre d'affaires engrangés dans le monde, la société
prévoit 1,4 milliard de dollars en 2026. Un résultat très
certainement atteignable, en raison notamment de l’afflux
Parmi les premiers rendez-vous musicaux de “Arena One at AMC” en juin, un Girls Night Live avec
Paris Hilton
©Richard James - Unsplash
L'Esquire IMAX Theatre de Sacramento, aux États-Unis
AMC : UN T1 2026 AU PLUS HAUT
DEPUIS 2019
Porté par le réveil du box-office mondial, le leader
mondial de l’exploitation signe son meilleur
premier trimestre depuis sept ans et poursuit
activement son désendettement.
Après des années de « stagnation répétées, principalement
dues aux grèves paralysantes de l'industrie en 2023 », le CEO
Adam Aron avait de quoi triompher lors de la présentation
des résultats le 5 mai dernier. Sur les trois premiers mois
de 2026, AMC Entertainment affiche un chiffre d’affaires
de 1,045 milliard de dollars (contre 862,5 millions un an
plus tôt), et un EBITDA ajusté de 38,3 millions de dollars
(en croissance de 96 millions de dollars), soit son meilleur
niveau pour un premier trimestre depuis la pandémie
Covid. Une performance portée par la hausse de 22 % du
de sorties « Filmed for IMAX » telles que The Odyssey ou
Dune : Troisième Partie. Le groupe accélère en outre son
expansion à travers le globe, avec la signature de 42
nouveaux accords dans dix pays depuis le début de l’année,
dont « le plus grand accord jamais signé en Australie et 7
signatures au Japon à ce jour », annonce-t-elle dans un
communiqué. Pour rappel, IMAX équipe plus de 1 700
cinémas à travers 89 pays et territoires.
J.D.
©AMC Theatres
box-office nord-américain, « mais
aussi par des résultats internationaux
nettement améliorés sur
l'ensemble de notre parc européen
». Le dirigeant souligne
aussi la « discipline opérationnelle »
du groupe « pour maximiser la
croissance des revenus d'AMC,
tout en contenant nos coûts ». En
outre, AMC poursuit ses opérations
de refinancement, avec
400 millions de dollars (M $)
de dettes prolongées jusqu’en
2031, environ 155 M $ de dettes
converties en actions et 72 M $
levées via son programme “At-the-Market”. Le groupe a
également « vendu de manière opportune » une partie de sa
participation dans la société d’exploitation minière Hycroft
Mining et estime avoir jusqu’à présent généré 54 M $ de
liquidités – pour un investissement initial de 27,9 M $
en 2022.
Enfin, Adam Aron se réjouit particulièrement de l'engagement
de Netflix à accorder 49 jours d’exclusivité au film
Narnia de Greta Gerwig. Le circuit n’en poursuit pas
moins le développement de son offre de contenus alternatifs,
notamment avec “Arena One at AMC”. Son grand dispositif
de diffusion de concerts et événements live sera lancé dès
juin prochain dans plus de 300 sites aux États-Unis.
A.A.
30 N°517 / 27 mai 2026
Distribution
FIGURE O SE LANCE DANS LA DISTRIBUTION
La société spécialisée dans le répertoire récent
annonce une première sortie sous visa exceptionnel
en juin.
©Figure O
C’est après quatre années d’expérience chez Eurozoom
que Raphaël Laurent s’est lancé dans une nouvelle aventure
: créer sa propre structure d’édition vidéo mêlant
répertoire et musique, dont certains titres sortiront également
en salles. « Tout part de deux émissions que j’animais
chez Radio Campus Montpellier il y a plusieurs années, où
je mélangeais déjà le cinéma et la musique. » Le néo-distributeur
a déjà acquis plusieurs films parmi lesquels Eagle
vs Shark (2007), le premier long métrage de Taika Waititi
(Thor : Ragnarok, Jojo Rabbit…), qui sera distribué sous
visa exceptionnel les 13 et 14 juin prochains. Raphaël
Laurent vise une trentaine de copies, et compte capter
un public cinéphile, mais « pas forcément assidu ». Il s’appuiera
pour ce faire sur une communication digitale, avec
des relais auprès de médias de taille intermédiaire, parfois
étudiants, mais aussi une mobilisation de la communauté
de Tales From the Click – le vidéaste, réputé sur YouTube
pour son émission “TABS”, ayant déjà parlé du film dans
son podcast. Suivra, en octobre, la sortie vidéo de Eagle
vs Shark, dans le même temps que la sortie salle sous
pavillon Sony du nouveau long métrage de Taika Waititi,
Klara et le soleil, pour « profiter de l’émulation autour
du cinéaste ».
