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SOMMAIRE

Directeur de la publication : Michèle Fructus

Rédacteur en chef : Frédéric Gauch

Rédacteur : Jean Madeleine

6

DOSSIER

NaviRes

La Comex se mouille pour

la science, l’industrie et la défense

10

INTERvIEW

FReD GauCh

Janus et Minibex,

50 ans de savoir-faire

dans 30 mètres de coque

12

vOyagE

La suisse

un grand bol d’oxygène

hiver comme été

4&14

NEWS

Photographies : Agence des Aires Marines Protégées, Comex, Bertrand Chemisky, Marc Delauze, Luc Vanrell, Michel

Plutarque, Interlaken Tourismus, swiss-image.ch, Switzerland Tourism, Alexis Rosenfeld, Christian ROMBI - Conseil

général 13, xdr.

Ce magazine a été conçu et réalisé par MAYA press

www.mayapress.net - Tél. : 0811 651 605


Quand les idées

de la Comex font éCole

A

u milieu de l ‘été 2000, le Koursk, un sous-marin russe de 13 500 tonnes, sombrait en mer

de Barents avec à son bord 118 hommes d’équipage. Une tragédie qui souleva à l ’époque de

très nombreuses questions, bien au-delà des polémiques sur les circonstances du naufrage,

la présence - ou non - de sous-marins de l ’US Navy dans les mêmes eaux ou la possibilité

d’un tir de torpille volontaire ou accidentel comme explication à la perte d’un sous-marin

nucléaire lanceur d’engins vieux d’à peine six ans. Dans la communauté internationale des sousmariniers,

c’est en effet la question du sauvetage des 23 survivants qui a longtemps alimenté le débat

sur l ‘affaire du Koursk. Combien de temps sont-ils restés en vie après la première explosion ? Pourquoi

n’ont-ils pas tenté d’utiliser le caisson de secours qui devait leur permettre de sortir du submersible ?

Pourquoi les sous-marins de rescue dépêchés sur place par la Marine Russe n’ont-ils rien pu faire pour

secourir leurs camarades ? Autant d’interrogations auxquelles l ’enquête

officielle n’apportera pas toutes les réponses. Mais des incertitudes qui

conduiront les marines équipées de sous-marins à réévaluer leurs

systèmes de sauvetage. Dix ans presque jour pour jour après le drame

du Koursk, les marines nationales française, britannique et norvégienne

ont ainsi testé avec succès le Nato Submarine Rescue System (NSRS), un

engin développé depuis 2003 par la Direction Générale de l ’Armement

(DGA) et ses homologues des deux autres pays partenaires - DE&S pour

le Royaume-Uni, NDLO pour la Norvège -, sous les auspices de l ‘OTAN.

La volonté de toutes les parties était en effet d’assurer l ’interopérabilité

de tous les systèmes de secours disponibles ou à l ’étude dans le monde.

Outre le NSRS européen, les Etats-Unis sont également en phase de

développement pour leur propre système, SRDRS. Lors d’une série

de tests conduits l ’été dernier en rade de Toulon, le NSRS a démontré

une nouvelle fois qu’il était capable de porter secours à l ‘équipage d’un

sous-marin posé sur le fond. C’est un submersible à propulsion classique

de la Marine Royale Espagnole qui a servi de cobaye à cette opération

Henri Germain DELAUZE

en vraie grandeur. Une fois arrimé sur sa coque, le NSRS a démontré

Président Directeur Général que l ’on pouvait extraire un équipage entier dans de bonnes conditions

de sécurité et le ramener sain et sauf à la surface. Le premier essai de

cette nature s’était déroulé en 2008 à Kristiansand, en Norvège, où trois sous-marins appartenant à la

Norvège, aux Pays-Bas et à la Pologne avaient été secourus lors d’une opération réunissant 20 nations,

dont les Etats-Unis et la Russie.

Pour les ingénieurs de la Comex, ces procédures de rescue d’un sous-marin en plongée n’ont rien

d’inédit. Toujours soucieux de la sécurité des plongeurs à l ‘époque où l ’offshore pétrolier recourait

massivement aux caissons de saturation et aux engins submersibles habités, ils avaient imaginé un

concept de sous-marin de secours qui connut une carrière commerciale intéressante après avoir séduit…

la Marine Soviétique. Un quart de siècle plus tard, l ’accident du Koursk a ramené ces préoccupations

sur le devant de la scène, dans un domaine où la Comex avait su être précurseur. Si le terrain défriché

par l ’entreprise a permis aux ingénieurs français, britanniques et norvégiens d’avancer plus vite sur la

voie du succès, les Comexiens d’hier et d’aujourd’hui en seront symboliquement récompensés.

ÉDITO

3


4

NEWSNEWSNEWSNEWSNEWSNE

Plongée

DAns LEs cAnyons DE MéDitErrAnéE

Pilotée par l’Agence des Aires Marines

Protégées (AAMP), la campagne

« têtes de canyons de Méditerranée »

s’est déroulée entre l’automne 2008

et l’été 2010. Il s’agit certainement

de l’opération la plus ambitieuse

jamais menée pour améliorer la

connaissance des vallées sous-marines

de la région : une centaine de

scientifiques mobilisés, une centaine

de jours de mer, une trentaine de

têtes de canyons de Méditerranée

française explorées...

