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BO#519 - CINEEUROPE - 22-06-2026

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Bimensuel N°519 / 22 juin 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

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Bimensuel N°519 / 22 juin 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

CINEEUROPE 2026

L’EXPLOITATION EUROPÉENNE

SE MOBILISE


L'édito

Sommaire

Solde de tout compte

Le CNC s’est lancé dans un exercice difficile, voire

périlleux, mais indispensable. 13 ans après sa dernière

étude sur la rentabilité des films français, les équipes

du Centre ont investigué les comptes de 1 823 films

(voir en pages 26-27). Comme en 2013, avec la polémique

lancée par Vincent Maraval quiavait débouché

sur les Assises du Cinéma, le contexte est inflammable

et justifie qu’une réponse soit apportée à une question

pourtant difficile. Le CNC avait alors dévoilé une étude

démontrant que sur les 1 283 films sortis sur la période

2004-2011, un film français sur trois était rentable au

terme de son exploitation complète – salle, vidéo, ventes

internationales, etc. 13 ans plus tard, le constat pour

les 1 823 films de la période 2012-2024 est le même

lorsque traité au cas par cas : 37 % des films ont un

solde financier positif au terme de leur premier cycle

de vie. Pris dans sa globalité, la photographie donne

toutefois une information complémentaire importante :

le solde est positif à hauteur de 289 M €. Rentable le

cinéma français ? Oui, donc. Cela (dé)montre que le

système reste vertueux, et qu’il a su s’adapter à la disparition

de la vidéo physique, très rémunératrice, et à

l’émergence du streaming. Cela illustre aussi la nécessité,

pour un producteur, de disposer d’un slate de films afin

de lisser le risque. Cette logique de diversification

s’inscrit dans un secteur qui a su préserver son dynamisme

tout en adaptant son modèle économique. Ainsi, les

devis moyens, d’environ 5,8 M € pour 183 films produits

sur la première période observée, puis d’environ 4,5

M € pour 223 œuvres sur la seconde, témoignent à la

fois de la capacité du cinéma à se réinventer et de la

vitalité de sa production. Mais le seul bénéfice du cinéma

– au-delà même de nos mécanismes – ne peut reposer

sur la seule équation économique. Les impacts indirects

sur l’emploi, la vivacité artistique, l’attractivité du

territoire, ou encore la souveraineté culturelle de la

France, pour ne citer que ces exemples, sont d’autres

gains tout aussi précieux.

P.5

ACTUS

Fusion Warner-Paramount : Feu vert du

ministère américain de la Justice

Kinepolis s’étend aux États-Unis

P. 6 à 13

CINEEUROPE 2026

Entretien avec Laura Houlgatte (UNIC)

Les Giants of Exhibition Europe 2025

Focus sur le circuit Multiplex en Ukraine

P. 14 à 16

DOSSIER FAUTEUILS

Le nouveau moteur de la montée

en gamme

Le regard d’un architecte

©A. Algan/Boxoffice Pro

P. 23

DISTRIBUTION

Les vacances de Carlotta Films

P. 24

ENTRETIEN

Rencontres nationales art et essai avec

Sébastien Vaniček (Evil Dead Burn)

P. 26-27

ÉTUDE

Le CNC étudie la

rentabilité des films français

P. 28 à 33

EXPLOITATION

Retour sur le séminaire de Cinéo

Laure de Boissard (Pathé Cinémas)

dans l’Émission

À Gex, le Patio change d’échelle

P. 34

MISCELLANÉES

Soutiens, CDACi et agenda de la profession

Laurent Cotillon

est une publication de

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-

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4 N°519 / 22 juin 2026


Actualités

Fusion Warner-Paramount

Feu vert du ministère américain de la Justice

©Ajay Suresh

Les examens européens

À Bruxelles, la fusion Warner-Paramount est scrutée sur deux

fronts. La Direction générale de la concurrence de la

Commission européenne analyse ses éventuels effets sur le

marché [voir également p. 6-7], tandis qu’un examen

distinct porte sur la participation de fonds du Golfe à son

financement, à hauteur de 24 milliards de dollars sur les 111

milliards que représente l’opération.

Après huit mois d’examen, le ministère américain

de la Justice (DoJ) a officiellement clos son

enquête sur le projet de rachat de Warner Bros.

Discovery par Paramount-Skydance, balayant les

arguments avancés par ses opposants.

Dans sa déclaration du 12 juin, la division antitrust

du DoJ estime que cette opération pourrait même

renforcer la concurrence, notamment dans le streaming.

Au regard des pratiques historiques de Paramount en

matière de licences, l’autorité rejette en outre l'idée

que le groupe réserve ses contenus à ses propres plateformes

après la fusion. Est également écarté tout risque

concurrentiel pour la télévision linéaire, son déclin

structurel s'expliquant par une concurrence déjà

frontale du streaming, y compris sur le sport et l'information

en direct.

Pour le DoJ, la concurrence dans la production et la

distribution de films en salles est « robuste », comme

le prouve la montée en puissance, aux côtés des studios

traditionnels, d'acteurs comme A24, Neon ou Blumhouse,

mais aussi Netflix et Apple, qui ont « manifesté un

intérêt continu pour la sortie en salles ». Pour étayer

l’analyse, sont citées plusieurs productions à gros

budgets portées par des studios non traditionnels –

Narnia (Netflix), Elden Ring (A24)... –, ainsi que les

récents succès de Backrooms (A24) ou Obsession

(Blumhouse). Autant de signaux qui témoignent

d'incitations fortes à « continuer à générer et à distribuer

du contenu ».

L'autorité juge par ailleurs « fondamentalement erronée »

la comparaison avec la fusion Disney-Fox, celle-ci étant

intervenue avant la pandémie. Depuis, Disney a « considérablement

augmenté ses dépenses totales de production de

contenu », et son modèle économique de groupe intégré

diffère de celui d’un acteur « pure-play » comme Paramount.

Enfin, en l’absence de preuve substantielle suggérant une

réduction de la production, les préoccupations liées à

l’emploi ne soulèvent pas de problèmes antitrust « recevables

» pour le DoJ qui conclut : « L'industrie du cinéma

et de la télévision est hautement dynamique, et la transaction

proposée n'est pas susceptible de nuire à la concurrence ou

aux consommateurs américains. »

A.A.

Kinepolis et l’héritage Showcase

Le parc nord-américain de Kinepolis s’étoffe de

13 établissements Showcase. Une opération qui

prolonge l’ancrage américain du groupe belge et

met un terme à l’histoire d’une ancienne holding

liée à… Paramount.

Le groupe d’Eddy Duquenne a conclu un accord avec

Harbor Lights Entertainment en vue d’acquérir 13

cinémas Showcase – soit 164 écrans et 17 800 fauteuils

– ayant accueilli 4 millions de spectateurs en 2025, pour

un chiffre d’affaires de plus de 90 millions de dollars.

Les sites sont répartis entre le Massachusetts (7 cinémas),

l’État de New York (4), l’Ohio (1) et Rhode Island (1).

Kinepolis souligne en outre que « les cinémas Showcase

proposent une offre de restauration améliorée et de nombreuses

salles PLF, 80 % de l’ensemble des salles étant équipées de

fauteuils inclinables ». Le circuit poursuivra l’exploitation

sous la marque Showcase.

Derrière cette troisième acquisition nord-américaine

pour Kinepolis – après Emagine Entertainment en début

d’année et MJR Digital Cinemas en 2019 –, on peut

également lire la fin d’un ancien empire. Jusqu’en 2025,

les salles Showcase et Paramount Global relevaient en

effet d’un même actionnaire de contrôle, National Amusements

Inc., soit la famille Redstone. La cession de Paramount

à Skydance Media, finalisée à l’été 2025, a marqué

la séparation des deux ensembles : d’un côté les activités

de production et de streaming reprises par David et Larry

Ellison sous la nouvelle entité Paramount Skydance ; de

l’autre, les salles de cinéma, restées dans le giron de la

famille Redstone et rebaptisées Harbor Lights

Entertainment.

C’est donc cette activité d’exploitation qui est aujourd’hui

cédée à Kinepolis. L’acquisition, d’un montant de 30

millions de dollars, sera « largement couverte par la valeur

substantielle de l’immobilier des [six] cinémas Showcase

américains détenus », indique Kinepolis. Le groupe précise

prévoir finaliser l’achat d’ici la fin de l’été 2026.

A.A. et J.D.

©Showcase Cinemas

mk2 ouvre son capital

Le groupe de cinéma indépendant ouvre son

capital au grand public afin de financer plusieurs

projets de développement.

Détenue exclusivement par la famille Karmitz depuis sa

création en 1974, l’entreprise entend lever entre 2,5 et 5

millions d’euros via une opération de financement participatif

sur la plateforme Lita. L’achat d’actions sera

possible à partir d’un plancher de 100 euros, mais ne

donnera pas de droit de vote. mk2 promet en outre une

rendement de 4 % à 8 % par an selon les performances

du groupe qui entend racheter son capital au bout de

cinq ans.

Les fonds collectés doivent d’abord permettre de finaliser

la mue du mk2 Bibliothèque, troisième plus grand

cinéma de Paris avec les 20 écrans dont il était doté

jusqu’aux travaux actuels. La première phase du chantier

devrait être achevée en septembre prochain, avec une

rénovation intégrale de 16 salles, de leurs fauteuils à

leurs équipements de projection et de son. Dans la

seconde phase, qui devrait débuter en 2027, le groupe

prévoit l’ouverture, sur le même site, d’un musée

consacré aux arts visuels. Présenté par le directeur

général Elisha Karmitz comme un « laboratoire d’innovation

créative », cet espace doit accueillir des artistes français

et internationaux. À l’été 2027, mk2 prévoit

également d’y inaugurer un hôtel-cinéma, le deuxième

de ce type à Paris après le mk2 Paradiso.mk2 génère un

chiffre d'affaires annuel de 100 M€, dont plus du tiers

(33,8 M€) par sa filiale d'exploitation en France, qui vise 4

millions d’entrées annuelles en 2028.

La levée de fonds contribuera à transformer le mk2

Bibliothèque, le plus grand complexe du réseau, 3 e

cinéma de Paris avec 16 salles et 2854 fauteuils : création

d'un musée, rénovation complète des salles existantes et

la poursuite des travaux de transition énergétique.

N°519 / 22 juin 2026

5


ALIGNEMENT DES PLANÈTES

POUR L’EXPLOITATION EUROPÉENNE ?

À quelques jours de l’ouverture de CineEurope, la directrice générale de l’Union

Internationale des Cinémas Laura Houlgatte finalise un programme barcelonais

particulièrement dense, tout en continuant de suivre les dossiers stratégiques

de l’Union à Bruxelles.

©D.R.

Parmi les nouveautés de cette édition 2026 figurent une

toute première présentation d’Amazon MGM Studios

ainsi que du studio d’animation Laika, tandis que Mubi

fait son retour dans le grand auditorium, aux côtés des

habitués que sont Sony, Universal, Disney, Paramount,

Warner, Lionsgate, Angel Studios et l'européen Studiocanal.

Fidèle aux traditions de CineEurope, le vaste

programme de conférences permettra, aux côtés de

l’incontournable salon expo, d’observer les meilleures

pratiques à travers le monde, « notamment avec le CNC

qui présentera son étude sur les grandes tendances et les défis

de 14 pays ».

Laura Houlgatte à l'Australian International Movie Convention, octobre 2025

Du 22 au 25 juin, plus de 3 500 professionnels sont

attendus à Barcelone pour la 35 e édition de CineEurope.

Un chiffre d’accrédités « en légère augmentation » par

rapport à l’an dernier, alors que la fréquentation suit

« une trajectoire positive assez unique » dans la quasi-totalité

des 39 territoires de l’UNIC, « voire des augmentations à

deux chiffres dans certains », observe Laura Houlgatte. Les

territoires particulièrement performants de ce premier

semestre sont l’Allemagne, la Bosnie, la Serbie, l’Italie,

les Pays-Bas, l’Espagne, la Croatie, le Royaume-Uni et…

la France.

La cérémonie d’ouverture mettra en avant la diversité

des marchés européens, avec une séquence spéciale dédiée

aux films locaux « qui ne voyageront pas forcément dans

d’autres pays », mais qui ont marqué leur territoire en

2025, « comme en Pologne, en République tchèque ou encore

au Danemark ». De fait, si dans l’ensemble les films

américains représentent toujours près de 70 % du box-office

européen, la part des productions nationales continue

de progresser dans la plupart des territoires. « Et ce n’est

pas seulement parce qu’il y a davantage de films produits,

mais parce qu’ils rencontrent d'impressionnants succès commerciaux,

comme en Allemagne où le premier film de 2025

aura été un western local ! »

Résilience et transition historique

Comme annoncé au printemps, CineEurope remettra

cette année son prix d’International Exhibitor of the Year

au circuit ukrainien Multiplex, distinguant, au-delà des

6 N°519 / 22 juin 2026


seules performances économiques, « la résilience d’une

entreprise qui, avec ses équipes, a su se pérenniser mais aussi

s'agrandir dans des conditions de guerre » voir p.8-9].

L’édition 2026 de CineEurope marquera également la

fin de la présidence UNIC de Phil Clapp, salué par un

Achievement Award. Laura Houlgatte rend déjà hommage

à celui qui aura été à la tête de l’organisation pendant 13

années, et qui a accompagnée sa directrice générale depuis

sa prise de fonction. « Il a cette immense intelligence de

savoir exactement quand intervenir et quand rester en

retrait », souligne-t-elle, évoquant également sa compréhension

des dossiers, « qu’ils soient politiques ou liés à

l’industrie », ainsi que « sa diplomatie » et son « charisme ».

Vigilance maximale à Bruxelles

Au-delà de CineEurope, l’UNIC reste largement mobilisée

sur les enjeux réglementaires européens. Premier dossier :

la préparation du futur programme Creative Europe,

appelé à devenir AgoraEU, où l’UNIC plaide « pour que

les salles de cinéma restent au cœur du dispositif et que son

budget demeure ambitieux ». L’organisation est également

active en matière de lutte contre le piratage et d’utilisation

des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle,

participant en parallèle aux consultations ouvertes par la

Commission européenne sur l’avenir du cadre réglementaire

du copyright, « de manière à avoir une position

commune avec nos partenaires ayants droit et nous assurer

le respect et le soutien du droit d'auteur ». Par ailleurs, aux

côtés de la défense du principe de territorialité des droits

et de l'exclusion du géoblocage pour les services de

À quelques semaines de son dernier CineEurope en tant que

président de l’UNIC, Phil Clapp était de passage à Cannes pour

participer aux échanges du Cinemas Club, l’espace de réflexion

lancé par le Marché du Film et Cine Group (maison mère de

Boxoffice Pro France). L’occasion pour le représentant des exploitants

européens de revenir sur les perspectives du secteur en Europe

comme au Royaume-Uni.

En observant les évolutions de l'exploitation à travers

le monde, quel est aujourd'hui le principal défi – ou la

principale opportunité – pour les cinémas européens ?

Ma principale conclusion est que le secteur aborde l'avenir avec

confiance, comme en témoignent les innovations déployées dans

des cinémas de toutes tailles et sur tous les marchés. L'une des

principales leçons du rapport de l’UNIC est que nous avons besoin

de diversité : diversité des films, bien sûr, mais aussi diversité des

expériences proposées au public. En Europe notamment, je

constate une forte capacité d'innovation et une volonté permanente

d'offrir le choix le plus large possible aux spectateurs.

Vous présidez l'UNIC depuis 2013. Quel regard portezvous

sur ces treize années à la tête de l'organisation et

dans quel état d'esprit abordez-vous ce dernier CineEurope

en tant que président ?

©UNIC

médias audiovisuels, l’UNIC suit également avec attention

la réévaluation de l’article 13 de la directive SMA

(sur la contribution financière des plateformes), mais

aussi de l'article 8 qui consacre le principe de la chronologie

des médias. « Même si cet article n’a pas été remis

en discussion, nous souhaitons nous assurer qu’il demeure

inchangé dans la directive, afin de préserver les fenêtres

d’exploitation telles qu’elles existent aujourd’hui en Europe. »

Enfin, l’organisation reste fortement mobilisée sur le

projet de fusion entre Warner Bros. Discovery et Paramount,

dont la notification a été déposée le 2 juin

auprès de la Direction générale de la concurrence de la

Commission européenne. Cette dernière a jusqu’au 7

juillet pour statuer : « Soit elle validera l’opération à l’issue

de cette première étape, soit elle prolongera l’analyse de dix

jours afin de permettre d’éventuels engagements ou remèdes

de la part des parties, ou elle décidera d’ouvrir une enquête

approfondie en phase 2. »

En parallèle, l’Autorité britannique de la concurrence

et des marchés a ouvert sa propre phase 1 d’investigation.

