Haiti Liberte 10 Fevrier 2021

haitiliberte

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

Deklarasyon

kèk Òganizasyon

feminis yo sou

atak pouvwa a

COUP D'ÉTAT OU COUP DU PHTK ?

Page 6

Mounting Haitian

Deportations Belie Biden

Administration Posturing

Page 9

Haïti : la mémoire

perdue de la

révolution

haïtienne

Page 7

Voir page 3

Les 23 personnes arrêtées au Village Petit Bois par la police de Jovenel Moise, accusées de coup d'Etat

ou coup du PHTK sont maintenant emprisonnées

QUI A FAIT CHOIX DE JOSEPH

MÉCÈNE JEAN LOUIS

Derrière le coup

d'État du Myanmar :

suivez l’argent !

Page 10

Voir page 3

Le juge le plus ancien à la Cour de Cassation, Me. Joseph Mécène Jean-Louis, 72 ans, président

provisoire de l'Opposition

L'arrêt de La

Haye sur Israël

est une source

d'espoir

Page 17


Quel marché de dupes!

Par Berthony Dupont

Editorial

Avec de tels politiciens, rien d’étonnant sous le ciel

d’Haïti où le grotesque et le burlesque continuent de fleurir.

En effet, tout ce qui s’est déroulé le 7 février 2021 n’est

tout simplement qu’une farce. Un rideau destiné à mieux

camoufler la réalité et tenter une fois de plus de l’occulter,

tout en modifiant la physionomie politique du pays dans le

sens du pire.

N’est-il pas juste de dire que c’est une constante chez

les principaux acteurs de la classe dirigeante haïtienne de

mêmes affinités idéologiques, de tendance capitaliste, de

conceptions réactionnaires, antipopulaires, de s’effondrer

dans le désarroi, la panique et l’impuissance quoique continuant,

malgré tout, à jouer le rôle de chien de garde de

l’impérialisme pour avoir droit à sa gratitude ?

Le masque des dirigeants de l’opposition et de celui du

pouvoir se trouve derrière le scénario burlesque, grotesque,

monté à l’habitation Petit Bois. Cette mascarade grossière

n’illustre que trop le dessein caché et inavoué des démagogues

mal intentionnés. Monter une telle comédie, c’est

rendre un fier service aux forces obscures de l’impérialisme

américain dont l’intérêt primordial est de déstabiliser le pays

davantage.

Il n’y a rien là de très nouveau, à cette différence près

que cette fois la confrontation est plus ouverte ; mais c’est

une lutte interne pour le pouvoir au sein des deux fractions

de la classe dominante bourgeoise pour le contrôle de l’appareil

d’Etat qu’elles ont totalement pourri et corrompu.

Comment aurait-il pu en être autrement, quand les

deux protagonistes n’ont aucun souci des intérêts véritables

du pays et du peuple en général. Et ce qu’il nous faut

comprendre dans toutes ces gymnastiques et piteuses acrobaties,

c’est que ce n’est pas une lutte des contraires, le choc

de deux conceptions qui se fait entre le pouvoir et l’opposition

plurielle. Bien au contraire. Certes, les divergences ne

manquent pas, mais l’absence de contradictions fondamentales

entre ces fossoyeurs de la nation explique clairement

le comportement de ces assoiffés de richesses, dépourvus

de toute dignité mais qui se laissent habilement manœuvrer

par les puissances exploiteuses.

Ce n’est là qu’une preuve de plus démontrant une certaine

politique hypocrite erronée à dessein d’affaiblir les

mouvements populaires et tous ceux qui combattent pour

la libération totale du pays. Sur ce point-là, ils s’entendent

convenablement dans des complots les plus machiavéliques

pour créer la confusion et l’amalgame. Et c’est dans ce contexte

qu’il faut comprendre la dynamique de cette crise, entre

les acteurs, amis et anciens amis de la classe dirigeante

contre les masses laborieuses vivant dans des conditions

humiliantes qui rêvent elles-mêmes à une vie meilleure.

Il est évident que les masses ont clairement rejeté le

pouvoir, mais le constat est flagrant que l’opposition ne leur

inspire aucune confiance. Que le peuple ne se laisse influencer

par les sirènes trompeuses et les sinistres mascarades

pour le tenir indéfiniment en état de subordination vis-à-vis

des puissances capitalistes et du gouvernement de la République

voisine. Il y a des solutions qui ne sont que des

façades trompeuses, des solutions cosmétiques, du déjà vu,

qui n’ont rien de concret sauf que de continuer à poignarder

dans le dos les masses populaires de sorte que chacun des

laquais aille jusqu’au bout de sa logique détractrice pour

tenter d’imposer sa loi, de façon à défendre ses intérêts

personnels et de son clan politique. De telles opérations de

coup d’état déjoué et de président provisoire de transition

semblent relever de la politique-fiction, peu soucieuse des

intérêts véritables du peuple et détourner son attention,

seule compte pour eux la préservation des intérêts capitalistes.

Le désastre qui frappe le pays représente une lourde

menace pour sa survie et l’existence même des masses défavorisées.

Il réclame des solutions urgentes, efficaces et

résolument révolutionnaires. Aucun changement n’est concevable,

sans le renversement de cette classe politique, tentacules

de la domination impérialiste dans le pays,

Nous estimons que l’urgence reste à l’ordre du jour ; il

s’agit de chasser Jovenel Moise et sa clique pour ouvrir la

voie à un gouvernement populaire, un gouvernement de

la jeunesse et de la classe ouvrière et paysanne organisée.

Seul un gouvernement de défense des intérêts du peuple

peut nous amener et nous rassurer vers une vraie rupture de

système et de la transformation de l’appareil d’Etat.

Face au marché de dupes que vient d’offrir les tenants

du pouvoir aux mases, le peuple doit prendre ses responsabilités

historiques tout en restant persuadé que la vigilance

des forces laborieuses progressistes et révolutionnaires

saura déjouer les machinations des deux camps inféodés à

Washington, Paris et Ottawa.

Sa volonté doit être inébranlable, de ne jamais céder,

mais de résister à tous les plans mesquins sinon criminels

de l’impérialisme, de dénoncer et démasquer ses desseins

et ses conspirations contre les masses populaires à travers

ses deux agents, l’opposition traditionnelle et le pouvoir en

place.

L’impératif vital du présent et de l’avenir est celui d’un

peuple qui doit s’organiser pour s’affirmer et d’une Révolution

qui se développe et qui doit coûte que coûte triompher.

HAITI

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021


A Travers Haiti

Coup d’état ou coup

du PHTK ?

Conférence de presse du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN)

Par Isabelle L. Papillon

Le dimanche 7 février 2021, alors

que la population haïtienne dans

sa grande majorité est restée chez

elle devant ses récepteurs de radio,

de télévision ou sur les réseaux sociaux

attendant que l’opposition

constate la fin du mandat constitutionnel

du président Jovenel Moise,

c’est lui au contraire, qui a fait l’actualité

quand, avant de se rendre à

Jacmel pour les festivités carnavalesques

de cette ville, il annonçait

sur le Tarmac de l’aéroport International

Toussaint Louverture que sa

vie avait été menacée par un projet

de coup d’état pour l’assassiner,

tentative déjouée, heureusement

a-t-il dit, par les services de renseignement

du Palais National de concert

avec la Police nationale.

Dans l’après-midi de cette

journée, le Conseil supérieur de la

Police nationale (CSPN), en son

entier s’est réuni à la Primature

pour une Conférence de Presse. Le

président du CSPN Joseph Jouthe a

été le premier à prendre la parole.

Juste après une courte introduction,

il annonce l’opération menée en catastrophe

à savoir que « plus d’une

vingtaine de personnes dont un

juge et un haut gradé de la PNH,

une inspectrice générale, accusés

de complot contre la sûreté de

l’État ont été arrêtées par les autorités

haïtiennes au village Petit

Bois. Des armes, des munitions et

de l’argent ont été confisqués. ».

Pour ajouter ensuite : « Il y a eu 23

interpellations, des pièces à conviction,

de l’argent, des téléphones, le

discours du nouveau président provisoire

».

Le Premier ministre a été suivi

au micro par le ministre de la Justice

Maître Rockfeller Vincent qui

pour sa part a annoncé sans citer

de noms « que le Juge de la Cour

de Cassation impliqué dans le dossier

de complot ne jouira d’aucune

immunité de fonction, car pris en

flagrant délit, la loi joue contre lui. »

Et ce fut le tour du chef de la

police Nationale Léon Charles qui

dans son exposé, sans le vouloir,

a parfaitement démenti le Premier

ministre qui, lui, avait annoncé tout

un lot d’armes et de munitions. Or,

Charles lui-même, a donné la liste

des armes recueillies : 2 fusils M14,

un mini-Uzi et 3 pistolets de calibre

9mm alors que Jouthe parlait

comme s’il s’agissait d’un véritable

arsenal.

Le nom du juge de la cour de

Cassation en question n’a jamais été

révélé publiquement par le gouvernement.

Cependant à la faveur d’une

bande enregistrée d’une supposée

interview antérieure entre l’Inspectrice

générale de la police nationale,

Mme Marie Louise Gauthier, et du

Le juge Ivickel Dabrésil

chef de la sécurité du Palais national

Dimitri Hérard, on a pu deviner que

c’était celle-là qui avait été arrêtée

à Petit Bois, accusée par le gouvernement

de tentative de coup d’Etat.

Par ailleurs, ce juge de la Cour

de cassation en question n’a été autre

que l’un des 3 juges sous la liste

de l’Opposition pour succéder provisoirement

à Jovenel Moise, Ivickel

Dabrésil.

Des lumières commencent à

se faire, il semblerait que ce ne fut

pas vraiment un coup d’état mais

un coup bien fomenté par le pouvoir

pour piéger certaines personnalités

de l’opposition. Selon les déclarations

de plusieurs hommes de loi, le

juge Dabrésil a été bel et bien enlevé

de chez lui, alors qu’il dormait

à une heure très avancée de la nuit.

« Nous apprenons que la

Police nationale d’Haïti enquête

sur les 23 personnes appréhendées

durant le week-end. La situation

est floue et nous attendons les résultats

de l’enquête de la police »,

a rapporté la journaliste Sandra

Lemaire de la Voix de l’Amérique,

citant le Département d’Etat américain

qui a été présenté comme le

principal instigateur de ce coup.

Par ailleurs, un certain Daniel

Whitman, est évoqué comme la tête

pensante travaillant au service du

Département d’Etat pour préparer

la transition annoncée. Il a été l’interlocuteur

de l’inspectrice de police

Marie Louise Gauthier et de Dimitri

Hérard.

Au grand étonnement de plus

d’un, grâce à une interview de la

même Sandra Lemaire de VOA à

un ancien diplomate américain du

nom de Daniel Whitman, ce dernier

a tout bonnement déclaré qu’il

« n’a rien à voir avec le coup d’Etat

en Haïti. Il ne connait personne de

l’opposition, il n’est jamais revenu

en Haïti depuis 20 ans et n’a aucun

contact avec des gens dans le pays

» a rapporté Sandra Lemaire.

Il se peut que ce soit le pouvoir

de Jovenel Moise en putréfaction

qui, lui-même, a créé son propre

coup à la manière de la dictature

duvaliériste pour piéger ses adversaires

politiques et entamer une certaine

répression contre eux.

L'Arrêté du 9 février 2021 mettant à la retraite

les trois juges de la Cour de Cassation

n'est qu'un papier destiné à la poubelle

Par Me Jacceus JOSEPH

A l’expiration de son mandat constitutionnel,

l’ex-Président Jovenel

Moïse a mis à la retraite les trois

juges - Yvikel D. Dabrézil, Windelle

Coq Thélot et Joseph Mécène Jean

Louis, pressentis pour le remplacer

le 7 février 2021.L’un de ces juges -

Joseph Mécène Jean Louis, a même

déjà été désigné par l’opposition et la

société civile, comme Président provisoire

de la transition. Quelle est la

portée juridique d’un tel Arrêté?

Deux points seront développés pour

analyser cet Arrêté.

1er) Un Arrêté nul et de nul effet

qui vise à saper l’indépendance du

pouvoir judiciaire

2e) Un arrêté nul puisqu’il est

initié par un ex- Président.

1er) Un Arrêté nul et de nul effet

En vertu de la Constitution et de la Loi

portant Statuts de la Magistrature, cet

Arrêté est nul et de nul effet. Il n’est

pas de nature à produire des effets de

droit. Vu sur cet angle, ce papier vise à

saper l’indépendance du pouvoir judiciaire

et par ricochet il n’est qu’un papier

destiné à la poubelle. En effet, en

1987, l’un des signes de victoire sur la

dictature sanguinaire des Duvalier est

celui de l’indépendance du pouvoir judiciaire

comme pouvoir à part entière

par rapport à l’Exécutif.

Plusieurs articles ont consacré

cette indépendance. Les articles 60 et

60.1 disposent que “ chaque pouvoir

est indépendant des deux autres dans

ses attributions qu’il exerce séparément.

Aucun d’eux ne peut, sous aucun

motif, déléguer ses attributions en

tout ou en partie, ni sortir des limites

qui sont fixées par la Constitution. “.

La Constitution prévoit également

l’inamovibilité des juges pour

éviter qu’ils soient renvoyés, ni virés

sans motifs légaux ou sous les caprices

de l’Exécutif”.

A l’article 177, la Constitution

de 1987 prévoit que “ Les juges de la

Cour de Cassation, des Cours d’Appel

et des Tribunaux de Première Instance

sont inamovibles. Ils ne peuvent être

destitués que pour forfaiture légalement

prononcée ou suspendus qu’à

la suite d’une inculpation. Ils ne peuvent

être l’objet d’affectation nouvelle,

sans leur consentement, même en cas

de promotion. Il ne peut être mis fin à

leur service durant leur mandat qu’en

cas d’incapacité physique ou mentale

Qui a fait choix de Joseph Mécène Jean Louis ?

Par Marie Laurette Numa

Dans la soirée de la journée controversée

du 7 février 2021, dans un

court discours qui semble-t-il n’a pas

été à l’avance écrit à l’instar de celui

du juge en détention Ivickel Dabrésil, le

juge le plus ancien à la Cour de Cassation,

Me. Joseph Mécène Jean-Louis,

72 ans, a évoqué la résolution du

Conseil supérieur du pouvoir judiciaire

(Cspj), qui avait dans un communiqué

signé par 4 de ses membres constaté

la fin du mandat constitutionnel de Jovenel

Moïse, le 7 février 2021. Sur ce,

il déclare dans un message-vidéo sur

les réseaux sociaux : avoir accepté ce

choix de l’opposition et de la société civile,

pour qu’il puisse servir son pays

comme président provisoire durant la

transition de rupture.

Mais la question qui revient à

se poser maintenant, qui a réellement

La juge Windelle Coq Thélot

permanente dûment constatée. “

Ainsi pour garantir l’indépendance

du pouvoir judiciaire, l’administration

de ce pouvoir est confiée

au CSPJ qui a le mandat de gérer ses

ressources humaines et matérielles en

recrutant ses propres membres et en

acceptant leur retraite dans les conditions

prévues par la loi.

En effet, il ne revient qu’au CSPJ

de recruter, de renvoyer et de mettre à

la retraite les membres du pouvoir judiciaire

en vertu des articles 60, 60.1

et 177 de la Constitution et l’article

51 de la loi du 27 novembre 2007.

L’exécutif n’a aucune provision

légale qui l’autoriserait à prendre un

Arrêté pour mettre à la retraite les trois

juges de la Cour de Cassation.

Cet Arrêté, au lieu de respecter

la Constitution, applique l’article 20

du Décret du 22 Août 1995, inconstitutionnel

et abrogé par l’article 51 de

la loi du 27 novembre 2007 portant

Statuts de la Magistrature. Selon l’article

20 du Décret du 22 Aout 1995 “

Les juges des Cours et Tribunaux pourront

être mis à la retraite à l’âge de 60

ans.” Par ce Décret, à l’âge de 60 ans,

ces juges peuvent être mis à la retraite.

Par ce Décret, à l’âge de 60 ans,

ces juges pourraient être mis à la retraite.

Me Boniface Alexandre, en sa

qualité de Président de la République,

ancien juge de la Cour de Cassation,

avait mis à la retraite cinq juges de la

Cour de Cassation après le scandale de

“corruption” dans le dossier du candidat

à la présidence Ciméus, écarté par

le CEP d’alors à cause de sa nationalité

étrangère et admis par la Cour en vertu

d’un Arrêt que celle-ci avait prononcé

en faveur du candidat.

Cependant, ce Décret est abrogé

par la loi du 27 novembre 2007 portant

Statuts de la Magistrature en son

article 51, qui prévoit que “”La limite

d’âge est fixée à 65 ans pour qu’un

juge voit son nom porté sur une liste

de nomination. Les juges sont maintenus

en fonction jusqu’au terme de leur

mandat. Ils sont admis à faire valoir

leurs droits à leur retraite à l’âge de

55 ans révolus après avoir fourni 25

années de service “.

Ainsi, l’âge pour que le juge

demande sa retraite est de 65 ans.

L’initiative de la retraite ne revient

qu’au juge concerné. Même lorsque

le juge aurait atteint l’âge de la retraite,

il n’aurait pas pu être mis à la

retraite sans son consentement et en

dehors des prescrits de la Constitution

de 1987. Par conséquent, l’article 20

du Décret du 22 Août 1995 est inapplicable,

puisqu’il est abrogé. De plus,

les articles 60 et 60.1 in fine déclarent

qu’” Aucun d’eux - les 3 pouvoirs- ne

peut sortir des limites qui sont fixées

par la Constitution et par la loi.”.

Or, l’exécutif a agi de manière à

empiéter sur les attributions du pouvoir

judiciaire. Cet Arrêté doit être

rejeté pour avoir violé la Constitution

et la loi du 27 novembre 2007 en vigueur,

abrogeant le Décret de 1995 en

son article 20. Les juges doivent être

maintenus en fonction jusqu’au terme

de leur mandat en vertu de l’article 51

de la loi du 27 novembre 2007.

Il faut ajouter à cette violation

des droits des juges mis à la retraite,

la décision a été prise par un ex-Président,

incapable d’agir au nom de la

société.

2e) Un arrêté nul initié par un ex-

Président

Il est clair que l’Arrêté de la mise à la

retraite a été pris par un ex Président

dont le mandat a expiré. L’ex Président

Jovenel ne peut pas initier des Arrêtés

sans un statut légal. Son mandat a pris

fin depuis le 7 février 2021 aux termes

de l’article 134-2 de la Constitution de

1987. Les décisions ainsi prises n’engagent

pas la nation, ne sont pas non

plus opposables aux tiers.

En conclusion, l’Arrêté est pris

en vue d’asseoir la dictature en Haïti.

Des arrestations illégales d’un juge

de la Cour de Cassation, la plus haute

instance judiciaire, d’une inspectrice

générale de la police et d’autres citoyens

paisibles, les persécutions politiques

et les kidnappings présagent des

jours sombres pour Haïti. Il n’appartient

qu’à nous pour mettre fin à cette

machine criminelle du Gouvernement

contre la population haïtienne.

Me Jacceus JOSEPH,

Coordonnateur général du BODDH

Où sont les 15 membres de la Commission Nationale pour la mise en place

de la Transition (CNT) ?

fait ce choix puisque selon l’Accord

Politique de l’Opposition sur la Gouvernance

de la Transition de Rupture

publié la semaine écoulée, il s’agissait

d’une certaine Commission Nationale

pour la mise en place de la

Transition (CNT), une structure de

suite à la page(15)

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

3


On continue

de bien se protéger !

Toussez dans

votre coude

Lavez

vos mains

Obligatoire pour les

personnes âgées de 10 ans

et plus dans les transports

en commun et la plupart

des lieux publics fermés

et partiellement couverts.

Gardez vos

distances

Couvrez

votre visage

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Haiti Liberté/Haitian Times 11


Perspectives

Face à l'international, faisons

l'histoire que nous voulons !

Par Me Sonet St. Louis

Haïti : Non au soutien du

gouvernement canadien à

la dictature en Haïti

Pourquoi une déclaration de la

diplomatie américaine provoque-t-elle

autant de panique dans

l'opposition haïtienne, et de la jubilation,

dans le camp du pouvoir ? La

raison est que le « Blanc » est chez

nous à la fois le Pouvoir et l'Opposition.

Le pays est tellement délaissé

par les nationaux que l’étranger devient

le personnage qui oppose et qui

gouverne à notre place et aussi celui

qui suggère et impose des solutions,

souvent inadaptées au cas d’Haïti.

C’est un véritable problème

aussi bien pour notre évolution en

tant que peuple que pour le développement

moral, technique et

économique de notre pays. C’est la

raison pour laquelle pour sortir de

ce stade infantile dans lequel nous

sommes bloqués, il faut changer de

paradigme ou imposer une autre vision

d’Haïti.

Pour y arriver, il faut un peuple

debout, avec des dirigeants qui ont le

sens de l'intérêt national. Une nouvelle

vision des relations internationales

doit nous amener à élargir nos

cadres de discussions. Par exemple,

nous devons dialoguer avec les universités

américaines, les sociétés civiles

des pays avancées, notamment

le monde des artistes, les organisations

de foi et caritatives, les ONGs,

les multinationales, les organisations

des droits humains, car la mondialisation

à créé d'autres pôles de pouvoir

que ceux qui avaient traditionnellement

le levier sur tout, comme

les États.

Dans les États modernes,

les barrières du racisme et de l'intolérance

sont en train d’être

abattues. Le monde se découvre dans

sa diversité culturelle et linguistique.

Le milieu rural s'urbanise, tout un

chacun réclame son « droit à la ville

». C'est un tournant ! Une reconversion.

Le monde est tout autre, comme

le sont devenus le droit et les relations

internationales à notre époque.

C'est la pluralité. L'avènement de la

post-modernité. Nous devons prendre

le train en marche et participer

intelligemment à ce vaste ensemble

global afin de pouvoir cerner un nouveau

futur pour Haïti dont les populations

locales ressentent l’impérieuse

nécessité.

Malheureusement, nous agissons

mal. Égoïstement. Dans l’espace

politique, nous nous battons tous les

jours pour rester en position hégémonique

et pour uniquement conserver

nos intérêts et nos privilèges. Mais

jamais nous n’avions eu pour objectif

le triomphe du bien commun, toute

chose qui passe par la mise à mort

du système traditionnel en décomposition

au sein duquel l’étranger est

évidemment le maître.

À chaque fois, brutalement les

États-Unis nous taclent. Que de fois

le puissant voisin du Nord nous a

imposé un système de gouvernement

antinational ! La mainmise internationale

sur Haïti est totale parce que

ceux qui sont au-devant de la scène

ne sont pas toujours dignes pour

défendre Haïti et les intérêts nationaux.

Avec des représentants aussi

indignes, il n’est guère étonnant

que nous ayons le plus grand mal à

bannir le régime inhumain aux commandes

chez nous depuis environ

une décennie.

