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N°1700 vendredi 12 juin 2026

La Coupe du monde face à l’indifférence

américaine et à l’attentisme français

Avant le coup d’envoi d’une édition record (48 équipes, 104 matchs), deux sondages dressent un portrait nuancé des

publics qui feront, ou non, le succès de la Coupe du monde 2026 (11 juin-19 juillet). Aux États-Unis comme en France,

l’engouement reste bien en deçà des ambitions des partenaires et diffuseurs engagés sur la compétition.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

e chiffre est préoccupant

pour un pays coorganisateur

: selon

une enquête auprès de 3.507

adultes par le Pew Research

Center, publiée neuf jours

avant le début du tournoi,

66 % des Américains déclarent

qu’ils ne suivront pas ou

peu la Coupe du monde

2026. Seuls 28 % affirment

avoir l’intention de suivre la

Sommaire

compétition, et à peine 14 %

s’y disent vraiment intéressés.

Pew prend soin de souligner

que les réponses sont

susceptibles d’avoir évolué

depuis la réalisation de l’enquête,

menée en mars, soit

avant le véritable démarrage

médiatique du tournoi.

Toutefois, la portée de ce

désintérêt est d’autant plus

éloquente que le « soccer »

est pourtant le sport le plus

populaire chez les jeunes. La

preuve que la conversion des

générations montantes ne se

répercute pas encore sur les

habitudes de consommation

des adultes. Le paradoxe ne

s’arrête pas là : les États-Unis

accueillent l’édition la plus

ambitieuse de l’histoire du

tournoi et portaient, avec le

Canada et le Mexique, l’es-

International

Quand les fraudeurs s’emparent de l’économie du plus grand événement sportif mondial.............3

Le football est-il devenu incompatible avec ses ambitions climatiques ? ...............................4

La géographie du tournoi redistribue les cartes des déplacements ..........................................5

Comment la FIFA transforme le football en laboratoire technologique ..................................6

Fédérations

FFF : un budget record de 348 M€ pour 2026-2027...............................................................7

PRO.SPORT.FR

poir de convertir définitivement

la première puissance

économique mondiale au

football. Ce n’est pas faute

d’y avoir investi. La Major

League Soccer (MLS), créée

en 1995 dans la foulée de la

Coupe du monde 1994 disputée

sur sol américain, a

longtemps végété avant de

connaître un essor il y a une

dizaine d’années grâce à l’arrivée

successive de David

Beckham, Zlatan

Ibrahimovic, puis de Lionel

Messi en 2023. Elle a attiré

11,2 millions de spectateurs

en 2025 (8,39 millions pour

la Ligue 1 sur la saison 2025-

2026, ndlr), mais ses fans restent

davantage attirés par les

grands clubs européens que

par leur propre ligue, et les

communautés immigrées

continuent de se tourner en

priorité vers leur pays d’origine.

La Lettre de l’économie du sport

est éditée par

GROUPE SPORT.FR SA

BP 40077

66050 PERPIGNAN CEDEX

E-mail : sport@sport.fr

Service abonnements

Tél. 09 70 40 65 15

E-mail : commercial@sport.fr

Disponible uniquement sur abonnement

Directeur de la publication :

David Tomaszek

Rédacteur en chef :

Emmanuel Frattali

Suite page 2

Dépôt légal à parution

ISSN 0767-9769

Imprimerie Domenica Media / Espagne


Hebdo

N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026

La Coupe du monde face à l’indifférence américaine

et à l’attentisme français

Suite de la page 1

Une précédente enquête Pew,

menée en 2023, rappelait à ce

sujet que 53 % des adultes

américains désignaient le

football américain comme

leur sport roi, quand le soccer

ne recueillait que 3 % des

suffrages.

Les immigrés, premier public

du Mondial sur sol

américain

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

La ventilation du sondage

éclaire mieux la cartographie

réelle du public potentiel.

Cinquante-quatre pour cent

des immigrés déclarent vouloir

suivre le Mondial, contre

seulement 23 % des personnes

nées aux États-Unis.

