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assomption.psa.org

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N° 728 - trimestriel - Janvier - Février - Mars 2012 ***- 2,50 € - ISSN 0761-0564

L ,

Passionnément,

cap sur l’Europe,

des fondations

pour aujourd’hui

ses œuvres


sommaire

3

4

Edito

L’arbre aux oiseaux

Dossier

fondations en europe :

4 - Nîmes, le renouveau

au plus près des racines

8 - Quand vient le grand âge

9 - Un cœur qui bat,

du côté de Créteil

Des missions nouvelles

en Europe pour les Religieuses

de l’Assomption :

10 - Lyon, une « mission »

de défrichage

11 - Vilnius : une école source

12 - Madrid : un Pont

d’Espérance

13 - Padoue : Le Marianum fait

peau neuve

14 - Paroles de femmes

à “Mosaïque.9”

Fondations en Europe. Italie

15 - Sous le grand Chêne vert

En couverture : Photos : I. Andrei - D.R.

Poster : Genzano (Italie) : le Cloître - Photo : D.R.

2 - L’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

18

D.R. C. Mercier/CIRIC pour l’Assomption et ses œuvres

15

20

24

26

29

D.R.

livres

18 - La vie et les œuvres

du journal « La Croix»

Lourdes 2012

20 - Mgr Nicolas Brouwet,

évêque de Tarbes et Lourdes

21 - La 20 e journée mondiale

de la personne malade

22 - Lancement du Pèlerinage

National 2012

23 - Rencontre avec Jean-

Marie Martin, animateur du

réseau Saint Laurent : « Plus

qu’un métier, un apostolat »

Vocation

24 - En famille à l’Assomption

Prier avec des laïcs

26 - La prière

actualités

29 - Brother et Sister Act,

missionnaires de l’Espérance

30 - Un nouveau diacre

à l’Assomptionde l’Assomption.

- Une belle année pour la vie

religieuse.


Par le père Marie-Bernard KIENTZ,

Responsable de la Procure de l’Assomption.

L’arbre aux oiseaux

D.R.

E D I T O

Pour parler de l’Assomption, de la

grande famille de l’Assomption,

nous utilisons volontiers l’image

d’un bel arbre qui peuple le ciel bleu

de ses cinq branches maîtresses.

Un tronc droit, solidement enraciné

dans la terre des hommes, comme

le Christ, qui irrigue de sa sève les

branches de nos cinq familles religieuses

:

- Religieuses de l’Assomption,

fondées par sainte Marie-Eugénie de

Jésus, fi lle spirituelle du père Emmanuel

d’Alzon,

- Augustins de l’Assomption, nés

du père Emmanuel d’Alzon,

- Oblates de l’Assomption, congrégation

missionnaire, issues de notre

père commun et de Marie Correnson,

- Petites Sœurs de l’Assomption,

suscitées par le père Etienne Pernet

et Antoinette Fage, au service des

plus pauvres,

- Orantes de l’Assomption fondées

par le père François Picard et Mère

Isabelle de Clermont-Tonnerre pour

le service de la prière.

Petit à petit d’autres branches, un

peu moins connues, se sont greffées

sur l’arbre pour enrichir sa foisonnante

frondaison.

Cet arbre de l’Assomption me fait

penser, toutes proportions gardées, à

l’arbre de l’Évangile, né de la plus petite

graine mais abritant aujourd’hui

le gazouillement de tant d’oiseaux

divers : « l’arbre aux oiseaux ».

Il me fait penser aussi à cet arbre

du psaume qui, planté au bord du ruisseau,

ne craint ni la chaleur de l’été ni

la sécheresse, mais porte du fruit en

tout temps : « Il est comme un arbre

planté près du ruisseau qui donne

du fruit en son temps, et jamais son

éditorial

feuillage ne meurt » (psaume I, 3). Ou

encore : « Le juste grandira comme un

palmier, il poussera comme le cèdre

du Liban ; planté dans les parvis du

Seigneur, il grandira dans la maison

de notre Dieu » (Psaume 91 13).

Parfois telle ou telle branche

s’épuise pour avoir produit tout son

fruit. Mais d’autres pointent, inattendues,

surprenantes, ou renaissent,

comme après un long hiver, mais

toujours dans le vent du Royaume :

offertes aux plus pauvres, tendues

vers les jeunes, toujours au service de

l’Église et de l’unité des croyants.

En effet, « l’arbre se reconnaît à

ses fruits ». Si beaux soient-ils, ils seront

appréciés selon trois critères qui

nous sont imposés par nos chapitres

général et provincial. Nous nous défi -

nissons volontiers comme hommes

de foi, soucieux de faire connaître Jésus-Christ

et son Évangile, hommes

de communion, travaillant à l’unité

des chrétiens et cherchant l’entente

entre peuples et croyances, solidaires

des pauvres, attentifs à l’homme

marqué par ses multiples blessures.

Toutes nos communautés, nos implantations,

nos multiples activités

apostoliques, celles que nous voulons

maintenir, celles que nous voulons

innover pour mieux rejoindre nos

contemporains et rester signes au

cœur de l’Église pour que le monde

croie, doivent répondre à ces exigences

fondamentales. Les fantaisies

seraient aisées, mais l’arbre, toujours

nourri de la sève fondatrice, répond

à ses exigences propres pour rester

d’une espèce unique, reconnue, appréciée

et féconde pour le Royaume.

Vous nous connaissez suffi samment

pour les reconnaître. 0

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 3


FONDATIONS EN EUROPE

Paradoxe nîmois :

c’est ici entre arènes et Maison

carrée qu’a vécu Emmanuel

d’Alzon, c’est dans cette cité

qu’a été célébré en 2010

le bicentenaire de sa naissance,

mais pour le Nîmois lambda,

le nom de d’Alzon reste avant

tout celui d’un établissement

scolaire. Un beau défi

pour les communautés

assomptionnistes locales.

Edith LEFRANC, journaliste

www.oblates-assomption.org

4 - L’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

NÎMES, le renouveau

au plus près des racines

D’Alzon ? Un établissement scolaire

nîmois, véritable vaisseau

amiral, riche de 3 000 élèves,

de la maternelle aux classes postbac,

doté depuis peu d’une crèche.

Un petit monde qui pourrait presque

occulter la présence assomptionniste

dans la ville. Celle-ci compte trois

communautés, héritières directes

du P. d’Alzon. Les sœurs Oblates, les

Petites sœurs de l’Assomption et la

communauté internationale des Augustins

de l’Assomption, renouvelée

après le bicentenaire de la naissance

du fondateur fêté il y a deux ans. « Il

restait ici quelques pères assez âgés

et l’idée a germé d’accueillir à Nîmes

des jeunes prêtres ou diacres afi n

qu’ils s’insèrent dans une vie pastorale

et prennent un “bain d’histoire”

», sourit Michel Carrière, qui

quitta Toulouse l’an passé pour venir

animer cette communauté renaissante.

Autour de lui, Iulian Andrei,

- 31 ans, Roumain, ordonné prêtre

le 2 octobre dernier en la cathédrale

de Nîmes-, Gervais Mulimu, -

37 ans, originaire du Congo-, Juvence

Ramanambitana, -48 ans, prêtre

malgache- et Michel Zabé, le doyen,

arrivé à Nîmes il y a dix ans. « Nous

pourrions nous contenter d’intervenir

auprès du lycée d’Alzon, mais on ne

veut pas en rester là. On veut s’insé-


er dans un service d’Église, poursuit

Michel Carrière, s’impliquer dans la

pastorale des jeunes, dans le pôle solidarité

créé par le diocèse etc. Notre

communauté a aussi pour objectif

d’accueillir des frères de différents

continents pour une formation aux

sources. Nous voulons fi nalement témoigner

davantage de l’esprit du père

d’Alzon ».

Un lieu de mémoire

Pour témoigner, les Oblates disposent

depuis l’an dernier d’un outil

exceptionnel : le lieu de mémoire du

père d’Alzon, qui est constitué d’un

mini-musée très bien conçu et ouvert

I

Nhu Y, novice Oblate, en séance

de catéchèse auprès d’élèves

de l’Institut d’Alzon.

au grand public. « C’est très riche

pour nous, car nous recevons ici des

personnes en pèlerinage, des sœurs

en formation ou en année de probation.

L’accueil fait partie de notre

mission », fait remarquer Sœur Claire

Rabitz, qui fut jusqu’à l’an dernier la

supérieure générale de la Congrégation.

« J’ai aussi été directrice de

l’Institut d’Alzon pendant de longues

années ! J’effectue un retour aux

sources dans cette communauté où

nous sommes dix, dont deux novices

qui viennent du Vietnam ». De fait, les

I. Andrei

fondations en europe

I Sœur Zoé enseigne le français

au lycée dans les classes de BTS.

sœurs Oblates de Nîmes sont presque

toutes impliquées dans le monde

éducatif. Sœur Isabela, roumaine, est

aide-maternelle. Sœur Marie-Salvatrice,

congolaise, est en charge de la

basse-cour du lycée agricole de Vestric-et-Candiac,

près de Nîmes (l’un

des sites de l’Institut d’Alzon) tandis

que sœur Zoé, professeur de lettres

et de culture religieuse, est très impliquée

dans la pastorale des jeunes

du diocèse de Nîmes. Sœur Marie-

Une chance pour tous

« Le nom de d’Alzon évoque dans mon

esprit comme dans celui de beaucoup de

gens, le nom d’un établissement scolaire.

On ne fait peut-être pas suffi samment

le lien avec ces trois communautés

religieuses. Car l’esprit du P. d’Alzon

n’est pas enfermé dans une seule œuvre

éducative. Je suis très heureux de cette

volonté qu’ont les Assomptionnistes de

tenir une place dans la vie du diocèse.

Nous avons cette chance d’avoir

une communauté internationale et

l’intervention de certains de ses membres

dans les paroisses est à mes yeux très

importante. » 0

Monseigneur Wattebled, évêque de Nîmes

janvier 2012 - L’Assomption et ses œuvres - 5

D.R.


Les trois communautés aiment

se retrouver pour un moment

de partage (ici dans le jardin

des religieux assomptionnistes) ou

pour une célébration (comme dans

la chapelle de la rue Séguier animée

par les sœurs oblates).

Une laïque s’engage

« Je suis Nîmoise et ancienne élève du

collège d’Alzon. J’y ai fait ma scolarité de

10 à 18 ans, à une époque où beaucoup

de nos professeurs étaient des sœurs

Oblates. Ma vie d’épouse et de mère

de famille, puis ma vie professionnelle

en tant que sage-femme m’ont un peu

éloignée de l’Assomption, mais jamais

totalement. Depuis ma retraite, j’ai

renouée en m’engageant plus avant.

En prenant part aux AAA, (les Amis

des Augustins de l’Assomption), qui

organisaient des réunions et des forums

lant laïcs et Assomptionnistes, ou en

présidant le comité du Pèlerinage pour le

Gard. Depuis peu, il y a un renouveau avec

notamment la création d’une communauté

internationale. Une série de conférences

sur le P. d’Alzon a été organisée.

C’est très intéressant. Personnellement,

je n’y vois que des raisons de m’engager

davantage. » 0

Renée Martinez, laïque engagée

6 - L’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

D.R.

Patrick, présente à Nîmes depuis une

quarantaine d’années, après avoir

été enseignante à l’Institut d’Alzon, y

exerce des responsabilités de tutelle,

tandis que Sœur Claire Lottin, forte

de son expérience à Bayard, gère de

main de maître le Centre de documentation

du primaire. Enfi n, Sœur

I. Andrei

Judith, manipulatrice en radiologie,

ouvre la communauté aux réalités du

monde médical. Sans oublier Sœur

Hugues-Emmanuel, 89 ans, véritable

encyclopédie vivante de l’histoire

d’Emmanuel d’Alzon et de la

congrégation. Comment les Oblates

nîmoises voient-elles leur avenir ?


I. Andrei

« Nous voulons développer nos liens

avec les laïcs. Si nous voulons que

le charisme éducatif du P. d’Alzon

se poursuive, nous devons arriver à

faire travailler les trois communautés

locales ensemble et développer ainsi

cet esprit de famille auquel il était très

attaché », explique Sœur Claire. Le

réseau des enseignants, des parents

ou des anciens élèves de l’établissement

scolaire est le premier visé.

Les « Pernettes »

La troisième communauté nîmoise,

plus discrète, travaille depuis

longtemps avec des laïcs, grâce à une

Fraternité, groupe de réfl exion qui

se réunit régulièrement depuis des

années autour des sœurs. Les Petites

sœurs de l’Assomption sont en effet

implantées dans le quartier populaire

du Chemin-bas d’Avignon. Et ce n’est

pas parce que quatre des six sœurs

sont octogénaires qu’elles n’en sont

pas moins dynamiques ! À elles six,

les « PSA » comme elles se nomment,

tandis que les vieux Nîmois les appellent

encore les Pernettes - du nom

de leur fondateur Etienne Pernet -,

couvrent toutes les réalités du champ

social. Atelier d’alphabétisation dans

les associations du quartier, accueil

des familles de détenus, permanence

dans un centre de sans-abri, tournée

de nuit avec l’association Le Nid pour

aider les prostituées, participation aux

Cercles du silence qui protestent dans

la rue de façon non violente contre les

centres de rétention administrative…

« Notre fondateur était venu rejoindre

le P. d’Alzon à Nîmes, et c’est ici qu’il

a eu l’intuition de fonder une congrégation

de religieuses pour aller au

sein des familles pauvres aider les

I Sœur Isabela et les enfants d’une

classe de maternelle.

mamans malades. Notre mission première

est là : être aux côtés des gens

dans la diffi culté », explique Sœur

Marie-Louise.

