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N°1700 vendredi 12 juin 2026
La Coupe du monde face à l’indifférence
américaine et à l’attentisme français
Avant le coup d’envoi d’une édition record (48 équipes, 104 matchs), deux sondages dressent un portrait nuancé des
publics qui feront, ou non, le succès de la Coupe du monde 2026 (11 juin-19 juillet). Aux États-Unis comme en France,
l’engouement reste bien en deçà des ambitions des partenaires et diffuseurs engagés sur la compétition.
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
e chiffre est préoccupant
pour un pays coorganisateur
: selon
une enquête auprès de 3.507
adultes par le Pew Research
Center, publiée neuf jours
avant le début du tournoi,
66 % des Américains déclarent
qu’ils ne suivront pas ou
peu la Coupe du monde
2026. Seuls 28 % affirment
avoir l’intention de suivre la
Sommaire
compétition, et à peine 14 %
s’y disent vraiment intéressés.
Pew prend soin de souligner
que les réponses sont
susceptibles d’avoir évolué
depuis la réalisation de l’enquête,
menée en mars, soit
avant le véritable démarrage
médiatique du tournoi.
Toutefois, la portée de ce
désintérêt est d’autant plus
éloquente que le « soccer »
est pourtant le sport le plus
populaire chez les jeunes. La
preuve que la conversion des
générations montantes ne se
répercute pas encore sur les
habitudes de consommation
des adultes. Le paradoxe ne
s’arrête pas là : les États-Unis
accueillent l’édition la plus
ambitieuse de l’histoire du
tournoi et portaient, avec le
Canada et le Mexique, l’es-
International
Quand les fraudeurs s’emparent de l’économie du plus grand événement sportif mondial.............3
Le football est-il devenu incompatible avec ses ambitions climatiques ? ...............................4
La géographie du tournoi redistribue les cartes des déplacements ..........................................5
Comment la FIFA transforme le football en laboratoire technologique ..................................6
Fédérations
FFF : un budget record de 348 M€ pour 2026-2027...............................................................7
PRO.SPORT.FR
poir de convertir définitivement
la première puissance
économique mondiale au
football. Ce n’est pas faute
d’y avoir investi. La Major
League Soccer (MLS), créée
en 1995 dans la foulée de la
Coupe du monde 1994 disputée
sur sol américain, a
longtemps végété avant de
connaître un essor il y a une
dizaine d’années grâce à l’arrivée
successive de David
Beckham, Zlatan
Ibrahimovic, puis de Lionel
Messi en 2023. Elle a attiré
11,2 millions de spectateurs
en 2025 (8,39 millions pour
la Ligue 1 sur la saison 2025-
2026, ndlr), mais ses fans restent
davantage attirés par les
grands clubs européens que
par leur propre ligue, et les
communautés immigrées
continuent de se tourner en
priorité vers leur pays d’origine.
La Lettre de l’économie du sport
est éditée par
GROUPE SPORT.FR SA
BP 40077
66050 PERPIGNAN CEDEX
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Disponible uniquement sur abonnement
Directeur de la publication :
David Tomaszek
Rédacteur en chef :
Emmanuel Frattali
Suite page 2
Dépôt légal à parution
ISSN 0767-9769
Imprimerie Domenica Media / Espagne
Hebdo
N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026
La Coupe du monde face à l’indifférence américaine
et à l’attentisme français
Suite de la page 1
Une précédente enquête Pew,
menée en 2023, rappelait à ce
sujet que 53 % des adultes
américains désignaient le
football américain comme
leur sport roi, quand le soccer
ne recueillait que 3 % des
suffrages.
Les immigrés, premier public
du Mondial sur sol
américain
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
La ventilation du sondage
éclaire mieux la cartographie
réelle du public potentiel.
Cinquante-quatre pour cent
des immigrés déclarent vouloir
suivre le Mondial, contre
seulement 23 % des personnes
nées aux États-Unis.
