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septembrè 84 - n° 19

2 Poèmes d'adolescents

5 Travail sur thème Olivier Penhouët

6 En compagnie de Vincent Van Gogh

Classes techniques de Jean-Pau/ Bizet

11 Au loup!

Des écoles de l'Yonne

16 ARTHEA, la cc Gestation Sonore,,

20 Un sculpteur : Thierry Lancereau

reportage réalisé par l'école laplace

de Châtellerault

24 Textes libres d'enfants

26 Dessins sur rhodoïd

école maternelle de Crèches-sur-Saône

28 Poète adulte :

Jacqueline et Claude Held

29 Fiches techniques

31 Courrier des lecteurs

Photographies : Couverture et p. 6, 7, 8, 9, 10 : J .-P. Bizet ;

p. 2, 3: M. f31ot ; p. 11, 12, 13, 14, 15, 18, 19 : F. Goalec;

p. 17 : A. Sabatier ; p. 20, 21, 22, 23 : B. Monthubert ; p. 32 :

Max-Henri de Larminat.

Si l'on ne sait pas ce que l'on aime,

Si l'on ne sait pas ce que l'on hait,

Si l'on ne sait pas dire :je t'aime

Lorsqu 'ille faudrait,

A lors il ne nous reste

Qu'à nous faire oublier.

Alors il ne nous reste

Qu'à laisser chanter le vent,


Seul il vivait

Seul il croyait

En un idéal de vie,

Il y rêvait même la nuit

Seul il mangeait

Seul il voyait

Dans son verre d'eau,

La voile d'un grand bateau.

Flâner pendant l'été

C'était ce qu'il faisait

Comme la mer est aux nageurs,

L'Amour est à son cœur.

Seul il aimait

Seul il détestait

La vie que l'on mène

En travaillant toute la semaine.

Seul il marchait

Seul il dormait

Chaque soir sous les ponts

Alors qu'on a une maison.

Parfois il parlait

Et même dansait

l'homme sans toit

Oui te faisait honte et pleurer à la fois.

Seul il maugréait

Seul il ressassait ses idées

En repensant aux siens

Ignorant qu'il avait des besoins.

Seul au coin d'une allée,

Seul il faisait la charité

Et pourtant il vivait

Malgré lul mais il vivait

Qu'à laisser tomber la pluie,

Sans s'écrier : quel mauvais temps !

Sans dire quel ennui !

Frédéric

Et l'on doit vivre renfermé,

;

Eloigné de tout le monde,

Pre~que vivre dans une tombe,

Mourir sans regretter la vie.

J.-P. Tépertusso (Se)

3


4

l

Le temps


Il est là, on le cherche

1/1101/S guide, on le poursuit

C'est le temps, le temps qui passe

Il n'attend pas, il passe trop vite

Pressons le pas, allons plus vite

Suivons le temps, le temps qui passe

On nait on vit, on vieillit

On se sent accompagM ou suM

Pt~ le temps, le temps qui passe

Puis on a couru, c'en est fini

On ne le suit plus, on se sent meurtri

A cause du temps qui passe

Armelle

PtJnser

/Mfllt:h;

Ecouter

v• UIIIJ

heure que Ç8 dure

Et j'ti envie de crier

Je VBis crier

Je /llJ crie pas ; je n'ti pas le d!oit de crier

Alors je dessine quelque chose

Qui ne représente rien, qui ne veut rien représenter

Et qui représente mon envie de crier

Crier un son, une syllabe, un mot

Crier que je suis quelqu'tm

Un edolescent et pas un quelconque élève de 2• 3

Que je suis quelqu'un de tout petit

Au mifiBU des tout petits

Qui SB VtJUlent fPIIds

Emmanuel


Un cœur bat dans la foule

Et personne ne l'entend

Un sourire maquille des lèvres

Un sourire éclaire la ville

Et personne ne le vit

Perdue dans la masse des indiHérents

Parmi des hommes devenus marchands

Parmi des vendeurs de bonheurs instantanés

De rêves concentrés, de joies frelatées,

de vies sous sachets d'images préfabriquées

De mensonges cachés

Derrière d'improbables vérités

Parmi ces hommes qui ne savent plus donner

Mal connue, elle est tombée

Comme une fleur coupée

Comme une fleur trop vite fanée

Sur le pavé elle s'est allongée

Les mains emmêlées

le corps recroquevillé.

Et personne n'a essayé

De la sauver,

De l'emporter loin de ces cages dorées

loin de ces espaces calculés, mesurés,

Loin de ces hommes muets

Au cœur sacrHié pour les intérêts.

Personne n'a voulu suivre

Ce papillon d'amour argenté,

Cene libellule au rire perlé

Cet eHe incertain et angoissé

Dans sa lande enchantée.

Et parce qu'elle n'a pas pu

Feindre la tranquillité,

Et parce que la vie l'a bousculée

Parce qu'elle a perdu espoir en l'humanité

Elle s'est laissée emporter

Magali

Travail sur cc thème,, Oui ne s'est empressé, pour

le rejeter, de proclamer avec force le principe de la

totale liberté en matière d'expression plastique, au

nom de l'Art Enfantin créateur et libérateur. Jugement

rapide et contradictoire... qui commence par

interdire en voulant libérer.

Pourquoi se priverait-on de participer à des initiatives

de Musées, Centres Culturels, M.J.C ... qui, souvent,

proposent un travail d'équipe, de coopération, tant au

niveau des enseignants que des enfants.

Pourquoi ne prendrions-nous pas cette initiative vis-à·

vis de ces lieux potentiels d'exposition ~Ne serait-ce

que pour montrer qu'il se passe des choses dans nos

classes !). Cela peut déclencher dans le groupe des

motivations non négligeables qui peuvent être un

levier aussi important que le journal scolaire pour le

texte libre.

0' autre part, qui a dit que tout le groupe-classe devait

participer Ou ne travailler que sur thème Ou

ne devait utiliser qu'une seule et même technique

Et même si le projet lancé ne débouche pas sur

l'extérieur, rien n'empêche d'élargir l'expérience pour

une recherche documentaire. Ou' ont fait des enfants,

des artistes sur le même sujet Comment s'y sont-ils

pris Est-ce qu'à d'autres époques ... Est-ce qu'en

d'autres pays...

