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VERS UNE ARCHITECTURE

ET

Enoncé théorique de master

Raphaël Cuenin

DURABLE

CLIMATOLOGIQUE

1


Groupe de suivi

Bruno Marchand, Directeur Pédagogique

Pierre Chuard, Professeur EPFL

Jean-Paul Chabbey, Maître EPFL

François Demarignac, Expert extérieur

Enoncé théorique de master

Raphaël Cuenin, Diplomant

© 2006


Table des matières

1.Introduction

.........................................................................................................................

2.Développement durable ......................................................................................................

En quelques mots .........................................................................................................

Energie ..........................................................................................................................

Densité ..........................................................................................................................

Mixité ............................................................................................................................

Evolutivité ....................................................................................................................

3.Prise de contact avec Martigny .............................................................................................

Historique .....................................................................................................................

Situation .......................................................................................................................

4.Projet .....................................................................................................................................

Contexte ........................................................................................................................

Analyse ..........................................................................................................................

Conceptualisation .........................................................................................................

5.Conclusion ............................................................................................................................

6.Bibliographie ........................................................................................................................

7.Annexes .................................................................................................................................

3

p.05

p.07

p.13

p.21

p.37

p.45

p.53

p.59

p.59

p.61

p.65

p.65

p.67

p.71

p.75

p.78

p.80


1. Introduction

Pour ce travail de diplôme, il m’a paru important de traiter un sujet qui nous concerne tous,

celui de l’Homme et de son environnement. L’architecture a dans ce contexte une importance

considérable en tant que moteur social et urbain, mais aussi dans son rapport à la nature et de

son bilan énergétique. En sachant que le milieu de la construction «engloutit un sixième des

ressources mondiales en eau douce, un quart de la production de bois et deux cinquièmes des

combustibles fossiles et des produits manufacturés 1 », nous ne pouvons pas, en tant qu’acteur de

ce phénomène, garder les yeux fermés. L’art de bâtir se remet constamment en cause selon les

besoins et les problématiques de son époque. Actuellement, dans tous les domaines l’écologie

sous toutes ses formes prend de plus en plus d’importance, et il est essentiel que l’architecture

se remette en question et se donne les outils pour rentrer sereinement dans la nouvelle ère postpétrole

qui nous tend les bras.

De plus en plus, les critères écologiques sont pris en compte dans les différents concours et

les architectes doivent être en mesure actuellement de répondre à ceux-ci. Nous nous acheminons

inévitablement vers une crise énergétique qui nous oblige à réagir dès à présent afi n de résoudre

des problèmes que nous aurons dans un avenir proche. Mais il n’existe malheureusement que peu

de réalisations récentes prenant en compte les enjeux environnementaux. Nous avons pu constater

que pour la réalisation d’habitat individuel ou d’objet de moindre envergure, il est possible

d’associer le concept environnemental et de produire une architecture de qualité, s’exprimant

comme une réalisation écologique et répondant au confort moderne. Mais pour des constructions

de plus grande taille, peu d’exemple probant exprime une architecture environnementale, elle

ressemble plus à un condensé de technologie au service du bâtiment. Malheureusement l’héritage

de nos prédécesseurs qui vouaient un culte à la technologie, considérant la maison comme une

machine, reste solidement ancré dans nos manières de penser. Il est nécessaire à l’heure actuelle

de retourner le problème et de chercher en priorité des solutions architecturales et de voir par la

suite les moyens techniques à mettre en oeuvre.

5

1 James Wines,

L’architecture verte,

Taschen 2000, p.9


«Falling Water», Maison

Kaufman

Bear Run, Etats-Unis 1939

Franck Lloyd Wright

Unité d’habitation à Berlin

Berlin, Allemagne 1957

Le Corbusier


2. Développement durable

Quand en 1923, la grande fi gure du mouvement moderne, Le Corbusier, saluait «une

nouvelle époque» et affi rmait : «Une grande époque vient de commencer. Il existe un esprit

nouveau! L’industrie envahissante comme un fl euve qui roule à ses destinées, nous apporte les

outils neufs adaptés à cette époque nouvelle animée d’esprit nouveau», nous avons assisté au

développement d’une architecture faisant trop souvent abstraction de l’environnement et utilisant

le sol comme base d’expérimentation futuriste. Les architectes se sont basés sur des «idéaux

sociaux» et se sont appuyés sur l’essor industriel pour produire une architecture se souciant plus

de son image et ses concepts d’organisation sociale que de son impact réel sur la population et le

paysage. Ils se sont sentis investis d’une mission salutaire pour l’humanité, faisant table rase de

l’histoire de l’architecture en voulant être fondateur d’une histoire nouvelle aux valeurs fortes et

permanentes. Mais le résultat que nous constatons aujourd’hui, l’héritage que nous avons reçu,

montre que la production de cette époque ne satisfait pas pleinement les utilisateurs. A l’image

des unités d’habitation du Corbusier, qui devaient rassembler une communauté et offrir à ses

habitants un cadre de vie idéal, ce concept n’a malheureusement pas fonctionné comme il était

prévu, les habitants se trouvant peut-être oppressés par une architecture si forte de concept et

d’innovation, à l’image de l’essor industriel fulgurant de cette époque Mais nous sommes tout de

même redevable à cette période qui a exploré de manière très riche les potentialité de l’architecture

en tant que moteur social et en terme d’image et d’impact.

Pourtant un contre courant prit forme sous l’égide d’un architecte soucieux du paysage

et de l’intégration du bâti dans l’environnement existant: Franck Lloyd Wright, qui a formulé

les principes fondamentaux d’une architecture dans son contexte, notamment avec ses célèbres

maisons dans la prairie. Ce précurseur de l’architecture organique a su projeter ses réalisations

comme des extensions de leur environnement, utilisant les matériaux de construction du lieu,

créant un dialogue fort entre le bâtiment et son environnement. Selon lui, «l’architecture moderne

est tout simplement quelque chose - n’importe quoi - construit à notre époque, mais l’architecture

organique est une architecture provenant de l’intérieur et projetée vers l’extérieur. Organique

signifi e intrasèque, au sens philosophique du terme, une entité, là où le tout est à la partie comme

la partie est au tout, et où la nature de l’exécution tout entière s’impose clairement comme une

nécessité. C’est de cette nature qu’émane le caractère qu’un créateur peut donner à sa construction

7

2 Le Corbusier, Vers

une architecture,

Paris 1958, p.26


Plug-in City

Peter Cook, 1964

Capsule Homes

Warren Chalk, 1964


dans chaque situation particulière. 3 » Mais ses réalisations exemplaires à l’époque et toujours

citées en exemple de nos jours n’ont pas fait autant d’adeptes que le mouvement moderne, plus

facile à appliquer car étant d’une plus grande rationalité.

Parallèlement au modernisme certains courants architecturaux se sont orientés vers ce que

l’on pourrait appeler la science-fi ction, dans ce contexte les travaux d’Archigram sont exemplaires.

On n’est plus seulement à ce moment dans l’euphorie industrielle, mais surtout dans l’ère de la

technologie, des robots ménagers simplifi ant la vie, de la consommation de masse. «Mais au-delà

de la fascination pour le progrès technique et la production de masse, il y a dans le pragmatisme

d’Archigram un refus de l’idéologie et une relativisation extrême de l’histoire, de l’architecture et

de la création de masse 4 .» On assiste alors à une architecture nomade où la ville peut être assimilée

à un ordinateur, les gens pouvant circuler à leur guise à travers les circuits et se «plugger» où ils le

souhaitent. L’homme devient tel un escargot qui promène sa maison sur le dos, l’habitat devient, à

l’image de toute la société de consommation, un autre objet que l’on acquiert et que l’on peut jeter

par la suite, en le remplaçant. A ce titre le projet «Plug-in City» est remarquable à plus d’un point,

tant par l’esprit novateur d’une nouvelle perception de la ville que l’organisation des circulations

et le remplacement des différents modules. On est confronté à «une architecture matérialisée

non plus par des espaces (dans le sens que pouvait avoir le mot pour le Corbusier ou Louis Kahn)

mais par des objets, éléments d’un meccano qui permettent d’assembler des passerelles mobiles,

escaliers démontables, planchers amovibles, appareillages divers qui sont habituellement ceux de

la mise en scène. 5 »

Il peut paraître étrange de parler de ces trois architectes, qui sont d’époques différentes

mais dont les théories sont contemporaines, alors que leur approche est variée, mais nous avons

beaucoup à apprendre de leurs différents travaux. Pour sa part, la période du modernisme, malgré

une certaine indifférence au contexte, a développé la notion d’espace dans l’architecture et nous

continuons de nos jours à explorer ce côté sensible de l’architecture. Il ne faut donc pas considérer

l’architecture moderniste comme une chose à oublier, mais plutôt une période qui nous a montrée

certaine limite, mais qui a aussi développée une sensibilité, une expérimentation des espaces digne

d’intérêt, et d’une audacieuse remise en question de l’architecture, en s’armant de concept fort et

novateur pour son époque. Franck Lloyd Wright de son côté reste le précurseur de l’architecture

organique et est à ce titre une référence incontournable. Il a posé les premières pierres d’une

9

3 James Wines,

L’architecture verte,

Taschen 2000, p.22

4 Alain Guiheux,

Archigram, Editions

du centre Pompidou,

1994, p.7

5 Alain Guiheux,

Archigram, Editions

du centre Pompidou,

1994, p.10


Faculty of law, Univesity of

Cambridge

Cambridge, Angleterre 1995

Norman Foster,

Centre culturel Jean-Marie

Tjibaou

Nouméa, Nouvelle-Calédonie

1992-98

Renzo Piano


composition architecturale dialoguant avec son environnement. Il a inspiré et continue d’inspirer

de nos jours nombre d’architectes qui veulent renouer un contact avec la nature. Alors qu’Archigram

nous intéresse moins pour leur côté futuriste et leur abnégation du contexte, mais plus pour leur

réfl exion sur l’architecture en mouvement, évolutive et transformable à souhait. Il est évident

que leur travail reste très théorique et diffi cilement applicable à notre société, mais rares sont les

architectes qui ont poussés cette réfl exion de l’architecture comme un produit de consommation,

amenant à déstructurer un projet en différents éléments très distincts, pouvant ainsi changer,

moduler et remplacer ces différents éléments à souhait.

Nous pourrions trouver encore beaucoup d’architectes pouvant apporter une contribution

à la réfl exion propice pour ce diplôme, mais en guise d’introduction ces trois derniers sont

représentatifs de différents points importants pour ce diplôme qui pourraient se résumer en 4

thèmes: - énergie

- densité

- mixité

- évolutivité

Ces thèmes répondent tous à une problématique actuel de l’architecture qui est le

dévellopement durable.

11


En quelques mots

En ce qui concerne le développement durable à proprement dit, ce terme apparaît pour

la première fois en 1972 à Stockholm, lors d’une réunion des Nations Unies évoquant l’impact

environnemental de la forte industrialisation des pays développés sur l’équilibre planétaire. Cette

conférence donne naissance à l’UNEP (United Nations Environnement Programm). Le terme

«Développement durable» apparaît de manière offi cielle dans le rapport «Our common future» du

premier ministre norvégien. La fracture économique et sociale entre les pays développés et le Tiers

Monde est montrée du doigt et s’ajoute aux préoccupations exclusivement environnementales

des Nations Unies. Mais l’événement déclencheur est la conférence des Nations Unies sur

l’environnement et le développement (CNUED) tenue à Rio de Janeiro au Brésil en 1992, ce

fut le plus grand rassemblement de leaders mondiaux qui n’ait jamais pris place. Plus de 178

gouvernements ont adoptés l’Agenda 21 (voir Annexes .1), la Déclaration de Rio sur l’environnement

et le développement ainsi que l’énoncé pour la gestion durable des forêts. L’Agenda 21 est un

plan d’action complet devant être adopté au plan mondial, national et local par les organisations

du système des Nations Unies, les gouvernements et les groupes majeurs dans chaque domaine

ayant des impacts humains sur l’environnement. D’autres résultats et réalisations de la CNUED

incluent : la Convention-cadre sur les changements climatiques, la Convention sur la diversité

biologique, la création d’un ensemble d’organismes non-gouvernementaux appelé le Conseil de

la Terre et le World Business Council for Sustainable Development pour représenter le milieu des

affaires. La Déclaration de Rio reconnaît la nature intégrale et interdépendante de la Terre, notre

planète; réaffi rme la Déclaration de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement humain

adoptée à Stockholm le 16 juin 1972 et cherche à en assurer le prolongement; vise à établir un

partenariat mondial équitable par la création de nouveaux niveaux de coopération entre les États,

les principaux secteurs de société et la population; et, mise à établir des accords internationaux

qui respectent les intérêts de tous et protègent l’intégrité du système mondial de l’environnement

et du développement.

La question est comment faire en sorte de léguer une Terre en bonne santé à nos enfants?

Ce contexte a fait émerger des questions fondamentales : Comment concilier progrès économique

et social sans mettre en péril l’équilibre naturel de la planète? Comment répartir les richesses entre

les pays riches et ceux moins développés? Comment donner un peu de richesses à ces millions

13


Bien-être

psychique

SOCIAL

Biodiversité

Equitable

DURABLE

Vivable Viable

ENVIRONNEMENT

Innovation et

technologie

Surfaces bâties

ECONOMIE

Consommation

d’énergies fossiles

Transport

de marchandises

Consommation

de matières


d’hommes, de femmes et d’enfants encore démunis à l’heure où la planète semble déjà asphyxiée

par le prélèvement effréné de ses ressources naturelles?

La réponse a été de réconcilier l’économie, l’environnement et le social. C’est pour apporter

des réponses concrètes à ces questions qu’est né le concept de développement durable. Un concept

que l’on résume aujourd’hui d’une simple phrase : « un développement qui répond aux besoins

du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.» Pour y

parvenir, les entreprises, les pouvoirs publics et la société civile devront travailler main dans la

main afi n de rapprocher trois univers qui se sont longtemps ignorés : l’économie, l’environnement

et le social. À long terme, il n’y aura pas de développement possible s’il n’est pas économiquement

effi cace, socialement équitable et écologiquement tolérable.

Dans le cas de l’architecture nous pouvons nous occuper des relations entre l’économie et

l’environnement; de celles entre l’environnement et le social. Le lien entre l’économie et le social est

diffi cilement abordable du point de vue de l’architecture, car il englobe des relations qui sont plus

de l’ordre de l’individu en relation avec la société, et l’architecture ne peut résoudre tous les maux

du mondes. Cela veut dire concrètement que l’architecture doit se concentrer sur les rapports de

l’homme à son environnement, autant en essayant de renouer un contact avec la nature que nous

ne développons plus actuellement, mais aussi de sensibiliser l’utilisateur à son impact sur ce qui

l’entoure et de mettre en oeuvre des moyens afi n de respecter au mieux l’environnement. Il faut du

point de vue environnemental garder une certaine biodiversité, et aussi améliorer le rapport des

surfaces bâties par rapport au reste, car il est en constante augmentation ces dernières décennies

et il faut pouvoir utiliser le sol d’une manière plus rationnelle. Une étude de l’offi ce féderale des

statistiques montre que bien que les surfaces bâties (habitat et infrastructure) représentent 6,6%

de la superfi cie totale de la Suisse, elles ont pourtant progressées entre les années 1980 et les

années 1990 de 327 km 2 , soit une étendue plus grande que le territoire du canton de Genève.

