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N°1703 vendredi 3 juillet 2026

Le CIO réforme l’attribution des JO

En adoptant un nouveau processus d’attribution des Jeux olympiques lors de leur 146e session, les membres du Comité

international olympique (CIO) relancent une compétition entre villes candidates, avec les implications commerciales et

politiques que cela entraîne pour les prochains cycles olympiques. La présidente Kirsty Coventry doit simultanément

défendre la neutralité inscrite dans la Charte olympique face à des pressions géopolitiques croissantes.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

e retour du vote des

membres. La question

s’était imposée

au sein du mouvement

olympique avec une insistance

croissante : le CIO

était-il allé trop loin en attribuant

les éditions 2030,

2032 et 2034 avec six à onze

ans d’avance, au terme

d’une procédure largement

confidentielle pilotée par la

seule commission exécutive,

sans candidats véritablement

en compétition ? La session

plénière, soit la centaine de

membres de l’instance, n’intervenait

qu’en bout de

chaîne pour entériner un

choix déjà arrêté. Pour renouer

avec ce que l’institution

appelle elle-même la

« clarté et la prévisibilité »,

les membres du CIO, réunis

pour leur 146e session à

Lausanne, ont adopté un calendrier

structuré pour l’attribution

des JO d’été 2036,

la prochaine édition à désigner.

La présidente de la

Sommaire

commission de futur hôte, la

Croate Kolinda Grabar-

Kitarovic, en a détaillé les

étapes : en mars 2027, une

première sélection de candidats

engagera un « dialogue

stratégique » avec le CIO ;

fin 2028, un ou plusieurs

« hôtes préférentiels » seront

désignés, soumis à une série

de garanties ; la session tranchera

mi-2029, éclairée par

un « rapport complet de la

commission de futur hôte ».

Les membres du CIO pourraient

ainsi de nouveau départager

plusieurs candidats

par leur vote, une situation

qui ne s’était pas produite

depuis 2019, lorsque Milan-

Cortina avait été préférée à

Stockholm pour les Jeux

d’hiver.

La rotation continentale devrait

orienter le choix vers

l’Asie : la Turquie, l’Inde, le

Qatar et la Corée du Sud

sont ouvertement sur les

rangs, annonçant une compétition

dont le processus

alimentera aussi les arbitrages

des sponsors et des

diffuseurs dans les années à

venir.

Brisbane 2032, laboratoire

du programme sportif. Le

modèle sportif lui-même est,

en parallèle, soumis à révision.

Abandonnant son approche

par sports, le CIO va

lancer, en vue des Jeux de

Brisbane en 2032, une revue

générale des « disciplines »,

entendues comme les

groupes d’épreuves « qui nécessitent

un site spécifique »

de compétition. La distinction

sémantique recouvre un

enjeu organisationnel et économique

concret : les critères

retenus, à savoir « l’attrait

mondial, la complexité

des coûts et la participation

des athlètes », pourront

conduire à l’éviction de disciplines

réclamant une installation

dédiée. Le canoëkayak

en eaux vives, par

Fédérations

Candeloro élu président de la FFSG : le capital image à l’épreuve des fractures institutionnelles ...2

À Joinville-le-Pont, la FFSquash invente un club au cœur du logement social.......................3

Territoires

Burkini dans les piscines de Grenoble : la Ville déboutée.......................................................4

Val-d’Oise : la labellisation des clubs comme outil de politique sportive territoriale..............5

International

L’ITF se transforme en World Tennis .....................................................................................6

exemple, figure parmi celles

potentiellement exposées.

La neutralité, entre Charte

et realpolitik. C’est néanmoins

la question de la neutralité

qui concentre le plus

d’attentes et de tensions depuis

l’élection de Kirsty

Coventry à la présidence du

CIO, en mars 2025. Pressée

de questions sur l’attitude de

l’institution face aux différents

conflits internationaux,

la présidente zimbabwéenne

a renforcé dans la Charte

olympique la place de la

« neutralité », imposant désormais

à l’organisation

d’agir « à l’abri de toute

pression gouvernementale,

culturelle, sociétale ou économique

».

