24.01.2013 Views

Playsound le Mag 6

Playsound le Mag 6

Playsound le Mag 6

SHOW MORE
SHOW LESS

Create successful ePaper yourself

Turn your PDF publications into a flip-book with our unique Google optimized e-Paper software.

CHRONIQUES

GREEN DAY

LA TRILOGIE

BLINK-182

DOGS EATING DOGS

LIVE REPORT

RETOUR SUR LE FESTIVAL

BRING THE NOISE

MAGAZINE DÉDIÉ À LA CULTURE ROCK • Numéro 6 • www.playsound.fr • Janvier 2013 • Gratuit

LIVE REPORT & INTERVIEW

STUPEFLIP :

LE CROU EST-IL ÉTERNEL ?

ET AUSSI : ANGELS & AIRWAVES • BOYS LIKE GIRLS • DROPKICK MURPHYS •

PARAMORE • PRETTY RECKLESS • PHOENIX • MASS HYSTERIA • ROLLING STONES

• BLOOD RED SHOES • KAVINSKY • THE USED • OUR THEORY • ROYAL REPUBLIC

CHRONIQUES • NEWS • TALENTS • DOSSIERS • AGENDA...


PSMAG

NUMÉRO 6 • JANVIER 2013

RÉDACTEUR EN CHEF

YANNIS MOUHOUN

CO-DIRECTEURS DE PUBLICATION

SAMI ELFAKIR

FABIEN GALLET

RÉDACTION MAG

MATTHIAS MEUNIER

FABIEN GALLET

SAMI ELFAKIR

PAULINE RIVIERE

MARINA LAY

ELIE DIB

DORIAN COLAS

CELIA SOLSKEN

MATHIEU ROLLINGER

MARIE-AUDREY ESPOSITO

EMMANUEL VAN ELSLANDE

MORGANE LE MARCHAND

MARTIN VAN BOXSOM

LEA BERGUIG

BARTHELEMY COURTY

MAXIMILIEN DE BOYER

ALINE THOMAS

GRAPHISTE

MATTHIAS MEUNIER

PHOTOGRAPHE

FANNY SCHNEIDER

CONTACT

MAG@PLAYSOUND.FR

SITE WEB

WWW.PLAYSOUND.FR

- TOUS LES MOIS -

Playsound est une plateforme

créative de découverte, d’actualité

et de chroniques couvrant les

différentes facettes de la culture rock

au sens le plus général du terme. Le

projet comprend un site riche de

son flux de news multi-genres, d’un

espace de critiques complet ainsi

qu’un laboratoire numérique via une

plateforme dédiée à la promotion de

jeunes talents.

Vous pourrez retrouver la majeure

partie des dossiers, articles et

papiers publiés dans ce mag 15 jour

après sa sortie sur notre site web.

RECRUTEMENT OUVERT :

www.playsound.fr

UN PROJET DE :

Association Médias Culture

PS MAG #6

2

SOMMAIRE

03 ÉDITO & PLAYLIST

04 ILS ONT FAIT L’HISTOIRE

DU ROCK : ROLLING STONES

06 TENDANCE : SEXE,

DROGUE ET... ÉLÉCTRO ?

07 PHOTO DU MOIS

08 LIVE REPORT : STUPEFLIP

10 ACTUALITÉS

12 INTERVIEW :

OUR THEORY

14 TALENTS

15 ZOOM TALENT :

ARCANE ROOTS

16 DOSSIER : LES RIFFS,

UNE SIGNATURE DE LÉGENDE

18 FOCUS : MANCHESTER,

USINE À SONS

19 ILS L’ONT DIT

20 LIVE REPORT :

BRING THE NOISE

24 INTERVIEW : STUPEFLIP

27 CRITIQUES

32 DÉBAT : LA DÉMATÉRIAL-

ISATION DE LA MUSIQUE

33 AGENDA


Yannis Mouhoun

Rédacteur en Chef

2013, NOUS VOILÀ.

Chers lectrices, chers lecteurs. Toutes

les rédactions de Playsound (web,

mag et labs) s’associent à moi afin de

vous souhaiter nos meilleurs voeux

pour l’année 2013 qui s’annonce. Voilà

maintenant plus d’un an et demi que vous

nous suivez et nous comptons plus que

jamais continuer à vous informer, à vous

divertir, à vous critiquer et à vous faire

découvrir de nouveaux artistes. Proposer

des dossiers plus réfléchis, enrichir notre

offre et développer de nouvelles synergies

entre mag/labs et site internet sont nos

priorités pour cette nouvelle années.

Continuons ensemble l’aventure !

Yannis Mouhoun

PS MAG #6

3

ÉDITO

& PLAYLIST

1. THE PRETTY RECKLESS - KILL ME

2. BLINK-182 - BOXING DAY

3. FOALS - MY NUMBER

4. THE MAINE - ONE PACK OF SMOKES

5. KATE NASH - FAITH

6. THE USED - LONELY

7. EELS - NEW ALPHABET

8. CHEVELLE - FIZGIG

9. KAVINSKY - PROTOVISION

10. A DAY TO REMEMBER - VIOLENCE

+ WWW.PLAYSOUND.FR/PLAYLISTS


PS MAG #6

ILS ONT FAIT L’HISTOIRE DU ROCK

A l’occasion de la sortie de leur best-of

« Grrr ! » en novembre célébrant leurs 50

ans de carrière, retour sur l’itinéraire de

ces enfants terribles du rock.

Les Rolling Stones. Cinquante années à

allier les albums à succès, des représentations

scéniques d’anthologie, le sexe,

la drogue, les chutes vertigineuses, les

changements de line-up, la mort. Les

Rolling Stones, ou comment un groupe

a su donner une nouvelle identité à un

style alors en pleine expansion dans les

années 60 : le rock’n’roll.

Pourtant, au début de leur carrière, les

Rollin’ Stones (nom trouvé par Brian

Jones alors guitariste du groupe en référence

à un titre de Muddy Waters)

prônent une musique basée sur le blues

comme l’attestent leurs premiers concerts

basés sur des reprises des plus

grands bluesmen de l’époque (Larry Williams

entre autres).

Mais l’envol des Rolling Stones est sans

conteste lié à celui des Beatles. L’éclosion

des deux groupes, quasi simultanée en

1963, a permis aux deux formations de

prendre une nouvelle dimension basée

sur une « saine » rivalité, les deux groupes

s’appréciant en allant même jusqu’à collaborer

ensemble sur certains titres et

décalant la sortie de leurs albums pour

éviter de faire de l’ombre à l’autre. En

contraste avec l’allure propre et polie des

Fab Fours, les Rolling Stones cultivent

un look de bad boys, cheveux longs et

mines renfrognées, le tout orchestré par

le manager de l’époque, Andrew Loog

Oldhman. Au niveau des compositions,

les deux groupes se démarquent aussi

à leur façon : les Beatles, fidèles à leur

image, chantent des chansons naïves

et romantiques pendant que la bande à

Mick Jagger joue d’ironie et traite de sujets

beaucoup plus tabous.

C’est réellement en 1965 que les Rolling

Stones atteignent le sommet des charts

grâce à leur tube désormais mythique «

(i can’t get no) satisfaction ». Les concerts

s’enchaînent (entre 250 et 300 par

an !) et tournent souvent en émeute, entre

violences et tentatives d’approches

des fans. De véritables scènes de folie,

qui commencent à alimenter la réputation

de ces “bad boys”. Celle-ci se confirmera

avec les nombreuses arrestations

de Jagger et Richards pour détention de

drogues.

Néanmoins, l’ascension continue et

en 1968, les Londoniens sortent Beggars

Blanquet. Musicalement, cet album

marque un premier tournant dans

la carrière du groupe, en particulier sur

la manière de composer. Keith Richards

découvre cette année-là l’accordage

ouvert et se met à composer avec une

corde en moins sur sa guitare (la sixième)

et en open tuning en sol. Le son s’en

ressent, certes moins mélodique mais

beaucoup plus direct et violent. Quant à

Jagger, il puise ses inspirations dans la

littérature, à laquelle il a été initié par sa

compagne de l’époque Marianne Faith-

4

full, mais aussi aux différents conflits qui

éclatent au sein du monde occidental.

La technicité de la production fait le reste

et le résultat est excellent, cet opus regorgeant

de tubes (« Sympathy for the

devil » et « Street fighting man » pour ne

citer qu’eux). Pourtant, un an plus tard, le

groupe va se faire remarquer mais pour

une toute autre histoire.

En effet, le line-up originel (composé de

Brian Jones, Mick Jagger, Keith Richards,

Charlie Watts et Bill Wyman) va vite

se retrouver sous le feu des projecteurs

avec l’expulsion en Juin 1969 de Jones.

De plus en plus isolé au fil des mois, ses

problèmes judiciaires et ses « cachotteries

» (il aurait touché des salaires supplémentaires

en se proclamant leader du

groupe) finiront par marquer la fin de son

aventure avec les Stones et amorceront

sa propre mort quelques semaines plus

tard, noyé dans sa piscine. Un hommage

lui sera quand même rendu deux jours

plus tard par le groupe lors d’un concert

gratuit à Hyde Park devant plus de 500

000 personnes. L’album Let it bleed ,

sorti la même année, illustrera cette période

noire qui inclut aussi la prestation à

Altamont (San Francisco) marquée par la

mort de quatre personnes dont un jeune

adolescent noir de 19 ans poignardé par

un membre d’une secte raciste.

Mais l’apogée du groupe a lieu entre 1969

et 1974 avec l’arrivée de Mick Taylor à la

guitare qui apporte une véritable virtuosité

aux compositions du groupe. La sépara-


tion des Beatles, en 1970, fera aussi son

effet, laissant la voie libre aux Stones qui

n’hésitent alors pas à s’autoproclamer «

plus grand groupe de rock’n’roll de tous

les temps ». En 1971 sort l’album Sticky

fingers, avec, sur la pochette, la fameuse

fermeture éclair signée par Andy Wahrol.

La même année, la « tongue » fait aussi

son apparition, logo qui deviendra très

vite l’emblème du groupe. Le contenu,

quant à lui, est on ne peut plus explicite

avec des références très prononcées au

sexe et à la drogue (« Brown Sugar », «

Bitch », « Sister »…). En 1972, le double

album Exile on the main Street, enregistré

en France, sera le point fort de cette

période, album qui sera classé plus tard

comme l’un des dix meilleurs de tous les

temps (source de Rolling Stone Magazine).

La tournée suivante, qui a principalement

lieu aux Etats-Unis, est aussi

l’apogée de tous les excès et mettra une

image sur la fameuse devise « sex, drugs

and…rock’n’roll ».

S’ensuit alors un lent déclin entre la fin

des années 70 et le début des années 90,

marqué par le départ de Mick Taylor et les

embrouilles à répétition entre Jagger et

Richards. Au-delà du fait que les albums

du groupe trustent toujours les premières

places des charts, Mick et Keith ne se

parlent pratiquement plus. L’un a la main

mise sur le groupe, tant d’un point de

vue artistique qu’économique, alors que

l’autre a toutes les peines du monde à

sortir de son addiction des drogues. En

1986, lorsque Jagger émet des velléités

PS MAG #6

à partir en solo, Richards n’hésite pas à

utiliser des mots violents pour exprimer

son ire (« Si Mick fait une tournée sans

nous, je lui coupe la gorge »). L’ambiance

entre les membres est alors délétère et

l’arrivée du disco et du funk n’arrangent

pas les affaires du groupe malgré l’envie

de se calquer sur cette nouvelle tendance

(« Hot stuff », « Cherry O baby », «

Miss you »). Le décès de Ian Stewart, ami

fidèle et membre fondateur du groupe,

sera le point d’orgue de cette mauvaise

passe.

Les héros, cependant, ne meurent jamais.

Et tel un phénix renaissant de ses

cendres, les années 90 vont voir l’une

des plus grandes formations se souder

à nouveau et nous gratifier d’un comeback

tonitruant avec des albums encore

plus « roots » comme Steel Wheels

en 1989 mais surtout l’énorme Voodoo

Lounge en 1994.

Quant à la suite, tout le monde la connaît.

Le groupe tourne toujours, et même si

les mauvaises langues n’y voient qu’une

manœuvre purement commerciale et dénuée

de plaisir, les Rolling Stones sont

les derniers témoins de l’âge d’or du

rock’n’roll. Un dernier chiffre pour illustrer

cette réalité ? 7, comme le nombre de

minutes qu’il a fallu pour vendre les 32

000 tickets pour les prestations des 25 et

29 novembre derniers à Londres. Sans

commentaires.

5

Elie Dib


TENDANCE

Au début du disco dans les 1970s, en

passant par la techno et l’émergence de

l’acid house à la fin des années 1980, la

musique électronique s’est définitivement

imposée comme un genre incontournable

dans les années 2000. Aujourd’hui, les

années 2010 désormais bien entamées,

le phénomène électro n’a pas faibli et est

devenu un des genres privilégiés par la

jeunesse 2.0. House, techno, drum &

bass, dubstep… tous ces termes galvaudés

qualifiants des sous-genres de

l’électro font désormais le bonheur des

festivals et d’une jeunesse en quête d’un

courant porteur. Car oui, comme pouvait

l’être le rock dans les 1960s, genre

considéré comme transgressif, l’électro

est désormais la nouvelle musique réunissant

unanimement les moins de 25

ans dans les sales moites des concerts

ou dans les vastes champs des festivals

internationaux. Par ailleurs, certains sousgenres

comme la house ou bien la techno

restent assimilés naïvement par l’ancienne

génération à un brouhaha infâme ou à la

consommation de drogues. Clichés qui

font quelque peu écho à ceux dont le rock

était victime autrefois.