Dans l’appartement des sœurs,

une photo noir et blanc évoque la rue

Enclos Rey, ce quartier où s’entassaient

au XIX e des milliers de Cévenols

venus travailler dans l’industrie

textile naissante, et vivant dans

des conditions indignes. Quand des

novices ou des sœurs étrangères

passent à Nîmes, les Petite sœurs de

l’Assomption aiment à les emmener

dans ces ruelles où prit racine leur

congrégation. Afi n que de cette riche

histoire nîmoise, l’esprit de l’Assomption

demeure vivace. 0

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 7


fondations en europe

Quand vient le grand âge

Les fondations et refondations

sont à l’ordre du jour à tout âge.

Pour les plus jeunes comme pour

les anciens. Au Mesnil-Saint-Denis

les sœurs Oblates adaptent aux côtés

des résidents laïcs leur communauté et

lieu de vie aux défi s du grand âge avec

l’ouverture d’un nouveau pôle de vie.

Catherine Lesage, Oblate de l’Assomption, et

Régis Calmer, directeur de la maison de retraite

« Le Fort Manoir »

Dans la vie religieuse, on apprend

beaucoup à déménager, les

oblates, missionnaires, le savent

bien. On pense cependant, qu’arrive un

âge où tout cela doit cesser. Cependant,

la vie est ainsi faite qu’il faut s’adapter,

se réadapter, en permanence. Sans

doute, est-ce l’appel permanent à la

conversion, à la disponibilité !

Alors pourquoi ne pas vivre ces

« étapes » comme des refondations ?

Une « re-fondation » comme une

réponse à de nouveaux appels. Les

oblates du « Fort Manoir » au Mesnil-Saint-Denis

(78) le savent bien.

La maison se transforme, répond

aux nouveaux défi s de notre époque.

Actuellement, voici la période des travaux,

dans le but d’ouvrir un « P.A.S.A. :

La vie religieuse en chiffres

La vie religieuse en

France subit de profonds

mouvements de fond, dont

le vieillissement global des

communautés est sans doute

le plus visible. Tout comme

pour les prêtres diocésains,

la moyenne d’âge au

sein des communautés

religieuses est comprise

entre 70 et 80 ans.

Les religieux et religieuses

en France sont environ

40 000 (ils étaient 60 000

il y a 10 ans), avec environ

8 - L ’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

un Pôle d’Activités et de Soins Adaptés

», soit un accueil de jour de l’établissement

pour des personnes ayant

la maladie d’Alzheimer ou une maladie

apparentée. Cela bouscule. C’est

ce que nous a précisé le directeur de

cette institution , Monsieur Calmer.

« La première pierre de la maison

fut bénite le 10 avril 1894. En 1994, cent

ans après, les premières résidentes

laïques sont accueillies. Aujourd’hui

une vingtaine de sœurs vivent avec une

cinquantaine de résidents laïcs.

Pour les familles et les résidents,

la présence des sœurs est considérée

comme un plus. Au-delà de l’aspect

« spirituel », il se dégage un sentiment

de sérénité. Cette présence ainsi que

la possibilité d’organiser des obsèques

au sein même de l’institution participe

à une complémentarité du projet d’accompagnement

de fi n de vie de l’institution.

Les sœurs bénéfi cient aujourd’hui

d’un meilleur niveau de confort et de

prise en charge des soins. Toutefois, il

s’agit d’accepter des normes d’hygiène,

de sécurité et des pratiques hôtelières.

La maladie d’Alzheimer n’épargne

pas les sœurs, et il n’est pas facile de

voir sa consœur perdre la mémoire ou

ne plus occuper les responsabilités de

10 % d’entre eux qui ont

moins de 45 ans. Des

hommes et des femmes qui

vivent « l’aventure humaine

et spirituelle du don total

de leur vie au Christ et aux

autres, dans le célibat ».

Parmi eux, on compte

(chiffres fi n 2010) :

- 28 678 religieuses

apostoliques (Par exemple,

les sœurs franciscaines,

les fi lles de la Charité,

les sœurs auxiliatrices, et

aussi les Petites Sœurs

I

de l’Assomption, les

Oblates et les Religieuses

de l’Assomption…) dans

315 instituts. Parmi elles,

2 456 religieuses sont nonfrançaises

d’origine et

1 559 religieuses françaises

vivent à l’étranger. Du côté

de la vie monastique,

3 864 moniales

(bénédictines, carmélites,

clarisses…) vivent dans

244 monastères.

- 7 508 religieux

(dont les jésuites, les

Le bâtiment du Fort Manoir se transforme

une fois encore, une obligation depuis 1894.

jadis. Toutefois, les pratiques communautaires

religieuses permettent de

conserver une certaine autonomie tant

physiquement qu’intellectuellement.

L’entrée en établissement est généralement

diffi cile pour les résidents

laïcs qui ne bénéfi cient pas de « l’expérience

» des religieuses dans la vie collective,

même si la question de la « fi n

de la vie » se pose pour tous.

En matière d’animation, la question

de la participation des sœurs est

permanente mais libre et acceptée

comme tel.

Ouverture, tolérance, spiritualité,

sérénité, respect des pratiques

religieuse, présence de femmes et

d’hommes âgés d’univers très différents,

réglementation…, tous ces aspects

représentent le challenge d’une

vie en « communauté ». 0

D.R.

dominicains, les frères

des écoles chrétiennes

et aussi les Religieux

assomptionnistes…) exercent

leurs missions au sein

de 76 instituts et

monastères.

Par ailleurs, il faut aussi

compter avec les

2 000 hommes et femmes

consacrés dans 34 instituts

séculiers (Fraternité Jésus

Caritas, Notre-Dame de

Vie, Institut séculier du

Cœur de Jésus…). 0


La communauté générale des Orantes

de l’Assomption a déménagé de

Cachan à Créteil en 2009 pour

intégrer des locaux plus adaptés

à l’extension de la congrégation.

Les religieuses contemplatives

prennent ainsi sur place la suite des

Religieuses de l’Assomption qui ont

résidé dans le Val-de-Marne durant

dix ans. Continuité de présence

religieuse donc à Créteil, mais selon

le charisme propre des Orantes :

“Nos communautés sont des foyers

eucharistiques et des lieux ouverts à

ceux qui veulent partager leurs joies,

leurs souffrances, leurs espérance, leur

quête de Dieu.” (Règle de Vie 59).

Sœur Catherine Vaucelle,

Orante de l’Assomption

Dans une même journée, il n’est pas

rare que les sœurs fassent le tour

du monde au gré des téléphones,

fax, e-mails, courriers ou réunions qui

permettent d’assurer l’animation de la

congrégation dans ses 23 communautés

insérées dans 11 pays. À l’image de

toute la congrégation, la communauté

de Créteil est à majorité africaine. Elle

assure une présence de prière ouverte

à tous. Une porte a été percée dans le

mur du garage pour permettre un accès

direct à la chapelle où jeunes étudiants

ou moins jeunes se relaient avec les

sœurs chaque après-midi pour l’adoration

eucharistique. Des personnes

viennent aussi chercher une écoute

attentive. La prière des heures est célébrée

quatre fois par jour, sauf deux matins

par semaine où les Orantes vont célébrer

la louange du matin à la paroisse

avec une autre communauté religieuse

et une vingtaine de laïcs.

Porter les joies, les peines

et les espérances de tous

Dans la paroisse Saint-Christophe,

depuis le XI e siècle l’Église est là, présente

et silencieuse au cœur de la ville

de Créteil, dans un carrefour très fré-

quenté par les écoliers,

lycéens, étudiants,

travailleurs

ainsi que les visiteurs

des trois hôpitaux tout

proches. Bus et voitures

ne cessent de

circuler dans ce “carrefour

des nations” où

les musulmans et les

juifs sont nombreux.

Les Orantes portent

dans la prière les joies,

les peines et l’espérance

de tous. Il suffi t de faire le marché

avec une des sœurs - mieux vaut ne pas

être pressé ! - pour se rendre compte

de l’impact de la simple présence d’une

sœur qui connaît tout le monde et s’arrête

pour écouter et encourager. Des

personnes qui nous connaissent de vue

nous interpellent pour demander un

renseignement et c’est l’occasion de

se confi er dans cette ville trépidante où

Dieu pourrait sembler absent… « Insérées

dans une communauté humaine,

attentives à ceux qui nous entourent,

nous établissons avec eux des liens fraternels,

porteurs d’espérance. Dans la

simplicité et l’enfouissement du quotidien

s’enracine notre présence contemplative.

» (Règle de Vie 58).

Les sœurs accompagnent aussi des

catéchumènes vers le baptême ou la

confi rmation. C’est l’occasion de partager

et de rayonner du Christ qui nous

fait vivre. C’est aussi la découverte de

l’Église de France et des défi s à relever

pour proposer la foi. Les chemins

des catéchumènes et des « recommençants

» sont souvent sinueux , les motifs

d’action de grâce et d’intercession ne

manquent pas. Ainsi la communauté du

Conseil général et des sœurs en service

de congrégation vit une simple présence

au cœur de la ville, dans cette priorité à

la prière que la fondatrice des Orantes,

Mère Isabelle, répétait à l’envie : « Je

possède Jésus d’autant plus que je le

donne. C’est un feu sacré qui s’embrase

fondations en europe

Un cœur qui bat, du côté de Créteil

http://spiritualite-lectiorante.blogspot.com/

de plus en plus en le communiquant.

C’est ce que doit être la vie contemplative

au milieu du monde : Jésus au

centre du cœur et rayonnant sur tout ce

qui vous entoure ». 0

B

Une présence active

au sein de la paroisse.

Au monastère de Bonnelles ,

des rendez-vous

Retraites de Lectio

Écouter la Parole de Dieu dans le silence du cœur

- Prière liturgique avec les sœurs de la communauté -

Enseignement et accompagnement spirituels

Week-end de Lectio à Bonnelles du vendredi 19 h au

dimanche après 14 h

16 au 18 mars

20 au 22 avril

11 au 13 mai

15 au 17 juin

Retraite en ligne pendant le Carême

du mercredi des Cendres 22 février au dimanche de

Pâques 8 avril

Vivre le Triduum Pascal avec la communauté

du Jeudi Saint 5 avril au dimanche de Pâques 8 avril

Séjour de lecture spirituelle

de 3 ou 7 jours pour lire les Confessions de saint Augustin,

du samedi 14 avril 19h au samedi 21 avril après-midi

Retraite de Lectio

de 3 ou 7 jours en Juillet avec Saint Marc du samedi 7

juillet 19h au samedi 14 juillet après-midi

Contacts : Tél. : 09.50.82.89.42. ou par courriel : monique.

giroux@laposte.net

Un site : spiritualite-lectiorante.blogspot.com

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 9

D.R.


Des missions nouvelles en Europe

pour les Religieuses de l’Assomption

Des Religieuses de l’Assomption à

Lyon ? Non, ce n’est pas une nouveauté.

On pouvait en effet les y

rencontrer dès 1862. Mais voici qu’il y

a un peu plus de deux ans, trois sœurs

ont été appelées sur place pour rejoindre

cette grande ville qu’elles ne

connaissaient personnellement pas.

Leur confort ? Un petit appartement

haut perché au-dessus de la Saône,

mais surtout voiture et plan de Lyon

annoté en mains plusieurs fois par

semaine. Voilà déjà décrit le stable

et l’instable, ligne de crête peut-être

inconfortable, mais nécessaire au

mouvement. Mais pour quelle mission

? Peut-être d’abord quitter le nid

rassurant d’où elles venaient et oser

débroussailler des pistes suggérées.

Et ensuite arpenter banlieues

et centre-ville, multiplier rencontres,

écoute, observation, sentir les appels

puis revenir et s’asseoir, tels les disciples

envoyés : ce fut notre première

année. Et pour nous y aider, prendre

le temps des retours et des pauses.

Régulièrement, ce que nous avons vu

et surtout senti a été ainsi patiemment

consigné dans un journal aussi

10 - L’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

Lyon, une « mission » de défrichage

précieux au moment de son élaboration

que fondamental pour

une relecture plus large. Et pour

ce qui est du « repos », un arrêt

régulier à la Chartreuse de Sélignac

nous a permis de traduire en

« mots de vie » pour aujourd’hui le

cœur de notre vocation. À la fi n de

cette première année, notre discernement

pour une implantation

s’est affi né. Il nous restait deux

lieux possibles (Villeurbanne et Gerland)

et une conviction dont jusqu’à

maintenant nous ne démordons pas :

il ne doit pas s’agir d’une « œuvre »

mais d’un lieu de vie.

Après ce premier temps nécessaire,

il a falllu, au cours de la deuxième année

prendre le risque de « plonger ».

Où ? Dans le quartier de Gerland, bien

connu des amateurs de foot. Il nous a

suffi de traverser Saône et Rhône en leur

confl uence pour élire domicile (encore

un déménagement provisoire), dans

l’hôtellerie d’un monastère. Cette aile

louée, bien à part, nous permet à la fois

de vivre la porte ouverte sur un quartier

très bariolé et populaire, scientifi que

et multiculturel, et de participer à la vie

Sœur Beatrix et les enfants du catéchisme à Vilnius…. D.R.

I À Lyon la communauté occupe une partie

du monastère des sœurs de l’Adoration.

d’une grande chapelle ouverte, avec ses

temps d’eucharistie et d’adoration eucharistique

toute la journée.

C’est là que nous attaquons notre

troisième année, riches des liens tissés,

des premiers pas posés tant au niveau

social et spirituel qu’ecclésial, au cœur

de notre réseau d’établissements scolaires

et de l’accueil que nous aimons

assurer dans la mesure du possible.

Alors, n’hésitez pas et venez en profi ter :

ce sera une joie ! . 0

La communauté des Religieuses

de l’Assomption à Lyon

D.R.


