BO#520 - STUDIO SHOW - 08-07-2026
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Bimensuel N°520 / 8 juillet 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
NE LAISSEZ AUCUN SOUVENIR DERRIÈRE VOUS
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81 ème
CONGRÈS
DEAUVILLE
DU 21 AU 24 SEPTEMBRE 2026
Programme et inscriptions sur www.fncf.org
Date limite de demande d’inscription : 3 août 2026
Crédit photo : Béatrice Augier
LE
CONGRÈS
Bimensuel N°520 / 8 juillet 2026
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA
CONVENTION DU SFAC
L’ALLIÉ AMÉRICAIN
L'édito
Sommaire
Vers un cinéma à deux vitesses ?
C’était, sur la scène du CCIB de Barcelone, dans la
bouche de tous les studios ou presque. Les PLF, les
fameux Premium Large Formats, étaient à toutes les
sauces. Tout juste si on ne nous aurait pas vendu le
nouveau Mel Gibson, La Résurrection du Christ, en
4DX. En soi, que tous les grands films des studios
américains – et d’ailleurs – soient proposés dans ces
formats ne pose pas de problème. Bien au contraire.
Ces formats premium, qu’ils soient développés par les
réseaux eux-mêmes (ICE Theater, pour ne citer que
celui-ci) ou par des industriels tiers (Dolby, avec son
Dolby Vision, par exemple), contribuent à diversifier
l’offre, les expériences, et sont d’excellents moyens de
développer les revenus. Ce n’est d’ailleurs pas anodin
si les studios américains en sont friands : leurs films à
grand spectacle sont particulièrement bien adaptés à
ces formats, qui génèrent des augmentations sensibles
du prix du billet, et donc du box-office global. Jusqu’ici
tout va bien. Ce qui pouvait sembler plus contrariant,
dans les différentes présentations, était la sensation
d’une exploitation divisée en deux. Avec d’un côté, les
PLF, formats choyés, et de l’autre… eh bien le reste des
salles. Proposer d’autres expériences, d’autres manières
de vivre un film est une chose, mais elle ne doit pas
dévaloriser la salle traditionnelle (qui ne rime d’ailleurs
pas avec misère technique). Le vocabulaire, sa récurrence,
doivent être mesurés. L’émergence d’un cinéma à deux
vitesses est déjà perceptible, avec des spectateurs tendant
à venir moins souvent, pour favoriser les films événements.
Encourager cette pratique, que ce soit à travers
l’offre de films, ou à travers un discours exagérément
pro-PLF, ne peut que nuire à l’objectif global et commun
d’un retour à une fréquentation plus élevée. En toute
chose, la mesure doit être reine : ici elle doit conduire
à maintenir l’unicité de la salle de cinéma et à un retour
plus massif du public.
Laurent Cotillon
N°ISSN : 2740-3335
Boxoffice Pro est édité par CINE GROUP SAS au capital de 1 000 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-
Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • E-mail redaction@cinegroup.fr • Dépôt Légal
à parution
Directeur de la publication
Julien Marcel / julien.marcel@cinegroup.fr
Directeur général délégué média & stratégie
Laurent Cotillon / laurent.cotillon@cinegroup.fr
Rédacteurs
Aysegül Algan / aysegul.algan@cinegroup.fr,
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est une publication de
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Maquette / Infographie
Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@cinegroup.fr
Impression
ORMONT IMPRIMEUR
4 Rue Antoine de Saint-Exupéry
88100 Saint-Dié-des-Vosges
P.6
ACTUS
Mouvements dans l’industrie
Le CNC crée une cellule
d’accompagnement
P. 8 à 11
STUDIO SHOW 2026
Les présentations d’Universal, Paramount,
Warner et Sony
P. 12-13
L’ÉMISSION
Rencontres nationales art et essai avec
Xavier Albert (Universal)
Julien Noble à propos de L’Odyssée
P. 14 à 16
INTERNATIONAL
Échos de CineEurope 2026
Le box-office européen en 2025
Retour sur le Boxoffice Tour
Hollywood, nouvelle donne
P. 19 à 23
FESTIVAL D’ANNECY
L’animation française entre vitalité et
turbulences
Europa Cinemas au MIFA
La Rédaction
P. 27
DISTRIBUTION
Studio TF1 se dévoile en convention
P. 28 à 30
RENCONTRES
Retour sur les Rencontres du cinéma
indépendant
P. 32 à 35
EXPLOITATION
L’AG des Cinémas Indépendants Parisiens
et de l’ADRC
Futura Cinema au FilmFest de Hambourg
Des Rencontres art et essai de Bretagne
festives
P. 36-37
FOCUS
Le Chaplin de Rive-de-Gier rouvre ses
portes
P. 38
MISCELLANÉES
Soutiens, CDACi, fréquentation, carnet noir
et agenda de la profession
Crédit page 3 : © Sfac
Certifié PEFC
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forêts gérées
durablement
JULIEN MARCEL
Directeur de la
publication
LAURENT COTILLON
Directeur général délégué
média & stratégie
AYSEGÜL ALGAN
Journaliste
CÉCILE VARGOZ
Journaliste
JULES DREYFUS
Journaliste
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Boxoffice Pro France
4 N°520 / 8 juillet 2026
Actualités
©Manuel Moutier/Haut et Court ©SPI
Nouvelle présidence à la
Cinémathèque française…
Succédant à Costa-Gavras qui
assurait la fonction depuis 2007,
Isabelle Huppert devient la
première femme à présider l’institution.
Elle a été élue le 2 juillet
par le CA de la Cinémathèque
française, pour un mandat de trois
ans, aux côtés d’Olivier Assayas et de Claire Denis (vice-présidents),
Saïd Ben Saïd (trésorier), ainsi que Nicolas Philibert
et Alice Winocour (secrétaires).
… et au SPI
Le 30 juin, Emmanuel-Alain
Raynal (Miyu Productions) a été
élu président du Syndicat de la
Production Indépendante, où il
succède à Simon Arnal (Haut et
Court TV). Le SPI – seul syndicat
unitaire de la production cinéma
et audiovisuel, qui rassemble près
de 600 sociétés – a également entériné une réforme de sa
gouvernance afin de renforcer la transversalité et de mieux
répartir les responsabilités. Désormais, chaque collège sera
présidé par un binôme (président.e et vice-président.e),
tandis que des commissions stratégiques transversales
réuniront des représentants de l’ensemble des collèges pour
travailler sur les enjeux communs à la filière.
NBCUniversal bientôt
séparé de Comcast
Comcast a annoncé, le 29 juin, son intention de se scinder
d'ici environ un an en deux sociétés cotées distinctes :
Comcast, centré sur la connectivité et les technologies, et
NBCUniversal, qui regroupera les réseaux NBC et Telemundo,
les plateformes Peacock et Bravo, les studios Universal, les
parcs à thèmes et Sky à l'international.
La future NBCUniversal sera dirigée par Mike Cavanagh
(actuel codirecteur général de Comcast), tandis que Michael
Angelakis (ancien directeur financier du groupe) prendra la
tête de Comcast. Brian L. Roberts, actuel président et co-directeur
général de Comcast, restera impliqué dans la gouvernance
des deux groupes. L'opération, prévue sous la forme
d'une tax-free spin-off, reste soumise aux approbations
réglementaires et financières.
Patrick von Sychowski rejoint Cine Group
comme International Editor-in-Chief
Après avoir contribué au succès
de CinemaNext au cours des
trois dernières années, le journaliste
et analyste international
arrive au sein de la division
information professionnelle de
Cine Group, pour en accélérer le
développement international.
Patrick von Sychowski rejoindra, en
septembre 2026, la division Information
Professionnelle de Cine Group.
Cette dernière, pilotée par Laurent
Cotillon, rassemble Boxoffice Pro
France (magazine, site, podcast et émission YouTube),
ainsi que l'ensemble des initiatives média, formation et
événementielles du groupe.
L’arrivée de Patrick von Sychowski s'inscrit dans le prolongement
des initiatives internationales développées par
Cine Group : les éditions du Boxoffice Forum, les études
internationales – à l'image de l'étude conduite pour le
compte du CNC, présentée à Cannes avec Omdia et
Hexacom [voir Boxoffice Pro du 27 mai 2026] , le Cinemas
Club mis en place avec le Marché du Film à Cannes en
2026, ou encore les voyages d'étude du Boxoffice Tour,
notamment à l'occasion de CineEurope 2026 et du festival
Nouvelles Vagues de Biarritz [voir p.16].
Fort de plus de 25 ans d'expérience
dans le secteur, Patrick von
Sychowski est un professionnel
reconnu. Avant de rejoindre les
activités de business development
européen de CinemaNext, il a
notamment dirigé le développement
commercial de Reliance
MediaWorks, UniqueX et Deluxe,
parallèlement à son travail éditorial
et de conseil pour Celluloid Junkie
et Screen Digest. Il conserve par
ailleurs ses fonctions de membre
du conseil d'administration et
vice-président de l'European Digital Cinema
Forum (EDCF).
©FilmRow.org
« Avec Laurent Cotillon et Marilyn Iacovissi, nous
sommes ravis d'accueillir Patrick von Sychowski, déclare
Julien Marcel, président de Cine Group. Sa connaissance
du marché international et son expertise unique
dans l'industrie de la salle de cinéma constituent des
atouts précieux au service de notre projet. Nous souhaitons,
ensemble, faire émerger une voix européenne, ouverte
sur le monde, dans l'information professionnelle du
secteur, et poursuivre notre développement à l'international
sur les terrains de l’information professionnelle,
des événements et des études. »
Fusion Warner-Paramount
À la demande de l’UE, Paramount se retire d’UIP
L'autorité de la concurrence de la Commission européenne, qui examine le projet de fusion entre
Paramount et Warner, a posé une condition : Paramount doit quitter la branche de distribution internationale
qu’il forme avec Universal depuis 1981, United International Pictures (UIP), encore active
dans plusieurs territoires européens.
Selon la presse américaine, Paramount Skydance s’est
engagé fin juin à céder sa participation dans UIP, dans
un document réglementaire transmis à la Commission
européenne. De son côté, cette dernière se donne un
délai supplémentaire pour statuer sur le rachat de Warner,
prolongé du 7 au 22 juillet.
Pour rappel, le rachat de Warner Bros. Discovery par
Paramount Skydance a reçu le feu vert du Département
de la Justice américain le 12 juin dernier, mais attend
toujours l’approbation de l'autorité de la concurrence
britannique d’une part, et européenne de l’autre.
Celle-ci a donc pointé le risque d’un mega groupe de
distribution en Europe qui réunirait Warner, Paramount
et Universal si ces deux derniers poursuivent la co-distribution
au sein d’UIP. En France, pour rappel, UIP
n’existe plus depuis 2006, Paramount Pictures et
Universal Pictures distribuant chacun leurs films.
Par ailleurs, l’exécutif européen doit aussi se prononcer,
d’ici le 14 juillet, sur la fusion Warner-Paramount au
regard des quelque 24 milliards de dollars de financements
apportés par les investisseurs du Moyen-Orient.
Au terme de cet examen, la Commission pourra
décider d’autoriser l’opération, ou d’ouvrir une enquête
approfondie d’une durée de 90 jours.
C.V.
CNC : une cellule d’accompagnement pour
défendre la liberté de création et de diffusion
Après les appels au boycott ayant conduit le cinéaste
israélien Nadav Lapid à renoncer à sa participation au
FID Marseille, le président du CNC déplore un épisode
« inquiétant, qui doit amener les citoyens comme les
pouvoirs publics à s'interroger sur la capacité collective de
la société française à garantir ces libertés ». Rappelant
que Nadav Lapid « n'est pas le représentant d'un gouvernement
mais un cinéaste », dont l'œuvre porte « un regard
critique et souvent douloureux sur la société et le gouvernement
de son pays », il estime que « réduire un artiste à
son passeport revient à nier ce qui fait la singularité même
de la création : son indépendance ». Gaëtan Bruel a ainsi
annoncé la création d'une cellule pour informer et
conseiller les professionnels confrontés à des pressions
ou à des tentatives d'entrave à leur liberté de création
et de diffusion.
Cette initiative s'inscrit dans le plan d'action engagé
par la ministre de la Culture, qui comprend notamment
la nomination d'une haute fonctionnaire à la liberté
de création et la publication d'un guide pratique et
juridique.
La cellule est d’ores et déjà joignable à
libertedecreation@cnc.fr.
6 N°520 / 8 juillet 2026
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CGR Cinémas)
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(Directrice projet Marketing, Cine Group)
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STUDIO SHOW
2026
La
convention du Syndicat franco-américain
de la cinématographie (SFAC) s’est déroulée
les 2 et 3 juillet au Grand Rex de Paris. L’occasion
pour les dirigeants des quatre filiales
représentées de rappeler la centaine de
m illions d’euros de recettes fiscales que
représentent les films américains en France,
et l’équivalent en investissements publicitaires
dans les médias. Par ailleurs, avec
40 % de spectateurs âgés de moins de 25
ans en 2025, contre 46 % de plus de 50 ans
pour les films français, les films américains
revendiquent également un rôle moteur
dans le renouvellement des publics.
Et pour marquer ce 10 e Studio Show, le SFAC
accueillait pour la première fois un président
du CNC. Face aux représentants des studios
américains, Gaëtan Bruel a salué une relation
fondée sur des « interdépendances heureuses »,
tout en appelant la filière à faire bloc dans
un contexte de fréquentation encore fragile.
Rappelant que la France veille à ce que les
films américains aient « toute leur place et
pas toute la place », le président du CNC a
également plaidé pour davantage de pédagogie
autour du modèle français, « sans
politiser inutilement le sujet », afin que le
pays demeure « un territoire exigeant pour
nos alliés américains, mais fondamentalement
accueillant ».
UNIVERSAL prépare son feu d’artifice
Fort d’un solide premier semestre 2026, le studio
s’avance sur les mois – et les années – à venir avec
un line-up marqué par des odyssées variées et
ambitieuses.
Avec 14 millions d’entrées en six mois, Universal est
dans une forme olympique, et ne compte pas s’arrêter
en si beau chemin. Le distributeur a notamment sorti
deux titres à plus de 5 millions d’entrées, Super Mario
Galaxy et Michael, le film d’Antoine Fuqua illustrant
précisément les belles collaborations entre le studio
et la salle. À travers une vidéo, Graham King (producteur)
et Jaafar Jackson (acteur) ont remercié les exploitants
français pour la belle épopée du film. Dans la foulée,
Xavier Albert, directeur général d’Universal Pictures
France, a tenu à remercier son équipe pour le travail
accompli depuis des mois, particulièrement avec les
« big five » (Mario, Michael, Disclosure Day, Des Minions
et des Monstres et L’Odyssée) [voir aussi son interview
dans l’Émission pp. 12-13].
Garder le rythme sur le second
semestre
Le 12/08 sortira Juste pour une nuit, que les exploitants
ont pu découvrir la veille. Will Gluck, réalisateur
de Tout sauf toi (630 000 entrées en 2024), revient
avec une comédie romantique « pétillante », réunissant
Monica Barbaro et Callum Turner, qui va « faire monter
la température », affirme Marine Berthonneau, programmatrice.
Jane Austen sera mise à l’honneur le 30/09
avec la sortie de Raison et sentiments, l’un des plus
grands succès de l’écrivaine anglaise. Labellisé Universal
Auteurs, il réunit Daisy Edgar-Jones et George MacKay.
Le rendez-vous horrifique du distributeur sera le 14/10
avec la sortie de Malfaisante de Rob Savage. Une
production Blumhouse qui transforme la figure maternelle
– incarnée ici par Jessica Chastain – en une
image angoissante, et inconnue. Le 21/10, les spectateurs
s’envoleront vers L’Île des souvenirs de Joel
Crawford et Januel P. Mercado, la nouvelle réalisation
DreamWorks. Les très bons retours suite à la projection
au Festival d’Annecy ainsi qu’au Studio Show ont
incité Universal à organiser une série d’avant-premières
à la fin de l’été afin de commencer le bouche-à-oreille
le plus tôt possible. Présenté en Compétition à Cannes,
Hope de Na Hong-jin (04/11) s’annonce comme un
des ovnis de l’année, un film « jubilatoire » selon Xavier
Albert. Labellisé Universal Auteurs, le long métrage
sortira dans une version différente de la director's cut
présentée à Cannes. Puis, à l’approche de Noël, Violent
Night 2 (02/12) marquera le retour de David Harbour
en tant que Père Noël « ultra badass ».
2027 sur les mêmes bases
L’actualité du studio devrait être tout aussi intense
l’année prochaine avec, dès le 06/01, Werwulf, où
Robert Eggers (The Lighthouse, The Northman…)
réunit Aaron Taylor-Johnson, Lily-Rose Depp et
Willem Dafoe. La prochaine sortie Illumination,
Pas si seuls, arrivera le 31/03 : Éric Guillon, pilier du
studio, proposera une histoire originale où trois petits
extraterrestres trouvent refuge chez un mécanicien de
fusées introverti. Puis, le 09/06 viendra Dragons 2,
©2026 DreamWorks Animation. All Rights Reserved.
L’Île des souvenirs de Joel Crawford et Januel P. Mercado
suite du reboot live-action de la franchise culte, après
un premier volet à plus de 2,5 millions d’entrées.
Et le 30/06, pour la Fête du Cinéma, Shrek 5 marquera
le retour de l’ogre vert après 15 ans d’absence. Pour
rappel, en France, les quatre films de la franchise
totalisent plus de 20 millions d’entrées, dont un pic
à 7,1 millions pour le deuxième volet. Et comme les
vieilles habitudes ne se perdent pas, Alain Chabat
assurera la voix VF de l'ogre vert. À côté, Universal
continuera d’explorer des récits horrifiques avec notamment
une nouvelle version de L’Exorciste.
Et pour conclure cette présentation, Xavier Albert a
bien évidemment présenté L’Odyssée d’Universal, en
salles dans quelques jours, qui s’avance comme le film
le plus attendu de l’année. Une aventure qui réunit
un casting tout aussi épique : Matt Damon, Tom
Holland, Robert Pattinson, Anne Hathaway, Charlize
Theron, Zendaya, Lupita Nyong’o… Et les salles
seront au rendez-vous.
Jules Dreyfus
8 N°520 / 8 juillet 2026
©Paramount Pictures
Le 27/02/27, Paramount fera également son entrée dans
l'univers de la K-pop avec K-Pop: The Debut, une fiction
« pensée comme une véritable expérience collective ». Sonic
4, le film est attendu pour le 24/04/27, toujours en
compagnie de Jim Carrey dans la peau du Dr Robotnik
alias Eggman. Pour rappel, les trois premiers volets de la
franchise Sega comptent déjà près de 7 millions d'entrées
cumulées dans les salles françaises.
Pour le 28/07/27, le rendez-vous est pris avec Sans un
bruit III. Le film actuellement en production a été présenté
via un message vidéo de John Krasinski, de retour à la
réalisation, tandis qu'Emily Blunt et Cillian Murphy
reprendront leurs rôles. Les trois premiers films totalisent
près de 2 millions d'entrées en France.
PARAMOUNT en pleine accélération
Heart of the Beast
La 10 e convention du Syndicat franco-américain de la cinématographie (SFAC), qui se déroule ces 2 et 3
juillet au Grand Rex de Paris, s'est ouverte avec une présentation Paramount particulièrement dense.
Entre grands rendez-vous familiaux, adaptations de jeux vidéo, cinéma de genre, projets d'auteurs et
une machine marketing toujours plus ambitieuse.
La dynamique des récents succès de Paramount Pictures
France, aux premiers rangs desquels Scream 7 et Scary
Movie, n’est pas prête de s'arrêter, et « travailler chez Paramount
n'a jamais été aussi excitant », a assuré son directeur
général Frédéric Moget, annonçant que le studio allait
« doubler le nombre de films distribués » dans les prochains mois.
Avant d’entrer dans le détail du line-up, la featurette inédite
chorégraphiée par Jon Chu (Wicked) et constellée de
personnages et talents emblématiques du studio, de James
Cameron à Timothée Chalamet, s’est achevée sur l’apparition
de Tom Cruise au sommet de l'emblématique
château d'eau Paramount à Los Angeles, qui avait déjà
fait sensation au CinemaCon.
Un second semestre très animé
Le studio ouvrira le bal estival avec La Pat' Patrouille :
Le Film mission Dino, attendu le 05/08/26. Cette nouvelle
aventure des célèbres chiots sera précédée d'une vaste
campagne d'avant-premières le dimanche 2 août et promet
« de nouveaux personnages, et de nouveaux véhicules ! ».
L'animation restera à l'honneur avec Tad l'explorateur
et la lampe magique (26/08/26), nouvel opus de la
franchise espagnole.
Le 23/09/26, Brad Pitt prendra la direction de l'Alaska
sauvage avec Heart of the Beast. Présenté comme un récit
de survie dans l'Alaska sauvage, « entre The Revenant et Into
the Wild », le film marque les retrouvailles de l'acteur avec
David Ayer après Fury. Place ensuite au jeu vidéo avec
Street Fighter (14/10/26), nouvelle adaptation de la célèbre
licence de Capcom, issue du partenariat de distribution
récemment conclu entre Paramount et Legendary.
Grande Envolée (23/12/26), où Red, Chuck, Bomb et
leurs compagnons devront relever leur plus grand défi :
la parentalité.
Magie, K-Pop et autres valeurs sûres
Paramount amorcera la nouvelle année « sous le signe de la
magie » avec Le Royaume d'Orïsha, adaptation du bestseller
fantasy de Tomi Adeyemi (Children of Blood and
Bone), réalisée par Gina Prince-Bythewood (The Woman
King). Entre pouvoirs ancestraux et créatures fantastiques,
le film réunit un casting afro-américain mêlant têtes
d'affiche et jeunes révélations, avec l'ambition de devenir
un grand rendez-vous intergénérationnel.