Un écart qui dit long sur les
difficultés structurelles du
football à pénétrer la culture
sportive locale. Parmi les
communautés immigrées, les
Asiatiques (44 %) et les
Hispaniques (42 %) affichent
l’intérêt le plus prononcé. Ce
clivage n’est pas sans conséquences
pour les annonceurs
engagés sur la compétition :
la communauté latino-américaine,
qui représente environ
20 % de la population américaine,
oriente également les
pronostics sur le vainqueur
final. L’Espagne arrive en
tête (9 %), devant
l’Argentine, tenante du titre,
et le Brésil (8 % chacun).
L’équipe de France, vicechampionne
du monde en
quête d’une troisième étoile,
et les États-Unis se situent à
égalité (7 % chacun), devant
l’Allemagne et le Mexique.
En France, un intérêt réel
mais une euphorie encore
absente
De l’autre côté de
l’Atlantique, le tableau est
plus favorable sans être franchement
enthousiasmant non
plus. Selon une étude Ipsos
BVA, un Français sur deux
déclare avoir l’intention de
suivre la Coupe du monde
2026. Le détail des motivations
nuance toutefois ce
chiffre : 23 % des sondés
évoquent une véritable passion
pour le football, tandis
que 27 % s’appuient davantage
sur la curiosité ou l’envie
de partager l’ambiance
collective. L’impatience reste
contenue : seuls 12 % des
Français se disent « très impatients
» et 22 % « plutôt
impatients », quand 66 %
n’expriment pas encore de
véritable excitation à l’approche
du tournoi. Pour les
amateurs de football français,
les Bleus s’imposent néanmoins
comme les grands favoris
: 38 % les voient décrocher
une troisième étoile
mondiale, loin devant
l’Espagne (11 %) et le Brésil
(6 %). Sur le parcours attendu,
les projections restent
équilibrées, 18 % anticipant
une finale, 18 % une demi-finale
et 16 % un quart de finale,
seuls 3 % envisageant
une élimination dès la phase
de groupes. Un optimisme
prudent qui reflète assez bien
le rapport ambigu de la
France au Mondial 2026 :
conquise d’avance sur son
équipe, bien moins certaine
de l’être sur la compétition
elle-même.
Suivez la Coupe du monde en direct sur Sport.fr
SPORT.FR/TAG/COUPE-DU-MONDE-2026
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International
N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026
Quand les fraudeurs s’emparent de l’économie du
plus grand événement sportif mondial
Les autorités des trois pays hôtes de la Coupe du monde 2026 multiplient les alertes face à une vague de fraudes d’une
ampleur inédite. Derrière les faux billets et les sites clonés, une réalité s’impose : les grands événements sportifs
génèrent une économie parallèle qu’aucun acteur de l’écosystème ne peut plus esquiver.
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
vant même le coup
d’envoi, cette édition
XXL à 104
matchs produit une économie
souterraine dont l’ampleur
révèle une bascule
qualitative. Les fraudes ne
constituent plus une nuisance
périphérique : elles
dessinent, selon les spécialistes,
une nouvelle norme
pour les événements de cette
envergure.
Quand la taille de l’événement
amplifie la vulnérabilité
Le FBI a alerté contre une
trentaine de sites internet
(portant des noms de domaine
tels que « fifaticket.live
» ou « fifaworldcup26.sale
») conçus pour
imiter le site officiel
fifa.com afin de récupérer
les données personnelles des
internautes ou de leur vendre
de faux billets. L’entreprise
de cybersécurité singapourienne
Group-IB a mis en
évidence une fraude bien
plus vaste encore : plus de
4.300 noms de domaines
frauduleux prétendant être
affiliés à la FIFA ont été enregistrés,
dont 300 seraient
exploités par un même acteur
basé en Chine. Une partie
de ces sites reste pour
l’heure inactive, programmée
pour entrer en fonctionnement
à l’approche des
matchs à plus forte valeur
symbolique et commerciale.
Ce déploiement anticipé révèle
une professionnalisation
des réseaux frauduleux
qui dépasse toute improvisation.
