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LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

SPONSO RIN G.FR

N°650 vendredi 12 juin 2026

La règle du terrain propre, appliquée à la lettre

La Coupe du monde 2026 est la première compétition d’envergure à se dérouler dans des enceintes massivement

commercialisées sous un nom de sponsor, reflet direct de la culture nord-américaine du naming. Confrontée à cette réalité

inédite, la FIFA a exigé, et obtenu, le renommage de 15 de ses 16 stades hôtes pour garantir l’exclusivité de ses partenaires

commerciaux.

amais une Coupe du

monde n'avait réuni autant

de stades dépouillés

du nom de leur annonceur.

Le 11 juin, l'ouverture entre

le Mexique et l'Afrique du

Sud se tient au « Mexico

City Stadium », et non à

l'Estadio Banorte, baptisé

ainsi en 2024 pour financer

une rénovation de 2,1 milliards

de pesos (environ 105

M$). La finale du 19 juillet

se dispute au « New York

New Jersey Stadium », nom

provisoire du MetLife

Stadium de East Rutherford,

dont le contrat de naming a

même expiré en cours d'année

sans être renouvelé.

La FIFA impose le renommage

pour protéger ses

sponsors

Rien de neuf côté règlement,

puisque la FIFA applique depuis

des années une politique

de sites commercialement

neutres, réservant toute

visibilité à ses seuls sponsors

officiels. L'objectif : éviter

qu'une marque non partenaire

profite d'une exposition

mondiale suivie par des

milliards de téléspectateurs.

Ce qui change, c'est l'ampleur

du chantier. Sur les 16

enceintes hôtes réparties

entre États-Unis, Mexique et

Canada, 14 ont dû adopter

un nom générique lié à leur

ville ou leur région : AT&T

Stadium (Arlington) est devenu

« Dallas Stadium »,

Lumen Field « Seattle

Stadium », Levi's Stadium

« San Francisco Bay Area

Stadium ». De quoi mesurer

l'ancrage du naming dans

l'économie nord-américaine,

où NFL, NBA et Liga MX

en font une ressource financière

de premier rang.

Seule exception, BC Place, à

Vancouver : propriété de la

Colombie-Britannique et dépourvue

de contrat privé,

l'enceinte a gardé son nom,

par statut public davantage

que par tolérance négociée.

Le stade Mercedes-Benz

d'Atlanta est un cas à part :

son toit rétractable rendant

impossible l'effacement du

logo sans risque structurel, la

FIFA a toléré une exception

de fait tout en le rebaptisant

« Atlanta Stadium ».

Quand le CIO s'adapte là

où la FIFA résiste

Le contraste avec le Comité

international olympique est

saisissant : pour la première

fois, il a autorisé Los

Angeles 2028 à intégrer des

droits de naming sur ses enceintes.

« Le public connaît

‘Crypto' comme ‘Crypto'. Il

ne le connaît pas comme

‘l'arène de gym downtown'

», défend Casey Wasserman,

patron de LA28. L'argument

n'a pas convaincu la FIFA.

Sa logique reste limpide : ses

sponsors paient une exclusivité

garantie, et offrir la

moindre visibilité à un tiers

reviendrait à brader ce qu'ils

financent. Certains stades

ont mobilisé des équipes entières

dès mai pour masquer

leur signalétique, à l'image

du Gillette Stadium, rebaptisé

« Boston Stadium » le

temps du Mondial.

Le naming est au cœur de

l'économie sportive nordaméricaine.

Pour la FIFA, il

en est aussi l'angle mort

consenti.

Les nouveaux noms des stades pour le Mondial

Stade d’Atlanta (Mercedes-Benz Stadium)

Stade de Boston (Gillette Stadium)

Stade de Dallas (AT & T Stadium)

Stade de Guadalajara (Estadio Akron, Mexique)

Stade de Houston (NRG Stadium)

Stade de Kansas City (Arrowhead Stadium)

Stade de la baie de San Francisco (Levi’s Stadium)

Stade de Los Angeles (SoFi Stadium)

Stade de Mexico (Estadio Azteca, Mexique)

Stade de Miami (Hard Rock Stadium)

Stade de Monterrey (Estadio BBVA, Mexique)