Changement d'ambiance avec A Place in Hell de Chloé
Domont. Michelle Williams et Daisy Edgar-Jones y
incarnent deux avocates rivales dans un thriller psychologique
naviguant entre les bureaux feutrés des grands
cabinets et les bas-fonds new-yorkais, autour du prix à
payer pour rester au sommet.
©Paramount Pictures
Call of Duty en ligne de mire et machine
marketing
Et pour l’été 2028, Paramount prépare un Call of Duty,
soit la première adaptation cinéma de la célèbre franchise
Activision – « quatrième saga vidéoludique la plus rentable
de tous les temps » –, réalisée par Peter Berg sur un scénario
de Taylor Sheridan. Là aussi, un message du réalisateur
était destiné aux exploitants.
Au-delà des bandes-annonces et images inédites de son
line-up, Paramount a consacré une séquence à ses nombreuses
opérations marketing déployées en France, de Bob l'éponge
aux Schtroumpfs, en passant par Scream, en collaboration
avec divers talents.
Enfin, de nombreux autres projets sont en préparation
chez le studio : High Side de James Mangold, qui retrouve
Timothée Chalamet après Un parfait inconnu dans
l'univers de la MotoGP, Tomorrow, and Tomorrow, and
Tomorrow avec Daisy Edgar-Jones, le prochain film
encore “Untitled” de Damien Chazelle, le thriller The
Rescue, un nouveau Paranormal Activity par James
Wan, un nouveau Longlegs avec Nicolas Cage, un remake
d'Obsession, la fresque hip-hop Get Lite réalisée par
Teyana Taylor – la farouche révélation de Une bataille
après l’autre, ainsi que les prochains Star Trek, G.I. Joe,
Transformers, World War Z, Teenage Mutant Ninja
Turtles... sans oublier Top Gun 3.
Ayşegül Algan
Pour les fêtes, Paramount mise sur Scrooge (11/11/26),
nouvelle adaptation d'Un chant de Noël de Charles Dickens
portée par Johnny Depp, « qui reste parmi les acteurs préférés
des Français ». Il sera suivi de deux plongées dans l'impitoyable
univers... de la famille : Mon beau-père, ma
belle-fille et moi (25/11/2026), où Ariana Grande vient
semer le chaos chez les Focker, et Angry Birds 3 - La
Angry Birds 3 - La Grande Envolée
N°520 / 8 juillet 2026
9
Studio Show 2026
©Warner Bros.
Rivinoja le 09/12/26. Imaginé dans l’univers du Grinch,
on y suit Le Chat, chargé de redonner le sourire aux
enfants tristes, qui se voit confier sa mission la plus
difficile de sa carrière. Les salles pourront diffuser le film
lors de séances privées, CE ou encore arbres de Noël dès
le 09/11, et recevront en outre un court métrage inédit
des Looney Tunes à diffuser avant.
WARNER distille son line-up épicé
Des grandes franchises aux récits originaux, sans
oublier la relance de sa filiale d’animation, le studio
a présenté son programme jusqu’en 2027, qui
fera escale à Arrakis en décembre.
En ouverture du programme, Warner a diffusé un montage
revenant sur ses grands succès de 2025, tout en se projetant
sur les prochaines années. Avant de s’envoler aux États-
Unis, Olivier Snanoudj, senior vice-président distribution
cinéma France & Benelux – et également président du
SFAC –, a tenu à souligner le travail de ses équipes qui
s’occupent des productions locales. Leur prochaine sortie
française arrive le 22 juillet avec De la Comédie-Française
de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, en co-distribution
avec Zinc. C’est ensuite à vitesse supersonique
que Warner a évoqué les prochaines sorties DC Studios.
Le studio a notamment rappelé la sortie de Supergirl,
en salles depuis le 01/07. L’univers de Superman sera
ensuite prolongé le 07/07/27 avec Man Of Tomorrow,
suite du Superman de 2025, toujours dirigé par James
Gunn. De retour en 2026, Clayface, un film de genre
horrifique qui retrace l’origine d’un des ennemis majeurs
de Batman, sortira pour sa part le 21/10. Il est réalisé
par James Watkins, remarqué dernièrement pour Speak
No Evil. Le héros masqué incarné par Robert Pattinson
sera de son côté de retour le 29/09/27, dans une suite
du premier volet qui a attiré plus de 3 millions de spectateurs
en 2022. Barry Keoghan, Andy Serkis, Scarlett
Johansson ou encore Sebastian Stan sont également
présents au casting.
Dune : Troisième partie de Denis Villeneuve
sociaux. Nicole Kidman et Sandra Bullock y interprètent
toujours les sorcières Owens qui doivent désormais
protéger leur famille. Dans la foulée, Warner a annoncé
la mise à disposition prochaine de deux de ses sagas cultes.
D’abord les huit films Harry Potter, que les exploitants
pourront programmer du 26/08 au 01/09, puis la trilogie
Le Seigneur des anneaux – en versions classique et
longue –, disponible en fin d’année.
What’s up doc ?
L’une des annonces principales de cette présentation est
la relance durable de Warner Bros. Animation. Cela
s’illustrera avec Bad Fairies de Megan Nicole Dong et
Olivier Staphylas le 19/05/27, Margie Claus de Ben
Falcone le 03/11/27, Dynamic Duo d’Arthur Mintz le
28/06/28, Hello Kitty de David G. Derrick Jr. et John
Aoshima le 19/08/28 ou encore, très prochainement,
Le Chat chapeauté de Alessandro Carloni et Erica
Histoires originales et franchises
majeures
L’événement de la rentrée de la major arrivera le 30
septembre avec la sortie de Digger d’Alejandro González
Iñárritu. Le cinéaste mexicain, de retour dix ans après
The Revenant, met en scène Tom Cruise en tant que
Digger Rockwell, l’homme le plus puissant du monde
qui se retrouve responsable du plus grand désastre de
la planète. Un « film sur la folie humaine, souligne Olivier
Snanoudj, porté par un casting prestigieux » : Sandra
Hüller, Riz Ahmed, John Goodman, Jesse Plemons…
Le senior VP distribution cinéma France & Benelux de
Warner a ensuite présenté les premiers titres de 2027 ;
année qui, pour le studio, débutera le 03/02 avec Remain.
M. Night Shyamalan s’associe ici avec Nicholas Sparks,
l’auteur à succès de The Notebook (N’oublie jamais),
dans une romance à suspense avec Jake Gyllenhaal. Un
livre a déjà émergé de cette collaboration, Immortelle,
qui a connu un grand succès aux États-Unis. Le 24/02
sortira Panic Carefully, un thriller de Sam Esmail,
créateur de la série Mr. Robot, réunissant Julia Roberts,
Eddie Redmayne et Elizabeth Olsen. Un mois plus tard,
le 24/03, Godzilla et Kong referont surface pour le
volet Supernova. Enfin, pour clôturer son programme,
Warner a terminé par la plus grande attente de 2026,
Dune : Troisième partie. 17 ans après les événements
du deuxième opus – qui ont attiré 4,2 millions de
spectateurs en 2024 –, le film suit Paul Atreides, désormais
maître de l’univers, devant désormais effectuer sa
rédemption. Denis Villeneuve convoque un casting
toujours aussi imposant : Timothée Chalamet, Zendaya,
Jason Momoa, Robert Pattinson, Anya Taylor-Joy,
Florence Pugh, Rebecca Ferguson, Javier Bardem, Isaach
de Bankolé, Léa Seydoux… En exclusivité, les premières
minutes ont été dévoilées aux professionnels.
Jules Dreyfus
©Warner Bros.
Histoires de retours
Le 12/08 prochain marquera le retour d’un cinéaste
américain révélé dans les années 2010 : David Robert
Mitchell. Avec La Fin d’Oak Street, le réalisateur de It
Follows et de Under the Silver Lake réunit Ewan McGregor
et Anne Hathaway dans un récit de SF où tout un quartier
pavillonnaire américain semble avoir été déplacé dans le
temps, et l’espace. Le 09/09, ce sera au tour des Ensorceleuses
de faire leur retour, suite au premier volet de
1999 qui a connu une forte résurgence via les réseaux
Le Chat chapeauté d’Alessandro Carloni et Erico Rivinoja
10 N°520 / 8 juillet 2026
SONY entre offensive Spider-Man et frisson tricolore
Du retour de ses franchises phares au cinéma
français de genre, en passant par des adaptations
de best-sellers, Sony Pictures a déployé
toute sa toile, jusqu'à son dispositif marketing
hors normes autour de l'imminent Spider-Man :
Brand New Day.
En ouverture de sa présentation, le président de Sony
Pictures France, Stéphane Huard, est revenu sur les plus
de 1,2 million d'entrées de Projet dernière chance, sans
oublier les quelque 100 000 spectateurs de TKT, saluant
le travail pédagogique mené autour du film dans les
établissements scolaires.
Premier extrait exclusif de la présentation, Jumanji :
Bienvenue dans notre monde retrouvera à Noël (23/12/26)
son casting historique, cette fois projeté... dans le monde
réel. Les deux précédents volets cumulent 3,3 millions
d'entrées en France.
La “vibe” française
Stéphane Huard a ensuite accueilli sur scène le producteur
Marc Missonnier pour évoquer Parasomnia Productions,
créé avec Sony afin de produire des films de genre français
à petit budget, autour d'un million d'euros. Lancé en
2021, le label a déjà reçu plus de 2 600 projets et proposera
cet été – après 37, L'Ombre et la Proie, 30 000 entrées
en novembre 2024 –, Kyma, l'onde mystérieuse, qui
vise « une cible enfants et jeunes adolescents ». Également
présent, en compagnie des trois jeunes interprètes du
film, le réalisateur Romain Daudet-Jahan a décrit son
premier long métrage comme un film de rencontre « non
pas extra, mais intra-terrestre », et « définitivement fait pour
faire vibrer les spectateurs en salles ». Attendu le 05/08/26
sur environ 150 copies, le film bénéficiera d'une campagne
d'avant-premières les lundi et mardi précédant sa sortie.
Sueurs froides et casses branchés
Le grand frisson de la fin d'été passera par Insidious :
L'Invasion du lointain, attendu le 19/08/26 sur un
plan de 300 copies. Ce sixième volet compte bien capitaliser
sur les 2,5 millions d’entrées cumulées par la
franchise en France, dévoilé via un extrait exclusif des
plus claustrophobes.
Dans le cadre de son accord avec Amazon MGM Studios
– en attendant la nouvelle branche distribution de ce
dernier –, Sony fera sa rentrée le 09/09/26 avec Comment
braquer une banque. Cette version modernisée et
rajeunie du film de casse, « un Robin des bois à l’heure des
©2026 CTMG, Inc.-Sony Pictures Entertainment Inc. ©2026 CTMG, Inc., Sony Pictures Entertainment Inc.
Spider-Man: Beyond the Spider-Verse
The Social Reckoning
réseaux sociaux » réalisé par l'as de l'action David Leitch
(Deadpool 2, Bullet Train), s'installera sur environ 300 copies.
Le 30/09/26 et sur une combinaison de 250 écrans, place
à Verity. Cette adaptation d’un nouveau succès de librairie
de Colleen Hoover (Jamais plus, Reminders of Him) donne
lieu à un thriller psychologique toxique, porté par un
casting glamour réunissant Anne Hathaway, Dakota
Johnson et Josh Hartnett.
The Social Reckoning (07/10/26) réalisé par Aaron
Sorkin, scénariste de The Social Network, n’est pas tant
une suite qu’un film enquête haletant, offrant un regard
contemporain sur les dérives de Facebook. Avec cette
fois Jeremy Strong dans la peau de Mark Zuckerberg, et
l’oscarisée Mikey “Anora” Madison.
Avec Klara et le Soleil (21/10/26), Taika Waititi transpose
le roman de Kazuo Ishiguro autour d'une androïde à
énergie solaire, pour un récit mêlant science-fiction
et émotion.
Enfin, avec une seule affiche teaser, Sony Pictures Animation
a donné un aperçu de son film de Noël, Buds
(22/12/27), une aventure originale située... au cœur du
monde végétal.
Un vrai Tour de France
La dernière partie de la présentation était entièrement
consacrée à l'univers de l'homme-araignée. Les exploitants
ont d'abord découvert cinq minutes inédites de Spider-Man :
Beyond the Spider-Verse, attendu le 23/06/27. Les
créateurs Phil Lord, Christopher Miller et Bob Persichetti
poursuivent leur saga animée, dont les deux premiers
films cumulent près de 2 millions d'entrées en France,
avec une ambition visuelle intacte.
Mais c'est bien Spider-Man : Brand New Day, attendu
le 29/07/26, qui concentre aujourd'hui tous les efforts
du studio. Le précédent épisode No Way Home sorti fin
2021 avait affolé les compteurs avec ses 7 millions d’entrées
en France, « prouvant, dans un contexte encore marqué par
la pandémie, qu’il était capable de rassembler toutes les
générations », a rappelé Olivier Drapron, directeur du
marketing de Sony Pictures France. En attendant sa
sortie imminente, Brand New Day a déjà établi un record :
sa première bande-annonce a cumulé un milliard de vues
dans le monde en seulement dix jours après sa mise en
ligne, en mars dernier.
Pour accompagner cette sortie, Sony tisse un vaste
dispositif promotionnel : PLV géantes, vitrophanies,
habillages d’avant-séances des circuits, sans oublier le
Spider-Day du 1 er août avec des pins offerts à tous les
spectateurs du film. Le super-héros sera également
omniprésent hors des cinémas. Après les 24 Heures du
Mans et le Fan Event du 24 juin dernier à l’UGC Bercy,
Spider-Man accompagnera le Tour de France, offrant
au film une visibilité auprès de plusieurs centaines de
millions de personnes, avec distribution de goodies.
De très nombreux partenariats, d'Oasis à BMW, en
passant par McDonald's et Handicap International,
complèteront le dispositif déployé par Sony pour accompagner
« un Marvel des plus émouvants ». Et les quinze
minutes d'images exclusives en conclusion de présentation
étaient là pour le prouver.
Ayşegül Algan
N°520 / 8 juillet 2026
11
L’Émission
Xavier Albert, directeur général d'Universal Pictures France
©J. Dreyfus / Boxoffice Pro
RENCONTRE AVEC XAVIER ALBERT
L’année Universal ne faiblit pas, et conforte la foi de Xavier Albert dans l’expérience salle.
Reste que pour gagner l’attention des spectateurs aujourd’hui, on ne peut plus se passer de leur
data, « actif stratégique » dont le directeur général d’Universal Pictures France est un fervent
promoteur.
Après l’ouverture du festival d’Annecy et un premier
mercredi en salles à 175 000 entrées, l’illumination
Des Minions et des monstres, certes dans un « marché
atypique » marqué par la canicule, dépasse les attentes
de Xavier Albert. « Une nouvelle note positive » pour le
distributeur qui, après Super Mario Galaxy, Michael
et Disclosure Day… « a fait plus en six mois que toute
l’année dernière ». Et entre la venue des équipes de Fast
& Furious à Cannes, celles de Dreamworks à Annecy
ou de Christopher Nolan la semaine prochaine à
Paris… autant dire que les équipes d’Universal Pictures
France vivent une année particulièrement intense.
Leur directeur général « les remercie profondément. C’est
un privilège de défendre un spectre aussi large de films,
mais nous enchaînons cinq temps forts par semaine, du
jamais vu pour nous ».
Xavier Albert n’en est pas moins ravi, pour les ayantdroits
et pour la filière française. « Les recettes d’un
Michael, à plus de 5 millions d’entrées, représentent un
apport de près de 6 millions d’euros qui bénéficiera aussi
au cinéma français. » Ce succès est aussi le signe de ce
que le public aime partager : « Un film fait pour la salle
Emission à voir ou revoir
sur notre chaîne YouTube
de cinéma, où l'ambiance se rapproche de celle d’un
concert et qui touche toutes les générations avec une
grande répétabilité : les fans reviennent le voir. »
D’autres fans sont attendus le 15 juillet. Comme son
collègue Julien Noble [voir ci-après], Xavier Albert
exprime « la chance énorme, après Oppenheimer,
d’accompagner à nouveau un film de Christopher Nolan,
en restant très humbles : tout est contrôlé par le cinéaste
et chacun de nos gestes doit être parfaitement calibré
pour être au service de son talent ». L’Odyssée sera magnifié,
en France, dans la salle IMAX du Pathé de Montpellier
qui vient d’être équipée en 70 mm, ou encore au
Grand Rex pendant six semaines. Et quand il s’agit
de « l’histoire la plus lue au monde après la bible »,
Universal France ira chercher tous les publics, y compris
scolaires à la rentrée.
Gagner la bataille de l’attention, grâce
à la data…
Car aujourd’hui, il s’agit bien « d’aller chercher » les publics.
Pour Xavier Albert, « il faut oublier l’avant Covid ». À l’ère
des réseaux sociaux et de « la fragmentation très forte des
médias, capter l’attention et créer le désir est devenu très
difficile, notamment pour des films originaux. Chacun de
nos gestes est observé et peut être amplifié : on ne peut plus
tricher, la sincérité et l’authenticité doivent prévaloir dans
nos campagnes ».
Mais la communication digitale a un côté positif : « On
peut toucher des communautés grâce à la data, et s’adresser
à un spectateur selon ses goûts et habitudes. » Un cheval de
bataille depuis de longues années pour le dirigeant
Le partage de la data
est un actif stratégique
pour toute la filière
d’Universal Pictures France, qui considère que la filière
a un vrai retard. « Le partage de la data ne devrait plus être
un sujet de discussion : c'est un actif stratégique pour l’ensemble
de la filière, y compris pour notre souveraineté culturelle.
Avec la FNEF, nous devons continuer à pousser en ce sens,
pour accélérer la prise de conscience. » Car si les circuits
sont à la pointe, « on voudrait travailler davantage avec les
exploitants indépendants ». Cela implique de développer
leur billetterie en ligne – moins de 25 % actuellement –,
et surtout de passer « la barrière psychologique. Il s’agit plus
d’éducation que d’évangélisation. Penser qu’on va voler des
données est un discours d’arrière garde : il faut expliquer ce
qu’est la data et comment la monétiser, ce qui est assez simple.
Pour nous, l’idéal serait de constituer une DMP [Data
management platform, ndlr.] collective, avec une gouvernance
indépendante ou sur le modèle de Médiamétrie ».
Et Xavier Albert n’est pas inquiet sur le financement :
« Les distributeurs sont prêts à financer la collecte. »
… et en travaillant avec les talents
Reste que « l’objectif très ambitieux » de renouer avec 200
12 N°520 / 8 juillet 2026
millions d’entrées « est d’abord une question d’offre. Nous
avons perdu beaucoup de films américains. Si Universal
reste sur une moyenne de 19 films par an, on ne sait pas
encore ce qui se profile avec Amazon/MGM ou Warner/
Paramount ». S’il reconnaît le besoin d’une offre renouvelée,
Xavier Albert n’oppose pas franchises et sujets originaux.
« L’important, face à la concurrence des streamers, c’est la
bataille des talents, c'est la confrontation d’un auteur et
d’un univers. Quand Christopher Nolan fait Batman ou
quand Denis Villeneuve réalise Dune, c’est follement original.
Peu importe que ce soit une IP très connue », comme peut
l’être… L'Odyssée. L’éclosion de nouveaux cinéastes,
notamment venus du web, n’en participe pas moins au
renouveau. En témoignent les films d’horreur récents,
« qui se prêtent particulièrement à l’aspect collectif de la
salle ». Des productions généralement moins chères – sur
le modèle Blumhouse – que les twins vont voir en groupe.
« C’est formidable ce qui se passe ! Je suis ravi qu’un indépendant
français comme Le Pacte distribue Obsession – dont
Universal a les droits à l’international par Focus Features
– mais nous aurons les deux prochains films de Curry Baker. »
Les grands studios « diffusent aussi de plus en plus de concerts
ou de films musicaux… là encore parfaitement adaptés à
l'expérience collective de la salle. » Universal en a sorti trois
depuis le début de l’année : Stray Kids : The dominATE
Experience, Epic de Baz Luhrmann et Iron Maiden :
Burning Ambition. « Et nous venons d’annoncer la sortie
le 11 novembre de George Michael : The Faith Tour, film
concert à partir d’archives inédites en 35 mm des concerts
à Bercy en 1988. »
Avant cela, Xavier Albert est impatient de faire découvrir
au public, le 21 octobre, le nouveau Dreamworks,
L'Île des souvenirs. À Annecy, une projection surprise
à 8h30 a déclenché une standing ovation « comme je
n’en avais jamais vu en 20 ans de festival ».
Cécile Vargoz
JULIEN NOBLE :
« IL Y AURA UN AVANT ET UN APRÈS L’ODYSSÉE »
De retour de CineEurope et depuis Londres où il prépare la venue de Christopher Nolan, le président –
frenchy – du marketing international d’Universal Pictures partage son bonheur et son honneur de travailler
main dans la main avec un cinéaste à l’aura mondiale… pour une campagne qui ne l’est pas moins.
de Nolan, c’est que le trailer doit être vu en salle avant
d’être diffusé sur internet. Et surtout, il n’est pas ajusté
au format vertical des réseaux sociaux : à l’usager de
tourner son téléphone pour voir la bande-annonce en
“scope and scale”. Car si le digital est au cœur de notre
stratégie, c’est pour faire passer un message : aller voir le
film au cinéma.
Julien Noble à CineEurope en juin dernier
Est-ce qu’on vend un film de Christopher Nolan
d’abord sur son nom, y compris pour un récit aussi
universel que L’Odyssée ?
