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N°1317 vendredi 3 juillet 2026
Vélo en France : ce que révèle
l’Observatoire du Cycle 2025
À l’heure où la Grande Boucle s’apprête à relancer la ferveur populaire pour le vélo, l’Observatoire du Cycle de
l’UESC révèle quatre années consécutives de recul des ventes avec un marché à 3,11 milliards d’euros en 2025. La filière
n’est pas en crise : elle se réinvente, entre réparation en hausse de 10,5 % et production nationale qui retrouve de
l’allant.
a 113e édition du
Tour de France
s’élancera le 4 juillet
de Barcelone pour traverser
les Pyrénées, les Alpes et rejoindre
Paris au terme de 21
étapes : une vitrine mondiale
pour le tourisme en France
et pour la pratique cycliste.
Le marché domestique, lui,
raconte une autre histoire.
En 2025, 1,84 million de vélos
neufs ont trouvé preneur
en France, soit 121 000 de
moins qu’en 2024 et environ
800 000 de moins qu’en
2019. L’ensemble de la filière
(ventes, pièces, accessoires
et réparation) représente
3,11 milliards d’euros,
en retrait de 4,8 % sur un an.
C’est la quatrième contraction
annuelle consécutive
des volumes. Ce qui rend le
tableau encore plus déroutant,
c’est que la pratique,
elle, progresse : 9 millions
de pratiquants (sport ou loisirs)
recensés en France en
2025, dont 42 % de femmes,
et des comptages cyclables
sur les voies aménagées en
hausse de 5 % sur l’année.
« De plus en plus de
Français utilisent leur vélo,
mais achètent moins de vélos
neufs », résume Virgile
Caillet, délégué général de
l’UESC, devant cette situation
paradoxale de prime
abord.
Le VAE, victime de la fin
des soutiens publics
Le vélo à assistance électrique
(VAE) est l’acteur
central de ce repli.
Seulement 507 000 exemplaires
ont été vendus en
2025, soit une chute de 16 %
en volume sur l’année, avec
un prix moyen qui plafonne
autour de 2 000 €, contre
738 000 trois ans plus tôt.
L’UESC pointe trois causes
directes à cette contraction :
l’arrêt des aides nationales à
l’achat depuis le 14 février
2025, la fin des aides CEE
pour les vélos-cargo professionnels
et le ralentissement
du déploiement des infrastructures
cyclables. Cette
suppression du bonus écologique
prive les acheteurs
d’une aide qui bénéficiait à
quelque 50 000 ménages par
an pour un montant moyen
de 500 €.
Suite page 2
LA LETTRE DU SPORT
Sommaire
International
Le TAS donne raison à la joueuse enceinte ................................................................................4
Economie
Sportech : les start-up françaises face au défi de la taille critique.............................................5
Michele Kang rachète l’OL : une aubaine ou un engagement sans fond ? ...............................6
Médias
M6 signe son meilleur mois depuis vingt-quatre ans................................................................7
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Dépôt légal à parution
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Imprimerie Domenica Media / Espagne
Economie
N°1317 La Lettre du Sport vendredi 3 juillet 2026
Vélo en France : ce que révèle l’Observatoire du
Cycle 2025
Suite de la page 1
La filière ne cache pas son
amertume face à la disproportion
: en 2024, l’État a
versé 1,5 Md€ en primes à
l’achat d’une voiture électrique,
et seulement 29 M€
pour l’acquisition d’un vélo.
« Il nous faut une vraie politique
citoyenne, il nous faut
un plan vélo, accompagné
d’aides à l’achat sans conditions
de revenus », réclame
Patrick Guinard, président
de la commission Cycle de
l’UESC.
Les raisons du recul ne sont
pas toutes imputables aux
arbitrages budgétaires de
l’État. « Deux catégories représentent
les deux tiers des
800 000 vélos manquants
depuis 2019. La première
concerne le vélo enfant et
s’explique par la démographie.
