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BO#518 - FESTIVAL ANNECY - 10-06-2026

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Bimensuel N°518 / 10 juin 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

PATRICK

TIMSIT

MARVELOUS PRODUCTIONS ET PAN CINEMA

PRÉSENTENT

KAD

MERAD

ÉRIC

FRATICELLI

PHOTO : CHRISTINE TAMALET © 2025 MARVELOUS PRODUCTIONS – PAN CINEMA– FRANCE 3 CINEMA – LES IMPRODUCTIBLES

UN FILM D’ÉRIC FRATICELLI

SORTIE NATIONALE LE 1 ER JUILLET

DÈS LE 24 JUIN EN CORSE ET RÉGION PACA

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Bimensuel N°518 / 10 juin 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

ANIMATION

LE FESTIVAL D’ANNECY

DONNE LE LA


BO 234x3

L'édito

Sommaire

The Wind of Change

Voici quelques semaines, Steven Spielberg, lors de la

grand messe de l’exploitation américaine, Cinemacon,

alertait sur le manque d’originalité et d’imagination

des studios hollywoodiens. Les suites, les déclinaisons,

les prequels, etc. sont légions et indiquent autant une

recherche de l’industrialisation du cinéma et de la

martingale, qu’une volonté de minimiser les risques.

Car ceux-ci sont bien réels, aujourd’hui, de lasser le

public. Signe qui ne trompe pas : comme le soulignait

l’invitée de notre dernière émission, Anna Marsh,

directrice générale de Studiocanal (voir en page 24),

Warner Bros. a réalisé sa meilleure année avec une

grande majorité de films originaux en 2025 –

Une bataille après l’autre, Sinners, Mickey 17… Autre

signe : Obsession et Backrooms, deux films de genre,

dominent le classement du box office américain et

devancent The Mandalorian, spin-off de la galaxie

Star Wars. La prime à l’originalité, a fortiori au moment

où l’offre de films est pléthorique sur d’autres supports,

semble donc payer. Suffisamment pour influencer

l’ensemble des studios ? Probablement pas, certains

ayant très majoritairement basé leur stratégie sur les

fameuses IP – propriétés intellectuelles. Mais le doute

est là. Les sous-performances d’un certain nombre de

suites et de films issus de franchises, et la réussite des

paris sur des auteurs et des talents issus des nouveaux

médias, n’ont pu passer inaperçues. Les récentes prises

de parole en faveur de la fenêtre d’exclusivité de la salle

indiquent clairement que les executives sont en pleine

réflexion sur leur stratégie. Espérons que leur légendaire

pragmatisme les mène sur le chemin de l’audace.

P. 6 à 8

ACTUS

Des mouvements dans l’industrie

La programmation de Play it Again !

et du Festival Nouvelles Vagues

P. 10 à 17

DOSSIER ANIMATION

Les rendez-vous du Festival d’Annecy

Le cinéma d’animation en chiffres

Le succès de

The Amazing Digital Circus : Acte final

KMBO s’anime à Annecy… et au-delà

Diaphana lance la vague In Waves

©g.l'heureux

P. 24-25

L’ÉMISSION

Rencontres nationales art et essai avec

Anna Marsh (Studiocanal)

P. 26-27

INTERNATIONAL

7 Dogs, le pari gagnant de Riyad

Comscore Movies redevient Rentrak

P. 28 à 33

EXPLOITATION

Les lois de l’attraction des cinémas

Sommes-nous toutes et tous devenus

des critiques de cinéma ?

Renaissance d’une salle de cinéma

à Dieppe

Le Saint-Germain-des-Prés

réouvre au public

Les résultats de l’aide sélective à

l’exploitation

Laurent Cotillon

P. 34

MISCELLANÉES

Soutiens, CDACi et agenda de la profession

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-

Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal

à parution

Directeur de la publication

Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr

Directeur général délégué média & stratégie

Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr

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Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,

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est une publication de

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88100 Saint-Dié-des-Vosges

La Rédaction

Crédit page 3 : Le Corset de Louis Clichy

© Eddy Cinema, Beside Productions,

Regular Production, France 3 Cinema,

Auvergne Rhône-Alpes Cinema, RTBF

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JULIEN MARCEL

Directeur de la

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LAURENT COTILLON

Directeur général délégué

média & stratégie

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Boxoffice Pro France

4 N°518 / 10 juin 2026


chaque famille a ses démons

SOUHEILA YACOUB

UN FILM DE

SÉBASTIEN VANIČEK

au cinéma le 8 juillet

BO 234x331 EDB.indd 1 05/06/2026 10:16


INSIDIOU

Actualités

LA

SCARE :

le nouveau bureau

Le conseil d’administration du Syndicat des Cinémas

d’Art, de Répertoire et d’Essai, partiellement renouvelé

lors de l’assemblée générale du 10 mai 2026 à Cannes,

a élu son bureau à l’unanimité.

Parmi les changements, Stephen Bonato (Utopia, Bordeaux)

succède à Sylvain Clochard (Le Concorde, Nantes) à la

vice-présidence, et Stéphane Libs (Cinémas Star, Strasbourg)

à Pascal Robin (Les 400 coups à Châtellerault)

en tant que trésorier.

Co-présidente :

Christine Beauchemin-Flot – Le Select, Antony

Co-président : Martin Bidou – Haut et Court Cinémas

Vice-présidente : Elise Mignot – Le Café des images,

Hérouville-Saint-Clair

Vice-président :

Stephen Bonato – Cinéma Utopia, Bordeaux

Secrétaire : Stéphane Libs – Cinémas Star, Strasbourg

Trésorière : Eva Brucato – Le Royal, Toulon

Président d’honneur : Michel Humbert

©SCARE

PLAY IT AGAIN ! ÉDITION 2026

À un peu plus de trois mois du lancement de son rendez-vous national dédié au rayonnement du

cinéma de patrimoine en régions, l’ADRC dévoile l’affiche de cette 12 e édition, proposée du 17 au 27

septembre prochains.

« C'est en allant à la rencontre de tous les publics dans

tous les territoires, des grandes métropoles aux salles

rurales, que l'ADRC souhaite célébrer le cinéma de

patrimoine dans toute sa richesse et sa diversité », rappelle

Emmanuel Didier, adjoint de direction à l’ADRC.

LES FILMS AU PROGRAMME :

Apocalypse Now Final Cut de Francis Ford Coppola,

1979 (Pathé Films)

Le Cuirassé Potemkine de Sergueï M. Eisenstein, 1925

(Potemkine Films)

La Dame de Shanghaï d’Orson Welles, 1947 (Splendor Films)

Le Destin de Youssef Chahine, 1997 (Tamasa Distribution)

Entre le ciel et l'enfer d’Akira Kurosawa, 1963 (Carlotta Films)

Kill Bill : The Whole Bloody Affair de Quentin Tarantino,

2006 (Studiocanal)

James et la pêche géante de Henry Selick, 1997

(Tamasa Distribution) – jeune public

Le Goût des autres* d’Agnès Jaoui, 2000 (Les Acacias)

Knock* de Guy Lefranc, 1951 (Les Productions J. Roitfeld)

Main basse sur la ville de Francesco Rosi, 1963 (Les Acacias)

Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud, 1986 (Les Acacias)

Quand la mer monte* de Yolande Moreau et Gilles

Porte, 2004 (Les Films du Losange)

Sans toit ni loi* d'Agnès Varda, 1985 (mk2 Films)

Sois belle et tais-toi* de Marc Allégret, 1958 (SND)

Les Tontons flingueurs* de Georges Lautner, 1963 (Gaumont)

Vol au-dessus d'un nid de coucou de Miloš Forman,

1975 (La Filmothèque Distribution)

Wives d’Anja Breien, 1975 (Malavida)

et, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine :

Paris la belle de Pierre Prévert, Marcel Duhamel et

Jacques Prévert, 1959 (Tamasa Distribution)

Une première

convention Studio TF1

Avec les 18 films de cette nouvelle édition, Play It

Again ! entend, comme chaque année, faire dialoguer

grands classiques, œuvres populaires et découvertes

patrimoniales. Mais au-delà des projections, Emmanuel

Didier souligne également les « ciné-concerts, des rencontres

avec des cinéastes, des quiz ou des masterclass sur les

coulisses de fabrication des films [qui] seront organisés

dans chaque ville participante pour aiguiser la curiosité

des curieux et des cinéphiles ». Un accompagnement

événementiel qui se traduira par plus de 200 animations

dans les 200 cinémas participants à travers la France.

* Programme Ciné inclusif

©mk2

L’équipe distribution de Studio TF1 convie les exploitants

à une convention autour de son line-up,

l'UGC Bercy de Paris, mercredi 1 er juillet.

Pour d'informations auprès de :

marketing-salles@studiotf1.com.

À noter que Play It Again ! poursuit également son

programme Ciné Inclusif, mené avec Matmut pour

les arts et Les Yeux Dits. Cette année, six films de la

sélection seront proposés en séances audio-décrites et

sous-titrées – et gratuites. Le tout, accompagné de

rencontres autour des enjeux de l’accessibilité.

Sans toit ni loi d’Agnès Varda

Maxime Saada a célébré la première cotation de Canal+ au

Johannesburg Stock Exchange (JSE) avec l’emblématique cor de

Koudou. Johannesburg, 3 juin 2026

©JSE Group

CANAL+ COTÉ À JOHANNESBURG

Présent dans plus de 70 pays, Canal+ revendique

aujourd'hui plus de 40 millions d'abonnés pour un

chiffre d'affaires annuel de 9 milliards d'euros à travers

le monde. Si l'Europe demeure son principal marché

historique avec plus de 18 millions d'abonnés répartis

dans 12 pays, ses activités accélèrent en Afrique, où

le groupe compte 23 millions d'abonnés dans plus de

40 territoires, après plus de trois décennies de présence

sur le continent. Sa cotation secondaire à Johannesburg

– dix-huit mois après son introduction à la Bourse de

Londres – permet à Canal+ d'accroître la liquidité de

son titre, et d’ouvrir davantage son capital aux

investisseurs africains. Elle reflète, en outre, la confiance

du groupe dans le potentiel économique de l'Afrique

subsaharienne, portée par « une population jeune et

croissante (qui devrait augmenter de 800 millions d'habitants

d'ici 2050), une solide croissance du PIB (4,5 %

de croissance attendue entre 2026 et 2030) ainsi qu'une

demande croissante de contenus et de connectivité [qui]

continuent de stimuler la croissance du secteur ».

Le groupe Canal+ devient ainsi la première entreprise

française cotée au Johannesburg Stock Exchange, et

la seule société mondiale de médias et de divertissement

présente sur ce marché.

HIS

6 N°518 / 10 juin 2026


LA FRANCHISE AUX 2.5 MILLIONS D’ENTRÉES EN FRANCE CONTINUE

LE MAL S’EST ÉCHAPPÉ

AU CINÉMA

LE 19 AOÛT

D’APRÈS LES PERSONNAGES CRÉÉS PAR LEIGH WHANNELL

HISTOIRE DE DAVID LESLIE JOHNSON-McGOLDRICK ET JACOB CHASE

SCÉNARIO JACOB CHASE RÉALISÉ PAR JACOB CHASE

INSIDIOUS6_INTL_1SHT_TSR_BlueHands_02_R1_PP BOXOFFICE_234x331mm_HD.indd 1 08/06/2026 10:28


Actualités

Mouvements

Nomination chez Amazon

MGM Studios…

©Petra Kallsback ©D.R.

Après avoir recruté sa directrice

marketing, Amazon

MGM confie la direction de

la distribution à Lucie

Trampoglieri. L’actuelle

directrice générale d’UGC

Distribution rejoindra

Amazon MGM à la rentrée

prochaine.

Lucie Trampoglieri retourne donc vers un studio américain

après avoir débuté sa carrière chez Warner Bros, où elle avait

occupé le poste de Senior Product Manager pendant six ans,

de 2005 à 2011, avant d’intégrer le groupe UGC. Elle y avait

pris en charge le marketing d’UGC Distribution à partir de

2015, puis sa direction générale, à la suite d’Henri Ernst.

Elle rejoint chez Amazon MGM Marion Pistoresi, nommée en

novembre dernier directrice marketing de la structure.

L’organisation française du studio sera donc bicéphale, avec

une direction de la distribution et une direction marketing

distinctes. L’ensemble s’inscrit dans le périmètre international

d’Amazon MGM, dirigé par Helen Moss.

… et chez UGC Distribution

Au sein du groupe dirigé par

Brigitte Maccioni, Boris

Duchesnay voit ses fonctions

élargies, suite au

départ prochain de Lucie

Trampoglieri chez Amazon

MGM Studios.

Le directeur général d’UGC Images, en charge de la production

cinéma et des acquisitions, officiera donc également

comme directeur de la distribution, en plus de ses fonctions

actuelles. Fort d’une solide expérience dans le secteur cinématographique

et audiovisuel, Boris Duchesnay était, avant

son arrivée chez UGC en 2023, directeur des

programmes d’OCS.

LE BIARRITZ FILM FESTIVAL

NOUVELLES VAGUES DÉVOILE SA

SÉLECTION ET SON JURY

La quatrième édition du festival des Pyrénées-

Atlantiques se déroulera du 23 au 28 juin

prochains.

Après avoir annoncé que Kristen Stewart présidera le

jury, la manifestation a par la suite dévoilé les sept autres

membres jurés. L’actrice et réalisatrice sera accompagnée

du cinéaste, scénariste et monteur français Nathan Ambrosioni,

de la comédienne française Suzy Bemba, de la

réalisatrice et scénariste italienne Carolina Cavalli, de la

comédienne britannique Esmé Creed-Miles, du comédien

indien Ishaan Khatter, de la comédienne canadienne

Whitney Peak et du comédien, réalisateur et scénariste

français Raphaël Quenard. Également, parmi les temps

forts de la programmation, le jeudi 25 juin mêlera cinéma

et intelligence artificielle en questionnant la manière

dont l’IA redessine le futur du 7 e art. Le lendemain, une

journée “Cinéma & Océan” explorera « les liens entre

images, récits et protection du vivant marin » à travers

projections, rencontres et tables rondes.

LA COMPÉTITION LONGS MÉTRAGES

Congo Boy de Rafiki Fariala (Jour2Fête, 25/11/26)

No Good Men de Shahrbanoo Sadat (Condor, 03/02/27)

Les Fraises de Leïla Marrakchi (Jour2Fête)

Teenage Sex and Death at Camp Miasma

de Jane Schoenbrun

Animol d’Ashley Walters

Big Girls Don’t Cry de Paloma Schneideman

La Gradiva de Marine Atlan (Tandem, 04/11/26)

La Chaleur de Stéphane Demoustier (Memento, 08/07/26)

Nouvelles vagues du monde

Blue Heron de Sophy Romvari (Potemkine, 24/06/26)

Strange River de Jaume Claret Muxart

En route To de Yoo Jae-in

Short Summer de Nastia Korkia

A Family de Mees Peijnenburg (Paname)

Les grandes avant-premières

Adieu monde cruel de Félix de Givry (Diaphana, 09/09/26)

Garance de Jeanne Herry (Studiocanal, 23/09/26)

La Bola Negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi

(Le Pacte, 16/12/26)

In Waves de Phuong Mai Nguyen (Diaphana, 01/07/26)

Club Kid de Jordan Firstman (Metropolitan)

Les séances spéciales

La Belle et la Bête de Jean Cocteau (SND), Reprise

Microstar de Léopold Kraus (Moonlight, 08/07/26)

ZOROA, la séance déjantée : La Fille pharmacie

de Charlie Perillat, suivi de Sanguine de Marion

Le Corroller (ARP, 28/10/26)

Le Triangle d’or de Hélène Rosselet-Ruiz

(Ad Vitam, 29/07/26)

Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton

et Valerie Faris – REPRISE

Gabin de Maxence Voiseux (Arizona, 18/11/26)

Jean Cocteau de Lisa Immordino Vreeland (Next Films)

L’Âge d’or de Bérenger Thouin (Pyramide)

Coward de Lukas Dhont (Diaphana)

Aro Berria d’Irati Gorostidi Agirretxe

Undertone d’Ian Tuason (Condor, 12/08/26)

MoviePass s’allie aux indépendants nord-américains

Le service d’abonnement cinéma poursuit sa

relance avec un partenariat conclu avec l’Independent

Cinema Alliance (ICA), qui fédère près de

5 000 écrans indépendants en Amérique du Nord.

Les différents abonnements CinePass vont bientôt être

acceptés dans les cinémas de l’ICA, qui représentent

4 637 salles à travers les États-Unis et le Canada, soit

environ 15 % du box-office nord-américain. L’accord

vise à renforcer la fréquentation et la fidélisation des

spectateurs, « sans nécessiter d'investissements lourds dans

une infrastructure interne ou un support technique dédié »,

souligne MoviePass qui mettra sa technologie à disposition

des exploitants membres de l’ICA.

La Gen Z au cœur de la stratégie

L’initiative intervient alors que les exploitants nord-américains

cherchent à consolider le retour des publics

jeunes. Fin 2025, Cinema United relevait une progression

de 25 % de la fréquentation de la génération Z,

la plus forte de toutes les catégories de spectateurs.

D’autres études publiées par Fandango et Variety ont

également souligné le rôle moteur des générations Z

et Millennial dans la dynamique actuelle du marché.

