M26 MOTOS Version 1 By OH LIFE JUILLET 26 VESPA-TOSCANE
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JUILLET 2026 - Valeur : 7,50 €
La saison
ESSAIS
HONDA DAX
BMW R1300 RS
CFMOTO 1000 MF-X
VESPA GTS 310
Nouvelle rubrique
TOURISME
La TOSCANE en VESPA
Sommaire
AOÛT 2026
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NEWS
SALON 2026 : LE BILAN
LE RETOUR DES MOTOS
ESSAIS
HONDA DAX
CFMOTO 1000 MT-X
BMW R1300 RS
VIE PRATIQUE
ROULER EN 125, UN CHOIX
MOTOS STORY
50 ANS BMW RS
80 ANS VESPA
SPORTS
SAISON MOTOGP
TOURISME
LA TOSCANE EN VESPA
OH ! LIFE est édité par Eric HEIDEBROEK
15A rue de la Chapelle - B-4280 Merdorp
Tous droits réservés ©
Sales Manager : Chris Schoorman : chris@ohlife.be
2
Directriice artistique : Pascale Lintermans - Heidebroek
Collaborations à la Rédaction :
Christine Beckers - Jean-Louis Desneux - David Gibbons -
Olivier Duquesne - Cédric Heidebroek - Pascale Heidebroek -
Michel Henry - Christian Hubert - Charles, & Christiane Mahaux - Benoït Mahaux
- pour toutes informations : rédaction@ohlife.be
Sa portée ?
Tout le monde.
ID. Polo
Plus Polo que jamais. La Polo devient électrique. C‘est une étape importante,
qui souligne le rôle précurseur de Volkswagen en la matière. L‘objectif ?
Permettre à tout le monde de passer à l‘électrique. Avec une autonomie
allant jusqu‘à 452 km et un prix à partir de 24.990 € TVAC* (disponible
à la commande dès cet été), l‘ID. Polo lève tout doute. Produite en Europe
et disponible dès maintenant en Edition One, commandez-la chez
votre concessionnaire Volkswagen agréé.
Posez toutes vos
questions sur l‘ID. Polo
à notre assistant IA via
WhatsApp.
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*ID. Polo Trend 116 ch (85 kw) avec batterie 37 kWh : prix catalogue conseillé :
24.990 € TVAC. L’ID. Polo Trend 37 kWh à 24.990 € sera disponible à la commande cet été. Disponibles à la commande dès à
présent : ID. Polo Edition One Life & Edition One Style. Modèle illustré équipé d’options payantes. Contactez votre concessionnaire
pour toute information relative à la fiscalité de votre véhicule. Informations environnementales (A.R. 19/03/2004) : volkswagen.be.
E.R. : D‘Ieteren Automotive SA/NV, Volkswagen Import, Bart Nyns, Leuvensesteenweg 639, 3071 Kortenberg.
La voiture de votre vie.
Et tant pis pour votre CV.
18,9 – 21,9 kWh/100KM · 0 G/KM CO 2
(WLTP)
É.R. : D‘Ieteren Automotive SA/NV, Volkswagen Commercial Vehicles Import,
Thomas Vandebotermet, Leuvensesteenweg 639, 3071 Kortenberg. Contactez votre concessionnaire pour toute information relative
à la fiscalité de votre véhicule. Image prise sur un site non accessible aux usagers de la route, avec l’autorisation des autorités compétentes.
Informations environnementales (A.R. 19/03/2004) : volkswagen.be
JUIN 2026
Editorial
LA SEMAINE AUTOMOBILE
POUR RÉPONDRE
À LA DEMANDE
DE NOMBREUX LECTEURS
OH ! LIFE LANCE
M26
M26 SPÉCIAL MOTOS
Eric HEIDEBROEK
Journaliste AGJPB F05749
Rédacteur en Chef OH ! LIFE
Cela faisait déjà un moment que nous
recevions des messages nous réclamant des
pages dédiées aux motos. Avec le retour des
beaux jours et le succès du Salon de l’Auto
et de la Moto en janvier dernier, nous avons
décidé d’y répondre.Le temps de réunir une
petite équipe de passionnés… et voici déjà
les premières pages.
M26...
Nous avons envisagé plusieurs pistes :
Motos & Loisirs, Motos & Tourisme… Certains
noms étaient déjà pris, d’autres trop proches ou
trop longs. Nous voulions quelque chose de plus
simple, plus direct. Moto26 sonnait bien, mais
restait encore un peu lourd.
Alors nous nous sommes arrêtés sur M26 :
M pour Moto, 26 pour 2026, année de lancement
du magazine. Un nom moderne, dynamique,
précis comme le pilotage d’une moto.
Ce premier numéro sera également disponible en
néerlandais, sous le même logo. Pratique, efficace.
Dans ce premier opus, qui en appellera d’autres,
vous trouverez :
• des News, dont un bilan du BMS (Brussels
Motor Show), particulièrement impressionnant
cette année ;
• une mise à jour des pages motos publiées dans
notre édition spéciale Salon de l’Auto-Loisirs by
OH ! LIFE ;
• des essais, avec la Honda Dax et la CFMoto
1000 MT‐X ;
• des pages pratiques, dont un focus sur le
«pourquoi rouler en 125» ;
• et enfin, des pages d’histoire, avec la BMW RS
qui fête ses 50 ans (accompagnée d’une prise en
main de la RS1300), ainsi que la mythique Vespa,
qui célèbre ses 80 printemps.
ENJOY !
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8
NEWS
9
Vos e-Magazines OH ! LIFE
soutiennent pleinement la
communication de La Presse.be
2 millions de lecteurs et lectrices chaque jour,
2 millions de raisons de faire confiance à la
presse quotidienne
— Source : CIM PRESSE 2025 : 2.054.040 Belges lisent chaque jour un titre de presse quotidienne francophone ou germanophone —
Dans un environnement
médiatique souvent
submergé par les
rumeurs, les slogans,
la désinformation,
la propagande et les
contenus générés par des
intelligences artificielles
sur les réseaux sociaux,
plus de 2 millions de
personnes choisissent
chaque jour de s’informer
via un titre de presse
quotidienne francophone ou
germanophone.
Qu’elles les consultent
sur l’un de leurs formats
numériques ou parcourent
leur version papier, elles
leur font confiance pour
sélectionner, vérifier,
contextualiser l’information.
Elles comptent sur leur
méthode journalistique, leur
déontologie et leur crédibilité
pour disposer d’une
information conforme aux
faits, fiable et indépendante,
au quotidien.
Seule une information
indépendante et
professionnelle permet
de comprendre les faits
dans toutes leurs nuances,
d’entendre les avis des uns
et des autres et de prendre
du recul par rapport au
tourbillon continu des
nouvelles, pour se faire sa
propre opinion et exercer
pleinement ses droits dans
une démocratie.
Pour rappeler l’importance de
la presse quotidienne dans le
paysage médiatique actuel et
la confiance que renouvellent
chaque jour à leurs titres plus
de 2 millions de lecteurs et
lectrices en Belgique, les
éditeurs membres de LA
PRESSE.be ont lancé de mai
à juin 2026* une campagne
de communication.
Celle-ci s'est déployée
dans les titres de presse
quotidienne et sur leurs sites,
ainsi que dans les médias de
la RTBF.
* OH ! LIFE diffuse cette information pendant
toute l'année, car OH ! LIFE est solidaire avec la
Presse indépendante, qu'elle soit quotidienne ou
périodique, qui respecte les règles déontologiques
en ne publiant que des reportages / informations
vérifiés et conformes aux faits
OH ! LIFE n’est pas un site, pas un blog, pas un influenceur.
C’est un groupe de e‐Magazines immersifs, gratuits, sécurisés, conçus pour provoquer une attention vraie et un engagement
volontaire. À ce jour, 591 025 lecteurs ont choisi nos pages et y ont consacré au moins 23 minutes de lecture active.
La rédaction, elle, repose sur des journalistes accrédités AGJPB, du sérieux, du métier, du vrai journalisme.
Ici, la publicité reste à sa place, de la même façon que dans un magazine papier. Elle n’interrompt rien, ne parasite rien, ne
casse jamais le plaisir de lire, ni la beauté des images, ni la liberté d’interaction du lecteur. Ce respect éditorial, rare dans le
digital, séduit les annonceurs et répond exactement aux attentes de lecteurs exigeants, fidèles, reconnaissants.
Bilan du Salon de l’Auto
L’année où les motos
ont repris Bruxelles
2026 restera comme l’année où les motos
ont repris Bruxelles. Pas timidement,
pas en marge, mais avec une présence
pleine, assumée, presque triomphale.
Après plusieurs éditions où les deux‐roues
avaient disparu des radars ou n’occupaient plus
qu’un espace symbolique, le Brussels Motor
Show a retrouvé ce qui faisait autrefois sa singularité
: une scène moto vivante, dense, vibrante.
Et le public ne s’y est pas trompé. Selon Febiac,
près de 350 000 visiteurs ont franchi les portes
du salon, mais surtout, un visiteur sur quatre
est venu principalement pour les motos.
Un chiffre qui change tout.
Un chiffre qui dit que la moto n’a jamais cessé
d’être désirée, qu’elle n’a jamais cessé d’être
un marqueur de liberté, de style, de mobilité.
Les marques ont répondu présentes avec une
ampleur que l’on n’avait plus vue depuis 2020.
Plus de vingt‐cinq enseignes — européennes,
japonaises, américaines, chinoises, électriques
ou historiques — ont réinvesti les halls avec
des stands complets, des nouveautés visibles et
une vraie volonté de renouer avec le public.
L’ambiance était électrique : des allées pleines,
des essais pris d’assaut, des discussions passionnées,
des comparaisons spontanées.
Le salon a retrouvé ce mélange unique de passion
brute et de curiosité technologique qui fait
la force du monde moto.
Et ce retour n’est pas qu’un phénomène
événementiel : il reflète les tendances
fortes du marché moto 2026.
La première, c’est le retour en force des
moyennes cylindrées. Les 500 à 800 cm³
dominent les ventes : accessibles, polyvalentes,
modernes, elles séduisent autant les jeunes
permis A2 que les motards expérimentés. Les
marques asiatiques montent en puissance, les
européennes affûtent leurs propositions, et le
public suit.
Deuxième tendance : l’aventure reste reine.
Les trails — du mid‐size au maxi — continuent
de dominer les immatriculations. Le public veut
du confort, de la polyvalence, du voyage.
Le salon l’a confirmé : les stands adventure
étaient parmi les plus fréquentés, preuve que
l’envie d’évasion reste un moteur puissant.
12
2026,
Troisième tendance : l’électrique avance, mais
prudemment. Les scooters urbains progressent,
les motos légères trouvent leur public, les prototypes
plus ambitieux attirent les regards. Mais le
marché reste en phase d’observation. 2026 est
une année de transition, pas encore de bascule.
Quatrième tendance : le retour des icônes.
Les anniversaires, les rééditions, les modèles mythiques
modernisés séduisent toujours autant.
La nostalgie reste un carburant puissant,
surtout lorsqu’elle s’accompagne d’ABS, de
ride‐by‐wire et d’écrans TFT.
Enfin, cinquième tendance : une nouvelle
génération arrive. Les jeunes permis A2 sont
de plus en plus nombreux. Ils veulent du style,
du prix, du fun, de la connectivité. Les marques
l’ont compris et adaptent leurs gammes.
Le bilan est limpide : les motos ont non seulement
fait leur retour au Brussels Motor Show,
elles en ont été l’un des moteurs principaux. Le
public suit, le marché bouge, les marques accélèrent.
2026 n’est pas une simple édition réussie.
C’est le début d’un nouveau cycle pour la moto
en Belgique.
13
Le retour des Motos
Nos pages (légèrement remaniées) publiées
dans le supplément Salon 2026 by de OH LIFE
APRILIA
The new 2026 range
Découvrez la gamme Tuareg 660. Excellente en
tout-terrain, rapide sur route et précise en virage:
voilà la recette. Configurateur disponible.
BENELLI
PURE PASSION DEPUIS 1911
Un patrimoine, des émotions, de l’innovation qui ont
rendu cette marque légendaire depuis plus de 100 ans
avec ses modèles novateurs. À la fois élégantes et sportives,
les motos Benelli sont créées pour répondre aux
exigences de leurs pilotes et assurent un confort et un
plaisir de conduite uniques.
BMW
Certains ne tiennent pas en
place, non par nervosité, mais
parce que l’élan donne du
sens. Ils ne chassent pas des
destinations, mais un état de
plénitude. Pour eux, la moto
est l’expression de leur personnalité.
Cette année, BMW
Motorrad célèbre ces pilotes.
14
CAN-AM
La technologie innovante de batterie à
refroidissement liquide des motos électriques
Can-Am accélère la charge, à
savoir de 20 % à 80 % en seulement
50 minutes. Que vous soyez à la
maison ou sur la route, faites-en
plus aujourd’hui.
