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Marchés publics - Trésorerie Générale du Royaume

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R e v u e d e l a T r é s o r e r i e G é n é r a l e d u R o y a u m e - N° 7 Février 2009<br />

plus d’un siècle de<br />

marchés <strong>publics</strong> au<br />

Maroc (1907-2009)<br />

<strong>Marchés</strong> <strong>publics</strong><br />

le programme de dématérialisation<br />

de la commande publique<br />

les enjeux de la réforme de la<br />

réglementation des marchés <strong>publics</strong>


S o m m a i r e<br />

2 Editorial<br />

3<br />

5<br />

8<br />

10<br />

12<br />

16<br />

19<br />

21<br />

24<br />

28<br />

30<br />

• Plus d’un siècle de marchés <strong>publics</strong> au Maroc<br />

(1907-2009)<br />

• Les avancées de la nouvelle réforme sur les<br />

marchés de l’état<br />

• Le programme de dématérialisation de la<br />

commande publique<br />

• Les enjeux de la réforme de la réglementation<br />

des marchés <strong>publics</strong> au Maroc<br />

• La promotion de l’intégrité dans la passation<br />

des marchés <strong>publics</strong><br />

• L’étude d’apprentissage mutuel sur l’intégrité<br />

dans les marchés <strong>publics</strong> au Maroc<br />

• Vers le développement d’un pôle d’expertise<br />

en matière de marchés <strong>publics</strong><br />

• Le régime de nantissement des marchés<br />

<strong>publics</strong><br />

• La gestion déléguée des services <strong>publics</strong><br />

• Les contrats de droit commun<br />

• Jurisprudence de la commission des marchés<br />

Directeur de la publication<br />

Saïd IBRAHIMI<br />

Responsable de la rédaction<br />

Rachid MELLIANI<br />

Comité de rédaction<br />

El Houcine AGHANIM<br />

Lahcen SBAI EL IDRISSI<br />

Abdelaziz EL HEBIL<br />

Lakhdar EL AOUANE<br />

Btissam ERRAcHIDI<br />

Conception & réalisation<br />

7 et much communication<br />

Dépôt légal : 2003/0145<br />

<strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong>


Editorial<br />

De par l’importance des enjeux économiques et financiers qu’il implique, le système de<br />

passation et d’exécution des marchés <strong>publics</strong> détermine, pour une part importante, la<br />

qualité de la gouvernance publique. Partant de ce constat largement partagé, les pouvoirs<br />

<strong>publics</strong> ont procédé, en 2007, à une réforme d’envergure de la réglementation régissant le<br />

système de passation des marchés de l’état et ce,<br />

i) en concertation avec les associations professionnelles des fournisseurs ;<br />

ii) après une évaluation partagée <strong>du</strong> système préexistant ;<br />

iii) dans le respect des engagements souscrits avec nos partenaires étrangers ;<br />

iv)<br />

et avec la ferme volonté de promouvoir les principes de la transparence, de l’éthique,<br />

<strong>du</strong> libre jeu de la concurrence et de l’égalité d’accès à la commande publique.<br />

A présent, le Maroc en dépit des progrès qui restent à réaliser peut légitimement prétendre<br />

disposer d’une réglementation conforme aux normes internationales en la matière.<br />

D’ailleurs, la Banque Mondiale et l’OcDE n’ont pas manqué de le souligner la première,<br />

dans son rapport de revue analytique <strong>du</strong> système marocain de passation des marchés<br />

<strong>publics</strong> en cours de finalisation et la seconde dans l’étude d’apprentissage mutuel relatif<br />

à l’intégrité dans les marchés <strong>publics</strong> au Maroc.<br />

Le même constat a été fait par les experts participant à la conférence régionale sur la<br />

promotion de l’intégrité dans les marchés <strong>publics</strong>, organisée par la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong><br />

<strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> en partenariat avec l’OcDE. Experts, qui ont été nombreux à estimer que le<br />

système marocain peut servir de modèle pour les pays de l’Afrique <strong>du</strong> Nord et <strong>du</strong> Moyen<br />

Orient.<br />

Toutefois, des insuffisances ont été identifiées et des propositions pour leur dépassement<br />

formulées. c’est ainsi qu’il a été recommandé de poursuivre dans la voie de la réforme, de<br />

parfaire le dispositif réglementaire et de mettre à niveau les capacités et les mécanismes<br />

de gestion des marchés <strong>publics</strong>. Les actions à mettre en œuvre devraient tendre à :<br />

i) améliorer l’efficacité et la réactivité <strong>du</strong> système de recours ;<br />

ii) renforcer les mécanismes de contrôle interne pour un meilleur suivi de l’activité de<br />

passation et d’exécution des marchés ;<br />

iii) responsabiliser les gestionnaires et renforcer concomitamment la fréquence et la<br />

qualité des audits ;<br />

iv) normaliser et uniformiser les procé<strong>du</strong>res et les pratiques de gestion ;<br />

v) compléter le dispositif réglementaire relatif à la phase de l’exécution ;<br />

vi) professionnaliser la fonction d’acheteur public ;<br />

vii) mettre en place une véritable stratégie de formation d’accompagnement et de renforcement<br />

des capacités de gestion tant des acheteurs <strong>publics</strong> que des fournisseurs ;<br />

viii) insuffler une nouvelle dynamique au processus de dématérialisation.<br />

La TGR, qui partage la même appréciation, entend par la réalisation d’un numéro spécial<br />

dédié à la commande publique, faire le point sur l’état d’avancement de la réforme et<br />

mettre à la disposition des différents intervenants les outils nécessaires à une concertation<br />

élargie pour mener à terme la dynamique engagée en vue d’un système de gestion des<br />

marchés <strong>publics</strong> à la hauteur de nos ambitions.<br />

M. Ahmed BOURISS


Plus d’un siècle de marchés <strong>publics</strong> au Maroc<br />

(1907-2009)<br />

Construction <strong>du</strong> môle dans le port de Casablanca<br />

cent ans déjà, de marchés <strong>publics</strong><br />

au Maroc. Le premier marché qui<br />

remonte à 1907 fut conclu à l’initiative<br />

<strong>du</strong> Sultan Moulay Abdelaziz, entre le<br />

délégué de Sa Majesté chérifienne à<br />

Tanger et le représentant de la société<br />

française dénommée la compagnie<br />

Marocaine. cette compagnie choisit<br />

comme entrepreneur les Maisons<br />

Schneider et cie et J. Vignes qui soustraitèrent<br />

les travaux avec l’entreprise<br />

Gendre et Donnadieu de Marseille.<br />

Le contrat a porté sur la construction<br />

et l’aménagement d’un môle dans<br />

le port de casablanca, destiné<br />

à abriter les barcasses servant au<br />

chargement et au déchargement des<br />

navires, fréquemment endommagées<br />

par les intempéries. ces barcasses,<br />

étant le seul moyen de locomotion,<br />

transportaient les marchandises au<br />

rivage où les cargaisons étaient alors<br />

débarquées manuellement. Le port de<br />

casablanca fut de tout temps, un port<br />

à barcasses jusqu’en 1932.<br />

certes, le projet de construction et<br />

d’aménagement <strong>du</strong> môle était modeste<br />

mais l’Etat marocain, ayant pressenti le<br />

potentiel des échanges commerciaux,<br />

avait vu grand en prévision d’un siècle<br />

de développement.<br />

ce marché public a été passé selon<br />

une procé<strong>du</strong>re négociée, clé en main.<br />

Le contrat y afférent ayant défini<br />

les clauses financières, techniques<br />

ainsi que celles relatives à la gestion<br />

<strong>du</strong> marché, comporte quelques unes<br />

des principales caractéristiques des<br />

marchés <strong>publics</strong> tels qu’ils sont passés<br />

actuellement. ces caractéristiques<br />

concernent en particulier les clauses<br />

relatives aux obligations et droits<br />

des contractants, aux spécifications<br />

techniques de<br />

l’ouvrage, aux<br />

conditions de<br />

réception, de<br />

paiement et de<br />

garantie.<br />

Le marché de<br />

1907 marque<br />

incontestablement<br />

le début d’un<br />

long processus en<br />

matière de marchés<br />

<strong>publics</strong> et dénote <strong>du</strong><br />

souci <strong>du</strong> Makhzen<br />

de veiller à la bonne<br />

utilisation des fonds<br />

de la collectivité.<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong>


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

Fiche <strong>du</strong> marché public<br />

passé en 1907<br />

Clauses financières<br />

Le prix <strong>du</strong> marché est global et forfaitaire, en raison de<br />

la nature des prestations et <strong>du</strong> mode de livraison clé en<br />

main ;<br />

Le paiement <strong>du</strong> prestataire est en devise : la livre<br />

anglaise ;<br />

Le tiers <strong>du</strong> montant <strong>du</strong> marché est payé six mois après<br />

l’achèvement des travaux et constitue une sorte de<br />

retenue de garantie et aucune avance n’est prévue.<br />

Clauses techniques<br />

Les spécifications techniques sont établies par<br />

l’entrepreneur, comme c’est le cas dans la procé<strong>du</strong>re <strong>du</strong><br />

concours et elles sont reprises dans le marché.<br />

Clauses relatives à la gestion <strong>du</strong> marché<br />

En l’absence de ccAG, les clauses concernant l’exécution<br />

<strong>du</strong> marché sont incorporées dans le contrat à savoir :<br />

La provenance des matériaux de construction ;<br />

La remise en état des lieux ;<br />

Le matériel abandonné qui devient la propriété <strong>du</strong><br />

Makhzen ;<br />

Les frais de gardiennage qui sont à la charge de<br />

l’entrepreneur ;<br />

Le matériel et les matériaux importés sont exonérés des<br />

droits de douanes (à l’exclusion des matériaux achetés<br />

localement ou ven<strong>du</strong>s pour cause de non utilisation) ;<br />

La priorité à l’utilisation de la main d’œuvre locale ;<br />

Le délai de garantie de l’ouvrage est de trente ans<br />

(référence à la réglementation internationale en la<br />

matière) ;<br />

Les cas de force majeure sont prévus.<br />

Clauses non prévues<br />

Les conditions de réception ;<br />

Les conditions de résiliation ;<br />

En cas de problème dans l’exécution aucune solution<br />

n’est envisagée, la seule clause de sauvegarde est le<br />

paiement retardé des travaux (1 er paiement 12 mois après<br />

le commencement des travaux et le tiers <strong>du</strong> paiement 6<br />

mois après l’achèvement des travaux) ;<br />

En cas de retard dans l’exécution aucune pénalité n’est<br />

prévue.


M. Abdelaziz EL HADDAD<br />

chef de la Division de l’Arbitrage<br />

Conscient de l’enjeu économique de la commande publique et de son importance stratégique pour soutenir<br />

la croissance, le Gouvernement marocain a enclenché, depuis 1998, une série de réformes en matière de<br />

passation et d’exécution des marchés <strong>publics</strong>. La dernière réforme est celle intervenue en 2007, à travers<br />

l’adoption <strong>du</strong> décret n° 2-06- 88 <strong>du</strong> février 2007 fixant les conditions et les formes de passation des<br />

marchés de l’etat ainsi que certaines règles relatives à leur gestion et à leur contrôle.<br />

La réforme est devenue incontournable<br />

à la suite d’un certain nombre de<br />

lacunes et d’insuffisances constatées à<br />

la lumière de sept années d’application<br />

<strong>du</strong> décret de 1998.<br />

De même, elle s’est révélée nécessaire<br />

pour la mise en conformité de la<br />

réglementation marocaine avec les<br />

normes internationales et pour la prise<br />

en compte des engagements pris par<br />

le Maroc dans le cadre des accords<br />

d’association et de libre échange.<br />

En outre, elle a été l’occasion pour<br />

tenir compte des propositions et des<br />

exigences <strong>du</strong> secteur privé, visant à<br />

assurer plus d’équilibre dans la relation<br />

des secteurs public / privé.<br />

Principes<br />

cette réforme vise, principalement, le<br />

renforcement d’un certain nombre de<br />

principes fondamentaux, déjà présents,<br />

dans la réglementation de 1998 :<br />

• La transparence dans la passation des<br />

marchés de l’état et la moralisation de<br />

la gestion publique;<br />

• L’égalité d’accès aux commandes<br />

publiques et la garantie des droits des<br />

concurrents ;<br />

• L’encouragement de la concurrence et<br />

l’efficacité de la dépense publique.<br />

Par ailleurs, cette réforme met l’accent<br />

sur la simplification et la clarification<br />

des procé<strong>du</strong>res de passation des<br />

marchés <strong>publics</strong>.<br />

Les avancées de la réforme<br />

des marchés de l’état<br />

TRansPaRenCe<br />

eT MoRaLisaTion<br />

De La GesTion PubLique<br />

Le décret de 2007 a prévu une<br />

série de dispositions visant<br />

le renforcement de la transparence et<br />

de l’intégrité dans la passation des<br />

marchés <strong>publics</strong>, notamment :<br />

• La ré<strong>du</strong>ction de l’intervention humaine<br />

à travers l’obligation faite au maître<br />

d’ouvrage de publier, dans le portail<br />

des marchés de l’Etat, le programme<br />

prévisionnel des achats, les dossiers<br />

d’appel d’offres, les résultats des<br />

appels d’offres ainsi que les rapports<br />

d’achèvement ;<br />

•La possibilité donnée aux concurrents<br />

de télécharger gratuitement, les<br />

dossiers d’appel d’offres à partir <strong>du</strong><br />

portail des marchés <strong>publics</strong> ;<br />

•L’obligation faite au maître d’ouvrage<br />

de fonder le choix de l’attributaire <strong>du</strong><br />

marché sur des critères objectifs et<br />

non discriminatoires, préalablement<br />

définis et mis à la disposition de tous<br />

les concurrents ;<br />

•L’abandon de l’ouverture simultanée<br />

des offres financières et techniques afin<br />

de ne pas dévoiler les offres financières<br />

pour assurer l’impartialité des membres<br />

de la commission d’ouverture des plis ;<br />

•L’augmentation des délais de publicité<br />

de 21 à 40 jours pour les prestations<br />

d’une certaine importance permettant<br />

aux concurrents de préparer leurs<br />

offres dans de bonnes conditions et<br />

notamment les entreprises installées<br />

hors <strong>du</strong> Maroc ;<br />

•La délimitation des cas où un appel<br />

d’offres peut être déclaré infructueux<br />

ou faire l’objet d’annulation mettant<br />

ainsi fin à certains abus.<br />

Dans le cadre de la moralisation de<br />

la gestion publique, le décret de 2007<br />

a intro<strong>du</strong>it, pour la première fois, des<br />

mesures de lutte contre la fraude et<br />

la corruption engageant à la fois les<br />

maîtres d’ouvrage et les concurrents :<br />

• L’engagement que tout concurrent<br />

doit souscrire, dans sa déclaration sur<br />

l’honneur, de ne pas recourir à des<br />

pratiques de fraude ou de corruption ;<br />

• L’obligation faite au maître d’ouvrage<br />

de s’abstenir de recourir à tout acte<br />

susceptible de compromettre son<br />

impartialité et son indépendance ;<br />

• La publication dans le portail, des<br />

décisions d’exclusion des concurrents<br />

ayant fraudé ou ayant fait de fausses<br />

déclarations;<br />

• La généralisation de l’audit à tout<br />

marché dont le montant excède<br />

5 millions de dirhams quelle que<br />

soit sa nature (travaux, services ou<br />

fournitures).<br />

eGaLiTe D’aCCes aux<br />

CoMManDes PubLiques<br />

eT GaRanTie Des DRoiTs<br />

Des ConCuRRenTs<br />

Afin d’élargir la concurrence et d’assurer<br />

plus d’intégrité dans la sélection<br />

des candidats, la réforme de 2007 a<br />

intro<strong>du</strong>it de nouvelles mesures visant<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong>