La Lettre de l’économie du sport

est éditée par

GROUPE SPORT.FR SA

BP 40077

66050 PERPIGNAN CEDEX

E-mail : sport@sport.fr

Service abonnements

Tél. 09 70 40 65 15

E-mail : commercial@sport.fr

Disponible uniquement sur abonnement

Directeur de la publication :

David Tomaszek

Rédacteur en chef :

Emmanuel Frattali

Suite page 7

Dépôt légal à parution

ISSN 0767-9769

Imprimerie Domenica Media / Espagne


Fédérations

N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026

Candeloro élu président de la FFSG : le capital

image à l’épreuve des fractures institutionnelles

En devançant la présidente sortante Gwenaëlle Noury au second tour, Philippe Candeloro, double médaillé de bronze

olympique (1994 et 1998), prend la tête de la Fédération française des sports de glace (FFSG) fort d’un programme

centré sur la reconstruction par le haut (visibilité, infrastructures, performance). Pourtant, les blessures les plus

profondes de l’institution (vide à l’ISU, hémorragie interne, finances sous tension) peinent à trouver une réponse dans

ses sept priorités.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

e résultat dit quelque

chose de la fédération

elle-même : au premier

tour, Gwenaëlle Noury

avait devancé l'ancien champion

avec 38,62 % des voix

contre 32,81 %, avant que la

dynamique ne s'inverse.

« J'aurais préféré passer au

premier tour, ça aurait été

plus unanime », a concédé le

nouveau président à franceinfo.

« On sent bien qu'il y

a encore des personnes qui

n'étaient pas enthousiastes à

me voir président. » Ce demitriomphe

dit quelque chose

de plus profond : une fédération

qui n'en finit pas de chercher

son centre de gravité, et

qui a choisi la notoriété

comme boussole là où l'institution

exigerait peut-être

autre chose.

Un programme construit

sur la visibilité

Le projet « Nouvelle ère » est

cohérent avec ce que

Philippe Candeloro représente.

Sa première priorité, la

plus concrète, porte sur les infrastructures

: dix nouvelles

patinoires d'ici 2034, réouverture

de sites menacés à

Colombes (Hauts-de-Seine)

ou à Joué-les-Tours (Indre-et-

Loire), création d'une halle de

curling. « Sans patinoire ni

Candeloro ne retient pas le short-track

piste de bobsleigh, il n'y a pas

de sport de glace. C'est aussi

simple que ça », écrit-il dans

son programme de mandature.

La quatrième priorité est

tout aussi révélatrice de son

ADN : amplifier la présence

médiatique de la FFSG, renforcer

FFSG TV, tripler son

audience en quatre ans, signer

un partenaire-titre pour

le Grand Prix de France et

faire des Jeux Paralympiques

Alpes Françaises 2030 un accélérateur

du parasport de

glace. Pour un homme qui a

fait de sa carrière télévisuelle

un second souffle, le diagnostic

est cohérent : les sports de

glace français souffrent d'un

déficit d'exposition.

Ce que le programme ne

dit pas

Mais la fédération qu'il hérite

n'est pas seulement mal exposée.

Elle est structurellement

abîmée, et son programme

reste silencieux sur

les fractures les plus profondes.

La première

concerne la représentation internationale

: depuis le récent

congrès de l'Union internationale

de patinage (ISU) et la

non-réélection du juge David

Molina, la France ne dispose

plus d'aucun représentant au

sein de l'instance mondiale.

Aucune des sept priorités de

Candeloro ne propose de remède

à ce vide diplomatique,

alors même que les décisions

de l'ISU (attribution des

grands championnats, évolution

des règles, calendrier des

compétitions) conditionnent

l'avenir de chaque discipline.

La France a déjà perdu son

Grand Prix junior et failli

abandonner celui des seniors.

Pire encore : aucun championnat

d'envergure ne sera

organisé sur son sol d'ici

2030.

La situation financière mérite

la même attention. La FFSG

affiche certes un résultat net

positif de 29 000 € pour

l'exercice 2025, mais ce

chiffre est trompeur : sans la

vente de la patinoire mobile

fédérale pour 123 200 €,

l'exercice aurait été déficitaire.

Les produits d'exploitation

ont reculé de 7,2 % à

5,78 M€, la billetterie événementielle

s'est effondrée de

56 % à 300 000 € (contre

675 000 € en 2024 et

1,25 M€ en 2020), et les subventions

publiques représentent

toujours près de 60 %

des ressources. Le programme

parie sur le naming,

l'autofinancement et les partenariats

privés pour changer

cette équation.

Déjà engagé pour rejoindre la Fédération française de roller et skateboard (FFRS), le short-track français

entre dans une nouvelle séquence avec l'élection de Philippe Candeloro. Le nouveau président assume

le départ : « si 80 % des acteurs souhaitent partir, ce n'est pas moi qui vais les retenir ». Son programme

s'appuie sur le rapport de l'IGJS de 2014, qui recommandait déjà une autonomie pour la discipline, et

annonce un dialogue avec le ministère des Sports dès l'automne.

La gouvernance, l'autre

chantier invisible

Le troisième angle mort est

peut-être le plus politique.