Un écart qui dit long sur les

difficultés structurelles du

football à pénétrer la culture

sportive locale. Parmi les

communautés immigrées, les

Asiatiques (44 %) et les

Hispaniques (42 %) affichent

l’intérêt le plus prononcé. Ce

clivage n’est pas sans conséquences

pour les annonceurs

engagés sur la compétition :

la communauté latino-américaine,

qui représente environ

20 % de la population américaine,

oriente également les

pronostics sur le vainqueur

final. L’Espagne arrive en

tête (9 %), devant

l’Argentine, tenante du titre,

et le Brésil (8 % chacun).

L’équipe de France, vicechampionne

du monde en

quête d’une troisième étoile,

et les États-Unis se situent à

égalité (7 % chacun), devant

l’Allemagne et le Mexique.

En France, un intérêt réel

mais une euphorie encore

absente

De l’autre côté de

l’Atlantique, le tableau est

plus favorable sans être franchement

enthousiasmant non

plus. Selon une étude Ipsos

BVA, un Français sur deux

déclare avoir l’intention de

suivre la Coupe du monde

2026. Le détail des motivations

nuance toutefois ce

chiffre : 23 % des sondés

évoquent une véritable passion

pour le football, tandis

que 27 % s’appuient davantage

sur la curiosité ou l’envie

de partager l’ambiance

collective. L’impatience reste

contenue : seuls 12 % des

Français se disent « très impatients

» et 22 % « plutôt

impatients », quand 66 %

n’expriment pas encore de

véritable excitation à l’approche

du tournoi. Pour les

amateurs de football français,

les Bleus s’imposent néanmoins

comme les grands favoris

: 38 % les voient décrocher

une troisième étoile

mondiale, loin devant

l’Espagne (11 %) et le Brésil

(6 %). Sur le parcours attendu,

les projections restent

équilibrées, 18 % anticipant

une finale, 18 % une demi-finale

et 16 % un quart de finale,

seuls 3 % envisageant

une élimination dès la phase

de groupes. Un optimisme

prudent qui reflète assez bien

le rapport ambigu de la

France au Mondial 2026 :

conquise d’avance sur son

équipe, bien moins certaine

de l’être sur la compétition

elle-même.

Suivez la Coupe du monde en direct sur Sport.fr

SPORT.FR/TAG/COUPE-DU-MONDE-2026

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International

N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026

Quand les fraudeurs s’emparent de l’économie du

plus grand événement sportif mondial

Les autorités des trois pays hôtes de la Coupe du monde 2026 multiplient les alertes face à une vague de fraudes d’une

ampleur inédite. Derrière les faux billets et les sites clonés, une réalité s’impose : les grands événements sportifs

génèrent une économie parallèle qu’aucun acteur de l’écosystème ne peut plus esquiver.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

vant même le coup

d’envoi, cette édition

XXL à 104

matchs produit une économie

souterraine dont l’ampleur

révèle une bascule

qualitative. Les fraudes ne

constituent plus une nuisance

périphérique : elles

dessinent, selon les spécialistes,

une nouvelle norme

pour les événements de cette

envergure.

Quand la taille de l’événement

amplifie la vulnérabilité

Le FBI a alerté contre une

trentaine de sites internet

(portant des noms de domaine

tels que « fifaticket.live

» ou « fifaworldcup26.sale

») conçus pour

imiter le site officiel

fifa.com afin de récupérer

les données personnelles des

internautes ou de leur vendre

de faux billets. L’entreprise

de cybersécurité singapourienne

Group-IB a mis en

évidence une fraude bien

plus vaste encore : plus de

4.300 noms de domaines

frauduleux prétendant être

affiliés à la FIFA ont été enregistrés,

dont 300 seraient

exploités par un même acteur

basé en Chine. Une partie

de ces sites reste pour

l’heure inactive, programmée

pour entrer en fonctionnement

à l’approche des

matchs à plus forte valeur

symbolique et commerciale.

Ce déploiement anticipé révèle

une professionnalisation

des réseaux frauduleux

qui dépasse toute improvisation.