Une procédure saluée par la directrice générale de

l’UNIC, sachant que « la Competition and Market

Authority, qui a jusqu’au 9 août pour rendre sa décision,

n'avait pas l'obligation de s'intéresser à cette fusion-acquisition

». Autant d’enjeux qui, à Barcelone, resteront en

toile de fond pour un secteur de l’exploitation qui voit

enfin « à quoi peut ressembler une bonne année lorsque

toutes les planètes s’alignent », résume Laura Houlgatte.

« Nous pouvons envisager

l'avenir avec confiance »

Phil Clapp, président de l’UNIC

Ayşegül Algan

On ne peut pas regarder cette période sans revenir sur les défis de la

pandémie. Ce fut une période où beaucoup se sont interrogés sur la

capacité de l'industrie cinématographique à survivre et sur la forme

qu'elle prendrait après la crise. Au nom des exploitants européens, je

ressens une grande fierté devant la manière dont l'ensemble du secteur

s'est serré les coudes.

Aujourd'hui, nous pouvons envisager l'avenir avec confiance, non

seulement grâce aux efforts de l'industrie elle-même, mais aussi parce

que la demande pour l'expérience du grand écran reste forte dans les

communautés à travers toute l'Europe.

Vous êtes également président de la UK Cinema

Association. Comment se comporte le marché britannique

depuis le début de l'année 2026 ?

Partageant la même langue que les États-Unis, nous entretenons un

rapport particulier avec les productions hollywoodiennes et dépendons

fortement des films des studios américains. Nous avons néanmoins

connu un excellent début d'année, avec cinq films ayant dépassé les 20

millions de livres sterling de recettes au box-office au cours des trois

premiers mois, contre seulement deux sur la même période en 2025.

Le marché britannique affiche ainsi une progression de 15 % par rapport

à l'an dernier.

Je suis conscient que 2025 avait connu un premier semestre particulièrement

solide avant un second semestre plus faible. Mais au regard du

line-up attendu pour la fin de l'année 2026, nous sommes confiants

dans notre capacité à terminer l'exercice sur une nette progression.

Propos recueillis par Aysegül Algan

Programme CineEurope 2026

LUNDI 22 JUIN

• 09h - 12h : Sessions professionnelles CineEurope

présentées par The Boxoffice Company

Exploitation cinématographique - Principales

tendances mondiales par le CNC

Best in Class : Leçons du monde entier

avec Cameron Mitchell (Cinema Association Australasia),

Alejandro Ramirez (Cinepolis), Mojisola Oladapo

(Filmhouse Group).

• 35 ans de CineEurope - Hier et aujourd'hui :

avec Eddy Duquenne (Kinepolis et président du GCF),

Javier Sotomayor (Regal Cineworld), Laure de Boissard

(Pathé Cinémas France), Anna Marsh (Studiocanal),

Cécilia Rouaud (réalisatrice et scénariste).

• 13h : Bienvenue au 35 e anniversaire de

CineEurope !

Remise du Prix UNIC Achievement Award – Lauréat :

Phil Clapp (UNIC)

• 13h30 : Présentation Angel Studios

• 14h45 : Présentation Lionsgate

• 17h : Présentation Sony Pictures

MARDI 23 JUIN

• 08h45 : Le Séminaire Retail Coca-Cola / Remise des

prix UNIC/Coca-Cola Retail Awards – Lauréats :

Kinopolis et Omniplex Cinemas

Au cœur de la mentalité de la Gen Z : Décoder le comportement

des consommateurs de cette génération

• 10h : Présentation LAIKA

• 10h30 : Présentation Mubi

• 11h : Présentation Amazon MGM Studios

• 13h : Sessions thématiques de l'ICTA

sur le salon expo

• 16h : Présentation Studiocanal

• 17h45 : Présentation Warner Bros. Pictures

Remise du Prix du Distributeur International de l'Année

– Lauréat : Jeff Goldstein, Warner Bros..

MERCREDI 24 JUIN

• 08h45 - 10h45 : Remise des prix CineEurope 2026

Gold Awards et du Rentrak European Box Office

Achievement Award, suivie du séminaire d'inspiration

Coca-Cola

Prix Rentrak European Box Office Achievement – Lauréat :

Avatar : Fire & Ash de Walt Disney Studios (

Lauréats des Gold Awards : Andres Jasper (Apollo

Cinemas Baltics, Estonie), Marianne Hoff (Friberg Kino,

Norvège), Martin McCubbin (ODEON Cinemas Group,

Royaume-Uni), Natalie Mulinowa (Regal Cineworld,

République tchèque), Nick Davey (Everyman Cinema,

Royaume-Uni), Tomaso Quilleri (Regno del Cinema,

Italie), Anne-Marie Otter (Bygdekinoen, Norvège),

Tony Dilley (Harkness Screens, Royaume-Uni).

• 11h : Présentation Paramount Pictures

• 13h30 - 15h : Sessions thématiques de l'UNIC

sur le salon expo

Engagement du public à travers l'Europe : qu'est-ce qui

fonctionne vraiment ? :

Programme UNIC People – Diversité et Inclusion

• 16h30 : Présentation The Walt Disney Studios

• 20h : Projection Universal One Night Only au cinéma

Cinesa Diagonal Mar

JEUDI 25 JUIN

• 10h : Journée Universal Universal Pictures :

présentation et projection de L'île des souvenirs

Programme non exhaustif susceptible de modifications

N°519 / 22 juin 2026

7


CineEurope 2026

GIANTS OF EXHIBITION

EUROPE 2026

L'Union Internationale des Cinémas (UNIC) et Boxoffice Pro US présentent

le classement des 50 premiers circuits d’exploitation européens selon leur

nombre d'écrans.

Une fois de plus, c’est Odeon Cinemas Group, la filiale

européenne du leader mondial AMC Theatres, qui

prend la tête du classement avec plus de 2 300 écrans

répartis entre le Royaume-Uni, l'Irlande, la Finlande,

l'Allemagne, l'Italie, la Norvège, le Portugal, l'Espagne

et la Suède. Le top 5 est complété par Cineworld

Group (Royaume-Uni), Vue International (Royaume-Uni),

suivis des français Pathé et CGR Cinémas – le circuit

rochelais étant le seul circuit en tête de classement à

opérer sur un seul territoire.

Parmi les autres performances tricolores, Cinéville

remporte pour la deuxième année consécutive le prix

du Géant à la croissance la plus rapide (“Fastest Moving

Giant Award”), en enregistrant une expansion de

18,4 % de son nombre de salles d'une année sur l'autre.

Le circuit dirigé par Yves Sutter est, pour rappel, passé

de 129 écrans en 2023 à 158 en 2024, puis à 187 en

2025. Le prix du Géant de la révélation (“Breakthrough

Giant Award”) – qui distingue les circuits intégrant

pour le première fois le top 50 – revient à The Arc

Cinema (Irlande, Royaume-Uni), qui s’affiche à la

45 e position après des années d'une solide croissance

organique.

À noter que la France se distingue également comme

étant le territoire où sont basés le plus grand nombre

de circuits (9 au total, représentant 3 501 écrans répartis

sur 383 sites), tandis que le Royaume-Uni est le pays

où opère le plus grand nombre d'écrans affiliés à un

circuit (3 430 sur 382 sites. Viennent ensuite la Russie*,

l'Allemagne (1 617 écrans / 217 sites), l'Espagne (1 384

écrans / 142 sites) et la Turquie (875 écrans / 112 sites).

Au total, ces Giants of Exhibition européens représentent

plus de 18 600 salles réparties dans plus de

2 300 cinémas. « Basées dans 20 pays et opérant dans 38

territoires européens, elles démontrent l'étendue et la

vitalité de notre industrie », se félicite Laura Houlgatte,

directrice générale de l'UNIC. Ils seront tous célébrée

lors d'une cérémonie qui se tiendra le mardi 23 juin

à Barcelone, dans le cadre de CineEurope

01

ODEON CINEMAS GROUP

(Royaume-Uni)

Société mère : AMC Theatres (États-Unis)

Écrans : 2 319 – Sites : 263

Enseignes européennes : Cinesa, Filmstaden, Finnkino,

ODEON, UCI

Marchés européens : Allemagne, Espagne, Finlande,

Italie, Norvège, Portugal, Royaume-Uni et Irlande, Suède

02

CINEWORLD GROUP

(Royaume-Uni)

Écrans : 2 068 – Sites : 217

Enseignes européennes : Cinema City,

Cineworld, Picturehouse

Marchés européens : Bulgarie, Hongrie, Pologne,

République tchèque, Roumanie,

Royaume-Uni, Slovaquie

©Mikael Lundblad ©Carrie Davenport 2020

Filmstaden Luxe Uppsala, Suède

*En signe de solidarité avec les exploitants de salles et le peuple ukrainie,, l'UNIC et The

Boxoffice Company, la société mère de Boxoffice Pro US, ont convenu d'un commun accord

de ne pas inclure les noms et le nombre d'écrans des sociétés russes qui auraient autrement

figuré dans ce top 50.

Une salle Screen X du réseau Cineworld

8 N°519 / 22 juin 2026


03

VUE INTERNATIONAL

(Royaume-Uni)

Écrans : 1 969 [ 0,25 %] – Sites : 224

Enseignes européennes : CinemaxX, CinemaxX VUE,

MultiKino, The Space Cinemas, Vue

Marchés européens : Allemagne, Danemark, Irlande,

Italie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni

©HET PORTRET BUREAU

Vue Amsterdam

04 PATHÉ CINÉMAS (France)

Écrans : 1 267 – Sites : 123

Enseignes européennes : Pathé

Marchés européens : Belgique, France, Pays-Bas, Suisse

05 CGR CINÉMAS (France)

Écrans : 710 – Sites : 73

Enseignes européennes : CGR Cinémas

06 KINEPOLIS (Belgique)

Écrans : 672 – Sites : 62

Enseignes européennes : Kinepolis

Marchés européens : Belgique, Espagne, France, Luxembourg,

Pays-Bas, Suisse

13 OMNIPLEX (Irlande)

Écrans : 367 [ 1,9 %] – Sites : 44

Enseignes européennes : Omniplex

Marchés européens : Irlande, Royaume-Uni

14 CINESTAR (Allemagne)

Société mère : Event Cinemas (Australie)

Écrans : 339 [ 3 %] – Sites : 44

Enseignes européennes : CineStar

15 HELIOS (Pologne)

Écrans : 300 – Sites : 53

Enseignes européennes : Helios

18 NORDISK FILM CINEMAS (Danemark)

Écrans : 265 [ 1,5 %] – Sites : 47

Enseignes européennes : Nordisk Film Cinemas

Marchés européens : Danemark, Norvège, Suède

19 CIRCUIT DE CINÉMAS RUSSE

20 SVENSKA BIO (Suède)

Écrans : 243 [ 0,8 %] – Sites : 58

Enseignes européennes : Biografkompaniet, BioRex,

Svenska Bio

Marchés européens : Danemark, Finlande, Suède

21 CIRCUIT DE CINÉMAS RUSSE

07 CGV MARS CINEMA GROUP (Turquie)

Société mère : CJ CGV (Corée du Sud)

Écrans : 625 – Sites : 77

Enseignes européennes : Paribu Cineverse

08 CINEPLEX (Allemagne)

Écrans : 584 [ 1,2 %] – Sites : 90

Enseignes européennes : Cineplex

09 UGC (France)

Écrans : 582 – Sites : 55

Enseignes européennes : UGC

Marchés européens : Belgique, France

10 CIRCUIT DE CINÉMAS RUSSE

16 OCINE (Espagne)

Écrans : 279 [ 0,7 %] – Sites : 30

Enseignes européennes : Ocine, Monciné

Marchés européens : Espagne, France

17 MEGARAMA (France)

Écrans : 278 5,3 %] – Sites : 35

Enseignes européennes : Megarama

Marchés européens : Espagne, France

22 NATIONAL AMUSEMENTS (Royaume-Uni)

Société mère : National Amusements (États-Unis)

Écrans : 214 – Sites : 16

Enseignes européennes : Showcase Cinemas

23 CINEMAS NOS (Portugal)

Écrans : 208 – Sites : 29

Enseignes européennes : Cinemas NOS

©PHILIPP JELENSKA

11 YELMO CINES (Espagne)

Société mère : Cinépolis (Mexique)

Écrans : 481 – Sites : 51

Enseignes européennes : Yelmo Cines

12 CINEPLEXX (Autriche)

Écrans : 430 [ 1,2 %] – Sites : 63

Enseignes européennes : Cineplexx

Marchés européens : Albanie, Autriche, Bosnie-Herzégovine,

Croatie, Grèce, Italie, Kosovo, Macédoine du

Nord, Monténégro, Roumanie, Serbie, Slovénie

Le Cineplexx Millennium City de Vienne (Autriche)

N°519 / 22 juin 2026

9


CineEurope 2026

24 MK2 (France)

Écrans : 197 – Sites : 22

Enseignes européennes : Mk2, CineSur

Marchés européens : Espagne, France

©Lilou Hamon

40 CINEMARINE (Turquie)

Écrans : 93 [ 3,3 %] – Sites : 11

Marchés européens : Turquie, Kosovo

25 CINEVILLE (France)

Écrans : 187 [ 18,4 %] – Sites : 24

Enseignes européennes : Cineville

26 BLITZ CINESTAR (Croatie)

Écrans : 181 [ 1,1 %] – Sites : 29

Enseignes européennes : CineStar Cinemas

Marchés européens : Bosnie-Herzégovine, Croatie,

Kosovo, Serbie

27 IMC (Irlande)

Écrans : 177 [ 10,6 %] – Sites : 22

Enseignes européennes : IMC Cinemas

Marchés européens : Irlande, Royaume-Uni

28 MULTIPLEX (Ukraine)

Écrans : 175 [ 10,8 %] – Sites : 28

Enseignes européennes : Multiplex

Le Svenska Bio d'Eskilstuna (Suède)

29 EVERYMAN CINEMAS (Royaume-Uni)

Écrans : 172 [ 4,9 %] – Sites : 49

Enseignes européennes : Everyman Cinemas

©Jenny Broman

Cinéville Beaupréau-en-Mauges

35 CIRCUIT DE CINÉMAS RUSSE

36 GRAND ECRAN (France)

Écrans : 109 [ 4,8 %] – Sites : 14

Enseignes européennes : Grand Ecran

37 THE LIGHT CINEMAS (Royaume-Uni)

Écrans : 105 [ 6 %] – Sites : 14

Enseignes européennes : The Light Cinemas

38 CINESTAR (République tchèque)

Écrans : 100 [ 1 %] – Sites : 13

Enseignes européennes : CineStar

39 FILMPALAST (Allemagne)

Écrans : 96 – Sites : 14

Enseignes européennes : Filmpalast

40 APOLLO KINO (Estonie)

Écrans : 93 – Sites : 19

Enseignes européennes : Apollo Kino

Marchés européens : Estonie, Lettonie, Lituanie

40 UNION CINE CIUDAD (Espagne)

Écrans : 93 – Sites : 12

Enseignes européennes : Union Cine Ciudad

43 CINEMAX (Slovaquie)

Écrans : 91 – Sites : 16

Enseignes européennes : Cinemax

Marchés européens : République tchèque,

Roumanie, Slovaquie

44 BLUE CINEMA (Suisse)

Écrans : 88 [ 7,3 %] – Sites : 13

Enseignes européennes : Blue Cinema

45 THE ARC CINEMA (Irlande)

Écrans : 87 – Sites : 15

Enseignes européennes : The Arc Cinema

Marchés européens : Irlande, Royaume-Uni

46 CINEWEST (France)

Écrans : 86 – Sites : 13

Enseignes européennes : CineWest

47 NOE CINÉMAS (France)

Écrans : 85 – Sites : 24

Enseignes européennes : NOE Cinémas

48 GIOMETTI CINEMA (Italie)

Écrans : 84 – Sites : 11

Enseignes européennes : Giometti Cinema

48 ARTESIETE (Espagne)

Écrans : 84 – Sites : 11

Enseignes européennes : Artesiete

50 REEL CINEMAS (Royaume-Uni)

Écrans : 81 – Sites : 15

Enseignes européennes : Reel Cinemas

30 CINEMAPINK (Turquie)

Écrans : 165 [ 13,8 %] – Sites : 25

Enseignes européennes : CinemaPink

©Kinopolis

31 CIRCUIT DE CINÉMAS RUSSE

32 CIRCUIT DE CINÉMAS RUSSE

33 KINOPOLIS (Allemagne)

Écrans : 159 [ 6,7 %] – Sites : 19

Enseignes européennes : Kinopolis

34 ODEON MULTICINES (Espagne)

Écrans : 151 – Sites : 16

Enseignes européennes : Odeon Multicines

Le Kinopolis Bad Homburg (Allemagne)

10 N°519 / 22 juin 2026


chaque famille a ses démons

SOUHEILA YACOUB

UN FILM DE

SÉBASTIEN VANIČEK

au cinéma le 8 juillet


CineEurope 2026

MULTIPLEX EN UKRAINE

(SE) PROJETER EN TEMPS DE GUERRE

Le paradoxe du

marché ukrainen est

que la guerre a

intensifié la demande

premium au lieu de

la freiner

Roman Romanchuk,

PDG de Multiplex

©Multiplex/Green Light Films

Kyiv Multiplex Respublika, janvier 2026

Le 23 juin prochain, Roman Romanchuk, à la tête de Multiplex, recevra le prix

CineEurope de l'Exploitant international de l'année. Retour avec l’intéressé

sur les accomplissements, malgré le conflit avec la Russie, du circuit leader

d’Ukraine (28 cinémas et 175 écrans), qui a fait progresser son parc de salles de

11 % en 2025, tout en co-fondant une société de production et de distribution

pour rebâtir l'écosystème local.

