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JUIN 2026 - n˚273
www.gemengen.lu
SERVIOR
Den Alter liewen : l’approche à 360° de SERVIOR
TELKEA GROUP
Olivier Penin et David Sanfilippo
Telkea Group : une expertise
technologique au service du
secteur de la santé
ASSOCIATION
D’ASSURANCE ACCIDENT
Jerry Fusenig, Georges Wagner
et Elio Rerman
Tous engagés pour une culture
de prévention
LALUX ASSURANCES
Anticiper, réagir, protéger :
la stratégie cyber de LALUX
BANQUE RAIFFEISEN, société coopérative.
Notre équipe
est la vôtre !
La réussite est un sport d’équipe.
Prenez rendez-vous dans l’un de nos Business Hubs.
3
EDITO
Mondorf-les-Bains : les communes au cœur
des grands enjeux du Luxembourg et de l’Europe
PAR ARMAND D'ANTONIO
La Journée des maires organisée à Mondorf-les-Bains a une nouvelle
fois démontré toute l’importance du dialogue entre les
communes, l’État et les institutions européennes. Dans une atmosphère
à la fois conviviale et studieuse, cette rencontre a réuni
les principaux acteurs de la vie publique luxembourgeoise autour
d’un objectif commun : préparer l’avenir des communes face aux
défis de demain.
La présence du ministre des Affaires intérieures, du ministre de
la Culture, des représentants de la Commission européenne ainsi
que du SYVICOL a donné à cette journée une dimension particulièrement
forte. Plus qu’un simple rendez-vous institutionnel,
cette rencontre a illustré la volonté de renforcer les liens entre les
différents niveaux de décision afin d’accompagner efficacement
les villes et communes dans leur développement.
À travers les différentes interventions, plusieurs thèmes essentiels
ont émergé : la transition numérique, la cohésion sociale, la
culture comme moteur de proximité, les financements européens,
mais aussi la nécessité de donner davantage de moyens et de reconnaissance
aux communes. Les élus locaux apparaissent aujourd’hui
plus que jamais comme les premiers interlocuteurs des
citoyens et les véritables artisans du vivre-ensemble.
Le SYVICOL a rappelé avec force l’importance d’une concertation
permanente entre l’État et les communes, notamment dans l’élaboration
des projets de loi ayant un impact direct sur le terrain.
Une évolution saluée également par le gouvernement, qui souhaite
renforcer cette collaboration institutionnelle.
La participation de la Commission européenne a également apporté
une dimension stratégique à cette journée. Les représentants
européens ont encouragé les communes luxembourgeoises à
mieux s’approprier les mécanismes européens et les programmes
de financement disponibles afin de soutenir des projets innovants,
durables et connectés. Une vision qui confirme que l’avenir
des territoires se construira aussi à l’échelle européenne.
Dans un contexte marqué par les transitions énergétiques, numériques
et sociétales, la Journée des maires de Mondorf-les-Bains
aura surtout permis de rappeler une évidence : les communes
restent le pilier de la démocratie de proximité. Elles sont le premier
visage de l’action publique et le moteur concret des transformations
du pays.
Cette édition 2026 aura enfin confirmé une chose essentielle :
lorsque les communes, l’État, le SYVICOL et l’Europe avancent
ensemble, c’est tout le Luxembourg qui progresse.
LËTZEBUERGER GEMENGEN
Publication éditée par Living Green sàrl-s
www.gemengen.lu
Société éditrice
Living Green sàrl-s
24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange
Régie publicitaire
Julien Malherbe
julienm@livinggreen.lu
IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
SÉCURITÉ ET SANTÉ
Administration
Lucia Ori
Tél. 58 45 46 29
secretariat@livinggreen.lu
Rédaction
Armand D'Antonio
armandd@livinggreen.lu
Pierre Birck
pierreb@livinggreen.lu
Barbara Pierrot
Barbarap@livinggreen.lu
SOMMAIRE
Conception et réalisation graphique
Joana Sabri
Joanas@livinggreen.lu
Photographie
Nader Ghavami / Photopro Luxembourg
Alain Bianco
Impression
Imprimerie Centrale
08
Den
COVERSTORY
SERVIOR
Alter liewen : l’approche à 360° de Servior
SÉCURITÉ ET SANTÉ
12 | Restopolis
Restopolis : un partenaire stratégique des communes
au cœur de la restauration scolaire et collective
© Living Green
Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.
Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la
rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord
de leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas
restitués. Les reportages signés n’engagent que
leurs auteurs.
Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et
peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne
pourrait nullement être tenu pour responsable.
14 | Compass Group
La restauration scolaire au cœur du bien-être des enfants
16 | Luxembourg Air Rescue
LAR face aux crises
18 | Caisse Médico-Complémentaire Mutualiste
Faire évoluer la CMCM tout en restant fidèles
à nos valeurs
20 | Association d’assurance accident
Tous engagés pour une culture de prévention
22 | ArcelorMittal Luxembourg
Santé, bien-être et performance : un levier stratégique
pour l’entreprise
26 | GERI Management
GERI Management : la performance passe d’abord
par l’humain
ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
DIGITAL ET INNOVATION
ACTUALITÉS COMMUNALES
28 | LALUX Assurances
Anticiper, réagir, protéger : la stratégie cyber de LALUX
ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
DIGITAL ET INNOVATION
32 | Luxcontrol
Luxcontrol face au défi NIS2
34 | Telkea Group
Telkea Group : une expertise technologique au service
du secteur de la santé
38 | Fujitsu Luxembourg
IA durable : la vraie question n’est plus technologique
40 | Proximus Luxembourg
Proximus Luxembourg : l’atout d’un SOC local pour
protéger les communes
IMMOBILIER ET CONSTRUCTION
48 | Schroeder & Associés
Quand la santé redessine le territoire luxembourgeois
52 | Agence Immobilière Sociale
Gestion locative sociale : un accompagnement au service
des propriétaires
60 | Viessmann Luxembourg
Une approche holistique de la transition énergétique
62 | Ecotrel
Au cœur du recyclage des équipements électriques
et électroniques
64 | Ecobatterien
Un enjeu de collecte, de sécurité et de valorisation
ACTUALITÉS COMMUNALES
72 | Commune de Mondorf-les-Bains
Buergermeeschterdag Interviews
78 | Commune de Strassen
Strassen poursuit sa transformation
82 | Commune de Schuttrange
Schuttrange : un centre en pleine transformation,
entre héritage rural et ambition durable
92 | Commune de Frisange
Garantir santé, bien-être et résilience à Frisange
54 | TAFF
Bereit für den Sommer : TAFF sorgt
für saubere Außenflächen
6
INDEX
8 | ALAIN DICHTER
Directeur général
Servior
14 | LAHCEN BOUDHAIR
Head of Procurment
Compass Group
14 | STÉPHANIE EMEURY
Area Manager
Compass Group
16 | JÉRÔME PIN
Deputy CEO
Luxembourg Air Rescue
18 | FABIO SECCI
CEO
CMCM
18 | PATRIC DE WAHA
Chief Digital Officer
CMCM
18 | PIT VAN RIJSWIJCK
Chief Product Officer
CMCM
18 | LARA MARX
Chief Administrative
Officer
CMCM
20 | GEORGES WAGNER
Chargé de Direction
Association d’assurance
accident
20 | ELIO RERMAN
Chargé d’études
du service Prévention
Association d’assurance
accident
20 | JERRY FUSENIG
Inspecteur du service
Prévention
Association d’assurance
accident
22 | MARC JACOBY
Docteur
ArcelorMittal Luxembourg
7
26 | ANGÉLINE PRÉVOT
Administrateur délégué
GERI Management
32 | OLIVIER ANTOINE
Directeur technique des
services de cybersécurité
Luxcontrol
32 | DAVID COVELLI
Chargé de clientèle
Luxcontrol
32 | SÉBASTIEN WEILAND
Directeur des systèmes
d’information
Luxcontrol
34 | DAVID SANFILIPPO
Project Manager -
Software Engineer
Telkea Group
34 | OLIVIER PENIN
Directeur Sales, Marketing
& Solutions
Telkea Group
38 | DANIEL MEYER
Country Director
Fujitsu Luxembourg
40 | DAVID DE BARTOLO
Cyber Security Analyst
Proximus Luxembourg
48 | SÉBASTIEN KRIBS
Chef d’unité Project
Management
Schroeder & Associés
48 | JACQUES SEYWERT
Chef de service Bâtiments
et Ouvrages d’Art
Schroeder & Associés
52 | MICHEL MONTEIRO
Conseiller propriétaire
Agence Immobilière
Sociale
62 | ANDY MAXANT
Directeur
Ecotrel / Ecobatterien
78 | NICO PUNDEL
Bourgmestre
Administration
communale de Strassen
92 | ROGER BEISSEL
Bourgmestre
Administration
communale de Frisange
8
| COVERSTORY
DEN ALTER LIEWEN :
L’APPROCHE À 360° DE SERVIOR
Face au vieillissement de la population, SERVIOR innove sans cesse
son modèle d’accompagnement. Hébergement, maintien à domicile,
repas sur roues ou encore courts séjours : l’établissement déploie désormais
une offre globale et évolutive. Portée par une approche à
360°, cette stratégie vise à répondre aux besoins changeants des personnes
âgées tout au long de leur parcours de vie. Modernisation des
infrastructures, développement de nouveaux services et attention
portée au lien social illustrent cette ambition. Explications avec Alain
Dichter, directeur général.
Pouvez-vous revenir
sur la création de SERVIOR
et l’évolution de ses missions ?
SERVIOR a été créé par une loi en 1998,
avec un lancement effectif en janvier 1999.
À l’origine, nous avions pour mission de
reprendre la gestion de structures étatiques
existantes, souvent vieillissantes
Alain Dichter, directeur général
9
et peu adaptées aux standards actuels. Les
sites repris à l’époque présentaient des
niveaux de confort limités, ce qui a rapidement
conduit à un vaste programme
de modernisation, de restructuration et
de reconstruction. Au fil des années, des
décisions importantes ont été prises pour
améliorer la qualité des infrastructures :
certains sites ont été fermés, d’autres reconstruits
ou entièrement repensés. Dans
ce contexte il a été veillé à agrandir les
sites afin de faire face à l'évolution démographique;
ainsi SERVIOR a actuellement
le plaisir de pouvoir d'accueillir quelques
1950 aînés.
Aujourd’hui encore, cette dynamique se
poursuit. Des projets sont en cours, notamment
à Rumelange, Echternach, Bofferdange
ou à Dudelange, avec une volonté
constante de proposer des lieux de
vie modernes, adaptés aux besoins des
résidents et aux attentes des générations
futures.
Quels sont aujourd’hui les
principaux services proposés
par SERVIOR ?
Initialement centré sur l’hébergement,
nous avons progressivement élargi notre
offre afin de répondre à une diversité croissante
de besoins. Le service de repas sur
roues constitue aujourd’hui un pilier important.
Il couvre 63 communes, soit environ
70% du territoire luxembourgeois et
permet de livrer près de 1300 clients à domicile.
Ce service se distingue par son haut
niveau de personnalisation : les repas sont
adaptés aux régimes spécifiques, aux allergies
ou encore aux textures. Au-delà de
l’aspect alimentaire, ce service joue également
un rôle social. Dans certains cas, nos
équipes interviennent directement au domicile
des bénéficiaires, ce qui permet de
maintenir un lien humain et d’assurer une
forme de veille.
En parallèle, les structures d'hébergement,
que nous nommons plus communément
nos maisons des aînés offrent
un cadre de vie complet. Ceux-ci intègrent
soins, accompagnement quotidien,
activités et restauration. Ces lieux
sont pensés comme de véritables espaces
de vie, où les résidents conservent
leurs habitudes et leur autonomie autant
que possible.
Nous proposons également des foyers de
jour ainsi qu’un encadrement thérapeutique
diversifié. Nous collaborons également
avec des professionnels spécialisés
dans différents domaines (kinésithérapeute,
ergothérapeute, etc.). Pour assurer
l’ensemble de ces services et garantir le
suivi optimal de nos résidents et clients,
nous comptons sur le professionnalisme
de nos 2600 collaborateurs répartis sur
l’ensemble du territoire national.
Vous évoquez une approche à 360°.
Que recouvre-t-elle concrètement ?
L’approche à 360° vise à accompagner la
personne âgée à chaque étape de son parcours,
en proposant des solutions adaptées
à ses besoins, à son rythme et à son
évolution. Plutôt que de se limiter à un
seul type de prestation, nous développons
une offre globale incluant le maintien à
domicile, l’accueil en journée, l’hébergement
permanent et désormais les courts
séjours. Cette diversité permet d’orienter
chaque personne vers la solution la plus
appropriée, en fonction de sa situation.
Cette approche tient également compte
de la réalité des parcours de vie. Certaines
personnes peuvent rester longtemps à domicile,
tandis que d’autres auront besoin
d’un encadrement plus structuré. Les besoins
peuvent bien sûr aussi évoluer avec
le temps et nécessiter des ajustements
progressifs.
Les familles jouent également un rôle
central dans cet accompagnement. Les
décisions sont souvent prises en concertation
avec les proches, dont les attentes
peuvent différer de celles des bénéficiaires
eux-mêmes. SERVIOR accompagne
les familles et leurs proches dans cette
prise de décision.
L’approche à 360° vise
à accompagner la personne âgée
à chaque étape de son parcours,
en proposant des solutions
adaptées à ses besoins, à son
rythme et à son évolution
Le développement du soin
à domicile parmi les services que
vous proposez est relativement
récent. Quels en sont les enjeux ?
Nous avons lancé nos activités d'aide
et de soins à domicile en janvier 2024.
Ce service est actuellement en phase de
développement dans le nord et l'est du
pays. Après un démarrage avec une trentaine
de bénéficiaires, l’activité compte
aujourd’hui un peu plus de 70 personnes
régulièrement suivies. Il s’agit encore
d’une phase de croissance. Nous étudierons
des perspectives d’extension vers
d’autres régions.
Ce développement répond à une demande
croissante de maintien à domicile, mais
aussi à une volonté de compléter l’offre
existante. Il permet d’assurer une continuité
dans l’accompagnement, notamment
pour les personnes qui ne souhaitent
10
| COVERSTORY
pas ou ne peuvent pas intégrer immédiatement
une structure d’hébergement.
Ce service présente également un intérêt
organisationnel, notamment en matière
de gestion des ressources humaines. Il
ouvre de nouvelles perspectives pour nos
collaborateurs. Dans un contexte où le
recrutement constitue un défi majeur, la
fidélisation des équipes reste une priorité.
Vous mettez désormais l’accent
sur une nouvelle offre de courts
séjours. De quoi s’agit-il ?
Nous développons actuellement une offre
avec la ré-ouverture prochaine de notre
site Um Lauterbann à Niederkorn qui a
été en partie rénové, modernisé et repensé
pour offrir 60 chambres modernes et
confortables spécialement conçues pour
ce type d'accueil.
Ce nouveau dispositif repose sur un
concept entièrement dédié aux séjours
temporaires. Il s’adresse à différents profils
: personnes âgées dont les proches
s’absentent temporairement, aidants
ayant besoin de répit ou encore personnes
souhaitant tester la vie en structure avant
une éventuelle entrée définitive. Les logements
sont entièrement équipés, ce qui
permet un accueil simple et rapide. Les
bénéficiaires peuvent ainsi séjourner pour
une durée déterminée, dans un cadre sécurisé
et adapté. Ce modèle permet également
de répondre à des situations d’attente,
notamment lorsque des places ne
sont pas immédiatement disponibles dans
les structures souhaitées.
Comment SERVIOR intègre-t-il la
dimension humaine et sociale
dans ses services ?
La dimension humaine constitue un élément
central de notre approche. Nos maisons
sont pensées comme des lieux de vie
ouverts, qui favorisent les interactions et
le maintien du lien social. De nombreuses
activités sont proposées aux résidents,
en fonction de leurs capacités et de leurs
centres d’intérêt : ateliers, activités culturelles,
rencontres intergénérationnelles
ou encore événements thématiques. Nous
organisons également régulièrement des
sorties, excursions et même des voyages,
dont un groupe est récemment revenu
de Tenerife.
lien social et d’améliorer le bien-être des
personnes concernées.
Quels sont les principaux défis
à venir pour SERVIOR ?
Nous tenons à poursuivre notre développement
en nous adaptant aux évolutions
démographiques et aux attentes de
la population. La modernisation des infrastructures
reste un enjeu majeur, afin
de proposer des lieux de vie conformes
aux standards actuels et futurs. Le développement
des services à domicile et des
courts séjours s’inscrit également dans
cette dynamique d’adaptation.
Par ailleurs, la question des ressources humaines
demeure centrale. Attirer et fidéliser
des professionnels qualifiés constitue
un défi important pour SERVIOR et finalement
pour l'ensemble du secteur.
Les résidents sont également associés à la
vie des établissements, notamment à travers
les conseils de maisons ou les commissions
culinaires qui permettent de recueillir
leurs avis et d’adapter les services
proposés. L’organisation du quotidien
tient compte de cette volonté de préserver
l’autonomie et la liberté des personnes,
avec notamment une grande souplesse en
matière de visites ou d’accueil des familles.
Cette attention portée à la qualité de vie
se traduit aussi dans l’accompagnement
des situations d’isolement. L’intégration
en structure permet souvent de recréer du
Enfin, nous souhaitons continuer à renforcer
notre ancrage local, en collaboration
avec les communes et les différents
acteurs du territoire. L’objectif est de proposer
des services de qualité, en lien avec
les besoins des populations.
SERVIOR
Direction et administration générale
1, Plateau du Rham
Bâtiment 1 Ermesinde
L-2427 Luxembourg
www.servior.lu
12
| SÉCURITÉ & SANTÉ
RESTOPOLIS : UN PARTENAIRE
STRATÉGIQUE DES COMMUNES
AU CŒUR DE LA RESTAURATION
SCOLAIRE ET COLLECTIVE
PAR ARMAND D'ANTONIO
Au Luxembourg, Restopolis, placé sous la tutelle du ministère de
l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, accompagne
les communes dans une mission essentielle : garantir une alimentation
saine, accessible et éducative à des milliers d’élèves chaque
jour. Bien au-delà du simple repas, la restauration scolaire et collective
s’impose comme un levier stratégique pour l’équité sociale,
la santé publique et le développement durable, au cœur des
politiques communales.
Au Luxembourg, Restopolis s’affirme
comme un partenaire incontournable
des communes dans la mise en œuvre de
leurs politiques publiques locales. À travers
la gestion de la restauration scolaire
et des structures d’accueil, l’organisme
contribue directement à la qualité de vie
des habitants et au bon fonctionnement
des services communaux. Chaque jour, ce
sont des milliers d’enfants qui bénéficient
d’un encadrement alimentaire structuré,
pensé en étroite collaboration avec les
acteurs locaux.
Pour les communes, la restauration scolaire
représente un enjeu stratégique. Elle
ne se limite pas à une simple prestation
de service, mais constitue un véritable
outil d’équité sociale. En garantissant à
chaque enfant un accès à un repas équilibré,
quelles que soient les contraintes
familiales, les communes affirment leur
rôle de protectrices du bien-être collectif.
Cette mission s’inscrit pleinement dans
une vision globale du service public, à la
croisée de l’éducation, de la santé et de la
cohésion sociale.
Dans un contexte de croissance démographique
et d’évolution des besoins, les
communes doivent adapter en permanence
leurs infrastructures. La création de
nouvelles écoles, de maisons relais et d’espaces
d’accueil implique une organisation
rigoureuse de la restauration. Restopolis
apporte ici une réponse professionnelle et
structurée, permettant aux communes de
s’appuyer sur un partenaire fiable, capable
d’accompagner leur développement tout
en maintenant un haut niveau de qualité.
13
Au-delà de l’organisation, la restauration
scolaire joue également un rôle éducatif
fondamental. Les communes, à travers
ce service, participent activement à la
transmission de valeurs essentielles telles
que l’équilibre alimentaire, le respect des
produits et la sensibilisation au gaspillage.
Les repas deviennent ainsi un prolongement
du projet éducatif communal,
contribuant à former des citoyens responsables
et conscients des enjeux de société.
La qualité nutritionnelle des repas constitue
un autre enjeu majeur pour les communes.
Une alimentation équilibrée favorise
la concentration, le bien-être et la
réussite scolaire des élèves. En investissant
dans une restauration de qualité, les
communes agissent directement sur la
santé publique et sur les conditions d’apprentissage
des jeunes générations, avec
des effets durables à long terme.
L’engagement environnemental est également
au cœur des préoccupations
communales. En collaboration avec Restopolis,
les communes peuvent intégrer
des pratiques durables dans la gestion
de la restauration collective : réduction
du gaspillage alimentaire, valorisation
des circuits courts, utilisation de produits
de saison. Ces actions s’inscrivent
pleinement dans les objectifs du Pacte
Climat et dans les stratégies locales de
transition écologique.
Par ailleurs, les espaces de restauration
constituent de véritables lieux de vie au
sein des communes. Ils favorisent la socialisation,
le vivre-ensemble et l’intégration,
en réunissant chaque jour des
enfants issus de milieux et de cultures
variés. Le temps du repas devient un moment
structurant, propice aux échanges et
à la construction du lien social, particulièrement
important dans un pays multiculturel
comme le Luxembourg.
Enfin, Restopolis permet aux communes
de se concentrer sur leur cœur de mission,
en leur apportant une expertise, une stabilité
et une qualité de service reconnues.
Cette collaboration renforce l’efficacité
des politiques locales et contribue à structurer
un modèle communal performant,
au service des citoyens.
Ainsi, au Luxembourg, la restauration scolaire
et collective, portée par Restopolis,
s’impose comme une infrastructure essentielle,
à la croisée des enjeux éducatifs,
sociaux et environnementaux. Un pilier
discret mais fondamental, qui participe
activement à la construction des communes
de demain.
14
| SÉCURITÉ & SANTÉ
LA RESTAURATION SCOLAIRE AU
CŒUR DU BIEN-ÊTRE DES ENFANTS
Bien plus qu’un simple service
de repas, la restauration collective
joue aujourd’hui un rôle
clé dans la santé, l’éducation et
le bien-être des convives, notamment
des enfants. À travers
une alimentation équilibrée,
locale et adaptée aux besoins
spécifiques, Compass Group fait
du repas un véritable moment
d’apprentissage et de sérénité.
Entre lutte contre le gaspillage,
diversité culinaire et proximité
humaine, l’entreprise réinvente
le restaurant comme un espace
éducatif et responsable. Lahcen
Boudhair et Stéphanie Emeury,
respectivement Head of Procurement
et Area Manager.
Lahcen Boudhair et Stéphanie Emeury
15
Nourrir, mais aussi éduquer
Dans la restauration collective, la mission
de l’entreprise dépasse largement la simple
préparation de repas : « Aujourd’hui, ce
que nous mettons dans l’assiette est hyper
important. Nous contribuons en effet à la
bonne santé des salariés, mais aussi des
élèves qui fréquentent les restaurants que
nous gérons », explique Lahcen Boudhair,
Head of Procurement.
C’est d’autant plus primordial dans le milieu
scolaire puisque la restauration collective
joue un rôle qui va bien au-delà
de l’équilibre alimentaire. Chez Eurest, la
société de restauration collective de Compass
Group, l’objectif est aussi de contribuer
au bien-être et à l’éducation alimentaire
des enfants. « Sur les sites scolaires
que nous gérons, nos équipes veillent à
proposer une alimentation variée, équilibrée
et adaptée aux besoins nutritionnels
des élèves, tout en intégrant une dimension
pédagogique. Les enfants ont alors
l’occasion de découvrir des saveurs nouvelles,
des produits de saison, des cuisines
venues d’ailleurs, dans un cadre pensé
pour faire du repas un moment agréable.
Nous nourrissons le ventre, mais également
l’esprit », déclare Stéphanie Emeury,
Area Manager.
Cette vision traduit une réalité : la pause
de midi est aujourd’hui considérée comme
un véritable temps de détente, participant
à l’équilibre physique et mental des
enfants. Issue de la crise sanitaire, la relation
entre alimentation, bien-être et santé
mentale s’est imposée comme un enjeu
central. Une assiette équilibrée peut en
effet influencer l’humeur, la concentration
ou la gestion du stress. « L’alimentation
joue un rôle bien plus large que la
seule dimension nutritionnelle », souligne
Stéphanie Emeury. Ainsi, la restauration
scolaire chez Eurest ne se limite plus à un
simple temps de repas : la pause de midi
devient un moment repère du quotidien,
contribuant à l’équilibre global des enfants.
« Proposer des repas adaptés, dans
un cadre serein, permet d’installer une
pause réellement bénéfique », ajoute-t-elle.
Une restauration
tournée vers le local
L’une des priorités affichées par Eurest
est de privilégier les produits frais et les
approvisionnements locaux dans la mesure
du possible. Fruits, légumes, viandes
ou produits laitiers : le groupe favorise
les circuits courts et cherche à limiter les
intermédiaires afin de garantir qualité et
traçabilité. « Nous souhaitons raccourcir
la chaîne entre le producteur et le
consommateur. Dès qu’un produit local de
qualité est disponible, il est prioritaire »,
déclare-t-il.
Cette démarche répond à une triple exigence
: proposer une alimentation plus
durable soutenir l’économie locale et limiter
l’impact carbone des transports.
Elle permet également de mieux maîtriser
la qualité des produits et leur impact
environnemental. La question du « bien
manger » s’accompagne aussi d’une adaptation
constante des menus aux nouvelles
habitudes alimentaires. Plats végétariens,
légumineuses, cuisines du monde : les
équipes d'Eurest développent des recettes
attractives pour répondre aux attentes des
convives, petits et grands.
Dans les écoles internationales notamment,
cette diversité est devenue incontournable
pour éveiller les papilles. « Les
enfants sont curieux, ils ont besoin de
découvrir des goûts différents. Cette ouverture
culinaire participe pleinement
à l’éducation alimentaire et à l’acceptation
progressive d’une alimentation plus
variée », explique Stéphanie Emeury.
Répondre aux besoins
spécifiques des enfants
Autre enjeu majeur : la prise en charge
des allergies et des régimes alimentaires
particuliers. Dans les établissements scolaires,
la gestion des PAI (projets d’accueil
individualisés) fait partie intégrante des
équipes Eurest. « Nos équipes sont formées
pour proposer des repas adaptés à
chaque enfant, en respectant strictement
les restrictions alimentaires, sans pour autant
négliger la qualité ni la présentation
des plats. Ce n’est pas parce qu’un enfant
est allergique au gluten qu’il aura un repas
bâclé », rappelle-t-elle. L’objectif est
de garantir sécurité alimentaire, équilibre
nutritionnel et plaisir de manger, quelles
que soient les contraintes.
Cette exigence mobilise à la fois les
équipes en cuisine, les acheteurs et les
diététiciennes qui contrôlent la composition
des menus et veillent à la
bonne circulation des informations sur
les allergènes.
Réduire le gaspillage
La lutte contre le gaspillage alimentaire
constitue un autre pilier fort de la stratégie
du groupe. « Pour mieux mesurer les
pertes et agir efficacement, nous nous
appuyons notamment sur la technologie
Winnow, une balance connectée qui
permet de peser et d’analyser les déchets
alimentaires », explique Lahcen
Boudhair. Ce faisant, les restes de production,
les invendus et les retours d’assiettes
sont suivis avec précision afin
d’identifier les pistes d’amélioration.
Cette démarche permet d’ajuster les portions,
de repenser certaines recettes et de
sensibiliser les convives.
« Réduire les déchets, ce n’est pas seulement
produire moins, c’est aussi produire
mieux », souligne Stéphanie Emeury. Dans
certains établissements, les invendus sont
également redistribués à des associations
caritatives : une initiative qui donne une
dimension solidaire à la gestion des surplus
et permet de sensibiliser les enfants à
la valeur de la nourriture.
Une ambition qui dépasse
les murs de l’école
Cette philosophie du « bien manger » ne
s’arrête pas aux portes des restaurants
scolaires. Compass Group déploie la même
exigence de compréhension des besoins
et de qualité dans son service de repas
sur roues destiné aux aînés. Un dispositif
qui assure à des personnes souvent isolées
un repas équilibré et un lien humain
quotidien. Le groupe nourrit une ambition
claire : étendre progressivement ces
services à l’ensemble du territoire luxembourgeois,
pour que chaque convive, quel
que soit son âge ou sa situation, puisse
bénéficier d’une restauration saine, équilibrée
et vivante.
Compass Group
1-5, rue de l'Innovation
L-1896 Kockelscheuer
www.compass.lu
16
| SÉCURITÉ & SANTÉ
LUXEMBOURG AIR RESCUE
FACE AUX CRISES
Depuis près de quarante ans, Luxembourg Air Rescue s’impose
comme un acteur clé du secours aérien européen. Face aux crises
géopolitiques, sanitaires et climatiques, l’organisation renforce ses
capacités pour garantir, 24h/24, des missions médicales rapides, souveraines
et transfrontalières au service des populations. Explications
avec Jérôme Pin, Chief Operations Officer Fixed-Wing et Deputy CEO.
Pouvez-vous présenter brièvement
Luxembourg Air Rescue ?
Luxembourg Air Rescue est une organisation
emblématique du paysage luxembourgeois.
Créée en 1988 par René Closter pour
répondre aux besoins de sauvetage aérien
et d’assistance médicale au Grand-Duché,
elle s’est développée au fil des décennies
pour devenir un acteur de référence du secours
héliporté dans la Grande Région, du
transport médical aérien et de la gestion
de situations d’urgence complexes à l’international.
Sa mission est de sauver des vies, 24h/24,
en assurant des interventions médicales
rapides, sûres et de haute qualité. LAR
s’appuie sur des équipages hautement
qualifiés, des moyens aériens médicalisés
de pointe et une culture de sécurité et de
service public très fortement ancrée.
Comment le rôle de Luxembourg
Air Rescue a-t-il évolué face
aux nouvelles crises géopolitiques
et climatiques en Europe ?
