Haiti Liberte 5 Fevrier 2020

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Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

LE CORE GROUP N’APPRÉCIE LE

DIALOGUE SANS ACCORD

Konnen ak konprann

kont kisa n ap batay : ki

pèspektiv batay mas pèp

la anfas ideyoloji kapitalis

konwonpi an ?

Page 6

U.S. Regrets Not Reaching

Political Agreement with

Haiti’s Opposition

Page 9

Voir page 3

Entretien avec Rita

Dieujuste, porte-parole

du comité des

victimes de La Saline

Page 7

Le Core Group est composé de la représentante spéciale du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu),

Helen Meagher La Lime dirigeante du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), des ambassadeurs d’Allemagne,

du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, et de l’Union Européenne, ainsi que du représentant

spécial de l’Organisation des États américains (Oea)

34E ANNIVERSAIRE DU SEPT

FÉVRIER 1986

Entretien avec

l’ex-président

bolivien Evo

Morales !

Page 10-11

Voir page 3

La journée du 7 février 1986 était d’une part, pleine de réjouissance et d’autre part, de violences accrues, de chasse et de

pillages de certaines personnes soupçonnées d’être des macoutes ou de connivence avec le régime déchu

La Ligue arabe

rejette le plan de

Trump. Abbas rompt

« toutes les relations

» avec Israël et les

USA

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

Au pire moment et dans les pires conditions

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

Par Berthony Dupont

Les propositions succèdent aux propositions. Les

plans succèdent aux plans. Les conférences succèdent

aux conférences pour n’accoucher que de démagogie.

Ce n’est pas le verbiage continuel de la classe

politique moribonde qui mettra fin à ses desseins macabres

contre les masses laborieuses haïtiennes.

Les problèmes du pays demeurent inchangés. Ils

sont même appelés à empirer puisque les protagonistes

au sein des classes dominantes ne font que poursuivre

une guerre de clans apparemment acharnée entre eux

mais précisément, elle ne vise qu’à allumer et entretenir

des foyers de tensions, de troubles et d’insécurité

et tout cela est dirigé pour contrecarrer ou empêcher

toutes revendications des masses à une vie décente.

En même temps, il faut être clair, que les derniers

événements confirment que la classe politique fait

la honte du pays. Après la débâcle du Parlement, ses

membres ne font que s’envoyer des flèches pour trouver

des boucs émissaires, à qui faire porter la responsabilité

de l’effroyable chaos où ils ont conduit le pays.

Cette classe politique naufragée est à bout de souffle,

rien ne pourrait la sauver de son impopularité croissante

et de sa descente aux enfers.

Tous entendent respecter le jeu et le calendrier des

forces impérialistes pour maintenir le pays et le peuple

enchainés. Ces démagogues de tous bords ne font que

redonner force aux puissances tutrices. Sur le terrain

de la lutte, ce qui retient l’attention, c’est tout d’abord

la violence et l’offensive en direction des masses défavorisées.

Ensuite, les sirènes alarmantes d’une quelconque

solution négociée pour tenir les travailleurs en

haleine dans l’attente d’un certain dénouement prochain

de la crise.

Le Core group, représentant diplomatique des pays

impérialistes en Haïti n’a pas manqué de manifester ses

insatisfactions à l’égard de la classe politique puisque

rien n’a changé aux données du problème à la Nonciature

apostolique. Ainsi, il les exhorte à mettre entièrement

de côté leurs divergences et à en venir à un accord

sans tenir compte de la volonté et des aspirations du

peuple.

Le Core Group feint d’ignorer que la population

dans son immense majorité ne se reconnait nullement

dans les actes fantaisistes, répugnants, arbitraires de

ces dirigeants politiques actuels qui ne désirent qu’une

seule chose : satisfaire leur soif inextinguible de richesses

et d’honneurs mal acquis.

Cela dit, il faut être bien naïf pour s’étonner d’un

éventuel dialogue ou d’une quelconque négociation

vouée au départ à l’échec entre les acteurs de la classe

politique, voire s’en passionner. Devant cette gravité

des enjeux, les masses populaires doivent entreprendre

d’audacieuses initiatives susceptibles de mettre en

garde leurs ennemis internes représentés, d’une part

par ces oiseaux de mauvais augure, porteurs de mauvaises

nouvelles, et ceux de bon augure, porteurs de

soi-disant nouvelles d’espoir comme la démission de

Jovenel Moise. Ils sont deux faces de la même médaille,

miroir de la bête étoilée aux deux faces républicaines et

démocrates ; toutes leurs acrobaties tendent à satisfaire

les intérêts impérialistes.

Évitons donc de tomber dans le piège qui nous est

tendu à savoir préférer l’un plutôt que l’autre comme

l’indiquent certains courants. Une chose est certaine,

malgré le torchon brulant entre les deux alliés de classe,

le dialogue n’est pas rompu pour autant entre ses frères

et sœurs de classe. Ils trouveront au moment opportun

un terrain d’entente et feront front contre tout mouvement

des masses opprimées visant à libérer le pays.

Voilà ce qu’il en est de la réalité du pays et qui

explique que le cycle de déstabilisation à outrance

commencé n’est prêt à s’achever que si seulement les

masses populaires sont organisées et mobilisées avec

dynamisme dans l’application d’une orientation capable

de mettre en déroute les forces adverses, perverses

qui veulent asphyxier le pays par les moyens les plus

sordides.

La situation parait bien pire et certes dans des pires

conditions, mais elle peut se retourner d’un moment à

l’autre, car la colère du peuple ne cesse de gronder, son

indignation face à la vie chère, le chômage, la pauvreté

ne cesse de grandir, sauf que les conditions subjectives

qui ne sont pas encore réalisées l’empêchent de prendre

le chemin qui mène au grand combat de classe.

Nous y arriverons, nous y arriverons, et Haïti à

coup sûr sera libérée plus tôt que tard, même quand

il y a certes beaucoup à faire pour atteindre le niveau

d’actions conséquentes et efficaces.

Jamais un tel choix n’est apparu aussi opportun,

nécessaire et urgent qu’aujourd’hui pour sortir du tunnel

de la honte.

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Email :

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Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020


Le Core Group n’apprécie

le dialogue sans accord

34e Anniversaire du sept février 1986

Prof. Esau Jean-Baptiste

De gauche à droite Cristobal Dupouy de l’OEA, la représentante du

secrétaire générale de l'ONU et cheffe de la BINUH, Hellen La Lime et le

diplomate de Vatican Eugene Martin Nugent

Par Isabelle L. Papillon

De gauche à droite Victor Benoit et Emmanuel Menard

Le Core Group n’a pas digéré que

les conférences du 29, 30 et 31

janvier 2020, déroulées au siège de

la Nonciature Apostolique pour une

sortie de Crise ou une sortie du régime

agonisant du PHTK ait tourné

au fiasco ; une crise qui le ronge

depuis la révolte populaire du mois

de juillet 2018.

Avaient participé à cette

conférence, entre autres, des organisations

qui avaient paraphé

l’accord de Marriott : Mache Kontre

représenté par Edgard Leblanc

Fils de l’OPL et Alix Richard de la

Fusion, le bloc Démocratique par

Emmanuel Menard et Victor Benoit

et Liné Baltazar du PHTK qui

représentait les signataires de l’accord

de Kinam.

Ont été également présents,

plusieurs autres organisations de

la société civile, les représentants

des partis comme le Rassemblement

des Démocrates Nationaux

Progressistes (RDNP) d’Eric Jean

Baptiste, le CONA de Joseph Lambert,

Palmiste de Simon Desras,

Inifòs de Paul Denis, des partisans

de Jovenel Moise : Renald Lubérice,

Jude Charles Faustin, et Mme Jessy

Ménos.

Cette conférence a été arbitrée

par le Comité Haïtien d’Initiative

Patriotique (CHIP) composé

d’un représentant de partis politiques,

un membre de la société

civile et un Recteur d’université.

Elle a été entièrement appuyée par

le Core Group, particulièrement la

représentante du secrétaire générale

de l’ONU et cheffe de la BINUH,

Hellen La Lime et le représentant

permanent de l’OEA en Haïti Cristobal

Dupouy.

Le Core Group n’a guère apprécié

le résultat des rencontres

dont l’objectif visait tout bonnement

de parvenir à un accord de sortie de

crise. Ainsi dans un communiqué,

ils disent regretter que « les participants

aux discussions politiques,

déroulées les 29, 30 et 31 janvier

derniers, n’aient pas pu parvenir

à un accord, malgré leurs efforts ».

Il faut signaler que l’unique

point de divergence entre les

représentants de l’opposition et

ceux de pouvoir en place n’est pas

la question de la formation d’un

gouvernement, ni celle de l’insécurité

; d’un nouveau conseil électoral,

des changements constitutionnels,

et des élections mais celle de la

durée du mandat de Jovenel Moise.

Pour sa part, le président Jovenel

est accouru à la Nonciature

le dernier jour en soulignant aux

délégués, qu’il n’était nullement

attaché à la durée de son mandat,

mais à certaines réformes dans l’administration

du pays. De plus il insista,

qu’il veut remettre le pouvoir

à un autre Président élu avant son

départ.

Par ces mots, ses représentants

l’ont bien compris et n’ont pas

accepté point barre de faire la concession

sur la durée de son mandat

que les membres de l’opposition

voulaient amputer d’une année, de

sorte qu’il laisse le pouvoir l’année

prochaine au mois de Février 2021.

Ne pouvant pas s’entendre,

les acteurs ont laissé la nonciature

sans parvenir à un accord de sortie

de crise. Ce qui ne fait pas l’affaire

de la communauté internationale

qui espérait boucler cette affaire

pour permettre à Jovenel de faire

tout ce que bon lui semble.

Le Core Group regrette qu’il

n’y ait pas d’accord après les négociations

et invite l’ensemble de la

classe politique et des secteurs de

la société haïtienne à prendre leurs

responsabilités face aux défis auxquels

le pays est confronté.

Il semblerait que les pourparlers

pourraient reprendre, c’est ce

qu’a laissé comprendre le directeur

de l’Initiative de la société civile

(Isc), Rosny Deroches, qui indique

que les acteurs de la conférence en

l’occurrence le pouvoir et les partis

de l’opposition, seront à nouveau

convoqués le 7 février 2020

à l’occasion du 34e anniversaire

de la chute de la dictature des Duvalier

pour continuer la discussion

et trouver un accord même dans le

désaccord

Le Secteur dit démocratique

et populaire et l’Alternative

consensuelle pour la refondation

d’Haïti qui avaient boudé les conférences

ont pour leur part réitéré

par leur porte-parole Michel André

« Nous rejetons toute possibilité

de participer à un gouvernement

d’union nationale avec Jovenel

Moïse comme président. Pour nous,

la solution à la crise politique actuelle

passe d’abord et avant tout par

la démission de Jovenel Moïse »

7 février 1986-7 février 2020 : une

interminable transition de duperies,

de rêve galvaudé et d’échec

démocratique

Apparemment, tout allait bien pour

le gouvernement de Jean Claude

Duvalier, quand, dans la ville des Gonaïves,

cité de l’indépendance, a commencé

une opposition contre le régime.

Effectivement, quelques mois de cela,

lors d’une manifestation dans cette ville

(département de l’Artibonite), le peuple,

dans ses revendications socio-politiques,

rendait le gouvernement d’alors,

responsable de leur situation de misère.

Tout en tenant compte de la situation et

des conséquences que cela pourrait avoir

sur les autres régions du pays, le pouvoir

dictatorial de Port-au-Prince, pour pallier

á ce mouvement de soulèvement, dépêcha

le ministre Alix Cinéas sur les lieux.

Ironie du sort, c’est aussi dans cette ville

que dix-huit mois plus tard, a commencé,

avec la mort de Daniel Israël, Mackenson

Michel et Jean Robert Cius, trois jeunes

écoliers des Gonaïves, les mouvements

de protestations qui devaient emporter le

régime vers l’exil.

Évidemment, avec des manifestations

dans presque tous les départements,

spécialement les grandes villes

du pays, les derniers jours de janvier

annonçaient déjà les couleurs contre

un pouvoir dictatorial vieux de presque

trente ans. En fait, Port-au-Prince, la

capitale d’Haïti, où á l’époque se trouvait

toutes les grandes forces militaires et répressives

du gouvernement, était encore

passive et, suivait jusqu’alors, l’évolution

de la crise réclamant le départ de

Jean-Claude Duvalier.

Par contre, comme dans les villes

de provinces, les écoles et les universités

étaient aussi fermées á Port-au-Prince.

Cependant, avec la manifestation du 30

janvier 1986, la ville de Port-au-Prince,

qui jusqu’à date était calme, s’est rapidement

alignée au côté d’autres villes

qui réclamaient le départ de Jean Claude

Duvalier du pouvoir. Le faux départ du

dictateur le 31 janvier allait conduire á

une semaine d’état siège. Tout en analysant

les raisons de cet état siège, certains

analystes et experts dans la crise

politique haïtienne pensaient que c’était

juste une question pour la communauté

internationale de trouver une terre d’asile

pour le président à vie.

Dans l’intervalle, comme des rumeurs

couraient sur le départ de Jean-

Claude Duvalier, donc durant les nuits

du 5 et 6 février, la population était impatiente

en termes de quoi demain sera

fait. Avec la fermeture des stations de

radios qui étaient jugées, par le gouvernement,

trop exagérées dans la diffusion

des nouvelles locales, donc les jeunes en

particulier et la population en générale,

en quête d’information ont essayé et certaines

fois très tard, d’être branché sur

des émissions des « short wave » des radios

étrangères venant des pays proches,

pour avoir des nouvelles concernant le

dénouement de la crise dans le pays.

Comme on n’était pas à l’ère de la technologie,

ou grâce à des réseaux sociaux

les nouvelles pourraient aller loin et vite,

donc à l’époque, mis à part des rumeurs

venant des personnages proches du pouvoir

ou d’une certaine classe de l’élite

haïtienne, les infos étaient rares et même

trop rares au grand public. Ce qui fait,

à partir des informations recueillies dans

leurs pays de résidence, certains haïtiens,

surtout les opposants (appelé Kamoken)

du pouvoir politique de Port-au Prince,

dans certaines communautés en diaspora

qui, de près, surveillaient l’évolution

de la situation, ont dans bien des occasions,

appelé leurs alliés et amis pour les

informer sur les toutes dernières nouvelles

de la crise haïtienne. Donc á partir

Le général Henri Namphy, 3e à gauche, lors de la remise du pouvoir aux

militaires par Bébé Doc le jour de son départ le 7 février 1986. Le Conseil

National de gouvernement (CNG)

(Photo by Jean-Claude FRANCOLON/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le départ de Jean-Claude « Baby Doc » et Michèle Duvalier pour l’exile

des informations qui circulaient, le pays

était en alerte. Ainsi, pendant des jours

et des heures, au fur et à mesure que

le suspense se faisait attendre, il n’était

plus question de son départ en soi, mais

plutôt d’une affaire de temps, á savoir

quand est-ce il quitterait le pouvoir.

Entre-temps, toutes les activités

étaient au point mort. Mis à part les

écoles et les universités qui étaient fermées

depuis des semaines, avec l’état

siège qui était décrété depuis des jours

par le régime dictatorial, la vie nocturne

était complètement paralysée. Donc très

tôt dans l’après-midi, par peur d’être victimes

de représailles des tortionnaires

du régime, les gens étaient déjà soit á

la maison ou dans leur quartier. On ne

prend pas de chance. Bien entendu, dans

toutes circonstance, il-y-a toujours des

inconvénients qui bien des fois forcent

les gens à violer certains principes ou

des imprudents qui, quand il s’agit de

leurs routines de fonctionnement ou de

folies au quotidien, ne soucient de rien

peu importe le risque à courir. Bref, dans

l’ensemble, la semaine d’état siège était

très inquiétante, mais surtout la nuit du

jeudi 6 février fut la plus longue. Pendant

les dernières heures, soient qu’elles

viennent des membres proches du pouvoir

ou des haïtiens de la diaspora, des

rumeurs de toutes sortes circulaient á

Port-au-Prince. Quant à certaines presses

de l’international, ne voulaient pas répéter

les mêmes expériences du 31 janvier

ou le faux départ du dictateur était annoncé,

alors qu’il était encore au pouvoir

au Palais national, donc, elles étaient très

prudentes. De ce fait, elles préféraient

attendre. N’empêche, dans certaines

chambres d’hôtels du pays, les reporters

internationaux en quête des toutes dernières

nouvelles, attendaient impatiemment.

Par mesure de précautions, des parents

et amis encourageaient leurs siens,

particulièrement les plus imprudents, de

ne pas prendre des risques, en un mot,

la consigne était de rester chez soi. Pour

ceux qui ont de l’expérience dans les dénouements

de crise politique en Haïti, ils

sentaient déjà que quelque chose allait

arriver.

Le départ de Duvalier le

7 février 1986

Ainsi, pendant que certains dormaient,

d’autres étaient sur leurs pieds de

guerre attendant les toutes dernières

nouvelles. Finalement l’annonce fut

faite. Après avoir dirigé le pays pendant

presque trente ans, la famille Duvalier est

partie. Ne voulant pas affronter la colère

du peuple, président Duvalier choisit

de quitter le pays au beau milieu de la

nuit. ‘’Il était 2h45 quand le président,

accompagné de sa famille et des proches

collaborateurs, dans un C-141 de l’armée

Américaine partait pour l’exile. Et

au moment de son départ, le dictateur a

prononcé son dernier discours : « Désirant

entrer dans l’histoire la tête haute,

la conscience tranquille, j’ai choisi de

passer le destin de la nation, le pouvoir

aux Forces Armées d’Haïti en souhaitant

que cette décision permettra une

issue pacifique et rapide á la crise actuelle.

»

7 Février 1991 investiture du président Jean Bertrand Aristide

Avec ce discours dans la matinée

du vendredi 7 février 1986, ainsi prenait

fin vingt-neuf années de dictature des

Duvalier père et fils. Aussi s’annonce

l’espoir pour une nouvelle Haïti pleine

de promesse, mais surtout des changements

socio-économiques pour les

classes défavorisées. A Port-au-Prince

comme dans les villes de provinces, tôt

dans la matinée, une foule en délire avec

des branches d’arbres, errait dans les

rues pour exprimer leur contentement.

suite à la page(18)

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

3


Pitit Malere

Sa ou vle nèg-la fè?

madanm-li ap pase rad,

li minm l-ap pase tray

pitit li kouche

tou rèd tou plat

kon nap joudlan.

yon ti moun si zan

tou chèchkò.

wa di you bwadan

seren fi-n souse,

wa dj you vye chalimo

fronmi ap pote ale.

vwazinay koumanse sanble

lan kay-la,

yo chita lan plenyen :

apa yè, mezanmi,

ti nonm-la t-ap pase la-a...

Hey! katye-a tankou

you bout bra

ki pa kenbe anyen.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen, et sur les conclusions conformes du Ministère public,

maintient le défaut octroyé contre la partie défenderesse à audience quatorze (14)

Février deux mille dix neuf (2019) , pour le profit déclare fondée la dite action;

admet en conséquence le divorce du sieur Joseph Reconny PIERRE LOUIS d'avec son

épouse née Marie Edeline MÉUS, pour injures graves et publiques. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existent entre les dits époux; ordonne à l'officier de l’état

civil de Petite Rivière de Nippes de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la

capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet; commet l'huissier

Moral Jean Pierre de ce tribunal pour la signification du présent jugement;

compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Marideline Paul, juge en

audience civile, ordinaire et publique du vingt et un (21) Février deux mille (2019, en

présence de Me Kinsly BENJAMIN, substitut du commissaire du gouvernement de ce

ressort, avec l'assistance du sieur Emmanuel Désir, greffier du siège. Il est ordonné à

tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution, aux officiers

du Ministère public près les tribunaux civils d'y tenir la main; à tous commandants et

autres officiers de la force publique d'y prêter main forte lorsqu'ils en seront

légalement requis. En foi de quoi la Minute du présent jugement est signée du juge

et du greffier susdit.

PAR CES MOTIFS

Après en avoir délibéré conformément à la loi, Accueille favorablement la

demande de la partie demanderesse pour être juste et fondée accorde

que le cité soit expulsé des lieux et que la requérante, partie demanderesse

soit réintégrée et maintenu dans sa possession condamne le dit cité

aux dommages intérêts, frais et dépens de la procédure ce , au termes

des articles 49, 56 C.P.C et 1168 C. C s'éditant dans l'un des journaux du

pays commet l'huissier Wilfrid Ulysse pour la signification du du présent

jugement donné de nous Me Pressage Antoine juge de paix de la

commune de Grand Grossier à l'audience civile ordinaire et possessoire

du lundi cinq Août deux mille dix neuf assisté du citoyen Jn Baptiste

Anthony Rabel greffier. Le tribunal se décline devant les sommes de cent

et cent cinquante mille gourdes pour raison de compétence. Il est ordonné

à tous huissiers, sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution

aux officiers du Ministère public près les tribunaux civiles d'y tenir la

main à tous commandants et autres officiers de la force publique d'y

prêter main forte lorsqu'ils en seront légalement requis. En foi de quoi la

minute du présent jugement a été signée par le juge et le greffier Jn

Baptiste Anthony Rabel pour expédition conforme collationnée.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après avoir délibéré au voeu de la loi et sur les conclusions conformes

du Ministère public, accueille l'action de la demanderesse , la dame née Katlyne

DAUDIER, en la forme; maintient le défaut faute de comparaître octroyé à

l'audience du vendredi vingt six juillet deux mille dix neuf contre le sieur Patrick

JOSEPH; admet en conséquence le divorce de ladite dame née Katlyne DAUDIER

contre son époux Patrick JOSEPH ,pour injures graves et publiques fait prévu à

l'article 217 du code civil haïtien; prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre eux aux, torts exclusif de l'époux; ordonne à l'office l'état civil

de Port-au-Pronce Section Est de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens

s'éditant à la capitale, sous peine de dommages intérêts envers les tiers ;

Compense les dépens vu la qualité des parties; commet l'huissier Jean Marc

AUGUSTIN pour la signification du présent jugement. RENDU DE NOUS, Berge O.

SUPRISE, juge au tribunal de première instance de Port-au-Prince, en la chambre

du conseil en audience civile publique et ordinaire du vendredi vingt six juillet

deux mille dix neuf, en présence du substitut commissaire du gouvernement, Me.

Jean Rolex MEROVE, faisant partie office du Ministère du Ministère public, et avec

l'assistance de Me. Serge DUVERT , greffier du siège. Il ordonné. ......etc. En foi

de quoi. ...etc. Ainsi signé : Berge O. SUPRISE et Jean Serge DUVERT.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après avoir délibéré conformément à la loi le

Ministère public entendu dans son réquisitoire, maintient le

défaut octroyé à l'audience contre Mme Elisette Simon. Qu'en

conséquence, admet le divorce entre les époux Webert saint

Louis d'avec la dame Elisette Simon pour abandon du droit

marital et incompatibilités de caractères. Ordonne que les

parties soient présentées par devant l'officier de l'état civil où

le contrat de mariage à été contracté. Compense les dépens.

Ordonné de nous Me Verne Simon, AV. Doyen au tribunal de

première instance de Inche à l'audience civile de divorce du

lundi 01 Avril 2019 en présence de Me Fritz AUBOURG, commissaire

du gouvernement avec l'assistance de Me Wilfrid Elie

greffier du siège. Pour ordre de publication : Me Antoine

Toussaint Avocat.

Maladi lan san,

osnon maladi san non?

- Non madanm,

se grangou k-ap pote-l ale,

maladi lamizè

ki kanpe lan tout kay-la

lan mitan tout bagay.

Sa ou vlé nèg-la fè?

madanm-li ap pase rad,

li menm l-ap pase tray,

l-ap vanse je fèmen,

li pa konnen sa pou-l fè,

li tankou you vye revèy

ki rete sou midi:

vant-li vid,

bouch-li ap kimen.

Li pa touche depi twa mwa,

pitit-1i kouche tou rèd

epi-l tande

lantèman pou ka trè.

Georges Castera Fils

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen sur les conclusions du Ministère public

maintient le défaut octroyé contre Jean Yves Charles à l'audience

précitée, pour le profit déclare fondée la dite action , admet en

conséquence, le divorce de Dieula Antoine d'avec Jean Yves Charles,

pour incompatibilités de caractères, aux torts de l'époux; prononce la

dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre les dits époux;

ordonne à l'officier de l'état civil de la commune de Saint Marc de

transcrire sur les registres à ce destinées le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la capitale, sous peine de dommages intérêts envers les

tiers, s'il y échet, compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par

nous Me Gabnel François Av. Juge en audience civil ordinaire et

publique en date du treize février deux mille dix huit en présence de

Me Grand Pierre Estimé substitut commissaire du gouvernement de ce

ressort avec l'assistance du greffier Pascal Toussaint . Il est odonné........etc....En

foi de quoi. .... etc. .... Charliernor Thompson, officier

de l'état civil

PAR CES MOTIFS

Sur les conclusions conformes du Ministère public, confirme le défaut

déjà octroyé en la forme contre le sieur Onel LÉON, au fond admet le

divorce des époux Onel LÉON la dame née Clarelle CAZEAU pour incompatibilité

de caractère, prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre eux; dit que désormais l'épouse reprendra son nom de

famille. Dit que son copie du dispositif du présent jugement certifié

conforme par le greffier du tribunal de première instance des Cayes, sera

signifié, après qu'il aura acquis l'autorité de la chose souverainement

jugé à l'un des officiers de l'état civil des Cayes aux fins de sa transcription

sur les registres à ce destinés. Dit également quʼun extrait du

jugement sera publié sur l'un des journaux s'éditant à la capitale,

compense les dépens, commet l'huissier Louis Sonel Laurent pour la

signification du présent jugement. Redu de nous, Me Pierre Ezéchiel Vaval

Doyen du tribunal de première instance des Cayes, assisté de Me Wilnoce

SANON, substitut commissaire du gouvernement et de Mercinor BAZIL,

greffier du siège en l'audience publique et civile de ce jour 23 janvier

deux mille dix neuf An 216ème de l'indépendance. Il est ordonné, ....En

foi de quoi ...etc... Me Jonas BADETTE. Avocat.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après en avoir délibéré au voeu de la loi et après avoir entendu le ministère public dans

ses conclusions écrites en la forme et au fond , favorable à l'action de la requérante accueille l'action

intentée en divorce par la dame Dieumerci Fortuna contre son époux Cloter François en la forme

maintient le défaut déjà octroyé contre le défendeur à l'audience du jeudi 12 juillet 2018 à 01

heures 15 minutes de l'après midi ce pour n'avoir pas été rabattu aux termes de l'article 287 du

code de procédure civil Luc D'HECTOR. Admet le divorce des époux sus-parlés pour tortures corporelle

(sévices)et pour graves et publiques envers son marie au voeu de l'article 217 du code civil haïtien.

prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre les dits époux tout en ordonnant

à l'officier de l'état civil de la commune de la Petite Rivière de Nippes Mr. Lionel Prucien de transcrire

sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement, dont un extrait sera inséré dans l'un

des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêt envers les tiers et de rédiger

l’acte de divorce des époux précités. Commet l'huissier Codet Geste pour la signification du présent

jugement aux fins de droit tout en composant les dépens en raison de la qualité des parties . Donné

de nous Me Nerva Vilmont, juge doyen près le tribunal de première instance de Miragoâne en

audience publique et civile de divorce en date du jeudi 12 juillet 2018 à 01h20 minutes de l'après

midi . An 215ème de l'indépendance, en présence de Me Kinsly Benjamin. Magt. Substitut

commissaire du gouvernement près le paquet du tribunal de première instance de Miragoâne avec

l'assistance de Me Arismon Saint Clair avocat greffier en chef. Il est à tous huissiers sur requis de

mettre le présent jugement à exécution aux officiers du ministère public près les tribunaux civils d'y

tenir la main , à tous commandants et autres officiers de la force publique d'y prêter main forte

lorsqu'ils en seront légalement requis En foi de quoi la minute du présent jugement est signé du juge

, le commissaire du gouvernement et du greffier en chef susdit . Pour expédition conforme à la

minute collationné. Mr Lionel Prucien off.cv.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal sur les conclusions conforme du Ministère public représenté à la barre

par Mr Joseph Denis Gérard substitut commissaire du gouvernement de ce ressort

, maintient le défaut requis et déjà octroyé à l'audience du jeudi six juin deux mille

dix neuf contre le sieur Jean Herold Jean Louis pour faute de comparaître, pour le

profit accueille favorablement l'action en divorce introduite par la dame née

Guerthi Toussaint pour être juste et fondée, et en conséquence la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre les sus dits époux pour les causes sus énoncées

et aux torts de l'épouse défaillant,en outre renvoie la requérante par l'officier de

l'état civil de Vieux Bourg d'Aquin pour la rédaction de l'acte de divorce et la

transcription du dispositif de cette décision sur les registres destinés à cet effet.