Il y a de moins en
moins d’enfants en France
et cette tendance va s’accentuer
dans les années à
venir », analyse Jean-
Philippe Frey, responsable
des études à l’UESC. La correction
naturelle d’un marché
artificiellement gonflé
par la bulle post-Covid de
2021-2022 entre également
en ligne de compte, tout
comme l’inflation des prix
qui a conduit de nombreux
ménages à temporiser. Une
perspective s’impose néanmoins
: en valeur, les ventes
de vélos neufs restent 23 %
au-dessus de leur niveau
d’avant-Covid. Conclusion :
ce qui s’estompe, c’est le pic
de la bulle, pas la pratique.
Réparation et seconde
main, nouveaux moteurs
de la filière
Si les ventes de neuf reculent,
d’autres pans du secteur
affichent une vitalité bien
réelle. La réparation enregistre
une impressionnante
progression de 10,5 %, avec
un chiffre d’affaires de
128 M€ en hausse de 15 M€
depuis 2024, et un nombre
d’opérations en hausse de 53
% depuis 2019. « On répare
trois fois plus de vélos que
l’on en vend chaque
année », résume Olivier
Bouchebeuf, responsable de
la commission Cycle de
l’UESC. Ce basculement
vers la durabilité doit beaucoup
au dispositif
BonusRépar, qui offre en
moyenne 23 € de réduction
par facture, avec plus de 1
000 réparateurs labellisés
sur le territoire. La seconde
main, hors vente directe
entre consommateurs, enregistre
une hausse de 14 %
depuis 2024 chez les reconditionneurs
et les revendeurs.
Ajoutées aux achats
des collectivités (21 000 unités)
et des entreprises (16
832 unités, dont 1 824 véloscargo),
ces nouveaux modes
de consommation représentent
200 000 unités, soit
11 % du marché total.
Sur le segment du neuf,
deux catégories résistent et
méritent l’attention : le vélo
de route, dont les ventes ont
progressé de 7 % en volume,
et le gravel, avec une progression
de 2 %, représentent
désormais ensemble
53 % des ventes de vélos
classiques en valeur. Le gravel
enregistre même 75 000
ventes en 2025, soit une
croissance de 18 % par rapport
à l’an dernier.
La production nationale
retrouve de l’allant
L’Observatoire du Cycle
2025 réserve une bonne
nouvelle sur le front industriel.
L’assemblage de vélos
LA LETTRE DU SPORT
2
Economie
N°1317 La Lettre du Sport vendredi 3 juillet 2026
en France est remonté à 512
190 unités (+3,4 % en un
an), dont 58 % de vélos classiques
(302 300 unités),
40 % de VAE (208 500 unités)
et 2 % de vélos-cargo
(10 240 unités). Ce rebond
intervient après un recul de
18 % en 2024 et s’inscrit
dans le sillage du plan
France 2030, qui a mobilisé
55 M€ via l’ADEME pour
soutenir la réindustrialisation
de la filière. Des acteurs
comme Moustache Bikes à
Thaon-les-Vosges (Vosges)
ou la Manufacture Française
du Cycle à Machecoul
(Loire-Atlantique) illustrent
concrètement cette dynamique
de relocalisation. La
vigilance reste néanmoins de
mise sur les importations, remontées
de 4 % à 1,58 million
d’unités, dont 80 %
d’origine intra-européenne
et seulement 3,5 % en provenance
directe de Chine
(80 000 vélos), même si
l’UESC reconnaît que ce
chiffre est en réalité plus
élevé, car une partie
contourne les droits antidumping
en transitant par
d’autres pays européens.
L’illustration la plus préoccupante
de cette concurrence
déloyale réside dans la prolifération
des fat-bikes à gâchette
: 8 % des VAE vendus
aujourd’hui ne sont pas aux
normes, et 94 % d’entre eux
sont des fat-bikes, qui s’affranchissent
des obligations
normatives françaises tout
en représentant un danger
pour les usagers.