Les crises géopolitiques, sanitaires et
climatiques ont profondément modifié
notre environnement opérationnel.
Nous intervenons désormais dans un
contexte plus instable, marqué par des
fermetures d’espaces aériens, des événements
climatiques extrêmes et de fortes
perturbations logistiques.
Des routes autrefois standards sont
aujourd’hui fermées ou fortement
contraintes, ce qui impose des détours importants
et une réévaluation permanente
des itinéraires, parfois plusieurs fois par
jour. Face à ces évolutions, LAR a renforcé
ses capacités d’anticipation, de coordination
et de gestion du risque afin de garantir
la continuité des missions médicales,
même lorsque l’environnement aérien devient
particulièrement instable.
En quoi le sauvetage aérien est-il
aujourd’hui un enjeu stratégique
de résilience pour le Luxembourg
et la Grande Région ?
Dans un espace transfrontalier où patients,
hôpitaux et spécialistes sont répartis
entre le Luxembourg, la Belgique, la
France et l’Allemagne, le sauvetage aérien
permet de relier rapidement les maillons
critiques du système de soins lorsque
chaque minute compte.
Il constitue une capacité de continuité
indispensable pour maintenir l’accès aux
soins spécialisés et absorber les situations
de crise à l’échelle de toute la Grande Région.
La pandémie de Covid19 en a été une
illustration concrète, lorsque nos hélicoptères
ont permis de transférer des patients
du Grand Est saturé vers le Luxembourg et
l’Allemagne.
Quel rôle joue la coopération
transfrontalière dans l’efficacité
des missions de secours aérien ?
La coopération transfrontalière est essentielle,
car les urgences médicales ne s’arrêtent
pas aux frontières administratives.
LAR est pleinement intégrée dans cette
logique européenne de coopération.
Nous opérons depuis plus de 20 ans une
base héliportée au Findel dédiée aux missions
vers la Sarre et la Rhénanie-Palatinat,
assurons depuis 2007 des transports
d’organes pour le compte d’hôpitaux français,
et exploitons depuis l’an dernier une
base héliportée en Belgique, opérationnelle
24h/24. Nos services de secours et
de rapatriements aériens sont d’ailleurs
enregistrés dans le mécanisme européen
de protection civile.
Pourquoi est-il important pour
l’Europe de conserver des capacités
de sauvetage aérien autonomes
et souveraines ?
Les crises successives ont démontré l’importance
de disposer de capacités de sauvetage
aérien disponibles, fiables et immédiatement
mobilisables. Le sauvetage
aérien fait partie des infrastructures critiques
qui garantissent la continuité des
soins et la protection des citoyens, même
dans des contextes fortement dégradés.
Cette succession de crises met en évidence
une réalité préoccupante : le court‐termisme
persistant du monde politique et
des autorités en matière de capacités critiques.
Lors de la crise Ebola, les premiers
patients européens ont dû être évacués
par une compagnie aérienne américaine,
faute de moyens civiles européens disponibles.
Face à cette défaillance et sur
demande des autorités européennes, LAR
avec le soutien du gouvernement luxembourgeois
a pris ses responsabilités en développant
en un temps record un module
spécialisé et en formant ses équipages.
Une fois la crise passée, nous avons sollicité
un soutien européen pour financer
des formations annuelles et garantir le
maintien opérationnel de cette capacité
essentielle. Cette demande a été refusée.
Le même scénario s’est répété : le module
a néanmoins été réactivé de manière autonome
lors de la pandémie de Covid‐19,
avec satisfaction unanime des autorités,
avant que de nouvelles demandes de soutien
ne restent, une nouvelle fois, sans
suite.
Plus récemment encore, ce dispositif a dû
être mobilisé avec succès lors d’une crise
infectieuse à bord du navire MV Hondius,
liée à l’Hantavirus. À chaque crise, les ca-
17
Jérôme Pin
pacités sont saluées lorsqu’elles sont disponibles,
puis oubliées dès que l’attention
médiatique retombe. À LAR, nous avons
fait un autre choix : celui d’une vision
claire, responsable et de long terme, car
ce sont précisément ces capacités qui font
la différence lorsque la prochaine crise
survient, et non les intentions affichées
après coup.
Quelle valeur le corporate
membership apporte-t-il
aux entreprises ?
Le corporate membership permet aux entreprises
d’associer leur engagement à une
mission d’utilité publique essentielle, tout
en apportant une valeur concrète à leurs
collaborateurs. En soutenant Luxembourg
Air Rescue, elles traduisent leurs engagements
ESG en actions tangibles, notamment
sur le pilier social.
Cet engagement constitue également un
levier d’attractivité et de rétention des
talents, en offrant une protection rassurante
en cas d’urgence médicale à l’étranger,
tout en renforçant le sentiment de
sens et de fierté d’appartenance au sein
des équipes.
Comment Luxembourg Air Rescue
envisage-t-il l’évolution de ses
missions et de ses partenariats
avec les entreprises ?
Nous privilégions des partenariats durables,
fondés sur des valeurs partagées
plutôt que sur des approches ponctuelles
ou purement transactionnelles. Les entreprises
recherchent aujourd’hui des engagements
crédibles, utiles et ancrés localement.
La mission et les activités de LAR répondent
pleinement à cette attente, en
offrant aux entreprises l’opportunité de
s’engager de manière concrète dans un
projet à fort impact sociétal.
Quels sont les autres prochains
grands défis ou projets ?
Nous arrivons au terme de notre cycle stratégique
2023-2027, au cours duquel nous
aurons entièrement renouvelé notre flotte
héliportée de sauvetage aérien avec l’acquisition
de six hélicoptères H145 d’Airbus.
Nous sommes également devenus l’un des
leaders mondiaux du rapatriement médical
longcourrier, grâce à la mise en service
de deux Bombardier Challenger 605 et en
digitalisant l’ensemble de nos opérations.
Parallèlement, nous avons inauguré au
Findel la LAR Academy, dotée notamment
d’une salle de formation immersive 3D. Au
total, près de 60 millions d’euros ont été
investis sur les 5 dernières années. Nous
entamons désormais la réflexion stratégique
pour les 3 à 5 prochaines années,
avec une ambition inchangée : être prêts,
à tout moment, à faire face aux situations
les plus critiques pour sauver des vies et
venir en aide aux personnes en détresse.
Luxembourg Air Rescue
Luxembourg Airport Gate E13
L-1110 Findel
www.lar.lu
18
| SÉCURITÉ & SANTÉ
« FAIRE ÉVOLUER LA CMCM
TOUT EN RESTANT FIDÈLES
À NOS VALEURS »
Avec près de 300.000 personnes couvertes au Luxembourg, la CMCM
poursuit sa transformation : nouvelle gouvernance, digitalisation
des services, modernisation de l’offre, communication tournée vers
les jeunes et amélioration continue de l’expérience membre. Derrière
cette évolution, une équipe de direction renouvelée, soudée
autour d’une même volonté : faire évoluer l’institution tout en restant
fidèle à son ADN. Explications avec Fabio Secci, CEO, Patric de
Waha, Chief Digital Officer, Pit van Rijswijck, Chief Product Officer
et Lara Marx, Chief Administrative Officer.
Une gouvernance renforcée
et structurée
Depuis plusieurs mois, la CMCM a engagé
un important travail de structuration
interne. Pour Fabio Secci, CEO, cette évolution
constitue un tournant majeur dans
l’histoire récente de l’institution. « C’est
la première fois où cet exercice de gouvernance
a vraiment été fait de façon forte et
complète », explique-t-il.
Le nouveau comité de direction fonctionne
désormais en étroite collaboration
avec un conseil d’administration élu en
juin 2024. Ses objectifs ? Clarifier les rôles,
renforcer la transparence et professionnaliser
davantage le fonctionnement de la
mutualité. « Nous avons défini ensemble
un règlement d’ordre interne qui régit le
fonctionnement du conseil d’administration,
de la direction et des interactions
entre les deux. Tout ce qui est réglé et écrit
laisse moins d’espace aux conflits ou aux
interprétations », souligne Fabio Secci.
Le conseil d’administration s’est également
doté de six commissions spécialisées
: finances, ressources humaines, rémunération
et nomination, informatique,
stratégie/marketing/communication et
statuts. « C’est une manière d’impliquer
davantage les administrateurs dans les
réflexions stratégiques et de préparer les
décisions en amont », poursuit-il.
Cette nouvelle organisation vise aussi à
sécuriser la gestion d’une structure quasiment
incontournable dans le paysage
médico-social luxembourgeois. Avec un
chiffre d’affaires de 110 millions d’euros
et plus de 80 salariés, la CMCM entend
consolider son développement sur des
bases solides.
Une digitalisation pour simplifier
la vie des membres et des
collaborateurs
Autre chantier de taille : la transformation
numérique. Arrivé il y a un an au sein de
la CMCM, Patric de Waha, Chief Digital
Officer pilote cette modernisation avec
une idée simple : réduire au maximum la
charge administrative pour les membres.
« Les personnes affiliées viennent chez
nous parce qu’elles ont un problème de
santé. Leur priorité n’est pas l’administratif.
Notre rôle, c’est justement de leur
simplifier cela », résume-t-il.
Cette stratégie repose sur plusieurs axes.
Le premier concerne la refonte des outils
digitaux destinés aux membres, à commencer
par le site internet et surtout la
nouvelle application MyCMCM que nous
avons lancé cette année et qui est disponible
en téléchargement. Développée entièrement
« from scratch », l’application
permettra notamment de transmettre des
factures via une simple photo, tout en
offrant un suivi plus fluide et rapide des
remboursements. Ergonomie, accessibilité
et simplicité d’utilisation ont été placées
au centre du projet. « Notre objectif était
de créer un outil réellement pensé pour
les utilisateurs, y compris les personnes
âgées ou ayant des difficultés visuelles »,
explique Patric de Waha.
Avant son lancement officiel, l’application
a déjà été testée par plusieurs centaines de
membres via une phase pilote de manière
à ajuster les derniers détails avant un déploiement
plus large. Mais la digitalisation
ne concerne pas uniquement la partie
visible pour les affiliés. En interne aussi,
les processus évoluent afin d’améliorer les
délais de traitement. « Nous travaillons
énormément sur l’administration invisible,
tout ce que le membre ne voit pas
mais qui permet un remboursement plus
rapide et plus efficace », précise Pit van
Rijswijck, Chief Product Officer.
L’intelligence artificielle fait également
partie des réflexions en cours. La CMCM
développe notamment des outils capables
de classifier automatiquement les documents
transmis et d’extraire certaines
informations utiles au traitement des dossiers.
« Le but n’est pas de remplacer les
personnes, mais de supprimer les tâches
répétitives et chronophages pour permettre
aux équipes de se concentrer sur
des missions à plus forte valeur ajoutée »,
insiste le Chief Digital Officer.
Réaffirmer les valeurs
de la mutualité
Au-delà des outils et des processus, la
CMCM souhaite aussi remettre au centre
le concept même de mutualité, parfois
méconnu des plus jeunes générations.
Pour Lara Marx, Chief Administrative Offi-
19
cer, la communication joue un rôle essentiel
dans cette démarche.
« Notre premier objectif est de communiquer
de manière transparente sur ce
que nous remboursons et sur ce à quoi
nos membres ont droit », explique-t-elle.
Contrairement aux assureurs commerciaux,
la mutualité repose sur un principe
de solidarité collective : pas de questionnaire
médical, pas de sélection liée à l’âge
ou à l’état de santé et une cotisation familiale
identique pour tous. « L’excédent
que nous réalisons est réinvesti dans
les prestations pour nos membres. C’est
cela, le principe mutualiste », rappelle-telle.
À l’occasion de ses 70 ans, la CMCM
souhaite justement remettre cette notion
au cœur du débat public. Une campagne
commune avec les autres mutualités
luxembourgeoises devrait être lancée à
l’automne afin de sensibiliser davantage la
population, et notamment les jeunes. La
stratégie de communication évolue également
dans sa forme. Désormais, la CMCM
mise davantage sur des ambassadeurs et
des témoignages concrets. « C’est plus
crédible lorsque ce sont les membres euxmêmes
qui parlent de leur expérience »,
estime Lara Marx. Cette nouvelle approche
se traduit notamment par des
contenus plus dynamiques sur les réseaux
sociaux et des campagnes adaptées à un
public plus jeune.
L’importance
de l’expérience membre
L’amélioration continue de l’expérience
membre constitue un autre axe fort de
la stratégie actuelle. Enquêtes de satisfaction,
analyse des plaintes, adaptation
des processus : la CMCM cherche à mieux
comprendre les attentes de ses affiliés
pour ajuster ses services. « Lorsque nous
identifions un problème récurrent, nous
remettons les processus en question et
adaptons notre manière de fonctionner »,
explique Lara Marx.
Cette logique d’amélioration continue
s’étend également aux conditions de travail
des collaborateurs. La mutualité envisage
aujourd’hui l’obtention d’un label
RSE/ESR afin de valoriser ses engagements
en matière de responsabilité sociétale et
de qualité de vie au travail. Le bâtiment
moderne inauguré ces dernières années
participe aussi à cette volonté d’offrir un
environnement plus agréable, tant pour
les équipes que pour les membres.
Une vision tournée vers l’avenir
Enfin, la CMCM réfléchit déjà aux défis
des prochaines années. Parmi eux :
l’évolution de son offre de produits et
la nécessité de rester attractive pour les
jeunes générations. Pit van Rijswijck
évoque notamment une simplification
future des couvertures et des statuts, parfois
jugés trop complexes aujourd’hui : «
Nous voulons une offre plus lisible pour
les membres et plus simple à gérer en
interne », explique-t-il.
L’objectif est double : proposer des formules
adaptées aux jeunes ou aux personnes
disposant de budgets plus limités,
tout en maintenant des couvertures très
complètes pour les affiliés qui le souhaitent.
Malgré les transformations en
cours, une ligne directrice demeure inchangée
: préserver l’identité mutualiste
de la CMCM. En somme, il s’agit de « faire
évoluer la CMCM tout en restant fidèles à
nos valeurs », conclut Lara Marx.
Caisse Médico-Complémentaire
Mutualiste
32-34, rue de Hollerich
L-1740 Gare Luxembourg
www.cmcm.lu
Fabio Secci, Pit van Rijswijck, Patric de Waha et Lara Marx
20
| SÉCURITÉ & SANTÉ
TOUS ENGAGÉS POUR UNE
CULTURE DE PRÉVENTION
Institution de la Sécurité sociale, l’Association d’assurance accident
(AAA) intervient à la fois en amont, par la prévention des risques
professionnels et en aval, via l’indemnisation des assurés lorsqu’un
accident ou une maladie liée au travail survient. Un double rôle
rappelé par ses représentants, Georges Wagner, Chargé de Direction,
Elio Rerman, Chargé d’études du service Prévention et Jerry
Fusenig, Inspecteur du service Prévention.
prenons en charge les conséquences financières
et humaines pour les assurés
concernés, qu’il s’agisse d’une perte de
revenu ou d’une incapacité temporaire ou
durable », poursuit-il.
VISION ZERO : structurer
la prévention au Luxembourg
Le double rôle de l’AAA
Prévenir les accidents du travail et accompagner
leurs conséquences : c’est sur ce
double pilier que repose l’action de l’AAA.
« Notre première mission est la prévention
des accidents du travail, des accidents de
trajet et des maladies professionnelles.
Cela passe par des campagnes de sensibilisation,
des actions de communication,
mais aussi par des formations directement
proposées aux entreprises et aux acteurs
publics, notamment les communes. Notre
service de prévention accompagne ainsi
les employeurs dans la mise en place
de mesures concrètes visant à réduire
les risques au quotidien. L’objectif est de
diffuser une culture de la sécurité qui dépasse
le simple respect des obligations légales
», explique Georges Wagner, Chargé
de Direction. « En parallèle, nous assurons
une mission d’indemnisation. Lorsqu’un
accident du travail, de trajet ou une maladie
professionnelle est reconnu, nous
La campagne VISION ZERO est aujourd’hui
l’un des axes majeurs de la politique
de prévention portée par l’AAA. Inspirée
d’une initiative internationale, elle
a été introduite au Luxembourg en 2016
avant d’être progressivement déployée à
travers des campagnes de sensibilisation
régulières. En 2022, elle franchit un cap
important en étant adoptée comme stratégie
nationale de prévention. « L’idée de
VISION ZERO, c’est d’aller vers zéro accident,
même si cet objectif est évidemment
Jerry Fusenig, Georges Wagner et Elio Rerman
21
utopique. Le but est surtout de réduire au
maximum les accidents graves et mortels »,
affirme Elio Rerman, Chargé d’études du
service Prévention. Derrière le slogan, la
philosophie est claire : installer durablement
une culture de prévention dans les
entreprises comme dans le secteur public.
Cette stratégie ne se limite pas à la sécurité
au sens strict. Elle englobe désormais la
santé au travail et, plus récemment, la dimension
du bien-être, mise en avant lors
du dernier Forum SST de l’AAA.
Au cœur du dispositif, les « sept règles d'or
de la VISION ZERO » constituent un cadre
de référence destiné principalement aux
directions d’entreprises et aux responsables
du secteur communal. Ces engagements
visent à structurer la gestion de la
sécurité et à ancrer la prévention dans le
fonctionnement quotidien des organisations.
Pour l’AAA, tout repose sur un principe
clé : le leadership. Sans implication
claire et visible de la direction, la culture
de prévention peine à se diffuser jusqu’au
terrain. « Le premier engagement est celui
du leadership. Il est essentiel, car il permet
aux équipes de constater que la direction
est réellement impliquée dans la sécurité
et la santé au travail », souligne encore
Georges Wagner.
Cette logique s’applique particulièrement
au secteur communal, où la diversité des
métiers expose les agents à une large variété
de risques : travail en extérieur, engins,
électricité, voirie ou encore maintenance
technique. Dans ce contexte, la prévention
ne peut être fragmentée. « L’important est
la cohérence de l’ensemble. Les règles
de prévention ne doivent pas être appliquées
isolément, mais comme un système
global », précise Jerry Fusenig, Inspecteur
du service Prévention. Si certains
risques, comme les risques psychosociaux,
prennent aujourd’hui une importance
croissante, l’association insiste toutefois
sur la nécessité de ne pas hiérarchiser artificiellement
les dangers. Tous doivent être
pris en compte dans une logique globale
de prévention.
Un risque encore sous-estimé
Parmi les risques professionnels encore
trop souvent minimisés, les accidents de
trajet occupent pourtant une place importante
au Luxembourg. Pour mieux sensibiliser
les employeurs et les communes à
cette problématique, l'AAA, en collaboration
avec différents partenaires, a récemment
lancé une campagne intitulée
« Sécurité routière au travail », déclinée
autour de sept engagements sur le modèle
de la stratégie VISION ZERO.
L’objectif est de rappeler que les risques
liés à la circulation font pleinement partie
de la prévention au travail. « Le trajet
représente environ 20% des accidents que
nous enregistrons au Luxembourg, soit
près de 3.000 accidents par an. Beaucoup
d’entreprises pensent parfois qu’elles
ne peuvent pas agir sur ce risque, alors
qu’elles disposent pourtant d’un véritable
levier de sensibilisation et de prévention »,
explique Elio Rerman. L’AAA insiste sur
la responsabilité des employeurs, notamment
en ce qui concerne l’état technique
des véhicules ou l’organisation des déplacements,
surtout dans les communes où
les agents utilisent régulièrement des véhicules
de service. La prévention du risque
d’accident de trajet passe aussi par des
actions simples : rappeler l’importance
des pneus d’hiver, vérifier l’éclairage des
véhicules ou sensibiliser les agents aux
distractions sur la route.
Au-delà de l’enjeu humain, les accidents
de trajet représentent également un coût
important pour les employeurs. Un accident
sur deux entraîne en effet une incapacité
de travail de plus de trois jours,
avec un impact direct sur l’absentéisme et
l’organisation des services.
La prévention par la formation
Au-delà des campagnes de sensibilisation,
la prévention repose aussi sur un volet
très concret : la formation. Pour le secteur
communal, les besoins identifiés par
l’AAA sont globalement similaires à ceux
du secteur privé, mais avec une diversité
de métiers particulièrement large. Habilitation
électrique, conduite d’engins, travaux
en hauteur, échafaudages ou encore
sécurité dans les espaces verts : les formations
couvrent un spectre étendu, directement
lié aux réalités opérationnelles
des communes. « Nous avons au total une
soixantaine de modules qui sont proposés,
allant des engins de chantier utilisés
dans les ateliers communaux aux formations
de préparation à l’habilitation électrique
nécessaires lors d’interventions sur
des réseaux électriques ou sur l’éclairage
public » explique Elio Rerman.
Ces modules s’appuient sur les recommandations
de prévention élaborées par
l’AAA, qui servent de cadre de référence
pour les responsables sécurité. Ils constituent
en quelque sorte un recueil de
bonnes pratiques permettant de traduire
les exigences légales en mesures concrètes
sur le terrain. Elles sont ensuite déclinées
en formations adaptées aux différents
métiers. « Il y a toujours un lien entre nos
recommandations et les formations proposées.
L’objectif est d’accompagner les
communes dans la mise en œuvre effective
de la prévention, en tenant compte de
leurs spécificités », ajoute Jerry Fusenig.
Le bien-être, nouveau pilier
de la prévention
Chaque année, l’AAA organise son Forum
Sécurité-Santé au Travail, devenu au fil
des éditions un rendez-vous incontournable
pour les acteurs de la prévention
au Luxembourg et dans la Grande Région.
L’objectif est de rassembler entreprises,
institutions publiques et professionnels
du secteur autour des dernières tendances
en matière de sécurité, de santé et, désormais,
de bien-être au travail.
Cette année, le bien-être au travail a justement
occupé une place plus importante
dans les échanges. Si le sujet existait déjà
auparavant, il est aujourd’hui davantage
intégré aux réflexions sur la prévention.
« Jusqu’à présent, on ne liait pas forcément
le bien-être à la sécurité et à la santé
au travail. Pourtant, si les gens se sentent
bien au travail, il y a moins d’absences et
moins de départs », conclut Georges Wagner.
Pour l’AAA, les entreprises et les
communes prennent progressivement
conscience de l’importance de ces enjeux,
même si beaucoup cherchent encore comment
les aborder concrètement. L’institution
entend donc renforcer son rôle de
conseil et d’accompagnement dans les années
à venir.
Association d’assurance accident
4, rue Mercier
L-2144 Luxembourg
www.aaa.lu
www.visionzero.lu
22
| SÉCURITÉ & SANTÉ
SANTÉ, BIEN-ÊTRE
ET PERFORMANCE : UN LEVIER
STRATÉGIQUE POUR L’ENTREPRISE
Dans un contexte où la santé
des collaborateurs s’impose
comme un levier stratégique
majeur pour les entreprises, le
service de santé au travail d’ArcelorMittal
au Luxembourg se
positionne comme un acteur
de référence, fort d’une longue
tradition d’innovation et d’expertise.
Entretien avec Marc
Jacoby, médecin spécialiste en
santé au travail au sein d'ArcelorMittal
Luxembourg.
Dans un contexte où la santé
des collaborateurs devient
un enjeu stratégique, comment
se positionne votre service ?
ArcelorMittal, anciennement ARBED, est
historiquement un pionnier de la santé au
travail au Luxembourg. Bien avant l’existence
d’un cadre réglementaire national,
notre entreprise disposait déjà d’un
service structuré de médecine du travail.
Nous avons également été précurseurs
dans le développement d’études ergonomiques.
Cette culture de prévention et
d’innovation est profondément ancrée
dans notre ADN, et elle continue aujourd’hui
de guider nos actions.
La santé mentale occupe
désormais une place centrale dans
les entreprises. Comment abordezvous
ce sujet ?
Marc Jacoby
Effectivement, depuis plus d’une décennie,
la santé mentale est devenue une
priorité majeure. Nous évoluons dans un
monde passé du modèle VUCA (volatile,
incertain, complexe, ambigu) à un monde
BANI (fragile, anxieux, non linéaire, incompréhensible).
Cette transformation
augmente significativement les risques de
troubles psychiques et exige des actions à
tous les niveaux de prévention.
Made in
Luxembourg*
* Poutrelles du One World Trade Center,
à New York, produites à Differdange
ArcelorMittal,
l’excellence Made in Luxembourg.
La qualité de notre acier est reconnue dans le monde entier.
A New York, nos poutrelles en acier haute performance ont
été utilisées dans les fondations du One World Trade Center.
luxembourg.arcelormittal.com
24
| SÉCURITÉ & SANTÉ
Nous avons d’abord mené un important
travail de sensibilisation pour déstigmatiser
la souffrance psychique, encore taboue
pour de nombreux collaborateurs. L’objectif
est double : développer la capacité de
chacun à reconnaître des signes précoces
de mal-être et selon le besoin orienter rapidement
vers une prise en charge adaptée.
Les résultats sont encourageants : les
sujets comme le stress, le burnout ou encore
les troubles anxieux sont aujourd’hui
plus facilement évoqués, et les collaborateurs
sollicitent beaucoup plus facilement
de l’aide.
Parallèlement, nous favorisons l’intégration
des personnes présentant une neurodiversité,
en valorisant leurs compétences
et en adaptant les environnements
de travail.
Quelles actions concrètes
avez-vous mises en place ?
Nous avons développé un programme
complet de formations en santé mentale,
destiné à l’ensemble des collaborateurs,
personnel de production comme personnel
administratif, ainsi que des formations
spécifiques pour les managers.
Nous accordons également une importance
particulière à la prise en charge :
rapide, confidentielle et durable. Notre
service repose sur une équipe multidisciplinaire
composée de médecins du travail,
d’infirmiers spécialisés, d’une assistante
sociale et de psychologues externes. Nous
proposons différentes approches, telles
que la sophrologie, l’EFT (Emotional Freedom
Techniques), l’hypnothérapie, ainsi
qu’un accompagnement psychothérapeutique
sur le long terme.
Vous avez également introduit
les “secouristes en santé mentale”.
Pouvez-vous nous en dire plus ?
C’est une initiative dont nous sommes
particulièrement fiers. Depuis 2021, nous
formons des collaborateurs volontaires au
rôle de « secouristes en santé mentale ».
Leur mission est d’être des ambassadeurs
de la prévention, capables d’écouter, de
rassurer et d’orienter leurs collègues vers
une aide professionnelle.
À ce jour, plus de 300 personnes ont été
formées. Nous avons également mis en
place un programme de suivi avec des
séances de débriefing trimestrielles, des
mises en situation et des conférences
thématiques. Cette dynamique permet de
maintenir leur engagement et leur efficacité
sur le terrain.
L’objectif est double :
développer la capacité
de chacun à reconnaître des
signes précoces de mal-être
et selon le besoin orienter
rapidement vers une prise
en charge adaptée
Comment mesurez-vous l’impact
de vos actions ?
Au fil des années, nous avons développé
des indicateurs spécifiques, regroupés
dans un tableau de bord RPS (Risques
Psychosociaux). Cet outil nous permet
de mieux comprendre les problématiques
rencontrées, mais aussi d’évaluer l’efficacité
des actions mises en place.
Il est important de rappeler que la prévention
des RPS s’inscrit dans le temps long :
c’est un travail comparable à un marathon,
qui demande constance et engagement.
L’ergonomie est également
un axe important. Quels sont
vos défis dans ce domaine ?
Nos infrastructures industrielles, parfois
centenaires, représentent un véritable
défi. Cependant, l’ergonomie fait partie de
notre histoire depuis longtemps. La présence
d’une ergonome au sein de l’équipe
santé permet de dynamiser encore davantage
nos actions.
Nous intervenons à plusieurs niveaux :
études ergonomiques, conception de
nouveaux postes, mesures de paramètres
(bruit, vibrations, éclairage, contraintes
thermiques), ainsi que des « ergochecks »
dans les environnements administratifs.
Nous proposons également des formations
pratiques « gestes et postures », notamment
sur le terrain pour les opérateurs
de production. Ces sessions permettent
non seulement d’améliorer les pratiques
individuelles, mais aussi de coconstruire
avec les équipes des solutions adaptées
lorsque les contraintes dépassent les recommandations
classiques.
Comment réagissez-vous face
à l’évolution de la médecine
générale au Luxembourg ?
Nous constatons effectivement que de
nombreux salariés n’ont plus de médecin
traitant et ont tendance à consulter ponctuellement
via des plateformes digitales.
Cela a un impact sur la prévention globale.
Pour y répondre, nous avons transformé
les examens périodiques en véritables
mini check-ups médicaux. Sur base volontaire,
nous proposons des examens
complémentaires et remettons un « passeport
santé » contenant nos observations
et conseils. Ce document peut ensuite
être partagé avec un médecin pour
assurer un suivi.
En complément, nous organisons tout au
long de l’année des actions de prévention :
semaine de la santé mentale, Octobre rose
(cancer du sein), Movember (cancer de la
prostate), programmes de sevrage tabagique,
consultations en diététique, ainsi
que des campagnes de vaccination contre
la grippe ou le Covid.
Quel message souhaitez-vous
transmettre en conclusion ?
Face aux défis d’un monde BANI, une industrie
durable repose avant tout sur des
collaborateurs en bonne santé, protégés,
respectés et accompagnés tout au long
de leur parcours professionnel, tant sur le
plan physique que mental.
ArcelorMittal Luxembourg
24-26 Bd d’Avranches
L-1160 Luxembourg
www.luxembourg.arcelormittal.com
26
| SÉCURITÉ & SANTÉ
GERI MANAGEMENT,
LA PERFORMANCE PASSE
D’ABORD PAR L’HUMAIN
À contre-courant d’une RSE (responsabilité
sociétale des entreprises)
parfois perçue comme
cosmétique, GERI Management
fait du bien-être de ses collaborateurs
un levier central de performance.
Une approche incarnée,
construite dans la durée, où
l’humain n’est pas un discours,
mais une pratique quotidienne.