Compense les dépens en raison de la qualité des parties. Commet Anthony Saint

Germain, de ce siège pour la signification de cette décision. Ainsi jugé et prononcé

par nous Louis Fils Joseph , en présence de Me Aldrin Joassaint substitut commissaire

du gouvernement de ce ressort en audience publique et en ses attributions

civile ordinaire et de divorce et avec l'assistance du citoyen Jean Claude Novembre

Greffier du siège de ce jour jeudi neuf janvier deux mille vingt An 217 ème de

l'indépendance.

Il est ordonné etc. . En foi de quoi etc.

Me Philippe M Lalane, Avocat.

La lettre sous la languet

Je t’écris pour te dire

que je vis à fleur d’encre

dans une ville de béton armé

On tire lamentablement dans

ma rue

Dire et déjà trop dire

le bonheur sous chloroforme

Qui habitera avec nous

cet espace mensonger

l’incertitude de ce pays

aphone à force de faire des

promesses

à des bonheurs sans complices

à des rêves de plein jour

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen et sur les conclusions du ministère public,

maintient le défaut octroyé contre le défendeur à l'audience précitée;

pour le profit déclare fondée la dite action admet en conséquence le

divorce de la dame Jeanine SENAT d'avec son époux André PHILIPPE,

pour injures graves et publiques aux torts de l'époux. prononce la

dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre les dits époux;

ordonne à l'officier de l'état civil de grande Saline de transcrire sur les

registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me. Gabnel François, avocat juge en

audience civile ordinaire et publique en date du quinze mai deux mille

dix huit en présence de Me Grand Pierre ESTIME, substitut Commissaire

du gouvernement de ce ressort et avec l'assistance du greffier Feronel

FILS AIME. Il est ordonné. ....etc En foi de quoi. ....etc Ainsi signé :

Gabnel François et Feronel FILS- AIME. Feronel FILS -AIME greffier.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après avoir délibéré conformément après au voeu de la loi et

sur les conclusions conformes du Ministère public, accueille favorablement

l'action en divorce intentée par le sieur Francisque Cantave contre sa

femme née Alaine Joseph pour être régulière en la forme. Maintient au

fond le défaut, faute de comparaître requis et octroyé contre la dame Alaine

Joseph et faute de conclure contre Me Syfanier Raphaël à l'audience civile

de divorce du 18 janvier 2018 pour n'avoir pas été rabattu ni combattu en

conformité avec l'article 287 du code de procédure civile. Admet le divorce

des époux Francisque Cantave, femme née Alaine Joseph pour injures

graves et publique selon le voeu de l'article 217 du code civil Haïtien;

prononce en conséquence la dissolution des liens conjugaux existant entre

les dits époux; ordonne à l'officier de l'état civil de la section sud des

Gonaïves des de transcrire le dispositif du présent jugement sur les

registres à ce destinés dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers, s'il

y échet . Commet l'huissier Georges Michel du tribunal de première

instance des Gonaïves pour la signification du jugement. Compense les

dépenses en raison de la qualité des parties. Me Chenet Sanon Avocat

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen sur les conclusions du ministère public,

maintient le défaut octroyé contre le défenseur à l'audience précitée

pour le profit déclare fondée la dite action; admet en conséquence le

divorce de Fabiena St Neus d'avec son époux Prince Warrens Ashley

Jean Paul, pour injures graves et publique. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entré les dits époux . Ordonne à

l'officier de l'état civil de grande Saline de trancrire sur les registres

à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de

dommages intérêt envers les tiers s'il y échet, commet l'huissier

Wilkenson ALTIME de ce siège pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens . Ainsi jugé et prononcé par nous Gabnel

FRANÇOIS, juge en audience civile et publique en date du dix mai

deux deux mille dix huit en présence de Me Grand Pierre ESTIME

substitut commissaire du gouvernement de ce ressort avec l'assistance

du greffier Huguens D'HATI. Me Ulrick Joseph

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le

profit déclare fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce

de la dame Marie Guernite DOSTREL, d'avec son époux Abiquit SAINT

SAUVEUR pour injures graves et publiques et inconpatibilités de

caractères aux torts de l'époux. Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre les dits époux. Ordonne à l'officier de

l'état civil de Port-au-Prince Section Est de transcrire sur les registres

à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s'il y échet, commet l'huissier

Amos JEANLUS de ce siège pour la signification de ce jugement;

compense les depens; Ainsi jugé et prononcé par nous, Annie

FIGNOLE, juge en audience civile ordinaire et publique du jeudi vingt

cinq juillet deux mille dix neuf en présence de Me. Jean Rolex

MEROVE substitut commissaire du gouvernement, et avec l'assistance

du sieur Mozart TASSY, greffier du siège

et de plain-pied ?

Déjà l’ellipse

ma main coupée en deux

Il faut trancher

Je suis un homme

qui du rebord piégé de la lune

et du rebond de la lettre

et du piège de l’esprit

appelle la folie

devant la mer en ruine

et puisqu’il te faut un récit

court

celui des fous derrière la porte

des lapsus

Errata

ou des masques allumés

qui font un bruit de

poulie

dans les os

je t’écris pour t’apprendre

que j’ai longtemps

parlé avec les poings

serrés

pour ne pas crier

avec

l’horizon qui fait

naufrage.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen. Le Ministère public entendu, maintient le défaut octroyé

contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare fondée la dite

action admet en conséquence le divorce du sieur Serge Gaspard, d'avec son épouse

née Alourdes André pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse.

Prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux;

ordonne à l'officier de l'état civil de la section Est de Port-au-Prince à transcrire sur

les registres à ce destinés; le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Johnny Jean pour la signification

de ce jugement; compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy

Augustin juge en audience civile ordinaire et publique du mercredi vingt quatre

juillet deux mille dix neuf en présence de Me. Paul WESLEY , substitut commissaire

du gouvernement de ce ressort et avec l'assistance du sieur Junior Sauvens

THELEMAQUE, greffier du siège. Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de

mettre le présent jugement à exécution; aux officiers du ministère public près les

tribunaux de première instance d'y tenir la main à tous commandants et autres

officiers de la force publique, d'y prêté main forte lorsqu'il en seront légalement

requis. En foi de quoi, la minute le présent jugement est signée du juge et du

greffier susdit.

PAR CES MOTIFS

Sur les conclusions conforme du Ministère public, confirme le divorce

des époux Jean Enel SIMILIEN, la dame née Daphney DUQUELLA

pour injures graves et publiques, abandon du toit conjugal, proonce

la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre eux. Dit que

désormais l'épouse reprendra son nom de famille. Dit que copie du

dispositif du présent jugement passé en force de chose jugée, certifié

par le greffier du tribunal de première instance des Cayes aux fins de

sa transcription aux registres à ce destiné. Dit également qu'un

extrait dudit jugement publié dans un journal da la capitale,

compense les dépens, en fin commet l'huissier Pierre Richard GIRAULT

pour la signification du présent jugement. Prononcé par nous Me

Jocelyn LUCIEN, juge en présence de Me Joseph AMAZAN substitut

commissaire du gouvernement, assisté de Pierre CASSEUS , greffier

du siège en audience publique et civile ce jour 16 novembre deux

mille seize. An 213ème de l'indépendance. Il est ordonné etc. ..... En

foi de quoi etc. ... Jean Baptiste Pierre Zachary Avocat

PAR CES MOTIFS

Après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit

déclare fondé la dite action . Admet en conséquence le divorce du

sieur Wilsonne CLENAT d'avec son épouse née Gertha JEAN LOUIS

pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse. Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux;

ordonne à l'officier de l'état civil de la section Nord de Port-au-Prince

de transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les

tiers. Commet l'huissier Canal Gabriel de ce siège pour la signification

de ce jugement. Compense les dépens. AINSI JUGÉ ET PRONONCÉ

par nous Annie FIGNOLÉ, juge en audience civile, publique et

ordinaire du jeudi vingt quatre janvier deux mille dix neuf, en

présence de Me Jean Rolex MEROVE, substitut commissaire de ce

ressort et avec l'assistance du sieur Mozart TASSY . Greffier du siège.

Me Jacques SAINT PREUX Avocat

PAR CES MOTIFS

Georges

Castera Fils

La couverture du dernier numéro aurait dû lire Vol. 13 # 30 * du 29 Janvier au 4 Février 2020 au lieu

de Vol. 13 # 05 * du 7 au 13 Août 2019.Nous nous excusons également pour une partie de l'article «Les

Bossales dans les rues» à la page 3 qui a été supprimée par inadvertance.

La Direction

Le tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondé la dite action, admet en conséquence le divorce des époux Hygens

JOSEPH, la femme née Anne Marie Yolande PIERRE pour injures graves et

publiques et abandon du toit conjugal aux torts de l'époux, conformément

aux articles 217 et suivant du code civil; prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre les dits époux; ordonne à l'officier de l'état

civil de la Section Sud de Port-au-Prince à transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans

l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s'il y échet; commet l'huissier Jean Joseph Donald CADET

pour la signification de ce jugement; compense les dépens. Ainsi jugé et

prononcé par nous, Guy AUGUSTIN, juge, en audience civile , ordinaire et

publique du mercredi dix Avril deux mille dix neuf en présence de Me Paul

Wesley, substitut commissaire du gouvernement de ce ressort et avec

l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE , greffier du siège. Il est

ordonné. .......etc. ..En foi de quoi. ......etc.

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020


Twa Fèy, Twa Rasin O!

Un fils du peuple en tête-à-tête avec un

ti boujwa arivis

Par Fanfan la Tulipe

« Conseil aux arrivistes : mangez du cirage,

vous brillerez en société ! »

Pierre Doris

(Acteur, Artiste, Comique)

Avec tout ce raffut, ce chahut, cette

cacophonie, ce charivari, cette confusion,

ce bordel qu’est la scène politique

depuis l’ère des tètkale savann boule,

ère organisée, entretenue par la gent internationale

et les fils de pute locaux de

l’impérialisme, on a l’impression que les

concernés, le pouvoir aussi bien que l’opposition,

ne font que du surplace autour

de leurs deux thèmes favoris : la démission

de Jovenel versus un impossible sinon

illusoire dialogue. Alors, fatigué de

ces turpitudes, ennuyé à mourir par cette

honte, cette déchéance en chute libre, je

me suis refugié dans mon nirvana, non

pas l’espace d’un cillement mais le temps

de retrouver mon sens de l’équilibre, de

me rafraîchir à la source du rationnel.

Dans mon nirvana, je me détends,

je fuis la marche aberrante, dégringolante

du pays, la tortuosité et

l’abracadabrance des acteurs politiques,

je recrée la vie au hasard de mon imagination.

Tout peut émerger dans mon

univers nirvanal : un grand poème engagé

digne d’un Paul Laraque, un rêve

hadrianique pour rejoindre la regrettée

Marguerite Yourcenar sur ses voies lactées

; une audacieuse tentative de jouer

à un grand écrivain qui serait l’auteur

d’un « Mille ans de solitude » comme

pour saluer la mémoire de Garcia Marquez

; un dialogue non pas de mes

lampes, mais un tête-à-tête entre un fils

du peuple et un ti boujwa arivis.

Les ti boujwa arivis pullulent dans

le monde limoneux, trouble des PHTK. Ils

ne sont pas analphabètes au sens strict du

terme, mais… Professionnels ou non, ils

respirent la bêtise, s’en alimentent, s’en

délectent, en raffolent. Leur dénominateur

commun c’est de s’assurer qu’ils peuvent

passer pour des bourgeois. Se croyant

dans la note juste, ils font assez de bruit

pour se faire remarquer par le « chef » qui

laissera tomber un os aux plus bruiteux

d’entre eux. Ils sont minables à observer :

aplatis, allongés dans les couloirs du palais

ou des ministères, pattes en avant,

attendant leur « récompense ».

L’usage de la radio, de la télé ou des

deux combinées les arrangent, ils sont

dans leur plat. Là, ils tonitruent, s’époumonent,

braillent, aboient, déblatèrent,

écument. L’essentiel c’est que l’écumance

océane de leur voix arrive jusqu’aux

oreilles du président ti zòrèy. C’est ainsi

que l’imagination, la fiction et quelques

réminiscences aidant, j’ai pu écouter, médusé,

l’entrevue radiophonique qui suit,

celle accordée par un fils du peuple, naïf

jusqu’aux os, à un ti boujwa mal fagoté,

Aristobule Kakapoul, essayant de coincer

et de tourner en dérision le filius populi.

L’interviewé – Jorélus Labanière

– est membre influent d’une certaine

« Fòs pèp pwogresis », toutefois il est un

fervent partisan du président Jovenel. À

l’évidence, « pwogresis » et Jovenel sont

comme lait et citron. Même dans mon

nuageux nirvana, il m’a semblé plutôt

étrange d’entendre un jeune, un fils du

peuple, membre d’une organisation populaire

progressiste par surcroît, s’afficher de

façon aussi ouverte en faveur d’un chef

d’État au passé politique aussi trouble,

aussi boueux ; un « ingénieur » menteur

bien connu pour ses accointances avec

l’extrême-droite macouto-duvaliériste et

la bourgeoisie, deux entités notoirement

alignées sur la politique néolibérale des

Etats-Unis.

Assurément on n’aurait rien à redire

d’un militant d’organisation populaire

(OP) qui entretiendrait des relations

de proximité politique avec tel membre de

la bourgeoisie pourvu que ce dernier fût

un progressiste authentique. Un Antoine

Izméry, par exemple, qui avait d’excellents

rapports politiques de solidarité avec

le secteur populaire. Izméry qui n’avait

pas arrêté de dénoncer la répression, les

exactions et les violences commises par

la clique Cédras-Michel François. Izméry

qui a payé de sa vie, de son courage, de

sa franchise, de son honnêteté à dénoncer

la collusion entre l’étranger et les forces

antinationales, anti-peuple.

C’est à se demander ce que cet olibrius

de Jorélus était allé chercher dans la

galère impériale-bourgeoise. Ce mariage

depaman, cette alliance dépamanne,

contre nature, m’a rappelé étrangement

les années 2003 et 2004 lorsque des étudiants

faisant le jeu de la macouto-bourgeoisie

pour déstabiliser le régime légitime

en place pensaient, croyaient bêtement

et béatement qu’un André Apaid Junior

pouvait être un vrai allié social et politique,

quelqu’un avec qui ils pouvaient

franchement «fraterniser» de classe à

classe. Hélas ! Longtemps après, ils se

sont mordu les pouces jusqu’au coude

pour avoir été les stupides dindons des

tractations de l’infâme Groupe GNBiste

des 184.

En fait, ce tête-à-tête entre Jorélus

et Aristobule a été intéressant à plus

d’un point. En effet, le représentant d’organisation

populaire exprimait sa ferme

confiance de voir le président Jovenel

Moïse changer le cours des choses. Peu

lui importait d’être au courant des menées

entachées de corruption de sa laideur, pardon,

de son leader. Le mec s’est bien laissé

prendre, comme beaucoup de jeunes,

au piège de la propagande savamment

orchestrée présentant Jomo comme un

«entrepreneur» (sic), un « ingénieur-agronome

n’appartenant pas au «système»

(resic), un outsider, un businessman haut

de gamme capable d’impulser un changement

social et économique réel en Haïti.

Durant l’interview avec Aristobule,

Jorélus concentrait sa fureur verbale

particulièrement sur un certain André Tikoukou,

un «sociologue averti» qui avait

bénéficié d’une bourse duvaliériste pour

étudier en Europe, mais qui après avoir

courtisé assidûment et étroitement des fils

du peuple (progressistes, il ne faut pas

l’oublier) pour obtenir leurs votes, leur

avait tourné le dos prestement, pour mener

vanmpanm son train non pas de sénateur

mais de proche conseiller politique

du président « entrepreneur » travesti en

chef d’Etat présentable.

De toute évidence, Jorélus n’avait

pas retenu de ses lectures l’adage «qui

se ressemble s’assemble». Jomo ne pourrait

assurément pas avoir autour de lui,

proches de lui, ces trop remuants représentants

populaciers qui au moindre akasan

sont prêts à siroter n’importe quel

gouvernement de leurs manifs et sulfureuses

revendications anti-néolibérales.

Jorélus était trop raz pour côtoyer les gras

bourgeois, les maigres petits-bourgeois

en voie de se faire du ventre, les peu

fréquentables néo-bourgeois, les bourgeois

grennsenk, les boujwa wòwòt, les

bourgeois en perte de vitesse désireux

de reprendre leurs activités en première

vitesse, sans oublier les bourgeois déplumés

en phase de replumage .

Il faut toutefois reconnaître que

malgré ses nouvelles fréquentations

contre nature, Jorélus faisait des «revandikasyon

mas pèp la» son propos majeur

durant l’entretien avec Aristobule. Il insistait

que le président (bien intentionné ?)

puisse réellement mettre fin au système

paspouki, au favoritisme, au clanisme,

au «classisme», au mounnpatisme, au

ticouloutisme, au bacouloutisme, au

paspoukisme en usage dans les cercles

politichiens, depuis l’époque où Jadis était

caporal.

Il faut reconnaître un élan de sincérité

dans les propos de Jorélus conscient

du Goliath impérial caché derrière ce vakabon

d’« ingénieur » métamorphosé en

chef d’État, après avoir été trop longtemps

dans un si triste état. Il faut reconnaître

l’honnêteté et l’innocence exprimées à

travers les propos de Jorélus résolu à voir

le pays avancer, entêté à faire confiance

au Grand « Ingénieur », au Grand Timonier,

au Guide, au Rénovateur, au Génie

de la race.

Alors que même dans son ingénuité

Jorélus s’exprimait en termes de revendications

de sa classe sociale réclamant

un vrai changement, un abandon des

pratiques sociales réac en cours, Aristobule,

lui, s’ingéniait à tourner en dérision

le fils du peuple et à douter de sa sincérité

de classe. Les questions ou insinuations

tendaient clairement à montrer que du

côté de Jorélus il ne pouvait y avoir que

l’intérêt matériel, seulement le terre à

terre au sens le plus péjoratif du terme :

« eske w gen yon bagay w ap chèche ?»,

demanda-t-il à Jorélus.

En face de lui, Aristobule s’imaginait

avoir affaire à un vorace, un afannaaf

pareil à ces bourgeois avadra

grandan qui réclamaient des franchises

douanières imméritées sous le gouvernement

de l’ancien PM de facto Gérard Latortue.

Toute démarche de Jorélus dénonçant

le clanisme de Tikoukou ne pouvait

relever que du plus bas opportunisme.

Le petit-bourgeois arriviste n’avait manifestement

aucun respect pour le fils du

peuple, innocent, naïf, crédule qui avait

cru pouvoir s’identifier à la paysanneté

du président.

Ne pouvant porter Jorélus à avouer

son terre-à-terrisme, Aristobule, plus

avant, s’est fait plus perfide, avançant

quelque chose qui se rapprochait d’un « si

ce n’est pas toi, c’est donc quelqu’un de

ta race : «ki sa egzakteman n ap chèche

nan gouvènman an ?», le «n ap» se rapportant

aux membres de l’organisation

populaire. Pour Aristobule, subconsciemment,

Jorélus et les siens ne pouvaient

être qu’à la recherche de gras chèques du

gouvernement qui les sortent de leur précarité

sociale et économique.

Enfin, ils pourraient rouler dans

de grosses cylindrées, déguster jambon,

mortadelle de la Lombardie, saucisson

d’Ardèche, poires d’Angers, raisins, oui,

du bon muscat de Hambourg et pòm

Frans ; s’asseoir «comme du monde»

dans les restaurants chics de Pétion-Ville,

comme des bourgeois, quoi ! Poukipa ? Et

vive l’harmonie entre les classes sociales !

Ma grand-mère avait raison : oui, «on est

risqué» avec les arrivistes, les nouveaux

riches.

La perfidie d’Aristobule, arriviste

cuit dans la sauce aux mendiants à fauxcol,

n’arrêta pas une seconde. En face de

l’interviewer, Jorélus se sentait désemparé,

car il devinait, flairait la mauvaiseté

d’Aristobule, sa perversité, sa méchanceté,

sa malignité, sa cruauté, sa hautaineté

de classe. Il restait sur ses gardes

d’autant qu’une demi-minute de silence,

sans raison, avait interrompu l’interview ;

ce qui devait lui avoir semblé une éternité.

Une autre question, abrupte, est

venue préciser la pensée du méchant

garnement quand il a demandé à Jorélus

:« eske n ap mande ministè ?», le ravalant

au même niveau que tel ou tel autre

membre de l’opposition recherchant sa

tranche de gâteau à travers de soi-disant

tentatives de « dialogues ». N’ayant aucun

sens d’humanité puisque son arrivisme

l’a rendu fou, Aristobule ne s’imaginait

pas une seconde que Jorélus, un fils du

peuple pût s’intéresser au sort de sa classe

sociale, même lorsqu’il se fut trompé en

faisant confiance à Jovenel.

Quand Jorélus, agité, s’époumona

à dénoncer le clanisme (et l’ingratitude en

fait) de Tikoukou et de certains membres

de l’entourage du président ki pa annafè

ak pèp, notre « amical » interviewer devint

menaçant : «ou sanble ou kòm ap

batay kont prezidan an, kont l’autorité

établie... eske estrateji w la pa p destabilize

prezidan Moïse ?». Ah !

orélus s’en sortit avec intelligence,

sans surenchère, sans faux-fuyant, mais

Aristo ne le lâchait pas d’une maille : «si

prezidan an ap tande w la a, se pou l

ta revoke Tikoukou». Jorélus fit alors

remarquer que lors de certaines virées

et dévirées du président, Tikoukou n’est

pas autour du chef. Par contre dans des

situations politiques de pouvoir pur et

dur, la visibilité de Tikoukou est presque

aveuglante.

Ce à quoi Aristo répondit que

«prezidan an gen [diferan] moun pou

pale ak diferan sektè». Au demeurant,

lorsque Jorélus voulut faire passer l’idée

qu’il défend le secteur populaire (progressiste),

Aristobule lui rétorqua, mi-sérieux

mi-sarcastique: «pa gen [on] mounn ki

rele sektè popilè». Humour noir et sinistre

d’un névropathe.

Aristobule ne s’est même pas embarrassé

d’avancer que le président est

en quelque sorte redevable auprès de

supporters qui ont déboursé pour sa campagne

électorale alors que les militants

d’OP ont peu ou pas du tout contribué du

point de vue financier. Jorélus répliqua

que le problème n’était pas à ce niveau,

que les militants d’OP s’étaient dépensés,

« recrutant» des jeunes pour voter Jovenel

et qu’à ce titre la présidence devait leur

donner aujourd’hui pleine considération,

les mettre à bord pour la pleine participation

de tous les secteurs (sic) au «changement»

(resic) annoncé.

Aristobule revint à la charge :

eske ou pap poze pwoblèm moun ki gen

kapasite ak moun ki pa gen kapasite ?»

Mais Jorélus ne se laissa pas désarçonner

encore moins intimider par le souflantyou

de la bourgeoisie. Alors, voyant

l’acharnement de Jorélus à dénoncer le

mounpatisme de la bande à Tikoukou,

Aritobule lui infligea la gifle suprême,

lui demandant à brûle-pourpoint :« ou

frustre ?».

En dernière analyse, et à court de

petites et grosses ruses psychologiques

pour impressionner ou caponer Jorélus,

notre fielleux intervieweur s’aventura sur

un terrain dangereux, anachronique. En

effet malgré les assertions répétées du militant

OP à dire, clairement, qu’il défendait

et entendait faire passer les «revandikasyon

mas pèp la», Aristobule anbreye

an bak : «eske w ap poze on pwoblèm

koulè ?» et sitôt après : «eske w ap poze

kesyon moun ki genyen pa opozisyon ak

moun ki pa genyen ?»

Pourtant Jorélus s’était clairement

exprimé dans le même esprit qu’Acaau et

Jacques Roumain. Mais le petit-bourgeois

arriviste n’avait pas pu retenir ses réflexes

de classe voyant en Jorélus un bolchevique

cachant sous sa chemise de prolétaire-de-tous-les-pays-unissez-vous

la

faucille, le marteau et des cocktails Molotov,

l’image parfaite du dangereux chimè

prêt à en découdre avec les heureux bourgeois.

Ma grand-mère paternelle dirait : «

peyi ki gen koze, madanm…» Aristobule

prit congé de Jorélus en le remerciant du

bout des lèvres.

L’entretien à peine terminé, alors

que peut-être Jorélus n’avait même pas

encore quitté les studios de la radio, le poseur

de questions traîtresses, condescendant,

sans complaisance, satisfait, et qui

s’était pris pour un psy (sic), se félicitait

d’avoir offert à son interlocuteur «frustré»

une psychothérapie « salutaire » (resic),

gratuite par surcroît, qui le porterait à réfléchir

sur quelques aspects dialectiques

d’une certaine convivialité (dernier sic)

du secteur petit-bourgeois arriviste.

Je suis revenu de mon nirvana

persuadé qu’il ne prendrait pas trop longtemps

à Jorélus – à moins de se laisser

coopter et pervertir – pour faire l’expérience

d’un proverbe haïtien fort à propos

: nan batèm frize, nèg rive manje

kaka chwal.

Et telefòn ne lâchez pas. À la revoyure

!

2 février 2020

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Konnen ak konprann kont kisa n ap batay : ki pèspektiv batay mas

pèp la anfas ideyoloji kapitalis konwonpi an ?

Analiz Kolektif Kanmarad Janil Prezan

Depi plizyè mwa klas eksplwate yo

nan lari toupatou nan peyi a. Soti

nan mwa jen 2019 pou rive jounen jodi

a, chak jou pi plis gen kategori anplis

k ap rejwenn mobilizasyon. Si dènye

jou sa yo, apre twa mwa mobilizasyon

rèd, nan depatman Lwès, Sid ak Sidès

ta sanble gen yon ti poz, nan plizyè

lòt depatman tankou Nip, Latibonit,

Plato Santral sitiyasyon an rete tenn

fas. Moun yo ap manifeste pou mande

prezidan Tèt Kale a, Nèg bannann

nan, Jovenel Moyiz remèt pouvwa a.

