JEAN ROLLAND L'épopée inachevée

phygitales

L'histoire humaine et sportive d'un champion d'une époque révolue où pilotes et constructeurs devaient briller sur tous les terrains. Raviver les exploits de Jean Rolland, c'est aussi évoquer les mythiques Alfa Romeo, qu'il a principalement pilotées.
Préface de Johnny Rives et hommages de célébres témoins tels Jean Todt, Gérard Larrousse...
Format 24x29 cm / 304 pages / plus de 250 photographies

aLain Legay

JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée

Direction artistique :

photogravure : Nos tumore inusitato quodam et novo ut rebellis et

impression : maieae per haec quae strepit

communication et internet : incusat iratus nimirum quod

Réalisation : contumacem praefectum, ae per haec quae strepit.

JAMVAL Éditions - FRANCE - 2021

ISBN


6 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée

Introduction

7

De mon adolescence dans les années 60 aux décennies qui ont suivi,

j’ai toujours eu la passion du tourisme pour lequel mon moyen de transport

favori fut l’Automobile et plus spécifiquement la voiture dite sportive et

encore incarnée par les coupés et cabriolets produits par les constructeurs

spécialistes du genre. Simultanément, je m’intéressais aux grandes épreuves du Sport

Auto dont les Spéciales inspiraient souvent mes itinéraires. Encore de nos jours, lorsque

je n’ai pas de contrainte de temps, je choisis de prendre nos Départementales et

leurs tronçons restés célèbres pour les chronos qui s’y disputaient. Et c’est ainsi qu’à

l’occasion du 50è anniversaire de sa disparition tragique, me vint l’idée de raconter

l’épopée de Jean Rolland et de son fidèle compagnon de route, Gabriel Augias.

D’abord parce que leur histoire fut celle d’une fidélité en amitié : Navigateur dévoué

à son pilote pour Gabriel, confiance en la rigueur des préparations de son équipier

pour Jean. Ensuite, leurs exploits furent avant tout motivés par leur Sport dont la

pratique restera au stade amateur pour plus de liberté. Enfin, leur terrain de jeu se

situait dans certaines de nos plus belles contrées, notamment celles du Sud et des Alpes

dont Jean ne consentaient à sortir des limites qu’à de rares exceptions. Et puis il y a

son attachement à Alfa Romeo, à la grande époque où le constructeur avait réussi sa

mutation en produisant des autos toujours parmi les plus performantes et désirables

tout en élargissant leur diffusion en comparaison des très élitiques 6C qui avaient forgé

sa réputation dans les années 1920 et 30. De fait, les 1900 et Giulietta des années 50

ont brillé entre les mains de maints Gentlemen drivers tandis que les firmes Bugatti,

Delahaye, Talbot… entre autres constructeurs prestigieux, disparaissaient faute de

disposer de modèles équivalents et adaptés à l’après-guerre.

Mais évoquer la carrière de Jean Rolland, c’est aussi évoquer les grands pilotes

venant de la monoplace et de tous horizons du Sport Automobile à une époque où

la polyvalence et l’endurance étaient des qualités fondamentales. En effet, les grands

rallyes marathon des années 1950/60 se courant sur quelques 5 à 6000 km dans des

conditions de route difficiles plusieurs jours durant lesquels pilotes et navigateurs

se relayaient entre parcours de liaison et épreuves chronométrés, exigeaient tout autant

de condition physique que de talent de pilotage, tant sur route que sur circuit.

En complément à l’ouvrage, ‘Jean Rolland, l’amateur Champion’ écrit par Jacques

Jaubert, et déjà préfacé par Johnny Rives, ‘L’Epopée Jean Rolland’, abondamment

illustré par des photos d’époque constitue un témoignage chronologique et factuel

des années 1950 et 60 du Sport Automobile qui se courait indifféremment entre

nombre d’amateurs et quelques professionnels, sur des voitures allant de la catégorie

Tourisme de série à la catégorie Sport en passant par les Grand Tourisme, la plupart

étant des modèles commercialisés et homologués pour une utilisation routière.

Par ‘l’Epopée Jean Rolland’, le lecteur découvre la fréquence des engagements,

la diversité des épreuves, les forces en présence de cette époque, que ce soit les

pilotes qui apparaissent au gré des classements, que ce soit les autos dont les

catégories représentaient l’ensemble de la production. Cette période prendra fin

à la fin des années 60 pour progressivement évoluer vers les rallyes actuels et leurs

épreuves ‘sprint’ durant lesquelles pilotes et navigateurs n’ont aucun droit

à l’erreur et où les enjeux industriels sont considérables. Ainsi, la plupart des grandes

épreuves dans lesquelles se sont engagés Rolland-Augias n’existent plus et au-delà

de ce constat, la manière de pratiquer le Rallye avant, pendant et après l’épreuve

est devenue inimaginable aujourd’hui. En effet, pour se rendre sur le terrain des

opérations, pilotes, navigateurs et assistance prenaient la route à bord des autos

engagées. En cours d’épreuve, le temps dévolu aux repas et au repos était compté

voire inexistant durant 36 à 48 heures et passé la cérémonie de remise des prix, c’est

encore avec leurs autos que rentraient pilotes et navigateurs. Seuls les Sport-Proto

et F2-F3 faisant exception.

‘L’épopée Jean Rolland’ est aussi un hommage à ce champion disparu trop tôt dans

des conditions dramatiques. Il n’est malheureusement pas le seul mais la majorité des

pilotes qui ont connu un destin plus heureux sont conscients d’avoir vécu une grande

et belle aventure. Certains témoignent de leur émotion d’avoir été de ceux qui ont

connu l’équipage Rolland-Augias.

Alain Legay


Sommaire

prologue, Hommage à Jean Rolland 11

1953/1958 17

18 ans en 1953, l’ecurie provence, deux rallyes en 1954, trois en1955…

1956, la grande aventure du Rallye de Monte carlo…

1957, priorité à l’apprentissage ‘du pilotage’ de l’entreprise familiale…

1958, Fernand présente giulietta à Jeannot…

La firme Alfa Romeo, principaux jalons historiques de ses débuts aux années 50

1959 25

RoLLanD-augiaS, première…

Alfa Giulietta SV ‘allegerita’ Conrero et débuts de l’épopée ROLLAND-AUGIAS-CONRERO

1960 00

1960, année de transition et d’abandons…

1961 00

changement de rythme avec 18 épreuves au calendrier … Dont 5 sur DS 19

Les Citroën ID/DS en rallye, l’écurie de René COTTON

Rencontre décisive, Mr CORBERON, département compétition Alfa France et la Giulietta SZ

Alfa Romeo Giulietta SVZ, SS, SZ et SZT

Les Alfa Giulietta SS et SZ parmi les GT 1961 susceptibles d’être engagées en compétition

1962 00

Même rythme dans les engagements, dont La targo Florio, les 24 heures du Mans…

32è Salon de Genève

1963 00

Fidèle giulietta Sprint Zagato, nouvelle 2600 Sprint, ‘désirée’ giulia tubolare Zagato…

33è Salon de Genève

Alfa Romeo 2600 Sprint Conrero

1964 00

La suite 2600 Sprint, le crépuscule de la SZ, le début de l’épopée tZ

et un ‘millésime’…

Salon de Paris

… Gravé dans la mémoire de Gérard LANVIN

Jean ROLLAND, Agent Alfa Romeo à Digne pour les Basses Alpes

1965 00

année bien remplie avec intensification du nombre d’épreuves

sur circuit et quelques déceptions…

Tourisme hivernal de Gérard LANVIN pour assurer le planning de la TZ

Les impressions de José ROSINSKI au volant de l’Alfa Romeo GTZ

Coup de théâtre avant la Coupe des Alpes

Les impressions de José ROSINSKI au volant de l’Alfa Romeo GTA

Nouveau Code du Sport Automobile Mondial élaboré par la Commission Sportive

Internationale

1966 00

assiduité dans les engagements pour cette année gta,

avec quelques variantes dont un grand prix F2… et un deuxième titre de champion

de France.

José ROSINSKI a essayé la DS21 dans Sport Auto de Février 1966

Orientation sportive Alfa Romeo à partir de 1966

Point de repère gamme Giulia 1570cc bv5 de son lancement en 1962 jusque 1966

La GTA n°51 de ROLLAND-AUGIAS en vedette sur le stand Alfa Romeo au Salon de l’Auto

L’avant Tour de Corse de Gérard LANVIN

L’Alfa Romeo Giulia GTA… Parmi les sportives, Tourisme et GT, au salon de Paris 1966

1967 00

Reconduction du programme 1966 en attendant la mise au point de

l’alfa 33 et les engagements en Sport correspondant aux aspirations de Jean…

12 Mars 1967, 1ère apparition de l’Alfa 33 à la course de côte de Fléron en Belgique

Grand athlète mais petite voiture

Tests préliminaires des 24 Heures du Mans 1967

Gérard LANVIN, prend livraison de la GTA ‘613945’ chez Autodelta

Montlhéry, Jour 17 Septembre 1967… Montrouge le Jour Date 1967

epilogue 00

témoignages 00


10 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée Prologue 11

Dix-sept

septembre

1967

18 heures...

La fin d’une belle

aventure et d’une amitié

rare. la promesse d’un

destin qui s’envole,

l’incompréhension.


12 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée Prologue 13

Montlhéry, essais préliminaires aux 1000 km de Paris 1967,

dimanche 17 Septembre, 18 heures…

Andrea de Adamich, Jean Rolland, Guy Verrier et Teodoro

Zeccoli se sont succédés durant la journée au volant du

prototype Tipo 33/2, s’arrêtant souvent au stand afin d’effectuer

les nombreux réglages nécessaires. Les essais sont

terminés mais Jean souhaite en effectuer une ultime séance.

Carlo Chiti, patron d’Autodelta, donne son accord…

François Landon déclenche son chronomètre alors que

l’Alfa reprend la piste au rythme des montées en régime de

son V8. Ligne droite des stands, légère courbe à droite…

Puis le directeur sportif de la SOFAR (Société Française Alfa

Romeo) suit dans sa tête la progression de la 33 jusque la

cuvette de Couard et son double dos d’âne suivi d’un virage

à droite. Les Sport-Prototype arrivent dans ce secteur délicat

à plus ou moins 250 km/h avec la nécessité de rétrograder

et freiner dans le creux afin de passer la seconde bosse à

environ 150, vitesse à laquelle les voitures décollent des

quatre roues sur une quinzaine de mètres. S’en suit l’atterrissage

brutal et l’exigence d’être en position de négocier

le virage à droite, le circuit routier se situant dans un site

forestier et son tracé étant bordé d’arbres que les pilotes ne

perçoivent que sous la forme d’un rideau de végétation, ne

quittant pas un seul instant la piste des yeux.

Moins d’une minute s’est écoulée avant que le silence ne se

substitue au bruit du V8 puis qu’un épais nuage de fumée

ne s’élève au-dessus de Couard. Les secours s’organisent rapidement,

sans espoir, le harnais de sécurité ayant retenu le

pilote prisonnier dans le brasier de sa voiture.

Ainsi disparaissait Jean Rolland, un des leaders de l’ère des

‘marathoniens’ des années 1960 en opposition à l’avènement

de celle des ‘sprinters’ qui allait apparaître avec les

années 1970. C’était aussi la fin de l’époque des gentlemen

qui couraient les rallyes par passion du sport automobile

sans intention d’en faire une activité lucrative, les

gains ne couvrant généralement pas les dépenses engagées.

La plupart de ses rivaux et amis considéraient ‘Jeannot’

comme le meilleur, aucun d’entre eux ne prétendant être en

mesure d’aller aussi vite avec aussi peu de reconnaissances,

le dilettantisme naturel de Jean l’amenant souvent à préférer

jouer au tennis, considérant qu’un seul passage suffisait

à visualiser une épreuve et qu’à défaut, son coéquipier

et complice Gabriel Augias compenserait par son talent de

navigateur.

L’accident mortel de Jean âgé de 32 ans se produisit à une

période charnière de sa carrière, le programme compétition

d’Alfa Romeo évoluant des voitures de catégorie Tourisme et

Grand Tourisme à celle des Sport-Prototype alors que simultanément

d’autres possibilités s’offraient au pilote dignois.

