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SUPPLÉMENT À NANTES PASSION, MAGAZINE DE L’INFORMATION MUNICIPALE N°163-MARS 2006

LES 11 QUARTIERS NANTAIS

Quinze pages d’actualité

sur votre lieu de vie

HISTOIRES DE QUARTIERS

Les femmes de la rue du Drac

Pont-Rousseau,

une si jolie petite gare


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SOMMAIRE

L’ENQUÊTE

4 > 9

Nantais, Rezéens, Herblinois, Sébastiannais... Au-dede

l’appartenance à une commune, nous faisons désormais partie

d’un ensemble plus vaste : l’agglomération, un espace dans

lequel nous circulons, nous travaillons, allons au spectacle,

fréquentons les commerces et partons en promenade. Comment

les habitants vivent-ils cette appartenance au quotidien,

comment “consomment-ils” l’agglomération ? Regards croisés.

LES 11 QUARTIERS

Bellevue / Chantenay

Jules Verne s’affiche au Musée

Centre-ville

Les enfants regardent le monde en face

Nantes Erdre

Besoin d’un psychologue ?

Dervallières/Zola

Le carrefour emploi devient Maison de l’emploi

Breil / Barberie

Les blouses roses contre le blues des malades

Hauts-Pavés / Saint-Félix

Apprendre le métier d’ébéniste

Malakoff/Saint-Donatien

Les sapeurs-pompiers reviennent à Gouzé

Île de Nantes

Des matinées récréatives pour les assistantes

maternelles

Nantes Nord

L’insertion par le travail et l’apprentissage

Bottière/Doulon

Les Super Vétérans shootent à Doulon

Nantes Sud

Parrain pour demandeur d’emploi


HISTOIRES

DE QUARTIERS

Les femmes de la rue du Drac

Pont-Rousseau, une si jolie

petite gare

26 > 31

CE MOIS-CI

“On vit dans une grande ville, il faut savoir profiter

des avantages et en accepter les inconvénients, comme

les embouteillages, les travaux ou les parkings

payants,” explique Muriel Le Du qui habite la Chapellesur-Erdre.

Isabelle Gras, rezéenne, fait du théâtre, son

mari fait du sport et ses filles pratiquent la musique et

la danse. “Mais à Rezé, pas trop loin de chez nous.

J’ai fait de la peinture dans le centre de Nantes :

les bouchons, le stationnement... J’ai arrêté, trop

difficile à gérer !” explique-t-elle. Regards croisés sur

l’agglomération.

Pour accompagner dans leur recherche d’emploi

femmes, jeunes diplômés ou encore personnes en

situation de handicap, l’association “Un parrain un

emploi” met en place des parrainages entre personne

en recherche d’emploi et actifs. Pour être au plus près

des demandeurs d’emploi, l’association assure une

permanence sur le quartier Nantes Sud à partir du mois

de mars. Rue Gaston-Turpin, une maison de retraite

moderne vient d’ouvrir. Depuis février, la nouvelle

structure peut accueillir quatre-vingt huit

pensionnaires. Des personnes seules ou en couple. Sur

le terrain synthétique de la Saint-Médard à Doulon ou

sur le gazon de la Mainguais, les quarante joueurs de

football de l’association les Super Vétérans, créée à la

fin des années 70, jouent les prolongations toutes les

semaines.

Ce ne sont que des exemples de l’actualité que vous

retrouverez sur quinze pages dans ce numéro de

Nantes au quotidien.

Enfin, dans les histoires de quartiers, Nantes au

quotidien vous invite à découvrir l’histoire des femmes

de la rue du Drac et celle de la si jolie gare de Pont-

Rousseau.

Bonne lecture.

Nantes au quotidien, supplément à Nantes Passion

Directeur de la publication : Jean-Marc Ayrault.

Co-directeur de la publication : Mathieu Baradeau.

Rédacteur en chef : Philippe Bouglé.

Responsable Nantes au Quotidien : Isabelle Robin.

Photos : Stéphan Ménoret, Régis Routier.

Ont collaboré à ce numéro : Laurence Couvrand,

Rodolphe Delaroque, Michaël Gheerbrant,

Catherine Le Brigand, Emmanuelle Morin,

Armelle de Valon, Pascale Wester.

NANTES AU QUOTIDIEN

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

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Nantes au quotidien

L’ENQUÊTE

4 [Mars 2006]

“On vit dans une grande ville, il faut savoir profiter des avantages et en accepter

les inconvénients, comme les embouteillages, les travaux ou les parkings payants.” Muriel Le Du.

Vivre l’agglomérati

Nantais, Rezéens, Herblinois, Sébastiannais...

Au-dede l’appartenance à une commune, nous

faisons désormais partie d’un ensemble plus

vaste : l’agglomération, un espace dans lequel

nous circulons, nous travaillons, allons au

spectacle, fréquentons les commerces et

partons en promenade. Comment les habitants

vivent-ils cette appartenance au quotidien,

comment “consomment-ils” l’agglomération ?

Regards croisés.

550 000

habitants, 24 communes, 52 336 hectares,

plus de 253 000 logements et de 255 000

emplois, 150 km de cours d’eau, plus de

2 500 000 déplacements quotidiens à l’horizon

2010... Nantes Métropole est un vaste

territoire, porteur de dynamique et de développement.

Ces dix dernières années, l’agglomération

a connu une augmentation de

près de 10 % de sa population, la plus

importante des grandes agglomérations

françaises. Pour les habitants, ce développement

induit à la fois des bénéfices et des

contraintes liés au fonctionnement d’une

grande ville.

Vivre dans l’agglomération, un

choix de vie. Qu’ils habitent le centre-


“Je travaille à deux

minutes de chez moi en

moto ou en vélo... Ma

femme qui travaille sur

l’île de Nantes mettait de

30 à 45 minutes en

voiture, avec les travaux.

Nous avons investi dans

une mobylette et depuis,

c’est le bonheur !”

Franck Mendiondo.

on au quotidien

ville de Nantes ou la périphérie, de nombreux

Nantais ont délibérément choisi de

venir vivre dans l’agglomération nantaise,

“parce que c’est une grande ville, avec un

aéroport et le TGV pour se déplacer facilement

et une belle offre culturelle pour bouger”

explique Stéphane Archambaud,

30 ans, Vendéen d’origine. Résidant actif

du centre-ville, Stéphane a organisé son

travail pour profiter au maximum “des avantages

du centre et de la qualité de vie qu’il

peut offrir.” Corinne Ricolleau et Jérôme

Séveno, jeune couple installé quai de Versailles,

affichent la même motivation de se

sentir “au cœur de la ville.”

Le dynamisme du centre-ville pourtant, ne

constitue pas la seule explication. En provenance

de la région parisienne, Muriel Le Du

et son mari habitent La Chapelle-sur-Erdre

depuis près de vingt ans : “Mon mari est

Breton, moi, je viens du sud-ouest. Nantes

représentait un carrefour entre nos deux

familles, avec les avantages d’une grande

ville en plein développement et la proximité

de la mer.” La Chapelle-sur-Erdre ? Une

situation idéale, “à la fois proche de Nantes

et du calme de la campagne.” Vivre dans

l’agglomération sans les contraintes du

centre-ville : c’est aussi l’avis d’Isabelle et

de Laurent Gras, habitants de Trentemoult,

“plus exactement de Basse-Île. Un quartier

très bien situé, au bord du fleuve, en léger

retrait du centre-ville tout en étant très

accessible. Nous profitons des avantages

de la ville sans en subir les inconvénients...”

Quand on fonde une famille et que l’on souhaite

acheter une maison, on est parfois

contraint de s’éloigner du centre. “Quand

nous étions plus jeunes, nous vivions dans le

centre de Nantes avec une vie très urbaine.

En arrivant à Rezé, nous avons eu du mal à

faire notre deuil de cette vie nantaise, mais,

petit à petit, nous avons adoré vivre dans

cette ville dynamique. Nous venons de

déménager à Saint-Sébastien : il va falloir

reconstruire une vie de quartier ici...” expliquent

Anne et Yann Nicol.

Toujours sud-Loire mais à Nantes, Franck

Mendiondo et Valérie Réault sont arrivés

dans le quartier Saint-Jacques il y a dixhuit

ans. Si ce Basque d’origine avoue avoir

mis près de deux ans à s’adapter au tempérament

un peu “froid” des Nantais, il dit

aujourd’hui ne plus vouloir repartir de cette

“belle ville d’eau, proche de la mer, et qui

a beaucoup changé ces dernières années.

Et puis, l’autoroute est à deux pas, tant

pour aller à la mer que pour rentrer chez

moi, au Pays Basque... “

La voiture obligatoire. Pour se rendre

au travail, faire ses courses, aller voir des

amis, il faut se déplacer. Voiture, transports

}

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

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Nantes au quotidien

L’ENQUÊTE

}

6 [Mars 2006]

“J’habite tout près d’une

station de tramway.

L’hiver, je le prends ; l’été,

je marche à pied : c’est un

vrai plaisir, une détente. Je

varie les itinéraires,

je profite de l’ambiance.

Une manière de vivre

la ville.” Corinne

Ricolleau aux côtés

de Jérôme Séveno.

en commun, marche à pied ? Pour Stéphane,

kiné libéral à Thouaré, la voiture est

une nécessité, “parce que je me déplace

régulièrement chez des patients, et que la

fréquence des trains est insuffisante...”

La Chapelle-sur-Erdre/Saint-Aignan-de-

Grand-Lieu : 20 kilomètres. “Je prends le

périphérique et le pont de Cheviré matin et

soir, c’est parfois délicat. Bien sûr, je pourrais

prendre le tram jusqu’à Neustrie, puis

le bus, mais ce serait vraiment très long...”

Sur la question des déplacements, Muriel

Le Du est plutôt philosophe : “On vit dans

une grande ville, il faut savoir profiter des

avantages et en accepter les inconvénients,

comme les embouteillages, les travaux ou

les parkings payants.”

Anne Nicol ne voit pas les choses de la

même façon : “Médecin et dentiste sont à

Beaulieu, je ne suis jamais sûre d’être à

l’heure au rendez-vous ; ma fille fait de la

natation synchronisée à la piscine Gloriette

à 18 h : pour y aller, je mets de 20 à

40 minutes, pour revenir environ une heure,

ce qui entraîne des organisations compliquées

et des stress inutiles. Nantes est

vraiment pénible à ces heures-là...” Et pourtant,

Anne fait tout pour organiser ses

déplacements au mieux : “Actuellement, je

vais travailler en voiture à l’hôpital Saint-

Jacques, je la laisse en chemin et je termine

à pied afin d’éviter les travaux. Le soir, je

récupère les enfants à l’école à Rezé, le

véhicule est indispensable.” Jérôme Séveno

travaille à Carquefou. Une seule ligne de

bus, peu de fréquence dans la journée : à

partir du centre-ville, il prend sa voiture. À

son grand regret, l’expérience d’un an de

covoiturage avec un collègue a dû s’arrêter.

“En fonction des événement, matchs à la

Beaujoire par exemple, je prends différents

itinéraires. Je viens de m’inscrire à un nouveau

service de Nantes Métropole qui

m’avertit des encombrements en temps

réel sur mon portable. Très efficace !”

Difficile aussi de se passer de sa voiture

quand on est à la fois institutrice et mère

de famille de deux adolescentes : “Il faut

transporter le cartable et le matériel pour

la classe, emmener les filles à l’école, au

collège, mais aussi à la musique ou à la

danse...” Pour huiler la mécanique des

déplacements, Isabelle Gras a mis en place,

avec d’autres familles du quartier, un système

de covoiturage : “Ma grande fille a

choisi le chinois en deuxième langue au

collège Jules-Verne, comme deux autres

jeunes du quartier. Nous nous arrangeons

à trois familles pour les emmener directement

ou les déposer au tram. Même chose

pour l’école de musique où là encore, nous

nous organisons à plusieurs pour les déplacements.”