La communauté des Religieuses

de l’Assomption a été fondée à

Vilnius il y a dix-huit ans. L’an

dernier, elle a fait un pas décisif pour

sa vie apostolique en Lituanie en

devenant co-fondatrice avec le diocèse

de Vilnius de l’école catholique

« Versmé » (La Source). Cette école,

fondée au lendemain de l’indépendance

du pays par Alvyra Galkiené,

éducatrice spécialisée, et quelques

parents, a été la première à proposer

l’intégration d’élèves handicapés.

C’était alors un vrai défi , car à

l’époque soviétique il était entendu

qu’il n’y avait pas de personnes handicapées,

celles-ci étant cachées

dans des institutions spécialisées.

Petite école primaire, Versmé a

grandi jusqu’à accueillir 600 élèves

de 7 à 19 ans. L’évolution de la politique

éducative a été un des signes

qui a éclairé le processus de discernement

de notre communauté. Nous

y avons reconnu l’invitation de Dieu et

nous avons franchi le pas : Versmé a

changé de statut et est devenue école

privée catholique,confi ée à l’Assomption.

Si vous franchissez la porte de

l’école vous y verrez, comme partout,

des enfants assis en classe

pendant les cours et courant dans

les couloirs à la récréation. Cependant

il y a une différence : environ

30 % des enfants et des jeunes qui

sont là avec les autres ont des handicaps.

L’école s’est adaptée à eux :

larges couloirs, rampes, ascenseur,

salle de gymnastique spéciale…

Dans chaque classe un assistant

prête ses jambes à celui qui ne peut

marcher, ses mains à celui qui ne

peut écrire, ses yeux au malvoyant…

Il aide aussi bien l’élève à apprendre

et à s’intégrer dans la classe, que les

enseignants à prêter une attention

spéciale aux plus faibles. L’empathie,

la capacité d’accepter l’autre dans

sa différence et de vivre ensemble

sont des compétences appelées

Vilnius : une école source

D.R.

D.R.

« douces » en pédagogie. Elles sont

un trésor acquis pour toute la vie.

Les vertus naturelles que voulait Marie-Eugénie

incluent cette attitude

vis-à-vis du plus faible : « J’ai besoin

de toi comme tu es et je m’engage à

être avec toi. »

Nous devons aussi garantir de

bons résultats aux élèves qui sont

doués et en bonne santé. Certains

parents inscrivent leurs enfants chez

nous parce que l’école est la plus

proche de chez eux. D’autres, parce

qu’ils sont chrétiens, choisissent

I

fondations en europe

Vilnius, la fête organisée

lors de la rentrée scolaire dernière.

Depuis un an la communauté s’investit

dans l’école catholique de La Source.

une école catholique qui propose

une éducation selon les valeurs de

l’Évangile. Je suis très touchée quand

des parents me disent : « Je voudrais

que mon enfant apprenne à vivre

avec d’autres personnes plus faibles

et qu’il fasse l’expérience de relations

non de concurrence mais d’entraide

». Bien sûr, ils veulent aussi

de bons résultats scolaires. Ainsi

éprouvons-nous de la joie en voyant

leurs craintes se dissiper devant les

résultats au bac et les études choisies

par les anciens. Des choix qui

les préparent aussi bien aux professions

les plus prestigieuses qu’aux

travaux manuels. L’expérience vécue

dans notre école encourage également

certains anciens à sortir des

stéréotypes et à choisir des études

originales, telles que l’écologie, la

culture japonaise, etc. car nous les

éduquons dans la conviction que

« chacun de nous a une mission sur

terre » ! 0

Sr Kotryna Danguole Gervyte, Religieuse

de l’Assomption de la communauté de Vilnius

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 11


Insérée dans le quartier de Tetuán,

à Madrid, cette communauté est

née, fi n 2005, de l’urgence à répondre

aux problèmes liés à l’immigration

à la suite d’un discernement

de diverses Congrégations religieuses

désireuses d’y répondre ensemble.

De là a surgi un projet intercongrégations

à l’écoute des « cris »

d’une population immigrante que

nous voyons augmenter en nombre

et en précarité. Sept congrégations

dont les Petites Sœurs de l’Assomption

et les Religieuses de l’Assomption

se sont ainsi engagées. L’objectif

de ce projet était clair : centrer notre

attention sur la personne en humanisant

les situations. Nous voulons

être signes :

- d’unité et d’espérance au milieu

de la diversité, dans le respect des

identités.

- de la grande famille de Dieu au

milieu de la solitude.

- d’une Église qui vit la communion

en partageant un même travail

entre religieuses et laïcs.

- des valeurs du Royaume :

12 - L’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

Madrid : un Pont d’Espérance

amour, bonté, gratitude et humilité.

L’analyse des besoins des immigrés

et de nos possibilités, nous a

permis d’ouvrir des chemins vers un

travail concret : l’accueil et l’orientation

dans notre centre et dans la

société, la recherche de travail, des

cours d’espagnol, des ateliers de formation

sur la gériatrie, l’informatique,

la coupe et la confection, un conseil

juridique, une aide psychologique. Peu

à peu, les activités se modifi ent pour

mieux s’adapter aux personnalités

des immigrés et à celles des béné-

Une sortie du Centre avec Sœur Violeta.

I Un cours d’alphabétisation au cœur

du quartier de Tetuan, en Espagne.

voles, ainsi qu’à la dynamique sociale.

Actuellement soixante-cinq bénévoles

collaborent à ce projet.

Nous aimons penser que nous

sommes un pont que les immigrants

peuvent traverser pour améliorer

leur situation dans notre pays, notre

désir est d’être un Pont d’Espérance,

et d’ailleurs certains disent que nous

sommes leur famille d’Espagne. 0

La communauté des Religieuses

de l’Assomption de Tetuán

D.R.

D.R.


D.R.

Au cours des dernières années, la

Province d’Italie des Religieuses

de l’Assomption a entrepris d’importants

travaux de restructuration du

Marianum, la résidence universitaire

fondée à Padoue en 1954. Près d’une

centaine d‘étudiantes fréquentant

les diverses facultés de la ville y sont

accueillies chaque année. La beauté

et la luminosité des locaux rénovés

favorisent un climat de confi ance et

d’amitié. Deux Religieuses assurent

la direction du Marianum avec l’aide

d’un Conseil de direction élargi à des

personnes travaillant en milieu universitaire.

Aidées par les sœurs, les

étudiantes sont encouragées à se

donner des objectifs non seulement

en relation avec leur cursus universitaire,

mais aussi avec leur croissance

personnelle et le style communautaire

qu’elle souhaitent vivre. L’actuel projet

éducatif veut promouvoir une plus

grande implication des jeunes dans

l’animation du Foyer. La coresponsabilité

et la participation sont vécues

à travers divers groupes d’intérêt :

Padoue : Le Marianum fait peau neuve

actualité et culture,

justice, paix et solidarité,

spiritualité et

liturgie, multimédia,

activités récréatives

et sportives, gestion

des services. Les

activités proposées

sont variées : temps

de prière, de célébration,

de réfl exion

sur les grandes questions de la vie

qui offrent la possibilité d’un chemin

de foi ; fêtes joyeuses et fraternelles

qui permettent de goûter la vie dans

sa simplicité ; cycles de conférences

sur des sujets d’actualité, forum autour

de fi lms de cinéma etc… Autant

de rendez-vous qui aident chacune

à se reconnaître comme « sujet pensant

» doté d’une mission et d’une

place uniques dans la société. Dans

la mesure de nos possibilités, nous

nous insérons aussi dans la vie universitaire

de la ville. Par exemple nous

participons à « la Fête des peuples »

qui offre des bourses d’études pour

fondations en europe

des thèses de doctorat portant sur la

coopération internationale.

Les jeunes répondent avec la fraîcheur

et la vivacité qui les caractérisent.

Ce mot de Francesca montre

que le courant passe bien : « Le foyer

s’est révélé différent de ce que j’imaginais.

Je m’attendais à trouver une

structure, des règles… Il a été au

contraire un lieu où j’ai pu épanouir

ma vraie personnalité dans ma façon

d’être et dans ma relation avec les

autres. » 0

Sr Anna Mazza, Religieuse de l’Assomption

de la communauté de Padoue

www.assumpta.fr

www.assomption-ra.org

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 13

D.R.

D.R.


Paroles de femmes à “Mosaïque.9”

D.R.

Olga, Algérienne, par l’intermédiaire

de Zoé qui traduit, : « Je

suis arrivée en France par le

regroupement familial. Mon mari venait

de prendre sa retraite après avoir

travaillé dans le bâtiment. Moi j’avais

élevé 9 enfants au pays… En arrivant,

j’ai pleuré énormément. Je ne comprenais

rien, heureusement il y avait

la famille. »

Zoé, Marocaine, s’exclame : « C’est

bien comme cela que ça se passait, le

mari venait au pays en été, il se mariait,

puis repartait. Ensuite il revenait

tous les ans et il y avait un bébé… Moi

je détestais cette coutume ! Je suis

venue en France faire mes études

de droit à Nanterre. Ma première

impression a été le froid, pas tant la

température mais le chacun pour soi.

J’ai pleuré pendant un an en restant

collée au téléphone. J’ai rencontré

mon mari, Égyptien, en France. Et j’ai

mis onze ans à obtenir mes papiers.

Quand on a émigré une fois, on ne

peut plus s’installer défi nitivement

dans un pays. »

14 - L ’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

Hilda, Égyptienne : « Mon mari m’a

fait venir en France, j’étais contente

de le rejoindre. Il m’a accueillie avec

mon frère et ma belle sœur à l’aéroport.

Je me retrouvais en famille,

donc rien ne changeait. Par contre,

ensuite j’ai fermé la porte de l’appartement

et je ne suis plus sortie sauf

pour conduire les enfants à l’école et

faire les courses. J’écoutais, je notais

tout ce que la maîtresse disait et je

demandais à une amie de me le traduire.

Quand mon dernier est allé à

l’école, j’ai commencé ma vie ! J’ai fait

des stages de français et aujourd’hui

je cherche du travail. »

Clara, Malienne : « J’avais été mariée

dès ma petite enfance selon la

coutume de mon pays. Je suis arrivée

en France à l’âge de 10 ans. Nous logions,

« mon mari », qui avait 25 ans,

et moi, chez des compatriotes. La

femme m’a fait travailler comme une

esclave ! La boulangère du quartier,

m’avait repérée et tous les matins elle

m’offrait de manger du pain, au chaud

dans son magasin. ‘Elle a été avec

Depuis le début de

l’association Mosaïque.9

les femmes ont la parole.

Il serait plus juste de dire

qu’elles l’ont prise. Elles

ont, en effet, demandé

de se retrouver une fois

par semaine entre elles,

d’avoir un temps pour

elles, leur permettant

de discuter, se former,

se détendre, rire, se

soutenir… L’association

a donc mis en place,

avec les femmes, un

programme mensuel

comprenant des temps

d’échange de savoir,

de rencontres et des

sorties. Une manière

d’accompagner des

femmes arrivées en

France et qui retrouvent

la parole, après des

années de galère.

Sœur Agnès, Petite Sœur de

l’Assomption

moi comme si c’était elle qui m’avait

mise au monde ! »

Anna, Irakienne, : « Etant chrétienne

je pouvais sortir seule dans mon

pays bien que femme ! Aussi m’a-t-on

proposé de partir en France avec un

visa touristique pour garder deux enfants.

La situation en Irak était diffi cile

pour toute la famille. Nous avions déjà

fui une fois à Doubaï et en Jordanie. La

guerre et les conditions économiques

nous avaient fait revenir chez nous.

En partant en France, j’espérais faire

venir ma famille rapidement. Quand je

suis arrivée, le monsieur a gardé mes

papiers. J’ai travaillé là deux ans sans

salaire ! Je me suis sauvée un jour

sans rien. Pour protéger ma famille

qui se trouvait toujours en Irak, je n’ai

jamais pu dénoncer ces gens à la police.

Je suis restée 8 ans sans papiers.

Aujourd’hui, je suis seule en France,

avec le statut de réfugiée politique.

Nous sommes dispersés en Suède, en

Amérique et en Syrie. Menacés, nous

n’avons pas eu le choix des pays d’accueil.

» 0


Pour symboliser la maison des

Religieuses de l’Assomption de

Genzano, il n’y a pas d’icône plus

appropriée que celle du grand chêne

vert accueillant sous son ombre

protectrice, sœurs, hôtes et amis.

Il veille du haut de la « colline des

Capucins » depuis la fondation

au 17e s. de cet ensemble architectural

qui allie harmonieusement baroque et

simplicité franciscaine.

Anna Baldazzi, professeur d’histoire et amie

de la maison

En 2007, douze Religieuses de

l’Assomption sont arrivées dans

l’ancien couvent franciscain qui

avait appartenu aux Petites Sœurs

de l’Assomption. Leur projet était de

faire de cette maison un lieu d’amitié,

de rencontre et de prière pour les

habitants de la région. Aujourd’hui en

voyant tant de personnes, familles,

jeunes engagés dans divers mouvements

venir ici pour prier, réfl échir,

faire des projets, nous pensons vraiment

que Dieu bénit ce lieu. Parmi nos

hôtes, des jeunes prêtres du diocèse

viennent pour un temps de formation,

des religieux/ses d’autres congrégations

pour un ressourcement spirituel

ou un travail de réfl exion et de

recherche. Deux fois par semaine

des groupes d’amis de l’Assomption

partagent l’Évangile avec des sœurs.

Des Capucins aux

Religieuses de

l’Assomption

En 1641, le duc Giuliano Cesarini,

voulant réaliser un vaste projet

de modernisation de la ville de

Genzano, fait don aux Frères

Capucins d’un terrain et assure à

ses frais la construction de l’église

Saint-François et du couvent

annexe. Au XIXe siècle, avec le

passage de l’État du Vatican au

Royaume d’Italie, celui-ci devient

Sous le grand Chêne vert

propriété de la commune de

Genzano, puis en 1923 est repris

par l’administration du Fonds

du culte et donné de nouveau en

gestion aux Capucins.

