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N°1318 vendredi 10 juillet 2026

Sport professionnel : l’Assemblée vote sa

réforme de gouvernance, sans trancher la

crise des droits TV

L’Assemblée nationale a adopté le 29 juin la proposition de loi sur l’organisation, la gestion et le financement du sport

professionnel, portée depuis 2025 par les sénateurs de l’Isère Michel Savin (Les Républicains) et du Val-de-Marne

Laurent Lafon (Union centriste). Le texte redistribue, un peu, les pouvoirs au profit des fédérations sans pour autant

résoudre l’effondrement des droits audiovisuels qui a motivé son lancement.

oixante-quinze voix

pour, deux contre : le

score, aussi net soit-il,

masque une participation

restreinte dans l'hémicycle

pour un texte qui avait pourtant

recueilli l'assentiment

quasi unanime du Sénat un

an plus tôt. Le signe que réformer

la gouvernance du

sport professionnel n'était

pas une priorité des députés.

Entre les deux votes, la proposition

de loi (PPL) a traversé

plusieurs mois d'auditions,

de tensions avec les

ligues — surtout la Ligue de

football professionnel (LFP)

— et plus de 300 amendements.

Un rééquilibrage des pouvoirs

vers les fédérations

Sur la gouvernance, le texte

tient sa promesse. Les représentants

du sport professionnel

ne pourront plus détenir

plus de 25 % des droits de

vote dans les assemblées générales

électives des fédérations

délégataires. En cas de

blocage sur la convention de

subdélégation, le ministre

des Sports pourra imposer

une solution, avec la possibilité,

en dernier recours et

après validation gouvernementale,

de retirer la subdélégation

de service public en

cas de « défaillance grave »

ou de « difficultés sérieuses

de financement ». Le gouvernement

pourrait aussi

prolonger d'autorité une

convention, « solution intermédiaire

avant le retrait de

délégation » selon la ministre

Marina Ferrari — mesure

plafonnée à deux ans

par le rapporteur Lionel

Duparay (Droite républicaine).

Les fédérations pourront

même créer leur propre

société commerciale pour

reprendre la main sur les

compétitions, une option qui

pourrait à terme redessiner

l'existence de structures

comme la LFP. En théorie

seulement, tant elles restent

soumises aux mêmes logiques

de marché.

Venue à plusieurs reprises

s'opposer aux amendements

des députés, Marina Ferrari

a eu gain de cause dans la

grande majorité des cas —

mais pas toujours : les exigences

d'honorabilité sont

étendues à l'ensemble des

salariés des fédérations,

contre l'avis du gouvernement,

qui redoutait une fragilité

juridique.

La crise des droits TV,

angle mort du texte

La possibilité de sanctionner

une ligue défaillante et le

plafonnement des rémunérations

des dirigeants et salariés

(trois fois le plafond annuel

de la sécurité sociale,

soit environ 144 000 € par

an) constituent des changements

structurels. Ce plafond

a d'ailleurs suscité un

débat inattendu, certains députés

s'interrogeant sur la capacité

de la FFF à recruter

un sélectionneur du calibre

de Zinédine Zidane dans ce

cadre.

Plusieurs mesures plus disruptives

ont été écartées en

séance : le plafonnement de

la masse salariale des clubs à

65 % de leur budget, ou la

diffusion gratuite obligatoire

d'un match de Ligue 1 par

semaine.

Suite page 3

LA LETTRE DU SPORT

Sommaire

International

Le PGA Tour instaure un championnat à deux divisions...........................................................2

France

Le champion de France exclu des championnats professionnels! .............................................4

Le Stade Toulousain encore sanctionné ......................................................................................5

Economie

OM : « Il faut que l’on change de modèle »..............................................................................6

La famille Nicollin veut continuer l’histoire ..............................................................................6

Médias

Nicolas de Tavernost a un successeur ........................................................................................7

La Lettre du Sport

GROUPE SPORT.FR SA

BP 40077

66050 PERPIGNAN CEDEX

E-mail : sport@sport.fr

Service abonnements

Tél. 09 70 40 65 15

E-mail : commercial@sport.fr

Disponible uniquement sur abonnement

Directeur de la publication :

David Tomaszek

Rédacteur en chef :

Emmanuel Frattali

Dépôt légal à parution

ISSN 1282-1365

Commission paritaire 1022T89411

Imprimerie Domenica Media / Espagne


International

N°1318 La Lettre du Sport vendredi 10 juillet 2026

Le PGA Tour instaure un championnat à deux

divisions

La concurrence du LIV Tour ne semble plus inquiétée le PGA Tour avec le retrait annoncé de son financeur, le fonds

souverain d’Arabie saoudite. Le circuit américain en profite même pour présenter une profonde refonte de son

fonctionnement. Elle entrera en vigueur à partir de la saison 2028. Le principe : organiser ses tournois autour de deux

niveaux distincts, avec un système de promotion et de relégation.

