Haiti Liberte 28 Janvier 2015

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Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00

HAÏTI LIBERTÉ

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE

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QUEL A ÉTÉ L’OBJECTIF DE LA VISITE

DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES

NATIONS-UNIES ?

Premye son klòch

represyon 2015 lan

sonnen

Page 6

English

Page 9

Les manifestations

doivent

continuer !

Page 8

Voir page 4

De gauche à droite : Cristian Pedro Barros président du Conseil de sécurité des Nations unies et Michel Martelly, président haïtien, le

23 janvier 2015 sous les ruines du palais national à Port-au-Prince

UN CONSEIL ÉLECTORAL

SUR MESURE !

Nigeria : Comment

Boko Haram

prospère sur

les inégalités,

l’analphabétisme,

la corruption et

l’arbitraire ?

Page 11

Voir page 4

Alexis Tsipras,

nouveau Premier

ministre grec, a

prêté serment !

Page 17

Le Premier ministre de facto Evans Paul procédant à l’installation des membres du Conseil électoral provisoire (CEP), au siège de l’institution à

Pétion-Ville le vendredi 23 janvier 2015


Editorial

L’heure de la résistance face

à la bombe électorale !

Par Berthony Dupont

Toutes les délégations internationales qui se croisent dans

le pays n’ont qu’une seule mission: consolider fermement

l’emprise américaine qui reste fidèle et solidaire au régime

d’imposteurs qu’elle a mis en place. Elles prennent fait et

cause en sa faveur de façon à renforcer la déstabilisation de

nos institutions. Le gouvernement de Martelly-Paul ne devrait

pas exister. Et pourtant, il existe encore. Tout ce que nous

pouvons attendre de lui est l’intensification de l’exploitation,

dans l’intérêt des sociétés multinationales qui profitent de nos

souffrances

Or, la classe politique haïtienne ne demande pas mieux

puisqu’elle a reçu ces invités internationaux avec honneur

et parfait respect sans oser les mettre au pied du mur

pour leur dire les quatre vérités sur ce 12 janvier 2015

qui a donné lieu à des événements dont il est encore difficile

de mesurer la portée et les suites à venir. Événements

qui témoigneront de l’évidence de la faillite de la politique

conduite par l’international qui occupe le pays depuis onze

années.

Les Nations-unies au service des Etats-Unis en Haïti

ont fait totalement échec et de façon ironique, ce sont eux

qui continuent à défiler pour venir nous dicter la « bonne

gouvernance » et le « vivre ensemble ». Encore plus ironique,

les 15 membres du Conseil de Sécurité des nations

unies ont pu trouver audience au sein de la classe politique.

L’Ambassadeur chilien a déclaré qu’il « a demandé

aux acteurs politiques haïtiens à coopérer afin de rendre

possible au plus vite des élections crédibles et transparentes

conformément à la Constitution haïtienne ». Comme si

le verdict des urnes dans cette conjoncture allait changer

quelque chose aux souffrances du peuple, sauf les amplifier.

Mais de quelles élections parlent-ils ? Ne sont-ce pas

les élections que nous ne cessons de dénoncer dans ces

colonnes ! Des élections fondées sur l’élimination de la résistance

populaire et progressiste !

Il en a toujours été ainsi. Dès que les forces impies de

Washington claquent les doigts, l’ambiance politique se décontracte

contre toute attente. Certains, en toute mauvaise

conscience, cèdent aux pressions extérieures, et sont prêts

à sacrifier les intérêts du peuple, trahir la cause noble de

changement, mettant ainsi au pas la résistance populaire

haïtienne.

Dans les prochains jours ou mois à venir, il faut encore

nous attendre à d’autres revirements spectaculaires,

d’autres défections surtout dans le secteur qui se déclare «

modéré ». Des politiciens sans principes vont se jeter tête

basse dans la course électorale, bradant ainsi la révolte

populaire. Ils s’y prendront sans gêne aucune en nous faisant

avaler des pilules amères fabriquées dans les laboratoires

diplomatiques des yankees et d’autres grandes puissances

impérialistes.

Faut-il pour autant désespérer ? Nous pensons que

Non. Les jeux ne sont pas entièrement faits, bien que le

complot ourdi contre les intérêts du peuple ne fait guère de

doute.

Il ne faut pas nous étonner, si demain, d’autres dirigeants

ou personnalités de l’opposition se jettent dans la

course électorale pour être députés, sénateurs et même président

; oubliant leur position précédente face au gouvernement

et à la force d’occupation. On pourra bien arrêter

ce complot, sauf qu’il nous faut nous préparer à cet effet.

La bombe d’une élection organisée à l’avance est déjà en

place. Aussi, la mobilisation aura besoin de vrais militants,

révolutionnaires conséquents pour la désamorcer.

Il faut s’y attendre. Dans les mois à venir, le secteur

populaire sera mis à l’index et isolé par certaines radios qui

ne vont même plus passer ses mots d’ordre. Déjà le réseau

national de défense des droits humains condamne les actes

de violences perpétrés lors des manifestations antigouvernementales.

«Le RNDDH déplore le fait que des citoyens

qui ne participent pas à ces mouvements de rues soient

victimes de vol et que des véhicules aient été vandalisés. Il

appelle les autorités à prendre les mesures qui s'imposent

en vue de sévir contre les fauteurs de troubles, d'assurer la

sécurité des vies et des biens et aussi de garantir la sécurité

du local du parti Fusion ». (allié du pouvoir)

Certes, dans les colonnes de ce journal, nous ne nous

sommes jamais fait d’illusions. Les seules conditions préalables

au déroulement d’élections démocratiques sont, à

notre avis, la démission de Martelly et d’Evans Paul de

toutes leurs charges gouvernementales pour les remplacer

par un gouvernement de transition.

Le peuple haïtien ne devra compter pour sa libération

que sur ses propres organisations, non pas sur les partis

vides de programme et sur des promesses fallacieuses. Pas

d’élections crédibles et honnêtes avec Martelly et Evans

Paul ! Pas d’élections démocratiques et inclusives dans un

pays occupé !

L’avenir reste dans la résistance et le combat. Cela doit

être très clair ! Il faut soit agir pour obliger le régime à capituler

et dégager, soit le combattre jusqu’à la victoire finale.

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015


A Travers Haiti

Haïti, chronique d’une

crise électorale (37)

Gouvernement de facto, un suicide collectif !

Grève des enseignants:

Les lycéens dans les rues !

Par Thomas Péralte

PAR CES MOTIFS

Edmonde Supplice Bauzile

L’ancien député de Desdunes

Levaillant Louis-Jeune fait partie

de ceux qui contribuent à sauver le

Président Martelly de la débâclea

Même les opposants les plus déterminés

du pouvoir Tèt Kale reconnaissent

que le Président Michel Martelly

a remporté une bataille décisive

sur ses adversaires politiques même si

la guerre se poursuit de plus belle sur le

terrain et dans les officines nationales

et internationales. Ils reconnaissent

aussi que cette victoire déterminante

n’est pas l’œuvre du seul chef de l’Etat.

Celui-ci a eu le soutien d’une partie de

l’opposition, et non des moindres, au

moment le plus crucial de la contestation.

Sans cette « trahison » de certains

leaders politiques, il n’aurait pas

remporté cette première manche. Le

MOPOD et ses alliés qui comptent des

désistements dans leur rang ont fait un

premier bilan. Le coup est rude. Ils ont

perdu des poids lourds et surtout des

dirigeants politiques qui ont pignon sur

rue et une visibilité incontestables sur le

plan national et international.

L’ancienne sénatrice du Centre,

Mme. Edmonde Supplice Bauzile de

la Fusion des Sociaux démocrates en

est un exemple. L’ancien ministre de

la justice de René Préval, Paul Denis

n’en est pas moins. Mais K-Plim en demeure

le symbole parmi les symboles

de ces personnalités qui ont abandonné

l’opposition en pleine course. La Plateforme

politique Inite de l’ex-Président

René Préval et ses dirigeants étaient des

alliés qui comptent pour l’opposition

dans sa lutte contre le Président Martelly.

L’on connaît la position radicale

de l’un des chefs de ce parti, le député

Levaillant Louis-Jeune, vis-à-vis de la

présidence de la République. Ancien

Président de la Chambre des députés,

celui-ci, tout au cours de son mandat,

n’a cessé de décrire un Martelly arrogant

et sans manière. L’on se souvient

du grand déballage public et médiatique

qui a eu lieu entre ce responsable de

Inite et la présidence de la République

pour une sombre affaire d’argent pour

une fête patronale. Jamais, personne

n’aurait, même en rêve, imaginé que

l’ancien député de Desdunes ferait partie

de ceux qui contribuent à sauver le

Président Martelly de la débâcle.

Certes, pas grand monde n’a

vu venir le coup. N’empêche, certains

observateurs politiques haïtiens

s’interrogeaient déjà sur l’attitude de

l’un des fondateurs de cette Plateforme

politique. Il s’agit de l’ancien sénateur

du Sud-Est, Joseph Lambert. Du jour au

lendemain, l’ancien Président du Sénat

de la République et à l’époque Président

de Inite qui avait déclaré que « Martelly

est un éléphant dans un magasin

de porcelaines » passa avec armes et

bagages dans le camp du régime. Il en

est devenu, à la surprise générale, l’un

des plus assidus et fidèles Conseillers du

chef de l’Etat. Sans explication aucune,

celui qui s’autoproclame « bête politique

» en Haïti avait déjà montré le chemin à

ses petits ex-camarades : dans ce pays

singulier, tous les chemins mènent au

pouvoir, pourvu qu’on accepte de perdre

son âme et sa dignité. En abandonnant

tous les principes auxquels l’on

croyait. Et en reniant naturellement ses

convictions.

La plateforme Inite (Unité) qui

a succédé à Espwa (Espoir) qui n’a

jamais fait rêver grand monde sur le

plan idéologique et de principes politiques,

poursuit la longue tradition des

groupuscules politiques haïtiens dont le

seul objectif demeure : aider leurs dirigeants

à avoir un plat chaud chaque

jour même s’il sort du ventre de la bête

immonde. Inite, en bouée de sauvetage

pour un Président dont le pays réclame

à corps et à crie la démission, ne doit et

ne peut choquer les gens qui aspirent à

une vraie démocratie et un changement

véritable pour ce pays victime de deux

siècles d’opportunistes et de fabulateurs

qui occupent les avenues du pouvoir à

Port-au-Prince. Dans cette cavalcade de

Le tribunal sur les conclusions conformes du Ministère Public, maintient le défaut déjà

octroyé à l’audience du six novembre deux mille quatorze, pour le profit, se déclare

compétent à connaitre de cette espèce, accueille favorablement cette action pour être

conforme tant en la forme qu’au fond ; en conséquence, prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre la dame Sony BRUTUS née Clermencia DESSOURCES d’avec son

époux Sony BRUTUS pour injures graves et publiques. En outre, renvoie la demanderesse

par devant l’officier de l’Etat Civil d’Aquin pour rédaction de l’acte de divorce et la transcription

du dispositif du jugement à sortir sur les registrres destinés à cet effet ; ordonne la

publication de ce jugement dans l’un des quotidiens s’éditant à la capitale (Port-au-Prince)

; compense les dépens, commet l’huissier Ducerlus NATHAN de ce siège pour la signification

de la présente décision.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Louis FILS Joseph, en présence de Me Vanamane,

Substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du citoyen Paulin

CIVIL, greffier du siège, en audience ordinaire, publique et en ses attributions civiles et de

divorce de ce jeudi vingt sept novembre deux mille quatorze An 211ème de l’indépendance.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre ce présent jugement à exécution ; aux

officiers du Ministère public, près les Tribunaux Civils d’y tenir la main ; à tous commandants

et autres officiers de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront

légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et du greffier susdits. Avec

trois mots rayés nuls.

Me Louis Fils Joseph, Av. Mgt

Signature du Greffier du Tribunal

Depuis le mardi 13 Janvier dernier,

les enseignants des établissements

scolaires publics observent un

mot d’ordre de grève illimitée pour

contraindre le ministre de l’Education

nationale du gouvernement de facto

d’Evans Paul, l’économiste Nesmy

Manigat à respecter leurs engagements

envers le corps professoral. Ces

engagements pris lors d’un accord

sont les suivants : remise des lettres

de nomination à tous les professeurs,

paiement des arriérés de salaire des

années de travail ; conditions acceptables

de travail, ajustement de

salaire, cartes d’assurance, relèvement

salarial pour les inspecteurs des cours

du soir et l’EFACAP, paiement des arriérés

de salaire des professeurs du

Programme de Scolarité Universelle et

Gratuite Obligatoire (PSUGO).

Au lieu de prendre toutes les dispositions

nécessaires pour satisfaire les

revendications des professeurs, le

ministre Manigat a préféré chercher à

corrompre certains responsables syndicaux

tels que : Lourdes Edithe Joseph

de la Confédération Nationale des

Educateurs Haïtiens (CNEH), l’actuelle

représentante du secteur syndical au

Conseil Electoral Provisoire (CEP) et

le patron de l’Union Nationale des

Normaliens d’Haïti (UNNOH), Josué

Mérilien. Chacun de son côté a reçu

un minibus coûtant à l’Etat haïtien

plus de 8 millions de gourdes et des

avantages et privilèges au niveau de

ce ministère, de l’inspection et de la

direction des lycées.

Il faut rappeler toutefois que la

situation dans les écoles publiques

a commencé à se détériorer, selon

certains spécialistes en éducation,

depuis l’arrivée de l’ex-ministre de

l’Education nationale, Gabriel Bien-

Aimé, représentant de l’Organisation

du Peuple en Lutte (OPL) au gouvernement

Préval-Alexis. Il a intégré plus

de 13 mille professeurs dans le système

éducatif sans provision budgétaire.

L’ex-ministre du gouvernement

Martelly-Lamothe, Vaneur Pierre a

embauché plus de 7 mille professeurs

dans les mêmes conditions. Alors que

la corruption tous azimuts ne cesse

de gangrener le système éducatif. Le

pouvoir tètkale Martelly-Lamothe dit

avoir fait de l’éducation l’une de leurs

priorités. A cet effet, il a prélevé des

taxes sur les transferts d’argent et les

appels téléphoniques en provenance

des Haïtiens vivant en diaspora. Ces

fonds servent à autre chose, sûrement

pas à l’éducation.

Voilà que les écoliers manifestent

dans les rues à travers le pays pour exiger

la présence des professeurs dans

remise en selle du Président Martelly,

en Haïti il y a pires parmi les pires, sur

le plan politique bien entendu. Il y a,

en effet, ceux qui se réclament du socialisme,

sinon de la sociale démocratie.

Ces prétendus socialistes haïtiens

se regroupent depuis quelques

années sous l’appellation de Fusion des

Sociaux Démocrates couramment appelée

: Fusion. En contradiction totale

avec les vœux de changement de la

population, les dirigeants de ce parti se

livrent à une sorte de prostitution politique.

On a du mal à comprendre leur

jeu. En se ralliant au Président Martelly

à ce moment difficile pour le pouvoir,

les responsables de Fusion apportent

une sorte de respectabilité, d’assurance,

voire une nouvelle légitimité à un

groupe de femmes et d’hommes que la

communauté nationale décrit comme

des gens se livrant à une sorte de coupe

réglée du pays. La Direction de la Fusion

tente depuis sa participation au

gouvernement de facto de Evans Paul

En signe de protestation les élèves du Lycée Oratius Laventure ont

détruit des bancs et tableaux des salles de classe

Le ministre de l’Education

nationale Nesmy Manigat

les salles de classe. « Nous ne sommes

pas en politique, nous réclamons

la présence des professeurs dans les

salles de classe. Nous ne voulons pas

de carnaval, nous voulons l’éducation

», lancent les écoliers dans les rues

un peu partout à travers le pays. Le

salaire moyen d’un professeur est estimé

à environ 11 mille gourdes (soit

239,13 dollars US ou 200 Euros par

mois, à raison de 46 gourdes pour un

dollar). Puisque le paiement ne se fait

pas régulièrement, on leur doit des années,

alors que le coût de la vie augmente

constamment. L’essence baisse

sur le marché international, en Haïti,

elle augmente. Le gallon qui se vend

actuellement à environ deux (2) dollars

aux Etats-Unis, se vend à 5 dollars

en Haïti. Le dollar qui s’échangeait

au taux de 40 gourdes en 2011, à

l’arrivée de monsieur Martelly au

pouvoir, s’échange aujourd’hui à 48

gourdes. Le salaire des professeurs et

celui des ouvriers entretemps sont restés

les mêmes.

A travers les rues des grandes

villes du pays, on observe des affiches

de jouer sur deux tableaux. A entendre

les déclarations de la Présidente de cette

formation politique, madame Edmonde

Supplice Bauzile, on aurait pu croire

qu’elle est encore dans l’opposition

contre le Président Martelly.

Alors même que son parti occupe

plusieurs postes importants dans

le cabinet ministériel post-Lamothe.

Aujourd’hui, et la plateforme Inite, et

la Fusion, et le minuscule parti Ayisyen

Pou Ayiti (Haïtien Pour Haïti)

même s’ils ne sont représentés que par

quelques individus au sein du gouvernement

de facto, sont obligatoirement

solidaires des actes du pouvoir et partageront

les actifs et les passifs du régime.

Il est clair pour tout le monde,

ces partis politiques ne sont plus dans

l’opposition. Il ne devrait avoir aucun

doute ni équivoque sur la présence

de ces organisations politiques à côté

d’autres éléments au pouvoir Tèt

Kale. Ils seront tous liés au résultat de

l’Administration Martelly et à son sort

géantes sur lesquelles s’inscrivent des

slogans vides de sens, tels : « Lekòl

gratis Ayiti ap vanse. yon milyon 4 mil

timoun al lekòl. » Ces affiches coûtent

à l’Etat haïtien plusieurs milliers de

dollars, alors que les professeurs ne

touchent pas leur dû. Une fois de

plus, la réalité dément les propagandes

mensongères et abusives du pouvoir

tètkale néo-duvaliériste.

Les budgets de la Présidence et

de la Primature s’élèvent à plusieurs

milliards de gourdes qui servent à corrompre

les gens. La presse n’y échappe

pas. Des millions de gourdes ont été

affectés à la corruption des journalistes

à la fin de l’année. Les professeurs

ne touchent pas. Le responsable de

l’Union des Parents et Elèves Progressistes

(UPEP), Léo Lutholu propose

aux responsables de l’Etat d’utiliser

les fonds disponibles au Trésor public,

alloués aux parlementaires dont le

mandat arrive à terme pour acquitter

les arriérés de salaire des professeurs.

Une proposition parait-il acceptable,

mais uniquement pour des dirigeants

responsables. Quand on a affaire à des

dirigeants irresponsables, insouciants

des revendications populaires, on voit

qu’ils préfèrent utiliser la corruption et

la stratégie de la force pour tenter de résoudre

le problème des professeurs. Ça

ne marche pas. Cette semaine encore,

des milliers d’écoliers sont descendus

dans les rues à travers le pays pour exiger

la présence des professeurs dans

les salles de classe. Les professeurs de

leur côté ont fait savoir que tant que

les responsables du pouvoir tetkale de

facto Martelly-Paul n’assumeront pas

leurs responsabilités envers eux, ils ne

se présenteront pas dans les salles de

classe, malgré l’appel lancé a la trêve

par le ministre Manigat.

aussi. L’histoire retiendra les noms des

partis et des personnalités ayant appartenu

à cette période donnée à un

gouvernement où il n’existe ni Sénat

ni Chambre des députés. Ils font partie

d’un pouvoir exécutif qui est l’unique

pouvoir existant sur le territoire national,

par conséquent endossent

l’ensemble des actes commis au nom

du gouvernement de facto.

Haïti reste vraiment un pays

curieux sur le plan politique. Pendant

près de trois, quatre années, ces deux

principales formations politiques Inite

et Fusion des Sociaux Démocrates,

sans oublier Ayisyen Pou Ayiti, étaient

dans la rue et manifestaient contre

un régime qu’ils qualifiaient de tous

les noms. Ils faisaient même partie,

voire étaient membres fondateurs

du MOPOD (Mouvement Patriotique

de l’Opposition Démocratique) ce

qu’on appelle « Table de Concertation

». Du jour au lendemain, ces partis

Suite à la page (15)

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

3


Quel a été l’objectif de la

visite du Conseil de Sécurité

des Nations-Unies ?

De gauche à droite Mme Samantha Power, Ambassadrice des États-Unis

aux Nations Unies et l’ambassadeur chilien Cristian Barros Melet qui

assure la Présidence tournante au Conseil de Sécurité pour le

mois de janvier

Par Marie Laurette Numa

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Les 15 membres du conseil de sécurité en Haiti

Le vendredi 23 janvier écoulé est arrivée

dans le pays une délégation du

Conseil de Sécurité de l'organisation des

Nations Unies. Cette délégation composée

de représentants des 15 états membres

du conseil de sécurité est co-présidée par

le Chili et les Etats-Unis en l’occurrence,

l’ambassadeur chilien Cristian Barros

Melet qui assure également la Présidence

tournante au Conseil de Sécurité pour le

mois de janvier et Mme Samantha Power,

Ambassadrice des États-Unis aux Nations

Unies.

Cette délégation au cours de son

périple de 3 jours a rencontré l’exécutif

de facto, les membres du gouvernement

Michel Martelly et Evans Paul, le président

de facto du sénat, Andris Riché,

des acteurs de la société civile et certains

partis politiques tels que Fanmi Lavalas

comme l’a souligné un membre du Directoire

de ce parti, Dr Schiller Louidor

au cours d’une interview le dimanche 25

janvier, sur Radyo pa nou.

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En réalité, après un coup d’état flagrant

contre la démocratie dans le pays, quel a

été l’objectif de cette visite se demandent

plus d’un ! Ce n’est pas sans aucune importance

que cette mission a planifié sa

visite dans un moment crucial, sur fond

de manifestation, où le peuple exige le

départ du président Martelly et également

des forces occupantes de la Minustah.

Comme indiqué dans leur feuille de route,

le but de la mission consistait à évaluer la

situation politique pré-électorale. Y avaitt-il

une crise électorale en Haiti ? Non, pas

réellement ! C’était une façon suspecte de

réduire plutôt les revendications populaires

demandant le changement à une

simple crise électorale. Bien que le régime

en place, en accord avec les forces de stabilisation

de l’ONU n’ait jamais réalisé aucune

élection depuis quatre ans, ce n’est

pas nouveau pour les Nations-Unies vu

que les forces de stabilisation des Nations

Unies ont toujours été présentes pour

consolider le pouvoir.

C’eût été plus honnête de la part de

la mission de dire qu’elle était venue constater

l’échec cuisant de la MINUSTAH

qui occupe le pays depuis environ 11 ans

(2004-2015) ? Alors que cette force qui

prétendait maintenir une certaine stabilité

en Haïti n’arrive jamais à le faire. Sauf

qu’au contraire, elle est présente pour

maintenir le statu quo, facilitant ainsi le

pillage des ressources du pays. Grâce à

elle, voilà que le régime tètkale néo-duvaliériste

représenté par Michel Martelly

et consorts bénéficie encore du support

des puissances étrangères et organisations

mondiales et régionales, malgré

ses multiples dérives, ses violations des

droits humains, son refus systématiques

d’organiser des élections depuis plus de

4 ans, la violence exercée à l’endroit du

peuple haïtien, la corruption qui gangrène

l’administration publique, la persécution

politique, le démantèlement des institutions

républicaines et le non-respect des

deux autres pouvoirs publics. Malgré tout

ces protecteurs étrangers qui se présentent

toujours comme les chiens de garde

de la démocratie bourgeoise représentative

et continuent de nous leurrer sur le

chapitre du respect des droits humains.

La visite de cette mission

n’avait d’autre objectif que de renforcer

l’occupation du pays et le régime pourri

vomi par le peuple. Leurs déclarations

sont très tendancieuses comme celle de

Samantha Power, l’ambassadrice des

Un conseil électoral sur mesure !

Par Isabelle L. Papillon

Ce cinquième Conseil Electoral de

Martelly arrivera-t-il à organiser des

élections libres, transparentes et inclusives

comme les délégations étrangères

le souhaitent sous l’administration corrompue

de Martelly et le gouvernement

de facto d’Evans Paul ?

C’est sur fond de protestation

qu’ont eu lieu la prestation de serment

et l’installation des 9 membres du nouveau

Conseil Electoral Provisoire (CEP)

du nouveau gouvernement de facto

d’Evans Paul alias K-Plim.

Cette formation du CEP soulève

déjà des contestations légitimes de la

part de plusieurs secteurs impliqués

dans ce processus. Les responsables

de certains secteurs dénoncent les

manœuvres du pouvoir tètkale pour

avoir le contrôle du CEP à travers les

représentants des secteurs de la femme,

des syndicats, de l’église protestante,

du secteur patronal, entre autres.

De toute façon, ce 5e CEP inspiré

de l’article 289 de la Constitution

de 1987, comme exige l’Opposition

est composé de : Ricardo Augustin,

représentant de l’église catholique ;

Vijionet Demero, des Cultes reformés

(protestante) ; Néhémie Joseph du

secteur paysan. Il était le représentant

du Parlement sur la proposition des

patrons des médias d’Haïti au précédent

CEP. Yolette Mengual du secteur

des femmes, contestée par SOFA et

d’autres organisations de femmes. Elle

était également la représentante du

Parlement. Jaccéus Joseph du secteur

des droits humains, l’un des représentants

des prisonniers politiques et des

victimes du régime dictatorial des

Duvalier, notamment celles de Jean

Claude Duvalier. Opont Pierre-Louis,

ex-directeur général de l’ancien CEP

de Gaillot Dorsainvil qui a plié l’échine

sous le diktat de l’ONU, de l’OEA et

Etats Unis au Conseil de Sécurité qui a

exprimé « la déception des Nations Unies

de voir que malgré les efforts du président

Martelly, le parlement est devenu dysfonctionnel

». Quel mensonge éhonté !