Gen divès etap nan batay la kote nou

te gen lenpresyon mobilizasyon yo ta

pral debouche nan yon soulèvman

demokratik popilè jeneralize men te gen

yon bagay ki manke. Kontrèman ak sa

anpil moun ta vle fè kwè, sitou sila ki

nan entènasyonal la, revandikasyon

moun yo pa fantezis ditou. Se pa paske

yo pa konnen kisa yo vle ni nonplis

tou paske yo se yon bann aryennafè

ki pran plezi bay tèt yo pwogram nan

kouri monte desann nan lari a anba

solèy cho. Manifestasyon yo ak tout

revandikasyon yo se ekspresyon yon

gwo kriz ki gen plizyè fasèt peyi a ak

tout sistèm kapitalis la ap travèse. Pou

aspè jeneral la, se sa k fè nou kapab wè

se pa nan peyi Ayiti sèlman gen gwo

mobilizasyon nan moman an.

Nan ka nou menm Ayiti, peyi a

ap degrenngole chak jou piplis. N ap viv

nan yon peyi kraze, yon peyi mizè sou

lagraba kote pa preske gen lavi ankò.

Popilasyon an ozabwa. Depi omwens 2

lane, travayè-travayèz nan soutretans

yo ap mande ogmante salè minimòm

lan a 1000 goud pou yon jounen travay

8tèd tan ak divès avantaj sosyal

tankou sibvansyon manje ak transpò,

lojman sosyal desan, pi bon sèvis nan

Ona ak Ofatma, elatriye…

Se sa k fè, sou yon pa moun yo

ap manifeste pou yo di yo bouke ak sitiyasyon

katastwofik y ap viv ladann

nan tankou grangou, chomaj, lavichè,

ensekirite, salè pwatrinè pou sila k ap

Depi ti konkonm ap goumen ak

berejèn, mas popilè yo nan peyi

Ayiti pa janm bouke batay pou yo

jwenn chimen lavimiyò, chimen

libète ak byennèt pou tout moun.

travay yo. Epitou yon lòt pa, yo ap

manifeste poutèt yo pran konsyans

pandan lavi yo ap depafini gen divès

moun, pami yo Jovenel Moyiz, k ap

piye, vòlè epi gagote tout ti resous peyi

a genyen. Pa egzanp nan bidjè 2017-

2018 la, malgre nivo lagraba kondisyon

lavi malere-malerèz nan peyi a te

tonbe, pouvwa aloufa Tèt Kale a te deside

monte taks ak enpo sou tèt pèp la,

pandan y ap bay boujwa ki te finanse

eleksyon Jovenel Moyiz yo tout kalite

avantaj. Yo monte pri matrikil fiskal, pri

paspò, pri lisans, pri kontravansyon,

taks sou lwaye ak afèmay tè, konstriksyon

elt… anmenmtan tou pandan

yo ap redwi posyon bidjè sante, yo ogmante

pòsyon bidjè ki pou ale jwenn

palman an, primati ak palè nasyonal

pou yo kapab jwenn lajan pou yo gagote.

Popilasyon an gen santiman kat la

mal bat, richès ki genyen yo mal pataje.

Yo gen santiman tou sitiyasyon sa

pa kapab kontinye konsa ! Y ap goumen

anfèt, pou chanje sistèm epi retire

Leta peyi a anba men klas dominan

eksplwatè, piyajè, vòlè k ap peze souse

majorite moun nan peyi a sitou sila yo

ki nan klas popilè yo.

Depi ti konkonm ap goumen

ak berejèn, mas popilè yo nan

peyi Ayiti pa janm bouke batay pou

yo jwenn chimen lavi miyò, chimen

libète ak byennèt pou tout moun.

Nan divès faz batay sa, yo toujou gen

yon seri de moun, kategori oswa klas

moun, ki kouche ankwa sou wout yo

pou anpeche batay la abouti. Kategori

oswa klas moun sa yo ap defann enterè

enperyalis la, grandon ak boujwa

yo nan peyi a. Men tou jan sa parèt

aklè pou tout moun nan dènye moman

sa yo, klas dominan yo, kit se

granmanjè nan leta, kit se grandon, kit

se gwo komèsan nan enpò-ekspò, kit

sa ki nan soutretans yo, yo tout anba

lòd enperyalis yo. Se sa k fè pwoblèm

nan pa poze nan yon senp chanje rejim,

men li montre pi fondamantalman

gen yon kriz nan nannan sistèm nan

ki merite adrese pou lavi kapab blayi

pou tout moun. Se sa nou rele yon kriz

revolisyonè. An n gade pi byen kisa

yon kriz revolisyonè ye !

Kisa yon kriz revolisyonè ye?

Nan plizyè liv analiz li ekri Lenin

fe tantativ pou defini kisa yon kriz

revolisyonè, li eseye defini konsèp

kriz revolisyonè a anpatikilye nan «

La Maladie infantile du communisme »

epi nan « La Faillite de la IIe Internationale

» (Maladi Timoun Piti ak Fayit

Dezyèm Entènasyonal la). Men se sitou

nan Fayit Dezyèm Entènasyonal la

li bay yon lis kritè ki kapab pèmèt dekri

pi byen ak evalye kriz revolisyonè a.

Pami kritè yo men twa sa li konsidere

ki fondamantal jisteman pou n pale des

« indices d’une situation révolutionnaire

» :

a) Enposiblite pou klas dominan

yo kontinye kenbe dominasyon yo san

yo pa chanje l fòm; kriz nan tèt Leta

ak sosyete a, kriz nan politik klas dominan

ap aplike anndan sosyete a. Sa

vle di baz sosyete pa vle viv menmjan

anvan anko epi tet sosyete a pa kapab

fose baz la kontinye viv nan menm

kondisyon an ; b) Sitiyasyon nòmal

detrès ak mizè klas yo ap peze yo vin

pi grav pase aksan grav ; c) Ogmantasyon

aktivite mas yo pou chanje kondisyon

lavi yo.

Daprè Lenin, se ansanm

chanjman objektif sa yo nan sitiyasyon

sosyal la ki konstitye sa n rele yon sitiyasyon

revolisyonè. Fò n konsidere

tou pou sitiyasyon an revolisyonè tout

bon vre, nou pa kapab pran kritè yo

nan izolasyon youn parapò ak lòt men

nan entè-depandans yo, nan makonay

yo. Sa vle di nan menm moman "aktivite

mas yo ap ogmante an" se nan

menm moman sa tou kriz nan klas

oswa fraksyon klas k ap dirije yo parèt.

Kidonk youn kondisyone lòt. Nan sans

sa, kapasite militan yo pou apresye egzateman

sitiyasyon revolisyonè a enpòtan

anpil. Yon militan ki pa devlope

kapasite sa lakay li, se pratikman yon

komedyen k ap mennen batay mas yo

nan lòbèy. Li enkapab pou ede batay la

vanse.

Nan Maladi Timoun Piti,

Lenin fè kèk retouch sou premye kritè

nou sot pale la yo. Andiplis li ensiste

sou yon lòt kritè enpòtan anpil ki se

raliman kouch tiboujwazi yo (classes

moyennes) nan batay mas travayètravayèz

yo pou chanjman an. Men la

ankò, kritè raliman sa pa yon fenomèn

pou kont li. Se nan relasyon li ak lòt

kritè yo, pou n konsidere l nan sitiyasyon

kriz revolisyonè a. Otan mas

popilè yo detèmine nan batay la, se

plis rasanbleman kouch entèmedyè

yo ap solid pou anpeche trayizon ak

woule m de bò. Se poutèt sa Trotski

ekri nan L’Histoire de la révolution

russe : «La réciprocité conditionnelle

de ces prémisses est évidente : plus le

prolétariat agit résolument et avec assurance,

et plus il a la possibilité d’entraîner

les couches intermédiaires, plus

la couche dominante est isolée, plus

la démoralisation s’accentue chez elle.

Et par contre la désagrégation des dirigeants

porte de l’eau au moulin de la

classe révolutionnaire».

(Tradiksyon lib. « Lojik pwason

kraze nan bouyon prensip sa yo kle

tankou dlo kokoye: plis pwoletarya a

ap aji ak rezolisyon ak deteminasyon,

se plis li gen posibilite pou antrene

kouch entèmedyè yo, se plis tou l ap

izole klas dominan yo. Plis klas dominan

yo izole, se plis demoralizasyon ap

vin fo nan mitan yo. Sou yon lòt bò,

delala klas dirijan yo ap pote anpil van

nan batay klas revolisyonè a pou l al

Lagonav”)

Nati kriz la nan peyi pa nou Ayiti

Jan nou kapab wè sa apati ti

prezantasyon rapid kritè Lenin yo, sitiyasyon

an mi nan peyi pou gen yon

revolisyon. Tout kondisyon yo reyini

pou n di n ap viv yon kriz revolisyonè

wodpòt. Se yon kriz sistèm ki mande

pou chodyè a chavire net. Chavire chodyè

a vle di pa kite manje a kontinye

bouyi sou menm dife a ak nan menm

veso a. Menmsi li pa sifi, pawòl sa

tradui yon premye etap nan nivo konsyans

mas yo sou sa ki merite fèt rapid

rapid. Se sa pawòl k ap pale nan lari a

depi plizyò mwa, pawòl chanje sistèm

nan vle di. Se pa yon pawòl vèbal.

Sistèm n ap goumen pou chanje jounen

an se yon konplèks ki ekonomik, politik,

sosyal ak kiltirèl. Jan yon dokiman

fè sonje sa, istorikman li sòti nan konsepsyon

Aleksann Petyon (prezidan

Ayiti 1807-1818) te genyen sou fason

pou li jere pouvwa a nan avantaj

moun ki te nan menm klas sosyal avèk

li. Konpayèl Petyon, JanPyè Bwaye

(prezidan Ayiti 1818-1843) ki pran

pouvwa a apre l fin mouri, pral konsolide

sistèm sa nan jan yo monte aparèy

Leta a ak jan yo fòse sosyete a devlope

dapre yon chema apatay. Leta Petyon-

Bwaye a se yon modèl Leta rasis ki pa t

gen sousi pou amelyore kondisyon lavi

gwo popilasyon peyi a. Se sistèm sa ak

tout modèl Leta ak sosyete li konstwi

pandan pase 200 lane ki rive nan bout

li jounen jodi a.

Youn nan siy ki montre kijan

nivo kriz la wo se lè n ap gade jounen

jodi a gen yon seri gwo palto, politisyen

tradisyonèl ak boujwa ki anbake nan

pawòl chanje sistèm nan, pandan pyès

nan yo pat janm konn pote ansanm revandikasyon

ak vre pwoblèm mas pèp

la. Menm yo menm ki t ap soutni Eske

sa vle di politisyen sa yo chanje? Eske

sa vle di moun k ap batay nan kan

mas pèp la kapab fè yo konfyans pou

vanse ak yo poutèt yo ap pale pawòl

chanje sistèm nan? Repons lan san

ezite se NON. Dayè si n byen gade n

ap wè pyès nan yo pa prezante ankenn

mekanis pou soti sosyete a anba grif

gwo boujwa oswa grandon nan peyi a

ni nonplis tou yo pa gen ankenn pwopozisyon

pou soti peyi a anba dominasyon

politik ak ekonomik anbasad

enperyalis yo – anpatikilye meriken

– ki la pou garanti eksplwatasyon nan

peyi a. Okontrè si n gade byen yon lòt

fwa ankò, n ap wè yo tout dakò pou

mache tèt bese devan ajenda enperyalis

la. Menm nan mitan jèn ti politisyen ki

nan pwomotè mouvman Petwokaribe

a, gen divès tandans ki se pou mennen

mouvman ale chache onksyon nan pye

je vèt kè lanfè. Sa pa dwe etone lè n

konnen enterè anpil nan yo marande

ak enterè blan yo. Kidonk nivo konsyans

mas Pèp la sou kriz la pi avanse

pase nivo politisyen gwo levit yo.

Anmenmtan tou, nou kapab

konstate kijan enperyalis la ap miltipliye

mouvman pou pa kite kriz la chape

nèt pou l debouche sou revolisyon popilè

a. Enperyalis meriken sitou rasanble

Kèk nan gwo boujwa k ap pwofite sistèm k ap depafini peyi a

tout ajan ak koutye li yo pou montre yo

nesesite pou yo fè fwon pou mete pansman

sou java kriz la. Dènye inisyativ

Enperyalis la pran se rasanble patwon

ayisyen ak dominiken nan Miyami.

Kriz la tèlman mi, li sou wout pachiman

si militan revolisyonè yo pa fè travay

yo kòmsadwa.

Bonjan remèd pou kriz la

Pou nou menm tout inisyativ sa yo

se jwèt tibebe. Remèd pou kriz la se

chavire sistèm nan nèt nèt. Ki vle di

anyen pa dwe rete. Nou vle rekonstwi

men nou pap rekonstwi sou menm

fondasyon an. Solisyon an se pa refòm

se revolisyon. Se pa drese ak korije, se

refèt nèt. Nou menm nan Kolektif la

ak nan Gwoup Rhizomes, nou pap fè

yon peyi pou kèk moun viv byen men

yon peyi pou tout moun. Chak goud

Leta depanse fòk li ka di konkrètman

nan kijan l ap itil popilasyon an. Li pa

nòmal pou lajan taks malere-malerèz

ap peye ofisyèl ak fonksyonè anndan

tankou deyò peyi epi yo pa gen anyen

yo itil peyi a ak popilasyon an. Li pa

nòmal pou dirijan yo ap viv nan lwil,

rete nan gwo kay ap woule bèl machin

pandan popilasyon an ap penpennen

nan malsite (tout depans nan nivo

sa yo dwe jele omwens pou twa (3)

pwochèn lane yo annatandan peyi a

reprann kap li). Youn nan gwo chanjman

enpòtan ki pou fèt nan dispozitif

pouvwa popilè a se fasilite patisipasyon

politik tout moun nan peyi an anpatikilye

medam yo sitou fanm travayè, ouvriye,

peyizan ak ti machann yo. Dapre

dènye estimasyon IHSI (2015) fanm

yo reprezante 53 % moun nan sosyete

ayisyen a pifò medam sa yo se malere

k ap bat dlo pou fè bè. Sa se pa pawòl

pou eleksyon men lide pou yon chanjman

anpwofondè nan lojik jan sosyete

a òganize. Fò n soti nan lesplwatasyon

an, fòn soti nan dominasyon an,

fòn soti nan lopresyon ak eksklizyon.

Kontrèman ak sa òganizasyon zefeyis

tiboujwazi ap defann, kesyon parite a

pa nan biwo Leta senpman ni nonplis

tou, li pa sèlman yon kesyon pousantay.

Fòk kat la rebat globalman nan

sosyete a, anplis fòk parite fi ak gason

an egal ego nan tout ògan Leta a men

suite à la page(19)

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020


Perspectives

Entretien avec Rita Dieujuste, (1) porte-parole du comité des

victimes de La Saline

Par Frédéric Thomas

« On reste face au gouvernement actuel,

toujours barricadés, et on le restera

tant qu’on n’aura pas la justice »

Frédéric Thomas : Pouvez-vous

vous présenter en quelques mots : d’où

venez-vous, que faites-vous ?

Rita Dieujuste : Je m’appelle

Rita Dieujuste. Je suis la première victime

du massacre de La Saline [4] et

je suis membre du comité des victimes.

J’ai six enfants, mais mon premier a

été tué lors du massacre. Et j’ai quatre

petits-enfants. J’habite et je suis née à

La Saline. Je suis marchande. Je vends

des vêtements. Je fais ça depuis que j’ai

vingt-cinq ans. Cela me rapporte de l’argent

pour vivre et nourrir mes enfants.

Frédéric Thomas : La mairie ou

l’État font-ils quelque chose pour La Saline

?

Rita Dieujuste : Rien. Ils ne font

rien pour l’éducation, pour la santé, pour

que les gens vivent bien.

Frédéric Thomas : Vous participez

aux mobilisations sociales depuis le

début ?

Rita Dieujuste : Depuis le début

! La Saline est en première position dans

la lutte. C’est un quartier populaire qui a

toujours résisté, qui a toujours fait partie

des démocrates. On est contre le système

car il utilise souvent les quartiers

populaires, avec de l’argent, pour servir

les partis politiques.

Frédéric Thomas : Il y a un an,

début novembre 2018, est commis le

massacre de La Saline. Le sentiez-vous

venir ?

Rita Dieujuste : Oui, car on n’est

pas d’accord avec le gouvernement. On

sentait venir quelque chose, on se sentait

en danger. Le 17 octobre 2017, le

pouvoir est venu fêter Dessalines [5]

devant le monument historique qu’on

lui a construit. Les gens voulaient

que le gouvernement vienne et fasse

des choses pour permettre au quartier

d’avancer. Mais ils sont venus comme

toujours. Sans vouloir rien faire. Alors,

ils n’ont pas reçu un bon accueil et c’est

à cause de cela qu’ils se sont fâchés. Ils

voulaient qu’on manifeste en soutien du

gouvernement et qu’on crie : « Vive Jovenel

pour cinq ans ». On n’a pas voulu.

Le gouvernement en place a fait

le massacre pour montrer qu’ils ont

les pleins pouvoirs, qu’ils contrôlent le

quartier. C’est à La Saline que ça a commencé.

Ça a été le signal pour les autres

massacres, six en tout : deux fois à La

Saline, à Carrefour feuille, à Solino (Martissant),

à Delmas 6, et, il y a quelques

jours, à Bel Air. Tous des quartiers populaires.

Jovenel Moïse et sa femme sont

les têtes pensantes du massacre de La

Saline, mais ils utilisent d’autres personnes,

des bandits et des policiers pour

le faire.

Les bandits, les auteurs du massacre

sont restés neuf jours à La Saline.

Ils cherchaient d’autres gens pour les

assassiner. Pendant tout ce temps, les

deux commissariats, celui juste à l’entrée

du quartier et celui dedans n’ont pas

bougé. Ils ont eu peur. Ils n’ont pas voulu

intervenir dans les affaires du gouvernement.

Frédéric Thomas : Comment

vous êtes-vous organisés ?

Rita Dieujuste : Lors des massacres

et lorsqu’ils rentrent dans le

quartier, on s’enfuit se réfugier dans

les quartiers à côté : Warf Jérémie, les

ruelles Dessaline et Dechamps… On

ne dormait plus à La Saline : on venait

le matin et on repartait le soir. On dort

dans le marché. Mais il est au bord de la

mer et des enfants sont morts noyés. Et

depuis, plusieurs fois, la BOID [Brigade

d’opérations et d’interventions départementales,

l’une des unités de la police]

nous a attaqués, avec des matraques et

des gaz lacrymogènes. Ils continuent de

nous intimider.

On a une chance, une petite

chance, d’avoir accès à la radio Zénith

FM. Lorsque La Saline ou d’autres quartiers

populaires se font attaquer, on leur

fait passer le message et ils le diffusent.

Une fois que l’information passe à la

radio, en disant qui sont les agresseurs,

quelles sont les personnes de la police

qui sont là, etc. ils se replient car ils ne

veulent pas que des gens extérieurs [à

La Saline] les voient. C’est radio Zénith

et RNDDH [Réseau national de défense

des droits humains] qui nous ont aidés.

On a aussi créé un Comité de

femmes victimes. Il y a dix personnes

qui se rendent disponibles pour le comité

et j’en suis la porte-parole. On a fait

passer nos revendications à la radio. On

demande justice pour les victimes du

massacre de La Saline. Il faut un procès.

On a porté plainte. RNDDH nous aide.

Mais comment on va faire si le gouvernement,

c’est l’État ? Comment on va

faire si le président protège ceux qui ont

fait le massacre, et s’il est lui-même à la

tête du massacre ?

Frédéric Thomas : Est-ce que

cela a arrêté la mobilisation ?

Rita Dieujuste : Non. Tant qu’on

n’aura pas justice, on restera mobilisées

et on restera face à ce gouvernement.

La Saline a toujours été présente. Dans

le passé, quand il y avait des manifestations,

si La Saline ne participait pas,

c’est comme dire qu’il n’y a pas de

manifestations du tout ! C’est un quartier

de résistance. Déjà, le 11 septembre

1988, le pouvoir a attaqué Aristide à

Saint-Jean-Bosco [6]. Mais on a résisté

et on continue à résister.

Frédéric Thomas : Vous participez

au pays locked [pays bloqué] [7],

vous participez aussi aux marches ?

Rita Dieujuste : Non, on ne peut

pas prendre la rue, car on a peur des

chauffeurs à l’entrée de La Saline, qui

sont payés pour nous attaquer si on sort

manifester. Alors, on résiste en bloquant

La Saline, en se barricadant. On utilise

les barricades pour nous défendre contre

le système. Pour notre sécurité. Un

semblant de sécurité car ça n’empêche

pas les policiers d’attaquer. Mais, depuis

le monument Dessalines jusqu’au portail

de Saint-Joseph, une autre entrée du

quartier, on bloque tout : la route pour

aller en plaine, vers Port-de-Paix, l’accès

au centre-ville, les ports… Tout.

Frédéric Thomas : Mais quand

vous bloquez le quartier, cela veut dire

que vous ne pouvez plus travailler, faire

le commerce, etc. C’est un sacrifice.

Rita Dieujuste : Avec le pays

locked, les voitures et les marchandises

n’arrivaient pas jusqu’à La Saline. Et les

habitants de la zone, lorsqu’ils sortaient,

étaient toujours menacés par des bandits.

Puis, le système en place a brûlé

les marchandises dans le marché. On a

tout perdu.

Les gens de La Saline vivent très

mal. Ils ne sont pas soignés, ils ne mangent

pas ou mal. Il n’y a pas de logements,

pas de centre de santé. Les enfants

ne sont pas scolarisés. Il y a une

école dans le quartier, mais avec l’insécurité,

les enfants n’y vont plus. On

n’a pas d’argent, pas de travail, pas de

marchandises à vendre ; comment faire

pour vivre bien ? Le gouvernement ne

peut pas, ne veut pas nous donner les

moyens d’une vie meilleure.

Il y a eu plusieurs massacres.

Beaucoup de morts, de viols, de violence.

La vie chère, l’insécurité, l’injustice,

et plus de gens qui sont armés dans

les rues. C’est très dur. Le gouvernement

veut que les habitants de La Saline ne

vivent plus, qu’ils soient contrôlés et dirigés

par les bandits sur place. Avec l’argent,

on utilise les habitants à des fins

malfaisantes, pour servir les politiques,

pour manifester pour eux. Nous sommes

bloqués comme dans un ghetto par la

méchanceté du gouvernement.

Mais jusqu’à ce jour, on bloque…

C’est un sacrifice pour trouver la justice.

On reste face au gouvernement actuel,

toujours barricadés, et on le restera tant

qu’on n’aura pas la justice.

Frédéric Thomas : Est-ce que

d’autres acteurs de la mobilisation, à

part radio Zénith et le RNDHH, ont marqué

leur solidarité avec vous ?

Rita Dieujuste : Des membres

de partis d’opposition sont venus. Et les

petrochallengers [8]. Ils nous aident à

combattre l’injustice, à ce qu’on respecte

nos droits comme citoyens. Mais le gouvernement

en place ne peut pas nous

donner la garantie de ces droits.

Frédéric Thomas : Quels sont

vos espoirs ?

Rita Dieujuste : J’ai 47 ans. Mon

rêve est de vivre bien, dans un quartier

sans insécurité, où mes enfants pourront

aller à l’école, vivre sans crainte,

disposer de toutes les choses comme la

santé, l’éducation, etc. On veut la justice

sociale et le droit de vivre bien.

Notes

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

Pancarte du comité des victimes du massacre de La Saline

(« Justice » « Réparation »)

[1] Entretien réalisé à Port-au-

Prince le jeudi 28 novembre 2019.

[2] Jean-Jacques Dessalines est

l’une des principales figures historiques

de la révolution haïtienne. Il a été assassiné

le 17 octobre 1806.

[3] Au cours du mois de novembre

2018, septante et une personnes

sont assassinées à La Saline. Plusieurs

femmes sont victimes de viols collectifs.

Il apparaîtra que des fonctionnaires

publics sont impliqués. Le massacre a

duré plus de quatorze heures, sans que

la police, présente à proximité, n’intervienne.

De manière générale, une partie

de l’insécurité semble directement initiée

et alimentée par le pouvoir, afin d’assurer

sa mainmise. L’ONU a demandé

à ce qu’une enquête soit menée sur la

possible complicité entre les gangs et

l’État. Voir à ce sujet le rapport de la

Mission des Nations unies pour l’appui

à la justice en Haïti (MINUJUSTH) et le

Haut-Commissariat des Nations unies

aux droits de l’homme, « La Saline : justice

pour les victimes. L’État a l’obligation

de protéger tous les citoyens », ainsi

que les rapports du Réseau National de

Défense des Droits Humains – RNDDH.

Notamment : https://web.rnddh.org/

wp-content/uploads/2018/12/Massacre-La-Saline-Rapport-CARDH-1.pdf.

[4] Deux ans après la chute de

la dictature des Duvalier, alors qu’Aristide

était prêtre et officiait dans l’église

Saint-Jean Bosco à La Saline. Lire Hérold

Jean-François, « 11 septembre 1988,

l’histoire en dérision... », Le Nouvelliste,

11 septembre 2014, https://lenouvelliste.com/article/135659/11-septembre-1988-lhistoire-en-derision.

[5] Mouvement social qui entend

verrouiller le pays, en paralysant la circulation

et toute l’activité économique. Il

a été mis en œuvre pendant onze jours

en février 2019, puis à nouveau, pendant

plus de deux mois, de septembre à

début novembre 2019.

[6] Mouvement citoyen anti-corruption

né sur les réseaux sociaux, suite

à la publication de la photo de l’écrivain

et cinéaste Gilbert Mirambeau Jr, les

yeux bandés, brandissant une pancarte

en carton sur laquelle est écrit : « Kot

Kòb Petwo Karibe ? » (« Où est l’argent

de Petrocaribe ? »), avec le hashtag

« petrochallenge ». Les jeunes et les

femmes sont particulièrement actifs en

son sein. Le mouvement regroupe une

myriade de collectifs dont le plus connu

et le plus puissant est Nou pap dòmi.

Lire : Frédéric Thomas, Haïti : « C’en

est assez ! Il faut une rupture avec cette

classe dominante qui est dans le mépris

total », 11 octobre 2019, https://www.

bastamag.net/Haiti-soulevement-petrochallenge-Caraibes-oligarchie-repression-Nou-pap-domi.

Source (français) :

CETRI, 6 janvier 2020.

Diffusion de l’information sur

l’Amérique latine Dial

31 janvier 2020

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Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

7


La Tribune de Catherine Charlemagne (101)

ULCC, un météore nommé Claudy Gassant !

Le mercredi 22 janvier 2020, le pays

apprend par un arrêté présidentiel

paru dans le journal officiel Le Moniteur

que le nouveau Directeur général

de l’Unité de Lutte Contre la Corruption

(ULCC) s’appelle Rockfeller Vincent.

Il remplace à ce poste le flamboyant,

l’incompréhensible et, paraît-il, l’incorruptible

Me Claudy Gassant qui n’a tenu

que moins de deux mois à la Direction

de cette institution. Ce fut une météorite

qu’on avait aperçue dans le ciel de l’UL-

CC. En effet, nommé en plein épisode de

« Pays lock » par un arrêté présidentiel

paru dans Le Moniteur N° 203 le 29

novembre 2019 et installé le 3 décembre

2019, ces cinquante jours passés à

la tête de l’ULCC, il les a vécus comme

une véritable saga malgré son court laps

de temps tant depuis sa nomination Me

Claudy Gassant n’arrêtait pas de marquer

son territoire. L’arrivée de ce trublion

de la République au sommet de cette

institution dont le rôle est de tout faire

pour mettre les fonctionnaires de l’Etat

dans le droit chemin a été, il faut le dire,

une surprise de taille pour tout le pays.