e premier niveau,

baptisé PGA Tour

Championship Series,

réunira les meilleurs joueurs

du circuit sur un calendrier

resserré, de février à août. Il

devrait compter environ 23 à

24 rendez-vous par saison,

en incluant les quatre

Majeurs, le Players

Championship, les épreuves

par équipes comme la Ryder

Cup ou la Presidents Cup selon

les années, ainsi qu’une

quinzaine de tournois réguliers

du PGA Tour.

Les épreuves régulières de

cette Championship Series

proposeront des dotations

d’au moins 20 M$, avec des

champs d’environ 120

joueurs. Chaque épreuve se

jouera sur 72 trous, avec un

cut après 36 trous, mais sans

liste d’attente ni invitations

sponsors.

Une Challenger Series

pour accéder à l’élite

En parallèle, une PGA Tour

Challenger Series verra également

le jour. Pensée

comme la principale voie

d’accès vers la

Championship Series, elle

proposera au moins 20 tournois,

avec des dotations d’au

moins 4 M$ et des champs

d’environ 144 joueurs. Ces

épreuves se disputeront en

même temps que celles du

premier niveau, même si environ

sept tournois devraient

être placés lors des semaines

sans Championship Series,

afin de leur offrir davantage

d’exposition.

CEO du PGA Tour et futur

successeur de Jay Monahan

au poste de commissioner en

janvier 2027, Brian Rolapp a

indiqué que le Korn Ferry

Tour, jusque-là principale

rampe d’accès vers le PGA

Tour, le PGA Tour Americas

et le PGA Tour University

resteraient des voies importantes

pour préparer les futurs

joueurs du PGA Tour.

Le PGA Tour conservera

également sa Q-School annuelle,

qui pourra permettre

d’accéder à la Challenger

Series, ainsi qu’aux circuits

de développement.

Un système de montée et

descente

Le changement le plus important

concerne le statut des

joueurs. À l’issue de chaque

saison, au moins les 90

meilleurs joueurs de la

Championship Series

conserveront leur place pour

l’année suivante. Ceux qui

échoueront à garder leur statut

risqueront une relégation

vers la Challenger Series. À

l’inverse, au moins 20

joueurs issus du deuxième

niveau seront promus

chaque année dans l’élite.

Deux possibilités de promotion

immédiate existeront

également : remporter plusieurs

tournois de

Challenger Series lors d’une

même saison, ou gagner un

Majeur. Le PGA Tour prévoit

aussi une série dite de

« dernière chance », composée

de quatre à six tournois

disputés à l’automne, où un

nombre limité de places en

Championship Series sera

encore en jeu pour la saison

suivante.

L’objectif affiché est

double : permettre aux

meilleurs joueurs de se retrouver

plus souvent dans les

mêmes tournois, tout en

donnant davantage de lisibilité

aux enjeux sportifs. Le

PGA Tour promet également

un nouveau système de

points, distinct pour chaque

série. Le projet inclut également

une dimension internationale.

Les meilleurs

joueurs de la Championship

Series pourraient participer à

une série limitée d’épreuves

à l’automne, en partenariat

avec le DP World Tour, dans

le cadre de l’alliance stratégique

entre les deux circuits.

pro.sport.fr/golf

LA LETTRE DU SPORT

En bref

La police démantèle un réseau de paris sportifs illégaux. Un vaste réseau de paris sportifs illégaux lié à la Coupe du monde a été

démantelé à Taïwan. Huit personnes ont été arrêtées. Cinq de ces huit personnes étaient venues de Hong Kong et de Macao avec des visas de

tourisme pour participer à cette opération de paris sur le Mondial. Les autorités estiment que près de 300 M$ (263 M€) de mises ont transité.

Le Masters WTA délocalisé aux États-Unis. Le Masters WTA aime les voyages. Le tournoi qui réunit en fin de saison les huit meilleures

joueuses de tennis de l’année, se déroulera en novembre à Indian Wells aux États-Unis et non à Ryad (Arabie saoudite) où il devait initialement

se jouer comme l’année dernière et où il devait rester pour au moins trois ans. Plusieurs événements sportifs prévus au Moyen-Orient ont été

annulés ou reportés depuis le déclenchement de la guerre dans la région avec les bombardements israélo-américains contre l’Iran le 28 février

dernier. Le tournoi féminin se trouve à son tour victime de la situation, mais il a déjà la bougeotte. Depuis les cinq années passées à Singapour,

entre 2014 et 2018, le Masters WTA ne cesse de changer de lieu : Shenzhen (Chine) en 2019 (édition 2020 annulée à cause du Covid-19),

Guadalajara (Mexique) en 2021, Fort Worth (États-Unis) en 2022, Cancun (Mexique) en 2023, Riyad en 2024 et 2025, et donc Indian Wells

en 2026. Le site accueille déjà en mars un tournoi Masters et WTA 1000.

