Adolescence et santé - Inpes

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Adolescence et santé - Inpes

A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉPour leur participation à la réunion de préparation du livre(ayant conduit notamment à la définition des thèmesabordés) et leur relecture du document•Régine DÉTRÉ, médecin de l’Éducation nationale, académie deParis• Annick CORNILLON-DANGLAS, adjointe au médecin conseillertechnique responsable départemental auprès du directeur del’académie de Paris• Nicole VINCENT, médecin de l’Éducation nationale, académiede Paris• Mireille LE GUILLOU, infirmière de l’Éducation nationale,académie de Paris• Danièle LENGEREAU, infirmière de l’Éducation nationale,académie de Paris• Nicole QUINIO, infirmière de l’Éducation nationale, académiede Paris• Anne-Marie GARDO-KHALLOUFI, enseignante de sciences de lavie et de la terre, académie de Paris6


SommairePréface, Pr Jean-Louis San Marco . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9PREMIÈRE PARTIE : INTRODUCTION GÉNÉRALEIntroduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13Adolescences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17Bases méthodologiques pour mener des actionsd’éducation pour la santé en milieu scolaire . . . . . . . . 29DEUXIÈME PARTIE : ANALYSES ET EXEMPLESD’OUTILS ET D’ACTIONSLes problèmes de santé mentale des jeunes. . . . . . . . . . . . 35Le mal-être . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36État des lieux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37Qui sont les jeunes scolarisés mal dans leur peau ? . 39Les pensées suicidaires et les tentativesde suicide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40Combien de jeunes sont concernés ? . . . . . . . . . . . . . . . . 41Qui sont les jeunes ayant des pensées suicidaires ? . 42Les interlocuteurs des jeunes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45À qui parlent-ils de leurs préoccupations ? . . . . . . . . . . 45À qui se confient les jeunes ayant des penséessuicidaires ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49La violence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53La violence physique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56État des lieux de la violence physique exercéeou subie par les jeunes scolarisés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56Qui sont les jeunes scolarisés ayantdes comportements violents envers les autres ? . . . . . 57Les agressions sexuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61La consommation de substances psychoactives . . . . . . . 65Le tabac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67La consommation de tabac. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 677


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉPilule et tabac. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70Respect des zones non-fumeurs dans lesétablissements scolaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71Le cannabis. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74État des lieux de la consommation de cannabischez les jeunes scolarisés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74Quels sont les principaux facteurs associésà l’usage régulier de cannabis ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76L’alcool. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79La consommation d’alcool chez les jeunesscolarisés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79Les risques liés à l’alcool . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80La polyconsommation et les mélangesde produits psychoactifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82La polyconsommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82Les mélanges de produits psychoactifs . . . . . . . . . . . . . . . 83La sexualité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85Les rapports sexuels des jeunes scolarisés . . . . . . . . . . . 88La contraception . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89TROISIÈME PARTIE : ANNEXESBibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97Structures ressources . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1078


PréfaceDe toutes les périodes de la vie, celle de la fréquentation del’école est la plus fascinante. Période des grandes acquisitions,c’est celle des transformations les plus importantes et donc desrisques majeurs. Risques intimement liés à ces transformations, quivont faire progressivement du petit d’homme un adulte conscientet responsable. Toutes ces étapes nécessaires, franchies l’uneaprès l’autre, sont source de risques spécifiques. Le caractèreinéluctable et quasi recherché de ces risques les rend particulièrementangoissants et leur enlève surtout le côté trivial des autresrisques, liés à l’usure de l’âge ou à la fragilité des premières misesau point, qu’on cherche au contraire à éviter et dont on tente« seulement » de se protéger. La prévention de ces risques évitablesest bien plus facilement admise, dans notre culture essentiellementcuratrice, que la prévention des risques « obligatoires » de l’adolescence,qui entre mal dans une représentation thérapeutique etimplique au contraire la nécessité d’un « accompagnement », trèsdérangeante pour ceux qui croient pouvoir seulement traiter, ou àla rigueur protéger.Une réflexion curatrice, même précoce, est ici totalementinadaptée et non opératoire : risques et progression sont liés,chacun découlant de l’autre. Cela déstabilise ceux qui, dans uneambiance « médicalisée », s’attachent à comprendre et à protégerceux qui traversent cette période difficile. Aider les jeunes scolarisésn’est pas simple. D’autant que la plupart s’adaptent bien etpoussent l’outrecuidance jusqu’à traverser cette période difficilesans notre aide, et en tout cas sans l’aide « curatrice » qu’on sepréparait à leur apporter. Mais certains chutent, sans que l’oncomprenne clairement ce qui les surexposait ; et tous méritentqu’on leur facilite la traversée. Malgré une très bonne adaptationgénérale à cette situation difficile et l’excellente santé de la plupartdes jeunes scolarisés, un sentiment diffus d’angoisse étreint lesresponsables tout au long de ces transformations indispensables,justifié par la survenue de complications qui, pour être peunombreuses, peuvent être dramatiques.On résume souvent l’angoisse ressentie par les jeunesdevant ces étapes par deux raisons symétriques : le sentiment deperte de la protection des parents après la destruction de leurreprésentation positive, angoisse renforcée par l’inquiétude devant9


