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Y-mail 52 - november 2025_FR

MÉDECIN DANS LA

MÉDECIN DANS LA MAISONL., une femme de 83 ans, reçoit un traitementantibiotique par voie intraveineuse commencé àl’hôpital. Grâce à la thérapie antimicrobienne parentéraleambulatoire (OPAT), elle peut continuer ce traitementchez elle. Mais une complication médicale survient.Entre domicileet hôpitalDocteure Kelly De Schuyter :« Nous soupçonnons unethrombose veineuse profondecausée par le cathéter PICC. »Admise pour desdouleurs lombaireshauteset de la fièvre,L. présente une septicémieà Streptococcus dysgalactiaedans le cadre d’une spondylodiscite.Un traitementantibiotique par voie oraleest impossible : L. est allergiqueà la pénicilline et àla clindamycine, avec unrisque élevé d’anaphylaxie.Docteure Kelly De Schuyter(infectiologie) : « Nousoptons donc pour l’administrationde ceftriaxone parintraveineuse à raison de2 g par jour. Cet antibiotique,une céphalosporinede troisième génération,est fréquemment utilisépour traiter les infectionsbactériennes sévères. Lacure commence immédiatementpour une durée desix semaines, vu la gravitéde l’infection. »DE PRÉFÉRENCE À LAMAISONMalgré son âge respectable,L. est une femme robusteet elle se remet vite. Elleveut donc rentrer chez elle.Son souhait est devenu réalisablegrâce à la thérapieantimicrobienne parentéraleambulatoire (OPAT).Ce dispositif, dont le centrehospitalier Jan Ypermana été l’un des pionniers,permet d’administrer untraitement antimicrobienpar voie intraveineuseà domicile. Après deuxsemaines d’hospitalisation,L. rentre chez elle avec uncathéter veineux centralinséré par voie périphérique(PICC).Docteure De Schuyter :« L’infirmière à domicile asuivi une formation OPAT àl’hôpital. Elle passe chaquejour chez la patiente pourlui administrer les antibiotiquesvia la PICC. L. revientà l’hôpital une fois parsemaine pour un contrôleet elle passe ensuite cherchersa réserve hebdomadaired’antibiotiques à lapharmacie. Un prélèvementsanguin est effectué toutesles deux semaines. »CAILLOT PROFONDQuatre semaines après ledébut du traitement, unecomplication survient. À cemoment-là, cela fait deuxsemaines qu’elle est rentréechez elle. Impossibled’aspirer le cathéter et doncd’administrer l’antibiotique.Le bras de L. est gonflé etdouloureux. L’infirmière àdomicile contacte l’hôpital.Il est demandé à L. de venirse faire examiner.Docteure De Schuyter :« Nous suspections unethrombose veineuse profondedans la veine axillairegauche, causée par le PICC.Un tel caillot obstrue lacirculation sanguine, ce quiprovoque un gonflementet une douleur au niveaudu bras. Une échographieDoppler a confirmé le diagnostic.Le PICC est retiré etnous en plaçons un nouveau– par voie controlatérale.Afin de résorber le caillot,un traitement anticoagulantest instauré pour une duréede trois mois. La patienteest autorisée à rentrer chezelle le jour même. Son brasfinira par se décongestionneret L. termine letraitement antibiotique sansautre problème. »14

Infirmièreet chercheuseOPAT Remecare est une plateforme numérique permettantaux patients sous OPAT de transmettre leurétat de santé à l’équipe soignante. En 2022, SofieSegers, infirmière spécialisée au centre hospitalier JanYperman, a mis au point un précurseur de cet outil desuivi, dans le cadre de son mémoire de master.Sofie Segers : « Sous la supervision de mon copromoteur,le docteur Wim Terryn (infectiologie),et après avoir reçu le feed-back de deux groupesd’experts, j’ai élaboré et validé un questionnairede suivi ambulatoire des complications liées auPICC. Les questions portaient notamment sur lafonctionnalité du cathéter, l’irritation au niveau dusite d’insertion, la fixation du cathéter, l’infection etla thrombose. Après des testspilotes concluants, l’outil a été misen œuvre chez 17 patients OPAT.L’étude a été publiée dans le Journalof Vascular Access. »Sofie SegersÉviter la TVPLe risque de thrombose veineuse profonde (TVP) estplus élevé avec une ligne PICC qu’avec un cathétercentral traditionnel passant par le cou ou le thorax,en particulier chez les patients cancéreux ou lespersonnes sujettes à la formation de caillots. Cerisque peut être réduit par une mobilisation régulièredu bras. Le placement correct du cathéter joue unrôle essentiel : son extrémité doit se situer dans laveine cave supérieure ou à la jonction avec l’oreillettedroite. La règle d’or : utiliser la ligne PICC uniquementlorsque c’est vraiment nécessaire, et le moinslongtemps possible.15

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