2


France

N°1318 La Lettre du Sport vendredi 10 juillet 2026

Sport professionnel : l’Assemblée vote sa réforme de

gouvernance, sans trancher la crise des droits TV

Suite de la page 1

LA LETTRE DU SPORT

« Contraindre à la diffusion

en clair d'un match par journée

conduira inévitablement

à favoriser une commercialisation

en plusieurs lots, ce

qui risque de dévaluer les

droits audiovisuels », a justifié

Marina Ferrari. La LFP,

qui rappelle que ces droits

pèsent plus de 50 % des revenus

des clubs, y était elle

aussi hostile.

Le modèle économique du

football français reste donc

inchangé : aucune remise à

plat du financement par les

droits télévisés n'a été actée.

C'est là que la réforme atteint

ses limites. Les droits

audiovisuels domestiques de

la Ligue 1, qui dépassaient le

milliard d'euros en 2018,

sont tombés à 400 M€ en

2024-2025, avant de s'éroder

encore avec les départs de

DAZN puis de beIN Sports.

La chaîne Ligue 1+ n'a pour

l'instant rapporté que

150 M€, très loin de compenser

la perte.

Le texte agit ainsi sur les

symptômes plutôt que sur la

cause. L'Arcom voit ses

pouvoirs de blocage en

temps réel des diffusions pirates

renforcés, un piratage

dont Nicolas de Tavernost,

ex-patron de LFP Media,

chiffrait l'impact à environ

100 M€. « Un spectateur

ayant basculé dans le piratage

est très difficile à ramener

vers une offre légale. (...)

L'article 10 bis C tend à interdire

aux influenceurs la

promotion directe ou indirecte

de contenus piratés »,

complète la ministre.

Plus notable : le texte interdit

à un dirigeant d'une entreprise

de diffusion audiovisuelle

ou de paris sportifs de

siéger dans l'organe délibérant

d'une ligue commercialisant

des droits télé. Il vise

directement, sans le nommer,

Nasser Al-Khelaïfi, à la

fois président du PSG et de

beIN Media Group, ministre

sans portefeuille du Qatar et

président de l'ECA.

Paris perdus

La mise sous tutelle de la

LFP — sa transformation en

« société de clubs » — entraîne

une autre conséquence

: la perte de contrôle

sur les recettes des paris

sportifs. Le transfert à la FFF

de « l'exploitation du droit

aux paris sportifs » représente

une perte de 12 à

15 M€ par an pour le secteur

professionnel, la Ligue encaissant

1 % des mises (1,3

% la saison dernière) pour

mettre ses compétitions à

disposition des opérateurs.

La publicité sur les paris est

par ailleurs plus sévèrement

encadrée : interdiction, pour

télévisions et radios, de diffuser

des spots « de cinq minutes

avant le début (…) à

cinq minutes après la fin »

d'une rencontre sportive.

Comme d'autres chaînes,

Ligue 1+ bénéficie de ces revenus

autour des matches :

ils vont forcément baisser.

Multipropriété, DNCG,

sport féminin : les points à

surveiller

D'autres dispositions méritent

l'attention avant la

conciliation entre les deux

chambres. Contre l'avis du

gouvernement et en rupture

avec la commission des

Affaires culturelles, les députés

ont voté l'interdiction

pure et simple de la multipropriété

d'un club français

et d'un club étranger. Non rétroactive,

elle risque de devenir

un irritant. La DNCG,

elle, voit ses prérogatives

élargies pour autoriser, suspendre

ou interdire un rachat

La multipropriété au cœur des tensions avec les présidents

menaçant la stabilité d'un

club, son contrôle portant

désormais sur la viabilité

même du modèle économique.

Dans le même esprit, la

Cour des comptes pourra auditer

fédérations et ligues, et

l'écart de répartition des

droits audiovisuels entre

clubs d'une même compétition

est plafonné à un rapport

de 1 à 3. Le développement

du sport féminin entre

pour la première fois parmi

les critères de solidarité financière

du sport professionnel,

aux côtés d'un encadrement

des paris chez les

18-25 ans.

Sur ces points de friction, la

commission mixte paritaire

devra trouver un compromis

avant l'adoption définitive.

