Haiti Liberte 12 Juin 2019

haitiliberte

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

Sasinay jounalis

Pétion Rospide

JOVENEL MOISE DOS AU MUR!

Page 6

English

Page 9

Phtk : De Michel

Martelly

à Jovenel Moise!

Voir page 3

Page 7

Jovenel Moise par le truchement de sa compagnie Agritrans est lié jusqu’au cou dans le pillage des fonds

PetroCaribe à travers le gouvernement de son prédécesseur Michel Martelly

MOBILISATION CONTINUE :

LE SCANDALE DU REX THÉÂTRE !

L’Éducation

et la Santé au

Honduras : la

voie de la

privatisation !

Page 10-11

Voir page 3

Cette couche de peinture multicolore sur les devantures du Rex Théatre aurait coûté selon le rapport de la cour des

comptes $5,061,139.92 dollars américains

Les manifestants

soudanais

trouvent de

nouvelles

tactiques de

désobéissance

civile !

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

Qui remportera ce match ?

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

Par Berthony Dupont

Bien souvent dans la mobilisation des masses populaires

haïtiennes, on ne tient pas compte de la partie

la plus délicate pour ne pas dire la plus essentielle

à savoir qui aura gain de cause en termes de finalité

des enjeux ! En d’autres termes, entre les deux pôles

opposés, qui en définitive aura, grâce aux rapports de

force, la capacité d’emporter toute la proie politique !

La confrontation directe et ouverte qui se fait entre

le peuple et le régime du Phtk n’est pas la bataille décisive.

Le pouvoir a longtemps perdu le pari ; mais il y a

d’autres forces en lutte qui se déclarent également pour

le rapport de la Cour Supérieure des Comptes, pour le

procès et pour le départ de Jovenel Moise et ils ne sont

pas minces ces tenants du vieil ordre anachronique. Ne

sont-ils pas pour autant attachés aux ficelles d’un système

de terreur instaurée qui fait la honte de l’humanité

?

La manifestation du 9 juin réalisée sous une direction

inconnue à laquelle tout le monde a participé est

une preuve palpable et elle n’est pas dépourvue d’importance

et de signification. C’est un atout calculé qui vaut

d’ailleurs la chandelle du fait qu’il est capable de créer la

confusion, l’amalgame comme quoi tout le monde est

contre la corruption et pour le changement, même ceux

qui défendent les intérêts monopolistes dans le pays !

C’est là que le bât blesse, cette crise n’est pas une

affaire de tout le monde dans les rues, sans aucune décantation.

Il arrive même que ce qui dans le passé avait

promu et commandité le régime du PHTK se retire aujourd’hui

du bateau qui s’écroule et est déjà même campé

en tant que dirigeant de l’opposition, marchant épaule

contre épaule, main dans la main avec les militants de la

cause populaire, procédant même à leur évangélisation,

leur endoctrinement dans la bonne nouvelle occidentale.

Des attitudes truffées de perfidies, des changements de

position spectaculaire, épousant la couleur de l’atmosphère

populaire ne sont tous que trompe-l’œil et des

farces.

Le gaspillage des fonds de Petro Caribe ne peut pas

unir sous une seule et même bannière, patrons et ouvriers,

exploiteurs et exploités, dominants et dominés pour

construire soit dans le dialogue soit à travers des négociations

d’autres alternatives, si ce n’est l’arme du bluff

de façon à rendre vulnérables les masses populaires aux

multiples trahisons, assassinats et autres complots dont

celles-ci sont toujours victimes.

Cette fausse unité d’action se fait uniquement pour

récupérer la lutte des masses par la bourgeoisie compradore,

force authentique des classes dominantes et

des puissances impérialistes. Leurs objectifs politiques et

économiques sont fondamentalement et quasiment contradictoires

avec ceux des masses exploitées. Leur seul

intérêt dans cette crise est de l’orienter, de façon à ajouter

à leur palmarès une autre belle victoire sur les masses

défavorisées du pays qui revendiquent une vie décente

et un pays nouveau.

A ce stade, l’enjeu prioritaire reste la finalité du

match. Qui l’emportera ? Si c’est la bourgeoisie financière

qui reprend la main, elle nous imposera avec

l’aide des médias aux ordres du système capitaliste le

même chantage de sorte qu’elle maintienne sa domination

politique et économique. Cette situation pourra être

traduit par cette pensée de Lénine : « Le peuple combat,

la bourgeoisie se faufile au pouvoir » pour continuer le

processus de paupérisation croissant de la société et la

rareté des services essentiels!

Une lutte pour le changement se définit par son contenu

de classe et sa finalité pour ne pas masquer les rapports

de domination. Cela doit être très clair puisque ces

objectifs serviront à orienter les organisations populaires

en lutte en leur servant de guide capable de les aider en

quelque sorte à atteindre le résultat visé. Dès lors, on

ne peut parler de changement de système pour édifier

une société de justice et de progrès social sans combattre

le capitalisme sauvage et son système d’exploitation de

l’homme par l’homme qui s’entête à imposer un pouvoir

toujours opposé aux aspirations légitimes des masses.

Aussi, faisons-nous appel à toutes les forces progressistes

et révolutionnaires anti-impérialistes pour

qu’elles contribuent à ce que le peuple sorte victorieux

de ce match puisque l’avenir du pays est dans la résistance.

C’est du peuple politiquement conscient que sortiront

des hommes, des femmes, des patriotes convaincus

d’œuvrer pour la construction d’un Etat Socialiste

fort et digne. Et le seul moyen pour y parvenir reste la

lutte des classes !

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

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Berthony Dupont

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019


Mobilisation continue : Le

scandale du Rex Théâtre !

Jovenel Moise dos au mur!

Par Marie Laurette Numa

Grande manif à Port-au-Prince (Credit Photo Loop)

Une voiture de la RTG

Mobilisation devant le Rex Théâtre

Le Rex Théâtre en couleurs

vaut une fortune

Suite à la publication du rapport de la cour

supérieure des comptes et du contentieux administratif

(CSCCA), depuis le dimanche 9 juin le

Jovenel Moise est quelque part caché dans le

pays en faisant le dos rond. N’est-il pas trop

tard Mr le président ?

Par Isabelle L. Papillon

Jovenel Moise n’a plus de cartes à jouer. Que

cherche t-il encore à faire, quand sa marge de

manœuvre devient quotidiennement de plus en

plus étroite ? Qu’est-ce qu’il concocte en s’accrochant

toujours au pouvoir quand il a été rejeté

par certains, même ses zélés partisans au sein

du Phtk sans oublier Réginald Boulos et le forum

économique du secteur privé.

N’est-il pas nécessaire de remonter aux

origines de cette crise qui sans aucun doute aura

raison du second candidat du régime Phtkiste, si

la mobilisation ne lâche pas et continue à exiger

mordicus sa démission. Réaction qu’il ne va pas

faire rapidement, seule la force populaire peut le

contraindre à aller dans ce sens bien qu’il soit toujours

supporté par Washington.

L’étincelle qui a tout occasionné fut le rapport

sénatorial préparé par le sénateur Youri Latortue

passé à l’opposition mais idéologiquement

il reste toujours proche du PHTK. Pour se vanter

de sa force politique, le président Moise déclara

au cours d’une rencontre à Paris avec la Communauté

haïtienne de France : Tant qu’il est président,

il n’y aura pas de procès Petro caribe. A ce

moment-là, on ignorait encore si Jovenel Moise

par le truchement de sa compagnie Agritrans était

liée jusqu’au cou dans le pillage de ces fonds à

travers le gouvernement de son prédécesseur Michel

Martelly. Puis, il y eut le rapport du sénateur

Beauplan, ce rapport a été envoyé par le Sénat à

pays est sous contrôle de la rue et c’est ce qui a

provoquée différentes altercations et même des cas

de répression policière sur des manifestants. Selon

le porte-parole de la Pnh, Michel-Ange Louis

Jeune, le bilan de la journée du dimanche est 2

morts par balles, 4 blessés et deux maisons incendiées.

Cependant la PNH n’a pas rapportée les

véhicules de la radio Tele Ginen (RTG)et de nombreuses

autres voitures qui ont été calcinées. Pour

sa part, l’avocat André Michel de l’opposition

démocratique populaire a présenté son bilan partiel

de la journée qui s’élèverait à 7 morts, 147

blessés et 70 arrestations.

Différentes villes du pays sont toujours

paralysées par la mobilisation qui s’est

suite à la page(16)

Réginald Boulos

la Cour Supérieure des comptes pour être analysé

en profondeur.

Basé sans doute sur les deux premiers rapports

sénatoriaux, la Cour supérieure des comptes

et du contentieux administratif (CSCCA) s’est vue

obligée de produire son propre rapport qu’elle a

publié en deux temps. Une première partie publiée

le 31 janvier 2019, remettait un premier rapport

d’audit de 291 pages sur la « gestion des projets

financés par le fonds Petrocaribe . Et la deuxième

partie rendue publique le vendredi 31 mai 2019,

de plus de 600 pages sur la mauvaise gestion de

l'aide reçue du Venezuela à travers Petro caribe, cet

accord de coopération énergétique, lancé en juin

2005 par le président vénézuélien d’alors Hugo

Chavez, a fait couler beaucoup d’encre puisqu’il

a présumément impliqué de dilapidation plusieurs

personnalités politiques du pays, parmi lesquelles

l’actuel président Jovenel Moise.

Ce dernier est pris dans son propre piège et

est maintenant placé le dos au mur, ne pouvant

rien faire. Il ne parle et ne dirige rien et est même

devenu tout d’un coup muet laissant le soin de

le défendre par entre autres Rudy Heriveaux, le

secrétaire général du Conseil des Ministres, Reynald

Lubérice, et son conseiller Guychard Dore

pour ne citer que ceux-là.

Il est quelque part caché dans le pays en

faisant le dos rond. N’est-il pas trop tard Mr le

président ?

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal sur les conclusions du Ministère Public, représenté à la barre par Me

Aldrin Joassaint, substitut commissaire du Gouvernement de ce ressort,

maintient le défaut requis et déjà octroyé à l’audience du jeudi quatre avril deux

mille dix-neuf contre la dame Elizabeth Saint Louis pour faute de comparaitre ;

pour le profit accueille favorablement l’action en divorce introduite par le

citoyen Wagner Louis Jean pour être juste et fondée, et en conséquence

prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les susdits époux

pour les causes sus-énoncées et au tort de l’épouse défaillante ; en outre renvoie

le requérant par-devant l’officier de l’Etat civil de Saint Louis du Sud pour la

rédaction de l’acte de divorce et la transcription du dispositif de cette décision

sur les registres destinés à cet effet ; compense les dépens en raison de la qualité

des parties ; commet l’huissier Antony Saint Germain de ce siège pour la signification

du présent jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Louis Fils Joseph, juge en présence de Me

Aldrin Joassaint, Subtitut Commissaire du gouvernement de ce ressort en

audience publique et en ses attributions civiles ordinaires et de divorce et avec

l’assistance du citoyen Jean Claude NOVEMBRE, greffier du siège de ce jour jeudi

vingt-cinq avril deux mille dix-neuf. An 216ème de l’Indépendance.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à

exécution, aux officiers du Ministère Public près les Tribunaux Civil d’y tenir la

main à tous commandants et autres officiers de la force publique d’y prêter main

forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et du greffier

susdits.

Collationnée pour expédition conforme à la minute

Jean Claude NOVEMBRE, Greffier

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère Publique entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée; pour le profit

déclare fondée ladite action ; admet en conséquence le divorce des

époux Lenes ZIDOR et la femme née Rosenie JEAN CHARLES pour injure

graves et publiques aux torts de l’époux ; Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre lesdits époux ; ordonne à l’officier de l’Etat

civil de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans

l’un des quotidiens s’éditant à la capitale, sous peine de dommages et

intérêts envers les tiers; compense les dépens vu la qualité des parties;

commet l’huissier JOHNNY JEAN de ce siège pour la signification du

présent jugement ; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Guy AUGUSTIN, juge en audience civile,

ordinaire et publique du mercredi huit mai deux mille dix-neuf en

présence de Me Paul Wesley, Substitut Commissaire du Gouvernement de

ce ressort, avec l’assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE Greffier

du siège.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement

à exécution, aux officiers du Ministère Public près les Tribunaux Civil d’y

tenir la main à tous commandants et autres officiers de la force publique

d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et du

greffier susdits.

Pour expédition conforme collationnée

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère Publique entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée; pour le profit

déclare fondée ladite action ; admet en conséquence le divorce des

époux Mario PREVOST et la femme née Nathalie JOSEPH pour injure

graves et publiques aux torts de l’époux ; Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre lesdits époux ; ordonne à l’officier de l’Etat

civil de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans

l’un des quotidiens s’éditant à la capitale, sous peine de dommages et

intérêts envers les tiers; compense les dépens vu la qualité des parties;

commet l’huissier JOHNNY JEAN de ce siège pour la signification du

présent jugement ; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Guy AUGUSTIN, juge en audience civile,

ordinaire et publique du mercredi huit mai deux mille dix-neuf en

présence de Me Paul Wesley, Substitut Commissaire du Gouvernement de

ce ressort, avec l’assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE Greffier

du siège.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement

à exécution, aux officiers du Ministère Public près les Tribunaux Civil d’y

tenir la main à tous commandants et autres officiers de la force publique

d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et du

greffier susdits.

Pour expédition conforme collationnée

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal sur les conclusions du Ministère Public, représenté à la barre par Me

Aldrin Joassaint, substitut commissaire du Gouvernement de ce ressort,

maintient le défaut requis et déjà octroyé à l’audience du jeudi quatre avril deux

mille dix-neuf contre la dame née Nerlande ALADIN pour faute de comparaitre ;

pour le profit accueille favorablement l’action en divorce introduite par le

citoyen Enold CIVILpour être juste et fondée, et en conséquence prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre les susdits époux pour les

causes sus-énoncées et au tort de l’épouse défaillante ; en outre renvoie le

requérant par-devant l’officier de l’Etat civil de Saint Louis du Sud pour la

rédaction de l’acte de divorce et la transcription du dispositif de cette décision

sur les registres destinés à cet effet ; compense les dépens en raison de la qualité

des parties ; commet l’huissier Antony Saint Germain de ce siège pour la signification

du présent jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Louis Fils Joseph, juge en présence de Me

Aldrin Joassaint, Subtitut Commissaire du gouvernement de ce ressort en

audience publique et en ses attributions civiles ordinaires et de divorce et avec

l’assistance du citoyen Jean Claude NOVEMBRE, greffier du siège de ce jour jeudi

vingt-cinq avril deux mille dix-neuf. An 216ème de l’Indépendance.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à

exécution, aux officiers du Ministère Public près les Tribunaux Civil d’y tenir la

main à tous commandants et autres officiers de la force publique d’y prêter main

forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et du greffier

susdits.

Collationnée pour expédition conforme à la minute

Jean Claude NOVEMBRE, Greffier

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal sur les conclusions du Ministère Public, représenté à la barre par Me

Aldrin Joassaint, substitut commissaire du Gouvernement de ce ressort,

maintient le défaut requis et déjà octroyé à l’audience du jeudi quatre avril deux

mille dix-neuf contre le sieur Normil PRINCE pour faute de comparaitre ; pour le

profit accueille favorablement l’action en divorce introduite par le citoyen Enold

CIVIL pour être juste et fondée, et en conséquence prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre les susdits époux pour les causes sus-énoncées

et au tort de l’époux défaillant; en outre renvoie le requérant par-devant

l’officier de l’Etat civil de Saint Louis du Sud pour la rédaction de l’acte de divorce

et la transcription du dispositif de cette décision sur les registres destinés à cet

effet ; compense les dépens en raison de la qualité des parties ; commet l’huissier

Antony Saint Germain de ce siège pour la signification du présent jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Louis Fils Joseph, juge en présence de Me

Aldrin Joassaint, Subtitut Commissaire du gouvernement de ce ressort en

audience publique et en ses attributions civiles ordinaires et de divorce et avec

l’assistance du citoyen Jean Claude NOVEMBRE, greffier du siège de ce jour jeudi

vingt-cinq avril deux mille dix-neuf. An 216ème de l’Indépendance.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à

exécution, aux officiers du Ministère Public près les Tribunaux Civil d’y tenir la

main à tous commandants et autres officiers de la force publique d’y prêter main

forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et du greffier

susdits.

Collationnée pour expédition conforme à la minute

Jean Claude NOVEMBRE, Greffier

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur le réquisitoire

conforme du ministère public, maintient le défaut accordé à l’audience

contre la partie défenderesse ; pour le profit adjuge les conclusions de la

partie demanderesse ; et en conséquence admet le divorce du sieur Jean

Mario CLEOPHAT avec son épouse née Dieula SAGAILLE pour injures

graves et publiques et incompatibilité de caractères;; prononce la dissolution

des liens matrimoniaux les unissant ; renvoie les parties devant l’officier

de l’Etat civil compétent pour la transcription du dispositif du présent

jugement dans les registres destinés à cet effet en lui faisant injonction de

délivrer aux ex-époux leur acte de divorce ; commet l’huissier Arome

GAUTHIER de ce siège de ce tribunal pour la signification du présent

jugement de divorce à l’officier de l’Etat civil compétent aux fins de droit.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Vernet SIMON, avocat, doyen au

Tribunal de Hinche en audience publique et civile, du lundi 18 mars 2019,

en présence de Me Fritz HAUBOURG avocat, Substitut Commissaire du

Gouvernement assisté de Me Wilfrid ELIE greffier du siège

Il est ordonné, à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement

à exécution, aux officiers du Ministère Public près les Tribunaux de

Première Instance d’y tenir la main, à tous commandant et autres Officiers

de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement

requis.

En foi de quoi la minute de la présente ordonnance est signée du Doyen et

du Greffier susdits.

Ainsi signé Me Vernet SIMON, Wilfrid ELIE

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur le réquisitoire

conforme du ministère public, admet et prononce le divorce

des époux Menotty BRIZARD et madame Joanne HANNDY pour

incompatibilité de caractères; la dissolution des liens matrimoniaux

les unissant ; ordonne à l’officier de l’Etat civil de Hinche de

transcrire sur les registres destinés à cet effet le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera publié dans l’un des quotidiens

s’éditant à la Capitale ; compense les dépens vu la qualité des

parties ;

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Vernet SIMON, avocat, doyen

au Tribunal de première instance de Hinche en audience civile du

lundi 1(8) dix-huit février 2019, en présence de Me Fritz HAU-

BOURG avocat, Commissaire du Gouvernement ai et avec l’assistance

du greffier du siège Me Wilfrid ELIE

Il est ordonné, à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent

jugement à exécution, aux officiers du Ministère Public près les

Tribunaux de Première Instance d’y tenir la main, à tous commandant

et autres Officiers de la force publique d’y prêter main forte

lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute de la présente ordonnance est signée du

Doyen et du Greffier susdits.

Ainsi signé Me Vernet SIMON, Wilfrid ELIE

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen et sur les conclusions du Ministère Public, entendu,

maintient le défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience

précitée, pour le profit déclare fondée ladite action. Admet en

conséquence, le divorce du sieur Fritzner BOYER d’avec son épouse née

Ginette DUVERGMONT pour injures graves et publiques ; Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux. Ordonne

l’officier de l’Etat Civil de Limbé, de transcrire dans les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans

un quotidien s’éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s’il y échet. Compense les dépens. Commet l’huissier Fleurimond

A. PAUL de ce Tribunal pour la signification du jugement..

Ainsi jugé et prononcé par nous, Linx JEAN juge en audience ordinaire et

publique du vendredi vingt-trois mai deux mille dix neuf, en présence de

Me Aménaide Pascale RAYMOND, Substitut Commissaire du Gouvernement

de ce ressort et avec l’assistance du Greffier du siège Jean Serge

DUVERT.

Il est ordonné…

En foi de quoi…

Pour ordre de publication.

RAPHAEL Kins, Avocat

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen et sur les conclusions du Ministère

Public, entendu, maintient le défaut octroyé contre la défenderesse

à l’audience précitée, pour le profit déclare fondée ladite action.

Admet en conséquence, le divorce du sieur Dave TANNIS d’avec

son épouse née Hélène ST-LOT pour injures graves et publiques,

aux torts de l’épouse ; Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux. Ordonne l’officier de l’Etat Civil

de la Section Sud de Port-au-Prince, de transcrire dans les registres

à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans un quotidien s’éditant à la capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s’il y échet. Compense les

dépens. Commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour la

signification du jugement..

Rendu de nous, Gerty Léon ALEXIS juge en audience civile,

ordinaire et publique du vendredi vingt-six avril deux mille dix

neuf, en présence de Me Aménaide Pascale RAYMOND, Substitut

Commissaire du Gouvernement de ce ressort et avec l’assistance

du Greffier du siège Jean Serge DUVERT.

Il est ordonné…

En foi de quoi…

Me Junior BLAISE, Av.

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

3


A Travers Haiti

Haïti: Exigeons la destitution de

Jovenel Moise et le démantèlement

de l’État néocolonial

Par le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre lʼoccupation dʼHaïti

REHMONCO

Aujourd’hui, s’il est évident que Jovenel Moise doit

démissionner et faire face à la justice, cette exigence

ne doit pas uniquement se limiter à une question

de corruption. Certes, Moise doit être inculpé,

ainsi que ses acolytes, pour détournements de fonds

du programme Petro Caribe, peut-être le plus grand

scandale financier de notre histoire. Mais il doit aussi

répondre des crimes et massacres commis sous sa

présidence. C’est un point essentiel qu’il convient de

ne pas oublier.

Il est important de comprendre que la lutte pour

renverser Moise, c’est aussi une lutte pour démanteler

une fois pour toutes le régime Tèt Kale au pouvoir

depuis 2011. Ce régime est le nouveau visage du

duvaliérisme, sa version contemporaine qui reprend

les mêmes tactiques de François et de Jean-Claude

Duvalier : dilapidation des fonds publics, assassinats

et massacres. C’est un régime qui nous a été imposé

par l’oligarchie et l’impérialisme pour défendre leurs

intérêts. Avec Moise ou pas, avec Martelly ou pas,

ce régime veut et peut continuer à régner. C’est pourquoi

la vigilance est de mise. Évitons de réduire la

lutte uniquement à la démission de l’individu Jovenel

Moise.

Il faut comprendre aussi que la lutte contre le

duvaliérisme n’est pas terminée. 1986 représente le

renversement de la dictature des Duvalier et non pas

la destruction du duvaliérisme. L’État duvaliérien qui

s’est construit au cours des années 1960 et 1970

a profondément transformé les institutions. Ces

dernières ont été domestiquées et ont fonctionné au

service du régime. C’est cet héritage que le régime Tèk

Kale, de par sa pratique, se revendique.

Au cours de la dictature des Duvalier, les institutions

de l’État étaient un moyen d’enrichir la famille

du président et celles de ses acolytes. C’est la même

logique qui prévaut pour le Parti Tèt Kale. Sous Duvalier,

une terreur ouverte, entretenue par les macoutes,

écrasait toutes formes de revendications. Cette tendance,

on la voit de plus en plus à l’œuvre avec le

régime Tèk Kale. Duvalier créait des réseaux de corruption,

de dépravation, expropriait des milliers de

paysans et de citoyens. Le pouvoir Tèt Kale entretient

et reproduit des réseaux de corruption, de dépravation,

exproprie les paysans, écrase les revendications

sociales, etc. Les exemples sont multiples.

Toutefois, au-delà même du pouvoir des Duvalier

et de celui du PHTK, il est nécessaire d’appréhender

la nature de l’État haïtien. Pourquoi,

historiquement, cet État, depuis en particulier la «

dette de l’indépendance », a toujours fonctionné à

l’encontre des intérêts de la nation? Pourquoi se

soumet-il aux diktats de puissances étrangères qui

n’ont aucune considération pour le peuple haïtien?