Zoom sur cette approche avec
Angéline Prévot, administrateur
délégué de l’entreprise.
Quelle place occupe la RSE au
sein de l’entreprise et comment
se traduit-elle concrètement
dans votre management ?
La RSE occupe une place centrale chez
nous, parce qu’elle est directement liée
à la manière dont je conçois mon rôle de
dirigeante. Je manage les équipes au quotidien
et je suis convaincue qu’une équipe
qui se sent bien est une équipe performante
et solide. Pour moi, la base d’une
entreprise, c’est avant tout l’humain. Nous
ne pouvons pas construire quelque chose
de durable sans cette fondation.
Concrètement, cela passe par une attention
particulière portée à l’évolution des
collaborateurs. Notre rôle, en tant que managers,
n’est pas simplement de recruter,
mais de révéler des talents, d’accompagner
les personnes dans leur développement, à
la fois professionnel et personnel. Ce qui
est très marquant, ce sont les transformations
que l’on observe. J’ai en tête le cas
d’une collaboratrice très réservée à son arrivée,
presque fermée. Avec le temps, dans
un environnement où elle s’est sentie en
confiance, elle s’est ouverte, elle a évolué
de manière impressionnante. Ce sont des
choses qui ne se forcent pas, mais qui de-
viennent possibles lorsqu’un cadre sain
est posé.
Nous attachons aussi beaucoup d’importance
aux relations humaines et à la
transparence. Il peut y avoir des tensions,
comme partout, mais elles sont exprimées.
Une fois les choses dites, nous repartons
sur des bases claires et saines. Cela permet
d’éviter les non-dits et de construire des
relations durables. La RSE, pour moi, ne
doit jamais être artificielle. Ce n’est pas
quelque chose que l’on met en place pour
« bien paraître ». Ce sont des liens qui se
construisent dans le temps, au quotidien.
La stabilité de nos équipes, avec des collaborateurs
qui restent souvent dix à quinze
ans, en est une illustration concrète.
Vous avez mis en place plusieurs
initiatives autour des espaces de
travail et du collectif, notamment
une expérience de théâtre.
En quoi ces aménagements et ces
moments partagés influencent-ils
la dynamique de vos équipes ?
L’atelier de théâtre constitue sans doute
l’initiative la plus marquante, car il a
permis de faire émerger des dimensions
rarement visibles dans un cadre professionnel
classique. Organisé en décembre,
il s’est inscrit dans une volonté d’explorer
d’autres formes d’expression au sein de
l’entreprise. À travers des exercices et des
mises en situation, notamment autour de
la gestion de conflits, un véritable déclic a
pu être observé. Cette démarche a favorisé
une plus grande aisance dans la communication
et une meilleure capacité à s’exprimer
dans des contextes variés, y compris
professionnels. L’intérêt du théâtre réside
précisément dans sa capacité à sortir du
cadre habituel. Il permet de travailler la
posture, la prise de parole et la gestion
des émotions sans la pression immédiate
des enjeux opérationnels. Pourtant, les
effets se traduisent concrètement dans le
quotidien, avec des échanges plus fluides,
une meilleure gestion des situations complexes
et un renforcement global de la
confiance.
Nous mettons régulièrement en place des
moments collectifs, qu’il s’agisse d’apéros
ou de projets communs. Notre dernière
campagne, organisée pour carnaval en
est un exemple : construite sur plusieurs
mois, elle a reposé sur une mise en scène
progressive, avec une implication active
des équipes. Ce type de projet contribue
à structurer une expérience collective
forte. L’ensemble de ces initiatives produit
des effets tangibles : une organisation
plus fluide, une meilleure coordination
et une cohérence renforcée dans le
travail au quotidien.
27
Cette démarche a favorisé
une plus grande aisance dans
la communication et une
meilleure capacité à s’exprimer
dans des contextes variés,
y compris professionnels
Angéline Prévot
Comment parvenez-vous à faire
vivre cette culture au quotidien
sans qu’elle ne perde en cohérence
à mesure que l’entreprise évolue ?
C’est surtout une question de constance
dans la manière de fonctionner au quotidien.
Une culture d’entreprise, ça ne tient
pas à des grandes déclarations, mais à
des habitudes et à une façon de faire les
choses, jour après jour. Nous essayons
de garder un cadre clair, avec des valeurs
simples : la confiance, la transparence et
le respect. Après, la forme peut évoluer,
les outils aussi, mais l’essentiel reste là.
Ce qui compte, c’est de ne pas perdre ce
fil conducteur.
Il y a aussi beaucoup de choses qui passent
par la manière de communiquer et de gérer
les situations concrètes. Si les décisions
et les échanges restent cohérents
avec cet état d’esprit, alors la culture suit
naturellement, même quand l’entreprise
grandit. Et puis, c’est quelque chose qui
s’entretient en permanence. Ce n’est jamais
acquis. Il faut y faire attention au
quotidien, sinon ça s’effrite assez vite.
GERI Management
5, Zone d’Activités Gadderscheier
Bâtiment COS
L-4570 Differdange
www.geri.lu
28
| SÉCURITÉ & SANTÉ
ANTICIPER, RÉAGIR, PROTÉGER :
LA STRATÉGIE CYBER DE LALUX
Les cyberattaques concernent aujourd’hui toutes les organisations,
quelles que soient leur taille ou leur activité. Avec la multiplication
des incidents, la question n’est plus de savoir si une attaque surviendra,
mais quand. Face à cette réalité, LALUX déploie son assurance
easyPRO Cyber, une solution pensée pour mieux anticiper les
incidents, accompagner les structures en cas de crise et en limiter
concrètement les impacts.
Une réponse aux cyber-risques
Face à une menace devenue incontournable
pour toutes les organisations,
easyPRO Cyber, développée par LALUX
Assurances, s’inscrit dans une approche
renouvelée de la cyberassurance. Pensée
pour un large éventail d’acteurs : des
grandes entreprises aux PME, en passant
par les professions libérales, les associations
et les administrations communales,
cette solution dépasse le cadre classique
de l’assurance, souvent réduit à une indemnisation
après coup. Elle repose au
contraire sur une logique plus globale,
qui accompagne l’organisation tout au
long d’un incident, depuis la prévention
jusqu’à la gestion de crise, en passant
par les conséquences financières. En
amont, un scan de sécurité gratuit permet
d’identifier les principales vulnérabilités,
qu’elles concernent les réseaux internes,
les environnements cloud ou certains systèmes
informatiques sensibles. Cette première
analyse est complétée par une évaluation
de maturité, qui aide les structures
à mettre en place les bases essentielles de
la cybersécurité, comme les sauvegardes
ou les protections antivirus. Dans la durée,
cette approche est renforcée par une
surveillance continue et des actions de
sensibilisation. Grâce à son partenaire
Dattak, LALUX propose notamment une
plateforme capable de détecter les failles
en temps réel, ainsi que des campagnes de
simulation de phishing, afin de réduire les
risques liés aux erreurs humaines, encore
très souvent à l’origine des incidents.
Quand un incident survient, la priorité
change : il s’agit de réagir vite et de coordonner
les bonnes actions. Une hotline
disponible en permanence permet une
prise en charge rapide, tandis qu’un réseau
d’experts en cybersécurité, en juridique,
en gestion de crise ou en communication
est mobilisé pour contenir l’attaque, sécuriser
les systèmes et accompagner les décisions,
y compris dans des situations délicates
comme une tentative d’extorsion.
Après l’incident, le dispositif se poursuit
29
avec une couverture financière et juridique
élargie, incluant la reconstitution
des données, les pertes d’exploitation,
les frais d’enquête ou encore certaines
responsabilités vis-à-vis de tiers. L'assuré
peut également continuer à travailler avec
son prestataire IT habituel, moyennant
validation préalable du devis d'intervention,
ce qui assure une certaine continuité
dans la gestion technique.
Des vulnérabilités persistantes
Malgré une prise de conscience qui progresse,
les failles restent souvent très
simples. Mots de passe trop faibles, mises
à jour oubliées, clics sur des liens frauduleux…
l’erreur humaine continue de jouer
un rôle central dans la majorité des incidents.
Cette réalité reflète aussi un niveau
de maturité encore très variable selon les
structures, en particulier dans les petites
organisations et les administrations. Dans
ces environnements, une faiblesse, même
minime, peut rapidement bloquer toute
l’activité. D’où l’intérêt de mieux identifier
ces points de fragilité en amont, grâce à
des analyses régulières et des scans de sécurité,
que ce soit sur les réseaux internes,
le cloud ou certains systèmes critiques.
Dans ce contexte, les administrations communales
apparaissent particulièrement
exposées. Elles gèrent en effet des données
sensibles, comme les informations
d’état civil ou fiscales, tout en présentant
des niveaux de maturité en cybersécurité
encore très variables. Elles constituent
ainsi des cibles stratégiques, susceptibles
de subir des attaques capables de perturber
directement les services publics.
Une couverture élargie
Dans un marché encore perçu comme
complexe et parfois peu lisible, easyPRO
Cyber cherche à simplifier l’approche tout
en couvrant plus largement les risques.
L’idée n’est pas seulement de répondre
aux cyberattaques au sens strict, mais aussi
à des situations très concrètes du quotidien.
Les erreurs humaines, par exemple,
restent l’une des premières causes d’incident,
au même titre que certaines malveillances
internes ou les fraudes par courriel,
aujourd’hui très répandues. L’offre prend
également en compte des problèmes souvent
laissés de côté, comme des défaillances
techniques ou des erreurs de programmation,
ainsi que la négociation de
la rançon dans les cas de cyber extorsion.
Autre particularité, la possibilité d’inclure
une couverture pour des pannes informatiques
sans lien direct avec une attaque,
qu’elles soient matérielles ou logicielles,
afin d’éviter toute interruption d’activité.
Dans la réalité, ce type de solution répond
à une difficulté très concrète pour
les organisations : l’arrêt brutal de leur
activité. Une attaque ou même une simple
défaillance peut suffire à bloquer les opérations,
entraîner une perte de données
et impacter durablement l’image de la
structure. À cela s’ajoute une forme d’incertitude
permanente pour les dirigeants,
dans un contexte où la question n’est plus
vraiment de savoir si un incident va survenir,
mais plutôt quand. Les coûts peuvent
vite grimper, entre la gestion de crise, la
remise en état des systèmes et les obligations
réglementaires. Dans ce contexte, la
cyberassurance vient compléter les dispositifs
existants : elle ne supprime pas
le risque, mais elle permet de mieux en
absorber les conséquences, à condition
de s’adapter en continu à des menaces
qui évoluent sans cesse.
LALUX Assurances
9, rue Jean Fischbach
L-3372 Leudelange
www.lalux.lu
Faites le point sur votre exposition
aux cyber-risques
Dans un marché encore perçu
comme complexe et parfois peu
lisible, easyPRO Cyber cherche
à simplifier l’approche tout
en couvrant plus largement
les risques. L’idée n’est pas
seulement de répondre aux
cyberattaques au sens strict,
mais aussi à des situations très
concrètes du quotidien
30
BRÈVES
ÉCONOMIQUES
PAR ARMAND D'ANTONIO
FINANCE
LE LUXEMBOURG CONSERVE
SA PREMIÈRE PLACE EUROPÉENNE
L’industrie luxembourgeoise des fonds
d’investissement a connu un recul en
mars 2026 : l'actif net total des organismes
de placement collectif est passé
de 6.436 à 6.208 milliards d'euros en
seulement quatre semaines, soit un repli
de 3,55%. Cette chute s'explique principalement
par les pertes boursières
liées à l'escalade militaire au Moyen-
Orient et à la fermeture momentanée
du détroit d'Ormuz, qui ont fait flamber
les prix de l'énergie et ravivé les craintes
inflationnistes. Les fonds actions exposés
à l'Asie et à l'Europe ont été les plus
touchés, tandis que les fonds monétaires
en euros ont au contraire enregistré
d'importants afflux de capitaux, dans
un classique mouvement de fuite vers la
sécurité. Sur douze mois, La place financière
luxembourgeoise conserve toutefois
une progression de près de 8%,
signe de sa résilience à long terme.
ARTISANAT
LE KLIMABONUS PASSE
DÉSORMAIS PAR LES ARTISANS
Le nouveau système de préfinancement
du Klimabonus Wunnen facilite
l’accès aux aides pour les travaux liés
à la transition énergétique. Désormais,
les ménages n’ont plus besoin d’avancer
d’argent : l’aide de l’État est directement
déduite de la facture par l’artisan.
Le dispositif peut couvrir jusqu’à 10.000
euros pour une installation photovoltaïque,
avec une aide supplémentaire
pour une batterie domestique. Réservé
aux artisans inscrits au registre officiel,
ce mécanisme entraîne une hausse des
demandes pour les électriciens, couvreurs,
chauffagistes et installateurs
photovoltaïques certifiés. La Chambre
des Métiers anticipe une pression accrue
sur le recrutement et la formation
continue dans les métiers de la transition
énergétique.
BTP
ARLON-LUXEMBOURG À VÉLO :
LE CHANTIER BELU EST LANCÉ
Le projet cyclable BELU entre Arlon et
Luxembourg-Ville se concrétise : cet
itinéraire transfrontalier de dix kilomètres
vise à offrir une liaison sécurisée,
confortable et performante pour
les cyclistes, dans le cadre du développement
de la mobilité douce à l’échelle
nationale. En parallèle, l’Administration
des Ponts et Chaussées poursuit
plusieurs chantiers d’envergure, dont
le contournement de Hosingen, l’un
des projets routiers majeurs en cours,
ainsi que l’aménagement d’un nouveau
rond-point à Reichlange. Dans un
contexte où la demande privée reste
fragile, la commande publique continue
de jouer un rôle essentiel dans le
soutien au secteur du BTP.
TÉLÉCOMS
VODAFONE INAUGURE SON HUB
PANEUROPÉEN À BETTEMBOURG
Le nouveau hub logistique de Vodafone
à Bettembourg confirme le rôle
du Luxembourg comme plateforme
logistique stratégique au cœur de l’Europe.
Situé dans la zone Eurohub Sud,
ce bâtiment de 36.000 m² représente
un investissement de 88 millions d’euros
et fonctionne avec des systèmes
automatisés pour la gestion des stocks
et des expéditions. Le site centralise la
distribution des équipements télécoms
du groupe à travers l’Europe et participe
au développement des réseaux
5G et fibre optique. Présent au Luxembourg
depuis vingt-cinq ans, Vodafone
renforce ainsi ses activités locales. Le
projet témoigne également de la croissance
du parc logistique Eurohub Sud,
qui regroupe désormais plus de 200.
000 m² d’entrepôts et plus de 1.000
emplois directs.
DIGITAL
LUXINNOVATION ACCÉLÈRE
LE DÉVELOPPEMENT DE L’IA
AU LUXEMBOURG
Lors de la présentation de son bilan
annuel, Luxinnovation a indiqué que
la Luxembourg AI Factory avait accompagné
plus de 150 entreprises, principalement
des PME, dans l'adoption de
solutions d'intelligence artificielle. Le
supercalculateur MeluXina-AI, en cours
de déploiement, sera exploité par Lux-
Provide et hébergé dans les centres
de données de LuxConnect à Bissen
et Bettembourg. Cofinancé par l'État à
hauteur de 60 millions d'euros, le projet
s'inscrit dans la stratégie nationale
de souveraineté numérique à l'horizon
2030, centrée sur la donnée, l'IA et les
technologies quantiques.
MOBILITÉ ÉLECTRIQUE
RECHARGE ÉLECTRIQUE :
UN RÉSEAU DENSE ET DES
TARIFS IMBATTABLES
Klima-Agence a confirmé, lors de la présentation
de son rapport annuel, la forte
progression de l'électromobilité au
Luxembourg. Le réseau public Chargy
compte aujourd'hui plus de 760 bornes
de recharge, auxquelles s'ajoutent 86
stations SuperChargy ultra-rapides déployées
sur les grands axes routiers. À
ce maillage public s'ajoute un parc privé
en pleine expansion, en entreprise
comme à domicile, soutenu par les
dispositifs publics. Avec un coût moyen
d'environ 3,62 euros pour 100 km, le
Grand-Duché figure parmi les pays les
moins chers de l'Union européenne
pour recharger un véhicule électrique.
Le gouvernement maintient par ailleurs
son objectif d'augmenter fortement la
part des véhicules 100% électriques
d'ici 2030.
www.lalux.lu
32
| DIGITAL & INNOVATION
LUXCONTROL FACE AU DÉFI NIS2
À présent que la loi luxembourgeoise transposant la directive européenne
NIS2 a été adoptée, les secteurs publics et privés doivent
accélérer leur mise en conformité en matière de cybersécurité. Face
à ce constat, Luxcontrol renforce progressivement son positionnement
sur ce marché en développant une offre articulée autour du
« Cyberscore », une démarche d’évaluation et d’accompagnement
pensée avant tout pour les structures qui ne savent pas toujours
par où commencer. Olivier Antoine, David Covelli et Sébastien Weiland,
respectivement directeur technique des services de cybersécurité,
chargé de clientèle et directeur des systèmes d’information,
reviennent sur ces enjeux.
Une approche progressive
de la cybersécurité
Depuis septembre 2024, le département
cybersécurité de Luxcontrol poursuit sa
montée en puissance. Cette évolution est
portée par la multiplication des demandes
sur le terrain, mais aussi par le contexte
réglementaire devenu plus exigeant avec
l’entrée en vigueur de la loi luxembourgeoise
transposant la directive NIS2.
C’est dans cette optique que le Cyberscore
a été conçu, comme une démarche
progressive destinée principalement aux
PME, aux communes et aux structures
disposant de ressources limitées en cybersécurité.
« À la différence d’un audit classique,
qui peut parfois être perçu comme
très documentaire ou normatif, nous privilégions
une approche davantage tournée
vers l’échange et le conseil. Nous sommes
davantage dans une logique d’évaluation
et d’accompagnement », déclare
Olivier Antoine.
Concrètement, l’intervention se déroule
sur site, généralement avec deux profils
complémentaires : un expert IT et un
spécialiste cybersécurité. Ensemble, ils
analysent plus de 90 points de contrôle répartis
sur 18 domaines, allant de la gestion
des comptes utilisateurs aux sauvegardes,
en passant par la protection des e-mails,
la sensibilisation du personnel ou encore
la gestion des incidents.
À l’issue de cette évaluation, l’organisation
obtient une note de maturité allant
de A à E ainsi qu’un plan d’action détaillé.
« Aujourd’hui, la majorité des structures
que nous évaluons se situent encore entre
C et E. L’objectif est ensuite de les accompagner
vers un niveau A ou B, considérés
comme des niveaux de maturité satisfaisants
», explique Olivier Antoine.
La démarche se veut également indépendante.
Luxcontrol souligne ne pas vendre
de solutions technologiques derrière ses
évaluations, laissant les clients libres de
choisir leurs prestataires pour mettre en
œuvre les recommandations formulées.
« Les clients apprécient cette neutralité.
Nous ne sommes pas là pour vendre un
produit spécifique, mais pour apporter
une vision objective de leur niveau de maturité
», précise David Covelli.
NIS2, l’accélérateur de prise
de conscience
Depuis la publication de la loi du 5 mai
2026 au Luxembourg, les organisations
concernées doivent progressivement se
mettre en conformité avec les nouvelles
exigences européennes liées à NIS2.Dans
un premier temps, les entreprises concernées
doivent notamment s’identifier et
s’enregistrer auprès de l’autorité compétente,
avant de renforcer progressivement
leur dispositif de gouvernance, de
gestion des risques et de notification des
incidents. Elles doivent notamment déterminer
si elles relèvent de la catégorie des
« entités essentielles » ou des « entités importantes
».
« Beaucoup d’acteurs sont encore dans
une phase d’attente », observe Sébastien
Weiland. Les prochaines années devraient
voir se multiplier les obligations liées
aux analyses de risques, aux évaluations
de maturité ou encore aux reportings réglementaires.
Ces mécanismes, déjà bien
connus dans le cadre de NIS1, devraient
progressivement être étendus à un plus
grand nombre d’organisations. Pour Luxcontrol,
cette évolution réglementaire
met en lumière la nécessité d’accompagner
davantage la préparation du tissu
économique local.
Des communes et des PME
en phase de préparation
Si les grandes administrations locales
ont déjà initié des démarches de mise en
conformité, de nombreuses petites communes
restent en recherche de repères.
« Certaines ne savent tout simplement
pas par où commencer. Souvent, elles
dépendent fortement de prestataires externes
pour leur informatique et manquent
33
de visibilité sur leur propre niveau de sécurité
», explique Olivier Antoine.
C’est précisément pour répondre à cette
problématique que le Cyberscore mise
sur une approche terrain et collaborative.
Lors des évaluations, les prestataires IT
des communes ou des organisations sont
directement intégrés aux échanges afin
d’obtenir une vision claire des pratiques
réellement en place. Luxcontrol affirme
également vouloir maintenir des coûts
accessibles pour favoriser l’adoption de
cette première démarche de cybersécurité.
Une évaluation standard représente ainsi
un budget inférieur à 5.000 euros HT, incluant
l’analyse sur site, le rapport et le
plan de recommandations », déclare David
Covelli.
Le domaine de la santé apparaît également
comme un secteur particulièrement
concerné par les enjeux de cybersécurité.
Hôpitaux, structures de soins et acteurs de
l’aide à domicile figurent parmi les organisations
directement impactées par NIS2.
« La protection des données de santé devient
un enjeu majeur », souligne Sébastien
Weiland.
CISO as a service
Afin d’accompagner cette montée en puissance
des besoins, Luxcontrol poursuit
le développement de ses services avec le
soutien de sa maison mère TÜV Rheinland
en Allemagne, qui dispose de plusieurs
centaines de spécialistes cybersécurité,
preuve que les enjeux liés à ce domaine
se développent de façon exponentielle.
Luxcontrol, initialement composée d’une
seule personne en 2024, compte désormais
plusieurs collaborateurs et élargit
progressivement son portefeuille
de services : gouvernance, gestion des
risques, tests d’intrusion ou encore
sécurité offensive.
« Parmi les offres qui suscitent le plus
d’intérêt figure notamment le CISO as
a Service, ou RSSI externalisé ». Le principe
: mettre à disposition des PME ou des
communes un responsable cybersécurité
externalisé à temps partiel. Souvent, cette
responsabilité est ajoutée à celle d’un
responsable IT déjà fortement sollicité.
Avec cette approche, nous mettons à disposition
une ressource capable d’aider à
structurer la gouvernance, les analyses de
risques et la documentation nécessaire »,
conclut Olivier Antoine.
Luxcontrol
8 Bd Des Lumières
L-4369 Esch-Belval
www.luxcontrol.com
Sébastien Weiland, Olivier Antoine et David Covelli
34
| DIGITAL & INNOVATION
TELKEA GROUP : UNE EXPERTISE
TECHNOLOGIQUE AU SERVICE DU
SECTEUR DE LA SANTÉ
Face à des établissements de
soins confrontés à des enjeux
toujours plus complexes, Telkea
développe des solutions technologiques
pensées pour simplifier
le quotidien des équipes et améliorer
la prise en charge des résidents.
Regards croisés sur les
réalités du terrain avec Olivier
Penin, Directeur Sales, Marketing
& Solutions et David Sanfilippo,
Project Manager - Software
Engineer.
De la téléphonie aux solutions
santé intégrées
Créée en 1929 sous le nom de Société Luxembourgeoise
de Téléphonie, le groupe
Telkea Luxembourg a progressivement
élargi son champ d’expertise bien au-delà
des seules infrastructures téléphoniques.
Au fil des décennies, l’entreprise a accompagné
les évolutions technologiques en
développant de nouveaux métiers : réseaux
informatiques, télécommunications,
sécurité des bâtiments, services cloud,
multimédia ou encore développement logiciel.
« Aujourd’hui, notre groupe s’articule
autour de quatre entités complémentaires
: Telkea ICT, Telkea Security, Telkea
Telecom et Telkea Soft. Chacune possède
sa propre spécialisation, mais l’ensemble
fonctionne comme un écosystème capable
de couvrir un large éventail de besoins
technologiques. Les deux premières interviennent
comme intégrateurs : leurs
équipes conçoivent, déploient et opèrent
des solutions technologiques adaptées
aux besoins des clients, qu’il s’agisse d’in-
Olivier Penin et David Sanfilippo
Un outil qui transforme
la complexité réglementaire
luxembourgeoise en processus
simples, fiables et automatisés
35
frastructures informatiques, de réseaux,
d'outils de communication, de sécurité
des bâtiments ou encore de multimédia.
De leur côté, Telkea Telecom agit comme
opérateur télécom, notamment dans les
domaines de l’internet, et des communications
fixes et mobiles, tandis que Telkea
Soft se concentre sur le développement
logiciel », développe Olivier Penin, Directeur
Sales Marketing & Solutions.
Si Telkea revendique aujourd’hui une place
particulière dans le secteur de la santé,
c’est avant tout grâce à sa connaissance
concrète du terrain. Pour le groupe, la technologie
seule ne suffit pas ; « les personnes
viennent chercher chez nous une
connaissance de leur métier », poursuit
Olivier Penin. Une vision qui se reflète
notamment dans le travail des équipes de
développement, puisqu’au-delà de leurs
compétences techniques, les développeurs
sont amenés à maîtriser les réalités
quotidiennes des structures d’hébergement
pour personnes âgées, des cabinets
médicaux ou encore des structures hospitalières
afin de concevoir des outils adaptés
à leurs usages. Cette compréhension
fine est d’autant plus essentielle que le
secteur de la santé ne se résume pas à une
logique administrative ou informatique ;
il combine des contraintes réglementaires,
des enjeux financiers importants, des
impératifs de continuité de service, mais
aussi une dimension profondément humaine.
« Nous devons parler leur langage.
C’est précisément là que nous apportons
une plus-value : comprendre les besoins
pour proposer des solutions adaptées »,
explique David Sanfilippo.
Une gestion simplifiée
du quotidien
Dans les structures d’hébergement pour
personnes âgées, les enjeux en matière
d’ICT sont aujourd’hui directement liés
à la capacité des établissements à fonctionner
de manière plus efficace, tout
en respectant un cadre réglementaire et
financier de plus en plus exigeant. C’est
précisément sur ce terrain que les solutions
développées par Telkea s’inscrivent,
avec une approche centrée sur la
digitalisation globale des processus et la
réduction des tâches administratives. Au
cœur de cette approche, le logiciel Gesto-
Care dédié au secteur des soins permet
de centraliser l’ensemble des données
liées à la prise en charge des résidents,
qu’il s’agisse des actes de soins, du suivi
administratif ou des obligations de reporting.
« L’objectif n’est pas uniquement de
numériser l’existant, mais de simplifier
le fonctionnement quotidien des équipes
en supprimant les doubles encodages,
en sécurisant les informations et en rendant
les données directement exploitables.
Cette logique de centralisation a
un impact concret sur l’organisation des
structures d’hébergement pour personnes
âgées. En réduisant le temps consacré
aux tâches administratives, les équipes
peuvent se recentrer sur leur mission première
: le soin », détaille Olivier Penin.
« Dans un secteur où les ressources humaines
sont sous pression, cette optimisation
permet également une meilleure
allocation des moyens, en rééquilibrant
le temps entre activités administratives
et présence auprès des résidents. C’est
l’outil qui transforme la complexité réglementaire
luxembourgeoise en processus
simples, fiables et automatisés », poursuit
David Sanfilippo.
Autre élément important dans le fonctionnement
des structures d’hébergement
pour personnes âgées : la communication.
Elle ne se limite plus aujourd’hui
à un simple échange entre un résident et
un membre du personnel, mais s’inscrit
dans une chaîne complète d’informations
qui structure l’ensemble des processus
internes. Dans les solutions développées
par Telkea, cette dimension est intégrée
à travers des outils d’appel infirmier et
de gestion des alertes, qui permettent de
transmettre instantanément une demande,
de la tracer et de l’intégrer dans le suivi
de la prise en charge. Au-delà de l’échange
direct, ces systèmes permettent aussi de
structurer des processus essentiels comme
le reporting, les statistiques d’activité
ou encore la conformité aux normes en
vigueur. Ils s’adaptent également à des situations
plus sensibles, notamment dans
le cas de résidents atteints de troubles cognitifs
ou de démence, où la gestion des
interactions doit être à la fois simple, discrète
et sécurisée. L’objectif est de garantir
une réponse rapide tout en évitant les
situations de désorientation ou de risque.
En réduisant le temps
consacré aux tâches administratives,
les équipes peuvent
se recentrer sur leur mission
première : le soin
Des solutions construites
avec le terrain
Parmi les structures accompagnées par
Telkea figure notamment la Fondation Pescatore,
devenue au fil des années un véritable
client de référence pour le groupe.
Plus qu’un simple utilisateur, l’établissement
a participé à l’évolution même du
logiciel GestoCare développé par Telkea.
« La solution est née sur le terrain avec des
besoins spécifiques et non à partir d’un
cahier des charges théorique », précise David
Sanfilippo. Depuis plus de vingt-cinq
ans, les équipes travaillent main dans la
main avec les professionnels de la structures
d’hébergement pour personnes âgées
afin d’adapter les fonctionnalités aux réalités
du quotidien : suivi des soins, gestion
administrative, coordination des équipes
ou encore optimisation des processus internes.
Une collaboration de long terme
qui a également accompagné la réécriture
complète du logiciel ces dernières années,
36
| DIGITAL & INNOVATION
avec l’objectif de conserver les usages essentiels
tout en intégrant une architecture
technologique de nouvelle génération.
Aujourd’hui, cette expérience de terrain
constitue un argument fort auprès d’autres
établissements du secteur. « Si cela
fonctionne dans une structure comme
Fondation Pescatore, il n’y a pas de raison
que cela ne fonctionne pas ailleurs », confie
Olivier Penin.
Au-delà des structures d’hébergement
pour personnes âgées, Telkea collabore
également avec d’autres acteurs majeurs
du secteur médico-social luxembourgeois.