Le texte divisait avant même son adoption : vingt-deux présidents de clubs avaient signé une tribune

dans Le Figaro pour s'y opposer. Le vote n'a pas refermé la fracture, certaines dispositions redessinant

les équilibres économiques du football français sans consensus.

L'interdiction future de la multipropriété, qui épargnerait les clubs déjà engagés, suscite

l'incompréhension de Loïc Fery, président du FC Lorient, dont le club appartient au groupe Black

Knight Football Club — également propriétaire de Bournemouth (Angleterre) et Moreirense (Portugal).

Il ne voit pas pourquoi un seul secteur interdirait les interactions avec d'autres, et juge que la France

s'isole quand d'autres pays cherchent au contraire à développer ce type d'investissements. Vent debout

contre la PPL, il estime qu'elle « va handicaper le sport professionnel pendant des années ».

Jean-Michel Roussier, président du Havre, partage cette réserve mais plaide pour une régulation

européenne plutôt qu'un simple retrait : une interdiction purement française n'aurait pas de sens si la

multipropriété restait permise partout ailleurs sur le continent.

Vers une vente groupée des droits de Ligue 1

Autre disposition à fort potentiel économique : la possibilité, jusqu'ici interdite, de vendre l'intégralité

des droits de la Ligue 1 en un seul lot. Cette perspective d'exclusivité totale pourrait inciter les diffuseurs

à miser davantage sur la compétition — un argument commercial que le morcellement actuel des droits

ne permettait pas de mettre en avant.

3


France

N°1318 La Lettre du Sport vendredi 10 juillet 2026

Le champion de France exclu des championnats

professionnels!

Même si l’issue semblait inéluctable, l’officialisation de la nouvelle a l’effet d’une bombe. La DNCCG, organe de

contrôle de la LNB (Ligue nationale de basket), a refusé d’inscrire Monaco, tout frais champion de France, au sein des

championnats professionnels la saison prochaine !

a sentence tombe

moins de dix jours

après le troisième

sacre national du club de la

principauté, en proie à une

situation financière très précaire

depuis plusieurs mois.

La DNCCG (Direction nationale

du conseil et du

contrôle de gestion) justifie

sa décision par

« l’absence de garantie suffisante

sur la viabilité économique

du club au titre de la

saison à venir et de l’état

d’avancement des dossiers

de reprise du club ».

Une sanction prévisible

Ce couperet semble peu surprenant

pour la formation détenue

par l’homme d’affaires

russo-hongrois Aleksej

Fedoricsev, laquelle ne survit

depuis six mois que grâce à

l’État monégasque et à un

prêt de sa Société nationale

de financement (SNF).

L’objectif alors affiché par le

gouvernement était de maintenir

à flot jusqu’à la fin du

championnat le club vicechampion

d’Europe 2025,

qui devait rembourser au 30

juin toutes les sommes engagées

par la SNF. Le 19 juin

devant le tribunal de

Monaco, le mandataire judiciaire

chargé d’examiner les

comptes de l’ASM avait affirmé

qu’en l’état elle ne

semblait pas en mesure de

rembourser et allait se retrouver

de facto en cessation de

paiements au 1er juillet. Une

nouvelle audience est programmée

le 10 juillet.

L’État monégasque à la

rescousse ?

La « Roca Team » doit pouvoir

compter sur un budget

de 10 M€ minimum si elle

ambitionne de jouer, en plus

du championnat, en

Eurocoupe. Soit la deuxième

compétition européenne, où

elle a été reversée à partir de

la saison prochaine après

cinq ans en Euroligue, faute

d’avoir pu présenter des garanties

suffisantes.

Le club de la Principauté,

vainqueur le 23 juin de son

troisième titre de champion

de France, va faire appel de

cette décision devant la commission

d’appel de la

Fédération française de basket

(FFBB). D’ici-là, son directeur

général Oleksiy

Yefimov aura peut-être réuni

le tour de table d’investisseurs

prêts à reprendre la

dette, estimée selon différentes

sources proches du

dossier à 25 M€ à l’issue de

la saison. Et assez solides

pour présenter des garanties

financières devant la commission

d’appel.

Le gouvernement monégasque

pourrait tenter d’organiser

un sauvetage par

l’entremise d’investisseurs

locaux, comme en 2003 pour

sauver la section professionnelle

de football, avec le milliardaire

Michel Pastor à la

tête de la structure Monaco

Football Investissement.

La volonté de sauver la section

professionnelle d’un

club qui vient de briller cinq

saisons en Euroligue et de

remporter sept trophées

hexagonaux (Championnat

2023, 2024 et 2026, Coupe

2023 et 2026, Leaders Cup

2026, Supercoupe 2025) est

une décision politique.