« Les arnaqueurs exploitent

l’enthousiasme des

supporters, la disponibilité

limitée des billets et la peur

de rater quelque chose, sachant

que les gens peuvent

baisser leur garde quand

une opportunité semble

unique ou limitée dans le

temps », analyse Justin

Miller, professeur à

l’Université de Tulsa. Les

cybercriminels ciblent précisément

les événements qui

combinent visibilité mondiale,

flux financiers massifs

et sentiment d’urgence. La

Coupe du monde se situe,

selon ce même expert, « à

l’intersection » de ces trois

facteurs.

Des vecteurs qui

débordent la billetterie

La sophistication des dispositifs

frauduleux va au-delà

de la simple réplique visuelle.

Les interfaces clonées

reproduisent les logos

officiels de la FIFA et de son

partenaire de paiement Visa,

proposant une expérience de

navigation complète jusqu’à

l’étape de paiement. Des dizaines

de publicités

Facebook (désormais inactives)

ont été recensées dans

plusieurs langues, redirigeant

vers de fausses ventes

de billets. L’entreprise roumaine

Bitdefender a, de son

côté, identifié 55 campagnes

publicitaires frauduleuses

liées au football sur les plateformes

de Meta, ciblant notamment

de faux objets de

collection et produits dérivés.

Meta a déployé des fenêtres

d’avertissement sur

Facebook pour les recherches

de billets et démantelé

un réseau lié à de faux

sites de la FIFA promouvant

de faux jeux d’argent. Les

autorités des trois pays hôtes

appellent les fans à s’approvisionner

auprès de fournisseurs

authentifiés et à vérifier

systématiquement les

adresses Internet.

La fraude déborde également

sur l’économie physique.

La police de Toronto a

annoncé la saisie de plus de

16.000 faux maillots et drapeaux,

ainsi que de deux trophées

contrefaits. D’autres

dispositifs ciblent les chercheurs

d’emploi en usurpant

l’identité de membres du

personnel officiel, dont les

noms et photos sont prélevés

sur LinkedIn. « Quelqu’un

utilise frauduleusement mon

nom et ma photo », a publié

en avril un collaborateur de

l’organisation sur ce réseau

professionnel.

L’infrastructure de

confiance comme matière

première des fraudeurs

Ce que révèle cette multiplication

des vecteurs, c’est

une logique de parasitisme

systématique de la valeur

construite par les grands

événements. La légitimité

institutionnelle de la FIFA,

son identité visuelle : chacun

de ces actifs communicationnels

devient un levier

d’exploitation. « Il est plus

facile de gagner la

confiance (des gens) que de

percer les systèmes de sécurité

» des instances officielles,

résume Justin Miller.

Plus un événement investit

dans sa marque et son écosystème

partenarial, plus il

leur fournit un substrat crédible.

La gestion du risque frauduleux

fait désormais partie intégrante

de l’ingénierie économique

de tout événement

mondial. Le risque n’est pas

une anomalie du système. Il

en est une composante.

Et retrouvez toute l’actualité économique de la Coupe du monde

sur PRO.SPORT.FR/TAG/COUPE-DU-MONDE-2026

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International

N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

Le football est-il devenu incompatible

avec ses ambitions climatiques ?

Avec 48 équipes réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, la Coupe du

monde 2026 promet des recettes record pour la FIFA. Mais derrière cette expansion

économique se profile un coût environnemental inédit qui interroge la capacité du

football mondial à concilier croissance et responsabilité climatique.

a Coupe du monde

2026 est déjà présentée

comme celle de

tous les superlatifs. Plus de

nations participantes, davantage

de matches, trois pays

hôtes et seize villes organisatrices.

Pourtant, une autre

réalité s’impose : celle d’une

empreinte carbone qui devrait

faire de cette édition, la

plus polluante de l’histoire

du football. Pour la première

fois, la question n’est plus

seulement de savoir comment

le football peut réduire

son impact environnemental.

Elle consiste à déterminer si

le modèle même de croissance

adopté par ses instances

dirigeantes demeure

compatible avec les engagements

climatiques qu’elles

revendiquent pourtant.