De même, il serait intéressant de comprendre comment

se sont développées nos classes dominantes

depuis l’indépendance. Pourquoi ces classes n’ont

jamais élaboré et institué l’idée d’une nation prospère

et inclusive?

Ces questions ont fait l’objet d’études intéressantes.

Néanmoins, ce qui nous parait clair, maintenant

plus que jamais, c’est que l’État haïtien est dans

les faits un État néocolonial. Un État qui, particulièrement

depuis l’occupation étatsunienne de 1915-

1934, s’est transformé graduellement et de plus en

plus en un État au service de l’Empire. Un État qui

a perdu tout au long du 20e siècle sa souveraineté

économique et politique. Un État qui, malgré ses différentes

formes, est resté, pendant toute cette période,

essentiellement antinational.

Avec l’imposition du régime néo-duvaliériste

Tèt Kale par les puissances impérialistes, l’État néocolonial

connait un nouveau développement. Sans

le moindre retenu, ce régime poursuit la politique de

pillage des fonds publics pendant qu’il renforce les

mécanismes d’exploitation des masses populaires

par la bourgeoisie sous-traitante. Plus de 4,2 milliards

des fonds Petro Caribe sont spoliés alors que

les classes populaires croupissent dans le plus grand

dénuement. Des rapports de l’ONU font état de 6

millions d’Haïtiens en situation de malnutrition. Les

employés de services publics, dont des professeurs,

des médecins etc., ne reçoivent pas leur salaire depuis

plusieurs mois.

De surcroit, l’inflation ininterrompue atteint le

niveau record de 17,7% alors que le régime néo-duvaliériste

Tet Kale s’oppose avec la plus grande arrogance

à tout ajustement des salaires des ouvriers

vivant dans la misère la plus abjecte.

Soulignons aussi que cette situation socioéconomique

délétère s’articule à une dégradation

environnementale sans précédent. La couverture forestière

est à moins de 2% alors qu’aucune politique

environnementale n’est définie. Dans un paysage

complètement dénudé, les paysans sont livrés à euxmêmes

face aux cyclones qui deviennent de plus en

plus violentes. La moindre pluie entraine l’inondation

des villes, des coulées de boues et de déchets.

Généralement, les habitants des quartiers populaires

sont toujours les uniques victimes.

Face à la montée de la mobilisation qui se

répand comme une trainée de poudre dans les différents

quartiers de Port-au-Prince et des villes de

Simples calculs sur l’érosion,

la surpopulation et la misère

Par André Charlier

Selon Gérald Brisson (Les relations agraires dans

l’Haïti contemporaine, 1965), qui s’appuyait

sur l’ouvrage de Paul Moral (L’économie Haïtienne)

le total des terres utilisables pour l’agriculture

et l’élevage, qu’il appelle le fonds agraire national,

s’élevait, à l’époque où il écrivait, à 1 600 000 ha

(un million six cent mille hectares, soit 16 000 km²

(seize mille kilomètres carrés).

Notez bien que c’était alors tout ce dont notre

population disposait pour produire de la nourriture.

Maintenant, supposons que ce fonds agraire

national n’ait pas diminué, et soit toujours, début

juin 2019, de 16 000 km². Ce n’est probablement

pas vrai, mais imaginons que cela le soit. Notre population

est maintenant de 11 000 000 (onze millions)

d’habitants, d’après des estimations récentes.

De combien de terre dispose chaque Haïtien

pour se nourrir ?

Le calcul est on ne peut plus simple : divisons

le fonds agraire national, 16 000 km², par le nombre

d’habitants, 11 000 000. Nous obtenons 0.0014545

km². Multiplions par 1000 pour convertir en mètres

carrés : nous trouvons 1.45 m². Chaque Haïtien disposerait

donc d’un mètre carré quarante-cinq pour

produire sa nourriture. La conclusion est évidente :

nous n’avons pas assez de terre pour manger !

Mais nous avions supposé, pour ce calcul, que

le fonds agraire national était resté le même. Ce n’est

certainement pas vrai. Avec l’érosion, la surexploitation

et l’extension plus que considérable de nos villes

et de leurs ceintures de bidonvilles, il a certainement

diminué. Sans doute de moitié, ou pire. Notre situation

alimentaire catastrophique en est une preuve

indirecte.

Mais soyons conservateurs : admettons qu’il

nous reste encore 60 % de ces 16 000 km². Cela

fait 9 600 km². Si nous divisons 9 600 par 11 000

000 , et multiplions par 1000 pour convertir le résultat

en mètres carrés, nous trouvons 0.8727 m²,

ou pratiquement moins de neuf dixièmes de mètre

carré. C’est tout ce dont chacun de nous dispose pour

manger.

Vous prenez plus de place pour vous asseoir

par terre…

Je ne vous donne pas ces chiffres pour argent

comptant. Mais ils peuvent suggérer des ordres de

grandeur. Il faudrait certainement des enquêtes de

terrain pour arriver à une quelconque précision. Mais

la faim est là. L’érosion est là. La surpopulation aussi.

J’espère vous avoir fait réfléchir. Et ne comptez

pas sur moi pour payer le Tylenol !

province, le régime néo-duvaliériste Tet Kale réagit par

la répression la plus brutale. Par son caractère sanguinaire,

cette répression rappelle les moments sombres

du règne des Duvalier et des militaires putschistes.

Plusieurs dizaines de familles sont assassinées par

des gangs armés à la solde du gouvernement dans

les quartiers populaires de l’aire métropolitaine de

Port-au-Prince, dont La Saline, Carrefour-feuille, Martissant,

Cité-Soleil, Croix-des-Bouquet, etc. Vu l’indifférence

des autorités judiciaires et policières, plusieurs

centaines de familles rescapées ont pris refuge sur des

places publiques où elles sont obligées de vivre à la

belle étoile.

Cette répression ne se limite pas à l’exécution

des dizaines de femmes, d’hommes, d’enfants et de

vieillards, elle prend aussi la forme de viols collectifs

des femmes. Cette réponse du régime Tet Kale au

mouvement revendicatif du peuple haïtien consiste à

instaurer un climat de terreur général dans le pays.

Le corps des femmes se transforme en territoire de

guerre. Selon les organisations féministes, quotidiennement

plus de dix femmes sont victimes de viol

collectif à Port-au-Prince. Cette pratique criminelle

n’épargne personne. Des étudiantes de plusieurs universités

de l’agglomération de Port-au-Prince sont

violées pendant qu’elles rentraient chez elles.

Aujourd’hui, plus que jamais, les forces progressistes

et révolutionnaires qui ont compris que

changer Haïti, c’est avant tout construire un nouvel

État, doivent entreprendre cette tâche historique de

penser et de construire cet État qui sera au service de

la nation. Un État qui pourra concevoir un système

d’éducation dont l’objectif essentiel sera de penser

notre réalité en vue de la transformer. Un système

d’éducation qui valorisera notre environnement, notre

flore, notre faune, notre culture, qui utilisera notre

langue nationale (le créole) pour divulguer le savoir.

Un État qui développera un système économique au

service du plus grand nombre, etc.

Aujourd’hui, l’État néocolonial est en décomposition.

Il ne peut plus tenir. Le régime Tèt Kale en

représente le point culminant. Saisissons ce moment

pour dire à haute voix, avec toutes les forces vives

de la nation et de la diaspora, avec les organisations

paysannes, ouvrières, celles des quartiers populaires,

des étudiants et étudiantes, des progressistes,

que nous voulons la destitution de Jovenel Moise, le

démantèlement du régime néo-duvaliériste Tèt Kale,

mais également, et surtout, la disparition de l’État

néocolonial antinational.

Pour authentification,

Renel Exantus

Ricardo Gustave

Contact : rehmoncohaiti1915@gmail.com

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère Publique entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée; pour le profit

déclare fondée ladite action ; admet en conséquence le divorce des

époux Steevenson JACQUES la femme née Guideline SIMEUS pour injure

graves et publiques aux torts de l’époux ; Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre lesdits époux ; ordonne à l’officier de l’Etat

civil de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans

l’un des quotidiens s’éditant à la capitale, sous peine de dommages et

intérêts envers les tiers; compense les dépens vu la qualité des parties;

commet l’huissier JOHNNY JEAN de ce siège pour la signification du

présent jugement ; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Guy AUGUSTIN, juge en audience civile,

ordinaire et publique du mercredi quinze mai deux mille dix-neuf en

présence de Me Paul Wesley, Substitut Commissaire du Gouvernement de

ce ressort, avec l’assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE Greffier

du siège.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement

à exécution, aux officiers du Ministère Public près les Tribunaux Civil d’y

tenir la main à tous commandants et autres officiers de la force publique

d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et du

greffier susdits.

Pour expédition conforme collationnée

PAR CES MOTIFS

Sur les conclusions conformes du Ministère Publique entendu, Le Tribunal

maintient le défaut requis et octroyé à la barre contre la partie défenderesse ;

admet le divorce des époux Geonel DOUZE et Mireille MEDOR. Prononce en

conséquence la dissolution des liens matrimoniaux existant entre eux pour

injures graves et publiques aux torts de l’époux aux termes de l’article 217 et

suivant du Code Civil ; ordonne à l’Officier de l’Etat Civil de la Croix-des-Bouquets

de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera publié dans un quotidien s’éditant à la Capitale

sous peine et dommage envers les tiers s’il y échait. Compense les dépens en

raison de la qualité des parties ; Commet l’Huissier Jacob Mede de ce Tribunal

pour la signification du présent jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Sully L. Gesma, juge en audience civile,

ordinaire et publique du lundi treize (13) mai deux mille dix neuf (2019) An

216ème de l’indépendanc, en présence de Me Rebecca LUC, Micheline Belton

VERDINER et Jean Claude JEAN ANTOINE, Substituts Commissaires du Gouvernement

de ce ressort, assisté de Me Lucnas Etienne, Greffier du siège.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à

exécution, aux officiers du ministère public près les tribunaux civils d'y tenir la

main, à tous commandants et autres officiers de la force publique d'y prêter

main forte lorsqu'ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et greffier

susdits

Ainsi signé : Me Sully L. Gesma, Juge et Me Lucnas Etienne, Greffier

Pour expédition conforme collationnée

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions du Ministère Public,

maintient le défaut octroyé contre le défendeur à l’audience précitée, pour

le profit déclare fondée ladite action. Admet en conséquence, le divorce

de la dame née Nadine JOSEPH d’avec son époux Villefranc DESIMIL pour

injures graves et publiques, aux torts de l’époux; Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux. Ordonne l’officier de

l’Etat Civil de la Section Sud de la commune de Port-au-Prince, de transcrire

dans les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera inséré dans un quotidien s’éditant à la capitale sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet. Compense les dépens.

Commet l’huissier Canal Gabriel de ce siège pour la signification du

jugement. Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Annie Fignolé, Juge en audience publique

et ordinaire du jeudi deux mai deux mille dix neuf, en présence de Me Jean

Rolex Merové, Substitut du Commissaire du Gouvernement de ce ressort

et avec l’assistance du sieur Mozart Tassy, Greffier du siège.

Il est ordonné, à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement

à exécution, aux officiers du Ministère Public près les Tribunaux de

Première Instance d’y tenir la main, à tous commandant et autres Officiers

de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement

requis.

En foi de quoi la minute de la présente ordonnance est signée du Juge et

du Greffier susdits.

Pour ordre de publication : Me Applys Félix, Av.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions du Ministère Public, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée, pour le profit

déclare fondée ladite action. Admet en conséquence, le divorce du sieur

Jimmy SAINT LOT d’avec son épouse née Marie Flore SILENCIEUX pour injures

graves et publiques, aux torts de l’épouse ; Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre lesdits époux. Ordonne l’officier de l’Etat Civil de

la Section Sud de Port-au-Prince, de transcrire dans les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans un quotidien

s’éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s’il y

échet. Compense les dépens. Commet l’huissier Canal Gabriel de ce siège pour

la signification du jugement. Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Annie Fignolé, Juge en audience publique et

ordinaire du jeudi deux mai deux mille dix neuf, en présence de Me Jean Rolex

Merové, Substitut du Commissaire du Gouvernement de ce ressort et avec

l’assistance du sieur Mozart Tassy, Greffier du siège.

Il est ordonné, à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à

exécution, aux officiers du Ministère Public près les Tribunaux de Première

Instance d’y tenir la main, à tous commandant et autres Officiers de la force

publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute de la présente ordonnance est signée du Juge et du

Greffier susdits.

Ainsi signé : Annie Fignolé et Mozart Tassy

Pour expédition conforme collationnée

Le Greffier

AVIS DE DIVORCE

Il est porté à la connaissance des intéressés que le Tribunal

de première instance de Port-au-Prince a admis le

divorce du sieur Pascal JEAN d'avec son épouse la dame

Romila NUMA et prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre eux par un jugement par

défaut en date due premier février deux mille dix-neuf.

L'officier de l'état civil de la section Sud a été désigné

pour la transcription du dispositif. Ainsi signé Me Marie

Rosie Demand NICOLAS, juge, Jean Serge DUVERT,

greffier et en présence du Ministère Public Meet Roger

Simplice.

Cette publication est faite pour servir et valoir ce que de

droit.

Pour le Cabinet

Me Jean Saviyen FABIEN

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère Publique entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée; pour le profit

déclare fondée ladite action ; admet en conséquence le divorce du sieur

Obes FAUSTIN d'avec son épouse femme née Marie Cecile Edline ISIDOR

pour injure graves et publiques aux torts de l’épouse ; Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux ; ordonne à

l’officier de l’Etat civil de la Section Est de Port-au-Prince, de transcrire sur

les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant à la capitale, sous peine de

dommages et intérêts envers les tiers; compense les dépens vu la qualité

des parties; commet l’huissier Canal Gabriel de ce siège pour la signification

du présent jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous Jean Osner Petit Papa, juge en audience

civile, ordinaire et publique du jeudi douze juillet deux mille dix-huit en

présence de Me Wesley Paul, Substitut Commissaire du Gouvernement de

ce ressort, avec l’assistance du sieur Mozart TASSY Greffier du siège.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement

à exécution, aux officiers du Ministère Public près les Tribunaux Civil d’y

tenir la main à tous commandants et autres officiers de la force publique

d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du jugeet du

greffier susdits.

Ainsi signé : Jean Osner Petit-Papa et Mozart Tass

PAR CES MOTIFS

Nous, Me Paul PIERRE, juge en audience civile, ordinaire et

publique du mercredi six juin deux mille dix-huit (2018), après

avoir délibéré conformément à la loi, le Ministère Public entendu :

nous déclarons compétent pour entendre cette affaire ; accueillons

l’action du demandeur pour être juste et fondée; maintenons

le défaut octroyé à l’audience précitée; admettons en

conséquence le divorce de monsieur Jean Ronald SENEQUE d’avec

son épouse née Marie Nirva Clervil pour injures graves et

publiques; prononçons la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux; ordonnons à l’Officier de l’Etat Civil de

la section Est de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l’un des quotidiens éditant à Port-au-Prince sous peine

de dommages intérêts envers les tiers s’il y echet; commettons

l’huissier Maxime CANDIO de ce Tribunal pour la signification de ce

jugement ; compensons les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Paul PIERRE, juge au Tribunal

de première instance de Port-au-Prince en présence de Me Wesley

PAUL, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort et

avec l’assistance de Monsieur Homère RAYMOND, greffier, ce

mercredi treize juin deux mille dix-huit (2018) ; An 215ème de

l’Indépendance.

PAR CES MOTIFS

Nous, Me Paul PIERRE, juge en audience civile, ordinaire et publique du

mercredi quatorze mars 2018, après avoir délibéré conformément à la loi,

le Ministère Public entendu : nous déclarons compétent pour entendre

cette affaire; accueillons l’action du demandeur pour être juste et fondée;

maintenons le défaut octroyé à l’audience précitée; admettons en

conséquence le divorce de monsieur Billy Bataille d’avec son épouse née

Marie Ania Excellent pour injures graves et publiques; prononçons la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux; ordonnons

à l’Officier de l’Etat Civil de la section Est de Port-au-Prince de

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement

dont un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens éditant à

Port-au-Prince sous peine de dommages intérêts envers les tiers s’il y

echet; commettons l’huissier Maxime CANDIO de ce Tribunal pour la

signification de ce jugement ; compensons les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Paul PIERRE, juge au Tribunal de

première instance de Port-au-Prince en présence de Me Wesley PAUL,

Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort et avec l’assistance

de Monsieur Homère RAYMOND, greffier, de mercredi six juin deux mille

dix-huit (2018) ; An 215ème de l’Indépendance.

Me Sergot ORESTE

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019


Twa Fèy, Twa Rasin O!

Lettre toute décachetée au Président Jovenel Moïse

Par Fanfan la Tulipe

Monsieur le président (corrompu),

Je vous fais cette lettre que vous

devrez lire absolument car vous en avez

le temps, pleinement le temps. Vous le

devrez bien puisque vous êtes un oisif

à plein tempså, un fainéant mal dégrossi

depuis bien longtemps, une fripouille

manipulée par des bourgeois sans scrupule,

un « bandit légal » téléguidé par le

morpionneux énergumène du nom de

Michel Martelly, une racaille épinglée

par la Cour supérieure des Comptes et

du Contentieux administratif (CSCCA),

un vieux requin des affaires louches

et combinardes, un maraudeur professionnel

rôdaillant activement autour

des caisses de l’État pour en dévaliser

le contenu avec l’aide alibabate des petits

visye anba bèlantre autour de vous.

Oui, vous devez lire cette missive.

Je viens de recevoir copie du

deuxième rapport de la CSCCA acheminé

au bureau de président du Sénat, le fier-à-bras

Carl Murat Cantave. Par une

étrange coïncidence, j’ai aussi reçu de

vous une missive mal écrite, mal structurée,

barbouillée de menaces à peine

voilées, de sous-entendus inquiétants,

d’offres impertinentes. Dans cette communication,

reflet d’un homme tourmenté,

perturbé, embarrassé, agité, aux

abois, vous osez me demander, même,

de m’intimer de mettre les colonnes du

journal Haïti Liberté à votre disposition

pour vous permettre de vous dédouaner

(sic) d’accusations, politiciennes à votre

avis, malveillantes de surcroît (resic),

selon un sot jugement de votre part.

Alors là, la coupe est pleine. Comment

avez-vous pu avoir la cuidance,

pardon, je voulais dire l’outrecuidance

de me faire une telle demande ? Je vous

trouve bien permettre, bien déplacé,

bien mal fagoté de prétendre que vos

désirs, vos divagations, vos billevesées,

vos lubies, vos fantaisies, vos conneries,

vos idioties, vos bizarreries, vos crétineries,

vos mauvaises plaisanteries peuvent

être des ordres; franchement vous

déconnez, vous déménagez, vous cauchemardez,

vous déraillez, vous déraisonnez,

vous divaguez, bref, w anraje.

Monsieur le président (anraje),

Vous n’avez pas affaire à un Rudy

Hériveaux, un Pierre Richard Casimir,

un Calixte Valentin, un Jojo Lorquet, un

Roro Nelson, des énergumènes habitués

à transfuger d’un camp à un autre ; à

détourner quelques millions débloqués

par un gouvernement ami pour venir

en aide à une victime des débordements

sexuels dépravés de soldats de

la MINUSTAH ; à froidement exécuter

un citoyen honnête, un commerçant à

Fond Parisien ; à faire à la télé le jojo, le

jaja ou le jiji, le roro, le rara ou le riri, le

con quoi, pour satisfaire le bas orgueil,

mal placé, d’un paysan arriviste, arrivé

président par la grâce de bourgeois, tous

tireurs de ficelles dans les coulisses du

pouvoir. Non, Monsieur le président,

au journal Haïti Liberté, nous sommes

d’une autre trempe.

Quand, de rares fois, vous levez la

tête et regardez notre journal perché au

haut du Bonnet à l’Évêque de la dignité

politique et de l’honneur, tèt ou pa vire ?

Non, monsieur le président, respectez-vous,

« ôte-toi ça dan’l sang, cesse de

Faites attention, monsieur le président, arrêtez de gesticuler. Arx Tarpeia

Capitoli proxima. Il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne.

faire l’angran » (je m’en veux de vous

avoir tutoyé, mais je n’ai pas pu résister

à emprunter cette angrantude à Manno

Charlemagne). La coupe a finalement

débordé quand peu discrètement vous

m’avez offert d’acheter ma conscience

pour, avez-vous éructé, «permettre à

Haïti Liberté de devenir un grand journal

» (sic) et « se tenir droit dans le

monde des médias » (resic). Regardez-moi

des salmannazar ! Ça alors, ou

fin fou !

Non, monsieur le président (de la

honte), je ne suis pas sur terre, je veux

dire, je ne fais pas partie d’un journal

résolument progressiste, militant, à

l’avant-garde des revendications des

masses pour trahir celles-ci comme vous

avez trahi vos père et mère paysans,

pour servir de paillasson à des bourgeois

sans aveu, vous et les vôtres du PHTK.

Ce serait tuer l’espoir, ce qu’il en reste du

moins, au cœur de chaque patriote haïtien

qu’ « un autre monde est meilleur »,

qu’une autre Haïti est possible.

Depuis que je suis né, j’ai toujours

entendu parler de la pusillanimité,

du manque de fierté nationaliste d’un

Sudre Dartiguenave, d’un Louis Borno,

d’un Eugène Roy, serviles exécuteurs

des menées antinationales de l’amiral

Caperton. J’ai été mis au courant de la

lâcheté, de la veulerie d’un Sténio Vincent

face au massacre ordonné par le

chacal Trujillo en République dominicaine.

Nous avons été meurtris de savoir

comment le président Lescot dans ses

délires pro-occidentaux, pro-Washington,

pro-catholiques s’est fait le complice

d’un clergé breton arriéré, fruste, rétrograde,

encroûté, réactionnaire pour entreprendre

une diabolique campagne dite

des rejete assortie d’une folle destruction

des objets du culte vaudou.

Ma grand-mère paternelle, paix

à son âme, originaire du Nord frondeur,

rebelle, dessalinien, libérateur, a tant

souffert d’avoir vu Charlemagne Péralte

assassiné, en croix sur une porte,

qu’elle en est restée longtemps meurtrie

et qu’elle ne ratait pas l’occasion de

maudire blan yo. Combien de présidents

avant vous, et comme vous, protégés

par blan yo ont eu les doigts trop longs,

trop siphonnants du trésor public ? À

l’occasion, Grand-mère chantait volontiers

un air de son tan lontan : « yo piye,

yo pi mal ». Ce devrait être à l’époque du

Procès de la consolidation pour juger les

pillageurs. Depuis, ça n’a pas changé, et

sous l’empire de la frénésie pillageuse de

votre PHTK, les choses ont empiré. D’où

notre obstination à exiger une nouvelle

Consolidante.

Quand j’étais étudiant à la Faculté

de Médecine, j’ai vu comment la satrapie

duvaliériste, à un moment de turbulence

d’une opposition naissante, avait, à dessein,

provoqué l’amour-propre politique,

intellectuel du monde étudiant en faisant

arrêter une vingtaine de jeunes étudiants

et lycéens parmi lesquels Joseph

Roney, le trésorier de l’UNEH. Comme

il fallait s’y attendre, une grève au long

cours s’en est suivie. Et j’ai vu aussi

comment la perfidie macouto-francisco-duvaliériste

avait réussi à acheter la

conscience de deux étudiants en médecine,

Roger Lafontant et Bob Germain,

« fignolistes » pendant la campagne

électorale de 1957, pour en faire deux

traîtres, deux briseurs de grève.

Quand j’étais résident en pathologie,

département rattaché à l’ « Hôpital

général », j’ai été témoin en avril 1963

de la fureur démente du tyran Duvalier

qui s’est abattue sur Port-au-Prince,

suite à la tentative avortée d’assassiner

deux des enfants du monstre de président.

