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Le Suricate - Neuvieme numero

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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

<strong>Le</strong> <strong>Suricate</strong><br />

8 janvier 2013<br />

Mais aussi...<br />

N° 9<br />

Entretien avec<br />

Stéphanie Sandoz<br />

et la rétrospective 2012<br />

Bi-mensuel<br />

À la une<br />

Magazine<br />

Dan Gagnon<br />

Megalomaniak Tour 2013<br />

Interview exclusive du plus<br />

belge des humoristes canadiens<br />

Gangster Squad<br />

Ruben Fleischer s’attaque aux gangsters et à la<br />

Yiddish Connection de Los Angeles.


<strong>Le</strong>s suricates d’or 2012<br />

Votez dès maintenant<br />

<strong>Le</strong>s <strong>Suricate</strong>s d’Or 2012 récompenseront le meilleur du<br />

cinéma de l’année écoulée. Bien entendu, le magazine<br />

demande à tous ses lecteurs et ses lectrices de voter<br />

et d’élire eux-mêmes les vainqueurs dans les<br />

différentes catégories.<br />

Rendez-vous sur notre site<br />

http://www.lesuricate.org/awards/les-suricates-dor/


Sommaire<br />

France, terre d’accusation<br />

Une nouvelle année...<br />

Cinéma<br />

Rétrospective 2012<br />

Aperçu 2013<br />

Gangster Squad<br />

Paradis : Amour<br />

<strong>Le</strong> sac de farine/Shadow Dancer<br />

The Words/<strong>Le</strong>s invisibles<br />

Sorties du 9 janvier<br />

Sorties du 16 janvier<br />

Actualités cinéma<br />

Musique<br />

Best of 2012<br />

25 ans des Classiques<br />

Entretien avec Stéphanie Sandoz<br />

Entretien avec Shakra<br />

Janvier aux Bozar<br />

Sorties CD’s<br />

Scènes<br />

Entretien avec Dan Gagnon<br />

Cyrano et l’influence du théâtre<br />

Cendrillon ce macho<br />

Festival Femmes et Migration<br />

<strong>Le</strong>s pièces de l’année 2012<br />

p. 5<br />

p. 6<br />

p. 7<br />

p. 8<br />

p. 9<br />

p. 10<br />

p. 11<br />

p. 12<br />

p. 13<br />

p. 15<br />

p. 16<br />

p. 20<br />

p. 22<br />

p. 24<br />

p. 26<br />

p. 28<br />

p. 34<br />

p. 36<br />

p. 37<br />

p. 38<br />

p. 39<br />

3<br />

Littérature<br />

Entretien avec Franck Ruzé<br />

50 nuances de Grey<br />

Délivrance<br />

Critiques littéraires<br />

Arts<br />

Expos SF<br />

Cotations<br />

Rien à sauver<br />

Mauvais<br />

Mitigé<br />

Bon<br />

Très bon<br />

Excellent<br />

Se lit partout, se vit<br />

tout le temps,<br />

même aux toilettes<br />

8 janvier 2013<br />

p. 40<br />

p. 42<br />

p. 43<br />

p. 44<br />

p. 48


<strong>Le</strong> terrier du <strong>Suricate</strong><br />

France terre d’accusation<br />

Ce n’est pas un scoop, le monde<br />

culturel est pointé du doigt en Europe<br />

car, en temps de crise, les subsides<br />

consacrés aux Arts avec un grand «A»<br />

sont les premiers à se voir sucrés de<br />

toutes parts. Pour beaucoup de<br />

béotiens, la culture est l’apanage des<br />

plus nantis. Ceux-ci laissant aux<br />

infortunés ou aux indigents la vulgarité<br />

d’une bande dessinée ou la médiocrité<br />

d’un programme télévisé. C’est pourquoi,<br />

aux quatre coins du vieux continent, des<br />

voix s’élèvent de la foule pour fustiger<br />

les dotations mirobolantes que les<br />

gouvernements nationaux allouent aux<br />

institutions culturelles. Si cela nous<br />

touche également en Belgique, on peut<br />

cependant s’estimer heureux d’être<br />

épargné par cette chasse aux sorcières.<br />

De fait, de par le pays, aucune grosse<br />

mesure d’austérité n’est venue frapper<br />

à la porte des artistes, si ce n’est un<br />

rééquilibrage honnête et juste vis-à-vis<br />

des autres groupes de métiers.<br />

Non loin de chez nous, dans l’hexagone,<br />

cette vénerie thaumaturgique se ressent<br />

bien plus. Vous n’auriez pas pu l’éluder,<br />

les acteurs français sont depuis<br />

quelques temps la cible des griefs<br />

d’une société en mal de coupables. Et<br />

pour cause, le monde de la finance<br />

semblait à la fois trop complexe et trop<br />

abstrait pour que la plèbe s’y attarde.<br />

Après avoir conspué l’exil fiscal de<br />

certains riches comme Bernard Arnault,<br />

puis vitupéré les patrons aux salaires<br />

trop confortables, la France se devait<br />

de changer de front. Qui allait-elle<br />

calomnier maintenant ? Certainement<br />

pas le monde politique car celui-ci,<br />

Une publication du magazine<br />

<strong>Le</strong> <strong>Suricate</strong> © http://ww.lesuricate.org<br />

Directeur de la rédaction : Matthieu Matthys<br />

Rédacteur en chef : Loic Smars<br />

Directeur section littéraire : Marc Bailly<br />

Directeur section musicale : Christophe Pauly<br />

Relation clientèle : redaction@lesuricate.org<br />

fraîchement élu, se rangeait aux côtés<br />

d’un peuple dont il n’a pourtant jamais<br />

fait partie. Non, la gauche caviar<br />

pouvait dormir sur ses matelas aux<br />

pieds d’or. C’est alors que le départ<br />

fiscal d’un des acteurs les plus connus<br />

du cinéma français va mettre du grain<br />

au moulin. Gérard Depardieu s’en allait<br />

en Belgique, dans un village aussi<br />

paumé que transparent.<br />

Suivirent alors les vérités et les ragots<br />

que tout le monde connait aujourd’hui.<br />

Si, effectivement, Gérard Depardieu<br />

n’est pas digne d’être défendu à l’instar<br />

d’une certaine Brigitte Bardot, on peut<br />

cependant se demander d’où vient l’ire<br />

envers le septième art comme on peut<br />

le vivre de nos jours avec Dany Boon<br />

par exemple. Quelle est cette manie<br />

sempiternelle des français de vouloir<br />

descendre l’homme qu’ils ont jadis<br />

porté aux nues ? Comme si la réussite<br />

était un péché, un méfait impardonnable.<br />

Pour un homme qui réussit dans le<br />

cinéma, près de trois cents triment<br />

pour nouer les deux bouts. Alors oui, le<br />

cinéma n’est certes pas la première<br />

dépense à réaliser tout comme le reste<br />

de l’Art mais, quant est-il des intouchables<br />

du monde du sport et du football pour<br />

n’en citer qu’un seul ? <strong>Le</strong>s salaires y<br />

sont bien plus mirobolants. On cherche<br />

la sorcière là où l’on veut bien la voir et<br />

celle-ci court à travers la forêt.<br />

Crédits<br />

5<br />

M.M.<br />

Webmaster : Benjamin Mourlon<br />

Secrétaires de rédaction : Pauline Vendola,<br />

Maïté Dagnelie, Adeline Delabre<br />

Régie publicitaire : pub@lesuricate.org<br />

Edito<br />

Une nouvelle année ...<br />

Pour rester dans les convenances<br />

d’usages : « Bonne année 2013 ». Ça<br />

c’est fait. Mais que souhaitez de bons<br />

d’une année au chiffre 13 ?<br />

Tout et rien. Rien car nous ne sommes<br />

pas superstitieux, et tout, car les futurs<br />

projets fleurissent, les lecteurs (Vous !)<br />

nous suivent de plus en plus nombreux<br />

et notre réseau professionnel culturel est<br />

en plein essor.<br />

Mais êtes-vous seulement prêt à nous<br />

suivre ? Car nous avons plus de salles<br />

de théâtres, plus de concours, plus de<br />

CD’s, plus d’avant-premières, plus de<br />

livres et enfin et surtout plus de nouveaux<br />

journalistes.<br />

Vous tenez en main (ou plutôt à bout de<br />

souris) le premier numéro de 2013.<br />

Congé de fin d’année oblige, il vous<br />

semblera peut-être moins fourni au<br />

niveau des nouveautés, mais fera aussi<br />

la part belle aux différents bilans de<br />

l’année.<br />

En attendant le suivant, n’oubliez pas de<br />

voter pour <strong>Le</strong>s <strong>Suricate</strong>s d’Or. <strong>Le</strong>s prix<br />

seront décernés dans le numéro suivant,<br />

le 22 janvier.<br />

Ont collaboré à ce numéro :<br />

Sontiu Falguière, Stellina Huvenne, Julien<br />

Sterckx, Guillaume Fey, Laura Damase,<br />

Olivier Eggermont, Marie Vandenberg,<br />

Quentin Esser, Cécile Marx, Lise Francotte,<br />

Evelyne Vandooren, Marylise Dufour, Marc<br />

Van Buggenhout, Emmanuelle Melchior,<br />

Nathalie Beauport<br />

08 janvier 2013<br />

L.S.


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Cinéma<br />

2012 : James Bond toujours séduisant<br />

L’année 2012 a été une bonne cuvée dans son ensemble pour le cinéma mondial mais également<br />

pour le cinéma belge. Voici un aperçu des tops qui ont cartonné dans notre plat pays.<br />

Skyfall<br />

C’est le numéro un en Belgique. Après cinquante<br />

années, le héros de Ian Fleming fait<br />

encore recette aux quatre coins du monde.<br />

Détrônant au passage le record d’entrées établi<br />

par Jason Bourne pour un film d’espionnage,<br />

James a gagné son pari en ravissant les<br />

spectateurs qui ont visiblement apprécié le côté<br />

plus physique de l’agent secret.<br />

L’âge de glace 4<br />

720 M €<br />

662 M €<br />

L’une des franchises les plus rentables de ces<br />

dix dernières années a encore fait mouche en<br />

2012. Pourtant, peu d’originalité semble sortir<br />

du crâne des réalisateurs qui ont une nouvelle<br />

fois repris la même trame de fond : la famille et<br />

les amis. Cela dit, on s’est amusé à voir évoluer<br />

les personnages que l’on connait maintenant<br />

par coeur dont Scrat, devenu héros de la saga.<br />

Twilight 5<br />

590 M €<br />

Encore une franchise aux revenus considérables.<br />

Après cinq épisodes d’amour instable,<br />

Bella fait toujours rêver la gente féminine. Avec<br />

cette troisième place au box-office belge, la<br />

saga prouve que la relève va devoir faire bien<br />

mieux pour la faire oublier. Pourtant, beaucoup<br />

considèrent Twilight comme une imposture scénaristique.<br />

Au final, c’est le public qui tranche.<br />

The Dark knight Rises<br />

818 M €<br />

De tous les Batman, ce nouvel opus signé de la<br />

main du maître Nolan est certainement l’un des<br />

meilleurs. Pourtant, son « méchant », Bane,<br />

n’arrive pas à la hauteur du Joker incarné par<br />

feu Heath <strong>Le</strong>dger dans le film précédent. Peu<br />

importe aux spectateurs qui ne se lassent pas<br />

des aventures de la chauve-souris et de ses<br />

éternels combats dans Gotham City.<br />

Madagascar 3<br />

561 M €<br />

Dans le coeur des enfants, Alex, Marty, Melman<br />

et Gloria conservent une place non négligeable.<br />

<strong>Le</strong>ur cinquième position nous le prouve une<br />

nouvelle fois. Malgré cela, la critique a fait la<br />

moue de même que le public adulte. Peu<br />

d’originalité mais surtout, beaucoup moins drôle<br />

que les précédents, ce film a déçu les amateurs<br />

d’animation.<br />

6<br />

The Hunger Games<br />

Ted<br />

The Avengers<br />

Blanche Neige et le chasseur<br />

Rebelle<br />

519 M €<br />

Adaptée du roman éponyme de Suzanne<br />

Collins, cette saga était censée prendre la<br />

relève de Twilight et Harry Potter. Malgré un bon<br />

score général, le film n’a pas vraiment convaincu<br />

et sa suite est déjà remise en question.<br />

Trop mièvre ou trop pudique dans son adaptation,<br />

Gary Ross va devoir mettre les bouchées<br />

doubles pour conquérir le public.<br />

379 M €<br />

Dans un monde dominé par les sagas interminables,<br />

Ted fût la surprise de l’année. Dirigé<br />

par le fantasque Seth MacFarlane, ce film a su<br />

envoûter et faire rire les cinéphiles américains et<br />

européens. Drôle, épique, déjanté et surtout<br />

irrévérencieux, Ted est un ours aux traits<br />

étrangement humanisés. Par là, Mark Wahlberg<br />

fait la bonne opération de l’année.<br />

1144 M €<br />

Quand on fait un tour de l’horizon Marvel<br />

Comics, cela donne un film de super-héros<br />

détonant mais un peu brouillon pour les noninitiés.<br />

Autrement dit, il faut être bien informé sur<br />

les Comics américains pour apprécier ce film<br />

aux qualités techniques néanmoins incontestables.<br />

De fait, le film a beaucoup moins bien<br />

fonctionné en Europe.<br />

300 M €<br />

À l’instar de Ted, ce film est une surprise. À<br />

l’inverse de ce dernier, il n’est pas vraiment<br />

digne d’intérêt pour un amateur du septième art.<br />

De fait, ce long métrage ne possède que peu de<br />

relief malgré une histoire originale. L’effet<br />

Kristen Stewart (Twilight) a visiblement fonctionné<br />

sur cette production dont le succès fût<br />

total en Belgique.<br />

405 M €<br />

Chaque année, Pixar nous dévoile toute<br />

l’étendue de son talent en nous montrant une<br />

production à chaque fois bluffante visuellement.<br />

Ce dernier film n’échappe pas à la règle mais<br />

ne restera cependant pas dans les annales. De<br />

surcroit, cette histoire un peu repiquée à gauche<br />

et à droite a moyennement fonctionné auprès<br />

du public mais également auprès des critiques.<br />

NDLR : Liste établie d’après le box-office belge arrêté au 15 décembre 2012 (ne prenant pas en compte The Hobbit)<br />

<strong>Le</strong>s données chiffrées sont relatives aux résultats financiers mondiaux


2013 : une année probablement calme<br />

Si les dernières années ont été fastes pour le cinéma mondial grâce aux multiples sagas pour<br />

adolescents, 2013 devrait être plus calme et laisser la part belle aux films plus intimistes.<br />

The Great Gatsby<br />

L’histoire légendaire de Gatsby le Magnifique<br />

écrite de la main de l’écrivain F. Scott Fitzgerald<br />

va renaître de ses cendres et pourrait bien être<br />

la grosse cylindrée de cette nouvelle année.<br />

Avec <strong>Le</strong>onardo DiCaprio dans le rôle du riche<br />

homme new-yorkais et Tobey Maguire en Nick<br />

Carraway, cette production pourrait en ravir plus<br />

d’un.<br />

The Hobbit 2<br />

96 M €<br />

N.C.<br />

C’est l’une des quatre grosses sorties de<br />

l’année écoulée, The Hobbit a ravi les amateurs<br />

de fantasy aux quatre coins du globe. Même si<br />

l’histoire est moins recherchée que celle du<br />

Seigneur des Anneaux, cette saga fait mouche<br />

par la qualité des images et la patte de<br />

l’indomptable Peter Jackson. Une aubaine pour<br />

l’ex-endettée MGM qui se renfloue petit à petit.<br />

Lincoln<br />

50 M €<br />

Quand Steven Spielberg est aux commandes,<br />

le film est souvent un succès. Celui-ci n’échappera<br />

pas à la règle et est déjà un succès retentissant<br />

outre-Atlantique. Malgré cela, Lincoln<br />

reste une figure emblématique des Etats-unis et<br />

non de l’Europe. Reste à voir si les européens<br />

auront l’envie d’aller vivre la vie d’un politicien<br />

étranger pendant 2h30.<br />

Zero Dark Thirty<br />

31 M €<br />

Un film sur la traque de Ben Laden signé<br />

Kathryn Bigelow (Démineurs), cela a de quoi<br />

susciter l’intérêt de tout bon cinéphile ou grand<br />

curieux. De surcroit, ce film est entouré de rumeurs<br />

assez folles concernant des fuites au<br />

Pentagone qui auraient permis à la réalisatrice<br />

de donner plus d’authenticité à son film. Nous,<br />

on l’a déjà vu et c’est une tuerie.<br />

<strong>Le</strong>s Misérables<br />

47 M €<br />

Une comédie musicale anglophone adaptant la<br />

mise en scène du spectacle de Robert Hossein<br />

sur l’un des romans les plus lus de la littérature<br />

française, il y a de quoi avoir des doutes. Pourtant,<br />

nous sommes persuadé que cela va<br />

fonctionner. Cela dit, il faut avouer que le réalisateur<br />

Tom Hooper a su s’entourer de bons comédiens<br />

comme Hugh Jackman notamment.<br />

NDLR : <strong>Le</strong>s données chiffrées sont relatives aux budgets de production<br />

7<br />

Iron Man 3<br />

Oblivion<br />

Monstres Academy<br />

Die Hard 5<br />

Django Unchained<br />

153 M €<br />

Dans la pléthore de super-héros que nous<br />

fourni chaque année les studios Marvel, Iron<br />

Man est certainement l’un des plus intéressants<br />

pour le public par son côté flambeur. Boosté par<br />

la prestation cinq étoiles de Robert Downey Jr,<br />

la saga ne devrait pas décevoir les fans. Reste<br />

à savoir si le réalisateur Shane Black restera<br />

fidèle à l’univers installé par Jon Favreau.<br />

99 M €<br />

La science-fiction est liée au cinéma et, ces<br />

dernières années, le genre semble connaitre un<br />

regain d’intérêt de la part des studios hollywoodiens.<br />

Oblivion sera probablement l’incontournable<br />

du genre en 2013. Dans un monde<br />

post-apocalyptique et dévasté par des aliens,<br />

Tom Cruise alias Jack Harper fera une découverte<br />

qui changera sa vie.<br />

N.C.<br />

Ce sera le film pour enfants de l’année sans<br />

aucun doute. Pourquoi ? Car ces deux héros<br />

sont connus des enfants du monde entier,<br />

malgré les douze années qui séparent cet opus<br />

du précédent. Au menu, il s’agira d’un prequel<br />

qui nous racontera comment Sully et Bob se<br />

sont rencontrés à l’université de la peur. Un bon<br />

moment de divertissement en perspective.<br />

N.C.<br />

On ne sait pas encore beaucoup de choses sur<br />

cet énième film de la saga Die Hard. Néanmoins,<br />

on sait déjà que ce sera un succès au<br />

box-office malgré une histoire un peu réchauffée<br />

du gentil américain face au méchant russe.<br />

L’excellent Bruce Willis remet à nouveau le<br />

costume de John McClane sous la houlette du<br />

très médiocre John Moore (Max Payne).<br />

64 M €<br />

<strong>Le</strong>s westerns ne sont plus trop à la mode ces<br />

derniers temps au cinéma. Seuls les grands<br />

réalisateurs osent encore s’aventurer dans ce<br />

genre-là. C’était le cas des frères Coen avec<br />

True Grit, ce sera également le cas de Quentin<br />

Tarantino avec Django Unchained. Une histoire<br />

banale vue sous l’oeil de Tarantino avec<br />

Christoph Waltz, ça peut être bien.<br />

8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Gangster Squad, une histoire d’hommes<br />

Après avoir réalisé deux films loufoques, Ruben Fleischer change d’univers et s’attaque au monde<br />

des gangsters. Bien réussi et surtout bien mis en scène, ce film s’adresse à la gent masculine.<br />

La critique<br />

Dans l’Amérique d’aprèsguerre,<br />

Los Angeles est le nouvel<br />

eldorado pour ceux et celles qui<br />

souhaitent se construire une vie de<br />

star ou tout simplement s’installer<br />

dans une contrée où il fait bon vivre.<br />

Evidemment, cette ville de deux<br />

millions d’âmes à l’époque ne faisait<br />

pas rêver que les familles aux<br />

moeurs irréprochables. L’argent qui y<br />

coulait à flots attisait l’avidité de<br />

certains mafieux tout droit venus de<br />

la capitale du crime, Chicago. Mickey<br />

Cohen était l’un de ceux-ci. Cet<br />

ancien boxeur rattaché à la Yiddish<br />

Connection (organisation mafieuse<br />

juive-américaine) était devenu l’un<br />

des grands noms du crime organisé<br />

et du détournement d’argent aux<br />

Etats-unis. Profitant de l’imbroglio<br />

administratif dans lequel est bercé la<br />

police de Los Angeles de l’époque,<br />

Mickey va tenter de contrôler la cité<br />

des Anges en éliminant ses adversaires<br />

comme ceux du clan Dragna.<br />

Inquiet de voir Mickey Cohen régner<br />

en maître sur la ville côtière et<br />

surtout, désespéré par l’impunité<br />

dont bénéficie le mafieux, Bill Parker,<br />

le chef de la LAPD, va convaincre<br />

une poignée d’hommes intègres de<br />

constituer une unité anti-gang qui<br />

s’attaquera aux activités de l’empire<br />

Cohen.<br />

Voici une histoire créée par des mecs<br />

pour des mecs. Ces histoires de<br />

gangsters dont l’Amérique raffole<br />

encore de nos jours font parties<br />

intégrantes de l’histoire des Etats-<br />

Unis. L’histoire de Mickey Cohen est<br />

l’une des plus intéressantes même si<br />

elle n’est pas la plus connue de<br />

toutes. En outre, on constate de nos<br />

jours un intérêt particulier des américains<br />

pour la mafia installée à Los<br />

Angeles en dépit de celle de Chicago,<br />

bien plus ancienne et plus en<br />

phase avec la prohibition, période<br />

hautement marquante pour le pays<br />

de l’Oncle Sam.<br />

Hasard du calendrier, l’Amérique ne<br />

fût pourtant pas prête à voir ce film.<br />

Et pour cause, celui-ci devait sortir<br />

sur nos écrans bien plus tôt. La<br />

fusillade d’Aurora, qui a eu lieu dans<br />

un cinéma lors d’une projection, ressemblait<br />

à l’une des scènes du film<br />

qui fût, dès lors, coupée au montage<br />

et remplacée par la scène d’explosion<br />

dans Chinatown (scène supplémentaire<br />

que l’équipe a du tourner<br />

en réaction à cet incident tragique).<br />

Avec Ruben Fleisher aux commandes,<br />

on pouvait s’attendre à tout sauf<br />

à un film de ce calibre. <strong>Le</strong> jeune cinéaste<br />

était resté sur deux réalisations<br />

totalement différentes que<br />

sont Bienvenue à Zombieland et 30<br />

minutes maximum, deux films pas<br />

trop mauvais mais complètement<br />

déjantés. Dès les premières minutes,<br />

on sent que Ruben Fleischer n’a pas<br />

pris de risque en nous servant tous<br />

les clichés du gangster à la mitraillette<br />

Thompson. De plus, en s’inspirant<br />

de nombreux films, on aperçoit<br />

en filigranes un patchwork des<br />

grands titres du cinéma d’outre-Atlantique<br />

comme <strong>Le</strong>s Douze salopards<br />

ou encore le récent Inglorious Bastards.<br />

Evidemment, ce récit est tout<br />

autre mais l’inspiration scénaristique<br />

est assez flagrante. Pourtant, le<br />

scénario de Gangster Squad est tiré<br />

d’un récit réel car, il faut le souligner,<br />

les personnages de ce film ont pour<br />

la plupart existé. Bien entendu,<br />

Ruben Fleisher a pris du recul et l’a<br />

adapté selon ses besoins, donnant<br />

un rendu assez romanesque à l’histoire.<br />

On retiendra également de ce film le<br />

choix des acteurs. Josh Brolin en<br />

sergent-chef dur à cuire est criant de<br />

8<br />

©Warner Bros<br />

réalisme. Toujours bien en phase<br />

avec son personnage, l’acteur se<br />

fond littéralement dans les décors de<br />

l’époque à l’instar de Sean Penn,<br />

toujours aussi époustouflant et charismatique<br />

à l’écran. Cependant, et<br />

c’est une grande déception pour<br />

nous, Ryan Gosling convainc moins<br />

dans son rôle de dandy à la gâchette<br />

facile. Décrédibilisé par une voix<br />

fluette et risible, l’acteur canadien<br />

reste en décalage par rapport à<br />

l’histoire et ses quelques sursauts<br />

d'énervement restent plats.<br />

Bref, ce film contentera les hommes<br />

amateurs d’histoires de gangsters à<br />

la Al Capone. Doté de décors admirablement<br />

travaillés et d’un scénario<br />

intriguant, ce nouveau polar est une<br />

réussite. Un pur divertissement.<br />

Matthieu Matthys<br />

Gangster Squad<br />

Action, Policier<br />

de Ruben Fleischer<br />

Avec Josh Brolin,<br />

Sean Penn, Ryan<br />

Gosling<br />

Los Angeles, 1949. Mickey Cohen,<br />

originaire de Brooklyn, est un<br />

parrain impitoyable de la mafia qui<br />

dirige la ville et récolte les biens<br />

mal acquis de la drogue, des<br />

armes, des prostituées et – sʼil<br />

arrive à ses fins – de tous les paris<br />

à lʼouest de Chicago. Tout ceci est<br />

rendu possible par la protection,<br />

non seulement des hommes de<br />

mains à sa solde, mais également<br />

de la police et des hommes<br />

politiques qui sont sous sa coupe.