Soucieux du temps qui passe, Jean avait aussi manifesté

L’équipage Rolland-Augias que nous formions

depuis 1959 restera celui de deux amis liés par la passion du

Sport Automobile…

« J’ai définitivement tourné la page ce maudit

17 Septembre 1967 mais depuis le début de l’année, ma

mère étant malade j’avais cédé le baquet de droite de la

GTA, d’autant que dans la perspective de la saison 1968, le

talent de Jean devait lui permettre de disposer d’un volant

en Sport-Prototype… Et il aurait été dans le coup ! J’ai

eu la chance de courir en rallye avec lui, un des meilleurs

pilotes de sa génération, doté de qualités humaines

aussi remarquables que son sens inné du terrain et des

trajectoires. Son pilotage s’améliorant encore et toujours,

il n’était jamais allé aussi vite qu’à la dernière Coupe des

Alpes pour laquelle j’avais repris ma place à ses côtés et

qui fut notre dernière épreuve alors que nous venions de

convenir de notre engagement au Tour de Corse ».

Extrait de la préface de Gabriel Augias du livre ‘Jean Rolland,

l’amateur champion’ par Jacques Jaubert.

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut rebellis

et maieae per haec quae

strepit incusat iratus

nimirum quod contumacem

praefectum, ae per haec

quae strepit.


16 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1953-1958 17

1953

1958

18 ans en 1953,

l’Ecurie Provence,

deux rallyes en 1954

trois en 1955…


20 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1953-1958 21

Les rallyes de la Lavande, d’Orange et des 10 Cols (1 ère édition

23/24 Juin, 3 e 750/1300cc Gaby Augias sur Dauphine)

complétèrent le programme de l’année 1956, Rolland-

Delaye, toujours sur 203 allant vite, très vite et parfois même

trop vite pour terminer.

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat

iratus nimirum quod

contumacem praefectum,

ae per haec quae strepit.

1957, priorité à

l’apprentissage ‘du pilotage’

de l’entreprise familiale…

Après deux mois de service militaire, Jean est réformé pour

sinusite chronique, handicap qui a déjà contraint ce grand

sportif à renoncer à la compétition moto. Ainsi libéré des

obligations militaires, il prend part à l’importante activité de

la scierie située dans le quartier de Saint-Véran dans l’objectif

d’en prendre la succession. Pendant ce temps, Delaye

est régulièrement associé à Augias… Jusqu’au jour où, au

retour d’une reconnaissance des secteurs chronométrés de

la Coupe des Alpes 1958, Paul Delaye sera tué et Gabriel

Augias blessé lors d’une collision de leur 203 avec une autre

voiture en Italie. Jean et Gabriel perdront ainsi leur meilleur

ami, en mémoire duquel ils décideront de ‘poursuivre la

route’ ensemble.

1958, Fernand présente

Giulietta à Jeannot…

Fernand Masoero est inscrit les 19 et 20 Juillet au Rallye

Alpin des 10 Cols sur son Spider Alfa Giulietta Veloce

(511 FC 84) lorsque Jean Rolland le rencontre à l’occasion

des reconnaissances. Ils se sont déjà côtoyés lors

de rallyes régionaux alors qu’ils couraient l’un et l’autre

sur 203 et, sur la suggestion du Président Urbain Fabre

de l’Écurie Compétition Méditerranée, l’orangeois

propose au dignois de le prendre comme coéquipier sur le

rallye, ce que ce dernier accepte avec enthousiasme… bien

que n’ayant pas renouvelé sa licence. Un coéquipier dûment

licencié fera de la figuration sur la ligne de départ, remplacé

après les premiers virages par Jeannot !

L’équipage Masoero-‘Robin’ aurait dû l’emporter mais est

classé 2 e de l’épreuve par l’organisateur, devant la Porsche

Carrera de Chausson-Bléhaut, mais derrière l’Alfa TI de

Nos tumore inusitato quodam et novo ut rebellis et maieae per haec quae strepit incusat iratus

nimirum quod contumacem praefectum, ae per haec quae strepit.

Robert Gentilini et Madame… après avoir été pénalisé pour

irrégularité !

Mais pour Jean, l’essentiel est d’avoir conduit pour la première

fois une Alfa Romeo, firme dont il est imprégné

de la légende bâtie durant les années 30 puis devenue

championne du Monde F1 en 1950/51. Sa priorité est

désormais de concrétiser son rêve de Giulietta, suivant en

cela le conseil qu’il avait timidement demandé au champion

Maurice Trintignant : « D’abord acheter une vraie voiture

de course…. » avait préconisé le célèbre ‘Pétoulet’ qui

préférait la piste aux rallyes. Fernand Masoero, déjà alfiste

pratiquant, n’aura aucun mal à communiquer le ‘virus’ à son

nouvel ami…

Extrait du classement du rallye Alpin des 10 Cols 1958 :

1 er Robert GENTILINI et Madame (Alfa Romeo)

2 e MASOERO-‘Robin’ (Alfa Romeo)

3 e CHAUSSON-BLEHAUT (Porsche)

4 e BERT-CALONNY (Alfa Romeo)

5 e COTTON-BENDIN (Alfa Romeo)…

Champions de France 1958 :

Sport : Jean BEHRA,

Tourisme et GT : Bernard CONSTEN,

Classement féminin : Annie SOISBAULT


24 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1959 25

1959

Rolland-Augias,

première…


30 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1959 31

Rallye international de la

Lavande

les 11 et 12 Avril 59 avec Gabriel Augias

sur Alfa SV Conrero 229007 TO n°

ACCIDENT

Retour aux sources avec un engagement au rallye de la

Lavande qui a pris de l’ampleur depuis sa première édition

en 1954, à l’époque premier rallye de Jean avec Paul Delaye

puis participation renouvelée en 1955. Mais le règlement

1959 souffre d’une assimilation des voitures de Tourisme de

série normale aux séries spéciales d’une part et de l’absence

de classe GT supérieures à 1300cc d’autre part, ce qui eut

pour effet de dissuader les amateurs de série normale ainsi

que les propriétaires de Porsche et Triumph entre autres GT

1600 et 2000. Conséquence, seuls 23 concurrents sont au

départ des 1014 km du parcours se déroulant sur les routes

de Haute Provence et de la Drôme.

Les temps forts de cette 5 e édition (celle de 1957 ayant été

annulée à cause de la crise de Suez) longue de 1014 km sont

les épreuves de vitesse du Mont Ventoux en deux montées

et les épreuves chronométrées du col de la Madeleine, du col

Saint-Jean et de l’étape Bezaudun-Saillans comprenant l’ascension

du col de la Chaudière. Les classements comportent

un Général, un classement Tourisme et un Grand Tourisme,

ces deux catégories étant réparties en trois classes de cylindrée

(jusqu’à 1000, de 1000 à 1300 et plus de 1300cc).

Dans l’épreuve chronométrée du col de la Madeleine et dans

Nos tumore inusitato quodam et novo ut rebellis et maieae per haec

quae strepit incusat iratus nimirum quod contumacem praefectum, ae

la première montée du Ventoux, Rolland-Augias se classent

2 e des GT de 1000 à 1300cc, dans les deux cas derrière

Berney-Dethurens également sur Alfa Romeo. Puis les dignois

semblent attardés dans l’épreuve du col Saint-Jean,

ne figurent pas au classement de l’épreuve-chronométrée de

Bezaudun-Saillans dans la Drôme et ne participent pas à la

seconde montée du Ventoux.

Il y aura peu de témoignages sur les circonstances de la sortie

de route de la Giulietta Sprint Veloce n°69, immaculée au

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut rebellis

et maieae per haec quae

strepit incusat iratus

nimirum quod contumacem

praefectum, ae per haec

quae strepit.

départ dans sa belle robe légère rouge et qui apparaitra défigurée

après son abandon : face avant gauche touchée, pavillon

déformé, pare-brise disparu, la jolie Giulietta n’est plus

que l’ombre d’elle-même. La déception se lit sur le visage de

son pilote, déçu d’avoir cassé la voiture de ses rêves qu’il alignait

au départ d’un rallye seulement pour la seconde fois.

Simultanément, dès le Ventoux, Oreiller-Auriacombe sur leur

Giulietta TI avaient démontré leur régularité permettant au

champion de ski de remporter sa première victoire en rallye.

À noter à nouveau la performance de Roger De Lageneste

sur sa 403 Usine classée en GT, en regrettant que Peugeot

n’ait pas envisagé de doter cette brillante mécanique d’une

carrosserie sportive, car telle qu’elle est et compte tenu de

l’évolution des règlements, cette 403 Spéciale sera classée

en Sport pour 1960, ce qui en assombrit l’avenir.

Au classement général le podium est constitué de :

1 er OREILLER-AURIACOMBE sur Alfa Romeo TI

2 e MASOERO-MAURIN sur Alfa Romeo SV, 1er GT 1300

3 e DAVID-ROUX sur Alfa Romeo SV, 2e GT 1300…


36 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1959 37

Nos tumore inusitato quodam

et novo ut rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat iratus

nimirum quod contumacem

praefectum, ae per haec quae

1960

Année de transition

et d’abandons


42 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1960 43

30 e Salon de Genève, présentation de la Giulietta SZ

Entre autres exclusivités, y était exposée une nouvelle Alfa Giulietta, la Sprint Zagato devant faire l’objet d’une

petite série inspirée des initiatives privées à l’origine de la Sprint Veloce Zagato. Reprenant tous les composants

mécaniques de la Giulietta Sprint Special présentée par Bertone en 1958 (100 cv et plus de 200 km/h), sa

carrosserie encore plus légère et paraissant aussi fluide qu’une goutte d’eau se caractérise par des porte-à-faux

très courts pour une maniabilité optimum.

En marge du salon, la rumeur d’une imminente Porsche-Abarth dont l’objectif serait de réduire le poids de la

carrosserie 356 de série semble se confirmer, dans la logique de l’expérience tentée par le regretté Claude Storez

qui avait fait réaliser en 1958 une 356 allégée par Zagato. En effet, on a pu constater depuis 1956 et l’apparition des

Sprint Veloce que les Alfa Zagato étaient devenues de redoutables concurrentes malgré leur cylindrée inférieure et

la vocation de la future Porsche-Abarth serait donc de reprendre l’avantage sur la récente Alfa Sprint Special et à

fortiori sur la nouvelle Sprint Zagato.

Toujours parmi les rumeurs hors salon, dans un contexte économique redevenu favorable avec la création de

la firme Parson-Europe spécialisée dans les pales d’hélicoptère, Bugatti envisagerait le lancement d’un spider

à carrosserie aluminium et moteur 1500 à double ACT et double allumage qui pourrait débuter en compétition.

Inspirée du Spider Giulietta Veloce, le projet Bugatti 1500 semble également stimulé par le lancement de la

Facellia, elle-même destinée à concurrencer les Alfa Giulietta et Porsche 356.

Rallye du Mont Blanc-Iseran

les 21 et 22 Mai 60 avec Gabriel AUGIAS

sur Alfa SV Conrero 229007 TO

Ronde Cévenole

les 14 et 15 Juin 60 avec Gabriel AUGIAS

sur Alfa SV Conrero 229007 TO n°

et 9 épreuves de classement.

1 ere étape : Marseille, La Ste Baume (8,4 km), Mt Ventoux

(21,6 km), col du Lautaret, Mont-Genève, Biella, Monza

(3 tours de 5,75 km), Bergame, Ponte di Legno, col de Gavia

(16 km), Bornio, Aoste, col du Gd St Bernard, Chamonix.

2 e étape : Chamonix, cols des Aravis, du Granier et de

Porte, Grenoble, Chamrousse (17,2 km), Die, Col du Rousset

(15 km), St Jean en Royans (24 km), cols de la Croix de Fer

et du Galibier, Briançon, cols de l’Izoard (8 km), de Vars et

d’Allos (17 km), Grasse, Cannes.

Dans les Dolomites, alors que l’épreuve du col de Gavia

avait été annulée, Rolland-Augias sont retardés par un problème

de freins auquel ils cherchent en vain une solution.

Arrivés hors-délais et de nouveau contraints à l’abandon,

après le ‘Charbo’ et le ‘Mont Blanc’, ils ne sauront pas si la

Sprint Veloce aurait pu suivre les nouvelles Sprint Zagato de

leurs complices Henri Oreiller-Fernand Masoero et Roger De

Lageneste-Henri Greder.

Conclusion anecdotique de cette situation, dans un contexte

de risque d’attentats de partisans du rattachement des

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut rebellis

et maieae per haec quae

strepit incusat iratus

nimirum quod contumacem

praefectum, ae per haec

quae strepit.

ABANDON

Organisé par les Automobile-Clubs de Savoie et du Mont

Blanc, cette 13 e édition se compose d’une épreuve internationale

dont les concurrents partent les premiers, puis d’une

épreuve réservée aux équipages français non classés dans

les 30 premiers au Championnat de France qui part ensuite

sur le même itinéraire, mais avec une moyenne imposée

inférieure et, le lendemain, d’une course de Formule Junior

se déroulant en 2 manches sur le circuit de vitesse de

2,25 km d’Aix les Bains.

