LUMIERES N°55 JUIN 2026 Industrie
Dossier : éclairage des espaces industriels et plateformes logistiques. Cahier technique : éclairage des aéroports
Dossier : éclairage des espaces industriels et plateformes logistiques. Cahier technique : éclairage des aéroports
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Lumières
N° 55 - JUIN 2026
Place Max-Rouquette, Montpellier
Conception lumière : Quartiers Lumières
© Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
DOSSIER : Éclairage en milieu industriel
CAHIER TECHNIQUE : Éclairage dans les aéroports
Avec les expertises de : abel, EAS Solutions, Eclatec, iGuzzini, Trilux
Lumières
N° 55 - JUIN 2026
Place Max-Rouquette, Montpellier
Conception lumière : Quartiers Lumières
© Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
Éditorial
Isabelle Arnaud
rédactrice en chef
DOSSIER : Éclairage en milieu industriel
CAHIER TECHNIQUE : Éclairage dans les aéroports
Avec les expertises de : abel, EAS Solutions, Eclatec, iGuzzini, Trilux
Place Max-Rouquette, Montpellier
Conception lumière : Quartiers Lumières
© Photo : Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
Directeur de la publication
David Catelain
Édition 3e Médias
17, rue de l’Amiral Hamelin
75016 Paris
www.filiere-3e.fr
Directeur des rédactions
Alexandre Arène
alexandre.arene@filiere-3e.fr
Rédactrice en chef
Isabelle Arnaud
Tél. : +33 (0)6 82 40 21 80
lumieres@filiere-3e.fr
A collaboré à ce numéro :
Alexandre Arène
Corrections
Laurence Chabrun
laurencechabrun@gmail.com
Conception graphique et réalisation
Planète Graphique Studio
95, boulevard Berthier
75017 Paris
Publicité
Sandrine de Montmorillon
Tél. : +33 (0)6 51 30 28 68
sdm@filiere-3e.fr
Abonnements
Juliette Aguelon
compta.3emedias@gmail.com
Impression et routage
Imprimerie Chirat
42540 Saint-Just-La-Pendue
© 3e Médias, Paris.
Reproduction interdite.
Dépôt légal : juin 2026
ISSN : 2259-3772
Performance et intelligence :
une alliance transversale
Quatre experts, quatre métiers, quatre approches, quatre sensibilités,
et pourtant une même ambition : raconter la lumière. Comme en
témoignent, dans l’interview croisée de cette édition, un concepteur
lumière, un architecte, un designer et un fabricant qui ont réuni leurs
compétences, leurs expériences et leur savoir-faire pour donner vie à un projet
marseillais dont la réussite repose avant tout sur la richesse du dialogue et du
travail collectif.
Cette dimension humaine se retrouve dans les entretiens de Victor Vieillard,
concepteur lumière, et de Bénédicte Collod, directrice de Designheure. Le premier
puise son inspiration dans l’aventure collective que représentent les études d’éclairage,
qu’il s’agisse de créations lumineuses ou de projets techniques particulièrement
exigeants. Car pour Victor Vieillard, la lumière se situe au croisement de nombreuses
disciplines : histoire, art, cinéma, architecture, urbanisme ou encore arts plastiques.
Bien plus qu’une technique, elle constitue un langage, un outil de narration et un
puissant moyen d’expression. Bénédicte Collod, quant à elle, défend l’idée qu’un
luminaire doit s’adresser autant à la vue qu’à l’ouïe ou au toucher. La lumière doit
toujours apporter un supplément d’usage, avec intelligence, sensibilité et élégance.
La performance est également au rendez-vous dans les deux projets que nous
décrivent les concepteurs lumière Lionel Bessières (Quartiers Lumières), à
Montpellier, et Luca Goy avec Claire-Lise Cabesos (les éclaireurs), à Lyon. Mais dans
ces réalisations, elle ne constitue pas une fin en soi. La lumière dépasse sa fonction
première pour devenir créatrice d’ambiances, révélatrice des usages et interprète
sensible des espaces, grâce à des dispositifs intelligents et évolutifs.
Dans l’industrie, performance et intelligence font loi, face aux contraintes extrêmes
de l’éclairage. Dans ce domaine, les deux notions sont indissociables. Les produits et
les exemples présentés dans ce dossier mettent en évidence l’importance – et même
la nécessité – d’intégrer des systèmes de pilotage avancés afin de proposer des
installations adaptées aux besoins, capables d’évoluer dans le temps.
De même, abel Éclairage, EAS Solutions, Eclatec, iGuzzini et Trilux témoignent, dans
le Cahier technique, de leur expertise et de leur savoir-faire pour répondre de manière
toujours plus précise aux exigences complexes des aéroports. À l’intérieur, la lumière
informe, rassure, accompagne et contribue au confort des passagers. À l’extérieur, elle
oriente, guide et sécurise les déplacements tout en renforçant la lisibilité des espaces.
Dans ces infrastructures fonctionnant en continu, performance et intelligence se
combinent pour apporter une efficacité énergétique et technique élevée.
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 3
Lumières Sommaire
16 20
© Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
© Michel Djaoui
ACTUALITÉS
11 Ledvance et Legrand signent un partenariat
12 L’OPPBTP et Qualibat renforcent la prévention au travail
Meljac : le label Origine France Garantie renouvelé depuis 14 ans
Ambienta investit dans Disano
13 Agora Makers acquiert Kuzzle
PROJETS
16 Place Max-Rouquette, Montpellier : patrimoine, usages
et lumière poésie
Conception lumière : Lionel Bessières, Quartiers Lumières
20 Une « Loupiote » sur mesure pour le bois Bouchut
à La Part-Dieu, Lyon
Conception lumière : Lucas Goy, Claire-Lise Cabesos, les éclaireurs
INTERVIEW CROISÉE
Marseille : quatre expertises, une « narration » lumière
Bruno DJIANE, concepteur lumière, Bee Lux
Vincent LANNIER, architecte DE, HMONP, HetR
06
Frédéric GERVAIS, designer, fondateur et directeur de French Light
Sylvain BRESSON, chef de projet, prescription architecturale, Anolis Lighting
© Sandrine Massel
4 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
© DR © DR © DR
Lumières Sommaire
26
52
54
© Lumières
© Disano
DOSSIER
26 Éclairage en milieu industriel
46 Enquête produits : Des luminaires étanches, efficaces, intelligents
SHOWROOM
52 Disano fait son show
CAHIER TECHNIQUE
54 Éclairage dans les aéroports
55 iGUZZINI : la gestion des flux est la priorité n° 1
56 TRILUX : rénovation et innovation dans les espaces intérieurs
57 abel : sécuriser les passages piétons par la lumière
58 ECLATEC : Keris, une gamme dédiée aux parkings avions
59 EAS SOLUTIONS : flexibilité et réactivité
PRODUITS
60 Molto Luce lance Molto Coustic
61 Sylvania Group présente Lytespan et Raxa de Concord
62 Rhapsodie de Designheure
Finition antique brass NA de Meljac
63 Spot Combo DIM MULTI SelectI P65/IP5X de Ledvance
Shopline Tech de Clareo
RENDEZ-VOUS
65 ILS – Intelligent Lighting Systems : un salon 100 % dédié à la lumière
66 Index et salons
© Trilux
ENTRETIEN
Victor VIEILLARD
Concepteur lumière, Studio By Night
La lumière : une aventure humaine
14 24 50
PERSPECTIVES
Bénédicte COLLOD
Directrice générale
et directrice artistique de Designheure
DESIGNHEURE : vingt ans d’innovation
lumineuse fabriquée in France
DESIGNER
Roberta MOLTENI
Opaline et laiton,
une lumière à deux voix
© DR © DR © DR
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 5
Lumières Interview croisée
Marseille : quatre expertises,
© Sandrine Massel
© DR
Bruno DJIANE
Concepteur lumière, Bee Lux
Vincent LANNIER
Architecte DE, HMONP, HetR
BEE LUX est une agence de conception lumière fondée par Bruno Djiane. Ce dernier passe un
BTS en conception industrielle et devient dessinateur projeteur, puis ingénieur chargé d’affaires
en électricité. Au fil des années, Bruno Djiane se spécialise en éclairage. En 2020, il démissionne,
quelques semaines plus tard, la France est confinée. En septembre 2021, il fonde son agence de
conception lumière BEE LUX. BEE pour « Bien Éclairer l’Espace ». En 2022, Bruno Djiane reçoit le
prix du jeune concepteur lumière du concours de l’ACEtylène de l’ACE, pour la mise en lumière
paysagère d’un hôtel 5 étoiles.
La FABRIQUE HetR, s’attache à comprendre l’existant pour projeter et concevoir les formes et
les espaces de la mobilité et de la densification dans les domaines de l’architecture, du paysage
et du projet urbain. La Fabrique HetR est la transformation de la sarl HetR créée en 1997 par
Stéphane Hanrot (architecte urbaniste) et Isabelle Rault (paysagiste conceptrice), et récemment
amendée par Vincent Lannier, puis Renaud Baldy (architecte paysagiste DPLG). Elle apporte une
gouvernance horizontale et une flexibilité propice à la création d’une équipe pluridisciplinaire qui
fertilise tous ses projets.
6 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Interview croisée
une « narration » lumière
© DR
© DR
Frédéric GERVAIS
Designer, fondateur et directeur de French Light
Sylvain BRESSON
Chef de projet, prescription architecturale
Anolis Lighting
FRENCH LIGHT a été créée par Frédéric Gervais. Designer issu des arts appliqués, formé à l’École
Estienne puis aux Beaux-Arts de Paris, Frédéric Gervais explore la relation entre image, optique
et lumière. Il cofonde Fred&Fred qui développe une brique de verre optique, puis crée French
Light en 2017. Spécialisée dans les effets de lumière texturée, l’entreprise développe des optiques
Fractal, Arc et Line qui transforment les espaces. French Light propose également l’installation et
la programmation DMX ou SPI et collabore avec des industriels de l’éclairage afin de proposer des
solutions lumineuses uniques.
ANOLIS LIGHTING, marque du groupe Robe Lighting, conçoit des solutions d’éclairage
architectural alliant performance, fiabilité et élégance. Spécialisée dans la mise en valeur
de bâtiments et espaces publics, elle propose des luminaires led, fabriqués en Europe, qui
offrent design discret, robustesse et compatibilité DMX/DALI, pour répondre aux projets les
plus exigeants. À partir de 1996, Sylvain Bresson développe sa pratique de la lumière pour
le spectacle vivant. Il collabore avec Philippe Hutinet puis avec Régis Clouzet en tant que
concepteur lumière sur les projets d’éclairage architectural. En 2016, il rejoint le fabricant
lyonnais LEC et en 2025, il intègre l’équipe d’Anolis Lighting France.
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 7
Lumières Interview croisée
Vous avez tous les quatre participé à la conception lumière du pôle multimodal
marseillais imaginé par l’agence d’architecture HetR. Ce projet, à la
croisée de l’urbanisme, de l’architecture et de l’innovation technologique,
semble avoir marqué vos pratiques respectives. Comment cette collaboration
s’est-elle enclenchée, et qu’est-ce qui a rendu ce projet si particulier
pour chacun d’entre vous ?
Vincent Lannier – Tout a commencé par un constat : le site de
la Boiseraie, à Marseille, était un espace désorganisé, peu
accueillant, marqué par une image de déshérence. Pourtant,
sa position stratégique – à l’interface de l’échangeur
des Faïenciers de la L2 et de la ligne 1 du tramway – en
faisait un lieu clé pour la mobilité durable de la métropole.
La Régie des transports métropolitains (RTM) cherchait à y
implanter un parking relais capable de fluidifier les déplacements
en incitant les automobilistes à laisser leur véhicule
pour emprunter les transports en commun.
Le bâtiment que nous avons conçu s’inscrit dans l’emprise
d’un bassin de rétention de 25 000 m³, une contrainte qui a
inspiré sa forme : un navire échoué, long de 200 m et large
de 20 m, comme si un paquebot avait accosté là pour l’éternité.
Porté par des pilotis (pour faciliter l’entretien du bassin),
il abrite 336 places de stationnement, deux cylindres
aux extrémités pour la circulation verticale des véhicules,
et un parking vélo intégré dans l’un des silos. L’enjeu était
double : réorganiser l’espace urbain et transformer l’image
du quartier. Dès les premières esquisses, nous avons pensé
à la dimension nocturne du projet. Un bâtiment de cette
taille, aussi discret soit-il en journée, devait s’affirmer la
nuit pour guider les usagers et marquer l’identité du pôle
d’échange. Mais l’éclairage n’étant pas notre cœur de métier,
nous avons cherché des experts capables de traduire
notre vision architecturale en émotion lumineuse. C’est là
que Bruno Djiane est entré en jeu.
Bruno Djiane – Quand Vincent m’a contacté, j’ai tout de suite
été séduit par la métaphore du bateau. Marseille, la mer,
l’eau… tout concourait à cette idée. Les deux silos, qui
abritent les rampes d’accès pour les véhicules, m’ont immédiatement
évoqué les cheminées d’un paquebot. Et
le silo avant, visible depuis le tram ou la route, avec ses
15 m de hauteur et son parking vélo intégré, m’a fait penser
à une cathédrale moderne : un volume imposant, résonant.
L’idée était de créer une lumière qui raconte une histoire,
qui transforme l’expérience utilisateur en quelque chose de
mémorable. Pour moi, ce parking n’était pas qu’un simple
lieu de stationnement : c’était un pôle d’échange, un point
de transition entre la ville et les transports, et la lumière devait
refléter cette double fonction. J’ai tout de suite pensé à
French Light, car je savais que Frédéric Gervais avait déjà
collaboré avec Anolis Lighting sur des projets exigeants en
termes de textures lumineuses.
Frédéric Gervais – Mon rôle a été de faire le lien entre le concept
créatif de Bruno et les solutions techniques d’Anolis Lighting.
J’ai agi comme un pivot, une interface entre l’idée d’un effet
aquatique pour évoquer l’eau du bassin et des projecteurs
aux caractéristiques très spécifiques : puissance, rendu des
couleurs, modularité. Avec Bruno et Sylvain, nous avons
formé une équipe dynamique, testant in situ différentes textures
lumineuses pour affiner le rendu final.
Ce qui a rendu ce projet unique, c’est la liberté créative que
Vincent Lannier nous a accordée. Souvent, les architectes
ont une vision très précise de ce qu’ils veulent, mais ici, ils
nous ont fait confiance pour interpréter le bâtiment à travers
la lumière. Cela a conduit à une collaboration fluide et
itérative, où chaque essai sur site nous rapprochait un peu
plus de la solution idéale.
Sylvain Bresson – Pour Anolis, ce projet représentait un défi
technique et industriel. French Light nous a approchés
avec des idées très innovantes sur les verres texturés et
les effets optiques. Nous avons travaillé pendant près de
deux ans pour industrialiser ces solutions, en testant différentes
combinaisons de verres, de sources lumineuses et
d’optique. Le parking de la Boiseraie est devenu notre premier
projet phare issu de cette collaboration. Les essais sur
site ont été déterminants.
C’est là que la théorie rencontre la réalité. Même si notre
projecteur était disponible depuis mars, nous avons dû
l’adapter, notamment en ajustant les puissances pour
répondre aux distances de projection exceptionnelles
(jusqu’à 100 m). Cette flexibilité est au cœur de notre approche
: nous ne vendons pas seulement des luminaires,
nous accompagnons les concepteurs dans la réalisation de
leur vision.
Comment avez-vous défini la lumière de ce lieu ?
Quelles ont été vos inspirations et vos contraintes ?
Vincent Lannier – Dès le départ, j’ai distingué deux fonctions
pour la lumière : l’éclairage utilitaire (sécurité, visibilité
“Dès les premières esquisses, nous avons pensé
à la dimension nocturne du projet.” Vincent Lannier
8 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Interview croisée
“L’idée était de créer une lumière
qui raconte une histoire.” Bruno Djiane
pour les usagers) et la mise en valeur architecturale. Ce
bâtiment n’est pas un monument à admirer pour lui-même,
mais un outil au service de la mobilité. Il devait donc être
fonctionnel, mais aussi identifiable la nuit, pour guider les
usagers et marquer l’entrée de Marseille. Sa taille imposante
(200 m de long) et son accroche urbaine discrète
nécessitaient une visibilité nocturne forte, sans pour autant
tomber dans le spectaculaire gratuit.
Comme l’éclairage n’est pas mon domaine, j’ai fait confiance
à Bruno Djiane et à son équipe pour proposer une lecture
sensible du projet. C’est rare de travailler avec des partenaires
qui comprennent aussi bien l’architecture et son
récit. Souvent, les bureaux d’études se concentrent sur la
technique, laissant aux architectes la charge de l’approche
poétique. Ici, c’était l’inverse : Bruno a apporté une dimension
narrative à la lumière, ce qui a enrichi le projet de manière
inattendue.
Bruno Djiane – L’inspiration du bateau a été centrale. J’ai imaginé
une lumière texturée pour l’intérieur, offrant aux usagers
une expérience immersive : le matin, ils découvrent
un habillage lumineux unique ; le soir, l’effet a changé grâce
aux variations de couleurs (RGBW) et aux lentilles de
French Light. Pour l’extérieur, j’ai voulu mettre en valeur
le soubassement du bâtiment, souvent plongé dans l’ombre
la nuit. L’idée était de créer un effet aquatique, en harmonie
avec le bassin de rétention, et de détacher visuellement
le bâtiment de son environnement. La texture lumineuse
suit le mouvement de l’habillage bois des silos, qui semble
se tordre en montant. Ainsi, la lumière prolonge cette
ascension, comme une vague qui enveloppe la structure.
J’ai aussi travaillé sur la charte graphique demandée par la
métropole, en associant à chaque couleur une thématique
différente. Par exemple, le bleu évoquait l’eau, le vert la
nature, etc. Cela a permis de créer une cohérence visuelle
entre les différents niveaux du parking.
Frédéric Gervais – Ce projet illustre une tendance forte dans le
domaine de l’éclairage : la lumière ne se limite pas à éclairer,
elle crée des expériences. Les attentes des usagers et
des collectivités vont bien au-delà de la simple fonctionnalité.
La lumière devient un outil de communication, un
moyen de marquer l’identité d’un lieu ou d’une communauté.
Techniquement, la mise en œuvre repose sur une combinaison
complexe : une source lumineuse (avec des caractéristiques
précises en termes de saturation et d’intensité),
un filtre (souvent en verre), une lentille et, enfin, le support
architectural qui sert d’écran. Avec des projecteurs XXL et
des distances de projection allant jusqu’à 100 m, les motifs
projetés sont impressionnants par leur taille et leur enveloppe.
Malgré les simulations 3D et les tests en atelier, rien
ne vaut les essais sur site pour valider le rendu final. C’est
là que l’on se rend compte si une texture fonctionne ou
non, si une couleur est trop agressive ou trop discrète. Ces
essais sont aussi l’occasion pour chacun de donner son avis
et d’ajuster le projet en temps réel.
Sylvain Bresson – En tant qu’industriel, je suis au service des
créatifs. C’est la rencontre des visions qui rend ce projet
passionnant. Chacun apporte son expertise, et les choix
sont testés, discutés, ajustés. Passer du logiciel Dialux au
terrain, c’est toujours un moment de vérité : il faut maîtriser
à la fois les outils techniques et la culture de la lumière.
Mon expérience de 30 ans dans le domaine m’a appris à
anticiper les défis, mais aussi à rester ouvert aux surprises.
Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le commerce, mais l’innovation
et la qualité du résultat. Sur ce projet, nous avons
dû changer de source lumineuse à un moment donné pour
obtenir un rendu plus satisfaisant. Cette capacité à s’adapter
est essentielle dans notre métier.
Quels défis techniques avez-vous rencontrés,
et comment les avez-vous surmontés ?
Sylvain Bresson – Le défi principal pour Anolis était d’adapter
nos projecteurs standards à des distances de projection de
100 m. Nous avons utilisé des projecteurs puissants, mais
ce qui rend ce projet unique, c’est la taille des verres tex-
“La richesse de cette collaboration réside dans la
diversité des expertises.” Frédéric Gervais
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 9
Lumières Interview croisée
“C’est la rencontre des visions qui rend ce projet
passionnant. Chacun apporte son expertise, et les choix
sont testés, discutés, ajustés.” Sylvain Bresson
turés développés avec French Light. Chaque combinaison
de verres (associant texture, couleur et optique) produit
un effet différent. L’enjeu était de rendre ces solutions reproductibles
à grande échelle, tout en gardant une palette
d’effets variés. Sur le terrain, nous avons testé différentes
combinaisons : telle source avec tel verre, en nacelle pour
les soubassements, ou directement dans le silo. Nos outils
nous permettent de réaliser des démonstrations en temps
réel, ce qui est crucial pour affiner les choix. Cette flexibilité
est au cœur de notre accompagnement des concepteurs
lumière : nous collaborons avec eux pour trouver la
meilleure solution ; nous ne nous contentons pas de vendre
des produits.
Bruno Djiane – Après les essais sur site, j’ai rejoint Frédéric
dans son atelier parisien. Anolis nous a prêté deux types
de led et deux projecteurs différents. Nous avons testé de
nombreuses combinaisons, retenant finalement quelques
textures, que nous avons présentées à Vincent sous forme
de vidéos. Ces essais en atelier ont permis d’affiner des
effets différents de ceux obtenus sur site, prouvant l’importance
d’une collaboration étroite. Un autre défi a été
de coordonner les contraintes diverses : réglementaires
(éclairements), budgétaires, et techniques (compatibilité
des matériaux, résistance aux intempéries, etc.). Mais c’est
aussi ce qui rend ce métier passionnant : chaque projet est
un cas d’école, où il faut trouver des solutions sur mesure.
Frédéric Gervais – Techniquement, nous avons dû jouer sur plusieurs
variables : la source lumineuse, le filtre, l’optique, et
le support architectural. Pour le silo, nous avons utilisé des
lentilles spécifiques afin de créer un effet de mouvement
ascendant, comme si la lumière montait le long des parois.