Une expansion qui alourdit

mécaniquement le bilan

carbone

Les critiques adressées au

Mondial 2022 au Qatar

s’étaient concentrées sur les

stades climatisés construits

dans un environnement désertique

et pour un héritage

discutable. Quatre ans plus

tard, le problème change de

nature. Il ne concerne plus

les infrastructures, qui existaient

déjà, mais les déplacements.

Selon une étude de l’organisation

britannique Scientists

for Global Responsibility, la

Coupe du monde 2026 pourrait

générer près de 9 millions

de tonnes de CO2, dont

7,7 millions liées aux transports.

Ce volume représenterait

plus du double des émissions

attribuées au tournoi qatari !

« Nous nous souvenons des

nombreuses critiques pour la

Coupe du monde au Qatar,

avec ses stades climatisés en

plein désert. Cette nouvelle

édition sera en réalité bien

plus désastreuse pour la planète

», estime Freddie Daley,

chercheur à l’université de

Sussex et membre du réseau

Cool Down.

Le changement de format

explique en grande partie

cette situation. Le passage de

32 à 48 équipes accroît mécaniquement

le nombre de

rencontres, tandis que la dispersion

géographique des

sites multiplie les trajets aériens.

Joueurs, délégations,

partenaires, médias et supporters

devront parcourir des

milliers de kilomètres tout au

long de la compétition.

Au moment où de nombreux

secteurs économiques cherchent

à réduire leurs déplacements

et à limiter leurs émissions,

le football international

adopte un modèle inverse

avec davantage de mobilité.

PRO.SPORT.FR

Entre promesses climatiques

et accusations de

greenwashing

Pour Freddie Daley, la responsabilité

ne doit pas être

reportée sur les supporters.

Les choix effectués en amont

conditionnent largement les

comportements individuels.

« La seule responsabilité revient

à la FIFA qui, en choisissant

ce format, oblige le

public à opter pour le transport

le plus polluant qui

soit », affirme-t-il. Les distances

séparant les villes

hôtes rendent en effet l’avion

incontournable. Une situation

qui alimente les critiques

adressées à un modèle d’organisation

privilégiant l’expansion

commerciale à la sobriété

environnementale. La

FIFA n’ignore pas ces critiques.

Mais elle a fait son

choix. Depuis plusieurs années,

l’instance met en avant

ses engagements en matière

de développement durable.

Elle affirme vouloir réduire

de moitié ses émissions d’ici

2030 et atteindre la neutralité

carbone à l’horizon 2040.

L’organisation souligne également

que les stades utilisés

en 2026 existent déjà, limitant

ainsi les émissions liées

à la construction de nouvelles

infrastructures.

Plusieurs initiatives locales

sont mises en avant, comme

l’alimentation en électricité

renouvelable de certains

sites. Mais elle peine à

convaincre. « Ces efforts affichés

sont une goutte d’eau

par rapport à l’ensemble de

leur politique néfaste pour le

climat. Nous sommes dans

un exemple typique de greenwashing

», juge Freddie

Daley. L’écart entre les ambitions

affichées et les décisions

prises nourrit les interrogations.

Le partenariat

conclu avec Aramco, géant

saoudien de l’énergie, a notamment

renforcé les accusations

d’incohérence.

Le dérèglement climatique

rattrape le spectacle

L’autre paradoxe est que le

football pourrait devenir victime

du phénomène auquel il

contribue indirectement.

Une étude publiée par le réseau

scientifique World

Weather Attribution estime

qu’environ un quart des rencontres

du Mondial 2026

pourraient se dérouler dans

des conditions de chaleur et

d’humidité extrêmes. Les

chercheurs alertent sur des

niveaux de température susceptibles

d’affecter la performance

sportive et de créer

des risques sanitaires pour

les joueurs comme pour les

spectateurs. D’un côté donc,

l’économie du sport poursuit

son internationalisation à travers

des événements toujours

plus vastes. De l’autre,

les conséquences du réchauffement

compliquent l’organisation

même de ces compétitions.

Si le football demeure

aujourd’hui l’un des

spectacles les plus puissants

de la planète, rien n’indique

qu’il puisse durablement

s’affranchir des limites que

le climat impose désormais à

l’ensemble des activités humaines.