Le but de ce programme est de relancer les inscriptions, seuls

29 équipages s’étant engagés à l’édition 1959.

Le rallye se déroule en 3 étapes, St Gervais-Annecy, Annecy-

Uriage et Uriage-Mont Revard pour un total de 861 km.

5 épreuves de classement sont prévues dont 3 tronçons chronométrés

à la seconde, le 1 er sur 6,4 km de la D113 avant

Sallanches, le 2 e sur 5,4 km entre Vesonne et Montmin,

le 3 e sur 12 km entre Leschaux et le col de Semnoz. Puis

2 courses de côtes complètent ce programme, l’une sur

17,02 km entre Uriage et Chamrousse, l’autre sur 10,3 km

entre Véniper et le Revard. Les temps impartis sont différents

entre les catégories et les cylindrées.

Le déroulement de cette édition du Mont Blanc-Iseran n’a

pas laissé beaucoup de traces si ce n’est qu’elle fut remportée

par Jacques Feret-Guy Monraisse sur un coach Alpine

904.

Parmi les 36 concurrents au départ de Nîmes de cette deuxième

édition de la Ronde, c’est aussi la deuxième participation

des dignois. Après 373 km révélateurs d’exceptionnelles

qualités de pilotage et de navigation, Rolland-Augias y remportent

une deuxième victoire consécutive, sur 27 classés.

Mais cette réussite n’est toutefois que la première de l’année

après les abandons au ‘Charbo’ et au Mont Blanc.

Coupe des Alpes

du 27 au 30 Juin 60 avec Gabriel AUGIAS

sur Alfa SV Conrero 229007 TO n°

ABANDON

Ce 21 e Critérium de la Montagne, organisé par l’Automobile

Club de Marseille, est celui de la 1 ere participation de

Rolland-Augias à ce monument du Sport Automobile plus

connu sous l’appellation ‘Coupe des Alpes’.

Seule épreuve française à compter pour le championnat

d’Europe des rallyes, son règlement est, comme tous, assujetti

à l’évolution vers plus de rigueur de la réglementation

sur des compétitions empruntant la voie publique. Au départ

de Marseille vers Briançon, la Coupe des Alpes poursuit

son parcours par la traditionnelle boucle en Italie jusqu’aux

Dolomites avant de revenir vers Chamonix, terme de la première

étape. La seconde mène à Cannes par les routes de la

Chartreuse et des Grandes Alpes et à l’arrivée après 2964 km

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut rebellis

et maieae per haec quae

strepit incusat iratus

nimirum quod contumacem

praefectum, ae per haec

quae strepit.


50 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1959 51

1961

Changement de rythme

avec 18 épreuves

au calendrier …

Dont 5 sur DS 19

Nos tumore inusitato quodam et novo ut rebellis

et maieae per haec quae strepit incusat iratus

nimirum quod contumacem praefectum, ae per


68 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1961 69

En effet, depuis le départ, la nouvelle SZ ne donnait pas satisfaction

à son pilote et le très rapide circuit rémois eut raison

de son moteur qui finira par y laisser une bonne partie

de ses forces.

Rolland-Augias quittent donc ce 10 e Tour Auto dès la fin de

sa deuxième étape dont les plus terribles sont à venir avec

les circuits de vitesse successifs de Bruxelles, de Rouen et

du Mans… Puis les cols des Pyrénées, le circuit de Pau, les

routes du Tarn, de l’Aveyron, du Gard et de la Lozère, les

courses de côte du Rousset et du Ventoux… Avant le final

en Corse dont le circuit, jugé dangereux par Olivier

Gendebien, sera tronqué de moitié par le Préfet et ramené à

une simple épreuve spéciale.

Déçus de n’avoir pu suivre ce programme, bien qu’engagés

en GT sans pouvoir prétendre au scratch ou à l’indice

compte tenu du peloton de Ferrari parmi les plus puissantes

et de la meute de DB en moins de 1000cc, Rolland-Augias

rentrent à Digne dans un nuage de fumée en refaisant le niveau

d’huile une bonne douzaine de fois !

Extrait des classements :

Grand Tourisme

1 er Willy MAIRESSE-Georges BERGER sur Ferrari 250 GT

2 e Olivier GENDEBIEN-Lucien BIANCHI sur Ferrari 250 GT

3 e Maurice TRINTIGNANT-‘Cavrois’ Pierre NOBLET sur Ferrari 250 GT

4 e Edgar BERNEY-John GRETENER sur Ferrari 250 GT

5 e Robert DARVILLE-Gérald LANGLOIS Van OPHEM sur Porsche 356B

Carrera, 1er GT 1600

6 e Nadège FERRIET-Ginette DEROLLAND sur Porsche 356B Super 90

7 e René RICHARD-Jean VINATIER sur Fiat-Abarth, 1 er à l’Indice

8 e LEMONNIER-JOESSEL sur Porsche 356B Super 90

9 e Laurent ROUX-‘Sugar’ sur Alfa Romeo Giulietta SS, 1 er GT 1300

10 e ‘Gordon’-DELABUSSIERE sur Alfa Romeo Giulietta SV…

Tourisme

1 er Bernard CONSTEN-Jack RENEL sur Jaguar 3,8 Mk2

2 e Peter JOPP-Gawaine BAILLIE sur Jaguar 3,8 Mk2

3 e Robert DUTOIT-Jean ESTAGER sur Jaguar 3,8 Mk2

4 e Pierre ORSINI-DE MARIA sur Jaguar 3,8 Mk2

5 e Lionel RAUDET-Yoliana PARE sur Alfa Romeo Giulietta TI…

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut rebellis

et maieae per haec quae

strepit incusat iratus

Rallye du Var

les 14 et 15 Octobre 61 avec Gabriel AUGIAS

sur Alfa SV Conrero 229007 TO n° 107

Les organisateurs de l’Association Sportive de l’Automobile

Club du Var avaient la réputation de concevoir des itinéraires

sévères pour leur rallye et les 620 km de cette 7 e édition

n’échappent pas à cette tradition d’autant que la qualité des

équipages et des voitures engagés en dépend avec pour favoris

Rolland-Augias sur Alfa Giulietta Sprint Veloce opposés

à Tomas-Jullien sur Ferrari 250 GT. Mais cette dernière ne se

présenta pas au départ à Draguignan, son équipage ayant

sans doute considéré qu’il y avait inadéquation entre la puissante

italienne et le profil des petites routes tortueuses de

l’arrière-pays varois.

Dans la nuit du samedi au dimanche, un épais brouillard vient

ajouter aux difficultés du parcours - Seillans, Ampus, Aups

- et presque tous les concurrents sont pénalisés à Aiguines

sauf… Rolland-Augias qui pointent au contrôle avec quatre

minutes d’avance. Jean est en pleine forme alors que Gabriel

semble sujet aux nausées que connaissent parfois les équipiers

du siège de droite, lisant ses notes la tête casquée et secouée

dans tous les sens. Puis le rallye descend sur le littoral

et la rade de Toulon, dominée par le Mont Faron dans la côte

escarpée duquel Jean Rolland réalise un sprint sensationnel,

puis la côte du col du Canadel avant Ramatuelle, dernière

épreuve avant le retour à Draguignan.

A l’arrivée, victoire au classement général, au classement

catégorie B et au classement GT de Rolland-Augias, résultats

dont les organisateurs seront fiers pour la notoriété

de leur épreuve en déclarant que l’équipage bas-alpin ne

se contente pas d’assurer la victoire mais se surpasse avec

talent (victoire catégorie A de l’équipage Binda-Pechnard).

Le rallye du Var 61 est aussi l’un des premiers de Gérard

Larrousse et sa première rencontre avec Jean Rolland.

Gérard, lyonnais et étudiant à Paris courait alors sur la Simca

Aronde de sa mère, sans contrat pétrolier, donc sans moyens

ni reconnaissances, et participait à cette épreuve avec

Mademoiselle Lucette Pointet.

L’équipage menait son groupe quand la montée du col de La

Fourche fut fatale au moteur de la Montlhéry, ce qui n’entamera

pas la passion et les ambitions de Gérard Larrousse, qui

le détermineront à remplacer pour 1962 la valeureuse P60…

par une Dauphine 1093 !

Pour Jean, ce rallye du Var sera la dernière course et la dernière

victoire avec la Giulietta Sprint Veloce Conrero. À son

volant, depuis mars 1959, le dignois aura gagné 6 fois le

classement général, 1 fois en GT et 5 fois la Classe soit 12

victoires en 17 courses (dont 1 sortie de route, 1 classement

inconnu et 3 abandons).

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut rebellis

et maieae per haec quae

strepit incusat iratus


76 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1959 77

1962

Même rythme dans les

engagements, dont

La Targo Florio,

les 24 heures du Mans…

Nos tumore inusitato quodam et novo ut rebellis

et maieae per haec quae strepit incusat iratus

nimirum quod contumacem praefectum, ae per


78 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1962 79

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut rebellis

et maieae per haec quae

strepit incusat iratus

Rallye Lyon-Charbonnières-

Stuttgart-Solitude

les 16 et 17 Mars 62 avec Gabriel AUGIAS :

sur Alfa SZ Conrero 953 AV 04 n°

ABANDON

Cette édition se singularise par la programmation en fin de

rallye de l’épreuve de vitesse de la Solitude qui en symbolise

traditionnellement le départ. C’est donc à Charbonnières

que se rassembleront les concurrents après 5 à 600 km de

parcours de concentration depuis Paris, Stuttgart, Francfort,

Lyon ou Marseille.

S’ensuivra une boucle en Ardèche comportant deux épreuves

de classement dans le Vivarais, entre Le Moulinon et

Entraigues puis entre Burzet et Sagnes-Goudoulet avant retour

à Charbonnières pour la fin de la 1 ere partie. Un second

départ à 20 heures pour la seconde partie Charbonnières-

Stuttgart soumettra les concurrents aux courses de côte du

col de la Faucille dans le Jura puis de Fribourg-Schauinsland

et Oppenau-Zuflucht en Forêt Noire avant l’arrivée sur le circuit

de La Solitude où se déroulera l’après-midi l’épreuve de

vitesse sur 10 tours, selon le meilleur temps par classe de

cylindrée.

Rolland-Augias ayant fait l’impasse sur le Monte Carlo pour

cause de secteurs de liaison trop longs, ils démarrent l’année

par le ‘Charbo’ et choisissent naturellement Marseille parmi

les villes départ proposées. Confiants, ils écopent cependant

de pénalisations sur le parcours de concentration, comme la

majorité des participants ayant démarré du Vieux Port.

Puis après le premier départ de Charbonnières, lors de la

boucle ardéchoise :

- Sur les 38 km de routes tortueuses du secteur Le Moulinon-

Entraigues, Jean Rolland réalise 32’31’’, 3 e meilleur temps

derrière Roger De Lageneste (31’48’’) et Henri Oreiller

(32’21’’6), tous deux sur Ferrari 250 GT et devant Georges

Burgraff (32’51’’) et Dieter Glemser (32’58’’4), tous deux sur

Porsche 356 Carrera…

- Sur les 12 km de course de côte de Burzet-Sagnes, Jean

ROLLAND réalise 10’57’’4, 4 e meilleur temps derrière derrière

Roger De Lageneste (10’37’’6), Henri Oreiller (10’43’’6),

Georges Burgraff (10’51’’6) et devant Dieter Glemser

(11’06’’2)…

Les chronos d’Henri Oreiller pour ces deux classements

furent faussés par une crevaison dans le 1er secteur puis par

l’ascension du 2 e secteur avec un pneu à clous !

Puis en fin de cette 1 ere partie du rallye, l’embrayage de l’Alfa

SZ rend l’âme, ne permettant plus le passage des vitesses

- ce qui ne semble pas correspondre au blocage de boite

diagnostiqué en Mai 1961 à Monza sur la SZ de Bernard

Consten – et c’est l’abandon de Rolland-Augias après une

démonstration de la part de Jean qui disait à l’arrivée : « je

faisais le navigateur sur le parcours de concentration au moment

des pénalisations, alors tu sais !.. ».

Roger De Lageneste abandonne également à ce stade du

rallye, sur problème de pont de sa Ferrari, alors qu’il avait

réussi les meilleurs temps dans les deux épreuves chronométrées

ardéchoises.

Georges Burgraff et René Trautmann animèrent alors la

course jusqu’à ce que ce dernier soit trahi par sa mécanique.