Mais cela passe aussi par le rapport entre l’économie et l’environnement, où nous devons

à tout prix changer les mentalités afi n de promouvoir des technologies «propres», privilégier les

énergies renouvelables au détriment des énergies fossiles. Mais il faut désormais penser à utiliser

et mettre en oeuvre des matériaux non polluants, de plannifi er des chantiers propres. Car si les

architectes tendent vers une utilisation plus intensive des nouvelles technologies propres, vers

15


des matériaux moins gourmands en énergie grise, le marché de la construction «durable» a de

fortes chances de se développer de façon considérable et ainsi de réduire les coûts encore un peu

élevés des projets en essayant de réduire les impacts écologiques de la construction.

Ces deux aspects, social/environnement et environnement/économie, que l’architecture

peut et doit améliorer, vont pousser à développer des projets moins gourmands en énergie, ayant

un rapport avec son environnement plus sain et engendrer une sociabilité plus riche qu’aujourd’hui

car les utilisateurs se sentiront plus à l’aise dans ce nouvel environnement bâti.

En Suisse plusieurs projets ont été mis en place comme SNARC (Systematik zu Beurteilung

der Nachhaltigkeit von Architekturprojekten für den Bereich Umwelt, Méthode pour l’évaluation

de l’écologie dans les projets d’architecture, 2004), Minergie (1997), ou eco-bau. Ces différentes

recommandations (ne faisant donc pas offi ce de normes) tendent à promouvoir une architecture

plus écologique, mais elles n’abordent pas toutes la réfl exion de la même manière: Minergie reste

trop à la surface du problème en promouvant des systèmes de premier secours, mais n’essayant

pas de pousser la réfl exion jusqu’au même stade que les Passiv Hause en Allemagne. SNARC

est un système d’évaluation de projet durant la phase de concours afi n de quantifi er la valeur

environnementale du projet, mais qui se révéle très compliqué et trop restrictif pour la création

architecturale. Eco-bau par contre va très loin dans le concept de l’environnement durable en

analysant chaque groupe CFC et l’apport écologique ou néfaste qu’ils peuvent amener au projet

d’architecture. Evidement cela ne donne pas un concept architectural, mais fournit de bonnes

recommandations à inclure dans la réfl exion dès le début du processus de projet.

Sur la prochaine page se trouvent les recommandations d’ eco-bau pour une planifi cation

propre d’un projet 6 . Nous pouvons voir qu’afi n de construire pour l’avenir d’une manière plus

réfl échie, les champs d’action sont nombreux tout au long du processus de plannifi cation et

construction du projet. Nous pouvons constater que les points développés dans les recommandations

ne touchent pas le côté social du bâti, qui est tout de même un point important du projet. En

bâtissant mieux, il doit être indispensable de proposer par la même occasion une richesse sociale

au projet.

17

6 köb

(koordinationsgruppe

Ökologish

Bauen),

Construction

écologique, fi ches

pour soumissions

selon les codes de

frais de construction

(CFC), edité par le

Service des bâtiments

du Canton de Vaud,

2003, p.2


Déconstruction

Changement

d’affection

Assainissement

Exploitation

Achèvement

Planifi cation stratégique

Problèmes

environnementaux

dans la construction

Utilisation d’énergie

Effet de serre

Cycles des matières

Toxicité

Mise en exploitation

Etude préliminaire

Exécution

Avant-projet

Projet

Soumission


Tenir compte des demandes, réduire le

besoin

• Economie des terrains à bâtir

• Utilisation optimale de l’espace

• Equipement standard approprié

Façonner les constructions comme des

espaces de vie

• Espaces libres utiles et vivants

• Maintien/enrichissement du milieu animal et

végétal

• Pas de préjudice au paysage urbain et naturel

Favoriser une construction économe en

ressources

• Structure de bâtiment simple

• Forme compacte

• Utilisation fl exible de l’espace

Projeter des ouvrages ayant une longue

durée de vie

• Façade protégée contre les intempéries

• Eléments de construction échangeables

• Installations accessibles

• Matériaux faciles d’entretien

Obtenir une haute qualité des espaces

•Locaux agréables (forme, lumière, couleurs…)

• Renouvellement d’air suffi sant

• Matériaux à faibles émissions

Minimiser les besoins en énergie et

en matériaux, utiliser des énergies

renouvelables

• Faible consommation d’énergie lors de

l’exploitation du bâtiment

• Faible consommation d’énergie lors de la

fabrication des matériaux et pour l’entretien

• Usage élevé d’énergies et de matériaux

renouvelables

Utiliser l’eau de façon durable

• Faible consommation d’eau potable

• Bonne qualité de l’eau potable

• Utilisation de l’eau de pluie

Boucler les cycles de vie

• Réutilisation des éléments de construction

intacts

• Séparation et valorisation des déchets de

chantier

• Usage élevé de matériaux recyclés

• Eviter les substances et les matériaux diffi ciles

à éliminer

Conserver la qualité du sol

• Protéger le sol du compactage (intempéries,

calendrier des travaux, machines utilisées)

• Protéger le sol contre les pollutions

• Protéger les dépôts de terres

Pour ce diplôme, il sera primordial de toucher à tous ces aspects du développement

durable dans la construction, mais trois aspects, recoupant des pistes déjà mentionnées ci-dessus,

me paraissent indispensables à développer plus en avant. Il s’agit de la densité, de la mixité, de

l’évolutivité du bâtiment et de l’énergie sous toutes ses formes.

19


Energies

L’aspect énergétique est primordial dans tout projet qui se veut durable et écologique, car

si nous pouvons déjà faire des choix écologiques sur les matériaux utilisés, la planifi cation de

la construction, il faut aussi prévoir un édifi ce qui consomme le moins d’énergie possible tout

en restant agréable à vivre. Les ingénieurs développent des nouvelles technologies permettant

d’utiliser au mieux les caractéristiques des matériaux ou en proposant des systèmes permettant

des gains d’énergie considérables. Mais les architectes doivent aussi intégrer dans leur manière de

concevoir des principes spatiaux de base afi n de permettre au bâtiment de tirer partie de ressources

naturelles comme le vent, le soleil, etc., et de pouvoir ainsi permettre de réelles économies. De

plus en plus de projet mettent en place des stratégies d’économie d’énergie en imaginant des

façades intelligentes qui gèrent l’interface entre l’extérieur et l’intérieur en faisant offi ces de fi ltre

et emmagasinant les fl ux d’énergie et fi ltrant les gains non désirés. Mais tous les composants du

bâtiment sont mis à contribution comme la masse du gros oeuvre pouvant stocker et diffuser de

la chaleur. La technique reste tout de même diffi cilement évitable et des équipements comme des

pompes à chaleur, des récupérateurs de chaleur sont souvent utilisés pour les avantages en terme

de rentabilité qu’ils possèdent et pour leur côté écologique tirant des ressources directement de

l’environnement sans uniquement en produire par de l’énergie fossile. Il faut aussi prendre en

compte que sous nos latitudes, le climat entre l’hiver et l’été étant considérablement différent, les

stratégies ne sont pas les même à adopter selon les saisons. Ainsi le dispositif mis en place doit

permettre de gérer des périodes de froid, autant que des périodes de chaud.

Le thème de l’économie d’énergie et de la mise en forme de tels concepts étant très vaste,

nous allons énumérer ceux qui nous intéressent plus en particulier pour ce diplôme, c’est à dire

la ventilation tant naturelle que mécanique, le solaire passif, et les techniques de refroidissement

et de chauffage passif et actif du bâtiment. Pour mener à bien ces objectifs, il faudra porter une

attention toute particulière à la mise en forme du projet tant en plan que en coupe, mais aussi au

traitement de la façade et aux matériaux utilisés.

La ventilation du bâtiment et un point important car elle fournit un renouvellement d’air

obligatoire des locaux mais elle est aussi gourmande en énergie. La ventilation naturelle des

bâtiments a tendance à être de plus en plus souvent plébiscitée, malgré qu’elle soit en général

21


Siège principal de la banque

du commerce, concours

Francfort, Allemagne 1991

Christoph Ingenhoven


utilisée majoritairement pour les bureaux. Dans les pays chaud on trouve une réelle culture de

la ventilation naturelle avec des principes bien connus. Sous nos latitudes ces mêmes principes

peuvent être repris. Pour utiliser la ventilation naturelle, il faut développer le projet en y intégrant

une réfl exion sur la dynamique de l’air dans le bâtiment, et mettre en place un système permettant,

de manière naturelle, à l’air de circuler. L’air entrant dans le bâtiment doit pouvoir être extrait

de manière naturelle, et non mécanique comme cela est courant, à l’aide de dispositif tel que des

cheminées de ventilation, des atriums, ou alors de manière transversale en traversant l’épaisseur

du bâtiment de part en part. L’air peut entrer dans le bâtiment par la façade, soit par un puits canadien

qui consiste en un conduit qui capte l’air à l’extérieur et passe dans le sol avant de déboucher dans

l’édifi ce, préchauffant ou refroidissant l’air par son transit dans le sol. La ventilation naturelle

permet de se passer de ventilation mécanique en été en assurant un débit important d’air et des

économies d’énergie considérables. Le jour elle permet à l’air de bien circuler dans le bâtiment

et d’évacuer l’excédent de chaleur, et la nuit elle permet de faire de la ventilation nocturne. Cette

dernière consiste à refroidir la structure du bâtiment à l’aide de la ventilation naturelle, de manière

à permettre à cette structure d’accumuler la chaleur générée dans le bâtiment durant la journée.

Mais en hiver la ventilation naturelle est moins effi cace car elle génère une perte importante

d’énergie, il est préférable de mettre en place une ventilation mécanique couplée à un échangeur

de chaleur. Ainsi l’air frais qui est injecté dans le bâtiment, est préchauffé dans l’échangeur grâce

à l’air chaud extrait des pièces. Nous avons ainsi une perte énergétique moindre et un taux de

renouvellement d’air assuré sans être obligé d’ouvrir les fenêtres en hiver et perdre ainsi des gains

interne au bâtiment. Nous voyons que entre l’hiver et l’été la stratégie est totalement différente,

l’un fonctionnant quasiment en vase clos et l’autre fonctionnant de manière perméable.

Pour se protéger ou capter les gains solaires, la façade est un élément primordial. Elle doit

permettre de protéger le bâtiment du rayonnement solaire en été afi n d’éviter une surchauffe et

fournir ainsi un climat agréable, mais aussi capter au maximum ce rayonnement solaire en hiver

afi n de préchauffer l’air et faire de cette manière des économies de chauffage. Le verre est un

élément primordial de la façade, car c’est lui qui gère le contact visuel avec l’extérieur mais il permet

aussi à la lumière de pénétrer dans l’édifi ce et d’amener ainsi les gains solaires désirés en hiver

mais redoutés en été. Le total de la transmission énergétique du rayonnement solaire devrait être

élevé si nous voulons le maximum de gain solaire en hiver. Au contraire une faible transmission

énergétique est requise si nous voulons un bon climat en été dans les pièces. Le vitrage est donc

23


Protections solaires


de nos jours le point faible thermique des façades, une grande attention doit donc être portée sur

celui-ci. Il existe bien évidemment une quantité de vitrages différents ayant des caractéristiques

toutes aussi différentes. Ils varient sur trois paramètres: l’isolation thermique, la transmission

lumineuse et l’isolation phonique. Par la suite le choix du verre se fait selon les critères demandés

par les concepteurs. Mais il faut savoir qu’en voulant plus d’isolation thermique, la transmission

lumineuse est généralement moins performante de même que l’isolation phonique. Le même

problème intervient lorsque nous voulons une grande transmission lumineuse, qui amène aussi

beaucoup de gains solaires, l’isolation thermique est généralement moins bonne et l’isolation

phonique meilleure. Il faut donc trouver le verre qui puisse amener le plus de gains solaires,

qui isole convenablement et qui soit phoniquement performant. Afi n d’éviter une surchauffe en

été avec le soleil qui traverse les vitrages, nous pouvons mettre en place des protections solaires

extérieures ou intérieures qui permettent de se protéger du rayonnement solaire en obscurcissant

les vitrages tout en laissant passer suffi samment de lumière. Des mesures architecturales peuvent

être prises en mettant en place un avant-toit qui laisse passer les rayons du soleil en hiver mais qui

les bloque en été. Nous pouvons aussi recourir à des protections amovibles, comme des panneaux

coulissants ou des volets en accordéon, permettant d’obscurcir les vitrages quand bon il nous

semble. Elles peuvent être disposées à l’extérieur ou à l’intérieur de l’édifi ce. En étant à l’extérieur

les gains solaires sont éliminés et permettent d’éviter la surchauffe en été, mais ces mêmes

protections sont soumises aux intempéries pouvant les endommager ou, plus handicapant, de ne

même pas pouvoir les déployer (à cause d’un fort vent notamment). Alors que si nous les mettons

à l’intérieur, la luminosité est aussi réduite, mais les gains solaires sont très importants, créant

un risque élevé de surchauffe estivale. Certaines protections sont aussi présentes au sein même

du vitrage. La façade, et plus particulièrement les vitrages, doivent donc être protégés en été du

rayonnement solaire afi n de minimiser les gains solaire, et être le plus exposés possible en hiver

afi n de profi ter cette fois des gains solaires permettant une économie de chauffage. Ainsi comme

pour la ventilation, deux stratégies bien différentes doivent être adoptés que l’on soit en été ou en

hiver.

La récupération d’air chaud et l’utilisation des gains solaires ne permettent toutefois pas

d’être totalement autonome en chauffage. Des capteurs solaires peuvent être utilisés afi n de couvrir

les besoins en eau chaude sanitaire, mais pour ce qui est du chauffage du bâtiment, un système

d’appoint doit être mis en place. Outre les chauffages conventionnels au mazout, on peut utiliser

25


du bois comme combustible, mais on peut aussi utiliser les pompes à chaleur qui apparaissent

de façon récurrente dans les nouveaux projets. Ce procédé consiste à utiliser la chaleur de

l’environnement (sol, air, eau) et d’élever sa température à la chaleur souhaitée en utilisant un

compresseur qui lui utilise de l’énergie mécanique. Ce système permet une économie d’énergie

non renouvelable, car le liquide utilisé pour le chauffage est déjà préchauffé par l’environnement.

