Haiti Liberte 16 Septembre 2020

haitiliberte

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

LES POLICIERS DE FANTÔME

509 À L’ŒUVRE

Chapo ba pou

Osaka

Page 6

The Battle for Barbancourt

Inside the Family Fight to Control

Haiti’s Cherished Brand

Page 9

Manifestation

étudiante

Page 7

Les policiers du groupe Fantôme 509 à motos et armes aux poings

ARRESTATION DE

VILPIQUE DUNÈS

Voir page 3

Mexique : Un

séisme politique

ébranle la structure

politique

Page 10

Voir page 3

Etats-Unis : Les

multinationales

font appel aux

experts

du

renseignement

pour

attaquer les

syndicats

Vilpique Dunès serait un employé du palais national, est-cela qui a forcé le commissaire du gouvernement,

Me Ducarmel Gabriel à déclarer « même s’il travaillait au ciel, nous l’arrêterions. C’est zéro tolérance

dans le cadre de cette enquête. »

Page 17


Editorial

Le sens d’un anniversaire

HAITI

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3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

LIBERTÉ

Par Berthony Dupont

Dimanche 20 Septembre 2020. Une journée qui ne sera pas

différente des autres, sauf que ce jour-là ramènera le 262ème

anniversaire de naissance de Jean-Jacques Dessalines, le Grand,

le Fondateur de nation, le révolutionnaire, l’avant-gardiste de

l’héroïque révolution haïtienne de 1804 anti-esclavagiste et

anticoloniale qui a conduit les esclaves de Saint-Domingue à

l’indépendance.

Quel sens donner à cet anniversaire, quand le pays qu’il

nous a légué, soyons clairs, vit encore dans un long cauchemar

politique tout en s’enfonçant dans des ténèbres de malheur

? Les forces rétrogrades de la classe dominante, héritières des

traitres et criminels qui avaient accepté de concocter le parricide

de Pont-Rouge pour sauvegarder leurs privilèges, détiennent

encore le pouvoir et continuent à nous imposer des gouvernements

illégitimes, arrogants, immoraux, incompétents et antipopulaires

pour leur faciliter la tâche de continuer non seulement

à piller, dilapider les richesses et ressources du pays mais à le

déstabiliser au profit des puissances dominantes internationales.

Présentement, le gouvernement en place comme beaucoup

d’autres avant lui ont préféré asseoir leur pouvoir sur

deux mythes pour combattre les masses populaires : celui de la

domination coloniale par les grandes puissances impérialistes

et une alliance entre les deux forces locales d’anti-changement

: les grands propriétaires fonciers féodaux et la bourgeoisie financière

import-export.

C’est dans ce contexte de cauchemar que ce gouvernement

détenteur d’un record d’échecs politiques, par son imposture

fondamentale a provoqué plus de questions que d’apporter de

réponses au pays. Il est le fruit d’un système sans projets fondamentaux

et qui ne fait que privilégier davantage l’éphémère

par rapport au durable.

Son palmarès laisse à désirer puisque l’autorité de l’Etat ne

cesse de décliner alors que son irresponsabilité est en hausse.

C’est le comble du désespoir, de l’angoisse et des déchirements

du cœur dans tous les quartiers populaires.

L’exploitation et l’oppression du peuple par l’impérialisme

en accord concerté avec ces cliques gouvernantes ont atteint

leur paroxysme.

Tous les projets de ces gouvernements fantoches, valets

des puissances impérialistes sont contraire à l’idéal Dessalinien

et ce sont leurs agressions qui se multiplient et enfoncent le

pays dans l’incertitude et le doute.

Ce n’est là un secret pour personne, c’est en optant résolument

pour la voie capitaliste et en coopérant étroitement avec

l’impérialisme que les dirigeants du pays, fiers d’être des valets

soumis, des laquais serviles, des courroies de transmission

veules se sont donnés les instruments de sous-développé qu’ils

affichent au pays, trahissant par là l’idéal Dessalinien..

Dessalines, vous avez déclaré le 28 Avril 1804 : « J’ai

vengé l’Amérique » pour signifier que la libération d’Haïti est

celle de toute l’Amérique. Dans cette optique, vous aviez initié

un bel exemple de solidarité qui a abouti à la libération de la

Grande Colombie, ce projet de Francisco Miranda repris avec

succès par Pétion et Bolivar et qui a réussi à galvaniser des

masses de l’Amérique latine jusqu’à éliminer les régimes esclavagistes.

Aujourd’hui les oligarques haïtiens se comportent en bourreau

de ce pays frère, le Venezuela, une façon d’effacer toutes

vos prouesses, tout ce que vous aviez entrepris pour faire de

nous une puissante force révolutionnaire qui pulvérisa le bras

militaire esclavagiste de Napoléon, et qui forgea une terre de

liberté pour tous les opprimés.

En ce qui concerne les masses défavorisées du pays qui luttent

pour un changement radical, les élections et les transitions

à n’en plus finir ne changeront en rien à la réalité du complot

que les dirigeants ont toujours tramé sur le dos du peuple. Le

problème de fond a toujours été escamoté à savoir : c’est tout

le système d’exploitation, pièce maitresse du capitalisme qui y

règne et dont on doit se débarrasser de façon à transformer l’appareil

d’État.

Le sens de cet anniversaire devrait mener à nous défaire

d’un long cauchemar qui nous étreint. Mais y arriver ne se réalisera

pas du jour au lendemain. Le moment viendra où les masses

défavorisées des ghettos, prendront toutes leurs responsabilités

pour recouvrer tous leurs droits dont elles ont été spoliées.

Nous ne sortirons jamais de ce long cauchemar que lorsque

les principes dessaliniens caractérisés par une conviction révolutionnaire

sincère et profonde serviront de modèle. Car Dessalines

fut homme du refus, d’organisation, de l’ordre, du courage,

de l’unité des masses, défenseur de l’intégrité nationale,

parangon revendicateur des droits à l’égalité, internationaliste

et héros de l’anti-colonialime.

Comme ils sont nombreux ceux qui se réclament du libérateur,

uniquement pour créer la confusion puisqu’ils sont pour la

plupart des corrompus, des réformistes, des collabos, des vassaux

au service de l’ennemi de classe, il convient alors nécessaire

de redire : ils ne sont qu’une toile d’araignée tissée pour

retenir dans leurs mailles la marche ascensionnelle du peuple,

aider ainsi le camp impérialiste adversaire des masses et du pays

de façon à faciliter les riches à devenir plus riches et faire en

sorte que les pauvres deviennent plus pauvres.

La voie dessalinienne est de passer de la phase du spontanéisme

émotionnel à celle de l’organisation sous une direction

politique homogène, honnête, conséquente, sérieuse et légitime

de sorte que les exploités du pays, ouvriers, paysans, chômeurs,

sans-logis développent une conscience de classe pour qu’enfin

nous arrivions à démasquer les fossoyeurs, dans l’espoir de ne

plus avoir de mercenaires, de trafiquants et de bandits légaux

à la tête du pays. C’est là le sens de célébrer l’anniversaire du

fondateur de la nation.

Encore une fois : Longue vie et Bon Anniversaire à notre

Empereur Jean-Jacques Dessalines ! Que vive la mémoire de ce

grand et immortel révolutionnaire !

Email :

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Website :

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Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020


A Travers Haiti

Arrestation de Vilpique Dunès

Par Marie Laurette Numa

C

’est au cours d’une conférence de

presse dans le cadre de l’enquête

sur l’assassinat du Bâtonnier Monferrier

Dorval que le commissaire du

gouvernement de Port-au-Prince, Me

Ducarmel Gabriel a annoncé qu’un certain

Vilpique Dunès a été mis sous les

verrous par la police haïtienne. « Nous

Mackender Fils-Aimé

avons recueilli des témoignages qui

nous ont permis de mettre la main au

collet du nommé Vilpique Dunès dans

l’après-midi du jeudi 10 septembre

2020, à Delmas 75 » a-t-il fait savoir.

Dunès serait en quelque sorte

le présumé auteur de cet assassinat et

selon le chef du parquet près le tribunal

de première instance de Port-au-Prince

c’est « un pas très important vers

l’aboutissement de l’enquête qui vient

d’être franchi avec l’arrestation de

Vilpique Dunès. Grâce aux nouveaux

éléments d’information, il sera moins

difficile d’identifier ceux qui ont pris

part à ce crime odieux »

Vilpique Dunès

Le Commissaire a révélé que le

soir même de l’assassinat du Bâtonnier,

l’un des bras armés de Vilpique Dunès,

en la personne de Alex surnommé

« Black », a été abattu à Juvénat vers les

huit heures du soir.

Cela signifie, selon les révélations

du commissaire Ducarmel Gabriel, que

le présumé auteur matériel de l’assassinat

de Me Monferrier Dorval, « Black »

aurait été lui aussi assassiné pour couvrir

la piste. Mais qui a assassiné le présumé

assassin, est-ce le présumé auteur

intellectuel qu’on a vraiment arrêté ou

le sous-présumé auteur ?

Cependant, d’après le journaliste

Garry Pierre Paul Charles de Scoop Fm,

l’assassinat du nommé Black n’a rien à

voir selon des témoignages des riverains

avec la mort du Bâtonnier, puisque son

assassinat est survenu juste après une

altercation dans un match de football

où il (Black) a tiré quelqu’un au pied

et plus tard les partisans de celui qu’il

avait tiré au pied ont mis fin à sa vie.

Deux situations totalement opposées et

pourtant le gouvernement semble utiliser

la mort de Black pour sans doute

cacher la vraie piste.

Selon d’autres rumeurs Vilpique

Dunès serait un employé du palais

national, est-cela qui a forcé le commissaire

du gouvernement de Port-au-

Prince, Me Ducarmel Gabriel à déclarer

« même s’il travaillait au ciel, nous

l’arrêterions. C’est zéro tolérance dans

le cadre de cette enquête. »

Le ministre de la Justice et de la

Sécurité publique Rockfeller Vincent,

lui-même s’enfile dans la même lignée

en déclarant : « Le ministre de la Justice,

de concert avec la DCPJ, remonte

les filières. Si cela doit arriver chez

nous, nous l’accepterons. S’il doit arriver

à la résidence du Premier ministre

et au Palais national, le peuple aura

Les 5 policiers des Unités Départementales de Maintien de l’Ordre

(UDMO)

des résultats satisfaisants. Tous ceux

qui sont impliqués de près ou de loin

dans l’assassinat du bâtonnier Dorval,

y ap rive sou yo kanmenm. Personne

ne sera épargné »

Toujours dans le cadre de cette

enquête déjà cousue de fil blanc 5 policiers

des Unités Départementales de

Maintien de l’Ordre (UDMO), qui faisaient

la garde à la maison du Bâtonnier

après son assassinat ont été incarcérés

au Pénitencier national sur ordre du

commissaire du gouvernement, Me

Ducarmel Gabriel. Suite à leur incarcération,

le groupe policier identifié comme

Fantôme 509 a, samedi matin, saccagé

la capitale en solidarité avec leurs

collègues tout en exigeant leur libération

immédiate.

Faisant d’une pierre deux coups,

les policiers ordonnent également la

libération du policier national Jean Pascal

Alexandre, qui fait partie du Bureau

de lutte contre le trafic des stupéfiants

(Blts), incarcéré à la prison civile de

Port-au-Prince, depuis le 14 mai 2020,

sous l’accusation d’ « assassinat, actes

de vandalisme, de destruction de biens

publics, d’atteinte à la sûreté de l’État »

Pris de panique, le Premier ministre

Jouthe Joseph sur les ondes de

Signal FM sollicite la paix dans la capitale

et a également fait savoir qu’il

vient d’ordonner la libération des 5 qui

sont : Mackenson Cléus, Dodley Pierre,

Markenson Prévil, Angou M. Orcel et

Sénèque Jean-Louis. Selon lui « ces policiers,

en aucun cas, ne sont impliqués

dans l’assassinat de Me Dorval […]

s’ils ont commis des fautes administratives,

ils doivent répondre devant

l’inspection générale, ils devront être

transférés du pénitencier national

à l’IGPNH pour être placés en isolement

»

Suite à cette décision, Me Ducarmel

Gabriel, Commissaire du Gouvernement

de Port-au-Prince s’est vu

obligé de faire marche arrière en libérant

les policiers le jour même pour essayer

de calmer les mouvements de protestations

violentes des policiers liés au

groupe Fantôme 509.

Ce faux pas des acteurs de la

Justice, a permis à Renan Hédouville,

directeur de l’Office de la Protection du

Citoyen (OPC) dans un communiqué

daté du 13 septembre 2020 d’exprimer

« ses inquiétudes à l’endroit des actes

de violence enregistrés dans la matinée

du samedi du 12 Septembre 2020 qui

ont non seulement provoqué de nombreux

dégâts matériels dont l’incendie

de plusieurs véhicules de l’Administration

Publique mais aussi paralysé les

activités dans plusieurs zones ».

L’Office de la Protection du Citoyen

« condamne l’attitude du Commissaire

du Gouvernement de Port-auprince,

Me Gabriel Ducarmel, qui, selon

lui, n’a pas fait preuve de professionnalisme

dans le traitement de ce dossier en

n’ayant pas eu la perspicacité de transférer

celui-ci au cabinet d’instruction et

en décidant de décerner des mandats de

dépôt à l’encontre des policiers ayant

commis une faute administrative. Il

en profite également pour remettre en

cause le fonctionnement de la Justice

tout en indexant particulièrement le

titulaire du Ministère en la personne de

Rockfeller Vincent.

Le Barreau de Port-au-Prince

pour sa part ne voie pas d’un bon œil

les réactions du Premier ministre et Protecteur

du citoyen. Ainsi, dans une note

« Le conseil de l’ordre proteste de façon

la plus énergique contre l’intrusion du

Premier Ministre, Joseph JOUTHE et du

Protecteur du citoyen, Me Renan HE-

DOUVILLE , dans l’enquête judiciaire

ouverte dans le cadre de l’assassinat

de Me Dorval »

Le gouvernement parle de trois arrestations

dans ce dossier, mais jusqu’à

présent on en a connu que deux officiellement

: Mackender Fils-Aimé et

Vilpique Dunès tous deux proches du

gouvernement et du parti PHTK.

En somme, le gouvernement

n’est-il pas en train de chercher un bouc

émissaire pour faire porter le fardeau,

une façon de ne jamais permettre à la

population de connaitre le vrai assassin,

celui qui a commandité l’assassinat

du Bâtonnier de la capitale, Monferrier

Dorval.

Les policiers de Fantôme

509 à l’œuvre

Par Thomas Peralte

Des voitures incendiées au cours de la manif des policiers

Les policiers du groupe Fantôme 509 à motos et armes aux poings

C

’est à la suite de la décision du commissaire

du Gouvernement de Portau-Prince

Me Ducarmel Gabriel d’incarcérer

les 5 policiers qui surveillaient

la maison du Bâtonnier que la moutarde

est montée au nez des policiers

particulièrement ceux qui font partie du

syndicat de la police nationale.

Ces policiers étaient déjà remontés

contre des autorités irresponsables,

du fait de leurs conditions de travail

et pour n’avoir pas reçu un salaire

adéquat pouvant répondre à leurs besoins.

Ils en ont profité pour faire d’une

pierre plusieurs coups à savoir : exiger

la libération des 5 policiers affectés à

l’UDMO, puis celle de leur frère d’armes

Pascal Alexandre incarcéré depuis le

13 mai dernier sur ordre de Jack Lafontant

le Commissaire du Gouvernement

d’alors du Tribunal de Première Instance

de Port-au-Prince.

C’était au petit matin du samedi

12 septembre 2020. Flanqués de certains

cadres d’organisations populaires

et étudiantes, ils se sont livrés à nombre

de tapages, manifestations violentes, y

compris des barricades de pneus enflammés

et des véhicules incendiés.

Le gouvernement s’est vu obligé

de céder aux exigences du groupe

Fantôme 509 en libérant rapidement

du Pénitencier les 5 policiers Doddley

Pierre, Mackenson Cléus, Angou Orcel,

Mackenson Pierre et Sénèque Jean-Louis

pensant que tout allait s’arrêter là.

Juste après la manif du Samedi,

les policiers du groupe Fantôme 509

ont pris un ferme rendez-vous pour le

lundi 14 septembre 2020 dans la région

métropolitaine de Port-au-Prince

pour exiger la libération de l’agent de

la Brigade de lutte contre le trafic des

stupéfiants (BLTS), Pascal Alexandre.

Tout au cours de la journée du

lundi, ils ont perturbé les activités

économiques, la circulation et porté

les activités du transport en commun à

fonctionner au ralenti. Les policiers du

groupe Fantôme 509 à motos et armes

aux poings ont tenté en maintes occasions

de prendre la route pour se rendre

à Pèlerin 5 ou habitent le président de

la République, ils ont été contraints de

rebrousser chemin par d’autres forces

de la police, plus importantes en nombre.

Enfin, ils donnent un ultimatum

aux autorités judiciaires qu’elles ont

jusqu’à 8h PM ce lundi soir pour libérer

Pascal Alexandre.

Cette fois-ci, le gouvernement

n’a pas cédé puisque malgré la panique

dans la zone métropolitaine le policier

Jean Pascal Alexandre est toujours incarcéré

au Pénitencier national.

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

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A Travers Haiti

La Fondasyon Je Klere (FJKL) rectifie et s’excuse

Par Thomas Peralte

Des membres de la Fondation Je Klere

La Fondasyon Je Klere dans un communiqué

en date du 9 septembre 2020 vient de rectifier

son accusation faite à l’endroit de l’inspecteur divisionnaire

Ezéchiel Alexandre appartenant à l’unité

départementale de maintien d’ordre (UDMO) comme

quoi il était lié à des activités de gangs armés

dans le pays.

L’inspecteur général en chef de la PNH, Hervé

Julien vient de remettre cette attestation d’honneur

à Ezéchiel Alexandre pour enlever toutes les suspicions

selon lesquelles il est le chef de gang de la Base

Pilate comme l’avait mentionné le rapport daté du

22 juin 2020 de la Fondasyon Je Klere.

« L’Inspection Générale de la Police Nationale

d’Haïti atteste, par la présente, que Monsieur Ezechiel

ALEXANDRE identifié au numéro 11 – PP –

0689, de grade d’Inspecteur Divisionnaire, affecté

à I’UDMO / Ouest, fait partie de la Police Nationale

depuis 1995. Après les recherches effectuées dans

les archives et sur ses bases de données, l’Inspection

Générale certifie que le policier Ezechiel ALEX-

ANDRE n’est l’objet d’aucune recommandation de

sanction jusqu’à date. Ce certificat lui est délivré pour

servir et valoir ce que de droit ».

La Fondasyon Je Klere pour sa part qui avait

gratuitement non seulement accusé le policier mais

L’inspecteur divisionnaire Ezéchiel

Alexandre

l’avait humilié aussi par devant la société et sa famille

profite de cette occasion pour faire savoir

qu’elle « regrette qu’une confusion ait été relevée

dans son rapport relatif au matricule de ce policier.

La présente note vaut rectification »

Nous espérons que d’autres victimes de ces

types d’erreurs trouvent justice et réparations puisque

ces accusations graves peuvent gâcher l’avenir

de beaucoup de nos citoyens.

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

Family and Community

Medicine

Public health and Pediatrics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

tel. (305) 751-1105

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions conformes

du Ministère public, accueille l'action du demandeur, le sieur Pierre Louis RICHÉ en

la forme maintient le défaut faute de comparaitre octroyé à l'audience du vendredi

dix-sept juillet deux mille vingt contre la dame née Mariette DÉSAUGUSTE.

Admet en conséquence le divorce du dit sieur Pierre Louis RICHÉ, contre son

épouse née Mariette DÉSAUGUSTE pour incompatibilité de caractères et injures

graves et publiques faits prévus à l'article 217 du code civil Haïtien ; prononce la

dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre eux, aux torts exclusif de

l'épouse ; Ordonne à l'officier de l'état civil de la section Sud de Port au Prince , à

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un

extrait sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de

dommages intérêts ; Compense les dépens vu la qualité des parties ; Commet

l'huissier Clerbrun FAURE pour la signification du présent jugement. Rendu de

nous Legroise AVRIL, en audience Publique et ordinaire du vendredi dix-sept juillet

deux mille vingt, en présence du substitut commissaire du gouvernement, Me Luc

PASCAL faisant office du Ministère public et avec l'assistance de Me jean Serge

DUVERT, Greffier du siège

Il est ordonné .........etc......... En foi de quoi.......etc

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions du Ministère

public, accueille l'action du demandeur le sieur Wilquin FONTILUS en la forme ;

maintient le défaut faute de comparaitre sollicité et octroyé à l'audience ordinaire et

publique du vendredi vingt huit juin deux mille dix neuf contre la dame née Saradienne

JOSEPH, admet en conséquence, le divorce des époux Wilquin FONTILUS , la

dame née Saradienne JOSEPH pour causes d'incompatibilité de caractère pour

injures graves et publiques conformément aux dispositions de l'article 217 du code

civil Haïtien, prononce en conséquence, la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre eux aux torts de l'épouse ; ordonne à l'officier de l'état civil de la

section sud de Port au Prince, de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à

la capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet

l'huissier Johnny JEAN immatriculé au greffe du Tribunal civil de Port au Prince pour

la signification du jugement ;

Donné de nous, Jean Osner PETIT PAPA, juge en audience ordinaire et publique du

vendredi vingt huit juin deux mille dix neuf (28/06/2019) en présence de Roger

SIMPLICE, substitut du commissaire du gouvernement de ce ressort et avec

l'assistance du sieur Jean Serge DUVERT, greffier du siège.

Il est ordonné ....... etc...... En foi de quoi........etc.......

Me Bertin VILLASSON Avocat.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen et sur les conclusions conformes du Ministère

public, maintient le défaut octroyé contre la partie defenderesse à la susdite

audience, pour le profit, déclare fondée ladite action, admet en

conséquence le divorce du sieur Néhémie MOÏSE d'avec son épouse née

Georgette CADET, pour incompatibilité de caractères et infidélité prononce

la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux, ordonne

à l'officier de l'état civil de Fond des Nègres de transcrire sur les registres à

ce destinés le dispositif du présent jugement, dont un extrait sera inséré

dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Coder GESTE de ce

Tribunal pour la signification du présent jugement, Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nerva VILMONT, juge doyen en

audience civile ordinaire et publique en date du mercredi seize octobre

deux mille dix neuf, en présence de Me Raynold DUBOS, substitut du

commissaire du gouvernement et avec l'assistance du sieur Willy BERNABE,

greffier du siège. Il est ordonné ......etc.....etc...... En foi de quoi.....etc......

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions conformes

du Ministère public accueille l'action du demandeur, Dieusam Fils GARÇON, en la

forme; Maintient le défaut faute de comparaitre octroyé à l'audience du vendredi

dix-sept juillet deux mille vingt contre la dame née Daphfline JUPITER; Admet en

conséquence le divorce des époux Dieusam Fils GARÇON d'avec son épouse née

Daphfline, pour injures graves et publiques faits prévus à l'article 217 du code civil

Haïtien; prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre eux

aux torts exclusif de l'époux ; Ordonne à l'officier de l'état civil de Port au Prince

de la section sud de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la

Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers; Compense les dépens vu

la qualité des parties ;Commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour la signification

du présent jugement

Rendu de nous Legroise AVRIL, juge au Tribunal de première instance du ressort de

Port au Prince en audience civile et publique et ordinaire du vendredi dix-sept

juillet deux mille vingt en présence du substitut du commissaire du gouvernement.

Me Luc PASCALE, faisant office du Ministère public et avec l'assistance de Me Jean

Serge DUVERT, greffier du siège.

Il est ordonné etc........ En foi de quoi......etc......

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen Le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre le défendeur à l'audience précitée pour le profit

déclare fondée ladite action. Admet en conséquence le divorce des

époux la dame Guetjens Virgile, née Jasmine Francesca François

contre Guetjens Virgile pour injures graves et publiques aux torts de

l'époux. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant

entre les dits époux; ordonne à l'officier de l'état civil de Carrefour

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les

tiers s'il y échet. Commet l'huissier Jean Donald Joseph CADET pour la

signification de ce jugement, Compense les dépens. Ainsi jugé et

prononcé par nous Guy AUGUSTIN, juge en audience civile ordinaire,

et publique du mercredi vingt deux juillet deux mille vingt en

présence de Me Paul WESLEY, substitut du commissaire de ce ressort

et avec l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE greffier du

siège. Il est ordonné.......... etc......,.. En foi de quoi.......etc...... .

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen. Le Ministère public entendu maintient le défaut

octroyé contre le défendeur à l'audience précitée pour le profit déclare

fondée ladite action, admet en conséquence le divorce des époux Edouard

Ambroise la femme née Lusmene Désamour pour injures graves et

publiques aux torts de l'époux. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux. Ordonne à l'officier de l'état civil de

Pétion ville à transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la

Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet.