Il est aussi actif auprès de résidences
seniors, mais également auprès de grands
réseaux multisites ou d’organisations
combinant plusieurs activités liées au
soin, au handicap ou à l’accompagnement
social.
Un cadre strict et maîtrisé
Dans un secteur aussi sensible que celui
de la santé, la réglementation autour des
données constitue un pilier essentiel des
solutions ICT. Avec l’entrée en application
du RGPD et, plus récemment, de normes
comme NIS2, les exigences en matière de
protection, de traçabilité et de sécurité des
informations se sont considérablement
renforcées. Pour Telkea, cette dimension
est intégrée dès la conception des solutions,
notamment via une gestion fine des
droits d’accès dans les logiciels. « Chaque
utilisateur ne dispose que des informations
strictement nécessaires à son rôle :
par exemple, un profil administratif n’a
pas accès aux données médicales des résidents,
ce qui limite fortement les risques
d’usage inapproprié ou de fuite interne »,
explique David Sanfilippo.
Au-delà de cette gestion des droits, la
sécurisation technique des données constitue
un autre axe fondamental. Les informations
sensibles sont chiffrées, aussi
bien au niveau du stockage que lors des
échanges entre les différents postes utilisateurs
et les serveurs. Cette approche garantit
un haut niveau de protection contre
les tentatives d’extraction ou d’interception
de données. En parallèle, l’ensemble
des actions réalisées dans le système est
tracé de manière précise : toute consultation,
modification ou export de données
peut être attribué à un utilisateur, avec
une horodatation complète. Cette traçabilité
est essentielle à la fois pour répondre
aux obligations réglementaires et pour assurer
un contrôle interne rigoureux.
Enfin, la sécurité ne s’arrête pas au logiciel
en tant que tel. Elle concerne aussi
toute l’infrastructure informatique autour.
Telkea s’appuie d’ailleurs sur une
expérience dans des environnements très
encadrés, comme le secteur financier, où
les exigences en matière de contrôle et
de cybersécurité sont particulièrement
élevées. « Cette double expertise, à la fois
sur les applications et sur les systèmes,
nous permet d’avoir une vision complète
de la chaîne de sécurité. Concrètement,
les solutions peuvent être déployées soit
directement chez le client, soit hébergées
dans les infrastructures Cloud de Telkea au
Luxembourg dans un mode "Cloud Privé".
Dans les deux cas, l’idée reste la même :
garder la maîtrise totale des données,
savoir où elles se trouvent, qui y accède et
dans quelles conditions elles sont utilisées »
conclut Olivier Penin.
Un rendez-vous dédié aux
structures d’hébergement
pour personnes âgées
Le 4 juin prochain, Telkea organisera
un événement entièrement dédié aux
structures d’hébergement pour personnes
âgées, avec l’objectif de réunir les
différents profils qui participent au fonctionnement
quotidien de ces structures :
directions financières, soins, ressources
humaines et techniques. Pensée comme
une journée d’échanges avant tout, la
rencontre s’articulera autour de quatre
grandes thématiques : la gestion logicielle
des structures d’hébergement pour
personnes âgées, les outils de communication
et d’appel infirmier, les solutions
médias et signalétiques, ainsi que les infrastructures
IT et la sécurité des bâtiments.
Après une première partie orientée
présentations, les participants pourront
échanger directement avec les experts de
chaque domaine lors de démonstrations
et discussions plus informelles. Plusieurs
clients viendront également partager leur
retour d’expérience concret, à l’image de
la Fondation Pescatore. Pour l’entreprise,
cette journée doit avant tout permettre
aux acteurs du secteur de confronter leurs
enjeux, leurs pratiques et leurs besoins
autour de solutions pensées spécifiquement
pour leur réalité de terrain.
Telkea Group
1, rue de Bitbourg
L-1273 Luxembourg
www.telkea.com
38
| DIGITAL & INNOVATION
IA DURABLE : LA VRAIE QUESTION
N’EST PLUS TECHNOLOGIQUE
La prochaine bataille de l’IA ne sera pas seulement celle de la puissance,
mais celle de la confiance, de l’efficience et du développement
humain. À mesure que l’intelligence artificielle transforme les
organisations, les questions qu’elle soulève dépassent largement le
cadre technologique. Au Luxembourg, cette transformation touche
déjà les services financiers, l’administration publique, la santé,
l’énergie ou encore l’industrie. Mais pour Daniel Meyer, Country Director
de Fujitsu Luxembourg, l’enjeu ne se limite plus à la performance
des modèles : il concerne aussi l’énergie, la confiance, les
compétences… et le modèle de société que nous voulons construire
à l’ère de l’IA.
Derrière la puissance,
la pression énergétique
Lorsqu’on parle d’IA durable, le premier
réflexe est souvent de penser à la consommation
des centres de données et à l’impact
carbone des infrastructures numériques.
Et l’enjeu est loin d’être théorique :
selon Gartner, la consommation électrique
mondiale des centres de données pourrait
plus que doubler d’ici 2030.
La montée en puissance de l’IA exerce
déjà une forte pression sur les capacités
de calcul et les ressources énergétiques.
Une IA durable devra donc s’appuyer sur
des modèles plus efficients (faut-il toujours
un LLM ou un SLM suffirait-il parfois
?) des infrastructures plus sobres et
des technologies capables de fournir davantage
de performance pour moins de
consommation.
C’est précisément l’un des objectifs de
FUJITSU-MONAKA, processeur de nouvelle
génération prévu pour 2027 et conçu
pour améliorer significativement l’efficacité
énergétique des futurs centres de
données. « Réduire l’IA durable à sa seule
dimension environnementale serait une
erreur », estime Daniel Meyer.
Sans confiance, l’IA ne sera
jamais durable
Le véritable sujet est aussi celui de la
confiance. « Une IA ne peut être durable
que si elle reste explicable, sécurisée et
maîtrisée. Une technologie opaque ou insuffisamment
supervisée finit toujours par
fragiliser les organisations qui l’utilisent »,
souligne Daniel Meyer.
C’est dans cette logique que des plateformes
comme Fujitsu Kozuchi ont été
conçues : rendre l’IA plus fiable, plus
transparente et plus sûre grâce à des mécanismes
de gouvernance, de sécurité et
de contrôle des usages.
Chez Fujitsu, cette vision repose sur trois
piliers : l’impact, la confiance et l’efficacité.
Car une innovation ne peut être durable
si elle n’est pas maîtrisée dans ses
coûts, ses usages et ses risques.
Le risque invisible : fragiliser
l’apprentissage humain
Mais au-delà de la technologie, le sujet le
plus décisif reste peut-être ailleurs : notre
capacité à préserver le développement humain.
L’un des grands paradoxes des prochaines
années sera probablement celui-ci :
l’IA peut augmenter les personnes… mais
elle peut aussi affaiblir les parcours qui
permettent justement de construire les
compétences nécessaires pour bénéficier
pleinement de son potentiel.
Aujourd’hui, l’IA générative accélère déjà
certaines tâches et libère du temps pour
des activités à plus forte valeur ajoutée.
C’est un progrès réel. Mais en automatisant
certaines étapes du travail, nous risquons
aussi de supprimer des occasions
d’apprendre.
Or, les talents se construisent progressivement
: analyser, rédiger, corriger, recommencer,
progresser. Ce sont précisément
ces étapes qui développent le jugement, la
compréhension du terrain et la capacité à
prendre des décisions complexes.
« Qui deviendra senior demain si personne
n’a eu l’occasion d’être junior aujourd’hui?
» interroge Daniel Meyer. Pour
le Luxembourg, cette réflexion est parti-
Le véritable enjeu n’est peutêtre
pas seulement de savoir
jusqu’où l’IA peut accélérer
les organisations, mais
dans quelle direction nous
souhaitons les faire évoluer
39
culièrement importante. Notre pays repose
sur une économie de la connaissance,
de la confiance et de la proximité, dans un
marché où l’attraction et la fidélisation
des talents sont devenues stratégiques.
Le véritable défi des dirigeants
L’IA ne peut pas être introduite uniquement
comme un outil de productivité. Elle
doit aussi être pensée comme un levier
d’augmentation des capacités humaines.
« Le véritable enjeu n’est peut-être pas seulement
de savoir jusqu’où l’IA peut accélérer
les organisations, mais dans quelle direction
nous souhaitons les faire évoluer »,
souligne Daniel Meyer.
Quelle vision
voulons-nous construire ?
Quel équilibre voulons-nous préserver
entre performance, confiance, développement
humain et qualité de vie ? « Les
collaborateurs doivent être accompagnés
dès maintenant pour développer leur
pensée critique, comprendre les limites
de l’IA et identifier les risques liés aux
biais, aux hallucinations ou encore aux
réponses convaincantes mais incorrectes,
ce que certains appellent déjà le « persuasion-bombing
» », explique Daniel Meyer.
En effet, une organisation durable ne se
contente pas d’être efficace aujourd’hui,
elle prépare les compétences dont elle
aura besoin demain.
Dans un pays comme le Luxembourg, où la
réputation et la responsabilité comptent
autant que la performance technique,
cette capacité devient essentielle. La
question n’est donc pas seulement technologique
ou économique. Elle concerne
aussi le modèle de société que nous souhaitons
construire : une course permanente
à la rentabilité immédiate, ou une
croissance plus durable, plus équilibrée et
plus humaine. C’est dans cette logique que
s’inscrit l’approche de Fujitsu en matière
d’IA responsable. Le Fujitsu Way place la
confiance, l’empathie et l’aspiration au
cœur de l’innovation, avec une conviction
simple : une technologie n’a de valeur que
si elle renforce durablement les organisations,
les personnes et la société.
L’IA transformera profondément le travail.
La question n’est donc plus de savoir
si nous devons adopter l’IA, mais comment.
Une IA durable doit être performante
en énergie, solide en gouvernance
et ambitieuse pour l’humain. « La vraie
performance de l’IA ne se mesurera pas
seulement à ce qu’elle automatise, mais à
ce qu’elle permettra encore aux humains
de devenir », conclut Daniel Meyer.
Fujitsu Luxembourg
89C, rue Pafebruch
L-8303 Capellen
www.fujitsu.com/lu
Daniel Meyer
40
| DIGITAL & INNOVATION
PROXIMUS NXT LUXEMBOURG :
L’ATOUT D’UN SOC LOCAL POUR
PROTÉGER LES COMMUNES
Face à la montée des cyberattaques, les communes se retrouvent
en première ligne, souvent avec des moyens limités pour y faire
face. Dans ce contexte, la question des solutions locales, capables
d’intervenir rapidement et de comprendre les réalités du terrain,
devient centrale. Éclairage avec David De Bartolo, Cyber Security
Analyst chez Proximus NXT Luxembourg.
Pourquoi les communes
sont-elles devenues des cibles
privilégiées des cyberattaques
ces dernières années ?
Nous constatons une hausse nette des cyberattaques
visant les communes, ce qui
se traduit aussi par un intérêt grandissant
pour les dispositifs de cybersécurité,
comme les SOC (Security Operations Cen-
ter). Cette évolution s’explique en grande
partie par la digitalisation des services publics.
Là où une grande partie des informations
était autrefois conservée sur papier,
elles sont aujourd’hui stockées dans des
systèmes informatiques ou dans le cloud.
Ce basculement vers le numérique a mécaniquement
élargi la surface d’exposition,
rendant ces données plus accessibles
aux attaquants. Il faut également tenir
compte d’une réalité budgétaire. Les communes
n’ont pas les mêmes moyens que
de grandes entreprises pour investir dans
la cybersécurité. Les dispositifs de protection
sont donc souvent moins avancés, ce
qui peut les rendre plus vulnérables face à
des attaques de plus en plus sophistiquées.
De plus, les données qu’elles détiennent
constituent une cible de choix. Il s’agit
d’informations très sensibles liées aux
citoyens, comme l’identité, des éléments
administratifs ou parfois même des informations
de santé. Celles-ci ont une forte
valeur sur les circuits illégaux, notamment
pour des usages comme l’usurpation
d’identité ou des campagnes de phishing
Un SOC local comprend
mieux les spécificités des
communes, leur organisation,
leurs contraintes et leur
écosystème réglementaire
41
ciblées. Leur exploitation peut entraîner
des conséquences très concrètes, ce qui
en fait un levier particulièrement attractif
pour les cybercriminels.
Quels types d’attaques
observez-vous aujourd’hui
le plus fréquemment ?
Nous voyons très clairement une explosion
des attaques de type phishing, avec
une tendance de plus en plus marquée vers
des campagnes ciblées. Concrètement,
cela passe très souvent par des courriels
qui semblent parfaitement légitimes, par
exemple avec une facture en pièce jointe
au format PDF. L’utilisateur télécharge le
document sans méfiance, mais celui-ci
contient en réalité un malware. Une fois
ouvert, il peut se connecter à des serveurs
externes, récupérer des informations ou,
dans certains cas, chiffrer les données via
un ransomware.
Ce qui a véritablement changé, c’est le
niveau de sophistication. Il y a quelques
années, ces courriels étaient relativement
faciles à repérer, notamment à cause de
fautes d’orthographe ou de formulations
approximatives. Aujourd’hui, avec l’essor
des intelligences artificielles, les messages
sont beaucoup mieux rédigés, beaucoup
plus crédibles et donc bien plus difficiles à
identifier. Même les liens peuvent sembler
fiables au premier regard, alors qu’ils redirigent
en réalité vers des sites frauduleux
qui imitent parfois très fidèlement les plateformes
officielles. Résultat, le phishing
reste aujourd’hui l’un des vecteurs d’attaque
les plus utilisés, mais aussi l’un des
plus efficaces.
Quel est concrètement le rôle d’un
SOC auprès des communes, audelà
de la simple surveillance des
systèmes ?
Un SOC ne se limite pas à une surveillance
passive. Concrètement, nous centralisons
l’ensemble des événements issus des infrastructures
informatiques : journaux
systèmes, logs des serveurs, des postes
de travail ou encore des équipements de
sécurité. Toutes ces informations sont regroupées
et analysées dans un point unique
afin d’avoir une vision globale de ce
qui se passe en temps réel. À partir de là,
nous appliquons des règles de détection
qui permettent d’identifier des comportements
suspects ou des schémas d’attaque.
Lorsqu’une activité anormale est détectée,
nous pouvons intervenir rapidement, alerter
la commune concernée et surtout l’accompagner
dans les premières actions à
mener. Dans le cas d’un ransomware, par
exemple, il peut s’agir d’isoler une machine
pour éviter la propagation, tout en
conservant les éléments nécessaires à l’analyse.
Nous assurons également un suivi
continu de l’incident, depuis les premières
alertes jusqu’à sa résolution complète.
Cela permet de comprendre l’évolution de
l’attaque, d’orienter la réponse en temps
réel et d’accompagner la commune dans
la phase de rétablissement, ce que nous
appelons le « recovery ». L’objectif est
d’avoir une réaction rapide, structurée
et surtout coordonnée pour limiter au
maximum l’impact.
En quoi le fait de travailler avec un
SOC local constitue-t-il un véritable
avantage pour les communes par
rapport à un prestataire étranger ?
Le choix d’un partenaire local ne relève
pas uniquement d’une question de proximité
géographique, mais bien d’efficacité
opérationnelle en situation de crise. Lorsqu’un
incident de cybersécurité survient,
chaque minute compte. Le fait de pouvoir
compter sur des équipes situées dans le
même pays, voire à quelques kilomètres
seulement, change concrètement la capacité
de réaction. Les équipes de réponse à
incident peuvent se déplacer rapidement
si nécessaire, échanger directement avec
les interlocuteurs sur place et surtout intervenir
sans les délais inhérents à des
prestataires basés à l’étranger, où la logistique
est forcément plus lourde.
Il y a également des contraintes concrètes
liées au fonctionnement même des équipes.
Les fuseaux horaires, par exemple,
peuvent devenir un vrai frein : un incident
qui se déclenche en pleine journée au Luxembourg
peut tomber en pleine nuit pour
une équipe située à l’autre bout du monde.
Dans ces conditions, la gestion n’est pas la
même, notamment en termes de réactivité
et de coordination. À cela s’ajoute la question
de la communication, qui est loin
d’être anodine dans ce type de situation.
Travailler dans le même environnement
linguistique, avec une compréhension
partagée du cadre réglementaire luxembourgeois
et européen, permet d’éviter les
incompréhensions et d’accélérer les prises
de décision.
Enfin, il existe un enjeu de connaissance
du terrain qui est souvent sous-estimé. Un
SOC local comprend mieux les spécificités
des communes, leur organisation, leurs
contraintes et leur écosystème réglementaire.
Cette proximité permet d’adapter les
réponses de manière beaucoup plus fine et
pertinente. Dans la gestion d’un incident
cyber, cette combinaison entre réactivité,
compréhension du contexte et coordination
directe constitue un avantage très
concret au quotidien.
En quoi cela s’inscrit-il dans
les enjeux de souveraineté
numérique ?
Aujourd’hui, une grande partie des infrastructures
cloud repose encore sur des
acteurs américains comme Microsoft, Google
ou Amazon. Cette dépendance n’est
pas anodine : certaines pannes récentes
ont montré à quel point de nombreux
services pouvaient devenir indisponibles
en cascade. Cela soulève une question de
fond, celle du contrôle réel des données et
des infrastructures. À l’échelle européenne
comme nationale, des initiatives émergent
pour développer des alternatives, mais
le chantier reste conséquent et s’inscrit
dans le temps. L’enjeu consiste à trouver
un équilibre. Les solutions proposées par
les grands acteurs restent attractives, notamment
pour des raisons économiques et
technologiques, mais il devient essentiel
de prévoir des alternatives ou des solutions
de repli. Dans ce contexte, certaines
approches hybrides se développent. Proximus
propose par exemple un cloud reposant
sur une technologie existante, tout
en étant entièrement opéré et maîtrisé en
interne, avec la possibilité d’être déconnecté
de l’écosystème du fournisseur.
Retrouvez un cas concret d’application
du SOC Proximus NXT auprès de la
commune de Hesperange :
Youtube
Proximus NXT Luxembourg
18, rue du Puits Romain
L-8070 Bertrange
www.proximusnxt.lu
Spotify
42
| DIGITAL & INNOVATION
LE 8 E FORUM INTERDISCIPLINAIRE
SUR L’INCLUSION NUMÉRIQUE
MET LA LANGUE AU CŒUR DE
LA TRANSFORMATION NUMÉRIQUE
Le mercredi 20 mai 2026, le Pavillon
SKIP à Esch-Belval a accueilli
la 8 e édition du Forum
interdisciplinaire sur l’inclusion
numérique, organisée par le ministère
de la Digitalisation. Cet
événement a réuni près de 130
représentants institutionnels,
académiques et experts du numérique
autour des enjeux linguistiques
et sociétaux liés à
l’évolution numérique.
L’aprèsmidi a débuté par la présentation
du Plan d‘action national d’inclusion numérique
20262030, assurée par Ben Max,
du ministère de la Digitalisation. Cette intervention
a permis de présenter les nouvelles
priorités et actions pour continuer à
renforcer l’accès équitable au numérique
au Luxembourg.
Une keynote académique est ensuite venue
enrichir les échanges. Intitulée « Vu
Luxusbuerg bis LLM - déi digital Geschicht
vum Lëtzebuergeschen », elle a été présentée
par Dr Caroline Döhmer, de l’Université
du Luxembourg. Son exposé a retracé
l’évolution de la langue luxembourgeoise
dans l’environnement numérique, tout en
abordant les enjeux actuels liés aux technologies
linguistiques.
Les discussions se sont poursuivies autour
d’une table ronde consacrée à la question
des barrières linguistiques dans le numérique.
Josiane Boever et Daniel Wagener
(Zenter fir d’Lëtzebuerger Sprooch,
ministère de la Culture), Alain Vagner
(Service Information et presse, ministère
d’État) ainsi que Pit Frank (GovTech
Lab, ministère de la Digitalisation) ont
partagé leurs expériences et analyses,
mettant en évidence les freins existants
ainsi que les leviers institutionnels et
technologiques permettant d’améliorer
l’accès aux services numériques dans un
contexte multilingue.
Prix de l’inclusion numérique
L’événement s’est conclu par la remise du
« Prix de l’inclusion numérique » 2026,
décerné par la ministre de la Digitalisation,
Stéphanie Obertin. Créé en 2022, ce
prix récompense les projets retenus dans
le cadre de l’appel à projets pour l’inclusion
numérique du ministère de la Digitalisation.
Cette année, cette distinction
a mis à l’honneur cinq initiatives exemplaires
contribuant de manière concrète
à l’inclusion des publics les plus éloignés
du numérique :
• Akzent avec leur projet « Accessimple »
• CID Fraen an Gender avec leur projet
« Inklusive Bibliothek »
• Fondation APEMH avec leur projet « Isie
News »
• Help avec leur app « CAPy »
Akzent et la ministre de la Digitalisation, Stéphanie Obertin © Ministère de la Digitalisation
• Stëmm vun der Strooss avec leur projet
« Stëmm Iessen »
Stéphanie Obertin a mis en avant la qualité
des projets, en soulignant leur importance
pour la réduction du fossé numérique au
Luxembourg. Elle a également tenu à remercier
tous les acteurs impliqués dans
le développement du 2 e Plan d’action
national d’inclusion numérique présents
dans la salle et a mis en exergue la collaboration
exemplaire dans ce contexte. Des
vidéos présentant les projets sélectionnés
sont disponibles sur la chaîne YouTube du
ministère de la Digitalisation.
Communiqué par le ministère de la Digitalisation
Appel ignoré,
attention assurée
Pour tous
les bons gestes :
scannez-moi !
visionzero.lu/fr/securiteroutiere
Des petites contraintes pour un trajet sécurisé au travail
Partenaires de la campagne
44
| DIGITAL & INNOVATION
REVÊTEMENTS AVANCÉS DESTINÉS
AUX VANNES DE GAZ INDUSTRIELLES :
LE LIST ET ROTAREX POURSUIVENT
LEUR COLLABORATION
Le Luxembourg Institute of Science and
Technology (LIST) et Rotarex SA ont
annoncé le lancement d'ALDACIA, une
collaboration de recherche sur trois ans
visant à développer des revêtements fonctionnels
de nouvelle génération pour des
vannes de gaz destinées aux industries de
l'hydrogène, de la microélectronique et
des semi-conducteurs.
Ce projet s'inscrit dans la continuité d'une
précédente collaboration entre les deux
organisations, qui avait démontré que
des revêtements avancés pouvaient être
appliqués sur les surfaces internes de
composants industriels opérant dans des
environnements particulièrement exigeants.
Cette première réussite avait validé
non seulement le potentiel protecteur
de tels revêtements, mais également leur
pertinence pour des applications où les
traitements de surface conventionnels atteignent
leurs limites.
Avec ALDACIA, les partenaires entendent
aller bien plus loin en développant une
nouvelle classe de revêtements industriels
innovants et multifonctionnels, tout en
s'attaquant à l'un des défis les plus ambitieux
du génie des surfaces : le traitement
fiable de substrats internes tridimensionnels
complexes à l'échelle industrielle.
Les revêtements développés dans le cadre
d'ALDACIA sont conçus pour combiner
plusieurs fonctions, ouvrant ainsi de
nouvelles perspectives pour des composants
industriels plus intelligents et plus
résilients. En associant innovation des
matériaux, ingénierie de surface avancée
et développement de procédés, le projet
ambitionne de repousser les frontières des
technologies de revêtement industriel.
Le nom ALDACIA, acronyme d'Advanced
Coatings for Industrial Applications,
évoque également un terme italien archaïque
signifiant audace ou hardiesse. Il
traduit la volonté du projet de relever des
défis à haut risque et à fort impact, et de
dépasser les limites actuelles des technologies
de surface industrielles.
Jurgen Joossens, Deputy CEO du LIST, déclare
: « ALDACIA illustre parfaitement le
type de recherche ancrée dans l'industrie
que le LIST mène. En associant la science
fondamentale des matériaux à une feuille
de route industrielle claire, cette collaboration
avec Rotarex génèrera des innovations
à la fois scientifiquement significatives
et directement pertinentes pour des
marchés mondiaux critiques, de la microélectronique
à l'hydrogène propre. »
Et Philippe Schmitz, Deputy CEO de Rotarex,
d’ajouter : « Les procédés de fabrication
de semi-conducteurs deviennent
chaque année plus exigeants. ALDACIA
réunit l'expertise applicative de Rotarex
et la science des matériaux du LIST pour
garantir que nos solutions de contrôle de
gaz soient toujours prêtes à répondre aux
défis de demain. »
Communiqué par le Luxembourg Institute
of Science & Technology - LIST
© Crédit LIST
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BRÈVES
MINISTERIELLES
PAR ARMAND D'ANTONIO
CHAMBRE DES DÉPUTÉS
CYBERSÉCURITÉ : DEUX TEXTES
VOTÉS POUR RENFORCER
LA RÉSILIENCE NATIONALE
Les députés ont voté deux projets de
loi clés en matière de sécurité et de
résilience numériques. Le premier, qui
transpose le cadre européen sur les entités
critiques, oblige les opérateurs de
services essentiels (énergie, eau, transports,
santé, finance, alimentation,
infrastructures) à anticiper tous types
de crises : catastrophes naturelles, sabotages,
accidents industriels, ruptures
d'approvisionnement. Elles devront
évaluer leurs risques, protéger leurs
installations, former leurs équipes et signaler
rapidement tout incident à l'État.
Le second, dans la lignée de la directive
NIS2, impose des mesures de cybersécurité
concrètes aux entreprises
concernées et le signalement rapide de
toute attaque informatique.
CONSEIL D'ÉTAT
700 LOGEMENTS ACCESSIBLES
VERRONT LE JOUR AU KIRCHBERG
Le Conseil d'État a rendu son avis sur
le projet de loi 8657 autorisant l'État
à participer au financement du développement
de logements abordables
sur le site « J.F. Kennedy-Sud » au Kirchberg,
à Luxembourg-Ville. Ce projet
d'envergure prévoit la construction
d'environ 700 unités résidentielles
destinées à élargir l'offre de logement
abordable dans la capitale, sur un
terrain stratégique situé à proximité
directe du tram et des grandes institutions
européennes. L'institution a
également rendu plusieurs avis déterminants
ce printemps, notamment sur
les contributions du Luxembourg aux
programmes de l'Agence spatiale européenne
et sur la libération différée du
capital social minimum des SARL.
MINISTÈRE DE LA MOBILITÉ
L'AÉROPORT DU FINDEL
SE PRÉPARE À DOUBLER
SA CAPACITÉ D'ICI 2050
Le tout premier Masterplan stratégique
de l'aéroport de Luxembourg a été
présenté après deux ans de travaux.
Le document prévoit un doublement
du trafic passagers d'ici 2050, avec
10,6 millions de voyageurs attendus
soit environ deux fois le niveau actuel
ainsi qu'une hausse de 50% du fret.
Parmi les principaux projets figurent
l'agrandissement des deux terminaux,
la réaffectation de la gare souterraine,
la création d'un salon d'honneur et un
déploiement progressif des investissements
dans une logique durable.
MINISTÈRE DES FINANCES
FINANCES PUBLIQUES :
UN DÉMARRAGE 2026 PRUDENT
Les recettes de l'État continuent de
progresser et atteignent 7,92 milliards
d'euros, soit 4,5% de plus qu'il y a un
an. Le solde reste positif, à hauteur
de 59 millions d'euros, mais il recule
nettement par rapport au début 2025.
Les rentrées fiscales des particuliers
augmentent (+8,1%), tandis que celles
des entreprises sont en baisse (-11,8%).
Dans un contexte international tendu,
le ministre des Finances Gilles Roth appelle
à la prudence, tout en rappelant
que le Luxembourg conserve son précieux
triple A.
MISSION ÉCONOMIQUE
CAP SUR LE MAROC POUR
LEX DELLES ET UNE VINGTAINE
D'ENTREPRISES
Le ministre de l'Économie, des PME, de
l'Énergie et du Tourisme, Lex Delles, a
conduit une mission économique officielle
au Maroc, accompagné d'une
délégation de 30 représentants issus
de 22 entreprises luxembourgeoises
et de la Chambre de Commerce. Le
point d'orgue de la visite est le Forum
économique Maroc-Luxembourg co-organisé
avec la Confédération Générale
des Entreprises du Maroc (CGEM) à Casablanca.
Avec un Royaume en pleine
accélération de ses investissements (infrastructures
portuaires et ferroviaires,
5G, fibre optique, Coupe du monde
2030), l'objectif est de positionner les
entreprises luxembourgeoises sur des
projets d'ingénierie, de cybersécurité et
de technologies industrielles.
MINISTÈRE DE LA FAMILLE
LANCEMENT DE LA 4 E SEMAINE
NATIONALE DE PRÉVENTION
DU SURENDETTEMENT
Le ministère a ouvert la quatrième édition
de la Semaine nationale de prévention
du surendettement à l'Abbaye
de Neumünster, en collaboration avec
Inter-Actions ASBL et la Ligue médico-sociale.
À cette occasion, un nouveau
calculateur de budget a été lancé :
un outil accessible en cinq langues,
permettant à chacun d'analyser sa situation
financière et d'anticiper d'éventuels
déséquilibres. Un large éventail
d'activités a aussi été proposé sur l'ensemble
du territoire à destination du
grand public, des jeunes et des professionnels
du secteur social. Ce dispositif
s'inscrit dans le Plan d'action national
pour la prévention et la lutte contre
la pauvreté.
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Un SOC
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réagir le plus rapidement possible.
Face à des cybermenaces toujours plus sophistiquées, la
proximité fait la différence. Avec un SOC basé au Luxembourg,
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Anticipez les menaces avant qu’elles n’impactent votre activité.
Scannez le QR code pour contacter un expert Proximus NXT Luxembourg.