Paradis : Amour, peu de compassion<br />

Paradis est un triptyque réaliste reflétant trois réalités via trois femmes contemporaines. Ce<br />

premier long métrage était présenté en compétition au dernier festival de Cannes.<br />

La critique<br />

Mise en scène d'une réalité<br />

frappante, connue de tous, allant à<br />

l'encontre des mœurs.<br />

Paradis : Amour est le premier volet<br />

de la trilogie d'Ulrich Seidl, représentant<br />

trois femmes d'une même<br />

famille à la recherche de leur rêve<br />

respectif. Elles passent leurs vacances<br />

séparément: l’une part faire<br />

du tourisme sexuel, l’autre œuvre<br />

comme missionnaire catholique, la<br />

troisième séjourne dans un camp<br />

pour ados en surpoids. Trois chemins<br />

qui reflètent différentes valeurs:<br />

l'amour, la foi et l'espoir.<br />

Cette première partie raconte l'histoire<br />

d'une quinquagénaire au physique<br />

corpulent, Teresa, qui passe<br />

ses vacances sur les plages du<br />

Kenya où elle devient une sugar<br />

mama, c'est-à-dire une Européenne,<br />

blanche, qui entretient une relation<br />

sexuelle payante avec de jeunes<br />

Africains. Elle découvre donc le<br />

tourisme sexuel mais en réalité, elle<br />

recherche l'amour et le plaisir d'être<br />

désirée à nouveau.<br />

Un hôtel luxueux, une plage au sable<br />

fin, une mer bleue azure, des palmiers<br />

et du soleil, un vrai lieu idyllique<br />

n'est-ce pas ? Ce décor est certainement<br />

le seul lien avec le titre<br />

« paradis » étant donné qu'un lieu<br />

sans vie ni expression, où le silence<br />

flâne dans l'ennui ne peut être considéré<br />

comme un paradis. De plus, le<br />

paradis signifie bonheur, si bien que<br />

lors d'une interview Ulrich Seidl dit :<br />

« <strong>Le</strong> paradis est la promesse d'un<br />

bonheur sans fin », or il n'est pas<br />

présent, seule la recherche de celuici<br />

est montrée.<br />

Quant à l'amour – de même que sa<br />

poursuite, il est un sentiment à la fois<br />

merveilleux et plein de tourments<br />

pourtant, il est loin d'être exprimé<br />

ainsi vu l'absence de dialogues et<br />

d'actions ; il ne se résume pas à des<br />

échanges physiques dénudés d'âme<br />

à l'instar de ce qui est dépeint.<br />

«<strong>Le</strong> film est tiré en<br />

longueur par des scènes<br />

dʼéchanges charnels»<br />

Bien que l'âge avancé de l'héroïne<br />

nous démontre la dure réalité du<br />

vieillissement et de ce qui en découle<br />

tels que le désespoir, les déceptions<br />

(amoureuses), la peur de ne plus<br />

plaire et surtout la beauté flétrissante,<br />

sa naïveté et son innocence sont<br />

exaspérantes, la rendant misérable<br />

et ne nous permettent donc aucune<br />

compassion envers elle. Sans compter<br />

que la description du personnage<br />

est totalement inexistante, ce<br />

qui maintient davantage l'écart entre<br />

le protagoniste et nous, les spectateurs.<br />

Aussi, la différence de richesse entre<br />

les Blancs et les Africains n'est<br />

qu'implicite car aucun commentaire<br />

de la part de Teresa, qui voyage en<br />

Afrique pour la première fois, n'est<br />

émis. La taciturnité est donc bien trop<br />

importante : de tels sujets demandent<br />

effectivement une communication<br />

plus abondante entre les personnages<br />

pour nous émouvoir.<br />

Pour finir, le film est tiré en longueur<br />

par des scènes d'échanges charnels,<br />

voire pornographiques (et non érotiques),<br />

inutiles. <strong>Le</strong> manque de dialogues<br />

le rend impénétrable et leur<br />

9<br />

©Lumière Distribution<br />

légèreté marque une très grande<br />

fadeur et insipidité. <strong>Le</strong> film aurait pu<br />

être beau et profond mais rien y fait,<br />

les sentiments ne suivent pas devant<br />

une telle platitude.<br />

<strong>Le</strong>s thèmes sont plus qu'intéressants<br />

mais c'est une grande déception, à<br />

se demander comment Paradis :<br />

Amour a pu être en compétition à<br />

Cannes. À noter que le film prend un<br />

peu de beauté si un effort (ou un<br />

intérêt particulier) est déployé pour se<br />

renseigner afin de prendre connaissance<br />

des intentions et visions<br />

du réalisateur.<br />

Sontiu Falguière<br />

Paradis : Amour<br />

Drame<br />

dʼUlrich Seidl<br />

Avec Margarete<br />

Tiesel, Peter<br />

Kazungu<br />

Sur les plages du Kenya, on les<br />

appelle les « sugar mamas », ces<br />

Européennes grâce auxquelles,<br />

contre un peu dʻamour, les jeunes<br />

Africains assurent leur subsistance.<br />

Teresa passe ses vacances dans<br />

ce paradis exotique.Elle recherche<br />

lʼamour mais, passant dʼun beachboy<br />

à lʼautre et allant ainsi de déception<br />

en déception, elle doit<br />

bientôt se rendre à lʼévidence : sur<br />

les plages du Kenya, lʼamour est<br />

un produit qui se vend.<br />

8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Shadow Dancer<br />

de James Marsh<br />

sortie le 16 janvier 2013<br />

Drame (101ʼ)<br />

Avec Clive Owen, Andrea<br />

Riseborough, Gillian<br />

Anderson, Aidan Gillen,<br />

Domhnall Gleeson<br />

<strong>Le</strong> Sac de Farine<br />

de Kadija <strong>Le</strong>clere<br />

sortie le 16 janvier 2013<br />

Drame (92ʼ)<br />

Avec Hafsia Herzi, Hiam<br />

Abbass, Mehdi Dehbi,<br />

Rania Mellouli, Smain<br />

Fairouze<br />

Une adaptation du roman de Tom<br />

Bradby, dont le titre est inchangé.<br />

Colette McVeigh est une terroriste de<br />

l'IRA, tout comme ses frères. Son mari a<br />

été tué par les anglais, elle est donc<br />

veuve, et mère d'un fils. Après un attentat<br />

manqué à Londres, on lui offre deux<br />

options : soit vingt-cinq ans de prison, soit<br />

servir d'espion pour le MI5. Elle choisira<br />

d'espionner ses frères, sa famille afin de<br />

pouvoir prendre soin de son fils, l'élever et<br />

le voir grandir.<br />

On reconnaît bien le talent de James<br />

Marsh dans ses choix, autant concernant<br />

les acteurs que les lieux de tournage. En<br />

effet, tout au long du film, une ambiance<br />

lourde est bien présente reflétant la<br />

pression que subit Colette devenue espionne<br />

et celle des membres de sa famille<br />

qui sont des militants de l'IRA. Cette<br />

ambiance est non seulement créée par<br />

des acteurs très imbus de leur rôle mais<br />

également par un décor et un environnement<br />

sobres et froids, ce qui renvoit<br />

à ces décennies de troubles.<br />

Par contre, l'aspect politique est carrément<br />

mis à l'écart, décision prise par Marsh<br />

C'est en Belgique que commence<br />

cette histoire, et plus précisément à<br />

Alsemberg, dans la banlieue bruxelloise.<br />

Sarah, huit ans, vit dans un foyer d'accueil<br />

catholique. Élève assidue, férue de<br />

littérature, elle voit son père venir un jour<br />

la chercher sous prétexte de l'emmener<br />

en weekend à Paris. Mais son projet est<br />

tout autre, elle se retrouve ni plus ni moins<br />

projetée au Maroc, dans sa famille,<br />

réveillée au matin par l’appel à la prière.<br />

On la rejoint alors à ses dix-sept ans, au<br />

sein de son village de montagne, jeune<br />

fille sensuelle et déterminée, mais déracinée,<br />

bouleversée par sa destinée.<br />

Entourée de sa tante, de son oncle et de<br />

leurs enfants, c'est le tricot, la faim et la<br />

question du mariage qui déterminent son<br />

quotidien. Sarah reste pourtant éprise des<br />

valeurs occidentales et chrétiennes de sa<br />

jeunesse, et c'est tout naturellement<br />

qu'elle refuse systématiquement les<br />

demandes en mariage qui proviennent<br />

des jeunes hommes de son village. Et son<br />

rêve occidental n'y est certainement pas<br />

pour rien. Elle n'a de souffle que pour<br />

assouvir une envie : retourner vivre en<br />

Belgique, retrouver l'école, les livres et<br />

une vie qu'elle imagine plus débordante<br />

que celle qu'elle mène ici. Surtout que<br />

10<br />

d’orienter le sujet central vers la trahison<br />

plutôt que vers le côté politique, ce qui a<br />

attiré les financiers. Mais cette initiative<br />

enlève une certaine crédibilité et réalité<br />

aux faits.<br />

Pour finir, l'intrigue est peu prenante à<br />

cause du trop peu d'action, installant ainsi<br />

la monotonie. Or bien d'autres films – trop<br />

nombreux pour les citer – sont lents et<br />

sans mouvements mais restent captivants,<br />

ce n'est pas vraiment le cas de<br />

Shadow Dancer.<br />

<strong>Le</strong> film n'a donc pas grand intérêt malgré<br />

les qualités des prises de vues et un bon<br />

casting. Autant regarder un documentaire<br />

sur « <strong>Le</strong>s Troubles » en Irlande du Nord<br />

car la traîtrise qui est le centre de ce film<br />

aurait pu être placé dans un tout autre<br />

contexte et aurait probablement donné<br />

une intrigue plus poignante.<br />

Sontiu Falguière<br />

Sarah et sa famille luttent pour trouver de<br />

quoi se nourrir au quotidien en pleine<br />

révolte de la faim, la Révolte des Awbach,<br />

au début des années 80. Même au plus<br />

fort de ce mouvement, Sarah ne s'éloigne<br />

jamais de son propre rêve, qui est de<br />

passer son baccalauréat.<br />

Kadija <strong>Le</strong>clere nous présente un film<br />

empreint d'émotion, fort d’une connaissance<br />

des différences culturelles entre<br />

les deux pays. La réalisatrice, qui a ellemême<br />

subi le déracinement et l'enlèvement,<br />

réussit parfaitement à transmettre<br />

des sentiments forts. Pour cela, elle a su<br />

s'entourer d'acteurs intéressants : Hafsia<br />

Herzi et Hiam Abbass qui ont déjà tourné<br />

ensemble dans La Source des Femmes<br />

de Radu Mihaileanu, le liégeois Mehdi<br />

Dehbi, sans oublier Smaïn qui signe son<br />

retour après une dizaine d'années d'absence.<br />

Une histoire éprouvante mais forte,<br />

balancée entre une Belgique moderne et<br />

un Maroc ancré dans la tradition, mais qui<br />

nous laisse voyager au travers des paysages<br />

figés des montagnes de l'Atlas.<br />

Guillaume Fey


The Words<br />

de Brian Klugman et <strong>Le</strong>e<br />

Sternthal<br />

sortie le 16 janvier 2013<br />

Drame, Thriller (96ʼ)<br />

Avec Bradley Cooper, Zoe<br />

Saldana, Olivia Wilde,<br />

Jeremy Irons, Dennis Quaid<br />

<strong>Le</strong>s Invisibles<br />

de Sébastien Lifshitz<br />

sortie le 5 décembre 2012<br />

Documentaire (115ʼ)<br />

Clayton Hammond, écrivain à<br />

succès, fait une lecture de son nouveau<br />

roman. Son histoire est la suivante : Rory<br />

Jansen (Bradley Cooper) vit avec sa<br />

femme Dora (Zoé Saldana) à New York et<br />

rêve d’être écrivain. N’ayant pas le succès<br />

escompté, son père lui trouve un emploi<br />

de magasinier dans une agence littéraire.<br />

Il passent leur voyage de noce à Paris où<br />

Dora lui offre une magnifique vieille<br />

besace. De retour à New York, Rory y<br />

découvre, caché dans la doublure, un<br />

manuscrit d’une rare beauté racontant<br />

l’histoire d’un jeune homme américain<br />

basé en France pendant la Seconde<br />

Guerre mondiale, qui tombe amoureux<br />

d’une jeune française. Il recopie l’histoire<br />

et la suggère à un agent de la boîte où il<br />

travaille. <strong>Le</strong> succès est instantané jusqu’à<br />

sa rencontre avec un vieil homme (Jeremy<br />

Irons) qui prétend être le véritable auteur<br />

du succès de Rory. De l’autre côté du<br />

miroir, Clayton Hammond rencontre une<br />

jeune femme qui veut en savoir plus sur<br />

lui et sur l’histoire...<br />

Brian Klugman et <strong>Le</strong>e Sternthal réalisent<br />

ici leur premier film (ils font en outre un<br />

caméo dans le film). Connus pour leur<br />

scénario de Tron <strong>Le</strong>gacy ou quelques<br />

«Aujourd’hui, on en rigole !»<br />

Pierrot précise vite : «On en aurait pleuré<br />

hier...».<br />

<strong>Le</strong>s invisibles du passé deviennent les<br />

survisibles du présent. Ce nʼest pas une<br />

raison pour leur tourner le dos !<br />

À travers un documentaire plein dʼhumour<br />

et de légèreté, Sébastien Lifshitz nous<br />

propose une succession de rencontres<br />

toutes plus touchantes les unes que les<br />

autres. A lʼheure où le débat du mariage<br />

pour tous est au coeur des conversations,<br />

<strong>Le</strong>s Invisibles montre combien lʼamour est<br />

précieux. <strong>Le</strong> vrai combat sʼest tenu il y a<br />

cinquante ans. Pierrot, Thérèse, Christian,<br />

Bernard, Catherine... Ils ont tous 70 ans,<br />

ou plus.<br />

«Il faisait si beau, le soleil était si chaud et<br />

nous étions si nues.»<br />

<strong>Le</strong>s regards gourmands témoignent de<br />

leurs appétits infinis pour la vie. Ici, pas de<br />

nostalgie mielleuse. Catherine raconte<br />

simplement ses premières expériences<br />

homosexuelles. Elle a aimé. Ses parents.<br />

Son mari. Ses enfants. Puis une femme.<br />

11<br />

apparitions dans de petits rôles au<br />

cinéma, ils fournissent une réalisation<br />

ambitieuse doté d'un scénario alambiqué<br />

pouvant donner au projet une tournure<br />

légèrement casse-gueule. La photo du<br />

film, quoique idéalisant un Paris de carte<br />

postale, est soignée et agréable. Mais leur<br />

grande réussite est d’avoir pu convaincre<br />

des acteurs bankables comme Bradley<br />

Cooper (Very Bad Trip), Zoe Saldana<br />

(Avatar), la belle Olivia Wilde (Cowboys et<br />

Envahisseurs) ou encore ces vieux briscards<br />

que sont Jérémy Irons et Dennis<br />

Quaid. <strong>Le</strong>urs performances dramatiques<br />

sont toutes impeccables et on les sent<br />

investis du projet. Tout est réuni pour un<br />

grand film bien achalandé mais les sousintrigues<br />

finissent par subir trop de climax<br />

et perdent ainsi leurs intérêts. À voir pour<br />

les acteurs et la beauté de l’image<br />

essentiellement.<br />

Loic Smars<br />

<strong>Le</strong>s personnages, vrais, nous parlent<br />

dʼenvie, de désir, de sexe. Dʼamour<br />

surtout. Lʼamour, qui nʼa pas de sexe, pas<br />

dʼâge, pas de lieu. Nous, spectateurs, on<br />

écoute, amusés, leurs histoires passionnantes.<br />

<strong>Le</strong>ur choix dʼassumer leurs envies.<br />

En se révoltant dans des manifestations<br />

violentes. En portant des<br />

pantalons moulants. Parfois juste en<br />

attrapant une main... Autant de parcours<br />

différents qui se rejoignent en un point : il<br />

faut vivre pleinement !<br />

Des images dʼarchives émouvantes, une<br />

bande originale séduisante, ce film est<br />

une véritable partition de musique. Un<br />

hymne à la vie, tout simplement.<br />

Laura Damase<br />

✎ Film à l’affiche actuellement<br />

8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Films à l’horizon (sorties du 09/01)<br />

I, Alex Cross<br />

Policier<br />

de Rob Cohen<br />

Avec Tyler Perry,<br />

Edward Burns,<br />

Matthew Fox<br />

Inspecteur de police, Alex Cross fait<br />

équipe avec son ami de toujours,<br />

Tommy Kane, et lʼinspectrice Monica<br />

Ashe pour élucider une affaire de<br />

meurtres en série. <strong>Le</strong> tueur, surnommé<br />

Picasso, cherche à sʼen prendre<br />

à un puissant industriel de la ville.<br />

Rob Cohen est un réalisateur habitué<br />

aux films de seconde zone. Réalisateur<br />

un peu maladroit, il nʼest pas une<br />

référence en la matière. Alex Cross,<br />

cʼest le profiler que lʼon a déjà pu voir<br />

dans <strong>Le</strong> Collectionneur ou <strong>Le</strong> Masque<br />

de lʼaraignée. Deux bons films<br />

que celui-ci nʼégalera probablement<br />

jamais.<br />

Stolen<br />

Action<br />

de Simon West<br />

Avec Nicolas Cage,<br />

Malin Akerman, Danny<br />

Huston<br />

Voleur des plus doués, Will Montgomery<br />

sort de prison après avoir<br />

purgé une peine de 8 ans. Il n'a<br />

qu'une hâte : mettre un terme à son<br />

passé de criminel pour passer du<br />

temps avec sa fille. Mais son ancien<br />

partenaire kidnappe cette dernière.<br />

Gonflé à bloc par le succès de sa<br />

dernière réalisation The Expendables<br />

2, Simon West continue de tourner<br />

des films dʼaction. Pour lʼoccasion, il<br />

retrouve Nicolas Cage avec qui il<br />

avait déjà travaillé dans <strong>Le</strong>s Ailes de<br />

lʼEnfer en 1997. Ce dernier nage<br />

également en plein succès mais peut<br />

toujours faire un faux pas.<br />

Komona, jeune fille, raconte à lʼenfant<br />

qui grandit dans son ventre<br />

lʼhistoire de sa vie quand elle a dû<br />

faire la guerre dans lʼarmée des<br />

guerriers rebelles dʼun pays dʼAfrique<br />

Centrale.<br />

De nombreuses fois remarqué dans<br />

les festivals du monde entier, ce film<br />

est pétri de qualité visuelle et<br />

scénaristique. Lʼhistoire, constamment<br />

balancée entre beauté et<br />

cruauté, vous emmène dans lʼAfrique<br />

subsaharienne contemporaine. Ce<br />

film canadien est une merveille selon<br />

de nombreux critiques de cinéma.<br />

12<br />

Rebelle<br />

Drame<br />

de Kim Nguyen<br />

Avec Rachel Mwanza,<br />

Alain Bastien, Serge<br />

Kanyinda<br />

Un prince (presque)<br />

charmant<br />

Comédie<br />

de Philippe <strong>Le</strong>llouche<br />

Avec Vincent Perez,<br />

Vahina Giocante<br />

Jean-Marc, quadra carriériste et pressé<br />

ne cherchant quʼà satisfaire ses<br />

intérêts personnels, va croiser malgré<br />

lui la route de Marie. Tout oppose cet<br />

homme dʼaffaire et cette jeune femme<br />

éprise de liberté et de justice.<br />

Après le fiasco de Nos plus belles<br />

vacances, Philippe <strong>Le</strong>llouche tente à<br />

nouveau sa chance dans la réalisation.<br />

Cette fois, la sauce devrait être<br />

plus digeste avec un casting plus en<br />

phase avec lʼépoque. De plus, le<br />

réalisateur a co-écrit lʼhistoire avec Luc<br />

Besson, scénariste plus expérimenté<br />

que lui.<br />

Pas vus!<br />

Kill List<br />

Policier<br />

de Ben Wheatley<br />

Avec Neil Maskell,<br />

Michael Smiley,<br />

Myanna Burin<br />

Meurtri dans sa chair et son esprit au<br />

cours d'une mission désastreuse à<br />

Kiev 8 mois plus tôt, Jay, ancien<br />

soldat devenu tueur à gages, se<br />

retrouve contraint d'accepter un<br />

contrat sous la pression de son<br />

partenaire Gal et de sa femme, Shen.<br />

Film à la fois intense et bizarre, Kill<br />

List sort en même temps au cinéma<br />

et en DVD. <strong>Le</strong> film a semé le doute<br />

dans de nombreuses rédactions<br />

hexagonales, soit ils ont aimé, soit<br />

ils ont détesté. Difficile donc de ce<br />

prononcer sur cette mystérieuse<br />

production. Un film dérangeant et<br />

subtil à la fois.<br />

Tabou<br />

Drame<br />

de Miguel Gomes<br />

Avec Teresa Madruga,<br />

Laura Soveral, Ana<br />

Moreira<br />

Une vieille dame au fort tempérament,<br />

sa femme de ménage Cap-Verdienne<br />

et sa voisine dévouée à de bonnes<br />

causes partagent le même étage d'un<br />

immeuble à Lisbonne. La première<br />

meurt et resurgit alors une histoire de<br />

roman sʼétant déroulé en Afrique.<br />

Si lʼaffiche prête à la curiosité, le film<br />

en lui-même ne nous charme pas<br />

vraiment. Tourné en noir et blanc, une<br />

horreur à stopper à lʼheure de la 3D,<br />

ce long métrage est dʼun amateurisme<br />

sans nom. Reste maintenant à<br />

savoir sʼil est digne dʼintérêt et<br />

comporte une quelconque profondeur<br />

contextuelle. Qui sait...


