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BO#520 - STUDIO SHOW - 08-07-2026

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Bimensuel N°520 / 8 juillet 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

NE LAISSEZ AUCUN SOUVENIR DERRIÈRE VOUS

LîleDesSouvenirs-lefilm.com DreamWorksAnimationFrance @UniversalFR LîleDesSouvenirs-lefilm.com

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#LîleDesSouvenirs


81 ème

CONGRÈS

DEAUVILLE

DU 21 AU 24 SEPTEMBRE 2026

Programme et inscriptions sur www.fncf.org

Date limite de demande d’inscription : 3 août 2026

Crédit photo : Béatrice Augier

LE

CONGRÈS


Bimensuel N°520 / 8 juillet 2026

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA

CONVENTION DU SFAC

L’ALLIÉ AMÉRICAIN


L'édito

Sommaire

Vers un cinéma à deux vitesses ?

C’était, sur la scène du CCIB de Barcelone, dans la

bouche de tous les studios ou presque. Les PLF, les

fameux Premium Large Formats, étaient à toutes les

sauces. Tout juste si on ne nous aurait pas vendu le

nouveau Mel Gibson, La Résurrection du Christ, en

4DX. En soi, que tous les grands films des studios

américains – et d’ailleurs – soient proposés dans ces

formats ne pose pas de problème. Bien au contraire.

Ces formats premium, qu’ils soient développés par les

réseaux eux-mêmes (ICE Theater, pour ne citer que

celui-ci) ou par des industriels tiers (Dolby, avec son

Dolby Vision, par exemple), contribuent à diversifier

l’offre, les expériences, et sont d’excellents moyens de

développer les revenus. Ce n’est d’ailleurs pas anodin

si les studios américains en sont friands : leurs films à

grand spectacle sont particulièrement bien adaptés à

ces formats, qui génèrent des augmentations sensibles

du prix du billet, et donc du box-office global. Jusqu’ici

tout va bien. Ce qui pouvait sembler plus contrariant,

dans les différentes présentations, était la sensation

d’une exploitation divisée en deux. Avec d’un côté, les

PLF, formats choyés, et de l’autre… eh bien le reste des

salles. Proposer d’autres expériences, d’autres manières

de vivre un film est une chose, mais elle ne doit pas

dévaloriser la salle traditionnelle (qui ne rime d’ailleurs

pas avec misère technique). Le vocabulaire, sa récurrence,

doivent être mesurés. L’émergence d’un cinéma à deux

vitesses est déjà perceptible, avec des spectateurs tendant

à venir moins souvent, pour favoriser les films événements.

Encourager cette pratique, que ce soit à travers

l’offre de films, ou à travers un discours exagérément

pro-PLF, ne peut que nuire à l’objectif global et commun

d’un retour à une fréquentation plus élevée. En toute

chose, la mesure doit être reine : ici elle doit conduire

à maintenir l’unicité de la salle de cinéma et à un retour

plus massif du public.

Laurent Cotillon

N°ISSN : 2740-3335

Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-

Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal

à parution

Directeur de la publication

Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr

Directeur général délégué média & stratégie

Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr

Rédacteurs

Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,

Cécile Vargoz / cecile.vargoz@cinegroup.fr,

Jules Dreyfus / jules.dreyfus@cinegroup.fr

est une publication de

Base de données Films

guillaume.martin@webedia-group.com

Publicité / Base de données distributeurs

Pauline Luigi / pauline.luigi@webedia-group.com

Caroline Roux / caroline.roux@webedia-group.com

Lucille Duthoit / lucille.duthoit@webedia-group.com

Réalisation CINE GROUP

Maquette / Infographie

Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@cinegroup.fr

Impression

ORMONT IMPRIMEUR

4 Rue Antoine de Saint-Exupéry

88100 Saint-Dié-des-Vosges

P.6

ACTUS

Mouvements dans l’industrie

Le CNC crée une cellule

d’accompagnement

P. 8 à 11

STUDIO SHOW 2026

Les présentations d’Universal, Paramount,

Warner et Sony

P. 12-13

L’ÉMISSION

Rencontres nationales art et essai avec

Xavier Albert (Universal)

Julien Noble à propos de L’Odyssée

P. 14 à 16

INTERNATIONAL

Échos de CineEurope 2026

Le box-office européen en 2025

Retour sur le Boxoffice Tour

Hollywood, nouvelle donne

P. 19 à 23

FESTIVAL D’ANNECY

L’animation française entre vitalité et

turbulences

Europa Cinemas au MIFA

La Rédaction

P. 27

DISTRIBUTION

Studio TF1 se dévoile en convention

P. 28 à 30

RENCONTRES

Retour sur les Rencontres du cinéma

indépendant

P. 32 à 35

EXPLOITATION

L’AG des Cinémas Indépendants Parisiens

et de l’ADRC

Futura Cinema au FilmFest de Hambourg

Des Rencontres art et essai de Bretagne

festives

P. 36-37

FOCUS

Le Chaplin de Rive-de-Gier rouvre ses

portes

P. 38

MISCELLANÉES

Soutiens, CDACi, fréquentation, carnet noir

et agenda de la profession

Crédit page 3 : © Sfac

Certifié PEFC

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forêts gérées

durablement

JULIEN MARCEL

Directeur de la

publication

LAURENT COTILLON

Directeur général délégué

média & stratégie

AYSEGÜL ALGAN

Journaliste

CÉCILE VARGOZ

Journaliste

JULES DREYFUS

Journaliste

PHILIPPE COSQUERIC

Maquette

10-31-1542

www.pefc-france.org

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Boxoffice Pro France

4 N°520 / 8 juillet 2026



Actualités

©Manuel Moutier/Haut et Court ©SPI

Nouvelle présidence à la

Cinémathèque française…

Succédant à Costa-Gavras qui

assurait la fonction depuis 2007,

Isabelle Huppert devient la

première femme à présider l’institution.

Elle a été élue le 2 juillet

par le CA de la Cinémathèque

française, pour un mandat de trois

ans, aux côtés d’Olivier Assayas et de Claire Denis (vice-présidents),

Saïd Ben Saïd (trésorier), ainsi que Nicolas Philibert

et Alice Winocour (secrétaires).

… et au SPI

Le 30 juin, Emmanuel-Alain

Raynal (Miyu Productions) a été

élu président du Syndicat de la

Production Indépendante, où il

succède à Simon Arnal (Haut et

Court TV). Le SPI – seul syndicat

unitaire de la production cinéma

et audiovisuel, qui rassemble près

de 600 sociétés – a également entériné une réforme de sa

gouvernance afin de renforcer la transversalité et de mieux

répartir les responsabilités. Désormais, chaque collège sera

présidé par un binôme (président.e et vice-président.e),

tandis que des commissions stratégiques transversales

réuniront des représentants de l’ensemble des collèges pour

travailler sur les enjeux communs à la filière.

NBCUniversal bientôt

séparé de Comcast

Comcast a annoncé, le 29 juin, son intention de se scinder

d'ici environ un an en deux sociétés cotées distinctes :

Comcast, centré sur la connectivité et les technologies, et

NBCUniversal, qui regroupera les réseaux NBC et Telemundo,

les plateformes Peacock et Bravo, les studios Universal, les

parcs à thèmes et Sky à l'international.

La future NBCUniversal sera dirigée par Mike Cavanagh

(actuel codirecteur général de Comcast), tandis que Michael

Angelakis (ancien directeur financier du groupe) prendra la

tête de Comcast. Brian L. Roberts, actuel président et co-directeur

général de Comcast, restera impliqué dans la gouvernance

des deux groupes. L'opération, prévue sous la forme

d'une tax-free spin-off, reste soumise aux approbations

réglementaires et financières.

Patrick von Sychowski rejoint Cine Group

comme International Editor-in-Chief

Après avoir contribué au succès

de CinemaNext au cours des

trois dernières années, le journaliste

et analyste international

arrive au sein de la division

information professionnelle de

Cine Group, pour en accélérer le

développement international.

Patrick von Sychowski rejoindra, en

septembre 2026, la division Information

Professionnelle de Cine Group.

Cette dernière, pilotée par Laurent

Cotillon, rassemble Boxoffice Pro

France (magazine, site, podcast et émission YouTube),

ainsi que l'ensemble des initiatives média, formation et

événementielles du groupe.

L’arrivée de Patrick von Sychowski s'inscrit dans le prolongement

des initiatives internationales développées par

Cine Group : les éditions du Boxoffice Forum, les études

internationales – à l'image de l'étude conduite pour le

compte du CNC, présentée à Cannes avec Omdia et

Hexacom [voir Boxoffice Pro du 27 mai 2026] , le Cinemas

Club mis en place avec le Marché du Film à Cannes en

2026, ou encore les voyages d'étude du Boxoffice Tour,

notamment à l'occasion de CineEurope 2026 et du festival

Nouvelles Vagues de Biarritz [voir p.16].

Fort de plus de 25 ans d'expérience

dans le secteur, Patrick von

Sychowski est un professionnel

reconnu. Avant de rejoindre les

activités de business development

européen de CinemaNext, il a

notamment dirigé le développement

commercial de Reliance

MediaWorks, UniqueX et Deluxe,

parallèlement à son travail éditorial

et de conseil pour Celluloid Junkie

et Screen Digest. Il conserve par

ailleurs ses fonctions de membre

du conseil d'administration et

vice-président de l'European Digital Cinema

Forum (EDCF).

©FilmRow.org

« Avec Laurent Cotillon et Marilyn Iacovissi, nous

sommes ravis d'accueillir Patrick von Sychowski, déclare

Julien Marcel, président de Cine Group. Sa connaissance

du marché international et son expertise unique

dans l'industrie de la salle de cinéma constituent des

atouts précieux au service de notre projet. Nous souhaitons,

ensemble, faire émerger une voix européenne, ouverte

sur le monde, dans l'information professionnelle du

secteur, et poursuivre notre développement à l'international

sur les terrains de l’information professionnelle,

des événements et des études. »

Fusion Warner-Paramount

À la demande de l’UE, Paramount se retire d’UIP

L'autorité de la concurrence de la Commission européenne, qui examine le projet de fusion entre

Paramount et Warner, a posé une condition : Paramount doit quitter la branche de distribution internationale

qu’il forme avec Universal depuis 1981, United International Pictures (UIP), encore active

dans plusieurs territoires européens.

Selon la presse américaine, Paramount Skydance s’est

engagé fin juin à céder sa participation dans UIP, dans

un document réglementaire transmis à la Commission

européenne. De son côté, cette dernière se donne un

délai supplémentaire pour statuer sur le rachat de Warner,

prolongé du 7 au 22 juillet.

Pour rappel, le rachat de Warner Bros. Discovery par

Paramount Skydance a reçu le feu vert du Département

de la Justice américain le 12 juin dernier, mais attend

toujours l’approbation de l'autorité de la concurrence

britannique d’une part, et européenne de l’autre.

Celle-ci a donc pointé le risque d’un mega groupe de

distribution en Europe qui réunirait Warner, Paramount

et Universal si ces deux derniers poursuivent la co-distribution

au sein d’UIP. En France, pour rappel, UIP

n’existe plus depuis 2006, Paramount Pictures et

Universal Pictures distribuant chacun leurs films.

Par ailleurs, l’exécutif européen doit aussi se prononcer,

d’ici le 14 juillet, sur la fusion Warner-Paramount au

regard des quelque 24 milliards de dollars de financements

apportés par les investisseurs du Moyen-Orient.

Au terme de cet examen, la Commission pourra

décider d’autoriser l’opération, ou d’ouvrir une enquête

approfondie d’une durée de 90 jours.

C.V.

CNC : une cellule d’accompagnement pour

défendre la liberté de création et de diffusion

Après les appels au boycott ayant conduit le cinéaste

israélien Nadav Lapid à renoncer à sa participation au

FID Marseille, le président du CNC déplore un épisode

« inquiétant, qui doit amener les citoyens comme les

pouvoirs publics à s'interroger sur la capacité collective de

la société française à garantir ces libertés ». Rappelant

que Nadav Lapid « n'est pas le représentant d'un gouvernement

mais un cinéaste », dont l'œuvre porte « un regard

critique et souvent douloureux sur la société et le gouvernement

de son pays », il estime que « réduire un artiste à

son passeport revient à nier ce qui fait la singularité même

de la création : son indépendance ». Gaëtan Bruel a ainsi

annoncé la création d'une cellule pour informer et

conseiller les professionnels confrontés à des pressions

ou à des tentatives d'entrave à leur liberté de création

et de diffusion.

Cette initiative s'inscrit dans le plan d'action engagé

par la ministre de la Culture, qui comprend notamment

la nomination d'une haute fonctionnaire à la liberté

de création et la publication d'un guide pratique et

juridique.

La cellule est d’ores et déjà joignable à

libertedecreation@cnc.fr.

6 N°520 / 8 juillet 2026


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ÉQUIPE PÉDAGOGIQUE

Intervenant principal :

David Scantamburlo

(ex Directeur Marketing & Communication,

CGR Cinémas)

INTERVENANTS

COMPLÉMENTAIRES

(liste non exhaustive)

• Alice Burger

(Directrice projet Marketing, Cine Group)

• Thierry Delpit (cinesociety)

• Edgar Mermet (Social Media Manager

indépendant, ex UGC, ex CGR)

OBJECTIFS DE LA FORMATION

(liste non exhaustive)

• Identifier les solutions techniques et les

modèles de financement d’une billetterie en

ligne (journée optionnelle)

• Savoir segmenter son public pour

optimiser les campagnes marketing

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STUDIO SHOW

2026

La

convention du Syndicat franco-américain

de la cinématographie (SFAC) s’est déroulée

les 2 et 3 juillet au Grand Rex de Paris. L’occasion

pour les dirigeants des quatre filiales

représentées de rappeler la centaine de

m illions d’euros de recettes fiscales que

représentent les films américains en France,

et l’équivalent en investissements publicitaires

dans les médias. Par ailleurs, avec

40 % de spectateurs âgés de moins de 25

ans en 2025, contre 46 % de plus de 50 ans

pour les films français, les films américains

revendiquent également un rôle moteur

dans le renouvellement des publics.

Et pour marquer ce 10 e Studio Show, le SFAC

accueillait pour la première fois un président

du CNC. Face aux représentants des studios

américains, Gaëtan Bruel a salué une relation

fondée sur des « interdépendances heureuses »,

tout en appelant la filière à faire bloc dans

un contexte de fréquentation encore fragile.

Rappelant que la France veille à ce que les

films américains aient « toute leur place et

pas toute la place », le président du CNC a

également plaidé pour davantage de pédagogie

autour du modèle français, « sans

politiser inutilement le sujet », afin que le

pays demeure « un territoire exigeant pour

nos alliés américains, mais fondamentalement

accueillant ».

UNIVERSAL prépare son feu d’artifice

Fort d’un solide premier semestre 2026, le studio

s’avance sur les mois – et les années – à venir avec

un line-up marqué par des odyssées variées et

ambitieuses.

Avec 14 millions d’entrées en six mois, Universal est

dans une forme olympique, et ne compte pas s’arrêter

en si beau chemin. Le distributeur a notamment sorti

deux titres à plus de 5 millions d’entrées, Super Mario

Galaxy et Michael, le film d’Antoine Fuqua illustrant

précisément les belles collaborations entre le studio

et la salle. À travers une vidéo, Graham King (producteur)

et Jaafar Jackson (acteur) ont remercié les exploitants

français pour la belle épopée du film. Dans la foulée,

Xavier Albert, directeur général d’Universal Pictures

France, a tenu à remercier son équipe pour le travail

accompli depuis des mois, particulièrement avec les

« big five » (Mario, Michael, Disclosure Day, Des Minions

et des Monstres et L’Odyssée) [voir aussi son interview

dans l’Émission pp. 12-13].

Garder le rythme sur le second

semestre

Le 12/08 sortira Juste pour une nuit, que les exploitants

ont pu découvrir la veille. Will Gluck, réalisateur

de Tout sauf toi (630 000 entrées en 2024), revient

avec une comédie romantique « pétillante », réunissant

Monica Barbaro et Callum Turner, qui va « faire monter

la température », affirme Marine Berthonneau, programmatrice.

Jane Austen sera mise à l’honneur le 30/09

avec la sortie de Raison et sentiments, l’un des plus

grands succès de l’écrivaine anglaise. Labellisé Universal

Auteurs, il réunit Daisy Edgar-Jones et George MacKay.

Le rendez-vous horrifique du distributeur sera le 14/10

avec la sortie de Malfaisante de Rob Savage. Une

production Blumhouse qui transforme la figure maternelle

– incarnée ici par Jessica Chastain – en une

image angoissante, et inconnue. Le 21/10, les spectateurs

s’envoleront vers L’Île des souvenirs de Joel

Crawford et Januel P. Mercado, la nouvelle réalisation

DreamWorks. Les très bons retours suite à la projection

au Festival d’Annecy ainsi qu’au Studio Show ont

incité Universal à organiser une série d’avant-premières

à la fin de l’été afin de commencer le bouche-à-oreille

le plus tôt possible. Présenté en Compétition à Cannes,

Hope de Na Hong-jin (04/11) s’annonce comme un

des ovnis de l’année, un film « jubilatoire » selon Xavier

Albert. Labellisé Universal Auteurs, le long métrage

sortira dans une version différente de la director's cut

présentée à Cannes. Puis, à l’approche de Noël, Violent

Night 2 (02/12) marquera le retour de David Harbour

en tant que Père Noël « ultra badass ».

2027 sur les mêmes bases

L’actualité du studio devrait être tout aussi intense

l’année prochaine avec, dès le 06/01, Werwulf, où

Robert Eggers (The Lighthouse, The Northman…)

réunit Aaron Taylor-Johnson, Lily-Rose Depp et

Willem Dafoe. La prochaine sortie Illumination,

Pas si seuls, arrivera le 31/03 : Éric Guillon, pilier du

studio, proposera une histoire originale où trois petits

extraterrestres trouvent refuge chez un mécanicien de

fusées introverti. Puis, le 09/06 viendra Dragons 2,

©2026 DreamWorks Animation. All Rights Reserved.

L’Île des souvenirs de Joel Crawford et Januel P. Mercado

suite du reboot live-action de la franchise culte, après

un premier volet à plus de 2,5 millions d’entrées.

Et le 30/06, pour la Fête du Cinéma, Shrek 5 marquera

le retour de l’ogre vert après 15 ans d’absence. Pour

rappel, en France, les quatre films de la franchise

totalisent plus de 20 millions d’entrées, dont un pic

à 7,1 millions pour le deuxième volet. Et comme les

vieilles habitudes ne se perdent pas, Alain Chabat

assurera la voix VF de l'ogre vert. À côté, Universal

continuera d’explorer des récits horrifiques avec notamment

une nouvelle version de L’Exorciste.

Et pour conclure cette présentation, Xavier Albert a

bien évidemment présenté L’Odyssée d’Universal, en

salles dans quelques jours, qui s’avance comme le film

le plus attendu de l’année. Une aventure qui réunit

un casting tout aussi épique : Matt Damon, Tom

Holland, Robert Pattinson, Anne Hathaway, Charlize

Theron, Zendaya, Lupita Nyong’o… Et les salles

seront au rendez-vous.

Jules Dreyfus

8 N°520 / 8 juillet 2026


©Paramount Pictures

Le 27/02/27, Paramount fera également son entrée dans

l'univers de la K-pop avec K-Pop: The Debut, une fiction

« pensée comme une véritable expérience collective ». Sonic

4, le film est attendu pour le 24/04/27, toujours en

compagnie de Jim Carrey dans la peau du Dr Robotnik

alias Eggman. Pour rappel, les trois premiers volets de la

franchise Sega comptent déjà près de 7 millions d'entrées

cumulées dans les salles françaises.

Pour le 28/07/27, le rendez-vous est pris avec Sans un

bruit III. Le film actuellement en production a été présenté

via un message vidéo de John Krasinski, de retour à la

réalisation, tandis qu'Emily Blunt et Cillian Murphy

reprendront leurs rôles. Les trois premiers films totalisent

près de 2 millions d'entrées en France.

PARAMOUNT en pleine accélération

Heart of the Beast

La 10 e convention du Syndicat franco-américain de la cinématographie (SFAC), qui se déroule ces 2 et 3

juillet au Grand Rex de Paris, s'est ouverte avec une présentation Paramount particulièrement dense.

Entre grands rendez-vous familiaux, adaptations de jeux vidéo, cinéma de genre, projets d'auteurs et

une machine marketing toujours plus ambitieuse.

La dynamique des récents succès de Paramount Pictures

France, aux premiers rangs desquels Scream 7 et Scary

Movie, n’est pas prête de s'arrêter, et « travailler chez Paramount

n'a jamais été aussi excitant », a assuré son directeur

général Frédéric Moget, annonçant que le studio allait

« doubler le nombre de films distribués » dans les prochains mois.

Avant d’entrer dans le détail du line-up, la featurette inédite

chorégraphiée par Jon Chu (Wicked) et constellée de

personnages et talents emblématiques du studio, de James

Cameron à Timothée Chalamet, s’est achevée sur l’apparition

de Tom Cruise au sommet de l'emblématique

château d'eau Paramount à Los Angeles, qui avait déjà

fait sensation au CinemaCon.

Un second semestre très animé

Le studio ouvrira le bal estival avec La Pat' Patrouille :

Le Film mission Dino, attendu le 05/08/26. Cette nouvelle

aventure des célèbres chiots sera précédée d'une vaste

campagne d'avant-premières le dimanche 2 août et promet

« de nouveaux personnages, et de nouveaux véhicules ! ».

L'animation restera à l'honneur avec Tad l'explorateur

et la lampe magique (26/08/26), nouvel opus de la

franchise espagnole.