En 1936, les Petites Sœurs

de l’Assomption rachètent

le couvent et y installent une

communauté. Leur présence

et leur œuvre sociale sont très

appréciées par les habitants

de Genzano qui se souviennent

avec reconnaissance de Mère

Thérèse, Sœur Sainte-Jeanne,

Cette Lectio Divina permet une meilleure

connaissance réciproque et un

accompagnement dans la vie.

Certaines sœurs ont des engagements

apostoliques dans la paroisse

(catéchèse), la Caritas diocésaine,

(cours de coupe et de couture), et

dans deux centres médicaux (visites

aux personnes ayant des problèmes

psychiques ou la maladie d’Alzheimer).

Une sœur donne des cours de

religion dans une école publique, ce

qui nous permet d’avoir une action

éducative dans le domaine scolaire.

Grâce au talent de Sœur Céline,

iconographe très appréciée, la com-

Sœur Carla, Sœur Christilla et

d’autres. La construction de

la maison d’accueil appelée

« Casa Maria », adossée au mur

de l’église, date des années 70.

Aujourd’hui l’église, qui appartient

toujours aux Capucins, est confi ée

à la paroisse orthodoxe de sainte

Anastasie, tandis que le couvent

a été repris, depuis 2007 par les

Religieuses de l’Assomption. 0

La communauté des

Religieuses de l’Assomption

de Genzano, à Rome

FONDATIONS EN EUROPE. ITALIE

I Une célébration à l’ombre du chêne

séculaire de Genzano.

D.R.

munauté accueille régulièrement des

groupes qui demandent à être initiés

à l’art des icônes.

Franco Milletti témoigne : « Passionné

de peinture, je me suis inscrit,

il y a 3 ans, au cours d’iconographie

donné par Sœur Céline : une fenêtre

s’est ouverte devant moi sur un monde

nouveau et fascinant. La Sœur nous a

conduits pas à pas sur un chemin de

couleurs et de prière. L’icône n’étant

pas seulement une peinture. Elle est

un moyen effi cace de connaître Dieu,

la Mère de Dieu, les saints. Notre

première icône peinte a été le Pantocrator.

Après le rite de la bénédiction

des icônes nous avons senti que notre

travail était accompli. J’ai poursuivi

ensuite mon chemin d’“étudiant”.

Chaque leçon me faisait grandir, tant

comme artiste que comme croyant et

je crois que cela est vrai aussi pour

les autres. Aujourd’hui je suis chargé

d’un des deux cours d’iconographie

organisés par Sœur Céline. J‘avoue

que je ne m’en sens pas vraiment capable.

Je suis encore en chemin : il y

a tant à comprendre, tant à découvrir,

tant à apprendre encore ! » 0

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 15


L ,


“Tout l’univers rend gloire et honneur à Dieu

par l’harmonie qui y règne, par les merveilles

qui y sont. Tout chante gloire et adoration.

Seulement c’est une gloire et une adoration

inconscientes.… L’homme a été placé au milieu

de la création pour être capable de rendre honneur

à Dieu par un acte d’intelligence et de volonté.

C’était la principale fonction d’Adam d’être le Prêtre

de la création.

Ste Marie-Eugénie, 22 juin 1884


LIVRES

C’est un travail magnifi que que vient

de réaliser Yves Pitette sur l’histoire

du quotidien « La Croix » de la

rue Bayard, - entreprise Bayard-

Presse aujourd’hui déménagée à

Montrouge-, depuis ses origines

(1883) jusqu’à nos jours.

P. Jean-Paul Périer-Muzet, aa.

L a

La vie et les œuvres du journal « La Croix»

« Biographie d’un journal » est

un travail magnifi que de documentation,

de mémoire et de vie

dessinée au ras des réalités successives

que représentent le travail quotidien

de générations de journalistes,

le souci d’adaptation au terrain des

responsables de cette entreprise

de presse. Le journal « La Croix »

en demeure le porte-étendard sans

faille sous sa double devise ‘fi délité

doctrinale, liberté éditoriale’, à travers

la préoccupation du lectorat et

du décryptage de l’actualité, l’affrontement

aux mille questions de la vie

politique, sociale et religieuse non

seulement de la France ou des Français,

mais du monde et de l’Église

dans leur ensemble.

Comme une ruche bourdonnante

Entre 1883 et 2011, le journal a traversé

pas moins de dix pontifi cats, trois

Républiques - sans compter l’intermède

de l’État de Vichy qui ne fut pas une sinécure

pour le journal replié à Limoges

(1940-1944)-, et deux guerres mondiales

aux effets ravageurs. Sans parler

des soubresauts consécutifs au mouvement

de décolonisation – pensons à

l’effroyable guerre d’Algérie et à la

crise de conscience qu’elle déclencha

durablement pour toute une

génération de rappelés -, et plus

près de nous des conséquences de la

chute du mur de Berlin ou de la crise

fi nancière mondiale actuelle. Certes

un tel ouvrage de présentation chronologique

qui ne s’épargne pas en

18 - L ’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

Il pourrait rester

une dizaine

de candidats

pour le premier

tour en avril P. 5

www.la-croix.com

vendredi 24 février 2012 Quotidien n° 39210 1,40 €

Au Sénégal, un vote

sous haute tension

Les Sénégalais devraient élire dimanche leur président, sur fond de manifestations

hostiles à Abdoulaye Wade, à nouveau candidat à 86 ans P. 8-9 et 14

Les rêves des jeunes agriculteurs

Le Salon de l’agriculture, qui s’ouvre demain à Paris, sera consacré à

la formation. Portraits de paysans qui prennent la relève d’exploitations P. 2-3

GUILLAUME COLLANGES / ARGOS / PICTURETANK

Christophe Chambon et Upsilone. Dans la série Éleveurs de père en fils de Guillaume Collanges.

Cahier central

Forum&débats

La culture

en campagne

EXPOSITION

L’Institut

du monde arabe,

rénové, explore

sa diversité

culturelle P. 17

chemin la force d’une réfl exion et

d’une interrogation permanente sur

les enjeux et les objectifs du journal,

ne peut s’arrêter trop longuement

sur chaque épisode ou chaque

événement de ces quasi 130 ans

d’existence d’une publication dont on

retient sans peine quelques fi gures

ou portraits relevés par l’auteur tant

avec empathie qu’avec sens critique

bien senti (cf. encadré). Mais s’il est

toujours facile de repérer les fi gures

de proue déjà anciennes d’une entreprise

– et la liste donnée n’est en rien

complète, car comment passer sous

silence par exemple pour « La Croix »

d’hier un Pierre l’Ermite dont l’historien

Yves Poncelet vient justement

de brosser une copieuse biographie

(1) ou encore les laïcs Jean Guiraud

et Pierre Limagne ?-, il est moins

commun de voir saluer « l’armée des

ombres » que forment les artisans de

l’aventure de la Bonne Presse dans

Éditorial

par Dominique Quinio o

Équilibre

éthique

François Hollande veut autoriser ser la

recherche sur les cellules souches es em- em-

bryonnaires P. 6

Quelle différence entre une interdiction diction

prévoyant des dérogations possibles ibles et

une autorisation sous contrôle ? Aucune, Aucune,

en apparence : avec la loi de bioéthique éthique

récemment réactualisée, des équipes équipes

de chercheurs peuvent travailler r sur sur les les

cellules souches à partir d’embryons yons sursur- numéraires (embryons créés in vitro vitro qui qui

ne font plus l’objet d’un projet parental).

parental).

Mais le libellé de cette loi rappelle elle qu’il qu’il

s’agit d’une transgression ; tandis ndis que que

l’autorisation, même encadrée, , ouvrirait ouvrirait

un champ toujours plus large. François François

Hollande a annoncé qu’il autoriserait

utoriserait

la recherche sur les cellules s souches souches

embryonnaires.

Y aurait-il donc une position n de droite droite

et une position de gauche sur r l’encadrel’encadre-

ment de la recherche, sur le e statut statut de

l’embryon humain, dans lequel uel chacun, chacun,

quelles que soient ses convictions, ctions, peut peut

reconnaître un être humain en devenir devenir ?

L’éthique serait-elle « conservatrice ervatrice »,

parce qu’elle peut poser des s interdits, interdits, et

la science « progressiste », parce parce qu’elle qu’elle

promet des avancées ? Les es questions

questions

dites de bioéthique transcendent scendent les les

frontières des partis : il est t des des person- person-

nalités de droite, libérales, , favorables fa ff vorables à

l’ouverture de la recherche, he, tandis tandis que que

plus réservés.

Où se situe donc le clivage ge ? Il y a ceux ceux

des politiques de gauche e se montrent

montrent

qui estiment que les découvertes ouvertes scienscien- tifiques représentent, de soi, soi, des des progrès progrès

pour la société, et que poser oser des des limites limites

fait « prendre du retard », perdre perdre en en comcom- pétitivité par rapport aux ux pays pays voisins voisins ;

ils jugent que l’espoir de e thérapies thérapies nounou- velles pour de graves pathologies thologies mérite mérite

que l’on explore toutes les les pistes pistes (il est est

toujours étrange, à cet égard, égard, que que cette cette

prise de risque s’arrête e quand quand il s’agit s’agit

de maïs et d’OGM, par r exemple). exemple). Et il

y a ceux qui reconnaissent ssent le rôle rôle des des

scientifiques, qui ne doutent outent pas pas de leur leur

réflexion éthique, mais is qui qui souhaitent

souhaitent

que l’ensemble des citoyens toyens s’interroge

s’interroge

sur les conséquences d’une d’une recherche,

recherche,

même quand elle paraît araît annoncer annoncer un un

progrès de santé, et qui qui plaident plaident pour pour

que soient privilégiées ées des des voies voies éthiéthi- quement plus acceptables. ptables. La fo ff formule rmule

retenue par la loi actuelle ctuelle ne ne satisfait satisfait

pleinement ni les uns ns ni les les autres. autres. Elle Elle

ne signe pas la victoire oire d’une d’une majorité majorité

sur une minorité (ou u l’inverse). l’inverse). Elle Elle est est

un texte de compromis, romis, respectueux

respectueux

d’options philosophiques hiques divergentes,

divergentes,

un fragile équilibre. e.

SERVICES

Liturgie .................................................P. .............................P. 14 14

Bourse ..................................................P. .............................P. 19 19

Carnet-Météo-Mots-croisés roisés .....................P. .....................P. 20 20

Annonces légales ...................................P. ..............................P. 20 20

Télévision .............................................. .............................. P. 21

IMA

REPORTAGE RR TAA GGG EE

2012 PRÉSIDENTIELLE ORRT

Un journée ournée

de tranquillité ra rr nqu qq illit i é

et de e re rrencontres ncont nn re r s

à Jacmel, cmel,

en Haïti Haï aïï ti

P. P. 22 22

129 e année-ISSN/0242-6056. – Imprimé en France – Allemagne : 2 € ; Belgique : 1,40 € ; Canada : 4,50 $ ; Espagne : 2 € ; Grèce : 2 €; Italie : 2,30 € ; Luxembourg : 1,40€ ; Maroc : 15 MAD ; Portugal (Cont. ) : 2,10 € ; Suisse : 3CHF; Zone CFA : 1500 CFA ; Antilles-Guyane : 2€ ; La Réunion : 1,80 €; TOM : 390 XPF

P. 6

sa dimension pratique, technique,

commerciale et administrative, au

tout premier plan les religieuses

Oblates de l’Assomption illustrées

par quelques noms mémorables

dans le récit d’Yves Pitette, sans

compter les employé(e)s, ouvriers et

ouvrières de tous les niveaux et de

tous les grades, linotypistes, rotativistes,

graphistes, plieurs, transporteurs,

membres de comités et d’associations

dont l’action sur le terrain

fut un démultiplicateur de première

force. On sent à travers cette évocation

de noms de métiers ce que

représente concrètement le travail

de presse au quotidien, comme une

ruche bourdonnante pour un effort

sans cesse inachevé.

L’aventure vivante d’un journal

L’auteur n’interrompt pas son

récit au son de l’épopée qu’imprime

toujours peu ou prou l’évocation


d’un d’u passé connu dans ses

grandes gra lignes. Il a puisé rieuses, diffi ciles

aux meilleures sources et même ê amères è ddu jjournal, l et nous

d’une bibliographie mainte- lui en savons gré pour cette force de

nant étoffée d’études sérieuses. Mais la vérité historique qui rend libre.

grâce aussi à de nombreuses anec- Cependant ce qui subsiste comme

dotes recueillies patiemment ça et impression fi nale de lecture, c’est

là, il en renouvelle la présentation et une note optimiste devant la somme

en fait jaillir une vie vraie, chargée de d’intelligence, de générosité et d’in-

sève vive.

ventivité pour faire vivre un journal

Il est clair que l’auteur a pris dé- plus que centenaire et lui procurer

libérément le parti-pris de ne rien à chaque génération un bain de jou-

occulter des heures tour à tour glovence régénérateur. Nous l’avons

Le fondateur de

l’Assomption, le P.

d’Alzon (1810-1880) :

sans lequel le soutien

continu d’une congrégation

au journal et

à l’œuvre de

presse, « La

Croix » n’aurait

pas survécu aux

D.R.

Des fi gures du journal La Croix

P. d’Alzon

épreuves de

son parcours.

Ses deux fi ls de terrain

et d’aventure : le duo

D.R.

solidaire si heureusement

complémentaire, à savoir

le bouillant

Vincent de

Paul Bailly

et le solide

P. François

P. Bailly

Picard, Le

« providentiel

sauveur » des années

noires 1900, l’industriel

Paul Féron-Vrau dont

S, RUE BAYA30, PARIS-VU!'