Stade de New York New Jersey (MetLife Stadium)

Stade de Philadelphie (Lincoln Financial Field)

Stade de Seattle (Lumen Field)

Stade de Toronto (BMO Field, Canada)

SPONSORING.FR

Sommaire

Sponsoring

Les Français veulent des partenaires authentiques et cohérents.....................................................2

Quand la marque devient malgré elle un outil d’arnaque .....................................................4

Coupe du monde 2026 : McDonald’s et Intersport, même tournoi, deux paris commerciaux

différents.................................................................................................................................5

Médias

Quand l’audience reste massive, mais que l’attention se redistribue.........................................6

M6 et la Coupe du monde 2026 : 120 M€ investis, des tarifs publicitaires record et un pari

assumé ....................................................................................................................................7

WWW.SPONSORING.FR

La Lettre du Sponsoring

Publication fondée par Bruno Lalande,

David Tomaszek et Emmanuel Frattali

Sponsoring.fr SARL

16, avenue Hoche

75008 PARIS

redaction@sponsoring.fr

Abonnement

Tél. 09 70 40 65 15

www.sponsoring.fr/abonnement/

abonnement@sponsoring.fr

Disponible uniquement sur abonnement

Directeur publication : D. Tomaszek

Rédacteur en chef : Emmanuel Frattali

Dépôt légal à parution

CPPAP 1024T91549

Imprimerie Domenica Media / Espagne


Sponsoring

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°650 La Lettre du Sponsoring vendredi 12 juin 2026

Football

SPONSO RIN G.FR

Les Français veulent des partenaires authentiques

et cohérents

Avant le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 (11 juin-19 juillet), les études convergent pour dresser le portrait

d’une audience française plus réceptive que jamais aux marques associées au Mondial. Derrière des chiffres de

notoriété inédits, le public pose des conditions nouvelles : la sympathie envers les sponsors se mérite, elle ne s’achète

plus.

SPONSORING.FR

Jamais la question n’avait

semblé aussi tranchée. Une

étude exclusive Ipsos

BVA/CB News, présentée

en avril au Sport & Com

Meeting, révèle que 91 %

des futurs spectateurs français

sont capables de citer au

moins un sponsor de la compétition,

à partir d’une liste

proposée. Coca-Cola

(67 %), McDonald’s (59 %)

et Visa (57 %) dominent

l’association directe au

Mondial, tandis qu’Orange

(57 %) et EDF (52 %) arrivent

en tête parmi les partenaires

associés à l’équipe de

France. Plus de neuf supporters

sur dix sont capables de

nommer une marque partenaire

: c’est un score sans

équivalent dans l’histoire récente

du sponsoring sportif

en France. Il reflète l’omniprésence

visuelle d’un programme

commercial FIFA

structuré en deux niveaux

(Partenaires FIFA mondiaux

comme Adidas, Coca-Cola

ou Hyundai-Kia, et Sponsors

Plus tels que McDonald’s,

Lay’s ou Unilever).

De la visibilité à la préférence

: le sponsoring

comme levier de conversion

La notoriété ne résume pourtant

pas tout le tableau.

L’étude Ipsos BVA mesure

aussi l’impact émotionnel

perçu : 56 % des fans estiment

qu’un partenariat avec

la compétition rend une

marque plus sympathique et

54 % qu’il en donne une

bonne image. Le sponsoring

cesse d’être une opération de

présence pour devenir, dans

certains segments, un déterminant

d’achat réel. Ainsi,

47 % affirment qu’une telle

alliance leur ferait préférer la

marque à ses concurrents,

une tendance encore plus

nette chez les moins de 45

ans (63 %). Pour les annonceurs

qui investissent des

budgets significatifs dans le

programme commercial de

la FIFA, ce glissement du

logo vers la préférence

constitue l’argument de retour

sur investissement le

plus solide à faire valoir.

Une autre enquête, publiée

par WPP Media et réalisée

auprès de 1.024 personnes

représentatives des 18-70

ans, vient compléter ce diagnostic

avec une donnée particulièrement

frappante. La

perception négative des

marques associées au

Mondial 2026 s’effondre à

12 %, contre 41 % quatre ans

plus tôt. Plus de la moitié des

futurs spectateurs jugent la

publicité pertinente pendant

l’événement, et près de la

moitié la perçoit comme plus

créative qu’à l’ordinaire.