Le 23/09/26, Brad Pitt prendra la direction de l'Alaska

sauvage avec Heart of the Beast. Présenté comme un récit

de survie dans l'Alaska sauvage, « entre The Revenant et Into

the Wild », le film marque les retrouvailles de l'acteur avec

David Ayer après Fury. Place ensuite au jeu vidéo avec

Street Fighter (14/10/26), nouvelle adaptation de la célèbre

licence de Capcom, issue du partenariat de distribution

récemment conclu entre Paramount et Legendary.

Grande Envolée (23/12/26), où Red, Chuck, Bomb et

leurs compagnons devront relever leur plus grand défi :

la parentalité.

Magie, K-Pop et autres valeurs sûres

Paramount amorcera la nouvelle année « sous le signe de la

magie » avec Le Royaume d'Orïsha, adaptation du bestseller

fantasy de Tomi Adeyemi (Children of Blood and

Bone), réalisée par Gina Prince-Bythewood (The Woman

King). Entre pouvoirs ancestraux et créatures fantastiques,

le film réunit un casting afro-américain mêlant têtes

d'affiche et jeunes révélations, avec l'ambition de devenir

un grand rendez-vous intergénérationnel.

Changement d'ambiance avec A Place in Hell de Chloé

Domont. Michelle Williams et Daisy Edgar-Jones y

incarnent deux avocates rivales dans un thriller psychologique

naviguant entre les bureaux feutrés des grands

cabinets et les bas-fonds new-yorkais, autour du prix à

payer pour rester au sommet.

©Paramount Pictures

Call of Duty en ligne de mire et machine

marketing

Et pour l’été 2028, Paramount prépare un Call of Duty,

soit la première adaptation cinéma de la célèbre franchise

Activision – « quatrième saga vidéoludique la plus rentable

de tous les temps » –, réalisée par Peter Berg sur un scénario

de Taylor Sheridan. Là aussi, un message du réalisateur

était destiné aux exploitants.

Au-delà des bandes-annonces et images inédites de son

line-up, Paramount a consacré une séquence à ses nombreuses

opérations marketing déployées en France, de Bob l'éponge

aux Schtroumpfs, en passant par Scream, en collaboration

avec divers talents.

Enfin, de nombreux autres projets sont en préparation

chez le studio : High Side de James Mangold, qui retrouve

Timothée Chalamet après Un parfait inconnu dans

l'univers de la MotoGP, Tomorrow, and Tomorrow, and

Tomorrow avec Daisy Edgar-Jones, le prochain film

encore “Untitled” de Damien Chazelle, le thriller The

Rescue, un nouveau Paranormal Activity par James

Wan, un nouveau Longlegs avec Nicolas Cage, un remake

d'Obsession, la fresque hip-hop Get Lite réalisée par

Teyana Taylor – la farouche révélation de Une bataille

après l’autre, ainsi que les prochains Star Trek, G.I. Joe,

Transformers, World War Z, Teenage Mutant Ninja

Turtles... sans oublier Top Gun 3.

Ayşegül Algan

Pour les fêtes, Paramount mise sur Scrooge (11/11/26),

nouvelle adaptation d'Un chant de Noël de Charles Dickens

portée par Johnny Depp, « qui reste parmi les acteurs préférés

des Français ». Il sera suivi de deux plongées dans l'impitoyable

univers... de la famille : Mon beau-père, ma

belle-fille et moi (25/11/2026), où Ariana Grande vient

semer le chaos chez les Focker, et Angry Birds 3 - La

Angry Birds 3 - La Grande Envolée

N°520 / 8 juillet 2026

9


Studio Show 2026

©Warner Bros.

Rivinoja le 09/12/26. Imaginé dans l’univers du Grinch,

on y suit Le Chat, chargé de redonner le sourire aux

enfants tristes, qui se voit confier sa mission la plus

difficile de sa carrière. Les salles pourront diffuser le film

lors de séances privées, CE ou encore arbres de Noël dès

le 09/11, et recevront en outre un court métrage inédit

des Looney Tunes à diffuser avant.

WARNER distille son line-up épicé

Des grandes franchises aux récits originaux, sans

oublier la relance de sa filiale d’animation, le studio

a présenté son programme jusqu’en 2027, qui

fera escale à Arrakis en décembre.

En ouverture du programme, Warner a diffusé un montage

revenant sur ses grands succès de 2025, tout en se projetant

sur les prochaines années. Avant de s’envoler aux États-

Unis, Olivier Snanoudj, senior vice-président distribution

cinéma France & Benelux – et également président du

SFAC –, a tenu à souligner le travail de ses équipes qui

s’occupent des productions locales. Leur prochaine sortie

française arrive le 22 juillet avec De la Comédie-Française

de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, en co-distribution

avec Zinc. C’est ensuite à vitesse supersonique

que Warner a évoqué les prochaines sorties DC Studios.

Le studio a notamment rappelé la sortie de Supergirl,

en salles depuis le 01/07. L’univers de Superman sera

ensuite prolongé le 07/07/27 avec Man Of Tomorrow,

suite du Superman de 2025, toujours dirigé par James

Gunn. De retour en 2026, Clayface, un film de genre

horrifique qui retrace l’origine d’un des ennemis majeurs

de Batman, sortira pour sa part le 21/10. Il est réalisé

par James Watkins, remarqué dernièrement pour Speak

No Evil. Le héros masqué incarné par Robert Pattinson

sera de son côté de retour le 29/09/27, dans une suite

du premier volet qui a attiré plus de 3 millions de spectateurs

en 2022. Barry Keoghan, Andy Serkis, Scarlett

Johansson ou encore Sebastian Stan sont également

présents au casting.

Dune : Troisième partie de Denis Villeneuve

sociaux. Nicole Kidman et Sandra Bullock y interprètent

toujours les sorcières Owens qui doivent désormais

protéger leur famille. Dans la foulée, Warner a annoncé

la mise à disposition prochaine de deux de ses sagas cultes.

D’abord les huit films Harry Potter, que les exploitants

pourront programmer du 26/08 au 01/09, puis la trilogie

Le Seigneur des anneaux – en versions classique et

longue –, disponible en fin d’année.

What’s up doc ?

L’une des annonces principales de cette présentation est

la relance durable de Warner Bros. Animation. Cela

s’illustrera avec Bad Fairies de Megan Nicole Dong et

Olivier Staphylas le 19/05/27, Margie Claus de Ben

Falcone le 03/11/27, Dynamic Duo d’Arthur Mintz le

28/06/28, Hello Kitty de David G. Derrick Jr. et John

Aoshima le 19/08/28 ou encore, très prochainement,

Le Chat chapeauté de Alessandro Carloni et Erica

Histoires originales et franchises

majeures

L’événement de la rentrée de la major arrivera le 30

septembre avec la sortie de Digger d’Alejandro González

Iñárritu. Le cinéaste mexicain, de retour dix ans après

The Revenant, met en scène Tom Cruise en tant que

Digger Rockwell, l’homme le plus puissant du monde

qui se retrouve responsable du plus grand désastre de

la planète. Un « film sur la folie humaine, souligne Olivier

Snanoudj, porté par un casting prestigieux » : Sandra

Hüller, Riz Ahmed, John Goodman, Jesse Plemons…

Le senior VP distribution cinéma France & Benelux de

Warner a ensuite présenté les premiers titres de 2027 ;

année qui, pour le studio, débutera le 03/02 avec Remain.

M. Night Shyamalan s’associe ici avec Nicholas Sparks,

l’auteur à succès de The Notebook (N’oublie jamais),

dans une romance à suspense avec Jake Gyllenhaal. Un

livre a déjà émergé de cette collaboration, Immortelle,

qui a connu un grand succès aux États-Unis. Le 24/02

sortira Panic Carefully, un thriller de Sam Esmail,

créateur de la série Mr. Robot, réunissant Julia Roberts,

Eddie Redmayne et Elizabeth Olsen. Un mois plus tard,

le 24/03, Godzilla et Kong referont surface pour le

volet Supernova. Enfin, pour clôturer son programme,

Warner a terminé par la plus grande attente de 2026,

Dune : Troisième partie. 17 ans après les événements

du deuxième opus – qui ont attiré 4,2 millions de

spectateurs en 2024 –, le film suit Paul Atreides, désormais

maître de l’univers, devant désormais effectuer sa

rédemption. Denis Villeneuve convoque un casting

toujours aussi imposant : Timothée Chalamet, Zendaya,

Jason Momoa, Robert Pattinson, Anya Taylor-Joy,

Florence Pugh, Rebecca Ferguson, Javier Bardem, Isaach

de Bankolé, Léa Seydoux… En exclusivité, les premières

minutes ont été dévoilées aux professionnels.

Jules Dreyfus

©Warner Bros.

Histoires de retours

Le 12/08 prochain marquera le retour d’un cinéaste

américain révélé dans les années 2010 : David Robert

Mitchell. Avec La Fin d’Oak Street, le réalisateur de It

Follows et de Under the Silver Lake réunit Ewan McGregor

et Anne Hathaway dans un récit de SF où tout un quartier

pavillonnaire américain semble avoir été déplacé dans le

temps, et l’espace. Le 09/09, ce sera au tour des Ensorceleuses

de faire leur retour, suite au premier volet de

1999 qui a connu une forte résurgence via les réseaux

Le Chat chapeauté d’Alessandro Carloni et Erico Rivinoja

10 N°520 / 8 juillet 2026


SONY entre offensive Spider-Man et frisson tricolore

Du retour de ses franchises phares au cinéma

français de genre, en passant par des adaptations

de best-sellers, Sony Pictures a déployé

toute sa toile, jusqu'à son dispositif marketing

hors normes autour de l'imminent Spider-Man :

Brand New Day.

En ouverture de sa présentation, le président de Sony

Pictures France, Stéphane Huard, est revenu sur les plus

de 1,2 million d'entrées de Projet dernière chance, sans

oublier les quelque 100 000 spectateurs de TKT, saluant

le travail pédagogique mené autour du film dans les

établissements scolaires.

Premier extrait exclusif de la présentation, Jumanji :

Bienvenue dans notre monde retrouvera à Noël (23/12/26)

son casting historique, cette fois projeté... dans le monde

réel. Les deux précédents volets cumulent 3,3 millions

d'entrées en France.

La “vibe” française

Stéphane Huard a ensuite accueilli sur scène le producteur

Marc Missonnier pour évoquer Parasomnia Productions,

créé avec Sony afin de produire des films de genre français

à petit budget, autour d'un million d'euros. Lancé en

2021, le label a déjà reçu plus de 2 600 projets et proposera

cet été – après 37, L'Ombre et la Proie, 30 000 entrées

en novembre 2024 –, Kyma, l'onde mystérieuse, qui

vise « une cible enfants et jeunes adolescents ». Également

présent, en compagnie des trois jeunes interprètes du

film, le réalisateur Romain Daudet-Jahan a décrit son

premier long métrage comme un film de rencontre « non

pas extra, mais intra-terrestre », et « définitivement fait pour

faire vibrer les spectateurs en salles ». Attendu le 05/08/26

sur environ 150 copies, le film bénéficiera d'une campagne

d'avant-premières les lundi et mardi précédant sa sortie.

Sueurs froides et casses branchés

Le grand frisson de la fin d'été passera par Insidious :

L'Invasion du lointain, attendu le 19/08/26 sur un

plan de 300 copies. Ce sixième volet compte bien capitaliser

sur les 2,5 millions d’entrées cumulées par la

franchise en France, dévoilé via un extrait exclusif des

plus claustrophobes.

Dans le cadre de son accord avec Amazon MGM Studios

– en attendant la nouvelle branche distribution de ce

dernier –, Sony fera sa rentrée le 09/09/26 avec Comment

braquer une banque. Cette version modernisée et

rajeunie du film de casse, « un Robin des bois à l’heure des

©2026 CTMG, Inc.-Sony Pictures Entertainment Inc. ©2026 CTMG, Inc., Sony Pictures Entertainment Inc.

Spider-Man: Beyond the Spider-Verse

The Social Reckoning

réseaux sociaux » réalisé par l'as de l'action David Leitch

(Deadpool 2, Bullet Train), s'installera sur environ 300 copies.

Le 30/09/26 et sur une combinaison de 250 écrans, place

à Verity. Cette adaptation d’un nouveau succès de librairie

de Colleen Hoover (Jamais plus, Reminders of Him) donne

lieu à un thriller psychologique toxique, porté par un

casting glamour réunissant Anne Hathaway, Dakota

Johnson et Josh Hartnett.

The Social Reckoning (07/10/26) réalisé par Aaron

Sorkin, scénariste de The Social Network, n’est pas tant

une suite qu’un film enquête haletant, offrant un regard

contemporain sur les dérives de Facebook. Avec cette

fois Jeremy Strong dans la peau de Mark Zuckerberg, et

l’oscarisée Mikey “Anora” Madison.

Avec Klara et le Soleil (21/10/26), Taika Waititi transpose

le roman de Kazuo Ishiguro autour d'une androïde à

énergie solaire, pour un récit mêlant science-fiction

et émotion.

Enfin, avec une seule affiche teaser, Sony Pictures Animation

a donné un aperçu de son film de Noël, Buds

(22/12/27), une aventure originale située... au cœur du

monde végétal.

Un vrai Tour de France

La dernière partie de la présentation était entièrement

consacrée à l'univers de l'homme-araignée. Les exploitants

ont d'abord découvert cinq minutes inédites de Spider-Man :

Beyond the Spider-Verse, attendu le 23/06/27. Les

créateurs Phil Lord, Christopher Miller et Bob Persichetti

poursuivent leur saga animée, dont les deux premiers

films cumulent près de 2 millions d'entrées en France,

avec une ambition visuelle intacte.

Mais c'est bien Spider-Man : Brand New Day, attendu

le 29/07/26, qui concentre aujourd'hui tous les efforts

du studio. Le précédent épisode No Way Home sorti fin

2021 avait affolé les compteurs avec ses 7 millions d’entrées

en France, « prouvant, dans un contexte encore marqué par

la pandémie, qu’il était capable de rassembler toutes les

générations », a rappelé Olivier Drapron, directeur du

marketing de Sony Pictures France. En attendant sa

sortie imminente, Brand New Day a déjà établi un record :

sa première bande-annonce a cumulé un milliard de vues

dans le monde en seulement dix jours après sa mise en

ligne, en mars dernier.

Pour accompagner cette sortie, Sony tisse un vaste

dispositif promotionnel : PLV géantes, vitrophanies,

habillages d’avant-séances des circuits, sans oublier le

Spider-Day du 1 er août avec des pins offerts à tous les

spectateurs du film. Le super-héros sera également

omniprésent hors des cinémas. Après les 24 Heures du

Mans et le Fan Event du 24 juin dernier à l’UGC Bercy,

Spider-Man accompagnera le Tour de France, offrant

au film une visibilité auprès de plusieurs centaines de

millions de personnes, avec distribution de goodies.

De très nombreux partenariats, d'Oasis à BMW, en

passant par McDonald's et Handicap International,

complèteront le dispositif déployé par Sony pour accompagner

« un Marvel des plus émouvants ». Et les quinze

minutes d'images exclusives en conclusion de présentation

étaient là pour le prouver.

Ayşegül Algan

N°520 / 8 juillet 2026

11


L’Émission

Xavier Albert, directeur général d'Universal Pictures France

©J. Dreyfus / Boxoffice Pro

RENCONTRE AVEC XAVIER ALBERT

L’année Universal ne faiblit pas, et conforte la foi de Xavier Albert dans l’expérience salle.

Reste que pour gagner l’attention des spectateurs aujourd’hui, on ne peut plus se passer de leur

data, « actif stratégique » dont le directeur général d’Universal Pictures France est un fervent

promoteur.

Après l’ouverture du festival d’Annecy et un premier

mercredi en salles à 175 000 entrées, l’illumination

Des Minions et des monstres, certes dans un « marché

atypique » marqué par la canicule, dépasse les attentes

de Xavier Albert. « Une nouvelle note positive » pour le

distributeur qui, après Super Mario Galaxy, Michael

et Disclosure Day… « a fait plus en six mois que toute

l’année dernière ». Et entre la venue des équipes de Fast

& Furious à Cannes, celles de Dreamworks à Annecy

ou de Christopher Nolan la semaine prochaine à

Paris… autant dire que les équipes d’Universal Pictures

France vivent une année particulièrement intense.

Leur directeur général « les remercie profondément. C’est

un privilège de défendre un spectre aussi large de films,

mais nous enchaînons cinq temps forts par semaine, du

jamais vu pour nous ».

Xavier Albert n’en est pas moins ravi, pour les ayantdroits

et pour la filière française. « Les recettes d’un

Michael, à plus de 5 millions d’entrées, représentent un

apport de près de 6 millions d’euros qui bénéficiera aussi

au cinéma français. » Ce succès est aussi le signe de ce

que le public aime partager : « Un film fait pour la salle

Emission à voir ou revoir

sur notre chaîne YouTube

de cinéma, où l'ambiance se rapproche de celle d’un

concert et qui touche toutes les générations avec une

grande répétabilité : les fans reviennent le voir. »

D’autres fans sont attendus le 15 juillet. Comme son

collègue Julien Noble [voir ci-après], Xavier Albert

exprime « la chance énorme, après Oppenheimer,

d’accompagner à nouveau un film de Christopher Nolan,

en restant très humbles : tout est contrôlé par le cinéaste

et chacun de nos gestes doit être parfaitement calibré

pour être au service de son talent ». L’Odyssée sera magnifié,

en France, dans la salle IMAX du Pathé de Montpellier

qui vient d’être équipée en 70 mm, ou encore au

Grand Rex pendant six semaines. Et quand il s’agit

de « l’histoire la plus lue au monde après la bible »,

Universal France ira chercher tous les publics, y compris

scolaires à la rentrée.

Gagner la bataille de l’attention, grâce

à la data…

Car aujourd’hui, il s’agit bien « d’aller chercher » les publics.

Pour Xavier Albert, « il faut oublier l’avant Covid ». À l’ère

des réseaux sociaux et de « la fragmentation très forte des

médias, capter l’attention et créer le désir est devenu très

difficile, notamment pour des films originaux. Chacun de

nos gestes est observé et peut être amplifié : on ne peut plus

tricher, la sincérité et l’authenticité doivent prévaloir dans

nos campagnes ».

Mais la communication digitale a un côté positif : « On

peut toucher des communautés grâce à la data, et s’adresser

à un spectateur selon ses goûts et habitudes. » Un cheval de

bataille depuis de longues années pour le dirigeant

Le partage de la data

est un actif stratégique

pour toute la filière

d’Universal Pictures France, qui considère que la filière

a un vrai retard. « Le partage de la data ne devrait plus être

un sujet de discussion : c'est un actif stratégique pour l’ensemble

de la filière, y compris pour notre souveraineté culturelle.

Avec la FNEF, nous devons continuer à pousser en ce sens,

pour accélérer la prise de conscience. » Car si les circuits

sont à la pointe, « on voudrait travailler davantage avec les

exploitants indépendants ». Cela implique de développer

leur billetterie en ligne – moins de 25 % actuellement –,

et surtout de passer « la barrière psychologique. Il s’agit plus

d’éducation que d’évangélisation. Penser qu’on va voler des

données est un discours d’arrière garde : il faut expliquer ce

qu’est la data et comment la monétiser, ce qui est assez simple.

Pour nous, l’idéal serait de constituer une DMP [Data

management platform, ndlr.] collective, avec une gouvernance

indépendante ou sur le modèle de Médiamétrie ».

Et Xavier Albert n’est pas inquiet sur le financement :

« Les distributeurs sont prêts à financer la collecte. »

… et en travaillant avec les talents

Reste que « l’objectif très ambitieux » de renouer avec 200

12 N°520 / 8 juillet 2026


millions d’entrées « est d’abord une question d’offre. Nous

avons perdu beaucoup de films américains. Si Universal

reste sur une moyenne de 19 films par an, on ne sait pas

encore ce qui se profile avec Amazon/MGM ou Warner/

Paramount ». S’il reconnaît le besoin d’une offre renouvelée,

Xavier Albert n’oppose pas franchises et sujets originaux.

« L’important, face à la concurrence des streamers, c’est la

bataille des talents, c'est la confrontation d’un auteur et

d’un univers. Quand Christopher Nolan fait Batman ou

quand Denis Villeneuve réalise Dune, c’est follement original.

Peu importe que ce soit une IP très connue », comme peut

l’être… L'Odyssée. L’éclosion de nouveaux cinéastes,

notamment venus du web, n’en participe pas moins au

renouveau. En témoignent les films d’horreur récents,

« qui se prêtent particulièrement à l’aspect collectif de la

salle ». Des productions généralement moins chères – sur

le modèle Blumhouse – que les twins vont voir en groupe.

« C’est formidable ce qui se passe ! Je suis ravi qu’un indépendant

français comme Le Pacte distribue Obsession – dont

Universal a les droits à l’international par Focus Features

– mais nous aurons les deux prochains films de Curry Baker. »

Les grands studios « diffusent aussi de plus en plus de concerts

ou de films musicaux… là encore parfaitement adaptés à

l'expérience collective de la salle. » Universal en a sorti trois

depuis le début de l’année : Stray Kids : The dominATE

Experience, Epic de Baz Luhrmann et Iron Maiden :

Burning Ambition. « Et nous venons d’annoncer la sortie

le 11 novembre de George Michael : The Faith Tour, film

concert à partir d’archives inédites en 35 mm des concerts

à Bercy en 1988. »

Avant cela, Xavier Albert est impatient de faire découvrir

au public, le 21 octobre, le nouveau Dreamworks,

L'Île des souvenirs. À Annecy, une projection surprise

à 8h30 a déclenché une standing ovation « comme je

n’en avais jamais vu en 20 ans de festival ».