Enfin d'une discussion commune sur le thème, pourquoi

ne jaillirait-il pas toutes sortes de remarques,

d'idées, de pistes, de recherches... libérant certains

enfants du «J'sais pas quoi faire» et permettant à

tous les acteurs du projet thème d'accéder à un

travail d'expression profond et fécond.

Mais ne confondons pas « travail sur thème» et

« sujet imposé ». Le thème doit répondre à une préoccupation,

un enthousiasme, une envie de faire d'un

enfant ou d'un groupe qui examine le projet, en dis·

cute, se partage le travail, le critique... et fait que

chacun apporte une pierre différente qui enrichit le

tout.

Olivier Penhouët

Ainsi les enfants de ma classe ont participé avec

d'autres, à une manifestation sur « les loups» (Voir

page 11).


---~----~~-~ -- --

6


Correspondance

Van Gogh : f( Je suis en train de peindre avec l'entrain d'un Marseillais

mangeant de la bouillabaisse, ce qui ne t'étonnera pas lorsqu 'il s'agit de

peindre des grands tournesols. »

Mon cher Bernard,

Une vue d'Arles. De la ville on n'aperçoit que quelques toits rouges et une

tour, le reste est caché par de la verdure de figuiers, cela tout au fond, et

une bande de ciel bleu dessus.

La ville est entourée d'immenses prairies toutes fleuries d'innombrables

boutons d'or, une mer jaune, ces prairies sont coupées sur le premier plan

par un fossé rempli de fleurs d'iris violets.

On a coupé l'herbe pendant que j'étais en train de peindre ce n'est donc

qu'une étude et non un tableau fait que j'avais l'intention d'en faire. Mais

quel motif, hein !

Mon cher Théo,

Je crois que des deux toiles de cyprès celle dont je fais le croquis sera la

meilleure.

Les arbres y sont très grands et massifs. L'avant-plan très bas des ronces et

broussailles.

Les ateliers de

créations

Une phase intéressante de cette

approche de Van Gogh a alors pris jour.

Certains élèves ont travaillé à partir de

photographies des paysages de Van

Gogh, imaginant Vincent avec son vélo,

son chevalet et sa palette en train de

peindre dans les blés.

D'autres ont travaillé sur les autoportraits,

créant un dessin où Vincent a

le sourire.

« Sur ces portraits, il est toujours triste,

alors là on l'a fait un peu rire. » (Alain ·

Roselyne)

Comme en hommage à l'artiste, Patrick

a dessiné le suicide dans le champ de blé

aux corbeaux : sous un ciel menaçant,

Vincent laisse une toile in achevée. Il y a

inscrit « adieu » avant de mettre fin à ses

jours d'un coup de révolver.

Christine a fait de l'église d'Auvers un

château:

« Vincent était pauvre, il devait rêver

d'habiter dans un beau château. »

Tous ces dessins interpellaient la vie de

Vincent, établissant sans cesse un pont

entre la vie réelle du peintre et une vie

imaginée.

Comment continuer cette foule de

dessins

Ils ont lu quelques-unes des nombreuses

lettres que Vincent a écrites à sa sœur, à

ses amis peintres, et surtout à son frère

et compagnon Théo.

Ils y ont trouvé des descriptions

(paysages, portraits, natures mortes) si

précises qu'elles ne demandaient plus

qu'à exister sur la feuille ... comme des

toiles imaginaires de Vincent.

Utiliser ces lettres a été doublement

intéressant :

il fallait obéir à certaines informations

(« une petite maison jaune avec une

porte et des volets verts ») respecter

« l'avant-plan très bas des ronces et

broussailles » les couleurs (des collines

violettes, un ciel vert et rose, des touffes

de ronces à reflets jaunes, violets, verts)

tout en gardant une marge de liberté ;

« le bleu profond »,


Derrière des collines violettes, un ciel vert et rose avec un croissant de lune.

L'avant-plan surtout est très empâté, des touffes de ronces à reflets jaunes,

violets, verts.

Mon cirer Théo

Merci beaucoup de l'envoi de toiles, couleurs, brosses, tabac et chocolat qui

m'est parvenu en hon état. J'en ai été bien content, car je languissais un peu

après le travail. Aussi est-il que depuis quelques jours je suis dehors pour

travailler dans les environs ...

Que te dirais-je de neuf, pas grand-e/rose. J'ai en train deux paysages (toiles

de 30), de vues pris~s dans les collines, l'un est la campagne que j'aperçois de

la fenêtre de ma chambre à coucher : sur l'avant-plan un champ de blé

ravagé et flanqué par terre après un orage. Un mur de clôture et au-delà

de la verdure grise de quelques oliviers, des cabanes et des collines. Enfin

dans le haut de la toile un grand nuage blanc et gris noyé dans l'azur.

Vincent

Dans la nature

J'ai proposé à d'autres élèves de peindre

dans la nature, là où Vincent fut pris de

si grandes émotions.

((Je ne connais de meilleure définition

du mot art que ct;lle-ci: L 'A RT C'EST

L'HOMME AJOUTE A LA NATURE.

Nous sommes donc sortis derrière notre

classe faire l'expérience du paysage.

Un champ de vignes avec au fond un

cabanon a été le paysage préféré.

Les vignes se prêtent bien a.ux

mouvements torturés de Van Gogh,

comme les oliviers ou les cyprès que

nous sommes allés photographier.

D'autres élèves ont peint une colline

avec ses petits arbustes désséchés ; le

ciel était bien triste ce jour-là, il venait

de pleuvoir. Qu'importe ! Les nuages se

sont mis â tourbillonner, et les couleurs

ont commencé à briiler.

« C'est agité » ... « C'est du feu » ... « Ça

brille » ...

« C'est une tempête » ... « Ça brûle » .. .

« C'est des couleurs vives » .. .

« C'est bruyant » ... « C'est lumineux » . ..

« Un ciel coup de poing » ...

L'exposition

Pour conclure cette expérience, il fallait

présenter nos dessins, nos textes, nos

photos â un public le plus large

possible : amis, parents, professeurs,

gens du village ...

C'est ainsi que la bibliothèque

municipale et son animatrice, Michèle

Brunet, nous ont réservé un accueil très

chaleureux. Nos dessins ont été mis en

valeur sur des feuilles de canson de

couleur et plastifiés pour être protégés.