MoviePass avance de son côté sa propre étude, menée

en double aveugle, attribuant à son dispositif une

hausse de 111 % de la fréquence de fréquentation de

ses abonnés, ainsi qu’une économie moyenne de 30 %

sur le prix des billets.

Le partenariat avec l’ICA marque une nouvelle étape

dans la reconstruction de MoviePass, qui a profondément

bousculé l’exploitation américaine à la fin des

années 2010. Son offre d’abonnement quasi illimité à

9,95 $/mois – valable dans tous les cinémas – avait

attiré jusqu’à trois millions d’abonnés, avant de conduire

l’entreprise à la faillite en 2019. Racheté par son fondateur

d’origine Stacy Spikes en 2021, MoviePass a été

relancé avec une approche plus prudente, ses formules

de 13 $ à 33 $ mensuels s’appuyant sur un système de

crédits – et ses outils de recommandation, sur l'intelligence

artificielle. L’entreprise a revendiqué son premier

exercice bénéficiaire en 2023. Plutôt qu’un trublion

disruptif de l’ensemble du marché.A.A.

8 N°518 / 10 juin 2026


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Comprendre comment créer

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Animation

FESTIVAL D’ANNECY,

LES MAJORS DÉVOILENT LEURS CARTES

FILM D’OUVERTURE :

Des Minions et des monstres

de Pierre Coffin (Universal, 24/06/26)

Compétition

Longs métrages L’officielle

Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach

(Haut et Court, 16/12/26)

Decorado d’Alberto Vazquez (Le Pacte,26/08/26)

In Waves de Phuong Mai Nguen (Diaphana, 01/07/26)

Le Corset de Louis Clichy (KMBO, 14/10/26)

Le Dossier de l’aube de Rupert Wyatt, Alexis Bloom

et Emilie Phoung (KMBO)

Le Violoniste d’Ervin Han et Raúl Garcia

Lucy Lost d’Olivier Clert (Le Pacte, 28/10/26)

Nobody de Shui Yu

Tana de Ji Zhao et Ke Er Zhu

Tangles de Leah Nelson

Un Monde entre nous de Kohei Kadowaki

(Dulac Distribution)

Du 21 au 27 juin, Annecy

confirmera son statut

de capitale mondiale

de l’animation, à la fois

laboratoire de la création

indépendante… et vitrine

privilégiée des futurs films

des majors américaines.

Le festival est également un rendez-vous incontournable

pour les studios américains, qui y présentent chaque

année leurs projets les plus attendus. Cette année, Warner

Bros. Pictures Animation donnera un aperçu de son

Chat chapeauté adapté de Dr Seuss (attendu pour le

09/12/26) et dévoilera le tout nouveau court métrage

Looney Tunes, préparé pour les 90 ans de Daffy Duck.

Les studios Laika présenteront de leur côté les premières

images de leur prochain film en stop motion, Wildwood

(distribué en France sous bannière Metropolitan, 09/12/26),

avec une exposition consacrée aux coulisses du film dans

la toute nouvelle Cité de l’animation.

La Pat' Patrouille de Paramount sera bien entendu là

aussi, avec sa mission Dino qui arrive dans les salles le

5 août prochain. Enfin, Annecy aura également la primeur

de découvrir les premières images du Disney de Noël

2026, Hexed (25/11/26), tout comme de de plonger

dans les coulisses du prochain Pixar : Nero, le chat noir.

L’animation sans frontières

Le Festival d’Annecy porte par ailleurs sa sélection bien

au-delà de l’animation. Pour cette édition 2026, il sera

notamment rejoint par le réalisateur indien S.S. Rajamouli,

créateur du “Baahubali Universe”, pour un work

in progress sur son Baahubali : The Eternal War (réalisé

par Ishan Shukla), et une projection de son RRR culte,

qui revient cet été dans les salles françaises (29/07, Carlotta).

Et comme à Annecy plus que n’importe où ailleurs, on

sait que l’animation n’est pas un genre, le festival propose

cette année une sélection de “Grands Frissons” composée

de 4 longs métrages (Le Bord du temps et Pèlerins en

avant-première, ainsi que Jim Queen et Mars Express) et

de 8 programmes de courts.

Jury : Faisal Baltyuor, Mònica Garcia Massagué et

Maïlys Vallade

Longs métrages Contrechamp

58 e de Carl Joseph Papa

Une aube nouvelle de Yoshitoshi Shinomiya

(ADN, 12/08/26)

Bienvenue chez Dolly de Steven Ych et Rady Fu

Blaise de Dimitri Planchon et Jean-Paul Guigue

(Jokers, 27/01/26)

Chroniques de l’espace-temps de Stefano Bertelli

L’Orbite des satellites mineurs de Christopher Sullivan

Le Fils de pute d’Érica Maradona, Otto Guerra,

Tania Anaya et Sávio Leite

Muyi, la légende du village des femmes

de Julien Chheng (Gebeka)

Passionné à la folie de Wataru Takahashi

Peleliu : Guernica of Paradise de Goro Kuji (Eurozoom)

Winnipeg de Beñat Beitia et Elio Quiroga

Jury : Suresh Eriyat, Lola Lefèvre et Anna Ida Orosz

EUROPA CINEMAS AU MIFA

Cette année, le réseau de salles à programmation

majoritairement européenne initie, en partenariat

avec le MIFA et avec le soutien d’Europe

Créative / MEDIA, un atelier interactif de quatre

jours au Festival d’Annecy.

Afin de renforcer le rôle des exploitants au sein de l’écosystème

du cinéma d’animation, 24 membres d’Europa

Cinemas et engagés pour le cinéma d’animation s'immergeront,

quatre jours durant dans l'expérience Annecy.

Au programme : ateliers, projections, sessions de work

in progress, conférences et expositions.

Le programme débutera le 22 juin par une journée

riche en présentations d’exploitants, retours d’expérience,

études de cas autour de trois thématiques : les

stratégies et défis de programmation, les actions de

communication pour engager les publics et la chaîne

de valeur du cinéma d’animation. Une table ronde

permettra en outre de discuter le rôle du vendeur,

avec la participation de Pierre Mazars, cofondateur

de la société Charades, qui représente plusieurs films

majeurs de l’animation européenne.

©Emmanuel Nguyen Ngoc/MIFA

10 N°518 / 10 juin 2026


©Nintendo and Universal Studios. All Rights Reserved.

Super Mario Galaxy Le Film est pour l’heure le film d’animation leader de 2026.

LA FLAMME DE LA FRÉQUENTATION ?

Entre des meilleures moyennes par séance, le développement de la

japanimation et le succès des visas exceptionnels, l’animation s'affirme chaque

année comme un précieux réservoir d'entrées. Retour sur les clés de cette

attractivité et sur les perspectives de l'exercice en cours.

Depuis 30 ans, alors que la fréquentation française a

gagné des dizaines de millions d’entrées et que le nombre

de sorties a plus que doublé, la place du cinéma d’animation

a, elle aussi, connu une forte progression. En

effet, durant la deuxième moitié des années 1990, dix

titres d’animation sortaient en moyenne, générant 9,1

millions d’entrées. Au sein d’un volume de sorties oscillant

autour des 450 films annuels et des 135 millions de

spectateurs*, cela représente des parts de marché respectives

de 2,2 % et 6,8 %. Le secteur compte, depuis 2022, une

moyenne de 56 sorties d’animation pour 24,5 millions

d’entrées (soit des parts respectives de 7,7 % et 16,8 %).

L’animation n’a donc pas seulement accompagné la

reconquête du public, elle en a été un moteur essentiel.

Depuis la pandémie, particulièrement 2023 et 2024 ont

été des exercices records – grâce entre autres à Super Mario

Bros., Élémentaire, Vice-versa 2, Vaiana 2 et Flow – avec

une part de marché d’environ 19 % pour près de

30 millions d’entrées, retrouvant ainsi un niveau similaire

à l'avant-Covid. À l’inverse, le constat est plus mesuré

pour 2022 et 2025, qui affichent des parts de marché

de 14 % pour près de 19 millions de spectateurs.

Des cadets préférés aux aînés

L’animation demeure une catégorie dont les performances

en salles atteignent des niveaux proportionnellement

supérieurs à ceux de la fiction. Précisément, Zootopie 2,

Vice-versa 2 et Vaiana 2 s’imposent comme les plus grands

succès du genre depuis Le Monde de Nemo (9,4 millions

d’entrées en 2003), dépassant chacun le cap des 8 millions

d’entrées** [voir ci-contre le top 15 depuis 2016].

Ces trois titres Disney illustrent également une augmentation

significative de la fréquentation pour certaines

suites sorties plusieurs années après le volet initial. En

effet, comme le soulignait récemment Sylvain Bethenod

de Vertigo Research [voir le Boxoffice Pro du 4 février

2026], ces longs métrages, contrairement à leurs prédécesseurs,

fédèrent plusieurs segments de spectateurs : une

cible classique (le jeune public) couplée à une cible

supplémentaire, plus âgée (adolescents et jeunes adultes,

qui ont grandi avec certains de ces titres). Ainsi, Zootopie

2 et Vice-versa 2 ont chacun réalisé 4 millions d’entrées

de plus que le premier volet sorti neuf ans plus tôt ; Vaiana

2 a enregistré 2,5 millions d’entrées supplémentaires par

rapport à Vaiana (sorti huit ans auparavant), tout comme

La Reine des neiges II (2019), qui a réalisé 2,4 millions

d’entrées de plus que le premier opus de 2013.

RANG

FILM

DISTRIBUTEUR

Des séances (exceptionnellement) plus

remplies

L’animation s'affirme également comme le genre enregistrant

chaque année les meilleures moyennes par séance

(e/s), avec 24 e/s en moyenne depuis 2022 ; à titre de

comparaison, la fiction et le documentaire se situent à

18 e/s, tandis que la moyenne globale des nouveautés

s’établit à 19 e/s. Les nouveautés de l'animation surperforment

particulièrement lorsqu'elles bénéficient d'une

distribution à grande échelle : depuis 2022, l'ensemble

TOP 15 DES FILMS D’ANIMATION DEPUIS 2016

DATE DE

SORTIE

ENTRÉES

1 ZOOTOPIE 2 DISNEY 26/11/2025 8 917 214

2 VICE-VERSA 2 DISNEY 19/06/2024 8 579 715

3 VAIANA 2 DISNEY 27/11/2024 8 115 977

4 LA REINE DES NEIGES II DISNEY 20/11/2019 7 670 925

5 SUPER MARIO BROS UNIVERSAL 05/04/2023 7 391 721

6 LES INDESTRUCTIBLES 2 DISNEY 04/07/2018 5 856 290

7 MOI, MOCHE ET MÉCHANT 3 UNIVERSAL 05/07/2017 5 746 290

8 VAIANA DISNEY 30/11/2016 5 673 464

9 SUPER MARIO GALAXY LE FILM UNIVERSAL 01/04/2026 5 557 426

10 ZOOTOPIE DISNEY 17/02/2016 4 861 685

11 COCO DISNEY 29/11/2017 4 820 327

12 TOY STORY 4 DISNEY 26/06/2019 4 610 692

13 MOI, MOCHE ET MÉCHANT 4 UNIVERSAL 10/07/2024 4 472 127

14 LES MINIONS 2 UNIVERSAL 06/07/2022 3 966 143

15 BABY BOSS 20TH CENTURY FOX 29/03/2017 3 956 359

Source : Rentrak France

N°518 / 10 juin 2026

11


CHARLIE

Animation

EM

des sorties d’animation programmées sur au moins 10 000

séances en première semaine ont enregistré une moyenne

de 33 e/s, contre 21 e/s toutes catégories confondues.

À ce phénomène s’ajoute l’essor considérable de l'animation

japonaise (anime), souvent adaptée de mangas.

D’ordinaire réservées au petit écran, ces séries ont commencé

à s'imposer au cinéma à partir de 2021, dans le sillage

du rachat par Sony de Crunchyroll, le leader mondial

du streaming d’animes [voir le Boxoffice Pro du 27 août

2025]. Cette percée sur grand écran est une évolution

logique : la France étant le deuxième consommateur

mondial de mangas après le Japon, le public répond

présent. Cet engouement se traduit notamment par la

multiplication des sorties sous visa exceptionnel (limitées

à 500 projections), proposant fréquemment la diffusion

d'épisodes inédits. Ainsi, parmi les performances notables

depuis 2021, Look Back a réalisé 51 e/s pour 23 000

entrées, Solo Leveling -Reawakening- 75 e/s pour 24 000

entrées et L’Attaque des Titans : La Dernière Attaque 208

e/s pour 86 000 entrées. L’un des exemples les plus

marquants reste Demon Slayer, dont la quasi-totalité des

déclinaisons cinématographiques a rencontré un vif

succès. À la réouverture des salles de 2021, Le Train de

l’infini a connu une sortie classique qui a attiré plus de

700 000 spectateurs (dont 41 e/s sur sa semaine

d’ouverture). Par la suite, les diffusions sous visa exceptionnel

de En route pour le village des forgerons (2023) et

de En route vers l’entraînement des piliers (2024) ont

respectivement atteint 356 e/s et 317 e/s. Une dynamique

qui a abouti, en septembre 2025, à la sortie sous visa

classique de La Forteresse infinie, qui a écoulé plus de 1,7

million de billets, dont 57 e/s en première semaine. Ce

volet de Demon Slayer est ainsi devenu le plus grand

succès pour une œuvre japonaise d’animation depuis

plus de dix ans, dépassant les 1,6 million d'entrées du

Garçon et le Héron de Hayao Miyazaki.

Quelle hauteur pour la vague 2026 ?

Pour l’heure, le principal succès d’animation de 2026 est

Super Mario Galaxy avec plus de 5,5 millions d’entrées,

et un record de 86 000 séances en trois semaines, soit

28 600 projections hebdomadaires. À côté, Jumpers a

dépassé le million d’entrées, tandis que d’autres sorties

ont atteint quelques centaines de milliers d’entrées, à

l’instar de Goat - Rêver plus haut, Les Légendaires, Biscuit

le chien fantastique ou encore The Amazing Digital Circus,

sorti sous visa exceptionnel [voir plus bas]. Le calendrier

des sorties d’animation reste toutefois asymétrique, les

principales sorties étant souvent réparties sur la deuxième

partie de l’année, entre la Fête du Cinéma et les vacances

de Noël. En effet, en 2025, 100 % des titres d’animation

millionnaires sont sortis à partir de juin, 83 % en 2024

et 78 % en 2023. Seul 2022 est en quasi-équilibre, avec

une part de 57 %.

Pour la suite de l'exercice, les attentes se tournent vers

des franchises majeures telles que Toy Story 5, Des Minions

et des monstres, La Pat’ Patrouille 3, Astérix et le Royaume

de Nubie, mais également Le Chat chapeauté. D’autres

animations auteurs, majoritairement présentées au Festival

d'Annecy, dynamiseront également le marché, à l’instar

de In Waves [voir p. 17], du Corset [voir pp. 14-16] ou

de Carmen l’oiseau rebelle. Ces offres viendront compléter

les propositions ciblées jeune public, qui bénéficient

mécaniquement d’une hausse de fréquentation à l’approche

des vacances scolaires. En attendant, et même si le secteur

de la production animée, particulièrement sérielle, traverse

une crise inédite qui ne devrait pas s’atténuer avec le

développement de l’intelligence artificielle, le public est

toujours au cinéma.

Jules Dreyfus

*En ne comptant que les films en première exclusivité.

**Ici, et selon les catégorisations du CNC et de Rentrak France, la version live action du

Roi Lion (10 millions d’entrées en 2019) n’est pas comptabilisée comme un film d’animation.

THE AMAZING DIGITAL CIRCUS : ACTE FINAL,

LA SALLE PLUS FORTE QUE L’ALGORITHME ?

Le final de la websérie phénomène a démontré une nouvelle fois le potentiel en salles de certains

contenus dits “alternatifs”, grâce à leurs communautés particulièrement engagées.

©2026 The Amazing Digital Circus

Un potentiel cinéma

qui ne dépend pas

de la quantité de followers

mais de la qualité de

leur engagement

Caspar Nadaud,

CEO Piece of Magic Ent.

Phénomène d’animation 3D créé en 2023 par Gooseworx

et produit par Glitch Productions, la série The Amazing

Digital Circus s’appuie sur une fanbase internationale

particulièrement active. « Et ce sont les fans européens

eux-mêmes qui ont réclamé la sortie salle de cet Acte final

– composé de l’épisode 8 et de l’épisode 9 inédit –, en apprenant

celle prévue dans les salles américaines », explique

Caspar Nadaud, à la tête de Piece Of Magic Entertainment

(POM) qui distribue donc le film sur le Vieux continent

dans plus de 3 000 cinémas.

Dans les salles françaises, The Amazing Digital Circus :

Acte Final a été exploité sous le régime du visa exceptionnel,

avec une diffusion limitée à 500 séances sur

deux jours. Les 254 cinémas qui ont accueilli l'événement

ont totalisé 157 916 entrées, réparties entre samedi

6 juin (99 681 entrées) et dimanche 7 juin (58 235),

au fil de 490 séances, souvent complètes, comme les

deux proposées au Grand Rex à Paris (photo).