Films à l’horizon (sorties du 16/01)<br />

Django Unchained<br />

Action, Western<br />

de Quentin Tarantino<br />

Avec Jamie Foxx,<br />

Christoph Waltz,<br />

<strong>Le</strong>onardo DiCaprio<br />

Dans le sud des États-Unis, deux ans<br />

avant la guerre de Sécession, le Dr<br />

King Schultz, un chasseur de primes<br />

allemand, fait lʼacquisition de Django,<br />

un esclave qui peut lʼaider à traquer<br />

les frères Brittle, les meurtriers quʼil<br />

recherche.<br />

Tarantino est une légende vivante du<br />

cinéma et son nouveau film est, de ce<br />

fait, lʼun des plus attendu de lʼannée.<br />

Direction les westerns spaghettis<br />

pour cette fois et ses cowboys. Pour<br />

lʼoccasion, Quentin nous a sorti un<br />

cowboy noir, une provocation de plus<br />

pour le cinéaste. Un western au<br />

temps de lʼesclavage, pourquoi pas ?<br />

Alceste à<br />

bicyclette<br />

Comédie<br />

de Philippe <strong>Le</strong> Guay<br />

Avec Fabrice Luchini<br />

Serge Tanneur était un grand comédien,<br />

avant de se retirer des feux de<br />

la rampe. Trop de stress l'a poussé<br />

un beau jour à prendre la décision de<br />

mettre fin à sa carrière. Depuis trois<br />

ans, il vit en solitaire sur l'Île de Ré.<br />

<strong>Le</strong> pitch est des plus intéressant et le<br />

casting lʼest tout autant. Avec un<br />

Fabrice Luchini en dramaturge déphasé<br />

et perdu dans ses pérégrinations<br />

rêveuses et un Lambert<br />

Wilson en star incompréhensive et<br />

imbue, cela peut donner un cocktail<br />

détonnant très drôle à admirer. Seul<br />

le titre déçoit quelques peu.<br />

Comme des frères<br />

Comédie<br />

de Hugo Gélin<br />

Avec François-Xavier<br />

Demaison, Nicolas<br />

Duvauchelle<br />

Depuis que Charlie nʼest plus là, la<br />

vie de Boris, Elie et Maxime a volé en<br />

éclats. Ces trois hommes que tout<br />

sépare avaient pour Charlie un<br />

amour singulier. Elle était leur sœur,<br />

la femme de leur vie ou leur pote,<br />

cʼétait selon.<br />

Ce film de potes a fait un carton en<br />

France où il est même considéré<br />

comme la comédie de lʼannée. Pour<br />

son premier long métrage, Hugo<br />

Gélin a fait mouche et devrait ravir le<br />

public belge de la même façon.<br />

Lʼoccasion dʼapprécier un film dʼamitié<br />

où les générations se croisent et<br />

se confondent.<br />

13<br />

Pas vus!<br />

Kid<br />

Drame<br />

de Fien Troch<br />

Avec Bent Simons,<br />

Gabriela Carrizo,<br />

Maarten Meeusen<br />

Kid, un garçon de sept ans, vit seul<br />

dans une ferme avec sa mère<br />

célibataire et son frère Billy. Malgré<br />

une situation difficile à la maison, Kid<br />

se sent protégé et à l'abri auprès de<br />

sa maman.<br />

Film belge, flamand et dramatique,<br />

autant de qualificatifs qui nous ont<br />

fait fuir. Il faut dire que les drames<br />

belges sont en général repoussants<br />

et ne servent quʼà flatter lʼégo de<br />

certains sur un cinéma de genre où<br />

le contexte prend souvent le pas sur<br />

la façade de lʼhistoire proprement<br />

dite. Un film certainement intelligent.<br />

8 janvier 2013


l’actu cinéma<br />

Cinquante nuances de Grey au cinéma<br />

C’est le bestseller du moment dans toutes les librairies, Cinquante nuances de Grey<br />

est le premier tome d’une trilogie érotique. Aidé par la controverse qu’a engendrée<br />

l’histoire osée signée E.L. James, le livre s’est d’ores et déjà vendu à plus de 40<br />

millions d’exemplaires à travers le monde.<br />

Comme tout succès attise la convoitise, il est assez normal de constater que les<br />

studios cinématographiques s’imaginent l’adapter à l’écran. C’est quasiment chose<br />

faite puisque la saga a trouvé acquéreur en Californie et plus précisément dans les<br />

couloirs d’Universal et Focus Features (société appartenant à Universal). Pour produire<br />

le film, c’est Mike De Luca (Ghost Rider) et Dana Brunetti (The Social Network) qui se<br />

sont lancés dans l’aventure.<br />

Reste à trouver les acteurs qui incarneront les deux protagonistes principaux. <strong>Le</strong>s<br />

rumeurs évoquent d’ailleurs Ryan Gosling ou Henry Cavill dans le rôle de Christian Grey.<br />

M.M.<br />

Box office US<br />

Du 28 au 3 janvier 2013<br />

1. The Hobbit<br />

2. Django Unchained<br />

3. <strong>Le</strong>s Misérables<br />

4. Parental Guidance<br />

5. Jack Reacher<br />

6. This is 40<br />

7. Lincoln<br />

8. The Guilt Trip<br />

9. Monsters Inc 3D<br />

10. Rise of the Guard.<br />

Source : Box Office Mojo<br />

Be Film Festival, du belge une fois!<br />

Comme chaque année depuis<br />

huit éditions, le Be Film<br />

Festival investit les Bozar et<br />

la Cinematek entre Noël et<br />

Nouvel An pour fêter une<br />

année de cinéma belge.<br />

À coups d’avant-premières,<br />

de courts-métrages, de rétrospectives<br />

et de fêtes<br />

thématiques, vous pouvez<br />

vous rattraper sur la vision des films du sud comme du<br />

nord du pays.<br />

Vous y êtes passé et vous avez apprécié ? Vous pensez<br />

avoir raté un évènement majeur de la scène culturelle et<br />

cinématographique bruxelloise ? Rien n’est perdu. <strong>Le</strong><br />

succès étant présent, l’année prochaine, retrouvez-nous<br />

à la même période pour fêter le cinéma belge aussi bien<br />

néerlandophone que francophone.<br />

DVD - Blu ray Expendables 2 de Simon West<br />

Lorsque Mr. Church engage Barney Ross, <strong>Le</strong>e<br />

Christmas, Yin Yang, Gunnar Jensen, Toll Road et<br />

Hale Caesar – et deux nouveaux, Billy The Kid et<br />

Maggie – l’opération semble facile. Mais quand l’un<br />

d’entre eux est tué, les Expendables jurent de le<br />

15<br />

M.M.<br />

Quand Hollande fait fuir<br />

la France du cinéma<br />

À l’aube d’une révolution sans précédent<br />

concernant la taxe à 75% sur<br />

les très hauts revenus, l’Etat français<br />

est pointé du doigt par de nombreux<br />

riches dont les stars du cinéma<br />

hexagonal font inexorablement partie.<br />

De fait, personne n’a pu éviter la<br />

querelle qui oppose depuis quelques<br />

temps l’acteur français Gérard Depardieu<br />

à l’Etat représenté par le nonmoins<br />

délicat Jean-Marc Ayrault.<br />

Ecoeuré par cet impôt gargantuesque,<br />

«Obélix» a décidé très récemment<br />

d’acquérir une propriété en<br />

Belgique, non loin de la frontière<br />

française. Mais, narrant la lâcheté du<br />

comédien, le premier ministre français<br />

a qualifié aussitôt cet acte de minable,<br />

provoquant l’ire de l’intéressé. Cela<br />

aurait pu en rester là mais on a appris<br />

récemment que l’acteur venait d’obtenir<br />

la nationalité russe qu’il a acceptée<br />

avec plaisir.<br />

Tout cela pour dire que cet acte en<br />

annonce d’autres et que, à l’instar des<br />

sociétés en difficulté, les dénonciations<br />

vont bon train dans le pays de<br />

Molière. Dernièrement, c’est Dany<br />

Boon qui a fait les frais de la chasse<br />

aux sorcières. Accusé par Vincent<br />

Maraval, PDG de Wild Bunch, de<br />

s’octroyer des cachets mirobolants en<br />

se réfugiant à Los Angeles, l’acteur a<br />

souhaité réagir en affirmant ne pas<br />

gagner autant et, tout comme Gégé,<br />

avoir plus rapporté à la France qu’avoir<br />

reçu. Une guerre intestine qui pourrait<br />

coûter cher au cinéma surtout.<br />

M.M.<br />

venger. Bien qu’en territoire hostile et donnés<br />

perdants, ils vont semer le chaos chez leurs<br />

adversaires, et se retrouver à tenter de déjouer une<br />

menace inattendue – cinq tonnes de plutonium<br />

capables de modifier l’équilibre des forces mondiales.<br />

8 janvier 2013<br />

©Jean-Marie <strong>Le</strong>roy


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Rétrospective de l’année<br />

Coups<br />

de<br />

coeur<br />

L’année 2012 fut riche en nouveautés musicales et en concerts. Ce fut aussi le début de cette formidable<br />

aventure qu’est le <strong>Suricate</strong>. Quelques chroniqueurs et chroniqueuses ont voulu partager avec vous les<br />

albums et concerts qu’ils avaient préféré en 2012. Voici donc, pour vous, le meilleur de l’année 2012!<br />

Bombardement australien dans nos oreilles<br />

Sortez les bazookas, le Parkway Drive nouveau<br />

est arrivé en cette année 2012! Et ce nouvel album se<br />

nomme «Atlas». Un nom bien choisi pour ce groupe qui ne<br />

cesse de gravir la montagne du succès depuis sa création<br />

en 2002 et qui s'impose comme LA formation de référence<br />

sur la scène metalcore.<br />

On commence doucement (comme d'habitude, mis à part<br />

sur «Killing with a Smile») avec un interlude mélodique<br />

avant d'avoir avec «Old Ghosts/New Regrets» un titre typé<br />

«Parkway Drive» : des guitares agiles et stridentes, un<br />

tempo rapide et le tout entrecoupé par un break<br />

monstrueux qui vous fera mosher dans votre salon. Mais le<br />

premier titre vraiment phare de cet album est «Wild Eyes»<br />

dans lequel le quintet australien montre toute sa maîtrise<br />

de la mélodie et de la puissance.<br />

Et les bougres ne nous laissent même pas le temps de<br />

respirer, enchaînant avec « Dark Days », le premier single<br />

tiré de l'album le chant rappelle par moment celui de<br />

Matthias Voigt (Heaven Shall Burn) et la chanson promet<br />

de faire quelques morts en concert! Avec «Swing», le<br />

groupe enchaîne passages supersoniques et rythmes<br />

lourds dont il a le secret.<br />

Ensuite changement d'ambiance avec «The Low<br />

Surrender» et son début assez psyché, assurément un des<br />

titres le plus expérimental de l'album. Il partage cet<br />

honneur avec «Atlas», un morceau mélangeant le<br />

metalcore et le post-hardcore mais qui ne convainc pas<br />

totalement.<br />

Mais que les fans se rassurent, avec «Sleight of hand» et<br />

«Snake Oil and Holy Water» le groupe conclut cet album<br />

avec deux chansons du style ravageur qui a fait leur<br />

célébrité.<br />

On voit que les australiens se sont fait plaisir sur ce<br />

disque, alliant leur formule toujours aussi efficace à de<br />

nouvelles idées bienvenues. On ne voit pas ce qui pourrait<br />

arrêter Parkway Drive qui s'impose de plus en plus comme<br />

le leader de la scène metalcore.<br />

Olivier Eggermont<br />

de l’année 2012<br />

16<br />

Born This Way Ball au Sportpaleis<br />

<strong>Le</strong> week-end du 29 et 30 septembre 2012 a été pour les<br />

Little Monsters belge, le week-end immanquable de<br />

l'année 2012. Wallons, Flamands, français, hollandais,<br />

gays, hétéros, filles, garçons, jeunes et moins jeunes ; tous<br />

s'étaient donné rendez-vous au Sportpaleis d'Anvers pour<br />

les deux shows de notre Mother Monster aka The Queen,<br />

Lady Gaga.<br />

Après une première partie mitigée entre Lady Starlight<br />

dont la prestation évoque toujours chez beaucoup un<br />

irrémédiable : «je n'ai pas tout compris de sa prestation,<br />

mais où voulait-elle en venir?» et The Darkness qui a<br />

laissé un très bon souvenir à tous, nous avions enfin la<br />

chance d'admirer notre idole après l'avoir attendue dans le<br />

froid et la pluie pendant plusieurs heures, voir même<br />

plusieurs jours pour certains.


Gaga grâce à sa scène reproduisant<br />

la façade d'un château, son entrée<br />

sur le dos d'un cheval articulé ou<br />

encore son Monster Pit inédit a<br />

réussi à charmer tout le monde<br />

même les plus réticents. Un show<br />

tout simplement grandiose de par<br />

ses chorégraphies, ses décors,<br />

ses jeux de lumière... Mais Gaga,<br />

c'est plus qu'un show! C'est avant<br />

tout une artiste proche de ses fans<br />

qui n'hésite pas à en faire monter<br />

certains sur scène, qui chante des<br />

chansons inédites (Princess Die) à<br />

la demande du public et qui a<br />

toujours le mot pour rire. <strong>Le</strong>s deux<br />

dates belges du Born This Way<br />

Ball étaient sold-out, comme le<br />

reste de sa tournée, et après y avoir<br />

assisté, on comprend pourquoi.<br />

«And Death Said Live»<br />

C'est avec "And death said live"<br />

que Mors Principium Est marque<br />

un retour en force dans le milieu<br />

du death melodic. Après 5 ans<br />

d'absence et de nombreuses<br />

craintes quand à la séparation du<br />

groupe, les finlandais reviennent<br />

avec un album au son dense, sans<br />

prise de risques mais qui réussit à<br />

toucher son public. La nouvelle<br />

line-up du groupe a relevé le défi<br />

d'égaler ses prédécesseurs, car<br />

bien que The Unborn (2005) reste<br />

leur pièce maitresse à ce jour, And<br />

Death Said Live nous offre 10<br />

morceaux exceptionnels, mélange<br />

parfait de clavier énergique, de<br />

solos déchainés et de vocaux<br />

entrainants. <strong>Le</strong>s nouveaux membres<br />

apportent leur propre marque, et ce<br />

n'est pas pour nous déplaire ! Avec<br />

des perles telles que "Birth of the<br />

Starchild" et "Dead winds of hope",<br />

ce nouvel album de Mors Principium<br />

Est peut sans rougir prétendre au<br />

titre de meilleur album de death<br />

melodic de cette année. Un retour<br />

en grande pompe pour l'un des<br />

meilleurs groupes du genre.<br />

Triggerfinger<br />

Marie Vandenberg<br />

Quentin Esser<br />

Bien sûr, j’en avais déjà entendu<br />

parler, je savais plus ou moins ce<br />

qu’ils faisaient mais je n’avais<br />

jamais vraiment écouté leur<br />

musique.<br />

Et puis je les ai vus. En vrai. Et là<br />

ça été la claque ! C’était le 29<br />

juillet dernier, au Ronquières<br />

Festival. À peine avaient-ils posé<br />

le pied sur la scène que ce fut<br />

l’explosion.<br />

<strong>Le</strong> trio anversois déchire tout avec<br />

un Rock’n’roll lourd aux influences<br />

Blues, Rockabilly et Stoner. En<br />

gros, du très, très bon son.<br />

Mais ce son ne serait pas ce qu’il<br />

est sans les trois musiciens de<br />

génie qui forment Triggerfinger :<br />

Ruben Block, le chanteur à<br />

rouflaquettes à la voix puissante et<br />

intense, Paul Van Bruystegem<br />

(alias Monsieur Paul, en Français<br />

dans le texte), l’imposant bassiste<br />

hypnotique (précédemment bassiste<br />

de Beverly Jo Scott), et Mario<br />

Goossens, le batteur fou (vous<br />

vous souvenez de Animal, le<br />

batteur ébouriffé des Muppets ? La<br />

ressemblance est indéniable) en<br />

costard violet et baskets, mais<br />

néanmoins excellent (ancien batteur<br />

de Hooverphonic, actuellement<br />

producteur de Black Box Revolution).<br />

Nos trois compères se démènent<br />

sur scène dans un tourbillon<br />

époustouflant. Tout en sautant et<br />

virevoltant sur ses souliers vernis<br />

bleu électrique, Ruben Block nous<br />

scotche par sa présence scénique,<br />

sa voix somptueuse (bien que<br />

17<br />

vous aurez plus l’occasion d’en<br />

profiter sur CD, de sa voix<br />

somptueuse : en live le son est<br />

tellement puissant que l’on ne se<br />

rend pas forcément compte de<br />

talent vocal) et son jeu de guitare<br />

endiablé.<br />

L’impressionnant Monsieur Paul,<br />

toujours à droite de la scène,<br />

semble véritablement habité par la<br />

musique et dodeline du chef sur le<br />

tempo qu’il insuffle à sa basse.<br />

Et pour chapeauter le trio, Mario<br />

Goossens, tout sourire – à moins<br />

que ce ne soit un tic nerveux, sue<br />

à grosses gouttes en frappant de<br />

toutes ses forces et à toute vitesse<br />

sur les caisses de sa batterie,<br />

nous faisant nous rendre à<br />

l’évidence : le titre de “Meilleur<br />

musicien de l’année” qu’il a reçu en<br />

2011 aux Music Industry Awards<br />

n’est vraiment pas usurpé.<br />

Comme ils le disent si bien dans<br />

leur biographie : une prestation<br />

scénique et une intensité musicale<br />

qui vous happe sans vous laisser<br />

indemne !<br />

Mais s’ils sont absolument excellents<br />

sur scène, ils ne le sont pas moins en<br />

studio : leurs trois albums ( + 2 lives )<br />

sont de véritables perles.<br />

8 janvier 2013


<strong>Le</strong>ur premier album, “Triggerfinger” (2004), malgré qu’il soit<br />

bien pèchu et très agréable à écouter, présente quelques<br />

petites incohérences, semble encore un peu hésiter entre<br />

différentes influences musicales (certains morceaux tirent<br />

carrément vers le Metal, le dernier morceau est un titre en<br />

Français, une reprise de “Au suivant” de Jacques Brel, …).<br />

Mais ensuite sort “What Grabs ya?” , en 2008, un bijou<br />

d’intensité et de profondeur (particulièrement les morceaux<br />

“First Taste”, “Soon” et “Is it”). <strong>Le</strong> groupe enchaîne les<br />

concerts et les festivals, et sort en 2010 “All This Dancin’<br />

Around” qui ne comporte quasiment que des morceaux<br />

géniaux. Depuis, le trio grimpe, grimpe, grimpe, et gagne<br />

en popularité d’abord dans le nord du Pays, puis aux Pays-<br />

Bas et en Allemagne, et enfin en Wallonie et même<br />

doucement en France. Ils sortent en 2012 un très bon<br />

album live (“Faders Up 2 – Live in Amsterdam), et un<br />

sublime coffret collector en bois sérigraphié dans la foulée.<br />

C’est aussi en 2012 qu’ils reprennent le tube “I Follow Rivers”<br />

de Likke Li dans une version envoûtante, où Mario Goossens<br />

accompagne la boîte à rythmes avec… une petite cuillère sur<br />

une tasse et un verre vide !<br />

Depuis, le groupe est en tournée et foule les scènes de<br />

toute l’Europe. On attend avec impatience leur retour en<br />

Belgique et surtout, un nouvel album!<br />

Thick as a Brick<br />

Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Lise Francotte<br />

Ce n’est pas un album, mais bien un concert qui m’a le<br />

plus marqué en 2012, en l’occurrence, celui de Ian<br />

Anderson au Cirque Royal, le 16 novembre dernier.<br />

Celui-ci interpréta dans leur intégralité les albums « Thick<br />

as a Brick » ( dont je vous avais parlé dans le <strong>Suricate</strong> n°3)<br />

et « Thick as a Brick 2 », la toute récente suite de cet<br />

album culte.<br />

Et ce soir-là, le spectacle fut tout simplement magique du<br />

début à la fin.<br />

Musicalement tout d’abord : Ian Anderson et son groupe<br />

livrèrent une prestation incroyablement juste et bien<br />

exécutée. <strong>Le</strong> tout bien aidé par la très bonne acoustique<br />

du Cirque Royal.<br />

A 65 ans, Ian Anderson n’a certes plus sa voix d’il y a 40<br />

ans. Mais là où certains cacheraient leurs lacunes derrière<br />

un vulgaire playback, Ian avait décidé d’être accompagné<br />

pendant sa tournée d’un jeune chanteur, chargé d’exécuter<br />

les parties de chant les plus délicates. Ce que Ryan<br />

O’Donnell fit avec brio !<br />

<strong>Le</strong> jeune camarade de Anderson doubla également ce<br />

dernier sur certaines parties de flûte. Ce qui n’était pas<br />

vraiment nécessaire, Ian Anderson n’ayant rien perdu de<br />

son talent avec son instrument de prédilection.<br />

<strong>Le</strong> show et la mise en scène, dans le style bon humour<br />

surréaliste anglais dont Ian Anderson raffole, valait<br />

également le détour. Petits sketchs et vidéos projetées sur<br />

écran géant ajoutèrent de la vie aux deux « concept<br />

albums »<br />

Pour résumer ma soirée, en fan absolu du « Thick as a<br />

Brick » premier du nom, j’ai tout simplement pris mon pied<br />

18<br />

à entendre cette œuvre interprétée de façon aussi<br />

magistrale.<br />

En 2013, je rêve qu’un groupe de rock nous sorte un<br />

album d’une telle beauté. Qui sait ? L’espoir fait vivre<br />

comme on dit…<br />

Skip & Die<br />

Julien Sterckx<br />

C'est au beau milieu d'une errance web, entre publicité<br />

pour régime miracle et vidéo d'accouchement de girafe<br />

que j'ai découvert le groupe SKIP&DIE.<br />

Association d'une chanteuse Sud-Africaine, Catarina<br />

Pirata et d'un producteur Néerlandais Crypto Jori. Ils ont<br />

parcouru l'Afrique à la recherche de musiciens de<br />

plusieurs régions afin d’en obtenir à chaque rencontre une<br />

collaboration pour les titres de leur premier album: «Riots<br />

in the Jungle».<br />

SKIP&DIE est un mélange parfait de Hip hop/Electro/<br />

Jungle, un véritable pesto musical.<br />

Pour leurs clips colorés kaléidoscopiques d'où s'échappent<br />

le flow désinvolte mais percutant de cette chanteuse aux<br />

cheveux roses, et leurs percussions enivrantes et<br />

endiablées à l'univers unique, je vous recommande<br />

SKIP&DIE, un groupe dont votre ouïe et votre vue ont tout<br />

à gagner.<br />

Cécile Marx


L’ article<br />

Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Au programme, des artistes<br />

incontournables et hyper connus<br />

comme The Animals, B.J. Scott ou<br />

Wishbone Ash, mais aussi quelques<br />

artistes moins connus, voire même<br />

tout frais sortis de nulle part. Parmi<br />

eux, je citerai Sirius Plan, Antoine<br />

Goudeseune ou encore Layla Zoe.<br />

Bref, un Botanique plein à craquer<br />

(la journée était Sold Out depuis<br />

quelques semaines déjà), et une<br />

affiche pleine de promesses…<br />

N’ayant pas pu assister à l’entièreté<br />

de l’événement, je m’attarderai<br />

surtout sur les deux concerts les plus<br />

touchants selon moi.<br />

The Animals (16:00, Orangerie)<br />

Marc Ysaye fête les 25 ans des Classiques.<br />

En fait, il faudrait plutôt dire “Animals<br />

& Friends”, puisque le groupe<br />

original The Animals a subi moultes<br />

changements de line-up, et est<br />

aujourd’hui “scindé” en deux : Eric<br />

Burdon & The Animals d’un côté<br />

(avec le chanteur “d’origine” du<br />

groupe Eric Burdon, Eric McFadden,<br />

Red Young, Paula O’Rourke et Wally<br />

Ingram), et Animals & Friends de<br />

l’autre (avec le batteur d’origine John<br />

Steel, Pete Barton au chant, Danny<br />

Hangley, John Williamson et Mickey<br />

Gallagher). Pour cette date-ci, nous<br />

avions l’honneur de voir l’excellent<br />

claviériste Zoot Money (dans le<br />

groupe depuis 1968).<br />

<strong>Le</strong> concert sonnait comme ce que<br />

l’on attend d’un concert des Animals :<br />

un son rock brut exceptionnel, une<br />

ambiance du tonnerre et des<br />

musiciens talentueux. Mais ce qui<br />

frappe surtout, c’est l’étonnante<br />

bonne ambiance qui règne au sein<br />

du groupe : le vieux Zoot (70 ans)<br />

fait des grimaces au jeune guitariste<br />

Danny Hangley, le chanteur se marre<br />

Ce dimanche 9 décembre dernier, la moyenne d’âge dans les couloirs du Botanique<br />

devait tourner autour des 50 ans. Atmosphère un brin soixante-huitarde, bannières<br />

violettes sur tous les murs. Marc Ysaye fêtait les 25 ans de son émission culte: <strong>Le</strong>s<br />