L’ombre de Doha, qui avait

durablement plombé les activations

sponsor, semble dissipée.

Seuls 13 % des

Français envisagent un boycott,

bien moins qu’avant

l’édition qatarie. Les polémiques

n’ont pourtant pas

manqué d’entourer la préparation

de cette Coupe du

monde en Amérique du

nord, en particulier du côté

des États-Unis.

Ce que les Français attendent

des marques

Ce regain de faveur ne vaut

pourtant pas chèque en

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Sponsoring

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°650 La Lettre du Sponsoring vendredi 12 juin 2026

Football

SPONSO RIN G.FR

blanc. WPP Media révèle

que les Français placent la

transparence (21 %), la cohérence

avec les valeurs de

la marque (21 %) et l’engagement

durable (20 %) en

tête de leurs attentes envers

les sponsors. Côté contenus,

les futurs spectateurs plébiscitent

les formats mettant en

scène les Bleus, l’humour et

les promotions, et 43 % estiment

que les prises de parole

des marques permettent de

découvrir de nouvelles

offres.

Cette exigence d’authenticité

résonne directement

avec ce qu’Aurélie Dyèvre

souligne à l’approche du

tournoi. « Les marques cherchent

aujourd’hui à créer

une relation plus authentique

et personnalisée avec

les fans. Le sponsoring devient

aussi un outil de narration

et d’utilité sociale : les

entreprises doivent démontrer

leurs valeurs et leur sincérité

», souligne la directrice

générale de Sporsora.

Une formulation qui correspond

trait pour trait aux attentes

mesurées par les deux

études.

L’autre variable clé reste le

parcours des Bleus. Selon

WPP Media, 45 % des

Français déclarent que leur

intérêt pour la compétition

augmentera si l’équipe de

France passe les tours. Pour

les marques partenaires de la

FFF, cette corrélation directe

entre performance sportive

et engagement publicitaire

est aussi un risque qu’une

opportunité. Coca-Cola, premier

sponsor identifié (37 %,

+10 points par rapport à

2022) et partenaire de la

FIFA depuis 1978, résumait

cette logique à l’occasion du

lancement de la Tournée du

Trophée : « Le football a une

capacité inégalée à rassembler

les gens, peu importe

d’où ils viennent ou la

langue qu’ils parlent », selon

Mickael Vinet, vice-président

actifs mondiaux, influenceurs

et partenariats de

The Coca-Cola Company.

La réceptivité est là, historique.

La confiance, elle, se

négocie match après match.

Méthodologie : L’étude a été

conduite par Ipsos bva auprès de

328 Français représentatifs de la

population âgée de 18 ans et plus

(critères d’âge, genre et région

UDA9, redressés selon les données

INSEE). Les interviews ont été réalisées

en ligne via le panel propriétaire

Ipsos Real Talk, du 26 mars au

1er avril 2026.

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Suivez la Coupe du monde en direct sur Sport.fr

SPORT.FR/TAG/COUPE-DU-MONDE-2026

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Sponsoring

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°650 La Lettre du Sponsoring vendredi 12 juin 2026

Football

SPONSO RIN G.FR

Quand la marque devient malgré elle un outil

d’arnaque

Au moment précis où les marques partenaires de la Coupe du monde 2026 déploient leurs campagnes commerciales et

attirent des millions de consommateurs vers leurs offres, une étude de la société de cybersécurité Proofpoint révèle

qu’un tiers d’entre elles laissent encore la porte ouverte aux fraudeurs numériques.

SPONSORING.FR

es millions de supporters

qui suivront le

Mondial 2026 depuis

la France ne se contenteront

pas d’allumer leur téléviseur.

Ils achèteront des billets,

compareront des offres promotionnelles,

commanderont

des produits dérivés, réserveront

hôtels et transports.