Cécile Vargoz

JULIEN NOBLE :

« IL Y AURA UN AVANT ET UN APRÈS L’ODYSSÉE »

De retour de CineEurope et depuis Londres où il prépare la venue de Christopher Nolan, le président –

frenchy – du marketing international d’Universal Pictures partage son bonheur et son honneur de travailler

main dans la main avec un cinéaste à l’aura mondiale… pour une campagne qui ne l’est pas moins.

de Nolan, c’est que le trailer doit être vu en salle avant

d’être diffusé sur internet. Et surtout, il n’est pas ajusté

au format vertical des réseaux sociaux : à l’usager de

tourner son téléphone pour voir la bande-annonce en

“scope and scale”. Car si le digital est au cœur de notre

stratégie, c’est pour faire passer un message : aller voir le

film au cinéma.

Julien Noble à CineEurope en juin dernier

Est-ce qu’on vend un film de Christopher Nolan

d’abord sur son nom, y compris pour un récit aussi

universel que L’Odyssée ?

Il y a très peu de cinéastes qui imposent un tel respect

que Christopher Nolan, dont le seul nom est un gage de

qualité, dans le monde entier. Sur des films d’animation

ou d’horreur, on customise nos campagnes selon les

territoires ; sur certaines de nos “marques” les plus fortes,

comme Fast & Furious ou Jurassic Park, la campagne est

globale. Christopher Nolan, lui, est au-dessus du soleil :

son nom est une marque en soi. Quant à L’Odyssée, on

l’étudie à l’école en Asie ou en Australie, autant qu’en

Europe ; si c’est moins lu en Amérique latine, tout le

monde y connaît l'histoire du Cyclope ou des sirènes.

Donc tout est pensé au global pour cette sortie mondiale

en juillet – sauf en Chine et en Corée où le film sortira

en août, et au Japon en septembre – , et tout est conçu

avec le cinéaste, sa productrice – et épouse – Emma

Thomas et son directeur artistique Andy Thomson.

D’autant plus pour ce qui est le premier film tourné

en IMAX 70 mm…

Avec son fidèle chef-op Hoyte van Hoytema et en partenariat

avec IMAX, Nolan a développé une caméra pour

tourner directement en IMAX 70 mm, qui, expérimentée

sur Oppenheimer, a depuis été insonorisée, permettant

un tournage en son direct. Une première, qui est bien

sûr mise en avant dans toute la communication. Le film

sera disponible aussi dans tous les formats PLF, qui sont

répertoriés sur le site officiel avec la contribution des

talents qui en font la promotion : une vidéo de Matt

Damon parlant de l’IMAX 70 mm, Zendaya du Dolby

Cinema ou Pattinson du 35 mm. Mais l’essentiel, pour

Christopher Nolan, est que le film soit vu sur grand

écran, premium ou pas. Dans une vidéo diffusée à CineEurope,

il a d’ailleurs remercié tous les exploitants pour

l’expérience collective qu’ils proposent.

Le marketing est-il adapté selon les territoires ?

La campagne print est mondiale : entre l’affiche teaser

avec la tête de la statue d'Athéna, sortie en juillet l’année

dernière, puis celle d'Ulysse devant le cheval de Troie, il

y a eu plusieurs déclinaisons – pour promouvoir les

différents formats PLF – et toujours restituer pleinement

la vision épique. La bande annonce en salles est la même,

mais dans des versions plus ou moins longues selon les

critères du pays – 60 secondes en Italie, 30 en Corée…

– ou adaptées selon la culture et la censure locale : pas

trop de violence au Moyen-Orient, pas de sabre en Corée.

Mais ce qui est commun au monde entier selon la volonté

©ANDREU PUIG

Quelles sont les particularités de cette campagne

digitale ?

Nous travaillons avec Letterboxd, où, comme sur le site

officiel, tous les formats du film peuvent être identifiés.

Nous avons aussi mis en place une gaming campaign

autour de Discord, pour lancer des challenges. Dans le

premier, Matt Damon propose de recréer le cheval de

Troie avec tous les joueurs du monde : en 24 heures,

30 000 personnes ont rejoint la communauté Discord ;

en trois jours, on avait 68 000 personnes pour 77 000

messages reçus, 15 % émanant des États-Unis mais aussi

d’Inde, du Brésil ou des Philippines. À titre de comparaison,

Marvel qui a rejoint la plateforme en 2017 a juste

100 000 abonnés, et nous les avons dépassés ! Sur Roblox,

plateforme présente dans 77 langues, ou pourra jouer le

rôle d’Ulysse pour trouver des vivres, réparer son bateau

et essayer de rentrer chez soi. Et bien sûr, nous travaillons

avec toutes les plateformes sociales de Meta ou YouTube

pour mettre en avant nos contenus.

Avec des influenceurs à laura globale, comme Reece

Feldman qui a travaillé en lien avec Nolan, et, à l’échelle

locale, avec des créateurs de contenus qui nous soumettent

des propositions adaptées à leurs publics respectifs. C’est

donc davantage une campagne “glocal”, soit globale

adaptée au local.

Qui a déjà vu le film ?

L’Odyssée a déjà été montré à des critiques, dont certains

influenceurs. L’embargo social est levé lundi 6 juillet,

après l’avant-première publique à Londres. La tournée

mondiale avec les talents, qui a commencé à Miami et

New York, se poursuit le 8 au Grand Rex à Paris, puis

Mumbai, Beijing et Séoul... Une tournée à la hauteur

d’un des plus grands films de tous les temps : il y aura

un avant et un après L’Odyssée, comme il y a eu un avant

et un après 2001, L’Odyssée de l'espace.

Propos recueillis par Cécile Vargoz

N°520 / 8 juillet 2026

13


International

CINEEUROPE DONNE LE POULS

DU CINÉMA MONDIAL

Comme chaque année, Barcelone accueillait la convention européenne, et les

grands studios. Si cette édition a marqué le passage de relais à la tête de l’UNIC, elle

a surtout permis de dévoiler de nombreuses images des films à venir, de donner

quelques tendances, et de renseigner sur l’état d’esprit général.

L’UNIC, co-organisateur de CineEurope, a un nouveau

président : après 13 années passées à la tête de l’association,

Phil Clapp, récompensé d’un UNIC Achievement Award,

a passé le flambeau à Jaime Tarrazón, élu président (voir

ci-contre). Cela constitue un changement notable, dans

un événement qui fût finalement à la hauteur des standards

et attentes habituels. Si l’espace d’exposition sentait bon

Jaime Tarrazón prend la

présidence de l’UNIC

Réunie en assemblée générale le mardi 23 juin, en marge

de CineEurope 2026 à Barcelone, l’Union internationale

des cinémas a élu Jaime Tarrazón à sa présidence. Il

succède à Phil Clapp, président de l’organisation depuis

mai 2013. Richard Patry a quant à lui été élu Senior

vice-président. Phil Clapp, Edna Epelbaum, Tomasz

Jagiello, Simone Gialdini et Thierry Laermans sont

vice-présidents, Christine Berg trésorière, et Espen

Pedersen observateur.

Exploitant espagnol établi en Catalogne, Jaime Tarrazón

est délégué de la Federación de Cines de España (FECE). Il

était jusqu’ici vice-président senior et trésorier de l’UNIC,

dont il est l’un des piliers du conseil depuis

plusieurs mandats.

Les deux autres candidats étaient Edna Epelbaum, exploitante

suisse à la tête du groupe familial Cinevital et

co-présidente de ProCinema, et Thierry Laermans, secrétaire

général de la Fédération des Cinémas de Belgique.

Le nouveau CA de l’UNIC

©Marc-Olivier Sebbag

©ANDREU PUIG

©ANDREU PUIG

le pop-corn, le cuir des fauteuils et bruissait des progrès

du LED, c’est sur scène qu’il fallait chercher le pouls du

cinéma mondial. Avec un premier constat : tout le monde

respire un peu mieux qu’il y a un an, et les résultats du

premier semestre ont donné le sourire à nombre d’exploitants

et aux studios qui présentaient leurs line-ups.

Des studios au nombre record de 11 : Angel, Sony et

Lionsgate le premier jour, suivis de Laika, Mubi, Amazon

MGM Studios, Studiocanal et Warner Bros., puis Paramount,

Disney et Universal, avec les toutes premières

présentations d'Amazon MGM Studios et du studio

d'animation Laika, ainsi que le retour de Mubi dans le

grand auditorium. Chacun a connu ses moments de

bravoure. Si Sony Pictures a dévoilé des extraits inédits

de Spider-Man : Brand New Day et Resident Evil (que

distribuera en France Metropolitan Films), Lionsgate a

Andrew Cripps, Head of Global Distribution chez

The Walt Disney Company

montré les vingt premières minutes de The Hunger Games :

Sunrise on the Reaping (également prévu chez Metropolitan

Films), présentées par le réalisateur Francis Lawrence et

la productrice Nina Jacobson, ainsi que des images de

Day Drinker avec Johnny Depp et Penélope Cruz. Universal

Pictures a mis en avant son offre de 27 sorties, présentée

comme la plus importante et la plus diversifiée de tous

les studios, avec bien sûr un focus sur L’Odyssée, de

Christopher Nolan, et les toutes première images du

prochain Illumination, une comédie SF intitulée Not

Alone, signée Jonathan del Val, Claire Dodgson et Eric

Guillon ; Disney a couvert ses sept labels (Pixar, Disney

Animation, 20 th Century Studios, Lucasfilm, Searchlight…),

avec un accent sur l'animation (Ice Age : Boiling Point,

Hexed, Gatto) et des annonces de titres comme La Reine

des neiges 3 et Les Indestructibles 3, mais aussi, plus nouveau,

l’annonce de deux documentaires, dont un consacré à

la reformation du groupe Oasis, et réalisé par Steve

Knight ; enfin dans un contexte particulier, Warner Bros.

et Paramount ont également présenté leurs films à venir,

sans mention publique de leur projet de fusion en cours

d'examen par la Commission européenne (et dont la

décision était attendue au moment de notre bouclage,

NDR). Outre la confirmation d’un prochain Top Gun,

Paramount a clairement indiqué ses ambitions avec une

montée en puissance de son nombre de films, et un

éclectisme qu’on ne lui connaissait plus beaucoup, mêlant

films familiaux (Sonic 4, Angry Birds 3…), action (Call

©ANDREU PUIG

Anna Marsh, DG de Studiocanal sur la scène du CCIB à Barcelone

of Duty, Heart of the Beast, Street Fighter), ou encore le

retour de grands noms (James Mangold, Damien Chazelle…)

et de grandes franchises (Star Trek, G.I. Joe, World War

Z, etc.) ; Warner a pour sa part consacré un long chapitre

à l’animation (cinq titres), et notamment au Chat Chapeauté,

mais a également dévoilé, entre autres, les premières

images de Man of Tomorrow de James Gunn, suite directe

de son Superman, avant de développer les présentations

de Dune troisième partie et du Digger d’Alejandro Iñárritu,

dont le rôle principal est tenu par Tom Cruise. Enfin,

parmi les moments forts, la présence devenue habituelle

de Studiocanal a permis à Anna Marsh de célébrer ses

récents succès et de réaffirmer son engagement pour la

salle, tout en mettant l’accent sur les prochains titres de

grandes signatures (Danny Boyle, Jean-Pierre Jeunet,

Justine Triet, Eli Roth…) et quelques moments forts à

venir (Les Misérables, Joséphine Baker, Paddington 4, ou

encore les remakes de Cliffhanger et New York 1997, qui

sera porté par Zack Snyder).

Des line-up diversifiés, mais desquels ressortent plusieurs

tendances. L’une d’entre elles n’est pas une nouveauté,

et c’était attendu : nombre de films présentés ou annoncés

sont des suites, des reboots, voire des remakes. Quand

bien même tout le monde commence à évoquer le besoin

de plus d’originalité, on ne change pas si facilement des

habitudes, pas plus qu’on ne résiste à la mode : celle des

films d’horreur a clairement le vent en poupe, la plupart

des studios en ayant annoncé et/ou présenté plusieurs,

tout comme les adaptations, de plus en plus nombreuses,

de jeux vidéo (Zelda, Call of Duty, Street Fighter…).

Et si l’on est en quête de nouveautés, elles sont plutôt à

chercher du côté des films religieux, puisqu’outre le

line-up d’Angel Studio, creuset d’un certain nombre de

films (tel que Le Roi des rois, sorti par Saje en France)

portés vers la religion chrétienne et présent à Barcelone,

deux films portant sur le Christ (La Résurrection du Christ,

de Mel Gibson chez Lionsgate, et The Chosen : Crucifixion,

adaptation de la série diffusée sur Prime), ont été dévoilés

aux exploitants européens. Enfin, et c’est au moins un

point sur lequel distributeurs et exploitants se retrouvent :

une très grande majorité des présentations ont mis l’accent

sur les PLF, promettant aux salles une grande variété de

formats et contenus disponibles. Avec, in fine, un message

fort pour l’avenir : les studios américains sont de retour.

Laurent Cotillon

14 N°520 / 8 juillet 2026


LA FRÉQUENTATION DANS LES TERRITOIRES DE L’UNIC EN 2025

Source : Membres de l’UNIC

PAYS

BO 2025

(EN DEVISE LOCALE,

EN MILLIONS)

BO 2024

(EN DEVISE LOCALE

EN MILLIONS)

ÉVOLUTION DU BO

PAR RAPPORT À

2024 (%)

ENTRÉES 2025

(EN MILLIONS)

ENTRÉES 2024

(EN MILLIONS)

ÉVOLUTION

DES ENTRÉES PAR

RAPPORT À 2024 (%)

PART DES FILMS

NATIONAUX 2025

(PAR BOX-OFFICE)

ALBANIE 249,2 295 -15,5 % 0,4 0,5 -9,8 % 32 18

AUTRICHE 124,6 112,3 11 % 11,4 10,5 8,1 % 7,3 562

BELGIQUE 140,3 149,9 -6,5 % 13,2 14,5 -9,2 % 9,4 498

BOSNIE-HERZÉGOVINE 9,1 8,4 8 % 1,2 1,1 2,2 % 16,6 89

BULGARIE 54,4 58,9 -7,6 % 4,2 4,6 -10,5 % 16 231

CROATIE 22,5 19,9 13,5 % 3,5 3,4 3,6 % 7 229

CHYPRE 5,2 4,8 7,2 % 0,6 0,5 13,5 % 0 36

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE 2267,3 2 255,1 0,5 % 12,6 13 -3,3 % 26,6 946

DANEMARK 1049,8 984,2 6,7 % 10,3 9,8 4,5 % 37 482

ESTONIE 17,3 18,4 -5,8 % 2,4 2,5 -3,2 % 14 94

FINLANDE 85,8 89,6 -4,2 % 6,3 6,8 -7,3 % 31 381

FRANCE 1158,1 1 347,8 -14,1 % 156,2 181,5 -13,9 % 34,3 6 401

GÉORGIE 20,6 19,7 4,7 % 1,4 1,5 -2,5 % 2 44

ALLEMAGNE 924 868,4 6,4 % 91,9 90,1 2,1 % 27,4 4 757

GRÈCE 56 54,8 2,3 % 7,8 7,6 2,3 % 17,9 464

HONGRIE 26359,1 25 831,8 2 % 10,7 10,4 2,1 % 17,1 389

IRLANDE 95,9 103 -6,9 % 10,7 11,8 -9,5 % 1 551

ISRAËL 391 424 -7,8 % 12,4 13,2 -5,8 % 21,5 420

ITALIE 496,7 494 0,5 % 68,4 69,7 -1,9 % 32,7 3 579

LETTONIE 14,5 13,5 7,4 % 2,2 2,1 3,9 % 20,9 81

LITUANIE 23,7 23,6 0,4 % 3,6 3,6 -1,9 % 19,9 74

LUXEMBOURG 9,9 10,2 -3,4 % 0,8 0,9 -8,6 % 1,8 38

MALTE 4,2 4,7 -9,5 % 0,5 0,6 -7,7 % 1,8 23

MONTÉNÉGRO 1,1 1,3 -14,4 % 0,2 0,3 -22,4 % 4,5 17

PAYS-BAS 306,3 308,7 -0,8 % 28,3 29,1 -2,7 % 13,1 1 109

MACÉDOINE DU NORD 84,9 84,7 0,3 % 0,3 0,3 -5,6 % 2,5 45

NORVÈGE 1195 1 109 7,8 % 8,4 8,2 2,5 % 28 476

POLOGNE 1142,3 1 127,3 1,3 % 50,9 50,8 0,3 % 28,5 1 548

PORTUGAL 70,8 73,3 -3,4 % 11 11,9 -7,7 % 1,7 579

ROUMANIE 318,2 292,9 8,6 % 11,2 11,2 -0,2 % 23,7 486

RUSSIE 44108,2 39 597,3 11,4 % 103,3 110,4 -6,4 % 76 6 297

ARABIE SAOUDITE 920,9 845,7 8,9 % 18,8 17,5 7,4 % 15 603

SERBIE 2043,3 2 338,2 -12,6 % 3,4 4,1 -17,1 % 8,4 194

SLOVAQUIE 38,3 38,7 -1,1 % 5,1 5,4 -5,7 % 19,4 312

SLOVÉNIE 11,9 12,1 -1,5 % 1,7 1,7 -2,5 % 8,6 103

ESPAGNE 453 477 -5 % 65 71 -8,5 % 19 3 562

SUÈDE 1352,9 1 421,1 -4,8 % 9,8 10,3 -5,6 % 10 971

SUISSE 161,5 170,9 -5,5 % 9,9 10,6 -7,1 % 9,3 620

TURQUIE 5790,1 4 994 15,9 % 27,7 33,2 -16,5 % 51 2 280

ROYAUME-UNI 990,5 978,7 1,2 % 123,5 126,5 -2,4 % 13,8 4 563

UKRAINE 2646,9 2 326,4 13,8 % 14,6 14 4,4 % 15,6 550

UNION EUROPÉENNE 4866,4 5 005,6 -2,8 % 603,6 639,2 -5,6 % 28 463

UE + RU 6022,4 6 161,7 -2,3 % 727,1 765,7 -5 % 33 026

EUROPE 6875,6 6 961,4 -1,2 % 870,2 916,6 -5,1 % 36 818

NB ÉCRANS

2025

Les écrans LED de cinéma

voient de plus en plus grand

À CineEurope et depuis, les annonces

d’installation d’écrans LED cinéma se

sont enchaînées entre la Hongrie, l'Espagne

et l'Allemagne, avec une progression

nette des tailles.

Pannonia Movie, première chaîne de cinémas

indépendants en Hongrie (5 sites et 32 salles) va

accueillir le premier écran Samsung Onyx LED

d’Europe centrale et orientale, au sein de son Lurdy

Cinema de Budapest. L'écran affichera une base

de 11,5 m en format Scope, dans une salle de plus

de 250 fauteuils. Une rénovation complète, prévue

en août, prévoit l'ajout d’un système Dolby 7.1 et

des fauteuils VIP inclinables.

En attendant à Madrid, Odeon Multicines a

Odeon Multicine MADRID Sambil Tricorne LED

inauguré dans son multiplexe Sambil un écran LED

HDR de 17 m de base sur 7 m de haut, micro-perforé

et acoustiquement transparent pour intégrer des hautparleurs

en arrière-plan, y compris pour des systèmes

immersifs comme Dolby Atmos. Cet équipement Tricorne

Premium LED déployé par GDC Technology Limited

ne restera pas longtemps le plus grand écran LED cinéma

d’Europe. En effet, à Nuremberg, la grande salle premium

Cinemagnum du multiplexe Cinecitta’ accueillera, d’ici

l'automne, un écran LED de 30 m de base sur 16 m de

haut, soit le plus grand du monde. L'installation reposera

également sur la technologie Tricorne Premium LED

avec une résolution native 8K+, écran incurvé conçu

pour optimiser les angles de vision et l'immersion dans

toute la salle et des panneaux micro-perforés, là aussi

acoustiquement transparents.

Six mois après son lancement, Tricorne Premium LED

totalise déjà 25 installations et commandes confirmées

à travers le globe.

A.A

N°520 / 8 juillet 2026

15


Boxoffice Tour 2026

Après Londres-Bruxelles-Amsterdam, le

Boxoffice Tour a pris la direction du Sud,

pour Barcelone et Biarritz. Dans la

capitale catalane, les participants ont

ainsi pu assister à toutes les présentations

des studios présents à CineEurope

(voir page 14), mais aussi rencontrer de

grands décideurs, et visiter plusieurs

cinémas remarquables. Avant de conclure

ce voyage à Biarritz, pour assister au

Festival Nouvelles Vagues et à sa journée

professionnelle.