48
| IMMOBILIER & CONSTRUCTION
QUAND LA SANTÉ REDESSINE
LE TERRITOIRE LUXEMBOURGEOIS
À quelques mètres du château
de Wiltz, un nouveau morceau
de ville se forme lentement,
presque en silence. Rien, à première
vue, ne signale une transformation
majeure. Pourtant, le
futur complexe « Schlasskéier »
dépasse déjà largement le périmètre
d’un projet hospitalier
classique. Il s’inscrit dans
une recomposition plus large,
où les infrastructures de santé
cessent d’être des objets
isolés pour devenir des lieux
de croisement entre soins,
ville et usages quotidiens.
Clinique de jour, centre médical, restaurant,
place publique, parking souterrain :
en phase d’avant-projet sommaire, le
projet dessine une organisation où les
fonctions ne s’empilent pas, mais se répondent.
La frontière entre équipement
médical et espace urbain devient poreuse,
presque secondaire.
Dans un pays où l’espérance de vie atteint
83,4 ans*, la santé ne relève plus uniquement
du système hospitalier. Elle s’inscrit
dans une dynamique territoriale plus
large, marquée par le vieillissement de la
population, l’évolution des pratiques médicales,
la recherche de proximité et les
exigences de transition énergétique. Les
infrastructures ne sont plus des objets
figés, mais des ensembles soumis à des
ajustements continus.
Le project management comme
architecture de cohérence
Dans ce contexte, la difficulté ne réside
plus seulement dans la technique, mais
dans la capacité à maintenir ensemble
des univers qui ne parlent pas spontanément
le même langage. « Un projet de
santé ne ressemble plus à un projet de
bâtiment classique. Il s’agit de faire fonctionner
ensemble des logiques médicales,
49
techniques, urbaines et politiques, sur
plusieurs décennies », explique Sébastien
Kribs, chef d’unité Project Management.
Très vite, les projets deviennent des espaces
de négociation permanente. Les
acteurs se multiplient, chacun avec ses
contraintes propres, parfois difficilement
compatibles à première vue. « Professionnels
de santé, collectivités, architectes,
bureaux techniques, exploitants… chacun
arrive avec ses contraintes et ses objectifs.
Le rôle du project management consiste
à transformer cette diversité en un cadre
cohérent, où les décisions s’enchaînent
sans rupture et où le projet garde une direction
claire. »
Ce rôle dépasse la simple coordination
opérationnelle. Il s’agit moins de gérer des
tâches que de maintenir une continuité de
lecture dans un environnement fragmenté.
Des infrastructures qui
n’atteignent jamais un état final
Les équipements de santé ont une particularité
structurelle : ils ne se stabilisent
jamais complètement. Leur usage
évolue, leurs technologies changent,
leurs fonctions se reconfigurent au fil du
temps. « Les bâtiments médicaux doivent
être pensés comme des organismes
évolutifs », poursuit Sébastien Kribs.
« La complexité d’un projet
de santé ne vient pas de
l’accumulation des contraintes,
mais de leur interdépendance
permanente. » Sébastien Kribs
Sébastien Kribs, chef d’unité Project Management et Jacques Seywert, associé de Schroeder & Associé et chef de service Bâtiments et Ouvrages d’Art
50
| IMMOBILIER & CONSTRUCTION
« Les technologies, usages et besoins des
patients changent. Un hôpital conçu aujourd’hui
doit pouvoir absorber ces transformations
sans perdre en efficacité. »
Cette logique s’installe très tôt dans les
projets, bien avant les premières lignes
de conception. Elle se joue dans un moment
souvent déterminant : la programmation.
« La programmation est un moment
décisif. C’est là que se construit la
cohérence globale : les flux de patients,
les relations entre services, les contraintes
techniques, les marges d’évolution. Si cette
étape est mal définie, tout le projet en
dépend ensuite. »
Dans les faits, cette phase agit comme
une matrice invisible. Elle conditionne
les choix futurs, les arbitrages techniques,
mais aussi la capacité d’adaptation du
bâtiment dans le temps.
Chez Schroeder & Associés, le project
management intervient sur l’ensemble
du cycle de vie : études, coordination des
intervenants, suivi des coûts et des délais,
analyse des risques, arbitrages stratégiques.
Mais un autre enjeu apparaît de plus
en plus nettement : rendre intelligible ce
qui ne l’est pas spontanément. « Sur des
opérations de cette complexité, il faut permettre
aux maîtres d’ouvrage de décider
au bon moment, avec une vision claire des
conséquences de chaque choix. »
À Wiltz, un projet inséré dans
la ville plutôt qu’ajouté à elle
Le projet « Schlasskéier », qui prévoit la
construction d'un nouveau bâtiment multi-usage
avec une unité de services de
diagnostic et de traitement médicaux ambulatoires
du Centre Hospitalier du Nord
(CHdN), un centre médical régional ainsi
qu’un parking couvert, illustre concrètement
cette évolution. Développé par l’administration
communale de Wiltz et le CHdN
en étroite collaboration avec le ministère
de la Santé et de la Sécurité sociale, il ne
se limite pas à une logique d’équipement.
Avec plus de 3.500 m² pour la clinique
de jour, 1.200 m² pour le centre médical,
complétés par un restaurant, des espaces
publics et un parking souterrain de plus de
200 places, l’ensemble vise une certification
DGNB Gold. Mais sa véritable portée
se joue ailleurs : dans sa relation au site. À
proximité immédiate du château de Wiltz,
de l’Hôtel de Ville et des commerces de
la ville-haute, le projet s’insère dans une
structure urbaine existante au lieu de s’y
ajouter. « L’idée n’est plus de créer un équipement
isolé, mais un lieu qui participe
à la vie de la ville », souligne Sébastien
Kribs. « Un centre de santé doit fonctionner
comme un espace ouvert, accessible et
intégré, pas comme une structure fermée
sur elle-même. »
Cette logique impose un travail fin entre
disciplines. Autour du projet, les expertises
se croisent : Drees & Sommer pour
l’inventaire clinique, Beng Architectes
Associés, les bureaux d’ingénierie
LSC360 et Goblet Lavandier & Associés,
Papaya Urbanistes et Architectes paysagistes,
ainsi que l’architecte Mathias Kirn
de Munich.
Mais la difficulté ne réside pas seulement
dans la diversité des acteurs. Elle tient surtout
à leur synchronisation. « Il ne s’agit
pas uniquement de piloter des tâches. Il
faut créer une continuité entre des expertises
différentes, avec des logiques propres
et des temporalités qui ne coïncident
pas toujours. » Dans ce contexte, le project
management agit comme une ligne de
continuité. Il absorbe les décalages, arbitre
les tensions, soutient une cohérence
d’ensemble au fil des étapes.
Dans un hôpital en activité,
on n’a jamais le luxe
de l’interruption
Le chantier hospitalier
comme gestion permanente
de l’imprévisible
Dans les hôpitaux en activité, une contrainte
domine toutes les autres : ne jamais
interrompre le soin. « Un chantier
en milieu hospitalier ne peut jamais être
traité comme un chantier classique »,
rappelle Jacques Seywert, associé de
Schroeder & Associé et chef de service
Bâtiments et Ouvrages d’Art. « L’enjeu est
de maintenir les activités médicales tout
en intervenant dans un environnement
extrêmement sensible. »
Très concrètement, chaque intervention
est contrainte par une multitude de paramètres
: bruit, vibrations, accès, circula-
tion, logistique interne. Rien ne peut être
laissé à l’improvisation, surtout à proximité
de services critiques. Les méthodes
de travail sont donc fragmentées, phasées,
adaptées à chaque zone et à chaque moment.
Au Centre Hospitalier de Luxembourg,
tout comme au Centre Hospitalier
Emile Mayrisch, des extensions en
structure légère ont permis de maintenir
l’activité tout en limitant les nuisances. «
Dans ce type de projet, la précision de la
coordination est déterminante. Le moindre
décalage peut impacter directement
les soins. »
Le secteur évolue aussi vers des infrastructures
très spécifiques, comme les
hélistations hospitalières. Sur le site
de l’Hôpital Zitha, ces ouvrages combinent
contraintes structurelles, exigences
aéronautiques et impératifs médicaux. «
Ce sont des ouvrages complexes, mais leur
finalité reste simple : gagner du temps
pour sauver des vies », souligne-t-il.
Quand la santé redessine
les territoires
Au Luxembourg, ces projets de santé traduisent
une évolution progressive mais
structurelle. Ils ne se lisent plus uniquement
comme des opérations techniques
ou hospitalières. Ils s’inscrivent dans un
environnement où chaque intervention
doit composer avec des usages existants,
des circulations actives, et des lieux
déjà vécus.
« Dans un hôpital en activité, on n’a jamais
le luxe de l’interruption », rappelle
Jacques Seywert. « Chaque décision de
chantier se mesure à son impact immédiat
sur les soins. Le reste passe toujours
après. » Ce rapport direct à la contrainte
redéfinit la manière même d’intervenir
: phasage, précision, anticipation
deviennent des conditions de base, non
des optimisations.
« Ce qu’on cherche, au fond, c’est à éviter
la rupture », poursuit-il. « Rupture dans
les soins, rupture dans les usages, rupture
dans le fonctionnement du site. » Derrière
ces ajustements très concrets, une
transformation plus large se dessine : les
infrastructures de santé ne s’ajoutent plus
au territoire, elles composent avec lui, en
permanence, à l’échelle du quotidien.
*Sources : Observatoire National de la Santé
2023 et Health at a Glance 2025 report
LE BAILLEUR
SOCIAL AU
SERVICE DES
COMMUNES
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52
| IMMOBILIER & CONSTRUCTION
GESTION LOCATIVE SOCIALE : UN
ACCOMPAGNEMENT AU SERVICE
DES PROPRIÉTAIRES
Michel Monteiro
53
Dans un contexte où l’accès au
logement reste l’un des principaux
défis au Luxembourg, la
gestion locative sociale apparaît
plus que jamais comme une
solution concrète, à la fois pour
les propriétaires et pour les ménages
en recherche d’un logement
stable. Au sein de l’Agence
Immobilière Sociale, Michel
Monteiro occupe le poste de
conseiller propriétaire depuis
près de six ans. Son rôle : accompagner
les propriétaires qui
souhaitent confier leur bien à
la gestion locative sociale et assurer
un suivi complet tout au
long du processus.
Sécuriser les propriétaires
et simplifier la gestion
La gestion locative sociale permet à des
propriétaires de confier leur logement
à l’AIS, qui devient alors l’intermédiaire
entre eux et les bénéficiaires. L’un des
principaux avantages reste la sécurité
financière puisque l’AIS garantit le paiement
du loyer au propriétaire, même en
cas de difficulté rencontrée par le locataire.
« Le propriétaire n’a pas de souci à
se faire au niveau du loyer », souligne Michel
Monteiro. Au-delà de cette garantie,
l’accompagnement proposé couvre également
la gestion quotidienne du logement :
états des lieux, suivi administratif, entrées
et sorties des occupants, accompagnement
social ou encore remise en état du
bien en fin de contrat. Le propriétaire dispose
ainsi d’un interlocuteur unique tout
au long de la location. « Nous sommes sa
seule personne de contact », explique-t-il.
L’AIS garantit également une certaine
flexibilité au terme du contrat. Lorsque
le propriétaire souhaite récupérer son
logement, un préavis de trois à six mois
permet aux équipes de reloger les occupants
et d’assurer une transition dans de
bonnes conditions.
Une progression du nombre
de logements confiés à l’AIS
Aujourd’hui, l’AIS gère près de 800 logements,
dont environ la moitié est mobilisée
auprès de propriétaires privés. Les
autres logements appartiennent à la fondation,
à l’État ou aux communes. Ces dernières
années, Michel Monteiro a observé
une progression dans le nombre de propriétaires
qui se tournent vers la gestion
locative sociale. « J’ai vraiment remarqué
une grande évolution ces deux ou trois
dernières années », constate-t-il.
Selon lui, plusieurs facteurs expliquent
cette tendance. Dans un marché immobilier
devenu plus incertain, les propriétaires
recherchent davantage de stabilité
et de sécurité. « Ces derniers souhaitent
quelqu’un qui paie son loyer régulièrement
et ne pas avoir à gérer eux-mêmes
toutes les démarches », explique-t-il.
Les réformes mises en place par le gouvernement
récemment ont également contribué
à rendre le dispositif plus attractif.
« L’exemption fiscale accordée aux propriétaires
est progressivement passée de
50% à 75%, puis à 90% aujourd’hui. Cette
évolution témoigne d’une volonté publique
de soutenir davantage la mobilisation
des logements vacants pour aider les
plus fragiles », déclare Michel Monteiro.
Entre transparence
et accompagnement
des propriétaires
Tous les propriétaires ne correspondent
cependant pas forcément au modèle
de la gestion locative sociale. Certains
contactent l’AIS avec des attentes de
loyers comparables au marché privé. Dans
ces situations, le conseiller privilégie toujours
un discours honnête et réaliste. « Si
quelqu’un vient uniquement avec l’idée
d’obtenir un loyer très élevé, cela ne fonctionnera
pas chez nous. Il faut être réaliste
et sincère ».
Cette transparence se retrouve aussi dans
l’accompagnement proposé aux propriétaires
disposant de logements vacants
depuis plusieurs années. Certains biens
nécessitent des rénovations ou des travaux
de remise en état avant de pouvoir
être intégrés dans le dispositif. Là encore,
l’AIS accompagne les démarches administratives
et techniques : demande de devis,
coordination des travaux ou conseils sur
les aménagements nécessaires.
Dans certains cas, les familles des propriétaires
prennent également le relais. Il
arrive régulièrement que les enfants d’une
personne âgée ou malade contactent l’AIS
afin de trouver une solution pour gérer
un logement devenu difficile à entretenir
ou à administrer. « Les familles n’ont
pas toujours le temps ou les connaissances
pour gérer un logement vacant.
Nous sommes à leurs côtés pour simplifier
toutes ces démarches ».
Une mission sociale avant tout
Contrairement au marché locatif traditionnel,
la gestion locative sociale repose
sur une procédure structurée qui nécessite
plusieurs étapes : visite du logement,
validation technique, établissement du
contrat, recherche d’un ménage adapté
pour les familles par les équipes sociales
puis validation finale du dossier. « Entre
la première visite et le début du contrat, il
faut souvent compter deux à trois mois »,
précise Michel Monteiro.
Cette organisation permet d’assurer un
accompagnement social durable pour
les bénéficiaires et une gestion sécurisée
pour les propriétaires. Enfin, Michel Montero
tient à rappeler que les différents
acteurs de la gestion locative sociale au
Luxembourg poursuivent tous le même
objectif. Selon lui, il ne s’agit pas d’un
secteur concurrentiel, mais d’un engagement
collectif au service du logement et
des personnes les plus précaires. « Nous
ne sommes pas des concurrents. Nous
sommes tous dans le même bateau et
nous faisons tous le même travail : aider
les gens ».
Agence Immobilière Sociale
202b, rue de Hamm
L-1713 Hamm
www.fondation-logement.lu
Tel: 26 48 39 52
54
| IMMOBILIER & CONSTRUCTION
BEREIT FÜR DEN SOMMER:
TAFF SORGT FÜR SAUBERE
AUSSENFLÄCHEN
Wenn die Tage länger werden, verlagert sich das Leben wieder nach
draußen. Terrassen werden genutzt, Einfahrten und Höfe fallen
stärker ins Auge, Fassaden stehen im hellen Sommerlicht und Dächer
zeigen nach den feuchten Monaten oft deutliche Spuren von
Moos, Algen und Schmutz. Genau jetzt ist der richtige Zeitpunkt,
Außenflächen professionell reinigen zu lassen – bevor Ablagerungen
sich weiter festsetzen und aus optischen Mängeln langfristige
Materialprobleme entstehen.
TAFF Reinigungsdienst aus Beaufort ist
in Luxemburg auf anspruchsvolle Reinigungsarbeiten
rund um Gebäude und
Außenanlagen spezialisiert. Das Unternehmen
arbeitet für Privatkunden,
Hausverwaltungen, Gemeinden, öffentliche
Einrichtungen sowie Gewerbe- und
Industriebetriebe. Im Mittelpunkt stehen
eine fachgerechte Beurteilung der Oberflächen,
moderne Reinigungstechnik und
eine Ausführung, die gründlich, sicher und
materialschonend ist.
Ein besonderer Fokus liegt auf der Terrassenreinigung.
Gerade Terrassen,
Gehwege, Hofeinfahrten und andere befestigte
Flächen sind im Alltag stark beansprucht.
Regen, Laub, Pollen, Algen und
Moose hinterlassen mit der Zeit dunkle
Beläge, machen Oberflächen unansehnlich
und können sie rutschig werden
lassen. TAFF entfernt diese Ablagerungen
mit angepasstem Druck, geeigneter Wassertechnik
und auf das Material abgestimmten
Verfahren. Ob Naturstein, Beton,
Pflaster oder andere Außenbeläge: Ziel ist
eine sichtbar gepflegte Fläche, die wieder
sicher nutzbar ist und pünktlich zur
Sommersaison einen sauberen Eindruck
macht. Vorab können sie sich anhand einer
gratis Testfläche überzeugen.
Auch bei der Fassadenreinigung zeigt
sich der Nutzen professioneller Pflege
besonders deutlich. Fassaden prägen den
ersten Eindruck eines Gebäudes, sind aber
gleichzeitig dauerhaft Witterung, Feinstaub,
Abgasen und organischem Bewuchs
ausgesetzt. Verfärbungen, Algenstreifen
und Schmutzränder lassen Immobilien
schnell älter wirken, als sie tatsächlich
sind. TAFF prüft Material, Verschmutzungsgrad
und Zugänglichkeit, bevor das
passende Reinigungsverfahren gewählt
wird. So lassen sich viele Fassaden wirksam
auffrischen, ohne direkt an einen
TAFF Verkaufsteam
55
TAFF Terrassenreinigung
TAFF Solarreinigung mit Reinigungsroboter
neuen Anstrich denken zu müssen. Auch
hier erstellt TAFF vor Ort gerne vorab eine
gratis Testfläche.
Eine Fassadenreinigung
von TAFF ist bis zu 70 Prozent
günstiger als ein Anstrich.
Für Eigentümer bedeutet das eine
wirtschaftlich attraktive Möglichkeit, den
Wert und die Wirkung ihrer Immobilie zu
verbessern. In vielen Fällen ist die Reinigung
nicht nur schneller erledigt, sondern
auch ressourcenschonender. Zudem kann
häufig auf ein aufwendiges Gerüst verzichtet
werden, was Kosten, Zeit und organisatorischen
Aufwand reduziert.
Ein weiterer wichtiger Leistungsbereich
ist die Dachreinigung. Dächer sind über
das ganze Jahr hinweg Sonne, Regen,
Frost, Feuchtigkeit und organischen
Ablagerungen ausgesetzt. Besonders
Moose und Flechten können Feuchtigkeit
speichern und damit die Alterung
der Dachfläche beschleunigen. TAFF setzt
auf gründliche, aber schonende Reinigungsmethoden
und arbeitet je nach
Gebäudehöhe, Dachneigung und Zugänglichkeit
mit Hebebühnen, klassischen
Reinigungssystemen oder unternehmenseigenen
Drohnen. Dadurch können auch
schwer erreichbare Dachbereiche effizient
bearbeitet werden und das immer ohne
teure Gerüstlösungen.
Bei Photovoltaik- und Solaranlagen steht
für TAFF vor allem ein Ziel im Vordergrund:
die Wiederherstellung der vollen Energieproduktion.
Verschmutzungen durch
Staub, Pollen, Vogelkot, Feinstaub oder
landwirtschaftliche Ablagerungen reduzieren
die Lichtaufnahme der Module und
können den Ertrag spürbar senken. TAFF
reinigt Solaranlagen mit entmineralisiertem
Wasser und materialschonenden
Verfahren ohne aggressive Chemikalien.
Bei größeren Anlagen kommen bei Bedarf
spezielle Reinigungsroboter zum Einsatz,
die große Modulflächen gleichmäßig
und sicher bearbeiten. Eine fachgerechte
Solarreinigung hilft, die Leistungsfähigkeit
der Anlage wieder zu optimieren
und die Wirtschaftlichkeit der Investition
zu sichern.
Ergänzend bietet TAFF auch professionelle
Glasreinigung für Fensterflächen,
Glasfassaden und transparente Bauelemente
an. Gerade im Sommer zeigt sich
schnell, ob Glasflächen gepflegt sind: Saubere
Fenster verbessern den Lichteinfall,
werten Gebäude optisch auf und sorgen
für einen klareren Gesamteindruck. Auch
hier kommen geeignete Reinigungssysteme
und sichere Zugangslösungen zum
Einsatz.
TAFF versteht Außenreinigung als Beitrag
zum langfristigen Werterhalt von Immobilien.
Ob Terrasse, Fassade, Dach oder Solaranlage:
Jede Fläche wird individuell beurteilt
und mit einem passenden Verfahren
behandelt. So entstehen Reinigungslösungen,
die nicht nur kurzfristig sauber
wirken, sondern Substanz, Sicherheit und
Funktion dauerhaft unterstützen. Da die
Nachfrage erfahrungsgemäß zur Sommersaison
steigt, empfiehlt sich eine frühzeitige
Terminvereinbarung.
„TAFF … und du bist baff!“
TAFF S.à r.l.
6, rue des Promenades
L-6314 Beaufort
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56
POSE DE LA PREMIÈRE PIERRE DU FUTUR
BOUNEWEGER LYCÉE LUXEMBOURG :
UN CAMPUS MODERNE POUR APPRENDRE
ET ENSEIGNER AUTREMENT
La ministre de la Mobilité et des Travaux publics, Yuriko Backes, a
procédé à la pose de la première pierre du nouveau Bouneweger Lycée
Luxembourg, aux côtés de Claude Meisch, ministre de l'Éducation
nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse, en présence du bourgmestre
de la Ville de Luxembourg, Lydie Polfer, et du directeur du
lycée, Mike Borschette.
Kooperativ – innovativ – engagéiert:
un projet pédagogique au service
des élèves et du corps enseignant
Le Bouneweger Lycée Luxembourg propose
une large offre scolaire, couvrant
l'enseignement secondaire classique
(classes inférieures) et général, de nombreuses
formations professionnelles et
un BTS. Le futur campus est conçu pour
accueillir environ 2.150 élèves, et 200 enseignantes
et enseignants. Pensé à la fois
comme un lieu d'apprentissage et un véritable
lieu de vie, le futur campus offrira
un environnement stimulant, inclusif et
adapté aux besoins quotidiens des élèves
comme du personnel éducatif.
« Avec cette nouvelle construction, nous
faisons le choix d'une approche pédagogique
résolument tournée vers l'interaction
et la collaboration, afin de faciliter
l'intégration de chaque élève et de renforcer
durablement la cohésion de la communauté
éducative. Le futur campus scolaire
de Bonnevoie est un lieu pensé pour répondre
concrètement aux besoins et aux
attentes des élèves comme du corps enseignant,
en y intégrant pleinement l'activité
sportive. À travers cette infrastructure
moderne, les élèves évoluent dans un environnement
motivant, inclusif et connecté,
où ils peuvent s'épanouir et construire
leur avenir », a souligné la ministre Yuriko
Backes à cette occasion.
Le projet intègre des infrastructures spécialisées
adaptées à cette offre pédagogique
diversifiée. Parmi celles-ci figurent
des ateliers dédiés aux métiers de l'alimentation
(boucherie, charcuterie, boulangerie
et pâtisserie), ainsi que des installations
pour la restauration collective
et professionnelle. Ces dernières sont
complétées par des restaurants d'application
permettant l'apprentissage des
métiers du service en conditions réelles.
Le lycée comprend également des ateliers
consacrés aux formations dans les domaines
de la métallurgie, de l'électricité et
de l'électronique. Le complexe intègre en
outre un pôle sportif comprenant une piscine,
quatre terrains de sport intérieurs,
un dojo et une salle de fitness.
Une attention particulière sera accordée
aux classes inférieures grâce à une organisation
en "clusters", conçue pour accompagner
progressivement les élèves
dans la transition entre l'école fondamentale
et le lycée et favoriser un encadrement
de proximité ainsi que des parcours
plus individualisés.
Le nouvel ensemble, combiné aux infrastructures
existantes, formera le
campus scolaire de Bonnevoie. L'aménagement
du site a été pensé pour favoriser
les mobilités actives et renforcer les
connexions entre les quartiers environnants.
L'organisation des accès garantit
un haut niveau de sécurité, en distinguant
clairement les flux piétons des circulations
liées aux véhicules. Idéalement situé,
le lycée bénéficie d'une excellente
desserte grâce à un arrêt de tram, ses
multiples lignes de bus et sa proximité
immédiate avec aussi bien la gare centrale
que la gare de Howald en tant que pôles
d'échange multimodaux. Il est également
aisément accessible à vélo grâce au réseau
d'infrastructures cyclables.
Le ministre Claude Meisch a souligné:
« Les infrastructures modernes du nouveau
Lycée Bouneweg Luxembourg incarnent
pleinement notre vision d'un lycée
tourné vers l'avenir, où chaque élève
peut apprendre, s'épanouir et trouver sa
place dans le monde de demain. Grâce notamment
à ses espaces de collaboration,
ses lieux de vie conviviaux, ses environnements
technologiques innovants et ses
ateliers spécialisés, le futur campus scolaire
sera au service de la réussite de tous
les élèves. Conçu selon une organisation
en « clusters » pour les classes inférieures,
le lycée bénéficiera d'un aménagement qui
favorisera les apprentissages, l'échange
et la collaboration. Car aujourd'hui, apprendre
ne consiste plus uniquement à
transmettre des connaissances: il s'agit
aussi de stimuler la créativité, de développer
l'esprit d'équipe et de permettre aux
jeunes de grandir ensemble ».
Une architecture inclusive
pensée pour favoriser les échanges
et le bien-être au quotidien
Le programme architectural est structuré
en trois entités distinctes: le bâtiment
principal du lycée avec ses espaces communs
et ateliers alimentaires, les ateliers
dédiés aux métiers techniques, ainsi que le
centre sportif.
57
Cette organisation permet d'adapter les
constructions aux spécificités de chaque
activité, tout en facilitant la gestion des
espaces et leur utilisation quotidienne.
Le projet intègre également une approche
pédagogique favorisant les interactions
et la collaboration. Des espaces de rencontre
sont aménagés à chaque niveau
afin d'encourager les échanges interdisciplinaires
et de fluidifier les déplacements
au sein du site. Un vaste atrium sur deux
niveaux regroupe les principales fonctions
communes, tandis que de larges escaliers
servant de gradins créent des lieux de rassemblement
au cœur de l'établissement.
L'interconnexion des espaces tels que les
réfectoires, la salle polyvalente et le foyer
permet de générer des synergies entre les
différentes activités.
Les choix constructifs, avec des structures
en béton ou en bois, privilégient la modularité
et l'adaptabilité des bâtiments, afin
d'accompagner l'évolution des besoins pédagogiques.
Une attention particulière est
également accordée à la durabilité, avec
l'utilisation de matériaux responsables, le
recours à des énergies renouvelables, notamment
des panneaux photovoltaïques,
des pompes à chaleur et des toitures végétalisées.
Il intègre en outre des solutions
telles que le béton recyclé et la réutilisation
de matériaux issus de démolition, afin
de réduire l'empreinte environnementale
du futur campus.
Communiqué par le ministère de la Mobilité
et des Travaux publics / ministère de l’Éducation
nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse /
Administration des bâtiments publics
58
BRÈVES
COMMUNALES DU SUD
PAR ARMAND D'ANTONIO
ESCH-SUR-ALZETTE
DE LA FRICHE INDUSTRIELLE
AU QUARTIER HABITÉ :
METZESCHMELZ PREND FORME
Sur 63 hectares entre Esch et Schifflange,
l'ancienne aciérie cède lentement
la place à l'un des plus grands
projets urbains du pays. Le futur
quartier Metzeschmelz prévoit environ
4.360 logements dont 30% à prix
encadrés, près de 7.880 emplois et
entre 8.000 et 10.000 habitants à l'horizon
2031. La déconstruction du hall
à mitraille et du four électrique est en
cours. Le plan directeur, conçu par un
consortium international, mise sur la
renaturation de l'Alzette, la mobilité
douce et l'économie circulaire : trois
marqueurs désormais incontournables
des grandes opérations de reconversion
luxembourgeoises.
DIFFERDANGE
UN NOUVEL ÉCOQUARTIER VOIT
LE JOUR À NIEDERKORN
Le Fonds du logement et la Ville de
Differdange ont lancé la construction
de cinq maisons unifamiliales dans le
futur écoquartier « Mathendahl », à
Niederkorn. Chaque habitation offrira
127 m² habitables et quatre chambres,
pour un budget total de 4,8 millions
d'euros TTC. Ce premier chantier
marque le début d'un projet bien plus
vaste : à terme, le nouveau quartier
accueillera 245 appartements et 150
maisons, ainsi que des surfaces commerciales.
Près d'un tiers du site sera
consacré aux espaces verts et publics,
dans une logique de mixité d'usages.
Les habitations seront destinées à la
location abordable.
DUDELANGE
NEISCHMELZ : LA MÉTAMORPHOSE
DE L'ANCIENNE ACIÉRIE
EST LANCÉE
Sur le site de l'ancienne aciérie au
sud de Dudelange, le futur écoquartier
NeiSchmelz commence à prendre
forme : sur 33 hectares de friche industrielle,
1.575 logements verront
le jour, dont près de la moitié en location
abordable. Au cœur du futur
quartier, l’ancien Hall wagonnage, un
bâtiment industriel historique, est en
cours de transformation pour devenir
le « Lokschapp », un futur espace culturel
et associatif. Le projet entrera en
phase de construction en 2026, et les
premières unités de logement seront
livrées en 2028. Au total, environ 3 600
habitants pourront s'installer dans ce
nouveau quartier d'ici 2030.