Classiques, sur Classic 21.<br />

avec le reste de la bande, …<br />

<strong>Le</strong> groupe nous a offert une prestation<br />

d’enfer, ponctuant le concert de<br />

quelques-uns de ses morceaux cultes<br />

(Don’t <strong>Le</strong>t Me Be Misunderstood, We<br />

Gotta Get Out of This Place, Boom<br />

Boom, …) ainsi que de reprises<br />

magnifiquement interprétées (I Put a<br />

Spell on You était particulièrement<br />

réussie)… Pour terminer avec –<br />

évidemment – le tube House of the<br />

Rising Sun.<br />

Pour la petite histoire, House of the<br />

Rising Sun est en fait une chanson<br />

traditionnelle américaine dont on ne<br />

connait pas vraiment l’origine (comme<br />

toutes les chansons traditionnelles,<br />

finalement) que le groupe a repris en<br />

studio en 1964 et qui lui a permis de<br />

rentrer dans les charts et de se<br />

positionner comme groupe de rock<br />

incontournable aux côtés des Stones<br />

et des Beatles à cette époque.<br />

Pour en revenir au concert, j’avoue<br />

avoir été complètement bluffée par la<br />

performance de Pete Barton, chanteur<br />

du groupe depuis “seulement” 2001…<br />

Sous ses faux airs de Benny Hill, les<br />

fesses un peu trop serrées dans son<br />

jean et les pieds nus sur la scène, le<br />

gaillard est absolument fantastique :<br />

une voix parfaite, un charisme<br />

indéniable et une puissance délirante.<br />

Il faut bien le dire : il est à la hauteur<br />

d’Eric Burdon (ça me fait mal de le<br />

dire, mais c’est vrai).<br />

Andoine Goudeseune fingerpicking The<br />

Beatles (17:15, Witloof Bar)<br />

Ok, c’est parce qu’on ne pouvait plus<br />

rentrer dans la Rotonde pour le<br />

concert de Sirius Plan que je me suis<br />

aventurée dans le Witloof Bar… Et je<br />

20<br />

ne m’attendais pas à être autant<br />

sous le charme !<br />

Tout au bout de la salle plongée dans<br />

le noir se tient Antoine Goudeseune,<br />

sous une lumière violette. Grand<br />

bonhomme barbu, tout seul sur son<br />

tabouret, concentré sur sa guitare<br />

sèche. Il nous livre une interprétation<br />

bien à lui des tubes des Beatles : des<br />

arrangements où l’on retrouve non<br />

seulement les mélodies des chansons<br />

mais aussi les parties chantées et les<br />

petits sons indissociables de certains<br />

morceaux. <strong>Le</strong> tout sur une seule et<br />

même guitare ! Presqu’aussi fort que<br />

Jacques Stotzem (lui aussi présent à<br />

cet anniversaire) quand il reprend<br />

With or Without You et qu’on a<br />

l’impression qu’ils sont 6 sur la<br />

scène alors qu’il est tout seul,<br />

Antoine Goudeseune nous emmène<br />

dans son univers un peu féérique et<br />

fait ressortir l’essence même des<br />

chansons des Fab Four.<br />

<strong>Le</strong> public est envouté, par moment<br />

incapable de se retenir de murmurer<br />

les paroles si bien suggérées par le<br />

guitariste.<br />

Fan des Beatles depuis ses 11 ans,<br />

Antoine Goudeseune a concrétisé<br />

son projet tout récemment (son<br />

album est sorti en octobre 2012) et<br />

n’est pas encore signé (à bon<br />

entendeur…). Il multiplie les<br />

concerts et jongle entre ses multiples<br />

activités (il joue dans plusieurs<br />

groupes et est ingénieur du son et<br />

professeur dans les académies de<br />

Morlanwez et de Binche, ainsi qu’au<br />

Conservatoire Royal de Mons).<br />

Bref, une perle à suivre !<br />

Lise Francotte


The Animals à l’Orangerie<br />

Photos: Lise Francotte


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

La rencontre avec Stéphanie Sandoz<br />

Dis-nous quelque chose à ton<br />

propos ? Qui es-tu ?<br />

J’ai toujours adoré chanter sans pour<br />

autant oser assumer d’en faire mon<br />

métier. Je n’avais pas la voix de<br />

Grace Jones, je ne connaissais rien ni<br />

personne dans ce milieu et je n’avais<br />

aucune légitimité. Et puis j’ai eu un<br />

électrochoc, un sentiment d’urgence.<br />

J’avais le sentiment de passer à côté<br />

de ma passion, de ce besoin viscéral<br />

et inexplicable de faire de la musique.<br />

Alors je me suis lancée ! Je me suis<br />

entourée de musiciens, je suis montée<br />

sur scène et j’ai chanté des reprises.<br />

J’écrivais des petits textes dans mon<br />

coin, j’avais des idées mélodiques.<br />

J’ai commencé à faire des chansons.<br />

J’ai réfléchi à des compositeurs, des<br />

auteurs, des musiciens avec lesquels<br />

j’avais envie de bosser. Je suis allée<br />

les rencontrer un à un, au culot, pour<br />

les convaincre de travailler avec moi.<br />

Je les attendais pendant des heures à<br />

la sortie des salles de concerts.<br />

Beaucoup ont accepté de me donner<br />

ma chance, m’accompagnent depuis<br />

le début et sont même devenus des<br />

amis.<br />

Je crois que ma force c’est ma<br />

ténacité. Ma chance, ce sont mes<br />

rencontres. J’ai appris ce que je sais en<br />

travaillant avec des gens d’exception.<br />

Comment as-tu eu l’idée de cet<br />

album, de voyager ainsi à travers le<br />

monde ?<br />

Je rêvais de partir, d’aller voir ce qui<br />

se passe ailleurs, jusqu’au bout du<br />

monde. Mais pas question de m’éloigner<br />

de ma musique : la seule solution était<br />

de mêler musique et voyage! Cette<br />

idée d’album «tour du monde» est<br />

Un 2 e album réalisé en faisant le tour du monde en treize étapes. Un<br />

album réalisé avec des talents multiculturels. Stéphanie Sandoz nous<br />

propose, avec talent et pugnacité, Jet Lag, un cd qui vous fera<br />

voyager…<br />

venue finalement assez naturellement.<br />

A chaque étape de mon voyage, j’allais<br />

faire une chanson, capter l’instant<br />

présent…Et j’allais le construire au fil<br />

de mon voyage et de mes rencontres.<br />

Je l’ai appelé « Jet Lag » bien sûr en<br />

référence au décalage horaire mais<br />

aussi parce que ça allait forcément<br />

être quelque chose de différent.<br />

La seule chose qui était compliquée<br />

pour moi c’était l’avion. J’ai une peur<br />

bleue de l’avion. La perspective de<br />

parcourir plus de 40000 km me<br />

rendait hystérique. Et finalement j’ai<br />

vaincu ma peur en écrivant en vol les<br />

textes de mes 13 chansons !<br />

Pourquoi avoir choisi des noms de<br />

villes ?<br />

Parce que je voulais que chaque<br />

chanson de l’album porte le nom d’une<br />

destination et que, dans l’imaginaire<br />

collectif comme dans le mien, les<br />

grandes capitales véhiculent le rêve…Et<br />

puis, j’avais envie d’échanger avec des<br />

artistes locaux. C’était la base de mon<br />

projet. Je me suis dis que j’aurais plus<br />

de chance d’en rencontrer dans les<br />

grandes villes…<br />

Deuxième album et un sacré culot de<br />

présenter ainsi un album multiculturel !<br />

Sincèrement, en décidant d’y aller, je<br />

n’ai pas réfléchi à ce qu’on pourrait<br />

penser de ma démarche.<br />

Mon premier album était plus jeune et<br />

plus classique. Je me cherchais<br />

beaucoup. Pour celui-ci, il y avait une<br />

espèce d’évidence, une folie aussi<br />

parce que c’était très ambitieux.<br />

J’avais envie de tenter l’aventure, de<br />

repousser les frontières et mes<br />

22<br />

propres limites. C’était avant tout un<br />

défi personnel. Je l’ai fait et j’en suis<br />

très fière.<br />

Avais-tu pris contact avec des artistes<br />

locaux avant de les embarquer ou les<br />

as-tu choisis une fois sur place ?<br />

<strong>Le</strong> mois précédant mon départ, j’ai<br />

identifié des artistes et musiciens<br />

dans chaque ville, je les ai contactés<br />

via leurs sites Web en leur expliquant<br />

mon projet. A mon grand étonnement,<br />

j’ai eu des réponses quasi immédiates<br />

et même des rendez-vous…Un truc<br />

pareil n’arriverait pas en France !<br />

Mais finalement, sur place, rien ne<br />

s’est passé comme prévu ! Parmi les<br />

gens que je devais voir, beaucoup ne<br />

sont pas venus, mais bizarrement j’ai<br />

rencontré d’autres artistes fabuleux<br />

complètement par hasard. Par exemple,<br />

alors que je venais d’être plantée par<br />

mon artiste chinois, j’ai eu une<br />

conversation sur Skype avec un<br />

copain qui avait vécu à Hong Kong. Il<br />

m’a proposé de me mettre en relation<br />

avec un de ses amis, chanteur et<br />

musicien. J’ai accepté et le lendemain,<br />

j’avais rendez-vous pour déjeuner<br />

downtown avec un certain Kenny.<br />

Quand je suis arrivée devant le<br />

restaurant, j’ai vu tous ces photographes<br />

devant la porte. Naïvement, j’ai pensé<br />

qu’une star devait déjeuner là. Et bien,<br />

la star en question, c’était justement<br />

Kenny qui m’attendait dans le restaurant,<br />

entouré de ses bodyguards et de son<br />

traducteur ! Et moi qui arrive en mode<br />

détente et jean baskets ! J’ai compris<br />

par la suite que Kenny Bee était une<br />

super star, adulée dans son pays. Et<br />

pendant ce déjeuner, je l’ai convaincu<br />

de faire un duo sur mon album.


As-tu déjà eu des refus de collaboration ?<br />

Bien sûr ! Et des « incompatibilités »<br />

aussi ! On m’a proposé des musiques<br />

ou des textes que je n’ai pas aimés,<br />

quand bien même certains étaient<br />

signés de personnalités qui auraient<br />

pu « accélérer ma carrière », et à<br />

contrario j’ai attendu en studio 2 ou 3<br />

artistes emblématiques qui avaient<br />

« a-do-ré » leur chanson et qui ne sont<br />

jamais venus ! C’est ça la musique…<br />

On essaie des trucs, parfois ça<br />

marche, d’autres fois ça capote. Mais<br />

au moins on essaie ! J’ai fais des<br />

choix artistiques sur cet album et je les<br />

revendique parce que j’ai été sincère.<br />

Pourquoi avoir choisi telle ou telle<br />

destination plutôt qu’une autre ?<br />

J’ai pris un atlas, j’ai fermé les yeux…<br />

et hop ! Si c’était réaliste en termes de<br />

transport, je restais sur le hasard qui<br />

fait souvent bien les choses. J’ai choisi<br />

de faire 13 titres, par pure superstition !<br />

Si je me donne la chance de repartir<br />

pour faire « Jet Lag 2 » (on se croirait<br />

dans Pékin Express !), je viserai<br />

l’Amérique du Sud et l’Afrique noire<br />

qui m’ont manqué musicalement<br />

parlant. Mais comme dirait ma<br />

maman, il faut se laisser des marges<br />

de progression !<br />

Qu’est-ce qui t’a frappée, émue lors<br />

de ce périple ?<br />

J’ai pleuré deux fois. Une fois devant<br />

le lac de Côme, parce que la beauté<br />

du lieu a réveillé chez moi des<br />

émotions profondes. Une fois à<br />

Bombay, dans une ruelle, quand ces<br />

enfants chauves et mal nourris se sont<br />

massés autour de moi pour jouer<br />

avec mes cheveux. L’Inde m’a fait<br />

l’effet d’un électrochoc. Sec et violent.<br />

Ce pays m’a fait relativiser beaucoup<br />

de choses. J’y retournerai.<br />

En voyageant, en touchant de près<br />

l’âme des villes et de leurs habitants,<br />

on évolue forcément. On change son<br />

point de vue. Je crois que ce voyage a<br />

changé ma perception de la vie et des<br />

autres.<br />

Quelle est la collaboration qui t’a le<br />

plus marquée et pourquoi ?<br />

Toutes m’ont marquée ! A chaque fois,<br />

c’est un bout des autres que l’on<br />

emporte avec soi. Cette rencontre à<br />

Alger avec Samira Brahmia, avec une<br />

vie si différente de la mienne. Ou<br />

encore ma collaboration avec<br />

Cerrone, un artiste énorme que<br />

j’admire et avec lequel je rêvais de<br />

travailler. Je n’y ai pas cru quand il m’a<br />

donné rendez-vous ! Il m’a donné<br />

plein de conseils pour l’album et il le<br />

suit de près. Et Sean Dinsmore (aka<br />

DJ Cavo) à Shanghaï et l’immense<br />

Chris Birkett à Johannesburg. Et ce<br />

percussionniste génial sur Hollywood<br />

Boulevard à Los Angeles dont j’ignore<br />

le nom et qui m’a offert son son. Ou<br />

encore Félix de You and You, qui vient<br />

d’un univers très différent du mien et<br />

signe avec moi le nouveau single<br />

éponyme, « Jet Lag ». Des gens de<br />

tous âges, de toutes les nationalités,<br />

de toutes les influences. C’était riche<br />

de sens et c’était ça que j’attendais de<br />

cet album.<br />

Et puis mon équipe de choc, mes amis<br />

talentueux, avec laquelle j’ai finalement<br />

assemblé tous ces petits morceaux<br />

d’ailleurs en rentrant à Paris : Chris<br />

Birkett, Laurent Binder, Cyril Paulus,<br />

Yasmin Shah, Pierre-Etienne Michelin,<br />

Laurent Vernerey, Jérôme Attal…<br />

Cette aventure, je l’ai voulue collective.<br />

C’est eux tous la « Jet Lag Team » !<br />

Quelles sont les anecdotes amusantes,<br />

touchantes, tristes que tu pourrais nous<br />

raconter ?<br />

Par exemple, j’écrivais dans les<br />

avions, et à l’atterrissage à chaque<br />

escale, mon obsession était de<br />

maquetter les chansons. Alors, pour<br />

faire mes maquettes, je me mettais<br />

dans les baignoires ou les douches<br />

des hôtels avec mon casque et mon<br />

ordinateur sur les genoux…C’est là<br />

que l’acoustique était la meilleure…<br />

autant de concerts live pour mes<br />

voisins de palier !<br />

Je me souviens aussi de ce bœuf<br />

improvisé au cœur du vieux Shanghai,<br />

très traditionnel et qui contraste avec<br />

les buildings ultra modernes alentours.<br />

Un gosse réparait son vélo, une dame<br />

faisait sécher son linge dans la rue, un<br />

vieux monsieur fumait la pipe dans<br />

son fauteuil. Et il y avait cette jeune<br />

fille qui jouait de la guitare. J’ai<br />

commencé à chanter en l’écoutant. <strong>Le</strong><br />

gosse a pris un bâton pour marquer le<br />

tempo sur son vélo. Un attroupement<br />

s’est formé et tout le monde tapait<br />

dans les mains ! Un beau souvenir !<br />

J’ai aussi voulu enregistrer plein de<br />

sons réels des villes, avec un micro<br />

embarqué. Tous ces sons, bruits de<br />

voitures, brouhaha, instruments de<br />

musique, vent sur la mer… perceptibles<br />

ou non, sont mixés dans l’album…<br />

Quand j’approchais d’eux mon micro,<br />

généralement, les gens hallucinaient !<br />

C’était un moyen génial de faire<br />

connaissance et d’engager la conversation.<br />

As-tu tout écrit durant ton voyage<br />

ou as-tu fini certaines chansons à<br />

ton retour ?<br />

J’ai écrit pratiquement toutes les<br />

chansons pendant le voyage et j’ai tout<br />

finalisé à mon retour, tranquillement, en<br />

studio. Là, j’ai fait le tri et assemblé les<br />

morceaux comme on fait un gros<br />

puzzle ! Il y en avait dans tous les<br />

sens ! J’avais des voix des uns reçues<br />

par email, des sons d’ici et là, des<br />

instruments de toutes les provenances…<br />

C’est à Paris que j’ai harmonisé le tout<br />

avec l’équipe.<br />

Pourquoi avoir choisi la chanson<br />

pour t’exprimer ?<br />

Chanter a toujours été une passion. Et<br />

pourtant, je n’aime pas spécialement<br />

ma voix. Mais j’ai reçu de nombreux<br />

signes qui m’ont convaincue de<br />

persévérer. A commencer par ce<br />

producteur américain emblématique,<br />

Brian M. Bacchus, que j’ai rencontré<br />

par hasard dans un bar à New York, et<br />

qui m’a fait enregistrer mes premières<br />

démos là-bas…<br />

Que sont devenues tes premières<br />

chansons ? Tu as commencé à<br />

écrire à quel âge ?<br />

J’ai des dizaines et des dizaines de<br />

chansons qui dorment paisiblement<br />

dans mon ordinateur, sur des carnets…<br />

J’en sème un peu partout ! J’ai<br />

toujours aimé écrire et aussi loin que<br />

je m’en souvienne, j’écrivais des<br />

textes. Cette année, je commence<br />

d’ailleurs un bouquin…<br />

Comment définirais-tu ton style de<br />

musique ?<br />

Je pense faire de la « chanson -<br />

française - (mais pas seulement parce<br />

que dans mon album je chante aussi<br />

en anglais ou en italien) – d’un genre<br />

globalement pop – (mais « Jet Lag »<br />

est un album qui mélange les genres<br />

et les styles musicaux… tu ne fais pas<br />

la même musique à Bombay ou à<br />

Moscou !) ». En tout cas, sur iTunes et<br />

toutes les plateformes de téléchargement<br />

légal, on peut me trouver dans la case<br />

« french pop ».<br />

A part la chanson, tu as d’autres<br />

passions ?<br />

La voile… je referai un jour le tour du<br />

monde en bateau !<br />

Quels sont tes futurs projets ?<br />

Partager mon « Jet Lag » avec le plus<br />

grand nombre ! J’espère que chacun<br />

pourra trouver quelque chose à aimer<br />

dans cet album. Et je pense déjà au<br />

prochain départ…<br />

Propos recueillis par Marc Bailly<br />

23 08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Interview<br />

aux portes de la gloire!<br />

Fondé en 1997, Shakra est un groupe de hard rock qui a vécu bien des déboires. Après plusieurs<br />

disques au succès mitigé, les bernois bénéficièrent d’une certaine renommée quand ils assurèrent<br />

les premières parties de géants du rock comme Iron Maiden ou Guns N’ Roses. Malgré cela, les<br />

tensions au sein du groupes se font nombreuses et sont principalement dues aux problèmes de<br />

drogue du chanteur Mark Fox. Celui-ci finira donc par partir et sera remplacé par John Prakesh.<br />

Depuis lors, le groupe a renait de ses cendres. Après «Back On Track», ils reviennent cette année<br />

avec «Powerplay», un nouvel album qui pourrait bien les faire décoller. Nous avons profité de<br />

cette sortie pour nous entretenir avec Thomas Muster, le guitariste du groupe.<br />

Bonjour Thomas! Ravi de faire ta<br />

connaissance!<br />

Shakra s’est formé il y a 20 ans.<br />

Quand tu regardes en arrière, que<br />

penses-tu de l’évolution du<br />

groupe?<br />

Lorsque nous avons commencé<br />

dans les années 90, nous étions fort<br />

influencés par des groupes comme<br />

AC/DC, Saxon ou Accept. Beaucoup<br />

venant des années 80 donc. Bien<br />

entendu, j’aime encore ces groupes,<br />

mais pour être honnête, je ne les<br />

écoute plus beaucoup aujourd’hui.<br />

J’écoute plutôt Rush ou Dream<br />

Theater. Cela ne veut pas dire que<br />

Shakra sonne comme ces deux<br />

groupes aujourd’hui. Mais tu ne<br />

trouveras plus de riffs à la AC/DC<br />

dans nos deux derniers albums. Je<br />

pense que cela est dû à une<br />

évolution musicale et personnelle qui<br />

s’est fait de façon naturelle. Et<br />

«Powerplay» montre ce que nous<br />

sommes en 2013!<br />

Justement, «Powerplay» est votre<br />

9ème album. Comment s’est<br />

déroulé l’enregistrement?<br />

Nous avons toujours la même<br />

m é t h o d e d e t r a v a i l . N o u s<br />

enregistrons d’abord des chansonspilote<br />

dans notre salle de répétition.<br />

Puis, Roger enregistre sa batterie en<br />

studio sur ces chansons-pilote.<br />

Ensuite, nous enregistrons tous les<br />

autres instruments petit à petit<br />

(basse, guitare et clavier). Et enfin,<br />

les voix. Nous n’enregistrons jamais<br />

en situation «live» contrairement à<br />

certains. Nous travaillons dans le<br />

studio de Thom et cela nous permet<br />

de prendre le temps dont nous<br />

avons besoin. Cette fois, nous avons<br />

mis 3 mois à enregistrer cet album.<br />

Comme son prédécesseur, cet<br />

album est rempli de bons riffs et<br />

solos!<br />

Merci!<br />

Où trouves-tu ton inspiration?<br />

Eh bien pour être honnête, je ne sais<br />

pas... Parfois ça vient tout seul,<br />

parfois pas... Je joue de la guitare<br />

tout le temps: lorsque je suis au lit,<br />

devant la télé, je trouve un chouette<br />

riff et je chante une mélodie<br />

sur celui-ci. Et une nouvelle<br />

chansons est née!<br />

Comment composezvous?<br />

Est-ce que vous<br />

travaillez en équipe? Ou<br />

est-ce que l’un d’entre<br />

vous conduit l’écriture?<br />

Je travaille à la maison dans<br />

mon petit studio. C’est plus<br />

confortable pour moi. Je<br />

travaille avec une boite à<br />

rythmes. De cette façon, je<br />

peux enregistrer et essayer<br />

quelques parties vocales<br />

avec John plus tard. Si on<br />

trouve que le résultat donne<br />

une bonne chanson, John<br />

écrit des paroles et Thom<br />

travaille quelques solos. Et<br />

voilà, nous travaillons ainsi<br />

depuis des années.<br />

Lorsque j’écoute «Powerplay,<br />

votre nouvel album et «Back<br />

on Track», l’album<br />

précédent, il est évident que<br />

vous avez trouvé votre son et<br />

un style très reconnaissable.<br />

24<br />

Vous avez changé de chanteur<br />

également et avez choisi John<br />

Prakesh.<br />

Qu’a-t’il apporté au groupe?<br />

C’est très simple, il a apporté cette<br />

magnifique voix et sa nature<br />

charmante. Et ça compte beaucoup!<br />

Nous avions beaucoup de problèmes<br />

avec notre précédent chanteur et<br />

John est quelqu’un de tout à fait<br />

différent, Dieu merci!


Etait-ce difficile pour vous de faire un aussi bon<br />

album après «Back on Track»? Avez-vous ressenti<br />

plus de pression durant l’enregistrement?<br />

Non! Pas du tout! Et pour une simple raison, j’ai<br />

commencé à écrire de nouvelles chansons juste après<br />

la sortie de «Back on Track». En quelques mois, j’avais<br />

tout un tas de nouvelles chansons. Tout s’est donc fait<br />

très facilement et nous n’avons dès lors pas ressenti de<br />

pression. Plus tard, lorsque nous avons travaillé les<br />

voix, tout correspondait à ce que j’avais en tête.<br />

Heureusement donc tout a de nouveau bien fonctionné<br />

pour cet album, mais ce sont des choses que tu ne sais<br />

jamais à l’avance.<br />

Vous prévoyez de tourner en 2013?<br />

<strong>Le</strong> plus possible! <strong>Le</strong>s premières dates se trouvent sur<br />

www.shakra.ch<br />

Vous avez fait les premières parties de groupes<br />

connus par le passé comme GNR, qu’est ce que ces<br />

expériences ont apporté au groupe?<br />

Hmmm... ce n’est pas une question facile... Bien entendu,<br />

c’est chouette de jouer face à 13.000 personnes. Mais<br />

dans un sens, c’est une situation étrange, car vous savez<br />

que ce n’est pas pour vous que les gens sont venus mais<br />

plutôt pour la tête d’affiche. Je ne dis pas ça uniquement<br />

pour Shakra. Quand je repense aux fois où je me suis<br />

rendu aux concerts d’AC/DC par exemple, combien de fois<br />

ne me suis-je pas dis pendant que la première partie<br />

jouait : « Stoppez, je suis venu voir Angus!<br />

Donc je pense qu’il est préférable de jouer en tant que tête<br />

d’affiche!<br />

Avez-vous un message à adresser à vos fans pour<br />

2013?<br />

Amusez-vous bien en écoutant notre nouvel album<br />

«Powerplay», et nous espérons vous voir sur la route en<br />

2013!<br />

Merci pour votre gentillesse!<br />

Merci aussi à toi!<br />

Propos recueillis par Christophe Pauly<br />

25<br />

L’album<br />

Comme je vous le disais, ce nouvel album confirme le<br />

grand retour du groupe sur la scène du hard rock. Après<br />

des débuts difficiles, Shakra a su trouver un style et un son<br />

qui les différentie des autres groupes. <strong>Le</strong>s chansons sont<br />

bâties sur des riffs très solides et des mélodies très bien<br />

travaillées. On sent que le groupe a prit le temps de bien<br />

faire les choses et que l’expérience est là. Il en résulte<br />

donc un album cohérent aux sonorités riches et variées.<br />

Quelques balades aussi nous emportent et démontrent<br />

que le groupe sait être subtil tout en restant puissant.<br />

Shakra peut donc se targuer d’avoir réussi avec brio cette<br />

métamorphose et on ne peut leur souhaiter que le<br />

meilleur!<br />

8 janvier 2013


L’agenda Bozar du mois de janvier<br />

<strong>Le</strong> Palais des Beaux-Arts est l’une des institutions culturelles incontournables dans la capitale<br />

belge. Ce mois de janvier sera riche en concerts, l’occasion d’y aller faire un tour.<br />