Nous sommes venus aider à les accroche.r

au mur et â organiser le lieu de

l'exposition.

Nous avons tiré des affiches à la

linogravure, nous avons envoyé des

plaquettes d'invitation.


- ,

Van Gogh : 11 j'ai cherché à exprimer avec le rouge et le vert les terribles

passions humaines ... 11

« Le peintre de l'avenir, c'est un coloriste ».

Le vendredi 20 janvier après la classe,

un pot amical a été servi en présence des

élèves, des parents, du maire et de

nombreux amis.

Dans la salle de la bibliothèque, on

pouvait consulter des ouvrages sur Van

Gogh et des reproductions de ses

œuvres.

Notre exposition a intéressé plusieurs

personnes qui l'ont accueillie dans leur

école : l'école primaire des Arcs, le

collège de Villeneuve à Fréjus, l'école

primaire de Vinon-sur-Verdon.

Extraits du livre d'or de l'exposition

« L'école doit être ça aussi» (Une dame) ,

« Un voyage de lumières » (Un poète)

'' J'aime bien vos dessins mais je ne

comprends pas que les gens n'aimaient 1

pas les tableaux de Van Gogh. C'est

pour ça qu'il s'est tué. » (Christine,

9 ans).

Le suicide

jaune comme un dimanche de juiffet

blond comme les blés

noir comme les corbeaux

bleu comme le ciel

rouge comme un coup de revolver

rouge comme un coup de revolver

rouge comme un coup de revolver

10


Travaux provenant de diverses écoles de l'Yonne sur le thème des loups.

[]

Le centre culturel de l'Yonne avait lancé dans

sa programmation une exposition (( Au loup n en

invitant des classes du département de s'y

joindre, et en proposant la visite de l'initiateur

de cette expo dans les classes, en l'occurrence

il s'agissait de Pierre Mathey qui travaille au

Musée des enfants (Musée d'art moderne de la

ville de Paris).

Ce dernier est venu dialoguer avec les enfants

en les laissant libres du mode de leur participation

éventuelle. Après son départ nous avons

discuté de cette rencontre, des loups, et peu à

peu des dictons sur les loups jaillissent, dont

nous faisons le recensement. Puis par la suite,

chacun (ou plutôt ceux qui l'ont voulu) a choisi

un dicton et l'a illustré à sa manière avec la

technique de son choix. La seule consigne étant

alors de faire les loups comme on les imaginait

et comme on le pouvait, beaucoup ont cependant

ressenti le besoin de faire vrai (c'étaient

des C.M.2). Quand le tout fut prêt et exposé en

bonne et due place, nous sommes allés à

Auxerre en car visiter cette expo avec la participation

d'un animateur du Centre qui a fait

École de Thizouailles

+

11


que la visite fut vivante, passage dans un labyrinthe

obscur habité de hurlements de loups,

visite des coins, recoins et différentes structures.

Le seul ennui fut qu'à la sortie, il ne faisait pas

un froid de loup mais un temps de chien.

Nous avons aussi évoqué les lieux-dits mais cela

avait suscité moins d'intérêt : La Ferté-Loupière,

Saint-Loup d'Ordon.

Nous avons cherché les différentes définitions

du loup à travers les dictionnaires. Nous avons

lu l'histoire des loups et retrouvé leur répartition

géographique.

Olivier Penhouet,

École de Thizouailles- (Yonne) (C.M)

Dictons populaires que nous avions trouvés:

A voir une faim de loup

Faire noir comme dans la gueule d'un loup

Un froid de loup

Tomber dans la gueule du loup

Etre connu comme le loup blanc

Une tête de loup (pour le plafond)

Marcher à pas de loup

Un vieux loup de mer

Hurler avec les loups

Un saut de loup

Mon loup, mon p'tit loup, etc.

Entre chien et loup

la faim chasse le loup du bois

les loups ne se mangent pas entre eux

Se jeter dans la gueule du loup

Donner la brebis à garder au loup

Enfermer le loup dans la bergerie

Une fraise dans la gueule du loup

En fuyant le loup, il a rencontré la louve

A la queue leu leu (leu: loup)

Il y a bien du bien partout où le loup pète

C'est un jeune loup

Un jour un loup a rencontré un vieux loup de mer et il n'en a fait qu'une bouchée.

le loup est très méchant

Surtout si vous rencontrez un loup

n'avancez pas à pas de loup,

mais courez, courez, courez. ..



e de Cheny

Le loup est très connu, connu comme le loup blanc,

mais chez nous on n'en volt plus la

queue d'un parce que les hommes l'ont chassé.

L'hiver le loup a froid, un vrai frOJd de loup.

Alors il se terre jusqu'au printemps.

De plus le loup a toujours une faim de loup.



. 1 de Thizoua/Ï/es

Ecoe

1--1

1


École des Piedallous

Nous étions souvent allés à l'Abbaye Saint-Germain

voir des expositions. Et cette fois, on nous proposait

de faire des dessins pour une exposition et laquelle

Une exposition sur les loups !...

Nous discutons tout d'abord longuement sur le sujet

et il en ressort encore et encore l'image du loup qui

fait peur, qui mange les enfants, qui a des dents terribles

et qu'heureusement on peut parfois tuer.

Nous explorons notre bibliothèque : des loups il y en a

beaucoup, quelquefois bien bien inoffensifs et gentillets

mais celui qui a le plus de succès, c'est encore le loup

du Petit Chaperon Rouge.

Nous nous sommes lancés alors dans divers travaux :

bandes dessinées d'histoires de loups, recherches de

dessins sur le bloc, puis réalisations géantes (peintures,

encres, craies grasses, collages) et. .. voilà :

• des loups qui mordent,

• des loups qui se bagarrent,

• des loups morts,

• des loups qui rient,

• des loups terribles ou bien très doux ...

Histoire peut-être de jouer avec sa peur.

Damële Pangrazi

G.S. École maternelle des Piedallous

Auxerre

1 ~


Le concert

16

Les enfants de l'école de La Doire (Caille, 06) ont assisté à un concert de

Gestation sonore par le groupe (( Arthéa JJ. Georges Hérinx, leur instituteur, a

recueilli quelques-unes de leurs réflexions :

- C'est très bien organisé parce qu'tls donnent leur concert le vendredi soir

et après les spectateurs peuvent regarder les instruments et de temps en

temps un petit peu les toucher ...

