Congé sans solde : deux ans avec famille en ... - Ecole de Guerre
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Le Casoar - N° 205, Avril 2012.<br />
Par le chef d’escadron Gonzague-Arnaud PROUVOST, stagiaire <strong>de</strong> la 19 ème promotion<br />
Maréchal Juin <strong>de</strong> l’<strong>Ecole</strong> <strong>de</strong> guerre.<br />
<strong>Congé</strong> <strong>s<strong>ans</strong></strong> <strong>sol<strong>de</strong></strong> : <strong><strong>de</strong>ux</strong> <strong>ans</strong> <strong>avec</strong> <strong>famille</strong> <strong>en</strong> Zambie<br />
Mobilité et parcours <strong>de</strong> carrières atypiques, richesse ou danger pour les Armées ? Témoignage<br />
d’un Saint-Cyri<strong>en</strong>, officier <strong>de</strong> g<strong>en</strong>darmerie, parti <strong><strong>de</strong>ux</strong> <strong>ans</strong>, <strong>en</strong> <strong>famille</strong>, <strong>en</strong> congé <strong>s<strong>ans</strong></strong> <strong>sol<strong>de</strong></strong><br />
pour une mission <strong>de</strong> solidarité internationale <strong>en</strong> Zambie.<br />
A <strong>en</strong> croire le nombre <strong>de</strong> départs précoces <strong>de</strong> jeunes officiers, il est permis <strong>de</strong> p<strong>en</strong>ser que les<br />
nouvelles générations aspir<strong>en</strong>t <strong>de</strong> plus <strong>en</strong> plus à sortir du « militaro-militaire ». Le vivant <strong>en</strong><br />
opérations, elles sav<strong>en</strong>t que la victoire est désormais liée certes à la maîtrise <strong>de</strong>s milieux, mais aussi<br />
à une mise <strong>en</strong> réseau audacieuse au-<strong>de</strong>là du ministère d’appart<strong>en</strong>ance.<br />
La loi n° 2009-972 du 3 août 2009 relative à la mobilité et aux parcours professionnels d<strong>ans</strong> la<br />
fonction publique met <strong>en</strong> lumière la prise <strong>en</strong> compte <strong>de</strong> cette évolution. Elle la consacre au profit <strong>de</strong><br />
tous les ministères. Elle r<strong>en</strong>dra d'autant plus aisée une saine mobilité pour les militaires 1 .<br />
Il est fréqu<strong>en</strong>t <strong>de</strong> voir <strong>de</strong>s officiers quitter la carrière avant la limite d'âge. De même, la mobilité<br />
externe, pleinem<strong>en</strong>t intégrée au cheminem<strong>en</strong>t professionnel, laisse l'officier plus que jamais au<br />
service <strong>de</strong> son armée d'origine. Il ne pr<strong>en</strong>d d<strong>ans</strong> ce cas pas <strong>de</strong> retard.<br />
Les départs <strong>en</strong> congé <strong>s<strong>ans</strong></strong> <strong>sol<strong>de</strong></strong> pour un projet précis et temporaire sont <strong>en</strong> revanche plus rares. Il<br />
est logique d’<strong>en</strong> vouloir connaître les raisons. Pour autant, ostraciser systématiquem<strong>en</strong>t le personnel<br />
à son retour témoignerait d’un manque <strong>de</strong> respect <strong>de</strong>s statuts et d’une défiance exagérée. Par nature<br />
peu nombreuses, pourquoi <strong>de</strong> telles démarches serai<strong>en</strong>t-elles dangereuses ou indignes ? Envoyé <strong>en</strong><br />
Zambie <strong>de</strong> 2007 à 2009 par Fi<strong>de</strong>sco 2 , j’<strong>en</strong> suis v<strong>en</strong>u à (me) poser cette question. La réponse <strong>de</strong> la<br />
g<strong>en</strong>darmerie à mon retour m’<strong>en</strong>courage à donner ici un témoignage optimiste.<br />
En <strong>famille</strong>, nous avons répondu à un appel à nous r<strong>en</strong>dre disponibles. Cet appel est <strong>de</strong> ces<br />
inclinations qui s’impos<strong>en</strong>t, quitte à pr<strong>en</strong>dre <strong>de</strong>s risques et à s’élancer sur un chemin incertain. Il<br />
s’appar<strong>en</strong>te à celui que, Saint-Cyri<strong>en</strong>s, nous avons tous ress<strong>en</strong>ti.<br />
1 La mobilité n’est d’ailleurs pas une nouveauté d<strong>ans</strong> d’autres administrations : le corps préfectoral par exemple l’inscrit d<strong>ans</strong> le<br />