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International

N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026

La géographie du tournoi redistribue les cartes des

déplacements

Après un Mondial 2022 au Qatar où l’ensemble des stades était regroupé sur un territoire restreint, l’édition 2026

change radicalement d’échelle. Elle impose une nouvelle équation logistique aux sélections qualifiées. Entre coûts de

transport, fatigue des voyages et répartition des camps de base, toutes les équipes n’abordent pas le tournoi avec les

mêmes contraintes.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

rganisée entre les

États-Unis, le

Mexique et le

Canada, la compétition se

déploie sur une partie considérable

du continent nordaméricain.

Vancouver, Los

Angeles, Mexico, Miami,

Boston ou Toronto figurent

parmi les villes hôtes, avec

des distances qui se comptent

en milliers de kilomètres.

Cette configuration

pèse sur les budgets des supporters.

Mais au-delà de

l’expérience des fans, c’est

aussi la gestion des déplacements

des sélections qui

s’impose comme une variable

de performance.

Le Mexique avantagé,

Curaçao à l’extrême opposé

La phase de groupes du

Mondial 2026 comprend 72

rencontres disputées par 48

équipes. En additionnant les

trajets entre les camps de

base et les stades des trois

matchs de poule, et en considérant

pour chaque rencontre

un aller-retour calculé

à vol d’oiseau, les écarts apparaissent

considérables.

Parmi les pays engagés, le

Mexique figure dans la situation

la plus favorable.

Installée à Mexico, la sélection

mexicaine disputera

également deux rencontres

dans la capitale. Son unique

déplacement concernera

Guadalajara, située à 920 kilomètres

de Mexico. Une

proximité rare dans une

compétition caractérisée par

l’étendue de son territoire. À

l’autre extrémité du classement

se trouve Curaçao.

Pour sa première participation

à une phase finale de

Coupe du monde, le plus petit

pays jamais qualifié

(156.000 habitants) devra

composer avec une logistique

particulièrement exigeante.

Son camp de base

sera situé à Boca Raton

(Floride), dans le sud-est des

États-Unis. Les Curaciens

devront ensuite rejoindre

Houston (Texas), Kansas

City (Kansas) puis

Philadelphie (Pennsylvanie)

pour leurs trois rencontres de

groupe. Chaque déplacement

dépassera les 3.000 kilomètres

aller-retour. Entre

Des retards considérables en vue à cause d’une météo capricieuse

le 14 et le 25 juin, l’équipe

parcourra au total 10.200 kilomètres

pour affronter

l’Allemagne, l’Équateur et

la Côte d’Ivoire.

Les Bleus parmi les mieux

lotis

L’équipe de France apparaît

au contraire parmi les bénéficiaires

de cette répartition

géographique. Les matchs

des hommes de Didier

Deschamps sont concentrés

sur la côte nord-est des

États-Unis, limitant les

temps de transport pendant

la phase de groupes. Les

Bleus établiront leur camp

de base sur le campus de

Bentley, à Boston

(Massachusetts). Leur premier

rendez-vous les

conduira à New York (État

de New York) face au

Sénégal le 16 juin. Ils rejoindront

ensuite Philadelphie

(Pennsylvanie) pour affronter

l’Irak avant de conclure

leur premier tour contre la

Norvège le 26 juin au

Gillette Stadium de Boston,

situé à seulement 28 kilomètres

de leur camp de base.

Au total, la sélection française

parcourra environ

1.500 kilomètres durant

cette première phase. Cela

représente le huitième total

le plus faible parmi les 48

équipes qualifiées.

Cette géographie du

Mondial 2026 rappelle ainsi

qu’au-delà du tirage au sort

sportif, la localisation des

camps de base et la dispersion

des rencontres constituent

désormais un facteur

de différenciation. Dans un

tournoi qui s’étend sur un

demi-continent, certains participants

devront gérer une

véritable tournée nord-américaine

quand d’autres évolueront

dans un périmètre relativement

restreint. Une différence

invisible sur le terrain

au coup d’envoi, mais

qui accompagne chaque sélection

tout au long de la

compétition.