Pour le soubassement, nous avons opté pour des textures
aquatiques, projetées sur l’habillage bois, pour évoquer le
bassin de rétention. Il fallait aussi garantir la durabilité des
installations : les projecteurs sont exposés aux intempéries,
aux variations de température, et doivent résister dans le
temps. Avec Anolis, nous avons donc recherché des matériaux
robustes et des systèmes de fixation adaptés.
Ce projet semble avoir marqué vos pratiques respectives.
Qu’est-ce que vous en retiendrez ?
Frédéric Gervais – Ce projet prouve qu’on ne crée rien seul. La
richesse de cette collaboration réside dans la diversité des
expertises. Ensemble, nous avons cherché à concrétiser un
concept créatif de la manière la plus aboutie possible. C’est
un travail commun où chacun apporte sa pierre à l’édifice.
Ce qui m’a aussi marqué, c’est la dimension humaine de ce
projet. Nous avons passé des heures à discuter, à tester, à
ajuster, et cela a créé une dynamique de groupe très forte.
C’est ce qui fait que, aujourd’hui, nous sommes fiers du
résultat.
Bruno Djiane – Travailler avec un architecte, un créateur d’optique
et un fabricant de luminaires, c’est un peu comme
faire de la magie : la technique est la face cachée, tandis que
l’effet final est la promesse que l’on offre au public. Quand
je présente un concept de lumière à un maître d’ouvrage,
c’est comme un tour de magie : il voit le résultat, mais pas
tout le travail en amont. C’est ça, la beauté de notre métier.
Et nous avons poussé cette logique encore plus loin, en
intégrant la lumière dans la narration architecturale.
Vincent Lannier – Pour nous, architectes, c’est un vrai plaisir de
travailler avec des équipes aussi investies dans la narration
du projet. La lumière diurne, c’est le soleil qui sculpte le
bâtiment ; la nuit, c’est à vous, experts de la lumière, de
prendre le relais. Votre technicité et votre savoir-faire permettent
de prolonger l’histoire du bâtiment après le coucher
du soleil. Ce projet ouvre des perspectives excitantes
pour l’architecture et l’espace public. À l’avenir, j’aimerais
que la lumière soit intégrée dès la conception des projets,
et pas seulement comme une après-pensée.
Sylvain Bresson – Ce partenariat fonctionne parce que nous
sommes les maillons d’une même chaîne. Pour nous, industriels,
des projets comme celui-ci constituent des moteurs
d’innovation. Ils nous poussent à repenser nos produits, à
les adapter à des enjeux toujours plus ambitieux. J’ai hâte
de voir le résultat final : après les tests, les ajustements,
il ne reste plus qu’à appuyer sur le bouton et admirer la
concrétisation de ce travail collectif. Et surtout, j’espère
que ce projet inspirera d’autres réalisations similaires, à
Marseille et ailleurs. La lumière a un rôle clé à jouer dans
la transformation des villes, et ce projet en est la preuve. n
Propos recueillis par Isabelle Arnaud
10 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Actualités
Ledvance et Legrand signent un partenariat
Ledvance et Legrand s’associent pour développer des solutions
d’éclairage connecté destinées aux espaces professionnels et
résidentiels.
Ledvance est fière d’annoncer son nouveau partenariat avec
Legrand, acteur de référence des infrastructures électriques et
numériques du bâtiment. Ce partenariat, placé sous le signe de
l’innovation et du design, met à l’honneur le variateur connecté
Céliane Rotary de Legrand, associé aux solutions SMART+ Zigbee
de Ledvance.
Cette combinaison permet de créer facilement des ambiances
lumineuses personnalisées grâce à une large gamme de lampes
led et de rubans led connectés.
Pensées pour répondre aux besoins des professionnels comme
des particuliers, ces solutions offrent une flexibilité optimale pour
sublimer de nombreux espaces : restaurants, hôtels, bars, salons
de coiffure, instituts de beauté ou encore espaces de vie résidentiels.
Elles permettent de créer des atmosphères uniques, adaptées
à chaque usage et à chaque moment. Avec cette collaboration,
Ledvance et Legrand conjuguent leurs expertises pour proposer
une expérience lumineuse innovante, alliant esthétique, simplicité
d’utilisation et connectivité avancée.
Dans un premier temps, ce partenariat sera valorisé à travers des
packs digitaux, déployés sur les sites marchands des distributeurs
partenaires, afin de faciliter l’accès à ces solutions et d’accompagner
leur adoption. n
ACTiLED Lighting obtient le label
Origine France Garantie
Véritable étape clé dans son développement, la certification
Origine France Garantie confirme l’engagement d’ACTiLED
Lighting en faveur d’une industrie française compétitive, innovante
et responsable, répondant aux exigences du marché de l’éclairage
professionnel.
Cette distinction souligne un savoir-faire industriel maîtrisé et un
ancrage territorial fort, illustrant la volonté de la société à privilégier
une production locale, gage de qualité et de traçabilité.
L’essentiel de la gamme de luminaires linéaires est désormais certifié
Origine France Garantie. Ces produits conjuguent une fabrication
française reconnue, une technologie innovante en 230 V direct
(sans driver), une conception écoresponsable et une réparabilité sur
site ou en atelier ; renforçant l’engagement global de la société pour
des produits fiables et durables. n
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 11
Lumières Actualités
L’OPPBTP et Qualibat renforcent
la prévention au travail
L
’Organisme professionnel de prévention du
bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) et
l’association Qualibat ont annoncé la signature,
le 1 er avril dernier, d’une convention de partenariat
destinée à renforcer la prévention en matière de
santé et de sécurité au travail auprès des entreprises
du secteur du bâtiment. Ce partenariat
s’inscrit dans une ambition commune : favoriser
le développement continu du professionnalisme
des entreprises qualifiées, en intégrant la prévention
des risques professionnels comme un levier
de performance et d’excellence opérationnelle.
La convention repose sur un principe simple :
le professionnalisme et la performance d’une
entreprise ne se limitent pas à la maîtrise technique
des métiers, mais reposent également
sur la capacité à exercer les activités dans un
environnement de travail sûr et sain, garantissant
la santé et la sécurité des salariés. Qualibat
et l’OPPBTP souhaitent favoriser l’utilisation des
documentations, outils, services et prestations
développés par l’OPPBTP. Les deux partenaires
mettront ainsi en œuvre des actions destinées à
promouvoir la prévention en santé et sécurité au
travail auprès de ces entreprises.
Qualibat relaiera les outils et solutions développés
par l’OPPBTP et favorisera la participation
de représentants de l’organisme de prévention
à ses commissions nationales et régionales
d’examen, et associera l’OPPBTP aux travaux
engagés autour de la future mention RSE de
Qualibat, afin d’intégrer pleinement les enjeux
de santé et de sécurité au travail dans cette
démarche. De son côté, l’OPPBTP mettra à
disposition de Qualibat des contenus de prévention
destinés à être diffusés auprès de ses
entreprises qualifiées.
Les deux partenaires s’engagent à relayer certaines
communications respectives et à renforcer
leurs échanges d’informations afin d’assurer
la cohérence de leurs actions et de leurs campagnes
de sensibilisation. Ils mettent en place
une gouvernance dédiée reposant sur un comité
de pilotage et un comité de suivi. n
Meljac : le label Origine France
Garantie, renouvelé depuis 14 ans
Attribuée par un organisme indépendant,
la certification Origine France Garantie
(OFG) atteste que plus de 50 % de la valeur
du produit est réalisé sur le territoire national.
Chez Meljac, ce taux atteint entre 70 et
95 %, bien au-delà des exigences du référentiel.
Obtenu en 2012, ce label fait l’objet d’un
audit annuel afin de garantir la conformité des
© Qualibat
produits et d’intégrer les nouvelles collections
au périmètre certifié.
Déjà distinguée par le label EPV (Entreprise du
patrimoine vivant) depuis 2015, Meljac s’inscrit
dans une tradition d’excellence où la main de
l’homme complète l’utilisation des technologies
de pointe pour atteindre un niveau de
qualité particulièrement élevé.
En conservant la fabrication en France et en
investissant régulièrement dans ses outils
industriels, Meljac assure la continuité de ses
savoir-faire tout en renforçant sa capacité d’innovation.
Dans cette dynamique, l’entreprise
prépare l’ouverture d’un nouvel atelier dédié
au traitement de surface en région parisienne,
à Saint-Thibault-des-Vignes (77). Ce site accompagnera
le développement de la production
pour s’adapter à la croissance de l’activité.
Cette organisation contribue à proposer des
produits fiables, durables et personnalisables.
La certification OFG s’inscrit ainsi dans une
démarche globale visant à valoriser une
industrie française créative, performante et
tournée vers l’avenir. n
© Meljac
Ambienta investit
dans Disano
Ambienta, gestionnaire d’actifs européen
de premier plan, pionnier de l’investissement
dans la durabilité environnementale sur
les marchés privés et publics, acquiert une
participation majoritaire dans Disano Illuminazione
S.p.A. et ses sociétés affiliées auprès
de la famille fondatrice. Dans le cadre de la
transaction, Patrizia Di Sano, fille du fondateur
Ignazio, réinvestira aux côtés d’Ambienta
et assumera le rôle de présidente. Le Groupe
s’appuie sur près de sept décennies d’expertise
technique et se distingue par son positionnement
dans les solutions d’éclairage à haute
efficacité énergétique, couvrant un large éventail
d’applications intérieures et extérieures. À
travers ses marques Disano Illuminazione et
Fosnova, Disano propose une large gamme de
solutions destinées aux marchés de l’industrie,
des infrastructures, de l’éclairage extérieur et
du tertiaire, et bénéficie d’une solide réputation
fondée sur la qualité haut de gamme et la performance
technique de ses produits. Disano se
distingue par un modèle fortement intégré, articulé
autour de trois sites de production en Italie
et en Espagne, lui permettant d’offrir des produits
hautement personnalisés, performants et
livrés dans des délais courts. Le Groupe dispose
par ailleurs d’une présence commerciale
étendue, combinant des implantations directes
en Espagne et en France avec 14 bureaux de
représentation en Europe, au Moyen-Orient et
en Afrique du Nord.
Avec une gamme de produits techniquement
différenciée, un positionnement établi sur les
segments industriel et commercial milieu et
haut de gamme, et un outil industriel moderne
réunissant plus de 600 collaborateurs, Disano
s’impose comme l’un des actifs les plus attractifs
du marché européen de l’éclairage. Disano
s’inscrit pleinement dans la thèse environnementale
d’Ambienta, entre efficacité dans
l’utilisation des ressources et réduction de
la pollution. Aux côtés du Groupe, Ambienta
entend renforcer l’équipe de management et
accompagner Disano dans son ambition de
devenir un champion européen de l’éclairage
professionnel durable. La stratégie s’articulera
autour de l’expansion géographique, du développement
du canal projets et de l’optimisation
opérationnelle, tout en poursuivant des
opportunités externes ciblées afin d’accélérer
la croissance et la création de valeur dans un
marché encore très fragmenté.
Giancarlo Beraudo, partner chez Ambienta,
a déclaré : « Disano a construit une plateforme
particulièrement bien positionnée pour accompagner
cette transition à grande échelle. La force du
Groupe réside dans la combinaison d’une marque
reconnue, d’une gamme de produits techniquement
différenciée et d’un outil industriel difficile à
répliquer, sur un marché offrant encore un potentiel
de consolidation significatif. Nous sommes fiers
de nous associer à Patrizia Di Sano et à l’équipe
de management pour ouvrir ce nouveau chapitre,
avec l’ambition de bâtir un véritable champion
européen de l’éclairage professionnel durable. »
Patrizia Di Sano, présidente de Disano, a
ajouté : « Nous avons choisi Ambienta pour sa
connaissance approfondie de notre secteur,
son engagement sincère en faveur de la durabilité
environnementale et sa capacité reconnue à
accompagner les entreprises familiales dans leur
croissance. Ces valeurs et cette approche sont
pleinement alignées avec la culture de Disano.
Je me réjouis de ce partenariat, qui permettra au
Groupe de franchir une nouvelle étape en Europe
et au-delà. » n
12 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Actualités
© Agora Makers
Agora Makers acquiert Kuzzle
Agora Makers, acteur français de référence
dans l’éclairage public, le mobilier urbain
et les solutions connectées, annonce l’acquisition
de Kuzzle, l’un des éditeurs technologiques
les plus avancés du marché français
en matière de plateformes IoT, data et hypervision.
Cette opération stratégique marque
une nouvelle étape dans la constitution d’un
écosystème digital souverain, complet et modulaire,
au service des territoires intelligents et
des bâtiments de demain – une avancée qui
s’inscrit également dans l’engagement d’Agora
Makers à renforcer la souveraineté industrielle
et technologique française.
Kuzzle est une société française de pointe,
éditrice d’une plateforme souveraine, modulaire
et ouverte permettant de connecter
et superviser des milliers d’équipements,
d’orchestrer et exploiter la donnée à grande
échelle, de piloter des opérations métier critiques
en temps réel, de déployer des cas
d’usage IoT et hypervision à très haute valeur.
Sa technologie est déjà utilisée
par des acteurs privés et publics
majeurs : STMicroelectronics, La
Poste, Bouygues, Eiffage, Veolia,
Châlons-en-Champagne, Alès
Agglomération… Autant de références qui témoignent
de la maturité de la solution et de la
confiance accordée à cette équipe française
passionnée, dédiée à l’innovation.
Avec l’intégration de Kuzzle, Agora Makers
devient l’un des rares groupes en Europe
capables de proposer une offre totalement
intégrée :
- Infrastructures : luminaires, mâts, et mobilier
urbain (Eclatec, GHM, Metalco, City Design,
Bellitalia) ;
- IoT & hardware : smart lighting (Nexiode) ;
- Software & hypervision : smart city (Kuzzle).
Cette combinaison unique permet au groupe
de délivrer une chaîne de valeur complète,
depuis l’équipement physique jusqu’à la
l’hypervision temps réel, en passant par la
donnée, l’IoT, la cybersécurité et la gestion
opérationnelle.
La pertinence de ce rapprochement s’est
illustrée récemment à Strasbourg, plus gros
appel d’offres européen sur le numérique
pour l’éclairage public et les services urbains
connectés.
Grâce à la complémentarité entre Agora
Makers, Nexiode et Kuzzle, la métropole bénéficie
aujourd’hui d’un dispositif :
- intelligent, capable d’ajuster la lumière et les
usages en temps réel ;
- souverain, interfaçable avec l’écosystème
numérique de la ville ;
- sécurisé, répondant aux exigences les plus
élevées en matière de cybersécurité ;
- évolutif, ouvert à de futurs déploiements
multiservices (mobilité, énergie, environnement…).
Une réussite majeure, qui renforce la position
d’Agora Makers comme acteur français
clé des infrastructures numériques territoriales.
Kuzzle rejoint un groupe tout en restant
autonome et agile, ce qui continue d’être sa
principale force auprès de ses clients et sur
ses marchés historiques qui complètent ceux
d’Agora Makers.
« Avec Kuzzle, nous ajoutons une brique logicielle
d’excellence à notre savoir-faire industriel.
Nous devenons l’un des rares acteurs
capables de proposer une plateforme souveraine
complète, du luminaire au logiciel, de
la donnée, à l’hypervision. Ensemble, nous
sommes prêts à accompagner les territoires
sur les plus grands projets de transformation
urbaine, en France et dans le monde », a
déclaré David Lelièvre, président du groupe
Agora Makers. n
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 13
Lumières Entretien
Victor VIEILLARD
Concepteur lumière
Studio By Night
La lumière : une aventure humaine
Victor Vieillard, concepteur lumière, raconte son parcours où la création, la technique,
l’écoute l’ont guidé à chaque étape. De l’école d’arts appliqués à la création de
son agence, Studio By Night, il a exploré le design, l’architecture et l’urbanisme avant
de trouver dans la lumière un langage universel qu’il met au service de l’art et
de la technique.
© DR
Parcours• • •
Victor Vieillard passe un BAC STI Arts
appliqués à Clermont-Ferrand (63).
2003 - BTS Architecture intérieure
au lycée La Martinière-Terreaux
à Lyon (69).
2004 - École des Beaux-Arts, option
Design à Saint-Étienne (42).
En 2005, il prépare une licence
professionnelle « Conception et
Management en éclairage » à
l’université Jean- Moulin-Lyon III (69).
Son mémoire de fin d’année a pour
thème : « Incidence de la lumière
artificielle sur les comportements
humains au sein de l’espace public
piétonnier. »
Il collabore à plusieurs agences de
conception lumière : L’Acte Lumière,
Les Éclairagistes Associés.
En 2011, il fonde l’agence de
conception lumière Studio By Night.
Victor Vieillard est membre actif de
l’Association des concepteurs lumière
et éclairagistes depuis 2009.
Il a été membre du bureau de l’ACE
de 2015 à 2017.
14 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Comment avez-vous choisi la lumière ?
À l’origine, je voulais être designer, et c’est
avec cette ambition que j’intègre dès la classe
de seconde l’école d’arts appliqués de Clermont-Ferrand.
Après mon bac, les choses commencent
vraiment à prendre sens pour moi. Le
design d’objets, en particulier, m’attire énormément
: c’est un domaine où la forme s’associe à la
fonction, où chaque pièce raconte une histoire.
Je poursuis mon parcours en architecture intérieure
à La Martinière-Terreaux, à Lyon, puis
en intégrant l’École des Beaux-Arts de Saint-
Étienne, en option design. Mais au fil des mois,
n’ayant pas trouvé ce que j’étais venu chercher,
à savoir une expérience plus concrète, je me
tourne vers la formation en éclairage de l’IAE
université-Lyon III en alternance, qui me permet
d’acquérir des compétences techniques, et
de découvrir, en alternance au sein de l’agence
Les Éclairagistes Associés, un métier, celui de
concepteur lumière. Ce fut une porte ouverte
sur un univers où la lumière devient un matériau
à part entière, avec une dimension immatérielle
et poétique qui me fascine.
C’est à l’issue de cette licence que vous
devenez concepteur lumière ?
Pas immédiatement, non. D’abord, je continue
à participer à des concours de design avec des
amis, des collaborateurs. Nous menons des projets
variés, entre artistique et design, dans lesquels
l’éclairage est toujours associé mais pas
forcément l’acteur principal. C’est lors de la Fête
des Lumières à Lyon, en 2005, que mon projet
s’affine et se dessine. Avec Sara de Gouy, designer,
nous sommes sélectionnés pour réaliser
un projet intitulé « Superbonux ». L’idée : créer
une installation où des draps et des vêtements
lumineux, suspendus à des fils à linge, semblent
flotter dans le vent nocturne. Ce projet associe
design, scénographie et lumière, comme
je le recherchais. La lumière offre une liberté
incroyable. Elle permet de travailler à plusieurs
échelles et de côtoyer différents corps de métier
dans une même journée : passer d’un détail
d’intégration avec un menuisier sur un chantier,
puis sur la planification de l’éclairage d’un quartier
avec un paysagiste. Cette diversité est enrichissante
chaque jour. Puis, en 2007, la Ville de
Genève me propose d’intervenir pour le Festival
« Les yeux de la Nuit ». Je réalise un projet
scénographique et lumineux qui remporte le
prix du jeune concepteur lumière, décerné par
l’ACE, un encouragement et un soutien de la
profession qui rassure et met en perspective
les futurs projets. Le défi de ce projet consistait
à redonner une légitimité et une urbanité à
un espace hybride, à la fois place, rond-point et
Lumières Entretien
parking, en y intégrant un élément qui unifie et
harmonise la perception du lieu par les piétons.
J’ai imaginé des milliers de fleurs, reproduites
et pliées à la manière d’un origami qui agit
comme un réflecteur de lumière. Ce paysage
éphémère, suspendu au-dessus de la place,
était conçu pour exister aussi bien de jour que
de nuit. La nuit, la lumière teintait les fleurs et
révélait une autre dimension du jardin par une
variation de lumière colorée créant l’illusion
que les fleurs s’animaient, comme portées par
une brise invisible. Ce projet a confirmé que la
lumière pouvait être bien plus qu’un simple outil
fonctionnel, qu’elle pouvait transformer un
espace, lui donner de la légèreté et de la poésie.
C’est par l’événementiel que vous vous
investissez dans la conception lumière ?
Oui, mais la transition vers des projets pérennes
a eu lieu en 2011, avec un concours que nous
avons remporté, toujours avec Sara de Gouy,
dans le cadre du 1 % artistique à Marseille. Il
s’agissait de travailler sur la reconversion du
silo d’Arenc en salle de spectacle, un projet signé
de l’architecte Éric Castaldi. Notre proposition,
intitulée « Entre-temps », jouait avec l’idée
de remplir progressivement l’espace entre
chaque représentation : des grains de lumière
tombent et remplissent trois silos virtuels au fur
et à mesure que l’heure du spectacle approche.
Quand la représentation commence, les silos
sont pleins ; à la fin, ils se vident pour laisser
place à une nouvelle animation. Les grains forment,
entre deux spectacles, une composition
chromatique unique, toujours différente. Cette
trame de 3 000 points lumineux, tendue sur la
structure de l’élévateur à camions, permet de
conserver la perméabilité du projet architectural,
laissant entrevoir les silos en arrière-plan.
C’était une façon de jouer avec la transparence,
la lumière et l’architecture, en créant un dialogue
entre la fonction industrielle du lieu et sa
vocation culturelle. C’est à ce moment-là que
j’ai fondé mon agence Studio By Night.
Aujourd’hui, comment travaillez-vous
les projets lumière ?
Je n’ai pas vraiment changé ma façon de travailler
depuis l’époque du linge suspendu ! Ce
qui a évolué, en revanche, c’est l’ampleur des
projets. Je continue à penser en quatre dimensions
: le contexte, les usagers, le design et la
scénographie nocturne. Je m’efforce de porter
une attention aux détails, de créer des objets
ou des installations qui s’intègrent, voire s’effacent
si possible dans leur environnement. Et
je me pose toujours la même question, essentielle
: comment concilier l’usage par le design
et l’éclairage, l’ensemble dans une enveloppe
financière contenue ? C’est ainsi que je définis
la manière d’aborder chaque projet lumière.