Rarement la terreur avait été aussi

palpable : tuerie, incendie, rapts, disparitions,

violences indescriptibles de la

part des « hommes en bleu » lâchés par

le tyran. Cinquante-six ans plus tard,

ce climat renaît avec une insécurité de

tous les jours dont l’expression la plus

sordide, la plus atroce, la plus achevée

a été le massacre de La Saline le 13 novembre

2018, dont on dit, Monsieur le

président, que votre épouse aurait des

comptes à rendre là-dessus.

Demain de grand matin, demain

dimanche 9 juin, je fermerai ma porte

au nez de ce passé monstrueux que

voudraient réveiller des nostalgiques de

l’extrémisme sanguinaire duvaliériste,

et je demanderai aux Haïtiens de gagner

en masse cette manif dominicale

qui, on l’espère, devrait être la dernière

bourrade, la dernière culbutade populaire

pour forcer l’inconduite, l’immoral

que vous êtes, monsieur le président,

à déguerpir, vous et vos pareils pétrocaribéens.

Surtout, n’essayez pas de me

poursuivre, directement ou par personne

interposée, li pa p bon pou ou, car vos

jours sont comptés. Les membres de

gangs affiliés au pouvoir n’auront pas le

temps de tirer. À l’heure qu’il est, ou bien

vous vous rendez à la justice, ou bien,

vite, vous prenez les jambes à votre

cou, vos jambes déjà bancales, parce

que hier, à travers mes lunettes de cent

lieues, j’ai cru voir se dessiner la silhouette

sépulcrale, déchiquetée de Vilbrun

Guillaume Sam, sorte de Vivi dangriyen

me faisant signe.

Sa voix faible, lugubre, hoquettante,

semblait sortir comme d’un govi.

Sam évoquait un propos, paraît-il, de

Sésé, le petit nom jouet de l’épouse

d’Antoine Simon au moment où celuici,

renversé, quittait le pouvoir. Le vieux

des Cayes aurait dit : « Sésé te di sa ».

Vous n’avez jamais, peut-être, entendu

parler de Sésé, mais alors, Vilbrun le

moustachu, Lebrun le caoutchouté …

ne sont-ce pas des noms qui vous sont

familiers, Monsieur le président?

Faites attention, monsieur le président,

arx Tarpeia Capitoli proxima.

Il n’y a pas loin du Capitole (du Palais

national, alors) à la roche Tarpéienne, à

Saint-Domingue, devrais-je dire. Dans

un autre registre pas tout à fait tarpéien,

mais tout aussi lapidaire, et même incendiaire,

ma grand-mère paternelle

savait chanter cet air que le petit peuple

lança, un après-midi de colère, à l’adresse

d’un prêtre breton frekan, arrogant,

le Père Julio. C’était dans le patelin natal

de la vieille. Les gens chantaient : « pale

monsenyè, semèn si la a, nou pral boule

Pè Jilio, pale monsenyè »…C’était bien

longtemps avant Lebrun…

Monsieur le président, pale anbasadè

a…

8 juin 2019

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Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Rekiyèm

Mwen di onè respè

Pou nou tout k anba tè

Nan testaman listwa

Non nou ekri twa fwa

Wi nou tout ki te brav

Nan radiyès kadav

Lavil kou lan chan kann

Mwen bese tèt devann

Vye frè vye sè ou pa mouri

O non non non non non ou pa mouri

Tou sa ou te di n kenbe l

Tou sa ou te fè n sonje l

Tou sa ou te kwè n pote l

Pou demen pou tout tan

Dèyè mòn gen mòn

Nou pa p dòmi bliye

Tout nèg ki te tonbe

Nan chen manje chen

Kote libète

Tounen flè sonje

Nan koze malere

Dèyè mòn gen mòn

K ape kanpe pi wo

Dèyè mòn gen mòn

Boujwa anba pye malere

Kazal nèg te kanpe

Pou yo te jwenn yon jan

Pou Ti Jan manje

Sam Gwo Jan pa t di

Taks sou pitimi

Mwen di pou yo chante

Pou nou tout ki tonbe

Chak grangou n te kontre

Nou te vle ba l manje

Nou tout ki te goumen

Pou pèp la wè demen

Nou tout ki te bay san n

Mwen bese tèt devan n

Vye frè vye sè ou pa mouri

O non non non non non ou pa mouri

Tou sa ou te di n kenbe l

Tou sa ou te fè n sonje l

Tou sa ou te kwè n pote l

Pou demen pou tout tan

Mwe di solèy klere

Kouray o vye frè m yo

Dèyè mòn gen mòn

K ape kanpe pi wo

Dèyè mòn gen mòn

Boujwa anba pye malere

Foul moun te rasanble

Lò Peral t ap goumen

Pou n pa t rete

Bouki dan griyen

Ak yon Ayiti

Rad chire toutouni

Dèyè mòn gen mòn

K ape kanpe pi wo

Dèyè mòn gen mòn

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Pou nou tout ouvriye

Pou nou tout peyizan

Pou nou tout etidyan

Nou te kwè nan lavi

Nou menm ki te mouri

Pou tou sa n t ap defann

Mwen bese tèt devan n

Vye frè vye sè ou pa mouri

O non non non non non ou pa mouri

Tou sa ou te di n kenbe l

Tou sa ou te fè n sonje l

Tou sa ou te kwè n pote l

Pou demen pou tout tan

Boujwa anba pye malere

Gade solèy nan je

Se plezi nèg ki brav

Kout zam ap tire

Mache tèt bese

Se viv pitiman

Vlope nan rad kapon

Dèyè mòn gen mòn

K ape kanpe pi wo

Dèyè mòn gen mòn

Boujwa anba pye malere

Si nou vanse devan

Se devan pou n rete

Rale kò n dèyè

Se vole gadjè

Nou vanse devan

Pou n pa manje sote

Dèyè mòn gen mòn

K ape kanpe piwo

Dèyè mòn gen mòn

Boujwa anba pye malere

Jodi a se twòkèt

Men li deja twò lou

Nou bezwen ponyèt

Pou ride n leve

Yon biskèt tonbe

Dèyè mòn gen mòn

K ape kanpe piwo

Dèyè mòn gen mòn

Boujwa anba pye malere

Sasinay

jounalis

Pétion

Rospide

Tanbou Libète

Georges Castera

Kote dosye Sherlson

Sanon kont Lambert ak

Edo Zenny a ye?

Marie Laurette Numa

Jou ki te 12 mars 2013, yon jèn sitwayen

Sherlson Sanon ki sòti Jakmel

te akize Joseph Lambert ak Edwin Zenny

kòmkwa yo te konn voye l al fè zak

sasinay, kidnapin ak trafikan dwòg nan

gang yo ki te rele Baz kako. Sanon te

menm fè konnen nan lane 1999, li

te touye pou ansyen senatè Lambert,

yon etranje ki t ap vin mete yon òganizasyon

nan Jakmèl ki te rele , Céline

MOULIER ki te abite Civadier. Se 2000

goud senatè a te ba li pou krim sa a.

Depi lè Sanon te fin denonse

ansyen bòs li yo, senatè Lambert ak

Edo, pouvwa Martelly-Lamothe la ak

konplisite ministè Lenjistis Jean Renèl

Sanon t ap dirije mete l nan prizon nan

Penitansye Nasyonal. Se konsa mèt

Mario Beauvoir ki te avoka Sherlson te

fè laprès konnen anpil presyon ap fèt

sou prizonye a pou l te vin di se manti

sa li devwale yo. Men Sanon te kenbe.

Jou ki te 3 desanm 2013 li te parèt

devan jij enstriksyon Bernard Saint-Vil.

Depi lè sa a sosyete a pa janm konnen

sa k pase ak Sherlson Sanon.

Nou pa konnen kote Sanon ye, si

li toujou nan prizon, oubyen si l mouri

paske si li te libere fòk laprès ta pale

sou sa ; menmjan yo pale sou ansyen

senatè Lambert, pouvwa a pa kite

l tounen nan Palman an paske yo gen

ase nouvo moun ki pou fè travay la

pou yo.

Se konsa semèn pase a, yon mwa

aprè eleksyon yo, gouvènman Martelly-Paul

la nonmen de frè Lambert yo

nan diplomasi peyi a. Joseph Lambert

kounye a se minis konseye nan Anbasad

Ayiti Santo-Domingo kote li pral

gen pou l okipe pòs responsab Konsila

Ayisyen an nan Santiago.

Wencesclas Lambert limenm yo

Edwin Zenny ak Joseph Lambert

Sherlson Sanon

voye l nan tèt Konsila Ayisyen an nan

zile Turks-&-Caïcos. De frè sa yo gen

anpil kesyon pou yo reponn ak lajistis

pou move aksyon yo konmèt pandan

yo te senatè nan peyi a. Voye yo kòm

diplomat, eske se pa nan yon egzil

dore, oubyen yon fason pou anpeche

sosyete a konnen laverite sou de ansyen

senatè sa yo ; sitou pou Joseph

Lambert ki gen kokenn dosye pou l ta

reponn sou ka Rony Jean Philippe li te

voye bandi legal li yo al sasinen ; men

ki erezman, malgre li te pran plizyè bal,

li pat gentan mouri.

Dosye Sherlson Sanon an se yon

dosye sosyete Ayisyen an dwe egzije

pou limyè fèt sou tout akizasyon ki te

fè ak yon latriye prèv sou Joseph Lambert

ak Edo Zenny. Si nou pa mande

klarifikasyon sa yo, yo pap janm pran

sosyete sivil la oserye. Se youn nan

rezon ki fè malgre popilasyon an ap

mande limyè sou eleksyon-seleksyon

yo, gouvènman an pa pete ba yo santi.

Se telman nou kite bagay pase , nou

vin sanse ba yo rezon pou yo kontinye

kenbe nou pi rèd nan blakawout.

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Pétion Rospide

Lendi 10 jen ki sot pase a, se

avèk lapèn popilasyon an aprann

jounalis Radyo sanfen (RSF) Petion

Rospide te jwenn lanmò l apre bandi

sanfwanilwa te atake machin li pandan

li ta pral lakay li, aprè li te fin denonse

atak ki te fèt sou machin Radyo

Tele Ginen nan dimanch 9 jen an. Se

sou Pòtay Leyogàn kriminèl yo te bare

l jouk yo frape l.

Sasinay sanble de gout dlo ak

sasinay jounalis Gasner Raymond ki

te fèt sou wout Brach Leyogàn, premye

jen 1976.

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Dessalines, cet homme fascinant, conséquent, et exceptionnel

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6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019


Perspectives

Phtk : De Michel Martelly à Jovenel Moise!

Par Wilner Prédélus

Les évènements de février qui se

sont soldés par l’assassinat de

plusieurs dizaines d’individus dans le

rang du peuple haïtien, déjà en proie à

de sérieuses menaces contre son existence

depuis plus de deux siècles, ont

beau faire saliver ceux qui espèrent

un décollage. Toutefois, la montagne

a accouché d’une souris. Contrairement

à ce qu’on pouvait espérer, il

ne s’agissait que d’un nouvel acte de

ce film d’horreur produit par les puissances

néocolonialistes pour maintenir

Haïti dans la crasse. En voyant le

peuple se lever dans tous les coins du

pays pour exiger le départ des nouveaux

morts vivants qui lui font des

grimaces pour protéger le butin des

« baka » déchainés qui commandent

la haute sphère du pouvoir politique

en Haïti, on aurait cru que l’heure de

la révolution tant souhaitée avait sonné.

Hélas! Un nouveau deal a encore

été trouvé entre les « souflantchou »

locaux et leurs maîtres internationaux

pour prolonger la mainmise des charlatans

sur les institutions du pays et

aggraver les conditions infrahumaines

dans lesquelles sombre le peuple haïtien

depuis déjà de trop longues années.

À la requête de l’opposition qui

exigeait le départ de Jovenel Moïse de

la tête du pays, les puissances néocolonialistes,

soit dit le « CoreGroup »,

ont opposé une fin de non-recevoir. Ils

suggèrent que Jovenel Moïse aurait été

élu pour un mandat de cinq ans, et qu’il

doit compléter ses cinq ans à la tête du

pays.

Alors, ces mêmes colons qui

revendiquent le droit pour Jovenel

Moïse de compléter son mandat de cinq

ans en Haïti, cherchent par tous les

moyens à remplacer un président élu

démocratiquement au Venezuela par un

« kolokent » qui serait prêt à livrer la

chair des enfants de son pays aux rapaces

de l’empire états-uniens dont la

« pétrophilie » a atteint de nouveaux

sommets. Comme si cette histoire de

mandat de cinq ans était scellée par

le sceau indélébile d’un contrat dont

seul le peuple haïtien était partie. En

fait, lorsqu’un peuple élit un dirigeant

à sa tête– on ne va poser le problème

de légitimité dont souffre Jovenel Moïse

ici – il est en droit d’espérer que celuici

prenne les mesures nécessaires pour

améliorer ses conditions et protéger ses

intérêts; faute de quoi, il peut révoquer

le mandat de ce dirigeant sans autre

forme de procès.

S’il est vrai que ce « Core Group »

avait investi son argent à l’élection de

Jovenel Moïse, il doit se rendre à l’évidence

que les atrocités et les exactions

commises par le régime « PHTKK » version

2.0 pour se maintenir au pouvoir

constituent des cas flagrants de violation

des droits humains que le peuple

haïtien ne peut tolérer. Avec Michel

Martelly, on pensait avoir atteint le

sommet de l’échelle de l’incompétence

et de la corruption en Haïti, pourtant

Jovenel Moïse a poussé le record encore

plus loin, et la souffrance du peuple haïtien

s’accentue de jour en jour. Combien

de citoyens des pays du « Core Group »

auraient accepté un tel marasme? Si ce

n’est pas en raison d’un mépris éhonté

pour le peuple haïtien, Messieurs, vous

ne sauriez l’obliger à avaler quelque

chose sur lequel vous n’accepteriez pas

de poser vos pieds. Riche ou pauvre,

une personne humaine c’est une personne

humaine.

Depuis son arrivée au pouvoir,

loin de contenir la corruption qu’il prétendait

avoir décriée comme étant le

seul problème du pays, Jovenel Moïse

ne fait qu’en accélérer le rythme. Il est

vrai qu’aux yeux des nouveaux colons

corporatistes les dirigeants des petits

Avec Michel Martelly, on pensait avoir atteint le sommet de l’échelle de

l’incompétence et de la corruption, pourtant Jovenel Moïse a poussé le

record encore plus loin, et la souffrance du peuple haïtien s’accentue de

jour en jour.

pays ne sont pas censés être au service

de leur peuple, mais sachez que « akoz

diri, ti woch bwè grès ». Si vous croyez

que Jonevel Moïse ne doit des comptes

qu’à vous, chers membres du « Core

Group », ah! vous êtes en train de commettre

la même erreur que Napoléon

avait regrettée toute sa vie. En fait, il

est peut-être temps de commencer par

laisser tomber des miettes pour le peuple

ou même songer à négocier avec

Moïse Jean-Charles, sinon vous êtes en

train de créer de nouveaux Dessalines,

Christophe, Capois-La-Mort, etc.

Napoléon avait eu la chance de

négocier avec Toussaint Louverture

qui était un fin diplomate, mais il refusa,

prétextant que les esclaves lui appartenaient.

En assassinant Toussaint

Louverture, il pensait avoir résolu le

problème. Cependant, il avait créé des

évènements qui ont fait émerger Jean-

Jacques Dessalines et Henri Christophe,

deux jeunes lions du peuple que la

diplomatie démagogique de Toussaint

Louverture avait retenu prisonnier.

D’après la philosophie de Dessalines,

on ne fait pas de diplomatie lorsque

votre interlocuteur est de mauvaise foi

et intransigeant. Donc, si la situation

continue de cette façon, tôt ou tard il

se créera de nouveaux Dessalines par

la force de choses, et ce pour deux raisons

: la première parce que c’est Haïti

et la deuxième parce que c’est une loi

naturelle. C’est aussi simple que ça.

Les va-et-vient des politiciens dans vos

ambassades peuvent bien vous donner

l’impression de contrôler la situation,

mais sachez qu’il s’agit d’une fausse

impression.

Dans le pays de Dessalines, le

dernier mot ce n’est pas le colon qui l’a,

mais plutôt le peuple. Et, si le peuple

haïtien s’hiberne en plein été, il ne faut

pas l’interpréter comme une démission

de sa part. Le peuple ne démissionne

jamais. Le jour où il décide de mettre

fin au jeu du chat et de la souris, et déclarer

que le mandat prend fin, ce sera

fini et les deals que vous signez avec

les esclaves qui contrôlent les sphères

politique et économique du pays seront

nuls et de nul effet. Rappelez-vous toujours

que si comme dit l’autre « qui ne

risque rien n’a rien », le peuple haïtien

qui n’a rien à risquer n’a rien à perdre.

Donc, les politiciens qui croient

ne devoir des comptes qu’aux colons

corporatistes sont du mauvais côté de

l’histoire.

En effet, on comprend que des

politiciens qui font des va-et-vient dans

les ambassades de pays étrangers en

quête d’une quelconque bénédiction

pour occuper le pouvoir dans leurs

pays sont tout aussi des traîtres que le

peuple haïtien doit mettre hors-jeu s’il

veut décider lui-même de son destin.

D’ailleurs toute nouvelle constitution

dans le pays doit faire du complot avec

l’étranger pour arnaquer le peuple haïtien

et le maintenir dans la misère un

crime passible de peine de mort. Mais,

maintenant si nous revenons aux concessions

faites par Jovenel Moïse pour

se maintenir au pouvoir, on se demande

combien ce mandat de cinq ans

que revendiquent ce charlatan professionnel

et ses patrons internationaux

finira par coûter au peuple haïtien.

Jovenel Moïse face au racisme

spectaculaire de Donald Trump et

de sa fameuse notion de « Pays de

merde »

Lorsqu’on regarde le discours et le comportement

de Donald Trump, il faudrait

peut-être remonter aux invasions barbares

pour rencontrer un tel spécimen

avec de telles perspectives du monde.

Son mépris pour les minorités, en particulier

les Noirs, est d’une telle répugnance

que les pires colons qui maltraitaient les

esclaves noirs dans les plantations sur le

continent américain au plus fort de l’esclavage,

n’auraient eu aucune difficulté

même à leur époque pour le blâmer. Je ne

dis pas à notre époque, puisqu’on prétend

qu’ils sont moins bruts et plus civilisés

aujourd’hui. En l’espace de moins

de vingt-quatre heures, Donald Trump a

traité d’idiot et de faible quotient intellectuel,

trois de ses « compatriotes », tous

des Noirs : Maxine Waters (un membre

de la Chambre des représentants étatsunien),

Lebron James (peut-être le meilleur

athlète états-unien en vie) et Don

Lemon (un journaliste de chaine CNN).

Il a aussi traité de « fils de pute »

les athlètes noirs de la NFL qui protestent

contre la brutalité policière, les assassinats

et le lynchage quotidiens des

noirs (incluant des enfants) aux États-

Unis. En fait, évidemment, les propos

utilisés par Donald Trump pour décrire

les Noirs ne sont autres que son propre

reflet que lui renvoie le miroir de la stupidité

et de l’ignorance, mais il faudrait

comprendre que cela a des conséquences

directes sur nos enfants, qu’ils soient

en Haïti ou à l’étranger. N’ayant rien à

voir avec ce pays, que ce soit sur le plan

des valeurs ou sur le plan historique, je

n’aurais rien à foutre de la manière dont

il traite leurs citoyens. Franchement,

même au nom de l’humanité, comme

nous l’avons toujours fait depuis avant

la conception de la nation haïtienne, je

devrais m’en foutre loyalement :« Bèf

pou wa, savann pou wa ».

Mais, lorsqu’on regarde la trajectoire

des comportements de Donald Trump

et ceux qui font l’objet de ses propos

dégradants et méprisants, il est clair

que ses attaques sur les personnes concernées

ne sont pas le fruit du hasard. Il

les attaque exclusivement en raison de

la couleur de leur peau. Et, c’est quand

même surprenant que certains individus

avaient besoin du témoignage de

Michael Cohen, qui lui-même devrait

tout aussi être un raciste pour avoir

travaillé pour ce mec pendant tout ce

temps, pour conclure que Trump était

le pire des racistes qui aient jamais vu

le jour. Donald Trump y est allé jusqu’à

traiter Haïti et les pays africains de

« pays de merde ». Et pour montrer que

son problème n’était pas les pays en soi

– qui sont d’ailleurs pillés et appauvris

par son propre pays – mais plutôt les

gens qui y vivent, il a suggéré que son

pays ouvre ses portes à des individus

venant de la Suède plutôt que d’Haïti.

Pendant que des voix se sont élevées

partout dans le monde pour dénoncer

les propos racistes de Donald Trump,

Jovenel Moïse et son gouvernement ont

gardé le mutisme comme s’ils n’étaient

pas concernés. Lorsque pressé par des

journalistes de dire ce qu’il pensait

des propos de Donald Trump, le premier

ministre d’alors de Jovenel Moïse

a rétorqué que Donald Trump disait

n’avoir pas relaté les propos qu’on lui

attribuait, alors il était satisfait qu’il ne

les avait pas dits.

S’il est vrai que beaucoup de

ceux qui se disent « nos amis » pensent

tout bas les mêmes choses que Donald

Trump dit tout haut, le sens de l’honneur

exige toujours qu’on agisse avec

une volonté résolue pour défendre la

dignité du peuple qu’on veut représenter

contre des agresseurs ignorants comme

Donald Trump, et ce, même au péril

de sa vie. C’est ce que cela veut dire

être un leader. Pourtant, avec Jovenel

Moïse, nous avons vu tout le contraire.

Il veut coute que coute se maintenir au

pouvoir, et ce, même au péril de la dignité

du peuple haïtien. En fermant les

yeux sur les propos racistes de Donald

Trump – le fier grand Wizard du Ku Klux

Klan – contre les Noirs d’ici et d’ailleurs

dans le seul but de se maintenir au

pouvoir, Jovenel Moïse a démontré que

sa petitesse est aussi répugnante que

les propos de celui-ci. Comme je l’explique

dans mon dernier livre intitulé

Haïti, Caverne de Charlatans, le peuple

haïtien, pour se sortir du trou de la

honte et du sous-développement, doit

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d’abord se débarrasser de ces épigones

grincheux qui travaillent pour ceux qui

en veulent à son existence.

Le coup de poignard au dos du

peuple vénézuélien et au cœur du

peuple haïtien

Le dernier acte posé par Jovenel Moïse

pour se maintenir au pouvoir est le pacte

qu’il a signé avec le diable Trump à la

fois dans le sang du peuple vénézuélien

et dans celui du peuple haïtien, après

avoir poignardé le premier dans le dos

et le second dans le cœur. Après que les

gouvernements PHTKK eurent volé tout

l’argent du projet « Pétro Caribe » qui

était financé par le peuple vénézuélien,

Jovenel Moïse a déclaré ne pas reconnaitre

le président que ce même peuple

a choisi pour le diriger. Partout où Haïti

a un droit de vote, aux Nations-Unies,

à l’Organisation des États américains et

à la Communauté des pays caraïbéens,

Jovenel Moïse l’a utilisé pour supporter la

politique de Donald Trump visant à faire

main basse sur les ressources pétrolières,

gazières et aurifères du Venezuela au

profit des frères Koch.

En effet, la question ne se pose

même pas en termes de reconnaissance

du « kolokent », en l’occurrence,

Dans le pays de Dessalines, le dernier mot ce n’est pas le colon qui l’a,

mais plutôt le peuple.

Juan Guaido, qui lui-même serait un

représentant du Ku Klux Klan au Venezuela,

et qui s’est fait nommer président

intérimaire par les vautours étatsuniens

pour ramener les Vénézuéliens

qui ne sont pas dits des « Spaniards »

dans la crasse qu’ils avaient connue

avant Chavez. Comme pays exploité

suite à la page(16)

Director: Florence Comeau

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Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

7


La Tribune de Catherine Charlemagne (72)

Le massacre de La Saline, une affaire d’Etat !