Proches des côtes mais encore largement

méconnus, ces canyons entaillent le plateau continental méditerranéen, parfois

sur plus de 50 km vers le large. On sait désormais avec certitude qu’ils jouent un

rôle majeur dans le fonctionnement des écosystèmes marins, puisqu’ils abritent les

nurseries, les zones de reproduction et les nourriceries de très nombreuses espèces

indispensables à l’équilibre de la Méditerranée. Les opérations conduites entre 150

et 700 m de profondeur à partir du Minibex et du Janus, les navires de recherches

océanographiques de la Comex, ont permis de dresser un premier véritable état des

lieux de ces vallées sous-marines et de recenser une multitude d’espèces animales

et végétales, dont certaines considérées comme patrimoniales, à l’image des coraux

blancs découverts dans l’obscurité des abysses (photo ci-dessus). Le travail in situ a été

rendu possible par la mise en œuvre du Rémora 2000, le sous-marin biplace, conçu,

construit et développé par la Comex et le ROV (pour remote operated vehicle) Super-

Achille, un robot submersible sorti lui aussi des ateliers de la Comex. Ce travail, basé

sur l’acquisition d’imageries scientifiques et de prélèvements, va maintenant alimenter

la recherche dans des disciplines variées comme la biologie, la géologie, l’océanologie

physique… Pour l’Agence des Aires Marines Protégées, les informations vont permettre

d’identifier les principaux enjeux en terme de gestion du milieu marin. La campagne

a déjà permis d’étayer certains projets de création d’Aires Marines Protégées, comme le

futur parc naturel marin de la Côte Vermeille, dans les Pyrénées-Orientales et le futur

parc national des Calanques, entre Marseille et Cassis. En partenariat avec Monaco et

d’autres pays méditerranéens, l’Agence ambitionne de poursuivre cet état des lieux

au-delà de la Méditerranée sous juridiction française. Rappelons que l’objectif de

l’Etat défini lors du Grenelle de la Mer est de classer 20% du linéaire côtier en France

métropolitaine et dans les territoires d’outre-mer en Aires Marines Protégées.

archeomar, l’inventaire se poursuit

Entamée il y a six ans, la mission

Archeomar a couvert en 2010 les régions

maritimes du Latium et de la Toscane.

Douze jours de travail intensif le long du

littoral et un peu plus au large ont permis

d’inventorier cinq nouvelles épaves

antiques profondes, dont deux chargées

de dolias, ces énormes réservoirs en terre

cuite qui permettaient de transporter des

cargaisons liquides. L’une d’elles, repérée

par 535 mètres de fond, est d’ailleurs

l’épave à dolias la plus profonde découverte

à ce jour.

Conduit pour le compte du ministère de

la Culture d’Italie, en étroite collaboration

avec les archéologues italiens, ce

vaste inventaire du patrimoine immergé

dans les eaux territoriales transalpines

sollicite de façon récurrente les navires

de la Comex pour mener les investiga-

RoV 3d,

c’est lancé !

Le projet ROV-3D a été validé fin

juillet par le Fonds Unique Interministériel

(FUI) et sera co-financé

par le Fonds Européen d’aide aux

Régions (FEDER), le fonds de soutien

à la recherche et à l’innovation

OSEO, ainsi que par les collectivités

territoriales, la communauté

urbaine Marseille-Provence-Métropole

et le Conseil régional de

Provence-Alpes-Côte d’Azur.

ROV-3D est un projet de recherche

et développement qui s’étalera sur

trois ans à compter de janvier 2011.

Il fait l’objet d’un partenariat technique

et scientifique avec le Centre

National de la Recherche Scientifique

(CNRS) et la société SETP.

L’objectif est de développer un outil

intégré de reconstruction en images

de sites sous-marins en 3 dimensions

à très haute résolution, selon

un procédé non intrusif pour le milieu.

Les techniques employées seront

basées sur des relevés optiques

et acoustiques, afin de permettre la

modélisation de structures complexes.

Cet outil qui équipera à terme

plongeurs ou engins robotisés, vise

déjà de multiples applications dans

la gestion du patrimoine culturel et

naturel immergé. Ce programme fait

suite aux développements conduits

par la Comex dans le domaine de

la photogrammétrie depuis plus de

15 ans. Il pourra être utilisé dans des

domaines aussi variés que la biologie

marine, la métrologie de structures

immergées, l’archéologie…

tions sous-marines nécessaires. Depuis

2004, le Minibex et le Janus, équipés de

leurs moyens de prospection sonar, du

robot téléopéré Super Achille et du sousmarin

Rémora 2000, ont repéré plusieurs

dizaines de sites qui vont permettre aux

historiens et aux archéologues de mieux

connaître et de mieux comprendre le rôle

du trafic maritime dans le développement

de la civilisation méditerranéenne.


LE PrincE ALbErt ii DE MonAco

aux Commandes du réMorA 2000

Soucieux de poursuivre l’œuvre entreprise dès le XIX e siècle par

son aïeul, Albert I er , le prince Albert II de Monaco a participé à

une plongée exploratoire le long d’une paroi rocheuse immergée au

large de la principauté. Au côté d’Yvan « Popof » Tchernomordik,

premier pilote du sous-marin biplace Rémora 2000, le souverain

monégasque est resté en immersion près de 1h40 pour observer

les très nombreuses espèces animales et végétales présentes sur les

reliefs sous-marins, particulièrement tourmentés des eaux territoriales

monégasques, atteignant la profondeur de - 230 m et pilotant

lui-même l’engin pendant de longues minutes.

Organisée par le musée océanographique de Monaco, en collaboration

avec l’Agence des Aires Marines Protégées (AAMP), cette

opération s’inscrit dans la cadre du programme « canyons de Méditerranée

», destiné à parfaire les connaissances sur les espèces et les

habitats naturels dans cet univers encore largement sous exploré. Les

canyons et les vallées sous marines abritent en effet une biodiversité

exceptionnelle et jouent un rôle fondamental dans le cycle de vie des

nombreuses espèces qui s’y reproduisent, comme la langouste ou

le merlu. L’un des objectifs de ce programme est d’ailleurs d’établir

un atlas exhaustif de la faune et de la flore sous-marines au droit de

la principauté, afin de disposer d’un état de référence pour le suivi

ultérieur de l’état de santé de ces milieux. Un travail qui devrait

également permettre de préciser l’impact des activités humaines en

surface et sur le littoral dans cette zone à forte densité de population

et d’évaluer plus précisément l’efficacité des mesures prises à terre

pour limiter la pollution et préserver le milieu.