Et justement à ce sujet, comment réagissent

les formations pop-rock en quête de

succès face à cette dictature des samplers,

synthétiseurs ou autres boîtes à

rythmes ? Et bien elles s’adaptent monsieur.

Qu’on parle des formations autrefois

purement rock ou des nouveaux groupes

pop émergents, beaucoup d’entre eux

finissent par taper dans l’électro, leur offrant

une richesse de sonorités et parfois

même un nouveau public. C’est le cas

PS MAG #6

SEXE, DROGUE ET... ÉLÉCTRO ?

par exemple d’un groupe comme Radiohead

qui passe de OK Computer avec

un classique indéboulonnable comme

Paranoid Android et ses guitares endiablées

se fondant parfaitement au paysage

musical de l’époque, à plus récemment

un album comme The King of Limbs et

son univers plus minimaliste, presque

futuriste porté par un des titres phares

intitulé Lotus Flower et ses multiples arrangements.

Autre cas intéressant, celui

de Muse, qui à l’image de la formation

de Thom Yorke entame un énorme virage

incarné par leur dernier album en date

The 2nd Law. Toujours dans une volonté

d’innover et de se renouveler, Muse se refuse

à se laisser dépasser par le courant

déferlant et se prend la vague dubstep

en pleine gueule, accouchant au final des

titres comme Madness ou Unsustainable.

Certains fans vantant ainsi le renouveau

du groupe, d’autres méprisant ce pacte

avec le diable.

Pendant ce temps outre atlantique, la planète

entière voit débarquer de nouvelles

formations issues de cette révolution électronique.

C’est le cas de MGMT, ce projet

porté par Ben Goldwasser et Andrew Van-

Wyngarden qui a su apporter un nouveau

souffle à la fin des années 2000 avec son

psychédélisme pop, ses beats hypnotisant

et son esthétique rétro. Cette nouvelle

génération indie doit composer entre

les papys rockers recyclant leurs classiques

à coup de rééditions, et les nouveaux

DJs ou artistes marketés crachant

dans la plus grande uniformité leur dance

music indigeste. Côté frenchies, nous ne

sommes évidemment pas en reste. Mais

6

outre nos multiples DJs qui arpentent le

globe avec leur house music, on peut

également compter quelques groupes

comme les versaillais de Phoenix, qui ont

pris un virage plus teinté d’électro sur leur

dernier album Wolfgang Amadeus Phoenix

tout en gardant ce côté pop-rock

qu’on retrouve sur It’s Never Been Like

That. Cette nouvelle formule permettant

au groupe de rencontrer un franc succès

et de percer à l’étranger.

Finalement, quoi de plus normal que de

voir la musique électro imprégner le rock

et fédérer la jeunesse actuelle ? Dans un

monde où le fichier mp3 a remplacé le

défunt vinyle, où tout doit être accessible

rapidement et facilement et où toute personne

peut désormais s’improviser artiste

via le web en bidouillant quelques samples

sur son ordinateur. Le combo guitarebasse-batterie

semble avoir pris un petit

coup de vieux et cette omniprésence de

l’électro n’est que le fruit de cette ère du

tout numérique.

Sami Elfakir


PS MAG #6

7

PHOTO

Fanny Schneider

SOMA

-

LA MAROQUINERIE

PARIS


PS MAG #6

LIVE REPORT : STUPEFLIP

Le 09 Décembre dernier, Stupeflip affichait

complet dans la mythique salle du

Trianon, pour son Nouveau Spectac, accompagné

pour l’occasion par Le Nom

du Groupe venu s’essayer à la difficile

mission d’ouvrir pour le CROU.

Arrivé avec une demi-heure d’avance sur

le papier (une heure en réalité, la ponctualité

n’étant pas le fort des salles de

concert), j’ai très largement eu le temps

d’assister à l’arrivée d’une marée de

jeunes fans, se disant tous plus fans de

Stupeflip les uns que les autres. Étrange.

Comment peut on se vanter de son fanatisme

envers un groupe, qui en réfute

le principe même ? Soit. À mesure que le

Trianon se remplit, un constat s’impose,

le public est aussi divers que varié. Nous

passons par tous les âges, des plus

jeunes venus avec leurs parents, en passant

par les adolescents, parfois masqués,

jusqu’aux quadragénaires s’exaltant

de connaître Stupeflip depuis leur début.

Drôle de spectacle, mais il est bon de voir

un public aussi hétérogène, s’unir autour

d’un groupe aussi particulier qu’est

Stupeflip.

Les lumières s’éteignent et Le Nom du

Groupe fait son entrée avec la périlleuse

tâche de chauffer le public de Stupeflip.

Nombreux sont ceux qui s’y sont cassés

les dents, le public n’étant jamais très

tendre (ni très tolérant) avec les premières

parties du CROU. Coup de bol, l’un des

fondateurs du groupe n’est autre que MC

Salò, membre de Stupeflip. C’est donc

en terrain quasi conquis que le groupe

prend le contrôle de la scène. Étrange

trio composé par MC Salò et Cyrille Zakof

au chant, Mélanie Török à la basse ainsi

qu’un tourne disque. Dans une ambiance

électro lancinante, Salò gesticule à sa

manière tandis que Zakof l’interroge sur

la station de métro Denfert-Rochereau et

le fameux Lionel qu’il y a recroisé. Qui est

Lionel ? Pourquoi Denfert-Rochereau ?

Deux questions auxquelles nous n’aurons

aucune réponse. Le public, bien qu’un

peu mou, est réceptif. En tout cas, il ne

traite pas de la même manière un groupe

composé par un membre de Stupeflip

que n’importe quel autre. Après plus de

20 minutes de danse macabre, Le Nom

du Groupe quitte la scène sous les applaudissements

de l’assistance. Pour ma

part, je demeure intrigué et fasciné par ce

que je viens de voir.

Tout d’un coup, un écran s’illumine.

Stupeflip commence son Nouveau

Spectac avec un communiqué, dénonçant

le détournement actuel des fonctions

du CROU ainsi que son dégout pour les

concerts. Enfin, c’est ce qu’on peut plus

ou moins entendre, la foule ayant décidé

de hurler au même moment. Ça y est,

nous y sommes, King Ju, alors affublé

d’un nouveau costume fait son entrée

8

© copyright 2012 - Odile Hervois

sur « Krou Kontre Attakk ». Guitares saturées,

stroboscopes éblouissants, le ton

est donné, nous allons en prendre plein la

tronche. Tant et si bien que je me réjouis

d’entendre King Ju hurler à plein poumon,

au lieu de simplement chanter comme il

lui a été reproché durant la tournée Hypnoflip

Invasion . Le set s’enchaine sur

une présentation vidéo des régions Sud

et Est avant que Cadillac ne se saisisse

d’une basse pour accompagner King Ju

sur « Le Sonkifoudécou », titre du nouvel

EP Terrora !! . Stupeflip prend la peine

d’intégrer ses nouveaux morceaux, ce qui

ne déplait pas aux fans. C’est accompagné

d’un violon que Stupeflip entonne

« Les Monstres » dans une version « aérienne

» des plus surprenantes. Les lumières

s’éteignent et la scène se transforme

en véritable autel religieux. Quoi de plus

normal pour assouvir le public avec « La

Religion du Stup »?

King Ju et sa célèbre cagoule font enfin

leur entrée sur scène. Le public est déchainé,

alors que l’épouvantable épouvantail

se livre à un lâché de peluches sur «

Hater’s Killah ». L’excellent « Cold World »

et ses basses vrombissantes ponctuent

l’arrivée d’un Cadillac toujours plus énervé

qui, associé à King Ju, et MC Salò entonnent

le désormais légendaire hymne

« Stupeflip », retravaillé pour l’occasion.

C’est à ce moment que Cadillac décide

de se confier au public pour un brin de

philosophie. En effet, l’ineffable a envie. Il


a envie d’avoir envie. Il a envie de travailler.

Mais il a surtout envie de faire caca !

S’en suit donc « Cadillac Theory » et le

fameux interlude Casimir. Les lumières

s’éteignent, et c’est un Cadillac spécialement

relooké en présentateur des années

80 qui fait son arrivée sur « 72.8 Mhz ».

L’écran du fond passe en mode arc-enciel

et fondue étoilée, une chose est sûre,

ça sent le Pop Hip ! L’intéressé débarque

clope au bec et se livre à un « Gaëlle » endiablé,

sur lequel se déchaineront Cadillac

et le public. Le CROU enchaîne sur une

version reggae mollassonne de « Je fume

pu d’shit » avant de laisser Pop Hip conclure

par « Comme cette chanson sent la

merde, je m’en vais ».

La salle est de nouveau plongée dans

le noir. Les moines du Stup apportent le

Stup luminou, King Ju s’installe sur sa

chaise et laisse place à un moment de

douceur : « Le Spleen des petits » dans

une version live bien plus prenante que

celle de l’album. La chanson se termine

par un « VENGEANCE » unanime de la

foule avant que King Ju s’empare d’une

guitare électrique pour un interlude saturé

et surpuissant. Il se retrouve ensuite avec

une guitare folk pour un medley de Pascal

Obispo, copieusement hué par les

fans. Pendant près de 5 minutes, il tente

d’introduire le morceau « Argent » mais,

dès que King Ju prend la parole, la foule

hurle, lui coupant ainsi la parole, ce qui

a l’air d’amuser le bougre qui ne se privera

pas pour scander de grands « Vos

gueules » et feindre la fin du show ! À son

retour sur scène, King Ju demande à un

fan son masque et lui lâche un « C’est une

belle copie, t’es chinois ? » Le morceau

débute, mais s’arrête aussitôt, le temps

PS MAG #6

pour l’affreux d’incendier le service d’ordre

réprimant violemment les slammeurs du

concert. On reprend au deuxième couplet

tandis que le public en profite pour slammer

comme jamais. Le service d’ordre est

impuissant. King Ju gagne la partie avant

d’en rajouter une couche, en annonçant

cette fois-ci « D’avance, j’emmerde tous

les haters qui se plaindront d’avoir vu un

concert trop court». S’en suit un « Stupeflip

vite » du feu de Dieu avant qu’il ne se

fasse apporter « sa veste de responsable

» pour annoncer au public « Vous êtes

tous virés ! ». Comme toujours, le concert

se termine sur un « À bas la hiérarchie

» apocalyptique ! Le CROU hurle, le

public hurle, la guitare craque, les basses

explosent, les lumières aveuglent ! Le Trianon

en prend pour son grade ! Le Crou

Stupeflip salue le public et quitte la scène

en auto-reverse pour laisser place au DJ

Set du Dr. Vince qui en profitera pour diffuser

des morceaux non joués ce soir là,

ou encore quelques morceaux de son

précédent groupe, les Svinkels.

Bien que Stupeflip admette ne pas aimer

faire de concerts, on ne peut qu’apprécier

le travail fourni pour ce Nouveau Spectac

incluant de nouveaux costumes, de nouveaux

morceaux, de nouveaux samples,

une nouvelle mise en scène, le tout pour

un rendu bien plus « professionnel » que

sur la tournée précédente. Comme toujours,

les fans sont conquis, les haters déploreront

un show d’une heure vingt, mais

après tout, le CROU reste le CROU et si

vous n’êtes pas contents, « allez plutôt

cracher sur Hélène Ségara » !

9

Matthias Meunier

© copyright 2012 - Odile Hervois

PLAYSOUND REMERCIE

ODILE HERVOIS POUR

SES PHOTOGRAPHIES

DU CONCERT

WWW.ODILEHERVOIS.FR


NEWS

1.

2.

3.

4.

5.

PS MAG #6

DES DÉTAILS SUR LE NOUVEL ALBUM DE HURTS

10

EN BREF

On connait désormais le nom et la date de sortie de leur prochain opus ! Il s’appellera Exile et sera disponible

dès le 11 mars 2013. L’album est déjà en pré-commande sur iTunes avec un premier single,

« The Road », disponible en téléchargement instantané. Le duo anglais a justement partagé un trailer où

l’on peut entendre un extrait de ce nouveau single...

PARAMORE ANNONCE SON QUATRIÈME ALBUM

Ça y est, le trio a finalement révélé des détails concernant sa nouvelle galette ! C’est sur son site que

l’on apprend qu’elle portera tout simplement le nom de Paramore et qu’elle sortira le 9 avril prochain.

Le premier single, quant à lui, s’intitulera « Now ». Rappelons enfin que le groupe s’était dernièrement

séparé des frères Farro (guitariste et batteur) et que cet album éponyme sera donc leur premier

sans eux...

DEEP PURPLE DE RETOUR AU PRINTEMPS

Le chanteur Ian Gillan a enfin révélé la date de sortie du prochain album de Deep Purple : le 26 avril 2013

. Enregistré à Nashville et produit par Bob Ezrin (producteur du mythique The Wall de Pink Floyd), ce

19ème opus des britanniques devrait marquer un retour aux sources. En revanche, le nom de ce nouvel

album nous est toujours inconnu. Suspense...