La navette ? “Elle n’a pas apporté

de changement notable dans mon organisation,

mais ponctuellement, navette plus

tram pour faire du shopping dans le centreville,

c’est très bien !”

“Pour les courses, j’ai choisi la

commerçants du bourg de Sa i

à deux minutes. Cela participe

La voiture, le monde aux heur

moi !” Anne et Yann Nicol.


proximité : les petits

int-Sébastien, le supermarché

aussi de la qualité de vie...

es de pointe, très peu pour

Et pourquoi pas le deux-roues ?

Depuis longtemps, Franck Mendiondo a opté

pour le deux-roues : “Je travaille à Saint-

Sébastien, à deux minutes de chez moi en

moto ou en vélo... Ma femme en revanche,

travaille sur l’île de Nantes. Avec les travaux,

elle mettait de 30 à 45 minutes en

voiture. Nous avons investi dans une mobylette

et depuis, c’est le bonheur ! Dix

minutes de déplacement, c’est confortable.”

Pour ses deux filles en revanche, Franck ne

veut pas entendre parler d’un deux-roues,

trop dangereux. Scolarisées au collège

Aristide-Briand, elles effectuent tous leurs

déplacements en bus. “Le passage de la

ligne 4 à deux pas de la maison sera un

atout supplémentaire...”

Avantage majeur pour Corinne : elle habite

tout près d’une station de tramway. “Je travaille

à proximité du pont Anne-de-Bretagne.

L’hiver, je prends le tramway ; l’été,

je marche à pied : c’est un vrai plaisir, une

détente. J’emprunte différents parcours, je

varie les itinéraires, je profite de l’ambiance.

Une manière de vivre la ville.”

Depuis le prolongement de la ligne 1 jusqu’au

terminus François-Mitterrand,

Monique Lucas ne s’embarrasse plus de sa

voiture pour aller travailler : “De mon domicile

à Saint-Herblain bourg, je prends ma

voiture jusqu’au parking-relais, puis le tram

jusqu’à l’arrêt Chantiers-navals et je termine

à pied. J’ai des horaires fixes, je mets environ

30 à 35 minutes de porte à porte. C’est

tellement moins de stress que la voiture !”

“Je fais du théâtre,

mon mari fait du sport

et les filles pratiquent

la musique et la

danse. Mais à Rezé,

pas trop loin de chez

nous ! J’ai fait de la

peinture dans le

centre de Nantes : les

bouchons, le

stationnement... J’ai

arrêté, trop difficile à

gérer !” Isabelle Gras.

Pour Monique, le tram est aussi un espace

d’observation privilégié : “C’est un concentré

de vie, c’est coloré, il y a tous les âges,

toutes les conditions, il y a le drame et l’humour...

Je me laisse conduire, je regarde, je

me détends. Le soir, c’est une pause avant

de rentrer.”

Sortir sur l’agglo. Curieux de tout ce

que l’agglomération propose en matière de

spectacles et de loisirs, Stéphane et son

groupe d’amis sortent environ quatre soirs

par semaine : salles de concert, cinéma,

sport, rien n’échappe à leur enthousiasme.

“Nous allons aussi bien à l’Olympic, à la

Carrière à Saint-Herblain, à la salle de Sainte-Luce

pour les matchs d’impro, à la Fleuriaye

à Carquefou, à l’Espace 44, au TU ou

au centre chorégraphique si nous sommes

intéressés par un spectacle. Nous profitons

des restaurants et des bars, plutôt dans le

centre-ville... nous aimons mélanger les

goûts et les couleurs et Nantes permet

cela.” Seul problème pour Stéphane : trouver

la bonne information : entre Pulso, Pil’,

Le Mois nantais... “il est très difficile d’avoir

une information centralisée sur tout ce qui

se passe dans l’agglomération.”

Si Stéphane fonctionne plutôt au “feeling”,

Monique elle, programme ses sorties à l’année.

“Si tu ne programmes rien, tu ne fais

rien ! Alors, dès le mois de septembre avec

des amies, nous choisissons un spectacle par

mois à la Bouche d’Air, à la Carrière, à l’Arc,

}

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

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Nantes au quotidien

L’ENQUÊTE

}

8 [Mars 2006]

au théâtre de poche, au TNT... C’est selon.”

Amateurs de cuisine fine, Franck Mendiondo

et Valérie Réault dégustent chaque mois le

plaisir d’une sortie au restaurant entre amis.

Leur choix se porte sur l’agglomération au

sens large : “Trentemoult, Nantes, mais

aussi la Haye-Fouassière, Géneston, etc.

Nous n’hésitons pas à faire des kilomètres

pour bien manger !”

Le plaisir de Muriel, c’est la balade et le

“shopping” en centre-ville : “Nous venons à

Nantes le samedi matin, pas trop tard pour

avoir une place de parking. Marcher dans la

ville, faire nos courses, c’est un plaisir. Même

chose pour le cinéma ou le restaurant : sans

hésiter, c’est le centre-ville. Nous avons

davantage l’impression de sortir, il y a de la

vie, nous profitons de l’ambiance.” Une

impression pleinement partagée par Isabelle

et Laurent Gras.

Le centre-ville de Nantes décidément,

concentre les envies de sorties de nombreux

habitants de l’agglomération. Avec

“Si tu ne programmes rien, tu ne fais rien !

Alors, dès le mois de septembre avec des

amies, nous choisissons un spectacle par

mois à la Bouche d’Air, à la Carrière, à

l’Arc, au théâtre de poche, au TNT...

C’est selon.” Monique Lucas.

leur réseau d’amis, Corinne et Jérôme sortent

de façon régulière, “au restaurant, dans

les bars avec de la musique, parfois au

spectacle ou au cinéma, mais toujours dans

le centre-ville. Même nos balades se déroulent

en ville, sur l’île de Versailles, le long

de l’Erdre ou sur l’île de Nantes... Pas besoin

de sortir de la ville pour s’évader ! Il nous

arrive quand même, le week-end, de voir

d’autres amis à Saint-Julien, Thouaré ou

Orvault, et là, on prend la voiture !”

Comme Yann et Anne Nicol, Franck et Valérie

Mendiondo n’hésitent pas non plus,

pendant le week-end, à se déplacer sur

toute l’agglomération pour voir les amis, la

famille : “nous nous recevons beaucoup

les uns chez les autres... “.

À Nantes comme ailleurs, l’habitude de la

balade dominicale est fortement ancrée dans

les habitudes des ménages. Pour Monique,

la balade, surtout au bord de l’eau, est

nécessaire à son équilibre, “que ce soit avec

des amis ou de la famille, dans le centre de

Nantes, au bord de la mer, en Brière, mais

aussi à Chantenay, dans les marais de Couëron,

sur les bords de Loire...” Pour Stéphane

et la famille Gras, c’est plutôt le bord de

mer à Pornic ou la Bretagne. “C’est vrai, je

connais peu les environs, exceptés les bords

de l’Erdre où je vais courir aux beaux jours”

précise Stéphane. La plus belle rivière de

France recueille également les suffrages de

Muriel Le Du : “c’est tellement beau et à

deux pas de la maison... “

Sport et loisirs : plutôt près de chez

soi. Il y a deux ans, Monique a dû arrêter

le volley “faute de joueuses. J’ai retrouvé

une équipe, mais au nord de Nantes... Trop

loin, trop dur de ressortir le soir ! Alors

depuis, j’essaie d’aller régulièrement à la

piscine à Saint-Herblain avec une voisine...”

À Rezé, Isabelle Gras a choisi le théâtre,

Laurent fait du sport et les filles pratiquent

la musique et la danse, “mais à Rezé, pas

trop loin de chez nous. J’ai fait de la peinture

dans le centre de Nantes : les bouchons,

le stationnement... J’ai arrêté, trop

difficile à gérer !” Seule concession à ce

principe de proximité : Laurent pratique le

tir à l’arc médiéval, une activité qui ne se

trouve qu’à Carquefou.

Grand sportif, Franck profite principalement

des attraits du sud-Loire. Deux fois par

semaine avec ses collègues, il joue au bad-


minton sur le temps du déjeuner dans un

complexe sportif de Saint-Sébastien ; deux

fois par semaine toujours, il court le long

de la Sèvre en passant par les jardins de la

Crapaudine ; “aux beaux jours enfin, environ

une fois par semaine, je fais du VTT,

souvent le long des rivières, sur les chemins,

mais toujours à partir de chez moi.”

Courses et commerce : à chacun ses

habitudes ! Outre les petites courses d’urgence

à proximité, Stéphane Archambaud a

fait son choix : “Pour moi, c’est la grande

surface de Rezé. Pour le reste, l’habillement

par exemple, c’est le centre-ville.”

C’est aussi le choix évident de la famille

Gras : “D’abord parce que c’est tout près ;

ensuite parce qu’à Trentemoult, il n’y a pas

de commerce de proximité. La seule exception,

ce sont les concessionnaires auto et

moto et là, c’est la marque qui fait le choix.

Nous allons route de Vannes, mais avec le

pont de Cheviré, ce n’est pas un problème...”

Anne Nicol en revanche, a choisi la proximité,

les petits commerçants du bourg de

Saint-Sébastien, le supermarché à deux

minutes. “Cela participe aussi de la qualité

de vie... La voiture, le monde aux heures de

pointe, très peu pour moi !” Monique Lucas

est bien d’accord : “Je n’aime pas les

grandes surfaces. Je fais mes courses dans

le bourg et au marché de Basse-Indre le

dimanche. J’ai mes commerçants, je rencontre

parfois des amis, des collègues. Les

galeries, ce n’est pas mon truc, il n’y a pas

de regard.”

Muriel Le Du et Jérôme Séveno pointent au

contraire l’efficacité des grandes surfaces

en matière de courses alimentaires, “en

rentrant du travail”, et joignent l’utile à

l’agréable pour leurs courses personnelles

en fréquentant assidûment le centre-ville

de Nantes, “où il est tellement agréable

d’être piéton !”.

Esprit d’agglomération ? “Je suis heureux

de vivre ici, j’ai une vraie qualité de vie.

Je consomme la ville, l’agglo et ce qu’elles

offrent, je me nourris de ce qu’elles m’apportent.”

Isabelle Gras rejoint Stéphane

Archambaud : “Nous profitons de ce que

propose l’agglomération, presque sans y

penser... Pourtant, les gens se sentent

d’abord de leur commune, parce que c’est

proche, c’est pratique. L’esprit d’agglo

n’existe pas encore, sauf peut-être quand il

y a de grandes manifestations comme Royal

de Luxe qui fédèrent les gens.”

Franck Mendiondo lui, se sent “nantais

d’agglomération”. “L’agglomération, c’est

encore tout neuf et différentes initiatives

comme le nouveau journal de la CU permettront

tout naturellement aux habitants

“L’esprit d’agglo

n’existe pas encore,

sauf peut-être quand

il y a de grandes

manifestations

comme Royal de

Luxe qui fédèrent les

gens.” Stéphane

Archambaud.

de se sentir impliqués dans les projets.”

De son côté, Muriel Le Du explique “avoir

conscience de vivre dans un ensemble puissant,

en mouvement, avec beaucoup de

monde. Chaque commune bien sûr, a ses

spécificités, et Nantes donne toute sa cohérence

à l’ensemble. Moi l’agglo, je la vis

très bien : la proximité du médecin, de la

banque, du marché hebdomadaire à La

Chapelle ; le développement, les sorties, à

Nantes, dans l’agglo.” Monique Lucas voit

encore plus large : “L’agglomération nantaise

existe, ne serait-ce que par les services

qu’elle rend, en matière de transports

par exemple. Mais je ne m’y sens pas attachée,

pas plus qu’à Saint-Herblain ou à

Nantes : c’est le travail qui m’a amenée à

vivre ici, mais je ne suis pas une fille de la

ville. En fait, je me sens davantage appartenir

à la métropole Nantes-Saint-Nazaire,

avec la présence de la mer et la Brière, là

où sont mes racines. Cela dit dans l’agglomération,

on vit quand même pas mal... “

Si Corinne et Jérôme doutent encore de

l’existence d’un esprit d’agglomération, ils

sont cependant sûrs d’une chose : “il existe

un art de vivre à la nantaise.”