Au cours de cette journée à bord du Minibex, l’un des deux

navires de recherches océanographiques de la Comex, le prince

Albert II était notamment accompagné de Robert Calcagno,

directeur général de l’Institut Océanographique de Monaco,

et d’Olivier Laroussine, directeur de l’Agence des Aires Marines

Protégées. C’est Michèle Fructus, directrice générale de la

Comex, qui les a accueillis à bord. Président d’honneur de l’Institut

Océanographique de Monaco, le jeune souverain a redit sa

volonté de prolonger le partenariat entre le Musée Océanographique

et l’AAMP. « Il est nécessaire d’effectuer d’autres plongées

pour bien étudier les fonds, les zones naturelles et les canyons »,

a-t-il précisé à l’issue de son excursion sous-marine. Il est vrai

que la création d’aires marines protégées, véritables sanctuaires

de la biodiversité, figure parmi les ambitions prioritaires de

la « Monaco Blue Initiative » initiée par le prince Albert II le

31 mars dernier et portée par la Fondation Prince Albert II et

l’Institut océanographique. A peine lancée, la « Monaco Blue

Initiative » a déjà permis la création d’un groupe de réflexions

et d’actions sur la biodiversité sous-marine et les grandes espèces

marines, animé par 35 personnalités internationales.

La Comex est particulièrement fière d’être associée à cette

campagne scientifique de très haut niveau et d’avoir gagné la

confiance du souverain monégasque, qui avait déjà eu l’occasion

de plonger à bord du Rémora 2000 au printemps 2006,

avec aux commandes Henri Germain Delauze, président fondateur

de la Comex.

5


DOSSIER NAVIRES

LA COMEx SE MOuILLE pOuR

la science, l’industrie et la défense

avec Minibex, Janus ii et Microsurvex, la Comex possède la flotte océanographique

privée la plus polyvalente et la mieux équipée pour intervenir entre 0 et 2500 mètres

de profondeur. Tour d’horizon.


Le Minibex

longueur : 30 mètres

largeur : 7 mètres

Tirant d’eau max : 2,5 mètres

déplacement max : 125 tonnes

Vitesse max : 10 noeuds

Propulsion : 2 x 400 cv diesel MaN

Positionnement dynamique : Type DPCX Comex

equipements techniques : 1 sous-marin

biplace autonome d’observation Rémora 2000

(profondeur max 610 mètres), portique

hydraulique basculant, grue latérale. 1 ROv

(robot télé-opéré) super achille (profondeur

max 900 mètres) avec bras manipulateur et

caméras hD, sonar latéral Klein 3000, sondeur

multifaisceaux Reson 8101, magnétomètre.

autonomie : 3500 miles nautiques

Capacité max : 21 passagers et membres

d’équipage.


L

a flotte océanographique de la Comex, c’est l’épine

dorsale des activités maritimes de l’entreprise. Avec le

Minibex, lancé en 1986, le Janus II, mis à l’eau en 2001,

et le Microsurvex, opérationnel depuis 2002, la Comex

dispose de la première flotte privée française capable

d’intervenir sur une vaste palette de missions à caractère

industriel, scientifique ou technique, entre 0 et 2500 m

de profondeur selon les équipements mis en œuvre.

Particulièrement maniables, ces navires ont fait la preuve

d’une grande aptitude à la navigation côtière et hauturière au

cours des multiples missions qu’ils ont effectuées. Toujours

très appréciés pour la qualité et l’ergonomie de leur environnement

de travail, ils offrent également un cadre confortable

et convivial pour les équipes qui séjournent à bord en toutes

saisons. L’atout majeur de la flotte océanographique de la

Comex reste toutefois la qualité, la polyvalence et la complémentarité

de ses équipements, qu’il s’agisse d’électronique

embarquée, de moyens de transmission, de matériel de

plongée ou d’engins submersibles.

8

DOSSIER NAVIRES

Le MiNibeX

Premier navire de la flotte océanographique de la Comex,

le Minibex a déjà connu deux vies. Imaginé par l’architecte

naval Michel Bigoin, qui a conçu les plans de forme,

complétés par les calculs de structures et d’équipement

réalisés par Jean-François Félicité et les aménagements par

Bernard Jourdeneaud, ce bateau « tout alu » a été construit

à La Seyne-sur-Mer par les chantiers De Rovere et mis à

l’eau en 1986. Conçu à l’origine comme navire support du

Le Janus ii

longueur : 30 mètres

largeur : 10 mètres

Tirant d’eau max : 3,5 mètres

déplacement max : 225 tonnes

Vitesse max : 12 nœuds

Propulsion : 2 x 550 cv diesel baudouin 6M26sR

+ 2 propulseurs d’étrave hydrauliques de 50 cv

chacun

Positionnement dynamique : alstom aDP 11

equipements techniques : 1 sous-marin biplace

autonome d’observation Rémora 2000 (profondeur

max 610 mètres), portique hydraulique basculant,

grue latérale. 1 ROv (robot télé-opéré) de

type Comex super achille (profondeur max

1100 mètres) avec bras manipulateur articulé

et caméras hD. 1 ROv apache (profondeur max

2500 mètres), sonar latéral Klein 2000, sondeur

multifaisceaux Reson 8101, magnétomètre.

autonomie : 5000 miles nautiques

Capacité max : 34 passagers et membres

d’équipage

sous-marin monoplace Rémora 1, il a été rallongé sept ans

après sa mise en service, passant de 25 à 30 m de long.

Cette « jumboïsation » était indispensable pour pouvoir

accueillir le Rémora 2000, submersible autonome biplace

lancé en 1993, dont la mise en œuvre nécessitait à la fois

un pont arrière plus vaste et un portique basculant plus

large et plus résistant pour les opérations de mise à l‘eau

“ Ces navires ont fait la

preuve d’une grande aptitude à la

navigation côtière et hauturière


et de récupération. Inchangé dans ses structures depuis

cette époque, le Minibex a néanmoins subi périodiquement

une mise à niveau de ses équipements techniques, afin

d’offrir aux clients de la Comex la meilleure disponibilité

technologique possible à l’instant T. Comme le Janus II,

il est équipé d’un système de positionnement dynamique

spécialement développé pour lui par les ingénieurs de la

Comex. Au cours de sa déjà longue carrière, le Minibex a

acquis une solide réputation de plateforme de travail sûre et

confortable, au fil de missions conduites en Méditerranée,

dans l’Atlantique et dans l’Océan Indien, pour le compte

d’entreprises et d’institutions françaises et internationales de

renom. Il a ainsi participé à un grand nombre de tournages

sous-marins pour des chaînes de télévision ou des sociétés


de production audiovisuelles ou cinématographiques, à des

opérations de recherches archéologiques ou scientifiques,

à des missions de récupération d’engins perdus en mer, à

la maintenance d’équipements industriels immergés ou à

la recherche d’épaves anciennes et modernes.