Il y a très peu de cinéastes qui imposent un tel respect
que Christopher Nolan, dont le seul nom est un gage de
qualité, dans le monde entier. Sur des films d’animation
ou d’horreur, on customise nos campagnes selon les
territoires ; sur certaines de nos “marques” les plus fortes,
comme Fast & Furious ou Jurassic Park, la campagne est
globale. Christopher Nolan, lui, est au-dessus du soleil :
son nom est une marque en soi. Quant à L’Odyssée, on
l’étudie à l’école en Asie ou en Australie, autant qu’en
Europe ; si c’est moins lu en Amérique latine, tout le
monde y connaît l'histoire du Cyclope ou des sirènes.
Donc tout est pensé au global pour cette sortie mondiale
en juillet – sauf en Chine et en Corée où le film sortira
en août, et au Japon en septembre – , et tout est conçu
avec le cinéaste, sa productrice – et épouse – Emma
Thomas et son directeur artistique Andy Thomson.
D’autant plus pour ce qui est le premier film tourné
en IMAX 70 mm…
Avec son fidèle chef-op Hoyte van Hoytema et en partenariat
avec IMAX, Nolan a développé une caméra pour
tourner directement en IMAX 70 mm, qui, expérimentée
sur Oppenheimer, a depuis été insonorisée, permettant
un tournage en son direct. Une première, qui est bien
sûr mise en avant dans toute la communication. Le film
sera disponible aussi dans tous les formats PLF, qui sont
répertoriés sur le site officiel avec la contribution des
talents qui en font la promotion : une vidéo de Matt
Damon parlant de l’IMAX 70 mm, Zendaya du Dolby
Cinema ou Pattinson du 35 mm. Mais l’essentiel, pour
Christopher Nolan, est que le film soit vu sur grand
écran, premium ou pas. Dans une vidéo diffusée à CineEurope,
il a d’ailleurs remercié tous les exploitants pour
l’expérience collective qu’ils proposent.
Le marketing est-il adapté selon les territoires ?
La campagne print est mondiale : entre l’affiche teaser
avec la tête de la statue d'Athéna, sortie en juillet l’année
dernière, puis celle d'Ulysse devant le cheval de Troie, il
y a eu plusieurs déclinaisons – pour promouvoir les
différents formats PLF – et toujours restituer pleinement
la vision épique. La bande annonce en salles est la même,
mais dans des versions plus ou moins longues selon les
critères du pays – 60 secondes en Italie, 30 en Corée…
– ou adaptées selon la culture et la censure locale : pas
trop de violence au Moyen-Orient, pas de sabre en Corée.
Mais ce qui est commun au monde entier selon la volonté
©ANDREU PUIG
Quelles sont les particularités de cette campagne
digitale ?
Nous travaillons avec Letterboxd, où, comme sur le site
officiel, tous les formats du film peuvent être identifiés.
Nous avons aussi mis en place une gaming campaign
autour de Discord, pour lancer des challenges. Dans le
premier, Matt Damon propose de recréer le cheval de
Troie avec tous les joueurs du monde : en 24 heures,
30 000 personnes ont rejoint la communauté Discord ;
en trois jours, on avait 68 000 personnes pour 77 000
messages reçus, 15 % émanant des États-Unis mais aussi
d’Inde, du Brésil ou des Philippines. À titre de comparaison,
Marvel qui a rejoint la plateforme en 2017 a juste
100 000 abonnés, et nous les avons dépassés ! Sur Roblox,
plateforme présente dans 77 langues, ou pourra jouer le
rôle d’Ulysse pour trouver des vivres, réparer son bateau
et essayer de rentrer chez soi. Et bien sûr, nous travaillons
avec toutes les plateformes sociales de Meta ou YouTube
pour mettre en avant nos contenus.
Avec des influenceurs à laura globale, comme Reece
Feldman qui a travaillé en lien avec Nolan, et, à l’échelle
locale, avec des créateurs de contenus qui nous soumettent
des propositions adaptées à leurs publics respectifs. C’est
donc davantage une campagne “glocal”, soit globale
adaptée au local.
Qui a déjà vu le film ?
L’Odyssée a déjà été montré à des critiques, dont certains
influenceurs. L’embargo social est levé lundi 6 juillet,
après l’avant-première publique à Londres. La tournée
mondiale avec les talents, qui a commencé à Miami et
New York, se poursuit le 8 au Grand Rex à Paris, puis
Mumbai, Beijing et Séoul... Une tournée à la hauteur
d’un des plus grands films de tous les temps : il y aura
un avant et un après L’Odyssée, comme il y a eu un avant
et un après 2001, L’Odyssée de l'espace.
Propos recueillis par Cécile Vargoz
N°520 / 8 juillet 2026
13
International
CINEEUROPE DONNE LE POULS
DU CINÉMA MONDIAL
Comme chaque année, Barcelone accueillait la convention européenne, et les
grands studios. Si cette édition a marqué le passage de relais à la tête de l’UNIC, elle
a surtout permis de dévoiler de nombreuses images des films à venir, de donner
quelques tendances, et de renseigner sur l’état d’esprit général.
L’UNIC, co-organisateur de CineEurope, a un nouveau
président : après 13 années passées à la tête de l’association,
Phil Clapp, récompensé d’un UNIC Achievement Award,
a passé le flambeau à Jaime Tarrazón, élu président (voir
ci-contre). Cela constitue un changement notable, dans
un événement qui fût finalement à la hauteur des standards
et attentes habituels. Si l’espace d’exposition sentait bon
Jaime Tarrazón prend la
présidence de l’UNIC
Réunie en assemblée générale le mardi 23 juin, en marge
de CineEurope 2026 à Barcelone, l’Union internationale
des cinémas a élu Jaime Tarrazón à sa présidence. Il
succède à Phil Clapp, président de l’organisation depuis
mai 2013. Richard Patry a quant à lui été élu Senior
vice-président. Phil Clapp, Edna Epelbaum, Tomasz
Jagiello, Simone Gialdini et Thierry Laermans sont
vice-présidents, Christine Berg trésorière, et Espen
Pedersen observateur.
Exploitant espagnol établi en Catalogne, Jaime Tarrazón
est délégué de la Federación de Cines de España (FECE). Il
était jusqu’ici vice-président senior et trésorier de l’UNIC,
dont il est l’un des piliers du conseil depuis
plusieurs mandats.
Les deux autres candidats étaient Edna Epelbaum, exploitante
suisse à la tête du groupe familial Cinevital et
co-présidente de ProCinema, et Thierry Laermans, secrétaire
général de la Fédération des Cinémas de Belgique.
Le nouveau CA de l’UNIC
©Marc-Olivier Sebbag
©ANDREU PUIG
©ANDREU PUIG
le pop-corn, le cuir des fauteuils et bruissait des progrès
du LED, c’est sur scène qu’il fallait chercher le pouls du
cinéma mondial. Avec un premier constat : tout le monde
respire un peu mieux qu’il y a un an, et les résultats du
premier semestre ont donné le sourire à nombre d’exploitants
et aux studios qui présentaient leurs line-ups.
Des studios au nombre record de 11 : Angel, Sony et
Lionsgate le premier jour, suivis de Laika, Mubi, Amazon
MGM Studios, Studiocanal et Warner Bros., puis Paramount,
Disney et Universal, avec les toutes premières
présentations d'Amazon MGM Studios et du studio
d'animation Laika, ainsi que le retour de Mubi dans le
grand auditorium. Chacun a connu ses moments de
bravoure. Si Sony Pictures a dévoilé des extraits inédits
de Spider-Man : Brand New Day et Resident Evil (que
distribuera en France Metropolitan Films), Lionsgate a
Andrew Cripps, Head of Global Distribution chez
The Walt Disney Company
montré les vingt premières minutes de The Hunger Games :
Sunrise on the Reaping (également prévu chez Metropolitan
Films), présentées par le réalisateur Francis Lawrence et
la productrice Nina Jacobson, ainsi que des images de
Day Drinker avec Johnny Depp et Penélope Cruz. Universal
Pictures a mis en avant son offre de 27 sorties, présentée
comme la plus importante et la plus diversifiée de tous
les studios, avec bien sûr un focus sur L’Odyssée, de
Christopher Nolan, et les toutes première images du
prochain Illumination, une comédie SF intitulée Not
Alone, signée Jonathan del Val, Claire Dodgson et Eric
Guillon ; Disney a couvert ses sept labels (Pixar, Disney
Animation, 20 th Century Studios, Lucasfilm, Searchlight…),
avec un accent sur l'animation (Ice Age : Boiling Point,
Hexed, Gatto) et des annonces de titres comme La Reine
des neiges 3 et Les Indestructibles 3, mais aussi, plus nouveau,
l’annonce de deux documentaires, dont un consacré à
la reformation du groupe Oasis, et réalisé par Steve
Knight ; enfin dans un contexte particulier, Warner Bros.
et Paramount ont également présenté leurs films à venir,
sans mention publique de leur projet de fusion en cours
d'examen par la Commission européenne (et dont la
décision était attendue au moment de notre bouclage,
NDR). Outre la confirmation d’un prochain Top Gun,
Paramount a clairement indiqué ses ambitions avec une
montée en puissance de son nombre de films, et un
éclectisme qu’on ne lui connaissait plus beaucoup, mêlant
films familiaux (Sonic 4, Angry Birds 3…), action (Call
©ANDREU PUIG
Anna Marsh, DG de Studiocanal sur la scène du CCIB à Barcelone
of Duty, Heart of the Beast, Street Fighter), ou encore le
retour de grands noms (James Mangold, Damien Chazelle…)
et de grandes franchises (Star Trek, G.I. Joe, World War
Z, etc.) ; Warner a pour sa part consacré un long chapitre
à l’animation (cinq titres), et notamment au Chat Chapeauté,
mais a également dévoilé, entre autres, les premières
images de Man of Tomorrow de James Gunn, suite directe
de son Superman, avant de développer les présentations
de Dune troisième partie et du Digger d’Alejandro Iñárritu,
dont le rôle principal est tenu par Tom Cruise. Enfin,
parmi les moments forts, la présence devenue habituelle
de Studiocanal a permis à Anna Marsh de célébrer ses
récents succès et de réaffirmer son engagement pour la
salle, tout en mettant l’accent sur les prochains titres de
grandes signatures (Danny Boyle, Jean-Pierre Jeunet,
Justine Triet, Eli Roth…) et quelques moments forts à
venir (Les Misérables, Joséphine Baker, Paddington 4, ou
encore les remakes de Cliffhanger et New York 1997, qui
sera porté par Zack Snyder).
Des line-up diversifiés, mais desquels ressortent plusieurs
tendances. L’une d’entre elles n’est pas une nouveauté,
et c’était attendu : nombre de films présentés ou annoncés
sont des suites, des reboots, voire des remakes. Quand
bien même tout le monde commence à évoquer le besoin
de plus d’originalité, on ne change pas si facilement des
habitudes, pas plus qu’on ne résiste à la mode : celle des
films d’horreur a clairement le vent en poupe, la plupart
des studios en ayant annoncé et/ou présenté plusieurs,
tout comme les adaptations, de plus en plus nombreuses,
de jeux vidéo (Zelda, Call of Duty, Street Fighter…).
Et si l’on est en quête de nouveautés, elles sont plutôt à
chercher du côté des films religieux, puisqu’outre le
line-up d’Angel Studio, creuset d’un certain nombre de
films (tel que Le Roi des rois, sorti par Saje en France)
portés vers la religion chrétienne et présent à Barcelone,
deux films portant sur le Christ (La Résurrection du Christ,
de Mel Gibson chez Lionsgate, et The Chosen : Crucifixion,
adaptation de la série diffusée sur Prime), ont été dévoilés
aux exploitants européens. Enfin, et c’est au moins un
point sur lequel distributeurs et exploitants se retrouvent :
une très grande majorité des présentations ont mis l’accent
sur les PLF, promettant aux salles une grande variété de
formats et contenus disponibles. Avec, in fine, un message
fort pour l’avenir : les studios américains sont de retour.
Laurent Cotillon
14 N°520 / 8 juillet 2026
LA FRÉQUENTATION DANS LES TERRITOIRES DE L’UNIC EN 2025
Source : Membres de l’UNIC
PAYS
BO 2025
(EN DEVISE LOCALE,
EN MILLIONS)
BO 2024
(EN DEVISE LOCALE
EN MILLIONS)
ÉVOLUTION DU BO
PAR RAPPORT À
2024 (%)
ENTRÉES 2025
(EN MILLIONS)
ENTRÉES 2024
(EN MILLIONS)
ÉVOLUTION
DES ENTRÉES PAR
RAPPORT À 2024 (%)
PART DES FILMS
NATIONAUX 2025
(PAR BOX-OFFICE)
ALBANIE 249,2 295 -15,5 % 0,4 0,5 -9,8 % 32 18
AUTRICHE 124,6 112,3 11 % 11,4 10,5 8,1 % 7,3 562
BELGIQUE 140,3 149,9 -6,5 % 13,2 14,5 -9,2 % 9,4 498
BOSNIE-HERZÉGOVINE 9,1 8,4 8 % 1,2 1,1 2,2 % 16,6 89
BULGARIE 54,4 58,9 -7,6 % 4,2 4,6 -10,5 % 16 231
CROATIE 22,5 19,9 13,5 % 3,5 3,4 3,6 % 7 229
CHYPRE 5,2 4,8 7,2 % 0,6 0,5 13,5 % 0 36
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE 2267,3 2 255,1 0,5 % 12,6 13 -3,3 % 26,6 946
DANEMARK 1049,8 984,2 6,7 % 10,3 9,8 4,5 % 37 482
ESTONIE 17,3 18,4 -5,8 % 2,4 2,5 -3,2 % 14 94
FINLANDE 85,8 89,6 -4,2 % 6,3 6,8 -7,3 % 31 381
FRANCE 1158,1 1 347,8 -14,1 % 156,2 181,5 -13,9 % 34,3 6 401
GÉORGIE 20,6 19,7 4,7 % 1,4 1,5 -2,5 % 2 44
ALLEMAGNE 924 868,4 6,4 % 91,9 90,1 2,1 % 27,4 4 757
GRÈCE 56 54,8 2,3 % 7,8 7,6 2,3 % 17,9 464
HONGRIE 26359,1 25 831,8 2 % 10,7 10,4 2,1 % 17,1 389
IRLANDE 95,9 103 -6,9 % 10,7 11,8 -9,5 % 1 551
ISRAËL 391 424 -7,8 % 12,4 13,2 -5,8 % 21,5 420
ITALIE 496,7 494 0,5 % 68,4 69,7 -1,9 % 32,7 3 579
LETTONIE 14,5 13,5 7,4 % 2,2 2,1 3,9 % 20,9 81
LITUANIE 23,7 23,6 0,4 % 3,6 3,6 -1,9 % 19,9 74
LUXEMBOURG 9,9 10,2 -3,4 % 0,8 0,9 -8,6 % 1,8 38
MALTE 4,2 4,7 -9,5 % 0,5 0,6 -7,7 % 1,8 23
MONTÉNÉGRO 1,1 1,3 -14,4 % 0,2 0,3 -22,4 % 4,5 17
PAYS-BAS 306,3 308,7 -0,8 % 28,3 29,1 -2,7 % 13,1 1 109
MACÉDOINE DU NORD 84,9 84,7 0,3 % 0,3 0,3 -5,6 % 2,5 45
NORVÈGE 1195 1 109 7,8 % 8,4 8,2 2,5 % 28 476
POLOGNE 1142,3 1 127,3 1,3 % 50,9 50,8 0,3 % 28,5 1 548
PORTUGAL 70,8 73,3 -3,4 % 11 11,9 -7,7 % 1,7 579
ROUMANIE 318,2 292,9 8,6 % 11,2 11,2 -0,2 % 23,7 486
RUSSIE 44108,2 39 597,3 11,4 % 103,3 110,4 -6,4 % 76 6 297
ARABIE SAOUDITE 920,9 845,7 8,9 % 18,8 17,5 7,4 % 15 603
SERBIE 2043,3 2 338,2 -12,6 % 3,4 4,1 -17,1 % 8,4 194
SLOVAQUIE 38,3 38,7 -1,1 % 5,1 5,4 -5,7 % 19,4 312
SLOVÉNIE 11,9 12,1 -1,5 % 1,7 1,7 -2,5 % 8,6 103
ESPAGNE 453 477 -5 % 65 71 -8,5 % 19 3 562
SUÈDE 1352,9 1 421,1 -4,8 % 9,8 10,3 -5,6 % 10 971
SUISSE 161,5 170,9 -5,5 % 9,9 10,6 -7,1 % 9,3 620
TURQUIE 5790,1 4 994 15,9 % 27,7 33,2 -16,5 % 51 2 280
ROYAUME-UNI 990,5 978,7 1,2 % 123,5 126,5 -2,4 % 13,8 4 563
UKRAINE 2646,9 2 326,4 13,8 % 14,6 14 4,4 % 15,6 550
UNION EUROPÉENNE 4866,4 5 005,6 -2,8 % 603,6 639,2 -5,6 % 28 463
UE + RU 6022,4 6 161,7 -2,3 % 727,1 765,7 -5 % 33 026
EUROPE 6875,6 6 961,4 -1,2 % 870,2 916,6 -5,1 % 36 818
NB ÉCRANS
2025
Les écrans LED de cinéma
voient de plus en plus grand
À CineEurope et depuis, les annonces
d’installation d’écrans LED cinéma se
sont enchaînées entre la Hongrie, l'Espagne
et l'Allemagne, avec une progression
nette des tailles.
Pannonia Movie, première chaîne de cinémas
indépendants en Hongrie (5 sites et 32 salles) va
accueillir le premier écran Samsung Onyx LED
d’Europe centrale et orientale, au sein de son Lurdy
Cinema de Budapest. L'écran affichera une base
de 11,5 m en format Scope, dans une salle de plus
de 250 fauteuils. Une rénovation complète, prévue
en août, prévoit l'ajout d’un système Dolby 7.1 et
des fauteuils VIP inclinables.
En attendant à Madrid, Odeon Multicines a
Odeon Multicine MADRID Sambil Tricorne LED
inauguré dans son multiplexe Sambil un écran LED
HDR de 17 m de base sur 7 m de haut, micro-perforé
et acoustiquement transparent pour intégrer des hautparleurs
en arrière-plan, y compris pour des systèmes
immersifs comme Dolby Atmos. Cet équipement Tricorne
Premium LED déployé par GDC Technology Limited
ne restera pas longtemps le plus grand écran LED cinéma
d’Europe. En effet, à Nuremberg, la grande salle premium
Cinemagnum du multiplexe Cinecitta’ accueillera, d’ici
l'automne, un écran LED de 30 m de base sur 16 m de
haut, soit le plus grand du monde. L'installation reposera
également sur la technologie Tricorne Premium LED
avec une résolution native 8K+, écran incurvé conçu
pour optimiser les angles de vision et l'immersion dans
toute la salle et des panneaux micro-perforés, là aussi
acoustiquement transparents.
Six mois après son lancement, Tricorne Premium LED
totalise déjà 25 installations et commandes confirmées
à travers le globe.
A.A
N°520 / 8 juillet 2026
15
Boxoffice Tour 2026
Après Londres-Bruxelles-Amsterdam, le
Boxoffice Tour a pris la direction du Sud,
pour Barcelone et Biarritz. Dans la
capitale catalane, les participants ont
ainsi pu assister à toutes les présentations
des studios présents à CineEurope
(voir page 14), mais aussi rencontrer de
grands décideurs, et visiter plusieurs
cinémas remarquables. Avant de conclure
ce voyage à Biarritz, pour assister au
Festival Nouvelles Vagues et à sa journée
professionnelle.
1
3
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8
1- Le Boxoffice Tour 2026 au complet
2 - Julien Marcel lors de la rencontre avec Helen Moss,
Head of International Theatrical Distribution chez
Amazon MGM
3 - Le Cinema Phenomena, au cœur de Barcelone…
4 - … et la salle “junior” du Cine Yelmo Premium
Westfield La Maquinista (Barcelone)
5 - Salon expo au Centre des congrès de Barcelone
6 - Visite du Monciné d’Anglet, équipé à 100 % de
fauteuils recliner
7 - Les Giants of Exhibition Europe français ont reçu
leurs distinctions : Gwenn Taillandier pour CineWest,
Alain Surmulet et Richard Patry pour Noé Cinémas,
Jacques Durand pour Pathé Cinémas ; Yves Sutter pour
Cinéville et Sacha Fridemann pour Grand Écran
8 - Stan Ruszkowski, CEO de The Boxoffice Company, a
remis le prix Blue Ribbon de Majestic Rive Gauche de
Dole à Jean-Claude Tupin, accompagné de Laurence
Meunier
9 - Le Boxoffice Tour accueilli par Xabi Garat au Sélect
de Saint-Jean-de-Luz
10 - Échange avec Eddy Duquenne, CEO de Kinepolis
9 10
16 N°520 / 8 juillet 2026
PAR LES PRODUCTEURS DES HEURES SOMBRES
PRIMÉ AUX BAFTA
ANDREW SCOTT
OSCAR ® DU MEILLEUR ACTEUR
BRENDAN FRASER
UN FILM DE
ANTHONY MARAS
NOMMÉE AUX OSCAR ®
KERRY CONDON
ET PRIMÉ AUX EMMY ®
DAMIAN LEWIS
L’HISTOIRE MÉCONNUE DU DÉBARQUEMENT
LE 9 SEPTEMBRE AU CINÉMA
SUGGESTION DE PLACEMENT DU FILM-ANNONCE
À L’AFFICHE À L’AFFICHE À L’AFFICHE 15/07 12/08 26/08
Retrouvez le matériel en libre téléchargement sur le site pro studiocanal : https://screeningroom.studiocanal.com/espace-pro
Identifiant : salles@studiocanal.com - Mot de passe : 2024@Studiocanal@EspacePro
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STUDIOCANAL
International
©Cécile Vargoz
devons trouver le bon équilibre entre la défense de la
créativité humaine et l’apport de l’intelligence artificielle
pour améliorer nos histoires. »
Trevor White, Kent Sanderson, Scott Shooman, Laura Lewis, Tom Bernard, Eugene Hernandez et Brent Lang, le 15 mai 2026 à la table ronde du CNC
HOLLYWOOD,
NOUVELLE DONNE
Aux États-Unis comme ailleurs,
le public veut du sang neuf et
de nouvelles histoires. Face à la
concentration des studios historiques
et à l’arrivée des streamers dans
la production, quel rôle jouent
aujourd’hui les indépendants
américains ? Faut-il encore parler de
crise à Hollywood ? Avant CineEurope
et le Studio Show, ces questions ont
été au centre des discussions cette
année à Cannes.