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

6<br />

le renforcement <strong>du</strong> principe de l’égalité<br />

de traitement et des garanties des<br />

droits des concurrents, notamment :<br />

• L’obligation faîte au maître d’ouvrage<br />

d’informer systématiquement et par<br />

écrit, les concurrents des raisons de<br />

leur éviction, sans attendre qu’ils en<br />

fassent la demande ;<br />

• La publication des résultats des<br />

appels d’offres dans le portail ;<br />

• La possibilité de réclamation offerte<br />

aux concurrents, à travers l’institution<br />

d’un mécanisme de recours auprès<br />

<strong>du</strong> maître d’ouvrage en premier, <strong>du</strong><br />

Ministre intéressé en cas de non<br />

satisfaction et enfin de la commission<br />

des marchés en cas de contestation de<br />

la réponse <strong>du</strong> Ministre ;<br />

•L’obligation de passer à prix révisable,<br />

tous les marchés de travaux et d’études<br />

dont le délai d’exécution dépasse<br />

quatre mois ainsi que l’application<br />

systématique de la révision, même pour<br />

les marchés passés à prix ferme, lorsque<br />

le délai d’approbation est dépassé ;<br />

•L’égalité de traitement des concurrents<br />

nationaux et des concurrents étrangers<br />

en exigeant de ces derniers, la<br />

pro<strong>du</strong>ction des pièces <strong>du</strong> dossier<br />

administratif équivalentes à celles<br />

pro<strong>du</strong>ites par les nationaux ;<br />

• La ré<strong>du</strong>ction <strong>du</strong> délai de validité<br />

des offres de 90 jours à 60 jours,<br />

sauf stipulation contraire <strong>du</strong> cahier des<br />

prescriptions spéciales.<br />

• L’exclusion des cessions des biens<br />

et des prestations effectuées entre les<br />

services de l’Etat <strong>du</strong> champ d’application<br />

<strong>du</strong> décret.<br />

• L’objectif étant de ne pas mettre en<br />

concurrence les services de l’Etat et les<br />

entreprises privées ;<br />

• L’adoption d’un traitement égal<br />

entre les entreprises privées et les<br />

entreprises publiques en matière de<br />

pièces à fournir pour la constitution <strong>du</strong><br />

dossier administratif<br />

(1) Cahier des Clauses Administratives <strong>Générale</strong>s<br />

enCouRaGeMenT<br />

De La ConCuRRenCe<br />

eT eFFiCaCiTe De La<br />

DePense PubLique<br />

Tenant compte des enjeux de la<br />

concurrence et de son intérêt majeur<br />

sur la commande publique, la réforme<br />

de 2007 a mis en place une batterie<br />

de mécanismes en vue de renfoncer la<br />

concurrence et d’améliorer l’efficacité<br />

de la dépense publique, à savoir :<br />

• La possibilité offerte aux concurrents de<br />

compléter leurs dossiers administratifs<br />

avant et après l’ouverture des plis<br />

et de procéder, éventuellement, aux<br />

rectifications des erreurs matérielles<br />

ou discordances entre les pièces <strong>du</strong><br />

dossier ;<br />

• L’appréciation de l’activité des<br />

concurrents au vu de l’ensemble des<br />

pièces fournies et non seulement au vu<br />

de l’attestation de régularité fiscale ;<br />

• La ré<strong>du</strong>ction de la <strong>du</strong>rée maximale<br />

<strong>du</strong> marché cadre de 5 à 3 années<br />

en vue d’éviter des situations<br />

anticoncurrentielles ;<br />

• La soumission de certaines catégories<br />

de marchés négociés à la publicité et à<br />

la concurrence préalable ;<br />

• L’obligation faite au maître d’ouvrage,<br />

avant le lancement de tout appel à la<br />

concurrence ou de toute négociation,<br />

de déterminer avec exactitude les<br />

besoins à satisfaire et d’établir, à cet<br />

effet, une estimation basée sur le coût<br />

réel <strong>du</strong> marché ;<br />

• La détermination des conditions dans<br />

lesquelles le maître d’ouvrage peut<br />

exiger une offre technique ;<br />

• La distinction entre l’évaluation des<br />

offres relatives aux études simples et<br />

celles relatives aux études complexes<br />

nécessitant des recherches particulières.<br />

Désormais, les études complexes sont<br />

obligatoirement soumises à une double<br />

évaluation, l’une se rapportant à la<br />

qualité technique et l’autre à l’offre<br />

financière ;<br />

• L’interdiction au titulaire <strong>du</strong> marché<br />

de sous-traiter plus de 50% <strong>du</strong> montant<br />

<strong>du</strong> marché ou de le faire pour le corps<br />

d’état principal de la prestation.<br />

siMPLiFiCaTion<br />

eT CLaRiFiCaTion<br />

Des PRoCeDuRes<br />

Tout en exigeant des maîtres d’ouvrage<br />

plus de rigueur dans la passation et le<br />

suivi des marchés <strong>publics</strong>, le décret<br />

de 2007 a intro<strong>du</strong>it certaines mesures<br />

en vue de simplifier et de clarifier les<br />

procé<strong>du</strong>res d’attribution des marchés,<br />

essentiellement :<br />

• L’étude préalable <strong>du</strong> dossier d’appel<br />

d’offres par les membres de la<br />

commission d’ouverture des plis avant<br />

même la publication de l’avis afin<br />

d’éviter les itérations et ré<strong>du</strong>ire les<br />

délais de visa et d’approbation des<br />

marchés ;<br />

• L’intro<strong>du</strong>ction de la possibilité de<br />

report de la séance d’ouverture des plis<br />

en cas d’absence d’un des membres<br />

de la commission dont la présence est<br />

obligatoire, ce qui permet désormais,<br />

d’éviter les annulations systématiques<br />

des appels d’offres en cas d’absence<br />

d’un des membres ;<br />

• L’obligation faite au président de la<br />

commission, de remettre aux membres<br />

de cette commission, au début de<br />

la séance, le support écrit détaillant<br />

l’estimation <strong>du</strong> maître d’ouvrage,<br />

favorisant ainsi une meilleure<br />

évaluation des offres financières des<br />

concurrents ;<br />

• La définition des conventions et<br />

contrats de droit commun ne rentrant<br />

pas dans le champ d’application <strong>du</strong><br />

décret relatif aux marchés de l’Etat ;<br />

• La définition des marchés par nature<br />

(travaux, fournitures et services)<br />

ainsi que la détermination <strong>du</strong> ccAG (1)<br />

applicable à chaque nature de marché ;<br />

• La limitation des personnes ayant<br />

le pouvoir de signer les marchés à<br />

l’ordonnateur, à son délégué ou au<br />

sous-ordonnateur ;


• La détermination des pièces justifiant<br />

les pouvoirs conférés au signataire au<br />

nom <strong>du</strong> concurrent, comme pièces <strong>du</strong><br />

dossier administratif. Les précisions<br />

apportées par le décret de 2007 à ce<br />

sujet sont de nature à permettre aux<br />

concurrents de connaître les pièces<br />

à pro<strong>du</strong>ire à cet effet et d’éviter, par<br />

conséquent, le rejet de leurs offres ;<br />

• La définition <strong>du</strong> lot dans les marchés<br />

<strong>publics</strong>, ainsi que la limitation <strong>du</strong> mode<br />

de jugement des offres aux seuls<br />

cas de jugement en lot unique et de<br />

jugement en lot par lot. Ainsi, le mode<br />

de jugement par article, qui constituait<br />

une pratique par le passé, n’est plus<br />

permis ;<br />

• L’intro<strong>du</strong>ction d’un nouveau type de<br />

marché, appelé «marché recon<strong>du</strong>ctible»<br />

permettant aux maîtres d’ouvrage<br />

d’assurer l’approvisionnement de leurs<br />

services, sans interruption pendant une<br />

période de trois années ;<br />

• La concrétisation des tranches<br />

conditionnelles par un simple ordre<br />

de service au lieu d’un avenant<br />

pour les marchés passés à tranches<br />

conditionnelles ;<br />

•L’intro<strong>du</strong>ction de dispositions apportant<br />

plus de précisions quant à la définition<br />

des groupements conjoints et solidaires,<br />

leur mode de constitution, ainsi que la<br />

mise en commun des moyens humains<br />

et techniques dont ils disposent.<br />

En fin, si tous les avis s’accordent<br />

sur le fait que la réforme de 2007<br />

constitue une grande avancée vers plus<br />

de modernisation des procé<strong>du</strong>res et<br />

de renforcement de l’intégrité dans la<br />

passation des marchés <strong>publics</strong>, il n ’en<br />

demeure pas moins que les quelques<br />

mois de pratique ont permis de relever<br />

que certaines dispositions posent des<br />

difficultés aux maîtres d’ouvrage et aux<br />

commissions d’appels d’offres. A ce<br />

sujet, on peut signaler notamment :<br />

• Le tirage au sort des membres de<br />

la commission en début de séance,<br />

dans la mesure où plusieurs maîtres<br />

d’ouvrage et notamment les services<br />

sous-ordonnateurs ne disposent pas<br />

<strong>du</strong> nombre requis de six personnes<br />

compétentes en matière de marchés<br />

<strong>publics</strong> pour assurer l’attribution <strong>du</strong><br />

marché dans de bonnes conditions ;<br />

• Le manque de clarté de l’article 40<br />

<strong>du</strong> décret concernant les modalités<br />

de calcul de l’offre anormalement<br />

basse, de l’offre excessive ainsi que<br />

la lourdeur générée par la vérification<br />

des prix unitaires anormalement bas<br />

ou excessifs en raison <strong>du</strong> temps qu’elle<br />

nécessite ;<br />

• La difficulté d’évaluation des<br />

capacités techniques des membres des<br />

groupements solidaires lorsque l’appel<br />

d’offres est soumis au système de<br />

qualification et de classification des<br />

entreprises (cas de mise en commun<br />

des moyens techniques).<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 7


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

8<br />

Le programme de dématérialisation<br />

de la commande publique<br />

Un véritable levier de modernisation<br />

Le programme de dématérialisation de la commande publique, initié par la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> royaume,<br />

s’inscrit dans le cadre des réformes engagées par les pouvoirs <strong>publics</strong> pour une exploitation accrue des<br />

opportunités offertes par les Nouvelles Technologies de l’information au service d’une administration<br />

performante et pour une gestion des marchés <strong>publics</strong> efficace transparente et équitable.<br />

La commande publique a représenté<br />

en 2007 l’équivalent de 17,5%<br />

<strong>du</strong> PIB, soit près 100 milliards de<br />

dirhams dont 35 milliards au titre des<br />

marchés lancés par l’état, 5 milliards<br />

au titre des marchés engagés par les<br />

collectivités Locales (cL) et près de 60<br />

milliards par les entreprises publiques.<br />

L’état passe en moyenne 11.000<br />

marchés annuellement dont plus de<br />

91% par appels d’offres ouverts.<br />

Le secteur des BTP réalise 70% de<br />

son chiffre d’affaires dans le cadre<br />

des marchés <strong>publics</strong> et le secteur de<br />

l’ingénierie 80%.<br />

ConTexTe<br />

Le programme de dématérialisation<br />

de la commande publique a été initié<br />

dans un contexte marqué par:<br />

• La réforme <strong>du</strong> contrôle et le<br />

rapprochement <strong>du</strong> cED avec la TGR ;<br />

• La refonte de la réglementation<br />

régissant les marchés <strong>publics</strong>, refonte<br />

sous ten<strong>du</strong>e par la volonté de l’état<br />

de promouvoir la transparence et<br />

l’efficacité dans la passation des<br />

marchés <strong>publics</strong>.<br />

• La volonté <strong>du</strong> Maroc de s’ouvrir sur ses<br />

partenaires et d’intégrer les meilleures<br />

pratiques et standards internationaux<br />

en matière de gestion et d’exécution<br />

des marchés <strong>publics</strong>.<br />

• La prise de conscience que la<br />

dématérialisation constitue un<br />

levier important dans la promotion<br />

de la transparence et de la lutte<br />

contre la corruption et les pratiques<br />

frau<strong>du</strong>leuses.<br />

FeuiLLe De RouTe<br />

Le processus de dématérialisation a été<br />

engagé à l’issue d’une étude qui en a<br />

fixé les composantes, l’articulation et<br />

les modalités de mise en place.<br />

Les composantes de ce chantier de la<br />

dématérialisation sont au nombre de<br />

quatre à savoir :<br />

• Le Portail Marocain des <strong>Marchés</strong><br />

Publics (PMMP) dont la fonction centrale<br />

est de servir de support à la publication<br />

électronique des informations relatives<br />

à la passation des marchés <strong>publics</strong><br />

et permettre aux fournisseurs de<br />

télécharger légalement des dossiers de<br />

consultation.<br />

• La base de données des marchés<br />

<strong>publics</strong>, instrument destiné à mettre<br />

à la disposition de l’ensemble des<br />

acteurs de la commande publique, des<br />

informations relatives aux marchés<br />

passés par les acheteurs <strong>publics</strong> à des<br />

fins statistiques et d’analyse et de leur<br />

permettre d’acheter dans les meilleures<br />

conditions de coût et de qualité.<br />

• La plate-forme de dématérialisation<br />

des offres qui permettra, dans<br />

un premier temps, la soumission<br />

électronique des offres et, à terme la<br />

mise en œuvre de la procé<strong>du</strong>re des<br />

enchères électroniques inversées.<br />

• La base de données fournisseurs qui<br />

devra permettre aux acheteurs <strong>publics</strong><br />

de disposer d’informations utiles sur<br />

les fournisseurs et devra simplifier<br />

les procé<strong>du</strong>res et les dossiers de<br />

soumission.<br />

Le lancement <strong>du</strong> programme de<br />

dématérialisation a été ren<strong>du</strong> possible<br />

grâce aux nouvelles dispositions<br />

réglementaires prévoyant :<br />

• La possibilité pour les acteurs de<br />

la commande publique d’échanger<br />

les informations nécessaires<br />

à l’attribution des marchés<br />

<strong>publics</strong> par voie électronique ;<br />

• La décision <strong>du</strong> premier Ministre confiant<br />

la gestion de la dématérialisation et<br />

son déploiement à la TGR.<br />

A fin novembre 2008, le Portail Marocain<br />

des <strong>Marchés</strong> Publics a été déployé et<br />

est devenu le support incontournable<br />

de publication pour les administrations,<br />

les collectivités Locales et, en partie,<br />

pour les entreprises publiques.<br />

Par ailleurs, un marché a été lancé pour<br />

la réalisation de la base de données<br />

des marchés <strong>publics</strong> dont la réception<br />

est prévue avant la fin de l’année en<br />

cours.<br />

A l’issue d’une étude de faisabilité, un<br />

marché a été lancé pour l’acquisition<br />

d’une plate-forme de dématérialisation<br />

devant permettre d’envisager la<br />

possibilité de mettre en œuvre la<br />

soumission électronique des offres et<br />

des enchères électroniques inversées.<br />

objectifs<br />

L’amélioration de la transparence, dans<br />

la mesure où la dématerialisation de<br />

la commande publique assurera aux<br />

fournisseurs des conditions identiques<br />

d’accès à l’information et les règles de<br />

traitement équitables:<br />

• La rationalisation de la commande<br />

publique par la mise en place d’outils<br />

permettant d’acheter mieux et à<br />

moindre coût pour les administrations;<br />

• Le développement de la concurrence<br />

en permettant aux acheteurs <strong>publics</strong><br />

de toucher un panel plus large de<br />

fournisseurs potentiels ;<br />

• La simplification des procé<strong>du</strong>res en<br />

permettant de tirer le meilleur parti des<br />

possibilités offertes par les Nouvelles<br />

Technologies de l’Information et de<br />

la communication (NTIc) pour tous,<br />

tout en conservant le même niveau de<br />

contrôle et de fiabilité dans le processus<br />

de sélection des fournisseurs.


PoRTaiL MaRoCain Des MaRChes<br />

PubLiCs : 1 eR PaLieR PLeineMenT<br />

oPeRaTionneL<br />

comme en dispose le décret régissant les marchés <strong>publics</strong>,<br />

les administrations et les collectivités Locales procèdent<br />

systématiquement à la publication des avis d’appels d’offres,<br />

des programmes prévisionnels d’achat, des procès verbaux des<br />

séances d’examen des offres et des rapports d’achèvement de<br />

l’exécution des marchés. De ce fait, les fournisseurs sont<br />

informés des opportunités d’affaires générées par l’exécution<br />

et par les acheteurs <strong>publics</strong> de leur programme d’acquisition<br />

et les procé<strong>du</strong>res de soumission simplifiées, notamment<br />

grâce, au téléchargement des dossiers d’appel d’offres. ceci<br />

en plus de la documentation réglementaire mise en ligne,<br />

régulièrement, et actualisée.<br />

En outre, le portail marocain des marchés <strong>publics</strong> est doté<br />

d’un système d’alerte et de notification qui permet à toute<br />

entreprise inscrite d’être informée, en temps réel, des<br />

nouvelles publications des avis d’appels à la concurrence et<br />

des publications des résultats d’attribution correspondants<br />

à ses centres d’intérêts, prédéfinis à partir de ses propres<br />

critères de sélection et de gestion de ses préférences.<br />

Synthèse élaborée par l’équipe de la Mission<br />

d’Expertise en matière des <strong>Marchés</strong> Publics<br />

PMMP, en chiffres<br />

Le Portail Marocain des <strong>Marchés</strong> Publics a été<br />

mis à la disposition des acheteurs <strong>publics</strong> dès<br />

l’entrée en vigueur <strong>du</strong> nouveau décret sur les<br />

marchés <strong>publics</strong> le 1 er octobre 2007. En l’espace<br />

d’un an, le portail est devenu le support principal<br />

de publication des administrations publiques et<br />

des collectivités Locales. A fin octobre 2008, 3390<br />

acheteurs <strong>publics</strong> se sont inscrits, soit l’ensemble<br />

des services de l’Etat et des collectivités Locales en<br />

plus de 95 établissements <strong>publics</strong>. Le nombre des<br />

appels d’offres publiés depuis le 1er janvier 2008<br />

s’est établi à 10.930, le nombre de programmes<br />

prévisionnels à 637, celui des extraits de procès<br />

verbaux des commissions d’appels d’offres à 2.243<br />

et celui des rapports d’achèvement à 471. Le<br />

portail a été consulté au titre de la même période<br />

par 40.135 visiteurs.<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 9


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

10<br />

Les enjeux de la réforme de la<br />

réglementation des marchés<br />

<strong>publics</strong> au Maroc<br />

En 2007, les marchés <strong>publics</strong> ont<br />

représenté plus de 100 milliards de<br />

DH, soit 17,25 % <strong>du</strong> Pro<strong>du</strong>it Intérieur<br />

Brut. 70% de la commande adressée<br />

au secteur <strong>du</strong> Bâtiment et des Travaux<br />

Publics (BTP) ont été sous forme de<br />

marchés <strong>publics</strong>. Les BTP constituent<br />

un secteur stratégique dans l’économie<br />

nationale avec, en 2007:<br />

• 37 milliards de DH de Valeur<br />

Ajoutée ;<br />

• 90,7 Milliards de DH de Pro<strong>du</strong>ction;<br />

• 97,5 Milliards de DH de contribution<br />

à la Formation Brute <strong>du</strong> capital Fixe<br />

(FBcF) ;<br />

• Près de 850 000 emplois.<br />

enjeux De PoLiTique<br />

eConoMique<br />

L’importance des sommes engagées<br />

par l’Etat, les entreprises publiques et<br />

les collectivités Locales à travers les<br />

marchés <strong>publics</strong>, en fait un puissant<br />

outil de politique économique.<br />

En effet, l’impact sur le développement<br />

économique <strong>du</strong> pays de toute dynamique<br />

visant l’optimisation et l’efficacité<br />

de la commande publique en matière<br />

d’équipement infrastructurel et sociocollectif,<br />

à travers le jeu de la libre<br />

concurrence, la transparence et l’équité<br />

est décisif.<br />

A contrario, l’absence ou la limitation<br />

de la concurrence, l’opacité des règles<br />

et les abus en matière de passation et<br />

de gestion de la commande publique,<br />

se tra<strong>du</strong>isent par des pertes énormes<br />

en termes de dilapidation des deniers<br />

<strong>publics</strong> et de perte de points précieux en<br />

matière de compétitivité, d’équipement<br />

<strong>du</strong> pays et de satisfaction des besoins<br />

collectifs…<br />

enjeux De<br />

DeveLoPPeMenT De<br />

seCTeuRs sTRaTeGiques<br />

(inGenieRie, bTP)<br />

Le tissu des entreprises <strong>du</strong> BTP,<br />

comprenant près de 4500 entreprises<br />

organisées et employant plus de 850<br />

000 personnes, est tributaire pour sa<br />

survie et son essor, de la qualité et <strong>du</strong><br />

volume de la commande publique dans<br />

les domaines des infrastructures, des<br />

équipements collectifs et de l’habitat.<br />

Aussi, la réglementation des<br />

modes de passation et de gestion<br />

des marchés <strong>publics</strong> <strong>du</strong> BTP, revêtelle<br />

un caractère déterminant pour<br />

tout ce tissu d’entreprises. L’on<br />

comprend pourquoi la réforme de la<br />

réglementation est devenue un enjeu<br />

corporatiste pour les entreprises <strong>du</strong><br />

BTP, et qu’elle est inscrite dans le<br />

chapitre de la défense des intérêts des<br />

membres par la Fédération Nationale<br />

des Bâtiments et Travaux Publics<br />

(FNBTP).<br />

cela explique aussi la forte implication<br />

des organisations professionnelles des<br />

entreprises <strong>du</strong> BTP et de l’ingénierie<br />

qui ont apporté leur expertise pratique<br />

dans l’élaboration de la réforme de la<br />

réglementation des marchés <strong>publics</strong>.<br />

cette implication a connu une forte<br />

impulsion, depuis 2002, dans le cadre<br />

<strong>du</strong> chantier de la mise à niveau et<br />

avec l’institutionnalisation de la<br />

concertation entre les entreprises <strong>du</strong><br />

BTP et les pouvoirs <strong>publics</strong> lors de la<br />

signature <strong>du</strong> contrat programme entre<br />

le Gouvernement et la FNBTP.<br />

M. Mostafa MEFTAH<br />

Directeur Délégué de la Fédération Nationale<br />

des Bâtiments et Travaux Publics (FNBTP)<br />

eThique eT<br />

TRansPaRenCe<br />

Dès le départ, la proposition de la<br />

FNBTP, d’intro<strong>du</strong>ire des dispositions<br />

explicites contre la corruption et la<br />

concurrence déloyale, a été adoptée<br />

afin de poser de manière claire un des<br />

enjeux majeurs de la réforme <strong>du</strong> décret<br />

de passation des marchés <strong>publics</strong>.<br />

ces dispositions donnent un signal fort<br />

de la volonté concertée et commune des<br />

pouvoirs <strong>publics</strong> et de la profession de<br />

s’inscrire dans une démarche citoyenne<br />

d’intégrité, de transparence et de libre<br />

concurrence.<br />

cette volonté commune a été clairement<br />

tra<strong>du</strong>ite dans les dispositions<br />

proprement dites <strong>du</strong> nouveau Décret.<br />

souCi De CLaRTe,<br />

De siMPLiCiTe eT De<br />

ResPonsabiLiTe<br />

Un grand effort de simplification et de<br />

clarification des concepts, une meilleure<br />

définition des différentes formes et<br />

phases <strong>du</strong> processus de passation des<br />

marchés <strong>publics</strong>, a été, également,<br />

fait au grand bénéfice des utilisateurs<br />

<strong>publics</strong> et privés de la réglementation.<br />

Ainsi, certaines notions, comme celles<br />

relatives à l’offre anormalement basse<br />

ou excessive ou aux groupements<br />

d’entreprises ont été mieux<br />

appréhendées.<br />

Parallèlement, les responsabilités des<br />

maîtres d’ouvrage et des commissions<br />

d’appels d’offres ont été mises en<br />

lumière permettant aux entreprises<br />

un meilleur recours en cas de<br />

contestation.