UN MORCEAU INÉDIT DES PRETTY RECKLESS

Après la révélation, la confirmation ? En effet, le groupe de Taylor Momsen a fait partager « Kill Me », un

morceau inédit dans la même veine que leurs précédentes productions. À savoir que la formation publiera

son deuxième effort studio dans le courant de l’année 2013, étant donné que son enregistrement a

été achevé au début du mois de décembre. Il fera donc suite à Light Me Up (2010), leur premier album

qui les a révélés au grand public...

PHOENIX REVIENT AVEC UN CINQUIÈME OPUS

Le groupe français, qui représente avec Air et Daft Punk le mouvement de la « French Touch », sera bel

et bien de retour cette année ! C’est l’Express qui révèle dans l’un de ses articles que Philippe Zdar Cerboneschi

sera une nouvelle fois à la production, sans pour autant dévoiler plus de détails. Une très bonne

nouvelle pour la scène française qui parvient à s’exporter à l’international...

+ PLAYSOUND.FR/NEWS/


PS MAG #6

NEWS

+ ON EN A PARLÉ :


GRAMMY AWARDS 2013 : FUN.

ET THE BLACK KEYS EN GRANDS

LEADERS

Alors que les Foo Fighters étaient les

grands lauréats de la dernière cérémonie

des Grammy Awards - avec pas moins

de cinq récompenses -, les Black Keys

et fun. risquent fort de rafler la mise cette

année ! Avec chacun cinq et six nominations,

ces deux groupes semblent être

les deux grands protagonistes de cette

55ème édition. Le bras de fer aura lieu le

10 février prochain...

NOUVEL EP DES BLOOD RED

SHOES

Le duo britannique a annoncé la sortie

d’un nouvel EP, intitulé Water, disponible

pour le 21 janvier. En patientant jusqu’à

cette date, les trois morceaux qui constituent

cet EP sont à découvrir en streaming

sur le site officiel du groupe où vous

pourrez également télécharger gratuitement

le titre « Black Distractions ».

BUCKCHERRY DÉVOILE UN PRE-

MIER SINGLE

Les californiens de Buckcherry ont

dévoilé un premier extrait tiré de Confessions,

le prochain album du groupe

dont la sortie en France est programmée

pour le 18 février prochain. Ce premier

single s’intitule « Gluttony » et est toujours

disponible sur les plateformes de

téléchargement légal.

KAVINSKY : UN PREMIER ALBUM

EN VUE

Le DJ parisien, rendu célèbre pour avoir

signé la BO du film Drive avec son titre

« Nightcall », s’apprête à concrétiser cette

notoriété grandissante en sortant son

premier LP Outrun début 2013. Avec

déjà de nombreux EP à son actif, le français

nous dévoile Protovision, le premier

extrait de son album.

MAIN SQUARE FESTIVAL : LES

PREMIERS NOMS !

Peu après l’annonce de la venue de

Green Day, Sting et Indochine pour cette

nouvelle édition du Main Square Festival,

ce sont 30 Seconds To Mars, The Prodigy

et The Hives qui viennent s’ajouter à

l’affiche, et ce n’est pas fini ! Le festival se

tiendra les 5, 6 et 7 juillet 2013 à Arras et

le pass 3 jours est d’ores et déjà disponible

dans les points de vente habituels au

prix de 115€.

BULLET FOR MY VALENTINE :

NOUVEAU TITRE & TRACKLIST

DE L’OPUS

La bande à Matt Tuck a dernièrement

partagé un nouvel extrait de Temper

Temper, avec le titre « Riot », en même

temps que la tracklist complète de

l’album. Celui-ci, composé de onze titres

(quatorze sur l’édition deluxe), comprend

apparemment un « Tears Don’t Fall Part.

2 » ainsi qu’une reprise de « Whole Lotta

Love » d’AC/DC en bonus track.

NOUVEAU TITRE DE KATE NASH

C’est peu avant Noël que la jeune chanteuse

britannique nous a présenté « Faith

», sa nouvelle chanson pour le moins

saisonnière. Son nouvel album Girl Talk

sortira en ce début de nouvelle année

2013.

THE USED : NOUVELLE CHANSON

« Lonely », c’est le nom du dernier

morceau de The Used qui figurera non

seulement sur la réédition de Vulnerable

(disponible le 22 janvier) mais aussi sur

la compilation Take Action Volume 11.

11

FIL ROUGE

Les californiens d’Avenged Sevenfold ont confirmé à la NME leur entrée en studio dès ce mois-ci. Leur sixième et nouvel

album est attendu pour l’été prochain, trois ans après Nightmare.


Une partie des bénéfices sera reversée

à l’association It Get Better, luttant contre

les violences envers la communauté

LGBT.

ESCAPE THE FATE : LE PROCHAIN

ALBUM EN PRINTEMPS

On en sait un peu plus sur le quatrième

opus d’Escape The Fate ! En effet, nous

savons désormais que le nouvel album

des américains - dont le nom nous est

en revanche toujours inconnu - sera disponible

dès le printemps 2013, trois ans

après la sortie de leur album éponyme.

Un teaser de 25 secondes d’« Ungrateful

», premier extrait de cette nouvelle galette,

est à découvrir sur notre site.

YELLOWCARD : ENCORE EN STU-

DIO ?

Les membres de Yellowcard n’auront pas

chômé cette année ! En effet, le groupe

a révélé son retour en studio par le biais

d’une photo sur son Tumblr officiel, alors

que Southern Air est sorti il y a à peine

plus de quatre mois. Affaire à suivre !de

‘Reckless & Relentless’, qui sortira courant

2013, ne sont pas encore connus.

Marina Lay

“ARCADE FIRE EST

EN STUDIO AVEC

JAMES MURPHY.

LE NOUVEL ALBUM

SORTIRA FIN 2013”


PS MAG #6

ITW : OUR THEORY

A une heure de l’ouverture des portes du

Batofar, prêt à accueillir la foule patientant

dans le froid depuis déjà quelques heures

pour les plus courageux, l’équipe de Playsound

a eu l’occasion de s’entretenir en

Octobre dernier avec les français d’Our

Theory, chargés d’assurer la première partie

des headliners d’Of Mice & Men aux

côtés de Secrets et Memphis May Fire. En

un an seulement, la formation a déjà joué

avec plusieurs groupes reconnus dans le

milieu post-hardcore et leur premier album

est bientôt prêt à sortir. Playsound a choisi

de parier sur eux.

Pouvez-vous vous présenter Our

Theory ? Comment s’est formé le

groupe ?

Bastien Berhault (chant) : Il y a Yoann

Andrieux à la basse, Bastien Constant à

la batterie, moi-même au chant, Mehdi

Major au deuxième chant et à la guitare

et Damien Bauthamy à la deuxième guitare.

A la base, je souhaitais reformer un

groupe suite à un appel de Dam il y a

longtemps ; il m’a dit que s’il referait de la

musique un jour, ce serait avec moi, ce qui

était sympa de sa part. Donc, après tous

les petits groupes que j’ai eus, j’ai un jour

rencontré Mehdi et je l’ai juste appelé en

lui disant : “Est-ce que tu voudrais com-

mencer un truc cool ?”. Ça s’est fait, on a

commencé à se voir, Damien nous a vite

rejoints, suivi de Yoann et Bastien.

Mehdi (guitare/chant) : Ça fait 2 ans

qu’on écrit des morceaux, 1 an que l’on

a de l’actu sur Internet et le line-up s’est

complété au fur et à mesure.

Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Damien (guitare) : À l’origine, on avait

une vision de cette nouvelle génération qui

s’auto-détruit en tout point de vue dans le

milieu dans lequel on évolue et c’était ça,

la théorie de la fin, de la jeunesse. On a

surtout accroché au nom et on l’a gardé.

3 mots pour décrire votre groupe.

Bastien B : Pour ma part je vais dire

famille, envie et surtout tournées.

Bastien Constant (batterie) : Fun, ambition,

aller le plus loin possible.

Playsound : Vous avez récemment dit

sur votre page Facebook que vous

n’allez pas sortir un EP mais un album

complet. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Mehdi : C’est en mixage et c’est Kris

12

Crummett qui s’en occupe. Il a déjà mixé

des albums de Sleeping With Sirens,

Emarosa ou encore Dance Gavin Dance...

Damien : Le premier de The Devil Wears

Prada aussi !

Votre vidéo lyrics pour The Storm

a été postée il y a 3 semaines et a

déjà été vue quasiment 26 000 fois,

ce titre a été diffusé dans l’émission

Bring The Noise sur Ouï FM et vous

avez déjà joué en première partie de

plusieurs groupes célèbres... Pensiezvous

que ça irait aussi vite ?

Bastien B : Non ! Mais comme on avait

déjà joué dans d’autres groupes auparavant

et qu’on connait pas mal de gens

dans le milieu, nos visages étaient peut

-être - sans prétention – quelque peu

reconnaissables, en tout cas pour Bastien

avec Post Offense et Damien avec

Borderline qui étaient déjà connus dans

la scène française. De mon côté, mon

groupe n’était pas du tout connu, c’était

très amateur. Pour Yoann, Our Theory est

son premier vrai projet et Mehdi a un side

project mais qui est totalement différent

de ce qu’on fait.

Yoann (basse) : En gros, on a tous des


contacts et ça nous a pas mal aidés. Cependant,

le fait que Damien soit tourneur

ne nous aide pas autant que les gens

pourraient le penser, c’est vrai qu’au final

on a fait quelques concerts en un an, mais

si on regarde bien, ce soir, c’est seulement

notre deuxième concert organisé

par Only-Talent Prod.

Mehdi : Le réseau de chacun fait qu’on

peut avancer très vite sur des clips, sur

des passages en radio et autres... Il y a

un gros travail de communication pour

que ça marche. Malgré tout, on passe

par le circuit classique par lequel tous les

groupes passent, on est allé à Versailles

pour jouer dans un petit festival de métal,

on a joué au Klub, on a fait des petites

dates...

Bastien B : C’est sûr qu’il y a aussi énormément

de travail derrière, et on espère

que ça va continuer !

Pourquoi avoir choisi de chanter en

anglais ? Est-ce parce que c’est plus

chantant ou pour pouvoir s’exporter

plus facilement à l’étranger ?

Bastien B : Les deux, mais plus pour

s’exporter. Si on chantait en français,

ce ne serait clairement pas pour viser la

même chose que ce qu’on fait actuellement,

on ne pourrait pas avoir les rêves

qu’on a en tête. Chanter en anglais ouvre

plus de portes, si un jour on a la chance

de se faire signer, ce sera parce qu’on

chante en anglais. Et c’est aussi pour être

ouvert à tout le monde, chanter en anglais

c’est international.

Mehdi : Et même en dehors du fait de

s’exporter, il n’y a pratiquement pas un

groupe que j’écoute qui chante en français

donc forcément, la musique qu’on va

produire vient de là.

Bastien B : Bien qu’on respecte les

groupes qui chantent en français. On les

connait et ils sont super cool. Ca s’est

fait naturellement. Le premier truc qu’on

a écrit avec Mehdi, c’était en anglais... On

ne l’a pas gardé d’ailleurs [rires].

Quel est votre meilleur souvenir depuis

que vous êtes dans le groupe ?

Bastien B : Pour ma part, la date avec

Eyes Set To Kill n’était pas terrible. Je

trouve que l’on n’a pas très bien joué,

enfin, je vais parler pour moi... mais l’after

et tout ce que l’on a eu après étaient

vraiment cool ! On a rencontré des gens

PS MAG #6

pros, qui sont connus depuis des années

et que j’écoutais quand j’étais plus jeune,

donc c’était génial et c’est sûrement un

de mes meilleurs souvenirs.

Damien : Il y en a plein ! Il y avait la date

à Laval avec les copains d’Alaska. On a

joué avec nos amis, il devait y avoir 20

personnes dans la salle et pour moi c’était

un des meilleurs moments avec le groupe.

Bastien B : Le souvenir quand Damien

est venu nous annoncer qu’on était sur

une tournée aussi. Se dire qu’au bout

d’un an on fait déjà une petite tournée,

c’est énorme pour nous, on réalise tous

notre rêve. On est contents, j’espère qu’il

y en aura d’autres dans l’année !

Que pensez-vous de la scène française

actuelle ?

Bastien B : Pour moi il n’y a que des

talents ! Sans parler de Chunk! No, Captain

Chunk!, Betraying The Martyrs ou As

They Burn qui sont déjà signés, qui sont

au top niveau, qui vivent un rêve depuis

un bon moment et qu’on envie tous dans

le sens positif, il y a des groupes amateurs

comme Early Seasons avec des super

chanteurs, Alaska qui fait beaucoup de

bruit en ce moment, The Arrs qui fait son

retour, Merge... on est tous une bande de

potes !

Mehdi : On se connait tous ! C’est important

de soutenir la scène française parce

que si on ne soutient pas nous-mêmes

notre scène, qui le fera ?

Bastien B : D’autant plus que d’après ce

que j’ai entendu, ce qui va bientôt arriver

pour Alaska et Early Seasons, c’est vraiment

lourd !

D’autres groupes à recommander ?

Bastien B : À part ceux que l’on a déjà

cités, je recommande Fight For Ashes qui

est un bon groupe et des amis à nous, ou

alors This Deafening Whisper qui bossent

super bien et qui viennent de sortir un clip

super cool.