EMMANUELLE MORIN

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

9


Nantes au quotidien

LES 11 QUARTIERS ➜ BELLEVUE / CHAN

10 [Mars 2006]

Jules Verne s’affiche au Musée

Après un an de travaux pour le rénover,

une dernière touche a été

portée au musée Jules-Verne

avec la mise en place d’une

fresque. Réalisée par six illustrateurs de

l’association Art et Fact, lors de la dernière

édition des Utopiales dédiée à Jules Verne,

la fresque se présente sous forme de tryptique.

On y retrouve les symboles de l’univers

vernien : le dirigeable qui a inspiré

l’illustrateur Manchu, connu notamment

pour les couvertures des romans de Jules

Verne en collection Poche, le Nautilus vu

par Didier Graffet, le ballon signé de Pascal

Yung, le poisson métallique de Thierry Cardinet.

Au centre : le portrait de l’écrivain

nantais, réalisé par Sandrine Gestin et Hubert

de Lartigue. L’œuvre collective a été

accrochée sur les murs du musée en présence

du petit fils de l’écrivain, Jean Verne,

le 8 février, jour anniversaire de la naissance

de Jules Verne. Ce fut aussi l’occasion

d’inaugurer l’exposition temporaire

“Autour de la Lune” qui rassemble des documents

sur la conquête de la Lune et qui se

prolongera jusqu’au 30 avril. Le site internet

du musée, www.julesverne.nantes.fr a

également été présenté. Élaboré dans le

L’école des Garennes s’apprête à accueillir

de nouveaux enfants

Le quartier Chantenay - butte Sainte-Anne est en pleine expansion et rajeunit.

À l’horizon 2009, la population attendue dans le périmètre de recrutement de l’école

élémentaire des Garennes est de 190 enfants, soit un besoin en capacité d’accueil de sept

classes. Sur l’année 2005/2006, elle en scolarise 113 répartis sur cinq classes, dont 93

(soit 80 % du nombre d’enfants inscrits) fréquentent la restauration scolaire. La

restructuration programmée permettra, à la rentrée 2009/2010, de scolariser l’ensemble

des élèves attendus dans des espaces pédagogiques et périscolaires adaptés aux

programmes et aux besoins de l’enfant. Le projet prévoit la rénovation de 476 m 2 de locaux

et la création de 274 m 2 de surface supplémentaire. Seront créés une nouvelle restauration

scolaire et deux salles de classes. Les sanitaires des enfants seront rénovés. Le rez-dechaussée

et le premier étage des logements de fonction seront aménagés en salle des

maîtres et en local pour le réseau d’aide, infirmerie et bureau du médecin. Par ailleurs,

l’école des Garennes pourra utiliser les locaux du nouvel équipement associatif (l’ex-école

des filles, située juste en face) livré en 2006 : salle polyvalente, salle audiovisuelle et

bureau pour l’amicale laïque. Les travaux dureront quinze mois et débuteront en

septembre 2006. Coût de l’opération : 1,6 M€ TTC.

prolongement du travail réalisé tout au

long de 2005, année Jules Verne, il est

consacré au musée et au Centre d’études

verniennes. À noter que depuis sa réouverture,

le musée a réussi, malgré une fermeture

d’un an en raison des travaux, à

accueillir entre le 19 octobre, jour de sa réouverture

et le 31 décembre 2005, autant

de visiteurs qu’avant en un an.

Musée Jules-Verne, 3, rue de l’Hermitage.

Tél. 02 40 69 72 52. Ouvert de 10 h à 12 h et

de 14 h à 18 h. Sauf mardi, dimanche matin et

jours fériés.


TENAY

Forum

“Jeu consom”

Pour sa troisième édition,

le forum Jeu consom déclinera

le thème de la santé et de

l’alimentation du 21 au 23 mars.

“Le but est toujours d’apporter

de l’information aux habitants

afin qu’ils puissent être plus

critiques face aux

sollicitations”, rappelle

Fernando Rodrigues, directeur

du centre socioculturel des

Bourderies qui accueille le

forum. Les associations et les

habitants ont participé à

l’organisation avec les

conseillères de la CAF et des

assistantes sociales du quartier

à l’initiative du projet.

Le mardi 21, un nutritionniste

commentera une exposition

sur l’équilibre alimentaire.

Le mercredi 22, après un petitdéjeuner,

les enfants

participeront à des jeux et

animations. Enfin, le jeudi,

une conseillère CAF montrera

comment bien manger sans trop

dépenser et la CLCV donnera

des clés pour décrypter les

étiquettes et les publicités. Le

forum se prolongera sur une

journée le 19 mai. Après la visite

du MIN, le repas de midi sera

préparé avec des produits

achetés au marché de Bellevue.

Le soir, un débat reviendra sur

les différents modes de

production des denrées

alimentaires.

Renseignements : CSC des Bourderies.

Tél. 02 40 46 41 46

La zone franche passe

la vitesse supérieure

Une permanence d’accueil pour

les porteurs de projets à la reprise

ou la création d’entreprises,

habitant le quartier, a

été mise en place par le réseau “création

d’entreprises”, collectif qui regroupe, aux

côtés de Nantes Métropole et des

chambres consulaires, cinq associations

spécialisées dans l’aide aux projets de

création * . Cette permanence se tient dans

les locaux du Point service emploi de

Bellevue, 2, rue des Pinsons, tous les jeudis

de 14 h à 17 h ** .

La zone franche de Bellevue, créée en

2003, a permis l’implantation, l’année dernière,

de cinquante-cinq entreprises,

beaucoup dans le secteur du bâtiment.

Entre le 1 er janvier et le 30 juin 2005,

soixante-six emplois *** ont été créés. Le

bilan aurait sans doute été plus haut, s’il y

avait eu plus de locaux disponibles. Une

situation qui s’améliore cette année

puisque plusieurs projets immobiliers doivent

être livrés à partir de l’été prochain.

C’est le cas à Saint-Herblain, dans la ZAC

des Moulinets, à proximité de la nouvelle

caserne des pompiers, où 4 000 m 2 de

locaux seront livrés à partir du mois

Le futur immeuble de bureau

boulevard Romanet.

d’août. Sur le territoire nantais, c’est boulevard

Romanet, à proximité du rond-point

de Bellevue, que 3 000 m 2 de locaux, divisibles

en parcelles minimales de 50 m 2 ,

seront livrés à la fin de l’année. Enfin, le

devenir des anciens locaux de la BPBA est

toujours en discussion.

Il s’agit, dans tous ces projets, d’immeubles

de bureaux. Sur la ZAC des

Moulinets, la création de 2 000 m 2 de

locaux d’activité, divisibles en cellules de

300 m 2 est en cours d’instruction. Livraison

en 2007.

* BG Ouest, ADIE, Ouvre-Boîte 44,

Nantes Initiative, Fondes,

Ouest Entreprendre.

** Renseignements au 02 51 84 35 68.

*** Sur ces emplois, les employeurs ne

paient ni cotisations sociales ni taxe

professionnelle.

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

11


Nantes au quotidien

LES 11 QUARTIERS

12 [Mars 2006]

Les enfants

regardent le monde

en face

D

une fenêtre à l’autre, d’un droit

’ à l’autre, la réalité n’est pas la

même, suivant que l’on est né

ou pas du bon côté. Certains

ont tout, d’autres rien ou si peu. C’est le

constat mis en scène par les élèves de CM2

de la classe André-Lermite dans une exposition

intitulée “D’une fenêtre à l’autre”.

Troublante par la justesse de ses propos et

la lucidité des enfants, cette exposition est

l’aboutissement d’un travail réalisé dans le

cadre d’une classe-santé animée par Claudie

Mary, infirmière scolaire de la Ville de

Nantes et Michèle Vantorre, assistante sociale.

Amour, famille, naissance, différence,

exclusion... ont nourri les débats

menés au cours d’ateliers hebdomadaires.

“Nous avons mis en scène l’exposition autour

de fenêtres. Chacune d’entre elles

ouvre le débat sur un droit” explique Annie

Mothes, l’institutrice de la classe. “Nous

avons joué aussi sur l’idée de la transparence.”

Transparence entre différents

➜ CENTRE-VILLE

mondes, entre les conditions de vie des

uns et des autres... Outre un travail de recherche

mené sur les différents thèmes

abordés (droits au logement, aux soins, à

l’éducation, liberté de parole, sida...), les

enfants ont aussi laissé libre cours à leur

imagination et sensibilité pour écrire chacun

un poème qui sont autant de regards

portés sur la pauvreté, l’injustice, ici et

ailleurs. Les textes sont sincères, poignants

: “Dans mes habits déchirés, je

marche avec difficulté, l’hiver m’empêche

d’avancer, alors j’avance avec le cœur pour

ne pas sombrer dans le malheur... le froid

de l’hiver horreur sans frontière”. Présentée

aux classes de l’école et aux parents

d’élèves, l’exposition circulera prochainement

dans d’autres lieux. Peut-être sera-telle

même présentée au Forum des droits

de l’homme qui se tiendra à Nantes, début

juillet.

Une boulangerie

aux couleurs

d’antan

La surprise était belle, en octobre

dernier quand Denis Bouron a

réaménagé sa nouvelle boutique

au 16, rue Saint-Léonard.

“En cassant une dalle du faux

plafond, j’ai découvert une faïence

du XIX e siècle”, raconte le

pâtissier. Une fois les anciens

lambris retirés, la frise est apparue

dans sa totalité : des épis de blé et

coquelicots sur fond de collines

avec des petits moulins. “C’est

une très vieille boulangerie, qui

daterait de la Révolution, souligne

Denis Bouron. La faïence a été

posée après un incendie vers

1890.” Depuis la visite d’un ancien

propriétaire de la boulangerie,

il s’est passionné pour l’histoire

des lieux. “Le décor avait été

caché en 1990, poursuit Denis

Bouron. Les habitants du quartier

sont contents de retrouver son

aspect d’origine. Cela leur rappelle

leur enfance.” Du coup, la

nouvelle décoration a été élaborée

dans l’esprit du XIX e siècle avec un

coin salon de thé. “Cela tombe

bien car le magasin s’appelle la

Croquignole. C’est le nom d’un

biscuit sec que les marins

emportaient. On l’a remis au goût

du jour pour en faire notre

spécialité.”


➜ NANTES ERDRE

Besoin d’un psychologue ?

Àla télévision, dans la presse, les

psychologues ont envahi notre

quotidien. “La psychologie est

devenue à la mode, constate

Carole Biguet, psychologue de l’association

Inter-faces. Mais le public à souvent

du mal à s’y retrouver parmi la diversité

des pratiques qui existent.” L’association

Inter-faces a été créée en 2004 pour

promouvoir ces différentes approches

auprès du public. Depuis janvier, elle propose

des permanences gratuites dans les

centres socioculturels du quartier. “Nous

avons rencontré des associations, des

professionnels et des centres spécialisés

pour connaître toutes les possibilités

offertes sur Nantes, explique Dorothée

Sanson, psychologue d’Inter-faces. On

peut informer le public sur les tarifs,

la durée d’une thérapie, les délais avant

d’avoir un rendez-vous.” Groupe de

parole, association de soutien ou thérapie

individuelle, des solutions sont proposées

en fonction des demandes de chacun.