déroulem<strong>en</strong>t <strong>de</strong> carrière.<br />
2 Voir <strong>en</strong>cadré.
Le Casoar - N° 205, Avril 2012.<br />
Fi<strong>de</strong>sco, qui <strong>en</strong>voie <strong>de</strong>s <strong>famille</strong>s et les souti<strong>en</strong>t sur le terrain, correspondait le mieux à notre<br />
s<strong>en</strong>sibilité.<br />
La Zambie, notre pays <strong>de</strong> mission, est <strong>en</strong> paix. Proche <strong>de</strong> nombreux pays troublés (RDC, Rwanda,<br />
Burundi, Zimbabwe), elle a une tradition d’accueil <strong>de</strong>s réfugiés 3 . En zone urbaine cep<strong>en</strong>dant, vivant<br />
d<strong>ans</strong> la communauté locale, ceux-ci ne bénéfici<strong>en</strong>t pas <strong>de</strong> l’assistance assurée d<strong>ans</strong> les camps. Pour<br />
offrir aux plus vulnérables une ai<strong>de</strong> sociale, juridique, éducationnelle et spirituelle 4 , l’Eglise<br />
catholique a créé <strong>en</strong> 1997 le « Peace C<strong>en</strong>tre ». Au cœur <strong>de</strong> Lusaka, d<strong>ans</strong> le quartier <strong>de</strong> Kanyama,<br />
township le plus pauvre <strong>de</strong> la ville, ce c<strong>en</strong>tre avait pour objectif majeur <strong>de</strong> faciliter l’intégration<br />
locale <strong>de</strong>s réfugiés, <strong>en</strong> accueillant aussi les Zambi<strong>en</strong>s. Six mille personnes <strong>en</strong> bénéficiai<strong>en</strong>t par an.<br />
Fi<strong>de</strong>sco y a participé <strong>de</strong> 2001 à 2009 5 .<br />
Le volontaire Fi<strong>de</strong>sco directeur du c<strong>en</strong>tre assumait les responsabilités classiques <strong>de</strong> managem<strong>en</strong>t 6 . Il<br />
disposait d’un staff perman<strong>en</strong>t d’une dizaine <strong>de</strong> personnes, d’origines variées 7 . Cette équipe était<br />
juste suffisante pour le fonctionnem<strong>en</strong>t et les cours <strong>de</strong> langues. Les formations pratiques étai<strong>en</strong>t<br />
assurées par <strong>de</strong>s <strong>en</strong>seignants recrutés ponctuellem<strong>en</strong>t. Les animations particulières faisai<strong>en</strong>t appel à<br />
un réseau <strong>de</strong> bénévoles constitué au fil du temps.<br />
Dép<strong>en</strong>dant <strong>de</strong> l’Eglise locale pour la pastorale et l’exercice <strong>de</strong> la charité 8 , financée par les<br />
Américains 9 , intégrée au réseau <strong>de</strong>s organisations internationales (UNHCR), non gouvernem<strong>en</strong>tales<br />
et diplomatiques, tout spécialem<strong>en</strong>t l’ambassa<strong>de</strong> <strong>de</strong> France et la Nonciature apostolique, la mission<br />
comportait un fort volet « international ».<br />
Directeur du projet, face à <strong>de</strong>s situations humaines souv<strong>en</strong>t extrêmes, j’ai pleinem<strong>en</strong>t mis <strong>en</strong><br />