Commet l'huissier Jean Marc Augustin pour la signification de ce jugement

; Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Guy AUGUSTIN, juge en audience civile

ordinaire et publique du mercredi vingt neuf juillet deux mille vingt en

présence de Me Paul Wesley, substitut du commissaire de ce ressort et avec

l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE greffier du siège. Il est

ordonné .......... etc..... En foi de quoi......etc..... Jacques Coriolan Avocat

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal rejette la demande du rabat de défaut à l'audience

du lundi 23 janvier 2020 , et invite par la partie

défaillante a suivre la voie tracé par la loi et maintient le

défaut octroyé à la barre l'autre partie, commet l'huissier

Jean Wilner Pierre pour signification de la présente

sentence.

Donné de nous, Me Roosevens Massenat Desmornes en

audience civile, publique et ordinaire du jeudi 23 janvier

2020 An 217ème de l’indépendance à douze heures cinq

minutes, et avec l'assistance de Marie Elsie Ernest.

Greffier du siège. Il est ordonné........ etc....., en foi de

quoi.....,etc.... Marie Elsie Ernest Greffier.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions conformes du Ministère

public, maintient le défaut octroyé contre la partie défenderesse à la

susdite audience, pour le profit, déclare fondée ladite action ,admet en

conséquence le divorce du sieur Francky OLIAM d'avec son épouse née

Elourde CADET, pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse,

prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits

époux, ordonne à l'officier de l'état civil de Saint Michel du Sud de

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement

dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale

sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet ;Commet

l'huissier Coder GESTE de ce Tribunal pour la signification du présent

jugement Compense les dépens .

Ainsi jugé, et prononcé par nous, Me Nerva VILMONT, juge doyen en

audience civile ordinaire et publique en date du mardi quatre février

deux mille vingt, en présence de Me Raynold DUBOS, substitut du commissaire

du gouvernement de ce ressort et avec l'assistance du sieur Willy

BERNABE greffier du siège. Il est ordonné ....... etc...... En foi de

quoi......etc.....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen. Le Ministère public entendu maintient le

défaut octroyé contre le défendeur à l'audience précitée pour le profit

déclare fondée la dite action ; Admet en conséquence le divorce des

époux Harold Denis la femme née Loly Albert pour injures graves et

publiques aux torts de l'époux. Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre les dits époux ; Ordonne à l'officier de

l'état civil de Pétion ville à transcrire sur les registes à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un

des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet . Commet l'huissier Jean Marc

Augustin pour la signification de ce jugement ; Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy Augustin, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du mercredi vingt neuf juillet deux mille

vingt en présence de Me Paul Wesley substitut du commissaire du

gouvernement de ce ressort et avec l'assistance du sieur Junior

Sauvens THELEMAQUE greffier du siège..... Me Jacques Coriolan

Avocat

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions conformes du

Ministère public, accueille l'action du demandeur, le sieur Lunique Robert CHARLES en

la forme maintient le défaut faute de comparaitre octroyé à l'audience du vendredi

vingt quatre juillet deux mille vingt contre la dame née Rosenie Pierre. Admet en

conséquence le divorce du dit sieur Lunique Robert CHARLES contre son épouse née

Rosenie Pierre pour incompatibilité de caractères et injures graves et publiques faits

prévus à l'article 217 du code civil Haïtien; prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre eux aux torts exclusif de l'épouse; ordonne à l'officier de

l'état civil de la section sud de Port au Prince, transcrire sur les registres à ce destinés

le dispositif du présent jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens

s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers compense les

dépens vu la qualité des parties; Commet l'huissier Clerbrun FAURE pour la signification

du présent jugement

Rendu de Nous Jean Osner PETIT PAPA, juge au Tribunal de première instance du

ressort de Port au Prince, en la chambre du conseil en audience publique et ordinaire

du vendredi vingt quatre juillet deux mille vingt en présence du substitut du commissaire

du gouvernement. Me, Enide LEGERME, faisant office du Ministère public et avec

l'assistance de Me. Jean Serge DUVERT. Greffier du siège

Il est ordonné...... etc...... En foi de quoi.....etc......

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020


A Travers Haiti

Quelles étiquettes trompeuses !

La réduction du taux d’échange est une politique de Jovenel Moise avec les

banques pour gagner l’opinion nationale

Par Berthony Dupont

Une erreur technique a été enregistrée

à la publication de l’Editorial

de la semaine dernière (Vol. 14

No.10). Nous voulons nous excuser

auprès de nos fidèles lecteurs en

publiant la vraie version cette semaine.

On ne devrait se faire aucune illusion

sur la situation actuelle du

pays qui laisse tout le monde perplexe

surtout avec la monnaie haïtienne,

la gourde, qui est en train de

prendre force face à la devise américaine

et qui a poussé le président

de la République Jovenel Moise à

déclarer triomphalement la victoire

« Ce n’est pas le fruit d’un hasard

que la gourde se valorise ces derniers

jours par rapport au dollar »

En fait, qu’est-ce qui a changé

et qui a permis soudainement ou en

un clin d’œil que le taux de change

soit passé spectaculairement au

cours d’une semaine de plus de 122

gourdes à moins de 90 gourdes pour

un dollar? A Port-au Prince, par exemple,

le dollar s’achète déjà à 70

ou 80 gourdes et se vend justement

à 90 gourdes.

Alors, par quel miracle cela

a pu arriver ? Est-ce une augmentation

de la production nationale,

le développement de l’industrie du

tourisme ou sont-ce les initiatives

macro-économiques qui ont affiché

un taux de progrès de l’économie

haïtienne et facilitent le renforcement

de la gourde ? Non, puisque

rien de structurel n’a changé, tout

continue à décliner. Les choses

s’empirent davantage et les conditions

de vie de la population haïtienne

ne cessent de se détériorer de

plus en plus.

Les hommes du pouvoir et de

la bourgeoisie néolibérale se font

d’appréciables fortunes en pillant le

pays tout en exploitant les masses

populaires. Ce qui vient d’arriver

est le résultat d’une entente contre

les masses existant au sein de la

classe dominante haïtienne. Classe

composée de deux factions oligarchiques

rivales: les grands propriétaires

fonciers (Grandons) et les

compradores capitalistes de la bourgeoisie

revendeuse, import-export

dont un bon nombre d’entre eux

sont des banquiers et s’adonnent

également à la sous-traitance.

L’étiquette trompeuse est que :

la Banque de la République d’Haïti

(BRH) a injecté 150 millions de dollars

de façon à soi-disant stabiliser le

marché des changes. Mais ce n’est

pas la première fois qu’on injecte

des millions dans notre économie

et rien n’a jamais bougé, le dollar

américain a toujours poursuivi son

chemin. Si quant à présent, il y a

un traitement différent, ce n’est pas

un bond avant puisque les objectifs

restent les mêmes, maintenir en

place un régime corrompu pour perpétuer

la domination capitaliste et

l’exploitation de la classe ouvrière.

Nous ne devons pas oublier

que les réactionnaires sont capables

de tous les coups, et de tous

les crimes. Le taux réel de la gourde

face à la monnaie américaine ne

devrait pas dépasser au maximum

les 60.00 gourdes pour un dollar

selon les trouvailles de l’économiste

Jacob Jonas Jean François.

Cette dégringolade scélérate serait

la résultante d’une entente, d’une

complicité entre les deux têtes des

classes dominantes contre les classes

laborieuses.

Cette politique rétrograde et

machiavélique est celle qui a conduit

notre pays à la banqueroute

totale dans tous les domaines de la

vie politique, économique et sociale.

Cette politique avait bloqué et continuera

à bloquer les énergies des

masses populaires exploitées dans

le seul dessein de servir à jamais le

grand capital impérial.

Cette entente des fantoches

féodaux, duvaliéristes macoutiques

que représente le pouvoir PHTKiste

d’avec leur frère de classe représentant

authentique de la bourgeoisie

impérialiste, était pour la présidence

une façon d’assurer une

marge d’action économique plus

importante pouvant l’aider si possible

à redorer son blason. Maintenant,

le récit de Jovenel Moise à

savoir, la bourgeoisie veut le renverser

et utilise le taux d’échange

pour le faire, est un faux argument.

Et pourtant, tout ce qui a été fait à

la Banque centrale de sorte qu’elle

soit prisonnière de la bourgeoisie

financière était en parfaite communion

avec la clique gouvernementale.

Un quelconque conciliabule

entre les deux protagonistes des

classes dominantes pour qu’ils

deviennent plus riches aux dépens

des travailleurs dont la dépréciation

de la gourde faisait leur bonheur

et en même temps le malheur des

classes défavorisées.

L’autre étiquette trompeuse

est cet accord conjoncturel, un

deal consommé entre le pouvoir

et le secteur privé des Affaires.

C’est celui là que Jovenel présente

maintenant comme un combat gagné,

une rupture, une brouille avec

l’oligarchie n’est que pour jeter de

la poussière aux yeux des naïfs,

quand il déclare : « Si vous m’avez

financé, aujourd’hui je vous demande

de couper la main qui m’a

donné l’argent. La politique qui

doit prévaloir dans le pays est celle

du peuple, celle des démunis »

A présent, le pouvoir Phtkiste

des propriétaires fonciers

féodaux ne fait que renforcer leur

accointance avec la bourgeoisie

compradore et financière de sorte

que l’Exécutif trouve moyen pour

amadouer l’opinion publique avec

ses projets d’électricité et autres.

La réduction du taux d’échange est

une politique de trompe l’œil pour

gagner l’opinion nationale dans

l’optique de se faire accepter, qu’il

reste au pouvoir pour organiser

les élections comme le veulent les

puissances impérialistes.

Cette appréciation de la gourde

est une réaction cosmétique, une

duperie, de vaines rodomontades ;

déjà le taux de référence de la BRH

pour ce mardi 8 septembre 2020

est de 101,21 gourdes pour un dollar.

Cela indique dans les prochains

mois les usurpateurs vont marcher,

s’il le faut, sur des cadavres du peuple

pour les faire respecter la légalité

des taux telle qu’ils l’entendront.

Le seul moyen susceptible de

faire décoller l’économie et de parvenir

à un résultat au profit du pays

et des masses populaires reste la

lutte des classes. Il faut coûte que

coûte que les classes prolétariennes

combattent à la fois les deux têtes

néolibérales de cette classe dominante

marchande de pays pour

liquider leurs vestiges et contribuer

sérieusement à la libération nationale.

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Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Kilès k ap di yon mo

pou elèv yo?

Chapo ba pou Osaka

J. Fatal Pya

“Mwen remèsye ak tout kè m tout

zansèt mwen yo chak fwa m sonje

se gout san yo tou cho ki kouri

tout boulin nan tout longè venn

mwen. E, pa gen anyen, anyen,

anyen menm ki ka janm rive fè

m bliye sa”.

Bissainthe Anneseau

Elèv lekòl yo nan lari pou fè

pase revandikasyon pa yo tou,

nan okazyon gwo van panik ensekirite

k ap soufle nan peyi a.

Manifestasyon polisye, pwofesè

ki pa vin fè klas k ap manifeste

pou yon bon kondisyon travay,

Sifonnen gaz gen gwo danje

ladann

Se yon pratik doktè pa rekòmande ki

kapab koze gwo pwoblèm sante

Gen kèk moun ki gen pratik itilize

yon tiyo pou rale gaz nan tank yon

machin oubyen nan yon resipyan pou

mete nan yon lòt. Lè konsa, moun sa yo

mete tiyo a nan bouch yo pou rale gaz

la, apresa, yo mete tiyo a kote yo bezwen

an epi yo krache detwa gout gaz ki te

monte nan bouch yo a, konsa tou yo ka

gentan vale kèk gout. Se pratik sa a ki

rele sifonnen gaz oswa esans la.

Gen plizyè rezon ki konn mennen

yon moun sifonnen esans. Pafwa se

paske moun sa a gen yon gaz move kalite

nan tank machin li ki konn fè machin

nan pa ka fonksyone jan sa dwe fèt.

Gen lòt fwa se kapab pou ede

yon lòt pwochen sou wout la ki ka gen

pwoblèm gaz alòske pa gen ponp tou

prè kote l ye a. Konsa tou, gen moun se

akoz de biznis yo ki fè yo sifonnen gaz

toutan. Moun k ap vann gaz nan lari yo

konn gen pratik sa a pou pran gaz nan

doum mete nan galon. Men tou, se konn

yon mannèv yon moun itilize pou vòlè

gaz nan machin yon lòt.

Pou kèlkeswa rezon ki ta mennen

yon moun sifonnen esans la, espesyalis

nan domèn lasante pa rekòmande pratik

sa a. Esans la se yon pwodui derive

petwòl ki genyen ladann « hydrocarbure

» ki li menm fòme ak atom idwojèn plis

kabòn.

Lè yon moun an kontak ak sibstans

sa yo sa ka lakoz gwo konsekans

sou sante l. Doktè Louis Charles ki se

nemològ epi youn nan responsab lopital

Sanatorium fè konnen pèsonn pa ta dwe

gen yon kontak dirèk ak gaz alevwa pou

ta rale l ak bouch yo. « Lè moun nan rale

gaz la, vapè a ale dirèkteman nan poumon

l. Alòske poumon an son enpas,

li pa bay pasaj pou tout sa ki ap rantre

ladann soti », sa a se pawòl doktè a ki

gen espesyalite nan maladi respiratwa.

Poumon an ap abime

Selon doktè a, lè yon sibstans antre

nan poumon an, se swa li pase nan

san, oubyen poumon an fè l remonte

nan bouch, men konsa, tout sa a moun

nan te respire a gendwa pa ka remonte.

Daprè espesyalis la, lè se yon sibstans

nosif tankou gaz ki rete nan ògàn sa a,

li kapab abime l. « Menmsi poumon an

gen mwayen defans li, lè li abime li vin

pèdi kapasite li te genyen pou defann tèt

li a. Lè konsa a poumon an vin frajil »,

toujou doktè Louis Charles k ap pale.

Daprè doktè a, sifonnen gaz la

sa te lakoz lekòl pat louvri, biznis

pat mache. Soti vandredi 11 pou

rive madi 14 Septanm 2020 an

tansyon lari a te wo anpil. Bagay

sa a te fòse anpil elèv nan plizyè

vil peyi a te pwofite pran lari tou

pou fè pase revandikasyon pa yo :

Nou bezwen pwofesè nan klas yo !

Peye pwofesè yo !

ka kite moun ki pratike l yo ak gwo

pwoblèm sante. Moun ki gen gen pratik

sa kapab esoufle anpil pou nenpòt ti

distans li ale a epi li ka menm rive fè kriz

kadyak.

Sifonnen gaz la toujou daprè doktè

a, kapab bay moun ki konn fè l la yon

bwonchit ki se lè bwonch yon moun

anfle. Bwonch la, selon espesyalis la, se

yon tib ki pèmèt lè pase al nan poumon

an. Lè bwonch la atake, sa vin fè kanal

li a vin pi piti pwogresivman. Lè konsa

moun nan vin pa ka respire kantite lè li

konn abitye respire deja. « Moun nan ka

vin gen yon bwonchit kwonik sa vle di li

li vin gen maladi a pandan twò lontan. Si

li pa trete, bwonchit la ka vin irevèsib, sa

vle di la pa ka geri ankò », deklarasyon

doktè Louis Charles.

Si moun nan fè opresyon menm

doktè a deklare pratik sifonnen gaz la ka

fè plane gwo danje sou sante l.

Louis Charles pale sou lòt maladi

yon moun k ap sifonnen gaz ka vin

devlope aprè kèk tan tankou kansè nan

poumon. Si moun sa a fimen tou, ka a

vin pi grav pou li selon doktè a paske

yon kote li gen nikotin nan k ap aji sou

poumon li, yon lòt kote, li gen gaz la ki

ap abime poumon an.

Se mèt kò ki veye kò !

Daprè espesyalis nan maladi respiratwa

a, sifonnen gaz la konn irite nen moun

ki fè l souvan yo. Konsa tou moun nan

kapab gen yon alèji ak gaz la san li pa

konnen epi l al rale ki ka vin koz gwo

dega sou sante l.

Aparèy respiratwa a frajil anpil. Se

pou sa a yon moun sipoze evite ekspoze

ak tout sitiyasyon ki ka lakoz aparèy sa

a afekte. Doktè a raple pèsonn pa ta dwe

ap viv kote ki pre gaz nonsèlman paske

li ka mete dife men tou paske vapè gaz

ka irite poumon an. « Pèsonn pa sipoze

respire gaz pou kèlkeswa rezon an.

Menmsi an jeneral, moun lan pa mouri

tousuit, men sa ka lakoz gwo dega sou

sante respiratwa li », pawòl doktè Louis

Charles sou yon ton ki fèm.

Daprè doktè a si yon moun sipoze

rale yon esans, li ta dwe itilize ponp ki la

pou sa a. « Gen moun ki ka jis di se twòp

pou yo al achte ponp, men yo dwe raple

yo sante yo koute pi chè pase sa. » Doktè

a rekòmande tout moun ki ap touse

oswa ki gen nenpòt pwoblèm respiratwa

pou pran chimen lopital.

Laura Louis

AyiboPost

Gwo deklarasyon Manzè Nawomi

Osaka fè, lè l te fin

savonnen nan final gwo chanpyona

tenis nan peyi Etazini ki

rele Youwès Openn (U.S Open)

nan pati ki fèt pou fanm yo. Final

sa a te fèt jou dimanch ki te13

septanm nan, Nawomi te savonen

yon ti Manzè ki rele Viktorya Azakarenyen

(Azarenka) ki se yon

fanm ki jwe tenis ki soti jis nan

peyi Byelorisi.

Nawomi Ozaka ki sèmante

plizyè 77 fwa 7 fwa pou l pa

janm bliye l san Papa Desalin nan

tout longè venn li paske kòd lonbrik

papa l ki rele Mouche Lewona

Franswa antere anba yon gwo

pye mapou nan mitan vil Jakmèl.

Byen pre pa lakay

Ti manzè ki rele Azarenka a te fè

yon radiyès monte mal sou Osaka

nan premye sèt la kote l te kouri

avè l 6/l. Azarenka ki te wè

2 b te konprann se byen bon te

konprann li fin bon e l te menm

koumanse fete nan kè l. Men se

te byen konte mal kalkile paske

ti manzè pat konnen si Osaka

se pitit pitit pitit Papa Desalin

ak Sanit Bèlè. Lwa Papa Desalin

monte Osaka, epi sa w tande a li

bap li pran ti manzè a nan kolèt li

pati a bòt li 6/3 6/3.

Sa vle di se lave Manman

Penmba ki rele Nawomi OZAKA a

lave ti manzè yo bay pou Viktorya

a. Epitou viktwa sa a fè OZA-

KA 3zyèm gwo chanpyona kote l

a mache savonnen tout lòt fanm

Jovenel Moise: prezidan kimelem

Bissainthe Anneseau

An Ayiti anpil moun ap mouri

akoz zak ensekirite ki gaye

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Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

ki te gen malè pèdi kat grann yo

vin tonbe anba ponyèt dwat li.

Lamayòl sa a tou fè Osaka ki te

limewo 4 nan tout fanm sou tout

latè ki maton anpil nan voye kout

rakèt adwatagoch vin monte kòm

nimewo 3.

Nawomi Osaka yon

revolisyonè nan domèn tenis.

Fòk nou sonje di tou Nawomi

Osaka pa yon ti fanm tèt bese jan

n ta vle konprann nan. Nawomi

ki te konnen l gen 7 match pou

l jwe nan chanpyona a li pote 7

mas nwa yo chak gen non yon

kò l tribòbabò, tout kouch sosyal

pase nan moul lanmò sa a. Kesyon

tout moun ap poze tèt yo ta

sanble se rejim pouvwa anplas la

Jovenel Moïse prezidan kimelem

Nawomi Osaka

Nawomi Osaka ak Viktorya Azarenka

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Nwa blan rasis nan peyi Etazini

te maspinen poutèt sistèm lan

aprann yo moun sa y opa moun.

Ayibobo pou Nawomi Osaka

paske batay pou respekte moun

tout koulè a, li pwofite sou enfliyans

li nan espò ki rele tenis lan

pou mennen l san gadedèyè.

Yon ti mo sou Byelorisi

Byelorisi se yon peyi nan pati

Lès Lewòp ki chaje ak pwoblèm

politik menmjan ak nou an Ayiti.

Manifestasyon nan lari chak jou

apre rezilta yon eleksyon pèp la

estime ki fèt nan magouy.

ap dirije a ak boujwazi sanfwanilwa

a k ap kondui machin ensekirite

sa a?

Tel: 718-434-0202 / 718-869-1501

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6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020


Perspectives

Manifestation étudiante

L’exceptionnalisme Haïtien

Des responsables d’établissements scolaires privés ont été contraints de

relâcher prématurément leurs élèves en signe de solidarité avec la cause

des écoliers du secteur public.

Par Isabelle L. Papillon

Dans plusieurs villes du pays

telles que Jacmel, Jérémie, Gonaïves,

Miragôane, Port-au Prince et

Saint-Marc, des élèves ont marché

dans les rues le lundi 14 septembre

pour dénoncer la conjoncture dans

laquelle ils vivent dans le pays.

Les étudiants manifestants

particulièrement des lycéens réclament

de meilleures qualités d’enseignement

et le retour des enseignants

dans les salles de classe. Au cours

de leur mobilisation, des propos

hostiles ont été lancés à l’endroit

du pouvoir et surtout du ministre de

l’Éducation nationale et de la Formation

professionnelle, Pierre Josué

Agénor Cadet.

Selon certains étudiants,

le ministère doit cesser de persécuter

les syndicats des professeurs. Ils

font référence au dernier mandat

d’arrestation du Commissaire du

gouvernement à l’endroit des syndicalistes

et militants politiques Josué

Mérilien, Jeanty Manis, Georges Wilbert

Franck, Magalie Georges et autres.

À Jérémie et aux Gonaïves,

les élèves en quête de solidarité se

sont rendus dans d’autres lycées et

institutions privées pour forcer d’autres

élèves à les rejoindre dans leur

mouvement de protestation. Des

responsables d’établissements scolaires

privés ont été contraints de

relâcher prématurément leurs élèves

en signe de solidarité avec la cause

des écoliers du secteur public.

À Jacmel, des enseignants se

sont joints aux manifestants pour

exiger des ajustements de salaire

et des arriérés de paiement et de

bonnes conditions de fonctionnement.

À Miragôane, des enseignants

Josué Mérilien

ont organisé un sit-in en vue de demander

au ministre de l’éducation

nationale de se pencher sur leurs

revendications.

À Mirebalais, devant les locaux

de l'école fondamentale d'application

et centre d'appui pédagogique,

des enseignants ont manifesté pour

exiger de meilleures conditions de

travail.

À Port-au Prince, des casseurs

ont, la semaine dernière, saccagé le

local et brisé des matériels scolaires

au Collège Canado haïtien, le lycée

Fritz Pierre Louis, le collège Le Normalien

et le collège Roger Anglade.

À part les lycéens, des étudiants

de la Faculté de Droit et des

Sciences économiques et ceux de

la Faculté d’Ethnologie ont, depuis

l’assassinat du Bâtonnier de l’ordre

des avocats de Port-au-Prince,

Monferrier Dorval, maintenu une

mobilisation permanente pour obtenir

justice et réparation pour la famille

Dorval. Ainsi, à la rue Oswald

Durand, des barricades formées de

pierres, de troncs d’arbres et de mobiliers

scolaires entravent la circulation

obligeant les agents de la Police

Nationale de faire usage de gaz

lacrymogènes, pour les disperser et

les étudiants ont vite répliqué avec

des jets de pierres.

« Le régime du PHTK est

paniqué », c’est dans ces termes

que le coordonnateur de l’Union nationale

des normaliennes et normaliens

haïtiens (Unnoh), Josué Mérilien,

a qualifié les actes de violences

policières exercées sur les étudiantes

et étudiants de l’UEH.

Par ailleurs, le parquet près le

tribunal civil de Port-au-Prince avait

émis un mandat d’amener contre

le professeur et syndicaliste, Josué

Mérilien, et juste après, le ministre

de l’éducation nationale et de la formation

professionnelle lui a adressé

Par Boaz Anglade

Lorsqu’on qualifie Haïti de pays « exceptionnel

», c’est rarement dans le

sens positif du terme. Une Haïti exceptionnelle

fait souvent référence à

un endroit étrange et énigmatique où

les théories et pratiques applicables à

d’autres sociétés échouent de manière

inexplicable.

Dans les études littéraires haïtiennes,

ce concept porte un nom

: « l’exceptionnalisme haïtien », une

expression popularisée par le professeur

Michel-Rolph Trouillot dans

son brillant essai intitulé « The Odd

and the Ordinary ». Dans cet essai,

datant de 1990, Trouillot souligne

qu’Haïti est beaucoup trop souvent

représentée comme un pays grotesquement

unique, bizarre, erratique,

et donc inexplicable. Dans ce même

essai, Trouillot se révolte contre l’exceptionnalisme

haïtien et encourage

les adeptes des études haïtiennes à

outrepasser cette idéologie qu’il a

d’ailleurs qualifiée de « fiction » [1].

Selon Trouillot, une telle idéologie non

seulement occulte la place d’Haïti dans

le monde, mais la propulse aussi audelà

du domaine de l’analyse ou de

la comparaison. Il voit également en

cette idéologie un bouc émissaire qui

atténue la responsabilité des puissances

occidentales dans la condition

d’Haïti, ce qui révèle une forme de

musellement de l’histoire [2]. De plus,

dans sa forme la plus répugnante,

d’après Trouillot, cette idée impliquerait

que le malheur d’Haïti serait dû à

une maladie congénitale de l’esprit

haïtien qui priverait, par exemple, les

dilemmes politiques d’une explication

rationnelle et, par défaut, de solutions

pratiques.