Des victimes du massacre

de La Saline

Cela fait plus de six mois depuis que

tout le monde parle du massacre

de La Saline en Haïti. Toute la presse

haïtienne et même au-delà en parle

régulièrement. Des organisations internationales

entre autres, l’ONU, l’OEA,

etc sont intervenues dans le dossier

et recommandent aux autorités haïtiennes

de faire toute la lumière sur cet

acte devenu le plus célèbre depuis la

tuerie de Jean-Rabel le 23 juillet 1987.

Quant aux organisations des droits humains

en Haïti, il ne se passe pas une

semaine sans qu’elles n’interpellent les

pouvoirs publics en réclamant justice

pour les familles dont les proches ont

été victimes de cet acte odieux. Pour

des raisons évidentes, volontairement,

nous n’avons jamais consacré une Tribune

à ce massacre. Et pour cause. Il

nous manquait des éléments, pas assez

de données fiables et de faits probants

pour argumenter nos analyses. Surtout

qu’au départ, comme il est de coutume

en Haïti, tout le monde disait tout et

son contraire voire du n’importe quoi

en accusant l’opposition d’un côté et

le pouvoir de l’autre sans apporter la

moindre preuve.

Or, un tel dossier mérite qu’on

reste serein et qu’on garde le calme en

laissant la justice faire son travail tout

au moins apporte un peu d’éclairage sur

cette affaire criminelle assez complexe.

Depuis, les choses ont évolué. La police

et la justice ont enquêté et apporté certaines

preuves. Des noms sont apparus

dans le dossier et ont été publiquement

cités par les autorités policières et judiciaires.

Enfin, le public et les observateurs

commencent à mieux comprendre

le déroulé de ce massacre et aussi

connaître ceux qui seraient les commanditaires,

les cerveaux intellectuels,

les complices et les exécutants. Ces

dernières années, et particulièrement

ces derniers mois en Haïti, dans la région

métropolitaine de Port-au-Prince

principalement, une série de massacres

et de tueries a défrayé la chronique. Pas

un jour sans qu’on ne dénombre un ou

plusieurs morts dans les rues de la capitale

ou de sa banlieue.

Le centre ville n’est pas épargné.

Mais les innombrables ghettos et bidonvilles

qui encerclent le centre historique

de Port-au-Prince sont le théâtre de ces

massacres et tueries qui émeuvent tant

la population. Au fil des années, des

mois et des jours, on a constaté qu’il

existe une relation très étroite entre les

chefs de gangs qui terrorisent la population

et un nombre impressionnant de

responsables ou d’élus politiques. Cela

va d’un simple maire jusqu’aux plus

hauts dirigeants de l’Etat en passant

par des parlementaires et même des

hauts cadres de la police nationale. Un

fléau ! On comprend dès lors qu’il serait

difficile pour quiconque de pouvoir

trouver des solutions au phénomène de

l’insécurité déferlant sur tout le pays.

Car, cette insécurité qui était circonscrite

dans l’aire métropolitaine de Portau-Prince

ou dans d’autres métropoles

de province s’étale ou se déplace maintenant

dans des communes insignifiantes,

voire des sections communales

où généralement la population vit dans

l’insouciance et sans aucune inquiétude

de jour comme de nuit. Avant tout était

abstrait. On parlait de chef de gangs ;

de bandes armées ; du banditisme, etc.

Les noms de ces présumés bandits

étaient peu connus ou rares. La

presse et même les organisations des

droits humains, faute de preuve, parlaient

de relation qui aurait existé entre

les gangs et la plupart des dirigeants

politiques et des parlementaires sans

trop de détails. Vu que les noms des

chefs de gangs ne signifiaient pas

grand-chose, il était difficile officiellement

de faire la liaison avec les responsables

politiques et certains élus.

Le massacre de La Saline va mettre

en lumière un fait nouveau. Outre les

principaux chefs de gang identifiés, il

va faire ressortir de manière officielle la

connexion qui existe entre ces assassins

et le pouvoir. Et surtout les noms

de quelques uns de ces dirigeants et

élus qui utilisent ces gangs à des fins

politiques. Le massacre de La Saline

était intervenu dans une période où le

pouvoir devait affronter l’opposition

radicale qui était à deux doigts de le renverser.

On sortait à peine des émeutes

de juillet 2018 qui avaient emporté le

Premier ministre Jack Guy Lafontant.

Jean Henry Céant venait de s’installer

à la Primature sans que pour autant le

pays retrouve le calme politique. Et l’insécurité

continuait à terrasser la société

sans aucun répit.

Le Président Jovenel Moïse était

toujours menacé par une opposition

qui, à ce moment, avait le vent en

poupe. Tous les ingrédients étaient donc

réunis pour chambarder tout le système

même avec le nouveau Premier ministre

qui n’avait pas tout à fait la confiance

du chef de l’Etat. A ce moment,

les quartiers populaires, les bidonvilles

et les ghettos étaient en première ligne

de la contestation. Les habitants de ces

zones de non droit sont sollicités par les

deux camps. D’un côté l’opposition qui

les utilise pour remplir ces manifestations

de rue et de l’autre le pouvoir et

ses partisans qui tentent de les retourner

contre l’opposition. Ballotés entre

les deux, certains intelligents arrivent

à faire leur beurre. Tandis que les plus

intrépides deviennent des intermédiaires

et par la même occasion offrent

leurs services aux plus offrants. Vu

qu’il y a énormément d’armes à feu en

circulation à l’intérieur de ces quartiers

miséreux et misérables où les gens vivent

dans le démunis le plus total, des

antagonistes se créent.

Et des conflits éclatent entre les

chefs de groupes sollicités de toute part

pour neutraliser les partisans d’un camp

à l’autre camp. Ainsi donc, une guerre

intérieure va éclater entre les groupes

armés pour le contrôle du territoire

ou un bout de terrain où la drogue, la

prostitution et le commerce des armes

font partie intégrante de cette société

d’arrière cours. C’est le début de ce qui

va occasionner le plus grand drame

humain de la fin de l’année 2018 en

Haïti. En effet, du 1 er au 14 novembre

2018 une guerre sans pitié allait opposer

plusieurs groupes armés. Durant

deux semaines, les gangs n’attaquent

plus seulement les « soldats perdus »

des groupes opposés, mais aussi leurs

familles. Sans pitié, personne ne sera

épargnée : hommes, femmes, enfants,

vieillards, etc. Ce qui est frappant dans

ce massacre visiblement planifié, c’est

la méthode utilisée par les assassins.

Non seulement ils tuent aveuglement,

mais ils prennent le temps

de charrier les corps de leurs victimes

pour les déverser dans des décharges

publiques. Un peu partout dans le bidonville

de La Saline, chaque matin

on retrouve des corps criblés de balles

ou déchiquetés jetés sur des tas d’immondices

ou dévorés par des chiens et

des rongeurs. Très vite, le bidonville de

La Saline devient malgré lui le centre

de l’insécurité en Haïti. Or, en dépit

de l’émotion que suscite ce massacre

dans ce quartier populaire, le gouvernement

et la présidence à l’époque ne

semblent pas trop pressés de diligenter

une enquête sur cet acte barbare

commis forcément par des haïtiens. Il

aura fallu que la terre entière demande

des comptes aux autorités, surtout à la

présidence haïtienne, pour que la justice

commence enfin à s’intéresser à ce

massacre. On se souvient de la lettre

adressée au Secrétaire d’Etat américain

(Affaires Etrangères) Mike Pompeo,

signée par 104 congressmen (députés

et sénateurs) au Congrès (Parlement)

des Etats Unis, demandant une enquête

sur le massacre de La Saline.

L’Organisation des Nations Unies

a dû monter au créneau pour exiger

du gouvernement une enquête approfondie

dans le cadre de cette affaire qui

ne cesse d’interpeller la conscience.

Surtout on a fini par comprendre que

ce massacre ne peut être l’œuvre de

simples individus qui se déchirent pour

le contrôle d’un lopin de terre. Dès le

départ, certains s’interrogeaient sur la

nature, les commanditaires et le contexte

de cette tuerie. Il s’est avéré que

le ou les gangs qui ont commis cet acte

inimaginable et criminel ont exécutés

leurs forfaits sur ordre de certains officiels

du pouvoir. Dans un premier

temps, certains partisans du pouvoir

voulaient, peut-être pour faire diversion,

faire porter le chapeau à l’opposition

qui à ce moment était vent debout

contre le Président Jovenel Moïse. Mais

très vite, tous les yeux se sont tournés

vers les responsables du pouvoir qui

ont plus d’intérêts dans ce crime abominable

que l’opposition qui a le soutien

de cette population marginalisée et

abandonnée par les autorités. Ainsi,

le Bureau des affaires criminelles de la

DCPJ (Direction Centrale de la Police Judiciaire)

qui était saisie du dossier par le

Commissaire du gouvernement, n’allait

pas tarder à découvrir qu’il y a la main

de certains officiels du gouvernement

derrière le massacre de La Saline. Si

pour le moment l’enquête n’a pas

révélé les noms de tous les commanditaires,

les enquêteurs de la police judiciaire

ont identifié au moins deux hauts

responsables de l’Administration Moïse

qui seraient les cerveaux intellectuels

du massacre de novembre 2018.

Il s’agit de Fednel Monchéry et

de Joseph Pierre-Richard Duplan, deux

proches du Président de la République

Jovenel Moïse. Le premier n’est autre

que le Directeur général du ministère de

l’Intérieur et des Collectivités Territoriales

depuis 2017. Ardent défenseur du

chef de l’Etat, Fednel Monchéry a été

candidat malheureux en 2015 au Sénat

de la République. Le second, Joseph

Pierre-Richard Duplan est un partisan

zélé du pouvoir PHTK. Ancien haut

dignitaire du régime Tèt Kale, ancien

maire de la capitale, aujourd’hui Joseph

Pierre-Richard Duplan n’est autre que

le Délégué départemental (Préfet) de

l’Ouest, en clair le représentant officiel

du Président au niveau départemental.

C’est à lui que revient le droit

de rétablir l’ordre et la sécurité dans

le département de concert avec le

ministère de l’Intérieur. En principe,

les titulaires de ces deux institutions

éminemment politiques sont censés

connaître tous les chefs de gangs du

pays ou du département à travers leurs

Services de renseignement même s’ils

ne sont pas obligés d’être en relation

avec eux. En tout cas, ces deux hauts

fonctionnaires sont depuis quelques

jours dans le collimateur de la justice.

Vu leur implication présumée dans le

massacre de La Saline, selon les résultats

de l’enquête de la DCPJ, les

enquêteurs demandent au Commissaire

du gouvernement, Paul Éronce

Villard, de mettre l’action publique en

mouvement contre eux. C’est-à-dire

que des mandats soient décernés contre

ces fonctionnaires en plus de deux

ex-policiers et 70 autres personnes qui

seraient liées à cet assassinat en masse.

Bien entendu, Joseph Pierre-Richard

Duplan clame son innocence et dément

avoir quelque chose à voir dans

le massacre de La Saline. Il dénonce en

même temps une manipulation politique

des organisations des droits humains.

Duplan récuse le Rapport des

organisations des droits humains sur

cette affaire. Par ailleurs, il soupçonne

RNDDH, CARDH et FJKL d’être des

instruments aux mains de l’opposition

qui empêche la bonne marche de

la société. Quant à Fednel Monchéry,

comme à son habitude, il fait le mort.

En tout cas pas de réaction officielle sur

ces graves accusations. Le Directeur

général du Ministère de l’Intérieur et

le Délégué du Département de l’Ouest

ne sont pas les seuls qui auront forcément

des choses à dire à la justice dans

cette affaire. Selon le Commissaire du

gouvernement, suite au Rapport de la

DCPJ, pas moins de onze autres individus

sont déjà sous les verrous. On ne

connaît pas pour le moment l’identité

de ces personnes accusées dans le massacre

de la population de La Saline.

On ne sait pas non plus si parmi

ces individus écroués, il y a des chefs

de gangs. Il reste maintenant aux autorités

judiciaires de faire le nécessaire

pour que le Directeur général du

ministère de l’Intérieur et des Collectivités

Territoriales et le Délégué du département

de l’Ouest soient rapidement

interpellés afin que les soupçons qui

pèsent sur eux puissent être levés. Ce

qui est sûr, compte tenu qu’il y a déjà

eu des arrestations, forcément il y aura

un procès. Peut-être qu’on apprendra

davantage sur les connexions existant

entre certains officiels du pouvoir et les

bandes armées qui sèment le deuil dans

les familles haïtiennes.

Par ailleurs, on a appris que les

familles des victimes de la tuerie de

Carrefour-Feuilles ont porté plainte le

mercredi 15 mai 2019 auprès du parquet

de Port-au-Prince justement contre

Joseph Pierre-Richard Duplan, Fednel

Monchéry et d’autres partisans du régime

comme Jean-Marie Reynaldo Brunet,

Fritz Jean-Louis et le député Jean

René Lochard pour leur implication

présumée dans cette tuerie qu’on sait

qui a fait une dizaine de morts. Mais

avec cette affaire, la plupart des chefs

de gangs qui brillaient dans l’anonymat

sortent de l’ombre. Ils ont pour noms

Arnel Joseph, Sony Jean alias « Ti Je »

et tant d’autres. Mais le plus tristement

célèbre demeure sans conteste en cette

décennie, Arnel Joseph. Cette semaine

encore, il a fait parler de lui à travers

une conférence de presse diffusée sur

les réseaux sociaux. Dans cette vidéo,

on le voit entourer de son Etat-major

armé d’armes lourdes, masqués et

menaçants, donner sa version sur ses

relations avec le pouvoir et certains

parlementaires.

Le cas de ce bandit de grand chemin

et criminel avéré est symptomatique

dans la mesure où c’est l’un des

chefs de gangs qui exporte sa criminalité

au-delà des frontières du département

de l’Ouest où toutes les polices

sont à ses trousses. Donné parfois pour

mort et plusieurs fois blessé, il court

toujours. Son nom est cité comme étant

l’exécuteur et coordonnateur du massacre

de La saline. Arnel Joseph est depuis

au centre des débats sur la criminalité

et de l’insécurité dans tout le pays. Si

son rival ou l’un de ses disciples, Sony

Jean dit « Ti Je » a été très vite neutralisé

par les forces de l’ordre après

le carnage commis dans le quartier de

Carrefour-feuilles à Port-au-Prince le 24

avril 2019 et pour d’autres forfaits bien

avant cette tuerie, Arnel lui échappe

toujours aux coups de filets de la police.

Traqué depuis les vêpres de Carrefour-Feuilles,

« Ti Je » était devenu un

chien errant. Sans domicile fixe (SDF)

ni cachette sûre et sans doute sans protection

officielle, tout au moins lâché

entretemps par ses protecteurs « Ti je »

était condamné à mourir. L’auteur présumé

de la tuerie de Savane-Pistache a

été abattu comme un chien par la police

dans la nuit du 29 avril 2019 à Delmas

83. Personne n’a jeté une larme, même

pas de crocodile, sur son corps. Bref, le

chef de gang, Sony Jean dit Ti Je, est

mort comme il devait mourir comme

un animal traqué juste dans son dernier

repère. En revanche, la longévité du

plus grand chef de gang de l’histoire

d’Haïti, Arnel Joseph, natif de Marchand-Dessalines

dans l’Artibonite est

très surprenante. Après avoir semé la

mort à grande échelle dans la région de

Port-au-Prince et nargué la police nationale

partout dans la capitale, le voilà

réfugié ou de retour sur ses terres dans

l’Artibonite. Dans ce bastion familial et

fief de son enfance, difficile pour la police

qui le traque jour et nuit de mettre

la main à son collet.

Il connaît le terrain mieux que

quiconque. Et il est aussi protégé par

son armée qu’il blanchit et nourrit avec

les fonds en provenance des autorités

étatiques pour les services rendus. A en

croire les révélations de la Commission

sénatoriale dirigée par le sénateur Jean

Renel Sénatus alias Zo Kiki, cet assassin

est le chef de gang le mieux informé

de la République. Mieux peut-être que

le chef de la police nationale haïtienne,

Michel-Ange Gédéon. Son compatriote,

le sénateur Garcia Delva, a confirmé

avoir gardé un contact permanent avec

lui. Selon les relevés téléphoniques des

compagnies de téléphone, les deux

hommes, Arnel Joseph et Garcia Delva

se sont parlé 24 fois en deux semaines,

c’est-à-dire du 7 au 24 février 2019.

Cette correspondance accrue et intense

révèle la grande amitié et la confiance

qui règne entre les deux natifs de

Marchand-Dessalines. Si chacun a pris

une trajectoire différente, cela n’a pas

empêché que leurs routes se croisent.

Et de part et d’autre, chacun

apporte l’aide qu’ils ont besoin. Au

sénateur/musicien de lui fournir les informations

nécessaires lui permettant

d’échapper à la police et donc l’encourager

à continuer ses actions criminelles.

Et à lui, Arnel Joseph, chef de gang de

protéger le sénateur en informant les

autres chefs de gangs rivaux que Garcia

Delva bénéficie de sa protection. A

ce titre, il détient un laissez-passer lui

procurant pleine protection sur tout

le territoire. Après les révélations du

sénateur Sénatus sur le lien unissant

le « gendarme et le voleur », l’assassin

et le sénateur, Arnel Joseph et Garcia

Delva, un débat fait rage dans la

société, particulièrement au sein des

Secteurs organisés, sur la possibilité

de lever l’immunité parlementaire de

Garcia Delva. Pour l’heure, malgré la

suite à la page(16)

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8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019


This Week in Haiti

Haiti Uprising Rekindled After Latest Corruption Report

Journalist Pétion Rospide at Haïti

Liberté in 2010

by Kim Ives

Thousands marching through the Haitian capital on Jun. 9, 2019

Thousands took to the streets in

towns and cities around Haiti on

Sun. Jun. 9 to demand President Jovenel

Moïse’s resignation and the

prosecution of those responsible for

looting about $2 billion from the government’s

Petrocaribe Fund.

In Port-au-Prince, after two

buildings and several vehicles were

burned, a police spokesman said

gunfire killed two demonstrators and

wounded four, and that a policeman

was injured by a thrown rock. But

opposition figures and radios reported

at least seven killed and over 100

wounded by gunfire from police and

government-aligned gangs.

“Two protestors were killed

on the Champ de Mars, two in La

Plaine, and another three in the area

around Delmas and Belair,” said Yves

Pierre-Louis, the news director of Radio

Timoun, housed at the Aristide

Foundation for Democracy. “And that

doesn’t include several young people

who have not returned home and are

now disappeared. Dozens of people

were arrested.” The police say only 12

people were detained.

In addition to the capital, large

demonstrations also shook Cap Haïtien,

St. Marc, Jacmel, and Gonaïves.

Barricades of burning tires, cinder-blocks,

old beds, car bodies, and

even billboards blocked streets around

the country, including several rural arteries.

In Port-au-Prince, demonstrators

threw rocks at the French Embassy on

the Champ de Mars, charging it supports

Moïse. Nearby on Rue Capois,

demonstrators also vandalized the

King of Kings Supermarket and broke

some windows with rocks on the Cine

Triumph.

Then on Mon. Jun. 10 and Tue.

Jun. 11, Port-au-Prince was almost

completely paralyzed by a general

strike which shut down public transportation,

and most businesses, banks,

schools, factories, and government offices.

On Monday, in the relatively affluent

town of Pétionville in the hills

above the capital, some banks and

businesses opened in the morning,

but, seeing no activity, they closed

around noon. On Tuesday, a few of

the assembly factories in the SONAPI

Industrial Park opened. Prensa Latina

reported that public transportation was

still mostly stopped, but “several shopping

centers, pharmacies, banks, gas

stations, and restaurants did resume

their services.”

According Pierre-Louis, “for

these first two days, we can say the

strike succeeded close to 100%.”

In February, Haiti was “locked

Dimitri Hérard shaking hands with then President Martelly in Quito,

Ecuador in 2012

A Radio Tele Ginen jeep torched on Jun. 10.

down” (as characterized by protestors)

by massive demonstrations for

10 days. That uprising demanding

Moïse’s departure has been rekindled

by the release of a second report on

May 31 by Haiti’s Superior Court of

Auditors and Administrative Disputes

(CSCCA), in which Moïse’s companies

are accused of bilking the Venezuelan-oil-fed

Petrocaribe Fund of about

$2 million.

The over 600 page report

also details vast corruption under

the government of Michel Martelly,

Moïse’s PHTK predecessor and mentor.

Journalists Targeted

Meanwhile, several attacks on journalists

have rattled the media.

On Mon. Jun. 10, an unidentified

gunman fatally shot radio journalist

Pétion Rospide near the National Theatre

as he was driving home from work

at Radio Sans Fin, which he founded

about a year ago with former Radio

Caraïbes journalists Yvenert Foeshter

Joseph and Israel Jacky Cantave.

Prior to the 2004 coup d’état,

Rospide had been a member of President

Jean-Bertrand Aristide’s security

corps. He was arrested by de facto

authorities after the coup and spent

several years as an uncharged political

prisoner in the National Penitentiary,

despite a vocal campaign for his

release. From 2008 to 2011, he was

a journalist and distributor with Haïti

Liberté newspaper, before starting a

small car rental business and becoming

an activist behind the founding of

the consumers defense group Active

Solidarity with the Struggle of Haitian

Consumers (SALCONH) with Joseph

and Cantave.

In recent broadcasts on Radio

Sans Fin, Rospide had been critical

of Pres. Moïse’s corruption and police

brutality against demonstrators. He

had commented on a recent viral video

of police stoning a man face down

on the ground near the home of Pres.

Moïse in Pelerin 5.

Rospide’s murder took place in

the 3rd Circumscription near Portail

Léogâne where another regime critic,

journalist Vladimir Legagneur, disappeared

on Mar. 14, 2018, allegedly at

the hands of pro-government gangs

which are powerful in the area.

Also on Monday, men torched

three jeeps belonging to Radio Tele

Ginen, which is viewed by the population

as a pro-regime outlet, and stoned

some of its journalists.

Richardson Jourdan, a journalist

with Haitian National Television

(TNH), was also attacked by a crowd

on Fri. Jun. 7.

Government Unmoved

Despite the specter of a reinvigorated

revolt, the government says it will

stand its ground. Jean Michel Lapin,

the acting prime minister, said Monday

that Jovenel would serve out his five

year term.

Moïse himself has repeated on

several occasions that he will not step

down but is willing to negotiate with

the opposition, which has rebuffed the

offer.

Even Lapin has not been ratified

yet, after three failed attempts to hold

a Senate session to hear his General

Policy, due to the determined efforts

of four opposition senators: Evalière

Beauplan (PONT), Antonio Chéramy

aka "Don Kato" (VERITE), Ricard

Pierre (Piti Dessalin) and Nenel Cassy

(Fanmi Lavalas). Division and wrangling

for influence and bribes among

regime allies has also contributed to

the non-ratification.

A presidential advisor, Renald

Lubérice, now says that Lapin should

withdraw. This could be a harbinger

that Moïse will jettison the highly uninspiring

Lapin for another candidate.

But Lapin dismissed Lubérice’s statement,

saying it was just the opinion

of “a citizen” and that he has “100%

sincere cooperation” with Moïse.

As Repression Rises, So Does

Anger

On Monday morning, either Dimitri

Hérard, the head of the Security Unit

to Guard the National Palace (USGPN),

or one of his security detail fatally shot

a motorcycle taxi driver on the airport

road.

The shooting provoked outrage

among the moto-taxis that swarm

Haiti’s streets. Like angry bees, they

chased Hérard’s cortege back to his

house in Delmas 31before being dispersed

by police with tear-gas.

The incident captures the escalating

nature of the crisis. With every

killing, the masses become more enraged.

“If Jovenel and his acolytes continue

to be hard-headed in trying to

keep power, Jovenel will be responsible

for everything that happens, the country

will shut down until he falls,” wrote

the Konbit of Political, Union, and Popular

Organizations on Jun. 7. “Strikes,

mobilizations, and petro-blockages are

going to spread across the nation...

The Konbit calls on organizations,

parties, and political groups to work to

find a quick entente on an alternative

to replace Jovenel. Put all personal interest

aside.”