Les échanges avec les maîtres d’ouvrage, les
élus, les architectes et les citoyens se trouvent
au cœur de mes études. Je puise mon inspiration
dans ce dialogue et c’est dans le partage
avec les équipes pluridisciplinaires que nous
trouvons les solutions techniques concrètes. Et
puis, il y a le temps. Le temps pour échanger,
pour réfléchir, pour essayer, pour recommencer.
Nous ne pratiquons pas un métier facile :
l’éclairage reste souvent relayé au second plan
lors de la construction du projet ou en phase
chantier. Un projet lumière n’a rien de magique
; c’est un travail de longue haleine, fait
de doutes, de remises en question, de vérifications.
Pour moi, la conception lumière est un
métier laborieux, au sens propre du terme. Il
faut être partout à la fois, avoir une capacité
de synthèse à toute épreuve, s’assurer que le
projet s’intégrera parfaitement à son environnement,
dans sa proportion, sa couleur, qu’il
répondra aux attentes des usagers, des équipes
de maintenance, du budget, bref, une équation
complexe. La lumière, c’est comme un voyage :
un voyage à travers les différents sites géographiques
des projets et, surtout, les rencontres
avec les gens, de la conception avec les clients
à la réalisation avec les entreprises. C’est une
aventure humaine, avant tout.
C’est cette aventure humaine
qui vous inspire aujourd’hui ?
Oui, c’est exactement ce qui rend ce métier si
passionnant. On écrit un storyboard, et ensuite,
on part filmer avec toute une équipe. J’aime
cette dimension collective, cette alchimie
entre des compétences et des sensibilités différentes.
Depuis plusieurs années, j’interviens
auprès d’étudiants dans des sections diverses.
La transmission est importante pour moi : il me
semble essentiel de montrer, d’expliquer, et
peut-être de susciter des vocations. L’idée de
partager mon expérience, de guider les jeunes
vers ce métier me plaît énormément. J’aime
emmener les étudiants à travers la nuit dans
des « marches nocturnes éclairées » afin d’expliquer
l’organisation lumineuse de la ville ; partager
avec eux dans plusieurs univers connexes :
l’histoire, l’art, l’architecture, l’urbanisme, le
cinéma, les arts plastiques… La lumière est
au carrefour de toutes ces disciplines. Plonger
dans ces références variées, c’est leur donner
les clés pour imaginer des projets innovants,
qui dépassent les frontières traditionnelles de
la sécurité et de la maintenance. La lumière est
bien plus qu’une technique : c’est une langue,
un moyen d’expression, une façon de raconter
des histoires et de créer des émotions dans un
quotidien parfois terne. Et c’est cela que j’ai
envie de transmettre. n
Propos recueillis par Isabelle Arnaud
“Superbonux”, conçu avec Sara de Gouy pour la Fête des
Lumières à Lyon, en 2005.
Silo d'Arenc “Entre-temps”, conçu avec Sara de Gouy, 2011.
Lustre du Casino d’Evian-les-Bains.
© Victor Vieillard
© Victor Vieillard
© Victor Vieillard
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 15
Lumières Projets
© Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
Maître d’ouvrage :
Métropole de Montpellier
Aménageur : SA3M
(Société d’aménagement
de Montpellier Méditerranée
Métropole)
Maîtrise d’œuvre :
Agence Base paysagistes
mandataires – BLD Waterdesign –
Botanique Jardins Paysages –
Eupalinos – Inddigo –
Quartiers Lumières –
TECTA – TRIBU
Solutions éclairage :
Derksen – Lacroix – Prolight – Selux
Place Max-Rouquette, Montpellier :
patrimoine, usages et lumière poésie
La place des Arceaux de Montpellier, haut lieu historique de la balle au
tambourin, devient aujourd’hui la place Max-Rouquette. Cette transformation
marque la première étape concrète d’un vaste projet de requalification
urbaine engagé par la Ville de Montpellier autour du quartier des Arceaux
et du Peyrou. La première phase de travaux, livrée en 2025, comprend les
aménagements paysagers et la mise en lumière de la place Max-Rouquette et
de ses abords immédiats.
© Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
Pour Lionel Bessières, concepteur lumière,
agence Quartiers Lumières, « l’objectif
initial était de repenser l’éclairage dans
le cadre du réaménagement de ce secteur
emblématique de Montpellier tout en travaillant
avec la forte présence patrimoniale de
l’aqueduc Saint-Clément. Très rapidement,
la question de la continuité des usages, des
parcours et de la perception nocturne du site
s’est imposée comme un fil conducteur de la
mise en lumière ».
Le projet, nommé Verd Paradis, référence
directe à l’ouvrage publié en 1961 par Max
Rouquette, écrivain et poète occitan majeur
du XX e siècle, agit comme une figure de continuité
entre la place Royale du Peyrou, l’aqueduc
et la question de l’eau comme ressource structurante
du territoire montpelliérain.
L’acclimatation du projet
« Au nord de la place, expliquent les paysagistes
(agence Base), une lisière active et densément
plantée vient s’inscrire dans la trame patrimoniale
existante afin d’accueillir différents
usages urbains : arrêt de bustram, anneau
vélo, kiosque, espaces ludiques et sportifs. Au
sud, des salons de fraîcheur accompagnent
la promenade Laure-Moulin le long de
16 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Projets
l’aqueduc, d’est en ouest. Ces espaces, traités
en pavage calcaire à joints drainants,
encadrent le centre de la place, réalisé en
dallage pierre et matérialisé par l’emprise
historique d’un terrain de tambourin, pratique
profondément liée à l’identité des Arceaux.
L’espace central a été pensé comme
un grand vide capable d’accueillir aussi
bien des événements métropolitains que des
manifestations de quartier et des usages quotidiens
plus informels. Appuyé contre l’escalier
du XIX e siècle conservé dans le projet,
un linéaire de gradins de près de 60 mètres
absorbe la rupture topographique et relie la
place à une terrasse intermédiaire. Depuis ce
socle émergent un kiosque urbain et ses terrasses
extérieures, aujourd’hui occupés par
un bar-snack, ainsi qu’une fontaine d’eau
vive venant renforcer la présence de la fraîcheur
dans l’espace public. »
Ainsi, le principe directeur du projet peut être
résumé par le terme d’« acclimatation ». Il s’agit
autant d’une adaptation au changement climatique
que d’une manière de repenser le rapport à
l’espace public contemporain. Dans ce contexte,
le projet lumière a été construit autour d’un
équilibre délicat entre respect du patrimoine
et innovation contemporaine. L’aqueduc Saint-
Clément avait déjà été mis en lumière par Yann
Kersalé, dont l’intervention avait inscrit dans le
paysage montpelliérain une ligne bleue devenue
identifiable à l’échelle de la ville. Le choix final a
été de conserver cette ligne bleue, tout en évitant
de suréclairer l’aqueduc.
« Pour nous, poursuit Lionel Bessières, il était
important de maintenir le monument dans
une certaine pénombre afin de préserver sa
présence nocturne sans le transformer en
objet spectaculaire permanent. L’intention
n’était pas de produire un monument intensément
éclairé, mais plutôt de travailler les
perceptions périphériques, les usages et les
ambiances. La place elle-même conserve ainsi
une qualité d’obscurité relative, ponctuée
par des interventions lumineuses discrètes et
évolutives. »
Entre pénombre
et effets lumineux dynamiques
Cette approche de sobriété, demandée par la
Ville, a guidé l’ensemble de la conception lumière.
Le projet privilégie majoritairement une
température de couleur blanc chaud autour de
2 200 K afin de créer une atmosphère apaisée
et chaleureuse. Les colonnes Lif de Selux ont
été retenues, notamment pour leurs réflecteurs
dorés qui participent à l’identité visuelle du lieu
aussi bien de jour que de nuit. Leur dessin re-
© Quartiers Lumières
© Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 17
Lumières Projets
© Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
lativement fin et leurs perforations basses permettent
également d’intégrer certains dispositifs
de projection tout en allégeant leur présence
dans l’espace.
Autour des terrasses, des zones végétalisées
et des cheminements, cette lumière chaude
accompagne les usages sans produire d’uniformité
excessive. « Dès les premières réunions
avec l’équipe de maîtrise d’œuvre, raconte
Lionel Bessières, nous avons travaillé sur
l’idée d’une périphérie plus éclairée en blanc
chaud 2 200 K, tandis que le centre de la place
conserverait une forme de respiration nocturne
plus sombre. »
L’intérêt du concept réside précisément dans
cette gradation lumineuse et dans sa capacité
d’évolution. Le dispositif a été conçu comme une
installation dynamique, entièrement contrôlable
en intensité et en programmation. La place n’est
pas figée dans une écriture lumière unique ; elle
fonctionne selon plusieurs scénarios qui évoluent
lentement au fil de la soirée.
Hommage à Max Rouquette
Chaque soir, un programme lumineux se déploie
à travers des boucles d’environ dix minutes. Les
transitions restent volontairement lentes afin
d’accompagner les usages sans créer d’effets
trop démonstratifs. À partir d’une heure du matin,
le site bascule vers un éclairage plus sobre et
généraliste, sans projections ni animations, afin
de répondre aux enjeux de tranquillité nocturne
et de gestion énergétique.
Le parcours nocturne s’inspire directement de
l’univers poétique de Max Rouquette. Grâce à
des projecteurs asservis discrets, installés notamment
sur les colonnes Selux et sur certaines
parties de l’aqueduc, différents effets lumineux
peuvent être projetés au sol et sur les parties
basses des piles du viaduc. Des projections, des
halos, des motifs graphiques et des compositions
lumineuses ponctuent ainsi la déambulation.
Certaines projections prennent la forme de
ronds lumineux au sol ; d’autres fonctionnent
comme des nappes graphiques plus abstraites.
« Une partie du contenu projeté constitue
une véritable rivière de mots et de phrases issues
des ouvrages de Max Rouquette, précise
© Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
© Quartiers Lumières
18 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Projets
Lionel Bessières. Les textes apparaissent
comme des fragments poétiques qui accompagnent
la marche et prolongent la dimension
littéraire du projet. Pour développer
cette écriture graphique, nous avons travaillé
avec l’artiste Aymeric Reumaux, avec qui
nous collaborons régulièrement. Son travail
se traduit notamment par des projections de
gobos sur les parties basses de l’aqueduc, en
dialogue avec les calligraphies lumineuses
projetées au sol. »
Les projecteurs Derksen intégrés sur certaines
colonnes permettent d’obtenir différentes orientations
afin de composer ces effets avec précision.
Des projections restent volontairement
sans image identifiable : elles produisent simplement
des textures lumineuses ou des présences.
Un programme évolutif
L’ensemble du dispositif possède une forte
réversibilité. Les contenus, les intensités et les
rythmes peuvent évoluer dans le temps en fonction
des usages réels observés sur la place.
Cette capacité d’adaptation constitue un aspect
essentiel du projet. L’idée est de laisser vivre
l’espace, d’observer les appropriations quotidiennes,
puis de stabiliser progressivement certains
scénarios.
La nouvelle topographie participe également fortement
à l’expérience nocturne. Les paysagistes
ont créé de grands gradins permettant de descendre
depuis la place du Peyrou vers la terrasse
intermédiaire. Ces gradins deviennent des lieux
de pause, de contemplation et d’événements
informels. Le kiosque construit par l’architecte
de l’équipe agit comme un point d’ancrage actif
entre les différents niveaux de la place.
Toute la place a été réaménagée avec de nouvelles
plantations venant compléter les arbres
existants. Le travail paysager participe pleinement
au confort climatique du site et à la qualité
des ambiances nocturnes. Les végétaux
absorbent, filtrent et accompagnent la lumière
plutôt que de la subir.
Le but n’est jamais de produire un décor figé,
mais bien d’accompagner les usages quotidiens
autour des terrains, des gradins, du café et des
parcours. Entre sobriété, poésie et réversibilité,
le projet cherche à installer une présence nocturne
sensible, évolutive et profondément liée à
l’identité du lieu. n
Isabelle Arnaud
© Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
© Xavier Boymond / Alexandre Le Gratiet
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 19
Lumières Projets
© Michel Djaoui
Maître d’ouvrage :
SPL (société publique locale) Lyon
Part-Dieu
Ingénierie :
Ingérop
Paysagiste :
Atelier Jacqueline Osty
Conception lumière :
les éclaireurs
Solutions éclairage :
Comatelec Schréder, Rohl,
PetitJean
Une « Loupiote » sur mesure
pour le bois Bouchut à La Part-Dieu, Lyon
Au cœur du quartier dynamique de La Part-Dieu, le bois Bouchut s’impose
comme une réponse paysagère et lumineuse à la densité urbaine. Face à la
gare et à la place Charles-Béraudier, cet espace a été repensé par l’Atelier
paysagiste Jacqueline Osty, et sa mise en lumière, portée par l’agence les
éclaireurs pour offrir une respiration dans un environnement marqué par des
flux intenses. Claire-Lise Cabesos, conceptrice lumière, cheffe de projet, et
Lucas Goy, concepteur lumière, directeur de l’agence, expliquent comment le
concept lumière allie fonctionnalité, esthétique et respect de la biodiversité.
© Michel Djaoui
Ancienne friche issue de la destruction
d’un bâtiment, cet espace a été aménagé
en une grande pièce paysagère, continue
et ouverte. Conçu comme un espace piéton majeur
à l’échelle du quartier, il dépasse la simple
fonction de passage pour devenir un lieu de
présence, où l’on ralentit au milieu de l’agitation
urbaine environnante. L’objectif est double :
relier les espaces entre eux et créer une pause
apaisante au sein de cette dynamique.
« Pensée comme un espace venant en rupture
avec son environnement minéral, cette
forêt de poche crée un nouvel écosystème
entre les tours, offrant des lieux de pause et
de fraîcheur entre les arbres, explique Lucas
Goy. Afin de marquer la différenciation des
espaces, un luminaire original a été dessiné,
prolongeant le langage typologique existant.
Monté sur une crosse reprenant l’idée
d’une baguette en bois, l’éclairage est assuré
par une lanterne avec un plateau bas fonctionnel
et une partie d’ambiance au-dessus.
20 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Projets
© Michel Djaoui
Cette dernière reprend la forme de lanternes
en papier coréennes où brille une bougie,
avec un masque aux motifs végétaux et
une température de lumière chaude aux
alentours de 2 200 K. Les couleurs orangées
créent ainsi un écrin respectueux de l’environnement.
»
Une respiration lumineuse
L’un des défis majeurs a été la conception d’un
éclairage spécifique, à la fois technique et poétique,
capable de créer une identité forte pour
ce nouveau poumon vert. À l’échelle du projet,
les exigences fonctionnelles garantissent un
éclairage efficace, sécurisant les déplacements.
L’intention globale était de créer un espace
piéton de pause et de rencontre, avec une lumière
diffuse, enveloppante et moins directive,
évoquant une ambiance domestique et douce.
Cette approche s’est accompagnée d’enjeux
environnementaux et de biodiversité, le bois
Bouchut devant servir de refuge pour la faune
en milieu urbain dense.
« La création d’une lanterne spécifique a
émergé des échanges sur la maintenabilité,
avec pour ambition de doter les espaces
paysagers de La Part-Dieu d’une identité
visuelle forte, commente Claire-Lise Cabesos.
En collaboration étroite avec le fabricant
Rohl, l’équipe a exploré les procédés de
© Michel Djaoui
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 21
Lumières Projets
© Michel Djaoui
moulage du polycarbonate et les principes
d’inox repoussé pour la partie masque, dessinant
le motif intérieur. Ces discussions ont
permis de concilier conception, contraintes
techniques et savoir-faire industriel. La
partie diffusante de la lanterne, à 2 200 K,
limite les impacts sur la biodiversité et renforce
l’ambiance de sous-bois. En première
partie de nuit, elle coexiste avec un éclairage
fonctionnel à 3 000 K – exigence de la
ville de Lyon pour les espaces piétons et circulés
–, combinant sécurité et atmosphère. »
Une identité visuelle distincte
Le quartier de La Part-Dieu se caractérise par
des mâts carrés en acier galvanisé, langage
urbain dominant. « Le bois Bouchut introduit
une rupture bienvenue : des formes
rondes, souples et organiques. La lanterne,
avec sa goutte diffusante étirée vers le
bas et son masque à effet flamme, incarne
cette nouvelle identité, poursuit Claire-Lise
Cabesos. Plusieurs matériaux (polyéthylène,
polycarbonate) ont été testés en usine pour
leur opacité, leur uniformité et leur résistance.
Le polyéthylène a finalement été retenu
pour son équilibre entre esthétique et
technique. »
Un prototype du masque, initialement conçu, a
été affiné à la demande de la SPL pour intégrer
une dimension plus végétale. Les essais sur site
ont permis de valider l’opacité de la goutte et
le motif final, en collaboration avec les services
techniques de la direction de l’Éclairage urbain
de la Ville de Lyon.
Sur les cheminements piétons, les lanternes
sont montées sur des mâts cylindriques en aluminium
de 5 mètres, sobres et uniformes. Pour
les pistes cyclables, le mobilier existant de la
Part-Dieu a été conservé : mâts carrés en acier
galvanisé, assurant la continuité visuelle avec
le reste du quartier. La piste cyclable, à double
sens, s’intègre ainsi harmonieusement dans
l’environnement urbain.
Collaboration et innovation
« La société publique locale de Lyon Part-Dieu,
remarque Lucas Goy, a souligné l’importance
de l’éclairage vertical pour révéler le volume
sous le couvert végétal, notamment lors de la
croissance des arbres. Cette réflexion nous
a conduits à repenser le lampion de Rohl :
crosse redessinée, masque végétal, opalescence
ajoutée, proportions modifiées. »
Le produit est désormais en phase d’industrialisation
chez le fabricant, avec un lancement
prévu avant l’été. Les essais sur site ont validé
le prototype avant sa production en série,
marquant une étape clé dans la collaboration
entre concepteurs, fabricant et gestionnaires
urbains. n
Isabelle Arnaud
Du classique au sur-mesure : Rohl s’engage sur du développement durable
Fabricant français implanté en Alsace,
Rohl emploie aujourd’hui 45 personnes et
fabrique environ 40 000 luminaires d’éclairage
public par an.
« Lorsque l’agence les éclaireurs nous a
contactés pour développer une lanterne spécifique
pour le bois Bouchut, nous n’avons
pas hésité à répondre favorablement à sa
demande, remarque Jérôme Larrieu, responsable
commercial de la région sud-est chez
Rohl. Nous sommes partis d’un produit existant,
le Lampion (dessiné par Jean-Yves Soëtinck
il y a quelques années), dont le système à
double source lumineuse, la vasque diffusante,
le masque personnalisable et la maintenabilité
répondaient à la fois aux exigences de la
SPL et aux souhaits des concepteurs lumière.
Nous avons ensuite échangé avec Claire-Lise
Cabesos afin que notre bureau d’études fournisse
un prototype : avec une vasque allongée
dotée d’une enveloppe rotomoulée qui lui
donne cet aspect opale, un motif sur mesure et
des bras qui évoquent les baguettes des lampions
traditionnels. Et surtout, nous souhaitions
que le nouveau luminaire soit reproductible
afin de l'ajouter à notre catalogue. Nous
sommes fiers d’annoncer que sa commercialisation
vient de démarrer. »
En parallèle au projet du bois Bouchut, la
Ville de Lyon, quant à elle, lançait la rénovation
de l’éclairage public du cours Franklin-
Roosevelt (6 e arrondissement). Les 36 lampadaires,
installés depuis plus de quarante-cinq
ans, devaient être remplacés. Les supports
existants comprenaient une double crosse :
l’une qui éclairait la contre-allée piétonne (à
4 ou 5 mètres environ) et l’autre qui éclairait
la chaussée à environ 9 mètres, juste en dessous
du houppier des platanes. « Nous avons
gardé cette morphologie en faisant appel au
Lampion de Rohl dont le masque reprend
le dessin des feuilles de platanes, indique
Thierry Marsick, directeur de l’éclairage urbain,
ville de Lyon. Nous avons choisi 3 000 K
pour la partie basse du luminaire et 2 200 K
pour la partie haute. Ainsi, nous avons gardé
le même esprit tout en modernisant le design
et en améliorant l’uniformité, sans parler des
consommations que nous avons divisées par
quatre ; c’est-à-dire une économie prévue de
35 000 kWh. »
La ville dispose de gammes très structurées
en éclairage, et la proposition de la nouvelle
lanterne a été faite en concertation avec les
Architectes des bâtiments de France, et la
mairie du 6 e arrondissement. Le lampion a
été adopté avec une modification du masque.
« Dans les deux cas, précise Jérôme Larrieu,
les produits sont maintenables et interopérables
car dotés de l’interface Zhaga. La Loupiote
fournit 2 200 lm, 3 000 K en partie basse
du luminaire et 2 200 K en partie haute ; tandis
que le Lampion se décline en 1 500 lm, 3 000 K
à 5 mètres ; en 4 800 lm à 9 mètres, 3 000 K en
partie basse du luminaire et 2 200 K en partie
haute. Les deux solutions sont développées
et fabriquées dans notre site de production à
Erstein, en Alsace. »
22 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Perspectives
DESIGNHEURE : vingt ans d’innovation lumineuse
fabriquée in France
Designheure est un éditeur et fabricant de luminaires
contemporains pour l’architecture d’intérieur, fondé en 2005
à Sète par Jean-Baptiste et Bénédicte Collod. Profondément
cosmopolite et spécialiste du « projet contract », la marque
incarne une élégance à la française en puisant son inspiration
dans l’émotion artistique et l’innovation stylistique.
Bénédicte COLLOD
Directrice générale
et directrice artistique
de DESIGNHEURE
Quelles intentions ont motivé la création de Designheure ?