Car, personne ne s’y attendait

et même n’imaginait que c’est l’ancien

Commissaire du gouvernement pourtant

très critique au Président Jovenel Moïse

qui serait nommé Directeur de cette institution

si sensible politiquement vis-àvis

de tous les pouvoirs en place. Si tous

ses amis, ses proches qui n’étaient pas

dans la confidence ont été surpris de voir

arriver Me Gassant à l’ULCC, l’intéressé

lui-même a été le premier à être étonné

qu’il soit approché par le Président de la

République qui lui a proposé le poste.

S’était-il agi d’un piège ou d’un défi,

qu’importe, le fougueux homme de loi a

accepté sans hésiter. Car, pour lui, cette

opportunité représente un challenge.

Curieusement, comme pour sa nomination

cinquante jours plus tard, c’est par

surprise et sur fond de polémique que

le pays entier apprend la mise à pied de

l’ancien éphémère Secrétaire d’Etat à la

justice sous la présidence de René Préval.

Lui aussi a été pris de court ; puisque personne

ne l’avait officiellement prévenu.

C’est par hasard sur les réseaux sociaux

qu’il a découvert qu’il n’était plus le patron

de l’ULCC et que son successeur

avait déjà été désigné, son nom publié

au journal officiel.

On s’en doutait. Me Claudy

Gassant n’en revient pas même s’il acquiesce

sans mot dire cette révocation

brutale, incompréhensible et qui est pour

lui une forme d’humiliation par le Président

Jovenel Moïse qui n’oublie point

que Me Gassant a été un des avocats de

l’opposition durant la saga électorale qui

devait le conduire au Palais national en

2017. Avant d’entrer dans le fond de ce

qui est devenu « l’affaire Gassant » ou

« l’affaire ULCC », un bref coup d’œil sur

la personnalité et le passé de cet ancien

étudiant de l’Ecole de la magistrature de

Bordeaux, en France, nous permettra de

comprendre que Claudy Gassant n’avait

aucune chance de faire long feu en tant

que Directeur général d’une institution

dont la mission première est de combattre

la corruption sous toutes ses formes

au sein de l’administration publique

haïtienne. Tout d’abord, Gassant est un

sang chaud, il ne laisse rien passer sans

réagir sur le champ. Si Claudy Gassant

demeure un monsieur très simple et ouvert

à toutes conversations, il est prompt

à réagir sur le coup et c’est un fonceur

invétéré.

Il n’a peur de rien et ne recule

devant rien ni personne. Mais, Me Claudy

Gassant n’est pas un caractériel, tout

le contraire d’un Michel Martelly, en plus

il est bien éduqué et possède une bonne

culture. Homme de loi, il est pointilleux

et minutieux. C’est un avocat qui maîtrise

parfaitement sa profession, donc

craint par ses pairs sans pour autant être

un redoutable ténor des Barreaux. En revanche,

il est tantôt proche du pouvoir

politique tantôt proche de l’opposition

suivant la conjoncture et les aléas de la

politique haïtienne. Ainsi, on le trouve

soit Substitut ou Commissaire du gouvernement,

une fonction qui fait de lui

une personnalité de premier plan au sein

de la République ; puisqu’en Haïti, le

Commissaire du gouvernement, équivalent

de Procureur de la République,

est un poste éminemment politique car

l’indépendance de la justice demeure un

vain mot jusqu’ici malgré énormément

d’efforts qui ont été fait ces dernières années,

surtout après la période dictatoriale

des Duvalier.

Me Claudy Gassant par son

tempérament ne dure pas longtemps

dans les fonctions à responsabilités publiques

qu’il occupe. On l’appelle « Monsieur

éphémère » ou « l’éphémère Gassant

» tant il est volatil, flamboyant et

parfois trop volubile, comme on dit en

Haïti « choròf ». Tout le monde en Haïti,

en tout cas les Port-au-princiens se souviendront

longtemps de son court passage

à la tête de la Secrétairerie d’Etat

à la justice au cours du second mandat

du feu Président René Préval vers les

années 2000. Gassant est un impressionniste,

il aime se faire voir et être vu.

Ses cortèges officiels dans la capitale ne

laissaient personne indifférent et gare à

celui ou celle qui se plaçait au mauvais

moment et au mauvais endroit quand ils

traversaient la ville. On se rappelle aussi

de son altercation publique en pleine rue

de la capitale avec Volcy Assad à l’époque

Conseiller à la présidence haïtienne

pour une sombre affaire de voiture qui

aurait participé dans un cas de kidnapping

ou d’enlèvement de personne et

signalé par la police. Commissaire du

gouvernement, il estime que le Parquet

de Port-au-Prince est son bien personnel

qu’il appelle, « Pakè pam nan ». Mais,

c’est avant tout un homme de droit, il ne

tolère ni le désordre ni qu’on transforme

« son » Parquet ou « Pakè pal la » en

marché du Temple.

Pour lui, le Temple de Thémis

est un lieu où l’on prononce le droit et

où la loi est le seul crédo. Avec cette particularité,

Me Claudy Gassant agace et

dérange certains autant qu’il plait et est

élevé au temple de la probité par d’autres

dans le milieu judiciaire et dans le pays.

Un temps, on lui promettait une carrière

politique au plus haut niveau mais lui,

jusqu’à maintenant préfère rester au service

de l’administration et des politiques

qui l’utilisaient à leur guise, l’humiliaient

et le jetaient comme une serviette de

papier dont on n’a plus besoin. Claudy

Gassant ne passe jamais une année à un

poste ou une fonction publique. Certains

disent qu’il est instable d’autres croient

qu’il n’est pas fait pour ce genre de

fonction ce qui ne l’empêche pas d’être

toujours prêt à répondre présent dès

que la présidence de la République fait

appel à lui pour ses compétences et son

côté incorruptible. Ainsi, en pleine crise

politique entre l’opposition radicale et

le Président Jovenel Moïse, Me Claudy

Gassant qui était sorti du radar va faire

son grand retour sur la scène politique

et médiatique nationale le 3 décembre

2019 là où personne ne l’attendait. Jovenel

Moïse qui se battait comme un fou

contre son ombre allait frapper un grand

coup. Il va sortir du placard comme par

enchantement Me Claudy Gassant dont

il est sciemment conscient que cette

nomination ne passerait pas inaperçue et

ferait forcément du bruit dans les coins

les plus reculés de la République.

La nomination de ce personnage

médiatique pour prendre les commandes

d’un organisme d’Etat, l’un

des plus surveillés par l’ensemble de

l’opposition, la population et la Communauté

internationale n’avait qu’un

seul but : frapper les esprits de l’ensemble

des protagonistes et partenaires

d’un régime décrié pour le nombre de

scandale de corruption qu’il engendre.

Jovenel Moïse voulait faire taire les critiques

selon lesquelles sa présidence ne

fait rien pour combattre la corruption et

que lui-même et son entourage seraient

mouillés jusqu’aux os dans des actes

délictueux comme ceux de PetroCaribe

et Dermalog. Mais, le chef de l’Etat, en

difficulté politique avec son opposition,

L’ancien directeur général de l’Unité

de lutte contre la corruption (ULCC),

Me Claudy Gassant

voulait aussi envoyer un message fort

à l’opinion publique nationale laissant

croire qu’il veut faire de la lutte contre

la corruption son cheval de bataille. Qui

mieux que quelqu’un de très respecté et

respectable que Me Claudy Gassant pour

jouer ce rôle ? Ainsi, le locataire du Palais

national va surprendre tout le monde en

faisant appel à l’incorruptible Me Claudy

Gassant. Et le moins que l’on puisse

dire, son choix détonne tout en semant

la confusion, la zizanie, le doute et la

curiosité en sein de ses adversaires et

même de ses partisans qui n’expliquent

pas ce choix pour le moins audacieux et

risqué pour le Président de la République.

Très vite, tout le monde va être fixé. Car

le nouveau Directeur général de l’ULCC

ne va pas tarder à faire comprendre qu’il

n’est pas là pour faire de la figuration ni

pour plaire au pouvoir encore moins au

Président Jovenel. Il est en poste pour

servir la République, point barre !

Pour comble de malheur ou

de bonheur, c’est selon où l’on se place

dans cette affaire, Claudy Gassant va

être servi par les dossiers qui étaient déjà

en suspens, ceux de la corruption au sein

l’ambassade d’Haïti à Santo Domingo,

en République Dominicaine où, paraît-il,

tout le monde semble mouillé jusqu’aux

os et divers autres affaires de corruption

en cours. Comme à son habitude, le nouveau

Directeur général se jette à bras le

corps dans ces dossiers tout en médiatisant

à outrance les affaires, une façon de

prendre l’opinion publique locale et internationale

à témoin. Sa première grande

décision, c’est de faire publier les noms

de l’ensemble des employés ou fonctionnaires

haïtiens en poste à l’Ambassade

d’Haïti à Santo Domingo qu’il soupçonne

d’être mêlés de près ou de loin dans une

vaste entreprise de corruption dans cette

Ambassade. La publication de cette

liste a fait scandale dans les deux sens.

Premièrement, le grand public découvre

les noms des fonctionnaires Haïtiens

qui seraient liés à la corruption à Saint

Domingue, c’est le premier scandale.

Deuxièmement, la Chancellerie haïtienne

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et le ministre des Affaires étrangères en

particulier, Bocchit Edmond, sont scandalisés

du mode opératoire du Directeur

général de l’ULCC vis-à-vis de ces employés

de l’Etat. Celui-ci cadre publiquement

le Directeur général de l’ULCC.

C’est le début du conflit qui

va conduire au limogeage rapide et sans

ménagement de Me Claudy Gassant.

Mais, l’affaire va être amplifiée par un

dossier sous-entendu toujours en provenance

de la République voisine. Cette

fois-ci, c’est le dossier de l’arrestation à

la frontière de la cheftaine du Consulat

général d’Haïti à Santiago, madame Judith

Exavier, qui aurait tenté de rentrer

en Haïti le 7 décembre 2019 au volant

d’un véhicule faisant l’objet d’un signalement

et suivi par la police dominicaine

et même du Service de narcotique

américain. Pour le nouveau Directeur de

l’ULCC, c’en est trop pour cette ambassade.

Il faut d’une part tirer ces affaires

au clair et d’autre part mettre un frein

au plus vite à ces agissements qui ternissent

davantage l’image des Haïtiens

et d’Haïti auprès des autorités dominicaines

et des dominicains dont on connaît

le sentiment à l’égard des Haïtiens. Si

ces deux dossiers deviennent le fil rouge

pour Claudy Gassant, son institution va

aussi s’intéresser à des dossiers comme

celui du PetroCaribe que Me Gassant jure

qu’il ira jusqu’au bout et des têtes seront

tombées.

Il va s’intéresser de près aussi

au dossier de la SOGENER, cette entreprise

privée d’électricité de la famille

Vorbe en conflit et en justice avec le

Président Jovenel Moïse pour le compte

de l’Etat haïtien. On se souvient que

l’ULCC, à la demande de Claudy Cassant,

voulait ouvrir une enquête sur ce

conflit opposant l’Etat et la SOGENER.

Mais, à la surprise générale, les avocats

de l’Etat se sont opposés à l’ouverture

de cette enquête de l’ULCC dans cette

affaire. Enfin, il y a la demande sous

forme d’ultimatum de l’ULCC à tous

anciens hauts fonctionnaires, parlementaires

et ministres d’apporter au plus vite

leur déclaration de patrimoine avant et

après la fin de leur mandat ou mission.

Pour certains, c’est la goutte d’eau qui

a fait déborder le vase car, d’après eux,

cette dernière requête pourrait concerner

directement le Président Jovenel Moïse

dans l’avenir. Revenons donc à la raison

pour laquelle Me Claudy Gassant a été

purement et simplement « viré » de la

Direction de l’Unité de Lutte de Contre la

Corruption en seulement moins de deux

mois de gestion.

Si l’histoire du véhicule suspect

de la République dominicaine retrouvé

entre les mains d’une diplomate haïtienne

à la frontière a été le déclencheur de

l’affaire, le cas d’un autre diplomate dont

JOBS

la nationalité même intrigue plus d’un a

été le fond d’un ensemble de malentendus

entre le Directeur général de l’ULCC,

le Ministre des Affaires étrangères, le

Parquet de Port-au-Prince, le Ministre

de la justice et le Président de la République.

Ce diplomate qui a été le numéro 2

à l’Ambassade d’Haïti à Santo Dominicaine

s’appelle Kerby Alcantara ou Alcante

Désormeaux. Ce fonctionnaire haïtien

possède la double nationalité. Il est

détenteur d’un passeport haïtien et d’un

autre de la République Dominicaine.

Outre qu’il est le deuxième Conseiller à

la Légation haïtienne dans ce pays, il est

connu pour être un homme d’affaires

et s’occupe de ses commerces à Saint

Domingue.

Un statut qui pose problème

dans la mesure où en tant que diplomate

il ne peut sous aucun prétexte exercer

une autre profession dans le pays où il

est accrédité. Or, il se trouve que ce monsieur

qui est à la fois dominicain et haïtien

mène tranquillement les deux activités

en même temps et en toute illégalité

sans que cela ne dérange la Chancellerie

haïtienne ni les autorités dominicaines.

Et pour cause. Etant ressortissant

dominicain, il n’a aucun problème pour

exercer dans son pays. Sauf que, pour

l’ex-Directeur général de l’ULCC, c’est

tout à fait incompatible avec son statut

de diplomate et de fonctionnaire de l’Etat

haïtien. Surtout que le nom de Kerby Alcantara

ou Alcante Désormeaux est cité

parmi les employés haïtiens de l’Ambassade

qui seraient impliqués dans la corruption.

Pour commencer, l’ULCC avait

demandé à deux fois au Ministre des

Affaires étrangères, Bocchit Edmond, de

mettre ce fonctionnaire à la disposition

de son institution pour être entendu dans

le cadre de ces accusions de corruption et

devrait aussi fournir plus d’informations

concernant sa vraie nationalité. Mais, les

demandes de Me Claudy Gassant sont

restées lettres mortes. Or, Gassant n’est

pas celui qui laisse tomber une affaire,

fût-elle la plus difficile.

Alors, il a passé à une étape

supérieure. Il porte plainte contre le

Chancelier Bocchit Edmond pour entrave

à la justice et fait arrêter une première

fois cet Alcante ou Alcantara qui semble

planer au-dessus des lois de la République

et de ses chefs hiérarchiques pour

le motif de faux et usage de faux. Dès

qu’il s’est présenté à la frontière haïtienne,

Alcantara a été arrêté par la police

haïtienne qui l’a remis entre les mains de

la justice. Mais, dès son arrivée au Parquet

de Port-au-Prince, Herby Alcantara

ou Alcante Désormeaux a été promptement

libéré sur le champ par le substitut

du Commissaire du gouvernement, Me

Jeanty Souvenir. On imagine la colère

suite à la page(16)

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8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020


This Week in Haiti

Coronavirus: Plane

Carrying 11 Chinese

Passengers

Causes Panic in Haiti

U.S. Regrets Not Reaching Political

Agreement with Haiti’s Opposition

Photos, inside and out, of the small jet with 11 Chinese passengers which

refueled in Haiti on Jan. 31

The “Core Group” of U.S.-led ambassadors flank Jovenel Moïse.

They were unable to reach an agreement with Haiti’s opposition

by Samuel Maxime, Haiti Sentinel

plane originating from China

A was denied entry into its destination

in the Bahamas and was

diverted to the Toussaint Louverture

Airport in Port-au-Prince on

Fri., Jan. 31 when it became low

on fuel.

On social media Friday evening,

the news spread like wildfire.

Haitians were worried and

anxious about a private jet from

China with 11 Chinese nationals

on board sitting on the tarmac at

Toussaint Louverture Airport in

Port-au-Prince since the deadly

coronavirus is rapidly spreading

in China and to other countries.

A source close to the National

Office of Civil Aviation (OF-

NAC) told the newspaper, Le Nouvelliste,

that the passengers and

crew members remained on the

plane during the entire refueling

process.

“Originally, this private

plane, which had 11 Chinese on

board and three crew members,

including two Americans and a

Chinese hostess, took off from

China to go to Japan,” confirmed

the source. “Then, the plane visited

several countries in Europe before

arriving in the Dominican Republic.

Arriving in Haiti on Friday

evening, the crew simply wanted

to refuel."

The passengers remained on

the plane without ever getting off.

"They never left the plane. They

pose no danger to the country.”

“At first, the plane had to

leave Port-au-Prince to go to the

Bahamas which refused them access

to their territory,” said our

contact at 9:45 am on Friday.

“Now Portugal agrees to receive

them… The plane will be able to

leave Haiti in the next few minutes.”

However, our contact at the

National Office of Civil Aviation

(OFNAC) was unable to give details

about the passengers on the

plane or why they arrived in the

country after having traveled to

several other nations.

The coronavirus, which

emerged in China a few weeks

ago, has already killed more than

490 people there.

The death toll and number

of people infected with the virus,

which often produces pneumonia,

increases daily with over 24,000

cases worldwide at press time

(Feb. 4). In France, six people

have been infected and are hospitalized.

The global health emergency

was declared by the World

Health Organization on Jan. 30.

Cases of the virus have been

recorded in some 20 countries,

including the United States, Germany,

Canada, France. Several

have already closed their borders

to China.

Haitians are rightfully wary

of a new disease being introduced

into their country, which has a

severely debilitated health infrastructure.

In October 2010, UN

occupation troops from Nepal imported

cholera into Haiti, unleashing

an epidemic which killed close

to 10,000 Haitians and sickened

some 800,000.

by Samuel Maxime, Haiti Sentinel

On Feb. 1, 2020, the U.S. Ambassador

to Haiti along with other U.S.-allied

diplomats expressed their regret at

the end of talks with Haiti's moderate

opposition that no agreement had been

reached.

The discussions took place at the

Apostolic Nuncio in Pétion-Ville. They

involved not only the U.S. Embassy,

representing the Trump administration,

but also the ambassadors of Brazil, Canada,

the EU, France, and Germany, as

well as representatives from the United

Nations and Organization of American

States.

The movement to unseat President

Jovenel Moïse for crimes against

humanity and corruption moves into

its 20th month as the talks failed. The

overwhelming majority of Haitians,

from various backgrounds and sectors,

find themselves in the "radical opposition"

and call for the president to resign.

They see dialogue with Jovenel Moïse

and his international allies as a waste of

time while the crisis deepens.

But the U.S.-led group of diplomats

calling themselves the “Core

Tax Tax Preparation

• IRS Representation

• E-Filing

PREVIOUSLY

• Audit Protection

Group” said they support "any constructive

initiative of dialogue offering a real

perspective of resolution of the political

and institutional crisis."

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Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

9


ENTRETIEN AVEC L’EX-PRÉSIDENT

BOLIVIEN EVO MORALES !

Par Fabián Kovacic

L’ancien président de Bolivie doute que

le nouveau gouvernement reconnaisse

une éventuelle victoire du MAS (Mouvement

vers le socialisme) aux élections

du 3 mai 2020. Il insiste sur la

légitimité de sa tentative de réélection

et estime que la solution au problème

de la direction de la gauche régionale

réside dans un changement de mentalité

chez les Latino-Américains. Dans

un dialogue avec l’hebdomadaire

Brecha [Uruguay], il s’est attaqué à

ceux qui remettent en cause le modèle

extractiviste [mines de fer, pétrole,

gaz, lithium] dans son pays et a parlé

de son lien avec le féminisme.

Avec une chemise blanche à

manches courtes, un pantalon noir et

L’ex-président de la Bolivie exilé en

Argentine, Evo Morales

des chaussures assorties, Evo Morales

se promène dans les bureaux de son

«bunker» de Buenos Aires, sur la calle

Chile, dans le quartier de San Telmo,

son téléphone portable à la main. Nous

sommes mercredi matin et la date limite

du dépôt des candidatures en Bolivie

L’ex-président bolivien Evo Morales, candidat au Sénat et le candidat présidentiel

Luis Arce à Buenos Aires le 27 janvier. RONALDO SCHEMIDT / AFP

se fait pressante: le dernier jour est le

3 février. Dès le début de la matinée,

il a rencontré plus de 20 représentants

de différents départements de Bolivie.

Dans une grande salle, ils choisissent

les candidats en assemblée, l’un après

l’autre. Derrière la porte fermée, les

différentes voix se font entendre. Morales

observe, écoute, donne son avis.

Il quitte le bureau et accueille avec un

sourire les journalistes qui attendaient,

puis il s’éloigne, entre dans un autre

bureau et parle avec une personne de

Bolivie. L’équipe de Brecha avait été

convoquée pour l’entretien avec l’ancien

président à 8h30. L’attente se

termine à 12h45, lorsque Evo Morales

entre enfin dans la salle et se prépare à

s’asseoir pour répondre aux questions.

«Je m’excuse pour le retard», dit-il.

La veille, Luis Arce, candidat à

la présidence du Mouvement vers le

socialisme (MAS) et ancien ministre

de l’Economie de Morales, a débarqué

sur le sol bolivien pour commencer la

campagne électorale. Il était attendu

par le gouvernement de Jeanine Áñez,

sous la menace d’une arrestation pour

des accusations de corruption. Une mesure

judiciaire à la mode: il s’agit dans

ce cas, selon le nouveau pouvoir, de ne

pas avoir contrôlé l’utilisation du Fonds

indigène [Fondo Indígena] dans les

différents projets approuvés pour exécution.

La procureure [Heidi Pamela

Gil] dans cette affaire a elle-même nié

l’existence d’un mandat d’arrêt contre

Arce et n’a fait que prendre sa déposition,

attendant que ses avocats aient

accès au volumineux dossier relatif à

cette affaire.

Cette question fut l’objet d’un débat

a eu lieu dans les bureaux du MAS

de la rue Chile de Buenos Aires. On y

dispose déjà des données issues des

premiers sondages: 35% d’intentions

de vote pour Luis Arce et un peu plus

de 15% pour Carlos Mesa. La présidente

Jeanine Áñez est classée un peu plus

loin. Les leaders civiques Fernando

Camacho [extrême droite chrétienne,

Santa Cruz] et Jorge «Tuto» Quiroga

[vice-président sous le deuxième mandat

de 1997 à 2001 d’Hugo Banzer qui

avait été le général dictateur de 1971

à 1978, Quiroga exerça le mandat de

président d’août 2001 à août 2002]

n’obtiennent pas de pourcentages

significatifs, du moins selon les résultats

dont dispose l’équipe de presse

de Morales. «Ils vont chercher à nous

persécuter», dit l’ancien président. Et

les membres de l’assemblée acquiescent.

Lorsque Brecha s’enquiert de son

éventuelle candidature, il préfère éviter

le sujet. «Je suis ici pour soutenir mes

camarades», dit-il en passant. Mercredi

soir le 29 janvier, une déclaration

du MAS a été publiée pour informer

qu’Evo a accepté de s’inscrire comme

candidat à l’Assemblée législative

plurinationale. Toutefois, le document

précise que l’inscription a pour seul but

de permettre – au plan légal et dans les

limites établies par le calendrier électoral

– une éventuelle candidature au

cas où les assemblées [Sénat et Chambre

des députés] décideraient de l’élire

comme représentant à l’Assemblée

plurinationale. «Le débat portant sur

les candidatures finales est toujours en

cours», précise le communiqué de presse.

[Cet entretien conduit par Fabián

Kovacic met en lumière l’analyse et les

orientations politiques propres à Evo

Morales.].

Fabián Kovacic: Après 14 ans

au pouvoir et après le coup d’Etat déjà

accompli, quelles leçons en tirez-vous

et quelle autocritique faites-vous aujourd’hui?

Evo Morales: D’abord, toujours

avec le peuple, et tout pour le peuple.

Il s’agit de la lutte historique des gens

marginalisés. La lutte a ses origines

dans la période coloniale, et s’est transférée

durant la période de la république

[dès 1880]. Et pour être avec le peuple,

nous avons pensé qu’il était important

de prendre en compte trois éléments:

politiquement, la refondation de la Bolivie;

économiquement, la nationalisation;

et socialement, la redistribution

des richesses. La chose la plus difficile

pour mon administration a été la refondation,

en quittant l’Etat colonial et

Luis Arce, ancien ministre

de l’Economie, candidat à la

présidence du Mouvement vers le

socialisme (MAS)

en instaurant un Etat plurinational en

Bolivie [en 2009], où tout le monde a

les mêmes droits. En finir avec l’Etat

imposteur, avec les autorités apparentes

[camouflant la réalité du pouvoir

sur la population indigène], avec l’Etat

failli et les menaces de faire disparaître

la Bolivie réelle. Sur la base de l’Etat

plurinational furent stimulées les meilleures

possibilités pour les plus exclus,

qui se trouvent au sein du mouvement

indigène, ainsi que pour les femmes.

Et tout cela a été intégré dans la

suite à la page(15)

Li lè pou nou pran sa ki

konsène nou an men.

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ki rete Ozetazini. Kominote nou bezwen chak

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kominote nou. Pa enkyete w, patisipasyon nan

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10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

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Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Les larmes mortelles de l’injustice

Par Robert Lodimus

(Deuxième partie)

Éris a commencé à servir comme

domestique chez Gesner à

l’âge de quatre ans. Éliphète s’était

résigné finalement à le confier à

Alicia, malgré les remontrances et

les réserves de Clotilde:

– Penses-tu qu’ils disent vrai

mon homme? D’accord, Alicia est

ta sœur, la tante de nos enfants,

mais elle n’a pas grandi en dehors,

avec Dieumaime et Tibotte.

Elle est devenue comme les gens

de la ville qui maltraitent les enfants

des paysans, qui les transforment

en bête de somme, qui les

font bourriquer du matin au soir,

du soir au matin, sans leur accorder

un peu d’ repos. À t’ dire sincèrement,

je n’ai pas confiance en

Gesner. Il ressemble à un bourreau!

Pis, ta sœur, ce n’est pas moi qui

l’ dis, elle a décroché un repris de

justice, un bandit qui a fait d’ la

prison pour avoir massacré à coups

d’ poignard une pauv’e femme qui

refusait de se mett’e avec lui, qui

repoussait ses avances, alors qu’il

était encore tout jeune et enrôlé

dans les forces armées...

– Encore des ragots que tu

es allée ramasser de la bouche de

Mathilda, la vieille sorcière...!

– Je crois qu’on doit garder

le p’tit avec nous. Il va avoir du

chagrin... Il faut lui épargner ces

souffrances.

– Écoute! Nos deux autres

garçons, Dieujuste et Lysius, n’ont

jamais été à l’école. Tout c’ que

nous leur avons appris à faire, c’est

quoi: sarcler et arroser la terre,

planter du manioc, de l’igname,

de la carotte, du melon... Un jour,

ils nous adresseront certainement

des reproches. Je veux que notre

fils dernier-né puisse lire dans

les livres, écrire dans les cahiers

comme les enfants de Rénette.

– Mais le travail de la terre,

c’ n’est pas mauvais, que je sache!

Le paysan vit de son jardin. Ses

enfants doivent apprendre à travailler

la terre. La terre, c’est le

seul bien que nous possédons...

C’est le seul héritage que nous lèguerons

à nos filles et à nos fils.

Alors, il faut qu’ils apprennent à la

conserver, à la faire prospérer, à la

rendre productive…

– C’ que tu n’ dis pas : il

faut qu’il y ait aussi des paysans

capables de bien lire et de bien

écrire pour défendre les intérêts d’

la communauté. J’ai pris ma décision.