Cela nécessite néanmoins des travaux généralement assez importants pour pouvoir collecter

la chaleur du sol ou de l’eau. D’autres systèmes profi tent aussi des installations environnantes

comme les usines d’incinération, ou toutes autres industries produisant de la chaleur, qui par la

suite est normalement perdue, en l’utilisant comme source de chaleur comme le sol ou l’eau. En

couplant la pompe à chaleur avec un dispositif de dalle active, qui consiste à couler dans le béton

des serpentins dans lesquels circule le liquide caloporteur, on peut être quasiment autonome en

chauffage. De plus la dalle active permet en hiver de chauffer la structure, lui permettant ainsi

de restituer la chaleur durant la journée, et en été le liquide calorifi que étant presque à la même

température que le sol, nous pouvons refroidir la structure, et ainsi, avec la ventilation naturelle,

se passer de puissance de froid.

Les matériaux sont aussi un moyen important de faire des économies d’énergie en

choisissant des matériaux qui tout au long de leur cycle de vie consomment le moins d’énergie

grise possible. Il n’est pas possible de faire une liste de ces matériaux et de les énumérer dans cet

énoncé, mais dans les annexes (voir annexes .2), vous pouvez trouver un exemple d’éco devis qui

quantifi e l’écologie du matériaux en regardant son énergie grise et sa récupération entre autre.

Il ne faut pas non plus oublier le climat. Nous ne pouvons pas bien sûr avoir d’infl uence sur lui,

mais il nous dicte la plupart des mesures que nous devons prendre. Comme nous l’avons vu, la

durée d’ensoleillement, la qualité de celui-ci, l’exposition au vent, les températures estivales et

hivernales, etc. sont autant de paramètres dont nous devons tirer parti afi n de projeter un édifi ce

idéalement intégré dans son milieu en exploitant de manière effi cace les éléments déjà présents

sur le site.

En guise de conclusion sur ce chapitre concernant l’énergie, nous allons examiner différents

exemples de réalisations orientés vers le développement durable. Ceux-ci ne sont pas là à titre

de référence, mais plus comme une vue globale montrant la production dans ce domaine et des

architectures très différentes qu’il en ressort, passant du high-tech au low-tech :

27


Offi ce fédérale de la statistique

Neuchâtel, Suisse 1998

Bauart architectes

Ecole secondaire de Maeder

Maeder, Allemagne 1998

Baumschlager et Eberle


Offi ce fédérale de la statistique, Neuchâtel 1998, Bauart architectes

C’est un projet de bâtiment administratif pour l’OFS, long de 240 m, conçu pour accueillir

400 places de travail fi xes et 300 places de travail temporaires. L’approche de ce projet a consisté

à réduire la consommation d’énergie du bâtiment sans augmenter les coûts d’investissement.

Ainsi une grande attention a été portée à la qualité de l’enveloppe, à la valorisation des gains

internes pour réduire les besoins en chauffage. Pour diminuer la demande de froid, une ventilation

naturelle et un refroidissement du local ordinateur par échangeur eau-eau ont été mis en place. La

production de chaleur est assurée par une installation solaire intégrée à la toiture avec stockage

saisonnier de chaleur, couplé à une chaufferie gaz-mazout en tant que chauffage d’appoint. La

cuve de stockage saisonnier a un volume de 2400m 3 et sa température varie de 95 o C en août à

30 o C en janvier. Ce projet a su mettre en oeuvre des stratégies d’architecture verte, comme l’eau

de pluie qui est aussi collectée et réutilisée au sein du bâtiment.

Ecole secondaire de Maeder, Maeder, Allemagne, Baumschlager et Eberle

Un exemple de façade double peau nous est fourni par Carlo Baumschlager et Dietmar

Eberle à Mäder, en Autriche. Les architectes ont conçu un collège à très faible consommation

d’énergie qui selon les estimations nécessiterait moins de 20 kWh/m2. Par comparaison, un

édifi ce dit à «faible consommation d’énergie» nécessite 50 kWh/m2. Sur un plan carré de 28 m

de côté, le collège présente quatre façades vitrées aux deux tiers et s’articule autour d’un espace

de récréation central. Une paroi en lames de verre verticales enveloppe entièrement le bâtiment et

protège des intempéries, les parties pleines des façades sont en mélèze. Ces lames non-jointives,

espacées de 53 cm du mur-rideau en retrait, laissent s’installer des stores à enroulement en coton

blanc. Le chauffage est assuré par la ventilation, qui est commandée à partir de quatre zones (une

pour chaque façade) et la température d’air de ventilation est réglée en conséquence. La chaleur est

récupérée de l’air évacué, en utilisant un échangeur de chaleur avec une effi cacité approximative

de 75%. Il n’y a pas de climatisation, le refroidissement est fait par ventilation naturelle par la

façade, et la nuit par une ventilation diurne. La chaleur (fraîcheur) est aussi puisée dans le sol au

moyen de pompes si les sondes de température indiquent que ceci peut être avantageux.

29


Tribunal de Bordeaux

Bordeaux, France 1998

Richard Rogers Partnership

City hall

Londres, Angleterre 2002

Norman Foster and Partner


Tribunal de Bordeaux, Bordeaux, Richard Rogers Partnership

Tout en respectant l’arrangement historique et identifi ant la signifi cation civique du

nouveau bâtiment, la conception de ce projet est essentiellement une boîte simple qui indique

clairement sa fonction et son organisation. L’identifi cation des composantes du bâtiment a eu

comme conséquence une transparence qui encourage son accessibilité et optimise son orientation.

Presque tout le programme est abrité entre un grand mur de verre et sous un toit de cuivre

ondulant. L’accent a été mis sur les systèmes de contrôle passif de l’environnement: les «fl acons»

des auditoires du tribunal laisse le jour pénétrer profondément dans les espaces internes et,

par leur taille, assure une bonne répartition de la température. La grande boîte entourant les

autres salles, avec ses systèmes de protections solaires et de ventilations incorporés dans le toit,

fonctionne comme récipient «de respiration». En outre, la base des «fl acons» et les bureaux sont

construits dans une structure de béton lourd, ayant pour résultat un système de régulation passif

effi cace de la chaleur.

City hall, Londres, Norman Foster and Partner

Ce projet fait partie de la mouvance high-tech de l’architecture écologique, en utilisant les

dernières technologies. Le city hall (hôtel de ville) est un projet de verre traversé par une rampe

en spirale aboutissant au sommet au «London’s living room», un espace pour des exhibitions ou

d’autres événements. Il est aussi le siège du maire et de l’assemblée des élus, il contient 500 places

de travail. La forme de ce bâtiment a été conçue afi n d’atteindre des performances énergétiques

optimum en relation avec le site et son orientation, réduisant les gains solaires et les pertes de

chaleur au travers de son enveloppe. Ainsi le type de verre mis en oeuvre varie selon sa position

et les performances requises. Au sud les vitrages sont protégés par une légère déformation du

bâtiment qui procure une protection solaire, et sont dotés de stores et d’ouvrants afi n de ventiler.

Alors qu’au nord ne recevant pas de rayonnement direct, le verre est très clair et moins structuré.

Le bâtiment est naturellement ventilé la plupart de l’année, et une pompe amène la fraîcheur du

sol afi n de pouvoir refroidir le projet sans une ventilation mécanique.

31


Immeubles Cartier

Paris, France 1994

Jean Nouvel

Académie de formation

Herne-Sodingen, Allemagne 2002

Jourda et Perraudin


Immeubles Cartier, Paris 1994, Jean Nouvel

Ce projet de Nouvel n’a pas à proprement dit de qualité durable, que se soit dans le choix

des matériaux, des stratégies internes du bâtiment pour réduire les besoins de chauffage. Ce

bâtiment ne peut pas être qualifi é de durable, mais ce qui nous intéresse ici et l’usage que Nouvel

a fait du verre et de la manière dont il réussit à intégrer l’immeuble Cartier dans cette parcelle

de Paris, qui à premier abord n’est pas facile à exploiter. Son projet détruit l’ancien mur du parc,

révélant aux spectateurs les hauts arbres qui sont si chers aux habitants du quartier. Mais le projet

ne se résume pas seulement en un mur remplacé par une structure de métal et de verre, mais

plutôt en un projet qui se dissout dans son cadre naturel. Les plantations du parc et du boulevard

se refl ètent et se réfractent au jeu des trois écrans. L’édifi ce absorbe et restitue les couleurs des

saisons, les heures du jour et de la nuit dans un paysage sans cesse renouvelé. Ce projet est donc

remarquable au niveau de son intégration et de l’interaction avec son milieu environnant, il est

donc très performant au niveau du design écologique

Académie de formation, Herne-Sodinger, Jourda et Perraudin

Situé au coeur de la région de la Ruhr, dans une friche industrielle, le bâtiment, au

delà de sa fonction de centre de formation, est un bâtiment pilote en matière de protection de

l’environnement et d’économie d’énergie. Le projet est basé sur la création d’un micro-climat

protégé grâce à une serre de 13 000 m² abritant les différents bâtiments de formation. Il exploite

une série de dispositifs destinés à préserver et à améliorer notre environnement : décontamination

des sols pollués existants, captage et utilisation des gaz s’échappant des anciens puits de mine pour

la chaufferie urbaine, collecte des eaux de pluie, drainage naturel et utilisation de « l’eau grise»

pour les bâtiments, utilisation de l’énergie solaire passive grâce à l’enveloppe micro-climatique de

la serre, utilisation de l’énergie solaire active pour la production d’un mégawatt grâce aux cellules

photovoltaïques de la toiture, utilisation de matériaux produits naturellement ou facilement

recyclables (bois, coton, acier...). Ce bâtiment est une expérience originale, renfermant dans un

microcosmos tout un programme. Malheureusement le traitement de l’intérieur ne ressemble pas

à la végétation imaginée au début de la conception, et laisse un arrière goût de non-achevé à ce

projet.

33


School of Nursing and Student Community Center

Texas, Etats-Unis 2004

BNIM architects

Bibliothèque Fleuret

Dorigny, Suisse 2000

Devanthéry-Lamunière


School of Nursing and Student Community Center,Texas, Etats-Unis, BNIM architects

Les commanditaires voulaient instruire leurs étudiants dans un bâtiment sain, qui est

désormais le plus grand bâtiment universitaire vert du sud-ouest américain. Chaque façade a été

conçue avec sa propre stratégie de fenestration et de protection solaire afi n de capter au mieux la

lumière tout en rejetant la chaleur non désirée. Le côté sud utilise des verres légèrement teintés.

A l’est les éléments horizontaux et verticaux de tissu protègent et réfl échissent la lumière dans

le bâtiment. L’exposition occidentale est celle qui a le moins de verre et emploie des panneaux

en aluminium protecteurs perforés et des fenêtres horizontales étroites près du plafond pour

illuminer l’espace intérieur avec la lumière réfl échie. Le côté du nord est largement pourvu d’un

vitrage très clair. La cinquième façade, le toit, réduit la surchauffe avec une toiture végétale. Le toit

récolte aussi l’eau du bâtiment et la stocke dans des réservoirs, assurant ainsi une quasi autonomie

pour l’eau sanitaire et d’arrosage. La structure a été conçue et établie avec une grande attention

aux ressources et aux matériaux qui réduisent au minimum les incidences sur l’environnement.

Brique reprise, panneaux en aluminium préfabriqués, la quasi totalité des matériaux a été étudiée

afi n d’avoir un impact minimum sur l’environement durant tout leur cycle de vie.

Bibliothèque Fleuret, Dorigny, Suisse, Devanthéry-Lamunière

Ce projet de taille plus modeste que les précédants, mérite notre atention pour la façon

dont il a été conçu énergétiquement. Ce bâtiment est naturellement ventilé. En hiver l’effet de

cheminée avec des ouvrants étroits et hauts, protégés de la pluie, disposés sur toutes les façades

assure la ventilation. Alors qu’en été, le phénomène des brises dues à l’effet du lac (courant eau

- terre durant la journée) génèrent un courant du sud qui est capté par la façade afi n de ventiler

le projet. Des défl ecteurs sur les façades est et ouest induisent une ventilation transversale du

bâtiment, la pression de l’air chaude sur les panneaux de la façade est contrôlée afi n qu’elle ne

puisse pas rentrer dans la bibliothèque. La structure des dalles est très massive permettant une

grande inertie thermique du bâtiment, et un refroidissement passif durant la nuit. Ce projet

montre que le contexte où se trouve le bâtiment est très important. Ici le phénomène très localisé

de la brise du lac, dû aux différences de température entre l’eau et l’air, a été exploité par les

architectes afi n de ventiler la bibliothèque. Sans cette recherche sur les spécifi cités naturelles du

site, cette conceptualisation de la ventilation n’aurait jamais eu lieu.

35


New York

Manhatan, Etats-Unis

Vue satellite de Las Vegas

Zone résidentielle, Etats-Unis


Densité

Une utilisation plus rationnelle du sol est un aspect essentiel du développement durable,

c’est un point qui ressort dans toutes les recommandations: «L’occupation du terrain en ressource

pour la construction et l’utilisation des bâtiments sont à réduire au minimum par la concentration

des masses (densifi cation) 7 ». La terre n’est pas une ressource inépuisable, l’humanité étant dans

une folle spirale de croissance, faisant cohabiter de plus en plus de personnes sur une terre qui n’est

pas extensible, il faut aussi optimiser le quota de terre que nous avons, afi n de préserver des zones

«naturelles». C’est pour cela que la notion de densité rentre en compte dans le développement

durable et devient «un moyen d’atteindre certains objectifs qualitatifs comme la remise en valeur

d’un centre, un moyen d’optimiser l’utilisation du sol, un moyen de limiter la croissance des

nuisances. 8 »

«Relever le taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ou la présence de plomb dans

l’eau fournit des valeurs précises et objectives. Mais l’objectivité se meurt dès que l’on demande

si ces valeurs sont justes ou du moins tolérables. Il en va de même avec la densité, cette notion

empruntée à la physique et qui sert de référence fondamentale aux divers acteurs de l’aménagement

de territoire et de l’urbanisme 9 ». En effet la densité est plus souvent attribuée au domaine de

l’urbain, tant sur le point horizontal (utilisation du sol) que vertical (surface exploitable par rapport

à la surface au sol) et fait l’objet de nombreux débats. Comme le dit Axel Sowa, il est diffi cile d’être

objectif et de fi xer une densité que l’on appellerait idéale. Car au-delà de la valeur quantitative de

la densité, il y aussi la notion de perception de la densité qui est un facteur que nous ne maîtrisons

peu, nous nous construisons une densité adéquate, une confi guration urbaine et des gabarits qui

nous semblent proportionnés au site. Car la densité dépend de plusieurs facteurs dont certains sont

naturels (le climat, la topographie, l’exposition au soleil, au vent, la mise en valeur ou l’absence de

végétalisation,...) et d’autres sont artifi ciels (la foule des passants, les véhicules stationnés ou en

mouvement). Mais l’impression de densité dépend surtout de l’utilisateur, nous n’avons pas tous

le même ressenti par rapport à un lieu. Nous pouvons citer deux exemples bien connus qui sont

la cité jardin et celle de barres qui présentent deux confi gurations bien différenciées. Pourtant «la

première est perçue comme un milieu de faible densité alors que la densité calculable est souvent

très élevée; la seconde est au contraire perçue comme le symbole de la densité extrême, alors que

les indices donnent des résultats souvent très faibles. 10 »

37

7 SIA, Documentation

SIA D 0200, SNARC

- Méthode pour

l’évaluation de

l’écologie dans les

projets d’architecture,

SIA Zürich, 2004,

p.15

9 Axel Sowa, Habitat

collectif question de

densité - éditorial,

L’architecture

d’aujourd’hui n o 358,

2005, p.42

10 Pascal Amphoux,

La densité urbaine,

Du programme au

projet urbain, IREC

rapport de recherche

no 142, epfl repro,

1999 p.122


Trois modes d’usage de l’unité de base

Vue de la loggia depuis le corridor Façade animée par les loggias

Canal Court Shinonome

Tokyo, Chine 2003

Riken Yamamoto & Field Shop

Coupe


Dans ce diplôme le projet se veut une interface entre l’urbain et le parc. Le contexte

l’entourant est plutôt urbain, se trouvant à proximité de la gare mais il offre aussi la possibilité de

faire un projet dans un parc, libéré des contraintes du milieux urbain, tout en étant juxtaposé à

la ville et se connectant aux réseaux. Nous allons donc chercher à densifi er le bâtit sur lui-même

afi n de trouver un gabarit qui permette de faire un ratio entre surface bâtie et surface de parc.