Le JaNus ii

Navire-amiral de la flotte Comex, le Janus II a été mis en

chantier en 2000 chez Comex Marine Construction, qui

possédait un savoir-faire incomparable dans la réalisation de

navires en aluminium. Dessiné par le Cabinet André Mauric

à Marseille, le Janus II est un catamaran qui offre à la fois

une remarquable stabilité à la mer et une surface utile sensiblement

plus importante que sur un monocoque, malgré

une taille volontairement limitée à 30 m pour conserver

la meilleure manoeuvrabilité possible, notamment à proximité

immédiate du littoral ou de reliefs sous-marins à faible

profondeur. Très léger, le Janus II affiche une consommation

en carburant maîtrisée, donc une excellente autonomie pour

des missions longue durée ou longue distance. Il est en

outre équipé d’un système de positionnement dynamique

qui agit comme une ancre virtuelle dès que le bateau est à

l’arrêt sur son site de travail.

Depuis sa mise en service, en 2001, ce navire s’est notamment

illustré sur plusieurs missions de recherche et de surveillance

pour le compte de grands opérateurs privés, de

laboratoires ou d’institutions publiques aux quatre coins

de la planète. Le navire a ainsi participé avec succès à la

recherche des moteurs, pièces de carlingue et autres débris

du Boeing 737 qui s’était abîmé en mer Rouge, en janvier

2004 au large de Sharm-el-Sheikh (Egypte). Il participe

également aux campagnes d’exploration des canyons profonds

de Méditerranée, dans le cadre du recensement des

habitats et des espèces sous-marins effectué par l’Agence

des Aires Marines Protégées (AAMP) sur tout le littoral

français, en métropole et outre-mer. Il affiche aussi à son

palmarès plusieurs missions très spécifiques pour le compte

de la Défense Nationale, parmi lesquelles l’assistance et le

suivi des essais à la mer du sous-marin de type Scorpène

que DCNS Cherbourg a livré en 2008 à la Marine Royale

Malaysienne. Sans compter les multiples missions à caractère

archéologique qu’il a effectuées, comme la recherche et le

Le Microsurvex

longueur : 7,40 m

largeur : 2,68 m

Propulsion : moteur diesel 150 cv

Capacité carburant : 240 litres

Charge maxi : 400 kg

Jauge brute : 4,06 tonneaux

equipements fixes : groupe électrogène 4 kW, radio vhF,

sondeur, positionnement dynamique DGPs

renflouement du Lightning P-38 d’Antoine de Saint-Exupéry,

la découverte de plus d’une dizaine d’épaves romaines et

étrusques en Méditerranée ou la mise en œuvre, aux côtés

du Minibex, du projet Archeomar, qui consistait à établir

une cartographie archéologique des côtes italiennes pour

le Ministère de la Culture d’Italie.

Le MiCROsuRveX

Unité légère semi-rigide qui intervient depuis 2002 en

complément du Minibex et du Janus, sur des missions

nécessitant des relevés au sonar à balayage latéral ou multifaisceaux

dans les zones côtières difficilement accessibles.

Il peut être opéré à partir de l’un ou l’autre des navires

océanographiques de la Comex, de façon autonome ou à

partir de n’importe quel autre navire-support.

depuis sa mise en service, en

1994, le Rémora 2000 a permis à

de nombreuses personnalités de

découvrir les grandes profondeurs.

outre son altesse sérénissime

le Prince albert ii de Monaco,

qui a eu deux fois l’occasion de

plonger à son bord, le sous-marin

biplace de la Comex a accueilli

Jean-louis Borloo, le secrétaire

d’etat auprès de la Ministre de

iLs ont pLongé avec

Le réMora 2000

l’economie, des Finances et de

l’industrie, chargé du Commerce

extérieur et président du club de

plongée de l’assemblée nationale,

Pierre lellouche, l’ensemble des

préfets maritimes de Méditerranée,

Jacques Rougerie, gérard

depardieu, Patrick Poivre-d’arvor,

nicolas Hulot, Michel Chevalet,

georges Pernoud…

9


10

DOSSIER NAVIRES interview

Directeur des opérations

marines de la Comex,

Fred Gauch connait

sur le bout des doigts

chacun des navires de

l’entreprise.

FRED GAuCh

Janus et Minibex,

50 ans de savoir-faire dans 30 mètres de coque

La comex possède deux navires océanographiques, le

Minibex et le Janus. Que pouvez-vous nous dire sur leur

histoire ?

Ils sont nés de la volonté de notre président, Henri Germain

Delauze, de rester dans le domaine de l’exploration sous-marine

après la vente de notre filiale pétrolière. Leur histoire, c’est aussi

50 ans de technologie et de savoir-faire concentrés dans 30 m

de coque en aluminium. Ces deux navires, on les a construits

autour de nos outils, de nos engins sous-marins, de nous... et

pas le contraire. Et quand il faut les modifier pour s’adapter, pas

d’hésitation. Un exemple : pour passer du Rémora 1, qui était un

sous-marin monoplace, au Rémora 2000, on a découpé le Minibex

en deux et on l’a rallongé de 5 mètres. Ce bateau a aujourd’hui 25

ans, tandis que le Janus fête ses 10 ans. C’est rare que des bateaux

de travail soient conçus, construits et opérés par les mêmes personnes.

C’est le cas de nos deux navires et de tous les équipements

qui sont embarqués. C’est pour ça que ça marche !

