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Lettre d'information 46

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LES AMIS FRANÇAIS DE NEVE SHALOM ~ WAHAT AS - SALAM

Secrétariat : 37 rue de Turenne 75003 Paris

tél : 01 85 09 22 69

e-mail : amis.francais@nswas.info

LETTRE D’INFORMATION n°46 juin 2026

1-Lettre de Roi Silberberg - mars 2026

Lors de notre dernière conférence d'anciens stagiaires, nous avons décrit notre vie ici

comme une catastrophe permanente. Et nous voici aujourd'hui

plongés dans un nouveau chapitre de cette catastrophe : une nouvelle

guerre dans la guerre interminable. Une fois de plus, les protagonistes

du conflit bombardent des populations sous des prétextes irrationnels

et inacceptables. Une fois de plus ce sont les civils qui en subissent

les conséquences : sirènes et abris, missiles et éclats d'obus, des

communautés entières sans protection adéquate, fermeture des

établissements scolaires pour les enfants, atteinte à notre santé

mentale, pertes de revenus et de biens…La communauté internationale se montre

incapable d'agir concrètement pour prévenir ou mettre fin à ces crimes. Tout est en

proie aux flammes, y compris nos habitudes quotidiennes, car toute la région est sous

le feu des missiles. Plus que jamais, aucune perspective de fin à ce conflit avec l'Iran

ne se dessine et nous sommes contraints de vivre dans une réalité insoutenable.

Une fois de plus, l'espace pour agir – et même pour respirer – semble se réduire comme

peau de chagrin. Après deux ans et demi d'un cycle de guerre interminable, on a parfois

l'impression que tout a déjà été dit. Pourtant, même s'il n'y a rien de nouveau à ajouter,

il est crucial de continuer à s'exprimer.

Il est de notre responsabilité de refuser le silence face à une réalité paralysante et de

continuer à dénoncer les injustices et à exiger le changement. Nous avons sollicité les

membres de la communauté de l'École pour la Paix et nos anciens stagiaires pour

amplifier nos messages.

C’est aussi le moment pour vous, Associations d’Amis du Village, de faire entendre

vos voix et de mobiliser tous les moyens à votre disposition pour appeler à un cessezle-feu

sur tous les fronts. Il est urgent d’agir, non seulement dans l’immédiat pour

sauver des vies fauchées en ce moment même, mais aussi à long terme, grâce à une

diplomatie capable de modérer l’agression violente et injustifiée des États puissants.

Roi et toute l’équipe de l’École pour la Paix

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2- Témoignages d’anciens stagiaires de l’Ecole pour la Paix

Ameer Bisharat souligne l'amère vérité de cette guerre

cynique qui fauche des dizaines de milliers de vies. Tandis que

pour le gouvernement israélien, l'intensification du terrorisme

de l'État juif en Cisjordanie ainsi que dans l'affaiblissement des

droits des citoyens palestiniens d'Israël sont ses véritables

victoires.

https://www.amis-nswas.fr/articles/205835-un-deux-trois-victoire

Ya'ara Peretz rappelle les dégâts environnementaux causés par

la guerre. Cela peut paraître mineur face aux pertes de vies

humaines. Cependant, la destruction de notre environnement– à

l’heure où les écosystèmes s’effondrent déjà – nous affecte

profondément à court terme et pour le futur.

https://www.amis-nswas.fr/articles/205847-je-suis-nee-en-iran-j-aile-coeur-brise

https://www.amis-nswas.fr/articles/205845-les-effets-nefastesde-la-guerre-sur-le-climat

Ruti Eliasi-Shuster, née en Iran, livre un témoignage poignant

sur les morts inutiles causées dans son pays natal par Israël et

les États-Unis. Malgré la douleur de voir l’Iran, sa patrie

d’origine, gouvernée par un régime cruel, Ruti ne se réjouit pas

de la mort de son dirigeant – surtout quand on sait que ceux qui

alimentent cette guerre, Netanyahu et Trump, ne sont pas moins

inquiétants.

https://www.amis-nswas.fr/articles/205839-parler-toujoursentre-vie-angoisse-et-resistance

Abed Abou Shhadeh exprime les difficultés de vivre avec deux

jeunes enfants sous les sirènes et les missiles. Mais ce qui est

encore plus inquiétant, c’est la routine qui s’installe et la rapidité

avec laquelle les civils acceptent la nouvelle normalité des

guerres sans fin.

https://www.amis-nswas.fr/articles/205830-une-routine-de-guerres

Noor Abo Ras et Moran Barir dialoguent en confrontant

différents sujets : vie politique et vie personnelle ; missiles

et repas de fête ; naissance d’un enfant et chaos du monde ;

confrontation entre déni et réalité ; survie et résistance…

2


3- L’Ecole Primaire, le jardin d’enfants et la crèche

Depuis trois ans, l’Ecole pour la Paix-SFP mène un

programme d’accompagnement auprès des enseignants

de l’Ecole Primaire. Ateliers de dialogue, journées de

formation et séminaire à Chypre ont aidé les participants

à conforter leur engagement dans leur mission éducative

et à partager leurs émotions et les difficultés rencontrées

dans un contexte politique particulièrement tendu.

Le séjour à Chypre en janvier 2025 a permis au groupe

de s’éloigner de son environnement politique et a autorisé des formes de discussions

plus libres que lorsqu’elles se tiennent en Israël. La méthodologie de la SFP a une fois

de plus montré son efficacité. Des sessions plénières binationales (juifs et palestiniens

réunis) ont alterné avec des sessions uninationales (juifs et palestiniens séparés) ; ces

dernières permettent à chaque participant de s’exprimer dans sa langue maternelle.