Avec 322 spectateurs par séance, The Amazing Digital

Circus : Acte Final affiche la deuxième meilleure moyenne

enregistrée sur une animation sortie sous visa exceptionnel,

derrière Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba,

En route pour le village des forgerons distribué par CGR

Events (109 000 entrées, moyenne de 356 par séance

en février 2023). De quoi confirmer « le momentum

autour des contenus créés par des youtubeurs ou plus

généralement nés sur internet » selon le distributeur,

qui a récemment accompagné Iron Lung à travers les

salles européennes*.

Pour autant, « leur potentiel cinéma ne dépend pas de la

quantité de followers mais de la qualité de leur engagement ».

Pour la sortie cinéma de The Amazing Digital Circus, le

producteur Glitch a conçu une introduction et des

récapitulatifs inédits. Mais l’attrait principal résidait dans

la promesse d’un rendez-vous collectif entre fans, « qui

veulent vivre ce moment ensemble et au même moment…

et accessoirement éviter les spoilers ». Autant d’arguments

qui participent à une reconquête active de la Gen Z,

« ce type de contenu attirant des spectateurs qui ne fréquentent

pas forcément les salles et les réintroduisant dans une expérience

collective ». Sans oublier, tout simplement, que

« The Amazing Digital Circus est extrêmement bien réalisé,

avec beaucoup d’humour, de très bons dialogues et une

animation remarquable. Bien sûr, c’est le final d’une série

qui a mobilisé sa communauté, mais c’est aussi tout simplement

une proposition de qualité, qui mérite sa place au cinéma. »

Ayşegül Algan

* à l'exception de la France où Iron Lung a été distribué par mk2.Alt

12 N°518 / 10 juin 2026


EMBARQUEZ POUR L’AVENTURE FAMILIALE DE L’ÉTÉ !

RYAN CORR LILY WHITELEY DEBORAH MAILMAN

LE 22 JUILLET AU CINÉMA

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Animation

©KMBO

Le Corset de Louis Clichy

KMBO S’ANIME À ANNECY…

ET AU-DELÀ

La société de Vladimir Koch et Grégoire Marchal sera particulièrement présente

cette année au festival d’Annecy, avec cinq films, des work in progress et

des masterclass au MIFA. Un mois de juin marqué aussi par une Journée de

l’animation dans trois villes, la préparation du Little Films Festival et, bien sûr,

des sorties, notamment celle du Corset, après son bel accueil à Cannes…

et en attendant celui du Jury d’Annecy.

« C’est la première fois que nous avons deux titres en compétition

à Annecy, Le Corset de Louis Clichy et Le Dossier

de l’Aube de Rupert Wyatt et Emilie Phuong, se réjouit

Grégoire Marchal, et que nous y présentons un spectre de

films d’animation aussi large. » La sélection [voir ci-contre]

reflète la ligne animée de KMBO, entre films jeune

public, plus ou moins commerciaux et films d’auteur,

y compris pour un public ado-adulte.

L’un des temps forts sera la présentation du film de Louis

Clichy, Le Corset, après sa révélation à Cannes, où il a

remporté le Prix spécial du jury Un Certain Regard et

le Coup de cœur des adhérents de l’AFCAE. « C'était la

première fois que les Rencontres art et essai s'ouvraient avec

un film d’animation. Nous espérions de bons retours… mais

sans imaginer un tel enthousiasme », confesse le directeur

de la distribution de KMBO. Le film sera ainsi soutenu

à la fois par le groupe Inédits et le groupe 15-25 de

l’AFCAE, « et nous espérons également le soutien Jeune

Public ! » plaisante Grégoire Marchal, sachant que la force

du film est de s’adresser à tous, dès 7 ans, avec différentes

grilles de lecture selon l’âge.

Le Corset du titre est celui que doit porter un gamin de

11 ans, qui vit dans la ferme familiale et va s’émanciper

en découvrant la musique… et l’amour. « Là où Louis

Clichy est très fort, c’est qu’il nous fait passer du rire aux

larmes en traitant de nombreux sujets : sa place à trouver

dans la société, les difficultés du monde agricole, la relation

au père… Les plus âgés y retrouveront des souvenirs d’enfance,

les plus jeunes s’identifieront au personnage principal, quand

d’autres s’interrogeront sur le passage d’une agriculture

familiale à un modèle productiviste. » Le tout en proposant

une photographie très musicale des années 80 et une

forme graphique exceptionnelle.

Une histoire et un style très personnels

Après son travail d’animateur chez Pixar (sur Wall-E et

Là-haut) et deux Astérix co-réalisés avec Alexandre Astier

(Le Domaine des dieux et Le Secret de la potion magique),

c’est le premier long que Louis Clichy signe seul, en

s’inspirant d’une histoire très personnelle et en adoptant

un style visuel très différent, où l’encre de Chine et

l’aquarelle subliment les paysages de la Beauce. « Le travail

sur les couleurs, que l’on doit à la directrice artistique Cécile

Guillard, a été exceptionnel et participe à l'émotion, notamment

à travers les différentes teintes du ciel », admire Grégoire

Marchal, ajoutant que les voix – notamment celles de

Rod Paradot, Alexandre Astier ou Jean-Pascal Zadi – « ont

été enregistrées in situ, soit dans des décors réels, ce qui ne

se fait pas dans l'animation et qui contribue beaucoup à la

qualité du film. »

KMBO s’est engagé sur Le Corset il y a plus de cinq ans,

sur scénario, et n’a depuis cessé de collaborer avec les

producteurs, Céline Vanlint et Nicolas de Rosanbo, dont

c’est le premier long.« Céline et Nicolas sont ultra-perfectionnistes

et ce fut un plaisir de travailler avec eux tout au

long du processus. » Le réalisateur lui-même est très investi

aux côtés des équipes de KMBO sur la distribution.

Pour la responsable marketing Victoria Blanchard-Astier,

« c’est très agréable de travailler avec Louis Clichy sur l'affiche

et la bande-annonce ; il joue vraiment le jeu en participant

au marketing de près », et a par exemple dessiné spécialement

l'affiche du film ou même les tote-bags distribués

aux exploitants à Cannes.

Un film pour tous les villages de France

Le Corset sortira le 14 octobre, à la veille des vacances de

la Toussaint, sur environ 300 copies. Son parcours peut

être comparé à celui de Flow ou Arco – passés par Cannes

puis Annecy et sortis en octobre –, « et on souhaite le

même succès pour Le Corset », espère Grégoire Marchal.

Les avant-premières en salles commenceront après les

projections à Annecy, puis « nous lancerons une grande

tournée avec l’équipe en septembre, en allant aussi dans des

petites villes, où le film a un vrai potentiel ». KMBO aura

en effet une attention particulière pour la petite et moyenne

exploitation, notamment dans les territoires ruraux.

« Mon rêve serait que Le Corset, qui montre le monde

agricole avec bienveillance, passe dans tous les villages de

14 N°518 / 10 juin 2026


KMBO à Annecy

Compétition

• Le Corset de Louis Clichy

• Le Dossier de l’Aube de Rupert Wyatt et Emilie Phuong

Annecy présente

• Léo, Le Chant des océans de Reza Memari

• Monster Mia de Verena Fels

• Dudley & The Invasion Of The Space Slugs

de Cherifa Bakhtià

Séance Événement

• New York, Miriam et moi

de Léahn Vivier-Chapas et Rémy Schaepman

Work in progress

• Fleur de Rémi Chayé

• Ogresse de Cécile McLorin Salvant et Lia Bertels

Le Dossier de l’Aube de Rupert Wyatt et Emilie Phuong

©KMBO ©KMBO

Léo, Le Chant des océans de Reza Memari

©KMBO ©KMBO

France : il peut ramener au cinéma des gens qui n’y allaient

plus et leur faire découvrir une animation qu’ils n'ont pas

l’habitude de voir. »

Ainsi les partenariats hors-média seront nombreux. « Nous

allons contacter les chambres d'agriculture, les AMAP et

tout le tissu associatif lié au monde agricole », précise Léa

Nucciarelli, en charge des partenariats. Les thématiques

du film vont également permettre d’explorer la piste

musicale, « en contactant les chorales pour les avant-premières,

ainsi que les conservatoires et les classes d’orgue », et le versant

patrimoine, « notamment dans la Beauce et autour de la

cathédrale de Chartres, et avec les institutions catholiques ».

Et bien sûr, le film a un grand potentiel scolaire, des

primaires jusqu’aux lycées agricoles. Un public que

KMBO connaît parfaitement, « et que l’on active grâce

aux outils que nous avons créés, comme le magazine Séances

scolaires et le Prix des écoles ».

Monster Mia de Verena Fels

Dudley & The Invasion Of The Space Slugs de Cherifa Bakhtià

Une relation étroite avec les enseignants…

C’est l’un des sujets que Vladimir Kokh devrait aborder

au MIFA, le marché international d'Annecy, où il intervient

pour parler du travail particulier de KMBO sur

l’animation jeune public. Le distributeur développe en

effet depuis des années des liens avec le monde enseignant.

« Notre magazine Séances scolaires, tiré à 30 000 exemplaires

et où l’on parle de tous les films – pas seulement les nôtres –,

est envoyé gratuitement aux écoles. Avec le temps, nous avons

donc une base de données importante pour communiquer

directement avec les établissements. » Des liens renforcés

par le Prix cinéma des écoles, créé y a 2 ans par KMBO,

avec une sélection de films, pour les cycles 1, 2 et 3, de

plusieurs distributeurs et soumis au vote des élèves. Autre

initiative notable : en début d’année, KMBO a sorti le

film d’animation Olivia et a financé une VO espagnole

STF spécialement pour les classes de CM2 et 6 e , à l’origine

de nombreuses projections scolaires. Un travail « très

prometteur » et complémentaire aux dispositifs nationaux

d’éducation à l’image – notamment pour les enseignants

qui n’y participent pas. Le distributeur met aussi un soin

particulier à l’édition de dossiers pédagogiques, à disposition

des salles, « auxquelles nous fournissons aussi des

ateliers clés en main, des produits bio et fabriqués en circuit

court pour des “ciné-gourmand”... comme nous le ferons

pour Le Corset », ajoute Grégoire Marchal.

Ce travail commun avec les salles s’illustre aussi par la

deuxième “Journée de l’animation”, organisée à l’attention

des exploitants et déployée cette année dans trois villes,

Le Little Films Festival revient cet été

Cette 8 e édition s’ouvrira le dimanche 28 juin, à l’occasion de la

Fête du Cinéma, et se déploiera jusqu’au 31 août autour de huit

films d’animation (de moins d’une heure), dont deux avant-premières,

réunis autour de quatre thématiques. Pour les salles,

c’est l’occasion de programmer un festival “clé en mains”, avec des

propositions d'activités et d’animations, en bénéficiant d’une

communication nationale et d’un matériel de promotion spécifique.

Les cinémas souhaitant participer doivent choisir au moins

deux thèmes (soit quatre films), sans minimum de séances, et

peuvent proposer deux avant-premières maximum par film

(hors séances pour des groupes).

La programmation

« Faune et Flore »

• Patouille et Momo, Les Contes de la forêt (avant-première)

Little KMBO - dès 3 ans - sortie le 03/02/27

• Animo rigolo Gebeka Films - dès 3 ans

« Adorables Duos »

• Les Nouvelles Aventures de Gros-Pois et Petit-Point

Les Films du Préau - dès 3 ans - Soutien AFCAE

• Rita et Crocodile

Gebeka Films - dès 3 ans - Soutien AFCAE

« Trouver sa place »

• Le Monde à l’envers (avant-première)

Cinéma Public Films - dès 3 ans - sortie le 07/10/26

• Un petit air de famille

Little KMBO - dès 4 ans - Soutien AFCAE

« Sur une autre planète »

• Non-Non dans l’espace

Cinéma Public Films - dès 4 ans

• Les Tourouges et les Toubleus

Les Films du Préau - dès 3 ans - Soutien AFCAE

Les médiathèques et centres culturels pourront proposer une

séance unique du film Le Voyage dans la Lune (Little KMBO),

sans faire concurrence aux cinémas de proximité, mais dans l’idée

de nouer des partenariats avec eux.

N°518 / 10 juin 2026

15


Animation

à Lyon, Paris et Redon, les 5, 9 et 12 juin. « Après une

première édition au Studio des Ursulines l’an dernier, où

nous avions montré avec succès Le Corset en work in

progress, nous avons souhaité délocaliser cette journée, même

si c’est une grosse logistique pour faire déplacer les équipes.

Cela permet aux exploitants de se projeter sur des films de

2027, et pour nous d’avoir leur retour sur nos projets. »

Et cette année seront montrés des films KMBO (Patouille

et Momo, les contes de la forêt, Fleur, Les Chiens ne font

pas des chats)... mais aussi de Gebeka (dont Muyi, la

légende du village des femmes, présenté en WIP).

… et avec Gebeka

Pour rappel, Vladimir Kokh et Grégoire Marchal ont

racheté Gebeka Films à Hildegarde il y a deux mois – en

leur nom propre et pas celui de KMBO –, ce qui va bien

entendu renforcer les liens entre les deux structures,

même si chacune garde son indépendance et son identité.

« Gebeka, qui va fêter ses 30 ans, a un catalogue d’animation

exceptionnel et un grand savoir-faire. De notre côté, nous

avons développé en 20 ans des outils qui peuvent apporter

une nouvelle dynamique : nous allons rassembler nos forces,

et nos équipes échangeront sur leurs méthodologies respectives. »

Sur le plan des acquisitions, les deux sociétés travailleront

forcément en bonne intelligence… et pourront se coordonner

sur les dates de sorties.

Les lignes de chacune sont bien identifiées, avec de

grands auteurs d’animation chez Gebeka et un catalogue

plus large chez KMBO. Ce dernier, pour rappel, a créé

son label Little KMBO – pour mieux cibler les publics

concernés par les films art et essai pour tout petits – aux

côtés de films d’animation plus “commerciaux” ou plus

adultes… et tous les autres (tel le film d’horreur coréen

Noise le 24 juin). Si Le Corset ne sortira pas sous label

Little KMBO – « car il ne s’adresse pas qu’aux enfants et

notre enjeu est d’avoir des séances du soir » –, les films

Ogresse de Cécile McLorin Salvant et Lia Bertels

Little KMBO, eux, sont mis en valeur chaque été à

travers le Little Films Festival.

Un Little Films Festival

Un autre exemple du travail du distributeur et de sa

volonté de fédérer ceux qui, comme lui, s’adressent

au jeune public : le Little Films Festival dont la 8 e

édition va se déployer du 28 juin au 31 août. Sur une

saison où les nouveautés en animation sont rares,

« notre Festival, qui propose des reprises, mais aussi des

avant-premières événementialisées, est devenu un vrai

rendez-vous pour les salles comme pour le public ». Les

distributeurs – Cinéma Public Films, Les Films du

Préau, Gebeka et KMBO – sont assez souples sur la

programmation et proposent du matériel spécifique,

ce qui permet aux salles de s'adapter et de communiquer

localement. Elles sont de plus en plus nombreuses à

participer au Festival qui rassemble en moyenne 120 000

spectateurs chaque été.

©Miyu productions

Pour Grégoire Marchal, cela a du sens de travailler à

quatre. « L’enjeu pour tous les distributeurs, c’est que les

gens continuent à aller au cinéma. Aujourd’hui, les jeunes

regardent des films sur leur téléphones. Nous devons leur

donner le goût de la salle dès le plus jeune âge, et habituer

une génération à se déplacer pour voir un film dans un

lieu et à un horaire précis : c’est un combat que nous

devons mener tous ensemble, sans chercher la rentabilité

maximale ».

Avant Le Corset, KMBO sortira le 19 août Marius et

Le Royaume des mers, une animation 3D plus commerciale,

puis le 16 septembre Chien Bleu et autres belles

histoires de L'École des Loisirs, un programme de

courts très particulier, « qui relève plutôt du livre animé

que du cinéma d’animation, dans un rythme très doux

et très calme. Il s’adresse aux enfants qui vont au cinéma

pour la première fois ». En douceur aussi à voir à partir

de 3 ans, Le Noël d'Ernest et Célestine sortira le

25 novembre, notamment pour les scolaires précédant

Noël, suivi par Léo, le chant des océans, le 16 décembre.

« Ce sera notre grand film d’animation pour les vacances

de fin d’année, avec beaucoup d'animations et de goodies ».

Pour les ados-adultes, Le Dossier de l’Aube devrait

sortir avant la fin 2026. Enfin, KMBO commencera

l’année 2027 avec un film très ambitieux : Lovebirds,

des studios TAT (Falcon Express, Les As de la Jungle…).

« Nous sommes très heureux de travailler pour la première

fois avec ce qui est l’un des meilleurs studios d'Europe.

C’est une très grosse production et un gros investissement

pour nous, mais le film, très drôle, va toucher tous les

publics : une comédie romantique pleine de références

pour les adultes, un film d’aventures pour les enfants. »

Pour s’animer… tous ensemble.

Cécile Vargoz

Erratum supplément JP

Un petit diable s'étant mêlé de notre supplément

Jeune public Été/Rentrée 2026 paru le 27 mai,

les deux titres Gebeka qui y figurent ont été annoncés

à de mauvaises dates.