L’Ambassadeur chilien Cristian

Barros Melet a pour sa part indiqué que

« Nous n’avons pas une idée spécifique.

Mais nous essayons maintenant de

maintenir notre appui au gouvernement

haïtien avec pour but l’organisation des

élections avec les caractéristiques déjà

mentionnées. Il est trop tôt pour dire

si c’est nécessaire de continuer avec la

même configuration ou pas. Nous aurons

le temps pour cela. Sans compter que c’est

un processus complexe au plan politique.

Mais je vous assure que nous prenons

ceci très au sérieux et que le Conseil de

Sécurité est très attaché à la situation en

Haïti ». Dimanche, lors de la visite

de la délégation du Conseil de Sécurité

des Nations-Unis à l’Académie de Police

(Frères), le nouveau Ministre de facto de

la Justice Pierre Richard Casimir, sans

même se gêner, a demandé de maintenir

et de renforcer les effectifs de la Minustah

en ces termes : « Au nom du Président,

du Chef du gouvernement et de moimême,

je réitère au Conseil de sécurité

des Nations Unies notre demande de ne

pas réduire l'effectif des troupes de la Minustah

pendant le processus électoral. Au

contraire, il est nécessaire de renforcer les

contingents de la mission onusienne en

Haïti, comme d’ailleurs, la période électorale

est quelquefois marquée par des

tensions et des troubles. » Voilà le genre

d’hommes, de mercenaires, de bandits

légaux que les puissances impérialistes

veulent à la tête de l’Etat ; des vendeurs

de patrie qui parlent pour eux et font leur

affaire, comme l’avait indiqué Bill Clinton:

« c’est le gouvernement le plus cohérent

et le plus décisif avec lequel j’ai eu à travailler

sur un large éventail de questions.

»

En somme, cette visite du Conseil

de Sécurité n’est pas venue évaluer une

décennie d’échec, de massacres de nos

concitoyens, de l’implantation de Choléra

par la MINUSTAH, qui a déjà fait plus de

9000 morts et de la faillite de la démocratie

importée qu’on veut imposer à travers

un régime néo-duvaliériste, mais bien

pour rétablir la dictature dans le pays,

passant par la consolidation du régime

Les élections ne sont pas possibles avec Martelly au pouvoir ! déclare la

Coordination Dessalines (KOD)

de l’ambassade des Etats-Unis pour

placer Michel Joseph Martelly au second

tour de l’élection présidentielle

de 2010. Ce CEP était transformé en

un vaste marché où l’on vendait des

postes de député et de sénateur au

plus offrant. Les espèces sonnantes et

trébuchantes faisaient la loi au sein de

ce Conseil. Lourdes Edithe Joseph, du

CNEH, représentante du secteur syndical,

contestée par ses pairs. Il lui est

reproché de se laisser corrompre par

l’actuel ministre de l’Education nationale,

Nesmy Manigat. Elle a reçu

de lui un minibus évalué à plus de 4

millions de gourdes. Pierre Manigat du

secteur des medias : il était le rédacteur

en chef du quotidien Le Nouvelliste. Et

enfin, Lucie Marie Carmelle Paul Austin,

représentante de la Conférence des

recteurs des Universités d’Haïti, mais

contestée par le Conseil de l’Université

et le rectorat de l’UEH. Elle est professeure

à l’université et elle était ministre

de l’éducation nationale du gouvernement

Lavalas ; en automne 2003, elle a

remis sa démission pour aller rejoindre

le mouvement GNB anti-Lavalas.

L’Opposition revendique un CEP

inspiré de l’article 289, certes ; mais elle

exige que cet organisme électoral soit

constitué de personnalités crédibles,

honnêtes, capables de résister à toutes

formes de tentations et sur lesquelles

ne plane aucun doute. Ce n’est pas le

cas pour ces représentants-là, tout au

moins pour le secteur des femmes, syndical,

patronal, protestant, entre autres.

Ce 5e CEP en 5 ans ayant à sa tête

les représentants du secteur patronal,

Opont Pierre-Louis président ; des médias,

Pierre Manigat vice-président ; de

l’église catholique, Ricardo Augustin,

trésorier ; de l’église protestante, Vijionet

Demero, secrétaire, parviendrait-il à

réaliser des élections libres et inclusives

sous un gouvernement de facto et une

force d’occupation ? Quel sort lui est-il

réservé? L’histoire dira le reste.

Les masses populaires doivent

éviter de faire le jeu de l’ennemi. Il nous

faut appeler à un boycottage total de la

course électorale ; vu que tout est déjà

mis en place pour orienter les élections

vers le pouvoir en place pour confirmer

sa continuité. Déjà Martelly annonce

qu’il souhaite avoir un premier tour

des élections au mois de mai 2015.

Rencontre du Conseil de Sécurité avec les forces d’occupation la Minustah

néo-duvaliériste et corrompu de Martelly.

Aucun des partis politiques n’a

critiqué l’arrogance de Samantha Power,

l’ambassadrice des Etats-Unis quand,

pour nous faire la leçon, elle a osé déclarer

ces propos hypocrites : « Nous sommes

encore plus convaincus de l’importance

du compromis. Il est sûr que tout le monde

en Haïti n’obtiendra pas exactement ce

qu’il ou elle veut dans les prochains jours

ou dans les années à venir. Il est toutefois

important que tous les acteurs priorisent

Haiti et le bien-être général sur des intérêts

personnels. »

Sandra Honoré, la Représentante

spéciale du Secrétaire général des Nations

Unies et les autres membres de la communauté

internationale en Haïti représentés

dans le « Core Group » (les ambassadeurs

du Brésil, du Canada, d’Espagne,

de France, des États-Unis d'Amérique,

de l'Union européenne, et le Représentant

spécial de l'Organisation des États

américains) saluent l’installation du Premier

Ministre Evans Paul, la formation

du Gouvernement, ainsi que la constitution

du Conseil Électoral Provisoire (CEP).

Ils encouragent le nouveau Gouvernement

à créer les conditions politiques et

sécuritaires nécessaires pour garantir

l’organisation d’élections équitables,

crédibles et inclusives. En outre, la Communauté

Internationale, se réjouit que le

CEP avec ses nouveaux membres, puisse

continuer ses activités en toute indépendance,

en vue de garantir la transparence

et l’impartialité du processus électoral.

Le « Core Group » confirme son

soutien aux efforts de toutes les parties

prenantes pour le renforcement de la stabilité,

la consolidation de la démocratie et

le rétablissement du plein fonctionnement

des institutions du pays.

Nous ne sommes pas tout à fait

étonnés, quand le Conseil de Sécurité des

Nations-Unies, tout comme l’OEA, qui

ne sont que des instruments au service

de Washington, apportent leur soutien à

l’inacceptable en Haiti. Et pour couronner

le tout, le Club de Madrid va mener du 27

au 29 janvier 2015 sa 4ème mission qui

sera conduite par l'ex-Président mexicain,

Felipe Calderon, et l'ex-Président bolivien

et Vice-Président du Club de Madrid, Jorge

Kiroga. Les objectifs du Club ne seront

pas différents de ceux du Conseil de Sécurité

de l'organisation des Nations Unies.

Il s’agira de :

• Plaider pour la tenue d'élections

justes, transparentes et inclusives en

2015, et partager une analyse comparative

du système électoral;

• Analyser les implications de la

situation politique actuelle et favoriser le

dialogue politique et la recherche de consensus

entre les parties, afin de réduire les

risques d'aggravation de la crise politique

actuelle.

Quand bien même les alliés du

pouvoir et les partis politiques collabos

ne cessent de demander les élections, ils

sont clairs sur leurs objectifs et prennent

leur position. Il reste au secteur populaire

de ne pas démordre de ses revendications

afin de contrecarrer les projets ténébreux

des ennemis d’Haïti.

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015


Twa Fèy, Twa Rasin O!

Manifestants de tous les coins du pays, unissez-vous !

Tous devant les ambassades des pays «amis» !

Par Fanfan la Tulipe

Depuis déjà deux années, une majorité

de la population haïtienne, excédée

par l’irresponsabilité, les dérives,

les excès et les «abracadabrances» de

Martelly, a gagné les rues de façon régulière

et constante, pacifiquement, en très

grand nombre, encouragée et conduite

par des organisations et partis politiques

réclamant le départ du premier mandataire

de la nation. Au moment d’écrire ce

texte, les plus récentes mobilisations correspondent

aux dates suivantes : samedi

17, mardi 20, jeudi 22 et vendredi 23

janvier 2015.

Compte tenu du manque de volonté

politique d’importants partis politiques,

d’organisations dans le giron de la société

civile et de personnalités politiques

de premier plan de faire cause commune

avec la mouvance d’opposition exigeant

la démission de Martelly pour que le pays

reprenne son angle de fonctionnement

normal et démocratique; compte tenu

aussi de la complicité de l’oligarchie

locale et de la communauté internationale

qui soutiennent ouvertement ou

enchattement l’impudent Martelly, il ne

reste que la mobilisation populaire organisée,

sous l’égide de dirigeants unis,

démocrates, déterminés, efficients, de façon

à créer un état subversif de tension

politique qui force finalement les pays

«amis» à lâcher leur créature, comme ce

fut le cas le 7 février 1986.

Certes, nous comprenons le désir

des composantes agissantes de

l’opposition d’en finir avec le néo-duvaliériste

Martelly, nous comprenons

leur bonne foi de faire avancer la cause

populaire en mobilisant les masses selon

un calendrier défini à l’avance, ce qui

semble être témoin de leur détermination

à mener la bataille d’opposition jusqu’au

bout, jusqu’à la satisfaction de leur revendication

première, soit la reddition de

Martelly dont la chute devrait entraîner

le départ du gouvernement de facto dirigé

par le Premier Ministre opportuniste,

patatiste et «boulchitiste», Evans Paul.

Sans aucun doute, nous sommes

partisans de la poursuite de la mobilisation

sanpransouf des différents secteurs

de la nation, responsables, conscients

des enjeux, déterminés à ne pas laisser

rouler le pays dans l’abîme où veut le

précipiter Martelly et ses complices locaux

et internationaux. Quatre années

de corruption sur grande échelle, quatre

années passées à traîner la nation

dans les ornières d’une collaboration

écœurante avec l’étranger venu saquer

les richesses du sous-sol haïtien, quatre

années de dilapidation du trésor public,

quatre années d’imposture passées à

mentir systématiquement, quatre années

de turpitude morale dans l’ambiance

de petits et grands barons locaux de la

drogue ne peuvent être sanctionnées que

par une mobilisation concertée, tenace,

efficace des forces vives de la nation.

Nonobstant la volonté affichée

des dirigeants de l’opposition à balancer

Martelly et son régime, nous ne pouvons

nous empêcher de constater au moins

deux handicaps à leurs initiatives successives

de mobilisation populaire. Ces

deux obstacles doivent être surmontés de

façon ordonnée et pressante, autrement

l’opposition au pouvoir finira par manquer

de souffle, par s’effriter et s’épuiser,

d’autant qu’elle n’aura pas affiché un

programme minimum de transition pour

combler le vide laissé par le départ éventuel

de Martelly. Et c’est justement ce sur

quoi compte le mal élu du 11 mai 2010

pour «ouvrir ses ailes» et se mettre à gouverner

par décrets.

Le premier handicap se rapporte

au fait qu’il n’y a pas encore une ligne

d’action politique de base, concertée,

crédible qui ait été offerte à la nation

par toutes les composantes de l’opposition

qui réclament le départ de Martelly,

malgré l’existence d’une «table de

concertation». La communauté haïtienne

est intéressée à connaître les modalités

de la phase de transition et comment

elles déboucheront sur un CEP crédible…

et des élections non moins crédibles.

Autrement, elle risque de rester sceptique,

d’autant qu’elle a été tellement déçue par

les contorsions, pirouettes, cabrioles,

crocs-en-jambe et autres magouilles du

monde politicien.

Nous savons que l’organisation

populaire KOD a déjà fait une proposition

en 18 points dans ce sens (Haïti

Liberté. V8, No 27, du 14 au 21 janvier

2015). Nous en relèverons quelques

passages importants : le rétablissement

de la Constitution de 1987, tout en

programmant une date pour une assemblée

constituante ; l’annulation de l’arrêté

présidentiel sur le Fond national de

l’éducation, annulation des prélèvements

illégaux sur les transferts venant des

Haïtiens vivant à l’étranger et sur les appels

entrants en Haïti ; retrait des soldats

et de la police de la MINUSTAH, dans un

délai de trois mois ; annulation de tous

les “memorandums of understanding”,

toutes les autorisations sur les prélèvements

d’échantillon des produits miniers

et minéraux ; révocation immédiate de

tous les agents exécutifs intérimaires,

audit immédiate de leur administration

par la Cour des comptes ; organisation

des élections générales dans 3 à 6 mois,

avec la formation d’un CEP conformément

à l’article 289 de la Constitution de

1987.

Le deuxième handicap concerne

le parcours et le point d’aboutissement

des mobilisations. Qu’elles démarrent

à partir de St. Jean Bosco et du Bel-Air,

nous n’y voyons aucun inconvénient,

aucun problème, d’autant que ces deux

points de départ des manifestations charrient

une charge à la fois symbolique

et historique. Là où, à notre avis, il y a

un problème logistique, c’est cet entêtement

des organisateurs soit d’aboutir

devant le palais national, soit, à défaut

de cette satisfaction de terminer la manif

au Champ-de-Mars. Même, une ou deux

fois, il était question de faire le tour du

palais national un certain nombre de

fois ; cette dernière initiative nous paraît

inutile, puérile, si ce n’est infantile et

sans aucun impact réel sur l’objet même

des mobilisations.

Il nous a semblé que les organisateurs

et leaders de ces manifs devraient

prêter l’oreille à ce proverbe haïtien tellement

illustratif de la réalité actuelle,

à savoir pa kite mò a pou n ale kriye

nan pye sèkèy. En l’occurrence, le palais

national, symbole du pouvoir de Martelly

est «le pied du cercueil». Et qui est le

cadavre, qui est mò a ? Il est celui dont

il faut bien en tenir compte, d’autant que

le peuple haïtien, les progressistes, les

démocrates, les vrais patriotes haïtiens

l’ont déjà bien identifié. Paradoxalement,

c’est un mò bien vivant, puisque c’est lui

qui manigance les magouilles déstabilisatrices,

source de nos malheurs. Il se

terre dans l’ambassade cinquante-étoilée.

Bien avant Pamela White, depuis

1915 en fait, ce nid de scorpions qu’est

l’ambassade états-unienne est la source

des déstabilisations de la scène politique

haïtienne qu’elle manipule dans le sens

des intérêts du Grand Malfini.

Au cours de ces dernières années,

et particulièrement depuis les années

2003-2004, la bête étoilée s’est laissé

pousser deux ailes de malfaisance : la

France et le Canada. C’est justement cette

trinité scélérate qui a concouru en 2004

à mettre un terme brutal au mandat d’un

président légitimement élu, indépendamment

de ce qu’on a pu reprocher à ce

président. C’est elle qui a parachuté un

certain Gérard Latortue, alias Gwo Jera,

au poste de Premier ministre. C’est elle

qui, en la personne des époux Clinton,

a organisé «chanpwellement» le premier

tour (novembre 2010) et le deuxième

tour (mars 2011) des élections présidentielles

qui ont catapulté Martelly sur la

«chaise bourrée».

Mò sa a, c’est «un mort» tricéphale

dont la plus grosse et la plus hideuse tête

est celle des Etats-Unis. C’est dire qu’il

n’y a pas lieu pour les manifestants d’aller

kriye devant le palais national, nan

pye sèkèy la. Le mot d’ordre doit être

plus que jamais : devant les ambassades

amies ! Devant l’ambassade américaine,

nan tèt mò a ! Devant l’ambassade de

France ! Devant l’ambassade du Canada,

nan de pye mò a ! Il faut montrer le

«mort», dénoncer sa puante complicité.

Les yeux du monde entier seront tournés

vers ces ambassades chanpwèl, pour

bien montrer que c’est dans leur ventre

fécond que remuent tous les plans macabres

destinés à garder Martelly au

pouvoir, à bénir ses pulsions morbides

à gouverner par décrets dans le sens de

leurs intérêts.

Le grand avantage de cette «stratégie

du cercueil», c’est de faire pression sur

ces ambassades. Il faut les «coincer dans

la diagonale» d’une dénonciation permanente,

montrer ce qu’elles représentent :

des lieux de complots contre la sûreté et

le bien-être de la nation, des repaires de

fieffés hypocrites qui prêchent la démocratie,

le développement, la paix, l’ordre,

mais qui en fait font tout le contraire. Les

pancartes doivent exprimer clairement

que la population est consciente que c’est

l’ambassade états-unienne qui protège,

guide, conseille Martelly, de connivence

avec ses deux ailes de malheur, de connivence

avec la MINUSTAH, bref, avec les

forces des ténèbres.

L’idée de cette stratégie «cercueillante»

c’est de faire en sorte que la dynamique

de mobilisation soit constamment

dirigée vers le «mort» tricéphale, vers

les protecteurs de Martelly : l’ambassade

états-unienne principalement, les

ambassades française et canadienne, de

façon accessoire ; les forcer à demander

à leur marionnette de faire disperser la

foule. Ainsi la presse en sera témoin et

devra les dénoncer sans prendre souffle.

Les organisateurs de manifestations ont

le devoir de créer ce climat constant

d’effervescence sociale et politique, pareil

à celui qui a abouti au 7 février 1986,

jusqu’au départ de Martelly.

Dans cette perspective, la presse

devra jouer un rôle important. Elle ne

doit plus se cantonner dans son attitude

frileuse d’«objectivité», de pseudoneutralité,

d’«impartialité», de «tenir la

balance égale», parce que Martelly est

une menace à l’existence même de la

DENNIS MULLIGAN,

Attorney-at-Law

All aspects of Immigration Law

•TPS

•Residency

•Citizenship

Over 20 years experience

Nous parlons français

11 Broadway

New York, NY 10004

(near all trains)

646-253-0580

Mme Narcisse à la manifestation du 29 Novembre 2013 : coordonnatrice

du directoire de Fanmi Lavalas ou porte-voix d’une voix en coulisse ? Et

que défend-elle vraiment ?

nation, un danger ambulant qu’il faut

dénoncer sans désemparer, san pran

souf ; parce que le mec est un fieffé

jouisseur sans état d’âme, prêt à vendre

le pays. N’avait-il pas, une fois, dans un

langage sibyllin, souhaité voir Haïti et la

République dominicaine devenir un seul

pays ?

Dans cette perspective, il est important

que les «modérés» parmi les manifestants

réclamant le départ de Martelly

ne soient pas intimidés, ne soient pas

politiquement terrorisés à l’idée d’aller

devant ou le plus près possible des ambassades

«amies». Certains des modérés

seraient peut-être tentés de voir la stratégie

prônée ici comme «radicale», «de

gauche». Ils ne doivent pas «succomber

à la tentation», à cette tentation, mais

bien aider le peuple souffrant à se «délivrer

du mal» (mickiste). Ainsi soit-il. Il

faut mettre le maximum de pression sur

les ambassades, sur l’ambassadrice du

Grand Malfini, et non pas sur Martelly.

Car Martelly n’est rien, Pamela White

est tout. Martelly n’est rien, sauf un petit

vaurien ambitieux, sans scrupule, sans

décorum, sans aucun sentiment d’appartenance

à la nation dessalinienne. Il doit

donc partir.

Nous souhaitons fortement que

les «baz lavalas» choisissent leur camp :

celui d’un peuple écrasé par un régime

aux ordres des impérialistes, ou celui d’un

pseudo-directoire lavalas pusillanime,

timoré, ambivalent, changeant, laloz,

Menez Jean-Jerome

Attorney at Law

Real Estate

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4512 Church Avenue

Brooklyn, NY 11203

Nou pale kreyòl!

(718) 462-2600

(914) 643-1226 cell

indécis. Les «baz lavalas» doivent

enfin réaliser que le courage politique

n’est pas dans une commémoration

magouilleusement intéressée (trop

tardive) du massacre à la ruelle Vaillant

où il n’y avait aucun risque, mais bien

dans une détermination d’approcher la

bête devant sa tanière et de la forcer à

montrer son hideux visage.

D’ailleurs, pourquoi, au moment

de la confusion qui a régné au sein de

Lavalas autour de la marche du 29

novembre 2013, le directoire de Fanmi

Lavalas, armé de sagesse politique,

n’avait-il pas, «anfanmiment», choisi

de se recueillir d’abord autour de la

mémoire des victimes de la ruelle Vaillant

et ensuite aller manifester devant

l’ambassade U.S ? Le directoire avait-il

calbindé ? Avait-t-il eu quelque complicité,

tacite ou explicite, avec l’ambassade

états-unienne ? La rumeur à l’époque

n’avait-elle pas rapporté qu’un haut

placé de cette ambassade, la veille, était

allé rencontrer le seul et vrai dirigeant de

Fanmi Lavalas ? Maryse Narcisse est-elle

la coordonnatrice du directoire de Fanmi

Lavalas ou le porte-voix d’une voix en

coulisse ?

Alors, manifestants de tous les

coins du pays, unissez-vous ! Tous

devant les ambassades des pays

«amis» ! Tous devant ou le plus

près possible de l’ambassade américaine

! Fòk sa kaba ! Il faut que ça soit

kaba. Amen.

PAUL J. JOURDAN

ATTORNEY AT LAW

107 Kenilworth Place

Brooklyn, NY 11210

Phone:

(718) 859-5725

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Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Aksyon patriyotik:

yon mouvman politiko kiltirèl

Twazyèm pati

Feblès mouvman an

Konbinezon mouvman kiltirèl

ak mouvman politik Mouvement Haïtien

d’Action Patriotique (MHAP) la,

ki te ka konte sou motivasyon manm

li yo ki te trè aktif, te youn nan rezon

ki fè li rive mobilize anpil ayisyen aletranje

nan yon ti bout tan. Sepandan

mouvman sila a te vin pèdi frechè li jou

an jou. Hing hang ant diferan gwoup

pwovoke yon bann joure ak yon pakèt

divizyon. Men, si aksyon patriyotik la

te fè bèk atè se sitou paske mouvman

sa a te limite depi anpatan. Apa kòd

lonbrit li pa t mare ak Ayiti, li te gen

yon enfliyans tiboujwa ki te fò sou li.

Li enpòtan pou nou ajoute lefèt gouvènman

Divalye a te enfiltre mouvman

patriyotik la atravè konsila li gen aletranje,

ki te achte sèvis senkyèm kolonn

pou espyone militan, menase yo

epi destabilize mouvman an.

1. Reyaksyon emosyonèl

popilasyon imigre ayisyen yo

Baz sosysal aksyon patriyotik la se te

popilasyon ayisyen ki te emigre. Pi fò

lan moun sa yo te soti nan tiboujwazi a

e yo te rete ak mantalite yo. Reyaksyon

yo te bay devan nouvo sitiyasyon politik

ki te parèt an 1971la, lavèy, pandan

e apre lanmò Franswa Divalye, pa

t rezilta yon konsyans politik ki te fin

mi. Kòm nou te di deja se emosyon ki

t ap pouse yo. Pou yo se sèl Divalye

ki te reskonsab tout malè peyi a. Yo pa

t janm voye je yo sou chapant ekonomik

ak sosyal rejim nan. Se sa k fè yo

te tonbe kritike tout krim ak malvèsasyon

gouvènman reyaksyonè a san yo

pa makònen ansanm egzaksyon sa yo

ak politik ekonomik ak sosyal rejim

pouri a. Akoz konsyans politik yo ki

te wòwòt e poutèt mantalite tiboujwa

a te toujou kaye nan sèvo yo, foul ayisyen

aletranje yo te reyaji sitou anfas

mezi fachis makout yo ak evennman

ki te pwovoke lakay yo endiyasyon ak

revòlt tankou : desizyon Papadòk pou li

kreye yon pouvwa ereditè, prestasyon

sèman Janklod, fòmasyon kò Leyopa 1 ,

konmès san ak kadav 2 . Yo te mete yo

anbranl chak fwa gwoup patriyotik yo

te lanse yon apèl: swa pou manifestasyon

kiltirèl, swa pou miting politik.

Sepandan, malgre kominote ayisyen

yo t ap sipòte mouvman patriyotik

la selon konsyans yo, yo pa t janm

gen opòtinite pou patisipe yon fason pi

aktif nan devlopman li. Yo te toujou lan

yon sitiyasyon kote sèl wòl ki te rete

pou yo jwe se wòl piblik, asavwa : lektè,

oditè osnon espektatè. Yon piblik ki

RADIO

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te rete la sou pinga l, ape tann ak yon

antouzyas k ap bese firamezi ilizyon

l ap tounen lafimen. Fòk nou di tou,

moun yo te kwè di kou fè mouvman sa

a ta pral jete Divalye. Se lè yo te koumanse

rann yo kont jou an jou rejim

nan gèlè t ap reprann ekilib li san yo pa

pran sant ankenn delivrans, yo te vin

pentad epi rale dèyè yo grenn pa grenn.