« Hollywood ne se limite pas aux grands studios », rappelait
Gaëtan Bruel lors d’une table ronde organisée par le
CNC le 15 mai sur la Croisette, quand Jackie Brenneman
présidente de l’Independant Film & Television Alliance,
invitée du Cinemas Club au Marché du Film, soulignait
l’importance « des majors qui injectent beaucoup d’argent
dans la filière », aux côtés de plus petites structures « qui
investissent tout sur un rêve, et ne devraient pas moins
compter ». Beaucoup de films indépendants sont dans le
top 10 chaque semaine, et pour Kent Sanderson, CEO
de Bleecker Street – qui a produit entre autres Logan
Lucky, Captain Fantastic ou encore Victorian Psycho, cette
année à Un Certain Regard –, « c’est le signe d’une nouvelle
ère ». Les salles se sont relevées du Covid notamment
grâce à « la fréquentation de la génération Z, qui a augmenté
de 30 % ». Or, « les studios sont plus longs à réagir à la
demande de ce public », estime Scott Shooman, dirigeant
d’IFC Entertainment, branche d'AMC Networks,
« ce qui laisse une place aux indépendants ; à eux d’être plus
inventifs, et ils seront les fers de lance du cinéma américain ».
Et ils sont nombreux, comme le relève Tom Bernard,
cofondateur de Sony Pictures Classics. « On fait plus de
films qu’autrefois et on a davantage de cinéastes, qui ont été
formés par les télévisions et les plateformes. »
Une nouvelle génération émerge, dont Sundance reste
le baromètre. Eugene Hernandez, directeur du festival
et du Sundance Institute, indique recevoir 16 000 films
candidats chaque année, « et les ayants droits passent par
notre marché pour vendre leurs films, y compris à l’international,
comme dans les grands festivals d’Europe ». Chez
Focus Features, Niels Swinkels note que les studios doivent
aussi tenir compte de la production à travers le monde :
« Dans un pays comme la France, la production nationale
dynamise l’ensemble du marché. En revanche en Asie, la
part de marché d’Hollywood recule car les spectateurs sont
davantage attirés par les films locaux. Nous devons apprendre
de ces réactions pour le futur. »
De nouveaux territoires de production
Au sein même des États-Unis, New-York et la Californie
ne sont plus les seuls territoires de cinéma. Pour Eugene
Hernandez, « le déménagement du festival de Sundance
à Boulder, signe d’une nouvelle rupture, va favoriser la
naissance de réalisateurs dans le Colorado ». Tom Bernard
cite de son côté le New Jersey, où, grâce aux incitations
fiscales, Spielberg va tourner son prochain film et où
Netflix a acheté un gros studio. Autre territoire à
explorer : l'intelligence artificielle, un outil « qui ne va
pas remplacer l'inspiration humaine ni augmenter la
fréquentation d’un film, mais va baisser les coûts de
production ». Selon Kent Sanderson, « on va pouvoir
faire des films style Marvel dans un garage ». Quant au
pillage de la création humaine, le producteur ne semble
pas inquiet : « Tant qu’il y aura des syndicats, l’IA n’aura
pas le dernier mot. » Le patron de la puissante MPA,
Charles Rivkin, ne peut le dire autrement : « Nous
Julien Marcel (Cine Group), Charles Rivkin, Jackie Brenneman et
Niels Swinkels, le 13 mai au Cinemas Club
Le rôle des salles
Pour Laura Lewis, CEO de Rebelle Media, « le problème
aux États-Unis, ce sont les salles qui se contentent de vendre
du pop-corn, pendant qu’en France, on mène des études pour
comprendre le public ». Bien souvent, ce public découvre
l’existence d’un film quand il n’est plus à l’affiche, souligne
Tom Bernard, qui incite « les exploitants à trouver de nouveaux
modes de communication auprès de leurs spectateurs ». Si les
grands studios semblent désormais tous d’accord pour
une exclusivité salle de 6 semaines, « ils ne doivent pas être
au service des plateformes et ne communiquer que pour elles,
estime le dirigeant de Sony Classics. Les exploitants, eux,
ne doivent pas passer 20 minutes de pub avant les films, et
nous devons tous partager nos données spectateurs, pour trouver
d’autres façons de les toucher ». Jacky Brenneman plaide
pour des tarifs dynamiques : « N’importe quel exploitant
proposant un abonnement illimité vous dira que 60 % à
80 % de son public les utilise pour voir des films indépendants.
Ce qui ne veut pas dire que les films n’ont pas de valeur. Nous
devons dire aux spectateurs “pour 10 $, tu fais partie d’une
communauté” et nous appuyer sur ces communautés. » Pour
Kent Sanderson : « Il faut donner envie aux gens de retourner
au cinéma, même si ça coûte cher. Car les films coûtent cher,
et aux États-Unis, on ne fait pas de philanthropie. »
Cela passe aussi, de la part des distributeurs, par une
programmation « plus large que dans une poignée de cinémas
art et essai », ajoute Tom Bernard, d’autant que les films
d’auteur plaisent aux jeunes. Eugene Hernandez se dit
« émerveillé de voir une nouvelle génération découvrir aujourd’hui
Gregg Araki ou Spike Lee », quand Scott Shooman rapporte
l’intérêt des jeunes pour Christopher Nolan – dont IFC
Films a, entre autres, produit le premier long.
Une concentration qui s’accélère
Après celle de Fox/Disney, la fusion Warner/Paramount
interroge sur le volume de la production en général.
Laura Lewis, qui produit des comédies romantiques en
espérant les sortir en salles, voit aussi dans la concentration
la réduction du nombre d'acheteurs potentiels. Mais
pour Kent Sanderson, si Paramount sort moins de films,
cela permettra à un distributeur comme A24 d’occuper
plus d’espace. Un optimisme partagé par Trevor White,
co-CEO de Star Thrower Entertainment : « Si on a le
budget, les acteurs et le scénario, on fera le film, quels que
soient les studios en face. » Autre écho de la part d’Ira Sachs,
qui intervenait au Cinemas Club aux côtés de L’ARP :
le réalisateur, en Compétition cannoise cette année avec
The Man I Love, estime que « seuls 4 à 5 % » des cinéastes
de sa génération parviennent encore à faire des “films”
plutôt que des “produits”. Car en l’absence de véritables
soutiens publics, le secteur indépendant dépend largement
de financements privés et « il existe une interaction très
forte entre ce que l’on peut vendre et ce que l’on peut raconter ».
Pourtant, si beaucoup de sociétés indépendantes ont
disparu, les nouvelles, selon Kent Sanderson, ont aujourd’hui
« beaucoup plus de débouchés différents pour leurs films ».
À eux de « susciter le désir », pour que le cinéma américain
retrouve le rôle qu’il a eu dans les années 70 et 80.
Cécile Vargoz
18 N°520 / 8 juillet 2026
Festival d’Annecy
ANIMATION FRANÇAISE
ENTRE VITALITÉ DU CINÉMA ET
TURBULENCES DE L'AUDIOVISUEL
©ANNECY FESTIVAL/E. Nguyen
Le président du CNC Gaëtan Bruel à Annecy, 24 juin 2026
Présentée le 24 juin à Annecy, l’étude
annuelle du CNC a confirmé la
créativité de la production française
d’animation. Mais derrière ce
dynamisme, le secteur fait face à un
recul de l’activité audiovisuelle, à
une baisse de l’emploi et à un marché
salles moins porteur qu’en 2024.
Cette édition du Festival d’Annecy avait « une saveur
particulière » pour le président du CNC qui, en introduction
de la présentation des indicateurs du secteur, a
souligné la place occupée par la création française au sein
de la sélection du festival – dont 4 des 11 longs métrages
en compétition* –, sans oublier la nomination aux Oscars
reçue par le Cristal de 2025, Arco, en janvier dernier.
Et pourtant, ce secteur que l'on peut prendre comme
« maître-étalon lorsqu'il s'agit de raconter la réussite de notre
modèle », traverse une crise « un peu généralisée »…
La vitalité record de la production cinéma
Alors que la production audiovisuelle recule, sous l'effet
de la baisse des investissements de la quasi-totalité des
diffuseurs – hors France Télévisions –, en 2025, 16 longs
métrages cinéma d’initiative française ont été agréés, soit
le deuxième plus haut niveau observé après le record de
2023 (18 films). Depuis 2019, le seuil des dix productions
annuelles est systématiquement dépassé. Cette dynamique
s’accompagne d’un important renouvellement des talents.
Entre 2006 et 2025, près d’un film d’animation sur deux
(45,2 %) est un premier long métrage, contre 30,4 %
pour l’ensemble de la production cinématographique.
Les devis 2025 sont très diversifiés, des 800 000 euros
du Vertige de Quentin Dupieux aux 20,7 millions d’euros
de Wings of Freedom de Laurent Zeitoun, Emmanuel
Gorinstein et François-Xavier Aubague. Et bien entendu,
les coproductions restent incontournables : depuis 2006,
elles concernent près de 70 % des films d’animation
français, dont la moitié avec la Belgique.
Une fréquentation en retrait dans les
salles
Les 54 films d’animation sortis en première exclusivité,
toutes origines confondues, dans les salles françaises (soit
6,7 % de l’ensemble des films inédits) ont totalisé 19,5
millions d’entrées (soit 14,8 % de la fréquentation des
films inédits). Un niveau inférieur à la moyenne de la
décennie (16 %) et en recul de 35,5 % par rapport à 2024.
Cette régression s’explique avant tout par celle des productions
américaines. Avec seulement 8 sorties (contre 10
en 2024 et une moyenne de 13 entre 2016 et 2019), les
films d’animation américains ont vu leur fréquentation
divisée par deux, de 25 millions à 12 millions d’entrées,
faisant reculer leur part de marché de 82,1 % à 62 %.
À l’inverse, l’animation française a été représentée par
une offre record avec 16 sorties inédites. Celles-ci ont
totalisé 2,9 millions d’entrées dans les salles (contre 2,4
millions un an plus tôt). De quoi remonter leur part de
marché à 14,8 %, en ligne avec la moyenne de la décennie
(13,8 %). L’année 2025 a également été marquée par un
titre japonais, Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba – La
Forteresse infinie, premier film non américain à figurer
dans le top 3 annuel de l’animation depuis 2009.
Au total, les films d’animation ont généré 142,5 millions
d’euros de recettes dans les salles françaises. La recette
moyenne atteint 7,31 euros par entrée, en progression
de 19,6 % par rapport à la moyenne 2017-2019. « Une
hausse plus importante que pour l’ensemble des films en
première exclusivité (+12,6 % à 7,67 €), portée par le
premium qui représente 6 % des recettes », observe le CNC.
Le rebond de l’export cinéma
À l’international, l’animation redevient en 2025 le premier
segment exporté du cinéma français. Les films d’animation
français ont ainsi totalisé 13,2 millions d’entrées hors de
France, leur deuxième meilleur résultat de la décennie.
Ce rebond de 95,4 % par rapport à 2024, et de plus de
80 % par rapport à la moyenne décennale, repose notamment
sur les succès de Flow (coproduction minoritaire),
Falcon Express et Une nuit au zoo (coproduction minoritaire).
L’international demeure un débouché essentiel
pour le secteur, puisque sur la période 2016-2025, plus
des deux tiers des entrées des films français d’animation
en première exclusivité (68,4 %) ont été enregistrés hors
du territoire national
Audiovisuel et emploi sous pression
Le constat est en revanche plus préoccupant pour les
chiffres limités à 2024 de l’animation audiovisuelle, dont
les exportations poursuivent leur baisse, avec un repli
des ventes sur la plupart des territoires. L’Amérique du
Nord enregistre la chute la plus marquée (-36,8 % sur
un an), à son plus bas niveau depuis 2008. Selon le CNC,
l'animation audiovisuelle doit en outre composer avec
l'importance croissante des IP et des acheteurs qui prennent
moins de risques. Un secteur qui « pâtit davantage de la
rationalisation des investissements des acheteurs ».
Malgré ce contexte, la France gagne une place dans le
classement des productions les plus présentes sur les
plateformes de vidéo à la demande par abonnement à
l’international. Elle se hisse au quatrième rang mondial
et conserve sa deuxième place européenne derrière le
Royaume-Uni, avec 298 séries françaises disponibles
dans 51 pays.
Enfin, après deux années record, les effectifs des entreprises
d’animation reculent de 8,1 % entre 2023 et 2025, à
9 149 salariés. Le niveau reste toutefois supérieur de près
de 15 % à celui observé en 2018. Les moins de 30 ans
sont les premiers touchés, avec une baisse de 28 % des
effectifs sur deux ans. Les femmes représentent désormais
44,3 % des salariés et 51,1 % des primo-entrants intermittents
; un niveau record qui confirme la poursuite de
la féminisation de la filière.
Ayşegül Algan
Suite p22
* Carmen, l’oiseau rebelle de Sébastien Laudenbach, Le Corset de Louis Clichy, Lucy Lost
d’Olivier Clert et Le Dossier de l’aube de Rupert Wyatt, Alexis Bloom et Émilie Phoung
N°520 / 8 juillet 2026
19
JASON STATHAM EST DE RETOUR
DANS UN THRILLER SOUS HAUTE TENSION !
Cole Reed, ancien agent des forces spéciales reconverti en chef de sécurité, est accusé à
tort du meurtre de son patron. Remontant le fil de la machination dont il est victime, il se
retrouve piégé à bord d’un porte-conteneurs dont l’équipage est composé de mercenaires.
En haute mer, Reed ne pourra compter sur aucune aide…
’’ UN BLOCKBUSTER D’ACTION
À VOIR SUR GRAND ÉCRAN !’’W9
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PAR LE RÉALISATEUR DE MESRINE : L’ENNEMI PUBLIC N°1
UN FILM DE JEAN-FRANÇOIS RICHET
SORTIE LE 19 AOÛT
Festival d’Annecy
24 membres d’Europa Cinemas, représentant 14 pays, étaient réunis à Annecy. Juin 2026.
©Boxoffice Pro/A.Algan
EUROPA CINEMAS AU MIFA
L'ANIMATION EUROPÉENNE EN QUÊTE
DE NOUVELLES COULEURS
L'accès aux films, leur
positionnement et la conquête
d'un public adulte : réunis
à Annecy pour le premier
Interactive Workshop organisé
avec le MIFA, les exploitants
d'Europa Cinemas ont confronté
leurs expériences autour d'un
même constat : si l'animation
n'a jamais autant attiré les
spectateurs, elle n'a pas fini de
dessiner son avenir dans les
salles du réseau.
Lundi 22 juin 2026, 24 représentants de cinémas de 14
pays différents étaient réunis à Annecy pour un interactive
workshop sur la diffusion des films d’animation. Une
première pour le MIFA, qui après ceux de l’AFCAE,
ouvrait son parcours exploitants aux membres d’Europa
Cinemas. En filigrane de cette journée de travail mêlant
état des lieux du marché, ateliers collaboratifs et retours
d’expérience, une évidence : l’animation est un puissant
moteur de fréquentation et de renouvellement des publics,
comme en attestent les chiffres de sa reprise après-Covid
présentés par Catherine Lemaire, du Kinograph/Cineflagey
de Bruxelles. À l’échelle mondiale, entre 2022 et 2025,
les films d'animation ont ainsi représenté 11 % des sorties
en salles et 26 % des entrées, passant de 775 millions de
spectateurs en 2019 à 888 millions en 2025 – là où les
films en live action ont régressé de 4,2 milliards d’entrées
à 2,4 milliards.
En Europe, le genre représente environ 8 % des sorties…
mais concentre 20 % des entrées. Et bien entendu, la
dynamique est largement portée par les productions
américaines (39 %), mais également le chinois Ne Zha 2
qui, à lui seul, a représenté près de 40 % de part de marché
de l’animation salle en 2025. Plus loin derrière, Flow fait
figure de seul titre européen à s’être fait une place dans
le top 20 de l'animation mondiale. Naturellement, dans
les salles Europa Cinemas qui ont représenté 31 % de ses
entrées, le film de Gints Zilbalodis s’affiche directement
au 2 e rang des meilleures fréquentations animées – et au
10 e rang tous films confondus. Mais comme l’a rappelé
la directrice générale d’Europa Cinemas, Fatima Djoumer,
en ouverture de la journée, « la présence de l’animation
européenne est très différente selon les territoires », et la
production continentale extrêmement concentrée sur la
France, l’Allemagne, l’Espagne, ainsi que la Grande-Bretagne
et la Turquie.
Des programmations à animer
Dans ce contexte, le principal défi pour un grand nombre
de professionnels présents à l’atelier d’Annecy est simplement…
celui de trouver “l'animation de la diversité” à
programmer, comme en Finlande et au Danemark où
peu de distributeurs se positionnent sur le créneau. Et
quand la proposition est là, demeure le frein du doublage
sur les films jeune public – y compris pour un pays
comme la Belgique, où les salles wallonnes peuvent
s'appuyer sur les versions françaises, tandis que celles de
Flandre souffrent d'un manque de versions doublées en
flamand, distinctes du néerlandais.
Enfin, il y a l’enjeu, pour tous, de faire identifier et
marketer les films d’animation non jeune public auprès
des adultes auxquels ils sont destinés. Frédérique Blanchin
de La Muse Cinéma à Bressols a témoigné de l’efficacité
des séances surprises de l’AFCAE : « On propose de
l’animation dès que l’on peut, et ça marche dans tous les
cinémas qui les accueillent. » Expérience moins concluante
pour Tamás Liszka, qui cumule la gestion d’un 6 salles
à Budapest et d’un festival, et qui a sorti, dans le cadre
de son activité annexe de distribution, Mémoires d'un
escargot [Cristal du meilleur film au Festival d'Annecy
2024]. « Malgré tous nos efforts, le film a réalisé à peine
3 000 entrées en Hongrie », regrette le professionnel aux
multiples casquettes.
22 N°520 / 8 juillet 2026
La journée a été ponctuée de différents ateliers.
Le jour de l’atelier à Annecy, un autre long métrage animé
pour adultes, Jim Queen sorti sous bannière The Jokers,
comptabilisait déjà plus de 55 000 entrées en France au
terme de son premier week-end [il en cumule près de 217
000 au moment où nous bouclons ces lignes]. Un succès
qui a servi de cas pratique lors d’un atelier, destiné à
recenser toutes les idées d’animation qu’il peut inspirer :
goodies-stickers de faux abdos, partenariats avec des salles
de sport ou encore séances karaoké, à l’image de celles
récemment proposées par le cinéma Galeries de Bruxelles,
en Belgique – seul autre territoire où le film a déjà été
programmé. Si le parcours français de Jim Queen confirme
l’existence d’un large public pour l’animation adulte, les
représentants d’Europa Cinemas ont également souligné
la nécessité de ne pas enfermer le film dans une niche
LGBTQIA+, « au risque d’exclure les autres communautés
et de réaliser des séances de l’entre-soi », comme sur de
nombreux sujets militants.
Au terme d’un parcours prestigieux l'ayant mené de sa
présentation à Cannes au Cristal d’Annecy, Arco a pour
sa part bénéficié d’un positionnement hybride assumé à
L’Atalante de Bayonne. « Le film apparaissait à la fois dans
nos recommandations jeune public et dans nos propositions
destinées aux adultes », a expliqué Simon Blondeau, en
revenant sur la diffusion du film à la Toussaint 2025. Un
travail éditorial renforcé par l’implication du ciné-club
étudiant du cinéma, qui a notamment réalisé un fanzine
dédié. Résultat : une exploitation particulièrement longue
(une dizaine de semaines) et une neuvième place au
box-office annuel du cinéma.
Charades est en outre l’heureux vendeur international
de Flow, « ou l’histoire sans dialogue d’un chat qui se balade
seul dans la forêt et dont personne ne voulait après la diffusion
d'un extrait à Berlin », mais que tout le monde s'est arraché
au Marché du Film de Cannes à la suite de sa présentation
à Un Certain Regard. Le vendeur international sera
également à pied d’œuvre sur le prochain long métrage
de Gints Zilbalodis, Limbo, pour lequel le cinéaste letton
a refusé la carte blanche de 15 millions de dollars proposée
par Warner, « car il préférait le développer de manière
indépendante… et pour seulement 8 millions de dollars »,
s’amuse encore Pierre Mazars.
Reste à voir quelle sera la carrière de cette nouvelle
coproduction européenne du nouveau « mastermind » de
l’animation. Ce qui est sûr pour Pierre Mazars, c’est que
« nous avons besoin d’une Palme d’or, pour une consécration
comme celle du documentaire avec Fahrenheit 9/11 de
Michael Moore en 2004 ». Or le dernier long métrage
animé en Compétition de la sélection officielle à Cannes,
La Plus Précieuse des marchandises, « doit plus sa sélection
au fait qu’il ait été réalisé par Michel Hazanavicius ».