Considérant l’appel de Trouillot

à outrepasser la fiction de l’exceptionnalisme

haïtien tel que reconnu

dans la littérature, cet essai vise à

réinventer à se réapproprier le terme

comme moyen d’affirmer la juste place

d’Haïti dans l’histoire du monde.

Par « exceptionnalisme haïtien »,

nous entendons non pas l’idée qu’Haïti

est exceptionnellement étrange, incompréhensible

et énigmatique, mais

plutôt qu’elle occupe une place particulière

parmi les nations et est disposée

à une « destinée manifeste »

une lettre l’invitant à prendre part

à une rencontre programmée pour

le lundi 14 septembre au local de

l’inspection Générale de l’Éducation.

Rencontre qui n’a pas eu lieu.

Jeudi 17 septembre prochain,

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Brooklyn, NY 11203

718.613.0228

qui consiste à s’engager aux côtés des

plus vulnérables tout en défendant la

liberté des peuples opprimés.

Cette manifestation d’exceptionnalisme

positif trouve son double dans

l’exceptionnalisme américain, une

doctrine qui soutient que les États-

Unis incarnent la forme la plus pure de

la liberté politique et de la démocratie

et incite ainsi ceux-ci à s’octroyer

la mission unique de transformer le

monde. Notre idéologie d’une Haïti

exceptionnelle ne reflète en aucun cas

une telle éthique de supériorité sur

les autres nations ; elle tire plutôt ses

racines dans une vocation humaniste

superlative. Cette vision d’une Haïti

exceptionnelle n’est pas nouvelle. Elle

a été partagée par des penseurs pionniers

tels que le Baron de Vastey, chroniqueur

et secrétaire du roi Christophe,

qui a vu dans la lutte des esclaves africains

une manifestation de la volonté

de Dieu lui-même [3]. Dans son livre,

Le Système Colonial Dévoilé, il écrit :

« Grand Dieu ! Que tes œuvres sont

grandes ! C’est du sein d’un troupeau

d’esclaves que ta toute-puissance

forma les éléments nécessaires pour

venger tes divines lois [4]. »

Une histoire aussi exceptionnelle

implique nécessairement des

responsabilités exceptionnelles. En effet,

depuis son indépendance obtenue

grâce à la première révolte d’esclaves

réussie du monde moderne, Haïti a

toujours assumé un rôle de défenseur

de la liberté et servi de refuge pour les

affligés du monde. Il était même inscrit

dans la première constitution datant de

1805 : « celui qui est esclave devient

ipso facto libre en foulant le sol haïtien

». D’ailleurs, en 1815, lorsque Simón

Bolívar touche le fond dans sa lutte

pour la libération de l’Amérique latine,

c’est dans les bras de la jeune république

haïtienne qu’il se réfugie ; et du

président haïtien Alexandre Pétion,

il reçoit alors le soutien nécessaire

pour poursuivre son combat contre les

troupes espagnoles. En retour, Pétion

ne fait qu’une seule demande : l’abolition

de l’esclavage partout où Bolívar

commandera. En 1822, le président

Boyer embrasse la lutte de libération

du peuple grec en jugeant qu’Haïti ne

devrait pas y rester indifférent. Il voit

en Haïti et la Grèce une longue histoire

d’oppression similaire et promet

de faire tout ce qui est en son pouvoir

pour aider la cause des Hellènes. Au

les étudiants de la Faculté de Droit

et des Sciences économiques vont

essayer une seconde fois de marcher

jusqu’à la maison du Bâtonnier à

Pèlerin 5 pour lui rendre un hommage

avec le dépôt d’une gerbe de

Guarino Funeral Home

Serving the Haitian Community

for Over 30 Years

9222 Flatlands Avenue

Brooklyn, NY 11236

718-257-2890

début du XXe siècle, face à la montée

du nazisme, Haïti a non seulement renié

le régime d’Adolf Hitler, mais elle a

également ouvert ses portes aux Juifs

d’Europe persécutés. Ainsi, même face

à ses propres défis, Haïti a toujours assumé

sa responsabilité morale en tant

que défenseur de la justice et protecteur

des opprimés, accomplissant ainsi

son destin manifeste.

Aujourd’hui, la discrimination

raciale et les inégalités sociales dans

le monde continuent de limiter les opportunités

pour beaucoup. Aux États-

Unis, plus de cinquante ans après la

lutte pour les droits civiques, les Afro-Américains

se retrouvent à devoir

rappeler que « les vies noires comptent

». Face à ces situations, Haïti ne peut

rester indifférente. Elle doit continuer

à tout prix à secouer le joug de la

servitude et de l’oppression partout

où elle le peut et à exprimer son soutien

inconditionnel aux opprimés de

ce monde. En conséquence, ce pays

« exceptionnel » a besoin de plus

d’hommes et de femmes courageux

qui croient, en leur âme et conscience,

à cette « grandeur haïtienne » et à la

mission universelle de ce peuple élu.

Le moment est enfin venu pour nous

d’être à la hauteur de notre histoire et

de revendiquer notre place parmi les

nations. Il est de notre devoir d’accomplir

notre destin manifeste, de

continuer à inspirer les nations et de

porter haut le flambeau de la liberté

des peuples opprimés.

Boaz Anglade

Notes:

[1] Trouillot, M. R. (1990). The

Odd and the Ordinary : Haiti, the Caribbean,

and the World. Cimarrón :

New Perspectives on the Caribbean,

2(3), 3.

[2] Trouillot, M. R. (1995). Silencing

the past : Power and the production

of history. Beacon Press

[3] Charles, A. (2002). Haitian

exceptionalism and Caribbean consciousness.

Journal of Caribbean Literatures,

3(2), 115-130.

[4] Vastey, B. P. V. (1814). Le

système colonial dévoilé. Cap-Henry :

P. Roux Imprimerie du Roi. Print.

LGS 11 Septembre 2020

fleurs.

Les autorités concernées

finiront-elles par entendre la voix de

ces manifestants en colère, la voix

de cette jeunesse qui est l’avenir du

pays ? C’est à se demander.

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

7


2

La Tribune de Catherine Charlemagne (133)

Réforme constitutionnelle ou élections générales,

le flou persiste !

Le Président Jovenel Moïse en train de supplier pour qu’on le facilite à

monter son Conseil Electoral Phtkiste

(Dernière partie)

Ces dernières semaines les choses

semblent s’accélérer. Depuis l’assassinat

sauvage de l’éminent juriste

et Bâtonnier du Conseil de l’Ordre des

avocats de Port-au-Prince, le plus

ancien des Caraïbes, Me Monferrier

Dorval, dans la soirée du vendredi

28 août 2020, le Président de la République,

Jovenel Moïse, passe à une

vitesse supérieure sur les deux dossiers.

Ce meurtre qui a ébranlé tout

le pays dont l’écho parvient dans le

monde entier serait le catalyseur de la

marche forcée du chef de l’Etat quand

on observe en même temps une

levée de bouclier de l’opposition et

d’une partie de la Société civile contre

le locataire du Palais national. Si

des deux côtés les acteurs politiques

font tout pour récupérer cyniquement

cet odieux assassinat afin d’attirer

les sympathies de la population et

des futurs partisans dans leur camp,

personne ne peut avoir la certitude

laquelle des deux parties remporterait

la manche. Dans la mesure où le feu

professeur n’était l’homme d’aucun

secteur particulier ni lié à aucune

mouvance idéologique compte tenu

de sa haute estime pour la « Res Publica

» (les choses publiques) et son

amour immodéré pour la démocratie

en Haïti.

D’où une campagne farouche

de récupération du pouvoir et de

l’opposition en général pour s’accaparer

ou approprier le cadavre de l’illustre

avocat en lui rendant les plus

dignes hommages de la République.

N’empêche que dans ce combat pour

attirer les bénéfices politiques et sociaux

sur le corps encore chaud de cette

énième victime de cette transition

politique qui perdure, ironiquement,

chaque partie compte mobiliser sa

troupe pour la bataille qui s’annonce

inéluctable dans les mois suivants

peut-être dans les semaines à venir

selon certaines confidences en provenance

du Palais national. D’une part,

la quasi-totalité des leaders politiques

de l’opposition multiforme annonce

des mobilisations populaires contre le

régime PHTK en profitant du choc et

de l’émoi qu’a provoqué dans l’opinion

la mort brutale de Me Monferrier

Dorval qui suscite encore bien des

interrogations même avec l’arrestation

de quelques lampistes. D’autre

part, c’est le Président Jovenel Moïse

en personne qui monte en première

ligne pour dénoncer et condamner cet

horrible assassinat.

Après avoir décrété trois jours

de deuil national en mémoire du

feu Bâtonnier de l’Ordre qui a été

assassiné une seconde fois dans la

mesure où sa résidence, le lieu du

crime, mal protégée par les autorités

judiciaires et policières a été vandalisée

quelques jours après et où sa

bibliothèque a été saccagée et que le

fameux Bâton St Nicolas, symbole

de la basoche, a lui aussi disparu, le

Président relance d’une façon spectaculaire

le dossier sur les deux sujets

qui font plus que jamais l’actualité :

la réforme constitutionnelle et le CEP

(Conseil Electoral Provisoire). En effet,

dans les multiples prises de positions

et de condamnations de part et

d’autre sur l’horrible crime dont pratiquement

tout le monde est persuadé

qu’il s’agit d’un assassinat commandité,

la présidence de la République

surprend tout le monde en annonçant

pour les semaines prochaines deux

grandes initiatives, en l’occurrence :

la publication des noms des nouveaux

membres du Conseil Electoral

Provisoire et dans la foulée la constitution

d’une Commission devant

travailler sur la formation de la très

contestée Assemblée Constituante.

Le moins qu’on puisse dire est

que ces deux annonces sont très attendues

par tout le monde, mais pas

pour les mêmes raisons. En fait, ce

n’est même pas une attente, c’est de

curiosité qu’il s’agit ; puisque ni l’une

ni l’autre des deux décisions qui seraient

prises n’aura la bénédiction ou

le soutien, et ne sera pas acceptée par

aucun Parti politique de l’opposition

voire des acteurs de la Société civile.

Curiosité, disons-nous, dans la mesure

où aucun des Secteurs pourvoyeurs

habituels des membres au CEP

n’a accepté officiellement, en tout

cas jusqu’à l’heure, de répondre positivement

à la sollicitation ou à l’invitation

de la présidence d’envoyer

des représentants. Une situation qui

agace énormément le chef de l’Etat et

qui le désespère même.

Puisque, selon des informations

qui courent au sein de la « République

de Port-au-Prince », le Président

Jovenel Moïse a dû s’adresser à des

Secteurs insignifiants peu crédibles et

qui n’ont aucun impact ni influence

sur la population pour monter son

organisme électoral qui sera forcément

contesté comme nous venons

de l’écrire. On sait que la Fédération

des Barreaux d’Haïti, présidé par Me

Jacques Létang dont Me Monferrier

Dorval était membre ayant été

sollicité par le Palais national pour

désigner un membre au CEP avait

décidé de bouder l’appel du chef de

l’Etat. « La Fédération des Barreaux

d’Haïti avait décidé de ne donner

aucune suite à cette correspondance

de la présidence. Le contexte ne s’y

prête pas. Les conditions ne sont pas

réunies pour qu’il y ait des élections.

La population a d’autres préoccupations

» estime le Président de cet

organisme de la Société civile.

À voir ce prosélytisme du pouvoir

auprès d’autres secteurs du pays,

on savait déjà que le Président Jovenel

Moïse chercherait à contourner

l’obstacle et voudrait court-circuiter

les organismes fréquemment sollicités

par le Pouvoir Exécutif depuis

la Constitution de 1987 pour former

l’organisme électoral provisoire.

Même s’il y a toujours eu des frictions

entre le pouvoir et les responsables

des partis politiques, bon gré mal gré,

tous les Secteurs concernés ont toujours

répondu à la sollicitation du Palais

national. Aujourd’hui, la crise est si

profonde, si clivant que plus rien ne

semble possible donc pouvant pousser

les secteurs sociaux à renouveler

leurs représentants au CEP. Ainsi,

les observateurs locaux et étrangers

de la politique haïtienne s’impatientent

donc de découvrir les visages

et les têtes des nouveaux membres

de ce CEP devant organiser les nouvelles

élections générales souhaitées

uniquement par la Communauté internationale.

Il reste enfin la mise en

place de cette Commission qui aura

pour mission de faire des propositions

et de constituer ou de nommer les

membres qui devraient former la très

attendue Assemblée constituante qui,

si elle parvient à entrer en fonction

sous l’Administration de Jovenel

Moïse, serait un nouvel élément de

conflit dans la discorde entre le pouvoir

et l’opposition plurielle.

Or, selon une source confidentielle

au Palais national du quotidien

Le Nouvelliste daté du 4 septembre

2020 qui a rapporté la nouvelle « La

semaine prochaine, nous allons publier

la composition du Conseil Electoral

Provisoire et mettre sur pied

une Commission qui aura à former

l’Assemblée constituante » a indiqué

l’anonyme du Palais. Là où l’affaire

devient intéressante, on constate que

si l’information s’est révélée juste

c’est que le Président Jovenel Moïse a

décidé de prendre les taureaux par les

cornes tout en forçant la nature. Puisque,

sachant que de toute manière ses

deux initiatives vont être contestées

par l’opposition, il a décidé de passer

en force avec « yon sèl kout kle »

comme l’aurait dit l’ancien Président

du Sénat de la République, Dieuseul

Simon Desras. Certes, pour temporiser

un peu le mouvement de contestation

qui ne tardera pas à se mettre

en marche, le Président n’a pas osé

nommer ou désigner coup sur coup

les membres de la Constituante comme

il va certainement le faire pour le

CEP. D’ailleurs, à travers les sources

de Le Nouvelliste, Jovenel Moïse s’en

défend : « Ce n’est pas nous l’Exécutif

qui allons former l’Assemblée constituante

», a rajouté cette source qui

serait proche du Président.

Mais c’est tout comme puisque

les membres de la Commission

seront bien nommés par le chef de

l’Etat. Et, pour accepter de faire partie

de cette Commission, il faudrait

au moins partager l’avis du Président

sur ce dossier de la réforme

constitutionnelle. Tout comme l’était

le constitutionnaliste, Me Monferrier

Dorval, convaincu que l’actuelle Constitution

a vécu et qu’il faudra passer

à quelque chose de mieux structurée

capable de fédérer la Nation et sortir

le pays du piège de la « Transition

permanente » et de l’instabilité politique

et institutionnelle. Alors, la curiosité

et l’attente sont de mises. Tout

corps social, chaque entité, chaque

observateur, chaque leader politique

et d’opinion guette, sans grand espoir

de sortir de la crise, l’arrivée de

ces femmes et hommes qui auront à

désigner les membres de l’Assemblée

constituante. Une chose est certaine,

le Président Jovenel Moïse est un spécialiste

des « Commissions » sans lendemain.

Il en a déjà beaucoup à son

palmarès depuis 2017.

Très peu, sinon aucune n’a servi

à quelque chose ou n’a apporté une

réponse concrète à la problématique

pour laquelle elle avait été formée ;

sauf peut-être à faire oublier le sujet

en question ou le dossier controversé

comme ce sera encore le cas

aujourd’hui. En tout cas, la mort

téléguidée de Me Monferrier Dorval

semble précipiter les choses. Le chef

de l’Etat ne veut plus perdre de temps

dans ces deux dossiers bien qu’il ne

soit pas convaincu de la véracité des

élections en temps de crise et de conflit

aigu avec l’opposition. On l’a vu si

le Président trouve maintes difficulté

à constituer un organisme électoral

composé de neuf membres depuis

la démission collégiale de l’équipe

du CEP de 2016, on voit bien qu’il

cherche le soutien des Organisations

Populaires (OP), d’autres organismes

et acteurs sociaux qui recouvrent

le pays pour son projet de nouvelle

Constitution. Le jeudi 20 août 2020

passé, c’est au Palais national que le

chef de l’Etat a reçu avec « honneur »

ces innombrables associations venues

de différents endroits du pays afin

de partager les réflexions que ces organisations

ont eu avec le pays profond

dans le cadre des débats ayant

eu lieu sur la nouvelle Constitution.

Selon un des responsables

d’une des organisations qui ont pris

part à cette audience au Palais national,

il est même urgent que Haïti

se dote d’une nouvelle Loi mère afin,

dit Coraslin Josué, que le pays sorte

de l’instabilité politique et institutionnelle.

Ce Porte-parole croit que c’est le

souhait de tous les Haïtiens : « C’est

ce que veut la population. C’est ce

qu’elle attend. Le changement passera

par une nouvelle loi mère. Elle

devra définir les droits et les devoirs

de tous les Haïtiens. Cette nouvelle

Constitution devra ouvrir la porte à

tout le monde y compris aux femmes

et à la diaspora dans les affaires

du pays. Celle-ci devra garantir la

démocratie dans le respect de la

loi, renforcer la justice et mettre un

terme à l’impunité » récite celui qui

parle au nom de toutes les Organisations

Populaires qui ont organisé

plusieurs Forums publics sur le sujet

et en ont fait un Rapport. Ce jeudi

20 août, le Président Jovenel Moïse

était aux anges parmi les membres

de ces dizaines d’associations, organisations

de base et autres structures

favorables à son idée de doter le pays

d’une nouvelle Constitution.

Il a annoncé que plusieurs

initiatives de ce genre sont en cours

dans le pays pour accompagner son

projet. Ainsi, le chef de l’Etat a laissé

entendre qu’« Il y a eu plusieurs Forums

réunissant des intellectuels,

des journalistes, des écrivains, des

hommes de loi. À Port-au-Prince

comme dans les villes de province.

Ils parlent tous d’un même sujet.

Une nouvelle Constitution. J’ai demandé

à mes conseillers de contacter

tous ces intellectuels. J’ai reçu

des invitations pour prendre part à

l’ouverture ou à la fermeture de ces

Forums. Je ne m’y suis pas rendu par

contrainte de temps certes. Mais je

pense que la nouvelle Constitution

ce n’est pas l’affaire du Président

de la République, ou de son équipe,

mais du peuple haïtien, de la capitale,

comme des villes de province

ou de la diaspora. Tout ceci doit se

faire dans la nouvelle Constitution

qui doit être indépendante. » Toujours

prêt à appuyer là où ça fait mal,

Jovenel Moïse a profité de la présence

de ces citoyens engagés qui militent

en faveur d’une nouvelle Constitution

et venus de partout pour lancer une

nouvelle fois un pic à l’encontre de

ce qu’il appelle un « Petit groupe qui

prend le pays en otage » pour préciser

Le président de la Fédération des Barreaux d’Haïti, Me Jacques Létang

sa volonté de réformer le pays avant

de quitter le pouvoir en 2022.

Le chef de l’Etat appelle toute

la population à soutenir son idée de

remplacer la Constitution de 1987. Il

a remercié par avance tous ceux de

la Société civile ayant contribué et

qui contribuent à alimenter le débat

sur le sujet. Et ce n’est pas le Coordonnateur

général du Rassemblement

des Associations Visionnaires

pour le Développement et le Progrès

(RAVIDEP), Coraslin Josué, qui

s’en plaindra. Puisque, avant même

l’ouverture de la fameuse rencontre à

la présidence de la République, il avait

déclaré : « Nous avons pris l’initiative

d’initier des réflexions avec tous

les secteurs, de toutes les tendances

politiques, sur la nouvelle Constitution

réclamée par la majorité de la

population. Nous avons écouté leurs

revendications.

Après les réflexions, nous

avons organisé plusieurs conférences

de presse afin de nous adresser

directement à la population. Nous

nous sommes rencontrés récemment

à l’hôtel Karibe dans une grande

conférence débat sur la question.

Après la conférence, ces 10 organisations

ont jugé nécessaire de

signer une pétition que nous allons

remettre au Président de la République

». Tous ces mouvements prouvent

que c’est le projet constitutionnel

du chef de l’Etat qui demeure sa

priorité même si l’éventail électoral

est mis en avant pour camoufler le

vrai objectif de l’homme qui veut être

le dernier Président de la transition

post-Duvalier.

C.C

8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020


This week in Haiti

The Battle for Barbancourt

Inside the Family Fight to Control

Haiti’s Cherished Brand

For 27 years, Thierry Gardère (above) directed Barbancourt until his

death in March 2017, leading to a power struggle between his only child

and his siblings

by Sam Bojarski

Garry Pierre-Pierre

Jean-Marc Gardère, Thierry’s

brother, said Barbancourt’s

majority shareholders collectively

never approved Delphine Gardère

as company head and that receiving

her mother’s shares did not confer

such authority

For more than 150 years, Haiti’s most

cherished spirit, the rum produced by

Société du Rhum Barbancourt, has been

a part of many Haitian family gatherings

and traditions. And when Haitian

families began migrating throughout the

world, they brought the distinctive brand

of smooth sugar cane rum as a staple for

their households abroad.

Marie St. Louis, 39, of South Carolina,

said her mother, her grandmother,

and her great-grandmother imbibed the

rum on special occasions and used it in

herbal remedies.

“It’s in our jokes, it’s in our rhymes,

in our nursery lullabies,” said St. Louis, a

U.S. Army medical operations officer, of

Rhum Barbancourt. “It is something that

we hold very, very dear.”

But in recent years, legal battles for

leadership of the Port-au-Prince company

have threatened to destabilize the family-owned

operation. As of June, Nathalie

Delphine Gardère, 36, the only child

of the late Thierry Gardère, controls the

enterprise as general director.

She is the fifth in the Gardère family

line to run the company, founded by

Duprè Barbancourt in 1862. Barbancourt’s

wife, Nathalie Gardère, took control

when he died in 1907, later passing

the company to her nephew. Since 1946,

company directors have passed on leadership

through their children in the Gardère

family.

Barbancourt, an $18 million business,

has survived Haiti’s tumultuous

history of coups, embargoes, and natural

disasters. Even after the 2010 magnitude

7.0 earthquake halted bottling and shipping,

the company resumed operations

just four months later.

The company’s rise through the

rubble of the post-earthquake period

capped General Director Thierry Gardère’s

27 years of successful leadership. His

death in March 2017 led to the latest tumult

for Barbancourt: a family legal battle

for company control that pitted his only

child and his siblings against one another.

All in the family: Tit-for-tat legal

challenges

When Thierry Gardère died, his wife

Muriel Gardère passed on the 37.25%

of Barbancourt’s shares she inherited to

their daughter in October 2017.

These shares became effective in

June 2018, giving Delphine Gardère control

of the company at that time, Delphine

Gardère’s personal attorney Salim Succar

said, speaking to The Haitian Times on

her behalf. The transfer meant she could

break the two-thirds majority needed for

company decisions to pass, he said.

But three other shareholders ‒

Thierry Gardère’s siblings Françoise Gardère

and Jean-Marc Gardère and cousin

Michel Gardère, who collectively own a

62.75% stake ‒ did not see it that way.

By the end of August 2018, they ousted

Delphine Gardère, and Michel and Jean-

Marc Gardère subsequently became general

partners.

In a letter published in Haitian media,

Jean-Marc Gardère said the majority

shareholders collectively never approved

Delphine Gardère as company head and

that receiving her mother’s shares did not

A Barbancourt booth at an event in Port-au-Prince. Since the family feud

began, Barbancourt had some production problems but has maintained its

sterling reputation

UnionSuite

Chokarella

confer such authority.

Attorney Aviol Fleurant, who

counseled Michel and Jean-Marc Gardère,

said via email that he required authorization

from Barbancourt’s partners in order

to comment. He did not respond to subsequent

requests.

Succar said that company bylaws

provide for effective minority control,

noting that Thierry Gardère led the company

with a minority of its shares.

Michel and Jean-Marc Gardère also

used illegal means to regain control of the

company, Succar said. They pressured

Thierry Gardère’s widow into admitting

she was not of sound mind when she

passed on her shares to her daughter.

Then, Michel and Jean-Marc Gardère secured

a judgment that allowed them to

reinstate the widow as a shareholder and

subsequently take over control in September

2018.

In response, Delphine Gardère sued

her mother in July 2019 to regain control.

“What we did is we went to arbitration,

and we attacked the mother

based on her false statements and won,”

Le Nouvelliste

Nathalie Delphine Gardère briefly

took control of Barbancourt in

2018 before being ousted by her

uncles and cousin. After a bitter

legal fight, she is back in control as

of June.

Succar said.

In March 2020, the Chamber

of Conciliation and Arbitration of Haiti

(CCAH) issued a decision giving Delphine

Gardère full responsibility to manage the

company, allowing her to officially take

control on Jun. 4, 2020.

However, between the time of the

decision and the new leader stepping

into the role, the former general partners

mounted a new legal challenge in April

2020 over alleged fraud and embezzlement.

They claimed that the late Thierry

Gardère and his widow Muriel Gardère

allegedly signed a contract, without the

other shareholders’ knowledge, that

would have allowed the couple to earn

commissions. Fleurant also called out

Delphine Gardère for not acknowledging

the existence of this alleged contract.

