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Le Suricate - Neuvieme numero

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Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Le Suricate

8 janvier 2013

Mais aussi...

N° 9

Entretien avec

Stéphanie Sandoz

et la rétrospective 2012

Bi-mensuel

À la une

Magazine

Dan Gagnon

Megalomaniak Tour 2013

Interview exclusive du plus

belge des humoristes canadiens

Gangster Squad

Ruben Fleischer s’attaque aux gangsters et à la

Yiddish Connection de Los Angeles.


Les suricates d’or 2012

Votez dès maintenant

Les Suricates d’Or 2012 récompenseront le meilleur du

cinéma de l’année écoulée. Bien entendu, le magazine

demande à tous ses lecteurs et ses lectrices de voter

et d’élire eux-mêmes les vainqueurs dans les

différentes catégories.

Rendez-vous sur notre site

http://www.lesuricate.org/awards/les-suricates-dor/


Sommaire

France, terre d’accusation

Une nouvelle année...

Cinéma

Rétrospective 2012

Aperçu 2013

Gangster Squad

Paradis : Amour

Le sac de farine/Shadow Dancer

The Words/Les invisibles

Sorties du 9 janvier

Sorties du 16 janvier

Actualités cinéma

Musique

Best of 2012

25 ans des Classiques

Entretien avec Stéphanie Sandoz

Entretien avec Shakra

Janvier aux Bozar

Sorties CD’s

Scènes

Entretien avec Dan Gagnon

Cyrano et l’influence du théâtre

Cendrillon ce macho

Festival Femmes et Migration

Les pièces de l’année 2012

p. 5

p. 6

p. 7

p. 8

p. 9

p. 10

p. 11

p. 12

p. 13

p. 15

p. 16

p. 20

p. 22

p. 24

p. 26

p. 28

p. 34

p. 36

p. 37

p. 38

p. 39

3

Littérature

Entretien avec Franck Ruzé

50 nuances de Grey

Délivrance

Critiques littéraires

Arts

Expos SF

Cotations

Rien à sauver

Mauvais

Mitigé

Bon

Très bon

Excellent

Se lit partout, se vit

tout le temps,

même aux toilettes

8 janvier 2013

p. 40

p. 42

p. 43

p. 44

p. 48


Le terrier du Suricate

France terre d’accusation

Ce n’est pas un scoop, le monde

culturel est pointé du doigt en Europe

car, en temps de crise, les subsides

consacrés aux Arts avec un grand «A»

sont les premiers à se voir sucrés de

toutes parts. Pour beaucoup de

béotiens, la culture est l’apanage des

plus nantis. Ceux-ci laissant aux

infortunés ou aux indigents la vulgarité

d’une bande dessinée ou la médiocrité

d’un programme télévisé. C’est pourquoi,

aux quatre coins du vieux continent, des

voix s’élèvent de la foule pour fustiger

les dotations mirobolantes que les

gouvernements nationaux allouent aux

institutions culturelles. Si cela nous

touche également en Belgique, on peut

cependant s’estimer heureux d’être

épargné par cette chasse aux sorcières.

De fait, de par le pays, aucune grosse

mesure d’austérité n’est venue frapper

à la porte des artistes, si ce n’est un

rééquilibrage honnête et juste vis-à-vis

des autres groupes de métiers.

Non loin de chez nous, dans l’hexagone,

cette vénerie thaumaturgique se ressent

bien plus. Vous n’auriez pas pu l’éluder,

les acteurs français sont depuis

quelques temps la cible des griefs

d’une société en mal de coupables. Et

pour cause, le monde de la finance

semblait à la fois trop complexe et trop

abstrait pour que la plèbe s’y attarde.

Après avoir conspué l’exil fiscal de

certains riches comme Bernard Arnault,

puis vitupéré les patrons aux salaires

trop confortables, la France se devait

de changer de front. Qui allait-elle

calomnier maintenant ? Certainement

pas le monde politique car celui-ci,

Une publication du magazine

Le Suricate © http://ww.lesuricate.org

Directeur de la rédaction : Matthieu Matthys

Rédacteur en chef : Loic Smars

Directeur section littéraire : Marc Bailly

Directeur section musicale : Christophe Pauly

Relation clientèle : redaction@lesuricate.org

fraîchement élu, se rangeait aux côtés

d’un peuple dont il n’a pourtant jamais

fait partie. Non, la gauche caviar

pouvait dormir sur ses matelas aux

pieds d’or. C’est alors que le départ

fiscal d’un des acteurs les plus connus

du cinéma français va mettre du grain

au moulin. Gérard Depardieu s’en allait

en Belgique, dans un village aussi

paumé que transparent.

Suivirent alors les vérités et les ragots

que tout le monde connait aujourd’hui.

Si, effectivement, Gérard Depardieu

n’est pas digne d’être défendu à l’instar

d’une certaine Brigitte Bardot, on peut

cependant se demander d’où vient l’ire

envers le septième art comme on peut

le vivre de nos jours avec Dany Boon

par exemple. Quelle est cette manie

sempiternelle des français de vouloir

descendre l’homme qu’ils ont jadis

porté aux nues ? Comme si la réussite

était un péché, un méfait impardonnable.

Pour un homme qui réussit dans le

cinéma, près de trois cents triment

pour nouer les deux bouts. Alors oui, le

cinéma n’est certes pas la première

dépense à réaliser tout comme le reste

de l’Art mais, quant est-il des intouchables

du monde du sport et du football pour

n’en citer qu’un seul ? Les salaires y

sont bien plus mirobolants. On cherche

la sorcière là où l’on veut bien la voir et

celle-ci court à travers la forêt.

Crédits

5

M.M.

Webmaster : Benjamin Mourlon

Secrétaires de rédaction : Pauline Vendola,

Maïté Dagnelie, Adeline Delabre

Régie publicitaire : pub@lesuricate.org

Edito

Une nouvelle année ...

Pour rester dans les convenances

d’usages : « Bonne année 2013 ». Ça

c’est fait. Mais que souhaitez de bons

d’une année au chiffre 13 ?

Tout et rien. Rien car nous ne sommes

pas superstitieux, et tout, car les futurs

projets fleurissent, les lecteurs (Vous !)

nous suivent de plus en plus nombreux

et notre réseau professionnel culturel est

en plein essor.

Mais êtes-vous seulement prêt à nous

suivre ? Car nous avons plus de salles

de théâtres, plus de concours, plus de

CD’s, plus d’avant-premières, plus de

livres et enfin et surtout plus de nouveaux

journalistes.

Vous tenez en main (ou plutôt à bout de

souris) le premier numéro de 2013.

Congé de fin d’année oblige, il vous

semblera peut-être moins fourni au

niveau des nouveautés, mais fera aussi

la part belle aux différents bilans de

l’année.

En attendant le suivant, n’oubliez pas de

voter pour Les Suricates d’Or. Les prix

seront décernés dans le numéro suivant,

le 22 janvier.

Ont collaboré à ce numéro :

Sontiu Falguière, Stellina Huvenne, Julien

Sterckx, Guillaume Fey, Laura Damase,

Olivier Eggermont, Marie Vandenberg,

Quentin Esser, Cécile Marx, Lise Francotte,

Evelyne Vandooren, Marylise Dufour, Marc

Van Buggenhout, Emmanuelle Melchior,

Nathalie Beauport

08 janvier 2013

L.S.


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Cinéma

2012 : James Bond toujours séduisant

L’année 2012 a été une bonne cuvée dans son ensemble pour le cinéma mondial mais également

pour le cinéma belge. Voici un aperçu des tops qui ont cartonné dans notre plat pays.

Skyfall

C’est le numéro un en Belgique. Après cinquante

années, le héros de Ian Fleming fait

encore recette aux quatre coins du monde.

Détrônant au passage le record d’entrées établi

par Jason Bourne pour un film d’espionnage,

James a gagné son pari en ravissant les

spectateurs qui ont visiblement apprécié le côté

plus physique de l’agent secret.

L’âge de glace 4

720 M €

662 M €

L’une des franchises les plus rentables de ces

dix dernières années a encore fait mouche en

2012. Pourtant, peu d’originalité semble sortir

du crâne des réalisateurs qui ont une nouvelle

fois repris la même trame de fond : la famille et

les amis. Cela dit, on s’est amusé à voir évoluer

les personnages que l’on connait maintenant

par coeur dont Scrat, devenu héros de la saga.

Twilight 5

590 M €

Encore une franchise aux revenus considérables.

Après cinq épisodes d’amour instable,

Bella fait toujours rêver la gente féminine. Avec

cette troisième place au box-office belge, la

saga prouve que la relève va devoir faire bien

mieux pour la faire oublier. Pourtant, beaucoup

considèrent Twilight comme une imposture scénaristique.

Au final, c’est le public qui tranche.

The Dark knight Rises

818 M €

De tous les Batman, ce nouvel opus signé de la

main du maître Nolan est certainement l’un des

meilleurs. Pourtant, son « méchant », Bane,

n’arrive pas à la hauteur du Joker incarné par

feu Heath Ledger dans le film précédent. Peu

importe aux spectateurs qui ne se lassent pas

des aventures de la chauve-souris et de ses

éternels combats dans Gotham City.

Madagascar 3

561 M €

Dans le coeur des enfants, Alex, Marty, Melman

et Gloria conservent une place non négligeable.

Leur cinquième position nous le prouve une

nouvelle fois. Malgré cela, la critique a fait la

moue de même que le public adulte. Peu

d’originalité mais surtout, beaucoup moins drôle

que les précédents, ce film a déçu les amateurs

d’animation.

6

The Hunger Games

Ted

The Avengers

Blanche Neige et le chasseur

Rebelle

519 M €

Adaptée du roman éponyme de Suzanne

Collins, cette saga était censée prendre la

relève de Twilight et Harry Potter. Malgré un bon

score général, le film n’a pas vraiment convaincu

et sa suite est déjà remise en question.

Trop mièvre ou trop pudique dans son adaptation,

Gary Ross va devoir mettre les bouchées

doubles pour conquérir le public.

379 M €

Dans un monde dominé par les sagas interminables,

Ted fût la surprise de l’année. Dirigé

par le fantasque Seth MacFarlane, ce film a su

envoûter et faire rire les cinéphiles américains et

européens. Drôle, épique, déjanté et surtout

irrévérencieux, Ted est un ours aux traits

étrangement humanisés. Par là, Mark Wahlberg

fait la bonne opération de l’année.

1144 M €

Quand on fait un tour de l’horizon Marvel

Comics, cela donne un film de super-héros

détonant mais un peu brouillon pour les noninitiés.

Autrement dit, il faut être bien informé sur

les Comics américains pour apprécier ce film

aux qualités techniques néanmoins incontestables.

De fait, le film a beaucoup moins bien

fonctionné en Europe.

300 M €

À l’instar de Ted, ce film est une surprise. À

l’inverse de ce dernier, il n’est pas vraiment

digne d’intérêt pour un amateur du septième art.

De fait, ce long métrage ne possède que peu de

relief malgré une histoire originale. L’effet

Kristen Stewart (Twilight) a visiblement fonctionné

sur cette production dont le succès fût

total en Belgique.

405 M €

Chaque année, Pixar nous dévoile toute

l’étendue de son talent en nous montrant une

production à chaque fois bluffante visuellement.

Ce dernier film n’échappe pas à la règle mais

ne restera cependant pas dans les annales. De

surcroit, cette histoire un peu repiquée à gauche

et à droite a moyennement fonctionné auprès

du public mais également auprès des critiques.

NDLR : Liste établie d’après le box-office belge arrêté au 15 décembre 2012 (ne prenant pas en compte The Hobbit)

Les données chiffrées sont relatives aux résultats financiers mondiaux


2013 : une année probablement calme

Si les dernières années ont été fastes pour le cinéma mondial grâce aux multiples sagas pour

adolescents, 2013 devrait être plus calme et laisser la part belle aux films plus intimistes.

The Great Gatsby

L’histoire légendaire de Gatsby le Magnifique

écrite de la main de l’écrivain F. Scott Fitzgerald

va renaître de ses cendres et pourrait bien être

la grosse cylindrée de cette nouvelle année.

Avec Leonardo DiCaprio dans le rôle du riche

homme new-yorkais et Tobey Maguire en Nick

Carraway, cette production pourrait en ravir plus

d’un.

The Hobbit 2

96 M €

N.C.

C’est l’une des quatre grosses sorties de

l’année écoulée, The Hobbit a ravi les amateurs

de fantasy aux quatre coins du globe. Même si

l’histoire est moins recherchée que celle du

Seigneur des Anneaux, cette saga fait mouche

par la qualité des images et la patte de

l’indomptable Peter Jackson. Une aubaine pour

l’ex-endettée MGM qui se renfloue petit à petit.

Lincoln

50 M €

Quand Steven Spielberg est aux commandes,

le film est souvent un succès. Celui-ci n’échappera

pas à la règle et est déjà un succès retentissant

outre-Atlantique. Malgré cela, Lincoln

reste une figure emblématique des Etats-unis et

non de l’Europe. Reste à voir si les européens

auront l’envie d’aller vivre la vie d’un politicien

étranger pendant 2h30.

Zero Dark Thirty

31 M €

Un film sur la traque de Ben Laden signé

Kathryn Bigelow (Démineurs), cela a de quoi

susciter l’intérêt de tout bon cinéphile ou grand

curieux. De surcroit, ce film est entouré de rumeurs

assez folles concernant des fuites au

Pentagone qui auraient permis à la réalisatrice

de donner plus d’authenticité à son film. Nous,

on l’a déjà vu et c’est une tuerie.

Les Misérables

47 M €

Une comédie musicale anglophone adaptant la

mise en scène du spectacle de Robert Hossein

sur l’un des romans les plus lus de la littérature

française, il y a de quoi avoir des doutes. Pourtant,

nous sommes persuadé que cela va

fonctionner. Cela dit, il faut avouer que le réalisateur

Tom Hooper a su s’entourer de bons comédiens

comme Hugh Jackman notamment.

NDLR : Les données chiffrées sont relatives aux budgets de production

7

Iron Man 3

Oblivion

Monstres Academy

Die Hard 5

Django Unchained

153 M €

Dans la pléthore de super-héros que nous

fourni chaque année les studios Marvel, Iron

Man est certainement l’un des plus intéressants

pour le public par son côté flambeur. Boosté par

la prestation cinq étoiles de Robert Downey Jr,

la saga ne devrait pas décevoir les fans. Reste

à savoir si le réalisateur Shane Black restera

fidèle à l’univers installé par Jon Favreau.

99 M €

La science-fiction est liée au cinéma et, ces

dernières années, le genre semble connaitre un

regain d’intérêt de la part des studios hollywoodiens.

Oblivion sera probablement l’incontournable

du genre en 2013. Dans un monde

post-apocalyptique et dévasté par des aliens,

Tom Cruise alias Jack Harper fera une découverte

qui changera sa vie.

N.C.

Ce sera le film pour enfants de l’année sans

aucun doute. Pourquoi ? Car ces deux héros

sont connus des enfants du monde entier,

malgré les douze années qui séparent cet opus

du précédent. Au menu, il s’agira d’un prequel

qui nous racontera comment Sully et Bob se

sont rencontrés à l’université de la peur. Un bon

moment de divertissement en perspective.

N.C.

On ne sait pas encore beaucoup de choses sur

cet énième film de la saga Die Hard. Néanmoins,

on sait déjà que ce sera un succès au

box-office malgré une histoire un peu réchauffée

du gentil américain face au méchant russe.

L’excellent Bruce Willis remet à nouveau le

costume de John McClane sous la houlette du

très médiocre John Moore (Max Payne).

64 M €

Les westerns ne sont plus trop à la mode ces

derniers temps au cinéma. Seuls les grands

réalisateurs osent encore s’aventurer dans ce

genre-là. C’était le cas des frères Coen avec

True Grit, ce sera également le cas de Quentin

Tarantino avec Django Unchained. Une histoire

banale vue sous l’oeil de Tarantino avec

Christoph Waltz, ça peut être bien.

8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Gangster Squad, une histoire d’hommes

Après avoir réalisé deux films loufoques, Ruben Fleischer change d’univers et s’attaque au monde

des gangsters. Bien réussi et surtout bien mis en scène, ce film s’adresse à la gent masculine.

La critique

Dans l’Amérique d’aprèsguerre,

Los Angeles est le nouvel

eldorado pour ceux et celles qui

souhaitent se construire une vie de

star ou tout simplement s’installer

dans une contrée où il fait bon vivre.

Evidemment, cette ville de deux

millions d’âmes à l’époque ne faisait

pas rêver que les familles aux

moeurs irréprochables. L’argent qui y

coulait à flots attisait l’avidité de

certains mafieux tout droit venus de

la capitale du crime, Chicago. Mickey

Cohen était l’un de ceux-ci. Cet

ancien boxeur rattaché à la Yiddish

Connection (organisation mafieuse

juive-américaine) était devenu l’un

des grands noms du crime organisé

et du détournement d’argent aux

Etats-unis. Profitant de l’imbroglio

administratif dans lequel est bercé la

police de Los Angeles de l’époque,

Mickey va tenter de contrôler la cité

des Anges en éliminant ses adversaires

comme ceux du clan Dragna.

Inquiet de voir Mickey Cohen régner

en maître sur la ville côtière et

surtout, désespéré par l’impunité

dont bénéficie le mafieux, Bill Parker,

le chef de la LAPD, va convaincre

une poignée d’hommes intègres de

constituer une unité anti-gang qui

s’attaquera aux activités de l’empire

Cohen.

Voici une histoire créée par des mecs

pour des mecs. Ces histoires de

gangsters dont l’Amérique raffole

encore de nos jours font parties

intégrantes de l’histoire des Etats-

Unis. L’histoire de Mickey Cohen est

l’une des plus intéressantes même si

elle n’est pas la plus connue de

toutes. En outre, on constate de nos

jours un intérêt particulier des américains

pour la mafia installée à Los

Angeles en dépit de celle de Chicago,

bien plus ancienne et plus en

phase avec la prohibition, période

hautement marquante pour le pays

de l’Oncle Sam.

Hasard du calendrier, l’Amérique ne

fût pourtant pas prête à voir ce film.

Et pour cause, celui-ci devait sortir

sur nos écrans bien plus tôt. La

fusillade d’Aurora, qui a eu lieu dans

un cinéma lors d’une projection, ressemblait

à l’une des scènes du film

qui fût, dès lors, coupée au montage

et remplacée par la scène d’explosion

dans Chinatown (scène supplémentaire

que l’équipe a du tourner

en réaction à cet incident tragique).

Avec Ruben Fleisher aux commandes,

on pouvait s’attendre à tout sauf

à un film de ce calibre. Le jeune cinéaste

était resté sur deux réalisations

totalement différentes que

sont Bienvenue à Zombieland et 30

minutes maximum, deux films pas

trop mauvais mais complètement

déjantés. Dès les premières minutes,

on sent que Ruben Fleischer n’a pas

pris de risque en nous servant tous

les clichés du gangster à la mitraillette

Thompson. De plus, en s’inspirant

de nombreux films, on aperçoit

en filigranes un patchwork des

grands titres du cinéma d’outre-Atlantique

comme Les Douze salopards

ou encore le récent Inglorious Bastards.

Evidemment, ce récit est tout

autre mais l’inspiration scénaristique

est assez flagrante. Pourtant, le

scénario de Gangster Squad est tiré

d’un récit réel car, il faut le souligner,

les personnages de ce film ont pour

la plupart existé. Bien entendu,

Ruben Fleisher a pris du recul et l’a

adapté selon ses besoins, donnant

un rendu assez romanesque à l’histoire.

On retiendra également de ce film le

choix des acteurs. Josh Brolin en

sergent-chef dur à cuire est criant de

8

©Warner Bros

réalisme. Toujours bien en phase

avec son personnage, l’acteur se

fond littéralement dans les décors de

l’époque à l’instar de Sean Penn,

toujours aussi époustouflant et charismatique

à l’écran. Cependant, et

c’est une grande déception pour

nous, Ryan Gosling convainc moins

dans son rôle de dandy à la gâchette

facile. Décrédibilisé par une voix

fluette et risible, l’acteur canadien

reste en décalage par rapport à

l’histoire et ses quelques sursauts

d'énervement restent plats.

Bref, ce film contentera les hommes

amateurs d’histoires de gangsters à

la Al Capone. Doté de décors admirablement

travaillés et d’un scénario

intriguant, ce nouveau polar est une

réussite. Un pur divertissement.

Matthieu Matthys

Gangster Squad

Action, Policier

de Ruben Fleischer

Avec Josh Brolin,

Sean Penn, Ryan

Gosling

Los Angeles, 1949. Mickey Cohen,

originaire de Brooklyn, est un

parrain impitoyable de la mafia qui

dirige la ville et récolte les biens

mal acquis de la drogue, des

armes, des prostituées et – sʼil

arrive à ses fins – de tous les paris

à lʼouest de Chicago. Tout ceci est

rendu possible par la protection,

non seulement des hommes de

mains à sa solde, mais également

de la police et des hommes

politiques qui sont sous sa coupe.


