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N°1703 vendredi 3 juillet 2026
Le CIO réforme l’attribution des JO
En adoptant un nouveau processus d’attribution des Jeux olympiques lors de leur 146e session, les membres du Comité
international olympique (CIO) relancent une compétition entre villes candidates, avec les implications commerciales et
politiques que cela entraîne pour les prochains cycles olympiques. La présidente Kirsty Coventry doit simultanément
défendre la neutralité inscrite dans la Charte olympique face à des pressions géopolitiques croissantes.
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
e retour du vote des
membres. La question
s’était imposée
au sein du mouvement
olympique avec une insistance
croissante : le CIO
était-il allé trop loin en attribuant
les éditions 2030,
2032 et 2034 avec six à onze
ans d’avance, au terme
d’une procédure largement
confidentielle pilotée par la
seule commission exécutive,
sans candidats véritablement
en compétition ? La session
plénière, soit la centaine de
membres de l’instance, n’intervenait
qu’en bout de
chaîne pour entériner un
choix déjà arrêté. Pour renouer
avec ce que l’institution
appelle elle-même la
« clarté et la prévisibilité »,
les membres du CIO, réunis
pour leur 146e session à
Lausanne, ont adopté un calendrier
structuré pour l’attribution
des JO d’été 2036,
la prochaine édition à désigner.
La présidente de la
Sommaire
commission de futur hôte, la
Croate Kolinda Grabar-
Kitarovic, en a détaillé les
étapes : en mars 2027, une
première sélection de candidats
engagera un « dialogue
stratégique » avec le CIO ;
fin 2028, un ou plusieurs
« hôtes préférentiels » seront
désignés, soumis à une série
de garanties ; la session tranchera
mi-2029, éclairée par
un « rapport complet de la
commission de futur hôte ».
Les membres du CIO pourraient
ainsi de nouveau départager
plusieurs candidats
par leur vote, une situation
qui ne s’était pas produite
depuis 2019, lorsque Milan-
Cortina avait été préférée à
Stockholm pour les Jeux
d’hiver.
La rotation continentale devrait
orienter le choix vers
l’Asie : la Turquie, l’Inde, le
Qatar et la Corée du Sud
sont ouvertement sur les
rangs, annonçant une compétition
dont le processus
alimentera aussi les arbitrages
des sponsors et des
diffuseurs dans les années à
venir.
Brisbane 2032, laboratoire
du programme sportif. Le
modèle sportif lui-même est,
en parallèle, soumis à révision.
Abandonnant son approche
par sports, le CIO va
lancer, en vue des Jeux de
Brisbane en 2032, une revue
générale des « disciplines »,
entendues comme les
groupes d’épreuves « qui nécessitent
un site spécifique »
de compétition. La distinction
sémantique recouvre un
enjeu organisationnel et économique
concret : les critères
retenus, à savoir « l’attrait
mondial, la complexité
des coûts et la participation
des athlètes », pourront
conduire à l’éviction de disciplines
réclamant une installation
dédiée. Le canoëkayak
en eaux vives, par
Fédérations
Candeloro élu président de la FFSG : le capital image à l’épreuve des fractures institutionnelles ...2
À Joinville-le-Pont, la FFSquash invente un club au cœur du logement social.......................3
Territoires
Burkini dans les piscines de Grenoble : la Ville déboutée.......................................................4
Val-d’Oise : la labellisation des clubs comme outil de politique sportive territoriale..............5
International
L’ITF se transforme en World Tennis .....................................................................................6
exemple, figure parmi celles
potentiellement exposées.
La neutralité, entre Charte
et realpolitik. C’est néanmoins
la question de la neutralité
qui concentre le plus
d’attentes et de tensions depuis
l’élection de Kirsty
Coventry à la présidence du
CIO, en mars 2025. Pressée
de questions sur l’attitude de
l’institution face aux différents
conflits internationaux,
la présidente zimbabwéenne
a renforcé dans la Charte
olympique la place de la
« neutralité », imposant désormais
à l’organisation
d’agir « à l’abri de toute
pression gouvernementale,
culturelle, sociétale ou économique
».
La Lettre de l’économie du sport
est éditée par
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Rédacteur en chef :
Emmanuel Frattali
Suite page 7
Dépôt légal à parution
ISSN 0767-9769
Imprimerie Domenica Media / Espagne
Fédérations
N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026
Candeloro élu président de la FFSG : le capital
image à l’épreuve des fractures institutionnelles
En devançant la présidente sortante Gwenaëlle Noury au second tour, Philippe Candeloro, double médaillé de bronze
olympique (1994 et 1998), prend la tête de la Fédération française des sports de glace (FFSG) fort d’un programme
centré sur la reconstruction par le haut (visibilité, infrastructures, performance). Pourtant, les blessures les plus
profondes de l’institution (vide à l’ISU, hémorragie interne, finances sous tension) peinent à trouver une réponse dans
ses sept priorités.
