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N°1313 vendredi 5 juin 2026
Quand la raison économique prime sur le
mérite sportif
En remportant l’Eurocoupe cette saison, la JL Bourg s’était offert le privilège d’intégrer l’Euroligue, l’élite du
basketball continental. Le club de Bourg-en-Bresse a choisi d’y renoncer, jugeant le saut économique et logistique
infranchissable.
n dominant Besiktas
(73-71 au retour, 72-60
à l'aller) pour s'emparer
de l'Eurocoupe, la JL
Bourg-en-Bresse avait décroché
une invitation en
Euroligue pour la saison prochaine.
La décision du président
Julien Desbottes tient en
une formule : «Je ne veux pas
qu'on se perde.»
Un sésame trop coûteux
pour un modèle bâti sur la
maîtrise
Avec un budget de 8,2 M€
déjà élevé pour le basket français,
la JL Bourg-en-Bresse
aurait dû doubler sa masse salariale
(de 2,3 à 4,7 M€) pour
répondre aux standards de
l'Euroligue. À cette contrainte
financière s'en ajoute une infrastructurelle
: l'Ekinox
(3.500 places) n'atteint pas le
seuil de 5.000 places exigé.
Mais délocaliser les matches
à domicile à Chalon-sur-
Saône ou à Lyon n'était pas
envisageable. «Nous disposions
de quelques leviers
pour monter le budget ; nous
avions aussi une capacité à
monter temporairement la
salle à 5.034 places. Mais j'ai
peur qu'on se perde», explique
Julien Desbottes.
«Pourquoi se mettre en danger
pour se retrouver dans un
an sur une ligne en deçà de
celle de cette année ? Le
terme pérennité est affiché
partout chez nous. Je dois aligner
nos actes à nos paroles.»
L'équation impossible des
80 matches
Au-delà des finances, l'amplitude
du calendrier qui a emporté
la conviction. Participer
à l'Euroligue aurait signifié
disputer quelque 80 rencontres
: 38 de saison régulière
en Euroligue, 30 en
Betclic Élite, plus les
épreuves périphériques. Une
charge considérable pour un
effectif non dimensionné.
Frédéric Fauthoux, entraîneur
de la JL Bourg et sélectionneur
de l'équipe de France,
confirme cette ligne :
«J'aimerais participer à la
plus belle compétition. Moi
aussi, j'ai envie de jouer
contre le Real Madrid,
Barcelone et de voir la Porte
13 (les supporters du
Panathinaïkos) à Athènes.
Mais il ne faut pas faire n'importe
quoi. Quand on m'a demandé
mon avis, j'ai répondu
que je n'en voyais pas l'intérêt
si on ne pouvait pas jouer à
Bourg-en-Bresse. Si nous
n'avons pas de dérogation sur
ce point, la réponse est
claire.»
La redistribution des cartes
européennes
La décision rebat la cartographie
du basket français en
Europe. Monaco pourrait finalement
être maintenu en
Euroligue, aux côtés du Paris
Basketball et de l'ASVEL.
Les clubs éliminés en playoffs
de Betclic Élite devraient
se partager les places restantes
: une ou deux en
Eurocoupe et trois en Ligue
des champions. La JL Bourg,
elle, entend défendre son titre.
«Nous allons construire une
belle équipe et continuer à
être des chasseurs», assure
Julien Desbottes. «L'année
prochaine, il y aura une nouvelle
redistribution des cartes,
puisqu'on ne sait pas trop ce
qui va se passer à Monaco et
on comprend qu'à l'ASVEL,
ils vont investir énormément
d'argent. La concurrence
sera rude. Il faut qu'on soit
champion de France de tout
ce qu'on peut maîtriser. Le
terrain, c'est autre chose.
Mais si en interne, on met de
la qualité dans tout ce qu'on
organise, on a une chance de
continuer à surperformer.»
Le club reste fier de ses palmarès
obtenus avec des
moyens mesurés. «La saison
dernière, Le Mans a gagné la
Leaders Cup. Il y a deux ans,
Dijon a gagné la Coupe de
France… Nous sommes prêts
à retourner chez Ikea pour
agrandir la salle à trophées»,
conclut Julien Desbottes. La
«Jeu» n'ira pas à Athènes, ni à
Madrid. Elle entend bien
continuer à gagner à Bourgen-Bresse,
et ce pari-là, elle
sait le tenir.