Les rapports entre Haïti et les

États-Unis, comme l’a noté avec

raison le professeur Leslie Manigat,

ont été historiquement toujours caractérisés

d'un côté par la domination

brutale, et de l'autre la soumission

Ned Price, le nouveau porte-parole du département d’État

à cause de nos niveaux de développement

inégal mais surtout à cause

de l’indignité nationale dans laquelle

nous sommes confortablement installés.

Nous ne pouvons pas sortir

de notre grave situation sans un minimum

de patriotisme, de grandeur et

de courage.

Les juges auraient dû prendre

position

Beaucoup s’étonnent que les juges de

la Cassation, membres d'un pouvoir

d'État co-dépositaire de la souveraineté

nationale, faisaient ouvertement

campagne pour la présidence

provisoire de la transition alors qu'ils

avaient refusé en tant que protecteurs

de la Constitution de se prononcer sur

la fin du mandant du Président Moise

? C'est le cas de dire que le niveau

d'engagement et de courage de ceux

qui ont le pouvoir de décider ou de

faire bouger les choses est décidément

on ne peut plus insignifiant.

C'est ce manque de courage

qui a conduit l'Exécutif défunt à

procéder à l'arrestation du magistrat

Ivikel Dabresil, juge à notre Cour suprême,

en violation des articles 186

de la Constitution et 380 du Code

d’instruction criminelle pour complot

contre la sûreté intérieure de l’État.

En tant que membres d'un pouvoir

d’État indépendant fondé sur le principe

de la séparation des pouvoirs, les

juges de la Cour de Cassation dans

leur rôle de sauvegarde de l'autorité

de la Constitution sont couverts par

l'immunité judiciaire tant pour leurs

œuvres que pour leur propre personne.

Cette immunité est la principale

garantie de la protection des

droits des citoyens. Cet acte abominable

est l'exemple que nous avons

atteint le tréfonds de l’abîme. C'est la

suprême indécence !

Qu’est-ce qui explique cette

prise de position tardive du Conseil

supérieur du pouvoir judiciaire

dans la crise ? Comme l'a bien rappelé

Docteur Chéry Blair, depuis des

mois, on a parlé, écrit des articles et

on ne nous a pas écoutés. Dans leur

silence face aux dérives dictatoriales

de Jovenel Moise, les juges sont

complices. La Cour de cassation ne

voulait pas jouer son rôle de gardienne

du respect de la constitution,

de la loi et des droits fondamentaux

des citoyens. Les juges ne doivent et

ne peuvent pas s'indigner puisqu'ils

se préparaient à appliquer les décrets

liberticides et répressifs du pouvoir «

tèt kale » contre la population et les

opposants politiques. Il y a certainement

trop à en redire mais la gravité

de la situation exige la mise en commun

des énergies positives pour tenter

de faire front à l'inacceptable.

Ce moment est à l'unité. Or

ce qui choque le bon sens, c'est que

nous assistons à une guerre de caciques

qui empêche la nation de retrouver

son unité historique pour faire

face à cette adversité. On a marre des

chamailleries, de l'orgueil mal placé

des uns et le comportement calculeux

des autres. Le problème est en partie

là. On a l’impression que ces gens-là

ne comprennent le danger du maintien

du statu quo qui brise les vies

et gâche les potentialités des générations

futures. Par manque de patriotisme

et de détermination, ils sont en

train de jouer avec l'avenir du pays.

Nous avons besoin d’un

partenariat pluriel

Je ne cesse de répéter que l’antiaméricanisme

est stérile et contreproductif.

Les États-Unis comptent dans

le monde et doivent aussi compter

pour Haïti. Ce qu’il nous faut, c’est

de construire un nouveau partenariat

avec les Américains, les Canadiens,

les Français, les Russes et

les Chinois, bref tous ceux qui sont

sensibles au cas haïtien et à notre

détresse et qui sont prêts à nous aider

pour sortir le pays de la pauvreté

et du sous-développement. Mais il y

a certes à l'étranger comme en Haïti

des Haïtiens compétents et valables à

même de définir le schéma directeur

du développement chez nous et de

proposer, mieux même que l'étranger

le plus intentionné, les meilleures

solutions à nos problèmes. Cette orientation

nouvelle ne peut être que

celle des modernes.

Je n'encourage pas l'exclusion.

Les élites politiques économiques et

sociales se renouvellent de partout. À

partir de l’analyse du passé, elles projettent

un futur qui prend en compte

les valeurs fondamentales de leurs

sociétés. Ce n’est pas une bataille de

jeunes contre les vieux, mais il s’agit

de pourvoir à des idées neuves. Pour

ce faire, une bonne analyse du passé

s’impose. Aujourd'hui, nous avons

besoin d'hommes et de femmes qui

peuvent participer à une nouvelle

communication politique au sens

habermasien du terme, mais aussi

à un nouvel engagement politique,

pour répéter mon ami philosophe Kela

Vales, ancien camarade en philosophie

à l'École normale supérieure.

Il est vrai que nous avons été

victimes pendant plus d'un siècle du

comportement dominateur des États-

Unis. Mais il n'existe pas de fatalité

dans les rapports entre les deux pays.

L'avenir des relations haïtiano-américaines

sera ce que nous voulons

qu'elles soient, à condition que nous

acceptions de faire l'histoire comme

nous l’entendons. Nous devons bien

admettre que de tous temps, dans les

relations internationales, ce ne sont

pas forcément les solutions les plus

justes et équitables qui triomphent

mais celles du plus fort. Et si la raison

est toujours là, elle n’est pas toujours

nécessairement la meilleure. C'est

pourquoi un pays comme Haïti, dans

Par REHMONCO

Le REHMONCO dénonce et condamne

avec vigueur le soutien inconditionnel

des pays dits amis d’Haïti,

notamment le Canada, à l’établissement

d’une dictature en Haïti.

Ce 7 février 2021 constitue formellement

la fin du mandat constitutionnel

du gouvernement de Jovenel

Moise. Différentes organisations nationales,

tant de la société civile que des

partis politiques ont exprimé clairement

et sans ambages cet état de fait. Mais

Jovenel Moise refuse de se soumettre

aux prescrits de la constitution 1987

amendée et aux dispositions de la loi

électorale. Il choisit de préférence la

voie de la dictature en transformant le

pays en une véritable poudrière.

S’appuyant sur le soutien aveugle

de l’international, il entend instituer

la dictature, consolidant ainsi le pouvoir

du régime PHTK. À travers l’unité

de sécurité générale du palais national

(USGPN), une campagne de terreur est

lancée tôt le matin du 7 février avec,

notamment, l’arrestation arbitraire et

illégale du juge de la cour de cassation

Yvickel Dabrezil. Au même moment,

près d’une vingtaine de personnes

sont enlevées dans le village du Bois,

près de l’ambassade américaine par

des hommes lourdement armés sous le

commandement de Dimitri Herald (chef

de la sécurité du palais national).

De surcroit, comme cela arrive

généralement dans la mise en œuvre

des pouvoirs dictatoriaux, une purge

est en cours au sein de l’institution

policière : Louise Gauthier, directrice de

la police nationale est arrêtée arbitrairement,

pendant que les gangs armés à la

solde du pouvoir sèment le chaos dans

les principaux centres urbains du pays.

ses relations avec les puissances de

l'heure, doit aligner des dirigeants

extrêmement compétents, sérieux

et patriotes pour qu'elle ne soit pas

toujours et nécessairement et éternellement

la grande victime. Il faut

d’ailleurs que nous cessions de nous

placer dans la position victimaire

mais de nous imposer plutôt, notre

histoire glorieuse pouvant nous servir

de catalyseur. Nous devons réaliser

que nous sommes des hommes

et des femmes capables de façonner

l’histoire. Dans cette perspective, les

jeunes qui sont bien formés et qui

ont une conscience sociale élevée,

doivent s’impliquer davantage dans

les luttes politiques en réalisant que

le passé a été tout ce qui était un jour

humainement possible.

Éviter tout excès de nationalisme

Ce que finalement on doit retenir, c’est

que la position américaine, qu’elle

soit fausse, truquée, déformée ou

intéressée, importe peu. En relations

internationales, les Américains, dans

leur pragmatisme, n'ont pas d'amis

ni d'ennemis permanents. Dans chaque

situation, ils déterminent avant

tout les intérêts des États-Unis. Il n'y

a pas de débat sur la date de la fin

de mandat du président Moïse. Le

porte-parole du département d’État

fraîchement arrivé à ce poste et mal

imbu de la question haïtienne, reprend

un verset tiré des rapports de

Madame Michèle Sison et de Madame

Hélène Lalime de l'ère Trump.

Nous devons réfléchir froidement

en évitant tout excès de nationalisme

primaire, débridé et incontrôlé,

qui pourrait, à cause de notre

incompétence, exacerber inutilement

les tensions entre les deux pays. Une

L’objectif visé par le pouvoir et ses sbires

est de créer un climat de terreur afin

d’étouffer dans l’œuf tout mouvement

de protestations et de dénonciation de

l’ordre dictatorial.

Dans ce contexte difficile marqué

par le spectre d’une répression sauvage

et le retour du duvaliérisme, nous appelons

les secteurs communautaires,

les organisations progressistes et populaires

canadiennes et québécoises, à

dénoncer la politique du gouvernement

Trudeau en Haïti. Après avoir soutenu

à bout de bras l’autocrate Jovenel Moise

qui a perpétré de nombreux massacres

dans les bidonvilles, criminalisé à coup

de décrets tout mouvement de protestation,

le gouvernement canadien continue,

malgré de nombreuses protestations,

à appuyer ce régime criminel.

Sans cet appui et celui de la « communauté

internationale », le pouvoir de

Jovenel Moise tombera comme un château

de cartes.

Le REHMONCO renouvelle son

soutien au peuple haïtien qui résiste

courageusement aux assauts de cette

dictature. Après avoir été durement

éprouvé par les actes de kidnapping,

des gangs armés et par la répression

de la police politique de Jovenel Moise,

il fait face aujourd’hui à la consolidation

d’une dictature qui montre déjà les

signes d’une férocité rappelant l’ère des

militaires putschistes et des Duvalier.

Non à la dictature en Haïti !

Vive la lutte du peuple haïtien !

Pour authentification,

Renel Exentus,

Ricardo Gustave

Montréal, le 7 février 2021

Contact: rehmoncohaiti1915@

gmail.com

situation qui, en raison de la faiblesse

d’Haïti, pourrait lui être préjudiciable

à bien des égards. La coopération internationale

est utile. Nous en avons

terriblement besoin pour faire face au

dilemme haïtien. Certes nous ne pouvons

pas nous en sortir sans l'effort

national mais compte tenu de nos

retards technologiques, la solidarité

internationale sera toujours la bienvenue.

C'est le rapport de forces sur le

terrain et le développement des situations

intérieures qui détermineront

la position finale des États-Unis dans

la crise actuelle. Donc, il faut faire

bouger les lignes internes en mettant

en confiance les masses rurales et urbaines

pour recadrer la lutte et lancer

la bataille finale. Le monde a évolué

et continue de changer.

En conséquence, aucun empire,

aucune puissance étrangère, quelle

que soit son importance tant au

niveau global que régional, ne peut

garder un gouvernement en vie contre

la volonté de son peuple ; notre

époque étant irrémédiablement celle

de la démocratie, de l’État de droit

et l'égalité de droit comme finalité de

l'histoire. De même, l’histoire nous a

montré qu’aucune armée au monde

n'est jamais arrivée à vaincre la résistance

de son peuple. Nos hommes

au pouvoir se trompent d'époque. Au

bout de ce petit bout de chemin qui

nous reste à faire, à chacun sa contribution.

La dictature n'a pas de limite

et doit être maîtrisée. Mettons-nous

ensemble pour la combattre !

Sonet Saint-Louis av.

Professeur de droit

constitutionnel

Université d'État d'Haïti

Montréal, 6 février 2021

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Deklarasyon kèk Òganizasyon feminis yo sou

atak pouvwa a

Deklarasyon Konbit Ayisyen

pou Lojman Altènatif (KAYLA)

Nan lannuit 6 pou rive 7 fevriye

2021, pouvwa a bay

lòd pou dappiyanp 18 pèsonalite.

Sèten ladan yo soti nan

enstitisyon kle, tankou majistrati

ak polis nasyonal. Yo arete

yo, malmennen yo epi mete yo

nan detansyon. Pami moun yo

arete yo, genyen : Madan Marie

Louise Gauthier, ki se Enspektris

jeneral lapolis, yon moun ki angaje

pou gen plis fanm nan lapolis

la epi pou fè respekte dwa

prizonyèz yo; Mèt Yvikel Dabresil,

ki jij nan Kou Kasasyon an,

ki se pi gwo entans nan lajistis

peyi a; epi Misye Louis Buteau,

yon agwonòm ki byen koni nan

milye a.

Dapre Konstitisyon 1987

ki amande a, manda Misye Jovenel

Moïse lan bout 7 fevriye

sa a. Poutan, se latriye arestasyon

k ap fèt sou pretèks te gen

tantativ « Koudeta ak ansasinay

». Sa a, se atak pou fè entimidasyon

ak represyon. Se ajisman

yon Ekzekitif, ki derefize

admèt manda li fini epi k ap

chache tout jan pou li rete sou

pouvwa a. Pou fè sa, li sèvi ak

dekrè kriminèl sou koze sekirite

ak ransèyman, li te adopte nan

mwa novanm 2020 an. Dekrè

sila yo ap chache kraze gany

demokratik yo.

Òganizasyon ak pèsonalite

feminis, ki siyen nòt sa a, pa

manke endiye fas ak arestasyon

politik sa yo. Sa fè sonje abi, ki

te konn fèt sou rejim Duvalier

yo ak sou gouvènman militè ki

te vinn annapre yo. Feminis yo

denonse fason ilegal yo arete

sitwayèn ak sitwayen yo. Yo

ekzije pou dwa yo respekte, epi

pou gen bon jan transparans sou

kondisyon arestasyon ak detansyon

yo.

Non ak diktati ! Wi pou rèv

demokrasi pèp ayisyen an !

Deklarasyon Konbit Ayisyen pou Lojman

Altènatif (KAYLA) lanse yon

apèl nasyonal pou yon dezobeyisans

sivil ak yon rebelyon kont diktati fachis

ansyen prezidan Jovnèl Moyiz ak

PHTK vle table nan peyi a.

KAYLA pran nòt, depi samdi 6 fevriye

2021 an, a minui, manda

konstitisyonèl prezidan Jovèl Moyiz

fini, daprè atik 134-2 konstitisyon 29

mas 1987 amande a ak atik 239 dekrè

lwa elektoral 2015 lan. Nan sans sa a,

KAYLA lanse yon apèl nasyonal bay

tout popilasyon an, pou fè yon dezobeyisans

sivil. Sa vle di, depi 8 fevriye

nou dwe mennen yon operasyon

fèmen pòt tout biwo Leta. Okenn moun

nan administrasyon piblik la pa dwe

egzekite lòd Jovnèl Moyiz, Jozèf Jout

ak okenn lòt moun defakto ki nan tèt

ministè yo. KAYLA kwè, Kou Siperyè

dè Kont ak Kontansye Administratif la,

(CSCCA) ap pran nòt, pou okenn depans

gouvènman defakto Jovnèl Moyiz

ak Jozèf Jout la, pa angaje Leta. Epi pou

moun ki fè depans sa yo, vin rann kont

devan lajistis, lè peyi a retounen nan

wout lalwa. Paske, depi dimanch 7 fevriye

a minui yon minit, Jovnèl Moyiz

se yon ansyen prezidan. Jovnèl Moyiz,

dominant yo, direksyon polis nasyonal

la ak konplisite kò gwoup la, fè yon

koudeta pou l kenbe pouvwa a, pou

retounen ak rejim diktati retwograd ak

fewòs makout yo, ki te pase 29 lane ap

bwè san nan pèp Ayisyen.

N ap raple, 7 fevriye 1986, pèp

Ayisyen te dechouke diktati makout

Divalye yo. Se domaj, 7 fevriye 2021,

35 lane aprè, Jovnèl Moyiz anvi tabli

yon lòt rejim diktati. Nou konstate, depi

menm jou koudeta 7 fevriye 2021 an,

rejim PHTK a arete yon ventèn moun

ak menm vye metòd monte dosye pou

chache akizasyon mete sou do viktim

yo. KAYLA denonse kalite tretman ki

pa fèt pou moun, polisye DCPJ yo bay

viktim yo, lè lapolis mete yo kouche

atè sou vant yo. Zak sa a, se yon

gwo vyolasyon dwa moun. KAYLA

denonse zak represyon ak ansasinay

direktè lapolis la, Leyon Chal ap fè

kont popilasyon an. Malerezman, nou

wè lapolis la tounen yon kò tonton

makout ki mare sosis li ak gang G9 la,

pou ansasinen tout moun k ap batay

pou chanje peyi a. Yon lòt fwa ankò,

KAYLA mande polisye ki onèt, ki pa

kriminèl, idantifye tout polisye kriminèl

yo, polisye manm gang yo, ki anndan

lapolis la, pou fè non yo rive nan òganizasyon

dwa moun yo. Yon fason pou

yo jije epi jwenn sanksyon pou krim yo

fè. Pou Leyon chal, sa deja klè, li pral

jije pou krim kont limanite, menm ak

patwon l, Jovnèl Moyiz.

Tankou n ap di sa nan KAYLA

depi anviwon 5 lane, rejim bandi legal

PHTK a, fè Leta tounen yon gwo

òganizasyon kriminèl. Jounen jodi a,

tout moun wè aklè, rejim diktati fachis

la byen tabli kò l nan peyi a. Sèl chwa

nou genyen, se kontinye mobilize nan

10 depatman peyi a, pou n dechouke

pouvwa sanginè ak kowonpi sa a.

Lè nou nan yon Leta ki pa

chita anba lalwa, dezobeyisans sivil, se

yon devwa sitwayen ak sitwayèn.

Reyneld SANON, Sekretè Egzekitif

Pòtoprens, 8 fevriye 2021.

Siyatè yo :

1. Kay Fanm

2. Solidarite fanm ayisyèn

(Sofa)

3. Nègès Mawon

4. Fanm Deside

5. Rezo fanm nan radyo kominotè

ayisyen (Refraka)

6. Fanm Yo La

7. Gwoup api pou devlopman

Sid (Gades)

8. Asosyasyon Fanm Solèy d

Ayiti (Afasda)

9. Fondasyon Toya

10. Marijàn

11. Dantò

12. Sabine Manigat, feminis endepandant

13. Antoinette Duclair, feminis

endepandant

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347.955.1515

Pòtoprens : polisye Patrick Anozard

mouri Vandredi 5 fevriye a

Direktè Jeneral Polis la Léon

Charles fè konnen omwen 5

ofisye lapolis te jwenn lanmò yo

nan Kapital la Pòtoprens jou ki te

Vandredi 5 fevriye a nan yon konfli

vyolan ant manm inite SWAT la ak

polisye gwoup Fantom 509 yo.

Youn nan polisye ki viktim

nan afwontman ak Fantom 509 yo,

se Anozard Patrick ki te tonbe devan

komisarya Kanapevè a.

Patrick Anozard

Ochan pou Frank Lwisen

Yon apremidi san konnen

Yon vandredi san sonnen

Yon apremidi san kònen

Yon apremidi san benyen

Nanm Frank pran flannen

Nanm Frank pran senyen

Nanm Frank fin grennen

Souf Frank te fèk tenyen

Souf Frank te fin fennen

Kè l sispann penpennen

Lespwa l te pran plenyen

Mezanmi ooo hm ala hen

5 fevriye de mil ventenyen

5 fevriye se te gwo plenyen

Pòt lavi Frank te fèk fèmen

Wout lavi l te mangonmen

Souf Frank friz kou ke pen

Kè Frank plat kou de gouden

Nanm li neye ak swè plenyen

5 fevriye de mil ventenyen

Plim penso Frank deplimen

Rès plim penso l penpennen

Koulè penti Frank fin fennen

Kreyon Frank tchwipe desen

Pwent Kreyon Frank flannen

Koulè penti Frank fin tenyen

Yon apremidi san konnen

Souf Frank pat tann denmen

Yon apremidi san konenn

Frank te retounen nan Ginen

Yon apremidi san konnen

Frank kase penso l ennayen

Plim penso Frank al flannen

Plim penso Frank fin fennen

Plim penso Frank deplimen

Lanmò l ak lavi l te ennayen

Lanmò l ak lavi l pat konnen

Lanmò ak lavi men nan men

5 fevriye de mil ventenyen

San Frank pat menm konnen

5 fevriye de mil ventenyen

Hmmm, si Frank te konnen ?

5 fevriye de mil ventenyen

Hm Frank travèse an byen

J. Fatal PYA

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021


Perspectives

Haïti : la mémoire perdue de la révolution haïtienne

Par Eduardo Grüner

schools.nyc.gov/elections2021

Department of

Education

EDUCATION COUNCILS

La révolution haïtienne a provoqué un bouleversement mondial aux

proportions gigantesques, dont nous avons oublié la vraie dimension

aujourd'hui, puisque ce qui nous est montré d'Haïti est sa situation

actuelle, d'extrême misère et de dégradation.

La révolution haïtienne fut la

première à déclarer l'indépendance

de toute l'Amérique latine, mais elle

fut aussi la plus radicale en termes

sociaux et politiques car ce furent

les classes les plus exploitées, les

esclaves noirs, qui la dirigèrent, expulsant

le pouvoir colonial et fondant

une nouvelle nation sur la base

d'une transformation profonde des

rapports de production. Peut-être

à cause de ces singularités, analyse

Grüner, le capitalisme mondial

semble avoir voulu se venger très

violemment contre Haïti et la culture

dominante a tenté d'effacer son

histoire, qui pourtant est encore vivante

dans tous les genres de culture

critique et résistante.

La barbarie de l'occupation d'Haïti

par les forces de la Minustah n'est

que le dernier acte (pour l'instant) de

la tragédie historique permanente que

ce pays a subie. Juste pour rester au

XXe siècle, il faut se souvenir que ce

n'est pas la première fois qu'Haïti est

occupée par des troupes étrangères

«impériales». Déjà en 1915/16 (il

tourne un siècle), les États-Unis l'ont

occupé pendant deux longues décennies.

Plus tard, le peuple haïtien a

dû subir la longue et féroce dictature

proto-fasciste des Duvalier, bien sûr

également soutenue par l'impérialisme

américain. Il y a quelques années,

on s'en souviendra, un terrible

tremblement de terre a frappé Haïti,

le nombre exact de victimes encore

inconnu, mais qui doit être compté

à peut-être des centaines de milliers.

Etcetera, etc.

En d'autres termes, Haïti vit

dans un état de catastrophe humaine

permanente. C'est une société embourbée

dans la misère, l'exploitation

et la dégradation les plus extrêmes,

qui est absolument impuissante à

faire face à des «catastrophes naturelles»

qui, dans d'autres sociétés,

peuvent être parfaitement contrôlables.