Les relais de croissance de
demain
La filière scrute avec attention
les leviers susceptibles
d’inverser la tendance. Le
leasing employeur figure au
premier rang des pistes prioritaires
: ce dispositif représente
déjà 2,2 millions de
vélos en Allemagne, contre
seulement 55 000 en France.
Si ce différentiel laisse entrevoir
un gisement de croissance
considérable, il suppose
des changements de
comportement que la seule
mécanique de marché ne
produira pas sans incitation
fiscale ou réglementaire. La
fermeture d’environ 150
magasins spécialisés en
2025 rappelle que le commerce
de détail ne peut absorber
indéfiniment la pression
sur les marges. Patrick
Guinard évoque des « signes
encourageants pour 2026 » :
les compteurs cyclables progressent,
la pratique s’installe
dans les habitudes et les
ateliers de réparation recrutent.
La Grande Boucle
jouera, comme chaque année,
le rôle de vitrine pour
une pratique qui a durablement
changé de nature en
France. Reste à savoir si ce
coup de projecteur suffira à
convertir en acte d’achat
l’élan de neuf millions de
pratiquants qui, pour
l’heure, pédalent volontiers
mais restent les mains dans
les poches.
LA LETTRE DU SPORT
PRO.SPORT.FR/CYCLISME
3
International
N°1317 La Lettre du Sport vendredi 3 juillet 2026
Le TAS donne raison à la joueuse enceinte
La Fifpro, syndicat mondial des joueurs et joueuses de football professionnels, qualifie d’historique le récent arrêt du
Tribunal arbitral du sport (TAS) donnant raison à la Suédoise Maja Göthberg dont le contrat avec la Lazio Rome avait
été résilié en 2024 à cause de sa grossesse.
«Le TAS a donné
raison à une
footballeuse suédoise
dans une affaire historique
relative à la maternité
qui pourrait influencer la
manière dont les protections
liées à la grossesse seront
appliquées à l’avenir dans le
football professionnel », s’est
félicitée la Fifpro. « Le TAS a
estimé que le club italien de
la Lazio Femminile (féminines)
avait illégalement résilié
le contrat de travail en
raison de la grossesse de
Maja Göthberg et a ordonné
au club de verser une indemnité.
Cet arrêt établit également
un précédent important
concernant la confidentialité
des informations médicales
liées à la grossesse », poursuit
le syndicat.
Dans son arrêt publié le 11
juin, le TAS a indiqué que
« les parties étaient parvenues
à un accord les liant
avant même l’annonce par la
joueuse de sa grossesse »,
même si aucun document
n’avait été signé. L’instance
a condamné la Lazio à payer
à Maja Göthberg 69 333 €
d’indemnité après avoir mis
fin aux négociations pour
prolonger son contrat.
La milieu de terrain avait initialement
porté l’affaire devant
la Chambre de résolution
des litiges de la FIFA,
qui n’avait pas tranché en sa
faveur. Elle a ensuite saisi le
TAS. La joueuse estime que
« cet arrêt envoie le message
qu’une grossesse ne doit jamais
être traitée comme un
problème ou une raison pour
empêcher une joueuse
d’avoir une opportunité de
travail ».
La Lazio a de son côté « pris
acte » de la décision du TAS,
tout en faisant remarquer
dans son communiqué que
« le TAS n’a pas imposé les
sanctions sportives supplémentaires
prévues par les règlements
de la FIFA pour les
cas impliquant un comportement
discriminatoire ou une
résiliation de contrat liée à
la maternité ». « Le TAS reconnaît
que la Lazio n’a pas
agi de mauvaise foi et que le
club a agi sur la base d’une
interprétation juridique qui,
bien que finalement non retenue
par les juges, a été considérée
comme ayant été
adoptée de bonne foi », a insisté
le club romain qui
« continuera à examiner et à
renforcer ses procédures internes
afin de garantir une
pleine conformité avec l’évolution
du cadre réglementaire
national et international
régissant le sport professionnel
et les relations de
travail ».