De manière générale, Figure O – dont le nom fait référence
à l’album Figure 8 d’Elliott Smith – se positionnera
principalement sur des films réalisés entre les années 90
et 2000. Pour l’heure, la structure a aussi acquis les droits
de Boy de Taika Waititi (2010), de trois documentaires
de Julien Temple réalisés entre 2006 et 2009 (Glastonbury,
Joe Strummer - The Future Is Unwritten et Oil City Confidential)
ainsi que de Control d’Anton Corbijn (2007).
Ce dernier fera très certainement l’objet d’une ressortie
dans une copie restaurée en 2027, mais Raphaël Laurent
Eagle vs Shark de Taika Waititi
reste ouvert à des séances ponctuelles cette année « pour
fêter les 50 ans de Joy Division ». Figure O travaillera
également le genre du mumblecore, qui a traversé le cinéma
indépendant au début du XXI e siècle, « à travers des œuvres
peu chères et tournées en numérique ».
J.D.
CARLOTTA FILMS S’ASSOCIE
AVEC ARENA FILMS
La structure dirigée par Vincent Paul-Boncour
travaillera sur le catalogue de la société de production
trentenaire.
On connaît la chanson d’Alain Resnais
La première sortie de cette nouvelle association arrive
dès l’automne prochain, avec la restauration 4K de Pola
X de Leos Carax, réunissant entre autres Catherine
Deneuve et Guillaume Depardieu. Elle sera accompagnée
de Pierre et les ambiguïtés du même réalisateur, la version
télévisée du film jusqu’alors inédite en salles. Le travail
se poursuivra en 2027 avec des reprises d’Alain Resnais,
Tsai Ming-liang, Olivier Assayas ou encore Claire Denis.
Un solide aperçu du catalogue d’Arena Films, société
fondée en 1990 et qui a aussi accompagné Noémie
Lvovsky, les frères Larrieu ainsi que Théo
Angelopoulos.
©Carlotta Films
©Carlotta Films
« Cette collaboration s’inscrit pleinement dans la dynamique
de Mémoire Vive, un projet que nous souhaitons développer
pour accompagner la restauration, la transmission et la
redécouverte de ces œuvres, explique Bruno Pesery, fondateur
et directeur d’Arena Films. Voir ces films revenir aujourd’hui
en salles, en festivals et dans des éditions vidéo ambitieuses,
c’est à la fois leur donner une nouvelle vie et prolonger ce
travail de mémoire et de patrimoine qui est au cœur de
l’identité d’Arena Films. »
Pola X de Leos Carax
Vincent Paul-Boncour, cofondateur et directeur de
Carlotta Films, déclare de son côté être « heureux de
pouvoir aujourd’hui contribuer à la redécouverte de ces films
en salles, en festivals et dans de très belles éditions vidéo,
Blu-ray et UHD 4K. Dans notre travail, passionné et
constant, sur tous les cinémas, et particulièrement sur les
œuvres et les filmographies de grands et de grands cinéastes,
il nous est apparu une affinité évidente avec celui mené par
Bruno Pesery depuis plus de trente-cinq ans ».
J.D.