En lançant cette aventure, nous avons voulu créer une marque véritablement
différenciante, à contre-courant d’une offre alors largement
standardisée, en proposant nos propres designs aux architectes,
architectes d’intérieur et lighting designers. Notre objectif était de
partager avec eux notre expérience, notre savoir-faire, à travers des
produits modulables, entièrement made in France. Il nous a semblé
essentiel de préserver le métier de l’abat-jour traditionnel en le réinventant
: nous avons développé des formes inédites, complexes à
fabriquer, qui nous protègent sur le marché tout en apportant une
valeur ajoutée réelle à l’industrie. La lumière devient un point focal
de design fort, au service de l’usage des lieux, lobbies d’hôtels, restaurants,
casinos, théâtres, salles de conférence, sièges sociaux, en
rehaussant l’impact recherché.
Notre démarche intègre toute la chaîne de valeur : du design et de
l’intégration artistique à la certification électrique, en passant par
les études techniques, le prototypage, la fabrication et la logistique.
Nous nous appuyons sur un réseau de partenaires français spécialisés
dans l’aluminium, la fonte, le métal, le marbre ou le bois, autant de
matières qui enrichissent notre palette créative. Cette organisation
nous permet de tisser un lien entre les designers et l’industrie, et de
contribuer, à notre échelle, au développement du savoir-faire français.
Designheure a ainsi conduit des projets dans 75 pays, avec, à chaque
fois, les certifications électriques requises. C’est cette capacité à
conjuguer exigence créative, expertise technique et réactivité logistique
qui fait notre singularité.
Dans quels domaines d’application intervenez-vous ?
L’hôtellerie représente entre 70 % et 80 % de notre activité, complétée
par les sièges sociaux et espaces de travail. Pour ces derniers,
nous avons développé une collection dotée de panneaux et textiles
acoustiques, répondant à des enjeux contemporains de bien-être au
bureau. Notre ouverture à 360° nous permet de travailler des matériaux
inhabituels dans l’éclairage – tissu, marbre, porcelaine, bois –
aux côtés des classiques. Des collections comme Murmure, Ondine ou
Rhapsodie illustrent cette capacité à allier performance acoustique et
raffinement formel, pour des espaces collaboratifs exigeants.
© DR
Il s’agit de vos dernières collections ?
Oui, nous proposons un catalogue structuré autour de collections disponibles
en plusieurs coloris et finitions standards, livrables rapidement.
Mais lorsque ces standards ne s’accordent pas au projet, nous
24 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Perspectives
« Un luminaire doit s’adresser à plusieurs sens :
la vue, l’ouïe, le toucher. »
proposons des variations personnalisées : couleurs,
finitions, scénographies adaptées aux hauteurs sous
plafond, etc. Ce sur-mesure part de nos modules, garantissant
les délais, la qualité et la maîtrise du produit.
Nous réalisons un projet unique à chaque fois : c’est un
positionnement d’humilité et de cocréation, qui fidélise
les architectes et nourrit en retour nos collections
à venir. Dans notre équipe, collaborent designers produit,
designers d’espaces, architectes, et ingénieurs,
un écosystème pensé pour grandir ensemble.
Comment construisez-vous les collections ?
Il y a toujours en amont une identification des besoins
du marché, que j’assure en tant que directrice artistique
et directrice de la marque. C’est cette connaissance
fine des attentes des prescripteurs qui oriente
notre démarche créative. Nous travaillons avec des
designers internes, mais aussi avec des designers
extérieurs – avec qui nous développons en général
au moins trois collections – et avec des architectes
à l’occasion de projets spécifiques, dont les solutions
peuvent ensuite être intégrées au catalogue en
d’autres finitions. Ces trois modes de collaboration se
complètent et s’enrichissent mutuellement. Les salons
internationaux sont aussi des espaces de rencontre
essentiels avec les créatifs du monde entier.
Comment abordez-vous les projets dits ?
Notre ambition est de révéler l’identité des lieux par la
lumière. Un espace de représentation est aussi un espace
de travail : il doit accueillir, convaincre, rassurer,
incarner la marque ou l’entreprise. Qu’il s’agisse de bâtiments
neufs ou rénovés, il faut trouver des lumières
capables de dialoguer avec des contextes variés tout
en affirmant une présence décorative ou architecturale
forte. C’est un équilibre subtil, où la modularité
est essentielle : choix des matériaux, des finitions, des
tailles, des modes de fixation. Chez Designheure, nous
concevons des lumières personnalisables, capables
de s’adapter à une grande diversité de projets tout en
apportant une véritable signature, des lumières qui
allient modernité et héritage pour créer des espaces
impactants et cohérents.
Vous voulez dire un éclairage en lien avec les usages ?
Oui. Prenons les bureaux : ils s’organisent aujourd’hui
autour de constellations de nouveaux espaces,
construits pour répondre à la diversité des usages et
des rythmes de travail. Il faut penser des environnements
adaptés à différentes formes d’attention, qui
favorisent les interactions spontanées et humanisent
l’expérience, même dans des surfaces réduites. Nos
luminaires offrent des IRC supérieurs à 90 avec des
températures de couleur confortables, un engagement
technique qui complète l’engagement esthétique.
Notre rôle dépasse la réponse fonctionnelle : nous
participons à la visibilité des espaces, à leur identité,
à l’atmosphère qui s’en dégage. C’est dans ce cadre
qu’est née notre collection acoustique, qui combine
design, lumière et absorption sonore.
Pouvez-vous nous en dire davantage sur quelques
projets récents ?
Je pense notamment au grand restaurant d’entreprise
d’Airbus à Toulouse, où nous avons déployé plusieurs
de nos collections décoratives, dont Kimono et Moon.
Nous avons également équipé l’Hôtel & Spa Oceania
Les Augustins 4*, témoin du mouvement Art déco :
appliques Spot led Twiggy pour l’éclairage d’ambiance,
liseuses pivotables pour le confort de lecture,
appliques Grand Shield avec abat-jour en lin naturel
et acier peint doré, tout en finitions sur mesure. En
Allemagne, au cœur du complexe de villas Riverpark
à Leipzig, des lustres sur mesure Mozaik se déploient
sur près de 11 mètres à travers les cages d’escalier,
transformant l’espace vertical en une expérience lumineuse
sculpturale. Ces projets illustrent ce que nous
défendons depuis le début : la lumière doit toujours
rendre un service supplémentaire, avec intelligence et
élégance.
L’intelligence de l’éclairage ?
L’intelligence de situation : le sens rendu par le produit,
et sa capacité à traverser le temps – parce que
plus un luminaire dure, moins il pèse sur la planète.
La dimension économique et énergétique est pensée
dès la conception, jusque dans l’emballage, conçu pour
que nos luminaires s’emboîtent les uns dans les autres.
Pour moi, tout se croise et s’entrecroise : un luminaire
ne peut pas se contenter d’être seulement un luminaire.
Il doit s’adresser à tous les sens – la vue, l’ouïe,
le toucher – pour apporter du bien-être à tous ceux qui
vivent et travaillent dans ces espaces. n
Propos recueillis par Isabelle Arnaud
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 25
Lumières Dossier
Éclairage en milieu industriel
Dossier réalisé par Isabelle Arnaud
Centre de logistique Disano, Allonzier-la-Caille (74)
© Lumières
26 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
© Linus Lintner Fotografie, Berlin
HDE Logistik, Bamberg, Allemagne. Solution éclairage : RZB.
Dans l’industrie, l’éclairage ne relève plus du simple confort visuel ; il constitue un
équipement technique soumis à des contraintes extrêmes et à des exigences réglementaires
croissantes. Températures élevées ou négatives, humidité, atmosphères corrosives, zones
explosives Atex, vibrations, nettoyage haute pression ou fonctionnement continu imposent
des choix précis en matière de matériaux, d’optiques, d’électronique et de gestion. À ces
impératifs s’ajoutent désormais des objectifs de sobriété énergétique, de maintenance
réduite et de pilotage intelligent, notamment dans les secteurs logistiques, agroalimentaires,
pharmaceutiques ou les datacenters. Les fabricants développent ainsi des luminaires capables
d’assurer à la fois sécurité, durabilité, performance photométrique et adaptation fine aux
usages, dans des environnements où toute défaillance peut entraîner des conséquences
opérationnelles majeures.
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 27
Lumières Dossier
Qu’il s’agisse de sites de production,
de plateformes logistiques, ou de
salles blanches, les contraintes
liées à l’éclairage sont multiples et souvent
cumulées. La première, c’est la contrainte
thermique. Dans l’industrie, les températures
peuvent aller de – 40 °C jusqu’à
+ 85 °C, voire au-delà. « Nous avons
travaillé sur des sites où les étuves
atteignent 85 °C, mais il nous arrive
régulièrement d’intervenir dans des
environnements à 50, 60 ou 70 °C, typiquement
autour de fours de boulangerie,
de viennoiserie ou de production
de petits pots pour enfants », explique
Didier Petit-Brisson, PDG d’EAS Solutions,
société basée à Pompignac, près de Bordeaux,
spécialisée depuis seize ans dans
l’éclairage intelligent pour l’industrie, le
tertiaire, la logistique et l’extérieur.
La deuxième contrainte importante est
l’humidité. Selon les environnements, les
indices de protection requis vont de l’IP20
jusqu’à l’IP66, IP67, voire IP68-69 en cas
d’immersion.
Enfin, il y a les zones Atex, c’est-à-dire les
milieux explosifs ; elles concernent les sites
qui manipulent des gaz, du pétrole, des
poussières inflammables ou des solvants,
comme dans la parfumerie. « Nous intervenons
sur les classifications Atex 1, 2,
21 et 22 (voir tableau ci-dessous). Dans
tous les cas, un audit obligatoire mené
par un cabinet extérieur définit le type
de zone et les produits à utiliser ; ce n’est
pas de notre ressort de procéder à cette
classification. Pour les produits Atex,
nous travaillons exclusivement avec
Dialyte, un spécialiste qui propose des
gammes certifiées avec des garanties de
dix ans, adaptées aux environnements
les plus sévères, y compris face à l’acidité
de certains produits », poursuit Didier
Petit-Brisson.
Sammode, fabricant français de luminaires
et spécialiste des zones Atex, donne un
tableau de performances de quelques
produits adaptés en fonction des températures
de fonctionnement. Par exemple,
en zone 21/22, le Boyle Xtrem (présenté
page 48) offre une résistance chimique à
toute épreuve et montre une insensibilité
aux perturbations électriques et aux vibrations
pour une température ambiante de
50 °C max ; tandis que le luminaire Fuma
comprend une optique intensive haute
efficacité et offre à la fois facilité de mise
en œuvre et légèreté. Pour ses gammes
« Atex », le fabricant a sélectionné un
large choix de matériaux de haute qualité :
l’inox 304L ou l’inox 316L pour les parties
métalliques externes, le verre borosilicaté,
le polycarbonate, ou un coextrudé
polycarbonate/méthacrylate afin d’offrir à
leurs luminaires une résistance aux environnements
corrosifs, abrasifs ainsi qu’aux
agressions chimiques. De manière générale,
leurs appareils d’éclairage présentent
un indice IP68, soit une étanchéité absolue
pour garantir le maintien de leurs performances
tout au long de leur durée de
vie ; et un IP69K, soit une résistance aux
intempéries (paquets de mer, embruns…)
ainsi qu’au nettoyage au jet d’eau à haute
pression. De plus, le fabricant indique que
« les composants qui pourraient enflammer
une atmosphère explosive par des
étincelles ou des échauffements sont
enfermés dans une résine de telle manière
que cette atmosphère explosive ne
puisse pénétrer et donc s’enflammer ».
• • • Suite p. 30
Source Sammode
28 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
• • • Suite de la p. 28
Sammode a même développé des gammes,
comme le Pascal Spectrum qui est composé
de leds à spectres monochromatiques dédiés
à des process ultra-spécifiques. Ambre pour
l’éclairage de caves, vert pour le stockage
des tubercules, violet pour la culture des
algues. En élevage intensif, où le bien-être
animal est en jeu, la lumière bleue calme les
volailles, le rouge préserve le sommeil des
bovins. Et pour alterner très simplement
entre blanc et couleur, le Pascal Spectrum
se décline en version double-allumage.
Choisir des matériaux en fonction
des environnements
Le choix des matériaux est une question absolument
centrale pour Didier Petit-Brisson :
« Dans les environnements avec des
huiles de coupe, comme l’industrie automobile
ou mécanique, un polycarbonate
standard ne résistera pas dans le
temps ; les vapeurs d’huile dégradent la
matière. Tous nos luminaires sont anodisés
à 20 microns, ce qui leur permet
de résister à ces environnements corrosifs,
mais aussi aux brouillards salins et
aux milieux chargés en craie ou en calcaire.
Dans les environnements à haute
température, comme les fonderies ou les
sites de métal en fusion où la température
dépasse régulièrement 60 °C, ni le
polycarbonate ni le PMMA ne tiennent ; il
faut du verre. À l’inverse, dans l’agroalimentaire,
le verre est strictement exclu :
s’il tombe sur la chaîne de production,
les conséquences sont catastrophiques ;
toute la production est arrêtée et les
produits détruits. Le choix du matériau
n’est donc jamais anodin ; il conditionne
la fiabilité et la durabilité de l’installation.
Certains clients arrivent avec un
cahier des charges très précis et nous
signalent d’emblée les contraintes spécifiques
de leur environnement ; nous vérifions
alors que les produits proposés sont
adaptés. Mais souvent, lorsque nous visitons
les usines, nous posons nous-mêmes
les questions. Les clients ne pensent pas
toujours à mentionner des évolutions récentes
de leur process, une nouvelle zone
de découpe ou un four ajouté en cours
d’année. Ce travail de découverte est essentiel
; c’est lui qui permet d’éviter les
mauvaises surprises après installation. »
• • • Suite p. 33
Stockage de pommes de
terre éclairé par les luminaires
Sammode Pascal Spectrum.
© Sammode
30 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
ACC et Verkor confient l’éclairage de leurs sites
à RIDI
© Ridi
Dans le cadre de la transition vers un
transport décarboné et de l’avenir de
l’industrie automobile européenne,
l’Europe, la France et la région Hauts-de-
France ont activement soutenu l’implantation
des usines de batteries ACC à Douvrin (62) et
Verkor à Bourbourg (59).
ACC (Automotive Cells Company), coentreprise
fondée en 2020 par Stellantis, Mercedes-Benz
et TotalEnergies, a lancé la première tranche de
sa gigafactory en 2023, tandis que la seconde
tranche s’est terminée en 2025.
De son côté, Verkor, également créée en 2020,
bénéficie du soutien de l’EIT InnoEnergy, du
Groupe Idec, Schneider Electric, Capgemini,
Renault Group et Bpifrance. Son usine
gigafactory a également ouvert ses portes
en 2025.
Pour ces deux projets distincts, Ridi a proposé
sa gamme Linia Evo dotée d’un profilé précâblé
en 2,5 mm². Cette solution innovante permet
d’installer un nombre plus important de
réglettes sur un même profilé et, surtout, elle
autorise une suspension tous les 5 mètres,
contre 3 mètres habituellement. Résultat : une
réduction significative du coût des points de
fixation. Le produit, certifié IP54 et IK08, répond
parfaitement aux exigences de l’environnement
industriel et est conforme à la norme NFC 15103.
Les maîtrises d’œuvre des projets, Ekium et
Projex, ont retenu cette solution pour plusieurs
raisons : la diversité des options disponibles,
la durée de vie exceptionnelle du produit.
(100 000 heures), ainsi que son rendement
lumineux supérieur à 170 lm/W. Sur ces deux
sites, il a été possible de mixer des flux lumineux
de 7 000 et 15 000 lumens, avec des optiques
extensives ou intensives, en fonction des
conditions spécifiques de pose.
ACC
Verkor
ACC
© Ridi © Ridi
32 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
• • • Suite de la p. 30
L’éclairage en milieu industriel laisse peu de
place à la fantaisie ou la créativité, même si
la technologie led a permis de s’échapper
des carcans des « gamelles industrielles ».
Des prescriptions incontournables
Il faut toujours des niveaux d’éclairement
réglementaires et mieux vaut ne pas y déroger.
Mais au-delà de la norme, les fabricants
interrogent systématiquement le client sur
ses besoins spécifiques. Certains postes de
contrôle qualité, par exemple, nécessitent
un IRC très élevé pour apprécier la couleur
d’un cuir, d’un bois ou d’un produit
alimentaire ; d’autres exigent un éclairage
rasant pour détecter des planéités ou des
défauts de surface. « Dans ces cas, précise
Didier Petit-Brisson, nous proposons
des luminaires spécifiques avec des leds
adaptées. Nous utilisons exclusivement
des leds Osram, en forte puissance ou en
mid-power selon les applications. Et nous
développons tous nos circuits imprimés
en interne ; ce sont des conceptions propriétaires,
réalisées avec des composants
sélectionnés pour fonctionner de moins
40 °C à plus 85 °C, voire 105 °C. Ils sont
assemblés en France par deux sous-traitants
: Prestocab et Synergy. Cette organisation
nous permet une réactivité immédiate
en cas de non-conformité ; nous
pouvons identifier t rès r apidement s i l e
problème vient du circuit, du composant
ou de l’assemblage. »
La norme européenne 12-464 donne des tableaux
de niveaux d’éclairement en fonction
des industries. On peut citer 500 lux dans les
allées (circulation dense) des plateformes logistiques,
et même 1 000 lux dans les « zones
de configuration e t r emaniement » . D ans l es
salles de mesure de précision, laboratoires, les
sites de production pharmaceutique ou de fabrication
de pneus, la norme préconise 750 lux
moyens. Un niveau d’éclairement de 1 000 lux
est de rigueur pour le contrôle des couleurs
dans presque tous les types d’industrie.
Dans ces conditions, il ne reste pas de place
à l’improvisation, tant en ce qui concerne
les niveaux d’éclairement que le développement
de luminaires sur mesure. Les
industriels préfèrent inscrire à leur catalogue
des appareils conçus pour répondre
aux exigences normatives, quitte à les adapter,
mais le sur-mesure n’est pas vraiment
de mise.
• • • Suite p. 35
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 33
Lumières Dossier
Usine Klinkers, Maastricht (Pays-Bas)
par Ledvance
éclairage fluorescent de l’usine
de machines de Maastricht a dû être
L’ancien
remplacé par une solution d’éclairage
moderne. Cette démarche ambitieuse
devait non seulement améliorer la qualité
de l’éclairage mais également permettre
de réaliser des économies significatives sur
la facture énergétique. Une usine représente
dans de nombreux cas un environnement
difficile : plafond bas, machinerie haute.
Un travail de précision où l’éclairage joue
un rôle important est crucial.
Le projet d’éclairage, développé par Ledvance
en collaboration avec l’installateur Vormtech,
a été conçu avec le système de chemins
lumineux Trusys Flex, parfaitement adapté
à ces applications.
Au total, plus de 110 mètres de ce système
en DALI-2 ont été installés pour moderniser
l’usine actuelle. Le composant MCU Select
DALI-2 permet de contrôler l’installation
d’éclairage de manière simple.
Le passage de l’éclairage à cette nouvelle
solution a produit des résultats remarquables
à plusieurs égards : la consommation d’énergie
a été considérablement réduite – de plus de
60 % –, ce qui a conduit à des économies
substantielles sur la facture énergétique,
allant jusqu’à 90 %.
Grâce à un travail d’analyse et de faisabilité
effectué en étroite collaboration avec le
propriétaire du site et l’installateur Vormtech,
l’usine de machines a été modernisée
avec une solution qui a permis de réduire
la consommation d’énergie et d’améliorer
le confort visuel pour les employés.
« Cette rénovation de l’éclairage donne
le résultat que nous attendions pour notre
site de production : améliorer le bien-être de
nos collaborateurs et réduire nos
consommations ! », a déclaré le directeur
de Machinefabriek Klinkers.
© Ledvance
© Ledvance
© Ledvance
© Ledvance
34 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
• • • Suite de la p. 33
Innover pour adapter
Il faut reconnaître que les appareils d’éclairage
industriel ont connu un sérieux « lifting
» via la miniaturisation des luminaires
obtenue grâce à la technologie led : des
sources plus petites, donc des appareils
moins encombrants, plus légers et très efficaces.
Didier Petit-Brisson parle « d’adaptation
continue. Nous avons un moteur
lumière : projecteur, spot, highbay, avec
des caractéristiques de base disponibles
en 3 000 K, 4 000 K et 5 000 K. À partir de
là, nous pouvons intégrer différents types
d’intelligence, divers protocoles de variation
: DALI, 0-10V, PWM ; et différentes
optiques selon la hauteur d’installation.
Les nouveaux développements naissent
de deux manières : soit un client nous
exprime un besoin non satisfait sur le
marché et nous dérivons un produit existant,
soit nous observons lors de nos prospections
des problématiques récurrentes
qui appellent une réponse produit. Les
investissements en filières aluminium
représentent entre 30 000 et 50 000 € ;
nous ne les engageons que lorsque c’est
justifié et nous les réutilisons ensuite
pour d’autres applications. Aucun client
ne nous a jusqu’ici demandé à s’approprier
une filière ; cela nous permet de
réutiliser les outils et d’amortir les développements
».
C’est l’un des points forts d'EAS Solutions,
qui intervient sur des sites où les luminaires
sont installés à 25 ou 30 m de hauteur, dans
des hangars avioniques ou des stockeurs automatiques
à très haute densité. « À partir
de 15 m, nous changeons les lentilles du
capteur pour resserrer le cône de détection
; plus on monte, plus le cône naturel
s’élargit, ce qui réduit la précision. Notre
règle de conception est simple : la hauteur
d’installation doit égaler le rayon de détection.
Un luminaire à 12 m détecte sur
12 m de rayon, soit 24 m de diamètre. »
Inventronics, spécialiste de la gestion de
l’éclairage, prend, quant à lui, l’exemple des
datacenters : chaque intervention humaine
• • • Suite p. 38
À l'ère de l'industrie 4.0 et de la révolution
numérique, les systèmes de gestion de l'éclairage
gagnent en importance. Ainsi RZB a développé
light control+3, comprenant une commande
dynamique basée sur la lumière du jour et la
détection de présence, qui permet de réguler les
niveaux d'éclairage de façon flexible et dans le
respect des normes en vigueur.