En bref
La Premiership copie le Top 14. Afin d’augmenter ses revenus et d’offrir plus de suspense, le Championnat anglais compte organiser, à
partir de la saison 2029-2030 (au moment où le Championnat est censé passer de dix à douze formations), les deux demi-finales sur terrain
neutre comme le Top 14 en France. « Les demi-finales qu’on a eues cette saison étaient énormes et spectaculaires, avec des stades pleins, à
Northampton et Bath. Je pense qu’on pourrait accueillir bien plus de monde si on organisait ces matches sur un terrain neutre, estime Simon
Massie-Taylor, le directeur exécutif de la Premiership. Ce ne sera pas intéressant commercialement la première année, mais dans le futur oui,
en changeant de destinations, en ouvrant de nouveaux marchés, en créant des fan-zones. » On peut aussi expliquer cette initiative par la volonté
de rendre les demies plus indécises. Depuis dix ans, huit fois sur dix, c’est l’équipe qui reçoit qui se qualifie.
LA LETTRE DU SPORT
Austin Reaves obtient le plus gros contrat de l’histoire pour un non-drafté !Austin Reaves va rester à Los Angeles. L’arrière des Lakers
doit parapher un contrat maximum de quatre ans et 185 M$, avec une player option sur la dernière saison en 2029-2030. Un deal historique,
tout simplement le plus lucratif jamais accordé à un joueur non-drafté en NBA. Pour obtenir ce nouveau bail, Reaves avait d’abord décliné sa
player option à 14,9 M$. Un pari sur lui-même qui s’avère particulièrement payant. Le parcours d’Austin Reaves est l’une des plus belles
histoires de la NBA moderne. Arrivé non-drafté en 2021, il a d’abord signé un « two-way contract » avant d’obtenir un contrat standard dès
septembre de la même année. Saison après saison, il a gravi les échelons jusqu’à s’imposer comme un titulaire indiscutable aux côtés de Luka
Doncic et LeBron James. Sa progression a été constante : 7,3 points en 2021-2022, 13,0 pts en 2022-2023, 15,9 pts en 2023-2024, puis 20,2
pts en 2024-2025. La saison 2025-2026 a représenté son véritable sommet, avec des moyennes de 23,3 pts à 49 % au tir, 5,5 passes et 4,7
rebonds en 51 matchs.
Larry Scott pilote la fronde des joueurs à Wimbledon. Même si Wimbledon a augmenté son prize money de 20% cette année, cela n’est
pas suffisant. Larry Scott, l’ancien président de la WTA a donc été missionné pour envoyer un courrier à la direction du tournoi. L’action des
joueurs à Roland‐Garros « a immédiatement fait bouger les choses, entraînant une augmentation de 20 % du prize‐money à Wimbledon, un
chiffre record, poursuit Scott. Cependant, une augmentation ponctuelle n’a jamais été l’objectif. Les joueurs réclament un accord structurel
afin que, à mesure que Wimbledon se développe, les joueurs en profitent également. Les revenus de Wimbledon ont augmenté de plus de 280
M£ (plus de 320 M€) au cours de la dernière décennie, tandis que la part des joueurs a en réalité diminué. » C’est un peu la même situation
qu’à Roland Garros qui va être mise en place à Londres sauf que le boycott de certaines stars n’aura pas lieu lors du média-day mais pendant
les conférences d’après match.