Comment les principaux indicateurs de Multiplex

ont-ils évolué ces dernières années ?

En 2019, notre circuit enregistrait environ 11 millions

d'entrées. En 2024, nous sommes tombés à 5,5 millions,

avant de remonter en 2025 à 6,1 millions (+10,5 %),

soit environ 55 % du niveau pré-Covid.

Les recettes racontent une autre histoire. En 2025, le

chiffre d’affaires atteint 2,15 milliards de hryvnias (+31,9 %

vs 2019). En monnaie locale, nous avons dépassé l’avant-pandémie,

mais cela équivaut à 51,4 millions dollars US,

soit environ 82 % du niveau de 2019 (63,1 millions de

USD). Cet écart s'explique par la dépréciation de la

hryvnia et par la hausse inévitable du prix des billets,

dictée par la transformation radicale de la structure des

coûts opérationnels dans des conditions de guerre. Les

couvre-feux et alertes aériennes ont réduit nos heures

d’ouverture d’environ 25 %, tandis que le recours aux

générateurs et la hausse des tarifs énergétiques ont fortement

renchéri le coût de chaque séance.

Dans le même temps, la confiserie progresse fortement :

+51,7 % vs 2019 et +18,5 % sur un an, portée par le

déploiement du “popcorn market” en libre-service, la

restauration et la commande digitale, qui ont sensiblement

augmenté le panier moyen. Quant à notre ticket moyen,

entre 2022 et 2026 est passé de 132 à 196 hryvnias, à

un niveau toujours fixe de 4 euros en équivalent.

Quid des chiffres du marché ukrainien dans son

ensemble ?

Les données restent partielles en temps de guerre : certains

acteurs ne publient pas leurs données et des régions

entières du pays ont, de fait, cessé de transmettre leurs

rapports réguliers. Mais sur la base de notre part de

marché (42–44 %), nous pouvons estimer le marché

national à environ 14 millions d’entrées en 2025, sachant

qu’environ 6 millions d’Ukrainiens ont quitté le pays,

qu’une partie de la population masculine est mobilisée

et que certaines parties du territoire sont temporairement

occupées ou situées dans des zones de combats actifs.

Dans ce contexte, la résilience du marché est remarquable.

Et la position de Multiplex s’est non seulement maintenue,

mais renforcée.

Comment décririez-vous le public ukrainien d’aujourd’hui,

ses goûts en matière de films, de confiserie

et d'expérience en salle ?

Avant 2022, le “spectateur moyen” ukrainien ressemblait

à son homologue européen, avec un box-office dominé

par les blockbusters hollywoodiens et déjà un appétit

pour les formats premium – IMAX, ScreenX, VIP.

Sachant que les Ukrainiens qui ont quitté le pays sont

principalement des femmes avec enfants, soit le cœur

du public familial, et qu’une large part de la population

masculine est mobilisée, les films d'action et d'horreur

pour jeunes adultes performent particulièrement bien

dans nos salles, les drames et le cinéma d’auteur

parviennent eux aussi à trouver leur public et la part

du cinéma ukrainien est passée d’environ 5 % à 16 %

du box-office. Le public a rajeuni et, surtout, il ne

s’agit plus pour lui de simplement aller au cinéma,

mais de s'offrir deux heures de réalité alternative dans

un contexte difficile.

Côté expérience, les exigences des spectateurs ukrainiens

restent élevées. Les bars à pop-corn ou les formats premium

– que nous avons été les premiers à introduire dans le

pays, malgré la guerre – ne sont pas des options, mais

des standards.

Dans le détail, quelle est votre offre premium

aujourd’hui ?

Nous combinons plusieurs formats : l’IMAX, dont

l’IMAX Laser du Lavina Mall (2019), le ScreenX et

le Dolby Atmos. Le Tsum, à Kyiv, incarne un premium

plus lifestyle avec des salles VIP de 20 à 40 places et

un service de restauration. Le paradoxe du marché

ukrainen est que la guerre a intensifié la demande

premium au lieu de la freiner. Quand l’extérieur est

imprévisible, les spectateurs recherchent une expérience

parfaitement maîtrisée, du son au confort des sièges,

jusqu’à la qualité du café. C’est dans cette logique que

nous avons ouvert un cinéma boutique à Oujhorod

[à l’ouest du pays, près de la frontière slovaque, ndlr.].

12 N°519 / 22 juin 2026


Un pari fort en temps de guerre, mais dont la dynamique

confirme aujourd’hui la pertinence.

Comment dirige-t-on un circuit tel que Multiplex

en temps de guerre ?

La guerre exerce une pression continue sur les équipes,

avec des collaborateurs qui déménagent, sont mobilisés

ou perdent la stabilité de leur environnement. Dans ce

contexte, la direction doit régulièrement s'impliquer

avec toute l’intensité que le moment exige. Nous planifions

sur des cycles courts de six semaines pour assurer

l’autonomie de nos équipes, avec un suivi de direction

quatre fois par trimestre.

©Green Light Films

Les perturbations font partie du quotidien : coupures

de courant, alertes aériennes ou encore les impacts

directs sur nos cinémas. Nous avons donc développé

des systèmes capables d’assurer la continuité d’exploitation,

même dans ce contexte de guerre, et sans perdre

de vue la trajectoire à long terme. Si je devais résumer

notre style de direction en une seule formule, je dirais

qu’il est “structurellement flexible” et ne traite pas la

réalité comme un adversaire.

Mais comment équilibrez-vous gestion de crise et

investissements à long terme ?

Il n’existe pas de stabilité sur laquelle appuyer des

prévisions de long terme en Ukraine. Les perturbations

quotidiennes que je viens de citer, nous y sommes

opérationnellement préparés : chaque cinéma est

équipé de générateurs, de protocoles en cas d’alerte

aérienne et de procédures pour garantir la sécurité des

équipes et du public. Les séances peuvent être interrompues,

mais les billets restent valables, et les sites

peuvent redémarrer en quelques heures après une coupure.

Malgré ce contexte, nous ne pouvons pas ralentir nos

investissements. En 2026, nous prévoyons l’ouverture

de huit nouveaux cinémas, dont plusieurs au format

boutique, ainsi que la rénovation complète de six sites

existants, soit l’un des programmes les plus ambitieux

de l’histoire de Multiplex.

Comment conciliez-vous ces investissements avec

les contraintes opérationnelles et économiques

imposées par la guerre ?

Premièrement, suspendre nos investissements reviendrait,

en tant que leader du marché, à perdre des

positions qu’il faudrait ensuite plusieurs années pour

reconquérir. Mais au-delà de la logique concurrentielle,

ces investissements ont un rôle structurel : accès à la

culture, création d’emplois, retombées locales. Chaque

ouverture a un effet concret sur un territoire, et maintenir

ce rythme envoie un signal clair : nous sommes

engagés sur le long terme. Enfin, en période de crise,

il est facile de se laisser absorber par l’urgence au point

de perdre toute perspective stratégique. C’est pourquoi

je sanctuarise un temps dédié aux sujets de long terme,

avec mes équipes, nos partenaires et moi-même. Sans

cette discipline, la vision finit toujours par céder sous

le poids du quotidien.

Comment la guerre a-t-elle affecté la production

locale ?

La guerre a touché l'industrie cinématographique

ukrainienne à plusieurs niveaux. Certains professionnels

de la filière sont mobilisés ; certains travaillent depuis

l'étranger ; d’autres ont cessé toute activité. Les lieux

de tournage sont limités par les zones de sécurité. Les

budgets sont sous pression, qu'ils soient privés ou issus

de financements publics. L'infrastructure de post-production

a dû faire face à des relocalisations.

Nu, Mam ! est pour l’heure le grand champion ukrainien de l’année.

Pour autant, nous sommes portés par un élan créatif

inattendu. Le cinéma documentaire ukrainien atteint

une visibilité mondiale inédite, l'Oscar du meilleur long

métrage documentaire obtenu par 20 jours à Marioupol

de Mstyslav Chernov [en 2024, ndlr.] n'ayant été que le

point le plus visible. Le cinéma plus commercial n’est

pas en reste, comme l'illustre Nu, Mam ! (Hy, MaM), que

Green Light a sorti cette année. À fin mai 2026, avec

plus de 420 000 entrées, il est devenu à la fois le plus gros

succès ukrainien de l’année mais également l’une des

trois sorties les plus lucratives de tous les temps sur notre

marché. Or, il y a encore quelques années, le cinéma

ukrainien était principalement perçu comme un “produit

culturel de niche”. Nu, Mam ! a démontré que les productions

locales peuvent attirer un public très large, même

en temps de guerre.

Enfin, le marketing événementiel, désormais pleinement

intégré à l’écosystème cinéma, a fait émerger une nouvelle

culture de la sortie en salle : avant-premières à grande

échelle, projections d’influenceurs et événements publics

avec les équipes de films maintiennent les sorties au cœur

de l’attention médiatique. Dans le contexte actuel, cette

culture de l’événement, qui fait du cinéma un lieu de

rassemblement, prend un sens particulier.

Depuis 2023, Multiplex joue également un rôle

actif dans Green Light Films, que vous avez cofondé

avec deux figures de la distribution ukrainienne,

Veronika Yasinska et Nadiia Zaionchkovska. Quelles

sont vos priorités avec cette structure ?

Green Light vise trois objectifs. D’abord, proposer un

catalogue international diversifié, des blockbusters américains

aux prestigieux titres de festivals – et en 2025, 40

% des sorties en salles de Green Light Films était européen.

Ensuite, soutenir la production ukrainienne via la distribution

et la coproduction. Enfin, structurer un système

de distribution durable et transparent. La guerre n'a pas

annulé cette ambition : elle l'a juste rendue encore plus

nécessaire. Green Light est notre pari sur un marché qui,

nous en sommes convaincus, sera parmi les plus intéressants

d'Europe au cours de la prochaine décennie.

Propos recueillis par Aysegül Algan

©Multiplex

Bilan des frappes

Depuis 2022, neuf établissements Multiplex ont été

directement touchés par des frappes russes.

Deux cinémas ont totalement détruits, à Zaporijjia et à

Marioupol, le site de Marioupol demeurant « l'un des

symboles tragiques de la destruction de la ville » selon

Roman Romanchuk. À Kherson, le Multiplex en état

critique reste fermé, en raison des risques de sécurité

directs et des bombardements réguliers sur la ville, afin

de protéger le public et les équipes. « La reconstruction

débutera dès que les conditions de sécurité le

permettront. »

Par ailleurs, six cinémas partiellement endommagés ont

pu rouvrir leurs portes après des travaux de réparation. Ils

sont localisés à Mykolaïv (1), Odessa (1), Kyiv (2) et

Kharkiv (2).

« Cette situation industrielle et logistique est aujourd'hui

partagée par l'ensemble des entreprises ukrainiennes qui

maintiennent leurs activités en temps de guerre. »

Roman Romanchuk en visite au Multiplex du centre

commercial Retroville de Kiev, mars 2022

N°519 / 22 juin 2026

13


Dossier Fauteuils

Les fauteuils en cuir, semi-inclinables électriques, du Pathé Palace à Paris

FAUTEUILS DE CINÉMA :

NOUVEAU MOTEUR DE LA MONTÉE

EN GAMME

Confort, design, sensation : le fauteuil n'est plus un poste d'équipement comme un

autre. Porté par la quête de premiumisation des salles et confirmé par la dernière étude

internationale du CNC, il devient un terrain de différenciation où s'affrontent recliners,

canapés et sièges dynamiques… mais aussi l’élément de base de tout cinéma qui se doit

aujourd’hui d’égaler, voire de dépasser le confort du salon privé. Tour d'horizon des

grandes tendances, en France et à l'international.

©Joan Bracco

Longtemps considéré comme un simple poste d'équipement,

le fauteuil occupe une place centrale dans la

stratégie des exploitants. L'étude internationale sur les

salles de cinéma publiée par le CNC en mai 2026, réalisée

avec Cine Group, Hexacom et Omdia, le formule sans

détour : la montée en gamme des salles repose autant,

voire plus, sur le confort que sur la technologie. Là où

l'innovation technologique reste parfois imperceptible

pour le spectateur, le siège est un élément très concret,

sur lequel le public a un ressenti immédiat et qu'il associe

volontiers à la valeur de sa sortie. Dans un marché où la

hausse du box-office est de plus en plus tirée par le prix

moyen du billet plutôt que par le nombre d'entrées, cette

revalorisation de l'expérience devient un enjeu économique

à part entière.

Le constat fait consensus dans la filière. « Si le fauteuil

représente un pourcentage limité de l'investissement requis

pour construire ou rénover un cinéma, il est au cœur de

l'expérience utilisateur », résume Quentin Blaise, dirigeant

de KLS, leader français du fauteuil de cinéma.

Pourtant, l'étude CNC range le renouvellement des

sièges parmi les angles morts des politiques publiques

: lourds et peu rentabilisables à l'échelle d'une salle

isolée, ces investissements restent très largement à la

charge des exploitants.

Dans les faits, le fauteuil classique demeure prédominant.

Le modèle relevable, souvent associé aux contraintes de

jauge et de conformité aux normes, « n'est pas si basique »,

rappelle Quentin Blaise : il exige une fiabilité de fonctionnement

dans la durée. Avec le fauteuil club, il continue

d'équiper l'essentiel du parc. Mais sa prééminence n'interdit

plus la différenciation : les nouvelles constructions, et

beaucoup de rénovations, privilégient désormais l'espace

offert et des assises qui conjuguent design et confort, y

compris pour les petits complexes de proximité.

Le recliner, tendance de fond

Dans le registre du premium, une tendance de fond

s'impose : le recliner, ce fauteuil inclinable à commande

motorisée. En France, Pathé en est le fer de lance, généralisant

l'assise inclinable dans ses complexes rénovés,

souvent équipés par le fabricant italien Lino Sonego. Le

circuit déploie la même logique aux Pays-Bas, où il

représente près de la moitié du marché et fait appel au

néerlandais Huizenga pour nombre de ses sites. Le mouvement

est encore plus avancé outre-Atlantique. « Nous

sommes au cœur d'un cycle de rééquipement massif des salles

de cinéma aux États-Unis, après le cycle des années 2010

qui a marqué le passage généralisé au recliner », souligne

Adam Peterson, dirigeant de VIP Luxury Seating, leader

américain de la catégorie. En Europe, la demande se

Les fauteuils fleuris du Café des images à Hérouville-Saint-Clair

©Café des images

14 N°519 / 22 juin 2026


Au Quai des lumières à Frontignan, les salles de plus petite capacité se parent des plus beaux canapés...

précise pour un recliner au design assez éloigné de celui

proposé aux États-Unis, en Asie ou au Moyen-Orient,

en particulier pour les premiers rangs et les petites salles.

L'émergence du canapé

À côté de cette “bascule”, émerge celle du canapé, ou

“sofa”. Le circuit britannique Everyman en constitue

l'exemple le plus caractéristique, avec ses assises spacieuses,

son service en salle et son ambiance lounge. Un positionnement,

avec une progression de 107 écrans fin 2019

à 169 fin 2024, qui l'a hissé dans le top 25 des circuits

d'Europe de l'Ouest. En France, le genre a son exemple

iconique avec l’Élysées Lincoln et ses chauffeuses mobiles,

et plus récemment avec la salle du Cinemas Club, ouverte

au Marché du Film à Cannes. Côté KLS, « le canapé et

le club amélioré sortent plutôt gagnants de la course ».