L’occupation horizontale du sol est donc déterminée par le parti pris du projet, par contre la réelle

question est quelle sera la densité au sein même du bâtiment ? Car la notion de densité s’inscrit

aussi dans le projet architectural. Sachant que dès que le projet prend plus d’ampleur, plus il faut

travailler les espaces de distribution, de trouver les moyens d’absorber la dilatation du bâtiment.

Il faut donc réussir dans un projet se voulant dense, à intégrer des espaces tampons, de respiration

et gérer la densité. Car si la densité est un moyen d’arriver à long terme à une économie du sol, il

faut aussi imaginer une densité sociale, car cela est aussi un objectif du développement durable.

Le programme détermine fortement la densité, c’est-à-dire le rapport de surface purement utile

par rapport à celle articulant le projet. Dans un projet de logement, la densité sera très forte, les

surfaces à disposition étant principalement utilisées pour les appartements, afi n d’optimiser au

maximum les surfaces pour l’utilité première. Par contre dans un projet à vocation commerciale,

les espaces de déambulation prennent une grande importance, et plus le fl ux de passants générés

est important, plus les espaces deviendront ainsi généreux et aérés. Ce projet de diplôme voulant

articuler différentes activités, la gestion de la densité sera un point important. Cette mixité voulue

du programme, la gestion de cette densité nécessitera une attention toute particulière.

Le projet de Canal Court Shinomome à Tokyo de Riken Yamamoto & Field Shop est un

exemple intéressant essayant de gérer la densité d’un grand ensemble sur une friche industrielle.

L’architecte a insisté avant tout sur la mise en place de services collectifs, notamment des

équipements destinés aux enfants et aux personnes âgées. Ainsi une supérette, une parapharmacie,

des cliniques, une crèche, une garderie, un gymnase et un bureau d’assistance pour les personnes

âgées ont été logés au rez-de-chaussée ou au premier étage. Au niveau du logement, Yamamoto a

mis en place, à intervalle irrégulier entre les appartements, un espace de la hauteur d’un double

étage qui peut être utilisé comme une loggia collective. L’apparence extérieure de ces édifi ces

peut paraître austère, mais les loggias communes permettent d’ajouter un caractère familial à

l’immeuble carré de béton et de métal. 70 plans différents ont été imaginés pour les 420 logements

afi n de répondre à des modes de vie très divers. Ce qui est intéressant dans ce projet c’est la manière

39


Plan niveau 4

Plan niveau 2

Plan du rez-de-chaussée

Ried W2

Dreikönigshof, Allemagne 2001

Atelier 5

Coupe transversale


dont un grand ensemble a été traité afi n de permettre une vie agréable au sein du bâtiment, et

pas seulement répondre en proposant des logements effi caces. Ici le projet offre une richesse des

espaces de circulation, qui amène aussi de la lumière au milieu de ces quatre murs imposants.

Un autre projet, celui d’atelier 5 pour le développement de Ried W2 à Niederwaingen en

Allemagne, aborde la densité de manière judicieuse. Le projet implanté dans un environnement

rural, propose une structure à densité urbaine pour limiter la consommation de terrain. Le projet

devait proposer un scénario de mixité fonctionnelle: logements, hôtellerie, bureaux. Atelier

5 élabore une structure autour de cours carrées qui reprennent le gabarit de celles du cloître

gothique attenant à l’église. Les cours sont bordées de cheminements couvert qui, relié entre eux,

forment un réseau piéton orthogonal qui structure l’ensemble du complexe. Le bâti est développé

sur cinq étages. Au rez-de-chaussée et au niveau 1 se trouvent des duplex, surmontés de logements

aux étages supérieurs. S’étendant d’une cour à l’autre, chaque logement bénéfi cie d’une double

exposition et peut être ventilé convenablement. Atelier 5 reformule ainsi des réponses aux

problèmes de coexistence d’individus dans une structure collective. Le confort des logements, les

rapports de voisinages sont des exigences qui préoccupent particulièrement Atelier 5.

La cour exprimée comme dans le projet d’atelier 5 peut aussi être introvertie, reprenant

ainsi des typologies à cour qui ont des confi gurations spatiales et domestiques parfois oubliées.

Certains architectes font des recherches pour trouver une alternative à la maison individuelle

et à l’étalement urbain en projetant des habitations d’une grande profondeur que l’on pourrait

qualifi er d’habitat condensé. Nous allons étudier le cas de deux projets de concours réalisés par

Ueli Zbinden et Burkhalter & Sumi. Ces deux projets ont la particularité de s’articuler autour de

cours que les architectes ont mis en place autant pour densifi er que pour trouver une qualité au

logement, une sorte de densité sensible. Les architectes ont condensé au maximum le bâti pour

pouvoir aussi laisser une étendue de verdure suffi sante pour que tous les appartements s’ouvrent

sur le paysage. Burkhalter & Sumi citent notamment comme référence l’Unité d’habitation de Le

Corbusier, ils affi rment «que leur projet produit des logements urbains et denses. Les immeubles

constituent une sorte d’Unité d’habitation à l’horizontale dans un parc.». La surpronfondeur de

l’Unité d’habitation semble être la raison de cette évocation de l’architecture corbuséenne. A la cité

radieuse, l’épaisseur du bâtiment, contrôlée par la rue intérieure, est effectivement importante,

au même titre que celle de ces deux projets qui sont pour leur part articulés par les cours. On

41


Unité d’habitation de Marseille

Marseille, France 1947

Le Corbusier

Concours de Baar

Baar, Suisse 2ooo

Burkhalter & Sumi

Immeuble Schürliweg

Zurich-Affoltern, Suisse 2000

Ueli Zbinden


peut constater que les recherches de densifi cations du bâti à travers l’histoire sont souvent liées

à l’utilisation de la cour, mais le statut de celle-ci comme elle apparaît dans les deux projets n’est

pas le même. Autrefois les pièces majeures ne s’orientaient pas vers cette cour à ciel ouvert, mais

nous y trouvions plutôt les espaces servants, pouvant ainsi absorber cette dilatation du bâti et ne

dévoilant donc presque rien des espaces servis aux voisins. Alors que ces deux projets inversent leur

relation à la cour, les espaces servants ayant une position centrifuge par rapport à elle. Les espaces

majeurs quant à eux s’orientent autant vers la lumière de la cour que vers celle de la façade. La

cour est donc pleinement assumée et permet en outre d’amener une richesse spatiale au logement,

permettant de travailler des vues. On pourrait voir dans ces typologies une contradiction entre la

volonté de transparence, de révéler à l’intérieur de l’appartement la profondeur de l’immeuble,

et de pouvoir apprécier ses jeux de vues qui peuvent aller à l’encontre d’un souhait d’intimité

spécifi que de l’habitat. Mais divers moyens permettent de contrôler cette ouverture sur les autres,

et cette transparence de l’appartement peut aussi être une nouvelle façon de percevoir le logement

en «sentant» l’activité au sein de l’immeuble et pouvant créer des liens sociaux plus fort entre les

habitants.

Au travers de ces quatre projets, au-delà de la qualité des plans des appartements, nous pouvons

voir le travail sensible organisé autour des espaces collectifs. Qu’il s’agisse des trous creusés dans

la masse de l’édifi ce aérant le projet, ou de l’organisation autour d’une cour, inclue ou exclue de

l’immeuble, dans laquelle se projettent les logements, le travail sur ces interfaces est primordial

pour donner un caractère social à la densité. La question du gabarit du projet est un problème

d’un autre ordre, étant plus en rapport avec le site qu’avec la densité horizontale du projet. Ainsi

plusieurs facteurs peuvent infl uencer et donner le gabarit global du projet.

43


Mixité

La mixité n’est pas une idée nouvelle, nous connaissons tous les schémas classiques

d’une mixité verticale offrant au rez des commerces surmontés de bureaux et qui se fi nissent en

logement. Nous en trouvons une quantité incommensurable dans les centres villes. Mais la mixité

a souvent tendance à s’organiser comme une fausse mixité, les différents programmes n’entrant

pas en interaction entre eux, on procède à un empilage vertical, n’offrant pas de réel mélange. Les

fonctions sont en fait dissociées, afi n qu’elles ne se mélangent pas, par crainte des interactions

possibles, ou n’ayant pas imaginé le potentiel d’une telle confi guration. Nous n’exploitons pas par

la même occasion une capacité d’animation, d’humanisation du projet, n’essayant pas d’imaginer

un concept spatial permettant de générer des interactions intéressantes, valorisantes pour chacun

des programmes. C’est dans cette optique que le diplôme envisage la mixité où les différents

programmes interagissent entre eux et peuvent aussi évoluer dans le temps (nous en parlerons

plus en détail dans le prochain chapitre). C’est aussi dans l’optique du développement durable que

la mixité est envisagée, car elle permet de réunir au sein d’un même ensemble dense différentes

fonctions permettant de limiter les déplacements. En évitant de bâtir séparément ces programmes,

on peut ainsi économiser des surfaces à bâtir. Il est certain que ce n’est pas un schéma à reproduire

pour toutes les constructions, car les édifi ces monofonctionnels seront toujours indispensables et

souhaitables. Il s’agit là d’un bâtiment expérimental qui ponctuellement disposé dans la ville et

placé à des endroits stratégiques permet de rassembler toutes ces fonctions.

Mais la mixité demande aussi une étude plus approfondie des rapports qui peuvent exister

entre les fonctions. Nous ne pouvons pas mélanger et arranger de manière non réfl échie et

aléatoire les programmes, car ils ont tous leurs spécifi cités et ne peuvent pas forcément se trouver à

proximité de n’importe quelle autre fonction. Tous les programmes ont des exigences particulières,

des activités qui demandent plus au moins de calme ou des infrastructures spécifi ques. Nous

allons énumérer les caractéristiques basiques des programmes et ainsi pouvoir nous aider par

la suite du projet à ébaucher les relations possibles entre eux ou alors l’infaisabilité de certaines

relations, pour des causes de nuisances diverses, comme le bruit, la circulation autant automobile

que piétonne. Il faut aussi défi nir quels programmes seront présents dans le projet:

45


6h 9h 12h 15h 18h 21h 24h 3h

Activités,

Période d’utilisation et sensibilité au bruit de

différentes activités

logement / bureau / Equipement publique

65dB

60dB

55dB

50dB

6h 9h 12h 15h 18h 21h 24h 3h

6h 9h 12h 15h 18h 21h 24h 3h

65dB

60dB

55dB

50dB

65dB

60dB

55dB

50dB


Logement

Ce programme demande une attention toute particulière car il représente un point très

sensible du projet, il faut qu’il soit à la fois «protégé» des autres fonctions par le côté très intime

qu’il représente, mais il est aussi projeté d’une certaine façon dans le bâtiment pour participer lui

aussi à cette interaction qui est voulue. Le logement est un espace que l’on s’approprie et qui doit

être au calme, protégé des nuisances extérieures et de celles pouvant provenir des affectations au

sein même du bâtiment, car c’est là que l’homme se repose, cherche le calme et la sécurité de son

foyer. Il ne doit pas non plus se trouver dans une zone de forte fréquentation, près d’un lieu de

rencontre ou de croisement.

Administration / bureau

C’est un programme un peu particulier, car il doit à la fois se trouver près des zones de

fréquentation afi n de pouvoir y projeter son image et être d’une accessibilité aisée, et aussi être

à l’abri du bruit car il s’agit d’un lieu de travail où un minimum de calme est requis pour pouvoir

travailler dans de bonnes conditions. C’est un espace qui demande aussi une assez grande fl exibilité

d’aménagement pour être ainsi disposé selon la volonté de l’acquéreur. Il génère des pointes de

fl ux aux heures fi xes de débuts de travail des pauses de midi et lors du retour au domicile. Ce fl ux

se traduit autant par des mouvements motorisés que piétonniers.

Equipement public

Nous entendons par là les équipements comme les garderies, les locaux pour association ou les

locaux pour les collectivités locales. C’est un programme primordial pour la cohésion sociale du

projet en proposant des outils renforçant les liens. Il permet aussi de mieux intégrer l’édifi ce au sein

du tissu urbain, en proposant des services pour les habitants des alentours. Il doit par conséquent

se trouver à proximité des fl ux de passage afi n d’être aisément reconnaissable. Leur utilisation

pouvant se prolonger tard dans la journée, il faut bien mesurer l’impact de leur emplacement sur

leur entourage.

47


6h 9h 12h 15h 18h 21h 24h 3h

Activités,

Période d’utilisation et sensibilité au bruit de

différentes activités

bar, restauration / commerce / artisanat

65dB

60dB

55dB

50dB

6h 9h 12h 15h 18h 21h 24h 3h

6h 9h 12h 15h 18h 21h 24h 3h

65dB

60dB

55dB

50dB

65dB

60dB

55dB

50dB


Restauration / bar / loisir

Il s’agit de tout ce que l’on peut imaginer comme lieux de rencontre comme les bars,

restaurants, cinémas, salles de jeux,... Ces programmes génèrent un grand fl ux de personnes et

des nuisances qui peuvent être importantes, mais ils sont indispensables pour la vie d’un ensemble

se voulant vivant et attractif. Il s’agit dès lors de penser à l’implantation de ces programmes de

manière à ne pas perturber d’autre activité, ils peuvent à la fois se trouver vers le début du parcours,

étant en quelque sorte le programme d’accueil, tout comme ils peuvent aussi se trouver plus au

calme, dans une position de prestige pour un restaurant de standing par exemple. Il s’agit donc

des les intégrer judicieusement dans les dispositifs de circulation.