Sous le mandat Noury, une

trentaine de personnes (élus

ou salariés fédéraux) ont

quitté la FFSG, dont quatorze

démissions et sept révocations.

Des contentieux judiciaires

illustrent une gouvernance

défaillante que le nouveau

président devra assainir

avant même de poser la première

pierre d'une nouvelle

patinoire. Son programme

mentionne la nécessité de

« reprendre, traiter et finaliser

sous délais courts les dossiers

disciplinaires en cours

et toujours non résolus »,

mais cette mention, reléguée

au rang de sous-mesure de la

deuxième priorité, ne dit rien

de la méthode ni des ressources

dédiées. L'absence

de toute feuille de route sur la

reconstruction de l'appareil

fédéral lui-même (organigramme,

culture managériale,

relations avec les

ligues) constitue le silence le

plus éloquent d'un programme

par ailleurs détaillé.

Candeloro promet d'être « un

président honnête sur les

comptes à rendre ». La première

honnêteté attendue

sera peut-être de reconnaître

que la séduction, si puissante

soit-elle dans les urnes, ne

suffit pas à redresser seule

une institution dont les fondations

demandent autant

d'attention que la façade.

2


Fédérations

N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026

À Joinville-le-Pont, la FFSquash invente un club au

cœur du logement social

Pour 2,5 M€, la Fédération Française de Squash (FFSquash) inaugure à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) son nouveau

siège. Un complexe sportif intégré dans un programme immobilier social, partagé avec une résidence étudiante et un

foyer pour femmes en sortie de maternité. Derrière cette cohabitation inédite, une fédération qui parie sur l’économie

sociale et solidaire pour financer la démocratisation d’une discipline longtemps associée aux cercles corporate.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

e squash a longtemps

porté une image : celle

d'un sport de cadres,

pratiqué dans des clubs privés

de centre-ville, au tarif

horaire calibré pour les agendas

de direction. Cette réputation,

héritée des années

1980 et de l'essor de la discipline

parmi les actifs urbains,

a fini par se retourner contre

elle. Quand les prix de l'immobilier

ont explosé dans les

grandes agglomérations, les

clubs des cœurs de ville ont

été les premiers à souffrir :

faute de pouvoir absorber les

hausses de loyers, certains

ont fermé, laissant des zones

entières de la région parisienne

sans un seul court accessible.

La France ne

compte qu'un terrain pour

50 000 habitants. C'est cette

spirale que la Fédération

Française de Squash

(FFSquash) a choisi de

rompre, non pas en cherchant

de nouveaux emplacements,

mais en s'inscrivant dans un

programme de logement social.

Au 31 rue Henri-

Barbusse à Joinville-le-Pont,

le nouveau complexe s'intègre

dans un ensemble immobilier

abritant aussi une résidence

étudiante de 166 logements

gérée par l'association

ARPEJ et un centre d'hébergement

d'urgence de 30

chambres opéré par l'association

AURORE, pour des

femmes seules en sortie de

maternité. « En travaillant

avec un bailleur social,

Logirep, nous avons saisi

l'opportunité de créer à

Joinville une structure dans

une zone qui n'est pas assez

couverte en terrains de

squash et dans un modèle

nous permettant de piloter directement

nos infrastructures

», explique Julien

Muller, président de la

FFSquash.

Quand le bailleur social

ouvre la voie

La crise des équipements ne

tient pas à un désintérêt pour

la pratique (la FFSquash revendique

25 000 licenciés et

près de 200 000 pratiquants),

mais à une inadéquation entre

le coût de construction des

courts et l'accès au foncier urbain.

« Ces dernières années,

certains clubs de centre-ville

ont dû fermer leurs portes,

victimes de la hausse des prix

de l'immobilier. Et la région

parisienne est bien entendu

concernée », soulignait le

président en 2024. La réponse

fédérale a consisté à

s'appuyer sur Logirep, dans le

cadre d'un programme immobilier

mixte, pour accéder

à des mètres carrés en Val-de-

Marne à des conditions hors

de portée sur le marché libre.

Les 1 500 m² du complexe se

répartissent ainsi, sur deux niveaux,

six courts avec tribunes,

un club-house, une

mezzanine de coworking, les

bureaux de la fédération et de

la Ligue Île-de-France, ainsi

que l'Institut de Formation du

Squash. Investissement total :

2,5 M€, mobilisant l'Agence

nationale du Sport (ANS), la

Région Île-de-France, le

Département du Val-de-

Marne et la Ville de Joinvillele-Pont,

en complément

d'emprunts.