The Overpass to Nowhere

by Jake Johnston

In August 2015, President Michel

Martelly inaugurated the Delmas viaduct,

a four-lane overpass designed to

ease the capital’s grid-locked streets.

“This viaduct proves once again that

together we can achieve great and

beautiful things,” Martelly told the

large crowd that had assembled. “More

than a dream, more than a project, this

viaduct is now one of the symbols of

Port-au-Prince.”

Underneath the overpass,

bands provided live entertainment

throughout the hours-long inauguration

ceremony which eventually turned

into a political rally. Martelly’s term

suite à la page(18)

The Delmas viaduct is a four-lane overpass designed to ease the capital’s

grid-lock. It has become a symbol of Petrocaribe corruption

Headquarters of the Canadian conglomerate, SNC-Lavalin, which received

millions in Canadian foreign assistance funds to do construction projects

in Haiti

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

9


L’ÉDUCATION ET LA SA

LA VOIE DE LA P

Par Christine Gillard

Depuis le 26 avril 2019, le Honduras

connaît un mouvement de

grèves et de protestations des enseignants,

étudiants et lycéens ainsi

que des travailleurs de la Santé. Les

fonctionnaires et plus largement les

usagers des services publics, demandent

l’abrogation des décrets PCM

026-2018 et PCM 027-2018 mettant

en place une Commission spéciale

pour la Transformation des Ministères

de la Santé et de l’Éducation, dans

le cadre de l’application de la Loi de

Restructuration et Transformation du

Système National de l’Éducation et de

la Santé. La mobilisation est très importante

dans tout le pays car il s’agit

de l’avenir de deux secteurs clés de

la société mis en cause par le choix

ultra libéral du Gouvernement de Juan

Orlando Hernández (JOH).

Dix années d’ultra-libéralisme

Depuis les années 1990, le Honduras

est soumis à une réorganisation administrative

consistant en un désengagement

de l’État concernant les

services publics. Tout d’abord l’État a

procédé à une décentralisation, qui aurait

pu permettre une prise en charge

du développement social par les Territoires

au plus près des besoins des

usagers. Mais la situation politique en

a décidé autrement. La crise institutionnelle

sous la présidence de gauche

de Zelaya a abouti à un coup d’état

en 2009. Le Président auto-proclamé

Le peuple hondurien révolté contre deux projets de réformes visant à privatiser les soins de santé, les retraites et l’éducation. Ces réformes sont dictées

par le Fonds monétaire international (FMI) et impliquent des réductions budgétaires accélérées et des licenciements de masse.

nir. Le taux d’homicides atteint des

sommets : 93,11 /100.000 en 2011;

63,8/100.000 en 2015. Pris entre extrême

pauvreté et extrême violence,

sans aucune perspective de changement

politique, économique et social,

écoles qui ne comportent qu’une seul

classe, avec un seul maître pour les six

niveaux que comprend l’enseignement

primaire obligatoire. Plus encore, les

conditions matérielles sont déplorables

: 75% des écoles sont en très mauvais

état, voire détruite en partie, n’assurant

pas le couvert, sans eau et sans

latrines. Cette situation est particulièrement

fréquente dans les zones rurales.

J’ai visité des écoles dans le Olancho,

La situation des hôpitaux publics

est tout aussi préoccupante. Non

seulement le nombre d’établissements

est très insuffisant mais les conditions

matérielles y sont des plus précaires.

On note même des établissements où

l’eau et l’électricité font défaut, même

dans les salles d’opération.

Depuis longtemps déjà des cliniques

privées proposent leurs services

aux patients les plus aisés. Des

dernière année de maternelle alors que

cette obligation scolaire ne peut pas

être respectée par manque de moyens

: selon l’UNICEF 78.000 enfants

d’âge pré-scolaire ne sont pas scolarisés.

Dans le même temps,2,5 millions

d’enfants d’âge scolaire ne sont pas

scolarisés.

La gratuité depuis la dernière

année de maternelle jusqu’à la fin de

l’école élémentaire contenue dans la loi

En dépit de la répression brutale de l’État hondurien, les luttes contre ces conditions intolérables, qui alimentent

des milliers de meurtres annuels dus à la guerre des gangs, ne feront que grandir et devenir plus militantes

Juan Orlando Hernández, soutenu par

les États-Unis d’Amérique, reconnu

par la communauté internationale est

un ultra libéral. Des élections frauduleuses

lui ont permis d’être réélu en

novembre 2017.

Le Honduras s’enfonce dans

une crise sociétale profonde. C’est un

des pays les plus violents de la région.

Toute opposition est réprimée

par une police nationale violente. Le

phénomène des maras s’est développé,

en relation avec le narcotrafic.

Ces délinquants forment des gangs

ultra violents, qui recrutent parmi les

jeunes sans formation et sans ave-

Manifestation de masse à Tegucigalpa

les Honduriens partent de manière

isolée depuis une décennie mais le

nombre des départs croît de manière

considérable à partir de 2014, atteignant

son paroxysme fin 20181.

L’État hondurien est un état

faible et corrompu. Les investissements

dans l’Éducation et la Santé sont parmi

les plus bas des pays de l’Amérique

centrale. Concernant l’enseignement,

l’État consacre à peine mille dollars

par an par enfant, quand les pays de

l’OCDE en consacrent dix mille. Les

dépenses publiques en matière d’éducation

ne représentent que 6% du PIB.

Aujourd’hui encore on recense 4.500

dans un rayon d’une dizaine de kilomètres

de La Union, petite ville de

cinq mille habitants. Une école desservait

plusieurs hameaux dont elle était

à égale distance, en pleine campagne.

Une classe unique, une jeune maîtresse.

Pour tout mobilier un petit tableau

et deux bancs pour les élèves. Les

bancs étaient de chaque côté le long

du mur pour éviter la pluie qui tombait

par le toit crevé. Le champ pour tout

sanitaire. Une autre école, dans un village,

en meilleur état mais fermée par

manque d’enseignant.

Si le second degré semble moins

démuni, c’est que les collèges se trouvent

en zone urbaine. Mais très peu

d’élèves y accèdent, environ 29%, par

manque de transport et parce que la

gratuité n’y est pas assurée : uniforme,

fournitures, cantine.

fondations, américaines la plupart du

temps, financent des cliniques dans les

zones rurales et péri-urbaines, avec des

coûts accessibles à la classe moyenne.

Par exemple, dans la ville de La Union,

déjà citée, il existe une clinique américaine

située en périphérie, proposant

des soins courants dans des conditions

techniques et d’hygiène normales,

pour une clientèle de salariés moyens.

Dans la ville même il existe un dispensaire

public : deux grandes pièces

ayant en tout et pour tout qu’une armoire

(vide), un fauteuil, un lavabo, et

pas de personnel !

Une réforme éducative inexistante

Une Loi fondamentale a été votée en

2014. L’application de cette Loi suscite

des débats dans la communauté éducative

: l’obligation de scolarisation en

n’a pas de réalité dans les faits, puisque

les écoles participant à l’opération

gratuité n’ont pas reçu les fonds nécessaires

du ministère, lequel a alors suspendu

l’opération !

La décentralisation de la gestion

des personnels au niveau départemental,

ne garantit plus le paiement des

salaires, ni leur niveau, lorsque l’État «

oublie » de transférer les fonds nécessaires.

Les bourses, pourtant prévues

dans la loi, ont été suspendues sans

préavis ni avis.

La suppression d’un niveau

d’enseignement dans l’école élémentaire.

En fait, de cette manière, il y a

toujours 9 années, en comptant l’année

pré-scolaire.

Le baccalauréat est réformé.

Disparaissent le Bac Lettres et le Bac

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019


NTÉ AU HONDURAS :

RIVATISATION !

ment secondaire. Le secteur privé construit

des établissements secondaires

dans les zones rurales déficitaires et

dans les zones urbaines défavorisées,

privilégiant l’enseignement manuel et

technique et par là même l’inégalité

des chances et la reproduction sociale.

Par ailleurs le secteur public ne

garantissant plus le statut de fonctionnaire

des personnels en embauchant

des personnels avec des contrats de

droit privé, cela permet ainsi une flexibilité

et un moindre coût concernant

les salaires et les retraites.

Les parents, comme les patients,

se transforment en clients, pouvant

évaluer le personnel, par exemple au

moyen d’applications sur les smartphones.

La privatisation rampante est

devenue un projet de société, commandité

par les Organisations Internationales

(FMI) et le gouvernement

des États-Unis d’Amérique dont est

totalement redevable l’actuel Président

du Honduras.

La mobilisation

En 2016 un syndicat voit le jour pour

veiller à l’application de la Loi fondamentale

Éducative. Ses principaux

de l’État quant à l’application de la

Loi éducative, rappelant le manque de

classes, d’écoles et d’enseignants et

leur absence de formation en particulier

en informatique et en anglais pour

le secondaire. Il dénonce également le

non respect des garanties contenues

dans la Loi concernant le statut des

enseignants.

En avril 2019 trois experts en Éducation

publient un rapport, commandité

par l’Internationale de l’Éducation,

intitulé « La Educación en Honduras,

entre la privatización y la globalización

» (L’Éducation au Honduras, entre privatisation

et globalisation). Il s’agit

d’un rapport de 98 pages qui analyse

en profondeur les stratégies du gouvernement

hondurien, dictées par les

acteurs non gouvernementaux, dans

un contexte d’indigence de cet État.

Le 26 avril commencent les premières

manifestations d’enseignants, étudiants

et personnels de santé. Après la

promulgation des décrets, les personnels

descendent dans la rue pour demander

leur abrogation, puis ils font

grève le 20 mai. Á partir du 23 mai

commence une grève générale, avec

des manifestations dans les rues de la

capitale et des grandes villes de province.

La répression se met en place.

Un projet global

Ce qui se passe au Honduras est très

représentatif du mouvement libéral

globalisé qui affecte tous les conti-

Le 31 mai 2019. Des manifestants brûlent des pneus à l'entrée principale de l’ambassade des États-Unis à

Tegucigalpa, reconnaissant du même coup que les attaques sociales imposées par la classe dirigeante hondurienne

avaient pour origine Wall Street et Washington DC.

Sciences regroupés en Sciences et

Humanité, ainsi que les bacs de spécialités

professionnelles, en particulier

celui préparé par les futurs étudiants

des Ecoles Normales d’Instituteurs,

lesquelles sont supprimées.

De fait, le secteur éducatif public

ne s’est pas donné les moyens d’assurer

la scolarisation de tous les enfants

d’obligation scolaire entre 5 et 14 ans,

ni l’accès au secondaire pour les enfants

de 15 à 17 ans. Le décalage est

flagrant entre les intentions contenues

dans la Loi et la réalité de son application

par le Ministère.

Une réponse libérale

d’application de deux ans, prolongeables

indéfiniment, pendant lesquels

les personnels fonctionnaires peuvent

être licenciés et les services transférés

au privé.

Les décrets en question prévoient

la création d’une Commission Spéciale

pour la Transformation du Système

National de l’Éducation et une Commission

Spéciale pour la Transformation

du Système National de la Santé.

Les objectifs sont de transformer totalement

ces deux secteurs, c’est-àdire

de réorganiser l’administration de

la Santé et de l’Éducation, d’élaborer

un nouveau modèle de prestation de

services, d’établir des mécanismes

5 ans. Le privé en a profité pour s’implanter

dans le secteur pré-scolaire,

par l’intermédiaire d’une fondation, la

FICOSHA qui agit en partenariat avec

d’autres grands groupes nord-américains.

L’école privée entre en compétition

avec l’école publique quant à la

gratuité. D’abord parce que le Public

ne respecte pas cette gratuité et ensuite

parce que le Privé implante des

écoles à coûts très accessibles dans les

quartiers populaires des grandes villes

comme Tegucigalpa et San Pedro Sula.

La fracture entre privé et public va

s’accentuer au niveau de l’école élémentaire

mais aussi dans l’enseigne-

Rencontre entre le Président autoproclamé Juan Orlando Hernández,

soutenu par les États-Unis d’Amérique et le vice-président américain Mike

Pence.

objectifs sont de défendre l’école publique,

laïque et de qualité, participer

à la recherche de solutions, coopérer

avec l’État pour améliorer et démocratiser

l’éducation nationale. Il s’agit du

Colegio Profesional Superación Magisterial

Hondureño.

En 2017 il tire la sonnette

d’alarme lors d’une conférence de

presse, dénonçant les manquements

nents. En Europe les recommandations

de l’OCDE en matière de services

publics vont dans le sens d’une

ouverture au secteur privé, avec les

valeurs de rentabilité propres à ce secteur.

Les États sont sommés de faire

des réformes structurelles, en particulier

dans les secteurs de la santé et

de l’Éducation, dont les budgets sont

élevés, par l’importance de la masse

Des médecins de San Pedro Sula manifestant dans les rues.

La seule réponse de l’État à ces critiques

et aux manifestations qui commencent

le 26 avril est la promulgation

le 30 avril 2019 de deux décrets

: PCM 026-2018 et PCM 027-2018.

C’est une procédure d’urgence qui

évite le débat au Congrès puisque les

décrets émanent directement de la

Présidence du Conseil des Ministres.

C’est une procédure prévue en cas de

guerre, d’épidémie ou….de troubles.

Les décrets d’urgence ont une durée

Non à la privatisation de l’éducation et de la santé

d’articulation et de collaboration avec

la coopération nationale et internationale,

selon les termes officiels.

L’État se désengageant il permet

aussi à d’autres acteurs de prendre la

responsabilité de former la jeunesse

hondurienne : les Départements n’en

ayant pas les moyens, c’est le secteur

privé qui s’engouffre dans la brèche.

Par exemple l’État n’a construit

aucune classe supplémentaire pour

appliquer la scolarisation obligatoire à

salariale. Des outils sont mis en place

pour favoriser la privatisation qui,

de rampante, se généralise: suppression

des concours de recrutement de

la Fonction publique, fermeture des

Grandes Écoles Nationales, contractualisation

des personnels…

Finalement le concept de « service

public » est remplacé peu à peu

par celui de « services au public ».

Note :

1 . Christine Gillard « Migration

de masse au Honduras », Journal Notre

Amérique décembre 2018.

Source : Journal Notre Amérique

n° 44, juin 2019

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

Y-a-t-il une révolution au Vénézuela ?

Par Atilio BORON*

Quelques voyages récents en Espagne

et en Italie m'ont donné l'occasion de

m'entretenir avec de nombreux intellectuels,

universitaires et politiciens

progressistes existant encore dans

ces pays. Après avoir passé en revue

la situation européenne inquiétante

et l'avancée de l'extrême droite, mes

interlocuteurs m'ont demandé de leur

parler de l'actualité latino-américaine,

car, m'ont-ils assuré, ils

avaient du mal à comprendre ce qui

s'y passait. J'ai commencé par passer

en revue l'offensive brutale du gouvernement

de Donald Trump contre

le Venezuela et Cuba ; j'ai poursuivi

en passant en revue l'involution politique

malheureuse subie par l'Argentine

et le Brésil aux mains de Macri

et Bolsonaro et les vents encourageants

de changement qui sont venus

du Mexique ; le caractère central des

prochaines élections présidentielles

qui auront lieu en octobre en Argentine,

en Bolivie et en Uruguay clôturant

ainsi ce premier panorama de

la politique régionale, dénonçant la

perpétuation du terrorisme d'Etat en

Colombie, avec un nombre choquant

d'assassinats de dirigeants politiques

et sociaux qui ont surpris mes interlocuteurs

parce qu'ils étaient presque

totalement ignorés en Europe, ce qui

en dit long sur les médias déjà définitivement

convertis en organes de

propagande de droite et impérialiste.

Lorsque je me suis arrêté pour donner

des informations plus détaillées sur

l'ampleur criminelle de l'agression

perpétrée contre la République bolivarienne

du Venezuela, surgissait,

telle un coup de tonnerre, la question

: " peut-on vraiment parler d'une

révolution au Venezuela ?"

Ma réponse a toujours été oui,

bien qu’il faille la nuancer car

les révolutions - et pas seulement au

Venezuela - sont toujours des processus,

jamais des actes consommés une

bonne fois pour toutes. Impressionné

par une visite à la Chapelle Sixtine

pour contempler, une fois de plus,

l’œuvre géniale de Michel-Ange, il

m’est venu à l’esprit que pour beaucoup

de mes interlocuteurs - et pas

seulement européens - la révolution

est quelque chose comme le peintre

florentin a représenté la création des

hommes ou des étoiles : Dieu, avec

un geste, le sourcil froncé, un doigt

qui montre un lieu et là est l’homme,

là est Jupiter, là est la révolution ! Ce

"créationnisme révolutionnaire" soutenu

avec une ardeur religieuse même

par les athées - qui à la place de Dieu

installent l’Histoire avec un H majuscule,

bien hégelienne - contraste avec

l’analyse marxiste des révolutions qui

à partir de Marx, Engels et Lénine

ont toujours été interprétées comme

des processus et jamais comme des

éclairs divins qui, un jour tranquille,

tournent irrémédiablement une page

de l’histoire. Poursuivant l’analogie

inspirée par la Chapelle Sixtine, on

pourrait dire que contre le "créationnisme

révolutionnaire", expression

d’un idéalisme résiduel profondément

anti-matérialiste, s’impose le "darwinisme

révolutionnaire", c’est-à-dire

une révolution conçue comme un processus

continu et évolutif de changements

et réformes économiques,

sociaux, culturels et politiques qui

aboutit à la création d’un nouveau

type historique de société. En d’autres

termes, la révolution est une

longue construction dans le temps,

où la lutte de classe est exacerbée

jusqu’à l’inimaginable. Un processus

qui remet en cause le déterminisme

triomphaliste des "créationnistes" et

qui a toujours une fin ouverte, car

chaque révolution porte en son sein

les germes de la contre-révolution,

qui ne peut être neutralisée que par la

conscience et l’organisation des forces

révolutionnaires. Ce serait la conception

séculière et darwinienne - c’està-dire

marxiste - de la révolution, et

non théologique. Et ce n’est pas trop,

anticipant mes critiques habituels, de

se rappeler que ce n’est pas par hasard

que Marx a dédié le premier volume

de Capital à Charles Darwin.

Les révolutions sociales sont

donc des processus accélérés de

changement dans la structure et aussi,

ne l’oublions pas, dans la superstructure

culturelle et politique des sociétés.

Des processus difficiles, jamais

linéaires, toujours soumis à d’énormes

pressions et devant faire face à d’immenses

obstacles de la part des forces

intérieures mais surtout de l’impérialisme

américain, gardien suprême de

l’ordre capitaliste international. Cela

s’est produit avec la Grande Révolution

d’Octobre puis avec les révolutions en

Chine, au Vietnam, à Cuba, au Nicaragua,

en Afrique du Sud, en Indonésie,

en Corée. L’image vulgarisée, malheureusement

dominante dans une grande

partie des militants et de l’intellectualité

de la gauche, d’une révolution

comme une flèche s’élevant en ligne

droite vers le ciel du socialisme est

d’une grande beauté poétique mais n’a

rien à voir avec la réalité. Les révolutions

sont des processus dans lesquels

les confrontations sociales acquièrent

une brutalité singulière parce que les

classes et les institutions qui défendent

l’ordre ancien font feu de tout bois pour

avorter ou noyer dans leur berceau

les sujets sociaux porteurs de la nouvelle

société. La violence est imposée

par ceux qui défendent un ordre social

fondamentalement injuste et non

par ceux qui luttent pour se libérer de

leurs chaînes. Nous le constatons aujourd’hui

au Venezuela, à Cuba et dans

tant d’autres pays de Notre Amérique.

Cela dit, quelle a été ma réponse

à mes interlocuteurs ? Oui, il y a une

révolution en cours au Venezuela et

la meilleure preuve en est que les

forces de la contre-révolution se sont

déchaînées dans ce pays avec une

intensité inhabituelle. Une véritable

tempête d’agressions et d’attaques de

toutes sortes, qui ne peut être comprise

que comme la réponse dialectique à

la présence d’une révolution dans le

processus de construction, avec ses

contradictions inévitables. C’est pourquoi

un test infaillible pour savoir si

un processus révolutionnaire est en

cours dans un pays est fourni par l’existence

de la contre-révolution, c’est-àdire

d’une attaque, ouverte ou cachée,

plus ou moins violente selon les cas,

destinée à détruire un processus que

certains "docteurs ès révolution" considèrent

inoffensif, réformiste ou même

pas. Mais les sujets de la contre-révolution

et de l’impérialisme, comme leur

grand chef d’orchestre, ne commettent

pas de telles erreurs grossières et avec

un certain instinct ils essaient par tous

les moyens de mettre un terme à ce

processus car ils savent très bien que,

une fois franchie une mince ligne sans

retour, le rétablissement de l’ancien

ordre avec ses exactions, privilèges et

prérogatives serait impossible. Ils ont

appris de ce qui s’est passé à Cuba et

ils ne veulent pas prendre le moindre

risque. La révolution est-elle toujours

inachevée au Venezuela ? Sans

aucun doute. Elle fait face à des défis

très sérieux en raison des pressions de

l’impérialisme et de ses propres faiblesses,

du cancer de la corruption ou de

certaines politiques gouvernementales

mal conçues et mal exécutées ? Sans

aucun doute. Mais c’est un processus

révolutionnaire qui tend vers une fin

inacceptable pour la droite et l’impérialisme,

et c’est pourquoi il est combattu

avec fureur.

En Colombie, par contre, les

forces de la contre-révolution agissent

de concert avec le gouvernement

pour tenter d’écraser la révolution

naissante qui frémit de l’autre côté de

la frontière. Ces forces visent-elles à

renverser les gouvernements du Honduras,

du Guatemala, du Pérou, du

Chili, de l’Argentine, du Brésil ? Non,

parce que dans ces pays il n’y a pas

de gouvernements révolutionnaires et

donc l’empire et ses pions ne ménagent

pas leurs efforts pour soutenir ces gouvernements

lamentables. Ils attaquent

le Venezuela ?. Oui, et aussi durement

que possible, en appliquant chacune

des recettes des guerres de cinquième

génération, parce qu’ils savent qu’une

révolution s’y déroule. Et pourquoi

tant de colère contre le gouvernement

de Nicolas Maduro ? Facile : parce que

le Venezuela possède la plus grande

réserve de pétrole de la planète et est,

avec le Mexique, l’un des deux pays

les plus importants au monde pour les

Etats-Unis, même si ses diplomates,

son académie et ses "paniaguados" des

médias rejettent avec moquerie cet argument.

C’est fatigant de les combattre

parce que ces gens remplissent simplement

le rôle qui leur est assigné et pour

lequel ils sont généreusement récompensés.

Le Venezuela a plus de pétrole

que l’Arabie Saoudite, et beaucoup

plus d’eau, de minéraux stratégiques

et de biodiversité. Et tout cela à trois

ou quatre jours de navigation des ports

américains. Et le Mexique a aussi du

pétrole, de l’eau (surtout au Chiapas),

de grandes réserves de minéraux

stratégiques et, comme si cela ne suffisait

pas, c’est un pays frontalier avec

les États-Unis. Un empire qui se croit

imprenable parce qu’il est protégé par

deux grands océans mais qui se sent

vulnérable par le sud, où une longue

frontière de 3169 kilomètres est son

talon d’Achille irrémédiable qui le place

face à une Amérique latine en perpétuelle

fermentation politique en quête de

sa seconde et définitive indépendance.

D’où l’importance absolument exceptionnelle

que revêtent ces deux pays,

une question qui est incompréhensiblement

sous-estimée, même par la

gauche. Et Cuba ? Comment expliquer

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les plus de soixante ans de harcèlement

contre cette île rebelle héroïque ?

