ÉVALUATION DE LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

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ÉVALUATION DE LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

ANNEXE 5. MEILLEURES PRATIQUES : LES CAS DES

“CADRES DE CONCERTATION”

À SAINT-LOUIS 64

ET PLANIFICATION PARTICIPATIVE À FISSEL

La Commune de Saint-Louis a une longue tradition de démocratie représentative qui remonte de sa

position d’une des quatre communes de statut français depuis le XIX siècle. Les élections du Maire et de

l’équipe municipale ont toujours été des moments forts dans cette cité prestigieuse qui fut la capitale du

Sénégal. En 1998, le Maire Abdoulaye Diaw Chimère observe une fracture sociale entre les élus et la

population. Les signes de la saturation se traduisent par le peu d’entrain des citadins à la vie de la cité. Les

factions politiques au sein du parti socialiste au pouvoir depuis l’indépendance en 1960 ont fini par

exaspérer les populations à force d’organiser les rivalités sans réaliser le développement local. Le maire

initie un nouvel élan pour un développement urbain apaisé. Il vise à redonner encore plus de légitimité à

la fonction d’élu local. Il s’appuie sur la coopération décentralisée entretenue avec La ville de Lille en

France et plus tard la région Nord Pas De Callais.

Des innovations en séries

Une Cellule de Coordination des projets financés avec l’appui de la coopération décentralisée se met en

place. Elle vise, d’abord, à mettre en cohérence les interventions dans la ville. Ensuite, elle offre un

service d’informations relatives au développement municipal. Enfin, elle anime le développement

municipal en privilégiant l’émergence de cadres de concertation en vue d’une meilleure transparence et

un engagement citoyen plus large.

Des Conseils de quartiers sont initiés pour favoriser une participation de la diversité des acteurs à la vie de

la cité. Des Groupements d’intérêt économique prennent en charge le ramassage des ordures dans les

quartiers car la salubrité étaient mise à rude épreuve par le désengagement de plus en plus de citoyens des

affaires de la cité. Le pouvoir municipal est de moins en moins esseulé. Fort de cet élan, l’équipe

municipale convoque les Assises de Saint-Louis, une sorte d’états généraux où la gouvernance est

ouvertement questionnée. Les cartes sont mises à plats. Plus de tabous et de zones de flous/obscurs. La

mobilisation est sonnée. La Cellule de coordination des projets de la coopération décentralisée se

transforme en Agence de Développement Communal (ADC) car la dynamique des conseils de quartiers

donne la preuve qu’un pouvoir ascendant se construit et ce processus a besoin de s’appuyer sur des

institutions sociales et techniques reconnues.

La coopération décentralisée acquiert plus d’efficience et une association commune Nord Pas de Callais

et Saint-Louis prend l’appellation Le Partenariat et devient le prolongement de l’agence de

Développement Communal qui est la seule du genre que compte encore aujourd’hui le Sénégal. Le slogan

est connu : pour exercer un pouvoir légitime, il faut le partager. Les cadres de concertations se

multiplient. Les associations foisonnent, les conseils de quartiers se renforcent et des Plans de

développement de quartier ainsi que des plans d’investissement dans les quartiers sont élaborés selon des

procédés participatifs impliquant un grand nombre de citoyens. Le nettoiement est pris en charge par des

groupements à la base. Leurs services sont rémunérés grâce au soutien de l’Agence Française de

Développement qui finance un programme de collecte et d’évacuation des ordures. . L’agence de

développement communal (ADC) se donne la mission de faciliter la maîtrise d’ouvrages délégués par les

collectivités locales. Cet objectif est une condition pour rendre transparence les passations de marché

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Cete section a été écrite par un sociologue sénégalais, Abdou Salam Fall (cas de Saint-Louis case) et par Sheldon

Gellar (Fissel).

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