Un peu comme dans l'hôtellerie, où le haut de gamme

se partage entre palaces et boutique-hôtels, les salles

oscillent – et parfois combinent –, entre une montée en

gamme à la Pathé, centrée sur le recliner, et une montée

en gamme à la Everyman, centrée sur le sofa et

l'atmosphère.

©Quai des lumières

La salle Orium propose 142 places

... et de méridiennes qui font du premier rang le plus convoité.

©Cécile Vargoz ©Cinéville

UNE DONNÉE ARCHITECTURALE IMPORTANTE

Le choix du fauteuil est pris en compte très tôt dans

un projet de cinéma, en ce qu’il détermine le gradinage

des salles, leur volume… et leur capacité. « C’est une

donnée architecturale importante », confirme Olivier

Palatre, qui, en France, conçoit aussi bien des multiplexes

Megarama que des salles de proximité – comme

récemment le CiNey à Paris. « Il est essentiel, en premier

lieu, de bien dessiner les salles, avec une géométrie optimum

pour un écran maximum, et un rapport largeur/longueur

étudié pour que le spectateur se sente bien, précise l’architecte.

Le choix du fauteuil intervient après, mais dès

la conception du cinéma ». Le modèle – relevable, club,

canapé… – va définir le pas entre deux rangées, « afin

d’avoir la place de positionner correctement le fauteuil

et d’offrir une aisance des jambes », quand sa largeur

(de 56 à plus de 65 cm) détermine celle de la salle et

des gradins, donnée réglementaire pour la sécurité

incendie. Au final, le type de siège influence la surface

totale à construire – et donc le coût global du cinéma,

au-delà de celui des fauteuils en eux-mêmes. « Dans

le neuf, tout est possible et nous essayons dans nos projets

d’avoir le gradinage maximum, pour un dégagement de

tête et un confort de vision maximums » précise Olivier

Palatre. Dans le cas d’une réhabilitation, le gradinage

existant a souvent une forme de pente et « il convient

donc de bien réfléchir au type de fauteuil qui permettra

les adaptations ».

Les fauteuils du CiNey, ouvert en avril dernier dans le 18 e

arrondissement parisien, sont brodés à l’effigie du cinéma

Quant au design des fauteuils, en pleine évolution, il

dépend du choix global du décor, selon que l’on veuille

« effacer les fauteuils dans la salle ou les mettre en valeur ».

On peut opter pour un tissu soyeux et épais, « pour se

rapprocher des fauteuils d'opéra ou de théâtre avec un aspect

haut de gamme, ou un tissu plus conventionnel pour

privilégier les décorations murales et l’éclairage ».

Reste que pour l’exploitant, le choix des fauteuils détermine

la jauge de la salle… et inversement. Dans la

discussion, l’architecte prend donc en compte le nombre

total de salles, les objectifs de remplissage et le souhait

de premiumisation, « qui va réduire la capacité de la salle

d’environ 30 %, mais augmenter son taux de remplissage…

©Zorine Ould-Mohand

et le confort du spectateur ». Un confort qui a un coût,

pour l’exploitant et pour le spectateur. Olivier Palatre,

qui « aime l’idée que le cinéma soit accessible à tous », se

dit favorable « à un premium à un prix raisonné », et à

ce qu’un cinéma puisse proposer une salle PLF aux côtés

de salles “confort”. Le tout premium pouvant fonctionner

pour des complexes de 4 à 6 salles, plus difficilement

pour un 2 salles si l’on veut conserver une certaine

capacité. « En rénovation, l’essentiel est d’améliorer le

gradinage existant, le confort d’assise et le pas entre les

fauteuils, car les gens sont de plus en plus grands. » Et quand

on l’interroge sur la taille – et la place – des enfants,

Olivier Palatre estime qu’elle n’est pas assez prise en

compte. « Les normes sont établies pour un adulte ; sur la

plupart des sièges, les pieds des enfants ne touchent pas le

sol et dans le cas d’un fauteuil basculant, le poids du corps

ne suffit pas. Il serait intéressant de concevoir des rangs

spécifiques pour les plus petits. »

L’architecte aimerait aussi voir se développer davantage

« le recycling » sur les fauteuils de cinéma – ce qui interroge

le coût et le savoir-faire des fabricants –, et voir apparaître

une offre en matériaux biosourcés. Mais « il reste encore

plein de possibilités à explorer, le cinéma étant à un tournant

essentiel de son développement futur ».

Cécile Vargoz

N°519 / 22 juin 2026

15


Dossier Fauteuils

Quand le fauteuil devient sensation

Avec le fauteuil dynamique, le siège devient lui-même

un élément de l'expérience immersive. L'étude CNC

identifie le segment 4D, ou Immersive Motion Seating,

comme la catégorie premium la plus dynamique en 2024,

avec près de 28 % du parc mondial. La 4DX, développée

par le coréen CJ 4Dplex et très bien implantée en France

chez Pathé, en est la vitrine la plus connue, avec des

mouvements de sièges synchronisés avec l'action et toute

une batterie d'effets sensoriels. D'autres acteurs occupent

le terrain, comme l'américain MediaMation et son

MX4D, installé pour la première fois en France au Méga

Castillet de Perpignan, ou le canadien D-Box, dont les

fauteuils à mouvement individuel peuvent s'intégrer dans

des salles standard.

Le fauteuil, signature de circuit

Le siège peut enfin devenir un marqueur identitaire

autant qu'un argument de confort. MK2 a été l'un des

précurseurs avec son “love seat”. Ce fauteuil pour deux

dessiné par Martin Szekely, avec accoudoir central escamotable,

est devenu emblématique du MK2 Bibliothèque

et, plus largement, d'une certaine idée du cinéma comme

lieu de design. Comme dans les salles ICE de CGR, où

le fauteuil est partie intégrante du format premium,

Cinéville a fait plus récemment de son concept maison

Orium une véritable marque : un univers visuel distinctif

décliné dès l'entrée de la salle, de larges fauteuils inclinables

Recliners et méridiennes dans la salle ICE du CGR Castres

Modèle Club au Sélect de Saint-Jean-de-Luz, avec dossier 3 boudins

©KLS ©CGR Cinémas

Les chauffeuses amovibles de L'Élysées Lincoln

à tablette et une identité chromatique. La démonstration

que l'assise, par son dessin et sa mise en scène, peut porter

le positionnement d'une enseigne.

Des déclinaisons multiples

Entre ces registres, les déclinaisons se multiplient : méridiennes

au premier rang, que l'on retrouve notamment

chez Kinepolis, accoudoirs équipés, tablettes, reposepieds…

Le sur-mesure répond à des contraintes d'encombrement,

de pas de gradin et de jauge propres à

chaque salle. La généralisation de la réservation à la place

a elle aussi des effets concrets jusque dans les ateliers de

fabrication comme à Lons-le-Saunier (Jura), siège de

KLS VIP : dès lors que la numérotation passe par une

broderie plutôt que par une plaque, le contrôle qualité

doit être renforcé pour éviter erreurs de chiffre et doublons.

Cette premiumisation appelle toutefois quelques nuances.

Elle se vérifie davantage sur les petites salles que sur les

grandes, et l'étude CNC rappelle qu'elle doit rester

minoritaire, sous peine de dévaloriser l'expérience standard

: les sièges inclinables « ne sont pas attrayants ou accessibles

pour tous ». Le fauteuil est aussi le terrain où s'expriment

l'attachement au made in France et la sensibilité environnementale,

deux principes que les exploitants revendiquent

volontiers mais qui ne se traduisent pas toujours au

moment de signer le bon de commande. La rénovation,

du rehoussage à la réfection complète des dos, assises et

accoudoirs, reste à cet égard un axe constant pour les

fabricants.

Au fond, le marché s'éloigne peu à peu du modèle de

fauteuil unique qui a prévalu pendant des décennies. À

sa place s'installe une recherche d'assises qui, par leur

confort et leur design, provoquent l'effet “waouh”, celui

qui fidélise le spectateur et fait parler de la salle. Dans

une économie où la sortie cinéma devient plus sélective

et plus chère, ce supplément d'expérience n'est plus un

luxe accessoire : il participe directement de la valeur

du billet.

©Mary Erhardy

La rédaction

16 N°519 / 22 juin 2026


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Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

JOUR FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S26

24 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

NAUTEIN PRODUCTION 11 RUE DENVER 01h15 O.Thouret L.Philippe, O.Thouret, C.Mostacci

ORAWA PROD ANESTHESIA 01h42 D.Boyer

CGR EVENTS BLEACH : THOUSAND-YEAR BLOOD WAR - THE CALAMITY 01h20 T.Taguchi M.Morita, F.Orikasa, N.Sugiyama

POTEMKINE FILMS BLUE HERON 01h30 S.Romvari E.Guven, A.Zimmer, I.Retí

POWERHOUSE PRODUCTIONS CON CITY 02h30 H.Durairaj A.Das, A.Ben, Y.Babu

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR DES MINIONS ET DES MONSTRES 01h30 P.Coffin P.Coffin, A.Sedaris, C.Waltz

CARLOTTA FILMS EEGA, LA MOUCHE VENGERESSE 02h14 S.Rajamouli Sudeep, Nani, S.Ruth Prabhu

UFO DISTRIBUTION ERUPTION 01h11 P.Ohs Charli xcx, L.Góra, W.Madden

PATHÉ FILMS LA BATAILLE DE GAULLE - PARTIE 2 : J’ÉCRIS TON NOM A.Baudry S.Abkarian, S.Beale, F.Lesieur

LES PRODUCTIONS DE LA GÉODE LE ROYAUME DES REQUINS 00h45 M.Tomaszewski

LE PACTE LES CAPRICES DE L’ENFANT ROI 01h54 M.Leclerc Artus, J.Piaton, N.Schiffman

UGC DISTRIBUTION LES PARFAIT(S) : ARNAQUES EN FAMILLE 01h34 L.Bernard A.Fleurot, R.Bedia, A.Cumming

TANDEM L’ÉTRANGÈRE 01h41 G.Jiji Z.Amir, A.Manenti, A.Waked

EPICENTRE FILMS MASPALOMAS 01h55 A.Arregi et J.Goenaga J.Soroiz, N.Aranburu, K.Uranga

JUNE MY SUMMER WITH IRENE 01h31 C.Sironi N.Abita, M.Brandenburg, C.Segaluscio

SPLENDOR FILMS NEW YORK 1997 01h39 J.Carpenter K.Russell, L.Van Cleef, E.Borgnine

KMBO NOISE 01h33 S.Kim L.Sun-bin, K.Min-seok, K.Ryu

JHR FILMS SEULS LES REBELLES 01h38 D.Arbid H.Abbass, A.Benrachid, S.Fakih

S27

1 ER JUIL

5 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

ORIGINALS FACTORY ANDRÉ IS AN IDIOT 01h27 A.Benna A.Ricciardi

CONTRE-JOUR DISTRIBUTION AUTOUR DE LUCIO 01h30 E.Barrier et P.Delisse

LES FILMS DU CAMELIA DISONS, UN SOIR À DÎNER 02h05 G.Patroni Griffi J.Trintignant, L.Capolicchio, A.Girardot

LES ALCHIMISTES ENTRONCAMENTO 02h11 P.Cabeleira A.Vilaça, C.Diára, R.Morais

BLUE NOTE FILMS GHOST ELEPHANTS 01h39 W.Herzog S.Boyes, W.Herzog

DIAPHANA DISTRIBUTION IN WAVES 01h35 P.Nguen L.Khoudri, P.Kircher, R.Vega

PATHÉ LIVE JULIEN DORÉ - LE DERNIER PESTACLE 01h50

CARLOTTA FILMS KWAÏDAN 03h03 M.Kobayashi M.Aratama, M.Watanabe, R.Mikuni

UNA MATTINA FILMS LAISSEZ-NOUS LES CLÉS 01h29 Y.Helali

SONY PICTURES RELEASING FRANCE LE TOMBEAU DES LUCIOLES 01h30 I.Takahata J.Spencer, A.Shiraishi, V.Taylor

JOUR2FÊTE MISS MERMAID 01h32 P.Brunner et M.Verlé A.Sauvage, T.VDB, A.Wheeler

CGR EVENTS MON PREMIER CINÉMA AVEC LES TROIS BRICOCHONS 00h53 R.Villemaine

METROPOLITAN FILMEXPORT ON L'APPELAIT ROBIN DES BOIS 02h02 M.Sarnoski H.Jackman, J.Comer, B.Skarsgård

PAN DISTRIBUTION PERMIS DE DÉTRUIRE E.Fraticelli K.Merad, P.Timsit, E.Fraticelli

WARNER BROS. FRANCE SUPERGIRL 01h50 C.Gillespie M.Alcock, M.Schoenaerts, E.Ridley

MAVERICK DISTRIBUTION THE STORIES 02h00 A.Shawky A.El-Masry, V.Pachner, N.Karim

NEW STORY UN CHAMP DE FRAISES POUR L’ÉTERNITÉ 01h44 A.Raoust P.Rebbot, G.Montel, F.Loiret Caille

S28

8 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

NORTE DISTRIBUTION DRY LEAF 03h06 A.Koberidze D.Koberidze, O.Nijaradze, I.Chelidze

LA LUNA DISTRIBUTION ENFANTS DE PALESTINE – DEUX HISTOIRES DE CISJORDANIE 00h58 M.Mesbah et S.Awawdeh

LES FILMS DU WHIPPET ENTRE CIEL ET TERRE 00h33 A.Jaffé et R.Synkevich

METROPOLITAN FILMEXPORT EVIL DEAD BURN S.Vaniček S.Yacoub, H.Doohan, L.Buchanan

SUDU CONNEXION HANAMI 01h36 D.Fernandes D.Mendes, A.Da Luz Gomes, S.Andrade

STUDIOCANAL KILL BILL: THE WHOLE BLOODY AFFAIR 04h35 Q.Tarantino U.Thurman, D.Carradine, L.Liu

MEMENTO LA CHALEUR 01h32 S.Demoustier H.Hussein, T.Richard, M.La Manna

TANDEM L’ÉCOLOGIE DES SENTIMENTS 01h24 A.Steiger A.Manet, S.Stein, A.Steiger

NOUR FILMS LE PASSAGE 01h48 B.Andersen Y.Al Massri, Y.Mahayni, O.Sy

SARAH FILMS LE PREMIER RÔLE 01h26 A.Hakkar Z.Souakria, A.Hakkar, T.Aït-Ali

MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION MICROSTAR 01h27 L.Kraus A.Wapler, F.Lefebvre, R.Hazanavicius

PYRAMIDE DISTRIBUTION SEULE LA VIE 02h01 A.Goiginger V.Pachner, R.Stadlober, S.Reinsperger

LES FILMS DE L'ATALANTE SUDDEN FEAR 01h50 D.Miller J.Crawford, J.Palance, G.Grahame

DAMNED DISTRIBUTION THE FIN 01h25 S.Park Y.Yeji, P.Kim, Goh-woo

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE VAIANA, LA LÉGENDE DU BOUT DU MONDE 01h55 T.Kail C.Laga'aia, D.Johnson, F.Adams

S29

15 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

LES FILMS DE L'ATALANTE ANOTHER MAN'S POISON 01h30 I.Rapper B.Davis, G.Merrill, E.Williams

LES ALCHIMISTES ARCOBALENO 01h17 P.Cirès

DULAC DISTRIBUTION COMÈTE É.Wajeman V.Macaigne, S.Funtek, A.Chardard

L'ATELIER DISTRIBUTION D'OÙ VIENT LE VENT 01h40 A.Guellaty E.Bellagha, S.Baccar, S.Belhassen

LE PACTE KAYARA, PRINCESSE INCA 01h21 C.Zelada N.Serrano, N.Begle, C.Gonzales

FRIDAY ENTERTAINMENT LA DERNIÈRE SÉANCE 01h50 P.Nalin B.Rabari, B.Shrimali, R.Meena

HAUT ET COURT L'AVENTURE RÊVÉE 02h41 V.Grisebach S.Alilov Letifov, Y.Radeva, V.Frandev

JOUR2FÊTE LE BERGER ET LES OURS 01h41 M.Keegan

THE JOKERS FILMS LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ 02h08 K.Jee-Woon S.Kang-Ho, L.Byung-Hun, W.Jung