Car, au fond, le défi ultime de l'animation est celui d’être
reconnu « comme du cinéma à part entière ». Chez Europa
Cinemas, on y réfléchit déjà avec, au-delà de ce nouveau
rendez-vous annécien, peut-être les prémices d’un
futur soutien…
Ayşegül Algan
©Boxoffice Pro/A.Algan
Un palmarès entre
mélodie d'ailleurs et
razzia française
Le Festival international du film d'animation d'Annecy a
dévoilé son palmarès 2026 le 27 juin, couronnant un long
métrage pour l'heure sans distributeur dans les salles
françaises, tandis que Le Corset repart avec trois récompenses
majeures.
Le Cristal du long métrage revient à La Violoniste, d'Ervin
Han et Raúl García, une coproduction entre Singapour,
l'Espagne et l'Italie, qui ne dispose pas encore de distributeur
en France.
Côté français, Le Corset de Louis Clichy cumule trois
distinctions majeures : le Prix du jury, le Prix du public et
le Prix Fondation Gan à la Diffusion. Autre production
française remarquée, Blaise de Dimitri Planchon et Jean-
Paul Guigue remporte le Grand Prix Contrechamp.
La prochaine édition du Festival d'Annecy se tiendra du
21 au 27 juin 2027, et son Mifa du 23 au 26 juin 2027.
Sur la scène de la salle Bonlieu, à Annecy,
l’équipe de La Violiniste...
Palmarès longs métrages
Cristal du long métrage : La Violoniste de Ervin Han et
Raúl García, Singapour / Espagne / Italie
Prix du jury : Le Corset de Louis Clichy, France / Belgique
(KMBO - 14/10/2026)
Grand Prix Contrechamp : Blaise de Dimitri Planchon,
Jean-Paul Guigue, France (The Jokers - 27/01/2027)
Prix du jury Contrechamp : Une aube nouvelle de
Yoshitoshi Shinomiya, Japon / France (ADN - 12/08/2026)
Prix Fondation Gan à la Diffusion : Le Corset de Louis
Clichy, France / Belgique (KMBO - 14/10/2026)
Prix du public pour un long métrage : Le Corset de Louis
Clichy, France / Belgique (KMBO - 14/10/2026)
Prix Paul Grimault : Decorado de Alberto Vázquez,
Espagne (Le Pacte - 26/08/2026)
Retrouvez l'intégralité du palmarès d’Annecy sur
annecyfestival.com
On sait pour autant que Arco n’aura pas tout à fait réitéré
le momentum Flow de l’année précédente, en France
comme à l’étranger. Un précédent rare, qui a notamment
nourri des attentes de séances particulièrement élevées de
la part de son distributeur en Pologne, « ce qui fait que
beaucoup de cinémas ne l’ont pas programmé et le film a fait
un flop », regrette Stella Skiba de New Horizons, à Varsovie.
À la conquête du monde
Parmi les multiples rencontres de la journée, celle avec
Pierre Mazars, cofondateur de Charades (et coprésident
de l'ADEF - Association française des exportateurs de
films) a justement permis d’ouvrir la perspective sur les
ventes internationales, un « job » consistant à « trouver le
bon film pour le bon distributeur »… ou parfois pour la
bonne plateforme. Ainsi In Waves de Phuong-Mai Nguyen
sera, à l’exception de la France, de la Belgique, de la Turquie
et de Taïwan, exclusivement diffusé sur Netflix, « qui nous
a fait la seule offre rentable vu le budget investi par les
producteurs », a expliqué Pierre Mazars, qui avait déjà vendu
J’ai perdu mon corps à la plateforme.
Pierre Mazars, de Charades, ou l'animation version… ventes internationales (en compagnie de Catherine Lemaire, du Kinograph/Cineflagey de Bruxelles)
©Boxoffice Pro/A.Algan
N°520 / 8 juillet 2026
23
Calendrier
SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ
JOUR FÉRIÉ
CHANGEMENT/NOUVELLE DATE
REPRISE
CONTENU ALTERNATIF
Zone A
Besançon, Bordeaux,
Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,
Limoges, Lyon, Poitiers
Zone B
Aix-Marseille, Amiens, Caen,
Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,
Orléans-Tours, Reims, Rennes,
Rouen, Strasbourg
Zone C
Créteil, Montpellier,
Paris, Toulouse,
Versailles
S28
8 JUIL
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
NORTE DISTRIBUTION DRY LEAF 03h06 A.Koberidze D.Koberidze, O.Nijaradze, I.Chelidze
LA LUNA DISTRIBUTION ENFANTS DE PALESTINE – DEUX HISTOIRES DE CISJORDANIE 00h58 M.Mesbah et S.Awawdeh
LES FILMS DU WHIPPET ENTRE CIEL ET TERRE 00h33 A.Jaffé et R.Synkevich
METROPOLITAN FILMEXPORT EVIL DEAD BURN 01h51 S.Vaniček S.Yacoub, H.Doohan, L.Buchanan
SUDU CONNEXION HANAMI 01h36 D.Fernandes S.Andrade, D.Mendes, A.Da Luz Gomes
FRIDAY ENTERTAINMENT IDHAYAM MURALI 02h30 A.Baskaran A.Murali, F.Faasil, P.Mukhundhan
FACTORIS FILMS I, NOBODY 02h30 N.Basheer P.Sukumaran, P.Thiruvothu, S.Venjaramoodu
STUDIOCANAL KILL BILL: THE WHOLE BLOODY AFFAIR 04h35 Q.Tarantino U.Thurman, D.Carradine, L.Liu
MEMENTO LA CHALEUR 01h33 S.Demoustier H.Hussein, T.Richard, M.La Manna
TANDEM L’ÉCOLOGIE DES SENTIMENTS 01h24 A.Steiger A.Manet, S.Stein, A.Steiger
NOUR FILMS LE PASSAGE 01h43 B.Andersen Y.Al Massri, Y.Mahayni, O.Sy
SARAH FILMS LE PREMIER RÔLE 01h26 A.Hakkar Z.Souakria, A.Hakkar, T.Aït-Ali
FRIDAY ENTERTAINMENT LOVE OH LOVE 02h30 M.Rajendran P.Narayan, N.Durga, A.Kathir
MOONLIGHT FILMS DISTRIBUTION MICROSTAR 01h27 L.Kraus A.Wapler, F.Lefebvre, R.Hazanavicius
PYRAMIDE DISTRIBUTION SEULE LA VIE 02h01 A.Goiginger V.Pachner, R.Stadlober, S.Reinsperger
LES FILMS DE L'ATALANTE SUDDEN FEAR 01h50 D.Miller J.Crawford, J.Palance, G.Grahame
DAMNED DISTRIBUTION THE FIN 01h25 S.Park Y.Yeji, P.Kim, Goh-woo
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE VAIANA, LA LÉGENDE DU BOUT DU MONDE 01h56 T.Kail C.Laga'aia, D.Johnson, R.Owen
S29
15 JUIL
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
LES FILMS DE L'ATALANTE ANOTHER MAN'S POISON 01h30 I.Rapper B.Davis, G.Merrill, E.Williams
DULAC DISTRIBUTION COMÈTE 01h37 É.Wajeman V.Macaigne, S.Funtek, A.Chardard
L'ATELIER DISTRIBUTION D'OÙ VIENT LE VENT 01h40 A.Guellaty E.Bellagha, S.Baccar, S.Belhassen
LE PACTE KAYARA, PRINCESSE INCA 01h21 C.Zelada N.Serrano, N.Begle, C.Gonzales
FRIDAY ENTERTAINMENT LA DERNIÈRE SÉANCE 01h52 P.Nalin B.Rabari, B.Shrimali, R.Meena
HAUT ET COURT L'AVENTURE RÊVÉE 02h42 V.Grisebach Y.Radeva, S.Alilov Letifov, S.Kostadinov
JOUR2FÊTE LE BERGER ET LES OURS 01h41 M.Keegan
THE JOKERS FILMS LE BON, LA BRUTE ET LE CINGLÉ 02h08 K.Jee-Woon S.Kang-Ho, L.Byung-Hun, W.Jung
PARK CIRCUS FRANCE LE CRIME ÉTAIT PRESQUE PARFAIT 01h45 A.Hitchcock R.Milland, G.Kelly, R.Cummings
PANAME DISTRIBUTION LE HÉROS DE BERLIN 01h53 W.Becker C.Hübner, C.Paul, L.Ullrich
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR L'ODYSSÉE 02h52 C.Nolan M.Damon, T.Holland, A.Hathaway
CARLOTTA FILMS
RÉTROSPECTIVE INTÉGRALE JACQUES TATI (6 FILMS)
MOTEL THE LAST VIKING 01h56 A.Jensen M.Mikkelsen, N.Lie Kaas, L.Brygmann
S30
22 JUIL
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
DESTINY FILMS CAP FAREWELL 01h48 V.D'Alcantara N.Abita, P.Bussières, O.Gourmet
LES FILMS DE L'ATALANTE CAST A DARK SHADOW 01h22 L.Gilbert K.Walsh, K.Harrison, D.Bogarde
STUDIOCANAL CHARLIE ET LES KANGOUROUS 01h47 K.Woods L.Whiteley, R.Corr, R.House
SPLENDOR FILMS COWBOY BEBOP 01h51 S.Watanabe K.Yamadera, U.Ishizuka, M.Hayashibara
EUROZOOM
CYCLE YOSHIMITSU MORITA (4 FILMS)
ZINC FILM / WARNER BROS. FRANCE DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE 01h12 M.Darondeau et B.Usclat P.Clément, L.Stocker, J.Frison
NEW STORY GAVAGAI, ET AUTRES MALENTENDUS 01h31 U.Köhler J.Folly, M.Eggert, N.Richard
UFO DISTRIBUTION GORGONÀ 01h36 E.Kalogiropoulou M.Mahut, A.Marion, C.Loulis
PAN DISTRIBUTION LA FILLE DANS LES NUAGES 01h28 P.Riche L.Emera, J.Debbouze, G.Ludig
TAMARA FILMS LES MADELEINES 01h23 A.Dreyfus
APOLLO FILMS LES VACANCES DE GOLO & RITCHIE M.Fougerol et A.Hamidi
WILD BUNCH DISTRIBUTION NIGHTBORN 01h32 H.Bergholm S.Haarla, R.Grint, P.Tola
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION SOLEILS ATIKAMEKW 01h43 C.Leriche J.Newashish, M.Chilton, W.Newashish-Petiquay
ART HOUSE SOUS LE CIEL DE KYOTO 02h08 A.Ohku R.Hagiwara, Y.Kawai, A.Itô
CONDOR DISTRIBUTION SUR LA ROUTE D'OMAHA 01h23 C.Webley J.Magaro, M.Wright, W.Solis
TRAFALGAR RELEASING WHAM! 10 DAYS IN CHINA 01h30 M.Christie G.Michael, A.Ridgeley
S31
29 JUIL
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
MÉTÉORE FILMS HOME STORIES 01h56 E.Trobisch F.Hornemann, M.Riemelt, E.Löbau
METROPOLITAN FILMEXPORT I WANT YOUR SEX 01h30 G.Araki O.Wilde, C.Hoffman, Charli xcx
LES ACACIAS LAWRENCE D'ARABIE 03h38 D.Lean P.O'Toole, A.Guinness, O.Sharif
ARIZONA DISTRIBUTION LES MATINS MERVEILLEUX 01h27 A.Besson I.Hair, R.Martigny, E.Cantona
AD VITAM LE TRIANGLE D'OR 01h30 H.Rosselet-Ruiz M.Khebizi, S.Mosbah, Z.Bakri
FRIDAY ENTERTAINMENT PARIKRAMA 01h52 G.Ghose M.Leonardi, C.Singh, A.Badkul
THE JOKERS FILMS
RÉTROSPECTIVE KIM KEE-WOON (4 FILMS)
CARLOTTA FILMS RRR 03h07 S.Rajamouli N.Rama Rao Jr., R.Charan, A.Bhatt
SONY PICTURES RELEASING FRANCE SPIDER-MAN: BRAND NEW DAY 02h25 D.Cretton T.Holland, Zendaya, S.Sink
KMBO THE UGLY 01h42 S.Yeon J.Min Park, H.Kwon, S.Hyon Bin
VIRGINIE FILMS TOMMY GUNS 01h58 C.Conceição J.Arrais, J.Cachola, V.Gil
24 N°520 / 8 juillet 2026
S32
5 AOÛT
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
TAMASA DISTRIBUTION ANTONIA ET SES FILLES 01h42 M.Gorris W.Van Ammelrooy, E.Dottermans, V.van Overloop
TRAFALGAR RELEASING ATEEZ : LIGHT THE WAY IN CINEMAS 01h10 J.Kim
ZINC FILM BOMBONERA 01h27 S.Boulanouar S.Guerrab, V.Pons, E.Boumali
WAYNA PITCH COTTON QUEEN 01h35 S.Mirghani M.Murtada, R.Mahmoud, T.Farid
NOUR FILMS DES FLEURS POUR TOKYO 01h55 Y.Danzuka K.Kurosaki, K.Endô, H.Igawa
LES FILMS DU CAMELIA ENAMORADA 01h38 E.Fernandez M.Félix, P.Armendariz, F.Fernández
AD VITAM GIRL 02h04 S.Qi R.Chiu, E.Liu, Y.Lai
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION JOUR DE CHASSE 01h20 A.Blanc N.Ricci, B.Marcil, F.Millaire Zouvi
SONY PICTURES RELEASING FRANCE KYMA, L’ONDE MYSTÉRIEUSE 01h29 R.Daudet-Jahan J.Lefebvre, L.Loste Berset, M.Haïdara
PARAMOUNT PICTURES FRANCE LA PAT' PATROUILLE : LE FILM MISSION DINO 01h28 C.Brunker R.Janjua, C.Young, M.Grace
ESC FILMS LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND 03h00 S.Leone C.Eastwood, E.Wallach, L.Van Cleef
PIECE OF MAGIC ENTERTAINMENT FRANCE LE CONCERT D'ÉTÉ 2026 D'ANDRÉ RIEU : VIVA MAASTRICHT ! 02h45 A.Rieu A.Rieu
STUDIO TF1 LES GENDARMES 01h27 F.Prévôt-Leygonie et S.Archinard A.Ducret, F.Testot, A.David
KMBO LES SILENCES DE RIYAD 01h39 H.Al Mansour M.Al Zahrani, A.Gharbawi, S.Al Harthy
SOLARIS DISTRIBUTION VENISE, LA LUNE ET TOI 01h47 D.Risi A.Sordi, M.Allasio, N.Manfredi
S33
12 AOÛT
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
LES ALCHIMISTES ARCOBALENO 01h21 P.Cirès
WILD BUNCH DISTRIBUTION CHICAS TRISTES 01h30 F.Tovar D.Álvarez, R.Guzmán
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FR JUSTE POUR UNE NUIT W.Gluck M.Barbaro, C.Turner, M.Ringwald
WARNER BROS. FRANCE LA FIN D’OAK STREET D.Mitchell A.Hathaway, E.McGregor, M.Stella
SPLENDOR FILMS L'ÎLE 01h30 K.Ki-duk S.Jung, K.Yoosuk, Park Sung-Hee
EUROZOOM LYDIA ET LE VAISSEAU DES TEMPÊTES 01h25 N.Savard et P.Arseneau Bussieres S.Nélisse, L.Dantiste, E.Gélinas
CARLOTTA FILMS
RÉTROSPECTIVE AKIRA KUROSAWA EN TROIS FILMS
DIAPHANA DISTRIBUTION SOUDAIN 03h15 R.Hamaguchi V.Efira, T.Okamoto, G.Dahmani
SPLENDOR FILMS THE QUIET FAMILY 01h38 K.Jee-Woon S.Kang-Ho, M.Choi, J.Jeong
SND TOMBÉ DU CIEL 01h32 M.Hamidi I.Djadel, J.Balasko, F.Testot
CONDOR DISTRIBUTION UNDERTONE 01h34 I.Tuason N.Kiri, M.Duquet, K.Lyn Bastidas
PANAME DISTRIBUTION UNE AFFAIRE TURQUE 01h32 H.Aydin Gürsoy L.Erdogan, C.Berling, M.Aygün
ADN UNE AUBE NOUVELLE 01h16 Y.Shinomiya R.Hagiwara, K.Furukawa, M.Irino
UFO DISTRIBUTION UN GRAND RACCOURCI 01h21 A.Foëx et C.Devilliers J.Porier, L.Labeque, F.Le Bris
S34
19 AOÛT
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
SWASHBUCKLER FILMS ALLONS DONC, PAPA ! 01h22 V.Minnelli S.Tracy, E.Taylor, J.Bennett
CARLOTTA FILMS DES JOURS ET DES NUITS DANS LA FORÊT 01h55 S.Ray S.Chatterjee, S.Tagore, R.Ghosh
LE PACTE FJORD 02h26 C.Mungiu S.Stan, R.Reinsve, A.Panc
SONY PICTURES RELEASING FRANCE INSIDIOUS : L'INVASION DU LOINTAIN J.Chase A.Eve, B.Perea, L.Shaye
WAYNA PITCH LA FILLE CONDOR 01h49 A.Torrico M.Vallejo Montaño, M.Sanizo, N.Huayta Cutipa
APOLLO FILMS / STUDIOCANAL LA NIRVANA H.Bougheraba I.Bougheraba, J.Brucker, E.Smet
SHELLAC LA PROVIDENCE ET LA GUITARE 02h05 J.Nicolau P.Inês, C.Riedenstein, S.Sobral
KMBO MARIUS ET LE ROYAUME DES MERS 01h20 E.Skandfer
SND MUTINY 01h35 J.Richet J.Statham, A.Wallis, R.Møller
METROPOLITAN FILMEXPORT OKLAHOMA HONEY 02h10 A.Patterson (I) M.McConaughey, A.LookingGlass, K.Russell
TANDEM PARADISE 01h30 J.Comte D.Atsu Hukporti, J.Boivin-Desmeules, E.de la Chenelière
THE JOKERS FILMS WAKE IN FRIGHT 01h49 T.Kotcheff D.Pleasence, G.Bond, C.Rafferty
S35
26 AOÛT
1 ER SEPT.
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
LE PACTE DECORADO 01h35 A.Vázquez (II) A.Hormaza, A.Gamiz, K.Uranga
LES FILMS DU LOSANGE DÉGEL 01h48 M.Martelli M.O’Rourke, S.Rosendahl, M.Domagala
45RDLC DJIB 01h17 J.Odoutan M.Balthazard, J.Hammoudi, L.Milébo
OPTIMALE DISTRIBUTION FACE À LA MER 01h56 H.Walsh B.Ward, L.MacFadyen, L.White
PARK CIRCUS FRANCE LES HOMMES DU PRÉSIDENT 02h18 A.Pakula D.Hoffman, R.Redford, J.Warden
PATHÉ FILMS L'INCONNUE 02h20 A.Harari L.Seydoux, N.Schneider, V.Du Bois
DESTINY FILMS MEMORY OF PRINCESS MUMBI 01h22 D.Hauser S.Apondi, I.Joseph, S.Waithaka
PARAMOUNT PICTURES FRANCE TAD L'EXPLORATEUR ET LA LAMPE MAGIQUE E.Gato
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE THE DOG STARS R.Scott J.Elordi, M.Qualley, J.Brolin
S36
7 SEPT.
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)
LES GRANDS ESPACES AMOUR(S) 01h39 A.Diop et C.Maugendre
TAMASA DISTRIBUTION ARREBATO 01h45 I.Zulueta E.Poncela, C.Roth, L.Ciges
MALAVIDA FILMS A SWEDISH LOVE STORY 01h59 R.Andersson A.Kylin, R.Sohlman, B.Andrésen
LES ALCHIMISTES GOUFFRES ET MERVEILLES 01h19 J.Boiron-Lajous C.Dancausse, J.Boiron-Lajous
TANDEM LA DERNIÈRE PATIENTE 01h20 R.Bassaler A.Grinberg, L.Bajrami, F.Lefebvre
AD VITAM LA FRAPPE 01h46 J.Gaspar-Oliveri D.Murgia, B.Bouillon, R.Fringeli
THE JOKERS FILMS
LE CINÉMA DES ANTIPODES EN 5 FILMS
LA TRAVERSE RETOUR AVANT 15 HEURES 01h14 G.Lépingle S.Renko, P.Girard
DULAC DISTRIBUTION SALVATION 02h00 E.Alper C.Cindoruk, B.Ateş, F.Duman
MOTEL SOVEREIGN 01h41 C.Swegal N.Offerman, D.Quaid, J.Tremblay
MEMENTO THE GOOD SISTER 01h36 S.Miro Fischer M.Bloching, A.Weil, P.Madani
GRINDHOUSE PARADISE PICTURES THE HOLY BOY 02h02 P.Strippoli M.Riondino, R.Maggiora Vergano, R.Citran
HEDIJI FILMS THE OPERA! 01h46 D.Livermore et P.Gep Cucco V.Buzza, M.Battistelli, V.Cassel
NOUR FILMS TROIS ADIEUX 02h00 I.Coixet A.Rohrwacher, E.Germano, G.Bellugi
Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.
AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir
régulièrement votre line-up mis à jour à redaction.boxoffice@cinegroup.fr
N°520 / 8 juillet 2026
25
Chiffres
3 FILMS - 3 CARRIÈRES
1 POINT DE COMPARAISON
Ce 12 août sort, sous pavillon Diaphana, Soudain,
la nouvelle réalisation de Ryusuke Hamaguchi, pour
laquelle Virginie Efira et Tao Okamoto ont obtenu le
Prix d’interprétation féminine à Cannes. Retour en
chiffres sur les performances en salles des trois derniers
longs métrages du réalisateur qui s’est imposé, tout
en douceur, comme une des références du cinéma
japonais contemporain.