Se konsa mouvman patriyotik la te tonbe

nan fè lakilbit. Se chak fwa gen yon

evennman ki pase, tankou debakman

refijye nan Miyami, kidnaping anbasadè

meriken Klintonn Nòks 3 oubyen

arestasyon an mas sitwayen an Ayiti,

si se pa lè sanginè yo touye kèk patriyòt,

enpe moun te rasanble nan manifestasyon

osnon lan reyinyon ki te deja

kou grenn pwa anfouraye lan diri. Apa

sa kominote a te chita sou blòk glas li

ap gade. Malgre anpil batay patriyòt yo

te mennen kont lide ansyen yo, lespwa

yon jou kon sa yon koudeta te ka fèt

osnon Depatman Deta te ka rebrase kat

la e mete yon lidè pwovidansyèl nan

palè nasyonal la, te toujou limen kou

lanp bòbèch nan kwen sèvèl yo. Se sa

ki esplike chak fwa yon nonm tankou

Kola 4 , Fòd 5 osnon Maglwa 6 te pile beton

Nouyòk la fò, yo te toujou jwenn

yon etamajò ki tou pare ak twoup rezèv

k ap tann siyal raliman. Menm lè anpil

moun te koumanse wè klè nan jwèt fo

pwofèt sa yo, yo te kanmenm anmezi

pou rasanble omwen 800 moun lan

reyinyon yo, alòske se lan redi patriyòt

konsekan yo t ap rale 200 moun

dèyè yo.

2. Konpòtman tiboujwa ak sektè

« lidè » yo

Si anbyans eksitasyon premye jou

aksyon patriyotik la te yon bèl opòtinite

pou rasanble kominote ayisyen

yo, « lidè » yo te pral montre enkapasite

yo pou pwofite sa. Sètadi prezante

yon pwogram travay byen balanse ki

ta pèmèt yo itilize posibilite patriyòt

ki pa t òganize yo, an konsiderasyon

ak nivo politik yo ak kondisyon y ap

viv aletranje. Pi wo a nou te montre

karaktè tiboujwa popilasyon imigre

ayisyen yo, si nou fouye pi plis n ap

konstate avangad mouvman patriyotik

la te fè pati fraksyon entelektyèl

tiboujwazi sa a. Kòm se sitou pòsyon

entelektyèl sa a ki te gen inisyativ

aktivite kiltirèl ak politik yo, se nòmal

pou ou te vin jwenn li nan tèt mouvman

an. Lè nou voye je sou Nouyòk

nou pran egzanp Komite Mobilizasyon,

ki sa nou wè ? Li te gen ladan

manm l’Heure Haïtienne (etidyan,

avoka, pwofesè), Twoup Kwidò

(etidyan, powèt, ekriven), Sèk Kiltirèl

Mapou (menm bagay) … Tousuit apre

fòmasyon komite mobilizasyon an gen

FEHEU (Fédération des Etudiants

Haitiens aux Etats-Unis) ki te suiv li

pye pou pye. Estati gwoup sa a kole l

danble nan menm fraksyon entelektyèl

la. E divès gwoup aksyon patriyotik ki

pral parèt pi ta yo pral pote menm mak

fabrik la piske lan fonnman yo n ap

jwenn epapiye : ansyen manm Komite

Mobilizasyon, ansyen manm federasyon

etidyan an, kèk grenn lòt entelektyèl

ak yon valè inivèsitè ki te soti tou

fre an Ewòp.

Mak fabrik sa a pral negatif pou

mouvman an. Sektaris, zizànri, anbisyon

pèsonèl te pral jwe yon gran wòl

nan relasyon gwoup yo. Plizyè ladan

yo t ap pale sou inite men yo chak te

vle pou inite sa a te fèt anba labanyè

pa yo. Yo t ap fè mannèv pou kontwole

yon mouvman ki pa t menm ko chita.

Divèjans politik yo pa t debat apati yon

liy politik klè men pito sivan ògèy ak

prestij chak gwoupman. Relasyon ant

gwoup òganize yo ak foul ki pa politize

yo menm se te yon relasyon vant ak

do.

Nan premye moman aksyon

patriyotik yo, gwoup yo te sitou vizaje

fòmasyon ideyolojik ak politik manm

yo, malgre kèk ti kontak detanzantan

ak piblik la osnon distribisyon trak lè

okazyon an mande sa. Pou jwenn solisyon

pwoblèm Ayiti fòk militan yo te

kapab sènen reyalite peyi a. Se pou

sa gwoup patriyotik yo te lage kò yo

nan etid teyorik. Kòm mouvman an te

baze sou lit anti diktatoryal, anti enperyalis

li te endispansab pou yo te fè

otopsi diktati a epi etabli koneksyon l

ak enperyalis la. Men priyorite yo te

bay fòmasyon pèsonèl manm gwoup

d aksyon patriyotik yo (G.A.P.) ak tan

gwoup yo te pase ap lanbinen pou met

mouvman an sou pye te lakoz yon gwo

eka te gen tan egziste ant G.A.P. yo ak

patriyòt ki te enterese nan mouvman

an. Ositou, amezi Aksyon Patriyotik

la t ap devlope se revè sa militan yo

te deside fè a ki vin pase. Gwoup yo

te vin konsantre tout aktivite yo nan

vann jounal, òganize fèt kiltirèl, fè miting

politik, distribye trak epi yo neglije

fòmasyon teyorik militan yo nètalkole

san pou otan sa pa t pwovoke yon

rapwochman ant foul yo ak gwoup yo.

Se peryòd sa a kouran 18 me a t

ap simen lepouvant andidan Mouvman

Aksyon Patriyotik la kit lan Etazini, kit

an Ewòp osnon Kanada. Lan kouran sa

a ou te jwenn MHAP ak UFHAP (Union

des Femmes Haitiennes Patriotes) ki

te lan Nouyòk, Komite Patriyotik Vètyè

lan Boston, Òganizasyon Revolisyonè

18 me a Pari ak Komite Patriyotik 18

me Monreyal. Yo te menm siyen yon

kominike ankomen pou yo di ki jan yo

tache ansanm kou 5 dwèt lan yon pla

men.

Lè En Avant te parèt sou sèn politik

la an 1972, li te fè yon kritik sevè

sou konpòtman gochis kouran 18 me a

ak erè mouvman patriyotik la te komèt.

Konsa tou li te pwopoze you nouvo

oryantasyon pou aksyon patriyotik la.

Se sèl gwoup ki te poze tout bon avèk

fòs nesesite pou mouvman deyò a konekte

ak mouvman anndan peyi a. Li

te afime san detou objektif gwoup la se

te devlopman mouvman patriyotik la.

Kijan ? Mobilize mas ayisyen lan imigrasyon

an apati pwoblèm konkrè yo

t ap konfwonte. Yo te di tou bi yo se

fòme patriyòt ki pi avanse yo, e dirije

militan yo sou Ayiti pou ranfòse fwon

enteryè a. Kouman ? Ak fòmasyon

ideyolojik e politik solid epi makonnen

kou krab ak mas popilè anndan peyi a

pou bati pati revolisyonè travayè ayisyen

an. Sepandan, sa pa t anpeche l

repete menm erè gwoup li t ap kritike

yo te fè anvan li. En Avant vin anfouraye

lan menm pratik opòtinis kouran

18 me a.

Angiz konklizyon

Nou sot wè ki jan ayisyen

Suite à la page (18)

Premye son klòch represyon

2015 lan sonnen

Samdi maten 24 janvye 2015 lan, se

avèk anpil chòk, anpil endiyasyon,

Inisyativ MPDP aprann arestasyon

ilegal, abritè, san manda Agwonòm

Gérald Mathurin, manm KROS, youn

nan òganizasyon manm Inisyativ

MPDP. Inisyativ la denonse jan yo arete

yon sitwayen sou baz akizasyon fantezis

yon moun, anvan tout ankèt.

Jij Elie Armand prezante l lakay

agwonòm Gérald Mathurin ak sòlda

MINUSTAH, fonksyonè Seksyon Dwa

Moun fòs okipasyon an epi lapolis

Jakmèl. Inisyativ MPDP pa konprann

kouman sòlda MINUSTAH ka gen konpetans

pou fè operasyon polis. Pa gen

okenn sitwayen ki konn dwa yo ki ta

ka aksepte fè temwayaj devan yon jij

ki ankadre ak fòs MINUSTAH ki ilegal

nan peyi a.

Jij toudenkou Elie Armand fèk

rive nan pozisyon sa a ak rekòmandasyon

Joseph Lambert. Non Jij sa a pa

parèt sou okenn lis ofisyèl CSPJ. Jij la

ta sipoze ap fonksyone nan jiridiksyon

Lamontay, li pa gen ankenn krent pou

debake Jakmèl al arete Agwonòm lan

dèyè do lalwa, nan yon lòt jiridiksyon.

Eske jij Elie Armand gen yon jiridiksyon

san limit ? Eske Jij Elie Armand

vle di popilasyon an, li gen tout garanti

paske se Joseph Lambert, youn nan

poto mitan pouvwa defakto Martelly/

Paul la ki nonmen l ? Eske jij la vle di

pouvwa l san limit?

Dapre tout enfòmasyon Sekretarya

Inisyativ MPDP resevwa li klè se

yon montaj politik ki fèt pou jete nan

prizon yon sitwayen onèt e respektab

ki pase yon gwo pati nan lavi l ap defann

kòz peyizànri an, espesyalman

kòz peyizan pòv nan Sidès yo. Akizasyon

yo mete sou do agwonòm Gérald

Mathurin an san fondman. Yo raple

nou latriye move kou ak mannigèt ansyen

senatè Joseph Lambert abitye bay

pou vòlè pouvwa nan depatman Sidès

la.

Sa fè kèk tan, tout popilasyon

an konnen Joseph Lambert te toujou

vle mete tout kalite akizasyon sou do

Agwonòm Gérald Mathurin. Se toujou

mobilizasyon popilasyon an ki chak

fwa fè li fè bak sou plan malouk li yo.

Jodi a, èske Joseph Lambert santi ak

nouvo gouvènman defakto a, pouvwa l

ogmante ki fè li relouvri paj pèsekisyon

politik li yo kont Agwonòm Gérald

Mathurin? Eske gouvènman K-Plim

nan ofri Lambert tout kouvèti ak garanti

pou koupe rache jan li vle nan peyi a,

arete moun, fè pèsekisyon politik sou

moun li vle?

Inisyativ MPDP di Joseph Lambert

ak tout akolit li yo se byen konte

Ayiti: Yon nouvo konplo kont

mas popilè yo ak nasyon an

Kominike plizyè

oganizasyon politik

Sa anpil patriyòt te prevwa epi t

ap denonse depi lontan reyalize jounen

jodi a. Pouvwa Martelly a ak alye li yo

t ap kreye kondisyon pou chanm depite

a ale, rann sena a disfonksyonèl pou l

te ka dirije peyi a ak kout dekrè. Koudeta

planifye sa a kont enstitisyon demokratik

yo nan peyi a pèmèt patriyòt

ayisyen yo dekouvri epi konprann pi

byen mak fabrik gouvènman Martelly/

Lamothe la pandan plis pase 3 lane

pratik politik li yo. Sa ki te parèt pou

sèten sektè kòm senp devyasyon ak

tandans otoritè, montre vrè figi l jounen

jodi a, tankou pwovokasyon jounalis

ak manm pati politik, kanaval anpèmanans,

alevini san rete aletranje, menas

ak arestasyon ilegal opozan, negosyasyon

bidon soti « El Rancho » rive «

Kinam ». Tousa se te divès pyès teyàt

pou te detounen atansyon tout moun

Agwonòm Gérald Mathurin

mal kalkile, popilasyon ayisyèn nan

pap kite kou sa yo pase ankò. Kouraj,

detèminasyon, presyon ak mobilizasyon

KROS, òganizasyon Defans Dwa

Moun yo, laprès ak tout òganizayon

patriyotik yo te rive fè yo libere Agwonòm

Gérald Mathurin menm jou a

nan aswè. Men lapolis Jakmèl mande l

pou l ale nan yon swadizan entèwogatwa

lendi maten, alòske yo pa genyen

okenn dosye sou li, ni pa gen plent ki

pote kont li!

Arestasyon ilegal sa a se yon

gwo siyal ki montre fòs fè nwa yo pare

pou fè tout kalite manti, manipilasyon,

montaj epi prepare tout kalite move

kou pou eseye bloke fòs demokratik ak

popilè yo pou anpeche peyi a reyalize

eleksyon lib, onèt, transparan ak patisipativ

nan lane 2015 lan.

Inisyativ MPDP lanse yon apèl

vijilans toupatou nan peyi a ! Veye

anwò veye anba ! Defakto yo ap prepare

tout vye konplo makab pou demobilize

popilasyon an, kite l kwoupi nan

lamizè, fè l panike. Fòk tout òganizasyon

patriyotik, demokratik ak popilè

yo pare yo pou yo kanpe anfas konplo

sa yo.

Inisyativ MPDP a rete kwè se

nan goumen fòs patriyotik, demokratik

ak popilè yo ap devlope plis kapasite

pou kontinye defann dwa ak enterè

popilasyon an. Inisyativ la rete kwè lajistis

ap fini pa pote laviktwa. Men pou

sa fòk fòs òganize pwogresis ak popilè

yo pa lache, fòk nou rete mobilize, ranfòse

òganizasyon nou yo, pou nou pare

pou kwape tout move je, tout pouvwa

abitrè, tout pisans etranje ki vle enpoze

peyi a dikta yo.

100 tan okipasyon sou divès fòm

se twòp atò! Viktwa, se pou pèp k ap

goumen!

Pou otantifikasyon : Ernst

MATHURIN /GRML ; Eveline LAR-

RIEUX / SOFA ; Ollery SAINT LOUIS

/ Ayiti Djanm ; Guy NUMA / MODEP ;

Pierre André GEFFRARD / KRPBB

Pòtoprens, 25 janvye 2015

sou nesesite òganizasyon eleksyon pou

renouvle tyè sena a ak chanm depite a.

Anreyalite, pouvwa Martelly/Lamothe

la te vle plonje peyi a nan yon

kriz grav pou te anpeche enstitisyon

demokratik yo renouvle nòmalman.

Koudeta kont enstitisyon demokratik

yo pa rive akouche jan yo te pwograme

l la akòz rezistans sèten sektè

popilè ak demokratik nan divès fòm

manifestasyon. Mobilizasyon nan lari

a pote ale Premye minis Lamothe, li

fòse KEP koupyon an demisyone epi

li fè Prezidan japwouv Kou Kasasyon

an rale kò l. Men sa pa rive anpeche

vid enstitisyonèl 12 janvye a, malgre

akò 23 desanm, akò chanpwèl

11 janvye, nominasyon yon premye

minis defakto ak yon kabinè ministeryèl

defakto. Enstans dekorasyon

defakto sa yo pa anpeche Prezidans

lan rete jodi a sèl enstans ki gen pouvwa

deside. Gouvènman defakto a pral

Suite à la page (15)

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015


Perspectives

Haïti gouvernance : Les jérémiades d’Himmler Rébu

Par J. Fatal Piard

Avec l’excision de la première corne

de malheur du nom de Loran Gagòt,

qui en deux ans de gouvernance a

décroché un doctorat en corruption, le

peuple haïtien se retrouve à un premier

bout du tunnel du désespoir dressé sur

son chemin par l’administration Martelly

/Lamothe. Contre toute attente,

personne ne sait à quel prix Loran Gagòt

a reçu le prix de leader latino-américain

le plus innovant. Chalmas !!!!!!

Sans prétendre pour autant contester

ce prix ordinaire, le peuple haïtien

vient de décerner à Loran Gagòt le

prix spécial de leader mondial le plus

innovant en corruption et en vol. Les

révélations d’Himmler Rébu, quoique

tardives, viennent étayer la thèse selon

laquelle aux dernières compétitions

mondiales de la corruption à grande

échelle l’équipe de Loran Gagòt est

sortie championne.

Certains d’entre eux se sont enrichis

et sont retournés d’où ils étaient

venus, soit des Etats-Unis ou du Canada.

Cependant, ce Rébu est est le seul

compatriote qui ignore magistralement

ce proverbe Ayisyen qui stipule : « Depi

w al nan resepsyon kay makomè koukou

se tou nòmal pou w manje okabine

chwal vant deboutonnen ». Cependant

sa tentative maladroite de se disculper

justifie pleinement cette mise au point

que nous estimons salutaire.

Campons Rébu

Campons brièvement cet individu qui

se nomme Himmler Rébu gendarme

sous le régime féroce des Duvalier. Entendez

par gendarme, un psychopathe

sans foi ni loi, qui rien qu’avec son

révolver s’octroie le droit de vie ou de

mort sur quiconque aurait l’intention

de revendiquer une vie digne pour les

opprimés. Rébu commandait le Corps

des Léopards, une horde de sauvages

entrainés par les vétérans de la Guerre

du Vietnam qui leur ont appris les

dernières techniques de torture.

Cela va sans dire que Rébu, même par

personne interposée est l’auteur de

milliers d’exactions. Pas une fois, il n’a

senti aucun sentiment de culpabilité

d’avoir fait partie de cette armée qui a

broyé des milliers d’âmes, juste pour

permettre à la dictature des Duvalier de

se perpétuer au pouvoir. Sans avoir eu

la décence de présenter ses excuses à

la population et plus particulièrement

aux familles des victimes, Rébu siège

parmi les défenseurs des droits humains.

Si Lik Dezi te la ap mande pou

l gen plas pa l tou fòk ou bijo ba li l.

Bien au contraire même au moment

de ses ébats vespéraux, Rébu

s’accoutre encore fièrement de ses

épaulettes de colonel. Pourtant, ces

épaulettes sont maculées de sang des

opposants au régime sanguinaire des

Duvalier qu’il a ingurgité à grandes

lampées. Paske sou Divalye, depi de

pat men w pa tranpe nan san kamoken

rive jis nan zèpòl, grad ou pa fouti

depase kaporal nan lame d Ayiti.

Si Hitler avait pu se payer les

services de Rébu dans le cadre de son

entreprise d’extermination des juifs, il

aurait pu s’assurer qu’il n’en resterait

aucun aujourd’hui. Dans la galerie des

faiseurs de coups d’Etat en Haïti, Rébu

reste et demeure le seul et l’unique

gendarme à ne pas trouver de place.

Car, il a raté le sien qu’il a tenté contre

son frère d’arme Prosper Avril. Permettez

nous une toute petite digression

pour rappeler que ce même Posper

Avril s’était complu à torturer en personne

trois militants « politiques » Jean

Auguste Mèsyeux, Marino Etienne et

K Plim.

Pour montrer au monde entier

qu’il n’est pas disposé à plaisanter

avec les opposants, Avril, en bon héritier

des Duvalier s’était rendu à la Télévision

Nationale et avait ordonné que

ses martyrs fussent exhibés à l’écran.

Avril te bezwen fè tout moun pè. 26

longues années après, cette séance de

torture a servi à légitimer K Plim pour

son poste de Premier Ministre. Gad jis

ki lè K Plim vin benefisye kèk kout

baton vendik kriminèl yo rele Avril la

te ba l.

Kesyon pou n ta poze jounen jodi

a èske se pat plan yo ? Avril ta matirize

yon moun pou l pa ta mouri tèt nwè?

Rete tande !!! Revenons à ce Rébu, qui

est notre sujet principal. Non satisfait

de son grade de colonel, Rébu au fait

de sa mégalomanie hypertrophiée

comme tout ses collègues jandam était

hanté par ce brûlant désir de se hisser à

la magistrature suprême par n’importe

quel moyen.

Pour y parvenir, dans la nuit du

31 mars au 1 er avril 1989 cet obsédé

Himmler Rébu

de pouvoir et de gloire a tenté un coup

d’Etat contre son matchòpwèl un autre

téméraire du nom de Prosper Avril, militaire

tout comme lui. « Batay Rebi ak

Avril se te batay kòn ak zago », aurait

commenté notre collègue Wilhem

Cadet. Sa vle di Rebi ak Avril se menm

Salopri yo. Se menm kabrit Tomazo

yo. Menm kòn menm zago.

Rébu n’ayant rien réussi dans

sa vie, a cru pouvoir réparer toutes

ses vilénies en l’espace d’un cillement.

Cependant il n’a pas pris le temps de

peser les retombés d’une entreprise

aussi délicate qu’un coup d’Etat auquel

l’ambassade étasunienne n’avait pas

jugé nécessaire de donner son aval.

Kouman Rebi fè te pèmèt li met nan

tèt li, l gen dwa fè yon koudeta san

anbasad meriken pa ba l dwa ?

Nonm Rebi sa a se sèl grenn

kretyen vivan ki fèk sòti sou yon lòt

planèt ki pa konnen pèsonn pa gen

dwa fè yon koudeta nan okenn peyi

san anbasad Etazini pa ba l dwa

pou l fè sa. Ne pouvant se permettre

d’abattre son compère Avril comme il

le faisait d’habitude pour les Kamoken

ainsi que les autres opposants au

régime des Duvalier, Rébu a trimbalé

dans toute la capitale haïtienne avec

son prisonnier.

Le coup d’Etat ayant échoué,

Rébu a dû fuir en toute hâte la fureur

d’Avril son compagnon d’arme qui en

signe de revanche a dissous le Corps

des Léopards ainsi que celui des forces

tactiques des Casernes Dessalines : de

kò kriminèl san fwa ni loi. La fuite irréfléchie

de Rébu l’a conduit aux Etats-

Unis. Les autorités de ce pays détenant

le monopole des coups d’Etat, jetèrent

Rébu en prison pour punir sévèrement

cet affront à l’hégémonie de la république

étoilée.

Men, kòm jandam se bèt seren

sa pa di l anyen. Rébu va se rattraper

en prenant une part active au massacre

de la population des bidonvilles

à l’occasion du sanglant coup d’Etat

du 29/30 septembre 1991 contre le

Président Jean Bertrand Aristide qu’on

lui a appris à haïr irrémédiablement.

Moins de dix ans après, Rébu va récidiver

en s’infiltrant comme conseiller

du Front sous la commande de Guy

Philippe.

Plusieurs réunions ont été organisées

à l’initiative de l’ambassade

étasunienne pour planifier le massacre

des militants du mouvement populaire

dans le cadre des chambardements

ayant conduit au coup d’Etat kidnapping

du 29 février 2004. L’un de leurs

agents, un certain André Apaid n’avait

pas apprécié la présence inopportune

de ce Rébu. Avec des mots ronflants,

Rébu fut invité à vider les lieux.

« Ou pa bezwen vin nan reyinyon

an, ou konnen byen anbasad

meriken pap dakò avè w ». N’était-ce

l’intervention de K Plim, Rébu n’aurait

pas eu l’opportunité de prendre

une nouvelle fois une part active

aux massacres des populations des

quartiers que les intellectuels aliénés

du Collectif Non qualifiaient de Zone de

Non Droit.

« Kolonèl Rebi vin wè m nan

Sendomeng li di m li pap ka ban m

kout men kote m ye la a. Men li ban

m garanti kou m travèse fwontyè a

rantre Ayiti m ap mete anpil moun ak

gwo zam a dispozisyon w pou touye

dènye grenn militan Lavalas nan peyi

a ». a avoué Philippe. Mais, astucieux

comme lui seul, Rébu a osé y apporter

des démentis tout en admettant avoir

rencontré Guy Philippe dans la capitale

dominicaine. Se croyant intelligent, il a

volontairement omis la teneur le leur

entretien. Nan tèt Rebi se li ki pi entelijan

, men menm yon ti kou Deta li

pa ka fè.

Analysons la lettre de Rébu

Dans cette lettre ouverte à Lilianne

Pierre Paul les lamentations déchirantes

de ce Rébu ne sont qu’un

indicateur du niveau de naïveté du

plus grand hâbleur de toute l’histoire

d’Haïti qui se prend pour un intellectuel

òt pòte. Pour s’attirer les bonnes

grâces de Miki, Rébu disait toujours

sur les ondes des stations de radio de

la capitale. « Pouvwa sa se pouvwa pa

m ». il ne saurait y avoir de meilleures

preuves d’adhésion à l’équipe kale

tèt.

Ainsi, l’on se demande à raison,

comment se fait-il que Rébu puisse

venir se plaindre aujourd’hui de découvrir

que l’ombre de la corruption puisse

hanter chacun de ses pas, même après

avoir été renvoyé malhonnêtement par

celui que hier encore il couvrait de flatteries

répugnantes. Bèt yo rele jandam

sa a !!! En principe la lettre devrait être

adressée à tous les journalistes qui ont

eu le courage de faire écho à ce nouvel

échec de Rébu.

Rébu s’en veut amèrement

d’avoir entrainé sa fille de 30 ans avec

lui jusqu’aux confins des abimes de la

corruption. Or, sa progéniture ne s’en

est sentie nullement gênée. Se Rebi wi

ki jennen pou pitit fi l la ki li menm

pa gen okenn pwoblèm ak sa. Enben

monchè se pou w pann tèt ou. Prétextant

ses droits de réserve auquel le

contraint sa profession de gendarme,

Rébu en bon roublard n’a pas eu le

courage de mentionner les noms de

ces champions de la corruption qu’il

a voulu pourtant dénoncer. Poukisa

nonm Rebi sa a pran moun menm ?

Pou jandam parèy li ??? Enben pesonn

pat bezwen voye pitit yo lekòl.

Voici le coup vindicte qui assomma

le Koukou le plus résistant avant de

déclarer que le dossier est clos, tout en

laissant son poste la tête encore plus

basse que lorsqu’il y faisait son entrée

à quatre pattes. « Je n’avais aucune

idée de l’état de pourrissement de mon

pays » Ki pawòl salami sa a Rebi ap

vin ba moun kenbe la a ? Kòm si Rebi

pat janm konnen kouman lame d Atiti

te pouri ak dilè dwòg ak vòlè ak kriminèl.

Enben monchè al mennen yon ti

ankèt nan Trezò Piblik pou w konnen

kiyès nan lame a ki te fin vòlè lajan

pansyon ti jandam yo. Rebi pa fout

pran karaktè moun sèvi bwa dan w

tande. Jandam kote w te ye.