PANAME DISTRIBUTION LE HÉROS DE BERLIN 01h53 W.Becker C.Hübner, C.Paul, L.Ullrich

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR L'ODYSSÉE 02h52 C.Nolan M.Damon, T.Holland, A.Hathaway

CARLOTTA FILMS

RÉTROSPECTIVE INTÉGRALE JACQUES TATI (6 FILMS)

MOTEL THE LAST VIKING 01h56 A.Jensen M.Mikkelsen, N.Lie Kaas, L.Brygmann

20 N°519 / 22 juin 2026


S30

22 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

DESTINY FILMS CAP FAREWELL 01h48 V.D'Alcantara N.Abita, P.Bussières, O.Gourmet

LES FILMS DE L'ATALANTE CAST A DARK SHADOW 01h22 L.Gilbert K.Walsh, K.Harrison, D.Bogarde

EUROZOOM

CYCLE YOSHIMITSU MORITA (4 FILMS)

STUDIOCANAL CHARLIE ET LES KANGOUROUS 01h47 K.Woods L.Whiteley, R.Corr, R.House

SPLENDOR FILMS COWBOY BEBOP 01h51 S.Watanabe K.Yamadera, U.Ishizuka, M.Hayashibara

ZINC FILM / WARNER BROS. FRANCE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE M.Darondeau et B.Usclat P.Clément, L.Stocker, J.Frison

NEW STORY GAVAGAI, ET AUTRES MALENTENDUS 01h31 U.Köhler J.Folly, M.Eggert, N.Richard

UFO DISTRIBUTION GORGONÀ 01h36 E.Kalogiropoulou M.Mahut, A.Marion, C.Loulis

PAN DISTRIBUTION LA FILLE DANS LES NUAGES P.Riche L.Emera, J.Debbouze, G.Ludig

TAMARA FILMS LES MADELEINES 01h23 A.Dreyfus

APOLLO FILMS LES VACANCES DE GOLO & RITCHIE M.Fougerol et A.Hamidi

WILD BUNCH DISTRIBUTION NIGHTBORN 01h32 H.Bergholm S.Haarla, R.Grint, P.Tola

THE JOKERS FILMS

RÉTROSPECTIVE KIM KEE-WOON (4 FILMS)

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION SOLEILS ATIKAMEKW 01h43 C.Leriche J.Newashish, M.Chilton, W.Newashish-Petiquay

ART HOUSE SOUS LE CIEL DE KYOTO 02h08 A.Ohku Y.Kawai, R.Hagiwara, A.Itô

CONDOR DISTRIBUTION SUR LA ROUTE D'OMAHA 01h33 C.Webley J.Magaro, M.Wright, W.Solis

S31

29 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

MÉTÉORE FILMS HOME STORIES 01h56 E.Trobisch F.Hornemann, M.Riemelt, E.Löbau

METROPOLITAN FILMEXPORT I WANT YOUR SEX 01h30 G.Araki O.Wilde, C.Hoffman, Charli xcx

LES ACACIAS LAWRENCE D'ARABIE 03h38 D.Lean P.O'Toole, A.Guinness, O.Sharif

ARIZONA DISTRIBUTION LES MATINS MERVEILLEUX 01h27 A.Besson I.Hair, R.Martigny, E.Cantona

AD VITAM LE TRIANGLE D'OR 01h30 H.Rosselet-Ruiz M.Khebizi, S.Mosbah, Z.Bakri

FRIDAY ENTERTAINMENT PARIKRAMA 01h52 G.Ghose M.Leonardi, C.Singh, A.Badkul

CARLOTTA FILMS RRR 03h07 S.Rajamouli N.Rama Rao Jr., R.Charan, A.Bhatt

SONY PICTURES RELEASING FRANCE SPIDER-MAN: BRAND NEW DAY D.Cretton T.Holland, Zendaya, S.Sink

KMBO THE UGLY 01h42 S.Yeon J.Min Park, H.Kwon, S.Hyon Bin

VIRGINIE FILMS TOMMY GUNS 01h58 C.Conceição J.Arrais, J.Cachola, V.Gil

S32

5 AOÛT

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

MOTEL BOGOTÁ 85 01h18 T.Corredor N.Reyes, S.Alarcón, M.Duran

ZINC FILM BOMBONERA S.Boulanouar S.Guerrab, V.Pons, E.Boumali

WAYNA PITCH COTTON QUEEN 01h35 S.Mirghani M.Murtada, R.Mahmoud, T.Farid

NOUR FILMS DES FLEURS POUR TOKYO 01h55 Y.Danzuka K.Kurosaki, K.Endô, H.Igawa

LES FILMS DU CAMELIA ENAMORADA 01h38 E.Fernandez M.Félix, P.Armendariz, F.Fernández

AD VITAM GIRL 02h04 S.Qi R.Chiu, E.Liu, Y.Lai

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION JOUR DE CHASSE 01h20 A.Blanc N.Ricci, B.Marcil, F.Millaire Zouvi

SONY PICTURES RELEASING FRANCE KYMA, L’ONDE MYSTÉRIEUSE 01h29 R.Daudet-Jahan J.Lefebvre, L.Loste Berset, M.Haïdara

PARAMOUNT PICTURES FRANCE LA PAT' PATROUILLE : LE FILM MISSION DINO C.Brunker R.Janjua, C.Young, M.Grace

ESC FILMS LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND 03h00 S.Leone C.Eastwood, E.Wallach, L.Van Cleef

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE LE CONCERT D'ÉTÉ 2026 D'ANDRÉ RIEU : VIVA MAASTRICHT ! 02h45 A.Rieu A.Rieu

STUDIO TF1 LES GENDARMES F.Prévôt-Leygonie et S.Archinard A.Ducret, M.Riso, A.David

KMBO LES SILENCES DE RIYAD 01h39 H.Al Mansour M.Al Zahrani, A.Gharbawi, S.Al Harthy

THE JOKERS FILMS THE NIGHT SHIFT V.Perelman D.Hounsou, K.Smit-McPhee

SOLARIS DISTRIBUTION VENISE, LA LUNE ET TOI 01h47 D.Risi A.Sordi, M.Allasio, N.Manfredi

S33

12 AOÛT

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

WILD BUNCH DISTRIBUTION CHICAS TRISTES 01h30 F.Tovar D.Álvarez, R.Guzmán

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR JUSTE POUR UNE NUIT W.Gluck M.Barbaro, C.Turner, M.Ringwald

WARNER BROS. FRANCE LA FIN D’OAK STREET D.Mitchell A.Hathaway, E.McGregor, M.Stella

SPLENDOR FILMS L'ÎLE 01h30 K.Ki-duk S.Jung, K.Yoosuk, Park Sung-Hee

EUROZOOM LYDIA ET LE VAISSEAU DES TEMPÊTES 01h20 N.Savard et P.Arseneau Bussieres S.Nélisse, L.Dantiste, E.Gélinas

TANDEM PARADISE 01h30 J.Comte D.Atsu Hukporti, J.Boivin-Desmeules, E.de la Chenelière

CARLOTTA FILMS

RÉTROSPECTIVE AKIRA KUROSAWA EN TROIS FILMS

DIAPHANA DISTRIBUTION SOUDAIN 03h15 R.Hamaguchi V.Efira, T.Okamoto, G.Dahmani

SPLENDOR FILMS THE QUIET FAMILY 01h38 K.Jee-Woon S.Kang-Ho, M.Choi, J.Jeong

SND TOMBÉ DU CIEL M.Hamidi I.Djadel, J.Balasko, F.Testot

CONDOR DISTRIBUTION UNDERTONE 01h34 I.Tuason N.Kiri, M.Duquet, K.Lyn Bastidas

PANAME DISTRIBUTION UNE AFFAIRE TURQUE 01h32 H.Aydin Gürsoy L.Erdogan, C.Berling, L.Azabal

ADN UNE AUBE NOUVELLE 01h16 Y.Shinomiya R.Hagiwara, K.Furukawa, M.Irino

UFO DISTRIBUTION UN GRAND RACCOURCI A.Foëx et C.Devilliers J.Porier, L.Labeque, F.Le Bris

S34

19 AOÛT

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SWASHBUCKLER FILMS ALLONS DONC, PAPA ! 01h22 V.Minnelli S.Tracy, E.Taylor, J.Bennett

CARLOTTA FILMS DES JOURS ET DES NUITS DANS LA FORÊT 01h55 S.Ray S.Chatterjee, S.Tagore, R.Ghosh

LE PACTE FJORD 02h26 C.Mungiu S.Stan, R.Reinsve, A.Panc

SONY PICTURES RELEASING FRANCE INSIDIOUS : L'INVASION DU LOINTAIN J.Chase A.Eve, B.Perea, L.Shaye

WAYNA PITCH LA FILLE CONDOR 01h49 A.Torrico M.Vallejo Montaño, M.Sanizo, N.Huayta Cutipa

APOLLO FILMS / STUDIOCANAL LA NIRVANA H.Bougheraba I.Bougheraba, J.Brucker, G.Elmaleh

SHELLAC LA PROVIDENCE ET LA GUITARE 02h05 J.Nicolau P.Inês, C.Riedenstein, S.Sobral

KMBO MARIUS ET LE ROYAUME DES MERS 01h20 E.Skandfer

SND MUTINY 01h34 J.Richet J.Statham, A.Wallis, R.Møller

METROPOLITAN FILMEXPORT OKLAHOMA HONEY 02h10 A.Patterson (I) M.McConaughey, A.LookingGlass, K.Russell

THE JOKERS FILMS WAKE IN FRIGHT 01h49 T.Kotcheff D.Pleasence, G.Bond, C.Rafferty

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr

N°519 / 22 juin 2026

21


Chiffres

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

Trois ans après Oppenheimer, Christopher Nolan est

de retour avec L’Odyssée, l’un des – si ce n’est le – films

les plus attendus de l’année. Retour donc en chiffres

sur les performances en salles des trois derniers longs

métrages du réalisateur, cherchant aussi bien à maîtriser

le temps que les géants.

OPPENHEIMER TENET DUNKERQUE

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

19/07/2023 26/08/2020 19/07/2017

UNIVERSAL WARNER WARNER

4 532 567 2 349 310 2 555 351

159 674 125 045 140 079

842 867 698 356 704 965

10 636 15 734 8 958

79 44 79

4,38 3,48 4,59

28 19 18

4,3 3,6 3,9

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 1 SEMAINE

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 10/06/2026 DISCLOSURE DAY UNIVERSAL 626 359 051 11 749 31

2 10/06/2026 UNE ANNÉE ITALIENNE ARIZONA 81 13 062 773 17

3 10/06/2026 GHOST IN THE SHELL (REPRISE) ANIME LIMITED 110 10 545 803 13

4 10/06/2026 THE CHRISTOPHERS DULAC 145 20 313 1 702 12

5 10/06/2026 LE VERTIGE DIAPHANA 270 48 460 4 511 11

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END

EN 2026

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 04/02/2026 STRAY KIDS: THE DOMINATE EXPERIENCE UNIVERSAL 213 66 238 860 77

2 22/04/2026 MICHAEL UNIVERSAL 540 1 171 314 15 489 76

3 29/04/2026 LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 DISNEY 505 870 253 12 230 71

4 01/04/2026 SUPER MARIO GALAXY LE FILM UNIVERSAL 779 1 429 883 20 122 71

5 04/02/2026 MARSUPILAMI PATHÉ 673 990 632 16 813 59

6 28/01/2026 GOUROU STUDIOCANAL 595 558 767 10 354 54

7 25/02/2026 SCREAM 7 PARAMOUNT 431 407 540 9 411 43

8 25/02/2026 ORWELL: 2+2=5 LE PACTE 77 25 002 622 40

9 15/04/2026 JUSTE UNE ILLUSION GAUMONT 665 450 584 11 268 40

10 11/02/2026 IT'S NEVER OVER, JEFF BUCKLEY PIECE OF MAGIC 41 2 996 75 40

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Disclosure Day s’empare de la première place des performances à

la séance sur la dernière semaine, avec une moyenne de 31 entrées

par séance (e/s). Une mise en orbite entre West Side Story (19 e/s)

et The Fabelmans (35 e/s), les deux précédents Spielberg, et

supérieure à Mickey 17 (29 e/s), autre titre SF d’auteur. À la

deuxième place, Une année italienne de Laura Samani réalise

17 e/s, soit une performance égale à un autre titre italien, Prima

la Vita de Francesca Comencini. Dans le reste du classement,

la reprise de Ghost In the Shell de Mamoru Oshii obtient 13 e/s,

The Christophers de Steven Soderbergh 12 e/s et Le Vertige de

Quentin Dupieux 11 e/s.

22 N°519 / 22 juin 2026


LES VACANCES DE CARLOTTA FILMS

Comme chaque année, l’été est une saison intense pour le distributeur qui

sort deux rétrospectives et quatre films. Tour d’horizon de ce programme

piochant aussi bien dans le répertoire français que les classiques japonais

ou les inédits indiens.

Distribution

nouvelles restaurations 4k. Une suite du travail sur le

cinéaste japonais culte, avec continuellement des découvertes,

telles celle à venir aussi de son premier film, La

Légende du grand judo (1943), à la rentrée prochaine

suite à son lancement à Cannes Classics en mai dernier.

Vincent Paul-Boncour reste confiant en la capacité du

répertoire à se renouveler au fil des années.

« Par exemple, il y a 20 ans, peu de personnes connaissaient

Entre le ciel et l’enfer [que Carlotta a ressorti en 2025,

ndlr.]. Mais, avec le temps, c’est devenu l’un des films les

plus connus de Kurosawa, que Bong Joon-ho cite explicitement

quand il fait Parasite. C’est une preuve que la vie des œuvres

ne s’arrête jamais, et que des titres peuvent être soudainement

mis sur un piédestal plusieurs années après leur sortie. » Citer

Bong Joon-ho illustre justement une nouvelle manière

d’attiser la curiosité du public, plutôt que « de l’intimider

en parlant de “plus grand chef-d’œuvre de l’histoire de

l’humanité” », et contribue à rendre le cinéma de patrimoine

vivant.

Playtime de Jacques Tati

Un été de fête

Le 15 juillet, Carlotta mettra à l’honneur Jacques Tati

à travers une intégrale des six longs métrages du réalisateur

: Jour de fête (1949), Les Vacances de Monsieur

Hulot (1953), Mon Oncle (1958), Playtime (1967),

Trafic (1971) et Parade (1974). De grandes retrouvailles

pour le distributeur, qui a déjà accompagné les ressorties

des quatre premiers films du cinéaste depuis plus de

quinze ans. « Bien que le catalogue continue de vivre,

nous avons eu la volonté, avec Les Films de Mon Oncle

– l’ayant droit monde, détenu par Jérôme Deschamps et

Macha Makeïeff – et Studiocanal – qui possède les droits

vidéo, tv et internationaux –, de tout restaurer en 4k

pour faire exister de nouveau pleinement Jacques Tati sur

tous les médias », explique Vincent Paul-Boncour,

fondateur de Carlotta. La première pierre de l’événement

a été posée en mai dernier, au Festival de Cannes,

où Mon Oncle a été projeté à Cannes Classics. Puis,

dans quelques jours, le « modèle gagnant » de Carlotta

sera réitéré avec la présentation de la rétrospective au

Festival de La Rochelle qui précède de peu sa sortie

salle ; une stratégie adoptée en 2025 pour les ressorties

d’Edward Yang, en 2024 pour Marcel Pagnol, ou

encore en 2022 pour Pier Paolo Pasolini. D’autant

que la rétrospective Tati est largement mise en avant

par l’événement de Charente-Maritime qui en a fait

son affiche, et a programmé un parcours dédié de

projections suivies de conférences.

Carlotta vise une sortie nationale entre 40 et 50 copies

et compte installer la rétrospective tout au long de l’été.