Cela doit avoir quelque chose à

voir avec l'histoire d'un capitalisme

mondial qui semble vouloir prendre

une violence violente contre ce que

l'on peut appeler la singularité «anormale»

d'une nation dont la propre

histoire est le témoignage extrême du

développement de l'impérialisme colonialiste,

capitaliste sur le continent

américain. Plus que «singularité»,

nous dirions des singularités, car il y

en a plusieurs.

D'abord, une singularité historico-politique.

Dans l'histoire de

l'Amérique latine et des Caraïbes, la

première déclaration d'indépendance

- d'ailleurs en ce qui concerne sa propre

puissance coloniale, la France -

remonte à 1804, et c'était l'Haïtien.

En 2004, personne, à l'exception

de Cuba, n'a célébré ce bicentenaire.

Cet «oubli», en plus d'être attribué à

un «glissement» résolument raciste

(comme on le sait, la majorité des

Haïtiens sont des descendants d'esclaves

qui ont été «importés» de force

d'Afrique pour remplacer les peuples

originels de l'île alors appelés Saint-

Domingue, qui avait été totalement

exterminée), la révolution haïtienne

était non seulement la première,

mais la plus radicale au sens social

et politique, car elle était la seule où

les classes (et les «ethnies») étaient

exploitées par excellence, esclaves

noirs, ont réussi à prendre le pouvoir,

à chasser l'occupation coloniale

et à fonder une nouvelle nation sur

la base d'une transformation profonde

des rapports de production, qui

bien sûr ne pouvait pas conduire à

quelque chose comme le socialisme

(en 1804, nulle part dans le monde,

encore moins en Haïti, étaient les

conditions pour une telle utopie),

mais oui, au moins programmatiquement,

dans une sorte de «république

sociale» - probablement la plus égale

ria du monde de cette époque - de petits

propriétaires paysans, très semblable

à celui dont rêve Rousseau

dans Le Contrat social. L'Haïtien

était donc, en plus d'une révolution

politique et anticoloniale, une révolution

sociale sur toute la ligne, contrairement

aux autres mouvements

indépendantistes, qui se limitaient à

un remplacement des autorités coloniales

par les bourgeoisies «criollo»

émergentes (et presque créant toujours

une nouvelle dépendance vis-àvis

d'une autre puissance coloniale,

par exemple l'Angleterre), et où les

masses n'étaient pas les véritables

protagonistes du processus - comme

elle l'a fait en Haïti. Sans compter

qu'Haïti a été le seul cas dans l'histoire

de l'humanité d'une rébellion

triomphante d'esclaves.

L'expérience n'a pas duré longtemps,

et non pas à cause de la responsabilité

exclusive du leadership

politique haïtien, qui existait également,

mais en grande partie à cause

du blocus féroce auquel elle a été

soumise par le monde occidental, y

compris le versement d'une gigantesque

indemnité à l'État français au

titre de pertes immobilières (c'est-àdire

celle des esclaves), qui fut finalement

réglée ... en 1947 ! ruinant

à jamais l'économie haïtienne et la

transformant en l'une des sociétés

les plus injustes et misérables du

monde entier. C'est-à-dire: quel que

soit l'échec de «l'expérience» à long

terme, cette révolution «impossible»

(impensable, l'appelle le grand historien

haïtien Michel-Rolph Truillot)

avait réussi, et le capitalisme ne pouvait

en aucun cas admettons que ce

«mauvais exemple», qui à l'époque

provoqua une véritable vague de terreur

dans les puissances impériales,

restât impuni. Et sans oublier, d'ailleurs,

que c'est grâce à l'aide décisive

du gouvernement haïtien (en argent,

en hommes, en armes et en protection

personnelle) que Simón Bolívar

a pu mener sa propre campagne

d'émancipation.

Le fait est que la révolution

haïtienne a provoqué un bouleversement

mondial aux proportions gigantesques,

dont nous avons oublié

la vraie dimension aujourd'hui, puisque

ce qui nous est montré d'Haïti

est sa situation actuelle, d'extrême

misère et de dégradation. Mais en

1804, le monde entier parlait d'Haïti.

Pensez-y: en dehors de ce qui a

déjà été dit, c'était le premier pays

américain à abolir l'esclavage, bien

avant même qu'il n'accède à l'indépendance.

En effet, en 1794 la

Révolution haïtienne avança avec

une telle force qu'elle finit par contraindre

l'Assemblée nationale

française à émettre un décret, signé

par Robespierre lui-même, abolissant

l'esclavage dans toutes les colonies

françaises (l'esclavage fut rétabli en

1802 par Napoléon, sauf précisément

en Haïti , où «l'empereur bourgeois»

a envoyé une force militaire gigantesque

qui a subi une défaite ignominieuse

aux mains de ces esclaves en

lambeaux, armés d'un peu plus que

des machettes: jusqu'au Vietnam, un

événement aussi extraordinaire ne se

reproduirait plus).*

Ce qui mérite, d'ailleurs, une réflexion

« historiographique » critique.

Depuis l'école primaire, on nous a dit

mille fois que l'influence de l'idéologie

de la Révolution française était décisive

pour nos indépendances américaines

: le slogan Liberté / Égalité /

Fraternité serait donc quelque chose

comme un article d'export philosophico-politique

du Centre Civilisé vers

les périphéries «barbares». Et dans

de nombreux cas, cette influence est

indéniable. Mais avec le cas d'Haïti,

nous sommes, bien que cela semble

invraisemblable, devant une influence

inverse. Parce que la Révolution

française - qui avait publié ce grand

document appelé la Déclaration universelle

des droits de l'homme et du

citoyen - n'avait à l'origine aucune

intention d'abolir l'esclavage dans ses

colonies, et encore moins en Haïti,

pour la simple raison que (et est une

autre chose qui semble aujourd'hui

invraisemblable) Haïti, qui était de

loin la colonie la plus riche de toutes

les colonies américaines, a fourni à

la France plus d'un tiers de ses revenus,

grâce à la surexploitation de

la main-d'œuvre esclave. C'est alors

la révolution haïtienne qui, pour

ainsi dire, a contraint les Français

à se conformer à ses propres principes

«universalistes», qui avaient été

tronqués (bien que, d'ailleurs, sans

pour autant accorder à la colonie son

indépendance, pour laquelle Nous

devions attendre 1804, lorsque l'indépendance

ne fut pas «accordée»,

mais arrachée par la révolution, au

prix de quelque 200 000 esclaves

morts: le prix en vies de loin le plus

élevé que toute révolution d'indépendance

ait dû payer: une autre «singularité

", alors, cette fois sinistre).

C'est pourquoi j'ai osé écrire une fois

que la révolution haïtienne est plus

française que française… mais parce

qu'elle est haïtienne.

Il y a, d'autre part, une double

singularité historico-philosophique.

En 1807 (trois ans après l'indépendance

haïtienne) un ouvrage absolument

fondamental pour la

philosophie européenne moderne, la

Phénoménologie de l'Esprit de Hegel,

fut publié. Ce travail comprend une

quatrième section célèbre sur la soidisant

« dialectique maître et esclave

», qui au cours des deux derniers siècles

a produit des bibliothèques entières

d'exégèse et d'interprétations.

Eh bien, il a déjà été démontré de

manière exhaustive - surtout à partir

de ce texte pionnier qu'est Hegel

et Haïti, de Susan Buck-Morss - que

Hegel s'est inspiré de la révolution

haïtienne, qu'il a connue et étudiée,

et d'où d'ailleurs son raisonnement

la haute abstraction philosophique

sur la «lutte pour la reconnaissance»

entre le maître et l'esclave était devenue

réalité matérielle, anticipant

sa spéculation théorique dans l'histoire

concrète. Inutile de dire que le

texte de Hegel a eu beaucoup d'influence

sur Marx, mais bien sûr,

Marx voulait aussi se plonger dans

l'histoire matérielle, et pas seulement

dans la philosophie. Là où il aborde

la question plus systématiquement,

c'est dans le chapitre XXIV du Capital,

dans lequel il analyse le rôle

très important de l'exploitation de la

main-d'œuvre esclave ou semi-esclave

en Amérique pour la soi-disant

«accumulation originale du capital»

dans le monde niveau.

Et puis nous avons une singularité

littéraire et culturelle de

première importance, qui découle

directement de la révolution. Tout au

long du XIXe siècle, et à partir de la

décennie qui a suivi l'indépendance,

on trouve partout - bien que pour

des raisons évidentes notamment

en France - des romans, des nouvelles,

des pièces de théâtre et de la

poésie qui d'une manière ou d'une

autre font référence à l'esclavage noir

et à la révolution haïtienne, et non

sous la plume de n'importe qui: Victor

Hugo, Prosper Merimée, Eugéne

Sue, Arthur Rimbaud, etc. Au XXe

siècle, cette tendance se poursuit, à

la fois en Europe et maintenant aussi

en Amérique latine: nous avons

(pour ne citer que quelques exemples

parmi tant d'autres) des romans

célèbres tels que El Reino de Este

Mundo ou El Siglo de las Luces, par

suite à la page(19)

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

7


2

La Tribune de Catherine Charlemagne (154)

7 février 2021, chronique d’un échec attendu !

Jovenel Moïse dans un message à la Nation le 7 février 2021

C

’est un échec. Nous sommes le 10

février 2021, soit trois jours après la

date fatidique. Jovenel Moïse est toujours

Président d’Haïti. Il n’est pas en fuite.

Pire, Jovenel Moïse demeure officiellement

au Palais national. Un affront pour

les opposants au pouvoir ! L’opposition

haïtienne a échoué. Certes, elle a réédité

le coup de Me. Gérard Gourgue de 2001,

avec la nomination de Me Joseph Mécène

Jean-Louis comme « Président » provisoire

de la Transition. Une scène qui a

fait rigoler beaucoup de monde en Haïti

et dans la diaspora comme il y a 20

ans. Incontestablement, l’opposition n’a

pas pu instaurer son gouvernement de

transition. Une nouvelle « Année zéro »

pour les leaders de l’opposition plurielle

qui juraient de pendre « haut et court »

l’un des chefs d’Etat le plus détesté par

la classe politique haïtienne. L’An I de la

Transition, ce sera pour plus tard. Jovenel

Moïse, une fois encore, n’a pas cédé. «

Il restera au pouvoir jusqu’au 7 février

2022 » dit-il dans un message diffusé sur

les réseaux sociaux ce même dimanche

7 février.

Il a su déjouer tous les pièges et

résister aux manifestations de l’opposition.

Depuis la mi-janvier 2021, tous les

dirigeants de l’opposition sont vent debout.

Il faut qu’il parte et doit partir le 7

février, disaient-ils. Du Secteur Démocratique

et Populaire (SDP) à Pitit Dessalines

en passant par la Direction Politique de

l’Opposition Démocratique (DIRPOD) et

le Mouvement Troisième Voix (MTV),

chacun de son côté se mobilise, tantôt

ensemble, tantôt seul. L’objectif : faire plier

le Président coûte que coûte le 7 février

2021. Avec quelques ratages à l’allumage

pour cause de division, la machine à

mobiliser s’était mise en marche. Mais,

très tôt aussi, le pouvoir avait pris très au

sérieux la menace. La riposte est donnée

par le principal intéressé lui-même. En effet,

face à la menace de destitution pour

cause de fin de mandat, Jovenel Moïse

avait pris à témoin le pays, tout au moins

une partie de la population, dans une

Déclaration faite à la Nation en date du

25 janvier 2021.

Prétextant une communication

sur l’insécurité et le kidnapping qui deviennent

des faits divers dans la région

métropolitaine de Port-au-Prince, le chef

de l’Etat avait vite bifurqué sur le sujet

qui l’intéresse et dont tout le monde

attendait sa version sur la date de la fin

de son mandat au Palais national. Après

avoir abordé des points, certes cruciaux

sur la conjoncture sociopolitique, Jovenel

Moïse était revenu sur la thématique de

l’heure : 7 février 2021. En tant qu’« ingénieur

», il s’est rapidement converti en

professeur de mathématiques pour laisser

comprendre qu’il est entré en fonction un

7 février 2017 et que la fin de son mandat

de cinq années ne peut être que le

7 février 2022. Article 134.1, selon les

prescrits de la Constitution. Point barre !

Comme pour donner une fin de non-recevoir

à ceux réclamant son départ avant

cette date, selon l’article 134.2, il déclare

: quelqu’un qui pense le contraire non

seulement se trompe de date mais il rêve.

Car, il n’avait nullement l’intention de

satisfaire les vœux de ses adversaires. Il

faut dire qu’à la vérité, en Haïti, pas grand

monde n’avait imaginé une minute que le

pouvoir allait changer de main le 7 février

2021.

Aucun risque de se tromper, pas

même les dirigeants de l’opposition plurielle

ne l’avaient pensé. Certes, beaucoup

le souhaitaient. Mais, en vérité, ils

savaient que c’était mission impossible ;

dans la mesure où ils avaient mal jugé la

force non pas politique de Jovenel Moïse

mais son audace politicienne. Si pour

l’opposition de la branche la plus radicale

et ceux qui seraient prêts à accepter

le compromis avec le régime Tet Kale, la

date du 7 février 2021 était celle pouvant

booster un peu la mobilisation populaire

contre l’élu du parti PHTK, pour celui qui

n’a jamais fait grand cas de cette opposition

disparate, 7 février 2021 n’était en

fait qu’une date comme les autres dans

le cheminement inéluctable vers la conclusion

de son mandat de 5 années en

2022. Plus mature politiquement que

la quasi-totalité des dirigeants et leaders

des oppositions qui, par manque d’arguments,

s’en prennent même à la Communauté

internationale, Jovenel Moïse a fini

par démontrer que le courage en politique

et surtout l’intelligence se paient.

Sur cette affaire de date de fin de

mandat, dès le départ, l’occupant du Palais

national savait que tout allait se jouer

là-dessus vu que jamais l’opposition

n’allait s’unir pour présenter ce fameux

front commun qui aurait pu le déstabiliser,

voire le renverser. Après les deux

épisodes de « Peyi Lock », périodes durant

lesquelles il a su garder un profil bas,

terré chez lui à Pèlerin 5, histoire de faire

le mort et de laisser passer la tempête,

Jovenel Moïse a réalisé que plus rien ni

personne, en tout cas en Haïti, ne pourra

l’empêcher de poursuivre son petit bonhomme

de chemin jusqu’aux prescrits des

articles 134.1 et 134.2 de la Constitution

de 1987 qui fixe son mandat à 5 ans à

partir de la date de son entrée en fonction.

Sauf cas contraire à ses prévisions. Au

moment où l’opposition dans sa globalité

tire à boulet rouge sur le Core Group et la

Communauté internationale en général,

Jovenel Moïse, lui, malin, en fin lecteur

des « Œuvres essentielles » d’un certain

Dr François Duvalier, cageole cette Communauté

internationale dont, en Haïti,

sauf les myopes et les malentendants ne

voient et n’entendent sa puissance dans

les affaires internes haïtiennes.

D’ailleurs, un article fort intéressant

et enrichissant de celui qui est devenu

un spécialiste de la politique haïtienne,

le brésilien Ricardo Seitenfus, paru dans

le quotidien Le Nouvelliste de la semaine

du 29 janvier 2021 nous enseigne plein

de choses sur la problématique des fins

de mandat présidentiel en Haïti. Surtout

que cet ex-diplomate apporte, comme il

le fait depuis un certain temps, la preuve

que finalement ni l’opposition ni les dirigeants

haïtiens ne contrôlent pas grand

chose s’agissant de grandes décisions

politiques à chaque fois que la situation

sociopolitique devient compliquée pour le

pays. Dans son « Papier » intitulé : « Les

Dés sont jetés, Exhumer Haïti n’est pas à

la portée des simples amateurs » l’ancien

Représentant spécial de l’OEA en Haïti

entre 2009 et 2011 et auteur de plusieurs

ouvrages de références sur les crises politiques

dans ce pays un peu particulier

dans l’hémisphère nord américain, Ricardo

Seitenfus, dessine avec brio le scénario

qui attend les acteurs de l’opposition.

Une analyse d’un fin connaisseur

du milieu politique haïtien qui corrobore

ce que nous avons déjà et à maintes reprises

écrit tendant à démontrer que les

deux protagonistes - opposition et pouvoir

- ne maîtrisent point les données

qui se précisent de plus en plus et au fur

et à mesure que nous avançons dans le

processus électoral et la fin du mandat du

chef de l’Etat. Ricardo Seitenfus multiplie

les exemples et les faits démontrant que le

Core Group et la Communauté internationale

finiront par imposer leur verdict aux

deux entités comme ils l’ont toujours fait

depuis la transition de 2004 avec la chute

et le départ en exil du Président Jean-Bertrand

Aristide. Or, c’est ce que les oppositions

en Haïti n’ont toujours pas compris

pour leur malheur dans le sens qu’à chaque

fois les « amis d’Haïti » tranchent

toujours en faveur de la continuité par

peur d’un lendemain chaotique. C’est-àdire

en faveur du pouvoir sortant même

si le personnel du Palais national change

de tête d’affiche.

Peine est de constater qu’aucun

des leaders de l’opposition dite radicale

et même au sein de la branche la plus

modérée, par peur d’être taxée pro-Jovenel,

ne s’aperçoit que c’est le même

scénario qui est en train de se mettre en

place avec un Jovenel Moïse qui, longtemps,

a compris le jeu de ses amis de

l’Internationale. En effet, le locataire du

Palais national a vite remarqué que même

quand le Core Group émet discrètement

une note de presse truffée d’incohérences

sur sa gouvernance, c’est juste pour l’inciter

à apporter un petit correctif dans les

décisions qu’il prend, mais rien de grave.

Les critiques un peu sournoises des membres

du Core Group vis-à-vis du Président

de la République sur les multiples décrets

et arrêtés présidentiels de l’année écoulée

ne sont en réalité destinées qu’à endormir

les plus radicaux au sein de l’opposition

et modérer l’appétit d’un Président devenu

grand consommateur de décrets et

arrêtés qui ne sont soumis à aucun contrôle

et dont les signatures des membres

du Conseil des ministres ne servent que

de paravent.

Sans aucune alternative qui aurait

pu susciter un débat ou tout au moins

semer le doute au sein des membres du

Core Group durant toute l’année dernière,

l’opposition haïtienne n’avait aucune

chance de dérouter ces diplomates en

poste dans la capitale haïtienne de leur

mission qui est de maintenir le statu

quo afin d’empêcher un vrai soulèvement

populaire qui est synonyme de

changement de régime politique comme

en 1986 sous la dictature de feu Jean-

Claude Duvalier. Ce que l’opposition doit

avoir à l’esprit, c’est que la Communauté

internationale, à travers le Core Group,

craint comme la peste que le pays ne vire

à l’anarchie incontrôlable pour que les

grandes puissances via l’ONU ou l’OEA

ne se trouvent dans l’obligation de monter

une nouvelle fois un autre Corps expéditionnaire

pour se positionner en Haïti.

Une décision gravissime qui signifierait

leur échec en Haïti depuis leur arrivée fin

des années 90. Constatant que l’opposition

n’est pas en mesure de comprendre

cela, l’ONU, l’OEA et l’OIF (Organisation

Internationale de la Francophonie) jouent

finalement franc jeu en soutenant ouvertement

et sans vergogne la partition que

le Président Jovenel Moïse leur a soumise.

Elle consiste, en fait, à les faire

accepter, peut-être en désespoir de cause,

l’alternative qui lui parait le plus consensuelle

et sans doute qui fait l’unanimité

au sein de ces trois institutions internationales

: la réforme constitutionnelle tant

souhaitée par tous mais jamais concrètement

entamée et les élections générales

au cours de cette année 2021 pour renouveler

le personnel politique. C’est tout

ce que demandent le Secrétaire général de

l’ONU, Antonio Guterres, celui de l’OEA,

Luis Almagro et celle de l’OIF, Louise Mushikiwabo.

Et comme un présage, on a le

sentiment que le Président Jovenel Moïse,

sur ces deux thématiques, tiendrait parole.

Il sait aussi qu’il n’a pas le choix.

D’où, finalement et en toute logique, l’envoi

à Port-au-Prince dès la fin de l’année

2020 en soutien à ces deux décisions,

d’émissaires et deux Conseillers chargés

de guider et d’orienter le pouvoir sur ces

sujets très controversés pour l’opposition

qui a réalisé qu’elle s’est fait piéger par Jovenel

Moïse qui est sur le point de réaliser

le plus grand holdup politique et institutionnel

depuis 1987 : une nouvelle Constitution

avec un referendum populaire à

la clé et des élections générales et ceci à

lui tout seul.

Puisque, en l’absence du Parlement

et sans accord politique avec l’opposition

sur la composition du Conseil

Electoral Provisoire (CEP) et le Comité

Consultatif Indépendant (CCI), il arrive

à faire avaler son plan de la « Nouvelle

Haïti » aux deux instances internationales

les plus engagées politiquement

et institutionnellement en Haïti depuis

plus de trente ans. Devant tous ces faits

marquants où le chef de l’Etat ne cesse

de renforcer ses assises, que fait l’opposition

ou que propose-t-elle en guise

d’alternative au pouvoir qu’elle voulait

remplacer le 7 février 2021, rien ? Sinon

de la chamaillerie avec une « Ribambelle

» de propositions de sortie de crise

dont aucune ne porte le sceau de l’unanimité

encore moins de soutien collectif

de l’ensemble de cette grande famille

très divisée même au moment où elle

devrait serer les rangs pour gagner contre

un pouvoir, certes non populaire, mais

suite à la page(13)

Dr. Kesler Dalmacy

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8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021


This week in Haiti

Mounting Haitian Deportations Belie Biden

Administration Posturing

Detained Haitian immigrants, with their children, praying in a U.S. federal

detention center.

by Albert St. Jean

ICE summarily deported Paul

Pierrilus (above) to Haiti on Feb.

2 after he lived in the U.S. for 35

years. He is not a Haitian citizen.

On Feb. 9, Immigration and Customs

Enforcement (ICE) sent yet another

planeload of Haitians back to Haiti. The

day before, 72 Haitians were deported,

including 22 kids. Deportation analysts

believe there will be additional Haiti

flights on Feb. 11 and 12, two each

day. Each ICE flight to Haiti is estimated

to carry roughly 135 persons.

Last week, deportation flights to

Haiti resumed as a Trump-appointed

judge in Texas defied the Biden administration's

100-day deportation moratorium.

On Feb. 2, the same day Biden issued

an executive order to "establish a

task force to reunite families separated

at the border under the Trump administration,"

ICE sent a planeload of detainees

to Haiti, seemingly in defiance.

But the mass deportations to

Haiti by a Democratic administration in

the past few weeks are nothing new. In

fact, not coincidentally, they look very

similar to Haitians' stepped-up deportation

in the last year of the Obama administration.