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
e résultat dit quelque
chose de la fédération
elle-même : au premier
tour, Gwenaëlle Noury
avait devancé l'ancien champion
avec 38,62 % des voix
contre 32,81 %, avant que la
dynamique ne s'inverse.
« J'aurais préféré passer au
premier tour, ça aurait été
plus unanime », a concédé le
nouveau président à franceinfo.
« On sent bien qu'il y
a encore des personnes qui
n'étaient pas enthousiastes à
me voir président. » Ce demitriomphe
dit quelque chose
de plus profond : une fédération
qui n'en finit pas de chercher
son centre de gravité, et
qui a choisi la notoriété
comme boussole là où l'institution
exigerait peut-être
autre chose.
Un programme construit
sur la visibilité
Le projet « Nouvelle ère » est
cohérent avec ce que
Philippe Candeloro représente.
Sa première priorité, la
plus concrète, porte sur les infrastructures
: dix nouvelles
patinoires d'ici 2034, réouverture
de sites menacés à
Colombes (Hauts-de-Seine)
ou à Joué-les-Tours (Indre-et-
Loire), création d'une halle de
curling. « Sans patinoire ni
Candeloro ne retient pas le short-track
piste de bobsleigh, il n'y a pas
de sport de glace. C'est aussi
simple que ça », écrit-il dans
son programme de mandature.
La quatrième priorité est
tout aussi révélatrice de son
ADN : amplifier la présence
médiatique de la FFSG, renforcer
FFSG TV, tripler son
audience en quatre ans, signer
un partenaire-titre pour
le Grand Prix de France et
faire des Jeux Paralympiques
Alpes Françaises 2030 un accélérateur
du parasport de
glace. Pour un homme qui a
fait de sa carrière télévisuelle
un second souffle, le diagnostic
est cohérent : les sports de
glace français souffrent d'un
déficit d'exposition.
Ce que le programme ne
dit pas
Mais la fédération qu'il hérite
n'est pas seulement mal exposée.
Elle est structurellement
abîmée, et son programme
reste silencieux sur
les fractures les plus profondes.
La première
concerne la représentation internationale
: depuis le récent
congrès de l'Union internationale
de patinage (ISU) et la
non-réélection du juge David
Molina, la France ne dispose
plus d'aucun représentant au
sein de l'instance mondiale.
Aucune des sept priorités de
Candeloro ne propose de remède
à ce vide diplomatique,
alors même que les décisions
de l'ISU (attribution des
grands championnats, évolution
des règles, calendrier des
compétitions) conditionnent
l'avenir de chaque discipline.
La France a déjà perdu son
Grand Prix junior et failli
abandonner celui des seniors.
Pire encore : aucun championnat
d'envergure ne sera
organisé sur son sol d'ici
2030.
La situation financière mérite
la même attention. La FFSG
affiche certes un résultat net
positif de 29 000 € pour
l'exercice 2025, mais ce
chiffre est trompeur : sans la
vente de la patinoire mobile
fédérale pour 123 200 €,
l'exercice aurait été déficitaire.
Les produits d'exploitation
ont reculé de 7,2 % à
5,78 M€, la billetterie événementielle
s'est effondrée de
56 % à 300 000 € (contre
675 000 € en 2024 et
1,25 M€ en 2020), et les subventions
publiques représentent
toujours près de 60 %
des ressources. Le programme
parie sur le naming,
l'autofinancement et les partenariats
privés pour changer
cette équation.
Déjà engagé pour rejoindre la Fédération française de roller et skateboard (FFRS), le short-track français
entre dans une nouvelle séquence avec l'élection de Philippe Candeloro. Le nouveau président assume
le départ : « si 80 % des acteurs souhaitent partir, ce n'est pas moi qui vais les retenir ». Son programme
s'appuie sur le rapport de l'IGJS de 2014, qui recommandait déjà une autonomie pour la discipline, et
annonce un dialogue avec le ministère des Sports dès l'automne.
La gouvernance, l'autre
chantier invisible
Le troisième angle mort est
peut-être le plus politique.
Sous le mandat Noury, une
trentaine de personnes (élus
ou salariés fédéraux) ont
quitté la FFSG, dont quatorze
démissions et sept révocations.