1

3

2

4

5

7

6

8

1- Le Boxoffice Tour 2026 au complet

2 - Julien Marcel lors de la rencontre avec Helen Moss,

Head of International Theatrical Distribution chez

Amazon MGM

3 - Le Cinema Phenomena, au cœur de Barcelone…

4 - … et la salle “junior” du Cine Yelmo Premium

Westfield La Maquinista (Barcelone)

5 - Salon expo au Centre des congrès de Barcelone

6 - Visite du Monciné d’Anglet, équipé à 100 % de

fauteuils recliner

7 - Les Giants of Exhibition Europe français ont reçu

leurs distinctions : Gwenn Taillandier pour CineWest,

Alain Surmulet et Richard Patry pour Noé Cinémas,

Jacques Durand pour Pathé Cinémas ; Yves Sutter pour

Cinéville et Sacha Fridemann pour Grand Écran

8 - Stan Ruszkowski, CEO de The Boxoffice Company, a

remis le prix Blue Ribbon de Majestic Rive Gauche de

Dole à Jean-Claude Tupin, accompagné de Laurence

Meunier

9 - Le Boxoffice Tour accueilli par Xabi Garat au Sélect

de Saint-Jean-de-Luz

10 - Échange avec Eddy Duquenne, CEO de Kinepolis

9 10

16 N°520 / 8 juillet 2026


PAR LES PRODUCTEURS DES HEURES SOMBRES

PRIMÉ AUX BAFTA

ANDREW SCOTT

OSCAR ® DU MEILLEUR ACTEUR

BRENDAN FRASER

UN FILM DE

ANTHONY MARAS

NOMMÉE AUX OSCAR ®

KERRY CONDON

ET PRIMÉ AUX EMMY ®

DAMIAN LEWIS

L’HISTOIRE MÉCONNUE DU DÉBARQUEMENT

LE 9 SEPTEMBRE AU CINÉMA

SUGGESTION DE PLACEMENT DU FILM-ANNONCE

À L’AFFICHE À L’AFFICHE À L’AFFICHE 15/07 12/08 26/08

Retrouvez le matériel en libre téléchargement sur le site pro studiocanal : https://screeningroom.studiocanal.com/espace-pro

Identifiant : salles@studiocanal.com - Mot de passe : 2024@Studiocanal@EspacePro

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International

©Cécile Vargoz

devons trouver le bon équilibre entre la défense de la

créativité humaine et l’apport de l’intelligence artificielle

pour améliorer nos histoires. »

Trevor White, Kent Sanderson, Scott Shooman, Laura Lewis, Tom Bernard, Eugene Hernandez et Brent Lang, le 15 mai 2026 à la table ronde du CNC

HOLLYWOOD,

NOUVELLE DONNE

Aux États-Unis comme ailleurs,

le public veut du sang neuf et

de nouvelles histoires. Face à la

concentration des studios historiques

et à l’arrivée des streamers dans

la production, quel rôle jouent

aujourd’hui les indépendants

américains ? Faut-il encore parler de

crise à Hollywood ? Avant CineEurope

et le Studio Show, ces questions ont

été au centre des discussions cette

année à Cannes.

« Hollywood ne se limite pas aux grands studios », rappelait

Gaëtan Bruel lors d’une table ronde organisée par le

CNC le 15 mai sur la Croisette, quand Jackie Brenneman

présidente de l’Independant Film & Television Alliance,

invitée du Cinemas Club au Marché du Film, soulignait

l’importance « des majors qui injectent beaucoup d’argent

dans la filière », aux côtés de plus petites structures « qui

investissent tout sur un rêve, et ne devraient pas moins

compter ». Beaucoup de films indépendants sont dans le

top 10 chaque semaine, et pour Kent Sanderson, CEO

de Bleecker Street – qui a produit entre autres Logan

Lucky, Captain Fantastic ou encore Victorian Psycho, cette

année à Un Certain Regard –, « c’est le signe d’une nouvelle

ère ». Les salles se sont relevées du Covid notamment

grâce à « la fréquentation de la génération Z, qui a augmenté

de 30 % ». Or, « les studios sont plus longs à réagir à la

demande de ce public », estime Scott Shooman, dirigeant

d’IFC Entertainment, branche d'AMC Networks,

« ce qui laisse une place aux indépendants ; à eux d’être plus

inventifs, et ils seront les fers de lance du cinéma américain ».

Et ils sont nombreux, comme le relève Tom Bernard,

cofondateur de Sony Pictures Classics. « On fait plus de

films qu’autrefois et on a davantage de cinéastes, qui ont été

formés par les télévisions et les plateformes. »

Une nouvelle génération émerge, dont Sundance reste

le baromètre. Eugene Hernandez, directeur du festival

et du Sundance Institute, indique recevoir 16 000 films

candidats chaque année, « et les ayants droits passent par

notre marché pour vendre leurs films, y compris à l’international,

comme dans les grands festivals d’Europe ». Chez

Focus Features, Niels Swinkels note que les studios doivent

aussi tenir compte de la production à travers le monde :

« Dans un pays comme la France, la production nationale

dynamise l’ensemble du marché. En revanche en Asie, la

part de marché d’Hollywood recule car les spectateurs sont

davantage attirés par les films locaux. Nous devons apprendre

de ces réactions pour le futur. »

De nouveaux territoires de production

Au sein même des États-Unis, New-York et la Californie

ne sont plus les seuls territoires de cinéma. Pour Eugene

Hernandez, « le déménagement du festival de Sundance

à Boulder, signe d’une nouvelle rupture, va favoriser la

naissance de réalisateurs dans le Colorado ». Tom Bernard

cite de son côté le New Jersey, où, grâce aux incitations

fiscales, Spielberg va tourner son prochain film et où

Netflix a acheté un gros studio. Autre territoire à

explorer : l'intelligence artificielle, un outil « qui ne va

pas remplacer l'inspiration humaine ni augmenter la

fréquentation d’un film, mais va baisser les coûts de

production ». Selon Kent Sanderson, « on va pouvoir

faire des films style Marvel dans un garage ». Quant au

pillage de la création humaine, le producteur ne semble

pas inquiet : « Tant qu’il y aura des syndicats, l’IA n’aura

pas le dernier mot. » Le patron de la puissante MPA,

Charles Rivkin, ne peut le dire autrement : « Nous

Julien Marcel (Cine Group), Charles Rivkin, Jackie Brenneman et

Niels Swinkels, le 13 mai au Cinemas Club

Le rôle des salles

Pour Laura Lewis, CEO de Rebelle Media, « le problème

aux États-Unis, ce sont les salles qui se contentent de vendre

du pop-corn, pendant qu’en France, on mène des études pour

comprendre le public ». Bien souvent, ce public découvre

l’existence d’un film quand il n’est plus à l’affiche, souligne

Tom Bernard, qui incite « les exploitants à trouver de nouveaux

modes de communication auprès de leurs spectateurs ». Si les

grands studios semblent désormais tous d’accord pour

une exclusivité salle de 6 semaines, « ils ne doivent pas être

au service des plateformes et ne communiquer que pour elles,

estime le dirigeant de Sony Classics. Les exploitants, eux,

ne doivent pas passer 20 minutes de pub avant les films, et

nous devons tous partager nos données spectateurs, pour trouver

d’autres façons de les toucher ». Jacky Brenneman plaide

pour des tarifs dynamiques : « N’importe quel exploitant

proposant un abonnement illimité vous dira que 60 % à

80 % de son public les utilise pour voir des films indépendants.

Ce qui ne veut pas dire que les films n’ont pas de valeur. Nous

devons dire aux spectateurs “pour 10 $, tu fais partie d’une

communauté” et nous appuyer sur ces communautés. » Pour

Kent Sanderson : « Il faut donner envie aux gens de retourner

au cinéma, même si ça coûte cher. Car les films coûtent cher,

et aux États-Unis, on ne fait pas de philanthropie. »

Cela passe aussi, de la part des distributeurs, par une

programmation « plus large que dans une poignée de cinémas

art et essai », ajoute Tom Bernard, d’autant que les films

d’auteur plaisent aux jeunes. Eugene Hernandez se dit

« émerveillé de voir une nouvelle génération découvrir aujourd’hui

Gregg Araki ou Spike Lee », quand Scott Shooman rapporte

l’intérêt des jeunes pour Christopher Nolan – dont IFC

Films a, entre autres, produit le premier long.

Une concentration qui s’accélère

Après celle de Fox/Disney, la fusion Warner/Paramount

interroge sur le volume de la production en général.

Laura Lewis, qui produit des comédies romantiques en

espérant les sortir en salles, voit aussi dans la concentration

la réduction du nombre d'acheteurs potentiels. Mais

pour Kent Sanderson, si Paramount sort moins de films,

cela permettra à un distributeur comme A24 d’occuper

plus d’espace. Un optimisme partagé par Trevor White,

co-CEO de Star Thrower Entertainment : « Si on a le

budget, les acteurs et le scénario, on fera le film, quels que

soient les studios en face. » Autre écho de la part d’Ira Sachs,

qui intervenait au Cinemas Club aux côtés de L’ARP :

le réalisateur, en Compétition cannoise cette année avec

The Man I Love, estime que « seuls 4 à 5 % » des cinéastes

de sa génération parviennent encore à faire des “films”

plutôt que des “produits”. Car en l’absence de véritables

soutiens publics, le secteur indépendant dépend largement

de financements privés et « il existe une interaction très

forte entre ce que l’on peut vendre et ce que l’on peut raconter ».

Pourtant, si beaucoup de sociétés indépendantes ont

disparu, les nouvelles, selon Kent Sanderson, ont aujourd’hui

« beaucoup plus de débouchés différents pour leurs films ».

À eux de « susciter le désir », pour que le cinéma américain

retrouve le rôle qu’il a eu dans les années 70 et 80.

Cécile Vargoz

18 N°520 / 8 juillet 2026


Festival d’Annecy

ANIMATION FRANÇAISE

ENTRE VITALITÉ DU CINÉMA ET

TURBULENCES DE L'AUDIOVISUEL

©ANNECY FESTIVAL/E. Nguyen

Le président du CNC Gaëtan Bruel à Annecy, 24 juin 2026

Présentée le 24 juin à Annecy, l’étude

annuelle du CNC a confirmé la

créativité de la production française

d’animation. Mais derrière ce

dynamisme, le secteur fait face à un

recul de l’activité audiovisuelle, à

une baisse de l’emploi et à un marché

salles moins porteur qu’en 2024.

Cette édition du Festival d’Annecy avait « une saveur

particulière » pour le président du CNC qui, en introduction

de la présentation des indicateurs du secteur, a

souligné la place occupée par la création française au sein

de la sélection du festival – dont 4 des 11 longs métrages

en compétition* –, sans oublier la nomination aux Oscars

reçue par le Cristal de 2025, Arco, en janvier dernier.

Et pourtant, ce secteur que l'on peut prendre comme

« maître-étalon lorsqu'il s'agit de raconter la réussite de notre

modèle », traverse une crise « un peu généralisée »…

La vitalité record de la production cinéma

Alors que la production audiovisuelle recule, sous l'effet

de la baisse des investissements de la quasi-totalité des

diffuseurs – hors France Télévisions –, en 2025, 16 longs

métrages cinéma d’initiative française ont été agréés, soit

le deuxième plus haut niveau observé après le record de

2023 (18 films). Depuis 2019, le seuil des dix productions

annuelles est systématiquement dépassé. Cette dynamique

s’accompagne d’un important renouvellement des talents.

Entre 2006 et 2025, près d’un film d’animation sur deux

(45,2 %) est un premier long métrage, contre 30,4 %

pour l’ensemble de la production cinématographique.

Les devis 2025 sont très diversifiés, des 800 000 euros

du Vertige de Quentin Dupieux aux 20,7 millions d’euros

de Wings of Freedom de Laurent Zeitoun, Emmanuel

Gorinstein et François-Xavier Aubague. Et bien entendu,

les coproductions restent incontournables : depuis 2006,

elles concernent près de 70 % des films d’animation

français, dont la moitié avec la Belgique.

Une fréquentation en retrait dans les

salles

Les 54 films d’animation sortis en première exclusivité,

toutes origines confondues, dans les salles françaises (soit

6,7 % de l’ensemble des films inédits) ont totalisé 19,5

millions d’entrées (soit 14,8 % de la fréquentation des

films inédits). Un niveau inférieur à la moyenne de la

décennie (16 %) et en recul de 35,5 % par rapport à 2024.

Cette régression s’explique avant tout par celle des productions

américaines. Avec seulement 8 sorties (contre 10

en 2024 et une moyenne de 13 entre 2016 et 2019), les

films d’animation américains ont vu leur fréquentation

divisée par deux, de 25 millions à 12 millions d’entrées,

faisant reculer leur part de marché de 82,1 % à 62 %.

À l’inverse, l’animation française a été représentée par

une offre record avec 16 sorties inédites. Celles-ci ont

totalisé 2,9 millions d’entrées dans les salles (contre 2,4

millions un an plus tôt). De quoi remonter leur part de

marché à 14,8 %, en ligne avec la moyenne de la décennie

(13,8 %). L’année 2025 a également été marquée par un

titre japonais, Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba – La

Forteresse infinie, premier film non américain à figurer

dans le top 3 annuel de l’animation depuis 2009.

Au total, les films d’animation ont généré 142,5 millions

d’euros de recettes dans les salles françaises. La recette

moyenne atteint 7,31 euros par entrée, en progression

de 19,6 % par rapport à la moyenne 2017-2019. « Une

hausse plus importante que pour l’ensemble des films en

première exclusivité (+12,6 % à 7,67 €), portée par le

premium qui représente 6 % des recettes », observe le CNC.

Le rebond de l’export cinéma

À l’international, l’animation redevient en 2025 le premier

segment exporté du cinéma français. Les films d’animation

français ont ainsi totalisé 13,2 millions d’entrées hors de

France, leur deuxième meilleur résultat de la décennie.

Ce rebond de 95,4 % par rapport à 2024, et de plus de

80 % par rapport à la moyenne décennale, repose notamment

sur les succès de Flow (coproduction minoritaire),

Falcon Express et Une nuit au zoo (coproduction minoritaire).

L’international demeure un débouché essentiel

pour le secteur, puisque sur la période 2016-2025, plus

des deux tiers des entrées des films français d’animation

en première exclusivité (68,4 %) ont été enregistrés hors

du territoire national

Audiovisuel et emploi sous pression

Le constat est en revanche plus préoccupant pour les

chiffres limités à 2024 de l’animation audiovisuelle, dont

les exportations poursuivent leur baisse, avec un repli

des ventes sur la plupart des territoires. L’Amérique du

Nord enregistre la chute la plus marquée (-36,8 % sur

un an), à son plus bas niveau depuis 2008. Selon le CNC,

l'animation audiovisuelle doit en outre composer avec

l'importance croissante des IP et des acheteurs qui prennent

moins de risques. Un secteur qui « pâtit davantage de la

rationalisation des investissements des acheteurs ».

Malgré ce contexte, la France gagne une place dans le

classement des productions les plus présentes sur les

plateformes de vidéo à la demande par abonnement à

l’international. Elle se hisse au quatrième rang mondial

et conserve sa deuxième place européenne derrière le

Royaume-Uni, avec 298 séries françaises disponibles

dans 51 pays.

Enfin, après deux années record, les effectifs des entreprises

d’animation reculent de 8,1 % entre 2023 et 2025, à

9 149 salariés. Le niveau reste toutefois supérieur de près

de 15 % à celui observé en 2018. Les moins de 30 ans

sont les premiers touchés, avec une baisse de 28 % des

effectifs sur deux ans. Les femmes représentent désormais

44,3 % des salariés et 51,1 % des primo-entrants intermittents

; un niveau record qui confirme la poursuite de

la féminisation de la filière.

Ayşegül Algan

Suite p22

* Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach, Le Corset de Louis Clichy, Lucy Lost

d’Olivier Clert et Le Dossier de l’aube de Rupert Wyatt, Alexis Bloom et Émilie Phoung

N°520 / 8 juillet 2026

19


JASON STATHAM EST DE RETOUR

DANS UN THRILLER SOUS HAUTE TENSION !

Cole Reed, ancien agent des forces spéciales reconverti en chef de sécurité, est accusé à

tort du meurtre de son patron. Remontant le fil de la machination dont il est victime, il se

retrouve piégé à bord d’un porte-conteneurs dont l’équipage est composé de mercenaires.

En haute mer, Reed ne pourra compter sur aucune aide…

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PAR LE RÉALISATEUR DE MESRINE : L’ENNEMI PUBLIC N°1

UN FILM DE JEAN-FRANÇOIS RICHET

SORTIE LE 19 AOÛT


Festival d’Annecy

24 membres d’Europa Cinemas, représentant 14 pays, étaient réunis à Annecy. Juin 2026.

©Boxoffice Pro/A.Algan

EUROPA CINEMAS AU MIFA

L'ANIMATION EUROPÉENNE EN QUÊTE

DE NOUVELLES COULEURS

L'accès aux films, leur

positionnement et la conquête

d'un public adulte : réunis

à Annecy pour le premier

Interactive Workshop organisé

avec le MIFA, les exploitants

d'Europa Cinemas ont confronté

leurs expériences autour d'un

même constat : si l'animation

n'a jamais autant attiré les

spectateurs, elle n'a pas fini de

dessiner son avenir dans les

salles du réseau.

Lundi 22 juin 2026, 24 représentants de cinémas de 14

pays différents étaient réunis à Annecy pour un interactive

workshop sur la diffusion des films d’animation. Une

première pour le MIFA, qui après ceux de l’AFCAE,

ouvrait son parcours exploitants aux membres d’Europa

Cinemas. En filigrane de cette journée de travail mêlant

état des lieux du marché, ateliers collaboratifs et retours

d’expérience, une évidence : l’animation est un puissant

moteur de fréquentation et de renouvellement des publics,

comme en attestent les chiffres de sa reprise après-Covid

présentés par Catherine Lemaire, du Kinograph/Cineflagey

de Bruxelles. À l’échelle mondiale, entre 2022 et 2025,

les films d'animation ont ainsi représenté 11 % des sorties

en salles et 26 % des entrées, passant de 775 millions de

spectateurs en 2019 à 888 millions en 2025 – là où les

films en live action ont régressé de 4,2 milliards d’entrées

à 2,4 milliards.

En Europe, le genre représente environ 8 % des sorties…

mais concentre 20 % des entrées. Et bien entendu, la

dynamique est largement portée par les productions

américaines (39 %), mais également le chinois Ne Zha 2

qui, à lui seul, a représenté près de 40 % de part de marché

de l’animation salle en 2025. Plus loin derrière, Flow fait

figure de seul titre européen à s’être fait une place dans

le top 20 de l'animation mondiale. Naturellement, dans

les salles Europa Cinemas qui ont représenté 31 % de ses

entrées, le film de Gints Zilbalodis s’affiche directement

au 2 e rang des meilleures fréquentations animées – et au

10 e rang tous films confondus. Mais comme l’a rappelé

la directrice générale d’Europa Cinemas, Fatima Djoumer,

en ouverture de la journée, « la présence de l’animation

européenne est très différente selon les territoires », et la

production continentale extrêmement concentrée sur la

France, l’Allemagne, l’Espagne, ainsi que la Grande-Bretagne

et la Turquie.

Des programmations à animer

Dans ce contexte, le principal défi pour un grand nombre

de professionnels présents à l’atelier d’Annecy est simplement…

celui de trouver “l'animation de la diversité” à

programmer, comme en Finlande et au Danemark où

peu de distributeurs se positionnent sur le créneau. Et

quand la proposition est là, demeure le frein du doublage

sur les films jeune public – y compris pour un pays

comme la Belgique, où les salles wallonnes peuvent

s'appuyer sur les versions françaises, tandis que celles de

Flandre souffrent d'un manque de versions doublées en

flamand, distinctes du néerlandais.

Enfin, il y a l’enjeu, pour tous, de faire identifier et

marketer les films d’animation non jeune public auprès

des adultes auxquels ils sont destinés. Frédérique Blanchin

de La Muse Cinéma à Bressols a témoigné de l’efficacité

des séances surprises de l’AFCAE : « On propose de

l’animation dès que l’on peut, et ça marche dans tous les

cinémas qui les accueillent. » Expérience moins concluante

pour Tamás Liszka, qui cumule la gestion d’un 6 salles

à Budapest et d’un festival, et qui a sorti, dans le cadre

de son activité annexe de distribution, Mémoires d'un

escargot [Cristal du meilleur film au Festival d'Annecy

2024]. « Malgré tous nos efforts, le film a réalisé à peine

3 000 entrées en Hongrie », regrette le professionnel aux

multiples casquettes.

22 N°520 / 8 juillet 2026


La journée a été ponctuée de différents ateliers.

Le jour de l’atelier à Annecy, un autre long métrage animé

pour adultes, Jim Queen sorti sous bannière The Jokers,

comptabilisait déjà plus de 55 000 entrées en France au

terme de son premier week-end [il en cumule près de 217

000 au moment où nous bouclons ces lignes]. Un succès

qui a servi de cas pratique lors d’un atelier, destiné à

recenser toutes les idées d’animation qu’il peut inspirer :

goodies-stickers de faux abdos, partenariats avec des salles

de sport ou encore séances karaoké, à l’image de celles

récemment proposées par le cinéma Galeries de Bruxelles,

en Belgique – seul autre territoire où le film a déjà été

programmé. Si le parcours français de Jim Queen confirme

l’existence d’un large public pour l’animation adulte, les

représentants d’Europa Cinemas ont également souligné

la nécessité de ne pas enfermer le film dans une niche

LGBTQIA+, « au risque d’exclure les autres communautés

et de réaliser des séances de l’entre-soi », comme sur de

nombreux sujets militants.

Au terme d’un parcours prestigieux l'ayant mené de sa

présentation à Cannes au Cristal d’Annecy, Arco a pour

sa part bénéficié d’un positionnement hybride assumé à

L’Atalante de Bayonne. « Le film apparaissait à la fois dans

nos recommandations jeune public et dans nos propositions

destinées aux adultes », a expliqué Simon Blondeau, en

revenant sur la diffusion du film à la Toussaint 2025. Un

travail éditorial renforcé par l’implication du ciné-club

étudiant du cinéma, qui a notamment réalisé un fanzine

dédié. Résultat : une exploitation particulièrement longue

(une dizaine de semaines) et une neuvième place au

box-office annuel du cinéma.

