ÉVALUATION DE LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

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ÉVALUATION DE LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

Le progrès le plus remarquable à cette date est l’adoption du Code des Marches Publics en 2007 qui

prévoit la mise en place de structures de surveillance et de régulation comme la Direction Centrale des

Marches Publics (DMP) et l’Agence de Régulation des Marches Publics l’ARMP. Le processus

d’adoption du Code et sa promulgation ont pris plusieurs années et une coopération significative de la part

des donateurs, sans lesquels il est fort peu probable que la loi aurait été adoptée. Aujourd’hui il reste à

voir son application dans les faits.

Les forces internes — au sein de l’Etat

Les interviews réalisées au cours de cette étude révèlent l’existence de Sénégalais qui appuient fortement

une réforme de la gouvernance. Ils se trouvent en majeure partie dans des agences spécialisées,

particulièrement la Commission contre la corruption, dans le PNBG et dans les organisations de

régulation, l’Inspection générale de l’Etat (IGE) et la Cour des Comptes. Dans toutes ces agences, de

nombreux fonctionnaires ont exprimé leur désir de disposer de plus d’autorité et de ressources pour

pouvoir s’acquitter de leurs fonctions. Il n’existe cependant guère d’indications qu’ils disposent de la

capacité voulue pour influencer les prises de décisions.

Un aspect plus prometteur serait la preuve que dans les ministères techniques se trouvent des

fonctionnaires qui souhaitent rétablir la crédibilité et le professionnalisme dans leurs services et qui ont

pris très au sérieux les études recommandant des changements dans le mode d’opération de ces services.

Ce groupe pourrait au bout du compte devenir une force pour le changement au sein de l’état.

Un sentiment encore plus en faveur de réformes existe au niveau des institutions étatiques

“décentralisées”, comme par exemple les membres de l’Assemblée régionale et les Agences Régionales

de Développement (ARDs). Ils souffrent à l’heure actuelle d’un manque aigu de ressources et d’autorité

qui limite leurs efforts.

La force la plus dynamique en faveur des réformes au sein de l’état se situe au niveau de l’administration

locale. 16 Bien que les responsables locaux élus soient sujets aux mêmes nombreux problèmes de

gouvernance que ceux qui se trouvent au sommet (voir la partie 6 ci-après), de nouvelles capacités pour

planifier, surveiller et même passer des contrats croissent dans nombre d’endroits, en majeure partie en

tant que produit de multiples expériences avec des programmes de décentralisation sponsorisés par des

donateurs et des organisations non étatiques à travers la “coopération pour la décentralisation.” Des

programmes suisses, allemands et néerlandais, de même que les programmes de l’USAID sont notables

de ce point de vue, de même que des programmes sponsorisés par des partenaires d’ONG d’autres pays

comme Le Partenariat (Lille, France).

Les forces sociales

La société civile est bien organisée au Sénégal et constitue une source potentielle pour les réformes. Des

ONG spécialisée comme Transparency International et affiliées, le Forum Civil et Aide Transparence,

constituent des sources potentielles pour mobiliser une plus grande prise de conscience du public et une

demande pour une meilleure gouvernance et moins de corruption. Leurs liens avec la communauté

universitaire à travers de structures comme l’IFAN pour le développement et la réduction de la pauvreté

sont particulièrement cruciaux pour obtenir le type de données qui serait des intrants pour des débats et

discussions publiques. D’autres groupes sont moins décisivement focalisés sur la corruption et la réforme

de la gouvernance, cependant ils émergent en tant qu’acteurs et souvent victimes de la mauvaise gestion

de l’Etat lorsque leurs intérêts sont directement affectés. Ces associations, comme le CNCR représente

16 Les Sénégalais ne semblent pas considérer les administrations locales comme faisant partie de l’Etat, bien qu’il en

soit clairement ainsi en termes des mécanismes de contrôle placés sur leurs opérations.

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