Une édition record pour le Label Club LNB

La Ligue nationale de basket (LNB) décerne ses labels pour la saison 2025-2026. Ils distinguent les clubs au travers de plusieurs facteurs :

projet global, ressources humaines, gestion financière, expérience fan, politique sportive, formations des jeunes… Pas moins de 27 labels

ont été distribués entre les deux premières divisions, avec quatre clubs labellisés Or.

La JL Bourg, véritable référence en la matière, décroche ainsi son cinquième Label Or, le quatrième consécutif. Le club bressan, vainqueur

cette saison de l’Eurocoupe, s’est classé premier dans trois catégories : Projet club, Structuration financière et Expérience client. Alors qu’elle

était seule institution Or il y a encore deux ans, la Jeu est désormais rejointe par trois autres clubs. Parmi eux, l’Élan Chalon. Il obtient sa

quatrième récompense Or, après avoir élevé ses standards pour répondre aux exigences de la Ligue.

Le Paris Basketball décroche son deuxième Label Or

LA LETTRE DU SPORT

Le Paris Basketball confirme sa montée en puissance en obtenant le Label Or pour la deuxième année consécutive. Enfin, Le Mans intègre

pour la toute première fois ce cercle très fermé, couronnant des années de rigueur dans sa gestion globale.

Un nouveau cahier des charges

Forcément, ces résultats ont de quoi réjouir Philippe Ausseur, le Président de la LNB. « Cette année encore les résultats démontrent la qualité

du travail mené au quotidien par [les clubs] La forte adhésion à ce dispositif, ainsi que la qualité des projets présentés attestent de son

importance au sein de la LNB. Ces résultats historiques renforcent la position de la LNB comme ligue européenne de référence, sur et en

dehors des parquets », peut-on lire dans le communiqué. De son côté, Christian Lemasson, Président de la Commission Label Club, salue

le travail accompli par les clubs : « Le record du nombre de clubs labellisés atteste de leur haut niveau de structuration ». Il a également

annoncé qu’un nouveau cahier des charges, encore plus exigeant, entrera en vigueur dès la saison prochaine. Il remplacera l’actuel, en

vigueur depuis cinq ans. Le but étant de mieux coller aux nouveaux enjeux du sport professionnel.

4


France

N°1318 La Lettre du Sport vendredi 10 juillet 2026

Le Stade Toulousain encore sanctionné

C’est une habitude étrange. Le Stade Toulousain, quadruple champion de France en titre, écope d’une amende de

2,88 M€ pour deux affaires s’étalant sur plusieurs années liées à des infractions au salary cap. Il s’agit de la cinquième

condamnation du club de Top 14 en trois ans.

ix jours après son quatrième

titre de Top 14

d’affilée, le club dirigé

par Didier Lacroix a été reconnu

coupable d’avoir dépassé

le plafond autorisé lors

de trois des quatre dernières

saisons (2021-2022, 2022-

2023 et 2024-2025) ainsi

que des « manquements à

l’obligation générale de

transparence et de coopération

» de 2021 à 2025, par la

commission discipline de la

Ligue nationale de rugby

(LNR), après une audience

le 26 mai.

Un barème plus sévère la

saison prochaine

Les reproches portent notamment

sur des contrats de

droit à l’image sans contrepartie

visible entre le troisième

ligne de Toulouse et

du XV de France Anthony

Jelonch, avec un partenaire

du club, la société de services

aéroportuaires 3S-

Alyzia, ce qui est interdit par

le règlement, selon des informations

révélées en début

d’année par le journal

L’Équipe. L’autre manquement

concerne les modalités

du versement des primes de

champion de France à quatre

joueurs, qui n’ont pu être exclues

de l’assiette du salary

cap car convenues entre le

club et quatre joueurs après

la finale 2024-2025. La

commission de discipline

spécialisée salary cap indique

dans son communiqué

avoir réintégré les sommes

non prises en compte initialement

dans le calcul de l’assiette

salariale pour établir

l’amende concernant les dépassements,

représentant

1,83 M€. Un million supplémentaire

est demandé pour

les « manquements à l’obligation

générale de transparence

et de coopération », et

50.000 € concernant la révocation

d’un sursis.

À compter de la saison prochaine,

de telles infractions

exposeront le club déviant à

une interdiction de phase finale,

à une rétrogradation ou

à un retrait de points

(jusqu’à 15 points en cas de

dépassement supérieur à 500

000 €). Par ailleurs, les manquements

à l’obligation de

transparence et ceux portant

sur des dépassements de plafond

de 200 000 € ou plus ne

pourront plus se régler dans

la discrétion d’une chambre

de médiation.