&11

Adresse télégraphique

CHOWAYAH PARIS

l~

l’abnégation fi nale ne fut pas

sans grandeur, Le religieux

PARAISSANT SIX FOIS PAR SEMAINE

FRANCE ?ltANfg.ua Ua an ni 34 34 tr h. ~C 6 mois eola iS 19 tr. (r. 3 e~ovs7 tr.`__ rCROIX Il lranon. Gn aa t8 tr.

KTRAMGS3. » Wfr. • 19 fr. 3 moi • 10 7 fr. (r. I | ai PSl.BRi»I ) Fraaci. Strmfor.. tin ian 42 £8 (r. fr. 1

ADVENIAT REGNUM TUUM

»^s*-

Pieu prc la France! i

Mercredi 13 novembre. SAINT BRICK

`

Pari*. II novembre 1018.

LA JOURNÉE

Le grand thaumaturge français, saint

Martin, qui, de son vivant, avait combattu '1

les mêmes barbares que nous sur le front

d'Amiens, nous apporte pour sa fête le

merveilleusement dans Jeanne d'Arc avec

plus beau des cadeau»*flE%rniistice a été

le miracle divin.

signé ce matin, à la toute première heure,

Dans leur détresse présente, les Hohe.ii-

en gare de Rethondes, en forêt de Comzollern

n'ont rien vu de pareil. Leur dypiègne,


nastie ne s'était

stationnait le train

pas incarnée dans l'Alle-

spécial

magne comme s'était incarnée dans la

du maréchal Foch, à trois quarts de liene

vieille France l'antique lignée, de nos rois.

du château de Francport où étaient loges

fis étaient toujours les Holu-m^lern, des-

ïes plénipotentiaires allemands. II sera

cendants des hobereaux de Souabe et, de

donné lecture des conditions en même Guillaumi- Il a abdiqué, le kronprinz a Tliuringe ils n'étaient pas la Maison d'Al-

temps dans les divers Parlements. La renoncé au in'iic impérial et royal, et l'on lemagne, comme nos 'Capétiens étaient. la

guerre est donc virtuellement terminée. Ce nous parle d'une régence qui gouvernerait Maison de France. C'était l'épée qui avait

n'est toutefois encore que l'armistice la l'Allemagne .'t la Prusse au nom d'un établi leur (missanci1. >• ne.ir'leur vie .-e

paix ne suivra qu'après des négociations prince île dnu/" ans et ce prince serait confondant, au cours de nombreux siècles

sous la

nécessairement proiecijuH d'un chancelier socia- avec la vie de la nation lotit entière.

longues, puisqu'il s'agi. lisé

Le roi de France apparaissait au peuple

d'une réorganisation presque mondiale. En L"s monarchies sont perdues quand elles jadis comme le successeur et le continua-

attendant, la possibilité hypothétique de la se iricdeiil stiiN (le tels patronages, et nous teur de ces rois auquel le sacre conférait

reprise des hostilités et la nécessité des pouvons prévoir que s'il est proclamé, le

comme un huitième sacrement, de ces

occupations exigent le maintien de l'armée jeune empereur aura le sort. du Isar de « droituriers » qui, pour faire régner fa

sur pied de guerre. On peut espérer cepen- ISuiiiurie Jinris.

justice, poursuivaient, connue Louis VI, les

dant quelques mesures gracieuses pour les C'eM Va lin des Iloheuzollern.

seigneurs pillards, les citaient comme saint

vieilles classes.

Louis sous le chêne de Vincennes, ou

L'empire d'Allemagne a vécu. Non seule-

Q'fomnihi ei-i'îfiit Lucifer ? Comment est- comme Philippe-Auguste devant la cour

il tombé, le Lucifer allemand ? Avant ta des

ment l'empereur a abdiqué, le

pairs.

kronprinz a

guerre, il taisait grande figure dans le Les Hohenzollern, nu contraire, appa-

renoncé

au^

trône, mais, comme celui de monde chef d'un vaste empire, peuplé et raissaient comme les héritiers de la force

Bavière, tous les autres trônes s'écroulent prospère, aspirant à la domination univer- n'invoquaienf-ils pas eux-mêmes, comme

ou proclament des Républiques, et les souselle vez's laquelle il semblait marcher à source de leur puissance, « le droit du

verains sont en fuite. Il ne semble pas que grands pas, tour à tour, il promulguait la poing »?N'est-ce, pas par la plus sacrilège

jeette révolution immense et d'une rapidité parti universelle sous sou ég4de ou mena- usurpation que l'un d'eux avait transformé

inattendue soit par trop sanglante les t'ait le inonde de sa poudre sèche et de son en principauté séculière cette Prusse qu'il

Quelques

incidents signalés sont de épée- fraîchement aiguisée. Aux popula- ne gouvernait qu'au nom :1e, l'Ordre teuto-

peu tions musulmanes

'importance. Le socialiste Ebert a pris la

qu'il prenait sous sa nique dont il était le grand maître? et, ainsi

hautaine protection, il apparaissait comme aux origines de. la Prusse, s'étalaient

[charge du pouvoir. Le nouveau chancelier un nouveau prophète, et il visitait les l'apostasie et l'usurpation d'un religieux en

aura-t il la force de maintenir le peuple Lieux Saiiils avec tout l'apparat d'un chef

4«ui. restait en

n.i.i'M intime a\ec l;i dynastie natinnaie.

Voilà le mirai r- nalri^li.

Les événements se précipitent, en Allemagne

avec une rapidité foudroyante.

L'aigle est abattu, la bête de proie e,st

terrassée. Sa chute entraine un effondrement

général de cet empire- qui vmlail

dominer le monde.

Vendredi, Max de- l»,-ule déii'UMomrut et,,

samedi mutin, le kaiser dnii.|uai! en prononçant

celte parole inéninralile: '-! -• -•>

|eS

l'A \oil;'i, comment est tourné le Lucifer ['

i;ermni!!;•pilli!ur.

britannique Shark avec un pr.'n/'i.d liritaruii«lin',

sont entres ! in, novembre dans les

Danlunejles pour aller mtniilltu1 cii.sonibl" de-

V_afit Ci">nst.i.nUno|.li!, où les lejoindront inecr-

SailitiK'ni Ils Cb-Oiult-es itlliOCi.

Lundi matin â 1 1 heures, le canon

théologien Léon Merklen

qui redressa la barre au

cœur de la tourmente que

représentait l’impasse de

l’Action française et qui

réussit avec l’impulsion

de Pie XI

d’accréditer

dans

l’Église une

nouvelle voie

prometteuse,

P. Picard l’Action

catholique.

D.R.

ï KMjccwi Pa«j

5M8

g

1 idrai.iitnuii fu«j 6343

ë ln>|mm«ri« et frtJl«U.. fwj W-M

a annoncé â Paris la cessation flu feu

L'armistice avait été signé à 6 heures du

matin, dans le train spécial du maréchal Foch.

La censure interdit encore la publication

des conditions jusqu'à l'heure où il en sera

donné lecture dans les Parlements alliés.

L'affreux cauchemar est évanoui. La guerre

est virtuellement terminée.

La fin

desHotienzollern

L'écroulement

GuillaumeII de Hohenzollern

en fuite.

LouisIII et RupprechtdeWittelsbach

en fuite.

GuillaumeII de Wurtemberg

en fuite.

Le roi de Saxe déposé.

Le kronprinz disparu.

LeprincedeBrunswickabdique.

LeprinceMaxde Bade démissionne.

Bertha Krupp et son mari

arrêtés.

La Hesse en République.

Biographie Biogra Biographie

d’un Journal Journal, La Cr Croix, oix i

Yves Pitette P ,

Editions Edition Perrin, 2011, 336 p.

livres

ressenti à l’évocation de personnali-

tés comme com celles d’un André Géraud,

d’un Bruno Br Chenu, d’un Noël Copin,

d’un d’ Jean J Gélamur, d’une Dominique

Quinio, ou d’un Bruno Frappat,

fi gures toutes différentes mais

toutes vraiment enthousiasmantes et

bien typées. Merci à Yves Pitette de

nous avoir donné la joie d’une lecture

presque enivrante ! 0

(1) Yves Poncelet, Pierre l’Ermite (1863-

1959) Prêtre journaliste à La Croix et

romancier, édit Cerf , 2011, 663 pages.

Le discret

mais combien

précieux

Alfred

Michelin qui,

P. Merklen contre vents

et marées,

navigua entre les écueils

de la censure de Vichy et

les démons vengeurs de la

Résistance pour obtenir la

reparution du journal en

janvier 1945. 0

D.R.

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 19


lourdes 2011

LOURDES 2012

Le pape Benoît XVI a nommé le

11 février, fête de Notre-Dame

de Lourdes, Mgr Nicolas Brouwet,

nouvel évêque de Tarbes et Lourdes

(Hautes-Pyrénées). il succède

à Mgr Jacques Perrier, qui, à 75 ans,

a atteint l’âge de la retraite.

Sabine Harreau

Composée pour la

fête de Notre-Dame

de Lourdes, le

11 février, la Neuvaine à

Notre-Dame de Lourdes

est inspirée, en cette

année 2012, par la

proposition pastorale des

Sanctuaires de Lourdes :

« Avec Bernadette, prier

le chapelet ». L’image de

la Neuvaine ramène à la

20 - L’Assomption et ses œuvre - janvier 2012

Mgr Nicolas Brouwet,

évêque de Tarbes et Lourdes

J usqu’ici

évêque auxiliaire de Nanterre

(Hauts-de-Seine), Mgr Nicolas

Brouwet est né le 31 août

1962 à Suresnes (Hauts-de-Seine).

Titulaire d’une maîtrise d’histoire à

la Sorbonne, il entre en 1984 au Séminaire

français de Rome. Après un

bac de théologie à l’Université grégorienne,

il obtient une licence en

théologie du mariage et de la famille.

Il effectue également deux années de

coopération avec la Délégation catho-

Grotte, où les pèlerins

vont et reviennent, comme

aimantés par la rencontre

que fi t Bernadette, lorsque

la Vierge, dans le creux du

rocher et à sa hauteur, la

guidait dans la rencontre

de Dieu. Par cette prière,

nous sommes ainsi invités

à continuer à prier ou

redécouvrir la prière à

l’école de Bernadette.

Nous confi ons à Marie tous

les pèlerins du monde.

Tous les malades qui

sont accueillis à Lourdes,

pèlerins d’espérance.

Nous prions pour ceux

qui souffrent, dans leur

cœur, dans leur corps,

ou dans leur vie. Et nous

prions aussi pour la paix

du monde, pour tous les

peuples. 0 Sabine Harreau

lique à la coopération (DCC) comme

enseignant au séminaire de Beit Jala,

près de Bethléem. Ordonné prêtre le

27 juin 1992 pour le diocèse de Nanterre,

il exerce son ministère pendant

six ans dans l’aumônerie de l’enseignement

public, notamment à la faculté

de Sceaux et à l’aumônerie des

étudiants. Il devient ensuite curé puis

doyen dans plusieurs paroisses du

diocèse tout en étant chargé, à partir

de 2003, de l’accompagnement des

séminaristes du diocèse.. Au sein de

la Conférence des évêques de France,

il préside le groupe de travail « Église

et Internet » depuis avril 2001, il est

également membre du Conseil pour

les mouvements et associations de fi -

dèles, depuis novembre 2011. Depuis

2008, Mgr Brouwet était évêque auxiliaire

de Nanterre. Dans une lettre

adressée aux baptisés du diocèse de

Tarbes et Lourdes, à l’occasion de

sa nomination, le nouvel évêque a

notamment écrit : « Marchez sous la

conduite de l’Esprit Saint » (Galates,

5, 25) : telle est ma devise épiscopale.

Il est nécessaire qu’un évêque se

laisse conduire pour pouvoir ensuite

entraîner et fortifi er ceux à qui il est

envoyé. » 0

Neuvaine à Notre-Dame de Lourdes, du 3 au 11 février 2012


Pour fêter Notre-Dame de Lourdes,

le samedi 11 février 2012, date

anniversaire de la première des

dix-huit apparitions de la Vierge

Marie à Bernadette , les sanctuaires

rassemblaient près de soixante groupes,

soit environ 30 000 pèlerins.

Des groupes d’Italie majoritairement,

mais aussi des Français, des Allemands,

des Suisses, ainsi qu’un groupe d’Osaka

au Japon, des pèlerins des États-Unis et

une délégation en provenance

de Russie. À l’occasion de cette journée

mondiale de prière pour les personnes

malades, le pape Benoît XVI a délivré

ce message.

R elève-toi,

va ; ta foi t’a sauvé »

(Lc 17,19). La lecture des Évangiles

fait clairement apparaître

que Jésus a toujours manifesté une

attention particulière aux malades.

Il n’a pas seulement envoyé ses disciples

soigner leurs blessures (cf. Mt

10,8 ; Lc 9,2 ; 10,9), mais il a aussi institué

pour eux un sacrement spécifi

que : l’Onction des malades. La lettre

de Jacques atteste la présence de ce

geste sacramentel dès la première

communauté chrétienne (cf. 5, 14-

16) : dans l’Onction des malades, accompagnée

de la prière des Anciens,

l’Église tout entière confi e les malades

au Seigneur souffrant et glorifi é

pour qu’Il allège leurs peines et les

sauve ; plus encore, elle les exhorte à

s’unir spirituellement à la passion et

à la mort du Christ, afi n de contribuer

ainsi au bien du Peuple de Dieu.