« Les arnaqueurs exploitent
l’enthousiasme des
supporters, la disponibilité
limitée des billets et la peur
de rater quelque chose, sachant
que les gens peuvent
baisser leur garde quand
une opportunité semble
unique ou limitée dans le
temps », analyse Justin
Miller, professeur à
l’Université de Tulsa. Les
cybercriminels ciblent précisément
les événements qui
combinent visibilité mondiale,
flux financiers massifs
et sentiment d’urgence. La
Coupe du monde se situe,
selon ce même expert, « à
l’intersection » de ces trois
facteurs.
Des vecteurs qui
débordent la billetterie
La sophistication des dispositifs
frauduleux va au-delà
de la simple réplique visuelle.
Les interfaces clonées
reproduisent les logos
officiels de la FIFA et de son
partenaire de paiement Visa,
proposant une expérience de
navigation complète jusqu’à
l’étape de paiement. Des dizaines
de publicités
Facebook (désormais inactives)
ont été recensées dans
plusieurs langues, redirigeant
vers de fausses ventes
de billets. L’entreprise roumaine
Bitdefender a, de son
côté, identifié 55 campagnes
publicitaires frauduleuses
liées au football sur les plateformes
de Meta, ciblant notamment
de faux objets de
collection et produits dérivés.
Meta a déployé des fenêtres
d’avertissement sur
Facebook pour les recherches
de billets et démantelé
un réseau lié à de faux
sites de la FIFA promouvant
de faux jeux d’argent. Les
autorités des trois pays hôtes
appellent les fans à s’approvisionner
auprès de fournisseurs
authentifiés et à vérifier
systématiquement les
adresses Internet.
La fraude déborde également
sur l’économie physique.
La police de Toronto a
annoncé la saisie de plus de
16.000 faux maillots et drapeaux,
ainsi que de deux trophées
contrefaits. D’autres
dispositifs ciblent les chercheurs
d’emploi en usurpant
l’identité de membres du
personnel officiel, dont les
noms et photos sont prélevés
sur LinkedIn. « Quelqu’un
utilise frauduleusement mon
nom et ma photo », a publié
en avril un collaborateur de
l’organisation sur ce réseau
professionnel.
L’infrastructure de
confiance comme matière
première des fraudeurs
Ce que révèle cette multiplication
des vecteurs, c’est
une logique de parasitisme
systématique de la valeur
construite par les grands
événements. La légitimité
institutionnelle de la FIFA,
son identité visuelle : chacun
de ces actifs communicationnels
devient un levier
d’exploitation. « Il est plus
facile de gagner la
confiance (des gens) que de
percer les systèmes de sécurité
» des instances officielles,
résume Justin Miller.
Plus un événement investit
dans sa marque et son écosystème
partenarial, plus il
leur fournit un substrat crédible.
La gestion du risque frauduleux
fait désormais partie intégrante
de l’ingénierie économique
de tout événement
mondial. Le risque n’est pas
une anomalie du système. Il
en est une composante.
Et retrouvez toute l’actualité économique de la Coupe du monde
sur PRO.SPORT.FR/TAG/COUPE-DU-MONDE-2026
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International
N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
Le football est-il devenu incompatible
avec ses ambitions climatiques ?
Avec 48 équipes réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, la Coupe du
monde 2026 promet des recettes record pour la FIFA. Mais derrière cette expansion
économique se profile un coût environnemental inédit qui interroge la capacité du
football mondial à concilier croissance et responsabilité climatique.
a Coupe du monde
2026 est déjà présentée
comme celle de
tous les superlatifs. Plus de
nations participantes, davantage
de matches, trois pays
hôtes et seize villes organisatrices.
Pourtant, une autre
réalité s’impose : celle d’une
empreinte carbone qui devrait
faire de cette édition, la
plus polluante de l’histoire
du football. Pour la première
fois, la question n’est plus
seulement de savoir comment
le football peut réduire
son impact environnemental.
Elle consiste à déterminer si
le modèle même de croissance
adopté par ses instances
dirigeantes demeure
compatible avec les engagements
climatiques qu’elles
revendiquent pourtant.
Une expansion qui alourdit
mécaniquement le bilan
carbone
Les critiques adressées au
Mondial 2022 au Qatar
s’étaient concentrées sur les
stades climatisés construits
dans un environnement désertique
et pour un héritage
discutable. Quatre ans plus
tard, le problème change de
nature. Il ne concerne plus
les infrastructures, qui existaient
déjà, mais les déplacements.