Des contentieux judiciaires
illustrent une gouvernance
défaillante que le nouveau
président devra assainir
avant même de poser la première
pierre d'une nouvelle
patinoire. Son programme
mentionne la nécessité de
« reprendre, traiter et finaliser
sous délais courts les dossiers
disciplinaires en cours
et toujours non résolus »,
mais cette mention, reléguée
au rang de sous-mesure de la
deuxième priorité, ne dit rien
de la méthode ni des ressources
dédiées. L'absence
de toute feuille de route sur la
reconstruction de l'appareil
fédéral lui-même (organigramme,
culture managériale,
relations avec les
ligues) constitue le silence le
plus éloquent d'un programme
par ailleurs détaillé.
Candeloro promet d'être « un
président honnête sur les
comptes à rendre ». La première
honnêteté attendue
sera peut-être de reconnaître
que la séduction, si puissante
soit-elle dans les urnes, ne
suffit pas à redresser seule
une institution dont les fondations
demandent autant
d'attention que la façade.
2
Fédérations
N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026
À Joinville-le-Pont, la FFSquash invente un club au
cœur du logement social
Pour 2,5 M€, la Fédération Française de Squash (FFSquash) inaugure à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) son nouveau
siège. Un complexe sportif intégré dans un programme immobilier social, partagé avec une résidence étudiante et un
foyer pour femmes en sortie de maternité. Derrière cette cohabitation inédite, une fédération qui parie sur l’économie
sociale et solidaire pour financer la démocratisation d’une discipline longtemps associée aux cercles corporate.
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
e squash a longtemps
porté une image : celle
d'un sport de cadres,
pratiqué dans des clubs privés
de centre-ville, au tarif
horaire calibré pour les agendas
de direction. Cette réputation,
héritée des années
1980 et de l'essor de la discipline
parmi les actifs urbains,
a fini par se retourner contre
elle. Quand les prix de l'immobilier
ont explosé dans les
grandes agglomérations, les
clubs des cœurs de ville ont
été les premiers à souffrir :
faute de pouvoir absorber les
hausses de loyers, certains
ont fermé, laissant des zones
entières de la région parisienne
sans un seul court accessible.
La France ne
compte qu'un terrain pour
50 000 habitants. C'est cette
spirale que la Fédération
Française de Squash
(FFSquash) a choisi de
rompre, non pas en cherchant
de nouveaux emplacements,
mais en s'inscrivant dans un
programme de logement social.
Au 31 rue Henri-
Barbusse à Joinville-le-Pont,
le nouveau complexe s'intègre
dans un ensemble immobilier
abritant aussi une résidence
étudiante de 166 logements
gérée par l'association
ARPEJ et un centre d'hébergement
d'urgence de 30
chambres opéré par l'association
AURORE, pour des
femmes seules en sortie de
maternité. « En travaillant
avec un bailleur social,
Logirep, nous avons saisi
l'opportunité de créer à
Joinville une structure dans
une zone qui n'est pas assez
couverte en terrains de
squash et dans un modèle
nous permettant de piloter directement
nos infrastructures
», explique Julien
Muller, président de la
FFSquash.
Quand le bailleur social
ouvre la voie
La crise des équipements ne
tient pas à un désintérêt pour
la pratique (la FFSquash revendique
25 000 licenciés et
près de 200 000 pratiquants),
mais à une inadéquation entre
le coût de construction des
courts et l'accès au foncier urbain.
« Ces dernières années,
certains clubs de centre-ville
ont dû fermer leurs portes,
victimes de la hausse des prix
de l'immobilier. Et la région
parisienne est bien entendu
concernée », soulignait le
président en 2024. La réponse
fédérale a consisté à
s'appuyer sur Logirep, dans le
cadre d'un programme immobilier
mixte, pour accéder
à des mètres carrés en Val-de-
Marne à des conditions hors
de portée sur le marché libre.
Les 1 500 m² du complexe se
répartissent ainsi, sur deux niveaux,
six courts avec tribunes,
un club-house, une
mezzanine de coworking, les
bureaux de la fédération et de
la Ligue Île-de-France, ainsi
que l'Institut de Formation du
Squash. Investissement total :
2,5 M€, mobilisant l'Agence
nationale du Sport (ANS), la
Région Île-de-France, le
Département du Val-de-
Marne et la Ville de Joinvillele-Pont,
en complément
d'emprunts.
Les recettes marchandes au
service de missions sociales
Le Val-de-Marne, terre de fédérations
Le modèle économique du
Squash Club Joinville repose
sur une équation que le président
formule dans les termes
de l'économie sociale et solidaire
: « Les activités marchandes
doivent permettre de
financer les activités nonmarchandes.