Nouveaux copains à Puffin Rock est à l’affiche depuis

le 3 juin et Ma famille de samouraïs le sera à partir

du 16 septembre prochain, mais il est disponible

pour des avant-premières tout l’été !

Ma famille de samouraïs, en salles le 16 septembre 2026

©Gebeka

FÊTE DU CINÉMA D’ANIMATION : L’AFCA

SOUTIENT LES RENCONTRES EN SALLES

À l’occasion de son grand rendez-vous d'octobre, l'Association française du cinéma d'animation propose

un dispositif de soutien pour faciliter la mise en place de rencontres entre les équipes de films

et les publics des cinémas.

L’AFCA accompagnera les cinémas participants à la Fête

du cinéma d'animation 2026, tant dans la coordination

logistique que par une éventuelle contribution aux frais

de déplacement de l’invité·e, dans la limite d’une prise

en charge par structure. Les salles souhaitant bénéficier

du dispositif sont invitées à remplir le formulaire dédié

en ligne, avant le 30 juin 2026. À noter que les demandes

portées par plusieurs structures sur un même territoire

seront « plus attentivement étudiées » afin de mutualiser

les frais annexes.

Le dispositif est ouvert à tout porteur de projets présent

en Métropole. Les organisateurs précisent qu’il n'est pas

nécessaire d'être adhérent·e de l'AFCA. Grâce au soutien

croisé de la Région Île-de-France et de la DRAC Île-de-

France, des rencontres complémentaires pourront être

proposées aux structures de ce territoire.

Par ailleurs, le site internet de la Fête fait peau neuve

et sera mis en ligne le 17 juin, avec un nouveau module

d'inscription « beaucoup plus facile d'utilisation » pour

les événements que les cinémas proposent pour la

prochaine Fête du cinéma d'animation, qui aura lieu

du 11 au 31 octobre 2026.

A.A.

16 N°518 / 10 juin 2026


©Silex Films

In Waves de Phuong Mai Nguyen

IN WAVES

SUR LA PLANCHE, SUR LA VAGUE,

DIAPHANA RECHERCHE DES SENSATIONS

Le premier long métrage de Phuong Mai Nguyen adapte, sept ans après sa

parution, la bande dessinée à succès d’AJ Dungo, dans laquelle l’illustrateur

relatait son histoire personnelle marquée par le deuil. Avec ce film d’animation

présenté aux festivals de Cannes, d'Annecy et prochainement de Biarritz,

Diaphana compte investir durablement les salles sur tout l’été.

La sortie de In Waves ce 1 er juillet marque la dernière

étape d’une aventure commencée il y a cinq ans pour

Diaphana. Le distributeur, qui compte « des vrais fans de

la BD », s’est engagé sur le projet au Marché international

du film d’animation d’Annecy, suite à la présentation de

premières images. Le long-métrage de Phuong Mai

Nguyen retrace l’histoire d’amour entre AJ, lycéen réservé

de Los Angeles, et Kristen, passionnée de surf, dont

l'horizon bascule soudainement à l'annonce d'une maladie

grave. Plusieurs thèmes, dont la romance et le deuil,

traversent le film, et c’est en ce sens que les principaux

comparables pour Diaphana sont Nos étoiles contraires

ou encore L’Amour au présent. « Nous ne voulons pas occulter

la mort de Kristen dans notre marketing, puisque le sujet

sera abordé par AJ Dungo lors de la promotion en France,

explique Samuel Golaz, directeur de la distribution.

Cependant, nous souhaitons avant tout mettre en avant

l’histoire d’amour et la manière dont le sport permet de

transcender les tragédies. » La promotion de In Waves baigne

également dans l’univers du surf, ce qui sera investi lors

de la projection du film au festival Nouvelles Vagues de

Biarritz. L’événement réunira le casting vocal – Lyna

Khoudri, Paul Kircher… –, AJ Dungo, Phuong Mai

Nguyen ou encore la co-compositrice Oklou, remarquée

lors de la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes.

La journée entière sera pensée comme un temps fort avec

l’appui de Quiksilver – marque spécialisée dans les sports

de glisse –, et la participation de figures du surf et, plus

globalement, du sport.

Battre le fer tant qu’il est chaud

Après l’aventure Arco l’année dernière, Diaphana est

désormais bien rodé aux lancements de films d’animation

passés par Cannes et Annecy. Mais contrairement au

long métrage d’Ugo Bienvenu, programmé en octobre

2025, le distributeur a cette fois-ci opté pour le 1 er juillet.

Une date plus en accord avec l’univers marin de In Waves,

qui permet de sortir le long métrage dans le prolongement

de ses présentations en festivals et donc de « battre le fer

tant qu’il est chaud ». Pour l’heure, les retours cannois de

la presse et des exploitants sont très positifs, laissant

espérer un solide bouche-à-oreille pour installer le film

tout au long de l’été ; une saison « moins concurrentielle »

que l'automne pour l’animation d’auteur, souligne Claire

Perrin. La directrice des ventes précise prévoir « une sortie

sur 250 copies dans des multiplexes et des cinémas art et

essai, en proposant la version française – sa version originale

–, mais aussi la version anglaise ».

De manière générale, Diaphana vise un public urbain,

entre 25 et 55 ans, mais cherche aussi à élargir auprès

des amateurs de romances ainsi qu’auprès des 15-25.

Pour ce faire, le distributeur mobilise des partenariats

auprès de France Inter, France Télévisions, AlloCiné Les

Indés, la Fnac, Serieously, BeReal – un réseau social où

il sera possible d’intégrer les deux protagonistes du film

sur des photos –, la Fédération française de surf et Quiksilver.

Le distributeur cible également le lectorat de la

bande dessinée, écoulée à plus de 100 000 exemplaires

depuis sa parution chez Casterman en 2019, et rééditée

fin mai dans une version enrichie d’un cahier graphique.

Maintenir un rythme animé

Si Diaphana a régulièrement investi le champ de l’animation

– dès les années 2000 avec Les Triplettes de Belleville

de Sylvain Chomet, Azur et Asmar de Michel Ocelot ou

Persepolis de Marjane Satrapi –, il accélère le pas depuis

2022 avec six sorties dont Le Pharaon, le Sauvage et la

Princesse de Michel Ocelot, Arco, sans oublier Le Vertige

de Quentin Dupieux, fidèle auteur “maison”, – en salles

ce 10 juin. « Ce rythme part d’une envie assumée : depuis

quelque temps nous essayons de sortir un titre d’animation

annuel, et nous retrouvons cette tendance dans les années à

venir », indique Neuza Bagorro, responsable des acquisitions.

En effet, en 2027 est prévu Cyrano de Guillaume

Gallienne, une adaptation de la pièce d’Edmond Rostand

racontée par des animaux. « L’idée est de rendre le texte

plus accessible et de l’adapter à un public familial. »

En 2028, Diaphana distribuera son premier film pour

les enfants à partir de 5 ans : La Petite Cavale de Julien

Bisaro, une fable animalière sans dialogue qui suit les

aventures d’un pingouin se retrouvant à s’occuper d’un

œuf d’échidné. Et aux alentours de 2029, le distributeur

retrouvera Céline Devaux, sept ans après Tout le monde

aime Jeanne, avec Quatre saisons et deux idiots. En somme,

Diaphana n’est pas près de descendre de sa planche.

Jules Dreyfus

N°518 / 10 juin 2026

17


LE RENOUVEAU DU FANTASTIQUE FRANÇAIS

SOFILM

JULES

LEFEBVRE

MOAN A FIL MS ET SON Y PIC T URES IN T ERN AT ION AL PRODUC T IONS

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PHOTOS : RODOLPHE JOUXTEL

L’ONDE MYSTÉRIEUSE

UN FILM DE

ROMAIN DAUDET-JAHAN

AVEC PATRICK D’ASSUMÇAO

D’APRÈS UNE IDÉE ORIGINALE DE ROMAIN DAUDET-JAHAN SCÉNARIO – ADAPTATION - DIALOGUES ROMAIN DAUDET-JAHAN ET ÉMILIE DUBOIS

AVEC EVE DURANCEAU STÉPHAN GUÉRIN-TILLIÉ QUENTIN D’HAINAUT VIRGILE DAUDET YOANN BLANC DAMIEN JOUILLEROT DIRECTION DE PRODUCTION ELSA BOUTAULT-CARADEC 1 ER ASSISTANT RÉALISATEUR MATTHIAS CASTEGNARO SCRIPTE VIRGINIE CHEVAL CASTING LUCIE DESCLOZEAUX MARINE ALBERT RÉGISSEUSE GÉNÉRALE ÉLISE LOBRY IMAGE THOMAS RAMES MUSIQUE ORIGINALE GRÉGOIRE LETOUVET

SON HENRI D’ARMANCOURT JULES LAURIN MATHIEU BARBIER PASCAL VILLARD NIELS BARLETTA DÉCORS MARGAUX MÉMAIN SUPERVISEUR ACCESSOIRES ET EFFETS PHYSIQUES PEYO JOLIVET – AFAP EFFETS VISUELS ARNAUD LEVIEZ MAUD LAMBARD COSTUMES JENN POCOBENE MARTIN BARRÉ MAQUILLAGE AMÉLIE CHABEAUX MONTAGE JULIEN CHARDON DIRECTION DE POST-PRODUCTION CHRISTOPHE GAGNOT PRODUCTRICE EXÉCUTIVE CHRISTINE DE JEKEL

PRODUCTEUR MARC MISSONNIER UNE PRODUCTION MOANA FILMS EN ASSOCIATION AVEC SONY PICTURES INTERNATIONAL PRODUCTIONS AVEC LE SOUTIEN ESSENTIEL DE CANAL+ AVEC LA PARTICIPATION DE CINÉ+ OCS AVEC LES SOUTIENS DE LA RÉGION GRAND EST ET DE TROYES CHAMPAGNE MÉTROPLE (RÉSEAU PLATO) EN PARTENARIAT AVEC LE CNC

© 2025 MOANA FILMS – SONY PICTURES ENTERTAINMENT FRANCE SAS

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LE 05 AOÛT AU CINÉMA

04/06/2026 18:42


Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

JOUR FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S24

10 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

WAYNA PITCH A SECOND LIFE 01h18 L.Slama A.Rousselle, A.Lawther, S.Bemba

SINGULARIS FILMS AU BORD DU MONDE 01h45 G.van de Vorst et S.Muselle M.Taquin, S.Deprez, N.Richard

PATHÉ LIVE BTS WORLD TOUR 'ARIRANG' IN BUSAN : LIVE VIEWING 03h15 J.Ha BTS, RM, Jin

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR DISCLOSURE DAY 02h25 S.Spielberg E.Blunt, J.O'Connor, C.Firth

PAN DISTRIBUTION D’UN MONDE À L’AUTRE 01h15 J.Renier J.Renier, L.Lag

FIGURE O EAGLE VS SHARK 01h33 T.Waititi J.Clement, L.Horsley, T.Waititi

SONY PICTURES RELEASING FRANCE FILS DE PERSONNE 01h37 S.Nebbou R.Duris

ANIME LIMITED GHOST IN THE SHELL 01h23 M.Oshii A.Tanaka, A.Ôtsuka, T.Ôki

PATHÉ LIVE JOHNNY HALLYDAY, LORADA TOUR - BERCY 1995 02h15 Bernard Schmitt

SOLARIS DISTRIBUTION L'AMANT 01h55 J.Annaud J.March, T.Leung Ka Fai, J.Moreau

PARK CIRCUS FRANCE LA REVANCHE D'UNE BLONDE 01h36 R.Luketic R.Witherspoon, L.Wilson, S.Blair

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION L'ATHLÈTE 01h34 M.Fournier S.Dorcelus

CARLOTTA FILMS LE DERNIER VRAI SAMOURAÏ 02h11 J.Yasuda M.Yamaguchi, N.Fuke, Y.Sakura

DIAPHANA DISTRIBUTION LE VERTIGE 01h07 Q.Dupieux A.Chabat, J.Cohen, A.Demoustier

WEEKEND FILMS / AVA FILMS MA FAMILLE CHÉRIE 01h23 I.Le Besco É.Bouchez, M.Berenson, J.Balibar

LES FILMS DU CAMELIA SUR MES LÈVRES 02h00 J.Audiard E.Devos, V.Cassel, O.Gourmet

DULAC DISTRIBUTION THE CHRISTOPHERS 01h40 S.Soderbergh I.McKellen, M.Coel, J.Corden

METROPOLITAN FILMEXPORT THE FURIOUS 01h54 K.Tanigaki X.Miao, J.Taslim, B.Le

SPLENDOR FILMS THE PARTY 01h39 B.Edwards P.Sellers, C.Longet, J.McKinley

POWERHOUSE PRODUCTIONS THE SILENT SAVIOUR - GOVERNOR 02h25 C.Mandlekar M.Bajpayee, A.Sharma, A.Pushkar

ARIZONA DISTRIBUTION UNE ANNÉE ITALIENNE 01h42 L.Samani S.Wendick, G.Covi, P.Giustolisi

S25

17 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

METROPOLITAN FILMEXPORT BACKROOMS 01h45 K.Parsons C.Ejiofor, R.Reinsve, M.Duplass

PARK CIRCUS FRANCE BOOGIE NIGHTS 02h33 P.Anderson M.Wahlberg, B.Reynolds, J.Moore

APOLLO FILMS DEVIENS GÉNIAL L.Grandperret M.Payet, M.Bedia, M.Baup

THE JOKERS FILMS JIM QUEEN 01h25 M.Nguyen et N.Athane A.Ramires, J.Gillet, S.Souagnon

JOUR2FÊTE LA BALEINE ET LE MUSICIEN 01h23 V.Paoli Rone

SWASHBUCKLER FILMS L'AILE OU LA CUISSE 01h44 C.Zidi L.de Funès, Coluche, A.Zacharias

CGR EVENTS LA NUIT DE LA GÉOPOLITIQUE 2026 03h00

POTEMKINE FILMS LE CUIRASSÉ POTEMKINE 01h08 S.Eisenstein et G.Aleksandrov G.Aleksandrov, S.Eisenstein, A.Antonov

MICHAËL JOURNOLLEAU LES BEAUX JOURS 00h35 M.Journolleau J.Lepic

AD VITAM L'ILLUSION DE YAKUSHIMA 01h52 N.Kawase V.Krieps, Kan'ichirô

FRIDAY ENTERTAINMENT NOS VICTOIRES FRAGILES 01h30 M.Ozgun S.Ozgun, F.Renard, A.Martin (II)

LES ACACIAS PÂQUES SANGLANTES 01h43 G.de Santis R.Vallone, L.Bosè, F.Lulli

MALAVIDA FILMS

RÉTROSPECTIVE DEREK JARMAN (5 FILMS)

LES ACACIAS RIZ AMER 01h50 G.de Santis D.Dowling, V.Gassman, S.Mangano

LES FILMS DU LOSANGE SHANA 01h20 L.Pinell E.Huault, N.Lvovsky, I.Gherib

LE PACTE THE GIACCOMO 01h35 B.Drapeau X.Lacaille, Tibo Inshape, B.Castaldi

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE TOY STORY 5 01h42 A.Stanton et M.Harris T.Hanks, T.Allen, J.Cusack

ARP SÉLECTION ULYSSE 01h37 L.Masson É.Bouchez, A.Roberts, S.Merhar

S26

24 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

NAUTEIN PRODUCTION 11 RUE DENVER 01h15 O.Thouret L.Philippe, O.Thouret, C.Mostacci

ORAWA PROD ANESTHESIA 01h42 D.Boyer (II)

CGR EVENTS BLEACH : THOUSAND-YEAR BLOOD WAR - THE CALAMITY 01h20 T.Taguchi M.Morita, F.Orikasa, N.Sugiyama

POTEMKINE FILMS BLUE HERON 01h30 S.Romvari E.Guven, A.Zimmer, I.Retí

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR DES MINIONS ET DES MONSTRES 01h30 P.Coffin P.Coffin, A.Sedaris, C.Waltz

CARLOTTA FILMS EEGA, LA MOUCHE VENGERESSE 02h14 S.Rajamouli Sudeep, Nani, S.Ruth Prabhu

UFO DISTRIBUTION ERUPTION 01h11 P.Ohs Charli xcx, L.Góra, W.Madden

LE PACTE LES CAPRICES DE L’ENFANT ROI 01h55 M.Leclerc Artus, J.Piaton, N.Schiffman

UGC DISTRIBUTION LES PARFAIT(S) : ARNAQUES EN FAMILLE L.Bernard A.Fleurot, R.Bedia, A.Cumming

TANDEM L’ÉTRANGÈRE 01h41 G.Jiji Z.Amir, A.Manenti, A.Waked

EPICENTRE FILMS MASPALOMAS 01h55 A.Arregi et J.Goenaga J.Soroiz, N.Aranburu, K.Uranga

JUNE MY SUMMER WITH IRENE 01h31 C.Sironi N.Abita, M.Brandenburg, C.Segaluscio

SPLENDOR FILMS NEW YORK 1997 01h39 J.Carpenter K.Russell, L.Van Cleef, E.Borgnine

KMBO NOISE 01h33 S.Kim L.Sun-bin, K.Min-seok, K.Ryu

JHR FILMS SEULS LES REBELLES 01h38 D.Arbid H.Abbass, A.Benrachid, S.Dekhissi

S27

1 ER JUIL

5 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

ORIGINALS FACTORY ANDRÉ EST UN IDIOT 01h27 A.Benna A.Ricciardi

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION AUTOUR DE LUCIO 01h30 E.Barrier et P.Delisse