Pour quels types de missions le Minibex est-il particulièrement

performant ?

Avec son DP motorisé par des turbines à eau, c’est-à-dire sans hélice

en mouvement, on peut se permettre d’envoyer tout le matériel

qu’on veut sans risquer de se prendre dans les hélices. Même

pour la plongée, c’est beaucoup plus simple avec le Minibex : on

peut se mettre à l’eau depuis le bord sans risque et même faire

ses paliers de décompression sous le bateau. Sinon, le Minibex

a subi un grand de modifications et d’améliorations comme la

création d’un laboratoire humide ou la pose de treuils dédiés aux

prélèvements pour les missions à caractère scientifique, ce qui

n’est pas aujourd’hui implémenté sur le Janus.

Et le Janus, justement ?

Il est beaucoup plus puissant et peut accueillir plus de personnel.

On le réserve donc aux missions hauturières qui nécessitent plus

de personnel embarqué. Il a également des capacités de levage

plus importantes ; il est donc mieux adapté aux opérations de

renflouement et de relevage. La mission que nous avons effectuée

sur le crash du Boeing de Sharm-el-Sheik, par exemple, aurait

été difficilement envisageable avec le Minibex.

A quel rythme faites-vous évoluer les équipements de

ces deux navires ?

Continuellement. Il y a les évolutions programmées : à chaque

période hivernale, l’arrêt technique permet de modifier ou de

changer les équipements obsolètes et il y a les évolutions imposées

par de nouvelles missions, pour lesquelles il est indispensable

de faire évoluer le bateau et le matériel embarqué. Garder les

navires et l’équipement au meilleur niveau technologique, cela

représente un budget considérable. Mais à la Comex, rester au

top en termes d’équipements et de savoir-faire, c’est une culture

depuis toujours et cela se sent quand on présente de nouveaux

budgets d’équipements, pour des montants qui feraient sauter

au plafond nombre de patrons.


Leur taille, 30 mètres chacun, limite-t-elle leur champ

d’action ?

Absolument pas. Les deux navires sont armés en cabotage international

et tous deux possèdent des autonomies qui leur permettent,

au minimum, de traverser l’Atlantique. Pour aller plus loin sans

perdre trop de temps, on a la possibilité de gruter les deux navires

et de les convoyer par cargo. C’est ainsi que le Minibex a pu partir

en opérations jusqu’en Indonésie et aux Philippines.

En quoi constituent-ils une offre originale sur le marché

très spécifique de l’exploration océanographique ?

Des navires de 30 mètres avec un sous-marin, un ROV 1100 mètres

- et même 2500 mètres maintenant sur le Janus -, des sonars, des

sondeurs, tout l’équipement nécessaire à la plongée, y compris

un caisson hyperbare sur chaque navire, le tout mis en œuvre par

très peu de personnel avec de très bons résultats et une fiabilité

exemplaire… je n’en connais pas d’autres au monde.

Quelle mission, aussi bien sur le Minibex que sur le Janus,

gardez-vous particulièrement en mémoire ?

Je ne peux parler que pour moi et je ne suis malheureusement

pas à bord pour toutes les missions. Sur le Minibex, c’est sans

aucun doute la mission pour l’Agence des Aires Marines Protégées,

puisqu’elle nous a permis de côtoyer des gens passionnés et passionnants.

Je veux parler de tous les scientifiques qui étaient à

nos côtés pendant les campagnes.

La plupart sont deve-

nus des copains, du coup on

bosse bien dans une ambiance

sympa. Que demander de

plus ? Pour le Janus, c’est

l’opération Carpathia, la fouille

du navire qui avait secouru le

Titanic lors de son naufrage, en

1912. Trois semaines à se faire secouer dans l’Atlantique Nord, en

opération nuit et jour et des nuits entières passées au charbon !

C’est d’ailleurs le mot qui convient puisqu’on nous a fait récolter les

morceaux de charbon qui alimentaient la chaudière du navire ! J’ai

aussi de très bons souvenirs de l’année 2008, quand le Janus était

le navire d’assistance du sous-marin Scorpène, conçu et fabriqué

par DCNS, et avec lequel nous avons croisé au large du golfe de

Gascogne pendant des mois.

Les nombreuses campagnes d’essais que la comex a

effectuées avec ces deux navires ont-elles permis de

développer de nouveaux matériels et pour quels usages ?

C’est toujours le cas. Il ne se passe pas une année sans qu’on

ajoute ou modifie quelque chose sur ces bateaux et leurs équipements.

Cela va de l’informatique aux équipements de levage, des

caméras du ROV aux équipements de navigation du Rémora, des

systèmes de récupération de torpilles à des paniers de prélèvement

de coraux. Bref, c’est un éternel chantier ! Soit pour lutter

contre l’obsolescence des équipements, soit pour créer des outils

spécifiques à la réalisation des missions que l’on nous confie. Le

Rémora lui-même est l’exemple d’un développement spécifique

« made in Comex ».

La prise de conscience planétaire des menaces qui pèsent

sur l’environnement marin ouvre-t-elle de nouvelles

perspectives pour l’océanographie ?

L’océanographie était jusqu’il y a quelques années réservée aux

services de l’Etat. L’IFREMER (1) , l’INSU (2) et l’IRD (3) pour ce qui est

de la France. Ce n’est plus le cas, étant donné l’intérêt grandissant

et pressant des Etats pour les ressources marines et la conservation

du milieu marin. Ces deux dernières années de travail

avec le Minibex, pour le compte de l’Agence des Aires Marines

Protégées, en sont la preuve. Je suis confiant qu’en associant les

compétences de la Comex dans l’exploration du milieu marin

avec les compétences de nos scientifiques Français, on doit même

pouvoir « vendre » une expertise incomparable aux autres pays

du bassin méditerranéen, voire plus loin.

Quels projets avez-vous avec ces deux navires pour les

mois et les années futures ?