On veut parvenir
à financer des emplois
d'éducateurs permettant de
remplir nos missions sociales
et éducatives. »
Concrètement, les créneaux
proposés aux entreprises
pour des team buildings, aux
résidents ou aux compétiteurs
financeront des programmes
destinés aux scolaires,
aux jeunes des quartiers
prioritaires, aux personnes
en situation de handicap
(accueillies notamment
depuis des IME et ITEP), aux
seniors engagés dans des parcours
de squash santé et aux
femmes hébergées dans le
centre d'urgence voisin. Ce
dispositif de financement
croisé constitue la véritable
innovation institutionnelle du
site, plus encore que l'architecture
ou la qualité des
courts.
Un laboratoire pour penser
le développement de la discipline
Le site ambitionne aussi de
tenir le rôle d'« un véritable
laboratoire afin d'analyser la
demande autour du squash ».
La FFSquash s'offre un terrain
d'observation grandeur
nature, directement articulé à
ses bureaux : pratiquants, encadrants
formés par l'Institut
de Formation et dirigeants fédéraux
partagent désormais
le même couloir. Depuis
2020, la fédération revendique
la création ou le maintien
de plus de 45 courts dans
l'Hexagone. Le modèle de
Joinville, pensé comme un
équipement ouvert sur la ville
plutôt que comme un pôle de
performance replié sur luimême,
pourrait inspirer
d'autres fédérations confrontées
à la même pression immobilière.
À la veille de l'entrée
du squash aux Jeux
olympiques de Los Angeles
2028, la discipline doit prouver
sa capacité à toucher des
publics bien au-delà de sa
base historique. Le test grandeur
nature vient de commencer.
En arrivant à Joinville-le-Pont, la FFSquash double sa surface (de
200 à 400 m2) par rapport à ses anciens locaux de Saint-Maur-des-
Fossés. Elle reste donc dans le même département où elle est
implantée depuis près de vingt-cinq ans. Une quinzaine de
fédérations nationales sportives ont également choisi le Val-de-
Marne pour s’implanter : aviron, volley-ball, handball,
haltérophilie, lutte, ski nautique, canoë-kayak…
3
Territoires
N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026
Burkini dans les piscines de Grenoble : la Ville
déboutée
La Ville de Grenoble (Isère) a été déboutée devant le tribunal administratif de Grenoble. Le juge ordonne l’annulation
de l’article 10 du règlement intérieur des piscines municipales de la ville.
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
et article, dans sa rédaction
litigieuse de
mai 2022, interdit
notamment « les tenues non
près du corps plus longues
que la mi-cuisse (robe, tunique
longue, large ou évasée)
». Ce qui signifie a
contrario que les tenues non
près du corps moins longues
que la mi-cuisse sont autorisées
et donc les burkinis.
L’application de cet article
avait été suspendue en urgence
par le juge des référés
en mai 2022, décision
confirmée en appel par le
Conseil d’État en juin 2022.
Le tribunal administratif de
Grenoble était invité à juger
sur le fond.
Dans les faits, la Ville de
Grenoble avait déjà modifié
le texte de l’article en juillet
2022, afin de prendre en
compte les deux décisions
en référé. Le texte modifié
précise que « les tenues de
bain doivent être faites d’un
En bref
tissu spécifiquement conçu
pour la baignade, ajustées
près du corps, et ne doivent
pas avoir été portées avant
l’accès à la piscine. »
Le tribunal précise bien que
l’annulation concerne l’article
10 dans sa rédaction
initiale résultant de la délibération
du conseil municipal
du 16 mai 2022. Le juge estime
que contrairement à ce
qu’elle a affirmé, la Ville de
Grenoble n’a pas modifié
l’article 10 dans l’objectif
« d’accueillir tous les usagers
qui souhaitent se baigner
dans la forme sous laquelle
ils se sentent le plus à
l’aise ». Il considère que
« au regard des modifications
apportées par la délibération
du 16 mai 2022 au
précédent règlement et du
contexte dans lequel il y a
été procédé », l’article 10
modifié avait pour « seul objet
d’autoriser les costumes
de bain communément dénommés
burkinis ». Il ajoute
que la modification de l’article
était « destinée à satisfaire
une revendication de
nature religieuse ». Et d’en
conclure : « Ainsi, il apparaît
que cette dérogation très
ciblée répond en réalité au
seul souhait de la commune
de satisfaire à une demande
d’une catégorie d’usagers et
non pas, comme elle l’affirme,
de tous les usagers. »
Une modification de nature
à affecter « l’égalité de
traitement des usagers »
Le juge précise que la Ville a
le droit d’adapter un service
public pour tenir compte des
convictions religieuses et
que ce n’est pas contraire
aux principes de laïcité et de
neutralité du service public.