Après de nombreux forfaits ayant ramené le nombre de partants

à 95 sur 111 inscrits et beaucoup d’abandons durant

l’épreuve, notamment pour cause de neige en Allemagne,

Oreiller-Charron sur Ferrari 250 GT remportent cette 15e

édition. Il s’agit de la seconde victoire d’Henri Oreiller, vainqueur

en 1961 sur Alfa SZ avec Fernand Masoero, qui grâce

à son sens de l’équilibre de champion de ski a résisté aux

assauts répétés des Porsche et Citroën sur les petites routes

rendues glissantes par la neige et le verglas dans la dernière

partie du parcours. Après les abandons de Roger De

Lageneste et de Jean Rolland, son plus redoutable adversaire

fut Georges Burgraff sur Porsche 356 Carrera, 2 e au

moment de l’ultime épreuve du circuit de la Solitude lors de

laquelle une crevaison provoqua la sortie de route du pilote

allemand. La chance avait changé de camp, pénalisant Henri

Oreiller sur les routes du Vivarais et Georges Burgraff sur le

circuit de la Solitude.

Glemser-Wutherich également sur Porsche 356 Carrera et

Neyret-Varilhac sur Citroën DS19 complètent le podium, les

équipages Citroën ayant réalisé de bonnes performances

tout en ne disposant que de 83cv alors que les DS de série

normale, à l’aise dans les rallyes d’hiver, mériteraient de passer

100cv pour les secteurs rapides, ne serait-ce que pour rivaliser

avec les Mercedes 220 SE.

Extrait du classement général sur 55 classés :

1 er Henri OREILLER-Jean CHARRON sur Ferrari 250 GT, 5564 pts

2 e Dieter GLEMSER-Rolf WUTHERICH

sur Porsche 356 Carrera, 5642 pts

3 e Bob NEYRET-J.Pierre VERILHANC sur Citroën DS19, 5683 pts

4 e Guy VERRIER-ALEC sur Citroën DS19, 5731 pts

5 e Edouard MONNOYER-Guy JANNIARD

sur Porsche 356 Carrera, 5900 pts

6 e Georges MICHAUX-Guy MASCLET sur DB HBR4

7 e Jean DEMORTIER-Georges HARRIS sur Mercedes 220 SE

8 e Alfred KLING-Peter MAIER sur DKW Junior

9 e Fernand MASOERO-J.Luc MAURIN sur Alfa Romeo Giulietta

10 e Jacques FERET-François HOFFMANN sur Alpine A 108…

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut rebellis

et maieae per haec quae

strepit incusat iratus

Actualité en matière de transport de

passagers maritime et aérien

En Février 1962, en même temps que la traversée inaugurale

du paquebot France, remplaçant les ‘liners Ile-de-France

et Liberté’ de la Compagnie Transatlantique, mais surtout

réincarnant le ‘Normandie’ tragiquement incendié dans le port

de New York en 1942, Monsieur Georges Hereil, alors Président

de Sud-Aviation, projette pour 1972 une super Caravelle à

quatre réacteurs, voilure en aile Delta et mach 2, projet à

mener sur investissement européen d’1,5 milliard de nouveaux

Francs… Mais Monsieur Georges Hereil quittera Sud Aviation,

pressenti par les dirigeants de Chrysler Corporation pour

prendre la direction de SIMCA.


102 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1959 103

1963

Fidèle Giulietta Sprint Zagato,

nouvelle 2600 Sprint,

‘désirée’ Giulia Tubolare Zagato…

Nos tumore inusitato quodam et novo ut

rebellis et maieae per haec quae strepit

incusat iratus nimirum quod contumacem


108 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1963 109

24 heuRes du Mans

LEs 15 Et 16 JUiN 63 AvEc JEAN-piERRE MANZON

sUR RENÉ bONNEt AEROJEt 477 QD 75 N°

AbANDON

Rendez-vous important de la saison pour Jean avec une

deuxième participation aux 24 Heures du Mans, cette année

en équipe avec le pilote marseillais Jean-Pierre Manzon

sur René Bonnet Aerodjet LM6 n°52 bleu métal à moteur

Renault 996cc engagée par le Président Urbain Fabre de

l’Écurie Compétition Méditerranée. Cet équipage méridional

vient en complément des deux Aerodjet LM6 officielles n°51

(996cc) de Roger Masson-Pierre Monneret et n°53 (1108cc)

de Jean Pierre Beltoise-Claude Bobrowski ainsi que d’une

3e René Bonnet officielle, type RB n°54 (716cc) confiée à

Gérard Laureau-Jean Vinatier.

Après la fin en 1961 de son association avec Charles Deutsch

pour divergence de vue, ce dernier souhaitant rester fidèle

aux roues avant motrices et aux moteurs Panhard qui ont

forgé le succès des DB, René Bonnet s’est orienté en 1962

sur l’implantation mécanique centrale arrière en adoptant

les nouveaux moteurs Renault 1000 et 1100 préparés par

Amédée Gordini sur la base des 956cc Caravelle/R8 et 1108cc

Estafette. La fin de l’aventure commune Deutsch-Bonnet

(DB) débouche donc sur l’émergence de deux constructeurs

distincts, Charles Deutsch (CD) et René Bonnet dont les réalisations

se caractérisent par une importante expérience aérodynamique

tel le Cx de 0,21 de l’Aerodjet qui ne sera pas

un atout superflu pour rivaliser avec la nouvelle Alpine M63

capable de plus de 220 km/h dans les Hunaudières.

Dès le 4 e tour, l’équipe René Bonnet perd l’Aerodjet n°51

qui dérape après le dos d’âne de la courbe Dunlop et se

retourne, Roger Masson coincé sous la voiture réussissant

à s’en extraire pour rejoindre les fascines protectrices…

L’équipe perd ensuite au 25 e tour la RB n°54… Sur panne

d’essence ! Puis, pour sa deuxième participation, nouvelle

déception de Jean Rolland : A la 6 e heure après 47 tours

et 632 km parcourus, son co-équipier Jean-Pierre Manzon

est victime à la tombée de la nuit d’un sur-accident derrière

l’Aston Martin GT n°19 pilotée par Jacques Dewes ‘Franc’,

équipier de Jean Kerguen, et la Jaguar Lightweight n°16 de

Roy Salvadori, tous trois ayant perdu le contrôle de leur voiture

sur la nappe d’huile que venait de répandre le moteur

de l’Aston GT n°8 de Bruce Mc Laren suite à une rupture de

bielle. La Jaguar et la René Bonnet, parties en tonneaux sont

détruites, leurs pilotes étant quasi indemnes…

Soulagement d’un instant auquel va se substituer brutalement

l’effroi de l’accident qui sera fatal à Christian ‘Bino’

Heins (Directeur sportif Willys Overland do Brasil qui assemble

les Alpine Interlagos sous licence), talentueux équipier

de José Rosinski sur la M63 n°48 à moteur Renault

996cc (aux couleurs de l’Equipe Alpine Interlagos) et ami de

Jean Redele ; ‘Bino’ Heins aborde alors à plus de 200 km/h la

courbe au bout des Hunaudières vers le virage de Mulsanne.

Surpris, cherchant à éviter les hommes, notamment Jean-

Pierre Manzon éjecté et contusionné encore à quelques

mètres de sa voiture, sans adhérence, ‘Bino’ vient s’encastrer

dans un poteau, l’Alpine retournée et disloquée prenant

feu. Il était le 4 e et dernier pilote à n’avoir pu être averti du

danger alors qu’il devançait les Porsche et dominait le classement

à l’indice de performance…

Après l’abandon des deux autres Alpine, la n°49 de René

Richard-Piero Frescobaldi à la 8 e heure sur fuite d’huile de

boite rendant l’embrayage inutilisable et la n° 50 de Bernard

Boyer-Guy Verrier à la 23 e heure sur embiellage, la René

Bonnet Aerodjet LM6 n°53 de Jean Pierre Beltoise-Claude

Bobrowski remportera l’Indice au Rendement Energétique

et la classe des moins de 1150cc, terminant 11 e du classement

à la distance avec 269 tours et 3628 km parcourus

à la moyenne de 151 km/h derrière la Lotus Elite de

John Wagstaff-Pat Fergusson et devant la MGB d’Alan

Hutcherson-Paddy Hopkirk.

Pour les équipes Alpine et René Bonnet ainsi que leurs supporters

respectifs, ces évènements ont bouleversé la course

et les hommes, notamment à cause de l’accident qui a coûté

la vie à Christian Heins alors que tout souriait aux M23

de l’équipe Alpine… Et du fait des accidents des deux René

Bonnet Aerodjet et notamment de celle que Jean Rolland

partageait avec Jean-Pierre Manzon qui, pour avoir été luimême

victime de la situation, fut témoin du drame ayant

été fatal au dynamique directeur sportif d’Alpine Interlagos.

Au départ, la course avait commencée par la lutte d’André

Simon sur sa grosse Maserati 151/3 de 5 litres avec les

Ferrari de tête jusqu’à la casse de sa transmission au 40 e

tour et à la 4 e heure alors que Lloyd ‘Lucky’ Cassner effectuait

son relai. Dans la même heure ce fut d’abord l’ASTON

MARTIN DP215 de Phil Hill-Lucien Bianchi que la boite de

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem


124 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1959 125

1964

la suite 2600 Sprint,

le crépuscule de la SZ,

le début de l’épopée TZ

et un ‘millésime’…

Nos tumore inusitato quodam et novo ut

rebellis et maieae per haec quae strepit

incusat iratus nimirum quod contumacem


134 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1964 135

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat

iratus nimirum quod

contumacem praefectum,

Le duel annoncé entre les deux marques laissait peu de perspectives

à d’autres voitures parmi les plus puissantes, tant

en Prototype où seuls Iso Rivolta et Maserati avaient engagé

chacun une voiture, qu’en GT où on ne trouvait qu’une

Aston Martin DP214 et deux Jaguar Lightweight.

En 2 litres, deux Porsche Prototype 8 cylindres ne pouvaient

espérer rivaliser avec les Ferrari ou les Ford pour la victoire

absolue tandis qu’en GT, cinq GTS étaient sans rivale dans

leur classe à l’exception d’une seule MGB 1800.

En GT 1600, trois Alfa Romeo sont dans la même situation

avec une seule rivale, la Lotus Elan de René Richard-Pierre

Gele, une Lotus Elite étant engagée en 1300.

Enfin, les petites françaises (1000 à 1150cc) se battront pour

les classements à l’Indice : Charles Deutsch avait prévu de

revenir au Mans avec deux Prototypes CD-Panhard 850 à

compresseur (1187cc), René Bonnet avec quatre Prototypes

et une GT et Jean Rédélé avec quatre Prototypes (respectivement

Bonnet-Renault et Alpine Renault). Leurs rivales

étrangères en moins de 1150cc seront un Prototype Austin-

Healey Sprite et trois Prototypes Triumph Spitfire.

Depuis son forfait à la Targa Florio, Ferrari s’était consacré

à la préparation de ses Prototypes et à une répétition générale

sur les pistes Fiat de Turin. Conscient du danger que

représentait l’arrivée en force du constructeur américain,

Enzo Ferrari et son directeur sportif Eugenio Dragoni avaient

élaboré un plan de course auquel avaient adhéré tous les

pilotes, y compris les indépendants.

- 20 Juin 1964, 16 heures, catégorie Sport-Prototype : Richie

Ginther sur Ford GT40 prend la tête au second tour mais

Pedro Rodriguez, John Surtees et Graham Hill respectent la

cadence du plan de course Ferrari, laissant Ginther prendre

jusqu’à 40 secondes d’avance à son premier ravitaillement,

assez long du fait de la présence de deux réservoirs. Ginther

repart et se retrouve alors dans le peloton des Ferrari mais

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat

iratus nimirum quod

contumacem praefectum,

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat

iratus nimirum quod

contumacem praefectum,

ae per haec quae strepit.

incusat iratus nimirum

quod contumacem

praefectum, stati

recalcitrantes Augustae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum


154 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1964 155

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat

iratus nimirum quod

contumacem praefectum,

Greder en 20’42, Mauro Bianchi en 20’54 suivis d’Andrea De

Adamich et de Franck Ruata… Au-delà, les pénalités cumulées

par la plupart des concurrents se situent à plus ou moins

une minute.

- 7 e secteur, Sumène-Col de Pas (38 km) : La route monte

en même temps que la brume matinale pour le passage

aller du Col de la Tribale se caractérisant aussi par ses gravillons

transformant les premières voitures en balayeuse…

Et provoquant des dérapages plus ou moins contrôlés !