“Pendant les permanences, on ne

fait pas de soin, précise Dorothée

Sanson. Pour éviter la confusion, une

personne ne peut pas venir nous voir plus

de quatre fois.” Par l’information, Interfaces

pense aussi combattre les idées

reçues. “Certains associent toujours la

psychiatrie à la folie, souligne Carole

Biguet. En expliquant ce qui existe cela

fait moins peur. C’est aussi une façon de

les rendre acteurs de leur soin.” Des liens

sont tissés avec les centres médicosociaux

et les assistantes sociales. “Dans

le quartier, il y a beaucoup de femmes

seules, des chômeurs ou Rmistes, note

Dorothée Sanson. Ils n’ont pas facilement

accès à la psychologie alors que ce sont

eux qui en ont souvent le plus besoin.”

Permanences : CSC Port-Boyer, le lundi 10 h

à 12 h et le mardi 14 h à 16 h.

Centre socioculturel de la Halvêque, le lundi

16 h 30 à 18 h 30, mardi 14 h à 16 h.

Permanence aux Bourderies, lundi de 10 h

à 12 h et mardi de 17 h à 19 h.

Jobs saisonniers, mode d’emploi

Dorothée Sanson et Carole Biguet, les deux

psychologues de l’association Inter-face

informent sur les différents thérapies.

Vous avez entre 16 et 25 ans et vous recherchez un emploi saisonnier ? Pour vous aider dans vos recherches, pour

rédiger une lettre de motivation, un CV, pour vous préparer à un entretien d’embauche, ou encore pour vous informer

sur le droit du travail ou sur les types de contrats proposés, un forum* sur les emplois saisonniers aura lieu à la

maison de quartier de la Halvêque, 23, rue Léon-Serpollet, le 15 mars, de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 17 h. Outre l’aide

dans les premières démarches d’emploi, ce forum permettra aussi d’établir un premier contact entre les jeunes et les

partenaires de l’emploi.

Contact : Mathilde Bouret, équipe de quartier Nantes Erdre, tél. 02 51 89 79 04.

* Forum organisé par la Mission locale, le Plan local pour l’emploi, l’Accoord et l’équipe de quartier.

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

13


Nantes au quotidien

LES 11 QUARTIERS

14 [Mars 2006]

Rendre l’offre d’emploi plus

accessible et offrir un guichet

unique à l’usager, c’est le principe

de la maison de l’emploi de

la métropole nantaise, dont l’une des spécificités

est d’ouvrir des “espaces de proximité”

dans les quartiers. Début avril, le car-

➜ DERVALLIÈRES / Z

Le carrefour emploi services

devient Maison de l’emploi

refour emploi services des Dervallières

devient ainsi maison de l’emploi. “Pour les

habitants, ce qui va changer, c’est que ça

devient un service emploi qui fait le lien

avec l’ensemble des institutions autour de

l’emploi, la formation, l’insertion professionnelle”

explique Romain Mothes, direc-

Le premier espace de proximité

de la Maison de l’emploi ouvert

aux Dervallières.

teur du Plan local pour l’emploi. Une équipe

composée de conseillers ANPE, Mission

locale, insertion, des chargés de mission

entreprise et animateurs emploi accueillera

le public, aussi large que possible. “On

peut venir là pour s’inscrire à l’ANPE mais

aussi trouver une formation, des conseils,

un accompagnement sur tout ce qui

concerne l’emploi, la formation, la création

ou la reprise d’entreprise. On peut

venir en tant que demandeur d’emploi ou

salarié désireux de changer de voie, futur

créateur d’entreprise, travailleur handicapé

à la recherche d’aides...” L’autre

mission de l’antenne : faire venir des

entreprises sur le quartier pour effacer

les préjugés et créer des liens directs

entre l’offre et la demande. L’inauguration

de cette première maison de l’emploi

sera ainsi l’occasion d’un forum, avec

à la clé une centaine d’offres d’emploi

proposées. “Pour montrer que le développement

économique a aussi des retombées

dans les quartiers. Et que les entreprises

s’engagent à modifier leurs habitudes

de recrutement.”

Un pôle science et environnement aux Dervallières

Dans le cadre de la restructuration du groupe scolaire Dervallières-Chézine et du projet éducatif local, l’idée de la

création d’un pôle autour des sciences et de l’environnement a fait son chemin. Faire découvrir, vulgariser, inciter,

expérimenter avec les enfants et les adultes du quartier mais aussi ouvrir à l’extérieur et créer ainsi des flux qui

favoriseront la mixité des publics, l’objet de ce nouvel outil reste à définir dans le détail. Concrètement, il sera

matérialisé par un bâtiment de 400 m 2 , à la place des logements de fonction de l’école Dervallières-Chézine.

“Le public visé, ce sont les 3-16 ans et aussi les adultes, pour assurer la continuité” précise-t-on dans les services

de la Ville, pilote du projet et qui met en place des partenariats pour sa réalisation. Outre les locaux réservés au

pôle scientifique, le bâtiment accueillera une salle pour les parents d’élèves et une salle réservée au périscolaire

(accueil du matin, du midi et du soir). Les espaces extérieurs seront également pensés pour la découverte : on

parle de station météo, de serre, de jardins multi-culturels... Livraison prévue en 2009. En attendant, une

préfiguration est programmée pour octobre 2006 dans le quartier sous la forme d’une exposition de la Cité des

sciences de la Villette autour de l’écriture et de l’émission de messages, au moment de la fête de la science.


OLA

Être parent,

c’est une

aventure

Depuis cinq ans, habitants et

associations se sont mobilisés

sur la question de la parentalité

aux Dervallières. De nombreuses

initiatives ont ainsi vu le jour.

Pour les rendre plus visibles,

stimuler des actions nouvelles,

et favoriser les échanges entre

parents, associations et

professionnels, un forum sur la

parentalité et intitulé

Par’ent-Aventure, se tiendra les

4, 5 et 6 avril à la maison de

quartier des Dervallières.

Organisé par les habitants et les

associations avec le soutien des

institutions, le forum s’articulera

autour de trois thèmes :

“La communication et les

comportements par rapport à la

violence”, “Régles et limites en

terme de principes éducatifs”

et “Relation garçons-filles”.

Au programme : des ateliers

thématiques, une table ronde,

du théâtre forum, une

exposition, des spectacles,

des petits déj’... et bien d’autres

choses encore seront proposées

pendant ces trois jours dédiés

à la parentalité.

Renseignement :

Atelier Bricolage, tél. 02 40 43 92 97 ;

équipe de quartier, tél. 02 51 80 65 00 ;

Pôle social des Dervallières, tél. 02 51 80 38 45 ;

maison de quartier, tél. 02 40 46 02 17.

Le caractère bien trempé

de Lucette

“ Quand j’étais à l’école, les

bonnes sœurs voulaient que

nous ayons une écriture penchée

avec pleins et déliés

car la mode était celle-ci. J’ai écrit droit. Je

suis une vraie tête de lard.” Dotée d’un

caractère bien trempé, Lucette Dubuc,

66 ans, n’a jamais baissé la plume. Ni hier,

ni aujourd’hui. Même si elle dut mettre

de l’eau dans son encre pendant son

enfance. “J’ai été élevée par des grandsparents

aimants mais étouffants”. De tous

temps, son refuge fut la lecture et plus

encore l’écriture. Ses pleins et déliés poétiques

lui ont valu à 12 ans d’être publiée

dans L’Humanité. “C’est une voisine communiste,

veuve d’un des cinquante otages

fusillés pendant la guerre, qui touchée

par mon poème évoquant un jeune homme

tué par une balle perdue pendant les

grèves de 50, l’a adressé au journal.” Plus

tard, mère de quatre enfants, Lucette remise

ses cahiers au placard. À 50 ans, elle les

ressort. Un atelier d’écriture aiguise son

talent. Depuis, elle court les ateliers : le

Dernier spectateur le lundi, le Soleil levant

le mardi, le club des poètes l’Oiseau-lyre...

Dans ses poèmes, elle chante l’amour, son

thème de prédilection, rafle les prix dans les

concours de poésie de la région, écrit des

contes, des nouvelles qui attirent l’attention

d’un éditeur parisien et d’une petite maison

d’édition bretonne avec laquelle elle est

en pourparlers, elle ajoute sa patte au

journal de quartier des Dervallières,

Couleur locale, participe à l’association

d’artistes amateurs Bouge Lez’arts. Durant

ses heures de ménage dans les bus pour

compléter une retraite trop menue, cette

doyenne de la Tan et de son entreprise de

nettoyage a la main sur le balai et la tête

dans les rimes, prête à dégainer son

crayon et son bloc-notes si le vers s’impose.

Au passage, elle ramasse quelques

rebuts, laissés par les usagers, susceptibles

de rejoindre ses drôles de collages.

En ce début d’année, elle formule deux

vœux : “écrire un bouquin “hard” sur les

tue-l’amour dans une vie de couple et

faire du karaté pour m’entretenir, mais je

n’ai pas le temps, et le ménage en même

temps c’est un vrai sport”. Ses lectures ?

“Jamais la poésie, je n’aimerais pas que

les idées des autres brouillent les

miennes. Non, moi j’aime les thrillers avec

plein de sang !”

[Mars 2006]

15


Nantes au quotidien

16

LES 11 QUARTIERS

Dans plusieurs services hospitaliers

et des maisons de retraite

de Nantes, des blouses rose

fuchsia se sont glissées dans le

paysage des blouses blanches. La garderobe

du personnel soignant aurait-elle été

changée ? Non. Ces blouses roses sont por-

➜ BREIL /

BARBERIE

Les blouses roses

contre le blues des malades

[Mars 2006]

tées par les cinquante bénévoles de l’association

Animation loisirs à l’hôpital. Créée

en 1945, l’ALH a son antenne nantaise

depuis 2000. “Notre objectif est de faire

oublier durant un laps de temps l’hospitalisation

en proposant des activités ludiques

et artistiques aux enfants et aux personnes

Les activités relogées du centre socioculturel

Le centre socioculturel est en travaux, pour une réhabilitation complète qui

devrait s’achever en janvier 2007. En attendant, les activités ont été

relogées sur différents sites. À l’école du Breil, dans une salle-atelier pour

les activités “au sol” : capeoira, gym, yoga... L’accompagnement scolaire a

lieu au centre de loisirs de l’école, au 1 er étage. Un préfabriqué dans la cour

accueille les cours d’alphabétisation, les permanences des associations et

les moments conviviaux (petits-déjeuners ou autres). Les bureaux du

centre ont été transférés rue Jules-Noël, à côté du centre médico-social et

de l’espace jeunes. Pour visualiser le centre socioculturel nouvelle version,

après travaux, une maquette a été installée dans les bureaux rue Jules-

Noël. Pour toute information, contacter le 02 40 76 08 54.

âgées”, confie la responsable, Annette

Retailleau. De leur mallette, elles extirpent

des outils de “soins” très particuliers :

crayons de couleur, pinceaux, ciseaux, pots

de peinture, bouts de tissus, pâte fimo,

jeux... À la maison de retraite de Beauséjour

qui eut la primeur de les accueillir pour la

première fois, trois Blouses roses rendent

visite aux cent vingt résidants trois demijournées

par semaine. Avec elles et l’animatrice

de la maison de retraite, les personnes

âgées réalisent des objets de décoration,

concoctent des gâteaux, font de la

peinture au pochoir, des bouquets pour

agrémenter les tables du réfectoire... “Nous

les accompagnons au cinéma, au spectacle,

faire des emplettes dans les magasins.

Elles adorent les séances maquillage et

soins esthétiques”, renchérit Chantal

Deprun, secrétaire de l’association. Ces

échanges éveillent des émotions et ravivent

la mémoire des anciens. Des sourires

se lisent sur des visages en même temps

que des souvenirs se partagent. Savoir

écouter est la principale qualité de la blouse

rose. Elles bénéficient également de formations

spécifiques ayant trait à différentes

pathologies afin d’adapter leurs techniques

à leur public.

ALH / Blouses roses, 9, rue Massenet.

Tél. 02 40 37 97 36 ou 02 40 14 04 45.

La maquette du centre socioculturel

aprés travaux.