PÉTANGE
UN PONT PIÉTON-CYCLISTE POUR
RELIER TROIS PAYS
La commune est partenaire chef de
file du projet TRI-PONT, qui prévoit la
construction d'un pont réservé aux
piétons et aux cyclistes au Point Triple,
à l'endroit où se rejoignent le Luxembourg,
la Belgique et la France. L'ouvrage
reliera directement Pétange,
Aubange et Mont-Saint-Martin, dans la
vallée de la Chiers. L'objectif : favoriser
une mobilité douce et transfrontalière,
dans un cadre naturel préservé. Le
projet est cofinancé par l'Union européenne
dans le cadre du programme
Interreg Grande Région 2021-2027.
Au-delà de sa fonction pratique, le pont
est pensé comme un lieu de rencontre
et un symbole fort de la coopération
entre les trois communes voisines.
SANEM
À BELVAL-NORD, UN NOUVEAU
LIEU DE VIE ALLIANT LOGEMENT,
SOCIAL ET SERVICES
La commune mène aujourd’hui un
grand projet qui réunit logement abordable
et services de proximité. À terme,
68 logements en location occuperont
deux lots dédiés. Le site accueillera
également la nouvelle maison sociale,
des locaux pour une équipe de
proximité communale, une salle multifonctionnelle
pour les associations,
des cabinets médicaux, un restaurant
et un nouvel accès à la Waassertrap.
Les travaux de terrassement sont en
cours, et l'achèvement est attendu au
plus tard en juillet 2026. Le quartier de
Belval-Nord, déjà bien connu pour sa
friche industrielle reconvertie, gagne
ainsi une nouvelle dimension orientée
vers le vivre-ensemble.
SCHIFFLANGE
UNE REFONTE D'ENVERGURE
DU SYSTÈME SCOLAIRE
ET PÉRISCOLAIRE
Avec une population passée de 7.000
à près de 12.000 habitants en deux décennies,
Schifflange engage une refonte
d'envergure de ses infrastructures
scolaires. Le masterplan communal
prévoit la modernisation et l'agrandissement
des écoles Lydie Schmit et Albert
Wingert, ainsi que l'extension des
capacités d'accueil de la maison relais.
Aujourd'hui limitée à 400 places, celleci
devra à terme pouvoir accueillir entre
800 et 900 enfants. L'enveloppe globale
du projet avoisine les 75 millions
d'euros. La commune participe par ailleurs,
aux côtés d'Esch-sur-Alzette, au
grand projet Metzeschmelz, qui transformera
l'ancien site sidérurgique en
un quartier résidentiel mixte de plus
de 4.000 logements.
Des solutions
modulaires
pour les
applications
commerciales
et communales
Viessmann propose aux
collectivités, aux entreprises
et aux services publics des
solutions avec une gamme
de pompes à chaleur air/eau et
sol/eau performantes pour le
chauffage et le refroidissement
d'immeubles résidentiels,
des bâtiments commerciaux,
des immeubles de bureaux,
des bâtiments publics et du
secteur tertiaire.
Viessmann Luxembourg
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60
| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
UNE APPROCHE HOLISTIQUE
DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE
Face aux enjeux énergétiques actuels, les attentes des particuliers
comme des professionnels évoluent rapidement. Les consommateurs
recherchent aujourd’hui des solutions capables de combiner
performance, simplicité d’utilisation, maîtrise des coûts et durabilité.
Dans ce contexte, Viessmann entend se positionner comme un
partenaire global, capable d’accompagner ses clients bien au-delà
de la simple installation d’un système de chauffage. Explications
avec Günter Krings, Managing Director.
Une gamme pensée pour
tous les besoins
Grâce à son partenariat avec Carrier,
Viessmann a considérablement élargi son
offre ces dernières années, notamment
dans le domaine du refroidissement des
bâtiments. L’un des axes majeurs développés
par Viessmann repose sur l’adaptabilité
de ses solutions. La société mise
également sur le fait que ses produits
sont conçus avec les installateurs afin de
faciliter leur installation et leur mise en
service. « Les produits sont développés en
collaboration avec nos partenaires artisans
afin d’être aussi faciles à installer et à
mettre en service que possible », explique
Günter Krings.
Cette volonté de simplification passe également
par l’uniformisation des outils de
commande. Comme une grande partie des
équipements est développée et fabriquée
directement par le groupe, Viessmann a
pu mettre en place une plateforme unique
baptisée « One Base ». « Comme nous développons
et fabriquons pratiquement
tous nos produits nous-mêmes, nous
pouvons les équiper d’une plateforme de
commande entièrement unifiée, de sorte
que l’utilisation de tous nos appareils soit
homogène », explique-t-il.
Concrètement, cette plateforme permet
de faire communiquer entre eux différents
équipements comme les pompes
à chaleur, les installations photovoltaïques,
les batteries domestiques ou
encore les bornes de recharge pour véhicules
électriques. L’objectif est de simplifier
la gestion énergétique des bâtiments
grâce à un système HEMS (Home
Energy Management System) capable
d’optimiser automatiquement les flux
énergétiques du logement.
Des solutions connectées pour les
particuliers et les professionnels
Cette logique d’écosystème connecté se
retrouve également dans les outils numériques
proposés par Viessmann. Via l’application
ViCare, les utilisateurs peuvent
piloter leur installation énergétique à
distance depuis leur smartphone ou leur
tablette. Le système permet notamment
de suivre la consommation énergétique,
d’ajuster les paramètres de chauffage ou
encore de recevoir des notifications en cas
d’anomalie.
Pour les installateurs comme pour les
clients finaux, Viessmann met à disposition
des solutions de suivi énergétique accessibles
à distance. « Tant pour l’installateur
que pour le client final, il existe des
solutions permettant de surveiller l’installation
énergétique afin d’assurer ainsi
le suivi énergétique et la maintenance ».
L’entreprise propose également des
fonctionnalités complémentaires via un
abonnement mensuel. Celui-ci permet
notamment de bénéficier de conseils personnalisés
pour réduire sa consommation
énergétique.
Une offre accessible
à différents budgets
Au-delà de la technologie, Viessmann
souhaite également répondre à des réalités
économiques variées. « Nous couvrons
également un large éventail de prix, allant
d’une gamme d’entrée de gamme à
des produits de haute technologie dotés
de toutes les fonctionnalités imaginables.
Ainsi, notre partenaire installateur n’a
pas besoin de changer de fournisseur si
son client ne dispose pas d’une réserve
financière importante pour un système
de chauffage »
Pour accompagner les ménages dans leurs
investissements, Viessmann propose également
des solutions de financement développées
avec un partenaire bancaire.
Un accompagnement humain
et technique de proximité
Si l’entreprise met fortement en avant l’innovation
technologique, elle insiste tout
autant sur l’importance de l’accompagnement
humain. Au Luxembourg, Viessmann
dispose d’équipes technico-commerciales
qui interviennent directement
sur le terrain aux côtés des installateurs. «
Nos équipes se rendent sur place chez nos
partenaires ou chez l’utilisateur final pour
le conseiller et planifier une nouvelle installation
», explique Günter Krings.
Cette approche concerne également les
projets plus complexes destinés au commerce,
à l’administration ou à l’industrie.
Pour ces installations, l’entreprise
s’appuie sur un service d’offres composé
de plusieurs ingénieurs de projet spécialisés.
Une fois l’installation planifiée et
vendue, l’accompagnement se poursuit
tout au long du chantier. Les équipes
techniques interviennent pour le conseil
au montage, la mise en service des équipements
et les explications destinées aux
utilisateurs finaux.
« Les collaborateurs de notre service
technique peuvent procéder à la mise en
service en collaboration avec nos clients
artisans, ainsi que fournir toutes les explications
nécessaires à l’exploitant de l’installation.
» Le suivi après-vente fait égale-
61
ment partie intégrante du dispositif, avec
une assistance assurée aussi bien via une
hotline dédiée que directement sur site
grâce à des techniciens spécialisés.
Former les partenaires pour
renforcer l’autonomie
Enfin, Viessmann Luxembourg accorde
une place importante à la formation de
ses partenaires. À Steinsel, l’entreprise
dispose d’une académie où collaborateurs,
artisans et concepteurs peuvent suivre
des formations théoriques et pratiques
sur les différentes technologies proposées.
« Notre objectif premier est toutefois
de permettre à nos partenaires de gérer
de manière aussi autonome que possible
l’ensemble des prestations : conseil, planification,
mise en service et maintenance ».
Pour l’entreprise, cette montée en compétence
des professionnels constitue un
élément essentiel pour garantir la qualité
du parcours client. « Ce n’est que si l’ensemble
du parcours client est mené avec
beaucoup de compétence et de manière
satisfaisante à tous les niveaux que le
client final peut profiter de tous les avantages
de sa nouvelle installation énergétique
», conclut Günter Krings.
Viessmann Luxembourg Sàrl
35 Rue J-F Kennedy
L-7327 Steinsel
www.viessmann.lu
62
| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
AU CŒUR DU RECYCLAGE
DES ÉQUIPEMENTS ÉLECTRIQUES
ET ÉLECTRONIQUES
Face à la multiplication des équipements électriques et électroniques,
leur recyclage devient un enjeu majeur. Depuis plus de
vingt ans, Ecotrel coordonne au Luxembourg la collecte, le traitement
et la réutilisation des appareils en fin de vie. Andy Maxant,
directeur, revient sur les défis du secteur, les enjeux du réemploi
et les solutions mises en place pour accompagner la transition vers
une économie circulaire.
Une mission née des obligations
européennes
Créée en 2004 à l’initiative de 43 sociétés,
Ecotrel joue aujourd’hui un rôle central
dans la gestion des déchets d’équipements
électriques et électroniques (DEEE)
au Luxembourg. « À travers la collecte, le
recyclage et la sensibilisation, nous accompagnons
les producteurs et les consommateurs
dans une démarche devenue
indispensable face aux enjeux environnementaux
actuels. Nous comptons aujourd’hui
946 sociétés membres. », déclare
Andy Maxant, directeur.
L’origine d’Ecotrel remonte à la transposition
en droit national de deux directives
européennes imposant aux producteurs
d’assumer la responsabilité des équipements
mis sur le marché une fois arrivés en
fin de vie. « Le producteur, dans sa définition
légale, c’est celui qui fabrique, celui
qui met en vente ou encore celui qui met
pour la première fois un appareil sur le
marché luxembourgeois », explique-t-il.
Ces sociétés ont ainsi l’obligation de financer
la collecte et le recyclage des appareils
usagés rapportés dans les centres de
ressources du pays.
Pour répondre à cette obligation collective,
les entreprises fondatrices ont créé
Ecotrel afin que l’association prenne en
charge ces missions pour leur compte. Depuis
plus de vingt ans, cette mission n’a
jamais changé, même si le cadre légal et
les priorités environnementales ont fortement
évolué.
Des chiffres en constante
augmentation
Aujourd’hui, les chiffres témoignent de
l’ampleur du travail réalisé. En 2025, 6.571
tonnes de déchets d’équipements électriques
et électroniques ont été collectées au
Luxembourg. Dans le même temps, près
de 7,8 millions d’appareils ont été mis sur
le marché, un chiffre en augmentation par
rapport à l’année précédente.
Au-delà du recyclage, la question de la
réutilisation prend une place grandissante.
C’est dans cette logique qu’a été
lancé le projet pilote « Social ReUse » fin
2018. « Le principe est simple : lorsqu’un
citoyen dépose un appareil encore fonctionnel
dans un centre de ressources,
celui-ci peut être orienté vers une filière
de réemploi plutôt que vers le recyclage.
Des acteurs sociaux récupèrent alors les
appareils, les testent et les remettent sur
le marché si leur état le permet », souligne
Andy Maxant. L’an dernier par exemple,
12.107 appareils ont été collectés
dans le cadre du projet, et 9.937 ont pu
être remis en circulation sur le marché de
la seconde main.
Du centre de ressources
au recyclage des matières
Concrètement, le parcours d’un appareil
électrique commence dès son achat. Une
cotisation de recyclage est intégrée au
prix payé par le consommateur. Celle-ci
permet ensuite de financer la collecte et
le traitement des appareils en fin de vie.
Lorsqu’un appareil devient inutilisable, il
peut être déposé dans un centre de ressources
ou lors des collectes mobiles organisées
à travers le pays.
Les déchets sont ensuite triés selon différentes
catégories. « Certains appareils
sont considérés comme « problématiques
», notamment les réfrigérateurs, les
lampes ou encore les radiateurs à bain
d’huile. D’autres, comme les petits appareils,
les écrans ou l’électroménager classique,
suivent une autre filière », précise
Andy Maxant.
63
Une étape primordiale du traitement est
réalisée au Luxembourg, à Bettembourg,
où les appareils sont démontés manuellement
afin d’être dépollués. Batteries,
condensateurs, câbles, circuits imprimés,
verre ou plastiques sont séparés afin
d’obtenir des matières plus pures avant
leur envoi vers des usines de recyclage
situées principalement en Belgique, en
France et en Allemagne.
« Nous sommes quasiment les seuls en Europe
à faire un démontage manuel de cette
manière », souligne-t-il. Ce travail minutieux
permet notamment de retirer des
composants potentiellement dangereux,
parfois même sur de très petits appareils.
Sensibiliser face
aux nouveaux défis
Si le système fonctionne globalement
bien, plusieurs défis demeurent. Parmi
eux figure le phénomène du « hoarding »,
ou thésaurisation, qui consiste à conserver
chez soi d’anciens appareils inutilisés
dans des tiroirs ou des caves. Une pratique
fréquente qui prive les filières de recyclage
de matières précieuses. Pour sensibiliser
les citoyens, Ecotrel mène des campagnes
de communication autour de ce sujet.
Autre problématique : les exportations
illégales ou mal tracées de matériel informatique.
Certains équipements professionnels
quittent le territoire sans intégrer
les circuits officiels de collecte et de
recyclage. « Dès que des produits ont une
certaine valeur, ils disparaissent parfois de
façon illégale du marché », explique Andy
Maxant. Le phénomène concerne particulièrement
le matériel informatique,
qui conserve une valeur résiduelle même
après plusieurs années d’utilisation.
La situation géographique du Luxembourg
constitue également un défi spécifique. De
nombreux consommateurs effectuent leurs
achats à l’étranger, tandis que certains
équipements utilisés au Luxembourg repartent
ensuite hors du pays sans revenir
dans les filières nationales de collecte.
« Pas de panique » :
une nouvelle campagne
Ecotrel mise avant tout sur la sensibilisation
et l’information. En 2026, l’association
prévoit une nouvelle campagne
articulée autour de quatre messages clés :
expliquer la cotisation de recyclage, rappeler
les bons réflexes de tri, encourager
la réutilisation et montrer concrètement
ce que deviennent les appareils une fois
collectés. Le mot d’ordre de cette campagne
: « Pas de panique ». « À travers des
vidéos courtes, de l’affichage urbain et des
actions de terrain, nous souhaitons apporter
des réponses simples et concrètes aux
questions des citoyens. « Notre objectif est
de rappeler les bons réflexes : trier, réutiliser
si possible, puis recycler », résume
Andy Maxant.
Ecotrel
11, Boulevard du Jazz
L-4370 Esch-Belval
www.ecotrel.lu
Andy Maxant, directeur
64
| ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE
UN ENJEU DE COLLECTE,
DE SÉCURITÉ ET DE VALORISATION
Avec l’augmentation constante des batteries mises sur le marché et
l’entrée en vigueur du nouveau règlement européen sur les batteries,
les défis liés à la collecte, au recyclage et à la sensibilisation du
public prennent une ampleur inédite. Rencontre avec Ecobatterien,
l’organisme chargé de coordonner au Luxembourg la collecte et le
traitement des batteries usagées. Explications avec son directeur,
Andy Maxant.
Pouvez-vous présenter
Ecobatterien et son rôle
au Luxembourg ?
Ecobatterien a été créée en 2009, à la suite
d’une directive européenne qui imposait
aux entreprises mettant des batteries
sur le marché de prendre en charge leur
collecte et leur recyclage. Pour répondre
à cette obligation, les sociétés concernées
se sont regroupées au sein d’une
structure commune.
Aujourd’hui, l’organisme compte 1.035
membres et coordonne l’ensemble du
système de reprise et de traitement des
batteries usagées au Luxembourg. Les
volumes que nous traitons témoignent
d’une croissance continue du secteur.
En 2025, près de 15 millions de batteries
ont été mises sur le marché luxembourgeois.
En parallèle, plus de 207 tonnes de
batteries portables et plus de 2.000 tonnes
de batteries de démarrage au plomb
ont été collectées.
Andy Maxant, directeur
65
Cette hausse régulière s’explique notamment
par l’essor des équipements électroniques,
des véhicules électriques et
des moyens de mobilité légère comme les
vélos ou trottinettes électriques.
Qu’est-ce qui change avec
le nouveau règlement européen
sur les batteries ?
Le principal changement réside dans le
passage d’une directive européenne à un
règlement européen directement applicable
dans tous les États membres. Avant,
les textes devaient être transposés dans
les lois nationales. Désormais, le règlement
s’applique directement.
Le texte modernise également les catégories
de batteries. La précédente directive,
datant de 2006, distinguait essentiellement
les batteries portables, industrielles
et de démarrage. Cette classification est
devenue insuffisante avec l’apparition
massive des batteries lithium-ion et des
véhicules électriques. Le nouveau règlement
introduit désormais plusieurs catégories
précises : batteries portables jusqu’à
5 kg, batteries pour moyens de transport
légers jusqu’à 25 kg, batteries de véhicules
électriques, batteries de démarrage,
d’éclairage et d’allumage, ainsi que batteries
industrielles.
Le règlement fixe aussi de nouveaux
objectifs ambitieux de collecte et de
recyclage. Pour les batteries portables,
le taux de collecte devra atteindre 63%
en 2027 puis 73% en 2030. Des objectifs
spécifiques concernent également les
batteries des moyens de transport légers,
avec un taux de collecte fixé à 51% en 2028
et 61% en 2031.
À cela s’ajoutent des exigences de recyclage
selon les familles chimiques : plus de
75% pour les batteries au plomb, 65%
pour les batteries lithium, 80% pour le
nickel-cadmium et 50% pour les autres
types de batteries.
Quels sont aujourd’hui les
principaux défis liés aux batteries ?
afin de rappeler les bons gestes de tri.
Déployée en français, luxembourgeois
et anglais, la campagne met en avant un
message simple : les batteries ne doivent
jamais être jetées dans la poubelle noire.
Le slogan choisi résume cette approche :
« Ceci est un trésor ». Derrière ce message,
l’idée est de rappeler que les batteries
contiennent des ressources précieuses
qui peuvent être récupérées et réutilisées
grâce au recyclage.
Des QR codes ont également été installés
sur les points de collecte afin de permettre
aux citoyens d’accéder directement à des
informations sur le tri, la sécurité et les
points de reprise.
Le recyclage des batteries
progresse-t-il réellement ?
Les progrès réalisés ces dernières années
sont considérables, notamment grâce aux
investissements industriels. Les batteries
collectées au Luxembourg sont principalement
traitées en France et en Allemagne,
dans des installations spécialisées qui
doivent atteindre les objectifs européens
sous peine de perdre leurs clients.
Pour nous, le premier défi reste la sensibilisation
du public. Malgré l’existence de
filières de collecte, trop de batteries finissent
encore dans les déchets ménagers. Le
grand défi, c’est de dire aux gens de ne pas
les jeter dans la poubelle. Cet enjeu est
d’autant plus important que les batteries
contiennent des matières premières valorisables
mais aussi des composants potentiellement
dangereux lorsqu’ils ne sont
pas traités correctement.
La question de la sécurité liée au lithium
constitue également un défi majeur. Avec
la multiplication de ce type de batteries
dans les appareils électroniques, les vélos
ou les véhicules électriques, les risques
d’incendie augmentent dans les circuits
de collecte et de traitement.
Pour répondre à ces enjeux, nous avons
adapté notre organisation. Depuis l’année
dernière, les batteries issues des
moyens de transport légers sont collectées
séparément dans les centres de ressources,
alors qu’elles étaient auparavant mélangées
aux batteries portables classiques.
Certaines usines vont désormais beaucoup
plus loin dans la valorisation des matériaux.
À partir de la « black mass », cette
poudre noire issue du broyage des batteries,
il devient possible de récupérer du
lithium et d’autres matières stratégiques.
En parallèle, de nouveaux modèles émergent
autour de la réutilisation des batteries.
Au Luxembourg, un acteur spécialisé
utilise notamment des robots assistés
par intelligence artificielle pour démonter
les batteries de véhicules électriques
et identifier les modules encore fonctionnels.
Ceux-ci peuvent ensuite être
réutilisés dans des systèmes de stockage
d’énergie. Nous parvenons quand même
à donner une seconde vie à certaines batteries,
au lieu de simplement les envoyer
au recyclage.
Ecobatterien
11, Boulevard du Jazz
L-4370 Esch-Belval
www.ecobatterien.lu
Nous menons aussi une importante campagne
de communication multilingue
66
| DOSSIER
MOBILISATION RENFORCÉE
DES COMMUNES LUXEMBOURGEOISES
POUR UN AVENIR PLUS RÉSILIENT
ET ADAPTÉ AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
67
La 14 e édition de la journée Pacte Climat a
rassemblé plus de 220 responsables communaux,
partenaires institutionnels et
acteurs engagés aux niveaux local et régional
afin d’accélérer la transition énergétique
et de renforcer la protection du
climat - un objectif plus important que jamais.
Les communes jouent un rôle essentiel,
à la fois comme moteurs de l’action
locale et comme acteurs de première ligne
face aux défis actuels, en renforçant la résilience
des territoires et en contribuant à
bâtir un avenir plus indépendant, grâce à
des initiatives concrètes adaptées aux réalités
du terrain.
En présence du ministre de l’Environnement,
du Climat et de la Biodiversité,
Serge Wilmes, cette journée a donc permis
au secteur communal de se familiariser
davantage avec des solutions et
possibilités de déploiement de mesures
d’adaptation au changement climatique.
Face à l’intensification des effets du dérèglement
climatique, l’adaptation s’impose
désormais comme un levier d’action
incontournable et complémentaire des
politiques de mitigation.
Près de la moitié des communes
certifiées pour leurs efforts
Le Pacte Climat, instrument central de
l’orientation de la politique communale,
offre aux communes une base solide pour
structurer efficacement leurs efforts et
prioriser les mesures à mettre en œuvre.
Le programme s’inscrit comme un cadre
stratégique structurant, proposant un
ensemble de mesures concrètes dans des
domaines essentiels tels que l’aménagement
du territoire, la mobilité durable et
l’organisation interne des communes. Il
a pour objectif d’accompagner les collectivités
dans leur transition énergétique
et climatique.
Remise de certifications
à 47 communes
Moment fort de la journée, la remise des
certifications Pacte Climat a permis de récompenser
les 47 communes luxembourgeoises
récemment auditées pour leurs
efforts dans le cadre du programme Pacte
Climat. Cette année 14 communes ont
franchi le seuil des 50 %, et 18 ont dépassé
le niveau des 65 %. Par ailleurs, 15 communes
ont reçu la certification internationale
« Gold », symbole d’un engagement
exemplaire et de l’obtention de plus de 75 %
des points lors de leur audit.
Pour la première fois, deux communes ont
obtenu la certification thématique « Adaptation
au changement climatique » : Eschsur-Alzette
et Kopstal.
Depuis 2021 et le lancement du Pacte Climat
2.0, 97 communes ont déjà atteint
au moins le premier niveau de certification.
La liste complète des communes et
leur niveau de certification est disponible
ci-dessous.
Remise des prix Solar Challenge
La journée Pacte Climat a également été
l’opportunité de clôturer la deuxième édition
du concours Solar Challenge visant
à stimuler l’engagement des communes,
des citoyens et des entreprises en faveur
d’un développement accru de l’énergie
solaire au Luxembourg. L’initiative vise
notamment à promouvoir l’installation
de paneaux photovoltaïques et à valoriser
les efforts des communes ainsi que de
leurs habitants.
Au total, 93 communes ont pris part à
cette édition. Les lauréates ont été distinguées
lors de la journée Pacte Climat :
dans la catégorie 1 (installations solaires <
30 kWc), Niederanven arrive en tête, suivie
de Saeul et Contern ; dans la catégorie
2 (augmentation de puissance installée
< 200 kWc), Niederanven et Differdange
occupent les premières places, devant
Sanem ; dans la catégorie 3 (augmentation
de la puissance installée par rapport
au potentiel communal), Colmar-Berg
se classe première, suivie de Lenningen
et Contern ; dans la catégorie 4, consacrée
à la sensibilisation des acteurs locaux,
Esch-sur-Alzette a été désignée
lauréate par un jury composé d’acteurs
institutionnels et communaux.
L'adaptation, un pilier essentiel
de l’action climatique
La journée Pacte Climat a permis aux
participants d’obtenir un aperçu des différentes
étapes de l’adaptation au changement
climatique, allant de la planification
stratégique à la sensibilisation des
citoyens. À travers sa stratégie nationale
d’adaptation au changement climatique,
récemment approuvée par le gouvernement
et désormais publiée, le gouvernement
luxembourgeois fixe le cap. Les communes
jouent, quant à elles, un rôle clé
pour traduire ces orientations en actions
concrètes, adaptées aux réalités locales et
aux besoins spécifiques des territoires. Ces
efforts visent à renforcer la résilience du
Luxembourg face aux impacts déjà visibles
du changement climatique, tels que les
fortes pluies, les inondations, les vagues
de chaleur ou encore les tempêtes.
« Face aux impacts déjà visibles du changement
climatique, l’adaptation est devenue
un pilier central de notre politique
climatique. La stratégie nationale fixe le
cadre et les orientations, tandis que les
communes, notamment dans le cadre
du Pacte Climat, en assurent la mise en
œuvre sur le terrain, au plus près des citoyens
et des besoins locaux. » a déclaré le
ministre Wilmes.
Renforcer la résilience grâce
à l’expertise et au partage
d’expériences
La journée a été enrichie par l’intervention
de l’experte Katharina Schätz, conseillère
en résilience, qui, forte de sa longue expérience,
a souligné, à travers des exemples
concrets au Luxembourg – notamment les
inondations de 2021 – l’importance d’agir
dès aujourd’hui face aux défis climatiques.
Elle a également rappelé le rôle central
des communes dans la préparation aux
impacts futurs et leur a présenté des solutions
concrètes pour renforcer leur capacité
d’adaptation.
Les présentations du ministère de l’Environnement,
du Climat et de la Biodiversité
ainsi que de Klima-Agence ont
permis de replacer les échanges dans le
contexte national et de favoriser le partage
d’expériences concrètes entre les
différents acteurs.
Les quatre ateliers thématiques organisés
en matinée ont permis de découvrir
des approches concrètes d’adaptation au
niveau communal, allant de la planification
stratégique à la création de quartiers
résilients, en passant par l’adaptation
des bâtiments et la sensibilisation des citoyens.
Mis en place avec l’AGE, le LIST, le
CIPU et les partenaires du Pacte Climat,
ils visaient à fournir des outils pratiques
pour renforcer la résilience des territoires
au Luxembourg.
Communiqué par Pacte Climat
Lineheart, ären Apple Partner
fir d’Digitaliséierung am Enseignement.
Wielt haut déi richteg Servicer a Produiten fir en gelongenen IT-Projet an äerer
Schoul.
70
BRÈVES
COMMUNALES DU CENTRE
PAR ARMAND D'ANTONIO
LUXEMBOURG-VILLE
LE TRAM S'ÉTEND AU KIRCHBERG :
UN BOULEVARD REPENSÉ POUR
LA MOBILITÉ DOUCE
Depuis le 3 mai 2026, le boulevard Konrad
Adenauer est passé en sens unique
: place au prochain prolongement de
la ligne 1 du tram, qui rejoindra l'École
européenne à la rentrée 2027. Au-delà
des rails, c'est tout l'axe qui change de
visage. Le boulevard sera réaménagé
dans toute sa largeur, avec une plateforme
végétalisée et un double alignement
d'arbres — plus de 400 au total,
sur 2,3 km. Les espaces verts gagneront
près de 60 % de surface. Objectif assumé
: moins de chaleur urbaine, un air
plus respirable, et davantage de place
pour les piétons et les cyclistes.
STRASSEN
EXTENSION DE LA MAIRIE
ET ENGAGEMENT « GÉNÉRATION
SANS TABAC »
Le conseil communal a approuvé
l'extension de la mairie pour un budget
de 26,2 millions d'euros, avec un chantier
prévu entre 2026 et 2028. Le futur
bâtiment, entièrement construit en
bois, comportera cinq étages administratifs
et accueillera l'accueil du public
au rez-de-chaussée. Strassen a par ailleurs
rejoint l'initiative nationale « Génération
Sans Tabac » via une convention
avec la Fondation Cancer, avec à la
clé des zones sans tabac dans l'espace
public et des actions de sensibilisation
auprès des habitants. Construire
en bois, sortir le tabac de l'espace public
: deux signaux convergents qui
placent la santé publique et la responsabilité
environnementale au cœur de
l'action communale.
BERTRANGE
UN NOUVEAU PROJET
RÉSIDENTIEL ABORDABLE
Le Fonds du logement et la commune
ont officiellement lancé le chantier d'un
ensemble résidentiel de neuf logements
à loyer abordable, pour un coût prévisionnel
de 4,48 millions d'euros TTC.
Les surfaces oscillent entre 50 et 95 m²,
avec une unité dédiée aux personnes à
mobilité réduite et un jardin commun à
l'arrière. Le projet vient renforcer l'offre
locative abordable de la commune, dans
un contexte de forte tension du marché
immobilier. Le conseil communal a par
ailleurs délibéré sur une modification
ponctuelle du plan d'aménagement général
concernant le site CDV, route de
Longwy.