souCi D’objeCTiviTe<br />

eT D’equiTe<br />

Dans le même esprit, en responsabilisant<br />

les maîtres d’ouvrage dans la définition<br />

qualitative et quantitative de leurs<br />

besoins, en éliminant les motifs<br />

futiles d’élimination des concurrents,<br />

en précisant les caractéristiques non<br />

discriminatoires devant conditionner<br />

les critères de sélection et de<br />

jugement des offres et en clarifiant<br />

les différentes étapes de passation<br />

des marchés <strong>publics</strong>, le décret<br />

n° 2.06.388 a amélioré, sensiblement,<br />

les conditions d’objectivité et d’équité<br />

dans la sélection et le jugement des<br />

offres des soumissionnaires dans les<br />

marchés <strong>publics</strong>.<br />

Dans ce cadre, il faut souligner<br />

l’obligation d’information des<br />

concurrents, la motivation des décisions<br />

et la possibilité de suspension de la<br />

procé<strong>du</strong>re en cas de dérapage.<br />

ChanTieR De La<br />

ReFoRMe, ToujouRs<br />

ouveRT…<br />

La réforme <strong>du</strong> décret fixant les<br />

conditions et les formes de passation<br />

des marchés de l’Etat ainsi que certaines<br />

règles relatives à leur gestion et à leur<br />

contrôle, n’est que la première partie<br />

dans la réforme de la réglementation<br />

des marchés <strong>publics</strong>.<br />

D’autres textes sont toujours en cours de<br />

réforme, comme le cahier des clauses<br />

Administratives <strong>Générale</strong>s ou le décret<br />

de qualification et de classification<br />

des entreprises, qui sont prévus dans<br />

le contrat programme Gouvernement/<br />

FNBTP.<br />

concernant la seule phase de<br />

passation, un décret de passation<br />

des marchés des collectivités<br />

Locales est en cours d’adoption et<br />

beaucoup d’établissements <strong>publics</strong><br />

possèdent leurs propres règlement<br />

différant peu ou prou <strong>du</strong> décret<br />

n° 2.06.388.<br />

Devant cette multitude de textes<br />

applicables à la commande publique, la<br />

profession avance la proposition d’un<br />

code global régissant tous les marchés<br />

<strong>publics</strong> de l’Etat, des collectivités<br />

Locales, des établissements <strong>publics</strong><br />

et semi-<strong>publics</strong> ainsi que des<br />

bénéficiaires de contrats de concession<br />

ou de gestion déléguée des services<br />

et ouvrages <strong>publics</strong>.<br />

Par ailleurs, l’application des nouvelles<br />

dispositions a montré certaines limites<br />

et difficultés, comme celles relatives<br />

à l’offre anormalement basse ou<br />

excessive et aux prix aberrants, la<br />

révision des prix avec les fluctuations<br />

brutales et répétitives des prix des<br />

matériaux, nécessitant l’apport de<br />

correctifs,…<br />

La grande faiblesse reste celle des<br />

voies de recours rapide et efficace.<br />

En effet, malgré l’intro<strong>du</strong>ction de la<br />

possibilité de saisir la commission des<br />

marchés par les soumissionnaires, le<br />

système de recours privilégie toujours<br />

le recours hiérarchique qui reste limité.<br />

L’autre grande faiblesse réside dans<br />

la méconnaissance des dispositions<br />

réglementaires par une grande partie<br />

des usagers <strong>publics</strong> et privés des<br />

marchés <strong>publics</strong>.<br />

ce faisant, la réforme de la<br />

réglementation des marchés <strong>publics</strong><br />

ne peut donner tous ses fruits que<br />

dans le cadre d’une mise à niveau<br />

et d’une réforme globale touchant<br />

l’administration et la justice, dans<br />

un système national encourageant et<br />

protégeant l’intégrité, la transparence,<br />

la concurrence loyale, la créativité et<br />

le mérite dans tous les aspects de la<br />

vie publique.<br />

La connaissance et l’exercice des droits<br />

et obligations de chacune des parties<br />

prenantes dans les marchés <strong>publics</strong> et<br />

le respect des valeurs de citoyenneté,<br />

de probité et de compétence, sont<br />

le complément indispensable à<br />

cet important travail de réforme de<br />

la réglementation entrepris par les<br />

pouvoirs <strong>publics</strong> en concertation avec<br />

les professionnels.<br />

c’est aussi une responsabilité commune<br />

et un enjeu supplémentaire, non moins<br />

important, de la réforme.<br />

MesuRes<br />

D’enCouRaGeMenT Des<br />

enTRePRises<br />

D’autres dispositions favorables sont<br />

de nature à encourager les entreprises,<br />

notamment celles relatives à la<br />

constitution de groupements sur une<br />

base cumulative et complémentaire.<br />

Le souci d’équité est présent dans la<br />

généralisation de la révision des prix à<br />

tous les marchés de délais supérieurs<br />

ou égaux à 4 mois et la faculté laissée<br />

aux maîtres d’ouvrage de la prévoir<br />

même pour des délais inférieurs.<br />

L’institution <strong>du</strong> Portail Marocain des<br />

<strong>Marchés</strong> Publics relève <strong>du</strong> même esprit<br />

d’élargir l’accès à l’information et à la<br />

commande publique.<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 11


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

12<br />

La rencontre s’est déroulée<br />

en deux temps : la conférence<br />

régionale qui a été organisée<br />

le 3 et l’atelier des échanges tenu, le 4<br />

Avril 2008.<br />

ConFeRenCe ReGionaLe<br />

La conférence a été marquée par<br />

la présence de responsables et<br />

d’experts venus de pays arabes<br />

(Tunisie, Algérie, Jordanie, Liban, Egypte,<br />

Emirats Arabes Unis, de pays de l’OcDE<br />

(France, Espagne, Turquie, canada)<br />

et d’organisations internationales<br />

(BAD (1) , Banque Mondiale, cNUDcI (2) ,<br />

OMc (3) , commission Européenne) ainsi<br />

que par une présence massive des<br />

principaux départements ministériels,<br />

des organismes de contrôle, des<br />

organisations de la société civile et des<br />

associations professionnelles. En outre,<br />

les responsables de l’OcDE en charge<br />

<strong>du</strong> dossier «Intégrité dans les marchés<br />

<strong>publics</strong>» et l’équipe d’experts qui a<br />

mené l’étude d’apprentissage mutuel, y<br />

ont participé également.<br />

La séance d’ouverture a été marquée<br />

par les allocutions prononcées par<br />

M. Salahedine MEzOUAR, Ministre<br />

de l’Economie et des Finances,<br />

M. Saïd IBRAHIMI, Trésorier Général <strong>du</strong><br />

<strong>Royaume</strong> et M. christian VERGEz, chef<br />

de division à la Direction Publique et <strong>du</strong><br />

Développement Territorial à l’OcDE.<br />

Dans son discours inaugural, M. le<br />

Ministre a exposé la stratégie de l’Etat<br />

en matière de lutte contre la corruption<br />

et a rappelé les mesures prises par<br />

les pouvoirs <strong>publics</strong> dans ce cadre, à<br />

savoir :<br />

La promotion de l’intégrité dans<br />

la passation des marchés <strong>publics</strong><br />

Synthèse de la conférence régionale<br />

organisée en collaboration ente l’oCDe et la TGr<br />

La <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> royaume a organisé en partenariat avec l’organisation de Coopération et de<br />

Développement economiques (oCDe), une conférence régionale et un atelier d’échanges sur les bonnes<br />

pratiques pour la promotion de l’intégrité dans les marchés <strong>publics</strong> les 0 et 0 avril 2008 à rabat. au menu,<br />

les conclusions d’une étude d’apprentissage mutuel sur les mécanismes de prévention de la corruption<br />

dans la passation des marchés <strong>publics</strong> au maroc ainsi que des échanges et débats entre experts et<br />

responsables des pays et organisations internationales participants sur les bonnes pratiques en la matière<br />

et les mécanismes de promouvoir l’intégrité dans la gestion des marchés <strong>publics</strong><br />

M. Salahedine Mezouar, Ministre de l’Economie et des<br />

Finances et M. Saïd Ibrahimi, Trésorier Général <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong>.<br />

• La ratification par le Maroc de la<br />

convention des Nations Unies de lutte<br />

contre la corruption le 30 novembre<br />

2007 ;<br />

• La réforme de la réglementation<br />

régissant les marchés <strong>publics</strong> ;<br />

• L’institution de l’instance centrale de<br />

prévention de la corruption ;<br />

• Le renforcement <strong>du</strong> caractère répressif<br />

de la loi relative à la déclaration <strong>du</strong><br />

patrimoine ;<br />

• L’adoption, en 2007, de la loi relative<br />

à la lutte contre le blanchiment des<br />

capitaux.<br />

Après avoir souhaité la bienvenue<br />

à l’ensemble des participants, et en<br />

particulier, aux représentants des<br />

organisations internationales et<br />

des pays amis, M. Saïd IBRAHIMI,<br />

s’est déclaré persuadé que cette<br />

rencontre constituera une opportunité<br />

de partages et d’échanges sur les<br />

meilleures pratiques en matière<br />

de lutte contre la corruption dans la<br />

passation des marchés <strong>publics</strong> et sur<br />

la gouvernance publique qui constitue<br />

le principal défi à relever par les pays<br />

de la région. ceci d’autant plus que<br />

l’étude d’apprentissage qui constituera<br />

le tremplin des débats a été le fruit<br />

d’échanges intenses entre les experts<br />

OcDE issus d’horizons différents<br />

(France, canada et Etats Arabes Unis)<br />

et des experts marocains issus des<br />

services gestionnaires, des corps de<br />

contrôle mais aussi des associations<br />

professionnelles et de la société civile.<br />

M. christian VERGEz, a rappelé<br />

dans son intervention, que cette<br />

conférence régionale s’inscrit dans le<br />

cadre de l’initiative de l’ OcDE sur<br />

la bonne gouvernance à l’appui <strong>du</strong><br />

développement des pays arabes. Elle<br />

vise, à la fois, à disséminer le savoir<br />

faire, les expériences et les bonnes<br />

pratiques pour le renforcement de<br />

l’intégrité dans les marchés <strong>publics</strong>. Le<br />

point de départ des échanges atten<strong>du</strong>s<br />

étant l’expérience pilote qu’est l’étude<br />

d’Apprentissage Mutuel sur l’intégrité<br />

des marchés <strong>publics</strong> au Maroc, étude<br />

innovatrice de création et de partage<br />

des connaissances entre les experts<br />

qui ont participé à son élaboration.<br />

Les travaux de la conférence se sont<br />

déroulés en quatre séances centrés<br />

sur les thématiques suivantes :<br />

• La présentation et la discussion de<br />

l’Etude d’Apprentissage Mutuel sur


l’intégrité des marchés <strong>publics</strong> au Maroc<br />

et l’approche méthodologique adoptée<br />

par l’OcDE pour sa réalisation ;<br />

• Le degré adéquat de la transparence<br />

et des exigences de l’efficience en<br />

matière d’exécution des marchés<br />

<strong>publics</strong> ;<br />

• La responsabilité des gestionnaires<br />

des marchés <strong>publics</strong>, des corps de<br />

contrôle et <strong>du</strong> dispositif de recours ;<br />

• Le rôle des nouvelles technologies<br />

dans la promotion de l’intégrité dans la<br />

passation des marchés <strong>publics</strong>.<br />

1. Présidée par M. Mounkid Mestassi,<br />

Secrétaire Général <strong>du</strong> Ministère de<br />

Affaires économiques et <strong>Générale</strong>s,<br />

la première séance a été consacrée<br />

à la discussion de l’étude et à la<br />

méthodologie de son élaboration.<br />

Dans ce cadre, M. Ahmed BOURISS,<br />

Directeur de la Réglementation<br />

et Normalisation comptable et<br />

principal interlocuteur des experts de<br />

l’OcDE pour l’élaboration de l’étude<br />

d’apprentissage, a présenté dans<br />

son intervention les constats, les<br />

conclusions et les recommandations de<br />

ladite étude. Il ressort de cette étude<br />

que le Maroc a réalisé des avancées<br />

importantes dans la consolidation des<br />

principes favorables à la promotion<br />

de l’intégrité dans la passation des<br />

marchés <strong>publics</strong> (transparence, libre jeu<br />

de la concurrence, moralisation, voies<br />

de recours). Néanmoins, le rapport<br />

relève, également, des insuffisances<br />

et identifie des pistes de progrès pour<br />

les réformes à venir notamment en<br />

termes de renforcement <strong>du</strong> système de<br />

recours, d’amélioration des capacités<br />

de gestion, de professionnalisation <strong>du</strong><br />

métier d’acheteur public, de coordination<br />

des organes de contrôle et d’audit et<br />

d’extension de la dématérialisation des<br />

procé<strong>du</strong>res de passation.<br />

Mme Elodie BETH, administrateur à la<br />

Direction de la Gouvernance Publique<br />

et <strong>du</strong> Développement Territorial<br />

à l’OcDE et chef de l’équipe des<br />

experts a exposé, pour sa part, la<br />

méthodologie et le cadre analytique<br />

qui ont présidé à l’élaboration de<br />

l’étude d’apprentissage. cette dernière<br />

met en lumière les progrès réalisés<br />

dans le pays concerné, procède à un<br />

diagnostic des forces et des faiblesses<br />

de son système et propose des actions<br />

d’amélioration pour les décideurs. Elle<br />

permet le partage d’expériences, de<br />

difficultés et de solutions ainsi que<br />

la dissémination <strong>du</strong> savoir aux autres<br />

pays de la région.<br />

2. Lors de la 2 ème séance, les échanges<br />

ont porté sur le degré adéquat de<br />

transparence pour assurer l’intégrité<br />

dans le cycle de passation des marchés<br />

<strong>publics</strong>. A l’appui, quatre exposés ont<br />

été présentés.<br />

Le premier a été présenté par<br />

M. Egal NOOR au nom de la Banque<br />

Africaine de Développement. Il a<br />

exposé les conditions de financement<br />

des projets de développement et<br />

les mécanismes mis en œuvre pour<br />

s’assurer que les fonds sont utilisés<br />

conformément à leur objet ainsi que les<br />

procé<strong>du</strong>res de suivi et d’évaluation de<br />

l’exécution des projets.<br />

M. Khaled JOHMANI, Directeur Général<br />

de la commission Supérieure des<br />

<strong>Marchés</strong> en Tunisie est intervenu pour<br />

exposer les principales dispositions<br />

réglementaires favorables à la<br />

transparence et les garanties offertes<br />

aux concurrents quant à l’égalité<br />

d’accès à la commande publique dans<br />

son pays.<br />

M. Serge MAUREL, en partant<br />

de l’expérience française, s’est<br />

attaché à analyser le principe de la<br />

transparence des procé<strong>du</strong>res, les<br />

difficultés à en garantir le respect<br />

et les bonnes pratiques<br />

et dispositions susceptibles de prévenir<br />

les dérapages ;<br />

M. A. A. SEzGIN a exposé les principales<br />

dispositions de la réglementation<br />

régissant le principe de la transparence<br />

des procé<strong>du</strong>res de passation des<br />

marchés et les pratiques de prévention<br />

de la corruption en Turquie.<br />

3. La 3 ème séance s’est focalisée sur<br />

les responsabilités des gestionnaires<br />

des marchés <strong>publics</strong>, les contrôles<br />

et les mécanismes de recours.<br />

cette séance a été marqué par<br />

l’intervention de M. Abdellah SARHANE,<br />

premier vice-président de la cour des<br />

comptes et les commentaires des<br />

représentants de Jordanie, d’Espagne<br />

et <strong>du</strong> canada qui ont, chemin faisant,<br />

fait état des expériences de leurs pays<br />

respectifs en la matière.<br />

M. SARHANE a mis en évidence le rôle<br />

dévolu à la cour des comptes dans<br />

le dispositif de contrôle au Maroc et<br />

les évolutions que cette institution a<br />

connues. Il a souligné, en particulier,<br />

l’éten<strong>du</strong>e de ses prérogatives en<br />

matière de contrôle qui va au-delà de la<br />

régularité pour porter sur la matérialité,<br />

la performance et la qualité des<br />

prestations . Il a, également, énuméré<br />

les risques liés à la passation et à<br />

l’exécution des marchés <strong>publics</strong>.<br />

4. Lors de la 4ème séance, les débats<br />

ont porté sur le rôle des nouvelles<br />

technologies dans la passation des<br />

marchés.<br />

M me caroline NIcKOLAS de la<br />

commission des Nations Unies pour<br />

le Droit commercial International<br />

a souligné l’importance de la<br />

dématérialisation des procé<strong>du</strong>res<br />

(soumissions et enchères électroniques)<br />

en tant qu’outil fondamental de<br />

consolidation de la transparence et<br />

de renforcement de l’intégrité dans les<br />

marchés <strong>publics</strong>.<br />

M. Saïd Ibrahimi et M. christian Vergez, chef de division à la Direction Publique et <strong>du</strong> Développement Territorial à l’OcDE<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 1