Succar said there was no proof for

this claim, so that court challenge never

reached a judge.

By July, the family members had

agreed to sell their shares to Delphine

Gardère. If the sale and purchase agreement

goes through, Succar said, Delphine

Gardère will own 100% of Barbancourt’s

shares in October 2020.

“At the end of the day, there was

no way out but for [the other shareholders]

to find a settlement,” Succar said.

The company did not return multiple

requests for comment made via its

website and public social media pages.

An indispensable brand

As one of Haiti’s oldest and most loved

brands, Barbancourt is renowned for its

taste and quality, economic impact, and

role as a cultural ambassador abroad.

Barbancourt has won numerous

awards over the years. In 2012, it was

dubbed a Special Category Rum of the

Year by Rum Journal. In 2017, it ranked

second on the rating website Alcohol Aficionado’s

list of the 10 best silver rum

brands.

In 2018, Barbancourt won USA

Today’s Best Rum Distillery in the Caribbean

award, beating out such better-known

brands as Bacardi and Mount

Gay.

As an economic engine,

the Financial Times has reported

suite à la page(16)

Appeals Court Rules in

Favor of Trump

Administration Bid to

Cut-Off TPS

by Kim Ives

On Mon., Sep. 14, 2020, the Ninth

Circuit Court of Appeals overruled a

preliminary injunction issued by a lower

court that had preserved Temporary

Protective Status (TPS) for individuals

from Haiti, Nicaragua, El Salvador,

and Sudan. This was a victory for the

Trump administration, which seeks to

cinch off TPS.

In a 2-1 decision (two Republican-appointed

judges, one Democrat-appointed),

the court found that

the lower court had acted outside of its

authority when it sided with plaintiffs

arguing that the administration's decision

to end their TPS violated the Administrative

Procedure Act. The Ninth

Circuit opinion pointed out that the TPS

statute says there is no judicial review

of the secretary of Homeland Security's

determination "with respect to the designation,

or termination or extension

of a designation, of a foreign state" for

TPS.

In Miami, the Family Action Network

Movement (FANM) protested the

ruling, saying that “in the wake of the

decision on the current injunction in

the case Ramos v. Nielsen, TPS holders,

their families and communities…

condemn the negative decision. In Miami

alone, it is estimated that 23,000

TPS recipients will be affected by this

decision, many of which have been

in the United States for more than 20

years.”

“This is terrible news!” said

Marleine Bastien, FANM’s Executive

Director. “The court’s decision today

leaves nearly 300,000 TPS holders

vulnerable to one of the biggest mass

deportations in our country’s history.

These hardworking taxpayers, many

of whom have resided in the United

States for over 20 years, could be forced

to return during a global pandemic to

vulnerable nations still struggling from

political turmoil, violence, and unrest.

In addition, their over 275,000 U.S.

citizen children would have to make

the heart-wrenching decision whether

to leave their home or be separated

from their families. How can we be a

nation of life, liberty, and the pursuit of

happiness if we continue to allow for

family separation?! How can we profess

to be a nation of immigrants if we

continually disdain and disregard those

who are black and brown? We demand

U.S. Senators to rebuke this disgusting

decision and to immediately pass ‘The

Dream and Promise Act’ passed by

the House of Representatives in 2019

protecting TPS recipients. Since 1990,

TPS holders have only been protected

temporarily. They are completely unprotected

now. Congress must protect

Demonstration for TPS in Miami, FL.

Joe Raedle/Getty Images

Wilfredo Lee/AP

FANM’s Marleine Bastien: “The

court’s decision today leaves

nearly 300,000 TPS holders

vulnerable to one of the biggest

mass deportations in our country’s

history.”

them! We must all protect them! It is

our moral duty as Americans and as

people.”

Thousands across the U.S. are

rallying against the decision on the

injunction, seeking to underline that

TPS holders and their families deserve

and urgently need a path to permanent

residency and citizenship in the U.S..

“TPS holders have laid down

roots in the United States,” explained

Maria Rodriguez, Executive Director

of the Florida Immigrant Coalition.

“They’ve created families, businesses,

and in the middle of a pandemic, nearly

130,000 of essential TPS working in

the frontlines across the country have

kept us safe. This negative decision is

cruel, exposing families and making

them vulnerable to family separations.

Now, more than ever, we need to stand

with our immigrant communities. We

will continue working to transform existing

legislation and public policies in

order to ensure that they are inclusive,

equitable, and just to the hundreds of

thousands of TPS holders and DACA

recipients, and the millions of immigrants

who reside in the U.S..”

There are over 400,000 people

living in the United States with TPS

and over 200,000 U.S. citizen children

of TPS holders. In the wake of

disasters in foreign countries, the U.S.

government granted humanitarian

relief (in the form of TPS) to people

from affected countries already living

in the United States. For the countries

at issue in the lawsuit, the U.S.

government extended TPS repeatedly

— for at least eight years, and in the

case of most countries for more than

15 years — based on repeated findings

that it remains unsafe to return.

In the past year, the Trump administration

announced the termination of TPS

for over 98% of TPS holders, from six

countries. The lawsuit Ramos v. Nielsen

concerns the first four of the terminations

— of Sudan, Nicaragua, Haiti,

and El Salvador. This is the first time

any TPS termination has been enjoined

by a federal court.

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

9


MEXIQUE : UN SÉISME POLITIQUE ÉB

Par Manuel Aguilar Mora*

Au milieu de la pandémie de Covid-19

qui n’a pas pu être maîtrisée (avec

plus de 60’000 morts, le Mexique se

trouve malheureusement à la troisième

place après les États-Unis et le Brésil),

d’une crise économique dévastatrice

avec au moins une hausse d’un million

de chômeurs et de la tendance

irrépressible à la violence criminelle

qui se poursuit sans relâche, le pays

vit aujourd’hui un séisme politique qui

secoue de fond en comble sa structure

politique dominante.

Décomposition politique

Les éléments annonciateurs de cette

tempête politique étaient déjà présents

il y a deux ans. La victoire électorale

écrasante d’Andrés Manuel López Obrador

(AMLO), largement forgée par

lui-même avec sa campagne d’agitation

féroce pendant plusieurs années

contre la «mafia du pouvoir» du PRI

(Parti révolutionnaire institutionnel)

et du PAN ( Parti action nationale) –

leur jonction dans la pratique a abouti

à l’acronyme: le PRIAN – a conduit à la

pulvérisation politique et organisationnelle

des deux partis, piliers du régime

mexicain traditionnel pendant la majeure

partie du XXe siècle et jusqu’au

début du XXIe.

C’est ainsi que le parti d’AMLO,

Morena (Movimiento de Regeneración

Nacional) s’est imposé comme le rouleau

compresseur des chambres législatives

(à l’échelle de l’Etat et des entités

fédératives). En fait, dans la dernière

étape avant les élections présidentielles

de 2018 qui ont conduit à son triomphe,

AMLO a commencé à diluer de

façon palpable son vin «contre la mafia

du pouvoir». AMLO a bien montré la

raison de ce tournant dans son discours

politique, qui est devenu beaucoup plus

modéré depuis son arrivée au Palais national.

Bien que de manière chaotique,

Corruption au Mexique

L’entreprise transnationale brésilienne Odebrecht, qui a apporté en 2012

d’importantes ressources financières à la campagne présidentielle de la

première entreprise en échange de contrats juteux par la suite.

son cours de politique économique

centré sur la lutte contre la corruption

ne diffère pas substantiellement des

réglementations macroéconomiques

néolibérales qui ont prévalu ces trente

dernières années: soutien total aux entreprises

capitalistes, en particulier les

plus importantes; accent mis sur les

privatisations; austérité extrême du

budget public; renforcement de l’appareil

répressif et subordination complète à

l’économie du puissant voisin du nord.

Même dans les objectifs favoris

de son gouvernement, AMLO ne se

distingue pas de ses prédécesseurs en

subordonnant d’énormes ressources

économiques à des projets pharaoniques

particuliers qui ne répondent

pas aux besoins urgents du moment,

tels que l’aéroport de Santa Lucia (de

Mexico), le train «Maya» [projet de

chemin de fer de 1525 kilomètres qui

traverserait la péninsule du Yucatán]

et la raffinerie de Tres Bocas de Tabasco.

Son objectif «les pauvres d’abord»

est resté un slogan sans réelle concrétisation

comme le montre la situation

d’abandon dans laquelle se trouve

l’écrasante majorité populaire dans la

pandémie.

De toute évidence, les circonstances

de la crise capitaliste mondiale

aiguë déjà annoncée depuis 2019

et déclenchée de manière féroce avec

l’apparition de la pandémie ont tendu

les conflits, aiguisant fortement toutes

les contradictions, ne laissant que peu

ou pas de place au compromis. Cela

se passe dans le monde entier et cela

ne pouvait que s’exprimer également

au Mexique, d’autant plus que depuis

2018, il est évident que les grandes

masses populaires ont exprimé, avec

32 millions de voix, le plus grand vote

de l’histoire du pays, leur répudiation

du système PRIAN faussement

présenté comme «démocratique», en

réalité un régime de décadence, de violence

et de corruption généralisée. Le

tremblement de terre politique qui secoue

actuellement le Mexique a sans

aucun doute mis en évidence cette situation.

Emilio Lozoya Austin [ex-PDG

de Pemex de décembre 2012 à février

2016; la firme géante brésilienne

Odebrecht déploya alors ses «bienfaits»

corrupteurs] est le personnage qui est

devenu la source du plus important

scandale de pouvoir du gouvernement

d’AMLO jusqu’à présent. Il est le principal

accusé par le système judiciaire de

crimes majeurs. Mais aussi, en raison

des vicissitudes du système juridique

en vigueur, il agit comme témoin, collaborateur

et dénonciateur. Directeur de

Pemex pendant la plus grande partie

du gouvernement d’Enrique Peña Nieto

(1er décembre 2012–30 novembre

2018, membre du PRI), il a fui à

l’occasion de l’arrivée d’AMLO à la

présidence et a été arrêté en Espagne.

Extradé au Mexique en juillet 2020,

Emilio Lozoya est (était) le membre

classique des plus hauts niveaux des

gouvernements du PRIAN en tant

qu’héritier d’une dynastie familiale de

l’élite du pouvoir, destiné et éduqué

pour être un haut fonctionnaire du régime.

En tant que représentant international

de Peña Nieto, Emilio Lozoya

était directement chargé de traiter avec

l’entreprise transnationale brésilienne

Odebrecht, qui a apporté en 2012

d’importantes ressources financières

à la campagne présidentielle de la

première entreprise en échange de contrats

juteux par la suite. Le lien du gouvernement

avec cette entreprise – qui

a également fourni les ressources financières

utilisées dans les pots-de-vin

nécessaires pour approuver la «réforme

énergétique» qui aurait lieu en 2013-

14 – était déjà présent durant l’administration

de Felipe Calderón (2006-

2012, menbre du PAN). Il représentait

un exemple vivant de la complicité entre

l’administration de Felipe Calderón

et celle de Peña Nieto, entre le PAN

et le PRI. La dénonciation de ces faits

(un document de plus de 60 pages)

déposée devant le Bureau du procureur

général (FGR – Fiscalía General de la

Republíca) par Emilio Lozoya, le 11

août, et diffusée de manière juridiquement

irrégulière une semaine plus tard,

est le récit de rencontres, d’accords,

de sommes d’argent versées à titre

de pots-de-vin, de relations entre des

personnalités du monde politique des

groupes dominants avec le président de

l’époque, Peña Nieto, et Luis Videgaray

Caso, qui était ministre des Finances

puis des Affaires étrangères dans le

dernier gouvernement. Outre la fuite

de la dénonciation susmentionnée,

une vidéo a également été diffusée.

On y voit des membres du PAN de la

Chambre des députés qui distribuaient

dans des valises les piles de billets qui

se trouvaient dans de grands sacs sur

une table.

Dans le récit détaillé de sa plainte,

Emilio Lozoya nomme trois anciens

présidents de la République – Carlos Salinas

de Gortari (1988-1994, du PRI),

Peña Nieto et Felipe Calderón – comme

auteurs et exécuteurs de nombreuses

d’opérations pour des milliards de dollars

et qui ont rapporté des superprofits

à la société brésilienne Odebrecht par le

biais de contrats léonins, d’innombrables

subventions et de crédits de la banque

d’État (Nafinsa et Bancomext). S’y

ajoutent: deux anciens candidats à la

présidence (le candidat du PAN Ricardo

Anaya et le candidat désigné par le

PRI, José Antonio Meade Kuribreña qui

a également occupé deux fois le poste

de secrétaire d’État dans le cabinet de

Peña Nieto); une sorte de vice-président

exécutif pendant le mandat de

Peña Nieto: Luis Videgaray Caso: le

cerveau du gouvernement pendant le

sexennat 2012-2018 de Peña; le dauphin

raté de Calderon pour la candidature

présidentielle du PAN en 2012:

Ernesto Cordero qui est maintenant

sénateur; deux membres du PAN qui

sont maintenant gouverneurs: Francisco

Garcia Cabeza de Vaca de l’Etat de

Tamaulipas et Francisco Dominguez de

l’Etat de Querétaro; plusieurs politiciens

spécifiquement liés au calderonisme:

Salvador Vega Casillas et Jorge Luis Lavalle

Maury; le beau-frère de Carlos Salinas

de Gortari: José Antonio González

Anaya, qui était secrétaire au Trésor et

directeur de Pemex pendant la période

du Peña Nieto; et 70 autres personnes

liées à ces opérations dans le législatif

et à Pemex, entre autres.

Le rôle d’AMLO

Dans ses conférences de presse quotidiennes

du mois d’août, en référence

au scandale de Lozoya, AMLO à plus

d’une fois fait écho au cri si souvent

entendu dans les manifestations populaires:

«Les gens sont fatigués de ce

putain de trafic». Il n’a cessé de parler,

de commenter, de souligner et de

recommander à tous de lire le témoignage

de Lozoya, qu’il considère, non

sans raison, comme une preuve concluante

de la faillite des gouvernements

«néolibéraux», c’est-à-dire de ses opposants

politiques bourgeois.

Cette lutte contre la corruption,

centrée sur les couches supérieures,

l’a amené à dire que la dénonciation

d’Emilio Lozoya soulève la nécessité

de demander des comptes aux anciens

présidents de la République qui y sont

mentionnés. Quelque chose d’inédit

dans les annales politiques du pays

qui, pour la première fois, rapproche les

présidents mexicains omnipotents et

intouchables du destin plus terre à terre

de représentants du pouvoir exécutif en

Amérique du Sud.

Cette série de pillages des finances

publiques, de pots-de-vin et de corruption

opérés par Odebrecht dans le

sous-continent a touché 21 présidents:

trois au Guatemala, un au Salvador,

quatre au Pérou (dont un s’est suicidé,

Alan Garcia), deux en Colombie, deux

en Équateur et cinq au Brésil. Cela a

finalement touché trois personnages

au Mexique. Une leçon qui postule

sans équivoque que la corruption est

inhérente au système, car elle découle

logiquement et nécessairement de l’exploitation

capitaliste. Une vérité que

l’«obradorisme» (AMLO) élude et nie

avec véhémence, considérant qu’à l’intérieur

des frontières nationales «il n’y

a pas de lutte des classes». Une conception

idéologique sous-jacente à l’origine

de «l’obradorisme» dans la petite

bourgeoisie dont la constitution en tant

Le président du Mexique Andrés Manuel López Obrador (AMLO)

que force politique hégémonique de

l’État bourgeois au Mexique l’a rendue

complètement dépendante du Capital.

La lutte acharnée entre ces

groupes de pouvoir, eux-mêmes

représentants bourgeois d’intérêts très

puissants, a pris toute sa virulence en

cette troisième semaine d’août. Le 17

Emilio Lozoya Austin ex-PDG de Pemex de décembre 2012 à février 2016

août, la vidéo susmentionnée a été

présentée, produisant une véritable agitation

nationale, mais trois jours plus

tard, d’autres vidéos ont suivi, dans

lesquelles il y avait également des sacs

et des enveloppes pleins de billets qui

ont été remis à Pío, frère du président

Andrés Manuel López Obrador. Ce

dernier a immédiatement réagi, le 22

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020


RANLE LA STRUCTURE POLITIQUE

Le système ne peut pas lutter contre la corruption car la corruption est le système même

août, en montrant le contrat du gouvernement

de Peña avec Odebrecht

concernant l’entreprise Etileno XXI,

qui impliquait un vol chiffré à 15 milliards

de pesos (environ 750 millions

de dollars). Et il n’a pas évité la comparaison

des sacs reçus par son frère

Pio aux autres sacs de billets: «Mes

opposants ont pris des vidéos de mon

frère recevant de l’argent dans le but de

collaborer avec Morena, en 2005. En

tout cas, c’est de l’argent qu’ils lui ont

donné.» Pour lui, c’est très différent de

l’argent de la corruption d’Odebrecht.

«Celui d’Odebrecht est de la corruption,

l’autre est de la coopération (La Jornada,

23.08.2020). Il a reconnu que son

frère et la personne qui lui a donné l’argent

doivent faire l’objet d’une enquête

et il a dit qu’il était prêt à témoigner.

Et sa veine fréquente de s’exprimer par

des dictons populaires s’est conclue par

l’expression suivante: «Le bon juge

commencera par sa maison et celui qui

ne doit rien ne craint rien.»

Le panorama de la politique

bourgeoise au Mexique est désolant.

Un ancien conseiller de l’Institut

fédéral électoral, Alfredo Figueroa,

souligne crûment les conséquences

de ces événements sur la structure

des partis au Mexique. Les partis ont

détourné des millions du Trésor public

pour acheter des votes et de la publicité.

Des députés et des sénateurs ont

été soudoyés pour voter en faveur de

réformes qui ont privatisé l’énergie et

l’éducation. Les instances de contrôle

des élections n’ont jamais remarqué

que les plafonds pour les dépenses

des campagnes étaient dépassés. Le

Bureau supérieur d’audit n’a jamais

établi des liens entre la signature de

contrats publics et des pots-de-vin

privés. Tout cela était placé sous l’emprise

d’une «élite» qui ne se disputait

pas pour des idées mais pour des potsde-vin

(les fameux «moches»). Ainsi,

l’expression politique de la transition

vers la démocratie n’était, au contraire

de ce qu’ont dit leurs biographes,

ni démocratique ni libérale. C’est vers

une démocratie de «moches» qu’a été

produite «une présidence frauduleuse,

celle de Peña Nieto dont l’illégalité est

une des conséquences possibles du

scandale actuel» («Efecto Odebrecht.

PRI y Verde en riesgo de desaparecer»,

Proceso, 23 août 2020).

L’impasse officielle

Le scandale d’Emilio Lozoya, d’Odebrecht

et de leurs annexes, qui englobe

et éclabousse toute la hiérarchie

de la caste officielle du PRIAN mais

aussi du PRD [Parti de la révolution

démocratique créé en 1989 suite à

une rupture du PRI, conduite par Cuauthémoc

Cárdenas] et si l’on gratte

un peu pour mettre au jour les groupes

qui se sont introduits dans la Morena,

il y a là la preuve palpable de la décomposition

de la politique bourgeoise

au Mexique.

Les preuves des crimes et

délits de toutes sortes commis par les

représentants de cette bourgeoisie –

depuis ses plus hautes personnalités,

comme les trois anciens présidents

mentionnés, jusqu’à ses agents mineurs

– ne laissent aucun doute sur

le fait qu’ils méritent d’être punis. La

prison devrait être leur destin pour

payer les crimes monstrueux commis

par ces représentants sous l’autorité

intellectuelle des plus hauts responsables

civils et, bien sûr, militaires.

La connivence des hauts

niveaux de pouvoir avec la pègre est

une autre preuve qui a été plus que

prouvée sous l’administration de Felipe

Calderon avec l’emprisonnement

du super flic de son gouvernement,

Genaro Garcia Luna, aux États-Unis,

accusé de complicité avec les délinquants

de la drogue. C’est bien sûr le

cas de la disparition des 43 étudiants

(de l’école normale rurale) d’Ayotzinapa

(dans la ville d’Iguala, état

de Guerrero). Une affaire sur laquelle

s’est imposée une discrétion officielle

ATANSYON!

Pou tout manm kominote

Ayisyen nan

Nouyòk, espesyalman

nan Brooklyn,

Haiti Cultural Exchange,

Brooklyn Community Foundation,

Make Brooklyn Count,

ak

Brooklyn Borough Hall

vle fè nou sonje enpòtans

pou nou ranpli

Sansis 2020 an

nan census.gov.

la plus complète après que de nombreux

progrès ont déjà été réalisés il

y a quelques semaines, lorsque les

enquêtes ont souligné la nécessité

inévitable d’examiner les dossiers et

les ressources de toutes sortes de militaires

de la caserne d’Iguala et encore

d’autres sources concernant leur implication

dans la nuit d’Iguala, le 26

septembre 2014.

Submergé par la triple crise de

la pandémie sanitaire, la chute catastrophique

de l’économie et la violence

criminelle qui ne cède pas, AMLO est

entré en conflit avec ses prédécesseurs

au pouvoir dans le Zócalo (place où

réside le Palais national), un conflit

dont l’issue est improbable. Bien que

réalisés dans l’atmosphère mouvante

d’aujourd’hui, les sondages sont favorables

à sa position dans la situation

criminelle qui a été révélée par

Emilio Lozoya. Combien de temps

cela va-t-il durer?

C’est un test décisif dont dépendra

une grande partie de la durée de

son gouvernement, c’est-à-dire la plus

longue période. La lutte inter-bourgeoise

entre AMLO et ses opposants

Les récentes révélations de l'ancien directeur de Petróleo Mexicano

(Pemex) Emilio Lozoya ont mis le feu à l'arène politique nationale en

impliquant les anciens présidents Enrique Peña Nieto (2012-2018) et

Felipe Calderón (2006-2012) dans de graves actes de corruption.

ne sera pas la source de la justice

qu’exige la situation de criminalité et

de délinquance qui sévit au Mexique.

La date des élections de mi-mandat de

2021 est déjà à l’horizon et de nombreux

comptes seront réglés. Le destin

de Morena compte pour AMLO, même

s’il ne dépend pas entièrement de son

parti. Les semaines et les mois à venir

seront cruciaux. Face à la débâcle

des formations bourgeoises traditionnelles,

la scène est ouverte pour les

nouvelles alternatives réformistes ou

un gouvernement fort. Dans le panorama

bourgeois, aucun réformisme

n’est perçu à l’horizon; au contraire,

les signes de solutions militaires se

multiplient, comme on l’a vu de plus

en plus au cours du gouvernement

d’Obrador. AMLO, par conséquent,

aspire à continuer à se renforcer en

tant qu’homme fort du système.

Pendant ce temps, alors que de

larges pans du peuple veulent et attendent

la punition des criminels qui

ont été dénoncés lors des scandales

actuels, d’autres pans de ces mêmes

masses n’attendront pas les voies tordues

de la justice bourgeoise. La lutte

des classes, dans une certaine mesure

freinée par la pandémie, émergera

avec force au moindre signe de fissures

et d’opportunités.

Un travail de clarification politique,

une organisation indépendante,

la délimitation de perspectives libertaires

et émancipatrices et une vocation

à lutter pour le socialisme comme

alternative à tant de décadence et de

décomposition capitaliste, voilà ce

qui attend tous les secteurs démocratiques,

révolutionnaires et socialistes

qui émergent et se multiplient dans

tout le Mexique. La grande tâche à

court terme est l’organisation de ces

forces, encore modestes aujourd’hui,

mais que la crise profonde que nous

traversons va transformer, avec la volonté

et l’intelligence de ses membres,

en une force accrue.

*Manuel Aguilar Mora, professeur

à l’Université autonome de Mexico

(UACM), il a été membre du Comité

de lutte de la philosophie et des lettres

aux côtés de José Revueltas en 1968.

Auteur de nombreux livres sur l’histoire

politique et sociale du Mexique.

A l’Encontre 30 août 2020

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

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III. La Terre sera Chine

Perspectives

Inoculation contre la variole à Paris en 1807, tableau de Louis-Léopold

Boilly à la Wellcome Library, Londres. Le premier vaccin contre un virus

a été inventé en Chine au moins au 15ème siècle, c’était la variolisation.

Il a fallu 400 ans pour qu’il arrive en Europe, via la route de la Soie et

Constantinople, et que les Européens acceptent ce qu’ils qualifiaient de

“folklore” alors que la variole faisait des dizaines de milliers de morts par

an sur le vieux continent

Par Alexandra Panaguli

(Quatrième partie)

Chine

3) La Chine, finalement, et son

dirigeant. Le 11 mars 2018 l’Assemblée

nationale populaire a voté en faveur de

la proposition du Comité central du Parti

communiste chinois de mettre fin à

la limite de deux mandats présidentiels,

ouvrant la voie à la présence illimitée de

Xi Pining à la tête de la Chine. Quelque

chose, à propos, que Trump et ses acolytes

républicains aimeraient beaucoup

copier. D’ailleurs, celui-ci a commenté:

«Président à vie ... Je pense que c’est

génial. Peut-être que nous devrons essayer

cela un jour».