Paradis : Amour, peu de compassion

Paradis est un triptyque réaliste reflétant trois réalités via trois femmes contemporaines. Ce

premier long métrage était présenté en compétition au dernier festival de Cannes.

La critique

Mise en scène d'une réalité

frappante, connue de tous, allant à

l'encontre des mœurs.

Paradis : Amour est le premier volet

de la trilogie d'Ulrich Seidl, représentant

trois femmes d'une même

famille à la recherche de leur rêve

respectif. Elles passent leurs vacances

séparément: l’une part faire

du tourisme sexuel, l’autre œuvre

comme missionnaire catholique, la

troisième séjourne dans un camp

pour ados en surpoids. Trois chemins

qui reflètent différentes valeurs:

l'amour, la foi et l'espoir.

Cette première partie raconte l'histoire

d'une quinquagénaire au physique

corpulent, Teresa, qui passe

ses vacances sur les plages du

Kenya où elle devient une sugar

mama, c'est-à-dire une Européenne,

blanche, qui entretient une relation

sexuelle payante avec de jeunes

Africains. Elle découvre donc le

tourisme sexuel mais en réalité, elle

recherche l'amour et le plaisir d'être

désirée à nouveau.

Un hôtel luxueux, une plage au sable

fin, une mer bleue azure, des palmiers

et du soleil, un vrai lieu idyllique

n'est-ce pas ? Ce décor est certainement

le seul lien avec le titre

« paradis » étant donné qu'un lieu

sans vie ni expression, où le silence

flâne dans l'ennui ne peut être considéré

comme un paradis. De plus, le

paradis signifie bonheur, si bien que

lors d'une interview Ulrich Seidl dit :

« Le paradis est la promesse d'un

bonheur sans fin », or il n'est pas

présent, seule la recherche de celuici

est montrée.

Quant à l'amour – de même que sa

poursuite, il est un sentiment à la fois

merveilleux et plein de tourments

pourtant, il est loin d'être exprimé

ainsi vu l'absence de dialogues et

d'actions ; il ne se résume pas à des

échanges physiques dénudés d'âme

à l'instar de ce qui est dépeint.

«Le film est tiré en

longueur par des scènes

dʼéchanges charnels»

Bien que l'âge avancé de l'héroïne

nous démontre la dure réalité du

vieillissement et de ce qui en découle

tels que le désespoir, les déceptions

(amoureuses), la peur de ne plus

plaire et surtout la beauté flétrissante,

sa naïveté et son innocence sont

exaspérantes, la rendant misérable

et ne nous permettent donc aucune

compassion envers elle. Sans compter

que la description du personnage

est totalement inexistante, ce

qui maintient davantage l'écart entre

le protagoniste et nous, les spectateurs.

Aussi, la différence de richesse entre

les Blancs et les Africains n'est

qu'implicite car aucun commentaire

de la part de Teresa, qui voyage en

Afrique pour la première fois, n'est

émis. La taciturnité est donc bien trop

importante : de tels sujets demandent

effectivement une communication

plus abondante entre les personnages

pour nous émouvoir.

Pour finir, le film est tiré en longueur

par des scènes d'échanges charnels,

voire pornographiques (et non érotiques),

inutiles. Le manque de dialogues

le rend impénétrable et leur

9

©Lumière Distribution

légèreté marque une très grande

fadeur et insipidité. Le film aurait pu

être beau et profond mais rien y fait,

les sentiments ne suivent pas devant

une telle platitude.

Les thèmes sont plus qu'intéressants

mais c'est une grande déception, à

se demander comment Paradis :

Amour a pu être en compétition à

Cannes. À noter que le film prend un

peu de beauté si un effort (ou un

intérêt particulier) est déployé pour se

renseigner afin de prendre connaissance

des intentions et visions

du réalisateur.

Sontiu Falguière

Paradis : Amour

Drame

dʼUlrich Seidl

Avec Margarete

Tiesel, Peter

Kazungu

Sur les plages du Kenya, on les

appelle les « sugar mamas », ces

Européennes grâce auxquelles,

contre un peu dʻamour, les jeunes

Africains assurent leur subsistance.

Teresa passe ses vacances dans

ce paradis exotique.Elle recherche

lʼamour mais, passant dʼun beachboy

à lʼautre et allant ainsi de déception

en déception, elle doit

bientôt se rendre à lʼévidence : sur

les plages du Kenya, lʼamour est

un produit qui se vend.

8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Shadow Dancer

de James Marsh

sortie le 16 janvier 2013

Drame (101ʼ)

Avec Clive Owen, Andrea

Riseborough, Gillian

Anderson, Aidan Gillen,

Domhnall Gleeson

Le Sac de Farine

de Kadija Leclere

sortie le 16 janvier 2013

Drame (92ʼ)

Avec Hafsia Herzi, Hiam

Abbass, Mehdi Dehbi,

Rania Mellouli, Smain

Fairouze

Une adaptation du roman de Tom

Bradby, dont le titre est inchangé.

Colette McVeigh est une terroriste de

l'IRA, tout comme ses frères. Son mari a

été tué par les anglais, elle est donc

veuve, et mère d'un fils. Après un attentat

manqué à Londres, on lui offre deux

options : soit vingt-cinq ans de prison, soit

servir d'espion pour le MI5. Elle choisira

d'espionner ses frères, sa famille afin de

pouvoir prendre soin de son fils, l'élever et

le voir grandir.

On reconnaît bien le talent de James

Marsh dans ses choix, autant concernant

les acteurs que les lieux de tournage. En

effet, tout au long du film, une ambiance

lourde est bien présente reflétant la

pression que subit Colette devenue espionne

et celle des membres de sa famille

qui sont des militants de l'IRA. Cette

ambiance est non seulement créée par

des acteurs très imbus de leur rôle mais

également par un décor et un environnement

sobres et froids, ce qui renvoit

à ces décennies de troubles.

Par contre, l'aspect politique est carrément

mis à l'écart, décision prise par Marsh

C'est en Belgique que commence

cette histoire, et plus précisément à

Alsemberg, dans la banlieue bruxelloise.

Sarah, huit ans, vit dans un foyer d'accueil

catholique. Élève assidue, férue de

littérature, elle voit son père venir un jour

la chercher sous prétexte de l'emmener

en weekend à Paris. Mais son projet est

tout autre, elle se retrouve ni plus ni moins

projetée au Maroc, dans sa famille,

réveillée au matin par l’appel à la prière.

On la rejoint alors à ses dix-sept ans, au

sein de son village de montagne, jeune

fille sensuelle et déterminée, mais déracinée,

bouleversée par sa destinée.

Entourée de sa tante, de son oncle et de

leurs enfants, c'est le tricot, la faim et la

question du mariage qui déterminent son

quotidien. Sarah reste pourtant éprise des

valeurs occidentales et chrétiennes de sa

jeunesse, et c'est tout naturellement

qu'elle refuse systématiquement les

demandes en mariage qui proviennent

des jeunes hommes de son village. Et son

rêve occidental n'y est certainement pas

pour rien. Elle n'a de souffle que pour

assouvir une envie : retourner vivre en

Belgique, retrouver l'école, les livres et

une vie qu'elle imagine plus débordante

que celle qu'elle mène ici. Surtout que

10

d’orienter le sujet central vers la trahison

plutôt que vers le côté politique, ce qui a

attiré les financiers. Mais cette initiative

enlève une certaine crédibilité et réalité

aux faits.

Pour finir, l'intrigue est peu prenante à

cause du trop peu d'action, installant ainsi

la monotonie. Or bien d'autres films – trop

nombreux pour les citer – sont lents et

sans mouvements mais restent captivants,

ce n'est pas vraiment le cas de

Shadow Dancer.

Le film n'a donc pas grand intérêt malgré

les qualités des prises de vues et un bon

casting. Autant regarder un documentaire

sur « Les Troubles » en Irlande du Nord

car la traîtrise qui est le centre de ce film

aurait pu être placé dans un tout autre

contexte et aurait probablement donné

une intrigue plus poignante.

Sontiu Falguière

Sarah et sa famille luttent pour trouver de

quoi se nourrir au quotidien en pleine

révolte de la faim, la Révolte des Awbach,

au début des années 80. Même au plus

fort de ce mouvement, Sarah ne s'éloigne

jamais de son propre rêve, qui est de

passer son baccalauréat.

Kadija Leclere nous présente un film

empreint d'émotion, fort d’une connaissance

des différences culturelles entre

les deux pays. La réalisatrice, qui a ellemême

subi le déracinement et l'enlèvement,

réussit parfaitement à transmettre

des sentiments forts. Pour cela, elle a su

s'entourer d'acteurs intéressants : Hafsia

Herzi et Hiam Abbass qui ont déjà tourné

ensemble dans La Source des Femmes

de Radu Mihaileanu, le liégeois Mehdi

Dehbi, sans oublier Smaïn qui signe son

retour après une dizaine d'années d'absence.

Une histoire éprouvante mais forte,

balancée entre une Belgique moderne et

un Maroc ancré dans la tradition, mais qui

nous laisse voyager au travers des paysages

figés des montagnes de l'Atlas.

Guillaume Fey


The Words

de Brian Klugman et Lee

Sternthal

sortie le 16 janvier 2013

Drame, Thriller (96ʼ)

Avec Bradley Cooper, Zoe

Saldana, Olivia Wilde,

Jeremy Irons, Dennis Quaid

Les Invisibles

de Sébastien Lifshitz

sortie le 5 décembre 2012

Documentaire (115ʼ)

Clayton Hammond, écrivain à

succès, fait une lecture de son nouveau

roman. Son histoire est la suivante : Rory

Jansen (Bradley Cooper) vit avec sa

femme Dora (Zoé Saldana) à New York et

rêve d’être écrivain. N’ayant pas le succès

escompté, son père lui trouve un emploi

de magasinier dans une agence littéraire.

Il passent leur voyage de noce à Paris où

Dora lui offre une magnifique vieille

besace. De retour à New York, Rory y

découvre, caché dans la doublure, un

manuscrit d’une rare beauté racontant

l’histoire d’un jeune homme américain

basé en France pendant la Seconde

Guerre mondiale, qui tombe amoureux

d’une jeune française. Il recopie l’histoire

et la suggère à un agent de la boîte où il

travaille. Le succès est instantané jusqu’à

sa rencontre avec un vieil homme (Jeremy

Irons) qui prétend être le véritable auteur

du succès de Rory. De l’autre côté du

miroir, Clayton Hammond rencontre une

jeune femme qui veut en savoir plus sur

lui et sur l’histoire...

Brian Klugman et Lee Sternthal réalisent

ici leur premier film (ils font en outre un

caméo dans le film). Connus pour leur

scénario de Tron Legacy ou quelques

«Aujourd’hui, on en rigole !»

Pierrot précise vite : «On en aurait pleuré

hier...».

Les invisibles du passé deviennent les

survisibles du présent. Ce nʼest pas une

raison pour leur tourner le dos !

À travers un documentaire plein dʼhumour

et de légèreté, Sébastien Lifshitz nous

propose une succession de rencontres

toutes plus touchantes les unes que les

autres. A lʼheure où le débat du mariage

pour tous est au coeur des conversations,

Les Invisibles montre combien lʼamour est

précieux. Le vrai combat sʼest tenu il y a

cinquante ans. Pierrot, Thérèse, Christian,

Bernard, Catherine... Ils ont tous 70 ans,

ou plus.

«Il faisait si beau, le soleil était si chaud et

nous étions si nues.»

Les regards gourmands témoignent de

leurs appétits infinis pour la vie. Ici, pas de

nostalgie mielleuse. Catherine raconte

simplement ses premières expériences

homosexuelles. Elle a aimé. Ses parents.

Son mari. Ses enfants. Puis une femme.

11

apparitions dans de petits rôles au

cinéma, ils fournissent une réalisation

ambitieuse doté d'un scénario alambiqué

pouvant donner au projet une tournure

légèrement casse-gueule. La photo du

film, quoique idéalisant un Paris de carte

postale, est soignée et agréable. Mais leur

grande réussite est d’avoir pu convaincre

des acteurs bankables comme Bradley

Cooper (Very Bad Trip), Zoe Saldana

(Avatar), la belle Olivia Wilde (Cowboys et

Envahisseurs) ou encore ces vieux briscards

que sont Jérémy Irons et Dennis

Quaid. Leurs performances dramatiques

sont toutes impeccables et on les sent

investis du projet. Tout est réuni pour un

grand film bien achalandé mais les sousintrigues

finissent par subir trop de climax

et perdent ainsi leurs intérêts. À voir pour

les acteurs et la beauté de l’image

essentiellement.

Loic Smars

Les personnages, vrais, nous parlent

dʼenvie, de désir, de sexe. Dʼamour

surtout. Lʼamour, qui nʼa pas de sexe, pas

dʼâge, pas de lieu. Nous, spectateurs, on

écoute, amusés, leurs histoires passionnantes.

Leur choix dʼassumer leurs envies.

En se révoltant dans des manifestations

violentes. En portant des

pantalons moulants. Parfois juste en

attrapant une main... Autant de parcours

différents qui se rejoignent en un point : il

faut vivre pleinement !

Des images dʼarchives émouvantes, une

bande originale séduisante, ce film est

une véritable partition de musique. Un

hymne à la vie, tout simplement.

Laura Damase

✎ Film à l’affiche actuellement

8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Films à l’horizon (sorties du 09/01)

I, Alex Cross

Policier

de Rob Cohen

Avec Tyler Perry,

Edward Burns,

Matthew Fox

Inspecteur de police, Alex Cross fait

équipe avec son ami de toujours,

Tommy Kane, et lʼinspectrice Monica

Ashe pour élucider une affaire de

meurtres en série. Le tueur, surnommé

Picasso, cherche à sʼen prendre

à un puissant industriel de la ville.

Rob Cohen est un réalisateur habitué

aux films de seconde zone. Réalisateur

un peu maladroit, il nʼest pas une

référence en la matière. Alex Cross,

cʼest le profiler que lʼon a déjà pu voir

dans Le Collectionneur ou Le Masque

de lʼaraignée. Deux bons films

que celui-ci nʼégalera probablement

jamais.

Stolen

Action

de Simon West

Avec Nicolas Cage,

Malin Akerman, Danny

Huston

Voleur des plus doués, Will Montgomery

sort de prison après avoir

purgé une peine de 8 ans. Il n'a

qu'une hâte : mettre un terme à son

passé de criminel pour passer du

temps avec sa fille. Mais son ancien

partenaire kidnappe cette dernière.

Gonflé à bloc par le succès de sa

dernière réalisation The Expendables

2, Simon West continue de tourner

des films dʼaction. Pour lʼoccasion, il

retrouve Nicolas Cage avec qui il

avait déjà travaillé dans Les Ailes de

lʼEnfer en 1997. Ce dernier nage

également en plein succès mais peut

toujours faire un faux pas.

Komona, jeune fille, raconte à lʼenfant

qui grandit dans son ventre

lʼhistoire de sa vie quand elle a dû

faire la guerre dans lʼarmée des

guerriers rebelles dʼun pays dʼAfrique

Centrale.

De nombreuses fois remarqué dans

les festivals du monde entier, ce film

est pétri de qualité visuelle et

scénaristique. Lʼhistoire, constamment

balancée entre beauté et

cruauté, vous emmène dans lʼAfrique

subsaharienne contemporaine. Ce

film canadien est une merveille selon

de nombreux critiques de cinéma.

12

Rebelle

Drame

de Kim Nguyen

Avec Rachel Mwanza,

Alain Bastien, Serge

Kanyinda

Un prince (presque)

charmant

Comédie

de Philippe Lellouche

Avec Vincent Perez,

Vahina Giocante

Jean-Marc, quadra carriériste et pressé

ne cherchant quʼà satisfaire ses

intérêts personnels, va croiser malgré

lui la route de Marie. Tout oppose cet

homme dʼaffaire et cette jeune femme

éprise de liberté et de justice.

Après le fiasco de Nos plus belles

vacances, Philippe Lellouche tente à

nouveau sa chance dans la réalisation.

Cette fois, la sauce devrait être

plus digeste avec un casting plus en

phase avec lʼépoque. De plus, le

réalisateur a co-écrit lʼhistoire avec Luc

Besson, scénariste plus expérimenté

que lui.

Pas vus!

Kill List

Policier

de Ben Wheatley

Avec Neil Maskell,

Michael Smiley,

Myanna Burin

Meurtri dans sa chair et son esprit au

cours d'une mission désastreuse à

Kiev 8 mois plus tôt, Jay, ancien

soldat devenu tueur à gages, se

retrouve contraint d'accepter un

contrat sous la pression de son

partenaire Gal et de sa femme, Shen.

Film à la fois intense et bizarre, Kill

List sort en même temps au cinéma

et en DVD. Le film a semé le doute

dans de nombreuses rédactions

hexagonales, soit ils ont aimé, soit

ils ont détesté. Difficile donc de ce

prononcer sur cette mystérieuse

production. Un film dérangeant et

subtil à la fois.

Tabou

Drame

de Miguel Gomes

Avec Teresa Madruga,

Laura Soveral, Ana

Moreira

Une vieille dame au fort tempérament,

sa femme de ménage Cap-Verdienne

et sa voisine dévouée à de bonnes

causes partagent le même étage d'un

immeuble à Lisbonne. La première

meurt et resurgit alors une histoire de

roman sʼétant déroulé en Afrique.

Si lʼaffiche prête à la curiosité, le film

en lui-même ne nous charme pas

vraiment. Tourné en noir et blanc, une

horreur à stopper à lʼheure de la 3D,

ce long métrage est dʼun amateurisme

sans nom. Reste maintenant à

savoir sʼil est digne dʼintérêt et

comporte une quelconque profondeur

contextuelle. Qui sait...


Films à l’horizon (sorties du 16/01)

Django Unchained

Action, Western

de Quentin Tarantino

Avec Jamie Foxx,

Christoph Waltz,

Leonardo DiCaprio

Dans le sud des États-Unis, deux ans

avant la guerre de Sécession, le Dr

King Schultz, un chasseur de primes

allemand, fait lʼacquisition de Django,

un esclave qui peut lʼaider à traquer

les frères Brittle, les meurtriers quʼil

recherche.

Tarantino est une légende vivante du

cinéma et son nouveau film est, de ce

fait, lʼun des plus attendu de lʼannée.

Direction les westerns spaghettis

pour cette fois et ses cowboys. Pour

lʼoccasion, Quentin nous a sorti un

cowboy noir, une provocation de plus

pour le cinéaste. Un western au

temps de lʼesclavage, pourquoi pas ?

Alceste à

bicyclette

Comédie

de Philippe Le Guay

Avec Fabrice Luchini

Serge Tanneur était un grand comédien,

avant de se retirer des feux de

la rampe. Trop de stress l'a poussé

un beau jour à prendre la décision de

mettre fin à sa carrière. Depuis trois

ans, il vit en solitaire sur l'Île de Ré.

Le pitch est des plus intéressant et le

casting lʼest tout autant. Avec un

Fabrice Luchini en dramaturge déphasé

et perdu dans ses pérégrinations

rêveuses et un Lambert

Wilson en star incompréhensive et

imbue, cela peut donner un cocktail

détonnant très drôle à admirer. Seul

le titre déçoit quelques peu.

Comme des frères

Comédie

de Hugo Gélin

Avec François-Xavier

Demaison, Nicolas

Duvauchelle

Depuis que Charlie nʼest plus là, la

vie de Boris, Elie et Maxime a volé en

éclats. Ces trois hommes que tout

sépare avaient pour Charlie un

amour singulier. Elle était leur sœur,

la femme de leur vie ou leur pote,

cʼétait selon.

Ce film de potes a fait un carton en

France où il est même considéré

comme la comédie de lʼannée. Pour

son premier long métrage, Hugo

Gélin a fait mouche et devrait ravir le

public belge de la même façon.

Lʼoccasion dʼapprécier un film dʼamitié

où les générations se croisent et

se confondent.

13

Pas vus!

Kid

Drame

de Fien Troch

Avec Bent Simons,

Gabriela Carrizo,

Maarten Meeusen

Kid, un garçon de sept ans, vit seul

dans une ferme avec sa mère

célibataire et son frère Billy. Malgré

une situation difficile à la maison, Kid

se sent protégé et à l'abri auprès de

sa maman.

Film belge, flamand et dramatique,

autant de qualificatifs qui nous ont

fait fuir. Il faut dire que les drames

belges sont en général repoussants

et ne servent quʼà flatter lʼégo de

certains sur un cinéma de genre où

le contexte prend souvent le pas sur

la façade de lʼhistoire proprement

dite. Un film certainement intelligent.