Les recettes marchandes au

service de missions sociales

Le Val-de-Marne, terre de fédérations

Le modèle économique du

Squash Club Joinville repose

sur une équation que le président

formule dans les termes

de l'économie sociale et solidaire

: « Les activités marchandes

doivent permettre de

financer les activités nonmarchandes.

On veut parvenir

à financer des emplois

d'éducateurs permettant de

remplir nos missions sociales

et éducatives. »

Concrètement, les créneaux

proposés aux entreprises

pour des team buildings, aux

résidents ou aux compétiteurs

financeront des programmes

destinés aux scolaires,

aux jeunes des quartiers

prioritaires, aux personnes

en situation de handicap

(accueillies notamment

depuis des IME et ITEP), aux

seniors engagés dans des parcours

de squash santé et aux

femmes hébergées dans le

centre d'urgence voisin. Ce

dispositif de financement

croisé constitue la véritable

innovation institutionnelle du

site, plus encore que l'architecture

ou la qualité des

courts.

Un laboratoire pour penser

le développement de la discipline

Le site ambitionne aussi de

tenir le rôle d'« un véritable

laboratoire afin d'analyser la

demande autour du squash ».

La FFSquash s'offre un terrain

d'observation grandeur

nature, directement articulé à

ses bureaux : pratiquants, encadrants

formés par l'Institut

de Formation et dirigeants fédéraux

partagent désormais

le même couloir. Depuis

2020, la fédération revendique

la création ou le maintien

de plus de 45 courts dans

l'Hexagone. Le modèle de

Joinville, pensé comme un

équipement ouvert sur la ville

plutôt que comme un pôle de

performance replié sur luimême,

pourrait inspirer

d'autres fédérations confrontées

à la même pression immobilière.

À la veille de l'entrée

du squash aux Jeux

olympiques de Los Angeles

2028, la discipline doit prouver

sa capacité à toucher des

publics bien au-delà de sa

base historique. Le test grandeur

nature vient de commencer.

En arrivant à Joinville-le-Pont, la FFSquash double sa surface (de

200 à 400 m2) par rapport à ses anciens locaux de Saint-Maur-des-

Fossés. Elle reste donc dans le même département où elle est

implantée depuis près de vingt-cinq ans. Une quinzaine de

fédérations nationales sportives ont également choisi le Val-de-

Marne pour s’implanter : aviron, volley-ball, handball,

haltérophilie, lutte, ski nautique, canoë-kayak…

3


Territoires

N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026

Burkini dans les piscines de Grenoble : la Ville

déboutée

La Ville de Grenoble (Isère) a été déboutée devant le tribunal administratif de Grenoble. Le juge ordonne l’annulation

de l’article 10 du règlement intérieur des piscines municipales de la ville.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

et article, dans sa rédaction

litigieuse de

mai 2022, interdit

notamment « les tenues non

près du corps plus longues

que la mi-cuisse (robe, tunique

longue, large ou évasée)

». Ce qui signifie a

contrario que les tenues non

près du corps moins longues

que la mi-cuisse sont autorisées

et donc les burkinis.

L’application de cet article

avait été suspendue en urgence

par le juge des référés

en mai 2022, décision

confirmée en appel par le

Conseil d’État en juin 2022.

Le tribunal administratif de

Grenoble était invité à juger

sur le fond.

Dans les faits, la Ville de

Grenoble avait déjà modifié

le texte de l’article en juillet

2022, afin de prendre en

compte les deux décisions

en référé. Le texte modifié

précise que « les tenues de

bain doivent être faites d’un

En bref

tissu spécifiquement conçu

pour la baignade, ajustées

près du corps, et ne doivent

pas avoir été portées avant

l’accès à la piscine. »

Le tribunal précise bien que

l’annulation concerne l’article

10 dans sa rédaction

initiale résultant de la délibération

du conseil municipal

du 16 mai 2022. Le juge estime

que contrairement à ce

qu’elle a affirmé, la Ville de

Grenoble n’a pas modifié

l’article 10 dans l’objectif

« d’accueillir tous les usagers

qui souhaitent se baigner

dans la forme sous laquelle

ils se sentent le plus à

l’aise ». Il considère que

« au regard des modifications

apportées par la délibération

du 16 mai 2022 au

précédent règlement et du

contexte dans lequel il y a

été procédé », l’article 10

modifié avait pour « seul objet

d’autoriser les costumes

de bain communément dénommés

burkinis ». Il ajoute

que la modification de l’article

était « destinée à satisfaire

une revendication de

nature religieuse ». Et d’en

conclure : « Ainsi, il apparaît

que cette dérogation très

ciblée répond en réalité au

seul souhait de la commune

de satisfaire à une demande

d’une catégorie d’usagers et

non pas, comme elle l’affirme,

de tous les usagers. »

Une modification de nature

à affecter « l’égalité de

traitement des usagers »

Le juge précise que la Ville a

le droit d’adapter un service

public pour tenir compte des

convictions religieuses et

que ce n’est pas contraire

aux principes de laïcité et de

neutralité du service public.