Protestations de Radio Kiskeya contre des actes de corruption

au Palais National à l’endroit d’un groupe de journalistes

Port-au-Prince, le jeudi 22 janvier 2015

M. Lucien JURA

Porte-parole de la Présidence

Monsieur le porte-parole,

Par la présente, Radio Télé

KISKEYA tient à protester auprès du

président de la République et auprès

de vous en particulier, contre

l’acte ignoble de corruption dont, de

concert, vous vous êtes rendus responsables

le 23 décembre dernier

quand, à l’issue d’une réception à

laquelle vous avez convié des journalistes

accrédités au Palais National,

vous leur avez remis des enveloppes

contenant respectivement cinquante

mille gourdes (50.000.00 Gdes) et

quarante mille gourdes (40.000.00

Gdes).

Selon les informations recueillies

auprès des concernés, le président

de la République, Michel Joseph

Martelly, leur a personnellement offert

« un petit cadeau pour la modicité

duquel ils ne devraient pas se formaliser.

» Il les a par la suite, référés

à son porte-parole, Lucien JURA, et à

Esther FATAL, responsable du Bureau

de Communication de la Présidence,

qui ont personnellement remis à chacun

d’eux l’ignoble cachet sous les

feux des caméras du Palais.

L’affaire est d’autant plus

scandaleuse et choquante que

vous, M. JURA, journaliste de carrière,

avez directement pris part à

cet acte d’avilissement de la profession

à laquelle vous devez d’être

aujourd’hui à une aussi haute fonction.

Pour la gouverne du chef de

l’Etat, de la vôtre et de celle du public,

sachez, Monsieur le porte-parole,

que les trois journalistes de KISKEYA

qui ont commis l’impair de souscrire

à cette ignominie, ont été sévèrement

sanctionnés après que leur acte fut

analysé et condamné non seulement

par la Direction Générale de la station,

mais aussi par le reste du personnel.

Il leur a même été conseillé

de restituer au Palais National ces «

malheureux deniers » qui ne leur appartiennent

pas en propre, mais qui

sont ceux de l’Etat et donc du public.

Une telle recommandation est

d’autant plus indiquée que, depuis sa

fondation, en 1994, Radio Kiskeya a

survécu à toute tentative de corruption

sous différents régimes.

Ce « cadeau empoisonné » constitue

un acte flagrant de corruption

perpétré au détriment du Trésor Public.

Il est un exemple patent du gas-

M. Lucien JURA

pillage systématique et désinvolte des

deniers publics par les autorités, les

fonds mis à leur disposition ne devant

pas servir à octroyer des largesses à

des fins bassement politiciennes et de

manipulation.

Pour leur part, les journalistes

qui en ont été les bénéficiaires ont

violé une règle cardinale d’éthique et

de déontologie professionnelles consistant

en la préservation absolue de

l’intégrité, de l’indépendance et de la

crédibilité du journaliste.

Liliane PIERRE-PAUL et

Marvel DANDIN

Remettre des « enveloppes

chargées » à des journalistes disposés

à la file indienne devant des caméras

constitue un acte que même les

pires dictatures qu’a connues le pays

n’ont pas osé perpétrer. Cela reflète

le niveau de dégradation générale

des valeurs morales tant au niveau

de l’Etat que dans l’ensemble de la

société auquel le secteur de la presse

n’a malheureusement pas échappé.

Radio KISKEYA condamne énergiquement

de telles pratiques et

encourage l’ensemble de la corporation

à les combattre avec la plus

vigoureuse détermination. En aucune

manière, les problèmes réels de traitement

et de conditions de travail dans

les médias, dont Radio KISKEYA est

consciente, ne peuvent les justifier.

Un gouvernement qui prétend vouloir

instaurer l’Etat de droit devrait plutôt

veiller à l’existence de conditions juridiques,

administratives et fiscales

favorables à l’essor de médias puissants

et techniquement performants,

en mesure de répondre tant aux exigences

du public qu’à celles de leur

personnel.

L’acte déshonorant du 23

décembre s’inscrivant dans le cadre

ambiant de la corruption institutionnalisée,

Radio KISKEYA condamne la

corruption en général et appelle à une

gestion rigoureuse et judicieuse des

ressources publiques.

Vous présentant tout de même

ses salutations et espérant que vous

vous ressaisirez, Radio KISKEYA réitère,

Monsieur le porte-parole, son

engagement en faveur d’une presse

démocratique, libre, indépendante,

crédible, responsable et prestigieuse !

Marvel DANDIN

Directeur Général

Trésorier du

Conseil d’Administration

Liliane PIERRE-PAUL

Directrice de Programmation

Vice-Présidente du

Conseil d’Administration

Stéphane PIERRE-PAUL

Directeur de l’Information

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

7


Perspectives

Les manifestations doivent continuer !

Par Isabelle L. Papillon

Si d’un côté la classe dirigeante

traditionnelle réactionnaire et

la communauté internationale,

ennemis traditionnels et conjoncturels

du peuple haïtien se regroupent

contre les intérêts supérieurs de

la Nation. De l’autre, les masses populaires

fourbissent leurs intelligences

et leur courage pour faire trembler

les ennemis du peuple. Comment la

solution durable et fiable pourraitelle

venir de l’Internationale ? A la

coalition fictive composée des Duvaliériste-macoutes,

des GNBistes,

de l’équipe tètkale, de INITE, de la

Fusion des Sociaux- Démocrates et

de leurs alliés, il faut se joindre une

large volonté populaire pour leur

couper court ?

L’Opposition qui regroupe

la Plateforme Pitit Dessalines,

le Mouvement Patriotique de

l’Opposition démocratique (MO-

POD), l’organisation politique Fanmi

Lavalas et autres alliés se mobilisant

régulièrement dans les rues

croit qu’aucune solution n’est possible

avec tous ceux qui contribuent

à plonger le pays dans cette crise. «

Le problème c’est Martelly et la solution

n’est autre que son départ du

Palais national, » C’est ainsi que les

manifestants résument la situation

actuelle en Haïti.

Entre-temps la mobilisation

se poursuit pour exiger le départ de

Michel Martelly à la tête du pays.

Le jeudi 22 et vendredi 23 janvier

dernier 2 journées de manifestation

ont eu lieu à Port-au-Prince dans le

même objectif. Celle du vendredi 23

voulait aller accueillir les membres

du Conseil de Sécurité à l’aéroport

International Toussaint Louverture,

mais elle en a été empêchée par des

agents de la Police national d’Haïti

(PNH) au niveau de la route de Delmas

33, conduisant à sa destination.

Les manifestants ont été contraints

de se diriger vers Delmas 31, route

de l’aéroport, route de Delmas, Sans-

Fil en direction du Perpétuel secours

où ils ont mis fin à cette manifestation

pacifique, après la tentative de

la Police d’évacuer une autre fois la

manifestation.

La mobilisation doit prendre

toutes les formes. C’est dans cette

perspective que nous insistons qu’il

faut qu’il y ait une certaine discipline

au sein de la mobilisation.

Le peuple doit rejoindre les étudiants

en agronomie et des cadres

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Le problème c’est Martelly et la solution n’est autre que son départ du

Palais national, » C’est ainsi que les manifestants résument la situation

actuelle en Haïti

du ministère de l'agriculture, continuer

de protester contre la nomination

de Jean François Thomas,

Fednel Monchéry et Pierre André

Gedeon, respectivement ministre de

l'Agriculture, secrétairerie d'état à la

Réforme agraire et secrétaire d'état à

la Relance agricole. Aujourd’hui, la

mobilisation a pris une grande ampleur

au ministère de l'agriculture et

à la faculté d'agronomie où des barricades

de pneus enflammées ont été

dressées à l'entrée de ces deux institutions

situées à Damien, paralysant

ainsi la circulation sur la route nationale

numéro un.

La grève des chauffeurs et

celle des professeurs doit faire partie

prenante des revendications populaires.

A ce stade, quid de la République

? Selon le sénateur Wetsner

Polycarpe, il n’y a que 10 élus, en

l’occurrence 10 sénateurs de la République

qui ne peuvent rien faire

sans une majorité. Pour le sénateur

Stevens Benoit, le pays se trouve

sous l’empire des faux amendements

de la Constitution de 1987,

un faux budget, un gouvernement

de facto et des ministres qui ne

répondent pas aux prescrits de la

Constitution ; quand la justice est

vassalisée et décriée. L’éducation

est en grève, les élèves sont dans

les rues pour exiger la présence des

professeurs dans les salles de classe.

La corruption fait rage, alors que le

peuple haïtien se trouve une fois

de plus face à l’histoire après 211

ans d’indépendance, comme c’était

le cas de 1915 à 1934 et de 1957

à 1986. Autant de raisons pour

n’avoir d’autre choix que de prendre

son destin en main, en maintenant

le flambeau de la mobilisation

jusqu’à la victoire finale.

Haïti, cinq ans après : de la

catastrophe humanitaire au

désastre social

Par Frédéric Thomas*

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Le 12 janvier 2010, un séisme

ravageait Haïti. L’élan médiatique et

émotionnel, la mobilisation mondiale

convergèrent dans la conférence internationale

du 31 mars à New York annonçant

10 milliards de dollars pour «

reconstruire en mieux ». Occasion manquée.

La faillite de la reconstruction est

d’abord le fruit d'un triple échec : humanitaire,

international et politique.

L'échec humanitaire

« Reconstruire en mieux » ? Peu a été

reconstruit, souvent de manière précaire,

les Haïtiens ne vivent pas mieux

qu’auparavant et le pays demeure

vulnérable aux aléas climatiques.

Sans compter l'épidémie de choléra introduite

par les casques bleus en octobre

2010. De plus, les 10 milliards de

dollars mêlaient en fait des promesses,

des réductions ou annulations de dette,

de l'argent déjà budgété et des engagements

effectifs, qui, de toutes les

façons, ont principalement servi à financer

les interventions des donateurs

eux-mêmes. Enfin, les « dysfonctionnements

» habituels de l'aide internationale

sont réapparus : manque de coordination,

usage de l'anglais, substitution

des acteurs haïtiens.

Si des séismes de plus grande

ampleur ont fait nettement moins de

dégâts ailleurs, c'est que ce sont les

conditions sociales préexistantes qui

transforment un tremblement de terre

en fait divers ou en catastrophe. Or,

le 12 janvier 2010 avait été précédé

par une catastrophe sociale : manque

d’infrastructures et de mécanismes de

prévention des risques, pauvreté, etc.

La catastrophe naturelle faisait écran,

confondant les effets et les causes,

l'action compassionnelle et l'urgence du

changement pour sortir Haïti du cycle

de catastrophes et de dépendance. En

réalité, l’humanitaire agit davantage

en fonction de sa propre logique que du

contexte où il intervient.

L'échec de la « communauté »

internationale

Le récit est convenu : l’État haïtien,

faible et corrompu, serait venu à bout

du zèle et de la bonne volonté occidentale.

Mais le président Michel Martelly,

au pouvoir depuis avril 2011, jouit toujours

du soutien international, même

si le pays s'enfonce dans la crise, suite

au report répété des élections. Ainsi,

le 12 janvier 2015 marque à la fois

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le cinquième anniversaire du séisme

et le terme du mandat des députés et

d’un tiers des sénateurs (un tiers a déjà

achevé son mandat, sans être renouvelé),

faisant planer la menace d’un

tournant (plus) autoritaire du régime.

La nature de l’État haïtien est le

fruit de l’histoire, de rapports sociaux et

de politiques néolibérales. Économiquement

– son budget dépend à plus de

60% de financements extérieurs – et

politiquement – via notamment la

présence, depuis 2004, de quelques

8000 soldats et policiers des Nations

unies (MINUSTAH) –, l’État est assujetti

à la communauté internationale, en général,

et aux États-Unis, en particulier.

Cela ne l’empêche pas d'exercer un réel

pouvoir de domination sur son peuple.

Les Haïtiens ont certes un problème

avec leur État. Mais les ONG et

instances internationales ne sont pas

la solution à ce problème. Au contraire

même, elles y participent. D’où un

double discours : en appeler au renforcement

de l’État haïtien et à la lutte

contre la corruption, tout en contribuant

à l’affaiblissement des institutions publiques

et à la consolidation d’une élite

au pouvoir, qui alimente et se nourrit

des inégalités, de la corruption et de la

servitude de l’État.

La condamnation morale et les

solutions avancées par la communauté

internationale viennent buter sur cette

realpolitik. Le drame de Haïti est que les

deux principaux acteurs institutionnels

– l’État haïtien et l’ONU –, censés assurer

et orienter la reconstruction, sont

discrédités : le premier pour son autoritarisme

et sa corruption, le second pour

son refus de reconnaître sa responsabilité

dans l’introduction du choléra, les

deux pour leur ultralibéralisme et leur

mépris du peuple.

L’échec politique

La reconstruction est devenue dans le

même temps une machine à dépolitiser

et le cache-sexe d’une politique déterminée.

D’un côté, la catastrophe et la

Reconstruction ont été vidées de toute

interrogation gênante. La politique divise,

l’humanitaire rassemble. Mais il

rassemble les Haïtiens sous le statut

de population victime et passive, qui

doit être soignée et administrée par la

communauté internationale. D’un autre

côté, le choc et l’urgence ont servi de

catalyseur à des politiques ultralibérales

dont la zone franche de Caracol constitue

le modèle, et le « Haïti is open for

busisness » le slogan.

La prétendue neutralité politique

de la reconstruction revenait à la mettre

au service de l’institution la moins

neutre et la plus politique de toutes :

le marché. Les Haïtiens eurent droit à

tout : à l’humanitaire et au marché. Et

même au marché humanitaire. Mais

pas à décider par eux-mêmes, à faire

valoir leurs expertises et leurs droits,

fût-ce à l’encontre de l’humanitaire et

du marché.

Haïti ne constitue pas un cas exotique.

L’usage des crises et des chocs

pour avancer des mesures impopulaires,

sous le double masque du marché et de

l’efficacité, et la réduction de la liberté à

la tenue d’élections devant entériner le

« bon » gouvernement, pour mettre en

place les politiques « adéquates » (déjà

définies par les institutions internationales),

rappellent le traitement de la crise

grecque. Au final, la reconstruction de

Haïti a fait converger l’humanitaire,

l’État et la communauté internationale

dans une même politique de dépossession

des Haïtiens, échangeant le hasard

d’une catastrophe naturelle contre la fatalité

d’une catastrophe sociale.

* Politologue, chargé d’études au

Centre tricontinental - CETRI (www.

cetri.be, Louvain-la-Neuve), auteur

notamment de L’échec humanitaire. Le

cas haïtien (Bruxelles, 2012).

8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015


This Week in Haiti

Why Did the UN Security Council Visit Haiti?

by Marie Laurette Numa

On Jan. 23, a delegation of the

United Nations Security Council

arrived in Haiti for a three day visit.

The delegation, consisting of representatives

of 15 member states currently

on the Security Council, was

co-chaired by Chilean ambassador

Cristian Barros Melet, who holds the

rotating Security Council presidency

for January, and Samantha Power,

the U.S. Ambassador to the UN.

During its visit, the delegation

met with President Michel

Martelly and de facto Prime Minister

Evans Paul, as well as the de facto

president of the Senate, Andris Riché.

It also met with “civil society”

representatives and political parties

such as the Lavalas Family (FL),

as highlighted an by FL Executive

Board member, Dr. Schiller Louidor

during a Jan. 25 interview on Radio

Panou’s program “Haïti en Ondes.”

Many are questioning the purpose

of this visit, which comes on

the heels of Martelly carrying out a

virtual coup d’état in Haiti. Because

Martelly managed to hold no elections

for over three years, Parliament

expired on Jan. 12, and he

now rules by decree. Meanwhile,

several huge demonstrations take

place every week in the capital and

across Haiti demanding that Martelly

resign and the UN military

occupation, known as MINUSTAH,

leave.

Haiti is the UN’s only military

mission in the Western Hemisphere,

and clearly the Security

Council sees the situation in Haiti

as critical. As a cover, the Security

Council said they came to Haiti to

“assess the pre-election political situation.”

Does Haiti have a mere

“electoral crisis” ? No, Haiti has a

much deeper political crisis where

the Haitian masses are mobilized

to demand Martelly’s resignation,

a new provisional government to

hold free, fair, and sovereign elections,

and an immediate end to UN

military occupation of Haiti by some

7,500 troops.

It would have been more

honest if the Security Council delegation

said that it came to “assess”

the utter failure over the past almost

11 years of MINUSTAH, which has

been deployed in Haiti since Jun. 1,

MINUSTAH

U.S. Ambassador to the UN Samantha Power shakes hands with Haitian

police officers.

2004. Although called the UN Mission

to Stabilize Haiti, the occupation

force has never done that. On

the contrary, the MINUSTAH helped

to unconstitutionally overrule Haiti’s

electoral council in 2011 to place

Martelly in power and then has

backed him up as he has engaged

in flagrant corruption, arbitrary repression,

political arrests, and the

dismantling and abuse of Haitian

democratic institutions, including

the judiciary and the Parliament.

Then these foreign patrons have the

gall to present themselves as the

watchdogs of representative democracy

and of human rights.

Clearly, the UN delegation had

no other purpose than to reinforce

Martelly’s crumbling regime. As the

Miami Herald said in its Jan. 26 editorial:

“UN diplomats did their best

to put a smiley face on the grim picture

in Haiti during a weekend visit,

but no amount of diplomatic artistry

can conceal the ugly truth: Haiti is

back to one-man rule, and no one

can say how long it will last.”

Samantha Power articulated

this cynicism when she stated that

“we informed President Martelly

and his ministers of our disappointment

that he was not able to find

a compromise and avoid the departure

of parliamentarians.” How absurd!

Over more than three years,

he couldn’t find a compromise?

The Chilean Ambassador Cristian

Barros Melet added to the charade

by expressing “our appreciation

for the efforts he made to find

a consensus to keep the Parliament

functional and to facilitate the voting

of the electoral law.”

But the Chilean Ambassador

acknowledged the fluidity of the political

situation when he added that

“we are now trying to maintain our

support for the Haitian government

with the aim of organizing elections

with the features already mentioned,

but it is too early to tell if it is

necessary to continue with the same

configuration or not. We will have

time for that. Not to mention that

it is a complex process politically.

But I assure you that we take this

very seriously and that the Security

Council is very attached to the situation

in Haiti.” It is shocking that he

finds it normal that the UN should

meddle in Haitian elections and suggest

what the proper electoral “configuration”

should be.

On Jan. 25, the delegation

visited the Police Academy off the

Frères Road in Port-au-Prince, during

which the new de facto Justice

Minister Pierre Richard Casimir unabashedly

asked for MINUSTAH to

increase its forces.”On behalf of the

President, the Head of Government,

and myself, I reiterate to the United

Nations Security Council our request

not to reduce the number of troops

of MINUSTAH during the electoral

process,” Casimir said. “Rather, it is

necessary to increase the quotas of

the UN mission in Haiti, since the

election period is sometimes marked

by tensions and unrest.”

Martelly, Paul, and Casimir

MINUSTAH

At the Haitian Police Academy on Jan. 25, the UN Security Council

delegation watches a demonstration of how a rolling water cannon

breaks up Haitian protests

are the kind of officials the imperialists

want to see running Haiti,

mercenaries and “legal bandits,” as

the old Sweet Micky song says. The

current de facto government is made

up mostly of retreads from the government

of Martelly’s former prime

minister Laurent Lamothe. One

understands why Bill Clinton said

of Lamothe’s government in the

days before popular demonstrations

forced its departure on Dec. 13:

“This is the most consistent and decisive

government I’ve ever worked

with across a broad range of issues.”

In short, the UN Security

Council did not come to evaluate a

decade of failure, the massacres of

our fellow citizens, or the unleashing

of cholera in Haiti by MINUS-

TAH troops, which has claimed

more than 9,000 lives. Instead it

came to reinforce a neo-Duvalierist

regime, which has now become a

patent dictatorship.

Unfortunately, no political

party criticized the arrogance of

Ambassador Samantha Power when

she lectured us about compromise.

“We are even more convinced of

the importance of compromise,” she

said. “It is sure that everybody in

Haiti will not get exactly what he

or she wants in the coming days or

in the years to come. It is important

that all the actors put Haiti and the

general welfare ahead of their personal

interests.”

Sandra Honoré, MINUSTAH’s

chief and the Special Representative

of the UN Secretary-General, along

with other members of the so-called

“Core Group” (the ambassadors

of Brazil, Canada, Spain, France,

the United States, the European

Union, and the Special Representative

of the Organization of American

States) welcomed the installation of

Prime Minister Paul Evans, the formation

of a new government, and

the establishment of a new Provisional

Electoral Council (CEP). They

encouraged the new government

to create the political and security

conditions “necessary to ensure the

holding of fair, credible and inclusive

elections.”

It is not surprising that the

UN Security Council, like the Organization

of American States, both

of which are simply instruments

of Washington’s foreign police,

are supporting the unacceptable in

Haiti. To top it off, the Club of Madrid,

an imperialist pressure group

of former world leaders, will send its

fourth delegation to Haiti from Jan.

27 to 29, 2015. This delegation will

be led by former Mexican President

Felipe Calderón and former Bolivian

President and Club of Madrid Vice-

President, Jorge Kiroga. Like the UN

Security Council, the Club of Madrid

will be asking for elections under the

aegis of President Martelly and the

MINUSTAH.

The Haitian people, however,

have made and continue to make

their demands clear: that free, fair,

and sovereign elections will only

be possible without Martelly or MI-

NUSTAH.

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10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015


NIGERIA : COMMENT BOKO HARAM PROSPÈRE

SUR LES INÉGALITÉS, L’ANALPHABÉTISME,

LA CORRUPTION ET L’ARBITRAIRE ?

Par Rachel Knaebel *

Au Nigeria, 2015 a commencé

avec un massacre, probablement

le plus meurtrier jamais perpétré

par la secte islamiste Boko Haram.

Plus de quinze villages totalement

détruits, des centaines

de personnes tuées. Le groupe né

au début du 21ème siècle dans le

nord-est du pays va toujours plus

loin dans la violence. Au-delà de

la religion, il prospère sur le terreau

d’une zone de grande pauvreté,

délaissée par le pouvoir central

et qui ne profite pas de la manne

pétrolière. Face à Boko Haram, les

forces de sécurité sont elles aussi

dénoncées pour leur brutalité arbitraire

et leurs pratiques de la

torture.

L

’attaque a débuté le 3 janvier et

a duré plusieurs jours. Au moins

15 villages de l’agglomération de

Baga, dans l’extrême-Nord-est du

Nigeria, ont été rasés. La commune

abritait le siège d’une force armée

régionale. Selon les récits des témoins

du dernier massacre perpétré

par le groupe armé islamiste

Boko Haram, des centaines de personnes

ont été tuées. Des rumeurs

faisaient même état de milliers de

victimes possibles. « Il semble que

l’attaque contre Baga et les localités

alentour pourrait être la plus

meurtrière à ce jour d’une série

d’actions de plus en plus haineuses

menées par le groupe », écrit Amnesty

International quelques jours

plus tard. Le samedi 10 janvier,

une bombe posée sur une fillette

explose dans un marché de l’État

de Borno. Sans revendication, mais

tous les regards sont à nouveau

tournés vers la secte islamiste.

Les attaques de civils par le

groupe armé Boko Haram se multiplient

ces derniers mois dans cette

région du nord-est du Nigeria. En

juillet 2014, l’ONG Human Rights

Watch comptabilisait 2 053 victimes

civiles de Boko Haram pour

les seuls six premiers mois de

l’année, au cours de 95 attaques.

Ces violences ne se dirigent pas

uniquement contre les chrétiens de

la région.

Boko Haram pratique aussi

les enlèvements. En avril 2014,

le rapt de plus de 200 adolescentes

dans leur école de Chibok avait

choqué le monde entier. Ce n’était

pas un cas isolé. « Ce groupe a enlevé

plus de 500 femmes et filles

depuis 2009 et a intensifié les

enlèvements depuis mai 2013,

déclarait Human Rights Watch en

octobre 2014. « Les femmes et les

filles enlevées par le groupe armé

sont contraintes de se marier, de se

convertir et sont victimes d’abus

physiques et psychologiques, de

travail forcé et de viol en captivité

», soulignait aussi l’ONG. Le mouvement

qui était à l’origine une

secte islamiste semble aller toujours

plus loin dans la violence.

Enfants réfugiés nigérians du

camp de Gagamari au Niger où

16 000 réfugiés sont pris en

charge par les Nations Unies et le

programme humanitaire européen

Echo (European Commission

humanitarian aid and civil

protection department) / CC ECHO

Des exactions qui augmentent

avec l’état d’urgence

Mais d’où vient cette secte qui

s’est muée en groupe armé ? Boko

Haram est né au début des années

2000 dans le nord-est du Nigeria,

une région proche des frontières du

Niger, du Tchad et du Cameroun,

pays aujourd’hui eux aussi touchés

par le phénomène. Le groupe devient

plus particulièrement violent

à partir de 2009, quand son leader,

Mohammed Yusuf, est exécuté

par la police sans autre forme de

procès. Boko Haram s’est d’abord

attaqué à des policiers et à des

prisons. En 2011, le mouvement

revendique un attentat à la bombe

contre le bâtiment des Nations

Unis à Abuja, la capitale fédérale

du Nigeria. C’est à partir de là qu’il

attire l’attention internationale.

Sa violence s’est encore accrue

avec l’instauration de l’état

d’urgence en mai 2013 dans trois

États du nord-est du pays, Yobe,

Adamawa et Borno. Depuis, les

agressions massives et répétées

se multiplient contre les populations

civiles, dans des écoles,

des marchés, des lieux de prières.