A D O L E S C E N C E E T S A N T Éune indépendance pourtant ardemment désirée. C’est un peuréducteur, car il y a de multiples passages intermédiaires, et àchaque étape un nouveau risque. Et, chaque fois, perte de la sécuritéde la situation ancienne, connue et rassurante, et désir mêléd’angoisse de découvrir la nouvelle étape.Pour ne rien simplifier, trois caractéristiques de cette phasede vie compliquent la tâche des intervenants : tout d’abord, le caractèremouvant de cette période de transformations incessantes, quirendent l’analyse difficile ; l’absence, ensuite, de marqueurs d’évolutionet le silence des intéressés quant à leur stade d’évolution ; enfin,le fait que tous les groupes auxquels on s’adresse sont d’une extraordinairehétérogénéité ! On intervient presque toujours à contretemps.On en viendrait presque à souhaiter que nos jeunes puissentêtre affranchis de ces obstacles. Ce qui serait pire encore ! Cesépreuves sont nécessaires à leur maturation ! On ne peut que lesaccompagner, pour leur rendre les obstacles le moins dangereuxpossible. On comprend pourquoi, ici moins qu’ailleurs, il ne peuty avoir simple prévention, au sens restrictivement médical de ceterme, mais un vrai accompagnement, un compagnonnage, pourtout dire une éducation.Cette dimension éducative est première dans ce livre. Lesanalyses, les propositions d’action sont légions dans ce domaine.Mais celui-ci est tellement vaste que la plupart n’en abordentsouvent qu’un aspect, un point de vue, et apportent au bout ducompte bien peu d’aide.Ce livre tire son deuxième intérêt de l’ouverture d’esprit deses auteurs. Ils ne se contentent pas du découplage si fréquententre analyse fine et désincarnée, et action généreuse mais sansréelle base scientifique. Au contraire, ils les associent et nousproposent un véritable guide d’action. Cette modalité d’approche,rendue sans doute nécessaire par la complexité des problèmesabordés, fait l’intérêt de ce travail.Une approche aussi complète et opératoire de cette phasede vie répond au grand défi lancé à une institution comme lanôtre : démontrer que l’éducation pour la santé est nécessaire, eten même temps qu’elle est possible et qu’elle peut être efficace.Elle pourra être notre justification, si nous savons le relever.Professeur Jean-Louis San MarcoFaculté de médecine de MarseillePrésident du Conseil d’administration de l’Inpes10


Première partieINTRODUCTIONGÉNÉRALE


IntroductionPRÉSENTATION GÉNÉRALE DE L’OUVRAGE :OBJECTIF ET CONTENUCet ouvrage sur la santé des jeunes s’adresse à tous ceux qui,dans le cadre de l’Éducation nationale, sont en relation avec lesélèves et les étudiants : enseignants, infirmières et médecins de lamission de promotion de la santé en faveur des élèves, assistantesde service social, personnel d’encadrement, etc. Il a pour objectif, àpartir du Baromètre santé 2000 – enquête menée par l’Inpes sur lesopinions, connaissances, attitudes et comportements des Françaisen matière de santé –, de présenter et d’analyser certains résultatsstatistiques concernant les jeunes de 12 à 25 ans, plus particulièrementles jeunes scolarisés et les étudiants.Mis en relation avec certains problèmes et difficultésrencontrés dans le milieu scolaire, ces résultats et les priorités desanté 1 qu’ils mettent en évidence visent à inciter des professionnelsde l’Éducation nationale à mettre en place des actions deprévention et d’éducation pour la santé répondant à leurs préoccupations.Aussi seront proposés au fil des pages, sous formed’encadrés, différents exemples d’actions et d’outils pédagogiquesdont ils pourront s’inspirer.Cet ouvrage est introduit par une réflexion sur l’adolescence,ses potentialités et ses risques. Il propose ensuite quelquesbases méthodologiques essentielles pour mener des actionsd’éducation pour la santé en milieu scolaire. L’essentiel de sondéveloppement est consacré à l’analyse de quatre thèmes de santéconcernant les jeunes de 12 à 25 ans : le mal-être, la violence, laconsommation de substances psychoactives (tabac, alcool etcannabis), la sexualité. Enfin, la dernière partie du livre fournit des1. Selon la charte d’Ottawa (1986), la santé est définie comme « la mesure danslaquelle un groupe ou un individu peut, d’une part, réaliser ses ambitions et satisfaireses besoins, d’autre part, évoluer avec le milieu ou s’adapter à celui-ci. Lasanté est donc perçue comme une ressource de la vie quotidienne et non commele but de la vie ; il s’agit d’un concept positif mettant en valeur les ressourcessociales et individuelles, ainsi que les capacités physiques. Ainsi donc, la promotionde la santé ne relève pas seulement du secteur sanitaire : elle dépasse lesmodes de vie sains pour viser le bien-être ».13