LA LETTRE DU SPORT
Sommaire
International
La NBA veut contrer le tanking ..................................................................................................2
La relaxe de Neymar confirmée..................................................................................................3
France
Stade Toulousain contre la LNR : le crash-test du salary cap en Top 14 ..................................4
Economie
L’équation maîtrisée : moins de masse salariale, plus de valeur................................................5
Médias
Carton plein pour M6 et Canal+ .................................................................................................6
Le PSG, seul Français dans le Top 30 des clubs les plus suivis sur les réseaux sociaux .........7
La Lettre du Sport
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International
N°1313 La Lettre du Sport vendredi 5 juin 2026
La NBA veut contrer le tanking
La NBA approuve une refonte de son système de loterie pré-draft, applicable dès 2027. Derrière cet ajustement
technique se joue la crédibilité d’un produit sportif engagé dans un contrat de droits médias de 76 milliards de dollars
sur onze ans.
LA LETTRE DU SPORT
erdre pour mieux gagner.
Ce paradoxe résume
l’une des pathologies
les plus profondes de
la ligue nord-américaine de
basket-ball professionnel. Le
« tanking », ou l’art de délibérément
sacrifier une saison
entière pour maximiser ses
chances d’obtenir un premier
choix de draft, n’est pas
une pratique clandestine.
C’est une tactique assumée,
parfois même revendiquée,
qui défigure des pans entiers
du calendrier. La saison
2025-2026 en a fourni un
exemple caricatural : les
Washington Wizards, affichant
un bilan de 17 victoires
pour 65 défaites, ont perdu
27 de leurs 28 dernières rencontres
pour s’assurer le plus
mauvais record de la ligue !
Leurs deux recrues vedettes,
Trae Young et Anthony
Davis, n’ont disputé qu’un
total combiné de cinq
matchs, témoins inutiles
d’une saison construite autour
de la défaite.
Ligue fermée, vice structurel
Le tanking n’est pas un
simple comportement déviant.
C’est, dans une large
mesure, le produit direct de
l’architecture d’une ligue
fermée. Contrairement aux
championnats européens qui
pratiquent la montée et la
descente, les franchises
NBA n’ont aucune incitation
à quitter le bas du classement
: les trente franchises
sont permanentes, protégées,
et ne risquent rien à finir dernières,
sinon de mieux se positionner
pour la loterie. Or
le système de draft, pensé à
l’origine pour rééquilibrer le
jeu en attribuant les
meilleurs espoirs aux
équipes les plus faibles, a
progressivement engendré
l’effet inverse : il récompense
l’échec planifié.
Le prix de la compétitivité
sacrifiée
PRO.SPORT.FR
Si la ligue a longtemps toléré
ces pratiques, leur coût économique
devient de moins
en moins supportable. La
NBA a signé en 2024 un accord
de droits médias de 76
Md$ sur onze ans avec
ESPN, Amazon et
NBCUniversal, soit près du
triple de son précédent
contrat. Un tel investissement
exige une promesse en
retour : celle d’un spectacle
compétitif et de matchs à enjeu,
semaine après semaine.
Or quand une franchise joue
délibérément pour perdre,
elle vide les salles, décourage
ses partenaires locaux,
déprime ses audiences et fragilise
les fondamentaux économiques
auxquels les diffuseurs
sont si attentifs. La
ligue est projetée à 14,3 Md$
de revenus globaux pour la
saison 2025-2026, dont plus
d’un quart issu des recettes
de billetterie et de loges. Le
tanking, c’est précisément
cette portion-là qui s’effondre,
match après match.
Lorsqu’une équipe « tank »,
les autres propriétaires trinquent.
Elle devient un boulet
économique pour le mécanisme
de partage des revenus
de la ligue et déprime les affluences
dans les salles adverses.
Une réforme par la dissuasion
Pour contrer cette situation,
le bureau des gouverneurs de
la NBA, les propriétaires des
franchises, approuve un nouveau
système, effectif à
compter de la draft 2027. Un
événement. La loterie n’a été
modifiée que quatre fois depuis
son introduction en
1985. Pour le futur, la loterie
est élargie de 14 à 16 équipes
et les probabilités sont lissées
entre les équipes ne se qualifiant
pas pour les phases finales.
Chaque équipe participante
reçoit trois, deux ou
une balle de loterie, les trois
franchises aux pires bilans
perdent une de leurs balles.
Ce mécanisme inverse l’incitation
perverse : finir dans
le trio de queue devient
moins avantageux que d’en
rester au quatrième rang.
C’est à peine plus glorieux.
Les franchises qui auront fini
aux 9es et 10es rangs recevront
deux boules, donc autant
que les trois pires formations,
et enfin les deux franchises
qui auront perdu le
match entre le 7e et le 8e de
chaque conférence recevront
une boule, l’autre formation
se qualifiant en play-offs. En
outre, aucune franchise ne
pourra obtenir le premier
choix lors de deux drafts
consécutives, ni figurer dans
le top 5 lors de trois années
de suite. Le commissaire
Adam Silver se voit également
conférer des pouvoirs
disciplinaires élargis :
amendes pouvant atteindre
10 M$, modification des positions
de draft, retrait de
choix futurs. Le tanking « a
des implications commerciales,
des implications liées
au basket-ball, des implications
d’intégrité pour la
ligue », avait précisé Silver
en mars, conscient que le
dossier débordait largement
le cadre sportif.