Selon une étude de l’organisation
britannique Scientists
for Global Responsibility, la
Coupe du monde 2026 pourrait
générer près de 9 millions
de tonnes de CO2, dont
7,7 millions liées aux transports.
Ce volume représenterait
plus du double des émissions
attribuées au tournoi qatari !
« Nous nous souvenons des
nombreuses critiques pour la
Coupe du monde au Qatar,
avec ses stades climatisés en
plein désert. Cette nouvelle
édition sera en réalité bien
plus désastreuse pour la planète
», estime Freddie Daley,
chercheur à l’université de
Sussex et membre du réseau
Cool Down.
Le changement de format
explique en grande partie
cette situation. Le passage de
32 à 48 équipes accroît mécaniquement
le nombre de
rencontres, tandis que la dispersion
géographique des
sites multiplie les trajets aériens.
Joueurs, délégations,
partenaires, médias et supporters
devront parcourir des
milliers de kilomètres tout au
long de la compétition.
Au moment où de nombreux
secteurs économiques cherchent
à réduire leurs déplacements
et à limiter leurs émissions,
le football international
adopte un modèle inverse
avec davantage de mobilité.
PRO.SPORT.FR
Entre promesses climatiques
et accusations de
greenwashing
Pour Freddie Daley, la responsabilité
ne doit pas être
reportée sur les supporters.
Les choix effectués en amont
conditionnent largement les
comportements individuels.
« La seule responsabilité revient
à la FIFA qui, en choisissant
ce format, oblige le
public à opter pour le transport
le plus polluant qui
soit », affirme-t-il. Les distances
séparant les villes
hôtes rendent en effet l’avion
incontournable. Une situation
qui alimente les critiques
adressées à un modèle d’organisation
privilégiant l’expansion
commerciale à la sobriété
environnementale. La
FIFA n’ignore pas ces critiques.
Mais elle a fait son
choix. Depuis plusieurs années,
l’instance met en avant
ses engagements en matière
de développement durable.
Elle affirme vouloir réduire
de moitié ses émissions d’ici
2030 et atteindre la neutralité
carbone à l’horizon 2040.
L’organisation souligne également
que les stades utilisés
en 2026 existent déjà, limitant
ainsi les émissions liées
à la construction de nouvelles
infrastructures.
Plusieurs initiatives locales
sont mises en avant, comme
l’alimentation en électricité
renouvelable de certains
sites. Mais elle peine à
convaincre. « Ces efforts affichés
sont une goutte d’eau
par rapport à l’ensemble de
leur politique néfaste pour le
climat. Nous sommes dans
un exemple typique de greenwashing
», juge Freddie
Daley. L’écart entre les ambitions
affichées et les décisions
prises nourrit les interrogations.
Le partenariat
conclu avec Aramco, géant
saoudien de l’énergie, a notamment
renforcé les accusations
d’incohérence.
Le dérèglement climatique
rattrape le spectacle
L’autre paradoxe est que le
football pourrait devenir victime
du phénomène auquel il
contribue indirectement.
Une étude publiée par le réseau
scientifique World
Weather Attribution estime
qu’environ un quart des rencontres
du Mondial 2026
pourraient se dérouler dans
des conditions de chaleur et
d’humidité extrêmes. Les
chercheurs alertent sur des
niveaux de température susceptibles
d’affecter la performance
sportive et de créer
des risques sanitaires pour
les joueurs comme pour les
spectateurs. D’un côté donc,
l’économie du sport poursuit
son internationalisation à travers
des événements toujours
plus vastes. De l’autre,
les conséquences du réchauffement
compliquent l’organisation
même de ces compétitions.
Si le football demeure
aujourd’hui l’un des
spectacles les plus puissants
de la planète, rien n’indique
qu’il puisse durablement
s’affranchir des limites que
le climat impose désormais à
l’ensemble des activités humaines.