Warner et Zinc.
s’allient dans la
comédie
Warner vient en renfort de Zinc. en codistribuant
deux films de son line up, Tout va super de Patrick
Cassir et De la Comédie-Française de Martin Darondeau
et Bertrand Usclat. Le premier, en salles depuis ce 27
mai, suit les tribulations d’un jeune homme tiraillé
entre sa copine et la maladie de sa mère. Il réunit entre
autres Hakim Jemili et Noémie Lvovsky. Le deuxième,
remarqué au Festival de l’Alpe d’Huez – où il a remporté
quatre récompenses, dont le Prix spécial du jury –,
puis lors d’une grande tournée d’avant-premières, est
attendu le 22 juillet. Mettant en scène les coulisses
d’une pièce de la Comédie-Française, il réunit plusieurs
figures de l’institution, telles que Pauline Clément,
Laurent Stocker, Julien Frison, Marina Hands, Adeline
D'Hermy, Benjamin Lavernhe et Guillaume Gallienne.
Jérôme Hilal, président de Zinc., déclare être « très
honoré d’être accompagné par une maison aussi prestigieuse
que Warner ». De son côté, Olivier Snanoudj, senior
vice-président distribution cinéma France & Benelux
de Warner, annonce être « très heureux d’accompagner
Zinc. et Atelier de Production dans la sortie en salles de
ces deux films formidables qui méritent de trouver le
plus large public possible ».
C’est la deuxième fois que Zinc. est soutenu sur la
distribution de ses sorties, après son association avec
Memento pour C’est quoi l’amour ? (250 000 entrées
après deux semaines).
N°517 / 27 mai 2026
31
Focus Exploitation
©Megarama
©Megarama
MEGARAMA RENFORCE
SON MAILLAGE FRANCILIEN
Le nouveau complexe Megarama
de Cormeilles-en-Parisis, dans le
Val-d'Oise, a accueilli ses premiers
spectateurs le 14 mai. Un projet
calibré pour devenir le cinéma de
proximité de son bassin de vie.
Dirigé par Stéphane Michel, qui a récemment rejoint le
groupe, le Megarama de Cormeilles-en-Parisis vient
consolider la présence du circuit à l’ouest de Paris, avec
un établissement de 6 salles et 715 places. Il propose
une salle premium Horizon THX, tandis que l’ensemble
du site est équipé de projecteurs laser, de son Dolby 7.1
et de fauteuils recliners. À noter que la machine Starbucks
qui intègre l’espace Ciné Café est la onzième installée
dans le parc Megarama.
Le nouveau cinéma s’intègre dans un vaste projet associant
logements, commerces, « et une zone de 40 000 m² entièrement
dévolue aux loisirs », décrit Olivier Labarthe,
directeur général adjoint de Megarama, en énumérant
les activités de réalité virtuelle, de trampoline, de padel,
ainsi que de nombreuses cellules de restauration. Le site
bénéficie en outre du dense réseau de transports en
commun de la périphérie parisienne, de la proximité de
la gare de Cormeilles-en-Parisis et d’une voie verte cyclable
qui longe le cinéma.
Synergies franciliennes
Quant au contexte concurrentiel, le cinéma le plus
proche du nouveau Megarama est… un autre Megarama :
le multiplexe de 8 salles de Montigny-lès-Cormeilles,
« dont la grande salle dispose à elle seule de plus de fauteuils
que l’ensemble de notre établissement à Cormeilles-en-
Parisis », souligne Olivier Labarthe. Mais malgré les
2 km à peine qui les séparent, les deux sites sont tournés
vers des bassins de vie distincts, « les études de marché
ayant démontré que les Cormeillais ne traversent pas
l'autoroute pour aller à Montigny ». Par ailleurs, contrairement
à celui de Montigny qui est implanté en pleine
zone commerciale, le nouveau Megarama de Cormeilles
sera, avec un collège, une école, le Théâtre du Cormier
et de nombreuses habitations dans son environnement
immédiat, « un cinéma de proximité, au cœur d'une
agglomération de 30 000 habitants – et son dimensionnement
est fait pour ». Idem pour sa programmation,
qui sera « forcément restreinte avec seulement 6 salles, et
un peu moins mainstream que celle de Montigny ».