8 janvier 2013


l’actu cinéma

Cinquante nuances de Grey au cinéma

C’est le bestseller du moment dans toutes les librairies, Cinquante nuances de Grey

est le premier tome d’une trilogie érotique. Aidé par la controverse qu’a engendrée

l’histoire osée signée E.L. James, le livre s’est d’ores et déjà vendu à plus de 40

millions d’exemplaires à travers le monde.

Comme tout succès attise la convoitise, il est assez normal de constater que les

studios cinématographiques s’imaginent l’adapter à l’écran. C’est quasiment chose

faite puisque la saga a trouvé acquéreur en Californie et plus précisément dans les

couloirs d’Universal et Focus Features (société appartenant à Universal). Pour produire

le film, c’est Mike De Luca (Ghost Rider) et Dana Brunetti (The Social Network) qui se

sont lancés dans l’aventure.

Reste à trouver les acteurs qui incarneront les deux protagonistes principaux. Les

rumeurs évoquent d’ailleurs Ryan Gosling ou Henry Cavill dans le rôle de Christian Grey.

M.M.

Box office US

Du 28 au 3 janvier 2013

1. The Hobbit

2. Django Unchained

3. Les Misérables

4. Parental Guidance

5. Jack Reacher

6. This is 40

7. Lincoln

8. The Guilt Trip

9. Monsters Inc 3D

10. Rise of the Guard.

Source : Box Office Mojo

Be Film Festival, du belge une fois!

Comme chaque année depuis

huit éditions, le Be Film

Festival investit les Bozar et

la Cinematek entre Noël et

Nouvel An pour fêter une

année de cinéma belge.

À coups d’avant-premières,

de courts-métrages, de rétrospectives

et de fêtes

thématiques, vous pouvez

vous rattraper sur la vision des films du sud comme du

nord du pays.

Vous y êtes passé et vous avez apprécié ? Vous pensez

avoir raté un évènement majeur de la scène culturelle et

cinématographique bruxelloise ? Rien n’est perdu. Le

succès étant présent, l’année prochaine, retrouvez-nous

à la même période pour fêter le cinéma belge aussi bien

néerlandophone que francophone.

DVD - Blu ray Expendables 2 de Simon West

Lorsque Mr. Church engage Barney Ross, Lee

Christmas, Yin Yang, Gunnar Jensen, Toll Road et

Hale Caesar – et deux nouveaux, Billy The Kid et

Maggie – l’opération semble facile. Mais quand l’un

d’entre eux est tué, les Expendables jurent de le

15

M.M.

Quand Hollande fait fuir

la France du cinéma

À l’aube d’une révolution sans précédent

concernant la taxe à 75% sur

les très hauts revenus, l’Etat français

est pointé du doigt par de nombreux

riches dont les stars du cinéma

hexagonal font inexorablement partie.

De fait, personne n’a pu éviter la

querelle qui oppose depuis quelques

temps l’acteur français Gérard Depardieu

à l’Etat représenté par le nonmoins

délicat Jean-Marc Ayrault.

Ecoeuré par cet impôt gargantuesque,

«Obélix» a décidé très récemment

d’acquérir une propriété en

Belgique, non loin de la frontière

française. Mais, narrant la lâcheté du

comédien, le premier ministre français

a qualifié aussitôt cet acte de minable,

provoquant l’ire de l’intéressé. Cela

aurait pu en rester là mais on a appris

récemment que l’acteur venait d’obtenir

la nationalité russe qu’il a acceptée

avec plaisir.

Tout cela pour dire que cet acte en

annonce d’autres et que, à l’instar des

sociétés en difficulté, les dénonciations

vont bon train dans le pays de

Molière. Dernièrement, c’est Dany

Boon qui a fait les frais de la chasse

aux sorcières. Accusé par Vincent

Maraval, PDG de Wild Bunch, de

s’octroyer des cachets mirobolants en

se réfugiant à Los Angeles, l’acteur a

souhaité réagir en affirmant ne pas

gagner autant et, tout comme Gégé,

avoir plus rapporté à la France qu’avoir

reçu. Une guerre intestine qui pourrait

coûter cher au cinéma surtout.

M.M.

venger. Bien qu’en territoire hostile et donnés

perdants, ils vont semer le chaos chez leurs

adversaires, et se retrouver à tenter de déjouer une

menace inattendue – cinq tonnes de plutonium

capables de modifier l’équilibre des forces mondiales.

8 janvier 2013

©Jean-Marie Leroy


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Rétrospective de l’année

Coups

de

coeur

L’année 2012 fut riche en nouveautés musicales et en concerts. Ce fut aussi le début de cette formidable

aventure qu’est le Suricate. Quelques chroniqueurs et chroniqueuses ont voulu partager avec vous les

albums et concerts qu’ils avaient préféré en 2012. Voici donc, pour vous, le meilleur de l’année 2012!

Bombardement australien dans nos oreilles

Sortez les bazookas, le Parkway Drive nouveau

est arrivé en cette année 2012! Et ce nouvel album se

nomme «Atlas». Un nom bien choisi pour ce groupe qui ne

cesse de gravir la montagne du succès depuis sa création

en 2002 et qui s'impose comme LA formation de référence

sur la scène metalcore.

On commence doucement (comme d'habitude, mis à part

sur «Killing with a Smile») avec un interlude mélodique

avant d'avoir avec «Old Ghosts/New Regrets» un titre typé

«Parkway Drive» : des guitares agiles et stridentes, un

tempo rapide et le tout entrecoupé par un break

monstrueux qui vous fera mosher dans votre salon. Mais le

premier titre vraiment phare de cet album est «Wild Eyes»

dans lequel le quintet australien montre toute sa maîtrise

de la mélodie et de la puissance.

Et les bougres ne nous laissent même pas le temps de

respirer, enchaînant avec « Dark Days », le premier single

tiré de l'album le chant rappelle par moment celui de

Matthias Voigt (Heaven Shall Burn) et la chanson promet

de faire quelques morts en concert! Avec «Swing», le

groupe enchaîne passages supersoniques et rythmes

lourds dont il a le secret.

Ensuite changement d'ambiance avec «The Low

Surrender» et son début assez psyché, assurément un des

titres le plus expérimental de l'album. Il partage cet

honneur avec «Atlas», un morceau mélangeant le

metalcore et le post-hardcore mais qui ne convainc pas

totalement.

Mais que les fans se rassurent, avec «Sleight of hand» et

«Snake Oil and Holy Water» le groupe conclut cet album

avec deux chansons du style ravageur qui a fait leur

célébrité.

On voit que les australiens se sont fait plaisir sur ce

disque, alliant leur formule toujours aussi efficace à de

nouvelles idées bienvenues. On ne voit pas ce qui pourrait

arrêter Parkway Drive qui s'impose de plus en plus comme

le leader de la scène metalcore.

Olivier Eggermont

de l’année 2012

16

Born This Way Ball au Sportpaleis

Le week-end du 29 et 30 septembre 2012 a été pour les

Little Monsters belge, le week-end immanquable de

l'année 2012. Wallons, Flamands, français, hollandais,

gays, hétéros, filles, garçons, jeunes et moins jeunes ; tous

s'étaient donné rendez-vous au Sportpaleis d'Anvers pour

les deux shows de notre Mother Monster aka The Queen,

Lady Gaga.

Après une première partie mitigée entre Lady Starlight

dont la prestation évoque toujours chez beaucoup un

irrémédiable : «je n'ai pas tout compris de sa prestation,

mais où voulait-elle en venir?» et The Darkness qui a

laissé un très bon souvenir à tous, nous avions enfin la

chance d'admirer notre idole après l'avoir attendue dans le

froid et la pluie pendant plusieurs heures, voir même

plusieurs jours pour certains.


Gaga grâce à sa scène reproduisant

la façade d'un château, son entrée

sur le dos d'un cheval articulé ou

encore son Monster Pit inédit a

réussi à charmer tout le monde

même les plus réticents. Un show

tout simplement grandiose de par

ses chorégraphies, ses décors,

ses jeux de lumière... Mais Gaga,

c'est plus qu'un show! C'est avant

tout une artiste proche de ses fans

qui n'hésite pas à en faire monter

certains sur scène, qui chante des

chansons inédites (Princess Die) à

la demande du public et qui a

toujours le mot pour rire. Les deux

dates belges du Born This Way

Ball étaient sold-out, comme le

reste de sa tournée, et après y avoir

assisté, on comprend pourquoi.

«And Death Said Live»

C'est avec "And death said live"

que Mors Principium Est marque

un retour en force dans le milieu

du death melodic. Après 5 ans

d'absence et de nombreuses

craintes quand à la séparation du

groupe, les finlandais reviennent

avec un album au son dense, sans

prise de risques mais qui réussit à

toucher son public. La nouvelle

line-up du groupe a relevé le défi

d'égaler ses prédécesseurs, car

bien que The Unborn (2005) reste

leur pièce maitresse à ce jour, And

Death Said Live nous offre 10

morceaux exceptionnels, mélange

parfait de clavier énergique, de

solos déchainés et de vocaux

entrainants. Les nouveaux membres

apportent leur propre marque, et ce

n'est pas pour nous déplaire ! Avec

des perles telles que "Birth of the

Starchild" et "Dead winds of hope",

ce nouvel album de Mors Principium

Est peut sans rougir prétendre au

titre de meilleur album de death

melodic de cette année. Un retour

en grande pompe pour l'un des

meilleurs groupes du genre.

Triggerfinger

Marie Vandenberg

Quentin Esser

Bien sûr, j’en avais déjà entendu

parler, je savais plus ou moins ce

qu’ils faisaient mais je n’avais

jamais vraiment écouté leur

musique.

Et puis je les ai vus. En vrai. Et là

ça été la claque ! C’était le 29

juillet dernier, au Ronquières

Festival. À peine avaient-ils posé

le pied sur la scène que ce fut

l’explosion.

Le trio anversois déchire tout avec

un Rock’n’roll lourd aux influences

Blues, Rockabilly et Stoner. En

gros, du très, très bon son.

Mais ce son ne serait pas ce qu’il

est sans les trois musiciens de

génie qui forment Triggerfinger :

Ruben Block, le chanteur à

rouflaquettes à la voix puissante et

intense, Paul Van Bruystegem

(alias Monsieur Paul, en Français

dans le texte), l’imposant bassiste

hypnotique (précédemment bassiste

de Beverly Jo Scott), et Mario

Goossens, le batteur fou (vous

vous souvenez de Animal, le

batteur ébouriffé des Muppets ? La

ressemblance est indéniable) en

costard violet et baskets, mais

néanmoins excellent (ancien batteur

de Hooverphonic, actuellement

producteur de Black Box Revolution).

Nos trois compères se démènent

sur scène dans un tourbillon

époustouflant. Tout en sautant et

virevoltant sur ses souliers vernis

bleu électrique, Ruben Block nous

scotche par sa présence scénique,

sa voix somptueuse (bien que

17

vous aurez plus l’occasion d’en

profiter sur CD, de sa voix

somptueuse : en live le son est

tellement puissant que l’on ne se

rend pas forcément compte de

talent vocal) et son jeu de guitare

endiablé.

L’impressionnant Monsieur Paul,

toujours à droite de la scène,

semble véritablement habité par la

musique et dodeline du chef sur le

tempo qu’il insuffle à sa basse.

Et pour chapeauter le trio, Mario

Goossens, tout sourire – à moins

que ce ne soit un tic nerveux, sue

à grosses gouttes en frappant de

toutes ses forces et à toute vitesse

sur les caisses de sa batterie,

nous faisant nous rendre à

l’évidence : le titre de “Meilleur

musicien de l’année” qu’il a reçu en

2011 aux Music Industry Awards

n’est vraiment pas usurpé.

Comme ils le disent si bien dans

leur biographie : une prestation

scénique et une intensité musicale

qui vous happe sans vous laisser

indemne !

Mais s’ils sont absolument excellents

sur scène, ils ne le sont pas moins en

studio : leurs trois albums ( + 2 lives )

sont de véritables perles.

8 janvier 2013


Leur premier album, “Triggerfinger” (2004), malgré qu’il soit

bien pèchu et très agréable à écouter, présente quelques

petites incohérences, semble encore un peu hésiter entre

différentes influences musicales (certains morceaux tirent

carrément vers le Metal, le dernier morceau est un titre en

Français, une reprise de “Au suivant” de Jacques Brel, …).

Mais ensuite sort “What Grabs ya?” , en 2008, un bijou

d’intensité et de profondeur (particulièrement les morceaux

“First Taste”, “Soon” et “Is it”). Le groupe enchaîne les

concerts et les festivals, et sort en 2010 “All This Dancin’

Around” qui ne comporte quasiment que des morceaux

géniaux. Depuis, le trio grimpe, grimpe, grimpe, et gagne

en popularité d’abord dans le nord du Pays, puis aux Pays-

Bas et en Allemagne, et enfin en Wallonie et même

doucement en France. Ils sortent en 2012 un très bon

album live (“Faders Up 2 – Live in Amsterdam), et un

sublime coffret collector en bois sérigraphié dans la foulée.

C’est aussi en 2012 qu’ils reprennent le tube “I Follow Rivers”

de Likke Li dans une version envoûtante, où Mario Goossens

accompagne la boîte à rythmes avec… une petite cuillère sur

une tasse et un verre vide !

Depuis, le groupe est en tournée et foule les scènes de

toute l’Europe. On attend avec impatience leur retour en

Belgique et surtout, un nouvel album!

Thick as a Brick

Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Lise Francotte

Ce n’est pas un album, mais bien un concert qui m’a le

plus marqué en 2012, en l’occurrence, celui de Ian

Anderson au Cirque Royal, le 16 novembre dernier.

Celui-ci interpréta dans leur intégralité les albums « Thick

as a Brick » ( dont je vous avais parlé dans le Suricate n°3)

et « Thick as a Brick 2 », la toute récente suite de cet

album culte.

Et ce soir-là, le spectacle fut tout simplement magique du

début à la fin.

Musicalement tout d’abord : Ian Anderson et son groupe

livrèrent une prestation incroyablement juste et bien

exécutée. Le tout bien aidé par la très bonne acoustique

du Cirque Royal.

A 65 ans, Ian Anderson n’a certes plus sa voix d’il y a 40

ans. Mais là où certains cacheraient leurs lacunes derrière

un vulgaire playback, Ian avait décidé d’être accompagné

pendant sa tournée d’un jeune chanteur, chargé d’exécuter

les parties de chant les plus délicates. Ce que Ryan

O’Donnell fit avec brio !

Le jeune camarade de Anderson doubla également ce

dernier sur certaines parties de flûte. Ce qui n’était pas

vraiment nécessaire, Ian Anderson n’ayant rien perdu de

son talent avec son instrument de prédilection.

Le show et la mise en scène, dans le style bon humour

surréaliste anglais dont Ian Anderson raffole, valait

également le détour. Petits sketchs et vidéos projetées sur

écran géant ajoutèrent de la vie aux deux « concept

albums »

Pour résumer ma soirée, en fan absolu du « Thick as a

Brick » premier du nom, j’ai tout simplement pris mon pied

18

à entendre cette œuvre interprétée de façon aussi

magistrale.

En 2013, je rêve qu’un groupe de rock nous sorte un

album d’une telle beauté. Qui sait ? L’espoir fait vivre

comme on dit…

Skip & Die

Julien Sterckx

C'est au beau milieu d'une errance web, entre publicité

pour régime miracle et vidéo d'accouchement de girafe

que j'ai découvert le groupe SKIP&DIE.

Association d'une chanteuse Sud-Africaine, Catarina

Pirata et d'un producteur Néerlandais Crypto Jori. Ils ont

parcouru l'Afrique à la recherche de musiciens de

plusieurs régions afin d’en obtenir à chaque rencontre une

collaboration pour les titres de leur premier album: «Riots

in the Jungle».

SKIP&DIE est un mélange parfait de Hip hop/Electro/

Jungle, un véritable pesto musical.

Pour leurs clips colorés kaléidoscopiques d'où s'échappent

le flow désinvolte mais percutant de cette chanteuse aux

cheveux roses, et leurs percussions enivrantes et

endiablées à l'univers unique, je vous recommande

SKIP&DIE, un groupe dont votre ouïe et votre vue ont tout

à gagner.

Cécile Marx


L’ article

Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Au programme, des artistes

incontournables et hyper connus

comme The Animals, B.J. Scott ou

Wishbone Ash, mais aussi quelques

artistes moins connus, voire même

tout frais sortis de nulle part. Parmi

eux, je citerai Sirius Plan, Antoine

Goudeseune ou encore Layla Zoe.

Bref, un Botanique plein à craquer

(la journée était Sold Out depuis

quelques semaines déjà), et une

affiche pleine de promesses…

N’ayant pas pu assister à l’entièreté

de l’événement, je m’attarderai

surtout sur les deux concerts les plus

touchants selon moi.

The Animals (16:00, Orangerie)

Marc Ysaye fête les 25 ans des Classiques.

En fait, il faudrait plutôt dire “Animals

& Friends”, puisque le groupe

original The Animals a subi moultes

changements de line-up, et est

aujourd’hui “scindé” en deux : Eric

Burdon & The Animals d’un côté

(avec le chanteur “d’origine” du

groupe Eric Burdon, Eric McFadden,

Red Young, Paula O’Rourke et Wally

Ingram), et Animals & Friends de

l’autre (avec le batteur d’origine John

Steel, Pete Barton au chant, Danny

Hangley, John Williamson et Mickey

Gallagher). Pour cette date-ci, nous

avions l’honneur de voir l’excellent

claviériste Zoot Money (dans le

groupe depuis 1968).

Le concert sonnait comme ce que

l’on attend d’un concert des Animals :

un son rock brut exceptionnel, une

ambiance du tonnerre et des

musiciens talentueux. Mais ce qui

frappe surtout, c’est l’étonnante

bonne ambiance qui règne au sein

du groupe : le vieux Zoot (70 ans)

fait des grimaces au jeune guitariste

Danny Hangley, le chanteur se marre

Ce dimanche 9 décembre dernier, la moyenne d’âge dans les couloirs du Botanique

devait tourner autour des 50 ans. Atmosphère un brin soixante-huitarde, bannières

violettes sur tous les murs. Marc Ysaye fêtait les 25 ans de son émission culte: Les

Classiques, sur Classic 21.

avec le reste de la bande, …

Le groupe nous a offert une prestation

d’enfer, ponctuant le concert de

quelques-uns de ses morceaux cultes

(Don’t Let Me Be Misunderstood, We

Gotta Get Out of This Place, Boom

Boom, …) ainsi que de reprises

magnifiquement interprétées (I Put a

Spell on You était particulièrement

réussie)… Pour terminer avec –

évidemment – le tube House of the

Rising Sun.

Pour la petite histoire, House of the

Rising Sun est en fait une chanson

traditionnelle américaine dont on ne

connait pas vraiment l’origine (comme

toutes les chansons traditionnelles,

finalement) que le groupe a repris en

studio en 1964 et qui lui a permis de

rentrer dans les charts et de se

positionner comme groupe de rock

incontournable aux côtés des Stones

et des Beatles à cette époque.

Pour en revenir au concert, j’avoue

avoir été complètement bluffée par la

performance de Pete Barton, chanteur

du groupe depuis “seulement” 2001…

Sous ses faux airs de Benny Hill, les

fesses un peu trop serrées dans son

jean et les pieds nus sur la scène, le

gaillard est absolument fantastique :

une voix parfaite, un charisme

indéniable et une puissance délirante.

Il faut bien le dire : il est à la hauteur

d’Eric Burdon (ça me fait mal de le

dire, mais c’est vrai).

Andoine Goudeseune fingerpicking The

Beatles (17:15, Witloof Bar)

Ok, c’est parce qu’on ne pouvait plus

rentrer dans la Rotonde pour le

concert de Sirius Plan que je me suis

aventurée dans le Witloof Bar… Et je

20

ne m’attendais pas à être autant

sous le charme !

Tout au bout de la salle plongée dans

le noir se tient Antoine Goudeseune,

sous une lumière violette. Grand

bonhomme barbu, tout seul sur son

tabouret, concentré sur sa guitare

sèche. Il nous livre une interprétation

bien à lui des tubes des Beatles : des

arrangements où l’on retrouve non

seulement les mélodies des chansons

mais aussi les parties chantées et les

petits sons indissociables de certains

morceaux. Le tout sur une seule et

même guitare ! Presqu’aussi fort que

Jacques Stotzem (lui aussi présent à

cet anniversaire) quand il reprend

With or Without You et qu’on a

l’impression qu’ils sont 6 sur la

scène alors qu’il est tout seul,

Antoine Goudeseune nous emmène

dans son univers un peu féérique et

fait ressortir l’essence même des

chansons des Fab Four.

Le public est envouté, par moment

incapable de se retenir de murmurer

les paroles si bien suggérées par le

guitariste.

Fan des Beatles depuis ses 11 ans,

Antoine Goudeseune a concrétisé

son projet tout récemment (son

album est sorti en octobre 2012) et

n’est pas encore signé (à bon

entendeur…). Il multiplie les

concerts et jongle entre ses multiples

activités (il joue dans plusieurs

groupes et est ingénieur du son et

professeur dans les académies de

Morlanwez et de Binche, ainsi qu’au

Conservatoire Royal de Mons).