Commerce

Il est aussi primordial d’implanter des commerces qui se retrouvent généralement dans

des lieux de rencontre mais se sont aussi ces derniers qui les créent. Ils sont indispensables aux

besoins quotidiens des personnes habitant ou transitant à travers le bâtiment. Il permet ainsi de

développer un commerce de proximité, mais aussi d’attirer des personnes de l’extérieur à venir

dans le bâtiment. De par les nuisances dues au fl ux de personnes transitant, il faut aménager ce

programme près des zones de distribution et les rassembler vers les points névralgiques. Il ne faut

pas oublier que ce genre de programme amène obligatoirement un fl ux extérieur important de

véhicules, autant pour les clients que les livraisons.

Artisanat

L’artisanat tel qu’il est imaginé dans le projet n’est pas une entreprise générant des nuisances

sonores et routières trop importantes qui le relèguerait obligatoirement en zone industrielle, mais

comme une infrastructure dont l’impact serait tolérable sur son entourage. Toutefois il faut être

conscient qu’une telle activité peut devenir une nuisance sonore importante, il faut donc faire en

sorte que ses locaux soient bien isolés du reste du bâtiment. Il peut paraître étrange de vouloir

intégrer ces programmes, mais il me semble judicieux de réintégrer ces petites structures dans le

tissu public, car le petit artisanat est souvent une prestation de proximité, reprenant ainsi sa place

en se réintégrant à la structure de la ville.

49


Oslo vestbanen project (concours)

Oslo Norvège, 2002

Toyo Ito

Circulation bureau Circulation hôtel Circulation bibliothèque Circulation cinéma et annexes

Coupe


Nous pouvons remarquer que le mélange d’activité nécessite l’attention sur deux points

principaux : la gestion de la proximité et les circulations. Le projet de Toyo Ito de la Vestbanen

pour Oslo est un bon exemple de cette gestion des fl ux et de la mise en forme architecturale de

ce principe. La fl uidité est représentée par une structure dynamique, non-linéaire. Les étages

sont portés par des cristaux disposés aléatoirement qui permettent de relier le tout. Ce système

représente l’instabilité du monde actuel. Différentes fonctions comme une librairie, des bureaux,

et un hôtel distribué sur des étages superposés et de hauteurs différentes, sont réunis par les tubes

de cristal. Le résultat de cette mixité est une vie urbaine plus riche que si les fonctions avaient été

complètement séparées les unes des autres. Les gens peuvent par exemple faire une recherche

dans la librairie pendant qu’ils travaillent à leur bureau, visiter le musée durant leur pause de

midi, dîner au restaurant de l’hôtel avec une magnifi que vue après avoir vu un fi lm.

Les diverses formes des vides de cristal sont le système structurel, tout en assurant en

même temps la circulation verticale, les conduits de ventilation, les câbles informatiques. Mais

ils amènent aussi la lumière naturelle dans les niveaux les plus profonds, drainent de l’air frais et

deviennent des espaces pour la végétation.

Toyo Ito a réussi dans ce projet à créer un microcosmos où l’environnement extérieur est

amené dans le bâtiment par le biais d’une stratégie astucieuse, les différentes fonctions gravitant

autour de ces puits de lumière. Les circulations ont été imaginées afi n de produire une richesse

dans le cheminement des personnes, leur permettant de profi ter, de combiner toutes les possibilités

qui leurs sont offertes. Ce projet donne une bonne image de ce que peut être une mixité sagement

mesurée et bien amenée.

51


Immeuble de Jarnbrott

Göteborg, Suède 1954

Tage et Olsson

Habitat individuel de

grande hauteur

groupe SIITE, 1981

Montereau-Surville

Montereau, France 1971

Arsène-Henry et Bernard Schoeller


Evolutivité

Quand nous imaginons un bâtiment durable, il nous vient tout de suite à l’esprit la notion

d’évolutivité qui permet de pouvoir assurer une certaine pérennité et fl exibilité au projet. Toutefois

l’évolutivité concerne deux domaines, celui de l’évolutivité au sein même du programme, qui

consiste par exemple à la modifi cation de l’aménagement intérieur de son logement, ainsi que

celui de l’évolutivité des programmes dans le bâtiment, pouvant ainsi augmenter les surfaces

d’une affectation au détriment d’une autre.

La question de l’évolutivité au sein même du programme est un concept qui a fasciné plus

d’un architecte : l’idée de pouvoir faire évoluer son espace, de ne pas se trouver dans un schéma

rigide. Entre les années 1965 et 1975 nous assistons à une grande époque d’expérimentation de

l’habitat évolutif en Europe, qui correspond aussi à la période de critique et de dépassement du

modèle des grands ensembles. Bien que déjà dans les années 1930, le Corbusier présentait son

Plan-Obus pour Alger, où il proposait quinze niveaux de terrain artifi ciel pour l’aménagement

libre de logements, dont on peut imaginer dans ses dessins la diversité qu’il y espérait, il n’y a

guère à ce moment qu’au Japon où cette question de l’évolutivité intéresse les architectes. En

Europe, il faut attendre les années 50 pour voir en Suède les premières expériences de l’habitat

adaptable dans l’immeuble Jarnbrott, où l’on proposait des logements de 42 à 87 m2 qui n’avaient

que les sanitaires et la cuisine comme élément fi xe. Tout le reste était amovible, il y avait même

une réserve d’éléments de cloisonnement accessible aux locataires afi n qu’ils soient libres de faire

ce qu’ils voulaient. En France il faut attendre 1970 pour voir le premier immeuble expérimental

à Montereau-Surville, où les surfaces mises à disposition des locataires sont à aménager selon

leur volonté. Le plan de l’étage est un carré de 24m de côté, composé de quatre plateaux de 83m2

disposés en angle autour d’un noyau central. Dans la zone centrale de ces plateaux se trouve

une gaine technique unique, comportant toutes les nécessités. Ainsi en respectant une trame et

en disposant la cuisine et les salles d’eau près de cette gaine, toutes les confi gurations étaient

imaginables. En 1975, un autre projet français, les Marelles, pousse l’idée encore plus loin, en

mettant en place une fl exibilité «totale» sur le plan technique. Mais ces projets posent un problème

de logistique, le locataire devant être très impliqué dans le processus, et les parois amovibles

demandent aussi des efforts importants, rendant le plan pas tant modulable que ça, une fois qu’il

a été fi xé au début du projet. Du point de vue social, l’implication du locataire dans l’élaboration

53


élévation ouest

élévation est

SILODAM

Amsterdam, Pays-Bas 2002

MVRDV

Typologies

Living 1990

Warren Chalk, Peter Cook,

Dennis Crompton, Ron Herron, 1967

«1500 logements pour la Poste»

1993

Canal 3


du plan de son logement est très positive, en omettant le travail supplémentaire que cela demande

aux architectes dans les séances avec tous les locataires. Car les locataires s’identifi ent plus

rapidement à leur logement, les liens de voisinage sont renforcés, tout le monde voulant savoir

comment les autres ont aménagé leur appartement.

Mais les promoteurs ne sont pas forcément favorables à cette liberté totale du logement par

la perte de contrôle de leur parc immobilier, de la lenteur de l’acquisition des logements et par

peur de se retrouver avec des logements vacants. Certains architectes, dont ceux faisant partie des

mouvements militants pour l’architecture mobile et des mégastructures, imaginèrent des habitats

modulables par des parois pouvant se déplacer de manière aisée comme Living 1990 d’Archigram

ou des architectes plus modérés de Canal 3 avec leur projet primé au concours «1500 logements

pour la Poste». Mais les promoteurs préfèrent, comme nous le remarquons actuellement, plutôt

diversifi er la typologie des logements d’un même ensemble, à la place de proposer une typologie

modulable. Ainsi ils estiment qu’offrir une palette de logements permet de satisfaire tout le

monde.

Le projet SILODAM de MVRDV à Amsterdam est remarquable à ce sujet. Sur un ensemble

de 157 logements et d’après une demande d’une grande variété de types de logement, les

architectes ont imaginé une quantité impressionnante de plans et autant de qualités spatiales

différentes. Les appartements diffèrent non seulement dans la taille et leur position dans le

bâtiment mais également par le placement des murs intérieurs, de leur largeur (5-15 mètres),

de leur profondeur (9-20 mètres), du nombre de niveaux (1-2-3 étages, même en diagonale), des

éléments de construction (colonnes, faisceaux de murs), des espaces extérieurs (serre, balcon,

patios, toit terrasse), de leurs hauteur sous plafond (brute de 2.7-3.6 m), des accès (couloir, galerie,

pont, escaliers), du nombre de pièces s(1 à 5), et des différents types de fenêtres. La conception

a permis le déplacement de plusieurs murs que l’entrepreneur a accepté selon de nombreux et

différents souhaits des futurs habitants. En façade cette diversité impressionnante des typologies

transparaît dans ce qui ressemble à un collage, donnant une image patchwork du projet, ce qui

dans un sens le caractérise assez bien. Dans ce projet, nous apercevons la forte tendance actuelle

qui consiste à imaginer une grande quantité de variantes de logements, toutes basées sur la même

trame structurelle, laissant ainsi le choix au locataire de la typologie qui lui conviendra le mieux.

55


Coupe

Lloyd’s of London

Londres, Angleterre 1986

Richard Rogers Partnership

Plan type étage


Un autre projet, celui de la Lloyd’s à Londres réalisé par Richard Rogers, ébauche aussi une

réponse à ces espaces aménageables librement. Il ne s’agit pas de logement cette fois-ci, mais de

surface administrative. Le concept du projet a été de libérer au maximum la surface nécessaire

pour les bureaux, assurant une fl exibilité considérable aux espaces. Les circulations et les locaux

nécessitant des gaines techniques (comme les sanitaires) ont été disposées en périphérie, se

trouvant à l’extérieur du corps principal de l’édifi ce. Dans une logique de durabilité, les éléments

tels que les sanitaires sont des éléments à part entière permettant leur remplacement «rapidement»

et sans perturber le fonctionnement, sans rupture des activités dans le bâtiment. Ce projet rejette

à l’extérieur tous les éléments fi xes (qu’on pourrait nommer de manière conventionnelle les

éléments de service) afi n de libérer au maximum l’espace du plan. Nous voyons que plusieurs

stratégies sont possibles dans le but de rendre un espace fl exible. Les réfl exions ne sont pas

fondamentalement les mêmes qu’il s’agisse de logement ou de bureau, mais les principes sont

sensiblement identiques.

En ce qui concerne l’évolutivité du programme au sein même de l’édifi ce, il existe peu

d’exemple explorant cette voie. Les réhabilitations ou réaffectations, qui sont une grande masse

de travail actuellement, peuvent fournir des pistes afi n d’imaginer quelle est la stratégie à adopter.

Beaucoup de sites industriels ont été reconvertis ces dernières décennies et nous remarquons que

la fl exibilité des trames industrielles et leur façade répétitive permettent aisément d’y implanter

toutes sortes de projets. En effet, la question de la trame prend ici toute son importance, car

c’est elle qui détermine par la suite les possibilités et les infaisabilités de certains projets qui

veulent y prendre place. Il s’agit donc dans l’optique de pouvoir changer des programmes à

l’intérieur du projet, de trouver la trame la plus apte à absorber différentes fonctions. Mais il est

essentiel, pour le bon fonctionnement du projet de garder des éléments de programmes fi xes,

car il n’est pas imaginable de bouleverser toute l’organisation d’un projet. Cette évolutivité doit

donc être déterminée par des programmes fi xes à certains endroits, programmes qui assureront

quoi qu’il se passe un fonctionnement optimum du projet, et de mettre en valeur des zones que

l’on pourrait appeler tampon, qui peuvent absorber des changements d’affectation sans mettre

en péril l’équilibre social et fonctionnel de l’édifi ce. Ces considérations seront affi nées tout au

long de l’élaboration du projet afi n de déterminer les programmes fi xes essentiels au projet et les

zones qui peuvent gérer cette évolutivité, tout en gardant à l’esprit les risques de la mixité, et les

problèmes que cela peut amener, comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent.

57


3. Prise de contact avec Martigny

Historique

La ville de Martigny est la première cité valaisanne à avoir marqué l’histoire, dont on en

retrouve les traces un peu partout dans la ville. Déjà au Vè siècle avant J.-C., des tribus venues de

Gaule occupèrent la plaine et dressèrent des fortifi cations au fond de la vallée. Ces fortifi cations

contrôlaient le passage vers l’Italie par le col du Grand St-Bernard et vers la France par les cols de

Balme et de la Forclaz. Au début, quelques centaines de personnes vivaient sur les coteaux puis, elles

descendirent progressivement dans la plaine pour s’y établir. En 57 avant J.-C., une tribu gauloise

attaqua la 12ème légion romaine de Jules César et donna lieu, ainsi, à la bataille d’Octodure. Cette

guerre empêcha les romains de contrôler le versant occidental du Col du Grand St-Bernard. Au

début de notre ère, Octodure (nom romain de Martigny) devint un centre administratif, politique,

culturel ainsi qu’un point de rencontre important entre la civilisation celte et méditerranéenne.

Carrefour commercial et des discussions, Octodure croise les chemins de la pensée occidentale

et de la diffusion du christianisme, on comprend mieux pourquoi, vers 380 sous l’impulsion de

Saint Théodore, que c’est ici que s’établit le premier évêché de Suisse. Le VIè siècle fut la période

sombre de la cité. Froids intenses, insuffi sance des récoltes, inondations, incendies et épidémies,

autant de vicissitudes, accompagnées de la violence des Francs et des Lombards, qui mirent ainsi

fi n à l’aisance de la cité octodurienne.

C’est à partir du XIIè siècle qu’Octodure changea progressivement de nom et devint

Martigny, enclave épiscopale égarée en terres savoyardes. La région attise les convoitises et endure

les guerres entre l’évêque de Sion et les comtes de Savoie. Le château de La Bâtiaz, construit au

milieu du XIIIè siècle est le témoin visible de ces temps tourmentés qui durèrent trois siècles.

Lorsque éclate la Révolution Française, la région se voit alors envahie par un nombre imposant

de réfugiés, pour la plupart des aristocrates et des religieux. Certains s’installeront à Martigny.

Dès 1798, le passage presque continuel des troupes révolutionnaires dans la plaine du Rhône

nécessite de gros besoins en vivres et en matériel, ce qui provoque de nombreuses réquisitions. En

1800, les conditions, déjà précaires, s’aggraveront encore avec le passage de l’armée de Napoléon,

forte de quelques 40’000 hommes, qui sont en route pour Marengo via le Col du Grand St-

Bernard et en 1802, après un lourd tribut payé par la région à la Révolution, le Valais devint une

59


1856 1911

Evolution de la ville de Martigny

sur une période de 150 ans

1933


République indépendante sous l’infl uence de la France. Ce n’est qu’en 1815 que le Valais échappe

défi nitivement à la France et entre dans la Confédération Helvétique.