La Coupe du monde 2026 est déjà la plus longue de l’histoire avec son nouveau format à 48 équipes. Elle pourrait durer encore plus

longtemps que prévu. Les conditions météorologiques compliquées attendues de mi-juin à mi-juillet devraient complexifier la tenue des

matchs, surtout aux États-Unis. Le protocole américain à respecter en cas d’orage prévoit l’arrêt immédiat des rencontres si un éclair ou une

décharge électrique est détecté dans un rayon de 13 km autour du site. Les matchs ne pourront reprendre si aucun coup de foudre n’est signalé

pendant les 30 minutes suivantes. Or, la FIFA ne dispose pas de loi spécifique stipulant la durée minimale d’un report avant qu’un match ne

soit définitivement annulé. Elle préfère évaluer la situation au cas par cas, dans un calendrier surchargé qui ne permet pas vraiment des

reports d’un jour à l’autre. En cas d’orages à répétition, les matchs pourraient ainsi s’éterniser à l’image de ce que le monde du ballon rond

a connu pour la Coupe du monde des clubs à l’été 2025, à la même période de l’année. « C’est une plaisanterie », avait notamment critiqué

l’entraîneur de Chelsea Enzo Maresca, après avoir vécu un match de 4 heures et 38 minutes au total contre Benfica. Plusieurs autres

rencontres avaient été perturbés à l’image d’un Benfica-Auckland de plus de 4 heures. La partie entre les Coréens d’Ulsan et les Sudafricains

du Mamelodi Sundowns s’était arrêtée plus d’une heure, celle entre Pachuca et Salzbourg environ 1h30.

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International

N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026

Comment la FIFA transforme le football en

laboratoire technologique

La FIFA accélère l’intégration de l’intelligence artificielle et de la collecte de données. Derrière la promesse d’un

arbitrage plus fiable et d’une expérience enrichie se joue aussi une bataille économique autour de la valeur du spectacle

produit.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

e football s’est longtemps

présenté

comme un sport

simple avec des règles universelles.

Pourtant, à mesure

que les enjeux financiers

augmentent, cette simplicité

apparente se heurte à une

exigence croissante de précision,

de transparence et de

divertissement. Lors du

Mondial de la démesure, la

FIFA entend franchir une

nouvelle étape en déployant

un ensemble de technologies

reposant sur l’intelligence

artificielle, la modélisation

3D et l’analyse de données.

« Nous faisons en sorte que

l’innovation profite à

chaque joueur, chaque

équipe et chaque supporter,

partout dans le monde », résumait

le président de la

FIFA, Gianni Infantino, lors

d’une intervention à Las

Vegas en janvier dernier.

Quand le ballon devient

une source de données

L’innovation la plus symbolique

se trouve au cœur

même du jeu. Le ballon officiel

Adidas Trionda embarque

une puce capable

d’enregistrer ses mouvements

à une fréquence de

500 hertz. Autrement dit, le

ballon transmet des informations

500 fois par seconde.

Cette technologie permet

d’identifier le moment exact

où un joueur touche le ballon.

Une donnée essentielle

pour accélérer les décisions

de hors-jeu et renforcer leur

fiabilité. Elle doit aussi

contribuer à détecter certains

contacts litigieux, notamment

les mains ou les situations

pouvant conduire à un

penalty. Le développement

de ces outils répond également

à une réalité économique

: chaque erreur d’arbitrage

peut générer des polémiques

mondiales, amplifiées

par les réseaux sociaux.

Le paradoxe est toutefois

évident. Plus la technologie

réduit l’incertitude, plus elle

risque d’éloigner le football

de l’une de ses dimensions

historiques : l’acceptation de

l’erreur humaine comme

composante du spectacle

sportif.

Des joueurs numérisés

pour assister les arbitres

La FIFA a également créé un

avatar numérique des 1.248

joueurs participant à la compétition.

Associés au système

de hors-jeu semi-automatisé

déjà utilisé lors des

dernières grandes compétitions,

ces avatars doivent faciliter

la compréhension

d’actions complexes ou partiellement

masquées. Mais

leur utilité dépasse largement

le cadre réglementaire.

Les représentations 3D seront

intégrées aux ralentis

proposés aux diffuseurs et

aux spectateurs. Une action

litigieuse pourra ainsi être

reconstruite sous différents

angles.