Bref, une perle à suivre !

Lise Francotte


The Animals à l’Orangerie

Photos: Lise Francotte


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

La rencontre avec Stéphanie Sandoz

Dis-nous quelque chose à ton

propos ? Qui es-tu ?

J’ai toujours adoré chanter sans pour

autant oser assumer d’en faire mon

métier. Je n’avais pas la voix de

Grace Jones, je ne connaissais rien ni

personne dans ce milieu et je n’avais

aucune légitimité. Et puis j’ai eu un

électrochoc, un sentiment d’urgence.

J’avais le sentiment de passer à côté

de ma passion, de ce besoin viscéral

et inexplicable de faire de la musique.

Alors je me suis lancée ! Je me suis

entourée de musiciens, je suis montée

sur scène et j’ai chanté des reprises.

J’écrivais des petits textes dans mon

coin, j’avais des idées mélodiques.

J’ai commencé à faire des chansons.

J’ai réfléchi à des compositeurs, des

auteurs, des musiciens avec lesquels

j’avais envie de bosser. Je suis allée

les rencontrer un à un, au culot, pour

les convaincre de travailler avec moi.

Je les attendais pendant des heures à

la sortie des salles de concerts.

Beaucoup ont accepté de me donner

ma chance, m’accompagnent depuis

le début et sont même devenus des

amis.

Je crois que ma force c’est ma

ténacité. Ma chance, ce sont mes

rencontres. J’ai appris ce que je sais en

travaillant avec des gens d’exception.

Comment as-tu eu l’idée de cet

album, de voyager ainsi à travers le

monde ?

Je rêvais de partir, d’aller voir ce qui

se passe ailleurs, jusqu’au bout du

monde. Mais pas question de m’éloigner

de ma musique : la seule solution était

de mêler musique et voyage! Cette

idée d’album «tour du monde» est

Un 2 e album réalisé en faisant le tour du monde en treize étapes. Un

album réalisé avec des talents multiculturels. Stéphanie Sandoz nous

propose, avec talent et pugnacité, Jet Lag, un cd qui vous fera

voyager…

venue finalement assez naturellement.

A chaque étape de mon voyage, j’allais

faire une chanson, capter l’instant

présent…Et j’allais le construire au fil

de mon voyage et de mes rencontres.

Je l’ai appelé « Jet Lag » bien sûr en

référence au décalage horaire mais

aussi parce que ça allait forcément

être quelque chose de différent.

La seule chose qui était compliquée

pour moi c’était l’avion. J’ai une peur

bleue de l’avion. La perspective de

parcourir plus de 40000 km me

rendait hystérique. Et finalement j’ai

vaincu ma peur en écrivant en vol les

textes de mes 13 chansons !

Pourquoi avoir choisi des noms de

villes ?

Parce que je voulais que chaque

chanson de l’album porte le nom d’une

destination et que, dans l’imaginaire

collectif comme dans le mien, les

grandes capitales véhiculent le rêve…Et

puis, j’avais envie d’échanger avec des

artistes locaux. C’était la base de mon

projet. Je me suis dis que j’aurais plus

de chance d’en rencontrer dans les

grandes villes…

Deuxième album et un sacré culot de

présenter ainsi un album multiculturel !

Sincèrement, en décidant d’y aller, je

n’ai pas réfléchi à ce qu’on pourrait

penser de ma démarche.

Mon premier album était plus jeune et

plus classique. Je me cherchais

beaucoup. Pour celui-ci, il y avait une

espèce d’évidence, une folie aussi

parce que c’était très ambitieux.

J’avais envie de tenter l’aventure, de

repousser les frontières et mes

22

propres limites. C’était avant tout un

défi personnel. Je l’ai fait et j’en suis

très fière.

Avais-tu pris contact avec des artistes

locaux avant de les embarquer ou les

as-tu choisis une fois sur place ?

Le mois précédant mon départ, j’ai

identifié des artistes et musiciens

dans chaque ville, je les ai contactés

via leurs sites Web en leur expliquant

mon projet. A mon grand étonnement,

j’ai eu des réponses quasi immédiates

et même des rendez-vous…Un truc

pareil n’arriverait pas en France !

Mais finalement, sur place, rien ne

s’est passé comme prévu ! Parmi les

gens que je devais voir, beaucoup ne

sont pas venus, mais bizarrement j’ai

rencontré d’autres artistes fabuleux

complètement par hasard. Par exemple,

alors que je venais d’être plantée par

mon artiste chinois, j’ai eu une

conversation sur Skype avec un

copain qui avait vécu à Hong Kong. Il

m’a proposé de me mettre en relation

avec un de ses amis, chanteur et

musicien. J’ai accepté et le lendemain,

j’avais rendez-vous pour déjeuner

downtown avec un certain Kenny.

Quand je suis arrivée devant le

restaurant, j’ai vu tous ces photographes

devant la porte. Naïvement, j’ai pensé

qu’une star devait déjeuner là. Et bien,

la star en question, c’était justement

Kenny qui m’attendait dans le restaurant,

entouré de ses bodyguards et de son

traducteur ! Et moi qui arrive en mode

détente et jean baskets ! J’ai compris

par la suite que Kenny Bee était une

super star, adulée dans son pays. Et

pendant ce déjeuner, je l’ai convaincu

de faire un duo sur mon album.


As-tu déjà eu des refus de collaboration ?

Bien sûr ! Et des « incompatibilités »

aussi ! On m’a proposé des musiques

ou des textes que je n’ai pas aimés,

quand bien même certains étaient

signés de personnalités qui auraient

pu « accélérer ma carrière », et à

contrario j’ai attendu en studio 2 ou 3

artistes emblématiques qui avaient

« a-do-ré » leur chanson et qui ne sont

jamais venus ! C’est ça la musique…

On essaie des trucs, parfois ça

marche, d’autres fois ça capote. Mais

au moins on essaie ! J’ai fais des

choix artistiques sur cet album et je les

revendique parce que j’ai été sincère.

Pourquoi avoir choisi telle ou telle

destination plutôt qu’une autre ?

J’ai pris un atlas, j’ai fermé les yeux…

et hop ! Si c’était réaliste en termes de

transport, je restais sur le hasard qui

fait souvent bien les choses. J’ai choisi

de faire 13 titres, par pure superstition !

Si je me donne la chance de repartir

pour faire « Jet Lag 2 » (on se croirait

dans Pékin Express !), je viserai

l’Amérique du Sud et l’Afrique noire

qui m’ont manqué musicalement

parlant. Mais comme dirait ma

maman, il faut se laisser des marges

de progression !

Qu’est-ce qui t’a frappée, émue lors

de ce périple ?

J’ai pleuré deux fois. Une fois devant

le lac de Côme, parce que la beauté

du lieu a réveillé chez moi des

émotions profondes. Une fois à

Bombay, dans une ruelle, quand ces

enfants chauves et mal nourris se sont

massés autour de moi pour jouer

avec mes cheveux. L’Inde m’a fait

l’effet d’un électrochoc. Sec et violent.

Ce pays m’a fait relativiser beaucoup

de choses. J’y retournerai.

En voyageant, en touchant de près

l’âme des villes et de leurs habitants,

on évolue forcément. On change son

point de vue. Je crois que ce voyage a

changé ma perception de la vie et des

autres.

Quelle est la collaboration qui t’a le

plus marquée et pourquoi ?

Toutes m’ont marquée ! A chaque fois,

c’est un bout des autres que l’on

emporte avec soi. Cette rencontre à

Alger avec Samira Brahmia, avec une

vie si différente de la mienne. Ou

encore ma collaboration avec

Cerrone, un artiste énorme que

j’admire et avec lequel je rêvais de

travailler. Je n’y ai pas cru quand il m’a

donné rendez-vous ! Il m’a donné

plein de conseils pour l’album et il le

suit de près. Et Sean Dinsmore (aka

DJ Cavo) à Shanghaï et l’immense

Chris Birkett à Johannesburg. Et ce

percussionniste génial sur Hollywood

Boulevard à Los Angeles dont j’ignore

le nom et qui m’a offert son son. Ou

encore Félix de You and You, qui vient

d’un univers très différent du mien et

signe avec moi le nouveau single

éponyme, « Jet Lag ». Des gens de

tous âges, de toutes les nationalités,

de toutes les influences. C’était riche

de sens et c’était ça que j’attendais de

cet album.

Et puis mon équipe de choc, mes amis

talentueux, avec laquelle j’ai finalement

assemblé tous ces petits morceaux

d’ailleurs en rentrant à Paris : Chris

Birkett, Laurent Binder, Cyril Paulus,

Yasmin Shah, Pierre-Etienne Michelin,

Laurent Vernerey, Jérôme Attal…

Cette aventure, je l’ai voulue collective.

C’est eux tous la « Jet Lag Team » !

Quelles sont les anecdotes amusantes,

touchantes, tristes que tu pourrais nous

raconter ?

Par exemple, j’écrivais dans les

avions, et à l’atterrissage à chaque

escale, mon obsession était de

maquetter les chansons. Alors, pour

faire mes maquettes, je me mettais

dans les baignoires ou les douches

des hôtels avec mon casque et mon

ordinateur sur les genoux…C’est là

que l’acoustique était la meilleure…

autant de concerts live pour mes

voisins de palier !

Je me souviens aussi de ce bœuf

improvisé au cœur du vieux Shanghai,

très traditionnel et qui contraste avec

les buildings ultra modernes alentours.

Un gosse réparait son vélo, une dame

faisait sécher son linge dans la rue, un

vieux monsieur fumait la pipe dans

son fauteuil. Et il y avait cette jeune

fille qui jouait de la guitare. J’ai

commencé à chanter en l’écoutant. Le

gosse a pris un bâton pour marquer le

tempo sur son vélo. Un attroupement

s’est formé et tout le monde tapait

dans les mains ! Un beau souvenir !

J’ai aussi voulu enregistrer plein de

sons réels des villes, avec un micro

embarqué. Tous ces sons, bruits de

voitures, brouhaha, instruments de

musique, vent sur la mer… perceptibles

ou non, sont mixés dans l’album…

Quand j’approchais d’eux mon micro,

généralement, les gens hallucinaient !

C’était un moyen génial de faire

connaissance et d’engager la conversation.

As-tu tout écrit durant ton voyage

ou as-tu fini certaines chansons à

ton retour ?

J’ai écrit pratiquement toutes les

chansons pendant le voyage et j’ai tout

finalisé à mon retour, tranquillement, en

studio. Là, j’ai fait le tri et assemblé les

morceaux comme on fait un gros

puzzle ! Il y en avait dans tous les

sens ! J’avais des voix des uns reçues

par email, des sons d’ici et là, des

instruments de toutes les provenances…

C’est à Paris que j’ai harmonisé le tout

avec l’équipe.

Pourquoi avoir choisi la chanson

pour t’exprimer ?

Chanter a toujours été une passion. Et

pourtant, je n’aime pas spécialement

ma voix. Mais j’ai reçu de nombreux

signes qui m’ont convaincue de

persévérer. A commencer par ce

producteur américain emblématique,

Brian M. Bacchus, que j’ai rencontré

par hasard dans un bar à New York, et

qui m’a fait enregistrer mes premières

démos là-bas…

Que sont devenues tes premières

chansons ? Tu as commencé à

écrire à quel âge ?

J’ai des dizaines et des dizaines de

chansons qui dorment paisiblement

dans mon ordinateur, sur des carnets…

J’en sème un peu partout ! J’ai

toujours aimé écrire et aussi loin que

je m’en souvienne, j’écrivais des

textes. Cette année, je commence

d’ailleurs un bouquin…

Comment définirais-tu ton style de

musique ?

Je pense faire de la « chanson -

française - (mais pas seulement parce

que dans mon album je chante aussi

en anglais ou en italien) – d’un genre

globalement pop – (mais « Jet Lag »

est un album qui mélange les genres

et les styles musicaux… tu ne fais pas

la même musique à Bombay ou à

Moscou !) ». En tout cas, sur iTunes et

toutes les plateformes de téléchargement

légal, on peut me trouver dans la case

« french pop ».

A part la chanson, tu as d’autres

passions ?

La voile… je referai un jour le tour du

monde en bateau !

Quels sont tes futurs projets ?

Partager mon « Jet Lag » avec le plus

grand nombre ! J’espère que chacun

pourra trouver quelque chose à aimer

dans cet album. Et je pense déjà au

prochain départ…

Propos recueillis par Marc Bailly

23 08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Interview

aux portes de la gloire!

Fondé en 1997, Shakra est un groupe de hard rock qui a vécu bien des déboires. Après plusieurs

disques au succès mitigé, les bernois bénéficièrent d’une certaine renommée quand ils assurèrent

les premières parties de géants du rock comme Iron Maiden ou Guns N’ Roses. Malgré cela, les

tensions au sein du groupes se font nombreuses et sont principalement dues aux problèmes de

drogue du chanteur Mark Fox. Celui-ci finira donc par partir et sera remplacé par John Prakesh.

Depuis lors, le groupe a renait de ses cendres. Après «Back On Track», ils reviennent cette année

avec «Powerplay», un nouvel album qui pourrait bien les faire décoller. Nous avons profité de

cette sortie pour nous entretenir avec Thomas Muster, le guitariste du groupe.

Bonjour Thomas! Ravi de faire ta

connaissance!

Shakra s’est formé il y a 20 ans.

Quand tu regardes en arrière, que

penses-tu de l’évolution du

groupe?

Lorsque nous avons commencé

dans les années 90, nous étions fort

influencés par des groupes comme

AC/DC, Saxon ou Accept. Beaucoup

venant des années 80 donc. Bien

entendu, j’aime encore ces groupes,

mais pour être honnête, je ne les

écoute plus beaucoup aujourd’hui.

J’écoute plutôt Rush ou Dream

Theater. Cela ne veut pas dire que

Shakra sonne comme ces deux

groupes aujourd’hui. Mais tu ne

trouveras plus de riffs à la AC/DC

dans nos deux derniers albums. Je

pense que cela est dû à une

évolution musicale et personnelle qui

s’est fait de façon naturelle. Et

«Powerplay» montre ce que nous

sommes en 2013!

Justement, «Powerplay» est votre

9ème album. Comment s’est

déroulé l’enregistrement?

Nous avons toujours la même

m é t h o d e d e t r a v a i l . N o u s

enregistrons d’abord des chansonspilote

dans notre salle de répétition.

Puis, Roger enregistre sa batterie en

studio sur ces chansons-pilote.

Ensuite, nous enregistrons tous les

autres instruments petit à petit

(basse, guitare et clavier). Et enfin,

les voix. Nous n’enregistrons jamais

en situation «live» contrairement à

certains. Nous travaillons dans le

studio de Thom et cela nous permet

de prendre le temps dont nous

avons besoin. Cette fois, nous avons

mis 3 mois à enregistrer cet album.

Comme son prédécesseur, cet

album est rempli de bons riffs et

solos!

Merci!

Où trouves-tu ton inspiration?

Eh bien pour être honnête, je ne sais

pas... Parfois ça vient tout seul,

parfois pas... Je joue de la guitare

tout le temps: lorsque je suis au lit,

devant la télé, je trouve un chouette

riff et je chante une mélodie

sur celui-ci. Et une nouvelle

chansons est née!

Comment composezvous?

Est-ce que vous

travaillez en équipe? Ou

est-ce que l’un d’entre

vous conduit l’écriture?

Je travaille à la maison dans

mon petit studio. C’est plus

confortable pour moi. Je

travaille avec une boite à

rythmes. De cette façon, je

peux enregistrer et essayer

quelques parties vocales

avec John plus tard. Si on

trouve que le résultat donne

une bonne chanson, John

écrit des paroles et Thom

travaille quelques solos. Et

voilà, nous travaillons ainsi

depuis des années.

Lorsque j’écoute «Powerplay,

votre nouvel album et «Back

on Track», l’album

précédent, il est évident que

vous avez trouvé votre son et

un style très reconnaissable.

24

Vous avez changé de chanteur

également et avez choisi John

Prakesh.

Qu’a-t’il apporté au groupe?

C’est très simple, il a apporté cette

magnifique voix et sa nature

charmante. Et ça compte beaucoup!

Nous avions beaucoup de problèmes

avec notre précédent chanteur et

John est quelqu’un de tout à fait

différent, Dieu merci!


Etait-ce difficile pour vous de faire un aussi bon

album après «Back on Track»? Avez-vous ressenti

plus de pression durant l’enregistrement?

Non! Pas du tout! Et pour une simple raison, j’ai

commencé à écrire de nouvelles chansons juste après

la sortie de «Back on Track». En quelques mois, j’avais

tout un tas de nouvelles chansons. Tout s’est donc fait

très facilement et nous n’avons dès lors pas ressenti de

pression. Plus tard, lorsque nous avons travaillé les

voix, tout correspondait à ce que j’avais en tête.

Heureusement donc tout a de nouveau bien fonctionné

pour cet album, mais ce sont des choses que tu ne sais

jamais à l’avance.

Vous prévoyez de tourner en 2013?

Le plus possible! Les premières dates se trouvent sur

www.shakra.ch

Vous avez fait les premières parties de groupes

connus par le passé comme GNR, qu’est ce que ces

expériences ont apporté au groupe?

Hmmm... ce n’est pas une question facile... Bien entendu,

c’est chouette de jouer face à 13.000 personnes. Mais

dans un sens, c’est une situation étrange, car vous savez

que ce n’est pas pour vous que les gens sont venus mais

plutôt pour la tête d’affiche. Je ne dis pas ça uniquement

pour Shakra. Quand je repense aux fois où je me suis

rendu aux concerts d’AC/DC par exemple, combien de fois

ne me suis-je pas dis pendant que la première partie

jouait : « Stoppez, je suis venu voir Angus!

Donc je pense qu’il est préférable de jouer en tant que tête

d’affiche!

Avez-vous un message à adresser à vos fans pour

2013?

Amusez-vous bien en écoutant notre nouvel album

«Powerplay», et nous espérons vous voir sur la route en

2013!

Merci pour votre gentillesse!

Merci aussi à toi!

Propos recueillis par Christophe Pauly

25

L’album

Comme je vous le disais, ce nouvel album confirme le

grand retour du groupe sur la scène du hard rock. Après

des débuts difficiles, Shakra a su trouver un style et un son

qui les différentie des autres groupes. Les chansons sont

bâties sur des riffs très solides et des mélodies très bien

travaillées. On sent que le groupe a prit le temps de bien

faire les choses et que l’expérience est là. Il en résulte

donc un album cohérent aux sonorités riches et variées.

Quelques balades aussi nous emportent et démontrent

que le groupe sait être subtil tout en restant puissant.

Shakra peut donc se targuer d’avoir réussi avec brio cette

métamorphose et on ne peut leur souhaiter que le

meilleur!

8 janvier 2013


L’agenda Bozar du mois de janvier

Le Palais des Beaux-Arts est l’une des institutions culturelles incontournables dans la capitale

belge. Ce mois de janvier sera riche en concerts, l’occasion d’y aller faire un tour.

L’orchestre philharmonique royal de Liège

Ce jeudi 10 janvier, l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège propose

son concert du Nouvel-An. Christian Arming, chef viennois, dirigera Alban

Gerhardt (violoncelle) durant le concerto pour violoncelle de Friederich

Gulda. La suite du programme sera plutôt classique puisqu'il s'agira

d'oeuvres de Strauss.

Johann (Jr) Strauss, Wein, Weib und Gesang, op. 333

Friedrich Gulda, Concerto pour violoncelle et orchestre

Josef Strauss, Geheime Anziehungskräfte (Dynamiden), op. 173

Richard Strauss, Der Rosenkavalier, Suite de valses n° 1, op. 59

Hilary Hahn

Trio Talweg

Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Rinaldo Alessandrino

Photos ©Anne-Sophie Trebulak / Sim Canetty-Clarke

Hilary Hahn, violoniste américaine, proposera le samedi 12 janvier un

récital en dehors des sentiers battus. Après une première partie plutôt

classique, Hilary Hahn proposera l'interprétation de plusieurs pièces

miniatures commandées aux meilleurs compositeurs modernes. Un

florilège de « bis » originaux et variés.

Ce trio fondé en 2004 proposera le lundi 4 janvier une immersion dans

leur univers musical et haut en couleurs. Passant de Rachmaninov à

Chausson avec une facilité déconcertante, ils ont gagné un Diapason

d'Or pour leur premier album en 2008.

Rakhmaninov Trio élégiaque n° 2, op. 9, Sonate pour violoncelle et

piano, op. 19

Ernest Chausson, Trio avec piano, op. 3

Hilary Hahn, violoniste américaine, proposera le samedi 12 janvier un

récital en dehors des sentiers battus. Après une première partie plutôt

classique, Hilary Hahn proposera l'interprétation de plusieurs pièces

miniatures commandées aux meilleurs compositeurs modernes. Un

florilège de « bis » originaux et variés.