Au fi l des décennies, par l’ouverture de l’autoroute du Rhône et par le développement

touristique des stations avoisinantes, Martigny devint une petite ville animée et accueillante. De

nombreux bars et discothèques font le bonheur des noctambules, de même que les nombreuses

boutiques, situées dans les petites rues et sur la place Centrale . La ville a un passé chargé d’histoire

et il est fort intéressant d’aller découvrir les vestiges romains et celtes, dont l’amphithéâtre

d’Octodure en est l’un des plus représentatifs ou, plus près de l’histoire contemporaine, le château,

plus précisemment la tour de La Bâtiaz, théatre de nombreuses guerres au XIIIè siècle. Martigny

est aussi un ville de culture, de renommée internationale grâce à la Fondation Pierre Gianadda,

Martigny est dotée d’un certain nombre de musées, d’ateliers, de galeries d’art et de théâtres.

Situation

Martigny a connu un développement urbain important ces dernières décennies. A l’époque

Martigny était composée de trois entités distinctes : Martigny ville, Martigny Bourg et la Batiaz.

En 1859 la ligne de chemin de fer du Simplone atteint Martigny, et c’était alors Martigny Bourg qui

était la plus peuplée. Mais la gare sera implantée en-dehors de la ville, à son emplacement actuel,

et inaugurée en 1876. Une nouvelle artère importante dessert la gare depuis la place centrale

et le Bourg perdra de l’importance face à la Ville. En 1907, Martigny est reliée par chemin de

fer avec la France et l’Italie, et elle va croître rapidement de part et d’autre de l’axe l’axe qu’est

devenu l’avenue de la Gare et l’avenue du Grand St Bernard. Le processus de réunifi cation du

Bourg et de la Ville est engagé, et la population de Martigny ne cesse de croître. Le trafi c routier

augmente avec la croissance démographique de la ville, et en 1963 la construction du pont sur la

Drance dévie le transit Léman-Sion en-dehors de la ville, alors que les voyageurs pour le Grand St

Bernard continuent de transiter par la place centrale. L’autoroute Lausanne-Sion canalisera hors

de Martigny le trafi c à destination du Valais central et l’autoroute de contournement construite

dans les années 1990 mettra défi nitivement Martigny à l’abri des trafi cs de transit Suisse-Italie et

Valais-Vaud.

61


1956 1967

1977 2001


Mais Martigny continue de croître et les élus votent en 1969 un plan de zone où il est permis

de bâtir plus haut, plus grand, car une expansion de la ville n’était guère possible qu’en direction

de la plaine du Rhône, secteur où l’on avait précisement affecté des terrains à un usage industriel

et artisanal. Dans la vallée de la Drance, endroit où la ville est concentrée, les parcelles de terrain

sont fi gées depuis quelques dizaines d’années et les deux fl ancs montagneux, l’un boisé et l’autre

consacré à la viticulture, ne sont pas constructibles. Mais le développement de la ville n’est possible

qu’au prix d’une densifi cation de la population. Les nouveaux objectifs urbanistiques ont donc été

premièrement de densifi er les zones proches du centre accompagné parfois d’une majoration du

coeffi cient d’utilisation du sol, et deuxièmement de ramener les programmes importants près du

centre, des places et des espaces en plein air. Martigny a ainsi été considérablement densifi ée,

comme nous le montrent les plans successifs des cartes nationales suisses, et des quartiers assez

denses avec des tours atteignant les 17 étages alors que la moyenne est à 6-7 étage environ. C’est

dans ce contexte urbain, où Martigny a déjà bien densifi é son centre ville et ce jusqu’aux voies

ferrées que le projet va proposer d’enjamber cette frontière et d’investir une parcelle de l’autre

côté de ces voies et de continuer dans la logique de densifi cation prônée par Martigny.

63


centre commercial

gare

école supérieure du commerce

site du projet

rue commerciale principale

hôtel du Parc

centre de loisir

centre commercial

0 50 100

500

000m


4.Projet

Contexte

Martigny, et plus particulièrement la parcelle des près-Beudin, ont été choisis comme site

pour ce projet car les problématiques du diplôme s’y appliquent parfaitement. Premièrement

Martigny est réputé pour avoir un climat particulier, presque méditerranéen, qui lui offre

un ensoleillement généreux, avec de faible pluie. Mais la ville est aussi balayée par un vent

omniprésent de direction sud-est, la preuve en est les nombreux véliplanchistes qui s’adonnent

à leur sport favori sur l’étang du Rosel près du Relais du Gd St-Bernard et l’éolienne placée à

Collonge, village qui se situe entre St-Maurice et Martigny. Mais Martigny est aussi balayé par

d’autres vents, comme le foehn qui vient de l’est et des thermiques qui redescendent les fl ancs des

montagnes entourant Martigny. La ville par sa confi guration topographique est donc parcourue

par de nombreux vents. Du point de vue climatique, Martigny offre un bon potentiel qui sera

à utiliser de manière bénéfi que au niveau énergétique pour le projet. Deuxièmement le site du

projet à la particularité de se trouver à la croisée de différentes zones selon le plan d’affectation de

la ville (voir annexes .5). De plus il se trouve juxtaposé aux voies ferrées, à proximité de la gare qui

est le pôle d’échange de Martigny d’où tous les transports publics s’organisent, près de l’hôtel du

Parc, de l’école supérieure de commerce et d’un centre de loisirs. Tous ces éléments en font un lieu

propice pour y imaginer une mixité de programmes qui refl ète le statut de la position du projet.

Troisièmement concernant l’état de développement de la ville, nous avons vu que Martigny a déjà

procédé par le passé à la densifi cation de son bâti, et qu’il parait incontournable de développer

la ville dans les terrains qui se trouvent entre l’autoroute et les voies ferrées. Ce site peut donc

devenir un point important du développement de Martigny de l’autre côté des voies ferrées. Outre

le fait de densifi er cette nouvelle zone, ce projet entraînant un développement plus important de

Martigny de ce côté des voies et les affectations n’étant pas encore clairement défi nies, on peut

envisager que la capacité d’évolution du programme peut s’accorder avec le développement futur

de Martigny entre l’autoroute et les voies ferrées.

65


0

0

50

50

200 500 1000m

200 500 1000m

Enjeux

zone à aménager selon la commune

perimètre du projet

extension possible

Affectations

zone d’habitat collectif B (à aménager)

zone d’habitat individuel

zone d’interêt général

zone d’habitat collectif A (à aménager)

zone industrielle

zone mixte (à aménager)


Analyse

Le site se trouve dans une zone actuellement artisanale, que la municipalité veut transformer

en zone d’habitat collectif. Actuellement quelques bâtiments sont sur le site, dont des bâtiments

de stockages et divers petits locaux, comme un centre de loisir, une petite école de musique,...

Mais à l’heure actuelle le site ressemble plus à une friche abandonnée. Plus en direction de

l’autoroute, nous trouvons des quartiers de villas, et le «peut-être» futur stade de Martigny pour

le FC Sion. De l’autre côté des voies se trouvent des entrepôts en rapport avec les chemins de fer,

puis des logements collectifs. Le centre ville est rapidement accessible depuis le site en passant

par la gare, la rue commerciale se trouve à 5mn à pied du site. Plusieurs projets ont déjà été

imaginés sur ce site (voir annexe .7) mais la commune ne s’est jamais prononcée favorablement.

La dernière réalisation d’importance près du site est l’hôtel du Parc réalisé par Claudine Lorenz et

Florian Musso, qui était à la base le centre de formation swisscom. Le projet initial prévoyait une

intervention de grande envergure avec la projection de bâtiments résidentiels et artisanaux dans

le prolongement de l’hôtel du Parc. Nous voyons déjà dans ce projet l’importance et le potentiel

de développement de cette zone.

Comme nous le voyons sur le plan d’affectation, nous nous trouvons à la croisée de

différentes zones. On y trouve une large zone d’habitat individuel (densité 0.4, hauteur maximum

9m), deux zones d’habitat collectif B à aménager (densité 0.6, h. max 14 m) dont celle à côté de

l’hôtel du Parc qui se trouve être le lieux du projet de Claudine Lorentz et Florian Musso si on

intègre la zone mixte à aménager. Une grande zone industrielle se prolongeant jusqu’au noeud

autoroutier clos ce site. La ville de Martigny prévoit de l’habitat collectif A (densité 0.8, h. max

24m) sur la zone du projet, dans l’objectif de densifi er cette zone. Le projet de l’hôtel du Parc

prévoyait déjà de la mixité dans ce lieu, mais aussi une requalifi cation de la zone, en y implantant

des logements près de la zone industrielle. Cette même zone industrielle risque à moyen terme de

déménager plus en dehors de la zone de développement de Martigny, et laisser cette portion de la

commune pour le développement de la ville en terme de logements et de bureaux. Mais l’industrie

ne va pas disparaître totalement et c’est la raison pour laquelle le projet de diplôme intégrera de

l’artisanat afi n de développer un projet dans l’esprit du site et de sa confi guration.

67


0

50

0

50

200 500 1000m

200 500 1000m

Réseau dur

rue collectrice

rue de desserte

zone à trafi c modéré

Réseau doux

pôle d’échange

voies ferrées

réseau de bus

liaison pietonne

zone cyclable


Concernant l’accès au site, il n’est actuellement pas très performant. Au nord et à l’est du site, un

aménagement récent a été effectué le long de l’avenue des Grandes-Maresches et l’avenue des Prés Beudin

en offrant une route large et des trottoirs généreux. Mais ce nouvel aménagement s’arrête à l’intersection

avec la rue des Vorziers, et l’avenue des Prés Beudin se fi nit en petite rue étroite passant sous les voies

ferrées sur une voie de circulation avant de rejoindre la rue du Simplon. Il faudra donc élargir la route

entre l’hôtel du Parc et la rue du Simplon et agrandir le passage sous voie. Cet axe pourrait devenir assez

important pour l’avenir, car il permettrait de contourner ainsi le centre ville. Pour éviter que cette nouvelle

zone à aménager de Martigny ne soit gênée par le trafi c routier en augmentation, des zones à 30km/h

seraient à aménager autour de cette nouvelle rue importante afi n de préserver la qualité du site et le calme

des quartiers. L’autoroute se trouve à proximité du projet, rendant son accessibilité aisée depuis l’extérieur

de Martigny. Nous voyons sur le schéma que le quartier où se trouve le site du projet est bordé sur trois de

ses côtés par des rues importantes. Le seul côté qui n’est pas vraiment desservi par le réseau routier et celui

se trouvant contre les voies ferrées et il confère une situation particulière au site, se trouvant en rapport

quasi direct avec la gare.

Cette proximité avec la gare peut nous pousser à développer les réseaux doux et promouvoir ce

concept. La gare est le pôle d’échange de Martigny, en plus de la desserte des CFF, c’est de là où arrivent et

partent tous les bus pour la France, l’Italie, le Valais et les vallées avoisinantes. Il y a aussi le Mont-Blanc

Express qui relie Martigny à Saint-Gervais en France, et le Saint-Bernard Express qui relie Martigny à

Orsières et le Châble. Ainsi le site se trouve à côté du pôle d’échange de la ville, et sachant que le réseau

de bus interne à Martigny n’est pas réellement performant, c’est un atout non négligeable. La proximité de

ces services peut favoriser les déplacements à pied et à vélo au détriment de l’usage de transport individuel.

Martigny est une ville ouverte à la promotion des transports doux, elle a été la première en Suisse en 1998 à

expérimenter l’implantation d’une fl otte de 30 véhicules électriques en collaboration avec la poste. Ce concept

vise à mettre en location aux usagers des voitures électriques de petite taille pour des déplacements dans la

région et promouvoir les transports doux. Ainsi le développement d’un projet intégrant une réfl exion sur la

mobilité douce et une réduction des déplacements en véhicule personnel, trouve au travers de la politique

de la ville et dans la situation du site un sens tout à fait pertinent. Ce concept se trouve aussi pleinement en

accord avec l’orientation du diplôme qui se veut un projet durable et respectueux de l’environnement.

69


Plan de situation du projet

fl exibilité

ventilation

Façade intelligente

Concepts


Conceptualisation

Le projet a essayé de regrouper dans un bâtiment et sur le site la problématique développée

dans cet énoncé. Les champs d’investigation étant très large, le projet s’est précisé tout au

long de son élaboration afi n de limiter les problématiques et d’opter pour une image claire et

compréhensible du projet.

Concernant l’implantation du projet, le projet propose de disposer dans un parc des

structures d’acceuil pouvant intégrer différents programmes. Les relations avec l’école, l’hôtel du

Parc et la gare sont renforcées par le réaménagement des cheminements et l’intégration du toute

dans ou autour d’un parc. Le site est uniquement pietonnier, les voitures sont parquées dans un

silo à l’entrée nord-est du parc, donnant ainsi un vrai sens à des bâtiments dans un parc. Ceux-ci

font 29 m de large sur 56m de long et de 14,5m de haut. Ils sont orientés est-ouest afi n d’optimiser

l’esoleillement. La distance entre les bâtiments est défi nie afi n d’avoir un ensoleillement maximal

des façades le plus longtemps possible.

Les bâtiments sont construits en poteau-dalle afi n d’offrir une fl exibilité accrue et permettre

une richesse d’aménagement. Seule les cages d’escalier sont constituées de mur, assurant ainsi le

contreventement. Des atriums sont disposés à l’intérieur du projet pour permettre la ventilation

naturelle, mais aussi pour absorber la grande largeur du bâtiment et amener de la lumière au centre

du projet. Cette espace donne aussi un aspect social plus riche au projet, dévoilant le bâtiment

de l’intérieur et offrant une lecture claire de son organisation et de ses affectations. La façade est

aussi un point très important du projet car elle gère la relation entre l’environnement extérieur

et l’intérieur du projet. La façade est en fait composée de deux parties: une fi xe qui constitue la

réelle façade, et une autre qui change de confi guration que nous soyons en été ou en hiver. Ainsi

elle permet de profi ter de manière effi cace des différentes caractéristiques propres aux saisons.

Un concept énergétique comprenant des panneaux solaires, une toiture végétalisée, des

échangeurs de chaleur et des pompes à chaleur permettent, avec l’aide de la façade et de son

interraction avec l’environnement, de rendre le projet autonome en énergie.

71


Concept énergétique été

Concept énergétique hiver


Façade en hiver

Façade en été

coupe

plan type

73


5.Conclusion

Beaucoup de choses ont été développées dans cet énoncé et le projet de diplôme en a fait

une synthèse et transcrit en architecture certains de ces principes. Le développement du projet a

montré que tous les problèmatiques décrites dans cette énoncé ont chacune leurs exigeances et

qu’il n’est pas aisé de les traiter ensemble. Mais c’est le challenge que je m’étais lancé, et au vu

du résultat, on remarque que cette approche du développement durable dans l’architecture par

la densité/mixité/évolutivité/énergie paraît envisageable et peut être une bonne voie à explorer

pour certains projets. Ce diplôme m’a surtout permis de développer mes connaissances dans le

domaine du développement durable lié à des réfl ections architecturales modernes et les besoins

de la population, et j’ai pris beaucoup de plaisir (même si cela ne se voyait pas toujours, la fatigue

n’y étant pas pour rien) à essayer de trouver cette forme architecturale permettant de lier et de

faire cohabiter ces problématiques qui m’ont interessées tout au long de ce diplôme.