Je vais l’ placer chez Gesner

et Alicia; ainsi, il aura toute sa

chance d’aller à l’école. Si l’instruction

tarde à venir s’installer à

la campagne, il faut que la campagne

– et c’est un devoir et une

obligation – se déplace elle-même

pour aller vers elle: la saisir là où

elle s’ trouve...

– Tu as bien parlé! Mais ça n’

se passe pas comme ça. Les campagnards

qui sont devenus des savants:

médecins, ingénieurs, avocats,

professeurs ne reviennent

pas vivre parmi nous. Y en a qui

oublient même leur origine et qui

vont jusqu’à changer de nom...! Tu

n’ me diras pas l’ contraire! Pour

preuve, le garçon de compère Osias

est devenu un grand avocat à la

métropole. D’après ce que l’on rapporte,

il a des amis même au palais

national. Il fait partie des gens qui

mangent ici, au pays et qui vont

boire de l’eau à New York ou à Paris.

Il va plaider au tribunal chaque

semaine pour défendre les intérêts

des bourgeois.

– Tu parles de Clérilus Lhérisson?

– Il faut dire plutôt Me Éric

Duchemin. Il a changé de nom et

de prénom. Clérilus, a-t-il dit, faisait

trop paysan.

– Ah, bon!

– C’est comme ça! Mais

quand on leur jette un mauvais

sort en ville, c’est en dehors qu’ils

vont chercher la guérison; c’est

seulement dans les moments difficiles

que certains se souviennent

de leurs racines.

Éris ne comprenait pas trop

ce que tout cela voulait dire. Mais

la décision de son père était irrévocable...

Clotilde disait juste. Gesner

et Alicia ne se sont pas préoccupés

de son éducation. Tous les matins,

il regardait avec tristesse les

gosses de son âge qui s’amusaient

sur le chemin de l’école. Ils gesticulaient,

criaient, couraient dans

toutes les directions, sautaient

d’une galerie à l’autre. De temps

en temps, ils s’arrêtaient quelques

instants pour remettre en place

leurs sacs de cahiers, de crayons

et de livres portés en bandoulière.

Éris donnerait cher pour être avec

eux. Lorsqu’il allait chercher du

charbon de bois chez Célicie, afin

que sa tante préparât à manger

pour sa cousine Altâgrace qui revenait

de l’école vers 14 h 30, et

Gesner qui partait travailler tous

les matins de bonne heure, et qui

rentrait tard le soir, vers 18 h 00, il

s’arrêtait souvent pour écouter les

enfants qui répétaient les lettres

de l’alphabet après mademoiselle

Nady, ou qui récitaient les tables

d’addition et de soustraction.

À force de répéter tout bas,

Éris avait fini par mémoriser toutes

les lettres sans jamais les voir sur

le petit tableau noir accroché au

mur de la petite école fondée et dirigée

par la vieille dame. Lui aussi,

il rêvait d’y aller tous les matins,

d’en revenir tous les après-midi, de

souper comme les autres enfants,

de faire des devoirs à la maison,

de répéter les leçons de demain et

d’aller se coucher pour se reposer

dans un vrai lit. Est-ce trop demander

au Bon Dieu? Une fois, le

jour de la fête Dieu, il est allé prier

à l’église catholique de Monseigneur

Robert et il a supplié Saint

Joseph d’intercéder en sa faveur

auprès de son beau-fils, Jésus de

Nazareth, pour que Gesner ait accepté

de l’envoyer à l’école de mademoiselle

Nady.

L’institutrice retraitée l’avait

surpris en train d’écouter la classe

aux portes. Il voulait se sauver à

toutes jambes, mais la main de la

vieille dame se refermait sur son

bras frêle. Il avait honte et il tenait

la tête baissée. Il a eu l’impression

qu’il venait de commettre un crime

impardonnable. « Pourquoi aije

pris l’habitude de m’arrêter là

tous les jours à proximité du fenestrage

de la vieille bâtisse pour

voler des miettes d’instruction

qui ne m’appartenaient pas, qui

ne m’étaient pas destinées? », se

culpabilisait-il. Pourtant, il prenait

toutes les précautions pour ne pas

déranger mademoiselle Nady et les

petits apprenants. Éris s’est mis à

trembler de toute son âme. Mais la

voix calme et tranquille de l’octogénaire

l’a rassuré:

– N’aie pas peur mon garçon!

Ce n’est pas la première fois que je

te vois là, que je te surprends en

train de nous épier... Je t’ai observé

à plusieurs reprises. Comment

t’appelles-tu?

Il a avalé une salive... et a

répondu avec hésitation:

– Éris Dor...Dorci...Dorcilien,

ma...madame.

– Bien! Où sont tes parents?

L’enfant ne savait plus quoi

lui répondre. Mais elle a insisté:

– Je suis sûr que tu habites

dans le quartier. Dis-moi où exactement,

fiston?

– Là-bas, chez ton...tonton

Ges…ner et...et...et tante A...Alicia.

(Source Camer news)

– Donc, tu habites tout près

de la maison de monsieur Jérôme?

– Oui madame, tout près...

Et même que je connais monsieur

Jérôme et madame Claudinette.

– Pourquoi ne vas-tu pas à

l’école comme la plupart des enfants

du quartier?

– Je ne sais pas madame...!

Mais, je voudrais bien... venir dans

votre... dans votre école pour apprendre

à répéter les lettres... et les

chiffres comme les autres enfants.

– Dimanche, après la messe,

j’irai parler à ton oncle et à ta tante

pour qu’ils te laissent faire partie

de la classe. Quel âge as-tu?

– Six ans qu’ils disent, madame…

– Six ans, j’en étais sûre. À

ton âge, tu ne dois pas rester à la

maison. Tu dois fréquenter un établissement

scolaire.

Éris n’avait pas compris ce

que voulait dire « établissement

scolaire. » La vieille dame a ajusté

ses lorgnons sur son nez pointu et

a repris de façon plus claire:

– Je veux dire que tu dois

fréquenter une école régulière,

pour que tu ne grandisses pas

sans savoir lire et écrire. Tu me parais

un garçon intelligent.

– Je sais dire l’alphabet,

madame.

– Appelle-moi mademoiselle

Nady...!

– Oui madame mademoiselle

Nady.

– Non, tu dis simplement

mademoiselle Nady. Répète: ma,

de, moi, selle Nady!

– Mademoiselle Nady...

– Bien! Maintenant, retourne

vite chez toi.

Éris a détalé à toute vitesse.

Et l’institutrice est retournée

auprès de ses élèves.

Gesner a refusé d’obtempérer

à la demande de la vieille institutrice.

– Qui va chercher de l’eau à

la fontaine pour la cuisson? Lorsqu’Alicia

va faire tous les matins

ses provisions au marché, qui va

surveiller la maison? Dites-moi

donc, madame? Et puis tout le

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monde ne peut pas être des savants

dans ce pays! C’est la nature

qui en a décidé ainsi, s’il y a des

maîtres, faut-il bien qu’il y ait des

valets? N’y croyez-vous pas?

– Ce n’est pas juste de réfléchir

ainsi. Ce garçon mérite

mieux. Le traitement que vous

êtes en train de lui infliger est

injuste, inhumain. Vous raisonnez

mal; permettez-moi de vous

poser la question: pourquoi avezvous

décidé d’inscrire votre fille à

l’école? Oui, dites-moi pourquoi?

– De toute façon, nous ne

pouvions pas la garder à la maison...

Elle doit devenir quelqu’un,

c’est ainsi qu’elle pourra servir son

pays.

– Et Éris, y avez-vous

pensé? Il n’a lui-même aucun

devoir civique envers sa patrie?

Avez-vous pris quelques secondes

pour réfléchir à son avenir? Il ne

vous pardonnera pas d’avoir gâché

sa vie, sacrifié son intelligence et

sa jeunesse. Si vous accordez une

demi-journée de liberté à ce petit

pour qu’il ne porte pas sa lettre de

condamnation, j’en suis certaine,

Dieu vous le rendra au centuple…

– C’est non, madame! Et je

ne reviendrai pas sur ma décision.

Inutile d’insister, je n’y reviendrai

pas. Dorénavant, je ne veux

plus vous voir chez moi, je ne

veux plus entendre parler de cette

affaire d’école pour cette espèce de

morveux qui nous donne déjà assez

de fil à retordre. Non seulement

il faut le nourrir, mais encore trouver

de l’argent pour lui acheter des

livres, des crayons, une ardoise,

des cahiers et des vêtements pour

qu’il aille traîner dans les rues de

la ville? Je ne suis pas riche, moi.

Faut-il bien que je gagne ma vie,

que je nourrisse ma famille, que je

m’occupe de ma fille?

– Mais vous avez promis à

ses parents de l’envoyer à l’école,

de veiller sur lui, de l’aider à meubler

son petit cerveau pour qu’il

devienne un homme demain.

Grâce à vous, la société pourra

bénéficier de son savoir faire, de

ses compétences intellectuelles et

professionnelles. Vous serez fiers,

votre compagne et vous, d’avoir

accompli une bonne action. Vous

ne pouvez pas lui refuser ça. Ce serait

un fardeau trop lourd à porter

pour votre âme. Vous avez beaucoup

de souci pour l’éducation de

votre fille. Vous voudriez que sa

réussite, à tous les niveaux, constitue

un objet de fierté pour votre

famille. Le père et la mère de ce

petit être attendent assurément la

même chose de lui. Vous n’irez

pas jusqu’à me faire croire que

vous êtes un individu sans cœur,

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sans âme, sans bonté, sans conscience...

– Qu’est-ce que vous en

savez vous-même? Hein! Qu’estce

que vous en savez? Les gens

qui m’ont recueilli chez eux, à la

mort de mes parents, comment

m’ont-ils traité selon vous? J’étais

un gosse de six ans, abandonné

à moi-même. Y avait-il quelqu’un

qui venait prendre ma défense

lorsque j’étais forcé d’exécuter des

tâches harassantes, complètement

au-dessus de mes forces? Je frottais

les murs, je lavais le plancher

d’une grande maison de trente

pièces. J’accomplissais tous les

jours les douze travaux d’Hercule.

J’étais un forçat de la faim. Je

dormais dans un hangar couvert à

moitié. Quand il pleuvait, j’allais

me tapir dans un petit coin et je

regardais passer la nuit, sans joindre

les paupières, sans fermer les

yeux. J’ai dû lutter, lutter courageusement

pour sortir de cet endroit

infernal. En grandissant, j’ai

appris tout seul à lire et à écrire.

Finalement, je me suis évadé de

ma grande prison. Pour survivre,

j’ai mendié aux passants, j’ai accepté

de me transformer en portefaix...

Et puis, quand j’ai atteint

l’âge de dix-sept ans, je suis allé

m’enrôler dans l’armée. J’ai réussi

à faire croire que j’avais atteint

l’âge adulte, que j’étais majeur. Je

ne dois rien à personne, moi. Absolument

rien, rien...

– Je vois! Vous voulez faire

subir à votre neveu toutes les humiliations

que vous avez subies

vous-même avant de devenir adulte.

– Il n’est pas mon neveu.

Et je m’en fous qu’il soit le fils du

frère aîné d’Alicia.

– Vous êtes possédé par les

esprits du mal. Vous portez le mal

en vous. Vous êtes sous l’emprise

du diable.

– Et quoi encore?

– Vous ne laissez aucune

place dans votre cœur pour les

bonnes œuvres.

– Mais où étiez-vous, lorsque

j’étais livré pieds et mains liés

à mes problèmes, aux multiples

souffrances qui m’empêchaient de

vivre? Ma mère travaillait là comme

servante. Elle faisait à manger

pour une vingtaine de personnes,

elle s’occupait de toute la lessive.

Elle paraissait toute jeune, quand

elle était arrivée chez cette famille

bourgeoise pour y travailler

afin d’aider ses parents restés à la

campagne. La saison cyclonique

avait provoqué partout des pluies

diluviennes qui causaient des

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12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020


Perspectives

Notre Mémoire se Souvient

Camilo Torres Restrepo, prêtre et guérillero

3 février 1929 - 15 février1966

Par Frantz Latour

Parmi les hommes et les femmes qui

ont donné leur vie pour qu’une nouvelle

société plus juste, plus humaine

naisse sur les décombres d’un système

capitaliste prédateur, oppresseur et assassin,

il n’y a pas eu que des laïcs.

Il y a eu également des religieux, des

prêtres qui à un moment de leur sacerdoce

en sont arrivés à se convaincre

de la nécessité d’un changement social

radical et même à considérer la violence

légale, dans des situations de grave

injustice sociale. Ce fut le cas pour le

prêtre Camilo Torres Restrepo né à Bogota,

en Colombie, le 3 février 1929.

Camilo Torres appartient à une

famille aisée, bourgeoise, aux traditions

libérales. Du premier mariage de

sa mère, Isabel Restrepo Gaviria avec

Carlos Westendorp, de nationalité allemande,

sont nés deux enfants. Fernando

et Camilo Torres sont nés d’un

second mariage avec Calixto Torres.

Les premières années de Camilo sont

semblables à celles d’autres jeunes de

sa catégorie sociale. La famille voyage

en Europe : Bruxelles, Barcelone,

puis retourne en Colombie en 1934.

Les parents se séparent en 1937, les

enfants restent avec leur mère. Camilo

fréquente le collège allemand de Bogotá

pour ses primaires, et le lycée Cervantès

pour ses classes secondaires. Il participe

aux retraites annuelles organisées par

les Jésuites. Il restera très attaché à sa

mère jusque peu avant sa mort.

En 1947, il commence des

études de droit à l’Université nationale.

Il y reste seulement un semestre. Il

devient rédacteur au journal La Razón.

De façon surprenante et inattendue, il

décide d’entrer en prêtrise. Séminariste,

il manifeste, pendant ses sept années de

formation, une préoccupation précoce

pour les questions sociales. Après avoir

été ordonné prêtre en 1954, il part en

Belgique afin d’entreprendre des études

de sociologie et de sciences politiques à

l’université catholique de Louvain.

Depuis lors se sont manifestés son esprit

de sacrifice, son désir d’exercer une

influence sur l’ensemble de la société

et sa volonté d’être lié aux problèmes

des groupes sociaux les plus pauvres. Il

s’y lie d’amitié avec François Houtart,

prêtre et sociologue belge, professeur à

l’Université de Louvain, militant de la

cause du Tiers-Monde. Il représente les

étudiants au Collège pour l’Amérique

latine. En 1958, Camilo obtient sa licence

de sociologie à la suite de la

présentation d’un mémoire intitulé

« Approche statistique aux problèmes

socio-économiques de la ville de Bogota

».

Muni d’une formation

académique différente de celle de la

plupart des membres du clergé colombien

plutôt traditionnel, ringard, accroché

au parti conservateur et au statu quo,

il retourne en 1956 en Colombie pour

préparer sa thèse. De ses discussions

avec un ami marxiste paraît le livre

Conversations avec un prêtre colombien

de Rafael Maldonado Piedrahita, ouvrage

affichant une pensée nettement

progressiste quoique encore solidement

ancrée dans la doctrine catholique.

Il voyage à nouveau en Belgique

pour passer sa maîtrise. Là, il rencontre

Margaret Mary Olivieri, activiste sociale

qui allait être sa plus proche collaboratrice

en Colombie. Son diplôme

obtenu, il retourne travailler dans son

pays en 1958, après un crochet de

quelques mois d’études à l’Université

de Minnesota, aux «États-Unis. On le

nomme aumônier de l’Université nationale

à Bogotá et professeur à la Faculté

de sociologie nouvellement créée.

Il compte parmi les organisateurs

du premier Mouvement Universitaire

de Développement communautaire

(MUNIPROC). A l’université commence

à s’enraciner une pensée radicale influencée

par le marxisme et la révolution

cubaine. Dès 1961, ses prises de

défense de la cause estudiantine, son

implication de plus en plus marquée

dans les affaires politiques du pays,

ses interventions contre les inégalités

sociales lui valent des conflits avec la

haute hiérarchie catholique et l’establishment

politique. Ses supérieurs le

destituent de ses fonctions. Il est muté

dans la paroisse de Vera Cruz où il sert

comme vicaire. Il y décroche un poste

d’enseignant à l’École supérieure d’administration

publique.

Il préside en 1963 le premier

congrès national de sociologie de Bogotá

au cours duquel il présente une

étude ayant pour titre La violence et les

changements socioculturels dans les

régions rurales colombiennes. Les conflits

avec les autorités ecclésiastiques et

civiles engagées dans la répression de

la protestation sociale et le contrôle de

toutes les formes de dissidence le rapprochent

des groupes radicaux de l’Université

et le mènent à la conclusion que

les chrétiens qui veulent le changement

social doivent travailler aux côtés des

socialistes et des marxistes, et même

considérer que la violence est légale

dans des situations de grave injustice

sociale. Son expérience dans les

Plaines Orientales avec les agriculteurs

du conseil d’administration de l’Institut

Colombien de la Réforme Agraire, entre

1962 et 1964, finit par le convaincre

de la nécessité d’un changement social

radical en Colombie.

En 1964, année de marasme

économique, Camilo Torres participe

à la mise en place d’un mouvement

politique regroupant différents milieux

progressistes. Le but est de déterminer

« une action révolutionnaire commune

par voie légale ». Il s’agit de fédérer

l’opposition progressiste fragmentée

dans un projet commun. Dans l’optique

révolutionnaire de Camilo Torres, il est

nécessaire de se débarrasser de l’impérialisme

américain et de l’oligarchie qui

sert ses intérêts pour transformer le

pays et faire accéder les classes populaires

à un minimum de bien-être. Il

est nécessaire de mobiliser, d’organiser

et d’associer les secteurs pauvres de la

population à la lutte pour la construction

d’un nouvel Etat. Par conséquent,

il faut créer l’unité du mouvement révolutionnaire

en rassemblant les masses

opprimées du pays.

On doit être convaincu de mener

la lutte jusqu’au bout avec toutes les

conséquences que cela comporte. Les

chrétiens ont non seulement la possibilité

de participer à la révolution, mais ils

sont tenus de la faire: «Le devoir de chaque

chrétien est d’être révolutionnaire,

et le devoir de tout révolutionnaire est

de faire la révolution». Une maxime

proche de celle de Che Guevara. Un autre

élément clé de la pensée de Camilo

a consisté en un effort pour concilier

le christianisme et le marxisme, promouvant

ainsi à ses yeux un nouveau

type de société à caractère socialiste et

chrétien, fondée sur la répartition équitable

des richesses. Torres était d’avis

que «Les marxistes luttent pour une

société nouvelle, et nous les chrétiens,

nous devrions être aux côtés de leurs

combats».

Entre 1965 et 1966, il multiplie

conférences et manifestations à

travers le pays tout en appelant à une

suite à la page(19)

La mémoire au service des luttes : Paul Robeson

Par FUIQP & Alain Saint-Victor

Il y a 44 ans, le 23 janvier 1976, l’acteur,

chanteur, athlète et écrivain Paul

Robeson décédait.

Né à Princeton au New- Jersey,

le 9 avril 1898, il est le fils d’un père

esclave, William Drew Robeson, enfui,

à l'âge de 15 ans, d'une plantation de

Caroline du Nord et d’une mère métisse,

Maria Louisa Bustill, descendante

d'une famille quaker abolitionniste.

William Drew entreprit des études uni-

Ne pouvant pas entrer à l'université

Princeton, à cause de sa couleur,

Paul Robeson intégra l'université

Rutgers où il fit de brillantes études.

Il fut admis, par la suite, à l'université

Columbia où il décrocha un diplôme en

droit en 1923. Il fréquenta également

l'École des études orientales et africaines

de Londres.

À l'époque du Jim Crow (période

de plus de 100 ans au cours de laquelle

les Afro-Américains furent victimes

systématiquement de violence raciste),

il était très difficile à un Noir d'exercer

le métier d'avocat. Malgré qu'il fût

l'un des meilleurs de sa classe, Robeson

dut abandonner sa carrière en droit

et joignit le Provincetown Players, un

groupe de théâtre de New York qui

compte en son sein le dramaturge Eugene

O'Neill (1888-1953).

En 1924, Robeson fait partie des

acteurs de la pièce d'O'Neill, All God's

Chillun Got Wings (inspirée du Negro

spiritual). Au cours de la même année

et en 1925, il devient célèbre à New

York et à Londres en interprétant le premier

rôle de la pièce du même auteur,

Emperor Jones (perçue, par certains,

comme une critique de l'occupation

étatsunienne d'Haiti, 1915-1934).

En plus de ses talents d'acteur,

Robeson avait une superbe voix baryton-basse.

En 1925, il donna son premier

récital d'art vocal au Greenwich

La célébrité de Robeson est à son

apogée lors de son interprétation magistrale

d' Othelo en 1930, qui bat tous

les records des pièces shakespeariennes

jouées à Broadway, à l'époque.

Robeson devient célèbre non

seulement en Europe et aux États-Unis

mais également en Afrique, faisant ainsi

craindre son influence sur les peuples

colonisés d’Afrique subsaharienne.

Parmi ses plus grands succès

figure le célèbre Song of Freedom.

Paul Robeson devient, au cours de ses

voyages dans le monde entier, un ambassadeur

du mouvement des droits

civiques et un dénonciateur des conditions

de vie des Afro-Américains aux

États-Unis, en particulier dans les États

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du Sud ségrégationnistes. Il utilise sa

notoriété pour mobiliser l’opinion contre

les lynchages qui, à l'époque, se

multiplient.

Au cours des années 1950, alors

que le Maccarthysme devient l'idéologie

dominante aux États-Unis (prêchant un

anticommunisme primaire et violent),

Paul Robeson est victime d'un véritable

boycott organisé contre ses films et enregistrements.

On lui retire également

son passeport de 1950 à 1958.

Après le décès de son épouse, Eslanda,

en 1966, Robeson, de plus en

plus isolé et marginalisé, connut une

période de déchéance. Après deux infarctus,

il meurt dans la pauvreté d'un

arrêt cardiaque en 1976, à l'âge de 77

ans.

De Paul Robeson, l'historien Afro-Américain

Gerald Horne écrit: « Il

a été un précurseur pour des hommes

comme Malcom X et Dr. Martin Luther

King. En fait, on ne peut comprendre la

vie et le parcours de ces deux hommes

sans tenir compte de Paul Robeson. »

Pour illustrer son engagement,

Robeson écrit: "L'artiste doit choisir de

lutter pour la liberté ou pour l'esclavage.

J'ai fait mon choix. Je n'avais pas

d'alternative." Ce qui résume bien toute

la trajectoire de son existence. C’est ce

type d’artistes dont nous avons besoin.

Repose en paix frère et camarade.

Texte: FUIQP (Modifications et

ajouts ASV)

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Serving the Haitian Community

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versitaires et devient pasteur de l'Église

presbytérienne de Princeton de 1880 à

1901. Il est décédé en 1918, alors que

le jeune Paul n'a que vingt ans.

Village (New York). Il atteint une réputation

internationale sous le nom de Joe

dans la comédie musicale Show Boat.

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Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Conférence de Berlin sur la Libye : Palabres au sommet !

Par Majed Nehmé

Ils sont venus, ils étaient tous là

(ou presque) pour, disaient-ils,

sauver la Libye depuis Berlin. Ils

avaient répondu à l’invitation de la

chancelière allemande Angela Merkel

qui s’était distinguée, en mars 2011

par son opposition, en tant que

membre non permanente du Conseil

de sécurité de l’ONU, à la résolution

1973, interprétée par la France, le

Royaume-Uni et les États-Unis comme

autorisant la guerre contre la

Libye de Kadhafi. Elle s’était retrouvée

dans le même camp de la Chine,

de la Russie, du Brésil et de l’Inde.

A l’époque rare étaient, en Occident,

ceux qui n’avaient pas condamné la

« trahison » allemande. Neuf ans

après, voilà que les fossoyeurs de la

Jamahiriya se retrouvent autour de

la même table à Berlin pour conjurer

la catastrophe libyenne, avec Merkel

et Poutine comme parrains ! Ce spectacle

a amené le journal burkinabé

Le Pays (le Burkina est aujourd’hui

l’une des victimes collatérales de la

guerre de Libye) à consacrer son

éditorial à cette rencontre au sommet

qu’il avait qualifiée « Le bal des

hypocrites ».

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La guerre contre la Libye, transformée en état failli est une opportunité

historique pour les groupes terroristes. Dessin de Chapatte.

La France hors circuit

La France, principale responsable de

cette guerre, était représentée dans

cette conférence par le chef d’Etat en

personne, Emmanuel Macron. Contrairement

à ses deux prédécesseurs

Nicolas Sarkozy et François Hollande,

il avait eu le courage de reconnaître la

responsabilité de son pays dans cette

catastrophe géopolitique. Dans un

entretien accordé à huit médias européens

(Le Figaro, Suddeutsche Zeitung,

Le Soir, The Guardian, Corriere

Della Serra, El País, Gazeta Wiborcza

et Le Temps) en 2017, il a admis que

« la participation des Forces armées

françaises à l’opération militaire en

Libye en 2011 a été une erreur et

la France doit éviter ce scénario en

Syrie ». Et d’ajouter :«Avec moi, ce

sera la fin d’une forme de néo-conservatisme

importée en France depuis

dix ans. La démocratie ne se fait pas

depuis l’extérieur à l’insu des peuples.

La France n’a pas participé à la

guerre en Irak et elle a eu raison. Et

elle a eu tort de faire la guerre de cette

manière en Libye. Quel fut le résultat

de ces interventions? Des États faillis

dans lesquels prospèrent les groupes

terroristes ».

Il ne croyait pas si bien dire. Il

se retrouve aujourd’hui condamné à

gérer ce lourd héritage, mais sans se

donner les moyens du changement.

Les néo-conservateurs sont encore

très nombreux dans son entourage.

Jean-Yves Le Drian, l’actuel ministre

des Affaires étrangères, qui avait

été en charge sous le mandat de

François Hollande du portefeuille de

la Défense, a de la peine à mettre en

pratique les déclarations de son nouvel

employeur. Résultat : La France

se retrouve aujourd’hui hors circuit.

De « protectrice du peuple libyen »

comme elle se présentait pour justifier

son intervention contre la Jamahiriya,

elle est acculée maintenant à se «

protéger » du désordre libyen.

Avant de venir à Berlin, Emmanuel

Macron avait tiré la sonnette

d’alarme. Interrogé, en off, lors de la

présentation des vœux pour le nouvel

an par un collègue de France 24

arabe sur les informations relatives

à l’envoi par la Turquie de miliciens

syriens pour combattre du côté de

Sarraj, lui-même marionnette des milices

islamistes de Misrata, il répondit

: « Si les services de renseignement

français vont me confirmer ces informations,

ce serait un développement

extraordinairement grave » !

« Car, poursuit-il, de là ils vont faire

la jonction avec le Sahel, région où

la France est en première ligne dans

la lutte contre le terrorisme ». Confirmées,

semble-t-il par ses services,

il exprimera deux jours plus tard son

désarroi et ses craintes devant les

participants à ce sommet. Dans son

intervention, il a stigmatisé directement

la Turquie qui soutient militairement

le gouvernement de Fayez

al-Sarraj et qui organise le recrutement

et l’envoi de centaines de miliciens

syriens en Libye. “Il faut que

cela cesse”, a-t-il martelé.

La suite donnera plus de consistance

à cette menace, puisque les

informations en provenance de Syrie

(zone occupée par la Turquie) et de

la Libye font état, non seulement de

l’arrivée de plusieurs centaines de ces

miliciens grassement payés par la

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Turquie et le Qatar en Libye mais, fait

inquiétant, de l’évasion de 17 d’entre

eux vers l’Italie par voie de mer.