L’orchestre philharmonique royal de Liège<br />

Ce jeudi 10 janvier, l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège propose<br />

son concert du Nouvel-An. Christian Arming, chef viennois, dirigera Alban<br />

Gerhardt (violoncelle) durant le concerto pour violoncelle de Friederich<br />

Gulda. La suite du programme sera plutôt classique puisqu'il s'agira<br />

d'oeuvres de Strauss.<br />

Johann (Jr) Strauss, Wein, Weib und Gesang, op. 333<br />

Friedrich Gulda, Concerto pour violoncelle et orchestre<br />

Josef Strauss, Geheime Anziehungskräfte (Dynamiden), op. 173<br />

Richard Strauss, Der Rosenkavalier, Suite de valses n° 1, op. 59<br />

Hilary Hahn<br />

Trio Talweg<br />

Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Rinaldo Alessandrino<br />

Photos ©Anne-Sophie Trebulak / Sim Canetty-Clarke<br />

Hilary Hahn, violoniste américaine, proposera le samedi 12 janvier un<br />

récital en dehors des sentiers battus. Après une première partie plutôt<br />

classique, Hilary Hahn proposera l'interprétation de plusieurs pièces<br />

miniatures commandées aux meilleurs compositeurs modernes. Un<br />

florilège de « bis » originaux et variés.<br />

Ce trio fondé en 2004 proposera le lundi 4 janvier une immersion dans<br />

leur univers musical et haut en couleurs. Passant de Rachmaninov à<br />

Chausson avec une facilité déconcertante, ils ont gagné un Diapason<br />

d'Or pour leur premier album en 2008.<br />

Rakhmaninov Trio élégiaque n° 2, op. 9, Sonate pour violoncelle et<br />

piano, op. 19<br />

Ernest Chausson, Trio avec piano, op. 3<br />

Hilary Hahn, violoniste américaine, proposera le samedi 12 janvier un<br />

récital en dehors des sentiers battus. Après une première partie plutôt<br />

classique, Hilary Hahn proposera l'interprétation de plusieurs pièces<br />

miniatures commandées aux meilleurs compositeurs modernes. Un<br />

florilège de « bis » originaux et variés.<br />

Girolamo Frescobaldi, Cento partite sopra passacagli<br />

Dietrich Buxtehude, Praeludium, BuxWV 163<br />

Louis Couperin, Prélude & Chaconne (Tombeau de Mr. de Blancrocher)<br />

Georg Böhm Capriccetto, Präludium, Fuge und Postludium<br />

Alessandro Scarlatti, Toccata<br />

Johann Jacob Froberger, Tombeau fait à Paris sur la mort de Monsieur<br />

de Blancrocher<br />

Johann Sebastian Bach, Aria variata alla maniera italiana, BWV 989<br />

Plus d’informations sur les lieux et les tarifs sur www.bozar.be<br />

26<br />

Photo ©Peter Miller / DG<br />

Photo ©Balasz Borocz<br />

Photo ©Eric Larrayadieu<br />

10 janvier 2013 - 20h<br />

12 janvier 2013 - 20h<br />

14 janvier 2013 - 20h<br />

15 janvier 2013 - 20h


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Nouveaux albums<br />

Alors que beaucoup de vieux<br />

rockeurs montrent des signes de<br />

fatigue et d'essoufflement artistique,<br />

Mark Knopfler, lui, affiche tout le<br />

contraire! Après «Get Lucky» (un<br />

album dont le succès avait davantage<br />

conforté sa place sur le devant de la<br />

scène musicale Rock) et une superbe<br />

tournée à travers l’Europe, le voici de<br />

retour avec un véritable bijoux! En<br />

effet, l’homme n’a pas profité comme<br />

certains de sa gloire passée pour faire<br />

oublier une quelconque panne de créativité<br />

ou une production discographique au point<br />

mort depuis quelques années (les exemples<br />

ne manquent pas aujourd’hui dans le<br />

monde de la musique).<br />

Au contraire, Knopfler a énormément<br />

travaillé pour nous offrir un doublealbum<br />

comportant pas moins de vingt<br />

chansons. Un défi énorme donc pour<br />

le Sultan du Swing qui n’a pas hésité<br />

à se mettre en danger (car un doublealbum<br />

est un véritable risque vis-à-vis<br />

des fans qui trouvent souvent que les<br />

artistes meublent ce genre de disque<br />

avec des chansons parfois un peu<br />

inutiles plutôt que de concentrer le<br />

meilleur sur un seul disque.)<br />

Seulement voilà, on est Mark Knopfler,<br />

ou on ne l’est pas!<br />

C’est donc avec génie que celui-ci a<br />

d i s p o s é c e s v i n g t m o r c e a u x<br />

exceptionnels en prenant soin de<br />

varier les genres et les tempos. Pour<br />

ce faire, il s’est entourré de pas moins<br />

de 16 personnes pour bâtir ce<br />

monument musical. Il y a bien<br />

entendu son vieil ami Guy Fletcher (le<br />

claviériste de Dire Straits qui a<br />

toujours contribué aux album solo de<br />

Mark Knopfler nous revient avec<br />

«Privateering»<br />

Mark), mais aussi des musiciens issus<br />

du Folk irlandais comme le flutiste<br />

Michael McGoldrick ainsi que des<br />

musiciens de session venant de<br />

Nashville pour accompagner les<br />

parties plus Country de l’album.<br />

Voici donc une description de certains<br />

morceaux qui vous donnera<br />

certainement envie de découvrir ce<br />

«Privateering».<br />

L’album commence par «Redbud<br />

Tree», une balade folk qui commence<br />

doucement avec une simple guitare<br />

acoustique et une steel pedal en fond.<br />

La voix de Knopfler amène davantage<br />

de mélancolie et de douceur.<br />

Puis le thème arrive, joué par une<br />

guitare électrique. On reconnait<br />

immédiatement le style du guitar hero<br />

et ce son pur et si particulier qu’il<br />

produit en jouant en finger picking. <strong>Le</strong><br />

phrasé est simple, mais juste. Sans<br />

fioritures et d’une efficacité à toute<br />

épreuve.<br />

Vient ensuite «Haul Away», une<br />

balade celtique dont le thème est<br />

sublimé par des flûtes. Ce morceau<br />

fait bien entendu penser à «Golden<br />

Heart», le titre éponyme de son<br />

premier album solo. C’est sur ce<br />

disque que l’on retrouvait pour la<br />

première fois ce genre de musique et<br />

cela avait marqué un profond<br />

changement dans la façon d’écrire de<br />

Knopfler. Son public l’avait alors<br />

découvert sous un jour nouveau.<br />

Place au Blues ensuite avec «Don’t<br />

Forget Your Hat». On reconnait là<br />

l’influence de Robert Johnson sur<br />

28<br />

l’anglais. On y retrouve une guitare<br />

slide très expressive accompagnée<br />

d’un harmonica joué avec brio.<br />

«Privateering» ramène cette fois le<br />

folk en avant-plan avec un riff très<br />

rythmique à la guitare qui suit la voix<br />

de Knopfler. Puis, «Miss You Blues»<br />

une balade rock assez sympa sans<br />

prétention.<br />

<strong>Le</strong> disque change ensuite de couleur<br />

avec «Corned Beef City», un countryrock<br />

très entraînant et rythmé par la<br />

guitare électrique dont le son rappelle<br />

«Money For Nothing» avec cette<br />

pédale wha fermée. «Go, Love»<br />

ramène la tendresse et fait penser au<br />

genre que l’on retrouvait par exemple<br />

sur «Sailing to Philadelphia». Une<br />

balade aux sonorités typiques avec ça<br />

et là un petit phrasé à la guitare<br />

électrique.<br />

Bref, vous l’aurez compris, «Privateering»<br />

offre un condensé de tous les styles<br />

abordés par Knopfler au cours de sa<br />

carrière. Il rassemble ainsi le meilleur<br />

de ce dieu de la guitare au travers de<br />

morceaux variés et de qualité.<br />

Pour les fans, une version<br />

deluxe existe avec cinq titres<br />

supplémentaires, deux vinyls,<br />

une interview de Knopfler et un code<br />

pour télécharger un concert. De quoi<br />

passer des heures dans l’univers de<br />

cette légende vivante.<br />

Christophe Pauly


Nouveaux albums<br />

Suzanne Vega<br />

«Close-up Volume 4, Songs<br />

Of Family»<br />

En 1985, la chanteuse Suzanne Vega sort son premier album. 25 ans plus<br />

tard et 7 millions d’albums dans son escarcelle, elle est considérée comme<br />

l’une des plus brillantes chanteuses de sa génération. Suzanne réinterprète<br />

maintenant la majorité de son catalogue de manière plus personelle et plus<br />

dépouillée. Elle a créé quatre nouveaux albums thématiques, dont le<br />

dernier vient de sortir.<br />

Close-up Volume 4, Songs of Family est le quatrième album d’une série<br />

qui comprend ses chansons préférées. Chacun ayant sa propre<br />

thématique. Celui-ci nous parle de sa famille et des proches qui entourent<br />

la chanteuse. Ce sont des chansons très intimistes dont deux sont des<br />

compositions récentes. « The Silver Lady » est l’une des toutes premières<br />

chansons qu’elle ait écrites, elle n’avait alors que quatorze ans. Close Up<br />

Vol.01 (Love Songs) et Vol.02 (People & Places) étaient sortis en 2010,<br />

Vol.03 (States Of Being) en 2011.<br />

Ce nouvel opus est composé des titres Rosemary, Honeymoon Suite,<br />

World Before Columbus, As You Are Now, Soap and Water, Widow's Walk,<br />

Blood Sings, Bad Wisdom, Ludlow Street, Tired of Sleeping, Pilgrimage et<br />

The Silver Lady.<br />

V2 Music<br />

Suzanne Vega est une figure emblématique de la folk depuis le début des<br />

années 1980. Elle s’accompagne d’une guitare acoustique, elle chante ce<br />

que l’on appelle de la folk ou de la neo-folk. Depuis ses débuts acclamés en<br />

1985, elle a vendu des millions d’albums, reçu sept Grammy Awards et fait des concerts dans le monde entier. Son<br />

deuxième album « Solitude Standing » contient le hit planétaire « Luka », qui parle de l’enfance abusée. Sa chanson «<br />

Tom’s Diner » a été remixé plus de 25 fois par des gens comme Will Smith, REM, Tupac, Jars of Clay, Destiny’s Child, Lil<br />

Kim et Ludacris. Suzanne a collaboré à maintes reprises avec des groupes ou des artistes comme <strong>Le</strong>onard Cohen ou<br />

Danger Mouse. Elle écrit régulièrement pour le New York Times.<br />

On retrouve dans cet album la voix si particulière de Suzanne Vega, son folk, sa douceur, tout son talent est ici présenté<br />

dans ce beau volume.<br />

Andrew Bird<br />

«Hands Of Glory»<br />

Marc Bailly<br />

Andrew Bird nous propose ici une nouvelle interprétation de titres tirés de<br />

son album Break It Yourself. Enregistré lors de ses vacances estivales en<br />

forme retour aux sources dans l'Illinois, il est composé de classiques de la<br />

musique country de manière totalement acoustique. « Quel que soit le<br />

style que je choisisse, ma musique a toujours eu un côté sudiste, assez<br />

versée dans l’imagerie de l’Ancien Testament, les flammes de l’enfer. Ca<br />

s’est beaucoup vu récemment sur mon album Break it Yourself, alors que<br />

d’une certaine façon, Hands of Glory l'équilibre ».<br />

Que signifie le titre de cet album ? « Parfois je remue mes mains comme<br />

un prédicateur quand je chante. Je ne le fais pas exprès. Il y a aussi une<br />

autre explication plus sinistre au titre. J’ai lu que l’on croyait à une époque<br />

que les mains des meurtriers pendus coupées et conservées dans la<br />

saumure avaient des pouvoirs magiques. La main qui a commis le<br />

crime... »<br />

Andrew Bird joue du violon depuis qu’il a quatre ans et il a d’abord<br />

navigué dans la musique classique. Quelques années plus tard, il<br />

V2 Music<br />

s’intéresse au jazz, à la country, au blues et à d’autres genres comme la<br />

pop. Et depuis le début de sa carrièrer en 1997, il a sorti 11 albums, dont<br />

le premier Weather Systems en 2003. Plus récemment, il a compose la<br />

musique du film Norman, a participé à la musique de The Muppets.<br />

L’album est réussi au niveau sonore, gracieux mémé, mais on déplore quand même le peu de titres, vu que cet opus n’en<br />

contient que 8. Quelques chansons supplémentaires n’auraient pas gâché notre plaisir…<br />

Marc Bailly<br />

29 8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Nouveaux albums<br />

Acaro<br />

«The Desease of Fear»<br />

SPV<br />

Dropkick Murphys<br />

«Signed and Sealed in<br />

Blood»<br />

Acaro est un jeune groupe dont les 5 membres originaires de Boston se<br />

sont unis par amour du métal.<br />

Chris Harrell (chant), Felipe Roa & Chris Robinson (guitare), Kevin Smith<br />

(basse) et Jason Fitzgerald (batterie) ont donné leur premier concert à<br />

Worchester (MA) en 2008 et ne s'arrête plus depuis de parcourir les États-<br />

Unis pour partager avec le public leur vision du métal.<br />

<strong>Le</strong>ur objectif est simple : continuer à faire de la musique, à l'écrire et à la<br />

partager avec le plus de monde possible aux quatre coins du globe. C'est<br />

dans ce but qu'ils sortent leur premier album The Disease of fear, savant<br />

mélange entre métal « brutal » et métal « mélodique ».<br />

En effet, les premières minutes d'écoute peuvent déranger en raison de<br />

l'apparente dureté du son, mais très vite, on se laisse emporter par la<br />

musique et la voix typiquement métalleuse de Chris Harrell.<br />

L'album comprend 8 titres dont le premier single Becoming the Process est<br />

également le premier clip du groupe. Celui-ci est visible sur leur site :<br />

www.acarometal.net<br />

Pour leur huitième album<br />

studio Signed and<br />

sealed in blood, DKM fait<br />

encore mieux que dans<br />

le passé. <strong>Le</strong> groupe<br />

celtic punk rock ne<br />

semble pas se fatiguer<br />

pour un sou.<br />

En effet, ce nouvel opus est<br />

encore plus dynamique et<br />

e n v o u t a n t q u e l e s<br />

précédents. Chaque titre<br />

est à la fois la continuité du<br />

précédent et quelque<br />

chose de totalement<br />

différent. Pas un instant on<br />

V2 Music<br />

ne s'ennuie en écoutant<br />

l'album.<br />

On va de surprise en<br />

surprise sans jamais être déçu. DKM reste dans la continuité de ces<br />

précédents albums par la qualité des textes chantés et l'envie qu'ils nous<br />

donnent de fredonner et de danser sur leur musique.<br />

Composé de douze titres, Signed and sealed in blood est d'une<br />

homogénéité indiscutable en matière de qualité de chant et de musique.<br />

La voix incomparable d'Al Barr est, de nombreuses fois, sublimée par les<br />

choeurs interprétés par les autres membres du groupe.<br />

<strong>Le</strong>s fans de longue date ne seront pas déçus par ce huitième album et<br />

les novices seront sans doute conquis par l'énergie dégagée par le<br />

groupe sur cet album pourtant enregistré en studio.<br />

Marie Vandenberg<br />

30<br />

08.01 PHANTOM LIMB gb<br />

18.01 BADEN BADEN Fr<br />

…ET TOUTE LA SUITE DE L’AGENDA<br />

Marie Vandenberg<br />

19.01 BUENAS ONDAS Be / EASTERN STANDARD<br />

TIME Us • coprod. Intersection<br />

22.01 GET WELL SOON De<br />

24.01<br />

26.01<br />

31.01<br />

SESSIONS URBAINES #5 : CONVOK, NINA<br />

MISKINA, DJUBAY, SEVEN, DJ GRAZZHOPPA &<br />

SMIMOOZ be • coprod. <strong>Le</strong>zarts Urbains<br />

SESSIONS URBAINES #5 : FLYNT, FEINI-X CREW +<br />

FINALE DU RAP CONTEST be • coprod. <strong>Le</strong>zarts Urbains<br />

SESSIONS URBAINES #5 : SPEECH DEBELLE,<br />

DYNAMIC, MIKIGOLD & FATOOSAN (SUPAFLY<br />

COLLECTIVE) + SAY IT LOUD PROJECT be<br />

coprod. <strong>Le</strong>zarts Urbains<br />

01.02 THE JOY FORMIDABLE Gb<br />

SESSIONS URBAINES #5 : NEMIR, MATADOR,<br />

02.02 LOMEPAL & CABALLERO, MASTA PI, SIKU SIKU,<br />

BLAPS MUZIK, LABELGE be • coprod. <strong>Le</strong>zarts Urbains<br />

TRIBUTE TO BRIAN ENO, DOCTEUR HONORIS<br />

03.02 CLAUSA UCL 2013, AVEC ENSEMBLE MUSIQUES<br />

NOUVELLES (Direction Jean Paul Dessy)<br />

03.02 MAXIMILIAN HECKER De<br />

04.02 PASSENGER Gb + STU LARSEN Au • SOLD OUT<br />

05.02 FOXYGEN Us<br />

06.02<br />

07.02<br />

08.02<br />

PROPULSE : TWIN, VEGAS, LI-LO*, THE WAOW,<br />

CARL ET LES HOMMES BOÎTES be • coprod.<br />

Fédération Wallonie-Bruxelles + Botanique + Court-Circuit<br />

PROPULSE : SCARLETT O’HANNA, THE<br />

ANNARBOR, LE BATH CLU, LEAF HOUSE,<br />

YEW be • coprod. Fédération Wallonie-Bruxelles +<br />

Botanique + Court-Circuit<br />

PROPULSE : VITAS GUERULAITIS, DEEPSHOW,<br />

MADÉ J., CASTLES, THE FOUCK BROTHERS be •<br />

coprod. Fédération Wallonie-Bruxelles + Botanique + Court-<br />

Circuit<br />

10.02 AMPARO SÁNCHEZ Sp<br />

12.02 REA GARVEY Ie + RYAN SHERIDAN Ie<br />

15.02 ESBEN AND THE WITCH Gb<br />

16.02 LUCY ROSE Gb<br />

16.02 SONS OF NOEL AND ADRIAN Gb + EYES & NO EYES Gb<br />

16.02 DUCKTAILS Us<br />

21.02 VEENCE HANAO Be<br />

22.02 AN PIERLÉ Be • SOLD OUT<br />

28.02 STEREO GRAND Be • coprod. Progress Booking<br />

01.03 KAIZERS ORCHESTRA No<br />

01.03 RON SEXSMITH Ca<br />

01.03<br />

02.03<br />

ABBOTA 2013 @ AB : ROSCOE, MONTEVIDEO,<br />

LEAF HOUSE, THE PEAS PROJECT, JOY<br />

WELLBOY be • coprod. Botanique & AB<br />

ABBOTA 2013 @ BOTA : COELY, TOMMIGUN,<br />

PAON, STEAK NUMBER 8, GEPPETTO & THE<br />

WHALES be • coprod. Botanique & AB<br />

03.03 JAKE BUGG Gb<br />

05.03 VILLAGERS Ie<br />

05.03 THE SEA AND CAKE Us<br />

06.03 LILLY WOOD AND THE PRICK Fr<br />

06.03 CHRISTOPHER OWENS Us<br />

02.218.37.32 – WWW.BOTANIQUE.BE


Keith Emerson<br />

«The Christmas Album»<br />

V2 Music<br />

Keith Emerson Band<br />

«Three Fates»<br />

Réédition de l'album du même nom de 1988, cet album de Noël n'en a que<br />

le nom ou presque.<br />

Malgré une technique indéniable et une maîtrise du clavier extraordinaire,<br />

Keith Emerson n'arrive pas à transmettre l'esprit de Noël à l'auditeur grâce<br />

à cet album pourtant prévu à cet effet.<br />

En effet, à part peut-être le dernier titre de l'album Silent Night interprété au<br />

piano et accompagné par The London Community Gospel Choir, qui arrive<br />

a rappelé l'esprit de Noël, le reste de l'album semble être une succession<br />

de titres se rapprochant plus de la musique de jeux vidéos des années 90<br />

que de la musique traditionnelle de Noël.<br />

Déception donc à l'écoute de cette réédition ne proposant aucune variante<br />

à l'album de 1988 ainsi qu'aucun titre supplémentaire.<br />

Marie Vandenberg<br />

Keith Emerson, claviériste du légendaire Emerson, Lake & Palmer (ELP<br />

pour les intimes) nous revient aujourd'hui avec un projet classique fort<br />

ambitieux : réenregistrer certains des plus grands succès d'ELP et<br />

enregistrer également de nouveaux morceaux, en compagnie de son ami<br />

le guitariste Marc Bonilla et de l'orchestre classique Münchner<br />

Rundfunkorchester (dirigé par Terje Mikkelsen).<br />

Rien de très étonnant lorsqu'on connait un peu l'artiste. Mais le résultat est<br />

il à la hauteur de l'attente des fans? Pour ma part la réponse est oui, mais<br />

un oui à nuancer.<br />

Oui car le travail de réarrangement des morceaux est très bien exécuté, et<br />

certains titres joués avec un orchestre prennent une dimension encore plus<br />

épique. Je dirais même que grâce à l'orchestre, on se rend encore mieux<br />

compte du talent d'écriture de Keith Emerson et c'est un réel plaisir<br />

d'entendre tout un tas de nouvelles subtilités sur chaque morceau. Mention<br />

spéciale à deux d'entre-eux, particulièrement bien réussis : Tarkus et<br />

surtout Fanfare for the Common Man.<br />

V2 Music<br />

Oui toujours car, accompagné par son bon vieux synthé Moog, le jeu de<br />

Keith Emerson est toujours aussi juste et envoutant. Tout autant que les<br />

excellentes parties de guitare et solos de Marc Bonilla. Il faut par ailleurs préciser que celui-ci a réalisé beaucoup de boulot<br />

sur cet album, et qu'il aurait été plus juste d'ailleurs de parler du Keith Emerson & Marc Bonilla Band, mais soit.<br />

Par contre, ceux et celles qui seraient à la recherche d'un album de rock progressif peuvent passer leur chemin. Cet album,<br />

au style si difficile à décrire, est plutôt une espèce d'hybride entre musique classiques avec des influences rock et<br />

différentes autres sonorités.<br />

Aussi, si vous n'avez jamais écouté d'ELP avant, vous risquez de rester de marbre à l'écoute de l'album, la musique<br />

proposée étant assez difficile d'accès pour les oreilles non initiées.<br />

Comme souvent, je terminerai cette chronique en vous conseillant de vous forger votre propre opinion en allant écouter<br />

Three Fates, vous risquez juste de détester ou d'adorer.<br />

31<br />

Julien Sterckx<br />

8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Nouveaux albums<br />

Skunk Anansie<br />

«Black Traffic»<br />

V2 Music<br />

Machine Head<br />

«Machine F**king Head<br />

Live»<br />

Roadrunner Records<br />

Au début de chaque morceau de ce sixième album de Skunk<br />

Anansie, on est transporté d'un univers à l'autre jusqu'à ce que la<br />

patte du groupe nous ramène à l'essence rock de leur musique.<br />

<strong>Le</strong> groupe anglais qui s'était séparé en 2001 pour se reformer en<br />

2009 continue sur sa trajectoire ascendante sans difficulté.<br />

<strong>Le</strong> mélange entre homogénéité des titres et différence de tonalités<br />

fait de Black Traffic un des meilleurs albums du groupe.<br />

La voix de Deborah Anne Dyer aka Skin est également<br />

magnifiquement mise en valeur sur des titres comme I hope you get<br />

to meet your hero ou Our summer kills the sun.<br />

L'album plaira donc aux fans du groupe et permettra aux non-initiés<br />

de découvrir ce groupe mythique anglais.<br />

Marie Vandenberg<br />

Cela fait bientôt vingt ans que les métalleux de Oakland écument les routes<br />

à travers le monde. Remarqué dès leur premier album (Burn My Eyes) en<br />

1994, le combo mené par Robb Flynn bouleversa la scène du métal en<br />

combinant un son lourd et des solos sophistiqués.<br />

Après quelques changements de personnel, le groupe s’est figé depuis<br />

quelques années avec Robb Flynn à la guitare et au chant, Adam Duce à la<br />

basse, Dave McClain à la batterie et Phil Demmel à la guitare. D’année et<br />

année, le groupe a gagné en confiance et l’arrivée de Demmel a apporté<br />

énormément de musicalité aux compositions. Celui-ci défie souvent Flynn à<br />

la guitare lors de solos majestueux.<br />

Beaucoup de mélodies à deux guitares ont ainsi fait leur apparitions et ont<br />

véritablement sublimé le jeu des deux guitaristes. Après des années<br />

d’intenses tournées, Machine Head n’avait fourni qu’un disque live en 2003<br />

(Hellalive). Un manque se faisait donc ressentir. Voici donc de quoi<br />

compléter magistralement leur discographie. Machine Fucking Head Live<br />

comporte quinze titres enregistrés lors de diverses soirées de la dernière<br />

tournée.<br />

<strong>Le</strong>s fans pourront ainsi y retrouver l’ensemble de la discographie du groupe. La chronologie des morceaux semble avoir été<br />

respectée par rapport à la setlist proposée cet été. Cela commence donc avec «I Am Hell» et «Be Still And Know» tirés de<br />

Unto the Locust.<br />

On savoure de suite la qualité de la prestation du groupe. Ce qui est frappant dans ce disque live, c’est le son et la balance<br />

entre le groupe et le public. L’ingénieur du son a laissé une place très importante aux cris de la foule qui scande le fameux<br />

«Machine Fucking Head» entre chaque morceaux. Parmis les titres phares, il y a aussi «Imperium» et son introduction<br />

batterie/guitare très militaire. «Old», la chanson qui les avait découvert à leurs débuts. Ainsi que «Aesthetics of Hate»,<br />

dédiée à Dimebag Darrell.<br />

Un excellent double album qui se révèlera indispensable à tout bon fan du groupe!<br />