75


Bibliographie / Annexes

77


6. Bibliographie

Littérature

• Alain Guiheux, Archigram, Editions du centre Pompidou, 1994

• Aldo Rossi, L’architecture de la ville, Editions InFolio, 2001

• Claude-Alain Roulet, Santé et qualité de l’environnement intérieur dans les bâtiments,

Presses polytechniques et universitaires romandes, 2004

• Gerhard Hausladen, Michael de Saldanha, Petra Liedl, Christina Sager,

ClimateDesign, Birkhaüser, 2005

• James Wines, L’architecture verte, Taschen, 2000

• Jean-luc Mathieu, Bâtiment anciens...Usages nouveaux Images du possible, Centre

National d’Art et de Culture Georges Pompidou / CCI, 1979

• Jean-Marc Lamunière, Bernard Maget, Marie-Anne Prénat, Les relations entre

activités, un modèle de controle et d’aide à la décision, EPFL, 1978

• Kenneth Powell, L’architecture transformée, Editions du Seuil, 1999

• Kenneth Powell, Richard Rogers, Complete Work Volume Two, Phaidon, 2001

• Manuel Perianez, L’habitat évolutif, Cité - Projet, 1993

• Martin Pawley, Norman Foster A Global Architecture, Thames & Hudson, 2001

• Pascal Amphoux, La densité urbaine, Du programme au projet urbain, IREC rapport de

recherche no 142, epfl repro, 1999

• Richard Rogers Partnership, Flexible Framework, Aedes, 1991


Revue / Documentation

• SIA, Documentation SIA D 0200, SNARC - Méthode pour l’évaluation de l’écologie dans les

projets d’architecture, SIA Zürich, 2004

• köb (Koordinationsgruppe Ökologish Bauen), Construction écologique, fi ches pour

soumissions selon les codes de frais de construction (CFC), edité par le Service des bâtiments

du Canton de Vaud, 2003

• El Croquis n 0 123, Toy Ito 2001-2005, Oslo vestbanen project

• El Croquis n 0 111, MVRDV 1997-2002, Housing silo in Amsterdam (Silodam)

• L’architecture d’aujourd’hui n 0 358, Habitat collectif question de densité

Internet

• http://www.martigny.ch

• http://www.eco-bau.ch

• http://www.ec.gc.ca

• http://www.minergie.ch

• http://www.bfs.admin.ch/

• http://www.architektur.tu-darmstadt.de/powerhouse/

• http://www.coldhamarchitects.com/index.htm

79


7. Annexes

.1 Agenda 21

Les 27 principes de Rio

1. Les êtres humains sont au centre des

préoccupations relatives au développement

durable. Ils ont droit a une vie saine et productive

en harmonie avec la nature.

2. Conformément a la Charte des Nations

Unies et aux principes du droit international,

les États ont le droit souverain d’exploiter

leurs propres ressources selon leur politique

d’environnement et de développement, et ils

ont le devoir de faire en sorte que les activités

exercées dans les limites de leur juridiction ou

sous leur contrôle ne causent pas de dommages

à l’environnement dans d’autres États ou dans

des zones ne relevant d’aucune juridiction

nationale.

3. Le droit au développement doit être réalisé

de façon à satisfaire équitablement les besoins

relatifs au développement et à l’environnement

des générations présentes et futures.

4. Pour parvenir à un développement durable, la

protection de l’environnement doit faire partie

intégrante du processus de développement et

ne peut être considérée isolement.

5. Tous les États et tous les peuples doivent

coopérer à la tâche essentielle de l’élimination

de la pauvreté, qui constitue une condition

indispensable du développement durable, afi n

de réduire les différences de niveaux de vie et

de mieux répondre aux besoins de la majorité

des peuples du monde.

6. La situation et les besoins particuliers des

pays en développement, en particulier des

pays les moins avancés et des pays les plus

vulnérables sur le plan de l’environnement,

doivent se voir accorder une priorité spéciale.

Les actions internationales entreprises en

matière d’environnement et de développement

devraient également prendre en considération

les intérêts et les besoins de tous les pays.

7. Les États doivent coopérer dans un esprit

de partenariat mondial en vue de conserver,

de protéger et de rétablir la santé et l’intégrité

de l’écosystème terrestre. Étant donné la

diversité des rôles joués dans la dégradation

de l’environnement mondial, les États ont des

responsabilités communes mais différenciées.

Les pays développés admettent la responsabilité

qui leur incombe dans l’effort international en

faveur du développement durable, compte tenu


des pressions que leurs sociétés exercent sur

l’environnement mondial et des techniques et

des ressources fi nancières dont ils disposent.

8. Afi n de parvenir à un développement durable

et a une meilleure qualité de vie pour tous les

peuples, les États devraient réduire et éliminer

les modes de production et de consommation

non viables et promouvoir des politiques

démographiques appropriées.

9. Les États devraient coopérer ou intensifi er

le renforcement des capacités endogènes

en matière de développement durable en

améliorent la compréhension scientifi que par

des échanges de connaissances scientifi ques

et techniques et en facilitant la mise au point,

l’adaptation, la diffusion et le transfert de

techniques, y compris de techniques nouvelles

et novatrices.

10. La meilleure façon de traiter les questions

d’environnement est d’assurer la participation

de tous les citoyens concernés, au niveau qui

convient. Au niveau national, chaque individu

doit avoir dûment accès aux informations

relatives à l’environnement que détiennent les

autorités publiques, y compris aux informations

relatives aux substances et activités dangereuses

dans leurs collectivités, et avoir la possibilité de

participer aux processus de prise de décision.

11. Les États doivent faciliter et encourager la

sensibilisation et la participation du public en

mettant les informations à la disposition de

celui-ci. Un accès effectif à des actions judiciaires

et administratives, notamment des réparations

et des recours, doit être assuré.

12. Les États doivent promulguer des

mesures législatives effi caces en matière

d’environnement. Les normes écologiques

et les objectifs et priorités pour la gestion de

l’environnement devraient être adaptés à la

situation en matière d’environnement et de

développement à laquelle ils s’appliquent. Les

normes appliquées par certains pays peuvent

ne pas convenir à d’autres pays, en particulier à

des pays en développement, et leur imposer un

coût économique et social injustifi é.

13. Les États devraient coopérer pour promouvoir

un système économique international ouvert et

favorable, propre à engendrer une croissance

économique et un développement durable

dans tous les pays, qui permettrait de mieux

lutter contre les problèmes de dégradation de

l’environnement. Les mesures de politique

commerciale motivées par des considérations

relatives à l’environnement ne devraient

pas constituer un moyen de discrimination

arbitraire ou injustifi able, ni une restriction

déguisée aux échanges internationaux. Toute

action unilatérale visant à résoudre les grands

problèmes écologiques au-delà de la juridiction

81


du pays importateur devrait être évitée.

Les mesures de lutte contre les problèmes

écologiques transfrontières ou mondiaux

devraient, autant que possible, être fondées sur

un consensus international.

14. Les États doivent élaborer une législation

nationale concernant la responsabilité

de la pollution et d’autres dommages à

l’environnement et l’indemnisation de leurs

victimes. Ils doivent aussi coopérer diligemment

et plus résolument pour développer davantage le

droit international concernant la responsabilité

et l’indemnisation en cas d’effets néfastes de

dommages causés à l’environnement dans

des zones situées au-delà des limites de leur

juridiction par des activités menées dans

les limites de leur juridiction ou sous leur

contrôle.

15. Les États devraient concerter effi cacement

leurs efforts pour décourager ou prévenir les

déplacements et les transferts dans d’autres États

de toutes activités et substances qui provoquent

une grave détérioration de l’environnement ou

dont on a constaté qu’elles étaient nocives pour

la santé de l’homme.

16. Pour protéger l’environnement, des mesures

de précaution doivent être largement appliquées

par les États selon leurs capacités. En cas de

risque de dommages graves ou irréversibles,

l’absence de certitude scientifi que absolue ne

doit pas servir de prétexte pour remettre à plus

tard l’adoption de mesures effectives visant à

prévenir la dégradation de l’environnement.

17. Les autorités nationales devraient s’efforcer

de promouvoir l’internalisation des coûts de

protection de l’environnement et l’utilisation

d’instruments économiques, en vertu du

principe selon lequel c’est le pollueur qui doit, en

principe, assumer le coût de la pollution, dans le

souci de l’intérêt public et sans fausser le jeu du

commerce international et de l’investissement.

18. Une étude d’impact sur l’environnement,

en tant qu’instrument national, doit être

entreprise dans le cas des activités envisagées

qui risquent d’avoir des effets nocifs importants

sur l’environnement et dépendent de la décision

d’une autorité nationale compétente.

19. Les États doivent notifi er immédiatement

aux autres États toute catastrophe naturelle ou

toute autre situation d’urgence qui risque d’avoir

des effets néfastes soudains sur l’environnement

de ces derniers. La communauté internationale

doit faire tout son possible pour aider les États

sinistres.

20. Les États doivent prévenir suffi samment

à l’avance les États susceptibles d’être affectés

et leur communiquer toutes informations


pertinentes sur les activités qui peuvent avoir

des effets transfrontières sérieusement nocifs

sur l’environnement et mener des consultations

avec ces États rapidement et de bonne foi.

21. Les femmes ont un rôle vital dans la gestion

de l’environnement et le développement Leur

pleine participation est donc essentielle à la

réalisation d’un développement durable.

22. Il faut mobiliser la créativité, les idéaux et

le courage des jeunes du monde entier afi n de

forger un partenariat mondial, de manière à

assurer un développement durable et à garantir

à chacun un avenir meilleur.

23. Les populations et communautés

autochtones et les autres collectivités locales

ont un rôle vital à jouer dans la gestion de

l’environnement et le développement du fait

de leurs connaissances du milieu et de leurs

pratiques traditionnelles. Les États devraient

reconnaître leur identité, leur culture et leurs

intérêts, leur accorder tout l’appui nécessaire

et leur permettre de participer effi cacement a la

réalisation d’un développement durable.

Source tiré de «http://www.un.org/», site internet des Nations Unies

24. L’environnement et les ressources naturelles

des peuples soumis à oppression, domination

et occupation doivent être protégés. La guerre

exerce une action intrinsèquement destructrice

sur le développement durable. Les États doivent

donc respecter le droit international relatif à

la protection de l’environnement en temps de

confl it armé et participer à son développement,

selon que de besoin.

25. La paix, le développement et la protection

de l’environnement sont interdépendants et

indissociables.

26. Les États doivent résoudre pacifi quement tous

leurs différends en matière d’environnement,

en employant des moyens appropries

conformément à la Charte des Nations Unies.

27. Les États et les peuples doivent coopérer

de bonne foi et dans un esprit de solidarité à

l’application des principes consacrés dans la

pressente Déclaration et au développement

du droit international dans le domaine du

développement durable.

83


.2 Ecos devis

Ökologische

Leistungsbeschreibungen

Descriptions des

prestations écologiques

Descrizione delle

prestazioni ecologiche

Plâtrerie: Cloisons et revêtements

posés à sec

Les eco-devis permettent aux concepteurs, lors

de la mise en soumission, de reconnaître et de tenir

compte des matériaux et prestations les plus

favorables à l’environnement. Les résultats de

l’eco-devis relatif au CAN 643 présentés ci-après

Les résultats en bref

Dans l'eco-devis 643, les prestations suivantes

sont "écologiquement intéressantes":

∞ Cloisons légères: 6 cloisons en plaques de

plâtre armé de fibres, avec isolation.

∞ Doublages intérieurs: plaques de plâtre cartonné

et plaques de plâtre armé de fibres,

sur ossature à montants simple.

∞ Revêtements de parois: plaques de plâtre

cartonné et plaques de plâtre armé de fibres,

sur lambourdes ou directement sur paroi.

∞ Panneaux composites: panneaux composites

minces en plâtre cartonné et en carreaux

de plâtre, avec isolation minérale.

Les prestations suivantes sont "écologiquement

relativement intéressantes":

∞ Cloisons légères: 17 cloisons en plaques

de plâtre cartonné, 6 cloisons en carreaux

de plâtre, 4 cloisons en plaques de plâtre

armé de fibres, toutes avec isolation.

∞ Doublages intérieurs: plaques de plâtre cartonné

et carreaux de plâtre minces, sur ossature

à montants simple.

∞ Revêtements de parois: carreaux de plâtre

minces sur ossature en profilés "chapeau"

ou en lattes à tuiles.

∞ Panneaux composites: panneaux composites

en plâtre cartonné et en carreaux de

plâtre, avec isolation minérale.

Ökologische

Leistungsbeschreibungen

Descriptions des

prestations écologiques

Descrizione delle

prestazioni ecologiche

643

sont intégrés dans les principaux programmes

spécifiques.

Structure du CAN 643

Le paragraphe 100 comprend les installations de

chantier, les travaux de démolition, les protections

et la préparation du support. Les paragraphes 200

à 500 contiennent une centaine de types de cloisons

légères, cloisons, doublages intérieurs et

revêtements de parois. Ces différentes construc-

La méthode eco-devis est décrite dans une

brochure séparée („Principes de la méthode“).

Les eco-devis servent d’auxiliaires de décision

pour le choix de prestations. L’utilisateur doit

comparer les résultats aux particularités de

l’objet traité; il porte l’entière responsabilité du

choix des matériaux, de la construction et de la

mise en oeuvre.

Constructions mises en évidence dans l'eco-devis 643

Les prestations sur fond foncé sont écologiquement intéressantes, celles sur fond clair écologiquement relativement intéressantes.

Art. CAN Unité fonctionnelle

Options de matériaux Spécifications et remarques

210

310

510

410

220

320

520

231/232

331

431

531/532

233

432

533

653

654

Cloisons

légères

Cloisons

Doublages intérieurs

Revêtements

de parois,

avec ou sans

ossature

Revêtements

de parois en

panneaux

composites

Feuilles lourdes

941 Couches

d’apprêt

∞ Plaques de plâtre cartonné

∞ Carreaux de plâtre

∞ Plaques de plâtre armé de fibres

∞ Plaques de plâtre armé de fibres

∞ Carreaux de plâtre

∞ Plaques de plâtre car-tonné

∞ Plaques de plâtre car-tonné

∞ Carreaux de plâtre

∞ Plaques de plâtre armé de fibres

∞ Plaques de plâtre cartonné

∞ Carreaux de plâtre

∞ Plaques de plâtre armé de fibres

∞ Panneaux composites en plâtre

cartonné

∞ Panneaux composites en plâtre

cartonné

∞ Panneaux composites en carreaux

de plâtre

∞ Panneaux composites en carreaux

de plâtre

∞ Panneaux composites en plâtre

armé de fibres

∞ Feuilles de plomb

∞ Feuilles lourdes en viscose élastique,

à base de bitume

∞ Couche de fond ou fond pénétrant à

l’eau

∞ Fond pénétrant diluable au solvant

ions sont structurées selon les 3 matériaux disponibles,

c'est-à-dire les plaques de plâtre caronné

(paragraphe 200), les carreaux de plâtre

paragraphes 300 et 400) et les plaques de

plâtre armé de fibres (paragraphe 500). Les travaux

accessoires, les raccordements et les traiements

de surface sont décrits aux paragraphes

600 à 900.