Mehdi : Anamorphose, ce sont de très

bons amis à nous. Et surtout, je conseille

Our Theory !

Bastien B : Il va y avoir un très bon clip et

un super album qui vont arriver en 2013,

mais peut-être qu’il y aura la fin du monde

en 2012 et dans ce cas-là, on l’aura dans

13

l’os... [rires collectifs]

Quels sont vos projets et objectifs ?

Bastien B : Mon rêve serait de participer

au Warped Tour aux Etats-Unis. C’est

peut-être petit pour certains, mais pour

notre scène, c’est énorme et c’est le but à

atteindre. Quand je vois Chunk! No, Captain

Chunk! qui tournent au Japon bientôt

et en Australie, qui font le Warped Tour,

qui bougent en tournée avec Woe, Is Me,

qui ont une signature sous un grand label...

je veux tout ce qu’ils ont !

Mehdi : Du coup, pour parler des projets

à venir, on part en tournée dans 3 jours

avec Memphis May Fire en Autriche, et

ensuite on fait la première partie de There

For Tomorrow sur leur tournée avec Kyoto

Drive, ce qui veut dire qu’on va faire

l’Autriche, l’Italie, l’Allemagne, la France et

les Pays-Bas. C’est vraiment LA grosse

nouvelle pour nous avant la sortie de notre

album !

Bastien B : Si on fait un second clip,

j’espère qu’on le fera avec un des featurings

avec qui on travaille sur l’album...

Mehdi : … mais on ne vous dira pas qui !

Un mot pour vos fans et les personnes

qui ne vous connaissent pas encore

?

Bastien B : Pour les personnes qui nous

suivent et qui nous envoient des messages,

merci à tous ! Personnellement,

je reçois énormément de messages de

fans allemands... en anglais, parce que

les cours d’allemand, je ne les connais

pas vraiment... [rires]. On a aussi pas

mal de personnes qui nous suivent en

Asie. D’ailleurs, quand je suis parti en

vacances en Thaïlande cet été, il y a des

jeunes thaïlandais qui m’ont reconnu, et

avec qui j’ai passé la fin de mon séjour !

Mehdi : Surtout, n’hésitez pas à continuer

de nous envoyer des messages,

commenter les vidéos, inviter les gens à

nous écouter... et pour ceux qui ne nous

apprécient pas, on sera toujours là pour

avancer pour ceux qui nous supportent.

Morgane Le Marchand & Léa Berguig


PS MAG #6

TALENTS

TALENT #1

THE CLOCKWORK

OF THE MOON

Avec leurs tignasses frisées

et leur folk aux tons

sépia, on les croirait figés

dans une autre époque,

sorte de troubadours

égarés. Pourtant, depuis

2010, le quartette sème

ses compositions réglées

comme des horloges

suisses. En décembre, ils

dévoilaient leur fraîcheur

et leurs voix cristallines

en plein jour, sur la scène

des Trans Musicales de

Rennes. Dans le même

temps, les Normands

présentaient leur premier

EP, jalonné de ballades

pétillantes comme

« Cloudy Mirror » ou

« Ocean Oil ». Dépaysant.

Genre :

Pop-folk

Label :

Annoying Succes Label

Pays :

France

Site Officiel:

clockworkofthemoon.bandcamp.com

TALENT #2

CANDY HEARTS

Formé il y a seulement

moins de 3 ans, il ne

serait pas surprenant

de voir Candy Hearts

monter progressivement

en puissance au fur et à

mesure de leur avancée.

Produits par Chad Gilbert

(New Found Glory),

les américains nous

présentent avec leur

dernier EP “The Best Ways

To Disappear”, disponible

depuis Novembre dernier,

une subtile alliance entre

la voix douce et sucrée de

Mariel Loveland et les riffs

de guitares punk, offrant

un son paradoxalement

underground et frais.

Quatuor à surveiller de

près !

Genre :

Pop-punk/Indie rock

Label :

Violently Happy Records

Pays :

USA

Site Officiel:

www.candyhearts.com

14

TALENT #3

BEING AS AN OCEAN

Les américains de Being

As An Ocean, originaires

de Californie, apportent

un nouveau souffle au

hardcore. Leur premier

album “Dear G-d...”, sorti

en Octobre dernier, se

distingue par une plume

soignée et des textes

emprunts d’émotion et

d’honnêteté. Le quintette

rassemble de plus en plus

de fans via les réseaux

sociaux et s’apprête à

effectuer sa première

tournée européenne au

printemps prochain avec

deux dates en France,

Nice et Lyon. Un groupe

talentueux à ne manquer

sous aucun prétexte !

Genre :

Post-hardcore

Label :

InVogue Records

Pays :

USA

Site Officiel:

beingasocean.tumblr.com

+ PLAYSOUND.FR/LABS/

TALENT #4

DAVE HAUSE

On ne se lasse pas de

ces artistes de la scène

punk ayant troqué leur

guitare saturée pour des

ballades folk rock. Après

la déferlante Frank Turner,

voilà Dave Hause (The

Loved Ones), singer/

songwritter américain.

Avec un premier album

solo (Resolutions) et de

multiples collaborations

avec des artistes tels

que Bryan Fallon, Chuck

Ragan ou encore Matt

Skiba à son actif, on vous

conseille d’aller prêter

une oreille attentive à la

discographie de cet artiste

aux multiples facettes.

Genre :

Rock’n’Roll

Label :

Side One Dummy

Pays :

USA

Site Officiel:

www.davehause.com


PS MAG #6

ZOOM TALENT

ARCANE ROOTS

Au début des années 90, Nirvana

révolutionnait la scène rock avec son

désormais mythique « Smells Like Teen

Spirit ». Le trio grunge n’a pas manqué

d’inspirer de nombreux nouveaux

groupes les deux décennies suivantes,

et Arcane Roots en fait partie. En effet,

vingt ans après sa sortie, cette toute jeune

formation a la lourde tâche de reprendre le

tube culte dans le cadre de la compilation

Nevermind Forever du magazine anglais

Kerrang! où chaque morceau de

Nevermind, le célèbre deuxième opus

de Nirvana, est repris par un groupe

de la nouvelle scène rock. On entend

souvent dire qu’il ne faut pas toucher à

certains groupes qui ont tellement marqué

l’histoire qu’ils sont inimitables. Mais le fait

est qu’Arcane Roots n’a pas cherché à

imiter ; au contraire, le combo anglais a

véritablement transformé cet hymne pour

se l’approprier. Une reprise qui sort de

l’ordinaire et qui a permis à la formation

de commencer à faire sérieusement parler

d’elle Outre-Manche.

Le moins que l’on puisse dire c’est

qu’Arcane Roots est un trio qui aime

surprendre en intégrant des influences

diverses dans sa musique, si bien qu’il

est difficile de leur coller une étiquette.

Après avoir sorti plusieurs EP, le combo

nous livre Left Fire, un mini-album sorti

début 2011 (en streaming gratuit sur la

page bandcamp du groupe) acclamé par

la critique et qui connaîtra une réédition

avec des titres bonus parue en Juin 2012.

Sur cette galette, les Anglais originaires de

Kingston sont parvenus à nous offrir des

compositions variées entre post-hardcore

et pop, créant ainsi un son unique.

Car c’est aussi ça la force d’Arcane

Roots. Dans un monde où de nombreux

groupes sonnent plus ou moins pareil

et semblent davantage s’intéresser à

leur allure, le trio apparaît comme une

formation sans fioritures et honnête. Ce

qui guide Andrew Groves (guitare/chant),

Adam Burton (basse) et Daryl Atkins

(batterie) c’est bien une véritable passion

pour la musique et pas une quelconque

envie dévorante de devenir des célébrités.

Depuis plusieurs années, le groupe a

ratissé le Royaume-Uni de long en large

et foulé les scènes de festivals prestigieux

tels que le Hevy Festival, le Hit The Deck

ou encore le célèbre Sonisphere pour se

créer une base de fans. Cette passion,

on la voit aussi dans leurs vidéos qui

sont toutes réalisées par le batteur

du combo, un professionnel dans le

domaine, qui a l’habitude de filmer des

clips promotionnels pour d’autres. Arcane

15

Roots est un groupe qui aime garder le

contrôle sur son aspect artistique, de

la musique aux clips en passant par

l’artwork des albums, se présentant ainsi

comme complet.

En Avril dernier, et cela après avoir passé

plusieurs années sans label, le groupe

a signé un contrat avec le label PIAS,

maison d’Enter Shikari et de Young

Guns, ce qui ne manquera pas de leur

ouvrir de nouvelles portes. Aujourd’hui,

le trio est en train de mettre les touches

finales à son tout premier album dont

la sortie est prévue pour fin Mars/début

Avril 2013. « Resolve », le premier single

en téléchargement gratuit sur le site

du groupe, est déjà très prometteur,

s’illustrant dans un style rock bourré

d’énergie.

Niveau tournée, le groupe s’envolera pour

l’Europe continentale dès Janvier prochain

pour assurer la première partie de l’artiste

electro-pop Awolnation qui fera escale au

Nouveau Casino de Paris le 12 Février. Il

s’agira du tout premier passage en France

des Anglais, un moment à ne pas rater et

qui promet d’être explosif !

Marie-Audrey Esposito


DOSSIER

Un riff, c’est quelques accords bien

ficelés, pour former un ensemble souvent

entêtant. Cet enchaînement rythmique et

mélodique constitue ensuite l’identité du

reste de la chanson, donnant le ton et la

couleur de ce qui va suivre. Si la « phrase »

initiale est bonne, il y a fort à parier que

le morceau entier vaudra le coup. Cette

signature musicale existe de façon

autonome, sans avoir nécessairement

besoin du chant ou d’autres instruments.

Généralement, le riff est associé à un

nom mythique de la guitare. On parle ici

de Johnny B. Goode de Chuck Berry,

de Layla d’Eric Clapton ou de Welcome

to the Jungle de Slash. Des titres qui

claquent comme une marque déposée,

entrés dans le Panthéon du rock.

Faut-il être un génie pour composer ce

qui a priori a l’air d’être à la portée de

tous ? Quelque soit le niveau du musicien,

il suffit de balader ses doigts sur un manche

pour trouver une mélodie percutante.

Mais pour en faire un chef d’œuvre, il faut

humblement constater que cela arrive

plus souvent à des individus bourrés de

talent. La qualité première du génie est

de rendre magnifique quelque chose de

simple. Après, pour déterminer si c’est le

riff qui a fait de ces garçons des rock

stars ou s’il faut être une rock star pour

pondre un riff qui entrera dans l’histoire…

c’est le paradoxe de la poule et de l’œuf !

PS MAG #6

LES RIFFS :

UNE SIGNATURE DE LÉGENDE

Vous avez déjà surpris dans le garage votre père fredonner frénétiquement le riff de Smoke On The Water de Deep Purple tout en

se déhanchant sur son air-guitare ? Durant les années collège, vous en faisiez de même, dans votre piaule bariolée de posters, en

imitant Kurt Cobain grattant sur Smells Like Teen Spirit ? Eh bien, n’en ayez pas honte car ainsi vous contribuez à la longévité des

plus grands riffs de guitare de l’histoire du rock.

Un riff c’est aussi un objet musical

universel, connu au-delà du cercle des

amateurs de rock. Cette popularité

est souvent due à son utilisation dans

d’autres contextes. Mr. Sandman de Chet

Atkins, hit des années 50, se retrouve

aussi bien dans la B.O. de plusieurs longmétrages

(Philadelphia, Mister Nobody,

Planète 51) que dans les spots télévisés

d’hypermarchés. Seven Nation Army des

White Stripes est devenu un hymne dans

les stades de football, alors que Jump de

Van Halen accompagne l’entrée des

joueurs dans le Vélodrome de Marseille.

Certains riffs sont des samples tout trouvés

pour des tubes hip-hop. Aerosmith en

est spécialiste en fournissant Eminem

avec Dream On (Sing For the Moment) et

SI LA « PHRASE »

INITIALE EST BONNE, IL

Y A FORT À PARIER QUE

LE MORCEAU ENTIER

VAUDRA LE COUP.

16

Run-DMC avec Walk this Way. Quels que

soient ses goûts musicaux, on est amené

à rencontrer ces classiques du rock.

Un titre a plusieurs vies et peut avoir

une signification et une interprétation

différente pour chacun d’entre nous. Cela

explique le caractère intergénérationnel

du riff, qui peut se refiler de père en fils.

Durant la dernière décennie, plusieurs

artistes ont proposé des riffs intéressants

qui pourraient, dans quelques années et

plusieurs tours de disques (ou lectures

iTunes en mode « Repeat »), intégrer ce

gotha des phrases musicales mythiques.

On pense à Lonely Boy des Black Keys,

à Take Me Out de Franz Ferdinand, à

Hail Bop de Django Django ou encore

à Brianstorm d’Arctic Monkeys. Ces

titres arriveront à maturité seulement au

moment où votre descendance vous

demandera dans le monospace familial

« P’pa ? C’est quoi cette chanson ? ».

Vous lui répondrez fièrement, en poussant

le volume de l’autoradio, « Ecoute bien

mon p’tit, ça c’est du riff ! ».


1. Voodoo Chile / Jimi Hendrix

(1968) :

Le virtuose de la six cordes renversée sait

comment nous faire mettre à genoux.

Face à l’intensité et la puissance de ce

morceau, force est de constater que

ce monument est la crème de la crème

en matière de riff, issu à l’origine d’une

improvisation blues et bien arrangé à

coup pédale Whawha.