Girolamo Frescobaldi, Cento partite sopra passacagli

Dietrich Buxtehude, Praeludium, BuxWV 163

Louis Couperin, Prélude & Chaconne (Tombeau de Mr. de Blancrocher)

Georg Böhm Capriccetto, Präludium, Fuge und Postludium

Alessandro Scarlatti, Toccata

Johann Jacob Froberger, Tombeau fait à Paris sur la mort de Monsieur

de Blancrocher

Johann Sebastian Bach, Aria variata alla maniera italiana, BWV 989

Plus d’informations sur les lieux et les tarifs sur www.bozar.be

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Photo ©Peter Miller / DG

Photo ©Balasz Borocz

Photo ©Eric Larrayadieu

10 janvier 2013 - 20h

12 janvier 2013 - 20h

14 janvier 2013 - 20h

15 janvier 2013 - 20h


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Nouveaux albums

Alors que beaucoup de vieux

rockeurs montrent des signes de

fatigue et d'essoufflement artistique,

Mark Knopfler, lui, affiche tout le

contraire! Après «Get Lucky» (un

album dont le succès avait davantage

conforté sa place sur le devant de la

scène musicale Rock) et une superbe

tournée à travers l’Europe, le voici de

retour avec un véritable bijoux! En

effet, l’homme n’a pas profité comme

certains de sa gloire passée pour faire

oublier une quelconque panne de créativité

ou une production discographique au point

mort depuis quelques années (les exemples

ne manquent pas aujourd’hui dans le

monde de la musique).

Au contraire, Knopfler a énormément

travaillé pour nous offrir un doublealbum

comportant pas moins de vingt

chansons. Un défi énorme donc pour

le Sultan du Swing qui n’a pas hésité

à se mettre en danger (car un doublealbum

est un véritable risque vis-à-vis

des fans qui trouvent souvent que les

artistes meublent ce genre de disque

avec des chansons parfois un peu

inutiles plutôt que de concentrer le

meilleur sur un seul disque.)

Seulement voilà, on est Mark Knopfler,

ou on ne l’est pas!

C’est donc avec génie que celui-ci a

d i s p o s é c e s v i n g t m o r c e a u x

exceptionnels en prenant soin de

varier les genres et les tempos. Pour

ce faire, il s’est entourré de pas moins

de 16 personnes pour bâtir ce

monument musical. Il y a bien

entendu son vieil ami Guy Fletcher (le

claviériste de Dire Straits qui a

toujours contribué aux album solo de

Mark Knopfler nous revient avec

«Privateering»

Mark), mais aussi des musiciens issus

du Folk irlandais comme le flutiste

Michael McGoldrick ainsi que des

musiciens de session venant de

Nashville pour accompagner les

parties plus Country de l’album.

Voici donc une description de certains

morceaux qui vous donnera

certainement envie de découvrir ce

«Privateering».

L’album commence par «Redbud

Tree», une balade folk qui commence

doucement avec une simple guitare

acoustique et une steel pedal en fond.

La voix de Knopfler amène davantage

de mélancolie et de douceur.

Puis le thème arrive, joué par une

guitare électrique. On reconnait

immédiatement le style du guitar hero

et ce son pur et si particulier qu’il

produit en jouant en finger picking. Le

phrasé est simple, mais juste. Sans

fioritures et d’une efficacité à toute

épreuve.

Vient ensuite «Haul Away», une

balade celtique dont le thème est

sublimé par des flûtes. Ce morceau

fait bien entendu penser à «Golden

Heart», le titre éponyme de son

premier album solo. C’est sur ce

disque que l’on retrouvait pour la

première fois ce genre de musique et

cela avait marqué un profond

changement dans la façon d’écrire de

Knopfler. Son public l’avait alors

découvert sous un jour nouveau.

Place au Blues ensuite avec «Don’t

Forget Your Hat». On reconnait là

l’influence de Robert Johnson sur

28

l’anglais. On y retrouve une guitare

slide très expressive accompagnée

d’un harmonica joué avec brio.

«Privateering» ramène cette fois le

folk en avant-plan avec un riff très

rythmique à la guitare qui suit la voix

de Knopfler. Puis, «Miss You Blues»

une balade rock assez sympa sans

prétention.

Le disque change ensuite de couleur

avec «Corned Beef City», un countryrock

très entraînant et rythmé par la

guitare électrique dont le son rappelle

«Money For Nothing» avec cette

pédale wha fermée. «Go, Love»

ramène la tendresse et fait penser au

genre que l’on retrouvait par exemple

sur «Sailing to Philadelphia». Une

balade aux sonorités typiques avec ça

et là un petit phrasé à la guitare

électrique.

Bref, vous l’aurez compris, «Privateering»

offre un condensé de tous les styles

abordés par Knopfler au cours de sa

carrière. Il rassemble ainsi le meilleur

de ce dieu de la guitare au travers de

morceaux variés et de qualité.

Pour les fans, une version

deluxe existe avec cinq titres

supplémentaires, deux vinyls,

une interview de Knopfler et un code

pour télécharger un concert. De quoi

passer des heures dans l’univers de

cette légende vivante.

Christophe Pauly


Nouveaux albums

Suzanne Vega

«Close-up Volume 4, Songs

Of Family»

En 1985, la chanteuse Suzanne Vega sort son premier album. 25 ans plus

tard et 7 millions d’albums dans son escarcelle, elle est considérée comme

l’une des plus brillantes chanteuses de sa génération. Suzanne réinterprète

maintenant la majorité de son catalogue de manière plus personelle et plus

dépouillée. Elle a créé quatre nouveaux albums thématiques, dont le

dernier vient de sortir.

Close-up Volume 4, Songs of Family est le quatrième album d’une série

qui comprend ses chansons préférées. Chacun ayant sa propre

thématique. Celui-ci nous parle de sa famille et des proches qui entourent

la chanteuse. Ce sont des chansons très intimistes dont deux sont des

compositions récentes. « The Silver Lady » est l’une des toutes premières

chansons qu’elle ait écrites, elle n’avait alors que quatorze ans. Close Up

Vol.01 (Love Songs) et Vol.02 (People & Places) étaient sortis en 2010,

Vol.03 (States Of Being) en 2011.

Ce nouvel opus est composé des titres Rosemary, Honeymoon Suite,

World Before Columbus, As You Are Now, Soap and Water, Widow's Walk,

Blood Sings, Bad Wisdom, Ludlow Street, Tired of Sleeping, Pilgrimage et

The Silver Lady.

V2 Music

Suzanne Vega est une figure emblématique de la folk depuis le début des

années 1980. Elle s’accompagne d’une guitare acoustique, elle chante ce

que l’on appelle de la folk ou de la neo-folk. Depuis ses débuts acclamés en

1985, elle a vendu des millions d’albums, reçu sept Grammy Awards et fait des concerts dans le monde entier. Son

deuxième album « Solitude Standing » contient le hit planétaire « Luka », qui parle de l’enfance abusée. Sa chanson «

Tom’s Diner » a été remixé plus de 25 fois par des gens comme Will Smith, REM, Tupac, Jars of Clay, Destiny’s Child, Lil

Kim et Ludacris. Suzanne a collaboré à maintes reprises avec des groupes ou des artistes comme Leonard Cohen ou

Danger Mouse. Elle écrit régulièrement pour le New York Times.

On retrouve dans cet album la voix si particulière de Suzanne Vega, son folk, sa douceur, tout son talent est ici présenté

dans ce beau volume.

Andrew Bird

«Hands Of Glory»

Marc Bailly

Andrew Bird nous propose ici une nouvelle interprétation de titres tirés de

son album Break It Yourself. Enregistré lors de ses vacances estivales en

forme retour aux sources dans l'Illinois, il est composé de classiques de la

musique country de manière totalement acoustique. « Quel que soit le

style que je choisisse, ma musique a toujours eu un côté sudiste, assez

versée dans l’imagerie de l’Ancien Testament, les flammes de l’enfer. Ca

s’est beaucoup vu récemment sur mon album Break it Yourself, alors que

d’une certaine façon, Hands of Glory l'équilibre ».

Que signifie le titre de cet album ? « Parfois je remue mes mains comme

un prédicateur quand je chante. Je ne le fais pas exprès. Il y a aussi une

autre explication plus sinistre au titre. J’ai lu que l’on croyait à une époque

que les mains des meurtriers pendus coupées et conservées dans la

saumure avaient des pouvoirs magiques. La main qui a commis le

crime... »

Andrew Bird joue du violon depuis qu’il a quatre ans et il a d’abord

navigué dans la musique classique. Quelques années plus tard, il

V2 Music

s’intéresse au jazz, à la country, au blues et à d’autres genres comme la

pop. Et depuis le début de sa carrièrer en 1997, il a sorti 11 albums, dont

le premier Weather Systems en 2003. Plus récemment, il a compose la

musique du film Norman, a participé à la musique de The Muppets.

L’album est réussi au niveau sonore, gracieux mémé, mais on déplore quand même le peu de titres, vu que cet opus n’en

contient que 8. Quelques chansons supplémentaires n’auraient pas gâché notre plaisir…

Marc Bailly

29 8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Nouveaux albums

Acaro

«The Desease of Fear»

SPV

Dropkick Murphys

«Signed and Sealed in

Blood»

Acaro est un jeune groupe dont les 5 membres originaires de Boston se

sont unis par amour du métal.

Chris Harrell (chant), Felipe Roa & Chris Robinson (guitare), Kevin Smith

(basse) et Jason Fitzgerald (batterie) ont donné leur premier concert à

Worchester (MA) en 2008 et ne s'arrête plus depuis de parcourir les États-

Unis pour partager avec le public leur vision du métal.

Leur objectif est simple : continuer à faire de la musique, à l'écrire et à la

partager avec le plus de monde possible aux quatre coins du globe. C'est

dans ce but qu'ils sortent leur premier album The Disease of fear, savant

mélange entre métal « brutal » et métal « mélodique ».

En effet, les premières minutes d'écoute peuvent déranger en raison de

l'apparente dureté du son, mais très vite, on se laisse emporter par la

musique et la voix typiquement métalleuse de Chris Harrell.

L'album comprend 8 titres dont le premier single Becoming the Process est

également le premier clip du groupe. Celui-ci est visible sur leur site :

www.acarometal.net

Pour leur huitième album

studio Signed and

sealed in blood, DKM fait

encore mieux que dans

le passé. Le groupe

celtic punk rock ne

semble pas se fatiguer

pour un sou.

En effet, ce nouvel opus est

encore plus dynamique et

e n v o u t a n t q u e l e s

précédents. Chaque titre

est à la fois la continuité du

précédent et quelque

chose de totalement

différent. Pas un instant on

V2 Music

ne s'ennuie en écoutant

l'album.

On va de surprise en

surprise sans jamais être déçu. DKM reste dans la continuité de ces

précédents albums par la qualité des textes chantés et l'envie qu'ils nous

donnent de fredonner et de danser sur leur musique.

Composé de douze titres, Signed and sealed in blood est d'une

homogénéité indiscutable en matière de qualité de chant et de musique.

La voix incomparable d'Al Barr est, de nombreuses fois, sublimée par les

choeurs interprétés par les autres membres du groupe.

Les fans de longue date ne seront pas déçus par ce huitième album et

les novices seront sans doute conquis par l'énergie dégagée par le

groupe sur cet album pourtant enregistré en studio.

Marie Vandenberg

30

08.01 PHANTOM LIMB gb

18.01 BADEN BADEN Fr

…ET TOUTE LA SUITE DE L’AGENDA

Marie Vandenberg

19.01 BUENAS ONDAS Be / EASTERN STANDARD

TIME Us • coprod. Intersection

22.01 GET WELL SOON De

24.01

26.01

31.01

SESSIONS URBAINES #5 : CONVOK, NINA

MISKINA, DJUBAY, SEVEN, DJ GRAZZHOPPA &

SMIMOOZ be • coprod. Lezarts Urbains

SESSIONS URBAINES #5 : FLYNT, FEINI-X CREW +

FINALE DU RAP CONTEST be • coprod. Lezarts Urbains

SESSIONS URBAINES #5 : SPEECH DEBELLE,

DYNAMIC, MIKIGOLD & FATOOSAN (SUPAFLY

COLLECTIVE) + SAY IT LOUD PROJECT be

coprod. Lezarts Urbains

01.02 THE JOY FORMIDABLE Gb

SESSIONS URBAINES #5 : NEMIR, MATADOR,

02.02 LOMEPAL & CABALLERO, MASTA PI, SIKU SIKU,

BLAPS MUZIK, LABELGE be • coprod. Lezarts Urbains

TRIBUTE TO BRIAN ENO, DOCTEUR HONORIS

03.02 CLAUSA UCL 2013, AVEC ENSEMBLE MUSIQUES

NOUVELLES (Direction Jean Paul Dessy)

03.02 MAXIMILIAN HECKER De

04.02 PASSENGER Gb + STU LARSEN Au • SOLD OUT

05.02 FOXYGEN Us

06.02

07.02

08.02

PROPULSE : TWIN, VEGAS, LI-LO*, THE WAOW,

CARL ET LES HOMMES BOÎTES be • coprod.

Fédération Wallonie-Bruxelles + Botanique + Court-Circuit

PROPULSE : SCARLETT O’HANNA, THE

ANNARBOR, LE BATH CLU, LEAF HOUSE,

YEW be • coprod. Fédération Wallonie-Bruxelles +

Botanique + Court-Circuit

PROPULSE : VITAS GUERULAITIS, DEEPSHOW,

MADÉ J., CASTLES, THE FOUCK BROTHERS be •

coprod. Fédération Wallonie-Bruxelles + Botanique + Court-

Circuit

10.02 AMPARO SÁNCHEZ Sp

12.02 REA GARVEY Ie + RYAN SHERIDAN Ie

15.02 ESBEN AND THE WITCH Gb

16.02 LUCY ROSE Gb

16.02 SONS OF NOEL AND ADRIAN Gb + EYES & NO EYES Gb

16.02 DUCKTAILS Us

21.02 VEENCE HANAO Be

22.02 AN PIERLÉ Be • SOLD OUT

28.02 STEREO GRAND Be • coprod. Progress Booking

01.03 KAIZERS ORCHESTRA No

01.03 RON SEXSMITH Ca

01.03

02.03

ABBOTA 2013 @ AB : ROSCOE, MONTEVIDEO,

LEAF HOUSE, THE PEAS PROJECT, JOY

WELLBOY be • coprod. Botanique & AB

ABBOTA 2013 @ BOTA : COELY, TOMMIGUN,

PAON, STEAK NUMBER 8, GEPPETTO & THE

WHALES be • coprod. Botanique & AB

03.03 JAKE BUGG Gb

05.03 VILLAGERS Ie

05.03 THE SEA AND CAKE Us

06.03 LILLY WOOD AND THE PRICK Fr

06.03 CHRISTOPHER OWENS Us

02.218.37.32 – WWW.BOTANIQUE.BE


Keith Emerson

«The Christmas Album»

V2 Music

Keith Emerson Band

«Three Fates»

Réédition de l'album du même nom de 1988, cet album de Noël n'en a que

le nom ou presque.

Malgré une technique indéniable et une maîtrise du clavier extraordinaire,

Keith Emerson n'arrive pas à transmettre l'esprit de Noël à l'auditeur grâce

à cet album pourtant prévu à cet effet.

En effet, à part peut-être le dernier titre de l'album Silent Night interprété au

piano et accompagné par The London Community Gospel Choir, qui arrive

a rappelé l'esprit de Noël, le reste de l'album semble être une succession

de titres se rapprochant plus de la musique de jeux vidéos des années 90

que de la musique traditionnelle de Noël.

Déception donc à l'écoute de cette réédition ne proposant aucune variante

à l'album de 1988 ainsi qu'aucun titre supplémentaire.

Marie Vandenberg

Keith Emerson, claviériste du légendaire Emerson, Lake & Palmer (ELP

pour les intimes) nous revient aujourd'hui avec un projet classique fort

ambitieux : réenregistrer certains des plus grands succès d'ELP et

enregistrer également de nouveaux morceaux, en compagnie de son ami

le guitariste Marc Bonilla et de l'orchestre classique Münchner

Rundfunkorchester (dirigé par Terje Mikkelsen).

Rien de très étonnant lorsqu'on connait un peu l'artiste. Mais le résultat est

il à la hauteur de l'attente des fans? Pour ma part la réponse est oui, mais

un oui à nuancer.

Oui car le travail de réarrangement des morceaux est très bien exécuté, et

certains titres joués avec un orchestre prennent une dimension encore plus

épique. Je dirais même que grâce à l'orchestre, on se rend encore mieux

compte du talent d'écriture de Keith Emerson et c'est un réel plaisir

d'entendre tout un tas de nouvelles subtilités sur chaque morceau. Mention

spéciale à deux d'entre-eux, particulièrement bien réussis : Tarkus et

surtout Fanfare for the Common Man.

V2 Music

Oui toujours car, accompagné par son bon vieux synthé Moog, le jeu de

Keith Emerson est toujours aussi juste et envoutant. Tout autant que les

excellentes parties de guitare et solos de Marc Bonilla. Il faut par ailleurs préciser que celui-ci a réalisé beaucoup de boulot

sur cet album, et qu'il aurait été plus juste d'ailleurs de parler du Keith Emerson & Marc Bonilla Band, mais soit.

Par contre, ceux et celles qui seraient à la recherche d'un album de rock progressif peuvent passer leur chemin. Cet album,

au style si difficile à décrire, est plutôt une espèce d'hybride entre musique classiques avec des influences rock et

différentes autres sonorités.

Aussi, si vous n'avez jamais écouté d'ELP avant, vous risquez de rester de marbre à l'écoute de l'album, la musique

proposée étant assez difficile d'accès pour les oreilles non initiées.

Comme souvent, je terminerai cette chronique en vous conseillant de vous forger votre propre opinion en allant écouter

Three Fates, vous risquez juste de détester ou d'adorer.

31

Julien Sterckx

8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Nouveaux albums

Skunk Anansie

«Black Traffic»

V2 Music

Machine Head

«Machine F**king Head

Live»

Roadrunner Records

Au début de chaque morceau de ce sixième album de Skunk

Anansie, on est transporté d'un univers à l'autre jusqu'à ce que la

patte du groupe nous ramène à l'essence rock de leur musique.

Le groupe anglais qui s'était séparé en 2001 pour se reformer en

2009 continue sur sa trajectoire ascendante sans difficulté.

Le mélange entre homogénéité des titres et différence de tonalités

fait de Black Traffic un des meilleurs albums du groupe.

La voix de Deborah Anne Dyer aka Skin est également

magnifiquement mise en valeur sur des titres comme I hope you get

to meet your hero ou Our summer kills the sun.

L'album plaira donc aux fans du groupe et permettra aux non-initiés

de découvrir ce groupe mythique anglais.

Marie Vandenberg

Cela fait bientôt vingt ans que les métalleux de Oakland écument les routes

à travers le monde. Remarqué dès leur premier album (Burn My Eyes) en

1994, le combo mené par Robb Flynn bouleversa la scène du métal en

combinant un son lourd et des solos sophistiqués.

Après quelques changements de personnel, le groupe s’est figé depuis

quelques années avec Robb Flynn à la guitare et au chant, Adam Duce à la

basse, Dave McClain à la batterie et Phil Demmel à la guitare. D’année et

année, le groupe a gagné en confiance et l’arrivée de Demmel a apporté

énormément de musicalité aux compositions. Celui-ci défie souvent Flynn à

la guitare lors de solos majestueux.

Beaucoup de mélodies à deux guitares ont ainsi fait leur apparitions et ont

véritablement sublimé le jeu des deux guitaristes. Après des années

d’intenses tournées, Machine Head n’avait fourni qu’un disque live en 2003

(Hellalive). Un manque se faisait donc ressentir. Voici donc de quoi

compléter magistralement leur discographie. Machine Fucking Head Live

comporte quinze titres enregistrés lors de diverses soirées de la dernière

tournée.

Les fans pourront ainsi y retrouver l’ensemble de la discographie du groupe. La chronologie des morceaux semble avoir été

respectée par rapport à la setlist proposée cet été. Cela commence donc avec «I Am Hell» et «Be Still And Know» tirés de

Unto the Locust.

On savoure de suite la qualité de la prestation du groupe. Ce qui est frappant dans ce disque live, c’est le son et la balance

entre le groupe et le public. L’ingénieur du son a laissé une place très importante aux cris de la foule qui scande le fameux

«Machine Fucking Head» entre chaque morceaux. Parmis les titres phares, il y a aussi «Imperium» et son introduction

batterie/guitare très militaire. «Old», la chanson qui les avait découvert à leurs débuts. Ainsi que «Aesthetics of Hate»,

dédiée à Dimebag Darrell.

Un excellent double album qui se révèlera indispensable à tout bon fan du groupe!