Human Rights Watch en dénombre

plusieurs centaines ces deux

dernières années. Il s’agit souvent

d’attaques contre des villages

suspectés d’avoir collaboré avec

les forces de sécurité. En 2014,

le nord-est du Nigeria est ainsi

devenu la région la plus meurtrière

du pays « alors qu’avant 2009,

le Nord était paisible et les

violences se concentraient dans

le Sud », note le dernier rapport

du groupe d’étude sur la violence

au Nigeria Nigeriawatch. Le Sud,

où le groupe armé du Mouvement

pour l’émancipation du Delta du

Niger (MEDN) était par exemple

actif dans les années 2000, et

s’attaquait principalement aux

installations pétrolières.

Pauvreté massive en pays

pétrolier

Les régions du nord du Nigeria

font surtout partie des plus

pauvres. Dans le pays le plus

peuplé d’Afrique (178 millions

d’habitants aujourd’hui), deuxtiers

de la population vivent avec

moins d’un dollar par jour [1]. Le

Nigeria dispose pourtant d’un riche

sous-sol. C’est le cinquième pays

exportateur de pétrole au monde

[2] ! Mais c’est aussi l’un des pays

les plus corrompus de la planète :

il est classé à la 136ème place sur

175 par Transparency International.

Pour comparaison, l’Afrique du

sud se trouve au 67ème rang.

La manne pétrolière ne profite donc

pas à tout le monde, loin de là, et

surtout pas aux États du nord du

pays, puisque les puits de pétrole

se trouvent dans le Sud. Résultat :

70% de la population du nord-est

vivent avec moins de 1 dollar par

jour, contre moins de 60% dans le

sud. Moins d’un quart des femmes

et seulement la moitié des hommes

savent lire dans le nord-est, contre

80 et 90% dans le Sud.

Manifestation contre l’enlèvement des femmes

et des filles par le groupe armé

La secte islamiste Boko Haram

Human Rights Watch comptabilisait 2 053 victimes civiles de Boko Haram

pour les seuls six premiers mois de l’année, au cours de 95 attaques

Records nationaux

d’analphabétisme

C’est dans ce contexte de grande

pauvreté, de fortes inégalités régionales

et d’analphabétisme

que prospère Boko Haram depuis

quinze ans. Un terreau qui explique

aussi en partie son refus de

l’éducation. Le fondateur de la

secte, Mohammed Yusuf, demandait

en effet à ses fidèles « de renoncer

à fréquenter les établissements

privés d’inspiration occidentale

et les écoles publiques nigérianes

héritées du système colonial britannique

», explique Marc-Antoine

Pérouse de Montclos, chercheur à

l’université Paris 8 et spécialiste du

Nigeria [3].

Il ajoute : « La critique de Boko

Haram contre le monde moderne

se rattache donc à un courant de

pensée anticolonial, et pas seulement

islamiste et obscurantiste. En

effet, l’échec du modèle éducatif

occidental est particulièrement flagrant

dans le Borno. À l’échelle du

Nigeria, le Nord-Est est l’une des

régions les moins bien pourvues

en la matière, avec des records

nationaux d’analphabétisme et

d’absentéisme : près de la moitié

des enfants n’y sont jamais allés

à l’école primaire et plus d’un

tiers n’y suivent pas non plus

d’enseignements coraniques. »

Violences systématiques de la

police et de l’armée

Boko Haram est souvent

qualifiée de « secte » islamiste.

L’une des premières revendications

du mouvement est l’application intégrale

de la Charia, déjà en partie

appliquée dans le nord du Nigeria.

Mais, « lorsqu’elle s’enracine

à Maiduguri au début des années

2000, la secte est d’abord et avant

tout un mouvement de protestation

sous l’égide d’un leader spirituel »,

souligne Marc-Antoine Pérouse de

Montclos.

Le groupe armé se développe-t-il

avec l’aide de groupes

terroristes islamistes internationaux

tels qu’Al-Qaïda ? « Il faut être

très prudent sur l’existence de liens

structurels entre Boko Haram et

Al-Qaïda dans le nord du Nigeria.

D’une part, nous n’en avons pas

de preuve. D’autre part, il existe

des divergences doctrinaires très

importantes entre les deux mouvements.

Le cœur de cible de Boko

Haram, ce sont les forces de sécurité

nigérianes et les « mauvais

» musulmans alors qu’Al-Qaïda

cible les Occidentaux », analysait

le chercheur dans une interview au

Monde il y a quelques mois. Marc-

Antoine Pérouse de Montclos souligne

plutôt le rôle des violences

arbitraires de l’armée à l’encontre

des populations civiles. « À force

d’exactions, l’armée s’est mis à

dos la population : de nombreux

habitants refusent de dénoncer

les membres de Boko Haram, certains

ont même rejoint ses rangs.

»

Les violences systématiques

de la police et de l’armée sont de

plus en plus dénoncées par les

organisations internationales. «

Human Rights Watch et d’autre

groupes nationaux et internationaux

de protection des Droits de

l’homme ont documenté des abus

des forces de sécurité nigérianes

perpétrés depuis 2009 dans leur

réponse aux attaques de Boko Haram

», note ainsi l’ONG. Des exactions

telles que « des incendies

des habitations, abus physiques,

exécutions extrajudiciaires des

personnes suspectées de soutenir

Boko Haram ». Les forces de sécurité

sont par exemple accusées

par Amnesty International d’avoir

exécuté des centaines de détenus

pour la plupart non armés qui

s’étaient enfuis d’une prison suite

à une attaque de Boko Haram en

mars 2014 à Giva Barracks dans

l’État de Borno.

Tortures de suspects et «

chasse aux sorcières du

Moyen-Âge »

En septembre 2014, Amnesty

publiait par ailleurs un rapport accablant

sur la pratique de la torture

par les forces de sécurité du

Nigeria. « Les soldats arrêtent des

centaines de personnes, cherchant

celles qui ont des liens avec Boko

Haram, puis torturent les suspects

durant un processus de « tri » qui

ressemble à une chasse aux sorcières

du Moyen-Âge », déclarait le

directeur de recherche d’Amnesty

Netsanet Belay.

Dans ce contexte, Human

Rights Watch demandait cet été au

gouvernement nigérian de « reconnaître

qu’il doit protéger sa population

tout à la fois de Boko Haram

et des membres de ses propres

forces militaires et de police qui se

rendent coupable d’abus ». Au moment

où les attaques sanglantes du

groupe islamiste se font quasi-quotidiennes

dans le nord-est et où le

président Goodluck Jonathan vient

de lancer sa campagne pour sa

réélection au scrutin de mi-févier,

l’appel de l’ONG sera-t-il entendu ?

Ndlr. *Rachel Knaebel.

Journaliste basée à Berlin.

Notes

[1] Selon les chiffres de Human

Rights Watch. Voir “Spiraling

Violence. Boko Haram Attacks and

Security Force Abuses in Nigeria”,

Human Rights Watch, 2012.

[2] Voir Organisation des

pays exportateurs de pétrole,

“Monthly Oil Market Report”, décembre

2014.

[3] Dans une étude de 2012,

“Boko Haram et le terrorisme islamiste

au Nigeria : insurrection religieuse,

contestation politique ou

protestation sociale ?”

Basta 16 janvier 2015

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

11


L’UNITÉ LATINOAMÉRICAINE COMME

PROJET HISTORIQUE !

Par Monica Bruckmann*

La plupart des journalistes occidentaux

ignorant le mouvement historique

incarné récemment par l’inauguration

du siège de l’UNASUR en Équateur,

puis par le sommet de la CELAC (Communauté

des États Latinoaméricains

et des Caraïbes) avec la Chine et son

plan d’investissements massifs pour

2015-2019, nous livrons l’éclairage

de Monica Bruckmann, Docteur en

science politique, professeure du

Département de Science Politique de

l’Université Fédérale de Rio de Janeiro

et Directrice de Recherche de la chaire

UNESCO sur l’Économie globale et le

Développement Durable.

La conjoncture latinoaméricaine

contemporaine est marquée par de

grandes avancées dans les projets et

processus d’intégration régionale (1).

C’est la première fois dans l’histoire que

la région a une densité diplomatique

aussi dynamique, un ensemble si vaste

et divers de mécanismes d’échange et

d’action politique conjointe. À la dynamique

complexe d’intégration des

nations, se joint également l’intégration

des peuples et des mouvements populaires,

avec un pouvoir croissant de

pression sociale et de participation à

l’élaboration des politiques publiques

qui reflètent l’affirmation du mouvement

démocratique. Dans ce contexte,

il est un principe qui demande toujours

plus de centralité, c’est celui de

la souveraineté, comme la capacité

d’autodétermination des États, des nations,

des peuples et des communautés.

Le débat actuel autour de

l’intégration régionale et de ses perspectives

possède de forts antécédents

qui montrent la profondeur de l’unité

latino-américaine comme projet historique.

Sans nous attarder plus longuement

sur le développement de ces antécédents,

nous cherchons à présenter

quelques exemples de ce qui constitue

les bases doctrinaires de l’actuel processus

d’intégration régionale. Cette approche

montre surtout les limites d’une

tentative de conversion de ce processus

d’intégration en un simple échange

commercial.

Intégration régionale et projet

stratégique

La géopolitique de l’intégration régionale

latino-américaine est profondément

affectée par une dispute des

intérêts entre le projet hégémonique

des États-Unis, exprimé dans une

stratégie complexe de domination et

d’appropriation des ressources naturelles

considérées ’« vitales », ce qui convertit

l’accès à ces ressources, qui se

trouvent essentiellement hors du territoire

continental et d’outre-mer des

États-Unis, en un sujet de « sécurité

nationale » pour ce pays. D’autre part,

des processus d’intégration régionale

se développent hérités des luttes continentales

pour l’indépendance pendant

le 19ème siècle, qui rencontrent dans

la rénovation du bolivarianisme un

projet d’affirmation souveraine qui a

avancé et s’est approfondi au cours des

Inauguration du siège de l’UNASUR en Équateur (5 décembre 2014)

en présence notamment des chefs d’État Horacio Cartes (Paraguay),

Dési Bouterse (Surinam), José Mujica (Uruguay), Dilma Roussef

(Brésil),Cristina Fernandez (Argentine), Rafael Correa (Équateur),

Juan Manuel Santos (Colombie), Evo Morales (Bolivie), Nicolas Maduro

(Venezuela), Michele Bachelet (Chili) ainsi que d’Ernesto Samper, ex-

Président de la Colombie et Secrétaire Général de l’organisme.

dernières années.

Cependant, le renforcement de

l’intégration régionale exige une nouvelle

vision stratégique élaborée à

partir d’une vaste discussion sur la dynamique

et les tendances du système

mondial, l’émergence des nouvelles

puissances à l’échelle globale, et le

développement d’une vision géopolitique

qui articule les intérêts en jeu et

la conformation de nouvelles territorialités

à partir d’un grand mouvement

social du ’« bas vers le haut ». Ce moment

d’élaboration de la pensée régionale

a pour défi la construction d’une

stratégie de réappropriation sociale des

ressources naturelles et de leur gestion

économique et scientifique, ce qui exige

une rediscussion approfondie de la

notion-même de développement, du

concept-même de souveraineté et de la

position de l’Amérique Latine dans la

géopolitique mondiale.

L’analyse des diverses dimensions

qu’implique la dispute globale

pour les ressources naturelles considérées

stratégiques, requiert un bilan

de l’histoire mondiale récente qui a

pour aspect fondamental, l’émergence

de la Chine. La nouvelle centralité de

la Chine dans l’économie et la politique

mondiale nous conduit à souligner

l’importance de l’approche de longue

durée (du point de vue Braudélien) et

des processus de civilisation dans la

construction des instruments théoricométhodologiques

pour l’analyse de la

conjoncture. Dans ce contexte, et avec

une approche qui s’efforce de capturer

la complexité du monde contemporain,

la question stratégique transcende

largement le cadre de la politique de sécurité

et de la défense nationale, pour

s’insérer dans l’analyse des processus

historiques de longues durées et de la

dimension civilisatrice des visions stratégiques.

L’Amérique Latine a, en relation

avec la Chine, une opportunité

historique de développer une coopération

stratégique à long terme, visant

à rompre la relation de dépendance

qui marqua son insertion dans le système

mondial. Il convient à la région

de profiter de cette opportunité ou

de reproduire la logique de la dépendance

et la dynamique d’exportation

des matières premières à faible valeur

ajoutée, qui a pour base la logique de

ce qu’on appelle l’extractivisme, qui

Forum CELAC-Chine, les 8 et 9 janvier 2015 à Beijing

étranger à tout projet national, restreint

notre horizon économique aux intérêts

des économies centrales et des entreprises

transnationales qui deviennent

les agents économiques de ces intérêts.

De l’hégémonie unipolaire à

l’hégémonie partagée

Pendant la dernière décennie, le débat

théorique et politique a été profondément

marqué par la crise de

l’hégémonie unipolaire et par la configuration

d’un espace global avec

hégémonie partagée, ou multipolaire.

L’importance économique et politique

croissante des puissances émergentes,

ceux que l’on nomme « BRICS » (Brésil,

Russie, Inde, Chine et, récemment,

Afrique du Sud), posent des éléments

nouveaux afin de repenser la dynamique

économique et politique d’un

monde multipolaire, où les processus et

projets d’intégration régionale se convertissent

en mécanismes nécessaires

pour la compartimentation du pouvoir

mondial et régional et pour le renforcement

des projets de développement par

et pour le Sud.

La collaboration sud-sud puise

son inspiration plus profonde dans

l’affirmation de la lutte anticoloniale

du tiers monde et dans l’apparition

des pays non-alignés. La Conférence

de Bandung, qui s’est tenue en avril

1955, représenta un des moments les

plus importants de ce processus. Ce

rassemblement, auquel participèrent 23

pays asiatiques et 5 africains, se nourrit

des principes de la lutte anticoloniale

et anti-impérialiste, élaborant un

vaste appel d’autodétermination et de

développement des peuples basé sur la

solidarité et la coopération économique

et culturelle et cherchant à créer un

espace politique indépendant quant

aux blocs militaires et la confrontation

entre États-Unis et l’Union Soviétique

durant la période de la Guerre Froide.

Le thème principal était porté sur les

luttes nationales pour l’indépendance,

l’éradication de la pauvreté et le développement

économique, au travers des

organisations régionales et des politiques

économiques de coopération entre

les pays du tiers monde.

Sommet de Bandung (1955)

L’esprit de Bandung a permis de créer

un vaste consensus entre les principaux

leaders et les peuples d’Asie,

d’Afrique et de l’Amérique Latine par

rapport à l’affirmation de la paix et les

principes de coexistence pacifique, à un

moment où le monde vivait une situation

d’extrême tension et de menace

de guerre : l’invasion du Guatemala

organisée par les États-Unis pour renverser

le président Jacobo Árbenz, le

déplacement de la Septième Flotte des

États-Unis vers la mer de Chine, la

substitution des troupes françaises par

les troupes états-uniennes dans la région

sud du Vietnam, après la défaite

française à Dien Bien Phu en 1954 et la

guerre de Corée (1950-1953).

Les cinq principes de coexistence

pacifique, proposés par le premier ministre

chinois Chou En-lai et ratifiés par

le premier ministre hindou Jawaharlal

Neru en 1954 : pas d’agression, pas

d’intervention dans les affaires internes

d’autres États, égalité et avantages mutuels

et coexistence pacifique, ont été

repris par la Conférence de Bandung

comme partie des dix principes généraux,

qui incluaient :

Le respect des droits fondamentaux

en accord avec la Charte de l’ONU

de 1948

Respect de la souveraineté et de

l’intégrité territoriale de toutes les nations

Reconnaissance de l’égalité de

toutes les races et nations, indépendamment

de leur taille

Pas d’intervention et ni

d’ingérence dans les affaires internes

d’autres pays

Respect des droits de chaque nation

à se défendre, individuellement ou

collectivement en accord avec la Charte

de l’ONU

Refus de participer aux préparatifs

de défense destinés à servir les intérêts

particuliers des superpuissances

Abstention de tout acte ou

menace d’agression ou emploi de

force contre l’intégrité territoriale ou

l’indépendance politique d’autres pays

Solution pacifique des conflits internationaux,

en accord avec la Charte

de l’ONU

Encouragement des intérêts communs

de coopération

Respect de la justice et des obligations

internationales

Le Mouvement des non-alignés

a donné du contenu diplomatique, aux

Nations Unies, à ses lignes d’action.

Sous influence latino-américaine se

crée la United Nations Conference on

Trade and Development (UNCTAD).

Émergent également des expressions

radicales de la lutte politique révolutionnaire,

comme l’organisation Trilatérale,

qui se crée à La Havane, en

1973. L’émergence de gouvernements

comme celui de Velasco Alvarado au

Pérou, de Juan José Torres en Bolivie,

de Omar Torrijos au Panamá, de Salvador

Allende au Chili, et le retour d’Eva

Peron en Argentine, conduisent à des

initiatives de l’État qui s’expriment

dans la transformation de la ALALC

en ALADI (Association Latino-américaine

d’Intégration). Le Système

Économique Latino-américain et de la

Caraïbe (SELA) est également créé en

Siège de l’UNASUR, inauguré en Équateur le 5 décembre 2014

1975, destiné à l’étude de l’intégration

régionale et à la formulation de ses

politiques. Cependant, l’organisation

interétatique la plus forte se créé en

1960 avec l’Organisation des Pays

Exportateurs de Pétrole (OPEP). Dans

le même temps, le vote de la « Charte

des Droits et Devoirs Économiques des

États », en 1972, promue par le président

mexicain Luis Echeverría, consacre

les principes du non-alignement

aux Nations Unies.

Les initiatives internationales

qui forment partie de cette offensive

du tiers monde sont diverses, qui voit

dans la victoire de la révolution vietnamienne

et la libération du Laos et

du Cambodge une épopée de la lutte

anti-impérialiste mondiale. La réponse

du centre impérial à cette offense commence

à s’articuler autour de la formation

de la Commission Trilatérale

(Trilateral Commission) en 1973, qui

réunit les États-Unis, l’Europe et le

Japon avec pour stratégie la récupération

du pouvoir mondial. Cette stratégie

atteindra ses résultats dans la décennie

de 1980, pendant les gouvernements

de Margaret Thatcher et Ronald Reagan,

et s’exprime dans l’établissement

de l’hégémonie de la pensée unique qui

réussit, à transformer le Glanost et la

Perestroika, commencés par les soviétiques,

grâce à dissolution de l’Union

Soviétique.

Pendant la décennie de 1990

débutent de forts mouvements de restructuration

de l’offensive des gouvernements

et des mouvements du

tiers monde, qui voit dans la réussite

économique de la Chine et de l’Inde et,

en partie, du Brésil au début du 21ème

siècle, une recherche de formes institutionnelles

qui expriment cette nouvelle

situation.

Si dans la décennie de 1970 se

créa le Groupe des 7 principaux pays

développés (G7), dans les années

2000, en plus de l’incorporation de

la Russie, sont inclus également plusieurs

pays émergents composant le

groupe des 20 (G20). Le principe de

l’hégémonie partagée est ainsi consacré

comme successeur des désastres causés

par la politique de l’unilatéralisme qui a

été imposée avec le gouvernement de

Bush fils.

L’héritage historique des luttes

du tiers monde se révèle de grande

utilité pour une stratégie d’affirmation

d’un système multipolaire et pour orienter,

d’un point de vue stratégique, le

processus d’intégration latino-américaine

et son impact sur la géopolitique

mondiale contemporaine.

L’Amérique Latine et la

construction de l’unité

continentale

Dans le même temps, l’Amérique Latine

vit un processus à travers duquel la

diplomatie régionale acquiert une densité

inconnue jusqu’alors. Un ensemble

de nouvelles articulations se traduit en

institutions sous-régionales, régionales

et continentales, qui transforment le

processus d’intégration en une réalité

complexe qui implique des chefs d’État,

ministères des relations étrangères et

diverses autres agences nationales, qui

en même temps, est accompagné d’un

processus d’intégration des peuples

et des mouvements sociaux, incluant

les syndicats et les mouvements des

Suite à la page (20)

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015


Perspectives

Je Suis Gaza: Nous et les Autres

2ème partie

Par Alexandra Panaguli

Les effets néfastes potentiels de postures

opportunistes dont nous parlions

dans la première partie, notamment

les exemples du président français

François Hollande et de l’ex-premier

ministre espagnol José María Aznar

au Moyen-Orient, n’empêchent pas les

politiciens traditionnels de faire preuve

d’irresponsabilité et de jeter de l’huile

sur le feu. Juste avant l’attaque contre

Charlie Hebdo, le sénateur étatsunien

Rand Paul avait présenté un projet de

loi visant à couper l’aide étatsunienne

aux Palestiniens si leur demande de

rejoindre la Cour pénale internationale

n’était pas retirée. Ce droit de l’Etat

palestinien lui a pourtant été reconnu,

entre autres, par le secrétaire général de

l’ONU, Ban Ki-moon.

Outre l’arrogance classique du

gendarme mondial, Robert Naiman, directeur

politique au Just Foreign Policy,

dit que Paul a fait “un calcul politique

cynique. Un bon moyen de s’inoculer

contre les accusations des néocons

[néo-conservateurs] selon lesquelles

il serait trop faible dans son soi-disant

«soutien à Israël» et d’être «plus ‘proisraélien’

que toi» en bottant le derrière

des Palestiniens. C’est-à-dire que le

sénateur Paul semble croire que cogner

sur les Palestiniens, encore plus que Netanyahu

et l’AIPAC ne le font, est sans

danger – que personne d’important ne

prendra la peine de se plaindre”.

En effet, Rand Paul est intéressé par

la présidence étatsunienne et il prend

déjà position un an et demi avant la

campagne électorale. On enfonce une

ou d’autres personnes afin de s’élever

soi-même. Phénomène classique. Tout

comme Hollande qui tonitrue dans le

vide contre l’Iran pour tenter de se donner

une stature internationale depuis

longtemps irrémédiablement perdue. Ils

ont raison, qui veut défendre les pestiférés

iraniens? Qui se préoccupe de

milliers de morts palestiniens ou nigérians?

Surtout s’ils sont musulmans. On

vient d’en prendre la mesure.

Au contraire, on réinterprète

l’histoire. Dixit Bill Maher, présentateur

de télévision et satiriste étatsunien

vient de pondre ceci au lendemain de

l’attaque contre ses confrères parisiens:

«Nous sommes Américains ainsi nous

ne voulons pas pointer le doigt vers

un peuple, mais quand vous regardez

cette liste, rien que depuis 9/11, et nous

avons eu les attentats de Madrid en

‘04, Londres en ‘05, Mumbai, le centre

commercial du Kenya, Benghazi, qui

était l’une des 20 villes qui ont éclaté

lorsque ce film ‘Innocence des musulmans’

était sur Internet, ISIS, Boko

Haram qui a tué un village entier cette

semaine, le Pakistan l’année dernière

tuant tous ces enfants à l’école, le Parlement

canadien, l’Australie».

«Ce que nous avons dit sans répit

– et ce pourquoi on nous a appelés sectaires

– c’est que quand il y a tant de

pommes pourries c’est qu’il y a quelque

chose de mauvais avec le verger»

Selon cette logique, nous pourrions

tout aussi bien annihiler l’ensemble

de la dite humanité, pétrie dans la violence

éternelle. Les guerres médiques

entre Grecs et Perses (5e et 4e siècles

avant notre ère) – apprise sur les bancs

d’école athéniens je me rappelle que

l’histoire ancienne de Grèce n’était

qu’une succession ininterrompue de

batailles et de guerres entre villes

grecques, notamment Athènes, Sparte

et Thèbes, pour ensuite être soumises

aux Macédoniens de Philippe et Alexandre,

le règne sanglant de Rome

avec ses armées d’esclaves, les brutales

croisades organisées par les papes

catholiques au nom du christ contre

les turcs seljukides, les arabes fatimides

et les chrétiens byzantins (10e-

13e siècles) (*), la guerre de 100 ans

entre la France et l’Angleterre (1337-

1453), l’Inquisition (13e-16e siècles)

tout particulièrement à l’encontre des

Juifs sefaraddim qui furent accueillis

par ... l’empire ottoman, Christophe

Colomb qui réprima les autochtones

dans les Amériques et favorisa la

traite d’esclaves (15ème siècle), les

conquistadores ibériques qui anéantirent

la brillante civilisation des Indiens

d’Amérique latine, accompagnés

de prêtres, la croix catholique en main

tout comme les croisés l’avaient cousue

sur leur uniforme (16ème siècle), les

guerres de religion en France (1562-

1598) entre protestants et catholiques,

dont les massacres de Wassy (1562)

et de la Saint Barthélémy (1572), les

tueries des Anglais, des Hollandais et

des Français dans leurs colonies asiatiques,

l’extermination par les colons

européens des bisons et des dits Peaux-

Rouges dont ils gardent à ce jour les

quelques descendants parqués dans de

tristes réserves, les camps de concentration

nazis dans l’Allemagne wagnérienne,

le barbarisme des Français durant

la guerre de libération de l’Algérie

(1954-1962), le sanglant conflit entre

catholiques et protestants en Irlande

au début du siècle passé et en Irlande

du nord, pendant trente ans de 1968 à

1998, les boucheries en Yougoslavie à

la fin du 20ème siècle toujours en plein

coeur de l’Europe dite civilisée et moderne,

les nombreux abus étatsuniens

de ce millénaire en Irak et Afghanistan,

les assassinats de médecins pratiquant

l’avortement aux Etats-Unis par des

fondamentalistes chrétiens. Ceci pour

ne citer que les méfaits les plus connus

des ancêtres de ceux qui ont la mémoire

courte et qui jettent maintenant la pierre

aux autres et s’indignent de la bestialité

des meurtriers de Charlie Hebdo.

(*) Soit dit en passant, quiconque

se joignait aux croisades recevait le pardon

de ses péchés par le pape Urbain

II, un moyen de s’assurer une place au

paradis tout à fait similaire aux martyrs

musulmans actuels... Ces croisés

– parmi lesquels certains n’étaient que

des enfants – croyaient pareillement au

pouvoir miraculeux de leur foi.