De plus, les délégués ont approuvé

d’ajouter à la constitution que «La

direction du Parti communiste chinois

[soit Xi Jinping] est la caractéristique

déterminante du socialisme aux caractéristiques

chinoises» (le titre complet

est «la pensée de Xi Jinping sur

le socialisme avec des caractéristiques

chinoises pour la nouvelle ère»). Finalement,

Xi se donne le pouvoir absolu

d’éliminer ses adversaires en donnant

pleins pouvoirs aux commissions de

contrôle qui “exerceront indépendamment

leur pouvoir de contrôle et ne

seront soumises à aucune ingérence

de la part d’un organe administratif,

d’un organisme public ou d’un individu.»

«Le vote a été largement considéré

comme un exercice d’approbation.

Deux délégués ont voté contre le

changement et trois se sont abstenus,

sur 2.964 voix ». Exactement comme

au Sénat des Etats-Unis où tous les

Républicains ont voté pour exonérer

Trump lors de la procédure d’“impeachment”,

à l’exception d’un seul, Mitt

Romney.

A première vue, cela semble

en contradiction avec la philosophie

chinoise pour laquelle le monde et

la nation sont au-dessus de tout et

doivent régner en suprême. L’esprit

oriental “propose l’homme en offrande

au monde...”. “Le bonheur de chaque

personne est conditionné par celui du

pays et de la nation”, a renchéri Xi

Jinping.

Il faut prendre en compte les relativement

récents développements, soit

le chaos de la révolution culturelle qui

a abattu le père même de Xi Jinping,

et deux décennies plus tard l’effondrement

de l’Union soviétique – mené

par le naïf Gorbachev – qui a fait une

grande impression sur Xi et toute la

Chine. Ainsi, Xi Jinping pense que “le

développement et les réformes dont le

pays a encore besoin ne pourront être

menés à bien si la sécurité et la stabilité

sociales ne sont pas garanties [...]

les menaces intérieures et extérieures

doivent être traitées de la même manière”

et il souligne l’importance du

“socialisme à la chinoise”.

Les Occidentaux craignent évidemment

qu’un homme fort comme Xi

Jinping – ou Putin – dirige leur principal

rival. Nul doute que Xi Jinping veuille

terminer – et se considère comme le

mieux à même de le faire (*) – ce qu’il

a commencé: développement économique,

mais aussi lutte contre la corruption,

contre la pollution, contre la

pauvreté, contre la désunion: Hong

Kong, Xinjiang, Tibet – tâches gigantesques

nécessitant une forte cohésion

et direction, de la stabilité, pas d’extrêmes,

un équilibre, de la modération

(pan metron ariston – dans la vie, pas

en politique), et du labeur, c’est ce qui

a maintenu la Chine en vie pendant des

millénaires alors que toutes les autres

puissances - les États-Unis ces derniers

temps - ont suivi ce que Jared Diamond

appelle: “Comment les sociétés

choisissent d’échouer” [titre partiel].

Comme le dit Raffarin, “C’est donc bien

la stratégie chinoise qui a fait émerger

Xi Jinping plutôt que l’inverse, contrairement

à ce que l’on entend souvent”,

comme avec Trump.

(*) Pareil avec son homologue et

ami russe. «Putin se considère comme

un leader mondial et il est très difficile

pour lui de se dissocier du rôle de

président», a déclaré Gleb Pavlovsky,

conseiller du Kremlin de 2000 à 2011.

Et il semble que Xi Jinping mène

le pays dans la bonne direction – la

lutte contre la corruption, la pollution,

la pauvreté, sont tous points

que la population apprécie, et le

gouvernment est à son écoute.

Comme l’a dit Michael Bloomberg,

candidat Démocrate à la présidence

des Etats-Unis et ancien maire de New

York, «Quand le public dit que je ne

peux pas respirer, Xi Jinping n’est pas

un dictateur. Il doit satisfaire ses électeurs

sinon il ne survivra pas. Aucun

gouvernement ne survit sans la volonté

de la majorité de son peuple ».

Je reviens sur un point que Xi

Jinping souligne lui aussi: les droits

économiques et sociaux semblent plus

importants que les droits politiques. Et

pas seulement en Chine ou en Grèce

comme je l’ai esquissé plus haut. De

retour à Liège, Christine, la jeune employée

de la banque ING, a été changée

de branche et diminuée de rang. Depuis

un an on les terrorise, dit-elle, “et cela

va recommencer dans 2-3 ans, les justifications

pour les changements ne

font aucun sens”.

Développement économique

mais pas n’importe comment ni à n’importe

quel degré. Les marchés ne peuvent

pas être laissés en totale liberté.

On voit partout dans le monde comment

le populisme dévoie la démocratie

bourgeoise. Car le néolibéralisme lui a

préparé le terrain en élargissant les fossés

à l’extrême.

Une vie déséquilibrée

Le déséquilibre occidental pointait déjà

dans les années 1980 quand le réalisateur

étatsunien Godfrey Reggio produisait

(avec l’aide de Francis Ford Coppola)

Koyaanisqatsi, le premier film

d’une trilogie montrant l’interraction de

la nature et des êtres humains infléchie

par la technologie. Le titre Koyaanisqatsi

vient du langage des Indiens

Américains Hopis et signifie “Une vie

déséquilibrée», mais également «une

vie de corruption morale et d’agitation»

et littéralement: «vie chaotique», «vie

en ébullition», «vie qui se désagrège» et

«un état de vie qui appelle à une autre

façon de vivre». Le film mentionne une

prophétie hopi: «Si on retire des choses

précieuses de la terre, cela invitera au

désastre».

Des épidémiologistes expliquent

les pandémies – y compris le COVID-19

actuel – par la détérioration de l’environnement

causée par l’être humain,

rapprochant physiquement celui-ci des

espèces animales porteuses de virus. Il

a été démontré que c’est la percée des

colons belges dans la jungle centroafricaine

à la fin du 19ème siècle qui a mis

en contact le singe macaque avec l’être

humain, lui passant son lentivirus qui

est devenu le VIH à la base du Sida.

Une bonne cinquantaine d’années

auparavant, au début du 19ème, en

plus de forcer les agriculteurs indiens à

produire du pavot afin de droguer les

Chinois, les Anglais “ont empiété sur

l’immense zone humide des Sundarbans

au Bengale pour développer la

riziculture, exposant les habitants aux

bactéries aquatiques [...] désormais

connues sous le nom de choléra”, avec

la septième pandémie ayant survenu

en Haïti en 2010... Pareil pour l’Ebola

véhiculé par des chauves-souris et le

paludisme par les moustiques, qui se

retrouvent beaucoup plus nombreux

dans les zones déboisées que dans les

forêts demeurées intactes.

Un personnage duquel Godfrey

Reggio s’est inspiré est Guy Debord,

le philosophe marxiste français connu

pour son livre La Société du spectacle,

où il parle entre autres de la marchandisation

de presque tous les aspects

de la vie, ayant refondu l’idée d’«être

en avoir». Ce qu’il appelle «la phase

actuelle d’occupation totale de la vie

sociale par les résultats cumulés de

l’économie» a conduit à «un glissement

généralisé de l’avoir en apparence, d’où

tout réel ‘avoir’ “doit tirer son prestige

immédiat et sa fonction ultime”.

Paru en 1967 il annonce la dérive

néolibérale globale. Celle-ci étant en totale

opposition à un souci d’équilibre

qui remonte loin dans le temps. Déjà

les Anciens Grecs prônaient par-dessus

tout le Pan Metron Ariston, la modération

dans tout, tandis que les Chinois

prisaient la stabilité.

Mais il y a plus que cela, l’idée

même de démocratie. L’économiste et

politicien grec Yannis Varoufakis, qui

a été ostracisé par l’Union Européenne

alors qu’il était brièvement ministre des

finances en 2015 quand la Grèce était

mise au piloris pour son déficit budgétaire,

rapporte: «On m’a dit sans ambiguïté

que le processus démocratique

de notre nation - nos élections - ne

pouvait pas être autorisé à interférer

avec les politiques économiques mises

en œuvre en Grèce. À ce moment-là,

j’ai senti qu’il ne pouvait y avoir de

plus grande justification de Lee Kuan

Yew, ou du Parti communiste chinois,

en fait de certains de mes amis récalcitrants

qui ne cessaient de me dire

que la démocratie serait interdite si elle

menaçait de changer quoi que ce soit

». Soit un concept purement décoratif.

Incidemment, Lee Kuan Yew,

qui a été premier ministre de Singapour

pendant trois décennies, “a soutenu

que des mesures disciplinaires

étaient nécessaires à la stabilité politique

qui, avec l’état de droit, étaient

essentielles au progrès économique,

disant: ‘Quiconque décide de m’attaquer

doit mettre des coups de poing

américains. Si vous pensez que vous

pouvez me faire plus de mal que je ne

peux vous faire de mal, essayez. Il n’y

a pas d’autre moyen de gouverner une

société chinoise’».

De son côté, Varoufakis conclut:

«Il y a beaucoup d’hypocrisie. Dans

nos démocraties libérales, nous avons

un semblant de démocratie. C’est parce

que nous avons confiné la [...] démocratie

à la sphère politique, tout en

laissant la sphère où se situe toute

l’action - la sphère économique [qu’il

appelle également: le monde de l’entreprise]

- une zone sans aucune démocratie

«. Et il parle spécifiquement de

la Chine: «John Stuart Mill était particulièrement

sceptique quant au processus

démocratique. Donc, ce que vous voyez

maintenant en Chine est un processus

très similaire à celui que nous avons

eu en Grande-Bretagne pendant la

révolution industrielle, en particulier la

transition du premier au deuxième. Et

fustiger la Chine pour avoir fait ce que

l’Occident a fait au XIXe siècle, ça sent

l’hypocrisie ».

Et il ajoute : « Vous êtes-vous

demandé pourquoi les politiciens ne

sont plus ce qu’ils étaient ? Ce n’est

pas parce que leur ADN a dégénéré.

C’est plutôt parce qu’on peut être au

gouvernement aujourd’hui et non au

pouvoir, parce que le pouvoir a migré

de la sphère politique à la sphère

économique, qui est distincte ».

Mais pour l’avenir de la Chine

peut-être que rien de tout cela n’est

important, puisque c’est le pays qui

chapeaute tout. “La Chine est éternelle”,

a dit en 1935 le vieux diplomate

à Kazantzakis lors d’un banquet-spectacle

pour fêter les 90 ans de

la notable Laou-Li. “Le communisme

est éphémère. Le Japon est éphémère.

La Chine est éternelle”, a complété

Kung Ta-Hen, l’ancien ambassadeur,

quand Kazantzakis lui avait demandé

s’il n’avait pas peur des communistes

qui avançaient au Sichuan en direction

du nord vers Beijing, ou des Japonais

qui descendaient de Mandchourie, eux

aussi avec Beijing pour objectif.

La Chine a laissé l’Europe loin

derrière et dépasse rapidement les

États-Unis, tous deux concentrés sur

eux-mêmes, freinés par leur démocratie

dévoyée menant à l’immobilisme chez

les uns, à la dictature – d’un homme

ou des finances – chez les autres. La

Chine avec sa population, son travail,

son unité. L’avenir est prometteur mais

tout dépend de Xi et des nouvelles

générations urbaines. Comme toujours,

l’érosion vient de l’intérieur.

Et de l’extérieur. A l’Astor-Hôtel

de Shanghai où il habitait, le noble

vieillard Wang-Loh parle au caractère

européen de Malraux, A.D., de “la

maladie dont souffre la Chine: la perte

de son esprit. La Chine est en train de

mourir de la même mort que l’Europe”.

Il parlait de la vieille Chine.

* * *

Mise à jour: de la variole au

coronavirus

Lieou Ngo (1854-1906) était un ingénieur

hydraulicien connu pour avoir

combattu avec succès, au 19ème siècle,

les inondations, non pas du Yangtze,

mais du fleuve Jaune (Huang Ho, 5500

km de long) – les crues des fleuves

chinois sont un grave problème car ils

sont très longs et reçoivent beaucoup

d’eaux de torrents en amont, tel que le

fleuve de l’Ouest (Hsi-Kiang, 2100 km)

avec un débit qui peut passer de 9.000

m3/seconde à 60.000, celles du fleuve

Jaune, de 1.000 m3/seconde à 58.000,

et du fleuve Bleu (Yangtze, 6300 km)

de 2.000 m3/seconde à 110.000 !

Étonnament, Lieou Ngo était né

dans une famille de lettrés. Mais il était

curieux, intéressé par plusieurs domaines

(il a étudié les mathématiques,

astronomie, médecine, philosophie,

Xian, décembre 1994. De nombreux cyclistes portaient un masque il y a

déjà un quart de siècle. La pandémie du coronavirus va accélérer l’écart

entre une Chine organisée, disciplinée et responsable, et rompue aux

actions collectives, et un Occident négligeant et individualiste.

Photo par Alexandra Panaguli.

poésie, musique et été tenté par le commerce),

et rebelle, ce qui n’était pas indiqué

pour suivre son père dans le service

impérial. Au contraire, sa solution

contre les inondations était à l’opposé

de celles des bureaucrates mandarins,

“trop souvent bornés, incapables ou

cupides”.

En fait, il décrit “la décadence, la

pourriture de la dynastie mandchoue

à la fin du XIXe siècle; sa paralysie

politique, économique; la corruption

de la magistrature” dans son livre

L’Odysée de Lao Ts’an (également

traduit comme “Pérégrinations d’un

digne clochard”). Si cet ouvrage est un

haut point de la littérature chinoise du

dernier siècle impérial, son auteur l’a

écrit – en 1903 – avec “le cœur plein

d’amertume” (Shakespeare aussi était

pessimiste quant à la société dans son

vieil âge) comme “le cri d’angoisse

d’un homme qui voit son pays sombrer

sous un pouvoir inepte. Il a été

conçu avant tout comme une mise en

accusation du mandarinat”. Hmmm,

on attend quelqu’un pour écrire pareil

ouvrage sous l’administration actuelle

des Etats-Unis.

Lao Ts’an était un guérisseur

ambulant au 19ème siècle. Il ne se

faisait pas d’illusions sur l’efficacité

de son métier, mais il connaissait les

vertus de la médecine traditionnelle

chinoise. A l’occasion du coronavirus

actuel, saviez-vous que le premier

vaccin contre un virus a été inventé

en Chine au 15ème siècle, et peutêtre

même avant? La variole était un

fléau redoutable jusqu’à ce que l’on

applique la variolisation, soit “inoculer

une forme espérée peu virulente de la

maladie en mettant en contact la personne

à immuniser avec le contenu de

la substance suppurant des vésicules

d’un malade”. Trois siècles plus tard

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020


Notre Mémoire se Souvient!

La mémoire au service des luttes : Ataï

Par FUIQP et Alain Saint-Victor

Il y a 142 ans, le 1er septembre 1878,

le chef kanak Ataï était tué au combat

contre le colonisateur français. Rappelons

que le pays des Kanaks fut renommé

la Nouvelle Calédonie par l’explorateur

britannique James Cook, une

pratique courante dans l’implantation

du colonialisme.

Ataï fut le dirigeant de la plus

grande insurrection kanak contre les

colonisateurs.

À partir de 1853, l’armée coloniale

française commence la dépossession

des terres, d’abord autour de la

presqu’île de Noumea puis, à partir de

1858, dans le reste du pays.

Le vol des terres passe ainsi de

27 000 ha en 1862 à 78 000 ha en

1870 et à 150 000 ha en 1877. Outre

ces spoliations foncières, le système

oppressif de l’indigénat, la marginalisation

sociale suscitent un profond mécontentement

dans les tribus.

C’est dans ce contexte qu’un des

chefs kanaks, Ataï, rencontre le gouverneur

français, Léopold de Pritzbuer,

pour lui faire part des revendications

kanakes.

Lors de cette rencontre il déverse

un sac de terre et déclare : « Voilà ce

que nous avions ». Il déverse ensuite

un sac de pierres et dit : « Voici ce que

tu nous laisses. »

Cette démarche pacifique n’ayant

conduit à aucun résultat, Ataï décide

d’organiser la lutte armée. L’objectif initial

était l’attaque surprise de Nouméa

préparée dans le plus grand secret. La

date initialement choisie était le 24 septembre,

soit la date de l’anniversaire

de la prise de possession de l’île. Un

événement imprévu va malheureusement

précipiter les choses.

Le 19 juin 1878, un colon est assassiné

par des Kanaks. En représailles,

10 chefs de tribu sont emprisonnés. La

colère populaire se transforme alors en

insurrection. Les propriétés des colons

sont attaquées dans plusieurs régions

et en particulier dans celle de la Foa,

la plus importante région de la colonisation.

Dès le 25 juin les combats

touchent tout le centre-ouest de la

Grande île.

La contre-offensive française

subit d’abord de nombreuses défaites

face à la guérilla. Le 3 juillet le commandant

des troupes françaises Gally

est tué dans une embuscade. Son successeur

met en place une politique de la

« terre brûlée » en incendiant villages

et récoltes.

Les Français décident alors de diviser

les clans kanaks en promettant à

un des chefs, Gélina, de multiples concessions.

Celui-ci trahit l’insurrection

et aide les soldats français à combattre

les insurgés. Sans la connaissance du

terrain de ce traître, l’insurrection était

à plus ou moins long terme victorieuse

compte-tenu du temps nécessaire pour

faire venir des renforts de Paris.

Le premier septembre 1878, Ataï

est surpris dans son campement par un

détachement de l’armée coloniale accompagnée

de guerriers des clans alliés

au colonisateur. Ataï se bat courageusement

mais est tué. Sa tête est coupée et

envoyée en trophée à Paris. Malgré la

mort du chef, l’insurrection continue

mais est déstabilisée.

En août 1878, des renforts arrivent

d’Indochine et le rapport des

forces se transforme. En décembre

1878, les derniers combattants sont

vaincus lors du combat de la forteresse

kanak d’Adio.

La répression est bien sûr féroce.

Les estimations évaluent à 5% de la

population le nombre de morts. Tous

les chefs de clan insurgés sont exécutés

sans jugement. On estime que 1000

kanaks ont été tués sur une population

totale de 24 000.

Le vol des terres s’accéléra et des

clans entiers de la population sont déplacés

dans le Sud et à l'île des Pins.

A la fin du XIXème siècle, la politique

des réserves est enclenchée causant

une crise démographique. Traumatisée

par la colonisation, décimée par

les guerres et le choc épidémiologique,

la communauté kanake se réduit dangereusement.

En 1921, elle ne compte

plus qu’environ 27000 personnes. Elle

aurait ainsi perdu la moitié, voire les

2/3, de ses effectifs depuis la prise de

possession.

C’est cela la colonisation. Soutenons

la lutte du peuple kanak pour son

indépendance.

Repose en paix Ataï. Ton combat

n’a pas été vain.

Texte : FUIQP (Modifications et

ajouts ASV)

Le génocide indonésien de 1965 : comment les USA ont

utilisé le meurtre de masse pour vaincre le communisme

Soldats indonésiens arrêtant des villageois lors de la purge des

communistes en 1965-66 / Vannessa Hearman.

Par Daniel Larison*

Selon le récit dominant de la Guerre

froide, si le communisme a été vaincu

dans nombre de pays, c’était

avant tout dû au modèle civilisationnel

supérieur qu’offre le capitalisme,

avec son accent sur les libertés

individuelles et la responsabilité

personnelle. Un regard sur l’histoire

révèle une réalité beaucoup plus

sombre et expéditive.

La dénommée « Longue Paix »,

après 1945, était couverte de

sang d’innocents. Les Américains

préfèrent généralement se souvenir

de la Guerre froide comme d’un

triomphe essentiellement pacifique

ponctué d’une poignée de débâcles,

mais pour beaucoup de personnes

vivant dans des pays non alignés et

nouvellement indépendants après la

Seconde Guerre mondiale, l’expérience

de la Guerre froide a été marquée

par l’horreur et la dévastation.

Les nations qui avaient le

malheur d’être considérées comme

importantes dans la lutte contre le

communisme ont enduré les pires

souffrances. Le fanatisme anticommuniste

a fait des millions de victimes

pendant la Guerre froide. Les

atrocités commises contre ces peuples

ont souvent été oubliées en Occident,

quand elles étaient connues

tout court. C’est surtout vrai aux

États-Unis, puisque notre gouvernement

a souvent encouragé et aidé

des acteurs locaux dans leurs crimes

contre leur propre peuple.

Nous ignorons généralement

cet aspect de la Guerre froide parce

qu’il est laid et parce que notre gouvernement

porte une responsabilité

considérable dans ce qui est arrivé

à ces pays. Il ne correspond pas

à la fable de « l’ordre libéral » que

nos dirigeants se racontent et nous

racontent. Il ne correspond pas à

nos évaluations flatteuses de notre

rôle de bienfaiteurs dans le monde,

mais c’est une partie importante de

l’histoire de notre politique étrangère

que nous ne pouvons pas nous

permettre d’oublier. Lorsque des

hommes politiques et des experts

menacent allègrement aujourd’hui

d’une nouvelle Guerre froide contre

la Chine, nous devons comprendre

les destructions que cela entraînerait

pour des personnes innocentes dans

de nombreux autres pays. Nous ne

devons pas commettre de nouveau

des erreurs aussi coûteuses en vies

humaines.

L’Indonésie était considérée

comme un pays crucial dans les

années 1960, car c’était l’un des

principaux pays non alignés, avec

le plus grand parti communiste en

dehors de l’URSS et de la Chine. Les

responsables américains y voyaient

un « atout » bien plus précieux que

le Sud-Vietnam, et en 1965-66, elle

a été violemment annexée à l’orbite

américaine à travers des massacres.

L’armée indonésienne, sous la direction

de Suharto et de ses auxiliaires,

a perpétré des meurtres de masse

contre des communistes et des personnes

présumées communistes, et

elle a assassiné jusqu’à un million

d’innocents sans autre raison que

leur affiliation politique présumée.

Ces meurtres de masse et leurs

conséquences pour le reste du monde

font l’objet d’un ouvrage exceptionnel

de Vincent Bevins, The Jakarta

Method (La méthode Jakarta). Bevins

est un correspondant international

qui a travaillé d’abord au Brésil,

puis en Indonésie. Pendant son séjour

dans ce pays, il a commencé à

enquêter sur l’histoire du massacre

de 1965-66, qui est toujours officiellement

nié par le gouvernement. En

fouillant les histoires des survivants

et en suivant les conséquences de

l’« Operation Annihilation » (le nom

interne de l’armée de la campagne

d’extermination), il a trouvé des

liens entre ce qui s’était passé en Indonésie

au milieu des années 60 et

les campagnes brutales menées en

Amérique latine par les dictatures

alignées sur les États-Unis dans les

décennies qui ont suivi. Dans ces autres

pays, « Jakarta » est devenu un

mot-code pour désigner les massacres

d’ennemis des fanatiques anticommunistes,

et le meurtre de masse

perpétré en Indonésie a été présenté

comme un modèle à suivre.

Non seulement le gouvernement

américain était au courant

du massacre en Indonésie, mais il

l’avait activement encouragé et avait

fourni aux tueurs des listes de noms.

Bevins écrit :

« Mais après sept ans d’étroite

coopération avec Washington,

l’armée était déjà bien équipée. Vous

n’avez pas non plus besoin d’un

armement avancé pour arrêter des

civils qui n’opposent presque aucune

résistance. Mais ce dont les responsables

de l’ambassade des USA et de

la CIA avaient décidé que l’armée

avait vraiment besoin était d’informations.

En collaboration avec les

analystes de la CIA, le responsable

politique de l’ambassade, Robert

Martens préparait des listes avec les

noms de milliers de communistes

et de présumés communistes, et les

remettaient à l’armée, afin que ces

personnes puissent être assassinées

et « radiées » de la liste. »

Un autre million de personnes

ont été rassemblées dans des camps

de concentration, où elles ont été

soumises à la famine, au travail

forcé, à de la torture et à de la rééducation

idéologique. Ce fut une «

victoire » ignoble dont personne ne

voulait se souvenir.

Bevins raconte cette histoire de

manière objective et dépassionnée,

et il tisse soigneusement les histoires

des survivants qu’il a rencontrés au

cours de son enquête. Il nous emmène

sur les sites des massacres de

Bali, où se trouvent aujourd’hui des

hôtels touristiques. Il nous présente

des Indonésiens qui ont perdu leur

famille et leurs amis dans ces massacres,

et il montre comment les

survivants sont toujours ostracisés

et considérés avec suspicion, toutes

ces décennies plus tard. L’une des

survivantes qu’il a rencontrées, une

femme âgée nommée Magdalena, vit

aujourd’hui dans la pauvreté après sa

libération de prison. Il raconte qu’elle

a été « marquée à vie » à cause de

son passé, et qu’elle n’a aucun lien

avec sa famille, car tous ces liens

ont été coupés après qu’elle ait été

accusée d’être communiste. Comme

le note Bevins, cette « situation est

extrêmement fréquente chez les survivants

de la violence et de la répression

de 1965 ». En plus de ceux qui

ont été tués dans les massacres, il y

a des dizaines de millions de victimes

et de parents de victimes encore en

vie aujourd’hui.