Mais la question centrale
n’est pas algorithmique. Elle
est une question de
confiance. Un spectateur ou
un partenaire commercial
qui sait qu’une équipe joue
délibérément pour perdre
cesse de croire au produit. Et
dans un marché des droits
sportifs où chaque dollar investi
doit justifier un retour
d’audience mesurable, cette
érosion est un risque systémique.
La réforme adoptée
ce 29 mai ne résout pas tout :
l’écart entre le onzième et le
dixième rang reste significatif,
et en fin de saison, la
dixième équipe voudra défendre
ce classement, ce qui
crée une nouvelle forme
d’incitation à ne pas perdre,
mais aussi à ne pas gagner
selon le contexte. Mais pour
l’écosystème de la NBA, ce
vote reste un engagement
structurant : l’intégrité compétitive
n’est plus négociable.
2
International
N°1313 La Lettre du Sport vendredi 5 juin 2026
La relaxe de Neymar confirmée
Le Tribunal suprême espagnol a confirmé en appel la relaxe de Neymar et d’ex-dirigeants du FC Barcelone, qui étaient
poursuivis pour corruption et escroquerie dans le cadre du transfert du Brésilien au Barça en 2013.
n 2022, le tribunal de
Barcelone avait relaxé
l’international
brésilien et ces anciens dirigeants
du Barça (ses ex-présidents,
Sandro Rosell et
Josep María Bartomeu) des
chefs d’accusation de « corruption
dans les affaires » et
« d’escroquerie par le biais
d’un contrat fictif ». Ce procès
avait été marqué par un
coup de théâtre lorsque le
parquet, qui réclamait initialement
deux ans de prison et
dix millions d’euros à l’encontre
de l’ancien attaquant
du PSG, avait fait volte-face
et retiré ses accusations
contre tous les prévenus.
« Tout est dû à une décision
sportive du club »
L’accusation n’était plus
portée que par la société brésilienne
DIS, détentrice de
40 % des droits de Neymar
lorsqu’il n’était encore
qu’un espoir de Santos. Elle
avait porté plainte en 2015,
affirmant que le Barça,
Neymar, sa famille puis
Santos s’étaient alliés pour
dissimuler le montant réel de
son transfert et « l’escroquer
». Elle reprochait aussi
au joueur et à son entourage
de ne pas l’avoir informée
de l’existence d’un contrat
d’exclusivité signé en 2011
avec le Barça, qui, selon elle,
a faussé le mercato. Le
Barça avait initialement
chiffré le coût de ce transfert
à 57,1 M€ (40 M€ pour
Neymar et sa famille et 17,1
M€ pour le club de Santos,
ndlr), mais la justice espagnole
a estimé qu’il avait en
réalité coûté au moins 83
M€. DIS, qui a touché 6,8
M€ sur les 17,1 M€ officiellement
versés au club brésilien,
réclamait 35 M€ de dédommagement.
« Il n’y a eu
ni délit de corruption dans
les affaires ni escroquerie
impropre. Ni de la part du
joueur ni de ses représentants
ni du FC Barcelone.
Tout est dû à une décision
sportive du club, qui a voulu
s’assurer de son recrutement
puis a décidé de l’anticiper.
»
LA LETTRE DU SPORT
En bref
Le Giro râle contre les dates du Tour de France 2028. Avec l’Euro au Royaume-Uni et en Irlande (9 juin-9 juillet), mais aussi les Jeux
olympiques de Los Angeles (14-30 juillet), l’été 2028 sera encombré comme chaque année paire. En particulier dans le cyclisme. Le Tour de
France s’élancera de Reims (Marne) dès le 24 juin en 2028 pour se terminer le 16 juillet. Ce qui laisse la possibilité à une partie du peloton de
disputer le Tour et la course en ligne olympique programmée le 23 juillet. Mais en Italie, RCS Sport fulmine. L’organisateur du Giro a critiqué
cette annonce, faite sans consultation. « Je trouve inapproprié que le Tour annonce sa date de départ sans l’inscrire dans un calendrier
international approuvé par l’UCI », a commenté Paolo Bellino, directeur exécutif de RCS. « Nous savons depuis un certain temps que les
Jeux olympiques auront lieu à cette période, mais nous souhaitons également repousser le Giro d’une semaine ; dans ce cas, il n’y aurait que
deux semaines entre le Giro et le Tour », avertit-il. « Nous avons de nouveau demandé à l’UCI que le Giro commence une semaine plus tard,
et nous souhaitons que cela soit mis en place à partir de 2027 », conclut Bellino. En mai, le Tour d’Italie est régulièrement confronté à des
conditions météorologiques difficiles en montagne. Un décalage d’une semaine permettrait aussi au Giro d’intégrer la fête nationale, le 2 juin,
dans ses festivités.