32

Christophe Pauly


Nouveaux albums

Stéphanie Sandoz

«Jet Lag»

« Jet Lag » c’est d’abord une histoire. Une jeune femme rêve

de voyager et d’écrire des chansons sur des lieux qu’elle

visiterait. Et voilà Stéphanie Sandoz partie pour un périple de

cinq semaines autour du monde. Et voilà donc notre globetrotter

musical en route Londres, Milan, le lac de Come, Alger,

Johannesburg, Moscou, Bombay, Hong Kong, Los Angeles,

New York… Excusez du peu !! A chaque étape, elle y

rencontre un artiste du cru avec qui elle collabore.

En Chine, elle rencontre Kenny Bee qui est une véritable

légende là-bas. Il a tourné dans une centaine de films et a

réalisé une cinquantaine d’albums… A Alger, Samira Brahmia

bouleverse notre chanteuse et elles interprètent un duo qui

parle avec légèreté de nos différences. A Los Angeles, elle

collabore avec Cerrone, rien de moins. Ils adaptent le tube

« Misunderstanding ». Shangai est l’occasion de collaborer avec Sean Dinsmore, qui est un dj , un

compositeur américain et le créateur d’un nouveau style de musique né de la fusion des anciennes

cultures de l’Orient avec le monde moderne de l’Occident. Johannesburg donne l’occasion à Stéphanie

Sandoz de travailler avec David Hykes, un musicien américain qui a popularisé le chant harmonique

après avoir étudié les chants mongols et tibétains.

Bref, « Jet Lag » raconte son fabuleux voyage en treize titres originaux. Treize titres qui sont la

quintessence des rencontres, des cultures, des histoires, des sentiments multiples et instantanés que

Stéphanie a éprouvés lors de son périple. Chaque étape est le titre d’un morceau et chaque chanson

est inspirée des émotions et de l’atmosphère ressentie par l’artiste lors de ses séjours. Un ensemble

qui propose des titres aux styles totalement différents, évidemment, mais qui forment un bel album

porté par la voix mélodieuse de la chanteuse. Une belle découverte.

“Brief Nocturnes and Dreamless Sleep”

The long anticipated 11th studio album by

Spock’s Beard

Is available for Pre-Order NOW!!

SpocksBeard.com

Progressive Rock at its Very Finest!!

Marc Bailly

33 8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Scènes

Dan Gagnon, le mégalo belgo-canadien

Dan Gagnon est l’humoriste canadien qui avait fait le pari fou de remplir le Cirque Royal alors qu’il

était encore peu connu. Défi hors normes pour un homme hors du commun.

La rencontre

Arrivé de son Canada natal il

y a un peu plus de huit ans, Dan

Gagnon a travaillé comme chroniqueur

à la Dernière Heure, sur NRJ,

sur la Une, sur StarTV et pour l’émission

«sans Chichis» avant de se lancer

un défi de taille : remplir les 2000

places du Cirque Royal qu’il avait

loué avec son propre argent pour

présenter son premier one-manshow

! Rencontre avec l’intrépide

Dan Gagnon.

Bonjour Dan. Pourrais-tu nous dire

ce qui t’as amené dans notre joli

petit pays ?

En deux mot : L’amour. J’ai rencontré

une fille qui faisait un Erasmus il y a

huit ans et demi. Trois mois plus tard

elle devait rentrer chez elle. Comme

nous étudions la communication, je

me suis dit « quitte à être chômeur ici,

autant l’être ailleurs ! » Et nous sommes

toujours ensemble depuis.

Chroniqueur, animateur, écrivain et

maintenant une carrière d’humoriste

naissante. Après ton triomphe au

cirque royal, huit dates prévues en

2013 à travers la Belgique pour

«l’excellent spectacle de Dan Gagnon»!

Dis-nous, quelle est la recette

de ton succès ?

Mon but est d’avoir toujours 25 projets

en même temps pour pouvoir au

moins en faire un et être sûr que c’est

la meilleure idée de celles que j’ai

eues. Et quand je pars en vacances,

donc à Noël et pendant l’été, je fais le

ménage. J’essaie néanmoins que mes

projets futurs ne m’empêchent pas de

profiter de l’instant présent. L’important

pour moi c’est de m’amuser. Quand

j’ai commencé le boulot, je disais que

je voulais que le boulot soit la portion

rémunérée de mes loisirs. Parce

qu’une carrière c’est très long lorsque

tu t’ennuies. C’est l’avantage de retourner

au Canada deux ou trois fois

par année, quand je rentre chez moi,

ça remet tout en perspective.

«Jʼai toujours 25 projets en

tête pour pouvoir en

réaliser au moins un»

Tu n’as pas hésité à louer le Cirque

Royal pour réaliser l’un de tes

rêves : faire un one-man-show. Le

challenge était grand : remplir 2000

places en 50 jours auprès d’un

public qui ne te connaissait pas en

tant qu’humoriste. N’as-tu jamais eu

peur que cela ne fonctionne pas ?

Oh si tout le temps! Et, contrairement

à ce que l’on pourrait penser, ce n’était

pas le fait de ne pas remplir le Cirque

qui me stressait parce qu’à la limite si il

y avait juste eu 200 personnes sur

2000 et que le spectacle était bon, les

spectateurs auraient quand même

vécu quelque chose de chouette. Par

contre, s’il y avait eu 2000 personnes

34

©Mathieu Buyse

et que le spectacle était nul, ça aurait

été plus embêtant. Il y avait donc un

risque et c’est pour ça que le prix était

à 10 euros. Je voulais que l’entrée ne

soit pas chère pour que les gens se

disent : « allons voir ce que ça peut

donner ». Je voulais commencer à

faire quelque chose pour me donner

une crédibilité en tant qu’humoriste et

c’est pour ça que j’ai fait le Cirque

Royal. Je me suis dit : si je le remplis

et que c’est bien on pourra dire que je

suis un vrai humoriste de scène, et si

je le remplis et que c’est mauvais ou si

je ne le remplis pas et que c’est mauvais

et bien tant pis, j’aurai essayé…

Et même l’échec aurait été marrant à

ce moment-là.. Donc oui, c’était risqué

mais, si toi-même tu n’es pas prêt à

miser sur toi, comment est-ce que tu

peux convaincre les autres de le

faire ?

L’humour Belge est-il différent de

l’humour canadien ?

Oh oui ! L’humour c’est fort culturel.

Forcément, tu as toutes les références

mais c’est aussi la manière de le dire !

J’ai entendu un jour une phrase qui

disait : « quand tu vas dans un

nouveau pays il faut trois mois pour

comprendre une langue, six mois pour

pouvoir la parler et neuf mois pour

commencer à capter l’humour ». Et je

trouve que c’est vachement vrai. Le

spectacle que j’ai en ce moment est

un spectacle qui est écrit pour la Belgique

et je le joue juste en Belgique.


Je suis en train d’en écrire un deuxième

qui, lui, est pour la France mais

que je jouerai en Belgique également

car je peux y mettre les deux sensibilités.

Mais le troisième spectacle que

je voudrais jouer au Québec, je le réécrirai

entièrement.

En plus de toutes tes activités, tu

réalises depuis peu des podcasts,

d’où te vient cette idée ?

J’écoute une émission en anglais qui

s’appelle WTF (What The Fuck) animé

par Marc Maron qui réalise des interviews.

Je trouvais ça super intéressant

et comme ça n’existait pas en français,

j’avais envie de le faire. Quand je

faisais de la radio, les gens me demandaient

souvent « cette personnelà,

elle est comment en vrai ? ». Et

j’avais envie de créer une émission qui

répond à cette question. La première

saison est terminée et comprend 12

épisodes d’une heure dont l’un des

invités a été Philippe Geluck. Ça

marche d’ailleurs assez bien puisque,

par mois, 5000 à 6000 personnes

téléchargent les émissions.

Et que nous réserves-tu pour la suite ?

J’ai encore un million d’idées! J’aimerais

tourner une série de 8 épisodes

de sept minutes, avec Renaud Coppens,

homme avec qui j’ai fait le Cirque

Royal. Le but serait de raconter

ma demande de nationalité belge. Je

trouve que Bruxelles est une ville

magnifique. C’est haut, c’est neuf,

c’est moderne et j’ai envie de faire

connaître la belgitude. Ensuite, faire

de la radio et de la télé en France, du

cinéma aussi et puis, pourquoi pas,

réaliser des films.

Et bien merci Dan pour cette interview

et rendez-vous tout bientôt

pour l’un de tes spectacles où nous

serons assurément présents.

Emilie Lessire

Megalomaniak Tour 2013

Le 31 janvier 2013 au Centre Marius Staquet de Mouscron

Le 1er mars 2013 à l'Aula Magna de Louvain-la-Neuve

Le 24 mars 2013 au Théâtre Saint-Michel de Bruxelles

Le 18 avril 2013 au Forum de Liège

Le 29 mai 2013 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi

Le 7 juin 2013 à la Maison de la Culture de Namur

Le 14 juin 2013 au Centre Culturel de Huy

35

Infos et réservations www.kingsofcomedy.be

8 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Théâtre Royal de la Place des

Martyrs

Jusqu’au 05 janvier 2013

Cyrano de Bergerac

d’Edmond Rostand

Mise en scène de Daniel

Scahaise

Avec Christophe Destexhe,

Laure Bardet, Denis

Carpentier, etc.

Théâtre Royal de la Place des

Martyrs

Jusqu’au 05 janvier 2013

De l’influence du théâtre belge

sur la résolution des conflits

mondiaux

De et Avec Eric De Staercke et

Caroline Lambert

Grand spectacle et duo absurde au

Théâtre Royal de la Place des

Martyrs !

L'entrée en scène est originale et

accompagnée d'une musique et de

costumes folkloriques, ce qui nous initie,

dès les premières secondes, au

caractère de Cyrano, un personnage si

charismatique et peu ordinaire !

“Mais on ne se bat pas dans l'espoir du

succès! Non! Non, c'est bien plus beau

lorsque c'est inutile”, voilà qui décrit bien

notre protagoniste au long nez, un

homme au cœur d'or et d'une grande

profondeur mais qui se cache derrière

un masque : il se montre fier, révolté et

insurgé or il est tout simplement un

homme amoureux, et un véritable poète.

Sa laideur le pousse à voiler ses

sentiments qu'il exprime à travers son

rival, aidant ce dernier à conquérir sa

belle Roxane ; il se sacrifie et maintient

cette élégante supercherie jusqu'à son

dernier souffle.

Cyrano est un incroyable combattant

non seulement dans l'art de l 'épée mais

aussi dans sa lutte contre la stupidité et

Quand on décide de se lancer

dans la critique culturelle, on voit tout et

rien. Le plus grand plaisir de ce métier

est de trouver la pièce qui ne ressemble

pas à aucune autre, qui nous motive à

perpétuellement se rendre au théâtre.

De l’influence du théâtre belge ... fait

partie de ses originales créations

essentielles ! (attention les classiques

sont aussi fort utiles)

Eric de Staercke et Caroline Lambert

prennent le parti absurde du théâtre

comme sauver du monde.

Tous les deux rentrent de leur boulot

déprimé. L’une pour un dégommage au

sens littéral au centre de beauté et

l’autre pour un client crucifié sur la porte

du Brico et qui n’a même pas payé ses

clous ! Mais comme pour enfoncer un

peu plus le clou, voilà que la police du

théâtre sonne à la porte car ils n’ont plus

mis un pied dans un théâtre depuis 11

ans. Leur punition : une longue (très

longue) tirade du Cid de Corneille.

Désespéré, le couple se lance dans un

suite d’expérimentations théâtrales. Et si

36

les obligations sociétales. Il est le

portrait même de tout homme de la

société c'est-à-dire paraître ce que nous

ne sommes pas ; qui de nous pourrait

démentir cela? Mais avons-nous un si

grand cœur et sommes-nous aussi

déterminé dans nos opinions que l'est

Cyrano ?

Le petit point négatif de cette pièce

exceptionnelle est l'incompréhension

des dialogues dans le premier acte

sûrement à cause des nombreux

bruitages mais aussi d'une mauvaise

articulation de la part des comédiens ;

un petit hic qui a vite été rectifié dès

l'acte suivant et n'enlève rien à

l'excellent jeu d'acteur dont ils font

preuve.

Sontiu Falguière

finalement, inverser les rôles finissent

par leur plaire ?

S’en suit une suite de saynètes sur

l’amour ou le couple : une opération

chirurgicale d’une escalope, de la danse

zen en combinaison rose moulante, du

bonheur de la mort et la pudeur de

l’amour, de la problématique du nu sur

scène ou encore la profession de foi

d’un gardien de parking s’enflammant

sur son héritage de prétendu «berger».

Nos deux compères sont vite complices

dans une interprétation d’un calme

stupéfiant pour l’un et d’une fougue

toute en finesse de l’une.

Leur pièce ne nous sauvera pas des

conflits mondiaux mais ne peut lui faire

plus de torts, si ce n’est divertir et faire

rire un maximum de spectateurs.

Loïc Smars


La critique

Cendrillon ce macho, c’était gay !

Après une longue recherche

pour retrouver l’entrée du feu

Théâtre Molière dans la petite

Galerie de la Porte de Namur, ça y

est, nous y sommes ! Au bout de 5

ans d’on-dits flatteurs et d’amis qui

nous serinent : «Quoi ? T’as pas été

voir Cendrillon ce macho ?», nous

avons passé la porte, avec cette

petite peur dans le ventre : être déçu

par quelque chose que l’on attend

depuis peut-être trop longtemps.

On a plus grand chose à faire

découvrir avec le blockbuster du

TTO. Mais pour ceux qui ne le

sauraient pas encore, l’idée est

simple : Ministru revisite le conte de

fée traditionnel avec une histoire

moderne.

C’est l’histoire d’un jeune vendeur

d’olives maltraité par sa «marâtre»

et ses deux jeunes «soeurs», qui

sympathisera avec une de ses

clientes, assistante au palais royal

qui l’invitera à la grande fête en

l’honneur du prince.

Mais voilà, la marâtre est interprétée

par «Maman», haut personnage du

milieu festif gay bruxellois, les deux

soeurs, sont deux frères, le prince

est un gay qui tarde à faire son

coming-out, Cendrillon en tombe

amoureux et la tante, bonne fée, est

droguée, alcoolique et complètement

délurée !

Sans oublier qu’il va falloir convaincre

le Roi et le Peuple d’accepter cette

nouvelle idylle hors normes et

pourquoi pas faire passer une loi sur

le mariage gay ! Et ce n’est pas

encore gagné ... Les contes de fées,

même déjà écrits, ont leur part

d’imprévus et de difficultés ...

La grande force de «Cendrillon ce

macho», c’est bien sûr l’inversion de

l’histoire, mais aussi la mise en

scène haute en couleur d’Uffner,

entremêlée de playbacks hilarants.

Le tout magistralement servi par la

scénographie de Didier Vervaeren.

« Frédéric Nyssen au jeu

humble et simple qui

détonne au milieu de

toute l’animation autour

de lui. »

L’interprétation est décapante, avec

surtout un Frédéric Nyssen au jeu

humble et simple qui détonne au

milieu de toute l’animation qui se

passe autour de lui.

Les quelques fautes de jeux et

autres play-backs parfois moyens

sont vite oubliés. On ne se souvient

que du grand spectacle auquel on a

assisté, surtout avec la participation

du public déchaîné et très bien briefé

par les ouvreuses, très en forme

pour la fin de l’année.

Cendrillon ce macho était Le

spectacle pour terminer l’année.

Pour les déçus qui n’ont pu le voir,

nous espérons, avec vous, une

sixième saison ...

37

Loïc Smars

Cendrillon ce macho

Théâtre de la Toison d’Or

De Sébastien Ministru

Mise en scène : Nathalie

Uffner

Avec : Maman, Antoine

Guillaume, Laurence Bibot,

Marla, Bruno, Frédéric Nyssen,

Julie Duroisin et Jean-François

Breuer

Jusqu’au 05/01/13 !

08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Les femmes ont aussi leur mot à dire ! La culture n’est pas qu’une affaire d’homme, c’est une

affaire de tous. Le Festival Femmes et Migration a pour but de montrer que qu’elle que soit le

genre ou l’origine, l’art fait partie de toutes les cultures. Le principe de l’Espage Magh’ est

d’échanger entre les différents populations dans un Bruxelles cosmopolite. Malgré tout, le

chemin est encore long car un des constats est que le public des spectacles est souvent

proche de l’origine culturelle que défend l’évènement du moment.

Espage Magh’

Samia Orosemane

Femme de couleurs

Milena Bochet a souvent été en

Slovaquie. De ces voyages, elle en a tiré

deux documentaires. L’un il y a 10 ans

et l’autre visible le mois passé au

Festival Femmes et Migration.

Après l’humour de Samia Orosemane,

nous changeons totalement de culture et

d’horizon. Cap sur la Slovaquie et les

villages de Roms.

« - Comment elle était Vozariana ?

- Elle avait des cheveux rouges, une

jupe rouge (...)»

Par cette phrase, le documentaire part

explorer l’influence des traditions et des

ancêtres sur une communauté. Et plus

précisément la communauté Rom.

L’ancêtre c’est Vozariana, femme

influente de la communauté dont les

«pouvoirs magiques» planent encore sur

la bourgade d’Hermanovce.

Sa descendance tente de perpétuer

l’importance des us et coutumes et nous

Samia Oroseman a eu son succès en

France et en Belgique avec un spectacle

collectif : «Samia et les 40 comiques».

Cette fois, elle revient en Belgique mais

toutes seule sur scène dans un

spectacle sur la femme et sur la religion.

Turban sur la tête, elle va s’amuser avec

le public à démonter tous les préjugés

que les gens peuvent à voir sur le

monde arabe et la femme musulmane.

Car Samia est une humoriste féministe

qui revendique ses choix, sa liberté, son

amour du théâtre et bien sûr de la vie !

Tout d’abord nous avons droit à une

première partie d’une jeune artiste

africaine pétillante et motivante,

expliquant la difficulté d’une ivoirienne à

vivre avec un occidental. Son succès

sera total.

font parfois oublier la difficulté de la vie

quotidienne et la violence sur les

femmes.

Mais très vite, le documentaire explore

aussi la décision de l’état slovaque de

stériliser, parfois sans qu’elles le

sachent, les femmes roms. Infâmie

toujours présente. Le racisme contre ces

roms étant toujours très prégnant.

Bien filmé, bien réalisé, le documentaire

montre bien la passion de la réalisatrice

pour son sujet et l’émotion ressentie

pendant le tournage.

Un documentaire pourtant essentiel qui

malheureusement ne sera que trop peu

vu ...

38

Loïc Smars

Ensuite Samia arrive, elle est connue du

public qui lui fait un accueil du tonnerre.

Son spectacle est un succès, souvent

mérité. Une standing ovation conclura

un bon moment passé à l’Espace Magh’.

Espage Magh’

Loïc Smars

Cheveux rouges et café

noir

de Milena Bochet


Les pièces de théâtre qui ont marqué 2012

Good Mourning, un

one woman show

désopilant,

impertinent et

touchant !

Pièce difficile mais

au combien réaliste

et utile.

Succès du Théâtre

Océan Nord, cette

adaptation du

dernier texte (4.48)

écrit par Sarah Kane

nous en met plein la

gueule.

Mélanger magie,

théâtre et chant.

Pari impossible ?

Non, le théâtre du

Parc l’a réalisé !

Spectacle coup de

poing sur la vie

controversée de Jean

Genet, auteur à la

vie étrange et

passionnante.

Une adaptation sans

faute du classique de

Victor Hugo.

La magie du Magic Land

Theatre dans toute sa

splendeur !

L’influence du théâtre

belge ... : absurde,

texte absurde,

situations absurdes et

acteurs absurdes. La

pépite des Martyrs 2012.

Spectacle à succès sur

trois arabes qui

émigrent en Belgique.

C’est bien joué, c’est

très drôle et en plus

utile. Que demandez de

Cinquième saison pour le

blockhbuster du TTO.

C’est toujours aussi

drôle, non ?

Les festivals théâtres qui ont marqué 2012

Festival de

courtescréations

au

National !

Festival sur

l’égalité

des sexes au

TTO !

2ème

éditions du

festival du

rire de

Bruxelles.


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

Littérature

La rencontre avec Franck Ruzé

Franck Ruzé a 40 ans. Il est l’auteur d’un premier roman très remarqué

(Dilettante 2003), «O%», traduit dans de nombreux pays, suivi par «666»

en 2006 et «Les hommes préfèrent les connes» en 2009. Nous le

retrouvons cette année pour la sortie de «L’échelle des sens».

Comment pourriez-vous vous

présenter ?

L'idée qu'on a de soi, et donc sa

signalétique à un moment donnée,

fluctue et ma présentation, aujourd'hui,

ne peut pas en rendre compte. Je

comprends bien que le jeu, ici, est de

donner un instantané et qu'il n'est pas

vraiment important de rendre compte.