La bestialité et la médiocrité ne

sont pas l’apanage des dirigeants ou

des médias. La plume participe pleinement

en cette ère de sensationnalisme.

En particulier ce Michel Houellebecq à

l’enfance torturée et dont le succès est

né déjà en 2008 du fait qu’il ne faisait

que mettre sur le papier la haine qu’il

avait accumulée en soi et ses fantasmes

dans lesquels un certain public

se retrouve. Dangereux de mettre des

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Classique matraquage de l’opinion publique au lendemain des assassinats

de Charlie Hebdo. Médiocrité, courte vue et bestialité dans les médias

comme chez les dirigeants.

idées de haine dans la tête du public.

Comme le décrit Laurent Joffrin, chef

de rédaction à Libération à propos de

son dernier ouvrage, “Soumission”, où

il imagine une France gouvernée par la

Fraternité musulmane, et qui est rapidement

devenu un best-seller en France:

«Ce roman a une connotation politique

évidente» qui marque «l’éruption des

thèses des extrémistes d’extrême-droite

dans la littérature sérieuse».

Même sonnette d’alarme chez

Pierre Assouline, critique littéraire au

Monde: “Notant que Houellebecq a

toujours insisté que les artistes ont le

devoir d’être «irresponsables», le critique

se demande ironiquement: ‘Quoi

de plus irresponsable que de jouer avec

le feu tandis que le fantasme de la

guerre civile plane sur la France?’”

Les propos du Monde et de l’Humanité

sont commentés dans un article intitulé:

“Les intellectuels français ont-ils

un problème avec les musulmans?” par

Robert Zaretsky, auteur et professeur

d’histoire à la University of Houston

et spécialiste d’Albert Camus et de “la

recherche d’un sens”...

Un autre professeur d’histoire,

cette fois sur place à la Tel Aviv University,

Shlomo Sand, expert de l’histoire

du nationalisme et de l’intellectualisme

français, bâtit un parallèle inquiétant

avec le phénomène de l’antisémitisme,

codifié par la publication, en 1886,

d’un autre livre ayant pareillement

“bénéficié d’une large et chaleureuse

réception journalistique”: “La France

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juive”, du politicien et journaliste français

Edouard Drumont, véritable « bestseller

» de la fin du 19ème siècle. Peu

après commençait la persécution des

juifs dans le pays voisin.

Notamment avec la publication,

dans les années trente, de

l’hebdomadaire Der Stürmer, dirigé

par un Julius Streicher. “Ce dont tout

le monde se souvient à propos de Der

Stürmer était ses caricatures morbides

de Juifs, ce peuple était à l’époque confronté

à une discrimination et persécution

généralisées. Ses caricatures reprenaient

tous les stéréotypes communs

sur les Juifs - un nez crochu, avide,

gourmand», raconte Norman Finkelstein,

professeur étatsunien de science

politique à la Sakarya University en

Turquie, activiste et auteur notamment

de “The Holocaust Industry” où il accuse

les juifs d’exploiter la mémoire de

l’holocauste à des fins politiques.

«Supposons que ... au milieu de

toutes ces mort et destruction, deux

jeunes juifs font irruption au siège de

la rédaction de Der Stürmer, et tuent le

personnel pour les avoir humiliés, dégradés,

insultés. Comment réagirais-je

à cela ?» se demande Finkelstein qui

est le fils de survivants de l’holocauste.

Il ajoute: “Charlie Hebdo c’est du sadisme.

Ce n’est pas de la satire».

Il mentionne en passant

l’hypocrisie occidentale. «Lorsque les

Européens sont arrivés en Amérique

du Nord, la chose qu’ils ont dit sur les

indigènes américains était qu’ils étaient

tellement barbares [et arriérés] du fait

qu’ils se promenaient nus. Les femmes

européennes portaient trois couches de

vêtements. Et maintenant, nous nous

promenons nus, et nous disons que les

musulmans sont arriérés parce qu’ils

portent tellement de vêtements».

Malgré qu’il n’a jamais porté

l’uniforme, Julius Streicher a été jugé

à côté des dirigeants nazis au fameux

procès de Nuremberg mené par les

Alliés, et pendu pour avoir “infecté

l’esprit allemand avec le virus de

l’antisémitisme [par ses discours et ses

articles], et incité le peuple allemand à

la persécution active” des juifs.

Quelle différence y a-t-il entre

“La France juive” d’Edouard Drumont

et le présent livre “Soumission”? poursuit

Shlomo Sand. “Houellebecq sait

qu’au début du 21ème siècle, il est interdit

d’agiter une menace juive, mais

qu’il est bien admis de vendre des livres

faisant état de la menace musulmane”,

un livre “qui participe à la diffusion de

la haine et de la peur [...]”.

Et tous de se ruer à la curée. Bien

qu’au lendemain des événements de

Paris l’éditeur de Houellebecq ait annoncé

la suspension de sa tournée, les

librairies ont affiché “Soumission” en

pleine devanture. «C’est leur façon de

faire écho au slogan désormais soutenu

par des dizaines de milliers de manifestants

à travers la France: ‘Nous sommes

tous Charlie Hebdo’”. J’ajouterais

que c’est aussi le moyen de faire de

l’argent en profitant d’une publicité

inespérée et en disséminant des livres

baignant dans la haine, tout comme les

sociétés pharmaceutiques et de tabac

remplissent leurs coffres en vendant

même des produits dangereux pour la

santé physique du public.

Faut-il alors s’étonner face au

désarroi de la population, qui perd toute

notion de cause à effet et se trouve confrontée

à des événements dont elle ne

comprend ni la cause ni le mécanisme?

Et qui alors ne fait que répéter les messages

et clichés distillés dans les médias.

Fameux pour leurs slogans forts,

les anarchistes athéniens écrivent sur

les murs du berceau de la démocratie:

“La police vous parle à travers les bulletins

d’info”.

Ce manque de conscience historico-politique

est le fruit d’un apoliticisme

cultivé dès l’école et dans les

médias, couplé à une culture de la

peur – renforcée par la militarisation

décidée par les pouvoirs publics et le

langage de sécurisation, alertes vigipirate

orange, rouge, rouge écarlate,

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Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

Washington se révolte contre Obama !

Par Thierry Meyssan

La crise qui traverse l’appareil d’État

états-unien menace directement la

survie de l’Empire. Ce n’est désormais

plus simplement l’avis de Thierry

Meyssan, mais le sujet qui fait trembler

la classe dirigeante à Washington

au point que le président honoraire

du Council on Foreign Relations

réclame la démission des principaux

conseillers du président Obama et la

nomination d’une nouvelle équipe. Ce

conflit n’a rien à voir avec l’opposition

démocrates/républicains, ni même

avec celle des colombes/faucons. Ce

qui est en cause, c’est le leadership

aux États-Unis et à l’Otan.

Depuis plusieurs mois, je souligne

qu’il n’y a plus de politique

étrangère à Washington, mais deux

factions qui s’opposent en toutes choses

et conduisent séparément des politiques

contradictoires et incompatibles

[1].

Le paroxysme de cette situation

a été atteint en Syrie où la Maison-

Blanche a d’abord organisé la mue

de Daesh et l’a envoyé nettoyer ethniquement

l’Irak, puis l’a combattu

alors même que la CIA continue de le

soutenir. Cette incohérence a progressivement

gagné les Alliés. Ainsi, la

France s’est-elle jointe à la coalition

anti-Daesh alors que certains de ses légionnaires

font partie de l’encadrement

de Daesh [2]. Lorsque le secrétaire

à la Défense, Chuck Hagel, a

demandé une clarification écrite, non

seulement il n’a pas reçu de réponse,

mais il a été renvoyé [3].

Le désordre s’est bientôt

étendu à l’Otan, une alliance créée pour

combattre l’URSS et maintenue contre

la Russie, lorsque le président turc,

Recep Tayyip Erdoğan, a signé de gigantesques

accords économiques avec

Vladimir Poutine [4].

Sortant de son silence, le

président honoraire du Council on Foreign

Relations [5], Leslie H. Gelb, a

tiré la sonnette d’alarme [6]. Selon lui,

« l’équipe Obama n’a pas les instincts

de base et le jugement nécessaires pour

conduire la politique de sécurité nationale

dans les deux prochaines années

». Et de poursuivre, au nom de

la classe dirigeante états-unienne dans

son ensemble : « Le président Obama

doit remplacer son équipe par des personnalités

fortes et des stratèges expérimentés.

Il doit également placer de

nouvelles personnes comme conseillers

principaux des secrétaires à la Défense

et d’État. Et il doit enfin mettre en place

des consultations régulières avec Bob

Corker, le président de la Commission

des relations étrangères, et John Mc-

Cain [7], le président de la Commission

des Forces armées. »

Jamais depuis sa création, en

1921, le Council on Foreign Relations

n’avait pris une telle position. C’est que

les divisions au sein de l’appareil d’État

conduisent directement les États-Unis à

leur perte.

Énumérant les principaux conseillers

qui, selon lui, doivent partir, M.

Gelb cite quatre personnes très proches

intellectuellement et affectivement du

président : Susan Rice (conseillère de

sécurité nationale), Dennis McDonough

(directeur de cabinet de la Maison-

Blanche), Benjamin Rhodes (chargé

de communication) et Valérie Jarrett

(conseillère de politique étrangère). La

classe dirigeante à Washington leur reproche

de ne jamais faire de propositions

originales au président, et encore

moins de le contredire, mais de toujours

le conforter dans ses préjugés.

Seule personnalité à trouver

grâce aux yeux du Council on Foreign

Relations, Anthony Blinken, nouveau

n°2 du secrétariat d’État, un « faucon

libéral ».

Le Council on Foreign Relations

étant un organe bipartisan, M. Gelb propose

que le président Obama s’entoure

de quatre démocrates et de quatre républicains

correspondant au profil qu’il

a décrit. D’abord les démocrates Thomas

Pickering (ancien ambassadeur aux

Nations unies), Winston Lord (ancien

assistant d’Henry Kissinger), Frank

Wisner (officieusement un des patrons

de la CIA et accessoirement le beaupère

de Nicolas Sarkozy) et Michèle

Flournoy (la présidente du Center for a

New American Security) [8]. Puis, les

républicains Robert Zoellick (ancien patron

de la Banque mondiale) [9], Richard

Armitage (ancien assistant de Colin

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Le cabinet de Barack Obama © SS&SS

Powell) [10], Robert Kimmitt (probable

prochain patron de la Banque mondiale),

et Richard Burt (ancien négociateur

sur la réduction des armes nucléaires).

Au secrétariat à la Défense, M.

Gelb propose le rabbin Dov Zakheim

pour gérer les réductions budgétaires

[11], l’amiral Mike Mullen (ancien chef

d’état-major interarmes) et le général

Jack Keane (ancien chef d’état-major

de l’Armée de Terre). E n f i n ,

M. Gelb propose que la stratégie de

sécurité nationale soit élaborée en concertation

avec quatre « sages » : Henry

Kissinger [12], Brent Scowcroft, Zbigniew

Brzezinski [13], et James Baker

[14].

En examinant de plus près cette

liste, on comprend que le Council on

Foreign Relations n’a pas souhaité

trancher entre les deux groupes qui

s’opposent au sein de l’administration

Obama, mais qu’il entend remettre de

l’ordre dans le système par en haut.

À ce sujet, il n’est pas indifférent dans

un pays jusqu’ici dirigé par des WASPs

(White Anglo-Saxon Protestant) de

constater que deux des conseillers dont

on exige le renvoi sont des femmes

noires, tandis que quatorze des quinze

noms entrants sont des mâles blancs,

soit protestants, soit ashkénazes. La remise

en ordre politique est donc aussi

une reprise en main ethnique et religieuse.

Notes

[1] Lire par exemple : « Obama

a-t-il encore une politique militaire ? »,

par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire,

1er décembre 2014.

[2] « D’"anciens" militaires français

parmi les jihadistes de Daesh », Réseau

Voltaire, 21 janvier 2015.

[3] « Contre qui le Pentagone se

bat-il en Syrie ? », Réseau Voltaire, 1er

novembre 2014.

[4] « Comment Vladimir

Suite à la page (19)

2015 et la marée montante

des guerres !

Par Bill Van Auken

Dans son discours mardi soir, sur

l’état de l’Union, le président

Barack Obama a affirmé qu’après une

décennie et demi du nouveau siècle, les

Etats-Unis ont « tourné la page » sur

13 années de guerre ininterrompue, et

qu’ils ont appris les « coûteuses leçons

» de leurs interventions en Irak et en

Afghanistan.

Cette déclaration a aussi peu

à voir avec la réalité que ses affirmations

délirantes et mensongères que

l’« ombre de la crise est passée » pour

l’économie américaine, que grâce à son

« industrie en pleine effervescence »,

l’Amérique est « sortie de la récession

» avec une « reprise » touchant de «

plus en plus de vies » et des salaires

« enregistrant finalement une nouvelle

hausse. »

Les affirmations surannées

d’Obama sur le reflux de la guerre

furent démenties par son propre discours.

Il a sommé le Congrès de lui accorder

une autorisation illimitée pour

l'usage de la force militaire (Authorization

for Use of Military Force, AUMF)

couvrant la nouvelle guerre que la Maison

Blanche a lancée il y cinq mois en

Irak et en Syrie.

Le président a fait la remarque

douteuse que les services de renseignement

américains ne pratiquaient plus

la torture, alors même que les tortionnaires

qui ont agi sous le gouvernement

Bush s’étaient vus garantir une

totale impunité. Aussitôt après, il s'est

vanté de son utilisation « correctement

encadrée » des frappes de drone, basées

sur des « listes de mort » établies lors de

réunions à la Maison Blanche, connues

sous le nom de « mardis de la terreur ».

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Le président Barack Obama

Une récente analyse de ces assassinats

ciblés a montré qu’au cours de tentatives

de meurtre visant 41 individus

au Pakistan, les drones américains ont

massacré 1.147 personnes.

Reprenant les thèmes de son

prédécesseur, George W. Bush, l’ancien

champion « de l’espoir et du changement

» a déclaré : « Nous continuerons

de traquer les terroristes et de démanteler

leurs réseaux, et nous nous réservons

le droit d’agir unilatéralement

comme nous l’avons fait sans relâche

depuis que j’ai pris mes fonctions pour

débusquer les terroristes qui constituent

une menace directe pour nous et nos

alliés. » En clair, l’impérialisme américain

s’arroge toujours le droit d'attaquer

n'importe qui, n’importe où dans le

monde, peu importe la loi !

Une des toutes premières paroles

d'Obama – que « pour la première fois

depuis le 11 Septembre, notre combat

en Afghanistan est terminé » – étaient

un mensonge. Avec près de 15.000

hommes dans le pays, les forces américaines

effectuent toujours des descentes

pour liquider des adversaires du régime

pro-américain à Kaboul. Le haut commandant

américain en Afghanistan a

annoncé qu’il gardait en réserve la possibilité

de « prolonger la mission » des

forces d’occupation américaines.

Vu la situation mondiale,

l’affirmation d’Obama qu'il tourne la

page signifie non pas une avancée vers

une nouvelle ère de paix, mais plutôt

une régression vers les tensions mondiales

qui ont plongé l’humanité dans

une guerre mondiale cataclysmique il y

a un siècle. Sur presque tous les continents,

l’impérialisme américain lance

des interventions militaires qui risquent

de déclencher une nouvelle guerre

mondiale. Les premières semaines de

2015 n'ont fait qu'intensifier ces menaces.

Alors que des combats reprennent

en Ukraine orientale entre le régime

pro-américain à Kiev et ses adversaires

pro-russes, le Pentagone a

annoncé l’envoi de troupes en Ukraine

pour former et conseiller la nouvelle

Garde nationale, une force dominée par

les milices fascistes. Obama a rejeté les

propositions de la Russie en vue d’un

règlement pacifique de ce conflit qui,

depuis avril, a coûté la vie à près 5.000

personnes, les qualifiant de « plan

d’occupation russe. »

Dans son discours, Obama s’est

réjoui des ravages produits en Russie

par les sanctions imposées par les

Etats-Unis, l’Union européenne et

l’OTAN. Il s'est félicité du fait que « la

Russie est isolée et son économie est

en lambeaux. » Washington est résolu

que la guerre doit continuer en Ukraine

afin d’infliger une défaite géopolitique

décisive à la Russie. Ils voient en cela

une étape clé dans le but d’asseoir leur

hégémonie sur le continent eurasien

– même au risque de déclencher une

guerre nucléaire.

En Asie, l’impérialisme américain attise

délibérément les tensions avec la

Suite à la page (19)

14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015


Suite de la page (6)

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sifizàmman konsyans politik mas yo,

si pa gen ase divizyon nan mitan aktè

Suite de la page (3 )

découvrent sans aucune auto critique

qu’ils pouvaient rejoindre le Président

Martelly sur la base des accords dénoncés

d’ailleurs par la majorité des autres

partis politiques de l’opposition et des

organismes de la Société civile. Mais le

plus incompréhensible dans ce revirement

à 180 degrés en dehors de deux ou

trois postes importants, ces partis n’ont

pas obtenu ce qu’ils espéraient. Certes,

l’on sait aujourd’hui que l’ex-Président

René Préval est l’une des têtes pensantes

ayant négocié avec le Président Martelly

la place de Inite au gouvernement de facto,

entre autres, le poste du ministre de

l’Intérieur et des Collectivités Territoriales.

Mais ce partage inégal du gâteau

pose problème dans la mesure où le gouvernement

de facto de Evans Paul n’est

en fait que de nom. Puisque l’on a assisté

à une prolongation du gouvernement de

l’ex-Premier ministre Laurent Lamothe.

Ce gouvernement est tout sauf de consensus

selon la quasi-totalité des leaders

politiques qui ont signé l’Accord du 11

janvier 2015 au Kinam. D’ailleurs, même

les partis qui en sont membres contestent

ce qualificatif, préférant parler de gouvernement

d’ouverture. En effet, personne

ne peut dire que l’actuel cabinet ministériel

qui compte 20 ministres et 17 Secrétaires

d’Etat, dont plus de ¾ sont des

ministres reconduits en plus des membres

qui ont été ministres du gouvernement

de Lamothe 1 ou responsables au Palais

national ou connus pour être des proches

du chef de l’Etat, est différent des deux

gouvernements précédents. Aujourd’hui,

il n’y a pas de gouvernement d’Evans

Paul. Tout au plus un Cabinet ministériel

dont K-Plim n’est autre qu’un Secrétaire

général. Un gouvernement dans ce contexte

dont la quasi-totalité de ses membres

relève directement de la présidence

de la République avec un pouvoir sans

partage ni contre-pouvoir n’aura aucun

égard pour celui qui se croit être le premier

d’entre eux.

Justement quid du Premier ministre

Evans Paul ? Il ne serait pas vain

d’essayer de cerner ce qui a poussé Evans

Paul à devenir un Premier ministre

de facto. L’on ne renie pas du jour au

lendemain sa famille politique, ses compagnons

de route sans raison. Il faut être

motivé soit par quelque chose, soit pour

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quelque chose. L’on ne renie pas ce que

l’on est et a toujours été sans qu’il y est

une bonne raison. La première question

qu’on se pose, c’est où se situe politiquement

K-Plim ? Depuis toujours, un

flou existe sur la cas de cet ancien militant

politique, sur son positionnement

idéologique. Sur cette sorte de « trou noir

» K-Plim qui, paraît-il, est respecté par

tout le monde dans le pays, surfe sur une

ambiguïté idéologique. Cette situation

devient possible grâce à cet espace politique

dans lequel la confusion règne. Il

ne fait pas de doute, K-Plim est un vieux,

très vieux militant pour la cause de la

démocratie et de la liberté en Haïti. Il a été

victime à maintes fois des forfaits des régimes

dictatoriaux et sanguinaires. Certains

diraient qu’il n’a pas toujours été du

bon côté et parfois se trompe d’ennemis

et de cibles.

Néanmoins, Evans Paul fait partie

du camp des démocrates, en tout cas

pour certains, jusqu’à sa participation

dans l’administration du Président Martelly

à titre de Premier ministre de facto.

Au début de la Présidence Martelly, il a

été membre de l’opposition et pestait

comme tout le monde de cette manie

du pouvoir exécutif haïtien à communiquer

en pleine nuit. K-Plim a été l’un des

premiers leaders politiques à critiquer ce

qu’il a l’habitude d’appeler les gouvernements

« chanpwèl » qui prenaient un

malin plaisir à annoncer les grandes décisions

du gouvernement ou du pouvoir

aux environs de minuit, sinon au moment

où la population est déjà au lit. Or

il se trouve que c’est K-Plim, comme un

singulier retour de l’histoire, qui se met à

fonctionner comme des chauves-souris.

Tout se passe comme si le Premier ministre

de facto sait qu’il a quelque chose

à cacher donnant l’impression qu’il est

conscient de son reniement des causes

pour lesquelles il s’est tant battu. Quarante

ans de vie politique qui partiront

sans aucun doute dans la poubelle de

l’histoire. Et pourquoi ?

Le K-Plim respecté de ses pairs,

adulé par une partie de la population

pour ses combats antérieurs contre

les dictatures, choyé par certains pays

étrangers qui le considèrent comme un

symbole de résistance face aux pouvoirs

autocratiques joue depuis le 25

décembre 2014 dans la cour de ceux

qu’il combattait dès son plus jeune âge.

Quelle ironie de l’histoire que ce soit ce

militant politique connu pour ses prises

de position on ne peut plus louables en

faveur des causes justes qui, aujourd’hui,

s’apprête à prendre le même chemin que

ses ennemis d’antan ? Nous ne sommes

pas psychologues, on a du mal à cerner

la personnalité de cette grande figure de

la lutte pour la démocratie qui, volontairement,

accepte de passer du rang de

Evans Paul, K-Plim militant modeste à

Premier ministre de facto juste pour un

titre honorifique qui est déjà pour lui un

fardeau qu’il s’apprête à traîner comme

un boulet pour le restant de sa vie. Nous

l’avons aussi souligné dans une de nos

chroniques, mêmes ses anciens camarades

de luttes, des anciens collègues

des prisons ne le soutiennent pas dans

cette aventure vouée à l’échec même s’il

devait rester en fonction jusqu’aux élections.

En s’accrochant désespérément

à un poste de Premier ministre de facto

où il ne pourra sauver la République

comme il le prétend, politiquement, il ne

rend service à personne ni à lui-même.

Le Président Michel Martelly dont il devient

le plus fidèle défenseur ne pourra

non plus bénéficier de son prestige déjà

terni pour sortir idem du malheur dans

lequel il continue de s’enfoncer avec le

pays. Pourtant, malgré les courbettes et

les remerciements à n’en plus finir de Evans

Paul à l’égard de l’ancien maestro de

Sweet Micky et l’épouse de celui-ci pour

l’avoir fait « chef » Premier ministre de

facto, certains veulent croire que K-Plim

peut encore s’en sortir pendant qu’il en

est encore temps. Ces leaders politiques

qui ont fréquenté K-Plim dans des circonstances

plus honorables croient que celuici

finira par prendre conscience du pétrin

dans lequel il s’est fourré. Il est assez intelligent,

pensent-ils, pour jeter l’éponge

afin de sauver ce qui lui reste de dignité et

de prestige. Mais d’autres se posent des

questions sur le revirement de K-Plim.

L’homme qui connaît mieux que

quiconque le terrain politique haïtien

pour avoir été un leader radical du paysage

politique au contraire d’un Michel

Martelly, pourquoi vient-il s’emparer

d’une patate chaude sans lendemain et

décharger le Président de la République

de ses erreurs ? Est-ce par intérêt personnel

? A-t-il souhaité rattraper le temps

perdu ? Enfin, l’ancien leader OP chercherait-il

à préparer une retraite confortable

en voyant le temps se profiler devant lui

? Bien des interrogations sur cet éternel

opposant qui a décidé de prendre le

dernier train Martelly sans savoir dans

quelle direction il se dirige. Le rôle de conciliateur

et de sauveur de la patrie, à la

lumière de Nelson Mandela que prétend

jouer K-Plim en venant donner un coup

de pouce à un pouvoir au bord de la faillite

ne convainc pas grand monde. Même

pas ses anciens partenaires politiques

d’hier et d’aujourd’hui. Cette mission

impossible ressemble plus à une opération

de survie politique si ce n’est de survie

tout court. En tout cas, quelque soit

l’explication que peut donner l’ensemble

des dirigeants politiques qui ont pris part

avec l’ancien Président de la Convention

Unité Démocratique ou Konvansyon

Inite Demokratik (KID), Evans Paul devenu

Premier ministre d’un gouvernement

de facto d’un régime totalement

discrédité et en fin de vie, personne ne

comprendra leur saut dans l’inconnu qui

s’apparente davantage à une opération

de suicide politique collectif. L’avenir

nous le dira.

C.C

kès Leta a ak fonksyonnman administrasyon

piblik la.

Lit mas yo dwe kontinye pou

peyi a rive òganize nan bon kondisyon

eleksyon jeneral antisipe ki pa anba

kontwòl pouvwa a ni anba lòd kominote

entènasyonal la. Kote souvrènte

popilè a ka eksprime l epi vòt pèp la

respekte.

Lit mas yo dwe kontinye kont

volonte pouvwa a ak kèk pisans etranje

pou amande konstitisyon 1987 la san

respè pyès prensip ki anndan konstitisyon

an. Sa y ap rapouswiv se fè pèp

ayisyen an pèdi tout konkèt demokratik

li te fè nan mouvman 1986 yo epi fè

peyi a tounen yon savann kote yo ka fè

ak defè jan yo vle.