2. (I Can’t Get No) Satisfaction /

Rolling Stones (1965) :

Quintessence du riff, il réunit tout les

ingrédients nécessaires :un éclair de génie

frappant Keith Richards pendant l’une

de ses nuits blanches, un arrangement

parfait avec la pédale Fuzz et bien sûr le

carton mondial qui fera de ce titre un des

hymnes internationaux du Rock n’roll.

3. Kashmir / Led Zeppelin

(1975) :

S’il y a bien un récidiviste en matière

de riffs, c’est bien Jimmy Page. Kashmir

est la tête de gondole des Whole Lotta

Love ou Heatbreaker. La progression

d’accords simple mais terriblement

percutante a tristement échoué dans

le générique de Téléfoot, puis samplée

pour P. Diddy. Triste sort pour un mythe.

PS MAG #6

TOP 10

DES RIFFS DE LÉGENDE

4. Rebel Rebel / David Bowie

(1974) :

Ziggy Stardust sait aussi cogner.

Et quand l’icône du glam rock, plus incisif

que jamais, se pare de son plus beau

cache-œil et de sa Fender rouge vif,

ça force le respect. Une distorsion virile

balancée comme un bon coup de talon

haut dans les codes du rock, signé par la

plus efféminée des rock stars.

5. Sweet Child O’Mine /

Guns n’Roses (1987) :

Quand Slash s’amuse en improvisant

une intro lorsqu’Izzy Stradlin commence

un morceau, ça donne un des immenses

succès des blonds peroxydés. Un

enchaînement menant à l’extase, cherché

au-delà de la douzième fret de la Gibson

Les Paul 59’ de l’homme au chapeau,

suivi de solos survoltés.

6. Killing in the Name Of /

Rage Against the Machine

(1992) :

Deux notes de basse, des coups de

percussions biens placés et voilà Tom

Morello lancé dans un riff sulfureux. Faut

avouer que le solo déménage également.

Ce morceau dénonçant la puissance du

Ku Klux Klan a été reprise par FM Belfast

(Lotus), Biffy Clyro ou La Maison Tellier.

7. Iron Man / Black Sabbath

(1970) :

Dans la catégorie heavy metal, les camarades

d’Ozzy Osbourne obtiennent

la palme haut la main. Cette marche

démoniaque évoque un homme affrontant

l’apocalypse lors d’un voyage

spatio-temporel, sensation partagée par

l’auditeur confronté à la rudesse des

sons industriels provenant de l’outil de

Tony Iommi.

17

8. Boom Boom /

John Lee Hooker (1961) :

Comment façonner un standard du blues

avec quelques fulgurances sur la note Do

entrecoupées de battements de cœur ?

Le pied nous démange, pour battre ce

rythme endiablé qui a inspiré le spot pour

une marque de jeans et bien entendu Eric

Burdon et les Animals, dans un cover

saignant de 1964.

9. Back in Black /

AC/DC (1980) :

Ravagés par la disparition de leur premier

chanteur Bon Scott, les Australiens

planchent sur un titre-hommage. Les

frères Young vont alors pondre ce riff à

la fois rugueux et subtil, dans la veine de

leurs plus grands succès. Un passage

de cette chanson sera utilisé en live par

Muse à la fin d’Hysteria.

10. You Really Got Me /

The Kinks (1964) :

Ray Davies aurait-il avec ce riff enfoncé

les portes ouvertes du hard rock ? Quoi

qu’il en soit, le titre marquera les esprits,

repris par Van Halen, consacrant un des

groupes anglais les plus sous-cotés. Le

délicieux mais moins emblématique All

Day and All of the Night aurait pu être

aussi retenu.

Mathieu Rollinger


FOCUS

Manchester. Le foot, les usines, et la

musique ! Liverpool lui ferait presque de

l’ombre avec ses quatre garçons dans

le vent, mais Manchester a l’avantage

d’avoir connu une histoire particulière,

triste et glorieuse à la fois. Entre

chômage, guitare ou ballon rond, les

jeunes mancuniens ont vite dû faire un

choix. Sortez vos parapluies, c’est parti

pour une promenade maussade dans

l’histoire musicale de la ville anglaise.

S’il est une chose à retenir de Manchester

avant tout, c’est qu’elle pullule

d’usines, majoritairement textiles. Elle

est le berceau-même de la révolution

industrielle, et devient un carrefour commercial

majeur dès le XVIIIe. Et cela dura

jusqu’au XXe siècle. Mais la Grande Dépression

survient, et les bombardements

allemands pendant la Seconde Guerre

Mondiale achèveront la ville sur le déclin.

C’est dans ce contexte morose que commencent

à germer quelques groupes, à

travers la grisaille et les ruines. Après le

boum de la révolution industrielle, la ville

connait une seconde renaissance. Le

4 juin 1976, après avoir écumé toutes

les salles londoniennes, les Sex Pistols

débarquent à Manchester ! Dans la salle

du Free Trade Hall, il n’y a pourtant pas

grand monde. La légende dit que les

punks jouèrent devant un public de 42

personnes. Mais quelle audience pleine

PS MAG #6

MANCHESTER :

MACHINE À SONS

La musique ne se définit pas uniquement à travers son instrument ou son interprète, mais aussi à travers le territoire sur

lequel elle a grandi. Tous les mois, Playsound Le Mag vous propose la visite musicale d’une ville qui a marqué l’histoire !

de belles promesses ! Médusés dans

l’assistance, Peter Hook et Bernard

Sumner (futurs Joy Division / New Order),

Morrissey (futur The Smiths), Pete Shelley

et Howard DeVoto (The Buzzcocks,

qui contribuèrent d’ailleurs à organiser

le concert) … Ce soir-là, le Do It Yourself

l’emporta. Dès le lendemain, Hook et

Sumner partirent s’acheter une guitare et

une basse et posèrent la base du groupe

qui deviendra Joy Division.

Trois ans plus tard sort Unknown Pleasures,

leur premier album, sur le label local

Factory Records. C’est le début de

l’invasion musicale mancunienne, symbolisé

par le succès mondial de leur single

Love Will Tear Us Apart en 1980. Très

vite, Morrissey et sa bande leur emboîte le

pas puisque The Smiths se formèrent en

1982 et deviendront un des groupes britanniques

les plus iconiques de la décennie.

Derrière le son très pop de la décade

se cache, comme chez Joy Division, un

chant à la noirceur et à l’honnêteté remarquables.

Entre misère et chômage

dans cette ville en pleine dépression industrielle,

il n’y a que la musique – ou le

ballon rond – pour s’en sortir. Les jeunes

sont désabusés, et ils le chantent si bien !

En parallèle, d’autres iront chercher des

paradis artificiels. La scène Madchester

voit également le jour au début des années

80, avec un cocktail explosif : rock

18

indé, psyché, et house music. L’usage

de drogues y est courant, et la boite de

nuit Haçienda Club devient LE haut lieu

de la fête dans tous ses états en Angleterre.

Elle reçoit régulièrement des

groupes comme les Happy Mondays

ou The Stones Roses, et jusqu’au début

des années 90, elle pose les bases de

ce qui deviendra plus tard la rave party :

drogues et grosse musique, pour un second

« summer of love ». Mais la gestion

hasardeuse de la salle, ajoutée aux trafics

de drogue et à la création de gangs

mettra fin au rêve.

Derrière Oasis qui illumina les années 90,

aujourd’hui, la relève est variée et plutôt

bien assurée : Delphic, The Whip, The

Ting Tings, Elbow – récompensés – et les

petits derniers, Wu Lyf. Avec leur première

sortie, ils ont placé la barre haut, et

la critique les encense. On voit déjà en

eux la renaissance d’une scène culturelle

riche et originale … Pourvu qu’ils assurent

!

A lire : Manchester, Music City 1976-

1996 par John Robb

Martin Van Boxsom


PS MAG #6

ILS L’ONT DIT

“ON EST LE MEILLEUR GROUPE DU MONDE EN CE MOMENT”

LIAM FREY

(NME)

“OUI, IL Y AURA DE NOUVEAUX MORCEAUX.

IL Y A QUELQUES TRUCS EN COURS”

TRENT REZNOR À PROPOS D’UN RETOUR DE NIN

(ROLLING STONE)

“NOUS SOMMES DES ELECTRONS LIBRES

AU TOP DE NOTRE FORME”

TOM DELONGE

(BILLBOARD)

“RÉCEMMENT, DES MECS M’ONT DEMANDÉ DE VENIR

JAMMER AVEC EUX, J’AI FINI PAR COMPRENDRE QUE J’ÉTAIS

AU MILIEU D’UNE REFORMATION DE NIRVANA !”

PAUL MCCARTNEY

(LIVE AU 12-12-12: CONCERT FOR SANDY RELIEF)

“JE PENSE QUE TOUT LE MONDE S’ÉCLATE SUR SCÈNE C’EST

PLUS QUE DE LA NOSTALGIE. JE CROIS QU’ILS SE SENTENT

PLEIN D’ÉNERGIE À NOUVEAU ET PROBABLEMENT TRÈS

ENTHOUSIASTES À L’IDÉE DE FAIRE DE NOUVELLES CHOSES

PAR LE FUTUR”

MICK TAYLOR (EX-ROLLING STONES)

(BILLBOARD)

19

Martin Van Boxsom


PS MAG #6

LIVE REPORT : BRING THE NOISE

La scène alternative est à nouveau mise à l’honneur avec cette troisième édition du Festival Bring the Noise organisé par

la radio rock Ouï FM. Le festival parisien remet ça cette fois au Divan du Monde. Trois soirées et dix groupes attendus avec

impatience, le tout gratuitement bien sûr.

Tout commence le 26 novembre avec

Triggerfinger et Biffy Clyro. La soirée

débute sur le stoner/blues rock de Triggerfinger.

Le trio belge ne passe pas par

quatre chemins et envoie un premier titre

sulfureux, “I’m Coming For You”. Le son,

brut et lourd à souhait, emporte un public

impressionné par la performance des

musiciens qui se sont mis sur leur 31 :

costume-cravate s’il vous plaît. Il faut dire

que le trio emmené par le chanteur et guitariste

Ruben Block déploie une énergie

incroyable notamment sur “My Baby’s Got

A Gun”, morceau magistral qui monte en

puissance. Avant de terminer son set

avec “Is It”, Triggerfinger offre sa fameuse

et sublime reprise du titre de Likke Li, “I

Follow Rivers” qui fait l’unanimité. Le batteur

viendra même au devant de la scène

armé de verres qu’il utilisera en guise de

percussions. Un concert court mais intense

qui ouvre dignement cette première

soirée du festival.

Pour faire patienter le public avant l’arrivée

de la tête d’affiche, Pierre, l’animateur de

l’émission Bring The Noise, vient jouer au

Père Noël en distribuant tee-shirts et CDs.

Enfin, c’est un Divan du Monde survolté

qui accueille les trois écossais de Biffy

Clyro. Simon Neil et les frères Johnston

arrivent torses nus, accompagnés par

deux ex-musiciens du groupe Oceansize,

Mike Vennart (guitare) et Gambler

(synthé). Pas le temps de dire ouf que le

groupe démarre en trombe avec “Stingin’

Belle”, single du nouvel album Opposites

qui sortira fin janvier, puis enchaîne sur le

très enragé “The Captain”. L’ambiance est

déjà à son comble, la fosse s’emporte alors

que les titres se succèdent.

20

Triggerfinger

Biffy Clyro

La discographie du groupe est survolée

avec d’anciens morceaux tels que “27”

ou le traditionnel “Living Is a Problem Because

Everything Dies”, pour le plus grand

plaisir des fans. De nouveaux titres sont

joués comme l’excellent “Black Chandelier”

et “Sounds Like Balloons”. Autant dire

qu’Opposites promet d’être excellent !

Avec 22 morceaux Biffy Clyro ne lésine

pas sur la performance. Scéniquement,

le trio est très bon même si pas très bavard

(“Bonsoir Paris”, “Merci !” et “Nous

reviendrons vous voir l’année prochaine”).

Musicalement c’est irréprochable : puissance,

maîtrise vocale, tout y est ! Mais

si le groupe sait faire du rentre dedans

à coup de riffs, il sait également faire les

choses posément. C’est le cas pendant

“God And Satan” interprété par Simon

Neil, seul à la guitare. Le dernier album

en date, Only Revolutions est aussi mis à

l’honneur avec “Many of Horror”, l’énorme

“That Golden Rule” et surtout le titre final

“Mountains”, repris par la salle entière.

Grosse performance de Biffy Clyro qui a

mis la barre très haute.


Rise Of The North Star

The Aars

La seconde soirée propose une affiche

exclusivement française. Au menu du 6

décembre, Le Divan du Monde accueille

un line-up d’enfer : Rise Of The North Star,

The Arrs et Mass Hysteria.

Premier groupe à venir semer la pagaille :

le gang parisien de Rise Of The North

Star. Affublés de vêtements et accessoires

clairement dans un style nippon, le groupe

prouve son attachement pour le pays des

mangas. A l’image de certains titres joués

tel que “Phoenix” qui évoque Fukushima.

Les Rise Of balancent sans scrupule une

flopée de titres totalement hardcore qui

prend le public aux tripes.