application les valeurs et savoir-faire acquis à Saint-Cyr, d<strong>ans</strong> l’Infanterie, et <strong>en</strong> g<strong>en</strong>darmerie.<br />
Certes, il ne s’est jamais agi d’interv<strong>en</strong>tions armée ou coercitive, mais toujours <strong>de</strong> prises <strong>de</strong><br />
décisions d<strong>ans</strong> un contexte <strong>de</strong> t<strong>en</strong>sions et <strong>de</strong> manque <strong>de</strong> moy<strong>en</strong>s. Adaptabilité, pugnacité, écoute,<br />
pati<strong>en</strong>ce et rusticité sont ici indisp<strong>en</strong>sables.<br />
3 Originaires majoritairem<strong>en</strong>t <strong>de</strong> pays francophones (RDC, Rwanda, Burundi) parfois qualifiés, plus souv<strong>en</strong>t d’un niveau<br />
d’instruction faible, les réfugiés manqu<strong>en</strong>t <strong>de</strong> compét<strong>en</strong>ces et d’opportunités pour sout<strong>en</strong>ir leurs <strong>famille</strong>s. Ils souffr<strong>en</strong>t notamm<strong>en</strong>t <strong>de</strong>s<br />
limitations à l’accès à l’emploi et à la liberté <strong>de</strong> mouvem<strong>en</strong>t et <strong>de</strong> résid<strong>en</strong>ce <strong>en</strong> zone urbaine, imposées par décision politique <strong>de</strong> la<br />
Zambie <strong>en</strong> dépit <strong>de</strong>s règles du droit international édictées d<strong>ans</strong> les conv<strong>en</strong>tions <strong>de</strong> G<strong>en</strong>ève. L’UNHCR estime à 14.000 le nombre <strong>de</strong><br />
réfugiés vivant à Lusaka.<br />
4 Voir <strong>en</strong>cadré.<br />
5 J’ai <strong>en</strong> effet reçu <strong>en</strong> particulier la mission <strong>de</strong> « fermer » la mission Fi<strong>de</strong>sco et <strong>de</strong> mettre <strong>en</strong> place un managem<strong>en</strong>t local.<br />
6 Gestion, administration, finances, levées <strong>de</strong> fonds, animation, monitoring, communication, représ<strong>en</strong>tation.<br />
7 Zambi<strong>en</strong>s, réfugiés et volontaires occid<strong>en</strong>taux, notamm<strong>en</strong>t <strong>en</strong> 2008/2009 un volontaire américain.<br />
8 Mon patron direct était l’archevêque <strong>de</strong> Lusaka, Monseigneur Georges MPUNDU.<br />
9 Le budget, nettem<strong>en</strong>t insuffisant pour les besoins et charges d’un tel projet, s’élevait à <strong>en</strong>viron 150.000 US dollars annuels. La plus<br />
grosse partie <strong>de</strong> ce budget (100.000 US dollars) était fournie grâce à un part<strong>en</strong>ariat <strong>avec</strong> l’organisation américaine « catholic relief<br />
services », soit la Caritas <strong>de</strong>s Etats-Unis. Les fonds additionnels prov<strong>en</strong>ai<strong>en</strong>t <strong>de</strong>s actions <strong>de</strong> levée <strong>de</strong> fonds <strong>en</strong>treprises localem<strong>en</strong>t et<br />
<strong>en</strong> Europe.