Lit mas yo dwe kontinye nan

mete kanpe Komite Vijilans Patriyotik

nan katye yo, nan vil yo ak nan

seksyon kominal yo, pou batay kont

tout fòm gwo ponyèt, abi, enjistis ak

krazezo gouvènman Martelly/K-Plim/

Defakto a. Se konsa n ap rive pwoteje

an granmoun divès espas peyi a ak tout

richès ki gen ladan yo.

An nou angaje nou pou mete

kanpe yon « Fwon politik pou di NON

» kont tout fòm pouvwa defakto, kont

titèl-okipasyon ekonomik, politik, sosyal

ak ideyolojik pisans etranje yo mete

sou peyi a.

Objektif tout lit sa yo se rive

konstwi ansanm yon pwojè politik

altènatif ki ranmase enterè tout Ayisyèn

ak tout Ayisyen. Yon pwojè politik

altènatif k ap pèmèt peyi a reprann

DÉCÈS

dwa grandèt majè li. Yon pwojè politik

altènatif ki chita sou yon modèl devlopman

fòs pwodiktiv yo ki respekte

lanati, ki respekte dwa moun epi k ap

fè kreyasyon ak redistribisyon richès

nasyonal yo san fòs kote.

Pòtoprens, 20 janvye 2015

Pati ak òganizasyon politik ki

siyen pozisyon sa a:

Junot Felix / Aksyon pou Konstwi

yon Ayiti Òganize - AKAO ; John Blot /

Ayiti Djanm ; Ernst Mathurin / Gwoup

Refleksyon Moïse Louverture – GRML

; Fritz Pérard / Komite Rezistans Popilè

Benoit Batraville - KRPBB ; Marc Arthur

Fils Aimé / Pati Rasin Kan Pèp la

AlterPresse 20 janvye 2015

Nous annonçons la nouvelle de la mort de Madame Marie Yvonne Cyriac survenue à

lʼâge de 97 ans à Berth Israel Hospital le lundi 19 Janvier 2015

après une brève défaillance de santé.

Née à Port-au Prince le 7 Mai de lʼannée 1917, Marie Yvonne y a grandi, pour

devenir une femme de talent qui a excellé dans la cuisine jusquʼà entrainer dans lʼart

cullinaire nombre de nos femmes dans la pratique de ce noble métier qui leur ont fait

hautement gagner leur vie dans ce pays.

Madame Yvrose , femme joviale, dʼune beauté attrayante, honnête et respectueuse,

nʼest pas partie sans laisser derrière elle une famille nombreuse qui a rempli son coeur

de complaisance retrouvée dans ses nombreux enfants et petits enfants dont 13 qui lʼont

tellement comblée; vrai bouquet de fleurs fait de: Rose Marie Philippe, son époux, leurs

enfants et petits enfants; Marie Marthe Dufresne, ses enfants et petits enfants; des

neveux et nièces dont Raymonde Francois, Robert, Michel, Jean, Anne Marie et Véronique

Antoine; tout comme les parents ainsi que les nombreux amies-is qui ont jalonné sa vie.

Fervente chrétienne catholique, elle a finalement fait le grand voyage pour rencontrer

son Dieu, satisfaite dʼavoir servi de bon exemple au milieu de son monde.

La dépouille mortelle de Madame Marie Yvrose Cyriac sera exposée le Vendredi 30

Janvier en cours, de 4h à 9 h P.M, à Toregrossa Funeral Home 2265 Flatbush. Ses

funérailles vont être chantées en lʼEglise Saint Jérôme, coin de Nostrand et New-Kirk

Avenues; puis, la mise en terre au Cyprès Cemetery, à Brooklyn, NY.

Paix à son âme !

Anons lanmò Hermann Moss!

Doulè anvayi kè nou.Dlo plen je nou. Se avèk anpil lapenn n ap anonse

lanmò yon gran patriyòt pwogresis, yon militan dwa moun, yon gason

vanyan ki goumen tout vi li pou lit pèp la vanse, kanmarad nou Herman

Moss (TiMàn) ki kite nou vandredi 23 janvye a 7:30 nan maten nan

Lopital Brookdale nan Brooklyn. Li te gen 62 lane. Kanmarad la te lite

anpil pandan dèzane pou l kanpe Konpè Lanmò lwen; sanble li te fè

gran mye nan dènye mwa yo. Men…

TiMàn te yon militan ak konviksyon e detèminasyon, ki pa t fè bak

devan kikonk ak sakrifis nan batay pou l te ede pèp Ayisyen an batay

pou Libète. Nan Monreyal li te nan gwoup Zenglen nan ane 70 yo; apre

sa, li t al fonde Drapo Wouj nan fen 70 yo, de òganizasyon ki te ankre

nan mouvman patriyotik la.

Li te fè tout preparasyon nesesè anvan l al kapote an Ayiti nan fen lane

80 yo pou l al ede dechouke rejim Divalye a. Li t al kanpe sou teren an

ankò apre koudeta 1991 la pou l te goumen kont lame ak makout yo:

li te kont retou Aristid ak lame Meriken an. Li te vle se ak fòs pèp la pou

l tounen.

Ou p ap janm ka bliye l, si ou te rankontre l, si ou te tande l nan radyo

k ap di : Se pou nou met gason sou nou pou n al kraze leta gangstè,

bandi, kowonpi k ap dirije Ayiti a. Se yon jenerasyon militan ki pèdi yon

manm li. Li mouri, men l ap viv nan lit k ap kontinye an Ayiti kounye a

pou souverènte ak liberasyon Ayiti ak mas popilè yo.

N ap voye yon kondoleyans espesyal bay madanm li Monique Fanfan

Moss: lanmou san kondisyon li te ba li a, se gwo remèd ki te fè

l viv pi long.

N ap salye pitit li Stephanie Claire Moss, Akisha Berette Moss, Faradia

Berette Moss.

Frè l Enjenyè Edgar Moss ak fanmi l. Sè l Shirley Moss ak fanmi l. Neve

ak nyès: Michael Shaw, Christian Moss, Frederick Moss, Dominique

Moss. Monnonk li Garmanuel Arty ak fanmi l. Kouzen ak kouzin li Ketty

Smith, Denise Edmond, Fernand Arty, Gontrand Arty, Raymond Augustin,

Irma Augustin, Enjenyè Reynold Augustin, Irmide Augustin ak fanmi

yo. Mme Ela Leroy ak fiy li Ruth Leroy ak fanmi yo. Bòfrè ak Bèlsè l:

Mme Evelyne Fanfan, Jean-Robert Fanfan, Dr. Joseph Fanfan, Dr Paule

Marie Fanfan, Enjenyè Lesly Fanfan, Dr. Elsy Fanfan,

Dr. Michelle Fanfan ak fanmi yo.

Y ap fè ekspozisyon an Vandredi 30 Janvye 2015 sòti 4 è pou 9 è

nan aswè nan Caribe Funeral Home, 1922 Utica Avenue, Brooklyn,

NY 11234, Tel.: (718) 444-1818.

Sèvis finèb: Samdi 31 Janvye 2015 a 9è nan maten nan

Caribe Funeral Home.

Antèman: Samdi apre sèvis la nan Simityè Cypress Hills, 833

Jamaica Ave, Brooklyn, NY 11208, Tel.: (718) 235-6289. Fanmi an

ap anonse pi devan ki kote y ap fè resepsyon an.

Mèsi anpil!

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (13)

etc – et un individualisme qui a relégué

toute solidarité à de très brefs moments

comme celui de dimanche dernier à

Paris. Pas besoin d’une manifestationspectacle

qui sera aussi vite oubliée

qu’une mode passagère, ni d’acheter

un des trois millions d’exemplaires de

Charlie Hebdo dont le tirage normal est

de 60.000 – aspects tout à fait superficiels.

C’est un long travail d’éducation

et d’introspection qui est demandé aux

citoyens de bonne volonté, afin ne

plus etre surpris mais de voir plus clair

et dépasser ce raisonnement simpliste

exemplifié par ce jeune couple belge

qui avait décidé d’aller à Paris ce 11

janvier: “Nous étions anéantis par les

meurtres, nous avions peur aussi. Il y

a des moments dans la vie où on doit

s’exprimer, et lutter”.

Il faut aussi éviter une polarisation

vers un autre côté tout aussi simpliste,

produit du lavage de cerveau du

système tel que représenté par cette

enseignante française qui vitupère

sur l’internet contre les immigrés musulmans

qui viendraient de “pays de

singes, pays de merde, pays à la con”:

“Et vous comptez importer toute votre

merde chez nous?”

De tout temps, de par le monde

entier, les sociétés ont été brassées et

ainsi évolué. L’anthropologue français

Charles Gardou affirme que “nul n’a

l’exclusivité du patrimoine humain et

social”. Il parle d’une “société inclusive”

dont la caractéristique essentielle

serait “d’offrir le droit de cité à

tous ceux qui viennent au monde [...]

Chacun a le droit d’être différent et

d’habiter avec les autres”. Une autre

caractéristique de cette société serait

d’organiser “des institutions qui ne

donnent pas l’occasion aux citoyens

de se sentir humiliés ou d’en humilier

d’autres”.

Soit dit en passant, l’hypocrisie

et la désinformation font partie d’un

même ensemble visant en fin de

compte à l’exploitation et la soumission

de l’être humain. Ainsi, tout pareil

est le message de Diana Filippova, une

représentante de la jeune génération

de travailleurs, dans une “Lettre ouverte

aux élus, dirigeants, syndicats,

philosophes, économistes et tous les

autres”, où elle dénonce la fausseté des

dirigeants et énumère la longue série

d’atteintes au bien-être et à la dignité

humaine, non pas cette fois sur le plan

politique mais économique. Incidemment,

cette même indignation pourrait

s’élever contre les décideurs nationaux

et internationaux de la Grèce en

crise. “Vous dites que le travail est la

clef de notre épanouissement et du

vivre-ensemble. Nous ne parvenons

pas à trouver le moindre signe de bonheur

dans l’enchaînement des tâches

répétitives, la pression hiérarchique et

l’insécurité psychologique latente [...]

Aujourd’hui, votre discours a perdu le

ton enjoué du siècle dernier et s’est

teinté d’intonations culpabilisantes,

moralisatrices, prescriptrices. Il faut

travailler à tout prix, dites-vous, car

l’effort mène au salut psychologique

et social tandis que l’inactivité condamne

notre société à l’assistanat

permanent [...] Votre voix devient

rauque lorsque vous nous rappelez

publiquement que nous devons purger

notre dette à l’égard de la société et

de l’Etat – dette originelle dont nous

avons hérité dès notre naissance [...]

Votre jeu est vieux comme le monde et

il est si simple d’y voir clair: la moralisation

du travail est – et a toujours

été – le meilleur instrument de contrôle

physique, psychologique et social

des hommes. Vous vantez l’effort

dans la tradition judéo-chrétienne:

l’effort soigne la paresse, détourne

des tentations et enseigne l’humilité.

L’érection du plein emploi en objectif

millénaire vous permet de rationaliser

le déséquilibre des rapports de force

entre employeur et employé, tout en

fournissant un formalisme juridique

à l’aliénation des moyens de production.

[...] Arrêtez votre cinéma, car

nous ne croyons plus à vos discours

et vous dénions toute autorité morale

[... La valeur purement économique

du travail n’a jamais autant stagné,

ravivant des inégalités que les sociétés

occidentales n’ont pas connues depuis

le début du siècle dernier. Aujourd’hui,

nous avons besoin de vous pour définir

un système satisfaisant de valorisation

de notre production, car si le

travail n’est pas notre seul salut, il est

encore notre principal gagne-pain”.

Ainsi, il y a des lueurs. Certains

se rendent compte qu’on est solidaire

sur la planète, et que ce qui arrive aux

autres finira par Nous toucher aussi,

comme en Allemagne nazie par exemple

où on a commencé par les juifs,

puis les gitans, puis les communistes,

et pour finir tout le monde y est passé

dans une véritable boucherie humaine.

Plusieurs voix s’élèvent – et

pas les moindres juives – pour faire

ces connexions, mais elles se font peu

entendre dans le fracas des medias

commerciaux.

Dans un article intitulé, “Comment

les politiques de Netanyahu

alimentent l’antisémitisme”, Alon

Ben-Meir professeur à la New York

University et auteur et négociateur

au Moyen-Orient, montre du doigt la

clé du problème: “Il incombe tout particulièrement

à Israël de faire la juste

chose et cesser de jeter de l’huile sur le

feu. “Ce n’est pas par pur hasard que

le monde entier, y compris l’ami et allié

le plus proche d’Israël – les États-

Unis – rejette le plan de colonisation

et la continuation de l’occupation, et

ce n’est pas un hasard s’il y a des

pics dans les incidents antisémites

au niveau mondial chaque fois que le

conflit israélo-palestinien s’embrase.

“Netanyahu doit accepter le

fait que l’occupation est l’une des

causes principales (mais pas la

source) derrière la hausse récente de

l’antisémitisme. Au lieu de se concentrer

sur la manière d’y mettre fin, il

appelle les juifs français à immigrer en

Israël où ils ‘deviendront les oppresseurs’

des Palestiniens».

Ben-Meir nous fait également

remarquer que “80 fois plus

d’Israéliens ont été tués en Israël par

des kamikazes et actes de violence

au cours des 20 dernières années que

tous les Juifs tués par des terroristes

en Europe sur la même période de

temps”. Les tueries du Moyen-Orient

et celles de Paris sont les deux faces

de la même monnaie. Hollande voulait

nous le faire oublier en dissociant ces

événements.

Dans un entretien à l’Humanité,

un autre juif, Pierre Stambul de

l’Union juive française pour la paix,

nous montre la vraie face des personnages

que j’ai cités en 1ère partie: “On

a été horrifié par ces actes. Mais aussi

choqué, dimanche, par le fait de voir

défiler, à Paris, Benyamin Netanyahou,

Avigdor Liberman [ministre des

affaires étrangères] et Naftali Bennett

[ministre de l’économie], trois criminels

de guerre, qui auraient dû être

jugés depuis longtemps par la Cour

pénale internationale pour les crimes

commis à Gaza. Dans la foulée, le

même Netanyahou a dit aux juifs

de France : « La seule solution pour

vous, c’est de partir. » C’est insupportable.

La question de l’antisémitisme

en France n’a certes jamais été réglée.

Mais appeler au départ des juifs de

France vers Israël, c’est tenter de la

régler sur le dos des Palestiniens, en

allant coloniser encore un peu plus la

Palestine”...

Shlomo Sand confirme, lui aussi,

ce que nous disions à propos de la politique

française et en général occidentale

au Moyen-Orient. Il commence

par établir son “antipathie fondamentale

envers les bases oppressives des

trois grandes religions monothéistes

occidentales”, et relève dans Charlie-

Hebdo “une haine manipulatrice destinée

à séduire davantage de lecteurs,

évidemment non-musulmans. [...]

Déjà, en 2006, j’avais perçu comme

une pure provocation, le dessin de

Mahomet coiffé d’un turban flanqué

d’une grenade. Ce n’était pas tant une

caricature contre les islamistes qu’une

assimilation stupide de l’islam à la terreur

; c’est comme si l’on identifiait le

judaïsme avec l’argent !

“On fait valoir que Charlie s’en

prend, indistinctement, à toutes les

religions, mais c’est un mensonge.

Certes, il s’est moqué des chrétiens, et,

parfois, des juifs ; toutefois, ni le journal

danois, ni Charlie ne se seraient

permis, et c’est heureux, de publier

une caricature présentant le prophète

Moïse, avec une kippa et des franges

rituelles, sous la forme d’un usurier à

l’air roublard, installé au coin d’une

rue. Il est bon, en effet, que dans la

civilisation appelée, de nos jours, «

judéo-chrétienne », il ne soit plus possible

de diffuser publiquement la haine

antijuive, comme ce fut le cas dans un

passé pas très éloigné. Je suis pour la

liberté d’expression, tout en étant opposé

à l’incitation raciste” (traduit de

l’hébreu).

De toute façon nous parlons

d’une très illusoire liberté d’expression

à la définition caméléonesque. J’ai

des interlocuteurs aux Etats-Unis qui

m’ont demandé il y a déjà longtemps

de ne plus communiquer avec eux sur

des sujets du Moyen-Orient car “on”

écoute et ils craignent d’être mis sur

des listes noires... Et je parle uniquement

de commentaires et d’échange

d’idées. Ces mêmes quatre partis belges

qui trouvaient il y a quelques mois

que Charlie Hebdo jetait de l’huile sur

le feu se sont retrouvés à Paris pour

protester contre cette atteinte à la liberté

d’expression...

Shlomo Sand établit ensuite

clairement la responsabilité de ces

malheureux événements. “Les dirigeants

occidentaux, loin d’encourager

les « voltairiens et les rousseauistes

» au Moyen-Orient, apportent tout

leur soutien aux régimes religieux les

plus répressifs. [...] comment ne pas

s’interroger sur le fait que, depuis plus

d’un an, tant de soldats français sont

présents en Afrique pour « combattre

contre les djihadistes », alors même

qu’aucun débat public sérieux n’a eu

lieu en France sur l’utilité où les dommages

de ces interventions militaires

? Le gendarme colonialiste d’hier, qui

porte une responsabilité incontestable

dans l’héritage chaotique des frontières

et des régimes, est aujourd’hui «

rappelé » pour réinstaurer le « droit » à

l’aide de sa force de gendarmerie néocoloniale.

Avec le gendarme américain,

responsable de l’énorme destruction

en Irak, sans en avoir jamais émis

le moindre regret, il participe aux bombardements

des bases de « daesch ».

Allié aux dirigeants saoudiens « éclairés

», et à d’autres chauds partisans de

la « liberté d’expression » au Moyen-

Orient, il préserve les frontières du

partage illogique qu’il a imposées, il y

a un siècle, selon ses intérêts impérialistes.

Il est appelé pour bombarder

ceux qui menacent les précieux puits

de pétrole dont il consomme le produit,

sans comprendre que, ce faisant, il invite

le risque de la terreur au sein de la

métropole”...

Sur une radio belge, dans le

cadre d’une émission culturelle sur

Ramzi Abou Redouane j’ai entendu un

exposé très poétique d’une personne

qui demandait: “Peut-on s’indigner

tous de tout?” Et il mentionnait un

cas d’euthanasie d’un malade psychiatrique.

“Quel est le rapport avec Charlie?

C’est un cas de société. Il faut être

attentif à toute minute, à tout moment

[...] La réaction des pouvoirs n’est pas

du tout appropriée – restreindre encore

plus les libertés civiles. Il faut restaurer

la beauté”.

Nul n’est censé ignorer la loi,

est un principe reconnu. Nul n’est innocent

dis-je. Nous devons devenir

conscient de la portée de nos actes.

Solidaires de ce qui se passe au sein

de la société mondiale. Nous achetons

un lainage fait au Bangladesh,

nous traitons à terme des marchés de

cacao péruvien, nous exportons nos

déchets nucléaires et autres, nous buvons

du café angolais, nous apportons

des produits de l’autre bout du monde

dans des bateaux-containers immenses

(voir les images saisissantes du

documentaire Le Syndrome du Titanic

de Nicolas Hulot qui ajoute un “élément

explosif” au drame écologique:

l’humiliation des populations), nous

servons du jus fait avec des oranges

brésiliennes cueillies par des ouvriers

saisonniers qui font 3.000 kilomètres

pour aller récolter deux tonnes par jour

s’ils veulent gagner le salaire minimum

de neuf euros quotidiens, nous allons

en vacances en Thaïlande, j’achète de

la citronelle élevée en Israël, tu votes

pour un parti d’extrême-droite. Nos

actions touchent directement une personne

de l’autre côté du globe...

... ou à côté de Nous... Nous

pouvons être aveugles, ou simplement

fermer les yeux. “Un vent fétide

de racisme dangereux flotte sur

l’Europe”, dit Shlomo Sand, qui note

qu’“en France ou au Danemark, en Allemagne

ou en Espagne où vivent des

millions de travailleurs musulmans,

le plus souvent affectés aux tâches

les plus pénibles, au bas de l’échelle

sociale, il faut faire preuve de la plus

grande prudence avant de critiquer

l’islam, et surtout ne pas le ridiculiser

grossièrement. Aujourd’hui, et tout

particulièrement après ce terrible massacre,

ma sympathie va aux musulmans

qui vivent dans les ghettos adjacents

aux métropoles, qui risquent fort

de devenir les secondes victimes des

meurtres perpétrés à Charlie Hebdo et

dans le supermarché Hyper casher”.

Dernières nouvelles à l’Agence

France Presse de ce 24 janvier: “l’ONU

accuse Israël de raser les habitations

de 77 Palestiniens”. “Certaines de

ces structures démolies avaient été

fournies par la communauté internationale

pour soutenir des familles vulnérables”,

précise le Bureau des Nations

Unies pour la coordination des

affaires humanitaires (OCHA).

«Les démolitions qui aboutissent

à des expulsions forcées et des

déplacements vont à l’encontre des

obligations d’Israël en vertu du droit

international et créent de la souffrance

et des tensions inutiles [...] En 2014,

selon les chiffres d’OCHA, les autorités

israéliennes ont détruit 590 structures

appartenant à des Palestiniens dans

la zone C et à Jérusalem-Est, déplaçant

1177 personnes - le plus haut

niveau de déplacement en Cisjordanie

depuis qu’OCHA a commencé à surveiller

systématiquement la question

en 2008.

“Israël affirme que ces démolitions

ont lieu parce que les structures

ont été construites sans les permis de

construction nécessaires. Les Palestiniens

et les groupes de défense des

droits humains disent que de telles

autorisations sont systématiquement

refusées, forçant des constructions

sans permis.

«Les politiques d’aménagement

appliquées par Israël dans la zone C et

à Jérusalem discriminent à l’égard des

Palestiniens, leur rendant extrêmement

difficile l’obtention d’un permis

de bâtir», a déclaré OCHA.

Une telle attitude ne peut

qu’aggraver la polarisation des deux

camps. Le bulldozer de la municipalité

de Jérusalem a détruit le rêve de ces

Palestiniens en leur sein, et peut-être

celui de dix innocents à l’autre bout

de la planète.

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015


A travers le monde

Alexis Tsipras, nouveau Premier ministre

grec, a prêté serment !

Par Thomas Liabot

Le leader de Syriza, Alexis Tsipras, a

été désigné lundi Premier ministre

de la Grèce après avoir prêté serment

en présence du président de la République.

Arrivé en tête des législatives

grecques dimanche, Alexis Tsipras, le

leader de la gauche radicale Syriza, a

été désigné lundi Premier ministre de la

Grèce après avoir prêté serment auprès

du président de la République Carolos

Papoulias. "Je servirai toujours la Grèce

et l'intérêt du peuple grec", a-t-il déclaré

en costume bleu, sans cravate comme

à son habitude, lors d'une prestation

civile de serment, une première en

Grèce, pays orthodoxe, où cette cérémonie

revêt d'ordinaire un caractère

religieux.

"Une route abrupte nous attend",

avait déclaré Alexis Tsipras un peu plus

tôt, lors d'un bref échange avec le chef

de l'Etat. Président de Syriza depuis

2008 et vice-président de la Gauche

européenne depuis 2010, Tsipras est le

plus jeune Premier ministre depuis 150

ans en Grèce. Juste après sa prestation

de serment, il est allé se recueillir au

mur des fusillés de Kesariani, commune

proche d'Athènes, où 200 communistes

ont été exécutés en 1944 par

les nazis.

Alliance avec les Grecs

Indépendants

Sans majorité absolue au Parlement,

Alexis Tsipras a du trouver un accord

Bolivie : Evo Morales accuse la CIA d’avoir

infiltré son parti, le MAS

Alexis Tsipras a prêté serment en présence du président

grec Carolos Papoulias.

avec le petit parti nationaliste des Grecs

indépendants, un parti de droite souverainiste.

Les deux formations vont

cumuler une majorité de 162 sièges

(149+13) sur 300 sans que la répartition

des postes au sein du futur gouvernement

soit encore connue. Le parti

souverainiste des Grecs Indépendants

développe une rhétorique anti-austérité

très ferme, comme celle de Syriza

; mais défend des positions nationalistes

et conservatrices sur le plan des

mœurs. Il avait déjà indiqué avant les

élections son intention de s'allier avec

Syriza pour mettre fin "aux mesures de

rigueur".

Le président de la Bolivie, Evo Morales,

a déclaré dimanche dernier

que l’Agence Centrale d’Intelligence

(CIA) des États-Unis avait réussi

à infiltrer son parti, le Mouvement

vers le Socialisme (MAS) dans le

but de créer des divisions internes.

« La CIA est présente à l’intérieur

du MAS ; comme ils ne peuvent pas

provoquer un coup d’État depuis les

États-Unis (parce que) le peuple se

soulèverait, comme ils ne peuvent

pas gagner démocratiquement, alors

ils s’infiltrent et tentent de nous retourner

les uns contre les autres »,

a assuré le président durant un entretien

donné aux médias nationaux.

Le président a précisé que

cette infiltration, au sujet de laquelle

il n’a pas apporté plus de détail,

s’est traduite par la démission de

dirigeants régionaux de son parti

qui prétendaient être candidats aux

élections de gouverneurs et maires,

prévues pour le mois de mars. « En

plus des infiltrations de la droite, il

faut ajouter l’ambition de certains

militants, qui son tentés ou achetés,

ce qui les pousse à la trahison », a-

t-il affirmé.zLe président Morales

espère néanmoins que cette année

les relations [diplomatiques] entre la

Les bulletins de vote n'ont été totalement

dépouillés qu'à 14h lundi, au

moment où Alexis Tsipras a été nommé

Premier ministre. Syriza a finalement

obtenu 36,34% des suffrages, avec

8,53 points d'avance sur Nouvelle

Démocratie (27,81%), le parti conservateur

du Premier ministre sortant Antonis

Samaras, qui a obtenu 76 sièges.