32<br />

Christophe Pauly


Nouveaux albums<br />

Stéphanie Sandoz<br />

«Jet Lag»<br />

« Jet Lag » c’est d’abord une histoire. Une jeune femme rêve<br />

de voyager et d’écrire des chansons sur des lieux qu’elle<br />

visiterait. Et voilà Stéphanie Sandoz partie pour un périple de<br />

cinq semaines autour du monde. Et voilà donc notre globetrotter<br />

musical en route Londres, Milan, le lac de Come, Alger,<br />

Johannesburg, Moscou, Bombay, Hong Kong, Los Angeles,<br />

New York… Excusez du peu !! A chaque étape, elle y<br />

rencontre un artiste du cru avec qui elle collabore.<br />

En Chine, elle rencontre Kenny Bee qui est une véritable<br />

légende là-bas. Il a tourné dans une centaine de films et a<br />

réalisé une cinquantaine d’albums… A Alger, Samira Brahmia<br />

bouleverse notre chanteuse et elles interprètent un duo qui<br />

parle avec légèreté de nos différences. A Los Angeles, elle<br />

collabore avec Cerrone, rien de moins. Ils adaptent le tube<br />

« Misunderstanding ». Shangai est l’occasion de collaborer avec Sean Dinsmore, qui est un dj , un<br />

compositeur américain et le créateur d’un nouveau style de musique né de la fusion des anciennes<br />

cultures de l’Orient avec le monde moderne de l’Occident. Johannesburg donne l’occasion à Stéphanie<br />

Sandoz de travailler avec David Hykes, un musicien américain qui a popularisé le chant harmonique<br />

après avoir étudié les chants mongols et tibétains.<br />

Bref, « Jet Lag » raconte son fabuleux voyage en treize titres originaux. Treize titres qui sont la<br />

quintessence des rencontres, des cultures, des histoires, des sentiments multiples et instantanés que<br />

Stéphanie a éprouvés lors de son périple. Chaque étape est le titre d’un morceau et chaque chanson<br />

est inspirée des émotions et de l’atmosphère ressentie par l’artiste lors de ses séjours. Un ensemble<br />

qui propose des titres aux styles totalement différents, évidemment, mais qui forment un bel album<br />

porté par la voix mélodieuse de la chanteuse. Une belle découverte.<br />

“Brief Nocturnes and Dreamless Sleep”<br />

The long anticipated 11th studio album by<br />

Spock’s Beard<br />

Is available for Pre-Order NOW!!<br />

SpocksBeard.com<br />

Progressive Rock at its Very Finest!!<br />

Marc Bailly<br />

33 8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Scènes<br />

Dan Gagnon, le mégalo belgo-canadien<br />

Dan Gagnon est l’humoriste canadien qui avait fait le pari fou de remplir le Cirque Royal alors qu’il<br />

était encore peu connu. Défi hors normes pour un homme hors du commun.<br />

La rencontre<br />

Arrivé de son Canada natal il<br />

y a un peu plus de huit ans, Dan<br />

Gagnon a travaillé comme chroniqueur<br />

à la Dernière Heure, sur NRJ,<br />

sur la Une, sur StarTV et pour l’émission<br />

«sans Chichis» avant de se lancer<br />

un défi de taille : remplir les 2000<br />

places du Cirque Royal qu’il avait<br />

loué avec son propre argent pour<br />

présenter son premier one-manshow<br />

! Rencontre avec l’intrépide<br />

Dan Gagnon.<br />

Bonjour Dan. Pourrais-tu nous dire<br />

ce qui t’as amené dans notre joli<br />

petit pays ?<br />

En deux mot : L’amour. J’ai rencontré<br />

une fille qui faisait un Erasmus il y a<br />

huit ans et demi. Trois mois plus tard<br />

elle devait rentrer chez elle. Comme<br />

nous étudions la communication, je<br />

me suis dit « quitte à être chômeur ici,<br />

autant l’être ailleurs ! » Et nous sommes<br />

toujours ensemble depuis.<br />

Chroniqueur, animateur, écrivain et<br />

maintenant une carrière d’humoriste<br />

naissante. Après ton triomphe au<br />

cirque royal, huit dates prévues en<br />

2013 à travers la Belgique pour<br />

«l’excellent spectacle de Dan Gagnon»!<br />

Dis-nous, quelle est la recette<br />

de ton succès ?<br />

Mon but est d’avoir toujours 25 projets<br />

en même temps pour pouvoir au<br />

moins en faire un et être sûr que c’est<br />

la meilleure idée de celles que j’ai<br />

eues. Et quand je pars en vacances,<br />

donc à Noël et pendant l’été, je fais le<br />

ménage. J’essaie néanmoins que mes<br />

projets futurs ne m’empêchent pas de<br />

profiter de l’instant présent. L’important<br />

pour moi c’est de m’amuser. Quand<br />

j’ai commencé le boulot, je disais que<br />

je voulais que le boulot soit la portion<br />

rémunérée de mes loisirs. Parce<br />

qu’une carrière c’est très long lorsque<br />

tu t’ennuies. C’est l’avantage de retourner<br />

au Canada deux ou trois fois<br />

par année, quand je rentre chez moi,<br />

ça remet tout en perspective.<br />

«Jʼai toujours 25 projets en<br />

tête pour pouvoir en<br />

réaliser au moins un»<br />

Tu n’as pas hésité à louer le Cirque<br />

Royal pour réaliser l’un de tes<br />

rêves : faire un one-man-show. <strong>Le</strong><br />

challenge était grand : remplir 2000<br />

places en 50 jours auprès d’un<br />

public qui ne te connaissait pas en<br />

tant qu’humoriste. N’as-tu jamais eu<br />

peur que cela ne fonctionne pas ?<br />

Oh si tout le temps! Et, contrairement<br />

à ce que l’on pourrait penser, ce n’était<br />

pas le fait de ne pas remplir le Cirque<br />

qui me stressait parce qu’à la limite si il<br />

y avait juste eu 200 personnes sur<br />

2000 et que le spectacle était bon, les<br />

spectateurs auraient quand même<br />

vécu quelque chose de chouette. Par<br />

contre, s’il y avait eu 2000 personnes<br />

34<br />

©Mathieu Buyse<br />

et que le spectacle était nul, ça aurait<br />

été plus embêtant. Il y avait donc un<br />

risque et c’est pour ça que le prix était<br />

à 10 euros. Je voulais que l’entrée ne<br />

soit pas chère pour que les gens se<br />

disent : « allons voir ce que ça peut<br />

donner ». Je voulais commencer à<br />

faire quelque chose pour me donner<br />

une crédibilité en tant qu’humoriste et<br />

c’est pour ça que j’ai fait le Cirque<br />

Royal. Je me suis dit : si je le remplis<br />

et que c’est bien on pourra dire que je<br />

suis un vrai humoriste de scène, et si<br />

je le remplis et que c’est mauvais ou si<br />

je ne le remplis pas et que c’est mauvais<br />

et bien tant pis, j’aurai essayé…<br />

Et même l’échec aurait été marrant à<br />

ce moment-là.. Donc oui, c’était risqué<br />

mais, si toi-même tu n’es pas prêt à<br />

miser sur toi, comment est-ce que tu<br />

peux convaincre les autres de le<br />

faire ?<br />

L’humour Belge est-il différent de<br />

l’humour canadien ?<br />

Oh oui ! L’humour c’est fort culturel.<br />

Forcément, tu as toutes les références<br />

mais c’est aussi la manière de le dire !<br />

J’ai entendu un jour une phrase qui<br />

disait : « quand tu vas dans un<br />

nouveau pays il faut trois mois pour<br />

comprendre une langue, six mois pour<br />

pouvoir la parler et neuf mois pour<br />

commencer à capter l’humour ». Et je<br />

trouve que c’est vachement vrai. <strong>Le</strong><br />

spectacle que j’ai en ce moment est<br />

un spectacle qui est écrit pour la Belgique<br />

et je le joue juste en Belgique.


Je suis en train d’en écrire un deuxième<br />

qui, lui, est pour la France mais<br />

que je jouerai en Belgique également<br />

car je peux y mettre les deux sensibilités.<br />

Mais le troisième spectacle que<br />

je voudrais jouer au Québec, je le réécrirai<br />

entièrement.<br />

En plus de toutes tes activités, tu<br />

réalises depuis peu des podcasts,<br />

d’où te vient cette idée ?<br />

J’écoute une émission en anglais qui<br />

s’appelle WTF (What The Fuck) animé<br />

par Marc Maron qui réalise des interviews.<br />

Je trouvais ça super intéressant<br />

et comme ça n’existait pas en français,<br />

j’avais envie de le faire. Quand je<br />

faisais de la radio, les gens me demandaient<br />

souvent « cette personnelà,<br />

elle est comment en vrai ? ». Et<br />

j’avais envie de créer une émission qui<br />

répond à cette question. La première<br />

saison est terminée et comprend 12<br />

épisodes d’une heure dont l’un des<br />

invités a été Philippe Geluck. Ça<br />

marche d’ailleurs assez bien puisque,<br />

par mois, 5000 à 6000 personnes<br />

téléchargent les émissions.<br />

Et que nous réserves-tu pour la suite ?<br />

J’ai encore un million d’idées! J’aimerais<br />

tourner une série de 8 épisodes<br />

de sept minutes, avec Renaud Coppens,<br />

homme avec qui j’ai fait le Cirque<br />

Royal. <strong>Le</strong> but serait de raconter<br />

ma demande de nationalité belge. Je<br />

trouve que Bruxelles est une ville<br />

magnifique. C’est haut, c’est neuf,<br />

c’est moderne et j’ai envie de faire<br />

connaître la belgitude. Ensuite, faire<br />

de la radio et de la télé en France, du<br />

cinéma aussi et puis, pourquoi pas,<br />

réaliser des films.<br />

Et bien merci Dan pour cette interview<br />

et rendez-vous tout bientôt<br />

pour l’un de tes spectacles où nous<br />

serons assurément présents.<br />

Emilie <strong>Le</strong>ssire<br />

Megalomaniak Tour 2013<br />

<strong>Le</strong> 31 janvier 2013 au Centre Marius Staquet de Mouscron<br />

<strong>Le</strong> 1er mars 2013 à l'Aula Magna de Louvain-la-Neuve<br />

<strong>Le</strong> 24 mars 2013 au Théâtre Saint-Michel de Bruxelles<br />

<strong>Le</strong> 18 avril 2013 au Forum de Liège<br />

<strong>Le</strong> 29 mai 2013 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi<br />

<strong>Le</strong> 7 juin 2013 à la Maison de la Culture de Namur<br />

<strong>Le</strong> 14 juin 2013 au Centre Culturel de Huy<br />

35<br />

Infos et réservations www.kingsofcomedy.be<br />

8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Théâtre Royal de la Place des<br />

Martyrs<br />

Jusqu’au 05 janvier 2013<br />

Cyrano de Bergerac<br />

d’Edmond Rostand<br />

Mise en scène de Daniel<br />

Scahaise<br />

Avec Christophe Destexhe,<br />

Laure Bardet, Denis<br />

Carpentier, etc.<br />

Théâtre Royal de la Place des<br />

Martyrs<br />

Jusqu’au 05 janvier 2013<br />

De l’influence du théâtre belge<br />

sur la résolution des conflits<br />

mondiaux<br />

De et Avec Eric De Staercke et<br />

Caroline Lambert<br />

Grand spectacle et duo absurde au<br />

Théâtre Royal de la Place des<br />

Martyrs !<br />

L'entrée en scène est originale et<br />

accompagnée d'une musique et de<br />

costumes folkloriques, ce qui nous initie,<br />

dès les premières secondes, au<br />

caractère de Cyrano, un personnage si<br />

charismatique et peu ordinaire !<br />

“Mais on ne se bat pas dans l'espoir du<br />

succès! Non! Non, c'est bien plus beau<br />

lorsque c'est inutile”, voilà qui décrit bien<br />

notre protagoniste au long nez, un<br />

homme au cœur d'or et d'une grande<br />

profondeur mais qui se cache derrière<br />

un masque : il se montre fier, révolté et<br />

insurgé or il est tout simplement un<br />

homme amoureux, et un véritable poète.<br />

Sa laideur le pousse à voiler ses<br />

sentiments qu'il exprime à travers son<br />

rival, aidant ce dernier à conquérir sa<br />

belle Roxane ; il se sacrifie et maintient<br />

cette élégante supercherie jusqu'à son<br />

dernier souffle.<br />

Cyrano est un incroyable combattant<br />

non seulement dans l'art de l 'épée mais<br />

aussi dans sa lutte contre la stupidité et<br />

Quand on décide de se lancer<br />

dans la critique culturelle, on voit tout et<br />

rien. <strong>Le</strong> plus grand plaisir de ce métier<br />

est de trouver la pièce qui ne ressemble<br />

pas à aucune autre, qui nous motive à<br />

perpétuellement se rendre au théâtre.<br />

De l’influence du théâtre belge ... fait<br />

partie de ses originales créations<br />

essentielles ! (attention les classiques<br />

sont aussi fort utiles)<br />

Eric de Staercke et Caroline Lambert<br />

prennent le parti absurde du théâtre<br />

comme sauver du monde.<br />

Tous les deux rentrent de leur boulot<br />

déprimé. L’une pour un dégommage au<br />

sens littéral au centre de beauté et<br />

l’autre pour un client crucifié sur la porte<br />

du Brico et qui n’a même pas payé ses<br />

clous ! Mais comme pour enfoncer un<br />

peu plus le clou, voilà que la police du<br />

théâtre sonne à la porte car ils n’ont plus<br />

mis un pied dans un théâtre depuis 11<br />

ans. <strong>Le</strong>ur punition : une longue (très<br />

longue) tirade du Cid de Corneille.<br />

Désespéré, le couple se lance dans un<br />

suite d’expérimentations théâtrales. Et si<br />

36<br />

les obligations sociétales. Il est le<br />

portrait même de tout homme de la<br />

société c'est-à-dire paraître ce que nous<br />

ne sommes pas ; qui de nous pourrait<br />

démentir cela? Mais avons-nous un si<br />

grand cœur et sommes-nous aussi<br />

déterminé dans nos opinions que l'est<br />

Cyrano ?<br />

<strong>Le</strong> petit point négatif de cette pièce<br />

exceptionnelle est l'incompréhension<br />

des dialogues dans le premier acte<br />

sûrement à cause des nombreux<br />

bruitages mais aussi d'une mauvaise<br />

articulation de la part des comédiens ;<br />

un petit hic qui a vite été rectifié dès<br />

l'acte suivant et n'enlève rien à<br />

l'excellent jeu d'acteur dont ils font<br />

preuve.<br />

Sontiu Falguière<br />

finalement, inverser les rôles finissent<br />

par leur plaire ?<br />

S’en suit une suite de saynètes sur<br />

l’amour ou le couple : une opération<br />

chirurgicale d’une escalope, de la danse<br />

zen en combinaison rose moulante, du<br />

bonheur de la mort et la pudeur de<br />

l’amour, de la problématique du nu sur<br />

scène ou encore la profession de foi<br />

d’un gardien de parking s’enflammant<br />

sur son héritage de prétendu «berger».<br />

Nos deux compères sont vite complices<br />

dans une interprétation d’un calme<br />

stupéfiant pour l’un et d’une fougue<br />

toute en finesse de l’une.<br />

<strong>Le</strong>ur pièce ne nous sauvera pas des<br />

conflits mondiaux mais ne peut lui faire<br />

plus de torts, si ce n’est divertir et faire<br />

rire un maximum de spectateurs.<br />

Loïc Smars


La critique<br />

Cendrillon ce macho, c’était gay !<br />

Après une longue recherche<br />

pour retrouver l’entrée du feu<br />

Théâtre Molière dans la petite<br />

Galerie de la Porte de Namur, ça y<br />

est, nous y sommes ! Au bout de 5<br />

ans d’on-dits flatteurs et d’amis qui<br />

nous serinent : «Quoi ? T’as pas été<br />

voir Cendrillon ce macho ?», nous<br />

avons passé la porte, avec cette<br />

petite peur dans le ventre : être déçu<br />

par quelque chose que l’on attend<br />

depuis peut-être trop longtemps.<br />

On a plus grand chose à faire<br />

découvrir avec le blockbuster du<br />

TTO. Mais pour ceux qui ne le<br />

sauraient pas encore, l’idée est<br />

simple : Ministru revisite le conte de<br />

fée traditionnel avec une histoire<br />

moderne.<br />

C’est l’histoire d’un jeune vendeur<br />

d’olives maltraité par sa «marâtre»<br />

et ses deux jeunes «soeurs», qui<br />

sympathisera avec une de ses<br />

clientes, assistante au palais royal<br />

qui l’invitera à la grande fête en<br />

l’honneur du prince.<br />

Mais voilà, la marâtre est interprétée<br />

par «Maman», haut personnage du<br />

milieu festif gay bruxellois, les deux<br />

soeurs, sont deux frères, le prince<br />

est un gay qui tarde à faire son<br />

coming-out, Cendrillon en tombe<br />

amoureux et la tante, bonne fée, est<br />

droguée, alcoolique et complètement<br />

délurée !<br />

Sans oublier qu’il va falloir convaincre<br />

le Roi et le Peuple d’accepter cette<br />

nouvelle idylle hors normes et<br />

pourquoi pas faire passer une loi sur<br />

le mariage gay ! Et ce n’est pas<br />

encore gagné ... <strong>Le</strong>s contes de fées,<br />

même déjà écrits, ont leur part<br />

d’imprévus et de difficultés ...<br />

La grande force de «Cendrillon ce<br />

macho», c’est bien sûr l’inversion de<br />

l’histoire, mais aussi la mise en<br />

scène haute en couleur d’Uffner,<br />

entremêlée de playbacks hilarants.<br />

<strong>Le</strong> tout magistralement servi par la<br />

scénographie de Didier Vervaeren.<br />

« Frédéric Nyssen au jeu<br />

humble et simple qui<br />

détonne au milieu de<br />

toute l’animation autour<br />

de lui. »<br />

L’interprétation est décapante, avec<br />

surtout un Frédéric Nyssen au jeu<br />

humble et simple qui détonne au<br />

milieu de toute l’animation qui se<br />

passe autour de lui.<br />

<strong>Le</strong>s quelques fautes de jeux et<br />

autres play-backs parfois moyens<br />

sont vite oubliés. On ne se souvient<br />

que du grand spectacle auquel on a<br />

assisté, surtout avec la participation<br />

du public déchaîné et très bien briefé<br />

par les ouvreuses, très en forme<br />

pour la fin de l’année.<br />

Cendrillon ce macho était <strong>Le</strong><br />

spectacle pour terminer l’année.<br />

Pour les déçus qui n’ont pu le voir,<br />

nous espérons, avec vous, une<br />

sixième saison ...<br />

37<br />

Loïc Smars<br />

Cendrillon ce macho<br />

Théâtre de la Toison d’Or<br />

De Sébastien Ministru<br />

Mise en scène : Nathalie<br />

Uffner<br />

Avec : Maman, Antoine<br />

Guillaume, Laurence Bibot,<br />

Marla, Bruno, Frédéric Nyssen,<br />

Julie Duroisin et Jean-François<br />

Breuer<br />

Jusqu’au 05/01/13 !<br />

08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

<strong>Le</strong>s femmes ont aussi leur mot à dire ! La culture n’est pas qu’une affaire d’homme, c’est une<br />

affaire de tous. <strong>Le</strong> Festival Femmes et Migration a pour but de montrer que qu’elle que soit le<br />

genre ou l’origine, l’art fait partie de toutes les cultures. <strong>Le</strong> principe de l’Espage Magh’ est<br />

d’échanger entre les différents populations dans un Bruxelles cosmopolite. Malgré tout, le<br />

chemin est encore long car un des constats est que le public des spectacles est souvent<br />

proche de l’origine culturelle que défend l’évènement du moment.<br />

Espage Magh’<br />

Samia Orosemane<br />

Femme de couleurs<br />

Milena Bochet a souvent été en<br />

Slovaquie. De ces voyages, elle en a tiré<br />

deux documentaires. L’un il y a 10 ans<br />

et l’autre visible le mois passé au<br />

Festival Femmes et Migration.<br />

Après l’humour de Samia Orosemane,<br />

nous changeons totalement de culture et<br />

d’horizon. Cap sur la Slovaquie et les<br />

villages de Roms.<br />

« - Comment elle était Vozariana ?<br />

- Elle avait des cheveux rouges, une<br />

jupe rouge (...)»<br />

Par cette phrase, le documentaire part<br />

explorer l’influence des traditions et des<br />

ancêtres sur une communauté. Et plus<br />

précisément la communauté Rom.<br />

L’ancêtre c’est Vozariana, femme<br />

influente de la communauté dont les<br />

«pouvoirs magiques» planent encore sur<br />

la bourgade d’Hermanovce.<br />

Sa descendance tente de perpétuer<br />

l’importance des us et coutumes et nous<br />

Samia Oroseman a eu son succès en<br />

France et en Belgique avec un spectacle<br />

collectif : «Samia et les 40 comiques».<br />

Cette fois, elle revient en Belgique mais<br />

toutes seule sur scène dans un<br />

spectacle sur la femme et sur la religion.<br />

Turban sur la tête, elle va s’amuser avec<br />

le public à démonter tous les préjugés<br />

que les gens peuvent à voir sur le<br />

monde arabe et la femme musulmane.<br />

Car Samia est une humoriste féministe<br />

qui revendique ses choix, sa liberté, son<br />

amour du théâtre et bien sûr de la vie !<br />

Tout d’abord nous avons droit à une<br />

première partie d’une jeune artiste<br />

africaine pétillante et motivante,<br />

expliquant la difficulté d’une ivoirienne à<br />

vivre avec un occidental. Son succès<br />

sera total.<br />

font parfois oublier la difficulté de la vie<br />

quotidienne et la violence sur les<br />

femmes.<br />

Mais très vite, le documentaire explore<br />

aussi la décision de l’état slovaque de<br />

stériliser, parfois sans qu’elles le<br />

sachent, les femmes roms. Infâmie<br />

toujours présente. <strong>Le</strong> racisme contre ces<br />

roms étant toujours très prégnant.<br />

Bien filmé, bien réalisé, le documentaire<br />

montre bien la passion de la réalisatrice<br />

pour son sujet et l’émotion ressentie<br />

pendant le tournage.<br />

Un documentaire pourtant essentiel qui<br />

malheureusement ne sera que trop peu<br />

vu ...<br />

38<br />

Loïc Smars<br />

Ensuite Samia arrive, elle est connue du<br />

public qui lui fait un accueil du tonnerre.<br />

Son spectacle est un succès, souvent<br />

mérité. Une standing ovation conclura<br />

un bon moment passé à l’Espace Magh’.<br />

Espage Magh’<br />

Loïc Smars<br />

Cheveux rouges et café<br />

noir<br />

de Milena Bochet


<strong>Le</strong>s pièces de théâtre qui ont marqué 2012<br />

Good Mourning, un<br />

one woman show<br />

désopilant,<br />

impertinent et<br />

touchant !<br />

Pièce difficile mais<br />

au combien réaliste<br />

et utile.<br />

Succès du Théâtre<br />

Océan Nord, cette<br />

adaptation du<br />

dernier texte (4.48)<br />

écrit par Sarah Kane<br />

nous en met plein la<br />

gueule.<br />

Mélanger magie,<br />

théâtre et chant.<br />

Pari impossible ?<br />

Non, le théâtre du<br />

Parc l’a réalisé !<br />

Spectacle coup de<br />

poing sur la vie<br />

controversée de Jean<br />

Genet, auteur à la<br />

vie étrange et<br />

passionnante.<br />

Une adaptation sans<br />

faute du classique de<br />

Victor Hugo.<br />

La magie du Magic Land<br />

Theatre dans toute sa<br />

splendeur !<br />

L’influence du théâtre<br />

belge ... : absurde,<br />

texte absurde,<br />

situations absurdes et<br />

acteurs absurdes. La<br />

pépite des Martyrs 2012.<br />

Spectacle à succès sur<br />

trois arabes qui<br />

émigrent en Belgique.<br />

C’est bien joué, c’est<br />

très drôle et en plus<br />

utile. Que demandez de<br />

Cinquième saison pour le<br />

blockhbuster du TTO.<br />

C’est toujours aussi<br />

drôle, non ?<br />

<strong>Le</strong>s festivals théâtres qui ont marqué 2012<br />

Festival de<br />

courtescréations<br />

au<br />

National !<br />

Festival sur<br />

l’égalité<br />

des sexes au<br />

TTO !<br />

2ème<br />

éditions du<br />

festival du<br />

rire de<br />

Bruxelles.