Finalement, au bout d’une demi-heure

partagée entre des riffs aiguisés et les cris

du leader Vithia, le groupe quitte la scène,

public en poche.

Puis, après le passage de Pierre de Ouï

FM, c’est The Aars qui monte sur scène

prêt à envoyer du lourd. Des titres taillés

pour le live, portés vers le haut par des

musiciens qui mêlent talent et énergie,

que demander de plus ? Quand Nico, le

chanteur encapuchonné, débarque sur

scène, la folie commence. Un déluge sonore

vient faire siffler nos tympans tandis

qu’en fosse, pogos, slams et moshpits

sont de mise.

PS MAG #6

Un concert explosif d’une dizaine de titres

le groupe mettra en avant son dernier

album Soleil Noir, sans pour autant oublier

les anciens morceaux qui ont forgé sa réputation

dont “Passion” que le chanteur

dreadeux interprètera au beau milieu de

la fosse. The Aars impose son style avec

force et hargne : on aime ça.

Enfin, les mythiques Mass Hysteria investissent

le Divan du Monde. En près de

20 ans d’activité, le groupe est devenu

incontournable sur la scène metal française.

Les cinq membres entament leur

set-list sur les chapeaux de roues avec

“Positif à Bloc” suivi de très près par “Tout

Doit Disparaître” issu de leur dernier album,

L’Armée des Ombres. Pourtant, à

première vue, tout n’est pas gagné. Le

chanteur Mouss est blessé au pied, ce

qui l’empêche de bouger autant qu’il le

voudrait. Mais c’est sans compter l’envie

de donner le meilleur de soi-même : ce

petit souci ne viendra pas entacher la performance

haute en couleurs et en décibels.

Mass Hysteria distille un son qui lui

est propre, alternant les morceaux totalement

métal avec des sonorités électro,

des phrasés tantôt chantés, hurlés voir

rappés. Le groupe interprète classiques

et nouveautés sans montrer un seul signe

de faiblesse et l’on est ravi que la scène

française soit si bien représentée. Mass

21

Mass Hysteria

Hysteria assènera le coup de grâce avec

“Furia” accueilli comme jamais par le public

déchaîné. Furieux final pour cette seconde

édition !

Mass Hysteria


Sleeppers

3ème et dernière date du festival, ce sont

les suédois de Royal Republic qui tiennent

le haut de l’affiche, accompagnés de deux

groupes français, Blackfeet Revolution et

Sleeppers.

Et ce sera au tour de ces derniers d’ouvrir

le bal ce soir. Malheureusement pour eux,

il est encore bien tôt quand ils montent

sur scène (19h00 tapantes) et deux jours

avant noël, autant dire que ce n’est pas

la foule des grands jours. Il en résulte

une ambiance qui a vraiment du mal à

décoller, dommage pour ce groupe qui

avait vraiment de très bonnes choses à

offrir ce soir. Des sonorités lourdes et planantes

à la fois, quelque part entre Tool et

Deftones, peut-être pas le meilleur choix

pour un groupe d’ouverture vous me direz.

Surtout compte tenu des deux razde-marée

qui vont suivre.

En effet changement de registre avec le

duo de Blackfeet Revolution. Si le premier

groupe était plutôt sombre et introverti

ici c’est l’explosion, l’envie d’aller à

la rencontre du public et de partager un

moment intense avec lui. Les deux musiciens

ont une sacrée pêche et le sourire

aux lèvres, quoi de mieux pour nous faire

chavirer. Sans compter des morceaux

PS MAG #6

Blackfeet Revolution Royal Republic

blues rock modernes à souhait. Ce

genre musical à pourtant très vite tendance

à sentir le renfermé de nos jours,

mais les deux comparses vous envoient

ça avec une fraîcheur remarquable ! Une

prestation brillante et surprenante, surtout

quand on se dit qu’ils sont français.

Vous m’excuserez la remarque mais, bien

franchement, on n’a pas l’habitude de voir

des prestations aussi bonnes de la part

de groupes originaires de l’hexagone et

versant dans ce genre musical. Quelques

grenouilles en feu et une jolie reprise de

“Tainted love” plus tard et le groupe quitte

la scène visiblement content de sa prestation

et de l’accueil du public.

L’heure du dernier set du festival a sonné.

Royal Republic fait son entrée sur scène

sous les applaudissements de la foule. On

peut dire que le groupe nous fait un bel

honneur ce soir ! Si leur musique quelque

peu trop calibrée pour les radios nous

avait laissé un peu froids en version studio,

la version live nous a définitivement

conquis. Théâtraux, énergiques, hyper

communicatifs, ces 4 là savent faire valser

un public, au sens propre comme au

figuré, ne laissant personne tranquille, pas

même les planqués du balcon qui seront

appelés à danser et pousser des hurle-

22

ments autant que leurs comparses du

rez-de-chaussée. On n’avait pas dansé et

sauté comme ça depuis bien longtemps.

Décidément les derniers concerts de

l’année sont toujours mémorables (Frank

Turner l’an passé dans cette même salle).

Mêlant avec brio des titres de leurs deux

albums le groupe nous offre un superbe

set d’une bonne heure et quart de pure

folie. Le groupe sera de passage à Beauvais,

Clermont Ferrand et Lyon en février

prochain. On vous conseille d’aller y faire

un tour.

Ce sera donc sur cette note extrêmement

joyeuse et festive que s’achèvera

cette troisième édition du festival Bring

The Noise. On ne saurait trop remercier

Ouï FM d’organiser ce genre d ‘événement

chaque année ! Et merci également

à Pierre et à toute son équipe de faire (sur)

vivre le rock alternatif sur la bande FM.

Joyeux Noël et bonne année à tous ! On

se retrouve en 2013.

Fabien Gallet & Fanny Schneider


PS MAG #6

RETROUVEZ TOUTES LES PHOTOS DE L’ÉVÈNEMENT SUR PLAYSOUND.FR

Royal Republic

23

Biffy Clyro

Triggerfinger

Rise Of The North Star The Aars

Blackfeet Revolution

Sleeppers


ITW : STUPEFLIP

Est-ce que tu pourrais présenter le

concept Stupeflip pour ceux qui ne

le connaissent pas encore ?

Non. Tu sais la musique c’est un copain

qui te fait découvrir un truc, c’est des circonstances

tu vois. C’est un peu comme

l’amour. Ce sont des circonstances qui

font que d’un coup tu aimes tel truc. Tout

le monde est un peu comme ça, il faut

juste trouver les circonstances. Ça c’est

la meilleure pub que je puisse faire pour

Stupeflip pour ceux qui ne connaissent

pas. (rires)

Peux-tu nous expliquer la manière

dont tu composes les morceaux de

Stupeflip ?

Ça, on ne me l’a jamais demandé. C’est

dingue quand même, ils sont cons les

gens. C’est ça qui m’intéresse moi. Alors

j’suis dans une pièce, tout seul, je fume

un peu, ou alors je ne fume pas pendant

deux-trois jours, puis je refume un joint,

j’ai le cœur qui bat, je sors un son, parfois

très vite. Ce qui est dur, c’est de reprendre

le son une fois que tu l’as fait. Tu sais, la

musique c’est un peu comme du poisson

frais. Quand il vient d’être pêché, le son

vient d’être pêché, il est « fresh », et les

meilleurs trucs sur les albums de Stupeflip

d’ailleurs sont les sons qui étaient les plus

frais. Ils étaient frais et restent donc frais

dans le disque. Tu comprends ce que je

veux dire ? (rires).

PS MAG #6

Tu dis souvent ne pas accorder trop

d’importance aux paroles, pourtant

dans certains morceaux comme

“L’enfant fou”, “Hater’s Killah”, “Le

spleen des petits”, “Nan… ? Si… ?”

Nous ne pouvons que saluer la sincérité

des paroles, presque autobiographiques

à l’instar de chansons

comme Animaux morts, Les monstres

ou Le petit blouson en daim.

Et bien si, au contraire, s’il y a bien un

morceau autobiographique c’est celui la.

Tu sais, moi je suis un petit peu dépressif

et la seule chose qui m’intéresse depuis

quatre ans et qui me fait sortir de chez

moi, en dehors de la musique que je fais

chez moi, c’est sortir dans les magasins,

regarder des fringues, pas forcément

acheter. Ca m’a sauvé. Les fringues m’ont

sauvé, sinon je me serais flingué je crois.

(Rires)

Tu as dit dans une interview que ton

morceau préféré est “Haters Killah”.

Peux-tu nous parler de ce règlement

de compte avec les haters ?

Ce n’est pas qu’avec les haters que je

règle des comptes, c’est avec les cons

en général, les agressifs, les violents. Ce

n’est pas forcément par rapport à Stupeflip.

Ce sont ces gens agressifs et trop

rudes qui foutent la merde tu comprends.

Alors ok, ils ont souffert mais ils ne sont

pas les seuls tu vois ce que je veux dire ?

24

Ne trouves-tu pas ça effrayant ces

fans fanatiques de Stupeflip ? De

ceux qui s’approprient vraiment ce

truc ?

Il faut que tu saches que Stupeflip ce n’est

pas si gros que ça. Ça pourrait être effrayant

si on vendait autant de disques

que Nolwenn Leroy mais la ça ne l’est pas

tu vois. Je pense qu’ils ont compris que

King Ju ou les personnages, c’était eux

aussi. Ils se sont approprié le truc, c’est

plutôt marrant. Et comme je n’ai jamais

montré ma gueule je m’en fous. Par contre

sur internet c’est vrai qu’il y a un truc

qui énerve les vieux fans de Stupeflip, ce

sont les autres personnes qui sont fans

de Stupeflip mais qui sont plus récents,

et ça, ça les fait chier de voir quelqu’un

d’autre tripper sur leurs trucs personnels.

Stupeflip c’est ça l’idée, c’est que cela

devienne personnel. C’est un peu barré

pour que les gens puissent se l’approprier.

J’ai l’impression que c’est beaucoup plus

ouvert que n’importe quel truc, c’est tellement

givré que les gens se disent « c’est

moi ».

Tout de même, des légions de fans se

sont associées pour soutenir ton projet

d’invasion des radios françaises !

Alors je t’explique parce que c’est une

longue histoire. Stupeflip s’est arrêté en

2005 pour plein de raisons, qui ne sont

pas les miennes, mais plutôt celles des


usinessmen une fois de plus, et il n’y a

rien eu pendant cinq ans. Alors, à côté,

j’ai fait d’autres trucs, j’ai même été prof

de dessin. Et comme il n’y a rien eu pendant

cinq ans, que le deuxième album n’a

pas été promotionné par BMG, je tiens

d’ailleurs à faire une petite dédicace à

Stephane Letavernier qui est maintenant

monté en grade, et c’est à cause de lui,

et parce qu’il a trouvé trop barré ce deuxième

album qu’il n’y a pas eu de promotion,

puis plus rien pendant cinq ans. Si

tu veux, moi je savais que « Stup Religion

» était bien, plein de gamins l’ont écouté

pendant quatre-cinq ans mais bon ça a

fait un flop. Je pense que c’est pour ça

que quand on est revenu les gens étaient

à fond, tu comprends ? Ils ont mariné

pendant tellement longtemps qu’ils étaient

à fond. Mais je me suis rendu compte que

c’était vachement dangereux, t’imagines

tu sors un truc déplacé ? C’est une responsabilité

quand même tous ces gens

qui ont suivi. J’avais juste écrit « Si t’en as

marre des Black Eyed Peas ? Alors demande

Gaëlle de Stupeflip ! » C’est parti

comme ça.

À la base, tu voulais que Stupeflip ne

sorte qu’une trilogie d’album, et tu

reviens avec le nouvel EP Terrora !!

Peux-tu nous en dire plus ?

Oui c’était une trilogie, mais le « Terrora !! »,

que je t’explique, c’est la personne avec

qui je travaille depuis longtemps qui a dit

« ce serait bien de sortir un maxi pour battre

le fer tant qu’il est chaud ». Ce n’est

pas un truc qui est venu de moi en fait

alors j’l’ai fait, mais j’essaye toujours de

faire la meilleure musique possible. Tu

sais, j’aime faire des disques alors quand

on me dit « on va repartir à l’aventure, en

indépendant » et bien ça me plait quand

même, mais je fais ça pour le disque,

l’objet, pas pour faire des concerts. Mais

le problème c’est que l’objet est en train

PS MAG #6

de disparaître complètement et c’est un

vrai drame pour moi.

Et ça se voit, les artworks des albums

et les affiches sont toujours très soignés.

Moi je trippe sur l’image et la musique

donc après je ferais peut être de la musique

de film, j’aimerais bien. De toute

façon, ça sera image et musique ou de

la musique pour de l’image ou de l’image

pour de la musique.

/Un peu à la manière des Residents/

Pas que. L’image et la musique ça marche

toujours bien, moi je sais que je préfèrerais

ne faire que des disques et des clips

pour Stupeflip, c’est ça qui m’intéresse.

Le côté « être connu » ça me fait chier, il y

a une prétention là dedans. C’est là que

c’est dommage parfois l’idolâtrie de certains

fans de Stupeflip parce que ce n’est

pas le message. Si ces gens avaient bien

écouté Stupeflip, ils ne pourraient pas être

fans de Stupeflip genre « Wouaaah »(King

Ju mime l’exaltation d’un fan) parce que

notre message dénonce ça.

Peux-tu expliquer pourquoi tu as volontairement

supprimé les guitares

d’Hypnoflip Invasion ?