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

1<br />

Dans leur intervention, Mme Nevine<br />

GAMAL, chargée de mission (Egypte),<br />

M. Youssef SAAD, expert confirmé des<br />

marchés <strong>publics</strong> <strong>du</strong> bureau <strong>du</strong> Ministre<br />

d’état pour la réforme administrative<br />

(OMSAR (4) , Liban) et M. Saad ALAOUI,<br />

chargé <strong>du</strong> projet GID à la TGR (Maroc),<br />

ont présenté les expériences de leurs<br />

pays respectifs en la matière et les<br />

programmes de dématérialisation<br />

de la commande publique que leurs<br />

pays entendent mener à leur terme,<br />

dans le cadre de la modernisation de<br />

l’intervention publique et de la lutte<br />

contre la corruption.<br />

Il est à souligner que les quatre<br />

thèmes ont fait l’objet chacun, d’une<br />

intervention intro<strong>du</strong>ctive faite par<br />

un haut responsable de l’un des<br />

pays participants, de commentaires<br />

d’experts et de discussions<br />

et d’échanges sur les meilleures<br />

pratiques, qui ont ici ou là, démontré<br />

leur efficacité dans la lutte contre<br />

la corruption dans la passation des<br />

marchés <strong>publics</strong>.<br />

La séance de clôture de la journée<br />

présidée par MM. VERGEz et BOURISS<br />

a été marquée par la présentation<br />

des principales conclusions<br />

et recommandations de la journée.<br />

aTeLieR Des eChanGes<br />

L’atelier, dédié à l’échange des bonnes<br />

pratiques pour le renforcement de<br />

l’intégrité dans les marchés <strong>publics</strong>,<br />

s’est tenu le lendemain de la<br />

conférence. Réunissant les experts des<br />

organisations internationales et des<br />

pays participants, il a donné lieu à des<br />

débats et des échanges approfondis<br />

sur la nature des risques qui menacent<br />

l’intégrité des marchés <strong>publics</strong> et des<br />

pratiques et procé<strong>du</strong>res susceptibles<br />

de les prévenir. Les thèmes abordés ont<br />

été les suivants :<br />

• L’identification des zones vulnérables<br />

à la corruption dans la passation des<br />

marchés <strong>publics</strong> et les mesures de<br />

prévention appropriées ;<br />

• La professionnalisation <strong>du</strong> métier<br />

d’acheteur public et le renforcement des<br />

capacités des services gestionnaires<br />

en charge de la gestion des marchés<br />

<strong>publics</strong> comme mesure de consolidation<br />

de l’intégrité ;<br />

• Les systèmes de recours appropriés<br />

pour le renforcement de la confiance<br />

des fournisseurs et la consolidation<br />

de la concurrence pour une gestion<br />

optimale des ressources publiques.<br />

ReCoMManDaTions<br />

A l’issue de ces deux journées<br />

d’échanges et de débats sur les<br />

pratiques et les procé<strong>du</strong>res de promotion<br />

de l’intégrité dans les marchés, des<br />

recommandations et des conclusions<br />

essentielles ont été recueillies<br />

l’unanimité des participants. On en<br />

citera, notamment, les suivantes :<br />

• La corruption dans les marchés <strong>publics</strong><br />

est un phénomène auquel tous les pays<br />

sont confrontés. Elle peut causer de<br />

graves préjudices au plan économique,<br />

social et politique si elle n’est pas<br />

combattue efficacement ;<br />

• Toutes les phases des marchés sont<br />

exposées aux risques de corruption<br />

(détermination des besoins, attribution,<br />

exécution et paiement)<br />

• La ré<strong>du</strong>ction des risques de<br />

corruption suppose un dispositif<br />

juridique sous-ten<strong>du</strong> par les principes<br />

Participants marocains et experts étrangers à la conférence régionale.<br />

de la transparence, le libre jeu de<br />

la concurrence, la liberté d’accès à<br />

la commande publique, des pratiques<br />

garantissant le respect effectif de ces<br />

principes et la distinction au sein des<br />

services gestionnaires des autorités<br />

chargés d’engager le marché et celles<br />

en charge de son approbation ;<br />

• L’existence de système de contrôle<br />

interne efficace pour le suivi de la<br />

qualité de gestion des marchés<br />

et des organes de contrôle externe<br />

soumettant ces marchés à des audits<br />

systématiques et assortis des sanctions<br />

requises pour toute fraude constatée<br />

sont une condition fondamentale dans<br />

toute stratégie de prévention de la<br />

corruption ;<br />

• L’existence d’un système de<br />

recours indépendant et crédible pour<br />

l’instruction des plaintes constitue une<br />

condition essentielle de promotion de<br />

l’intégrité ;<br />

• La professionnalisation <strong>du</strong> métier<br />

d’acheteur public est un facteur<br />

important d’amélioration de la qualité<br />

de passation des marchés, notamment,<br />

au niveau de la détermination des<br />

besoins, des spécifications des marchés<br />

et <strong>du</strong> suivi de leur réalisation ;<br />

• La normalisation des documents de<br />

soumission des offres et la simplification<br />

des procé<strong>du</strong>res ont été souvent citées<br />

parmi les conditions de ré<strong>du</strong>ction des<br />

marges de la fraude ;<br />

• La dématérialisation des procé<strong>du</strong>res<br />

de passation des marchés (information<br />

électronique des concurrents,<br />

soumission électronique des offres,<br />

enchères électroniques inversées,<br />

centrales d’achats) constitue un<br />

levier porteur dans la lutte contre la<br />

corruption.<br />

(1) BAD : Banque Africaine de Développement<br />

(2) CNUDCI : Commission des Nations Unies pour le<br />

Droit Commercial International<br />

(3) OMC : Organisation Mondiale <strong>du</strong> Commerce<br />

(4) OMSAR : Office of the Minister of State for<br />

Administrative Reform.


LES PUBLICATIONS DE LA TGR


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

16<br />

L’étude d’apprentissage Mutuel<br />

sur l’intégrité dans les marchés<br />

<strong>publics</strong> au Maroc<br />

cette étude est dite d’apprentissage<br />

mutuel parce qu’elle est le fruit de<br />

partage de connaissances et d’échange<br />

entre experts et praticiens marocains et<br />

étrangers venus d’horizons divers. Elle<br />

s’est assignée comme objectifs :<br />

d’analyser les progrès réalisés<br />

par le Maroc dans sa démarche de<br />

modernisation ;<br />

d’étudier le dispositif réglementaire de<br />

promotion de l’intégrité et sa mise en<br />

œuvre ;<br />

d’identifier les pistes d’amélioration<br />

des mécanismes de prévention de la<br />

corruption.<br />

Il est à préciser au préalable que<br />

l’intégrité dans les marchés <strong>publics</strong><br />

suppose que :<br />

• la prestation objet <strong>du</strong> marché répond à<br />

un besoin réel de l’entité contractante ;<br />

• Les fonds ont été affectés aux fins<br />

prévues ;<br />

• La procé<strong>du</strong>re d’attribution s’est<br />

déroulée dans la transparence ;<br />

• Le marché est exécuté conformément<br />

aux engagements contractuels.<br />

ConTexTe eT iMPeRaTiFs<br />

De La ReFoRMe De 2007<br />

La réforme de 2007 constitue une<br />

avancée majeure dans la réglementation<br />

des marchés <strong>publics</strong>.<br />

elle est intervenue dans un contexte<br />

marqué par :<br />

la volonté <strong>du</strong> Gouvernement de<br />

combattre la corruption et de promouvoir<br />

la transparence dans la gestion des<br />

affaires publiques ;<br />

la ratification par le Maroc de<br />

la convention des Nations Unies<br />

pour la lutte contre la corruption<br />

le 9-5-2007 ;<br />

la création de l’Instance centrale<br />

de Prévention de la corruption<br />

(décret publié au bulletin officiel<br />

<strong>du</strong> 2-4-2007) ;<br />

le renforcement <strong>du</strong> dispositif répressif<br />

de la loi relative à la déclaration <strong>du</strong><br />

patrimoine ;<br />

l’institution de «Diwan Al Madalim»<br />

médiateur dédié à la protection des<br />

droits des citoyens et à la diffusion de<br />

la culture <strong>du</strong> service public ;<br />

l’adoption par le Gouvernement d’un<br />

plan d’action pour la lutte contre la<br />

corruption.<br />

Cette réforme a été ren<strong>du</strong>e<br />

nécessaire en raison :<br />

des insuffisances et lacunes constatées<br />

à la lumière de l’application <strong>du</strong> décret<br />

de 1998 ;<br />

de la nécessité d’adapter la<br />

réglementation aux normes<br />

internationales et aux<br />

engagements de l’état vis-àvis<br />

de ses partenaires (ALE (1) , UE (2) ,<br />

BM, …) ;<br />

de la nécessité de mettre à niveau et<br />

de moderniser les outils de gestion de<br />

la dépense publique ;<br />

de la prise en compte des demandes<br />

et exigences <strong>du</strong> secteur privé et <strong>du</strong><br />

citoyen pour plus de transparence et<br />

un meilleur équilibre dans les relations<br />

administration / soumissionnaires.<br />

La réforme a été sous-ten<strong>du</strong>e<br />

par des principes favorables à la<br />

promotion de l’intégrité, tels :<br />

la transparence et l’égalité de<br />

traitement et d’accès des concurrents<br />

à la commande publique ;<br />

M. Ahmed BOURISS<br />

conseiller <strong>du</strong> Trésorier Général<br />

<strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> et Ex-Directeur<br />

de la Réglementation et de la<br />

Normalisation comptable à la TGR<br />

L’étude d’apprentissage mutuel (eam) s’inscrit dans le cadre de l’initiative sur la gouvernance à l’appui <strong>du</strong><br />

développement dans les pays arabes initiée par l’oCDe et de la politique <strong>du</strong> Gouvernement marocain en<br />

matière de lutte contre la corruption.<br />

le libre jeu de la concurrence ;<br />

la moralisation et prévention des<br />

pratiques de fraude et de corruption;<br />

l’institution de voies de recours<br />

et de règlement amiable des litiges.<br />

ReGLeMenTaTion<br />

FavoRabLe a La<br />

PRoMoTion De<br />

L’inTeGRiTe<br />

La réglementation issue de la réforme de<br />

2007 crée les conditions de promotion<br />

de l’intégrité. ceci dans la mesure où :<br />

La transparence des procé<strong>du</strong>res<br />

de passation des marchés a été<br />

renforcées par :<br />

• L’obligation faite au maître d’ouvrage<br />

de publier, sur le portail des marchés de<br />

l’état, le programme prévisionnel des<br />

marchés de l’année, les avis d’appel<br />

d’offres et leurs résultats, les extraits<br />

des procès verbaux d’ouverture des plis<br />

et les rapports d’achèvement ;<br />

• La mise à disposition gratuite<br />

des dossiers d’appel d’offres et la<br />

possibilité de téléchargement à partir<br />

<strong>du</strong> portail ;<br />

• L’obligation d’informer, tous les<br />

concurrents, de toute modification<br />

<strong>du</strong> dossier d’appel d’offres et de tout<br />

éclaircissement ou information donnée<br />

à un concurrent sur sa demande ;<br />

• L’obligation d’informer, le<br />

soumissionnaire retenu, de l’acceptation<br />

de son offre et les soumissionnaires<br />

éliminés, des motifs de leur éviction ;<br />

• La possibilité offerte aux concurrents<br />

de compléter leurs dossiers et de<br />

rectifier les discordances avant et après<br />

l’ouverture des plis.


Le recours à la concurrence<br />

est érigé en mode principal de<br />

passation des marchés. ainsi,<br />

• La procé<strong>du</strong>re de l’appel d’offres ouvert<br />

constitue la règle et les procé<strong>du</strong>res<br />

partiellement concurrentielles ou non<br />

concurrentielles, l’exception ;<br />

• Les procé<strong>du</strong>res partiellement<br />

concurrentielles ou non concurrentielles<br />

sont limitativement définies et leur<br />

mise en œuvre est soumise à des<br />

conditions rigoureuses.<br />

Des dispositions spécifiques<br />

limitent les risques de corruption.<br />

il en est ainsi de :<br />

• L’engagement des concurrents à ne pas<br />

recourir directement ou par personnes<br />

interposées à des pratiques de fraude<br />

ou de corruption. Tout manquement à<br />

cet engagement expose son auteur à<br />

l’exclusion temporaire ou définitive des<br />

marchés <strong>publics</strong> avec publication de<br />

cette exclusion sur le portail ;<br />

• L’obligation faite aux gestionnaires<br />

des marchés <strong>publics</strong> de s’interdire<br />

d’accepter tout don, avantage ou<br />

gratification susceptible d’influencer<br />

leur impartialité ;<br />

• L’audit systématique des marchés de<br />

montant supérieur à 5 MDH ;<br />

• L’archivage systématique des<br />

éléments à l’origine de l’élimination des<br />

concurrents pendant un délai minimum<br />

de 5 ans (pour contrôles éventuels).<br />

Des voies de recours sont prévues<br />

pour les concurrents insatisfaits.<br />

Tout concurrent qui constate un vice de<br />

procé<strong>du</strong>re ou qui conteste les motifs<br />

de son élimination peut intro<strong>du</strong>ire<br />

une réclamation auprès <strong>du</strong> maître<br />

d’ouvrage qui dispose de 7 jours pour se<br />

prononcer. En cas de non satisfaction, il<br />

peut intro<strong>du</strong>ire un recours auprès <strong>du</strong><br />

Ministre qui peut :<br />

• ordonner le redressement de<br />

l’anomalie constatée ;<br />

sous certaines conditions, suspendre<br />

la procé<strong>du</strong>re voire ordonner son<br />

annulation.<br />

Dans tous les cas, l’obligation est faite<br />

au maître d’ouvrage de motiver sa<br />

décision et de la porter à la connaissance<br />

de l’auteur de la réclamation.<br />

En cas de non satisfaction, une requête<br />

est intro<strong>du</strong>ite auprès de la commission<br />

des marchés via le Secrétariat Général<br />

<strong>du</strong> Gouvernement qui en assure la<br />

présidence. L’avis de la commission des<br />

marchés est communiqué au Premier<br />

Ministre et au Ministre concerné.<br />

Le principe <strong>du</strong> «double regard»<br />

à même de ré<strong>du</strong>ire les risques<br />

de corruption a été renforcé,<br />

notamment :<br />

• La soumission des dossiers d’appel<br />

d’offres à l’examen des membres<br />

de la commission d’appel d’offres<br />

préalablement à sa publication ;<br />

• Le contrôle de l’engagement des<br />

dépenses portant sur la régularité de la<br />

procé<strong>du</strong>re préalablement à l’exécution<br />

<strong>du</strong> marché ;<br />

• Le contrôle de la validité exercé par le<br />

comptable préalablement au paiement;<br />

• L’audit interne des marchés supérieurs<br />

à 5 MDH ;<br />

• Le contrôle a posteriori exercé par<br />

l’Inspection <strong>Générale</strong> des Finances et<br />

la cour des comptes portant sur la<br />

régularité, la matérialité et la qualité<br />

de gestion.<br />

La réforme <strong>du</strong> contrôle en cours<br />

permettra d’améliorer l’efficacité<br />

de la passation des marchés<br />

<strong>publics</strong>.<br />

ceci dans la mesure où, cette réforme<br />

qui vise l’allégement des contrôles<br />

a priori (engagement et paiement),<br />

permet une responsabilisation accrue<br />

des ordonnateurs et le recentrage sur la<br />

performance et le contrôle a posteriori.<br />

Les premières mesures prises,<br />

dans ce cadre, ont été la fusion<br />

cGED (3) -TGR, la création d’un pôle<br />

unifié de contrôle de la dépense<br />

et d’interlocuteur unique pour<br />

l’ordonnateur.<br />

Il est à préciser, toutefois, que la mise en<br />

œuvre de la réforme reste conditionnée<br />

par le renforcement des capacités de<br />

gestion des ordonnateurs.<br />

obseRvaTions eT PisTes<br />

D’aMeLioRaTion<br />

Parmi les principales observations<br />

émises, on en citera les plus<br />

importantes, notamment :<br />

• La portée limitée de nombre de<br />

dispositions <strong>du</strong> fait de l’absence de<br />

modalités de mise en œuvre. Il en est<br />

ainsi de l’article 90 qui fait obligation au<br />

maître d’ouvrage d’établir un rapport de<br />

présentation <strong>du</strong> projet de marché mais<br />

qui ne précise pas l’autorité à laquelle<br />

il doit être soumis ni l’exploitation qui<br />

peut en être faite.<br />

Il en est de même pour l’article 91<br />

qui fait obligation au maître d’ouvrage<br />

d’établir un rapport d’achèvement de<br />

l’exécution <strong>du</strong> marché à adresser à<br />

l’autorité compétente sans préciser<br />

l’usage que celle-ci doit en faire ;<br />

• Le fait que les ordonnateurs ne<br />

disposent pas de compétences<br />

techniques nécessaires à une gestion<br />

efficace des procé<strong>du</strong>res de passation<br />

de marchés <strong>publics</strong> surtout dans un<br />

contexte marqué par une évolution<br />

rapide de la réglementation, leur<br />

responsabilisation en matière de<br />

contrôle, la dématérialisation des<br />

procé<strong>du</strong>res et la recherche de l’efficacité<br />

et de la performance ;<br />

• La portée <strong>du</strong> mécanisme de recours<br />

forcément limitée en l’absence de délais<br />

précis d’instruction des requêtes de la<br />

part <strong>du</strong> Ministre et de la commission<br />

des marchés, et <strong>du</strong> caractère non liant<br />

de l’avis émis par la commission ;<br />

• L’insuffisance des moyens dédiés<br />

à la commission des marchés pour<br />

mener à bien ses attributions en<br />

matière d’arbitrage, d’instruction des<br />

réclamations et de propositions de<br />

réformes de la réglementation ;<br />

• L’absence de cohérence<br />

et d’harmonisation entre les<br />

réglementations applicables aux<br />

entités publiques (administrations,<br />

collectivités Locales et Etablissements<br />

et Entreprises Publics (EEP)) ;<br />

• Les phases relatives à la détermination<br />

des besoins et à l’exécution des<br />

marchés constituent des zones à risque<br />

<strong>du</strong> fait de l’absence <strong>du</strong> double regard<br />

et de la faible fréquence des contrôles<br />

de l’opportunité et de la matérialité des<br />

dépenses.<br />

ReCoMManDaTions<br />

Le rapport conclut à la nécessité de<br />

maintenir la dynamique de la réforme<br />

et de renforcer les mécanisme de<br />

prévention de la corruption. A cet effet, il<br />

recommande :<br />

de renforcer le professionnalisme des<br />

services ordonnateurs dans la gestion<br />

des marchés <strong>publics</strong> à travers le<br />

développement d’un «corpus» commun<br />

de connaissances et de compétences,<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 17


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

18<br />

la création de la fonction d’acheteur<br />

public dédiée à la planification, à la<br />

passation et à l’exécution des marchés<br />

et la mise enplace d’un système de<br />

certification des procé<strong>du</strong>res d’achats<br />

<strong>publics</strong> ;<br />

de renforcer l’efficacité <strong>du</strong> mécanisme<br />

de recours en accélérant la procé<strong>du</strong>re<br />

de recours par l’institution de la saisine<br />

directe de la commission des marchés,<br />

en rendant les avis de la commission des<br />

marchés liants pour les ordonnateurs et<br />

contestables par les seuls tribunaux et<br />

en renforçant les capacités humaines<br />

et budgétaires de la commission des<br />

marchés ;<br />

La TréSoreie GéNéraLe DU royaUme<br />

d’assurer une appropriation et une<br />

mise en œuvre harmonisée <strong>du</strong> décret<br />

de 2007 i) en intensifiant les actions<br />

de formation y compris en direction<br />

<strong>du</strong> secteur privé, ii) en poursuivant<br />

l’effort d’accompagnement <strong>du</strong>dit décret<br />

par la diffusion de notes explicatives,<br />

manuels et documents standardisés<br />

pour une interprétation et une mise en<br />

œuvre harmonisées de ses dispositions<br />

et iii) en l’appliquant à l’ensemble des<br />

entités publiques (administrations, cL<br />

et EEP) ;<br />

A travers les époques & les générations<br />

www.tgr.gov.ma<br />

(1) ALE : Accords de Libre Echange<br />

(2) UE : Union Européenne (3) CGED: Contrôle Général des Engagements des Dépenses<br />

(4) IGF : Inspection <strong>Générale</strong> des Finances<br />

(5) IGM : Inspection <strong>Générale</strong> des Ministères<br />

d’améliorer l’efficacité des contrôles<br />

par une meilleure coordination entre<br />

les corps de contrôle (IGF (4) , IGM (5) et<br />

cour des comptes), une amélioration<br />

de leurs capacités techniques en<br />

matière de détection des fraudes<br />

et des pratiques de corruption, une<br />

systématisation des audits à tous les<br />

marchés, le suivi des recommandations<br />

à travers des post-audits aléatoires,<br />

une dématérialisation coordonnée et<br />

progressive des procé<strong>du</strong>res et une mise<br />

en place à terme de la passation des<br />

marchés en ligne.