Ce sacrement nous amène à

contempler le double mystère du

Mont-des-Oliviers, où Jésus s’est

trouvé dramatiquement confronté à

la voie que lui indiquait le Père, celle

de la Passion, de l’acte suprême

d’amour, et l’a accueillie. Dans cette

heure d’épreuve, Il est le médiateur,

« en portant en lui-même, assumant

La 20 e journée mondiale

de la personne malade

en lui la souffrance et la passion du

monde, la transformant en cri vers

Dieu, la portant devant les yeux et

entre les mains de Dieu, et la portant

ainsi réellement au moment

de la Rédemption » (Lectio Divina,

Rencontre avec le clergé de Rome,

18 février 2010). Mais « le Jardin des

Oliviers est aussi le lieu d’où Il est

monté vers le Père ; c’est donc le

lieu de la Rédemption… Ce double

mystère du Mont-des-Oliviers est

aussi sans cesse « actif » dans l’huile

sacramentelle de l’Église… signe de

la bonté de Dieu qui nous rejoint »

(Homélie, Messe Chrismale, 1 er avril

2010). Dans l’Onction des malades,

la matière sacramentelle de l’huile

nous est offerte, pourrait-on dire,

« comme un remède de Dieu… qui à

ce moment nous assure de sa bonté,

nous offre force et consolation, mais

qui, en même temps, au-delà du

À Lourdes chaque été le Pèlerinage National est

l’occasion de rencontres pour chacun.

C. CMMercier/CIRIC i /CIRIC pour l’A l’Assomption i et ses œuvres

temps de la maladie, nous renvoie à

la guérison défi nitive, à la résurrection

(cf Jc 5,14) » (ibid).

Ce sacrement mérite aujourd’hui

une plus grande considération, aussi

bien dans la réfl exion théologique que

dans l’action pastorale auprès des

malades. Puisque l’Onction des Malades

valorise le contenu des prières

liturgiques adaptées aux diverses situations

humaines liées à la maladie,

et pas seulement à la fi n de la vie, elle

ne doit pas être considérée comme un

« sacrement mineur » par rapport aux

autres. L’attention - et le soin pastoral

- des malades si elle est, d’une part,

le signe de la tendresse de Dieu pour

celui qui souffre, constitue également,

d’autre part, un bien spirituel pour les

prêtres et la communauté chrétienne

tout entière, prenant conscience que

ce qui est fait au plus petit est fait à

Jésus lui-même (cf Mt 25,40). » 0

BDes

pèlerinages en fête

Chaque année, la Fédération Européenne des Directions d’Organisation de Pèlerinage (FEDOP)

célèbre la fête de l’Annonciation à Notre-Dame de Paris. Cette année, cette célébration aura

lieu le lundi 26 mars à 18h. La FEDOP travaille sur des dossiers transversaux aux pèlerinages dits

nationaux. Il s’agit notamment de sujets comme l’avenir des trains de pèlerinages. Son président

est actuellement Arnaud Legrez, président de l’Hospitalité Notre-Dame de Salut. 0

janvier 2012- L’Assomption et ses œuvres - 21


lourdes 2012

Le week-end de préparation du Pèlerinage National 2012 a eu lieu du 20 au 22 janvier

2012, à Lourdes, animé par son nouveau directeur, le père assomptionniste Fabien

Lejeusne. L’occasion de démarrer l’année sous la protection de Marie et de préparer

spirituellement et matériellement le prochain pèlerinage qui aura lieu à Lourdes,

du 11 au 16 août prochains.

Sabine Harreau

E n

Lancement du Pèlerinage National 2012

ce 20 janvier, une crèche géante

est encore installée dans la Grotte

de Massabielle. C’est à la fois beau et

étonnant, car la Grotte revêt un petit air de

Noël inhabituel, surtout quand on a l’habitude

de se rendre à Lourdes l’été ! Les

234 membres des comités régionaux et

les responsables de services de l’Hospitalité

Notre-Dame-de-Salut, les religieux et

religieuses de la famille assomptionniste,

ont pu admirer cette Nativité, en venant

prier Marie, sur les pas de Bernadette.

Tous étaient réunis à Lourdes pour le

week-end de lancement et de formation

du prochain Pèlerinage National. Cette

année revêt un caractère particulier,

puisque le Père Fabien Lejeusne inaugure

offi ciellement sa responsabilité de directeur

du Pèlerinage National, avec à ses

côtés, Arnaud Legrez, président de l’Hospitalité

Notre-Dame-de-Salut et Anne

Guibert, chargée de l’organisation et de la

logistique.

Dès le vendredi, dans l’hémicycle

Sainte-Bernadette, le P. Fabien Lejeusne

Ba rappelé, dans son mot d’accueil, le sens

22 - L ’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

de la présence de chacun : « Nous revêtons

à nouveau le vêtement de serviteur ». Il a

aussi indiqué son souhait de moderniser le

Pèlerinage National. « Nous voulons bouger

les lignes, a-t-il expliqué, en concertation

avec les trois conseils (pastoral, de

l’Hospitalité et d’administration) et le Comité

directeur ». Dans la même démarche,

il a évoqué la rédaction d’un projet pastoral

sur le Pèlerinage National, qui sera fi nalisé

d’ici un an et présenté au pèlerinage 2013.

La foi des plus pauvres

On note déjà une nouveauté du Pèlerinage

2012, avec la présence du réseau

Saint-Laurent. Proche du Pélé Mosaïque,

les membres du réseau connaissent bien

Lourdes. Son animateur, Jean-Marie

Martin explique : « Ces groupes, de toute

la France, sont composés de chrétiens qui

vivent des situations de grande pauvreté.

Ils allient recherche spirituelle et gestes

de solidarité et ont développé des pédagogies

particulières pour exprimer leur foi. »

Durant le Pèlerinage National, le réseau

Saint-Laurent organisera un festival. Ate-

Les projets de l’association Notre-Dame-de-Salut en 2012

En ce début d’année 2012, l’association Notre Dame de Salut prépare avec d’autres

associations et structures différents temps de pèlerinages et de rassemblements.

Pèlerinage en Terre Sainte du 27 février au 7 mars,

accompagné par le Père Jacques Nieuviarts. Ce pèlerinage rassemble des personnes atteintes

d’un handicap moteur rendant impossible leur participation à un pèlerinage ordinaire en Terre

Sainte.

Rassemblement de la presse paroissiale du 28 au 31 mars à Lourdes.

Ce rassemblement réunira tous les acteurs de la presse paroissiale à Lourdes pour un temps fort

et de réfl exions sur leur engagement.

Rassemblement des collèges Assomption du 2 au 4 avril – Lourdes « Assomption à l’Unisson ».

Plus de 1000 collégiens seront réunis à Lourdes au début de la semaine Sainte pour découvrir

la Cité Mariale et vivre un temps de rencontre entre les différents collèges de l’Assomption.

Pèlerinage de la Congrégation St Jean de Dieu du 19 au 23 mai – Lourdes.

Pour leur année anniversaire de la famille hospitalière, la congrégation St Jean de Dieu

souhaite vivre un pèlerinage à Lourdes avec des personnes handicapés et des personnes valides.

Ce sera l’occasion pour beaucoup d’entre elles de découvrir les Sanctuaires.

liers artistiques, mime, théâtre, chants,

clowns, permettront aux pèlerins, malades,

handicapés et valides, de découvrir

d’autres formes de prière. « Les pauvres

sont les trésors de l’Église », a souligné

Jean-Marie Martin.

Au cœur du chapelet

Pour entrer dans le cœur de la préparation

spirituelle du pèlerinage, Le

P. Lejeusne proposa une catéchèse éclairante

sur le chapelet, thème pastoral 2012,

à partir de la lettre apostolique de Jean-

Paul II sur le rosaire. Un enseignement qui

permit de réentendre le sens des différents

mystères : joyeux, douloureux, glorieux

et lumineux. « S’il faut garder une seule

phrase de tous les mystères, c’est celle-ci :

« Faites tout ce qu’il vous dira » se conformer

aux paroles du Christ », a souligné le

P. Lejeusne. De son côté, le recteur des

Sanctuaires, le P. Horacio Brito, avec son

humour habituel, offrit une méditation sur

le thème « Avec Bernadette, prier le chapelet

», qui clôt la trilogie lancée en 2009.

Au cours du week-end, les participants

purent également entendre le témoignage

du docteur Alessandro de Franciscis, médecin

permanent du bureau des Constatations

médicales de Lourdes qui « avoua »

avoir emprunté au Pèlerinage National,

car il la trouvait très bonne, l’expression

« communauté des soignants ». Enfi n

Mgr Perrier fi t l’amitié de venir rencontrer

l’ensemble des participants. Au long du

week-end, les membres des 23 comités

régionaux venus de toute la France et les

responsables de services de l’Hospitalité,

ont aussi travaillé en ateliers sur différents

thèmes et ont pu vivre des temps

d’échanges et de convivialité. 0

www.pelerinage-national.org

http://fr.lourdes-france.org

D.R.


P ère

de deux enfants, qui ont

aujourd’hui la vingtaine, Jean-

Marie Martin a fait le choix,

depuis son adolescence, d’être auprès

des plus pauvres. « Je me suis

senti attiré vers les moins aimés, les

moins reconnus, qu’ils puissent vivre

la fraternité des fi ls de Dieu. Cette

fraternité que le Christ est venu

confi rmer », explique-t-il de sa voix

chaleureuse. Élevé dans une famille

simple et chrétienne, Jean-Marie vit

un grand moment de confi rmation de

sa foi à l’aumônerie de son lycée parisien.

« Un jour, dans notre local, en

voyant la croix, - je la revois encore -,

j’ai compris, comme une évidence, la

présence du Christ. »

Donner de son pain

À 17 ans, seul jeune parmi les

adultes, il donne

un coup de main à

« La Mie de Pain ».

Dans les années

1980, il s’agissait

de l’unique hébergement

existant à

Paris pour les SDF, un lieu déshumanisé,

où régnait la violence. Les

bénévoles aidaient mais ne se mélangeaient

pas aux accueillis. Tout le

contraire de ce que fait le jeune Jean-

Marie, qui entraîne des camarades

de l’aumônerie. « J’ai perçu que

notre mission était de manger avec

eux, plutôt que de faire la popote. »

Peu scolaire, le jeune homme laisse

RENCONTRE

Rencontre avec Jean-Marie Martin, animateur du réseau Saint Laurent :

« Plus qu’un métier, un apostolat »

D.R.

Jean-Marie Martin, 44 ans, est l’animateur du réseau

Saint-Laurent (1), qui rassemble des groupes chrétiens partageant

un chemin de foi avec des personnes vivant des situations

de pauvreté et d’exclusion. Pour la première fois cette année,

le réseau Saint Laurent participera au Pèlerinage National.

Sabine Harreau

tomber le lycée et suit une formation

en animation spirituelle et culturelle.

Il y rencontre sa femme. Plus tard,

« dans la dèche et avec un bébé, nous

avons eu la chance de rencontrer

Gilles Rebêche, diacre, en charge

à Toulon, de la Diaconie du Var (2).

Il cherchait un animateur pour des

lieux d’accueil des personnes sans

domicile. »

Diaconie de communion

C’est donc là que depuis 1989,

Jean-Marie et sa famille ont posé

leurs valises. « On a créé la Fraternité

dans la Diaconie, qui propose

un chemin d’animation spirituelle où

s’engagent chaque année, des gens

de la rue, des religieux et des laïcs.

Pour nous, quelle que soit la personne,

ce n’est pas le mot insertion,

mais com-


Je suis tombé

dans la spiritualité

de Mgr Jean Rodhain


munion qui

est le plus

important. »

Jean-Marie

Martin, avec

un regard

profondément bon et pétillant, insiste

sur sa vision de la foi : « On ne peut

pas parler de notre foi sans la dimension

d’être au service de l’autre, de

notre vocation de disciple du Christ. »

En 1998, il est embauché, par le

Secours catholique du Var, comme

animateur. « Je suis tombé dans la

spiritualité de Jean Rodhain, premier

secrétaire général du Secours

lourdes 2012

Catholique : il parlait déjà de diaconie

! La pédagogie collait bien avec

ce qu’on voulait vivre. » Plus tard, en

2005, la Cité Saint-Pierre, antenne

du Secours Catholique à Lourdes,

fêtait son 50e anniversaire. Un temps

fort qui réunit 750 personnes, parmi

lesquelles 75 % étaient en situation

de grande pauvreté. C’est à cette occasion

qu’est créé le « Réseau Saint-

Laurent ». Jean-Marie Martin est

alors nommé, par le Secours Catholique,

animateur de ce réseau. Une

charge « multitâches » qui le conduit

à sillonner la France pour accompagner

les nombreux projets. « Il s’agit

d’une structure atypique au service

de quelque chose qui nous dépasse

tous ! », reconnaît-il, confi ant. 0

(1) Parmi les groupes membres du réseau

Saint-Laurent : Fraternité St Laurent,

Chrétiens Quart-Monde, Le SAPPEL, Pierre

d’angle, Fraternité Bernadette de Marseille,

Fraternité du Serviteur souffrant,

association Magdala, Espace Bernadette

de Nevers, Cité Saint-Pierre de Lourdes et

Secours Catholique Caritas France.

(2) Créée en 1982, la Diaconie du Var est un

service composé d’un réseau d’associations

qui gère des activités d’entraide sociale,

d’aumôneries tournées vers les migrants,

les prisonniers, les malades et d’un réseau

fraternel d’entraide spirituelle avec les

personnes en diffi culté. Composé de laïcs,

de diacres, de prêtres et de religieuses, le

réseau de la Diaconie concerne près

de 1500 bénévoles et une centaine

de salariés.

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 23


vocation

VOCATION

À la suite du dernier

chapitre provincial de

France, l’alliance religieuxlaïcs

prend une nouvelle

forme. C’est le P. Vincent

Leclerq avec Elisabeth et

Thierry Monsempès qui sont

aujourd’hui chargés de faire

vivre ce lien.