LE MAL N'EXISTE PAS
CONTES DU
HASARD ET AUTRES
FANTAISIES
DRIVE MY CAR
Source CBO-Box Office / Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Date de sortie
Distributeur
Cumul des entrées
1 er jour
1 er week-end
Séances
Moyenne par séance 1 er we
Cœfficient Paris/Province
Taux de transformation
(cumul des entrées/1 er jour)
Note Spectateur AlloCiné
10/04/2024 06/04/2022 18/08/2021
DIAPHANA DIAPHANA DIAPHANA
198 906 163 947 222 112
9 014 6 730 6 602
49 028 40 780 35 461
1 791 1 758 1 422
27 23 25
2,73 2,29 2,60
22 24 34
3,5 3,8 4
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1 ER WEEK-END
DEPUIS 3 SEMAINES
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 26/06/2026 LA BATAILLE DE GAULLE : J'ÉCRIS TON NOM PATHÉ 534 235 523 3 825 62
2 17/06/2026 BACKROOMS METROPOLITAN 326 402 883 7 108 57
3 24/06/2026 DES MINIONS ET DES MONSTRES UNIVERSAL 731 783 742 16 510 47
4 17/06/2026 TOY STORY 5 DISNEY 651 783 300 17 987 44
5 17/06/2026 JIM QUEEN THE JOKERS 95 48 173 1 466 33
PERFORMANCE SÉANCE* / AU 1ER WEEK-END
EN 2026
FILM DISTRI. COPIES ENTRÉES SÉANCES MOYENNE
1 04/02/2026 STRAY KIDS: THE DOMINATE EXPERIENCE UNIVERSAL 213 66 238 860 77
2 22/04/2026 MICHAEL UNIVERSAL 540 1 171 314 15 489 76
3 29/04/2026 LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 DISNEY 505 870 253 12 230 71
4 01/04/2026 SUPER MARIO GALAXY LE FILM UNIVERSAL 779 1 429 883 20 122 71
5 26/06/2026 LA BATAILLE DE GAULLE : J'ÉCRIS TON NOM PATHÉ 534 235 523 3 825 62
6 04/02/2026 MARSUPILAMI PATHÉ 673 990 632 16 813 59
7 17/06/2026 BACKROOMS METROPOLITAN 326 402 883 7 108 57
8 28/01/2026 GOUROU STUDIOCANAL 595 558 767 10 354 54
9 24/06/2026 DES MINIONS ET DES MONSTRES UNIVERSAL 731 783 742 16 510 47
10 17/06/2026 TOY STORY 5 DISNEY 651 783 300 17 987 44
*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs Séances : Showtimes Dashboard by The Boxoffice Company
Un air d’été et de fête souffle sur les classements. En effet, entre
les (rares) effets bénéfiques de la canicule et la Fête du Cinéma,
le top 5 des meilleures performances sur ces trois dernières
semaines affiche de solides résultats, à commencer par La Bataille
de Gaulle : J’écris ton nom qui réalise 62 entrées par séance (e/s).
Dans le sillage du très bon bouche-à-oreille observé depuis deux
semaines, la deuxième partie du biopic d’Antonin Baudry, sortie
un vendredi, se propulse bien plus haut que L’Âge de fer (27 e/s)
et réalise le cinquième meilleur lancement de l’année. Septième
place pour Backrooms, la nouvelle sortie A24, qui, avec 57 e/s,
se positionne en deuxième position du classement de ces trois
dernières semaines. Le reste du top 5 n’est constitué que de de
films d’animations aux sujets… variés : Des Minions et des monstres
(47 e/s), Toy Story 5 (44 e/s) et la surprise Jim Queen (33 e/s).
26 N°520 / 8 juillet 2026
Distribution
STUDIO TF1 SE DÉVOILE EN CONVENTION
Gilles Lellouche dans Moulin de László Nemes
©Studio TF1
Près de deux mois après sa première
sortie, et quelques semaines avant sa
deuxième, le néo-distributeur a convié
les professionnels à un après-midi de
projections et d’échanges le 1 er juillet.
Pour le dernier jour de La Fête du Cinéma, l’UGC Ciné
Cité Bercy fêtait aussi bien la conclusion d’une très belle
édition [voir p. 38] que le début de l’aventure de Studio
TF1, un « tout petit nouveau distributeur », selon les mots
de sa directrice de la distribution, Cristina Batlle.
La société, « créée sous l’impulsion du Groupe TF1 pour
continuer à investir dans le cinéma », est revenue sur son
mois de mai chargé, marqué par sa première sortie,
Les équipes de Studio TF1
Sous la direction de Pierre Branco (directeur général) et de
Nathalie Toulza Madar (directrice générale cinéma France),
Cristina Batlle assure la direction de la distribution, qui dirige
deux pôles.
Équipe marketing
• Damien Golla (directeur marketing)
• Guénaël Jégou (chef de projet)
• Marie Sauer (cheffe de projet), dont l’arrivée a été
annoncée
en exclusivité lors de la
convention
• Marie Troesch (responsable digital)
• Lucie Giordano (coordinatrice marketing)
• Fabien Wachsmann (responsable technique)
• Marie Richard (coordinatrice événementiel et services)
• Marie Audenaert (responsable marketing salles)
Équipe programmation
• Joël Pourgaton (directeur commercial)
• Justine Mercier (responsable province circuits nationaux)
• Anne-Dominique Maupin (région GRP, comptabilité)
• Emma Le Boisselier (région Bordeaux, business analyst)
• Audrey Auger (région Nord-Est-Marseille, logistique)
• Lucie Daniel (région Lyon-Paris périphérie)
Pour le plaisir de Reem Kherici, qui en est actuellement
à plus de 720 000 entrées. La réalisatrice et actrice est
intervenue sur scène pour remercier les exploitants d’avoir
« défendu le film comme nous l’avons conçu : avec conviction,
amour et ténacité ».
L’épopée Moulin
Studio TF1 a également été remarqué à Cannes, où le
Moulin de László Nemes était en Compétition. Le long
métrage, porté par Gilles Lellouche dans le rôle-titre,
sortira le 28 octobre sur environ 350 copies. D’ici-là, le
distributeur compte « amener ce film au plus grand nombre »,
et notamment aux scolaires auprès desquels un travail
approfondi sera effectué. En effet, avec l’aide de l’agence
Parenthèses, un dossier pédagogique est en train d’être
développé autour de la nouvelle œuvre du cinéaste
hongrois – récompensé du Grand prix cannois en 2015
pour Le Fils de Saul – qui sera intégrée dans le programme
des lycéens. « Le dossier sera transmis aux enseignants en
septembre ; à partir de ce moment, vous pourrez organiser
des projections scolaires », indique Cristina Batlle.
Les copies seront envoyées aux exploitants dès octobre
afin de répondre aux demandes d’associations ou d’institutions.
La directrice de la distribution précise en outre
que Moulin est catégorisé tout public avec avertissement.
Deux journées d’avant-premières seront ensuite organisées :
une le 13 octobre, « principalement à destination des
enseignants », et une nationale le 25 octobre. Le producteur
Alain Goldman et le scénariste Olivier Demangel sont
ensuite intervenus sur scène pour répondre aux questions
que se posent les exploitants depuis la projection cannoise.
Ce dernier a notamment expliqué s’être inspiré de Premier
Combat, le livre que Jean Moulin a écrit en 1940 suite
à son arrestation par la Wehrmacht, et notamment de
« sa conscience d’être faillible » face à la torture.
Un socle de comédies, et pas que
Mais avant Moulin, Studio TF1 sortira le 5 août Les
Gendarmes, comédie de François Prévôt-Leygonie et
Stephan Archinard. Il s’agit d’une adaptation de la BD
éponyme de 18 tomes qui s’est écoulée à plus de 1,5
million d’exemplaires, et que le distributeur entend
sortir sur 500 copies. « Il existe 100 000 gendarmes en
France, et un million de Français sont en lien direct avec
ce métier, explique Damien Golla, directeur marketing.
Il s’agit donc d’un sujet qui possède un fort ancrage territorial.
» Les premières prises de parole ont commencé
en mai avec le lancement d’une première affiche, et se
sont prolongées en juin avec le Festival Lyon BD. Deux
bandes-annonces ont depuis été lancées, et une BD
making of du film a été publiée début juillet chez
Bamboo Édition, éditeur de la série. Des campagnes
seront menées sur TF1, Gulli, les réseaux sociaux, et
des partenariats ont été montés avec Le Journal de Mickey
et Picsou Magazine. Hors média, Royal Kids, Gitem,
Boulanger ou encore la Caisse nationale des gendarmes
sont partenaires. Tout cela menant à une vague d’avant-premières
nationales le 4 août, soit la veille de la sortie.
Parmi les deux dernières sorties de l’année, Camembert
sortira le 18 novembre. Une première affiche teaser a
été dévoilée début juillet pour expliciter le titre – faisant
référence au Trivial Pursuit, au cœur du film – de cette
« comédie de haute volée, jubilatoire, qui a pour arène la
famille ». Les créateurs de la série Culte réunissent ici
Kristin Scott Thomas, Alex Lutz, Pascale Arbillot,
Bernard Le Coq, Panayotis Pascot, Anaïde Rozam,
Guillermo Guiz ainsi que Jérémy Gillet. Viendra ensuite,
le 30 décembre, L’Homme qui s’envola d’Olivier Ducray,
un thriller porté par Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg
et Pierre Deladonchamps, évoquant le sujet des disparitions
potentiellement volontaires.
En 2027 sont attendus Trois c’est bien de Frédéric
Quiring (17 février), Roxie au milieu de Jennifer Devoldere
(10 mars), Montjoie ! de Noé Debré (été), et, au
deuxième semestre, Plantez un saule d’Anne Le Ny,
Montagnes russes de Cyril Gelblat et Starlette de Florent
Bernard. Puis, en 2028, le distributeur investira le
champ de l’animation avec Oui Chef de Benjamin
Mousquet. D’ici-là, Studio TF1 développe sa communication
avec le lancement de ses réseaux sociaux, de
sa newsletter ainsi que de son site internet (distribution-cinema.studiotf1.com),
qui devrait évoluer à
terme, mais sur lequel le matériel des films est déjà
téléchargeable.
Jules Dreyfus
N°520 / 8 juillet 2026
27
Rencontres
©J. Dreyfus / Boxoffice Pro
Lors du Café des indés, au Méliès de Montreuil
RENCONTRES DU CINÉMA INDÉPENDANT
DANS LA CHALEUR DE PARIS
La 11 e édition de l’événement organisé par le Syndicat des distributeurs
indépendants (SDI) s’est tenue, comme l’année dernière, au sein de la capitale.
Entre L’Entrepôt, le Méliès de Montreuil, le Cinéma des Cinéastes et le CiNey, les
professionnels ont pu échanger entre eux et avec des représentants d’institutions
sur la conjoncture du secteur et les leviers pour la redynamiser.
Les spécificités d’un marché parisien
en recul
Comme l’année dernière [voir le Boxoffice Pro du 25
juin 2025], les Rencontres ont consacré un temps
d’échange aux spécificités du marché parisien. Sophie
Cazes, déléguée de la Mission cinéma de la Ville de
Paris, a notamment partagé plusieurs statistiques illustrant
la baisse de la fréquentation de la capitale, corrélée
à l’érosion de son parc [voir aussi le Boxoffice Pro du 5
novembre 2025]. Le recul des entrées de ces dernières
années « peut provenir de l’évolution de la population et
du nombre d’établissements, mais surtout des changements
d’habitudes : les personnes ont davantage de temps à consacrer
à autre chose qu’au cinéma, et sont donc plus sélectives
dans leurs choix ». D’où, entre autres, une baisse d’assiduité
des spectateurs plus importante dans la capitale
qu’au niveau national : post-Covid, les entrées par
habitant ont reculé de 16,6 % en France, contre 20 %
à Paris. Intra-muros, la déléguée de la Mission cinéma
souligne aussi les « bouleversements » qui peuvent toucher
certaines parties de la ville telles que le 8 e arrondissement,
où l’avenue des Champs-Élysées a connu de nombreuses
fermetures de salles au cours des dernières années.
Sylvain Bethenod a pour sa part abondé sur les profils
composant la population de Paris. Le PDG de Vertigo
Research souligne que la capitale compte une surreprésentation
féminine (54 %) par rapport au niveau national
(51,4 %), qui se traduit dans les entrées : la population
cinématographique parisienne est constituée à 58 % de
femmes, contre 53 % en France. La fréquentation de
Paris est également davantage portée par les 15-34 ans,
qui représentent 43,7 % de sa population cinématographique,
contre 29,2 % à l’échelle du pays. Sylvain Bethenod
Comment offrir au
spectateur ses
“évidences”
hebdomadaires tout
en proposant
des alternatives ?
Éric Jolivalt,
programmateur des salles de
Dulac Cinémas
28 N°520 / 8 juillet 2026
s’est par la suite penché sur la duplication des films – qui
met en valeur les autres titres que sont allés voir les
spectateurs d’un même film – ayant surperformé à Paris,
qui révèle une grande circulation du public. Concernant
Freud, la dernière confession, il apparaît que 26,7 % des
spectateurs ont également vu Mission : Impossible - The
Final Reckoning, 17,9 % ont vu Les Musiciens et 15,2 %
ont vu Partir un jour. Même constat pour Sirāt : 14,2 %
du public est également allé voir Valeur sentimentale,
12,4 % a vu Alpha et 10,8 % a vu Conjuring : L’Heure du
jugement. Pour le PDG de Vertigo Research, ce phénomène
peut être interprété positivement comme négativement :
« C’est un signe du dynamisme du marché, car des spectateurs
peuvent aussi bien aller voir une œuvre indépendante que
populaire, mais cela montre aussi qu’un film d’auteur peut
se retrouver en concurrence avec un titre de plus grande ampleur. »
Une capitale plus refermée ?
Dans la deuxième partie des échanges, Lucie Commiot
a mis en évidence les difficultés, en tant que distributrice,
de positionner ses films dans certaines salles parisiennes.
La directrice de la distribution de Condor pointe « un
problème d’exposition », lié notamment à une très forte
concentration des séances sur les plus gros titres hebdomadaires.
Cette « uniformisation de la programmation »
s’accentue dans certains quartiers de la capitale, malgré
la densité des établissements. Un constat partagé par Éric
Jolivalt qui relate ses échanges avec les distributeurs,
souvent ponctués de « ah, toi aussi tu programmes ce film ? ».
Le programmateur des salles de Dulac Cinémas explique
son dilemme : offrir aux spectateurs « ses une ou deux
“évidences” hebdomadaires, tout en proposant des alternatives
». Ce défi est d'autant plus grand que les cinémas
indépendants parisiens sont majoritairement équipés de
trois salles maximum, et possèdent une force de prescription
supérieure à celle des multiplexes ; ainsi, en cas
d'insatisfaction vis-à-vis d'une œuvre, la déception du
spectateur se répercute souvent sur l'établissement.
Nous sommes capables
de faire remonter la
fréquentation si nous nous
accordons sur les
conditions qui permettent
de retrouver une
coexistence pacifique
Gaëtan Bruel, président du CNC
Le programmateur évoque également une autre source
de tension : le départ des talents révélés par des cinémas
ou distributeurs indépendants. Un phénomène jugé
« spécifique au cinéma », d’autant plus crispant qu’il n’existe
pas de prime à la découverte : « Quand je programme un
petit film que je défends, le jour où ce cinéaste rencontrera
un succès massif, je sais qu’une salle plus grosse obtiendra la
priorité. » Laurence Franceschini ajoute que la relation
entre un cinéma et un réalisateur est un critère déterminant
dans une médiation. La Médiateure s’étonne par ailleurs
du faible nombre de saisines franciliennes en 2025 : sur
les 69 demandes de médiation, seules 2 proviennent de
Paris (3 %). « Je pense que cela ne reflète pas les difficultés
du marché : en 2024, la ville représentait 16 % des saisines,
et 2026 affiche pour l’heure un taux autour des 14 %. »
SDI : gouvernance
reconduite et
responsabilités redéployées
À la suite de son Assemblée générale du 17 juin à Paris, le
Syndicat des Distributeurs Indépendants a constitué son
nouveau Conseil d’administration, qui a réélu ses
co-présidents.
CA 2026–2027 du SDI :
Co-président.e.s : Lucie Commiot (Condor Distribution)
et Étienne Ollagnier (Jour2Fête)
Secrétaire : Bénédicte Thomas (Arizona Distribution)
Trésorier : Jean-Fabrice Janaudy (Les Acacias)
Vice-Président.e.s :
Mathieu Berthon (Météore Films) – en charge des relations
entre les distributeurs et des questions liées au documentaire
Violaine Harchin (Les Alchimistes) – en charge des questions
liées au documentaire
Jonathan Musset (Wayna Pitch) – en charge des questions
liées aux publics jeunes
Marc Olry (Lost Films) – en charge du patrimoine et de la
coordination des Rencontres du cinéma indépendant
Elisabeth Perlie (New Story) – en charge des relations avec
les exploitants
Jane Roger (JHR Films) – en charge des relations avec les
exploitants
©J. Dreyfus / Boxoffice Pro
Jean-Fabrice Jandy, Sylvain Bethenod, Eric Jolivalt, Lucie Commiot, Laurence Franceschini et Sophie Cazes lors de la table ronde sur le marché parisien
N°520 / 8 juillet 2026
29
Rencontres
Étienne Ollagnier, Gaëtan Bruel et Lucie Commiot lors de la rencontre avec les pouvoirs publics, au CiNey de Paris
©Emmanuelle Thiercelin/divergence-images
Concernant les nouvelles approches de la diversité de
programmation, Sophie Cazes évoque de son côté des
cinémas tels que le CiNey ou La Clef, qui « posent la
question d’un modèle différent » en allant au plus près
des habitants. Dans cette logique, la déléguée de la
Mission cinéma compte demander au CNC la création
d’un observatoire de la mobilité – à l’échelle nationale
–, enjeu qui concentre également beaucoup d’interrogations.
Autre sujet de vigilance : les cartes illimitées.
Fortement ancrées sur le marché parisien, elles peuvent
favoriser la curiosité des spectateurs mais soulèvent des
interrogations pour les salles indépendantes, dont les
parts de marché liées à ces formules d’abonnement
peuvent grimper jusqu’à plus de 50 %.
Le CNC face aux attaques
Au sein du CiNey, récemment inauguré dans le 18 e
arrondissement [voir le Boxoffice Pro du 29 avril 2026],
les professionnels ont pu échanger avec Gaëtan Bruel.
Le président du CNC a tenu à rassurer face aux critiques
visant l'institution, affirmant que le Centre « va bien »,
et qu’il convient de « trouver la juste mesure » face aux
offensives : « Il faut revendiquer un droit à l’indifférence,
tout en prenant au sérieux les polémiques et en agissant sur
ce qui est en notre capacité. » Gaëtan Bruel se dit davantage
« inquiet des contestations émanant de l’intérieur de l’État,
dont les acteurs devraient se réjouir d’avoir un modèle qui,
dans un contexte de crise économique, ne pèse rien sur les
finances publiques ». Cette « forme de populisme » pourrait
s’expliquer par « un décalage croissant entre les pratiques
culturelles des Français et leurs convictions », soulevant la
question des moyens de réconciliation. Pour Gaëtan
Bruel, cela peut passer par des actions concrètes, comme
au Cosmos de Strasbourg où, avant chaque projection,
un carton explique le fonctionnement du CNC, et permet
ainsi de contredire plusieurs fake news. À ce titre, concernant
la tribune « Zapper Bolloré », si le président du
Centre a « absolument compris qu’on puisse être vigilant
sur l’avenir de Canal+ », il la trouve « contrefactuelle sur la
situation existante, et donc un peu contre-productive ». Par
ailleurs, bien que Gaëtan Bruel considère « sincère mais
maladroite la réplique de Maxime Saada à la pétition » lors
Le CNC n’a pas l’intention
de rester muet dans les
prochains mois, son rôle
est combatif
Gaëtan Bruel, président du CNC
du Brunch des Producteurs organisé par Canal+ à Cannes,
il regrette que ses déclarations défendant le CNC n’aient
« en revanche pas été assez relevées, ce qui constitue une
occasion manquée ».
Comment sortir de la crise ?
Le paradoxe actuel du secteur réside, selon Gaëtan Bruel,
dans le fait que la fréquentation globale est en hausse par
rapport à l'an passé, mais que la situation économique
individuelle de nombreux acteurs se détériore. Le président
du CNC évoque ainsi une « crise ouverte » qui ne doit pas
être réduite à la seule offre de films ; un facteur certes
déterminant, mais pas unique, bien que qu’il soit « largement
relayé dans les médias ». Les raisons sont à la fois
conjoncturelles et structurelles, comme l’illustre la baisse
d’assiduité des spectateurs qui amène à un marché polarisé,
où les échecs sont plus violents, et les grands succès
« toujours aussi difficiles à anticiper ». Gaëtan Bruel a ainsi
réaffirmé sa volonté d’atteindre les 200 millions d’entrées
annuelles, afin de s’accorder au niveau des investissements
qui ont été réalisés sur le parc de salles. « Forcément, dans
un marché en baisse de 20 %, tous les acteurs sont fragilisés,
et des tensions sans précédent naissent. »
Plusieurs chantiers sont déployés afin de dépasser de
nouveau ce cap symbolique, tout en préservant « la
diversité des films et des salles. [...] Nous sommes capables
de faire remonter la fréquentation si nous nous accordons
sur les conditions qui permettent de retrouver une coexistence
pacifique ». Les tensions relatives au nombre de copies
en sortie nationale sont bien évidemment un sujet majeur,
et Gaëtan Bruel met en garde contre le risque de « tuer
le bouche-à-oreille ». Reste une autre priorité du président
du CNC : la place du cinéma dans les médias, l’une de
ses priorités depuis sa prise de poste. « Ce qui m’intéresse,
c’est de voir comment nous parlons des films, si nous arrivons
à donner envie aux gens de les voir. » La critique – « qui
traverse aussi une période difficile » – occupe une place
centrale dans cette réflexion, tout comme les influenceurs
cinéma – « dont nous avons absolument besoin ». Gaëtan
Bruel rappelle en ce sens qu’un appel à projets autour de
la critique de cinéma innovante sera bientôt lancé, comme
annoncé lors de la matinée “La cinéphilie à l’ère du
numérique” organisée au CNC.