Cela a été confirmé par l’Observatoire

syrien des droits de l’homme, basé

en Grande-Bretagne et qui est connu

pour son opposition au pouvoir syrien.

Le sommet de Berlin, réuni à

l’initiative de l’Allemagne et sous

l’égide de l’ONU rassemblait onze

pays dont les cinq membres permanents

du Conseil de sécurité ainsi que

le secrétaire général de l’ONU Antonio

Guterres et son représentant pour

la Libye Ghassan Salamé qui n’a pas,

jusqu’ici, brillé par son efficacité.

La majorité des pays qui se

retrouvent aujourd’hui au chevet

de la Libye avaient activement participé

à sa destruction ou du moins

cautionné l’expédition de l’Otan. A

part Recep Tayyip Erdogan et Angela

Merkel, qui avaient participé plus

ou moins activement à cette expédition,

Emmanuel Macron, Boris Johnson,

Giuseppe Conte et Mike Pompeo

héritaient de ce dossier. La Russie, la

Chine et l’Algérie s’y étaient frontalement

opposées. Pour rappel, Vladimir

Poutine, alors Premier ministre, avait

critiqué sans ménagement Dimitri

Medvedev pour avoir laissé passer la

résolution 1973. Ce qui avait provoqué

une crise entre les deux hommes

et, plus grave encore, rallumé une

nouvelle guerre froide dans les relations

internationales. Poutine avait

en effet condamné l’expédition de

l’Otan en Libye estimant que «l’intervention

des Occidentaux en Libye

fait penser à l’appel des croisés du

Moyen Age». Aujourd’hui, il prend

sa revanche et fait un comeback remarqué

sur la scène libyenne. Tout

en tendant cyniquement la main

à Erdogan, dans le but d’affaiblir

l’Otan, il soutient militairement le

maréchal Haftar à travers les mercenaires

russes de Wagner. Il estime

qu’il est le seul à même de recoller

les morceaux d’une Libye éclatée

et de lutter contre le terrorisme que

son armée combat en Russie même

et en Syrie. Position partagée tacitement

par la France, l’Allemagne, le

Royaume-Uni, les Émirats arabes

unis, et surtout l’Égypte qui accuse

le gouvernement de Tripoli de constituer

un sanctuaire pour les Frères

musulmans égyptiens. Quant au Maroc,

qui avait abrité la conférence de

Skhirate, en décembre 2015, dont

la feuille de route est restée morte,

n’a pas été invité. La Tunisie, qui

supporte le poids d’une présence libyenne

importante depuis 2011, n’a

été invitée qu’in extremis. Touchée

dans son amour-propre, elle a décliné

l’invitation. Enfin, le Qatar dont la

responsabilité dans le financement et

l’armement des milices islamistes libyennes

est écrasante, a été exclu du

sommet alors que les Émirats arabes

unis qui ne cachent pas leur stratégie

anti-islamistes (Frères musulmans en

particulier) et anti-terroriste ont participé

aux travaux de la conférence.

Tout ça pour ça ?

Les résultats de cette énième

conférence et réunion internationale

sur la Libye ne sont pas à la hauteur

des attentes des Libyens : engagement

à respecter l’embargo sur les

armes décidé en 2011 par les Nations

unies et à renoncer à toute « interférence

» étrangère dans le conflit,

appel à l’observation d’un véritable

cessez-le-feu permanent sur le terrain…Des

engagements pris sans jamais

résister aux réalités du terrain et

des intérêts en jeu.

Au lendemain de ce sommet

que les pays européens pensaient

utiliser comme un tremplin pour

revenir dans le jeu en Libye afin de

sécuriser leurs frontières face à la

menace migratoire et terroriste, une

certaine désillusion transparaissait

dans les déclarations des uns et des

autres. Les 27 ministres des Affaires

étrangères de l’Union européenne

s’étaient réunis le 20 janvier à Bruxelles

pour essayer de dissiper cette

désillusion. Peine perdue. Le nouveau

haut représentant de l’UE pour

les Affaires étrangères, Josep Borrell,

n’a pas caché son pessimisme,

reconnaissant qu’aucune décision

n’avait été prise sur la Libye et le

Sahel. Les mesures concrètes sont

donc reportées à la prochaine réunion

des ministres européens des Affaires

étrangères programmée pour le 17

février prochain.

En attendant, les trois points

discutés étaient : les moyens à

déployer pour sécuriser l’embargo sur

les armes, les dispositifs à mettre en

place si un cessez-le-feu devait être

obtenu, et la manière dont il conviendrait,

à moyen terme, de restaurer

les institutions libyennes.

La Libye, « une tumeur qui

produit des métastases sur

l’ensemble de la région »

Pour Josep Borrell, cet immobilisme

est catastrophique pour l’Europe. Il

avait déjà tiré la sonnette d’alarme

le 10 janvier. Les combats autour

de Tripoli, prévient-il, pourraient se

traduire « par une nouvelle poussée

migratoire vers l’Europe….Quelque

700 000 migrants se trouvent en Libye,

pour la plupart venus du Sahel.

Ils attendent l’occasion pour migrer

Les participants au sommet de Berlin sur la Libye posent pour la photo. On remarquera

l’absence des Libyens. Photo DR

vers l’Europe. » Au-delà de la Libye,

c’est bien évidemment le Sahel qui

est menacé. « La Libye, a rappelé Josep

Borrell, est une sorte de tumeur

qui produit des métastases sur l’ensemble

de la région.»

Si l’on ajoute à cela l’arrivée

annoncée de milliers de terroristes qui

évoluent dans les zones sous contrôle

turc en Syrie, dont des Caucasiens,

Tchétchènes, Turkmènes, Ouïgours

vers la Tripolitaine, cette « métastase

» a toutes les chances de contaminer

la rive nord de la Méditerranée.

Dans son éditorial consacré

au sommet de Berlin, le journal Le

Monde, qui avait en 2011 soutenu

la guerre de Bernard-Henry Lévy,

membre de son Conseil de surveillance,

contre la Libye, avait écrit : «

Aux portes de l’Europe, la poudrière

en Libye menace de se transformer

en une nouvelle Syrie ». Il ne pipe

pas mot sur la manière d’y mettre fin.

Face aux palabres de Berlin, au

jeu trouble de la Turquie, de la lâcheté

européenne, ceux qui pensent que le

salut de la Libye passe par la défaite

militaire des milices armées qui terrorisent

la population de la Tripolitaine

sont de plus en plus nombreux. N’en

déplaise aux pompiers pyromanes qui

continuent à prôner la paix publiquement

tout en alimentant la guerre

sur le terrain. Car un nouveau pouvoir

fort dans une Libye réunifiée et

pacifiée signifie plus de sécurité pour

les Libyens d’abord, mais aussi pour

les pays limitrophes et pour l’Europe.

Majed Nehmé

Afrique-Asie 22 janvier 2020

14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020


Suite de la page (10)

Constitution. Dans le domaine

économique, pour être avec le peuple,

la nationalisation des ressources naturelles

et des entreprises stratégiques

a été importante.

S’affirme ici une profonde différence

avec la droite bolivienne et

avec le système capitaliste, qui considèrent

la santé et le logement comme

des services marchands. Pour

notre mouvement, ce sont des droits.

Les services de base sont une affaire

privée pour le capitalisme. Alors que

pour nous, dans le socialisme communautaire,

ils relèvent des droits humains.

Par conséquent, notre défense

ne porte pas seulement sur les droits

individuels et des personnes, mais

aussi sur les droits collectifs et communautaires.

Sur la question du commerce,

pour être avec le peuple, un

programme de solidarité, de complémentarité

et de compétitivité est important.

DIVORCE SUMMONS BY PUBLICATION AND MAILING

Docket NoSU19D1234DR

Commonwealth of Massachusetts

The Trial Court

Probate and Family Court

Lesly Chery vs Marie Stephan aka Medgine Celestin Chery

To the Defendant

Fabián Kovacic: Et l’autocritique

de votre gestion?

Evo Morales: [Il hésite avant

de répondre.] Sur la question de l’autocritique

et des faiblesses… Quand

votre frère est président, certains secteurs

manifestent une ambition exagérée.

Certains revendiquent même

des choses qui ne sont pas souhaitables

pour d’autres secteurs sociaux.

Alors ils ne pensent pas à la Bolivie,

mais seulement à leur secteur ou à une

fraction de citoyens. Mais lorsque le

gouvernement est géré avec transparence,

avec des données économiques,

ces secteurs le comprennent, même

s’ils ont du mal à l’accepter. Et je veux

dire que dans la lutte des classes,

idéologique, programmatique, il est

nécessaire de discuter et de travailler.

Les mêmes mouvements sociaux

nous ont dit lors de réunions

qu’ils ne venaient pas pour discuter

et juger les politiques mais pour obtenir

la distribution de projets et de

travaux. Ils ne voulaient pas de débat

idéologique.

Or, il faut élaborer sur cela durant

le processus même de transformation.

La réalité est que près de trois

millions de Boliviens sont passés de la

classe humble ou pauvre à la classe

«moyenne». Ils ont dès lors oublié

d’où ils venaient, ils préfèrent ne pas

avoir d’engagements envers la société

et ils expriment déjà de nouvelles attentes.

Ils ne tiennent pas compte du

fait qu’il y a encore beaucoup de familles

dans la situation où ils se trouvaient

auparavant.

The Plaintiff has filed a complaint for Divorce requesting that the court grant a

divorce for IRRETRIEVABLE BREAKDOWN

The complaint is on file at the Court

An automatic Restraining Order has been entered in this matter preventing you

from taking any action which would negatively impact the current financial

status of either party.

SEE Supplemental Probate court Rule 411

You are hereby summoned and required to serve upon:

Lesly Chery

7 Rosebery Rd

Hyde Park, MA 02136

Your answer, if any, on or before 02/24//2020. If you fail to do

so, the court will proceed to the hearing and adjudication of

this action. You are also required to file a copy of your answer,

if any, in the office of the Register of this Court

Witness, Hon, Brian J. Dunn, First Justice of the Court

Date January, 22, 2020

Register of Probate

Fabián Kovacic: C’est un défi

pour tous les gouvernements progressistes

de la région. Comment réagir

aux nouvelles attentes suscitées par

les améliorations obtenues grâce aux

actions du gouvernement?

Evo Morales: C’était un défi

pour notre gouvernement, et il y a encore

beaucoup de chemin à parcourir

avant de savoir comment réagir et

aller de l’avant. Dans le domaine de

la gestion, nous avons élaboré sur la

base des données recueillies et sommes

arrivés à la conclusion que les

subventions publiques exagérées exercent

une ponction sur l’économie

nationale. Elles ne garantissent pas

l’avenir économique du pays. Les

investissements publics réalisés pour

développer l’appareil productif doivent

être combinés avec les aspects sociaux

et d’emplois. C’est de là que vient la

redistribution des richesses, qui permet

de mettre fin à la pauvreté.

Fabián Kovacic: Ceux qui,

selon vous, exigent trop du gouvernement

actuel, sont-ils ceux qui, en

novembre, demandaient sa démission?

Je veux parler de la Centrale des

travailleurs boliviens (COB) et de certains

syndicats miniers.

Evo Morales: Je ne dirais pas

cela… Je pense que la demande de ma

démission relevait d’un sentiment de

peur. Je ne comprenais pas moi-même

comment la COB pouvait exiger ma

démission, ce qui aboutissait à donner

une chance à la droite. C’était une

erreur politique de la part de la COB,

mais pas à cause des revendications

sectorielles dont j’ai parlé plus tôt.

Parce qu’ils ont eux-mêmes proposé

que je sois candidat à la présidence,

ont défendu ma candidature et se sont

mobilisés pour elle. Il y a eu un moment

où la peur s’est emparée d’eux et

ils ont lancé un appel pour ma démission.

Ils considéreront cela comme

une erreur historique.

Fabián Kovacic: La candidature

d’Andrónico Rodríguez

[vice-président des Seis Federaciones

Cocaleras del Trópico de Cochabamba]

et d’Orlando Gutiérrez, dirigeant de la

COB, marque-t-elle une différence entre

le MAS, la COB et les mineurs?

Evo Morales: Non. Nous sommes

unis. Il n’y a jamais eu quatre

candidats auparavant. Nous sommes

tous convaincus que l’unité est importante,

car quiconque a la responsabilité

de diriger le nouveau processus

Suffolk Probate and Family Court

24 New Chardon Street

Boston, MA 02114

compte sur le soutien de tous.

Le modèle extractiviste

Fabián Kovacic: Une des

questions communes aux gouvernements

progressistes ou de gauche ces

dernières années est la création de

richesses à travers une matrice similaire

à celle du néolibéralisme: l’extractivisme.

Comment traiter ce problème?

Evo Morales: Le système capitaliste,

en plus de détruire la planète,

veut que les pays dits sous-développés

le prennent en charge, mais à son

propre avantage. Je ne partage pas ce

point de vue. Bien sûr, nous devons

prendre soin de l’environnement, et

j’en suis convaincu. L’être humain ne

pourra pas vivre sans sa terre-mère.

Et elle existerait mieux sans l’être humain.

Dès lors, nous avons fait valoir

les droits de la Terre mère auprès des

Nations unies. Il y a seulement un peu

plus de 70 ans [décembre 1948] que

le monde a réalisé que les êtres humains

ont des droits et que se sont affirmés

les droits de l’homme, les droits

politiques, sociaux et économiques. Et

ce n’est qu’en 2007 [13 septembre]

que la Déclaration sur les Droits des

Peuples indigènes a été adoptée par

les Nations unies. Mais le plus important

ici est que les droits de la terremère

n’existent pas. Sans la terremère,

il n’y a pas de vie, et donc pas

d’humanité.

Lorsqu’il s’agit d’utiliser nos

ressources naturelles avec une planification

à court, moyen et long terme

qui respecte les droits de la terre, mais

cela n’avait pas été mis en œuvre

antérieurement en Bolivie. Lorsque

le néolibéralisme a exploité le pétrole

dans les réserves forestières, il n’y

avait personne pour se plaindre, ni les

ONG, ni les fondations [privées dites

écologistes]. Lorsque nous sommes

arrivés au gouvernement et avons

commencé à explorer les zones de réserves

naturelles, les protestations ont

commencé, financées par les Etats-

Unis ou par des multinationales.

Fabián Kovacic: Il y a des secteurs

de la gauche non financés par les

Etats-Unis qui se plaignent du modèle

extractiviste?

Evo Morales: Qui sont ces secteurs

en Bolivie? Ce sont les troskos

[qualificatif qui renvoie à l’attitude

de certains secteurs de la dite gauche

radicale en Bolivie] qui adoptent de

fait une position proche de l’extrême

droite. On entend maintenant en Bolivie

la phrase «Une autre gauche est

possible». Et c’est ce que disent les

troskos. Pendant le coup d’Etat, ils

n’ont même pas organisé de manifestation

contre la nouvelle dictature, et

ils se disent à gauche. Je ne peux pas

parler de ce qui se passe dans d’autres

pays avec cette question de l’exploitation

des ressources naturelles. Mais

je vais vous dire ce que nous avons

fait en Bolivie. Nous avons donné une

valeur ajoutée à nos ressources naturelles

afin de ne pas dépendre de la

science et de la technologie [liées aux

transnationales]. C’était une priorité.

Quel est le problème que nous

avons, non seulement les Sud-Américains,

mais l’ensemble du continent

latino-américains [depuis le Mexique]?

Certains pays proposent une

libération politique, sociale et culturelle.

Et mon expérience me dit que

nous devons l’accompagner d’une

libération économique. Une libération

politique ou idéologique sans libération

économique n’a pas beaucoup

d’avenir. Nous avons garanti cette

libération économique et politique par

des nationalisations. Mais le grand

problème de l’Amérique latine est qu’il

faut ensuite passer de la nationalisation

à l’industrialisation, avec la science

et la technologie.

Fabián Kovacic: Et cela n’est

pas réalisé avec les technologies dites

propres?

Evo Morales: Nous devons le

réaliser, bien sûr, conjointement à la

défense de la terre-mère et en cherchant

et en débattant de nouvelles

voies. Mais pour cela, nous, les Latino-Américains,

devons progresser

dans le domaine de la science et de la

technologie.

Le coup d’Etat et l’OEA

Fabián Kovacic: Parler du coup

d’Etat: déjà en 2015 et 2016, Nicolas

Maduro du Venezuela et «Pepe» Mujica

en Uruguay avaient désavoué et

critiqué le rôle du secrétaire général

de l’OEA, Luis Almagro [uruguayen].

Pourquoi avez-vous, même avec le

coup d’Etat en préparation, mis autant

de temps à réaliser le rôle que vous

attribuez maintenant à Almagro, qui

va dans la même direction?

Evo Morales: C’était une erreur

de la part du gouvernement national

[en référence à son gouvernement].

Almagro a un double discours. Il a

fait l’éloge de notre économie, du processus

de changement. Mais je comprends

qu’il est un agent de l’empire

états-unien et qu’il opère avec des

plans contre le peuple, même sans

respecter les statuts fondateurs de

l’OEA. En tant que Bolivien et ancien

président, je dois reconnaître que

c’était une erreur de croire que Luis

Almagro pouvait garantir un processus

démocratique dans notre pays.

Mais malgré le rapport final de

l’audit électoral [qui a «constaté» des

irrégularités], nous avons gagné au

premier tour [après dépouillement de

83% des votes, le décompte est suspendu,

ce qui débouche sur une contestation

des résultats finaux; la crise

s’ouvre alors]. Le rapport de l’OES fait

état de 226 bureaux de vote présentant

des irrégularités. Si c’est le cas,

de nouvelles élections sont convoquées

dans ces circonscriptions et pas

dans toute la Bolivie. Si l’on prend en

compte les 36’000 bureaux de vote du

pays, 226 représentent bien de 1%.

Même si tous ces votes avaient été

comptés pour l’opposition, nous aurions

quand même gagné au premier

tour. C’est donc un coup de l’OEA.

Réélection et référendum

Fabián Kovacic: De nombreux

gouvernements de gauche ou progressistes

latino-américains n’ont pas été

en mesure d’assurer une politique de

leurs dirigeants. Comment remédier à

cette lacune?

Evo Morales: [Il hésite, regarde

autour de la table et joue avec

le magnétophone.] Je n’y croyais pas

beaucoup… Mais maintenant, je suis

convaincu que c’est une question importante.

Je ne sais pas s’il s’agit de

travailler ensemble pour établir un

nouveau leadership ou quelle est la

solution. Je n’ai jamais cru que le dirigeant

qui a provoqué de profondes

transformations dans chacun de ses

pays était si important. Nous devons

repenser cette situation.

Quoi qu’il en soit, je pense toujours

que le projet politique de libération,

le programme du peuple, vient

toujours en premier, et ensuite viennent

les responsabilités correspondantes.

C’est ainsi que cela devrait

être. Mais il semble que ce sera une

caractéristique de l’Amérique latine

que le peuple dépende toujours d’un

leader. Il faut changer la mentalité des

Latino-Américains.

Fabián Kovacic: Je vous pose

cette question parce que vous avez

perdu un plébiscite populaire en 2016

[devant introduire une modification de

la Constitution pour un mandat supplémentaire],

alors que vous vouliez

vous présenter à nouveau à la présidence.

Or, selon diverses modalités,

vous avez décidé d’insister sur l’argument:

«le peuple a demandé ma

candidature». Et finalement, tout cela

s’est terminé par un coup d’Etat [fin

octobre-novembre 2019]. Comment

comprenez-vous ce raisonnement?

Evo Morales: Dans ce référendum,

le mensonge a gagné.

Fabián Kovacic: Mais vous

aviez vous-même admis que vous

étiez préparé à une éventuelle défaite…

Evo Morales: Mais, pour cette

raison, différents secteurs sociaux et

politiques ont réagi et ont cherché

une autre voie constitutionnelle pour

m’habiliter en tant que candidat. Ma

candidature n’a pas été illégale ou inconstitutionnelle.

En Amérique latine

dans des cas exemplaires, la jurisprudence

a été invoquée que ce soit au

Honduras, au Nicaragua ou au Costa

Rica… Ce n’est pas une invention de

nous, les Boliviens.

Les deux féminismes

Fabián Kovacic: Il y a quelques

mois, l’ancien vice-président du Nicaragua

pendant la révolution sandiniste,

Sergio Ramírez, a déclaré que la

nouvelle gauche devait se concentrer

sur la redistribution des richesses,

mais pas sur la discussion de la suprématie

du capital. Partagez-vous

cette vision du rôle de la nouvelle

gauche?

Evo Morales: La distribution

est importante, mais à part cela, il est

important de combler progressivement

les énormes écarts d’inégalité entre les

familles. C’est la seule façon de garantir

le socialisme communautaire, du

XXIe siècle, comme vous voulez l’appeler.

La santé et l’éducation doivent

être des droits fondamentaux parmi

les droits de l’homme. Et en plus de

cela, il s’agit d’avoir une économie

sans asymétries profondes, et pour

cela la redistribution des richesses est

importante.

Fabián Kovacic: Comment

voyez-vous la croissance du mouvement

féministe en Amérique latine?

Evo Morales: Je suis féministe.

Je me suis battu depuis mes

années de lutte syndicale jusqu’à la

lutte électorale pour que nos sœurs

aient les mêmes droits. Mais au sein

du féminisme, il y a deux lignes. Pour

un groupe de féministes, le premier

ennemi est l’homme et pour un autre

groupe, nous sommes une famille,

nous tous, respectant les droits d’égalité

et d’équité. En Bolivie, jusqu’en

1952, les femmes étaient totalement

marginalisées, tout comme le mouvement

indigène. Ils n’ont pas pu participer.

Et dans la politique électorale

et syndicale, les femmes sont toujours

plus honnêtes que les hommes.

Fabián Kovacic: Pensez-vous

que votre gouvernement a réussi à

améliorer le statut des droits de la

femme?

Evo Morales: Totalement. Aujourd’hui,

les femmes sont plus nombreuses

à fréquenter le lycée et l’université,

et plus nombreuses à exercer

une profession libérale. L’espérance

de vie s’est allongée et, surtout, il y

a plus de femmes à l’Assemblée législative

plurinationale. Nous sommes

le deuxième ou le troisième pays au

monde en termes de participation parlementaire

des femmes.

Fabián Kovacic: Vous avez eu

quelques phrases machistes que la

presse a compilées, comme celle qui

dit «après mes années de mandat, je

pars avec mon cato de coca [40x40m

de culture de feuilles de coca], ma

quinceañera [ma Miss] et mon charango

[instrument à cordes des Andes

proche de la guitare]»…

Evo Morales: [Rires.] Je suis

un blagueur, j’aime les chansons populaires.

Et au Carnaval, les chansons

populaires ont un caractère un peu

macho. Mais dans ma gestion, comme

jamais auparavant, l’égalité des sexes

a été garantie. Je le répète, les blagues

sont quelque peu épicées et machistes,

tant dans les couplets que dans les

vers. Mais toutes les femmes boliviennes

savent que je suis féministe.

Elections et plan B

Fabián Kovacic: Quelles sont

les données dont vous disposez, issues

des sondages, pour l’élection du

3 mai?

Evo Morales: Avant de définir

les candidats, le MAS était déjà en tête

dans tous les sondages.

Fabián Kovacic: Vous serez

candidat?

Evo Morales: Je ne me présente

pas aux élections en ce moment.

Fabián Kovacic: Que se passera-t-il

si le MAS gagne les élections

et que le gouvernement de la présidente

par intérim Jeanine Áñez ne reconnaît

pas son triomphe?

Evo Morales: Cela nécessite un

plan B. Je pense aussi que cela se produira.

Mais il reste encore beaucoup

de chemin à parcourir, il y aura des

observateurs internationaux et le processus

électoral bat son plein.

Entretien publié dans

l’hebdomadaire Brecha, le 31

janvier 2020

Traduction rédaction A l’Encontre

1 er février 2020

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (8)

du Directeur de l’ULCC qui ne comprend

pas la décision du Parquet. Il proteste

auprès du chef hiérarchique du substitut

qui est le Ministre de la justice. Me

Claudy Gassant lance alors un deuxième

mandat d’arrêt contre le fonctionnaire

soupçonné de corruption. Celui-ci

sera arrêté une seconde fois à l’aéroport

international Toussaint Louverture

de Port-au-Prince. Sans tarder, le

même substitut auprès du Commissaire

du gouvernement, Jeanty Souvenir,

procèdera dans l’immédiat à la libération

de Herby Alcantara qui semble

sentir le souffle.

Cette fois, Me Claudy Gassant

rentre dans une colère folle et rentre en

conflit ouvert et public avec ce substitut

du Commissaire du gouvernement, le

Ministre de la justice et toujours et encore

le Ministre des Affaires étrangères.

Dans la foulée, le Directeur général organise

une journée porte ouverte sur les

activités, la mission et le rôle de l’Unité

de Lutte Contre la Corruption à laquelle

le Président Jovenel Moïse a participé.

En fait, le but de cette journée Porte

ouverte sur l’institution était une façon

d’informer le grand public sur les activités

de l’ULCC et son combat contre ce

fléau qu’est la corruption qui devient

une seconde nature dans la fonction

publique en Haïti et dans les institutions

du pays. Mais, dans ce combat,

ce que l’ex-Directeur semblait ignorer

c’est qu’il était le seul à croire qu’il

pourrait sortir victorieux d’une lutte

dans laquelle il n’avait aucun soutien

sérieux, si ce n’est de façade, des autorités

et des pouvoirs publics.

En donnant priorité à ce dossier

de corruption à l’Ambassade d’Haïti

à Santo Domingo, Gassant ne savait

pas qu’il allait être le témoin du blocage

de la lutte contre la corruption au

plus haut de la hiérarchie du système

administratif, politique et institutionnel.

Me Gassant voulait aller vite, très vite,

voire trop vite selon la plupart de ses

amis dans sa quête de résultats contre

ce cancer de la corruption. Il a démontré

en très peu de temps que l’ULCC, si

le gouvernement lui apportait sa pleine

coopération, pourrait faire baisser à un

taux très bas la corruption dans l’administration

publique haïtienne. En à

peine un mois et demi, il a mis en lumière

ce qui empêche ou fait barrage à

l’institution de faire son travail, surtout

d’avoir des résultats. Si Me Gassant

s’était contenté de jouir seulement des

privilèges de la fonction, il aurait passé

comme tous ses prédécesseurs des années

dans cette fonction sans démontrer

la capacité de l’ULCC à faire quoi que ce

soit.

Mais, ce n’est pas dans sa nature

de rester enfermé dans un bureau

sans rien faire ni sans servir à quelque

chose. C’est l’obligation de résultat qui

l’importe pas l’inverse. Comme d’habitude,

en un temps record, Me Claudy

Gassant a marqué son passage à la tête

d’une institution publique haïtienne par

ses coups d’éclats et son omniprésence

dans les dossiers chauds. En moins de

deux mois, il a sorti l’ULCC de l’anonymat

et fait prendre conscience au grand

public que la corruption n’est pas une

fatalité. Elle peut être vaincue avec la

volonté de bien faire. Un bon coup de

pub aussi pour ce personnage haut en

couleur que certains disaient avoir trahi

la cause pour se rallier à un pouvoir

plombé par la corruption qui pensait

s’acheter à peu de frais une bonne conduite

tout en se cachant derrière une

personnalité intègre, en tout cas, qui

a fait preuve de lucidité pour ne pas

tomber dans le piège que le Palais national

lui avait tendu. Quoiqu’on dise,

dans cette affaire, Me Claudy Gassant

est sorti tête haute et a même grandi

devant ses pairs et devant la population.