Those deportations in 2016 happened

so covertly that they went largely

unreported, even by Haitian-American

media, by and large. After Haiti’s

devastating 2010 earthquake, the U.S.

had suspended deportations to the

country. They were partly resumed a

year later by sending back people convicted

of “serious crimes.” Typically,

they would deport about 50 people per

month to Haiti.

However, in the final months of

the Obama administration, there was

an abrupt move subjecting any new

Haitians entering the U.S. to “expedited

removals.” On Sep. 22, 2016, Jeh Johnson,

Secretary of Homeland Security,

issued a directive to apprehend, detain,

and deport Haitian nationals arriving

in the U.S., starting the next day. As

a result, deportations to Haiti increased

1,700% when, a few months later, the

Trump administration began adding

to the expulsion rolls the 30,000-plus

Haitians who had orders of removal

prior to the earthquake.

Haitian migrants had previously

triggered U.S. immigration crackdowns.

The practice of keeping immigrants detained

indefinitely started with Haitian

refugees

in 1981. Previously, since 1954,

undocumented immigrants were “paroled”

into American society. Only people

deemed a “risk,” either for health

or public safety reasons, would be detained.

The indefinite detainment of Haitian

immigrants, initiated under the

Reagan administration, was, without

a doubt, racially motivated. As often

happens under capitalism, a blatantly

racist policy reserved for the most reviled

soon became common practice,

applied to all. This was the genesis of

what would become the “Immigration

Detention Industry,” necessitating the

construction of the massive immigration

detention centers and networks of

municipal jails.

Many in the general public, including

the Haitian community, are

shocked to learn that the bulk of today’s

deportations to Haiti stem from

migration to the U.S./Mexico border

and includes families with children and

infants.

After the 2010 earthquake, Brazil

and Chile began taking in displaced

Haitian migrants. Their populations

surged to over 90,000 in Brazil and

150,000 migrated to Chile from 2016

to 2018. “Brazil needed the cheap labor

to build stadiums, hotels, and other

structures to receive people for the

2014 World Cup and then later the

2016 Summer Olympics,” said Ninaj

Raoul of the Brooklyn-based Haitian

Women for Haitian Refugees (HWHR).

“They were taking advantage of the

low wage labor, by welcoming the

earthquake survivors into their country.”

Soon anti-Haitianism, political

instability, and joblessness began sending

many Haitian migrants north to

the United States, where they hoped to

either reconnect with relatives or start

over. “Once the Olympics were over in

2016, there was political turmoil and

an economic downturn in Brazil, which

led to Haitians being no longer welcome,”

Ninaj explained. “In fact they

were being pushed out. Basically they

were no longer needed there.”

Having made the perilous journey

through jungles and regions hostile

to Black people, tens of thousands

of Haitians and African immigrants

reached Tijuana, Mexico in hopes of

entering the United States. “The canopy

in the jungles was so thick,” said

one Haitian migrant who made it to

San Diego, CA with his pregnant wife,

“that we didn’t see the sun for weeks.”

I met such migrants when I visited

the Haitian Bridge Alliance in San

Diego in 2017, interviewing survivors

of the journey who described people

getting killed by panthers in the Brazilian

and Colombian jungles, pregnant

women being denied medical help in

Central America because of their race,

hiding from police and armed men in

Nicaragua, and receiving help from indigenous

people who recognized that

they posed no threat.

The migrants had to pass through

nine or ten countries to get to Mexico.

I met a man who survived getting shot

in the head in Nicaragua. I met women

who were raped by local officials,

soldiers, and coyotes [smugglers] who

were supposed to be assisting them on

the treacherous journey. Some were

attacked by wild animals. If there was

a family member that died, people had

to press on, and there was no time for

proper burials.

Violence, sickness, injuries, starvation

and dehydration were common

causes of death on the journeys. “There

was a young child, 14, whose leg was

injured,” said one Haitian interviewee

in a Haitian Bridge Alliance report.

“It became infected and got worse.

The mom had to stay behind until he

passed away.”

In the same report, 29 of the 30

women interviewed stated they went

3-15 days without eating during the

journey. For pregnant women, the

trip was an even higher risk. “ I was

scared the entire time that I would give

birth in the bushes,” said one woman.

“I went five days without eating while

pregnant.”

Ninaj became aware of the transcontinental

migration in February 2016

when some Haitian men began showing

up at her office with ankle bracelets.

“That was the first time I had seen

Haitian people who just entered the

country with these electronic monitor

bracelets, going straight from ‘decarceration

to E-carceration’... In fact, there

were instances where some had two

ankle bracelets, one assigned by ICE,

the other by a private company [Libre

by Nexus].” Those paroled with ankle

bracelets would get check-ups twice

a week. Often, the check-ups would

consist of a phone call demanding that

they go nowhere. The penalty for not

being at a designated location could be

redetainment or deportation.

According to Ninaj, bond companies

that had access to the jails would

sign up immigrants for the ankle bracelet

program, in which they had to pay

$420 a month. “They approach you in

jail like they’re hooking you up and doing

you a favor,” she explained. “And

you believe it, because you want to get

out. Sometimes they even give them

a cell phone so they can keep track of

them and pressure them to make the

monthly payments.”

The San Diego Alliance, another

immigrant rights group, began notifying

Ninaj that an influx of Haitian

migrants was heading her way. Soon,

for Haitians who had crossed over the

U.S./Mexico border, HWHR became the

default assistance organization, not just

for New York, but for the entire Northeast

United States. Ninaj noted that

most of the people had more formal

education than previous groups with

which she had worked. They left Haiti

because of political persecution, lack of

economic opportunity, or state-sponsored

gang and gender-based violence.

She pointed out that, since 1992 when

the HWHR was founded, typically 50

Haitians a month would be deported

Haitian migrants at the U.S./Mexico border.

from the U.S..

But on Sep. 23, 2016, as previously

noted, the Obama/Biden administration

began deporting 270 people a

week. She believes the increase was for

“political reasons,” to deprive then Republican

presidential candidate Donald

Trump of another immigration talkingpoint

against Democratic candidate Hillary

Clinton. Trump infamously branded

Central Americans and Mexicans as

“bad hombres” and rapists and in 2017

reportedly told aides that Haitians

“all have AIDS.” Obama officials had

hoped the uptick in deportations would

stop the flow of migrants north, but it

didn’t. In spite of the obstacles, more

Haitian and African migrants continued

to make the journey, regardless of the

odds.

In addition to those arriving at

the U.S./Mexico border, there are others

who were detained and deported

after living in the U.S. for many years.

Among this group is Paul Pierrilus, 40,

a long-time Spring Valley, NY resident

who was born in St. Martin to Haitian

parents. He is not a Haitian citizen and

had never been to Haiti, having come

to the U.S. at age five. He’d been making

routine check-ins with ICE since

2006. On his Jan. 11 check-in, he was

detained, then deported on Feb. 2.

Trump is not alone in creating today’s

crisis surrounding the deportation

of Haitians. Former Secretary of State

Hillary Clinton contributed to Haiti’s

current political instability and economic

woe by facilitating President Michel

Martelly’s election following the 2010

earthquake. Washington also abetted

the controversial election of Martelly’s

protégé, Jovenel Moïse, in 2016.

Since July 2018, the Haitian

people have been trying to rid themselves

of Jovenel Moïse, whom they see

as Washington’s puppet. Last week,

the Biden administration adopted the

Trump administration’s policy of full

support for Moïse, even endorsing his

refusal to step down on Feb. 7, 2021 as

the Haitian Constitution dictates. The

U.S. thus creates more political turmoil,

economic collapse, and human migration.

Haiti is today still caught in a

vicious cycle which has repeated itself

since the first U.S. military invasion of

the country in 1915: Washington destabilizes

the country politically and

economically, installs and props up

corrupt repressive puppets, then mass

A Haitian Women for Haitian Refugees demonstration at Pennsylvania’s

Berks County Family Detention Center, one of three federal detention

centers for immigrant families.

exodus ensues.

“These Haiti expulsions of virtually

anyone who crosses the border

seem to be very intentional Biden-team

policy, not rogue ICE behavior, with the

purpose of sending a deterrent message

to Haitians in Mexico – ‘if you cross

the border, you will be put on an airplane

to Haiti" – in the period of weeks

or months while the Biden team crafts

new protocols for dealing with the

border,” said Steve Forester, the Immigration

Policy Coordinator for the Institute

for Justice and Democracy in Haiti

(IJDH). “Expelling an estimated 1,800

Haitians to Haiti – including hundreds

of infants and children – during Black

History Month and an extreme political

crisis in Haiti remains inhumane

and completely inappropriate. This

should not be happening from an administration

pledged to racial equity in

every agency decision and permitting

migrants access to asylum protections.”

“We at Haitian Women

for Haitian Refugees are outraged by

the discriminatory deportations that

continue to be carried out by ICE in

the midst of this global coronavirus/

COVID-19 pandemic and while there

is serious political crisis in Haiti, and a

surge in kidnapping terrorism by government-backed

gangs,” the HWHR

said in a Feb. 9 statement. “In the

same week that President Biden signed

an executive order to launch a task

force to reunite families separated by

the Trump administration, this administration

is deporting Haitians, including

children and infants, in record

numbers. This is a cruel contradiction

that will further separate many families.

It is simply careless and inhumane

suite à la page(16)

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

9


DERRIÈRE LE COUP D'ÉTAT DU

MYANMAR : SUIVEZ L’ARGENT !

Le chef militaire du Myanmar, le général Min Aung Hlaing, dispose de vastes

ressources économiques. Photo : Sefa Karacan / Agence Anadolu via l'AFP

Par Richard S. Ehrlich

Le général Min Aung Hlaing avait de

grosses motivations économiques et

financières pour organiser son putsch

mettant la démocratie entre parenthèses

BANGKOK - En s'emparant du pouvoir

absolu, le général Min Aung Hlaing,

leader du coup d'Etat au Myanmar, a

protégé ses intérêts financiers et ceux

de sa famille, ainsi que la domination

économique de l'armée, qui échappe à

tout contrôle.

Min Aung Hlaing a passé une

grande partie de sa carrière militaire en

tant qu'officier discret, peu enclin à la

publicité, régulièrement promu à des

postes élevés avant de s'emparer du pouvoir

absolu à l'aube du 1er février, cinq

mois avant sa retraite obligatoire à 65

ans le 3 juillet.

Entre autres objectifs, le commandant

en chef de l'armée espère apparemment

s’être protégé, ainsi que sa

famille et ses collègues militaires, contre

d'éventuelles enquêtes sur leurs vastes

et lucratives transactions financières et

leurs avoirs économiques, selon certaines

sources. « Ses intérêts financiers doivent

être considérés comme un motif pour

son coup d'État », a déclaré le groupe de

militants de la campagne Justice pour le

Myanmar dans un communiqué.

« Le général Min Aung Hlaing

a l'autorité suprême sur les deux conglomérats

militaires du Myanmar -

Myanmar Economic Corporation (MEC)

et Myanmar Economic Holdings Limited

(MEHL) », a noté le groupe.

MEC et MEHL seraient investis

dans l'activité portuaire commerciale du

Myanmar, les dépôts de conteneurs, l'extraction

de jade et de rubis, l'immobilier, la

construction et d'autres secteurs lucratifs.

Le fils de Min Aung Hlaing, Aung

Pyae Sone, exploite une « entreprise de

fournitures médicales, A&M Mahar, qui

vend des autorisations de la Food and

Drug Administration et négocie les importations,

ainsi que le commerce et la

commercialisation de produits pharmaceutiques

et de technologie médicale »,

poursuit le communiqué. « Aung Pyae

Sone possède également Azura Beach

Resort, qui se présente comme la ‘plus

grande station balnéaire de Chaung

Tha’ », une zone balnéaire de la région

d'Ayeyarwady populaire auprès des élites

de Yangon.

Sky One Construction a reçu l'autorisation,

il y a quelques années, de «

construire une station sur un terrain de

9 hectares loué au gouvernement... Sky

One Construction est la propriété d'Aung

Pyae Sone », ajoute le communiqué. « La

femme d'Aung Pyae Sone, Myo Yadanar

Htaik, est également dans les affaires,

notamment en tant que directrice de la

Nyein Chan Pyae Sone Manufacturing

Un manifestant tient une banderole à l'effigie du chef militaire du Myanmar,

le général Min Aung Hlaing, et d'un dinosaure, lors d’une manifestation

condamnant le coup d'État militaire devant l'ambassade du Myanmar à

Bangkok, le 4 février 2021. Photo : AFP/Lillian Suwanrumpha

& Trading Company avec son mari. « La

fille de Min Aung Hlaing, Khin Thiri Thet

Mon, possède Seventh Sense, une entreprise

de production médiatique qui réalise

des films à gros budget et a des contrats

d'exclusivité avec Nay Toe et Wut Hmone

Shwe Yi », toujours selon le communiqué.

La liste des avoirs de la famille

est longue et large. Un rapport des Nations

unies de 2019 indique que MEC

et MEHL « contribuent à soutenir la capacité

financière de la Tatmadaw [Forces

armées] ».

Ce rapport indique que ces conglomérats

militaires présentent un « risque

élevé d’être épinglés pour contribuer

ou être liés à des violations des droits

humains et du droit humanitaire international

». Le chef du coup d’État bénéficie

du soutien de ses collègues officiers, dont

ceux qui ont bénéficié des diverses activités

commerciales de l'armée.

On rapporte qu’il a également

fait plaisir à la base de l’armée avec les

récents achats d'armes et d'équipements

coûteux en provenance de Chine, de

Russie, d'Israël et d'autres pays, des contrats

qui ont traditionnellement permis

aux généraux de haut rang de toucher

de juteuses commissions sur des factures

gonflées.

Transparency International, l'organisme

de surveillance de la corruption,

a régulièrement classé le Myanmar parmi

les pays les plus délinquants au monde,

selon son indice de perception de la corruption.

Mais c'est le contrôle étroit dont

Min Aung Hlaing, sa famille et ses camarades

militaires bénéficient qui rend leurs

activités financières particulièrement

problématiques à mesurer sans examen

public ni comptabilité sur leurs profits et

leurs transferts de propriété.

Si Min Aung Hlaing avait pris sa

retraite au lieu de lancer son coup d'État

du 1er février, il aurait été potentiellement

vulnérable aux enquêtes financières

menées par le nouveau gouvernement

d'Aung San Suu Kyi, dirigé par la Ligue

nationale pour la démocratie (LND), qui a

remporté une victoire écrasante contre le

parti servant de cache-sexe à l’armée lors

des élections de novembre dernier. « Lorsque

Suu Kyi a de nouveau remporté une

élection avec brio, [cela] a créé le risque

d’une véritable démocratisation - même

si elle est de nature libérale - qui pourrait

miner la position de l'armée pendant

longtemps », a écrit Avinash Paliwal, un

auteur qui enseigne à l'École des études

orientales et africaines de l'Université de

Londres.

Ce que l'on comprend encore

moins, c'est comment Min Aung Hlaing

et les militaires ont perçu les relations

commerciales croissantes de Suu Kyi et

de la LND avec la Chine, qui a de vastes

intérêts dans le développement des infrastructures

au Myanmar dans le cadre de

son initiative « Belt and Road ».

On ne sait pas très bien quelle part

de ces contrats à gros budget, concernant

des routes, des chemins de fer et des

ports, était guidée et contrôlée par la LND

et si les militaires partageaient les richesses

contractuelles correspondantes.

La pression internationale contre

Min Aung Hlaing s'est accrue depuis la

répression brutale de l'armée contre la

minorité Rohingya et on s'attendait à ce

qu'elle la cible plus intensément dans les

mois à venir.

Suu Kyi, lauréate du prix Nobel

de la paix, est immensément populaire

au Myanmar malgré le fait qu'elle ait été

déshonorée et dépouillée de plusieurs

de ses prix internationaux pour son

rôle passé d'icône pro-démocratique ces

dernières années, en raison de sa réaction

à la crise rohingya.

Les enquêteurs de l'ONU ont déclaré

que l'armée devrait être poursuivie

pour « génocide » lorsqu'elle a massacré,

violé et expulsé les Rohingyas de l'ouest

du Myanmar en 2016-2017. Plus de 730

000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh

voisin, à majorité musulmane, où

ils continuent de languir dans des camps

de réfugiés misérables.

Suu Kyi et l'armée ont nié les accusations

de génocide et ont déclaré que les

forces de sécurité du Myanmar avaient

lancé des attaques d'autodéfense contre

des « terroristes ». En 2019, les USA ont

imposé des sanctions contre Min Aung

Hlaing et trois autres chefs militaires pour

leur rôle dans les abus contre les Rohingyas.

Ces sanctions ont été prises dans

le cadre du Global Magnitsky Human

Rights Accountability Act et ont gelé tous

les avoirs détenus par Min Aung Hlaing

et trois autres officiers aux USA. Les relations

commerciales usaméricaines avec

eux ont été déclarées illégales par ces

sanctions.

Le président US Joe Biden a immédiatement

condamné le coup d'État

et a menacé de nouvelles sanctions si

celui-ci n'était pas annulé. Mais aucune

nouvelle mesure punitive usaméricaine,

quelle qu’elle soit, ne devrait pas éjecter

Min Aung Hlaing et l'armée du pouvoir.

Les militaires ont gouverné le pays

pendant des décennies, en commençant

par un coup d'État en 1962, puis en s'appuyant

sur un putsch en 1988, avant de

permettre une transition quasi-démocratique

qui a vu Suu Kyi et la LND remporter

les élections en 2015 et 2020.

L'armée a néanmoins conservé

son rôle politique grâce à des députés

nommés par les militaires et ayant un

droit de veto au Parlement et le contrôle

des puissants ministères de l'Intérieur, de

la Défense et des Affaires frontalières.

Les régimes militaires précédents

ont fait chuter l'économie, qui était l'une

des plus prospères de la région, jusqu'à

son inégalité grotesque actuelle, aggravée

par des décennies de sanctions internationales.

Il reste à voir comment réagiront

les investisseurs étrangers qui sont entrés

dans le pays sous le gouvernement élu

de Suu Kyi. Nombre d'entre eux ont déjà

vu leur image ternie pour avoir continué

à s'impliquer dans le pays après les atrocités

commises contre les Rohingyas.

Les investisseurs étrangers pourraient,

s'ils le souhaitent, faire tomber

certains des piliers économiques et financiers

dont Min Aung Hlaing et ses

collègues auront besoin pour maintenir

l'économie à flot pendant leur régime

d'urgence, qu'ils ont promis de lever au

bout d'un an.

La pression des groupes de défense

des droits se fait déjà sentir sur les entreprises

étrangères opérant dans le pays.

« Votre entreprise finance-t-elle les abus

militaires au Myanmar ? » est le titre d’un

rapport publié par Human Rights Watch

(HRW), basé à New York, mercredi. HRW

s'en est pris en particulier à la société japonaise

Kirin Holdings, spécialisée dans

la bière et les boissons, pour ses activités

dans deux brasseries liées à l'armée.

La société a annoncé vendredi

qu'elle abandonnait son partenariat avec

MEHL dans la brasserie du Myanmar

et la brasserie Mandalay en réponse au

coup d'État. « Les risques en matière de

droits humains, de réputation et de droit

qu’il y a à continuer à faire des affaires

avec l'armée du Myanmar sont immenses

», écrit Aruna Kashyap, avocat principal

de HRW.

L'armée « a été accusée de génocide

et de crimes contre l'humanité contre

les musulmans rohingyas, et de crimes

de guerre contre d'autres minorités ethniques.

Et maintenant, elle a renversé

un gouvernement civil qui a remporté

une réélection massive, avec plus de 80

% des voix, en novembre 2020 », écrit

Kashyap.

En Thaïlande, l’entreprise Amata a

temporairement interrompu ses travaux

Des soldats du Myanmar défilent en formation lors d'un défilé pour marquer

la 74ème journée des forces armées du pays à Naypyidaw, le 27 mars 2019.

Photo : AFP/Thet Aung

de développement de zones industrielles

d'un milliard de dollars au Myanmar,

craignant que de nouvelles sanctions ne

rendent le projet tabou pour les investisseurs

internationaux. « Nous et nos clients

sommes préoccupés par un éventuel

boycott commercial des pays occidentaux

», a déclaré mardi le directeur du marketing

d'Amata, Viboon Kromadit.

Suzuki Motor, quant à elle, a arrêté

ses deux usines de fabrication de

voitures au Myanmar jusqu'à ce que la

Aung San Suu Kyi, du Myanmar, et le chef militaire Min Aung Hlaing. Photo

: AFP via EPA

situation après le coup d'Etat se stabilise.

Les intérêts commerciaux croissants de la

Chine au Myanmar devraient être moins

affectés, puisque Pékin a déjà avalisé de

fait le coup d'État.

Asiatimes 05 Février 2021

Traduit par Fausto Giudice

Tlaxcala 07 Février 2021

Le fabricant japonais de bière Kirin a annoncé qu'il quittait son partenariat

avec l’armée après le coup d'Etat

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021


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Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

Équateur : Yaku Perez, « l'éco-socialisme indigéniste »

au service de la CIA

Yaku Pérez Guartambel ira au

second tour aux présidentielles

équatoriennes face au jeune

économiste de gauche, Andres

Arauz

Par Ben NORTON

Le candidat équatorien à la présidence,

Yaku Perez, a soutenu des

coups d’État en Bolivie, au Brésil, au

Venezuela et au Nicaragua. La campagne

de son parti écologiste Pachakutik,

soutenu par les États-Unis et

supposé “de gauche”, est promue par

des lobbyistes d’entreprise de droite.

L

’élection présidentielle du 7 février

en Équateur s’est terminée sur une

surprise : le décompte rapide publié par

le Conseil national électoral du pays

semblait montrer qu’un candidat peu

connu nommé Yaku Pérez Guartambel

occupait la deuxième place, remportant

une courte victoire sur le candidat

de droite Guillermo Lasso, un banquier

ayant une grande influence dans le

pays.

La plupart des sondages avaient

prédit une course présidentielle qui

se résumait à deux candidats, qui ne

pouvaient être plus différents : d’un

côté, le banquier conservateur Lasso,

qui avait le soutien des élites équatoriennes

et des États-Unis, qui s’étaient

déjà présentés, sans succès, à deux reprises

à la présidence avant celle-ci ; de

l’autre, un jeune économiste de gauche,

Andres Arauz, qui suit les traces de

l’ancien président socialiste Rafael Correa

et qui veut revenir à sa Révolution

citoyenne.

Mais alors que les sondages le

plaçaient régulièrement en troisième

position, Yaku Pérez est resté dans la

course jusqu’à la fin. Et, contrairement

à Lasso, Pérez n’a jamais fait preuve de

loyauté envers la droite ; il se présentait

à ce qui avait été présenté comme une

campagne progressiste et écologiste.