Le Casoar - N° 205, Avril 2012.<br />
Sur le plan professionnel, l’<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t majeur relève <strong>de</strong> la découverte <strong>de</strong> la gestion d<strong>ans</strong> un cadre<br />
civil, et à l’étranger : j’ai notamm<strong>en</strong>t dû payer, et lic<strong>en</strong>cier, <strong>de</strong>s employés selon le co<strong>de</strong> du travail<br />
zambi<strong>en</strong>, donc anglo-saxon et africain !<br />
Humainem<strong>en</strong>t, je suis rev<strong>en</strong>u <strong>de</strong> cette mission <strong>avec</strong> une vision <strong>de</strong> la pauvreté et <strong>de</strong> l’humanité<br />
tr<strong>ans</strong>formée. Le service <strong>de</strong>s membres les plus vulnérables d’une population traumatisée modifie<br />
considérablem<strong>en</strong>t notre échelle <strong>de</strong> valeur et ouvre <strong>de</strong>s champs <strong>de</strong> réflexion nouveaux, pour<br />
l’exercice du métier <strong>de</strong> g<strong>en</strong>darme <strong>en</strong> particulier.<br />
Culturellem<strong>en</strong>t, vivre <strong>avec</strong> <strong>de</strong>s réfugiés majoritairem<strong>en</strong>t issus <strong>de</strong> la région <strong>de</strong>s grands lacs fait <strong>en</strong>trer<br />
d’une manière particulière d<strong>ans</strong> l’actualité troublée <strong>de</strong> cette région. Etre Français, et officier <strong>de</strong><br />
g<strong>en</strong>darmerie, constitua parfois un facteur <strong>de</strong> méfiance, mais plus souv<strong>en</strong>t facilita le contact <strong>avec</strong> <strong>de</strong>s<br />
personnes respectant sincèrem<strong>en</strong>t la France et son armée.<br />
Le fait pour un officier <strong>de</strong> ne pas suivre les parcours balisés, accueilli par le comman<strong>de</strong>m<strong>en</strong>t comme<br />
possible plus-value, et non pas comme un caprice, apporte une richesse professionnelle et humaine<br />
complém<strong>en</strong>taire.<br />
Ma démarche relevait d’un choix. Elle s’est intégrée pleinem<strong>en</strong>t à mon parcours d’homme, d’époux,<br />
<strong>de</strong> père, d’officier. Elle impliquait <strong>de</strong>s sacrifices <strong>en</strong> termes <strong>de</strong> déroulem<strong>en</strong>t <strong>de</strong> ma carrière. Au<br />
retour, affecté d<strong>ans</strong> un poste d’état-major <strong>en</strong> relations internationales 10 , j’ai bénéficié d’une gestion<br />
pragmatique. Je constate que la g<strong>en</strong>darmerie a souhaité valoriser cette expéri<strong>en</strong>ce.<br />
Certes, je ne suis <strong>de</strong>v<strong>en</strong>u un fin connaisseur ni <strong>de</strong> l’Afrique, ni <strong>de</strong>s organisations internationales, ni<br />
même <strong>de</strong> l’humanité. En revanche, je peux apporter à l’institution une connaissance mo<strong>de</strong>ste mais<br />
inédite <strong>de</strong> ces milieux et une expéri<strong>en</strong>ce humaine humble mais originale. La g<strong>en</strong>darmerie, au<br />
contact au quotidi<strong>en</strong> <strong>de</strong> la pauvreté sociale française, a <strong>en</strong> tout cas parié <strong>de</strong>ssus <strong>en</strong> m’offrant la<br />
possibilité <strong>de</strong> « rev<strong>en</strong>ir » d<strong>ans</strong> d’excell<strong>en</strong>tes conditions.<br />
10 DGGN/Sous-direction <strong>de</strong> la coopération internationale/Bureau <strong>de</strong> la coopération bilatérale/adjoint au chef <strong>de</strong> section Eurasie-<br />
Océanie-Amériques.