Jean Rolland dans son style coulé réalise 32’38 devant Henri

Greder en 33’43 et Mauro Bianchi qui, faisant évoluer son

Alpine avec une précision diabolique réalise 33’56 suivi de

Guy Hospitalier et d’André Simon…

- 8 e secteur, Notre-Dame de La Rouvière-Peyregrosse (24,5

km) : Passage retour du Col de la Tribale vers Peyregrosse où,

bien que le temps soit devenu clément, les pénalités, elles,

pleuvent ! En Tourisme, René Trautmann arrive attardé et

à faible allure au contrôle, ne se faisant plus d’illusion sur

l’attribution du titre de Champion de France…

Avec sa coéquipière Claudine Bouchet, ils échouent

près du but, chaîne de distribution cassée. Jean Rolland

termine en 23’30 devant Mauro Bianchi en 23’43 et Henri

Greder en 24’15, ce dernier virtuel Champion de France

Tourisme… La Cooper S de Francis Tomas en 4 e position

se substitue à celle de Jean-Louis Marnat qui s’est retrouvé

en sens inverse suite à un tête-à-queue lui ayant couté 52

secondes favorables à Andrea De Adamich 5e…

- 9 e secteur, Peyregrosse-Mandagout (13 km) : L’enjeu se

situe désormais au sein des catégories. Jean-Louis Marnat

ne renonce pas et reprend du temps alors que Francis Tomas

a pris le départ avec un problème de freins qui l’a conduit

tout droit dans un des premiers virages, se frottant les côtes

en sortant de la Cooper en triste état. 7 e victoire pour Jean

Rolland en 12’41 devant Mauro Bianchi en 13’14 et Guy

Hospitalier en 13’35 suivis dans le même temps de Jean-

Louis Marnat et Fernand Masoero…

- 10 e secteur, St Julien-St Bresson (10,5 km) : Jean Rolland

termine en beauté ainsi que son ami Fernand Masoero qui,

sur sa TZ verte, ne peut cependant combler le handicap

d’une crevaison. Jean-Louis Marnat termine avec 3’’ d’avance

tandis qu’Andrea De Adamich consolide sa position.

8 e victoire sur 10 Spéciales pour Jean Rolland en 10’07

devant Mauro Bianchi en 10’23, Fernand Masoero en 10’24

suivis de Jean-Louis Marnat, André Simon…

A 50 km de l’arrivée au regroupement à Ganges, 26 voitures

de Tourisme et 14 GT ont été recensées pour le classement

Scratch par addition des temps sur les secteurs chronométrés

(GT et Tourisme) :

1 er Jean ROLLAND-Gabriel AUGIAS

sur Alfa Romeo Giulia TZ, 2h46’40 (35 points), 1 er GT

2 e Mauro BIANCHI-J.Claude PERRAMOND

sur Alpine A110 1100, 2h52’7 (74 points), 2 e GT

3 e Henri GREDER-Johnny RIVES

sur Ford Mustang V8 4.7 litres, 2h52’26 (145 points), 5 e Tourisme

4 e André SIMON-Lucien BARTHE

sur Ford FALCON, 2h53’13, 6 e Tourisme

5 e Andrea de ADAMICH-Luciano LOMBARDINI

sur Alfa Romeo Giulia TI Super*, 2h53’51 (61 points),1 er Tourisme

6 e Guy HOSPITALIER- Franck ALARD

sur Porsche Carrera Abarth (206 points), 4 e GT

7 e Fernand MASOERO-Jacqueline MASSAD

sur Alfa Romeo Giulia TZ (242 points), 5 e GT

8 e Franck RUATA-‘Pryscu’ Fred PRYSQUEL

sur Fiat Abarth 1000 (190 points), 3 e GT

9 e Pierre MAUBLANC-Serge ROUSSIN

sur BMC Cooper S (112 points), 3e Tourisme

10 e J.Louis MARNAT-Michèle DUBOSC

sur BMC Cooper S (93 points), 2 e Tourisme

11 e Martial DELALANDE-Jacques FERRAND

sur Ford Cortina Lotus** (118 points), 4 e Tourisme,

Les 8 Spéciales remportées au Scratch pour une 3 e victoire

au Critérium (après 1959 et 1962) couronnent définitivement

Jean Rolland ‘Roi des Cévennes’ et avec les Giulia TZ et

TI Super, Alfa Romeo truste les victoires par marque avec le

Scratch et les victoires GT et Tourisme. Lorsque la ‘Tubolare’

rouge à triple bande blanche arriva à Montpellier, c’est à

l’unanimité que pilotes, organisateurs et journalistes se sont

réjouis de la réussite des très populaires Rolland-Augias, tant

pour les talents de pilote de Jeannot que pour ceux de navigateur

de Gaby, l’un et l’autre familiers du public cévenol

et faisant preuve de gentillesse et modestie face au concert

d’applaudissements confirmant leur popularité.

*ALFA Ti Super 63/64, 22400Frs, Berline 4portes/4pl, 1570cc, 112cv DIN

(>140cv), 960kg, km DA 32’’5, 185 km/h

**FORD Cortina Lotus 65, 21400Frs, Berline 2portes/4pl, 1558cc, 105cv DIN

(>140cv), 865kg, km DA 31’’6, 180 km/h

Jean devient Champion de France GT 1964 sur

Alfa Romeo, 2 e Robert Buchet sur Porsche, 3 e Jo

Schlesser sur Cobra… Gaby, dont la place dans le

baquet de droite devait lui procurer des sensations

mêlées d’admiration et de crainte, écrira dans son

carnet de bord : « Cette belle journée est l’aboutissement

de six années de travail, de déceptions mais

aussi de joies… Jean est entré parmi les Grands. »

Henri Greder est Champion de France Tourisme

sur Ford, 2 e René Trautmann sur Lancia, 3 e Francis

TOMAS sur BMC…

Claudine Bouchet est Championne de France

‘Féminin’ sur Lancia, 2 e Thérèse Mahieuw sur

Alfa Romeo, 3 e Annie Soisbault (Jaguar, Porsche,

Ferrari)…

Après les manifestations officielles et notamment les félicitations

municipales de Monsieur le Maire, le Docteur

Romieu, Digne honorera chaleureusement ses citoyens

Rolland-Augias puis ce sera au tour des copains du

Café de France d’arroser au champagne leurs champions,

Jean pour la circonstance ayant préparé lui-même

des pâtisseries… à son goût et en quantité suffisante !

Il fit même un discours, démarche aussi brève qu’inédite.

En réponse à la question posée par Jean Teyssier

du Provençal : « Quelle impression cela te fait-il d’être

Champion de France ? », Jean répondra avec sa simplicité

habituelle : « Et vous, quelle impression avez-vous

lorsque vous gagnez une partie de boules ? Moi c’est la

même chose… Ce titre, je ne l’ai pas vraiment cherché

mais il me fait plaisir.»

Désormais Champion de France GT, ce titre vient

opportunément soutenir l’ouverture du garage dédié

aux Alfa Romeo, réalisation d’un projet qui tenait à cœur

à Jean, attaché à la firme milanaise depuis l’enfance

et fidèle à ses voitures avec lesquelles il a glané ses

lauriers dans les compétitions les plus rudes. Dans sa

communication relative au titre de champion de France

GT 1964, Alfa Romeo publiera : Merci Rolland, ce titre

de champion de France GT, vous l’avez largement mérité

tant par vos exceptionnels talents de pilote que par

les solides qualités de votre caractère. Alfa Romeo est

particulièrement heureux que ce soit justement vous

qui ayez si brillamment mis en valeur les qualités de ses

voitures… De victoire en victoire vous emmeniez vos

Alfa vers le titre envié de Champion de France, pour

finalement le conquérir par un véritable feu d’artifice au

Rallye des Cévennes où votre Giulia TZ raflait toutes les

premières places devant des concurrentes beaucoup plus

puissantes…

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat

iratus nimirum quod

contumacem praefectum,

ae per haec quae strepit.


156 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1959 157

1965

Année bien remplie

avec intensification du nombre

d’épreuves sur circuit

et quelques déceptions…

Nos tumore inusitato quodam et novo ut

rebellis et maieae per haec quae strepit

incusat iratus nimirum quod contumacem


160 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1965 161

12 Heures de Sebring

le 27 Mars 65 avec Bernard CONSTEN

sur Alfa TZ Autodelta 750108 105338-UD n°

En ce début d’année 1965, Bernard Consten est triple

Champion de France Tourisme après ses titres obtenus sur

Alfa Giulietta Ti en 1958 et sur Jaguar 3,8 litres Mk2 en 1961

et 62. Jean ROLLAND vient de remporter le championnat de

France GT 1964 sur Alfa Giulia TZ, laquelle lui permet d’accroitre

ses perspectives de réussite sur circuit. Conscient du

potentiel de ces deux très bons pilotes français, Alfa Romeo

met à leur disposition une TZ Autodelta pour Sebring où se

déroule en mars la plus ancienne épreuve d’endurance américaine.

Pour Bernard, cette proposition ne se refuse pas et

tandis que Jean se demande pour combien de temps il doit

faire ses valises, ses copains dignois enthousiasmés pour leur

champion le poussent vivement à saisir cette opportunité…

d’aller en Amérique !

Le Sebring International Raceway, qui utilise en partie les

pistes d’un ancien aérodrome militaire, présente un tracé

triangulaire dont l’un des angles s’ouvre sur une boucle

intérieure constituée de chicanes et de courbes rapides,

l’ensemble développant 8,37 km. Cette 14 e édition des 12

Heures compte pour le championnat du monde des voitures

de sport et les 66 équipes au départ se répartissent

en une trentaine de voitures américaines dont une majorité

de Corvette et, toujours parmi les plus puissantes, deux

Bizzarini Iso Grifo et une dizaine de Ferrari. Les plateaux

officiels de voitures européennes comportent trois Porsche

prototypes (une 8 cylindres et deux 904/914), quatre Alfa

Romeo TZ Autodelta, six BMC (deux MGB -une engagée en

GT l’autre en prototype- et une Midget en GT auxquelles

s’ajoutent une Austin-Healey 3000 en GT et deux Sprite

en prototype), trois Triumph (des Spitfire engagées en GT)

et une Alpine. D’autres voitures européennes sont engagées

par des équipages privés, Jaguar E, Porsche GTS, Lotus

Elan, Volvo, Lancia, Abarth-Simca, une René Bonnet et une

seconde Alpine... Autant de voitures si différentes qui, sur un

même circuit vont contraindre les plus puissantes (Chaparral,

Ford GT, Lola, Cobra, Bizzarini, Ferrari…) à tourner en dessous

de leurs possibilités, circonstances réduisant en contrepartie

leurs risques mécaniques.

Les quatre équipes Autodelta sur Alfa GTZ sont constituées

d’Andrey-Stoddard (n° 55), de Bussinello-De Adamich

(n° 56), de Deserti-Zeccoli (n° 57) et de Rolland-Consten

(n° 58). Ces derniers, amis et rarement concurrents, ont le

même sens du pilotage et la même stratégie de course, aller

le plus vite possible avec l’objectif prioritaire de rejoindre l’arrivée

en ménageant la mécanique et en évitant la sortie de

route. Les nuances se situent au niveau d’une préparation

rigoureuse pour Bernard et du sens de l’improvisation pour

Jean.

Les favoris sont les sympathiques Jim Hall et Hap Charp dont

Nos tumore inusitato quodam et

novo ut rebellis et maieae per haec

quae strepit incusat iratus nimirum

quod contumacem praefectum, ae

la carrure, la décontraction et la tenue assortie des incontournables

chapeau et bottes de cow-boys témoignent de leur

origine texane. Propriétaires de puits de pétrole, ces associés

fortunés et passionnés de courses automobiles ont décidé

de construire leur propre voiture de sport, la Chaparral avec

laquelle ils ont pulvérisé le record de l’épreuve durant les

essais. Le moteur d’origine GM est un Chevrolet ‘porc-épic’

de 5370cc et 430cv pour 630 kg seulement.

Au terme des séances d’essais, aucune voiture de moins de

2 litres ne figure parmi les 25 meilleurs temps. Jim Hall et

Hap Charp ont assemblé deux voitures, la seconde étant

confiée à Ronnie Hissom et Bruce Jennings et ils occupent la

première et la deuxième places de la grille de départ devant

les Ford GT de Mclaren-Miles et de P.hill-Ginther. Se positionnent

ensuite la Lotus Ford de Gurney-Grant, la Lola Ford

de Cannon-Saunders, les Ferrari 330 P de G.Hill-P.rodriguez

et de Grossman-Hudson…

Plus de 50 000 spectateurs assistent à la course par une

chaleur équatoriale, lourde et humide. Le départ et la première

heure sont mouvementés et la température étouffante

accable les pilotes qui se font presque tous relayer au premier

ravitaillement.