WAYNA PITCH COTTON QUEEN 01h35 S.Mirghani M.Murtada, R.Mahmoud, T.Farid

LES FILMS DU CAMELIA DISONS, UN SOIR À DÎNER 02h05 G.Patroni Griffi J.Trintignant, L.Capolicchio, A.Girardot

LES ALCHIMISTES ENTRONCAMENTO 02h11 P.Cabeleira A.Vilaça, C.Diára, R.Morais

BLUE NOTE FILMS GHOST ELEPHANTS 01h39 W.Herzog S.Boyes, W.Herzog

DIAPHANA DISTRIBUTION IN WAVES 01h35 P.Nguen L.Khoudri, P.Kircher, R.Vega

PATHÉ LIVE JULIEN DORÉ - LE DERNIER PESTACLE 01h50

CARLOTTA FILMS KWAIDAN 03h03 M.Kobayashi M.Aratama, M.Watanabe, R.Mikuni

PATHÉ FILMS LA BATAILLE DE GAULLE - J’ÉCRIS TON NOM A.Baudry S.Abkarian, S.Beale, F.Lesieur

UNA MATTINA FILMS LAISSEZ-NOUS LES CLÉS 01h29 Y.Helali

SONY PICTURES RELEASING FRANCE LE TOMBEAU DES LUCIOLES 01h30 I.Takahata J.Spencer, A.Shiraishi, V.Taylor

JOUR2FÊTE MISS MERMAID 01h32 P.Brunner et M.Verlé A.Sauvage, T.VDB, A.Wheeler

CGR EVENTS MON PREMIER CINÉMA AVEC LES TROIS BRICOCHONS 00h53 R.Villemaine

BAC FILMS NIGHTBORN 01h32 H.Bergholm S.Haarla, R.Grint, P.Tola

MAVERICK DISTRIBUTION NOTRE HISTOIRE - CHRONIQUES DU CAIRE 02h00 A.Shawky A.El-Masry, V.Pachner, N.Karim

METROPOLITAN FILMEXPORT ON L'APPELAIT ROBIN DES BOIS 02h02 M.Sarnoski H.Jackman, J.Comer, B.Skarsgård

PAN DISTRIBUTION PERMIS DE DÉTRUIRE E.Fraticelli K.Merad, P.Timsit, E.Fraticelli

WARNER BROS. FRANCE SUPERGIRL 01h50 C.Gillespie M.Alcock, M.Schoenaerts, E.Ridley

NEW STORY UN CHAMP DE FRAISES POUR L’ÉTERNITÉ 01h44 A.Raoust P.Rebbot, G.Montel, Q.Dolmaire

20 N°518 / 10 juin 2026


S28

8 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

NORTE DISTRIBUTION DRY LEAF 03h06 A.Koberidze D.Koberidze, O.Nijaradze, I.Chelidze

LA LUNA DISTRIBUTION ENFANTS DE PALESTINE – DEUX HISTOIRES DE CISJORDANIE 00h58 M.Mesbah et S.Awawdeh

LES FILMS DU WHIPPET ENTRE CIEL ET TERRE 00h33 A.Jaffé et R.Synkevich

METROPOLITAN FILMEXPORT EVIL DEAD BURN S.Vaniček S.Yacoub, H.Doohan, L.Buchanan

SUDU CONNEXION HANAMI 01h36 D.Fernandes D.Mendes, A.Da Luz Gomes, S.Andrade

STUDIOCANAL KILL BILL: THE WHOLE BLOODY AFFAIR 04h35 Q.Tarantino U.Thurman, D.Carradine, L.Liu

MEMENTO LA CHALEUR 01h32 S.Demoustier H.Hussein, T.Richard, M.La Manna

TANDEM L’ÉCOLOGIE DES SENTIMENTS 01h24 A.Steiger A.Manet, S.Stein, A.Steiger

LES FILMS DE L'ATALANTE LE MASQUE ARRACHÉ 01h44 D.Miller J.Crawford, J.Palance, G.Grahame

NOUR FILMS LE PASSAGE 01h48 B.Andersen Y.Al Massri, Y.Mahayni, O.Sy

SARAH FILMS LE PREMIER RÔLE 01h26 A.Hakkar Z.Souakria, A.Hakkar, T.Aït-Ali

MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION MICROSTAR 01h27 L.Kraus A.Wapler, F.Lefebvre, R.Hazanavicius

PYRAMIDE DISTRIBUTION SEULE LA VIE 02h01 A.Goiginger V.Pachner, R.Stadlober, S.Reinsperger

DAMNED DISTRIBUTION THE FIN 01h25 S.Park Y.Yeji, P.Kim, Goh-woo

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE VAIANA, LA LÉGENDE DU BOUT DU MONDE T.Kail C.Laga'aia, D.Johnson, F.Adams

S29

15 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

LES ALCHIMISTES ARCOBALENO 01h17 P.Cirès

DULAC DISTRIBUTION COMÈTE É.Wajeman V.Macaigne, S.Funtek, A.Chardard

L'ATELIER DISTRIBUTION D'OÙ VIENT LE VENT 01h40 A.Guellaty E.Bellagha, S.Baccar, S.Belhassen

LES FILMS DE L'ATALANTE JEZEBEL 01h30 I.Rapper B.Davis, G.Merrill, E.Williams

LE PACTE KAYARA, PRINCESSE INCA 01h21 C.Zelada N.Serrano, N.Begle, C.Gonzales

FRIDAY ENTERTAINMENT LA DERNIÈRE SÉANCE 01h50 P.Nalin B.Rabari, B.Shrimali, R.Meena

HAUT ET COURT L'AVENTURE RÊVÉE 02h41 V.Grisebach S.Alilov Letifov, Y.Radeva, V.Frandev

JOUR2FÊTE LE BERGER ET LES OURS 01h41 M.Keegan

THE JOKERS FILMS LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ 02h08 K.Jee-Woon S.Kang-Ho, L.Byung-Hun, W.Jung

PANAME DISTRIBUTION LE HÉROS DE BERLIN 01h53 W.Becker C.Hübner, C.Paul, L.Ullrich

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR L'ODYSSÉE 02h52 C.Nolan M.Damon, T.Holland, C.Theron

CARLOTTA FILMS

RÉTROSPECTIVE INTÉGRALE JACQUES TATI (6 FILMS)

MOTEL THE LAST VIKING 01h56 A.Jensen M.Mikkelsen, N.Lie Kaas, L.Brygmann

S30

22 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

DESTINY FILMS CAP FAREWELL 01h48 V.D'Alcantara N.Abita, P.Bussières, O.Gourmet

STUDIOCANAL CHARLIE ET LES KANGOUROUS 01h47 K.Woods L.Whiteley, R.Corr, R.House

SPLENDOR FILMS COWBOY BEBOP 01h51 S.Watanabe K.Yamadera, U.Ishizuka, M.Hayashibara

EUROZOOM

CYCLE YOSHIMITSU MORITA (4 FILMS)

ZINC FILM / WARNER BROS. FRANCE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE M.Darondeau et B.Usclat P.Clément, L.Stocker, J.Frison

NEW STORY GAVAGAI, ET AUTRES MALENTENDUS 01h31 U.Köhler J.Folly, M.Eggert, N.Richard

UFO DISTRIBUTION GORGONÀ 01h36 E.Kalogiropoulou M.Mahut, A.Marion, C.Loulis

PAN DISTRIBUTION LA FILLE DANS LES NUAGES P.Riche L.Emera, J.Debbouze, G.Ludig

LES FILMS DE L'ATALANTE L'ASSASSIN S'ÉTAIT TROMPÉ 01h23 L.Gilbert K.Walsh, K.Harrison, D.Bogarde

APOLLO FILMS LES VACANCES DE GOLO & RITCHIE M.Fougerol et A.Hamidi

THE JOKERS FILMS

RÉTROSPECTIVE KIM KEE-WOON (4 FILMS)

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION SOLEILS ATIKAMEKW 01h43 C.Leriche J.Newashish, M.Chilton, W.Newashish-Petiquay

ART HOUSE SOUS LE CIEL DE KYOTO 02h08 A.Ohku Y.Kawai, R.Hagiwara, A.Itô

CONDOR DISTRIBUTION SUR LA ROUTE D'OMAHA 01h33 C.Webley J.Magaro, M.Wright, W.Solis

S31

29 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

MÉTÉORE FILMS HOME STORIES 01h56 E.Trobisch F.Hornemann, M.Riemelt, E.Löbau

METROPOLITAN FILMEXPORT I WANT YOUR SEX 01h30 G.Araki O.Wilde, C.Hoffman, Charli xcx

LES ACACIAS LAWRENCE D'ARABIE 03h38 D.Lean P.O'Toole, A.Guinness, O.Sharif

ARIZONA DISTRIBUTION LES MATINS MERVEILLEUX 01h27 A.Besson I.Hair, R.Martigny, E.Cantona

AD VITAM LE TRIANGLE D'OR 01h30 H.Rosselet-Ruiz M.Khebizi, S.Mosbah, Z.Bakri

FRIDAY ENTERTAINMENT PARIKRAMA 01h52 G.Ghose M.Leonardi, C.Singh, A.Badkul

CARLOTTA FILMS RRR 03h07 S.Rajamouli N.Rama Rao Jr., R.Charan, A.Bhatt

SONY PICTURES RELEASING FRANCE SPIDER-MAN: BRAND NEW DAY D.Cretton T.Holland, Zendaya, S.Sink

KMBO THE UGLY 01h42 S.Yeon J.Min Park, H.Kwon, S.Hyon Bin

VIRGINIE FILMS TOMMY GUNS 01h58 C.Conceição J.Arrais, J.Cachola, V.Gil

S32

5 AOÛT

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

MOTEL BOGOTÁ 85 01h18 T.Corredor N.Reyes, S.Alarcón, M.Duran

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE CONCERT D'ÉTÉ D'ANDRÉ RIEU : VALSEZ JUSQU'AU BOUT DE LA NUIT ! 02h45 A.Rieu

NOUR FILMS DES FLEURS POUR TOKYO 01h55 Y.Danzuka K.Kurosaki, K.Endô, H.Igawa

LES FILMS DU CAMELIA ENAMORADA 01h38 E.Fernandez M.Félix, P.Armendariz, F.Fernández

AD VITAM GIRL 02h04 S.Qi R.Chiu, E.Liu, Y.Lai

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION JOUR DE CHASSE 01h20 A.Blanc N.Ricci, B.Marcil, F.Millaire Zouvi

SONY PICTURES RELEASING FRANCE KYMA, L’ONDE MYSTÉRIEUSE 01h29 R.Daudet-Jahan J.Lefebvre, L.Loste Berset, M.Haïdara

PARAMOUNT PICTURES FRANCE LA PAT' PATROUILLE : LE FILM MISSION DINO C.Brunker R.Janjua, C.Young, M.Grace

ESC FILMS LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND 03h00 S.Leone C.Eastwood, E.Wallach, L.Van Cleef

STUDIO TF1 LES GENDARMES F.Prévôt-Leygonie et S.Archinard A.Ducret, M.Riso, A.David

KMBO LES SILENCES DE RIYAD 01h39 H.Al Mansour M.Al Zahrani, A.Gharbawi, S.Al Harthy

THE JOKERS FILMS THE NIGHT SHIFT V.Perelman D.Hounsou, K.Smit-McPhee

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr

N°518 / 10 juin 2026

21


Chiffres

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

Avec la sortie de Backrooms ce 17 juin sous pavillon

Metropolitan, A24 accentue davantage son poids au

sein de la fréquentation. Ainsi, retour en chiffres sur

les performances en France de trois des précédentes

sorties du studio indépendant qui, pour la première

fois cette année, a franchi le cap du million d’entrées.

THE DRAMA MARTY SUPREME CIVIL WAR

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

01/04/2026 18/02/2026 17/04/2024

METROPOLITAN METROPOLITAN METROPOLITAN

838 548 1 019 807 632 292

37 766 52 669 35 543

218 474 331 262 218 892

5 961 8 855 10 727

37 37 20

2,38 2,51 3,13

22 19 18

3,5 3,8 3,6

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 2 SEMAINES

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 03/06/2026 SCARY MOVIE PARAMOUNT 493 334 046 8 996 37

2 03/06/2026 LA BATAILLE DE GAULLE : L'ÂGE DE FER PATHÉ 566 309 030 11 471 27

3 03/06/2026 LE GARÇON QUI FAISAIT DANSER LES COLLINES KMBO 100 11 991 916 13

4 27/05/2026 COLONY ARP 222 54 117 4 154 13

5 27/05/2026 L'OBJET DU DÉLIT STUDIOCANAL 430 77 112 6 233 12

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END

EN 2026

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 04/02/2026 STRAY KIDS: THE DOMINATE EXPERIENCE UNIVERSAL 213 66 238 860 77

2 22/04/2026 MICHAEL UNIVERSAL 540 1 171 314 15 489 76

3 29/04/2026 LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 DISNEY 505 870 253 12 230 71

4 01/04/2026 SUPER MARIO GALAXY LE FILM UNIVERSAL 779 1 429 883 20 122 71

5 04/02/2026 MARSUPILAMI PATHÉ 673 990 632 16 813 59

6 28/01/2026 GOUROU STUDIOCANAL 595 558 767 10 354 54

7 25/02/2026 SCREAM 7 PARAMOUNT 431 407 540 9 411 43

8 25/02/2026 ORWELL: 2+2=5 LE PACTE 77 25 002 622 40

9 15/04/2026 JUSTE UNE ILLUSION GAUMONT 665 450 584 11 268 40

10 11/02/2026 IT'S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY PIECE OF MAGIC 41 2 996 75 40

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Frayeur sur le top 5 avec Scary Movie qui s’empare de la tête du classement. Le retour de la franchise

parodique culte obtient une moyenne de 37 entrées par séance (e/s), soit dans la lignée d’autres

démarrages horreur. Lancement en revanche plus contrasté pour La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer

qui réalise 27 e/s, soit en-dessous de ce qu’avaient engrangé les deux volets des Trois Mousquetaires

(respectivement 43 e/s et 42 e/s). Les très bons retours du film d’Antonin Baudry laissent toutefois

espérer un solide bouche-à-oreille d’ici la Fête du Cinéma.

22 N°518 / 10 juin 2026



L’Émission

©Boxoffice Pro / J. Dreyfus

RENCONTRE AVEC

ANNA MARSH,

DIRECTRICE GÉNÉRALE DE STUDIOCANAL

Cette année, le Festival de Cannes

a été le meilleur « ever » pour

les ventes internationales de

Studiocanal, et aura montré un

beau panel des films produits en

France… notamment avec Canal+.

Affirmant son attachement profond

à un groupe qu’elle a rejoint il y a

18 ans, et un studio qu’elle dirige

depuis 7 ans, Anna Marsh partage

son enthousiasme, à la fois pour

innover et faire vivre le catalogue de

Studiocanal à travers le monde.

Emission à voir ou revoir

sur notre chaîne YouTube

Quand on reçoit Anna Marsh le 28 mai, on ne peut

éluder le sujet “Zapper Bolloré” et la première réaction

de Maxime Saada. Celle qui est directrice générale de

Studiocanal depuis 2019, mais aussi directrice du

contenu de Canal+, ne choisit pas directement les films

en pré-achat mais admire ses collègues qui font ce travail

« avec brio, passion et engagement ». Alors, bien sûr,

« les équipes de Canal+ ont vécu cette tribune comme une

injustice », témoigne Anna Marsh, rappelant que la

cinquantaine de films soutenus par Canal cette année

à Cannes démontre la diversité de ses choix. « J’ai un énorme

attachement au groupe. Maxime Saada est un leader très

fort, avec une immense passion pour les films, les séries, et

les bouquins. Il lit tout, il voit tout et c'est une chance de

diriger un studio à ses côtés. » Forte de son expérience de

Studiocanal au Royaume-Uni, où les films indépendants

britanniques ne représentent 6,8 % du box-of fice, Anna

Marsh souligne aussi « la chance d’avoir, en France, un

acteur comme Canal+ qui soutient un cinéma local fort,

le troisième au monde ».