©Megarama
Cette configuration de deux Megarama géographiquement
très proches, on la retrouve également de l’autre
côté de l’Île-de-France, entre les sites de Champigny-sur-Marne
et celui de Chennevières-sur-Marne
(ex cinéma Pince-Vent), « que nous avons justement repris
pour cette raison-là », explique Olivier Labarthe. « Avoir
plusieurs cinémas dans la zone permet de développer des
outils de fidélisation, de proposer des programmations
complémentaires et, ainsi, d'ouvrir les possibilités aux
spectateurs de rencontrer un film. »
Dans son nouveau complexe de Cormeilles-en-Parisis,
qui naturellement propose la carte Megarama illimitée,
le circuit table sur 180 000 à 200 000 entrées annuelles.
Cette ouverture s’inscrit dans une phase de développement
soutenue pour Megarama, marquée par de multiples
acquisitions (en plus du Pince-Vent de Chennevières, le
circuit de Jean-Pierre Lemoine a racheté le Grand Forum
de Dieppe, les Grand Forum de Louviers, l’UGC Duplexe
de Roubaix et, plus récemment, Les Lumières d’Armentières
et Le Palace de Cambrai) et inaugurations (dont
son 14 salles à Boulogne-sur-Mer en juillet 2024 et son
nouveau multiplexe aux Ulis en Essonne, en décembre 2025).
Côté projets officialisés, Megarama travaille toujours à
l’ouverture de nouveaux établissements à Saint-Martind’Hères
(Isère), attendu courant 2027, et à Arras (Pas-de-Calais),
idéalement à l’occasion de l’Arras Film Festival 2028.
En 2025, avec un total de 5,87 millions de spectateurs,
Megarama s’est affiché au 4 e rang des circuits d'exploitation
cinématographique français. Désormais, le circuit opère
un total de 34 cinémas et 270 écrans sur le territoire.
Ayşegül Algan
32 N°517 / 27 mai 2026
©Megarama
©Megarama
©Megarama
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : RAPHAEL CARRIL / INCAA
Maître d’œuvre / pilote : SL PROJECT
Bureau de contrôle : SOCOTEC
BÂTIMENT
Cloisons : D3A
Electricité et réseaux : SITEB
Climatisation/chauffage : SET
FAÇADE/HALL
Comptoir : CINEMOB
Système de billetterie : EMS
Signalétique intérieure : SEMIOS
Enseignes façade : SEMIOS
Affichage dynamique : SONIS
CABINES
Installateur : CINEMA NEXT
SITE INTERNET
Conception : EURO MONNAIE SERVICE
*Basé sur le déclaratif de la salle
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE
1 221 6 16,2 7.1 THX 4K laser
2 172 5 12,7 7.1 2K laser
3 75 3 9,8 7.1 2K laser
4 75 3 9,4 7.1 2K laser
5 81 3 9,4 7.1 2K laser
6 81 3 9,4 7.1 2K laser
TOTAL 624 23
©Megarama
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33
Miscellanées
Rencontres du Cinéma Indépendant 2026 :
le programme
La 11 e édition de l’événement piloté par le Syndicat des
distributeurs indépendants se déroulera du 17 au 19 juin
prochains à Paris (l’Entrepôt, le Cinéma des Cinéastes
et le Ciney) et à Montreuil (le Méliès).
À cette occasion, le SDI et les CIP tiendront chacun leur
assemblée générale le 17 juin à 9h30. Et entre les projections,
tables rondes et ateliers, cette édition sera aussi
l’occasion de fêter les 15 ans d’Arizona Distribution.