➜ HAUT-PAVÉS /

SAINT-FÉLIX

Apprendre

le métier d’ébéniste

quai de Versailles

Mikaël, 16 ans et Raphaël,

17 ans, rectifient à tous petits

coups de ciseaux un assemblage

tenon-mortaise. “C’est

un exercice”, explique leur maître d’apprentissage,

Christian Marchand. En troisième

année, ils s’essaieront aux pièces

Comme à chaque début de printemps

et début d’automne, l’association

Place au Vélo organise sa

traditionnelle bourse aux vélos au

Pont-Morand qui aura lieu le 25

mars. La dépose des vélos par les

vendeurs se fait entre 9 h 30 et 11 h.

La vente commencera à 11 h pour se

terminer à 16 h. À chaque édition,

entre cent-cinquante et deux cents vélos sont mis en

vente. “Les plus communément vendus sont les VTC,

les vélos de ville et bien sûr les vélos d’enfants. Nous

avons aussi quelques modèles sport, mais sur ce type

de produits, le public est plus réduit”, explique

de production. Nous sommes aux ateliers

Normand, quai de Versailles, une société

d’agencement d’hôtels, de commerces,

de paquebots. “Toujours du sur-mesure,

toujours une haute exigence de qualité”,

explique Philippe Faverot, le PDG. “L’entreprise

a été créée en 1931 et signait son

Bourse aux vélos le 25 mars

premier contrat d’apprentissage en 1932.

En 1940, nous avions déjà une dizaine

d’apprentis et un maître d’apprentissage

à plein temps. Exactement comme

aujourd’hui.” Chez Normand, on prépare

en trois ans le CAP d’ébéniste, et l’on truste

régulièrement les distinctions de

meilleurs apprentis de France. On y entre

à 16 ans, sur concours “parce qu’il n’y a

jamais plus de deux ou trois postes offerts

en première année et qu’il y a régulièrement

plus d’une dizaine de candidats.”

Pourquoi former des jeunes au difficile

métier d’ébéniste, s’ils doivent être

embauchés dans une entreprise d’agencement

? “Parce qu’ils auront acquis, avec

leur CAP, la parfaite maîtrise de leur métier

et donc qu’on n’aura pas à revenir sur ce

qu’ils auront fait. Pendant leur formation,

on exigera cette qualité. Dans leurs premières

années de compagnons, ils acquerront

la vitesse, gagneront en compétitivité.

Mais les bases seront là. Chez Normand,

nous ne recrutons que des ébénistes.”

Mikaël et Raphaël touchent 25 % du SMIC.

Leurs camarades de 3e année, 65 %.

“C’est une politique qui nous coûte cher,

ajoute Philippe Faverot. Les centres de

formation d’apprentis sont très peu aidés.

Nous payons même la taxe d’apprentissage,

alors qu’il n’y a pas si longtemps,

nous en étions dispensés ! Mais si l’on

veut que nos entreprises continuent à

trouver du personnel qualifié, il faut

qu’elles sachent les former. Dans ce type

de métier, rien ne peut remplacer la formation

en entreprise.”

Dominique Dupont de Place au

vélo. Le prix est fixé par le vendeur

qui peut être aidé dans son

estimation. L’association prélèvera

une commission de 10 % sur

chaque vente. En moyenne, les

vélos se négocient autour de

cinquante euros. Les acheteurs

peuvent essayer leur futur achat sur

piste. Sur place, l’association Atao propose également

un contrôle technique et peut effectuer les petits

réglages courants. Enfin, moyennant quatre euros, les

cycles pourront être gravés.

Contact : Place au vélo, tél. 02 40 200 400. www.nantes.fubicy.org

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

17


Nantes au quotidien

LES 11 QUARTIERS

18 [Mars 2006]

Les sapeurs-pompiers

reviennent à Gouzé

ÀSaint-Clément, la rénovation du

Centre d’incendie et de secours

de Gouzé * vient de s’achever.

Fin mars, la centaine de

sapeurs-pompiers professionnels nantais

réintègre sa caserne, quittée durant les

trois ans de travaux pour modernisation.

Derrière le bâtiment d’état-major donnant

rue du Maréchal-Joffre, le centre de

secours s’étendant vers la rue Gaston-

Turpin a changé de physionomie. Décaissée

sur un niveau, la cour intérieure abrite

des alcôves pour le stationnement des

véhicules et une aire de manœuvres. Rue

Guibourd-de-Luzinais, un accès a été

ouvert et l’édifice de caractère, entièrement

rénové, accueille désormais les fonctions

administratives, de restauration et

des espaces de repos pour les sauveteurs.

Dans le prolongement, l’ancien immeuble

de casernement a laissé place à un bâtiment

moderne. Dotés de quarante-quatre

chambrées, ses quatre niveaux sont reliés

par des perches “de feu” donnant un accès

direct au vestiaire.

De là, on passe à la “remise” s’ouvrant rue

Gaston-Turpin, ce grand garage couvert

d’où se fait le départ en intervention. Abritant

une dizaine de véhicules, on y trouve

organisé le poste opérationnel, le service

de secours et assistance aux victimes, la

cellule d’intervention chimique, l’unité

spécialisée nautique. À côté, le gymnase

de la caserne est complété de salles de

musculation et multisports. “Nous disposons

maintenant d’un centre fonctionnel

pour porter assistance aux Nantais et

intervenir rapidement en milieu urbain”,

résume le capitaine Christophe Poirier,

chef du centre Nantes-Gouzé qui effectue

en moyenne 9 400 sorties par an. 11,9 mil-

Hall cocktail, tous les quinze jours

➜ MALAKOFF / SAI

La centaine de professionnels

nantais réintègre la caserne.

lions d’euros ont été consacrés à la modernisation

de la caserne nantaise, dans le

cadre de la départementalisation des services

de secours.

* La caserne tient son nom du commandant

à qui l’on doit l’organisation de la

caserne, installée depuis juin 1913 dans

l’ancien couvent des Ursulines.

Après les petits dej’, place au hall cocktail. Depuis un an environ les habitants

de Malakoff étaient conviés à des petits déj’ dans les halls d’immeuble pour

discuter du quartier autour d’un café. La formule change : ce rendez-vous a

lieu désormais en fin d’après midi autour d’une boisson chaude ou froide, d’où

le nom de hall cocktail. “L’objectif n’a pas changé : il s’agit de toucher un

public que nous ne capterions pas autrement pour ouvrir le débat sur le projet

urbain et social du quartier”, explique Muriel Bellot de l’équipe de quartier.

“Nous informons mais sommes là aussi pour recueillir les avis, les souhaits et

les besoins.” Hall cocktail a lieu tous les quinze jours, à partir de 17 h 30.

Prochains rendez-vous le 6 mars, le 20 mars et le 3 avril.


NT-DONATIEN

Un nouvel

équipement

associatif

Dans le cadre du Grand projet de

ville, un équipement public à

vocation associative et

socioculturelle va être réalisé

d’ici fin 2008 sur le quartier

Malakoff. Cet équipement, sous

gestion municipale, accueillera

les activités associatives,

sociales et culturelles qui se

déroulent actuellement au sein

du centre socioculturel, dont les

locaux sont peu fonctionnels et

exigus. En outre, il s’ouvrira à de

nouveaux acteurs.

Il permettra ainsi le relogement

d’associations aujourd’hui

disséminées dans des

immeubles de Nantes Habitat

qui doivent être libérés en

application des normes de

sécurité relatives aux immeubles

de grande hauteur et pour

redonner leur fonction de

logement aux appartements.

Le site retenu se situe sur

l’emprise d’une parcelle de

2 250 m 2 , où se trouvent les

logements de fonction du

collège Georges-de-la-Tour

aujourd’hui désaffectés et

appelés à être démolis. Cette

emprise sera bordée par la

future avenue de la Gare

traversant le centre du quartier

Malakoff/Pré-Gauchet.

Le projet intégrera la démarche

Haute qualité environnementale.

Démarrage des travaux à

compter de décembre 2007 pour

une livraison un an plus tard.

Coût : 3,9 M€ TTC.

Résidence pour aînés

à la Grande Providence

Rue Gaston-Turpin, une maison

de retraite moderne vient d’ouvrir.

Depuis février, la nouvelle

structure peut accueillir quatrevingt

huit pensionnaires. Des personnes

seules ou en couple puisque l’établissement

dispose de cinq chambres doubles.

Il y a deux chambres d’hôtes pour les

courts séjours. “Nous avons voulu faire

une maison de famille, un lieu de vie

convivial, humain et sécurisant pour les

personnes âgées et leurs proches”,

explique Jean Baillet, président de l’association

Guillaume-Grou * qui gère la résidence.

Une architecture moderne aux espaces

lumineux, un mobilier de goût dans un

décor coloré, un restaurant ouvert sur l’extérieur

avec une cuisine moderne attenante,

des aménagements adaptés au grand

âge... “Tout a été pensé pour faire en sorte

que les résidants se sentent bien et préservent

au maximum leur autonomie”,

explique Claudine Quirion, directrice de

l’établissement. “Une équipe pluridisciplinaire

d’une quarantaine de profession-

Jean Baillet et Claudine Quirion.

nels, a été recrutée pour l’encadrement des

résidants”. Le complexe ouvre sur un jardin

commun à la crèche Ribambelle et à l’immeuble

voisin. La chapelle attenante

devrait accueillir prochainement des animations

culturelles, expositions et concerts.

La transformation de la Grande Providence

a coûté neuf millions d’euros, financés par

la Ville de Nantes, le Département et la

Caisse régionale d’assurance maladie.

Renseignements : 02 40 35 82 80.

* Armateur et négociant, Guillaume

Grou (1698-1774), fondateur de l’hospice

des orphelins nantais, est le légataire

du site de la Grande Providence, occupé

jusqu’alors par les religieuses de la

communauté Jeanne-Delanoux.

[Mars 2006]

19


Nantes au quotidien

LES 11 QUARTIERS

20 [Mars 2006]

Depuis janvier, les assistantes

maternelles de Nantes ont leur

association et se retrouvent

pour des matinées récréatives.

Pendant que les bébés sont sur des tapis

d’éveil, les plus grands jouent à des jeux

éducatifs. “Cela permet de faire des activités

manuelles difficiles à faire chez soi

avec des enfants d’âges différents,

explique Séverine Deniaud, présidente de

l’Anama (association nantaise des assistantes

maternelles agréées). Les enfants

apprennent aussi à partager les jouets et

rencontrent d’autres personnes. Cela les

prépare à l’école.” L’Anama a été créée en

décembre dernier sur le modèle de l’association

de Haute-Goulaine et avec le soutien

de l’Udafaam*. Le mois suivant, elle

comptait vingt-trois adhérentes très enthousiastes.

Devant l’engouement, un

planning a été mis en place pour répartir les

participants sur les trois matinées. “Cela

permet aussi d’échanger sur le métier et de

ne pas être isolé, souligne Séverine

Deniaud. Certains thèmes seront approfondis

lors de soirées thématiques avec des intervenants

professionnels.” La première

soirée aura lieu le 31 mars sur les impôts.

➜ ÎLE DE NANTES

Les matinées récréatives

des assistantes maternelles

Un fond documentaire devrait aussi aider

les adhérentes sur le plan juridique, administratif

ou éducatif.

Matinées récréatives : mercredi, jeudi et

vendredi de 9 h 30 à 11 h 45, 2, bis route de

Sortie d’école améliorée à Louise-Michel

Clisson. Inauguration du local le 11 mars de

14 h à 19 h. Renseignements :

Séverine Deniaud, Tél. 02 40 89 14 51.

* Union départementale des associations de

familles d’accueil et assistantes maternelles.