CFMOTO
CFMOTO est déterminé à se démarquer de la masse.
Pour ce faire, elle s’efforce d’obtenir un design exceptionnel,
de maintenir l’innovation au premier rang de
ses priorités, d’améliorer sans cesse la fiabilité et, tout
simplement, de fabriquer des véhicules passionnants.
Aucun défi n’est trop grand et aucune porte menant à de
nouvelles possibilités ne reste fermée.
DUCATI
Vivez l’Expérience de l’Essai de
votre modèle Ducati préféré.
Découvrez les motos
Ducati chez votre
dealer et surtout la
gamme Panigale, qui
est l’excellence italienne,
avec l’ADN de la course
et l’esprit de compétition : les
Panigale les motos rêvées de
chaque Ducatisti. 15
HONDA
Ce que nous perfectionnons en coulisses, vous
le vivrez sur la route.Aucun défi n’est trop
grand et aucune porte menant à de nouvelles
possibilités ne reste fermée.
HUSQVARNA
Husqvarna Motorcycles s’engage à
dépasser les paramètres de puissance
classiques, en utilisant des techniques
d’innovation et d’ingénierie hightech pour
offrir à tous les pilotes de motocross les machines
nécessaires pour survoler
la compétition.
INDIAN
Indian est une des plus anciennes
marques de motos dont le premier
modèle, l’Indian Single, est lancé
en 1901 par la société américaine
Hendee Manufacturing Company de
Springfield.
KAWASAKI
Depuis plus de vingt ans, la Ninja ZX-10R est synonyme de performances
au plus haut niveau.Une Superbike légendaire, sept
fois titrée en WorldSBK, qui continue d’élever les standards
de la catégorie. Pour 2026, Kawasaki présente une
nouvelle Ninja ZX-10R dotée d’un aéropack perfectionné,
d’une maniabilité améliorée, d’un
nouvel écran moderne et du design Ninja
le plus affûté à ce jour. Prête à repousser
encore plus loin les limites.
16
KTM
Préparez-vous à faire vos courses chez votre
dealer KTM. Profitez d’offres spéciales sur
une sélection de modèles de motocross,
d’enduro, de voyage, de sport-touring et de
naked...
KYMCO
Depuis sa création en 1963, Kymco joue dans la cour des
grands. Premier acte fondateur : un transfert de technologie
avec le groupe Honda. La marque japonaise avait besoin
d’un constructeur fiable, doté d’un savoir-faire à la hauteur
de ses exigences pour assembler ses scooters
vendus à l’international. Ce partenariat a propulsé
Kymco sur le devant de la scène.
MASH
Découvrez le Shift’R, le scooter au style résolument
racing et moderne. Équipé de feux full LED, d’un écran
LCD, d’une prise USB intégré pour objets connectés,
d’un coffre spacieux sous la selle et de nombreux rangements,
il offre à son conducteur tous les avantages
d’un véhicule «tendance». Avec son réservoir de 8L, il
offre à son pilote une grande autonomie.
MORBIDELLI
Morbidelli était une marque de motocyclettes
italiennes, fondée par Giancarlo Morbidelli en
1967 à Pesaro, dans la région des Marches.
Elle est connue pour avoir fabriqué des motos
de course de 125 cm³ très performantes entre
1975 et 1980. (source wikipedia) MBP Moto S.r.l.
a été fondée en 2021 grâce au capital du
groupe Keeway, basé à Bologne.
17
MOTO GUZZI
Moto Guzzi, la marque de motos de Mandello del
Lario depuis 1921, un mythe intemporel du motocyclisme
italien et international.
MV AGUSTA
NOUS NE NOUS CONTENTONS PASDE
CONSTRUIRE DES MOTOS,NOUS
CRÉONS DES ÉMOTIONS. Nous regardons
vers l’avenir et construisons des
machines qui ont
toujours une
longueur d’avance.
NIU
Libérez le potentiel exaltant de la série NIU FQi, où la
technologie de pointe rencontre une puissance inégalée.
Avec une vitesse de pointe impressionnante de 95 km/h,
ce scooter électrique est conçu pour ceux qui recherchent
l’aventure tout en respectant leur budget. Un robuste
moteur de 6400 W offre une accélération rapide, vous
permettant de filer sans effort à travers la circulation
urbaine ou de partir à l’exploration le week-end.
QJMOTOR
18
QJMOTOR a été fondée en 1985 et s’est spécialisée
dans la recherche et le développement ainsi
que la fabrication de motos, de moteurs et de
composants. QJMOTOR est pour la 11ème année
consécutive en 2023, le plus grand fabriquant
de motos de plus de 250 cc en Chine, produisant
1 200 000 unités et 2 millions de
moteurs par an dans son usine ultramoderne
de Wenling, située à 500 km de Shanghai.
ROYAL ENFIELD
Royal Enfield est un constructeur indien de motos, dont le siège
social et la production se situent à Chennai. Royal Enfield est la
plus ancienne marque de motos en production continue.
SUZUKI
Le retour de la GSX-R1000R
La GSX-R1000 est synonyme de performance, de
fiabilité et de pur plaisir de conduite. Des performances
qui ont conduit à d’innombrables victoires
dans les courses de superbike, superstock
et d’endurance à travers le monde.
TRIUMPH
Aujourd’hui, nous lançons deux motos
très attendues, les Rocket 3 Evel Knievel
Limited Edition inspirées par
l’intrépidité du pilote le plus
téméraire du monde,
Evel Knievel.
Ces motos exclusives rendent hommage aux cascades
légendaires d’Evel Knievel et à ses liens
forts avec Triumph
Motorcycles.
ULTRAVIOLETTE
Ultraviolette F77 : la moto qui change tout
Découvrez par vous-même la puissance et l’innovation
d’Ultraviolette. La F77 Mach2 et la F77 Superstreet
ne sont pas seulement des motos, mais une nouvelle
façon de conduire. Montez en selle, ressentez
l’accélération électrique et découvrez comment
l’avenir de la moto commence dès aujourd’hui.
Jusqu’à 231 km d’autonomie (WMTC)
19
VOGE
Nouvelle venue dans la famille trail, voici la DS625X. Dotée
d’un moteur inédit de 581 cm³, elle offre des performances
XXL, accompagnées d’options techniques qui ont fait le succès
de la DS900X, notamment ses suspensions.
YAMAHA
Yamaha Motor Co., Ltd. est un fabricant de
motos, de scooters, de motoneiges et de
moteurs marins. Né le 1er juillet 1955, il est
séparé de Yamaha Corporation fondée en
1897 qui s’est imposée comme fabricant
d’orgues et de pianos. Elle est connue
sous le nom de «La maison des trois
diapasons».
ZEEHO
ZERO
Zero Motorcycles est un
constructeur américain de
motos électriques, basé à Scotts Valley
en Californie. L’entreprise est fondée à
Santa Cruz en 2006 par Neal Saiki, ancien
ingénieur de la NASA. La marque
propose une large gamme de motos :
moto-cross,
roadster
ou trail.
Toute la gamme de scooters électriques
ZEEHO. Équivalents 50 et 125cc, mettez un
pied dans le futur, dès maintenant.
ZONTES
Les motos Zontes sont bardées de technologies
et l’électronique embarquée vous offre
une expérience de conduite futuriste! Inédit
dans ce segment
20
21
22
ESSAIS
23
Le come-back d
24
Plume : Michel HENRY Capture d'images HONDA
HONDA
DAX
e la STAR
25
Passionnément
utile…
Dans les années 70', le Honda
Dax devient immédiatement la
coqueluche des jeunes, son style
original, ses proportions et surtout
sa sonorité très particulièrement
grave et beaucoup plus "moto" l'a
propulsé au rang de coqueluche
indispensable.
En plus dès le départ il est
proposé en 50 cc donc accessible
dès 16 ans ! Une version un peu
plus puissante mais inaccessibles
aux mineurs, la 70 cc faisait aussi
briller bien des yeux.
Autant dire, aussi, que cette
mini moto craquante à souhait,
rangeait d'office les mobilettes,
comme l'excellente Honda Amigo
au rang des véhicules ringards !
Et aujourd'hui ?
Dès qu’il apparaît dans la
circulation, c’est garanti : un
regard, un sourire, parfois un
pouce levé. Le ST125, ce n’est pas
que du style néo-rétro, mais de
l’authenticité modernisée.
Ne le confondez pas avec un jouet,
sa conception en béton est pensée
pour vous emmener partout et
longtemps.
26
27
28
Honda innove
continuellement,
mais sans renier
son passé.
Depuis quelques années les minimotos
historiques ont effectué un retour
marqué dans la gamme.
Après le Monkey 125 en 2020, la
marque a fait renaître le mythique Dax
en 2022. Ou plutôt : lui a assuré une
digne descendance, car loin d’une pâle
interprétation, le ST125 Dax s’inscrit
parfaitement dans la ligné et reprend
les codes, mais aussi l’architecture de la
version originelle des années 70.
À commencer par son châssis-cadre en
tôle emboutie, un mini-guidon chromé,
une longue selle et des petites roues.
Sans oublier l’échappement latéral façon
Scrambler ! Par rapport aux anciens,
tout est simplement remis au goût du
jour et redimensionné à une échelle
supérieure afin d’élargir le public cible
et supporter les «performances» d’un
moteur 125 cm 3 .
Sa nouvelle carrure ne permet plus
de le jeter dans le coffre d’une
voiture (d’autant que le guidon
n’est plus repliable), mais toujours
très compact il n’occupe que peu
29
d’espace dans votre garage, dans
votre hall d’entrée ou votre passage
latéral.
L’éclairage full LED, l’instrumentation
LCD, injection électronique
parfaitement calibrée et l’ABS sur la
roue avant lui garantissent présence
et efficacité dans la jungle urbaine.
Comme souvent chez Honda, rien ne
dépasse, tout est nickel.
9,4 ch de plaisir
Sous le cadre, le petit monocylindre
124 cm³ refroidi par air développe
9,4 ch à 7000 tr/min et 10,8 Nm
de couple. Modestes, sur le papier,
mais largement suffisants en ville. Le
Dax profite d’un couple bien présent
(10,8 Nm) à bas régime pour s'élancer
avec vigueur.
La manipulation à l’ancienne de sa
boîte semi-automatique à 4 rapports
- pas d’embrayage à gérer, tout se
passe au pied gauche - demande
quelques kilomètres de pratique, mais
après c’est du velours !
Avec seulement 107 kg à gérer et un
empattement de 1020 mm, le Honda
est le roi du faufilement urbain. Son
rayon de braquage minuscule et sa
position ultra décontractée sur une
selle basse (775 mm du sol) donnent
l’impression d’évoluer sur un gros
BMX motorisé, et donc de pouvoir
se jouer d’absolument toutes les
situations de trafic.
30
31
Ce qui devient un jeu fort agréable.
Contrairement à ce que son look
peut laisser croire, le Dax n’est
pas uniquement un véhicule pour
quartiers branchés, c’est un 125
efficace.
Sur route secondaire, le ST125
reste étonnamment stable.
Les suspensions filtrent correctement
les imperfections. Le couple de roues
de 12’’ et les pneus de 120 et 130/70
apportent un moelleux auquel les
anciens Dax ne pouvaient prétendre.
1970
La vie à 60-80
à l'heure
L’engin n’est pas très rapide (il
accroche un petit 100 compteur,
avec le vent dans le dos), mais on
redécouvre justement les plaisir de la
vie à 60-80 km/h.
C’est évident, cette Honda ne fait pas
partie des dévoreuses d’autoroute
(n’y allez pas, le Dax y-est bien
trop vulnérable), mais par les petits
chemins vous irez au bout du monde.
L’énorme avantage du ST125 Dax est
de transformer chaque déplacement
banal en balade sympathique, il
vous fait vivre la route autrement.
Dans un univers moto obsédé par les
performances et les écrans TFT, sa
simplicité est un régal.
32
33
Évidemment,
tout n’est pas
parfait.
Le tarif 2026 atteint 4.799 €,
une facture salée pour un 125 de
moins de 10 ch. Sans rangement ni
protection digne de ce nom, il n’est
pas non plus très pratique.
Sa selle est tout sauf un modèle de
confort et assis très près du sol, on
s’expose aux projections en tout
genre dès qu’il pleut.
Heureusement de nombreux
accessoiristes ont prévu tout ce qu’il
faut pour accroître protection et
polyvalence.
Un peu cher,
mais quelle sobriété !
Réellement, notre moyenne dépasse
un peu les 2 l/100 km. Du coup,
même avec seulement 3,8 litres dans
le réservoir, on est parti pour près de
200 km de balade.
Il y a des motos
qui cherchent à impressionner.
Et puis il y a le Honda ST125 Dax, qui
séduit tout le monde sans vous ruiner.