M. Abdelmjid BOUTAQBOUT<br />

chef de la Mission d’Expertise en<br />

matière des <strong>Marchés</strong> Publics<br />

La mise en place d’un pôle d’expertise des marchés Publics au sein de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> royaume<br />

s’inscrit dans le cadre de la volonté <strong>du</strong> ministère de l’économie et des finances de se doter d’une structure<br />

de réflexion et d’expertise à même de maintenir la dynamique enclenchée par la réforme de 2007. De par<br />

ses responsabilités en matière de contrôle et de l’expertise qu’elle recèle en particulier suite à la fusion<br />

avec le CeD, la TGr occupe une place de choix dans le dispositif de supervision et de gestion <strong>du</strong> système de<br />

passation et d’exécution des marchés <strong>publics</strong>. Cette place lui confère une responsabilité particulière dans<br />

la con<strong>du</strong>ite de la réforme pour plus de transparence, d’intégrité et d’efficacité de la dépense publique.<br />

Jusqu’en 2005, la Direction <strong>du</strong> contrôle<br />

Général des Engagements des Dépenses<br />

avait comme mission principale,<br />

outre le contrôle de régularité des<br />

dépenses dont les marchés <strong>publics</strong>,<br />

celle de coordonner et de con<strong>du</strong>ire les<br />

initiatives relatives à la réforme de la<br />

réglementation des marchés <strong>publics</strong>.<br />

Suite à la fusion avec la TGR, il est<br />

apparu nécessaire de mettre en place<br />

une structure pour prendre en charge<br />

cette importante attribution.c’est ainsi<br />

qu’il a été procédé à la création d’un<br />

pôle d’expertise dans les marchés<br />

<strong>publics</strong> au sein de la Direction de la<br />

Réglementation et de la Normalisation<br />

comptable.<br />

De par son positionnement dans<br />

le processus de l’exécution de la<br />

dépense publique et compte tenu de<br />

l’expertise de son corps de contrôle,<br />

la TGR peut jouer un rôle majeur dans<br />

la con<strong>du</strong>ite et la mise en œuvre des<br />

réformes nécessaires pour une gestion<br />

performante des marchés <strong>publics</strong> et<br />

elle entend faire de ce pôle d’expertise<br />

son instrument d’intervention.<br />

(MeMP), PouR une<br />

MeiLLeuRe CoheRenCe<br />

Des aCTions De<br />

ReFoRMe<br />

La Mission d’Expertise en matière de<br />

<strong>Marchés</strong> Publics (MEMP) se veut une<br />

force de proposition et un pôle de<br />

réflexion et d’animation de l’ensemble<br />

des actions de réforme et de<br />

modernisation <strong>du</strong> processus de gestion<br />

de la commande publique.<br />

De ce fait, elle est appelée à<br />

instituer des canaux de concertation<br />

vers le développement d’un pôle<br />

d’expertise en matière de marchés<br />

<strong>publics</strong><br />

et d’échanges avec les différents<br />

acteurs de la commande publique (les<br />

directions <strong>du</strong> Ministère de l’Economie<br />

et des Finances et la commission des<br />

marchés) et les organisations non<br />

gouvernementales de promotion de<br />

l’intégrité des marchés <strong>publics</strong>.<br />

A ce titre, elle devra, jouer le rôle<br />

d’interlocuteur de l’ensemble de ces<br />

acteurs intervenant dans le processus<br />

de l’achat public.<br />

La MEMP regroupe, désormais, les<br />

attributions qui étaient partagées entre<br />

plusieurs entités de la TGR, ce qui<br />

impactait la cohérence de l’ensemble<br />

des initiatives lancées en matière des<br />

marchés <strong>publics</strong>.<br />

Ainsi, les attributions de la MEMP<br />

telles que fixées par la décision <strong>du</strong><br />

Ministre de l’économie et des Finances<br />

<strong>du</strong> 28 juillet 2008, devront permettre à<br />

la TGR de contribuer à la modernisation<br />

de la gestion des achats <strong>publics</strong>, par<br />

le fait :<br />

• de proposer toute action de réforme et<br />

de modernisation des règles régissant<br />

les marchés <strong>publics</strong> ;<br />

d’initier toute proposition<br />

d’harmonisation des règles régissant la<br />

commande publique avec les normes et<br />

les standards internationaux ;<br />

• de participer à l’élaboration des<br />

documents visant la standardisation<br />

des outils de gestion des marchés<br />

<strong>publics</strong> ;<br />

• de représenter la TGR au sein de la<br />

commission des marchés ;<br />

• de contribuer au développement et à<br />

la mise en œuvre des mécanismes de<br />

règlement amiable des litiges liés aux<br />

marchés <strong>publics</strong> ;<br />

• de participer au développement des<br />

outils de bonne gouvernance et de lutte<br />

contre la corruption dans le domaine<br />

des marchés <strong>publics</strong> ;<br />

• d’entreprendre toute étude et analyse<br />

réglementaires, économiques et<br />

techniques relative à la gestion des<br />

marchés <strong>publics</strong> ;<br />

• de superviser et de coordonner<br />

la politique gouvernementale<br />

de dématérialisation des achats<br />

<strong>publics</strong> ;<br />

• d’assurer la gestion <strong>du</strong> volet<br />

fonctionnel <strong>du</strong> Portail Marocain des<br />

<strong>Marchés</strong> Publics ;<br />

• de suivre et de coordonner la mise en<br />

œuvre des engagements <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong>,<br />

en matière de marchés <strong>publics</strong>, pris<br />

dans le cadre d’accords internationaux<br />

(accords d’association, accords de libre<br />

échange, …) ;<br />

• de développer les relations <strong>du</strong><br />

<strong>Royaume</strong> avec les bailleurs de fonds<br />

et autres organismes internationaux en<br />

matière de marchés <strong>publics</strong> ;<br />

• de proposer toute mesure de<br />

modernisation et de perfectionnement<br />

des services chargés de la gestion de<br />

la commande publique ;<br />

• de participer et coordonner toute<br />

action de formation dans le domaine<br />

des marchés <strong>publics</strong> en concertation<br />

avec les administrations concernées;<br />

• de développer l’information budgétaire<br />

et comptable sur les marchés <strong>publics</strong><br />

en prévision de la mise en place de<br />

l’observatoire national de la commande<br />

publique.<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 19


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

20<br />

oRGanisaTion eT<br />

RessouRCes<br />

Pour la réalisation des ces objectifs,<br />

la Mission d’Expertise des <strong>Marchés</strong><br />

Publics a organisé son intervention<br />

autour de quatre axes fondamentaux,<br />

à savoir :<br />

la veille juridique et technique;<br />

• la normalisation, les études et la<br />

synthèse ;<br />

• la dématérialisation de la commande<br />

publique ;<br />

• le partenariat et la coopération en<br />

matière des marchés <strong>publics</strong>.<br />

Il s’agit d’une organisation souple qui<br />

permet de dégager une dynamique<br />

d’équipe et une pro<strong>du</strong>ction de qualité<br />

et non une organisation classique<br />

sous forme de services, source parfois<br />

d’anachronismes et de lourdeurs.<br />

une FeuiLLe De RouTe<br />

a La hauTeuR Des<br />

aMbiTions<br />

Dans le cadre de la réalisation de ses<br />

missions, la MEMP s’est fixée un plan<br />

d’action à court terme qui permettra,<br />

dans un premier temps, d’initier les<br />

projets jugés prioritaires au regard des<br />

attentes des acteurs de la commande<br />

publique.<br />

Il s’agit, d’abord, de l’élaboration :<br />

• <strong>du</strong> projet de ccAG services qui<br />

reprend le ccAG Etudes et maîtrise<br />

d’œuvre en vigueur, tout en l’étendant<br />

aux prestations des services autres que<br />

les études ;<br />

• <strong>du</strong> ccAG fournitures qui reste depuis<br />

longtemps la faille <strong>du</strong> système juridique<br />

des marchés <strong>publics</strong> au Maroc ;<br />

• de l’amendement de certaines<br />

dispositions <strong>du</strong> décret <strong>du</strong> 5 février 2007<br />

relatif à la passation des marchés de<br />

l’Etat en vue de parer aux problèmes<br />

que pose leur mise en œuvre ;<br />

• des guides d’élaboration des cPS des<br />

marchés de travaux, de fournitures et<br />

de services ;<br />

• des guides d’élaboration des<br />

règlements de consultation des<br />

marchés de travaux, de fournitures et<br />

de services.<br />

Par ailleurs, la MEMP qui a, en charge,<br />

la gestion fonctionnelle <strong>du</strong> Portail<br />

Marocain des <strong>Marchés</strong> Publics et<br />

de la supervision <strong>du</strong> programme de<br />

dématérialisation, a donné la priorité<br />

à la stabilisation <strong>du</strong> portail et à sa<br />

disponibilité.<br />

En outre, elle s’est engagée à<br />

assurer la mise à jour et<br />

l’actualisation des textes réglementaires<br />

publiés sur le PMMP.<br />

De même, des actions de sensibilisation<br />

et de formation sont prévues, au profit<br />

des services utilisateurs <strong>du</strong> maître<br />

d’ouvrage en en vue d’une meilleure<br />

utilisation <strong>du</strong> Portail en tant que vecteur<br />

d’information des concurrents.<br />

cette sensibilisation devra se faire, en<br />

concertation, respectivement, avec les<br />

trésoriers ministériels pour les services<br />

ordonnateurs et avec les directeurs<br />

régionaux et les trésoriers provinciaux<br />

pour les services sous ordonnateurs.<br />

ces trésoriers devront jouer le rôle de<br />

relais et permettre un bon encadrement<br />

des services utilisateurs <strong>du</strong> Portail<br />

Marocain des <strong>Marchés</strong> Publics.


Lahsen OUSSALEM<br />

chef <strong>du</strong> Service des études<br />

Juridiques<br />

Abdeljaouad AL AABQARY<br />

cadre au Service des études<br />

Juridiques<br />

Limites <strong>du</strong> système actuel et perspectives de réforme<br />

mis en place depuis plus de cinq décennies, le régime de nantissement des marchés <strong>publics</strong> répond de<br />

moins en moins aux exigences de l’évolution de l’environnement et des mutations provoquées par les<br />

Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication. Si l’objectif premier assigné audit régime<br />

était de permettre aux organismes intervenant dans le financement des marchés <strong>publics</strong> d’apporter leur<br />

concours, dans des conditions satisfaisantes, aux titulaires des commandes publiques, force est de<br />

constater aujourd’hui que ce système ne permet plus de garantir l’efficacité requise pour faciliter l’accès<br />

des entreprises, notamment les Petites et moyennes entreprises (Pme), au financement de ces marchés.<br />

D’où, la nécessité d’une refonte en profondeur <strong>du</strong> régime de nantissement des marchés <strong>publics</strong>, à même<br />

de répondre aux attentes légitimes tant de l’administration que des titulaires des commandes publiques et<br />

des organismes intervenant dans le financement des marchés <strong>publics</strong>.<br />

Les entreprises titulaires de marchés<br />

<strong>publics</strong> sont assez souvent confrontées<br />

à la difficulté de mobilisation des<br />

fonds nécessaires à l’exécution des<br />

commandes des organismes <strong>publics</strong>,<br />

difficultés généralement aggravées par<br />

le manque de fonds propres et par<br />

des chantiers s’étalant sur de longues<br />

périodes.<br />

A cet effet et pour faire face à ce genre<br />

de difficultés, le législateur a prévu,<br />

entre autres modes de financement des<br />

marchés <strong>publics</strong>, la possibilité pour les<br />

entreprises de recourir au mécanisme<br />

de nantissement.<br />

Le nantissement des marchés <strong>publics</strong><br />

s’entend de l’acte par lequel le débiteur,<br />

en l’occurrence le titulaire <strong>du</strong> marché,<br />

affecte sa créance provenant de<br />

l’exécution <strong>du</strong>dit marché à la garantie<br />

d’une obligation contractée à l’égard<br />

d’un tiers, le créancier nanti, et confère<br />

à celui-ci le droit de se payer sur cette<br />

créance par préférence à tous autres<br />

créanciers, sauf ceux bénéficiant d’un<br />

privilège primant celui <strong>du</strong> créancier<br />

nanti.<br />

Le régime de nantissement des<br />

marchés <strong>publics</strong> est, actuellement,<br />

régi par le dahir <strong>du</strong> 28 août 1948,<br />

qui reprend les règles fondamentales<br />

édictées en cette matière par le droit<br />

commun. Le régime adapte lesdites<br />

règles au domaine des créances sur les<br />

marchés <strong>publics</strong> notamment en termes<br />

de champ d’application, d’obligations<br />

de l’administration contractante,<br />

de procé<strong>du</strong>res de nantissement et<br />

Le régime de nantissement<br />

des marchés <strong>publics</strong><br />

d’effet <strong>du</strong> privilège conféré par le<br />

nantissement.<br />

LiMiTes Du ReGiMe De<br />

nanTisseMenT Des<br />

MaRChes PubLiCs<br />

il est vrai que l’arsenal juridique<br />

régissant le nantissement des marchés<br />

<strong>publics</strong> a permis pendant plus de cinq<br />

décennies et dans le cadre d’une<br />

sécurité juridique relativement bien<br />

assurée de contribuer au financement<br />

des entreprises titulaires de commandes<br />

publiques.<br />

Il n’en demeure pas moins cependant,<br />

que ledit dispositif juridique répond<br />

de moins en moins aux attentes des<br />

entreprises de l’administration et des<br />

différents organismes intervenant par le<br />

biais <strong>du</strong> nantissement, au financement<br />

de la commande publique.<br />

En effet, ledit dispositif n’apporte<br />

plus le niveau de garantie requis<br />

pour la sécurisation des organismes<br />

intervenant dans le financement des<br />

marchés <strong>publics</strong> comparativement à<br />

l’évolution substantielle ayant marqué<br />

le volume et les masses financières<br />

gérés dans le cadre de la commande<br />

publique.<br />

De même, le dispositif de mise en<br />

œuvre des attestations des droits<br />

constatés prévu par le dahir <strong>du</strong> 28<br />

août 1948 sur le nantissement des<br />

marchés <strong>publics</strong> se révèle de plus en<br />

plus non suffisamment sécurisé, <strong>du</strong><br />

fait de la remise en cause récurrente<br />

par certains maîtres d’ouvrages de la<br />

valeur juridique des attestations des<br />

droits constatés, en tant que titre légal<br />

de créances.<br />

Par ailleurs, l’ancienneté des<br />

dispositions régissant ce mécanisme<br />

de financement des marchés <strong>publics</strong><br />

rend ce dispositif peu en phase avec les<br />

évolutions ayant marqué le processus<br />

d’achat public et le droit des affaires.<br />

ce sont là les principaux postulats<br />

ayant présidé à la nécessité de refonte<br />

<strong>du</strong>dit dispositif, dans le sens d’une<br />

véritable redynamisation <strong>du</strong> processus<br />

de financement de la commande<br />

publique par le biais <strong>du</strong> mécanisme<br />

de nantissement des créances sur les<br />

marchés <strong>publics</strong>.<br />

eConoMie De La<br />

ReFoRMe<br />

La réforme <strong>du</strong> système de nantissement<br />

des marchés <strong>publics</strong> a été menée selon<br />

deux axes principaux, à savoir :<br />

• la refonte <strong>du</strong> dispositif juridique<br />

régissant le mécanisme de<br />

nantissement des marchés<br />

<strong>publics</strong> ;<br />

• la restructuration de la caisse<br />

Marocaine des <strong>Marchés</strong> (cMM) pour<br />

une meilleure contribution de ladite<br />

institution en matière de financement<br />

de la commande publique.<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 21