Pour ce faire, des affiches spécifiques à chaque film ainsi

qu’une pour l’intégrale ont été conçues, une nouvelle

bande annonce a été réalisée, et des cartes postales ainsi

que des dépliants de l’ADRC – partenaire de l’événement

– seront distribués en salles. Vincent Paul-Boncour vise

un public large, aussi bien familial qu’adolescent, de

connaisseurs du cinéaste comme de néophytes, et de

petites comme de grandes villes. « Nous avons tous un

souvenir de Tati, qu’il provienne de la télévision ou de la

salle, notamment via les dispositifs scolaires, et dans le même

temps, ses films sont peu revus. L’affect autour de son cinéma

est énorme, nous souhaitons continuer à faire découvrir et

redécouvrir Tati à toutes les générations de public, hier,

aujourd’hui et demain ! »

Garder la dynamique tout au long de la

saison

En amont de Jacques Tati, Carlotta distribuera, le 1 er

juillet, Kwaïdan de Masaki Kobayashi, dans une version

restaurée par la Toho. Le film, composé de quatre épisodes

fantastiques autour des fantômes, est inédit en France

depuis 35 ans, et a été présenté lors des dernières Rencontres

répertoire de l’AFCAE, d’où il est reparti avec le soutien

du Groupe. « C’est un des grands titres de l’histoire du

cinéma japonais, récompensé du Prix spécial du jury à

Cannes en 1965 : il est à la fois une grande fresque et une

œuvre intime qui peut parler aujourd’hui à un public

contemporain et jeune. » Toujours du côté du Japon, le 12

août sortira une rétrospective en trois films d’Akira

Kurosawa : Le Château de l’araignée (1957), La Forteresse

cachée (1958) et Sanjuro (1962), jamais sortis dans leurs

©Carlotta

Passages par l’Inde d’hier et d’aujourd’hui

Le 19 août viendra Des jours et des nuits dans la forêt de

Satyajit Ray, dont l'action est contemporaine de l’année

de sa réalisation, 1970, contrairement aux titres plus

connus du cinéaste comme Le Salon de musique ou

Charulata. « C’est une grande œuvre intimiste, l’un des films

cultes de Wes Anderson qui l’a présenté à Cannes Classics

en 2025. » Présenté aux dernières Rencontres du cinéma

indépendant organisées par le SDI et soutenu par le

Groupe répertoire de l’AFCAE, Des jours et des nuits dans

la forêt marque la deuxième incursion indienne de Carlotta

cet été, après les sorties de deux titres de S.S. Rajamouli :

Eega, la mouche vengeresse le 28 juin et RRR le 29 juillet.

Le distributeur continue son travail autour du cinéaste

indien après la sortie de La Légende de Baahubali - L’Épopée

en octobre dernier [voir le Boxoffice Pro du 27 août 2025].

Ces deux sorties s’imbriquent dans un grand événement

en France autour « du plus grand réalisateur indien contemporain

» avec une rétrospective à la Cinémathèque française

du 26 au 28 juin et une autre à l’Institut Lumière du 27

juin au 17 juillet, une séance à l’UGC Ciné Cité Les

Halles et au Grand Rex en présence de Rajamouli, et un

passage au Festival d’Annecy pour présenter le work in

progress de l’adaptation animée de Baahubali. Le tout

« alors que Rajamouli est en train de tourner le film le plus

cher du cinéma indien, et qu’il met donc en pause la production

pendant 15 jours ». Tout un programme pour valoriser

un cinéaste dont la notoriété internationale s’est consolidée

avec RRR – qui a occupé la tête du box-office mondial

pendant quelques jours en 2022 –, et qui ancre par

ailleurs Carlotta dans une démarche pérenne autour du

cinéma indien contemporain. De quoi poser les bases

d’une histoire qui, comme l’espère Vincent Paul-Boncour,

« n’en est qu’à ses débuts ».

Jules Dreyfus

N°519 / 22 juin 2026

23


Entretien

Sébastien Vaniček et Souheila Yacoub sur le tournage de Evil Dead Burn

SÉBASTIEN VANIČEK

« J’ESSAIE DE COMPRENDRE LES MONSTRES »

Remarqué fin 2023 suite au succès de

Vermines (280 000 entrées), le cinéaste

français change d’échelle avec son

deuxième long métrage, Evil Dead

Burn, en salles le 8 juillet sous pavillon

Metropolitan.

Comment appréhende-t-on le changement d’envergure

entre Vermines et Evil Dead ?

C’est très similaire à mon passage du court au long

métrage pour Vermines. Dans les deux cas, le processus

reste le même : on commence dans un appartement,

à deux, en s’échangeant des idées, et on termine dans

une salle de montage. Faire un film, peu importe le

budget, ne change pas fondamentalement. Certes, il y a

plus de moyens, d’idées et de "jouets" à disposition, mais

finalement, c’est toujours une caméra devant un acteur.

Comment se sont noués les contacts avec les

États-Unis ?

Avec les prix et le succès de Vermines aux États-Unis, j’ai

été un peu mis sur le devant de la scène. J’ai reçu beaucoup

de scénarios et de propositions de la part de divers studios,

mais je les déclinais souvent car je refusais de n’être qu’un

simple yes man. Puis, au milieu de toutes ces demandes,

New Line et Ghost House [la société de production

co-fondée par Sam Raimi, le créateur de la franchise,

ndlr.] m’ont contacté pour connaître ma vision d’un

nouvel Evil Dead. Ghost House est une structure indépendante

qui fonctionne de manière très européenne :

on m’a donc offert une vraie liberté créative pour écrire

et réaliser. C’est ce qui m’a permis d’emmener une partie

de mon équipe technique – dont certains avec qui je

travaille depuis mes courts métrages – aux États-Unis et

de rapatrier la post-production en France.

À quel point est-ce compliqué de reprendre le

flambeau d’une franchise aussi culte ?

J’ai été si bien entouré par des producteurs bienveillants,

qui m’ont constamment poussé à aller plus loin, que

je n’ai pas vraiment ressenti le poids de la franchise

pendant la fabrication. C’est seulement maintenant,

avec le début de la promotion, que je réalise l’attente

qu’il y a autour du film !

Un film d’horreur

français peinera

toujours à obtenir

des budgets comme

aux États-Unis

Quelles sont les références qui vous ont accompagnées

pendant la réalisation ?

En réalité, je ne suis pas le “fan hardcore d’horreur” qu’on

imagine après mes deux films ! Ce qui m’attire avant tout,

ce sont les œuvres viscérales, celles qui bousculent physiquement

le spectateur et le clouent à son siège.

Mes véritables références penchent plutôt vers Darren

Aronofsky, Jeremy Saulnier (Green Room), ou encore

Ridley Scott dans ses meilleures années. Cependant, pour

affiner mon propre style, j’essaie de m’en détacher au

maximum afin de ne pas devenir une pâle copie.

Vous parlez de secouer le spectateur : quel est votre

propre rapport à l’expérience de la salle de cinéma ?

J’ai l’approche d’un banlieusard : aller au cinéma implique

de prendre le RER, de payer sa place 15 euros, d’ajouter

parfois un restaurant... Par conséquent, ma vision du

cinéma est qu’il doit offrir une expérience physique :

en salle, il faut en prendre plein la vue. J’ai conçu Vermines

et Evil Dead dans cette optique : offrir une expérience

collective intense où le public crie, rit et retient son

souffle à l’unisson.

Avec votre émergence et celle, entre autres, de

Julia Ducournau ou Coralie Fargeat, est-ce que

le cinéma de genre, souvent marginalisé, trouve

enfin sa place en France ?

L’évolution reste très timide. Les talents sont bien présents

en France pour monter des projets ambitieux, mais de

fortes barrières subsistent, notamment celle de la langue.

Par exemple, The Substance a eu un fort retentissement,

mais c’est un film anglophone porté par Demi Moore ;

d’un autre côté, Titane, malgré sa Palme d’or, a eu une

portée plus restreinte. J’ai le sentiment qu’en dépit de

nos cinéastes talentueux, un film d’horreur français

peinera toujours à obtenir des budgets de plusieurs

dizaines de millions de dollars comme c’est le cas aux

États-Unis. Ceci dit, l’argent ne détermine pas la qualité

d’une œuvre, et le public n’est pas dupe : ce qu’il veut

avant tout, ce sont de bons films.

Quels sont vos projets futurs ?

Je développe en parallèle un projet français et un projet

américain que j’écris et réalise, donc en gardant la même

méthode que Vermines et Evil Dead. Même si mon but

n’est pas forcément de m’enfermer dans l’horreur, mon

univers gardera toujours une part de noirceur, notamment

parce que j’aime mettre en scène des monstres. J’essaie

de les comprendre, de les appréhender. Depuis l’enfance,

j’éprouve une forte empathie pour eux, que ce soit pour

les araignées ou ces insectes jugés repoussants que l’on

écrase sans réfléchir. Au fond, ce rejet s’apparente à de la

xénophobie. Ce sont des formes de vie à part entière, et

j’aimerais que le public parvienne à le ressentir.

C’est pour cela que la figure du monstre ne sera jamais

très loin dans mon cinéma.

©2026 Warner Bros. Entertainment Inc.

Propos recueillis par Jules Dreyfus

24 N°519 / 22 juin 2026


du

28

au

1 er

Juin

Juillet

LA FÉDÉRATION NATIONALE DES CINÉMAS FRANÇAIS

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Étude

LE CNC ÉTUDIE LE MODÈLE ÉCONOMIQUE

DES FILMS FRANÇAIS

Divines de Houda Benyamina

©Easy Tiger

Le 9 juin, à l’occasion d’une table ronde à l’Assemblée nationale, le CNC a

présenté une étude sur la rentabilité d’une œuvre française tout au long

de sa vie.

Parmi les nombreuses critiques adressées au cinéma

français et au CNC, celle de la rentabilité des films

d’initiative française (FIF) revient régulièrement. C’est

donc dans un souci de clarification que le Centre a réalisé

une étude sur le modèle économique de 1 823 FIF sortis

entre 2012 et 2021, afin d’avoir au moins trois ans de

recul sur les recettes de tous modes d’exploitation – salles

françaises, vidéo physique, VàD, VàDA, salles internationales

et télévision. Pour ce dossier « inédit par son

ampleur et son exhaustivité », le CNC a fait appel à un

comité d’experts composé de 13 professionnels représentant

tous les acteurs de la filière.

Bilan production

Une grande circulation des œuvres

Un des premiers constats est la vaste exposition de la

production française sur les différents modes d’exploitation

: 1 277 films (70 %) sont exploités sur au moins

cinq des six fenêtres, et 704 (39 %) le sont sur l’intégralité

de la chaîne de l’exploitation. Seules 45 œuvres (2 %)

sont, en revanche, exploitées uniquement dans les cinémas.

Ainsi, entre 2012 et 2024, les FIF ont généré 7,9 milliards

d’euros de recettes. Les cinémas français en génèrent une

part prépondérante (3,86 milliards d'euros, 49 %) mais

pas hégémonique : les salles internationales apportent

Recettes brutes TTC des films d’initiative française (M€) Source : CNC

Salles françaises

Vidéo

Salles

internationales

Achats TV (hors

préachat)

Recettes brutes TTC des films d'initiative française (M€) Source : CNC

445

773

2 805

3 859

0 1 000 2 000 3 000 4 000

26 N°519 / 22 juin 2026


2,8 milliards d'euros soit 36 % des recettes, les achats

TV (hors préachats) en représentent 445 millions d'euros

soit 5 %, tandis que la vidéo* – qui inclut le marché

physique, VàD et VàDA – en représente 773 millions

d'euros soit 10 %. En se concentrant sur les films sortis

entre 2012 et 2014 – soit un échantillon de 557 titres

–, il apparaît par ailleurs que, même si 90 % des recettes

sont réalisées sur les deux premières années, neuf titres

sur dix continuent de générer des revenus une décennie

après leur sortie salles. La durée de vie d’une œuvre est

donc étendue, et 17 % des titres enregistrent plus de

30 % de leurs recettes totales après leur deuxième année.

Une rentabilité globale assurée

Pour calculer le solde des FIF, il faut préalablement

déterminer la part à risque de la production, c’est-à-dire

ce que les producteurs/investisseurs prennent à leur charge

à l’issue de la fabrication du film. Pour ce faire, il faut

déduire du coût de production (7,76 milliards d'euros

au total) les aides à la production, le crédit d’impôt ou

encore les préachats des diffuseurs, mais aussi le MG des

distributeurs, qui correspond à une avance que ces derniers

récupéreront sur les recettes futures de l’œuvre. In fine,

la part à risque s’établit à un peu plus de 1 milliard d'euros.

En soustrayant de ce montant les soldes intermédiaires

issus des exploitations successives, le CNC évalue le solde

net de production. Ce dernier est positif et s'élève à 289

millions d'euros à fin 2024, soit une moyenne de 158 000 €

par film, une somme destinée à être répartie entre les

différents acteurs concernés.

Ainsi, sur les plus de 1 800 titres étudiés, 672 (37 %)

dégagent un solde final positif pour les producteurs après

une exploitation complète. Dans le détail, 369 atteignent

ce seuil après l’exploitation en salles, auxquels s’ajoutent

68 avec la vidéo, puis 114 avec l’international et 121

avec la télévision. Il apparaît en outre que, plus un film

coûte cher, plus sa probabilité de dégager un solde positif

augmente : la part de rentabilité croît avec le coût de

production, de 17,9 % des films de moins de 1 million

d'euros à 50 % des films de plus de 15 millions d'euros.

Cela illustre d’un côté le caractère prototypal de la filière,

dont un grand nombre de films cherche à renouveler les

talents, les récits et les formes plutôt qu’à être rentable,

et de l’autre les risques que représente chaque investissement.

« Le cinéma est une industrie mais aussi un art, où

l’intervention de l’État est nécessaire pour engager la prise

de risques », a ainsi souligné Gaëtan Bruel lors de la

présentation de l’étude à l’Assemblée nationale. Enfin,

la probabilité d'atteindre un solde positif est fortement

déterminée par le volume d'entrées enregistré en France :

si 13,4 % des films ayant attiré moins de 20 000 spectateurs

s’avèrent rentables, la part dépasse les 80 % pour les films

à plus de 1 million d’entrées.

* Le marché physique a pour rappel connu une chute significative au cours des dernières

années, passant de plus de 1 milliard d'euros de recettes en 2012 à 153 millions d'euros

en 2025. Cette baisse a toutefois été compensée par la croissance de la vidéo à la demande,

dont les revenus sont passés de 252 millions d'euros en 2012 à 2,7 milliards d'euros en 2025.

** Le CNC rappelle toutefois que, « tant que le MG et les frais d’édition n’ont pas été récupérés,

c’est le distributeur, et non le producteur, qui supporte la perte ».

Bilan distribution

Un contexte en évolution considérable

De 2012 à 2021, le paysage de la distribution a été

marqué par la baisse conséquente des frais d’édition

grâce à la dématérialisation des copies puis la fin des

VPF. Ainsi, si une société payait 615 000 € d’édition

en 2012, elle n’en paie plus que 442 000 € en 2021.

De même, tous les types de MG ont connu un fort

recul sur cette période : les MG groupés – qui couvrent

plusieurs modes d’exploitation – concernant a minima

la salle sont passés en moyenne de 1,5 millions d’euros

à 715 000 € (-54 %) tandis que les MG salle isolés ont

chuté de 825 000 € à 188 000 € (-77 %). D’un autre

côté, les soutiens publics pour les distributeurs sont

à la hausse, entre les aides sélectives du CNC, le soutien

automatique et la contribution Canal+/CNC, permettant

une aide moyenne de plus de 290 000 € par film.

Ainsi, sur la totalité du périmètre, 45,9 % des films

dégagent un solde net de distribution positif après la

salle, ce qui permet à l’ensemble des distributeurs

d’engranger 123,4 millions d’euros de commission**.

Part des FIF avec un solde net de distribution positif selon la présence d'un MG salle au financement

(% du total) Source : CNC

60

40

20

0

39,1

58,3

47,8

47,8

53,9

Avec MG groupé Avec MG salle isolé Sans MG

Après l'exploitation en salle uniquement

Le cinéma est une

industrie mais aussi un

art, et l’intervention de

l’État est nécessaire

pour engager la prise

de risques

Gaëtan Bruel

à l’Assemblée nationale le 9 juin

À noter que la part des œuvres au solde positif est en

progression sur la période : de 35,8 % en 2012, elle

passe à 55,7 % en 2021 ; une tendance que le CNC

attribue « à la baisse des frais d’édition et des MG moyens

par film, d’une part, et à la hausse des soutiens publics,

d’autre part ». Le constat est similaire en incluant tous

les modes d’exploitation : la part du solde net de

distribution positif, en évolution constante de 2012

à 2021, s’établit en moyenne à 53,7 % – ce qui ne

concerne toutefois que les sociétés ayant financé un

MG groupé.