Charades est en outre l’heureux vendeur international

de Flow, « ou l’histoire sans dialogue d’un chat qui se balade

seul dans la forêt et dont personne ne voulait après la diffusion

d'un extrait à Berlin », mais que tout le monde s'est arraché

au Marché du Film de Cannes à la suite de sa présentation

à Un Certain Regard. Le vendeur international sera

également à pied d’œuvre sur le prochain long métrage

de Gints Zilbalodis, Limbo, pour lequel le cinéaste letton

a refusé la carte blanche de 15 millions de dollars proposée

par Warner, « car il préférait le développer de manière

indépendante… et pour seulement 8 millions de dollars »,

s’amuse encore Pierre Mazars.

Reste à voir quelle sera la carrière de cette nouvelle

coproduction européenne du nouveau « mastermind » de

l’animation. Ce qui est sûr pour Pierre Mazars, c’est que

« nous avons besoin d’une Palme d’or, pour une consécration

comme celle du documentaire avec Fahrenheit 9/11 de

Michael Moore en 2004 ». Or le dernier long métrage

animé en Compétition de la sélection officielle à Cannes,

La Plus Précieuse des marchandises, « doit plus sa sélection

au fait qu’il ait été réalisé par Michel Hazanavicius ».

Car, au fond, le défi ultime de l'animation est celui d’être

reconnu « comme du cinéma à part entière ». Chez Europa

Cinemas, on y réfléchit déjà avec, au-delà de ce nouveau

rendez-vous annécien, peut-être les prémices d’un

futur soutien…

Ayşegül Algan

©Boxoffice Pro/A.Algan

Un palmarès entre

mélodie d'ailleurs et

razzia française

Le Festival international du film d'animation d'Annecy a

dévoilé son palmarès 2026 le 27 juin, couronnant un long

métrage pour l'heure sans distributeur dans les salles

françaises, tandis que Le Corset repart avec trois récompenses

majeures.

Le Cristal du long métrage revient à La Violoniste, d'Ervin

Han et Raúl García, une coproduction entre Singapour,

l'Espagne et l'Italie, qui ne dispose pas encore de distributeur

en France.

Côté français, Le Corset de Louis Clichy cumule trois

distinctions majeures : le Prix du jury, le Prix du public et

le Prix Fondation Gan à la Diffusion. Autre production

française remarquée, Blaise de Dimitri Planchon et Jean-

Paul Guigue remporte le Grand Prix Contrechamp.

La prochaine édition du Festival d'Annecy se tiendra du

21 au 27 juin 2027, et son Mifa du 23 au 26 juin 2027.

Sur la scène de la salle Bonlieu, à Annecy,

l’équipe de La Violiniste...

Palmarès longs métrages

Cristal du long métrage : La Violoniste de Ervin Han et

Raúl García, Singapour / Espagne / Italie

Prix du jury : Le Corset de Louis Clichy, France / Belgique

(KMBO - 14/10/2026)

Grand Prix Contrechamp : Blaise de Dimitri Planchon,

Jean-Paul Guigue, France (The Jokers - 27/01/2027)

Prix du jury Contrechamp : Une aube nouvelle de

Yoshitoshi Shinomiya, Japon / France (ADN - 12/08/2026)

Prix Fondation Gan à la Diffusion : Le Corset de Louis

Clichy, France / Belgique (KMBO - 14/10/2026)

Prix du public pour un long métrage : Le Corset de Louis

Clichy, France / Belgique (KMBO - 14/10/2026)

Prix Paul Grimault : Decorado de Alberto Vázquez,

Espagne (Le Pacte - 26/08/2026)

Retrouvez l'intégralité du palmarès d’Annecy sur

annecyfestival.com

On sait pour autant que Arco n’aura pas tout à fait réitéré

le momentum Flow de l’année précédente, en France

comme à l’étranger. Un précédent rare, qui a notamment

nourri des attentes de séances particulièrement élevées de

la part de son distributeur en Pologne, « ce qui fait que

beaucoup de cinémas ne l’ont pas programmé et le film a fait

un flop », regrette Stella Skiba de New Horizons, à Varsovie.

À la conquête du monde

Parmi les multiples rencontres de la journée, celle avec

Pierre Mazars, cofondateur de Charades (et coprésident

de l'ADEF - Association française des exportateurs de

films) a justement permis d’ouvrir la perspective sur les

ventes internationales, un « job » consistant à « trouver le

bon film pour le bon distributeur »… ou parfois pour la

bonne plateforme. Ainsi In Waves de Phuong-Mai Nguyen

sera, à l’exception de la France, de la Belgique, de la Turquie

et de Taïwan, exclusivement diffusé sur Netflix, « qui nous

a fait la seule offre rentable vu le budget investi par les

producteurs », a expliqué Pierre Mazars, qui avait déjà vendu

J’ai perdu mon corps à la plateforme.

Pierre Mazars, de Charades, ou l'animation version… ventes internationales (en compagnie de Catherine Lemaire, du Kinograph/Cineflagey de Bruxelles)

©Boxoffice Pro/A.Algan

N°520 / 8 juillet 2026

23


Calendrier

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ

JOUR FÉRIÉ

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE

REPRISE

CONTENU ALTERNATIF

Zone A

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Zone C

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S28

8 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

NORTE DISTRIBUTION DRY LEAF 03h06 A.Koberidze D.Koberidze, O.Nijaradze, I.Chelidze

LA LUNA DISTRIBUTION ENFANTS DE PALESTINE – DEUX HISTOIRES DE CISJORDANIE 00h58 M.Mesbah et S.Awawdeh

LES FILMS DU WHIPPET ENTRE CIEL ET TERRE 00h33 A.Jaffé et R.Synkevich

METROPOLITAN FILMEXPORT EVIL DEAD BURN 01h51 S.Vaniček S.Yacoub, H.Doohan, L.Buchanan

SUDU CONNEXION HANAMI 01h36 D.Fernandes S.Andrade, D.Mendes, A.Da Luz Gomes

FRIDAY ENTERTAINMENT IDHAYAM MURALI 02h30 A.Baskaran A.Murali, F.Faasil, P.Mukhundhan

FACTORIS FILMS I, NOBODY 02h30 N.Basheer P.Sukumaran, P.Thiruvothu, S.Venjaramoodu

STUDIOCANAL KILL BILL: THE WHOLE BLOODY AFFAIR 04h35 Q.Tarantino U.Thurman, D.Carradine, L.Liu

MEMENTO LA CHALEUR 01h33 S.Demoustier H.Hussein, T.Richard, M.La Manna

TANDEM L’ÉCOLOGIE DES SENTIMENTS 01h24 A.Steiger A.Manet, S.Stein, A.Steiger

NOUR FILMS LE PASSAGE 01h43 B.Andersen Y.Al Massri, Y.Mahayni, O.Sy

SARAH FILMS LE PREMIER RÔLE 01h26 A.Hakkar Z.Souakria, A.Hakkar, T.Aït-Ali

FRIDAY ENTERTAINMENT LOVE OH LOVE 02h30 M.Rajendran P.Narayan, N.Durga, A.Kathir

MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION MICROSTAR 01h27 L.Kraus A.Wapler, F.Lefebvre, R.Hazanavicius

PYRAMIDE DISTRIBUTION SEULE LA VIE 02h01 A.Goiginger V.Pachner, R.Stadlober, S.Reinsperger

LES FILMS DE L'ATALANTE SUDDEN FEAR 01h50 D.Miller J.Crawford, J.Palance, G.Grahame

DAMNED DISTRIBUTION THE FIN 01h25 S.Park Y.Yeji, P.Kim, Goh-woo

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE VAIANA, LA LÉGENDE DU BOUT DU MONDE 01h56 T.Kail C.Laga'aia, D.Johnson, R.Owen

S29

15 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

LES FILMS DE L'ATALANTE ANOTHER MAN'S POISON 01h30 I.Rapper B.Davis, G.Merrill, E.Williams

DULAC DISTRIBUTION COMÈTE 01h37 É.Wajeman V.Macaigne, S.Funtek, A.Chardard

L'ATELIER DISTRIBUTION D'OÙ VIENT LE VENT 01h40 A.Guellaty E.Bellagha, S.Baccar, S.Belhassen

LE PACTE KAYARA, PRINCESSE INCA 01h21 C.Zelada N.Serrano, N.Begle, C.Gonzales

FRIDAY ENTERTAINMENT LA DERNIÈRE SÉANCE 01h52 P.Nalin B.Rabari, B.Shrimali, R.Meena

HAUT ET COURT L'AVENTURE RÊVÉE 02h42 V.Grisebach Y.Radeva, S.Alilov Letifov, S.Kostadinov

JOUR2FÊTE LE BERGER ET LES OURS 01h41 M.Keegan

THE JOKERS FILMS LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ 02h08 K.Jee-Woon S.Kang-Ho, L.Byung-Hun, W.Jung

PARK CIRCUS FRANCE LE CRIME ÉTAIT PRESQUE PARFAIT 01h45 A.Hitchcock R.Milland, G.Kelly, R.Cummings

PANAME DISTRIBUTION LE HÉROS DE BERLIN 01h53 W.Becker C.Hübner, C.Paul, L.Ullrich

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR L'ODYSSÉE 02h52 C.Nolan M.Damon, T.Holland, A.Hathaway

CARLOTTA FILMS

RÉTROSPECTIVE INTÉGRALE JACQUES TATI (6 FILMS)

MOTEL THE LAST VIKING 01h56 A.Jensen M.Mikkelsen, N.Lie Kaas, L.Brygmann

S30

22 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

DESTINY FILMS CAP FAREWELL 01h48 V.D'Alcantara N.Abita, P.Bussières, O.Gourmet

LES FILMS DE L'ATALANTE CAST A DARK SHADOW 01h22 L.Gilbert K.Walsh, K.Harrison, D.Bogarde

STUDIOCANAL CHARLIE ET LES KANGOUROUS 01h47 K.Woods L.Whiteley, R.Corr, R.House

SPLENDOR FILMS COWBOY BEBOP 01h51 S.Watanabe K.Yamadera, U.Ishizuka, M.Hayashibara

EUROZOOM

CYCLE YOSHIMITSU MORITA (4 FILMS)

ZINC FILM / WARNER BROS. FRANCE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE 01h12 M.Darondeau et B.Usclat P.Clément, L.Stocker, J.Frison

NEW STORY GAVAGAI, ET AUTRES MALENTENDUS 01h31 U.Köhler J.Folly, M.Eggert, N.Richard

UFO DISTRIBUTION GORGONÀ 01h36 E.Kalogiropoulou M.Mahut, A.Marion, C.Loulis

PAN DISTRIBUTION LA FILLE DANS LES NUAGES 01h28 P.Riche L.Emera, J.Debbouze, G.Ludig

TAMARA FILMS LES MADELEINES 01h23 A.Dreyfus

APOLLO FILMS LES VACANCES DE GOLO & RITCHIE M.Fougerol et A.Hamidi

WILD BUNCH DISTRIBUTION NIGHTBORN 01h32 H.Bergholm S.Haarla, R.Grint, P.Tola

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION SOLEILS ATIKAMEKW 01h43 C.Leriche J.Newashish, M.Chilton, W.Newashish-Petiquay

ART HOUSE SOUS LE CIEL DE KYOTO 02h08 A.Ohku R.Hagiwara, Y.Kawai, A.Itô

CONDOR DISTRIBUTION SUR LA ROUTE D'OMAHA 01h23 C.Webley J.Magaro, M.Wright, W.Solis

TRAFALGAR RELEASING WHAM! 10 DAYS IN CHINA 01h30 M.Christie G.Michael, A.Ridgeley

S31

29 JUIL

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

MÉTÉORE FILMS HOME STORIES 01h56 E.Trobisch F.Hornemann, M.Riemelt, E.Löbau

METROPOLITAN FILMEXPORT I WANT YOUR SEX 01h30 G.Araki O.Wilde, C.Hoffman, Charli xcx

LES ACACIAS LAWRENCE D'ARABIE 03h38 D.Lean P.O'Toole, A.Guinness, O.Sharif

ARIZONA DISTRIBUTION LES MATINS MERVEILLEUX 01h27 A.Besson I.Hair, R.Martigny, E.Cantona

AD VITAM LE TRIANGLE D'OR 01h30 H.Rosselet-Ruiz M.Khebizi, S.Mosbah, Z.Bakri

FRIDAY ENTERTAINMENT PARIKRAMA 01h52 G.Ghose M.Leonardi, C.Singh, A.Badkul

THE JOKERS FILMS

RÉTROSPECTIVE KIM KEE-WOON (4 FILMS)

CARLOTTA FILMS RRR 03h07 S.Rajamouli N.Rama Rao Jr., R.Charan, A.Bhatt

SONY PICTURES RELEASING FRANCE SPIDER-MAN: BRAND NEW DAY 02h25 D.Cretton T.Holland, Zendaya, S.Sink

KMBO THE UGLY 01h42 S.Yeon J.Min Park, H.Kwon, S.Hyon Bin

VIRGINIE FILMS TOMMY GUNS 01h58 C.Conceição J.Arrais, J.Cachola, V.Gil

24 N°520 / 8 juillet 2026


S32

5 AOÛT

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

TAMASA DISTRIBUTION ANTONIA ET SES FILLES 01h42 M.Gorris W.Van Ammelrooy, E.Dottermans, V.van Overloop

TRAFALGAR RELEASING ATEEZ : LIGHT THE WAY IN CINEMAS 01h10 J.Kim

ZINC FILM BOMBONERA 01h27 S.Boulanouar S.Guerrab, V.Pons, E.Boumali

WAYNA PITCH COTTON QUEEN 01h35 S.Mirghani M.Murtada, R.Mahmoud, T.Farid

NOUR FILMS DES FLEURS POUR TOKYO 01h55 Y.Danzuka K.Kurosaki, K.Endô, H.Igawa

LES FILMS DU CAMELIA ENAMORADA 01h38 E.Fernandez M.Félix, P.Armendariz, F.Fernández

AD VITAM GIRL 02h04 S.Qi R.Chiu, E.Liu, Y.Lai

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION JOUR DE CHASSE 01h20 A.Blanc N.Ricci, B.Marcil, F.Millaire Zouvi

SONY PICTURES RELEASING FRANCE KYMA, L’ONDE MYSTÉRIEUSE 01h29 R.Daudet-Jahan J.Lefebvre, L.Loste Berset, M.Haïdara

PARAMOUNT PICTURES FRANCE LA PAT' PATROUILLE : LE FILM MISSION DINO 01h28 C.Brunker R.Janjua, C.Young, M.Grace

ESC FILMS LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND 03h00 S.Leone C.Eastwood, E.Wallach, L.Van Cleef

PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE LE CONCERT D'ÉTÉ 2026 D'ANDRÉ RIEU : VIVA MAASTRICHT ! 02h45 A.Rieu A.Rieu

STUDIO TF1 LES GENDARMES 01h27 F.Prévôt-Leygonie et S.Archinard A.Ducret, F.Testot, A.David

KMBO LES SILENCES DE RIYAD 01h39 H.Al Mansour M.Al Zahrani, A.Gharbawi, S.Al Harthy

SOLARIS DISTRIBUTION VENISE, LA LUNE ET TOI 01h47 D.Risi A.Sordi, M.Allasio, N.Manfredi

S33

12 AOÛT

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

LES ALCHIMISTES ARCOBALENO 01h21 P.Cirès

WILD BUNCH DISTRIBUTION CHICAS TRISTES 01h30 F.Tovar D.Álvarez, R.Guzmán

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR JUSTE POUR UNE NUIT W.Gluck M.Barbaro, C.Turner, M.Ringwald

WARNER BROS. FRANCE LA FIN D’OAK STREET D.Mitchell A.Hathaway, E.McGregor, M.Stella

SPLENDOR FILMS L'ÎLE 01h30 K.Ki-duk S.Jung, K.Yoosuk, Park Sung-Hee

EUROZOOM LYDIA ET LE VAISSEAU DES TEMPÊTES 01h25 N.Savard et P.Arseneau Bussieres S.Nélisse, L.Dantiste, E.Gélinas

CARLOTTA FILMS

RÉTROSPECTIVE AKIRA KUROSAWA EN TROIS FILMS

DIAPHANA DISTRIBUTION SOUDAIN 03h15 R.Hamaguchi V.Efira, T.Okamoto, G.Dahmani

SPLENDOR FILMS THE QUIET FAMILY 01h38 K.Jee-Woon S.Kang-Ho, M.Choi, J.Jeong

SND TOMBÉ DU CIEL 01h32 M.Hamidi I.Djadel, J.Balasko, F.Testot

CONDOR DISTRIBUTION UNDERTONE 01h34 I.Tuason N.Kiri, M.Duquet, K.Lyn Bastidas

PANAME DISTRIBUTION UNE AFFAIRE TURQUE 01h32 H.Aydin Gürsoy L.Erdogan, C.Berling, M.Aygün

ADN UNE AUBE NOUVELLE 01h16 Y.Shinomiya R.Hagiwara, K.Furukawa, M.Irino

UFO DISTRIBUTION UN GRAND RACCOURCI 01h21 A.Foëx et C.Devilliers J.Porier, L.Labeque, F.Le Bris

S34

19 AOÛT

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

SWASHBUCKLER FILMS ALLONS DONC, PAPA ! 01h22 V.Minnelli S.Tracy, E.Taylor, J.Bennett

CARLOTTA FILMS DES JOURS ET DES NUITS DANS LA FORÊT 01h55 S.Ray S.Chatterjee, S.Tagore, R.Ghosh

LE PACTE FJORD 02h26 C.Mungiu S.Stan, R.Reinsve, A.Panc

SONY PICTURES RELEASING FRANCE INSIDIOUS : L'INVASION DU LOINTAIN J.Chase A.Eve, B.Perea, L.Shaye

WAYNA PITCH LA FILLE CONDOR 01h49 A.Torrico M.Vallejo Montaño, M.Sanizo, N.Huayta Cutipa

APOLLO FILMS / STUDIOCANAL LA NIRVANA H.Bougheraba I.Bougheraba, J.Brucker, E.Smet

SHELLAC LA PROVIDENCE ET LA GUITARE 02h05 J.Nicolau P.Inês, C.Riedenstein, S.Sobral

KMBO MARIUS ET LE ROYAUME DES MERS 01h20 E.Skandfer

SND MUTINY 01h35 J.Richet J.Statham, A.Wallis, R.Møller

METROPOLITAN FILMEXPORT OKLAHOMA HONEY 02h10 A.Patterson (I) M.McConaughey, A.LookingGlass, K.Russell

TANDEM PARADISE 01h30 J.Comte D.Atsu Hukporti, J.Boivin-Desmeules, E.de la Chenelière

THE JOKERS FILMS WAKE IN FRIGHT 01h49 T.Kotcheff D.Pleasence, G.Bond, C.Rafferty

S35

26 AOÛT

1 ER SEPT.

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

LE PACTE DECORADO 01h35 A.Vázquez (II) A.Hormaza, A.Gamiz, K.Uranga

LES FILMS DU LOSANGE DÉGEL 01h48 M.Martelli M.O’Rourke, S.Rosendahl, M.Domagala

45RDLC DJIB 01h17 J.Odoutan M.Balthazard, J.Hammoudi, L.Milébo

OPTIMALE DISTRIBUTION FACE À LA MER 01h56 H.Walsh B.Ward, L.MacFadyen, L.White

PARK CIRCUS FRANCE LES HOMMES DU PRÉSIDENT 02h18 A.Pakula D.Hoffman, R.Redford, J.Warden

PATHÉ FILMS L'INCONNUE 02h20 A.Harari L.Seydoux, N.Schneider, V.Du Bois

DESTINY FILMS MEMORY OF PRINCESS MUMBI 01h22 D.Hauser S.Apondi, I.Joseph, S.Waithaka

PARAMOUNT PICTURES FRANCE TAD L'EXPLORATEUR ET LA LAMPE MAGIQUE E.Gato

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE THE DOG STARS R.Scott J.Elordi, M.Qualley, J.Brolin

S36

7 SEPT.

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

LES GRANDS ESPACES AMOUR(S) 01h39 A.Diop et C.Maugendre

TAMASA DISTRIBUTION ARREBATO 01h45 I.Zulueta E.Poncela, C.Roth, L.Ciges

MALAVIDA FILMS A SWEDISH LOVE STORY 01h59 R.Andersson A.Kylin, R.Sohlman, B.Andrésen

LES ALCHIMISTES GOUFFRES ET MERVEILLES 01h19 J.Boiron-Lajous C.Dancausse, J.Boiron-Lajous

TANDEM LA DERNIÈRE PATIENTE 01h20 R.Bassaler A.Grinberg, L.Bajrami, F.Lefebvre

AD VITAM LA FRAPPE 01h46 J.Gaspar-Oliveri D.Murgia, B.Bouillon, R.Fringeli

THE JOKERS FILMS

LE CINÉMA DES ANTIPODES EN 5 FILMS

LA TRAVERSE RETOUR AVANT 15 HEURES 01h14 G.Lépingle S.Renko, P.Girard

DULAC DISTRIBUTION SALVATION 02h00 E.Alper C.Cindoruk, B.Ateş, F.Duman

MOTEL SOVEREIGN 01h41 C.Swegal N.Offerman, D.Quaid, J.Tremblay

MEMENTO THE GOOD SISTER 01h36 S.Miro Fischer M.Bloching, A.Weil, P.Madani

GRINDHOUSE PARADISE PICTURES THE HOLY BOY 02h02 P.Strippoli M.Riondino, R.Maggiora Vergano, R.Citran

HEDIJI FILMS THE OPERA! 01h46 D.Livermore et P.Gep Cucco V.Buzza, M.Battistelli, V.Cassel

NOUR FILMS TROIS ADIEUX 02h00 I.Coixet A.Rohrwacher, E.Germano, G.Bellugi

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir

régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr

N°520 / 8 juillet 2026

25


Chiffres

3 FILMS - 3 CARRIÈRES

1 POINT DE COMPARAISON

Ce 12 août sort, sous pavillon Diaphana, Soudain,

la nouvelle réalisation de Ryusuke Hamaguchi, pour

laquelle Virginie Efira et Tao Okamoto ont obtenu le

Prix d’interprétation féminine à Cannes. Retour en

chiffres sur les performances en salles des trois derniers

longs métrages du réalisateur qui s’est imposé, tout

en douceur, comme une des références du cinéma

japonais contemporain.