« Nous sommes à la croisée des chemins », conclut le président
du CNC, insistant sur l’importance de « ne pas se faire
voler le narratif » face aux discours annonçant la mort du
cinéma : « Nous ne devons pas rester recroquevillés dans une
inquiétude très légitime ; il faut urgemment bâtir un agenda
collectif, positif, ambitieux et offensif. Depuis 130 ans, nous
avons construit notre vision du cinéma comme étant d’abord
un art, existant fondamentalement dans un rapport à la
salle et aux territoires, que l’éducation aux images doit se
faire dans les cinémas. […] C’est le moment ou jamais de
le revendiquer et d’en partager la conviction. » Gaëtan Bruel
souligne toutefois la nécessité, pour la filière, de repenser
sa conception de la diversité, aujourd'hui « à géométrie
variable », rappelant que celle-ci « ne concerne pas que les
films, mais toutes les catégories d'acteurs ». Ainsi, en retrouvant
« cette entité collective – sans pour autant mettre nos
différences sous le tapis –, nous pouvons être l’un des seuls
pays au monde qui n’a pas de raison d’être déprimé sur
l’avenir du cinéma. [...] En tant que CNC, nous n’avons
pas l’intention de rester muets dans les prochains mois, notre
rôle est combatif et engagé à vos côtés ».
Jules Dreyfus
30 N°520 / 8 juillet 2026
3 700 000 ENTRÉES !
LA FÉDÉRATION NATIONALE DES CINÉMAS FRANÇAIS
remercie très chaleureusement tous ceux qui ont participé à l’organisation
de cette 41 ème édition de La Fête du Cinéma
MERCI AUX PARTENAIRES DE L’ÉVÉNEMENT :
• La Construction par le CCCA-BTP,
le Partenaire Majeur des opérations
nationales de promotion du cinéma en salle
• CANAL+
• BNP Paribas
MERCI AUX PARTENAIRES MÉDIA :
• AlloCiné
• Europe 2
MERCI À LA PRODUCTION DU FILM ANNONCE : les équipes
de CANAL+ (Emilie Pietrini, Céline Pontygayot, Alexia Veyry,
Laura Sztajnkrycer, David Nordier), C4 Prod (Jean-Marie
Antonini et Julia Retali) ainsi que le réalisateur Julien Rocher,
MERCI AUX ÉQUIPES DES FILMS À L’AFFICHE durant
l’événement ainsi que leurs distributeurs et attachés de
presse, qui se mobilisent pour offrir une programmation
riche et variée aux spectateurs pendant l’événement,
MERCI À L’ENSEMBLE DE NOS PARTENAIRES TECHNIQUES :
Sonis, L’Entraide du Cinéma et des Spectacles et Le Chèque
Cinéma Universel, Cinego, Globecast, Hyphen, Play by
Deluxe, Piste Rouge, Test Laboratoire, Access Dynamic et la
salle de vision de Gaumont.
ET UN IMMENSE MERCI À MICHÈLE LAROQUE dont le talent,
l’enthousiasme et l’implication ont très largement contribué à la
réussite du film annonce.
PARTENAIRE MAJEUR
WWW.FETEDUCINEMA.COM
Exploitation
©D.R.
De gauche à droite : Victor Bournerias, Andy Sellitto, Priscilla Gessatti, Sophie Fangain, Arnaud Boileau et Antoine Doux
CINÉMAS INDÉPENDANTS
PARISIENS CONSOLIDATION
ET EXTENSION
Réunis le 17 juin à L’Entrepôt, en parallèle des Rencontres du cinéma
indépendant, les membres des CIP ont dressé le bilan d’un exercice faste.
L’année 2025 a été « dense et riche », a exposé la déléguée
générale des Cinémas Indépendants Parisiens, Amandine
Larue, qui souligne également la « fierté » de ce qui a été
accompli. L’association, qui compte désormais 32 cinémas
et 75 écrans depuis les récentes arrivées du CiNey et du
Saint-Germain-des-Prés – en attendant d’être rejointe
par La Clef en septembre –, a en effet continué ses
nombreux cycles et parcours thématiques. Parmi les
évolutions, la Ciné-carte – valable dans tous les établissements
du réseau – a connu une nouvelle augmentation
tarifaire, après celle de 2024. Et si le nombre de places
vendues est en baisse en 2025, le recul est moins important
que celui observé au niveau national et pour les salles art
et essai. La vente à distance continue pour sa part à
s’installer au sein de l’association avec près de 14 000
places écoulées, soit 14 % des ventes globales. L’objectif
affiché pour 2026 est ainsi de prolonger la dynamique
sur les ventes en ligne, et de « travailler la fidélisation du
public au printemps et en fin d’année », soit deux périodes
plus faibles pour les CIP. Enfin, l’association a réalisé une
bande-annonce sur elle-même servant aussi bien de
présentation aux partenaires que de spot d’avant-séance
pour les salles partenaires. Le montage, présentant les
différents projets et salles du réseau, se veut « évolutif » en
fonction des nouveaux-venus et autres souhaits spécifiques
de chacun.
Continuer les actions pour le jeune
public…
Du côté de l’éducation à l’image – les CIP pilotent
Collège au cinéma et Lycéens et apprentis au cinéma
à Paris –, l’association souligne les tensions qui ont
suivi le gel de la part collective du pass Culture, tout
en évoquant « l’espoir » suscité par le rapport Geffray.
Les deux dispositifs pilotés par les CIP ont tout de
même connu une certaine stabilité par rapport à
l’année dernière : du côté de Lycéens et apprentis, 107
établissements, 9 226 élèves et 503 enseignants ont
été touchés pour un total de 348 séances, tandis que
Collège au cinéma a rassemblé 120 établissements,
13 550 élèves et 659 enseignants sur 441 séances. Le
projet Étincelles, lancé l’année dernière de manière
expérimentale dans quelques établissements, a attiré
quelque 500 participants venus découvrir les ateliers
proposés dans les salles. « C’est un projet qui défend
l’éducation aux images pour toutes et tous, qui est déjà
monté en puissance en 2026 avec plus de 30 ateliers
réalisés à ce jour », ajoute Amandine Larue.
Le bureau et le CA
des CIP renouvelés
Bureau
Présidente : Priscilla Gessati, L’Entrepôt
Vice-Président : Arnaud Boileau, Haut et Court (Le Louxor
et Le Nouvel Odéon)
Secrétaire : Victor Bournerias, Le Grand Action
Trésorier : Andy Sellitto, Le Luminor Hôtel de Ville
Conseil d’administration
Arnaud Boileau, Haut et Court (Le Louxor et Le
Nouvel Odéon)
Andy Sellitto, Le Luminor Hôtel de Ville
Victor Bournerias, Le Grand Action
Sophie Fangain, Cinéma des Cinéastes
Priscilla Gessati, L’Entrepôt
Antoine Doux, Le Saint-André des Arts
Margot Merzouk, L’Archipel
Fin 2025, le label Premier coup de foudre, qui visait
à mettre en valeur « des films uniques dans le domaine
de la création jeunesse », a pris fin. Désormais, le groupe
Jeune public des CIP, qui s’occupe de tout le champ
“Enfance de l’art”, s’organise davantage autour de
l’échange des pratiques et de la formation en salle,
suite notamment aux « très bons retours des formations
sur l’accueil du jeune public ». Une newsletter a par
ailleurs été créée afin de relayer toutes les actualités
du jeune public (rencontres professionnelles, sorties…).
Dans le cadre de l’accueil des tout-petits, l’association
a noué un partenariat avec la CAF de Paris qui permet
« à une dizaine de structures d’organiser des sorties dans
les cinémas ». Également, depuis juillet, le programme
Ciné tout doux a vu le jour ; il consiste à identifier
des séances adaptées aux tout-petits à partir de 18
mois ou 2 ans et à « créer un petit cocon pour ces spectateurs
qui vivent souvent leur première séance ». Ces
programmes de courts métrages bénéficieront d’un
accueil et d’une médiation adaptés, et de dispositions
techniques spécifiques (volume baissé, pas de publicité
en avant-séance…). L’association précise en outre le
« besoin de pédagogie » des salles pour « faire comprendre
aux familles et aux professionnels de la petite enfance
que le cinéma n’est pas un écran comme un autre ».
… et le public jeune
Les CIP continuent également leurs nombreuses actions
pour les 15-25, à commencer par The Breakfast Club
(but at night… !) avec dix soirées dans autant de
cinémas, pour une moyenne de 110 spectateurs par
séance, semblable à l’année dernière. Face à cette
régularité, l'association souligne « le travail des étudiants
et étudiantes ambassadeurs et ambassadrices qui continuent
d’innover dans les animations proposées ». Le cycle Noir
Cinéma Club, co-porté avec l’artiste et comédienne
Marie-Julie Chalu, vivait pour sa part sa deuxième
saison cette année. Autour des cinématographies noires
indépendantes, le programme a rassemblé en moyenne
près de 60 spectateurs sur ses six séances. Nouveauté
de la saison, le cycle What the Club ?, proposant un
week-end marathon par saison autour d’une thématique
annuelle, a rassemblé en moyenne 45 curieux sur les
douze projections dans six cinémas. Enfin, Vert un
nouveau cinéma a, pour sa quatrième saison, été étendu
au-delà d’un seul week-end, pour un total de huit
projections – contre six auparavant. Le bilan est positif,
avec une fréquentation en augmentation de 50 %,
grâce à la venue de spectateurs extérieurs au réseau.
Une ouverture qui permet, comme le souhaite l’association,
de continuer à remplir « une mission citoyenne :
sensibiliser l’ensemble de la population à la nécessité de
la transition écologique ».
Jules Dreyfus
32 N°520 / 8 juillet 2026
ADRC
FAIRE DIALOGUER LE TERRITOIRE ET LA
CRÉATION, FORMER LES SALLES ET LES ÉLUS
Après l’assemblée générale de l’Agence nationale pour le développement du
cinéma en régions, sa présidente réélue, Nadège Lauzzana, et son délégué
général Christian Landais reviennent sur les transitions de l’ADRC.
L'assemblée générale de l'ADRC aux 7 Parnassiens à Paris, le 17 juin 2026
« À travers nos différents collèges, nous avons une belle
représentativité de toute la chaîne du cinéma », rappelle
Nadège Lauzzana, pour laquelle il reste primordial – « c’est
même une question d’éthique » – de faire dialoguer des
élus locaux, des cinéastes, des distributeurs et des exploitants.
Cela se traduit dans le Conseil d’administration
de l’ADRC, renouvelé le 17 juin, qui accueille entre
autres Cécile Le Vaguerèse (maire adjointe de Falaise en
Normandie), le producteur Alexandre Gavras
(KG Productions), le distributeur Jean-Fabrice Janaudy
(Les Acacias), ou encore l’exploitant Christophe Garnier
(Fougères) qui entre au bureau (voir ci-après). De son
côté, Nadège Lauzzana s’est à nouveau portée candidate
à la présidence, « pour être dans la continuité des actions
de l’Agence, à un moment charnière de son existence », et
poursuivre le binôme qu’elle forme depuis 2019 avec le
délégué général Christian Landais. Mais sachant que ce
dernier prendra sa retraite fin 2027, la présidente souhaite
de son côté trouver un ou une successeur(e) engagé(e)
au cours de son mandat, d’autant qu’elle n’est plus
élue locale.
Elle n’en poursuivra pas moins le dialogue avec les territoires,
pour ce qui est le rôle de l’Agence depuis plus de
40 ans : « accompagner les salles et les films les plus fragiles,
en particulier dans les communes de moins de 15 000
habitants », et sensibiliser les élus sur l’impact culturel,
social et économique du cinéma, tout en ré-expliquant
combien la redistribution de la TSA crée de la valeur.
Car aujourd'hui, « il faut collectivement contredire des
affirmations erronées et repousser les attaques sur la maison
commune du cinéma qu’est le CNC ».
Un nouveau chapitre
Cela passera désormais par une meilleure communication,
mais aussi des formations. « Avec Christian, nous avons
fait le constat, dès 2019, que l'ADRC faisait beaucoup,
mais n'était pas toujours visible. » L’Agence a en effet pris
toute sa place dans l’éditorialisation des salles et la
médiation, en développant les séances accompagnées
d’inédits, mais aussi le patrimoine, à travers Play it again !
et Les Mycéliades. « Deux festivals qui ont contribué à
montrer un “dossard ADRC”, tout comme notre stand au
Congrès des exploitants. » L’ADRC s’est aussi réorganisée
en interne, avec une équipe communication et bientôt
une chargée des publics, quand la revue stratégique de
2024 a confirmé qu’elle était un opérateur légitime de
formation. En témoigne son travail avec le CNC, aux
côtés de Cinéo et La Base, pour former les cinémas à la
transition écologique, « ce qui n'est plus un sujet conjoncturel
mais structurel ». Le forum du 9 avril sur la salle de cinéma
durable, co-organisé avec le CNC et la Sorbonne Nouvelle
[voir Boxoffice Pro du 15 avril 2026], a été une autre
étape de cette « transition » de l’ADRC qui, après avoir
fait appel à un tiers médiateur pour structurer son projet,
va donc devenir un organisme de formation certifié.
Des formations pour « trois cibles et trois thématiques »
résume Christian Landais. Elles s'adresseront en effet
aux élus locaux et à leurs services (DGS, DST, DAC),
aux agents des collectivités et aux exploitants (y compris
les bénévoles), autour du rôle du cinéma dans la dynamique
d’un territoire, des mutations architecturales
(accessibilité, écologie…) et du projet d'établissement
(RH, éditorialisation, organisation de festival, séances
inclusives…). « On pensait que tout était acquis, mais la
mémoire s'efface, observe Nadège Lauzzana. Les générations
se succèdent, les exploitants sont parfois isolés, et dans une
politique culturelle bousculée, nous devons être des passeurs.
Notre formation aux élus retracera l’historique du CNC,
pour expliquer l’économie du cinéma et notamment le fonds
de soutien, que beaucoup d’élus ne connaissent pas, la loi
Sueur, les conventions Régions pour favoriser la médiation,
l’éducation à l’image… ainsi que toutes les actions de l’ADRC ».
Au-delà des experts qui interviendront, Christian Landais
insiste aussi sur l’importance du pair à pair. « Comme
nous le faisons avec la Fémis ou le master Diffusion de
©ADRC
L’ADRC en 2025
1265 adhérents
1 113 exploitants (- 11 vs 2024)
15 programmateurs (- 2 vs 2024)
55 distributeurs (+ 4 vs 2024)
11 producteurs (= 2024)
9 réalisateurs (- 1 vs 2024)
62 collectivités locales (- 2 vs 2024)
48 projets accompagnés
3 portés par des exploitants privés
6 initiés par des associations
39 par des collectivités territoriales ou structures publiques
24 projets dans le cadre des programmes de l’ANCT (Petites
Villes de Demain et Action Coeur de Ville)
83 % des projets relèvent de la Petite exploitation
309 films inédits : + 8 % vs 2024
pour 10 810 programmations : + 1,2 %
452 133 entrées
787 villes servies et 805 établissements fixes
317 séances accompagnées
sur 56 films issus de la diversité
Patrimoine
1 050 films diffusés (+12 % par rapport à 2024)
5 707 programmations (+4 %)
140 000 entrées (+ 14 %)
295 animations soutenues
97 ciné-concerts
180 ciné-conférences et interventions,
18 ateliers, dont 8 jeune public
Play it again !
21 000 entrées (+ 45 % par rapport à 2024)
Les Mycéliades
19 000 entrées cinéma (+ 22 % par rapport à 2024)
l’Université de Montpellier, nous organiserons des périodes
immersives, dès cet automne, pour rassembler tous les acteurs
d’un même territoire (élus de petites et grande ville, cinémas,
pôle images, bureau des tournages…), que nous inviterons
ensuite pour nos modules en distanciel. » L’Agence accompagnera
également les VAE, ce qui fait partie des obligations
Qualiopi, et permettra de valoriser des parcours individuels…
et de conforter des emplois précaires.
Une demande croissante d'accès au film
La mission de diffusion n’en reste pas moins un enjeu
très actuel pour l’ADRC. Pour rappel, son intervention
concerne des films sortant sur moins de 400 copies, en
accord avec le distributeur et en dialogue constant avec
la Médiateure du cinéma, pour des circulations de 9
semaines. Les films distribués sur moins de 300 copies
sont les plus sollicités (78 % des circulations en 2025,
comme dans l’avant-pandémie), et à 93 % art et essai.
N°520 / 8 juillet 2026
33
Exploitation
« Mais nous intervenons sur un nombre croissant de films,
à savoir la moitié des sorties de l’année, constate le délégué
général. Sans l’ADRC, certains films art et essai porteurs ne
seraient pas vus dans les salles de proximité. » « Et si on
répondait à toutes les demandes, on interviendrait encore
plus », ajoute Nadège Lauzzana. Même si les tensions entre
exploitants – qui ressurgissent à chaque crise – « ne se
ressentent pas vraiment au sein de l’ADRC », sa présidente
estime que « considérer que la baisse des uns serait due aux
autres est une erreur. Quand un cinéma ferme, ne serait-ce
que pour des travaux, il n’y a pas de report du public et en
cas de fermeture définitive, une part du public s’évapore.
©Marina Vasseur / ADRC
Bureau 2026
Présidente : Nadège Lauzzana
1 er Vice-Président : François Thirriot (exploitants)
Vice-Présidents : Émilie Deleuze (cinéastes) & Alexandre
Gavras (producteurs)
Secrétaire : Catherine Mallet (exploitants)
Secrétaire Adjointe : Emmélie Grée (distributeurs)
Secrétaire Adjoint : Jean-Philippe Allardi (collectivités)
Trésorier : Jean Fabrice Janaudy (distributeurs)
Trésorier Adjoint : Christophe Garnier (exploitants)
Christian Landais et Nadège Lauzzana
L’ennemi, c’est la division, et notre force c’est la diversité des
établissements, des statuts, des films, des territoires ».
Des territoires que les correspondants de l’ADRC connaissent
finement, dans leur maillage et leurs mobilités, tout
comme ils constatent un rapport renforcé des spectateurs
à la proximité et la fidélité. « Ils ne veulent plus faire trop
de route : ils choisissent un événement mais aussi le lieu le
plus proche et qui correspond le plus à leur désir de cinéma. »
Les salles, elles, demandent de plus en plus de séances
accompagnées, et l’ADRC doit faire des choix, par souci
d’équité. « Comme pour Les Mycéliades, nous avons travaillé
à un cahier des charges pour les exploitants. Car malgré la
hausse de nos actions, notre subvention n’a pas augmenté »,
explique Christian Landais. Or pour le délégué général,
« ce travail dans les salles de proximité a une valeur économique
: c’est presque un multiplexe horizontal, avec un total
de 650 000 entrées par an ».
Cécile Vargoz
FUTURA CINEMA AU FILMFEST DE HAMBOURG
Les projets innovants accompagnés par Futura Cinema en 2026 seront testés cet automne à Hambourg,
par et avec des exploitants européens… qui sont invités à y participer.
Les six projets en incubation
Gamerausch (Allemagne) : événements réguliers à la croisée du cinéma et
de la culture du jeu vidéo, sur grand écran et suivis de débats.
RaveScreen (Belgique) : expérience participative et musicale autour d’une
projection, avec un DJ qui remplace la bande originale du film et un animateur
qui guide le public.
Cinebuddies : plateforme qui met en relation les spectateurs, leur permet de
trouver le cinéma indépendant le plus proche de chez eux et d’y
aller ensemble.
Du 29 septembre au 1 er octobre, le FilmFest Hamburg,
la CICAE et Futura Cinema invitent une délégation de
professionnels à participer à un programme d'innovation,
dans le cadre des Industry Days du festival. Ainsi, après
être passés par les festivals de Strasbourg, Vienne, Copenhague
et Bruxelles, les six projets européens en incubation
pour la saison 2025/26 de Futura Cinema, vont être
testés “en conditions réelles” dans plusieurs cinémas de
Hambourg, avec une vingtaine de professionnels – du
cinéma ou de la culture. Ces derniers pourront apporter
leur expertise et contribueront à l’évaluation des projets
– notamment en votant pour le « Coup de cœur des
professionnels » – tout en ayant l’opportunité de rencontrer
d’autres acteurs du secteur culturel… et de profiter de
la 34 e édition du FilmFest.
Les exploitants, distributeurs, festivals… ou autres lieux
culturels accueillant du public et interessés par l’innovation,
peuvent se porter candidats avant le 10 juillet pour
partir à Hambourg. L’hébergement et les frais de transport
sont pris en charge pour au moins 15 salles européennes,
ainsi que l’accréditation au FilmFest. Ceux qui ne seront
pas retenus pourront participer au programme à leurs
propres frais et profiter d’une accréditation offerte.
Plus d’infos à retourversle@futura-cinema.com.
Route 6 (France) : festival sur le thème de la route, dont les récits personnels
peuvent rapprocher les gens, et faisant appel à diverses formes artistiques.