Cette minimoto dégage un côté un
peu irrationnel, certes, mais tellement
attachant. Et qui a dit que la route
maison-boulot devait être ennuyeuse ?
34
35
CFMOTO
1000 MT-X
PLUS PERSONNE
NE RIGOLE !
• Plume : Michel HENRY • Capture d'images CFMOTO
36
37
Objectif Mille
Le prolifique et rentable segment des trails
de grosse cylindrée n’échappe pas à l’appétit
chinois. En particulier à celui de CFmoto
qui, en quelques années, est passé du
rôle de débutant dans le segment à celui
de challenger incontournable, grâce à des
machines toujours plus séduisantes, musclées
et accessibles. Dernière en date, la très
attendue 1000 MT-X.
CFMoto en Europe, ça ne date pas d’hier. Les
premières incursions remontent à 2004, mais
il s’agissait alors de bizarreries, à l’image de
la V3, sorte de croisement entre scooter et
chopper! Depuis, plus personne ne rigole,
CFMoto a revu sa stratégie, la perception de
la marque a bien changé et son ascension
est une chinese success story. Aujourd’hui
CFMoto s’est installé dans le top 10 des
immatriculations belges, dépassant Triumph,
Suzuki ou encore KTM. Sur les 4 premiers
mois de 2026, la marque atteint
carrément le top 5, dans l’aspiration
des ténors, en séduisant tous azimuts:
des roadsters, des trails, mais aussi des
sportives, des modèles vintage, sans
oublier des scooters.
Dans le mille
2026 est une année clé
pour CFMoto. La marque
propose son premier
gros trail de 1000 cm3.
Une cylindrée et un cap
qui en disent long sur les
ambitions.
Cette 1000 MT-X séduit au
premier coup d’œil, sans nous être
étrangère puisque ses traits calquent
38
39
40
ceux de la petite sœur, la 800 MT-X. Un trail
pur jus qui met en avant son ADN offroad.
La finition semble très bonne, même si pas
au niveau des références européennes…
beaucoup plus chères.
Au guidon de ce maxi-trail, bras bien larges
et fesses perchées à 870 mm, on domine
la route. La position confortable promet de
longues heures de balade, même si la petite
bulle d’origine ne pourra pas vous protéger
très efficacement. Pas très lourde (229 kg), la
moto est maniable et facile.
L’écran TFT 8’’ façon tripmaster calé à
la verticale impressionne. Il fourmille
d’informations bien agencées et contribue au
haut degré de qualité perçue.
Bloc autrichien ?
Le moteur de la CFMoto 1000 MT-X est un
bicylindre en ligne de 946,2 cm³, « d'origine
» KTM développant 113 ch et 105 Nm. Il
s'agirait en fait du bloc LC8c équipant la KTM
990 Duke, gage de sérieux et de punch!
Nous restons au conditionnel car CFMoto
ne fait pas mention du pedigree, or tout le
monde connaît les liens étroits entre les deux
entités.
Ce bloc connu marche fort. Il est rugueux,
viril, ce qui ravira les amateurs de sensations.
Annoncé pour consommer un peu moins de
5 l/100 km, les 22,5 litre du réservoir vous
offrent 450 km d’autonomie.
41
42
Un bon moteur n’est
rien sans bon matos.
CFMoto s’est fourni chez les meilleurs.
Deux gros disques de frein de 320 mm sont pincés par
des étriers radiaux Brembo à 4 pistons. Une fourche
inversée 48 mm et un monoamortisseur arrière de
chez KYB (les deux entièrement réglables) génèrent
un grand débattement (230 mm). Les jantes de 21 et
18’’ chaussent des Pirelli STR. La moto reçoit même un
amortisseur de direction de série. L'électronique veille :
le moteur répond à quatre modes de conduite (Rain,
Standard, Off-road et All-Terrain) et un contrôle de
traction apporte plus de sérénité.
Une grosse au prix
d’une moyenne
Comme de coutume, CFMoto compresse les
prix. Pour les 11.499 euros demandés par
CFMoto, vous ne pouvez acheter qu’une
Honda Transalp ou une
43
44
45
46
Suzuki 800 V-Strom… qui jouent dans le segment endessous.
La 1000 MT-X est disponible en Vert tactique et
Gris aérolitique et est couverte par une garantie de 5 ans
et les révisions se passent tous les 15.000 km.
L’ascension vers les sommets ne fait que commencer
pour CFMoto. Sur cette base 1000 MT-X on imagine très
bien une version «Travel» optimisée pour l’autoroute et
le bitume. Et sachant qu’il existe toujours chez KTM le
fameux twin 1290, on imagine mal qui les empêcherait
d’explorer le segment des hypertrails…
47
48
VIE PRATIQUE
49
Vie pratique
Rouler à l’essence pour pas cher,
est-ce possible ?
…Passez donc au 125 cm³ !
• Plume : Michel HENRY • Capture d'images DP
Liberté, facilité, économie
Face à la hausse du prix des carburants, de
nombreux Belges cherchent des solutions pour
réduire leur budget mobilité.
Dans un contexte où chaque euro compte, le
deux-roues léger de 125 cm3 réunit, plus que
jamais, toutes les qualités de l’allié mobilité
idéal. Démonstration en six points.
1. Le permis ?
Vous l’avez (sans doute) déjà !
En Belgique, les détenteurs du permis B
(voiture) depuis au moins deux ans peuvent
conduire une 125 cm3. Si vous avez obtenu le
permis B après le 1er mai 2011, vous devrez
suivre une formation pratique de quatre heures,
sans devoir passer un examen supplémentaire.
Si vous possédez le permis B avant le 1er mai
2011, cette formation n’est pas obligatoire,
mais fortement recommandée.
Attention : ceci n’est valable qu’en Belgique.
2. Un achat raisonnable
Le coût d’achat d’un «huitième-de-litre» est
très bas. En Belgique, un bon scooter 125 neuf
débute aux alentours de 2.500 euros, tandis
qu’une moto 125 bien équipée reste sous
la barre des 5.000 euros. Sur le marché de
l’occasion, on déniche des modèles très fiables
pour des montants parfois dérisoires : 1.000 €,
50
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Volkswagen Import, Bart Nyns, Leuvensesteenweg 639, 3071 Kortenberg.
51
voire moins, pour un scooter de type urbain GT
de 125 cm 3 . Même en ajoutant l’équipement
obligatoire du motard — casque, gants, veste
et chaussures adaptées — la mise de départ ne
représente que quelques milliers d’euros.
3. Une fiscalité douce
Autre point fort : la fiscalité particulièrement
légère en Belgique. Vous déduisez tous les
frais liés à cette moto à 100%. Les motos de
125 cm³ bénéficient d’une taxe de mise en
circulation très faible, et pas de taxe annuelle
de circulation (jusque 250 cm 3 ) !
Les assurances sont généralement abordables,
surtout pour les conducteurs expérimentés
utilisant leur deux-roues principalement en
milieu urbain ou périurbain. Une assurancevol
incluse ne dépassera pas les 500 euros
annuellement.
4. Une consommation de chameau
Et bien évidemment, la consommation de
carburant est l’atout numéro 1. Là où une
voiture compacte essence consomme facilement
entre 6 et 8 litres aux 100 km, un scooter ou une
moto 125 cm³ se contente généralement de 2 à
3 litres. Certains modèles urbains descendent
même sous les 2 litres en conduite souple.
Pour un conducteur parcourant plusieurs
dizaines de kilomètres par jour, l’économie
52
53
réalisée sur une année devient rapidement
très importante. Avec un plein coûtant parfois
moins de 15 euros, le portefeuille respire enfin
un peu. En outre, certains modèles disposent
d’un réservoir plutôt grand, ce qui confère à
certains modèles une autonomie de 500 km,
voire nettement plus ! Ce qui, par rapport aux
modèles électriques, souffrant encore d’une
autonomie très réduite, est incontestablement
plus pratique et confortable.
5. Un entretien facile et pas cher
L’entretien est également moins coûteux.
Pneus, freins, vidanges ou pièces mécaniques
affichent des tarifs bien inférieurs à ceux
d’une automobile et/ou d’une moto de grosse
cylindrée. La simplicité et l’accessibilité de la
mécanique des 125 cm³ modernes contribue
aussi à limiter les frais de réparation.
Quant au stationnement, il est souvent gratuit
puisque vous pouvez vous garer pratiquement
n’importe où, à condition de respecter les
piétons.
6. Un retour à la liberté !
Au-delà de l’aspect économique, la moto et
le scooter 125 offrent une vraie praticité au
54
55
quotidien. À leur guidon, les embouteillages
«n’existent plus», puisque la pratique de
l’interfile permet de toujours évoluer et de
gagner du temps.
Dans les grandes villes comme Bruxelles,
Liège ou Anvers, cet atout est décisif.
Vous redevenez maître de votre agenda. Vos
temps de trajet restent les mêmes, quels que
soient les conditions de circulation et/ou de
la météo. Bref : vous redevenez libre, sans
plus subir les conséquences d’un accident sur
l’autoroute, d’une grève générale ou de tout
autre événement fortuit.
Et les petits deux-roues électriques ?
Le marché des petites motos et scooters
électriques se développe, mais cela reste des
solutions qui répondent à des usages bien précis.
En résumé : uniquement en ville. L’autonomie
de ces engins reste faible et prive donc son
utilisateur d’une réelle polyvalence. En outre, leur
prix d’achat reste encore assez élevé, même si
les constructeurs pressent les tarifs. Enfin, nous
souhaitions évoquer les modèles à essence qui,
pour les plus aventuriers, permettent d’envisager
des minitrips et/ou des grandes vacances sur
deux-roues, chose pratiquement impossible en
moto/scooter électrique de petit gabarit.
56
57
58
MOTOS STORY
59
Dans le mille
Cinquante ans après la R 100 RS originelle,
la famille RS continue d’incarner une
certaine idée de la sportive selon BMW:
rapidité, protection et voyages.
Et style ! Une recette qui, à l’heure des
trails omniprésents, conserve un noble
parfum de contre-culture.
1976.
50
ANS
La R 100 RS de la génération «Série 7» surprend
le monde des motards par un mariage inattendu :
celui d’un robuste carénage à un ensemble
châssis-moteur flat-twin très classique.
BMW invente le concept de Sport-GT qui perdure
jusqu’à aujourd’hui… même s’il est un peu
tombé en désuétude. Développé en soufflerie (un
luxe rare à l’époque) cet habillage confère aussi
et surtout une nouvelle personnalité aux béhèmes
bicylindres. Un design pas très fin, quelques kilos
en trop, mais quelle gueule !
La R 100 RS promet une protection
aérodynamique inédite, assurant aux mordus
de vitesse de croiser sereinement à un rythme
élevé, sans se martyriser les bras et les vertèbres.
Sous cette enveloppe, un flat-twin de 980 cm³
développant 70 ch et capable d’envoyer cette
machine de 0 à 100 km/h en 4,6 s et flirter avec
les 200 km/h.
Pour prouver la pertinence du concept,
BMW tente plusieurs records sur le célèbre
anneau de Nardò dès 1977.
Une R 100 RS modifiée y dépassera les 220 km/h
et établira cinq records du monde d’endurance.
La démonstration était claire: la RS n’est pas
qu’une routière en tenue de sport, elle assure.
60
BMW "RS" :
50 ANS DE TOURISME SPORTIF
61
Et les clients d’affluer
vers les showrooms…
Outre ses performances très
honorables pour l’époque, les
clients découvrent surtout son
comportement routier extraordinaire,
une stabilité impressionnante. Et plus
on roule vite, plus la R 100 RS révèle
ses qualités…
L’histoire de la lignée RS suivra
ensuite toutes les évolutions
techniques de la marque bavaroise.
Retour du gros boxer dans les années
80 après l’épisode des moteurs K
à quatre cylindres, apparition du
Telelever sur la R 1100 RS au début
des années 90, montée en puissance
progressive avec les R 1150 RS puis
R 1200 RS, sans oublier l’arrivée
du refroidissement liquide, des
suspensions pilotées, des écrans de
contrôle, etc.
La philosophie RS appliquée aux
fameuses BMW K donnera les K
100 RS, K 1100 RS puis K 1200 RS,
des alternatives allemandes aux
nombreuses japonaises très rapides.
La K 1200 RS de 1997, forte de
130 ch et ses 245 km/h, reste un
formidable TGV sur deux roues.
62
63
2026 - R 1300 RS
Aujourd’hui, le témoin est repris par
la BMW R 1300 RS. Avec 145 ch
et un 1.300 cm 3 boxer de toute
dernière génération, inséré dans un
châssis nettement plus dynamique
et moderne, cette Sport-GT pousse
le curseur plus loin que toutes ses
devancières.
Et ADN RS est bien présent,
c’est-à-dire le confort, polyvalence et
aptitude au voyage. Les navetteurs et
roule-toujours l’ont bien compris.