Située entre le boulevard Blancho, la rue Paul-Ramadier et la rue Docteur Jules-Sébilleau, l’école Louise-Michel est au

cœur des travaux d’aménagement des espaces publics de ce secteur de l’Île de Nantes. C’est l’occasion d’améliorer

grandement la sécurité des enfants aux heures de sortie. Actuellement, la sortie se fait rue Ramadier, sur un trottoir de

moins d’un mètre de large. Le retraitement des abords de cette rue va

permettre la création d’une véritable “place de l’école”, en contre-bas de la

rue, à laquelle on accédera par un emmarchement. Les enfants, sortant de

l’école ou s’apprêtant à y entrer, seront en parfaite sécurité. Au sud de cette

place, le long de la rue Sébilleau, un square pour enfant va être créé. En

continuant vers le sud, le terrain de sport existant va être complètement

réaménagé. Un mail planté d’arbre séparera ces équipements de la rue,

elle-même rétrécie. Au croisement du boulevard Blancho, ce mail s’élargira,

dégageant une nouvelle place où sera aménagé un boulodrome.


➜ NANTES NORD

“Nous leur donnons un

coup de main pour

qu’ils acquièrent des

savoirs faire et avoir

ensuite accés à un

emploi durable”.

Fin de chantier à

Françoise-Dolto

Les travaux de restructuration

engagés sur le restaurant

scolaire de l’école primaire

Françoise-Dolto en juillet 2005

touchent à leur fin. La

restructuration comprend

l’aménagement d’une circulation

entre les locaux de la

maternelle, la restructuration

des salles à manger, de la

cuisine, l’amélioration de

l’isolation acoustique, la

création de vestiaires et locaux

de rangement pour le personnel

municipal. La nouvelle

restauration scolaire maternelle

et élémentaire permet

d’accueillir jusqu’à deux cent

vingt-cinq enfants répartis en

deux services contre cent dix

auparavant. Le mobilier de

restauration a également été

entièrement renouvelé. Coût de

l’opération : 320 000 €.

Travail et apprentissage

pour s’intégrer

C ’ est simple, ils veulent travailler

mandeurs d’emploi en diffi-


et apprendre.” Agés de 18 à 50

ans, ils sont cent vingt et un de-

culté, sociale et professionnelle, à avoir

bénéficié en 2005 d’un accompagnement

de la Soc, structure associative d’insertion

par l’activité économique. La plupart sont

des femmes sans qualification. Dans un

premier temps, une évaluation de leurs

compétences et capacités est réalisée au

sein de l’association. “Pour cela, nous

fixons un cadre calqué sur celui d’une

entreprise, avec des contraintes et des objectifs”,

explique Philippe Bega, directeur

de la Soc. “Puis, nous leur donnons un

coup de main de manière à ce qu’ils acquièrent

des savoir-faire et qu’ils aient par

la suite accès à un emploi durable.” Une

petite frange décrocheront un CDI, d’autres

un CDD, un contrat aidé, une formation...

Mais tous auront appréhendé le monde du

travail qui jusqu’alors leur était étranger.

C’est en 2004 que naît la Soc (Solidarité

Ore Cens), fruit de la fusion de deux associations,

l’Ore (Orvault relais emploi) et le

Cens (Contrat emploi Nantes solidarité).

Leurs présidents respectifs, Alain Lozier et

Bernard Lambert, commerciaux retraités,

poursuivent le même objectif : aider les

demandeurs d’emploi à intégrer le monde

du travail. L’Ore possède un bon carnet

d’offres d’emploi à Orvault, le Cens un

classeur de demandes à Nantes Nord.

Parce qu’à deux, il est plus aisé d’engager

une action que seul, ces deux structures

regroupent dès lors leurs forces vives pour

optimiser leur action. Leur regroupement a

permis de satisfaire employeurs et demandeurs

d’emploi. Aujourd’hui, la Soc

emploie huit permanents dont trois personnes

qui assurent l’encadrement technique,

soit un rôle d’interface entre l’employeur

et le salarié. Aux particuliers,

associations, collectivités, entreprises,

l’association propose un volant de 28 000

heures de mises à disposition par an dans

quatre domaines : travaux ménagers,

espaces verts, manutention, bâtiment.

Solidarité Ore Cens, 26, rue Santos-Dumont,

Nantes. Tél. 02 40 59 92 42.

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

21


Nantes au quotidien

LES 11 QUARTIERS

22 [Mars 2006]

Les Super Vétérans

shootent à Doulon

Ils ont dribblé à la Saint-Pierre, à la

Mellinet, à l’Étoile du Cens, à l’ACBL,

au FC Nantes… et n’ont jamais voulu

déclarer forfait. Agés de 60 à 75 ans,

les quarante joueurs de football de l’association

les Super Vétérans, créée à la fin

des années 70, jouent les prolongations

La salle du Radar rouverte

Après un an de travaux la salle du Radar, qui doit son

nom à l’ancienne supérette qu’elle abritait, a rouvert

ses portes aux habitants du quartier. Entièrement

rénovée, la salle polyvalente dont les plafonds ont été

rehaussés, l’isolation acoustique améliorée, a été

agrandie d’une centaine de mètres carrés

supplémentaires. La façade a été entièrement

retravaillée. Dans sa nouvelle configuration, la salle

du Radar dispose désormais d’une vraie cuisine aux

normes avec lave-vaisselle, frigo, four pour réchauffer

les plats préparés, d’un vestiaire, d’un bureau

d’accueil, d’un accueil-bar, de locaux de rangement

et de sanitaires. Elle peut accueillir 380 personnes

➜ BOTTIÈRE / DOUL

toutes les semaines sur le terrain synthétique

de la Saint-Médard à Doulon ou sur le

gazon de la Mainguais. “Nous sommes des

dingues de foot. Nous avons passé notre

vie dans ce sport”, rapporte Michel

Cordier, ailier droit des Super Vétérans.

Le championnat se déroule toujours entre

eux. Les Blancs contre les Oranges de

9 h 30 à 10 h 30. Puis, ne dérogeant pas aux

règles du sport, la traditionnelle troisième

mi-temps est un rendez-vous incontournable.

Le casse-croûte est extirpé du sac

de sport et chacun de commenter sa prestation

sur le terrain. “Les anciens entraîneurs

parlent technique, les médecins

retraités émettent des conseils pour limiter

les risques d’accidents osseux”, confie

l’ailier droit appartenant au staff médical

des Super Vétérans. Il faut bonne forme

garder. Et pas question d’accueillir des

moins de 60 ans. “Bien que nous ayons

une conservation athlétique d’un bon niveau,

récompense d’un suivi diététique et

sportif d’une vie entière, ils pourraient

mettre en péril notre bonne cohésion sportive.”

Si les riverains de la Saint-Médard

voient une cohorte de camions de pompiers

à la fin des matchs des Super Vétérans,

qu’ils ne s’inquiètent pas : “C’est

juste parce que les pompiers s’entraînent

après nous !” Ces “fous de foot” se retrouvent

spectateurs à la Beaujoire quand il

s’agit de supporter les Canaris et au restaurant

une fois par mois. “Sportifs et

conviviaux”, la panacée des Super Vétérans.

debout et plus d’une centaine en places assises.

Hormis quelques créneaux dédiés à la vie associative,

la salle est destinée à l’accueil des manifestations

festives. Les habitants du quartier pourront en

disposer pour des fêtes familiales.

Pour les réservations, contact : Ville de Nantes, Développement

associatif, tél. 02 40 41 31 25.


ON

Bottière : les premiers logements

vont sortir de terre

La première phase de construction

de “maisons urbaines” à la

Bottière doit commencer dans le

courant du mois. Il s’agit de cinquante-cinq

maison regroupées en cinq

bandes, le long de la future rue de la Sècherie,

prolongée jusqu’à la station du tram

Pin-Sec. Un nouveau concept d’habitat

individuel groupé mis en location par la

Nantaise d’Habitations, société anonyme

de logement sociaux, dans lequel chaque

logement a son jardin, son entrée individuelle,

sa pièce à entrée indépendante. Il

y aura dix-huit t2, dix-neuf t3, treize t4 et

cinq t5. Les surfaces, de 55 m 2 pour un t2 à

82 m 2 pour un t4, seront supérieures de

11 % à la moyenne des logements sociaux.

À noter que dix-huit logements seront évolutifs

: ils pourront disposer d’une pièce en

plus ou en moins selon l’évolution de la

composition familiale.

Conçues par les mêmes architectes Boskop

et Delhay, lauréats d’un concours

organisé par la Nantaise voici quelques

années, dix autres maisons seront

construites sur le même site par le promo-

Kromozom apporte de la couleur à la Bottière

L’une jonglait, l’autre peignait et créait des costumes, la

troisième était photographe. Aujourd’hui, Coralie,

Nathalie et Vanessa ont échangé leurs savoirs et les

partagent avec d’autres via leur association, Kromozom.

“Nous avons commencé par organiser des journées de

rencontres entre personnes qui créaient toutes seules

chez elles, comme nous : mosaïque,

bijoux, couture, coiffure... Des gens

de tous âges, tous milieux.” L’étape

suivante est franchie avec la

rencontre de l’équipe du centre

socioculturel de la Bottière. Elles

offrent maintenant régulièrement et

bénévolement aux enfants du

Projet de la Nantaise d’Habitation.

teur social Atréalis (ex-CIL Atlantique),

destinées à “l’accession abordable”, c’està-dire

vendues 30 % au-dessous du prix

du marché. À la fin de l’année, lorsque sera

inaugurée la nouvelle médiathèque, au

cœur du nouveau quartier, une seconde

vague de construction de logements

devrait démarrer. Notamment quarantecinq

logements construits par Gambetta,

en accession libre. Suivront les programmes

lancés par Arc, Bouygues, le CIF,

fin 2006, début 2007, totalisant une centaine

de logements.

quartier, des ateliers et animations incluant expos,

spectacles... “La demande est forte. Nous n’avons pas

de local à nous, ce qui restreint nos ambitions. Mais

nous avons de nombreux projets, dont un jumelage

avec des artistes belges. Nous avons créé un spectacle,

nous en préparons un autre. Et nous aimerions

proposer des ateliers pour les

adultes, développer des échanges

avec d’autres associations... Notre

objectif reste d’apporter un peu de

couleur dans un monde urbain !”

Kromozom : 2, avenue du Miroir d’eau.

Tél. 06 17 33 46 00 (Nathalie)

ou 06 83 64 43 48 (Vanessa).

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

23


Nantes au quotidien

LES 11 QUARTIERS ➜ NANTES SUD

24 [Mars 2006]

Parrain pour demandeur

d’emploi

Pour accompagner dans leur

recherche d’emploi femmes,

jeunes diplômés ou encore personnes

en situation de handicap,

l’association “Un parrain un emploi”

met en place des parrainages entre personnes

en recherche d’emploi et actifs.

Pour être au plus près des demandeurs

d’emploi, l’association assurera une permanence

sur le quartier Nantes Sud à

partir du mois de mars. “Nous recevrons

le public sans rendez-vous et vérifierons

d’abord que les demandeurs correspondent

bien à nos critères”, explique Gaëlle

Le Rezollier, responsable du parrainage

jeunes diplômés au sein de l’association.

Pour bénéficier d’un parrainage, il faut

en effet être jeunes diplômés de moins de

30 ans en recherche d’emploi depuis plus

de six mois, ou femme en situation de

retour à l’emploi n’ayant pas travaillé

depuis plus de trois ans ou encore personne

en situation de handicap apte à

travailler en milieu ordinaire. “Nous mesurons

également la motivation du candidat

à être accompagné dans sa recherche

d’emploi.” Le parrainage est ensuite mis

en place. Pendant six mois, la personne

est suivie par son parrain qui travaille

dans un secteur d’activité identique à

celui de son “filleul”. “Ils se voient et se

contactent régulièrement, travaillent

ensemble sur les techniques de recherche

d’emploi, sur les entretiens d’embauche,

sur le projet professionnel : l’expérience

du parrain est précieuse. “Sur Nantes

La p’tite yourte à la Crapaudine

Sud, c’est une première expérience que

nous menons, une année pilote pour éventuellement

mener une action spécifique si

le besoin s’en fait sentir”. La permanence

aura lieu le vendredi, une fois tous les

quinze jours dans les locaux associatifs de

Nantes Sud, 2, route de Clisson.