Pérez, un leader indigène du parti

Pachakutik, prétendant être la véritable

option de gauche aux élections, critique

Arrauz et le mouvement correiste

qu’il représente comme n’étant pas

assez pur. Mais la trajectoire politique

de Pérez suggère qu’il est un cheval de

Troie pour les ennemis les plus implacables

de la gauche.

Perez a attaqué avec virulence

d’autres mouvements d’Amérique

latine, il a soutenu les coups d’État

américains [ou tentatives, NdT] contre

la Bolivie, le Brésil, le Venezuela et le

Nicaragua, tout en accusant ces gouvernements

d’être “racistes”.

Sa vision politique fusionne les

critiques anarchistes d’ultra-gauche des

gouvernements de gauche existants

avec un programme politique objectivement

de droite. Et son opposition au

pouvoir de l’État est profondément opportuniste.

Si M. Perez est très critique

à l’égard de la Chine, il a également

déclaré qu’il “n’y réfléchira pas à deux

fois” avant de signer un accord commercial

avec les États-Unis.

L’idéologie apparemment progressiste

de Perez est pleine de contradictions.

Alors qu’Arauz, le candidat

correiste, a proposé de donner des

chèques de 1 000 dollars à un million

de familles ouvrières, Perez a attaqué ce

plan au motif que les citoyens pauvres

dépenseraient tout l’argent en bière le

même jour. Pachaktik, le parti de Perez,

s’identifie comme “écosocialiste” et

prétend représenter les communautés

indigènes d’Equateur. Mais comme le

candidat qui la dirige, elle emploie une

rhétorique de gauche qui est pleine

d’objectifs régressifs.

Pachakutik est étroitement lié

aux ONG financées par Washington

et les États membres de l’Union européenne

(UE). Les dirigeants du parti

ont été formés par le National Democratic

Institute (NDI), une filiale de la

CIA opérant sous les auspices du NED.

Pachakutik est le bras politique du

groupe indigène CONAIE, qui avaient

participé aux protestations contre l’ancien

président Correa, formant une alliance

non déclarée avec l’aile droite oligarchique

du pays dans une tentative

de déstabiliser et de renverser le président

socialiste. En fait, Pachakutik et la

CONAIE ont joué un rôle majeur dans la

tentative de coup d’État de 2010 (avec

Pachakutik au centre, est étroitement lié aux ONG financées par

Washington et les États membres de l'Union européenne (UE).Ici avec les

ambassadeurs de la France et de l’Allemagne.

le soutien des États-Unis), qui a failli

entraîner la destitution violente et antidémocratique

de Correa.

Le principal candidat de la droite

aux élections de 2021, le riche banquier

Lasso, ne s’est pas senti menacé par

la rhétorique “écosocialiste” de Peŕez

et Pachakutik. Il semble bien conscient

que le label n’est qu’un stratagème de

marketing. Lasso a déclaré publiquement

que si Pérez parvenait d’une

manière ou d’une autre à se qualifier

pour le second tour, il le soutiendrait

volontiers pour vaincre les correistes.

Le soutien du banquier n’a surpris

personne quand on sait qu’en

2017, avant de changer son nom de

Carlos à Yaku, Perez lui-même a soutenu

la candidature de Lasso. Les liens

de Pachakutik avec Washington sont

très étendus. L’un de ses anciens membres

les plus éminents est Fernando

Villavicencio, un journaliste qui a soutenu

une campagne de désinformation

contre le journaliste Julian Assange,

diffusant des accusations discréditées

mais profondément préjudiciables sur le

rédacteur en chef de WikiLeaks par le

biais du journal britannique The Guardian.

L’activisme anti-Correa de Villavicencio

semble également avoir été

financé par le NED.

Villavicencio a été conseiller de

Cléver Jiménez, l’adjoint de Pachakutik

à l’Assemblée nationale, qui a aidé

à diriger la tentative de coup d’État de

2010.

Yakú Pérez a organisé des manifestations

de soutien à Villavicencio et

Jiménez lorsque Correa les a accusés

de diffamation pour avoir répandu de

fausses nouvelles à son sujet. Les tactiques

de Pérez et de Pachakutk sont le

reflet d’autres tactiques en Amérique

du Sud qui ont exploité les forces,

théoriquement de gauche, pour faire

avancer les objectifs de droite.

Au cours du processus qui a

conduit au coup d’État contre le gouvernement

démocratiquement élu de la

Bolivie en 2019, des ONG prétendant

soutenir les causes environnementales

se sont engagées dans une opération

de désinformation visant à diaboliser

le président de l’époque, Evo Morales,

premier président indigène de l’histoire

de la Bolivie, lui-même puissant promoteur

de la protection de l’environnement.

Les militants du changement de

régime issus d’organisations financées

par les gouvernements américain et européen

ont accusé l’administration Morales

d’avoir déclenché des incendies

dans la forêt amazonienne, principalement

concentrés au Brésil, où Jair Bolsonaro,

le président d’extrême droite,

s’est fait fièrement appeler “Capitaine

Tronçonneuse”.

Yaku Perez et Pachakutik jouent

un rôle similaire en Équateur, en attaquant

les forces populaires de gauche

par la gauche elle-même, ouvrant ainsi

un espace pour la droite d’avancer. Les

partisans du mouvement socialiste de

Correa ont accusé Pérez et Pachakutik

de diviser le vote pour empêcher une

victoire de ce camp le 7 février.

Comme en Bolivie, où des

groupes environnementaux comme

Extinction Rebellion ont collaboré en

soutenant le coup d’État de 2019 sur

la base de préoccupations écologiques,

les anarchistes autoproclamés de l’organisation

soi-disant progressiste font

l’éloge de Perez.

Extinction Rebellion a été rejointe

dans les louanges de la pseudo-figure

marginale de gauche par des

groupes de pression d’entreprises comme

l’American Society and Council of

the Americas (AS/COA), financés par

des entreprises de combustibles fossiles

qui détruisent la planète, des fabricants

d’armes et des banques qui ont intérêt

à empêcher le retour au pouvoir des

correistes.

Le soutien “de gauche” aux coups

d’État de droite en Amérique latine

Yaku Pérez Guartambel dit qu’il veut

que les Équatoriens utilisent moins de

voitures et plantent plus d’arbres. Il a

proposé de mettre fin à l’exploitation

minière dans le pays et de restreindre

l’extraction du pétrole. Pérez critique le

mouvement correiste pour sa dépendance

à l’égard de l’extraction. Avec des

photos de campagne qui le montrent

souvent arrivant aux rassemblements à

vélo, l’image de Perez semble faite sur

mesure pour plaire aux sensibilités des

militants écologistes occidentaux.

L’Équateur est un pays anciennement

colonisé et en voie de développement,

et donc relativement pauvre

par rapport aux nations impérialistes

du Nord global. Mais elle a un avantage

: de grandes réserves de pétrole

et de minéraux. Ces ressources ont

été la clé des programmes politiques

et économiques de Correa et de ses

disciples, qui les ont utilisées pour dynamiser

le développement du pays,

financer des programmes sociaux et

investir des milliards de dollars dans

l’accès universel aux soins de santé, à

une éducation de qualité et à des infrastructures

de pointe.

Pourtant, l’apparence soi-disant

progressiste du programme politique

de Perez se termine avec ses politiques

environnementales. En matière de politique

internationale, il s’est révélé être

profondément de droite. Et alors que M.

Perez utilise son héritage indigène pour

prétendre représenter les communautés

indigènes de l’Équateur, beaucoup de

leurs membres sont en fait catégoriquement

contre lui et son parti. L’indignation

des indigènes contre M. Pérez en

particulier s’est accrue lorsqu’il a soutenu

le coup d’État en Bolivie en novembre

2019.

En octobre 2020, la majorité

indigène du parti du Mouvement vers

le socialisme (MAS) d’Evo Morales a

remporté les élections. Plusieurs leaders

indigènes équatoriens ont été invités à

l’inauguration du président Luis Arce,

mais Perez n’était pas l’un d’entre eux.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi, il

a été clairement indiqué que M. Pérez

n’avait pas été invité parce qu’il avait

soutenu le coup d’État.

Avant même l’opération violente

de changement de régime, Pérez critiquait

sévèrement Morales, l’accusant,

ainsi que Correa, d’”autoritarisme, de

machisme, d’extractivisme et de populisme”.

Pérez a catégoriquement refusé

de reconnaître la légitimité du gouvernement

d’Evo.

En 2017, Perez avait attaqué

Evo en tweetant une fois de plus : “Encyclopédique

son ignorance Evo (sic)

est biologiquement indigène, mais sur

le blanc identitaire il s’est blanchi, il est

colonisé, il ne se sent pas ou ne comprend

pas la cosmovision indienne”.

Après avoir soutenu le coup

d’Etat, Perez est resté silencieux sur

la Bolivie, ne disant pas un mot sur

la junte, dirigée par des extrémistes

chrétiens racistes qui ont massacré des

manifestants indigènes.

Mais le coup d’État en Bolivie

n’est pas la seule campagne de changement

de régime en Amérique latine

assistée par les États-Unis que Yaku a

soutenue. En novembre 2016, M. Perez

a fait l’éloge du coup d’État en douceur

qui a chassé le gouvernement du

Parti des travailleurs du Brésil du pouvoir,

tout en se rangeant du côté d’une

campagne de droite qui a attaqué la

présidente progressiste de l’Argentine,

Cristina Fernandez de Kirchner.

M. Perez a également lancé des

appels au renversement de Correa et

du président socialiste du Venezuela,

Nicolas Maduro. « La corruption a

fait tomber le gouvernement de Dilma

Rousseff et Cristina », a tweeté M. Perez

avec approbation. “Maintenant, il

ne reste plus qu’à faire tomber Correa

Le candidat progressiste Andres Arauz, qui suit les traces de l'ancien

président socialiste Rafael Correa

et Maduro. Ce n’est qu’une question de

temps.

Un mois plus tard, en décembre

2016, Perez a condamné les gouvernements

de Correa et Maduro comme

étant “coloniaux, ethnocidaires et racistes”.

Dans la même veine, M. Pérez a

soutenu la tentative de coup d’État brutal

au Nicaragua en 2018, également

soutenue par les États-Unis. Après que

les extrémistes de droite, avec le soutien

de Washington, ont passé des mois

à assassiner, torturer et terroriser les

partisans du Front sandiniste, Perez a

réagi en rejetant sur le gouvernement

élu la responsabilité de toute la violence

au Nicaragua. « Qui pourrait penser

que les sandinistes qui luttaient contre

la dictature tirent maintenant sur leur

peuple », écrivait-il en octobre 2018.

Liens amicaux avec le

gouvernement des États-Unis

Alors que Yaku Perez Guartambel n’a

aucun problème à diaboliser les gouvernements

révolutionnaires de gauche

en Amérique latine en les qualifiant de

“coloniaux, ethnocidaires et racistes”, il

reste curieusement silencieux sur les violations

massives des droits de l’homme

des gouvernements étatsuniens.

En effet, M. Perez a entretenu des

liens d’amitié avec Washington, tout en

faisant progresser l’agenda de ce dernier

dans son pays. Avant de se présenter

à la présidence, M. Perez était préfet

(gouverneur) de la province d’Azuay,

dont la capitale, Cuenca, est devenue

un centre important pour les expatriés

américains.

Il y a des communautés entières

de Nord-Américains à Cuenca, où ils

ne parlent que l’anglais et paient tout

en dollars (qui est la monnaie officielle

de l’Équateur depuis la dollarisation en

2000, suite à une crise économique

supervisée par l’ancien ministre de

l’économie Guillermo Lasso, aujourd’hui

principal candidat de droite aux

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021


Notre Mémoire se Souvient!

La mémoire au service des luttes : Cacique Hatuey

Par FUIQP et Alain Saint-Victor

Il y a 509 ans, le 2 février 1512, le

chef taïno Hatuey résistant à la conquête

espagnole est sauvagement exécuté

par les envahisseurs.

Né à Hispaniola, dans la région

de Guahaba (près de la ville actuelle

de Limbé, Haïti), Hatuey fait partie des

chefs les plus respectés et influents de

l’île. Il maintenait l’harmonie sociale

au sein de son groupe et résistait à

toutes tentatives d’invasion, notamment

contre celles des Caribes qui

n’ont jamais pu le vaincre.

Lors de l’invasion espagnole

et la mise en esclavage des Amérindiens

dans les mines d’or, Hatuey

organise et dirige une rébellion contre

les troupes de Nicolas de Ovendo,

proclamé gouverneur de l’île par les

autorités espagnols. Après une résistance

héroïque qui met en déroute les

envahisseurs, ces derniers reviennent

avec plus de forces et d’armes et prennent

possession de Guahaba. Hatuey

se réfugie dans la forêt avec ses guerriers.

Plus tard, en canots, avec 400

Amérindiens, il est contraint de fuir et

arrive à Maisi, à l’extrême extrémité

sud de Cuba.

Là-bas, malgré les difficultés,

Hatuey réussit à convaincre les habitants

de Maisi de se préparer à la

lutte. Il savait que les envahisseurs

espagnols ne reculaient devant rien

pour s’accaparer des “petites pierres

dorées”, déjà considérées, par lui, comme

une malédiction pour son peuple.

En 1511, Diego Velasquez

arrive à Cuba avec une force expéditionnaire

composée de 300 soldats. Il

y fonda la ville de Baracoa, située dans

la même région que Maisi.

Hatuey et ses hommes ne tardèrent

pas à attaquer les envahisseurs.

Voici comment l’historien cubain Oscar

F. Carbonell décrit ce moment tragique

dans l’histoire de l’île : « Hatuey ordonna

de jeter tout l’or dans la rivière,

pensant avec une certaine innocence,

que l’absence de ce métal (...)

apaiserait l’ambition et la méchanceté

des Espagnols. Les femmes et les

enfants sont amenés dans la forêt.

Avec leurs arcs, leurs flèches et leurs

lances, les hommes du brave cacique

se sont préparés au combat (...) qui

s’est produit peu de temps après le

débarquement (des Espagnols). Mais

rapidement les arquebuses se sont

imposés aux armes primitives des rebelles.

»

Hatuey perdit plusieurs guerriers

tandis que quelques Espagnols furent

légèrement blessés.

Devant la supériorité des armes

des envahisseurs, Hatuey change de

stratégie. Il opte pour la guérilla qui

semble porter fruit: elle consiste à attaquer

par petits groupes et monter

des embuscades. Les Espagnols sont

contraints d’arrêter leur avance, leurs

attaques contre des groupes de rebelles

dispersés s’avérant inefficaces.

Un Amérindien capturé et torturé

fournit des informations qui permettent

la capture de Hatuey.

Emmené devant Velasquez qui

lui promit la vie sauve s’il dévoilait

l’endroit où se trouvait l’or, Hatuey

répondit qu’il préférait mourir que

d’être l’esclave des Blancs. Il fut condamné

à être brûlé vif sur un bûcher.

Au moment de sa mort, le père

Juan de Tesin, un franciscain qui

faisait partie de l’expédition espagnole,

lui propose le baptême pour

soi-disant effacer ses péchés. Bartolomé

de La Casas raconte le dialogue

suivant suite à cette proposition :

« Et les Espagnols, où vont-ils après

la mort ? » demande Hatuey.

« S’ils sont baptisés, évidemment,

ils vont au paradis. »

« Ah ! dit Hatuey, les Espagnols vont

au paradis... Dans ce cas, je ne veux

pas y aller. Ne me baptise pas. Je serai

mieux en enfer qu’avec des êtres aussi

cruels. »

La résistance héroïque de Hatuey

à la conquête espagnole marqua

à jamais la mémoire populaire des

peuples antillais. Hatuey est célébré

chaque 2 février comme l’un des principaux

résistants à la conquête coloniale.

Aujourd’hui, bon nombre de

pèlerins se rendent chaque année sur

le lieu de son exécution près de la ville

de Bayamo.

Connaître les résistances d’hier

aide à construire celles d’aujourd’hui.

Repose en paix frère et camarade.

Merci pour cette leçon de dignité

et de résistance à l’oppression!

Texte: FUIQP et Alain Saint-Victor

Suite de la page (8)

vachement efficace grâce à ses soutiens

de l’extérieur et certains gangs armés qui

prennent fait et cause pour lui.

Dans ces conditions, il parait évident

qu’il ne pouvait se passer quoique

ce soit qui pût menacer sérieusement le

Président Jovenel Moïse le 7 février 2021.

Bien sûr les manifestations organisées par

l’ensemble de l’opposition dans la capitale

ont drainé du monde. Bien sûr, les

semaines précédant le 7 février, on sentait

une certaine nervosité et effervescence

politique à travers le pays : Gonaïves,

Les Cayes, Miragoâne, Cap-Haïtien,

Hinche, etc. Mais, honnêtement rien de

bien méchant. Bien sûr Me André Michel,

Porte-parole du « Secteur Démocratique et

Populaire » avait annoncé qu’un Accord

politique entre les différentes forces politiques

de l’opposition et de la Société civile

pour la gestion de la Transition avait été

signé dans l’après-midi du samedi 30 janvier

2021. La fameuse CNT (Commission

Nationale de la Transition). Un Accord,

rappelons-le, dont on a déjà fait écho dans

l’une de nos Tribunes.

Bien sûr le nouveau Président de

ce qui reste des sénateurs (10), Joseph

Lambert, s’est érigé en sauveur du dernier

recours et a tenté en vain d’organiser

son « Grand dialogue national » à Tara’s

La Sapinière les 3 et 4 février 2021 pour

finalement annoncer son annulation faute

de participants. Bien sûr quelques journalistes

étrangers curieux et avides d’événements

sensationnels étaient arrivés dans

la capitale. Ils ont assisté, incrédules, à

l’échec d’une opposition qui, à aucun moment,

n’avait pris conscience non pas de

ses forces mais de ses faiblesses face à un

régime qui était en 2019 à deux doigts de

rendre son tablier. Mais, rapidement avait

compris qu’en définitive, derrière tout ce

tohu-bohu, il n’y avait pas vraiment une

alternative crédible pour convaincre personne,

surtout pas le Core Group et à travers

lui la Communauté internationale et

encore moins Washington.

D’ailleurs, en pleine discussion

sur le départ ou non de Jovenel Moïse, le

Porte-parole du Département d’Etat américain

(Affaires étrangères), Ned Price, a

comme sonné la fin de la récréation en

déclarant « Conformément à la position

de l’Organisation des Etats Américains

sur la nécessité de poursuivre le transfert

démocratique du pouvoir exécutif, un

nouveau Président élu devra succéder au

Président Jovenel Moïse au terme de son

mandat, le 7 février 2022 ». Ce soutien

publiquement assumé par la nouvelle

Administration américaine au processus

électoral de Jovenel Moïse arrivait comme

par hasard 24h avant la date que

les oppositions au pouvoir considéraient

comme étant le dernier jour de l’élu du

PHTK au Palais national. Le lendemain de

cette prise de position des officiels américains,

six congressmen de Washington ont

choisi eux d’attirer l’attention du nouveau

Secrétaire d’Etat US, Anthony Blinken,

sur les dérives anti-démocratiques de

l’Administration haïtienne. Mais, on

imagine qu’il était déjà trop tard pour ce

Jour-J.

Puisque à ce moment l’on avait

retrouvé le Président de la République en

plein cœur du Carnaval de Jacmel pendant

que ses opposants étaient en train de

s’épuiser dans une chaleur insupportable

d’une salle d’hôtel de la capitale pour donner

une conférence de presse juste pour

annoncer qu’ils ont constaté que le pays

n’avait plus de Président de la République.

Quel contraste ! Quant à la population,

face aux hésitations des leaders de l’opposition,

elle préfère rester sur ses gardes et

manifester suivant son humeur, peu convaincue

que Jovenel Moïse devrait partir

avant que l’opposition ne soit en ordre

de marche. La Transition politique peut

donc encore attendre. Combien de temps

encore ? Un, deux, trois mois ? En vérité,

seule l’opposition détient la réponse. Finalement,

7 février 2021 n’était qu’un rêve

pour l’opposition jamais une réalité encore

moins une conviction.

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Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

Des progressistes

dominicains manifestent pour

soutenir le peuple haïtien

Qui est ce maire chilien que beaucoup

voudraient voir président ?

Par Isabelle Vanbrabant

Sit-in de solidarité des progressistes de la République dominicaine à la

lutte du peuple haïtien

Un grand nombre de progressistes

de la République voisine issus du

Parti Communiste du Travail, de l'Assemblée

des Peuples des Caraïbes-RD,

de la Confédération Nationale de l'Unité

Syndicale, du Mouvement Patrie pour

Tous et Tous, de l'Articulation Paysanne

Nationale, Fenatrano, L'Action

Afro-Dominicaine, le Bloque Popular

Jesús Adón et l'Agenda Solidaridad-RD

et du Frente Amplio ont participé le

vendredi 5 février 2021, devant l'Ambassade

d'Haïti, située rue Juan Sánchez

Ramírez, près de la zone universitaire,

à 10 heures du matin, à un «

sit-in de solidarité » à l’endroit de la

lutte des masses populaires haïtiennes

non seulement pour exiger le départ

du président Jovenel Moise mais aussi

pour un changement fondamental, un

avenir meilleur pour le peuple haïtien.

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Daniel Jadue est le maire de Recoleta,

une commune de Santiago, la capitale

du Chili. Il est populaire partout

dans le pays et est parvenu à mettre

en place des initiatives citoyennes impressionnantes.

« Vous montrez aux

gens qu’il est possible d’organiser un

pays autrement. »

Petit-fils de migrants palestiniens,

Daniel Jadue était d’abord engagé

dans le mouvement de solidarité

avec la Palestine avant d’adhérer au

Parti communiste chilien (PCCh). Aujourd’hui,

il est l’un des candidats à la

présidentielle de 2022 les plus populaires.

Et c’est directement lié à la politique

qu’il mène à Recoleta, opposée à

l’idéologie de la constitution chilienne,

qui est profondément néolibérale. Les

citoyens chiliens n’ont plus de droits

fondamentaux, tout doit être acheté,

même les choses les plus élémentaires

telles que l’eau, la santé, etc. À Recoleta,

tout n’est pas une marchandise.

Beaucoup de Chiliens considèrent Daniel Jadue, maire communiste, comme

le candidat le plus populaire pour les élections présidentielles de 2022.

Alors qu’il n’est pas candidat...

Isabelle Vanbrabant : Quelles

mesures avez-vous prises concrètement

à Recoleta ?

Daniel Jadue : Nous avons créé

une pharmacie cie municipale communautaire,

qui propose des médicaments

jusqu’à 50 % moins chers que la concurrence

privée. Entre temps, 144 communes

ont adopté ce système. Nous

avons également lancé un programme

de production d’électricité à partir de

panneaux solaires, afin de ne plus

dépendre de fournisseurs privés. Il y a

encore d’autres initiatives citoyennes :

un opticien communal, une librairie, un

magasin de disques, la location d’appartements,

l’université pour tous, une

structure de soins de santé communale.