Bien entendu, dans un marché
aujourd’hui dominé par les trails
routiers, y a-t-il encore une place
pour les Sport-GT traditionnelles?
Certainement !
Et il suffit d’essayer une R 1300 RS
pour en saisir toutes les qualités.
Et puis, tout le monde n’a pas
envie d’emprunter les chemins non
asphaltés ?
Sans oublier qu’un trail, à bonne
vitesse sur autoroute, fend l’air bien
moins efficacement.
Rappelons aussi qu’en Allemagne,
son berceau, les vitesses élevées
68
69
restent tolérées et que disposer d’une
moto capable de relier deux villes en
un laps de temps relativement court -
et d’arriver à destination frais comme
un gardon - conserve beaucoup de
sens, même en 2026…
Cinquante ans après la première
R 100 RS, BMW continue d’y
croire, et c’est tant mieux pour
les motards préférant une
trajectoire tendue sur une route
bien dégagée à une posture de
baroudeur urbain.
Pour BMW, le sigle RS ne signifie
plus seulement «Rennsport»,
mais désormais «Reise und
Sport».
Voyager à bonne allure,
longtemps et avec style. La vie
d’un passionné, quoi !
70
71
80
ANS
VESPA ou
72
le réel parfum
de la Dolce Vita
La séduction
éternelle
Si vous comptez vous rendre à
Rome fin juin, il risque d’y avoir
de l’animation dans toutes les
artères de la capitale. En effet,
le cœur de la ville battra pour
Vespa qui a choisi la capitale
Italienne pour fêter ses 80 ans !
Depuis huit décennies, Vespa traverse
les époques avec une fidélité rare à
ses origines.
Né en avril 1946 en Toscane, dans
une Italie à genoux, le scooter Vespa
voulu par Enrico Piaggio porte une
ambition sociale : remotoriser et
redynamiser un pays ravagé par la
Seconde guerre mondiale.
Jusqu’alors, Piaggio était plutôt actif
dans les airs que sur terre, mais la
réalité du terrain, au sens propre,
impose une priorité aux moyens de
locomotion simple et accessible.
L’industriel Italien confie le dessin à
l’ingénieur aéronautique Corradino
D'Ascanio. Problème : D’Ascanio
n’aime pas les motos, qu’il trouve
sales et inconfortables.
«Justement» enchérit le
patron. «Il suffit d’inventer
ce qui n’existe pas encore…»
73
Lorsqu’il découvre
le premier
prototype,
Piaggio s’écrie :
«On dirait une
guêpe !»
soit...
Vespa, en italien…
D’Ascanio imprégnera l’engin de
ses connaissances en avions. La
carrosserie monocoque rappelle le
fuselage des avion ; le train avant, un
monobras à balancier fait penser à
un train d’atterrissage.
Le placement du moteur sur le côté
facilite l’entretien et abaisse le centre
de gravité. Et comme il trouve les
motos sales et salissantes, il l’équipe
d’un joli tablier de protection pour les
pieds et vêtements.
Le premier modèle commercialisé en
1946 est la Vespa 98.
L’histoire est en marche.
74
75
Séduction
immédiate
La Vespa séduit les travailleurs,
certes, mais aussi les étudiants et les
familles. Et même les femmes, à une
époque où la mobilité restait encore
une affaire d’homme…
Très vite, l’engin dépasse la sphère
utilitaire et les frontières de l’Italie.
La Vespa lance une révolution
silencieuse : un nouvel art de vivre,
un phénomène culturel mondial.
Des ruelles de Rome aux boulevards
parisiens, des campus américains
aux métropoles asiatiques, la Vespa
accompagne l’essor des classes
moyennes, les rêves d’évasion et
l’avènement de la Dolce Vita.
Le cinéma achève de la transformer
en mythe : impossible de dissocier
durablement la Vespa de l’imaginaire
romantique et insouciant des années
1950 et 1960.
Vespa clip
Vacances Romaines avec
Audrey Hepburn et Gregory Peck,
évidemment, mais tant d’autres
aussi. Les créateurs s’approprieront
la Vespa. Dalí en 1962 ou Armani
en dans les années 2010, ou encore
Sean Wotherspoon, la maison
Christian Dior…
76
1969
Vespa sprint
Veloce
1946
Vespa 98
77
Tommaso Godino pre-gara 1952
Tebaldini Ferrua Savino 1953
Dakar 1980 Dakar 1980
VESPA, même pas peur d’aller défier les plus grands, depuis 1952.
2026
les 80 ans
Dakar 1980
Dakar 1980
1980...Vespa gagne le Dakar
2026
Vespa sprint s
Elettrica
2026
Vespa
80 anniversary
80
Vespa pub 1950
2026
Vespa
Primavera 125
La famille Piaggio aura la bonne idée
de figer et entretenir l’identité Vespa.
Plus de 160 modèles verront le jour
en 80 ans et tous resteront fidèle à
cette silhouette marquée par sa taille
de guêpe, sexy et immédiatement
reconnaissable.
Peu d’objets industriels peuvent
revendiquer une telle continuité
stylistique. Vespa restera fidèle au
moteur 2-temps jusqu’en… 2014,
avec la dernière PX.
Mais depuis 1996, avec la mignonne
ET4, le constructeur italien est passé
au 4-temps.
Chez nous – comme dans le reste de
l’Europe – les Vespa se vendent bien,
mais un modèle va tout accélérer : la
Vespa GT(L) de 2003.
Elle deviendra GTS un peu plus
tard et reste aujourd’hui encore au
catalogue ! Elle a permis à Vespa de
figurer souvent en tête du classement
des deux-roues les plus vendus en
Belgique et dans de nombreux pays.
Deux catégories de modèles
composent la gamme actuelle : les
châssis étroits, avec la Primavera et
la Sprint ; et les châssis larges avec
la large gamme GTS. Vespa est déjà
passé à l’électrification, depuis 2018.
81
80
ANS
1985
Vespa
T5
2011
Vespa PX 150
Unita d'italia
82
À l’occasion de ses 80 ans cette
année, Vespa regarde autant vers
son passé que vers son avenir.
Les nouvelles Primavera 80th et GTS
80th réinterprètent ainsi le vert pastel
des premières Vespa de 1946, tandis
que Rome — incarnation éternelle
de la Dolce Vita — accueillera en
juin 2026 les célébrations de cet
anniversaire historique.
Après plus de 19 millions
d’exemplaires produits et une
popularité intacte sur tous les
continents, la Vespa demeure un cas
unique dans l’histoire industrielle : un
véhicule devenu langage universel.
Ni que scooter, ni objet design,
elle continue depuis huit décennies
à incarner une certaine idée de la
liberté, de l’élégance italienne et du
dynamisme urbain.
2013
Vespa
946
2020
Vespa Primavera
Sean Wotherspoon
83
& M
T
84
otos
OURISME
85
•80 ans et toujours libre :•
Plume
et captures
CHRIS
SCHOORMAN
86
une
JOURNÉE
enVESPA
•sur les terres de la guêpe•
87
Il est 11h30 à Pise, et la lumière
toscane entre en scène avec
cette douceur qui lui est
propre. Elle ne tombe pas du
ciel : elle avance, lente, dorée,
glissant sur les façades ocres
dans un mouvement souple,
s’accrochant aux volets verts,
faisant scintiller les pavés clairs,
réveillant les murs que des
siècles de soleil ont patinés
comme des décors enchanteurs.
La lumière du matin s’installe
peu à peu elle enveloppe,
adoucit, révèle chaque pierre
devient un élément, et, chaque
couleur apporte une émotion,
chaque ombre souligne le
relief. Cette atmosphère lumineuse
est une invitation à
88
89
découvrir les paysages toscans dans
leur splendeur la plus envoutante.
Devant l’atelier de Vespa Rent, une
rangée de scooters attend, immobile,
comme si chacun retenait son
souffle avant le départ. La nôtre,
une Vespa GTS 310 vert amande,
paraît déjà connaître la journée.
On tourne la clé, et le monocylindre
s’éveille dans un murmure,
90
91
92
pas un bruit de moteur, mais
un bourdonnement doux,
vivant, immédiatement reconnaissable.
Un son qui, depuis
toujours, évoque cette petite
créature solaire dont la Vespa
porte le nom : la guêpe.
Quitter Pise,
prendre le temps
À peine la ville derrière nous,
la route s’ouvre vers l’Est.
La plaine de l’Arno file doucement,
le Monte Pisano se dessine
sur la gauche, et l’on comprend
que la journée sera loin
d’une balade au pas de course.
En Vespa, le temps cesse d’être
une mesure : il devient une
matière. À 60 km/h, le luxe est
93
94
ailleurs, le vent n’ébouriffe pas,
il dépose, il accompagne,
dessinant dans les vêtements
un mouvement léger, presque
aérien. L’odeur de terre chaude
sous le casque, les cyprès dressés
comme des ponctuations,
les fermes basses couleur terre
de Sienne qui donnent la mesure
aux collines qui approchent
lentement : tout
avance à son propre rythme.
La Vespa GTS 310 fait exactement
ce qu’on attend d’elle :
elle emmène deux personnes
sans forcer, avec cette aisance
tranquille des machines qui
savent où elles sont nées.
Entre Pise, Pontedera et
les collines de la Valdera, l
a Vespa ne joue pas les touristes.
Elle est sur ses terres.
Vicopisano
Vicopisano apparaît comme un
souvenir posé au pied des collines.
Les ruelles se resserrent,
les façades se poudrent de
pastel, et le silence de midi
tombe avec la douceur d’un
rideau. Garer la Vespa sur une
placette, c’est comme entrer
dans un film. On retire les ca s
ques, et la Toscane fait le reste:
une table à l’ombre, des spaghetti
cacio e pepe, un rosé
frais, une glace qui fond comme
une virgule sucrée. Ce n’est pas
95
un repas. C’est une respiration.
La guêpe attend dehors, immobile,
comme si elle savait que
l’on revient toujours vers ce
qui nous fait du bien.
Lari, les collines
comme terrain de jeu
La route se met à onduler,
à respirer, à jouer. La Valdera
déroule ses champs dorés,
ses fermes isolées, ses cyprès
plantés dans le ciel comme
des flèches. On roule pour
perdre du temps, pour le laisser
s’échapper comme du sable
entre les doigts. Lari surgit,
perché sur sa colline, dominé
par le Castello dei Vicari.
Une façade fleurie, un balcon
patiné, une arcade fraîche,
une vue qui s’ouvre comme
un livre. Depuis les hauteurs,
96
la Toscane semble avoir été
dessinée pour les deux-roues.
Pour la Vespa. Pour cette manière
de glisser dans le paysage
sans jamais le brusquer.
Pontedera,
là où la guêpe est née
Pontedera n’a pas la beauté
facile des villages perchés.
Elle est ouvrière, directe, industrielle.
Et c’est précisément
ce qui la rend juste. La Vespa
n’est pas née dans une carte
postale : elle est née dans
une Italie cabossée, qui devait
se remettre en mouvement.
Le Musée Piaggio, installé dans
les anciens espaces industriels,
respire encore cette histoire.
On franchit le porche «Piaggio
& C.», et la balade devient
pèlerinage. On entre dans
un lieu où la mécanique a
une mémoire.
D’un constructeur
d’avions à un symbole
de liberté
Avant la Vespa, Piaggio était
un monde d’avions, de trains,
de moteurs. Une industrie
tournée vers le ciel et les grandes
mécaniques. Puis vint
l’après guerre, une Italie cabossée
qui devait se remettre en
mouvement. Enrico Piaggio
demande alors à Corradino
D’Ascanio d’imaginer autre
chose qu’une moto : un véhi
97
98
cule simple, propre, accessible,
capable de rendre la mobilité à un
pays qui en manquait cruellement.
Le MP5 Paperino, puis le MP6, sont
là, silencieux, comme des témoins
de cette transition. Et la légende
raconte qu’en découvrant
99
V80, VESPA TRANSPARENTES. Installation d’art urbain en hommage à Piaggio.
L’installation «V80, Vespa Transparentes» présente une série de silhouettes
de Vespa réalisées en plexiglas. Chaque forme renferme des objets personnels
évoquant des souvenirs individuels et collectifs, invitant le visiteur à une lecture
sensible de la mémoire urbaine. De jour, la transparence du matériau crée
un jeu de lumière et de reflets qui s’intègre au paysage. De nuit, les silhouettes
s’illuminent et transforment l’espace public en musée à ciel ouvert, révélant la
Vespa comme un symbole du design italien et de l’héritage culturel de Piaggio.
Cette œuvre propose une réflexion sur la mémoire, le quotidien et la capacité
des objets iconiques à devenir des vecteurs d’émotions partagées.