Pour ce qui est du Minibex, il continue ses explorations à caractère

scientifique, notamment dans le canyon de Lacaze-Duthier, où

nous allons installer des stations permanentes au fond pour le

compte de l‘Université Pierre et Marie Curie, basée au laboratoire

Arago de Banyuls-sur-Mer. Le

but est de comprendre le fonc-

“ Il ne se passe pas une

année sans qu’on ajoute ou

modifie quelque chose sur ces

bateaux et leurs équipements


tionnement de ces écosystèmes

profonds et non plus seulement

d’en faire l’inventaire et la cartographie.

Le Minibex a aussi du

boulot cet hiver dans les calanques

de Marseille, puisque nous

sommes chargés de l’inventaire

biologique et de l’analyse écologique du site Natura 2000 que

constituent les calanques. Nous avons également de nouveaux

projets archéologiques avec le ministère de la Culture italien.

Quant au Janus, il démarre avec un nouvel outil, un ROV

2500 mètres, qui est en ce moment même en essais. En atteignant

de plus grandes profondeurs, on compte bien atteindre de

nouveaux marchés ! Mais en dehors du nouveau ROV, qu’il faut

valider avant de pouvoir en proposer les services, le Janus a lui

aussi nombre de missions à effectuer ces prochains mois, notamment

dans le domaine militaire. Nous sommes depuis toujours

très proches de la Marine Nationale et des sociétés paramilitaires

qui gravitent autour.

Pour ce qui est du long terme pour les navires, mon projet est de

pouvoir effectuer à l’Outremer ce que l’on fait aujourd’hui dans

le bassin méditerranéen. Le besoin commence à se faire ressentir.

Il faudra être prêt !

(1) Institut français pour la recherche et l’exploitation de la mer. • (2) Institut national des

sciences de l’univers. • (3) Institut pour le recherche et le développement.

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VOYAGE

LA SuISSE

uN GRAND bOL D’OxYGèNE

hIver CoMMe été

La Suisse est un pays singulier. Et c’est justement ce qui la rend attrayante. Car elle a beau trôner en plein cœur de l’Europe, à une

altitude qui lui permet symboliquement de dominer tous ses voisins, elle continue de tourner le dos à l’Union européenne, fidèle à une

tradition de neutralité qui puise aux sources de son Histoire. Mais là n’est pas le seul paradoxe de cette nation confédérale qui compte

rien moins que quatre langues officielles (1) . Sa monnaie continue ainsi de s’appeler le franc - suisse, certes - alors même que la France

l’a abandonné au profit de l’euro il y a bientôt dix ans. Un autre exemple ? Les navigateurs français, britanniques, italiens ou allemands

ne s’en sont jamais remis, mais ce sont bien des marins suisses qui ont raflé, en 2003, le plus vieux trophée sportif du monde,

l’America’s Cup, devenant ainsi les premiers européens à remporter la plus prestigieuse des compétitions de voile.

Pas mal pour un pays relégué à plus de 400 kms de la première plage !


Aqui rêve seulement de vacances

farniente, allongé sur le sable

les pieds en éventail, avec pour

seul travail des intermèdes baignade,

la Suisse n’est peut-être

pas la destination idéale. Sauf à

apprécier la nage en eaux froides.

Mais le pays a tellement d’autres charmes

à offrir au visiteur qu’il serait vraiment

dommage de l’écarter sans réflexion de la

liste des points de chute possibles. D’autant

qu’à l’inverse d’une image largement répandue,

la Suisse reste un pays très séduisant en

toutes saisons, que l’on aime le ski extrême,

les randonnées estivales en montagne ou les

promenades bucoliques le long des berges

d’un lac. Il est vrai que le tourisme est ici

une seconde nature. Les meilleurs clients - et

les meilleurs ambassadeurs - de l’industrie

touristique helvète sont d’ailleurs les suisses

eux-mêmes. Certains hôtels historiques des

rives du lac Léman ou des stations alpines

comptent parmi les plus anciens palaces

d’Europe et conservent souvent le charme

désuet d’un luxe discret et raffiné entretenu

avec soin, dans le respect et la continuité des

traditions locales. L’un de ces monuments,

le « Beau-Rivage », appartient d’ailleurs à

la même famille depuis quatre générations.

Dans ses Mémoires, parues en 1760, le grand

voyageur et immense séducteur Casanova,

louait déjà la qualité de l’hôtellerie genevoise,

qui compte aujourd’hui l’une des plus fortes

concentrations de palaces au monde, avec 16

« cinq étoiles » dans toute la ville

En cette saison, ce sont plutôt les premières

neiges que l’on attend avec impatience. Ca

tombe bien : la Suisse est LE pays où les joies

des sports d’hiver ont été hissées au rang

d’art de vivre. Avec un budget conséquent,

on pourra se faire plaisir au Gstaad Palace,

le plus bel hôtel de la station du gotha, ou

au Victoria-Jungfrau d’Interlaken, au Chalet

d’Adrien à Verbier ou dans les deux palaces

les plus mythiques des Alpes suisses :

le Riffelalp, à Zermatt, et le Badrutt’s Palace,

à Saint-Moritz. En version plus économique,

les prestations

seront bien sûr moins

spectaculaires, mais


l’accueil restera à coup

sûr de grande qualité,

comme c’est souvent le

cas de la petite chambre

d’hôte d’une vallée

inconnue jusqu’à l’hôtel

de charme sans grandes prétentions en

passant par les établissements affiliés à une

chaîne internationale, qui parviennent à

conserver une spécificité helvète en dépit

de la standardisation.

Côté gastronomie, la Suisse reste dans le peloton

de tête des pays européens où le bien vivre

signifie aussi bien manger. Mal connus en

France, les fromages du pays possèdent une

richesse, une variété gustative et une rigueur

de fabrication qui les placent à un niveau

comparable, voire meilleur que les productions

françaises, notamment dans les pâtes

cuites. Comme toutes les zones de montagne

A DrEssEs UtiLEs

avant de partir

> suisse tourisme, l’office de tourisme de la

confédération en france, répond à toutes les

demandes, par téléphone, par fax ou via internet.

www.myswitzerland.com.

numéro Vert : 00.800.100.200.30.

fax : 00.800.100.200.31. e-mail : info@myswitzerland.com

sur place

> Hôtellerie suisse, l’organisation qui regroupe la

plupart des professionnels du secteur dans tout le

pays. son siège est à Bere. tel : 031.370.41.11.