Ainsi, la donnée devient un

élément central de la narration

du spectacle sportif.

Football AI Pro, ou la démocratisation

de l’analyse

L’autre projet majeur

concerne les équipes ellesmêmes.

Avec Football AI

Pro, la FIFA souhaite mettre

à disposition des 48 sélections

qualifiées un assistant

d’analyse basé sur l’intelligence

artificielle.

L’outil promet de transformer

des données en recommandations

exploitables par

les staffs techniques : résumés

automatiques, analyses

vidéo, représentations graphiques

ou décryptages tactiques.

Les grandes nations

disposent déjà d’équipes

d’analystes et d’outils sophistiqués.

En donnant accès

à des capacités similaires à

l’ensemble des participants,

la FIFA cherche à réduire

certaines asymétries technologiques.

La fédération internationale

prévoit également

d’introduire « Referee

View », un système de captation

assisté par intelligence

artificielle permettant de

produire des images depuis

la perspective de l’arbitre.

L’idée est simple : rapprocher

le spectateur de l’action

au point de lui donner l’impression

d’évoluer au milieu

des joueurs. La logique reste

la même : l’expérience immersive

devient un levier de

différenciation.

Jusqu’où peut aller cette

technologisation ? Le football

affronte aujourd’hui une

concurrence accrue pour

capter l’attention du public.

Jeux vidéo, plateformes de

streaming, contenus courts

sur mobile : toutes les

formes de divertissement se

disputent le temps disponible

des consommateurs.

Dans cet environnement, enrichir

l’expérience de visionnage

apparaît moins comme

un luxe technologique que

comme une nécessité commerciale.

La Coupe du

monde 2026 s’annonce

comme le plus vaste terrain

d’expérimentation jamais

déployé par la FIFA.

Reste une question : ces innovations

améliorent-elles

réellement le sport ou seulement

sa consommation ? La

réponse se situe probablement

entre les deux.

Certaines technologies répondent

à des besoins

concrets de fiabilité et de

performance. D’autres cherchent

surtout à accroître l’attractivité

d’un produit

confronté à une concurrence

croissante pour l’attention

des audiences. Toute la difficulté

consiste à trouver

l’équilibre entre précision

technologique et émotion

sportive. Car si les données

peuvent expliquer le jeu,

elles ne doivent jamais faire

oublier ce qui continue de le

rendre universel : son imprévisibilité.

https://pro.sport.fr/tag/fifa

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Fédérations

N°1700 La Lettre de l’économie du sport vendredi 12 juin 2026

FFF : un budget record de 348 M€ pour 2026-2027

Avant le démarrage de la Coupe du monde, l’Assemblée fédérale de la FFF, réunie le 6 juin à Ajaccio (Corse-du-Sud),

a adopté un budget 2026-2027 de 348 M€, franchissant pour la première fois le seuil des 300 M€. Adossé à 161 M€ de

partenariats pluriannuels et à une allocation de 140 M€ en faveur du football amateur, ce budget pose les fondations

d’un nouveau cycle.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

e seuil était symbolique,

l’événement

l’est tout autant.

L’Assemblée fédérale de la

Fédération Française de

Football (FFF) adopte à

84,66 % des voix un budget

2026-2027 de 348 M€. Un

record qui ne tient ni à un résultat

sportif exceptionnel ni

à une conjoncture particulièrement

favorable, mais procède

d’une construction financière

délibérée, articulée

autour de partenariats pluriannuels

et de choix d’allocation

revendiqués. « C’est

un budget exceptionnel, volontariste

et exemplaire », affirme

Philippe Diallo, président

de la FFF, soulignant

qu’il « illustre une FFF responsable,

qui tient le cap et

ses promesses et se donne les

moyens d’agir ».

Partenariats pluriannuels

et hypothèse sportive prudente

Sur les quelque 350 M€ de

recettes prévisionnelles,

161 M€ proviennent de partenariats

pluriannuels, conférant

à la fédération une assise

économique largement découplée

des aléas du calendrier

sportif. La progression

globale atteint près de

40 M€ par rapport à l’exercice

précédent, soit une

hausse de 12 %.