Tout cela fait partie du programme « La

commune dans nos quartiers », qui est

réalisé en collaboration avec les conseils

de quartiers. Dans les « écoles pour

tous », c’est la collectivité qui prend

en charge les infrastructures. Ainsi,

cela fait 8 ans que nous sortons de la

logique du marché certains produits importants

tels que les médicaments, les

lunettes, les livres ou le logement.

Isabelle Vanbrabant : Selon

vous, d’où est parti le vaste mouvement

social qui secoue le Chili depuis

octobre 2019 ?

Daniel Jadue : Tout a commencé

par l’augmentation de 30 pesos

du prix du ticket de métro à Santiago,

en déconnexion totale avec la réalité

des travailleurs chiliens. Beaucoup de

gens passent des heures à se rendre au

travail ou à l’école dans un réseau de

métro parmi les plus chers du monde,

proportionnellement au niveau de vie

du pays. Le problème fondamental, ce

ne sont pas ces 30 pesos, mais bien 30

ans de politiques qui ne tiennent pas

compte des problèmes des gens. Le

coût de la vie augmente chaque année,

mais pas les salaires.

Ces vingt dernières années, le

taux de chômage a augmenté de 3 %,

passant de 6 à 9 %. Avec la pandémie,

la situation s’aggrave et en juin, le

taux de chômage explosait à 11 %....

De plus en plus de Chiliens n’arrivent

plus à joindre les deux bouts. De plus,

le système politique est corrompu et la

justice inexistante. Une personne issue

d’une famille riche commet un vol ? On

lui donne une petite leçon d’éthique.

Par contre, une personne pauvre qui

se fait attraper volant un téléphone risque

trois ans de prison. La résistance

est partie des actions de protestation

des étudiants, pour culminer en octobre

2019 avec des manifestations de

grande ampleur dans tout le pays. Environ

10 % de la population chilienne

(qui est de plus de 18 millions, NdlR)

est descendue dans la rue.

Isabelle Vanbrabant : Quel rôle

joue la pandémie dans tout cela ?

Daniel Jadue : Notre gouvernement

a fait face à cette crise sanitaire

comme le ferait un chef d’entreprise : en

minimisant le danger, en faisant passer

les intérêts économiques avant la santé

et en n’aidant pas les familles dans le

besoin. Les gens ont commencé à s’organiser.

On a vu se mettre en place des

cuisines populaires, des distributions

de nourriture et des aides en porte à

porte. Nous avons constaté une très

grande participation des jeunes générations.

C’est nouveau pour le Chili.

Auparavant, les jeunes ne voyaient pas

quel rôle ils auraient pu jouer dans ce

changement. Mais aujourd’hui bien.

Isabelle Vanbrabant : En octobre,

à un référendum demandant

au peuple chilien s’il estimait ou non

14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021


Ayiti : Installation d’une dictature et

chasse aux progressistes!

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, le ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée la dite action .Admet en conséquence le divorce du sieur Abner LORVIUS,

dʼavec son épouse, née Edeline DADE pour injures graves et publiques aux torts

de lʼépouse. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les

dits époux ; ordonne à l'officier de l'Etat civil de la commune de Carrefour à

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera inséré dans l' un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine

de dommages et intérêts envers les tiers s'il y échet . Commet l'huissier Johnny

JEAN pour la signification de ce jugement ; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy AUGUSTIN, juge en audience civile,

ordinaire et publique du mercredi vingt- sept janvier deux mille vingt et un en

présence de Me Paul WESLEY substitut du commissaire de ce ressort et avec

l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE , Greffier du siège.

Il est ordonné..........

Me Kesny LEON

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen sur les conclusions du Ministère public

maintient le défaut octroyé contre Frantzcise MARQUIS, à l'audience

précitée, pour le profit déclare fondée la dite action; Admet en

conséquence le divorce de Trouillot COPHY d'avec Frantzcise MARQUIS,

pour incompatibilité de caractères, prononce la dissolution des liens

matrimoniaux ayant existé entre les dits époux, ordonne à l'officier de

l'état civil de Liancourt Commune des Verrettes de transcrire sur les

registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale, sous peine de

dommages intérêts envers les tiers, s'il y échet. Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Me. Gabnel FRANÇOIS, juge en audience

civile ordinaire et publique en date du treize Mars deux mille dix neuf en

présence de Me Grand Pierre Estimé substitut du commissaire du gouvernement

de ce ressort avec l'assistance du greffier Pascal Toussaint

Il est ordonné. .....etc.. En foi de quoi. ....etc

Le rassemblement des révolutionnaires

Haïtien.ne.s (RARA), chapitre Montréal

condamne le climat de répression sauvage et

la chasse aux militant.e.s progressistes du régime

PHTK et proteste contre les arrestations

illégales et les sévices infligés aux victimes.

RARA renouvelle son soutien et sa solidarité

à la population et aux camarades en difficulté.

En effet, ce 7 février 2021, date où le mandat

du gouvernement de Jovenel Moise prend fin

d’après la constitution 1987 amendée et les lois

électorales d’Ayiti, le régime en place a déployé

sa machine répressive pour garder le pouvoir.

Ce, avec l’appui des puissances occidentales

dont le Canada.

Dans cette folle lancée pour asseoir la dictature

renaissante, brandissant les fantômes du

duvaliérisme, plusieurs camarades et personnalités

de la société Haïtienne ont été brutalement

arrêté.e.s et de manière illégale (ravi.e.s

de leur maison à 2 :00 AM). Des camarades du

RARA ont été arrêtés et plusieurs autres ont été

obligé.e.s de se mettre à couvert. RARA tient le

pouvoir en place responsable de la vie de nos

deux camarades arrêtés illégalement à Saint

Marc et aux Cayes ainsi que les autres qui sont

obligé.e.s de prendre le maquis.

RARA alerte l’opinion internationale sur

cette dérive totalitaire qui utilise les mêmes pratiques

duvaliéristes et branle un passé révolu

de chasse aux progressistes avec la création

d’un service de renseignement qui ne manque

pas de nous rappeler le fameux SD duvaliérien.

Beaucoup de vies ont été sacrifiées pour nous

sortir des affres de la dictature et nous n’allons

pas baisser les bras et livrer notre jeunesse et

une autre génération en pâture.

RARA dénonce le soutien inconditionnel

du gouvernement canadien au régime PHTK et

sa complicité à l’installation d’une dictature en

Ayiti qui réduit au silence toute voix dissidente,

en particulier celle de la gauche. À titre illustratif,

soulignons la fermeture de la Cour Suprême

du pays (Cour de cassation) et la fermeture de

l'école de la magistrature.

RARA interpelle le peuple canadien et

le peuple québécois en particulier, les organisations

progressistes, de droits humains et de

gauche afin de soutenir la lutte du peuple haïtien

trop longtemps éprouvé et d’aider à déjouer

ce plan macabre totalitaire en plein XXIe siècle.

À bas la dictature en Ayiti!

Vive la lutte des masses haïtiennes pour

leur autodétermination!

Pour authentification :

Réginald Germain

Montréal, le 8 février 2021

nécessaire une refonte de la constitution, qui remonte à l’époque de la dictature de Pinochet, 78 % ont

répondu « oui »...

Daniel Jadue : Cette refonte de la constitution était l’une des revendications centrales du mouvement

de résistance sociale. C’est la seule façon pour le pays de modifier radicalement sa législation

néolibérale. C’est donc une victoire fantastique pour les mouvements sociaux. Il s’agit aussi d’un hommage

à ceux qui se sont battus pour cela et qui ne sont plus là. Un hommage également aux centaines

de Chiliens qui sont toujours en prison un an après le début des manifestations. Les jeunes d’aujourd’hui

ont poursuivi le combat de 1988 (cette année-là, le dictateur Pinochet avait organisé un référendum

pour tenter de prolonger de huit ans son mandat de « président ». La proposition avait été rejetée avec

55,99 % des votes, marquant la fin du régime militaire, NdlR).

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen sur les conclusions du Ministère public, maintient

le défaut octroyé contre Micarline ALBERT à l'audience précité; pour le

profit, déclare fondée la dite action ; Admet en conséquence le divorce de

Lionel JEAN d'avec Micarline ALBERT pour incompatibilité de caractère ;

prononce en conséquence la dissolution des liens matrimoniaux ayant

existé entre les dits époux Ordonne à l'officier de l'état civil de Port de Paix

de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement

dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens à la Capitale ,sous

peine de dommages et intérêts envers les tiers, s'il y échet. Compense les

dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Max Wilbert JOSE doyen juge en

audience civile, ordinaire et publique en date du mercredi dix sept juin

deux mille en présence de Kerly DUBREUS , Av, substitut du commissaire du

gouvernement de ce ressort avec l'assistance du greffier Me Thony

CHARLES

Il est ordonné. .... etc.. En foi de quoi.... etc .....

Theoric CETOUTE

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après avoir délibéré au vœu de la loi, maintient

le défaut octroyé à l'audience du 30 juillet 2019 contre la

dame Mireille Fédé. Ordonne l'expulsion de la dame Mireille

Fédé de la maison occupée à haut Damier un banlieue de la

Commune de Cabaret. Accorde sur chef, l'exécution provisoire

sans caution de la présente sentence et commet l'huissier

Frisner Joseph François de ce siège pour la signification

de la présente sentence.

Donné de nous, Me Lanot, juge en audience ordinaire, civile

et publique du mardi six Août deux mille dix neuf, à dix

heures du matin avec l'assistance de monsieur Joseph

Vivens Degene, greffier en siège

Il est ordonné. ....etc...... En foi de quoi.... etc......

Ayiti pèpèrize

Eleksyon pèpè

Enstitisyon pèpè

Espwa pèpè

Kandida pèpè

Kochon pèpè

Konsyans pèpè

Lajan pèpè

Jandam pèpè

Lapolis pèpè

Legliz pèpè

Lekòl pèpè

Leta pèpè

Suite de la page (3)

15 membres, soit 8 des partis, groupements et regroupements

politiques de l’opposition et 7 autres

de la Société civile et du Comité Suivi qui devrait

avoir l’amabilité de le choisir, ainsi que le Premier

ministre, un cabinet ministériel, sans oublier l’Organe

de Contrôle de la Transition (OCT)?

Alors où sont les 15 membres, dans quel

monastère sont-ils logés ? Qui sont-ils ces 15

membres ? Sont-ils déjà nommés ou non ? Pourquoi

ils ne sont pas publics, de sorte que la population

sache qui est les principaux responsables qui

charpentent cette structure ? Leurs noms doivent

être publiés de sorte que ces membres de la CNT

ne puissent pas faire partie du gouvernement de

transition, comme l’avait précisé le document.

Isabelle Vanbrabant : Qui sont les gagnants et les perdants de ce vote ?

Daniel Jadue : Le « non » ne l’a emporté que dans cinq communes du pays. Et dans trois de ces

communes, on observe une concentration de gens riches. Les perdants, ce sont eux. Ce résultat reflète

une opinion largement répandue : il faut en finir avec le système actuel. Cela va de pair avec une grande

méfiance quant à la manière dont l’élite politique va

gérer le reste du processus. La population est largement

consciente que la mobilisation doit se poursuivre

après le référendum. Par exemple, l’accord

ERRATA

initial entre le gouvernement et le peuple ne prévoyait

pas de parité hommes-femmes dans le cadre

Dans l’article de notre collaborateur Robert Lodimus paru

la semaine dernière (V. 14, No. 31) et intitulé 7 février

de l’élection de l’Assemblée constituante. Mais cette

revendication a été approuvée sous la pression du

2021 : Que la volonté du peuple haïtien soit faite ! deux

mouvement de protestation.

erreurs s’y sont malencontreusement glissées, l’une à la

page 12, au 3è paragraphe. Il fallait lire : ‘‘Jean Robert

Isabelle Vanbrabant : Le processus constitutionnel

va-t-il réellement changer les choses ? Robert Cius, Mackenson Michel, Gabriel Ismaël. L’autre

Cius, Mackenson Michel, Daniel Israël ’’, au lieu de : Jean

Daniel Jadue : Il s’agit d’un processus qui est à la page 16 (suite de l’article). Il fallait lire : ‘‘ Grâce à

a ses limites. Par exemple, la convention constitutionnelle

pour laquelle nous allons voter en avril

Donald Trump, nous avons découvert les cadavres

dissimulés dans les placards politiques de la Maison

2021 ne peut pas modifier les traités internationaux

ou de libre-échange qui « protègent les investissements

étrangers ». Les multinationales étrangères, découverts les cadavres…’’. Le journal s’excuse auprès du

Blanche …’’ au lieu de : Grâce à Donald Trump, nous a

associées à des hommes d’affaires chiliens, sont in-

collaborateur Lodimus.

touchables. Leurs investissements dans les pensions, la santé, l’enseignement, les ressources naturelles

et stratégiques ne peuvent être affectés par la convention constitutionnelle. Mais je suis optimiste, ce

processus constitutionnel est une première étape dans la construction du pays dont nous rêvons. Une

fois la nouvelle constitution en place, la lutte devra se poursuivre au Parlement et, bien sûr, dans la rue.

Isabelle Vanbrabant : Vous êtes très bien positionné dans la liste des candidats à la course présidentielle

de 2022. Qu’en pensez-vous ?

Daniel Jadue : Je ne suis pas candidat officiel du Parti communiste du Chili à la présidence et je

n’en ai pas l’ambition. Et pourtant, dans les sondages, j’obtiens 24 % et je suis le candidat le plus populaire.

Un communiste ! Vous savez pourquoi ? Parce que beaucoup de Chiliens voient ce qui se passe

à Recoleta. Ils voudraient également que ce genre d’initiative se prenne au niveau national. Ce que le

peuple chilien demande, ce sont des écoles, des médicaments et des soins de santé abordables et un

gouvernement qui se soucie de lui et le laisse participer aux décisions. L’exemple de Recoleta prouve que

ce n’est pas une utopie.

Solidaire 3 Février 2021

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce du sieur Yvon

LEANDRE, d'avec son épouse née Clairtha Lonucienne JOSEPH pour injures

graves et publiques aux torts de l'épouse. Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre les dits époux; Ordonne à l'officier de l'état

civil de la Section Est de Port au Prince à transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans

l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Johnny JEAN pour la signification

de ce jugement; Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy AUGUSTIN, juge en audience civile,

ordinaire et publique du mercredi vingt sept janvier deux mille vingt et un

en présence de Me. Paul WESLEY , substitut du commissaire de ce ressort et

avec l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège.

Il est ordonné. ...etc..... En foi de quoi. ...etc .....

AVIS JUDICIAIRE PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après avoir délibéré au vœu de la loi et le ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé aux requérants en la forme, au fond dit et déclare les requérants sont propriétaires de la dite

propriété comme le prouve les plans et procès-verbal d'arpentage en date du vingt-quatre Janvier

mille neuf cent quatre-vingt-cinq, dressé par l'arpenteur Jean Champagne, Arpenteur public,

commissionné pour la commune de gressier, assisté de son confrère Charles Dorfeuille de la

commune de Port-au-Prince et la déclaration de vente passée en l'étude du Notaire Me Maurice Avin

en la résidence de Port-au-Prince en date du 02 février 1949, enregistré et transcrit; ordonne le

déguerpissement de la dame Angelina Célestin de ladite propriété ainsi que toutes autres personnes

placées sous sa dépendance; ordonne également la démolition de toutes constructions illégalement

érigées par cette dernière; condamne l'assignée à payer aux requérants la somme de cent mille

gourdes à titre dommage intérêt; la condamne enfin aux frais et dépens de l'instance; accorde

l'exécution provisoire sans caution sur le chef du déguerpissement, vu qu'il y a titre authentique;

commet l'huissier Joselito Thelémaque du dit tribunal pour la signification dudit jugement.

Ainsi jugé. et prononcé par nous, Me Legroise Avril, juge au tribunal de première instance de

Port-au-Prince à l'audience publique ordinaire et civile du mercredi quatre novembre deux mille

vingt, et en présence du MAG, Me Paul Wesley, substitut commissaire du gouvernement, représentant

du ministère public, assisté du citoyen Junior Sauvens Thelémaque, greffier.

Il est ordonné à tous huissier sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution; aux officiers

du ministère public près les tribunaux de T.P.I d'y tenir la main; à tous commandants et autres

officiers de la force publique d'y prêter la main forte lorsqu'ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et du greffier.

Ainsi signé du juge Avril Legroise et du greffier Junior Sauvens Thelémaque.

Me Daniel Jean Julien AV.

PAR CES MOTIFS

Desizyon pèpè

Lide timoun pèpè

Manje pèpè

Misyonè pèpè

ONG pèpè

Pati politik pèpè

Plan devlopman pèpè

Premye minis pèpè

Prezidan pèpè

Pwodui pèpè

Pwojè devlopman pèpè

Le tribunal, après examen, sur les conclusions du Ministère public,

maintient le défaut octroyé contre Silianie ORELIEN, à l'audience précitée;

pour le profit déclare fondée la dite action ; Admet en conséquence le

divorce de Jean Etude Marc d'avec Silianie ORELIEN, pour injures graves

et publiques. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant

existé entre les dits époux ; Ordonne à l'officier de l'état civil de la

Commune de Cavaillon de transcrire sur les registres à ce destiné, le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s'il y échet .Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Jean Emmanuel ZEPHYR juge en

audience civile, ordinaire et publique du trente janvier deux mille dix

neuf, en présence de Me Vanna MANE, Substitut du commissaire du

gouvernement de ce ressort avec l'assistance du greffier Mr Jean Claude

NOVEMBRE

Il est ordonné. ....etc...... En foi de quoi... etc .....

Rad pèpè

Rèv moun pèpè

Soulye pèpè

Tout bagay pèpè…

Elas!

Ayiti ap viv

nan pèpèrizasyon!

Kilè l va depèpèrize?

(E. W. VEDRINE)

«Kri pou liberasyon»

25-7-2005

Si les 15 membres ne sont pas encore installés,

de quelle manière alors avait-t-on procédé

aux choix du juge Mécène Jean-Louis ?

Voilà des personnalités politiques qui se disent

pour une Transition de rupture et qui à l’aube

de leur expérience n’ont exercé aucun brin de

transparence à l’égard de la population pour ne

pas dire, n’a pas jusqu’à preuve du contraire respecté

l’accord dont ils ont eux-mêmes accouché.

La rupture mentionnée était-ce pour souffler

de la poussière aux yeux de la population,

ou bien pour faire dormir le peuple de sorte que

vous autres de la dite Opposition continue à agir

comme bon vous semble. Est-cela le changement

annoncé ?

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen, sur les conclusions du Ministère public,

maintient le défaut octroyé contre Filomène ST JEAN à l'audience précitée;

pour le profit, déclare fondée la dite action ; Admet en conséquence le

divorce de Juno JN BAPTISTE d'avec Filomène ST JEAN, pour injures

graves et publiques aux torts. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre les dits époux; Ordonne à l'officier de l'état civil

de la Commune d'Aquin de transcrire sur les registres à ce, destinés, le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s'il y échet. Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Jean Emmanuel ZEPHYR ,av. juge en

audience civile, ordinaire et publique en date du quatorze mars deux dix

huit, en présence de Me Vana MANE, Substitut du commissaire du gouvernement

de ce ressort avec l'assistance du greffier Jean Claude NOVEM-

BRE. Il est ordonné. ....etc..... En foi de quoi ....etc.......

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen sur les conclusions du Ministère public entendu,

maintient le défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le

profit, déclare fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce du sieur Gols

Myth ALEXANDRE d'avec son épouse Marie Tabita BEAUZIER, pour injures graves et

publiques, aux torts de l'épouse ; Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux; Ordonne à l'officier de l'état civil de Cavaillon de

transcrire dans ses registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un

extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s'il y échet; commet l'huissier Jean Louis

OCTAVE, de ce siège pour la signification de ce jugement. Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Osnon CASTOR juge en audience civile ordinaire

du quatorze mai deux mille vingt, en présence de Me Vanna MANE, Substitut du

commissaire du gouvernement de ce ressort avec l'assistance du greffier Jean

Claude NOVEMBRE

Il est ordonné. ....etc..... En foi de quoi.... etc ....

Me Robert RENOUS OFFICIER DE L'ÉTAT CIVIL

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut octroyé

contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare fondée la dite

action. Admet en conséquence le divorce du sieur ROCK FREDEAU RAYME contre

son épouse née MIMOSE JOSEPH pour injures graves et publiques aux torts de

l'époux Prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits

époux; Ordonne à l'officier de l'état civil de Delmas de transcrire sur les registres

à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un

des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les

tiers s'il y échet. Commet l'huissier CANAL GABRIEL de ce siège pour la signification

de ce jugement ;Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Nelson CILIUS, juge en audience civile et publique

et ordinaire du jeudi dix neuf (19) Novembre deux mille vingt (2020) en

présence de Me JEAN ROLEX MEROVE Substitut du commissaire du gouvernement

de ce ressort et avec l'assistance du sieur Me. Mozart Tassy, greffier du siège

Il est ordonné. ....etc....... En foi de quoi....... etc ....

Me. Jean Bazelais BEAUVOIR

Avocat

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (12)

Cela a sapé le soutien d’une certaine Correa qu’il a publiquement appelé les

gauche à l’extérieur du pays et a conduit

États-Unis à imposer des sanctions

Suite de la page (9)

élections de 2021).

à la critique de son mouvement, à l’Équateur pour punir son gouver-

En juin 2019, au moment où la Révolution citoyenne.

nement, et a déclaré qu’il ferait pression

Michael J. Fitzpatrick remettait ses Ce que la CONAIE n’a pas reconnu

sur le Sénat américain pour qu’il

lettres de créance en tant que nouveau

dans ses attaques constantes le fasse. (Cela a conduit Correa à qual-

représentant de l’administration contre Correa, c’est que son aile politique

ifier Villavicencio de “vendu”).

Trump en Équateur, M. Perez a rendu

est fortement soutenue par le En 2018, Villavicencio a enifier

publique sa rencontre avec l’ambassadeur

gouvernement américain. En effet, le suite co-signé un rapport très dou-

des États-Unis à Cuenca. parti Pachakutik est le bras politique teux dans le journal à grand tirage

Un mois plus tard, M. Perez a de la Conaie, dont le candidat à la Guardian, avec les journalistes Luke

assisté à la célébration de la fête de présidence est Yaku Pérez.

Harding et Dan Collyns, qui faisaient

l’indépendance des États-Unis, accueillant

Lors du soulèvement de 2010, la promotion de la Russie, accusant le

le nouvel ambassadeur. Il Pachakutik a lancé un appel public rédacteur en chef de WikiLeaks, Ju-

était représenté souriant devant un pour le renversement de Correa, exprimant

lian Assange, d’avoir eu des réunions

drapeau américain illuminé. Pendant

son soutien aux déserteurs de secrètes avec l’ancien directeur de

sa campagne présidentielle, malgré l’armée et de la police.

campagne de Donald Trump, Paul

le peu de soutien du public, Perez a La journaliste Eva Golinger a Manafort. Wikileaks a catégoriquement

trouvé un public enthousiaste auprès ensuite démontré comment Pachakutik

nié ce rapport, le qualifiant de

des ambassadeurs français et allemand.

avait été soutenu par le National pure fabrication et lançant une col-

Democratic Institute (NDI), la filiale lecte de fonds pour porter plainte contre

du NED, qui est largement affiliée au

le Guardian pour cette histoire.