Après trois heures de course, la Chaparral de Hall-Charp

possède trois tours d’avance sur la Ferrari 330P de G.hill-P.

rodriguez, la deuxième Chaparral distancée étant néanmoins

troisième devant la Ford GT de Mclaren-Miles…

C’est alors que dans la quatrième heure de course l’équipe

Triumph perd la Spitfire accidentée par l’anglais Peter Bolton

(qui était associé à cinq américains) et que la Volvo de Nick

Cone explose son moteur, laissant sur le tarmac une trainée

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat

iratus nimirum quod

contumacem praefectum,

ae per haec quae strepit.


186 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1965 187

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat

iratus nimirum quod

contumacem praefectum,

ae per haec quae strepit.

Critérium des Cévennes

les 27 et 28 Novembre 65 avec Gabriel AUGIAS

sur Alfa TZ Conrero 750015 2945 QD 75 n°

Cette année l’épreuve ne sera pas arbitre des championnats

Tourisme, GT et Sport, les vainqueurs respectifs étant déjà

connus, ce qui n’empêcha pas les organisateurs de faire le

plein d’engagements. Le découpage des 570 km dont 228

de chronos se présente encore plus sélectif que lors des

éditions précédentes d’autant qu’avant le départ des 87

concurrents le 27 en soirée, la neige tombe à gros flocons

sur les Cévennes. En conséquence les organisateurs seront

contraints de supprimer la fameuse étape de Peyregrosse-

Mandagout pour cause d’enneigement aussi soudain

qu’insurmontable.

Avec 58 engagés, la catégorie Tourisme est la mieux représentée

avec douze R8 Gordini dont celle de Larrousse-

‘Chamain’ (Gérard Larrousse étant permissionnaire) et celle

d’usine confiée à Piot-Jacob, quatre Alfa GTA dont deux

Autodelta confiées à L.Bianchi-‘Vic’ et Masoero-Maurin, trois

Cortina Lotus et en particulier celle de Garino-Delalande et

cinq impeccables et très remarquées Abarth 1000 TC dont

trois d’usine confiées à Maublanc-Roussin, Ruata-Mlle

Dubosc et Ballot Lena-Benoit…

Parmi les 22 engagés en GT, Rolland-Augias sont venus avec

la fidèle TZ 750015 conscients que le Critérium constitue

la dernière opportunité de sauver leur saison 1965 ; ou ils

réussissent et l’année sera moyenne, ou ils échouent et l’année

sera médiocre. Leurs principaux adversaires sont Rey-

Guilhaudin et Meert-‘Anita’ sur Porsche 904 GTS ainsi que

Billard-‘Hervé’ sur l’une des trois Alpine ‘GT’ sans oublier les

Porsche Carrera et Lotus Elan.

Parmi les 9 voitures engagées en Sport, on remarque le prototype

Matra se présentant sous la forme d’une Djet élargie

et à la garde au sol réduite, dotée de roues en alliage et d’un

ensemble châssis-suspensions-freins profondément modifié.

Équipée d’un moteur Ford-Lotus-Cosworth 1600cc d’une

puissance de 145cv accouplé à une boite 5 Hewland aux

rapports longs dont le choix surprend pour ne pas sembler

bien adapté aux routes cévenoles, cette Matra type C est

confiée à Farjon-Servoz Gavin. La seconde voiture attirant

l’attention en Sport est l’Alpine 1500, dotée d’une évolution

du moteur hémisphérique Gordini porté à 1440cc préparé

et mis au point par Marc Mignotet et, que Jean Redele

a engagé pour De Lageneste-Ferrand en complément des

deux 1300 ‘Sport’ pour M.bianchi-Perramond et Hanrioud-

Peray et de l’Alpine 1300 ‘Sport’ engagée par la Régie pour

Orsini-Canonici.

1- Secteur chronométré du col de la Bantarde (23 km) : Sous

la pluie persistante et une route détrempée, Rolland-Augias

réalisent le meilleur temps absolu (21’18’’) devant les Alpine

1300 ‘Sport’ de M.Bianchi-Perramond (21’33’’) et d’Orsini-Canonici

(21’41’’), 4 e et 5 e les R8 Gordini ‘Tourisme’ de

LARROUSSE-‘Chamain’ et Piot-Jacob…

2- Saint Jean du Gard (15,5 km) : A nouveau le plus rapide

(13’38’’), Jean Rolland creuse l’écart devant l’Alpine ‘Sport’

de Mauro Bianchi (13’51’’) et la Lotus Elan ‘GT’ des jeunes

marseillais Pagnon-Jean (14’10’’), 4 e et 5 e l’Alpine ‘Sport’ de

Pierre Orsini et l’Alpine 1440 de Roger De Lageneste…

3- Secteur chronométré de l’Estrechure (11 km) : Toujours le

plus rapide (9’46’’), Jean Rolland prend une minute d’avance

au classement général. Le deuxième de l’étape est Michel

Billard sur Alpine ‘GT’ (10’05’’) suivi de Pierre Orsini sur

Alpine ‘Sport’ (10’09’’), 4 e et 5 e Pierre Maublanc sur Abarth

1000 TC ‘Tourisme’ et Roger De Lageneste sur Alpine 1440


4- Col du Pas (14,5 km) : Pluie torrentielle et l’Alpine ‘GT’ de

Michel Billard quitte la route et l’épreuve.

4e victoire scratch de Jean Rolland (13’02’’) devant Pierre

Orsini (13’13’’), Roger De Lageneste (13’25’’), Pierre

Maublanc, Mauro Bianchi…

Au classement général provisoire, domination de Rolland-

Augias devant Orsini-Canonici, M.Bianchi-Perramond, De

Lageneste-Ferrand, Larrousse-’Chamain’…

5- Notre Dame de la Rouvière (24,4 km) : En abordant ce

tronçon, les concurrents craignaient un maximum de pénalisations

compte tenu des difficultés, la route passant par le col

de la Tribale menant à Peyregrosse. Et si cette étape allonge

effectivement la liste des pénalisés, elle met en évidence la

catégorie Tourisme dont quatre voitures se classent aux cinq

premières places. Pierre Maublanc sur Abarth 1000 TC y réa-

lise le meilleur temps (24’50’’) devant Gérard Larrousse sur

R8 Gordini (24’58’’) et Pierre Orsini sur Alpine 1300 ‘Sport’

(24’59’’), 4 e et 5 e Jean-François Piot sur R8 Gordini et Lucien

Bianchi sur Alfa GTA…

Quant à Jean Rolland, il fut retardé par un problème d’essuie-glace

comme à la Coupe des Alpes avec la TZ 750085

Autodelta ! Problème heureusement sans conséquences,

une grande partie de son avance lui permettant de préserver

sa position cependant désormais moins confortable sous la

pression de Pierre ORSINI, triple vainqueur de la Corse. Pierre

ORSINI est venu pour gagner les Cévennes avec la même

ambition qui anime Jean depuis qu’il court en Corse, y collectionnant

les places d’honneur et les déceptions.

6- Peyregrosse-Mandagout : C’est après les premiers départs

que décision fut prise à regret d’annuler ce fameux secteur

compte tenu de l’enneigement rendant impraticables les

routes au fur et à mesure qu’elles s’élèvent. Avant de poursuivre

directement vers le Col de la Tribale, les concurrents

apprenaient les abandons de Piot-Jacob, pignon de différentiel

cassé et de la Matra type C de Fajon-Servoz Gavin, sur

rupture d’embrayage.

7- Col de la Tribale (30 km) : Rare point d’assistance, le pied

de la Tribale s’animait au gré des nécessaires interventions.

Pour les Alfa GTA Autodelta, Carlo Chiti s’était déplacé

avec l’assistance italienne et avait accordé aux dignois l’assistenzia

clienti. Jean, serein de ce côté avec la présence de

la SOFAR et stimulé par cette situation, était prêt à repartir

et connaissant aussi bien sa bonne vieille Tubolare que les

petites routes cévenoles, il s’emploie à creuser immédiatement

l’écart sur la meute des Alpine pour reprendre une partie

de l’avance perdue. Jean Rolland (28’13’’), Pierre Orsini

(28’49), Roger De Lageneste (28’50’’), Mauro Bianchi, Jean-

Pierre Hanrioud…

8- Saint Roman de Tousque (9,5 km) : Aucun changement

notable susceptible de modifier l’ordre du classement

général. Jean Rolland (9’20’’) l’emporte devant Jean-Pierre

Hanrioud (9’33), Pierre Orsini (9’34’’), Gérard Larrousse,

Pierre Maublanc…

9- Trèves-L’Espérou (27 km) : Puis la neige modifie de nouveau

les conditions de course et à Trèves, terme de l’étape

de liaison, Rolland-Augias qui avaient emporté dans la soute

de la ‘Tube’ deux pneus à clous s’empressent de les monter

en ne regrettant pas de les avoir emportés car l’abondance

de neige perturbe l’assistance au point que la Giulia

blanche du concessionnaire Montovani de Nîmes qui complétait

le dispositif SOFAR sera bloquée toute la nuit. Avec

le ravitaillement en essence, il en coûte 4 minutes de pénalités

à l’équipage de la TZ qui cependant ne le regrettera

pas car l’épaisseur de la couche de neige augmente avec

le profil montant de la route. Dans ces conditions, Jean-

Claude Ogier sur la 24 CT fit à nouveau la démonstration

de son aisance, ces difficultés n’impactant cependant pas

le classement général provisoire toujours mené par Rolland-

Augias devant Orsini-Canonici. Mauro Bianchi (30’16’’) l’emporte

à L’Espérou devant Jean Rolland (30’27’’), Pierre Orsini

(30'55’’), Roger De Lageneste, Gérard Larrousse…

10- Saint Julien De La Nef (10,5 km) : Au contrôle horaire

de St Julien, les pénalisations routières s’accumulent comme

la neige sur la route, frappant notamment l’Abarth 1000

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae per

haec quae strepit incusat

iratus nimirum quod

contumacem praefectum,

ae per haec quae strepit.


190 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1959 191

1966

Assiduité dans les engagements

pour cette année GTA,

avec quelques variantes dont

un Grand Prix F2…

Et un deuxième titre

de champion de France.

Nos tumore inusitato quodam et novo ut

rebellis et maieae per haec quae strepit

incusat iratus nimirum quod contumacem


206 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1966 207

636e kilomètre des 863 que comptent le rallye, 1 er Gaban,

2 e M.Bianchi, 3 e Rolland, 4 e Patte et Larrousse aequo…

8- L’épreuve de vitesse de la route Joffre entre Thann et

Masevaux sur 7 km, en fin d’une nuit très éprouvante, 1 er

Gabant, 2 e Dumousseau, 3 e M.Bianchi, 4 e Rolland, 5 e Patte…

9- Et enfin la très attendue course de côte de Sewen de

6 km, de retour au petit jour au pied du Ballon d’Alsace

pour son ascension par le versant Est où le public est venu

nombreux, 1 er Gaban, 2 e M.Bianchi, 3 e Rolland, 4 e Patte, 5 e

Dumousseau…

Puis c’est le retour vers Nancy, terme de ce très difficile rallye

de Lorraine pour les 48 concurrents classés à l’arrivée.

C’est ainsi que la lutte attendue entre Jean Rolland et René

Trautmann tourna à l’avantage de Gérard Larrousse qui

affirma ainsi ses prétentions dans les Vosges. Avec Guy

Chasseuil, Gérard Larrousse sont alors de jeunes pilotes que

Louis Meznarie avait ‘suggérés’ à la Ceida, l’importateur

NSU en France.

Le 8 Mai, Larrousse-Mechain sur NSU 1000 remportent le

Scratch et le classement ‘Tourisme et Spéciales’ de ce 13 e

rallye de Lorraine, victoire que l’on sentait venir depuis le

début de l’année et, en ce qui concerne la petite et rapide

NSU, depuis la performance de Guy Chasseuil au rallye de

Limousin avant la sortie de route qui lui valut d’être hospitalisé

à Issoire. Rolland-Augias n’ayant effectué qu’une

reconnaissance sommaire se sont battus en étant toujours

menaçants mais les conditions climatiques ne permirent pas

à Jean d’exploiter la puissance de la GTA rouge à bandes

blanches pour compenser son handicap dans les épreuves à

moyennes imposées. S’il y avait eu un véritable classement

scratch, les dignois l’auraient peut-être remporté.