Cette appétence commerciale

constitue l’argument

premier des partenaires

FIFA pour justifier leurs investissements

dans le programme

commercial de

l’instance. Elle représente

aussi, selon une analyse

conduite en février par

Proofpoint sur 25 domaines

appartenant aux sponsors,

partenaires, fournisseurs et

supporters officiels de la

compétition, une surface

d’attaque considérable. Plus

d’un tiers (36 %) de ces organisations

ne disposent pas

des mesures de sécurité

email suffisantes pour bloquer

activement les messages

frauduleux qui usurpent

leur identité de marque.

Un protocole dont les réglages

font toute la différence

Le protocole au cœur de

l’étude s’appelle DMARC

(Domain-based Message

Authentication, Reporting

and Conformance). Conçu

pour authentifier l’identité

de l’expéditeur avant qu’un

email n’atteigne sa destination,

il comporte trois niveaux

d’application : surveillance,

quarantaine et rejet.

Ce troisième niveau est

le seul qui empêche concrètement

les emails falsifiés

d’atteindre les boîtes de réception.

Or, sur les 25 domaines

analysés, si 24

(96 %) ont bien publié un

enregistrement DMARC à

un niveau de base, seuls 16

d’entre eux (64 %) appliquent

la politique de rejet la

plus stricte. Les huit domaines

restants (32 %) se

contentent d’un paramètre

de surveillance ou d’une application

partielle : ils voient

les tentatives d’usurpation

sans les bloquer. Une différence

de réglage qui, à

l’échelle d’un tournoi mondial,

peut se mesurer en dizaines

de milliers de victimes

potentielles.

Ce constat n’est pas qu’une

affaire de protocole technique.

Les cybercriminels

qui ciblent les grandes compétitions

sportives ne s’attaquent

pas aux réseaux des

marques : ils les contournent

en se faisant passer pour

elles. Un email falsifié au

nom de Coca-Cola proposant

une promotion exclusive,

un message imitant

Visa pour une confirmation

de billet, une offre usurpant

Un club de moins en moins fermé

une compagnie aérienne

partenaire avec un lien de

paiement frauduleux (ces

scénarios constituent la réalité

documentée des arnaques

associées aux grands

événements sportifs).

« Les événements majeurs

comme la Coupe du Monde

de la FIFA génèrent naturellement

un énorme engouement,

qu’il s’agisse de projets

de voyage, d’achats de

billets, d’offres spéciales ou

de produits dérivés.

Malheureusement, cela crée

également des opportunités

pour les fraudeurs de profiter

des supporters », résume

Loïc Guézo, directeur de la

stratégie cybersécurité chez

Proofpoint. Et d’ajouter : «

Sans protections plus robustes

en place, il devient

plus facile pour les criminels

d’usurper l’identité de

marques de confiance et de

tromper les gens pour qu’ils

partagent des informations

personnelles ou effectuent

des paiements pour de

fausses offres. » Pour les annonceurs

qui investissent

dans le Mondial précisément

pour construire ou renforcer

leur capital de marque, l’ironie

est cuisante : un email

frauduleux à leur nom peut

suffire à éroder la confiance

patiemment bâtie.

La FIFA montre l’exemple

La FIFA, qui applique la politique

DMARC la plus

stricte sur son propre domaine,

montre l’exemple là

où une fraction de son écosystème

commercial accuse

du retard. La fenêtre de

risque ne se limite pas à la

durée des 104 matchs : les

semaines de montée en puissance

commerciale qui précèdent

le coup d’envoi

constituent précisément le

moment où les fraudeurs déploient

leurs campagnes,

profitant du flot de communications

légitimes des

marques partenaires pour se

fondre dans le bruit ambiant.

Pour les annonceurs, la cohérence

entre la promesse

commerciale portée par le

sponsoring et la robustesse

technique des infrastructures

email n’est plus optionnelle.

Elle fait désormais partie intégrante

du contrat de

confiance avec le consommateur.