Ainsi, au-delà de la polémique, le Festival de Cannes

2026 a été pour Studiocanal très positif. Outre ses films

en sélection – Garance de Jeanne Herry, L’Objet du délit

d’Agnès Jaoui, Le Bois de Klara de Volker Schlöndorff,

Full Phil de Quentin Dupieux, Quelques mots d'amour

de Rudi Rosenberg, sans oublier Mon oncle et La Symphonie

pastorale à Cannes Classics –, le studio était très présent

au Marché du Film. « On a constaté que le business était

de retour, avec la forte présence d’Asiatiques, d’Américains,

et des Européens qui globalement sont en très bonne santé. »

Sur les ventes internationales, « nous avons fait notre

meilleur Cannes ever ». Studiocanal avait un très gros film

en lancement : The Midnight Library de Garth Davis – le

réalisateur de Lion –, qui a conquis les Américains. « Le

marché US repartant à la hausse, on sent qu’ils ont envie

– et besoin –, de travailler avec nous. Nos films français de

la sélection se sont très bien vendus, et les premières images

des Misérables de Fred Cavayé – qui sera un événement

partout dans le monde, et de Changer l'eau des fleurs de

Jean-Pierre Jeunet – adapté du merveilleux bouquin de

Valérie Perrin – ont beaucoup plu. L’ensemble témoignant

de la diversité de notre line-up. »

Un line up équilibré, entre singularité et

franchises…

Anna Marsh le confirme : « Quand l’offre est là, le public

va au cinéma, et pas seulement les habitués. » Citant le

succès de films indépendants comme Obsession et Backrooms,

la dirigeante sait que « les histoires trop formatées ennuient

le public. C’est à nous de proposer des films singuliers qui

surprennent. Il faut se challenger, ne pas tourner trop vite,

et se parler entre créateurs et producteurs ». Et elle ne contredira

pas l’appel de Steven Spielberg à développer des

24 N°518 / 10 juin 2026


histoires originales, lors du dernier CinemaCon… où

Studiocanal a été, cette année, le premier studio européen

à être invité. Mais pour Anna Marsh, il s’agit plus de

trouver un équilibre entre grosses franchises et sujets

originaux. Et de rappeler que Warner a eu une excellente

année avec Sinners et Une bataille après l'autre, mais aussi

avec Minecraft.

De son côté, Studiocanal s’appuie sur trois piliers. Avec

des films locaux, « ce qui est notre socle sur la dizaine de

territoires où l’on est présent… et en France plus que jamais »,

des films en langue anglaise, qui sont des franchises

comme Paddington ou Fifi Brindacier, ou des adaptations,

comme celle du prochain roman de Freida McFadden

– l’autrice de La Femme de ménage – dont Studiocanal

a acquis les droits avant même sa parution. « Ces book

to screen sont aussi une source de franchises, ce pourquoi

nous avons un département dédié, et notamment un partenariat

conclu il y a deux mois entre Studiocanal et Hachette. »

Troisième pilier : acheter des films, « comme ceux de A24

et Lionsgate, y compris des titres de genre avec notre label

Sixth Dimension ». Bref, « faisons de bons films, datons les

bien sans se cannibaliser, et si on est exigeants, on a toutes

les chances d’y arriver. »

Reste qu’aujourd’hui, il faut aussi miser sur l’événementialisation

et le premium, et donc « faire des films qui se

prêtent à ça, en travaillant main dans la main avec les

exploitants ». Certes, en étant présent directement sur

neuf marchés européens, plus l’Australie et la Nouvelle-Zélande,

où sont lancés entre 15 et 20 films par an, Studiocanal

ne peut pas créer l’événement pour chaque sortie.

« Mais sur des films comme Les Misérables ou Pressure,

avec Andrew Scott et Brendan Fraser, on se doit de mettre

tout le muscle du studio pour proposer une expérience totale. »

Et pas seulement sur les nouveautés : la version de 4h30

de Kill Bill – attendue en France le 8 juillet – « a fait

45 000 entrées en quelques jours en Allemagne, notamment

avec les jeunes qui n’avaient pas pu le découvrir en salles à

sa sortie ». Quant à la ressortie de Terminator 2 : Le Jugement

dernier, fin août aux États-Unis, « le distributeur n’a jamais

géré autant de formats différents – Imax, 4DX, 35 mm…

– pour un film ».

… et en puisant dans un immense catalogue

En effet, fort de son catalogue de 10 000 titres, Studiocanal

mène une vraie politique de restauration. « Nous avons

été assez précurseurs en ce domaine : nous choisissons chaque

année 15 films à pousser en salle, en les sortant sur tous nos

C’est à nous de proposer

des films singuliers,

qui surprennent

territoires au même moment. Et surtout, en travaillant

étroitement avec les réalisateurs sur la restauration, pour

qu’ils en soient fiers. » Ainsi récemment, les équipes techniques

dirigées par Jean-Pierre Boiget ont travaillé avec

Michael Mann sur Manhunter, qui sera présenté aux

États-Unis le 12 juin. « Nous avons investi 25 millions

d’euros ces sept dernières années pour restaurer plus de

1 000 films, indique la directrice générale, et nous

continuerons. »

En outre, l’énorme catalogue du studio lui permet de

lancer des remakes de ses IP. Par exemple le nouveau

Cliffhanger, réalisé par Jaume Collet-Serra – qui devrait

sortir finalement en 2027 – et bientôt un autre remake

« très important »... celui de Escape from New York (New

York 1997) de John Carpenter, par Zack Snyder. Sans

oublier l’immense matière pour réinterpréter des séries

télé, comme la nouvelle version de Chapeau melon et

bottes de cuir en développement.

Une stratégie de croissance mondiale…

L’activité internationale du studio se développe.

En février dernier, Studiocanal est entré au capital de

Lucky Red, principal distributeur indépendant d’Italie.

Anna Marsh se dit « ravie de cette acquisition », trois ans

après celle de Dutch FilmWorks au Benelux.

« La réputation de Andrea Occhipinti et Stefano Massenzi

les précède : quand ils sortent Dracula en Italie, ils en font

le premier territoire au monde avec 600 000 entrées.

Ils ont un très beau catalogue de 500 films et sont à la

fois producteurs et distributeurs, ce qui correspond à notre

stratégie. » Et si la sortie d’un film est très différente en

Italie, où le parc de salles, très fragmenté, est moins

concentré que dans la plupart des pays d’Europe,

« c’est un pays très cinéphile et les synergies culturelles avec

la France sont nombreuses ».

©2025 - Christophe Brachet - CURIOSA FILMS - ESKWAD – STUDIOCANAL

Mais la plus grosse acquisition du groupe, à l’automne

2025, est celle de MultiChoice, leader de la télévision et

SVOD en Afrique. Une énorme opération qui a fait

grimper le nombre d’abonnés Canal+ à 40 millions dans

le monde, « et une opportunité unique pour Studiocanal

de découvrir des histoires locales passionnantes », précise sa

directrice générale, citant la série Shaka Ilembe, sur

l’histoire du peuple zoulou. « Nous découvrons une façon

d’écrire différente et des techniciens et acteurs prodigieux.

Charge à nous de travailler main dans la main avec l’Afrique,

y compris francophone et lusophone, pour trouver des histoires

qui peuvent voyager. » Studiocanal, qui a aussi investi le

mois dernier dans Babylone Studios, groupe de production

basé entre Paris et Abidjan, va tourner dans quelques

semaines un film en langue anglaise, réalisé par

Bill Condon, avec Guy Pearce et Cynthia Erivo.

« Il raconte la naissance de l’album Graceland de Paul Simon

avec l’immense Masekela et Miriam Makeba : une histoire

ancrée culturellement en Afrique du Sud, mais qui a la

possibilité de voyager, avec des vedettes américaines. Ce n’est

que le début : nous avons beaucoup de projets pour soutenir

la production locale. »

Y compris sur la distribution salle. « L'Afrique du Sud est

l’un des marchés qui souffre le plus, avec -50 % de box-office

par rapport à l’avant-Covid. Nous avons fait le choix d’un

partenariat avec Sun Group Africa, qui distribue notamment

le line-up Warner, afin de sécuriser la diffusion en salles,

tout en travaillant avec MultiChoice pour les TV et plateformes.

» L’association avec un distributeur permettra plus

facilement d’apporter des films français sur ces territoires,

« même si c’est compliqué dans un pays très anglophone

comme l’Afrique du Sud ».

… avec une confiance dans la salle de

cinéma

Une stratégie qui, quel que soit le territoire, reste attachée

au grand écran. Et d’abord en France : « Avec Maxime

Saada, nous avons toujours cru à la salle de cinéma. Pendant

le confinement, nous avons été obligés de vendre certains

films à des plateformes, mais à un moment déterminant,

nous avons choisi de sortir Bac Nord en salles [en août

2021]. C’était un risque, mais je suis fière que nous ayons

eu l’audace de miser sur le cinéma à un moment où son

avenir était fragile. » Le film de Cédric Jimenez a enregistré

2,2 millions d'entrées… et, s’il fallait le rappeler,

« un succès en salle se traduit ensuite en bonnes audiences

sur Canal+ et sur d'autres médias ». Après Kill Bill, la

prochaine sortie de Studiocanal, Charlie et les kangourous

le 22 juillet, est sa première production australienne.

« Un petit délice pour les familles », précise la dirigeante…

originaire de Nouvelle-Zélande. Et pour Anna Marsh,

ailleurs comme ici, « il faut se parler entre distributeurs et

exploitants. Il faut lire la data, il faut qu'on se comprenne,

parce que c'est que c’est ensemble qu'on va y arriver. »

Line up 2026

08/07 : Kill Bill : L’Affaire sanglante de Quentin Tarantino

22/07 : Charlie et les kangourous de Kate Woods

09/09 : Pressure de Anthony Maras

23/09 : Garance de Jeanne Herry

14/10 : Les Misérables de Fred Cavayé

Cécile Vargoz

14/10 : Shaun le mouton : La Bêêête d’Halloween de

Steve Cox et Matthew Walker

09/12 : Changer l'eau des fleurs de Jean-Pierre Jeunet

Les Misérables de fred Cavayé

N°518 / 10 juin 2026

25


International

©Black Bear-General Entertainment Authority-Riyadh Season- Sela Studios

7 DOGS, LE PARI GAGNANT DE RIYAD

Lancé pour les fêtes de l'Aïd al-Adha, le thriller d'action 7 Dogs a raflé la mise

au Moyen-Orient, confirmant à la fois la montée en puissance de la production

saoudienne et l'efficacité des standards hollywoodiens.

La coproduction saoudo-égyptienne est sortie le 27 mai

dans l’ensemble de la région, générant en seulement sept

jours quelque 10,3 millions de dollars de recettes*.

Un résultat qui lui a permis de prendre la tête du box-office

dans la plupart des territoires du Moyen-Orient, comme

l’a rapporté Gower Street Analytics.

En Arabie saoudite, soit sur son marché domestique,

7 Dogs a engrangé 13,7 millions de riyals (soit environ

3,66 M $) en cinq jours et attiré plus de 243 000 spectateurs.

Il devient ainsi à la fois le meilleur démarrage

jamais enregistré pour une production locale et pour un

film en langue arabe dans le Royaume, détrônant Alzarfa

qui détenait le record depuis juillet 2025. Enfin, le film

signe le quatrième meilleur lancement, toutes nationalités

confondues, de l'histoire des salles saoudiennes – qui

pour rappel ne remonte qu’à 2018 –, derrière Oppenheimer,

Bad Boys : Ride or Die et Spider-Man : No Way Home.

En Égypte, avec une première semaine à 131,4 millions

de livres (2,53 M $), 7 Dogs a battu le record détenu par

la production locale Bershama depuis mars dernier.

Aux Émirats arabes unis, il réalise le deuxième meilleur

démarrage de l’histoire pour un film en langue arabe

avec 1,6 M $ en cinq jours, juste derrière le film franco-émirati

Embuscade réalisé par Pierre Morel (2021).

Au Koweït, 7 Dogs signe tout simplement le meilleur

démarrage jamais enregistré pour un film arabe. Le film

sortira en Turquie fin juin. D'autres marchés internationaux

devraient suivre.

Production locale, méthodes importées

7 Dogs est l'accomplissement de la stratégie déployée

depuis plusieurs années par Riyad avec, à son origine

Turki Al-Sheikh, président de la General Entertainment

Authority et figure centrale du développement du secteur

du divertissement saoudien. Aux manettes de cette

production dotée de 40 M $, les réalisateurs Adil El Arbi

et Bilall Fallah, dont les talents avaient été repérés avec

les deux derniers Bad Boys – le volet Ride or Die a en

outre réalisé en 2024 sa meilleure performance internationale

(23,5 M $) en Arabie saoudite. Le duo belgo-marocain

a été entouré de son collaborateur régulier Robrecht

Heyvaert à la photographie, du chef décorateur Paul

Kirby (Captain Phillips, Kingsman, Jason Bourne…)

de Duncan Capp (Batman Begins, Mission : Impossible

– Dead Reckoning) aux effets spéciaux ou encore des

experts de John Wick aux cascades. Autant de savoir-faire

hollywoodiens, aux côtés d’un casting international où

les vedettes égyptiennes Ahmed Ezz, Karim Abdel Aziz

et Hana El Zahed partagent l’affiche avec Monica Bellucci,

l’Américain Giancarlo Esposito ou encore la superstar

indienne Salman Khan.

Le cinéma saoudien gagne du terrain

Au-delà du succès spécifique de 7 Dogs, le marché

saoudien semble avoir retrouvé une dynamique de

croissance après plusieurs années de stagnation.

En 2025, les recettes ont progressé de 8,9 % par rapport

à 2024, tandis que les entrées augmentaient de 7,2 %.

La tendance se poursuit en 2026 : à fin mai, le box-office

est en hausse de 9,7 % et la fréquentation de 9,2 %,

avec 7,26 millions de billets vendus.

Dans ce contexte, la production nationale gagne

progressivement des parts de marché. Alors qu’elle ne

représentait encore que 0,2 à 0,3 % du box-office

entre 2021 et 2022, elle a bondi à 8,8 % en 2023,

avant d’atteindre 13,5 % en 2025. Depuis le début

de l’année 2026, elle avoisinerait déjà 14,7 %.

La progression est d’autant plus remarquable que les

films arabophones dans leur ensemble occupent déjà

une place significative sur le marché saoudien depuis

trois ans, affichant une part relativement stable entre

31 % et 36 %. La croissance observée profite donc de

plus en plus aux productions nationales plutôt qu’aux

seuls films importés d’Égypte, qui ont longtemps

dominé les grands écrans de la région.

7 Dogs raconte l’alliance entre un agent d’Interpol et

un criminel mafieux pour empêcher la diffusion d’une

drogue de synthèse à travers la région. Un récit calibré

pour séduire un public local particulièrement friand

de cinéma d’action, un genre qui a représenté, à lui

seul, plus de 42 % du box-office saoudien en 2025.

* hors Qatar, dont les chiffres ne sont pas disponibles

Ayşegül Algan

26 N°518 / 10 juin 2026


COMSCORE MOVIES REDEVIENT RENTRAK :

LES ENJEUX D’UN DEAL QUI POURRAIT REBATTRE

LES CARTES

L’acteur de référence de la mesure mondiale du box-office vient de changer

de mains pour 70 millions de dollars, dans l’indifférence presque générale.

Analyse d’une opération dont les professionnels sous-estiment peut-être les

implications.

Le 27 mai, Advaya Capital a finalisé le rachat de Comscore Movies et annoncé que

l’activité reprendrait son nom d’avant fusion, Rentrak. Le prix de base s’élève à

70 millions de dollars. Deux vétérans rejoignent le conseil, Chris Aronson et Arturo

Guillén, et le fonds est dirigé par Anant Gupta. Ce qui frappe, c’est le peu d’écho que

cette annonce a suscité. Retour vers le futur, ou Un jour sans fin ?

Un géant sous-valorisé

Comscore Movies occupe une position dominante comme outil de mesure de l’industrie,

couvrant environ 95 % du box-office mondial et près de 100 % du marché nord-américain.

Et pourtant, l’ensemble s’est vendu (seulement) 70 millions de dollars, soit

environ 1,8 fois le chiffre d’affaires 2025 du segment et près de 5,5 fois son résultat

opérationnel : les multiples d’une activité à bout de souffle, pas ceux d’une infrastructure

critique.

Pour comprendre le prix, il faut regarder le vendeur. Comscore a traversé une véritable

catastrophe industrielle depuis la fusion de 2016, une opération alors valorisée

767 millions de dollars. Surtout, l’activité Movies n’a jamais été stratégique pour le

groupe et est restée sous les radars. D’où l’effet de petite « bombe » produit par les chiffres

de la SEC : en 2025, le segment portait à lui seul plus que la totalité du résultat opérationnel

d’un groupe par ailleurs en perte.

Pourquoi cette opération compte vraiment

Pour Comscore, la logique est un désendettement qu’il n’était plus possible de différer :

le produit a servi à rembourser intégralement le prêt à terme Blue Torch, environ

40 millions de dollars. L’entreprise a même enregistré une légère moins-value sur la

cession, signe d’une vente sous contrainte qui explique un montant en apparence faible.

Pour en venir au cœur du sujet, l’avenir de Rentrak, l’opération pourrait marquer le

début d’un chapitre réellement ambitieux, pour quatre raisons.

Les hommes. Aronson et Guillén ne viennent pas faire de la figuration : ils ont la confiance

des équipes comme de l’industrie, ce qui compte énormément pour un actif dont la

valeur repose sur la confiance.

Le moment. L’opération arrive à l’aube de l’ère de l’IA, où « la donnée est reine ». Rentrak

a toujours disposé de bien plus de données qu’il n’a su en exploiter ; l’IA peut transformer

ce tableau de bord passif en intelligence prédictive et créer une valeur jusque-là

inaccessible.