Parce que depuis 1783, John Adams,

deuxième président des Etats-Unis, affirmait

dans une lettre de Londres (où il

avait été envoyé pour rétablir des liens

commerciaux avec le Royaume-Uni)

qu’étant donné le grand nombre de

colonies que la Couronne britannique

possédait dans les Caraïbes, Cuba devait

être annexée sans plus attendre

afin de contrôler la porte d’entrée au

bassin des Caraïbes. Cuba, enclave

géopolitique exceptionnelle, est une

vieille et maladive obsession américaine

qui commence bien avant le triomphe

de la Révolution cubaine.

Mais l’offensive contre-révolutionnaire

ne s’arrête pas dans les trois

pays mentionnés ci-dessus. C’est aussi

contre le gouvernement d’Evo Morales

en Bolivie, qui a réalisé une prodigieuse

transformation économique, sociale,

culturelle et politique, faisant de

l’un des trois pays les plus pauvres de

l’hémisphère occidental (avec Haïti et

le Nicaragua) l’un des plus prospères

de la région, selon des organisations

comme la CEPAL, la Banque mondiale

et la presse financière mondiale.

Il a repris le contrôle de ses richesses

naturelles, a sorti des millions de personnes

de l’extrême pauvreté et il l’a

fait avec Evo Morales, membre d’un de

ces groupes ethniques autochtones qui

est devenu président, un exploit historique

sans pareil dans cette partie du

monde. Et le Nicaragua est aussi dans

la ligne de mire, parce que peu importe

le nombre de défauts ou d’erreurs que

peut avoir la révolution sandiniste, la

simple présence d’un gouvernement

qui ne veut pas s’agenouiller devant

le Caligula américain (comme le font

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est plus que suffisante pour déchaîner

les furies de l’enfer contre son gouvernement.

Et, en outre, il y a la question

cruciale - en termes géopolitiques - du

nouveau canal inter-océanique que les

Chinois pourraient construire et qui

constitue un véritable crachat sur le

visage de ceux qui se sont emparés à

nouveau du canal de Panama et l’ont

saturé, une fois encore, de bases militaires

prêtes à semer la mort et la destruction

dans nos pays.

Je termine en rappelant une

phrase sage de Fidel quand il a dit que

" la principale erreur que nous avons

faite à Cuba a été de croire qu’il y avait

quelqu’un qui savait comment faire

Certes, il y a une révolution en cours au Venezuela

une révolution ". Il n’y a pas de manuel

ou de livre de recettes. Il s’agit de

processus continus. Il est nécessaire de

fixer nos regards non seulement sur le

moment présent, sur la foudre déconcertante

de la situation qui accable aujourd’hui

le Venezuela, mais aussi de

visualiser la direction du mouvement

historique et de prendre en compte

toutes ses contradictions. Ce faisant, il

ne fait aucun doute que le Venezuela

est au milieu d’un processus révolutionnaire

convulsé qui, espérons-le,

et "pour le bien de tous", comme l’a

dit Martí, finira par l’emporter sur les

forces de l’empire et la réaction. Notre

Amérique a besoin de cette victoire.

Tout effort pour faciliter un résultat

aussi heureux sera bienvenu.

*Atilio BORON. Sociologue argentin.

Détenteur d’un doctorat en sociologie

à Harvard University.

TeleSur 2 junio 2019

LGS 5 juin 2019

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12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019


Perspectives

Notre Mémoire se souvient!

Nzinga, la plus grande résistante contre la traite européenne

1581 – 1663

Par Frantz Latour

C

’est en 1581 que naît Nzinga,

fille de Ngola Mbandi, à la tête du

royaume de Ndongo. Elle est témoin

de la résistance de son père devant le

colonisateur portugais. Elle l’accompagne

souvent lors de ses randonnées

militaires. La puissance de feu des

Européens force Mbandi à reculer de

façon inexorable. A la mort du père,

le fils, Prince Mbandi, prend la relève.

Il lance une série d’attaques contre les

Portugais, mais il est systématiquement

vaincu. Le conseil des sages

recommande des négociations et un

traité de paix. A l’âge de 41 ans, en

1527, Nzinga sera mandatée pour le

faire.

Elle se rend à Luanda où

elle rencontre le gouverneur pour

discuter des modalités du traité. Elle

obtient le retrait des occupants de la

localité d’Anbaca ; Ndongo est exempté

de payer un tribut au gouvernorat.

Nzinga profite de son séjour

pour bien observer l’organisation

administrative et militaire des Portugais.

Quelques mois après, pourtant,

à la manière de tous les colonisateurs,

le gouverneur refuse de respecter les

accords. Après neutralisation de son

frère, le prince Mbandi, Nzinga prend

les pleins pouvoirs sous le nom de

Reina Ngola Mbandi Nzinga Bandi (la

reine dont la flèche atteint toujours le

but).

Elle mène ses troupes,

harcèle les Portugais utilisant des

méthodes de guérilla. Charismatique,

elle harangue ses soldats et conquiert

le royaume de Matamba où elle installe

sa capitale. Elle crée de larges

réseaux qui infiltrent les lignes ennemies.

Ceux-là lui apportent, armes,

munitions, informations qui l’aident à

enrichir son art de la guerre.

Nzinga, la plus grande résistante

contre la traite européenne en

Afrique

Elle en appelle aux Africains

servant dans les rangs des Portugais,

en appellent à leur conscience

patriotique, noue des liens avec les

royaumes voisins pour combattre les

Européens et en finir avec la mise en

esclavage de son peuple.

A l’âge de 66 ans, elle affronte

20 000 soldats de l’armée

coloniale portugaise à la bataille de

Senga. Elle profite de conflits entre

les Hollandais et les Portugais pour

le contrôle de la traite négrière. Elle

s’allie aux premiers. Des bataillons

entiers de Hollandais passent sous

son commandement. Ainsi, elle peut

s’emparer du port de Luanda. A l’âge

de 66 ans, elle bat les Portugais à la

bataille d’Ilamba.

A 73 ans, encore vigoureuse,

l’arme au poing, elle s’en va

par monts et vaux, forêts et savanes

récupérant les Africains qui se battent

sous drapeau portugais. Une partie

de sa tactique consistait à s’attaquer

aux Européens durant les saisons

paludéennes pendant lesquelles les

Portugais peu habitués aux rigueurs

de l’infection par les trois ou quatre

types de Plasmodium, étaient peu

portés à se battre. Les Portugais las

des pratiques de guérilla menées par

Nzinga finissent par négocier, reconnaissant

l’indépendance de Matamba

et d’une partie de Ndongo. Nzinga est

alors âgée de 76 ans.

Nzinga s’éteint en 1663 à

86 ans, après une vie dédiée à une

longue lutte pour la libération des

peuples d’Angola. Ndongo sera reconquis

seulement 8 ans après la

mort de Nzinga. L’esclavage sous différentes

formes sera maintenu par les

Portugais jusqu’en 1975, année de

l’indépendance de l’Angola.

Nzinga est considérée comme

la mère de l’Angola. Elle repose en

paix, protégée par la reconnaissance

et l’amour du peuple angolais et des

peuples africains.

Il y a 100 ans, la fondation de la IIIe Internationale !

Par Jules Legendre

Il y a un siècle, en mars 1919, la IIIe

Internationale (l’Internationale Communiste,

IC) tenait son premier Congrès

à Moscou. Ses dirigeants – dont Lénine

et Trotsky – la concevaient comme « le

Parti mondial de la révolution socialiste

». Au cours des quatre premières

années de son existence, c’est-à-dire

avant le début de sa dégénérescence

stalinienne, l’IC accomplit un travail

considérable et publia des documents

qui, un siècle plus tard, n’ont rien perdu

de leur pertinence. Revenons sur

son histoire – et ses leçons toujours

vivantes.

Zimmerwald, Berlin et Moscou

Lorsque la guerre mondiale éclate en

août 1914, la IIe Internationale – l’Internationale

Socialiste, fondée en 1889

– est présente en Amérique du Nord et

dans la plupart des pays d’Europe. Mais

la grande majorité de ses dirigeants

trahissent leurs engagements internationalistes

et, dans la grande boucherie

impérialiste, se rangent aux côtés

de leurs bourgeoisies respectives. La

vague patriotique et militariste emporte

tout. Seule une poignée d’organisations

et de militants – dont le parti bolchevik

russe – restent fidèles au marxisme

et à l’internationalisme. En septembre

1915, ils se réunissent à Zimmerwald,

en Suisse, pour proclamer leur opposition

à la guerre impérialiste.

Deux ans plus tard, en octobre

1917, les bolcheviks prennent le

pouvoir en Russie. Cette révolution

donne une énorme impulsion au mouvement

vers une IIIe Internationale.

Dès le début de la guerre, les bolcheviks

avaient constaté la faillite de la IIe

Internationale et appelé à la création

d’une nouvelle Internationale.

Comme l’expliquait Lénine, la

longue phase d’expansion du capitalisme,

dans les décennies précédant la

guerre, avait favorisé la dégénérescence

réformiste et nationaliste des

dirigeants de la IIe Internationale, qui

s’étaient habitués à la routine du travail

parlementaire et syndical. Ayant atteint

un point de rupture en 1914, cette évolution

imposait aux révolutionnaires

de rompre consciemment avec les réformistes

pour défendre les idées et les

méthodes révolutionnaires. Dans la

foulée d’Octobre 1917, des Partis Communistes

se réclamant de la Révolution

russe commencent à se constituer en

Allemagne, en Hongrie, aux Pays-Bas,

en Pologne et ailleurs. Dans le même

temps, des fractions communistes importantes

émergent dans les Partis Socialistes,

notamment en France et en

Italie.

Les bolcheviks ne veulent pas

perdre de temps. Ils décident de convoquer

une Conférence de fondation de la

nouvelle Internationale. De leur côté,

les communistes allemands (dirigés

par Rosa Luxemburg et ses camarades

spartakistes) sont convaincus de la nécessité

d’une nouvelle Internationale,

mais jugent qu’il est encore trop tôt

pour la créer formellement. Ils pensent

qu’il vaut mieux attendre que le communisme

se dote d’organisations de

masse, dans plusieurs pays, avant de

Trotsky et Lénine

proclamer la nouvelle Internationale.

Pour faire une concession aux communistes

allemands, les bolcheviks proposent

donc que la première réunion,

prévue pour mars 1919, ne soit qu’une

« Conférence préparatoire », et non un

véritable Congrès de fondation.

Le 2 mars 1919, 51 délégués

représentant des partis et des groupes

(souvent petits) de 22 pays se retrouvent

à Moscou. La plupart ont dû

franchir de sérieux obstacles pour se

rendre en Russie, toujours soumise

au blocus et à l’agression militaire

des puissances impérialistes. Plusieurs

délégués ont dû faire le trajet clandestinement

; d’autres ont été arrêtés en

route et ne peuvent assister à la Conférence.

L’enthousiasme est tel, pendant

la Conférence, qu’un délégué autrichien

propose qu’elle se transforme en Congrès

fondateur. Les délégués l’approuvent

presque tous. Seule la délégation

allemande s’abstient, par fidélité à

sa position initiale. Mais en réalité,

elle-même est saisie par l’état d’esprit

général et convaincue par les arguments

des bolcheviks. La IIIe Internationale

est née.

Une Internationale de masse

Son premier Congrès ne dure que quatre

jours. Il a surtout pour but de proclamer

l’existence de l’Internationale, formuler

ses principes fondamentaux et appeler

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les travailleurs à préparer la révolution.

Son impact sur le mouvement ouvrier

mondial est immédiat et puissant – ce

qui, au passage, valide la décision de

proclamer l’Internationale sans tarder.

La Révolution russe a une telle influence

que même des partis réformistes et

des organisations anarchistes (comme

la CNT en Espagne) se tournent vers la

nouvelle Internationale. En l’espace de

deux ans, l’IC s’étend à tous les continents

et regroupe non seulement de petites

organisations communistes, mais

aussi des partis de masse.

En France, le Congrès de Tours,

en décembre 1920, voit la majorité de

l’ancienne SFIO (socialiste) se rallier

à l’IC et constituer un Parti Communiste

de plus de 100 000 membres.

En Allemagne, la majorité du Parti

social-démocrate indépendant fait le

même choix et fusionne avec le petit

Parti Communiste créé en 1918 par

Rosa Luxemburg (avant son assassinat),

donnant ainsi naissance à un Parti

Communiste de plusieurs centaines

de milliers de membres.

Ce succès de l’IC présente un

danger : entraînés par le courant,

suite à la page(19)

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

L’accès à l’eau potable est un

droit humain, alors pourquoi la

Palestine est-elle une exception ?

« Si la gauche ne perçoit pas la gravité

du moment que vit le Brésil, elle sera

écrasée par l’histoire »

Les forces israéliennes ont confisqué des compteurs d'eau dans la

vallée du Jourdain - Photo: Activestills.org

Par Ramzy Baroud

L

’accès libre à l’eau potable est un

droit humain fondamental. Il ne

s’agit pas seulement d’une affirmation

de bon sens, mais aussi d’un

engagement juridique contraignant,

inscrit dans le droit international. En

novembre 2002, le Comité des droits

économiques, sociaux et culturels

de l’ONU a adopté l’ « Observation

générale n° 15 » concernant le droit à

l’eau : « Le droit à l’eau est indispensable

pour mener une vie digne. Il est

une condition préalable à la réalisation

des autres droits de l’homme. » (Article

11)

Le débat sur l’eau en tant que

droit de l’homme a culminé des années

plus tard avec la résolution 64/292 de

l’Assemblée générale des Nations Unies

du 28 juillet 2010. Explicitement, elle «

Reconnaît que le droit à l’eau potable,

propre et salubre et à l’assainissement

est un droit fondamental, essentiel à la

pleine jouissance de la vie et à l’exercice

de tous les droits de l’homme. »

C’est tout à fait logique. Il n’y a

pas de vie sans eau. Cependant, comme

tous les autres droits de l’homme,

il semble que les Palestiniens se voient

refuser ce droit également.

Il y a une crise de l’eau qui affecte

le monde entier, et elle est plus prononcée

au Moyen-Orient. Les sécheresses

liées au changement climatique, les

précipitations imprévisibles, l’absence

de planification centralisée, les conflits

militaires et bien d’autres facteurs ont

entraîné une insécurité sans précédent

en matière d’eau.

La situation est toutefois encore

plus compliquée en Palestine, où la crise

de l’eau est directement liée au contexte

politique plus général de l’occupation

israélienne : apartheid, colonies juives

illégales, siège et guerre. Si l’aspect militaire

de l’occupation israélienne a fait

l’objet à juste titre de beaucoup d’attention,

les politiques coloniales de l’État

en matière d’eau en reçoivent beaucoup

moins, mais elles constituent un problème

urgent et critique.

En effet, la maîtrise totale de

l’eau a été l’une des premières politiques

adoptées par Israël après la mise

en place du régime militaire suite à l’occupation

de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie

et de la Bande de Gaza en juin

1967. Les politiques discriminatoires

d’Israël – l’utilisation et l’abus qu’il fait

des ressources en eau palestiniennes –

peuvent être qualifiées d’ « apartheid de

l’eau ».

La consommation excessive

d’eau par Israël, l’utilisation erratique

des barrages et le déni du droit des Palestiniens

à leur propre eau ou le creusement

de nouveaux puits ont tous eu

Par Rachel Knaebel

Voilà six mois que le Brésil est

gouverné par un président d’extrême

droite, Jair Bolsonaro.

Après avoir libéralisé le port

d’armes, il s’attaque aux universités

publiques en coupant massivement

leurs budgets et s’apprête

à démanteler le système de

retraites par répartition. Comment

résistent les mouvements

sociaux ? La gauche brésilienne

peut-elle rebondir et incarner

un nouveau projet d’émancipation

? Entretien avec la députée

Manuela D’Avila, qui a été candidate

à la vice-présidence lors

de l’élection présidentielle aux

côtés de Fernando Haddad, battu

par Bolsonaro, que Basta a

rencontrée lors de sa visite à

Paris !

Basta ! : Ce 5 juin à Paris, le

ministère de l’Économie a accueilli

un forum économique franco-brésilien,

avec des représentants

du patronat brésilien, un

membre du gouvernement de

Bolsonaro et le patronat français,

pour parler des privatisations en

cours au Brésil. Quel est le rôle

des économies et des dirigeants

des pays européens dans ce moment

politique dramatique que le

Brésil est en train de vivre ?

Manuela D’Avila [1] :

Bolsonaro s’est résigné à ce que

le Brésil occupe le rôle d’une

nouvelle colonie. C’est son projet,

et un problème grave pour

le Brésil. Il faut que les gens sachent

que le gouvernement de

des conséquences environnementales

considérables et peut-être irréversibles.

Ils ont fondamentalement modifié tout

l’écosystème aquatique.

En Cisjordanie, Israël utilise l’eau

pour cimenter la dépendance palestinienne

actuelle vis-à-vis de l’occupation.

Il utilise une forme cruelle de dépendance

économique pour maintenir les

Palestiniens dans un état de sujétion et

de subordination. Ce modèle est soutenu

par le biais du contrôle des frontières,

des postes de contrôle militaires,

de la perception des taxes, des fermetures,

des couvre-feux militaires et du

refus d’accorder des permis de construire.

La dépendance à l’égard de l’eau est

un élément central de cette stratégie.

L' »Accord intérimaire sur la Cisjordanie

et la Bande de Gaza », connu

sous le nom d’Accord d’Oslo II, signé

à Taba (Égypte) en septembre 1995, a

cristallisé l’injustice d’Oslo I, signé en

septembre 1993. Plus de 71 % de l’eau

de l’aquifère palestinien ont été mis à

la disposition d’Israël, et seulement 17

% ont été alloués à l’usage palestinien.

Plus épouvantable encore, le

nouvel accord introduisait un mécanisme

qui obligeait les Palestiniens à

acheter à Israël leur propre eau, ce qui

consolidait encore davantage la relation

client-propriétaire entre l’Autorité

palestinienne et l’État occupant.

La compagnie des eaux israélienne

Mekorot, entité publique propriété

à 100% de l’état, abuse de ses privilèges

pour récompenser et punir les Palestiniens

comme bon lui semble. Au

cours de l’été 2016, par exemple, des

communautés palestiniennes entières

en Cisjordanie occupée se sont retrouvées

sans eau parce que l’Autorité palestinienne

n’avait pas payé à Israël des

sommes considérables pour racheter

l’eau prélevée sur les ressources naturelles

palestiniennes.

Déconcertant, n’est-ce pas ? Et

pourtant, nombreux sont ceux qui se

demandent encore pourquoi Oslo n’a

pas réussi à instaurer cette « paix » tant

convoitée.

Regardez les chiffres pour apprécier

à sa juste valeur cet apartheid de

l’eau : Les Palestiniens de Cisjordanie

utilisent environ 72 litres d’eau par personne

et par jour, contre 240-300 litres

pour les Israéliens. La responsabilité

politique d’une répartition aussi inégale

des ressources en eau disponibles peut

être attribuée à la fois à la cruelle occupation

israélienne et à la vision à court

terme des dirigeants palestiniens.

La situation à Gaza est pire encore.

Le territoire sera officiellement «

inhabitable » d’ici 2020, selon un rapport

de l’ONU. C’est l’année prochaine.

La principale raison de cette tragique

prédiction est la crise de l’eau à Gaza.

Selon une étude menée par l’organisation

caritative internationale

Oxfam, « moins de quatre pour cent de

l’eau douce [à Gaza] est potable et la

mer environnante est polluée par les

eaux usées ». Les chercheurs d’Oxfam

ont conclu que l’augmentation spectaculaire

des problèmes rénaux dans

la Bande de Gaza est dangereusement

liée à la pollution de l’eau. Les crises

de l’eau et de l’assainissement à Gaza

s’aggravent tandis que les fermetures

fréquentes de la seule centrale électrique

de l’enclave qui fonctionne éliminent

tout espoir de remède.

La RAND Corporation dont le

siège est aux États-Unis a trouvé qu’un

quart de toutes les maladies dans la

Bande de Gaza assiégée sont transmises

par l’eau. Les estimations de la

RAND ne sont pas moins tragiques. Elle

signale que, selon les normes de l’Organisation

mondiale de la santé (OMS),

97% de l’eau de Gaza est impropre à

la consommation humaine. En termes

de souffrance humaine, cette réalité ne

peut être qualifiée que d’effroyable.

Les hôpitaux de la Bande de Gaza

tentent de lutter contre l’épidémie massive

de maladies causées par l’eau insalubre

alors qu’ils sont sous-équipés,

victimes de coupures d’électricité et ne

disposent pas eux-mêmes d’eau potable.

« L’eau est souvent indisponible à

Al-Shifa, le plus grand hôpital de Gaza

« , poursuit le rapport de la RAND. «

Même lorsqu’elle est disponible, les

médecins et les infirmier.e.s sont incapables

de se stériliser les mains pour

pratiquer des interventions chirurgicales

à cause de la qualité de l’eau. »

La députée Manuela D’Avila, qui a

été candidate à la vice-présidence

lors des dernières élections

présidentielles

Bolsonaro ne respecte pas les

droits humains, incite à leur violation,

et milite même pour leur

disparition. C’est quelque chose

que tout dirigeant européen doit

prendre en compte dans les relations

qu’il entretient avec le gouvernement

brésilien.

Manifestation étudiante contre les coupes budgétaires massives dans les

universités publiques, le 30 mai, à Rio de Janeiro /

Selon Circle of Blue, plateforme

de médias environnementaux, sur les

2 millions d’habitants de Gaza, seuls

10% ont accès à de l’eau potable. «

Mes enfants tombent malades à cause

de l’eau « , a déclaré à Circle of Blue,

Madlain Al-Najjar, mère de six enfants

vivant dans la Bande de Gaza, « Ils

souffrent de vomissements et de diarrhées.

Souvent, je peux dire que l’eau

n’est pas propre, mais nous n’avons

pas d’autre choix. »

L’hebdomadaire britannique l’Independent

a rendu compte de l’histoire

de Noha Sais, 27 ans, mère de cinq enfants,

qui vit à Gaza. « Au cours de l’été

2017, tous les enfants de Noha tombèrent

soudainement malades, pris de

vomissements incontrôlables et furent

bientôt hospitalisés. Les eaux sales

de la méditerranée qui borde Gaza les

avaient empoisonnés.

« Le plus jeune, Mohamed, gamin

de cinq ans d’habitude en bonne

santé et turbulent, a contracté de la mer

un virus inconnu, qui a pris possession

de son corps et de son cerveau. Trois

jours après la sortie, il est tombé dans

le coma. Une semaine plus tard, il était

mort.

Noha a déclaré au journal que :

« Les médecins ont dit que l’infection

était causée un germe provenant de

l’eau de mer polluée, mais ils n’ont

pas pu déterminer exactement ce que

c’était. Ils m’ont juste dit que même si

mon fils se remettait, il ne serait plus

jamais le même – ce serait un légume. »

De nombreux cas similaires sont

signalés dans tout Gaza, et il n’y a pas

Basta ! : Quelles sont les

mesures législatives les plus inquiétantes

que le gouvernement

a prises depuis six mois au pouvoir

?

Manuela D’Avila : Le

président gouverne par décret. Il

n’a pas fait voter de lois car il ne

considère pas le Congrès comme

nécessaire pour gouverner. Bolsonaro

a par exemple libéralisé

par décret, et presque sans aucune

restriction, le port d’armes,

dans un pays qui compte déjà

62 000 victimes d’homicides par

an, où les discours prônant la violence

politique se renforcent, et

alors qu’une élue de Rio de Janeiro

a été exécutée l’an dernier

[2]. Par décret, il a décidé de

couper 30 % des financements de

toutes les universités publiques.

de fin en vue. La politique de l’eau d’Israël

s’inscrit dans le cadre d’une guerre

beaucoup plus vaste contre le peuple

palestinien, destinée à renforcer son

contrôle colonial.

A en juger par les éléments de

preuve, les sionistes n’ont pas « fait

fleurir le désert », comme le prétend

la propagande israélienne. Depuis son

implantation sur les ruines de plus de

cinq cents villes et villages palestiniens

détruits entre 1947 et 48, Israël a fait

exactement le contraire.