Le ticket d'entrée pour devenir sponsor de la FIFA se monnaie cher : entre 100 et 150 M$ pour quatre

ans. Les revenus marketing de l'organisation sont attendus à 4,6 Md$ sur 2027-2030, en hausse de

61 % par rapport au cycle précédent. Des montants justifiés par l'exclusivité sectorielle. Adidas (ballons

depuis 1970) et Coca-Cola (soda officiel depuis 1978) font figure d'anciens, rejoints par Hyundai-Kia

en 1999 ou Visa en 2007. Car s'en aller, c'est laisser la place à un concurrent : Mastercard a été évincé

au profit de Visa en 2007, au terme d'un litige qui a coûté 90 M$ à la FIFA. Qatar Airways a supplanté

Emirates en 2017, en amont du Mondial 2022. L'invasion de l'Ukraine a mis au ban le russe Gazprom,

remplacé par QatarEnergy, elle-même délogée par la saoudienne Aramco en prévision du Mondial

2034. Reste possible de se faire une place dans de nouvelles catégories, comme le montre l'arrivée

d'ADI Predict Street, plateforme de prédiction propriété des Émirats arabes unis.

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Sponsoring

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°650 La Lettre du Sponsoring vendredi 12 juin 2026

Football

SPONSO RIN G.FR

Coupe du monde 2026 : McDonald’s et Intersport,

même tournoi, deux paris commerciaux différents

McDonald’s, sponsor mondial de la FIFA, et Intersport, distributeur officiel des maillots de l’équipe de France,

s’appuient tous deux sur la Coupe du monde 2026 pour amplifier leurs ventes en France. Derrière des mécaniques

d’activation comparables en apparence, les deux enseignes révèlent des lectures radicalement distinctes de l’événement

et des ambitions qui ne jouent pas dans la même cour.

epuis le 9 juin, deux

jours avant le coup

d'envoi du match

d'ouverture à Mexico, les

restaurants McDonald's français

sont aux couleurs du

Mondial : menus collector,

gobelets (produits par millions

et distribués dans la

quasi-totalité des pays où la

chaîne est présente) à l'effigie

des cinq « légendes emblématiques

du football

mondial » retenues pour l'occasion

(David Beckham,

Ronaldinho, Lamine Yamal,

Son Heung-min et le

Français Thierry Henry), peluches

Squishmallows en

maillots de quinze équipes

nationales pour les Happy

Meals. Le 11 juin, Intersport

inaugure son pop-up store

sous la Canopée des Halles à

Paris, avec terrain de football

indoor, animations et boutique

dédiée aux Bleus pour

trois semaines. Une première

pour l'enseigne. Même tournoi,

même public, mais deux

périmètres qui ne se recoupent

qu'en surface.

Deux niveaux de droits,

deux lectures commerciales

de l'événement

La différence commence par

la structure des contrats.

McDonald's est Sponsor de

la Coupe du monde 2026, ce

qui lui ouvre des droits mondiaux

sur les actifs visuels

officiels de la compétition.

Intersport, distributeur officiel

des maillots des Bleus,

opère sur un périmètre national,

lié à la FFF. Pour la coopérative

de Longjumeau

(Essonne), qui revendique

56 % de part de marché sur

le segment football en

France, l'événement est

avant tout un multiplicateur

de volumes. « Ce sport, c'est

environ 10 % de notre chiffre

d'affaires. C'était important

de faire cet investissement »,

explique Gérard Leclerc,

président du groupement

Intersport France. L'enseigne

a constitué un stock de

180.000 maillots des Bleus

(en vente depuis le 25 mars,

ndlr) et espère voir ses ventes

football progresser de 10 à

15 % sur 2026. La mécanique

est directe : chaque

tour supplémentaire des

Bleus prolonge la résonance

de l'activation.

Pour McDonald's, la temporalité

est autre. La France est

le deuxième marché mondial

de la chaîne après les États-

Unis, et l'événement y est

d'abord une opportunité transactionnelle

récurrente. Les

soirs de match génèrent déjà

une dynamique documentée.

« Les soirs de matchs s'accompagnent

systématiquement

d'une augmentation visible

de notre activité par

rapport à une soirée classique,

notamment sur les

commandes en livraison depuis

notre application

McDo +. Nous observons

par exemple une hausse de

7 % des ventes des menus

Golden Ligue 1 lors de ces

soirées », indique Eloi de la

Celle, directeur communication

France de McDonald's,

partenaire titre de la Ligue 1.

Le gobelet collector ajoute

une dimension symbolique :

objet de masse conçu pour

s'inscrire dans la mémoire

collective d'un événement

planétaire.