Comune di Pontedera - Ufficio Stampa © gonews.it
Comune di Pontedera - Ufficio Stampa © gonews.it
100
la silhouette au ventre
rond, à la taille fine, au
moteur bourdonnant,
Enrico Piaggio aurait
murmuré : «Sembra una
vespa.» On dirait une
guêpe. Le nom était
trouvé. Et avec lui, une
manière de vivre. La
Vespa sera le retour de
la joie de vivre dans
l’Italie d’après guerre.
La jeunesse va en faire
une idole, les familles
une compagne utile.
101
102
Car elle est mieux qu’une
simple moto : la Vespa de
D’Ascanio est une création
originale, élégante et populaire,
dont la silhouette ronde
et audacieuse, toute en cour bes
souples, avec son incroyable
plancher plat, son carénage
protecteur totalement innovant,
son joli phare rond intégré
au guidon mais tournant
avec la direction, ce
qui était totalement
103
104
© Paramount Pictures
© Universal Pictures
© Christal Films
2005 2004
LA VESPA ET LE CINÉMA
La Vespa n’est pas seulement un phénomène commercial :
c’est un événement qui traverse l’histoire du costume et des
modes de vie. Durant les années de la Dolce Vita, la Vespa
devient synonyme du scooter ; les correspondants étrangers
décrivent alors l’Italie comme «le pays de la Vespa».
Son rôle dans la culture populaire se manifeste par sa présence
dans des centaines de films, italiens et internationaux.
Audrey Hepburn et Gregory Peck dans «Vacanze Romane»
(1953) ne sont que les premiers d’une longue série d’actrices
et d’acteurs filmés sur le scooter le plus célèbre du monde :
de Quadrophenia à American Graffiti, de «The Talented Mr.
Ripley à 102 Dalmatians», sans oublier «Caro Diario» ou les
plus récents «Alfie» avec Jude Law, «The Interpreter» avec
Nicole Kidman et le blockbuster «Transformers».
Dans les films, les séances photo et sur les plateaux, la Vespa
a été la «compagnonne de voyage» de nombreuses célébrités
: Raquel Welch, Ursula Andress, Geraldine Chaplin,
Joan Collins, Jayne Mansfield, Virna Lisi, Milla Jovovich,
Marcello Mastroianni, Charlton Heston, John Wayne, Henry
Fonda, Gary Cooper, Anthony Perkins, Nanni Moretti, Sting,
Antonio Banderas, Matt Damon, Gérard Depardieu, Jude Law,
Nicole Kidman, Eddie Murphy, Owen Wilson.
105
106
107
108
inédit à l’époque, et ses mignonnes
petites roues, ont rendu
à la route ce qu’elle avait perdu :
la légèreté, avec un fun incroyablement
communicatif.
Huit décennies
sous une verrière
Dans les allées du musée, on traverse
80 ans en quelques pas.
La Vespa 98 de 1946, les modèles
militaires, les sportives, les populaires,
les machines de voyage, les
Vespa de cinéma. La Montlhéry et
ses 17 records. Le Siluro lancé
à 171,1 km/h. Audrey Hepburn
et Gregory Peck, immortels sur
une selle. La Vespa Dalí, les Ape,
les Ciao. La guêpe n’a pas seulement
roulé : elle a essaimé.
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On ressort avec une certitude :
notre Vespa de location n’est
pas un scooter. C’est un fragment
de liberté italienne.
Casciana Terme,
l’heure où la Toscane
devient miel
Il est 17 heures. Le soleil descend,
et la Toscane devient
miel. Les champs s’enflamment,
les ombres s’allongent,
les collines se font plus douces.
La Vespa glisse dans cette
lumière comme si elle avait été
peinte pour elle. Casciana
Terme offre un dernier café,
un dernier souffle. En Vespa,
les arrêts ne coupent pas
le voyage : ils le prolongent.
On regarde. On respire. On repart.
Calci,
la récompense finale
La route remonte vers le Monte
Pisano, attaque les lacets,
traverse les oliveraies, longe
les murets de pierre sèche.
La GTS 310 grimpe avec une
assurance presque insolente.
Au creux de la Valgraziosa,
la Chartreuse de Calci apparaît,
immobile, blanche, silencieuse.
On coupe le moteur.
Le monde devient plus grand.
Puis, au détour d’un lacet, Pise
s’étale en contre bas. La plaine,
la ville, et cette silhouette
113
penchée que l’on reconnaît
entre mille : la Tour de Pise.
Vue depuis une Vespa, elle
semble flotter dans un rêve.
La descente offre un dernier
cadeau : les arches de l’aqueduc
médicéen d’Asciano,
alignées comme une haie
d’honneur de pierre.
Quatre-vingts bougies
au compteur
En rendant les clés chez
Vespa Rent, la journée laisse
une vibration dans les
jambes : chaleur, poussière,
lumière, fatigue douce.
La Vespa a 80 ans, mais
elle ne célèbre pas son passé.
Elle continue simplement
à faire ce qu’elle a toujours
fait : rendre la route plus
légère. Quelques pas suffisent
pour rejoindre la Piazza
dei Miracoli. La Tour de Pise,
dans la lumière rasante du
soir, incline sa silhouette
comme une révérence.
Quatre-vingts ans après sa
naissance, la Vespa reste ce
miracle minuscule : une machine
simple, populaire, élégante,
capable de transformer
une boucle de 100 km en
souvenir de voyage. Une
poésie montée sur deux roues.
114
115
CARNET PRATIQUE
Départ de Pise
—> Vicopisano
—> Lari —> Pontedera
—> Casciana Terme
— >Calci
—> retour à Pise par le
Monte Pisano et l’aqueduc
médicéen d’Asciano.
Boucle d’environ 100 km
sur une journée complète.
Véhicule : Vespa GTS 310.
Museo Piaggio,
Viale Rinaldo Piaggio 7,
Pontedera.
À découvrir :
• La Rocca de Brunelleschi
à Vicopisano, • le Castello
dei Vicari à Lari • le Musée
Piaggio à Pontedera • la
Chartreuse de Calci • la route
du Monte Pisano au coucher
du soleil, puis la Tour de Pise
en fin de journée.
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SPORTS
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MotoGP
2026
l'année
où tout
bascule !
Championnat suivi par :
Chris SCHOORMAN
120
Après Barcelone et ses drapeaux
rouges, le Mugello devait
répondre à une question : la
saison 2026 avait-elle seulement
basculé dans le chaos, ou une
nouvelle hiérarchie était-elle
vraiment en train de naître ?
En Italie, Aprilia a
donné sa réponse.
Pole position de Marco Bezzecchi,
victoire Sprint de Raúl Fernández,
doublé Bezzecchi-Martín en Grand
Prix : sur les terres de Ducati, la
marque de Noale a frappé un grand
coup. Et Bezzecchi, désormais leader
avec 17 points d'avance, n'a plus
rien d'un outsider.
Il y a des courses qui s'oublient à
peine le podium terminé. Et puis il y a
celles qui restent dans la peau.
Le Grand Prix de Catalogne 2026
appartient à cette deuxième
catégorie. Le 17 mai, à Barcelone, le
MotoGP a offert un de ces dimanches
dont la discipline a le secret :
© photos constructeurs / teams / MotoGP organisation
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spectaculaire, tendu, brutal par
moments, impossible à réduire à un
simple classement.
Deux drapeaux rouges.
rois départs.
Des favoris au sol.
Des motos détruites.
Des pilotes touchés.
Et, au bout de cet après-midi sous
tension, Fabio Di Giannantonio qui
s'impose dans une course où il fallait
autant de sang-froid que de vitesse
pour rester debout.
Bienvenue dans le MotoGP 2026.
Une saison où tout semble pouvoir
changer d'un tour à l'autre.
Barcelone,
le dimanche qui
a changé le ton
Le premier choc intervient au
virage 4. Pedro Acosta est alors en
position de force lorsque sa KTM
ralentit brutalement, victime d'un
123
124
125
126
problème mécanique. Derrière
lui, Álex Márquez n'a quasiment
aucune marge de réaction. Le pilote
Gresini percute l'arrière de la moto
d'Acosta à très haute vitesse et part
violemment dans les graviers.
La scène est impressionnante. Sa
Ducati se disloque, les débris se
dispersent sur la piste et touchent
plusieurs pilotes dans le groupe. La
direction de course n'a pas d'autre
choix : drapeau rouge. Álex Márquez
est conscient, mais le bilan médical est
lourd : fracture de la clavicule droite,
fracture marginale d'une vertèbre
cervicale, opération dans la foulée.
Son forfait pour le Mugello,
puis pour la Hongrie, redistribue
immédiatement les cartes chez
Gresini, où Michele Pirro est appelé à
reprendre du service.
Le MotoGP vit avec le risque.
Mais ce dimanche-là, Barcelone a
rappelé à tout le monde à quel point
la frontière entre performance et
accident reste fine.
127
128
Zarco, Bagnaia, Marini :
le deuxième départ
tourne court
La direction de course choisit de
repartir. La décision est à peine
annoncée que le deuxième acte se
joue dès le premier virage.
Johann Zarco, déjà touché par des
débris lors du premier incident,
chute dans le trafic et emporte
Francesco Bagnaia et Luca Marini
dans sa trajectoire. L'image inquiète
immédiatement: la jambe du Français
se retrouve coincée sous la Ducati de
Bagnaia, dans une séquence où tout
va très vite, trop vite.
Le diagnostic confirme la violence de
l'impact : genou gauche sévèrement
atteint, ligaments touchés, petite
fracture à la cheville. Zarco quitte
l'hôpital, mais son indisponibilité
devrait peser plusieurs semaines.
Sportivement, son absence compte.
Humainement aussi. Zarco fait partie
de ces pilotes dont la présence
dépasse le résultat brut : il amène de
129
l'expérience, une lecture de course,
un style à part. Et dans une saison
aussi dense, ce genre d'absence laisse
forcément une trace.
Bezzecchi,
le calme au milieu du bruit
Au milieu de ce désordre, un nom
s'impose avec de plus en plus
d'évidence : Marco Bezzecchi.
Après la Catalogne, l'Aprilia numéro
72 prend de l'air au championnat.
Les chiffres racontent une trajectoire:
Bezzecchi n'est plus seulement un
pilote capable de coups d'éclat. Il est
devenu un prétendant sérieux au titre.
On connaissait son talent, son style
fluide, son sens de l'attaque, cette
façon de paraître relâché même
lorsque la moto glisse sous lui.
Mais le Bezzecchi 2026 semble
avoir gagné autre chose : de la
densité. Moins de gestes inutiles.
Moins d'excès. Une présence plus
calme, plus posée. Ce n'est pas
seulement un pilote rapide : c'est un
pilote qui commence à penser comme
130
un champion. Et derrière lui, Aprilia
donne enfin l'impression d'avoir
franchi un cap. La RS-GP26 n'est plus
simplement une alternative séduisante
aux Ducati. Elle est devenue une
machine de victoire, capable
d'imposer son rythme, de préserver
ses pneus et d'exister sur différents
profils de circuits.
Le Mugello arrivait donc au meilleur
moment pour Bezzecchi. À quelques
dizaines de kilomètres de Rimini, sur
une terre qui respire la moto, il avait
l'occasion d'asseoir un peu plus son
autorité. Il ne l'a pas manquée.
Mugello,
le week-end où
Aprilia a changé
de dimension
Le Mugello n'est jamais une course
ordinaire. Il y a la vitesse pure, la
grande ligne droite, les freinages
violents, les collines toscanes, le
public italien qui transforme chaque
131
132
passage en tribune vivante. Mais cette
année, l'enjeu dépassait le folklore.
Aprilia arrivait avec le leader du
championnat. Ducati devait réagir
après un week-end catalan difficile.
Jorge Martín devait répondre. Fabio Di
Giannantonio arrivait en vainqueur de
Barcelone. Pedro Acosta, lui, restait à
distance au classement, mais sa vitesse
pure continuait d'impressionner.
Dès le samedi, le ton est donné. En
qualifications, Bezzecchi signe une
pole position majuscule en 1'43.921,
nouveau record absolu du circuit et
premier tour sous les 1'44 au Mugello.
Derrière lui, Raúl Fernández et Jorge
Martín complètent une première ligne
entièrement Aprilia. Sur une piste
longtemps associée à la puissance
Ducati, le signal est clair et fort.
Puis le Sprint choisit un autre héros.
Parti deuxième, Raúl Fernández prend les
commandes dès le premier tour et ne les
lâche plus. L'Espagnol de Trackhouse
remporte sa première victoire en
Sprint MotoGP devant Jorge Martín
et Fabio Di Giannantonio. Bezzecchi,
auteur de la pole mais piégé par un
mauvais départ, termine quatrième; Marc
Márquez complète le top 5.
Pour Fernández, cette victoire a une
saveur particulière. Une semaine
après le chaos catalan, il répond
de la meilleure manière possible :
proprement, vite, sans excès.