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

Littérature<br />

La rencontre avec Franck Ruzé<br />

Franck Ruzé a 40 ans. Il est l’auteur d’un premier roman très remarqué<br />

(Dilettante 2003), «O%», traduit dans de nombreux pays, suivi par «666»<br />

en 2006 et «<strong>Le</strong>s hommes préfèrent les connes» en 2009. Nous le<br />

retrouvons cette année pour la sortie de «L’échelle des sens».<br />

Comment pourriez-vous vous<br />

présenter ?<br />

L'idée qu'on a de soi, et donc sa<br />

signalétique à un moment donnée,<br />

fluctue et ma présentation, aujourd'hui,<br />

ne peut pas en rendre compte. Je<br />

comprends bien que le jeu, ici, est de<br />

donner un instantané et qu'il n'est pas<br />

vraiment important de rendre compte.<br />

Qu'il est d'usage de brandir un certain<br />

nombre de panneaux convenus,<br />

comme : j'aime la littérature depuis<br />

toujours, etc. Ce qui n'est pas<br />

nécessairement faux, mais est-ce<br />

sincère? Est-ce que j'atteins un état<br />

de sincérité en disant cela ?<br />

Je suis aussi difficile avec moi-même<br />

qu'avec mes personnages, avec cette<br />

obsession: est-ce que je sonne faux ? Et<br />

surtout : est-ce que je sonne « vrai » ?<br />

Par exemple, je voudrais bien dire<br />

que, si j'ai essayé de faire médecine<br />

et si je suis actuellement responsable<br />

qualité de logiciels de prescription en<br />

milieu hospitalier, avec la sécurité des<br />

patients comme but, c'est parce que<br />

j'aime protéger les autres et il y a un<br />

parallèle avec mes livres, qui sont<br />

souvent écrits en réaction par rapport<br />

à quelqu’un que je n'ai pas réussi à<br />

protéger ; je voudrais bien dire ça<br />

mais, honnêtement, est-ce que ça<br />

« passe » de dire qu'on aime protéger<br />

les autres ?<br />

Aujourd'hui pour pouvoir se permettre<br />

de dire ça, il faudrait rajouter que c'est<br />

pathologique. Ou dire qu'on a besoin<br />

de ça pour exister et que, dans une<br />

certaine mesure, on fait ça pour soi.<br />

Dans mes livres je fais semblant de<br />

ne pas aimer mes personnages et les<br />

personnages ne s'aiment pas euxmêmes,<br />

pour que le lecteur les<br />

adopte. Pour que le lecteur fasse le<br />

lien et donne au personnage ce que je<br />

ne peux pas montrer. Parce que<br />

« Elle faisait de l’escorting pour<br />

payer ses études ... »<br />

l'amour du lecteur ne se dit pas, il ne<br />

peut pas sonner faux.<br />

Comment vous est venue l’idée de<br />

ce livre ?<br />

Ça ne s'est pas passé comme ça. Je<br />

ne me suis pas dit « Je vais écrire un<br />

livre sur la prostitution étudiante ». En<br />

fait, j'étais en train d'écrire un autre<br />

livre, sur un vieux banquier qui a à<br />

peu près, non d'ailleurs pas à peu<br />

près, qui a tout ce qu'il désire, il lui<br />

suffit juste de désirer, mais il ne désire<br />

plus rien. Donc il s'ennuie. Et en me<br />

demandant ce qu'il pourrait bien<br />

désirer, je me suis rappelé d'une fille<br />

que j'avais connu en médecine. Elle<br />

faisait de l'escorting pour payer ses<br />

études, la première année de médecine<br />

ça ne pardonne pas, il faut être dans<br />

les meilleurs, donc il faut du temps,<br />

pas question de travailler à côté.<br />

Elle m'avait raconté des choses assez<br />

choquantes, à l'époque. Je ne lui<br />

avais pas posé de questions, je m'étais<br />

contenté de l'écouter. J'avais besoin de<br />

matière pour ce personnage, alors je<br />

l'ai recontactée. Elle avait changé de<br />

vie, mais pas depuis longtemps. Et j'ai<br />

écrit un chapitre avec ce nouveau<br />

40<br />

personnage, le premier chapitre de<br />

« L'échelle des sens ». Quand je l'ai<br />

relu je me suis dit que je n'avais plus<br />

du tout envie d'écrire sur le vieux<br />

banquier. <strong>Le</strong> personnage de Tennessee<br />

voulait que j'écrive sur elle, que je<br />

raconte ce qu'elle avait vécu et<br />

pourquoi. Que je donne corps à cette<br />

souffrance, que je la communique. Je<br />

n'avais jamais rien pu faire pour aider<br />

la vraie jeune fille, je voulais faire<br />

quelque chose pour le personnage. Je<br />

lui ai dit d'accord, tu vas avoir ton livre à<br />

toi. Et elle a dit : je le veux maintenant.<br />

La prostitution auprès des jeunes<br />

est-elle réelle ?<br />

Tout à fait réelle. Elle se pratique plus<br />

en Angleterre qu'en France, le coût<br />

des études ayant explosé là-bas. Une<br />

étude très sérieuse de l'université de<br />

Kingston en 2010 révèle que 10 %<br />

des étudiants ont pensé travailler<br />

comme escort. 1 étudiant sur 10, on a<br />

du mal à imaginer ça.<br />

En France, d'après le syndicat SUD<br />

Etudiant, on en était à 1 sur 50 en<br />

2006, même si aucune étude ne vient<br />

étayer ce chiffre. 7 ans après, on ne<br />

sait pas où on en est. Une étude<br />

sérieuse serait la bienvenue. Il serait<br />

temps de se demander combien de<br />

Françaises travaillent dans les agences<br />

d'escort anglaises et suisses.<br />

Il serait temps, surtout, de créer un<br />

revenu étudiant qui permettrait, même<br />

et surtout si la question du libre choix<br />

revient toujours à ce sujet, de ne pas<br />

faire ce choix, même pseudolibrement,<br />

acculé par les factures.