Cependant, en l’espèce, le
juge rappelle que la justification
avancée par la Ville
pour modifier l’article n’est
pas la prise en compte de
convictions religieuses mais
des raisons « d’hygiène et de
sécurité ». Il ajoute que cette
modification du règlement
est, « par son caractère très
ciblé et fortement dérogatoire
à la règle commune réaffirmée
par le règlement intérieur
pour les autres tenues
de bain, sans réelle justification
de la différence de
traitement qui en résulte ».
Le tribunal de conclure que
la modification de l’article
10 du règlement intérieur
des piscines municipales
« est de nature à affecter tant
le respect par les autres usagers
de règles de droit commun
trop différentes, et ainsi
le bon fonctionnement du
service public, que l’égalité
de traitement des usagers ».
La rapporteure publique
avait soulevé l’incohérence
d’autoriser le port de burkini
et d’interdire le short de bain
alors que tous deux sont des
« tenues amples portées micuisse
».
Sixième édition de « Sport seniors en plein air ». La ville de Paris a publié un appel à projets « sport seniors en plein air ». Le projet
s’inscrit dans l’héritage des Jeux olympiques de Paris 2024. Son objectif est de « favoriser l’initiation et la reprise d’activités physiques pour
les seniors sur des terrains d’éducation physique en accès libre, dans les parcs et jardins ou tout autre espace public permettant la pratique
d’activités sportives ». Pour participer à cet appel à projets, les associations doivent disposer d’un compte Paris Asso et déposer une candidature
avant le jeudi 9 juillet 2026, 23h59. Cinq promotions de 2022 à 2026 ont déjà permis à des associations et clubs de mettre en œuvre leurs
projets. La nouvelle phase de candidature permettra de sélectionner les lauréats de la 6ème édition pour la saison 2026/2027.
Appel à candidature pour la Conférence Régionale du Sport de Normandie. La Conférence Régionale du Sport
(CRdS) Normandie ouvre un appel à candidatures pour élire de nouveaux membres représentant les usagers du sport, pour la mandature 2026-
2030 (2 titulaires / 2 suppléants). Il s’agit de participer aux « orientations stratégiques, priorités territoriales, développement des
pratiques… » Les candidatures sont à déposer avant le 9 juillet.
4
Territoires
N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026
Val-d’Oise : la labellisation des clubs comme outil
de politique sportive territoriale
En reconduisant pour 2026-2027 un dispositif à trois niveaux de labellisation, le Département du Val-d’Oise engage
1,23 M€ en faveur de 58 clubs couvrant 22 disciplines olympiques et paralympiques. L’Assemblée départementale du
Val-d’Oise valide un dispositif qui ne ressemble pas tout à fait aux subventions sportives ordinaires.
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
ares sont les collectivités
à avoir formalisé
à ce point leur
doctrine d'intervention dans
le sport. Le Val-d'Oise l'a
fait, et la forme choisie — la
labellisation — n'est pas
anodine : en attribuant à
chaque club une étiquette
institutionnelle assortie
d'une aide calibrée, le
Département ne se contente
pas de subventionner, il hiérarchise,
évalue et oriente.
L'Assemblée départementale
a voté le maintien et le
renforcement du dispositif
pour la saison à venir : 58
clubs soutenus à hauteur de
1,23 M€, auxquels s'ajoutent
543 016 € pour 49 comités
départementaux et 16
cadres techniques, soit une
enveloppe totale de 1,8 M€.
« Le Département affirme
sa volonté d'accompagner
durablement les clubs et comités
valdoisiens qui font
rayonner notre territoire,
tant sur les terrains qu'auprès
des jeunes générations
», commente Marie-
Christine Cavecchi, présidente
du Département.
Une hiérarchie à trois
étages
L'architecture est tripartite.
Au sommet, le label « Club
Excellence Master » réunit
sept structures à l'engagement
exemplaire et au
rayonnement dépassant les
frontières du département (5
722 licenciés). Un cran en
dessous, le label « Club
Excellence » distingue
quinze clubs dont la performance
de l'équipe première
constitue une vitrine pour le
territoire (6 809 licenciés).
Enfin, le label « Club
Performance », le plus large,
regroupe 36 structures dont
la valeur tient aux résultats,
mais aussi à la qualité de la
formation ou aux valeurs
portées par l'association (15
403 licenciés). Cette gradation
articule excellence de
pointe, représentativité territoriale
et utilité sociale dans
une même logique de soutien
différencié.