Cependant, en l’espèce, le

juge rappelle que la justification

avancée par la Ville

pour modifier l’article n’est

pas la prise en compte de

convictions religieuses mais

des raisons « d’hygiène et de

sécurité ». Il ajoute que cette

modification du règlement

est, « par son caractère très

ciblé et fortement dérogatoire

à la règle commune réaffirmée

par le règlement intérieur

pour les autres tenues

de bain, sans réelle justification

de la différence de

traitement qui en résulte ».

Le tribunal de conclure que

la modification de l’article

10 du règlement intérieur

des piscines municipales

« est de nature à affecter tant

le respect par les autres usagers

de règles de droit commun

trop différentes, et ainsi

le bon fonctionnement du

service public, que l’égalité

de traitement des usagers ».

La rapporteure publique

avait soulevé l’incohérence

d’autoriser le port de burkini

et d’interdire le short de bain

alors que tous deux sont des

« tenues amples portées micuisse

».

Sixième édition de « Sport seniors en plein air ». La ville de Paris a publié un appel à projets « sport seniors en plein air ». Le projet

s’inscrit dans l’héritage des Jeux olympiques de Paris 2024. Son objectif est de « favoriser l’initiation et la reprise d’activités physiques pour

les seniors sur des terrains d’éducation physique en accès libre, dans les parcs et jardins ou tout autre espace public permettant la pratique

d’activités sportives ». Pour participer à cet appel à projets, les associations doivent disposer d’un compte Paris Asso et déposer une candidature

avant le jeudi 9 juillet 2026, 23h59. Cinq promotions de 2022 à 2026 ont déjà permis à des associations et clubs de mettre en œuvre leurs

projets. La nouvelle phase de candidature permettra de sélectionner les lauréats de la 6ème édition pour la saison 2026/2027.

Appel à candidature pour la Conférence Régionale du Sport de Normandie. La Conférence Régionale du Sport

(CRdS) Normandie ouvre un appel à candidatures pour élire de nouveaux membres représentant les usagers du sport, pour la mandature 2026-

2030 (2 titulaires / 2 suppléants). Il s’agit de participer aux « orientations stratégiques, priorités territoriales, développement des

pratiques… » Les candidatures sont à déposer avant le 9 juillet.

4


Territoires

N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026

Val-d’Oise : la labellisation des clubs comme outil

de politique sportive territoriale

En reconduisant pour 2026-2027 un dispositif à trois niveaux de labellisation, le Département du Val-d’Oise engage

1,23 M€ en faveur de 58 clubs couvrant 22 disciplines olympiques et paralympiques. L’Assemblée départementale du

Val-d’Oise valide un dispositif qui ne ressemble pas tout à fait aux subventions sportives ordinaires.

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

ares sont les collectivités

à avoir formalisé

à ce point leur

doctrine d'intervention dans

le sport. Le Val-d'Oise l'a

fait, et la forme choisie — la

labellisation — n'est pas

anodine : en attribuant à

chaque club une étiquette

institutionnelle assortie

d'une aide calibrée, le

Département ne se contente

pas de subventionner, il hiérarchise,

évalue et oriente.

L'Assemblée départementale

a voté le maintien et le

renforcement du dispositif

pour la saison à venir : 58

clubs soutenus à hauteur de

1,23 M€, auxquels s'ajoutent

543 016 € pour 49 comités

départementaux et 16

cadres techniques, soit une

enveloppe totale de 1,8 M€.

« Le Département affirme

sa volonté d'accompagner

durablement les clubs et comités

valdoisiens qui font

rayonner notre territoire,

tant sur les terrains qu'auprès

des jeunes générations

», commente Marie-

Christine Cavecchi, présidente

du Département.

Une hiérarchie à trois

étages

L'architecture est tripartite.

Au sommet, le label « Club

Excellence Master » réunit

sept structures à l'engagement

exemplaire et au

rayonnement dépassant les

frontières du département (5

722 licenciés). Un cran en

dessous, le label « Club

Excellence » distingue

quinze clubs dont la performance

de l'équipe première

constitue une vitrine pour le

territoire (6 809 licenciés).

Enfin, le label « Club

Performance », le plus large,

regroupe 36 structures dont

la valeur tient aux résultats,

mais aussi à la qualité de la

formation ou aux valeurs

portées par l'association (15

403 licenciés). Cette gradation

articule excellence de

pointe, représentativité territoriale

et utilité sociale dans

une même logique de soutien

différencié.