© Linus Lintner Fotografie, Berlin
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 35
Lumières Dossier
Usine Pyrotek à Blansko (Tchéquie)
par Sylvania Group
Dans les environnements industriels
modernes, l’éclairage est bien plus
qu’une simple nécessité : c’est un
facteur clé pour l’efficacité énergétique, la
sécurité et le confort opérationnel.
Dans l’usine de Pyrotek à Blansko, l’objectif
était clair : remplacer les lampes à sodium
haute pression obsolètes par un système
led moderne offrant des performances
supérieures et durables.
Grâce aux luminaires à haute efficacité
Granit et Resisto de Sylvania Group, les
économies d’énergie ont été immédiates.
Ces solutions ont permis une amélioration
instantanée de l’efficacité tout en offrant des
performances d’éclairage fiables.
L’ajout des versions SylSmart Connected,
équipées de capteurs de mouvement et de
lumière naturelle, a permis d’optimiser les
économies d’énergie.
Cette intégration intelligente améliore
non seulement l’efficacité, mais aussi
la qualité de l’éclairage, créant ainsi un
espace de travail plus confortable pour
les employés. Qualité supplémentaire : la
facilité d’utilisation de SylSmart Connected
garantit une mise en service rapide (90 % de
la configuration sont préparés hors site) et
offre une véritable flexibilité, tant dans le
processus d’installation que dans la gestion
du système.
© Sylvania Group
© Sylvania Group
© Sylvania Group
36 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
© Sylvania Group
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 37
Lumières Dossier
• • • Suite de la p. 35
dans les salles serveurs représente un risque opérationnel et un coût. Ces
installations fonctionnent 24 h/24, 7 j/7, dans des conditions thermiques
exigeantes et sous contraintes de continuité de service strictes.
« Remplacer des luminaires défaillants, gérer des pannes nocturnes,
composer avec des capteurs de présence perturbés par la chaleur des
racks : ces scénarios, encore trop fréquents, sont évitables, constate
le fabricant. L’éclairage n’est pas un système secondaire, c’est un
maillon de la chaîne de fiabilité dont dépend la sécurité opérationnelle
de l’ensemble de l’infrastructure. » Le secteur des datacenters
connaît une mutation profonde, portée par l’essor de l’intelligence artificielle.
Selon Inventronics, en Europe, plus de 3 300 centres de données
sont déployés, menés par le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France. En
France spécifiquement, la puissance installée était de 714 MW en 2024
et pourrait dépasser les 4 GW d’ici 2035. Cette expansion s’accompagne
d’exigences réglementaires strictes : neutralité carbone d’ici 2030 pour
l’ensemble des centres européens.
Dans ce contexte, chaque poste de consommation énergétique – y compris
l’éclairage – devient un levier stratégique.
• • • Suite p. 41
Sur son site de 22 000 m², France Routage a remplacé
ses luminaires vétustes par 250 luminaires Clareo.
Audit énergétique, financement, fourniture et pose :
un accompagnement clé en main, sans arrêt de production.
Résultat : 80 % d’économies d’énergie et un meilleur confort
lumineux pour tous les collaborateurs.
© Benoit Diacre
© Benoit Diacre
38 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
Rénovation de l’éclairage chez
Buisard Distribution
par ACTiLED
Maître d’ouvrage : Buisard Distribution
Distributeur : UpToLED
Pilotage de la lumière : Pilotage
industrielle Buisard est un
concepteur et fabricant français de
L’entreprise
cabines destinées aux équipements
agricoles, de manutention, de travaux publics
ainsi qu’aux engins spéciaux.
Dans ses ateliers de fabrication et
d’assemblage, ce sont des linéaires
ACTiLine4330A qui ont été mis en place
dans le cadre d’un relamping de postes de
contrôle et inspection de pièces mécaniques,
auparavant équipés de tubes fluorescents
blanc chaud/blanc froid.
Des linéaires à led de 1 200 mm sont
installés au plafond, au niveau de la coupole,
assurant un éclairage général constant des
ateliers. D’autres dispositifs d’éclairage sont
positionnés latéralement, à gauche et à
droite despostes de travail afin de fournir
un éclairage plus ciblé.
Une option anti-éblouissement a été choisie
pour apporter du confort aux opérateurs.
Les luminaires offrent une puissance de
1 600 lm environ, avec la possibilité de piloter
la température de couleur blanc chaud/blanc
froid, grâce à un pilotage manuel DALI TW
(par bouton-poussoir ou télécommande).
Selon les besoins et exigences des
différentes opérations (contrôle, inspection,
soudage…), plusieurs scénarios peuvent
être configurés : blanc chaud à 100 %, blanc
froid à 100 % ou encore des combinaisons de
températures de couleur.
Ces luminaires présentent un niveau de
protection élevé (IP54), parfaitement adapté
aux environnements industriels. Conçus
et fabriqués en France, dans les ateliers
ACTiLED Lighting, ils sont réparables, aussi
bien en atelier que directement sur site.
© ACTiLED © ACTiLED © ACTiLED
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 39
Lumières Dossier
Centrale nucléaire de Golfech
par Sammode
Implantée dans le sud-ouest de la
France, la centrale nucléaire de
Golfech constitue un site stratégique
de production d’électricité.
Depuis plus de vingt ans, Sammode
y déploie ses solutions d’éclairage
industriel, conçues pour répondre aux
exigences les plus élevées en matière
de sécurité, de fiabilité et de durabilité.
Au cœur de cet environnement
contraint, chaque luminaire
Sammode est pensé pour garantir
une performance constante dans le
temps, résister aux exigences extrêmes
des différentes zones des centrales
et à leurs contraintes spécifiques
(chimiques, mécaniques, électriques,
ou d’étanchéité), et faciliter les
opérations de maintenance.
En parallèle, Sammode accompagne
le site dans la transition technologique
de son parc d’éclairage, en remplaçant
progressivement les installations
fluorescentes par des solutions led
plus performantes, sobres en énergie
et durables.
Cette collaboration de long terme
illustre pleinement l’engagement de
Sammode aux côtés des acteurs
de l’énergie : proposer des systèmes
d’éclairage robustes, pérennes
et parfaitement adaptés aux
infrastructures critiques.
© Sammode
© Alain Caste
© Sammode
© Sammode
40 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
• • • Suite de la p. 38
Inventronics relève les défis spécifiques
de l’éclairage en datacenter
Un datacenter fonctionne 24 h/24, 7 j/7. Ces infrastructures
critiques n’admettent aucune interruption et n’acceptent
qu’un accès très contrôlé aux salles serveurs. Les allées
chaudes peuvent atteindre 45 °C en exploitation courante.
Chaque intervention non planifiée est un risque.
L’objectif : des luminaires et drivers industriels conçus pour
une durée de vie maximale dans ces conditions, limitant
les interventions au strict nécessaire. Inventronics propose
également des extensions de garantie et des services d’accompagnement
adaptés aux projets les plus exigeants, pour
garantir une tranquillité opérationnelle complète sur toute
la durée de vie de l’installation.
Si l’informatique et le refroidissement dominent la consommation
énergétique d’un datacenter, l’éclairage joue un
rôle clé dans la stratégie de décarbonation. Chaque watt
économisé sur l’éclairage réduit aussi la charge calorifique
des salles, allégeant indirectement les systèmes de climatisation.
L’adoption de solutions led à haute efficacité lumineuse
est devenue la norme pour atteindre les objectifs
européens de neutralité carbone d’ici 2030.
Pour maximiser l’efficacité, l’éclairage ne doit être activé
qu’en cas de présence humaine. Mais dans un datacenter, la
détection est complexe : les capteurs infrarouges classiques
(PIR) sont souvent perturbés par les flux d’air chaud et la
chaleur rayonnée des serveurs.
Plusieurs technologies répondent à ce défi selon les
contraintes du projet : des systèmes filaires DALI-2 avec
gradation précise, contrôle centralisé, reporting énergétique
temps réel (D4i, Parts 251–253), maintenance prédictive
; des solutions sans fil (NLC, réseaux maillés) avec un
déploiement simplifié, flexibilité d’installation, automatisation
comparable aux systèmes filaires. Dans les deux cas,
il est recommandé de mettre en place un contrôle à distance,
une gradation intelligente et intégration possible au
système de gestion du bâtiment.
Chez Sylvania Group, la priorité est donnée aux économies
d’énergie. Pour le fabricant, les sites logistiques et industriels
sont des lieux très sensibles qui nécessitent une attention
particulière car ils fonctionnent souvent 24 h/24 et ne peuvent
se permettre d’avoir un éclairage inadapté ou défectueux. Le
système d’éclairage doit pouvoir résister à des conditions difficiles
et garantir un fonctionnement ininterrompu.
La gestion au service des économies
C’est bien là la difficulté dans ces espaces : comment concilier
un éclairage permanent, des performances sans compromis
avec des économies d’énergie et une qualité de lumière pour
un meilleur confort visuel ? Nombreux sont les fabricants
à proposer des solutions de gestion. Sylvania Group, par
exemple, a développé une gamme complète de produits Syl-
Smart Connected qui permet non seulement des économies
d’énergie, mais aussi une solution de contrôle entièrement
personnalisable pour l’ensemble des espaces, afin d’optimiser
l’éclairage en fonction des besoins spécifiques.
• • • Suite p. 42
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 41
Lumières Dossier
Salle de système de gestion de contenu
de Sécurlite, éclairée par les luminaires Fila2
70 avec grille de défilement.
© Sécurlite
• • • Suite de la p. 41
« Face à l’utilisation de luminaires à haut
rendement, explique-t-on chez Sylvania
Group, dans des espaces vastes où
l’éclairage représente une importante
consommation d’énergie, SylSmart
Connected propose une solution sans
fil, facilement déployable. Grâce à des
capteurs robustes intégrés discrètement
dans chaque luminaire, cette solution
permet de capturer et de transmettre en
toute sécurité des données détaillées sur
l’occupation des espaces et la lumière
naturelle, optimisant ainsi la gestion
énergétique. »
Chez EAS Solution, l’objectif est systématiquement
d’atteindre entre 80 et 95 %
d’économies, considérant que dans la
logistique, où les zones sont larges et les
périodes d’inactivité fréquentes, on se
situe entre 90 et 95 % ; dans la production
industrielle, entre 80 et 90 %. « Le
fonctionnement est le suivant, précise
Didier Petit-Brisson : une étude d’éclairage
intègre un coefficient de maintenance
de 20 %, ce qui signifie que l’on
peut d’emblée régler les luminaires à
80 % de leur puissance tout en restant
dans la norme. Ensuite, grâce aux capteurs
de présence, nous appliquons trois
niveaux de paramétrage : pleine puissance
en présence, réduction après une
temporisation réglable, puis extinction
ou niveau de veille minimal. Ce système
est particulièrement efficace dans
les usines qui ne peuvent pas recâbler
facilement leurs zones : les luminaires
d’une zone inutilisée peuvent être coupés
indépendamment des autres, sans
toucher à l’installation électrique. Et si
la destination d’une zone change, stockage
transformé en production, par
exemple, on reparamètre simplement
les luminaires pour se conformer aux
nouvelles exigences normatives. »
EAS Solutions travaille avec deux systèmes
: le premier est l’intelligence Digital
Lumens, aujourd’hui intégrée à la
société SiteWorks, un fonds américain.
C’est un système totalement autonome,
sans dépendance réseau, ce qui convient
aux maîtres d’ouvrage qui ne souhaitent
aucune connexion cloud. Le second système
est Smart Facility Mist, développé en
Europe ; le codage de sécurisation a même
servi à des applications pour l’OTAN.
© Sécurlite
• • • Suite p. 45
42 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
OBO Bettermann à Menden (Allemagne)
par Trilux
Dans un environnement industriel où la
performance logistique repose sur
la fiabilité des infrastructures et la
lisibilité des espaces, l’éclairage devient un
levier opérationnel à part entière.
Le projet mené pour OBO Bettermann,
industriel de la technologie d’installation
électrique dans le secteur du bâtiment et de
l’industrie, à Menden, en Allemagne, illustre
ce changement de paradigme, avec une
approche globale qui structure à la fois
les flux, les usages et la performance
énergétique.
Déployé sur des espaces logistiques à forte
exigence, le dispositif s’appuie sur une
colonne vertébrale claire : le système E-Line
Pro. Ce choix garantit une homogénéité
lumineuse sur l’ensemble des zones, tout en
assurant robustesse et flexibilité dans un
environnement industriel. L’éclairage n’est plus
seulement fonctionnel, il organise l’espace et
sécurise les opérations quotidiennes.
La précision constitue un autre axe
structurant.
Les lignes continues E-Line Pro offrent une
distribution lumineuse uniforme, sans zones
d’ombre ni éblouissement. Ce niveau de
qualité visuelle améliore directement les
conditions de travail, réduit les erreurs et
renforce la sécurité sur les zones de
circulation et de stockage.
Le pilotage intelligent joue un rôle central. Le
système LiveLink Premium, interfacé avec les
luminaires, ajuste en temps réel les niveaux
d’éclairage selon les besoins opérationnels.
Détection de présence, prise en compte de la
lumière naturelle, scénarios automatisés :
l’installation s’adapte en continu. À la clé, des
économies d’énergie significatives et une
exploitation optimisée. Cette intelligence
embarquée simplifie également la gestion du
site. Le pilotage centralisé affine le contrôle
par zone, facilite la maintenance et garantit la
pérennité de l’installation.
Le projet OBO Bettermann confirme une
évolution nette. L’éclairage industriel devient
un système stratégique, au service de la
performance opérationnelle, de l’efficacité
énergétique et du confort des utilisateurs.
Les solutions comme E-Line Pro et LiveLink
Premium structurent durablement les
environnements de travail.
© Trilux © Trilux © Trilux
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 43
Lumières Dossier
Wipro Lauak modernise son éclairage
avec EAS Solutions
Dans le cadre de sa démarche structurée
de management de l’énergie certifiée
ISO 50001, Wipro Lauak a engagé un
programme de modernisation de l’éclairage
de ses sites industriels en France et au
Portugal. Comme le souligne Michael Giroud,
responsable Groupe RSE, Énergie et Climat,
« la revue énergétique a confirmé le potentiel
d’optimisation du poste éclairage, identifié
comme un levier d’amélioration à déploiement
rapide, malgré un poids relatif limité dans la
consommation énergétique globale ».
Les solutions de relamping led « standards »
ont été évaluées mais se sont révélées
insuffisantes au regard des exigences
industrielles du Groupe : des temps de retour
sur investissement supérieurs à cinq ans et une
adaptation limitée aux contraintes d’exploitation.
Les sites présentent en effet des profils de
production hétérogènes, avec des zones
pouvant rester éclairées en continu 24 h/24
sur plusieurs jours pour une activité partielle
uniquement. Cette configuration entraîne
une surconsommation structurelle, une usure
accélérée des équipements, une dégradation
progressive des performances lumineuses
ainsi qu’une augmentation des coûts de
maintenance.
Dans ce contexte, Wipro Lauak a retenu la
solution proposée par EAS Solutions, basée
sur la technologie de pilotage intelligent
Digital Lumens/SiteWorx. Cette approche
repose sur des capteurs de présence, la
prise en compte de la luminosité naturelle et
la modulation automatique de la puissance
lumineuse, permettant un ajustement en
temps réel des niveaux d’éclairement selon
les besoins réels des zones de production.
Le déploiement a été réalisé sur 6 sites
industriels, dont 5 en France et 1 au Portugal,
à l’issue d’une phase d’analyse et de cadrage
comprenant l’audit des installations existantes,
les études techniques, le dimensionnement
des solutions et la modélisation du retour sur
investissement (ROI).
Les résultats opérationnels sont significatifs :
des économies d’énergie supérieures à 85 %,
pouvant atteindre 90 % selon les configurations.
Sur un site équipé initialement en led avec
fonctionnement On/Off, l’intégration d’un
pilotage intelligent (capteurs de présence,
capteurs de luminosité et variation de
puissance) a permis de générer jusqu’à
60 % d’économies supplémentaires.
Au-delà des gains énergétiques, la solution
offre désormais à Wipro Lauak une supervision
centralisée des consommations sur l’ensemble
des sites, ainsi que la capacité d’ajuster à
distance les paramètres d’éclairage, renforçant
le pilotage opérationnel et la maîtrise des
installations.
Cette démarche illustre la volonté du
Groupe d’accélérer la transformation de
ses infrastructures industrielles vers des
solutions connectées, combinant performance
énergétique, optimisation des coûts et fiabilité
opérationnelle dans la durée.
© Wipro Lauak
© Wipro Lauak
© Wipro Lauak
44 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
• • • Suite de la p. 42
Le Smart Facility Mist intègre la détection
de mouvement et de luminosité, mais
aussi des contacts secs qui permettent de
piloter d’autres équipements : climatisation,
extracteurs, capteurs de température
connectés en radio. Tout fonctionne
sans infrastructure réseau fixe. C’est un
mode de fonctionnement autonome. « On
paramètre l’ensemble de l’intelligence,
explique Didier Petit-Brisson : scénarios,
fonctions maître-esclave, multimètre,
commandes associées ; puis on télécharge
cette configuration directement
dans la puce radio du luminaire. Une
fois cette opération effectuée, on déconnecte
la passerelle de communication et
le luminaire fonctionne de manière entièrement
autonome, sans réseau Ethernet
ni cloud. On peut à tout moment
reprendre la main, modifier le paramétrage
et repartir en mode autonome. »
Ce fonctionnement est très recherché
par les sites travaillant dans des environnements
confidentiels ou militaires, qui
refusent toute interconnexion avec leur
propre réseau. n
© Disano
Industrie Biogaz.
Solution éclairage Forma de Disano.
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 45
Lumières Dossier
Enquête produits
Étanches, efficaces,
intelligents
En lignes continues, suspensions ou encore
projecteurs, les appareils d’éclairage dédiés à
l’industrie ne manquent pas d’atouts : des indices
de protection et des résistances aux chocs élevés ;
des efficacités lumineuses souvent supérieures à
150 lm/W avec des indices de rendu des couleurs
avoisinant 90 ; sans oublier des équipements
associés qui modulent les éclairages en fonction
de la lumière du jour ou de l’occupation.
Linedo de RZB
Doté d’unités leds ultra-performantes, avec guidage optimal de la lumière
grâce à une optique à lentilles de précision en matière synthétique (PC)
claire, ce luminaire offre une répartition lumineuse à rayonnement extensif.
Il propose un flux de 27 000 lm avec une efficacité de 162 lm/W en 4 000 K.
Le montage des systèmes de profilés s’effectue simplement à l’aide
d’accessoires distincts pour suspension par câble, par chaîne ou au plafond.
Raccordement sans outil et sécurisé par des connecteurs mécaniques.
www.rzb.de/fr
Forma de DISANO
Ces plafonniers étanches comprennent
un corps fabriqué d’une seule pièce en acier
sans soudures, et il est en mesure de résister à des
environnements particulièrement agressifs. Le diffuseur en verre
trempé ou en polycarbonate stabilisé UV est accroché au corps par un
système de fixation en acier. Le luminaire offre rapidité d’installation, sécurité
au travail et confort visuel maximal. Disponible avec plusieurs optiques et
combinaisons, en versions high efficiency et à flux lumineux élevé, avec un
faible niveau de flicker. Le luminaire peut inclure des systèmes de gradation
sophistiqués. 6 000 lm, soit 162 lm/W en 4 000 K. IP66 et IK10. Existe aussi en
Forma ATEX ZONE 2.
www.disano.it/fr
High Bay Flex avec détecteur
de LEDVANCE
De classe I, ce luminaire se distingue
par son corps en aluminium
blanc (RAL 9003), son indice
de protection IP66 et une
résistance aux chocs IK10.
Pensé pour offrir une
grande flexibilité à l’installation,
il existe en On/Off Multi Lumen, avec une
sélection de la puissance sur trois niveaux via un interrupteur,
ainsi qu’en version gradable 0-10 V et DALI. Il présente un UGR
jusqu’à 22, une excellente constance colorimétrique (SDCM ≤ 3)
et un très faible scintillement. Certifié ENEC et bénéficiant d’une
garantie de 5 ans, ce luminaire se décline également en version
avec détecteur PIR de présence et de luminosité.
www.ledvance.com/fr-fr
DALI-2 Sensor LS/PD HB2 LI d’INVENTRONICS
Certifié DALI-2, ce capteur de présence a été spécifiquement développé pour les
environnements industriels à grande hauteur. Opérationnel jusqu’à 15 m, il offre une
zone de détection exceptionnelle de 30 m x 12 m depuis cette hauteur, réduisant
significativement le nombre de capteurs nécessaires pour couvrir un même site.
Son intégration dans le luminaire est simplifiée par un pas de vis standard, et sa tête
de détection IP65 garantit une fiabilité durable en environnement industriel. Alimenté
directement par le bus DALI (6 mA), aucune connexion secteur additionnelle n’est requise.
Solution de référence pour entrepôts logistiques, zones de stockage et halls industriels.
Également disponible en version Bluetooth NLC et Casambi.
www.inventronicsglobal.com
46 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
Rocks de SYLVANIA GROUP
Cette armature propose des flux lumineux qui vont de 9 000 lm à 54 000 lm avec une
haute efficacité jusqu’à 190 lm/W, en IP65 et IK08. Doté de la gestion intelligente
SylSmart Connected pour maximiser le confort des usagers et les économies
d’énergie, ce luminaire est aussi disponible avec un capteur PIR,
compatible Zhaga Book 18. Il est certifié ENEC, IFS, marquage D, VDE.
www.sylvania-group.com
Support d’appareils Linia Evo de RIDI
Le guidage du flux s’effectue par une lentille de PMMA clair, caractéristique d’émission symétrique,
à faisceau large. Le luminaire génère un flux lumineux assigné de 14 730 lm en 4 000 K et offre
une qualité de lumière élevée grâce à une tolérance chromatique < 3 SDCM. Acier,
blanc trafic similaire à RAL 9016, IP54, température ambiante admissible
– 25, – 30 °C. Le montage s’effectue par clipsage simple pour le
contact électrique et la fixation mécanique dans le système
de rails porteurs avec appareillage électronique DALI-2.
www.ridi.de/fr
Lingotto d’iGUZZINI
Ce projecteur (avec patère) présente un bras pivotant qui offre une solution
polyvalente pour l’intérieur et l’extérieur, garantissant une installation murale facile
et nette. Il est composé d’un groupe d’optiques (Opti Smart Lens : White Opti Smart
et Black Opti Smart), d’une collerette de maintien du verre et d’une patère réalisées
en alliage d’aluminium. Bloc d’alimentation électronique DALI fourni et compatible
avec les systèmes de gestion déportée. 5 finitions disponibles : blanc, noir, gris,
brun rouille et gris/jaune. Efficacité lumineuse : jusqu’à 133 lm/W. IP66 et IK07.