Quand l'évaluation
devient régulation
Le dispositif embarque
aussi une mécanique de régulation
qui en dit long sur
sa maturité. Deux clubs se
voient retirer leur label en
raison d'une baisse de niveau
de leur équipe phare
— mais ne sont pas abandonnés
pour autant : un accompagnement
financier
sur deux ans leur est accordé.
Cette sortie progressive
signale qu'un label peut
se perdre, sans que la relation
entre le Département et
ses clubs soit conditionnée
au seul résultat de court
terme.
Chiffres clés :
Côté disciplines, les
58 clubs couvrent une trentaine
de pratiques, dont 22
inscrites au programme
olympique et paralympique.
Certaines connaissent une
dynamique remarquable : la
natation progresse de
12,05 % (de 2 308 à 2 586
licenciés), le badminton de
5,44 % (de 4 574 à 4 823) et
le judo de 4,14 % (de 12 088
à 12 589). Des clubs comme
Sarcelles Karaté, champion
de France senior en féminin
et masculin, ou les arts martiaux
de Saint-Gratien, qualifiés
pour la Coupe
d'Europe des clubs, incarnent
le rayonnement que le
dispositif entend récompenser.
Mis en regard des soutiens
alloués, ces chiffres
deviennent de véritables indicateurs
de retour sur investissement
public.
Athletica, le service qui
élargit la portée du label
-22 clubs labellisés « Excellence » ou « Excellence master »
-36 clubs labellisés « Performance »
-47 comités départementaux sportifs et 2 comités sportifs scolaires
-1900 associations sportives
-238 318 licenciés en Val d’Oise en 2025 (+5% par rapport à 2024)
-plus de 97 000 licenciées féminines en 2025 (+15% par rapport à 2024)
-1963 licenciés en situation de handicap en 2025 (+34% par rapport à 2024)
-plus de 144 000 licenciés de moins de 18 ans en 2025 (+7% par rapport à 2024)
-14 athlètes labellisés « Excellence » et 99 sportifs labellisés « Performance »
La nouveauté 2026-2027 introduit
une dimension inédite.
Le Département propose
aux clubs labellisés un
accès à tarifs réduits aux
équipements de récupération
de son centre d'excellence
Athletica : balnéothérapie,
lit hydromassant,
cryothérapie. Réservée en
priorité aux équipes premières
et aux sections
phares des clubs Excellence
Master, Excellence et
Performance, l'offre étend la
logique de labellisation audelà
du financement direct.
Le label devient un passeport
d'accès à des ressources
de haut niveau, et Athletica
un outil au service d'une ambition
collective.
Le modèle valdoisien dessine
une forme originale
d'ingénierie sportive territoriale
: un système de reconnaissance
publique à entrées
multiples, articulant performance,
développement des
pratiques et soutien au tissu
associatif.
À l'heure où les départements
cherchent à justifier
chaque ligne budgétaire, la
labellisation offre ce que la
subvention sans critère ne
peut pas : une lisibilité, une
traçabilité et, peut-être, une
légitimité renouvelée pour
intervenir dans le sport.
5
International
N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026
L’ITF se transforme en World Tennis
La Fédération internationale de tennis (ITF) change de nom et s’appelle désormais World Tennis, imitant d’autres
fédérations internationales.
près « World
Athletics », « World
Rugby » ou « World
Aquatics », la Fédération internationale
de tennis (ITF) a
été rebaptisée à son tour pour
devenir « World Tennis ».
Annoncé l’an passé pour
« mieux refléter le rôle de
l’organisation (…) ainsi que
le rôle essentiel qu’elle joue
aux côtés de ses nations
membres pour faire croître et
développer le tennis dans le
monde entier », ce changement
de nom est effectif depuis
ce jeudi 25 juin et s’accompagne
d’objectifs ambitieux
pour l’instance.
Le directeur général Ross
Hutchins veut accroître de
plus de 30 % le nombre de
pratiquants de ce sport dans
le monde, pour passer de 106
millions de joueurs aujourd’hui
à 140 millions à
l’horizon 2035. Un objectif
« ambitieux mais
réalisable », selon Ross
Hutchins. À travers les 214
fédérations nationales affiliées
à World Tennis, « nous
devons donner l’occasion à
tout le monde d’accéder à
notre sport », a martelé le directeur
général de l’organisation
lors d’une conférence de
presse.
« Nous entamons cette nouvelle
ère passionnante avec
une vision claire : faire prospérer
notre sport, soutenir
des communautés plus fortes
et permettre à un plus grand
nombre de personnes de
vivre plus longtemps, en
meilleure santé et plus heureuses
grâce au tennis », explique-t-il
ainsi.