• 10 films (inédits, jeune public, répertoire) :
Le Prix et la Valeur de Visar Morina (Arizona
Distribution)
Shifting Baselines de Julien Elie (ED Distribution)
Qui vît encore de Nicolas Wadimoff (Una Mattina Films)
The Baltimorons (Un Noël à Baltimore) de Jay Duplass
(Survivance)
La Leçon de violon de Julie Bertuccelli (New Story)
Octobre à Paris de Jacques Panijel et collectif (Les Films
de l’Atalante) – répertoire
Des jours et des nuits dans la forêt de Satyajit Ray
(Carlotta Films) – répertoire
La Faille de Peter Fleischmann (Lost Films) – répertoire
Ce qui me mène à toi de Khalil Cherti (Condor Films, 11/11/26)
Petite Casbah d’Antoine Colomb (Les Films du Préau)
- jeune public
• Table ronde - Paris fait-il le film ? Programmation
quartier par quartier, surinvestissement
marketing, effets sur la carrière en aval dans
les salles
En présence de Sophie Cazes (Mission Cinéma de la
Ville de Paris) et Laurence Franceschini (La Médiateure
du Cinéma), Vertigo Research
• Le Café des Indés - Se projeter dans un monde
en pleine mutation : ateliers prospectifs sur l’avenir
de nos métiers
Avec ACID, ACRIF, AFCAE, DIRE, GNCR, SCARE, SDI
• Rencontre avec le CNC
Un temps pour explorer les grands défis des indépendants
et leurs relations avec les pouvoirs publics, en présence
du Centre National du Cinéma et de l'image animée
• Séminaire Distribution
Ateliers dédiés à des problématiques, outils et solutions
propres aux sociétés de distribution indépendantes.
Avec LuckyTime, Vertigo et Webedia / Allociné
Classique
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 5 juin.
©Boxoffice Pro
©GNCR
Disparition de
Guy-Claude Marie,
ardent défenseur du
cinéma de Recherche
C’est par le GNCR, dont il était l’un des piliers, que
l’on a appris le décès, à l’âge de 77 ans et le jour de
l’ouverture du Festival de Cannes, de l’exploitant et
chercheur passionné. Guy-Claude Marie a dirigé de
1995 à 2011 le cinéma Le Cratère à Toulouse, où il
a notamment développé les projections du GNCR
en simultané avec Paris, et plus largement avait lancé
le projet Imagopublica, pour développer toute action
dans le champ de l’essai en cinéma. Il proposait des
cycles de films, notamment chaque semaine au clap
Ciné de Canet-en-Roussillon, dont il était très proche.
Guy-Claude Marie était aussi l’auteur de la première
thèse sur le cinéma de Guy Debord (“Guy Debord :
de son cinéma en son art et en son temps “), et a
assuré, entre 2013 et 2018, un séminaire sur le cinéma
de l’essai à l’École Supérieure d’Audiovisuel de Toulouse.
“Passion, Partage et Transmission” sont les trois mots
clés mis en avant par le clap Ciné de Canet-en-Roussillon.
« Trois mots clés qui illustrent parfaitement ce qui
animait Guy-Claude Marie au quotidien, souligne
l’équipe du GNCR. Jamais avare d’idées pour rendre
grâce au cinéma de recherche ou ce qu’il appelait parfois
les “essais remarquables”, nous lui devons plus récemment
le concept du Retour de Cannes ».
AGENDA DE LA PROFESSION
AG DU SYNDICAT DES PAYS DE SAVOIE 02/06/26 ANNECY
JOURNÉE DE L’ANIMATION KMBO 05, 09 et 21/06/026 LYON, PARIS ET REDON
AG DU SLEC 08 et 09/06/26 LE CREUSOT
AG DU SYNDICAT DES CINÉMAS DE L'OUEST 16/06/26 BEAUPRÉAU-EN-MAUGES
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES CINÉMAS INDÉPENDANTS PARISIENS 17/06/26 PARIS
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L'ADRC 17/06/26 PARISPARIS
12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 17 au 19/06/26 DINARD
RENCONTRES DU CINÉMA INDÉPENDANT 17 au 19/06/26 PARIS
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY
CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE
BIARRITZ FILM FESTIVAL NOUVELLES VAGUES 23 au 28/06/26 BIARRITZ
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34 N°517 / 27 mai 2026
LE FILM ÉVÉNEMENT SUR SAMUEL PATY
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