Pouvoir d'achat contre positionnement

concurrentiel

Les résistances divergent

tout autant. McDonald's affronte

une concurrence directe

sur les soirées de

match. « Le produit le plus livré

dans ces moments-là, ce

n'est pas le hamburger mais

la pizza et de loin », analyse

Bernard Boutboul, président

de Gira, cabinet spécialisé

dans la restauration. La réponse

de l'enseigne est chiffrée,

avec des tarifs abaissés.

La Coupe du monde sert

aussi à consolider une légitimité

sportive disputée : le

partenariat FIFA « est la prolongation

de notre engagement

au quotidien, comme

sponsor de milliers de clubs

amateurs », assume Eloi de

la Celle. Intersport, lui, joue

sa place de leader face à

Decathlon. Avec un chiffre

d'affaires 2025 de 3,91 Md€

contre 4,84 Md€, la coopérative

cherche à creuser son

avantage là où Decathlon,

généraliste distribuant ses

propres marques à 80 %, ne

peut l'égaler : la profondeur

de gamme sur les grandes

marques internationales. Le

pop-up parisien en est la démonstration.

Au fond, les deux enseignes

utilisent la Coupe du monde

2026 comme accélérateur,

mais sur des horizons très

différents. McDonald's vise

la transaction immédiate et la

consolidation d'image à

l'échelle mondiale. Intersport

construit sur cet élan une ambition

européenne : « Nous

visons 500 millions supplémentaires

d'ici 2030 sur trois

pays [Espagne, Portugal,

Belgique], avec 80 magasins,

soit 20 par an », précise

Gérard Leclerc. Même tournoi.

Deux temps de jeu.

SPONSORING.FR

En bref

Les cabines Photomaton aux couleurs des Bleus. Photomaton déploie depuis le 12 mai une expérience dédiée à l’équipe de France

dans 6.000 cabines photo et 4.000 kiosques d’impression. La marque a signé une licence officielle avec la Fédération française de football

(FFF). Concrètement, les utilisateurs pourront réaliser des photos avec des templates inspirés de l’univers des Bleus, dans différents styles

graphiques. La marque veut aussi proposer une expérience plus immersive, avec des mises en scène inspirées des vestiaires, du terrain ou

encore de l’environnement des joueurs.

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Médias

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°650 La Lettre du Sponsoring vendredi 12 juin 2026

SPONSO RIN G.FR

Quand l’audience reste massive, mais

que l’attention se redistribue

La Coupe du monde 2026 génère en France une audience cumulée estimée à plus de 5

milliards d’heures de visionnage. Mais selon l’étude Sports Fandom 2026 de The Trade

Desk, réalisée dans six marchés européens auprès de 2 800 répondants, cette masse

d’audience ne converge plus vers un seul écran : les annonceurs qui s’en tiennent à la

seule diffusion TV ne captent qu’une fraction de la valeur publicitaire que l’événement

produit réellement.

remière donnée de

l'étude : 54 % des

Français suivront la

Coupe du monde 2026, dont

29 % qui ne sont pas des

fans réguliers de sport. La

compétition garde ce pouvoir

de mobiliser au-delà de

son audience habituelle, dernier

événement capable de

réunir des dizaines de millions

de personnes. Plus

frappant encore, 72 % des

spectateurs français déclarent

qu'ils suivront la compétition

même en cas d'élimination

des Bleus : l'audience

n'est plus conditionnée

par le seul parcours de

l'équipe de France. Et l'écrasante

majorité d'entre eux

(près de trois Français sur

quatre, soit environ 24 millions

de personnes) regardera

les matchs depuis son

domicile, confirmant le

foyer comme espace central

de consommation du sport

en direct. Rien d'étonnant

avec des horaires majoritairement

compris entre 18h et

6 heures du matin.

expérience sur d'autres surfaces

: YouTube (21 %),

sites sportifs (17 %), moteurs

de recherche (14 %),

réseaux sociaux (14 %). Près

de 60 % des parcours d'attention

impliquent plusieurs

écrans ou environnements

complémentaires. Les environnements

connectés s'imposent

nettement face aux

plateformes fermées : 83 %

des fans les jugent essentiels,

contre 57 %, tandis que

89 % des audiences naviguent

en continu entre les

canaux.