Une suite d’affaires dans le

temps

Ces dernières années,

Toulouse a écopé d’une

amende avec sursis lors du

départ de l’ailier des

Springboks Cheslin Kolbe

vers Toulon puis, en 2025 a

versé une contribution de

1,3 M€ pour arrêter les poursuites

autour du transfert de

l’arrière international

Melvyn Jaminet depuis

Perpignan (les investigations

judiciaires ont été transférées

de Toulouse à Bordeaux

et élargies à des faits potentiellement

constitutifs d’escroquerie

en bande organisée,

de blanchiment en

bande organisée de ce délit

et blanchiment d’abus de

biens sociaux, ndlr).

D’autres procédures de médiation

ont pu avoir lieu

entre le club et la LNR sans

qu’aucune des deux parties

ne soient tenues de communiquer

dessus. L’Équipe a

notamment évoqué une

contribution de 200.000 €

versés dans une affaire similaire

à celle d’Anthony

Jelonch avec le demi de mêlée

star Antoine Dupont.

En réaction, le Stade

Toulousain a indiqué que ces

« sanctions qui, pour être

très inférieures à celles que

la Ligue réclamait (5 M€

avaient été requis), ne lui

paraissent pas moins injustes

pour ne pas dire incompréhensibles.

Certains

points sont pour le moins

disproportionnés. D’autres

sont parfaitement infondés

». En cas d’appel devant

la Commission d’appel de la

FFR, la LNR précise qu’il

ne sera « pas suspensif ». Le

club avait fait savoir auparavant

qu’il épuiserait tous les

recours possibles en cas de

condamnation.

Cette décision ne constitue

pas le record pour une

amende dans ce type de dossier,

le montant restant endessous

des 3 M€ versés par

Montpellier en 2020, et alors

que le club pouvait craindre

une amende allant jusqu’à

5 M€.

LA LETTRE DU SPORT

Bataille perdue à l’Assemblée

Au milieu de la proposition de loi sur l’organisation, la gestion et le financement du sport professionnel discutée à l’Assemblée nationale la

semaine dernière, il était beaucoup question de football, mais pas que. Le Stade Toulousain a cherché à tirer parti de la situation pour faire

amender le texte en sa faveur. La tactique a faillé fonctionner. Le 13 mai, en commission, les députés avaient adopté un amendement

confirmant que « le champ des rémunérations susceptibles d’être prises en compte ne se limite pas au seul salaire au sens strict du droit du

travail » et que ces « avantages et contreparties, de toute nature, consentis directement ou indirectement aux sportifs, peuvent également

être versés par des structures ou personnes liées à celui-ci, notamment des partenaires ou entités associées ». Une bombe à fragmentation

dans le jardin du salary cap de la LNR. Mais lors de la séance publique au Palais Bourbon, un contre-amendement, défendu par la ministre

des Sports Marina Ferrari, a fait retirer ces dernières précisions au prétexte que « les termes de promesse ou de personnes liées » étaient «

des notions imparfaites, vagues et, de ce fait, insécurisantes juridiquement ».

PRO.SPORT.FR/RUGBY

5


Economie

N°1318 La Lettre du Sport vendredi 10 juillet 2026

OM : « Il faut que l’on change de modèle »

Stéphane Richard, dont la prise de fonctions est effective depuis le jeudi 2 juillet, a profité de la présentation du

partenariat de naming entre l’Olympique de Marseille et la CEPAC au sujet du stade Vélodrome pour évoquer la

nouvelle gestion du club.

our le nouveau président

de l’Olympique

de Marseille, qui « a

l’impression d’être là depuis

dix ans », tout va très vite

avec l’OM. « On avait beaucoup

d’échéances, on les a

passées, ce qui est la première

bonne nouvelle, a-t-il

confié en marge de la présentation

du contrat de naming

entre l’OM et la CE-

PAC pour le stade

Vélodrome (CEPAC

Vélodrome désormais et

pour sept ans au moins,

ndlr). Le paysage s’est clarifié,

on a une feuille de route

claire vis-à-vis des régulateurs

que sont l’UEFA et la

DNCG. On a mis en place

un nouveau casting sportif,

avec un nouveau directeur

sportif, Greg Lorenzi, déjà

au travail depuis un petit

moment, et un nouvel entraîneur

Bruno Genesio. Un très

grand professionnel et une

personnalité totalement en

phase avec ce que j’aimerais

créer dans ce nouveau cycle

: une culture de sérieux, de

calme, de discrétion dans les

médias, l’accent sur la formation.

On doit mener cette

transformation assez rapidement.

»

Annoncé depuis le mois

d’avril par Frank McCourt,

le propriétaire américain du

club, l’ancien patron

d’Orange est venu compenser

le départ précipité de

Pablo Longoria en février.