Sophie Lebrun

T rouver

Elisabeth et Thierry Mensompès, l’Assomption accompagne leur vie depuis longtemps...

En famille à l’Assomption

un moment dans l’agenda

d’Elisabeth et Thierry est un

vrai défi . Parents de la petite

Adèle, bientôt quatre ans, ils mènent

une vie à deux-cents à l’heure, jonglant

entre les obligations familiales

et professionnelles – Elisabeth est

assistante sociale dans un établissement

accueillant des personnes pluri-handicapées

et Thierry ingénieur

pour la branche française d’une entreprise

japonaise. Quelques soirs et

certains week-ends sont consacrés

à leurs engagements multiples pour

l’Assomption, et depuis quelques semaines,

ils ont une mission de plus :

responsables de l’alliance religieuxlaïcs

au sein de la congrégation.

Des projets qui rassemblent

L’Assomption accompagne la vie

de la petite famille depuis longtemps.

24 - L ’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

D.R.

« J’ai rencontré mon mari lors des

JMJ de Paris, en 1997, se souvient

Elisabeth. Je jouais du hautbois et

Thierry traduisait un spectacle monté

par des membres de l’Assomption

dans le cadre du Festival de la

jeunesse. » La jeune femme de 35

ans connaît la congrégation depuis

l’enfance : ses parents fréquentaient

la paroisse voisine tenue par des

religieux de l’Assomption à Montpellier

et plusieurs de ses vacances ont

été rythmées par les camps de prière

à l’Île de Ré, les semaines ski et foi

et les voyages prière et solidarité

à New York. « Petit à petit, j’ai pris

des responsabilités dans l’animation

liturgique. À travers le travail de

préparation de célébrations, j’ai fait

la connaissance de plusieurs religieux.

Monter des projets avec eux

était très enrichissant, au-delà des

liens d’amitié qui peuvent se nouer. »

Thierry a rencontré les Assomptionnistes

plus tard, lors de ses études à

Lille et son esprit d’ingénieur l’a vite

amené à s’investir dans l’organisation.

En 1998, il participe à la mise

sur pied d’un pèlerinage en Terre

sainte rassemblant religieux, religieuses

et laïcs. Si Elisabeth choisit

une voie d’engagement portant en

son cœur la collaboration laïcs et

religieux - quel meilleur lieu de rencontre

que la messe ? -, Thierry va

aussi s’atteler à des projets marqués

par cette problématique tels que

l’aventure de la nouvelle communauté

de Saint-Lambert-des-Bois

(1), et celle de l’Assomption-Jeunes,

association réunissant un membre

de chaque congrégation de la Famille

de l’Assomption et un laïc.


Chemin d’alliance

C’est donc naturellement que le

couple a participé à la première formation

sur trois ans pour les laïcs

de l’Assomption en 2006. « Ce fut un

moment important pour nous, notamment

car nous y avons partici

en couple, raconte Elisabeth. C’était

agréable de vivre cette expérience

ensemble. Mieux comprendre l’esprit

des Assomptionnistes, leur façon de

prier, leur fondateur, leur règle de

vie… Nous avons découvert beaucoup

de choses. Et surtout, nous avons pu

échanger avec d’autres laïcs sur la

signifi cation de notre engagement,

de notre présence au sein de l’Alliance.

» Très attendue par de nombreux

laïcs, cette formation a eu des

effets rapidement selon le couple :

« Dès le forum de 2008, nous avons

ressenti que des liens forts s’étaient

tissés entre nous tous. » Autant de

raisons de répondre positivement

à la demande du provincial de s’investir

pour trouver d’autres moyens

Une prière

« Ce n’est pas seulement pour

eux que je prie, mais pour ceux

qui croiront en moi à cause de

leur parole :

Que tous soient un, comme toi

Père, tu es en moi,

et moi en toi,

Qu’eux aussi soient en nous,

Que le monde croie que c’est

toi qui m’as envoyé.

et moi je leur ai donné la gloire

que tu m’as donnée

Pour qu’ils soient un comme

nous, nous sommes un

Moi en eux et toi en moi,

Pour qu’ils soient

parfaitement un.

Ainsi le monde connaîtra

que tu m’as envoyé

Et que tu les as aimés comme

tu m’as aimé »

Évangile de Jean, 17, 20-23

S. Ouzounoff/CIRIC

de faire grandir ces liens. Et de les

développer avec les religieux. Pour

Elisabeth, l’un des enjeux est aussi

d’amener des personnes engagées

auprès des Assomptionnistes à trouver

leur place dans « l’Alliance » :

« Parfois, certains ne savent pas forcément

qu’ils sont des « laïcs dans

l’Assomption ». Par exemple, dans

la paroisse de mes parents, il y a

des personnes très engagées dans

le fonctionnement mais combien se

sentent proches de l’Assomption ? »

Thierry précise : « Nous souhaitons

développer des espaces de rencontres

pour tous ceux qui sont en

lien avec l’Assomption, quel que soit

leur âge, leur niveau d’engagement,

et leur état de vie. »

Œuvrer dans l’humilité

Ce trio en responsabilité ne

compte pas « réinventer la poudre »

mais plutôt s’appuyer sur la longue

tradition de la congrégation dans

le domaine – « les laïcs étaient déjà

présents du temps d’Emmanuel

d’Alzon », rappelle Elisabeth – ainsi

que sur le travail de la précédente

commission en charge de la question.

vocation

Le Père Vincent Leclercq, assomptionniste, engagé au nom de l’Alliance.

« Nous nous inscrivons totalement

dans un esprit de continuité, insiste

Thierry. Beaucoup de choses ont déjà

été pensées, mises en place. » Le

couple entend aborder sa mission

« avec humilité » : « C’est un chantier

important et nous avons conscience

qu’il y a beaucoup d’attentes. » Et la

nouvelle formule leur semble adéquate

: « Une alliance, ce n’est pas

une collaboration, ni un compagnonnage

ou de la camaraderie, c’est plus

que cela… Le mot est bien choisi !

déclarent-ils en cœur. L’idée est de

la vivre pleinement et ainsi de donner

envie à d’autres de nous rejoindre. » 0

(1) Le projet St-Lambert-des-Bois a

commencé fi n 2005, quand les Assomptionnistes

ont constitué un groupe de

travail composé de quatre laïcs et quatre

religieux pour étudier la possibilité de

reprendre un monastère bénédictin dans

la vallée de Chevreuse. Après en avoir

étudié les différents aspects (monastère,

paroisse, centre de séminaire) et

les possibilités que permettait le lieu, le

groupe dont faisait partie Thierry a émis

un avis positif. Depuis, lui et sa femme

continuent à suivre les projets d’animations

du lieu. »

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 25


ubrique

SPIRITUALITÉ

LA PRIÈRE

26 - L ’Assomption et ses œuvres - janvier 2012


S. DUVERNEUIL/CIRIC pour l’Assomption et ses œuvres

prier avec des laïcs

Les Petites Sœurs

de l’Assomption,

de la communauté d’Antony

(92) témoignent de leur prière

partagée avec leurs ami(e)s laïcs.

Christiane, Eléonore, Henriette, Jocelyne,

Pierre, Patricia, Rita, Thècle, Thérèse

Un soir par semaine, nous ouvrons

notre temps de prière communautaire

aux personnes du quartier

qui souhaitent partager ce

moment avec nous. La prière prend des

formes variées : psalmodie des psaumes,

chant, lecture et méditation de la Parole

de Dieu, danse, photo-langage, messages

écrits ou partagés, silence et contemplation.

À l’oratoire, la Présence Réelle

est là avec une icône, une bougie, des

fl eurs… invitation au recueillement et à

la méditation. Plusieurs de ces personnes

témoignent : « C’est une Petite Sœur qui

travaillait avec moi dans la même maison

de retraite qui m’a invitée à venir ».

« C’est Henriette, une amie du quartier

qui pendant la maladie de mon mari m’a

dit : Viens prier avec nous, ça va te soutenir

dans ce moment diffi cile. » « Avant

d’arriver dans ce quartier, une amie m’a

dit : contacte la communauté PSA, j’avais

besoin d’une amitié paroissiale. ». « C’est

le groupe de la Fraternité qui m’a donné

l’idée d’y venir ; j’avais envie de prier avec

d’autres. » « Allez prier chez les PSA, c’est

réellement comme se rendre à une invitation,

dans la certitude d’être accueillie

avec une grande hospitalité, dans la

simplicité et la joie d’être la bienvenue ;

mais aussi que cet accueil sera réservé à

chacun de nous et sera contagieux : nous

nous accueillons, à leur suite les uns les

autres. Nous échangeons le quotidien de

ces derniers jours, les derniers potins,

l’actualité du quartier, du travail, l’actualité

du monde aussi, nos joies et nos

peines… »

Une prière réconfortante

Ce temps de prière partagé est une

manière d’aller « boire à la source », de se

poser devant Dieu, à l’écoute de sa Parole.

« Ce moment de recueillement me donne 2

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 27


2

prier avec des laïcs

paix et réconfort. » « Il est un soutien

dans les moments plus diffi ciles. La parole

de chacun m’enrichit, élargit la mienne et

parfois m’aide à repartir là où le Seigneur

m’envoie dans le quotidien. » Et puis aussi,

« nous déposons ce qui est trop lourd ».

« Méditer ensemble l’évangile me

nourrit, j’y puise la force, et peu à peu

la connaissance de Jésus. C’est un

temps de communion, pas seulement

entre nous mais avec le quartier, et aux

dimensions du monde entier. Nous

donnons nos intentions de prière, et

les intentions des uns et des autres,

nous les portons ensemble. Je crois à

la communion des Saints. Quand l’un

ou l’autre est absent, nous le rendons

présent et sommes aussi en union avec

ceux qui ont fait le passage de la mort

à la Vie. » « Entre nous, il n’y a pas de

différence, on est tous égaux devant

Dieu, on se sent en confi ance, et c’est

plus facile d’exprimer notre prière, à la

différence de la messe du dimanche où

nous n’avons que les -amen- à dire. Ce

rendez-vous est différent. Cette communion

fraternelle rompt ma solitude ;

j’aime faire miens certains cris des psalmistes

(comme le Seigneur soutient la

veuve et l’orphelin), ce qui est la réalité

de ma vie. Dans les moments diffi ciles,

les paroles du Christ redites par l’un

ou l’autre m’aident beaucoup (venez à

moi, vous qui peinez, je vous procurerai

le repos). L’appel à la réconciliation, la

demande de pardon, m’aide à retrouver

la paix intérieure ».

Pointer du doigt ce qui est merveille

dans nos vies

« Ici, mon esprit reste recueilli

jusqu’à la fi n, alors que chez moi, je suis

distrait quand j’essaie de prier seul. Ça

me renvoie à mon intériorité ; c’est retrouver

force et dynamisme ; c’est poser

un autre regard, pointer du doigt ce

qui est merveille dans nos vies, dans le

quartier et le monde. C’est rendre grâce

à Dieu. »

« J’aime beaucoup ce refrain : « Bénis

sois-tu notre Père qui nous as béni dans

le Christ ». D’autres paroles me sont

chères : « Le Seigneur est mon berger,

je ne manque de rien, grâce et bonheur

28 - L’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

m’accompagnent

tous les jours de ma

vie. J’habiterai la

maison du Seigneur

pour la durée de

mes jours » (Ps 22)

et puis « Tes œuvres

me comblent de

joie ; devant l’ouvrage

de tes mains

je m’écrie : que

tes œuvres sont

grandes Seigneur !

Combien sont profondes

tes pensées

! » (Ps 91) »

« Dire merci, rendre grâce me stimule

à chercher le point lumineux de la

journée et j’en reçois des autres comme

un cadeau ». « En nous quittant, nous ne

sommes plus les mêmes : nous sommes

liés et reliés les uns aux autres et nous

nous connaissons mieux. Quand je reviens

de la prière, c’est comme si j’avais

pris de la vitamine C et D ».

À l’écoute de la prière

agissante de Dieu

Pour nous, Petites Sœurs de l’Assomption,

qui désirons être à l’écoute de

la vie de tous les jours, nous rappelons à

Dieu « dans une prière qui ne se tait pas »

(P. Etienne Pernet) son dessein d’amour,

son alliance, sa tendresse, sa justice. Ensemble,

avec les personnes qui viennent

prier avec nous, nous découvrons les

signes de la présence agissante de Dieu,

et cela nourrit aussi notre vie, et nous

fortifi e.

Contempler Jésus qui sauve aujourd’hui,

dans cette communion aux

joies et aux souffrances de chacun et

des familles, transforme notre regard

et notre cœur. Notre prière devient

émerveillement et louange, engagement

et combat, intercession, attente

et annonce. Reliées à l’histoire du Salut,

prière d’apôtre, de veilleurs, unies aux

priants du monde, et aux chercheurs

de Dieu. La rencontre des non-croyants

questionne notre foi. Ils sont présents à

notre prière. Les rejoignant dans leurs

aspirations humaines, nous laissant

convertir avec eux, nous cherchons des

chemins d’évangélisation pour leur révéler

la véritable espérance et la fraternité

du Christ. . 0

Prière

IL EST LA

Où donc est le Seigneur ressuscité ?

Mais il est là

la souffrance est enlevée,

la haine est expulsée,

la misère est combattue,

Où le droit et la justice sont établis,

Il est là, c’est Lui !

Où donc peut-on le trouver

Lui le Seigneur vivant ?

Mais il est là

Où les vivants bâtissent la paix,

Où les vivants se donnent par amour,

Où les vivants s’unissent pour construire,

Et là aussi où l’humanité perd son visage.