World Tennis, notamment en
charge de la Coupe Davis, la
Billie Jean King Cup et le
tournoi olympique, souhaite
réinvestir « au moins 85 %
de ses revenus annuels »
dans le tennis pour continuer
de développer le sport. À
titre d’exemple, les derniers
revenus connus de l’ITF ont
atteint 106,8 M$ en 2024,
soit 94 M€. Si ces revenus se
maintenaient, ce seraient
donc environ 80 M€ annuels
qui seraient réinvestis par
World Tennis dans divers
projets: augmentation de la
dotation des tournois du
World Tennis Tour (ex-circuit
ITF, troisième division
professionnelle), construction
et certification de
centres nationaux d’entraînement
(CNE), financement
d’actions de découverte du
tennis chez les jeunes…
Dans les prochaines années,
World Tennis souhaite enfin
« sécuriser de nouvelles
sources de revenus ». « Pour
l’instant, nos revenus proviennent
de l’organisation
d’évènements, (de l’argent
versé par) les gens à qui on
donne l’opportunité de jouer
au tennis, des ventes de
droits aux médias, d’opérations
que nous menons sur
les sites où nous organisons
des évènements », a détaillé
Ross Hutchins.
Parmi les nouveaux bailleurs
de fonds potentiels ciblés par
l’ITF figurent notamment
« les gouvernements » et «
les grandes entreprises ».
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
En bref
Rugby: la hauteur des plaquages abaissée dans le monde amateur. Les joueurs de rugby amateurs dans le monde entier ne devront plus
plaquer au-dessus de la taille ou de la base du sternum à partir du 1er juillet, annonce la fédération internationale, World Rugby. La mesure
doit permettre « de réduire le nombre de plaquages debout, qui sont les plus susceptibles de provoquer des impacts évitables à la tête »,
explique World Rugby. L’instance entérine une mesure déjà expérimentée depuis deux ans dans une dizaine de fédérations, dont la France qui
place la limite à la taille, ou l’Australie, qui ont pu fournir des données « sur plus de 150.000 plaquages ». Toutefois, « Les fédérations
conserveront la possibilité d’utiliser les variations de règles au niveau amateur pour adapter des règles secondaires dans des domaines tels
que le pick and go et les doubles plaquages », précise World Rugby. A haut niveau, l’abaissement de la ligne de plaquage sera aussi mise en
oeuvre lors du championnat du monde U20, qui commence en Géorgie.
Le Marathon de Londres en vaut bien deux. Les organisateurs du Marathon de Londres ont annoncé vendredi 19 juin que la célèbre
course se déroulera désormais sur deux journées. L’épreuve féminine aura lieu le samedi et l’épreuve masculine, le dimanche. Ce changement
permettra à un nombre record de 100 000 participants de prendre part à l’événement, prévu les 24 et 25 avril 2027, pour sa 47e édition. « En
accueillant 100 000 coureurs sur deux jours, nous offrons à davantage de personnes, d’associations caritatives et de communautés la
possibilité de participer au plus grand marathon du monde », a déclaré Hugh Brasher, directeur général de l’épreuve. Ce format élargi pourrait
permettre de récolter plus de 150 M$ (soit environ 173 M€) pour les oeuvres caritatives et de générer 400 M£ (environ 461 M€) de retombées
économiques pour le Royaume-Uni. Le marathon londonien a cette année récolté 90 M£ (103 M€) pour des oeuvres caritatives, confirmant
ainsi son statut de plus grand événement caritatif annuel au monde sur une seule journée. Un nombre record de 1,33 million de personnes se
sont inscrites au tirage au sort public pour l’édition 2027, soit une augmentation de 18 % par rapport au précédent record établi cette année.
La Russie réintégrée dans une compétition de jeunes de la FIFA. En pleine Coupe du monde, la FIFA lève les sanctions contre la Russie.
Pour la première fois depuis l’invasion de l’Ukraine, la Russie est autorisée à réintégrer une compétition internationale de football jeunes. La
FIFA a annoncé que le nouveau Festival U-15, qui se déroulera en Azerbaïdjan du 22 au 31 octobre prochain, sera ouvert à « toutes les
associations membres de la FIFA », sans évoquer directement une participation de la Russie. Or si les sélections russes et ses clubs sont privés
de compétitions internationales depuis 2022, la fédération russe n’a en revanche jamais été suspendue. Cette décision est « un pas important
vers le retour des équipes russes dans le sport international », a salué dans un communiqué sur ses réseaux sociaux le ministre russe des Sports
Mikhaïl Degtiariov, espérant « un premier pas vers un retour complet » des équipes et sélections russes dans les compétitions internationales.