4
Economie
N°1317 La Lettre du Sport vendredi 3 juillet 2026
Sportech : les start-up françaises face au défi de la
taille critique
Le marché mondial des technologies appliquées au sport, estimé à 417 Md$ en 2025 et attendu à plus de 600 Md$ en
2030, bascule dans une logique de consolidation industrielle. L’écosystème français aligne des acteurs de premier plan,
mais se heurte à un paradoxe commun à l’ensemble du continent : aucun marché national ne suffit, seul, à atteindre la
taille critique.
e 1er juillet, le Carreau
du Temple accueillait
la troisième édition de
Sport Définition, co-organisée
par Bpifrance et Les
Meneurs. L'occasion de publier,
avec l'agence
LaSource, l'étude
« Sportech en Europe : dynamiques
de marché, startups
et leviers d'investissement ».
Le constat est sans ambiguïté
: le secteur n'est plus en phase
d'exploration, mais dans une
logique d'industrialisation, de
consolidation capitalistique
et d'internationalisation
contrainte. Pour les acteurs
français, la question n'est
plus de savoir s'ils innovent,
mais s'ils grandissent assez
vite.
Des acteurs solides, une
ambition incomplète
Plusieurs entreprises françaises
affichent des trajectoires
crédibles. SkillCorner,
spécialiste du tracking vidéo,
a levé 60 M$ auprès de
Silversmith Capital Partners,
avec la NBA à son capital.
Weezevent a bâti un groupe
rentable (billetterie, contrôle
d'accès, sans contact), consolidé
par les acquisitions de
Kaboodle et Weeztix.
Rematch se positionne
comme l'infrastructure média
du sport amateur, un
« YouTube du sport » à faible
coût marginal. Fastory a déployé
plus de 250 expériences
digitales pour Paris
2024, engageant plus d'un
million de fans. ScorePlay,
enfin, a bouclé une levée de
13 M$ en 2025 (environ
20 M$ au total) et revendique
plus de 200 organisations
clientes depuis New York.
L'international comme
condition
L'étude formule un constat
collectif : dans un secteur
fragmenté, aucun marché national
ne suffit à construire
une position défendable.
« L'international devient une
condition de viabilité, et un
véritable levier de souveraineté
», résume Mustafa
Curlu, directeur Digital,
Sport et International de
Bpifrance, qui plaide pour
faire de ces acteurs des « plateformes
consolidatrices plutôt
que de simples cibles
d'acquisition ».
Car la consolidation n'attend
pas. La part des fusions-acquisitions
est passée de 7 %
des transactions en 2021 à
plus de 30 % en 2025, le ticket
moyen atteignant 47 M$.
Les plateformes intégrées
commandent des multiples
nettement supérieurs (4,3x le
chiffre d'affaires, 12,7x
l'EBITDA) et aspirent aujourd'hui
la valeur des acteurs
plus fragmentés.
L'étude met toutefois en
garde contre une lecture trop
linéaire. La diversité des gouvernances,
des droits médias
et des pratiques contractuelles
rend chaque marché
partiellement insolite. Le cas
de la Swiss Football League,
accompagnée par LaSource
pour un appel d'offres de
billetterie centralisée,
l'illustre : dimension trilingue,
fournisseurs historiques
et sensibilité des clubs
ont transformé un projet accessible
en défi de gouvernance
complexe. L'enjeu
n'est pas l'uniformité, mais la
capacité à rendre réplicables
les méthodes — qualifier un
marché, identifier les décideurs,
séquencer la relation
commerciale — sans présupposer
que le produit sera
transposable tel quel. C'est là
que se joue la différence
entre ambition internationale
déclarée et développement
réellement exécuté.
LA LETTRE DU SPORT
L’exemple de Hudl
La valeur ne réside plus dans une technologie isolée, mais dans la position qu'elle occupe dans la chaîne de
valeur du sport. La transformation numérique repose désormais sur des écosystèmes intégrés, où les données
issues de différents systèmes (tracking, analyse vidéo, préparation physique, scouting, gestion d'effectif) sont
exploitées de manière transversale pour alimenter la décision sportive et opérationnelle. L'enjeu : connecter ces
briques au sein d'une plateforme de données et de flux de travail unifiés.