Mais il est là

Dans les villes, dans les rues,

Dans les banlieues,

Dans les villages, dans les bidonvilles,

Dans les résidences, dans les déserts,

Dans les mondes du tiers et du quart,

Il est là où les hommes tentent de vivre et

de s’aimer

En maintenant leur dignité.

Vous qui croyez, vous qui voyez :

Vous en êtes les témoins !

Dites-le une fois pour toutes,

Sans demi teintes, clairement, et faites le :

On peut toucher le Christ Vivant

Là où est défendue

La vie des vivants »

D.R.

Charles Singer


Au cours du dernier week-end

du mois de janvier 2012, ce sont

près de 600 jeunes religieux et

religieuses de moins de 45 ans et

à près de 60 % d’origine étrangère,

de différents congrégations et

monastères, qui se sont retrouvés

dans la banlieue parisienne.

Ce premier rendez-vous a été

le coup d’envoi d’une série

d’événements qui auront lieu tout

au long de l’année 2012, pour

« promouvoir la vie consacrée ».

Témoignages.

Sœur Tran Thi Hien, jeune professe

des Petites Sœurs de l’Assomption

Pour moi, c’était la première fois

que je participais à un aussi grand

rassemblement. Je suis encore incapable

de pouvoir m’exprimer car j’ai

du mal à en parler tant j’ai été émue.

Je suis vraiment contente d’avoir pu

faire l’expérience de ce week-end. Ce

fut passionnant !!!

D’abord l’organisation et le programme

étaient très bons, chaque

groupe, chaque atelier et chaque

forum avait été bien prévu. Tout le

monde était ravi de cette organisation.

Qu’est-ce qui m’a plu ? J’aime

beaucoup vivre dans un contexte

international et j’ai été comblée par

la rencontre non seulement de Français

mais aussi de frères et sœurs

de partout, d’Europe, d’Amérique,

d’Afrique, d’Asie.

J’ai également aimé deux témoignages

et l’intervention du frère

Jean-Pierre Longeat, président de

la Corref autour de la question « De

quelle manière ai-je rencontré le

Christ à l’origine de ma vocation ?

De quelle manière ponctuelle depuis

mon engagement ? ». Dieu appelle

chacun d’une façon différente et Il

nous donne une grande liberté pour

choisir la place correspondant à

chacun. Dieu nous appelle et Il nous

choisit pour nous conduire sur son

chemin vers la vie, car Il nous donne

cette vie pour la partager à travers

l’amour, le pardon, la joie et la mission,

auprès des gens que nous rencontrons

dans la vie quotidienne.

Dans les Forums, j’ai porté un

intérêt tout particulier au sujet : « Rejoindre

les jeunes aux frontières de

la société : Casse-tête, casse-pied,

coup de cœur ? » Dans ce forum, j’ai

eu l’occasion de découvrir les situations

diffi ciles des jeunes sur vidéo et

j’ai pu approfondrir les questions des

nouvelles pauvretés, des nouveaux

défi s pour la vie religieuse au milieu

de ces jeunes. Pour nous, religieux,

religieuses, nous portons les blessures

de ceux et celles qui souffrent

dans leur vie, nous sommes appelés

à être toujours attentifs, aimants non

violents, pour que les jeunes d’aujourd’hui

et les gens puissent découvrir

la tendresse et la miséricorde de

Dieu au travers de nos gestes. Nous

« espérons » que cela les aide à grandir

et à se développer humainement

et socialement.

Vous devez vous étonner que je

n’aie rien dit de l’événement « Flash

Mob » sur le parvis de Notre-Dame

de Paris, bien qu’il ait beaucoup fait

parler de lui. Je vous invite à aller le

visionner sur le site :

www.viereligieuse.fr

NGÔ Ngoc Nhung, jeune professe,

Petite Sœur de l’Assomption

« Quelle joie ! De retrouver des

anciens novices de l’inter-noviciat

et aussi de faire connaissance avec

d’autres frères et sœurs des congrégations

différentes : monastiques ou

apostoliques. La plus grande joie est

de sentir que nous sommes sur un

même chemin vers le Christ, et que le

Christ nous a appelés et aujourd’hui

nous rassemble. Malgré nos différents

âges, couleurs, nous avons un

même désir de donner notre vie au

Christ pour le service de l’Évangile.

Nous sommes comme les disciples

qui se retrouvent pour raconter la

ACTUALITÉS

Brother et Sister Act, missionnaires de l’Espérance

D.R.

joie de leur mission. Nous apportons

nos propres charismes, nos engagements.

Aujourd’hui, ce groupe des

disciples du 21 e siècle est de multiples

nationalités et cultures.

L’enjeu de ce week-end, c’est de

permettre aux jeunes religieux, religieuses

de se rencontrer, de faire

connaissance, de vivre le temps du

partage fraternel sur la question :

comment j’ai rencontré le Christ

à l’origine de ma vocation ? Et aujourd’hui,

comment je le rencontre ?

Le dimanche, un nouveau regard

sur la vie religieuse comme « missionnaires

de l’espérance » est donné

par Marie-Laure Durand, une théologienne

laïque. À partir du changement

anthropologique, puis de la

mutation de la vie religieuse, elle

confi rme que la vie religieuse est

porteuse d’espérance : elle fréquente

l’Évangile, par la prière, le silence, le

service et est capable de se retirer de

ce monde tout en restant au monde.

Être missionnaire d’espérance

commence par notre présence ici, par

la joie de suivre le Christ et va continuer

par notre propre témoignage dans

notre vie quotidienne. L’Église a besoin

d’hommes et de femmes qui donnent

leur vie pour le travail de son Royaume.

Le père Jean-Pierre Longeat termine

son homélie de la messe de clôture

« Je ne comprends pas pourquoi il y a

moins des jeunes qui s’engagent dans

la vie religieuse. Pourtant c’est une

vie si belle ! » Nous prions pour que

l’Esprit Saint souffl e où il veut et qu’il

appelle et envoie les ouvriers pour les

champs de sa mission. 0

janvier 2012 - L ’Assomption et ses œuvres - 29


actualités

D.R.

I

Une assemblée nombreuse a entouré

Pierre Phan van Duong lors de son

ordination diaconale à Paris.

T out

au long de l’année 2012,

des événements, propositions,

publications et outils d’animation

donneront à découvrir davantage

la réalité et la diversité de la

30 - L ’Assomption et ses œuvres - janvier 2012

Un nouveau diacre à l’Assomption

J oie

et bonheur : ces deux mots

à eux seuls résument ce qui se

lisait sur les visages des personnes

présentes à l’ordination diaconale

de Pierre Duong, le 5 février

en l’église Saint-Hippolyte de Paris

(XIII e ) en plein cœur du quartier

asiatique.

C’est Mgr Michel Pollien, évêque

auxiliaire de Paris, qui l’a ordonné

au cours de la célébration dominicale,

après avoir bravé la neige

et le froid glacial. De nombreux

frères tant Vietnamiens qu’Européens,

des laïcs assomptionnistes,

vie consacrée en France. Cette dynamique

résulte de la coordination

entre les grandes instances de la vie

consacrée en France : la CORREF

(Conférence des religieux et reli-

Bien plus qu’une simple revue pour la prière.

Avec vous depuis 25 ans.

sans oublier les paroissiens de

Saint-Hippolyte où Pierre effectue

son stage diaconal, ont tenu à

être présents en cette journée de

fête afin de rendre grâce pour ce

frère rayonnant de bonheur, souriant

encore plus que de coutume.

Un temps comme celui-ci ne pouvait

que se prolonger par un festin

culinaire mélangeant les traditions

asiatiques et françaises et recevant

la bénédiction de Pierre. Tous ont

pu alors le remercier pour son beau

témoignage de vie. 0

Une belle année pour la vie religieuse

gieuses de France), le SDM (Service

des moniales), le CNISF (Conseil

national des instituts séculiers

de France), et le Service national

pour l’évangélisation des jeunes et

pour les vocations de la conférence

des Evêques de France. Après le

week-end de fin janvier qui a réuni

600 jeunes religieux, d’autres rendez-vous

sont d’ores et déjà annoncé

: messe télévisée à Saint-Ignace

(Paris) le 29 avril, week-end pour

jeunes adultes en discernement du

17 au 20 mai, mais aussi présence

à Lourdes cet été au pavillon des

Vocations, etc. 0

www.viereligieuse.fr/

www.service-des-moniales.

cef.fr/

www.instituts-seculiers.

cef.fr

HONORAIRES DE MESSES

Honoraires de messes : 16 €

Neuvaine : 165 € Trentain : 550 €

À l’ordre de : Procure missionnaire de l’Assomption

Adresse : 79, avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris


Revue trimestrielle des congrégations de l’Assomption

éditée par l’association L’Assomption et ses œuvres

Siège social : 79, avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris.

Administration et secrétariat : 79, avenue Denfert-Rochereau,

75014 Paris. - Tél. : 01 44 41 40 00

Centre de diffusion : Code 341

CCP : l’Assomption et ses œuvres - Paris 22368 77- U

Adresses de l’assomption en France

Maison provinciale Assomptionnistes (a.a.)

79, avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris.

Maisons générales :

Oblates de l’Assomption (o.a.)

203, rue Lecourbe, 75015 Paris.

Orantes de l’Assomption (or.a.)

76, avenue Jean-Baptiste Champeval, 94000 Creteil

Petites Sœurs de l’Assomption (p.s.a.)

57, rue Violet, 75015 Paris.

Religieuses de l’Assomption (r.a.)

17, rue de l’Assomption, 75016 Paris.

Centres de diffusion :

Procure missionnaire de l’Assomption

79, avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris

CCP 335-56E Paris code 033

Informations Petites Sœurs de l’Assomption

57, rue Violet, 75015 Paris

CCP 6270-39V Paris code 269

Oblates de l’Assomption

203, rue Lecourbe, 75015 Paris

CCP 858-21P Paris code 049

Pères Assomptionnistes Montpellier

42, avenue d’Assas, 34000 Montpellier

CCP STAM 765-76F Montpellier code342

Religieuses de l’Assomption

8, rue de l’Amiral d’Estaing – 75016 Paris

CCP Secrétariat Assomption n° 3152517P PARIS

Site internet : http://www.assomption.org

Petites Sœurs de l’Assomption : www.assomption-psa.org

Religieuses de l’Assomption : www.assomption-ra.org

Directeur de la publication : Benoît Gschwind, a.a.

Rédaction en chef : Robert Migliorini, a.a.

Comité de rédaction : Marie-Claire Debionne, p.s.a, Eliane de

Montebello, p.s.a, Catherine Lesage, o.a, Zoé Vandermersch, o.a,

Bernard Jouanno, a.a, Iulian Andréi, a.a, Marie-Bernard Kientz,

a.a, Arnaud Legrez, Sabine Hareau (Notre-Dame-de-Salut), Alain

Beaudet, Claire-Myriam, r.a, Jeanine Gindrey, or.a, Caroline Taisne.

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Imprimerie PRINTONE S.A., Espagne

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ÉDITION PARTICULIÈRE

Les Anciennes de l’Assomption

Mme S. Valéry - 7, rue Garnier/92200 Neuilly

réservée aux anciennes élèves des Religieuses de l’Assomption

Posé sur la 4 e de couverture : 8 pages spéciales, paginées de A à H,

dans les numéros destinés aux lecteurs des « Anciennes

de l’Assomption ». Renseignements et Abonnement :

Anne-Marie Croissant - Tél. : 01 47 45 68 09.

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PRÉNOM ………........................................................................................................

RUE………........................................................................... BÂT……….. ESC……....

CODE POSTAL………............ VILLE ……....................................................................

Le temps d’une prière avec Marie

Marie !

Les mains jointes, serrées autour d’une idée de bonheur,

Les doigts unis, dizaine de chapelet d’espoir,

Son cœur contient le message suprême,

Fait d’une demande et d’une acceptation,

Sauvant par sa démarche un peuple qui attend,

Sans savoir où et quand le Sauveur annoncé,

Et qui, selon l’écrit, viendra le retrouver.

Nul n’y avait pensé, et n’aurait pu y croire.

Dans sa grande jeunesse et sa limpidité,

Marie, la fi ancée de Joseph,

N’a ni calculé, ni refusé.

Recevant en servante cette alliance suprême,

Où le même Esprit Saint la saisit,

Et consacre Joseph en son rôle de père,

Famille simple et humble par sagesse et vertu,

Détenant en son sein tout l’avenir du monde.

Son sang, sa chair, donnaient corps à l’Esprit,

En démarche insensée, faisant fl eurir l’Amour.

Ce Fils ainsi conçu, et tout entier sagesse,

De par Son don suprême, cloué au pilori,

Sauvait l’humanité, déchirant une mère,

Avant de s’élever en son éternité.

Malgré son allégresse, Marie qui a souffert,

N’oublie pas les petits, les humbles, les meurtris.

De toutes ces épreuves avouées ou secrètes,

Marie, dans sa douceur de mère,

Comprend chaque souffrance qui s’endure sur Terre.

Patiente et inlassable, sensible à notre appel,

Venant dans la tourmente des vies, du sang, des pleurs,

Prodiguer son amour, apaiser, aider l’homme.

Marie, notre très Sainte Mère, apprends-nous :

À regarder, écouter, à espérer,…Aimer !

Texte pris dans le livre « Patchwork de la vie », écrit par Claude PEPRATX,

et paru aux Éditions du Panthéon

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MERCI à ceux qui pensent à joindre leur bande d’expédition à leur réabonnement janvier 2012 - L ’Assomption et courrier. et ses œuvres - 31


Seigneur,

donnez-moi de me transfi gurer

sans cesse

dans la foi à vos paroles,

dans le désir de la patrie où vous

m’apparaîtrez dans votre gloire,

dans l’amour qui m’unira à vous

sans que rien ne puisse m’en séparer.

Emmanuel d’Alzon

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