4
International
N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026
La géographie du tournoi redistribue les cartes des
déplacements
Après un Mondial 2022 au Qatar où l’ensemble des stades était regroupé sur un territoire restreint, l’édition 2026
change radicalement d’échelle. Elle impose une nouvelle équation logistique aux sélections qualifiées. Entre coûts de
transport, fatigue des voyages et répartition des camps de base, toutes les équipes n’abordent pas le tournoi avec les
mêmes contraintes.
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
rganisée entre les
États-Unis, le
Mexique et le
Canada, la compétition se
déploie sur une partie considérable
du continent nordaméricain.
Vancouver, Los
Angeles, Mexico, Miami,
Boston ou Toronto figurent
parmi les villes hôtes, avec
des distances qui se comptent
en milliers de kilomètres.
Cette configuration
pèse sur les budgets des supporters.
Mais au-delà de
l’expérience des fans, c’est
aussi la gestion des déplacements
des sélections qui
s’impose comme une variable
de performance.
Le Mexique avantagé,
Curaçao à l’extrême opposé
La phase de groupes du
Mondial 2026 comprend 72
rencontres disputées par 48
équipes. En additionnant les
trajets entre les camps de
base et les stades des trois
matchs de poule, et en considérant
pour chaque rencontre
un aller-retour calculé
à vol d’oiseau, les écarts apparaissent
considérables.
Parmi les pays engagés, le
Mexique figure dans la situation
la plus favorable.
Installée à Mexico, la sélection
mexicaine disputera
également deux rencontres
dans la capitale. Son unique
déplacement concernera
Guadalajara, située à 920 kilomètres
de Mexico. Une
proximité rare dans une
compétition caractérisée par
l’étendue de son territoire. À
l’autre extrémité du classement
se trouve Curaçao.
Pour sa première participation
à une phase finale de
Coupe du monde, le plus petit
pays jamais qualifié
(156.000 habitants) devra
composer avec une logistique
particulièrement exigeante.
Son camp de base
sera situé à Boca Raton
(Floride), dans le sud-est des
États-Unis. Les Curaciens
devront ensuite rejoindre
Houston (Texas), Kansas
City (Kansas) puis
Philadelphie (Pennsylvanie)
pour leurs trois rencontres de
groupe. Chaque déplacement
dépassera les 3.000 kilomètres
aller-retour. Entre
Des retards considérables en vue à cause d’une météo capricieuse
le 14 et le 25 juin, l’équipe
parcourra au total 10.200 kilomètres
pour affronter
l’Allemagne, l’Équateur et
la Côte d’Ivoire.
Les Bleus parmi les mieux
lotis
L’équipe de France apparaît
au contraire parmi les bénéficiaires
de cette répartition
géographique. Les matchs
des hommes de Didier
Deschamps sont concentrés
sur la côte nord-est des
États-Unis, limitant les
temps de transport pendant
la phase de groupes. Les
Bleus établiront leur camp
de base sur le campus de
Bentley, à Boston
(Massachusetts). Leur premier
rendez-vous les
conduira à New York (État
de New York) face au
Sénégal le 16 juin. Ils rejoindront
ensuite Philadelphie
(Pennsylvanie) pour affronter
l’Irak avant de conclure
leur premier tour contre la
Norvège le 26 juin au
Gillette Stadium de Boston,
situé à seulement 28 kilomètres
de leur camp de base.
Au total, la sélection française
parcourra environ
1.500 kilomètres durant
cette première phase. Cela
représente le huitième total
le plus faible parmi les 48
équipes qualifiées.
Cette géographie du
Mondial 2026 rappelle ainsi
qu’au-delà du tirage au sort
sportif, la localisation des
camps de base et la dispersion
des rencontres constituent
désormais un facteur
de différenciation. Dans un
tournoi qui s’étend sur un
demi-continent, certains participants
devront gérer une
véritable tournée nord-américaine
quand d’autres évolueront
dans un périmètre relativement
restreint. Une différence
invisible sur le terrain
au coup d’envoi, mais
qui accompagne chaque sélection
tout au long de la
compétition.