Le LIV vise la rentabilité d’ici deux ans. Cela ressemble à une mission impossible. Alors que le Fonds public d’investissement saoudien
(PIF) va cesser son financement à l’issue de la saison, le LIV a lancé une recherche d’investisseurs et espère lever jusqu’à 250 M$ (environ
215 M€) pour assurer sa viabilité ! Le circuit de golf a fait savoir aux investisseurs potentiels que cet apport lui permettrait d’être rentable d’ici
deux ans, alors même que le circuit pourrait être moins prestigieux avec des stars comme Bryson DeChambeau, Jon Rahm, Joaquin Niemann,
Cameron Smith et Tyrrell Hatton. Un autre plan d’investissement de 150 M$ (environ 129 M€) est envisagé, mais il devra être compensé par
un nouvel accord sur les droits médiatiques et la vente de ses 13 équipes, composées chacune de quatre golfeurs. Le PIF a investi entre 5 et 8
Md$ depuis la création du LIV en 2022, selon les estimations, mais se concentrera désormais sur ses investissements aux États-Unis, le jardin
du PGA Tour. Le LIV entend poursuivre ses activités, mais il a déjà reporté son tournoi de La Nouvelle-Orléans, initialement prévu en juin.
Le report crée un vide dans le calendrier entre le LIV Golf Andalucia en Espagne (4-7 juin) et le LIV Golf UK (23-26 juillet).
3
France
N°1313 La Lettre du Sport vendredi 5 juin 2026
Stade Toulousain contre la LNR : le crash-test du
salary cap en Top 14
Le 7 juillet, la Commission de discipline spécialisée salary cap de la Ligue nationale de rugby (LNR) rendra son verdict
sur de nouvelles infractions présumées du Stade Toulousain. Une amende de 5 M€ a été requise contre un club déjà
condamné quatre fois en trois ans, et c’est toute la crédibilité du dispositif de régulation économique du rugby
professionnel qui se retrouve soumise à ce crash-test.
LA LETTRE DU SPORT
l existe des clubs qui collectionnent
les trophées et
d’autres qui accumulent
les dossiers judiciaires. En général,
les deux diffèrent. Le
Stade Toulousain, lui, excelle
dans les deux registres. Le
club le plus titré de France et
d’Europe se retrouve une
nouvelle fois au cœur d’une
procédure disciplinaire liée au
salary cap. La Commission
de discipline spécialisée de la
Ligue nationale de rugby
(LNR) a requis une amende
de 5 M€ à son encontre pour
des dépassements du plafond
de masse salariale lors de trois
des quatre dernières saisons
(2021-2022, 2022-2023 et
2024-2025), ainsi que pour
des manquements répétés à
l’obligation générale de transparence
et de coopération
entre 2021 et 2025. Le verdict
est attendu le 7 juillet. Soit dix
jours après la finale du Top 14
au Stade de France. En cas de
condamnation, ce serait la
cinquième sanction en trois
ans pour un club déjà mis en
cause dans les affaires
Dupont, Kolbe et Jaminet (à
deux reprises).
Le dossier Jelonch et la
zone grise des contrats
d’image
La procédure s’articule autour
de deux dossiers. Le premier
concerne le troisième
ligne Anthony Jelonch et des
contrats d’image conclus
avec la société de services aéroportuaires
3S-Alyzia, également
partenaire du club.
C’est une enquête du journal
L’Équipe qui avait mis au
jour ces engagements
contractuels et leur absence
de contrepartie visible (le
même article révélait des
contrats similaires impliquant
le capitaine des Bleus
Antoine Dupont, ndlr). Or, le
règlement impose de signaler
au salary cap manager toute
rémunération versée par un
partenaire du club à ses
joueurs, dès lors qu’elle
constitue une contrepartie de
leur notoriété sportive.
Toulouse soutient que les
prestations ont bien été effectuées.
Le président du Stade
Toulousain, Didier Lacroix,
avait fermement réfuté les accusations
début mai :
« Qu’Anthony Jelonch n’aurait
rien fait pour le groupe
3S c’est faux, et on en a un
certain nombre de preuves »,
avait-il déclaré.