Be Water (Danemark) : solution de diffusion entre cinémas, programmateurs
de festivals et espaces éphémères, pour un public présent sur place et des
communautés en ligne anonymes, autour de films censurés.
Chambre Claire Salle Obscure (France) : réinventer le pre-screening en
associant la photographie contemporaine à des films, pour créer un dialogue
entre les œuvres.
©GNCR
Disparition de
Geneviève Troussier
Figure majeure de l’exploitation art et essai et de l’éducation
aux images, Geneviève Troussier, qui a dirigé
pendant 30 ans le Café des images à Hérouville-Saint-
Clair, s’est éteinte le 24 juin à l’âge de 78 ans. Elle avait
également mis en œuvre, avec Les Enfants de cinéma, le
dispositif historique École au cinéma, précurseur de Ma
classe au cinéma. Elle était également un pilier de l’ACOR
et du GNCR, qu’elle a longtemps présidées, tout comme
la Maison de l’image, « qui avait pour mission de faire
vivre et promouvoir le cinéma d’auteur en région avec un
fort dispositif d’aide à la création, mais aussi un pôle très
dynamique d’éducation à l’image », rappelle le GNCR
dans son hommage, au sujet d’une « tête chercheuse » qui
n’a pas pas limité son action à son seul territoire et n’aura
cessé de mener « son combat acharné en faveur de la transmission
et de “l’art d’aimer le cinéma” cher à Jean Douchet ».
À Hérouville-Saint-Clair, elle aura fait du Café des images
un « emblème de l’architecture avant-gardiste de la ville,
un vrai lieu de vie et de culture », dont elle a ensuite laissé
les clefs à Yannick Reix en 2013, puis à Elise Mignot.
« Nous nous souviendrons d’elle pour tout ce qu’elle à apporter,
tout comme nous garderons en mémoire son éternelle chevelure
noire et son éternelle salle à fleurs. »
34 N°520 / 8 juillet 2026
PASSATION AU SÉMAPHORE DE NÎMES
À ses côtés, il peut compter sur Inès Leenhardt, qui a
intégré l'équipe en tant que directrice adjointe depuis
février dernier. Passée par les cinémas Star à Strasbourg
et le Caméo de Nancy, elle apporte « un nouveau regard
sur un cinéma devenu une institution de son territoire, et
qui n’a jusqu’à présent été dirigé que par des hommes »,
souligne Daniel Vidal.
Jean-Sylvain Minssen et Daniel Vidal
Après près de quatre décennies passées au Sémaphore, dont les dix dernières à sa direction, Jean-
Sylvain Minssen a officiellement transmis, le 30 juin, les rênes du cinéma art et essai nîmois à Daniel
Vidal. Une passation dans la continuité, qui ouvre néanmoins une nouvelle phase pour l'établissement.
Entré au Sémaphore en janvier 1988, après des débuts
à Utopia Avignon, Jean-Sylvain Minssen aura accompagné
l'ensemble des grandes évolutions de l’établissement.
Créé en 1977 avec deux salles, le Sémaphore a accueilli
un troisième écran en 1981, deux autres en 2000 et le
sixième en 2015. C’est cette même année, lors du départ
à la retraite d’Alain Nouaille et la reprise du site par Haut
et Court Cinémas, que Jean-Sylvain Minssen, jusque-là
chargé de la programmation, prend la direction du
cinéma.
À l’heure de la retraite, l’intéressé entend désormais
« retrouver un pur regard de spectateur », mais restera
toujours disponible auprès de ses collègues sur des questions
de gestion technique du bâtiment, dont il connaît
« tous les recoins » et sera « le premier à monter au front pour
le défendre », en cas de besoin.
Son successeur incarne lui aussi la fidélité à la maison.
Arrivé en 1995 comme aide-opérateur projectionniste,
Daniel Vidal a progressivement accru ses responsabilités
avant de devenir directeur adjoint en 2015, puis codirecteur
après sa formation Exploitation à La Fémis
(promotion 2021-2022), s’investissant particulièrement
dans l’animation et la mise en œuvre d’événements
ponctuels.
C’est donc entouré d’une équipe « rajeunie et féminisée »
que le directeur entend poursuivre l'œuvre du Sémaphore,
« sans rupture majeure » mais quelques évolutions. Comme
celle de développer les sorties nationales en travaillant
les animations, et conquérir de nouveaux publics art et
essai à Nîmes, notamment en développant un cycle
consacré aux cinémas du Maghreb et du Machreq, tout
en poursuivant les efforts en matière d'accessibilité des
séances au handicap sensoriel et de communication
numérique, pensée pour toucher la « cinéphilie nouvelle ».
Une ambition partagée avec le directeur de Haut et Court
Cinémas Martin Bidou qui, en parallèle, mène la rénovation
intégrale du Diagonal de Montpellier.
Après avoir retrouvé une fréquentation stabilisée entre
190 000 et 200 000 entrées annuelles depuis la crise
sanitaire, Le Sémaphore revendique aujourd'hui entre
20 et 25 % des entrées de l'agglomération nîmoise, face
aux multiplexes CGR et Kinepolis. Un socle solide que
la nouvelle direction pourra donc consolider et élargir,
tout en préparant les célébrations de ses cinquante ans,
en 2027.
Ayşegül Algan
Des Rencontres art et essai de Bretagne festives
©Yannick Letoqueux
L’Élysées Lincoln
reçoit le Label
Excellence de la CST
« Cette distinction vient saluer l'engagement constant du
cinéma Le Lincoln en faveur de la qualité technique de
l'expérience cinématographique », indique la CST qui a
décerné, le 16 juin, son label Excellence à la salle 2 – “Le
Studio “ – du cinéma des Champs Élysées. Une reconnaissance
qui intervient après les importants travaux de
rénovation et de montée en gamme entrepris par les frères
Merle dans tout le cinéma, achevés en octobre 2025.
©2026 Meline Querré
Ils étaient 213 participants pour la 12 e édition de l’événement
organisé par La Règle du Jeu à l’Émeraude
Cinémas de Dinard, en Ille-et-Vilaine ; une réussite pour
l’association, qui sait le mois de juin très chargé en
rendez-vous professionnels. Dans une version cette fois-ci
raccourcie de trois jours, et dans une « ambiance très
festive », souligne Éric Dubot, président de La Règle du
jeu, les professionnels ont pu découvrir 14 films, et ont
attribué leur coup de cœur au Corset de Louis Clichy.
Le film, distribué par KMBO le 14 octobre, a par ailleurs
été plébiscité à Annecy [voir p. 15], à Cannes (Prix spécial
du jury Un Certain Regard) ainsi qu’aux Rencontres
nationales art et essai (Coup de cœur des adhérent·es).
Il est suivi de la Palme d’or Fjord de Cristian Mungiu
(Le Pacte, 19 août) ainsi que du Grand prix cannois
Minotaure d’Andreï Zviaguintsev.
Rendez-vous désormais en hiver pour les 26 es Rencontres
de Bretagne, qui se dérouleront du 2 au 5 février au
cinéma Ti Hanok d’Auray (Morbihan).
La remise de plaque du Label Excellence a eu lieu en présence
Sébastien Ajoux, adjoint de Direction Élysées Lincoln, André Labbouz,
président de la CST, Louis et Samuel Merle, gérants du réseau
Multiciné, et Étienne Roux, président de Ciné Digital
N°520 / 8 juillet 2026
35
Focus Exploitation
LE CHAPLIN, CINÉMA DES TEMPS MODERNES
©Ciné Chaplin
©Ciné Chaplin
La salle 1 avec son balcon
Après de grands travaux de rénovation,
le cinéma municipal de Rive-de-Gier
a rouvert le 24 juin, avec 3 salles, un
espace d’animation et un vrai café.
Dans la commune de la Loire, située entre Saint-Étienne
et Lyon, la réouverture du Ciné Chaplin était attendue
depuis presque deux ans, le temps qu’il aura fallu pour
le remettre à neuf et l’agrandir. « L’objectif était d’abord
de passer de 2 à 3 salles pour gagner du souffle en programmation,
et de les rendre toutes accessibles aux PMR, grâce
à un ascenseur », explique Mélody Besset, directrice et
programmatrice du cinéma. Si la capacité totale est passée
de 363 à 280 places, les salles entièrement rééquipées
(fauteuils, écrans, projection laser…), ont gagné en
confort. Le hall a été agrandi pour créer un espace dédié
à l’animation (ciné-goûter, ateliers, expos…), « et nous
TARIFS
Tarifs : Plein tarif : 8,50 €
Réduit : 6,50 € (étudiants, seniors, porteurs d'un
handicap, familles nombreuses, demandeurs
d'emploi…) / 4,50 € (- de 14 ans, Ciné-matin)
Cartes d'abonnement :
Famille (55 € 10 places)
Solo-couple (24 € 4 places)
Cinéphile (105 € 30 places)
avons aussi racheté le café mitoyen et percé une ouverture
pour qu’il communique directement avec le cinéma. Ce café
historique du centre-ville s’appelait Le Club : nous l’avons
rebaptisé le Ciné Club Café. Il est ouvert tout le temps
d'ouverture du Chaplin. » Un élément important de la
convivialité d’un établissement qui reste implanté en
cœur de ville, soit un « vrai choix politique », souligne la
directrice. « Notre centre-ville s’est paupérisé au fil des années.
Autrefois cité industrielle, Rive-de-Gier a perdu la plupart
de ses commerces de proximité et une part de son dynamisme. »
Pourtant, le potentiel est là, avec 15 000 habitants sans
compter les coteaux très peuplés, qui représentent un
bassin de 376 000 personnes.
Ce choix de réhabiliter l’établissement existant n’était
pourtant pas évident. En effet, le Ciné Chaplin est encastré
dans une roche qui, elle-même, soutient l’autoroute A47.
L’effritement de cette colline, la fragilité avérée des fondations
du bâtiment, sans parler des inondations que la
ville a subi à l’automne 2024… ont rendu le chantier
extrêmement lourd et complexe. Construire un cinéma
neuf en périphérie aurait coûté moins cher, mais la
municipalité a fait « le choix de ne pas renoncer », comme
l’indiquent ses élues, et a « pris ce projet à bras-le-corps,
pour proposer un équipement culturel de qualité ». La Ville
a financé les travaux dans le cadre du PRIR (Programme
de renouvellement urbain d'intérêt régional), avec une
aide sélective du CNC de 300 000 €, et le soutien de
Saint-Étienne Métropole, du Département de la Loire,
de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la Préfecture
de la Loire. Mais au final, le coût du projet « a dépassé
de de 500 000 euros les 3,4 millions prévus ». Comme
auparavant, le cinéma est entièrement sous régie municipale
et fonctionne avec cinq salariés, qui seront bientôt
rejoints par mi-temps, pour s’occuper du café.
Un cinéma historique transformé
Autrefois, le Ciné Chaplin s’appelait Les Variétés, dernier
des quatre cinémas que comptait Rive-de-Gier dans les
années 1950, et qui a tenu jusque dans les années 70. La
municipalité communiste arrivée dix ans plus tard l’a
racheté et ouvert le Ciné Chaplin en décembre 1982,
alors mono-écran. Une deuxième salle a été ajoutée en
1995 mais, depuis, rien n’avait été rénové. « Le cinéma
était devenu de plus en plus vétuste et, confronté à l’arrivée
du Véo Saint-Chamond de six salles fin 2018 (à 15 km au
Sud), puis du Megarama de Givors de 7 salles il y a trois
ans (15 km au Nord), nous ne pouvions plus maintenir
notre fréquentation », explique Mélody Besset. Avant
Covid, la fréquentation du Chaplin oscillait entre 55 000
et 60 000 entrées. « Le projet n’est pas de développer une
nouvelle clientèle, mais de maintenir nos entrées et un service
aux Ripagériens, avec une offre généraliste et art et essai ».
Pendant les travaux, le Chaplin a poursuivi son activité
dans la salle de spectacle de la ville, en proposant 6 à
7 films par semaine. « Et si nous avons perdu nos trois
labels, nous n’en avons pas moins conservé une vraie ligne
éditoriale et un noyau dur de cinéphiles, et menons un
travail important d’éducation à l’image – avec 14 000
scolaires par an », précise celle qui programme le cinéma
« en toute indépendance ».
36 N°520 / 8 juillet 2026
LES ÉQUIPEMENTS*
GLOBAL
Maître d’ouvrage : MAIRIE DE RIVE-DE-GIER
Maître d’œuvre / pilote : FERRAND-SIGAL ARCHITECTES &
ASSOCIÉS - MANDATAIRE DU GROUPEMENT DE MAÎTRISE D’ŒUVRE
Bureau de contrôle : BUREAU VÉRITAS
BÂTIMENT
Gros œuvre : ENTREPRISE ELLIPSE
Electricité et réseaux : ENTREPRISE CHAPPET
Climatisation/chauffage : ENTREPRISE MARTIN
Enseignes et signalétique : ENTREPRISES PRIER
FAÇADE/HALL
Comptoir : ENTREPRISE GACHET
Système de billetterie/VàD : MONNAIE SERVICES
Enseignes/signalétique : ENTREPRISE GACHET
Affichage dynamique : ENTREPRISE ADDE
SALLES
Fauteuils : ENTREPRISE KLS
Tentures/sols : ENTREPRISE APM 42
CABINES
Installateur : ENTREPRISE ADDE
Marque des projecteurs : NEC
©Ciné Chaplin ©Ciné Chaplin
Le fauteuil de deux amoureux. « La salle 3 sera notre salle cinéphiles :
nous avons demandé aux 20 spectateurs les plus assidus la liste de leurs
15 réalisateurs préférés, dont nous avons retenu les 47 qui revenaient le
plus. Les fauteuils sont donc brodés aux noms de Buster Keaton, Céline
Sciamma, Park Chan Wook, Agnès Varda ou Guédiguian… Mais il y a une
banquette amoureux un peu spéciale : «Michel et Marilyne», dédiée à un
couple qui venait au Chaplin plusieurs fois par semaine. Après le Covid, le
vieux monsieur a franchi la porte tout seul. Sa compagne était décédée
brutalement d’un cancer. Le cœur brisé, il venait au cinéma où il avait
tant de doux souvenirs avec elle et nous avons essayé de le consoler à la
hauteur de nos moyens, avec de petits gâteaux. Un jour, il est venu avec
un chèque de 30 000 € : un don pour participer à la rénovation du Chaplin.
Le 1 er juillet, est venu visiter le cinéma et a découvert cette surprise. »
©Ciné Chaplin
EXPLOITATION
Programmation : INDÉPENDANTE (MÉLODY BESSET)
*Basé sur le déclaratif de la salle
Les premiers spectateurs, le 24 juin
Passation : derrière le comptoir, Mélody Besset tend son ticket à
Jacques Kotlarek, premier directeur qui a lancé le Ciné Chaplin en 1982.
©Ciné Chaplin
CARACTÉRISTIQUES DES SALLES
SALLE PLACES PMR DIM (M) SON IMAGE
1 156 5 7,45 7.1 laser 2K
2 77 3 5,5 7.1 laser 2K
3 47 2 4,95 7.1 laser 2K
TOTAL 280 10
La nouvelle salle 3, plus petite et plus cosy
Pas moins de 20 films étaient à l’affiche pour la semaine
de réouverture, dont Toy Story 5 en 3D mais aussi
La Grande Rêvasion pour les plus petits, Supergirl en avant
première et Persepolis en hommage à Marjane Satrapi,
Michael avec une démonstration de danse et Le Garçon
qui faisait danser les collines précédé d’un apéro musical,
ou encore une soirée Cannes avec Le Corset et La Vie
d'une femme en avant-première. Jusqu’au 1 er juillet, un
tarif “spécial réouverture” de 5 € était proposé, et le
Chaplin a déjà accueilli 1463 spectateurs et 1238 scolaires
en 98 séances… « dont les retours sont hyper-positifs ! ».
Suivront des animations et rencontres pour tous les âges
et tous profils, au rythme d’une douzaine de films par
semaine. Le Ciné Club café, lui, propose un cocktail
spécial coco curaçao… pour la sortie de Vaiana.
©Ciné Chaplin
Cécile Vargoz
La salle 2 avec ses fauteuils violets
N°520 / 8 juillet 2026
37
Miscellanées
PROCHAINE CDACi
DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO
16/07/26
SOCIÉTÉ MARSEILLAISE
D'EXPLOITATION DU
CÉSAR
LE CÉSAR 3 356 Projet de réouverture Marseille Bouches-du-Rhône
Métropole d'Aix-
Marseille-Provence
Une fréquentation festive en juin
Biarritz Film Festival
2026, le palmarès
La 4 e édition du Biarritz Film Festival - Nouvelles
Vagues a rendu son verdict samedi 27 juin. Le
jury international présidé par Kristen Stewart a
sacré la Nouvelle-Zélande, tout en saluant la vitalité
de distributeurs indépendants français qui
positionnent déjà leurs poulains pour l'automne.
©POP Film/Tomorrow Rain/Hinterland Creative
Passé le début de mois assez calme, les cinémas
ont retrouvé une très belle dynamique amplifiée
par une excellente Fête du Cinéma. Ils réalisent,
pour la cinquième fois en 2026, la deuxième meilleure
performance post-Covid.
13,04 millions d’entrées ont été engrangées par les cinémas
en juin 2026. Les salles françaises progressent de 14,6 %
par rapport à l’année dernière, et atteignent leur deuxième
plus haut niveau depuis 2014, derrière les 14,1 millions
de 2024. Un résultat remarquable après les 15 millions
de mai 2026, qui constituaient déjà une performance
supérieure aux moyennes post-Covid. Pour autant, la
trajectoire de juin est, en de nombreux points, opposée à
celle de mai. En effet, malgré certaines sorties d’envergure,
le début de mois a été plutôt calme en raison, entre autres,
des fortes chaleurs. Ce n’est qu’à partir de la semaine du
17 juin et de la sortie de Toy Story 5 et de Backrooms que
la donne a changé. Cette fois, la canicule semble avoir eu
un impact positif sur la fréquentation, et la dynamique
s’est poursuivie jusqu’à la fin du mois avec la Fête du
Cinéma qui a engrangé plus de 3,7 millions d’entrées, soit
son deuxième meilleur total de la décennie. La 41 e édition
Soutiens
ADRC
Séances accompagnées
Soudain de Ryūsuke Hamaguchi (Diaphana, 12 août)
Paradise de Jérémy Comte (Tandem, 19 août)
Fjord de Cristian Mungiu (Le Pacte, 19 août)
Wake in Fright de Ted Kotcheff (The Jokers, 19 août)
GNCR
Soutiens
Merci d’être venu d’Alain Cavalier (Camera One,
28 octobre)
de l’opération organisée par la FNCF progresse de 23 %
par rapport à 2025, forte d’un dimanche à 1,38 million
de spectateurs. « En doublant les entrées de la semaine
précédente, pourtant marquée par une très forte affluence, la
Fête du Cinéma a confirmé son statut de premier événement
cinématographique national », commente la FNCF.
Toy Story 5 s’impose comme le plus grand succès du
mois avec 2 millions d’entrées, suivi de La Bataille de
Gaulle : L’Âge de fer qui attire plus de 1,3 million de
spectateurs, et connaît une dynamique très positive en
compagnie du deuxième volet, J’écris ton nom, en salles
depuis le 26 juin. L’animation et l’horreur ont également
été en grande forme : Des Minions et des monstres a
réalisé 970 000 entrées et Jim Queen a attiré 170 000
spectateurs, tandis que Backrooms s’établit à 860 000
tickets et Obsession consolide son statut de phénomène
avec 1,2 million d’entrées.
À l’arrivée, le premier semestre de 2026 réalise 90,12
millions d’entrées, juste en-dessous des 91,2 millions de
2023, pour l’heure le meilleur résultat post-Covid. Il
reste cependant inférieur de plus de 13,8 % à la moyenne
2017-2019, établie à 104,5 millions de spectateurs.
L’année glissante (juillet 2025 à juin 2026) pointe quant
à elle à 170,96 millions d’entrées, contre 171,17 millions
sur la période juillet 2024-juin 2025. J.D.
AGENDA DE LA PROFESSION
Big Girls Don't Cry
Grand Prix : Big Girls Don't Cry de Paloma Schneideman,
Nouvelle-Zélande
Prix du jury : No Good Men de Shahrbanoo Sadat,
Allemagne / France / Norvège / Danemark / Afghanistan
(Condor Distribution - 03/02/27)
Prix d'interprétation : Bradley Fiomona Dembeasset dans
Congo Boy de Rafiki Fariala, République centrafricaine
/ République démocratique du Congo / Italie (Jour2Fête
- 25/11/26)
Mention spéciale : Teenage Sex and Death at Camp
Miasma, de Jane Schoenbrun, États-Unis / Canada
Prix du public : Congo Boy, de Rafiki Fariala, République
centrafricaine / République démocratique du Congo /
Italie
Prix du jury Pass Culture : Animol, de Ashley Walters,
Royaume-Uni
Prix du jury des lycéens et des apprentis : La Gradiva,
de Marine Atlan, France / Italie (Tandem - 04/11/26)
Prix du court métrage : Baise-moi à Saint-Gilles, de
Victor Ruprich-Robert, Belgique
FESTIVAL DU FILM FRANCOPHONE D'ANGOULÊME 24 au 29/08/26 ANGOULÊME
SOMMET LUMIÈRE 07/09/26 SAINT-PAUL-DE-VENCE
RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI JEUNE PUBLIC 08 au 10/09/26 NANCY
CONGRÈS FNCF 21 au 24/09/26 DEAUVILLE
COLLOQUE DES 80 ANS DU CNC 26 au 28/10/26 PARIS
RENCONTRES CINÉMATOGRAPHIQUES DE L'ARP 04 au 06/11/26 TOUQUET
38 N°520 / 8 juillet 2026
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