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

En ce qui concerne Rolland-Augias qu’un journaliste de la

presse régionale a vu arriver en fin d’après-midi la veille du

départ et leur demandant s’ils avaient prévu de reconnaître

de nuit, les méridionaux ont répondu : « Vous plaisantez, ce

soir à 8 heures nous serons les pieds sous la table… Nous

sommes de bons vivants, pas des travailleurs de force ».

D’ailleurs un des favoris, René Trautmann, avait prévenu : «

Ce diable de Rolland est capable de n’arriver que vendredi et

gagner quand même ».

Au programme après le départ de la Place Stanislas, 776 km

de parcours de liaison et 9 épreuves de classement sont à

effectuer essentiellement de nuit, le retour à Nancy étant

prévu le 8 Mai avant 11 heures Place de la Carrière.

Après 109 km, les concurrents abordent les Vosges et les

épreuves des secteurs de Gérardmer et de La Bresse :

1- Spéciale du Haut-du-Tôt de 12 km, 1 er Robert Barret

sur Porsche 911, 2 e J.Pierre Gaban, 3 e Christian Poirot, 4 e

Eddy Meert, tous trois sur Porsche GTS, 5 e Jacques Patte sur

Alpine…

2- Spéciale du lac des Corbeaux de 6 km, 1 er Jacques Patte,

2 e Gérard Larrousse sur NSU, 3 e Jean Rolland, 4 e J.Pierre

Gaban, 5 e Mauro Bianchi sur Alpine…

3- Spéciale du col du Brabant de 7 km, 1 er Robert Barret,

2 e Jean-Pierre Gaban, 3 e Jacques Patte, 4 e Jean Rolland, 5 e

Gérard Larrousse…

Les premiers au classement provisoire sont alors Patte-

Courtois sur Alpine 1300 devant Larrousse-Mechain sur NSU

1000, 3 e Barret-Chevin sur Porsche 911, 4 e Rolland-Augias

sur Alfa GTA, 5 e Gaban-Gits sur Porsche GTS…

Les pénalisations routières ainsi que les premiers abandons

ont jalonné le secteur de liaison au départ de Xonrupt puis les

spéciales du lac des Corbeaux et du Brabant dont les temps

impartis rendirent difficiles les passages à zéro, d’autant que

la densité du brouillard devenait un terrible handicap pour

ceux qui n’étaient pas familiarisés avec le parcours…

4- Après Le Thillot s’enchaine la course de côte du Ballon

d’Alsace de 9 km remportée par Jean Rolland devant Franck

Ruata également sur Alfa GTA, Philippe FARJON sur Cortina

Lotus, René Trautmann sur Lancia Flavia Zagato, Robert

Dutoit sur Jaguar Mk2…

Puis les concurrents passent par le contrôle horaire de Sewen

avant de remonter au Markstein où les organisateurs leur

accordent plus que les 30 minutes de neutralisation prévues

afin qu’ils réalisent leurs opérations d’assistance après quatre

spéciales aux nombreux abandons et des secteurs de liaison

aux non moins nombreuses pénalisations. Les changements

de pneus et le remplacement des projecteurs longue-portée

par des antibrouillards sont de rigueur.

5- Lors de l’épreuve de vitesse de la route des crêtes sur

21 km, outre le brouillard toujours plus épais, les rescapés

sont désormais confrontés à la neige tombant en rafales.

Jean-Claude Ogier sur sa Panhard 24 CT réalise le meilleur

temps, et par conséquent une magnifique performance

devant la 911 de Robert Barret, les Alpine de Jacques Patte

et de Mauro Bianchi, la NSU de Gérard Larrousse…

6- Après l’épreuve chronométrée du col de Fouchy de

7,6 km, la NSU de Larrousse-Mechain est en tête du Général

devant l’Alpine de Patte-Courtois, 3 e la Porsche 911 de

Barret-Chevin, 4 e l’Alfa GTA de Rolland-Augias, 5 e la Lancia

Flavia Zagato de Trautmann-Mantzer…

7- L’épreuve de vitesse du col de Ribeauvillé sur 10 km, au

Extrait du classement (48 classés/86 partants) :

1 er Gérard LARROUSSE-Pierre MECHAIN sur NSU 1000,

1 er Tourisme et Spéciales

2 e Jacques PATTE-André COURTOIS sur Alpine A110 1300, 1 ers GT

3 e Jean ROLLAND-Gabriel AuGiAS sur Alfa GtA,

2 e Tourisme et Spéciales

4 e Robert BARET-Christian CHAUVIN sur Porsche 911, 2 e GT

5 e Mauro BIANCHI-Michel GAUVIN sur Alpine A110 1300, 3 e GT

6 e Robert DUTOIS-Jacques MOREL sur Jaguar 3.8 litres Mk2,

3 e Tourisme et Spéciales

7 e Jean Claude OGIER-Lucette POINTET sur Panhard 24 CT,

1 er Tourisme de série

8 e Franck RUATA-E. De POLEON sur Alfa GTA

9 e Gilbert STAEPELAERE-André AERTS sur Ford Cortina Lotus,

2 e Tourisme de série

10 e Guy VERRIER-J.Claude SYDA sur Alfa GT, 3 e Tourisme de série…

Coupe des Dames Tourisme et Spéciale :

Claudine TRAUTMANN-‘Colette’ sur Lancia

Coupe des Dames Tourisme de série :

Marie-Claude BEAUMONT-Ginette DEROLLAND sur NSU

gRand pRix

de paRis

LE 15 MAi 66

SuR ALfA GtA

AutODELtA

120009 uD N°

Organisé chaque année à Montlhéry par l’AGACI, le programme

comporte sept courses regroupant toutes les catégories.

Les différentes épreuves sont disputées sur 15 tours

de circuit soit environ 50 km exceptée la course Sport et

Sport-Prototypes qui se court sur 20 tours soit 67 km.

Compte tenu du nombre d’engagements la catégorie F3

est répartie en deux séries. Avec une météo prévoyant un

chaud soleil le public est venu nombreux sur le plateau de

Saint-Eutrope.

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem


214 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1966 215

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

Pour cette 27 e édition, deux conditions sont à remplir pour

s’octroyer une Coupe des Alpes : Ne pas prendre de pénalisations

routières et franchir les tronçons sélectifs à la minute

dans les temps impartis. Quant au classement général et

des différentes catégories, il dépend des pénalisations routières

auxquelles s’ajoutent les temps scratch réalisés dans

les épreuves de classement et les temps réels ou de base

effectués dans les secteurs sélectifs à la seconde.

Pour Rolland-Augias dont la GTA n° 61 voit sa célèbre triplebande

centrale accompagnée par une autre bande blanche

en haut de chacun de ses flancs, l’objectif est de remporter

la Coupe d’Argent pour compenser l’échec à la Coupe

d’Or 1965. Leurs atouts : Une auto préparée et assistée par

les équipes Autodelta et SOFAR, l’expérience de l’épreuve

et la connaissance du terrain… Et la complémentarité entre

la maestria du pilote et la redoutable efficacité du navigateur

se traduisant par de fréquentes attaques en douceur et

finesse de Jean guidées par la pertinence des indications du

calculateur Gaby Augias.

. 1 ere Etape : Marseille-Aix les Bains, 1085 km, 4 épreuves de

classement, 14 tronçons sélectifs à la minute et 4 secteurs

sélectifs à la seconde (dont Mimet, Jouques, Riez, La Palud,

Sigale, Rouaine, St Sauveur, col de la Lombarde, Chorges, col

du Noyer, col de l’Holme, La Paute, col du Glandon).

Face à cette concurrence relevée, l’équipage bas alpin s’engage

d’abord prudemment dans les premières épreuves

sélectives de la nuit tout en gardant le contact avec la tête,

selon sa tactique habituelle… Les Cooper S (Makinen-

Easter, Aaltonen-Liddon) et Cortina Lotus (Elford-Stone,

Clark-Melia) se disputent les premières places devant les R8

Gordini (Piot-Jacob, Toivonen-Salonen)… Puis arrivent les

épreuves de classement :

1.1- Col d’Allos : Jean Rolland réalise 7’16’’ devant Vic Elford

(7’18’’2) et Roger Clark (7’27’’3), tous deux sur Cortina Lotus,

suivis de Rauno Aaltonen et Paddy Hopkirk sur Cooper S…

Rolland revient ainsi sur Elford devenu leader par son avance

prise dans le dernier tronçon sélectif à la minute et après

l’abandon de Timo Makinen dont le démarreur de la Cooper

S fut endommagé par une pierre… Les Tourisme Gr2 enregistrent

les meilleurs temps, Paul Toivonen sur R8 Gordini

Proto réalisant 7’21 en GT-Sport-Proto… Guy Verrier étant

crédité du meilleur temps de 8’16 sur DS21 en Tourisme de

Série…

1.2- Col de La Cayolle : Vic Elford réalise 9’39’’6 devant Jean

Rolland (9’45’’1) qui reprend néanmoins du temps pour la

deuxième place au classement de la 1 ere étape. En Gr2, tous

deux enregistrent toujours de meilleurs temps que Jean-

Pierre Hanrioud en GT sur son Alpine 1300 personnelle

(9’56’’1), Guy Verrier étant de nouveau le plus rapide en

Tourisme de Série (11’10’’3) … La malchance poursuit les

BMC officielles avec l’abandon de Paddy Hopkirk, carter de

boite de vitesses percé.

1.3- Col de Valberg : Avec 7’09’’1, Vic Elford accentue son

avance devançant Bengt Soderstrom sur Cortina Lotus et

Rauno Aaltonen (tous deux en 7’18’’8), Roger Clark (7’19’’8)

et Jean Rolland (7’20’’)… Avec 7’14’’9, Gunther Klass, sur

une 911 d’usine bien placée au Championnat d’Europe des

rallyes, est le plus rapide en GT-Sport-Proto, Paul Toivonen

ne pointant pas ensuite au contrôle de La Paute, deuxième

des quatre abandons de R8 Gordini 1440 ‘’alu’’ dans cette

première étape, Pierre ORSINI n’ayant pu prendre le départ

à Marseille… Et avec 7’54’’2, Lucien Bianchi sur DS21 est le

plus rapide en Tourisme de Série…

1.4- Col de Frêne : Jean Rolland reprend l’avantage avec 6’06

devant Vic Elford (6’07’’4) et Roger Clark (6’13’’8)… Mais le

meilleur temps est pour la première fois réalisé en GT-Sport-

Proto par Jacques Rey sur Porsche 904 GTS en 6’02’’ devant

Jean-Pierre Hanrioud parmi les favoris en 6’06’’3… Lucien

Bianchi reste le plus rapide en Tourisme de Série…

. À l’arrivée de la 1 ere étape, 54 voitures (à peine 70 %)

parviennent au parc fermé d’Aix-les-Bains pour bénéficier

des opérations d’assistance, les mécaniciens n’ayant que

20 minutes pour intervenir sur les autos restant en course.

Classement : 1 er Elford-Stone sur Cortina Lotus (78’37’’3),

2 e Rolland-Augias sur Alfa GTA (79’09’’1), 3 e Clark-Melia sur

Cortina Lotus (79’21’’1), 4 e Hanrioud-Sage sur Alpine 1300

(79’26’’1, 1 er GT et 1 er privé), 5 e Aaltonen-Liddon sur Cooper

S (79’35’’8)…

. 2 e Etape : Aix les Bains-Aix les Bains, 1200 km, 4 épreuves

de classement, 18 tronçons et secteurs sélectifs (dont col

du Granier, col de la Charmette, St Sébastien, col de Festre,

Digne, col de Fombelle, Buis les Baronnies, Saillans, St

Jean en Royans, col des Limouches, St Michel des Portes,

Chamrousse, Allevard, Chamonix).

Après une nuit de repos et des pénalités consécutives à des

problèmes de circulation pour rejoindre la ligne de départ

au pied du Revard, cette deuxième étape forme une longue

boucle dans les Alpes du Sud et, dans la perspective d’une

lutte déterminante, Gaby reste serein, convaincu que Vic

Elford aura du mal à tenir sa cadence jusqu’au retour à Aixles-Bains.

En effet, du Revard au Ventoux via Digne, c’est

autant de secteurs où Jeannot se sent chez lui et imposera

son rythme malgré ses reconnaissances de faible ampleur.