- Moi j'ai beaucoup aimé (( l'Ariel JJ qui sonne un peu comme le chat qui

miaule ...

- Ce qui m'a impressionné à moi c'est sa sonorité, comment ont-ils pu

réussir à faire ce son un peu tournant qui sonne longtemps . ..

- Moi j'ai touché la flûte de 3 mètres de long qu'on manipulait avec des

guidons de vélo.

- Il y avait aussi un grand instrument avec des pavillons.

Georges.- Un orgue de verre.

- Il y avait un petit métal/aphone avec pour caisse de résonance des (( courges

sèches JJ et les lames étaient en bambous.

- Une dame jouait d'une espèce de tambour, c'était une membrane grande

très grande, ronde ; elle était suspendue au plafond par des fils de fer ...

- La dame tapait lentement mais le son durait longtemps et dès qu'il s'arrêtait

un autre reprenait. Il y avait à peu près 20 minutes d'écart entre les deux

coups.

Oh non, tu exagères, une minute maximum.

- Peut-être même 20 secondes.

- Il y avait aussi des espèces de coquillages, des gros coqutl/ages comme

un escargot qui s'enroule et qu'ils appellent (( cornes JJ qui faisaient un son

terrible ...

- Il y avait aussi un arc en bouche. Nous, on en a fabriqué un, on en a fait

de tout, ce n'est plus un arc en bouche, c'est un arc musical.

G.- Quelle musique ont-ils donnée

- C'était improvisé et tout mélangé... Une improvisation vraiment bien

réussie, je trouve très très bien réussie 1 Des fois tls stoppaient un instrument

pendant un moment et tls recommençaient le même pendant qu'tl y en avait

d'autres qui jouaient ...

G.- Mais tls étaient combien

- Je crois qu'ils étaient trois : le monsieur qui jouait du xylophone, l'autre

de la petite batterie et du gros violon avec pavtl!on et la dame qui donnait le

rythme au tambour ...

- Mais tl y avait tellement d'instruments qu'ils ne pouvaient pas tout uttliser

à la fois, ils n'ont que deux mains chacun ... ça ne faisait que six mains 1

G.- Et alors pour arriver à jouer de tout

- Ils posaient un instrument et en prenaient un autre ... Il est arrivé qu'tl y ait

presque tous les instruments en jeu même la grande flûte de 3 mètres ...

G.- Et comment étaient disposés ces instruments

- Certains étaient pendus au plafond, d'autres accrochés à un grand portique,

d'autres posés à terre .. .

- On avait l'impression qu'ils savaient ce qu 'tls allaient jouer et pourtant

c'était improvisé.

- Ils faisaient un petit bout ... puis un monsieur continuait d'une façon ... les

autres suivaient... ils écoutaient bien ce que l'autre démarrait en arrêtant un

peu leurs instruments ... et tls redémarraient là-dessus. Ils suivaient bien parce

que sinon ça n'aurait pas fait un concert, mais rien qu'un (( boucan JJ.

Out~ mais moi je me demande comment ils étaient capables de suivre ...

Eh bien, parce qu'tls étaient habitués.

Habitués à quoi

A jouer comme ça.

Comme nous, on ne peut pas jouer sans suivre, sans s'écouter, sinon ca

n'irait pas du tout ensemble, et on ne pourrait pas enregistrer 1 ·

Interview de Badra (à propos

d '(( Arthéa ))j par Jackie De/obbe.


Jackie. - Des enfants sont venus écouter votre

concert, vos instruments soulèvent l'admiration

de certaines personnes également, pouvez-vous

me parler de vos conceptions musicales, de vos

recherches, de votre formation

Bad ra.- L'histoire a commencé en 66-67. C'est

la rencontre de cinq musiciens niçois qui venaient

du milieu du jazz, du classique, de la

variété .. . mais qui ne se sentaient pas du tout

satisfaits, ni dans le jazz , ni dans les autres musiques

qu'on leur proposait ... En discutant tous

ensemble, l'idée de gestation sonore a jailli :

c'est le son qui est devenu primordial, c'est-àdire

écouter, ré-écouter avant toute formulation

théorique ou verbale ... le son lui même, comment

il agit sur nos corps, sur nous, sur notre sensibilité

...

Au début d'un concert, à part les instruments

qui serven t de point de repère, il n'y a rien de

décidé auparavant. C'est le geste qui lance, c'est

le son qui nous pousse, qui nous porte, et c'est

l'écoute, ce que Franky appelle l'attention auditive

qui te sensibilise au travail instantané avec

les sons. Par exemple un musicien commencera

par un coup de gong ... ce coup de gong appelle

un son aigu de flûte qui appelle un roulement de

tambour, un son en appelle un autre 1

La construction n'est pas voulue, elle se fait.

On commence toujours les concerts par les battements

d'un· gros tambour au son très très grave,

le tao que je frappe très lentement comme un

cœur qui bat, et qui continuera à battre pendant


gestation sonore ••

tout le concert. On l'appelle « le cœur de la

terre » - les deux autres musiciens Franky et

Goa continuent avec des conques : ce sont des

gros coquillages qui ont servi de tout temps et

partout dans les temples, pour les bergers, pour

s'appeler : c'est un instrument d'appel comme si

on se disait : « Soyez présent, écoutez ... »

quand tu l'entends ça te prend au creux de l'estomac,

c'est quelque chose de fort ! le tao installe

l'auditeur dans une espèce d'espace tranquille,

ralentit le rythme ; la conque au contraire

ouvre l'espace, l'attention va pouvoir se mettre

en place.

Ensuite commence la gestation sonore.

J. - Vous invitez donc les auditeurs à un

concert de musique libre en quelque sorte

Badra.- Oui, dans l'espace ouvert par le tao et

les conques, ce que tente et propose la pratique

de Gestation Sonore c'est la contemplation, en

pleine participation, des sons qui surgissent et

s'organisent dans l'immédiat.