Qu'il est d'usage de brandir un certain

nombre de panneaux convenus,

comme : j'aime la littérature depuis

toujours, etc. Ce qui n'est pas

nécessairement faux, mais est-ce

sincère? Est-ce que j'atteins un état

de sincérité en disant cela ?

Je suis aussi difficile avec moi-même

qu'avec mes personnages, avec cette

obsession: est-ce que je sonne faux ? Et

surtout : est-ce que je sonne « vrai » ?

Par exemple, je voudrais bien dire

que, si j'ai essayé de faire médecine

et si je suis actuellement responsable

qualité de logiciels de prescription en

milieu hospitalier, avec la sécurité des

patients comme but, c'est parce que

j'aime protéger les autres et il y a un

parallèle avec mes livres, qui sont

souvent écrits en réaction par rapport

à quelqu’un que je n'ai pas réussi à

protéger ; je voudrais bien dire ça

mais, honnêtement, est-ce que ça

« passe » de dire qu'on aime protéger

les autres ?

Aujourd'hui pour pouvoir se permettre

de dire ça, il faudrait rajouter que c'est

pathologique. Ou dire qu'on a besoin

de ça pour exister et que, dans une

certaine mesure, on fait ça pour soi.

Dans mes livres je fais semblant de

ne pas aimer mes personnages et les

personnages ne s'aiment pas euxmêmes,

pour que le lecteur les

adopte. Pour que le lecteur fasse le

lien et donne au personnage ce que je

ne peux pas montrer. Parce que

« Elle faisait de l’escorting pour

payer ses études ... »

l'amour du lecteur ne se dit pas, il ne

peut pas sonner faux.

Comment vous est venue l’idée de

ce livre ?

Ça ne s'est pas passé comme ça. Je

ne me suis pas dit « Je vais écrire un

livre sur la prostitution étudiante ». En

fait, j'étais en train d'écrire un autre

livre, sur un vieux banquier qui a à

peu près, non d'ailleurs pas à peu

près, qui a tout ce qu'il désire, il lui

suffit juste de désirer, mais il ne désire

plus rien. Donc il s'ennuie. Et en me

demandant ce qu'il pourrait bien

désirer, je me suis rappelé d'une fille

que j'avais connu en médecine. Elle

faisait de l'escorting pour payer ses

études, la première année de médecine

ça ne pardonne pas, il faut être dans

les meilleurs, donc il faut du temps,

pas question de travailler à côté.

Elle m'avait raconté des choses assez

choquantes, à l'époque. Je ne lui

avais pas posé de questions, je m'étais

contenté de l'écouter. J'avais besoin de

matière pour ce personnage, alors je

l'ai recontactée. Elle avait changé de

vie, mais pas depuis longtemps. Et j'ai

écrit un chapitre avec ce nouveau

40

personnage, le premier chapitre de

« L'échelle des sens ». Quand je l'ai

relu je me suis dit que je n'avais plus

du tout envie d'écrire sur le vieux

banquier. Le personnage de Tennessee

voulait que j'écrive sur elle, que je

raconte ce qu'elle avait vécu et

pourquoi. Que je donne corps à cette

souffrance, que je la communique. Je

n'avais jamais rien pu faire pour aider

la vraie jeune fille, je voulais faire

quelque chose pour le personnage. Je

lui ai dit d'accord, tu vas avoir ton livre à

toi. Et elle a dit : je le veux maintenant.

La prostitution auprès des jeunes

est-elle réelle ?

Tout à fait réelle. Elle se pratique plus

en Angleterre qu'en France, le coût

des études ayant explosé là-bas. Une

étude très sérieuse de l'université de

Kingston en 2010 révèle que 10 %

des étudiants ont pensé travailler

comme escort. 1 étudiant sur 10, on a

du mal à imaginer ça.

En France, d'après le syndicat SUD

Etudiant, on en était à 1 sur 50 en

2006, même si aucune étude ne vient

étayer ce chiffre. 7 ans après, on ne

sait pas où on en est. Une étude

sérieuse serait la bienvenue. Il serait

temps de se demander combien de

Françaises travaillent dans les agences

d'escort anglaises et suisses.

Il serait temps, surtout, de créer un

revenu étudiant qui permettrait, même

et surtout si la question du libre choix

revient toujours à ce sujet, de ne pas

faire ce choix, même pseudolibrement,

acculé par les factures.


Cela a-t-il toujours existé ou est-ce

une cause de la crise actuelle ?

C'est antérieur. Les enfants des

classes moyennes ne peuvent

prétendre à des bourses et leurs

parents ne peuvent pas les aider

financièrement.

Dans « L'Echelle des sens », Tennessee

est titulaire d'une bourse, parce que je

voulais montrer que même une bourse

ne suffit pas. Mais il y a toutes celles et

ceux qui n'ont même pas de bourse.

Dans ces conditions, comment envisager

des études longues ?

On est vraiment dans une situation de

transmission des pouvoirs interclasse :

la classe aisée a créé le système

scolaire tel qu'on le connaît, permettant

à ses enfants d'atteindre la même

position sociale ; les études ont été

pensées par et pour cette classe,

uniquement.

Comment ces jeunes le vivent-ils ?

La personne que je connais coupait

nettement son corps de soi, afin que

ce qui arrive à son corps puisse être

distancié. Quand elle avait mal à la

jambe, elle disait « Ah, la jambe a

mal ». Pas « ma » jambe, « la » jambe.

Ce qui m’a frappé dans votre livre,

c’est cette espèce de détachement

qu’a votre héroïne par rapport à ce

qu’elle fait, une sorte de protection ?

Tennessee a 19 ans, est

étudiante et se prostitue. Elle

travaille pour une agence d'escorts

aux tarifs élevés. Ses tarifs sont

assez hauts car elle vend sa

virginité. Elle se vend ainsi pour

payer ses cours de psychologie.

En dehors de la fac, de ses

clients et de son psy, elle entretient

une relation platonique avec Xavier

qui est amoureux d’elle.

Tennessee ne croit pas à l’amour

ni aux sentiments, juste au prix

qu'on peut leur accorder, à la

valeur qu'on leur donne dans une

société où tout se vend.

L’échelle des sens adopte le point

de vue sans concession d’une

jeune femme à la fois attachante et

inquiétante dans sa quête de sens.

Par une succession de scènes

courtes, parfois opaques, dures,

crues, déconcertantes ou

lumineuses, au style efficace, au

ton oral et tranchant, on ressent

Tout ce qui lui arrive la sonne un peu,

l'étourdit. Et elle s'approprie cet

étourdissement, pour en faire un

détachement. Sa vision mécaniste des

choses l’aide beaucoup : le corps n’est

pas sacré, c’est une machine. Les

sentiments ne sont pas sacrés, ce sont

des dispositions génétiques. Et avec

ça, elle se tient à distance, sur le bord

d’elle-même.

« Dans le livre, Tennessee est

titulaire d’une bourse, parce

que je voulais montrer que

même une bourse ne suffit

pas ! »

Quelle est la conclusion que vous

donneriez au fait que les jeunes

doivent se prostituer pour pouvoir

faire des études ?

S'il y a bien, en France, une frange de

la population qui n'a aucun droit, c'est

bien les étudiants. Même pour la

couverture maladie. Les étudiants ne

sont pas censés travailler, ils ETUDIENT,

pourquoi leur faire payer des cotisations

alors que les demandeurs d'emploi ont la

CMU ?

C'est un peu comme si on leur disait :

oui, mais vous ne contribuez pas à la

société, vous ne travaillez pas et vous

n'essayez pas de contribuer, vous ne

cherchez pas d'emploi, donc dans ces

le désarroi, la solitude, la bravade,

l’humour, la peur, l’espérance, la

fragilité de ceux qui ont 20 ans en

un siècle où l’on prône le contrôle

de soi et la liberté de choix et où

le marché est roi.

Un livre qui fait réfléchir sur notre

société, sur la jeunesse… Sur le

fait que beaucoup de parents ne

savent plus payer d’études à

leurs enfants. Alors est-ce un

effet de la crise ou cela a-t-il

toujours existé ? Comment faire

pour vivre cela quand on est

jeune et qu’on a encore toute le

vie devant soi. Certes le livre de

Franck Ruzé n’est pas là pour

donner la réponse, mais il est là

pour poser la question. Un livre

de société qui remet pas mal de

choses en place.

Marc Bailly

conditions pourquoi auriez-vous des

droits ?

Et cette problématique se fait de plus

en plus douloureuse alors que des

études longues sont requises pour des

postes auxquels nos parents pouvaient

postuler avec un Bac.

Regardez le niveau de diplôme

demandé pour faire institutrice :

maintenant, un Master. Il est temps

qu'on fasse attention à ceux qu'on dit

être l'avenir de notre société et qui le

sont actuellement plus dans les mots

que dans les faits. Les faits doivent

rejoindre les mots : il faut donner aux

étudiants les moyens d'être l'avenir.

Quels sont vos projets ?

Un nouveau livre est en cours de

documentation. Je me familiarise avec

les personnages, je les fais vivre,

jusqu'au moment où je n'aurais plus

besoin de les faire parler : ils parleront

d'eux-mêmes. Et à ce moment-là, je

prendrai mon stylo.

Propos recueillis par Marc Bailly

Editions Albin Michel

41 08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

La critique

Cinquante nuances de Grey

dont le titre original est Fifty Shades

of Grey est une romance érotique

écrite par la Britannique EL James,

connue d'abord par auto-publication

sur le site Internet de l'auteure puis

sur un site Internet. L'éditeur Vintage

Books le publie en édition papier

dans une version révisée en avril

2012. La même année, Cinquante

nuances de Grey remporte même le

National Book Award britannique

dans la catégorie « fiction populaire ».

Se déroulant essentiellement à

Seattle, ce livre, qui connait un

succès international, est le premier

d'une trilogie qui retrace la relation

entre une jeune diplômée en lettres,

Anastasia Steele, et un homme

d'affaire, Christian Grey.

Tout commence donc quand Anastasia

Steele accepte de remplacer sa

colocataire malade, Katherine, afin

d'interviewer le milliardaire Christian

Grey. Ce dernier l'intimide. Il s'agit en

effet d'un jeune PDG séduisant et

mystérieux. Bien qu'elle le trouve

attirant, elle décide de ne pas aller

plus loin, mais à sa grande surprise,

Christian Grey vient la voir sur son

lieu de travail. Malgré les mises en

garde du jeune homme, la jeune et

innocente Ana est confrontée à un

tout nouvel univers aux côtés du

riche entrepreneur. Christian a

50 nuances de Grey

EL James, ancienne productrice de télévision, mariée et

mère de deux enfants, vit à Londres. Depuis sa plus tendre

enfance, elle rêvait d’écrire des récits dont les lecteurs

tomberaient amoureux, mais avait mis ces rêves entre

parenthèses pour se consacrer à sa famille et à sa carrière.

Elle a enfin trouvé le courage de prendre sa plume pour

rédiger son premier roman Fifty Shades of Grey.

malheureusement une face sombre

qui prend sa source dans son

enfance et son adolescence

tourmentée. En effet, Anastasia

découvre que Christian est adepte

du BDSM ! La jeune femme doit

alors décider si elle est prête ou non

à faire des compromis pour l'homme

qu'elle aime…

Que pourrais-je dire de ce livre qui a

déjà fait couler tant d’encre ? Les

uns le critiquent ouvertement, les

autres ont un avis mitigé et, finalement,

il y a ces lecteurs qui n’osent pas dire

qu’ils l’ont lu et peut-être même

apprécié.

On ne peut bien sûr pas nier que

cette romance contient des scènes

explicitement érotiques mettant en

scène des éléments de pratiques

sexuelles assez particulières. Toutefois,

derrière celles-ci, on peut découvrir

deux êtres très attachants avec

chacun leurs failles et leurs espoirs…

les nôtres ? L’écriture est simple et

s’attache dans la modernité avec la

reproduction de mails. L’histoire

42

De EL James

« Immortel est une trilogie. Il

faut bien garder à l’esprit

qu’il y a les tomes suivants !

nous emmène très facilement dans

le monde d’Ana et Christian. Il y a de

la passion, du suspense, des

rebondissements et une certaine

addiction… J’ai eu du mal à m’en

détacher et l’ai lu en seulement deux

jours. D’ailleurs, j’attends avec

impatience la sortie du deuxième

tome Cinquante nuances plus

sombres ce jeudi 3 janvier ! Il faudra

attendre début février pour connaitre

le dénouement de cette histoire avec

le dernier tome Cinquante nuances

plus claires.

Quoi qu’il en soit n’hésitez plus,

faites-vous votre propre opinion et

lisez-le !

Dans tous les cas, il ne vous laissera

pas insensible...

Evelyne Vandooren

Editions Jean-Claude Lattès


La critique

T h r i l l e r h a l e t a n t ,

« Délivrance » lance une fois de

plus l’inspecteur Mørck et un de

ses acolytes, que rien n’aurait dû

réunir, dans une course contre la

montre, dans le cercle très fermé

des communautés religieuses

sectaires.

Entre passé et présent, l’inspecteur

Carl Mørck, coupable d’être vivant,

Rose, à la personnalité ambigüe,

et Hafez El Assad, dont la vie

relève du jeu de piste, équipe

d’enquêteurs plus déjantés les uns

que les autres, prisonniers de leurs

démons, l’auteur nous conduit

dans une enquête impossible à

lâcher avant d’en connaître le

dénouement, nous laissant malgré

tout des moments de répit par

l’humour involontaire provoqué par

les relations entre les héros et la

découverte de leur personnalité.

Entre victimes et bourreau, les

frontières peuvent être fragiles,

tant Jussy Adler Olsen a pu donner

vie aux personnages, faire de leurs

expériences et vécu une forme de

rédemption.

Au travers de l’intrigue, l’auteur

nous fait prendre conscience de la

place de ces mouvements religieux

Délivrance

A Wick, aux confins de l’Ecosse, une bouteille de

verre dépoli est longtemps restée sur le rebord

d’une fenêtre du commissariat ; personne ne

l’avait remarquée, pas plus que le message

qu’elle contenait. Un message qui commence par

le mot Hjœlp, « Au secours » en danois, écrit en

lettres de sang.

Envoyée à Copenhague par la police anglaise, la

mystérieuse missive atterrit sur le bureau des

affaires classées de l’inspecteur Carl Mørck et de

son équipe. Son déchiffrage révèle qu’elle

provient de deux garçons qui auraient été

kidnappés dans les années 90. Chose étrange :

leur disparition n’a jamais été signalée …

profondément ancrés dans la vie

scandinave ; mouvements sectaires

qui murent les communautés dans

le silence, quel qu’en soit le prix.

A lire avec quelques heures devant

« L’auteure maîtrise et met en

avant la complexité des

échanges relationnels (...) »

soi pour plonger au cœur de la

tourmente et vivre intensément la

vie des personnages.

Après « Miséricorde », publié en

2011, et « Profanation », en 2012,

« Délivrance » est la troisième

enquête du département V.

Né le 2 aout 1950 à Copenhague,

Jussi Adler-Olsen a étudié la

médecine, la sociologie, le cinéma

et la politique. Ancien éditeur, il

connaît un succès sans précédent

avec la série Département V.

Primée par le Prix de la Clé de

Verre, le Prix des Lauriers d’Or des

Libraires et le prix des Lecteurs du

meilleur livre danois, la série

Département V, dont le 5ème tome

paraîtra bientôt au Danemark,

43

De Jussi Adler Olsen

devrait au total compter 11

volumes.

Nathalie Beauport

Editions Albin Michel

Jussi Adler Olsen

Né à Copenhague en 1950

Roman Policier

Sorties française :

Miséricorde, 2011

Profanation, 2012

Délivrance, 2013

08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

La mort rôde

de Madeleine Chapsal

Editions Livre de Poche, 112 p.

Les paresseuses s’invitent

chez Starbucks®

«50 recettes et les meilleurs

cafés pour les déguster + un

mug»

de Rosa Jackson

Editions Marabout Pratique, 96

p.

Vampire et Indésirable

Queen Betsy, Tome 8

de Mary-Janice Davidson

Editions Milady, 288 p.

La mort est présente dans

notre vie de tous les jours mais nous n'y

prêtons pas beaucoup d'attention, nous

évitons d'y penser car elle est synonyme

de douleur, de crainte et de malheur.

Pourtant plus nous vieillissons, plus

nous nous rendons compte de sa

présence, de cette réalité inévitable, de

notre destin final. C'est ainsi que

Madeleine Chapsal, près de nonante

ans, nous décrit avec émotions les

disparitions de ces âmes qu'elle a

connues de près ou de loin en passant

par sa famille, ses amis ou de simples

connaissances. En une centaine de

Si vous êtes accros aux

préparations culinaires du Starbucks®,

ce coffret est fait pour vous ! Il contient

une série de recettes inédites pour faire

sensation auprès de vos amis et surtout

pour vous régaler !

Les recettes reprises dans le livre sont

faciles à réaliser et très rapides. En à

peine une heure, vous pouvez préparer

un dessert onctueux ou un petit encas

salé original. En passant par le brownie

glacé à la glace vanille et aux

framboises au gratin de fruits au

mascarpone, ces petites préparations

feront sensation !

C'est avec plaisir que je retrouve

les aventures de Betsy. J'apprécie

énormément le ton direct de l'auteur. J'ai

à chaque fois l'impression de lire un

épisode de « Sex and the City » par le

style et par l'amour des chaussures de

notre reine. Les personnages secondaires

sont très attachants et essentiels à son

équilibre.

La vie de Betsy n'a rien de facile. Pour

ceux qui ne la connaissent pas, elle s'est

réveillée du jour au lendemain « vampire ».

Sa vie de vampire est dirigée par un livre

de prédiction indestructible. Ajoutez à

cela qu'elle voit les fantômes (dont celui

de sa belle-mère), que sa demi-sœur est

la fille de Satan et qu'elle n'y connait rien

au métier de reine… ah oui, j'oubliais, un

mari vampire qu'elle aime mais qui lui

porte souvent sur les nerfs.

Ce tome fait partie de ce que l'auteur

appelle une trilogie. Bien que le ton reste

le même, les événements prennent une

direction plus sérieuse. Marc et Laura (la

44

pages, elle nous met face à une

réflexion sur ce qui est essentiel. Ce

petit récit est court, bref et facile à lire.

Sontiu Falguière

Les recettes ont été testées et approuvées

surtout celles des cookies au chocolat et

du gâteau aux pommes caramélisées à la

cannelle. Un vrai délice !

« Les Paresseuses s’invitent chez

Starbucks® » est un ouvrage qui

regorge de bonnes idées ! N’hésitez pas

à faire entrer l’univers du Starbucks®

dans votre quotidien avec ses desserts

succulents ! Plaisir garanti.

Stellina Huvenne

demi-sœur) prennent une place un peu

plus dominante. L'apprentissage de

notre Betsy continue et il n'a rien de

facile. Les prédictions du livre se

réalisent dans un certain sens.

Un défaut ? Certains verront aussi cela

comme une qualité, notre bonne Betsy

rappelle souvent aux lecteurs les

évènements qui se sont déroulés

auparavant. Je dois dire aussi que

personnellement, je survole ces

paragraphes.

Vivement la suite !

Marylise Dufour


Les plus belles berceuses de jazz

Collectage de Misja Fitzgerald

Michel

Préface et traduction de Valérie

Rouzeau

Illustrations de Ilya Freen

Editions Didier Jeunesse, 48 p.

Bingo le Posstit

De A.R.R.R. Roberts

Editions Milady, 300 p.

Ce livre-disque de berceuses

contient un cd avec des musiques

enivrantes et chaleureuses qui plairont à

beaucoup d'entre nous, amoureux du

jazz ou non.

Le cd contient quinze berceuses qui ont

été sélectionnées par Misja Fitzgerald

Michel, un guitariste de jazz de renom.

Dans l'album, on retrouve entre autre

« Over the Rainbow » de Judy Garland,

« My Funny Valentine » de Chet Baker,

« God Bless the Child » de Billie

Holliday, etc. Les plus grandes voix de

l'âge d'or du jazz sont présentes dans

cette magnifique compilation aux

sonorités chaudes et envoutantes...

Des titres moins connus sont également

présents pour le grand bonheur des

oreilles.

Comme vous l’aurez compris, ce livredisque

ne se destine pas seulement aux

enfants... Il réchauffera également votre

maison en créant une ambiance jazzy

douce et sensuelle.

Bingo Pacquet est un posstit

jouissant d'une vie tout ce qu'il y a de

plus confortable (à l'exception de ses pieds

atrophiés, arthritiques et éléphantiasiques)

et rien ne semble pouvoir troubler la

quiétude de ses jours. Son bonheur

prend malgré tout fin lorsque le magicien

Glandalf (sourd, empoté et toussant à

plus finir) et une compagnie de nains

(tous assez poltrons) arrivent un beau

jour pour l'emmener à l'aventure.

Ils projettent de braquer le trésor (c'est

du moins ce qu'ils prétendent) gardé par

Snob, un gros dragon très ennuyeux.