Web : www.hotelleriesuisse.ch

> bed & breakfast, l’association des chambres

d’hôtes de suisse. Web : www.bnb.ch. email : info@

bnb.ch

> séjours à la ferme : Reka-ferien, organisation

de fermes de vacances qui a son siège à Berne.

tel : 031.329.66.33. Web : www.rek.ch. autre piste,

l’association Bauernhof : www.bauernhof-ferien.ch

> consulat de France : 2, cour des Bastions - Genève.

tel : 022.319.00.00.

où il s’agissait d’une question de survie, la

Suisse produit également de la charcuterie de

très haut niveau, avec des spécialités incomparables

comme la viande séchée des Grisons,

complément indispensable à une raclette ou

une fondue typiquement suisses.

Quant au patrimoine, le pays regorge de

sites naturels, de musées, de monuments, de

villages pittoresques et, surtout, d’un réseau de

chemins de fer parmi les plus romantiques et

les plus spectaculaires du monde, avec ses successions

de tunnels et d’ouvrages d’art magni-

Le tourisme est ici

une seconde nature


fiques, ses panoramas à couper le souffle et ses

rythmes apaisants dans des wagons toujours

magnifiquement entretenus quel que soit leur

âge et leur catégorie. Même les amateurs de

tourisme exclusivement citadin trouveront

leur compte en Suisse, avec des villes aussi

belles, riches et intéressantes que Genève,

Zürich, Bâle, Lausanne, Neufchâtel, Lucerne

ou Lugano, où ce pays éclate de modernisme

et d’énergie. La Suisse, c’est un ballon

d’oxygène. En tous lieux et en toutes saisons.

(1) l’allemand, le français, l’italien et le romanche.

13


14

NEWSNEWSNEWSNEWSNEWSNE

Le cap sicié

comme on ne l’a jamais vu

Tous les marins qui ont navigué un jour

le long de la côte varoise en ont forcément

gardé le souvenir. Comme une immense

muraille grise plantée à la verticale dans le

bleu profond de la Méditerranée, le cap Sicié

est autant un repère qu’une menace. Mais, à

l’image des grands rochers mythiques qui guident

les navires et, parfois, les engloutissent,

il a juste eu besoin d’exister pour construire

sa propre légende, autour des fantasmes, des

affabulations, des drames réels ou supposés

et des hasards heureux ou rocambolesques

que les hommes et les femmes ont vécus ou

rêvés à son contact. « Les Contes du Cap

Sicié – de Sanary à Porquerolles », écrit par

Dany et Gérard Loridon (aux éditions Les

Presses du Midi), est à l’image du rocher

éponyme : multiforme, séduisant et curieux.

Ni roman, ni essai, ni recueil de nouvelles,

ce livre s’attarde sur des gens captivants et

raconte, à flot continu, des histoires tantôt

touchantes, tantôt rocambolesques, sans que

Dans l’intimité des calanques

Berceau de la Comex, le massif des calanques

de Marseille à Cassis a déjà inspiré des

dizaines de photographes, journalistes, écrivains…

et servi de prétexte à la publication

d’un nombre incalculable d’ouvrages plus ou

moins réussis. Celui que signent la journaliste

Juliette Lambot et le photographe Gilles

Martin-Raget (aux éditions Crès) n’est pas de

ceux qui laissent indifférent. Parce qu’il n’en

reste pas aux seules splendeurs naturelles de

ce massif, l’ouvrage intitulé « Calanques, si

proches, si lointaines », va au-delà des habituels

clichés sur un site certes exceptionnel,

mais bien plus riche qu’on l’imagine de

prime abord sur le plan humain et culturel.

Pour donner tout leur sens aux somptueu-

l’on sache jamais

vraiment la part

de la légende et

celle de la réalité.

De la réintroduction du grand requin blanc

près de l’île des Embiez en passant par l’invention

ratée de la cocotte minute par une

ménagère toulonnaise, jusqu’aux déboires

politiques et conjugaux d’un ministre des

Postes, l’ouvrage vagabonde entre terre et

eau, comme un parcours initiatique en vingt

et une étapes qui nous fait voir le cap Sicié

comme on n’a jamais osé l’imaginer en le

doublant par la mer.

Les Contes du Cap Sicié,

de Dany et Gérard Loridon

aux éditions Les Presses du Midi – 21 €.

A commander auprès des auteurs :

722, chemin des Hoirs.

83140 Six-Fours-les Plages.

Dédicace personnalisée sur demande

ses prises de vues de Gilles-Martin Raget,

aujourd’hui reconnu comme l’un des deux

ou trois grands photographes contemporains

de la mer et du littoral, Juliette Lambot ne

s’est pas contentée d’une ballade touristique

sur les sentiers du massif. Pour s’autoriser

à prendre la plume et livrer sa vision d’un

territoire unique aux frontières du ciel et de

la mer, elle a eu l’envie, et aussi le courage,

de s’y frotter pour de bon, en allant vivre

les calanques de l’intérieur, jusque dans sa

chair. Au fil des lignes, on saisit les instants

précieux, mais aussi la rudesse que vivent

« ceux des calanques », dépendants qu’ils

sont d’un décor majestueux et tourmenté,

d’une façon de vivre à la marge, d’un rapport

si intime avec la mer, le roc et le vent.

« Calanques, si proches, si lointaines » n’est

donc pas seulement un beau livre, c’est une

expérience humaine.