Le MG comme élément central

Il apparaît que la nature du minimum garanti détermine

en grande partie le risque qu’engage le distributeur

sur un film. Car, comme le précise le CNC, « si le

MG, en tant que préfinancement, diminue la part à

risque pour le producteur, il représente un apport supplémentaire

à couvrir pour le distributeur en salles, au-delà

Part des FIF avec un solde net de distribution positif selon la

présence d’un MG salle au financement (% du total) Source : CNC

53,9

À l'issue de l'ensemble de l'exploitation du film (à date)

des frais d’édition ». Une société aura ainsi plus de

chances d’être rentable en s’engageant sur plusieurs

modes d’exploitation plutôt qu’en ne restant que sur

les cinémas. En effet, à l’issue de l’exploitation en

salle, un FIF pour lequel un distributeur a financé un

MG salle isolé dégage un solde net de distribution

positif dans 47,8 % des cas, contre 39,1 % pour un

MG groupé. Toutefois, dans ce dernier cas, la part

grimpe à 58,3 % à l’issue de l’ensemble de l’exploitation

du film. Les FIF n’ayant pas bénéficié de MG salle

sont, pour leur part, rentables à 53,9 % des cas. Le

minimum garanti groupé permet donc d’amortir les

risques, et cela s’illustre particulièrement du côté des

MG tous circuits, qui concernent 381 films du périmètre

: 112 œuvres (29,4 %) dégagent un solde positif

après la salle, contre 225 (59,1 %) après l’ensemble

des modes d’exploitation.

Jules Dreyfus

N°519 / 22 juin 2026

27


Exploitation

Les participants au 10 e Céminéo devant le Mega Castillet

CINÉO EN SÉMINAIRE À PERPIGNAN

Le groupement de cinémas indépendants privés évolue vers une co-présidence,

plus que jamais engagé pour faire reconnaître les spécificités de ses adhérents et

de ses actions, notamment en faveur de la transition écologique.

©Antoine Musset / Cinéo

En plus de 15 ans d’existence, « notre association fait son

œuvre, pas-à-pas, pour que notre catégorie de cinémas “du

milieu”, présents sur tout le territoire, soit mieux reconnue

par la profession et le public », introduisait Marie-Christine

Désandré lors de l’AG de Cinéo, le 12 juin au Mega

Castillet de Perpignan. L’un des temps forts de trois jours

de rencontres – dans les deux établissements perpignanais

de Cine Movida et au Clap Ciné de Canet-en-Roussillon

–, qui ont rassemblé des adhérents de toutes les régions

et leurs nombreux partenaires. Pour rappel, le groupement

de 140 cinémas (pour 713 écrans) est à la fois une association

et un syndicat, présidés depuis 10 ans par Marie-Christine

Désandré. Mais au vu du travail à mener sur tous les

fronts, « je ne suffis plus à cette tâche » estime la présidente,

qui a donc proposé à Cédric Aubry de présider le syndicat,

tandis qu’elle conservera la présidence de l’association-mère

« pour travailler en binôme ». Le dirigeant de Confluences

partagera donc leur « volonté commune de défendre le modèle

des indépendants privés ».

Afficher l’unité…

Les tensions actuelles ont été abordées lors de ce 10 e

Céminéo, mais « toujours dans un esprit d’unité et de solidarité

de la profession », souligne Marie-Christine Désandré, en

témoigne la rencontre – à huis clos – organisée à Perpignan

avec des représentants de CGR et UGC. Une démarche

saluée par le président du CNC, qui est intervenu en visio,

et celui de la FNCF. « Nous devons absolument faire retomber

la pression, a réaffirmé Richard Patry, sans renier nos revendications

corporatistes, mais sans jamais attaquer les autres,

qu’ils soient gros ou petits. » Certes, les débats n’en ont pas

moins montré le sentiment d’injustice de certains

exploitants privés face à des salles municipales subventionnées,

ou de « petits patrons », face à l’offensive de grands

circuits. Mais dans tous les cas, on pointe le tunnel de la

3 e semaine et la responsabilité des distributeurs, parfois

déconnectés de la réalité du terrain. Pour Marie-Christine

Désandré, « la réduction des plans de sortie impacte directement

nos tailles d’exploitations ».

Et si Richard Patry interroge le besoin d’établir une « chronologie

de l’accès au film », il déplore surtout que la programmation,

métier avant tout humain, soit en passe d’être

confiée « à deux IA, celle des distributeurs et celle des salles ».

Aussi, sans être miraculeux, le comité de concertation

permet la réflexion… par exemple sur « le sujet complexe

des visas exceptionnels et la répartition des 500 séances entre

catégories d’exploitants ».

Enfin, l’unité doit être retrouvée au sein de toute la filière.

Avec les syndicats de producteurs, – qui ne communiquent

pas suffisamment avec la FNCF, rapporte son président

–, et avec l’audiovisuel. « Il y a 10 ans, le cinéma et l’audiovisuel

avaient suffisamment de force pour s’adresser ensemble

aux pouvoirs publics. Aujourd'hui, on siffle le logo Canal+

à Cannes. » Et à l’heure où le modèle français est attaqué,

Marie-Christine Desandré et Richard Patry appellent ainsi

tous les exploitants à faire de la pédagogie auprès de leurs

élus locaux, « quel que soit leur parti, pour leur dire à quel

point la disparition du CNC serait une catastrophe pour

l’exceptionnel modèle français ».

Antoine Musset, coordinateur chez Cinéo et Paul De La

Fage, référent écologie, se sont particulièrement attelés

à ce travail de communication depuis l’an dernier, pour

Notre volonté

commune est de

défendre le modèle des

indépendants privés

Marie-Christine Désandré,

présidente de l’association, et

Cédric Aubry, président du

syndicat Cinéo

expliquer le rôle des cinémas dans l’animation des villes,

et faire exister la “marque” Cinéo. Le groupement s’attache

toujours à mutualiser les services entre adhérents, à travers

par exemple une centrale d’achat pour négocier des tarifs

préférentiels – y compris sur l’énergie –, sans atteindre

forcément de gros volumes. Cinéo est aussi organisme

de formation et, avec sa référente Qualiopi Sandrine Van

Den Broeck, a organisé en 2025 122h de sessions autour

de neuf thématiques, dont les ressources humaines, la

facturation électronique, l’accueil du public, les premiers

secours… et bien sûr l’écologie.

… et agir pour des alternatives vertes

On sait que le groupement a été pionnier en matière de

transition écologique des salles, contribuant à porter ce

combat au sein de la FNCF. Lauréat du volet "Alternatives

28 N°519 / 22 juin 2026


Exploitation

vertes" de France 2030, Cinéo travaille depuis deux ans

à développer un modèle d'exploitation soutenable, avec

le soutien de Juliette Vigoureux (La Base), l’intégralité des

actions étant financée par une dotation de 674 000 euros.

Ce projet en trois étapes a commencé par dresser le bilan

carbone des salles, dont les résultats ont été présentés au

Congrès l’an dernier [voir Boxoffice Pro du 8 oct 2025].

Sachant que la mobilité des spectateurs reste le plus gros

poste d’émission (69 % en moyenne), Cinéo a lancé une

étude détaillée sur le sujet auprès de 15 cinémas, dont la

synthèse sera bientôt publiée et confirme que la majorité

des spectateurs (57 %) vont au cinéma en voiture… seuls.

Les mesures concernent aussi toutes les formes de pollution

générées par une sortie ciné – sur la biodiversité, l'air ou

l’eau… – au-delà de leur impact sur le climat. Il reste par

exemple un immense chantier sur la gestion des déchets :

alors que les cinémas sont tenus depuis janvier 2026 de

trier les bio-déchets, ils sont toujours mélangés au recyclable

et 64 % de ce que l’on trouve dans les poubelles “noires”...

n’a rien à y faire.

©Antoine Musset / Cinéo

La réduction des plans de sortie impacte

directement nos tailles d’exploitations

Marie-Christine Désandré

Aussi, en s’appuyant sur les 10 thématiques de sa charte

éco-responsabilité, Cinéo organise chaque année son “Lab

2030” (dont le prochain aura lieu du 7 au 9 octobre 2026)

pour inventer et ajuster collectivement des alternatives

concrètes. Des expériences locales d’horaires de bus alignés

sur ceux des séances, ou encore un week-end “Gourm’engagé”

ont ainsi été imaginés. Enfin, sur le volet formation,

Cinéo continue d’assurer, aux côtés de l’ADRC et de La

Base, les sessions “Gestion éco-responsable des salles” du

CNC, tout en développant ses modules “Quels cinémas

demain ?”. Ces derniers sont scindés en trois parties –

décarbonation, déchets et énergie – avec pour chacune

45 mn d’apprentissage individuel, un auto-diagnostic,

puis 1h30 en visio-conférence pour les solutions concrètes.

« Des formations indispensables, toujours élaborées en fonction

des besoins des adhérents, et pas trop longues pour que chacun

puisse y participer », souligne Marie-Christine Désandré.

Et une action qui illustre, selon les mots de Gaëtan Bruel,

« le travail d’intérêt général mené par Cinéo,contribuant à

l'action du CNC ».

Cédric Aubry et Marie-Christine Désandré, aux côtés de Richard Patry et Laurence Meunier (FNCF), lors de l’AG de Cinéo le 12 juin 2026 à Perpignan

Cécile Vargoz

UGC AQUABOULEVARD VALIDÉ EN CDACI

La commission d’aménagement cinématographique de Paris a donné, ce 16 juin, son

feu vert au projet qui remplacera le Pathé Aquaboulevard du 15 e arrondissement.

L’occasion d’officialiser le nouvel exploitant du site.

©Pathé Cinémas

Pathé Cinémas ayant opté pour un arrêt

d’activité de l'historique Gaumont Aquaboulevard

– comme nous le confirmait Laure de

Boissard dans l’Émission Box Office Pro du

11 juin dernier –, c’est donc UGC qui exploitera

le nouveau cinéma prévu sur le site. Un

projet d’autant plus intéressant pour Samuel

Loiseau, directeur général des opérations

d’UGC Cinémas, qu’il implique « une refonte

complète et très ambitieuse du quartier, portée

par WE2 ». Le réaménagement global

d’Aquaboulevard en quartier urbain mixte,

« comprenant des restaurants, des commerces,

des logements… », prévoit donc la création

d’un nouveau multiplexe de 9 salles et 1 226

places, en remplacement de l’actuel ensemble

de 14 salles et 2 450 fauteuils.

Le futur UGC Aquaboulevard sera situé à

moins d’1 km de l’UGC Ciné Cité Issy-les-Moulineaux,

établissement de 7 salles et 1 248

fauteuils, renforçant l’offre du circuit présidé

par Brigitte Maccioni dans le sud parisien.

Après des années de concurrence, les deux

cinémas établiront donc une complémentarité,

« qui devrait profiter à l’établissement d’Issy-les-Moulineaux

», note Samuel Loiseau. À

Aquaboulevard, la programmation restera

grand public, « en phase avec les spectateurs de

la zone », tout en proposant plus de VO, « ce

qui correspond davantage au profil des porteurs

de cartes, et de la ligne éditoriale UGC ».

Pathé Aquaboulevard a enregistré environ

300 000 entrées en 2025, contre près de

700 000 en 2019. L'architecture de l’UGC

Aquaboulevard a été confiée à Alberto Cattani,

et son ouverture est prévue pour 2029.

Ouvert en 1998, le Gaumont Aquaboulevard, devenu le Pathé Aquaboulevard,

va fermer ses portes.

N°519 / 22 juin 2026

29


L’Émission

Ce qui caractérise les salles Pathé,

c’est le choix

LAURE DE BOISSARD

DIRECTRICE GÉNÉRALE DE PATHÉ CINÉMAS FRANCE

Un parc qui se transforme plus

qu’il ne s’étend, une stratégie

data qui se partage, des contenus

qui se diversifient, des modèles

d'abonnement qui s'adaptent et un

circuit leader qui, avant tout, offre le

choix à ses spectateurs. Point sur les

principaux chantiers et ambitions de

Pathé Cinémas, en compagnie de sa

directrice générale.

Le premier circuit d’exploitation cinématographique

français – et quatrième Giant of Exhibition européen

[voir p.10] – poursuit sa montée en gamme, notamment

à travers un déploiement soutenu de l’IMAX. Après trois

salles équipées en 2025, quatre autres sont au programme

cette année (au Pathé de Montataire depuis avril, à Valence

cet été et à Brest d’ici la fin de l’année). Le Pathé Île

Seguin, attendu cet été, constituera la dernière création

majeure du circuit. « Nous n’avons pas, à ce stade, vocation

à ouvrir de nouveaux cinémas, confirme Laure de Boissard.

Le vrai challenge est de poursuivre la rénovation de notre

parc, constitué d'établissements plus ou moins récents, et

dont certains méritent notre attention de façon plus particulière.

» Parmi les prochains chantiers figure notamment

le cinéma de Disney Village, qui sera le dernier Gaumont

à être brandé Pathé, au terme d’une rénovation totale qui

va être entamée en fin d’année et qui sera menée sans

fermeture de site. Quant au Pathé Aquaboulevard, la

dirigeante a confirmé sa fermeture prochaine, tandis

qu’un « concurrent » porte un projet de rénovation présenté

en CDACi le 16 juin [voir p.29].

Le Pathé Labège, près de Toulouse, ainsi que le Pathé

Odysseum de Montpellier ont achevé leur passage en

« full premium recliner Confort » côté fauteuils. Une modernisation

qui va de pair avec la transition à la projection

laser, à la croisée des enjeux de qualité de l’image et

environnementaux.

Laure de Boissard lors de l’émission Boxoffice Pro du 11 juin 2026

©Boxoffice Pro

Emission à voir ou revoir

sur notre chaîne YouTube

Un projecteur homérique pour Montpellier

C’est aussi le Pathé Odysseum qui accueille un des

équipements les plus remarqués : le premier projecteur

IMAX 70 mm de France. « Il n’y a qu’une quarantaine

de projecteurs IMAX 70 mm dans le monde, et seulement

trois en Europe continentale », rappelle Laure de Boissard.

Le multiplexe montpelliérain s’est imposé grâce à la

taille de son écran de plus de 22 mètres de base et

près de 17 mètres de hauteur, « le meilleur ratio de tout

notre parc ». De quoi profiter d’une « expérience ultime »

de L'Odyssée de Christopher Nolan, filmé en full IMAX.

Interrogée sur l’avenir des écrans de cinéma LED –

dont sont actuellement équipées les Pathé Beaugrenelle

et Palace à Paris et Bellecour à Lyon –, la dirigeante

promeut la diversité de l’offre. « Écrans LED, projecteurs

70 mm IMAX, 4DX, Dolby Cinema ou salle classique,

ce qui compte, c’est que les spectateurs aient le choix de

l'expérience qu'ils ont envie d'avoir. »

La donnée au cœur du pilotage

Aujourd’hui, plus de 75 % des billets Pathé sont vendus

via l’application mobile, auxquels s’ajoutent les bornes

30 N°519 / 22 juin 2026


Pathé Odysseum, salle 1

©Pathé Cinémas

en cinéma. Pour Laure de Boissard, la digitalisation a,

avant tout, amélioré l’expérience spectateur, en lui offrant

« une vraie liberté, comme celle d’annuler sa place jusqu’au

dernier moment. Et surtout, le vrai game changer, il y a

quelques années, a été le placement numéroté qui permet

de choisir son siège ».

La dématérialisation croissante de la billetterie modifie

également la manière dont le circuit aménage ses « grands

halls cathédrales », notamment avec de grands architectes

comme Renzo Piano et Ora-ïto, pour « que ces endroits

soient beaux, accueillants et donnent envie aux gens de

venir ». Enfin, la billetterie dématérialisée, c’est autant

de data transactionnelle utilisée pour affiner les horaires

et la typologie de programmation, ainsi que les actions

marketing. Début 2026, le circuit a ainsi lancé l’outil

Pathé Insight, qui monitore les préventes, les wishlists,

les vues de bandes-annonces… et, bien entendu, la

typologie des spectateurs, car « mieux connaître son public

permet de mieux l’adresser ». Et si la question du partage

de la data avec les distributeurs ne fait plus débat dans

la profession, reste pour la dirigeante de Pathé Cinémas

« la question de la valeur qu'on donne à cette data ».

Une programmation plus sélective

Auparavant directrice générale adjointe Catalogue chez

Pathé Films, Laure de Boissard partage avec Jean-Baptiste

Davi – ancien de Studiocanal en charge depuis début

2026 de la programmation des Pathé Cinémas – une

sensibilité commune aux équilibres à trouver entre exploitation

et distribution. Avec l’idée de « s'adresser à tous les

publics, en maximisant le positionnement de ce qu’on offre ».

Dans cette logique, « vouloir rentrer systématiquement

toutes les semaines tous les films n’a pas de sens », d’autant

plus que dans un parc cinématographique français aussi

varié, « tout le monde n’a pas vocation à sortir tous les films

au même moment ». Cette approche implique aussi de

s’engager sur la durée, comme en témoigne Michael,

encore très performant dans les salles premium du circuit.