800 $

600 $

400 $

200 $

0 $

Plus haut historique, août 2015 : environ 1 293 $ (ajusté)

2016 : fusion Rentrak /

Comscore (767 M$)

2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026

2017 : enquête comptable,

retrait du Nasdaq

2026 : Movies cédé,

redevient Rentrak (70 M$)

40

30

20

10

0

41,7 42,3

Ce deal à 70 millions de dollars

pourrait bien peser lourd sur la

chaîne de valeur du cinéma

dans les années qui viennent

33,3

Choc COVID

30,6

2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025

~

33,9

35,3 ~36

2024 estimé

Le potentiel. L’activité a été gravement « sous-managée » pendant des années, longtemps

sans dirigeant clairement désigné. Une situation à corriger (dès CineEurope ?), mais

surtout une opportunité : les activités les plus faciles à redresser sont celles que l’on a

privées d’attention.

Le nouveau propriétaire. En passant aux mains d’un fonds dirigé par un expert de la

mesure, ancien administrateur de Nielsen, on peut attendre une inflexion forte plutôt

qu’une gestion passive.

Le début d’une nouvelle ère ?

Rien n’est acquis, bien sûr. Un instrument de mesure tire sa valeur de sa neutralité et

de son acceptation universelle, pas de sa puissance analytique : le potentiel de l’IA est à

construire. Et un fonds qui rachète un acteur établi à si bon compte peut toujours

préférer engranger les dividendes plutôt que de réinvestir.

Cependant, voilà un actif aux fortes barrières à l’entrée, enfin séparé d’un groupe qui

le traitait comme la dernière roue du carrosse, confié à des professionnels en qui l’industrie

a confiance et à un propriétaire qui connaît la mesure d’audience de l’intérieur.

Pour la première fois depuis dix ans, le champion du box-office mondial à la liberté, et

sans doute l’envie, de s’en servir.

La formule de Lampedusa, « il faut que tout change pour que rien ne change », est ici le

piège à éviter, non le scénario à anticiper. Le changement de nom est cosmétique ; le

fond, c’est un actionnariat, un cap et un timing qui peuvent permettre à Rentrak la

mue que beaucoup appellent de leurs vœux depuis longtemps.

Ce deal à 70 millions de dollars, accueilli dans une relative indifférence, pourrait bien

peser lourd sur la chaîne de valeur du cinéma dans les années qui viennent. Comscore

Movies redevient Rentrak, et c’est un événement : la belle endormie vient de se réveiller.

38,4

Julien Marcel

N°518 / 10 juin 2026

27


Exploitation

Agnès Salson (La Forêt Électrique), Régis Faure (Cinémas Panacéa), Laure de Boissard (Pathé Cinéma France) et Joseph Le Fer (Écran Total)

©Boxoffice Pro / J. Dreyfus

LES LOIS DE L’ATTRACTION DES CINÉMAS

Le 3 juin, le CNC organisait, en partenariat avec Bpifrance, une journée de

réflexion intitulée sur l’innovation, qui a permis d'échanger sur les leviers

stratégiques nécessaires pour renouveler l'attractivité des salles.

En ouverture de cet après-midi d’échanges, Gaëtan Bruel

a réaffirmé sa volonté « de retrouver les 200 millions d’entrées

: objectif que nous pouvons, et même nous devons

atteindre ». Les différents panels avaient ainsi pour but

non pas « de lancer une réflexion collective, mais de cristalliser

des actions qui ont déjà été entreprises pour mieux se projeter

dans les prochains mois ». Le président du CNC a en outre

annoncé le lancement d’un nouveau programme d’accompagnement,

en partenariat avec Bpifrance, à destination

« a priori » d’une quinzaine d’entreprises de la distribution

et de l’exploitation. Étalé sur un an, ce dispositif portera

sur les questions de l’expérience spectateur, le marketing,

le numérique, la valorisation des données, la diversification

des usages… « bref, toutes les démarches d’innovation que

nous devons regarder ensemble ». Les détails seront dévoilés

à la rentrée, avant un recrutement à l’automne.

Renouveler l’attractivité de la salle

Pour Gaëtan Bruel, la baisse du nombre de spectateurs

assidus – ceux se rendant au moins une fois par semaine

au cinéma – est une des clefs pour comprendre le recul

de la fréquentation : « Aujourd’hui, si je force un peu le

trait, plus personne ne va au cinéma en général, mais va

voir un film en particulier. » C’est dans cette perspective

d'analyse de l’attractivité de la salle qu’était organisé

un échange entre Laure de Boissard (directrice générale

de Pathé Cinéma France), Régis Faure (président de

LCM, incluant le Capitole de Montceau-les-Mines et

le Magic du Creusot) et Agnès Salson (fondatrice de

La Forêt Électrique).

Pour Régis Faure, la notion d’attractivité est intimement

liée à celle de désir. Si « le film [en] reste le vecteur principal »,

les salles de cinéma ont un rôle à jouer grâce à leur capacité

à créer « un lieu commun ». L’exploitant prend pour

exemple son établissement de Montceau-les-Mines,

inauguré fin 2025 [voir le Boxoffice Pro du 17 décembre

2025], où les spectateurs « viennent autant pour le cinéma

que pour voir un film ». Cette dynamique s’explique

notamment par une architecture qui se démarque

« de la standardisation du début des années 2000 » et revient

à une certaine tradition, tout en en actualisant des codes.

Les salles possèdent également des designs différents,

incitant certains spectateurs à choisir un film en fonction

de l'espace de projection. De surcroît, le lieu implique

le public à travers de nombreux ciné-clubs et autres

séances événementielles ; une manière de « créer une

communauté qui se réapproprie le cinéma », voire de reconquérir

des spectateurs « qui ne se sentaient plus concernés ».

Agnès Salson a relaté son expérience à La Forêt Électrique,

un espace éphémère toulousain aménagé dans

une ancienne friche – et qui a obtenu l’aide sélective à

l’exploitation pour être pérennisé, voir p. XX. Au sein

de ce « hub » que l’exploitante tient à désigner comme

un cinéma et non un tiers-lieu, la programmation ne

partait « non pas du film, mais de thématiques » ; une

approche pensée pour capter des spectateurs occasionnels

et favoriser leur fidélisation. Par exemple, en parallèle

de la rétrospective qui lui était dédiée à la Cinémathèque

de Toulouse, le réalisateur Alain Guiraudie est venu à

La Forêt Électrique dans le cadre d’une soirée sur l’imaginaire

occitan, et non « pour parler de ses films ». Cette

approche transdisciplinaire s’accompagnait d’un DJ set

et de la projection du documentaire Farrebique de

Georges Rouquier. « C’est le premier film tourné en langue

occitane, un documentaire en noir et blanc des années 40,

et la salle était pleine de vingtenaires ! »

Laure de Boissard a, quant à elle, mis en avant la montée

en gamme des cinémas Pathé, illustrée par les nombreuses

rénovations des quelque 80 établissements tricolores du

réseau. La directrice générale du circuit leader français a

insisté sur la nécessité de proposer au spectateur une

« expérience différenciante ». Pathé Cinéma a ainsi misé,

entre autres, sur les formats premium, une stratégie qui

a contribué à abaisser la moyenne d’âge des publics des

sites concernés [voir aussi le Boxoffice Pro du 18 février

2026]. Et face au risque, parfois soulevé*, de voir ces

formats dévaloriser les séances standard, Laure de Boissard

affirme « [ne pas croire] à cette interprétation : il en faut

pour tous les goûts. Cela revient à dire que ce n’est plus

nécessaire de construire des Twingo car la Lamborghini

existe. [...] J’ose espérer que nous ne sommes pas arrivés au

bout de ce qui peut être fait dans une salle de cinéma ».

Jules Dreyfus

* Risque notax ment formulé dans l’étude sur les tendances des salles de cinéma à

l’international [voir le Boxoffice Pro du 27 mai 2026], présentée en amont des échanges.

28 N°518 / 10 juin 2026


LA PAROLE CRITIQUE À L’ÉPREUVE

DE SA DILUTION NUMÉRIQUE

©Boxoffice Pro/A.Algan

En attendant la matinée d’échanges proposée par le CNC ce vendredi

12 juin à Paris sur la cinéphilie à l’ère numérique [voir ci-contre], celle

proposée à Cannes, en partenariat avec le Syndicat français de la critique

de cinéma, avait déjà pris la forme d’une réflexion sur la transformation

de la critique à l’ère des réseaux sociaux.

Charlotte Garson (Cahiers du cinéma), Michèle Halberstadt

(productrice, distributrice, mais également critique), Alex Masson

(modérateur), Ben Croll (Variety et Indiewire), Mélanie Toubeau

(La manie du cinéma) et Caroline Sabuco (les BFF du ciné)

Dès l’introduction de la rencontre organisée le 21 mai

sur la plage du CNC, Gaëtan Bruel a donné le ton en

citant François Truffaut : « Tous les Français ont deux

métiers : le leur, et celui de critique de cinéma. » La formule

prend une résonance particulière dans notre société

« saturée d’images, de contenus, de réactions permanentes »,

et dans laquelle le cinéma doit pourtant se refaire une

place comme « un sujet de conversation, de désir, de combat

collectif ».

Sens ou sensibilité ?

De ses années d’activité de journaliste et critique chez

Première, dans les années 1990, Michèle Halberstadt,

désormais indissociable d’ARP Sélection, retient une

définition essentielle de la critique cinéma : « avoir un

regard sur les films, éclairer le nôtre… et donner envie aux

gens d'aller voir les films ». Un rôle dans lequel ne se

reconnaît pas forcément la rédactrice en chef des Cahiers

du Cinéma Charlotte Garson : « Ce n'est pas mon métier

de faire que les gens aillent voir tel ou tel film. (...)

Nous déplions des idées, des pensées, des émotions que le

spectateur a ressenties, mais pas eu le temps d'ouvrir vraiment.

Les Cahiers sont autant une revue d’écriture que de cinéma. »

Le Canadien Ben Croll apporte pour sa part la perspective

de la trade press américaine, comme Variety ou IndieWire,

avec un référentiel largement lié aux réalités du marché

– « et donc à une évaluation commerciale des œuvres ».

Une approche qui rappelle combien la critique recouvre

des pratiques différentes, mais également affiche aujourd’hui

de nouveaux visages.

Les nouvelles formes de prescription…

Qui sont tous ces créateurs de contenus vidéo qui ont

colonisé le sujet-cinéma – particulièrement le Festival

de Cannes cette année – et surtout, comment se définissent-ils

? Caroline Sabuco, du collectif des BFF du

ciné [voir Boxoffice Pro du 10 mai 2026] propose régulièrement

à sa communauté de se retrouver pour une

séance, « mais je ne vais pas me prétendre critique juste

parce que je vais au cinéma ». Mélanie Toubeau, alias La

Manie du cinéma, se définit avant tout comme journaliste,

soulignant que « sur les réseaux, il y a beaucoup

de gens qui donnent juste leur avis, sans prétendre être des

critiques… sauf les critiques qui ont décidé de s’emparer

des réseaux sociaux ! ». De fait, les modes de prise de

parole ont profondément évolué : « J’ai grandi en lisant

des critiques, dont on ne connaissait que les noms », rappelle

Mélanie Toubeau, alors qu’« aujourd’hui, ils sont physiquement

très identifiés ».

En outre, qu’il s’agisse de partager des réflexions poussées

avec des inconnus ou de simples ressentis avec des amis,

le net propose donc des espaces d’expression et d'interactions

infinis ; pour preuve, le fulgurant développement

d’une plateforme comme Letterboxd qui, en fin de

compte et avant tout, « crée de la cinéphilie ».

… et de nouvelles contraintes

Dans ces nouveaux espaces de parole profane et de

recommandations, les évaluations par étoiles peuvent

certes devenir « violentes », car elles reposent sur des

échelles différentes selon les utilisateurs. Michèle

Halberstadt appuie ce constat en soulignant la fiabilité

de Letterboxd par rapport à des systèmes comme

AlloCiné, qu’elle estime plus exposés aux faux comptes

et au review bombing (bombardement de notes de

robots). Par ailleurs, sur les réseaux, les créateurs de

contenu doivent composer avec des barrières strictes,

les formats les plus favorisés par les algorithmes de

TikTok ou de YouTube Shorts se situant autour d’une

minute trente. « Ce qui m’a appris la synthèse » positive

Mélanie Toubeau, tandis que Ben Croll rappelle que

l’exercice critique a toujours dû composer avec les

contraintes de format imposées par la presse écrite.

La critique traditionnelle souffre de la réduction drastique

de ses espaces dans les médias généralistes, mais

elle n’a pas pour autant trouvé une meilleure viabilité

financière sur les réseaux. Mélanie Toubeau souligne

ainsi que la très grande majorité de ses vidéos sont

produites de manière strictement bénévole, et qu’elle

a récemment consacré six vidéos à La Vague de Sebastián

Lelio pour le simple plaisir de soutenir cette comédie

musicale féministe chilienne, à sa sortie salle puis à sa

sortie VOD. Et à Charlotte Garson de conclure en

rappelant que, dans cet univers saturé de commentaires,

le premier geste critique consiste parfois, tout simplement,

à ne pas parler d’un film.

Ayşegül Algan

Nouvelles formes de

critique et de cinéphilie

en ligne

Vendredi 12 juin, de 9h30 à 12h30, le CNC propose

une matinée d’échanges sur le thème “La cinéphilie à

l’ère numérique : quels nouveaux espaces pour la

critique et les conversations autour des films ?”

Podcasts, chaînes YouTube, réseaux sociaux,

plateformes dédiées ou contenus amateurs : cette

rencontre réunira différents acteurs afin d’explorer les

modèles économiques, les formats émergents, les

publics concernés et les liens entre ces nouvelles offres

éditoriales avec la presse spécialisée, la distribution et

l’exploitation cinématographiques.

N°518 / 10 juin 2026

29


Exploitation

RENAISSANCE D’UNE SALLE DE CINÉMA À DIEPPE

©Grégory Le Perff - DSN

Dieppe Scène nationale, qui programmait

déjà des films art et essai dans son centre

culturel, investit l’historique Rex du centre

ville, qui a (ré)ouvert au public le 27 mai.

« C’est l’accomplissement d’un souhait très ancien »,

se réjouit Grégory Le Perff, une heure après avoir

accueilli les premiers spectateurs, pour Les Contes

du pommier, dans la salle qui s’appelle désormais

DSN - Le Rex. Le responsable – et programmateur

– cinéma de Dieppe Scène nationale (DSN), qui

propose depuis 25 ans des projections dans sa

grande salle de spectacle de 600 places, rêvait en

effet de développer l’offre art et essai « dans un lieu

qui soit dédié au cinéma. Et on ne pouvait rêver mieux

que le Rex, connu historiquement comme le cinéma

du centre-ville de Dieppe ».

Pour rappel, le complexe normand de 4 salles avait

fermé fin 2019, quand son exploitant de l’époque,

Jean-Edouard Criquioche, avait ouvert le Grand

Forum et ses 8 salles, dans une ancienne halle à

tabac, repris par Megarama en novembre 2023. Le

Rex, lui, était depuis loué par des structures privées

et accueillait des espaces de coworking, une salle

de sport et… un cabaret. « Quand le cabaret a

déménagé il y a quelques mois, nous avons sauté sur

l’occasion, explique Grégory Le Perff, et récupéré la

salle de 120 places. » Tout a été refait à neuf et remplacé

– fauteuils, écran, projecteur et chaîne sonore,

comptoir billetterie et affichage dynamique – pour

une salle qui sera ouverte du mardi au dimanche

et proposera quatre séances par jour. La salle Renoir

de la Scène nationale continuera à programmer

des films les mardi, mercredi et vendredi pendant

les vacances scolaires.

Les deux salles fonctionneront bien entendu en

synergie, poursuivant la ligne éditoriale de DSN

- Renoir, qui était classée art et essai avec les 4 labels

(Recherche, Patrimoine, 15-25 et Jeune Public)

bien qu’utilisée aussi pour le spectacle vivant. « Nous

allons amplifier ce que l’on faisait déjà, mais avec une

proposition plus régulière et plus de séances. L’ambition

est aussi d’être un lieu d’éducation aux images, et nous

étudions les appels à projet de Normandie Images et

du CNC pour conforter cette ambition et embaucher. »

Au-delà des partenaires institutionnels de la Scène

nationale, la Ville, l'agglomération et le département

soutiennent le projet du Rex, « pour qu’il redevienne

un cinéma et un lieu central de vie et de mixité ».

Sachant que DSN - Renoir enregistrait une moyenne

de 32 000 entrées annuelles, le responsable cinéma

espère atteindre les 40 000 avec Le Rex, dans une

ville qui compte 35 000 habitants, et une zone de

chalandise d’environ 150 000. Et avec une programmation

complémentaire de celle de Megarama,

qui de son côté a comptabilisé 155 000 entrées l’an

dernier. Pour l’heure, Grégory Le Perff estime être

dans “le bon timing". « La saison théâtrale de la

Scène nationale est bientôt finie, nous ouvrons avec

les films de Cannes… et avons tout l’été pour trouver

notre rythme. »

Cécile Vargoz

LE CINÉ DOL S’ÉQUIPE D’UNE TROISIÈME SALLE

L’établissement associatif de Dol-de-Bretagne,

en Ille-et-Vilaine, a rouvert ses portes le 26 mai

après 15 jours de fermeture, et une remise à neuf

quasi intégrale.