Pour Aprilia, le message est encore plus
large : la RS-GP26 n'est pas seulement
performante avec l'équipe officielle.
Elle fonctionne aussi entre les mains de
Trackhouse.
Le dimanche de Bezzecchi
Le Grand Prix devait répondre à une
question : Bezzecchi pouvait-il assumer
son nouveau rang, chez lui, devant un
public italien incandescent, sur une piste
où Ducati a si souvent dicté sa loi ?
Dimanche 31 mai 2026, Marco
Bezzecchi remporte le Grand Prix d'Italie
devant son coéquipier Jorge Martín et
Francesco Bagnaia.
Une victoire nette, construite avec
patience, autorité et sang-froid. Le
genre de succès qui ne se contente
pas d'ajouter 25 points : il change la
perception d'un pilote.
Bagnaia avait pourtant pris les
commandes en début de course, porté
par l'instinct du Mugello et par le poids
de ce week-end pour Ducati. Mais à
dix tours de l'arrivée, Bezzecchi passe.
Puis Martín trouve lui aussi l'ouverture
sur Bagnaia, offrant à Aprilia un doublé
retentissant sur les terres de son grand
rival italien.
Derrière, Ducati sauve l'honneur avec
Bagnaia, troisième au terme d'un
dernier tour sous tension. Ai Ogura,
impressionnant tout le week-end sur
la Trackhouse Aprilia, échoue pour
seulement 34 millièmes face au podium.
Quatrième à ce niveau de compétition,
sur ce circuit, en seulement quelques mois
dans la catégorie reine — le Japonais
confirme à son tour que le package
Aprilia n'a jamais été aussi profond.
133
134
Ce résultat dépasse largement le cadre
d'une victoire à domicile. Aprilia a signé
la pole, remporté le Sprint, puis réalisé
le doublé en Grand Prix. Sur le circuit
le plus rapide du calendrier, dans le
jardin émotionnel de Ducati, la marque
de Noale n'a pas seulement profité des
circonstances. Elle a gagné sur la vitesse,
la maîtrise et la cohérence.
Pour Bezzecchi, cette victoire a une
dimension intime. Gagner ici, en
Italien, devant ce public, avec le
numéro 72 sur une Aprilia, ce n'est pas
une ligne de plus au palmarès. C'est un
marqueur de carrière.
Au championnat, l'effet est immédiat.
Après sept manches, Bezzecchi mène
avec 17 points d'avance sur Martín.
L'écart n'est pas énorme, mais il
pèse lourd : son coéquipier a terminé
deuxième, a limité les dégâts, et
pourtant le leader repart renforcé.
C'est peut-être cela, le vrai
message du Mugello. Bezzecchi
n'a pas seulement gagné une
course. Il a gagné le genre de
dimanche qui installe un pilote
ailleurs. Là où l'on ne parle plus
de potentiel, ni de surprise, ni de
dynamique favorable. Là où l'on
commence à parler de titre mondial.
Hongrie : pas le
temps de respirer
Le championnat n'aura pas le luxe
d'une longue pause.
Une semaine seulement après le
Mugello, le paddock prend la direction
de la Hongrie pour la huitième manche
de la saison. Du 5 au 7 juin 2026, le
Balaton Park Circuit accueille le Grand
Prix de Hongrie — un tracé moderne,
rapide, taillé dans les collines au bord
du lac Balaton, qui n'a pas encore les
repères d'un Assen ou d'un Silverstone
mais qui ne pardonne pas les erreurs.
C'est précisément cela qui rend ce
rendez-vous intéressant. Bezzecchi devra
confirmer loin de l'émotion italienne,
sur un circuit où l'histoire ne jouera
pas pour lui. Martín devra répondre
immédiatement, sous peine de laisser
son coéquipier prendre une avance
difficile à combler. Et Ducati, deux
semaines après Barcelone et le Mugello,
devra démontrer que le basculement
aperçu n'est pas encore une tendance.
Acosta, Marc Márquez, Di
Giannantonio, Ogura — tous ont
les moyens de rappeler que cette
saison ne se jouera pas uniquement
entre deux hommes en orange.
Après Barcelone, le MotoGP avait
basculé dans l'incertitude. Après le
Mugello, Aprilia a pris le pouvoir.
La Hongrie dira si cette impression
commence vraiment à devenir une
réalité.
135
136
2026,
dernière saison
avant le grand saut
Si cette saison donne une impression
de tension permanente, c'est aussi
parce qu'elle se déroule au bord d'une
rupture historique.
2026 sera la dernière année des
moteurs 1000 cc et des pneus
Michelin. Dès 2027, le MotoGP
changera de visage : moteurs
850 cc, pneus Pirelli, restrictions
aérodynamiques renforcées,
philosophie technique revue. Une
nouvelle ère s'annonce, avec tout ce que
cela implique d'incertitudes, de paris
industriels et de hiérarchies à rebattre.
Pour les fans, la promesse est
belle. Pour les constructeurs, elle
est vertigineuse.
Car dans ce genre de transition, rien n'est
garanti. Une usine peut dominer une
époque et manquer la suivante. Un pilote
peut devenir central dans un projet, ou
se retrouver prisonnier d'une orientation
technique qui ne lui convient plus. C'est
aussi pour cela que 2026 compte autant.
Cette saison n'est pas seulement un
championnat. C'est une dernière danse
avant redistribution générale.
Yamaha, Pramac, Ross Brawn : les
lignes bougent aussi hors piste
Le paddock MotoGP ne change
pas uniquement à travers ses
règlements. Il change aussi dans
sa manière de penser.
L'arrivée de Ross Brawn au conseil
d'administration de Pramac Racing,
dans un rôle de conseiller stratégique,
en est l'illustration la plus nette.
L'ancien cerveau de la Formule 1 ne
vient pas pour faire de la figuration.
Son expérience de la performance, de la
structuration d'équipe et des transitions
techniques peut peser dans un MotoGP
où la frontière entre ingénierie,
stratégie et politique sportive devient
de plus en plus fine. Pramac, désormais
lié à Yamaha, cherche à préparer
l'après-2026 avec méthode. Et Yamaha,
justement, joue gros.
Après des années de fidélité au quatre
cylindres en ligne, la marque japonaise
a engagé le virage du V4 — rupture
technique et culturelle à la fois. Pendant
longtemps, Yamaha a défendu une
identité différente, souvent associée à
la douceur, à la vitesse de passage et à
l'équilibre. Mais le MotoGP moderne a
imposé d'autres exigences.
Le V4 n'est pas une garantie de retour
immédiat au sommet. Les résultats
restent irréguliers, la progression
encore fragile. Mais le message est
clair: Yamaha ne veut plus subir
l'évolution du championnat. Elle
veut redevenir actrice de sa propre
révolution.
Une saison au bord du changement
Le championnat est loin d'être joué.
Le MotoGP a cette capacité unique à
détruire les certitudes en un freinage,
une panne ou une chute. Barcelone l'a
rappelé avec brutalité.
137
138
Le Mugello, lui, a montré qu'une
nouvelle force était peut-être en train
de s'installer.
Ce qui rend 2026 si fascinante, ce n'est
pas seulement le classement. C'est cette
impression permanente d'assister à une
saison charnière, presque à un passage
de relais. Les références vacillent, les
équilibres techniques bougent, les jeunes
poussent, les constructeurs prennent des
risques, et 2027 approche déjà.
Dans ce paysage instable, Marco
Bezzecchi a fait plus que gagner au
Mugello. Il a donné un visage à cette
bascule.
Il reste des pièges, des circuits,
des dimanches imprévisibles, des
adversaires capables de tout renverser.
Martín est trop proche pour être
ignoré. Ducati trop forte pour être
enterrée. Acosta trop rapide pour être
simplement observé. Et le MotoGP
trop cruel pour offrir des couronnes au
mois de mai. Mais parfois, une saison
laisse échapper un signe.
Au Mugello, devant les collines
toscanes et un public qui connaît
mieux que personne le poids d'une
victoire italienne, Bezzecchi n'a pas
seulement pris 25 points.
Il a changé la température du
championnat.
Et avant même la grande révolution
technique de 2027, c'est peut-être
déjà une autre époque qui vient de
commencer.
139
140
Hongrie : la
centième de
Márquez, le
naufrage d’Aprilia
Une semaine après avoir dominé
le Mugello, Aprilia arrivait en
Hongrie avec le championnat en
main et l’impression d’avoir pris
le contrôle de la saison. Elle en
est repartie battue.
Au Balaton Park, Marc Márquez a
signé sa 100ème victoire en Grand
Prix, Pedro Acosta a encore frôlé sa
première victoire MotoGP, et
Jorge Martín a déclenché
au premier virage un
carambolage qui
a envoyé quatre
pilotes au tapis.
`
Il y a des chiffres
ronds qui claquent
plus fort que les
autres.
Au Balaton Park, Marc Márquez en a
inscrit un que l’on n’aurait peut-être
pas osé imaginer il y a encore deux
ans, lorsque son corps semblait le
trahir presque à chaque retour. Cent
victoires en championnat du monde.
Cent. Un territoire que seuls les très
grands peuvent approcher, et que seuls
Giacomo Agostini, Valentino Rossi et
désormais Márquez ont atteint.
Cette victoire hongroise est aussi sa
première de la saison 2026, un mois à
peine après une opération de l’épaule
et du pied. Si quelqu’un avait écrit ce
scénario, on l’aurait peut-être trouvé
trop appuyé.
Et pourtant, dès le samedi, Márquez
avait prévenu tout le monde.
En un week-end, la saison
2026 s’est rouverte. Brutalement.
Samedi : le
message de
Márquez
On l’attendait diminué,
prudent, presque en gestion.
Il a montré l’inverse.
En qualifications, Márquez
décroche la pole malgré
une chute lors de son premier tour
lancé en Q2. Reparti sur sa seconde
tentative, il signe un 1’36.785 qui le
place devant Pedro Acosta et Fermín
141
142
Aldeguer, pour une première ligne
entièrement espagnole. Le genre de
réponse qui calme un paddock.
L’après-midi, la course Sprint vire à
la démonstration. Márquez mène
du premier au dernier tour, contrôle
l’écart, puis s’impose devant Acosta
et Marco Bezzecchi. Cette victoire le
ramène à hauteur de Jorge Martín au
nombre de victoires en Sprint MotoGP,
avec dix-huit succès chacun. Pas mal
pour un pilote que l’on pensait encore
trop juste physiquement pour tenir tout
un week-end au plus haut niveau.
Derrière, Bezzecchi fait le travail
de leader. Parti sixième, il remonte
troisième, prend de précieux points et
porte son avance au championnat. Pas
de panache inutile, pas de geste de
trop. Juste ce qu’il fallait pour sortir du
samedi renforcé.
À ce moment-là,
Aprilia semble
encore solide.
Dimanche : le
virage 1 qui détruit
le plan Aprilia
À peine les feux éteints, à peine les
machines lancées vers le premier
freinage, tout bascule. Jorge Martín
perd le contrôle de son Aprilia au
virage 1 et vient percuter Marco
Bezzecchi, son propre coéquipier,
leader du championnat. La chute
déclenche un carambolage qui emporte
également Raúl Fernández, Fermín
Aldeguer et Fabio Di Giannantonio.
Martín, Bezzecchi, Fernández
et Aldeguer abandonnent. Di
Giannantonio parvient, lui, à repartir.
Cinq pilotes pris dans le même
incident. Trois Aprilia éliminées en
quelques secondes. Et au milieu, le
numéro 72, celui qui donnait jusque-là
l’impression de piloter sa saison avec
une sérénité de futur champion.
Heureusement, les examens ne
révèlent pas de fracture pour Martín et
Bezzecchi. Mais sportivement, le coup
est immense. Martín écope ensuite
d’une double Long Lap penalty pour le
prochain Grand Prix, et le ton employé
chez Aprilia dit assez bien la violence
interne du moment. Massimo Rivola
ne cherche pas vraiment à arrondir
les angles : il parle d’une erreur qu’un
champion du monde ne peut pas
commettre.
Pour Aprilia, le constat est terrible.
Une semaine plus tôt, au Mugello, la
marque de Noale avait signé la pole,
remporté le Sprint et réalisé le doublé
en Grand Prix. En Hongrie, elle voit
son leader et son principal rival et
coéquipier tomber au premier virage,
fauchés par une erreur maison.
Le MotoGP peut parfois être cruel.
Là, il a été chirurgical.
Acosta-Márquez :
le duel que la
course méritait
Devant, une autre course commence.
Pedro Acosta prend les commandes dès
143
144
les premiers tours et creuse rapidement
un petit écart. Pendant quelques
minutes, on croit tenir le jour de sa
première victoire en MotoGP.
La KTM est stable, l’Espagnol attaque
proprement, et Márquez semble devoir
construire sa remontée avec patience.
Mais Márquez n’est jamais aussi
dangereux que lorsqu’il donne
l’impression d’attendre.