Quand l'évaluation

devient régulation

Le dispositif embarque

aussi une mécanique de régulation

qui en dit long sur

sa maturité. Deux clubs se

voient retirer leur label en

raison d'une baisse de niveau

de leur équipe phare

— mais ne sont pas abandonnés

pour autant : un accompagnement

financier

sur deux ans leur est accordé.

Cette sortie progressive

signale qu'un label peut

se perdre, sans que la relation

entre le Département et

ses clubs soit conditionnée

au seul résultat de court

terme.

Chiffres clés :

Côté disciplines, les

58 clubs couvrent une trentaine

de pratiques, dont 22

inscrites au programme

olympique et paralympique.

Certaines connaissent une

dynamique remarquable : la

natation progresse de

12,05 % (de 2 308 à 2 586

licenciés), le badminton de

5,44 % (de 4 574 à 4 823) et

le judo de 4,14 % (de 12 088

à 12 589). Des clubs comme

Sarcelles Karaté, champion

de France senior en féminin

et masculin, ou les arts martiaux

de Saint-Gratien, qualifiés

pour la Coupe

d'Europe des clubs, incarnent

le rayonnement que le

dispositif entend récompenser.

Mis en regard des soutiens

alloués, ces chiffres

deviennent de véritables indicateurs

de retour sur investissement

public.

Athletica, le service qui

élargit la portée du label

-22 clubs labellisés « Excellence » ou « Excellence master »

-36 clubs labellisés « Performance »

-47 comités départementaux sportifs et 2 comités sportifs scolaires

-1900 associations sportives

-238 318 licenciés en Val d’Oise en 2025 (+5% par rapport à 2024)

-plus de 97 000 licenciées féminines en 2025 (+15% par rapport à 2024)

-1963 licenciés en situation de handicap en 2025 (+34% par rapport à 2024)

-plus de 144 000 licenciés de moins de 18 ans en 2025 (+7% par rapport à 2024)

-14 athlètes labellisés « Excellence » et 99 sportifs labellisés « Performance »

La nouveauté 2026-2027 introduit

une dimension inédite.

Le Département propose

aux clubs labellisés un

accès à tarifs réduits aux

équipements de récupération

de son centre d'excellence

Athletica : balnéothérapie,

lit hydromassant,

cryothérapie. Réservée en

priorité aux équipes premières

et aux sections

phares des clubs Excellence

Master, Excellence et

Performance, l'offre étend la

logique de labellisation audelà

du financement direct.

Le label devient un passeport

d'accès à des ressources

de haut niveau, et Athletica

un outil au service d'une ambition

collective.

Le modèle valdoisien dessine

une forme originale

d'ingénierie sportive territoriale

: un système de reconnaissance

publique à entrées

multiples, articulant performance,

développement des

pratiques et soutien au tissu

associatif.

À l'heure où les départements

cherchent à justifier

chaque ligne budgétaire, la

labellisation offre ce que la

subvention sans critère ne

peut pas : une lisibilité, une

traçabilité et, peut-être, une

légitimité renouvelée pour

intervenir dans le sport.

5


International

N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026

L’ITF se transforme en World Tennis

La Fédération internationale de tennis (ITF) change de nom et s’appelle désormais World Tennis, imitant d’autres

fédérations internationales.

près « World

Athletics », « World

Rugby » ou « World

Aquatics », la Fédération internationale

de tennis (ITF) a

été rebaptisée à son tour pour

devenir « World Tennis ».

Annoncé l’an passé pour

« mieux refléter le rôle de

l’organisation (…) ainsi que

le rôle essentiel qu’elle joue

aux côtés de ses nations

membres pour faire croître et

développer le tennis dans le

monde entier », ce changement

de nom est effectif depuis

ce jeudi 25 juin et s’accompagne

d’objectifs ambitieux

pour l’instance.

Le directeur général Ross

Hutchins veut accroître de

plus de 30 % le nombre de

pratiquants de ce sport dans

le monde, pour passer de 106

millions de joueurs aujourd’hui

à 140 millions à

l’horizon 2035. Un objectif

« ambitieux mais

réalisable », selon Ross

Hutchins. À travers les 214

fédérations nationales affiliées

à World Tennis, « nous

devons donner l’occasion à

tout le monde d’accéder à

notre sport », a martelé le directeur

général de l’organisation

lors d’une conférence de

presse.

« Nous entamons cette nouvelle

ère passionnante avec

une vision claire : faire prospérer

notre sport, soutenir

des communautés plus fortes

et permettre à un plus grand

nombre de personnes de

vivre plus longtemps, en

meilleure santé et plus heureuses

grâce au tennis », explique-t-il

ainsi.