Puisque, même le pouvoir n’a pas

trouvé de motif acceptable et valable

pour expliquer les raisons du limogeage

de cet enfant terrible de la République.

Certes, pour masquer ses erreurs dans la

révocation du Directeur général de l’UL-

CC, le Président Jovenel Moïse a profité

pour procéder à un jugement à la Salomon

en mettant fin au mandat de tous

les protagonistes du dossier.

A commencer par celle par qui

le scandale a éclaté, madame Judith

Exavier, qui a été aussi révoquée par

un courrier laconique de son Ministère

de tutelle en ces termes « Il a été décidé

de mettre fin à vos fonctions de chef

de poste au Consulat général d’Haïti

à Santiago ». Si Me Gassant a vite été

remplacé par Rockfeller Vincent, un

natif du département du Nord comme

Jovenel Moïse, celui avec qui le dialogue

fut tendu, le substitut du Commissaire

du gouvernement, Me Jeanty

Souvenir, qui a procédé à deux fois à

la mise en liberté du ressortissant haïtiano-dominicain,

a été suspendu dans

sa fonction. Car, le Ministre de la justice,

Jean Roudy Aly, eut à écrire « La

présente est pour vous informer qu’il a

été décidé de vous mettre en disponibilité

sans solde, en attendant le résultat

de l’enquête menée autour des faits

qui vous sont reprochés ». Et naturellement,

celui sur qui pèsent de fortes

soupçons de corruption et utilisant

plusieurs titres de voyage, le deuxième

Secrétaire à l’Ambassade d’Haïti en République

Dominicaine, Herby Alcantara

ou Alcante Désormeaux.

Comme pour sa collègue Judith

Exavier, Alcantara s’est vu mettre fin

à ses fonctions au Ministère des affaires

étrangères par le gouvernement.

Rappelons que ce monsieur dont on

ignore réellement sa vraie identité est

enregistré comme citoyen dominicain

sous le registre N° 224-0036121-2 du

Ministère dominicain de l’intérieur. Si

la révocation de Me Claudy Gassant à

la tête de l’ULCC n’a pas été prise en

compte dans le dernier Rapport annuel

de l’ONG Transparency International sur

l’indice de perception de la corruption

dans le monde, elle va être scrupuleusement

analysée en aval par les spécialistes

de l’agence. Surtout que d’après ce

Rapport, Haïti occupe la première place

à ses dépens dans la perception de la

corruption pour l’année 2019. Le pays

est placé 168 e sur 180 pays, autant dire

que le monde entier regarde Haïti comme

l’un des pays le plus corrompu des

Amériques juste derrière le Venezuela

dont on connaît l’attitude de certaines

institutions internationales sous l’influence

du gouvernement américain

depuis quelque temps.

Une chose est sûre, le passage

éclair de ce météore nommé Gassant

qui a frôlé l’atmosphère du pouvoir

et sa révocation expresse vont rester

comme une tache indélébile pour la

présidence de Jovenel Moïse et l’administration

de Jean-Michel Lapin, son Premier

ministre par intérim depuis bientôt

une année. Cette révocation brutale et

sans manière prouve une chose, les

dirigeants haïtiens ne sont pas encore

prêts à accepter et laisser fonctionner

en toute indépendance l’Unité de Lutte

Contre la Corruption tant qu’ils veulent

protéger leurs arrières. En mettant fin

ainsi au mandat de Me Claudy Gassant,

le Président Jovenel Moïse fait planer le

doute sur les accusations de corruption

dont il fait l’objet, d’ailleurs bien avant

son accession à la présidence de la République.

C.C

Suite de la page (12)

dégâts considérables dans les

champs. Les récoltes furent compromises.

Elle était belle, ma pauvre

mère. Le maître de la somptueuse

résidence avait bu, comme tous les

soirs d’ailleurs. Et il avait choisi

de se dégriser dans le corps de ma

mère. Elle avait pris l’habitude de la

violer à répétition, jusqu’au jour où

elle était tombée enceinte. Alors, il

décida de la chasser. Il l’avait mise

à la porte avant que son épouse n’en

fût tenue au courant. Ma mère était

donc retournée chez ses parents dans

la localité dénommée Bassin. Malgré

tout, le jeune paysan qui n’arrêtait

pas de lui faire la cour depuis qu’elle

était adolescente accepta de se placer

avec elle. Il m’a donné son nom et il

m’a adopté. Je suis un bâtard. Mon

père et ma mère ont été assassinés

par un grand don, un chef de section

à la solde du gouvernement. C’est à

cause de cela que je me suis retrouvé

chez des sorciers bien nantis.

– Mais quel rapport y-a-til

entre ce garçon que vous traitez

comme un esclave et l’histoire tragique

de votre vie personnelle?

– Le rapport: c’est que je

me suis débrouillé pour trouver mon

chemin tout seul. Il doit en faire autant.

Personne ne m’est venu en aide

au moment où j’en avais besoin. J’ai

volé pour manger. J’ai tout fait pour

rester accroché à la vie.

VENUS

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– Et vous vous vengez sur

un petit innocent?

– Il devrait remercier Alicia

de l’avoir sorti de son trou plutôt que

de se comporter en ingrat vis-à-vis

de nous.

– C’est vous qui devriez le

remercier de tous les services qu’il

est en train de vous rendre tous les

jours, de toutes les tâches ingrates

qu’il exécute chez vous, de tous les

efforts surhumains qu’il déploie pour

mériter de ronger les os que vous

laissez dans vos assiettes.

– Vous n’avez pas le droit

de dire cela de nous.

– Oh si, j’ai tout à fait le

droit. Et permettez-moi de vous dire

que vous aurez à payer un jour votre

méchanceté envers ce gamin sans

défense. Lorsque ses parents apprendront

comment vous l’avez maltraité,

ils ne vous le pardonneront pas.

Monsieur Gesner, pensez au revers

de la vie.

– Vous me menacez?

– Non! Je voulais tout simplement

vous rappeler que le mal

peut durer longtemps, mais pas toujours.

C’est le Prophète qui l’a dit:

« Un temps pour chaque chose. Un

temps pour rire, un temps pour pleurer.

»Au revoir monsieur Gesner!

Peu de jours après cette intervention

courageuse de mademoiselle

Nady auprès de Gesner pour le

persuader de la nécessité d’envoyer

Éris à l’école du quartier, le vieil oncle

de Clotilde, Fontilus, est venu rendre

AMBIANCE

EXPRESS

visite au fils de sa nièce. Il était de

passage dans la ville et Clotilde lui

avait demandé de rapporter des

nouvelles de l’enfant. Dès qu’Alicia

a remarqué la présence de Fontilus

devant la porte qui donnait sur la

rue, dressé sur un vieux cheval qui

paraissait avoir l’âge de son cavalier,

elle est allée avertir son concubin impulsif.

Le couple hautain a échangé

quelques mots à voix basse, pendant

que Gesner se tordait nerveusement

le menton et se fronçait les sourcils.

Il était fou de rage. Puis, malgré luimême,

se portait à la rencontre du

vieillard visiblement éreinté. Il ne

l’avait jamais rencontré auparavant.

– Bonjour monsieur, vous

semblez chercher quelqu’un… Puisje

vous aider?

– Oui, mon garçon! Je m’appelle

Fontilus… C’est bien ici la maison

d’Alicia, la sœur d’Éliphète, le

mari de ma nièce Clotilde …

– Exact, et je suis Gesner…

Alicia n’est pas à la maison. Elle a

emmené Éris avec lui. Vous savez, la

tante et le neveu sont inséparables.

Je lui dirai que vous êtes passé voir

Éris.

– Clotilde m’a prié de lui donner

des nouvelles au retour, je vais

retrouver Éloïse au marché et tous

les deux, nous repasserons plus

tard. Au revoir, mon garçon!

Entre-temps, Gesner a eu le

temps de couper les cheveux touffus

et sales d’Éris avec les vieux ciseaux

KATOU

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5012 Ave M

(Entre E. 51 et Utica)

10h am – 10h pm

qu’Alicia s’est empressée d’aller

emprunter chez André, le petit marchand

tailleur qui confectionnait des

habits pour les hommes et les garçons

du quartier. André a même accepté

de lui prêter un pantalon court

et une chemise de la taille du petit

domestique qu’il avait enlevés du lot

de commande d’un de ses clients.

Elle avait déniché une paire de tennis

en bon état chez les Philistin qui, fort

heureusement, faisait bien l’affaire

du garçonnet.

Lorsque Fontilus est repassé

quelques heures plus tard, dans

l’après-midi, il trouvait le petit Éris

un peu amaigri, mais propre, apparemment

bien portant. Alicia lui a

raconté que l’enfant a du chagrin à

cause de ses parents qu’il n’a pas

vus quand même longtemps, mais

qu’il apprenait très bien à l’école, et

demain, sans doute, il deviendra un

homme qui sera utile à Éliphète et à

Clotilde, peut-être même un grand

chef du pays.

Fontilus est reparti satisfait

et soulagé. Il a promis à Alicia et à

Gesner de transmettre le message à

Éliphète et à sa nièce. La promesse

du paysan est sacrée. Fontilus avait

donc la conscience tranquille. Éris,

de son côté, était déçu. Il pensait

que son grand oncle et Éloïse étaient

venus le chercher pour le ramener

à Éliphète et à Clotilde. Il avait envie

de revoir ses frères, courir dans

les champs avec ses petits cousins

et cousines, plutôt que de marcher

pieds nus dans les rues caillouteuses

de la ville, plonger dans les eaux de

la rivière La Quinte, au lieu de puiser

de l’eau saumâtre dans le puits

de Léa pour se laver et enfiler ensuite

les mêmes guenilles qui couvrent son

corps chétif, mettre sa petite bouche

dans les mamelles des vaches

comme Dieujuste et Lysius et laisser

couler le lait dans sa « gargane »,

jusqu’à se saouler comme Thermitus,

le fils de Clercina qui le prenait dans

ses bras quand il passait devant la

maisonnette de Clotilde, même s’il

titubait sur ses jambes déséquilibrées

et affaiblies par l’alcool, régaler une

bonne assiette de « mil à chandelle »

mélangé à des haricots blancs et enrobé

de la sauce blanche des petits

poissons des chenaux, comme Clothilde

en a le secret, plutôt que d’avaler

sans respirer des bouchées fades

de farine de maïs jaune qu’il prépare

pour Diego le chien et lui-même. En

regardant Fontilus et Éloïse enfourcher

respectivement le cheval et la

bourrique et s’éloigner de la maison

de son calvaire quotidien, Éris retenait

mal ses larmes et son chagrin. Il

avait l’impression que son petit cœur

triste, désespéré, découragé…, de

façon prémonitoire, était en train de

lui révéler un message angoissant,

dramatique, funeste... que sa petite

cervelle n’arrivait pas à décoder.

Robert Lodimus

(À suivre)

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020


A Travers le Monde

Quelques réflexions sur le « Deal » de

Trump contre le peuple palestinien

Le « Deal » du siècle, dévoilé par

Trump mardi 28 janvier à Washington,

en présence de Netanyahu,

doit être caractérisé pour ce qu’il est

: un plan d’expulsion totale du peuple

palestinien de sa terre. C’est le sens

de l’autorisation donnée par Washington

à l’Etat sioniste d’annexer la

vallée du Jourdain et l’ensemble des

territoires des colonies israéliennes

qui, depuis des années, grignotent

sans cesse les « territoires autonomes

palestiniens » des accords d’Oslo de

1993 (Cisjordanie et Bande de Gaza).

Tous les aspects de ce plan vont dans

le même sens : le peuple palestinien

doit disparaître. De ce point de vue,

l’impérialisme US, pour ses propres

raisons, autorise le sionisme à aller

jusqu’au bout de sa logique colonisatrice

d’expulsion des Palestiniens.

Ce plan est promu par une

fraction importante de la bourgeoisie

américaine autour de l’administration

Trump. Il a bien entendu été salué

en Israël, tant par le Premier ministre

Netanyahu que par son principal

rival aux élections du 2 mars, Benny

Gantz. Mais il n’aurait pu voir le

jour sans le soutien des régimes arabes

réactionnaires de la région, en

particulier l’Arabie saoudite et les

monarchies du Golfe, qui ont promis

50 milliards de dollars de prétendus «

investissements » dans le cadre du «

volet économique » du « Deal ».

Cependant, il est indispensable

de répondre à une question : ce

plan est-il, comme de nombreuses

voix le prétendent, la « négation de

la solution à deux Etats » ? Ou bien

est-il l’aboutissement de la politique

de partition de la Palestine depuis la

résolution des Nations-Unies du 29

novembre 1947, promue par l’impérialisme

américain avec le soutien de la

bureaucratie stalinienne de l’URSS ?

Aux Etats-Unis, une fraction

de la classe dirigeante, notamment

par la voix des dirigeants du Parti

démocrate, a fait connaître ses réserves

sur le plan de Trump. Nancy

Pelosi, porte-parole des Démocrates à

la Chambre des représentants, estime

ainsi que le plan de Trump « pose

un certain nombre de questions, en

particulier concernant l’annexion

unilatérale, le gel de la colonisation,

et le manque de négociations avec

les Palestiniens ». « J’ai passé ma

vie à travailler pour assurer la sécurité

et la survie d’Israël comme Etat

juif et démocratique. Ce n’est pas

dans ce sens que va le plan », a dit

de son côté le candidat aux primaires

démocrates Joe Biden, car « un plan

de paix suppose que les deux parties

se réunissent ». Elizabeth Warren, autre

candidate à la candidature du Parti

démocrate, estime que « rendre public

un plan sans négocier avec les Palestiniens,

ce n’est pas de la diplomatie,

c’est une imposture. Je m’opposerai à

toute forme d’annexion unilatérale ».

Bloomberg, le milliardaire bien connu,

lui aussi dans la course à la primaire

démocrate : « Tout plan (de paix –

Ndlr) viable nécessite l’accord des

deux parties. » Enfin, Bernie Sanders,

le candidat de la « gauche » du

Parti démocrate, a déclaré : « Tout

accord de paix acceptable doit être

conforme au droit international et

aux multiples résolutions du Conseil

de sécurité des Nations Unies. Il doit

mettre fin à l’occupation israélienne

qui a commencé en 1967 et permettre

l’autodétermination palestinienne

dans un État indépendant, démocratique

et économiquement viable aux

côtés d’un État d’Israël démocratique

et en sécurité. » D’ailleurs, 12 sénateurs

démocrates, dont Bernie Sanders,

ont adressé une lettre ouverte à

Trump exprimant leur « profonde inquiétude

» qui se conclut ainsi : « La

mise en œuvre unilatérale de ce plan

Netanyahu et son allié à Washington, le président Donald Trump

favorable à l’une des deux parties

risque d’éliminer toute perspective de

parvenir à une solution pacifique et

viable à deux États. »

Posons une première question

: le plan de Trump est-il une rupture

avec la politique « des deux Etats »,

et donc avec les Accords d’Oslo qui,

en 1993 avaient instauré l’Autorité

palestinienne ?

Partisan de la prétendue « solution

des deux Etats », le journal Le

Monde en France, affirme : le plan de

Trump « dessine la perspective très

lointaine d’un Etat palestinien croupion

» sur quelques lambeaux de territoire.

A la condition, ajoute Trump,

que la direction palestinienne reconnaisse

l’Etat d’Israël et qu’elle « rejette

le terrorisme sous toutes ses formes ».

Cet ersatz d’Etat, dit le plan Trump,

sera « démilitarisé » : l’Etat sioniste

sera responsable de la sécurité et du

contrôle de son espace aérien et de

ses « frontières ». « Sans contrôle des

frontières et des axes de communication,

l’Etat qu’on promet [aux Palestiniens]

n’aura d’Etat que le nom »,

s’indigne le journal Le Monde. Quant

au droit au retour des réfugiés palestiniens,

chassés de leurs terres en

1948, revendication démocratique

élémentaire, il est purement et simplement

nié : « Les réfugiés palestiniens

auront le choix entre vivre dans le

futur Etat palestinien, s’intégrer dans

les pays où ils résident actuellement,

ou s’installer dans un pays tiers », affirme

la Maison Blanche.

Mais la vérité oblige à dire que

toutes les caractéristiques de cet « Etat

croupion » promis par Trump était

déjà inclus dans les accords d’Oslo en

1993.

En 1993, la IV° Internationale

reproclamée cette année-là, était le

seul courant politique à mettre en garde

contre les accords signés à Washington

sous l’égide de Clinton, dans

une déclaration publiée en septembre

1993. Cette déclaration rappelait la

renonciation, en 1988, de la direction

palestinienne à la Charte nationale

palestinienne, que Yasser Arafat avait

déclarée « caduque », abandonnant la

perspective d’une Palestine laïque et

démocratique sur tout son territoire

historique, et reconnaissant, de facto,

l’Etat d’Israël. La déclaration citait

le préambule des accords d’Oslo

: « la solution de deux Etats, israélien

et palestinien, vivant côte à côte, est

possible à condition que la violence et

le terrorisme cessent ».

La déclaration citait également

l’annexe 2 des accords d’Oslo qui

précisait que dans les « territoires autonomes

palestiniens », les fonctions

suivantes ne relevaient pas de l’Autorité

palestinienne : « la sécurité extérieure,

les colonies de peuplement,

les Israéliens, les affaires étrangères

». L’Autorité palestinienne « démilitarisée

», instaurée par Oslo, n’avait

donc ni armée, ni contrôle des frontières,

ni de son espace aérien, ni le

contrôle de son propre territoire là

où celuici était occupé par des colonies

israéliennes. Précisons que les

Accords d’Oslo furent complétés par

l’Accord intérimaire sur la Cisjordanie

et la Bande de Gaza (dit Oslo II ou «

Accord de Taba », septembre 1995)

divisant la Cisjordanie en trois zones

: la zone A (18% du territoire) est entièrement

sous contrôle palestinien,

la zone B (22%) est sous contrôle «

mixte », et la zone C (60%) est entièrement

sous contrôle israélien.

La déclaration de la IV° Internationale

de septembre 1993 posait la

question : « Premier pas vers un Etat

palestinien ? En quoi « l’autogouvernement

» (devenu ensuite Autorité

palestinienne – NDR) en est-il un premier

pas quand les enclaves de Gaza

et de Jéricho restent sous le contrôle de

l’armée israélienne, qui sera chargée

d’appliquer les décisions de l’impérialisme

américain ; quand l’eau, l’électricité,

la défense, la terre, l’économie

sont sous le contrôle de l’étranger ?

» C’est un fait que le plan de Trump

va bien plus loin que ce qui avait été

imposé en 1993. Mais en quoi ce

que propose aujourd’hui Trump est-il

qualitativement différent ?

Aussi, lorsqu’aujourd’hui les

représentants de l’Autorité palestinienne,

protestant contre le plan

de Trump, à l’instar de Saëb Erakat,

l’un des principaux négociateurs

palestiniens menacent de « quitter

les accords d’Oslo », ils auront du

mal à faire oublier au peuple palestinien

qu’ils ont accepté, en 1993, la

même logique que ce qu’aujourd’hui

l’impérialisme américain et son valet

sioniste ne font que pousser jusqu’au

bout.

Ce qui nous amène à une deuxième

réflexion. La principale tromperie

de la prétendue « solution à

deux Etats », c’est que, depuis 1947,

il n’y a jamais eu de place, du point

de vue de l’impérialisme, que pour un

seul Etat.

Comme nous l’écrivions en

août 2017 dans la revue du CORQI,

L’Internationale (N°7) : « des « deux

États » qui étaient prévus par le

plan de partage de l’ONU, un seul,

l’État d’Israël, vit le jour, comme

Quatrième Internationale (1947)

l’avait prévu : « La création d’un

État arabe indépendant en Palestine

est hautement improbable. »

D’abord parce que « le roi Abdallah

de Transjordanie, l’agent n°1 de la

City de Londres dans le monde arabe,

pourrait tout à fait réussir à intégrer

l’est de la Palestine à son royaume

» (Quatrième Internationale). C’est

ce qui se produira effectivement. La

IVe Internationale, dès 1947, mettait

à juste titre en garde contre les faux

La Ligue arabe rejette le plan de

Trump. Abbas rompt « toutes les

relations » avec Israël et les USA

Par Al Manar

alliés du peuple palestinien : « Les

effendis et les agents impérialistes,

(…) les manœuvres des bourgeoisies

égyptienne et syrienne », en deux

mots les régimes arabes réactionnaires.

Paroles prémonitoires. Car

les illusions mortelles sur « l’aide »

que les régimes arabes de la région

(sans exception) pouvaient apporter

à la révolution palestinienne furent

à l’origine de bien des défaites sanglantes

et des trahisons, de « Septembre

noir » en Jordanie aux accords de

Camp David entre l’Égypte de Sadate

et Israël, en passant par la sécurisation

de la frontière israélienne sur le

plateau du Golan par le régime syrien

d’Assad. Quant à la direction

palestinienne, toutes fractions confondues,

elle finira par renoncer, en

1988, puis par les accords d’Oslo en

1993, à la Charte nationale palestinienne,

qui se fixait la libération de

toute la Palestine pour y établir un

État dont les citoyens, quelle que soit

leur religion, seraient égaux en droit.

Le renoncement à la Charte nationale

réunit toutes les fractions de la direction

palestinienne, y compris, hors de

l’OLP, le Hamas, qui, le 1er mai 2017,

s’est officiellement prononcé pour «

un État dans les frontières de 1967

» (c’est-à-dire Cisjordanie et Gaza).

Or, il n’y a pas de « troisième voie

» possible entre un État démocratique

et la guerre d’extermination. «

La seule alternative à une solution à

deux États serait un État laïque et

démocratique où juifs, musulmans et

La Ligue arabe a annoncé le samedi

1er février rejeter le plan de règlement

du conflit israélo-palestinien

annoncé plus tôt cette semaine par le

président américain Donald Trump, affirmant

qu’il était « injuste » envers les

Palestiniens.

En même temps, le président palestinien

Mahmoud Abbas a annoncé

la rupture de « toutes les relations »,

y compris sécuritaires, entre l’Autorité

palestinienne d’une part, et Israël et les

Etats-Unis d’autre part.

La ligue arabe a été convoquée

pour une réunion extraordinaire

au Caire des ministres des Affaires

étrangères à l’invitation de l’Autorité

palestinienne. Dans un communiqué

publié à l’issue de la réunion, elle a

annoncé qu’elle « rejetait l’accord (…)

américano-israélien étant donné qu’il

ne respecte pas les droits fondamentaux

et les aspirations du peuple palestinien

». La Ligue arabe a ajouté que

les dirigeants arabes avaient promis «

de ne pas (…) coopérer avec l’administration

américaine pour mettre ce plan

en œuvre ». Les responsables arabes

ont également insisté sur la nécessité

d’une solution à deux Etats, incluant la

formation d’un Etat palestinien sur les

frontières de 1967 avec pour capitale

Jérusalem-Est, secteur palestinien de la

ville occupée et annexée par Israël.

En même temps, le chef de l’Autorité

palestinienne rompait ses liens

avec Israël et les USA « Nous vous

informons qu’il n’y aura aucune sorte

de relation avec vous (les Israéliens,

NDLR) ainsi qu’avec les Etats-Unis, y

compris en matière sécuritaire, à la lumière

» du plan américain, qui est une

« violation des accords d’Oslo » signés

avec Israël en 1993, a-t-il dit.

M. Abbas, qui a affirmé avoir

transmis le message au Premier ministre

israélien Benjamin Netanyahu, l’appelant

à « prendre ses responsabilités

en tant que puissance occupante » des

Territoires palestiniens. Les Palestiniens

« ont le droit de continuer leur lutte légitime

par des moyens pacifiques pour

mettre fin à l’occupation », a-t-il ajouté.

Le plan américain, dévoilé le

mardi 28 janvier par M. Trump prévoit

notamment l’annexion de grandes parties

de la Cisjordanie occupée par Israël.

Parmi les nombreux points sensibles du

projet figure l’annexion par Israël des

colonies qu’il a implantées en Cisjordanie

occupée depuis 1967, en particulier

dans la vallée du Jourdain, qui doit

devenir la frontière orientale d’Israël.

Les colonies installées sur les territoires

palestiniens occupés par Israël

depuis 1967 sont jugées illégales par

l’ONU, et une grande partie de la communauté

internationale voit en elles un

obstacle majeur à la paix.

Selon le plan de Trump, l’Etat

palestinien pourrait conditionnellement

voir le jour au bout de 4 années

de négociations avec les Israéliens, si

les Palestiniens remplissent les conditions

qui y sont prescrites. Il serait

sans aucune souveraineté, démilitarisé

et assiégé des quatre côtés. Si la colonisation

israélienne de la Cisjordanie

occupée s’est poursuivie sous tous les

gouvernements israéliens depuis 1967,

elle s’est accélérée ces dernières années

sous l’impulsion de M. Netanyahu et

de son allié à Washington, le président

Donald Trump.

Source : Avec AFP

Comité Valmy 1er février 2020

chrétiens seraient égaux », déclarait

en février 2017 Saëb Erakat, de la

direction palestinienne… pour immédiatement

écarter cette « seule

alternative », qui supposerait la rupture

avec l’impérialisme, dont il ne

veut pas. »

Force est donc de constater que

tous ceux qui aujourd’hui, prétendent

opposer au plan de Trump les résolutions

de l’ONU (à commencer par celle

de novembre 1947) ou le « respect

des Accords d’Oslo »… partagent avec

Trump, qu’ils le veuillent ou non, un

point d’accord majeur. A savoir que

ce n’est pas au peuple palestinien

de décider librement de son sort. Car

toutes les « solutions » à la question

palestinienne depuis 1947 sont

fondées sur le fait que ce sont d’autres

que le peuple palestinien qui décident

de son sort, sur la négation du droit

démocratique à l’autodétermination

du peuple palestinien. Les organisations

du Comité d’organisation pour la

reconstitution de la IV° Internationale,

si elles se prononcent pour l’unité la

plus large du mouvement ouvrier et

démocratique pour rejeter le « Deal »

de Trump, ne manqueront pas de rappeler

que, pour ce qui les concerne,

c’est au peuple palestinien et à lui seul

de décider de son sort.

Comité d’organisation pour

la reconstitution de la IVe

Internationale N° 11 (Nouvelle

série) – 1er février 2020 – corqi.

ocrfi@gmail.com

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Suite de la page (3)

Jeunes de tout âge, vieux, hommes et

femmes de toutes les classes sociales

confondues exprimaient leurs joies et

satisfactions. Sans tenir compte de leurs

différences sociales, ils s’entrelaçaient les

uns les autres. On pouvait lire sur presque

tous les murs : Vive Haïti libérée,

Deuxième indépendance.

Avec ce départ, il y eut donc une

absence de leadership et le besoin de le

combler fut pressant. Dès l’aube, ce vide

politique fut, à partir d’un accord entre

l’oligarchie locale, l’armée et la communauté

internationale, particulièrement

les États-Unis, remplacé par un gouvernement

civilo-militaire appelé Conseil

National de Gouvernement (CNG).

Il était composé de quatre militaires et

deux civils, respectivement le Lieutenant

Général Henri Namphy, président, et les

Colonels, Williams Régala, Max Valles,

Prospère Avril, Alix Cinéas et Gérard

Gourgue étaient des conseillers. Le Conseil

National de Gouvernement avec un

mandat de deux ans, avait pour mission

de stabiliser le pays, de le doter d’une

nouvelle constitution et d’organiser des

élections libres, honnêtes et démocratiques

pour enfin passer le pouvoir à un

gouvernement civil le 7 février 1988.