Le cas de Hudl l'illustre. D'abord simple outil de revue vidéo pour entraîneurs, l'entreprise est devenue une plateforme complète de gestion
de la performance, en élargissant son offre vers l'analytics et le scouting. Une trajectoire portée par plus de 18 acquisitions — Wyscout,
InStat, FastModel — qui ont combiné software, hardware et données sur l'ensemble du cycle décisionnel des équipes. En 2025, le rachat de
Titan Sports a intégré le tracking GPS des joueurs à l'analyse vidéo, réunissant vidéo, statistiques et performance dans un environnement
unique.
5
Economie
N°1317 La Lettre du Sport vendredi 3 juillet 2026
Michele Kang rachète l’OL : une aubaine ou un
engagement sans fond ?
Michele Kang officialise une prise de contrôle totale sur l’Olympique Lyonnais en acquérant 87,7 % d’Eagle Football
Group pour seulement 26,3 M€. La question n’est pas tant celle du prix d’entrée que celle des centaines de millions
d’euros d’engagements qui l’accompagnent.
LA LETTRE DU SPORT
l fallait aller vite. Mardi
23 juin, l’Olympique
Lyonnais comparaissait
devant la Direction nationale
du contrôle de gestion
(DNCG) dans un flou capitalistique
suffisamment inquiétant
pour exposer le club
à une rétrogradation administrative
en Ligue 2. Dans
l’après-midi du même jour,
Eagle Football Group (EFG)
publie le communiqué qui
change tout : Michele Kang,
déjà aux manettes depuis un
an, acquiert officiellement
87,7 % du capital d’EFG
pour 30 M$ (26,3 M€), mettant
fin à l’ère John Textor.
La holding Eagle Bidco, basée
à Londres, par laquelle
l’entrepreneur américain
avait racheté l’OL à Jean-
Michel Aulas en 2022, est
placée en redressement judiciaire
depuis mars, aboutissant
à son éviction définitive
de la direction. « C’est avec
un grand sens des responsabilités
et un immense honneur
que je m’inscris aujourd’hui
dans ce processus
de reprise de l’Olympique
Lyonnais », déclare la milliardaire
américaine de 67
ans, déjà propriétaire de
l’équipe féminine OL
Lyonnes.
Un prix d’entrée trompeur
26,3 M€ pour racheter un
club de Ligue 1, sept fois
champion de France et propriétaire
de son stade : la
somme paraît dérisoire. Elle
l’est, en un sens, mais ce prix
d’acquisition n’est que la
face visible d’un engagement
financier autrement
considérable. L’opération
prévoit en parallèle l’extinction
d’environ 232,6 M€ de
dette, via un mécanisme de
compensation de créance
avec Ares Management,
principal créancier du
groupe, à qui Eagle Football
Group devait encore
quelque 500 M€. Moins de
50 % de cette dette est effacée
(environ 236 M€) ; le
solde reste à régler. Kang
s’engage en outre à apporter
jusqu’à 71 M€ de nouveaux
fonds au groupe OL sous
forme de prêts d’actionnaires
: 31 M€ sont mobilisables
immédiatement après
finalisation de l’opération
pour financer la saison
2026-2027, avec 40 M€ supplémentaires
en réserve si
les besoins l’exigent.
La dette résiduelle, l’équation
centrale
Après cette épuration partielle,
il demeure une ardoise
d’environ 350 M€, liée principalement
au Groupama
Stadium. Pour desserrer
l’étau dans l’immédiat, l’OL
obtient de ses principaux
prêteurs un moratoire d’un
an et demi à compter du 30
juin : ni remboursement de
capital, ni intérêts, y compris
sur le prêt de 75 M€ consenti
par Goldman Sachs. « Cet
acte fort de leur part témoigne
de leur soutien à la
future actionnaire et dirigeante
», note le communiqué
commun d’Eagle
Football Group et de l’OL.
Cette respiration budgétaire
permet de concentrer les
fonds apportés par Kang sur
le développement immédiat
du club, avant que la question
des remboursements ne
reprenne toute sa place à
l’horizon 2028.