LE MAL N'EXISTE PAS

CONTES DU

HASARD ET AUTRES

FANTAISIES

DRIVE MY CAR

Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Date de sortie

Distributeur

Cumul des entrées

1 er jour

1 er week-end

Séances

Moyenne par séance 1 er we

Cœfficient Paris/Province

Taux de transformation

(cumul des entrées/1 er jour)

Note Spectateur AlloCiné

10/04/2024 06/04/2022 18/08/2021

DIAPHANA DIAPHANA DIAPHANA

198 906 163 947 222 112

9 014 6 730 6 602

49 028 40 780 35 461

1 791 1 758 1 422

27 23 25

2,73 2,29 2,60

22 24 34

3,5 3,8 4

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END

DEPUIS 3 SEMAINES

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 26/06/2026 LA BATAILLE DE GAULLE : J'ÉCRIS TON NOM PATHÉ 534 235 523 3 825 62

2 17/06/2026 BACKROOMS METROPOLITAN 326 402 883 7 108 57

3 24/06/2026 DES MINIONS ET DES MONSTRES UNIVERSAL 731 783 742 16 510 47

4 17/06/2026 TOY STORY 5 DISNEY 651 783 300 17 987 44

5 17/06/2026 JIM QUEEN THE JOKERS 95 48 173 1 466 33

PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END

EN 2026

FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE

1 04/02/2026 STRAY KIDS: THE DOMINATE EXPERIENCE UNIVERSAL 213 66 238 860 77

2 22/04/2026 MICHAEL UNIVERSAL 540 1 171 314 15 489 76

3 29/04/2026 LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 DISNEY 505 870 253 12 230 71

4 01/04/2026 SUPER MARIO GALAXY LE FILM UNIVERSAL 779 1 429 883 20 122 71

5 26/06/2026 LA BATAILLE DE GAULLE : J'ÉCRIS TON NOM PATHÉ 534 235 523 3 825 62

6 04/02/2026 MARSUPILAMI PATHÉ 673 990 632 16 813 59

7 17/06/2026 BACKROOMS METROPOLITAN 326 402 883 7 108 57

8 28/01/2026 GOUROU STUDIOCANAL 595 558 767 10 354 54

9 24/06/2026 DES MINIONS ET DES MONSTRES UNIVERSAL 731 783 742 16 510 47

10 17/06/2026 TOY STORY 5 DISNEY 651 783 300 17 987 44

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company

Un air d’été et de fête souffle sur les classements. En effet, entre

les (rares) effets bénéfiques de la canicule et la Fête du Cinéma,

le top 5 des meilleures performances sur ces trois dernières

semaines affiche de solides résultats, à commencer par La Bataille

de Gaulle : J’écris ton nom qui réalise 62 entrées par séance (e/s).

Dans le sillage du très bon bouche-à-oreille observé depuis deux

semaines, la deuxième partie du biopic d’Antonin Baudry, sortie

un vendredi, se propulse bien plus haut que L’Âge de fer (27 e/s)

et réalise le cinquième meilleur lancement de l’année. Septième

place pour Backrooms, la nouvelle sortie A24, qui, avec 57 e/s,

se positionne en deuxième position du classement de ces trois

dernières semaines. Le reste du top 5 n’est constitué que de de

films d’animations aux sujets… variés : Des Minions et des monstres

(47 e/s), Toy Story 5 (44 e/s) et la surprise Jim Queen (33 e/s).

26 N°520 / 8 juillet 2026


Distribution

STUDIO TF1 SE DÉVOILE EN CONVENTION

Gilles Lellouche dans Moulin de László Nemes

©Studio TF1

Près de deux mois après sa première

sortie, et quelques semaines avant sa

deuxième, le néo-distributeur a convié

les professionnels à un après-midi de

projections et d’échanges le 1 er juillet.

Pour le dernier jour de La Fête du Cinéma, l’UGC Ciné

Cité Bercy fêtait aussi bien la conclusion d’une très belle

édition [voir p. 38] que le début de l’aventure de Studio

TF1, un « tout petit nouveau distributeur », selon les mots

de sa directrice de la distribution, Cristina Batlle.

La société, « créée sous l’impulsion du Groupe TF1 pour

continuer à investir dans le cinéma », est revenue sur son

mois de mai chargé, marqué par sa première sortie,

Les équipes de Studio TF1

Sous la direction de Pierre Branco (directeur général) et de

Nathalie Toulza Madar (directrice générale cinéma France),

Cristina Batlle assure la direction de la distribution, qui dirige

deux pôles.

Équipe marketing

• Damien Golla (directeur marketing)

• Guénaël Jégou (chef de projet)

• Marie Sauer (cheffe de projet), dont l’arrivée a été

annoncée

en exclusivité lors de la

convention

• Marie Troesch (responsable digital)

• Lucie Giordano (coordinatrice marketing)

• Fabien Wachsmann (responsable technique)

• Marie Richard (coordinatrice événementiel et services)

• Marie Audenaert (responsable marketing salles)

Équipe programmation

• Joël Pourgaton (directeur commercial)

• Justine Mercier (responsable province circuits nationaux)

• Anne-Dominique Maupin (région GRP, comptabilité)

• Emma Le Boisselier (région Bordeaux, business analyst)

• Audrey Auger (région Nord-Est-Marseille, logistique)

• Lucie Daniel (région Lyon-Paris périphérie)

Pour le plaisir de Reem Kherici, qui en est actuellement

à plus de 720 000 entrées. La réalisatrice et actrice est

intervenue sur scène pour remercier les exploitants d’avoir

« défendu le film comme nous l’avons conçu : avec conviction,

amour et ténacité ».

L’épopée Moulin

Studio TF1 a également été remarqué à Cannes, où le

Moulin de László Nemes était en Compétition. Le long

métrage, porté par Gilles Lellouche dans le rôle-titre,

sortira le 28 octobre sur environ 350 copies. D’ici-là, le

distributeur compte « amener ce film au plus grand nombre »,

et notamment aux scolaires auprès desquels un travail

approfondi sera effectué. En effet, avec l’aide de l’agence

Parenthèses, un dossier pédagogique est en train d’être

développé autour de la nouvelle œuvre du cinéaste

hongrois – récompensé du Grand prix cannois en 2015

pour Le Fils de Saul – qui sera intégrée dans le programme

des lycéens. « Le dossier sera transmis aux enseignants en

septembre ; à partir de ce moment, vous pourrez organiser

des projections scolaires », indique Cristina Batlle.

Les copies seront envoyées aux exploitants dès octobre

afin de répondre aux demandes d’associations ou d’institutions.

La directrice de la distribution précise en outre

que Moulin est catégorisé tout public avec avertissement.

Deux journées d’avant-premières seront ensuite organisées :

une le 13 octobre, « principalement à destination des

enseignants », et une nationale le 25 octobre. Le producteur

Alain Goldman et le scénariste Olivier Demangel sont

ensuite intervenus sur scène pour répondre aux questions

que se posent les exploitants depuis la projection cannoise.

Ce dernier a notamment expliqué s’être inspiré de Premier

Combat, le livre que Jean Moulin a écrit en 1940 suite

à son arrestation par la Wehrmacht, et notamment de

« sa conscience d’être faillible » face à la torture.

Un socle de comédies, et pas que

Mais avant Moulin, Studio TF1 sortira le 5 août Les

Gendarmes, comédie de François Prévôt-Leygonie et

Stephan Archinard. Il s’agit d’une adaptation de la BD

éponyme de 18 tomes qui s’est écoulée à plus de 1,5

million d’exemplaires, et que le distributeur entend

sortir sur 500 copies. « Il existe 100 000 gendarmes en

France, et un million de Français sont en lien direct avec

ce métier, explique Damien Golla, directeur marketing.

Il s’agit donc d’un sujet qui possède un fort ancrage territorial.

» Les premières prises de parole ont commencé

en mai avec le lancement d’une première affiche, et se

sont prolongées en juin avec le Festival Lyon BD. Deux

bandes-annonces ont depuis été lancées, et une BD

making of du film a été publiée début juillet chez

Bamboo Édition, éditeur de la série. Des campagnes

seront menées sur TF1, Gulli, les réseaux sociaux, et

des partenariats ont été montés avec Le Journal de Mickey

et Picsou Magazine. Hors média, Royal Kids, Gitem,

Boulanger ou encore la Caisse nationale des gendarmes

sont partenaires. Tout cela menant à une vague d’avant-premières

nationales le 4 août, soit la veille de la sortie.

Parmi les deux dernières sorties de l’année, Camembert

sortira le 18 novembre. Une première affiche teaser a

été dévoilée début juillet pour expliciter le titre – faisant

référence au Trivial Pursuit, au cœur du film – de cette

« comédie de haute volée, jubilatoire, qui a pour arène la

famille ». Les créateurs de la série Culte réunissent ici

Kristin Scott Thomas, Alex Lutz, Pascale Arbillot,

Bernard Le Coq, Panayotis Pascot, Anaïde Rozam,

Guillermo Guiz ainsi que Jérémy Gillet. Viendra ensuite,

le 30 décembre, L’Homme qui s’envola d’Olivier Ducray,

un thriller porté par Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg

et Pierre Deladonchamps, évoquant le sujet des disparitions

potentiellement volontaires.

En 2027 sont attendus Trois c’est bien de Frédéric

Quiring (17 février), Roxie au milieu de Jennifer Devoldere

(10 mars), Montjoie ! de Noé Debré (été), et, au

deuxième semestre, Plantez un saule d’Anne Le Ny,

Montagnes russes de Cyril Gelblat et Starlette de Florent

Bernard. Puis, en 2028, le distributeur investira le

champ de l’animation avec Oui Chef de Benjamin

Mousquet. D’ici-là, Studio TF1 développe sa communication

avec le lancement de ses réseaux sociaux, de

sa newsletter ainsi que de son site internet (distribution-cinema.studiotf1.com),

qui devrait évoluer à

terme, mais sur lequel le matériel des films est déjà

téléchargeable.

Jules Dreyfus

N°520 / 8 juillet 2026

27


Rencontres

©J. Dreyfus / Boxoffice Pro

Lors du Café des indés, au Méliès de Montreuil

RENCONTRES DU CINÉMA INDÉPENDANT

DANS LA CHALEUR DE PARIS

La 11 e édition de l’événement organisé par le Syndicat des distributeurs

indépendants (SDI) s’est tenue, comme l’année dernière, au sein de la capitale.

Entre L’Entrepôt, le Méliès de Montreuil, le Cinéma des Cinéastes et le CiNey, les

professionnels ont pu échanger entre eux et avec des représentants d’institutions

sur la conjoncture du secteur et les leviers pour la redynamiser.

Les spécificités d’un marché parisien

en recul

Comme l’année dernière [voir le Boxoffice Pro du 25

juin 2025], les Rencontres ont consacré un temps

d’échange aux spécificités du marché parisien. Sophie

Cazes, déléguée de la Mission cinéma de la Ville de

Paris, a notamment partagé plusieurs statistiques illustrant

la baisse de la fréquentation de la capitale, corrélée

à l’érosion de son parc [voir aussi le Boxoffice Pro du 5

novembre 2025]. Le recul des entrées de ces dernières

années « peut provenir de l’évolution de la population et

du nombre d’établissements, mais surtout des changements

d’habitudes : les personnes ont davantage de temps à consacrer

à autre chose qu’au cinéma, et sont donc plus sélectives

dans leurs choix ». D’où, entre autres, une baisse d’assiduité

des spectateurs plus importante dans la capitale

qu’au niveau national : post-Covid, les entrées par

habitant ont reculé de 16,6 % en France, contre 20 %

à Paris. Intra-muros, la déléguée de la Mission cinéma

souligne aussi les « bouleversements » qui peuvent toucher

certaines parties de la ville telles que le 8 e arrondissement,

où l’avenue des Champs-Élysées a connu de nombreuses

fermetures de salles au cours des dernières années.

Sylvain Bethenod a pour sa part abondé sur les profils

composant la population de Paris. Le PDG de Vertigo

Research souligne que la capitale compte une surreprésentation

féminine (54 %) par rapport au niveau national

(51,4 %), qui se traduit dans les entrées : la population

cinématographique parisienne est constituée à 58 % de

femmes, contre 53 % en France. La fréquentation de

Paris est également davantage portée par les 15-34 ans,

qui représentent 43,7 % de sa population cinématographique,

contre 29,2 % à l’échelle du pays. Sylvain Bethenod

Comment offrir au

spectateur ses

“évidences”

hebdomadaires tout

en proposant

des alternatives ?

Éric Jolivalt,

programmateur des salles de

Dulac Cinémas

28 N°520 / 8 juillet 2026


s’est par la suite penché sur la duplication des films – qui

met en valeur les autres titres que sont allés voir les

spectateurs d’un même film – ayant surperformé à Paris,

qui révèle une grande circulation du public. Concernant

Freud, la dernière confession, il apparaît que 26,7 % des

spectateurs ont également vu Mission : Impossible - The

Final Reckoning, 17,9 % ont vu Les Musiciens et 15,2 %

ont vu Partir un jour. Même constat pour Sirāt : 14,2 %

du public est également allé voir Valeur sentimentale,

12,4 % a vu Alpha et 10,8 % a vu Conjuring : L’Heure du

jugement. Pour le PDG de Vertigo Research, ce phénomène

peut être interprété positivement comme négativement :

« C’est un signe du dynamisme du marché, car des spectateurs

peuvent aussi bien aller voir une œuvre indépendante que

populaire, mais cela montre aussi qu’un film d’auteur peut

se retrouver en concurrence avec un titre de plus grande ampleur. »

Une capitale plus refermée ?

Dans la deuxième partie des échanges, Lucie Commiot

a mis en évidence les difficultés, en tant que distributrice,

de positionner ses films dans certaines salles parisiennes.

La directrice de la distribution de Condor pointe « un

problème d’exposition », lié notamment à une très forte

concentration des séances sur les plus gros titres hebdomadaires.

Cette « uniformisation de la programmation »

s’accentue dans certains quartiers de la capitale, malgré

la densité des établissements. Un constat partagé par Éric

Jolivalt qui relate ses échanges avec les distributeurs,

souvent ponctués de « ah, toi aussi tu programmes ce film ? ».

Le programmateur des salles de Dulac Cinémas explique

son dilemme : offrir aux spectateurs « ses une ou deux

“évidences” hebdomadaires, tout en proposant des alternatives

». Ce défi est d'autant plus grand que les cinémas

indépendants parisiens sont majoritairement équipés de

trois salles maximum, et possèdent une force de prescription

supérieure à celle des multiplexes ; ainsi, en cas

d'insatisfaction vis-à-vis d'une œuvre, la déception du

spectateur se répercute souvent sur l'établissement.

Nous sommes capables

de faire remonter la

fréquentation si nous nous

accordons sur les

conditions qui permettent

de retrouver une

coexistence pacifique

Gaëtan Bruel, président du CNC

Le programmateur évoque également une autre source

de tension : le départ des talents révélés par des cinémas

ou distributeurs indépendants. Un phénomène jugé

« spécifique au cinéma », d’autant plus crispant qu’il n’existe

pas de prime à la découverte : « Quand je programme un

petit film que je défends, le jour où ce cinéaste rencontrera

un succès massif, je sais qu’une salle plus grosse obtiendra la

priorité. » Laurence Franceschini ajoute que la relation

entre un cinéma et un réalisateur est un critère déterminant

dans une médiation. La Médiateure s’étonne par ailleurs

du faible nombre de saisines franciliennes en 2025 : sur

les 69 demandes de médiation, seules 2 proviennent de

Paris (3 %). « Je pense que cela ne reflète pas les difficultés

du marché : en 2024, la ville représentait 16 % des saisines,

et 2026 affiche pour l’heure un taux autour des 14 %. »

SDI : gouvernance

reconduite et

responsabilités redéployées

À la suite de son Assemblée générale du 17 juin à Paris, le

Syndicat des Distributeurs Indépendants a constitué son

nouveau Conseil d’administration, qui a réélu ses

co-présidents.

CA 2026–2027 du SDI :

Co-président.e.s : Lucie Commiot (Condor Distribution)

et Étienne Ollagnier (Jour2Fête)

Secrétaire : Bénédicte Thomas (Arizona Distribution)

Trésorier : Jean-Fabrice Janaudy (Les Acacias)

Vice-Président.e.s :

Mathieu Berthon (Météore Films) – en charge des relations

entre les distributeurs et des questions liées au documentaire

Violaine Harchin (Les Alchimistes) – en charge des questions

liées au documentaire

Jonathan Musset (Wayna Pitch) – en charge des questions

liées aux publics jeunes

Marc Olry (Lost Films) – en charge du patrimoine et de la

coordination des Rencontres du cinéma indépendant

Elisabeth Perlie (New Story) – en charge des relations avec

les exploitants

Jane Roger (JHR Films) – en charge des relations avec les

exploitants

©J. Dreyfus / Boxoffice Pro

Jean-Fabrice Jandy, Sylvain Bethenod, Eric Jolivalt, Lucie Commiot, Laurence Franceschini et Sophie Cazes lors de la table ronde sur le marché parisien

N°520 / 8 juillet 2026

29


Rencontres

Étienne Ollagnier, Gaëtan Bruel et Lucie Commiot lors de la rencontre avec les pouvoirs publics, au CiNey de Paris

©Emmanuelle Thiercelin/divergence-images

Concernant les nouvelles approches de la diversité de

programmation, Sophie Cazes évoque de son côté des

cinémas tels que le CiNey ou La Clef, qui « posent la

question d’un modèle différent » en allant au plus près

des habitants. Dans cette logique, la déléguée de la

Mission cinéma compte demander au CNC la création

d’un observatoire de la mobilité – à l’échelle nationale

–, enjeu qui concentre également beaucoup d’interrogations.

Autre sujet de vigilance : les cartes illimitées.

Fortement ancrées sur le marché parisien, elles peuvent

favoriser la curiosité des spectateurs mais soulèvent des

interrogations pour les salles indépendantes, dont les

parts de marché liées à ces formules d’abonnement

peuvent grimper jusqu’à plus de 50 %.

Le CNC face aux attaques

Au sein du CiNey, récemment inauguré dans le 18 e

arrondissement [voir le Boxoffice Pro du 29 avril 2026],

les professionnels ont pu échanger avec Gaëtan Bruel.

Le président du CNC a tenu à rassurer face aux critiques

visant l'institution, affirmant que le Centre « va bien »,

et qu’il convient de « trouver la juste mesure » face aux

offensives : « Il faut revendiquer un droit à l’indifférence,

tout en prenant au sérieux les polémiques et en agissant sur

ce qui est en notre capacité. » Gaëtan Bruel se dit davantage

« inquiet des contestations émanant de l’intérieur de l’État,

dont les acteurs devraient se réjouir d’avoir un modèle qui,

dans un contexte de crise économique, ne pèse rien sur les

finances publiques ». Cette « forme de populisme » pourrait

s’expliquer par « un décalage croissant entre les pratiques

culturelles des Français et leurs convictions », soulevant la

question des moyens de réconciliation. Pour Gaëtan

Bruel, cela peut passer par des actions concrètes, comme

au Cosmos de Strasbourg où, avant chaque projection,

un carton explique le fonctionnement du CNC, et permet

ainsi de contredire plusieurs fake news. À ce titre, concernant

la tribune « Zapper Bolloré », si le président du

Centre a « absolument compris qu’on puisse être vigilant

sur l’avenir de Canal+ », il la trouve « contrefactuelle sur la

situation existante, et donc un peu contre-productive ». Par

ailleurs, bien que Gaëtan Bruel considère « sincère mais

maladroite la réplique de Maxime Saada à la pétition » lors

Le CNC n’a pas l’intention

de rester muet dans les

prochains mois, son rôle

est combatif

Gaëtan Bruel, président du CNC

du Brunch des Producteurs organisé par Canal+ à Cannes,

il regrette que ses déclarations défendant le CNC n’aient

« en revanche pas été assez relevées, ce qui constitue une

occasion manquée ».

Comment sortir de la crise ?

Le paradoxe actuel du secteur réside, selon Gaëtan Bruel,

dans le fait que la fréquentation globale est en hausse par

rapport à l'an passé, mais que la situation économique

individuelle de nombreux acteurs se détériore. Le président

du CNC évoque ainsi une « crise ouverte » qui ne doit pas

être réduite à la seule offre de films ; un facteur certes

déterminant, mais pas unique, bien que qu’il soit « largement

relayé dans les médias ». Les raisons sont à la fois

conjoncturelles et structurelles, comme l’illustre la baisse

d’assiduité des spectateurs qui amène à un marché polarisé,

où les échecs sont plus violents, et les grands succès

« toujours aussi difficiles à anticiper ». Gaëtan Bruel a ainsi

réaffirmé sa volonté d’atteindre les 200 millions d’entrées

annuelles, afin de s’accorder au niveau des investissements

qui ont été réalisés sur le parc de salles. « Forcément, dans

un marché en baisse de 20 %, tous les acteurs sont fragilisés,

et des tensions sans précédent naissent. »

Plusieurs chantiers sont déployés afin de dépasser de

nouveau ce cap symbolique, tout en préservant « la

diversité des films et des salles. [...] Nous sommes capables

de faire remonter la fréquentation si nous nous accordons

sur les conditions qui permettent de retrouver une coexistence

pacifique ». Les tensions relatives au nombre de copies

en sortie nationale sont bien évidemment un sujet majeur,

et Gaëtan Bruel met en garde contre le risque de « tuer

le bouche-à-oreille ». Reste une autre priorité du président

du CNC : la place du cinéma dans les médias, l’une de

ses priorités depuis sa prise de poste. « Ce qui m’intéresse,

c’est de voir comment nous parlons des films, si nous arrivons

à donner envie aux gens de les voir. » La critique – « qui

traverse aussi une période difficile » – occupe une place

centrale dans cette réflexion, tout comme les influenceurs

cinéma – « dont nous avons absolument besoin ». Gaëtan

Bruel rappelle en ce sens qu’un appel à projets autour de

la critique de cinéma innovante sera bientôt lancé, comme

annoncé lors de la matinée “La cinéphilie à l’ère du

numérique” organisée au CNC.