Tour après tour, il revient. La bagarre
avec Acosta devient le cœur vivant
de ce Grand Prix : attaques, réponses
immédiates, trajectoires croisées,
freinages tendus. Sur un tracé où
dépasser n’a rien d’évident, les deux
Espagnols offrent enfin à Balaton Park
le duel que le chaos du départ aurait pu
lui voler. Puis Márquez trouve l’ouverture
décisive. Une fois devant, il s’échappe.
Il impose son rythme, profite aussi de la
dégradation des pneus d’Acosta, et file
vers une victoire de patron. À l’arrivée, il
devance le pilote KTM de 1,343 seconde.
Francesco Bagnaia complète le podium,
offrant à Ducati une journée presque
parfaite après le désastre Aprilia.
Pour Márquez, le symbole
est énorme: 100 victoires
en Grand Prix, 74 en
MotoGP, et une Ducati
qui signe elle aussi sa 100ème
victoire dans la catégorie reine.
Pour Acosta,
en revanche, le
paradoxe continue.
Deuxième le samedi, deuxième le
dimanche. Brillant, agressif, souvent
le plus excitant à regarder, mais
toujours sans victoire. Treize podiums
désormais, et cette première marche
qui continue de lui échapper. Le talent
crève l’écran. Le palmarès, lui, attend
encore son déclic.
Ça finira par tomber.
Mais plus l’attente dure, plus la
question devient lourde.
Les autres
vainqueurs
du dimanche
Derrière le duel Márquez-Acosta et le
naufrage Aprilia, la Hongrie a aussi
souri à ceux qui savent survivre aux
courses piégeuses.
Ai Ogura termine quatrième, sauvant
l’honneur d’Aprilia et de Trackhouse
dans une journée où Noale avait toutes
les raisons de vouloir plier les camions
plus tôt que prévu.
Luca Marini prend une très belle
cinquième place pour Honda, devant
Diogo Moreira, sixième, qui signe l’un
de ses meilleurs résultats depuis son
arrivée en MotoGP.
Jack Miller, huitième, décroche
également son premier top 10 de la
saison. Ce ne sont pas toujours les
résultats qui font les gros titres. Mais
dans une saison aussi instable, ces
places-là comptent. Elles construisent
des réputations, sauvent des weekends,
parfois même des projets.
145
146
Le championnat
se rouvre
C’est peut-être l’enseignement majeur
de ce Grand Prix de Hongrie : la saison
que l’on pensait doucement glisser
dans les mains de Bezzecchi vient
soudain de se rouvrir.
L’Italien reste leader malgré son zéro
du dimanche. Martín reste dans le
jeu, mais sa faute change forcément
la lecture de son statut chez Aprilia.
Di Giannantonio conserve la troisième
place du championnat, Acosta revient
fort, et Márquez remonte cinquième
après avoir repris un maximum de points
sur le leader pendant le week-end.
Septante deux points de retard pour
Márquez, cela reste beaucoup. Mais
avec une saison encore longue, une
confiance retrouvé, la remontée n’a
plus rien d’une fantaisie de supporter.
Au championnat constructeurs aussi, le
coup est sévère : l’avance d’Aprilia sur
Ducati fond à treize points. Là encore,
le Mugello avait donné l’impression
d’un basculement durable. Balaton
Park rappelle que rien n’est jamais
durable très longtemps en MotoGP.
Brno comme
prochain juge
Le paddock a désormais deux semaines
pour digérer avant de rejoindre Brno,
du 19 au 21 juin, pour le Grand Prix de
Tchéquie. L’Automotodrom Brno, long
de 5,4 km et composé de 14 virages,
fait partie des circuits historiques du
calendrier. Le MotoGP y retrouve un
tracé à l’ancienne, rapide, vallonné,
exigeant, très différent du Balaton Park.
Ce rendez-vous
arrive à un moment
parfait.
Bezzecchi devra montrer que la Hongrie
n’a été qu’un accident. Martín devra
réparer, sur la piste et dans son propre
garage. Aprilia devra redevenir une
équipe avant de redevenir une menace.
Ducati, elle, arrive avec un Márquez
relancé et un Bagnaia de nouveau sur
le podium. Acosta, enfin, cherchera
encore cette première victoire qui
commence à ressembler à une
obsession.
Au Mugello, Bezzecchi avait changé la
température du championnat.
En Hongrie, Márquez vient de rallumer
l’incendie.
Et au rythme où va cette saison 2026,
plus personne ne peut vraiment
prétendre savoir qui mènera la danse à
l’automne.
C’est exactement pour ça qu’on aime
ce sport. Une panne ou une chute.
Barcelone l'ont rappelé avec brutalité.
Compte-rendu by Chris !
147
148
Brno :
Márquez rugit,
Bezzecchi
sombre
Il y a des week-ends
où un championnat
ne se joue pas sur
la piste, mais dans la
tête des hommes.
Brno, ce dimanche, en fut
l'illustration parfaite.
Marco Bezzecchi est reparti
de République tchèque avec
zéro point, une suspension sur
le dos. Et pourtant, il mène
toujours le championnat du
monde. Voilà tout le paradoxe
de la situation.
Mais reprenons depuis le début,
parce que ce neuvième rendezvous
de la saison méritait qu'on le
savoure tour par tour.
Samedi : le conte
de fées d'Ogura, le
réveil de Pecco
Le héros du samedi matin s'appelait
Ai Ogura. Le rookie japonais de
Trackhouse a fait taire tout le
paddock en signant la première pole
position de sa carrière en MotoGP,
avec, en prime, un nouveau record du
tracé en 1'51''139. Sur un circuit de
Brno fraîchement réasphalté et qui
retrouvait le calendrier. On le voyait
déjà filer vers un premier succès.
C'était mal connaître Francesco
Bagnaia. Parti de la première ligne,
le Turinois a réglé la question dès
l'extinction des feux. Meilleur envol
que le poleman, il a grillé la politesse
à Ogura au premier virage et n'a plus
jamais lâché les commandes, filant
vers son premier succès depuis le
sprint de Sepang, en octobre dernier.
Le «Pecco» des grandes heures, celui
qu'on croyait égaré depuis des mois,
venait de refaire surface. Ogura a dû
se contenter de la deuxième place,
Márquez de la troisième.
Derrière ce trio, le sprint a fait des
dégâts. Diogo Moreira, candidat
sérieux au podium, est parti à la faute
tout seul au virage 12, imité quelques
places plus bas par Maverick Viñales.
Mais le véritable séisme était ailleurs.
L'instant de folie
qui a tout fait
basculer
Bezzecchi, parti quatrième, a chuté.
Une erreur, ça arrive. Sauf que la
suite n'avait rien d'ordinaire. Emporté
par la frustration après sa chute,
l'Italien a giflé un commissaire de
piste. Le geste, impardonnable
dans ce sport, a immédiatement été
149
150
sanctionné. La direction de course l'a
tout bonnement exclu du Grand Prix
du dimanche.
Aprilia a tenté le tout pour le tout.
L'écurie a fait appel de la suspension
de son leader. L'appel a été rejeté.
Le dimanche matin, conscient de
l'énormité de son geste, Bezzecchi
s'est rendu en bord de piste avant
le warm-up pour présenter ses
excuses au commissaire. Trop
tard pour sauver son weekend.
Le leader du championnat
allait regarder la course en
spectateur. Du jamais-vu pour
un homme en tête du général.
Dimanche :
Márquez, encore
et toujours
Sous une chaleur de plomb, plus de
50 degrés au sol, 63 000 spectateurs
massés autour du tracé, le dimanche
promettait une bataille d'usure. Et
c'est précisément le terrain de jeu
favori de Marc Márquez.
Le septuple champion du monde
n'était pourtant pas le plus rapide
du week-end. La chaleur et le profil
exigeant du circuit l'ont vidé : il
semblait épuisé à l'arrivée.
Mais c'est là toute la différence
entre un très grand pilote
et une légende.
Quand il le fallait, il a répondu
présent. Márquez s'est imposé
devant Ai Ogura et son coéquipier
Francesco Bagnaia. Deuxième victoire
consécutive après la Hongrie. Deux
Grands Prix, deux triomphes, et
l'impression tenace que l'ogre de
Cervera est en train de redevenir luimême.
«Cette victoire est très importante.
Je n'abandonne jamais», a-t-il lâché
au micro avant de lever le poing sur
le podium. Ogura, deuxième pour la
seconde fois du week-end, a reconnu
avec lucidité que la course avait été
très difficile et que Márquez «avait
quelque chose en plus». Bagnaia,
troisième, a mené le début de course,
s'est senti à l'aise en tête, mais a
admis que son rythme ne suffisait pas
pour la gagne.
Les damnés
du dimanche
Pour d'autres, Brno aura viré au
calvaire. Fabio Di Giannantonio a
sauvé une quatrième place et Joan
Mir, en grande forme, a complété le
top 5. Jorge Martín, lui, continue de
s'enfoncer. Toujours sous le coup de
sa double pénalité héritée de Hongrie,
le champion du monde en titre n'a
pris que la neuvième place, sans cette
fois invoquer la moindre blessure,
reconnaissant simplement qu'il n'était
pas assez rapide. Depuis sa victoire
au Mans, le n°1 mondial cherche
désespérément son rythme.
Et puis il y a Pedro Acosta. Le maudit.
Alors qu'il roulait en cinquième
151
position, un problème technique l'a
trahi dans l'ultime tour. Zéro point, et
une chute au classement, désormais
derrière Márquez et Ogura.
Combien de temps encore ce
garçon devra-t-il payer la facture
de la malchance? Quant à Fabio
Quartararo, parti quatorzième, il
a chuté et abandonné, sa Yamaha
toujours en délicatesse.
Le championnat
bascule (dans les
têtes)
Sur le papier, rien n'a changé :
Bezzecchi reste leader, avec quarante
points d'avance. Mais Ducati s'est
relancée. Surtout, Márquez pointe
désormais quatrième, à quarante
longueurs du leader, après avoir
grappillé une cinquantaine de points en
deux week-ends presque sans forcer.
Et c'est là que le bât blesse pour
Aprilia. Le Márquez diminué du début
de saison s'efface peu à peu ; celui
capable de contrôler une course
entière est de retour. Or l'histoire de
ce sport l'a montré mille fois : quand
cet homme-là retrouve l'ascendant
psychologique, il devient quasiment
impossible à arrêter. Pendant ce temps,
l'ambiance se dégrade dans le clan
Aprilia — le conflit Martín-Rivola a
laissé des traces, les tensions internes
deviennent visibles. Brno n'a rien
créé. Brno a simplement fait éclater
les fragilités au grand jour. Quarante
points d'avance, à plus de la moitié
de la saison restant à courir, c'est un
matelas confortable. Mais un matelas,
ça se consume vite quand un septuple
champion vous fonce dessus avec la
faim retrouvée.
Et le pire, pour Bezzecchi ?
Il n'aura même pas le temps de
souffler. Pas de repos pour les braves:
dès ce week-end, le paddock plie
bagage pour Assen et le Grand Prix des
Pays-Bas, dont la course se disputera
ce dimanche 28 juin. La «Cathédrale
de la vitesse», seule épreuve inscrite
au calendrier depuis la création du
championnat en 1949, à la seule
exception de l'année du Covid, ne
pardonne rien. Mais elle a souvent
souri à l'Italien : c'est là qu'il avait
signé la pole et la victoire du sprint en
2023. De quoi, peut-être, panser les
plaies du week-end tchèque.
Sauf qu'Assen, c'est d'abord le jardin
de Pecco Bagnaia. Trois victoires
d'affilée sur ce tracé qu'il aime au point
de le porter tatoué sur la peau, et un
triplé pole-sprint-course en 2024. L'an
dernier, c'est Marc Márquez qui lui a
ravi les honneurs. Autrement dit : les
Ducati débarquent en terrain conquis,
et la canicule qui s'achève vendredi
devrait céder la place à une météo plus
fraîche pour la course de dimanche,
avec une dizaine de degrés en moins.
Bezzecchi est prévenu.
Pour stopper l'hémorragie, il devra
répondre immédiatement, sans la
moindre hésitation.
À Assen, ce dimanche, on saura si le
leader a encaissé le coup… ou s'il a
commencé à vaciller pour de bon.
153
Assen :
le Japon renoue avec
la gloire, Bezzecchi
perd tout
Vingt-deux ans. Voilà vingtdeux
ans qu'un pilote japonais
n'avait plus levé les bras dans la
catégorie reine. Depuis Makoto
Tamada, en 2004, tout un pays
attendait.
Ce dimanche, sur le tracé le
plus exigeant du calendrier, à la
«Cathédrale» d'Assen, Ai Ogura a mis
fin à cette disette.