Alors que le club marseillais

a terminé la saison de Ligue

1 à la 5e place, synonyme de

non-qualification en Ligue

des champions, et avec des

dépenses pharaoniques lors

des fenêtres de mercato et la

masse salariale la plus importante

de son histoire, le

nouveau président a affiché

sa volonté de « changer de

modèle ». « Il faut que l’on

change de modèle, a-t-il

continué. Le modèle qui

consistait à dépenser beaucoup

d’argent pour acheter

des joueurs, et souvent pour

une saison, n’a pas connu le

résultat attendu sur le plan

sportif, et encore mois sur le

plan financier. Il faut réinventer

un OM en contrôle de

ses finances, avec un projet

sportif qui ne renonce pas à

l’ambition mais qui compose

un peu plus avec des

réalités qui s’imposaient. Il

y a toujours un moment où il

faut passer devant le gendarme.

On veut remettre le

club sur de bons rails, ce qui

ne veut pas dire qu’on n’a

pas d’ambitions. »

Dix millions d’euros

d’amende

L’objectif est donc d’assainir

les finances tout en restant

compétitif. Au cours des derniers

exercices, l’OM, qui

n’a jamais été non plus un

modèle en matière de vertu

financière, a multiplié les dérapages.

Le club phocéen est passé de

-12,6 M€ en 2022-2023 à -

39 millions en 2023-2024,

puis à -105 M€ la saison suivante

! La DNCG a annoncé

un encadrement de la masse

salariale pour cette saison.

Tandis que l’UEFA a infligé

une amende de 10 M€ et une

exclusion de toutes compétitions

européennes en 2027-

2028 si les finances du club

ne revenaient pas à l’équilibre

d’ici-là.

La famille Nicollin veut continuer l’histoire

Malgré un contexte difficile (stagnation en Ligue 2, baisse des droits télé et abandon du projet de nouveau stade), les

frères Nicollin ont réaffirmé leur attachement au Montpellier Hérault, expliquant que « l’histoire n’était pas terminée

».

LA LETTRE DU SPORT

lors qu'une vente

était attendue – certains

la disaient

même déjà conclue avec le

groupe anglo-saxon GSS –,

le Montpellier Hérault reste

finalement dans le giron de la

famille Nicollin. Le communiqué

est signé de Laurent et

Olivier Nicollin, ce qui n'a

rien d'anodin : jusqu'ici,

Laurent était le seul à s'exprimer.

Le cadet avait pourtant

affiché sa lassitude face aux

difficultés financières et à

l'abandon du nouveau stade,

mandatant même une banque

d'affaires pour une éventuelle

vente. Il n'en sera rien.

« Après des mois de réflexion,

une conviction s'est

imposée : notre histoire avec

le MHSC n'était pas terminée

», expliquent les deux

frères. Ils rappellent une

aventure familiale de cinquante-deux

ans, lancée en

1974 par leur père, Louis

Nicollin. « Certaines décisions

auraient mérité d'être

différentes. Nous les assumons.

Mais une chose n'a jamais

changé : notre attachement

à Montpellier. »

« Être à la tête du MHSC n'a

jamais été un investissement,

mais un engagement. » Une

nouvelle étape doit rendre au

club « une solidité économique

durable » tout en préservant

son indépendance et

son ancrage montpelliérain.

La porte reste ouverte

Tout en conservant les rênes,

les Nicollin se disent prêts,

« le moment venu », à accueillir

(des partenaires)

« qui partageront notre vision,

nos valeurs et notre attachement

au territoire, dans

le respect de l'identité du

MHSC ».

6


Médias

N°1318 La Lettre du Sport vendredi 10 juillet 2026

Nicolas de Tavernost a un successeur

LFP Media a trouvé son nouveau directeur général en la personne d’Olivier Bramly. Homme de médias, il hérite d’un

dossier miné par l’effondrement des droits télévisés et par l’urgence de préparer l’appel d’offres 2029-2034.

n avait fini par l’oublier.

Mais LFP

Media évoluait sans

patron attitré depuis l’officialisation

du départ de

Nicolas de Tavernost. Après

des semaines de chaise plus

ou moins vide, son successeur

a enfin été désigné :

Olivier Bramly, ancien responsable

au sein des groupes

de médias Fox et Eurosport,

et jusque-là directeur général

pour l’Europe du Sud de

TikTok.

Une crise économique sans

précédent

Le nouveau venu arrive dans

un contexte où la Ligue 1

traverse une crise économique

sans précédent, avec

des droits TV qui se sont effondrés

ces dernières années.