Contact : “Un parrain, un emploi”,

tél. 02 40 47 11 12.

Théâtre nomade, la P’tite Yourte s’installera du 27 mars au 1 er avril, dans

les Jardins de la Crapaudine. Née d’un souhait commun de la Ville de

Nantes et du théâtre des Sept Lieues d’aller à la rencontre des habitants,

elle accueillera des spectacles de danse, de marionnettes et de théâtre,

certains destinés aux tout-petits, d’autres aux plus grands. En séance

grand public, quatre spectacles sont programmés : le mercredi 29 mars,

“Petite graine” une création spéciale P’tite Yourte du Théâtre des Sept

Lieues (spectacle de 6 mois à 3 ans) à 9 h 30 et à 10 h 15, “Monsieur Monsieur”, un spectacle de marionnettes du

Théâtre pour deux mains (tout public à partir de 2 ans), à 18 h ; le samedi 1 er avril, “Petite graine” à 10 h et à 10 h

45, “iO”, une création spéciale P’tite Yourte (danse, spectacle tout public à partir de 6 ans) de la Compagnie

blanche à 15 h, et enfin “Les lecteurs”, chorégraphie collective, création de David Rolland Chorégraphie (tout

public à partir de 8 ans) à 20 h 30.

Réservation : par téléphone exclusivement les mardis au théâtre des Sept Lieues. Tél./Fax. 02 40 76 92 31.

Tarif : adulte, 3 euros ; enfant, 2 euros.


Nantes au quotidien

HISTOIRES DE QUARTIER

26 [Mars 2006]

Bellevue

Départ pour Paris en 1977.

Un week end pour elles, sans

enfants ni maris : “une honte

pour certains, un exploit pour

nous !”

Les femmes de la rue du Drac

Le Drac est un torrent qui se jette

dans l’Isère. C’est aussi la

dénomination, prémonitoire peutêtre,

d’une rue de Bellevue, qui

connut dans les années 70 un

torrent de solidarité entre des

familles d’ouvriers très modestes,

entre les femmes particulièrement,

des tourbillons d’émancipation

quand la vie familiale se vivait

dans le collectif des premières

HLM, des premières banlieues.

la première

zone d’urbanisa- 1966:

tion prioritaire

(Zup) de Nantes

accueille des grandes familles ouvrières

pour résoudre la crise du logement et

répondre à la demande engendrée par le

baby-boom. “La rue du Drac est alors l’une

des premières rues du quartier. Les familles,

viennent, pour beaucoup d’entre elles, des

baraquements du Chêne-des-Anglais”,

rapporte Marie-France Flahault, à l’époque

éducatrice de prévention sur le quartier. Les

enfants courent partout. Dans les vingt logements

des immeubles 2 et 4, on recense

près de cent cinquante gamins. “Plus de six

cents dans la rue.” Les familles de dix,

douze, treize enfants ne sont pas rares. “Je

me souviens qu’au rez-de-chaussée de mon

immeuble, c’était une famille de dix-huit

enfants”, confie Lucie Thibault. L’emménagement

dans ces logements est synonyme

de confort. “Ce qu’on a apprécié ! Nous

n’avions jamais eu de salle de bain”, s’exclame

Maryse Barat, mère de treize enfants.

“Ces familles ont quitté leur “baraquement”

pour vivre en HLM. Une nouvelle vie s’ouvre

à elles dans un quartier neuf. Mais cela suppose

de mettre en place toute une organisation.

Exemple : “comment fait-on pour se

ravitailler quand on n’a pas de voiture ?”,

renchérit Marie-France Flahault. Ce peut être

également, comment fait-on pour finir le

mois quand le seul salaire du mari ne suffit

pas ? Des salaires bien maigres, ceux d’ouvriers

non qualifiés, dans le bâtiment pour

beaucoup. La solidarité féminine se met en

place. “Lorsqu’une famille connaissait encore

plus de difficultés que les autres, l’une

d’entre nous lui apportait du lait, des œufs

ou des plats. Nous laissions cela devant sa

porte sans lui dire pour ne pas la gêner”, se

souvient Maryse Barat. “Les allocations

familiales passaient entièrement dans la


nourriture. On achetait à crédit aux Dames

de France, sinon on n’aurait pas pu.” Et

Danielle Chauvin d’ajouter : “Sitôt qu’on

avait nos sous, on allait chez Eurodif. Le

magasin vendait les chaussettes par dix,

c’était avantageux. Après, on se les répartissait.”

“Le local Caf m’a réveillée”. Petit à

petit, l’aide se structure avec les travailleurs

sociaux et la conseillère en économie

sociale de la Caf, Marie-Annick Morin. “Nous

sommes aux prémices du travail de prévention

dans les banlieues qui sortent tout

juste de terre”, poursuit Marie-France

Flahault. Les éducateurs de prévention proposent

de prendre le relais auprès des mères

en accueillant les enfants. Activités football,

judo, basket mais aussi camps de vacances

à la mer, à la montagne sont mis en place.

“Nous frappons à la porte des familles pour

échanger avec les parents, établir des liens

Cueillettes organisées par les femmes

de la rue du Drac, chez les Paysans

travailleurs à Saint-Julien-de-Concelles.

de confiance et surtout pour que les pères

acceptent de laisser sortir leurs filles.”

Quant au travail de la conseillère familiale,

il consiste à inviter les femmes à se rencontrer

pour partager leur vécu tout en

apprenant à accommoder les restes de repas

et à raccommoder les vêtements. En somme,

l’art de la bonne gestion économe.

D’ailleurs, très vite, elles mettent vêtements,

poussettes et accessoires de leurs enfants

au pot commun avant d’organiser des

bourses aux vêtements. “Nous nous prêtions

le matériel. Si ce n’était pas neuf, on

s’en fichait, du moment que c’était propre”,

confie Lucie Thibault.

Une habitante, Maryse Launais, figure éminente

du quartier, met son appartement à

disposition de ces femmes qui s’organisent

avant qu’un local ne leur soit trouvé en 1970

au 10 de la rue du Drac. “Nous y faisions de

la cuisine, de la couture. Nous parlions de

nos problèmes. J’étais timide, ce lieu m’a

“Le terrain de l’aventure” : une lutte de plusieurs

années pour obtenir une terrain de jeu

pour les enfants.

réveillée”, note Danielle Chauvin. Début des

années 70, les hommes immigrés qui

construisent la Zup, jusqu’alors logés dans

des baraquements, font venir femme et

enfants dans le cadre du regroupement

familial lancé sous Giscard. Quelques

familles étrangères s’installent rue du Drac.

Des liens se tissent dans les cages d’escalier.

“Avec les femmes immigrées, nous

échangions des recettes et des plats. Nous

mangions le couscous ensemble. Le local

de la Caf fut pour elles aussi un lieu d’émancipation.”

La conquête des libertés. Au grand

dam de leurs époux, souvent peu enclins à

ces changements, les femmes de la rue du

Drac conquièrent leurs libertés. Sur le socle

de Mai 68 et du terreau militant du local où

se croisent les travailleurs sociaux, les militants

de la Confédération syndicale du cadre

de vie (aujourd’hui CLCV), la Croix d’or,

}

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

27


Nantes au quotidien

HISTOIRES DE QUARTIER

}

28 [Mars 2006]

Sortie à la mer.

la Confédération syndicale des familles, les

féministes de SOS Femmes battues, les Paysans

travailleurs, les couples de militants

associatifs qui mettent un point d’honneur

à investir les HLM, elles cheminent et prennent

conscience de leurs droits. “Nous

vivions le quotidien des habitants et constations

bien souvent un décalage entre les

directives de notre conseil d’administration

(ndlr : Centre d’action éducative) et ce à

quoi nous étions confrontés sur place.

Quand un jour fusèrent des questions sur la

maternité, j’ai organisé une soirée collective

pour expliquer comment on faisait les

enfants et surtout comment on ne les faisait

pas… J’étais issue d’une famille catholique

mais le terrain nous renvoyait à la réalité

des gens. Ce n’était pas simple. La pilule

et l’avortement étaient encore interdits.

Bien que parfois nous dûmes trouver des

solutions... pour que dix enfants en dix ans

ne soient plus une fatalité”, raconte Marie-

France Flahault. “C’était une autre époque.

Un de mes collègues des Dervallières a même

été condamné en 1976 à la prison avec sursis

pour avoir donné des préservatifs aux

garçons du quartier. L’ayant soutenu, nous

avons été vingt-cinq à être licenciés.”

Pour la première fois, en 1977, quinze

femmes, françaises et immigrées, “réalisent

l’impossible” : partir à la conquête de la

capitale le temps d’un week-end sans les

enfants, sans les maris. “Une honte selon

certains ! Un exploit pour nous !”, confie

Maryse Barat. “Certaines d’entre nous

n’avaient jamais pris le train, n’étaient jamais

sorties de chez elles seules.” Danielle confia

alors : “Ça me rappelle la maternité”. Le

seul moment où beaucoup d’entre elles ont

pu quitter le foyer.

}

Le terrain de l’aventure. Entre ces

femmes, les liens sont solides et se veulent

francs pour avancer ensemble, soudées.

Dans le journal qu’elles éditent, une habitante

écrit : “Notre originalité, c’est que

personne ne joue la comédie à l’autre : “T’as

pas de fric, moi non plus. Ton mari picole, le

mien aussi”. Dans le groupe, rien de caché

entre nous. Nous mettons toute notre expérience

au service des autres.” Ensemble,

elles iront cueillir des fraises, des poireaux,

des pommes de terre chez les Paysans travailleurs

à Saint-Julien-de-Concelles.

“À 16 h 30, nous étions revenues. Il ne

fallait pas compter sur les maris pour aller

chercher les enfants à l’école.”

Aux côtés de leur conjoint et des travailleurs

sociaux, elles lutteront pendant des années

pour obtenir un terrain de jeux pour leurs

enfants : “le terrain de l’aventure” en 1978.

“Nous l’avons obtenu quand Chénard prit la

mairie. Les enfants ont même planté des

arbres pour mieux les respecter ensuite”,

ajoute Danielle. “Bien qu’appartenant à la

couche populaire de la société, nous sommes

quand même capables de réfléchir et de penser,

nous aussi. Avec notre langage simple,

nous estimons avoir le droit de nous exprimer

et de donner notre avis sur tout ce qui

concerne la Zup, ses aménagements existants

et futurs et leur fonctionnement”, lit-on

dans le journal du groupe des habitants

animateur de la rue du Drac et du quartier

daté de mai 1977. De leur vie au quartier,

jusqu’à la société, tous les verrous sont levés.

Désormais, elles auront leur mot à dire.

La solidarité devient le leitmotiv rue du Drac.

Discutées lors des réunions des femmes,

des initiatives sont reprises par le groupe

d’habitants : soutenir la lutte des éduca-

Chanson de la rue du Drac

Sur l’air de “J’ai descendu dans mon jardin”

La rue du Drac veut un jardin

Depuis longtemps luttent les Draciens

Pour planter des arbres, lalère, pour planter

des arbres

Dans cet’rue y a qu’des ouvriers

Des Français et des immigrés

Les femmes d’la rue se sont groupées

Puis les hommes se sont réveillées

Une longue lutte ils ont mené

D’abord pour le terrain acheter

La Mairie à gauche est tombée

Alors le terrain est gagné

Après démarche et entrevues

Les grands travaux ont commencé

D’abord l’parking pour les voitures

Pour le terrain débarrasser

Ensuite le mur tout bien lissé

Pour pouvoir écrire, dessiner

Dessiner des arbres lalère,

dessiner des arbres

Les enfants ont fait un concours

Pour raconter la vie des arbres

Raconter les arbres lalère,

raconter les arbres

La rue du Drac a son jardin

Le jardin de tous les Draciens

C’est le jardin d’tous les Draciens

Chanson écrite à l’occasion de l’inauguration

du terrain de l’aventure en 1978, en présence du maire,

Alain Chénard.

teurs, du Mrap, de SOS Femmes battues,

de Dubigeon en grève...