La Coupe du monde 2026 est déjà la plus longue de l’histoire avec son nouveau format à 48 équipes. Elle pourrait durer encore plus
longtemps que prévu. Les conditions météorologiques compliquées attendues de mi-juin à mi-juillet devraient complexifier la tenue des
matchs, surtout aux États-Unis. Le protocole américain à respecter en cas d’orage prévoit l’arrêt immédiat des rencontres si un éclair ou une
décharge électrique est détecté dans un rayon de 13 km autour du site. Les matchs ne pourront reprendre si aucun coup de foudre n’est signalé
pendant les 30 minutes suivantes. Or, la FIFA ne dispose pas de loi spécifique stipulant la durée minimale d’un report avant qu’un match ne
soit définitivement annulé. Elle préfère évaluer la situation au cas par cas, dans un calendrier surchargé qui ne permet pas vraiment des
reports d’un jour à l’autre. En cas d’orages à répétition, les matchs pourraient ainsi s’éterniser à l’image de ce que le monde du ballon rond
a connu pour la Coupe du monde des clubs à l’été 2025, à la même période de l’année. « C’est une plaisanterie », avait notamment critiqué
l’entraîneur de Chelsea Enzo Maresca, après avoir vécu un match de 4 heures et 38 minutes au total contre Benfica. Plusieurs autres
rencontres avaient été perturbés à l’image d’un Benfica-Auckland de plus de 4 heures. La partie entre les Coréens d’Ulsan et les Sudafricains
du Mamelodi Sundowns s’était arrêtée plus d’une heure, celle entre Pachuca et Salzbourg environ 1h30.
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International
N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026
Comment la FIFA transforme le football en
laboratoire technologique
La FIFA accélère l’intégration de l’intelligence artificielle et de la collecte de données. Derrière la promesse d’un
arbitrage plus fiable et d’une expérience enrichie se joue aussi une bataille économique autour de la valeur du spectacle
produit.
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
e football s’est longtemps
présenté
comme un sport
simple avec des règles universelles.
Pourtant, à mesure
que les enjeux financiers
augmentent, cette simplicité
apparente se heurte à une
exigence croissante de précision,
de transparence et de
divertissement. Lors du
Mondial de la démesure, la
FIFA entend franchir une
nouvelle étape en déployant
un ensemble de technologies
reposant sur l’intelligence
artificielle, la modélisation
3D et l’analyse de données.
« Nous faisons en sorte que
l’innovation profite à
chaque joueur, chaque
équipe et chaque supporter,
partout dans le monde », résumait
le président de la
FIFA, Gianni Infantino, lors
d’une intervention à Las
Vegas en janvier dernier.
Quand le ballon devient
une source de données
L’innovation la plus symbolique
se trouve au cœur
même du jeu. Le ballon officiel
Adidas Trionda embarque
une puce capable
d’enregistrer ses mouvements
à une fréquence de
500 hertz. Autrement dit, le
ballon transmet des informations
500 fois par seconde.
Cette technologie permet
d’identifier le moment exact
où un joueur touche le ballon.
Une donnée essentielle
pour accélérer les décisions
de hors-jeu et renforcer leur
fiabilité. Elle doit aussi
contribuer à détecter certains
contacts litigieux, notamment
les mains ou les situations
pouvant conduire à un
penalty. Le développement
de ces outils répond également
à une réalité économique
: chaque erreur d’arbitrage
peut générer des polémiques
mondiales, amplifiées
par les réseaux sociaux.
Le paradoxe est toutefois
évident. Plus la technologie
réduit l’incertitude, plus elle
risque d’éloigner le football
de l’une de ses dimensions
historiques : l’acceptation de
l’erreur humaine comme
composante du spectacle
sportif.
Des joueurs numérisés
pour assister les arbitres
La FIFA a également créé un
avatar numérique des 1.248
joueurs participant à la compétition.
Associés au système
de hors-jeu semi-automatisé
déjà utilisé lors des
dernières grandes compétitions,
ces avatars doivent faciliter
la compréhension
d’actions complexes ou partiellement
masquées. Mais
leur utilité dépasse largement
le cadre réglementaire.
Les représentations 3D seront
intégrées aux ralentis
proposés aux diffuseurs et
aux spectateurs. Une action
litigieuse pourra ainsi être
reconstruite sous différents
angles.
