ÉVALUATION DE LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

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ÉVALUATION DE LA CORRUPTION AU SÉNÉGAL

• Choisir des options qui se rapportent aux principales préoccupations des donateurs et du GOS

comme l’illustrent trois cadres : la Stratégie de croissance économique accélérée, la Stratégie

nationale de réduction de la pauvreté (PSRP-2) et le programme de développement local (PNDL).

• Choisir des programmes basés sur l’existence d’acteurs, y compris des acteurs externes

(étatiques et non étatiques)) qui montrent de l’intérêt pour appuyer les réformes.

Suite à ces recommandations, nous offrons six options de programme que nous allons brièvement décrire.

Ces options découlent des quatre problèmes essentiels identifiés dans la Section 4. Chaque option est

conçue pour répondre à au moins un problème essentiel. Chacune a pour objectif de répondre à un des

aspects de la corruption prévalant dans le Sénégal d’aujourd’hui.

Problème essentiel : une opposition inefficace du public contre la corruption

Option 1. Développer un concept culturel et une approche adaptés pour comprendre et résister à

la corruption 35

Les discussions sur la corruption au Sénégal sont souvent basées sur des concepts et des valeurs

occidentaux qui ne sont pas forcément partagés par la plupart des Sénégalais. Le fossé dans le langage et

les concepts entre les élites urbaines sénégalaises et les citoyens est un obstacle aux efforts pour formuler

des stratégies et des programmes contre la corruption conçus pour obtenir un large soutien et une ample

participation populaire. Par exemple, un marabout éminent affirme que le fait d’utiliser des langages

occidentaux et des concepts abstraits font qu’il est difficile pour les classes populaires de prendre la

corruption au sérieux. Par ailleurs, il a fait remarquer que lorsque des dirigeants religieux dénonçaient la

corruption étatique en termes de vol et de valeurs religieuses basées sur les enseignements du Coran, les

gens étaient plus à même d’écouter, de comprendre et d’agir.

L’USAID/Sénégal devrait explorer la possibilité d’enrôler le soutien des autorités religieuses sénégalaises

pour mener des programmes contre la corruption, tout particulièrement ceux qui traitent de la petite

corruption.

Il existe un précédent pour la participation de dirigeants religieux éminents au Sénégal dans la campagne

contre le sida.

Il n’existe pas de mots en Wolof pour décrire ce que nous appelons la grande corruption, qui signifie

utiliser les ressources publiques d’un état moderne pour des bénéfices privés. 36 Il existe cependant de

nombreux mots pour décrire des relations de réciprocité. Une culture politique néo-patrimoniale basée sur

le clientélisme et profondément ancrée dans l’histoire explique pourquoi de nombreux Sénégalais sont

plus enclins à tolérer la grande corruption dans la mesure où ils sentent que les dirigeants politiques sont

généreux au moment de partager les fruits de ce que nous appelons la grande corruption.

Les campagnes d’éducation civique concernant le rôle et le fonctionnement d’un état démocratique

moderne et les droits des citoyens qui demandent transparence et responsabilité de la part du

35

Voir Annexe 3 pour de plus amples discussions sur le rôle de la « culture » et la distorsion de la culture au

moment de promouvoir des pratiques corrompues

36

L’article classique de Peter Eke décrit les différences dans les normes culturelles africaines envers l’état moderne

et les institutions autochtones permet d’expliquer pourquoi la rigueur financière est exigée dans la gestion des

institutions autochtones alors que le pillage de l’état est considéré comme étant plus acceptable. Voir Peter Eke,

“Colonialisme et les deux publics en Afrique : Enoncé théorique, ”Etudes comparées dans la société et l’histoire,

Vol. 17, No.1 (janvier 1975), p. 91-113.

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