« Charge à nous de maintenir des films plus longtemps à

l'affiche, en faisant des choix. » Et quand on l'interroge

sur la relation “naturellement privilégiée” que Pathé

Cinémas entretient avec Pathé Films, Laure de Boissard

reconnaît volontiers une « affinité » sur les ambitions et

la typologie des films produits, mais au même titre qu’avec

les studios américains. « Nous travaillons avec Pathé Films

comme avec les autres grands distributeurs. »

Tout le monde

n’a pas

vocation à

sortir tous

les films au

même moment

Diversification : « un enjeu de marché »

À la lumière des récents succès du concert de Santa et

de celui à venir de Julien Doré, du spectacle de Paul

Mirabel et de celui d’Artus attendu pour la rentrée, sans

oublier les pièces de la Comédie-Française, de l’Opéra

de Paris ou du Met, Laure de Boissard mesure pleinement

le rôle que le cinéma a à jouer « pour amener une certaine

typologie de divertissement et de culture à des gens qui n’y

ont pas accès ». En outre, dans un marché post-Covid, la

diversification des contenus représente « bien plus qu’un

enjeu économique, une offre différenciante » qui permet de

faire redécouvrir le lieu. Pour preuve, la retransmission

en IMAX du classique PSG-OM a attiré une majorité

de gens qui reconnaissaient ne plus être revenus au cinéma

depuis longtemps…

Quant aux « crispations » suscitées par certaines sorties

événementielles à forte exposition, elles ne surviennent

que « quand les règles ne sont pas respectées », comme la

limite de 500 séances pour les visas exceptionnels. À

l’annonce de la sortie de Taylor Swift : The Eras Tour

en octobre 2023, « à peine 5 jours avant la retransmission

du concert », la directrice générale de Pathé Cinémas

France a choisi de ne pas diffuser le concert-événement,

pour respecter ses engagements auprès des distributeurs.

« Dans ces cas-là, la panique n’est jamais bonne conseillère,

et c’est à nous exploitants de faire les vrais choix ». Reste

qu’il faut « arrêter de systématiquement opposer les

différents types de programmes », insiste Laure de Boissard,

en revendiquant une logique de transparence et

de responsabilité.

Le prix de l’expérience

Pour Pathé Cinémas, l’enseignement le plus marquant

de ces dernières années est que « plus on se premiumise,

plus notre public est jeune ». Selon les données du

groupe, les Pathé Parnasse et Palace ont vu l’âge moyen

de leurs spectateurs diminuer de huit ans, et des

tendances comparables sont déjà observées à Montpellier

et Toulouse.

C’est notamment dans ce contexte que le circuit a

récemment fait évoluer ses offres CinéPass illimitées.

Une refonte qui s’inscrit à la fois dans l’évolution du

parc et la diversification des expériences proposées.

« On a beaucoup échangé avec nos abonnés, et on s’est

rendu compte que la premiumisation devait être retranscrite

dans le système d’abonnement », de manière à mieux

refléter la diversité des salles, des usages et des publics.

Ainsi, au lieu de correspondre à un pass spécifique

(l’ancien CinéPass Duo), la possibilité de venir à deux

est désormais une option proposée dans les quatre

nouvelles formules d’abonnement que propose le

circuit, car « un jeune de moins de 26 ans peut aussi

avoir envie de venir en duo », note Laure de Boissard.

Et aux côtés du « CinéPass classique qui reste le CinéPass

classique », le CinéPass Silver donne accès sans supplément

aux cinémas premium, tandis que le Gold s’étend

aux séances immersives et aux retransmissions culturelles.

« Nous avons simplement fait en sorte que notre

système de CinéPass corresponde à l’offre que nous avons

aujourd’hui, et qui, là encore, laisse le choix au spectateur,

résume la dirigeante. Tous nos cinémas ne sont pas au

même prix, mais chaque expérience différenciante à sa

valeur. La vraie question n’est pas tant le prix que la

valeur perçue de l’expérience que l’on y vit. »

Ayşegül Algan

N°519 / 22 juin 2026

31


Focus Exploitation

©Le Patio de Gex

À GEX, LE PATIO CHANGE D’ÉCHELLE

Le nouveau cinéma municipal de la Ville de Gex, près de Genève, a accueilli ses

premiers spectateurs le 3 juin. Un changement d'échelle conçu sur mesure pour

répondre aux besoins d'un bassin de vie de 120 000 habitants.

Le Patio succède au mono-écran éponyme historique,

et s'inscrit dans une vaste opération de renouvellement

urbain, mêlant commerces, logements, office de tourisme,

étude notariale, bureau de poste et espaces publics

réaménagés. Le cinéma y occupe une place centrale,

avec un parking souterrain situé à une vingtaine de

mètres et gratuit pendant deux heures, dans une logique

éprouvée de revitalisation du centre-ville.

Le Patio s’est donc transformé en un complexe de trois

salles, pour un investissement total de 2,5 millions

d'euros, financés par la Ville de Gex avec le soutien de

l'État (dans le cadre du programme Action Cœur de

Ville), du CNC via l’aide sélective, « ainsi que de la

Région Auvergne-Rhône-Alpes qui a doublé le montant

de l’aide sélective », précise Benjamin Gondard. Le

directeur, en poste au Patio depuis près de vingt ans,

a été étroitement associé à la conception du nouvel

équipement municipal. « Nous avons eu la chance de

pouvoir construire un bâtiment pour nous, par nous, et

surtout, en fonction de nos besoins. » Comme celle de

multiplier le nombre de séances… sans multiplier à

outrance les fauteuils, avec une grande salle calibrée à

127 places, et deux plus petites de 49 et 40 – pour une

jauge totale de 216 places. « Sachant que notre moyenne

est d'environ vingt spectateurs par séance, nous avons

privilégié le confort plutôt que de grands volumes démesurés

dans nos salles. » Ces dernières sont par ailleurs semi-enterrées,

de manière à tirer parti de la géothermie et

limiter les besoins en chauffage et en climatisation.

Le directeur du cinéma a participé à de nombreux arbitrages

techniques, des projecteurs laser à la lumière diffusée par

les nez de marche, sans oublier les joints des grilles d'aération

« pour éviter les vibrations » ! Un degré d’attention

qui a même tapé dans l’oreille d’un chef d'orchestre venu

voir Nous l'Orchestre ! « et qui nous a félicités pour la qualité

de notre acoustique. Ce sont des types de retours qui font

toujours plaisir ».

En outre, chaque salle du Patio possède sa propre identité

visuelle. Celle aux fauteuils bleu électrique est déjà baptisée

“salle des P’its Yeux”, en hommage au festival P’tits yeux

Grand écran que propose le cinéma depuis 21 ans. Le

parrain et la marraine des deux autres salles seront dévoilés

en septembre.

Parmi les autres innovations du lieu, le “comptoir gourmand”

La Dolce Vita du Patio propose cafés – « fourni

par un torréfacteur gexois qui a élaboré une mouture spécifique

pour le cinéma » –, chocolat chaud, biscuits artisanaux et

autres produits locaux, servis dans de la vaisselle en porcelaine.

Une offre de restauration légère et raffinée, à consommer

exclusivement sur place et non dans les salles. « L'idée était

d’éviter les frais de ménage, mais surtout de décomposer le

temps autour de la séance, avec des temps pleinement dévolus

au boire et au manger, avant ou après le film. »

Créneaux surprise

Le passage à 3 salles va naturellement enrichir la

programmation du Patio, tout en confortant son

identité art et essai. Le cinéma compte ainsi conserver

ses quatre labels – Jeune Public, Patrimoine et Répertoire,

Recherche et Découverte et Courts Métrages

– et vise désormais l'intégration au réseau Europa

Cinemas. Une médiatrice a rejoint l'équipe en décembre

dernier afin d'accompagner le développement des

actions envers les publics. « Nous avons rédigé une

véritable stratégie de programmation qui a été adoptée

en conseil municipal », rappelle le directeur. Une transparence

qui se traduit notamment par une « grille

type » et des engagements de programmation – que

l'établissement n'est pourtant pas réglementairement

tenu de prendre – qui rendent les discussions avec les

distributeurs plus « limpides ». Le Patio a également

cherché à insuffler de la flexibilité dans ses programmes

mensuels. Un créneau surprise quotidien – dont les

séances de 20h30 les mercredis, vendredis et samedis

– est volontairement laissé libre afin d'accueillir des

ajouts ou rattrapages de dernière minute. De quoi

« prévoir l’imprévisible », et faire l’unanimité des

interlocuteurs.

Cinéma sans frontières

Dans un environnement concurrentiel composé du

cinéma de Ferney-Voltaire, du Pathé d’Archamps et

des établissements de l’imposant voisin suisse, le

cinéma municipal a radicalement… simplifié ses tarifs :

5 euros pour les moins de 26 ans et 8 euros pour les

spectateurs de 26 ans et plus, tandis qu’une carte

Pourpre permet aux habitants aux revenus modestes

32 N°519 / 22 juin 2026


©Le Patio de Gex

LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : GROUPE DUVAL

Maître d’œuvre / pilote : GROUPE DUVAL/VILLE DE GEX

Bureau de contrôle

FAÇADE/HALL

Système de billetterie : CINE GROUP

Signalétique intérieure

Affichage dynamique : CINÉDIGITAL

SALLES

Fauteuils : KLS

CABINES

Installateur : CINÉDIGITAL

EXPLOITATION

Programmation : INTERNE

SITE INTERNET

Conception : CINE GROUP

*Basé sur le déclaratif de la salle

©Le Patio de Gex

©Le Patio de Gex

©Le Patio de Gex

d'accéder à des tarifs réduits et que les cartes d'abonnement

ramènent le prix de la place à environ 6 euros.

Cette stratégie tarifaire vise également à séduire un

public transfrontalier : « À Genève, les billets peuvent

atteindre 15 ou 20 euros, observe Benjamin Gondard,

persuadé que le Patio attirera des spectateurs suisses

grâce à la diversité de son offre de films. Le Patio

diffuse déjà son programme au-delà du Pays de Gex,

auprès de nombreux partenaires culturels helvétiques.

« Il existe de vraies synergies à développer des deux côtés

du Léman », note le directeur. « Ne serait-ce que pour

mutualiser la venue des équipes de films et éviter de faire

effectuer plusieurs déplacements similaires depuis la gare

de Genève. »

Si le mono-écran Le Patio avait accueilli plus de 15 000

spectateurs en 2025, pour une moyenne pré-Covid

établie autour de 14 800 entrées annuelles, le nouveau

complexe vise désormais les 70 000 tickets, et une

semaine après l'ouverture, l'équipe de six salariés

savoure déjà les premiers retours du public.

Ayşegül Algan

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE

1 127 4 6m

7.1

bi-amplification

Laser

2 49 2 3,77m 7.1 Laser

3 40 2 3,68m 7.1 Laser

TOTAL 216 8

N°519 / 22 juin 2026

33


Mistcellanées

PROCHAINE CDACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO

01/07/26 MEGARAMA MEGARAMA 12 2 048

16/07/26

SOCIÉTÉ MARSEILLAISE

D'EXPLOITATION DU

CÉSAR

Projet de création d’un multiplexe, en remplacement de

l’actuel cinéma Megarama (6 salles et 679 places)

Arras Pas-de-Calais Arras

LE CÉSAR 3 356 Projet de réouverture Marseille Bouches-du-Rhône

Métropole d'Aix-

Marseille-Provence

L’AFCAE reconduit son Bureau

… et nomme de nouveaux responsables pour ses groupes de travail.

©AFCAE

Soutiens

AFCAE

Inédits

Soudain de Ryūsuke Hamaguchi (Diaphana, 12 août)

Fjord de Cristian Mungiu (Le Pacte, 19 août)

Rose de Markus Schleinzer (KMBO, 9 septembre)

Répertoire

Sudden Fear de David Miller

(Les Films de l'Atalante, 8 juillet)

Lawrence d’Arabie de David Lean

(Les Acacias, 29 juillet)

Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone

(ESC Films, 29 juillet)

Des jours et des nuits dans la forêts de Satyajit

Ray (Carlotta Films, 19 août)

Journal intime de Nanni Moretti

(Malavida, 30 septembre)

Bureau

Président : Guillaume Bachy

Vice-président·es : Clémence Renoux et Emmanuel Baron

Secrétaire : Caroline Grimault

Secrétaire adjointe : Charlotte Prunier

Trésorière : Cerise Jouinot

Trésorière adjointe : Corinne Honliasso

L’AFCAE a également confirmé les responsables de ses

différents groupes de travail, qui accueillent deux nouveaux

adjoints.

Groupe Inédits

Responsable : Sylvie Buscail

Responsable adjoint : Nicolas Milesi

Groupe Jeune Public

Responsable : Catherine Mallet

Responsable adjointe : Solenne Berger

Groupe Répertoire

Responsable : Éric Miot

Responsable adjointe : Maxime Iffour (remplace

Sabine Putorti)

Groupe 15-25

Responsable : Myriam Djebour Ferry

Responsable adjointe : Sabrina Askelou (remplace

Célia Olivié)

Groupe des Associations Territoriales

Responsable : William Robin

Responsable adjointe : Pauline Chasserieau

Jeune Public

Paradise de Jérémy Comte (Tandem, 12 août)

GNCR

Soutiens

Les Roches rouges de Bruno Dumont

(Les Films du Losange, 23 septembre)

Les Recommencements d’Isabelle Ingold &

Vivianne Perelmuter (VraiVrai Films, 14 octobre)

Marie Madeleine de Gessica Généus

(Pyramide, 21 octobre)

Films recommandés

Ohong Village de Lungyin Lim

(Contre-jour, 19 novembre)

Mission flash

sur la TSV

Lors de la présentation à l’Assemblée nationale de l’étude

du CNC sur le modèle économique des films d’initiative

française [voir p.26-27], le député Renaissance Denis

Masséglia a annoncé la conduite d’une mission flash

sur la taxe sur les services vidéo (TSV). Ces travaux

débuteront fin juin pour un rendu prévu en septembre,

mais le député vise une restitution mi-juillet « pour

permettre à l’ensemble des services de l’État de prendre

connaissance de [ce] travail et peut-être [d’]inclure les

propositions dans le budget ».

En 2025, la TSV a rapporté au CNC quelque 213

millions d’euros (M €), dont 44,4 M € issus de la taxe

sur la publicité des vidéos en ligne (TSV-G) concernant

les plateformes gratuites comme YouTube. Cette taxe

fait l’objet de nombreuses discussions, notamment en

raison de l’abattement de 66 % dont bénéficient les

plateformes depuis sa mise en place en 2018, dans un

contexte de baisse de recettes du CNC marqué, entre

autres, par le recul de la TST-E.

AGENDA DE LA PROFESSION

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'ANIMATION D'ANNECY 21 au 27/06/26 ANNECY

CINEEUROPE 2026 22 au 25/06/2026 BARCELONE

BIARRITZ FILM FESTIVAL NOUVELLES VAGUES 23 au 28/06/26 BIARRITZ

RENCONTRES PROFESSIONNELLES DE BIARRITZ 25 et 26/06/26 BIARRITZ

FÊTE DU CINÉMA 28/06 au 01/07/25 FRANCE

FESTIVAL LA ROCHELLE CINÉMA : JOURNÉES PRO ADRC 30/06 au 02/07/26 LA ROCHELLE

CONVENTION STUDIO TF1 01/07/26 PARIS

STUDIO SHOW 02 et 03/07/26 PARIS

AG DE L'ACOR - ASSOCIATION DES CINÉMAS DE L'OUEST

POUR LA RECHERCHE

02/07/26 LA ROCHELLE

CONGRÈS FNCF 21 au 24/09/26 DEAUVILLE

FESTIVAL DU FILM FRANCOPHONE D'ANGOULÊME 24 au 29/08/26 ANGOULÊME

SOMMET LUMIÈRE 07/09/26 SAINT-PAUL-DE-VENCE

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI JEUNE PUBLIC 08 au 10/09/26 NANCY

COLLOQUE DES 80 ANS DU CNC 26 au 28/10/26 PARIS

34 N°519 / 22 juin 2026


LEADER DIGITAL SUR LE CINÉMA

17.5M 45M 67%

De visiteurs

uniques

par mois*

De sessions

par mois**

Des spectateurs

se rendent sur

AlloCiné***

LA MARQUE ALLOCINÉ PRÉSENTE

SUR TOUTES LES PLATEFORMES

+18M

DE FOLLOWERS

Réseaux sociaux, AlloCiné, Avril 2025

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