Il retrace également l’utilisation

des tactiques employées contre

des innocents Indonésiens au Brésil,

au Chili, en Argentine et ailleurs en

Amérique latine, et nous rappelle que

les habitants de ces pays vivent toujours

dans l’ombre des dictatures soutenues

par les États-Unis qui étaient

au pouvoir dans les années 1970 et

1980. La dictature brésilienne qui

s’était emparée du pouvoir avant la

prise de pouvoir de Suharto a ensuite

cherché à imiter ce qui s’était passé

en Indonésie. Le gouvernement chilien

de Pinochet l’a fait, bien qu’à plus

petite échelle, et la « sale guerre » en

Argentine a suivi. La piste se poursuit

en Amérique centrale jusqu’à

la fin de la Guerre froide. Beaucoup

d’éléments individuels de l’histoire

de Bevins sont peut-être connus,

mais il a établi entre eux des liens

que la plupart des Américains ne

connaissent pas.

Alors qu’il essaie de donner

un sens aux horribles événements

qu’il a décrits dans le livre, Bevins

Prisonniers de l’armée indonésienne lors des massacres de 1965. Photo DR

nous offre cette sinistre mais juste

conclusion : « Si l’on considère les

choses sous cet angle, les grands

perdants du XXe siècle ont été ceux

qui croyaient trop sincèrement en

l’existence d’un ordre international

libéral, ceux qui faisaient trop confiance

à la démocratie, ou trop à ce

que les États-Unis disaient soutenir,

plutôt qu’à ce qu’ils soutenaient

réellement – à ce que les pays riches

disaient, plutôt qu’à ce qu’ils faisaient.

Ce groupe a été anéanti. »

Lorsqu’il a parlé à Winarso, le

chef du Sekretariat Bersama ’65, l’organisation

qui défend les intérêts des

survivants du massacre, Bevins lui

suite à la page(18)

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Les États-Unis face à la double crise du COVID-19 et de la

contestation contre le racisme systémique

Par Tontongi

5 ème partie et fin

Justice, réparation, révolution :

l’interconnectivité des griefs et

des demandes

Dans un récent et excellent essai dans

le quotidien New York Times, Nikole

Hannah-Jones a fait un tour d’horizon

sur les 400 ans d’histoire des

Noirs aux États-Unis, leurs péripéties

dans l’univers esclavagiste autant

que leurs luttes, leurs victoires, leurs

déboires et leurs espoirs. L’impunité

accordée aux policiers brutaux et homicidaires

n’est point une aberration

ou débordement du système, mais

bien une politique cultivée et consolidée

au cours des ans, à chaque fois

réinventée dans des configurations

nouvelles. Hannah-Jones a montré

ce cheminement à travers tout l’essai,

qu’elle ouvre avec une épigraphe

fort axiomatique : « Si la vraie justice

et l’égalité devraient jamais être réalisées

aux États-Unis, le pays doit

enfin prendre au sérieux ce qu’il doit

aux Noirs Américains. »

Puis, elle étale la longue tradition

de luttes de ceux-ci pour

faire respecter leurs droits, souvent,

comme on le voit, face à l’opposition

farouche et violente des Blancs.

Des luttes qui emportent de temps en

temps de petites victoires. En 1968,

suite à l’assassinat de Martin Luther

King, après des émeutes enflammées

dans plus de 100 villes étatsuniennes,

le Congrès vote en faveur de la loi sur

le logement équitable — Fair Housing

Act —, qui interdit la discrimination

basée sur la race, le sexe et la religion

dans l’obtention du logement public,

une loi qui moisissait jusque-là dans

les tiroirs du Congrès. « Sept jours

seulement après la mort de King, le

président Lyndon B. Johnson promulgue

la loi dans la capitale en feu

», nous rappelle Hannah-Jones. Une

courte échéance qui montre que les

luttes portent souvent des fruits,

même si « la plupart du temps, ces

soulèvements produisent des épouvantes

et de la consternation, mais

peu de changements structurels nécessaires

».

Nikole Hannah-Jones a observé

que les multiples luttes des Noirs au

cours des siècles et décennies pour obtenir

la reconnaissance totale de leurs

droits sont toujours plus ou moins déçues

ou refroidies par l’Establishment

blanc qui finit toujours par trouver

des moyens de contourner, ignorer,

minimiser et souvent même inverser

les acquis : « L’inclination à appliquer

des pansements [aux problèmes] et à

aller de l’avant est une caractéristique

américaine bien notable en ce qui

concerne le racisme anti-noir et ses

effets sociaux et matériels », dit Hannah-Jones.

L’aboutissant de cette inclination

est de croire que le problème

racial est résolu et dépassé. Elle cite

une étude du Département de psychologie

et de l’Institut d’études sociales

et politiques de l’Université Yale

qui en a fait le constat en 2019 : «

Nous croyons fermement et de façon

persistante que notre honte nationale

en matière d’oppression raciale a été

surmontée — même si c’est dans la

lutte — et que l’égalité raciale a été

largement atteinte. »

Hannah-Jones semble penser

que cette fois-ci est différente, comparée

aux autres conjonctures de lutte

: « Les semaines de protestations depuis

le meurtre de George Floyd ont

poussé les législateurs à interdire les

techniques d’étranglement par les policiers,

à envisager de supprimer l’application

de la loi de l’immunité qualifiée

qui rend presque impossible la

détention d’officiers qui tuent, et de

discuter de la possibilité de transférer

une partie importante des budgets des

services de police dans le financement

des services sociaux », avance-t-elle.

Comme tant d’autres observateurs,

Hannah-Jones a relevé le caractère

multiracial et multigénérationnel

des protestations et le potentiel révolutionnaire

qu’elles comportent :

« Contrairement à tant d’autres fois

dans le passé où les Noirs le plus

souvent marchaient et protestaient

seuls pour exiger la reconnaissance

de leur pleine humanité et citoyenneté,

une armée multiraciale et multigénérationnelle

est descendue dans

les rues au cours du mois dernier. Les

protestataires se sont répandus dans

les 50 États dans des endroits grands

et petits, y compris des villes historiquement

blanches comme Vidor, au

Texas, où, en 1993, un juge fédéral a

dû ordonner l’intégration de ses logements

publics. Peu de temps après, les

suprématistes blancs ont chassé de la

ville la poignée de Noirs qui y avaient

emménagé. Cette Vidor, au Texas, qui

reste 91% de blancs et 0,5% de noirs,

a organisé un rassemblement Black

Lives Matter début juin. »

L’auteur a souligné deux pratiques

du passé qui continuent d’avoir

des conséquences malheureuses sur

le présent. La première, même remontant

à plus d’un siècle et demi, continue

d’influencer les comportements et

réflexes : les patrouilles de chasse des

esclaves fugitifs. « Cela fait 150 ans,

nous rappelle Hannah-Jones, que les

Américains blancs ne peuvent appliquer

des lois sur les esclaves selon

lesquelles les Blancs agissant dans

l’intérêt de la classe des planteurs ne

seront pas punis pour le meurtre d’un

Noir, même pour l’infraction alléguée

la plus mineure. Ces lois se sont

transformées en codes noirs, adoptés

par les politiciens blancs du Sud à la

fin de la guerre civile pour criminaliser

des comportements, comme le fait de

ne pas avoir un emploi. »

L’autre pratique a deux volets :

d’un côté l’exclusion des Noirs dans

le partage de la richesse du pays et,

de l’autre, les avantages et concessions

économiques accordés aux

Blancs, qui accroissent les privilèges

dont ils jouissaient déjà en tant que

Blancs. Nikole Hannah-Jones cite

l’économiste William Darity Jr, l’auteur

principal d’un rapport de l’Université

Duke publié en 2018 intitulé

« What We Get Wrong About Closing

the Racial Wealth Gap (Ce que nous

ne comprenons pas dans la réduction

de l’écart de richesse entre les races)

» dans lequel les auteurs cherchent

à localiser et passer en grille les institutions

étatiques, les agissements,

comportements, habitudes réflexes

qui conditionnent et déterminent la

situation actuelle des Noirs, les brimades

et autres freins ostracisants

qui continuent d’opérer 16.

Hannah-Jones est d’avis que

les réparations doivent être au centre

de toute initiative et mesure de redressement

des injustices raciales

aux États-Unis : « Darity m’a dit que

«le processus de création de l’écart

de la richesse raciale commence par

l’incapacité de fournir aux anciens

enslavés les 40 acres [de terre] qui

leur avaient été promises ... Donc,

la restitution n’a jamais été faite, et

elle est en retard de 155 ans». » Les

richesses passent de parents aux enfants,

et aussi, dans le cas des Blancs

étatsuniens, de l’État fédéral aux immigrants

blancs dont le Homestead

Act (Loi sur la propriété) est un cadeau

providentiel à ceux et celles des

« Aryens » qui veulent créer leur petit

univers d’Apartheid.

Elle nous rappelle que les privilèges

ont une antériorité : « Tout juste

après avoir décidé que les Noirs ne

méritent pas la restitution, le gouvernement

fédéral commençait à accorder

des millions d’acres dans l’Ouest

aux Américains blancs en vertu de

la Homestead Act, tout en incitant

les étrangers blancs à immigrer avec

l’offre de terres gratuites. » Bien que

les Noirs fussent éligibles à la Southern

Homestead Act promulguée en

1866, ils en étaient empêchés par les

discriminations de facto et d’autres

obstacles institutionnels, et le peu de

terres qu’ils recevaient ou leur étaient

offertes étaient pour la plupart improductives

et difficiles à gérer.

Il en est résulté une condition

d’inégalité socio-économique qui perdure

et qui est au cœur des revendications

des manifestants Black Lives

Matter : « Les disparités de revenu

entre les races ne sont pas différentes

aujourd’hui de ce qu’elles étaient la

décennie précédant la Marche sur

Washington. En 1950, selon une

étude à venir dans le Journal of Political

Economy par les économistes

Moritz Schularick, Moritz Kuhn et

Ulrike Steins, le revenu médian des

ménages noirs était environ la moitié

de celui des Américains blancs, et

c’est toujours le cas aujourd’hui. »

C’est à la fin de son essai que

Nikole Hannah-Jones résume l’essentiel

des enjeux, des objectifs et

des aspirations pour lesquels luttent

les manifestants Black Lives Matter :

« Pour que les vies noires comptent

vraiment aux [États-Unis d’]Amérique,

cette nation doit aller au-delà

des slogans et du symbolisme. Les

citoyens n’héritent pas seulement

la gloire de leur nation, mais aussi

ses fautes. Un pays vraiment grand

n’ignore ni n’excuse ses péchés. Il les

confronte puis s’efforce de les corriger.

Si nous voulons être rachetés, si

nous voulons être à la hauteur des

magnifiques idéaux sur lesquels nous

avons été fondés, nous devons faire

ce qui est juste. Il est temps que ce

pays paie sa dette. Il est temps qu’on

procède aux réparations. 17 »

Le pouvoir exécutif est en

train de plonger le pays dans le précipice,

et la classe politique n’en fait

pas une urgence, préférant attendre

les scrutins de novembre 2020. C’est

une forme de lâcheté et de démission

politiques. Le président Trump sait

bien que le pouvoir présidentiel lui

donne les moyens de faire beaucoup

de choses, y compris pardonner et

commuer la peine de ses complices

comme il l’a fait pour Roger Stone —

et même révoquer les procureurs qui

s’occupent des cas qui touchent aux

affaires de sa famille et de ses amis. Il

aurait fallu prévoir — et il est toujours

possible de fonder — un mécanisme

institutionnel qui soit prêt à contrecarrer

tout tyranneau de président qui

est acquitté de destitution (impeachment)

et qui croit avoir la voie libre

pour « déconstruire » l’État de droit,

tout en incitant un état général d’animosités

raciales et d’isolement tribaliste

au sein de la population.

L’élection de Donald Trump,

son mandat présidentiel, son acquittement

de l’impeachment, le pouvoir

qu’on lui concède de répondre ou

non à la pandémie de COVID-19, sa

continuation au pouvoir après l’incompétence

et l’indifférence dont il

a fait montre vis-à-vis des ravages

de la maladie dans le pays, ses incitations

et exhortations de la population

à la haine raciale — ou encore

la toute-puissance et l’impunité totale

dans lesquelles il a pu faire tout ce

qu’il a fait —, tout cela dit plus et autant

sur le caractère du pays que sur

celui de Donald Trump. Le système

capitaliste dominant qui gouverne

le pays l’a trouvé acceptable et bon

pour les affaires. Wall Street l’a trouvé

acceptable, ainsi que les puissants

sénateurs de la majorité républicaine

au Sénat, parmi eux l’ancien sénateur

de l’Alabama, Jeff Sessions, raciste réputé,

et l’actuel leader de la majorité

sénatoriale Mitch McConnell, dont la

femme, Elaine Chao, est la ministre

aux Transports de l’administration

Trump — à remarquer qu’elle a été la

ministre au Travail de l’administration

de George W. Bush de 2001 à 2009...

Bien avant l’apparition du coronavirus

et sa déstabilisation des

calculs électoraux de Trump, j’avais

réalisé avec horreur combien probable

était une réélection de Donald

Trump, malgré ses méchancetés contre

les migrants, malgré ses propos accommodants

envers le Ku Klux Klan,

malgré son racisme et ses mensonges

en série, malgré son dépouillement

et sa subornation des institutions de

l’État, malgré son impeachment —

même si éventuellement acquitté —

pour abus de pouvoir et obstruction

au Congrès, et malgré la souillure de

l’image du pays. Malgré tout ça, ses

cotes de popularité restaient à l’entour

de 44%-46%. Dans un sondage

d’opinion du 24 janvier 2020 par

ABC News et le Washington Post,

une majorité de 56% d’Étatsuniens

se disaient satisfaits de la gestion de

l’économie par Donald Trump, une

hausse de 10 points par rapport à

septembre. Le sondage des électeurs

inscrits donnait 50% à Joe Biden, son

concurrent présumé, et 46% à Trump

; quelques mois avant, c’était 56%

et 39%, donc un gain de sept points

pour Trump.

Naturellement, le coronavirus et

son exécrable gestion par Trump ont

grandement changé cette statistique,

aujourd’hui (fin juillet 2020), les

sondages donnent à Biden une plus

grande et bien meilleure chance de

gagner l’élection de novembre 2020.

Ça me pince le cœur de voir les

États-Unis tant souffrir, en proie à un

soudain désastre et désarroi dus pour

la plupart à un leadership national

incompétent, opportuniste et lâche.

Le choc économique est d’autant désastreux,

spécialement pour la masse

des semi-employés du secteur informel

et des services de consommation

et de divertissement, y compris pour

les arts et les activités culturelles en

général.

Des travailleurs et travailleuses

sont licenciés en masse. Les

plus chanceux peuvent collecter une

prestation de chômage pour quelques

mois, mais tant pis pour ceux et celleslà

qui n’avaient pas un boulot ou dont

la prestation est terminée. Beaucoup

de gens des classes laborieuses, trouvés

soudainement au chômage, n’ont

pas assez à manger et ne peuvent pas

payer leur loyer ou leur hypothèque.

Certaines municipalités ont décrété un

moratoire sur l’éviction pour cause de

non-paiement, mais il dure seulement

quelques mois. Beaucoup d’évictions

et de forclusions commencent déjà, on

en attend encore en grande quantité.

La pandémie offre aux patrons une

belle occasion et prétexte d’outrepasser

leurs obligations contractuelles,

donc ils licencient et « réorganisent

» à gogo. Les gens sont malheureux,

d’autres au bord du désespoir.

La multiplicité ethnique, raciale,

sociale et générationnelle des

manifestants Black Lives Matter, leur

écrasante majorité de jeunes de toutes

les classes sociales, l’interconnectivité

de leurs griefs et demandes — qui

incluent l’injustice systémique du

droit pénal, le racisme institutionnel,

les inégalités et disparités socioéconomiques

et politiques, les discriminations

sexuelle et sexiste, le chômage

endémique, la sous-rémunération du

travail, la détérioration climatique,

etc. —, nous convient à penser que

c’est un nouveau mouvement que

nous avons là, un mouvement qui

est sorti et nourri des entrailles vivantes

de la nation étatsunienne. Il

fait désormais partie de la biopolitique

critique et décisionnelle des forces

agissantes du pays, il est là pour

durer, sous une forme ou sous une

autre aussi longtemps que ces griefs

et demandes ne soient pas satisfaits ;

il est là pour refaçonner, rééquilibrer,

restructurer, redresser, révolutionner

et humaniser les sociétés d’exclusion

et d’injustice qui abêtissent l’être humain

et qui n’ont que trop duré, parce

que camouflées sous l’apparente normalité

de l’horreur institutionnelle.

Notes

16. Toutes les citations de ces

passages sont tirées de l’essai de Nikole

Hannah-Jones, « What is owed?

(Qu’est-ce qui est dû ?) » paru dans le

New York Times, 20 juin 2020 [ces

passages sont traduits de l’anglais par

nous]: https://www.nytimes.com/

interactive/2020/06/24/magazine/

reparations-slavery.html

17. Cf. The Samuel Dubois Cook

Center on Social Equity « What We

Get Wrong About Closing the Racial

Wealth Gap » : https://socialequity.

duke.edu/portfolio-item/what-weget-wrong-about-closing-the-racialwealth-gap/

-Tontongi

[Extraits de mon livre en préparation

Deuils et délires chez l’Oncle

Sam

(Chroniques méditatives sur

l’Empire, le 11-Septembre, Covid-19

et le racisme systémique,

Boston 2020.]

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14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020


Qui est derrière la juge qui préside le procès contre Assange ?

Par Manlio Dinucci

Impliquée dans plusieurs conflits d'intérêts en

raison de ses liens familiaux, la juge qui décide

du sort d'Assange est mariée à un gros bonnet de

l'industrie militaire et des services secrets.

Emma Arbuthnot est la juge en chef qui, à Londres,

a instruit le procès pour l’extradition de

Julian Assange aux USA, où l’attend une condamnation

à 175 ans de prison pour “espionnage”,

c’est-à-dire pour avoir publié, en tant que journaliste

d’investigation, des preuves des crimes de

guerre usaméricains, parmi lesquels des vidéos sur

les massacres de civils en Irak et Afghanistan. Aux

audiences préliminaires, confiées à la juge Vanessa

Baraitser, toute requête de la défense a été rejetée.

En 2018, après qu’est tombée l’accusation

suédoise de violence sexuelle, la juge Arbuthnot a

refusé d’annuler le mandat d’arrêt, de sorte qu’Assange

ne puisse pas obtenir asile en Équateur.

Arbuthnot a rejeté les conclusions du Groupe de

travail des Nations Unies sur la détention arbitraire

d’Assange. Elle n'a pas écoutée non plus celles

rapporteur de l'ONU sur la torture : “Assange,

détenu dans des conditions extrêmes d’isolement

non justifiées, présente

les symptômes typiques

d’une exposition prolongée

à la torture psychologique”.

En 2020, alors que

des milliers de détenus

ont été transférés aux

arrêts domiciliaires dans

le cadre des mesures anti-coronavirus,

Assange

a été maintenu en prison,

exposé à la contagion

dans des conditions

physiques affaiblies. Au

tribunal Assange ne peut

pas se consulter avec

ses avocats, il est gardé

isolé dans une cage en

verre blindé, et menacé

PAR CES MOTIFS

d’expulsion s’il ouvre la

bouche. Qu’y a-t-il derrière

cet acharnement ?

Arbuthnot a le

titre de “Lady”, étant

l’épouse de Lord James

Arbuthnot, un notoire

“faucon” tory (conservateur),

ancien ministre

des marchés publics de

la Défense, lié au complexe

militaro-industriel

et aux services secrets.

Lord Arbuthnot est notamment

président du

comité consultatif britannique

de Thalès,

multinationale française

spécialisée dans les systèmes

militaires aérospatiaux,

et membre de

Lady Emma et Lord James Arbuthnot of Edrom en 2017

Le Tribunal de première instance de Port au Prince, à rendu en

ses attributions civiles de divorce le 21 janvier 2018 le

jugement suivant entre la dame Wildlyne Jean Baptiste contre

son époux Frantzsiou Innocent.

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère

public, ordonne le divorce de la dame Wildlyne Jean Baptiste

contre son époux Frantzsiou Innocent, du même coup, autorise

l'officier d'état civil de la section Sud de Port au Prince, à

transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif du dit

jugement, Commet l'huissier Betelson Joseph pour la signification

de cette décision. Ainsi jugé et prononcé par nous Jean

Osner PETIT PAPA, juge, assisté du Greffier Mozart TASSY. Pour

ordre de publication;

Chenet Sanon Avocat

Emma Arbuthnot

est la juge en chef

qui, à Londres, a

instruit le procès

pour l’extradition de

Julian Assange aux

USA

celui de la société Montrose Associates, spécialisée

en renseignement stratégique (charges grassement

rétribuées). Lord

Arbuthnot fait partie de

la Henry Jackson Society

(HJS), influent think

tank transatlantique lié

au gouvernement et au

renseignement des USA.

En juillet dernier,

le secrétaire d’État US

Mike Pompeo est intervenu

à Londres à une

table-ronde de la HJS :

depuis qu’il était directeur

de la CIA en 2017,

il accuse WikiLeaks,

fondée par Assange,

d’être “un service d’espionnage

de l’ennemi”.

Même campagne conduite

par la Henry Jackson

Society, qui accuse Assange de “semer des

doutes sur la position morale des gouvernements

démocratiques occidentaux, avec l’appui de régimes

autocratiques”.

PAR CES MOTIFS

Sur les conclusions conformes du Ministère public le Tribunal maintient

le défaut requis et octroyé à la barre contre la partie défenderesse ;

Admet le divorce des époux la dame Louis NELSON femme née

Horline PETION d'avec son époux Louis NELSON pour injures graves

et publiques ; prononce en conséquence la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre eux ; ordonne à l'officier de l'état civil de la

Croix des Bouquets de transcrire sur les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera publié dans l'un

des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet ; Commet l'huissier Mathieu

Dauphin de ce siège pour la signification de la présente décision

Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, PLUVIOSE

Silien, juge en audience Civile ordinaire et publique du Lundi treize

(13) juillet deux mille vingt (2020) ; en présence de Eddy DERICE

faisant office du Ministère public et avec l'assistance du citoyen David

ALEXIS, notre greffier. Il est ordonné....... etc....... En foi de

quoi.......etc......

Dans le conseil politique de la HJS, aux côtés

de Lord Arbuthnot, se trouvait jusqu'à récemment

Priti Patel, l’actuelle secrétaire d'État à l'Intérieur du

Royaume-Uni, à qui revient l’ordre d’extradition

d’Assange. Lady Arbuthnot est fortement liée à ce

groupe de pression qui mène une campagne martelante

pour l’extradition d’Assange, sous la régie

de Lord Arbuthnot et autres influents personnages.

Elle a été nommée par la Reine magistrat en chef

en septembre 2016, après que WikiLeaks avait

publié en mars les documents les plus compromettants

pour les USA. Parmi ceux-ci se trouvaient les

courriels de la secrétaire

d’État Hillary Clinton

révélant le véritable

objectif de la guerre de

l'OTAN contre la Libye

: empêcher que celle-ci

usât ses réserves d’or

pour créer une monnaie

panafricaine alternative

au dollar et au franc

CFA, la monnaie imposée

par la France à 14

ex-colonies africaines.

Le véritable

“crime” pour lequel

Assange est jugé est

celui d’avoir ouvert

une brèche dans le

mur d’omertà politico-médiatique

qui couvre

les intérêts réels de

puissantes élites qui,

opérant dans l’”État

profond”, jouent la carte

de la guerre. C’est ce

pouvoir occulte qui soumet

Julian Assange à

un procès, instruit par

Lady Arbuthnot, qui, en

matière de traitement de

l’accusé, rappelle ceux

de la Sainte Inquisition.

S’il était extradé aux

USA, Assange serait

soumis à des “mesures

administratives spéciales” beaucoup plus dures

que les britanniques : il serait isolé dans une petite

cellule, ne pourrait pas contacter sa famille ni

parler, pas même par l’intermédiaire de ses avocats

qui, s’ils transmettaient un de ses messages,

seraient incriminés. En d’autres termes, il serait

condamné à mort.

Ilmanifesto 15 septembre 2020

Traduit par Marie-Ange Patrizio

Tlaxcala 15 septembre 2020

NOTICE OF HEARING

State of Michigan, Circuit Court,

County of Kent. File No.

20-27624-AB

In the matter of Moise Guerrier. To ALL

INTERESTED PERSONS including: Parents

of Moise Guerrier (Names Unknown)

whose address(es) is/are unknown and

whose interest in the matter may be

barred or affected by the following:

TAKE NOTICE: A hearing will be held on

September 16, 2020 at 3:30 pm at Kent County

Circuit Court, Grand Rapids, MI - via Zoom

before Judge Kathleen A. Feeney (P40614)

for the following purpose: Adoption

Hearing.

August 25, 2020

Attorney: Ginny K. Mikita/Mikita Kruse Law

Center (P45305), 6411 Bella Vista Drive,

NE - Unit 1, Rockford, MI 49341, (616)

866-1218.