Le Casoar - N° 205, Avril 2012.<br />
Le « PEACE CENTRE »<br />
projet pour les réfugiés urbains<br />
Pour répondre au manque d’intégration socioprofessionnelle <strong>en</strong> Zambie, le projet<br />
propose <strong>de</strong>s formations variées. D’abord, <strong>de</strong>s cours <strong>de</strong> français et d’anglais permett<strong>en</strong>t d’évoluer <strong>en</strong><br />
Zambie <strong>s<strong>ans</strong></strong> perdre les racines francophones. Des formations pratiques sont <strong>en</strong>suite disp<strong>en</strong>sées<br />
pour faciliter l’accès à l’emploi ou au « business ». Ces formations sont nombreuses et répond<strong>en</strong>t<br />
aux besoins <strong>de</strong>s bénéficiaires <strong>en</strong> étant adaptées au contexte socio-économique <strong>de</strong> la capitale<br />
zambi<strong>en</strong>ne. Il s’agit par exemple <strong>de</strong> cours d’informatique (le C<strong>en</strong>tre dispose d’une salle <strong>avec</strong> une<br />
vingtaine <strong>de</strong> poste <strong>en</strong> réseau), <strong>de</strong> couture, <strong>de</strong> fabrication <strong>de</strong> saucisses, <strong>de</strong> beurre <strong>de</strong> cacahuète, <strong>de</strong><br />
cuisine, <strong>de</strong> réparation <strong>de</strong> téléphones, réfrigérateurs, télévisions, radios, d’impression sur tissus,<br />
d’électricité, etc. Ces formations sont autant que possibles appuyées par <strong>de</strong>s cours <strong>de</strong> « business<br />
managem<strong>en</strong>t » et sur <strong>de</strong>s microcrédits. L’objectif est <strong>de</strong> permettre aux personnes <strong>de</strong> créer et faire<br />
fructifier <strong>de</strong>s petites affaires à partir <strong>de</strong> compét<strong>en</strong>ces acquises au c<strong>en</strong>tre.<br />
Pour répondre aux difficultés sociales et spirituelles, le C<strong>en</strong>tre déploie toute la gamme <strong>de</strong>s<br />
actions d’assistance sociale classiques et <strong>de</strong>s activités pastorales catholiques, adaptées aux<br />
contraintes et usages locaux. Il s’agit notamm<strong>en</strong>t d’un programme <strong>de</strong> bourses scolaires, <strong>de</strong>stinées<br />
<strong>en</strong> priorité aux filles et aux orphelins. Par ailleurs, <strong>de</strong>s visites aux <strong>famille</strong>s misérables sont<br />
organisées d<strong>ans</strong> les quartiers. Des activités variées sont montées au C<strong>en</strong>tre pour promouvoir une<br />
vie sociale pour cette population marquée par la souffrance. Ainsi, le C<strong>en</strong>tre organise régulièrem<strong>en</strong>t<br />
<strong>de</strong>s fêtes pour les <strong>en</strong>fants, <strong>de</strong>s animations p<strong>en</strong>dant les vacances scolaires, <strong>de</strong>s projections <strong>de</strong> films,<br />
<strong>de</strong>s plateformes <strong>de</strong> r<strong>en</strong>contres pour les adultes, <strong>de</strong>s <strong>en</strong>treti<strong>en</strong>s <strong>de</strong> conseils et d’écoute. Il souti<strong>en</strong>t<br />
une troupe <strong>de</strong> théâtre, <strong><strong>de</strong>ux</strong> chorales, un groupe <strong>de</strong> d<strong>ans</strong>es traditionnelles. Des services religieux<br />
catholiques sont réguliers (rosaire, messe, prière, catéchisme…).<br />
Pour répondre aux réalités <strong>de</strong>s contraintes juridiques, le C<strong>en</strong>tre s’intègre d<strong>ans</strong> les réseaux<br />
<strong>de</strong>s principales institutions traitant du problème <strong>de</strong>s réfugiés, dont l’UNHCR, le gouvernem<strong>en</strong>t<br />
(« commissionner for refugees »), les représ<strong>en</strong>tations diplomatiques, la Croix-Rouge, la « Legal<br />
resource fundation », les différ<strong>en</strong>tes Eglises, les services <strong>de</strong> Police et <strong>de</strong> l’Immigration. Il anime<br />
<strong><strong>de</strong>ux</strong> émissions <strong>de</strong> radio, <strong>de</strong>s réunions <strong>avec</strong> les lea<strong>de</strong>rs <strong>de</strong>s réfugiés, <strong>de</strong>s interviews <strong>de</strong> conseils<br />
juridiques. Il s’<strong>en</strong>gage d<strong>ans</strong> la déf<strong>en</strong>se <strong>de</strong>s droits <strong>de</strong>s personnes tout <strong>en</strong> respectant les choix<br />
politiques et législatifs <strong>de</strong> la Zambie. Les principes <strong>de</strong> bases déf<strong>en</strong>dus s’inspir<strong>en</strong>t <strong>de</strong> la doctrine<br />
sociale <strong>de</strong> l’Eglise.