J.- Les musiciens travaillent sans partition

Bad ra. - Oui, on s'est détaché dès le départ de

la composition ; la rupture s'est imposée : on ne

passe pas par l'écriture ... ce fut un refus instinctif

du groupe, car l'écriture c'est quelque chose

qui s'arrête, se fixe, qui est mental. .. alors que le

son est avant la parole avant l'écriture ... donc,

que ce soit l'écriture qui le dirige et qui l'organise

quelque part c'est une perversion ... L'écriture

peut servir de mémento (chez les Indiens des

Indes) il y a des formes d'écriture, un rythme est

noté, mais il n'y a pas de texte à lire). En même

temps que la gestation, on a découvert les musiques

qu'on appelle extra-occidentales, celles de

l'Inde, de la Chine, de l'Afrique, du Japon, de

l'Iran ,... les musiq1,1es arabes ..

17


Le kotar

Le car bass

-

La porte de la chambre sourde

8

Les musiciens ont cherché, collecté un peu partout

des instruments d'ethnies : un gong balinais,

un orgue en bouche laossien, des tambours africains,

un balafon, des flûtes javanaises ... D'a u­

tres visions se sont imposées à eux (dans notre

musique occidentale on a 2 formes de gammes :

majeure et mineure ; en Inde, il en existe beaucoup

plus. Le monde sonore est bien plus riche.

J. - Je vois sur votre album que vous jouez

avec des quantités d'instruments divers ...

Bad ra. - Dès 1967 en effet, le groupe des musiciens

qui s'appelait « Horde catalytique pour la

fm » improvisait sa musique sur 270 instruments

récupérés ou transformés, de toutes origines.

J. - Mais vous avez changé de nom

Badra. - Oui, des questions économiques et

des difficultés matérielles de tous ordres ont été

la cause de la dislocation de « Horde », et c'est

ainsi qu'en 1975 Franky et Goa se sont ret rouvés

tous deux à Nice où ils ont créé ARTHÉA

(Association pour la Représen tation des Techniques

et des Expressions Artistiques). Ils lancèren

t alors de nouveat,Jx projets, abandonnèrent

la plupart des instruments d'ethnies qui nous

plongent dans une culture déterminée dans laquelle

il est difficile de circuler quand on n'est

pas musicien iran ien, chinois, africain... pour

concevoir des instruments nouveaux qui synthétisaien

t les possibilités de tous les instruments

essayés les années précéden tes : une

sorte de harpe circulaire, le rotoctar (« tar » est

un mot d'origine iranienne qui signifie « corde » ;

des gongs tubes, des trompes enroulées, une

guitare électrique - qui faisait office de guitare

et de guitare basse - avec cinq octaves de

portée : le pintocta r, un instrument de percussion

(un percutube) etc.

Pour supporter tout ça, ils fabriquèrent une

structure en dodécaèdre qui servait de pied aux

instruments et dans laquelle ils jouaient. Ils

donnèrent de nombreux concerts pendant deux

ou trois ans.

Des amis leur ont prêté une maison où ils ont pu

installer un atelier pour poursuivre des travaux de

recherche et de construction inst rumentale ...

Je les ai rejoints à nouveau vers 1979, année où

la municipalité de Grasse a mis à notre disposition,

à condition de la restaurer, une maison

abandonnée en très mauvais état. Ce fut une

grande chance 1 Il nous a fallu cinq ans pour la

retaper. Elle est grande. On a pu y installer :

- une salle d'exposition où on y réunit des ins-

truments « à la retraite » ou des prototypes ;

- une chambre sourde tapissée de pai lle, laine

de verre « l'igloo de paille », pour les recherches

acoustiques ;

- une petite salle de musique où le vendredi

soir, nous donnons des concerts gratuitement

aux gens qui viennent ;

- des ateliers de constructions mécaniques et un

studio d'enregistrement.

J .- Vous avez parlé de l'évolution dans la

conception de la fabrication des instruments ;

tenez-vous compte actuellement des progrès de

la technologie moderne pour poursuivre votre

travail

Bad ra .- Goa a commencé à travailler le métal,

le bois (les bois précieux parfois) l'ivoire, le bambou

(il est passionné par les bambous : c'est un

matériau noble, beau, qui a l'avantage d'être

plus résistan t que le bois, qui pousse très vite, tu

le coupes, il repousse, c'est un matériau fantastique

1 . •• mais il t rava ille également les matières

synthétiques : il utilise beaucoup de matériaux

contemporains : les polycarbonates (plexy-glass)

les résines. Comme ces derniers ne sont pas utilisés

en lutherie, il découvre des techniques de

travail qu'il est amené à mettre en place.


Le stringar

L 'altar

J . - Comment arrivez-vous à financer toutes

vos recherches

Bad ra.- Il y a deux ans on a été subvent ionné

par le ~inistère de la culture, par le conseil

régional, on a eu un F.I.C. (Fonds d'Intervention

Culturelle), on a pu à ce moment-là acheter

des machines nécessaires pour passer de l'instrument

fabriqué pour nous, auquel on s'adapte

facilement s'il y manque quelque chose ... à des

prototypes fiables qui peuven t être industrialisés

et vendus ...

Goa a construit toute une série d'instruments

qu'on a appelés « kotar » parce qu'ils sont inspirés

du Koto japonais et qu'on essaie de commercialiser.

On s'était rendu compte qu'il y avait une

difficulté majeure : le nombre de cordes quand

tu n'es pas musicien pose un problème énorme

d'accords ; on n'est pas en Inde, on n'est pas en

Iran, on n'a pas les maîtres qu'il faut pour

apprendre à jouer, à accorder.

Goa a. trouvé une petite mécanique qui permet

un accord constant (c'est-à-dire qu'une fois que

c'est accordé ça ne bouge plus : on a testé un

de ces instruments avec ce système, on l'a abandonné

six mois dans un coin, il est resté accordé.

J.- Ceci m 'intéresse car on vend à la C.E. L. un


Reportage réalisé par les enfants de l'école Laplace de Châtellerault (classe de Jeanne Monthubert)

TIERI

LANCEREAU

Un sculpteur s'est installé sous le préau et il a travaillé toute la journée devant nous.

Il sculptait le tronc d'un poirier âgé de 80 ans.

Avec une massette et toutes sortes de gouges, il creusait des dizaines de flèches imbriquées les unes

dans les autres.