Discours et actions du CNG

Aux premières heures de leur investiture,

le discours de ce Conseil National

de Gouvernement (CNG) se voulait être

un discours d’apaisement. Bégayant, le

général lit ce qui suit : ‘’L’Armée ne nourrit

aucune ambition politique et demeure

au service des intérêts supérieures de la

Patrie’’.

Cependant, le discours du général

n’avait pas pour autant apaisé tout le

monde, particulièrement une partie de la

population qui était en colère contre les

macoutes..

Ce qui explique, pendant

qu’une foule aux Champs de Mars et

ailleurs célébraient le départ du dictateur,

d’autres étaient, par exemple, au

cimetière de Port-au-Prince pour attaquer

les tombeaux de François Duvalier

dit Papa Doc et de l’ancien général

de l’armée, Jacques Gracia. Plusieurs

auteurs et journalistes qui commentaient

sur les évènements qui ont eu

lieu ce vendredi 7 février 1986 étaient

unanimes á reconnaître que la journée

était d’une part, pleine de réjouissance

et d’autre part, de violences accrues, de

chasse et de pillages de certaines personnes

soupçonnées d’être des macoutes

ou de connivence avec le régime déchu.

Jusqu’avant les événements politiques

de fin 1985 et du début 1986, internationalement,

on a toujours vu Haïti

comme un pays politiquement stable ou

le citoyen haïtien est toujours présenté,

en dépit de son état d’extrême pauvreté

et de misère, comme un peuple docile et

hospitalier. Mais la journée du 7 février

1986 a permis de se faire une autre idée

sur ce peuple. D’une part, manipulés

par des leaders au discours violents, et

d’autre part, animés de l’idée de vengeance

contre les macoutes qui pendant

vingt-neuf ans faisaient non seulement

de sales besognes pour les dictateurs,

mais aussi des abus personnels sur la

population, des jeunes aussi bien des

adultes avec leurs actions empruntées

de violence présentaient des images

horribles au monde extérieur. Avec des

pneus usagés des voitures, communément

appelés « père Lebrun », les macoutes

une fois tués á coups de pierres ou

de machettes, étaient arrosés avec de la

gazoline pour être brulés vifs.

Dans des stations de radio, les Églises

catholiques et protestantes á travers

des prêtres et pasteurs modérés aussi

bien que des leaders de droits humains

ont appelés le peuple au calme et á la

pondération. De même, le chef du gouvernement

de transition avait demandé

au peuple de garder le calme. Comme

cette violence continuait pendant toute la

journée du 7 février, donc dans l’aprèsmidi,

un couvre-feu fut établi sur tout

le territoire ou l’Armée et les agents de

police essayaient de patrouiller la ville de

Port-au-Prince.

Comme, dans le cadre de protection

des vies et des biens, les forces

de l’ordre ne pouvaient pas, en même

temps, intervenir dans tous les coins du

pays, ainsi on a eu, nationalement, des

dérapages. Le bilan était lourd en termes

de pertes de vies humaines, biens

et immeubles des membres du régime

déchu. Certaines maisons aussi bien que

des magasins soupçonnés d’appartenir

á des macoutes et barons du régime

furent saccagés et pillés. Il faut toutefois

mentionner que certains macoutes qui,

probablement étaient zélés ailleurs, mais

bons enfants dans leurs quartiers étaient

épargnés par des voisins ou des jeunes

dans leurs zones de résidences ou de

fréquentations. Entre-temps, le peuple,

dans le cadre de ses expressions de réjouissances,

n’écrivait pas seulement sur

les murs des slogans de : Haïti libérée

ou deuxième indépendance, on pouvait

aussi lire des slogans comme : Abas

les macoutes, Abas Jean-Claude et sa

femme, Michèle.

Haïti après le 7 février 1986

Le départ le 7 février 1986 du régime

des duvalier a laissé un bilan négatif.

Le bilan était lourd pour vingt-neuf années

de régime. C’était un pays complètement

en retard par rapport aux

autres pays du continent, spécialement

la République Dominicaine avec qui

Haïti partage la frontière. Mis á part des

deux routes nationales 1 et 2, l’accès

aux localités reculés du pays restait á

désirer. L’Haïti de l’après Jean-Claude

était encore au stade archaïque. Il n’y

avait pas assez d’hôpitaux, d’écoles

primaires et secondaires pour les enfants,

centres professionnels et universités

pour les jeunes. Les paysans

dans les grandes villes comme dans les

provinces reculées étaient abandonnés

á eux-mêmes. L’état des routes et des

maisonnettes dans certaines localités

aussi bien que le style de vie des habitants

étaient encore comme á l’époque

de la guerre de l’indépendance.

Face à ce constat, le gouvernement

de transition avait du pain sur

la planche. Mais, était-il en mesure de

combler le fossé de presque deux cents

ans d’inégalité entre ceux-là qui possèdent

toutes les richesses du pays et ceux

qui n’ont absolument rien. Le général,

avait-il la possibilité, la vision, l’expérience

et la bonne volonté pour répondre

aux attentes du peuple haïtien qui avait

tant souffert surtout des vingt-neuf

dernières années de dictature des Duvalier

? Était-il en mesure de se conduire en

vrai chef capable de prendre les bonnes

décisions pour le pays ou une marionnette

facile d’être influencé et intimidé

par l’oligarchie haïtienne et leurs alliés de

la communauté internationale ?

Bref, immédiatement après le

départ de Duvalier, le Conseil National de

Gouvernement avait pris deux grandes

mesures comme : le retour du drapeau

bleu et rouge le 17 février 1986 et, la

dissolution du corps de Volontaire de la

Sécurité Nationale (VSN) crée par le docteur

François Duvalier.

Si ce maquillage politique permettait

à certains d’espérer un changement

de situations pour les gens dans les quartiers

populaires et le pays en général, par

contre, les plus prudents n’avaient pas

fait confiance à ces militaires au pouvoir.

Quand on sait ils sont tous des cadets qui

ont non seulement suivis des formations

aux États-Unis, mais qui ont aussi fait

carrière durant la dynastie des duvalier,

donc espérer quelques choses de positif

pour le pays par des militaires qui ont des

affinités avec le statuquo local et international,

serait de la naïveté. Quant aux

optimistes qui rêvaient d’un lendemain

meilleur pour les classes défavorisées en

particulier, et le pays en général, par les

gestes de dissolution du Corps des VSN

et le retour des couleurs du drapeau au

bleu et rouge, suivis de belles promesses

et discours du général, ils pensaient que

le régime militaire de transition allait converger

toutes les force vives, internes et

externes de la nation vers un consensus

de changement.

Mais, après le slogan de ‘’banboch

demokratik’’ du président du

Conseil National de Gouvernement, les

mois précédant le discours du matin du

7 février 1986, avec la tuerie des manifestants

le 26 avril 1986 par devant la

prison de Fort Dimanche, de juillet 1987

contre des manifestants qui protestent

contre des décrets de lois électorales

jusqu’aux élections avortées du dimanche

29 novembre 1987, le pays était très

mouvementé.

Effectivement, Haïti avait connu

des bouleversements de rues, protestations,

persécutions, arrestations et assassinats

des leaders communautaires, des

associations des travailleurs, des organisations

d’étudiants aussi bien que des

leaders politiques en plein jour. Parmi

ces assassinats qui ont porté la marque

fabrique des militaires, celui de l’avocat

et ancien militaire Yves Volel en octobre

1987 au grand jour devant le Grand

Quartier Général de la Police de Port-au-

Prince, est un cas classique d’un régime

sanguinaire macoute.

Mais le régime militaire avait d’autres

plans beaucoup plus macabres dans

leur arsenal. Puisque, avec la complicité

des nostalgiques duvaliéristes et des militaires

en civil á bord des voitures pickup,

cagoulés, munis de leurs armes automatiques,

machettes, ils blessaient et

tuaient les votants dans les bureaux de

votes pour une fois de plus, endeuiller,

ensanglanter la famille haïtienne. Ainsi,

se matérialisait ce que, dans les premiers

jours du gouvernement de transition,

redoutaient certains analystes et critiques

: le refus pour le duvaliérisme sanguinaire

d’accepter la marche évolutive

de l’histoire.

Le massacre des électeurs à la

Ruelle Vaillant le 29 novembre 1987

L’armée, dans sa politique traditionnelle

comme elle l’avait fait en 1957 pour le

docteur François Duvalier, voulait, en

novembre 1987, effectivement organiser

des élections orientées, dirigées

pour un groupe de candidats. Mais

l’hypocrisie et la mesquinerie du jeu de

double langage de certains leaders de la

classe politique á pouvoir participer aux

élections avait dans une certaine mesure

désamorcée l’atmosphère électoral

et du même coup facilité l’armée dans

leur jeu macabre. Au lendemain même

du 7 février, certains leaders de la classe

politique haïtienne ont toujours été indécis

en termes de leur participation

effective dans un processus de pouvoir

démocratique. Avec des discours

révolutionnaires et de changement de

condition des masses, bon nombre de

leaders politiques n’étaient toujours pas

d’accord comment accéder au pouvoir.

Dans leurs prises de positions toujours

codés et empruntés du double langage

et de marronnage, il y avait certains qui

préconisaient la prise du pouvoir par la

force et d’autres qui voulaient le prendre

par la légalité, mais avec la faveur

bien entendu de l’armée et de la communauté

internationale.

Ce qui fait, en dépit des signaux

indicateurs depuis des mois que l’armée

n’était pas déterminée á prendre le chemin

de la démocratie et du progrès que

réclamait le peuple après le départ de

Duvalier, quoique divisé sur comment et

par quel moyen ils peuvent le faire, certains

leaders du secteur dit démocratique

avaient opté d’accompagner les masses

populaires dans la lutte pour le changement

d’un état de droit dans le pays.

Avec une nouvelle constitution et une

d’institution pour organiser des élections,

surtout après plusieurs tentatives pour

forcer le régime militaire á partir, donc

vers la fin de l’année 1987, il y avait

une fièvre électorale. Mais les secteurs

nostalgiques du duvaliérisme, avaient

vite, une fois qu’ils s’étaient vus écartés

du processus électoral, recouraient á la

violence pour pouvoir empêcher le bon

déroulement et fonctionnement du scrutin

démocratique.

Le souvenir du massacre de la Ruelle

Vaillant lors des élections générales a

pratiquement inauguré l’ère des massacres

du peuple haïtien pour étouffer ses

aspirations populaires à un vrai chambardement

du statu quo tout au long de

cette période interminable de “transition

démocratique”.

Après ce jour macabre, les militaires,

avec un conseil électoral domestiqué,

avaient pu organiser les élections

du 17 janvier 1988. Au cours desquelles

étaient sorti un président, des députés et

sénateurs pour diriger l’Haïti post duvalier.

Après les élections avortées du 29

novembre 1987 et la mascarade électorale

de janvier 1988, le gouvernement de

transition, spécialement le général avait,

comme les militaires qui avaient organisés

les élections de 1957, fait le choix de

rentrer dans l’histoire comme tant d’autres

gouvernements militaires ou civils

qui avait raté la chance de conduire le

pays vers la démocratie. Le général qui

était chouchouté par toute la population

au moment de prendre la parole tôt dans

la matinée du 7 février 1986 comme

président du Conseil National de Gouvernement,

pouvait, deux ans après, faire

toute une différence en Haïti.

Trente-quatre ans après le 7

février 1986

Du massacre de la Ruelle Vaillant le 29

novembre 1987, du rêve assassiné des

élections du 16 décembre 1990 avec

le coup de forces des militaires le 30

septembre 1991, suivi des élections

frauduleuses post tremblement de terre

du 12 janvier 2010, trente-quatre ans

après le départ de Jean-Claude Duvalier,

Haïti continue de faire face aux crises

institutionnelles et structurelles de

toutes sortes. Tous les efforts du peuple

haïtien de 1986 á 2020 consentis dans

le cadre du processus démocratique

sont sapés par des hommes politiques

et alliés locaux et internationaux.

Les dirigeants de l’après 1986 ont

tous, piteusement échoué. Ils le sont du

fait qu’ils sont non seulement des marionnettes

dans les mains de l’oligarchie

locale et internationale, mais aussi, du

fait qu’ils sont incapable de comprendre

que le soulèvement qui a conduit

au départ de Jean-Claude Duvalier le 7

février 1986 était beaucoup plus profond

qu’un simple changement de gouvernement.

Dans leurs revendications, les

masses défavorisés étaient et continuent

encore d’être dans les rues pour réclamer

un leader moderne, avec de grandes

visions d’un nouveau contrat social. En

un mot, le peuple voulait d’un leader

capable, á travers l’idéal dessalinien, de

comprendre leurs aspirations politiques,

économiques et sociales.

Comme plus que cela change

avec la litanie des élections frauduleuses

des législatives et présidentielles des

dernières années plus les choses sont

restées les mêmes pour la classe défavorisées,

donc le future d’Haïti est incertain.

Puisque, avec des dirigeants, immoraux,

arrogants, inexpérimentés et

incompétents, de plus, qui se sont supportés

dans toutes ses malversations par

l’oligarchie locale et l’international, le

pays se meurt.

C’est dans ce contexte que, dans

son texte titré une révolution pout Haïti,

publié dans les colonnes Journal de Montréal,

Loïc Tasse opine que: Rarement un

pays a été gouverneé par une brochette

de bandits et d’incompétents...Tant que

les élites actuelles resteront au pouvoir,

rien ne changera. Elles continueront à

s’empiffrer, entre autres grace à l’argent

qui arrive généreusement de l’étranger,....

Quand Haïti n’est pas présenté

comme un état en faillite, certaine fois,

l’international a tendance á la présenter

comme étant le pays le plus pauvre de

l’hemisphère. Quoique certains vous

diront à priori que cette même communauté

internationale qui ne rate jamais

une occasion pour critiquer Haïti

a aussi sa part de responsabilté dans le

sabotage du processus de transition et

de démocratie, ou de plus, le pays n’est

pas pauvre, mais de préférence, il est

apprauvri par des sois-disant faux amis

de l’extérieur. État en faillite, pauvre ou

apprauvrir, il suffit á quelqu’un d’effectuer

une courte visite en Haïti pour se

rendre compte de la situation de misère

dans laquelle vit le peuple haïtien. Structurel

et conjoncturellement, Haïti en ellemême

est très problématique. Quoi qu’il

en soit ou les raisons évoquées pour expliquer

cette pauvreté, il est une évidence

que Haïti est aujourd’ui très pauvre.

Comme plus que cela change

avec la léthanie des élections frauduleuses

des législatives et présidentielles

des dernières années, plus les choses

sont restées les mêmes pour la classe

défavorisées, donc le future d’Haïti est

incertain.

Haïti est un État failli ?

Sous le titre: Les États-Unis ont-ils

un rôle dans le naufrage d’Haïti, l’auteur

écrit qu’ «’Il n’existe pratiquement

aucune institution viable en Haïti et

l’Etat n’est qu’une fiction. Le système

éducatif totalement démantelé, n’arrive

à fournir les compétences nécessaires

pour surmonter ce drame alors que plus

de 80% des diplômés haïtiens vivent à

l’étranger »

Quant à la jeunesse -statistiquement

majoritaire, elle est aux abois.

« Sans repères, elle est gagnée par la

dépravation, la corruption et la prostitution.

Pour elle, aucune lueur n’est

encore visible au bout du tunnel. Et ça

va durer encore longtemps. Gobée par

l’acculturation et arrimée aux dérives

d’un ordre économique mondial délétère

(consumérisme, acculturation, distraction

par les medias, etc.), elle se révèle

incapable de cerner le fond du problème

afin de saisir les véritables enjeux. »

A chaque fois qu’il veut faire

mention des décennies négatives des

expériences démocratiques post duvalier

en Haïti, Pierre Raymond Dumas, journaliste

et ancien ministre de la culture,

parle toujours de transition démocratique

continue ou une transition qui n’en finit

pas. Est-ce la transition continue qui fait

d’Haïti un Ėtat failli ou son état de défaillance

qui permet á cette transition de

n’en plus finir ?

De toute évidence, la transition

haïtienne a trop duré. La population est

fatiguée. Le pays est complètement en

retard par rapport aux grands défis du

développement. Mais comme Delcamp

aurait pu dire : ’Il n’existerait donc pas

de recette magique, mais d’avantage

une nécessité de gérer de manière

satisfaisante et habile un ensemble

de problèmes théoriques et pratiques

inhérents à la réalité qui est

propre à chaque histoire et donc à chaque

pays’’. Tout en tenant compte de la

réalité culturelle du pays et des exigences

de l’heure, la réussite d’une transition

démocratique en Haïti, devait être le résultat

d’une combinaison de respect et

de mise en oeuvre de grands principes et

normes démocratiques.

Le Chili et les Philippines, eux

aussi, ont fait de longues expériences

dictatoriales. Mais sans grandes difficultés,

contrairement à Haïti, ils ont réussi

leurs transitions démocratiques, alors

qu’ils avaient commencé leur processus

presqu’à la même époque qu’Haïti.

Comment se fait-il que, jusqu’à présent,

Haïti continue sa longue et difficile traversée

vers un État moderne ? Non

seulement les mauvaises expériences de

la transition démocratique durent depuis

trente-quatre ans, mais encore ‘’la plus

grande confusion perdure et les problèmes

d’Haïti deviennent plus complexes

et plus difficiles que lors du départ de

Jean Claude Duvalier’’.

Il y a longtemps, avec des armes

et minutions achetées avec l’argent des

contribuables que la mort s’éternise dans

les quartiers populaires. L’union fait la

force continue d’être la devise d’un pays

déchiré en plusieurs petits morceaux entre

ceux-là qui ont tout pris et ceux qui

n’en trouvent rien. Entre-temps, les attachés

sont plus attachés au pouvoir et

à l’argent facile pour perpétuer dans la

plus grande tranquillité les crimes d’État.

Avec des armes distribuées à des jeunes

dans les quartiers populaires, les anciens

membres du FRAPH continuent de frapper

plus fort dans les quartiers populaires.

Ils continuent à tuer les pauvres dans les

quartiers populaires pour leur faire payer

leur insolence d’avoir cru ou de continuer

de croire à un changement démocratique

dans ce pays. Quant aux faux amis de

l’international, par leur ingérence dans

les affaires internes du pays, ils continuent

soit par le biais du chef de la

diplomatie américaine ou la Nonciature

Apostolique à faire des exigences pour

une date sur les élections ou la mise sur

pied d’un gouvernement, alors que, cela

devrait être de la souveraineté nationale

d’État, donc la démocratie n’a pas atterri.

Ainsi, du 7 février 1986 au 7 février

2020, trente-quatre ans après, Haïti est

encore à la case de départ. La démocratie

continue encore á chercher sa voie en

Haïti. Plus cela change, plus c’est la

même chose.

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020


Suite de la page (13)

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révolution pacifique. Dans une sorte de

Manifeste, il définit sa pensée et son engagement

politique:

« Je suis révolutionnaire en tant

que Colombien, en tant que sociologue,

en tant que chrétien et en tant que

prêtre.

En tant que Colombien :

parce que je ne peux pas rester

étranger à la lutte de mon peuple.

En tant que sociologue : parce que les

connaissances scientifiques que j’ai de

la réalité m’ont conduit à la conviction

qu’il n’est pas possible de parvenir à des

solutions techniques et efficaces sans

révolution.

En tant que chrétien parce que

l’amour envers le prochain est l’essence

du christianisme et que ce n’est que par

la révolution que l’on peut obtenir le bien-être

de la majorité des gens.

En tant que prêtre : parce que la

révolution exige un sacrifice complet de

soi en faveur du prochain et que c’est

là une exigence de charité fraternelle

indispensable pour pouvoir réaliser le

sacrifice de la messe, qui n’est pas une

offrande individuelle mais l’offrande

de tout un peuple, par l’intermédiaire

du Christ. »

Le moment décisif arrive enfin

pour Camilo Torres de demander à

l’archevêque de Bogota de le relever de

ses fonctions de prêtre tant les conflits

s’aggravent. Il n’aura aucune fonction

sacerdotale. C’est fait au mois de juin

1965. Manifestement, les pouvoirs

laïcs et religieux lui en veulent, s’opposant

de plus en plus durement aux

manifestations qu’il organise. Toute issue

légale lui est fermée. Camilo Torres

choisit alors la violence révolutionnaire

en rejoignant l’Armée de Libération Nationale

(Ejército de Liberación Nacional

[ELN]). Il annonce cette décision au

début de l’année 1966: «Les voies légales

sont épuisées. Pour que le peuple

puisse posséder éducation, toit, nourriture,

vêtement et, surtout, dignité, la

voie armée est l’unique voie qu’il lui

reste».

La première opération militaire à

laquelle participe Camilo Torres a lieu

le 15 février 1966 à San Vicente de

Chucurí, municipalité du nord-est de la

Colombie. Des guérilleros tendent une

embuscade à des soldats de l’armée. A

un moment, ceux-là pensent que ceuxci

ont tous été abattus. L’ordre est donné

de récupérer les armes. Quand Camilo

s’aventure pour y donner suite, un

soldat qui était seulement blessé tire sur

Camilo qui s’approchait de lui. Atteint

de deux balles, la seconde lui est fatale.

On ignore où il a été enterré et les recherches

faites pour retrouver son corps

n’ont jusqu’à présent pas abouti.

Selon Camilo Torres, la lutte

armée n’avait jamais été une fin en soi,

mais une solution de dernier recours à

un moment historique précis où tous les

autres moyens légaux d’établir la justice

sociale ont échoué. Rassembler divers

secteurs de la lutte populaire autour

d’un projet commun, sans abandonner

l’identité de chacun, telle était la base de

l’action politique de Camilo: un processus

difficile, mais pas une tâche impossible.

Aujourd’hui, il est plus nécessaire

que jamais.

Quand Camilo Torres est mort

en 1966, la théologie de la libération,

en tant que discipline, n’était pas née.

Cependant, sa base était déjà établie,

comme en témoigne l’engagement des

chrétiens dans les luttes sociales et

révolutionnaires. Camilo Torres a été

l’un des précurseurs, inspiré d’abord

par la doctrine sociale de l’Église dans

son orientation la plus radicale: la condamnation

des abus et des excès du

capitalisme comme source d’injustice.

La pensée politique de Camilo Torres,

comme celle du Che ne mourra jamais.

Références:

¿Quién es Camilo Torres Restrepo?

Batallón Camilo Torres Restrepo.

Septembre 2007.

Biogafía política de Camilo Torres.

Edgar Camilo Rueda Navarro. 2002

Unidad que multiplica. Entrevue

de Rafael Ortiz membre du Commandement

central de l’Union Camiliste de

l’ELN accordée à Marta Harnecker journaliste,

sociologue militante de gauche

chilienne. (Quito, Editorial La Quimera,

1988).

Camilo Torres Restrepo and the

Peace Process in Colombia. François

Houtart. Telesur. 13 février 2016.

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oryantasyon nan mantalite sosyete a,

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Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

19


Pleins Feux Sur : Roger « Tiyale » Jean-Baptiste (Port-au-Prince)

Par Ed Rainer Sainvill

« Un guitariste innovant »

Tiyale, de son côté, a

émergé adolescent dans

un aura de musique et de

sport, dans un Bas-Peude-Chose

encore vibrant et

rebelle. Juste au centre de

l’avenue Christophe, où il

est repéré pour ses dons de

footballeur. Alors que ses

frères ainés Smith et Franky

sont surtout célèbres pour

être parmi les pionniers

et initiateurs du premier

des mini-jazz : « Shleu-

Shleu », respectivement

comme batteur défricheur

et « gongiste » innovateur.

Tandis que Roger lui s’est

orienté vers les cordes,

subrepticement en émulant

Sergo Rosenthal ; tout en

s’auto-formant minutieusement.

Alors qu’on attend de

le voir enfiler les couleurs

du Victory, équipe fanion de

la zone. C’est plutôt au sein

d’un petit groupe de fortune

de la place Jérémie du nom

de « Mussollo band » qu’il

s’est introduit.

Une formation

éphémère qui a porté le

surnom de son ami d’enfance

d’à côté, Serge ‘’Mussollo’’

Crispin, lui ancien

avant du Victory. Cependant,

c’est avec les « Pachas

» du Canapé Vert que

Tiyale a fait ses débuts ;

commençant à faire montre

de ses capacités de guitariste

de flair et d’harmonie.

Ce qui le met tout de suite

dans le collimateur des recruteurs.

Pour qu’il soit installé

en approvisionneur

harmonique d’une troisième

version des « Shleu-

Shleu », après la désertion

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de la deuxième équipe à

New-York pour la formation

du « Skah-Shah ». Mais,

cette étape ne va pas non

plus s’éterniser, puisque

quelque temps après, cette

troisième version « Shleu-

Shleu » décide à son tour

de ne pas retourner au pays

de baby doc. C’est ainsi que

ses membres les plus influents

dont Gérard Daniel et

Tiyale vont remettre ça avec

la formation du « Djet X ».

Et dès la deuxième demie

des années 1970, Roger

va se faire prépondérant

avec cet orchestre qui a

franchi le rubicon comme

le groupe des romantiques

et des heures tranquilles

; bousculant même

les bolides : « Tabou »,

« Skah-Shah » et « Orig.

Shleu-Shleu » dans leur fief

new-yorkais. Transformant

cet ensemble en un ‘’power

house’’ de la communauté

d’outre- mer et du pays qui

s’entichent bien de cette sonorité

pittoresque. Au sein

duquel Jean Baptiste a mis

en évidence sa touche pétillante.

Imposant ses griffes

de guitariste innovant dans

un konpa succulent. Et des

tics élaborés qui l’ont as-

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signé comme l’un des initiateurs

de ‘’la douce qui

vient’’ ; la marque-déposée

du « Djet X », qui a fait autant

de vagues dans l’environnement

du music-hall

haïtien.

Constituant la trinité

du groupe en compagnie

du chanteur Maxon Badette

et du saxophoniste virtuose

Gérard Daniel. Tiyale

s’est bien acquitté de ses

fonctions d’arrangeur et

de compositeur. Enfilant les

succès monstres du groupe:

le nôtre, orgueil, fais-toi

plus belle, gagòt Djet X,

big break, rossignol, simalo,

love to love you

baby et autres. Et lorsque

les clignotants se sont refroidis

pour ‘’la douce qui

vient’’, et que cette troupe

a atteint prématurément sa

fin de cycle, Tiyale a continué

à se montrer entreprenant

dans des œuvres en

solo ; notamment dans l’album

: « Jet X Love Unlimited

» et aussi, une production

avec le Mini All Stars.

Mais les 1990’s ne sont pas

tout aussi fructueux musicalement

pour R.J.B qui doit

donner la priorité à la vie

familiale. En s’écartant un

peu du milieu du show-biz.

Pour se retrouver

éventuellement à Orlando ;

où il mijotait de rebondir

avec la formation du groupe

« 100 Degrés ». Cependant,

la mort vint impardonnable

lui ravir d’un coup,

deux fils dans un accident

de voiture sur l’autoroute

de la Floride. Mais insatiable,

il revient encore pour

revendiquer son statut d’artiste

dans l’âme, en récidivant

dans la teneur du « X

Factor », et d’autres initiatives

qui l’ont permis de se

maintenir dans le bain des

vagues nouvelles, tout en

certifiant les acquis d’hier.

Ce dont il s’est astreint à

faire fructifier dans son studio

d’enregistrement d’Orlando

où il respire toujours

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20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 31 • Du 5 au 11 Février 2020

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