2.1- Mont Revard : Après neutralisation des pénalités dues

à la circulation intense dans Aix-les-Bains et retour à l’apaisement,

cet incident perturba la montée de Jean Vinatier

que sa R8G termina en tonneaux. Toujours à l’attaque, Vic

Elford réalise 6’45’’2 devant Jean Rolland (6’51’’) et Rauno

Aaltonen (6’52’’5) suivis de Bengt Soderstrom et Henri

Greder sur Cortina Lotus… Le meilleur temps est enregistré

en GT-Sport-Proto par Gunther Klass (6’40’’5) tandis que

Julien Vernaeve sur Cooper S réalise le meilleur temps en

Tourisme de série (7’41’’6)…

De nouveaux abandons, depuis le parc fermé d’Aix-les-Bains

jusqu’au pied du Ventoux sont à déplorer, dont celui de Rey-

Mercorelli sur rupture de la transmission de la 904 GTS et

notamment celui de l’autre alfiste régional de l’étape et

complice de Jean, Fernand Masoero dont l’embrayage de la

GTA Gr5 a rendu l’âme.

2.2- Mont Ventoux : Les rescapés arrivent à Bédoin pour

escalader le Géant de Provence dans l’après-midi. Toujours

surprenant par son pilotage tout en souplesse et ses trajec-

toires tirées au cordeau, Jean Rolland en réalise l’ascension

la plus rapide en 13’12’’ alors que la Cortina Lotus de Vic

Elford montre des signes de fatigue et ne peux faire mieux

que 14’24 derrière Roger Clark (13’34’’3), Rauno Aaltonen

(13’41’’2), Alain Finkelstein ‘Finkel’ sur Alfa GTA (13’46’’1),

Henri Greder (13’55’’2)… En GT-Sport-Proto, Gunther Klass

réalise 13’16’’2 et en Tourisme de Série, Julien Vernaeve est

à nouveau le plus rapide en 15’16’’ devant les DS 21…

Rolland-Augias, désormais en tête du classement général,

s’acheminent ensuite vers le secteur sélectif à la seconde de

Bezaudun-Saillans par le Col de la Chaudière et sa descente

impressionnante à réaliser de nuit en 16’16. Seuls J.Pierre

Hanrioud, Roger Clark, Rauno Aaltonen, Sandro Munari

sur Fulvia HF et Bengt Soderstrom y parviennent, ce dernier

abandonnant peu après. Jean Rolland est crédité de 16’21’’3

et Vic Elford de 16’56’’ handicapé par la perte de rendement

de son moteur, ce qui semble donner tout son sens à la prédiction

de Gaby au départ d’Aix-les-Bains.

2.3- Col du Rousset : Avec 10’28’’2, Jean Rolland réalise

le meilleur temps devant Roger Clark (10’33’’8), Rauno

Aaltonen (10’40’’9), Henri Greder sur Cortina Lotus et

Noël Labaune sur Alfa GTA… En GT-Sport-Proto, J.Pierre

Hanrioud est crédité de 10’31’’1 et en Tourisme de série,

Julien Vernaeve est toujours le plus rapide avec 11’48’’ ne

laissant plus l’avantage aux Citroën depuis Aix-les-Bains…

Dans le secteur sélectif à la seconde de Saint-Jean-en-

Royans, Gaby lit mal les notes et la GTA sort… Un commissaire

exige que l’on redresse l’aile avant et que l’on change

la roue, ce que refuse Jean, cette attitude inhabituelle de

sa part provoquant un conflit que Gaby s’empresse d’apai-

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem


228 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1959 229

1967

Reconduction du programme 1966

en attendant la mise au point

de l’Alfa 33 et les engagements

en Sport correspondant

aux aspirations de Jean…

Nos tumore inusitato quodam et novo ut

rebellis et maieae per haec quae strepit

incusat iratus nimirum quod contumacem


248 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1967 249

Ronde Cévenole

le 27 Mai 67 avec Jean-Claude GAMET

sur Alfa GTA SOFAR 319 UD 75 n°

Nos tumore inusitato quodam et novo ut rebellis et maieae per haec

Progressivement, le Président Maurice Goutard fait évoluer

la Ronde Cévenole du statut de rallye à celui d’une épreuve

de vitesse, approuvé en cela par ses amis de l’Association

Sportive Automobile des Cévennes et soutenu par l’enthousiasme

de Maurice Trintignant. Toujours inspirée par la Targa

Florio, la Ronde Cévenole se caractérise par une boucle

de 45 km à parcourir 10 fois dans le magnifique secteur

Mandagout-Aulas-L’Espérou près du Vigan et en partie sur

les difficiles mais bonnes petites routes du fameux Critérium

des Cévennes.

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

ment sur bris de suspension, côté avant gauche ! Après

avoir tenu longtemps la 3e place au classement général, la

33 de l’équipage franco-italien se trouvait alors à 1’52’’ de la

Porsche 910-8 des futurs vainqueurs Hawkins-Stommelen !

Lors de la Targa Florio comme aux 12 Heures de Sebring,

les Alfa 33 démontrèrent leur potentiel mécanique… Hélas

sans se classer ! Comme la voiture de De Adamich-Zecolli en

Floride, la n° 190 de Bonnier-Baghetti abandonna en Sicile

sur un problème de suspension avant ainsi que la n° 170

de De Adamich-Rolland, Jeannot étant 2e au moment où la

suspension lâcha. L’Alfa n° 200 de Russo-Todaro fut légèrement

accidentée et seule la n°192 de Galli-Giunti terminera,

mais hors-délai à un tour du vainqueur. Bien que remarquée,

cette prestation des récentes Alfa Sport en Sicile est une

nouvelle déception tant pour l’équipe Autodelta que pour

Jean Rolland qui considère pourtant que la Tipo 33 constitue

l’opportunité de donner une nouvelle orientation à sa

carrière de pilote.

En revanche, sur 17 classés, c’est une victoire toutes catégories

pour Porsche :

1 er Paul HAWKINS-Rolf STOMMELEN,

Porsche 910-8/2.2 n°228, P+2.0

2 e Leo CELLA-Giancarlo BISCALDI,

Porsche 910-6/2.0 n°174, 1 er Prototype 2.0

3 e Jochen NEERPASCH-Vic ELFORD, Porsche 910-6/2.0 n°166, P2.0

4 e Jonathan WILLIAMS-Vittorio VENTURI,

Dino-Ferrari V6/2.0 n°198, P2.0

5 e Henri GREDER-J.Michel GIORGI,

Ford GT 40 V8/4.7 n°130, 1 er Sport +2.0

6 e Hans HERRMANN-Jo SIFFERT, Porsche 910-8/2.2 n°218, P+2.0

7 e Bernard CAHIER-J.Claude KILLY,

Porsche 911 S 6/2.0 n°46, 1 er Grand Tourisme 2.0

8 e Alberto GIRARDINI-Zefferino FILIPPI,

Lancia HF V4/1.3 n°14, 1 er Grand Tourisme 1.3

9 e Ted WORSWICK-Richard BOND,

Austin Healey 3000 Mk3 6/3.0 n°128, S+2.0

10 e Raffaele RESTIVO-‘The Tortoise’,

FIAT 124 Sport Spider 4/1.4 n°24, GT1.6…

Mais si l’évènement pour Jeannot fut de participer au sein

de l’équipe Autodelta sur une des nouvelles Alfa 33 Sport,

celui largement commentée par la Presse fut l’engagement

du champion de ski Jean-Claude Killy avec le journaliste

Bernard Cahier sur une Porsche 911S (celle pilotée

par Günther Klass au Monte Carlo), mise à disposition par

Huschke von Hanstein (passionné de ski), venue et repartie

par la route… Engagement par ailleurs diversement apprécié,

certains y voyant davantage une opération de communication

qu’un réel intérêt du skieur pour le sport automobile.

Cependant, si la plupart des pilotes, concentrés sur leur

objectif, ne prêtèrent pas grande attention au double champion

du monde de Descente et Combiné, Jeannot reconnaissant

en Killy un pilote appliqué l’encouragea par solidarité

sportive. Et puis, le regretté Henri Oreiller n’avait-il pas fait

la démonstration qu’un grand skieur pouvait aussi être un

grand pilote ? L’inverse ne s’est cependant pas vérifié pour

Jean, bien qu’à Chamrousse, Florence Bernard, son ancienne

camarade du Lycée Gassendi et espoir de l’équipe de France

ait été sa monitrice, il n’est pas parvenu à démontrer autant

d’aptitude pour les descentes à ski que pour les glissades sur

quatre roues.

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

Nos tumore inusitato quodam et novo ut rebellis et maieae per haec


258 JEAN ROLLAND

L’épopée inachevée 1967 259

Coupe des Alpes

du 4 au 9 Septembre 67 avec Gabriel AUGIAS

sur Alfa GTA SoFAR 7891 SS 75 n°

ABANDON

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

Le week-end de Chamrousse précédant le départ de la

Coupe des Alpes qui se déroulait début septembre, de nombreux

pilotes restèrent sur place pour effectuer les reconnaissances

durant la semaine. Ce fut le cas de Gérard Larrousse

qui logeait à Uriage au même hôtel que Jean Rolland et à qui

il demanda le lundi soir ce qu’il avait fait dans la journée :

« J’ai reconnu tout le nord, demain je fais le sud et je rentre à

Digne… », répondit Jean. Comme beaucoup de champions,

le pilote Alpine, réputé pour son professionnalisme, admirait

cette facilité permettant au dignois d’aller aussi vite que

les meilleurs tout en ayant consacré le minimum de temps

aux reconnaissances. Durant la semaine, le hasard fit que

Gérard tombe en panne à Digne. Jean l’accueillit et à cette

occasion Gérard apprécia la bonne ambiance de ce moment.

Cependant Jeannot semblait affecté par les résultats de son

année davantage jalonnée d’abandons que de réussites,

doutant du potentiel à venir de la GTA SA en rallye et de

la capacité de la 33 à évoluer rapidement en challenger des

Porsche 910.

Néanmoins, la Coupe des Alpes était le rendez-vous de l’année

à ne pas manquer pour les dignois et c’est ce fabuleux

marathon de la montagne que Gabriel Augias avait choisi

pour reprendre sa place de navigateur, espérant y être

plus en forme que le 1 er avril lors du Critérium Alpin qui

s’est soldé par un abandon. Pour se rassurer et ne pas décevoir

Jeannot, Gaby a pris le temps de se reposer tout en

se concentrant sur la préparation de cette grande épreuve

qu’ils ont remportée ensemble en 1963, 64 et 66.

Outre l’Alfa GTA SOFAR 7891 SS 75 n° 62 de l’équipage

Rolland-Augias, 3 autres GTA SOFAR figurent parmi les

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

la soirée en écoutant Jeannot raconter de rocambolesques

anecdotes…. Jean-Claude Andruet exprimera plus tard :

« Jean Rolland sortait de l’ordinaire avec sa curieuse et au

fond très enviable philosophie ». Jeannot lui avait dit : « Je

pourrais mieux jouer au tennis mais il faudrait que je m’astreigne

à un entraînement suivi. Ce ne serait plus un plaisir

mais un sport. L’auto, c’est pareil… ». En effet, le double

champion de France ne considérait pas sa passion pour le

sport automobile comme un métier mais comme un loisir, ce

qui explique qu’il n’en acceptait pas spontanément toutes

les obligations.

En ce dimanche 27 Août, sur les 17,2 km de route élargie

au revêtement refait à neuf, Jeannot fait preuve une nouvelle

fois de l’efficacité de son pilotage en terminant 2 e au

Scratch, derrière l’intouchable F2 de Johnny Servoz-Gavin, et

1 er en Sport-Prototypes.

Classement :

1 er Johnny SERVOZ-GAVIN sur Matra-Cosworth MS7-F2 en 8’29’’2

2 e Jean ROLLAND sur Alfa 33 en 8’50’’1, 1 er Prototypes

3 e Robert BUCHET sur Porsche Carrera 6 en 8’59’’1, 1 er Sport

4 e Pierre MAUBLANC sur Abarth 2000 OT en 9’05’’, 2 e Prototypes

5 e Jean CLEMENT sur Porsche Carrera 6 en 9’06’’2, 2 e Sport

6 e Jean FAURE sur Jefa Alfa Romeo 1600 en 9’15’’2

7 e Jean MAX sur GRAC en 9’29’’2

8 e Gérard LARROUSSE sur Alpine A110 1150 en 9’49’’3, 1 er GT

9 e Robert BUCHER sur Porsche 911S en 9’51’’2, 2 e GT

10 e Freddy CANIN sur Abarth 1300 en 9’57’’8, 3 e Prototypes…

1 er Tourisme et Spécial Gr 2 et 5 Jean-Pierre GABAN sur Porsche 911

1 er Tourisme de Série Gr1 Guy CHASSEUIL sur Ford Mustang

Nos tumore inusitato

quodam et novo ut

rebellis et maieae

per haec quae strepit

incusat iratus nimirum

quod contumacem

More magazines by this user
Similar magazines