Primes et transparence : le
deuxième front
Le second volet de la procédure
porte sur les primes. Le
règlement autorise les clubs à
distribuer jusqu’à 500.000 €
de primes sans les intégrer
dans le calcul du salary cap,
sous réserve qu’elles soient
communiquées à la LNR ou
au salary cap manager et
comptabilisées dans les
comptes du club arrêtés au 30
juin de la saison concernée.
Toulouse assure n’avoir pas
modifié ses pratiques. « On
pense avoir versé nos primes
comme les autres années,
sauf qu’on a eu un questionnement
sur ces primes-là.
Donc on se justifiera sur ces
primes-là », expliquait Didier
Lacroix. À l’aune de cette affaire,
le dirigeant toulousain
milite pour une révision du
règlement, notamment
concernant l’inclusion dans
l’assiette salariale des rémunérations
versées par les partenaires
commerciaux du
club aux joueurs.
Quand le recordman de
titres cumule aussi les sanctions
Pour mesurer l’ampleur du
paradoxe, il suffit d’examiner
le palmarès disciplinaire récent
du club. En 2023,
Toulouse écopait d’une
amende de 50.000 € avec sursis
dans l’affaire Kolbe (du
nom de l’ailier des
Springboks Cheslin Kolbe,
parti rejoindre Toulon). En
2025, le club acceptait de verser
une « contribution » de
1,3 M€ à la LNR dans le
cadre d’une médiation portant
sur le transfert de l’arrière international
Melvyn Jaminet
depuis Perpignan. À ces deux
affaires s’ajoutent les
condamnations dans les dossiers
Dupont et Jaminet (première
occurrence). Cinq procédures
en trois ans, pour le
club qui remporte simultanément
tout ce qui se joue sur le
terrain. Ce bilan pose une
question plus large. Si le
montant requis de 5 M€ est
confirmé, il dépasserait le
précédent record de sanction
financière dans l’histoire du
salary cap français (3 M€ infligés
à Montpellier en 2020)
et ferait jurisprudence. Mais
les sanctions sportives n’entrent
en vigueur que la saison
suivante dans ce type de dossier,
ce décalage temporel
entre la faute présumée et ses
conséquences sur le terrain
alimentant le débat sur l’efficacité
réelle du dispositif. Le
crash-test est là : si le club le
plus compétitif de France
peut accumuler les infractions
présumées sans que cela ne
compromette sa domination
sportive, le salary cap remplit-il
vraiment sa fonction de
régulation économique ? Le 7
juillet apportera une réponse
financière. La réponse systémique,
elle, demeure entière.
En bref
Les Saints face aux Steelers au Stade de France. Lors du tout premier match de l’histoire de la NFL en France, les New Orleans Saints
affronteront les Pittsburgh Steelers le 25 octobre au Stade de France. « La relation entre la Louisiane et la France existe depuis des siècles, et
ce match représente un nouveau pas important dans le renforcement de nos liens culturels et économiques », estime le propriétaire des Saints,
Gayle Benson. La France, qui constitue le troisième marché pour la NFL en Europe derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni, selon le directeur
Europe et Asie-Pacifique de la NFL, Brett Gosper, sera le cinquième pays européen visité par la NFL pour un match de saison régulière.
4
Economie
N°1313 La Lettre du Sport vendredi 5 juin 2026
LA LETTRE DU SPORT
L’équation maîtrisée : moins de masse
salariale, plus de valeur
Ultra dominateur sur le plan national et désormais épouvantail du football européen, le
Paris Saint-Germain affirme également son leadership au niveau économique. D’après
l’étude annuelle de Football Benchmark sur la valorisation des clubs, le PSG dépasse le
seuil des 4,5 milliards d’euros. Et c’était avant de remporter une seconde fois la Ligue
des champions.
ristiano Ronaldo
règne encore. À 41
ans, le Portugais domine
pour la quatrième année
consécutive le classement
Forbes des sportifs les
mieux rémunérés au monde
avec 300 M$ de revenus,
dont 235 M$ liés à son
contrat avec Al-Nassr et
65 M$ générés hors des terrains.
Une somme historique,
qui égale le record établi
par le boxeur américain
Floyd Mayweather Jr. en
2015. Derrière lui, le boxeur
mexicain Canelo Alvarez
(170 M$) et Lionel Messi
(140 M$) complètent un podium
qui illustre une réalité
désormais bien installée : le
sport mondial récompense
moins la performance immédiate
qu’une capacité à devenir
une plateforme médiatique
permanente. Forbes
souligne que les dix premiers
athlètes cumulent à
eux seuls 1,4 Md$ sur douze
mois. Depuis huit ans, à l’exception
de 2020, les revenus
cumulés des 50 athlètes les
mieux payés ont augmenté,
passant de 2,6 Md$ en 2018
à 4,2 Md$ en 2025.