20

- Pourquoi faites-vous des flèches

C'est une recherche que je fais actuellement en peinture

et, pour cette sculpture j'ai voulu en intégrer dans

la partie haute.

Est-ce que ça représente quelque chose

Une flèche, ça représente une flèche.

- Oui, mais cette sculpture

- C'est une dame et un monsieur en même temps.

- Oui, mais une dame et un monsieur, il n'y a pas

de flèches dessus

- Oui, sur toi, il n'y a pas de flèches, mais tu sais,

quand on fait de la sculpture, ça permet de faire ce

qu'on veut, de rajouter ce qu'on veut au corps humain

par exemple.

- Quand vous sculptez, est-ce que vous avez un plan

d'avance

- En général, je ne fais pas un plan précis mais une

ou plusieurs esquisses. Parfois je m'appuie sur des

dessins que j'ai faits des années avant.

- Comment elle s'appelle cette sculpture

- Elle ne s'appelle pas, c'est une sculpture abstraite,

c'est-à-dire qu'elle ne représente pas quelque chose de

figuratif, comment l'appellerais-tu, toi

- Ben ... Squelette!·

- Oui pourquoi pas toi, tu retiens l'idée de squelette

et je pense qu'effectivement, on peut retrouver

quelque chose d'osseux dedans. Vous voyez, on n'a


Sculptures

pas toujours besoin d'un titre, je pense que la sculpture

elle-même peut amener ceux qui la voient à penser,

à dire ce qu'elle leur suggère.

- Franck appelle la scupture noire : Relax.

- Oui, chacun ressent une impression particulière.

- Est-ce que pour faire ce métier, il faut beaucoup

d'imagination

- Etant donné que c'est de la création, ça touche

l'imaginaire alors il faut penser à ce qu'on fait, y réfléchir,

s'exercer, lire c'est tout un ensemble.

- Dans la sculpture qu'est-ce qui est le plus difficile

- C'est la conception, c'est-à-dire la création. Ce

n'est pas tellement l'aspect technique, la réalisation,

les gestes que vous voyez qui sont difficiles ...

- Ça ne pose pas un problème de travailler couché,

quelque chose qui sera debout

- Non ... par exemple, cette structure, je l'ai conçue

et dessinée sur le tronc suspendu à un palan. Je la

couchais, je la travaillais, je la remontais ... je n' aurais

pas pu la concevoir comme ça, allongée.

- La première fois que vous avez vendu une sculpture,

qu'avez-vous ressenti

- C'était assez agréable parce que je pense que lorsqu'on

vend c'est qu'on se fait reconnaître, c'est que la

société reconnaît qu'on fait quelque chose d'intéressant

qui mérite rétribution.

Oui, j'ai ressenti beaucoup de plaisir.

- Avez-vous gagné des prix

- Oui, j'ai participé à des expositions officielles et il

m'es.t arrivé d'avoir des récompenses, mais tu sais,

c'est très symbolique. On te donne un joli papier et

puis ...

Ça ne vous fait pas vivre hein

- Pour assumer sa vie, il faut faire d'autres travaux !

21


22

- Est-ce que c'est dur à apprendre la sculpture

- C'est long, surtout.

- A quel âge avez-vous commencé

- A 10 ans, j'avais votre âge, j'ai commencé sur un

tout petit morceau de bois que j'avais trouvé.

Et qu'est-ce que vous avez fait

J'ai fait un tout petit buste.

Comment avez-vous eu l'idée de faire ce métier

Alors, ça!

Vous l'avez vu à la télé

Non, de toutes façons, je n'avais pas la télévision

chez moi quand j'ai commencé.

- Vous avez appris tout seul, un jour, comme ça

- Non, pas un jour comme ça, j'ai commencé il y a

longtemps, je me suis formé tout seul, ça a mis des

années et ce n'est pas fini ! j'ai tâtonné, j'ai fait des

erreurs, je suis toujours en train de chercher.

- Il vous est arrivé de vous tromper et d'être obligé

de recommencer

- Oui, mais j'essaie de faire avec mon erreur. Ça

vous arrive aussi à vous, quand vous dessinez de vous

tromper

- Oh ! ben oui ! mais nous, on gomme, c'est pas

pareil !

Reportage réalisé par les enfants de l'école Laplace


_L

1

N ! : '1 5'71 .

7 _)'



ma maman m'a fait naitre

à 6 h 15 du matin

heureusement qu'elle m'a fait vivre

sinon je n'aurais jamais

de copains et de copines


Quand je regarde le ciel

je pense toujours à l'amour.

la forêt

a besoin 1

de bonheur

L'amour

c'est merveilleux

mais ça ne se sent pas

quand ça s'arrête

ca me rend triste.

Adrien


2)


Dessins

sur

rhodoïd

École maternelle - Crèches/ Saône

Matériel :

• Acétate ou récupération de couvercles

de boîtes, présentoirs d'intercalaires

transparents dans certains

albums de papiers peints (velours).

• Encres d'imprimerie Offset 3 couleurs

primaires + blanc

• White-spirit

• Feutre noir indélébile épais

• Pinceaux

Chez moi les enfants font des recherches

au tableau noir dans un cadre

tracé aux dimensions du « transparent

».

Quand ils sont satisfaits de leur dessin,

ils le décalquent avec le feutre indélébile.

Ils retournent le transparent et peignent

avec les encres plus ou moins diluées

dans le white-spirit. Ils fabriquent

leurs couleurs au fur et à mesure et

peuvent les effacer avec du sopalin

humecté de w hite-spirit, s'ils n'en

sont pas contents.

Plus on met de white-spirit, plus les

couleurs sont transparentes. '

On applique ensuite une feuille blanche

sur le côté peint.

On obtient des effets de batik inattendus

en appuyant bien.

Nicole Guatteri


Difficile de les disjoindre, ces

deux-là, sans doute unis davantage

pour le meilleur que pour le

pire. Déjà qu'ils sont nés la

même année, 1936, l'une à Poitiers,

l'autre à Paris ! Certes,

Jacqueline Held a obtenu, toute

seule, le grand prix de littérature

de jeunesse, en 1970,

pour son livre le chat de Simulombula.