Ainsi, la donnée devient un
élément central de la narration
du spectacle sportif.
Football AI Pro, ou la démocratisation
de l’analyse
L’autre projet majeur
concerne les équipes ellesmêmes.
Avec Football AI
Pro, la FIFA souhaite mettre
à disposition des 48 sélections
qualifiées un assistant
d’analyse basé sur l’intelligence
artificielle.
L’outil promet de transformer
des données en recommandations
exploitables par
les staffs techniques : résumés
automatiques, analyses
vidéo, représentations graphiques
ou décryptages tactiques.
Les grandes nations
disposent déjà d’équipes
d’analystes et d’outils sophistiqués.
En donnant accès
à des capacités similaires à
l’ensemble des participants,
la FIFA cherche à réduire
certaines asymétries technologiques.
La fédération internationale
prévoit également
d’introduire « Referee
View », un système de captation
assisté par intelligence
artificielle permettant de
produire des images depuis
la perspective de l’arbitre.
L’idée est simple : rapprocher
le spectateur de l’action
au point de lui donner l’impression
d’évoluer au milieu
des joueurs. La logique reste
la même : l’expérience immersive
devient un levier de
différenciation.
Jusqu’où peut aller cette
technologisation ? Le football
affronte aujourd’hui une
concurrence accrue pour
capter l’attention du public.
Jeux vidéo, plateformes de
streaming, contenus courts
sur mobile : toutes les
formes de divertissement se
disputent le temps disponible
des consommateurs.
Dans cet environnement, enrichir
l’expérience de visionnage
apparaît moins comme
un luxe technologique que
comme une nécessité commerciale.
La Coupe du
monde 2026 s’annonce
comme le plus vaste terrain
d’expérimentation jamais
déployé par la FIFA.
Reste une question : ces innovations
améliorent-elles
réellement le sport ou seulement
sa consommation ? La
réponse se situe probablement
entre les deux.
Certaines technologies répondent
à des besoins
concrets de fiabilité et de
performance. D’autres cherchent
surtout à accroître l’attractivité
d’un produit
confronté à une concurrence
croissante pour l’attention
des audiences. Toute la difficulté
consiste à trouver
l’équilibre entre précision
technologique et émotion
sportive. Car si les données
peuvent expliquer le jeu,
elles ne doivent jamais faire
oublier ce qui continue de le
rendre universel : son imprévisibilité.
https://pro.sport.fr/tag/fifa
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Fédérations
N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026
FFF : un budget record de 348 M€ pour 2026-2027
Avant le démarrage de la Coupe du monde, l’Assemblée fédérale de la FFF, réunie le 6 juin à Ajaccio (Corse-du-Sud),
a adopté un budget 2026-2027 de 348 M€, franchissant pour la première fois le seuil des 300 M€. Adossé à 161 M€ de
partenariats pluriannuels et à une allocation de 140 M€ en faveur du football amateur, ce budget pose les fondations
d’un nouveau cycle.
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
e seuil était symbolique,
l’événement
l’est tout autant.
L’Assemblée fédérale de la
Fédération Française de
Football (FFF) adopte à
84,66 % des voix un budget
2026-2027 de 348 M€. Un
record qui ne tient ni à un résultat
sportif exceptionnel ni
à une conjoncture particulièrement
favorable, mais procède
d’une construction financière
délibérée, articulée
autour de partenariats pluriannuels
et de choix d’allocation
revendiqués. « C’est
un budget exceptionnel, volontariste
et exemplaire », affirme
Philippe Diallo, président
de la FFF, soulignant
qu’il « illustre une FFF responsable,
qui tient le cap et
ses promesses et se donne les
moyens d’agir ».
Partenariats pluriannuels
et hypothèse sportive prudente
Sur les quelque 350 M€ de
recettes prévisionnelles,
161 M€ proviennent de partenariats
pluriannuels, conférant
à la fédération une assise
économique largement découplée
des aléas du calendrier
sportif. La progression
globale atteint près de
40 M€ par rapport à l’exercice
précédent, soit une
hausse de 12 %.