Comparaison de prestations

En principe, seules les prestations ayant plus ou

moins les mêmes fonctions (unité fonctionnelle)

12 cloisons avec ossature simple, laine de roche, d mm 75-130, parement

2 faces 1 plaque d mm 12.5 ou 15.

4 cloisons avec ossature double, laine de roche, d mm 155 et 205,

parement 2 faces 2 plaques d mm 12.5.

1 cloison avec ossature double, laine de roche, d mm 155, parement

2 faces 1 plaque anti-feu d mm 25.

2 cloisons avec ossature simple, laine de roche, d mm 100 et 113,

parement 2 faces 1 plaque d mm 25, en partie avec plaque de plâtre

cartonné d mm 12.5.

4 cloisons avec ossature double, laine de roche, d mm 150-218, parement

2 faces 1 plaque d mm 25, en partie avec plaque de plâtre

cartonné d mm 12.5.

5 cloisons avec ossature simple, laine de roche, d mm 75-125, parement

2 faces 1 plaque d mm 12.5.

1 cloison avec ossature double, laine de roche, d mm 150, parement

2 faces 2 plaques d mm 10 et 12.5.

1 cloison avec ossature simple, sans laine de roche,

d mm 100, parement 2 faces 2 plaques d mm 12.5.

3 cloisons avec ossature simple, laine de roche, d mm 95-145, parement

2 faces 1 plaque d mm 10 ou 12.5.

Sans ossature.

2 constructions, d mm 65 et 90, plaques 1 x d mm 12.5.

1 construction, d mm 115, plaques 1 x d mm 12.5.

1 construction, d mm 75, carreaux 1 x d mm 25.

1 construction, d mm 65, plaques 1 x d mm 12.5.

Plaques sur lambourdes ou directement sur paroi

1 construction avec ossature en profilés "chapeau", d mm 40, carreaux

1 x d mm 25

1 construction avec ossature en lattes à tuiles, d mm 55, carreaux 1

x d mm 25

1 construction directement sur paroi, carreaux 1 x d mm 25

1 construction sur lambourdes, d mm 85, plaques

1 x d mm 12.5

2 constructions directement sur paroi, plaques 1 x d mm 10 ou 12.5

1 construction avec laine de roche, panneaux 1 x d mm 12.5

1 construction avec laine de roche, panneaux 1 x d mm 25

1 construction avec laine de roche d mm 30, panneaux

1 x d mm 12.5

1 construction avec laine de roche d mm 50, panneaux

1 x d mm 25

Le plomb est aussi sous une forme élémentaire un composant

ayant une influence sur l’environnement.

sont comparées dans l'eco-devis 643. La combinaison

de prestations mises en évidence ne garantit

pas une construction judicieuse.

La fonction principale des parois est de garantir

l'isolation acoustique. Seules les constructions

présentant un indice d'affaiblissement acoustique

pondéré identique selon le CAN sont évaluées.

Par contre, la classe de résistance au feu n'a

qu'une importance secondaire. L'utilisateur doit

en tenir compte si une résistance au feu particulière

est requise.

d i 643 2


Conditions générales

Au paragraphe 000 'Conditions générales',

l'eco-devis contient des articles complémentaires

importants pour la garantie de prestations

écologiques.

011.160 Recommandation SIA 493

019.100 Caractère impératif des déclarations

de produits selon la recommandation

SIA 493

019.200 Caractère impératif des déclarations

de produits selon USVP

Critères d'appréciation

Les critères de mise en évidence des prestations

écologiquement intéressantes dans l'eco-devis

643 sont déterminés sur la base d'une méthode

d'évaluation systématique, qui englobe tous les

cycles de vie des matériaux (voir la brochure

"Principes de la méthode"). Tous les matériaux

écologiquement intéressants sont ceux qui:

∞ présentent une énergie grise nettement

moindre au sein d'une même unité fonctionnelle,

∞ ne contiennent pas ou n'émettent pas de

substances polluantes, et

∞ peuvent être réutilisés ou brûlés sans créer de

résidus problématiques, ou être stockés sur

une décharge pour matériaux inertes.

Les constructions dont l’énergie grise est légèrement

plus élevée sont écologiquement relative-

ment intéressantes (mises en évidence intermédiaire).

Pour les matériaux des plaques, panneaux et carreaux

de plâtre, c’est principalement l'énergie

grise qui entre en ligne de compte. Du point de

vue de la mise en oeuvre et de l'élimination, les

différences sont insignifiantes. On ne trouve de

substances polluantes dans aucun type de panneaux.

L'énergie grise des plaques, panneaux et carreaux

de plâtre ainsi que des différentes constructions

a été calculée sur la base de données industrielles,

portant sur la composition et sur la provenance

des matières premières. On part du principe

que les carreaux de plâtre sont produits en

Suisse, les plaques de plâtre cartonné et de plâtre

armé de fibres sont fabriquées à l'étranger exclusivement.

Les parts d'énergie grise de trois cloisons légères

à montants simples, de 100 mm d'épaisseur, aux

caractéristiques de physique du bâtiment différentes,

sont comparées dans le tableau ci-dessous.

Lors de la fabrication des plaques, panneaux et

carreaux de plâtre, les facteurs importants sont le

séchage du plâtre coulé et la fabrication du semihydrate

de plâtre. Ces deux facteurs dépendent

de l'épaisseur des éléments. La quantité de profilés

métalliques zingués (espacement entre

éléments) constitue aussi une part importante de

l'énergie grise. La centaine de constructions

contenues dans le CAN 643 ont été évaluées selon

ce principe.

Energie grise de cloisons légères de 100 mm d'épaisseur, avec isolation

[MJ/m2]

350

300

250

200

150

100

50

0

2 x 12.5 GKP

[dB 49/F 30]

2 x 25 VGP

[dB 50/F 90]

2 x 12.5 GFP

[dB 54/F 60]

Laine de roche

Montants métalliques

Transport [tkm]

Fabrication

Matériaux auxiliaires

Carton

Semi-hydrate de plâtre

Résultats

Au paragraphe 100 Travaux préparatoires, les

prestations pour l’élimination des déchets qui

prévoient une séparation et une valorisation respectueuses

de l’environnement sont mis en évidence.

Pour les protections d’ouvrages et de parties

d’ouvrage, le plastique recyclé est écologiquement

intéressant. Son énergie grise est nettement

inférieure à celle du papier, qui est lui

écologiquement relativement intéressant. Les

feuilles de plastique et les panneaux durs en fibre

de bois (4 fois utilisés) présentent une énergie

grise nettement plus élevée.

Pour la mise en évidence des cloisons légères,

la valeur seuil de l'énergie grise a été déterminée

en fonction de l'indice d'affaiblissement acoustique

pondéré. Pour une mise en évidence au

premier niveau, celle-ci est de < 175 MJ/m 2 pour

40 dB et de < 325 MJ/m 2 pour 56 dB. Si l'on diminue

les exigence par rapport à l'indice d'affaiblissement

acoustique, les plaques de plâtre cartonné

présentent l'énergie grise la plus faible, si

on les augmente, ce sont alors les plaques de

plâtre armé de fibres les plus favorables. Les carreaux

de plâtre se situent entre les deux. Les parois

en carreaux de plâtre, sans ossature, présentent

une énergie grise nettement plus élevée que

celles avec ossature.

La mise en évidence des doublages intérieurs

ne dépend pas de l'indice d'affaiblissement

acoustique. Les plaques de plâtre armé de fibres

et les plaques de plâtre cartonné avec ossature,

de faible ou moyenne épaisseur, présentent une

énergie grise nettement moins élevée que les

plaques de plâtre cartonné avec ossature, de

grande épaisseur, ou que les carreaux de plâtre

minces, avec ossature, de faible épaisseur.

Parmi les revêtements de paroi, les plaques de

plâtre cartonné et les plaques de plâtre armé de

fibres, avec ossature ou posées directement sur

la paroi, présentent une énergie grise nettement

moins élevée que les constructions avec profilés

zingués, raison pour laquelle elles sont mises en

évidence comme écologiquement intéressantes.

Les carreaux de plâtre minces sur profilés "chapeau"

métalliques, sur ossature en lambourdes

ou directement sur la paroi sont écologiquement

relativement intéressants.

Les revêtements de paroi avec panneaux

composites se différencient non seulement par

l’énergie grise mais aussi par leurs substances

polluantes et par les critères d’élimination. Les

Publications

∞ Rapport final complet de l'eco-devis 643.

∞ Recommandation SIA 493 ‘Déclaration des caractéristiques

écologiques des matériaux de

construction’, édition 1997.

∞ Déclaration des caractéristiques écologiques

des matériaux de construction selon SIA 493;

documentation SIA D 093, novembre 1997.

∞ 'Graue Energie von Baustoffen'; Büro für Umweltchemie,

Zurich, novembre 1998.

∞ 'Produkt- und Ökoprofil von Gips'; Schweizerischer

Verband der Gips- und Gipsbauplattenindustrie,

Mägenwil, 1998.

∞ Fermacell Gipsfaserplatten 6. Folgeprüfung;

Österreichisches Institut für Baubiologie und

-ökologie, Vienne, 1998.

panneaux composites avec mousses organiques

ne peuvent ni être recyclés, ni être mis en dépôt

sous forme de matériau inerte. Les panneaux

composites avec laine de roche remplissent au

moins le critère de stockage en décharge pour

matériaux inertes. Les panneaux composites en

plâtre armé de fibres contenus dans le CAN

présentent tous des isolants organiques et ne

sont donc pas mis en évidence.

Concernant les mesures d'amélioration de l'isolation

acoustique (feuilles lourdes), seuls les produits

viscoélastiques sans plomb sont mis en évidence.

Pour les couches d'apprêt et fonds pénétrants,

seuls les systèmes à l'eau sont mis en évidence.

Editeur

Association de soutien "eco-devis" c/o Office des

bâtiments du canton de Berne, Reiterstrasse 11,

3011 Berne, tél 031 633 34 11, fax 031 633 34 60.

L'association de soutien "eco-devis" est une association

indépendante qui a pour but de favoriser une

construction respectueuse de l'environnement

(construction durable). Elle est soutenue par des

institutions publiques et privées.

Réalisation

M. Vogel, Berne (chef de projet); Dr. J. Schwarz, Zurich;

U. Kasser, Zurich; C. Pestalozzi, Bâle;

M. Pöll, Zurich

Zurich, décembre 2002

Traduction en français: CRB

www.eco-bau.ch

Les eco-devis (fichiers au format pdf) peuvent être

imprimés directement depuis cette adresse internet.

eco-devis 643 3 eco-devis 643 4

85


.3 Exemples de confi guration est caractéristique d’une façade vitrée

façade fenêtre

façade d’éléments

façade panneau

Aspect structurel

Aspect thermique

Reduction du son

Avantage

Désavantage

Usage courant

Location courante

Aspect structurel

Aspect thermique

Réduction du son

Avantage

Désavantage

Usage courant

Location courante

Aspect structurel

Aspect thermique

Réduction du son

Avantage

Désavantage

Usage courant

Location courante

façade pleine et porteuse

moins de rayonnement solaire admis

moindre avec la ventilation naturelle

peu de coûts techniques

inconfortable en hiver avec une ventilation naturelle

protections solaires exterieures pas à l’abri du vent

problème avec la ventilation dans des situations venteuses

logement, administration

situation avec peu de vent et peu de nuisances sonores

construction en meneau ou traverse, non porteur

quand la proportion de verre est grande, l’énergie solaire

captée est haute, isolation thermique faible

moindre avec la ventilation naturelle

grande transparence

confi guration fl exible de la façade

niveau élevé de préfabrication

inconfortable en hiver avec une ventilation naturelle

protections solaires extérieures pas à l’abri du vent

problème avec la ventilation dans des situations venteuses

pas de stockage de chaleur dans les murs

administration, gratte-ciel

situation avec peu de vent et peu de nuisances sonores

construction en meneau ou traverse, non porteur ou

pleine et mur porteur

légère surchauffe derrière le panneau de cloison

limité avec la ventilation naturelle

protection contre les intempéries et les intrus pour une

ventilation diurne

apport direct d’air depuis l’extérieur limité

administration, édifi ce avec refroidissement diurne

situation avec un vent moyen et des nuisances sonores

moyennes


Aspect structurel

Aspect thermique

Réduction du son

Avantage

Désavantage

Usage courant

Location courante

Aspect structurel

Aspect thermique

Réduction du son

Avantage

Désavantage

Usage courant

Location courante

Aspect structurel

Aspect thermique

Réduction du son

Avantage

Désavantage

Usage courant

Location courante

généralement façade non porteuse

surchauffe dans le couloir

grande avec la ventilation naturelle

la pression dans la façade peut être contrôlée

le couloir peut être utilisé comme lieu de rencontre

contenu technique élevé

administration, gratte-ciel

situation avec beaucoup de vent et beaucoup de nuisances

sonores

généralement façade non porteuse

grande surchauffe dans la cavité de la façade

très grande avec la ventilation naturelle

grande transparence

apparence uniforme

ventilaition mécanique additionelle nécessaire

grande transmission d’odeur et de son de pièce à pièce

la pression dans la façade ne peut pas être contrôlée

administration

situation avec beaucoup de vent et beaucoup de nuisances

sonores

généralement façade non porteuse

pas de surchauffe dans la cavité de la façade

de peu à très grande avec la ventilation naturelle

dépendant du système du contrôle

ajustable aux conditions extérieures grâce au système de

contrôle

grande transparence

contenu technique très élevé

administration

situation avec beaucoup de vent et des nuisances sonores

moyennes

87

façade couloir

façade double peau non segmentée

façade double peau contrôlable


.4 Plan de secteur


.5 Plan de zone

89


.6 Plan du secteur archéologique


.8 Photos de Martigny et du site

91


Remerciements

La tâche ne fut pas facile tout au long de ce diplôme et je tiens à remercier mon groupe

de suivi pour leur aide et leur conseil qui m’ont aidés à avancer et à présenter ce travail dans sa

forme actuelle. Je tiens aussi à remercier les personnes qui m’ont aidées dans ma recherche sur

Martigny et à mieux comprendre cette ville, et plus particulièrement les personnes suivantes:

- Isabelle Macquart-Perez, architecte à Martigny

- Eduardo Camacho-Hübner, urbaniste et ingénieur civil

- Martin Schuler, professeur titulaire epfl

- Roby Jordan, architecte de la ville de Martigny

Mais je tiens aussi à remercier tout mon entourage pour m’avoir supporté (surtout mon

amie) et aidé (merci aux petites mains pour les maquettes) tout au long de ce travail. Un grand

merci aussi au BOX SG-2320 et ces diplômants pour l’ambiance formidable qui a régnée durant

ce diplôme.

97

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