Calanques, si proches, si lointaines,

de Juliette Lambot et

Gilles Martin-Raget - aux Editions Crès

260 pages, 500 photos. Prix public : 50 €

Les amphores du

Grand-congloué

retournent à l’eau

Plusieurs dizaines d’amphores remontées

lors de la toute première

fouille archéologique sous-marine

de l’Histoire viennent d’être réimmergées

en rade de Marseille, sous

l’autorité du Département des Recherches

Archéologiques Subaquatiques

et Sous-Marines du ministère

de la Culture (DRASSM). Inédite en

France, cette opération est destinée

à permettre au grand public de découvrir,

en conditions réelles, un

site archéologique immergé reconstitué

avec du matériel authentique.

L’idée était de coller au plus près de

la réalité que rencontrent les plongeurs

archéologues lorsqu’ils découvrent

une nouvelle épave. Pilotée par

Patrick Grandjean, conservateur en

chef au DRASSM, ce projet a donné

naissances à deux sites distincts,

à proximité des îles du Frioul et

au large de la calanque de Niolon.

« Les amphores sélectionnées ne

présentaient plus de grand intérêt

scientifique et n’intéressaient plus

ni les chercheurs ni les musées »,

explique Patrick Grandjean, qui a

estimé judicieux de « proposer aux

plongeurs sportifs la reconstitution

d’un site tel qu’il se présente avant

une fouille ». Ces amphores avaient

été ramenées à la surface en 1952

par une équipe de jeunes plongeurs

rassemblée par Jacques-Yves

Cousteau, co-inventeur du détendeur

et pionnier de la recherche

archéologique sous-marine. Parmi

cette équipe figurait Henri Germain

Delauze, qui fondera la Comex

moins d’une dizaine d’années plus

tard, et Albert Falco, qui deviendra

ensuite l’emblématique patron des

plongeurs de la Calypso. Remises en

place sur le fond par les plongeurs

du DRASSM ainsi que les moniteurs

et les volontaires de plusieurs clubs

de plongée marseillais, ces amphores

n’ont pas grande valeur marchande.

Les sites où elles ont été installées

seront néanmoins étroitement surveillés,

y compris par les clubs, afin

d’éviter pillage et vandalisme.


Une épave de sous-marin

plantée droit dans le sable

par 53 mètres de profondeur.

Sous un amoncellement de

cordes et de filets, une coque

fuselée, une étrave qui pointe

vers la surface, recouvertes

d’un peuplement marin extraordinaire… Cette vision exceptionnelle,

c’est l’Alose, un des nombreux sous-marins engloutis au large des côtes

méditerranéennes (la liste figure dans l’ouvrage), mais d’abord une pièce

Les hommages se succèdent pour le

président-fondateur de la Comex. Après

« L’art d’entreprendre », une exposition

très originale qui s’est tenue tout

l’été dans la salle des pas perdus de la

Chambre de commerce et d’industrie

Marseille-Provence, Henri Germain

Delauze était au coeur du « Voyage au

centre de la Mer » proposé par le Conseil

général des Bouches-du-Rhône. Cette

superbe exposition doit tourner dans

plusieurs villes des Bouches-du-Rhône

au cours de l’année 2011. Elle propose

un véritable parcours initiatique sur les

traces des aventuriers qui ont permis à

l’homme de franchir les frontières du

6 e continent. Pionniers parmi les pion-

L’aventure du sous-marin Alose,

un siècle d’histoire

niers, Henri Germain Delauze et Jacques

Rougerie sont les personnalités-phares

d’un intinéraire original où le Pdg de la

Comex, inventeur de la plongée industrielle

profonde et l’architecte de la mer,

concepteur du futur vaisseau océanographique

Sea Orbiter, permettent au

grand public d’accéder à pieds secs de

la surface de l’eau jusqu’à l’obscurité

des abysses. Un hommage particulier

est également rendu aux plongeurs de

la Comex, partis en première ligne à la

conquête des grandes profondeurs, ainsi

qu’aux hommes de L’Institut national de

la plongée professionnelle, à Marseille,

une école mondialement réputée qui a

formé - et forme encore - des centaines

de musée, un ancêtre plus que centenaire, maillon incontournable de

la conquête des abysses, récemment classé monument historique. Ce

livre, c’est l’histoire passionnante de ce submersible, de son naufrage,

de sa redécouverte par l’auteur un froid matin d’octobre et de son renflouement

par la Comex. La chance a ensuite voulu que la fille du commandant

Le Prieur et le pilote Duval lui-même, tous deux responsables

de l’engloutissement de l’Alose, confient à Jean-Pierre Joncheray des

photographies et des documents inédits qui ont permis de reconstituer

les derniers instants du vieux submersible… A déguster comme un

bon vin vieilli en cave.

En vente sur commande aux Cahiers d’Archéologie subaquatique, 1637, avenue de Lattre de Tassigny – 83 600 Fréjus.

Prix 20 € + frais de timbre et enveloppe cartonnée, soit 25 €

Dédicace personnalisée sur demande.

Un grand « Voyage au centre de la Mer »

d’hommes et de femmes aux techniques

de la pénétration sous-marine. Pour être

totalement en phase avec notre époque

et envisager le futur de cette énorme

masse liquide qui recouvre les sept dixièmes

de la planète, ce « Voyage au centre

de la Mer » s’attarde aussi sur la question

énergétique, en expliquant dans le

détail le fonctionnement des différentes

sources qui produisent de l’énergie

à partir de la mer. Des hydrauliennes à

l’énergie osmotique en passant par la

transformation des algues en électricité,

l’exposition propose un cheminement

ludique et didactique avec des photos,

des visuels animés, des films et des panneaux

qui permettent de comprendre

pourquoi la mer devrait devenir encore

plus indispensable à l’homme dans un

futur proche. Pour compléter ce parcours,

un espace dédié à la Fondation

océanographique Paul Ricard invite le

jeune public à rejoindre sa « Destination

planète mer » et le travail des scientifiques

qui oeuvrent dans ses laboratoires.

En cette année internationale de la biodiversité

qui s’achève, les visiteurs peuvent

aussi se familiariser avec les soins aux

animaux marins dispensés à l’hôpital des

tortues et profiter des jeux interactifs

et des ateliers découvertes pour mieux

comprendre les enjeux de la préservation

des espaces naturels marins.

Renseignements et programme : www.cg13.org

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