2 200 K, 3 000 K, 3 500 K, 4 000 K selon les modèles.
www.iguzzini.com/fr
ACTiLine4330A d’ACTiLED
Disponible en 4 longueurs (400 mm, 600 mm, 1 200 mm, 1 800 mm) et 2 niveaux
de puissance, ce plafonnier offre un indice de rendu de couleur supérieur à 84,
2 températures de couleur (4 000 K ou 5 000 K). Il s’installe facilement
grâce à son branchement sans bloc d’alimentation externe et se
fixe en applique par différents accessoires.
https://actiled.com
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 47
Lumières Dossier
Boyle Xtrem
de SAMMODE
Conçu pour les milieux les plus
extrêmes, ce luminaire ATEX zones 2,
21 et 22 offre une étanchéité et une robustesse
ultimes, grâce à une enveloppe de conception monobloc
abritant une électronique insensible aux températures
élevées et aux réseaux électriques à risque. Résistance
chimique garantie par le choix de matériaux de vasque
sans compromis : verre borosilicaté IK07 ou composite
coextrudé IK10. IP66, IP68, IP69K. IRC, 4 000 K.
www.sammode.com
Led Xion 192 B2 d’EAS SOLUTIONS
Ce projecteur affiche une efficacité lumineuse de 173 lm/W pour un flux
lumineux de 14 664 lm. Certifié IP52, il fonctionne de - 20 °C à + 55 °C (plage
étendue en option). Grâce à une gestion thermique intégrée, il protège
efficacement ses composants électroniques et assure une durée de vie
supérieure à 150 000 heures (L80), certifiée Cofrac Piseo. Avec un IRC de
84, il est disponible en 4 000 K, 5 000 K (et 3 000 K en option), ainsi qu’avec
différents systèmes d’alimentation et de pilotage (0-10V, PWM, DALI).
Fabriqué en France, il se distingue par sa réparabilité et sa durabilité. Il
est garanti 5 ans avec échange standard du luminaire (extension possible
jusqu’à 10 ans).
www.eas-solutions.fr
Induflex de FAGERHULT
Offrant un éclairage puissant et un fonctionnement fiable, ce luminaire
est disponible avec des leds standards ou premium. Avec des leds
premium, leur valeur CLO (Constant Light Output) est de L100, c’est-à-dire
qu’au bout de 100 000 heures d’autonomie le niveau de lumière est le même qu’à leur
mise en service. Il offre différentes répartitions lumineuses : faisceau étroit, moyen ou large, avec
des flux allant de 16 730 lm à 21 400 lm en 4 000 K. Il peut être contrôlé par DALI ou par e-sense Move Highbay,
un système de gestion de la lumière adapté aux défis et aux conditions des locaux industriels. Les luminaires
sont disponibles en deux longueurs (1 200 mm et 1 500 mm). Il est facile à installer, même à une grande hauteur.
www.fagerhult.com/fr
Fila² 70 de SECURLITE
Avec un IP67 et un IK10/20 joules, ce luminaire peut fonctionner
à une température ambiante de 25° C et à des températures
d’utilisation allant de - 20° C à + 35° C. Équipé d’une grille
défilement, il offre une efficacité lumineuse qui peut atteindre
129 lm/W, avec un IRC de 80 pour 3 000 K et 4 000 K. Il peut
être associé au système de détection Pro, avec ou sans
préavis d’extinction ou de veille.
www.securlite.com
E-Line Pro de TRILUX
Cette ligne lumineuse est équipée d’une nouvelle optique à lentilles, Lensible,
basée sur un alignement des leds en rangées associé à des microstructures
optiques. Cette configuration atteint jusqu’à 220 lm/W, avec des flux allant jusqu’à
28 000 lm. Le guidage précis du flux réduit les contrastes, limite les ombres
portées et abaisse l’éblouissement, avec des versions UGR19 et IRC jusqu’à 90.
Le système repose sur une plateforme modulaire avec 22 optiques adaptées
aux usages, des températures de couleur de 2 700 K à 6 500 K et des variantes
Tunable White pour les approches HCL (Human Centric Lighting).
www.trilux.com/fr
48 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Dossier
Speedy Slim Essential de LÉBÉNOÏD
Les puces leds SMD2835 haute performance garantissent une efficacité de l’appareil
allant jusqu’à 135 lm/W (+/- 10 %). Le luminaire est équipé d’un driver interne à double
isolation IP65, d’un câblage traversant de 1,5 mm² et d’un interrupteur de
couleur 3 000 K-4 000 K-5 000 K. Grâce aux embouts sans vis et aux
connecteurs sans outil, il peut être installé facilement.
Il se compose d’un boîtier très robuste en
polycarbonate IK08 avec un
indice de protection IP65.
www.lebenoid.fr/
Highbay de CLAREO
Spécialement conçu pour
l’éclairage grande hauteur des
entrepôts et ateliers, ce luminaire
industriel haute performance présente
un rendement de 200 lm/W associé à un Power Switch. L’angle est réglable sans
outil : 60°/90°/110°. Doté de l’interface Zhaga pour détecteur Sensor One ou Sensor
Bluetooth. Il se décline en trois puissances : 150 W, 170 W et 200 W. IP65 et IK08.
www.clareolighting.com/fr
Gestion d’éclairage par WAGO
WAGO propose une solution de gestion
d’éclairage pour halls de production et
entrepôts basée sur le contrôleur PFC200
et le module DALI-2 du système
WAGO I/O System 750. Chaque
module pilote jusqu’à 64 luminaires
DALI, 16 capteurs et 16 poussoirs.
L’éclairage est organisé en « espaces
virtuels » configurables via une
interface Web HTML5 accessible en
HTTPS, sans programmation ni logiciel
local. Compatible DALI, KNX, EnOcean,
Modbus TCP/IP et OPC UA, la solution intègre
des fonctions de gradation, contrôle de lumière du jour,
lumière constante, programmation horaire et Human Centric
Lighting (HCL). La version 2.1 ajoute un accès cloud aux
données du système.
www.wago.com/fr
thePassa de THEBEN
Ce détecteur de présence DALI pour les
allées logistiques est compatible
avec des hauteurs jusqu’à 15 m
et couvre une zone rectangulaire
de 30 m x 5 m adaptée aux
rayonnages d’entrepôts. Doté de
deux circuits DALI-2 indépendants, il
permet de gérer séparément deux portions
d’allée afin d’éclairer uniquement les
zones occupées. Le détecteur ajuste
également le flux lumineux selon
l’apport de lumière naturelle
et peut maintenir un éclairage
résiduel en absence de détection.
Compatible KNX, il peut être
intégré dans une GTB ou un BMS.
www.theben.fr
EcoStruxure Building Operation de SCHNEIDER ELECTRIC
Schneider Electric intègre des fonctions de gestion d’éclairage dans sa plateforme
GTB. Compatible BACnet et Modbus, la solution centralise le pilotage de l’éclairage
des sites industriels et entrepôts. La plateforme automatise l’éclairage selon
l’occupation des zones, les horaires d’exploitation et les pics d’activité. Elle adapte
également le flux lumineux aux apports de lumière naturelle et permet le maintien
d’un éclairage minimal de sécurité hors exploitation. EcoStruxure Building Operation
assure la supervision multisite ainsi que le suivi des temps d’allumage et des
consommations par zone pour optimiser les usages énergétiques.
www.se.com/fr
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 49
Lumières Designer
© DR
Diplômée en architecture du Politecnico di Milano, Roberta Molteni débute sa carrière à Milan,
notamment au sein du Studio de Renzio & Urquiola, puis au sein du Studio & Partners et Michele
De Lucchi, avant de s’installer à Paris au début des années 2000 pour élargir son horizon créatif.
Après des expériences en architecture et en design d’intérieur auprès d’Antonio Virga puis de
Christophe Pillet, elle développe une approche très personnelle de l’espace. Depuis la création de son
studio en 2010, l’architecte italienne approfondit une réflexion centrée sur l’habitat, la fonctionnalité
et le confort du quotidien, dessinant régulièrement du mobilier sur mesure pour accompagner les
usages réels de ses clients. Fascinée par la lumière comme élément essentiel de l’architecture, elle
signe aujourd’hui son premier luminaire édité par Brossier Saderne, le RM031, né de sa passion pour
les anciennes opalines qu’elle collectionne depuis des années.
Opaline et laiton,
une lumière à deux voix
Comment est née votre sensibilité à la lumière ?
La lumière a toujours fait partie de ma réflexion d’architecte.
Pour moi, c’est un élément fondamental
de l’architecture, parce
qu’elle permet de révéler
un espace, une matière, un
objet. Elle participe aussi au
bien-être. Grâce à la lumière,
on crée des atmosphères différentes
selon les pièces et
selon les usages. Dans un salon,
par exemple, on ne cherche pas la
même ambiance que dans une cuisine
ou une chambre. Quand je conçois
un espace, je réfléchis toujours à la façon
dont il sera éclairé. Un luminaire n’est pas un
objet ajouté après coup, il fait partie intégrante du
projet architectural. Et puis il y a aussi l’écoute des
usagers. Je travaille beaucoup avec mes clients sur
leurs sensations, leurs habitudes de vie, leur manière
d’occuper un lieu. La relation et l’écoute avec
les clients sont plus liées à l’espace qu’à la lumière.
Votre premier luminaire est né d’une
collection personnelle d’opalines anciennes.
Comment cette idée s’est-elle transformée
en projet ?
Je collectionnais depuis longtemps
des opalines anciennes, des globes
en verre. J’étais fascinée par
leurs couleurs, l’épaisseur du
verre, leur matière. Dès que je
voyageais, à Paris ou ailleurs, je regardais toujours si je pouvais en
trouver de différentes couleurs : blanche, verte, rose, bleue… Au
départ, ces opalines étaient simplement posées chez
moi, sur des étagères. Et puis
je me suis dit qu’il fallait leur
redonner vie, les remettre littéralement
en lumière. C’est
comme ça qu’est née l’idée
de créer une colonne pour les
accueillir. Ce qui m’intéressait
surtout, c’était le dialogue
entre deux types de lumière :
celle, douce et diffuse, du verre
opalin, et celle, plus géométrique, du
cylindre métallique perforé, qui projette
des points lumineux et des ombres sur les
murs. Le contraste entre le métal et le verre créait
quelque chose de très vivant. J’ai réalisé ces lampes
moi-même, en très petites séries, ce que je continue
à faire aujourd’hui. Mes collections s’appellent Otto
Lampade, Nove Lampade, selon le nombre de pièces
présentées. Puis, un ami m’a mise en contact avec
Tristan de Witte et Brossier Saderne. À partir de là,
nous avons commencé à réfléchir à une version éditée
et industrialisable de ce luminaire.
Qu’est-ce qui a changé avec le passage
à l’édition industrielle ?
La première chose, c’est l’échelle. Mes
opalines de collection étaient
très grandes, certaines faisaient
quarante centimètres
50 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Designer
de diamètre. J’aime cette présence
sculpturale pour une
pièce unique, mais avec
Brossier Saderne, nous
avons retravaillé les proportions
pour l’édition.
L’opaline est devenue
plus petite, tout comme
le cylindre en laiton et la
base en verre laqué. L’idée
était de conserver l’esprit de la
lampe tout en créant un objet plus consensuel, et
plus facile à intégrer dans un intérieur, un studio, un appartement,
un hôtel, un bureau, une galerie, un restaurant… Il existe
aujourd’hui une seule taille, mais deux versions : une lampe à
poser et une suspension. C’est le même objet, utilisé différemment.
Pour la suspension, nous avons aussi beaucoup travaillé
les détails techniques, notamment la rosace et la sortie de câble.
Je voulais éviter les gros éléments du boîtier DCL. Ces détails
participent à l’élégance de l’objet.
Comment avez-vous conçu ce modèle ?
Je suis partie directement de l’opaline. Chaque projet a son propre
processus créatif, mais ici, tout est né de cet objet existant. J’ai
commencé par dessiner, faire des esquisses, chercher les justes
proportions. Le dessin est toujours mon point de départ. C’est lui
qui me permet de réfléchir et de me projeter. Ce qui m’intéressait
aussi, c’était de détourner l’usage traditionnel des anciennes opalines.
On les voyait souvent suspendues, avec l’ouverture tournée
vers le bas, comme au-dessus des tables de billard ou dans les
cuisines anciennes. J’ai voulu les retourner, ouvrir le globe vers le
haut, presque comme une fleur, un trophée ou une coupe lumineuse.
Cela change complètement la perception de l’objet. Ensuite,
j’ai travaillé avec des formes découpées et des prototypes
pour observer les proportions, et la manière dont les matières
interagissaient. La lumière était essentielle dans cette phase. À
l’origine, il y avait deux sources lumineuses distinctes : une pour
l’opaline et une pour le cylindre perforé.
Le cylindre perforé crée
justement un jeu de lumière
très particulier.
Pouvez-vous expliquer
ce rendu graphique ?
Selon le type d’ampoule utilisée,
satinée ou transparente,
la lumière projette des points
lumineux et des ombres sur
le mur. La partie perforée
laisse passer la lumière, les zones
pleines créent l’ombre. Cela produit une sorte de vibration
graphique autour de la lampe. L’opaline, elle, diffuse une lumière
beaucoup plus douce. Certaines opalines anciennes étaient même
composées de deux couches de verre : par exemple un verre bleu à
l’extérieur et blanc à l’intérieur, afin d’obtenir un rendu plus clair et
plus lumineux. C’est un travail de matière fascinant.
Qu’avez-vous appris avec cette première
collaboration industrielle ?
J’ai découvert tout le travail de simplification nécessaire pour
rendre un objet industrialisable sans perdre sa beauté ni sa fonctionnalité.
Par exemple, le système initial à double éclairage était
trop complexe et trop coûteux à produire. Nous avons donc retravaillé
entièrement le système lumineux avec Brossier Saderne pour
parvenir à une seule source lumineuse, positionnée plus bas dans le
cylindre en laiton, capable d’éclairer à la fois l’opaline et le cylindre.
Cela a demandé beaucoup de recherches techniques, notamment
sur les ampoules et leurs dimensions. Ce que j’ai trouvé passionnant
dans cette collaboration, c’était le dialogue avec les équipes de
Brossier Saderne. Je leur faisais part des éléments auxquels je ne
voulais pas renoncer, et ils me proposaient des solutions en retour.
C’était ma première expérience d’industrialisation d’un de mes
objets, et cela a pris du temps. Nous avons commencé à travailler
sur cette lampe en 2023 avant d’aboutir aux deux versions finales
prêtes pour le lancement.
Rubrique réalisée par Alexandre Arène
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 51
Lumières Showroom
DISANO fait son show
© Disano © Disano
Fondé en 1957 à Milan par Ignazio Disano, le groupe Disano figure aujourd’hui parmi les références européennes
de l’éclairage professionnel généraliste. À travers les marques Disano et Fosnova, le groupe revendique une
approche holistique de l’éclairage professionnel. Disano couvre les applications tertiaires, industrielles, sportives,
urbaines et d’infrastructures, tandis que Fosnova concentre son expertise sur les solutions architecturales et
décoratives, le tout avec des produits 100 % réparables et fabriqués à 90 % en Italie et à 10 % en Espagne. Cette
complémentarité permet au groupe de répondre à une grande diversité de projets, des installations techniques
aux projets architecturaux, où le design et l’intégration lumineuse occupent une place centrale. En France, la
filiale est implantée depuis 1996 à Allonzier-la-Caille, près d’Annecy, en Haute-Savoie. Le siège français du groupe,
d’une superficie totale de 6 000 m², héberge le siège social à l’étage, un entrepôt de stockage de 5 500 m² au rez-dechaussée
et un showroom partagé entre le hall d’entrée et l’extérieur du bâtiment. Un espace pensé comme une
vitrine du savoir-faire du fabricant italien, où se côtoient éclairage urbain, architectural et produits techniques.
Depuis le 14 mai 2026, le groupe ouvre une nouvelle phase de développement avec l’arrivée d’Ambienta,
gestionnaire d’investissement européen spécialisé dans la durabilité environnementale, en tant que partenaire
stratégique. Partenariat qui s’inscrit dans une vision commune : accélérer l’innovation, renforcer l’efficacité
énergétique des solutions d’éclairage et accompagner durablement les transformations du secteur.
52 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
« Avec sa forme ronde, simple et moderne, Ischia est le produit idéal pour éclairer
les espaces verts et les zones résidentielles »
Ischia a été conçu pour remplacer les luminaires boules, interdits par l’arrêté
du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des
nuisances lumineuses. Il a été décliné en petite taille avec Mini Ischia. Ischia,
d’un diamètre de 50 cm, a été prévu pour une hauteur de pose supérieure à
3 mètres et Mini Ischia, d’un diamètre de 34 cm. Ces luminaires offrent une
grande adaptabilité grâce à une multitude de faisceaux et trois températures
de couleurs : 2 200 K, 3 000 K (et 4 000 K dans le cas où il est possible d’utiliser
cette température de couleur). Ils peuvent accueillir différents types de led et
plusieurs systèmes de gestion, du plus simple au plus complexe.
Lumières Showroom
« Un luminaire polyvalent pour l’éclairage public »
Giovi et Mini Giovi sont des luminaires d’éclairage public routier à led,
conçus pour répondre aux enjeux de performance énergétique et de
pilotage. Réalisés en aluminium moulé sous pression, ils présentent un profil
aérodynamique limitant la prise au vent et intègrent des leds de dernière
génération. La gamme est déclinée en plusieurs optiques, adaptées aux
différents usages de l’espace public : voirie, pistes cyclables, places ou
passages piétons. Le faisceau lumineux, précis et modulable, permet une
parfaite maîtrise de la zone à éclairer, limitant la dispersion et la pollution
lumineuse. Disponibles en 3 000 K, (4 000 K si possible dans le cadre du
décret) et 2 200 K, Giovi et Mini Giovi intègrent différents systèmes de
gestion, notamment DALI, Minuit virtuel ou Zhaga, afin d’ajuster le flux
lumineux aux besoins réels.
© Isabelle Arnaud
« Granada est une lanterne led 4 faces au design classique,
dans l’esprit des centres-villes historiques »
© Disano
Disano signe avec Granada un luminaire urbain qui reprend les codes de la lanterne
4 faces traditionnelle. Pensé pour les places, rues et quartiers résidentiels, le luminaire joue
sur une silhouette classique pour s’inscrire dans les environnements patrimoniaux. Sous
cette esthétique intemporelle, Granada embarque une source led configurable. Un double
sélecteur permet d’ajuster directement la puissance et la température de couleur en 2 700 K,
3 000 K (ou 4 000 K, si possible dans le cadre du décret). Le luminaire peut atteindre 8 865 lm
pour 60 W. Développé pour durer en extérieur, il associe un corps en aluminium moulé, une
optique asymétrique anti-éblouissement ou rotosymétrique, une protection IP66 et une
résistance mécanique IK08. Une manière, pour Disano, de faire dialoguer patrimoine urbain,
technologie de l’éclairage et performance énergétique.
« La borne led symétrique/asymétrique Faro 5 a été pensée
pour structurer les espaces extérieurs »
Dédiée à l’éclairage des jardins, parcs, allées et pistes cyclables, la borne Faro 5 se
décline en trois hauteurs : mini, bas et haut. Son format compact et son faisceau
asymétrique permettent de guider la lumière avec précision, tout en limitant les
débordements lumineux sur l’environnement proche. Installée sur colonne acier,
la borne intègre une source led jusqu’à 11 W pour un flux jusqu’à 637 lm et une
température de couleur de 3 000 K. Son corps cylindrique en aluminium extrudé et
son diffuseur en polycarbonate anti-éblouissement visent une utilisation durable en
extérieur. La Faro 5 affiche un indice de protection IP66 et une résistance IK10.
© Disano
« Avec Forum 2.0, Disano fait évoluer son projecteur vers une
version pensée pour les grands espaces, où la lumière doit être
à la fois puissante, maîtrisée et durable »
Destiné aux stades, infrastructures sportives ou vastes
installations intérieures et extérieures, ce projecteur
modulaire mise sur la polyvalence. Disponible en versions à
un, deux ou trois modules, il s’adapte aux différentes configurations grâce à une large palette d’optiques capables de répondre
à des exigences d’éclairage très variées. Avec un flux permettant d’atteindre les 273 209 lm pour une puissance de 1 625 W,
Forum 2.0 est constitué de matériaux et de composants électroniques sélectionnés pour résister aux chocs mécaniques, aux
contraintes thermiques et aux intempéries. Disponible en version on/off, DALI ou DMX, avec sa température de couleur de
5 700 K et un IRC de 70 (autre choix possible sur demande), il accompagne l’essor de la led dans les équipements sportifs, où
économies d’énergie et qualité visuelle deviennent indissociables.
Disano
Rubrique réalisée par Alexandre Arène
1 443, route de l’Arny
74350 Allonzier-la-Caille
Contact : 04 50 33 08 10
commercial@disano.fr - www.disano.fr
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 53
Lumières Cahier technique
Éclairage
dans les aéroports
Dossier réalisé par Isabelle Arnaud
Aéroport international de Charleroi, Belgique
Solution éclairage : Trilux
© Trilux
54 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Cahier technique
iGUZZINI : la gestion des flux est la priorité n o 1
© iGuzzini
« L’expérience du voyageur se trouve au centre de nos préoccupations, affirme
Renaud Lièvre, directeur général iGuzzini France. En effet, les voyages, en particulier
en avion, créent énormément de stress qui réduit les capacités d’orientation des
passagers. Or, le voyageur doit toujours être capable de se diriger aisément dans
toutes les zones. Donc la gestion des flux est la priorité numéro un d’un aéroport ;
et la lumière va contribuer à réduire ce stress et accompagner les voyageurs tout
au long de leur parcours. »
Comment la lumière peut-elle aider à
la gestion des flux ?