« Nous sommes à la croisée des chemins », conclut le président

du CNC, insistant sur l’importance de « ne pas se faire

voler le narratif » face aux discours annonçant la mort du

cinéma : « Nous ne devons pas rester recroquevillés dans une

inquiétude très légitime ; il faut urgemment bâtir un agenda

collectif, positif, ambitieux et offensif. Depuis 130 ans, nous

avons construit notre vision du cinéma comme étant d’abord

un art, existant fondamentalement dans un rapport à la

salle et aux territoires, que l’éducation aux images doit se

faire dans les cinémas. […] C’est le moment ou jamais de

le revendiquer et d’en partager la conviction. » Gaëtan Bruel

souligne toutefois la nécessité, pour la filière, de repenser

sa conception de la diversité, aujourd'hui « à géométrie

variable », rappelant que celle-ci « ne concerne pas que les

films, mais toutes les catégories d'acteurs ». Ainsi, en retrouvant

« cette entité collective – sans pour autant mettre nos

différences sous le tapis –, nous pouvons être l’un des seuls

pays au monde qui n’a pas de raison d’être déprimé sur

l’avenir du cinéma. [...] En tant que CNC, nous n’avons

pas l’intention de rester muets dans les prochains mois, notre

rôle est combatif et engagé à vos côtés ».

Jules Dreyfus

30 N°520 / 8 juillet 2026


3 700 000 ENTRÉES !

LA FÉDÉRATION NATIONALE DES CINÉMAS FRANÇAIS

remercie très chaleureusement tous ceux qui ont participé à l’organisation

de cette 41 ème édition de La Fête du Cinéma

MERCI AUX PARTENAIRES DE L’ÉVÉNEMENT :

• La Construction par le CCCA-BTP,

le Partenaire Majeur des opérations

nationales de promotion du cinéma en salle

• CANAL+

• BNP Paribas

MERCI AUX PARTENAIRES MÉDIA :

• AlloCiné

• Europe 2

MERCI À LA PRODUCTION DU FILM ANNONCE : les équipes

de CANAL+ (Emilie Pietrini, Céline Pontygayot, Alexia Veyry,

Laura Sztajnkrycer, David Nordier), C4 Prod (Jean-Marie

Antonini et Julia Retali) ainsi que le réalisateur Julien Rocher,

MERCI AUX ÉQUIPES DES FILMS À L’AFFICHE durant

l’événement ainsi que leurs distributeurs et attachés de

presse, qui se mobilisent pour offrir une programmation

riche et variée aux spectateurs pendant l’événement,

MERCI À L’ENSEMBLE DE NOS PARTENAIRES TECHNIQUES :

Sonis, L’Entraide du Cinéma et des Spectacles et Le Chèque

Cinéma Universel, Cinego, Globecast, Hyphen, Play by

Deluxe, Piste Rouge, Test Laboratoire, Access Dynamic et la

salle de vision de Gaumont.

ET UN IMMENSE MERCI À MICHÈLE LAROQUE dont le talent,

l’enthousiasme et l’implication ont très largement contribué à la

réussite du film annonce.

PARTENAIRE MAJEUR

WWW.FETEDUCINEMA.COM


Exploitation

©D.R.

De gauche à droite : Victor Bournerias, Andy Sellitto, Priscilla Gessatti, Sophie Fangain, Arnaud Boileau et Antoine Doux

CINÉMAS INDÉPENDANTS

PARISIENS CONSOLIDATION

ET EXTENSION

Réunis le 17 juin à L’Entrepôt, en parallèle des Rencontres du cinéma

indépendant, les membres des CIP ont dressé le bilan d’un exercice faste.

L’année 2025 a été « dense et riche », a exposé la déléguée

générale des Cinémas Indépendants Parisiens, Amandine

Larue, qui souligne également la « fierté » de ce qui a été

accompli. L’association, qui compte désormais 32 cinémas

et 75 écrans depuis les récentes arrivées du CiNey et du

Saint-Germain-des-Prés – en attendant d’être rejointe

par La Clef en septembre –, a en effet continué ses

nombreux cycles et parcours thématiques. Parmi les

évolutions, la Ciné-carte – valable dans tous les établissements

du réseau – a connu une nouvelle augmentation

tarifaire, après celle de 2024. Et si le nombre de places

vendues est en baisse en 2025, le recul est moins important

que celui observé au niveau national et pour les salles art

et essai. La vente à distance continue pour sa part à

s’installer au sein de l’association avec près de 14 000

places écoulées, soit 14 % des ventes globales. L’objectif

affiché pour 2026 est ainsi de prolonger la dynamique

sur les ventes en ligne, et de « travailler la fidélisation du

public au printemps et en fin d’année », soit deux périodes

plus faibles pour les CIP. Enfin, l’association a réalisé une

bande-annonce sur elle-même servant aussi bien de

présentation aux partenaires que de spot d’avant-séance

pour les salles partenaires. Le montage, présentant les

différents projets et salles du réseau, se veut « évolutif » en

fonction des nouveaux-venus et autres souhaits spécifiques

de chacun.

Continuer les actions pour le jeune

public…

Du côté de l’éducation à l’image – les CIP pilotent

Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma

à Paris –, l’association souligne les tensions qui ont

suivi le gel de la part collective du pass Culture, tout

en évoquant « l’espoir » suscité par le rapport Geffray.

Les deux dispositifs pilotés par les CIP ont tout de

même connu une certaine stabilité par rapport à

l’année dernière : du côté de Lycéens et apprentis, 107

établissements, 9 226 élèves et 503 enseignants ont

été touchés pour un total de 348 séances, tandis que

Collège au cinéma a rassemblé 120 établissements,

13 550 élèves et 659 enseignants sur 441 séances. Le

projet Étincelles, lancé l’année dernière de manière

expérimentale dans quelques établissements, a attiré

quelque 500 participants venus découvrir les ateliers

proposés dans les salles. « C’est un projet qui défend

l’éducation aux images pour toutes et tous, qui est déjà

monté en puissance en 2026 avec plus de 30 ateliers

réalisés à ce jour », ajoute Amandine Larue.

Le bureau et le CA

des CIP renouvelés

Bureau

Présidente : Priscilla Gessati, L’Entrepôt

Vice-Président : Arnaud Boileau, Haut et Court (Le Louxor

et Le Nouvel Odéon)

Secrétaire : Victor Bournerias, Le Grand Action

Trésorier : Andy Sellitto, Le Luminor Hôtel de Ville

Conseil d’administration

Arnaud Boileau, Haut et Court (Le Louxor et Le

Nouvel Odéon)

Andy Sellitto, Le Luminor Hôtel de Ville

Victor Bournerias, Le Grand Action

Sophie Fangain, Cinéma des Cinéastes

Priscilla Gessati, L’Entrepôt

Antoine Doux, Le Saint-André des Arts

Margot Merzouk, L’Archipel

Fin 2025, le label Premier coup de foudre, qui visait

à mettre en valeur « des films uniques dans le domaine

de la création jeunesse », a pris fin. Désormais, le groupe

Jeune public des CIP, qui s’occupe de tout le champ

“Enfance de l’art”, s’organise davantage autour de

l’échange des pratiques et de la formation en salle,

suite notamment aux « très bons retours des formations

sur l’accueil du jeune public ». Une newsletter a par

ailleurs été créée afin de relayer toutes les actualités

du jeune public (rencontres professionnelles, sorties…).

Dans le cadre de l’accueil des tout-petits, l’association

a noué un partenariat avec la CAF de Paris qui permet

« à une dizaine de structures d’organiser des sorties dans

les cinémas ». Également, depuis juillet, le programme

Ciné tout doux a vu le jour ; il consiste à identifier

des séances adaptées aux tout-petits à partir de 18

mois ou 2 ans et à « créer un petit cocon pour ces spectateurs

qui vivent souvent leur première séance ». Ces

programmes de courts métrages bénéficieront d’un

accueil et d’une médiation adaptés, et de dispositions

techniques spécifiques (volume baissé, pas de publicité

en avant-séance…). L’association précise en outre le

« besoin de pédagogie » des salles pour « faire comprendre

aux familles et aux professionnels de la petite enfance

que le cinéma n’est pas un écran comme un autre ».

… et le public jeune

Les CIP continuent également leurs nombreuses actions

pour les 15-25, à commencer par The Breakfast Club

(but at night… !) avec dix soirées dans autant de

cinémas, pour une moyenne de 110 spectateurs par

séance, semblable à l’année dernière. Face à cette

régularité, l'association souligne « le travail des étudiants

et étudiantes ambassadeurs et ambassadrices qui continuent

d’innover dans les animations proposées ». Le cycle Noir

Cinéma Club, co-porté avec l’artiste et comédienne

Marie-Julie Chalu, vivait pour sa part sa deuxième

saison cette année. Autour des cinématographies noires

indépendantes, le programme a rassemblé en moyenne

près de 60 spectateurs sur ses six séances. Nouveauté

de la saison, le cycle What the Club ?, proposant un

week-end marathon par saison autour d’une thématique

annuelle, a rassemblé en moyenne 45 curieux sur les

douze projections dans six cinémas. Enfin, Vert un

nouveau cinéma a, pour sa quatrième saison, été étendu

au-delà d’un seul week-end, pour un total de huit

projections – contre six auparavant. Le bilan est positif,

avec une fréquentation en augmentation de 50 %,

grâce à la venue de spectateurs extérieurs au réseau.

Une ouverture qui permet, comme le souhaite l’association,

de continuer à remplir « une mission citoyenne :

sensibiliser l’ensemble de la population à la nécessité de

la transition écologique ».

Jules Dreyfus

32 N°520 / 8 juillet 2026


ADRC

FAIRE DIALOGUER LE TERRITOIRE ET LA

CRÉATION, FORMER LES SALLES ET LES ÉLUS

Après l’assemblée générale de l’Agence nationale pour le développement du

cinéma en régions, sa présidente réélue, Nadège Lauzzana, et son délégué

général Christian Landais reviennent sur les transitions de l’ADRC.

L'assemblée générale de l'ADRC aux 7 Parnassiens à Paris, le 17 juin 2026

« À travers nos différents collèges, nous avons une belle

représentativité de toute la chaîne du cinéma », rappelle

Nadège Lauzzana, pour laquelle il reste primordial – « c’est

même une question d’éthique » – de faire dialoguer des

élus locaux, des cinéastes, des distributeurs et des exploitants.

Cela se traduit dans le Conseil d’administration

de l’ADRC, renouvelé le 17 juin, qui accueille entre

autres Cécile Le Vaguerèse (maire adjointe de Falaise en

Normandie), le producteur Alexandre Gavras

(KG Productions), le distributeur Jean-Fabrice Janaudy

(Les Acacias), ou encore l’exploitant Christophe Garnier

(Fougères) qui entre au bureau (voir ci-après). De son

côté, Nadège Lauzzana s’est à nouveau portée candidate

à la présidence, « pour être dans la continuité des actions

de l’Agence, à un moment charnière de son existence », et

poursuivre le binôme qu’elle forme depuis 2019 avec le

délégué général Christian Landais. Mais sachant que ce

dernier prendra sa retraite fin 2027, la présidente souhaite

de son côté trouver un ou une successeur(e) engagé(e)

au cours de son mandat, d’autant qu’elle n’est plus

élue locale.

Elle n’en poursuivra pas moins le dialogue avec les territoires,

pour ce qui est le rôle de l’Agence depuis plus de

40 ans : « accompagner les salles et les films les plus fragiles,

en particulier dans les communes de moins de 15 000

habitants », et sensibiliser les élus sur l’impact culturel,

social et économique du cinéma, tout en ré-expliquant

combien la redistribution de la TSA crée de la valeur.

Car aujourd'hui, « il faut collectivement contredire des

affirmations erronées et repousser les attaques sur la maison

commune du cinéma qu’est le CNC ».

Un nouveau chapitre

Cela passera désormais par une meilleure communication,

mais aussi des formations. « Avec Christian, nous avons

fait le constat, dès 2019, que l'ADRC faisait beaucoup,

mais n'était pas toujours visible. » L’Agence a en effet pris

toute sa place dans l’éditorialisation des salles et la

médiation, en développant les séances accompagnées

d’inédits, mais aussi le patrimoine, à travers Play it again !

et Les Mycéliades. « Deux festivals qui ont contribué à

montrer un “dossard ADRC”, tout comme notre stand au

Congrès des exploitants. » L’ADRC s’est aussi réorganisée

en interne, avec une équipe communication et bientôt

une chargée des publics, quand la revue stratégique de

2024 a confirmé qu’elle était un opérateur légitime de

formation. En témoigne son travail avec le CNC, aux

côtés de Cinéo et La Base, pour former les cinémas à la

transition écologique, « ce qui n'est plus un sujet conjoncturel

mais structurel ». Le forum du 9 avril sur la salle de cinéma

durable, co-organisé avec le CNC et la Sorbonne Nouvelle

[voir Boxoffice Pro du 15 avril 2026], a été une autre

étape de cette « transition » de l’ADRC qui, après avoir

fait appel à un tiers médiateur pour structurer son projet,

va donc devenir un organisme de formation certifié.

Des formations pour « trois cibles et trois thématiques »

résume Christian Landais. Elles s'adresseront en effet

aux élus locaux et à leurs services (DGS, DST, DAC),

aux agents des collectivités et aux exploitants (y compris

les bénévoles), autour du rôle du cinéma dans la dynamique

d’un territoire, des mutations architecturales

(accessibilité, écologie…) et du projet d'établissement

(RH, éditorialisation, organisation de festival, séances

inclusives…). « On pensait que tout était acquis, mais la

mémoire s'efface, observe Nadège Lauzzana. Les générations

se succèdent, les exploitants sont parfois isolés, et dans une

politique culturelle bousculée, nous devons être des passeurs.

Notre formation aux élus retracera l’historique du CNC,

pour expliquer l’économie du cinéma et notamment le fonds

de soutien, que beaucoup d’élus ne connaissent pas, la loi

Sueur, les conventions Régions pour favoriser la médiation,

l’éducation à l’image… ainsi que toutes les actions de l’ADRC ».

Au-delà des experts qui interviendront, Christian Landais

insiste aussi sur l’importance du pair à pair. « Comme

nous le faisons avec la Fémis ou le master Diffusion de

©ADRC

L’ADRC en 2025

1265 adhérents

1 113 exploitants (- 11 vs 2024)

15 programmateurs (- 2 vs 2024)

55 distributeurs (+ 4 vs 2024)

11 producteurs (= 2024)

9 réalisateurs (- 1 vs 2024)

62 collectivités locales (- 2 vs 2024)

48 projets accompagnés

3 portés par des exploitants privés

6 initiés par des associations

39 par des collectivités territoriales ou structures publiques

24 projets dans le cadre des programmes de l’ANCT (Petites

Villes de Demain et Action Coeur de Ville)

83 % des projets relèvent de la Petite exploitation

309 films inédits : + 8 % vs 2024

pour 10 810 programmations : + 1,2 %

452 133 entrées

787 villes servies et 805 établissements fixes

317 séances accompagnées

sur 56 films issus de la diversité

Patrimoine

1 050 films diffusés (+12 % par rapport à 2024)

5 707 programmations (+4 %)

140 000 entrées (+ 14 %)

295 animations soutenues

97 ciné-concerts

180 ciné-conférences et interventions,

18 ateliers, dont 8 jeune public

Play it again !

21 000 entrées (+ 45 % par rapport à 2024)

Les Mycéliades

19 000 entrées cinéma (+ 22 % par rapport à 2024)

l’Université de Montpellier, nous organiserons des périodes

immersives, dès cet automne, pour rassembler tous les acteurs

d’un même territoire (élus de petites et grande ville, cinémas,

pôle images, bureau des tournages…), que nous inviterons

ensuite pour nos modules en distanciel. » L’Agence accompagnera

également les VAE, ce qui fait partie des obligations

Qualiopi, et permettra de valoriser des parcours individuels…

et de conforter des emplois précaires.

Une demande croissante d'accès au film

La mission de diffusion n’en reste pas moins un enjeu

très actuel pour l’ADRC. Pour rappel, son intervention

concerne des films sortant sur moins de 400 copies, en

accord avec le distributeur et en dialogue constant avec

la Médiateure du cinéma, pour des circulations de 9

semaines. Les films distribués sur moins de 300 copies

sont les plus sollicités (78 % des circulations en 2025,

comme dans l’avant-pandémie), et à 93 % art et essai.

N°520 / 8 juillet 2026

33


Exploitation

« Mais nous intervenons sur un nombre croissant de films,

à savoir la moitié des sorties de l’année, constate le délégué

général. Sans l’ADRC, certains films art et essai porteurs ne

seraient pas vus dans les salles de proximité. » « Et si on

répondait à toutes les demandes, on interviendrait encore

plus », ajoute Nadège Lauzzana. Même si les tensions entre

exploitants – qui ressurgissent à chaque crise – « ne se

ressentent pas vraiment au sein de l’ADRC », sa présidente

estime que « considérer que la baisse des uns serait due aux

autres est une erreur. Quand un cinéma ferme, ne serait-ce

que pour des travaux, il n’y a pas de report du public et en

cas de fermeture définitive, une part du public s’évapore.

©Marina Vasseur / ADRC

Bureau 2026

Présidente : Nadège Lauzzana

1 er Vice-Président : François Thirriot (exploitants)

Vice-Présidents : Émilie Deleuze (cinéastes) & Alexandre

Gavras (producteurs)

Secrétaire : Catherine Mallet (exploitants)

Secrétaire Adjointe : Emmélie Grée (distributeurs)

Secrétaire Adjoint : Jean-Philippe Allardi (collectivités)

Trésorier : Jean Fabrice Janaudy (distributeurs)

Trésorier Adjoint : Christophe Garnier (exploitants)

Christian Landais et Nadège Lauzzana

L’ennemi, c’est la division, et notre force c’est la diversité des

établissements, des statuts, des films, des territoires ».

Des territoires que les correspondants de l’ADRC connaissent

finement, dans leur maillage et leurs mobilités, tout

comme ils constatent un rapport renforcé des spectateurs

à la proximité et la fidélité. « Ils ne veulent plus faire trop

de route : ils choisissent un événement mais aussi le lieu le

plus proche et qui correspond le plus à leur désir de cinéma. »

Les salles, elles, demandent de plus en plus de séances

accompagnées, et l’ADRC doit faire des choix, par souci

d’équité. « Comme pour Les Mycéliades, nous avons travaillé

à un cahier des charges pour les exploitants. Car malgré la

hausse de nos actions, notre subvention n’a pas augmenté »,

explique Christian Landais. Or pour le délégué général,

« ce travail dans les salles de proximité a une valeur économique

: c’est presque un multiplexe horizontal, avec un total

de 650 000 entrées par an ».

Cécile Vargoz

FUTURA CINEMA AU FILMFEST DE HAMBOURG

Les projets innovants accompagnés par Futura Cinema en 2026 seront testés cet automne à Hambourg,

par et avec des exploitants européens… qui sont invités à y participer.

Les six projets en incubation

Gamerausch (Allemagne) : événements réguliers à la croisée du cinéma et

de la culture du jeu vidéo, sur grand écran et suivis de débats.

RaveScreen (Belgique) : expérience participative et musicale autour d’une

projection, avec un DJ qui remplace la bande originale du film et un animateur

qui guide le public.

Cinebuddies : plateforme qui met en relation les spectateurs, leur permet de

trouver le cinéma indépendant le plus proche de chez eux et d’y

aller ensemble.

Du 29 septembre au 1 er octobre, le FilmFest Hamburg,

la CICAE et Futura Cinema invitent une délégation de

professionnels à participer à un programme d'innovation,

dans le cadre des Industry Days du festival. Ainsi, après

être passés par les festivals de Strasbourg, Vienne, Copenhague

et Bruxelles, les six projets européens en incubation

pour la saison 2025/26 de Futura Cinema, vont être

testés “en conditions réelles” dans plusieurs cinémas de

Hambourg, avec une vingtaine de professionnels – du

cinéma ou de la culture. Ces derniers pourront apporter

leur expertise et contribueront à l’évaluation des projets

– notamment en votant pour le « Coup de cœur des

professionnels » – tout en ayant l’opportunité de rencontrer

d’autres acteurs du secteur culturel… et de profiter de

la 34 e édition du FilmFest.

Les exploitants, distributeurs, festivals… ou autres lieux

culturels accueillant du public et interessés par l’innovation,

peuvent se porter candidats avant le 10 juillet pour

partir à Hambourg. L’hébergement et les frais de transport

sont pris en charge pour au moins 15 salles européennes,

ainsi que l’accréditation au FilmFest. Ceux qui ne seront

pas retenus pourront participer au programme à leurs

propres frais et profiter d’une accréditation offerte.

Plus d’infos à retourversle@futura-cinema.com.

Route 6 (France) : festival sur le thème de la route, dont les récits personnels

peuvent rapprocher les gens, et faisant appel à diverses formes artistiques.