« La Coupe du Monde 2026

illustre un basculement

structurel de l'économie publicitaire

: l'attention ne se

concentre plus, elle se distribue.

Plus de la moitié de

l'expérience média se joue

désormais en dehors du seul

écran TV », résume

François-Xavier Le Ray, directeur

général France et

Belux de The Trade Desk.

La conséquence pour les

acheteurs média est directe :

la performance ne dépend

plus de la seule portée brute,

mais de la capacité à reconnecter

ces audiences fragmentées

à l'échelle

d'Internet, en orchestrant télévision,

mobile, audio, social

et display avec une mesure

continue sur tout le parcours

consommateur.

Une rupture générationnelle

qui accélère la transformation

L'étude met aussi en évidence

une fracture entre générations.

En France, 81 %

de la Gen Z et 80 % des

Millennials déclarent suivre

la compétition, un niveau

qui dépasse même celui mesuré

sur certaines plateformes

sociales auprès des

18-24 ans.

Ces audiences jeunes s'approprient

le direct différemment

: usages mobiles, extraits,

interactions conversationnelles

plutôt que visionnage

linéaire passif.

Cette rupture marque un

passage du modèle de flux

vers un modèle d'attention

distribuée, plus profond encore

chez les moins de 35

ans. La Coupe du monde

agit aussi comme un accélérateur

de consommation domestique,

ouvrant des fenêtres

d'activation commerciale

précises. En France,

45 % des spectateurs achètent

nourriture ou boissons

pour les matchs, 35 % commandent

des repas en livraison

et 34 % font des courses

plus importantes qu'à l'habitude.

Soft drinks (32 %) et

alcool (30 %) complètent ce

tableau. Les campagnes omnicanales

s'avèrent alors 1,5

fois plus persuasives et 2,2

fois moins fatigantes cognitivement

que celles

conduites canal par canal.

L'audience du Mondial 2026

est là, massive et diverse. Ce

qui change, c'est le prix pour

la rejoindre entièrement.

SPONSORING.FR

Le direct TV tient, l'attention

lui échappe

Le match ne tient plus dans

un seul flux. La télévision linéaire

conserve une position

dominante : environ 70 %

des spectateurs français la

privilégient. Mais derrière

cette concentration se dessine

une réalité plus diffuse.

Pendant les rencontres, les

spectateurs prolongent leur

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Médias

LA LETTRE OFFICIELLE D U MAR KETIN G SPORTIF

N°650 La Lettre du Sponsoring vendredi 12 juin 2026

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M6 et la Coupe du monde 2026 : 120 M€ investis,

des tarifs publicitaires record et un pari assumé

Pour la première fois de son histoire, M6 diffuse en exclusivité la Coupe du monde en clair, avec 54 matches et un

investissement estimé à 120 M€. La chaîne déploie un arsenal éditorial et commercial sans précédent pour transformer

cet engagement financier en levier de croissance durable.

SPONSORING.FR

ous sommes le 11

juin à Mexico. Le

coup d’envoi du

Mondial 2026 vient d’être

donné, M6 franchit un seuil

sans précédent dans l’histoire

de la télévision française.

Pour la première fois, la filiale

de Bertelsmann est

l’unique diffuseur en clair

d’une Coupe du monde : 54

matches sur les 104 que

compte cette édition XXL à

48 équipes, beIN Sports assurant

la couverture intégrale

sur le payant. L’investissement

consenti pour obtenir

ces droits, estimé à 120 M€ et

jamais officiellement

confirmé par le groupe, représente

le plus gros engagement

financier de l’histoire

de la chaîne. Compte tenu du

décalage horaire et face à un

marché publicitaire télévisuel

sous pression, la question que

le secteur tout entier se pose

s’impose avec acuité : peuton

vraiment rentabiliser un

tel pari ?

Un arsenal éditorial déployé

dès l’avant-compétition

En bref

Le dispositif du groupe M6 a

démarré bien avant le coup

d’envoi : dès le 22 avril, des

archives FIFA et des documentaires

ont alimenté la plateforme

de streaming M6+.