Le plus singulier dans cette
opération est peut-être ce qui
la précède. Kang dirige le
club masculin depuis juillet
2025, aux côtés de
l’Allemand Michael
Gerlinger (qui reste directeur
général), sans en être encore
actionnaire formelle à titre
de contrôle. Depuis un an,
elle impose une cure d’austérité
rigoureuse : réduction
drastique de la masse salariale,
cessions de joueurs,
même le plus récents. L’OL
officialise le transfert
d’Afonso Moreira au Bayer
Leverkusen pour 33,6 M€
bonus inclus, contre 2 M€
payés il y a un an au
Sporting Portugal. Cette discipline
rend possible la présentation
d’un dossier viable
PRO.SPORT.FR/FOOTBALL
devant la DNCG. « Le chemin
que nous avons parcouru
depuis un an est déjà
exceptionnel », résume
Michele Kang, présidente
d’Eagle Football Group.
Le pari de la valeur à reconstruire
Une fois les conditions remplies,
une offre publique
d’achat obligatoire sur les
actions restantes devra être
déposée au plus tard en octobre
2026. Eagle Football
Group reprendra son nom
historique d’OL Groupe et
restera coté en Bourse. La
gouvernance ne change pas
à court terme : Kang préside,
Gerlinger dirige. OL et OL
Lyonnes continuent d’être
gérés séparément. « Nous
sommes parvenus à retrouver
la confiance de tous, tout
en posant les bases de la reconstruction
de l’OL », affirme
la future actionnaire de
contrôle. La vraie question
que pose cet accord est celle
du retour sur investissement.
Kang entre dans le capital à
un prix plancher (26,3 M€
pour prendre le contrôle
d’un actif qui en valait plusieurs
centaines au faîte de
sa puissance), mais en assumant
des engagements qui
alourdissent considérablement
la facture réelle. Mais
la marge de progression peut
être immense.
6
Médias
N°1317 La Lettre du Sport vendredi 3 juillet 2026
M6 signe son meilleur mois depuis vingt-quatre ans
Diffuser un Mondial avec un décalage horaire important, élargi à 48 équipes et traversé d’affiches inégales n’avait rien
d’une garantie commerciale. M6 sort pourtant de la phase de poules avec des indicateurs qu’elle n’avait plus atteints
depuis l’ère du Loft Story.
a Coupe du monde
2026, organisée en
Amérique du Nord,
impose à M6 des cases horaires
inédites pour une
compétition de cette envergure
: certains matches débutent
à minuit, d’autres à 3
heures ou 5 heures du matin.
Le passage à 48 équipes dilue
mécaniquement la valeur
des affiches (104 rencontres
remplaçant les 64 de 2022).
Et pourtant, la chaîne enregistre
en juin une part d’audience
de 12,5 %, en progression
de 4,6 points sur un
an, et repasse devant France
3 pour la première fois depuis
octobre 2023.
M6 efface vingt-quatre ans
de mémoire
Pour la première fois de son
histoire, M6 diffuse seule la
Coupe du monde en clair. La
chaîne n’avait plus fédéré un
public aussi important depuis
juin 2008, marqué par
l’Euro organisé en Autriche
et en Suisse. Sur la cible
commerciale des 25-49 ans,
la part d’audience atteint
21,1 % en juin (contre
17,8 % pour TF1), effaçant
le record que détenait la saison
2 de « Loft Story » depuis
mai 2002. Guillaume
Charles, directeur des programmes
du groupe M6, résume
l’ampleur du bilan
dans Le Parisien : « Sur la
cible commerciale des 25-49
ans, c’est tout simplement la
meilleure [saison] de toute
son histoire (à 21,7 %). »
Les Bleus en locomotive
Sur les matches hors équipe
de France diffusés en prime
time, M6 rassemble en
moyenne 3,8 millions de téléspectateurs
(24 % de part
d’audience). Ce sont les rencontres
des Bleus qui propulsent
les chiffres dans une
autre dimension : France-
Sénégal mobilise 13,99 millions
de téléspectateurs le 16
juin (61,4 % du public),
meilleure audience de l’année
2026 et meilleure entrée
en lice des Bleus depuis
2014. Dix jours plus tard,
France-Norvège réunit
13,68 millions de supporters
(62,1 %). Guillaume Charles
confirme : « France-
Norvège signe un record
pour un troisième match des
Bleus en phase de poules
d’un Mondial. » Même le
match face à l’Irak, disputé
en pleine nuit du 22 au 23
juin, maintient 4,9 millions
de téléspectateurs jusqu’à
son terme (63,1 %).