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

22<br />

Refonte de la loi régissant le<br />

nantissement des marchés <strong>publics</strong><br />

La réforme <strong>du</strong> dispositif juridique<br />

régissant le nantissement des marchés<br />

<strong>publics</strong> répond, d’abord, à un souci<br />

de modernisation, d’actualisation<br />

et d’adaptation <strong>du</strong>dit régime aux<br />

mutations profondes ayant marqué<br />

l’environnement de l’administration et<br />

de l’entreprise.<br />

cette réforme vise, ensuite, à<br />

consolider le processus des réformes<br />

engagées en matière de rénovation et<br />

de modernisation de l’arsenal juridique<br />

régissant la commande publique.<br />

Elle tend également à redynamiser<br />

l’activité de financement des marchés<br />

<strong>publics</strong> et à faciliter davantage l’accès<br />

des Petites et Moyennes Entreprises au<br />

financement bancaire de la commande<br />

publique.<br />

Elle a, enfin, pour vocation de<br />

renforcer davantage la sécurisation<br />

des procé<strong>du</strong>res d’exécution des actes<br />

se rapportant au nantissement des<br />

marchés <strong>publics</strong>.<br />

Les principales innovations intro<strong>du</strong>ites<br />

au niveau <strong>du</strong> projet de loi sur le<br />

nantissement des marchés <strong>publics</strong><br />

adopté par le conseil des Ministres <strong>du</strong><br />

20 octobre 2008 se rapportent aux axes<br />

suivants :<br />

Réhabilitation de la valeur juridique<br />

des droits constatés<br />

L’une des difficultés majeure rencontrée<br />

au niveau <strong>du</strong> dispositif actuel de<br />

nantissement des marchés <strong>publics</strong><br />

réside dans la remise en cause de la<br />

valeur juridique des attestations des<br />

droits constatés comme titre légal de<br />

créance à faire valoir par le créancier<br />

nanti.<br />

A ce titre, le projet de texte vise à<br />

réhabiliter la valeur juridique desdites<br />

attestations à travers notamment :<br />

la suppression de la possibilité de ne<br />

pas engager l’administration à raison<br />

des actes communiqués au créancier<br />

nanti, telle l’évaluation des travaux<br />

effectués ;<br />

la responsabilisation <strong>du</strong> maître<br />

d’ouvrage sur l’ensemble des documents<br />

ou actes communiqués au créancier<br />

nanti et la possibilité pour celui-ci de<br />

faire prévaloir ses droits sur la base des<br />

actes qui lui ont été communiqués ;<br />

la précision que les actes communiqués<br />

au créancier nanti sont établis sous la<br />

responsabilité intégrale et exclusive<br />

<strong>du</strong> maître d’ouvrage, in<strong>du</strong>isant ainsi<br />

une responsabilisation plus accrue de<br />

celui-ci, en matière d’établissement et<br />

de contrôle des attestations des droits<br />

constatés au profit <strong>du</strong> créancier nanti.<br />

Renforcement <strong>du</strong> droit à<br />

l’information <strong>du</strong> créancier nanti<br />

Tout en sauvegardant les droits <strong>du</strong><br />

maître d’ouvrage et <strong>du</strong> titulaire de la<br />

commande publique, le projet de loi sur<br />

le nantissement des marchés <strong>publics</strong><br />

a intro<strong>du</strong>it des innovations visant le<br />

renforcement <strong>du</strong> droit à l’information<br />

pour le créancier nanti.<br />

Ainsi, le projet de texte prévoit<br />

désormais, que le créancier nanti<br />

peut, au même titre que le titulaire <strong>du</strong><br />

marché, requérir <strong>du</strong> maître d’ouvrage<br />

au cours de l’exécution <strong>du</strong> marché,<br />

la communication d’un état sommaire<br />

des travaux, fournitures ou services<br />

effectués ou d’une attestation des<br />

droits constatés.<br />

Le droit de communication et<br />

d’information <strong>du</strong> créancier nanti a<br />

également été éten<strong>du</strong> aux avances<br />

consenties par l’administration au<br />

titulaire <strong>du</strong> marché au même titre que<br />

les acomptes mis en paiement.<br />

Le droit d’information <strong>du</strong> créancier nanti<br />

a, en outre, été renforcé par l’intro<strong>du</strong>ction<br />

de la possibilité de requérir <strong>du</strong> maître<br />

d’ouvrage la communication de tout<br />

acte susceptible de compromettre la<br />

réalisation <strong>du</strong> marché nanti, tels que la<br />

résiliation, la faillite et le redressement<br />

judiciaire… etc.<br />

sécurisation des circuits<br />

d’exécution des actes de<br />

nantissement<br />

Au niveau de cet axe, les principales<br />

innovations concernent :<br />

la précision que les documents requis<br />

par le créancier nanti au titre des droits<br />

constatés sont transmis directement<br />

par le maître d’ouvrage au créancier<br />

nanti, évitant le passage par le titulaire<br />

<strong>du</strong> marché qui en reçoit pour sa part,<br />

une copie desdits documents.<br />

cette mesure est de nature à remédier<br />

aux difficultés rencontrées assez<br />

souvent par les créanciers nantis en<br />

matière de sécurité de la procé<strong>du</strong>re de<br />

notification des actes au vu desquels ils<br />

peuvent faire prévaloir leurs droits.<br />

le renforcement de la sécurité <strong>du</strong> mode<br />

de notification des attestations de droits<br />

constatés par la précision que cette<br />

notification doit intervenir par lettre<br />

recommandée, avec accusé de réception,<br />

permettant de la sorte au créancier nanti<br />

d’avoir la certitude de recevoir les actes<br />

lui permettant de mettre en avant ses<br />

droits.<br />

simplification et modernisation<br />

des procé<strong>du</strong>res de notification des<br />

actes liés au nantissement des<br />

marchés <strong>publics</strong><br />

A ce niveau, le projet de réforme<br />

vise à intro<strong>du</strong>ire, davantage,<br />

de la souplesse et de la flexibilité<br />

dans le processus d’exécution<br />

et de communication des actes liés<br />

au nantissement des marchés <strong>publics</strong>,<br />

tout en sauvegardant l’effet in<strong>du</strong>it par<br />

lesdits actes tant vis-à-vis <strong>du</strong> maître<br />

d’ouvrage, que de l’entreprise titulaire<br />

<strong>du</strong> marché et <strong>du</strong> créancier nanti.<br />

Ainsi, le projet de texte prévoit la<br />

possibilité de notification des actes<br />

liés au nantissement des marchés<br />

<strong>publics</strong> par tout moyen permettant<br />

de donner date certaine. Il assure<br />

une diversification des modes de<br />

notification tout en garantissant l’effet,<br />

avec une ouverture sur les possibilités<br />

d’intégration des technologies de<br />

l’information et de la communication en<br />

matière de notification desdits actes.<br />

De même, le projet de texte a institué<br />

l’automaticité de transmission aux<br />

bénéficiaires des nantissements<br />

sur marchés <strong>publics</strong>, de tout acte<br />

ou incident susceptibles d’en<br />

compromettre la réalisation,<br />

et partant, d’impacter les droits des<br />

créanciers nantis.<br />

Par ailleurs, le projet de texte a<br />

consacré le principe de continuité des<br />

effets de l’acte de nantissement même<br />

en cas de changement <strong>du</strong> comptable<br />

assignataire de la dépense, évitant ainsi<br />

les situations de blocage inhérentes au<br />

simple changement <strong>du</strong> comptable et<br />

les effets in<strong>du</strong>its pour les droits <strong>du</strong><br />

créancier nanti.


Restructuration de la Caisse<br />

Marocaine des <strong>Marchés</strong> (CMM)<br />

Depuis sa création en 1950, la caisse<br />

marocaine des marchés intervient au<br />

même titre que les établissements de<br />

crédits au financement des entreprises<br />

titulaires de marchés <strong>publics</strong>.<br />

A cet effet et en vue de mieux asseoir sa<br />

place en tant que principal intervenant<br />

dans le système de financement de la<br />

commande publique et de renforcer<br />

ses capacités d’intervention financière<br />

en faveur des entreprises titulaires de<br />

marchés <strong>publics</strong>, la cMM a mis en<br />

place un plan de restauration de ses<br />

équilibres financiers.<br />

ce plan de restructuration a été<br />

concrétisé par une recapitalisation<br />

de ladite institution à hauteur de 70<br />

millions de dirhams et surtout, par la<br />

mise en place, par les pouvoirs <strong>publics</strong>,<br />

d’un fonds de garantie de 100 millions<br />

de dirhams dédié au financement des<br />

entreprises titulaires des marchés<br />

<strong>publics</strong>.<br />

Le financement de ce fonds est assuré,<br />

à parts égales, par la caisse de Dépôt<br />

et de Gestion (cDG) et les banques. La<br />

gestion des concours assortis de ce<br />

fonds est assurée par la cMM. cette<br />

gestion a, d’ailleurs, été consacrée lors<br />

de la convention signée le 24 mars<br />

2006 entre le Ministère des Finances et<br />

les banques.<br />

Les actions de restructuration de la<br />

caisse Marocaine des <strong>Marchés</strong><br />

visent, surtout, à faciliter l’accès audit<br />

financement aux Petites et Moyennes<br />

Entreprises, qui éprouvent beaucoup de<br />

difficultés en matière de mobilisation<br />

des fonds nécessaires à l’exécution des<br />

marchés dont elles sont titulaires.<br />

En conclusion, la réforme <strong>du</strong> cadre<br />

juridique régissant le nantissement<br />

des marchés <strong>publics</strong> aurait pu aller<br />

beaucoup plus de l’avant, en préconisant<br />

une refonte globale de la garantie de<br />

base, permettant ainsi la possibilité<br />

de cession au profit des créanciers<br />

nantis des créances sur marchés avec<br />

plein effet et sans réserve, à l’instar<br />

<strong>du</strong> système français connu sous la<br />

dénomination de la ‘’Loi Dailly’’.<br />

ce pas, n’a pu pour le moment<br />

être franchi pour des raisons liées<br />

au chamboulement, qu’une telle<br />

préconisation aurait pu générer sur<br />

le système en vigueur en matière<br />

de privilèges. cela se serait tra<strong>du</strong>it,<br />

notamment, par l’abandon <strong>du</strong> privilège<br />

des frais de justice, celui des employés<br />

et enfin le privilège <strong>du</strong> trésor, qui<br />

priment, jusqu’à présent, le privilège<br />

des créanciers nantis.<br />

En outre, cette option demeure,<br />

également, problématique dans la<br />

mesure où il s’agit de cession sur des<br />

créances qui ne sont pas encore nées.<br />

cette cession poserait des problèmes<br />

en cas d’inexécution ou d’exécution<br />

partielle <strong>du</strong> marché.<br />

La finalité ultime d’un tel projet est de<br />

mettre à la disposition des partenaires<br />

intervenant dans le financement<br />

des marchés, un cadre approprié en<br />

phase avec les changements profonds<br />

ayant marqué l’environnement de<br />

l’administration et de l’entreprise<br />

et qui consacre en définitive,<br />

l’assouplissement des règles et des<br />

procé<strong>du</strong>res en matière de financement<br />

des marchés <strong>publics</strong>.<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 2


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

2<br />

Rachid Lahrech<br />

chef <strong>du</strong> Service de l’Arbitrage<br />

des collectivités Locales<br />

Eu égard à la complexité de gestion<br />

<strong>du</strong> service public à caractère in<strong>du</strong>striel<br />

et commercial et à la nécessité<br />

d’en améliorer la performance et le<br />

rendement, l’administration publique<br />

a, souvent, eu recours aux opérateurs<br />

privés en vue de prendre en charge<br />

ce genre des services <strong>publics</strong> dont<br />

la gestion nécessite des moyens<br />

techniques et financiers appropriés,<br />

faisant parfois défaut à la collectivité<br />

publique.<br />

Toutefois, cette gestion privée<br />

des services <strong>publics</strong> s’effectuait en<br />

l’absence d’un cadre juridique fixant<br />

la sphère d’intervention de l’initiative<br />

privée et les modes de gestion privée<br />

desdits services.<br />

En effet, la gestion déléguée <strong>du</strong> service<br />

public, était réalisée le plus souvent<br />

dans le cadre de contrats administratifs<br />

consacrant un partenariat public/privé,<br />

tout en soumettant l’activité à gérer à un<br />

régime dérogatoire de droit commun.<br />

Il a fallu attendre le début de l’année<br />

2006 pour qu’un cadre juridique de<br />

la gestion déléguée voie le jour avec<br />

l’adoption de la loi n° 54-05 relative à<br />

la gestion déléguée <strong>du</strong> service public.<br />

La loi susvisée, promulguée par le<br />

dahir n° 1-06-15 <strong>du</strong> 15 moharrem 1427<br />

(14 février 2006), constitue un jalon<br />

important dans l’arsenal juridique se<br />

rapportant à la gestion privée des<br />

services <strong>publics</strong>.<br />

ce nouveau dispositif légal sur la<br />

gestion déléguée des services <strong>publics</strong><br />

a, également, pour avantage de fournir<br />

un cadre général unifié et incitatif au<br />

développement des partenariats public/<br />

privé.<br />

ChaMP D’aPPLiCaTion<br />

De La Loi n° 54-05<br />

La gestion déléguée des<br />

services <strong>publics</strong><br />

vers un partenariat public/privé<br />

Ces dernières années, la gestion des services <strong>publics</strong> au maroc a subi des mutations <strong>du</strong>e à l’évolution de la<br />

situation socio-économique sous l’influence de plusieurs facteurs endogènes et exogènes. ainsi, le mode<br />

de gestion de ces services connaît, selon le cas, le recours à différentes formes permettant aux services<br />

<strong>publics</strong> concernés d’accomplir la tâche dévolue en vue de satisfaire les besoins des usagers devenus<br />

exigeants.<br />

En se référant à l’article 1 er de la loi,<br />

on relève que l’application de ladite<br />

loi se limite aux contrats de gestion<br />

déléguée des services et d’ouvrages<br />

<strong>publics</strong> passés par les collectivités<br />

Locales ou leurs groupements et par<br />

les établissements <strong>publics</strong>.<br />

Il ressort donc, que les dispositions de<br />

la loi n° 54-05 excluent de leur champ<br />

d’application les services <strong>publics</strong> de<br />

l’Etat. ce dernier demeure, jusqu’à<br />

présent, libre dans la définition <strong>du</strong><br />

régime qui lui paraît approprié et de<br />

définir ainsi, éventuellement un autre<br />

régime qui peut, soit se rapprocher de<br />

l’actuelle loi, soit de s’en écarter en<br />

se réservant la possibilité d’adapter<br />

les contrats à réaliser à la nature et à<br />

l’importance des services à déléguer ou<br />

à concéder.<br />

Ainsi et telle qu’elle est adoptée, la<br />

loi est donc, réservée exclusivement<br />

à la gestion déléguée des services<br />

relevant des collectivités Locales<br />

ou leurs groupements ou ceux des<br />

établissements <strong>publics</strong>.<br />

Il reste à préciser cependant, que même<br />

si la loi ne le précise pas, il ressort<br />

de la lecture de ses dispositions que<br />

les services <strong>publics</strong> concernés par la<br />

gestion déléguée seraient ceux dont la<br />

nature permet d’en confier la gestion<br />

à un opérateur privé, notamment, les<br />

services <strong>publics</strong> à caractère in<strong>du</strong>striel<br />

et commercial.<br />

Dans la pratique, on relève à titre<br />

d’exemple pour les collectivités<br />

Locales, que la gestion déléguée des<br />

services <strong>publics</strong> locaux a porté sur les<br />

services d’assainissement liquide, la<br />

distribution d’eau et/ou d’électricité,<br />

le transport, la collecte des or<strong>du</strong>res<br />

ménagère, etc….<br />

ce dispositif vient ainsi consacrer la<br />

situation qui prévalait en matière de<br />

gestion déléguée des services <strong>publics</strong><br />

de ces collectivités avant l’avènement<br />

de la loi en question.<br />

En effet, avant l’adoption de la loi<br />

n° 54-05 précitée, les collectivités<br />

Locales, dont la législation relative à<br />

leur organisation et leur fonctionnement<br />

énonce le recours au mode de gestion<br />

déléguée de leurs services <strong>publics</strong> 2 ,<br />

ne s’empêchaient pas, en dépit<br />

de l’absence d’un cadre juridique<br />

approprié, de recourir au mode de<br />

gestion déléguée de service public en<br />

procédant à la conclusion de contrats<br />

de délégation de service public.<br />

La pratique de conclusion de ce genre de<br />

contrats s’appuyait sur les dispositions<br />

de la réglementation relative aux<br />

marchés <strong>publics</strong> qui, au demeurant,<br />

n’y correspondait pas, vu la nature des<br />

ouvrages et des prestations à réaliser<br />

et le contenu des cahiers des charges<br />

y afférents.<br />

cette situation a, d’ailleurs, été clarifiée<br />

par la commission des marchés dans un<br />

avis émis en septembre 2000 (3) au sujet<br />

des contrat passés par les collectivités<br />

Locales avec certaines personnes de<br />

droit privé pour la gestion des services<br />

d’assainissement pour lesquels<br />

la référence était souvent faite à la<br />

réglementation des marchés <strong>publics</strong>.