Le parti des Grecs indépendants, souverainiste

de droite, que Syriza a choisi

comme allié, est arrivé sixième avec

4,75% des voix et 13 députés, contre

7,51% et 20 députés en 2012.

Le JDD 26 janvier 2015

Evo Morales, le président

de la Bolivie

Bolivie et les États-Unis puissent se

normaliser ; lesquelles ont été affectées

en 2008 lorsque la Bolivie a or-

Un commissaire de police qui

enquêtait sur l'attentat de

Charlie Hebdo trouvé mort

Par Stéphane Hugues

donné l’expulsion de l’ambassadeur

étasunien Philip Goldberg, accusé

d’ingérence.

Le Ministre bolivien des affaires

étrangères, David Choquehuanca,

a informé en décembre dernier

que la Bolivie avait sollicité une

réunion entre Morales et le président

des États-Unis, Barack Obama, afin

de renommer des ambassadeurs à La

Paz et à Washington.

Le commissaire Helric Fredou, souschef

de la police judiciaire (PJ) de

Limoges, fut trouvé avec une balle dans

la tête quelques heures seulement après

l'attaque terroriste contre Charlie Hebdo.

Fredou faisait partie d'une équipe qui

enquêtait sur les événements du 7 janvier.

Les hommes qui ont tué une partie

de la rédaction de Charlie Hebdo, Saïd

et Chérif Kouachi, avaient fréquenté un

collège et un lycée professionnel près de

Limoges dans le Limousin.

Le soir de l'attentat de Charlie

Hebdo, Fredou avait envoyé des enquêteurs

de son équipe interviewer la

famille d'une des victimes de l'attentat.

Il attendait leur retour pour entendre

leur compte rendu. Il a commencé à préparer

son rapport tout de suite après le

compte-rendu. Il est resté tard à son bureau

de la police judiciaire pour le finir.

Un collègue l'a trouvé mort à une heure

du matin le jeudi et le rapport qu’il rédigeait

n'a jamais été trouvé.

Pascal Cayla, du syndicat policier

Alliance police nationale a dit: « Nous

sommes tous abattus. C’était quelqu’un

de très humain et proche des gens. »

Originaire de Limoges, cet homme de

44 ans avait débuté sa carrière en 1997

comme officier de police judiciaire à la

direction régionale de la PJ à Versailles,

avant de revenir à Limoges. Il était devenu

commissaire en 2007 après deux

ans à l’école Saint-Cyr du Mont-Dore,

avant d'être nommé chef de la sûreté

départementale de la Haute-Vienne. En

septembre 2010, il avait rejoint la ville

de Cherbourg (Manche) pour y assurer

les fonctions de commissaire central,

avant de revenir à Limoges en août

2012 pour être nommé directeur adjoint

du service régional de la PJ.

Les porte-paroles de la police affirment

que c'était un suicide et qu'il

s’est tué avec sa propre arme de ser-

Helric Fredou, commissaire, souschef

de la police judiciaire

de Limoges

vice. Dans les rapports initiaux sur la

mort de Fredou, la police de Limoges

avait déclaré que les raisons de son acte

étaient pour l’instant inconnues. Toutefois,

des rapports subséquents ont cité

les responsables de la police disant

que Fredou était déprimé et au bord

de l’épuisement professionnel. Une

autopsie a été pratiquée à l'Hôpital de

l'Université de Limoges qui a confirmé

un suicide. La police française a déclaré

qu’il n’était pas possible d’établir un

rapport avec les évènements relatifs à

l’attentat contre Charlie Hebdo.

Un an plus tôt, Fredou avait

lui-même apparemment découvert le

troisième policier en importance de la

police judiciaire de Limoges mort dans

des circonstances semblables. Cette mort

avait également été qualifiée de suicide.

Curieusement, les médias français n’ont

virtuellement pas fait état de la mort de

Fredou. Seuls trois ou quatre articles en

ont parlé dans la presse française, tous

dans de petits journaux régionaux ou à

la télévision régionale. Dans la presse

nationale, seul Le Parisien a publié un

petit article. En revanche, des dizaines

d'articles ont été publiés sur le sujet

dans la presse anglaise, allemande, et

dans les médias turcs, entre autres, dont

beaucoup qualifient de suspectes les circonstances

de la mort de Fredou.

Wsws 17 janvier 2015

Morales, qui a appuyé les gestions

de son ministre, a assuré qu’il

ne regrettait pas d’avoir expulsé de

son pays le représentant diplomatique

des États-Unis. (...)

Source : La Jornada 5 janvier

2015

Traduit de l’espagnol par Luis

Alberto Reygada

Le Grand Soir 20 janvier 2015

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Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Cuba, Nicaragua, Panama : vers une

nouvelle architecture géopolitique

de l’Amérique latine

Par Emir Sader

Il a suffi qu’intervienne la normalisation

des relations diplomatiques entre

Cuba et les Etats-Unis – qui laisse entrevoir

la fin de l’embargo imposé par

Washington à La Havane – pour que

bougent les pièces sur l’échiquier commercial

et géopolitique de l’Amérique

latine. Dans ce contexte, le port de

Mariel, rénové et élargi, ainsi que sa «

zone spéciale de développement » [1],

sont appelés à jouer un rôle stratégique

majeur. Mariel sera l’un des nœuds par

lesquels passeront les nouveaux flux

commerciaux qui s’intensifient dans

le monde et qui comptent parmi leurs

acteurs les plus importants la Chine et

l’Amérique latine.

Toutefois, d’autres dynamiques

régionales contribuent à façonner la

nouvelle configuration de la géopolitique

mondiale. Le canal de Panama

avait changé celle du monde lorsqu’il

fut inauguré il y a un peu plus d’un

siècle. A cette époque, les États-Unis

avaient repris le projet, qui avait

échoué et avorté, la construction du

canal par la France. Cela mettait fin à

une étape du commerce mondial, pour

en ouvrir une nouvelle.

Avant l’ouverture du canal de Panama,

la totalité du commerce et de la circulation

entre l’Atlantique et le Pacifique se

réalisait en effet par le Cône Sud, avec

tout ce que cela représentait de perte de

temps et de ressources. En reprenant

en main le projet en 1903 après son

abandon par la France, Washington a

poussé à la séparation du Panama avec

la Colombie pour donner naissance à

un pays qui existerait autour du canal,

placé sous tutelle nord-américaine.

C’est ainsi que le canal devint la chasse

gardée des Etats-Unis durant cent ans.

C’est également de cette manière

que surgit ce que les Panaméens appellent

« l’avenue du monde », la seule

voie de communication entre les deux

océans les plus importants de la planète,

entre les deux plus importantes

régions du monde. Malgré la volonté

manifestée par les États-Unis de faire

avec la zone du canal ce qu’ils font

encore aujourd’hui avec la base de

Guantanamo à Cuba, c’est-à-dire en

prolonger indéfiniment l’occupation,

le dirigeant nationaliste panaméen

Omar Torrijos avait exigé le respect

de l’accord (Carter- Torrijos- [2]) et

obtenu que le canal passe sous contrôle

du gouvernement panaméen le

31 décembre 1999. Ce qui n’empêche

nullement Washington de continuer à

jouer un rôle de surveillance militaire

de la zone.

A mesure que le commerce maritime

s’est accru, de même que la taille

des bateaux, le canal de Panama s’est

révélé insuffisant pour assurer les communications

maritimes entre les deux

océans. Le 22 octobre 2006, le pays

approuvait, par référendum national,

un projet de modernisation du canal

(conclu avec une entreprise espagnole),

soit pratiquement la construction

d’un autre canal dont l’inauguration

est prévue fin 2015. La date initiale a

dû être repoussée suite à de difficiles

renégociations liées à l’augmentation

des coûts des travaux.

pe un autre, beaucoup plus ambitieux

en termes de communication

maritime et de redistribution des cartes

stratégiques. Il s’agit de la construction

par le Nicaragua d’un nouveau canal

entre les deux océans. Le projet, encouragé

depuis longtemps par la géographie

même du Nicaragua – un pays

qui dispose de grands lacs pouvant être

utilisés pour la construction d’un tel

ouvrage – va finalement se concrétiser

[3].

La responsabilité de sa construction

et de son financement a été confiée

à un milliardaire chinois et à sa

société de travaux publics. Le projet a

été élaboré en peu de temps et a recueilli

l’approbation du gouvernement

du président Daniel Ortega, mais il est

confronté à des difficultés dans sa mise

Port de Mariel-Cuba | Crédits photo : cubadebate.cu

en œuvre.

D’une part, la construction de

ce canal changera l’avenir du Nicaragua.

Avec lui, le pays disposera de son

principal instrument de développement

économique grâce à son important trafic,

d’autant que s’y ajouteront d’autres

constructions annexes, entre autres un

nouvel aéroport, et une zone franche.

D’autre part, des mouvements populaires

se sont organisés contre le projet

pour protester contre les conséquences

qu’entraînera sa réalisation. Il a en effet

été conçu sans élaboration d’un

plan de réglementation des dommages

environnementaux et sans réelles négociations

avec les quelque trente mille

paysans qui seront déplacés de leurs

terres. Le gouvernement et l’entreprise

chinoise ont simplement indiqué qu’ils

recevront une juste indemnisation. Au

moment où devaient commencer les

travaux, se sont produites de grandes

mobilisations, non seulement dans les

zones concernées, mais aussi dans la

capitale, Managua, donnant lieu à des

affrontements avec la police et à des

dizaines d’arrestations.

Un projet de cette envergure,

avec toutes ses retombées potentielles,

est mis en œuvre avec une absence

quasi totale de mesures de prévention

des effets que sa construction va

entraîner, et il provoque l’hostilité au

lieu de susciter la fierté de posséder une

telle infrastructure. Le gouvernement

peut continuer à répondre aux mobilisations

en les faisant réprimer par la

police, mais l’occupation par une partie

des paysans des territoires sur lesquels

devraient commencer les travaux en

rend concrètement l’ouverture difficile.

Cette situation oblige le gouvernement

à d’épineuses négociations de dernière

minute avec les paysans qui disent

refuser les indemnisations et vouloir

rester sur leurs terres.

La construction du canal du

Nicaragua aura de nombreuses conséquences,

à commencer par la fin du

monopole du canal de Panama et de la

tutelle des États-Unis sur la circulation

maritime interocéanique. En synergie

avec le port de Mariel, il va faciliter les

flux impliquant des pays qui connaissent

une expansion à la fois de leur

commerce et de leur influence politique,

comme c’est le cas de la Chine

et du Brésil.

Les transformations du paysage

international, qui seront accélérées par

les très importants accords des BRICS

signés à Fortaleza au Brésil en juillet

2014 [4], trouvent une expression régionale

avec l’inauguration du port de

Mariel et les travaux de construction

du canal du Nicaragua.

Notes

[1] Situé à 40 kilomètres de La

Havane, ce port est destiné à recevoir

les porte-conteneurs « post-panamax »

qui peuvent transporter jusqu’à 13 000

conteneurs (ou boîtes). Il vise à placer

Cuba au cœur des nouvelles routes

commerciales maritimes Atlantique/

Pacifique.

[2] Signé en 1977 entre Omar

Torrijos et Jimmy Carter, cet accord a

organisé la restitution du canal au 31

décembre 1999. Il est désormais placé

sous la responsabilité exclusive de

l’Autorité du canal de Panama, agence

du gouvernement panaméen.

[3] Le projet de canal interocéanique

du Nicaragua (278 kilomètres

de long) reliera l’océan Atlantique à

l’océan Pacifique en utilisant le lac du

Nicaragua (ou lac Cocibolca). Il devrait

permettre le transit des « post-postpanamax

» de 250 000 tonnes mesurant

jusqu’à 450 mètres de long et pouvant

transporter plus de 14 000 boîtes.

Pour la réalisation des ces travaux, le

gouvernement de Daniel Ortega a octroyé,

en juin 2013, une concession

de cinquante ans (renouvelable une

fois) à Hongkong Nicaragua Development

Investment (HKND), une société

dirigée par l’homme d’affaires chinois

Wang Jing.

Sur l’ensemble du sujet, lire

François Musseau, « Fièvre des

canaux en Amérique centrale », Le

Monde diplomatique, septembre 2014

(http://www.monde-diplomatique.

fr/2014/09/MUSSEAU/50759 ).

[4] Lire « Les BRICS passent à

la vitesse supérieure », Mémoire des

luttes (http://www.medelu.org/Les-

BRICS-passent-a-la-vitesse ).

Source : Página 12

Traduction et annotations :

Mireille Azzoug

Edition et annotations : Mémoire

des luttes 14 janvier 2015

Suite de la page (6)

nan dyaspora a te leve kanpe,

nan okazyon lanmò diktatè

Franswa Divalye ak prestasyon

sèman pitit li Janklod kòm prezidan

avi, pou mete sou pye yon

gwo mouvman pwotestsasyon

ak rezistans. Pou denonse rejim

ereditè a ak sipò peyi enperyalis

yo t ap ba li kont enterè pèp ayisyen

an e pou pote kole ak lit ki

t ap mennen anndan peyi a pou

dechouke gouvènman makout

sanginè a. Nou te siyale kouman

mouvman an te limite depi

li parèt, akoz karaktè tiboujwa li

epi koneksyon li pa t genyen ase

ak mouvman revolisyonè anndan

peyi a ki dayè te trè fèb. Sa

pèmèt nou konstate aksyon patriyotik

la pa t ka rive lwen toutotan

yon mouvman revolisyonè

pa t rive devlope ann Ayiti. Nou

admèt sepandan, gen kèk bon

bagay ki te reyalize pandan eksperyans

sa a. Gen yon pakèt lide

ki te diskite. Gen yon bann lide

reyaksyonè moun te bije foure

nan pòch dèyè yo. Gen yon pakèt

lide pwogresis tou patriyòt yo te

atrap e aksepte pou yo vanse pi

devan. Pi gwo verite a se te rive

admèt : chanjman veritab ki pou

fèt nan enterè mas popilè yo, se

Ayiti pou li fèt e se ayisyen ki

pou fè l. Gen anpil lòt tèm ki ta

merite debat, anpil lòt aspè lan

mouvman an pou nou ta sènen.

Men, kad travay sa a pa pèmèt

nou grandi demach la plis toujou.

Li lè li tan pou espesyalis

syans sosyal yo al fouye zo nan

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kalalou pou mete anba je lajè

pan istwa sa a anpil moun ap

tann pou dekouvri. Dayè istwa

rejim Divalye yo poko fin ekri e

li poko janm ap fin ekri.

Nòt

(Endnotes)

1 Kò represif militè konseye

ameriken ede gouvènman

Janklod Divalye a mete kanpe

pou pwoteje prezidan an epi

konbat kominis.

2 Biznis Minis Enteryè

Lucner Cambronne monte pou

vann plasma ak kadav ayisyen

bay inivèsite ameriken.

3 Twa patriyòt ayisyen

(2gason, yon fi) kidnape anbasadè

ak konsil ameriken an

(Clinton Knox ak Ward Christensen)

23 janvye 1973. Kòmando

Champosin, se te non

gwoup la, te boukante diplomat

yo kont liberasyon 12 prizonye

politik.

4 Politisyen chalatan ki

fè gwo bwi lan Nouyòk pandan

detwa mwa lan dezyèm mwatye

ane 70 yo, monte gouvènman

an egzil pou sifonnen lajan

konpatriyòt ayisyen nan bi pou

rantre sang rate tèt an Ayiti epi

ranplase Janklod Divalye ak sipò

depatman deta meriken.

5 Ibid.

6 Jeneral Paul Eugène

Magloire, prezidan Ayiti 1950-

1956.

Guy-Gérald MÉNARD

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015


Suite de la page (14)

Corée du Nord en avançant des accusations

sans fondement que la Corée

du Nord a piraté Sony, et tout en recherchant

une confrontation avec la

Chine. Le département d’Etat américain

a repoussé l’appel au dialogue

lancé par la Corée du Nord et attise les

tensions sur la péninsule coréenne en

prévoyant au printemps des exercices

militaires conjoints avec la Corée du

Sud. Ils alimentent simultanément les

conflits avec la Chine en Mer de Chine

du Sud.

Dans sa course à la guerre,

l’impérialisme américain n’est pas

seul. Les puissances impérialistes plus

faibles avancent leurs propres intérêts.

L’Allemagne et le Japon se sont tous

deux débarrassés de leurs prétentions

pacifistes d’après la Seconde guerre

mondiale au profit d’une résurgence

ouverte du militarisme. La France

s’est saisie de la récente attaque terroriste

à Paris pour justifier une escalade

des interventions impérialistes au

Moyen-Orient, en Afrique et ailleurs.

Des troupes canadiennes échangent

des tirs avec l'EI en Irak, tandis que

l’Australie s'offre en partenaire agressif

du « pivot vers l’Asie » de Washington.

Pendant qu’Obama prétend

mener une lutte contre le « terrorisme

» en Syrie et en Irak, Israël, le principal

allié des Etats-Unis au Moyen-Orient,

est en train d’armer et d’assister la

filiale d’al Qaïda en Syrie – comme

Washington l’avait fait auparavant

– tout en commettant des attaques

provocatrices visant à déclencher une

guerre dans toute la région.

Comme en 1914 et en 1939, ce

qui conduit à cette éruption mondiale

du militarisme est la crise systémique

prolongée du capitalisme mondial dans

laquelle chaque puissance impérialiste

cherche à s’en tirer aux dépens de ses

rivaux.

Comme l’expliquait Léon

Trotsky, le co-dirigeant de la Révolution

russe, dans sa brochure célèbre

écrite il y a un siècle, La Guerre et

l’Internationale, la cause fondamentale

de la guerre se trouvent dans les

contradictions du système capitaliste

mondial et surtout entre le caractère

mondial de la production capitaliste

et le système des Etats-nation dans

lequel sont enracinés le capitalisme et

la propriété privé des moyens de production.

La guerre mondiale qui a éclaté

en 1914, écrivait Trotsky, est «

l’effondrement le plus colossal dans

l’histoire d’un système économique

détruit par ses propres contradictions

internes. » Elle a démontré « la banqueroute

historique » de tous ceux «

qui eurent pour mission de guider la

société bourgeoise, de parler en son

nom et de l’exploiter ».

Alors que la guerre est « la

méthode par laquelle le capitalisme,

à l’apogée de son développement,

cherche à résoudre ses contradictions

insolubles, » Trotsky poursuit en disant,

la classe ouvrière doit y opposer

« sa propre méthode, la méthode de la

révolution socialiste. »

Cent ans après que ces lignes

furent écrites, le système capitaliste

confronte l’humanité à la menace

d’une catastrophe encore plus grande

: une troisième guerre mondiale nucléaire.

Ceci donne aux alternatives

énoncées par Trotsky en 1914 une

puissance et une urgence encore plus

grandes. Le seul moyen d’éviter la

catastrophe que prépare le capitalisme

mondial est la construction d'un

mouvement anti-guerre de masse par

la classe ouvrière internationale sur la

base de l’internationalisme socialiste.

Wsws 23 janvier 2015

Suite de la page (14) Washington se révolte contre Obama !

Poutine a renversé la stratégie de

l’Otan », par Thierry Meyssan, Оdnako

(Russie), Réseau Voltaire, 8 décembre

2014.

[5] « Comment le Conseil des

relations étrangères détermine la diplomatie

US », Réseau Voltaire, 25 juin

2004.

[6] « This Is Obama’s Last Foreign

Policy Chance », Leslie Gelb, The

Daily Beast, January 14, 2015.

[7] « John McCain, le chef

d’orchestre du « printemps arabe », et le

Calife », par Thierry Meyssan, Réseau

Voltaire, 18 août 2014.

[8] « Le CNAS, version démocrate

de l’impérialisme conquérant », par

Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6

janvier 2015.

[9] « Robert B. Zoellick, maître

d’œuvre de la globalisation », Réseau

Voltaire, 10 mars 2005.

[10] « Richard Armitage, le baroudeur

qui rêvait d’être diplomate »,

Réseau Voltaire, 8 octobre 2004.

[11] « Dov Zakheim, la caution

du Pentagone », par Paul Labarique,

Réseau Voltaire, 9 septembre 2004.

[12] « Le retour d’Henry Kissinger

», par Thierry Meyssan, Réseau

Voltaire, 28 novembre 2002.

[13] « La stratégie anti-russe de

Zbigniew Brzezinski », par Arthur Lepic,

Réseau Voltaire, 22 octobre 2004.

[14] « James A. Baker III, un ami

fidèle », Réseau Voltaire, 16 décembre

2003.

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Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015

Haiti Liberté/Haitian Times

19


Résultats et Classements de

la CAN 2015

La saint Valentin en poésie et en chanson!

Groupe A

Cl Equipe Pts

1 Congo 7 points

2 Guinée EQ 5 points

3 Gabon 3 points

4 Burkina Faso 1 point

Groupe B

1 Tunisie 5 points

2 Rd COngo 3 points

3 Cap Vert 3 points

4 Zambie 2 points

Suite de la page (12)

agriculteurs et des étudiants qui avaient

déjà une certaine tradition de l’intégration

régionale.

Quant aux sciences sociales, un

processus croissant d’intégration régionale

s’est développé avec de nouvelles

institutions d’étude, des universités et

des réseaux académiques qui permettent

d’avancer vers l’étude de la problématique

régionale, en renforçant une vision

d’ensemble. Peut-être que certains des

exemples les plus remarquables de ce

processus sont le Conseil Latinoaméricain

Groupe C

Cl Equipe Pts

1 Ghana 6

2 Algérie 6

3 Sénégal 4

4 Afrique du Sud 1

Groupe D

Cl Equipe Pts

1 Cameroun 2

2 Cote d’ivoire 2

3 Mali 2

4 Guinée 2

de Sciences Sociales (CLACSO), dont la

première session s’est organisée à Lima,

en 1968 ; ou la Faculté Latinoaméricaine

de Sciences Sociales (FLACSO), qui se

créé en 1954, au Chili, et ensuite, s’étend

à l’Argentine, au Mexique, au Brésil, à

l’Équateur et à l’Amérique Centrale.

Dans le domaine de la recherche se

sont créés, après la Commission économique

pour l’Amérique Latine (CEPAL),

le Centre Latinoaméricain et Caribéen

de Démographie (CELADE), au Chili

(1957) ; la Escolatina (master à l’uni-

Les membres du Club « Les Amis dʼHaiti Liberté » vous invitent le Samedi 14 Février 2015, à une grande soirée pour

célébrer la Saint Valentin en poésie et en chansons avec une pléiade dʼartistes, de poètes et dʼautres intervenants.

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Samedi 14 Février 2015

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versité du Chili), dans le secteur de l’économie

(Chili) ;l’Institut Latinoaméricain

de Planification Économique et Sociale

(ILPES) ; la Maîtrise Latinoaméricaine de

l’Administration Publique de la Fondation

Getulio Vargas, au Brésil ; le Conseil

Supérieur Universitaire Centre-Américain

(CSUCA), qui coordonne les universités

de cette sous-région ; la Coordination des

Universités du Cône Sud et, plus récemment,

le Forum Universitaire du Mercosur

(FOMERCO) et l’Université d’Intégration

Latinoaméricaine (UNILA), qui

a son siège dans la ville aux trois frontières,

Foz de Iguaçu (Brésil). Parmi les

diverses associations professionnelles qui

se sont constituées au fil des dernières

décennies se distinguent l’Association

d’Économistes d’Amérique Latine et de

la Caraïbe (AEALC) et l’Association Latinoaméricaine

de Sociologie (ALAS). Cela

montre que sont en train de se créer des

conditions pour une intégration à long

terme par l’intermédiaire d’un réseau

d’institutions qui permettent la coopération

et l’échange sur divers domaines de

la connaissance.

Un bilan historique minimum

informé montre la densité croissante de

l’intégration régionale, contrairement à ce

que les défenseurs du panaméricanisme

plaident, qui disqualifient systématiquement

les avancées de ce processus.

Les parlements latinoaméricains

du Mercosur, de la Communauté Andine,

du Traité de Coopération Amazonienne,

sont également des mécanismes de développement

du processus d’intégration.

Ce cadre institutionnel croissant ouvre

le chemin pour le débat sur une stratégie

commune sudaméricaine et latinoaméricaine,

avec des possibilités de se convertir

en des politiques concrètes. Le renforcement

du Mercosur et la création postérieure

de l’Alliance Bolivarienne pour les

Amériques (ALBA) ; l’impact croissant

sous-régional de la Communauté et Marché

Commun de la Caraïbe, qui actuellement

porte le nom de Communauté Caribéenne

(Caricom) et plus récemment, la

création de l’Union des Nations Suraméricaines

(UNASUR) et celle de la Communauté

d’États latinoaméricains et caraïbes

(CELAC), sont l’expression de la densité

croissante et du dynamisme de l’intégration

régionale, contrairement à ce que les

défenseurs du panaméricanisme plaident,

qui disqualifient systématiquement les

avancées de ce processus et qui persistent

dans leurs tentatives visant à déstabiliser

et à affaiblir un projet historique d’unité

des peuples de la région qui se révèle, en

dernier ressort, comme un projet historique

de longue durée.

*Monica Bruckmann est Docteure

en science politique, professeure

du Département de Science Politique de

l’Université Fédérale de Rio de Janeiro,

Brésil. Directrice de Recherche de la

chaire UNESCO sur l’Économie globale

et le Développement Durable – REGGEN.

Membre du Conseil de l’ALAI. Ce texte

fait partie de la Revue Amérique Latine

en Mouvement, Nº500 de décembre

2014 qui traite du thème « América Latina

: Cuestiones de fondo »

Note :

Voir «Les BRICS, l’UNASUR et la

CELAC créent la carte d’un monde nouveau

et multipolaire»

ALAI, América Latina en

Movimiento 13 janvier 2015

Venezuela Info 14 janvier 2015

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20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 29 • du 28 janvier au 3 février 2015

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