Pendant la compétition, la

chaîne mise sur les 40 caméras

par match (50 en phase finale)

de la réalisation, quatre

drones, un hélicoptère et une

caméra dédiée à l’arbitre

pour accrocher les téléspectateurs.

Chaque soir de match,

un magazine, animé depuis le

siège parisien du groupe, fait

le tour de l’actualité du

Mondial. Sur M6+, un

« Morning Recap » quotidien

de 15 minutes synthétise

toutes les rencontres de la

veille. La station de radio

RTL complète le dispositif

avec une quotidienne de 20

heures à minuit.

Des tarifs publicitaires

inédits, portés par la rareté

Le vrai test se joue sur le plan

commercial. M6 affiche des

tarifs publicitaires sans équivalent

dans l’histoire de la télévision

française : un spot de

20 secondes démarre à

11.000 € bruts et peut atteindre

500.000 € bruts en finale,

en cas de présence des

Bleus et de prolongations.

« Ces grands événements

sportifs sont des lieux de rassemblement

absolument

uniques et qui n’existent plus

ailleurs, que ce soit en télévision

ou sur les plateformes

», explique David

Larramendy, président du directoire

du groupe M6.

L’écran le plus cher est déjà

préacheté. Côté régie, « l’appétit

des annonceurs est très

fort », résume Hortense

Thomine-Desmazures, directrice

générale de M6

Unlimited : les espaces des

matches de poule des Bleus

sont quasiment remplis, les

inventaires numériques de

M6+ « déjà presque tous

vendus ». 70 marques ont réservé

des campagnes classiques,

les partenariats de

sponsoring (Betclic,

McDonald’s, Coca-Cola,

Unilever, Orange, Uber Eats)

sécurisés très en amont. La

compétition accueillera également

le format publicitaire

le plus long jamais diffusé en

France (plus de cinq minutes)

et une incursion dans la musique

via des titres originaux

créés avec des artistes et des

marques partenaires. M6

mise aussi sur les opérations

dites « spéciales » (brand

content, événements terrains,

sponsoring, etc.) rayonnant

bien au-delà de la période de

l’événement. Depuis mars, le

format « Tous derrière les

Bleus avec Intersport » est

DAZN, le cheval de Troie de FIFA+. Les liens entre l'Arabie saoudite, la FIFA et DAZN se resserrent. FIFA et DAZN ont conclu un accord

intégrant FIFA+ au portefeuille de la plateforme : 8.500 matchs en direct par an issus d'une centaine d'associations membres, programmes

originaux et archives, avec une partie des contenus en accès gratuit et d'autres en « premium ».

Quand le téléviseur sert de défouloir. Selon une étude OpinionWay commandée par LG, les

promotions liées aux grandes compétitions influencent 32 % des acheteurs de téléviseur — 57 % chez

les 18-24 ans. Surtout, 17 % des Français admettent s'en être déjà pris physiquement à leur écran pendant

un match, un chiffre qui grimpe à 39 % chez les jeunes.

ainsi déployé. Sans oublier

les nouvelles « pauses fraîcheurs

» obligatoires au milieu

de chaque mi-temps. Sur

les trois minutes de coupures,

une sera dédiée à des écrans

publicitaires.

Un investissement assumé

malgré la variable Bleus

L’équation reste fragile. Le

parcours des Bleus demeure

la variable décisive : une élimination

avant les quarts de

finale génère mécaniquement

moins de revenus que le scénario

d’une finale. M6 ne

prévoit pas de rentabiliser la

diffusion dès 2026, mais

table sur des retombées durables

en matière d’image de

marque, de notoriété de M6+

et de fidélisation des annonceurs.

« C’est à la fin du bal

qu’on paie les musiciens »,

répond Larramendy aux

sceptiques, précisant que le

groupe est « largement en

avance » sur son plan de

marche commercial.

Les doutes n’ont guère refroidi

le marché : annonceurs

et partenaires numériques ont

répondu présent, bien avant

le coup d’envoi. Reste à savoir

si les Bleus seront aussi

au rendez-vous.

Entreprises citées

Coca-Cola........................................2

DAZN..............................................7

Intersport ........................................5

M6 ..................................................7

McDonald's......................................5

7


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