Aujourd’hui, ces femmes de la rue du Drac

témoignent auprès de l’association d’insertion

Arlène, elle-même émanation du local

de la Caf, tout comme l’épicerie communautaire

et la Bref (Braderie rencontre entraide

famille). Ces témoignages seront réunis dans

une brochure dont la parution coïncidera

avec l’inauguration de l’immeuble de la rue

du Drac, futur toit d’associations. Demain,

l’ancien appartement de Danielle Chauvin

abritera le siège d’Arlène. Le torrent de la

rue du Drac n’a pas fini de s’écouler.

CATHERINE LE BRIGAND

Sources : Archives municipales


Nantes Sud

Pont-Rousseau,

une si jolie petite gare

La gare SNCF de Pont-Rousseau

fêtait ses 130 ans l’année dernière.

Une gare qui a connu des hauts et

des bas, mais paraît aujourd’hui

pleine d’avenir.

THIERRY MEZERETTE, VILLE DE REZÉ.

C

est une petite gare à laquelle on

’ accède par la rue de la Gare, en

contrebas de la route de Pornic ;

à deux pas de la station de tram

Pont-Rousseau. C’est donc la gare SNCF de

Pont-Rousseau. Un petit bâtiment, représentatif

de l’architecture ferroviaire du XIXe siècle, modèle gare de village, construit en

1875.

Grande déception. Mais construit dans

une période de désenchantement. Pont-

Rousseau, important point de passage pour

les diligences et les charrois qui reliaient

Nantes au Poitou, à La Rochelle et au-de

La gare de Pont-Rousseau aujourd’hui,

qui semble avoir à nouveau tout son

avenir devant elle.

La gare de Pornic au moment du retour du “train du plaisir”

vers Pont-Rousseau, le 31 juillet 1907.

à Bordeaux, gros marché où s’échangeaient

les blés de Vendée, les vins du pays nantais

et les ânes poitevins, Pont-Rousseau n’était

pas sur le nouvel axe ferroviaire Nantes-

Bordeaux. En 1866, la construction du pont

de la Vendée, à l’est de Nantes, avait sonné

le glas des espérances rezéennes : les chemins

de fer entre Nantes et La Rochelle passeraient

par Vertou et Clisson. “Un drame”,

commente encore aujourd’hui Michel

Kervarec, président de la société des Amis

de Rezé. “Par exemple, la première route

asphaltée du sud-Loire aurait pu être celle

des Sorinières… Ce fut celle de Clisson.”

Il n’empêche. Le chemin de fer devait desservir

le pays de Retz. La Compagnie des

chemins de fer nantais inaugure successivement

les ligne Rezé-Pornic, en 1875, Rezé-

Machecoul et Rezé-Paimbœuf en 1876.

CHT - COLL. CHAMPENOIS-RIGAULT.

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

29


Nantes au quotidien

HISTOIRES DE QUARTIER

30 [Mars 2006]

En 1876, toujours, une gare est construite

sur la Prairie-au-Duc. Future gare de l’État,

elle permettra plus tard, via le pont de Pornic,

la liaison entre les lignes du pays de

Retz et la gare d’Orléans, gare principale

de Nantes. En 1878, cette société est rachetée

par l’État. On met plus de deux heures

pour aller de Pont-Rousseau à Pornic, à la

moyenne de 29 km/h, mais on y va. Les

dimanches d’été (il n’y a pas encore de weekends)

on rajoute des wagons supplémentaires

: ce sont les premiers “trains de plaisirs”

qui emmènent, dès la fin du XIX e siècle,

les Nantais vers les plages de La Bernerie et

les premiers bains de mer. Le fret commence

à se développer, au fur et à mesure que

les productions maraîchères se développent,

que l’estuaire s’industrialise.

Un petit train dans la campagne.

Le 23 août 1893, une nouvelle ligne, qui

passera aussi par Pont-Rousseau, voit le

jour : la ligne de Legé, construite par la

Société des chemins de fer à voie étroite.

Elle fonctionnera jusqu’en 1935. Elle a son

terminus sur l’île de Nantes et emprunte le

pont de Pornic pour franchir le bras de la

Madeleine. Un troisième rail est implanté

sur le pont ce qui permettra aux deux trains

d’emprunter la même voie, mais en roulant

à 10 km/h.

Ce petit tortillard tracté par une jolie locomotive

verte et noire, aux wagons de bois

prolongés d’une marquise, dessert Pont-

Rousseau, le Chêne-Creux, Les Sorinières,

Pont-Saint-Martin, Les Coûtumes, La

Chevrolière, Saint-Philbert, La Roussinière,

La Limousinière, Saint-Etienne-de-Carcouët,

Le Moulin-Guérin, Legé. Temps de parcours,

théorique, 2 h 15.

Sur son passage, dans les profondeurs du

pays de Retz, les vieilles se signent. Les

paysans l’empruntent pour aller vendre leur

production à la ville : beurre, légumes,

volailles vivantes comme naguère les rouliers.

Quand M. le Comte de Juigné fait signe

au train, qui passe à proximité de son château,

le chauffeur arrête sa machine, raconte

dans les années 70 l’ancien forgeron Eloy

Guitteny (en patois rétain, s’il vous plait).

Et, dame, si ledit chauffeur traverse un village

ou l’un de ses conscrits marie sa fille, il

s’arrêtera le temps de boire un petit coup !

Rarement le chemin de fer aura été plus

proche du transport attelé. On remarquera

d’ailleurs que cheval et cheval-vapeur on

longtemps coexisté sur le même itinéraire.

Et c’est la route, mais avec les camions, qui

gagnera. Et c’est à Pont-Rousseau qu’après

1935, le petit train de Legé finira sa vie en

rouillant sur une voie de garage. Quelques-

CHT - COLL. ARCHIVES SNCF

Reconstruction, aprés les bombardements

alliés pendant la Seconde Guerre mondiale,

du pont SNCF de Pont-Rousseau, dit viaduc

de Pirmil ou pont de Pornic.

uns de ses mécaniciens, qui ne frayaient

guère avec ceux de l’État, se recyclèrent

dans les tramways nantais, se souvient Marcel

Rio, né à Rezé en 1925, ancien cheminot.

Un centre social. Le train abandonné à

Pont-Rousseau ne suscite pas que de la

nostalgie : il offre aux enfants un superbe

terrain d’aventures. Car des enfants, il y en

a de plus en plus, près de la gare. En 1934,

les chemins de fer de l’État ont en effet

ouvert un centre social, plus communément

appelé “école ménagère” à laquelle s’adjoignirent

vite des jardins scolaires, une “école

de débrouillage” et des ateliers de menuiserie.

Ces équipements devaient occuper

les enfants le jeudi et pendant les vacances

scolaires. Ils étaient destinés en priorité aux

enfants des cheminots, mais s’il restait des

places, tout le monde pouvait y aller. Les

garçons apprenaient le travail du bois, l’électricité

ou la tapisserie, les filles, le tricot, la

CHT - COLL. SIMONE LERAY

couture et la cuisine. Tel était l’ordre des

choses. Le dimanche, la micheline emmenait

tout ce petit monde aux bains de mer. Vient

la guerre. Début 1944, le pont de Pornic est

endommagé par les Alliés, en août de la

même année, ce qu’il en reste est dynamité

par les Allemands qui quittent Nantes. Pont-

Rousseau, occupé par les Allemands, comme


toutes les installations ferroviaires de France,

redevient tête de ligne et sert l’occupant.

C’est de cette petite gare que partiront même

les derniers convois de déportés.

La gare de Pont-Rousseau, représentative de

l’architecture ferroviaire du XIX e siècle, modèle

gare de village, construite en 1875.

Le tortillard qui desservait

le pays de Retz jusqu’en gare

de Legé.

de Michel Kervarec, alors âgé de sept ans :

“C’est mon premier voyage à la mer, ça ne

s’oublie pas. Un sacré voyage : nous habitions

Vertou. Tôt le matin, je ne sais plus à

quelle heure, on a pris le train à la gare de

Vertou, direction Nantes, gare d’Orléans.

Ensuite, le tram, direction la gare de l’État

et en route pour la Bernerie. Le pont de Pornic

n’était pas terminé. Le train roulait au

pas et tout les 20 à 30 mètres, il y avait un

cheminot qui faisait signe de passer. Parmi

eux, j’ai reconnu mon oncle. On voyait la

Loire sous les traverses, les adultes

n’avaient pas l’air rassurés. Une fois à Rezé,

la bonne humeur a repris le dessus. On est

arrivé à la Bernerie en fin de matinée. C’était

la première fois que je voyais la mer. Nous

n’étions pas riches : en guise de maillot de

bain, j’avais un maillot de corps attaché

dans le bas par des boutons pressions que

ma mère y avait cousus...”

Pont-Rousseau partent de nombreux

embranchements publics ou privés, dont

celui qui va vers la centrale thermique de

Cheviré qui contribuera grandement au

développement de la zone industrielle de

Rezé, de même que l’embranchement de

Château-Bougon et de son aéroport contribuera

au développement de cette zone. Une

vingtaine de personnes sont alors

employées à la gare. En 1949, le conseil

municipal de Rezé, devant l’augmentation

du trafic marchandises, demande à la SNCF

d’implanter une grue de chargement dans

l’emprise de la gare. La société nationale

refuse, alors on fera appel au privé. Si le

fret se développe, le trafic passagers se

porte bien, dans ces années d’après-guerre

où la voiture particulière est rare. C’est toujours

en train que les ouvriers, les employés

nantais vont au bord de mer.

À partir des années soixante, la courbe va

s’infléchir. C’est d’abord le trafic passagers

qui décline au profit de la route et de l’automobile.

Le déclin du trafic marchandise

est plus tardif. S’il s’explique lui aussi par

la concurrence des transports routiers, il

tient aussi à la fermeture ou au départ vers

de lieux moins enclavés des entreprises du

sud Loire.

Le renouveau des liaisons périurbaines.

Paradoxalement, c’est le trafic

routier, cause initiale du déclin de la gare

de Pont-Rousseau, qui devient aujourd’hui

la cause principale de son nouveau départ.

Plus exactement, la saturation du trafic routier.

En 2001, à l’instigation de la Région, la

ligne Nantes-Pornic, devenue saisonnière,

retrouve son trafic hivernal. L’étoile ferroviaire

de Nantes apparaît comme une rare

opportunité de développer les transports

collectifs au-dedes limites de l’agglomération

nantaise, offrant aux habitants de

l’aire urbaine des possibilités nouvelles de

gagner le centre de Nantes dans de bonnes

conditions de rapidité, de confort et de sécurité.

En hiver et en semaine, on compte cinq

trains quotidiens entre Pornic et Nantes, six

entre Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Nantes.

Sainte-Pazanne, où se rejoignent ces deux

lignes, bénéficie de vingt et une liaisons

avec la capitale régionale. Parmi ces convois,

dix s’arrêtent à Pont-Rousseau. Ce n’est

sans doute qu’un début. La petite gare de

Pont-Rousseau, 131 ans cette année, semble

avoir à nouveau tout son avenir devant elle.

MICHAËL GHEERBRANT

quotidien

au

Vertou - La Bernerie en 1946. Début

Sources : Centre d’histoire du travail,

45, commence la reconstruction du pont de Commence avec les années cinquante un l’Ami de Rezé, Jean-Pierre Nenning.

Pornic. C’est le plus vieux souvenir ferroviaire nouvel âge d’or du train. Depuis la gare de

Nantes

CHT - COLL. CHAMPENOIS-RIGAULT.

[Mars 2006]

Nantes au quotidien

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