La lumière se perçoit avant de se remarquer.
Elle suggère des comportements
par l’intensité, la température de couleur
et l’orientation du faisceau. Dans les espaces
d’attente, un éclairage chaleureux
et confortable incite à la relaxation, donne
l’impression que le temps s’écoule plus doucement
et oriente naturellement les passagers
vers la bonne porte. Mais notre mission
ne s’arrête pas là. Les aéroports, comme les
grandes gares, sont devenus de véritables
lieux de vie : commerces, restaurants, espaces
cosy avec sièges confortables et aires
de jeux pour enfants, le tout dans un continuum
ouvert. Nous faisons appel à des appareils
dotés de faisceaux précis, capables
de gérer simultanément ces fonctionnalités
très différentes ; puis nous nous intéressons
aux contraintes techniques propres à
chaque site.
Fiumicino Airport Roma. © Luca Petrucci.
Fiumicino Airport Roma. © Luca Petrucci.
Pour le choix des luminaires ?
Oui. Dans des halls de très grande hauteur,
il faut des appareils puissants à faisceaux
étroits : la précision d’un luminaire
muséal combinée à la robustesse d’un appareil
routier. iGuzzini couvre l’ensemble
de ce spectre, car nous concevons aussi
bien des produits d’éclairage de musées
que des luminaires dédiés à l’hospitality
ou aux espaces urbains. Nous privilégions
des supports pouvant accueillir plusieurs
types d’appareils, ce qui permet une approche
scénographique intéressante. À cela
s’ajoute un éclairage diffus pour les grands
volumes ; pour Roissy-Charles-de-Gaulle,
nous avions conçu un éclairage zénithal reproduisant
la direction de la lumière naturelle.
Aujourd’hui, on va plus loin : on nous
demande de travailler sur les variations de
température de couleur au fil de la journée.
Nous remplaçons également des luminaires
installés depuis vingt ans par des modules
led, en conservant l’enveloppe d’origine ;
ces appareils sont toujours à notre catalogue,
mis à jour en led. C’est l’un de nos
atouts en tant que fabricant européen :
pouvoir accompagner nos productions sur
plusieurs décennies et les faire évoluer
sans rupture.
Vous voulez dire que les
adaptations s’inscrivent
dans votre catalogue ?
Tout à fait. Nous proposons
des systèmes et des
kits rétrofit permettant de
remplacer la technologie à
l’intérieur du luminaire ; à
plus long terme, nous remplaçons
aussi le luminaire
complet pour des raisons
mécaniques ou techniques.
Comme nous améliorons
nos gammes en continu,
il est possible de retrouver
le même design vingt ans après, avec
quelques ajustements. Et l’on peut aller
encore plus loin.
Comment pouvez-vous
« aller plus loin » ?
Je pense notamment au Li-Fi : la possibilité
de capter un signal internet via la
lumière dans un environnement sécurisé.
Les applications sont multiples. Certains
de nos luminaires intègrent déjà des balises
recréant un réseau de géolocalisation intérieure
; dans un aéroport, le voyageur peut
ainsi, depuis son téléphone, se repérer avec
précision et rejoindre sa porte d’embarquement
en toute confiance. L’éclairage recèle
un potentiel de développement considérable
pour les infrastructures de transport ;
iGuzzini s’emploie à en explorer et à en
déployer toutes les dimensions. n
Queen Alia Airport Amman. © Nigel Young Foster+Partners.
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 55
Lumières Cahier technique
TRILUX : rénovation et innovation
dans les espaces intérieurs
© Yves Trotzier
Florian Martin, directeur commercial grands comptes France chez Trilux, présente
les opérations de rénovation conduites par la marque dans les aéroports. Basé à
Entzheim, en Alsace, Trilux intervient principalement dans les espaces intérieurs.
« Nos opérations dans les aéroports concernent principalement la rénovation. Les
aéroports comprennent de nombreux espaces avec des grandes hauteurs sous plafond
où il est coûteux d’intervenir pour changer les sources. Aujourd’hui, la rénovation
s’impose pour passer à un éclairage led et améliorer le parcours des passagers. »
© Trilux
des luminaires architecturaux
à émission
exclusivement
indirecte, afin que
la lumière enveloppe
l’espace sans
que l’appareil luimême
ne s’impose visuellement.
Tout cela
dans le cadre strict
des nombreuses contraintes.
rement suffisants, mais dans une ambiance
très tamisée, sans éblouissement, pour rester
concentrés sur leurs écrans et leurs instruments.
Pour le luminaire d’éclairage général,
nous avons conçu une bague spécifique
placée devant le réflecteur en nid d’abeilles,
couplée à une tige métallique qui assure à la
fois la connexion électrique et la fixation au
plafond. Nous avons dû transformer notre
produit afin d’obtenir un UGR inférieur ou
égal à 16. Un concept innovant, réalisé à partir
d’un modèle existant.
Dans quelles zones intervenez-vous
lors des opérations de rénovation
de l’éclairage ?
Quasiment tous les espaces sont concernés
: lounges, zones d’attente, guichets,
zones de récupération des bagages, etc.
Les aéroports disposent de luminaires robustes
et durables, mais qu’il ne sera bientôt
plus possible de maintenir : les lampes à
décharge ne seront plus disponibles à l’horizon
2027. Notre mission est de faire passer
ces installations en led, pour permettre
des économies d’énergie significatives et
apporter davantage de confort aux usagers.
La température de couleur joue un rôle
déterminant : dans une zone d’attente
où les voyageurs peuvent patienter plusieurs
heures, on privilégie une lumière
douce à 3 000 K ; les circulations et zones
de passage seront plutôt éclairées à
4 000 K. De manière générale, plus les niveaux
d’éclairement sont élevés, plus les
températures de couleur sont froides. Nous
avons ainsi rénové récemment un grand
lounge : espace central de plus de 15 mètres
de hauteur sous plafond, avec d’énormes
poutres apparentes et d’importants apports
de lumière naturelle. Nous avons opté pour
© Trilux
De quel ordre étaient ces contraintes ?
Elles étaient de trois types : techniques et
réglementaires, liées aux exigences de la
maîtrise d’ouvrage, et aux besoins des passagers
eux-mêmes. Le choix de l’indirect
a permis de mieux intégrer les appareils à
l’architecture, sans que l’objet lumineux ne
capte l’attention. Nous avons travaillé très
en amont avec le bureau d’études, en intégrant
matières, couleurs et textures zone par
zone. Un aéroport est un environnement en
mouvement permanent ; un éclairage tamisé
et chaleureux convient à l’attente, mais les
passagers circulent sans cesse, et chaque espace
appelle une réponse différente. La tour
de contrôle illustre bien cette complexité :
les opérateurs ont besoin de niveaux d’éclai-
Est-ce que ce développement sur
mesure ne complique pas l’étude
d’éclairage ?
Pas vraiment ; au contraire, il nous pousse à
mieux comprendre les attentes de nos clients
et à innover. Le fait de disposer d’usines en
Europe simplifie les échanges, raccourcit les
délais et rassure les maîtres d’ouvrage. Je
préfère parler d’ajustements techniques plutôt
que de sur-mesure, c ar nous partons souvent
de nos gammes existantes pour les modifier
et les adapter aux besoins des clients ;
les écarts par rapport au standard sont maîtrisés
et reproductibles. Et notre expérience
dans les infrastructures aéroportuaires nous
a appris une chose : rénovation rime presque
toujours avec innovation. n
© Trilux
56 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Cahier technique
abel : sécuriser les passages piétons par la lumière
© DR
Denis Pomarel est président d’abel, entreprise familiale française basée à Brive-la-
Gaillarde forte d’une centaine de collaborateurs, qui conçoit et commercialise des
luminaires d’éclairage extérieur depuis plus de soixante-dix ans. Spécialiste du
mobilier urbain lumineux, la société a adapté sa borne S-Pass pour répondre à un
besoin spécifique : offrir aux piétons et aux automobilistes un aménagement lisible
et sécurisant sur les traverses des parkings aéroportuaires.
Quelles sont les caractéristiques de la
borne S-Pass ?
Tout est parti d’une demande concrète
d’une commune qui souhaitait faire ralentir
les automobilistes aux passages piétons
donnant accès à un camping. L’objectif
était de favoriser les conditions de traversée
pour les piétons et de rendre les passages
nettement plus visibles. Nous avons
proposé de matérialiser les axes de traversée
au sol par une lumière bleue ; une
couleur qui se distingue efficacement dans
des environnements visuellement chargés,
où la densité de signaux lumineux est déjà
très élevée. Dans un parking d’aéroport,
les zones de circulation mixte véhiculespiétons
sont étendues et les flux, intenses
en permanence ; on retrouve les problématiques
d’une ville, mais en bien plus concentré.
En lien avec un bureau d’études, nous
avons cherché à renforcer la perception des
passages piétons par les conducteurs, en
jouant à la fois sur le sol et sur la hauteur.
C’est dans ce cadre qu’Orly a été équipé :
une cinquantaine de passages aux abords
des entrées de parkings donnant accès aux
terminaux 1 à 4, avec une implantation
régulière qui crée un véritable effet de guidage
continu ; pour le voyageur chargé de
bagages qui découvre le site, la ligne bleue
est un repère immédiat et rassurant.
Comment fonctionne le dispositif ?
La borne S-Pass génère un marquage lumineux
bleu au sol, produit par quatre projecteurs
à faisceau étroit intégrés à sa base ;
ce faisceau couvre des chaussées jusqu’à
une dizaine de mètres de large et crée un
contraste marqué avec les bandes blanches
du zébra. En tête de borne, une led bleue
orientée dans les deux sens de circulation
émet un signal d’avertissement qui incite
les conducteurs à ralentir bien avant la
traversée. De jour, la lisibilité du mobilier
est renforcée par le contraste visuel de la
tête blanche sur le corps quadricurve gris.
La borne se substitue aux potelets réglementaires
qui encadrent habituellement
tout passage piétons ; elle est conforme
aux normes d’accessibilité en vigueur, notamment
pour les personnes malvoyantes,
et n’ajoute aucun mobilier dans l’espace
public. Pour les gestionnaires d’infrastructure,
c’est un argument essentiel : on n’augmente
pas le nombre de mobiliers, on améliore
leur performance.
Le système est allumé en permanence ?
Pas nécessairement. Nous pouvons intégrer
des détecteurs de présence et de
mouvement ; dans ce cas, l’intensité des
projecteurs augmente dès qu’un piéton
s’approche, ce qui renforce l’alerte au moment
précis où elle est nécessaire. À Orly,
l’enchaînement régulier des passages crée
© abel
un guidage lumineux continu qui réduit
durablement les conflits entre véhicules et
piétons sur l’ensemble du parcours d’accès
aux terminaux. Pour aller encore plus loin,
nous avons développé la borne S-Pass+ :
une colonne lumineuse quadricurve de
4 mètres de hauteur, associée à une borne
S-Pass classique, qui déclenche à l’approche
un message visuel de prévention ;
« Attention Piétons » ; en lumière bleue ou
blanche selon le contexte. L’automobiliste
dispose ainsi d’une alerte visuelle en hauteur,
très visible, qui vient compléter le
faisceau rasant au sol. Notre valeur ajoutée,
c’est d’améliorer l’expérience concrète des
usagers, et le champ des développements à
venir est encore très large… n
© abel
© abel
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 57
Lumières
Lumières Cahier technique
ECLATEC : Keris, une gamme dédiée aux parkings avions
© DR
Sébastien Dumont, responsable de l’activité éclairage technique pour le groupe
Agora Makers, présente le contrat remporté par Eclatec auprès du Groupe ADP
pour moderniser l’éclairage des aires avions des aéroports de Paris-Orly, Paris–
Charles-de-Gaulle et Paris-Le Bourget. Ce programme de remplacement progressif
des lampes à décharge, sur une durée de huit ans, mobilisera 1 200 projecteurs des
modèles Keris 5 et Keris 6, dont les premières livraisons sont prévues en 2026.
© Eclatec
Quel est le cahier des charges pour
éclairer les zones de stationnement
avions ?
Dans ces environnements où la sécurité des
opérations au sol est absolument essentielle,
la qualité de la lumière joue un rôle
déterminant. On ne peut pas accueillir un
Boeing 747 transportant 400 passagers sur
un tarmac avec des défauts d’éclairage ;
les niveaux sécuritaires sont très élevés et
non négociables. Pour répondre à ces exigences,
nos équipes R&D ont conçu une
lentille optique spécifique, garantissant un
éclairement maîtrisé et une forte uniformité
lumineuse sur l’ensemble de la zone. Ce
développement s’appuie sur un processus
interne complet qui associe conception mécanique,
laboratoire photométrique et validation
technique. Ce programme répond à
un double objectif : anticiper la fin de vie réglementaire
des lampes à décharge prévue
à l’horizon 2027 ; et améliorer significativement
la performance énergétique des installations.
La robustesse des luminaires, la
précision photométrique et notre engagement
industriel, conception et fabrication
en France, ont été des facteurs clés dans
la confiance accordée par le Groupe ADP.
58 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Nous avons adapté notre gamme Keris, initialement
conçue pour l’univers sportif, aux
contraintes spécifiques de l’aéronautique.
Les zones concernées sont celles où
les avions attendent et réceptionnent
les passagers ?
Exactement. Mais les aires avions sont
bien plus que des espaces d’accueil des
voyageurs. Il y a aussi les bagagistes, les
mécaniciens, les agents de piste ; c’est une
véritable fourmilière qui s’active en permanence
sous les appareils, avec un personnel
amené à réaliser des tâches de précision
dans des délais serrés. L’éclairage doit y
assurer un éclairement horizontal et vertical
parfaitement maîtrisé, garantir une uniformité
élevée, limiter les zones d’ombre
et offrir une lisibilité optimale de chaque
opération au sol. L’optique développée pour
Keris a permis d’y répondre efficacement,
notamment à l’aéroport de Marseille-Provence,
où plus de 150 projecteurs ont été
installés en rénovation ; le dispositif réduit
considérablement les nuisances lumineuses
tout en diffusant le flux en un large
faisceau uniforme. Pour le Groupe ADP, le
périmètre ne se limite pas aux trois grandes
plateformes ; il englobe l’intégralité des aéroports
et aérodromes gérés par le groupe,
y compris à l’international.
Comment avez-vous adapté
votre gamme Keris ?
La gamme se décline en six tailles, de
Keris 1 à Keris 6, pour répondre à des configurations
très différentes. Chaque luminaire
se compose d’un projecteur à vasque en
verre et d’un driver séparé. Sur notre site de
production de Maxéville, en Meurthe-et-Moselle,
nous avons développé des accessoires
dédiés, coupe-flux, casquettes, permettant
de réduire davantage l’impact environnemental
et de limiter la pollution lumineuse
vers les zones adjacentes. Les luminaires
sont ensuite montés sur les couronnes des
mâts existants, qui atteignent 20 mètres,
parfois 30 mètres de hauteur ; la fixation en
façade de bâtiment est possible mais rare,
car elle risque de créer une gêne visuelle
pour les opérateurs de la tour de contrôle.
Relever ce défi en tant que fabricant français,
en circuit court, face à des appels
d’offres européens ouverts à la concurrence
mondiale, est un engagement fort. Parce que
dans un aéroport, la lumière n’éclaire pas
seulement les pistes ; elle sécurise chaque
mouvement au sol, à chaque heure du jour
et de la nuit. n
© Eclatec
EAS SOLUTIONS : flexibilité et réactivité
Lumières Cahier technique
© DR
« Créée par mon associé Didier Petit-Brisson en 2009, EAS Solutions, située à Pompignac,
près de Bordeaux, a entamé sa collaboration avec les Aéroports de Paris (Groupe ADP)
dès 2013, explique Pascal Perreau, directeur technique associé chez EAS Solutions.
Ces premières installations concernaient des systèmes d’éclairage à led pour un
parking extérieur situé entre les terminaux 2E et 2F de l’aéroport Charles-de-Gaulle.
Par la suite, notre partenariat s’est étendu à de nombreux autres projets, aussi bien
en intérieur qu’en extérieur, impliquant des produits que nous distribuons ou que nous
concevons et fabriquons sous notre propre marque. »
Quels avantages vous apporte cette
hybridité producteur/distributeur ?
Cette double casquette, à la fois fabricant
et distributeur, nous confère une flexibilité
et une réactivité uniques sur le marché.
Elle nous permet notamment de développer
et fabriquer rapidement des solutions
sur mesure, avec une production majoritairement
localisée en France et en Europe.
Pour le Groupe ADP, cet atout est déterminant
: il garantit une réactivité accrue, que
ce soit pour les composants électroniques,
les drivers ou les luminaires eux-mêmes.
Tous nos produits sont conçus pour être
réparables, ce qui constitue une véritable
valeur ajoutée dans un contexte où la durabilité
est cruciale. En tant que spécialistes
des composants, nous accordons une attention
méticuleuse au choix des leds, à leurs
performances, à leur rendement lumineux
et à leur durée de vie. Par exemple, nous
avons réalisé une étude pour remplacer
l’éclairage indirect dans le hall des départs
d’un des terminaux de Roissy-CDG par un
éclairage direct, à base de downlights de
70 W, installés sous la voûte à 12 mètres
de hauteur. Le produit existait déjà, mais
nous l’avons entièrement repensé pour qu’il
réponde précisément au cahier des charges
du maître d’ouvrage, notamment en termes
de flux lumineux et de distribution de la
lumière. Ensuite, on nous a également
confié la rénovation de la zone de réception
des bagages, encore équipée à l’époque
de downlights surdimensionnés avec des
lampes à induction. Nos luminaires, bien
plus compacts, ne permettaient pas de
réutiliser les ouvertures existantes dans le
plafond…
Comment avez-vous procédé ?
Nous avons proposé une solution technique
innovante : un luminaire asymétrique spécialement
conçu pour s’intégrer dans les
ouvertures existantes, sans nécessiter de
percement supplémentaire. Normalement,
il aurait fallu créer de nouveaux trous d’encastrement,
bien plus petits, et reboucher
les anciens, mais cette option était exclue
pour des raisons de coût et de logistique.
Nous avons donc développé un adaptateur
sur mesure, permettant de glisser notre luminaire
dans l’espace disponible. Ensuite,
nous avons conçu un réflecteur asymétrique
pour garantir les niveaux d’éclairement
requis, malgré les contraintes
géométriques. Cette approche illustre parfaitement
notre capacité à répondre à des
besoins clients très spécifiques. Soit nous
adaptons des produits existants, soit nous
développons des solutions entièrement
nouvelles. Ces innovations, initialement
conçues pour un client, finissent souvent
par intégrer notre catalogue, ce qui enrichit
notre offre globale. Ce n’est pas une
production industrielle de masse, mais des
produits à très longue durée de vie, parfaitement
alignés avec notre stratégie d’entreprise.
Notre force réside dans notre capacité
à donner une valeur ajoutée technique
à nos produits. Quand nous présentons
une solution, nous pouvons entrer dans les
détails technologiques : choix des matériaux,
optimisation des flux lumineux, gestion
thermique, etc. Nos clients, comme le
Groupe ADP, comprennent pourquoi nous
faisons certains choix techniques, même
si cela implique un coût légèrement supérieur.
C’est cette transparence qui rend
notre collaboration efficace. n
© EAS Solutions
© EAS Solutions
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 59
Lumières Produits
MOLTO LUCE
Molto Coustic CELL
Les solutions acoustiques font désormais partie intégrante de l’aménagement
intérieur moderne. Aussi, le fabricant autrichien Molto Luce lance Molto Coustic,
qui associe performance acoustique et liberté de conception, ouvrant ainsi
de nouvelles possibilités en matière de design et de personnalisation. Les
couleurs, les formes et les découpes sur mesure se combinent de manière
flexible et adaptées s’adaptent à l’architecture, à l’usage des espaces et à
l’ambiance recherchée.
© Molto Luce
© Molto Luce
Le matériau acoustique Molto Coustic peut être imprimé directement ; logos,
textes et éléments graphiques sont appliqués avec précision sur sa surface. Cette
technique d’impression convient aux productions en série et permet d’intégrer
des éléments de signalétique ou d’identité visuelle sans altérer les performances
acoustiques du matériau.
En complément des couleurs de base (Core Colours), une palette étendue
est disponible pour la conception d’éléments acoustiques. Ces
couleurs peuvent être librement associées et permettent à la
fois de valoriser visuellement les espaces et de mettre en
œuvre des concepts chromatiques propres à une marque.
Les éléments acoustiques assument ainsi un véritable
rôle esthétique dans l’espace, en plus de leur fonction
technique. Les éléments acoustiques sont proposés sous
différentes formes et peuvent être découpés individuellement
selon le produit. Qu’elles soient
droites, ondulées ou angulaires,
les formes libres offrent une
infinité de possibilités créatives.
Elles permettent de réaliser aussi
bien des éléments structurants et
épurés que des compositions plus
libres, parfaitement adaptées à
l’architecture, à la géométrie de la
pièce et au concept de design.
L’acoustique et l’éclairage sont conçus comme des éléments complémentaires
pouvant être réunis dans une solution intégrée. « Nos luminaires sont également
disponibles dans différentes couleurs
et peuvent être assortis aux éléments
acoustiques ainsi qu’au projet
concerné », détaille Stéphane Vanel,
Country manager France.
CELL associe une acoustique
performante à un design
contemporain. Ses éléments aux
formes délicatement arrondies
peuvent être utilisés en composition
continue ou sous la forme Cell
Square, au plafond ou au mur, afin
de créer des surfaces dynamiques
à forte identité architecturale. Grâce
à leur disposition personnalisable,
© Molto Luce
© Molto Luce
ils génèrent des points d’intérêt visuels tout en apportant une réelle valeur
fonctionnelle. Des inserts lumineux intégrés en option
complètent le système et fusionnent acoustique et
éclairage dans un ensemble harmonieux.