J’aime les sons clairs et dès qu’il y a de

la guitare électrique, que ce soit dans la

pop, dans le métal ou dans le rock tu remarqueras

ça vrille le son, ça le « Krrr ».

J’adore la guitare électrique mais je n’en

foutrais plus jamais, c’est trop fastoche.

C’est beaucoup plus dur de faire sonner

un truc sans guitares.

Dans ce cas, comment pourrait sonner

le prochain Stupeflip ?

Ça peut être n’importe quoi et c’est

ça qui est bien. Je pense qu’on est le

seul groupe en France où on peut faire

n’importe quoi après. Ça pourrait être de

la rumba, du jerk, du métal, on pourrait

faire ce qu’on veut je suis sur qu’on nous

suivrait. En général les musiciens calculent,

pas tous, il y a quelques sincères

mais il y en a peu. Moi j’aime trop la musique

pour ne pas être sincère. Pour moi

c’est un rêve la musique.

Les fans de Stupeflip disent souvent

ne pas aimer ses morceaux, mais

peux-tu nous parler un petit peu de

Pop-Hip ?

Ces morceaux sont là pour donner de

25

l’air. Tu vois King Ju, c’est le mec sale

comme ça et il fallait l’inverse, un mec

tout propre, business, qui aime bien la

variété. C’est ça qui me fait marrer, c’est

d’opposer la lumière, le sombre, le blanc,

le noir, le gentil et le méchant. Je l’ai créé

pour ça Pop Hip, c’est le pendant complètement

nul de King Ju qui est plus

profond, plus angoissé. Je suis ni l’un ni

l’autre en tout cas.

Alors que c’est « Le petit blouson

en daim » le morceau le plus autobiographique,

drôle de paradoxe.

Ouais c’est un paradoxe. Comme je te

l’ai dit, les fringues m’ont sauvé. C’est

marrant les fringues, tu peux toujours

t’acheter un blouson mais si tu veux te

perfectionner il y aura toujours un truc

qui ne va pas que ce soit la matière, la

couleur, la coupe, les manches, le col,

c’est sans fin, c’est un truc obsessionnel.

Je pense que les fringues, c’est un truc

pour les gens qui n’ont pas trop confiance

en eux et je sais que j’aime bien ça.

Peux-tu nous expliquer ce rapport

difficile que tu as avec les concerts

de Stupeflip ?

Je vais te dire un truc, le concert c’est le

bureau du musicien. Il y a des gens qui

travaillent à La Poste, dans des boîtes.

La dernière copine de mon père m’avait

dit que c’était le métier que j’avais choisi,

mais je n’arrive pas à comprendre. Moi

je travaille chez moi, je suis un artisan,

je fais mes petits sons et c’est déjà un

travail en soi ça. Les gens qui font des

films, est-ce qu’ils vont aller rejouer le film

en province ? Quand t’écris un bouquin

est-ce que tu vas aller le relire ? Ouais il y

a des gens qui font ça, mais je n’ai jamais

compris ça. Tu sors un disque et tu dois

aller suer, t’es musicien mais tu dois aller

travailler. Il y a d’ailleurs des fans de

Stupeflip qui m’ont cherché sur internet

pour me dire que c’était mon boulot,

mais « fuck you » (rires). Ils ont raison,

c’est un travail, un travail. Les gens qui

disent que la scène c’est bien, je vous

promet sque ce sont des menteurs. Ok,

peut être qu’ils trippent, tu peux avoir un

échange avec le public mais rien que les

retours sur scène, tu sais, ces petites enceintes

qui crachent ton son, qui n’est

évidemment pas celui du disque. Je respecte

trop la musique pour ça. C’est

vrai que les concerts peuvent être plus

forts qu’un disque. Une basse, guitare,

batterie pètent dix fois plus en concert


que sur un disque. Je ne suis pas en

train de dire que tous les concerts sont

nuls, mais moi, j’aime trop la musique

pour aimer les live parce que dans un

live tu ne peux pas contrôler exactement

ce que tu veux sortir. C’est pas mal de

ne pas contrôler parfois. Nos live sont

pas mal maintenant parce que j’ai pris

ça comme un travail. Je me suis dis « il

faut le faire, alors je vais essayer de faire

ça bien ». C’est ce qu’on appelle être

professionnel. (rires)

Pendant que je prenais des notes

au concert du Trianon, un mec

m’explique qu’il est surpris de voir

autant de jeunes dans le public et

que Stupeflip c’est plus un truc pour

adultes. Tu en penses quoi ?

C’est sectaire. En fait c’est à cause de

mon rapport avec les adultes. Les gens

adultes me font chier. C’est bien de te répondre

comme ça. Tu sais les gens adultes,

qui te disent qu’il faut être responsable.

Mais il y a des jeunes de 19 ans

qui sont déjà responsables. Moi, quelque

part je suis un peu un ado attardé mais

je l’assume complètement. Je fréquente

plus de personnes de vingt et vingt-cinq

ans que de quarante. Tu sais à quarante

ans tu as pris des coups, tu es plus cynique,

plus désabusé et moi je ne le suis

pas. J’y crois encore. Beaucoup de gens

laissent tomber parce qu’ils ont des vies

de merde, avec des boulots de merde,

des enfants, des problèmes. Pour moi le

grand mystère c’est pourquoi les gens

font des enfants ? Est ce que c’est pour

eux ? Est ce que ça les fait kiffer ? Pour

le mec, c’est par rapport à sa copine ?

© copyright 2011-Thomy Keat

PS MAG #6

Je trouve ça assez fascinant de faire un

enfant dans cette société là, putain. Ou

alors si, si tu es bourré de tunes là tu

peux (rires).

Peux-tu nous parler de l’arrivée de

DR Vince (Svinkels) derrière les platines

de Stupeflip ?

Je connaissais Vince bien avant les Svinkels.

C’était en 2000 à notre premier concert,

il jouait avant ou après nous je ne

sais plus et il a grave trippé sur Stupeflip,

de mon côté j’ai trippé sur ce qu’il faisait

quand je l’ai vu à Clermont-Ferrand en

2001, j’avais pris une grosse claque. Il

était capable de mixer en même temps

du rock 60’s avec du hard-core hip-hop

et il te prouvait que c’était la même chose

en fait. C’est un des rares DJ qui passe

de tout, qui a compris que la musique

c’était un truc vivant et qui bougeait. Il

est fort parce qu’il arrive à garder le cap,

à vivre sans devoir passer de la dance en

boîte, et ça parce que c’est un vrai passionné

de musique. Et pourtant j’suis dur,

j’aime rien. J’aime Cadillac, DR Vince et

les Svinkels. /J’ai lu que tu citais aussi

Fuzati/ Ouais mais c’est con j’ai lu qu’il

n’aimait pas Stupeflip alors je suis vachement

déçu. On avait discuté par internet,

il m’avait dit que deux-trois trucs le

faisait marrer, mais je ne pense pas qu’il

ait écouté Hypnoflip. S’il avait écouté

Hypnoflip, il aimerait ce qu’on fait parce

qu’il est beaucoup plus rap. C’est vrai

que l côté punk sur les deux premiers

albums de Stup ça me gêne un peu, ce

côté gueulard. J’aime bien les trucs plus

cleans en vieillissant.

Cette union avec le DR Vince ne

pourrait-elle pas permettre un

morceau du Crou avec Gérard Baste

(Svinkels) ?

Alors ouais, le seul truc prévu que j’ai

par rapport aux autres personnalités de

la musique c’est de faire un truc avec

Baste. Il devait normalement venir sur

Terrora, sur Lesonkifoudécou. Attention

c’est de l’exclu ça, mais j’ai été tellement

speedé avec ce maxi et les live que j’ai

complètement oublié Baste (rires) mais

on va faire un morceau ensemble. Je suis

ultra-fan de son flow et c’est rare chez

les français. Il y a lui et Akhenaton.

Enfin, un petit jeu. Je te donne

trois thèmes et tu me dis ce qu’ils

t’inspirent.

26

Les haters ?

Des haters on en avait plus depuis qu’on

est revenu, tout le monde disait « ouais

c’est super », très mauvais signe, mais

heureusement il y en a quand même un

petit peu sur les concerts qui se plaignent

de DJ set, du fait qu’on ne dise pas au

revoir au public. Quelle connerie. Parce

qu’en fait le DJ set à la fin c’est pour

montrer que Stupeflip c’est l’ensemble

des musiques, c’est une fusion. J’aime

passer des disques, j’aime les gens qui

passent des disques alors après le concert

on en passe des disques. On fait

un putain de show qui dure une heure

et demie parfois alors venez pas nous

faire chier, allez voir les autres concerts

et vous me direz si c’est aussi bien que

notre show. (Rires)

La scène française ?

Olala, (soupir). Moi je suis le hip hop français

qui est encore un petit peu frais mais

il n’y a que ça d’intéressant. Le reste,

les bobos qui viennent te vendre leurs

trucs, les « fils de », ils m’ennuient. Le

seul très bon dans les mélodies et les

arrangements c’est Benjamin Biolay. Il

chie sur tout le monde aussi, je trouve

ça très bien (rires). Même si ce côté bobo

est un peu dommage, il pourrait être plus

mystérieux. C’est dommage Benjamin,

merde ! (rires)

Le Clash Booba vs La Fouine ? (rires)

(Rires) Tu sais, je m’en fou de leur clash,

moi je veux qu’ils fassent de la bonne

musique, c’est tout. Les « je suis le meilleur

», « c’était un vendu », « c’était une

victime »… Tu sais La Fouine dit que

Booba était une victime, mais, qu’est ce

que tu as contre les victimes ? Qu’est ce

qui te fait chier avec les victimes ? Moi je

suis toujours allé vers les victimes, et j’irai

toujours vers le plus faible et la victime. Et

si Booba était le plus faible en prison ou

je ne sais pas où, et bien c’est presque

un signe d’humanité pour moi.

Matthias Meunier

+ RENDEZ-VOUS SUR

PLAYSOUND.FR POUR

LA VERSION LONGUE DE

CETTE INTERVIEW,

EN VIDÉO !


CHRONIQUE :

PS MAG #6

GREEN DAY :

TROIS OPUS, UNE ANNÉE

27


FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX

Soyons clair : sur les trois opus de la

trilogie, le trio californien est techniquement

à son meilleur niveau. Dans un style très

fidèle tant dans les structures que dans

les sonorités à American Idiot (2004),

Green Day a réjouit à n’en pas douter ses

fans historiques et autres aficionados d’un

rock ciselé, jovial et puissant.

Pourtant, il est dommage que cette

trilogie se base sur un mensonge : celui

d’un rendez-vous pop manqué. A travers

ces trois galettes, Green Day fait le choix

de l’immobilisme. Pourtant, quelques

signaux d’une discrète mais réelle envie

d’innover se font sentir sur «Kill The DJ»

(¡Uno!) et «The Forgotten» (¡Tré!). Dès lors,

la question qui se pose, c’est de savoir si

le groupe n’a pas osé aller plus loin dans

ses envies créatives ou s’il n’était pas

encore assez mature pour proposer un

décalage digne de ce nom vis à vis de son

histoire et de son parcours.

PS MAG #6

Prolifération créative. C’est assurément le terme qui convient le mieux à Green Day, après avoir publié 3 opus en seulement

4 mois. Sur la forme, nul ne peut contester le formidable cadeau offert aux hordes de fans de la formation. Sur le fond toutefois,

la légitimité artistique qui entoure cette trilogie pose question. Par ailleurs, et ce dès le départ, le groupe -en choisissant

de nouveau le fidèle Rob Cavallo à la production, le label Reprise et l’excellent Billie Joe Armstrong à la composition des titres

et des textes- nous livre un message à fort potentiel contradictoire. Comment proposer une trilogie «épique» et un «virage

power-pop» avec une équipe de production assez sévèrement orientée punk-rock ?

Tour d’horizon de ce qu’il faut retenir de Green Day cuvée 2012, et des principales problématiques qui s’imposent

aujourd’hui à la formation.

S’il est indéniable que guitares

acoustiques, violons, cuivres et légères

guitares d’inspiration britannique sont

davantage perceptibles au sein des trois

disques, force est de reconnaître qu’une

écrasante majorité des propositions

auditives avancées par Green Day restent

excessivement liées à une synthèse

basse-batterie-guitare. Cela n’est ainsi

pas sans engranger un fort capital

saturation, et pas seulement pour les

amplis...

L’ENNUI DU NÉOPHYTE

Naturellement, les choix artistiques de la

bande ne sont pas sans conséquences.

Pour ceux qui suivent les trois compères

de loin ou qui découvrent tout juste

l’univers de ces derniers, l’écoute de

la trilogie s’apparente à une longue et

douloureuse marche par delà l’ennui, la

solitude, et les migraines. Bon nombre de

titres n’apportent malheureusement pas

grand chose et sonnent de façon trop

28

prosaïque. Sans aller jusqu’à parler de

médiocrité, Green Day s’inscrit dans une

logique anachronique, en remettant peu

ou pas en cause sa musique d’inspiration

90’s et ses structures à 4 accords.

D’un point de vue plus stylistique, cette

trilogie est extrêmement festive. Sur

ce point là, Billie Joe Armstrong et les

siens n’ont pas menti : l’ensemble est

dynamique, et les albums s’enchaînent

avec une certaine progression tant dans

l’intensité que dans le rythme.