L’Arabie saoudite en
faiseur de rois
Le classement 2026 agit
aussi comme un révélateur
géopolitique. Trois membres
du top 10 doivent directement
une partie de leur
compte en banque aux investissements
saoudiens :
Ronaldo avec Al-Nassr,
Karim Benzema avec Al-
Ittihad et Canelo Alvarez
grâce à ses combats organisés
à Riyad. Le golfeur espagnol
Jon Rahm profite également
des moyens injectés
dans LIV Golf. Le phénomène
dépasse désormais le
simple recrutement de stars
vieillissantes.
L’argent saoudien transforme
les références salariales
mondiales et pousse
les autres marchés à réévaluer
leurs propres modèles.
Lorsque Cristiano Ronaldo
quitte la Premier League
pour Riyad en 2023, son revenu
sportif triple. Trois ans
plus tard, cette inflation paraît
presque normalisée.
Alors que plusieurs ligues
européennes cherchent à
renforcer leurs mécanismes
de contrôle financier, le marché
mondial des athlètes vedettes
fonctionne de plus en
plus selon une logique d’investissement
souverain, où
la rentabilité sportive immédiate
n’est plus la priorité absolue.
Karim Benzema, seul
Français du Top 10 avec
104 M$, illustre parfaitement
cette nouvelle hiérarchie.
Son poids économique
repose autant sur sa notoriété
accumulée au Real Madrid
que sur la valorisation saoudienne
des stars européennes
en fin de carrière.
Le temps devient un actif
commercial
Autre enseignement majeur :
l’âge n’est plus un frein économique.
Ronaldo, LeBron
James (137,8 M$, dont
85 M$ proviennent de ses
partenariats commerciaux)
et Lewis Hamilton ont tous
41 ans. Messi approche des
39 ans.
Forbes rappelle que l’âge
moyen du top 10 atteint désormais
37 ans, un record
historique. Qu’est-ce qui explique
cette longévité ? Les
grandes figures du sport ne
sont plus seulement rémunérées
pour leurs performances,
mais pour leur capacité
à maintenir une attention
mondiale continue. Réseaux
sociaux, productions audiovisuelles,
participations capitalistiques,
licences commerciales
: la carrière sportive
devient le socle d’un écosystème
économique beaucoup
plus large.
Comment Football Benchmark calcule la valeur d’un club
Ronaldo dépasse le milliard
d’abonnés sur les réseaux
sociaux. LeBron James est
devenu entrepreneur et investisseur.
Hamilton développe
ses activités dans la
mode et le divertissement.
Quant à Shohei Ohtani, il
symbolise l’explosion du
sponsoring mondial : avec
125 M$ de revenus hors terrain,
le Japonais est désormais
l’athlète qui monétise
le mieux son image commerciale.
Football et NBA, deux modèles
dominants
Le football reste central avec
CR7, Messi et Benzema,
mais le basket-ball NBA
place également trois représentants
dans le top 10. Cette
égalité apparente masque
pourtant deux modèles différents.
Le football conserve sa
puissance grâce à sa portée
mondiale et à l’appui des capitaux
étatiques ou souverains.
La NBA, elle, capitalise
sur une machine commerciale
extrêmement intégrée,
capable de transformer
ses vedettes en marques globales.
Au fond, ce classement
Forbes raconte moins le
sport que la mondialisation
du divertissement. Les revenus
des champions ne suivent
plus uniquement la logique
des compétitions. Ils
dépendent de leur capacité à
capter des audiences mondiales,
à séduire des investisseurs
et à exister comme des
médias à eux seuls.
La méthode repose sur l’approche par les multiples de revenus, adaptée par un algorithme propriétaire
un peu baroque intégrant cinq piliers pondérés : la rentabilité sur deux ans (ratio charges/revenus, EBIT,
profit avant trading), la popularité (abonnés sur Facebook, X, Instagram, YouTube, TikTok et Weibo),
le potentiel sportif (valeur de marché de l’effectif selon l’outil de valorisation des joueurs du cabinet),
les droits TV (montants et mécanismes de distribution au niveau des ligues), et la propriété du stade.
Cette approche permet de comparer des clubs aux structures capitalistiques très différentes, en
neutralisant les effets de l’endettement selon Football Benchmark.
5
Chiffres
N°1313 La Lettre du Sport vendredi 5 juin 2026
Des stades de Ligue 1 et de Ligue 2 remplis
La Ligue de football professionnel (LFP) dresse le bilan des affluences dans les stades de Ligue 1 et de Ligue 2 pour la
saison 2025-2026. On dit que la lassitude à gagner les supporters devant l’écrasante domination du Paris Saint-
Germain. Les chiffres d’affluence disent autre chose. Le football professionnel français atteint un niveau inédit avec
10,87 millions de spectateurs cumulés, un record depuis le passage à 18 clubs dans les deux championnats (saison 2024-
2025).