En suspension, « Cell se distingue par sa légèreté visuelle
et son caractère architectural affirmé, poursuit Stéphane
Vanel. Il constitue une solution idéale pour les espaces
ouverts, les plafonds de grande hauteur ou les vastes
zones de communication. Installé au mur, Cell devient
un véritable élément d’aménagement fonctionnel.
Il est particulièrement adapté à la réduction
ciblée du bruit, au zonage des espaces
ou à la création d’accents visuels dans les
salles de réunion, les halls d’accueil et les
espaces ouverts ».
Cell affirme son caractère grâce à 20 couleurs créatives. Tandis que le noyau
acoustique noir de 52 mm d’épaisseur reste discret et garantit une absorption
sonore efficace, la plaque décorative de 9 mm d’épaisseur apporte une touche
visuelle distinctive.
Grâce à une platine de fixation ingénieusement conçue, les éléments Cell peuvent
être facilement réajustés après leur installation. Il est par exemple possible de les
faire pivoter et de les déplacer afin d’assurer un alignement précis à tout moment.
Le feutre polyester utilisé se distingue par son excellente capacité d’absorption
acoustique et par ses propriétés polyvalentes. Le matériau de base des quatre
couleurs standard est fabriqué en Allemagne, garantissant à la fois un haut
niveau de qualité et des circuits de
transport courts. Selon la couleur, il
contient jusqu’à 50 % de polyester
recyclé.
« Nos produits sont 100 % recyclables
et peuvent être facilement séparés
pour être réintégrés dans le cycle de
valorisation. Leur faible poids facilite la
manipulation et permet une installation
simple et rapide », précise Stéphane
Vanel.
www.moltoluce.com/fr-FR/
60 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Produits
Sylvania Group présente
Lytespan et Raxa de Concord
La collection Lytespan se constitue de 4 modèles : un rail en rond en écho au design
des projecteurs tubulaires, un rail en carré, un rail en H, réversible, pour positionner
des projecteurs vers le haut ou vers le bas, le rail encastré « trimless » pour une
parfaite intégration dans les plafonds.
Pour offrir plus de simplicité d’installation, de confort visuel, le rail en H inclut
désormais une extension avec un kit led complet sur une des faces du rail. Constitué
d’un modèle « Départ » et de modèles « Suivant(s) », Lytespan offre une solution
complète d’éclairage direct et indirect, simple à installer par son précâblage, pour
magnifier les espaces d’exposition, les espaces contract et d’hospitality.
Raxa, un design raffiné made in Europe
Système d’éclairage linéaire pour rails 3 allumages de la marque Concord,
Raxa se décline en deux versions d’optique : UGR19 et WallWasher, avec un profil très
fin de 32 mm seulement. Les détails soignés du luminaire apportent une élégance
contemporaine pour les espaces culturels, d’accueil, commerciaux ou tertiaires.
Modulaire et facile d’installation, il offre une grande flexibilité par l’ampleur de sa
gamme et son adaptateur sécurisé à l’intérieur
du rail.
Raxa présente un rendu des couleurs élevé
(IRC 90 et 95), des options d’éclairage
polyvalentes (On/Off, DALI) et des capacités de
variation personnalisables (3000 K et 4000 K,
en 585 mm de long et 1 426 mm pour l’UGR19 ;
865 mm et 1 146 mm pour le WallWasher).
Raxa constitue un élément clé pour créer des
ambiances chaleureuses et de prestige.
Compatibles avec les rails OneTrack et
Lytespan, ces luminaires se complètent aussi
élégamment avec les projecteurs Concord
Beacon.
www.sylvania-group.com
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 61
Lumières Produits
© Designheure
DESIGNHEURE
RHAPSODIE
Conçue en collaboration avec l’agence
Part de Rêve, la collection exclusive de
luminaires acoustiques redéfinit les
codes de l’aménagement de bureau. En
combinant des formes sculpturales et
des matériaux absorbants de haute
technicité, cette collection riche et
variée fait s’entrelacer la lumière et le
silence.
Dans les espaces tertiaires ou les open
spaces, la gestion du bruit est un défi
majeur.
Disponible en standard dans
des nuances poétiques et
contemporaines : Gris clair/
Terracotta/Bleu pâle ou Jaune
soleil/Rouge grenat/Brume rose
(coloris sur mesure, consulter le
fabricant).
La suspension acoustique
Rhapsodie évoque l’harmonie d’une
composition musicale libre et fluide.
Ses jupons acoustiques enveloppent
© Designheure
délicatement la source lumineuse,
offrant une double diffusion de
lumière, vers le haut et le bas, tout en
absorbant les bruits indésirables.
Grâce à des matériaux
soigneusement sélectionnés,
elle atténue la réverbération
sonore, créant une atmosphère
apaisante et raffinée dans les
espaces tertiaires.
Le lampadaire Rhapsodie évoque,
quant à lui, la fluidité d’une
composition musicale libre.
Grâce à sa stature généreuse de
2,10 m de haut et des matériaux
rigoureusement sélectionnés,
le lampadaire Rhapsodie
atténue efficacement la
réverbération sonore pour
créer une atmosphère
feutrée, propice à la
concentration et à la sérénité.
www.designheure.com
MELJAC
FINITION ANTIQUE BRASS NA
Le fabricant d’interrupteurs haut de gamme Meljac
met en lumière l’Antique Brass NA, une finition sur
laiton massif aux nuances patinées et contrastées.
Meljac propose aujourd’hui un nuancier de 29 finitions
permettant de répondre aux projets les plus exigeants
en matière de décoration intérieure. Obtenue grâce à
un traitement de surface manuel réalisé en Île-de-
France, cette teinte se caractérise par une alternance
de zones sombres et claires qui révèle toute la
richesse de la matière.
Avec ses variations de teintes et son aspect
subtilement vieilli, l’Antique Brass NA apporte
profondeur et personnalité aux intérieurs.
Cette finition s’intègre aussi bien dans des univers
contemporains que classiques, en créant un dialogue
élégant avec des matériaux tels que le bois foncé, la
pierre naturelle ou le marbre.
Le jeu de contrastes entre zones mates et reflets plus
lumineux met en valeur les détails des appareillages
et renforce leur rôle décoratif.
www.meljac.com
© Meljac © Meljac
© Meljac
62 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026
Lumières Produits
LEDVANCE
SPOT COMBO DIM MULTI
SELECT IP65/IP5X
Pensé pour répondre aux exigences
actuelles des bâtiments résidentiels
et tertiaires, ce spot nouvelle génération concentre le meilleur de la technologie
dans un format unique. Avec une haute efficacité lumineuse de 100 lm/W et un
flux de 600 lm, il offre un éclairage performant et maîtrisé, tout en garantissant
une durée de vie de 50 000 heures (L70).
Le Spot Combo est gradable et mise sur une flexibilité maximale grâce à ses
sélecteurs intégrés en façade. En un geste, il est possible d’ajuster : la puissance
(4,3 W ou 6 W) ; et la température de couleur (2 700 K, 3 000 K ou 4 000 K).
Il est livré avec un filin de sécurité permettant, lorsque requis, une installation
conforme à la norme NF C 15-100. Recouvrable par tout isolant, il affiche une
protection IP65/IP5X. Il est doté d’un joint d’étanchéité à l’air, qui lui permet
de répondre aux exigences des bâtiments RE2020 et BBC.
Il offre une garantie de 5 ans.
www.ledvance.fr
CLAREO
SHOPLINE TECH
Ce luminaire s’adapte à toutes les configurations de grandes et moyennes
surfaces grâce à ses deux formats interconnectables de 175 cm et 350 cm.
Il assure une continuité lumineuse parfaite sur les longs linéaires comme
dans les espaces plus restreints, avec une pose en suspension ou en saillie.
Ses connecteurs d’angle à 90° et 60° permettent des implantations droites
ou complexes selon l’agencement. Son optique prismatique 90° standard
peut aussi être remplacée par des faisceaux 30°, asymétriques ou doubles
asymétriques, avec une température de couleur de 4 000 K adaptable à
la demande. Avec 200 lm/W, il délivre jusqu’à 22 000 lm. Son diffuseur
prismatique 90° garantit une lumière homogène et qualitative, complétée par
un driver DALI/BP inclus.
www.clareolighting.com/fr
SOLAREM
JUPITER
Pensé pour faciliter l’éclairage des
espaces extérieurs, Jupiter est
un candélabre solaire disponible
en deux versions : 30 W 100 %
autonome et 50 W hybride.
La version 30 W permet d’éclairer
simplement les zones résidentielles
ou les voies secondaires, sans
raccordement au réseau. La version
50 W hybride offre une puissance
supplémentaire et la possibilité de
sécuriser l’éclairage grâce à une
alimentation complémentaire si
nécessaire.
Adapté à de nombreux environnements, Jupiter combine accessibilité, fiabilité
et performance, pour une mise en œuvre rapide et durable.
CENTAURE
Avec Centaure, Solarem propose un candélabre solaire double éclairage pour
les environnements exigeants nécessitant puissance et robustesse. Intégrée à
la collection PRO, cette solution d’éclairage se distingue par une configuration
2 x 50 W (100 W max) délivrant jusqu’à 17 000 lumens, adaptée aux zones
étendues telles que parkings, voiries ou espaces publics.
Pensé pour fonctionner dans des conditions difficiles, Centaure offre une
autonomie optimisée grâce à un système solaire performant (panneau 128 W,
batterie LiFePO4 haute capacité) et une gestion intelligente de l’éclairage
intégrant détection de présence et modes programmables.
Sa conception robuste, associée à un traitement anticorrosion renforcé et une
protection contre les environnements salins, garantit une grande durabilité
dans le temps.
La solution permet une installation simplifiée sans infrastructure lourde, tout en
assurant une belle couverture lumineuse de 25 m de large au sol. Disponible en
plusieurs températures de couleur, Centaure s’adapte aux exigences des projets
d’aménagement urbain ou industriel.
Solarem confirme sa capacité à proposer des solutions solaires ultra
performantes, fiables et adaptées aux contraintes terrain, contribuant à
l’évolution des infrastructures vers des systèmes d’éclairage autonomes et
durables.
www.solarem.net
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 63
Lumières Rendez-vous
ILS – Intelligent Lighting Systems : un salon 100 %
dédié à la lumière
© DR
Lionel Leone est directeur du salon
Intelligent Lighting Systems (ILS),
nouveau rendez-vous 100 % dédié
à l’éclairage qui se tiendra les
14 et 15 octobre 2026 à
Paris, porte de Versailles, en
colocalisation avec les salons
IBS, InnoCity et WaterTech.
Fort d’une longue expérience dans l’organisation
d’événements professionnels dédiés à la lumière
– Forum Led à Lyon, puis Innopolis Expo –,
il présente les ambitions et le programme
de cette première édition.
Quelle est la genèse d’ILS ?
L’idée est née d’un constat simple : la profession de l’éclairage ne
dispose plus aujourd’hui d’un salon qui lui soit dédié. Pourtant,
les enjeux sont considérables ; les acteurs de la filière ont besoin
de se retrouver, d’échanger, de prendre ensemble la mesure
des évolutions techniques et réglementaires, et de faire du
business dans un cadre qui leur ressemble. Nous avons mené des
consultations avec des entreprises du secteur et des partenaires
institutionnels, et la conviction s’est imposée : il fallait créer ce
rendez-vous. Lorsque nous avons testé des conférences 100 %
éclairage dans le cadre du salon IBS en 2025, les salles étaient
pleines. C’est cette expérience qui a confirmé notre volonté de
lancer ILS. Le principe de colocalisation avec des événements
existants et reconnus – IBS pour le smart building, InnoCity pour
l’urbain intelligent, WaterTech pour la gestion de l’eau – nous
permet d’atteindre une audience qualifiée et importante dès la
première édition. Notre objectif est de réunir 10 000 visiteurs sur
deux jours, pour 200 à 250 exposants ; un ratio très favorable,
avec un profil de visiteurs résolument technique.
Qui sont les visiteurs que vous ciblez ?
Sur la partie éclairage extérieur, nous visons en priorité
les directions des services techniques des collectivités ; les
responsables de l’éclairage public, les ingénieurs territoriaux,
ceux qui prennent les décisions d’achat et de rénovation. Sur la
partie éclairage intérieur, nous ciblons les concepteurs lumière,
les bureaux d’études spécialisés, les architectes, les maîtres
d’ouvrage. Les installateurs et les distributeurs font également
partie de nos cibles. En résumé : tous ceux qui touchent de près
ou de loin le marché de l’éclairage.
Quels sont les trois axes du programme de conférences ?
Le premier est l’éclairage extérieur et urbain : nous traiterons
des enjeux de durabilité et de maintenabilité des installations,
de la sobriété énergétique et des contraintes budgétaires des
collectivités, de la pollution lumineuse et des trames noires, de
l’attractivité économique des centres-villes liée à l’éclairage,
et du pilotage des installations. Le deuxième thème concerne
l’éclairage intérieur et son lien avec le bâtiment connecté : décrets
BACS et tertiaire, interopérabilité des protocoles (DALI, BACnet,
Zigbee), cybersécurité des systèmes, confort lumineux et pilotage
de l’éclairage dans le bâtiment. Le troisième point portera sur
l’état d’avancement des technologies led et des innovations en
cours : maturité de la technologie, évolutions du solaire, nouvelles
tendances. Au total, ce sont dix-neuf sujets qui ont été identifiés
par les comités de programme, soit environ une vingtaine de
conférences en tout.
Comment le programme a-t-il été construit ?
En mobilisant un échantillon représentatif de la profession au sein
de comités de programme distincts pour l’intérieur et l’extérieur.
Y ont participé des fabricants, des concepteurs lumière issus
de l’ACE, des bureaux d’études spécialisés, ainsi que des
partenaires institutionnels : le Syndicat de l’éclairage, l’AFE et
la Smart Building Alliance. Ces acteurs seront aussi présents en
tant qu’intervenants. Les conférences se déroulent sous forme
de tables rondes réunissant deux à quatre participants, pour
des sessions de 20 à 30 minutes suivies de questions-réponses.
Les ateliers, eux, durent environ une heure et rassemblent 20 à
30 experts dans un format d’échange plus interactif.
Quels exposants ont déjà confirmé leur participation ?
Sur la partie extérieure seront présents : Signify, qui est impliqué
dans notre comité de programme ; le groupe Agora Makers, ainsi
que Kawantech. En intérieur, on compte également des acteurs
comme Helvar et B.E.G., positionnés sur la gestion de l’éclairage.
Des échanges sont en cours avec d’autres grands groupes. Des
présentations sont prévues en juin auprès des adhérents du
Syndicat de l’éclairage pour que les membres de la filière puissent
organiser leur participation à cette édition.
Qu’est-ce qui différencie ILS des autres salons qui traitent
aussi d’éclairage ?
La différence fondamentale est qu’ILS est centré sur la lumière ;
les conférences, les ateliers, les exposants, les visiteurs. Cela
permet une approche beaucoup plus technique et approfondie,
avec des sessions qui vont vraiment au fond des sujets. Et parce
que le programme est coconstruit avec la profession elle-même,
il reflète les vraies questions du moment. Notre ambition n’est
pas de concurrencer les événements existants ;
c’est de redonner à la filière éclairage la place
qu’elle mérite, dans un espace qui lui appartient
pleinement. n
Propos recueillis par Isabelle Arnaud
LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026 - 65
Lumières
INDEX DES ENTREPRISES ET ORGANISMES CITÉS
LISTE DES ANNONCEURS
abel Eclairage........................................................www.abeleclairage.fr....................................................................................................................57
ACE...........................................................................................www.ace-fr.org..........................................................................................................................................14
ACTiLED.............................................................................www.actiled.com..............................................................................................................11, 39, 47
Agora Makers.........................................................www.agora-makers.com/fr..................................................................................................13
Ambienta........................................................................www.ambientasgr.com...............................................................................................................12
Anolis Lighting.....................................................www.anolislighting.com..............................................................................6, 7, 8, 9, 10
Base paysages.....................................................www.baseland.fr.......................................................................................................16, 17, 18, 19
Bee Lux..............................................................................www.bee-lux.fr.............................................................................................................6, 7, 8, 9, 10
Clareo...................................................................................www.clareolighting.com/fr........................................................................38, 49, 63
Comatelec....................................................................www.schreder.com/fr.................................................................................................................20
Derksen............................................................................www.derksen.de/fr/........................................................................................................................16
Designheure.............................................................www.designheure.com......................................................................................24, 25, 62
Disano.................................................................................www.disano.it/it.......................................................................................12, 26, 46, 52, 53
LEDVANCE.....................................................................www.ledvance.com/fr-fr.......................................................................................4 e couv.
RIDI...........................................................................................www.ridi.de/fr.........................................................................................................................2 e couv.
MOLTO LUCE..............................................................www.moltoluce.com/fr-FR.....................................................................................................11
CITEL......................................................................................www.citel.fr/fr.............................................................................................................................................13
ZUMTOBEL....................................................................www.zumtobel.com/ch-fr.....................................................................................................23
SYLVANIA GROUP..............................................www.sylvania-group.com.....................................................................................................29
ACTiLED.............................................................................www.actiled.com...................................................................................................................................31
RZB...........................................................................................www.rzb.de/fr...........................................................................................................................................33
INVENTRONICS.....................................................www.inventronicsglobal.com/en.............................................................................41
DISANO..............................................................................www.disano.it/fr/................................................................................................................................45
SOLAREM.......................................................................www.solarem.net................................................................................................................................63
ILS..............................................................................................intelligentlighting-systems.com/partenaires/..................................64
ARCHITECT@WORK.......................................www.architectatwork.com/fr/events/a@w-lyon.........................67
EAS Solutions.........................................................www.eas-solutions.fr......................28, 30, 33, 35, 42, 44, 45, 48, 59
Eclatec................................................................................www.eclatec.fr.........................................................................................................................................58
Fagerhult........................................................................www.fagerhult.com/fr................................................................................................................48
French Light..............................................................www.french-light.com.....................................................................................6, 7, 8, 9, 10
HetR paysage, architecture,
projet urbain ..........................................................www.hetr.fr.........................................................................................................................6, 7, 8, 9, 10
iGuzzini..............................................................................www.iguzzini.com....................................................................................................................47, 55
Inventronics..............................................................www.inventronicsglobal.com/en......................................................35, 41, 46
Kuzzle..................................................................................kuzzle.io/fr........................................................................................................................................................13
Lébénoid.........................................................................www.lebenoid.fr....................................................................................................................................49
Ledvance.......................................................................www.ledvance.com/fr-fr.........................................................................11, 34, 46, 62
Legrand............................................................................www.legrand.fr..........................................................................................................................................11
les éclaireurs...........................................................www.les-eclaireurs.com....................................................................................20, 21, 22
Lyon, direction ....................................................www.lyon.fr/lieu/services-ville-de-lyon/...........................................................
de l'éclairage urbain .................................direction-de-leclairage-urbain....................................................................................22
Meljac..................................................................................www.meljac.com.......................................................................................................................12, 63
Molto Luce...................................................................www.moltoluce.com/fr-FR..................................................................................................60
Osty et associés.................................................www.osty.fr/.................................................................................................................................................20
Qualibat............................................................................www.qualibat.com..............................................................................................................................12
Quartiers Lumières.......................................www.quartierslumieres.com................................................................16, 17, 18, 19
Ridi...........................................................................................www.ridi.de/fr................................................................................................................................32, 47
Roberta Molteni Studio..........................https://robertamolteni.com....................................................................................50, 51
Rohl.........................................................................................https://rohl.com...............................................................................................................20, 21, 22
RZB...........................................................................................www.rzb.de/fr.................................................................................................................................27, 46
Sammode......................................................................www.sammode.com..................................................................................28, 30, 40, 48
Schneider Electric..........................................www.se.com................................................................................................................................................49
Securlite..........................................................................www.securlite.com..............................................................................................................42, 48
Selux......................................................................................www.selux.com.......................................................................................................................................16
Studio By Night....................................................www.studiobynight.com...............................................................................................14, 15
Sylvania Group.....................................................www.sylvania-group.com................................................36, 37, 41, 42, 47, 61
Theben...............................................................................www.theben.fr..........................................................................................................................................49
Trilux.......................................................................................www.trilux.com/fr..........................................................................................43, 48, 54, 56
Wago.....................................................................................www.wago.com/fr.............................................................................................................................49
SALONS
MAISON & OBJET
10-14 septembre 2026
Parc des expositions Paris Nord Villepinte
Stimulateur de business et d’ échanges entre les acteurs
de la décoration, du design et de l’art de vivre.
www.maison-objet.com/paris/
INTELLIGENT BUILDING SYSTEMS
Les 14 et 15 octobre 2026
Paris Porte de Versailles - Pavillon 7.2.
Le salon de la performance des bâtiments tertiaires,
industriels et collectifs.
www.ibs-event.com
INTELLIGENT LIGHTING SYSTEMS
Les 14 et 15 octobre 2026
Paris Porte de Versailles
En associant les secteurs public et privé, les institutions,
les corps intermédiaires, les associations et le monde
académique, ILS place la lumière au cœur des échanges
et offre un espace 100 % dédié à l’innovation et aux synergies
entre professionnels.
www.intelligentlighting-systems.com/
ARCHITECT@WORK PARIS
Les 21 et 22 octobre 2026
Grande Halle de La Villette
Ce salon, qui présente conférences et produits,
est exclusivement réservé aux architectes.
ARCHITECT@WORK NANTES
Les 19 et 20 novembre 2026.
Parc des Expositions La Beaujoire
Route de Saint-Joseph de Porterie
www.architectatwork.com/fr/events/a@w-lyon
SALON DES MAIRES
24-26 novembre 2026
Porte de Versailles, Paris
Le salon des maires et des collectivités éclaire les territoires
autour des enjeux auxquels ils sont confrontés. C’est un espace
de rencontres, d’échanges et de partage qui propose des
solutions adaptées aux besoins de chacun.
www.salondesmaires.com
66 - LUMIÈRES N° 55 - JUIN 2026