Les “écosocialistes” s’allient à la Parti démocratique et qui agit en tant Le Guardian a retiré la signature

droite dans la tentative de coup qu’intermédiaire de la CIA.

de Villavicencio de l’article, alors

d’Etat contre Rafael Correa

Un document du NDI de 2007 a même que l’activiste équatorien se

Le déploiement de conventions ostensiblement

noté que Pachakutik avait été directe-

vantait sur Twitter d’être le co-augistes”

progressistes et “écoloment

formé par l’entité gouvernementeur

et la source apparente des allé-

visant à déstabiliser les gouvernements

tale américaine, avec des militants gations douteuses. Villavicencio gère

de gauche en Bolivie, au des partis d’opposition anti-Chávez également un site web où il publie

Venezuela, au Mexique et au-delà a du Venezuela, Acción Democrática constamment du matériel douteux diabolisant

été mis au point il y a un peu plus de et Primero Justicia, ainsi que du Parti

Correa et Wikileaks. Ce site

dix ans pour saper le gouvernement d’action nationale (PAN) du Mexique. s’appelle La Fuente - le journalisme

démocratiquement élu de l’ancien Dans un rapport de 2019, d’investigation.

président socialiste de l’Équateur, Rafael

l’écrivain équatorien-canadien Joe Cette publication semble être fi-

Correa.

Emersberger a exposé le rôle de la nancée par le NED, un front de la CIA

Pour saper Correa, les États- CONAIE en tant que cheval de Troie fondé par l’administration Reagan

Unis et d’autres gouvernements occidentaux

de la droite. Virgilio Hernández, un pour promouvoir le changement de

ont financé des groupes de leader du mouvement Correiste qui a régime dans les pays socialistes.

la société civile prétendant soutenir été forcé de demander l’asile à l’ambassade

mexicaine face à la persé-

NED a affiché une subvention annu-

NEW YORK:

Dans sa base de données, le

les causes environnementales et les

droits des autochtones qui servent en cution du gouvernement de Lenín elle de 65 000 dollars à un média en

fin de compte de tentacules à l’opposition

de droite.

« Depuis la fin des années 1990 et le d’investigation”, en utilisant une de-

Moreno, a expliqué à Emersberger : Équateur qui “promeut le journalisme

Tout au long de leur mandat, début de ce siècle, on peut déjà dire scription presque identique à celle de

Correa et Morales ont été confrontés ce qui est évident dans la CONAIE, “qui nous sommes” sur le site web de

à une forte opposition à leurs ambitieuses

initiatives en matière d’infra-

nous appelons “indigénisme conser-

Villavicencio s’est séparé de

un courant devenu dominant que Villavicencio, La Fuente.

structures. Des groupes indigènes et vateur ». Un courant qui a tout mis Pachakutik en 2017. Aux élections

environnementaux, dont beaucoup en œuvre en faveur de ce qu’ils appellent

“la cause ethnique” et a laissé didat à l’Assemblée nationale avec

de 2021, il se présente comme can-

sont soutenus par les États-Unis,

ont lancé de vastes manifestations de côté les causes des mouvements le Parti socialiste de l’Équateur, un

en 2011 pour tenter d’empêcher la sociaux et de la gauche dans le pays. autre groupe marginal anti-correa

qui revendique une allégeance

construction d’une grande autoroute Cela explique ... pourquoi, lors de la

en Bolivie, et des manifestations dernière campagne présidentielle, ils idéologique à la gauche mais qui est

similaires pour entraver les projets ont ouvertement soutenu Guillermo généralement allié à la droite.

miniers en Équateur en 2012.

Lasso, le candidat de l’oligarchie et

En septembre 2010, des des banques. Il est très clair que pendant

près de deux décennies, ils ont promeut la candidature de Yaku

Le Conseil des Amériques

groupes d’opposition ont tenté de

renverser le président Correa lors perdu le leadership et ont été utiles Perez

d’une tentative de coup d’État. Avec aux groupes oligarchiques qui ont Les articles écrits par des organisations

environnementales américaines

le soutien des déserteurs de la police toujours été farouchement opposés à

qui ont occupé le parlement, bloqué Rafael Correa et à la Révolution citoyenne”tion

Rebellion, laissent aux lecteurs

à vocation anarchiste, comme Extinc-

les principales avenues et saisi les institutions

de l’État, l’opposition équatorienne

a failli chasser le président digène (membre d’un parti indigène) tambel est le meilleur choix pour la

Le militant anti-Correa non in-

l’impression que Yaku Perez Guar-

du pouvoir.

qui diffuse des informations contre Julian

Assange Fernando Villavicencio, Mais un coup d’œil sur les bail-

gauche en Équateur.

L’une des principales organisations

impliquées dans le soulèvement l’un des cofondateurs de Pachakutik leurs de fonds de Perez, dont de puissants

groupes de pression d’entre-

était la Confédération des nationalités a joué un rôle important mais peu reconnu

dans la conspiration du Rusprises,

illustre un programme secret.

indigènes de l’Équateur (CONAIE). La

CONAIE est une organisation indigène siagate qui a agité le tout-Washington Le 1er février, le quotidien américain

qui prétend promouvoir des politiques pendant l’ère Trump.

Americas Quarterly a publié un article

de gauche mais qui considère l’État et Villavicencio est un militant de promotionnel vantant les mérites du

le développement industriel avec suspicion,

même si ce gouvernement est naliste qui a consacré des années de “Yaku Pérez : le nouveau visage de la

l’opposition équatorienne et un jour-

candidat à la troisième place, intitulé

dirigé par un socialiste démocratiquement

élu.

Correa. En plus de son travail avec L’article encourage la désinfor-

sa vie à essayer de détruire Rafael gauche en Équateur ?

La CONAIE a adopté une ligne Pachakutik, Villavicencio a créé un mation et la diffamation de Correa,

dure contre Correa, l’attaquant constamment

et exigeant sa démission. désinformation contre le président. fre à ces électeurs une alternative à

média anti-correa pour diffuser la se vantant que “Perez a dit qu’il of-

Villavicencio détestait tellement la gauche “corrompue et autoritaire”

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putting innocent people, who have

migrated to survive, in harm’s way.

These deportations are wrongheaded,

and current plans to deport 1,800 more

Haitians to Haiti in the next two weeks

must be stopped now.”

Note: Anyone interested in helping

Haitian migrants fight deportation,

here are some frontline organizations:

de Correa”.

Americas Quarterly a également

déclaré avoir mené un sondage auprès

d’une douzaine d’analystes qui “placent

Pérez plus à gauche qu’Arauz”.

Le site web a également noté avec joie

que “en matière de politique étrangère,

M. Pérez s’est dit ouvert à un accord

commercial avec les États-Unis et a

dénoncé la politique agressive de la

Chine en matière d’extractivisme et

de droits de l’homme. Son auteur,

Brendan O’Boyle, a partagé la pièce

en vantant la “gauche écologique anti-corréenne

qu’il représente”.

Mais qu’est-ce qu’Americas

Quarterly? Est-ce une publication de

la gauche libérale qui promeut l’environnement

et les droits des peuples

autochtones ? Au contraire : Americas

Quarterly est une branche de l’Americas

Society/Council of the Americas

(AS/COA), un groupe de lobbying

financé par de nombreuses grandes

entreprises américaines.

L’AS/COA a joué un rôle majeur

en soutenant à la fois les coups

d’État contre les gouvernements progressistes

d’Amérique latine et les

régimes néolibéraux impopulaires. La

liste des membres corporatifs de l’AS/

COA est un who’s who des entreprises

les plus puissantes de la planète, dont

beaucoup s’enrichissent en détruisant

l’environnement et en faisant la

guerre, notamment Amazon, Apple,

BlackRock, Boeing, Caterpillar, Chevron,

Chiquita, Exxon Mobil, Ford,

General Electric, Goldman Sachs,

Google, JP Morgan, Lockheed Martin,

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Haiti (IJDH): (857)-201-0991, info@

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Raytheon et Walmart.

Alors pourquoi une organisation

financée par des méga-corporations,

qui normalement soutiendrait

des politiciens de droite dans toute

l’Amérique latine, promouvrait-elle

soudainement un candidat de gauche

en Équateur ? Et pourquoi devrions-nous

être amenés à croire que

Yaku Perez est en fait encore plus à

gauche qu’Andres Arauz et le mouvement

correiste !

La réponse est que Perez ne

représente pas réellement la gauche

; qu’il est un véhicule insidieux pour

les intérêts de Washington en Équateur.

L’AS/COA a faussement cherché

à le présenter comme l’alternative de

gauche au Correisme, parce qu’elle

sait qu’il servirait leurs intérêts d’une

certaine manière s’il devait gagner, et

qu’il divise la gauche en restant simplement

dans l’élection, ce qui rend

un second tour plus probable. C’est

pour cette même raison que le banquier

Guillermo Lasso a déclaré qu’il

soutiendrait M. Perez.

Les États-Unis cherchent

désespérément à empêcher le retour

de la vague socialiste qui a déferlé

sur l’Amérique latine au cours de la

première décennie du XXIe siècle. Et

dans la tentative de Washington de

l’arrêter, les figures “écosocialistes”

comme Yaku Perez sont de parfaites

marionnettes.

The GrayZone 8 Février 2021

Traduction: Romain Migus

Les 2 rives 9 Février 2021

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021


A Travers le monde

L'arrêt de La Haye sur Israël est une

source d'espoir

Par Gideon Levy

Les syndicats poussent à la

ratification de la Convention

190 de l’OIT

Enfin, après 53 ans. La Cour pénale internationale est compétente pour

enquêter sur les crimes de guerre présumés commis par Israël dans la

bande de Gaza et en Cisjordanie.

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Tout Israélien décent devrait être heureux

d'apprendre la bonne nouvelle

venue de La Haye vendredi : La Cour

pénale internationale est compétente

pour enquêter sur les crimes de guerre

présumés commis par Israël dans la

bande de Gaza et en Cisjordanie. Enfin,

après 53 ans.

Il est vrai que le chemin vers la poursuite

des auteurs des crimes est encore

long, et peut-être impossible, mais

un nouveau langage - impossible à ignorer

- apparaît dans le ronron de rouleurs

de mécaniques d'Israël, qui fait un

pied de nez au droit international.

Un certain nombre d'Israéliens

dans l'armée et l’establishment politique

vont commencer à transpirer dans

les mois à venir. Des avocats chevronnés

seront engagés pour les défendre.

Certains d'entre eux auront peur de se

rendre à l'étranger par crainte d'être

arrêtés. C'est une bonne nouvelle.

Peut-être qu’ainsi, ils commenceront

à penser différemment à leurs actions.

Peut-être que la crainte d'être poursuivis

les contraindra à l'avenir. Peut-être

qu'au cours de la prochaine saison électorale,

un candidat « centriste » comme

Benny Gantz ne se bombera " plus

le torse pour se vanter du nombre de

tombes au Liban dont il est responsable.

Peut-être qu'un autre candidat «

centriste », Moshe Ya'alon, qui a assassiné

Khalil al Wazir (Abou Jihad)

dans son lit et qui, en tant que ministre

de la Défense, a mené l'opération «

Bord de protection » dans la bande de

Gaza à l'été 2014, commencera à avoir

un peu honte de ses actes.

L'inquiétude exprimée après la

décision - à savoir que l'enquête prévue

pourrait avoir un effet paralysant sur

les forces de défense israéliennes qui

dissuaderait les officiers de s'impliquer

dans les colonies juives de Cisjordanie

et les pousserait peut-être à y réfléchir

à deux fois avant la prochaine attaque

aérienne contre Gaza - n'est pas une

source de peur, mais le début d'un espoir.

Le premier test est la réponse de

l'establishment politique et des médias

en Israël à la décision. Jusqu'à présent,

ils ont prouvé que - comme toujours

lorsqu'il s'agit de soutenir l'occupation

- il n'y a pas de différence entre

la gauche et la droite, et qu'il n'existe

pas de médias équitables et courageux

: Israël s'est rassemblé presque comme

un seul homme pour jouer la victime

et pour attaquer, les choses qu'il

aime faire par-dessus tout. Au lieu de

se soumettre au tribunal, de le remercier

de chercher la vérité - après tout,

Israël n'a rien à cacher - et d'annoncer

qu'il coopérera à l'enquête, un torrent

de cris, de lamentations et de menaces

s’est déversé.

Oublions la droite, qui ne comprend

certainement pas la question.

Mais le chef de l'opposition [de «

gauche », NdT], Yair Lapid, a qualifié

la décision de « honteuse » et a déclaré

qu'elle « encouragerait la résistance

palestinienne ». Pardon ? La résistance

palestinienne ? Lapid, le défenseur du

système judiciaire, se prononce contre

la Cour ? « Je suis fier des soldats et des

officiers de l'armée israélienne qui nous

protègent », a récité Lapid, comme un

garçon de Bar Mitzvah. Qui a besoin

de Gideon Sa'ar [concurrent de Netanyahou,

sur sa droite, comme tête de

console du Likoud, qu’il vient de quitter

pour créer Tikva Hadasha , « Nouvel

Espoir », NdT] quand on a quelqu'un

comme Lapid.

Yair Golan, de l'aile gauche du

Meretz, évite d'avoir besoin d’une droite.

« Israël n'a commis aucun crime de

guerre dans les territoires », a déclaré le

général, qui en connaît un rayon sur les

crimes de guerre, comme le soi-disant

protocole de voisinage, où les soldats

emmènent des Palestiniens avec eux

dans les rafles et perquisitions, comme

boucliers humains – le legs de Golan à

l'armée israélienne. Avec une gauche

comme celle-là, nous n'avons pas besoin

que Gilad Erdan, l'ambassadeur

d'Israël aux USA et aux Nations unies,

hurle à l' « antisémitisme » à Washington.

Les médias israéliens aussi, dont

une majorité décisive a exhorté les militaires

à attaquer de plus en plus pendant

l'opération Bord de protection, ne

comprennent pas non plus ce que le

monde attend soudainement d'un Israël

pur et innocent, qui ne fait que se

protéger de l'annihilation.

Le président philippin Rodrigo

Duterte a retiré son pays de la CPI suite

à l'enquête de la Cour sur sa guerre

sanglante contre les trafiquants de

drogue. Israël n'a jamais rejoint la Cour,

de peur qu'une enquête ne soit menée

sur lui. C’est vrai, ce tribunal n'est pas

parfait. Il s'en prend aux faibles : seuls

des criminels de guerre africains ont été

poursuivis jusqu'à présent. Mais nous

ne pouvons pas nous en passer. Face

à un pays comme Israël, qui n'a jamais

sérieusement enquêté sur les soupçons

de crimes de guerre de son armée et de

son gouvernement, il n'y a pas d'autre

choix que de se tourner, avec espoir,

vers La Haye.

Au moins 1 000 civils innocents

ont été tués au cours de l'opération

Bord de protection ; plus de 200 manifestants

non armés ont été tués à la barrière

frontalière de Gaza ; chaque colonie

est un crime de guerre. Ces vérités

claires n'ont jamais pénétré le discours

israélien mensonger et au cerveau lavé.

Peut-être que maintenant, une procureure

de Gambie, un juge du Bénin et

un juge de France feront ce que notre

estimée Cour suprême tant exaltée n'a

jamais osé faire, à sa grande honte.

Haaretz 06 Février 2021

Traduit par Fausto Giudice

Tlaxcala 07 Février 2021

Fast Refund

Non à la violence et du harcèlement dans le monde du travail

Depuis le début de l’année 2021, trois

pays se sont prononcés en faveur de

la ratification de la Convention 190

sur l’élimination de la violence et du

harcèlement dans le monde du travail.

Les syndicats latino-américains continuent

à œuvrer pour la ratification

de la C190. Le 17 janvier, l’Équateur

s’est prononcé pour la ratification de la

C190. La centrale syndicale équatorienne

CEOSL a déclaré que la campagne

de son affilié, le Syndicat national des

travailleurs domestiques et assimilés,

ainsi que le Conseil national pour l’égalité,

ONU Femmes Équateur et l’Université

andine Simón Bolívar ont joué un rôle

fondamental.

Le 26 janvier, le Chili a approuvé

un projet d’accord demandant que

des mesures soient prises pour ratifier

la C190 et adopter la recommandation

206 de l’OIT. Il s’agit d’un grand pas en

avant, qui fait suite à la campagne de la

CUT, #TrabajoSinViolencia, avec la participation

de la Confédération syndicale

internationale et de la Fondation Friedrich

Ebert (FES Chili).

D’autres pays sont en passe de

ratifier la C190. Le 11 janvier, le Président

sud-africain Cyril Ramaphosa

s’est engagé à ratifier la convention. La

violence dans le monde du travail touche

une grande partie des femmes travailleuses

du pays. Une étude de 2018

a estimé que 30 % des femmes étaient

victimes d’avances sexuelles non souhaitées

sur leur lieu de travail. Les affiliés

d’IndustriALL font campagne pour

la ratification de la C190, qui a été reprise

par le Président et le Parlement.

Les statistiques montrent que la

violence domestique a explosé pendant

la pandémie, avec des informations faisant

état d’une augmentation mondiale de

la violence domestique. Les conséquences

sociales de l’épidémie, et les confinements

en découlant, qui ont entraîné une

perte d’interaction sociale, peuvent avoir

accru les tensions inhérentes à la cohabitation

forcée et augmenté les risques de

violence domestique.

Des syndicats ont signalé des cas

où des femmes ont été sollicitées pour

des faveurs sexuelles en échange de

matériel de protection contre la Covid-19.

Le passé montre que les femmes courent

un risque élevé d’abus et de harcèlement

sexuel en période de ralentissement

économique et lorsque les emplois se

font rares. « Avec la pandémie actuelle

et ses conséquences économiques, il est

encore plus urgent de lutter contre la

violence à l’égard des femmes. Les syndicats

doivent poursuivre leurs efforts

pour la ratification de la C190 dans leur

pays. Dans les pays où la convention a

été ratifiée, ce sont les syndicats et leurs

campagnes qui ont fait la différence

», a indiqué Armelle Seby, Coordinatrice

d’IndustriALL pour les questions de

genre.

Industriall 4 février 2021

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Art et Culture

Arts Plastiques : Franck Louissaint nous a quittés

Par J. Fatal Piard

'La Communauté Aquinoise vient

de perdre dans l`après-midi du vendredi

5 février l'un de ses fils qui l'ont

valablement représentée tant au niveau

national qu'au niveau international. Le

talentueux artiste-peintre et professeur

d’arts plastiques, Franck LOUISSAINT

alias Franky a pris le chemin de l'Éternité

Glorieuse après plus de 5 décennies

bien remplies de précieux services à la

société haïtienne, en particulier, et à

l'humanité en général.

Franck a vu le jour à Aquin le

22 octobre 1949 et est reparti au terme

de 71 ballades annuelles en compagnie

des siens et des amants/es des arts

plastiques. Francky fut l’ainé de Madame

Dieudonné PROCHETTE et fut

élevé aux bons soins de son beau-père.

Ce dernier venait de convoler en douces

noces avec celle-là. L’on est encore

à établir avec précision l’identité du

père biologique de cet artiste hors-pair.

Cependant d’aucuns prétendent qu’il fut

un Etasunien de passage en Haïti.

La famille s’était établie à la rue

Le talentueux artiste-peintre

et professeur d’arts plastiques,

Franck LOUISSAINT alias Franky

Jean-Jacques Dessalines, juste à proximité

de l‘église Armée du Salut. Dans

sa commune natale, Franck a bouclé

son cycle primaire à l’Ecole Nationale

des Garçons d’Aquin. Au tout début de

1960, il rentra à Port-au-Prince pour

poursuivre ses études secondaires sur

les bancs du Lycée Anténor Firmin. En

1967, Franck Louissaint s’initia aux

arts plastiques en suivant des cours par

correspondance à l’Ecole ABC de Paris.

Des cours qu’il allait abandonner une

année après.

Ensuite, il s’est inscrit au Centre

d'Art en 1969, et s’inculqua les techniques

du dessin et la composition des

couleurs ainsi que la façon de les appliquer

sur la toile. Franki s’est marié

à Marie Ange DUMOULIN, elle aussi

originaire d’Aquin. Il convient toutefois

de mentionner que dès sa plus tendre

enfance il cultivait déjà une forte passion

pour les arts plastiques tout aussi

bien que les arts martiaux et le football.

Depuis son séjour à Aquin, Frank, en

bon autodidacte pensait déjà à s’enseigner

le dessin et la peinture. Sa première

œuvre fut le portrait de Mademoiselle

Sousoul. Cette dernière, professeur de

carrière fut la fondatrice d’une petite

école pour débutants et fut probablement

son professeur.

Franck, débuta sa longue et interminable

carrière de peintre par une

série d’œuvres aux touches primitives.

Au fil du temps son style évolue pour se

porter vers la tendance naïve, peignant

des paysages. Il compte à son palmarès

la représentation de l’église catholique

d’Aquin. De progrès en progrès, d’évolution

en évolution Franki va adopter

son style propre. Ce qui fera de lui le

père incontesté de l’Hyper Réalisme.

Dans son adolescence, passionné

des sports, il fut simultanément

membres des Vulcains, F.C d'Aquin (le

club de football du quartier de Poste-

Gaille des années 1960-1970) et de la

sélection aquinoise de football, du club

de karaté de la zone de Poste-Gaille/

Croix Missions, du club de tennis-de-table

d'Aquin. Et, juste une année avant

que la maladie eut raison de ses forces,

il jouait au tennis régulièrement au Club

de Tennis de Jacquet Toto. Lè w ap gade

yon tablo Frank yo fò w ta di se yon

kout kamera tèlman l san fot. Li tèlman

pèse nannan reyalite a san mank.

Se kòm si kout penso yo kòche sijè a

pou l rale tout ti detay met deyò san

manke youn ti zing. Non Franki ekri

an gran jan nan gwo gwo liv ki rele «

l'art contemporain ».

En 1979, nous allons retrouver

Franck Louissaint comme professeur de

dessin et de peinture au Centre d'Arts où

il fut, lui-même étudiant 10 ans plutôt.

En 1983, il commença à enseigner à

l'École Nationale des Arts (ENARTS)

qui venait d’ouvrir ses portes et au

G.O.C (une faculté de génie civil et d'architecture).

Franck fut le professeur qui

a passé le plus de temps à enseigner

à l’ENARTS : de 1983 jusqu’au terme

de son odyssée terrestre. Personnage

sérieux, honnête, gentil, serviable, il

s'attira l'admiration de tous par sa force

de caractère et son talent de pédagogue.