Ils s’élevaient encore à

500 M€ en 2024. Un an plus

tard, LFP Media n’a trouvé

aucun diffuseur intéressé

après le retrait précipité de

DAZN. Aujourd’hui, les

clubs ne perçoivent que de

maigres recettes de Ligue

1+, la plateforme mise sur

pied dans la précipitation

(mais non sans succès) l’été

dernier. Au dernier relevé,

elle totalise 1,1 million

d’abonnés, avec un objectif

affiché de chiffre d’affaires

en fin de saison d’environ

150 M€. Une somme modeste

à partager entre les 18

clubs de Ligue 1, qui s’avère

très insuffisante.

Le neuvième match, une

bouffée d’air pour Ligue

1+

Olivier Bramly reprend toutefois

les rênes à un moment

intéressant pour Ligue 1+,

qui récupère le neuvième

match qui lui manquait et

dispose ainsi de l’exclusivité

de la compétition. La plateforme

a déjà pu annoncer

une augmentation prochaine

de ses tarifs : l’abonnement

mensuel avec engagement

d’un an fera un bond de 5 €

pour atteindre 19,99 €, avec

une offre préférentielle à

16,99 € pour les personnes

déjà abonnées. Il s’agit déjà

de compenser les 78,5 M€

perdus de beIN Sports pour

la diffusion du neuvième

match.

Arrêt sur image : la Ligue 1,

à son corps défendant, perd

78,5 M€ pour un seul match,

quand Canal+ verse un peu

plus de 100 M€ par an pour

la totalité du Top 14 et de la

Pro D2. On ne le dira jamais

assez : une telle destruction

de valeur en quelques années

relève de l’inédit dans

l’histoire économique du

secteur.

Olivier Bramly a successivement

fait partie des directions

de groupes audiovisuels,

à la fois dans le sport,

le divertissement et le streaming,

avant de se tourner

vers le conseil et l’investissement

dans les groupes de

médias, principalement au

Moyen-Orient. C’est un spécialiste

des droits internationaux.

Outre l’option de

vendre les droits à un diffuseur

tiers, une des pistes envisagées

pour Ligue 1+ serait

d’associer son offre à

celle d’une plateforme de

streaming spécialisée dans le

divertissement. Un

« bundle », dans le jargon du

secteur, qui aurait l’avantage

d’élargir la base d’abonnés

tout en lissant les périodes

de creux propres à la saison

de football, ce qui éviterait

les désabonnements.

Le chantier de l’appel

d’offres 2029-2034

Autre chantier prioritaire

pour le nouveau dirigeant et

ses équipes : préparer, dès

cet automne, un appel

d’offres pour la période

2029-2034. Dans une « note

stratégique » rédigée en

mars, Nicolas de Tavernost

avait recommandé de sonder

le marché d’ici la fin de l’année

pour des droits démarrant

à partir de la saison

2029-2030, au terme de

l’exclusivité de Ligue 1+.

Mais avant cela, il faudra vérifier

que des acteurs sont

prêts à répondre à une telle

consultation, afin que la LFP

ne fasse pas une nouvelle

fois chou blanc.

Dans cette quête, les clubs

pourront s’appuyer sur la

proposition de loi relative à

la gouvernance du sport professionnel.

Dans le texte

voté à l’Assemblée nationale,

l’une des dispositions

permet de vendre les droits

de la Ligue 1 en un seul lot,

ce qui était interdit jusqu’à

présent. L’exclusivité ainsi

conférée au produit pourrait

convaincre un acteur de se

lancer.

pro.sport.fr/medias

LA LETTRE DU SPORT

En bref

Égypte-Iran, record d’audience du Mondial. On n’aurait pas parié dessus. Alors que la Coupe du monde 2026 est d’ores et déjà

l’évènement majeur de l’été à travers le monde, les diffuseurs de chaque pays se frottent les mains. Si chaque match de la Coupe du monde

est suivi en priorité par les supporters des deux pays opposés, les amateurs de football regardent également les rencontres qui ne concernent

pas leur nation. Et parmi les 79 premiers matchs du Mondial, celui qui a fait la meilleure audience est... le match entre l’Égypte et l’Iran, affiche

du groupe G disputée le samedi 27 juin. Le nul (1-1) entre les deux équipes a réalisé la meilleure audience de ce début de compétition, avec

107,4 millions de téléspectateurs sur beIN Sports Mena. Un record, pour le moment, dans le tournoi avec un unique diffuseur, selon les chiffres

communiqués par la FIFA.

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N°1318 La Lettre du Sport vendredi 10 juillet 2026

Le magazine

Women Sports

N°39 est paru

Entretien-confession

exclusif avec

Amélie Oudéa-Castéra,

présidente du CNOSF

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