Ainsi et après avoir conclu que dans<br />

le cas d’espèce, il ne s’agit pas d’un<br />

marché public mais d’un contrat ayant<br />

pour objet de charger une personne<br />

morale de droit privé de la gestion d’un<br />

service public local et tout en relevant<br />

que lesdits contrats n’obéissent pas<br />

à la réglementation des marchés<br />

<strong>publics</strong>, la commission des marchés<br />

avait recommandé que pour le choix<br />

<strong>du</strong> cocontractant, il est possible de<br />

s’inspirer des conditions d’appel<br />

à la concurrence et d’exécution des<br />

marchés <strong>publics</strong>, mais sans se référer<br />

expressément à cette réglementation.<br />

Par ailleurs, le législateur n’a pas limité<br />

ce mode de gestion au seul partenariat<br />

public/privé puisqu’il l’élargit,<br />

également, aux personnes morales de<br />

droit public qui peuvent être appelées à<br />

être associées à ce mode de gestion (4) .<br />

ConDiTions<br />

eT MoDaLiTes<br />

D’aTTRibuTion Des<br />

ConTRaTs De GesTion<br />

DeLeGuee Des seRviCes<br />

PubLiCs<br />

Si les contrats de gestion déléguée<br />

des services <strong>publics</strong> sont exclus de la<br />

réglementation relative aux marchés<br />

<strong>publics</strong> (5) , il n’en demeure pas moins<br />

que certains éléments constituent des<br />

points communs, notamment en ce qui<br />

concerne les conditions d’attribution,<br />

à savoir la publicité et la mise en<br />

concurrence.<br />

Les dispositions de l’article 5 de la<br />

loi susvisée mettent en évidence la<br />

condition de publicité, lorsqu’elles<br />

subordonnent le choix <strong>du</strong> délégataire à<br />

la procé<strong>du</strong>re <strong>du</strong> recours à la concurrence,<br />

en vue d’assurer l’égalité des candidats,<br />

l’objectivité des critères de sélection,<br />

la transparence des opérations<br />

et l’impartialité des décisions.<br />

Les formes et les modalités<br />

d’établissement des documents<br />

d’appel à la concurrence sont fixées<br />

pour les collectivités Locales par<br />

le Gouvernement et par le conseil<br />

d’administration pour les établissements<br />

<strong>publics</strong>.<br />

Toutefois, si le principe de la concurrence<br />

est retenu pour l’attribution des contrats<br />

de gestion déléguée, il n’empêche des<br />

exceptions sont prévues lorsqu’il y<br />

a urgence à assurer la continuité <strong>du</strong><br />

service public :<br />

• pour des raisons de défense nationale<br />

ou de sécurité publique ;<br />

• pour les activités dont l’exploitation<br />

est, exclusivement, réservée à des<br />

porteurs de brevets d’invention ;<br />

• pour les prestation dont l’exécution<br />

ne peut être confiée qu’à un délégataire<br />

déterminé, ce qui rappelle là aussi les<br />

conditions d’attribution des marchés<br />

<strong>publics</strong> pour les contrats passés par les<br />

collectivités Locales (6) .<br />

En outre, aux termes de l’article<br />

6 de la loi n° 54-05 susmentionnée, si le<br />

délégant est une collectivité locale, et<br />

lorsqu’aucune offre n’a été présentée,<br />

ou lorsque l’appel à la concurrence a<br />

été déclaré infructueux, ledit délégant<br />

peut recourir à la négociation directe,<br />

à l’instar de ce qui est prévu pour les<br />

marchés <strong>publics</strong>.<br />

Néanmoins, cette faculté donnée aux<br />

collectivités Locales est assortie de<br />

la condition de présenter un rapport<br />

précisant les raisons ayant dicté le<br />

recours à cette procé<strong>du</strong>re, lequel<br />

rapport doit être soumis à l’approbation<br />

de l’autorité de tutelle.<br />

La possibilité offerte aux collectivités<br />

Locales, pour la conclusion de contrats<br />

négociés, pourrait trouver son explication<br />

dans la volonté <strong>du</strong> législateur de<br />

permettre aux collectivités Locales de<br />

confier certains de leurs services <strong>publics</strong><br />

locaux dont l’activité est caractérisée<br />

par la complexité de gestion et son<br />

importance à des opérateurs privés<br />

notamment étrangers, leur références<br />

dans certains domaines ainsi que<br />

leurs capacités technique et financière<br />

reconnues, militent en faveur de la<br />

conclusion négociée des contrats de<br />

gestion déléguée.<br />

Quant aux établissements <strong>publics</strong> et<br />

tout en les obligeant au recours à<br />

la concurrence pour l’attribution des<br />

contrats de gestion déléguée, le<br />

législateur laisse le soin de définir les<br />

règles de fonds sur la base desquelles<br />

sera retenu le délégataire, aux<br />

organes délibérants, à savoir le conseil<br />

d’administration (7) .<br />

Le conseil d’administration est<br />

également, chargé de la définition des<br />

formes et des modalités des documents<br />

d’appel à la concurrence.<br />

ConDiTions<br />

D’exeCuTion eT<br />

D’exTinCTion Des<br />

ConTRaTs De GesTion<br />

DeLeGuee<br />

Si le législateur a soumis les contrats<br />

de gestion déléguée aux conditions<br />

d’appel à la concurrence dans un<br />

souci de transparence mais avec<br />

des aménagements appropriés,<br />

il a également, mis en place des<br />

conditions d’ordre financier pour<br />

l’exécution de ces contrats vu l’enjeu<br />

économique que cela implique, et à<br />

des conditions d’ordre juridique pour la<br />

détermination des obligations des uns<br />

et des autres.<br />

Condition d’ordre financier<br />

Le régime financier de la<br />

gestion déléguée est régi par les<br />

dispositions de l’article 29 de<br />

loi 54-05 susvisée.<br />

En effet, en vertu de cet article, le<br />

contrat de gestion déléguée peut<br />

autoriser le délégataire à collecter,<br />

pour le compte <strong>du</strong> délégant ou de<br />

l’Etat des taxes, redevances, fonds ou<br />

participations.<br />

Le même article prévoit, en outre, que<br />

le contrat doit préciser, le cas échéant,<br />

les modes de calcul et les modalités de<br />

paiement des droits et des redevances<br />

versées par le délégataire ainsi que<br />

les contributions ou les participations<br />

au financement <strong>du</strong> service public qui<br />

pourraient être versées par le délégant<br />

au délégataire.<br />

Il ressort, donc, des dispositions <strong>du</strong>dit<br />

article que les aléas d’ordre financier<br />

peuvent être supportés par le délégant<br />

contrairement au principe retenu au<br />

niveau de la doctrine, en matière de<br />

gestion déléguée des services <strong>publics</strong><br />

qui vise à faire supporter ces aléas par<br />

le délégataire et non par le délégant (8) .<br />

L’explication de la mise à la<br />

charge à la fois <strong>du</strong> délégataire<br />

et <strong>du</strong> délégant des aléas financiers<br />

pourrait, toutefois, se trouver dans les<br />

dispositions de l’article 4 de la loi, qui<br />

précise que les parties au contrat veillent<br />

au maintien de l’équilibre financier <strong>du</strong><br />

contrat de gestion déléguée en tenant<br />

compte des impératifs de service<br />

public et de la juste rémunération <strong>du</strong><br />

délégataire.<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 2


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

26<br />

ces dispositions constitueraient une<br />

garantie pour les différents opérateurs<br />

privés, candidats potentiels à la gestion<br />

des services <strong>publics</strong> pour les prémunir<br />

contre tout risque qu’ils pourraient<br />

encourir en cas de nécessité d’abandon<br />

de l’application d’une tarification réelle,<br />

compte tenu de la qualité <strong>du</strong> service<br />

ren<strong>du</strong>, ce qui risque de mettre en péril<br />

leur équilibre économique et financier.<br />

Conditions d’ordre juridique<br />

Les contrats de gestion déléguée<br />

des services <strong>publics</strong> sont, selon les<br />

dispositions de l’article 11 de la loi<br />

précitée, conclus intuitu personae, en<br />

ce sens que le contrat est conclu «à<br />

raison des qualités personnelles <strong>du</strong><br />

délégataire».<br />

Le même article précise par ailleurs, que<br />

les contrats conclus par les collectivités<br />

Locales, «ne peuvent être cédés» alors<br />

que cette possibilité est permise pour<br />

les établissements <strong>publics</strong> après<br />

accord «écrit» desdits établissements<br />

et dans les conditions fixées dans le<br />

contrat.<br />

En outre, l’article 16 de la loi régit les<br />

biens <strong>du</strong> service dont la gestion est<br />

donnée en délégation. cet article fait la<br />

distinction entre les biens de retour et<br />

les biens de reprise.<br />

Pour les biens de retour, ledit article<br />

prévoit qu’ils ne peuvent faire l’objet<br />

d’aucune cession, aliénation, location<br />

ou sûreté de la part <strong>du</strong> délégataire.<br />

ces biens sont considérés, en fait,<br />

comme faisant partie <strong>du</strong> patrimoine <strong>du</strong><br />

délégant dans la mesure où ces biens<br />

sont incorporés à la fin <strong>du</strong> contrat dans<br />

le patrimoine de l’autorité délégante.<br />

Toutefois, l’article 8 pourrait constituer<br />

une exception pour la gestion déléguée<br />

des services <strong>publics</strong> des établissements<br />

(1) Article 2 de la loi n° 54-04 susvisée.<br />

<strong>publics</strong>, dès lors qu’il prévoit que les<br />

contrats de gestion déléguée passés<br />

par les établissements <strong>publics</strong> peuvent<br />

comporter une clause prévoyant que<br />

les biens de retour, visés à l’article 16<br />

de ladite loi peuvent faire l’objet d’une<br />

hypothèque. ceci pourrait autoriser<br />

le délégataire à constituer un droit<br />

réel sur les biens de retour pour les<br />

donner en hypothèque en faveur de<br />

sociétés ou organismes ayant financé<br />

ces biens.<br />

Quant aux biens de reprise, ils peuvent<br />

à la fin d’exécution <strong>du</strong> contrat être<br />

repris par l’autorité délégante dans les<br />

conditions fixées par le contrat, ce qui<br />

implique que le sort réservé aux biens<br />

de reprise demeure subordonné à la<br />

volonté <strong>du</strong> délégant pour les reprendre<br />

ou les laisser comme propriété <strong>du</strong><br />

délégataire.<br />

Il reste, enfin, à signaler que les<br />

différents éléments devant être prévus<br />

par les contrats et cahiers des<br />

charges ont été prévus par l’article 12<br />

de la loi, étant précisé que cet article<br />

renvoie pour les collectivités Locales à<br />

un règlement pris par le gouvernement<br />

qui doit fixer les clauses obligatoires<br />

devant figurer au contrat.<br />

c’est dans ce sens que le décret<br />

n° 2-06-362 <strong>du</strong> 9 août 2006 a été<br />

adopté. celui-ci renvoie à son tour à un<br />

arrêté <strong>du</strong> Ministre chargé de l’Intérieur<br />

pour fixer les formes et modalités<br />

d’établissement des documents d’appel<br />

à la concurrence pour la délégation<br />

de gestion des services <strong>publics</strong> par<br />

les collectivités Locales ou leurs<br />

groupements.<br />

De même dans son article 2, ledit décret<br />

renvoie, également, à un arrêté <strong>du</strong> même<br />

département, pour l’établissement<br />

d’un contrat type fixant les clauses<br />

obligatoires des contrats de gestion<br />

déléguée passée par les collectivités<br />

Locales ou leurs groupements (9) .<br />

(2) Ancienne charte communale <strong>du</strong> 30 septembre 1976 et celle <strong>du</strong> 3 octobre 2002 (Articles 39 et 69 de la loi n° 78-00).<br />

(3) Lettre <strong>du</strong> Secrétariat Général <strong>du</strong> Gouvernement adressée à la TGR n° 130/IGSA <strong>du</strong> 27 septembre 2000.<br />

(4) Article 2 de la loi 54-05 relative à la gestion déléguée des services <strong>publics</strong>.<br />

En effet, un projet d’arrêté se rapportant<br />

à la définition des formes et modalités<br />

d’établissement des documents d’appel<br />

d’offres des contrats de gestion déléguée<br />

des services <strong>publics</strong> des collectivités<br />

Locales ou de leurs groupements ainsi<br />

que les clauses obligatoires devant<br />

figurer auxdits contrats, a été élaboré<br />

par le Ministère de l’Intérieur et est<br />

actuellement, en cours de finalisation<br />

avec les partenaires.<br />

Il convient de signaler que parmi les<br />

clauses caractérisant les contrats de la<br />

gestion déléguée des services <strong>publics</strong>,<br />

figure celle se rapportant à la <strong>du</strong>rée<br />

d’exploitation (10) qui peut être normale<br />

ou anticipée.<br />

La fin anticipée <strong>du</strong> contrat peut survenir<br />

à la suite de situations qui peuvent aller<br />

<strong>du</strong> rachat de la gestion déléguée par le<br />

délégant, à la déchéance <strong>du</strong> délégataire,<br />

ou à la résiliation provoquée par l’une<br />

des parties au contrat suivant les<br />

conditions qui y sont fixées.<br />

Le constat est que la loi n° 54-05<br />

vient combler une lacune longtemps<br />

«décriée» et partant consacrer une<br />

pratique antérieure à la mise en place<br />

de cet arsenal juridique régissant la<br />

gestion déléguée des services <strong>publics</strong>.<br />

Le dispositif juridique ainsi mis en<br />

place vient, par ailleurs, renforcer<br />

les évolutions ayant marqué<br />

ces dernières années, le cadre<br />

juridique et technique de passation et<br />

d’exécution des marchés <strong>publics</strong>.<br />

Il n’en demeure pas moins cependant,<br />

que ledit dispositif ne saurait être<br />

efficace en l’absence des différents<br />

textes d’application de la loi<br />

n° 54-05, ainsi qu’en l’absence d’un<br />

cadre juridique approprié devant régir,<br />

également, tant les concessions que<br />

les délégations des services <strong>publics</strong><br />

de l’Etat.<br />

(5) Article 2 <strong>du</strong> décret n° 2-06-388 <strong>du</strong> 16 moharrem 1428 (5 février 2007) fixant les conditions et les formes de passation des marchés de l’Etat ainsi que certaines<br />

règles relatives à leur gestion et à leur contrôle.<br />

(6) Article 6 de la loi n° 54-05.<br />

(7) Article 5 de la loi n° 54-05.<br />

(8) CE, 30juin 1999, Syndicat mixte <strong>du</strong> traitement des or<strong>du</strong>res ménagères centre ouest Seine-et- Marne, req. N° 198147.<br />

(9) Article 1 er <strong>du</strong> décret n° 2-06-362 <strong>du</strong> 14 rejeb 1427 pris pour l’application des articles 5 et 12 de la loi n° 54-05.<br />

(10) Article 10 de la loi 54-05.


LE projEt Du SyStèmE<br />

DE GEStIon IntéGréE<br />

DE La DépEnSE<br />

Le Système GID est un système<br />

d’information unifié et commun<br />

à l’ensemble des acteurs de la<br />

dépense publique qui permettra<br />

une gestion intégrée des actes de<br />

la dépense et ce, dans les meilleures<br />

conditions de fiabilité, de célérité et<br />

d’efficacité.<br />

GID a pour objectif d’accélérer le traitement des<br />

actes liés à la dépense publique dans le respect de la législation en vigueur,<br />

de simplifier et rationaliser les circuits et les procé<strong>du</strong>res de son exécution,<br />

de mettre en concordance les comptabilités des différents intervenants et<br />

d’élaborer des tableaux de bord nécessaires à la prise de décision.<br />

Le projet de Gestion Intégrée de la Dépense publique se veut être un des<br />

leviers de modernisation de l’administration publique et un socle pour la mise<br />

en œuvre des réformes budgétaires et comptables, à travers une gestion<br />

optimale des dépenses publiques et une meilleure qualité de service aussi<br />

bien pour les fournissuers que pour les partenaires de l’Etat.