LA LETTRE DU SPORT
a saison 2025-2026 a
été un bon cru pour les
affluences dans les
stades. « Dans un contexte légèrement
contraint par une
moindre capacité commerciale
par rapport à la saison
précédente », précise la LFP,
la Ligue 1 a compté un tout
petit peu moins de spectateurs
au total que l’an dernier
avec 8,39 millions de spectateurs,
contre 8,55 millions la
saison passée. La deuxième
meilleure performance de
son histoire à 18 clubs tout de
même.
Dans les stades de Ligue 1, la
moyenne s’établit à 27.588
spectateurs par match (contre
27.948 l’an passé), et un taux
de remplissage en hausse et
record, à 87,4 % (contre
86,7 % l’an passé), au terme
de ses 306 rencontres.
Monaco est bon dernier et le
seul sous la barre des 10.000,
avec 8.120 spectateurs en
moyenne, dans un Stade
Louis-II rempli à 66 % cette
saison. À l’inverse,
l’Olympique de Marseille
pointe en tête avec 62.612
spectateurs (94 % de remplissage),
devant l’Olympique
Lyonnais (49.848, 86 %), et
le Paris SG (47.848, 99 %).
Le RC Lens frôle également
l’exercice à guichets fermés,
avec 37.569 spectateurs
en moyenne, et
un taux de remplissage
à 98 %. En
ajoutant le LOSC
avec 43.116 spectateurs
de moyenne
(mais 88% de taux
de remplissage),
vous avez les cinq
clubs dépassant les
35.000 spectateurs
de moyenne.
Huit clubs sont audessus
de 90 % de
remplissage (Paris
Saint-Germain, RC
Lens, RC Strasbourg,
Stade
Rennais FC, Stade
Brestois, Olympique
de Marseille,
FC Lorient, AJ
Auxerre) alors que
118 matchs ont été
disputés à guichets
fermés, soit près de
40 % des rencontres de L1.
Les plus fortes progressions
sont à mettre à l’actif du RC
Strasbourg (+46%), porté par
la fin des travaux du stade la
Meinau, du Paris FC (+26%)
et du FC Lorient (+25%),
promus en L1.
En Ligue 2, grâce à l’AS
Saint-Étienne, et ses 31.446
spectateurs en moyenne, rejointe
par les promus manceau
(12.027, +73%) et nancéen
(11.546), le championnat
affiche 8.337 spectateurs
de moyenne par rencontre.
En progression de + 10 % sur
un an. Cette hausse se traduit
par l’ajout de 183 000 spectateurs,
pour une affluence globale
de 2,48 millions de spectateurs
sur la saison 2025-
2026. Au total, 61 matchs à
plus de 10.000 spectateurs
ont été enregistrés.
« Le football professionnel
français atteint un niveau inédit
avec 10,87 millions de
spectateurs cumulés entre
Ligue 1 et Ligue 2, un record
historique depuis le passage
à 18 clubs dans les deux
Championnats », durant la
saison 2024-2025, ajoute la
LFP.
En bref
Ski nordique : le « 3e meilleur hiver ». Nordic France, qui fédère les 160 domaines gérant des activités nordiques (que ce soit le ski de
fond, la raquette à neige, le biathlon), vient de publier son bilan pour l’hiver 2025-2026, qui s’avère être le « 3e meilleur hiver » en matière de
chiffre d’affaires. Ainsi, 3,9 M€ de redevance ont été encaissés (+2 % par rapport à l’an dernier), plus d’un million de pass vendus pour 2,5
millions de journées skieurs en 169 jours d’ouverture. Le plus gros domaine demeure Savoie Grand Revard qui a, à lui seul, généré 1,5 M€
de CA, suivi des Saisies et de Bessans (environ 700 k€), alors qu’Autrans réalise une belle progression (+13 % avec 630 k€), tout comme Les
Monts Jura-La Vattay (500 k€, +26%) et le Plateau de Beille (521.599€, +40%).
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Médias
N°1313 La Lettre du Sport vendredi 5 juin 2026
Carton plein pour M6 et Canal+
La finale de la Ligue des champions entre le PSG et Arsenal, samedi soir (1-1, 4-3 t.a.b.), a rassemblé 9,19 millions de
téléspectateurs en moyenne.
outes choses étant
égales par ailleurs, la
finale 2026 de la
Ligue des champions n’est
pas égale à la finale 2025. Le
résultat est pourtant le même
puisque Paris a gagné, mais
le reste diffère. Le PSG a
remporté sa seconde Ligue
des champions face à
Arsenal aux tirs au but (1-1
a.p., 4 t.a.b. 3) après avoir
atomisé l’Inter Milan (5-0)
dans le temps réglementaire
il y a un an. La durée des
deux rencontres n’est déjà
plus la même. Mais surtout,
l’UEFA, pour amadouer les
téléspectateurs d’Amérique
du Nord et d’Asie, a modifié
sa programmation avec une
finale avancée à 18 heures.