MAMER
SPORTLYCÉE : UN CAMPUS ENTRE
SPORT ET NATURE
Le Conseil de gouvernement a approuvé
le projet de loi finançant la construction
d'un nouveau Sportlycée et de son internat
à Mamer, regroupant enseignement,
entraînement et hébergement sur
un même site. Du 3 au 6 mars, la commune
a rejoint l'initiative européenne «
3 milliards d'arbres ». Écoliers, associations
et citoyens ont planté 5.000 arbres
dans la forêt du Bambësch, aux côtés du
bourgmestre Luc Feller et de la représentante
de la Commission européenne
au Luxembourg.
HESPERANGE
LA PC11 MISE SUR L'ASPHALTE
ROUGE ENTRE ALZINGEN ET HASSEL
La ministre Yuriko Backes a officiellement
lancé le chantier de la PC11 entre
Alzingen et Hassel : un tronçon de 6,5 km,
dont 3,4 km en asphalte rouge pour un
coût total de 4,03 millions d'euros TTC.
La commune développe par ailleurs plusieurs
dispositifs dédiés à la gestion des
crises, notamment des boxes mobiles
et des plans d’évacuation présentés lors
de la Journée nationale de la résilience.
Avec ces deux projets, Hesperange affirme
une approche transversale qui relie
sécurité quotidienne, mobilité douce
et préparation aux risques.
WALFERDANGE
LE NOUVEAU PLAN
D'AMÉNAGEMENT GÉNÉRAL
REDESSINE LE TERRITOIRE
La commune publie son nouveau Plan
d'Aménagement Général (PAG), le document
qui définit les règles d'usage des
sols sur les 706 hectares du territoire,
réparti entre Walferdange, Helmsange
et Bereldange. Le PAG fixe la vocation
de chaque parcelle : zones d'habitation,
zones mixtes, zones d'activités économiques,
équipements publics, espaces
agricoles, forestiers et de parc. Il s'accompagne
d'une liste de constructions
à conserver et de gabarits à protéger,
pour encadrer l'évolution du bâti existant.
L'orientation est claire : densification
mesurée, mixité des fonctions et
protection du caractère résidentiel et
paysager hérité de la vallée de l'Alzette.
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72
| ACTUALITÉS COMMUNALES
BUERGERMEESCHTERDAG
INTERVIEW ERIC THILL
PAR ARMAND D'ANTONIO
Monsieur le Ministre, la culture joue
un rôle essentiel dans la qualité de
vie et l’attractivité des communes.
Comment voyez-vous aujourd’hui
la collaboration entre l’État et les
communes pour renforcer l’accès
à la culture dans toutes les régions
du Luxembourg ?
Les communes jouent donc un rôle essentiel
: elles connaissent les réalités du
terrain, les besoins des habitants, les barrières
qui peuvent encore exister, mais
aussi les dynamiques locales déjà très
fortes. Il faut également souligner que le
ministère de la Culture, avec ses services,
ses administrations et ses institutions,
entretient déjà des relations riches et
étroites avec les communes.
En collaboration avec les communes, le
ministère a déjà contribué à faire naître
ou à soutenir des projets culturels d’exception
en région. Je pense par exemple
à la mise en valeur du site des anciennes
ardoisières à Haut-Martelange, au Musée
national de la Résistance et des Droits
humains à Esch-sur-Alzette, mais aussi
au soutien régulier des centres culturels
régionaux ou de projets comme les Walfer
Bicherdeeg à Walferdange ou le LiteraTour
à Bettembourg.
Comme déjâ indiqué, la collaboration
entre l’État et les communes est déjà
bonne. Mais nous devons reconnaître
que le chapitre de la « culture en région »,
pourtant bien présent dans le Kulturentwécklungsplang
1.0 et repris dans
l’accord de coalition, est sans doute l’un
de ceux qui n’ont pas encore été suffisamment
développés jusqu’ici.
C’est précisément pour cette raison que
nous voulons aujourd’hui ouvrir une nouvelle
étape.
La différence, aujourd’hui, c’est que nous
ne partons pas de zéro. Nous disposons dé-
73
sormais d’une base beaucoup plus solide :
les résultats de l’étude ILRES, l’analyse en
cours de l’Observatoire de la Culture sur
les infrastructures culturelles communales,
ainsi que les nombreux échanges
menés dans le cadre du Plan d’action national
« Accès à la culture » avec les acteurs
concernés.
En tant qu’ancien bourgmestre, je sais
aussi que les communes sont confrontées
à de nombreux défis. Notre objectif n’est
donc pas de leur imposer une charge supplémentaire,
mais de leur donner des outils,
des interlocuteurs clairs, un accompagnement
concret et des moyens financiers
pour faire de la culture un levier de proximité,
de cohésion sociale, d’identité locale
et d’attractivité régionale.
Les communes sont des partenaires essentiels
dans la mise en œuvre d’une politique
culturelle en région. L’un de mes
objectifs principaux est donc de structurer
davantage cette collaboration et de soutenir
les communes dans leurs initiatives
culturelles. En unissant nos forces, nous
pouvons développer de nouveaux partenariats
et contribuer ensemble à façonner
le paysage culturel de demain.
De nombreuses communes investissent
dans des infrastructures
culturelles, des événements locaux
et la valorisation du patrimoine.
Quels projets ou initiatives le ministère
souhaite-t-il encourager
dans les prochaines années afin de
soutenir encore davantage cette
dynamique culturelle locale ?
Le ministère de la Culture vient de publier
le Plan d’action national « Accès à la
culture », qui vise à garantir un accès plus
inclusif à la culture pour toutes et tous.
1) L’objectif est de réduire les obstacles
qui peuvent encore exister qu’ils soient
physiques, socio-économiques, géographiques
ou symboliques et de rapprocher
durablement les artistes, les œuvres, les
institutions culturelles et les publics dans
toutes les régions du pays.
Pour y parvenir, nous voulons soutenir les
communes à plusieurs niveaux, à la fois
sur le plan structurel, dans le développement
de leur offre culturelle, dans la visibilité
de cette offre et dans l’accessibilité
de leurs infrastructures.
2) Concrètement, nous allons d’abord
encourager les communes à se doter de
plans de développement culturel communaux
ou intercommunaux. L’idée est de
leur permettre de faire un état des lieux de
leur offre culturelle, de leurs infrastructures,
de leurs associations, de leur patrimoine,
de leurs publics et de leurs besoins,
puis de définir une vision culturelle
pour les années à venir. Des aides financières
ciblées sont prévues pour accompagner
cette démarche, avec une attention
particulière portée aux coopérations
intercommunales.
3) Nous voulons également avancer, de
manière progressive et concertée, sur la
mise en place de coordinateurs culturels
régionaux. Il ne s’agit pas d’imposer
une nouvelle structure d’en haut, mais de
mieux relier les communes, les maisons
culturelles, les artistes, les associations
et le bénévolat, afin de renforcer l’offre
locale et régionale là où cela apporte une
réelle plus-value.
4) Un autre axe important concerne les
artistes et la création en région. Nous
voulons soutenir davantage d’ateliers, de
résidences, de lieux de répétition et d’espaces
de travail adaptés pour les artistes
et les créateurs. L’accès à la culture ne
signifie pas seulement rapprocher le public
de l’offre ; cela signifie aussi créer les
conditions pour que les artistes puissent
travailler, créer et rencontrer les publics
dans toutes les régions du pays.
5) Nous travaillons aussi à de nouvelles
aides ciblées pour les communes, les ASBL
et les fondations, notamment pour rendre
les infrastructures culturelles plus accessibles
et plus inclusives : centres culturels,
bibliothèques, musées locaux, équipements
adaptés, signalétique, outils numériques,
audiodescription ou communication
plus claire. L’objectif est très concret :
faire en sorte que la culture soit non seulement
présente, mais réellement accessible
et accueillante pour tous les publics.
6) À cela s’ajoutent d’autres instruments
importants pour les communes : le soutien
au développement de formats culturels
mobiles et itinérants, le renforcement
du Kulturpass en collaboration avec les
offices sociaux, le portail culture.lu pour
rendre l’offre culturelle plus visible, une
initiative à destination des nouveaux résidents,
des projets pilotes autour de la
langue luxembourgeoise, ainsi que la valorisation
du patrimoine local, qu’il s’agisse
d’archives, de bibliothèques, de collections,
de patrimoine rural ou de lieux qui
font l’identité d’une commune.
7) Enfin, pour accompagner les communes
de manière plus lisible et plus pratique,
le ministère de la Culture vient de publier
une brochure digitale qui rassemble
les démarches, les aides disponibles, les
contacts utiles et les missions de nos institutions
culturelles. Elle sera accessible
sur le site du ministère et via un code
QR. Notre objectif est clair : donner aux
communes des outils, des moyens et des
partenaires pour que la culture puisse se
développer au plus près des citoyens, dans
toutes les régions du pays.
74
| ACTUALITÉS COMMUNALES
BUERGERMEESCHTERDAG
INTERVIEW ANNE CALTEUX
PAR ARMAND D'ANTONIO
Madame Calteux, l’Union européenne
soutient de nombreux projets
liés à la transition numérique,
à l’innovation et au développement
durable. Comment les communes
luxembourgeoises peuvent-elles davantage
profiter des programmes
européens dans les années à venir ?
Anne Calteux : Vous avez raison : l’Union
européenne fait beaucoup pour que la
transition numérique, l’innovation et le
développement durable deviennent des
réalités concrètes sur le terrain, surtout au
niveau des municipalités. En effet, le rôle
des communes est primordial pour que les
priorités politiques définies au niveau européen
soient tangibles pour les citoyens,
c’est pour cette raison que l’UE accorde une
si grande importance au soutien local.
Pour que les communes puissent en profiter,
il faut tout d’abord qu’elles soient
conscientes de la panoplie d’offres de
soutien qui existent. Il suffit pour cela de
se rendre sur le portail www.eufunds.lu
qui reprend tous les fonds et programmes
européens gérés au Luxembourg, les
prochains appels à projets ainsi que les
conditions de participation et d’éligibilité
respectives. Pour améliorer la prise de
conscience des communes, nous avions
organisé au cours des derniers mois, avec
les gestionnaires des fonds et programmes,
une série d’évènements d’information à
l’attention des autorités locales dans les 4
coins du pays. Nous allons par ailleurs aussi
publier prochainement une brochure qui
reprend toutes ces informations.
Ensuite, il est essentiel que les autorités
locales définissent des projets qui sont alignés
par rapport aux priorités politiques
européennes : décarbonation, efficience
énergétique, cohésion sociale, développement
de compétences, transition numérique,
mobilité durable, innovation….
Cet alignement stratégique augmente les
chances de cofinancement.
Finalement, les municipalités ont tout à
gagner en recherchant des synergies avec
d’autres partenaires : d’autres communes,
l’Etat, ou encore des autorités locales de la
Grande Région. Car le but des fonds et programmes
européens n’est pas seulement
d’apporter des co-financements, mais aussi
de faciliter l’échange de bonnes pratiques
et une mise en relation avec des villes
confrontées aux mêmes défis.
Les citoyens attendent aujourd’hui
des communes modernes, connectées
et proches de leurs besoins.
Quel rôle l’Europe peut-elle jouer
pour accompagner les villes et communes
dans leur transformation digitale
et écologique ?
AC : L’Europe joue le rôle d’accélérateur
et de facilitateur. Elle peut aider les communes
à transformer de bonnes idées locales
en projets concrets qui ont un véritable
impact, grâce à des co-financements,
mais aussi grâce à des standards, des outils
communs et des partenariats européens.
Ainsi, dans le domaine numérique, le
programme DIGITAL EUROPE permet de
soutenir la transformation numérique, la
digitalisation des services aux citoyens
ainsi que les compétences numériques des
citoyens. Le Fonds de cohésion soutient
l’énergie renouvelable tandis que le Fonds
européen de développement régional (FE-
DER) investit dans des régions plus vertes
et durables. Autre exemple : le programme
LIFE co-finance des projets qui sont dans
l’intérêt de l’éco-innovation, de la biodiversité
et d’une énergie propre. Et n’oublions
pas le Fonds Social Européen ( FSE+)
qui met le citoyen au centre de ses actions
en investissant dans le capital humain : il
soutient l’emploi et aide les personnes à
parfaire leur formation et leurs compétences
afin d’améliorer leurs perspectives
professionnelles. Les programmes INTER-
REG permettent d’aborder ensemble des
défis communs de part et d’autre des frontières
et de développer des solutions partagées
pour les territoires concernés.
Je pourrais continuer encore, mais le message
principal est que le rôle de l’Europe
est d’accompagner les communes pour que
la transition digitale et écologique reste
centrée sur le citoyen, et de leur donner
les moyens pour répondre à des besoins
locaux.
Aux autorités locales qui redouteraient
d’éventuelles charges administratives, je
réponds : oui, la gestion d’argent public requiert
une certaine rigueur et reddition des
comptes, mais vous ne serez pas seuls. Pour
chaque fonds ou programme européen, il
y a des gestionnaires qui sont là pour vous
assister et vous prendre par la main. Je vous
encourage à consulter le portail des fonds
européens pour en savoir plus. L’Europe est
à portée de main !
75
BUERGERMEESCHTERDAG
INTERVIEW STEVE RECKEL
PAR ARMAND D'ANTONIO
Monsieur le Bourgmestre, Mondorfles-Bains
accueille le 21 mai la Journée
des bourgmestres en présence
du ministre de l’Intérieur Léon
Gloden, du ministre de la Culture
Eric Thill, du président du SYVICOL
Emile Eicher ainsi que de Madame
Anne Calteux de la Commission
européenne. Que représente pour
votre commune l’organisation d’un
événement réunissant autant de
décideurs du monde communal
et institutionnel ?
Steve Reckel : C’est évidemment une
grande fierté pour Mondorf-les-Bains
d’accueillir un événement aussi important
pour le monde communal luxembourgeois.
La Journée des bourgmestres
représente bien plus qu’une rencontre
protocolaire : c’est un véritable moment
d’échange, de dialogue et de réflexion
sur l’avenir des communes. Aujourd’hui,
les conseils échevinaux doivent gérer des
réalités de plus en plus complexes, avec
des responsabilités qui se rapprochent
parfois de celles de véritables entreprises
publiques locales. Les échanges avec le
gouvernement, le SYVICOL et les institutions
européennes sont donc essentiels
afin de mieux accompagner les communes
dans leurs missions quotidiennes. Pour
Mondorf-les-Bains, accueillir cette journée
est également une occasion de mettre
en avant le dynamisme de notre commune
ainsi que notre volonté de participer activement
aux grands débats liés à l’avenir du
Luxembourg communal.
Les communes luxembourgeoises
font aujourd’hui face à de nombreux
défis : logement, transition
énergétique, digitalisation, cohésion
sociale ou encore attractivité
territoriale. Selon vous, quels
seront les grands enjeux des prochaines
années pour les bourgmestres
luxembourgeois ?
SR : Les défis sont effectivement nombreux
et deviennent chaque année plus
exigeants. Les communes doivent aujourd’hui
répondre à des attentes croissantes
de la population tout en gérant des
contraintes administratives, financières et
environnementales de plus en plus importantes.
Le logement restera certainement
l’un des grands enjeux des prochaines
années, tout comme la simplification des
procédures afin de permettre aux projets
de voir le jour plus rapidement. La transition
énergétique, la digitalisation des
services communaux, la gestion des ressources
humaines ou encore la résilience
face aux crises feront également partie des
priorités. Mais au-delà des aspects techniques,
il faudra surtout préserver la cohésion
sociale et la qualité de vie dans nos
communes. Les citoyens attendent des
communes proches, efficaces, humaines
et capables de créer du lien social.
Mondorf-les-Bains est une commune
dynamique, tournée à la fois
vers le tourisme, le bien-être, la
culture et le développement local.
Quels sont actuellement les grands
projets ou ambitions que vous souhaitez
porter pour l’avenir de la
commune ?
SR : Notre ambition est de continuer à
développer Mondorf-les-Bains de manière
équilibrée et durable, tout en préservant
son identité et sa qualité de vie. Nous
souhaitons renforcer encore davantage
l’attractivité touristique et thermale de la
commune, soutenir les commerces locaux,
améliorer les infrastructures publiques et
continuer à investir dans les domaines
du sport, de la culture et du bien-être. La
culture joue d’ailleurs un rôle de plus en
plus important dans la vie des communes,
non seulement comme facteur d’attractivité,
mais aussi comme outil de cohésion
sociale et d’intégration. Nous voulons
également poursuivre les efforts en
matière de mobilité, d’aménagement du
territoire, de durabilité et de services aux
citoyens afin que Mondorf-les-Bains reste
une commune moderne, accueillante et
tournée vers l’avenir.
La présence de Madame Anne Calteux
de la Commission européenne
souligne également l’importance
croissante des liens entre les communes
luxembourgeoises et les institutions
européennes. Comment
voyez-vous le rôle des communes
dans les grands défis européens de
demain, notamment en matière de
durabilité, d’innovation et de qualité
de vie ?
SR : Ce sont les communes qui mettent en
œuvre de manière concrète les politiques
liées à la durabilité, à l’efficacité énergétique,
à la mobilité ou encore à la qualité
de vie des citoyens. Les communes sont
également des acteurs essentiels de proximité,
capables d’innover, de tester de nouvelles
approches et de créer du lien entre
les citoyens et les grandes orientations
européennes. Il est donc très important
de renforcer les échanges et les collaborations
entre les communes luxembourgeoises,
l’État et les institutions européennes
afin de construire ensemble des
territoires plus durables, plus résilients et
plus humains.
76
| ACTUALITÉS COMMUNALES
EMILE EICHER : « LE SYVICOL S’AFFIRME
PLUS QUE JAMAIS COMME PARTENAIRE
INCONTOURNABLE DES COMMUNES »
PAR ARMAND D'ANTONIO
Monsieur Eicher, le rôle des communes
évolue constamment face
aux défis du logement, de la mobilité,
de l’énergie ou encore de la digitalisation.
Comment le SYVICOL,
dont vous êtes le président depuis
le 7 mai 2012, accompagne-t-il aujourd’hui
les communes luxembourgeoises
dans cette phase
de transformation ?
Emile Eicher : Le rôle du SYVICOL est
avant tout d’assister, d’accompagner et
de conseiller les communes luxembourgeoises
dans l’ensemble des défis auxquels
elles sont confrontées. Et sa mission
principale consiste dans la rédaction
d’avis juridiques sur les textes législatifs
qui concernent de près ou de loin les intérêts
des communes. Comme il se doit
en tant qu’interlocuteur principal du gouvernement
pour les questions touchant
l’intérêt communal général, nous sommes
fortement sollicités par les ministères
dans l’élaboration de projets de loi. Et ceci
déjà en phase d’avant-projet ce qui permet
aux communes par après de mieux
pouvoir répondre aux attentes et aux
besoins des citoyens.
Aujourd’hui, les responsabilités communales
deviennent en effet de plus en plus
complexes et techniques. Les élus locaux
doivent gérer des dossiers liés au logement,
à l’énergie, à la mobilité et à la digitalisation.
Un autre sujet important est
le vivre ensemble où les communes ont
déployé de nombreux efforts ces dernières
années en étroite collaboration avec le
ministère compétent. Depuis 2025, nous
offrons ainsi tout un programme de formation
continue, afin de préparer les
élus au mieux à l’exercice de leur mandat.
Il s'agit en soi d'une nouveauté et d'un
complément à la formation initiale des
élus, qui a traditionnellement lieu après
les élections.
Le « Buergermeeschterdag » est un
moment privilégié de dialogue entre
élus locaux et représentants du gouvernement.
Quels messages souhaitez-vous
faire passer cette année
au nom des communes luxembourgeoises
auprès des autorités ?
Emile Eicher : Le principal message est
celui de la confiance et du partenariat
entre l’État et les communes. Les communes
sont le premier échelon de proximité
avec les citoyens et elles doivent aujourd’hui
disposer des moyens humains,
financiers et administratifs nécessaires
pour remplir efficacement leurs missions.
Enfin, il est essentiel de continuer à valoriser
et à renforcer le rôle des élus locaux,
qui consacrent énormément d’énergie et
de temps au service de leurs citoyens. Le
SYVICOL continuera en tout cas à être
une plateforme d’échange, de formation
et d’accompagnement pour aider les responsables
communaux à relever les défis
des années à venir. »
Qu'y a-t-il encore sur l’agenda du
SYVICOL cette année ?
Emile Eicher : Surtout beaucoup de travail
pour notre petite équipe administrative,
qui en 2025, a rédigé pas moins de
60 avis en étroite collaboration avec les
membres du comité, égalant ainsi le record
de 2022, car il n'y en a plus eu autant
depuis lors.
À ce propos, le SYVICOL fêtera son 40 ième
anniversaire le 29 novembre prochain.
Nous serions très heureux que la consultation
du SYVICOL soit enfin institutionnalisée
qui est une revendication de
longue date. À cet égard, la balle est désormais
dans le camp du ministre des
Affaires intérieures.
Une telle avancée serait un cadeau d’anniversaire
tout à fait approprié pour notre
syndicat, qui s’affirme aujourd’hui plus
que jamais dans son histoire comme le
partenaire incontournable des communes
au Grand-Duché du Luxembourg.
© SYVICOL
77
BUERGERMEESCHTERDAG
INTERVIEW LÉON GLODEN
PAR ARMAND D'ANTONIO
Monsieur le Ministre, la Journée des
maires est devenue un moment important
d’échange entre l’État et les
communes. Quels sont aujourd’hui,
selon vous, les grands défis auxquels
les communes luxembourgeoises
doivent faire face dans les
prochaines années, notamment en
matière de logement, de digitalisation
et de cohésion locale ?
Léon Gloden : Les communes luxembourgeoises
font aujourd’hui face à des
défis de plus en plus complexes. Nous devons
continuer à avancer sur des dossiers
essentiels comme le logement, la digitalisation
ou encore la cohésion sociale, mais
il faut aussi prendre conscience qu’une
commune moderne gère désormais parfois
200 à 300 collaborateurs ainsi que des
budgets comparables à ceux de moyennes
ou grandes entreprises. Cela implique une
véritable professionnalisation des services
communaux, tant au niveau des ressources
humaines que de la gestion financière et
administrative. Nous devons également
moderniser certaines fonctions, notamment
en matière de gestion de finances
et de ressources humaines, afin de mieux
répondre aux réalités actuelles. L’objectif
est clair : donner aux communes des
structures plus efficaces, plus modernes et
capables de répondre aux attentes croissantes
des citoyens.
Les bourgmestres jouent un rôle
de proximité essentiel auprès des
citoyens. Comment le ministère
des Affaires intérieures entend-il
accompagner davantage les communes
afin de leur donner les
moyens humains, financiers et administratifs
nécessaires pour répondre
aux attentes croissantes de
la population ?
LG : Les bourgmestres et les équipes communales
jouent effectivement un rôle de
proximité fondamental. Le ministère des
Affaires intérieures souhaite continuer à
accompagner les communes de manière
très concrète, notamment à travers une
simplification administrative de certaines
procédures, en particulier les PAP et PAG,
afin de permettre de construire plus rapidement
tout en maintenant des exigences
environnementales élevées. Nous voulons
également renforcer l’accompagnement
des communes en matière de résilience,
de gestion de crises et de catastrophes,
en étroite collaboration avec le CGDIS.
Chaque commune doit pouvoir disposer
à terme d’un véritable plan communal de
résilience. Enfin, il est essentiel de soutenir
les communes sur les plans humain,
financier et administratif afin qu’elles
puissent continuer à assurer des services
publics de qualité dans un contexte de
plus en plus exigeant.
78
| ACTUALITÉS COMMUNALES
STRASSEN POURSUIT
SA TRANSFORMATION
À Strassen, les projets se succèdent sans perdre de vue l’essentiel :
créer du lien, renforcer la qualité de vie et accompagner les habitants
au quotidien. Ces derniers mois, la commune a multiplié les
initiatives, qu’il s’agisse de nouveaux équipements pour les jeunes,
d’espaces culturels repensés ou encore de projets sociaux et éducatifs.
L’inauguration de la nouvelle maison des jeunes symbolise
cette dynamique portée vers l’avenir. Nico Pundel, bourgmestre,
revient sur cette philosophie de proximité qui se dessine, entre présence
sur le terrain, accompagnement humain et volonté de faire
de chaque projet un lieu de rencontre et d’échange pour les habitants
de tous âges.
Une nouvelle maison des jeunes
pensée comme un lieu de vie
L’un des projets les plus attendus a été
inauguré le 22 mai dernier : la nouvelle
maison des jeunes de Strassen. Située au
cœur d’un espace déjà largement dédié
aux activités sportives et de loisirs, elle
vient compléter un ensemble composé
du skatepark, du beach-volley, du terrain
multisports ou encore du mini-golf.
« Maintenant, nous avons achevé notre espace
jeunesse », explique le bourgmestre.
L’objectif ne se limite pas à proposer des
infrastructures modernes. Le projet repose
avant tout sur l’idée de créer un environnement
dans lequel les jeunes peuvent
se retrouver, pratiquer des activités et bénéficier
d’un véritable accompagnement.
Cette évolution est particulièrement visible
dans le renforcement de l’encadrement
éducatif. Alors qu’une seule personne
gérait autrefois la structure, quatre
éducateurs y travaillent désormais. Un
éducateur « outreach » intervient également
directement sur le terrain afin de
maintenir le contact avec certains adolescents
qui ne fréquentent plus spontanément
les structures classiques. « Certains
jeunes, souvent parmi les plus âgés, ne
fréquentent plus la maison des jeunes et
commencent parfois à décrocher. Il était
donc important de recréer un lien avec
eux.», explique le bourgmestre.
La nouvelle maison des jeunes se distingue
également par son identité visuelle.
La façade a été réalisée en collaboration
avec un artiste local. Son univers
figuratif, mêlant animaux et personnages,
a particulièrement séduit. « Construite
de façon modulaire, la structure a pu être
réalisée rapidement. De plus, elle dispose
d’une qualité comparable à une construction
classique ».
La nouvelle maison des jeunes
vient compléter un ensemble
composé du skatepark, du
beach-volley, du terrain multisports
ou encore du mini-golf
Le skatepark, un espace
de rencontre et d’encadrement
Le skatepark constitue aujourd’hui l’un
des symboles les plus visibles de cette politique
jeunesse. Deux jeunes passionnés y
assurent un travail quotidien d’encadrement
et de médiation auprès des utilisateurs.
Parmi eux, Bijan Kessler, originaire
de Strassen, a largement contribué à la
réflexion autour du projet. Inspiré par
une expérience vécue à New York, dans
le Bronx, il avait rapidement alerté la
commune sur l’importance d’un accompagnement
humain autour d’une telle
infrastructure. Depuis, ce modèle s’est
imposé comme une véritable réussite et
démontre toute son efficacité sur le terrain.r.
« Les jeunes du skatepark réalisent
un super travail », souligne Nico Pundel.
D’autres chantiers en parallèle
Au-delà de la jeunesse, Strassen poursuit
également plusieurs projets d’envergure
sur l’ensemble du territoire communal.
La nouvelle école est actuellement en
construction, tandis que l’agrandissement
du bâtiment communal devrait débuter
après les congés d’été. Des aménagements
visant à ralentir la circulation dans certaines
rues sont également programmés.
Cette volonté d’améliorer le cadre de vie
passe aussi par des espaces plus conviviaux.
« Le chalet situé près du « Fräiheetsbam
», par exemple, a été entièrement
rénové. Ancienne structure proche
d’une grange, il a été transformé en un
lieu chaleureux et polyvalent. Le résultat
est vraiment fantastique », confie Betty
Welter-Gaul, échevine.
79
Le bâtiment accueille désormais des événements
culturels, des afterworks et des
activités associatives. Il pourra également
être loué pour des événements.
Une programmation culturelle
de plus en plus riche
Cette rénovation accompagne aussi le
développement de nouvelles initiatives
culturelles. Un festival intitulé « Kultur am
Bësch » » a eu lieu mi-mai dans ce nouvel
espace et a rencontré un immense succès
pour sa première édition.. Au vu de cet engouement,
la commune envisage déjà de
renouveler l’expérience. Ce rendez-vous
a proposé concerts de jazz, poésie lyrique,
projections de films, musique folk et soirées
conviviales, confirmant la volonté de
faire de ce lieu un véritable espace de rencontre
culturelle ouvert à tous.
En parallèle, la biennale d’art contemporain
de Strassen continue de prendre de
l’ampleur. Pour cette nouvelle édition,
31 artistes ont été retenus par un jury
composé de professionnels du monde de
l’art. Le thème choisi cette année trouve
80
| ACTUALITÉS COMMUNALES
son origine dans le 175e anniversaire de
la commune. De ce chiffre est né un fil
conducteur plus large, donnant lieu au
thème « 175 : un chiffre – une somme –
un âge – une période – une localité – une
identité ». Avec finesse et une touche de
jeu, la formule 1 + 7 + 5 = 13 fait écho à
la 13e édition de la Biennale. . L’exposition
se déroulera du 5 au 17 juin au Centre
culturel Paul Barblé.
Des projets sociaux et éducatifs
Au-delà des grands événements et des infrastructures,
la commune continue également
de développer des projets plus discrets
mais profondément humains. Parmi
eux figure notamment une collaboration
avec l’atelier Solina autour de vêtements
adaptés destinés à des civils touchés par
la guerre. Des t-shirts et pantalons munis
de fermetures spécifiques permettent de
faciliter l’habillage de personnes blessées
ou amputées.
« Nous poursuivons également le développement
du jardin pédagogique mené
en collaboration avec la Maison Relais
et la Croix-Rouge. Parmi les nouveautés
figure l’installation d’une grande serre,
qui permettra aux enfants de participer à
des ateliers de jardinage, de découvrir et
de cultiver différentes plantes qui seront
ensuite proposées au marché local », explique
Nico Pundel.
À travers l’ensemble de ces projets,
Strassen affiche une vision claire de son
développement : investir dans les infrastructures
tout en conservant une forte
dimension humaine. Qu’il s’agisse de la
jeunesse, de la culture, du vivre-ensemble
ou des initiatives sociales, la commune
cherche avant tout à créer des espaces de
rencontre et d’échange.