Et il l'a fait de la plus belle des
manières : au terme d'une course
dantesque, en dominant un final à trois
d'une intensité rare. Mais ce week-end
néerlandais restera surtout comme
celui d'un basculement. Car pendant
qu'Ogura entrait dans l'histoire, Marco
Bezzecchi, lui, voyait son championnat
lui filer entre les doigts.
Samedi : Aprilia
écrase tout,
Trackhouse frappe
le premier
Le ton avait été donné dès le matin.
En qualifications, Aprilia a réalisé un
quadruplé historique, verrouillant les
premières places de la grille avec ses
quatre machines.
Du jamais-vu. Jorge Martín décrochait
la pole. Mais l'après-midi appartenait
aux «satellites». Parti de la deuxième
ligne, Raúl Fernández a pris un envol
canon, s'est calé dans la roue de
Martín, puis a fondu sur la tête dès
la fin du premier tour pour ne plus
jamais la lâcher.
Derrière lui, son coéquipier chez
Trackhouse, Ai Ogura, revenait
comme un boulet de canon dans les
derniers tours, sa spécialité, sans
parvenir à combler l'écart. Doublé
retentissant pour l'équipe américaine,
une première dans son histoire.
Fabio Di Giannantonio complétait le
podium sur sa Ducati VR46, devant
un Bezzecchi quatrième et un Martín
seulement cinquième, au terme d'une
bagarre fratricide entre les deux
Aprilia d'usine.
Bagnaia, sixième sur la ligne, écopait
d'une pénalité pour avoir coupé la
chicane dans l'ultime tour.
Le samedi soir, Bezzecchi dormait
encore en leader du championnat. Il
ne le savait pas, mais c'était pour la
dernière fois avant longtemps.
Dimanche : la
course d'une vie
pour Ogura, le
cauchemar pour
Bezzecchi...
Le scénario semblait écrit. Comme
la veille, Ogura s'emparait des
commandes au premier virage,
avant que Martín, mieux placé à la
réaccélération, ne reprenne l'avantage.
Et puis, au deuxième tour, le drame.
Marco Bezzecchi, quatrième, roulait
dans le sillage de Marc Márquez
Et son leadership au championnat
aussi. Troisième week-end consécutif
sans le moindre point pour un homme
qui, il y a un mois encore, semblait
filer tranquillement vers le titre.
Devant, la course s'est transformée en
épopée. Márquez, qui avait parié sur
le pneu tendre à l'arrière, a exploité
son grip initial pour se hisser un temps
sur le podium provisoire, avant de
sombrer, incapable de tenir le rythme.
Le champion en titre a subi les
assauts répétés de son futur
coéquipier Pedro Acosta et de son
actuel équipier Bagnaia, dans une
lutte magnifique pour les accessits.
Sa lucidité en disait long : il a reconnu
après coup ne pas avoir eu « la
situation sous contrôle ».
lorsqu'il
a perdu
l'avant dans
le redoutable
virage 15, le fameux
Ramshoek négocié à près de
200 km/h. La chute fut terrible :
l'Italien a été catapulté à travers le
bac à graviers, dans une glissade
interminable.
Conscient, il a d'abord été conduit
au centre médical, puis transféré
à l'hôpital de Groningue pour un
examen approfondi.
Le verdict, tombé plus tard, a soulagé
tout le paddock : aucune blessure.
Mais sa course était finie.
L'hécatombe
Pedro Acosta, d'abord, a dû renoncer
alors qu'il roulait sixième, visiblement
gêné par un bras qui le faisait souffrir,
encore un abandon, encore une
désillusion pour le maudit du plateau.
Puis ce fut au tour de Bagnaia : après
avoir enfin passé Márquez, le Turinois
a ralenti et s'est arrêté, victime d'un
problème de freins sur sa GP26.
Razgatlıoğlu, lui aussi, a été trahi par
la mécanique. Une série de pannes de
plus en plus surréalistes qui a décimé
la course.
Au milieu de ce chaos, une
performance a forcé le respect : celle
d'Álex Márquez. Parti douzième, le
bras encore lacéré par de profondes
entailles héritées d'une chute le
vendredi, à peine remis de son
terrible accident de
Barcelone le mois
dernier,
il a bataillé
Le triomphe
d'un homme,
le sacre
d'une équipe
Dans le dernier tiers, le trio de tête,
Martín, Fernández, Ogura, se tenait
en un mouchoir de poche, moins
d'une 1/2 seconde
les séparant.
Martín a longtemps
cru pouvoir gérer,
mais les deux
Trackhouse sont
revenus, implacables.
Au dix-septième tour,
Fernández a plongé
à l'intérieur pour ravir
la tête, tandis qu'Ogura
débordait Martín au
virage 1. Puis, au
vingtième des
vingt-six tours,
Ogura est passé
à l'attaque sur
son coéquipier
au virage 9 et
s'est envolé
pour l'emporter
avec plus de
deux secondes
d'avance.
jusqu'au dernier
tour pour une magnifique
cinquième place.
Du courage à l'état pur.
Première victoire en
MotoGP pour le Japonais.
Premier doublé de l'histoire
de Trackhouse. Podium 100 % Aprilia
avec Martín, troisième, qui sauve
l'essentiel. Un week-end parfait
pour la firme de Noale et son
équipe américaine, qui a même
bondi à la deuxième place du
championnat des équipes.
Ironie du sort : ce sont les
pilotes « satellites », et
non d'usine, qui dictent
désormais le tempo.
Le
championnat
totalement
rebattu
Le classement, lui, a volé en
éclats. Jorge Martín reprend les
commandes du championnat pour
la première fois de la saison, avec
193 points, sept longueurs
devant Bezzecchi (186). Di
Giannantonio suit,
solide troisième (177), tandis
qu'Ogura, porté par son sacre, grimpe
au quatrième rang à seulement 25
points de la tête. Marc Márquez,
rétrogradé septième de la course
après une pénalité pour les limites de
piste, pointe cinquième au général, à
quarante longueurs.
Sept points entre les deux premiers.
Un top 4 qui se tient en vingt-cinq
points. Une Aprilia devenue référence
absolue mais qui doit désormais gérer
quatre coqs dans le même poulailler.
Et des Ducati qui collectionnent les
avaries au pire moment. On avait
rarement vu un championnat aussi
indécis.
Cap sur le
Sachsenring
Pas le temps de savourer, ni de
panser les plaies. Le MotoGP
enchaîne immédiatement avec
le Grand Prix d'Allemagne, sur le
Sachsenring, du 10 au 12 juillet —
ultime rendez-vous avant la trêve
estivale.
Et le décor est piquant, car ce tracé
sinueux et court a longtemps été
la forteresse imprenable de Marc
Márquez. Si un endroit peut relancer le
champion en titre, c'est bien celui-là.
Martín, lui, y défendra son tout
nouveau statut de leader. Bezzecchi
devra à tout prix stopper l'hémorragie
et prouver que sa série noire n'est
qu'un accident de
parcours. Ogura
voudra confirmer
qu'Assen n'était
pas un feu de
paille.
Et Quartararo,
sur un circuit taillé
pour les motos agiles,
pourrait bien offrir à
Yamaha sa meilleure
fenêtre de tir de la saison.
Une chose est sûre : à l'aube de la
pause estivale, ce championnat 2026
n'a jamais été aussi ouvert.
Rendez-vous dimanche en Saxe pour
le prochain acte.
164
Sachsenring :
Márquez règne
sur l'Allemagne
Il fallait bien que ça arrive là. Sur
ce ruban d'asphalte saxon de 3,7
kilomètres, tortueux, tournant
à gauche jusqu'au vertige, où
il a construit l'une des plus
invraisemblables hégémonies de
l'histoire du sport mécanique.
Marc Márquez a remporté ce dimanche
le Grand Prix d'Allemagne, sa dixième
victoire en catégorie reine sur le
Sachsenring — égalant au passage un
record que l'on croyait intouchable, celui
des dix succès de Giacomo Agostini sur
un même circuit.
Et il l'a fait à sa manière : en
écrasant tout, du premier tour
d'essais au drapeau à damier.
Pole position avec un nouveau record
de la piste. Victoire en sprint après avoir
mené chaque tour. Victoire en Grand
Prix le dimanche.
Le week-end parfait, le grand chelem,
dans son jardin. Toute la semaine,
l'Espagnol avait pourtant juré qu'il
n'était «pas le plus rapide».
Personne n'y a cru une seconde.
Et on a bien fait.
165
Vendredi soir, le
championnat avait
déjà basculé
Car avant même que les choses
sérieuses ne commencent, le sort
avait encore frappé. Et toujours le
même homme. Marco Bezzecchi, en
quête de rachat après ses trois weekends
blancs, est parti à la faute en
qualifications.
Verdict sans appel : fracture ouverte de
la clavicule gauche, opération chez le
professeur Porcellini, forfait immédiat.
Un mois après avoir dominé ce
championnat de la tête et des
épaules, l'Italien a regardé le
Sachsenring depuis un lit
d'hôpital.
Quatre
dimanches
de suite sans le
moindre point
en Grand Prix.
Il y a
des
séries
noires
qui défient
l'entendement;
celle de Bezzecchi est en train d'entrer
dans la catégorie des malédictions.
Aprilia n'alignait donc plus qu'une
seule machine d'usine, celle d'un Jorge
Martín devenu leader du championnat
presque par défaut, et sommé
désormais de le défendre seul.
Samedi :
triplé Ducati,
démonstration
en règle
Le sprint a ressemblé à une parade.
Sur la nouvelle grille aux rangées
plus espacées — une première, pour
question de sécurité lors de l’arrivée
groupée au premier virage —, les trois
premiers sont arrivés dans l'ordre exact
de leur départ : Marc Márquez devant
son frère Álex, magnifique dans la
livrée hommage à la Gresini victorieuse
de Sete Gibernau en 2003, et Fabio Di
Giannantonio.
Triplé Ducati, dix-neuvième succès
en sprint pour l'aîné des Márquez,
et un Martín contraint de limiter la
casse avec une sixième place arrachée
depuis la huitième position sur la grille.
Quartararo, lui, sauvait le dernier point.
Pas un dépassement en tête, ou
presque. Quand Márquez décide de
verrouiller le Sachsenring, il ne laisse
même pas les miettes.
Dimanche : les
rivaux tombent, le
roi déroule
La course principale promettait
davantage de bagarre. Elle a surtout
offert une série de chutes. Di
Giannantonio, déjà victime d'une
grosse chute au warm-up le matin
même, est reparti à la faute au
quatrième tour alors qu'il pointait
cinquième, sa Desmosedici terminant
sa course dans une airfence.
Le Romain s'en est sorti indemne, mais
son week-end, entamé sur le podium
du sprint, s'achevait dans les graviers.
Puis ce fut au tour d'Álex Márquez.
Solide deuxième dans la roue de
son frère, l'aîné des Gresini a glissé
au dernier virage du dixième tour.
Envolée, la perspective d'un doublé
familial. Restait Marc, seul au monde,
qui n'avait plus qu'à gérer son avance
sur les deux Trackhouse.
Ai Ogura, encore lui, a pris une
superbe deuxième place — la preuve
définitive, après son sacre d'Assen, que
le Japonais s'est installé durablement
dans le gratin de la catégorie. Son
coéquipier Raúl Fernández a complété
le podium, confirmant que l'équipe
américaine est devenue la deuxième
force du plateau.
Derrière, Pedro Acosta a accroché
la quatrième place devant un Jorge
Martín en souffrance, qui a dû batailler
jusqu'au bout pour contenir Bagnaia.
Cinquième avec l'unique Aprilia d'usine
rescapée : le leader du championnat
a sauvé les meubles, sans plus.
Quartararo, septième, a une nouvelle
fois tiré le maximum d'une Yamaha qui
progresse à petits pas.
Un championnat
relancé, une trêve
bienvenue
Faites les comptes : sur les cinq derniers
Grands Prix, Marc Márquez a raflé près
des trois quarts des points disponibles.
L'homme diminué du printemps a
disparu; le roi est revenu. Au général, son
retard sur Martín a fondu à dix-huit petits
points. Dix-huit points, à onze week-ends
de la fin, avec un Bezzecchi à l'infirmerie,
un Martín qui n'a plus gagné depuis Le
Mans et une armada Trackhouse qui joue
désormais sa propre partition.
Le paddock part maintenant en
vacances, et le timing est cruel. Pour
Bezzecchi, la trêve tombe à pic : un mois
pour se reconstruire, soigner sa clavicule
et, surtout, la tête. Pour Martín, c'est
l'inverse : il aurait sans doute préféré
enchaîner plutôt que de ruminer un
statut de leader qui se fragilise. Quant
à Márquez, il part bronzer avec la
certitude d'avoir renversé la situation.
Son message est limpide : le champion
2025 est de retour dans la course au
titre, et il compte bien le rester.
Rendez-vous le week-end du 9 août à
Silverstone pour la reprise des hostilités.
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