Cela a-t-il toujours existé ou est-ce<br />

une cause de la crise actuelle ?<br />

C'est antérieur. <strong>Le</strong>s enfants des<br />

classes moyennes ne peuvent<br />

prétendre à des bourses et leurs<br />

parents ne peuvent pas les aider<br />

financièrement.<br />

Dans « L'Echelle des sens », Tennessee<br />

est titulaire d'une bourse, parce que je<br />

voulais montrer que même une bourse<br />

ne suffit pas. Mais il y a toutes celles et<br />

ceux qui n'ont même pas de bourse.<br />

Dans ces conditions, comment envisager<br />

des études longues ?<br />

On est vraiment dans une situation de<br />

transmission des pouvoirs interclasse :<br />

la classe aisée a créé le système<br />

scolaire tel qu'on le connaît, permettant<br />

à ses enfants d'atteindre la même<br />

position sociale ; les études ont été<br />

pensées par et pour cette classe,<br />

uniquement.<br />

Comment ces jeunes le vivent-ils ?<br />

La personne que je connais coupait<br />

nettement son corps de soi, afin que<br />

ce qui arrive à son corps puisse être<br />

distancié. Quand elle avait mal à la<br />

jambe, elle disait « Ah, la jambe a<br />

mal ». Pas « ma » jambe, « la » jambe.<br />

Ce qui m’a frappé dans votre livre,<br />

c’est cette espèce de détachement<br />

qu’a votre héroïne par rapport à ce<br />

qu’elle fait, une sorte de protection ?<br />

Tennessee a 19 ans, est<br />

étudiante et se prostitue. Elle<br />

travaille pour une agence d'escorts<br />

aux tarifs élevés. Ses tarifs sont<br />

assez hauts car elle vend sa<br />

virginité. Elle se vend ainsi pour<br />

payer ses cours de psychologie.<br />

En dehors de la fac, de ses<br />

clients et de son psy, elle entretient<br />

une relation platonique avec Xavier<br />

qui est amoureux d’elle.<br />

Tennessee ne croit pas à l’amour<br />

ni aux sentiments, juste au prix<br />

qu'on peut leur accorder, à la<br />

valeur qu'on leur donne dans une<br />

société où tout se vend.<br />

L’échelle des sens adopte le point<br />

de vue sans concession d’une<br />

jeune femme à la fois attachante et<br />

inquiétante dans sa quête de sens.<br />

Par une succession de scènes<br />

courtes, parfois opaques, dures,<br />

crues, déconcertantes ou<br />

lumineuses, au style efficace, au<br />

ton oral et tranchant, on ressent<br />

Tout ce qui lui arrive la sonne un peu,<br />

l'étourdit. Et elle s'approprie cet<br />

étourdissement, pour en faire un<br />

détachement. Sa vision mécaniste des<br />

choses l’aide beaucoup : le corps n’est<br />

pas sacré, c’est une machine. <strong>Le</strong>s<br />

sentiments ne sont pas sacrés, ce sont<br />

des dispositions génétiques. Et avec<br />

ça, elle se tient à distance, sur le bord<br />

d’elle-même.<br />

« Dans le livre, Tennessee est<br />

titulaire d’une bourse, parce<br />

que je voulais montrer que<br />

même une bourse ne suffit<br />

pas ! »<br />

Quelle est la conclusion que vous<br />

donneriez au fait que les jeunes<br />

doivent se prostituer pour pouvoir<br />

faire des études ?<br />

S'il y a bien, en France, une frange de<br />

la population qui n'a aucun droit, c'est<br />

bien les étudiants. Même pour la<br />

couverture maladie. <strong>Le</strong>s étudiants ne<br />

sont pas censés travailler, ils ETUDIENT,<br />

pourquoi leur faire payer des cotisations<br />

alors que les demandeurs d'emploi ont la<br />

CMU ?<br />

C'est un peu comme si on leur disait :<br />

oui, mais vous ne contribuez pas à la<br />

société, vous ne travaillez pas et vous<br />

n'essayez pas de contribuer, vous ne<br />

cherchez pas d'emploi, donc dans ces<br />

le désarroi, la solitude, la bravade,<br />

l’humour, la peur, l’espérance, la<br />

fragilité de ceux qui ont 20 ans en<br />

un siècle où l’on prône le contrôle<br />

de soi et la liberté de choix et où<br />

le marché est roi.<br />

Un livre qui fait réfléchir sur notre<br />

société, sur la jeunesse… Sur le<br />

fait que beaucoup de parents ne<br />

savent plus payer d’études à<br />

leurs enfants. Alors est-ce un<br />

effet de la crise ou cela a-t-il<br />

toujours existé ? Comment faire<br />

pour vivre cela quand on est<br />

jeune et qu’on a encore toute le<br />

vie devant soi. Certes le livre de<br />

Franck Ruzé n’est pas là pour<br />

donner la réponse, mais il est là<br />

pour poser la question. Un livre<br />

de société qui remet pas mal de<br />

choses en place.<br />

Marc Bailly<br />

conditions pourquoi auriez-vous des<br />

droits ?<br />

Et cette problématique se fait de plus<br />

en plus douloureuse alors que des<br />

études longues sont requises pour des<br />

postes auxquels nos parents pouvaient<br />

postuler avec un Bac.<br />

Regardez le niveau de diplôme<br />

demandé pour faire institutrice :<br />

maintenant, un Master. Il est temps<br />

qu'on fasse attention à ceux qu'on dit<br />

être l'avenir de notre société et qui le<br />

sont actuellement plus dans les mots<br />

que dans les faits. <strong>Le</strong>s faits doivent<br />

rejoindre les mots : il faut donner aux<br />

étudiants les moyens d'être l'avenir.<br />

Quels sont vos projets ?<br />

Un nouveau livre est en cours de<br />

documentation. Je me familiarise avec<br />

les personnages, je les fais vivre,<br />

jusqu'au moment où je n'aurais plus<br />

besoin de les faire parler : ils parleront<br />

d'eux-mêmes. Et à ce moment-là, je<br />

prendrai mon stylo.<br />

Propos recueillis par Marc Bailly<br />

Editions Albin Michel<br />

41 08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

La critique<br />

Cinquante nuances de Grey<br />

dont le titre original est Fifty Shades<br />

of Grey est une romance érotique<br />

écrite par la Britannique EL James,<br />

connue d'abord par auto-publication<br />

sur le site Internet de l'auteure puis<br />

sur un site Internet. L'éditeur Vintage<br />

Books le publie en édition papier<br />

dans une version révisée en avril<br />

2012. La même année, Cinquante<br />

nuances de Grey remporte même le<br />

National Book Award britannique<br />

dans la catégorie « fiction populaire ».<br />

Se déroulant essentiellement à<br />

Seattle, ce livre, qui connait un<br />

succès international, est le premier<br />

d'une trilogie qui retrace la relation<br />

entre une jeune diplômée en lettres,<br />

Anastasia Steele, et un homme<br />

d'affaire, Christian Grey.<br />

Tout commence donc quand Anastasia<br />

Steele accepte de remplacer sa<br />

colocataire malade, Katherine, afin<br />

d'interviewer le milliardaire Christian<br />

Grey. Ce dernier l'intimide. Il s'agit en<br />

effet d'un jeune PDG séduisant et<br />

mystérieux. Bien qu'elle le trouve<br />

attirant, elle décide de ne pas aller<br />

plus loin, mais à sa grande surprise,<br />

Christian Grey vient la voir sur son<br />

lieu de travail. Malgré les mises en<br />

garde du jeune homme, la jeune et<br />

innocente Ana est confrontée à un<br />

tout nouvel univers aux côtés du<br />

riche entrepreneur. Christian a<br />

50 nuances de Grey<br />

EL James, ancienne productrice de télévision, mariée et<br />

mère de deux enfants, vit à Londres. Depuis sa plus tendre<br />

enfance, elle rêvait d’écrire des récits dont les lecteurs<br />

tomberaient amoureux, mais avait mis ces rêves entre<br />

parenthèses pour se consacrer à sa famille et à sa carrière.<br />

Elle a enfin trouvé le courage de prendre sa plume pour<br />

rédiger son premier roman Fifty Shades of Grey.<br />

malheureusement une face sombre<br />

qui prend sa source dans son<br />

enfance et son adolescence<br />

tourmentée. En effet, Anastasia<br />

découvre que Christian est adepte<br />

du BDSM ! La jeune femme doit<br />

alors décider si elle est prête ou non<br />

à faire des compromis pour l'homme<br />

qu'elle aime…<br />

Que pourrais-je dire de ce livre qui a<br />

déjà fait couler tant d’encre ? <strong>Le</strong>s<br />

uns le critiquent ouvertement, les<br />

autres ont un avis mitigé et, finalement,<br />

il y a ces lecteurs qui n’osent pas dire<br />

qu’ils l’ont lu et peut-être même<br />

apprécié.<br />

On ne peut bien sûr pas nier que<br />

cette romance contient des scènes<br />

explicitement érotiques mettant en<br />

scène des éléments de pratiques<br />

sexuelles assez particulières. Toutefois,<br />

derrière celles-ci, on peut découvrir<br />

deux êtres très attachants avec<br />

chacun leurs failles et leurs espoirs…<br />

les nôtres ? L’écriture est simple et<br />

s’attache dans la modernité avec la<br />

reproduction de mails. L’histoire<br />

42<br />

De EL James<br />

« Immortel est une trilogie. Il<br />

faut bien garder à l’esprit<br />

qu’il y a les tomes suivants !<br />

nous emmène très facilement dans<br />

le monde d’Ana et Christian. Il y a de<br />

la passion, du suspense, des<br />

rebondissements et une certaine<br />

addiction… J’ai eu du mal à m’en<br />

détacher et l’ai lu en seulement deux<br />

jours. D’ailleurs, j’attends avec<br />

impatience la sortie du deuxième<br />

tome Cinquante nuances plus<br />

sombres ce jeudi 3 janvier ! Il faudra<br />

attendre début février pour connaitre<br />

le dénouement de cette histoire avec<br />

le dernier tome Cinquante nuances<br />

plus claires.<br />

Quoi qu’il en soit n’hésitez plus,<br />

faites-vous votre propre opinion et<br />

lisez-le !<br />

Dans tous les cas, il ne vous laissera<br />

pas insensible...<br />

Evelyne Vandooren<br />

Editions Jean-Claude Lattès


La critique<br />

T h r i l l e r h a l e t a n t ,<br />

« Délivrance » lance une fois de<br />

plus l’inspecteur Mørck et un de<br />

ses acolytes, que rien n’aurait dû<br />

réunir, dans une course contre la<br />

montre, dans le cercle très fermé<br />

des communautés religieuses<br />

sectaires.<br />

Entre passé et présent, l’inspecteur<br />

Carl Mørck, coupable d’être vivant,<br />

Rose, à la personnalité ambigüe,<br />

et Hafez El Assad, dont la vie<br />

relève du jeu de piste, équipe<br />

d’enquêteurs plus déjantés les uns<br />

que les autres, prisonniers de leurs<br />

démons, l’auteur nous conduit<br />

dans une enquête impossible à<br />

lâcher avant d’en connaître le<br />

dénouement, nous laissant malgré<br />

tout des moments de répit par<br />

l’humour involontaire provoqué par<br />

les relations entre les héros et la<br />

découverte de leur personnalité.<br />

Entre victimes et bourreau, les<br />

frontières peuvent être fragiles,<br />

tant Jussy Adler Olsen a pu donner<br />

vie aux personnages, faire de leurs<br />

expériences et vécu une forme de<br />

rédemption.<br />

Au travers de l’intrigue, l’auteur<br />

nous fait prendre conscience de la<br />

place de ces mouvements religieux<br />

Délivrance<br />

A Wick, aux confins de l’Ecosse, une bouteille de<br />

verre dépoli est longtemps restée sur le rebord<br />

d’une fenêtre du commissariat ; personne ne<br />

l’avait remarquée, pas plus que le message<br />

qu’elle contenait. Un message qui commence par<br />

le mot Hjœlp, « Au secours » en danois, écrit en<br />

lettres de sang.<br />

Envoyée à Copenhague par la police anglaise, la<br />

mystérieuse missive atterrit sur le bureau des<br />

affaires classées de l’inspecteur Carl Mørck et de<br />

son équipe. Son déchiffrage révèle qu’elle<br />

provient de deux garçons qui auraient été<br />

kidnappés dans les années 90. Chose étrange :<br />

leur disparition n’a jamais été signalée …<br />

profondément ancrés dans la vie<br />

scandinave ; mouvements sectaires<br />

qui murent les communautés dans<br />

le silence, quel qu’en soit le prix.<br />

A lire avec quelques heures devant<br />

« L’auteure maîtrise et met en<br />

avant la complexité des<br />

échanges relationnels (...) »<br />

soi pour plonger au cœur de la<br />

tourmente et vivre intensément la<br />

vie des personnages.<br />

Après « Miséricorde », publié en<br />

2011, et « Profanation », en 2012,<br />

« Délivrance » est la troisième<br />

enquête du département V.<br />

Né le 2 aout 1950 à Copenhague,<br />

Jussi Adler-Olsen a étudié la<br />

médecine, la sociologie, le cinéma<br />

et la politique. Ancien éditeur, il<br />

connaît un succès sans précédent<br />

avec la série Département V.<br />

Primée par le Prix de la Clé de<br />

Verre, le Prix des Lauriers d’Or des<br />

Libraires et le prix des <strong>Le</strong>cteurs du<br />

meilleur livre danois, la série<br />

Département V, dont le 5ème tome<br />

paraîtra bientôt au Danemark,<br />

43<br />

De Jussi Adler Olsen<br />

devrait au total compter 11<br />

volumes.<br />

Nathalie Beauport<br />

Editions Albin Michel<br />

Jussi Adler Olsen<br />

Né à Copenhague en 1950<br />

Roman Policier<br />

Sorties française :<br />

Miséricorde, 2011<br />

Profanation, 2012<br />

Délivrance, 2013<br />

08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

La mort rôde<br />

de Madeleine Chapsal<br />

Editions Livre de Poche, 112 p.<br />

<strong>Le</strong>s paresseuses s’invitent<br />

chez Starbucks®<br />

«50 recettes et les meilleurs<br />

cafés pour les déguster + un<br />

mug»<br />

de Rosa Jackson<br />

Editions Marabout Pratique, 96<br />

p.<br />

Vampire et Indésirable<br />

Queen Betsy, Tome 8<br />

de Mary-Janice Davidson<br />

Editions Milady, 288 p.<br />

La mort est présente dans<br />

notre vie de tous les jours mais nous n'y<br />

prêtons pas beaucoup d'attention, nous<br />

évitons d'y penser car elle est synonyme<br />

de douleur, de crainte et de malheur.<br />

Pourtant plus nous vieillissons, plus<br />

nous nous rendons compte de sa<br />

présence, de cette réalité inévitable, de<br />

notre destin final. C'est ainsi que<br />

Madeleine Chapsal, près de nonante<br />

ans, nous décrit avec émotions les<br />

disparitions de ces âmes qu'elle a<br />

connues de près ou de loin en passant<br />

par sa famille, ses amis ou de simples<br />

connaissances. En une centaine de<br />

Si vous êtes accros aux<br />

préparations culinaires du Starbucks®,<br />

ce coffret est fait pour vous ! Il contient<br />

une série de recettes inédites pour faire<br />

sensation auprès de vos amis et surtout<br />

pour vous régaler !<br />

<strong>Le</strong>s recettes reprises dans le livre sont<br />

faciles à réaliser et très rapides. En à<br />

peine une heure, vous pouvez préparer<br />

un dessert onctueux ou un petit encas<br />

salé original. En passant par le brownie<br />

glacé à la glace vanille et aux<br />

framboises au gratin de fruits au<br />

mascarpone, ces petites préparations<br />

feront sensation !<br />

C'est avec plaisir que je retrouve<br />

les aventures de Betsy. J'apprécie<br />

énormément le ton direct de l'auteur. J'ai<br />

à chaque fois l'impression de lire un<br />

épisode de « Sex and the City » par le<br />

style et par l'amour des chaussures de<br />

notre reine. <strong>Le</strong>s personnages secondaires<br />

sont très attachants et essentiels à son<br />

équilibre.<br />

La vie de Betsy n'a rien de facile. Pour<br />

ceux qui ne la connaissent pas, elle s'est<br />

réveillée du jour au lendemain « vampire ».<br />

Sa vie de vampire est dirigée par un livre<br />

de prédiction indestructible. Ajoutez à<br />

cela qu'elle voit les fantômes (dont celui<br />

de sa belle-mère), que sa demi-sœur est<br />

la fille de Satan et qu'elle n'y connait rien<br />

au métier de reine… ah oui, j'oubliais, un<br />

mari vampire qu'elle aime mais qui lui<br />

porte souvent sur les nerfs.<br />

Ce tome fait partie de ce que l'auteur<br />

appelle une trilogie. Bien que le ton reste<br />

le même, les événements prennent une<br />

direction plus sérieuse. Marc et Laura (la<br />

44<br />

pages, elle nous met face à une<br />

réflexion sur ce qui est essentiel. Ce<br />

petit récit est court, bref et facile à lire.<br />

Sontiu Falguière<br />

<strong>Le</strong>s recettes ont été testées et approuvées<br />

surtout celles des cookies au chocolat et<br />

du gâteau aux pommes caramélisées à la<br />

cannelle. Un vrai délice !<br />

« <strong>Le</strong>s Paresseuses s’invitent chez<br />

Starbucks® » est un ouvrage qui<br />

regorge de bonnes idées ! N’hésitez pas<br />

à faire entrer l’univers du Starbucks®<br />

dans votre quotidien avec ses desserts<br />

succulents ! Plaisir garanti.<br />

Stellina Huvenne<br />

demi-sœur) prennent une place un peu<br />

plus dominante. L'apprentissage de<br />

notre Betsy continue et il n'a rien de<br />

facile. <strong>Le</strong>s prédictions du livre se<br />

réalisent dans un certain sens.<br />

Un défaut ? Certains verront aussi cela<br />

comme une qualité, notre bonne Betsy<br />

rappelle souvent aux lecteurs les<br />

évènements qui se sont déroulés<br />

auparavant. Je dois dire aussi que<br />

personnellement, je survole ces<br />

paragraphes.<br />

Vivement la suite !<br />

Marylise Dufour


<strong>Le</strong>s plus belles berceuses de jazz<br />

Collectage de Misja Fitzgerald<br />

Michel<br />

Préface et traduction de Valérie<br />

Rouzeau<br />

Illustrations de Ilya Freen<br />

Editions Didier Jeunesse, 48 p.<br />

Bingo le Posstit<br />

De A.R.R.R. Roberts<br />

Editions Milady, 300 p.<br />

Ce livre-disque de berceuses<br />

contient un cd avec des musiques<br />

enivrantes et chaleureuses qui plairont à<br />

beaucoup d'entre nous, amoureux du<br />

jazz ou non.<br />

<strong>Le</strong> cd contient quinze berceuses qui ont<br />

été sélectionnées par Misja Fitzgerald<br />

Michel, un guitariste de jazz de renom.<br />

Dans l'album, on retrouve entre autre<br />

« Over the Rainbow » de Judy Garland,<br />

« My Funny Valentine » de Chet Baker,<br />

« God Bless the Child » de Billie<br />

Holliday, etc. <strong>Le</strong>s plus grandes voix de<br />

l'âge d'or du jazz sont présentes dans<br />

cette magnifique compilation aux<br />

sonorités chaudes et envoutantes...<br />

Des titres moins connus sont également<br />

présents pour le grand bonheur des<br />

oreilles.<br />

Comme vous l’aurez compris, ce livredisque<br />

ne se destine pas seulement aux<br />

enfants... Il réchauffera également votre<br />

maison en créant une ambiance jazzy<br />

douce et sensuelle.<br />

Bingo Pacquet est un posstit<br />

jouissant d'une vie tout ce qu'il y a de<br />

plus confortable (à l'exception de ses pieds<br />

atrophiés, arthritiques et éléphantiasiques)<br />

et rien ne semble pouvoir troubler la<br />

quiétude de ses jours. Son bonheur<br />

prend malgré tout fin lorsque le magicien<br />

Glandalf (sourd, empoté et toussant à<br />

plus finir) et une compagnie de nains<br />

(tous assez poltrons) arrivent un beau<br />

jour pour l'emmener à l'aventure.<br />

Ils projettent de braquer le trésor (c'est<br />

du moins ce qu'ils prétendent) gardé par<br />

Snob, un gros dragon très ennuyeux.<br />

Bingo, et on le comprend, est des plus<br />

réticents à s'engager dans cette folle<br />

entreprise, mais une dague naine<br />

poliment pointée sur sa gorge le pousse<br />

à accepter (à sa grande surprise), et les<br />

intrépides compagnons embarquent<br />

pour une quête à l'air vraiment épique<br />

(du moins jusqu'à ce qu'on lise ce qui est<br />

arrivé par la suite à son malheureux<br />

cousin). Ah oui : Bingo découvre aussi<br />

une espèce d'anneau - mais Dieu seul<br />

sait ce que c'est que cette histoire...<br />

Et nous voilà avec une parodie basée<br />

sur l’œuvre de Tolkien… Cette fois, il<br />

s’agit donc de Bilbo le Hobbit, passé à la<br />

moulinette par Adam Roberts. Eh oui,<br />

l’auteur « légendaire » qui se cache<br />

derrière La Der des Etoiles (2005) ou<br />

bien encore Va Dinci Coddah (2006)…<br />

Oui, le décor est planté, et l’on pourrait<br />

pour ainsi dire s’arrêter là. Il s’agit d’une<br />

vague variante de l’histoire originelle,<br />

45<br />

<strong>Le</strong> disque est accompagné d'un très<br />

beau livre avec les illustrations d'Ilya<br />

Green et les traductions des textes<br />

musicaux de Valérie Rouzeau. Ilya<br />

Green partage son univers au travers de<br />

ses dessins apaisants et chaleureux.<br />

Chaque musique a une illustration<br />

personnelle qui fera rêver les enfants<br />

avant d'aller se coucher.<br />

Ilya Green a déjà réalisé plusieurs<br />

illustrations pour Didier Jeunesse dont<br />

« <strong>Le</strong> Masque », « Bulle et Bob à la<br />

plage », « Peter Pan & Wendy »,<br />

« Strongboy »,...<br />

Ce livre-disque est incontestablement un<br />

ouvrage à avoir chez soi, à offrir ou à<br />

s'offrir...<br />

Stellina Huvenne<br />

notes de bas de page à profusion, jeux<br />

de mots souvent bien trouvés…<br />

Il ne s’agit pas de critiquer ici le fait que<br />

Tolkien soit parodié, même si j’estime<br />

que c’est une honte. Aucun gag ou jeu<br />

de mots ne semble avoir demandé de<br />

longues minutes de réflexion, l’histoire<br />

se repose paresseusement sur l’intrigue<br />

de l’œuvre d’origine (malgré deux ou<br />

trois épisodes se voulant originaux), et<br />

ne parlons pas des notes de bas de<br />

page… Elles sont le plus souvent un<br />

véritable calvaire de par leur longueur et<br />

les digressions qu’elles occasionnent.<br />

Ajoutons à cela un rythme très mal géré,<br />

souvent beaucoup trop lent pour<br />

accrocher le lecteur au-delà de l’humour<br />

proposé.<br />

En bref, pour toucher au sommet de la<br />

fantasy, ou de l’humour, il faudra<br />

repasser, car ce n’est pas cet ouvrage<br />

qui aura de quoi satisfaire les amateurs<br />

de l’un ou de l’autre.<br />

Adam Charles Roberts écrit sous les<br />

pseudonymes A.R.R.R. Roberts, A3R<br />

Roberts and Don Brine. Il est professeur<br />

à l’Université de Londres, critique<br />

littéraire et auteur de nouvelles. Il écrit<br />

également des parodies très souvent<br />

appréciées et saluées par ses confrères.<br />

Evelyne Vandooren<br />

08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

P’tit biscuit ou l’histoire du<br />

bonhomme de pain d’épices qui<br />

ne voulut pas finir en miettes<br />

de Cécile Hudrisier<br />

Editions Didier Jeunesse<br />

36 p.<br />

Martyr de l’étoile<br />

de Evelyne Guzy<br />

Editions Luc Pire<br />

144 p.<br />

P'tit Biscuit voit le jour dans la<br />

cuisine d’une grand-mère qui avait très<br />

faim. P'tit Biscuit ne voulant pas se faire<br />

manger, il prend la fuite dans la forêt.<br />

Marchant au fil des sentiers, il fera la<br />

rencontre de plusieurs animaux affamés<br />

qui lui demanderont gentiment un petit<br />

morceau de biscuit... Jusqu'à sa<br />

rencontre avec le loup qui ne lui laissera<br />

aucun choix et mangera une bonne<br />

partie de son ventre... Dépité et fatigué<br />

P'tit Biscuit retournera chez la grandmère<br />

à la recherche d’un peu de<br />

chaleur.... Seulement, il sera loin de ses<br />

attentes et il devra faire un choix<br />

fatidique ...<br />

L’histoire est sympathique et la fin est<br />

inattendue ! Cécile Hudrisier manie à<br />

merveille son texte qui entraîne le<br />

lecteur dans un autre univers. En plus de<br />

Après avoir lu un premier livre<br />

dans la collection de romans de gare<br />

« Kiss and Read » des éditions Luc Pire<br />

(« <strong>Le</strong>s dessous de Villers », par Véronique<br />

Biefnot), j’avais envie d’essayer un livre<br />

de la collection jumelle « Kill and Read »<br />

toujours chez le même éditeur.<br />

Comme j’avais rencontré Évelyne Guzy<br />

à deux reprises lors du salon du livre<br />

belge, et aussi chez Filigranes, c’était<br />

l’occasion pour moi de combler une<br />

lacune en lisant un de ses livres. C’est<br />

chose faite avec ce « Martyr de l’étoile »,<br />

dont l’histoire se passe entièrement à<br />

Bruxelles. Il faut savoir que les livres de<br />

ces deux collections (Kill et Kiss) doivent<br />

respecter certains critères. L’histoire doit<br />

se situer en Belgique et la taille du texte<br />

ne peut pas excéder 144.000 signes.<br />

Une taille qui convient justement à un<br />

roman de gare. Je me demande même<br />

s’il n’y avait pas aussi un critère lié à la<br />

proximité d’une gare. À confirmer…<br />

Je ne vous cache pas qu’étant Bruxellois,<br />

j’ai encore appris des détails historiques<br />

sur ma propre ville en lisant ce livre.<br />

Évelyne Guzy distille tout au long de son<br />

roman, un cours d’histoire sur Bruxelles,<br />

sur Éverard t’Serclaes en particulier ou<br />

sur la place des Martyrs. Je sais enfin<br />

pourquoi je touche le bras de t’Serclaes<br />

chaque fois que je vais à la Grand-<br />

Place ! Merci Évelyne !<br />

<strong>Le</strong> livre raconte une enquête policière<br />

sur l’assassinat de Marie B., une jeune<br />

femme, retrouvée devant la maison de<br />

l’Étoile qui est située à la Grand-Place<br />

de Bruxelles. Une jeune femme dont on<br />

46<br />

créer une atmosphère unique par ses<br />

écrits, l’auteure réalise des illustrations<br />

de qualité. Elle juxtapose différentes<br />

techniques : crayon de couleur, aquarelle,<br />

collage pour un effet unique. Elle crée<br />

ainsi un univers doux et stylisé, à la fois<br />

chaleureux et nostalgique. P'tit Biscuit est<br />

un personnage touchant et émouvant.<br />

Un livre que je recommande pour sa<br />

qualité. Cécile Hudrisier n'en est pas à<br />

son premier livre, elle a déjà réalisé « La<br />

moufle », « <strong>Le</strong>s musiciens de La<br />

Nouvelle Brême », « Sssi jte mords, t'es<br />

mort » chez Didier Jeunesse.<br />

Stellina Huvenne<br />

découvrira qu’elle menait une enquête<br />

journalistique dans les milieux islamistes<br />

radicaux et musulmans. Ce n’est pas à<br />

proprement parler ma tasse de thé, mais<br />

le style d’Évelyne Guzy a fait que j’ai lu<br />

ces 142 pages presque d’une traite. À<br />

travers le regard de Laureen G., qui va<br />

aider le commissaire Steurs à dénouer<br />

cette intrigue, on découvre une enquête<br />

qui trouve un lien indirect avec les<br />

événements du 11 septembre.<br />

C’est expliqué minutieusement. Cela<br />

tient de l’enquête journalistique et de la<br />

visite guidée de la ville de Bruxelles. On<br />

comprend mieux le style quand on<br />

découvre qu’Évelyne Guzy a une licence<br />

en journalisme et communication, et une<br />

agrégation. Elle n’en est pas à son coup<br />

d’essai et a déjà publié des livres pour la<br />

jeunesse, des livres de littérature, des<br />

textes journalistiques ou scientifiques.<br />

Son premier roman s’intitule « Dans le<br />

sang ».<br />

Personnellement, j’ai bien aimé ce court<br />

polar, qui respecte la taille du roman de<br />

gare. Je voudrais faire une remarque<br />

pour Évelyne Guzy. J’aurais aimé avoir une<br />

traduction des phrases ou expressions<br />

arabes en bas de page. En dehors de<br />

cela, voilà un petit roman policier à un<br />

prix très démocratique.<br />

Marc Van Buggenhout


Paris la nuit<br />

de Jérémy Guez<br />

Editions J’ai Lu Policier<br />

144 p.<br />

Bettý<br />

de Arnaldur Indridason<br />

Editions Points Seuil<br />

205 p.<br />

Paris la nuit. Abraham est un fils<br />

de la rue. Avec Goran, son ami d'enfance,<br />

il partage défonces, embrouilles et petites<br />

combines. Dealer à l'occasion pour<br />

assouvir ses propres besoins, il erre<br />

dans les rues de la Goutte d'Or à Paris,<br />

conscient que sa vie s'enfuit dans une<br />

direction toujours plus sombre, sans<br />

issue. À l'occasion d'une de leurs<br />

nombreuses virées dans un bar de la<br />

capitale, ils découvrent une salle de jeu<br />

clandestine qu'ils décident de braquer.<br />

Mais les truands ne vont pas les laisser<br />

s'en sortir indemnes. Vient alors le<br />

temps de la fuite de la planque, puis de<br />

la traque...<br />

Premier roman de l’auteur, qui a<br />

également écrit « Balancé dans les<br />

cordes » qui fait partie d’un triptyque,<br />

« Paris la nuit » possède déjà cette<br />

force, cette puissance que l’on<br />

retrouvera dans son deuxième livre de<br />

manière encore plus foudroyante.<br />

« Quand j’ai rencontré Bettý, j’ai<br />

su que ma vie allait basculer. Elle était<br />

magnétique et fatale. J’aurais tout donné<br />

pour elle. J’ai même accepté de travailler<br />

pour son mari. Mais maintenant c’est<br />

moi qui suis derrière les barreaux. Aux<br />

yeux de tous, je suis coupable de<br />

meurtre. Parce que, si l’amour se joue à<br />

trois, il y en a toujours un de trop. »<br />

Arnaldur Indridason nous offre avec<br />

« Bettý », certes un roman court, mais<br />

une petite pause plus qu'agréable, dans<br />

les aventures d'Erlendur Sveinsson<br />

(personnage phare et mystérieux de sa<br />

série policière en plusieurs volumes). En<br />

effet, « Bettý » n'a rien à voir avec cette<br />

'série', malgré un petit clin d’œil sur<br />

deux/trois lignes au milieu du roman.<br />

Mais dès le départ, ce dont vous doutiez<br />

pourtant se produit, le charme opère et<br />

cela en douceur, avec un suspense<br />

haletant et un dénouement que vous<br />

aurez du mal à réaliser.<br />

Ce roman est rédigé à la première<br />

personne, pour une histoire racontée en<br />

direct de prison. Accusation, culpabilité,<br />

innocence, victime, mensonge, alcool,<br />

sexe, tromperie, injustice et meurtre,<br />

sont les ingrédients de ce cocktail à la<br />

Indridason, qui nous prouve qu'il est<br />

capable d'écrire autre chose et pourtant<br />

de rester un maître dans l'art du roman<br />

noir en provenance de Scandinavie.<br />

« Paris la nuit » n’est pas un livre tendre.<br />

Il nous donne à voir un Paris sauvage,<br />

parsemé de personnages durs et<br />

violents. Jérémie Guez est un écrivain<br />

de talent qui écrit avec les tripes des<br />

dialogues et des personnages dignes<br />

d’Audiard, c’est dire. Nous sommes loin<br />

du Paris pour touristes, ça c’est<br />

certain… Roman court, « Paris la nuit »<br />

vous précipitera dans un univers où la<br />

drogue règne en maitre, où la dépendance<br />

fait loi.<br />

Retenez donc bien le nom de cet auteur<br />

car il inscrira bientôt son nom dans le<br />

monde du polar de manière indélébile…<br />

Marc Bailly<br />

Au fil des pages, l'intrigue s'installe pour<br />

nous en apprendre toujours un peu plus,<br />

sans pour autant trop nous en dire, et<br />

cela afin de laisser le temps à notre<br />

esprit d'assimiler progressivement<br />

chaque détail. Puis 'Boom' c'est le choc,<br />

tout s'écroule... au beau milieu du<br />

roman, la toile tissée au fil des pages -<br />

l'univers que l'on imagine autour des<br />

personnages et les personnages euxmêmes<br />

- ne correspond en rien à ce que<br />

l'on a pu imaginer dès le départ. Ce que<br />

l'on prenait pour une 'simple' histoire<br />

d'amour, un trio amoureux, sensuel,<br />

s'avère finalement n'être pas si banal<br />

que ça. Un personnage étant à nos yeux<br />

une simple victime devient alors un<br />

bourreau et le bourreau ne s'avère pas<br />

si tyrannique qu'il y paraissait.<br />

« Bettý », sous ses airs de femme fatale,<br />

énigmatique, belle et ténébreuse, vous<br />

emprisonnera dans sa toile si fine et<br />

tortueuse que vous ne pourrez en<br />

réchapper, étouffé par l'amour et le<br />

besoin de sa chair, de ses baisers<br />

'parfumés' à la fumée bleue de ces<br />

cigarettes grecques... Prenez garde,<br />

tomber sous son charme s'avère<br />

dangereux et mortel. La beauté renferme<br />

bien des secrets qu'il est risqué de<br />

vouloir découvrir...<br />

Emmanuelle Melchior<br />

47 08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts<br />

L’ article<br />

Arts<br />

Pour son dixième anniversaire,<br />

le MAC’s, Musée des arts<br />

contemporains, nous offre un voyage<br />

dans l’univers de la science-fiction.<br />

La manifestation, intitulée S.F. [Art,<br />

science & fiction] nous emmène à la<br />

découverte d’une exposition collective<br />

qui présente de nombreuses disciplines<br />

de l’art d’aujourd’hui.<br />

D’Orson Wells à Arthur C. Clarke, de<br />

Yoko Tsuno aux Marvel, d’E.T. à 2011,<br />

a Space odyssey, la science-fiction a<br />

inspiré les plus grands en littérature,<br />

bande dessinée ou cinéma.<br />

Pourtant, la science-fiction a aussi,<br />

dès ses débuts, inspiré le monde<br />

artistique dans le domaine des Beaux-<br />

Arts. Peinture, sculpture, photographie,<br />

actions publiques. Autant de<br />

techniques artistiques qui ont puisé<br />

dans la culture et l’imaginaire SF pour<br />

en exprimer les principaux mythes.<br />

L’exposition présente plus de septante<br />

œuvres d’art moderne et contemporain,<br />

nous faisant redécouvrir les voyages<br />

dans le temps et dans l’espace,<br />

les mondes post-industriels ou postapocalyptiques,<br />

les aliens et autres<br />

fantasmes liés aux progrès technologiques.<br />

Voyage à travers le temps<br />

<strong>Le</strong> temps qui passe, inéluctable,<br />

statistique, scandé au travers l’œuvre<br />

« One Million Years – Past » et « One<br />

Million Years – Future » de l’artiste<br />

japonais On Kawara.<br />

S.F. [Art, science & fiction]<br />

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie »<br />

Arthur C. Clarke<br />

La Jetée, film français de sciencefiction<br />

de Chris Marker (1962), considéré<br />

comme un chef-d'œuvre est en<br />

fait un « photo-roman » commenté par<br />

un narrateur unique et accompagné<br />

d'une bande-son réalisée par Trevor<br />

Duncan. Cela donne à ce récit très<br />

singulier un fort contenu poétique et<br />

sert à représenter une face de la «réalité».<br />

« Ceci est l'histoire d'un homme marqué<br />

par un souvenir d'enfance ». <strong>Le</strong><br />

héros, prisonnier dans un camp souterrain<br />

après la troisième guerre mondiale,<br />

devient le cobaye de scientifiques<br />

qui cherchent à l'envoyer dans<br />

le passé pour établir un corridor temporel<br />

afin de permettre aux hommes<br />

d'autres époques d'« appeler le passé<br />

et l'avenir au secours du présent ».<br />

Cet essai cinématographique sera à<br />

l’origine du film de Terry Gilliam,<br />

L’Armée des 12 singes, en 1995.<br />

Créée en 1999, la Big Crunch Clock<br />

de Gianni Motti est une horloge digitale<br />

solaire à vingt chiffres qui effectue<br />

le compte à rebours de la période<br />

prévue pour l’explosion du soleil, dans<br />

cinq milliards d’années. <strong>Le</strong> décompte<br />

du temps, au centième de seconde,<br />

bien que long, est inéluctable ; il fait<br />

prendre conscience au spectateur des<br />

limites de l’univers.<br />

Espace intergalactique<br />

Through the Black Hole, de la série «<br />

Art in Another World », de Jacques<br />

Charlier, est une invitation au voyage<br />

48<br />

intergalactique, telle une publicité pour<br />

une agence de tourisme.<br />

L’univers façon Superman, dans lequel<br />

Mike Kelley nous fait atterrir sur la<br />

planète Krypton, déambulant dans les<br />

rues d’une ville miniature faite de<br />

résine et de lumière.<br />

L’originalité de l’œuvre de Frédéric<br />

Platéus vient pour une part de sa<br />

fascination pour certains objets et<br />

figures liés à la technologie et à la<br />

science-fiction. Sa virtuosité à générer<br />

des formes font de ses œuvres des<br />

sortes d’ovnis à l’image de Proteus IV,<br />

le robot du film de Donald Cammell,<br />

qui se fabrique un corps géométrique<br />

à partir d’un cube ayant la faculté de<br />

se mouvoir dans l’espace en se<br />

déployant en formes pyramidales.<br />

Artiste, ingénieur, physicien, inventeur<br />

et visionnaire, Panamarenko a mené<br />

une recherche insolite sur des notions<br />

telles que l'espace, le mouvement, le<br />

vol, l'énergie et la gravitation. Son<br />

œuvre, qui associe expérimentation<br />

artistique et technologique prend diverses<br />

formes : avions, sous-marins,<br />

voitures, tapis volants, oiseaux. Des<br />

constructions toujours spectaculaires,<br />

d'une beauté étrange, à la fois ludiques<br />

et imposantes.<br />

Anton Corbijn, photographe des stars,<br />

présentant le groupe Kraftwerk au<br />

travers de clichés noirs et blancs fortement<br />

contrastés, rappelle l’épopée de<br />

Star Trek, ou la série Thunderbirds.


L’Autre<br />

Bruno Gironcoli, artiste orienté « art<br />

monumental », nous propose une<br />

œuvre spectaculaire, mélange de<br />

corps et d’objets, d’humain et d’alien.<br />

Chef-d’œuvre du Land art, Spiral Jetty,<br />

de Robert Smithson, associe art<br />

monumental et cinéma dédiés au culte<br />

solaire et à l’infini, suscitant l'expérience<br />

d'un décentrement constant.<br />

Construction artistique d’autant plus<br />

interpellante qu’elle n’est pas sans<br />

rappeler les pistes de Nazca, dessinées<br />

il y a plusieurs milliers d’années,<br />

symboliques du mythe extra-terrestre.<br />

Qu’imagineront les générations futures<br />

devant les traces laissées par l’artiste ?<br />

La nouvelle écologie<br />

Considéré comme un pionnier du<br />

Land Art, Peter Hutchinson évoque<br />

des décors naturels victimes du dérèglement<br />

climatique et des effets de<br />

l’homme, en associant de manière<br />

improbable faune et flore dans des<br />

œuvres picturales utilisant le collage,<br />

la peinture, le pastel ou l’encre.<br />

Que dire alors de Tetsumi Kudo,<br />

artiste japonais prenant comme sour-<br />

En 1969, le single de David Bowie,<br />

Space Oddity, le propulse au sommet<br />

des hit-parades. Dans sa musique,<br />

ses paroles, mais aussi dans l’atmosphère<br />

du premier clip vidéo de 1969,<br />

la chanson porte l’empreinte d’une<br />

époque abasourdie par les premières<br />

expéditions de l’homme dans l’espace,<br />

les premiers pas sur la lune, l’évolution<br />

des sciences, des techniques et des<br />

formes. L’architecture, le design, la<br />

mode, l’électro-ménager, les objets de<br />

consommation, la littérature et le cinéma<br />

s’emparent des formes capsulaires,<br />

matières synthétiques et effets<br />

spéciaux liés à la recherche aéronautique.<br />

L’exposition démarre par un<br />

clin d’œil à cette époque révolue à<br />

travers le clip du tube de Bowie.<br />

Ensuite, le visiteur est propulsé dans<br />

une autre époque : la sienne.<br />

L’univers SF confine relève encore et<br />

toujours du fantastique et au merveilleux<br />

: l’utopie, l’espace, l’alien,<br />

l’anticipation, l’apocalypse, …<br />

La première partie de l’exposition<br />

consacre les créateurs qui ont fait de<br />

ce d’inspiration les effets de la bombe<br />

atomique et de l’évolution des technologies<br />

pour exprimer sa vision de<br />

l’évolution humaine, entre nature et<br />

technique, entre biologie et cybernétique,<br />

entre langage et outils de<br />

communication de masse. Avec un humour<br />

cynique, il relate la perte de la<br />

liberté de l’homme dans sa recherche<br />

constante d’évolution et d’immortalité.<br />

Univers virtuel<br />

João Maria Gusmão & Pedro Paiva<br />

construisent des œuvres lumineuses<br />

projetées, dans un univers virtuel, ou<br />

l’objet lui-même n’a plus d’existence,<br />

mais bien l’image qu’il renvoie.<br />

Se réservant la salle « Grange au<br />

foin », l’artiste britannique Anthony<br />

McCall a choisi d’installer une œuvre<br />

lumineuse de la série «Solid light<br />

films». Deux cônes de lumière, formés<br />

par le halo des projecteurs vidéo,<br />

dessinent sur le sol des figures qui, se<br />

déployant en un mouvement perpétuel,<br />

construisent dans l’espace une<br />

architecture immatérielle.<br />

Futur proche<br />

Dora Garcia utilise l’œuvre littéraire<br />

Fahrenheit 451 (1957), pour en faire<br />

une nouvelle construction d’antici-<br />

Space Oddity : design/fiction<br />

La science-fiction a-t-elle encore sens aujourd'hui ?<br />

ces sujets la source de leur inspiration.<br />

Futur improbable, vision onirique et<br />

naïve d’un avenir fantaisiste qui fascine<br />

l’homme.<br />

<strong>Le</strong> second volet de l’exposition se<br />

penche plus précisément sur les nouveaux<br />

outils qui projettent vers le futur<br />

les relations de l’homme à la technologie.<br />

Technologies de pointe utilisées<br />

49<br />

pation, dans un monde où le livre n’a<br />

plus aucun intérêt, si ce n’est la forme<br />

qu’il représente.<br />

Marie Velardi présente son œuvre<br />

Futurs Antérieurs, XXIe siècle, frise<br />

chronologique se déroulant sur plus de<br />

cinq mètres, présentant un déroulé du<br />

21ème siècle.<br />

Séquencée par des événements marquants<br />

extraits d’ouvrages et de films<br />

d’anticipation, cette chronologie factice<br />

réécrit une histoire du siècle en cours<br />

et à venir.<br />

<strong>Le</strong> Mac’s, au travers de son exposition<br />

S.F. [Art, science & fiction], invite le<br />

visiteur à devenir un voyageur de la<br />

Machine à remonter le temps, à<br />

perdre ses repères, jusqu'à perdre son<br />

reflet et son ombre.<br />

Informations pratiques<br />

MAC's, Site du Grand-Hornu, rue Sainte-<br />

Louise, 82 -7301 Hornu, Belgique<br />

Ouvert du mardi au dimanche de 10 à<br />

18 h, gratuit le premier dimanche de<br />

chaque mois<br />

Nathalie Beauport<br />

pour mettre en compétition les modes<br />

de production du futur.<br />

Pourtant, la réelle valeur ajoutée des<br />

recherches présentées dans le cadre<br />

de « Space Oddity » réside avant tout<br />

dans la dimension poétique que les<br />

designers y ont appliquée.<br />

8 janvier 2013


Du 9 janvier 2013 au 23<br />

février 2013 au Théâtre<br />

de la Toison d’Or !

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