Be Water (Danemark) : solution de diffusion entre cinémas, programmateurs

de festivals et espaces éphémères, pour un public présent sur place et des

communautés en ligne anonymes, autour de films censurés.

Chambre Claire Salle Obscure (France) : réinventer le pre-screening en

associant la photographie contemporaine à des films, pour créer un dialogue

entre les œuvres.

©GNCR

Disparition de

Geneviève Troussier

Figure majeure de l’exploitation art et essai et de l’éducation

aux images, Geneviève Troussier, qui a dirigé

pendant 30 ans le Café des images à Hérouville-Saint-

Clair, s’est éteinte le 24 juin à l’âge de 78 ans. Elle avait

également mis en œuvre, avec Les Enfants de cinéma, le

dispositif historique École au cinéma, précurseur de Ma

classe au cinéma. Elle était également un pilier de l’ACOR

et du GNCR, qu’elle a longtemps présidées, tout comme

la Maison de l’image, « qui avait pour mission de faire

vivre et promouvoir le cinéma d’auteur en région avec un

fort dispositif d’aide à la création, mais aussi un pôle très

dynamique d’éducation à l’image », rappelle le GNCR

dans son hommage, au sujet d’une « tête chercheuse » qui

n’a pas pas limité son action à son seul territoire et n’aura

cessé de mener « son combat acharné en faveur de la transmission

et de “l’art d’aimer le cinéma” cher à Jean Douchet ».

À Hérouville-Saint-Clair, elle aura fait du Café des images

un « emblème de l’architecture avant-gardiste de la ville,

un vrai lieu de vie et de culture », dont elle a ensuite laissé

les clefs à Yannick Reix en 2013, puis à Elise Mignot.

« Nous nous souviendrons d’elle pour tout ce qu’elle à apporter,

tout comme nous garderons en mémoire son éternelle chevelure

noire et son éternelle salle à fleurs. »

34 N°520 / 8 juillet 2026


PASSATION AU SÉMAPHORE DE NÎMES

À ses côtés, il peut compter sur Inès Leenhardt, qui a

intégré l'équipe en tant que directrice adjointe depuis

février dernier. Passée par les cinémas Star à Strasbourg

et le Caméo de Nancy, elle apporte « un nouveau regard

sur un cinéma devenu une institution de son territoire, et

qui n’a jusqu’à présent été dirigé que par des hommes »,

souligne Daniel Vidal.

Jean-Sylvain Minssen et Daniel Vidal

Après près de quatre décennies passées au Sémaphore, dont les dix dernières à sa direction, Jean-

Sylvain Minssen a officiellement transmis, le 30 juin, les rênes du cinéma art et essai nîmois à Daniel

Vidal. Une passation dans la continuité, qui ouvre néanmoins une nouvelle phase pour l'établissement.

Entré au Sémaphore en janvier 1988, après des débuts

à Utopia Avignon, Jean-Sylvain Minssen aura accompagné

l'ensemble des grandes évolutions de l’établissement.

Créé en 1977 avec deux salles, le Sémaphore a accueilli

un troisième écran en 1981, deux autres en 2000 et le

sixième en 2015. C’est cette même année, lors du départ

à la retraite d’Alain Nouaille et la reprise du site par Haut

et Court Cinémas, que Jean-Sylvain Minssen, jusque-là

chargé de la programmation, prend la direction du

cinéma.

À l’heure de la retraite, l’intéressé entend désormais

« retrouver un pur regard de spectateur », mais restera

toujours disponible auprès de ses collègues sur des questions

de gestion technique du bâtiment, dont il connaît

« tous les recoins » et sera « le premier à monter au front pour

le défendre », en cas de besoin.

Son successeur incarne lui aussi la fidélité à la maison.

Arrivé en 1995 comme aide-opérateur projectionniste,

Daniel Vidal a progressivement accru ses responsabilités

avant de devenir directeur adjoint en 2015, puis codirecteur

après sa formation Exploitation à La Fémis

(promotion 2021-2022), s’investissant particulièrement

dans l’animation et la mise en œuvre d’événements

ponctuels.

C’est donc entouré d’une équipe « rajeunie et féminisée »

que le directeur entend poursuivre l'œuvre du Sémaphore,

« sans rupture majeure » mais quelques évolutions. Comme

celle de développer les sorties nationales en travaillant

les animations, et conquérir de nouveaux publics art et

essai à Nîmes, notamment en développant un cycle

consacré aux cinémas du Maghreb et du Machreq, tout

en poursuivant les efforts en matière d'accessibilité des

séances au handicap sensoriel et de communication

numérique, pensée pour toucher la « cinéphilie nouvelle ».

Une ambition partagée avec le directeur de Haut et Court

Cinémas Martin Bidou qui, en parallèle, mène la rénovation

intégrale du Diagonal de Montpellier.

Après avoir retrouvé une fréquentation stabilisée entre

190 000 et 200 000 entrées annuelles depuis la crise

sanitaire, Le Sémaphore revendique aujourd'hui entre

20 et 25 % des entrées de l'agglomération nîmoise, face

aux multiplexes CGR et Kinepolis. Un socle solide que

la nouvelle direction pourra donc consolider et élargir,

tout en préparant les célébrations de ses cinquante ans,

en 2027.

Ayşegül Algan

Des Rencontres art et essai de Bretagne festives

©Yannick Letoqueux

L’Élysées Lincoln

reçoit le Label

Excellence de la CST

« Cette distinction vient saluer l'engagement constant du

cinéma Le Lincoln en faveur de la qualité technique de

l'expérience cinématographique », indique la CST qui a

décerné, le 16 juin, son label Excellence à la salle 2 – “Le

Studio “ – du cinéma des Champs Élysées. Une reconnaissance

qui intervient après les importants travaux de

rénovation et de montée en gamme entrepris par les frères

Merle dans tout le cinéma, achevés en octobre 2025.

©2026 Meline Querré

Ils étaient 213 participants pour la 12 e édition de l’événement

organisé par La Règle du Jeu à l’Émeraude

Cinémas de Dinard, en Ille-et-Vilaine ; une réussite pour

l’association, qui sait le mois de juin très chargé en

rendez-vous professionnels. Dans une version cette fois-ci

raccourcie de trois jours, et dans une « ambiance très

festive », souligne Éric Dubot, président de La Règle du

jeu, les professionnels ont pu découvrir 14 films, et ont

attribué leur coup de cœur au Corset de Louis Clichy.

Le film, distribué par KMBO le 14 octobre, a par ailleurs

été plébiscité à Annecy [voir p. 15], à Cannes (Prix spécial

du jury Un Certain Regard) ainsi qu’aux Rencontres

nationales art et essai (Coup de cœur des adhérent·es).

Il est suivi de la Palme d’or Fjord de Cristian Mungiu

(Le Pacte, 19 août) ainsi que du Grand prix cannois

Minotaure d’Andreï Zviaguintsev.

Rendez-vous désormais en hiver pour les 26 es Rencontres

de Bretagne, qui se dérouleront du 2 au 5 février au

cinéma Ti Hanok d’Auray (Morbihan).

La remise de plaque du Label Excellence a eu lieu en présence

Sébastien Ajoux, adjoint de Direction Élysées Lincoln, André Labbouz,

président de la CST, Louis et Samuel Merle, gérants du réseau

Multiciné, et Étienne Roux, président de Ciné Digital

N°520 / 8 juillet 2026

35


Focus Exploitation

LE CHAPLIN, CINÉMA DES TEMPS MODERNES

©Ciné Chaplin

©Ciné Chaplin

La salle 1 avec son balcon

Après de grands travaux de rénovation,

le cinéma municipal de Rive-de-Gier

a rouvert le 24 juin, avec 3 salles, un

espace d’animation et un vrai café.

Dans la commune de la Loire, située entre Saint-Étienne

et Lyon, la réouverture du Ciné Chaplin était attendue

depuis presque deux ans, le temps qu’il aura fallu pour

le remettre à neuf et l’agrandir. « L’objectif était d’abord

de passer de 2 à 3 salles pour gagner du souffle en programmation,

et de les rendre toutes accessibles aux PMR, grâce

à un ascenseur », explique Mélody Besset, directrice et

programmatrice du cinéma. Si la capacité totale est passée

de 363 à 280 places, les salles entièrement rééquipées

(fauteuils, écrans, projection laser…), ont gagné en

confort. Le hall a été agrandi pour créer un espace dédié

à l’animation (ciné-goûter, ateliers, expos…), « et nous

TARIFS

Tarifs : Plein tarif : 8,50 €

Réduit : 6,50 € (étudiants, seniors, porteurs d'un

handicap, familles nombreuses, demandeurs

d'emploi…) / 4,50 € (- de 14 ans, Ciné-matin)

Cartes d'abonnement :

Famille (55 € 10 places)

Solo-couple (24 € 4 places)

Cinéphile (105 € 30 places)

avons aussi racheté le café mitoyen et percé une ouverture

pour qu’il communique directement avec le cinéma. Ce café

historique du centre-ville s’appelait Le Club : nous l’avons

rebaptisé le Ciné Club Café. Il est ouvert tout le temps

d'ouverture du Chaplin. » Un élément important de la

convivialité d’un établissement qui reste implanté en

cœur de ville, soit un « vrai choix politique », souligne la

directrice. « Notre centre-ville s’est paupérisé au fil des années.

Autrefois cité industrielle, Rive-de-Gier a perdu la plupart

de ses commerces de proximité et une part de son dynamisme. »

Pourtant, le potentiel est là, avec 15 000 habitants sans

compter les coteaux très peuplés, qui représentent un

bassin de 376 000 personnes.

Ce choix de réhabiliter l’établissement existant n’était

pourtant pas évident. En effet, le Ciné Chaplin est encastré

dans une roche qui, elle-même, soutient l’autoroute A47.

L’effritement de cette colline, la fragilité avérée des fondations

du bâtiment, sans parler des inondations que la

ville a subi à l’automne 2024… ont rendu le chantier

extrêmement lourd et complexe. Construire un cinéma

neuf en périphérie aurait coûté moins cher, mais la

municipalité a fait « le choix de ne pas renoncer », comme

l’indiquent ses élues, et a « pris ce projet à bras-le-corps,

pour proposer un équipement culturel de qualité ». La Ville

a financé les travaux dans le cadre du PRIR (Programme

de renouvellement urbain d'intérêt régional), avec une

aide sélective du CNC de 300 000 €, et le soutien de

Saint-Étienne Métropole, du Département de la Loire,

de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la Préfecture

de la Loire. Mais au final, le coût du projet « a dépassé

de de 500 000 euros les 3,4 millions prévus ». Comme

auparavant, le cinéma est entièrement sous régie municipale

et fonctionne avec cinq salariés, qui seront bientôt

rejoints par mi-temps, pour s’occuper du café.

Un cinéma historique transformé

Autrefois, le Ciné Chaplin s’appelait Les Variétés, dernier

des quatre cinémas que comptait Rive-de-Gier dans les

années 1950, et qui a tenu jusque dans les années 70. La

municipalité communiste arrivée dix ans plus tard l’a

racheté et ouvert le Ciné Chaplin en décembre 1982,

alors mono-écran. Une deuxième salle a été ajoutée en

1995 mais, depuis, rien n’avait été rénové. « Le cinéma

était devenu de plus en plus vétuste et, confronté à l’arrivée

du Véo Saint-Chamond de six salles fin 2018 (à 15 km au

Sud), puis du Megarama de Givors de 7 salles il y a trois

ans (15 km au Nord), nous ne pouvions plus maintenir

notre fréquentation », explique Mélody Besset. Avant

Covid, la fréquentation du Chaplin oscillait entre 55 000

et 60 000 entrées. « Le projet n’est pas de développer une

nouvelle clientèle, mais de maintenir nos entrées et un service

aux Ripagériens, avec une offre généraliste et art et essai ».

Pendant les travaux, le Chaplin a poursuivi son activité

dans la salle de spectacle de la ville, en proposant 6 à

7 films par semaine. « Et si nous avons perdu nos trois

labels, nous n’en avons pas moins conservé une vraie ligne

éditoriale et un noyau dur de cinéphiles, et menons un

travail important d’éducation à l’image – avec 14 000

scolaires par an », précise celle qui programme le cinéma

« en toute indépendance ».

36 N°520 / 8 juillet 2026


LES ÉQUIPEMENTS*

GLOBAL

Maître d’ouvrage : MAIRIE DE RIVE-DE-GIER

Maître d’œuvre / pilote : FERRAND-SIGAL ARCHITECTES &

ASSOCIÉS - MANDATAIRE DU GROUPEMENT DE MAÎTRISE D’ŒUVRE

Bureau de contrôle : BUREAU VÉRITAS

BÂTIMENT

Gros œuvre : ENTREPRISE ELLIPSE

Electricité et réseaux : ENTREPRISE CHAPPET

Climatisation/chauffage : ENTREPRISE MARTIN

Enseignes et signalétique : ENTREPRISES PRIER

FAÇADE/HALL

Comptoir : ENTREPRISE GACHET

Système de billetterie/VàD : MONNAIE SERVICES

Enseignes/signalétique : ENTREPRISE GACHET

Affichage dynamique : ENTREPRISE ADDE

SALLES

Fauteuils : ENTREPRISE KLS

Tentures/sols : ENTREPRISE APM 42

CABINES

Installateur : ENTREPRISE ADDE

Marque des projecteurs : NEC

©Ciné Chaplin ©Ciné Chaplin

Le fauteuil de deux amoureux. « La salle 3 sera notre salle cinéphiles :

nous avons demandé aux 20 spectateurs les plus assidus la liste de leurs

15 réalisateurs préférés, dont nous avons retenu les 47 qui revenaient le

plus. Les fauteuils sont donc brodés aux noms de Buster Keaton, Céline

Sciamma, Park Chan Wook, Agnès Varda ou Guédiguian… Mais il y a une

banquette amoureux un peu spéciale : «Michel et Marilyne», dédiée à un

couple qui venait au Chaplin plusieurs fois par semaine. Après le Covid, le

vieux monsieur a franchi la porte tout seul. Sa compagne était décédée

brutalement d’un cancer. Le cœur brisé, il venait au cinéma où il avait

tant de doux souvenirs avec elle et nous avons essayé de le consoler à la

hauteur de nos moyens, avec de petits gâteaux. Un jour, il est venu avec

un chèque de 30 000 € : un don pour participer à la rénovation du Chaplin.

Le 1 er juillet, est venu visiter le cinéma et a découvert cette surprise. »

©Ciné Chaplin

EXPLOITATION

Programmation : INDÉPENDANTE (MÉLODY BESSET)

*Basé sur le déclaratif de la salle

Les premiers spectateurs, le 24 juin

Passation : derrière le comptoir, Mélody Besset tend son ticket à

Jacques Kotlarek, premier directeur qui a lancé le Ciné Chaplin en 1982.

©Ciné Chaplin

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE

1 156 5 7,45 7.1 laser 2K

2 77 3 5,5 7.1 laser 2K

3 47 2 4,95 7.1 laser 2K

TOTAL 280 10

La nouvelle salle 3, plus petite et plus cosy

Pas moins de 20 films étaient à l’affiche pour la semaine

de réouverture, dont Toy Story 5 en 3D mais aussi

La Grande Rêvasion pour les plus petits, Supergirl en avant

première et Persepolis en hommage à Marjane Satrapi,

Michael avec une démonstration de danse et Le Garçon

qui faisait danser les collines précédé d’un apéro musical,

ou encore une soirée Cannes avec Le Corset et La Vie

d'une femme en avant-première. Jusqu’au 1 er juillet, un

tarif “spécial réouverture” de 5 € était proposé, et le

Chaplin a déjà accueilli 1463 spectateurs et 1238 scolaires

en 98 séances… « dont les retours sont hyper-positifs ! ».

Suivront des animations et rencontres pour tous les âges

et tous profils, au rythme d’une douzaine de films par

semaine. Le Ciné Club café, lui, propose un cocktail

spécial coco curaçao… pour la sortie de Vaiana.

©Ciné Chaplin

Cécile Vargoz

La salle 2 avec ses fauteuils violets

N°520 / 8 juillet 2026

37


Miscellanées

PROCHAINE CDACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO

16/07/26

SOCIÉTÉ MARSEILLAISE

D'EXPLOITATION DU

CÉSAR

LE CÉSAR 3 356 Projet de réouverture Marseille Bouches-du-Rhône

Métropole d'Aix-

Marseille-Provence

Une fréquentation festive en juin

Biarritz Film Festival

2026, le palmarès

La 4 e édition du Biarritz Film Festival - Nouvelles

Vagues a rendu son verdict samedi 27 juin. Le

jury international présidé par Kristen Stewart a

sacré la Nouvelle-Zélande, tout en saluant la vitalité

de distributeurs indépendants français qui

positionnent déjà leurs poulains pour l'automne.

©POP Film/Tomorrow Rain/Hinterland Creative

Passé le début de mois assez calme, les cinémas

ont retrouvé une très belle dynamique amplifiée

par une excellente Fête du Cinéma. Ils réalisent,

pour la cinquième fois en 2026, la deuxième meilleure

performance post-Covid.

13,04 millions d’entrées ont été engrangées par les cinémas

en juin 2026. Les salles françaises progressent de 14,6 %

par rapport à l’année dernière, et atteignent leur deuxième

plus haut niveau depuis 2014, derrière les 14,1 millions

de 2024. Un résultat remarquable après les 15 millions

de mai 2026, qui constituaient déjà une performance

supérieure aux moyennes post-Covid. Pour autant, la

trajectoire de juin est, en de nombreux points, opposée à

celle de mai. En effet, malgré certaines sorties d’envergure,

le début de mois a été plutôt calme en raison, entre autres,

des fortes chaleurs. Ce n’est qu’à partir de la semaine du

17 juin et de la sortie de Toy Story 5 et de Backrooms que

la donne a changé. Cette fois, la canicule semble avoir eu

un impact positif sur la fréquentation, et la dynamique

s’est poursuivie jusqu’à la fin du mois avec la Fête du

Cinéma qui a engrangé plus de 3,7 millions d’entrées, soit

son deuxième meilleur total de la décennie. La 41 e édition

Soutiens

ADRC

Séances accompagnées

Soudain de Ryūsuke Hamaguchi (Diaphana, 12 août)

Paradise de Jérémy Comte (Tandem, 19 août)

Fjord de Cristian Mungiu (Le Pacte, 19 août)

Wake in Fright de Ted Kotcheff (The Jokers, 19 août)

GNCR

Soutiens

Merci d’être venu d’Alain Cavalier (Camera One,

28 octobre)

de l’opération organisée par la FNCF progresse de 23 %

par rapport à 2025, forte d’un dimanche à 1,38 million

de spectateurs. « En doublant les entrées de la semaine

précédente, pourtant marquée par une très forte affluence, la

Fête du Cinéma a confirmé son statut de premier événement

cinématographique national », commente la FNCF.

Toy Story 5 s’impose comme le plus grand succès du

mois avec 2 millions d’entrées, suivi de La Bataille de

Gaulle : L’Âge de fer qui attire plus de 1,3 million de

spectateurs, et connaît une dynamique très positive en

compagnie du deuxième volet, J’écris ton nom, en salles

depuis le 26 juin. L’animation et l’horreur ont également

été en grande forme : Des Minions et des monstres a

réalisé 970 000 entrées et Jim Queen a attiré 170 000

spectateurs, tandis que Backrooms s’établit à 860 000

tickets et Obsession consolide son statut de phénomène

avec 1,2 million d’entrées.

À l’arrivée, le premier semestre de 2026 réalise 90,12

millions d’entrées, juste en-dessous des 91,2 millions de

2023, pour l’heure le meilleur résultat post-Covid. Il

reste cependant inférieur de plus de 13,8 % à la moyenne

2017-2019, établie à 104,5 millions de spectateurs.

L’année glissante (juillet 2025 à juin 2026) pointe quant

à elle à 170,96 millions d’entrées, contre 171,17 millions

sur la période juillet 2024-juin 2025. J.D.

AGENDA DE LA PROFESSION

Big Girls Don't Cry

Grand Prix : Big Girls Don't Cry de Paloma Schneideman,

Nouvelle-Zélande

Prix du jury : No Good Men de Shahrbanoo Sadat,

Allemagne / France / Norvège / Danemark / Afghanistan

(Condor Distribution - 03/02/27)

Prix d'interprétation : Bradley Fiomona Dembeasset dans

Congo Boy de Rafiki Fariala, République centrafricaine

/ République démocratique du Congo / Italie (Jour2Fête

- 25/11/26)

Mention spéciale : Teenage Sex and Death at Camp

Miasma, de Jane Schoenbrun, États-Unis / Canada

Prix du public : Congo Boy, de Rafiki Fariala, République

centrafricaine / République démocratique du Congo /

Italie

Prix du jury Pass Culture : Animol, de Ashley Walters,

Royaume-Uni

Prix du jury des lycéens et des apprentis : La Gradiva,

de Marine Atlan, France / Italie (Tandem - 04/11/26)

Prix du court métrage : Baise-moi à Saint-Gilles, de

Victor Ruprich-Robert, Belgique

FESTIVAL DU FILM FRANCOPHONE D'ANGOULÊME 24 au 29/08/26 ANGOULÊME

SOMMET LUMIÈRE 07/09/26 SAINT-PAUL-DE-VENCE

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI JEUNE PUBLIC 08 au 10/09/26 NANCY

CONGRÈS FNCF 21 au 24/09/26 DEAUVILLE

COLLOQUE DES 80 ANS DU CNC 26 au 28/10/26 PARIS

RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE L'ARP 04 au 06/11/26 TOUQUET

38 N°520 / 8 juillet 2026


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