ÉVALUATION DE LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

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ÉVALUATION DE LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

« graissages de patte » représentent entre 10 et 30 % de la valeur du contrat. Dans un climat

économique difficile, le fait de refuser de graisser la patte peut se traduire par une faillite pour des

entreprises qui connaissent déjà des difficultés économiques. Au Sénégal, ce phénomène se

produit à tous les niveaux et échelles d’activités, des Chantiers de Thiès en passant par la

construction d’une école rurale ou d’un centre de santé par un entrepreneur local.

• Le manque de transparence et d’informations concernant les termes du contrat et les critères pour

attribuer des contrats renforce crée également un terrain favorable pour la corruption. Il est aussi

difficile et politiquement risqué pour des entreprises sénégalaises du secteur privé de s’opposer

ouvertement au manque de transparence lorsque ces faits se passent dans des agences rattachées à

la présidence. Les investisseurs étrangers insatisfaits du manque de transparence peuvent plus

facilement chercher ailleurs.

• L’inadéquation des mécanismes institutionnels existants pour contrôler la corruption au sein des

Ministères des finances, industrie et commerce, mines, eaux et forêts, maritime, transports, etc.,

l’instabilité institutionnel causée par un remplacement rapide dans les postes et la politisation des

postes de haut niveau du gouvernement rendent difficile le contrôle de la corruption à un niveau

bas et moyen qui impliquent pots de vin et graissage de patte pour accélérer les procédures en

vue d’obtenir des permis, diminuer les impôts, falsifier des factures pour des produits importés, ,

etc.

• Une culture de tolérance de la corruption dans les affaires. Les hommes d’affaires acceptent la

corruption comme partie intégrante des affaires et en tiennent compte dans leur comptabilité. La

grande corruption de ceux qui sont au pouvoir est également tolérée par le grand public tant

qu’une partie de l’argent est répartie pour le bien-être public.

• Des taxes et droits de douane qui font qu’il serait difficile pour les entreprises petites et

moyennes du secteur privé informel de survivre si elles avaient à payer les taux officiels qui leur

correspondent. Par exemple, le fait de payer des impôts sur le volume des ventes plutôt que sur

les marges de profit rendrait difficile la survie des marchands avec de faibles marges de profits

s’ils avaient à payer leurs impôts.

• Un manque de connaissance des règlements concernant les imports, droits de douanes, normes

officielles de comptabilité, procédures d’enregistrement, etc. de la part du secteur informel des

entrepreneurs le rend vulnérables face aux fonctionnaires corrompus du gouvernement et les

décourage de rentrer dans le secteur formel.

• Des juges ayant une connaissance limitée du droit commercial au moment de juger des conflits

mettant en jeu le secteur privé et les conflits entre les secteurs public et privé.

• La petite corruption - extorsion, pots de vin, argent pour faciliter certains processus, trafic

d’influence et favoritisme –est pratique commune dans la plupart des affaires - transactions du

gouvernement en commençant par l’enregistrement d’une entreprise, l’obtention de nombreux

permis du gouvernement, les inspections et loyer de la propriété publique. Ces formes de

corruption ont exercé le plus grand impact sur les petites et moyennes entreprises qui souffrent

d’insécurité et ne savent pas comment faire face aux autorités et aux bureaucrates.

Opportunités et partisans pour une réforme

Le Sénégal a plusieurs groupes de partisans des réformes qui cherchent des réformes à divers degrés :

• Des organisations d’employeurs du secteur privé comme CNP, CNES et UNACOIS

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