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International
N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026
Le CIO réforme l’attribution des JO
Suite de la page 1
Une formulation solennelle
dont l’application reste suspendue
à des équilibres géopolitiques
délicats : le dossier
des athlètes russes,
d’abord bannis pour dopage
d’État puis pour l’invasion
de l’Ukraine en février 2022,
continue d’illustrer les limites
de la posture d’arbitre
absolu. Une fois le Mondial
2026 de football refermé,
Coventry sera scrutée sur sa
relation avec Donald Trump,
président du pays hôte des
JO 2028 de Los Angeles.
« Depuis l’âge de 20 ans,
j’ai été confrontée à des
hommes difficiles occupant
de hautes fonctions », avait
déclaré la présidente du CIO
lors de son élection, avant
d’adopter depuis une réserve
nettement plus diplomatique.
La realpolitik prime.
En témoigne la décision annoncée
le 26 mars par la première
femme à diriger l’institution,
au nom de la « protection
de la catégorie féminine
» : le retour des tests de
féminité sera imposé à
toutes les athlètes désireuses
de participer aux JO 2028.
Une mesure interprétée
comme un alignement sur la
position de l’administration
américaine, Donald Trump
ayant signé en février un décret
interdisant aux athlètes
transgenres de s’aligner dans
les catégories féminines. La
neutralité revendiquée
trouve ainsi ses premières
épreuves de force.
Une bourse de 10.000 $ pour les participants aux JO
Le Comité international olympique (CIO) crée une «bourse» de 10.000 $ (environ 8.800 €) à laquelle chaque sportif pourra postuler
après sa participation aux Jeux.
« Les athlètes ont besoin de soutien bien avant leur parcours olympique, et au-delà du parcours olympique », a déclaré le président de la
commission des athlètes, Pau Gasol, lors de la 146e session du CIO à Lausanne. L’instance crée donc « une nouvelle bourse », s’ajoutant
aux différents programmes de la Solidarité olympique, à laquelle chaque participant aux Jeux pourra candidater après la tenue de
l’événement, «en commençant par Milan Cortina 2026», a-t-il développé. « Tous les olympiens » – mais non les participants aux JO de la
jeunesse – « peuvent en bénéficier, à condition qu’ils n’aient pas commis d’infraction aux règles antidopage, au Code d’éthique du CIO,
aux conditions de participation aux Jeux ou à la Charte olympique », a précisé le CIO dans un communiqué. L’instance a pour cela créé un
fonds de 140 M$ par olympiade, c’est-à-dire par cycle de quatre ans, pour pouvoir doter les 14.000 participants aux Jeux d’été et d’hiver.
Cette somme représente environ 1,8% des revenus publiés par l’organisation pour le cycle 2021-2024. « Cette annonce marque une avancée
importante pour nos athlètes, salue Amélie Oudéa-Castéra, Présidente du CNOSF. Le CNOSF se réjouit de voir l’engagement des olympiens
mieux reconnu encore. Prendre part aux Jeux est l’aboutissement d’années d’investissement personnel, sportif, professionnel et familial. Ce
nouveau dispositif est un signal fort envoyé aux athlètes et une étape concrète pour mieux les accompagner dans leurs projets d’avenir. »
LA LETTRE DE L’ECONOMIE DU SPORT
« Ce n’est pas une prime de participation », a insisté Pau Gasol, alors que la patronne du CIO Kirsty Coventry avait fermement refusé une
telle hypothèse en mai, s’attirant de nombreuses critiques. Auprès de la radio néerlandaise Sport Nation, la septuple médaillée olympique de
natation avait déclaré qu’elle « ne croyait pas dans le fait de payer les athlètes aux Jeux olympiques », préférant les « aider dans leur
parcours pour devenir olympiens ». L’ex-nageur sud-africain Roland Schoeman avait lancé une pétition pour réclamer la démission de la
présidente et toute la commission exécutive: « Le CIO génère des milliards. Cette valeur vient des athlètes. Il est temps d’exiger des
comptes », avait-il écrit. « Ce que nous avons clairement vu, c’est que les athlètes ont besoin d’être soutenus tout au long de leur parcours
», a insisté la Zimbabwéenne.
Pour en savoir plus sur l’actualité du mouvement olympique, consultez les dossiers suivants :
https://pro.sport.fr/tag/cio
https://pro.sport.fr/tag/jo-2028
https://pro.sport.fr/tag/jo-2032
https://pro.sport.fr/tag/jo-2036
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N°1703 La Lettre de l’économie du sport vendredi 3 juillet 2026
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Amélie Oudéa-Castéra,
présidente du CNOSF
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