Cela a libéré la parole autour de sujets complexes et cruciaux. Il en est ressorti une

asymétrie significative des expériences vécues par chacune des communautés. Les

enseignants juifs ont parlé ouvertement de leur inquiétude pour leurs proches engagés

dans l’armée et de leur impuissance face aux évènements alors que les enseignants

palestiniens sont restés majoritairement silencieux lors de ces séances.

Des discussions plus approfondies sur les différentes formes de silence ont été

explorées. Les enseignants palestiniens pensent que leur silence est une stratégie de

survie face aux menaces et aux sanctions. Les enseignants juifs expliquent leur silence

comme une prudence et un besoin inhabituel d’autocensure.

Les participants ont mesuré, au fil des échanges, l’importance du choix des mots pour

affronter la réalité et ont affirmé l’intérêt de maintenir une mission éducative

binationale dynamique, même en période de crise extrême.

Il est ressorti qu’éviter toute discussion politique pouvait constituer en soi un acte

politique perpétuant le statuquo.

https://www.amis-nswas.fr/articles/209418-face-a-la-tempete-qui-se-dechaine

Malgré la guerre, l'Ecole Primaire a su maintenir sa

continuité, sa créativité et son soutien psychologique.

Les activités ont mis l'accent sur :

● La vie en communauté et le respect mutuel

● Les valeurs démocratiques et la responsabilité civique

● L'apprentissage des langues, pont entre les communautés

● Liens avec la terre, l'environnement et l'identité

● Résilience, créativité et plaisir d'apprendre

Ces activités ont non seulement enrichi le développement

scolaire des élèves, mais ont également renforcé leur sentiment

d'appartenance, leur empathie et leur sens des responsabilités

les uns envers les autres et envers leur communauté.

Outre le programme développé depuis trois ans pour les enseignants de l’Ecole

Primaire, l’un des moments forts de cette année a été la mise en place d’un nouveau

programme de formation, dirigé par la SFP, destiné au personnel de la Crèche et du

Jardin d’enfants axé sur l’éducation bilingue et binationale.

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Lorsque la guerre a éclaté, les écoles ont été fermées en Israel. Par contre la

communauté du Village a continué à assurer le travail éducatif avec les enfants.

Une « équipe d’éducation d’urgence », constituée pour les enfants âgés de 0 à 12 ans,

était composée essentiellement des membres du « groupe d’intervention d’urgence et

de prévention du Village » et de parents d’élèves qui se sont portés volontaires. Ainsi

l’Ecole a fonctionné en présence des parents. Chaque session de 2 ou 3 heures

comportait des activités différentes : conte, chant, guitare, animation ludique et créative

par un enseignant (danses israélienne et palestinienne (dabké), origami, ateliers

artistiques,…) Pendant le Ramadan, des activités spéciales ont été organisées.

Des animations de 2 à 3 heures ont aussi été mises en place dans une école voisine.

Chaque semaine, l'équipe se réunissait pour évaluer la situation afin d’adapter les

activités qui se déroulaient près de l’abri sécurisé.

4-Notre Association

Lundi 18 mai 2026, à l’AGECA à Paris, nos amis Evi Gugghenheim Shbeta et

Eyas Shbeta du Village sont venus répondre à nos questions.

« En ce qui concerne Israël : la séparation entre juifs et arabes ne

fait que s’intensifier ; la sécurité est mise en cause ; avec le

renforcement de la droite et de l’extrême droite, les israéliens n’ont

plus confiance ; les agissements en Cisjordanie sont terribles.

Dans le Village, il y a peu de changement, la vie quotidienne est

solide et comme le Village milite pour la Paix depuis 50 ans, il a

forgé des atouts pour résister. Le Conseil Régional où Eyas

représente le Village, soutient les activités du Village et a accepté

de laisser au Village des terrains communaux sur lesquels quelques

bâtiments avaient été construits.

Le Village est un témoignage du possible « vivre ensemble ». Le problème n’est pas

de savoir s’il doit y avoir un ou deux états, le problème est de savoir si les gens ont

envie de vivre ensemble et de s’admettre les uns les autres.

Neve Shalom Wahat as~Salam est le reflet de ce que pourrait être un Etat unique. »

Merci à l’AGECA et à Antoinette Guepratte, traductrice remarquable !

Conférences prévues :

- Dans le Roannais, 11 et 12 juin 2026 à l’initiative du Secours Catholique Roanne,

Amnesty International, la Cimade, CCFD-Terre Solidaire

- Poitiers, 4 octobre 2026 à l’initiative de l'Amitié Judéo-Chrétienne Poitou

- Paris, 3 décembre 2026, Bibliothèque M. Yourcenar, à l’initiative d’Amnesty

Merci à tous les amis qui soutiennent sans relâche le Village.

Nous sommes à votre disposition pour organiser des conférences-débats.

Pour rester informé régulièrement, communiquez-nous votre adresse mail :

amis.francais@nswas.info

Pour renforcer votre information, visitez notre site mis à jour : amis-nswas.fr

Les dons en ligne sont possibles sur notre site et les chèques à l’ordre de NSWAS

sont à adresser à : Secrétariat NSWAS, 37 rue de Turenne, 75003 Paris

Les dons font l’objet d’un reçu fiscal et sont susceptibles d’une déduction d’impôts de 66%

Directeur de la publication : Dominique Nodet ISSN 2557-9932

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