World Tennis, notamment en

charge de la Coupe Davis, la

Billie Jean King Cup et le

tournoi olympique, souhaite

réinvestir « au moins 85 %

de ses revenus annuels »

dans le tennis pour continuer

de développer le sport. À

titre d’exemple, les derniers

revenus connus de l’ITF ont

atteint 106,8 M$ en 2024,

soit 94 M€. Si ces revenus se

maintenaient, ce seraient

donc environ 80 M€ annuels

qui seraient réinvestis par

World Tennis dans divers

projets: augmentation de la

dotation des tournois du

World Tennis Tour (ex-circuit

ITF, troisième division

professionnelle), construction

et certification de

centres nationaux d’entraînement

(CNE), financement

d’actions de découverte du

tennis chez les jeunes…

Dans les prochaines années,

World Tennis souhaite enfin

« sécuriser de nouvelles

sources de revenus ». « Pour

l’instant, nos revenus proviennent

de l’organisation

d’évènements, (de l’argent

versé par) les gens à qui on

donne l’opportunité de jouer

au tennis, des ventes de

droits aux médias, d’opérations

que nous menons sur

les sites où nous organisons

des évènements », a détaillé

Ross Hutchins.

Parmi les nouveaux bailleurs

de fonds potentiels ciblés par

l’ITF figurent notamment

« les gouvernements » et «

les grandes entreprises ».

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

En bref

Rugby: la hauteur des plaquages abaissée dans le monde amateur. Les joueurs de rugby amateurs dans le monde entier ne devront plus

plaquer au-dessus de la taille ou de la base du sternum à partir du 1er juillet, annonce la fédération internationale, World Rugby. La mesure

doit permettre « de réduire le nombre de plaquages debout, qui sont les plus susceptibles de provoquer des impacts évitables à la tête »,

explique World Rugby. L’instance entérine une mesure déjà expérimentée depuis deux ans dans une dizaine de fédérations, dont la France qui

place la limite à la taille, ou l’Australie, qui ont pu fournir des données « sur plus de 150.000 plaquages ». Toutefois, « Les fédérations

conserveront la possibilité d’utiliser les variations de règles au niveau amateur pour adapter des règles secondaires dans des domaines tels

que le pick and go et les doubles plaquages », précise World Rugby. A haut niveau, l’abaissement de la ligne de plaquage sera aussi mise en

oeuvre lors du championnat du monde U20, qui commence en Géorgie.

Le Marathon de Londres en vaut bien deux. Les organisateurs du Marathon de Londres ont annoncé vendredi 19 juin que la célèbre

course se déroulera désormais sur deux journées. L’épreuve féminine aura lieu le samedi et l’épreuve masculine, le dimanche. Ce changement

permettra à un nombre record de 100 000 participants de prendre part à l’événement, prévu les 24 et 25 avril 2027, pour sa 47e édition. « En

accueillant 100 000 coureurs sur deux jours, nous offrons à davantage de personnes, d’associations caritatives et de communautés la

possibilité de participer au plus grand marathon du monde », a déclaré Hugh Brasher, directeur général de l’épreuve. Ce format élargi pourrait

permettre de récolter plus de 150 M$ (soit environ 173 M€) pour les oeuvres caritatives et de générer 400 M£ (environ 461 M€) de retombées

économiques pour le Royaume-Uni. Le marathon londonien a cette année récolté 90 M£ (103 M€) pour des oeuvres caritatives, confirmant

ainsi son statut de plus grand événement caritatif annuel au monde sur une seule journée. Un nombre record de 1,33 million de personnes se

sont inscrites au tirage au sort public pour l’édition 2027, soit une augmentation de 18 % par rapport au précédent record établi cette année.

La Russie réintégrée dans une compétition de jeunes de la FIFA. En pleine Coupe du monde, la FIFA lève les sanctions contre la Russie.

Pour la première fois depuis l’invasion de l’Ukraine, la Russie est autorisée à réintégrer une compétition internationale de football jeunes. La

FIFA a annoncé que le nouveau Festival U-15, qui se déroulera en Azerbaïdjan du 22 au 31 octobre prochain, sera ouvert à « toutes les

associations membres de la FIFA », sans évoquer directement une participation de la Russie. Or si les sélections russes et ses clubs sont privés

de compétitions internationales depuis 2022, la fédération russe n’a en revanche jamais été suspendue. Cette décision est « un pas important

vers le retour des équipes russes dans le sport international », a salué dans un communiqué sur ses réseaux sociaux le ministre russe des Sports

Mikhaïl Degtiariov, espérant « un premier pas vers un retour complet » des équipes et sélections russes dans les compétitions internationales.