« La Palestine comporte un vaste

potentiel de colonisation que les Arabes

n’ont pas besoin d’exploiter ni ne

sont qualifiés pour le faire « , écrivait en

1937 à son fils Amos, David Ben Gourion,

l’un des pères fondateurs et premier

Premier ministre d’Israël. Cependant,

Israël sioniste n’a pas seulement «

exploité » ce « potentiel de colonisation

» ; il a également soumis la Palestine

historique à une campagne de destruction

cruelle et implacable qui n’a pas

encore cessé.

Il est probable que cela continuera

tant que le sionisme prévaudra en

Israël et en Palestine occupée ; c’est une

idéologie d’exploitation, hégémonique

et raciste. Si l’accès à l’eau potable est

effectivement un droit humain, pourquoi

le monde permet-il à Israël de faire

de la Palestine et de son peuple une exception

?

The Palestine Chronicle

31 mai 2019

Traduction: Chronique de Palestine

– MJB-6 juin 2019

14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019


Il cherche ainsi à en finir avec

l’éducation publique, et avec la

recherche fondamentale qui, au

Brésil, se mène dans les universités.

Bolsonaro prépare également

une réforme des retraites,

qui marquera la fin de toute perspective

de pensions via le système

public [retraites par répartition,

basées sur les cotisations

des salariés, ndlr], dans un pays

qui compte à l’heure actuelle près

de 14 millions de personnes sans

emploi, des personnes qui n’ont

déjà pas de salaire pour survivre.

Basta ! : Pourrait-il faire

passer la réforme des retraites

par décret ?

Manuela D’Avila : Non.

Mais il pourrait réussir à faire

adopter la réforme par le Congrès.

Il existe au Congrès un

groupe de députés centristes

anti-Bolsonaro, démocratique,

mais libéral économiquement.

C’est un dilemme, car il y a

un agenda qui rapproche les

libéraux et Bolsonaro : l’agenda

économique. De notre côté, nous

voulons nous allier aux libéraux

pour défendre la démocratie et

les droits fondamentaux, mais

il n’est pas sûr que ce combat

soit aussi déterminant pour eux

que l’agenda économique. Nous

verrons ce qu’il en sera avec le

projet de loi anti-crime que veut

faire passer le ministre de la justice

Sergio Moro [le juge qui a

décidé de l’emprisonnement de

Lula, ndlr]. Ce projet va légaliser

et renforcer l’impunité de la

violence policière, qui tue déjà

des milliers de personnes [Entre

2009 et 2016, 21 892 personnes

ont été tuées par des policiers au

Brésil, soit 2700 personnes par

an, ndlr], et vise à faire des organisations

de gauche des organisations

criminelles.

Basta ! : Les syndicats

brésiliens sont-ils affaiblis ?

Quelles sont les forces d’opposition

au gouvernement ?

Manuela D’Avila : Les

syndicats ont déjà été attaqués

sous le gouvernement précédent

de Michel Temer (droite). Il avait

lancé une réforme du droit du

travail, qui a largement précarisé

les salariés, et a retiré des ressources

financières importantes

pour les syndicats en supprimant

la contribution syndicale obligatoire.

Une grève générale, la plus

grande grève des 20 dernières

années, a cependant empêché

la première tentative de réforme

CC Mídia Ninja

des retraites qui avait alors été

initiée.

Aujourd’hui, l’opposition

vient surtout du monde de l’éducation,

avec des manifestations

amples, populaires, qui ne sont

pas organisées par la gauche.

Du point de vue numérique, les

manifestations étudiantes des 15

et 30 mai sont très impressionnantes.

Je n’ai jamais vu un mouvement

étudiant comme celui-ci.

Si les coupes budgétaires annoncées

sont réalisées, des universités

fédérales vont devoir fermer

dans les trois mois qui viennent.

Nous avons démocratisé l’université

au Brésil : nous comptons

deux fois plus d’étudiants

aujourd’hui que lorsque j’étais

moi-même étudiante. Toute une

génération d’étudiants sont les

premiers de leur famille à entrer

à l’université. C’est quelque

chose de très important. Je ne

pense donc pas que ce mouvement

social va s’arrêter.

Basta ! : L’accès à l’éducation,

à la santé, les programmes

sociaux qui ont sorti des centaines

de milliers de familles de

la pauvreté, comme la Bolsa familia...

L’ensemble des politiques

de lutte contre les inégalités

menées par la gauche au pouvoir

entre 2002 et 2016 sont-elles intégralement

menacées par l’extrême

droite ?

Manuela D’Avila : Ce n’est

même plus une menace, c’en

est déjà presque fini de ces programmes.

Le programme Mais

médicos [« plus de médecins »]

pour couvrir médicalement les

zones isolées a été bloqué avec

un argument idéologique. Les

médecins du programme étant

en majorité cubains, et comme,

selon le gouvernement, « Cuba

est une dictature communiste

», les médecins cubains ont été

renvoyés. Mais très peu de médecins

brésiliens acceptent de

travailler dans les communautés

retirées où étaient implantés les

médecins du programme. Le résultat,

c’est que leur départ pourrait

causer 100 000 morts précoces

d’ici 2030, par manque de

couverture médicale [3]

Basta ! : Quelles sont les

possibilités d’actions des partis

de gauche au Parlement ?

Manuela D’Avila : Le

groupe du Parti des travailleurs

[PT, le parti de l’ex président

Lula] est le plus gros groupe politique

à la chambre des députés.

Mais son influence est limitée

à cause du nombre important

de partis représentés. Il ne

représente pas plus de 10 % des

députés. C’est peu. Cela ne signifie

pas pour autant que le gouvernement

dispose d’une large

majorité. De toute façon, Bolsonaro

ne cherche pas le dialogue au

Congrès, il cherche juste à solidifier

sa base. C’est pour cela qu’il

gouverne par décret. Sa base

s’est radicalisée, devient encore

plus violente politiquement. Les

manifestations de partisans de

Bolsonaro, organisées le 26 mai

en soutien à sa politique ont été

moins importantes en nombre

que celles de l’opposition, que les

nôtres. Elles ont cependant réuni

beaucoup de gens, avec une base

avant tout composée des évangélistes

pentecôtistes, les plus

radicalisés des évangélistes.

Basta ! : Que se passe-t-il

au sein de la gauche, pour éviter

de subir de nouvelles défaites ?

Manuela D’Avila : Les

élections municipales auront

lieu l’année prochaine. Ce sera

un espace pour expérimenter

l’union et des transformations.

J’ai beaucoup d’espoir : malgré

les limites au sein des directions

des partis, la population envoie

des messages très clairs qui disent

que c’est la voie à suivre. Qui

ne perçoit pas la gravité du moment

que vit le Brésil sera écrasé

par l’histoire.

Basta ! : En Europe, et en

France, les extrêmes droites continuent

de prospérer. Avez-vous

un conseil pour y faire face ?

Manuela D’Avila : L’extrême

droite au Brésil fait beaucoup

de mal aux Brésiliens, l’extrême

droite européenne fait du

mal au monde entier. Imaginez

une Europe entière dirigée par

des Bolsonaro ! Mais les situations

sont différentes. Vous luttez

en Europe contre une extrême

droite qui veut fermer ses frontières

à d’autres peuples. De notre

côté, nous luttons contre des

personnes qui font allégeance

à d’autres pays et le salut militaire

devant leurs drapeaux [en

référence à l’accueil par Bolsonaro,

fin 2018, du conseiller à

la sécurité nationale de Trump,

John Bolton, quand le président

brésilien, déjà élu, a alors effectué

un salut militaire face au

drapeau étoilé, ndlr] [4].

Basta ! : D’où peut venir

la résistance, la perspective d’un

projet politique prônant l’égalité

?

Manuela D’Avila : Nous

devons observer avec une grande

attention ce qui se passe dans le

monde et quelles sont les voies

de construction des résistances.

Je suis une femme brésilienne.

Dans mon pays, être une femme,

être noir, être indigène, cela signifie

beaucoup de choses. Il est

impossible de dissocier la classe,

le genre et la race. Qui résiste le

plus au Brésil aujourd’hui ? Qui

commence à construire des alternatives

? Ce sont les femmes,

très jeunes souvent.

Les femmes noires sont

les premières à prendre la tête

des résistances. Car ce sont les

premières à être abandonnées

par le pouvoir, les premières

touchées par la diminution des

politiques publiques et par le

renforcement de l’État policier.

Leurs enfants sont ceux qui

sont le plus tués par la police. De

JOBS

l’autre côté, elles luttent aussi

pour être libres. Je suis marxiste,

je suis du Parti communiste du

Brésil, je suis évidemment convaincue

que la résistance passera

par les travailleurs. Mais il s’agit

aussi, et en particulier, de cet

ensemble de travailleurs-là, les

femmes et les femmes noires. Au

Brésil, les travailleuses noires vivent

l’inégalité de manière beaucoup

plus intense que les travailleurs

blancs.

Notes

[1] Manuela D’Avila,

37 ans, a été candidate à la

vice-présidence du Brésil, aux

côtés de Fernando Haddad (Parti

des travailleurs), battu au second

tour par Jair Bolsonaro. Elle

est membre du Parti communiste

brésilien, a été députée fédérale

de 2007 à 2015 et est actuellement

députée de l’État de Rio

Grande do Sul.

[2] Marielle Franco, conseillère

municipale de Rio de Janeiro,

du parti de gauche Psol,

assassinée en pleine rue le 14

mars 2018. L’un des miliciens

soupçonnés d’être lié à son assassinat

est proche d’un des fils

de Jair Bolsonaro.

[3] Voir cet article de la Revista

Forum.

[4] Voir cet article de The

Intercept.

Basta ! 6 Juin 2019

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Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (3)

transformée en grève, les portes de

nombreuses écoles sont fermées et des

barricades de pneus enflammés ont été

érigées en divers endroits.

En fait les banques, les supermarchés

et les stations de gaz n’ont

pas pu ouvrir leurs portes sauf les

débrouillards qui n’ont pas d’autres

alternatives que de prendre le risque

d’étaler leur marchandise.

Par ailleurs, devant le bâtiment

du Rex Théâtre au Champ de Mars, dès

le vendredi 7 juin la mobilisation a été

entamée par une exposition de photos

de façon à sensibiliser la population

sur l’état des faits et surtout sur le cas

particulier de cet établissement culturel

qui a été totalement endommagé lors

du terrible séisme du 12 janvier 2010.

Sous l’administration de Michel

Martelly/Laurent Lamothe, le second

rapport de la cour supérieure des

comptes a rapporté que rien n’a été

fait sauf pour quelques couches de

peintures qui ont été appliquées sur

les devantures de l’édifice et qui aurait

coûté 5,061,139.92 dollars américains,

ce qui a profondément indigné

les manifestants dont la majorité d’entre

eux vit dans des conditions précaires.

Le seul moyen au peuple de venir

à bout de ce régime de bandits et

de mercenaires est de continuer la mobilisation

!

Suite de la page (8)

pression des différents organismes des

droits humains dans le pays entre autres

: RNDDH, CRESFED, PAJ, SKL,

CE-JILAP, CONHANE et CARDH sur le

Président du Sénat Carl Murat Cantave,

en vue de la levée de l’immunité parlementaire

de l’élu, rien n’a été fait en ce

sens. Or, selon ces organisations, « Le

sénateur de l’Artibonite, Monsieur Garcia

Delva, a été officiellement identifié

par la Commission Justice et Sécurité

publique du Sénat comme un parlementaire

ayant des rapports réguliers

avec l’un des groupes armés les plus

criminels, dirigé par Arnel Joseph ».

Ces organisations ne s’adressent pas

seulement au Président de la haute Assemblée.

Elles s’adressent aussi à l’ensemble

des pouvoirs publics, principalement

au gouvernement pour qu’ils

entreprennent des démarches auprès

du Sénat afin de mettre Garcia Delva

à disposition de la justice afin qu’il

réponde de ses relations avec un chef

de gang recherché par toutes les forces

de l’ordre du pays. Quelle était la nature

des conversations et des échanges

téléphoniques de l’élu avec l’auteur

présumé du massacre de La Saline ? 24

appels en plus de deux semaine ! C’est

beaucoup entre un forcené ardument

recherché, traqué par la police et un

parlementaire qui, de toute évidence,

cherche à protéger le fugitif. Ces organisations

de défense des droits humains

s’insurgent contre la complaisance des

autorités étatiques et judiciaires devant

le comportement des élus qui pactisent

avec des criminels qui font de l’insécurité

dans le pays et dans la région de

Port-au-Prince une arme pour asseoir

et étendre leur pouvoir. Elles rappellent

que depuis le massacre de La Saline en

novembre 2018 jusqu’à la tuerie de

Carrefour-Feuilles dans la nuit du 24

avril 2019, sans oublier la tuerie du bidonville

de « Tokyo » à Delmas 2 dans

les soirées du 20 au 22 avril 2019, les

autorités se sont contentées d’appeler la

population à la vigilance et à coopérer

avec la police.

Pour tous ces organismes, le

gouvernement doit agir et faire pression

lui aussi sur le Parlement pour la

levée de l’immunité de tous les parlementaires

qui protègent les chefs de

gangs en échange de leur propre protection

auprès des groupes armés. En

tout cas, il est devenu évident pour tout

le monde qu’il existe entre les gangs

armés et certains responsables politiques,

des élus et des membres du pouvoir

en place des liens très forts qui, en

dehors même de la faiblesse de la justice,

compliquent gravement le travail

de la police. Le massacre du 1 er au 14

novembre 2018 dans le bidonville de

La Saline a au moins apporté la preuve

presqu’officielle des liens existant entre

le pouvoir et la plupart des groupes

armés et leurs chefs dans le pays. Il

reste à comprendre dans quel but.

C.C

Suite de la page (7)

et meurtri par les puissances

néo-esclavagistes, Haïti ne peut pas

se permettre de dévier de ses principes

fondateurs et utiliser sa voix

contre les autres peuples exploités;

et encore moins contre un peuple

comme celui du Venezuela qui lui

a tendu la main pour la sortir de

la merde dans laquelle ces mêmes

requins l’ont plongée pendant plus

de deux siècles. Par extension, Haïti

ne devrait pas ménager ses efforts

pour défendre les droits des peuples

exploités, comme ceux des Palestiniens.

Nous sommes déjà dans

la crasse, il n’y a rien à sauver. La

seule chose que nous pouvons faire

c’est de nous donner une mission

noble qui rappelle la force de caractère

de nos ancêtres.

En parlant des Palestiniens,

c’est triste de voir l’ambassadeur de

Jovenel Moïse aux États-Unis qui est

allé solliciter de l’aide des financiers

Juifs en guise de récompense pour

le vote d’Haïti aux Nations-Unies

qui avait permis la création de l’État

juif. Pour les gens pourvus de bon

sens, ce vote d’Haïti était pourtant

catastrophique, autant pour Haïti

que pour le peuple palestinien et

l’humanité. Comment quelqu’un

peut-il s’enorgueillir d’avoir créé

un tel monstre? D’ailleurs, il est

aussi prouvé historiquement que

les juifs étaient les plus grands investisseurs

dans le commerce triangulaire.

Comment peut-on justifier

un vote en faveur de quelqu’un

qui avait investi son capital dans la

marchandisation de ses propres ancêtres?

Tout comme Jovenel Moïse

aujourd’hui qui se range du mauvais

côté de l’histoire et vote contre

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Si vous croyez que Jonevel Moïse ne doit des comptes qu’à vous, chers

membres du « Core Group », ah! vous êtes en train de commettre la même

erreur que Napoléon Bonaparte avait regrettée toute sa vie.

le peuple vénézuélien pour s’accrocher

au pouvoir, il est clair que

François Duvalier avait pris cette

décision pour plaire à ses maîtres

en vue de se maintenir au pouvoir.

Mais contrairement au peuple palestinien,

le peuple vénézuélien a

des liens historiques, politiques et

fraternels très forts avec le peuple

haïtien. S’il veut montrer qu’il n’est

pas l’un des individus à faible quotient

intellectuel, comme son maître

traite les Noirs, il doit prendre cette

variable en compte dans l’équation.

Aujourd’hui, le peuple haïtien

arpente les rues avec un gallon

en main pour s’approvisionner en

essence parce qu’en bon esclave,

Jovenel Moïse a décidé de suivre

les ordres de Donald Trump et

abandonner le peuple vénézuélien.

Je ne dis même pas président Nicolas

Maduro, puisque celui-ci n’est

que l’isolant qui sépare le peuple

vénézuélien de la catastrophe que

Donald Trump et les corporations

pétrolières multinationales veulent

imposer à ce dernier. Donc, c’est le

peuple haïtien qui doit payer la facture

pour maintenir Jovenel Moïse

au pouvoir, littéralement, pour ne

rien faire. En effet, lorsqu’il est allé

rencontrer Donald Trump à Mar-a-

Largo avec les autres esclaves de

Ste-Lucie, des Bahamas, de la République

Dominicaine et de la Jamaïque,

Haïti était la seule à ne pas

avoir eu des intérêts directs dans

les discussions.

Il serait honteux de trahir nos

valeurs et vendre un ami comme le

Venezuela pour quelques poignés

de dollars, mais voyons les choses

de plus près. Tandis que la République

Dominicaine et la Jamaïque

cherchaient à s’approprier des intérêts

du peuple vénézuélien dans

les compagnies pétrolières de l’État

vénézuélien installées chez eux, les

Bahamas défendaient des intérêts

purement économiques allant de

la facilitation des investissements

étrangers et d’autres intérêts liés à

l’intégration de l’économie Bahaméenne.

Pour sa part, Allen Chastanet

de Ste-Lucie qui est évidemment

un premier ministre blanc

dans un pays à prédominance noir

et qui parle l’anglais dans un fort

accent américain, avait fait des

études aux États-Unis. Comme fils

d’un homme d’affaires influent de

Ste-Lucie, il était présent tout aussi

comme un représentant de la classe

d’affaires de Ste-Lucie en quête

de nouvelles opportunités. Quant

à Jovenel Moïse, sa seule préoccupation

était de se maintenir au

pouvoir pendant cinq ans. Comme

John Bolton l’a bien laissé comprendre

récemment, si l’appropriation

des ressources pétrolières du

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Venezuela est la cause première de

cet acharnement états-unien contre

le pays, l’idée d’étouffer le peuple

vénézuélien va bien au-delà de

cette perspective. Les colons corporatistes

états-uniens voient dans

la démise du Venezuela un moyen

d’étouffer Cuba aussi économiquement

que politiquement. Lorsqu’on

considère l’importance de

la générosité cubaine à l’endroit

d’Haïti, on se demande jusqu’à

quel point les Haïtiens sont prêts

à accepter cette mascarade comme

coût à payer pour maintenir Jovenel

Moïse au pouvoir et traîner Haïti

dans la boue?

Finies les solutions cliniques

Aujourd’hui, beaucoup de voix

s’élèvent pour réclamer le départ

de Jovenel Moïse de la tête du pays

dans l’espoir de trouver une solution

aux problèmes d’insécurité,

d’impunité, de la mètdamité, de la

cherté de la vie, etc. et il faut le dire

que ce sera un bon départ. Mais ce

qu’il faut surtout savoir c’est que

Jovenel Moïse n’est qu’un pion de

ce jeu d’échec historique interminable

placé par les colons locaux et internationaux

pour maintenir les esclaves

révoltés de Saint-Domingue

dans la crasse. Donc, en renversant

Jovenel Moïse, il ne leur prendra

pas longtemps pour se trouver un

nouveau pion qui saura remplacer

Jovenel Moïse avec le même niveau

d’efficacité et de dévouement qu’on

crédite à ce dernier. D’ailleurs, ils

n’auront qu’à chercher parmi ceuxlà

mêmes qui s’opposent aux politiques

et pratiques de Jovenel Moïse

et qui sont parfois à la tête des

manifestations anti-Jovenel pour en

trouver un.

Qu’il s’agit de Ti Pierre, de Ti

Jacques ou de tutti quanti, on n’a

pas besoin de grosses sommes pour

acheter l’âme de ces voyous qui se

posent comme l’alternative à ces

cancres démodés et sanguinaires.

Ce qu’il faut comprendre c’est que le

symptôme observé est toujours une

conséquence de la maladie et non

la maladie en soi. Donc, s’il faut

bien se débarrasser du symptôme

pour de bon, il faut surtout guérir la

maladie. Ainsi, pour éviter d’avoir

à reprendre les rues tous les mois

pour déraciner ces cocherelles et

poser un pansement souillé de leurs

propres œufs sur la plaie qu’ils provoquent,

il faut surtout neutraliser

le virus qui les produit. Ce sera

alors, et seulement alors, que le

pays pourra reprendre son cours et

nos enfants pourront respirer l’air

de liberté qu’ambitionnait Jean-

Jacques Dessalines en entreprenant

le projet de l’indépendance.

Wilner Prédélus

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019


A Travers le Monde

Les manifestants soudanais trouvent de nouvelles tactiques

de désobéissance civile !

Par Kaamil Ahmed

accusé du massacre de la semaine

dernière. Construites à partir des

milices Janjawid accusées d’avoir

commis des crimes de guerre dans

la région du Darfour-Ouest au début

des années 2000, les FSR se sont

maintenant étendues à Khartoum.

Alors que les manifestants au

sit-in dressaient leurs barricades

et faisaient face aux soldats qui

étaient souvent assis juste en face

d’eux, les leaders de la protestation

comme la SPA appellent maintenant

les manifestants à être plus

prudents.

La désobéissance civile, disentils,

est la nouvelle phase de

leur mouvement.

Elle est entrée pleinement en vigueur

dimanche, avec l’abandon

des rues de Khartoum et d’autres

villes et la fermeture de commerces.

Des banques ont été fermées, des

vols à l’aéroport de Khartoum ont

été annulés et l’exploitation de

Port-Soudan a été interrompue,

Barricades dans une rue au Soudan

malgré les tentatives du conseil

militaire de forcer le personnel à

travailler au cours de la semaine

dernière.

La SPA a déclaré que des

employés de l’aviation, de la compagnie

d’électricité et des banques

avaient tous été arrêtés dans le but

de les forcer à travailler pendant la

campagne de désobéissance civile.

Les manifestations ont commencé

en décembre, lorsque des citoyens

de la ville d’Atbara, au nord

du pays, exaspérés par l’augmentation

du coût de la vie, ont incendié

le siège du parti au pouvoir.

L’image s’est répandue, et

bientôt les villes à travers le Soudan

ont protesté, appelant à la fin

du règne de Béchir après 30 ans au

pouvoir. Ils ont atteint cet objectif

le 11 avril, quelques jours après

le début du sit-in devant le siège

de l’État-major de l’armée à Khartoum,

mais ils ont été furieux que

le CMT le remplace.

Le sit-in s’est maintenu, et

les dirigeants de la protestation ont

été en négociations avec les militaires

pour un transfert du pouvoir

aux civils, mais le processus, déjà

stagnant, a été interrompu par l’attaque

soudaine du sit-in la semaine

dernière.

Depuis lundi, l’Internet a

presque complètement cessé de

fonctionner dans tout le pays et les

hommes des FSR se sont déployés

dans tout Khartoum, accusés d’attaquer

des passants régulièrement

et au hasard, tandis que ces derniers

jours, des témoins oculaires ont

signalé une augmentation du nombre

de harcèlements menés par des

bandes d’inconnus dans les rues.

Suleman Adula Gadar,

fonctionnaire du ministère de la

Santé, a déclaré à MEE que 11 personnes

avaient été tuées au cours

des deux derniers jours par une

recrudescence de l’activité des «

hors-la-loi » opérant dans le chaos

provoqué par les événements de la

semaine dernière.

Des habitants de Khartoum

ont déclaré à Middle East Eye que

sortir dans la rue est devenu dangereux

et beaucoup l’évitent si

possible, décrivant leur situation

comme une sorte d’assignation à

résidence massive. « Les gens essaient

de stocker des provisions

pour la désobéissance civile « , a

déclaré à MEE un manifestant, qui

ne voulait pas être nommé.