Bingo, et on le comprend, est des plus

réticents à s'engager dans cette folle

entreprise, mais une dague naine

poliment pointée sur sa gorge le pousse

à accepter (à sa grande surprise), et les

intrépides compagnons embarquent

pour une quête à l'air vraiment épique

(du moins jusqu'à ce qu'on lise ce qui est

arrivé par la suite à son malheureux

cousin). Ah oui : Bingo découvre aussi

une espèce d'anneau - mais Dieu seul

sait ce que c'est que cette histoire...

Et nous voilà avec une parodie basée

sur l’œuvre de Tolkien… Cette fois, il

s’agit donc de Bilbo le Hobbit, passé à la

moulinette par Adam Roberts. Eh oui,

l’auteur « légendaire » qui se cache

derrière La Der des Etoiles (2005) ou

bien encore Va Dinci Coddah (2006)…

Oui, le décor est planté, et l’on pourrait

pour ainsi dire s’arrêter là. Il s’agit d’une

vague variante de l’histoire originelle,

45

Le disque est accompagné d'un très

beau livre avec les illustrations d'Ilya

Green et les traductions des textes

musicaux de Valérie Rouzeau. Ilya

Green partage son univers au travers de

ses dessins apaisants et chaleureux.

Chaque musique a une illustration

personnelle qui fera rêver les enfants

avant d'aller se coucher.

Ilya Green a déjà réalisé plusieurs

illustrations pour Didier Jeunesse dont

« Le Masque », « Bulle et Bob à la

plage », « Peter Pan & Wendy »,

« Strongboy »,...

Ce livre-disque est incontestablement un

ouvrage à avoir chez soi, à offrir ou à

s'offrir...

Stellina Huvenne

notes de bas de page à profusion, jeux

de mots souvent bien trouvés…

Il ne s’agit pas de critiquer ici le fait que

Tolkien soit parodié, même si j’estime

que c’est une honte. Aucun gag ou jeu

de mots ne semble avoir demandé de

longues minutes de réflexion, l’histoire

se repose paresseusement sur l’intrigue

de l’œuvre d’origine (malgré deux ou

trois épisodes se voulant originaux), et

ne parlons pas des notes de bas de

page… Elles sont le plus souvent un

véritable calvaire de par leur longueur et

les digressions qu’elles occasionnent.

Ajoutons à cela un rythme très mal géré,

souvent beaucoup trop lent pour

accrocher le lecteur au-delà de l’humour

proposé.

En bref, pour toucher au sommet de la

fantasy, ou de l’humour, il faudra

repasser, car ce n’est pas cet ouvrage

qui aura de quoi satisfaire les amateurs

de l’un ou de l’autre.

Adam Charles Roberts écrit sous les

pseudonymes A.R.R.R. Roberts, A3R

Roberts and Don Brine. Il est professeur

à l’Université de Londres, critique

littéraire et auteur de nouvelles. Il écrit

également des parodies très souvent

appréciées et saluées par ses confrères.

Evelyne Vandooren

08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

P’tit biscuit ou l’histoire du

bonhomme de pain d’épices qui

ne voulut pas finir en miettes

de Cécile Hudrisier

Editions Didier Jeunesse

36 p.

Martyr de l’étoile

de Evelyne Guzy

Editions Luc Pire

144 p.

P'tit Biscuit voit le jour dans la

cuisine d’une grand-mère qui avait très

faim. P'tit Biscuit ne voulant pas se faire

manger, il prend la fuite dans la forêt.

Marchant au fil des sentiers, il fera la

rencontre de plusieurs animaux affamés

qui lui demanderont gentiment un petit

morceau de biscuit... Jusqu'à sa

rencontre avec le loup qui ne lui laissera

aucun choix et mangera une bonne

partie de son ventre... Dépité et fatigué

P'tit Biscuit retournera chez la grandmère

à la recherche d’un peu de

chaleur.... Seulement, il sera loin de ses

attentes et il devra faire un choix

fatidique ...

L’histoire est sympathique et la fin est

inattendue ! Cécile Hudrisier manie à

merveille son texte qui entraîne le

lecteur dans un autre univers. En plus de

Après avoir lu un premier livre

dans la collection de romans de gare

« Kiss and Read » des éditions Luc Pire

Les dessous de Villers », par Véronique

Biefnot), j’avais envie d’essayer un livre

de la collection jumelle « Kill and Read »

toujours chez le même éditeur.

Comme j’avais rencontré Évelyne Guzy

à deux reprises lors du salon du livre

belge, et aussi chez Filigranes, c’était

l’occasion pour moi de combler une

lacune en lisant un de ses livres. C’est

chose faite avec ce « Martyr de l’étoile »,

dont l’histoire se passe entièrement à

Bruxelles. Il faut savoir que les livres de

ces deux collections (Kill et Kiss) doivent

respecter certains critères. L’histoire doit

se situer en Belgique et la taille du texte

ne peut pas excéder 144.000 signes.

Une taille qui convient justement à un

roman de gare. Je me demande même

s’il n’y avait pas aussi un critère lié à la

proximité d’une gare. À confirmer…

Je ne vous cache pas qu’étant Bruxellois,

j’ai encore appris des détails historiques

sur ma propre ville en lisant ce livre.

Évelyne Guzy distille tout au long de son

roman, un cours d’histoire sur Bruxelles,

sur Éverard t’Serclaes en particulier ou

sur la place des Martyrs. Je sais enfin

pourquoi je touche le bras de t’Serclaes

chaque fois que je vais à la Grand-

Place ! Merci Évelyne !

Le livre raconte une enquête policière

sur l’assassinat de Marie B., une jeune

femme, retrouvée devant la maison de

l’Étoile qui est située à la Grand-Place

de Bruxelles. Une jeune femme dont on

46

créer une atmosphère unique par ses

écrits, l’auteure réalise des illustrations

de qualité. Elle juxtapose différentes

techniques : crayon de couleur, aquarelle,

collage pour un effet unique. Elle crée

ainsi un univers doux et stylisé, à la fois

chaleureux et nostalgique. P'tit Biscuit est

un personnage touchant et émouvant.

Un livre que je recommande pour sa

qualité. Cécile Hudrisier n'en est pas à

son premier livre, elle a déjà réalisé « La

moufle », « Les musiciens de La

Nouvelle Brême », « Sssi jte mords, t'es

mort » chez Didier Jeunesse.

Stellina Huvenne

découvrira qu’elle menait une enquête

journalistique dans les milieux islamistes

radicaux et musulmans. Ce n’est pas à

proprement parler ma tasse de thé, mais

le style d’Évelyne Guzy a fait que j’ai lu

ces 142 pages presque d’une traite. À

travers le regard de Laureen G., qui va

aider le commissaire Steurs à dénouer

cette intrigue, on découvre une enquête

qui trouve un lien indirect avec les

événements du 11 septembre.

C’est expliqué minutieusement. Cela

tient de l’enquête journalistique et de la

visite guidée de la ville de Bruxelles. On

comprend mieux le style quand on

découvre qu’Évelyne Guzy a une licence

en journalisme et communication, et une

agrégation. Elle n’en est pas à son coup

d’essai et a déjà publié des livres pour la

jeunesse, des livres de littérature, des

textes journalistiques ou scientifiques.

Son premier roman s’intitule « Dans le

sang ».

Personnellement, j’ai bien aimé ce court

polar, qui respecte la taille du roman de

gare. Je voudrais faire une remarque

pour Évelyne Guzy. J’aurais aimé avoir une

traduction des phrases ou expressions

arabes en bas de page. En dehors de

cela, voilà un petit roman policier à un

prix très démocratique.

Marc Van Buggenhout


Paris la nuit

de Jérémy Guez

Editions J’ai Lu Policier

144 p.

Bettý

de Arnaldur Indridason

Editions Points Seuil

205 p.

Paris la nuit. Abraham est un fils

de la rue. Avec Goran, son ami d'enfance,

il partage défonces, embrouilles et petites

combines. Dealer à l'occasion pour

assouvir ses propres besoins, il erre

dans les rues de la Goutte d'Or à Paris,

conscient que sa vie s'enfuit dans une

direction toujours plus sombre, sans

issue. À l'occasion d'une de leurs

nombreuses virées dans un bar de la

capitale, ils découvrent une salle de jeu

clandestine qu'ils décident de braquer.

Mais les truands ne vont pas les laisser

s'en sortir indemnes. Vient alors le

temps de la fuite de la planque, puis de

la traque...

Premier roman de l’auteur, qui a

également écrit « Balancé dans les

cordes » qui fait partie d’un triptyque,

« Paris la nuit » possède déjà cette

force, cette puissance que l’on

retrouvera dans son deuxième livre de

manière encore plus foudroyante.

« Quand j’ai rencontré Bettý, j’ai

su que ma vie allait basculer. Elle était

magnétique et fatale. J’aurais tout donné

pour elle. J’ai même accepté de travailler

pour son mari. Mais maintenant c’est

moi qui suis derrière les barreaux. Aux

yeux de tous, je suis coupable de

meurtre. Parce que, si l’amour se joue à

trois, il y en a toujours un de trop. »

Arnaldur Indridason nous offre avec

« Bettý », certes un roman court, mais

une petite pause plus qu'agréable, dans

les aventures d'Erlendur Sveinsson

(personnage phare et mystérieux de sa

série policière en plusieurs volumes). En

effet, « Bettý » n'a rien à voir avec cette

'série', malgré un petit clin d’œil sur

deux/trois lignes au milieu du roman.

Mais dès le départ, ce dont vous doutiez

pourtant se produit, le charme opère et

cela en douceur, avec un suspense

haletant et un dénouement que vous

aurez du mal à réaliser.

Ce roman est rédigé à la première

personne, pour une histoire racontée en

direct de prison. Accusation, culpabilité,

innocence, victime, mensonge, alcool,

sexe, tromperie, injustice et meurtre,

sont les ingrédients de ce cocktail à la

Indridason, qui nous prouve qu'il est

capable d'écrire autre chose et pourtant

de rester un maître dans l'art du roman

noir en provenance de Scandinavie.

« Paris la nuit » n’est pas un livre tendre.

Il nous donne à voir un Paris sauvage,

parsemé de personnages durs et

violents. Jérémie Guez est un écrivain

de talent qui écrit avec les tripes des

dialogues et des personnages dignes

d’Audiard, c’est dire. Nous sommes loin

du Paris pour touristes, ça c’est

certain… Roman court, « Paris la nuit »

vous précipitera dans un univers où la

drogue règne en maitre, où la dépendance

fait loi.

Retenez donc bien le nom de cet auteur

car il inscrira bientôt son nom dans le

monde du polar de manière indélébile…

Marc Bailly

Au fil des pages, l'intrigue s'installe pour

nous en apprendre toujours un peu plus,

sans pour autant trop nous en dire, et

cela afin de laisser le temps à notre

esprit d'assimiler progressivement

chaque détail. Puis 'Boom' c'est le choc,

tout s'écroule... au beau milieu du

roman, la toile tissée au fil des pages -

l'univers que l'on imagine autour des

personnages et les personnages euxmêmes

- ne correspond en rien à ce que

l'on a pu imaginer dès le départ. Ce que

l'on prenait pour une 'simple' histoire

d'amour, un trio amoureux, sensuel,

s'avère finalement n'être pas si banal

que ça. Un personnage étant à nos yeux

une simple victime devient alors un

bourreau et le bourreau ne s'avère pas

si tyrannique qu'il y paraissait.

« Bettý », sous ses airs de femme fatale,

énigmatique, belle et ténébreuse, vous

emprisonnera dans sa toile si fine et

tortueuse que vous ne pourrez en

réchapper, étouffé par l'amour et le

besoin de sa chair, de ses baisers

'parfumés' à la fumée bleue de ces

cigarettes grecques... Prenez garde,

tomber sous son charme s'avère

dangereux et mortel. La beauté renferme

bien des secrets qu'il est risqué de

vouloir découvrir...

Emmanuelle Melchior

47 08 janvier 2013


Cinéma / Musique / Scène / Littérature / Arts

L’ article

Arts

Pour son dixième anniversaire,

le MAC’s, Musée des arts

contemporains, nous offre un voyage

dans l’univers de la science-fiction.

La manifestation, intitulée S.F. [Art,

science & fiction] nous emmène à la

découverte d’une exposition collective

qui présente de nombreuses disciplines

de l’art d’aujourd’hui.

D’Orson Wells à Arthur C. Clarke, de

Yoko Tsuno aux Marvel, d’E.T. à 2011,

a Space odyssey, la science-fiction a

inspiré les plus grands en littérature,

bande dessinée ou cinéma.

Pourtant, la science-fiction a aussi,

dès ses débuts, inspiré le monde

artistique dans le domaine des Beaux-

Arts. Peinture, sculpture, photographie,

actions publiques. Autant de

techniques artistiques qui ont puisé

dans la culture et l’imaginaire SF pour

en exprimer les principaux mythes.

L’exposition présente plus de septante

œuvres d’art moderne et contemporain,

nous faisant redécouvrir les voyages

dans le temps et dans l’espace,

les mondes post-industriels ou postapocalyptiques,

les aliens et autres

fantasmes liés aux progrès technologiques.

Voyage à travers le temps

Le temps qui passe, inéluctable,

statistique, scandé au travers l’œuvre

« One Million Years – Past » et « One

Million Years – Future » de l’artiste

japonais On Kawara.

S.F. [Art, science & fiction]

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie »

Arthur C. Clarke

La Jetée, film français de sciencefiction

de Chris Marker (1962), considéré

comme un chef-d'œuvre est en

fait un « photo-roman » commenté par

un narrateur unique et accompagné

d'une bande-son réalisée par Trevor

Duncan. Cela donne à ce récit très

singulier un fort contenu poétique et

sert à représenter une face de la «réalité».

« Ceci est l'histoire d'un homme marqué

par un souvenir d'enfance ». Le

héros, prisonnier dans un camp souterrain

après la troisième guerre mondiale,

devient le cobaye de scientifiques

qui cherchent à l'envoyer dans

le passé pour établir un corridor temporel

afin de permettre aux hommes

d'autres époques d'« appeler le passé

et l'avenir au secours du présent ».

Cet essai cinématographique sera à

l’origine du film de Terry Gilliam,

L’Armée des 12 singes, en 1995.

Créée en 1999, la Big Crunch Clock

de Gianni Motti est une horloge digitale

solaire à vingt chiffres qui effectue

le compte à rebours de la période

prévue pour l’explosion du soleil, dans

cinq milliards d’années. Le décompte

du temps, au centième de seconde,

bien que long, est inéluctable ; il fait

prendre conscience au spectateur des

limites de l’univers.

Espace intergalactique

Through the Black Hole, de la série «

Art in Another World », de Jacques

Charlier, est une invitation au voyage

48

intergalactique, telle une publicité pour

une agence de tourisme.

L’univers façon Superman, dans lequel

Mike Kelley nous fait atterrir sur la

planète Krypton, déambulant dans les

rues d’une ville miniature faite de

résine et de lumière.

L’originalité de l’œuvre de Frédéric

Platéus vient pour une part de sa

fascination pour certains objets et

figures liés à la technologie et à la

science-fiction. Sa virtuosité à générer

des formes font de ses œuvres des

sortes d’ovnis à l’image de Proteus IV,

le robot du film de Donald Cammell,

qui se fabrique un corps géométrique

à partir d’un cube ayant la faculté de

se mouvoir dans l’espace en se

déployant en formes pyramidales.

Artiste, ingénieur, physicien, inventeur

et visionnaire, Panamarenko a mené

une recherche insolite sur des notions

telles que l'espace, le mouvement, le

vol, l'énergie et la gravitation. Son

œuvre, qui associe expérimentation

artistique et technologique prend diverses

formes : avions, sous-marins,

voitures, tapis volants, oiseaux. Des

constructions toujours spectaculaires,

d'une beauté étrange, à la fois ludiques

et imposantes.

Anton Corbijn, photographe des stars,

présentant le groupe Kraftwerk au

travers de clichés noirs et blancs fortement

contrastés, rappelle l’épopée de

Star Trek, ou la série Thunderbirds.


L’Autre

Bruno Gironcoli, artiste orienté « art

monumental », nous propose une

œuvre spectaculaire, mélange de

corps et d’objets, d’humain et d’alien.

Chef-d’œuvre du Land art, Spiral Jetty,

de Robert Smithson, associe art

monumental et cinéma dédiés au culte

solaire et à l’infini, suscitant l'expérience

d'un décentrement constant.

Construction artistique d’autant plus

interpellante qu’elle n’est pas sans

rappeler les pistes de Nazca, dessinées

il y a plusieurs milliers d’années,

symboliques du mythe extra-terrestre.

Qu’imagineront les générations futures

devant les traces laissées par l’artiste ?

La nouvelle écologie

Considéré comme un pionnier du

Land Art, Peter Hutchinson évoque

des décors naturels victimes du dérèglement

climatique et des effets de

l’homme, en associant de manière

improbable faune et flore dans des

œuvres picturales utilisant le collage,

la peinture, le pastel ou l’encre.

Que dire alors de Tetsumi Kudo,

artiste japonais prenant comme sour-

En 1969, le single de David Bowie,

Space Oddity, le propulse au sommet

des hit-parades. Dans sa musique,

ses paroles, mais aussi dans l’atmosphère

du premier clip vidéo de 1969,

la chanson porte l’empreinte d’une

époque abasourdie par les premières

expéditions de l’homme dans l’espace,

les premiers pas sur la lune, l’évolution

des sciences, des techniques et des

formes. L’architecture, le design, la

mode, l’électro-ménager, les objets de

consommation, la littérature et le cinéma

s’emparent des formes capsulaires,

matières synthétiques et effets

spéciaux liés à la recherche aéronautique.

L’exposition démarre par un

clin d’œil à cette époque révolue à

travers le clip du tube de Bowie.

Ensuite, le visiteur est propulsé dans

une autre époque : la sienne.

L’univers SF confine relève encore et

toujours du fantastique et au merveilleux

: l’utopie, l’espace, l’alien,

l’anticipation, l’apocalypse, …

La première partie de l’exposition

consacre les créateurs qui ont fait de

ce d’inspiration les effets de la bombe

atomique et de l’évolution des technologies

pour exprimer sa vision de

l’évolution humaine, entre nature et

technique, entre biologie et cybernétique,

entre langage et outils de

communication de masse. Avec un humour

cynique, il relate la perte de la

liberté de l’homme dans sa recherche

constante d’évolution et d’immortalité.

Univers virtuel

João Maria Gusmão & Pedro Paiva

construisent des œuvres lumineuses

projetées, dans un univers virtuel, ou

l’objet lui-même n’a plus d’existence,

mais bien l’image qu’il renvoie.

Se réservant la salle « Grange au

foin », l’artiste britannique Anthony

McCall a choisi d’installer une œuvre

lumineuse de la série «Solid light

films». Deux cônes de lumière, formés

par le halo des projecteurs vidéo,

dessinent sur le sol des figures qui, se

déployant en un mouvement perpétuel,

construisent dans l’espace une

architecture immatérielle.

Futur proche

Dora Garcia utilise l’œuvre littéraire

Fahrenheit 451 (1957), pour en faire

une nouvelle construction d’antici-

Space Oddity : design/fiction

La science-fiction a-t-elle encore sens aujourd'hui ?

ces sujets la source de leur inspiration.

Futur improbable, vision onirique et

naïve d’un avenir fantaisiste qui fascine

l’homme.

Le second volet de l’exposition se

penche plus précisément sur les nouveaux

outils qui projettent vers le futur

les relations de l’homme à la technologie.

Technologies de pointe utilisées

49

pation, dans un monde où le livre n’a

plus aucun intérêt, si ce n’est la forme

qu’il représente.

Marie Velardi présente son œuvre

Futurs Antérieurs, XXIe siècle, frise

chronologique se déroulant sur plus de

cinq mètres, présentant un déroulé du

21ème siècle.

Séquencée par des événements marquants

extraits d’ouvrages et de films

d’anticipation, cette chronologie factice

réécrit une histoire du siècle en cours

et à venir.

Le Mac’s, au travers de son exposition

S.F. [Art, science & fiction], invite le

visiteur à devenir un voyageur de la

Machine à remonter le temps, à

perdre ses repères, jusqu'à perdre son

reflet et son ombre.

Informations pratiques

MAC's, Site du Grand-Hornu, rue Sainte-

Louise, 82 -7301 Hornu, Belgique

Ouvert du mardi au dimanche de 10 à

18 h, gratuit le premier dimanche de

chaque mois

Nathalie Beauport

pour mettre en compétition les modes

de production du futur.

Pourtant, la réelle valeur ajoutée des

recherches présentées dans le cadre

de « Space Oddity » réside avant tout

dans la dimension poétique que les

designers y ont appliquée.

8 janvier 2013


Du 9 janvier 2013 au 23

février 2013 au Théâtre

de la Toison d’Or !

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