Une grande serre permet aux
enfants de participer à des ateliers,
de découvrir le jardinage
et de cultiver différentes plantes
qui seront ensuite proposées au
marché local
Administration communale
de Strassen
1, Place Grande-Duchesse Charlotte
L-8001 Strassen
www.strassen.lu
NEWSLETTER UPDATE
OBJET : VOUS N’OUVRIREZ
PROBABLEMENT PAS CET E-MAIL.
ET POURTANT, VOUS ÊTES DÉJÀ EN
TRAIN DE LE LIRE.
Le papier, un média d’impact à l’ère du tout-digital, boîtes
mail saturées, publicités ignorées, contenus consommés
en quelques secondes… Le numérique a transformé notre
manière de communiquer, mais aussi notre capacité à
réellement capter l’attention. Dans ce flux constant, un
constat s’impose : être vu ne signifie plus être retenu… ni
même ouvert.
SCROLL POUR EN SAVOIR PLUS
(ou prenez simplement le temps de lire)
Ici commence une experience digitale
qui finit par vous donner raison
d’aimer le papier.
C’EST LÀ QUE LE PAPIER
REPREND TOUT SON SENS.
Recevoir un support imprimé, c’est interrompre le défilement.
C’est offrir au message un espace, un temps, une
présence. Contrairement au digital, souvent perçu comme
fugace, le papier s’inscrit dans la durée.
Il se touche.
Il se feuillette.
Il se conserve.
Il devient tangible - et donc mémorable.
“VERSION ÉCO-RESPONSABLE ?
CLIQUEZ ICI”(spoiler : ce n’est pas un lien)
UN IMPACT ÉCOLOGIQUE À RECONSIDÉRER
On oppose souvent papier et numérique en matière d’écologie,
en supposant que le second serait plus vertueux.
Pourtant, la réalité est plus complexe. Le papier issu de
filières responsables, produit localement et recyclé efficacement,
s’inscrit dans un cycle maîtrisé. À l’inverse, le
numérique repose sur des infrastructures bien réelles : serveurs,
réseaux, stockage permanent des données. Chaque
e-mail envoyé (lu ou non) continue d’exister et de consommer
de l’énergie.
Ceci n’est pas un e-mail.
Et c’est bien pour ça que vous lisez.
CTA : GÉNÉRER PLUS DE CONTENU
(inutile, vous en avez déjà trop)
MOINS DE FLUX, PLUS DE SENS
À l’heure où les contenus peuvent être générés en masse,
notamment avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, la
question n’est plus seulement de produire, mais de se différencier.
Le risque ? Une communication standardisée, rapide, souvent
oubliée.
Dans ce contexte, le papier s’impose comme un choix stratégique.
Il valorise le message, renforce l’image et crée une
expérience plus engageante.
VERSION HUMAINE ACTIVÉE
COMPLÉMENTAIRES PAR NATURE
Plutôt que d’opposer papier et digital, il est temps de les
penser ensemble. Le numérique pour diffuser rapidement.
Le papier pour marquer durablement. Car aujourd’hui, communiquer
efficacement, ce n’est pas parler plus fort - c’est
être réellement entendu.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Contrairement aux idées reçues, le numérique a lui aussi une
empreinte bien réelle : serveurs, réseaux et stockage fonctionnent
en continu.
Le papier, lui, concentre son impact à la production - mais
peut s’inscrire dans le temps s’il est lu, conservé et partagé.
IMPRIMERIE CENTRALE SOCIÉTÉ ANONYME • 3, RUE EMILE BIAN • L-1235 LUXEMBOURG
T +352 48 00 22-1 • WWW.IC.LU • MESSAGE@IC.LU • @IMPRIMERIECENTRALE
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| ACTUALITÉS COMMUNALES
SCHUTTRANGE : UN CENTRE EN PLEINE
TRANSFORMATION, ENTRE HÉRITAGE RURAL
ET AMBITION DURABLE
PAR ARMAND D'ANTONIO
Au cœur du Luxembourg, la commune de Schuttrange s’engage dans un projet ambitieux de réaménagement
de son centre, pensé comme un équilibre subtil entre modernité et respect de son identité
rurale. Porté par le bureau d’architecture Metaform sous la direction de Thierry Cruchten, ce
chantier structurant se déploie en plusieurs phases cohérentes, avec une vision claire : renforcer
l’attractivité du centre tout en préservant son âme.
Phase 1 (2027) : un nouveau pôle administratif
et intergénérationnel
La première phase, prévue dès 2027, constitue le socle du projet
avec la création d’un véritable pôle structurant autour de trois entités
complémentaires.
Une administration communale modernisée
jectif est clair : proposer un bâtiment contemporain, sans rupture
avec l’identité locale, en parfaite cohérence avec le centre
du village.
Une maison des jeunes tournée vers l’avenir
À proximité immédiate de l’administration, une maison des
jeunes viendra renforcer l’offre dédiée aux nouvelles générations.
Au cœur de cette première étape, la nouvelle administration communale
incarnera le renouveau institutionnel de Schuttrange.
Pensée pour répondre aux exigences actuelles en matière d’accueil
et de fonctionnement, elle offrira des espaces modernes,
fonctionnels et accessibles.
L’intégration architecturale a été particulièrement soignée afin de
garantir une continuité harmonieuse avec le bâti existant. L’ob-
SCHUTTRANGE
83
Cet espace sera conçu comme un lieu de
vie, d’échange et de créativité, favorisant
l’engagement des jeunes dans la vie communale.
Plus qu’un simple équipement, il s’agira
d’un véritable point de rencontre intergénérationnel,
participant à la dynamique
sociale de la commune et à la construction
du Schuttrange de demain.
Un home pour scouts ancré dans
la vie associative
Dans le prolongement de cet ensemble, un
home dédié aux scouts viendra compléter
le dispositif. Symbole fort de l’engagement
local, cette infrastructure mettra
en valeur le rôle essentiel du mouvement
scout dans la vie communale.
Elle offrira un cadre adapté aux activités,
tout en renforçant l’ancrage associatif et
les valeurs de solidarité, d’autonomie et
de transmission.
Un parc paysager comme
lien naturel
À l’arrière de ces nouvelles infrastructures,
un parc paysager viendra créer une
transition douce entre les différents équipements.
Véritable espace de respiration,
il offrira aux habitants un lieu de détente
accessible à tous, renforçant la qualité de
vie au cœur du village.
Un centre réaménagé et apaisé
En parallèle, le centre-ville fera l’objet
d’un réaménagement global visant à valoriser
son caractère historique et à améliorer
la qualité de vie.
L’église, la mairie et les commerces de
proximité resteront les piliers de ce cœur
de village, autour duquel s’organisera une
nouvelle dynamique. L’objectif est de préserver
cette identité forte tout en la rendant
plus lisible, plus accessible et plus
attractive.
La mise en place d’une zone 30 permettra
d’apaiser la circulation, de sécuriser les
déplacements et de favoriser les mobilités
douces. Cette évolution contribuera à redonner
toute sa place au piéton et à faire
du centre un véritable lieu de vie.
Phase 3 (horizon 2030) :
une place centrale et un
centre culturel fédérateur
À l’horizon 2030, le projet atteindra son
aboutissement avec la création d’une nouvelle
place centrale intégrant un centre
culturel.
Pensée comme le cœur battant de Schuttrange,
cette place deviendra un lieu de
rassemblement et d’échange, animé par
la présence de cafés et de petits commerces.
Le centre culturel viendra enrichir
l’offre communale en proposant un espace
dédié à la culture, aux événements et
à la vie associative.
Un projet exemplaire
sur le plan énergétique
L’ensemble des bâtiments sera conçu dans
une logique de durabilité, avec le recours
à des pompes à chaleur géothermiques et
l’installation de panneaux solaires sur les
nouvelles toitures.
Ces choix techniques permettront de réduire
significativement l’empreinte énergétique
du projet, tout en inscrivant la
commune dans une démarche exemplaire
en matière de transition écologique.
Une vision portée
par une équipe engagée
Ce projet est porté par une équipe dirigeante
déterminée : Cony Ney, Serge Eicher
et Claude Marson.
À travers ce chantier structurant, ils affirment
une vision claire : développer
Schuttrange avec cohérence, ambition
et respect de son identité. Une approche
pragmatique et durable, au service des citoyens
et des générations futures.
Schuttrange démontre ainsi qu’il est possible
de se réinventer sans se renier. Ce
projet, à la fois ambitieux et maîtrisé, fera
l’objet de développements plus détaillés
dans nos prochaines.
84 | ACTUALITÉS COMMUNALES
BRÈVES
COMMUNALES DE L’EST
PAR ARMAND D'ANTONIO
GREVENMACHER
LA MOBILITÉ DU FUTUR PÔLE
ÉCONOMIQUE RÉGIONAL
SOUS ÉTUDE
L’étude régionale de circulation Potaschberg-Grevenmacher,
présentée au
conseil communal, définit les conditions
de développement du futur grand pôle
économique de l’est. Après le vote, en
décembre 2025, du déclassement d’une
partie du domaine public communal sur
la ZAEC Potaschbierg, la commune se
penche désormais sur les futurs flux liés
au site : navetteurs, transport de marchandises,
mobilité douce et connexion
ferroviaire. L’enjeu est d’accompagner
la croissance économique sans aggraver
la saturation des infrastructures
existantes, notamment sur la N1 et l’A1,
en repensant l’organisation des déplacements
autour de la zone.
WASSERBILLIG (MERTERT)
LOGEMENTS ABORDABLES
ET HALL SPORTIF : LA COMMUNE
SE TRANSFORME
Un chantier de logements abordables
porté par la commune et l'État est en
cours, avec pour ambition de proposer
des habitations à loyer modéré à des familles
installées dans une commune en
pleine transformation. Le projet a fait
l'objet d'une visite officielle du Premier
ministre Luc Frieden et du ministre du
Logement Claude Meisch, signe de l'intérêt
national qu'il suscite. Le campus
scolaire de Wasserbillig accueillera également
un nouveau hall sportif entre
2026 et 2029, conçu pour répondre aux
besoins des écoles, des associations et
des clubs sportifs.
JUNGLINSTER
DEUX NOUVEAUX BÂTIMENTS
POUR RÉPONDRE À LA CROIS
SANCE DÉMOGRAPHIQUE
Au sud de la commune, deux nouveaux
bâtiments forment ensemble le futur
campus « Op de Fréinen ». D'un côté,
une école de musique et de danse capable
d'accueillir 500 élèves, qui rassemblera
enfin sous un même toit des
cours aujourd'hui dispersés sur cinq
sites différents. De l'autre, une crèche
« nature » pour 112 enfants, avec plus
de 1.700 m² d'espaces de jeu en plein
air et un accès direct à la forêt voisine.
Pensé pour cohabiter avec la faune locale,
le projet répond à la croissance
soutenue d'une commune qui compte
aujourd'hui 8.800 habitants. Les premiers
occupants sont attendus dès la
rentrée scolaire 2026.
ECHTERNACH
« RÉSIDENCE L’ART DE VIVRE » :
LE PROJET IMMOBILIER REPREND
APRÈS LES DÉCOUVERTES
ARCHÉOLOGIQUES
Après plusieurs discussions entre les
différentes parties prenantes, le projet
« Résidence l’Art de vivre » est relancé.
Avec l'accord de la bourgmestre Carole
Hartmann, la façade arrière de l'ancien
Hôtel du Commerce est en cours
de démontage afin de libérer le site.
En parallèle, l'Institut national de recherches
archéologiques (INRA) poursuit
ses fouilles sur le site voisin de la
Petite Marquise, où les découvertes
éclairent l'histoire de la cité abbatiale
fondée en 698. Pour informer les habitants
de l'avancement des travaux et
des résultats archéologiques, la commune
organise le 12 juin 2026 au Trifolion
une réunion publique inscrite dans
le cadre des Journées européennes
de l'archéologie.
ROSPORT-MOMPACH
UNE NOUVELLE ZAE RÉGIONALE
EN PRÉPARATION À MOERSDORF
Le ministère de l’Économie a identifié
la commune pour accueillir une nouvelle
zone d’activités économiques régionale
sur un site situé à Moersdorf.
Le projet se trouve actuellement en
phase préparatoire de planification
et viendra, à terme, renforcer un tissu
économique local déjà porté par l'usine
d'eau gazeuse Sources Rosport SA et
l’héritage industriel laissé par l'ingénieur
Henri Tudor. Avec ce projet, le
ministère veut densifier l'accueil d'entreprises,
tout en intégrant les principes
du développement durable et de
l'économie circulaire.
BETZDORF
LOGEMENTS
INTERGÉNÉRATIONNELS,
CRÈCHE ÉCOLOGIQUE : UNE
COMMUNE EN PLEIN RENOUVEAU
À Betzdorf, un projet de 31 logements
intergénérationnels doit permettre à
des jeunes et des personnes âgées de
cohabiter au quotidien. À Berg, 24 habitations
sont en cours de construction.
Une nouvelle crèche pouvant accueillir
près d'une centaine d'enfants a par ailleurs
été inaugurée à Roodt-sur-Syre,
conçue en bois et en briques d'argile
selon les principes de l'économie circulaire.
La zone économique « Rothoicht »
est par ailleurs en cours de viabilisation
pour accueillir les PME du territoire.
Sur le volet social, la commune a signé
en février 2026 le « Gemengepakt vum
interkulturellen Zesummeliewen »,
un engagement formel en faveur du
vivre-ensemble interculturel.
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86
| ACTUALITÉS COMMUNALES
CAP SUR LES BOURGMESTRES
Bourgmestre | Beckerich
Thierry Lagoda est le bourgmestre de la commune de Beckerich, reconnue au Luxembourg
comme une référence en matière de transition énergétique et de développement
durable. Engagé dans la continuité de la vision écologique développée depuis plusieurs
décennies à Beckerich, il défend une politique communale innovante, centrée sur les
énergies renouvelables, l’autonomie énergétique et la participation citoyenne.
Parmi les projets phares réalisés sous son impulsion figure la première communauté
énergétique communale du Luxembourg. Ce projet innovant permet de partager localement
l’énergie solaire et éolienne produite à Beckerich, avec stockage intelligent et
optimisation via l’intelligence artificielle. Une initiative pionnière qui positionne Beckerich
comme un véritable laboratoire énergétique communal.
Bourgmestre | Feulen
Fernand Mergen est le bourgmestre de la commune de Feulen, une localité qui mise
fortement sur un développement harmonieux entre qualité de vie, infrastructures modernes
et croissance durable. Très proche de ses citoyens, il accorde une attention particulière
à l’aménagement du territoire et à l’évolution des services communaux afin
d’accompagner l’essor démographique de la région.
Parmi les projets emblématiques de la commune figure la création du nouveau complexe
scolaire et sportif de Niederfeulen. Ce projet moderne rassemble école, structures
d’accueil et installations sportives dans un même espace fonctionnel et durable, favorisant
à la fois l’éducation, la vie associative et la cohésion sociale au sein de la commune.
Bourgmestre | Mertzig
Mike Poiré est le bourgmestre de la commune de Mertzig, une localité dynamique
qui poursuit son développement avec une attention particulière portée aux familles,
à l’éducation et à la qualité de vie. Très impliqué dans l’évolution des infrastructures
communales, il accompagne une politique axée sur la modernisation des services publics
et le développement durable.
Parmi les projets phares de la commune figure la nouvelle école fondamentale qui sera
inaugurée d’ici la fin de l’année. Ce bâtiment moderne, conçu selon des critères énergétiques
performants, offrira aux élèves et aux enseignants un environnement d’apprentissage
fonctionnel, lumineux et adapté aux besoins pédagogiques actuels, tout en
renforçant l’attractivité de la commune.
Partenaire des communes pour la restauration scolaire
et les services de repas sur roues.
eurest.lu
88
| ACTUALITÉS COMMUNALES
CAP SUR LES BOURGMESTRES
Bourgmestre | Erpeldange-sur-Sûre
Claude Gleis est le bourgmestre de Erpeldange-sur-Sûre et l’un des principaux acteurs
du développement de la Nordstad. Très engagé dans l’aménagement du territoire et
le logement abordable, il accompagne une croissance maîtrisée de sa commune tout
en préservant la qualité de vie des habitants. Parmi les projets majeurs figure le vaste
programme développé avec la SNHBM dans les PAP « In der mittelsten Gewann » et «
Gewann II ». Ce projet prévoit la réalisation de plusieurs centaines de logements abordables
destinés aux jeunes familles et ménages luxembourgeois, positionnant Erpeldange-sur-Sûre
comme une commune pilote en matière de politique du logement.
Bourgmestre | Ettelbruck
Bob Steichen est le bourgmestre de Ettelbruck, considéré comme le véritable centre
économique et administratif du nord du Luxembourg. Très engagé dans le développement
urbain, la mobilité et la qualité de vie, il accompagne une transformation importante
de la ville tout en renforçant son attractivité régionale. Parmi les projets
emblématiques figure le réaménagement du quartier de la gare et des espaces publics
environnants. Ce vaste projet vise à moderniser les infrastructures, améliorer la mobilité
douce, renforcer les connexions de transports publics et créer un environnement
urbain plus convivial, durable et attractif pour les habitants, commerçants et visiteurs.
Bourgmestre | Schieren
Jean-Paul Zeimet est le bourgmestre de Schieren, une commune en plein développement
située au cœur de la Nordstad. Très engagé dans l’amélioration de la qualité de vie
et des infrastructures communales, il accompagne une politique axée sur la mobilité, le
logement et les équipements publics modernes. Parmi les projets importants figure le
développement de nouveaux quartiers résidentiels intégrés harmonieusement dans le
tissu communal, avec une attention particulière portée aux espaces verts et à la mobilité
douce. La commune investit également dans la modernisation de ses infrastructures
scolaires et sportives afin d’accompagner durablement l’évolution démographique de
Schieren et renforcer son attractivité régionale.
BRÈVES
COMMUNALES DU NORD
PAR ARMAND D'ANTONIO
CLERVAUX
LA COMMUNE ADAPTE
SES RÈGLES POUR MIEUX LOGER
SES HABITANTS
La commune a engagé une révision
de ses règlements d'urbanisme dans
le cadre du Pacte Logement 2.0, avec
un objectif clair : faciliter la création de
logements abordables et durables sur
son territoire. Le Plan d'Aménagement
Général laisse aujourd'hui environ 63
hectares de réserves foncières disponibles
dans les zones d'habitation et
zones mixtes. Un potentiel non négligeable
pour une commune rurale qui
connaît une croissance démographique
de plus de 3%. La réforme prévoit aussi
la mise en place d'un nouveau service
Logement, mobilisé pour accompagner
les projets et faciliter les démarches
des porteurs.
WILTZ
LE QUARTIER SALZBAACH MISE
SUR L'ÉCONOMIE CIRCULAIRE
À Wiltz, l'extension de la zone d'activités
régionale Salzbaach passe en mode
chantier. Sur 3,63 hectares jouxtant
l'usine Circuit Foil, le syndicat exploitant
a choisi de construire en hauteur
jusqu'à 22 mètres, au lieu des 12 habituellement
autorisés pour gagner 52%
de surface utile sans étendre l'emprise
au sol. L'aménagement s'inscrira dans
la démarche d'économie circulaire qui
fait la renommée de la commune depuis
2015. Un appel à candidatures sera
lancé auprès des PME ; les travaux démarreront
en 2027 et les premières entreprises
s'installeront vers 2029. Avec la
zone Triangle vert à Ellange, Salzbaach
figure parmi les deux projets pilotes nationaux
destinés à inspirer la transformation
de toutes les ZAE du pays.
DIEKIRCH
DE CASERNE À QUARTIER MIXTE :
LA CITÉ MILITAIRE SE TRANSFORME
Au cœur de la ville, l'ancienne Cité militaire
est en pleine reconversion. La
SNHBM y prévoit 184 nouveaux logements,
dont 124 abordables, répartis
dans six bâtiments résidentiels. À cela
s'ajoutent 60 logements de service pour
l'Armée luxembourgeoise et un nouveau
bâtiment à usage mixte qui viendra
remplacer l'ancien bâtiment administratif.
L'enveloppe globale s'élève
à 190,5 millions d'euros. Les phases
2025-2026 sont consacrées à la démolition
des anciennes voiries, à la dépollution
des sols et aux premiers travaux
d'infrastructures. L'achèvement du
nouveau quartier est prévu pour 2031.
Diekirch conserve ainsi son identité de
« Garnisounsstad » tout en accueillant
un quartier mixte et moderne.
ETTELBRUCK
LE QUARTIER DE LA GARE AMORCE
SA TRANSFORMATION
A partir du dimanche 10 mai 2026, la
gare routière d'Ettelbruck est entièrement
réorganisée, avec de nouveaux
quais mis en service pour faciliter
l'orientation et les correspondances.
Le chantier s'inscrit dans le futur pôle
d'échange multimodal, qui verra sortir
de terre un nouveau bâtiment voyageurs
et un parking-relais entre 2027
et 2030. À deux pas, le futur Centre Administratif
Nordstad ex-Ettelbruck One,
19.000 m² de bureaux, commerces et
centre médical approche de sa livraison
sur l'ancien site Heintz van Landewyck.
Au total, près de 195 millions d'euros
sont mobilisés pour redessiner l'entrée
sud de la ville et son nœud de transports
d'ici 2030.
TROISVIERGES
UN NOUVEAU PAG APPROUVÉ
ET UNE PISTE CYCLABLE
TRANSFRONTALIÈRE À VENIR
À l'extrême nord du pays, à la frontière
belge et au cœur du Parc naturel de
l'Our, Troisvierges achève la modernisation
de ses outils de planification. Le
ministère des Affaires intérieures vient
d'approuver son nouveau Plan d'Aménagement
Général, qui fixe les règles
d'usage des sols sur l'ensemble du territoire
communal : Troisvierges devient
ainsi l'avant-dernière commune luxembourgeoise
à finaliser sa procédure.
Concernant la mobilité, un projet de
piste cyclable est en préparation entre
Clervaux, Cinqfontaines et Troisvierges.
Le tracé longera les voies ferrées pour
limiter les dénivelés, avec une passerelle
pour franchir les rails.
VIANDEN
L'HÔTEL ORANIENBURG RENAÎT,
ENTRE PRÉSERVATION
PATRIMONIALE ET DURABILITÉ
L'Hôtel Oranienburg, institution familiale
de la Grand-Rue ouverte dans les
années 1930, rouvre progressivement
ses portes. Le bâtiment historique est
repensé en plusieurs entités complémentaires
: un Vintage Hotel de treize
chambres, quatre résidences privées
avec jardin, un motel et une maison
mid-century. Cette réhabilitation fidèle
à l'esprit des lieux, préserve les murs,
les matériaux et l’histoire des lieux.
Une partie du mobilier et des aménagements
a été fabriquée à la main
dans des ateliers locaux, dans une démarche
de réemploi et d'empreinte
écologique réduite.
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92
| ACTUALITÉS COMMUNALES
GARANTIR SANTÉ, BIEN-ÊTRE
ET RÉSILIENCE À FRISANGE
Roger Beissel, bourgmestre
93
À Frisange, l’accès aux soins repose
sur une organisation locale
efficace et des services complémentaires
adaptés aux besoins
des habitants. Entre une offre
médicale bien répartie dans les
communes voisines, des solutions
de mobilité comme le « Frisibus
» et des initiatives dédiées
aux seniors, la commune mise
sur la proximité et la solidarité.
En parallèle, elle développe des
projets axés sur le bien-être et
anticipe les situations de crise,
affirmant ainsi une approche
globale de la santé et de la qualité
de vie. Explications avec le
bourgmestre, Roger Beissel.
Une offre de soins bien structurée
à l’échelle locale
Sur le plan strictement médical, la commune
de Frisange bénéficie d’une situation
relativement confortable. Sans
disposer d’une maison médicale sur son
territoire, la commune s’appuie sur un réseau
de structures de santé bien réparties
dans les environs. À Aspelt, nous avons
l’exemple d’une maison qui regroupe plusieurs
professionnels : kinésithérapeutes,
ostéopathes et médecin généraliste. « À
Frisange même, la présence d’une pharmacie
a constitué une avancée importante.
« Nous étions très contents d’accueillir
la pharmacie. Ce manque est désormais
comblé », souligne Roger Beissel.
À cela s’ajoute une offre accessible dans
les communes voisines : Bettembourg,
Dudelange, Mondorf-les-Bains ou encore
Dalheim. « Nous sommes vraiment
très bien servis autour », assure le bourgmestre.
Cette réalité explique notamment
pourquoi la création d’une maison
médicale à Frisange n’est, à ce stade,
pas envisagée.
Sans disposer d’une maison
médicale sur son territoire,
la commune s’appuie sur un
réseau de structures de santé
bien réparties dans les environs
94
| DOSSIER
La mobilité comme levier d’accès
aux soins
Au-delà de l’offre en elle-même, l’accessibilité
reste un enjeu central. La commune
a ainsi mis en place un système de transport
à la demande, le « Frisibus », qui permet
aux habitants de se rendre facilement
vers les lieux de soins, les commerces ou
encore les maisons de retraite. « Nous
citoyens peuvent se rendre où ils le souhaitent.
Le dispositif dessert notamment
Dalheim, Bettembourg, Dudelange et Remich
», explique-t-il.
Ce service s’adresse en particulier aux
personnes ne disposant pas de véhicule ou
rencontrant des difficultés de mobilité. Il
permet également de maintenir le lien social,
en facilitant les visites à des proches
en maison de retraite.
Un accompagnement spécifique
pour les seniors
La question du vieillissement de la population
est également prise en compte. Les
personnes âgées peuvent bénéficier d’un
accueil temporaire en structure spécialisée
grâce aux chambres qu’il est possible de
louer pour de courtes durées. « Quand la
famille part en vacances, ils peuvent rester
là une ou deux semaines pour qu’ils soient
bien encadrés », précise-t-il.
Par ailleurs, un partenariat est en cours
avec la maison de retraite Zitha à Contern,
qui prévoit une extension. La commune a
décidé de réserver une à deux chambres
pour ses habitants. C’est une manière
d’anticiper les besoins futurs tout en garantissant
un accès prioritaire à des solutions
adaptées.
La commune a mobilisé son
budget participatif autour
du thème du bien-être
Le bien-être au cœur du budget
participatif
Si la santé passe par les soins, elle repose
aussi sur des modes de vie et des environnements
favorables. C’est dans cet esprit
que la commune a mobilisé son budget
participatif autour du thème du bienêtre.
Deux projets majeurs ont émergé du
vote des citoyens. « Le premier concerne
la création d’un marché bio hebdomadaire
pour que les gens puissent acheter de
bons produits. Cet endroit aurait également
une vocation sociale puisque nos
citoyens peuvent s’y rencontrer. Cela permet
de créer un espace de convivialité et
d’échange. Sa mise en œuvre demandera
toutefois du temps. Ce projet nécessite au
moins deux ans pour être achevé », déclare
Roger Beissel.
Le second projet porte sur la création d’un
parc d’activités physiques en plein air, destiné
à tous les âges. L’objectif est clair :
« Rassembler les enfants, les jeunes, les
familles de toute la commune et faire des
activités physiques en plein air. » Le futur
aménagement devrait inclure des espaces
sécurisés pour les plus jeunes, ainsi que
des infrastructures sportives attractives,
comme un terrain multisport. Le site envisagé
se situe à proximité du chalet des
scouts, sur un terrain communal offrant
de nombreuses possibilités.
Fidèle à l’esprit du budget participatif, la
commune souhaite associer étroitement
les porteurs de projets à leur concrétisation.
« Nous nous concerterons avec les
citoyens qui ont eu ces idées pour éviter
toute mauvaise interprétation et de rester
au plus près des intentions initiales »,
explique Roger Beissel.
Anticiper les crises
La commune de Frisange s’inscrit également
dans une réflexion plus large sur
la gestion des situations d’urgence. Une
nouvelle législation impose en effet aux
communes de renforcer leur capacité de
résilience face aux catastrophes. Dans ce
cadre, le futur chalet des scouts jouera un
rôle clé. « Celui-ci est conçu pour accueillir
jusqu’à 40 personnes, il pourra être
mobilisé en cas d’inondation, d’incendie
ou d’autres situations critiques pour
mettre les personnes à l’abri », souligne
le bourgmestre.
Des équipements spécifiques sont également
envisagés, comme des lits de camp
stockés et mobilisables rapidement. Les
infrastructures existantes, notamment le
hall sportif, pourront aussi servir de centres
d’accueil d’urgence. « Cette approche
repose sur une expérience de terrain : lors
de la planification du chalet des scouts, le
pays était alors marqué par des épisodes
d’inondations », rappelle-t-il.
Le chalet des scouts est conçu
pour accueillir jusqu’à 40
personnes, il pourra être
mobilisé en cas d’inondation,
d’incendie ou d’autres
situations critiques pour mettre
les personnes à l’abri
Penser l’autonomie énergétique
en situation de crise
La résilience passe aussi par la capacité
à faire face à des coupures d’énergie
prolongées. La commune explore donc
différentes pistes pour garantir un minimum
d’autonomie en cas de crise.
« Comment chauffera-t-on les bâtiments ?
Devons-nous prévoir un groupe électrogène
? etc. », se questionne-t-il.
Si le photovoltaïque est déjà présent sur
certains bâtiments communaux, comme
l’atelier et le hangar agricole, son déploiement
reste limité ailleurs, notamment
pour des raisons techniques et économiques.
Des infrastructures accessibles
à tous
La commune veille à garantir l’accessibilité
de ses bâtiments publics. Ascenseurs,
aménagements spécifiques et normes
d’accessibilité sont déjà en place. « Tous
nos bâtiments étaient déjà depuis toujours
accessibles aux personnes à mobilité réduite
», explique Roger Beissel. Des audits
sont toutefois prévus pour s’assurer de la
conformité aux dernières exigences.
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