Avant même l’entrée dans la
phase à élimination directe,
la chaîne du groupe dirigé
par David Larramendy annonce
avoir quasiment atteint
ses objectifs commerciaux.
« Oui, nous l’avons
déjà presque atteint », confie
Guillaume Charles. Mais
pour amortir le coût du
Mondial (près de 120 M€),
M6 fait des économies
ailleurs. « Nous avons dû en
faire aussi en amont de sa
diffusion, et sans impact sur
nos audiences, confirme
Guillaume Charles. En proposant
un peu plus de rediffusions,
en décalant certains
programmes ou en misant
sur des productions moins
coûteuses. » Le sprint final
commence.
En bref
La finale du Top 14 Toulouse-Montpellier domine l’audimat. La victoire des Toulousains (28-20) face à Montpellier en finale du
Championnat de France de rugby a permis à France 2 de s’imposer nettement en tête des audiences, samedi 27 juin. La finale du Top 14 a été
suivie par 3,76 millions de téléspectateurs sur France 2 selon Médiamétrie, soit 24,5 % de l’ensemble du public. Sur la cible commerciale des
Femmes responsables des achats âgées de moins de cinquante ans (FRDA-50), la part de marché atteint 19,7 %. L’année dernière, la précédente
finale du Championnat de France de rugby, déjà remportée par les Toulousains, avait rassemblé 4,18 millions de téléspectateurs (28,5 % de
l’ensemble du public).
LA LETTRE DU SPORT
Le Groupe L’Équipe acquiert les droits des Championnats d’Europe de volley. Comme lors des dernières éditions, les Championnats
d’Europe féminin (21 août-6 septembre) en Azerbaïdjan, et masculin (9-26 septembre) de volley-ball seront diffusés en exclusivité sur le
bouquet de chaînes L’Équipe (la chaîne L’Équipe et L’Équipe live). L’intégralité des matches des équipes de France et le dernier carré des deux
tournois seront visibles en direct et en clair. L’Euro féminin sera partagé entre l’Azerbaïdjan, la Tchéquie, la Suède et la Turquie. Les hommes
iront en Bulgarie, Finlande, Italie et Roumanie.
Canal+ diffuseur de la Coupe du monde 2027 en Afrique. Un an après avoir racheté le géant
africain MultiChoice, Canal+ poursuit son développement sur le continent africain. Le groupe Canal+,
qui revendique une présence dans 70 pays, a fait l’acquisition des droits de diffusion en Afrique
subsaharienne de la Coupe du monde de rugby 2027 et de la Coupe du monde de rugby féminine 2029.
Les deux compétitions, organisées en Australie, seront visibles sur ses chaînes SuperSport. En France,
les droits de diffusion de ce Mondial 2027 sont détenus par TF1.
Entreprises citées
Canal+......................................7
Eagle Football Group ..............6
France Télévisions ..................7
Hudl ........................................5
La chaîne L'Équipe ..................7
M6............................................7
7
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N°1317 La Lettre du Sport vendredi 3 juillet 2026
Le magazine
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N°39 est paru
Entretien-confession
exclusif avec
Amélie Oudéa-Castéra,
présidente du CNOSF
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