Si les disques sont ainsi agréables à

écouter, leur trop grande homogénéité est

gênante. L’impression d’écouter le même

titre est parfois saisissante, laissant penser

que Green Day avait assez largement

intérêt à faire du tri au sein des 37 inédits

proposés depuis le mois de septembre.


TROUVER UN SENS AU PARADOXE

À défaut d’être porteuse d’innovations

majeures, la trilogie est porteuse de sérieuses

réflexions concernant le futur du

groupe et sur le sens à donner à ses

orientations passées comme présentes.

Le mythe Green Day a bercé toute une

génération d’adolescents et a pleinement

contribué au rayonnement de la culture

punk-rock US dans le monde. En 2004,

American Idiot a assurément atteint un

degré de popularité et d’excellence dans

son genre qu’il sera difficile voire impossible

pour le groupe d’égaler. Dès lors, on

peut se demander quel intérêt a la formation

à persévérer dans une voie qu’elle a

elle-même construite et dont elle connaît

tous les secrets.

En trois albums, Green Day, droit dans ses

bottes, nous a proposé cette année des

titres de bonne facture, à l’image de «Lazy

Bones» sur ¡Dos¡. Les trois musiciens ont

toutefois été incapables de nous montrer

sur ces opus une autre facette de leur musique

et de leur personnalité, faisant ainsi

du sur-place. Soyons toutefois positifs

: si ¡Uno¡, ¡Dos! et ¡Tré! n’ont pas porté

toutes leurs promesses, ils ont toutefois

envoyé les prémices d’une -timide- envie

d’expérimenter. Parions que le prochain

disque de la bande favorisera la qualité

au détriment de la quantité.

Yannis Mouhoun

PS MAG #6

VERDICT

Orchestrations (3,5/5)

Créativité (2,5/5)

Évolution (2/5)

Lyrics (1/3)

Cohérence (1,5/2)

Artwork (1/1)

Note globale : 6/10

29


SELECTION PS

PS MAG #6

30

BLINK-182

DOGS EATING DOGS

PRODUIT PAR BLINK-182 MUSICIENS TOM DE-

LONGE, MARK HOPPUS, TRAVIS BARKER LABEL

INDÉPENDANT SORTIE 18/12/2012

Si pour beaucoup, Blink-182 reste le symbole d’une génération

MTV vieillissante, Dogs Eating Dogs sonne le glas ! Les

5 titres qui le composent ont été travaillés par un groupe

inspiré, réussissant le pari de ne jamais retomber dans les

tares de leurs side-projects respectifs. Tom et Mark nous

livrent un chant énergique, agrémentant chaque morceau

de chœurs puissants, apportant une nouvelle dimension aux

productions du groupe. Travis, toujours irréprochable techniquement,

apporte sa pierre à l’édifice en invitant le rappeur

Yelawolf sur l’un des titres. Le groupe se prête même au

jeu de la composition acoustique sur Boxing Day, tentative

que l’on aimerait voir se reproduire, tant l’exercice est réussi.

Dogs Eating Dogs, un véritable renouveau pour les fans du

trio californien !

On aime : Dogs Eating Dogs, Boxing Day, Pretty Little Girl.

Matthias Meunier


CHRONIQUES

PROCHAINES SORTIES :

Hollywood Undead - Notes From The Underground (08/01/12) // Biffy Clyro - Opposites (28/01/13) // Funeral For A Friend -

Conduit (28/01/13) // Bullet For My Valentine - Temper Temper (11/02/13) // Foals - Holly Fire (12/02/13) // Stereophonics -

Graffiti On The Train (03/03/13) // Jimi Hendrix - People, Hell and Angels (05/03/13) // Daft Punk - No End (13/03/13)

BOYS LIKE GIRLS

CRAZY WORLD

Elie Dib

Comme à son habitude, les californiens de BLG ont remis

en marche la machine à tubes avec Crazy World. Entre les

morceaux formatés pour les radios, les ballades romantiques

et les compositions qui mériteraient d’apparaître sur

les B.O des dernières séries à la mode, on retrouve ce qui

fait la recette du succès du quatuor. Sans surprise donc

mais efficace.

On aime : Leaving California, Life of the Party

Sortez les Guinness, les Dropkick Murphys sont de retour

avec Signed and Sealed in Blood ! Cet album vous transportera

de ces bonnes vieilles tavernes irlandaises, grâce à

des morceaux électriques et dynamiques, jusqu’aux confins

des plaines gaéliques, sur des balades acoustiques aux instruments

folkloriques. Une chose est sûre, « The boys are

back » et ça va danser dans les chaumières !

On aime : The Boys Are Back, Rose Tattoo

PS MAG #6

ANGELS & AIRWAVES

STOMPING THE PHANTOM

BRAKE PEDAL

Matthias Meunier

Et aussi : MGMT, The Shins...

Tom Delonge a beau être un songwritter de qualité, il ne faut

tout de même pas se moquer de son public. Stomping the

Phantom Brake Pedal ne propose que trois nouveaux titres

instrumentaux, composés sur le même schéma. Quant aux

remixes des titres de LOVE I-II, s’il est agréable d’entendre

de nouvelles compositions, il aurait été préférable de ne pas

garder les mêmes bandes voix, en retravaillant le chant.

On aime : Young London (Remix), Epic Holidays (Remix)

SHIKO SHIKO

DROPKICK MURPHYS

SIGNED AND SEALED IN BLOOD BEST NEW BESTIOLE

Matthias Meunier Fabien Gallet

31

Les quatre lillois de Shiko Shiko nous offrent un premier album

surprenant après 3 EPs délirants. Neuf titres totalement

décalés sortis tout droit d’un monde parallèle, un monde où

“énergie” et “folie” semblent être les mots d’ordre. Un plaisant

croisement entre post-rock hyperactif et electro-pop

qui en fera sautiller plus d’un cette année. Drôle de bestiole

nous direz-vous !

On aime : D.P.M.M.P.D, Masca Masca


DÉBAT

PS MAG #6

LA DÉMATÉRIALISATION

EST-ELLE LE FUTUR DE LA MUSIQUE ?

Les époques passent et ne se ressemblent pas tout comme la technologie qui n’attend pas. Nos parents collectionnaient les

33 tours, les trentenaires actuels se ruaient sur le Compact Disc, les jeunes d’aujourd’hui ne jurent que par le MP3.

La dématérialisation de la musique vers un format virtuel : pour ou contre ?

POUR CONTRE

Pourquoi vouloir aller à contre-courant ? Dans une société

de plus en plus consommatrice, où l’on achète

comme l’on jette, la musique digitale représente une

excellente tendance. Aujourd’hui, sommes-nous encore

beaucoup à vouloir nous attarder sur l’apparence

d’une pochette d’album ou sur le packaging (qui peut

en plus s’avérer trompeur sur la qualité du contenu) ?

L’avantage de la musique digitale, en plus de pouvoir se la

procurer sans à avoir à bouger de chez soi, d’une manière

on ne peut plus simpliste et en ayant un choix de plus en

plus large, est surtout de pouvoir se concentrer sur l’essence

même de ce qu’est la musique : la mélodie, la production, les

arrangements, les paroles. Et puis, en regardant autour de

nous, qui ne possède pas un support qui permet de transporter

ses morceaux préférés facilement (baladeurs MP3, Smartphone,

ordinateurs portables…), jetant aux oubliettes le vieux

Discman de la grande soeur ou encore le tourne disque de papa ?

Enfin, au final, on sait très bien que le support physique

de la musique profite beaucoup plus aux maisons de

disques peu scrupuleuses qu’aux artistes eux-mêmes !

Alors je ne vous dirais que cela : vivez avec votre temps, supportez

les artistes en achetant leurs albums (virtuellement),

et bougez, libérez vous des contraintes physiques en emmenant

votre musique n’importe où, n’importe quand. La

technologie fait bien les choses, il serait triste de s’en priver.

Elie Dib

32

Pas l’ombre d’un doute, le vinyle, cette fameuse galette évincée

par K7, le CD et le MP3, a toujours sa place ! On ne compte plus

les rééditions de grands disques qui ont marqué l’histoire et les

sorties systématiques de nouveautés enversion “disque noir”.

Même s’ils ont plus de 60 ans, les microsillons de 33 et 45 tours

restent dans le cœur d’un grand nombre de mélomanes, amateurs

ou collectionneurs. La preuve, selon une étude de Nielsen-

Scanreprise par le magazine américain Billboard, les ventes de

vinylesont pratiquement quintuplé aux USA entre 2007 et 2012,

même si l’industrie de la musique est toujours en chute libre. Rien

d’étonnant ! Le vinyle c’est avant tout un bel objet, bien plus attrayant

qu’une boîte de plastique ou qu’un morceau disponible

en un clic. Parfois décliné en éditions limitées, il devient vite un

objet de valeur. Rien de telque de choisir une galette, la placer sur

la platine tout juste sortie de votre grenier et se concentrer sur la

musique, sans avoir à zapper tel ou tel morceau. Oui car au delà

de l’aspect esthétique, le vinyle c’est aussi un son incomparable,

plus chaleureux et authentique que celui d’autres supports. Et

puis force est d’admettre que choisir et ranger ses disques vinyles

restera toujours plus ludique que d’arpenter sa bibliothèque

iTunes ou sa Playlist Deezer/Spotify armé d’une souris et d’un

clavier. Aujourd’hui les aficionados peuvent se réjouir : certains

comme Jack White et son label Third Man Records, Philippe

Manoeuvre avec son émission “XSive Vinyl session” sur Ouï FM

ou les organisateurs du “Disquaire Day/Record Store Day” (dont

la 3° édition se tiendra le samedi 20 avril 2013) se préoccupent

de la santé du vinyle qui revient doucement à la mode.

Fabien Gallet


L’AGENDA

CONCERTS

MAD SIN / SUGAR & TIGER

à Paris (75) - Glazart

le Jeudi 17 Janvier 2013 à 19h00

ENTER SHIKARI

à Paris (75) – La Cigale

le Vendredi 25 Janvier 2013 à 19h30

THE SCRIPT

à Paris (75) – l’Olympia

le Lundi 28 Janvier 2013 à 20h00

BILLY TALENT

à Paris (75) - Bataclan

le Jeudi 31 Janvier 2013 à 19h30

DROPKICK MURPHYS

Première partie : DIDIER WAMPAS

à Paris (75) - Zénith

le Samedi 02 Février 2013 à 19h30

NEON TREES

à Paris (75) – La Maroquinerie

le Samedi 02 Février 2013 à 20h00

DINOSAUR JR

à Paris (75) - Trabendo

le Mercredi 06 Février 2013 à 19h30

ALL TIME LOW

à Paris (75) - Bataclan

le Lundi 18 Février 2013 à 19h30

PS MAG #6

BLOC PARTY

à Paris (75) - Zenith De Paris

le Mercredi 20 Février 2013 à 20h00

DEFTONES

à Paris (75) - Trianon

le Samedi 23 Février 2013 à 19h30

SIGUR ROS

à Paris (75) - Zenith De Paris

le Mercredi 27 Février 2013 à 19h30

DVD

THE ROLLING STONES /

CROSSFIRE HURRICANE

Réalisé par Brett Morgen, « Crossfire

Hurricane » offre un nouveau regard sur

le parcours sans précédent des Stones,

ces adolescents obsédés par le blues

au début des années 60 devenus ces

rock stars incontestées.

LIVRES

THE KINKS : UNE HISTOIRE

ANGLAISE (Alain Feydri)

Quatuor majeur de la British Invasion, les

Kinks, aujourd’ hui, sont une référence

pour un nombre grandissant de jeunes

groupes séduits par l’écriture inimitable

de Ray Davies (toujours actif à ce jour)

et la gouaille de Dave, son frère ennemi.

33

AUTHENTIQUES TRÉSORS

DU ROCK, 1965-1979

(Philippe Moulin)

Authentiques Trésors du Rock 1965-

1979 illustre, à travers plus de 450 albums

lectionnés, classés et analysés,

la plus incroyable histoire musicale du

XXe siècle.

BANDES DESSINÉES

FAIRE DANSER LES MORTS

(Tanxxx)

Après avoir fait un cauchemar peuplé de

zombies, une jeune femme se réveille

et constate, ébahie, que son rêve

était plus que prémonitoire : la ville est

effectivement en proie à une invasion

de morts-vivants ! Réfugiée sur les toits,

elle entreprend de se mettre en quête

de nourriture. Sur le chemin pavé de

graffitis contestataires et encombré

d’innombrables zombies dont elle doit

se débarrasser, elle entend des notes

de musique qu’elle croit reconnaître :

en se hissant en haut d’une palissade,

elle aperçoit l’un de ses groupes de

rock préférés, les “Minutemen”, en

pleine répétition ! Ne pouvant réfréner

son enthousiasme, la jeune femme se

précipite à leur rencontre, sans se douter

que ses idoles elles-mêmes peuvent être

“contaminées”...

Matthias Meunier


_________________________

Numéro 6

_________________________

SUIVEZ NOUS :

FACEBOOK.COM/PLAYSOUNDMAG

TWITTER.COM/PLAYSOUNDMAG

MAG@PLAYSOUND.FR

WWW.PLAYSOUND.FR

LE MAG’

© PLAYSOUND 2012. TOUS DROITS RESERVÉS.

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!