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

28<br />

Les contrats de droit commun<br />

Un procédé simplifié de réalisation des prestations<br />

de l’administration<br />

Afin de se procurer des biens ou<br />

exécuter les prestations nécessaires au<br />

fonctionnement des services <strong>publics</strong>,<br />

l’administration utilise le procédé<br />

contractuel. Les principaux contrats<br />

sont: les marchés <strong>publics</strong> et les contrats<br />

et conventions de droit commun.<br />

Le marché public est défini comme «un<br />

contrat à titre onéreux conclu entre,<br />

d’une part, un maître d’ouvrage et,<br />

d’autre part, une personne physique<br />

ou morale appelée entrepreneur,<br />

fournisseur ou prestataire de services<br />

ayant pour objet, l’exécution des<br />

travaux, la livraison de fournitures ou la<br />

réalisation de prestations de service».<br />

Il est régi par le décret relatif aux<br />

marchés de l’Etat <strong>du</strong> 05 février 2007.<br />

Les contrats et conventions de droit<br />

commun se définissent comme des<br />

accords de volonté donnant naissance<br />

à des obligations de faire ou de ne<br />

pas faire, de donner ou de livrer la<br />

prestation. Les diverses obligations<br />

générales qui naissent de ces contrats<br />

sont prévues par les dispositions <strong>du</strong><br />

Dahir des obligations et des contrats<br />

<strong>du</strong> 12 septembre 1913, notamment <strong>du</strong><br />

premier au 477 articles. ces contrats<br />

sont exclus <strong>du</strong> champ d’application<br />

<strong>du</strong> décret sur les marchés <strong>publics</strong><br />

précités.<br />

Les marchés <strong>publics</strong> obéissent à une<br />

procé<strong>du</strong>re de passation (appel d’offres,<br />

concours, procé<strong>du</strong>re négociée…)<br />

et leurs fonctions visent à la fois à<br />

garantir le meilleur choix possible<br />

aux administrations et à traiter,<br />

équitablement, les prestataires<br />

susceptibles de proposer leurs offres.<br />

Quant au procédé des contrats et<br />

conventions de droit commun, il offre à<br />

l’administration un outil simplifié pour la<br />

réalisation de ses prestations puisqu’il<br />

n’est soumis à aucune concurrence<br />

préalable.<br />

c’est dans ce sens que ledit décret<br />

a clarifié les contours de la notion<br />

«des contrats et conventions» exclus<br />

de son champ d’application et a limité<br />

le recours à ces procédés. En effet,<br />

l’article 3 a spécifié la nature des<br />

contrats et conventions, exclus <strong>du</strong><br />

champ d’application <strong>du</strong> décret. Il s’agit<br />

de ceux ayant pour objet «l’obtention<br />

de prestations déjà définies quant aux<br />

conditions de leurs fournitures et de<br />

leur prix et que le maître d’ouvrage ne<br />

peut modifier ou qu’il n’a pas intérêt à<br />

modifier».<br />

Une décision <strong>du</strong> Premier Ministre <strong>du</strong><br />

4 octobre 2007 a énuméré les types<br />

de contrats et conventions, exclus de<br />

l’emprise <strong>du</strong> décret sur les marchés de<br />

l’Etat. ces contrats et conventions de<br />

droit commun sont :<br />

• Le contrat d’adhésion ;<br />

• Le contrat d’acquisition et de location<br />

d’immeuble à usage administratif ;<br />

• Le contrat in house ;<br />

• Le contrat intuitu- personae.<br />

ConTRaT D’aDhesion<br />

Le contrat d’adhésion est celui dont<br />

les clauses sont préétablies par une<br />

partie et ne peuvent être négociées par<br />

l’autre. Parmi les contrats énumérés<br />

par la décision <strong>du</strong> Premier Ministre<br />

précitée, figurent :<br />

• L’abonnement aux réseaux de<br />

télécommunication ;<br />

• L’abonnement aux services internet ;<br />

• L’abonnement d’accès à des bases de<br />

données en ligne ;<br />

• L’acquisition de vignettes pour le<br />

règlement des redevances d’eau,<br />

d’électricité et de téléphone ;<br />

• L’assurance des véhicules <strong>du</strong> parc<br />

automobile des administrations<br />

publiques.<br />

• Dans le cadre de ces contrats,<br />

l’administration ne fait qu’adhérer aux<br />

conventions déjà établies sur la base<br />

de conditions d’exécution et de prix<br />

prédéfinies par le prestataire.<br />

Mme Mounya KHNABA<br />

chef de Projet à la MEMP<br />

ConTRaTs in house<br />

ces contrats sont, également,<br />

dénommés «contrats de prestations<br />

intégrées». Ils sont conclus par une<br />

personne publique « Etat » avec un<br />

cocontractant sur lequel elle exerce<br />

un contrôle comparable à celui qu’elle<br />

assure sur ses propres services, et<br />

qui réalise l’essentiel de ses activités<br />

par elle. c’est le cas, notamment des<br />

prestations effectuées entre les services<br />

de l’Etat gérés de manière autonome et<br />

les administrations publiques.<br />

cependant, il convient de préciser que<br />

le seul constat d’un lien fonctionnel<br />

entre le contractant et la personne<br />

publique ne suffit pas pour qualifier ces<br />

contrats de prestations intégrées. Il faut,<br />

également, que ce lien s’accompagne<br />

d’une quasi-exclusivité de la fourniture<br />

des prestations concernées au profit de<br />

la personne publique.<br />

Enfin, il faut souligner que ces deux<br />

conditions précitées sont essentielles<br />

pour le recours à ce type de contrat, et<br />

ceci dans le but de favoriser le recours<br />

aux règles de la concurrence contenues<br />

dans le décret des marchés d’Etat.<br />

ConTRaTs<br />

D’aCquisiTion ou De<br />

LoCaTion D’iMMeubLe a<br />

usaGe aDMinisTRaTiF<br />

Les conditions d’établissement<br />

de ces contrats sont définies par la<br />

réglementation en vigueur. Il s’agit<br />

des actes d’achat ou de location<br />

d’immeubles à usage administratif.<br />

Contrat de location d’immeuble<br />

administratif<br />

ce type de contrat est réglementé par<br />

la circulaire <strong>du</strong> Ministre des Finances<br />

n° 143206 <strong>du</strong> 26 avril 1973.<br />

Ainsi, la location d’immeuble pour<br />

usage administratif est subordonnée à


une demande d’autorisation préalable<br />

adressée à la Direction <strong>du</strong> Budget<br />

relevant <strong>du</strong>dit Ministère. Le bail ne<br />

peut être contracté qu’après avis de la<br />

commission d’expertise présidée par<br />

l’autorité locale ou par son représentant<br />

et composée :<br />

<strong>du</strong> chef de la circonscription domaniale,<br />

ou son délégué ;<br />

<strong>du</strong> représentant de l’administration<br />

intéressée.<br />

Contrat d’acquisition d’immeuble<br />

administratif<br />

ce contrat est réglementé par la<br />

circulaire <strong>du</strong> Premier Ministre n° 209.<br />

cab <strong>du</strong> 26 mai 1976. En principe, toute<br />

acquisition nécessite l’établissement<br />

d’un programme annuel adressé pour<br />

approbation à la Direction <strong>du</strong> Budget.<br />

Après validation, ce programme est<br />

communiqué dans un délai maximum<br />

de 10 jours à la Direction des Domaines<br />

pour exécution et au département<br />

intéressé pour information.<br />

Dès l’approbation de la loi de finances<br />

de l’année considérée, la Direction <strong>du</strong><br />

Budget communique à la Direction des<br />

Domaines, pour chaque département,<br />

le montant des crédits alloués pour<br />

l’achat des immeubles en précisant la<br />

rubrique budgétaire dans laquelle sera<br />

imputée la dépense.<br />

Toutefois, les demandes d’acquisition,<br />

hors programme annuel agréé par la<br />

Direction <strong>du</strong> Budget sont adressées à<br />

cette dernière. ces demandes indiquent<br />

que les crédits nécessaires sont réservés<br />

et précisent la rubrique budgétaire<br />

qui doit supporter la dépense. Après<br />

accord de la Direction <strong>du</strong> Budget, cette<br />

demande est transmise à la celle des<br />

Domaines pour prise en charge.<br />

ConTRaTs<br />

inTuiTu-PeRsonae<br />

«Intuitu-personae» est une notion<br />

latine qualifiant un contrat conclu en<br />

considération de la personne avec<br />

laquelle il a été passé. c’est le cas des<br />

contrats passés avec des prestataires de<br />

consultations juridiques, scientifiques<br />

ou médicales.<br />

La décision <strong>du</strong> Premier Ministre,<br />

précitée, fait état de :<br />

• consultations médicales ;<br />

• consultations ou recherches juridiques,<br />

scientifiques ou littéraires, qui compte<br />

tenu de leur nature et de la qualité de<br />

leurs auteurs, ne peuvent faire l’objet<br />

de marché.<br />

Il convient de préciser que l’exclusion de<br />

ces contrats et conventions <strong>du</strong> champ<br />

d’application <strong>du</strong> décret des marchés<br />

<strong>publics</strong>, se trouve justifiée par des<br />

raisons de commodité et de simplicité.<br />

Il s’agit de contrats formalisés et définis<br />

quant à leurs conditions d’exécution et<br />

de prix, permettant aux administrations<br />

la réalisation de leurs prestations.<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 29


SPécIAL<br />

MARcHéS PUBLIcS<br />

30<br />

Commission des marchés<br />

avis De La CoMMission<br />

Des MaRChes<br />

n° 334/08 Du 15 Mai 2008<br />

ReLaTiF a L’exCLusion<br />

D’une enTRePRise Des<br />

MaRChes De L’eTaT.<br />

L’avis de la commission des marchés<br />

a été demandé pour examiner une<br />

proposition d’exclusion temporaire<br />

d’une société, pour une période de<br />

5 ans, de tous les appels d’offres<br />

lancés par un département, <strong>du</strong> fait que<br />

ladite société a été défaillante dans<br />

l’exécution de 7 marchés parmi les 15<br />

qui lui ont été attribués, par la Direction<br />

Régionale relevant de ce département,<br />

au cours des exercices 2004 et 2005.<br />

Les 7 marchés en cause ont fait l’objet,<br />

au cours <strong>du</strong> premier trimestre 2006,<br />

d’une résiliation pure et simple assortie<br />

de la confiscation <strong>du</strong> cautionnement<br />

provisoire et de la retenue de garantie.<br />

La commission des marchés a examiné<br />

cette proposition dans ses séances <strong>du</strong><br />

26 mars et 30 avril 2008 et a formulé à<br />

son égard l’avis suivant :<br />

• Les mesures coercitives, prévues par<br />

le cahier des clauses administratives<br />

générales, constituent un des moyens<br />

dont dispose l’administration pour<br />

sanctionner le manquement <strong>du</strong><br />

titulaire <strong>du</strong> marché à ses obligations<br />

contractuelles. Elles peuvent être soit<br />

des sanctions tendant à se substituer<br />

au titulaire (mise en régie ou la<br />

passation d’un nouveau marché aux<br />

torts <strong>du</strong> cocontractant défaillant) soit<br />

des sanctions résolutoires qui mettent<br />

fin au marché (assorties éventuellement<br />

de la confiscation <strong>du</strong> cautionnement<br />

définitif) soit encore des sanctions<br />

lui interdisant l’accès temporaire ou<br />

définitif aux marchés <strong>du</strong> département<br />

concerné (exclusion).<br />

L’application des diverses sanctions<br />

précitées et le choix de la sanction<br />

appropriée font l’objet d’une<br />

décision unilatérale relevant <strong>du</strong><br />

pouvoir discrétionnaire de l’autorité<br />

compétente. Toutefois, ce pouvoir de<br />

sanction est limité par des conditions<br />

de forme et de fond.<br />

En effet, avant de prononcer une<br />

sanction, le maître d’ouvrage doit<br />

adresser à son cocontractant défaillant<br />

une mise en demeure l’invitant à<br />

satisfaire à ses obligations et pour<br />

provoquer ses explications et, lorsque<br />

la sanction consiste dans l’exclusion<br />

temporaire ou définitive <strong>du</strong> défaillant,<br />

il doit demander au préalable l’avis de<br />

la commission des marchés, .<br />

Par ailleurs, la sanction doit reposer<br />

sur des motifs justifiés ayant un lien<br />

direct avec le marché à exécuter et<br />

être prise au moment opportun. Elle<br />

doit être proportionnelle à la gravité<br />

des manquements qui l’ont provoquée,<br />

sous peine d’être qualifiée d’excessive,<br />

et décidée par l’autorité habilitée à le<br />

faire.<br />

• Dans le cas d’espèce, sur les 15<br />

marchés attribués, entre 2004 et 2005,<br />

à l’entreprise défaillante, 7 ont connu<br />

une fin anticipée en faisant l’objet<br />

de sanctions résolutoires assorties de<br />

la confiscation des cautionnements<br />

définitifs et des retenues de garantie,<br />

au cours <strong>du</strong> premier trimestre de 2006.<br />

ce n’est qu’en 2008 que l’administration<br />

contractante décide d’aggraver les<br />

sanctions prises à l’encontre de la dite<br />

entreprise en proposant son exclusion<br />

temporaire de tous les marchés lancés<br />

par l’administration chargée des eaux<br />

et forêts pour une période de cinq ans.<br />

Si l’administration consultante est en<br />

droit de sanctionner son cocontractant<br />

défaillant, il n’en demeure pas moins<br />

que la proposition d’exclusion est<br />

relativement tardive par rapport à<br />

la résiliation et à la liquidation des<br />

marchés en cause, soit deux ans après,<br />

alors qu’elle aurait dû être faite juste<br />

après la décision de mettre fin aux dits<br />

marchés.<br />

A cela, s’ajoute le fait que l’administration<br />

contractante assume, elle aussi, une<br />

part de responsabilité dans cette<br />

situation de non exécution des marchés<br />

en cause et ce en donnant suite à<br />

15 marchés attribués, au cours d’une<br />

même période, à une seule entreprise<br />

ayant des moyens relativement peu<br />

importants, alors qu’elle aurait dû agir<br />

en divisant les prestations en lots et en<br />

j u R i s P R u D e n C e<br />

limitant le nombre de lots à attribuer à<br />

une même entreprise.<br />

compte tenu de ce qui précède, la<br />

commission des marchés recommande<br />

à l’administration consultante de ne<br />

pas donner suite à la proposition<br />

d’exclusion de l’entreprise défaillante<br />

en cause de la participation des appels<br />

d’offres qu’elle envisage de lancer <strong>du</strong><br />

fait que cette proposition n’a pas été<br />

faite au moment approprié.<br />

avis De La CoMMission<br />

Des MaRChes<br />

n° 346/08 CM ReLaTiF a<br />

L’inTeRPReTaTion De<br />

CeRTaines DisPosiTions<br />

Du DeCReT n° 2.06.388<br />

Du 16 MohaRReM<br />

(5 FevRieR 2007) seanCe<br />

Du 9 juiLLeT 2008.<br />

Vu la lettre <strong>du</strong> Directeur Général d’une<br />

agence n° 239/2008 en date <strong>du</strong> 3 juin<br />

2008 dans laquelle il demande l’avis<br />

de la commission des <strong>Marchés</strong> sur les<br />

questions suivantes :<br />

• La commission d’appel d’offres estelle<br />

habilitée à demander au concurrent<br />

de rectifier des erreurs ou des<br />

discordances relevées dans l’attestation<br />

de la caution tenant lieu <strong>du</strong> récépissé<br />

<strong>du</strong> cautionnement provisoire ?<br />

• Quelles sont les mesures à prendre<br />

en cas de différence de signatures<br />

portées sur les diverses pièces de<br />

dossiers administratifs des concurrents<br />

voire avec la signature de l’acte<br />

d’engagement ?<br />

• Le défaut de la mention «lu et<br />

acceptée» sur l’acte d’engagement<br />

peut-il constituer un motif d’élimination<br />

<strong>du</strong> concurrent ?<br />

• Peut-on recourir à la procé<strong>du</strong>re<br />

négociée lorsque l’appel d’offres est<br />

déclaré infructueux pour défaut de<br />

dépôt d’offres ?<br />

• Peut-on ajouter sur le site électronique<br />

publiant l’avis et le dossier d’appel


d’offres une fiche que les concurrents<br />

doivent remplir à l’occasion de<br />

téléchargement <strong>du</strong>dit dossier?<br />

La commission des <strong>Marchés</strong> a rappelé,<br />

dans sa séance <strong>du</strong> 9 juillet 2008,<br />

qu’une autre agence est tenue, en tant<br />

qu’établissement public, de disposer<br />

de son propre règlement de passation<br />

des marchés en vertu de l’article 7<br />

de la loi n° 69.00 relative au contrôle<br />

de l’Etat sur les entreprises publiques<br />

et autres organismes. Elle peut, pour<br />

l’élaboration <strong>du</strong>dit règlement, s’inspirer<br />

le cas échéant de la réglementation de<br />

l’Etat en tenant compte de ses propres<br />

particularités.<br />

Toutefois, si la dite agence décide de se<br />

référer à la réglementation des marchés<br />

de l’Etat sans réserve, elle est tenue de<br />

l’appliquer en respectant l’esprit et la<br />

lettre de ses dispositions telles qu’elles<br />

doivent être appliquées par les services<br />

de l’Etat.<br />

S’agissant cependant des questions<br />

susmentionnées, la commission<br />

des <strong>Marchés</strong>, en se référant à la<br />

réglementation des marchés de l’Etat,<br />

a formulé à leur égard, lors de la même<br />

séance, les réponses suivantes :<br />

• En ce qui concerne la question<br />

de savoir si la commission d’appel<br />

d’offres est habilitée à demander aux<br />

concurrents de rectifier des erreurs<br />

ou des discordances relevées dans<br />

l’attestation de la caution.<br />

La réforme de la réglementation<br />

des marchés, opérée en 2007<br />

(décret n° 2-05-388 <strong>du</strong> 16 moharrem<br />

1428 – 5 février 2007) vise à renforcer<br />

les règles encourageant le libre jeu<br />

de la concurrence en favorisant une<br />

compétition plus large entre les<br />

soumissionnaires, tout en instituant un<br />

équilibre dans les relations entreprisespouvoirs<br />

<strong>publics</strong> limitant ainsi le pouvoir<br />

discrétionnaire dont dispose naguère<br />

l’administration.<br />

Dans cet esprit de recours à la<br />

concurrence la plus large en préservant<br />

l’égalité des candidats et en observant<br />

un équilibre relationnel, la réforme a<br />

prescrit aux maîtres d’ouvrage de ne<br />

pas écarter, lors des ouvertures des<br />

plis, des concurrents pour de simples<br />

discordances ou erreurs matérielles<br />

relevées dans les pièces de leurs<br />

dossiers administratifs.<br />

En effet, le § 10 de l’article 35 <strong>du</strong><br />

décret précité dispose que « lorsque la<br />

commission d’appel d’offres constate<br />

soit l’absence d’une pièce constitutive<br />

<strong>du</strong> dossier administratif, à l’exception<br />

<strong>du</strong> récépissé <strong>du</strong> cautionnement<br />

provisoire ou l’attestation de la caution<br />

personnelle et solidaire en tenant<br />

lieu, soit des erreurs matérielles ou<br />

discordances dans les pièces <strong>du</strong>dit<br />

dossier, elle retient l’offre <strong>du</strong> (ou des)<br />

concurrent (s) concerné (s) sous réserve<br />

de la pro<strong>du</strong>ction desdites pièces ou<br />

l’intro<strong>du</strong>ction des rectifications<br />

nécessaires dans les conditions prévues<br />

à l’article 39 ci-après ».<br />

Pour l’application des dispositions<br />

précédentes, il faut qu’il s’agisse d’une<br />

discordance ou d’une erreur matérielle<br />

évidente, c’est-à-dire, contrairement à<br />

l’erreur substantielle ou déterminante,<br />

elle est facilement décelable et<br />

aisément Rectifiable, que la commission<br />

d’appel d’offres peut relever dans<br />

n’importe quelle pièce <strong>du</strong> dossier<br />

administratif des concurrents. La seule<br />

exception prévue à cet égard concerne<br />

la non pro<strong>du</strong>ction par le concurrent <strong>du</strong><br />

récépissé <strong>du</strong> cautionnement provisoire<br />

ou de l’attestation de la caution qui en<br />

tient lieu.<br />

• En ce qui concerne les mesures<br />

à prendre en cas de différence de<br />

signature portée sur les diverses pièces<br />

<strong>du</strong> dossier administratif <strong>du</strong> concurrent,<br />

voire avec la signature de l’acte<br />

d’engagement.<br />

La divergence de signature, et même le<br />

défaut de signature de certaines pièces<br />

<strong>du</strong> dossier administratif ne doivent pas<br />

constituer un motif d’élimination <strong>du</strong><br />

concurrent, ils peuvent tout au plus faire<br />

l’objet d’une demande de rectification<br />

en application des articles 35 et 39 <strong>du</strong><br />

décret précité.<br />

Par contre le défaut de signature de<br />

l’acte d’engagement ou sa signature<br />

par une personne non habilitée à<br />

engager le concurrent, constitue un<br />

motif d’élimination de son auteur en<br />

application de l’article 39 <strong>du</strong> décret<br />

précité.<br />

• En ce qui concerne le défaut de la<br />

mention « lu et accepté » sur l’acte<br />

d’engagement<br />

L’acte d’engagement est un document<br />

établi par le concurrent lui-même et de<br />

ce fait il ne nécessite pas la mention<br />

« lu et accepté ». celle-ci est une<br />

mention de style qu’en retrouve au bas<br />

des contrats d’adhésion et qui signifie<br />

que le signataire a pris connaissance<br />

des stipulations <strong>du</strong> contrat et qu’il les<br />

accepte sans réserve.<br />

A ce titre, il convient de rappeler que le<br />

modèle de l’acte d’engagement arrêté<br />

par la décision <strong>du</strong> Premier Ministre<br />

n° 3.72.07 <strong>du</strong> 5 ramadan 1428 (18<br />

septembre 2007) ne prévoit pas<br />

l’obligation d’insertion de la mention<br />

en cause.<br />

• En ce qui concerne la possibilité<br />

de recourir à la procé<strong>du</strong>re négociée<br />

lorsque l’appel d’offres est déclaré<br />

infructueux pour motif qu’aucune offre<br />

n’y a été présentée ou déposée.<br />

La réglementation des marchés ne<br />

permet de recourir à la procé<strong>du</strong>re<br />

négociée en cas de déclaration d’un<br />

appel d’offres infructueux que si<br />

l’ensemble de concurrents ont été<br />

éliminés <strong>du</strong> fait que leurs offres<br />

sont jugées inacceptables au regard<br />

des critères prévus au règlement de<br />

consultation à n’importe quelle phase<br />

de la procé<strong>du</strong>re (admission, examen<br />

des échantillons, examen des offres<br />

techniques, examen des offres<br />

financières).<br />

Par contre le défaut de concurrence<br />

(cas où aucune offre n’a été présentée<br />

ou déposée) ne peut justifier le recours<br />

à la procé<strong>du</strong>re négociée (confér. Article<br />

42, dernier paragraphe).<br />

• En ce qui concerne la possibilité<br />

<strong>du</strong> maître d’ouvrage d’ajouter, sur<br />

les sites de retrait des dossiers des<br />

appels d’offres, une fiche à remplir<br />

obligatoirement par tout concurrent<br />

avant de procéder au retrait.<br />

Par analogie avec les dispositions de<br />

l’article 19 <strong>du</strong> décret précité n° 2-05-388<br />

qui prévoient que le maître d’ouvrage<br />

doit tenir un registre dans lequel sont<br />

inscrits les candidats ayant procédé au<br />

retrait des dossiers d’appel d’offres sur<br />

support papier, l’établissement d’une<br />

fiche à remplir par les concurrents<br />

lors <strong>du</strong> téléchargement desdits dossiers<br />

peut être retenu afin d’avoir une<br />

traçabilité de l’ensemble des retraits<br />

effectués. Toutefois, cette possibilité<br />

ne doit pas être érigée en obligation ou<br />

conditionner la validité de l’acceptation<br />

<strong>du</strong> dossier de candidature.<br />

Revue de la <strong>Trésorerie</strong> <strong>Générale</strong> <strong>du</strong> <strong>Royaume</strong> 31


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