En prime time, la finale
2025 avait rassemblé en
moyenne 11,8 millions de
téléspectateurs (8,7 millions
sur M6 et 3,1 millions sur
Canal + et Canal + Foot).
Bien plus que le deuxième
opus donc. Mais la comparaison
s’arrête là.
Samedi, les deux chaînes ont
pulvérisé la concurrence
alors que France 2 diffusait
le match du Français de 17
ans, Moïse Kouame, à
Roland-Garros. Plus de 6,2
millions de téléspectateurs,
en moyenne, ont tremblé
jusqu’au bout devant M6,
soit une audience de 36,1 %
du public, et 38,3 % des
femmes responsables des
achats de moins de 50 ans
(FRDA-50) la cible commerciale
de référence. La
séance des tirs au but, elle, a
rassemblé 9,8 millions de téléspectateurs
sur la Six, soit
46,6 % du public et 55,7 %
des FRDA-50 ! Le pic d’audience
a été enregistré à 21
heures avec 10,4 millions de
personnes présentes. Le
match se regardait aussi sur
Canal + et Canal+ Foot. Ils
étaient 2,9 millions d’abonnés
en moyenne (14,7 % du
public et 17,9 % des FRDA-
50). Pour les tirs au but, ils
étaient 3,1 millions (14,6 %
de PDA et 17,4 % de
FRDA-50). Sur la chaîne
cryptée, le pic atteint 3,3
millions de téléspectateurs.
Au plus fort de la soirée, sur
les deux chaînes, on comptait
donc 13,7 millions de téléspectateurs
devant le
match. En prime time,
l’émission spéciale
« Champions d’Europe » a
permis à M6 de garder la
tête, avec 4,4 millions de
personnes et 23,8 % de part
d’audience.
LA LETTRE DU SPORT
Le PSG, seul Français dans le Top 30
des clubs les plus suivis sur les
réseaux sociaux
Une étude de l’Observatoire du football CIES classe les 100 clubs les plus populaires de
la planète selon leur nombre d’abonnés sur les principaux réseaux sociaux. Ce n’est pas
le point fort des clubs français.
e total cumule les
abonnés sur
Facebook, Instagram,
TikTok, YouTube et X,
confirmant une domination
européenne écrasante, avec
quelques surprises. Les dix
premiers cumulent 2,36 milliards
d'abonnés, entre
Instagram et Facebook (31 %
chacun), TikTok (17 %), X
(16 %) et YouTube (5 %).
Le Real Madrid (488 millions
de suiveurs) et le FC
Barcelone (442 millions)
évoluent dans une autre dimension.
Le Real et le Barça hors
concours
Loin derrière, Manchester
United complète le podium
(239 millions), devant le PSG
(208 millions) et Manchester
City (187,8 millions).
Suivent Liverpool (179,2) et
la Juventus (178,3). Le
Bayern Munich est 8e avec
165,2 millions (plus forte
croissance du top 10 : +16,1
millions sur un an, ndlr),
Chelsea le dernier à dépasser
150 millions et Arsenal, 10e,
bien moins suivi (118,5 millions).
G é o g r a p h i q u e m e n t ,
l'Espagne domine le Top 100
avec 21 équipes, devant
l'Angleterre (17). Le Brésil
est 3e, avec Flamengo en tête
des clubs non européens
(71,6 millions). L'étude du
CIES recense 25 pays de tous
les continents sauf l'Océanie,
dont l'Arabie saoudite (Al-
Nassr FC, 66 millions) et
l'Égypte (Al-Ahly SC, 60,1
millions).
Le PSG, seul Français dans
le Top 30
La 4e place du PSG prouve
sa notoriété planétaire, mais il
est le seul Français de cette
élite numérique. Le club de
Ligue 1 suivant n'arrive qu'en
33e position : l'AS Monaco
(25 millions), devant l'OM,
37e (23,8 millions). L'OL,
53e, ne compte que 14,6 millions,
et le LOSC, 88e, ferme
presque la marche avec 8
millions. Au total, cinq clubs
français figurent dans ce top
100.
Entreprises citées
Canal+......................................7
M6............................................7
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N°1313 La Lettre du Sport vendredi 5 juin 2026
Le magazine
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N°39 est paru
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exclusif avec
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présidente du CNOSF
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