Si le projet d’extension datait d’avant la pandémie,

ce n’est qu’en 2022 qu’il est clairement défini, aidé

du cabinet d’études Ciné Conseil et de l’architecte

Olivier Baudry. Le Ciné Dol, situé à Dol-de-Bretagne,

était jusqu’alors équipé de deux salles : une grande de

199 places (dont 5 PMR) et une petite de 69 places

(dont 3 PMR). Le bâtiment commençait donc à

devenir trop petit, « surtout quand deux films porteurs

passaient au même moment » évoque Jean Lebois, qui

fait partie de l’équipe de 75 bénévoles qui gère le

cinéma. Parallèlement à son agrandissement, l’établissement

a fait l’objet d’une modernisation globale

qui a nécessité une fermeture de deux semaines.

Les caisses et l’espace confiserie ont été rénovés, les

bureaux réaménagés et les sièges des deux salles d’origine

remplacés. La nouvelle salle est dotée de 139

fauteuils (dont 4 places PMR) fournis par KLS VIP,

déclinés en quatre couleurs. Sur le plan technique, la

projection est en laser et le système son en Dolby 7.1,

à l’instar de la grande salle. Seule la plus petite fonctionne

encore avec un projecteur au xénon, dans

l’attente d'un renouvellement futur.

Cette troisième salle permet ainsi de passer à 42 séances

hebdomadaires, contre un peu moins de 30 avant, et

d’offrir plus de souplesse dans la programmation en

diffusant « des sorties plus confidentielles » ; de quoi

« envisager l’obtention du classement art et essai ».

Le cinéma continuera par ailleurs sa programmation

événementielle, à l’image de son ciné-concert estival

où un film muet est projeté sur fond d’orgue. L’équipe

vise ainsi 60 000 entrées en année pleine, après un

exercice 2025 délicat à 36000 spectateurs. À l’image

de la fréquentation nationale, cette année est en

revanche partie sur de bien meilleures bases, et devrait

finir autour des 50 000 entrées, soit à peu près le

niveau pré-Covid.

Jules Dreyfus.

©Thomas Meunier

30 N°518 / 10 juin 2026


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Exploitation

LE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS

RÉOUVRE AU PUBLIC

La salle de 208 places, ces dernières années sous enseigne Silencio des Prés,

reprend le nom du quartier mythique du 6 e arrondissement parisien et sa

vocation de “vrai” cinéma art et essai, tourné vers le partage avec le public.

Le “nouveau” Saint-Germain-des-Prés de la rue Guillaume

Apollinaire a ouvert au public le 3 juin, avec

l’avant-première de Fatherland de Pawel Pawlikowski

suivi de Congo Boy de Rafiki Fariala. Des films « choisis

main dans la main » avec leurs distributeurs, Pathé et

Jour2Fête, « qui veulent célébrer avec nous la réouverture »,

souligne Mathilde Lamour, désormais directrice de

l'établissement historique, après avoir été adjointe de

direction au Balzac pendant trois ans. Pour sa première

semaine, le cinéma propose une sélection de 10 reprises

du Festival de Cannes, la plupart en présence d’équipes

– dont Notre salut d’Emmanuel Marre, La Vie d’une

femme de Charline Bourgeois-Tacquet et Minotaure

d’Andreï Zviaguintsev – annonçant la tonalité de sa

ligne éditoriale. « Après plusieurs années de location privée,

nous avons la volonté de redonner au public du quartier,

mais aussi de tout Paris, la programmation d’une vraie

salle art et essai. » Le cinéma, ouvert en 1969 sous le

nom de Bilboquet, puis rebaptisé au fil des années –

Olympic, Étoile Saint-Germain-des-Prés et Silencio

des Prés – reprend donc le nom du quartier et sa vocation

première, avec de nombreux événements cinéphiles.

Cette renaissance était attendue depuis plus d'un an

et demi. En effet, Les Films du Losange ont racheté

l'établissement en décembre 2024, mais la reprise à

la barre a été un peu acrobatique. Si Charles Gillibert

et Alexis Dantec rappelaient, au moment du rachat,

les liens forts de leur société avec la salle – où sortaient

notamment tous les films d'Éric Rohmer pendant des

décennies –, ils ont été rejoints depuis par plusieurs

associés, dont Éric Lenoir, directeur de la publication

des Cahiers du Cinéma – autre lien avec la Nouvelle

Vague – et désormais président de la société gérant le

Saint-Germain-des-Prés. Plusieurs actionnaires de

poids se sont engagés dans l’aventure : l’assureur Hugo

Rubini, le banquier d’affaires Grégoire Chertok, le

PDG du groupe Atland Georges Rocchietta, ou encore

Jean-Sébastien Decaux, Vera Michalski-Hoffmann et

Sylvain Mortera… ainsi que Chanel, grand partenaire

du cinéma.

Un écrin chaleureux

Une association qui a permis notamment d’engager

des travaux, avec le soutien du CNC et des collectivités.

La devanture et les espaces d'accueil ont été refaits

ainsi que l’espace cocktail niché derrière l’écran, toute

la déco étant signée par le designer Fabrizio Casiraghi,

en « amoureux de la rive gauche » et cinéphile. L’architecte,

qui avait déjà repensé le restaurant adjacent Sant

Ambroeus – vendu et exploité séparément – a « tenu

à préserver la sobriété du travail de Bernard Ceyssac, qui

a conçu la salle en 1969 », en respectant son approche

des couleurs et d’un éclairage indirect chaleureux, pour

que « chacun se sente immédiatement accueilli, presque

attendu ». Une ambiance feutrée renforcée par du

mobilier Art déco chiné, et des lithographies de Maillol,

Cocteau et Picasso sur les murs.

55 ans d’histoire,

sous 7 noms différents

Ouvert au printemps 1969 dans les locaux d’un ancien

cabaret, le cinéma s’appelle d’abord Le Bilboquet, exploité

par Henri Douvin, personnalité parisienne qui a choisi de

s’implanter là où artistes et écrivains se retrouvent dans les

cafés, notamment Le Flore et les Deux-Magots. La salle ouvre

avec Z de Costa-Gavras, et deviendra l’un des épicentres de

la cinéphilie, avec les films de Bresson, Truffaut ou Antonioni.

En 1979, le cinéma est racheté par le groupe Olympic de

Frédéric Mitterrand, qui le rebaptise Olympic Saint-Germain

puis Le Saint-Germain-des-Prés, et mêle à sa programmation

de grands classiques hollywoodiens. La dénomination “Salle

Georges de Beauregard” est plus tard ajoutée, en hommage

au grand producteur de la Nouvelle Vague. Le distributeur

David Henochsberg apportera son soutien financier à

Olympic dès les années 80, puis reprend la salle en 2011 et la

rénove en collaboration avec la revue La Règle du jeu de

Bernard-Henri Lévy. Renommé l'Étoile Saint-Germain-des-

Prés, l’établissement retrouve son classement art et essai

jusqu’en 2019, mais sera revendu cette année-là. Rebaptisé

d’abord Le Beau Regard, il devient deux ans après Le Silencio

des Prés en fusionnant avec le restaurant voisin, et en étant

réservé à des projections privées. En septembre 2023, l'entreprise

qui l’exploite est placée en redressement judiciaire.

Parmi les repreneurs potentiels, le Tribunal de commerce

choisit Les Films du Losange. Mais il aura fallu un an et demi

pour que le projet se finalise, avec les associés d’aujourd’hui.

La salle unique de 208 fauteuils, au sous-sol et accessible

par des escaliers désormais habillés de paille tressée, a été

rafraîchie par un changement de moquette – bleue et

reprenant les anciens motifs étoilés du cinéma –, sachant

que « les équipements de projection [un écran de 7 m de

base et un projecteur Barco 2K] étaient opérationnels et en

très bon état », précise Mathilde Lamour.

32 N°518 / 10 juin 2026


Aide sélective à

l’exploitation :

résultats de la

commission

de mars 2026

©Cinémas Confluences

Si la salle sera ponctuellement privatisée, la programmation

régulière proposera des films d’auteur en continuation

et reprises, « pour laisser une grande liberté aux

rencontres, avant-premières et ciné clubs ». Côté patrimoine,

sont déjà prévues en juin une soirée avec l’INA et les

deux premiers épisodes de La Maison des bois de Maurice

Pialat, en présence de son monteur Yann Dedet, ou

encore une projection surprise d’un classique proposée

par Ramy Charara, fondateur du Ramy Ciné-Club.

En juillet, le Saint Germain des Prés participera au

festival Avant-premières ! des CIP. Selon Mathilde

Lamour, « cette salle n’est pas comme les autres. Elle appelle

à la convivialité et à l’échange ». La directrice souhaite y

organiser des événements très variés, avec des venues

régulières de cinéastes et des rencontres autour des

sciences humaines, littérature et philo… « en synergie

avec les acteurs du quartier, qui font vivre Saint-Germaindes-Prés

». Le projet est aussi de travailler sur l'éducation

aux images.

Arrivée au mois d’avril, Mathilde Lamour travaille aux

côtés d’un projectionniste et attend le recrutement

d’une troisième personne.

Et si le Saint-Germain-des-Prés est bien entouré par

tous les cinémas du Quartier latin, l’équipe table sur

une fréquentation de 28 000 entrées pour la première

année complète… sachant que 2026 est déjà bien entamée.

Cécile Vargoz

La première commission de l’année a choisi

de soutenir 6 projets de création, modernisation

ou réhabilitation, pour un montant

total de 1 194 000 €.

Annonay (Ardèche) – Cinéma Confluences

Annonay : création d’un complexe de 7 salles en

remplacement d’un cinéma de 4 salles (bénéficiaire :

Société Ardéchoise d’Exploitation Cinématographique)

– 600 000 €

Toulouse (Haute-Garonne) – La Forêt Électrique :

création d’un cinéma de 2 salles (bénéficiaire :

Association La Forêt Électrique) – 300 000 €

Chinon (Indre-et-Loire) – Le Rabelais : réhabilitation

partielle d’un mono-écran avec adjonction

d’une 2 ème salle (bénéficiaire : Communauté de

communes Chinon Vienne et Loire)

– 240 000 €

Lanslebourg-Mont-Cenis (Savoie) – Auditorium

Laurent Gerra : création d’une salle de cinéma

par transfert du mono-écran existant (bénéficiaire :

Communauté de Communes Haute Maurienne

Vanoise) – 24 000 €

Sainte-Solange (Cher) – Foyer rural : remplacement

de matériels cinéma d’un circuit itinérant

(bénéficiaire : Association Fédération départementale

des foyers ruraux du Cher) – 17 000 €

Cluny (Saône-et-Loire) – Les Arts : modernisation

« légère » d'un mono-écran (bénéficiaire : Ville de

Cluny) – 13 000 €

La prochaine commission se réunira le 11 juin

prochain. Et pour la dernière de 2026, du 19

novembre, la date limite de dépôt de dossiers

est fixée au 4 septembre.

Le guichet du Saint-Germain-des-Prés, décoré par l’architecte

Fabrizio Casiraghi.

©Matteo Verzini

©Matteo Verzini

Le "speakeasy", un bar dissimulé derrière l'écran

En 2025, le CNC a attribué un total de 7,1 M €

d'aides sélectives à la création et à la modernisation

de salles à 59 projets (35 établissements

fixes et 24 circuits itinérants, tous situés en

Métropole).

N°518 / 10 juin 2026

33


Miscellanées

PROCHAINE CDACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO

16/06/26 UGC UGC AQUABOULEVARD en attente d'informations Paris Paris Métropole du Grand Paris

01/07/26 ou

03/07/26

MEGARAMA MEGARAMA 12 2 048 Projet de création d’un multiplexe, en remplacement de

l’actuel cinéma Megarama (6 salles et 679 places)

Arras Pas-de-Calais Arras

Soutiens

AFCAE

Inédits

Notre Salut d’Emmanuel Marre (Condor,

30 septembre)

Ton animal maternel de Valentina Maurel (JHR

Films, 7 octobre)

Le Corset de Louis Clichy (KMBO, 14 octobre)

Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg (Ad

Vitam, 28 octobre)

La Gradiva de Marine Atlan (Tandem, 4 novembre)

Gabin de Maxence Voiseux (Arizona Distribution,

18 novembre)

Congo Boy de Rafiki Fariala (Jour2Fête, 25 novembre)

Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall (Pan

Distribution, 2 décembre)

Le Journal d’une femme de chambre de Radu

Jude (Potemkine, à dater)

Jeune Public

Le Cygne et l’Enfant de Miyoung Baek (Cinéma

Public Films, 16 septembre)

Un amour d’épouvantail (Les Films du Préau,

23 septembre)

Sélection 15-25

Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athané

(The Jokers Films, 17 juin)

In Waves de Phuong Mai Nguyen (Diaphana,

1 er juillet)

Le Corset de Louis Clichy (KMBO, 14 octobre)

Quelques mots d’amour de Rudi Rosenberg (Ad

Vitam, 28 octobre)

Gabin de Maxence Voiseux (Arizona Distribution,

18 novembre)

Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall (Pan

Distribution, 2 décembre)

ADRC

Séances accompagnées

Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athané

(The Jokers Films, 17 juin)

In Waves de Phuong Mai Nguyen (Diaphana,

1 er juillet)

Un champ de fraises pour l’éternité de Alain

Raoust (New Story, 1 er juillet)

Dry Leaf d’Alexandre Koberidze (Norte Distribution,

8 juillet)

Lawrence d’Arabie de David Lean (Les Acacias, 29

juillet (ressortie))

La Frappe de Julien Gaspar-Oliveri (Ad Vitam,

26 août)

GNCR

L’Aventure rêvée de Valeska Grisebach (Haut et

Court, 15 juillet)

Ton animal maternel de Valentina Maurel (JHR

Films, 7 octobre)

L’Allemagne adopte son obligation

d’investissement pour les plateformes

Après plusieurs années de débats et de reports,

le Conseil des ministres fédéral a enfin entériné,

le 27 mai dernier, l’obligation d’investissement

pour les services de streaming et les chaînes de

télévision , dernière pièce d’un vaste plan de

soutien à la production nationale.

Le texte prévoit que les diffuseurs et plateformes investissent

au minimum 8 % de leur chiffre d’affaires annuel

réalisé dans le pays dans la création cinématographique

et audiovisuelle allemande. Des quotas sont spécifiquement

prévus pour les productions indépendantes, en langue

allemande et les nouvelles créations. Le texte prévoit

également une « clause d’ouverture » : les groupes investissant

plus de 12 % de leur chiffre d’affaires dans la production

allemande pourront bénéficier d’assouplissements sur

certaines obligations.

Le gouvernement fédéral confirme parallèlement le

doublement – annoncé dès l’été 2025 – des fonds nationaux

dédiés au secteur, portés à 250 millions d’euros par

an. En additionnant les aides fédérales sélectives et les

financements de la Filmförderungsanstalt (FFA), plus

de 300 millions d’euros annuels seront désormais mobilisés

au niveau fédéral, auxquels s’ajoutent les soutiens des

Länder. Pour le ministre d'État à la Culture et aux Médias

AGENDA DE LA PROFESSION

la Wolfram Weimer, « il appartient désormais au secteur

de saisir cette opportunité pour produire à la chaîne des

succès cinématographiques "made in Germany" ».A.A.

JOURNÉE DE L’ANIMATION KMBO 05, 09 et 21/06/026 LYON, PARIS ET REDON

AG DU SYNDICAT DES CINÉMAS DE L'OUEST 16/06/26 BEAUPRÉAU-EN-MAUGES

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES CINÉMAS INDÉPENDANTS PARISIENS 17/06/26 PARIS

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L'ADRC 17/06/26 PARISPARIS

12 ES RENCONTRES ART ET ESSAI DE BRETAGNE 17 au 19/06/26 DINARD

RENCONTRES DU CINÉMA INDÉPENDANT 17 au 19/06/26 PARIS

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY

CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE

BIARRITZ FILM FESTIVAL NOUVELLES VAGUES 23 au 28/06/26 BIARRITZ

RENCONTRES PROFESSIONNELLES DE BIARRITZ 25 et 26/06/26 BIARRITZ

FÊTE DU CINÉMA 28/06 au 01/07/25 FRANCE

FESTIVAL LA ROCHELLE CINÉMA : JOURNÉES PRO ADRC 30/06 au 02/07/26 LA ROCHELLE

CONVENTION STUDIO TF1 01/07/26 PARIS

STUDIO SHOW 02 et 03/07/26 PARIS

AG DE L'ACOR - ASSOCIATION DES CINÉMAS DE L'OUEST

POUR LA RECHERCHE

02/07/26 LA ROCHELLE

FESTIVAL DU FILM FRANCOPHONE D'ANGOULÊME 24 au 29/08/26 ANGOULÊME

SOMMET LUMIÈRE 07/09/26 SAINT-PAUL-DE-VENCE

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI JEUNE PUBLIC 08 au 10/09/26 NANCY

COLLOQUE DES 80 ANS DU CNC 26 au 28/10/26 PARIS

Les Échos du passé de Mascha Schilinski a raflé 10 Lolas aux German

Film Awards 2026 attribués le 29 mai dernier. Le film a attiré près de

60 000 spectateurs dans les salles françaises, où il est sorti en janvier,

sous bannière Diaphana.

©Fabian Gamper - Studio Zentral

34 N°518 / 10 juin 2026



du

28

au

1 er

Juin

Juillet

LA FÉDÉRATION NATIONALE DES CINÉMAS FRANÇAIS

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