Le Casoar - N° 205, Avril 2012.<br />
FIDESCO<br />
Fi<strong>de</strong>sco est une organisation <strong>de</strong> solidarité internationale, l'une <strong>de</strong>s plus importantes ONG<br />
françaises reconnue par le ministère <strong>de</strong>s Affaires étrangères pour l'<strong>en</strong>voi <strong>de</strong> volontaires <strong>de</strong> solidarité<br />
internationale (VSI). Organisation catholique créée <strong>en</strong> 1981, elle est une association loi 1901 dite<br />
<strong>de</strong> bi<strong>en</strong>faisance et fiscalem<strong>en</strong>t assimilable à une association d'utilité publique. Fi<strong>de</strong>sco agit au<br />
service <strong>de</strong> projets <strong>de</strong> développem<strong>en</strong>t, d'ai<strong>de</strong> aux populations locales ou d'actions humanitaires.<br />
"Les volontaires part<strong>en</strong>t pour mettre leurs compét<strong>en</strong>ces professionnelles au profit <strong>de</strong> part<strong>en</strong>aires<br />
d'Église pour un projet local. Ils sont gestionnaire, professeur, agriculteur, travaill<strong>en</strong>t d<strong>ans</strong> le<br />
social, le domaine médical", explique Eric Barthélémy, directeur <strong>de</strong> Fi<strong>de</strong>sco France. Plus d'un<br />
millier <strong>de</strong> volontaires a participé à <strong>de</strong>s projets <strong>de</strong> développem<strong>en</strong>t à travers le mon<strong>de</strong> (Asie, Moy<strong>en</strong>-<br />
Ori<strong>en</strong>t, Afrique, etc.) <strong>de</strong>puis 1981. Avec le temps, <strong>de</strong> nouveaux profils sont apparus. Ainsi <strong>de</strong>puis<br />
2003, Fi<strong>de</strong>sco recrute <strong>de</strong>s retraités. "Ils ont une expéri<strong>en</strong>ce forte, nous pouvons leur confier <strong>de</strong>s<br />
projets plus complexes", indique Eric Barthélémy. En 1991, Fi<strong>de</strong>sco faisait partir 22 volontaires.<br />
En 2011, on <strong>en</strong> rec<strong>en</strong>se 200 <strong>en</strong> place pour une mission d'un ou <strong><strong>de</strong>ux</strong> <strong>ans</strong>.<br />
Fort d'une expéri<strong>en</strong>ce <strong>de</strong> tr<strong>en</strong>te années <strong>de</strong> volontariat, Fi<strong>de</strong>sco a acquis <strong>de</strong>s compét<strong>en</strong>ces d<strong>ans</strong> le<br />
domaine du développem<strong>en</strong>t. L'association a grandi et évolué. Elle veille toutefois à <strong>en</strong>cadrer ce<br />
développem<strong>en</strong>t. "Partir pour une mission à l'international est aujourd'hui une mo<strong>de</strong>, observe le<br />
directeur. Nous recevons 2000 candidatures par an, seuls 120 volontaires part<strong>en</strong>t. Fi<strong>de</strong>sco est une<br />
<strong>famille</strong> et veut le rester. Nous voulons conserver le suivi et l'accompagnem<strong>en</strong>t <strong>de</strong>s volontaires<br />
durant leur mission." Surtout, l'organisation veut conserver la spécificité <strong>de</strong> son projet : une<br />
démarche <strong>de</strong> don et <strong>de</strong> gratuité au nom <strong>de</strong> la foi chréti<strong>en</strong>ne. "Fi<strong>de</strong>sco est au service d'une mission<br />
d'Église, ses volontaires sont guidés par un esprit missionnaire, souligne Eric Barthélémy. La clef<br />
<strong>de</strong> notre association est l'att<strong>en</strong>tion à la personne : celle qu'on sert et celle qu'on <strong>en</strong>voie."<br />
Le chef d’escadron Gonzague-Arnaud PROUVOST, stagiaire <strong>de</strong> la 19 ème promotion Maréchal Juin <strong>de</strong><br />
l’<strong>Ecole</strong> <strong>de</strong> guerre.