La manière de mettre en œuvre

cette désobéissance civile est

devenue un sujet de discussion

brûlant parmi les manifestants, qui

tentent de partager des informations

par SMS ou par notes manuscrites

distribuées dans leur quartier

pour contourner les restrictions

imposées à l’Internet.

Le Comité de la Résistance de

Riyad, l’une des équipes de quartier

mises en place pour organiser

des activités de protestation localisées

alors que Béchir était encore

au pouvoir, s’est fait l’écho

des instructions de la SPA « Faites

une barricade puis sauvez-vous »,

mais a également appelé les manifestants

à se retirer dans les rues

latérales lorsqu’ils sont confrontés

aux FSR.

La SPA a appelé les manifestants

à se servir de cette campagne

pour mettre un terme à l’occupation

du pays afin de desserrer l’emprise

du conseil militaire, en refusant de

travailler ou d’utiliser tout service,

notamment financier, qui pourrait

lui profiter.

Les vidéos qui sortent du Soudan,

partagées par les rares personnes

qui parviennent à contourner

les coupures d’Internet, montrent

un jeu du chat et de la souris entre

des manifestants construisant des

barricades et les nombreux soldats

des FSR qui ont inondé Khartoum

pour tenter de les nettoyer afin

qu’ils puissent circuler dans la ville

avec leurs fameuses camionnettes

armées de mitrailleuses.

La SPA a également mis en

garde contre les trucs “misérables”

du conseil militaire, accusant les

soldats de laisser des armes dans la

rue pour inciter les manifestants à

se tourner vers la violence. Mais il

semble également y avoir une augmentation

du nombre d’habitants

de Khartoum prêts à retourner dans

la rue en grand nombre. À Omdurman,

la ville jumelle de Khartoum,

un grand rassemblement s’est

déroulé dans les rues vendredi soir

et d’autres ont suivi samedi.

À Bahri, près de Khartoum

et d’Omdurman, des rassemblements

ont aussi été attaqués par des

forces qui tentaient de briser les

Une des rues de Port Soudan ce matin.

barricades. Le comité des médecins

a confirmé dimanche soir que le

manifestant Walid Abdel Rahman

était mort après avoir reçu une balle

dans la poitrine.

Mohammed Amin a contribué à

la rédaction de cet article

Traduit par Fausto Giudice

- Traducteurs soudanais

pour le changement STC (@

SudaneseTc) 9 juin 2019

Tlaxcala 10 juin 2019

Tracts des comités de résistance locaux appelant les habitants à la

campagne de désobéissance civile

La colère contre le conseil militaire

passe de manifestations ouvertes

à la désobéissance civile au milieu

d’une violente répression

Construisez les barricades, puis

sauvez-vous. Le message des

dirigeants protestataires aux jeunes

Soudanais dans les rues de la capitale

a été cohérent avec l’appel de

dimanche à lancer une vaste campagne

de désobéissance civile.

Initialement utilisées pour

protéger le sit-in devant le quartier

général de l’armée soudanaise -

où les manifestants ont exigé que

le Conseil militaire de transition

(TMC) au pouvoir se retire - les

barricades construites en briques et

en métal récupérées sur les routes

mêmes qu’elles bloquent sont devenues

un symbole du mouvement

protestataire soudanais.

Mais après que les forces

soudanaises ont dispersé de force

le sit-in le 3 juin, ces manifestants

ont maintenant étendu leur opposition

à tout le pays. « Les barricades

sont vos gardiens » , selon l’un des

nombreux appels au rassemblement

lancés par l’Association des

professionnels soudanaise (SPA), le

groupe qui a lancé des protestations

contre l’ancien président Omar el-

Béchir depuis décembre dernier.

Le peuple soudanais répond

à l’appel de l’Association des professionnels

soudanais et de ses

alliés pour la désobéissance civile

jusqu’à ce que le CMT passe le pouvoir

à un gouvernement civil.

La SPA a encouragé les manifestants

à construire des barricades

le long des routes principales et

des rues secondaires de Khartoum,

mais au lieu de les surveiller comme

ils l’ont fait au sit-in, à s’enfuir

immédiatement. « Barricadez et retirez-vous

», disent leurs messages.

« Évitez les frictions avec les forces

Janjawid ».

Au moins 118 personnes ont

été tuées par les forces soudanaises

depuis qu’elles ont dispersé le sit-in

lundi, selon le Comité des médecins

soudanais, qui s’est rallié aux protestations,

ET qui estime que le

nombre réel de morts est beaucoup

plus élevé.

Le groupe paramilitaire des

Forces de soutien rapide (FSR) a été

SUPREME COURT OF THE STATE OF NEW YORK, COUNTY OF ERIE,

Index No. SF2018902334; Date Purchased: October 16, 2018

SUMMONS WITH NOTICE

Plaintiff designates ERIE County as the place of trial Basis of venue: CPLR 509.

LANA CARTAGENA, Plaintiff against ERCAN GURSOY, Defendant.

ACTION FOR A DIVORCE

To the above-named Defendant YOU ARE HEREBY SUMMONED to serve a notice of appearance on Plaintiff's

attorneys within thirty (30) days after the service of this summons is complete and in case of your failure to appear,

judgment will be taken against you by default for the relief demanded in the notice set forth below. Dated: October

16, 2018. Yaniv & Associates, PC, Attorneys for Plaintiff, 972 Route 45, Suite 205, Pomona, NY 10970, 646-395-9100.

NOTICE: To the above-named Defendant, the above Summons is served upon you by publication pursuant to an

Order of the Hon. Kenneth F. Case, of the Supreme Court; County of ERIE, dated the April 16, 2019. The nature of

this action is to dissolve the marriage between the parties, on the grounds: DRL Section 170 subd. (2) - The

abandonment of the Plaintiff by the Defendant for a period of one year. The relief sought is a judgment of absolute

divorce in favor of the Plaintiff, dissolving the marriage between the parties in this action.

PLEASE TAKE NOTICE that pursuant to DRL §253, to the best of Plaintiff's knowledge, Plaintiff has taken all steps

solely within Plaintiff's power to remove all barriers to the Defendant's remarriage following the divorce.

NOTICE OF AUTOMATIC ORDERS. Pursuant to Domestic Relations Law Section 236 part b sec. 2, the parties are

bound by certain automatic orders which shall remain in full force and effect during the pendency of the action.

NOTICE ABOUT HEALTH CARE: PLEASE TAKE NOTICE that once a judgment of divorce is signed in this action, both you

and your spouse may or may not continue to be eligible for coverage under each other's health insurance plan,

depending on the terms of the plan.

NOTICE OF GUIDELINE MAINTENANCE FOR UNCONTESTED DIVORCE:

If your divorce was commenced on or after January 25, 2016, this Notice is required to

be given to you by the Supreme Court of the county where your divorce was filed to comply with the Maintenance

Guidelines Law. The complete text of the notice is available athttps://www.nycourts.gov/divorce/forms_instructions/NoticeGuidelineMaintenance.pdf.

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Suite de la page (9)

as president was coming to an end,

and presidential elections were set to

take place in a few months.

“This is the man I have picked

to succeed me for my party,” Martelly

said from the stage, calling up the man

next to him for all to see. “His name is

Jovenel Moïse.”

Nearly four years later, on May

31, 2019, Haiti’s Superior Court of Auditors

(CSCCA) released a 600-page investigation

into more than $2.3 billion

in Petrocaribe-related expenditures

between 2008 and 2016, when Moïse

eventually secured the presidency. The

report identified nearly $2 million in

questionable payments made to Moïse

in late 2014 and early 2015. The largest

came just days after he registered

as the governing party’s presidential

candidate.

As for the viaduct, Martelly

was right. It has become a symbol of

Port-au-Prince. A concrete symbol

of government waste. And a rallying

point for Haiti’s growing anticorruption

movement.

On Oct. 17, 2018 and again on

Nov. 18, 2018, massive anticorruption

protests took place in Port-au-

Prince and in provincial towns across

the country. “Where is the Petrocaribe

money?” They demanded. In the capital,

before marching up Route Delmas

-- which runs from the poorer

neighborhoods downtown straight up

the hill to the comparatively wealthy

Pétionville -- the various organizations

and neighborhoods participating

amassed at the overpass.

Now, approaching a year since

the launch of their movement, organizers

are planning another march for

June 9. Armed with the CSCCA report,

the question is no longer where did

the money go, but what is the government

going to do about it. There

won’t be any confusion about where

the demonstration will begin.

But the story of the viaduct itself

reveals just how difficult it will be

to ensure justice and accountability

in Haiti – and abroad. It’s not just the

Haitian government that may be reticent

about following the money. The

implications of the Petrocaribe scandal

in Haiti are vast and extend far beyond

the country’s own borders and its own

political class.

***

Plans for the Delmas viaduct

have been around for decades, the

brainchild of the politically connected

local representative of the Canadian

conglomerate SNC-Lavalin, Bernard

Chancy. In 2005, SNC-Haiti completed

a study on the viability of the project,

but couldn’t find the funding to make

it a reality.

In the meantime, SNC-Lavalin

and its local subsidiary were becoming

increasing involved in Haiti. The firm

handled the design and construction

of the new Canadian Embassy, inaugurated

in 2004. It undertook the engineering

studies and then supervised

the construction of a number of other

structures, including the Faculty of

Agronomy and Veterinary Medicine.

The firm found itself on the UN’s approved

vendor list, and on the receiving

end of millions in Canadian foreign

assistance funds.

In Canada, the firm became

one of the Liberal Party’s most steadfast

donors. But it had political connections

in Haiti as well. A family relation

of its Haiti representative, Michael

Chancy, was a deputy agricultural

minister in Rene Préval’s 2006-2011

government and then was one of the

only senior administration officials to

be retained in the new administration

of Michel Martelly.

But according to a senior

Haitian government advisor during the

Préval years, SNC-Haiti, despite its political

connections, was unable to convince

Préval during either of his two

terms in office to approve the viaduct

project, which the president dismissed

as “a rip-off.”

That didn’t stop SNC-Haiti

from once again attempting to sell its

pet project to the incoming Martelly

administration though. And the earthquake

presented an opportunity for

Bernard Chancy and the Delmas viaduct.

Donors pledged billions of

dollars toward Haiti’s reconstruction,

and the “gold rush” was on. The vast

majority of donor funds went to international

organizations or private

firms in the donor’s home country. The

government of Haiti, meanwhile, became

increasingly reliant on the Venezuela-led

Petrocaribe initiative. From

2011 to 2015, the oil-for-loans program

provided the government with

more than $250 million per year. The

new administration was eager to show

it was doing something, however expensive

or nonsensical the project.

But as the viaduct project

reveals, much of the government’s

Petrocaribe funding also went to international

companies – though often via

a local subsidiary.

In the fall of 2012, SNC-Haiti,

operating under the name LGL S.A.,

updated its earlier viaduct analysis.

On Dec. 27, 2012, the Haitian government

signed a $16.6 million contract

with a different company, Estrella, to

build the Delmas viaduct. Estrella, one

of the largest construction companies

in the Dominican Republic, also received

a $13.6 million contract to build

another viaduct on Route Carrefour,

the main road leading from the capital

to the south of the country.

The Haitian government

provided Estrella with an advance on

both projects and awarded a $2.7 million

contract to supervise the work to

LGL S.A., the SNC-Lavalin local affiliate

led by Bernard Chancy.

According to the contracts,

which the CSCCA analyzed as part of

its report, Estrella was to finish both

projects by February 2015. Oddly, LGL

S.A.’s supervisory contract ended in

November 2014.

At the end of the 18-month

deadline, the projects were nowhere

near finished. The Delmas viaduct appeared

closer, but the Carrefour viaduct

had barely been started. And the costs

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The Estrella headquarters in Santo Domingo, Dominican Republic. The

firm has received nearly $30 million for construction projects in Haiti,

including the Delmas viaduct.

had increased. The CSCCA found that,

for the Delmas viaduct, the cost of

earthwork had increased by 213% and

“drainage and sanitation” by 141%.

LGL’s supervision contract came

to an end in late 2014, but in February

2015, the government gave an additional

$5 million to Estrella to continue

work on the Delmas viaduct. Though

Martelly inaugurated the overpass in

August 2015, Estrella received more

than $600,000 in 2016 for costs related

to the project.

Today, the Delmas viaduct is

at least operational, but the Carrefour

overpass has yet to be completed. LGL

received $2.1 million of its supervision

contract. Estrella received nearly $30

million – and that could still increase.

Millions more were allocated to the

project and have yet to be disbursed.

The CSCCA auditors wrote

Edward J. Huckemeyer

Brian Keller

Joseph Lahey

Francis J. Manzo

Edward L. Maurer

Henry McCloud

Robert J. McConnin

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that the government agency responsible

for both projects, the Ministry

of Public Works, “did not implement

the project in accordance with the

principles of efficiency, effectiveness,

or economy” and that its actions did

not comply with “sound management

practices.”

It came as little surprise to

the thousands of Haitians who have

gathered underneath the overpass before

each recent anticorruption demonstration.

***

In the aftermath of the CSCCA

report, most of the focus has been on

President Jovenel Moïse. It was the

president who, responding to the increasing

pressure from the anticorruption

protests, tasked the CSCCA with

investigating the fund in late 2018.

No government officials or private sector

actors have yet to appear in court

over Petrocaribe-related corruption.

“We will await the CSCCA report,” the

president said repeatedly in one form

or another.

Popularized during his election

as “The Banana Man” due to his

ownership of a banana plantation,

Agritrans, it turns out the firm may

have had more success as a government

road-building contractor. And

now that the court has implicated Agritrans

in the Petrocaribe affair, calls for

the president’s resignation have come

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from disparate corners of the political

landscape.

But it’s not just the Haitian

government who is afraid of where a

judicial investigation may lead.

“For sure, the [governing

party] received money from Petrocaribe,”

a foreign diplomat stationed in

Haiti told me late last year. “The government

doesn’t want an investigation.”

But, the source added, “the international

ramifications of Petrocaribe

are far greater than we know.” It’s not

just Haiti that may not be interested in

following the money.

Estrella received more than

$100 million in Petrocaribe funds,

and wasn’t even the largest Dominican

recipient. And then there are the

businesses in the United States and

Canada, often operating through local

branches and linked to members of the

diaspora.

Many are quick to point

out the pervasive level of corruption

in Haiti, but few want to look at the

international reach of that corruption.

Or, viewed differently, the corrupting

influence of international actors within

Haiti.

SNC-Lavalin is currently

embroiled in a corruption scandal that

reaches all the way to the Prime Minister

of Canada, Justin Trudeau. It was

revealed in 2018 that the company

had been illegally funding politicians

for years. Then, as a SNC-Lavalin came

under legal scrutiny again over bribes

paid to the son of former Libyan leader

Muammar Qaddafi, the firm attempted

to cash in on those long-standing

political connections. The Attorney

General of Canada resisted the political

pressure, but was promptly pushed out

of her position. A taped phone call revealed

she had previously been threatened

with losing her job if she pursued

the case against SNC-Lavalin.

Then there is Estrella. Like

SNC-Lavalin, Estrella has received

contracts not just from the government

of Haiti, but multilateral and bilateral

donors in Haiti as well. And in

the Dominican Republic, Estrella also

finds itself embroiled in corruption allegations.

The firm was part of a consortium

with Odebrecht, the Brazilian

multinational, to construct the Punta

Catalina coal-fired power plant. Prosecutors

have alleged Odebrecht paid

some $92 million in bribes to secure

the contract and have issued a number

of indictments in the Dominican Republic.

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019


Odebrecht, the center of the

hemisphere’s largest corruption scandal,

has acknowledged paying bribes

to government officials throughout

the region. The fallout from the Odebrecht

scandal has already ensnared

high-level government officials in Colombia,

Ecuador, Peru, Panama, and

Mexico. Investigations are ongoing

across the hemisphere.

***

On June 9, many Haitians will

once again meet underneath the Delmas

overpass before proceeding up the

hill to Pétionville. And Haitian president

Jovenel Moïse will be serenaded

with calls for his resignation. It is his

involvement that has received media

attention and popular scorn.

But this is a scandal that extends

far beyond the current president,

and far beyond Haiti altogether, as

the case of the Delmas viaduct makes

clear. Still, the president faces a problem.

As I told Jacqueline Charles of the

Miami Herald, “President Moïse has

pledged action, and action will be necessary

to calm political tensions— but

it will be very difficult to judicially pursue

members of the private sector or

former government officials when it is

the president himself who now stands

accused.”

Whatever the fallout from

the CSCCA report and the Petrocaribe

scandal, it’s worth remembering that

Haitians do not have a monopoly on

corruption – not even in their own

country. Perhaps that can be added to

the list of what the Delmas viaduct has

come to symbolize.

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Suite de la page (13)

des dirigeants réformistes et opportunistes

veulent y adhérer. Pour

empêcher ces éléments d’entrer

dans l’IC et d’y semer leur confusion,

les dirigeants de l’Internationale

font adopter, lors du Congrès

mondial de 1920, les fameuses «

21 conditions d’adhésions à l’IC

». Ces conditions visent à s’assurer

que les Partis membres de

l’IC adoptent des principes et des

méthodes révolutionnaires, purgent

leur direction des dirigeants

compromis lors des années de

guerre – et, enfin, se préparent à

l’inévitable répression de l’appareil

d’Etat capitaliste (1). Les 21

conditions fixent aussi des règles

de fonctionnement démocratique

: les groupes parlementaires et la

presse du parti ne doivent pas être

« indépendants », mais soumis au

contrôle strict des instances dirigeantes

du parti. Les conditions

rappellent enfin que l’IC n’est pas

une fédération de partis nationaux,

mais un « parti mondial ». De

même que la lutte des travailleurs

dans un pays donné n’a de sens

que dans le cadre de la lutte des

classes mondiale, chaque section

nationale doit respecter la discipline

de toute l’Internationale.

La question coloniale

La plupart des partis de la IIIe Internationale

– les petits comme les grands

– manquent d’expérience. Conscients

de ce problème, Lénine et Trotsky font

des Congrès annuels de l’IC de véritables

écoles de stratégie et de tactique

révolutionnaires.

Une question alors brûlante

est celle de la lutte de libération

nationale des peuples colonisés.

Une position révolutionnaire sur

cette question est d’autant plus

indispensable que la IIe Internationale

n’avait même pas de position

unifiée sur ce sujet : certains

de ses dirigeants justifiaient même

la colonisation au nom du « devoir

de civilisation » des peuples

européens ! Les thèses adoptées

au Deuxième Congrès de l’IC affirment,

au contraire, que les classes

ouvrières des pays impérialistes

ont le devoir de soutenir la lutte

de libération nationale de tous les

peuples opprimés. Alors que des

luttes de libération anti-coloniale

commencent à se développer au

Moyen-Orient ou en Asie, l’IC

propose de conclure des alliances

temporaires avec les démocrates

bourgeois des peuples opprimés,

mais sans jamais se fondre sous

leur drapeau, ni abandonner l’indépendance

de classe du Parti

communiste. C’est l’abandon de

ce dernier principe, après la stalinisation

de l’Internationale, qui

mènera à l’échec de la révolution

chinoise de 1925-1927 (entre autres).

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Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

19


In Memoriam Antoine « Charles Dessalines »

Charles 20 janvier 1932-26 mai 2019

Par Ed Rainer Sainvill

Par Ed Rainer Sainvill

Cette semaine, à la place de la rubrique

« Pleins Feux Sur » ; nous

rendons plutôt hommage à un légendaire

musicien qui vient de

décéder, Charles Dessalines, lui, a

connu l’époque d’or de la musique

haïtienne et, comme étant l’un des

derniers survivants de cette épopée

musicale. C’est après une maladie

longuement supportée qu’il ait rendu

l’âme le 26 mai dernier.

Une messe funéraire a été organisée

pour célébrer sa vie le vendredi 7

juin écoulé de 3:00 PM - 8:00 PM au

Coney Island Memorial Chapel. Antoine

« Charles Dessalines » Charles

a été incinéré à Rosehill Crematory.

En cette circonstance, nous reproduisons

notre profile Pleins Feux sur

: Charles Dessalines (1932, Petite

Rivière de l’Artibonite) « Un Dr.

en musique », publié dans nos colonnes,

vol. 11 # 26 du 3 au 9 janvier

2018. Paix à son âme !

Un autre as des anches, le Dr

Charles Dessalines, a traversé de

multiples tendances de la musique

haïtienne et s’est implanté en adepte

éclairé de l’art universel. Grace aux

soins d’un éducateur scrupuleux,

Emmanuel Jumelle ; lui ayant permis

dès l’adolescence de s’initier à

la musique ; tout en expérimentant

la basse et le sax. Arrivé à Port-au-

Prince en 1951, il était déjà de poids

pour se voir offrir une place au sein

du fameux orchestre « Citadelle »,

après une brève escale avec le « Conjunto

Panamerican ». Pour y faire

montre de son savoir-faire, de son

flair et de sa résonance distinguée,

instillée d’esthétisme. C’est ainsi qu’il

continua de taper dans l’œil, et fit en

ce sens son entrée dans l’ « Orchestre

Atomique » de Nemours. Avant de

s’allier à l’ « Orchestre Riviera », au

sein duquel régnaient un trio de maestros

: Ed Guignard, Guy Durosier et

Michel Desgrottes.

A cette étape, Charles est au

firmament de sa carrière ; entre le

succès et les interminables tournées

internationales. Ensuite, Il se vit appeler

par Issa pour venir colmater

les brèches d’un groupe qui s'était

désintégré après la révolte collective

menée par Raoul Guillaume. Après

la complète dissolution de la bande à

Sahieh qu’il dirigea jusqu’ en 1961,

Charles Dessalines fit un bref stint

avec le Casino International dans lequel

un duel musical le mit en mauvaise

posture face au grandiloquent

Wébert Sicot. Ensuite, il rallia « Raoul

Guillaume et Son groupe », avant de

laisser définitivement le pays dans la

première partie des sixties, comme

c’était la vogue de l’heure de prendre

la poudre d’escampette face à la situation

politico-sociale qui se dégradait

déjà. Installé en terre étrangère

Charles continue de s’imprégner de

musique et fut repéré au Canada où

il intégrait le trio « Combo Express

» en compagnie de Kesnel Hall et Joe

Trouillot. Devenant, ensuite une tête

d’affiche des spectacles communautaires

à N.Y

Mais, C.D n’en restait pas là, en

prenant son art à un palier supérieur

; trouvant le temps de se perfectionner

dans l’obtention d’une maitrise

en musique. Un exploit pour lui que

de s’appliquer ainsi à la ‘’Juliard

School’’ de New-York pour des études

majeures. Musicien, compositeur, et

saxophoniste au jeu fluide et aisé,

Dessalines reste l’une des figures légendaires

de la musique haïtienne,

pour avoir traversé toutes les ébullitions

des six dernières décades. On

parle à son sujet d’expertise et de sobriété.

Le style de Dessalines est tout

à fait mélodique et exprime dans sa

fluidité, des nappes sonores, au gré

d’un lyrisme étoffé. Ce qui est reflété

dans son album :’’Charles Dessalines

et Son saxophone ténor’’, dans des

morceaux compositions tels : L’Artibonite,

Nuit de Port-au-Prince, Yvrose,

Rose, Anna, Syta, Mis amores

Adeline etc ; dans le moule de la

chanson populaire.

Cependant, malgré sa vaste

connaissance musicale, on regrette

qu’il ne soit tributaire d’aucun legs

musical même comme théoricien. Aujourd’hui

en retrait au genre d’activité

qui fut la sienne durant toute sa vie,

que celle des projecteurs et des sonorités

diverses, Charles qui d’après

des proches est un peu alité, reste

parmi les derniers d’une génération

en voie d’extinction. Et c’est avec autant

d’affection qu’on souhaite qu’il

se porte mieux. Et pourquoi pas bien

encore en possession de ses moyens

pour que ce pédagogue qualifié puisse

nous édifier des multiples facettes de

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Majistra

Oxiris Barbot, MD

Manm komisyon

20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 49 • Du 12 au 18 Juin 2019

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