Les projections ont été établies
sur la base d’une participation
de l’équipe de
France au quart de finale de
la Coupe du Monde 2026.
Toute performance supérieure
des Bleus se traduirait
mécaniquement par des recettes
complémentaires non
intégrées aux prévisions actuelles.
140 M€ fléchés vers l’amateur
et la création de la
Ligue 3
De ce budget, 140 M€ sont
fléchés en aides aux clubs
amateurs et aux territoires, à
l’accompagnement de la
Ligue Féminine de Football
Professionnel (LFFP) et à la
création de la Ligue 3.
Cinquante-cinq millions sont
dirigés vers les frais de personnels.
12 M€ iront vers
l’organisation de la Coupe de
France, 88 vers le football
masculin et 25 millions sont
enfin consacrés à l’Euro
Espoirs et au Mondial 2026.
« Non seulement la
Fédération a su sur les deux
derniers exercices être solidaire
avec le football professionnel,
mais son budget record
permet de structurer et
développer la pratique du
football amateur », commente
Philippe Diallo.
Après avoir absorbé une partie
des turbulences du monde
professionnel (les comptes
de l’exercice 2025-2026 qui
seront clos au 30 juin 2026
seront présentés à
l’Assemblée d’hiver prévue
le samedi 12 décembre,
ndlr), la FFF réaffirme sa vocation
première, celle d’un
opérateur du football de
masse comptant 2,4 millions
de licenciés, dont les deux
tiers sont des jeunes âgés de
6 à 18 ans.
La Ligue 3 entre en scène le
8 août
L’autre moment fort de cette
assemblée ajaccienne est la
présentation en détail de la
Ligue 3, premier championnat
professionnel masculin
créé et géré directement par
une fédération nationale. La
compétition, qui se substitue
au National (en place depuis
1993), prend son coup d’envoi
le 8 août prochain avec
18 clubs et 34 journées, pour
un total de 309 rencontres
retransmises par la chaîne
Ligue 1+. Portée par le slogan
"Terrain de rencontres",
le président de la FFF la présente
comme « un projet historique
» appelé à être « un
laboratoire pour l’ensemble
de notre football », répondant
à « une attente, celle
d’un football populaire ».
Guadeloupe, régulation financière
et encadrement
des jeunes
L’assemblée a également
tranché plusieurs dossiers
structurants. En
Guadeloupe, la liquidation
judiciaire de la Ligue
Guadeloupéenne de
Football, prononcée en mars
par le Tribunal judiciaire de
Pointe-à-Pitre à la suite de
graves difficultés financières
et de gouvernance, a conduit
à la création d’une nouvelle
ligue régionale. « La FFF
agit avec un seul objectif :
garantir la continuité, la stabilité
et l’avenir du football
guadeloupéen », affirme
Philippe Diallo qui juge
« regrettable que le plan de
redressement conçu en 2016
n’ait pas été à la hauteur
d’une situation compromise
». Un comité provisoire
assurera la transition jusqu’à
la tenue d’une assemblée
élective.
Sur le plan de la gouvernance
financière,
l’Assemblée adopte l’introduction
d’un ratio minimal
de fonds propres comme critère
d’accession aux championnats
nationaux masculins
seniors (Ligue 3,
National, National 2, D1 et
D2 Futsal) à compter de la
saison 2026-2027, afin d’inciter
les clubs à consolider
leur situation nette avant
toute montée en niveau.
Parallèlement, une résolution
relative à l’encadrement
de la pratique des jeunes est
adoptée à 94,38 % des voix.
Ce plan pluriannuel, dont le
déploiement s’achèvera à
l’horizon 2029-2030, réaffirme
le principe « 1 équipe
= 1 encadrement formé » et
entend professionnaliser
l’accueil dans les 80.000
équipes de jeunes qui évoluent
chaque week-end sur
les terrains de France.
Menée progressivement à
partir de 2026-2027, cette
démarche vise aussi à améliorer
l’accueil des jeunes
pratiquants et la structuration
des clubs, mais aussi à
mieux identifier les encadrants
et mieux suivre leur
parcours et leur évolution.
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