Certes Claude Held a

obtenu, tout seul, le prix Jeune

Poésie François Villon, en 1974.

Mais la plupart du temps, ils

écrivent de concert, en particulier

des livres pour les jeunes

comme : Trois enfants dons les

étoiles (éd. Seghers, 1980) et de

nombreuses anthologies et recueils

chez la plupart des éditeurs

de jeuness_e qui comptent.

Ils animent ensemble la revue

Racines et sont responsables solidairement

de la collection Anthologie-poche

2001 aux éditions

Magna rd.

Il n'y a guère que pour enseigner

qu'ils se séparent. Jacqueline

Held étant actuellement chargée

de cours de littérature de jeunesse

à 1 'université Paris-Nord,

et Claude Held professeur de

lettres supérieures à Orléans.

Ils vivent à la campagne dans

une ancienne ferme de vignerons

et aiment la musique de la Renaissance,

le jazz, la peinture

contemporaine, les animaux (y

compris une araignée nommée

Gertrude qui vient le soir regarder

la télévision dans la salle de

séjour !). Ils apprécient également

la marche, la mer, la Bretagne

en hiver, mais sont en

train de redevenir sociables en

redécouvrant l'amitié, le dialogue,

Paris, la circulation, les magasins,

la foule, avec de plus en

plus de plaisir. On les soupçonnera,

à bon droit, d'accumuler tous

ces plaisirs de société pour avoir

quelque chose à raconter à Gertrude,

le soir, en rentrant au

foyer. Histoire de ne pas trop la

laisser s'intoxiquer d'images

fugaces, car quand on écrit des

histoires pour les enfants et des

poèmes, on ne peut que favoriser

la rencontre avec l'imaginaire,

en souhaitant lui voir prendre le

pouvoir. Tiens, au fait, Jacqueline

Held a publié un ouvrage théorique

intitulé : L'imaginaire au

pouvoir : les enfants et la littérature

fantastique (ed. Ouvrières,

1977), et Claude Held un recueil,

parmi d'autres, dont le li tre est :

Réalisation du réel (ed. Inactualité

de l'orage).

Jacqueline

et Claude HELD

Le harpon de la mer

retient

cinq îles

et les maisons blanches

sur les îles

et les racines les rails

les roues et les renards

sur les îles

et les célèbres explorateurs

sur les îles

Claude

{inédit- extrait d'Alphagammes)

Ton corps

est un coquillage

irremplaçable, inconnu

- cela s'entend

dans le bruit de la mer.

Nous passons la tête

par les trous du sable

et ainsi prenons réalité.

Trois galets sans désir

nous regardent.

Jacqueline et Claude {inédit) - Extrait

de


La Sanza

L'arc musical

- Instrument de musique d'origine africaine (c'est le « piano africain

»)

- Facile à fabriquer pour ou par les enfants.

- Bon marché. Instrument intimiste, très facile à jouer. Chaque

note est réglable par l'enfant.

Boîte de polystyrène d'emballage

(caisse de résonance)

Planchette

(contreplaqué)

C'est un instrument qu'on trouve en Afrique, au Brésil ...

~., Corde à piano (4/10• ou 6/10•)

Çf.,,, ..,: . ---· ·..:.... ..:··. ,... ·. . ..,.

Clous tête homme // ~ ~ J

(T.H.) : 30 x 2,5 mm ~ /

,.,,., = .:: .. ,.,... : ~

Un tasseau (frêne, pin ... ) 0,60 m


X3030 "0008 ~ S3NN"O ZZE90- 60L a1elSOd 9l!08- ':fll\l'3'd 1 sno/\-zassaJpe 'Jauuoqe sno/\ JnOd

:1:1 REl :1 !ill (U!n[ ~ aJqwa~das ) sanbsorv sar suop 91U9i\ ua sod 1Sa u ~

aJ!BIOOS aé}UUB,I SUIp SOJ !(! 98-W ~uawauuoq'V a

---"- .. -- - --------------·------------------------------------------------

Fixer la corde.

Fais faire une boucle. (Attention danger : la corde à piano peut

blesser grièvement tes doigts et tes yeux).

Passer la boucle sur le clou qui sert de « frette », puis dans le trou

de 8 et l'accrocher de l'autre côté du bois, à un clou T. H. 30 x 2,5

planté penché comme sur le dessin.


LIVRE

Du graphe à J'expression graphique de

Jacques Placès Editions M ilan

« Oh ! qu'il est beau ! » Toutes les personnes

à qui j'ai montré cet ouvrage ont exprimé ce

plaisir. Ce n'est pas la moindre de ses qualités

! Un bel ouvrage en effet, format à l'italienne,

tout en noir et blanc, d'une excellente

qualité d'impression, une mise en page rigoureuse,

aérée où images et typographie « respirent

» calmement. Déjà, en feuilletant, l'œil

est comblé.

Et le contenu Il s'agit d'un ouvrage concernant

l'enseignement du graphisme, réalisé par

J. Placès, plasticien et professeur aux Beaux­

Arts à Toulouse, qui témoigne de sa pratique

éducative. De très nombreux travaux d'élèves

illustrent la démarche pédagogique : à partir

de la fabrication de « t races », l'œil analyse,

opère des regroupements aboutissant à une

recherche plus serrée sur la ligne, la tache, la

matière.

L'ouvrage propose de nombreuses manipulations

et montre comment partant du jeu gratuit

des signes peut s'élaborer un répertoire

graphique permettant une meilleure appréhension

du monde des objets.

Même si cet ouvrage ne révolutionne pas nos

connaissances s~r l'expression graphique, il a

le mérite du témoignage, à la portée d'un large

public.

A mon avis, il peut rendre les plus grands

services à tous les éducateurs qui sentent la

nécessité d'explorer avec les enfants dont ils

ont la charge, l'expression par le graphisme.

Anto Alquier

Sachant l'existence du cours de dessin menacée

l'an prochain, avec les élèves de 4• et 3•

du collège de Chazay, nous cherchions un

lieu d'exposition pour leurs travaux.

Conviés à participer à l'exposition « Talents

locaux », organisée en juin 84 par l'association

culturelle de Chazay, les élèves ont assuré

le montage de leurs travaux et la permanence

pendant la manifestation, participant ainsi

physiquement et à travers leu r création, à la

vie locale, témoignant de leurs recherches, à

côté des créateurs adultes amateurs, artisans ...