Petitioner: Dennis & Rebecca Graham

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après en avoir délibéré conformément à la loi et sur les conclusions

conformes du Ministère public accueille l'action en divorce intentée

par le sieur Fritzner MARTEL pour être régulière en la forme, en se déclarant

compétent, maintient le défaut accordé à l'audience du (22) juin deux

mille dix huit contre la dame née Marie Florence OPONT pour défaut de

comparaitre et quant au fond admet et prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre le sieur Fritzner MARTEL et de la dame Marie

Florence OPONT pour injures graves et publiques ; Ordonne qu'un extrait

du dispositif dudit jugement soit, à la diligence du requérant, transcrit sur

les registres à ce destinés de l'officier de l'état civil de la Section Est de Port

au Prince après que toutes les formalités légales auront été remplies.

Compense les dépens en raison de la qualité des parties. Commet enfin

l'huissier du siège Vilneret Gabriel pour la signification de ce présent

jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me. Widner THEANO, juge en audience

publique et civile en ses attributions de divorce, ce vendredi (24) août deux

mille dix huit, en présence de Me Quebex JEAN, faisant office du Ministère

public, avec l'assistance du sieur Joseph Jean Josué, notre greffier.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions

conformes du Ministère public accueille l'action du demandeur, le sieur Salnave

BRUNY, en la forme, maintient le défaut faute de comparaitre octroyé à

l'audience du vendredi cinq juillet deux mille dix neuf contre la femme née

Melicie DORILAS; Admet en conséquence le divorce des époux Salnave BRUNY,

contre son épouse née Mélicie DORILAS, pour injures graves et publiques, faits

prévus à l'article 217 du code civil Haïtien, prononce la dissolution des liens

matrimoniaux ayant existé entre eux, aux torts exclusif de l'épouse; ordonne à

l'officier de l'état civil de Port au Prince. Section Sud de transcrire sur les

registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet ; Compense les dépens vu la qualité des

partie. Commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour la signification du

présent jugement.

Rendu de nous Me, Berge O SUPRIS, juge au Tribunal de première instance du

ressort de Port au Prince en audience civile, publique et ordinaire du vendredi

Cinq juillet deux mille dix neuf, en présence du substitut commissaire du gouvernement

Roger SIMPLICE, faisant office du Ministère public et avec l'assistance de

Me jean Serge DUVERT greffier ,du siège. Il est ordonné........ etc...... En foi de

quoi.......etc......

PAR CES MOTIFS

Sur les conclusions du Ministère public, maintient le défaut accordé du deux

Août deux mille vingt huit et pour salué profit se déclare fondée pour

connaitre cette en divorce du par le sieur MEROLD HIROTTE , reconnaît

l'abandon de toit conjugal pour l'épouse dans les circonstances sus-décrites

prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre les

époux MEROLD HIROTTE et la femme née FRANSS BOUCICAUT, pour les

causes sus énoncées, ordonne à l'officier de l'état civil d'Aquin de transcrire

et de rédiger l’acte de divorce des dits époux dans les registres à ce destinés

à cet effet, le dispositif du jugement dont un extrait sera publié dans l'un

des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s'il y échet , compense les dépens commet l'huissier Fritz

Bernard de ce siège pour la signification de la présente décision

Ainsi jugé et prononcé par nous, JEAN EMMANUEL ZEPHIR doyen a.i en

présence de Me NUMA FRAZIL substitut commissaire du gouvernement de

ce ressort, avec l'assistance de PAULIN CIVIL, greffier du siège en audience

ordinaire civile et publique de ce jour seize août deux mille dix huit, An

215ème de l'indépendance.

Il est ordonné....... etc....... En foi de quoi........etc

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen sur les conclusions du Ministère public maintient

le défaut octroyé contre Cécile Rémy à l'audience précitée ; pour le profit,

déclare fondée ladite action ; Admet en conséquence le divorce de Joseph

Giovanni Chevalier d'avec Cécile Rémy pour injures graves et publiques

prononce en conséquence la dissolution des liens matrimoniaux ayant

existé entre les dits époux ; ordonne à l'officier de l'état civil de la

commune de Cavaillon de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la Capitale, sous peine de dommages intérêts envers les tiers, s'il

y échet, Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous Me Jean

Emmanuel ZEPHIR, Av, juge en audience civile ordinaire et publique en date

du sept janvier deux mille dix neuf en présence de Me Vanna Manne Substitut

du commissaire du gouvernement de ce ressort avec l'assistance du

greffier jean Claude Novembre. Il est ordonné ...... . etc......... En foi de

quoi......etc...... Offficier d'etat civil ......Robert RENOUS

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions du Ministère public,

maintient le défaut octroyé contre le défendeur à l'audience

précitée pour le profit déclare fondée la dite action; Admet en

conséquence le divorce de Kerlange RICHE d'avec son époux

DECEUS, pour abandon du toit marital. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre les dits époux. Ordonne

à l'officier de l'état civil de Saint Marc de transcrire sur les

registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un

extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la

Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers envers

s'il y échet .Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par

nous Me Phemond DAMICY, jugé en audience civile et publique

en date du huit mai deux mille dix neuf en présence de Me

Grand Pierre ESTIME , Substitut commissaire du gouvernement

de ce ressort avec l'assistance du greffier Feronel FILS AIME.

M, Ulrick JOSEPH, Av

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen le Ministère public, entendu maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le

profit déclare fondée ladite action ; Admet le divorce du sieur JOHN

BRADLEY CHANLATTE d'avec son épouse née NATACHA LAMBRE pour

abandon du toit marital aux torts de l'épouse. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre les dits époux ; ordonne à

l'officier de l'état civil de grande Saline de transcrire sur les registres

à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s'il y échet ; Commet l'huissier

FECONDE VERTUS de ce Tribunal pour la signification de ce jugement ;

Compense les dépens. Donné de nous PHEMOND DAMICY, Juge en

audience civile et publique en date du vingt cinq septembre deux mille

quinze, en présence de SOIDIEU TOUSSAINT, substitut commissaire du

gouvernement de ce ressort avec l'assistance du greffier MARIO

DORSAINVIL. Il est ordonné etc...... En foi de quoi......etc.....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée ladite action. Admet en conséquence, le divorce du sieur Rodrigue

Antoine SIME , d'avec son épouse née Marie Yrlande DUCHET pour injures

graves et publiques aux torts exclusif de l'épouse. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre les dits époux. Ordonne à l'officier

de l'état civil de la section Est de Port au Prince de transcrire sur les registres

à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet; Commet l'huissier Canal GABRIEL pour

la signification de ce jugement ; Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Annie FIGNOLE, juge en audience civile

ordinaire et publique du jeudi vingt trois juillet deux mille vingt, en

présence de Me. Jean Rolex MEROVE substitut commissaire du gouvernement

de ce ressort et avec l'assistance du sieur Mozart TASSY greffier du

siège. Il est ordonné....... etc..... En foi de quoi.......etc....... Me. Kedma

DERIVAL, avocat.

PAR CES MOTIFS

Après examen et sur les conclusions du Ministère public, maintient

le défaut octroyé contre Daniel SOUFFRANT à l'audience

précitée pour le profit déclare fondée ladite action ; Admet en

conséquence le divorce du sieur Dominique ROSSEAU d'avec son

épouse née Daniel SOUFFRANT, pour incompatibilités de

caractères. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant

existé entre les dits époux. Ordonne à l'officier de l'état civil de

Saint Marc de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s'il y échet. Compense les dépens. Ainsi jugé et

prononcé par nous. Me Gabnel FRANÇOIS, juge en audience

civile et publique en date du quatorze février deux mille dix neuf

en présence de Me Grand PIERRE ESTIME, substitut commissaire

du gouvernement de ce ressort avec l'assistance du greffier

Huguens D'HAÏTI. Me, Cadet Vincent, Av

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (12)

la pratique est arrivée, via la route de

la Soie, à Constantinople, où un médecin

italien a appliqué pour la première

fois la variolisation en 1701.

Mais il a fallu encore un siècle avant

que les Européens n’acceptent ce

qu’ils qualifiaient de “folklore” alors

que la variole faisait des dizaines de

milliers de morts par an sur le vieux

continent. (Un peu comme Trump se

moquant actuellement du coronavirus).

La pratique de la quarantaine

et du confinement contre la variole

existait encore dans les années 1970

en Europe, avant son éradication en

1980. Incidemment, ce coronavirus

attaque principalement les poumons,

et cette fois, c’est à un Arabe que

l’on doit la découverte de la circulation

pulmonaire, par Ibn al-Nafis,

médecin à Damas au 12ème siècle.

Mais également un féru de jurisprudence,

littérature et théologie, et

auteur de plus de 110 volumes d’ouvrages

médicaux.

Lieou Ngo, le créateur du personnage

autobiographique de Lao

Ts’an, a été envoyé à Urumqi, capitale

du Xinjiang quand celui-ci était

la terre d’exil des Mandchous qui y

gardaient des garnisons frontalières,

et il y est mort à l’âge de 52 ans.

Il “ne se contentait pas de corriger

le cours du fleuve Jaune [...]; il entendait

endiguer les débordements

de la société chinoise; cela, c’était

impardonnable. Toutes les sociétés

haïssent les écrivains qui aiment la

vérité; beaucoup de sociétés tuent

ceux qui l’écrivent. Lieou Ngo mourut

donc en exil, en bon ‘fou de justice’”.

Mais la dynastie mandchoue

disparut à la même époque que son

dénonciateur, 1911 alors que celui-ci

l’avait prévue pour 1908.

Bien plus proche de nous, «Un

citoyen étatsunien de 36 ans de Cupertino,

en Californie, s’est rendu

à Kunming, en Chine, à près de 1

000 miles au sud-ouest de Wuhan,

où le coronavirus est né, le 25 janvier

[...] il a vu les habitants et les

autorités chinoises conscients de la

gravité de l’éclosion et prendre des

mesures de sécurité. Cela contrastait

fortement avec l’attitude blasée

de ses collègues aux États-Unis et

une expérience désordonnée à l’aéroport

international de San Francisco

à son retour», où «’Ils n’avaient

littéralement aucune idée de ce qu’ils

faisaient’, a-t-il déclaré, ajoutant

qu’un responsable de l’aéroport

avait même admis que parce que les

choses avaient dégénéré si rapidement,

ils étaient en plein désarroi’».

«Sur la base de son expérience

en Chine et aux États-Unis

à mesure que le coronavirus s’est

propagé, sa famille envisageait en

fait de retourner en Chine car ils s’y

sentaient plus en sécurité».

Pareil pour Shasta Grant d’Indianapolis,

aux Etats-Unis, une écrivaine

de 44 ans qui se félicite d’être

restée à Singapour où elle vit depuis

huit ans, «C’est très bizarre de dire

que je me sens plus en sécurité ici

que dans mon pays d’origine».

Heureusement, à l’encontre

de la variolisation, il n’a pas fallu

des siècles avant que les Européens

ne copient la méthode chinoise de

confinement qui a stoppé net le coronavirus

dans leur pays. Quant aux

Etats-Unis c’est plus grave. On sait

maintenant que Trump connaissait

dès janvier le danger du coronavirus

mais l’a minimisé le plus longtemps

possible afin de ne pas endommager

sa campagne électorale – il continue

à éructer des inepties racistes ou du

genre que le mur sur la frontière

mexicaine protégera les Etats-Unis

contre le coronavirus – mais les Démocrates

n’avaient pas plus de solutions.

«Hervé Lemahieu, expert sur

l’Asie au Lowy Institute, un groupe

de réflexion australien, a fait des

comparaisons avec l’ouragan Katrina,

une autre urgence catastrophique

qui a mis à nu les fissures du

système politique étatsunien et les

inégalités croissantes dans la société

étatsunienne. “C’était la première

fois que le monde voyait des images

diffusées depuis les États-Unis

qui ressemblaient à celles d’un pays

en voie de développement, et c’est

quelque chose qui, pour la plupart

d’entre nous, était surprenant”, a

déclaré Lemahieu. “Ce genre de moments

a un impact psychologique

sur la façon dont les États-Unis sont

perçus à l’étranger.”

Puis, de nombreux utilisateurs

de Weibo (le réseau de médias sociaux

chinois) «ont exprimé leur

surprise qu’un pays qui se présente

comme la première démocratie

au monde ait du mal à gérer une

épidémie comme celle-ci, et que son

système de santé ne soit pas équipé

pour traiter le nombre croissant de

cas, et facture de gros montants pour

les tests et le traitement des coronavirus

qui sont gratuits en Chine» et

ailleurs.

De l’autre côté, les Occidentaux

copient ce que les Chinois ont

fait depuis des mois et dont on se

moquait, malgré que les «Les experts

de l’Organisation mondiale de

la Santé louent les efforts de confinement

apparemment draconiens

de la Chine».

Le monde commence – ou

plutôt continue – à voir la réalité

derrière le “Rêve américain”, mais

à nouveau l’engouement, les habitudes

ont la vie dure, les gens

continuent à croire en l’«Amérique».

«De nombreux dirigeants asiatiques

restent convaincus que les États-

Unis parviendront à maîtriser leur

épidémie une fois que les ordres de

distanciation sociale et les mesures

de santé accélérées prendront racine,

ce qui leur permettra de reprendre

une position de leader dans la riposte

mondiale”.

«Les États-Unis ont

d’énormes ressources à leur disposition»,

a déclaré la semaine dernière

à CNBC, le ministre singapourien des

Affaires étrangères, Vivian Balakrishnan.

«Il s’agit de les organiser

et de les mettre à la disposition des

gens. Alors, attendons donc. Vous

savez, je compterai toujours sur les

Etatsuniens».

Eh bien, en termes de ressources

... «Entre le 18 janvier et le

10 mars, il y a eu 11.079 tests pour

COVID-19 aux États-Unis. En comparaison,

la Corée du Sud a effectué

plus de 100.000 tests et le Royaume-Uni

a testé près de 25.000 personnes».

«Le nombre de médecins aux

États-Unis pour 1 000 habitants

n’est que de 2,6, selon Deutsche

Global Bank Research, World Development

Indicators et Haver Analytics.

Cela se classe loin derrière

les autres principaux pays, comme

la Suède (5,4), l’Allemagne (4,2),

l’Italie (4,1) et le Royaume-Uni

(2,8). (Aux États-Unis, 1 famille

sur 3 ne va pas chez le médecin à

cause du coût, selon un sondage auprès

de 2596 adultes ce mois-ci de

Bankrate.)

«De toute évidence, nous ne

sommes pas préparés, et Trump ne

fait qu’exacerber la crise», a déclaré

le sénateur Bernie Sanders.

Ce n’est pas seulement une

question de ressources, mais de système

et de choix politiques. Comme

dit encore Sanders: «Lorsque nous

dépensons deux fois plus par habitant

en soins de santé que dans tout

autre pays, on pourrait s’attendre à

ce que nous ayons suffisamment de

médecins dans tout le pays. On pourrait

s’attendre à ce que nous ayons

des médicaments à prix abordables.

On pourrait s’attendre à ce que nous

nous préparions efficacement à une

pandémie, que nous soyions prêts

avec des ventilateurs, avec des

unités de soins intensifs, avec des

kits de test dont nous avons besoin.

Nous ne le sommes pas”.

Tout doucement pourtant

l’image se clarifie. Le Dr David Ho,

directeur du Aaron Diamond AIDS

Research Center du Columbia University

Irving Medical Center de

New York, qui dirige une équipe à

la recherche de traitements pour le

COVID-19, a récemment dénoncé la

gestion du virus par le pays: «Il n’y

a pas de stratégie nationale, pas de

leadership national et il n’y a pas

d’incitation pour le public à agir à

l’unisson et à appliquer les mesures

ensemble. C’est ce qu’il faut mais

ce que nous avons complètement

abandonné en tant que nation».

“De nombreux Européens

pointent fièrement vers leurs systèmes

de santé nationaux qui non

seulement testent mais traitent le

COVID-19 gratuitement, contrairement

au système étatsunien où la

crise du virus n’a fait qu’exacerber

les inégalités raciales et de revenus

dans l’accès aux soins de santé. ‘Le

coronavirus a brutalement mis

à nu la vulnérabilité d’un pays

qui décline depuis des années’”,

conclut l’auteur italien Massimo

Gaggi dans son nouveau livre «Crack

America» (Broken America) sur les

problèmes étatsuniens qui ont longtemps

précédé le COVID.

Quant à moi, je vois certainement

les Chinois plus organisés et

disciplinés, et habitués aux actions

collectives, les ingrédients d’un pouvoir

stable, par rapport aux Etatsuniens

négligeant et individualistes,

ou aux Européens se reposant sur

leurs lauriers, et en général des

Occidentaux arrogants et égoïstes.

Quand on voit des Californiens ou

des Floridiens faisant la fête et s’enivrant

sur les plages, ou des Italiens et

des Espagnols rebelles et moqueurs

s’embrassant sauvagement lors

d’événements de masse, tandis que

les Chinois portent tous un masque

(même s’il n’est pas entièrement

protecteur), on peut voir vers où on

va. Des Européens inconscients et

indulgents versus des Asiatiques déterminés

et responsables.

Tout récemment confirmé par

le patron de Tesla, le constructeur

automobile étatsunien de voitures

électriques, Elon Musk. «La Chine

marche à fond, à mon avis. L’énergie

en Chine est formidable ... il y a

beaucoup de gens intelligents et qui

travaillent dur. Et vraiment - ils ne

se croient pas tout dû, ils ne sont pas

complaisants envers eux-mêmes».

“Je vois aux États-Unis de

plus en plus de complaisance et de

sentiment que tout nous est dû [...]

Quand on gagne trop longtemps, on

prend les choses pour acquises. [on]

devient complaisant et [on] commence

à perdre”.

Confirmé également par l’intellectuel

et écrivain français Michel

Houellebecq, qui lie ceci au coronavirus:

“Je ne crois pas une demi-seconde

aux déclarations du genre

‘rien ne sera plus jamais comme

avant’. Au contraire, tout restera

exactement pareil. Le déroulement

de cette épidémie est même remarquablement

normal. L’Occident

n’est pas pour l’éternité, de droit

divin, la zone la plus riche et la plus

développée du monde; c’est fini, tout

ça, depuis quelque temps déjà, ça

n’a rien d’un scoop”.

Fin

Suite de la page (9)

from 2015 figures that Barbancourt

employs 400 people, draws global

sales of $18 million per year, and uses

small farmers to supply roughly 80%

of the sugar cane it purchases. Most

sales, 70%, came from inside Haiti.

And the U.S. is its most important

export market, according to its

marketing agency.

The roughly 400 people Barbancourt

employs swells to 500

during the busier harvesting season

and the company has purchased sugar

cane from more than 100 farmers

annually.

Since the family feud began,

avid Barbancourt consumers reported

having difficulty finding the rum at

times on shelves in Port-au-Prince.

Succar acknowledged that the dispute

has affected Barbancourt’s productivity

and stability, but he did not provide

specific details. Despite the issues, he

said, Barbancourt has maintained its

sterling reputation.

Consumers, partners, and supporters

alike agree.

Charles Edouard-Denis, a seafood

export business owner based in

Pétion-ville, said Barbancourt plays

an important role in supporting agricultural

producers in Haiti. Demand

for it appears to be strong from both

suppliers and consumers.

“Most people, when they travel

from Haiti, buy a case or a bottle of

Rhum Barbancourt to give as a gift to

the people they are going to meet,”

Edouard-Denis said.

For fans like St. Louis, the

South Carolina resident, the important

thing is keeping the spirits company

alive for generations to come.

“Your kitchen is not complete

unless you have a bottle of Barbancourt,”

St. Louis said. “Almost every

Haitian carries or has a bottle in their

home.”

This article was first published

on the site of the Haitian Times.

Friendz

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020


A Travers le monde

Etats-Unis : Les multinationales font

appel aux experts du renseignement

pour attaquer les syndicats

Jamaïque : Le parti

travailliste conserve le pouvoir

Par Meagan Day

Amazon a récemment été pris la

main dans le sac. L’entreprise embauchait

des experts du renseignement

pour espionner ses salarié·e·s. La pratique

est malheureusement courante.

La plupart des grandes sociétés multinationales

ont des divisions de surveillance

qui se superposent aux agences

gouvernementales de renseignement.

Cela crée un système unique et puissant

de sécurité, à la disposition du

gouvernement fédéral comme des entreprises

privées pour être utilisé contre

les travailleuses et les travailleurs.

Ce 1er septembre, Vice a rapporté

qu’Amazon avait mis en ligne deux

offres d’emploi pour des analystes du

renseignement qui auraient à surveiller

les menaces contre l’entreprise parmi

lesquelles la syndicalisation. La société

a immédiatement retiré les offres, affirmant

qu’il s’agissait d’une erreur. Mais

les captures d’écran montrent qu’Amazon

est explicitement à la recherche

d’experts qui collectent des «renseignements

exploitables» concernant notamment

«les syndicats, les groupes militants,

les dirigeants politiques hostiles».

Les salarié·e·s d’Amazon ne sont

pas syndiqués. Et l’entreprise veut qu’il

en reste ainsi. Jeff Bezos ne serait pas

l’homme le plus riche du monde si les

principes fondamentaux de la maximisation

des profits, de la réduction du

«prix du travail», et, évidemment, de la

manipulation des lois et des règlements

ne lui étaient pas familiers.

Le syndicat, c’est le contraire de

ces objectifs. Par sa seule existence,

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“Venus, l’entroit idéal”

il exprime la volonté d’améliorer les

salaires et les prestations sociales, d’assurer

la sécurité, et la santé au travail,

toutes choses qui augmentent pour les

patrons «le coût du travail» au détriment

des profits. Si Bezos peut faire ce

qu’il veut, aucun entrepôt d’Amazon

ne sera jamais syndiqué.

L’opposition d’Amazon au syndicalisme

comme à toute forme d’activisme

ouvrier est bien connue. Amazon

ne se donne aucun mal pour s’en cacher.

Ainsi, plutôt cette année, il a licencié

Christian Smalls, directeur adjoint d’un

entrepôt, pour avoir organisé les salarié·e·s

à se protéger, sur le lieu de travail,

face aux pratiques dangereuses

relatives à la diffusion du coronavirus.

La direction d’Amazon a élaboré un

plan secret pour «le présenter comme

l’incarnation de l’organisation syndicale»,

pour le salir comme «n’étant ni

intelligent ni articulé» et, étrange inversion

de la logique, pour l’accuser

d’avoir mis ses collègues en danger en

retournant dans le bâtiment au risque

de les exposer au Covid-19.

Grève à Shakopee dans le Minnesota

Christian Smalls, directeur adjoint d’un entrepôt, a été licencié pour

avoir organisé les salarié·e·s à se protéger, sur le lieu de travail, face aux

pratiques dangereuses relatives à la diffusion du coronavirus.

***

Faut-il s’étonner qu’une entreprise

à ce point hostile au mouvement

ouvrier dépense de l’argent pour espionner

des militant·e·s et des personnalités

politiques critiques (comme Alexandra

Ocasio-Cortes et Bernie Sanders).

Dès l’aube du capitalisme industriel des

firmes ont embauché des enquêteurs

privés et des milices pour surveiller et

briser les efforts d’organisation des travailleuses

et des travailleurs. En 1907,

le sténographe d’un infiltré du syndicat

Pinkerton [agence privée américaine de

détectives et de sécurité créée en 1850]

a écrit un livre révélateur, The Pinkerton

Labor Spy (L’espion des syndicats

de Pinkerton), exposant les activités de

son ancien patron. La couverture du

livre dépeint un loup déguisé en mouton.

Les activités qui y sont détaillées

sont à la hauteur de la situation – le seul

détail exceptionnel est que quelqu’un a

dû se déguiser en voyou pour les divulguer.

Les services d’espionnage des

entreprises se sont professionnalisés à

la fin de la guerre froide, lorsque des

agents secrets au chômage provenant

de la CIA, du FBI et de la NSA (National

Security Agency) ont créé des associations

professionnelles pour prendre pied

dans le secteur privé. Les premières entreprises

multinationales à embaucher

ces experts du renseignement formés

par le gouvernement se sont centrées

sur la collecte d’informations visant

les entreprises concurrentes. Cela s’est

transformé en une course aux armements

pour l’espionnage d’entreprises,

dans laquelle les firmes ont été de plus

en plus obligées de créer des divisions

similaires pour se défendre et rester

compétitives.

La prolifération dans les grandes

entreprises de ces experts du renseignement

formés par le gouvernement

a accru leur capacité à espionner

quiconque menacerait leurs

résultats, les groupes de défense de l’environnement

et de défense des droits

suite à la page(18)

Le Premier ministre réélu Andrew Holness

Les autorités électorales jamaïcaines

ont annoncé que le Parti travailliste

jamaïcain (JLP) avait remporté les

18e élections parlementaires depuis

l'octroi du suffrage universel en 1944.

Avec ces résultats, rendus publics

dans l'île des Caraïbes, le Premier

ministre Andrew Holness aurait un

nouveau mandat consécutif. Cela ne

s'est pas produit depuis 1967, lorsque

le JLP lui-même a enregistré des victoires

successives lors d'une élection

générale contestée depuis 1967 et a

conservé le pouvoir, après l'avoir remporté

en 1962.

Le décompte préliminaire a montré

que le JLP aurait remporté quelque

49 sièges contre 14 pour le PNP. Cette

victoire a confirmé le résultat des

sondages d'opinion préélectoraux, qui

avaient prédit une large victoire du parti

au pouvoir.

