ÉVALUATION DE LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

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ÉVALUATION DE LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

• La vente de certificats de bonne santé pour toute une série de formalités administratives (comme

par exemple pour obtenir un permis de conduire).

• Les vols de nourriture du garde-manger de la cuisine, des médicaments des pharmacies et

l’appropriation de ces ressources pour les besoins de la famille ou des amis.

• Solliciter et accepter des cadeaux en échange des services rendus.

Au niveau des centres de santé :

• Faire payer en trop pour des médicaments qui ne sont pas utilisés.

• Faire payer des montants illégaux pour des traitements fournis par du personnel non qualifié.

• Frais illégaux pour toute une série de services liés à la naissance d’un enfant.

• Vente de certificats de santé.

• Usage des équipements publics de la part du personnel médical dirigeant pour recevoir des

patients en privé.

• Ne pas travailler les heures réglementaires de service public et faire payer des frais pour “services

privés.”

Au niveau du point santé (communauté) :

• Donner aux responsables religieux influents et leurs familles un accès à des traitements

préférentiels en échange de cadeaux.

• Traitements donnés aux étrangers, souvent des disciples d’un marabout d’une différente région ou

d’un autre pays, à des prix plus élevés que ceux qui sont affichés.

• La vente, souvent ouvertement dans les marchés, de médicaments censés être distribués

gratuitement.

• Prendre plus de ce qui est normal ou prendre le double pour des services.

• Détournement des subsides destinés au VIH/sida.

Depuis la décentralisation des services administratifs et ses implications dans le système de Bamako (frais

d’usager), le Point santé a pris de l’importance. Une étude faite en 2005 annonce que les principaux

dysfonctionnements à ce niveau sont dus à des pratiques de corruption et des réseaux à des niveaux plus

élevés du système de la santé, à une absence quasi totale de transparence au moment d’allouer des

ressources de la santé et un manque de surveillance et contrôle efficaces venant du haut, ainsi que des

résultats mitigés lorsqu’on fait appel à des comités communautaires de la santé comme un moyen de

favoriser la participation et d’améliorer la responsabilité. D’après cette étude, les comités comprennent

rarement plus d’un ou deux notables locaux (Président, Trésorier) qui souvent collaborent avec l’infirmier

du Point santé et le médecin en chef au niveau de l’arrondissement pour que l’accès à l’information reste

limité et pour que le racket continue en toute impunité pour le plus grand bénéfice d’un petit groupe qui

occupent des postes leur permettant d’exercer leur influence sur la façon dont les ressources de la santé

vont être distribuées.

Principaux obstacles

Etant donné la nature de la corruption dans le secteur de la santé, il y aura très certainement une forte

résistance aux réformes. Le corps médical perçoit la corruption comme une stratégie de survie ayant fait

ses preuves et bien acceptée, qui est en fait le reflet des valeurs et pratiques obligées de réciprocité dans

un environnement qui se caractérise par le manque de ressources et l’inégalité. Convaincre le corps

médical de se débarrasser de cette spirale de corruption signifierait les réhabiliter en tant que

professionnels en les faisant entrer dans un système de gestion qui leur apporterait des stimulants pour un

comportement orienté vers le bien-être public. Si l’Etat acceptait d’allouer plus de ressources au secteur

de la santé et arrivait à remédier au manque de professionnels de la santé, la situation pourrait s’améliorer,

mais ceci devra s’inscrire dans le cadre d’une réforme générale de la gestion et du contrôle du budget

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