Ils ont rencontré de nombreux adultes ; mais

pas les responsables du collège... ou de

l'acjministration académique.

Cette année, par mesure d'économie, il n'y

aura plus du tout de dessin au collège de

Chazay.

Annie Dhénin 2. 07.84

Ces quelques lignes pour faire part de ma

satisfaction à la vue des n° 16 et 17 de

Créations.

La couverture du n° 16 a été pour moi un

choc esthétique.

Ce que je n'avais éprouvé précédemment

pour aucune couverture d'Ar! Enfantin ou de

Créations. Je la trouve belle et bien équilibrée

(image, texte, couleu rs) et astucieusement

composée. Le mouvement de ces enfants

(le dynamisme qui s'en dégage) leur recueillement

et leur complicité sont discrètement

accentués par des titres sobres et évocateurs.

On a envie d'en savoir plus. Les pages 3, 4,

5, 6 sont à mon sens tout aussi riches et

collent à merveille avec la croisade des

enfants. Je crois que cette clarté qui en émane

équilibre les pages plus denses des bébés -

un régal à s'en barbouiller aussi - merci

aussi pour la sobriété et la lisibilité des photomontages.

La luminosité et la gaieté de la couverture du

n° 17 me plaisent beaucoup et principalement

ce parti pris de couvrir toute la page et de ne

pas la cerner par un cadre, cette ouverture me

semble être une ouverture d'esprit et une invitation

à la création. Je reg rette la densité

des pages 16 à 20 où la richesse du contenu

est démolie par la lourdeur des nombreuses

illustrations.

Je sais qu'il est trop facile de démolir, ainsi,

gratuitement mais ces deux numéros me

semblent être par leur présentat ion un tournant

. Il y aurait d'intéressantes comparaisons

à faire entre les derniers numéros d'Art Enfantin

et ces deux numéros - que ceux qui

n'ont pas encore saisi le pourquoi de CRÉA­

TIONS y réfléchissent - notre revue, en plus

d'être pédagogique devient esthétiquement

belle !

Janine Paillot

Au congrès A.G.I.E.M. de Limoges en juin 84

(Association Générale des Institutrices des Ecoles Maternelles)

Dans un immense palais des Expositions,

où les travaux pédagogiques en provenance

de nombreuses régions de France avoisinaient

les stands des Maisons d'Édit ion présentant

du matériel destiné à la petite enfance,

se dressait, dans un angle, une

réalisation tout aussi insolite qu'impressionnante.

Là sous un plafond formé de voiles gigantesques

et de parachutes ouverts, enchevêtrés

au-dessus des têtes des visiteurs, se côtoyaient

des monstres énormes, des animaux imaginaires

faits de matériaux de récupération,

d'énormes poupées de chiffon dont certaines,

éventrées, donnaient naissance à un enfant,

des cabanes de branches naturelles au sol

tapissé de feuilles sèches, celles que les enfants

aiment piétiner à l'automne, des chemins

de sable parsemés d'objets hétéroclites,

billes, boules, coquilles d'œufs qu'on aurait

volontiers écrasées sous les pieds, des robots

lançant des éclairs avec leurs yeux, des fleurs

géantes et une cabane ronde, merveilleuse,

dont la paroi vitrée permettait de voir de l'intérieur

un monde enchanteur à hauteur des

yeux.

Cette réa lisation semblait appartenir à un

autre monde, une autre époque, c'était un

peu le temple de l'imaginaire et du subconscient,

le domaine du sensuel et du merveilleux

à la fois.

Les visiteu rs pouvaient retrouver là, d'intimes

sensations d'enfance, de délicieux goûts

d'interdits, matière à rêver et fantasmer.

Les enfants pouvaient y reconnaître leur

vécu familier, les objets qu'ils aiment, au

carrefour du réel et de l'imaginaire.

Pour beaucoup d'enseignants la part de

l'adulte : part éducative, formatrice, déterminante

doit guider l'enfant non pas en vue de

libérer ce qu'il a en lui et qui est pour cet

adulte d'une valeur culturelle très relative

mais pour qu'il s'imprègne d'une culture à

laquelle un pat rimoine historique solide

confère une valeur dont plus personne ne

doute.

Aussi trop souvent, au lieu de rencontrer,

dans les expositions l'expression du « jardin

intérieur » des enfants, comme sait si bien le

décrire Clem Berthelot, on rencontre des travaux

d'enfants, riches en couleurs, mais dont

les thèmes, « l'enfant et la forêt », « l'enfant

et telle œuvre musicale », « l'enfant et le milieu

naturel », « l'enfant et tel peintre abstrait»

ne disent pas si, avant d'accéder à ce stade,

l'enfant avait libéré son expression personnelle

et si l'étape ainsi abordée se situait à un

moment bien particulier de la démarche éducative

et de la découverte du milieu culturel.

es

Si dans le milieu scolaire, l'enfant créateur peutd

s'épanouir, si l'adulte lui reconnaît ce droit et

valorise ses productions, le faisant continuellement

se dépasser grâce à un aller-retour

groupe-individu, accompagné d'une critique

constructive dans un milieu sécurisant, aboutissant

à une progression lente mais sûre,

alors il sera souhaitable de l'amener à découvrir

la culture de son époque, les grands

peintres, les grands musiciens et les grands

poètes. Mais si la démarche est inverse, si les

œuvres des artistes pèsent prématurément

sur le tâtonnement expérimental de l'enfant, il

ne pourra pas raccorder ces apports aux

exigences de sa propre vie. Il ne se reconnaîtra

pas dans ce monde qu'on lui offre comme

modèle où sa seule ressource sera d'imiter

de copier les idées et les gestes des autres au

détriment provisoirement ou définitivement

de sa propre originalité, de sa propre création.

Dans ce coin insolite du palais des expositions

de I'A.G.I. E.M. on pouvait se rendre

compte qu'il existe une cu lture enfantine et

que des adultes prennent en compte les

besoins essentiels des enfants. C'était reconnaître

un statut à l'enfance.

Monique Ribis


',_)

Dans le prochain numéro

l'expérience

de l'Atelier des Enfants à Beaubourg·

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