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International

N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026

Le CIO réforme l’attribution des JO

Suite de la page 1

Une formulation solennelle

dont l’application reste suspendue

à des équilibres géopolitiques

délicats : le dossier

des athlètes russes,

d’abord bannis pour dopage

d’État puis pour l’invasion

de l’Ukraine en février 2022,

continue d’illustrer les limites

de la posture d’arbitre

absolu. Une fois le Mondial

2026 de football refermé,

Coventry sera scrutée sur sa

relation avec Donald Trump,

président du pays hôte des

JO 2028 de Los Angeles.

« Depuis l’âge de 20 ans,

j’ai été confrontée à des

hommes difficiles occupant

de hautes fonctions », avait

déclaré la présidente du CIO

lors de son élection, avant

d’adopter depuis une réserve

nettement plus diplomatique.

La realpolitik prime.

En témoigne la décision annoncée

le 26 mars par la première

femme à diriger l’institution,

au nom de la « protection

de la catégorie féminine

» : le retour des tests de

féminité sera imposé à

toutes les athlètes désireuses

de participer aux JO 2028.

Une mesure interprétée

comme un alignement sur la

position de l’administration

américaine, Donald Trump

ayant signé en février un décret

interdisant aux athlètes

transgenres de s’aligner dans

les catégories féminines. La

neutralité revendiquée

trouve ainsi ses premières

épreuves de force.

Une bourse de 10.000 $ pour les participants aux JO

Le Comité international olympique (CIO) crée une «bourse» de 10.000 $ (environ 8.800 €) à laquelle chaque sportif pourra postuler

après sa participation aux Jeux.

« Les athlètes ont besoin de soutien bien avant leur parcours olympique, et au-delà du parcours olympique », a déclaré le président de la

commission des athlètes, Pau Gasol, lors de la 146e session du CIO à Lausanne. L’instance crée donc « une nouvelle bourse », s’ajoutant

aux différents programmes de la Solidarité olympique, à laquelle chaque participant aux Jeux pourra candidater après la tenue de

l’événement, «en commençant par Milan Cortina 2026», a-t-il développé. « Tous les olympiens » – mais non les participants aux JO de la

jeunesse – « peuvent en bénéficier, à condition qu’ils n’aient pas commis d’infraction aux règles antidopage, au Code d’éthique du CIO,

aux conditions de participation aux Jeux ou à la Charte olympique », a précisé le CIO dans un communiqué. L’instance a pour cela créé un

fonds de 140 M$ par olympiade, c’est-à-dire par cycle de quatre ans, pour pouvoir doter les 14.000 participants aux Jeux d’été et d’hiver.

Cette somme représente environ 1,8% des revenus publiés par l’organisation pour le cycle 2021-2024. « Cette annonce marque une avancée

importante pour nos athlètes, salue Amélie Oudéa-Castéra, Présidente du CNOSF. Le CNOSF se réjouit de voir l’engagement des olympiens

mieux reconnu encore. Prendre part aux Jeux est l’aboutissement d’années d’investissement personnel, sportif, professionnel et familial. Ce

nouveau dispositif est un signal fort envoyé aux athlètes et une étape concrète pour mieux les accompagner dans leurs projets d’avenir. »

LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT

« Ce n’est pas une prime de participation », a insisté Pau Gasol, alors que la patronne du CIO Kirsty Coventry avait fermement refusé une

telle hypothèse en mai, s’attirant de nombreuses critiques. Auprès de la radio néerlandaise Sport Nation, la septuple médaillée olympique de

natation avait déclaré qu’elle « ne croyait pas dans le fait de payer les athlètes aux Jeux olympiques », préférant les « aider dans leur

parcours pour devenir olympiens ». L’ex-nageur sud-africain Roland Schoeman avait lancé une pétition pour réclamer la démission de la

présidente et toute la commission exécutive: « Le CIO génère des milliards. Cette valeur vient des athlètes. Il est temps d’exiger des

comptes », avait-il écrit. « Ce que nous avons clairement vu, c’est que les athlètes ont besoin d’être soutenus tout au long de leur parcours

», a insisté la Zimbabwéenne.

Pour en savoir plus sur l’actualité du mouvement olympique, consultez les dossiers suivants :

https://pro.sport.fr/tag/cio

https://pro.sport.fr/tag/jo-2028

https://pro.sport.fr/tag/jo-2032

https://pro.sport.fr/tag/jo-2036

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N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026

Le magazine

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Entretien-confession

exclusif avec

Amélie Oudéa-Castéra,

présidente du CNOSF

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