Franki a participé à de nombreuses

expositions tant en Haïti qu’à

l'étranger. Ses œuvres ont connu un

grand succès en Belgique, au Canada

et aux États-Unis'. Tous les grands

collectionneurs à travers le monde qui

sont entichés d’œuvres au fini remarquable

détiennent ses tableaux'. Sa

toute dernière exposition au bercail remonte

au mois de mars 2008, lors de

la première édition du Festival Destination

Aquin. Outre le fait qu’il figurait

au nombre des exposants, il présentait

Pitcho : « Notre rôle d’artistes est de faire bouger les choses,

pas de plaire à des marques ou des nobles »

Pitcho : « On a de nombreuses luttes à mener contre les inégalités et une

convergence, comme celle entre hommes et femmes, est nécessaire. »

Par Mario Franssen

À l'âge de six ans, le rappeur et acteur

Pitcho est arrivé dans notre pays. Nous

l'avons rencontré pour parler des personnages

historiques qui l'inspirent.

Patrice Lumumba, le premier Premier

ministre du Congo indépendant, est

l'un d'entre eux. Pitcho lui a consacré

un spectacle.

Laurent Womba Konga, plus connu

sous le patronyme Pitcho, arrive en

Belgique à l’âge de 6 ans. Son père est

opposant au dictateur Mobutu et la famille

doit s’exiler. La transition de Kinshasa

à Bruxelles n’est pas évidente,

à l’image de ce que vivent tant de réfugiés

fuyant un régime... ami de l’élite

économique et politique belge.

Pour la famille de Pitcho, un arrêt

au Petit Château, centre pour réfugiés

situé le long du canal bruxellois, est imposé.

Se tournant d’abord vers le rap,

il se dirige vers le théâtre au début des

années 2000. Ses « modèles » ? Public

Enemy, NTM, IAM mais aussi le premier

Premier ministre de la République

indépendante du Congo Patrice Lumumba,

les militants américains Martin

Luther King et Malcolm X ou encore

Kwame Nkrumah, un des acteurs de

l’indépendance du Ghana dont il sera

le Premier ministre puis le président.

« Il y a un lien entre ces hommes : ils

se révoltaient contre le racisme, mais

aussi et surtout contre un système. Et

ils voulaient proposer une alternative.

C’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont été

tués... » Il est vrai qu’à part Nkrumah,

renversé par la CIA et mort durant son

exil, les autres ont directement reçu une

balle forgée par les détenteurs du pouvoir

américains... et belges dans le cas

de Lumumba.

Le discours de Lumumba, du hiphop

en 3 langues

En 2017, il crée son premier spectacle :

« Kuzikiliza ». Le sujet ? Le pillage, les

massacres par les forces colonisatrices

belges. Particularité : c’est un show

collectif. Trois artistes se partagent en

effet la scène. Karim Kalonji s’exprime

via le breakdance, Joost Maaskant fait

du beatbox et Pitcho, du rap. Tout ça

en trois langues (français, néerlandais

et anglais).

Le hip-hop pour remettre en lumière

le fameux discours que Patrice

Lumumba prononce le jour de la proclamation

d’indépendance de son pays,

le 30 juin 1960, l’idée est originale. Et

couronnée de succès : le spectacle voyage

et fait voyager. Pourquoi ce discours

? « Il portait un message fort en défendant

l’égalité. Ce qui était une folie pour

l’époque... Il est d’ailleurs mort en représailles,

les dirigeants belges n’ayant pas

apprécié ses mots et le pouvoir qu’il

avait auprès du peuple congolais. »

Est-ce son discours qui l’a condamné

? « Si le monde fonctionne comme

une pyramide, avec quelques-uns

en haut et le reste de la population en

bas, Lumumba voulait aplatir le plus

possible cette pyramide. Ce qui était

problématique pour ceux qui étaient

au sommet et qui ne voulaient pas

cette égalité avec la population. Il a été

tué aussi pour ce qu’il représentait, un

peuple dont on ne pouvait même pas

imaginer qu’il puisse se mettre debout.

Lumumba dérangeait tous ceux qui

venaient avec leurs grandes vérités,

qui ont dû se rendre compte qu’en face

d’eux, il y avait quelqu’un à la peau

noire qui remettait en question leur

domination. Cette volonté d’égalité fait

que son discours a toujours une portée

actuelle. »

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Bien plus large que la

décolonisation

Pour Pitcho, le discours que prononce

Lumumba en présence du roi de Belgique

d’alors, Baudouin Ier – qui ne

s’attendait pas à une telle humiliation –

dépasse les frontières du Congo. « Parler

d’égalité comme le faisait Lumumba est

bien plus large que la décolonisation.

On a de nombreuses luttes à mener contre

les inégalités et une convergence,

comme celle entre hommes et femmes,

est nécessaire. Même si chacun a ses

spécificités, on doit trouver des points

communs. Nous devons essayer de

comprendre les problématiques des uns

et des autres pour trouver des solutions

ensemble. »

La conversation dérive vers une

figure connue de l’élite économique

belge : Etienne Davignon. Ce comte

est un nostalgique de la colonisation

(« l’œuvre inachevée que nous avions

laissée ») et est sous le coup d’une

plainte introduite par la famille de

Patrice Lumumba pour crime de guerre.

Il préside aujourd’hui Bozar, le Palais des

Beaux-Arts de Bruxelles. Ce qui pose de

sérieux problèmes quand des artistes

comme Pitcho veulent y présenter leur

œuvre. « Quand je suis venu présenter

“Congolisation”, festival autour de

la colonisation, en 2015, il ne voulait

pas entendre parler de Lumumba, quelle

que soit la manière (images, textes,

speechs…). L’événement se déroulait le

17 janvier 2015, date anniversaire de

sa mort. Nous avons réalisé des t-shirts

pour contourner le problème. C’est dire

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l’aversion et l’obsession de Davignon

pour les figures décoloniales... »

Destituer Davignon de ses

fonctions, et repenser nos

institutions culturelles

De plus en plus de voix se font entendre

pour que Davignon quitte ses fonctions

très vite. « Je suis d’accord évidemment,

Davignon doit démissionner. C’est une

priorité. Et nous devons repenser les

institutions culturelles de notre pays.

Quelle place accorder aux minorités, par

exemple ? C’est un vieux débat, il est

temps de le mener sérieusement. Les

dirigeants des institutions culturelles

daignent nous accorder un peu de place

et nous la prenons. Ces structures sont

là non pour faciliter le travail de l’artiste,

mais pour le contrôler plutôt, pour

l’orienter dans le sens qu’ils veulent. En

tant qu’artiste, notre rôle est de changer

la donne, pas de plaire à des mécènes, à

de grandes marques, ou à des nobles...

»

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021


une conférence, chez les sœurs de la

Charité-de-Saint d'Aquin, conjointement

avec Ludovic BOOZ, un autre

artiste-peintre et sculpteur lui aussi

aquinois et lui aussi de renommée mondiale.

Mais BOOZ, quant à lui a précédé

Franki dans l’au-delà depuis le 2 février

2015, et a rendu son dernier souffle

alors qu’il était à Miami.

Tous les Professeurs, Etudiants/

es, le Personnel de l’Enarts, ses coéquipiers,

amis du Club de Tennis de Jacquet

Toto et l’Hebdomadaire Haïti Liberté

unissent leur voix pour souhaiter à

notre Franki National et International

une Bonne et Heureuse Traversée. En

outre, à l’occasion de cette insoutenable

affliction causée par sa disparition physique,

nous faisons part de nos sincères

condoléances à son épouse Marie-Ange

Dumoulin Louissaint, ses enfants

Frankmay Louissaint Saint-Hilaire et

son époux Alain Saint-Hilaire, Geneviève

Louissaint Boncy et son époux

Jean-Marc Boncy, Angeanie Louissaint

Hyppolite et son époux Jean-Edouard

Hyppolite, Sarah Louissaint Remarais

et son époux Richy Remarais, ses petits-enfants:

Aaliyah et Yann-Nicholas

Saint-Hilaire, sa fille de cœur : Rachelle

Dumoulin,

A ses sœurs, Raymonde Lucien

et Immacula Louissaint, son frère de

cœur, Augustin Laguerre, ses neveux

et nièces, Marie Carmelle Lefèvre et famille,

Marie Flore Duperval et Famille,

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Florence Laguerre, Christle Laguerre,

Kathy Laguerre, aux familles Louissaint,

Dumoulin, Saint-Hilaire, Boncy,

Hyppolite, Remarais, Laguerre, Lefèvre,

Anglade, Lucien, Duperval, Cadet et

Dessources. À tous les autres parents,

cousins et cousines, filleuls et amis affectés

par ce deuil.

Franki, que ton âme d’artiste

hors pair repose dans une paix…profonde

conformément à ton caractère.

Mais parallèlement, dans ton séjour

dans l’au-delà infini, que tes habiles

doigts de génial créateur continuent

à jamais de conter ta version personnelle

de la vie d’outre-tombe…bien

évidemment en formes et en couleurs,

mais uniquement décodables par des

prunelles d’initiés.

Les funérailles de M. Franck Louissaint

seront chantées le vendredi 12

février 2021 à 8 hres. 30 a.m au Parc

du Souvenir où les salutations se feront

à 8hres am. L’inhumation se fera

au Parc du Souvenir. La famille reçoit

au Salon l’Ange Bleu de l’Entreprise

Celcis, le jeudi 11 février 2021 de 7

hres. 30 a.m à 9 hres a.m. Allez donc

en paix, toi notre professeur, frère, ami,

coéquipier et partenaire de tennis, notre

inoubliable Franki. Nous te rassurons

qu’Haïti toute entière et particulièrement

les amateurs de beaux-arts se

souviendront de Toi.

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Alejo Carpentier, avec ses références

explicites à la révolution haïtienne.

De plus, à partir des années 20 et 30

du 20e siècle, le grand débat sur le

concept de négritude s'est déchaîné à

Paris - lancé par le grand poète noir

d'origine antillaise Aimé Césaire - qui

à son tour provient directement de

la première Constitution haïtienne

de 1805, où apparaît ce curieux article

14 qui décrète que tous les citoyens

haïtiens, quelle que soit la

couleur de leur peau, seront appelés

noirs (claque ironique à la Déclaration

de la Révolution française, pour

laquelle, comme on l'a vu, l '«universalité»

des droits de l'homme, avait

une limite très particulière, au point

que cette limite avait une couleur: le

noir, précisément).

La controverse sur la «noirceur»

- en tant que revendication

culturelle, esthétique, littéraire et

politique - se poursuivra tout au long

du siècle: à la fin des années 1940,

une grande anthologie de poètes

noirs (africains et afro-américains) a

été publiée, avec une préface de Jean

Paul Sartre, qui soulève également la

valeur esthétique et politique de la

«noirceur» et où la révolution haïtienne

est discutée. Sartre reprendra la

question dans un autre prologue, encore

plus célèbre, aux Damnés de la

Terre de Frantz Fanon. Au cours des

années 1960, le thème de la «noirceur»

associé à la révolution haïtienne

était un axe central des luttes

du Black Power et des Black Panthers

aux États-Unis (où il survit à ce jour

dans le mouvement Black Lives

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Matter), et de nombreux musiciens

de jazz noirs adoptent la «noirceur»

comme drapeau, rendant parfois leur

relation à la révolution haïtienne explicite

(comme cela arrive, par exemple,

dans la suite de jazz Haitian

Fight Song de Charles Mingus). Au

début des années 1970, un roman

important du lauréat du prix Nobel

anglais Graham Greene, The Comedians,

se déroule en Haïti et comprend

des références à la persistance

de la mémoire de la révolution sous

la dictature Duvalier (il a été transformé

en un film avec Richard Burton

et Elizabeth Taylor). Vers la même

époque, Queimada, un célèbre film

de Gillo Pontecorvo, mettant en vedette

Marlon Brando, et qui est une

allégorie évidente de la révolution

haïtienne, est sorti. Au cours des

deux dernières décennies, un nouveau

chapitre de la discussion est apparu

dans la culture afro-caribéenne

qui confronte la négritude à l'idée de

créolité, sous des noms tels que ceux

du philosophe martiniquais Edouard

Glissant et du Nobel de 1994 Prix ​

de Littérature Derek Walcott, auteur

d'une trilogie dramatique sur le chef

de la révolution haïtienne Toussaint

L'Ouverture (à qui, d'ailleurs, le

musicien mexicain Carlos Santana

a dédié un album), ainsi que son

poème épique monumental Omeros,

une transposition de l'Iliade à l'histoire

de l'esclavage noir et de la révolution

haïtienne.

Comme on peut le voir, dans

tous les genres de culture critique et

résistante, l'histoire de la première et

la plus radicale de nos révolutions

est encore bien vivante. Ce n'est que

dans la culture dominante (c'est-àdire

celle des classes dirigeantes et

de l'impérialisme) que cette histoire

a tenté d'être «rayée de la carte», et

qu'elle tente d'amputer cette image

et ce souvenir de la catastrophe actuelle.

La signification profonde de

cette histoire doit être rétablie pour

que la fierté et la combativité puissent

être réactivées.

« Maintenant, nous sommes

tous noirs » (1995) de Juan Carlos

Romero. Avec cette œuvre graphique,

l'artiste argentin Juan Carlos Romero

(1931-2017) a rendu hommage à la

Révolution haïtienne, la plus radicale

de toutes, dans le contexte des

bicentenaires de l'indépendance latino-américaine.

Eduardo Gruner est sociologue,

essayiste et critique culturel. Docteur

en sciences sociales de l'UBA. Il est

l'auteur de La Oscuridad y las Luces

(2011), un livre de thèse sur la révolution

haïtienne.

Ndlr.

*Encore faut-il souligner

que le Vietnam n’était pas une colonie

de la France peuplée d’esclaves.

Que ce fût pendant la guerre de

libération qui aboutit à défaite des

Français lors de la bataille de Diên

Biên Phu ou celle, plus tard, qui conduisit

à l’humiliante défaite américaine,

ces deux guerres de libération

ont été largement des guérillas prolongées

qui ont bénéficié de l’aide

militaire de la Chine et de l’URSS.

Ce qui n’enlève absolument rien au

caractère héroïque et glorieux de ces

deux batailles historiques.

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Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

19


Art et Culture

Pleins Feux Sur : George Alan Cavé

(NY, 27 Fév.- 1966)

« Une voix distinctive et artiste d’entrailles »

Par Ed Rainer Sainvill

Emanation du syncrétisme musical

qui a caractérisé les années

1970, Alan Cavé a d’abord

eu ses premières intuitions bourdonnantes

dans son lieu d’extraction.

A New-York, qui est le

creuset culturel de toutes les sonorités

imaginables. Avec toutes

les ramifications qui s’impliquent.

Avant d’être introduit enfant dans

sa terre d’origine, Haïti. Alors,

en proie à tant d’expérimentations

musicologiques. Donc, à

la croisée de tant de paramètres

à la fois autochtones et allochtones

; lesquels vont constituer la

genèse d’une nouvelle vague de

canevas. Entamée dans l’arène

ambiante par le groupe « Zèklè »

dont le talentueux leader et musicien

versatile Joël Widmaïer va

être son inspiration. Notamment

au niveau vocal, avec un timbre

d’orientation féline qui va amplement

l’influencer.

Dès qu’il s’est installé en

terre parentale, Alan a eu l’avantage

d’évoluer dans une atmosphère

didactique, imbibée de musique

et de prosodie. Spécialement

dans un encadrement où son père

tient la renommée de poète du

milieu. Ce qui lui donne l’opportunité

de fréquenter artistes et musiciens

établis du pays. Lesquels

l’adoptent et lui permettent de

faire des apprentissages qui vont

majorer son atout vocal. De même

que son initiation à la guitare ;

l’habilitant de mieux cultiver son

sens musical. La deuxième partie

des années 1980 le repère à New-

York complétant ses études à Jamaïca

High. Tout en entretenant

ses aptitudes artistiques autour

d’un groupe restreint d’aspirants

artistes composé de son frère ainé

Sito Jr., Wuydens, Zshéa parmi

d’autres.

C’est l’époque marquée

par tant de tendances nouvelle

vague ; transformant le milieu

ambiant en un vrai grenier

d’explorations. Avec chacune,

prospectant sa propre résonance.

Dont l’une est élaborée par un

jeune instigateur nommé Alex

Abellard dans son propre studio

de fortune à Brooklyn. C’est là

que Alan va lui être introduit ainsi

que son frère ainé Sito Jr, par

Wuydens Joseph qui de son côté

va s’imposer à la tête du groupe

« Papash ». De toute façon pour

Alan, les premiers signes ne sont

pas encourageants dans son nouveau

campement. N’ayant pas fait

l’unanimité au sein de l’ensemble

qui pense que sa voix drolatique

ne va pas être tolérée par l’auditoire

haïtien. Pas si vite ! leur a dit

le maestro Alex qui pense qu’au

contraire ; qu’il a le timbre qui

peut bouleverser les orientations

vocales conventionnelles. Spécialement

avec la dominance des

voix félines à la Michael Jackson

Le chanteur George

Alan Cavé

qui était le chouchou de cette

génération.

C’est ainsi que le jeune vocaliste

a fini par convaincre tout

le monde. Jusqu’à s’approprier

le premier tube de l’œuvre introductive

du groupe « Zin », ‘’ Fèm

vole’’, préalablement chanté

par son compositeur, le guitariste

et chanteur Eddy Saint-Vil.

Un succès phénoménal charrié

par un gosier hors commun qui

a complètement conquis le cœur

des aficionados de la nouvelle

génération musicale. Un début

convaincant pour cet artiste d’entrailles

qui a fini par édicter son

falsetto créole dans un environnement

qui y était un peu hostile.

Dans la foulée, le « Zin » s’est

aussi établi comme groupe phare

de sa filiation. Gratifiant des opus

à la queue leu leu, avec le timbre

de Cavé en porte-orchestre, enluminant

les morceaux : fèm vole,

konpa Zin, nou tout ansanm,

pa dekouraje, vini, opa, tou

kale, men paw, tou piti, chalatan,

manyen w, pataje, macho

siwo, ou se, zonbi, kat la

bat, pale palew, etc.

Sur cette lancée, il va apporter

sa marque toute personnelle

de vedette à part entière,

dans son premier album, Alan

+Zin: ‘’Lage m’’, contenant les

titres : pou ou, kwele kwekwe,

ma rose, nan nannan,

rablabla, sa, move van, lap

tann mwen. S’attribuant en

même temps du statut de sexe

symbole et de musicien jovial;

lequel va lui assurer une audience

loyale. Qui le supportera

ainsi que le groupe « Zin », même

durant les creux de la vague. Et

conjointement, il va s’accoutumer

dans une double carrière avec le

« Zin », à travers les disques : ’’Yo

pou Zin’’, Sa Zin gen la a ?’’,

‘’Kanpe sou yon bit’’, ‘’3 lèt

sèlman’’, ‘’Pi Rèd’’ ; toujours en

délivrant les tubes tels :yo pou

Zin,konesans, w ale, konpa

nou, kanpe, toi, mennem

ale, banm tikal, kouraj,woule

ou,bad boy, vakans, i don’t

know (sa Zin gen la a ?),

kanpe sou yon bit, ti randevou,

souke dada w, chofe, all

i want, 3 lèt sèlman, chokola,

pa okipe l, (en duo), di papi

wi, boubout, gansta etc. qui le

campent comme la voix fétiche du

groupe, ainsi que celle d’une ascendance

qui lui est bien acquise.

Tandis qu’en solitaire, il

livre l’opus : ‘’Se pa pou dat’’,

muni des méga-hits : 365 jou,

please baby, je t’aimerai toujours,

ban mwen lanmou,

manman mia, menm jan, m’

tonbe, selebre qui le propulse

au rang de star du music-hall

antillais. Et va l’exposer à une

plus large audience que celle du

groupe. De même que : ‘’Collabo’’

doté de : yèreswa, j’ai

besoin de toi, fanm dous

mwen, vye frè, falling, lapèsonn,

beauté cachée, ban

mwen lanmou entre autres.

Une kyrielle de refrains alternant

les allures de cadence compassée

aux ballades rythmées qui vont

perpétuer son timbre au murmure

de l’aube, dans l’esprit d’une multitude.

Tout en contribuant à tant

d’autres réalisations avec : Malavoi,

Mario de Volcy, Haïti Twoubadou,

Mini All Stars entre autres.

En plus d’avoir influencé une

lignée de suivistes tels : Daan Junior

son sosie vocal, Krys Pierre,

Kenny Desmangles, Richard Cavé

etc. Tout en montrant ses facettes

de compositeur et de producteur

qui vont l’autoriser à mieux gérer

son avenir de musicien.

Ainsi que d’autres dimensions

plurielles qui ont fait voler

en éclats son image de mou et de

baladin impénitent. Notamment

comme partenaire idéal de l’équipe

de foot du « Zin » à laquelle

j’ai pris part au milieu des années

1990. Projetant son côté vaillant,

lorsque des voisins anglophones :

Jamaïcains, Trinidadiens, Guyanais

et autres ont voulu nous

intimider pour nous faire déguerpir

du terrain sur lequel on jouait.

Ce qui l’a mis en état de combat

et, dispos à octroyer des coups de

pied au cul de ces énergumènes.

Lesquels ont dû battre en retraite ;

réalisant qu’ils avaient affaire à

des durs. Je me souviens aussi de

sa douleur profonde, lors du décès

de sa mère ; montrant sa façade

de fils prodigieux. Il y a aussi sa

renommée de radin. Celui qui tient

au prix de quelques accrochages

dévastateurs à faire respecter

jusqu’aux derniers centimes

les termes d’un contrat. Ce dont

on ne peut lui en tenir rigueur ;

sachant combien il tient à honorer

son devoir de père de famille et

ses responsabilités de pourvoyeur

financier.

Ce qui l’a poussé au début

de ce millénaire à montrer des

signes d’indépendance par rapport

au « Zin ». Auquel les aléas

de la compétition et plus d’une

décade dominante avaient fait

bien des rides. De plus, son statut

d’homme marié réclamait plus

d’émoluments. Pendant que ses

autres partenaires Alex et Eddy

munis de leur haut degré professionnel,

pouvaient bien se passer

de musique pour vivre. Ce qui l’a

emmené à demander une trêve,

pour se lancer dans une carrière

de soliste. C’est ainsi qu’il a continué

depuis, persistant dans

cette démarche qui lui va comme

un gant. Ayant le charisme

et le talent pour s’y accrocher.

Bien qu’il soit resté disponible

pour les tournées de réunion annuelle

avec le « Zin ». Prouvant

sa fidélité et sa reconnaissance à

Alex Abellard d’avoir cru en lui,

et aussi à Eddy Saint-Vil pour son

support. Ceux qui l’ont découvert,

façonné et révélé au grand public.

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Vol 14 # 32 • Du 10 au 16 Février 2021

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