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Enfant prodige, musicien de génie, joyeux drille, heureux en amitié, malheureux en amour, toutes ces facettes de la personnalité de Schubert apparaissent dans cette biographie inédite.

Illustrée par Sempé, racontée de façon simple et vivante par Gemma Salem, cette vie de Schubert ravira les lecteurs de 7 à 107 ans.

Salem · Sempé

Franz Schubert

Un nouveau Sempé

EDITION BERNEST


Schubert qui ont des moyens modestes et un nouvel enfant, Thérèse, ce serait

un soulagement : à la maison, on bute les uns sur les autres. Celui qui juge les

enfants du concours est Antonio Salieri, directeur de la musique de la Cour,

directeur du prestigieux « Gesellschaft der Musikfreunde » (Musikverein) et

bientôt directeur du futur conservatoire. De plus, il enseigne à des enfants

de la haute bourgeoisie et compose opéra sur opéra … Impressionné, il ne

quitte pas des yeux un petit gros, tout bouclé, qui porte des lunettes et des

vêtements pauvres : ce gamin chante avec tant d’assurance et surtout une

telle joie. Bien sûr, c’est lui le meilleur, ce … comment déjà ? ah oui, Schubert.

Au collège, on est obligatoirement interne. Franz est désemparé de quitter

sa maison mais il sait qu’il va chanter chaque dimanche à la chapelle royale de

la Hofburg et jouer de la musique à l’orchestre du collège. Sensible et réservé,

Franz se tient à l’écart, les mains dans le dos, souriant à ce qu’il pense. Son

tempérament farouche le fait réagir à la moindre impulsion. Il n’a qu’un

ami, Spaun, un grand de dix-neuf ans qui avoue que Franz le dépasse, et de

loin, lorsqu’ils jouent la même partition de violon. Spaun admire Franz, il

l’aide et le protège. C’est à lui seul que Franz joue les petits morceaux qu’il

compose en secret. Il a confiance en Spaun, et puis c’est un cas : il est allé à

pied jusqu’à Linz, dans sa famille, parce qu’il avait utilisé l’argent du voyage

pour de nouveaux cahiers de Beethoven.

L’esprit malicieux de Franz lui attire la sympathie de tout le collège et,

comme d’habitude, il est premier de classe. Bientôt premier soprano de

la chorale, enfin premier violon. Il a de l’influence au sein de l’orchestre

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et comme jadis M. Holzer, le responsable musical du collège, M. Ruzicka,

s’exclame : « On ne peut rien apprendre à Schubert, il a tout appris du bon

Dieu ! ».

Le talent de Franz est même remarqué par l’empereur. Dès lors, il est

autorisé à sortir seul du collège pour prendre des leçons privées avec Salieri

en personne, une faveur exceptionnelle. Salieri n’aime pas l’allemand et

oblige Franz à composer sur des textes italiens. Franz trouve l’allemand plus

proche, donc plus simple, plus sincère. Pour lui-même il a mis des vers du

poète allemand Schiller en musique et tous parlent de solitude et de la mort.

La mort ne lui fait pas peur, elle doit renfermer le plus beau mystère. « A

partir d’un bon poème, dit-il, les mélodies viennent toutes seules, c’est un

vrai plaisir. »

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