Les données confirment que le

JLP a obtenu 57,1 % des voix alors que

le PNP en a obtenu 42,8 %, bien que

la manière dont les sièges parlementaires

ont été répartis reflète une plus

grande différence. Ces élections ont été

marquées par la plus faible participation

électorale de l'histoire, avec seulement

37 % des personnes appelées aux

urnes.

Depuis le siège du Parti Travailliste

Jamaïcain, Holness a déclaré qu'il

était honoré par cette victoire. Il a

ajouté que cette victoire était "pour le

peuple jamaïcain", tout en confirmant

qu'il ne tolérera pas la corruption au

sein de son gouvernement et que "le

parti qui a présenté le meilleur programme

a gagné".

Traduction: Romain Migus

Telesur 5 septembre 2020

Guatemala : Assassinats de

paysans et d'indigènes

L'International Land Coalition (ILC) a dénoncé le meurtre de défenseurs

des droits à la terre au Guatemala, une situation qu'elle a qualifiée de «

préoccupante ».

Dans une déclaration publiée mercredi,

l'ILC a exprimé « sa préoccupation

quant à la grave situation de criminalisation

et de violation des droits de

l'homme des organisations paysannes et

indigènes au Guatemala dans l'exercice

de leur rôle dans la défense pacifique de

leurs terres et territoires.

Jusqu'à présent, quatre défenseurs

d'organisations faisant partie de l'ILC ont

été assassinés et l'un d'eux est porté disparu

(...) En outre, cinq tentatives d'expulsion

extrajudiciaire de communautés

indigènes ont été faites, ce qui montre

l'insécurité du régime foncier que vivent

les paysans et les indigènes dans le pays

», ajoute le document.

La déclaration a rappelé que cette

situation s'est aggravée, depuis 2018 ;

plusieurs organisations internationales

telles que Front Line Defenders et Civicus

ont lancé des avertissements à ce

sujet.

En outre, selon l'ILC, les dernières

mesures prises par le gouvernement

pour éliminer le Secrétariat des affaires

agraires (SAA), la Commission présidentielle

pour la coordination de la

politique exécutive en matière de droits

de l'homme (Copredeh) et le Secrétariat

pour la paix (Sepaz) constituent un pas

en arrière dans la construction d'un État

plus démocratique et respectueux des

droits de l'homme.

Pour ces raisons, l'ILC exhorte le

gouvernement guatémaltèque à trouver

une solution aux problèmes agraires du

pays et à reconnaître le droit légitime à

la terre des paysans et des peuples indigènes,

entre autres revendications

contenues dans le document.

D'autre part, l'Unité pour la protection

des défenseurs des droits de

l'homme du Guatemala (Udefegua), a

indiqué que 677 agressions contre des

défenseurs des droits de l'homme ont été

signalées dans le pays jusqu'à présent

en 2020. De même, Global Witness

place le Guatemala parmi les pays les

plus dangereux de la région pour cette

catégorie de population.

Traduction: Romain Migus

Telesur 9 seotembre 2020

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

17


US Open: Naomi Osaka honore les victimes noires de

violences policières

Naomi Osaka, star haitiano-japonaise

du tennis, a fait preuve

d’engagement et de solidarité humaine

avec son masque lors de sa participation

aux demi-finales de l'US Open :

pour chaque tour, elle porte un nouveau

masque arborant le nom d'une

victime noire de la police ou de violences

racistes aux États-Unis. Elle a ainsi

honoré cinq des plus récentes violences

policières exercées aux États-Unis par

des policiers blancs contre des Afro-Américains.

Voici leurs histories:

Breonna Taylor

Le 13 mars, des policiers de

Louisville, dans le Kentucky, utilisent

un bélier pour enfoncer la porte

de l'appartement de Breonna Taylor

qu’ils soupçonnent être utilisé pour

recevoir de la drogue par un gang

basé à une adresse différente, à environ

16 km de là. Breonna Taylor

Elle n'était pas le sujet principal de

l'enquête. Il s’en est suivi une série

d'événements chaotiques et un barrage

de tirs de la police qui a laissé

Mme Taylor - une technicienne

médicale d'urgence de 26 ans, non

armée - mortellement blessée. Les

policiers impliqués dans la fusillade

n'ont été ni arrêtés ni inculpés.

Elijah McClain

Elijah McClain un homme

noir de 23 ans marchait, sans arme,

lorsqu'il a été arrêté par trois policiers

blancs et mis en garde à vue

à Aurora, une banlieue de Denver,

Colorado, le 24 août 2019. Il y a

eu une lutte alors que les policiers

tentaient de le fouiller pour trouver

une arme. Après avoir mis Mc Clain

à terre les flics lui appliquent une

prise d’étranglement.

Libéré de l'étranglement après

avoir perdu conscience, Mc Clain

aurait recommencé à se débattre.

Les officiers ont appelé à l'aide.

Après administration d’un sédatif,

McClain a été emmené à l’hôpital..

Il a été déclaré en état de mort

cérébrale le 27 août. Les trois officiers

impliqués ont été placés en

congé administratif payé. Trois

mois plus tard, les procureurs ont

annoncé qu'ils n'engageraient pas

de poursuites contre les agents,

et ceux-ci ont alors repris leurs

fonctions normalement.

Ahmaud Arbery

Ahmaud Arbery, 25 ans, faisait

son jogging à Brunswick, en

Géorgie, le 23 février, lorsqu'il a été

abattu par deux hommes blancs -

un père et son fils, Gregory McMichael,

64 ans, et Travis, 34 ans qui

l’avaient poursuivi à bord d'une camionnette,

pensant que Arbery ressemblait

au suspect d'une série de

cambriolages commis dans la zone.

Le 5 mai, une vidéo de 36 secondes

tournée par un autre homme,

William Bryan qui conduisait derrière

M. Arbery, a fait l'objet d'une

fuite, provoquant un tollé national

qui a rapidement été suivi de mises

en accusations pour meurtre. La

video a montré une bagarre entre

le jeune McMichael et M. Arbery,

qui est tombé ensuite par terre. Les

trois accusés n'ont été inculpés que

plus de deux mois après le meurtre

de M. Arbery.

Ce n'est que lorsque les images

du meurtre sont devenues virales

que la police d'État a commencé à

enquêter. Travis McMichael, son

fils Greg et William Bryan ont été

inculpés par le Grand Jury du comté

de Glynn pour des crimes incluant

la malveillance et le meurtre. Ils ont

plaidé non coupable et sont en attente

de leur procès.

Travis McMichael, son fils

Greg et William Bryan ont été inculpés

par le Grand Jury du comté

de Glynn pour des crimes incluant

la malveillance et le meurtre. Ils

ont plaidé non coupable et sont

en attente de leur procès. Dans un

message adressé à Osaka, le père

de M. Arbery, Marcus Arbery Sr,

l’a remerciée pour “le soutien à ma

famille”.

Trayvon Martin

Trayvon Martin, 17 ans, venait

de se rendre au magasin pour

acheter des Skittles et une boisson

gazeuse lorsque le bénévole

George Zimmerman, qui surveillait

le quartier, l'a repéré et s'est attaqué

à l'adolescent désarmé, le 26 février

2012. Personne n'a été témoin

de ce qui s'est passé entre eux,

mais l'appel d'un voisin aux services

d'urgence a capté des appels

à l'aide, suivis du coup de feu fatal.

L'avocat de M. Zimmerman

a soutenu que son client avait été

sauvagement agressé par Martin.

Selon lui, son client ayant estimé

qu’il risquait d'être tué ou gravement

blesse, a tire, en légitime

défense, couvert par les lois sur

les armes à feu aux États-Unis.

L'acquittement de Zimmerman, le

samedi 13 juillet 2012, - a donné

naissance au mouvement Black

Lives Matter.

La mère de Trayvon Martin,

Sybrina Fulton, a déclaré dans un

message à Osaka : "Je veux juste

dire merci à Naomi Osaka pour

avoir représenté Trayvon Martin

sur vos masques personnalisés,

ainsi que Ahmaud Arbery et Breonna

Taylor”.

George Floyd

George Floyd, âgé de 46 ans,

a été arrêté par la police le 25 mai

à Minneapolis. Les policiers enquêtaient

sur un achat de cigarettes

avec de la fausse monnaie.

Des images, qui ont ensuite

été largement diffusées en ligne,

ont montré l'arrestation de M. Floyd

- au cours de laquelle un officier l'a

cloué au sol. Un policier blanc, Derek

Chauvin, s'est agenouillé sur son

cou pendant près de neuf minutes.

Dans les vidéos on peut entendre

M. Floyd le supplier à plusieurs reprises

de s'arrêter, en disant "Je ne

peux pas respirer."

La mort de Floyd a été constatée

à l'hôpital vers lequel il avait

été transporté.

Modifications de la rédaction.

*BBC NEWS AFRIQUE 10

septembre 2020.

Suite de la page (13)

a demandé qui avait gagné la

Guerre froide. Winarso lui répondit

que les États-Unis avaient gagné.

Lorsqu’il lui a ensuite demandé

comment, Winarso a répondu simplement

: « Vous nous avez tués ».

De plus, ces gens ont été tués

pour rien. On ne soulignera jamais

assez que les victimes en Indonésie

et dans les autres pays dont Bevins

parle étaient des innocents. Elles

ont été tuées en masse uniquement

parce qu’elles avaient ou étaient

censées avoir certaines convictions

politiques. Bevins écrit : « Ils ont

été condamnés à l’anéantissement,

et presque tous ceux qui les entouraient

ont été condamnés à une

vie entière de culpabilité, de traumatisme,

et à se faire dire qu’ils

avaient impardonnablement péché

à cause de leur association avec

Suite de la page (17)

de l’homme, les lanceurs d’alerte, les

journalistes et, bien sûr, les syndicats

et les salarié·e·s qui pourraient donner

à penser qu’ils voudraient se syndiquer.

Qu’un individu ou qu’une organisation

milite ouvertement pour

des salaires plus élevés ou des réglementations

plus strictes, et ils seront

surveillés par les plus grandes firmes

du monde qui font appel aux anciens

espions du gouvernement.

les espoirs les plus sincères de la

politique de gauche ». Ils n’avaient

rien fait de mal. Ils ont eu l’horrible

malchance d’être pris au milieu

d’une rivalité internationale pour

le pouvoir et l’influence qui n’avait

rien à voir avec eux, et ils ont été

écrasés parce qu’il était avantageux

pour notre gouvernement et ses

pays-clients qu’ils soient écrasés.

Il y a quelques mois, Hal

Brands [de Bloomberg, NdT] a écrit

un article dans lequel il suggérait

que les États-Unis pourraient soutenir

des changements de régime

secrets dans le cadre d’une rivalité

avec la Chine. D’un côté, il citait la

conquête de Suharto en Indonésie

comme un exemple de réussite «

rentable », et de l’autre, il en reconnaissait

le coût humain effroyable,

qui se mesure en centaines de

***

De nombreuses compagnies

transnationales disposent désormais

de leurs propres divisions mondialisées

de sécurité, qui concurrencent

les agences de renseignement de nombreux

pays. Des entreprises comme

Amazon, Coca Cola, Walmart, McDonald’s

et Monsanto puisent toutes dans

le vivier d’experts en surveillance

formés par le gouvernement pour se

pourvoir en personnel de telles divisions.

Par exemple, l’unité de renseignement

de Walmart, qui emploie

quatre cents personnes, est composée

en grande partie d’anciens agents de

renseignement du gouvernement et

est sous la direction d’un ancien agent

du FBI. L’unité travaille également

avec le fabricant d’armes Lockheed

Martin pour surveiller l’activité des

salarié·e·s, tandis que Lockheed Martin

est, à son tour, connu pour faire

équipe avec le FBI, la CIA et la NSA

sur des opérations de surveillance.

En fin de compte, nous ne sommes

pas seulement en train de regarder

une plaque tournante entre le secteur

public et le secteur privé. Il s’agit

d’un appareil de sécurité unique et

nébuleux, qui est au service du gouvernement

américain et des transnationales,

parfois simultanément. Les

organisateurs syndicaux sont naturellement

dans la ligne de mire de cet appareil,

car les syndicats existent pour

représenter les intérêts des salarié·e·s,

milliers de vies. Voici comment il a

décrit la complicité des États-Unis

dans les massacres : « Le soutien

de la CIA a aidé l’armée indonésienne

à consolider son pouvoir

après qu’elle ait renversé un Sukarno

de plus en plus anti-américain

en 1965, évitant ainsi la perspective

de voir le plus important pays

d’Asie du Sud-Est devenir hostile

aux USA ». Il reconnaît que cela a

impliqué les États-Unis dans une

« violence horrible », mais il reste

très vague sur ce que les États-Unis

ont fait là-bas. Si l’Indonésie est

considérée comme une « victoire »

pour les partisans des changements

de régime, alors l’idée de promouvoir

des changements de régime est

absolument honteuse et ne devrait

plus jamais avoir droit de cité.

Si une stratégie repose sur

intérêts qui sont diamétralement opposés

aux intérêts des capitalistes: plus

les travailleurs produisent et moins ils

sont payés, plus les bénéfices des entreprises

sont élevés. Les entreprises

ont donc toujours cherché à saper et

à contrecarrer les efforts des syndicats.

Elles le feront toujours, et l’espionnage

fait partie intégrante de cet effort.

Les offres d’emploi sur Amazon

attirent beaucoup l’attention de

la presse. C’est la bonne nouvelle. La

mauvaise nouvelle, c’est qu’elles ne

sont que la partie émergée de l’iceberg.

Meagan Day est journaliste à Jacobin.

Elle est co-auteure de Bigger than

Bernie: How We Go from the Sanders

Campaign to Democratic Socialism

(Jacobin Series, avril 2020).

Jacobin 2 septembre 2020

Traduction A l’Encontre 8

septembre 2020

des politiques qui conduisent au

meurtre gratuit de tant de personnes

innocentes, il est temps de la rejeter

et d’en trouver une autre. Soutenir

un changement de régime dans un

autre pays est souvent présenté

comme une solution rapide à un

problème que les États-Unis ont

dans le monde, mais la plupart du

temps, cela finit par échouer. Même

lorsque les changements de régime

« fonctionnent » à court terme, ils

infligent un terrible tribut aux habitants

du pays visé. Les États-

Unis feraient bien de rejeter tout

changement de régime, secret ou

non, et de respecter la souveraineté

et l’indépendance des autres États.

Les États-Unis devraient également

éviter une nouvelle Guerre froide

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avec une grande puissance rivale

qui conduirait à des crimes aussi

monstrueux que le massacre en Indonésie.

*Daniel Larison est rédacteur

en chef de l’American Conservative.

Il a été publié dans le New

York Times Book Review, Dallas

Morning News, World Politics Review,

Politico Magazine, Orthodox

Life, Front Porch Republic, The

American Scene et Culture11, et a

été chroniqueur pour The Week. Il

est titulaire d’un doctorat en histoire

de l’université de Chicago.

Traduction et note d’introduction

Corinne Autey-Roussel pour

Entelekheia

Entelekheia 17 Aout 2020

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020


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Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

19


Pleins Feux Sur Jean Claude « Kòk » Jean (P.V - ?}

Par Ed Rainer Sainvill « Le guitariste des accords et de la mesure»

Jean Claude Jean

Un autre artéfact parmi les adeptes

des cordes qui ont germé sur

les collines de P.V durant les années

1960. C’est au comble de tant de

prospections et de variations que Jean

Claude Jean s’est distingué ; dans la

clameur d’une filiation de guitaristes

solistes. Tout en s’adonnant à être le

guitariste des accords et de la mesure,

l’accompagnateur. Celui qui apporte le

soutien nécessaire au soliste afin qu’il

puisse voguer à ses créativités. Pendant

que lui Kòk, pratique le travail

de l’ombre, en fournissant la texture

rythmique de l’équilibre et de la complémentarité.

Des facultés qui vont le

propulser sous les feux de la rampe.

Pour dire que les sollicitations ne vont

pas tarder.

De plus, il y a les amis du coin,

dont ses potes Albert et Herman qui

se démènent pour un recrutement

plus convaincant. A ce stade, Jean

Claude est partie prenante des « Incognitos

», après le passage des : Michelot

Benjamin, Gregory Roc, Rico

Mazarin, Victor Desgrottes, Paul Gonel

etc. il est le nouveau chaperon de

Albert Chancy qui ne badine pas avec

les cordes. Bien que novice dans

l’arène des guitaristes dont les inspirateurs

sont : Tit, Michel Corvington,

Michel Laraque, Fito Joassaint et autres.

De même que les instigateurs

du mouvement ye-ye local. Mais,

lorsque ces ‘’inconnus’’ se sont sentis

prêts et dispos. Ils se sont rebaptisés

« Tabou Combo ». A ce carrefour, on

est en plein démarrage de la génération

mini.

C’est donc à partir de là que

Jean Claude a commencé à étaler

ses accords ponctués au sein d’un

« Tabou Combo » émergent auquel

il a infusé son flair et sa touche à

travers douze morceaux de diverses

tendances, dans une ferme riposte à

Albert Chancy ; prouvant même sa

capacité de compositeur dans le premier

album :’’Haïti’’. Pourtant le

règne du groupe fut éphémère du fait

de l’atmosphère de ‘’sauve qui peut’’

qui s’installait. Persuadant les parents

de mettre leurs rejetons en âge

de devenir adultes à l’abri des tontons-macoutes.

Donc, après Albert

pour le Canada, c’est Guerrier, Kòk et

Herman qui viennent s’établir à NY à

la fin des sixties. De là, flanqués d’un

jeune virtuose du nom de Dadou ; ils

essaient de raviver les flammes sous

un autre nom, en attendant Kapi,

Fanfan, Shoubou, puis Dòf.

Et dès 1972, plus de deux ans

après leur dissolution au pays ; pour

ce qui ressemblait plus à un hiatus.

Kok était encore de mèche avec Dadou

Pasquet dans le premier disque du

groupe à l’extérieur : ‘’Tabou Combo

à la Canne à Sucre’’ ; façonnant

des nids eurythmiques pour un soliste

qui sait comment majorer le ton. Une

prépondérance qu’il va maintenir à

travers les œuvres successives du

groupe : Respect, 8th sacrement.

Mais abandonne l’ensemble dans

l’album The masters, en guise de

revendication. Il fut dit, du fait qu’il

n’était pas accrédité de ses compositions.

Laissant le soin alors au versatile

Doudou Ciné à prendre le relais.

Juste le temps d’un album. Car il revient

tout juste à la prochaine étape

pour accompagner Elysée Pyronneau

dans : ‘’Indestructible…’’, pendant

que Dadou prenait le large.

Puis, le disque :’’ L’an X’’ qui a

marqué la première décennie d’existence

du groupe. Suivi de : The music

machine, Bolewo jouk li jou,

Bese ba, Pataje et Kitem fè zafèm.

Lequel il a récidivé juste après ; en

abandonnant le groupe pour donner

son allégeance à son acolyte Tidòf qui

venait d’être expulsé du « Tabou ».

Et subséquemment, Kòk a passé plus

de deux années à ronger son frein au

sein d’un « Super Stars » diminutif

par rapport au méga stars du « Tabou

» qui entretemps avait maintenu

le cap avec les productions :’’Aux

Grand Prix et Fandmonium : Awo pour Belo

Antilles’’ et ‘’Zap-Zap’’ qui a vu

aux barres Gary Résil qui y a agrémenté

les cordes convenues pour un

konpa authentique. Puis ‘’ koukou le

revwalou …’’, Jean Claude est revenu

dans l’album :’’Rasanble’’, pendant

que Shoubou a exhorté Elysée de ‘’…

Kite ‘l …’’.

Des retrouvailles sans embauches

pour Kòk qui est au galop

dans les productions qui s’enchainent

: Référence, 360 degré,

Sans limites, et Taboulogy ;

faisant à cette étape partie des quatre

originaux avec Kapi, Fanfan et

Shoubou, toujours en selle. Jusqu’à

l’ultime : ‘’Konpa to the world’’,

un peu pour la galerie, sans sommation.

En tout cas, autant d’œuvres

que Kòk a estampillées de son empreinte

dense qui a sillonné une carrière

de plus cinquante années avec le

« Tabou » (sans oublier trois années

de fugues passagères), et toujours

au poste. Pour s’imposer comme le

partenaire idéal de « Albert Chancy,

Dadou Pasquet, Elysée Pyronneau,

Ralph Condé, Gary Josama, Dener

Ceide et autres. Dans son jeu de décantation

harmonique et de régularité

des pouls.

Par J. Fatal Piard

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yon gato pou Eda. »

Kèk nan pawòl nan chante

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calme et sérénité. D’autant plus que, j’ai

le pressentiment que ces informations

intéressantes allaient faire plaisir à la

population haïtienne, surtout en cette

période troublante ou Haïti vit quotidiennement

des moments de trouble ».

C’est qu’a eu à faire savoir notre cher

compatriote Belo, doublement gagnant

de ce concours de musique international.

Une voix pour les modulations, une

guitare bien accordée, des paroles sentimentales

sur une chanson d’amour pour

EDA sa dulcinée qui lui a tout inspiré.

Eda aida l’interprète de “Lakou

trankil” à se distinguer parmi plus

de 700 artistes candidats provenant

de 109 pays à travers le monde e ki t

ap mayimoulen kò yo pou yo wè si ya

pote lamayòl la. Yo te konprann se te

piyay13 jen. Mais, contre attente, Eda

fut la chanson qui a déclenché le charme

chez les membres du jury qui n’ont pas

hésité à accorder deux prix à son auteur.

Le talentueux musicien haïtien de son

nom de baptême Jean Belony Murat,

mieux connu de son nom d’artiste Belo

aidé par Eda vient de rafler deux prix simultanément

ce 8 septembre. Qui ne se

souvient encore qu’en 2006, soit 14 ans

déjà, l’auteur, le compositeur et l’interprète

de Lakou Trankil, avait décroché

le prix Découverte organisé à l’initiative

de RFI.

Au tout début de ce mois, Belo

vient tout juste de remporter deux nouveaux

prix simultanément. 8 septembre

2020, Eda vient d’aider notre Belo

national à décrocher deux prix internationaux.

Belo fè 2 kabès dans le Grand

Prix du Concours de musique organisé

par Unsigned Only et le Fandemonium

grâce à sa chanson titrée Eda. A travers

Eda Belo épris d’amour exprime ses sentiments

san filtè pour celle qui fait vibrer

les battements de son cœur qui frétille de

désirs ardents.

Eda, cette musique originale tirée

du cru de ce sanba lakay pitit kay a

largement contribué à ce que Haïti à travers

Belo parvienne à obtenir ces deux

nouvelles distinctions dans un même

concours. Et, d’une seule pierre Belo

vient de faire deux coups, en remportant

du même coup le grand prix et le

fandemonium à la huitième édition du

concours de musique organisé par Unsigned

Only.

Parmi ces artistes qui concouraient

au grand prix cette année, Jean

Bélony Murat est celui qui a doublement

impressionné les juges de la Unsigned

Only Compétition. Une réalisation remarquable

qui permet à Haïti de remporter

le palme grâce à cet artiste chevronné

et aux innombrables votes qu’il a

pu accumuler sur internet.

Depuis 8 ans, ce prestigieux concours

en quête de grands talents a pris

l’engagement de permettre aux artistes

émergents ou encore, dotés d’expériences,

de trouver un label pour les signer.

Pour Bélo, remporter ce prix paraissait

possible voir même évident, puisqu’il

croyait déjà en sa grande victoire, tout

en s’assurant du support de ses compatriotes

haïtiens pour l’aider à réaliser l’incomparable,

en matière de votes.

Bélo a toujours été un artiste confirmé,

grâce à ses multiples compositions

qui resteront incontestablement des

chefs-d’œuvre de la musique haïtienne,

dont le titre EDA, figuré sur son dernier

album “Motivation”, sorti le 10 juillet

2019, et Ari lui ont permis d’être grand

gagnant à ce concours international.

Pour celui qui est connu comme

l’une des figures représentatives de la

musique haïtienne contemporaine, c’est

une victoire nationale, et la voix de

“Haïti debout” voit cette nouvelle comme

un rafraîchissement pour la nation

haïtienne. D’autre part, le chanteur socialement

engagé, ne laisse jamais passer

une occasion sans se faire identifier

aux côtés des sans-voix. Sur le site du

concours, les organisateurs ont décrit

la brillante participation de Bélo comme

celle qui illumine la société quand

il s’agit de défendre les démunis. « Son

activisme social est particulièrement important

durant ces moments difficiles, il

met en lumière les énormes contradictions

et inégalités qui gangrènent nos

sociétés », peut-on lire sur le site du concours

Unsigned Only.

Cette voix haut perchée a toujours

été porteuse d’une parole consciente.

Bélo est parmi ceux qui, même

en prenant la mesure des risques liés

au désengagement des plus hautes autorités

manfouben, s’engage à travers

ses œuvres. Cette victoire artistique est

une raison de plus pour que Bélo soit

foncièrement engagé dans la dénonciation

de l’inégalité manifeste incrustée

dans chaque millimètre de la société

haïtienne.

20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 11 • Du 16 au 22 Septembre 2020

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