Les projections ont été établies

sur la base d’une participation

de l’équipe de

France au quart de finale de

la Coupe du Monde 2026.

Toute performance supérieure

des Bleus se traduirait

mécaniquement par des recettes

complémentaires non

intégrées aux prévisions actuelles.

140 M€ fléchés vers l’amateur

et la création de la

Ligue 3

De ce budget, 140 M€ sont

fléchés en aides aux clubs

amateurs et aux territoires, à

l’accompagnement de la

Ligue Féminine de Football

Professionnel (LFFP) et à la

création de la Ligue 3.

Cinquante-cinq millions sont

dirigés vers les frais de personnels.

12 M€ iront vers

l’organisation de la Coupe de

France, 88 vers le football

masculin et 25 millions sont

enfin consacrés à l’Euro

Espoirs et au Mondial 2026.

« Non seulement la

Fédération a su sur les deux

derniers exercices être solidaire

avec le football professionnel,

mais son budget record

permet de structurer et

développer la pratique du

football amateur », commente

Philippe Diallo.

Après avoir absorbé une partie

des turbulences du monde

professionnel (les comptes

de l’exercice 2025-2026 qui

seront clos au 30 juin 2026

seront présentés à

l’Assemblée d’hiver prévue

le samedi 12 décembre,

ndlr), la FFF réaffirme sa vocation

première, celle d’un

opérateur du football de

masse comptant 2,4 millions

de licenciés, dont les deux

tiers sont des jeunes âgés de

6 à 18 ans.

La Ligue 3 entre en scène le

8 août

L’autre moment fort de cette

assemblée ajaccienne est la

présentation en détail de la

Ligue 3, premier championnat

professionnel masculin

créé et géré directement par

une fédération nationale. La

compétition, qui se substitue

au National (en place depuis

1993), prend son coup d’envoi

le 8 août prochain avec

18 clubs et 34 journées, pour

un total de 309 rencontres

retransmises par la chaîne

Ligue 1+. Portée par le slogan

"Terrain de rencontres",

le président de la FFF la présente

comme « un projet historique

» appelé à être « un

laboratoire pour l’ensemble

de notre football », répondant

à « une attente, celle

d’un football populaire ».

Guadeloupe, régulation financière

et encadrement

des jeunes

L’assemblée a également

tranché plusieurs dossiers

structurants. En

Guadeloupe, la liquidation

judiciaire de la Ligue

Guadeloupéenne de

Football, prononcée en mars

par le Tribunal judiciaire de

Pointe-à-Pitre à la suite de

graves difficultés financières

et de gouvernance, a conduit

à la création d’une nouvelle

ligue régionale. « La FFF

agit avec un seul objectif :

garantir la continuité, la stabilité

et l’avenir du football

guadeloupéen », affirme

Philippe Diallo qui juge

« regrettable que le plan de

redressement conçu en 2016

n’ait pas été à la hauteur

d’une situation compromise

». Un comité provisoire

assurera la transition jusqu’à

la tenue d’une assemblée

élective.

Sur le plan de la gouvernance

financière,

l’Assemblée adopte l’introduction

d’un ratio minimal

de fonds propres comme critère

d’accession aux championnats

nationaux masculins

seniors (Ligue 3,

National, National 2, D1 et

D2 Futsal) à compter de la

saison 2026-2027, afin d’inciter

les clubs à consolider

leur situation nette avant

toute montée en niveau.

Parallèlement, une résolution

relative à l’encadrement

de la pratique des jeunes est

adoptée à 94,38 % des voix.

Ce plan pluriannuel, dont le

déploiement s’achèvera à

l’horizon 2029-2030, réaffirme

le principe « 1 équipe

= 1 encadrement formé » et

entend professionnaliser

l’accueil dans les 80.000

équipes de jeunes qui évoluent

chaque week-end sur

les terrains de France.

Menée progressivement à

partir de 2026-2027, cette

démarche vise aussi à améliorer

l’accueil des jeunes

pratiquants et la structuration

des clubs, mais aussi à

mieux identifier les encadrants

et mieux suivre leur

parcours et leur évolution.

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