A D O L E S C E N C E E T S A N T Éorientations bibliographiques ainsi qu’une liste d’organismes etd’associations auxquels les membres des équipes éducativespeuvent avoir recours.DU « BAROMÈTRE SANTÉ 2000 » À UN OUVRAGEDESTINÉ AUX PROFESSIONNELS DE L’ÉDUCATIONLe Baromètresanté est,en France, l’unedes principalesenquêtespériodiqueset multithématiquessur la santé dela population.Le Baromètre santé est, en France, l’une des principalesenquêtes périodiques et multithématiques sur la santé de la population.Les résultats des différents Baromètres santé, qui, depuis1992, permettent de mesurer à l’échelle nationale les grandesévolutions des comportements relatifs à la santé, ont été régulièrementpubliés par le CFES 2 , devenu Inpes en 2002.Le Baromètre santé 2000, sur lequel s’appuie cet ouvrage 3 ,est une enquête réalisée par téléphone en 1999 sur un échantillonreprésentatif de 13 685 individus âgés de 12 à 75 ans, ce qui apermis de collecter un nombre important d’informations, notammentsur les jeunes scolarisés. Les analyses présentées ici ont portésur un échantillon de 2 765 jeunes de 12 à 25 ans et sur un échantillonde 1 791 jeunes scolarisés et étudiants de 12 à 25 ans inclusdans le premier.Un autre intérêt de ce Baromètre est que, grâce à la multiplicitédes thèmes abordés 4 , il permet l’établissement de liens entredifférents comportements de santé. Ses données peuvent doncêtre une source d’informations précieuses pour les décideurs et lesacteurs de la prévention et de l’éducation pour la santé.Cependant, la quantité des informations et le caractère techniquedes données fournies ne facilitent pas la lecture du rapportd’enquête 5 et il est sans doute malaisé, pour des lecteurs nonavertis, d’en tirer des conclusions d’ordre pratique. Dès lors, il estapparu utile de réaliser un ouvrage plus directement accessible,s’adressant à des professionnels spécifiques.2. Avec le soutien, en 1999, de la Caisse nationale de l’assurance maladie destravailleurs salariés (Cnamts), le ministère de l’Emploi et de la Solidarité, le HautComité de la santé publique (HCSP), l’Observatoire français des drogues et destoxicomanies (OFDT), la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et latoxicomanie (Mildt).3. Pratiquement tous les résultats chiffrés de cet ouvrage sont issus de cetteenquête ; lorsqu’ils proviennent d’une autre source, celle-ci est mentionnée.4. Activité sportive / Vaccination / Tabac / Alcool / Pensées suicidaires et tentativesde suicide / Échanges de coups, prises de risque et rapports sexuels forcés /Sexualité, contraception, IST (infections sexuellement transmissibles) / Droguesillicites / Douleur / Consommation de soins et de médicaments / Dépistage descancers / Accidents.5. Guilbert P., Baudier F., Gautier A. Baromètre santé 2000, vol. 2 : Résultats.Vanves : CFES, 2001 : 473 p.14


I N T R O D U C T I O NPour la réalisation de ce livre, un groupe d’une dizaine deprofessionnels de l’Éducation nationale, rassemblant des enseignants,des infirmières et des médecins, a été constitué. Desréunions de travail ont alors été organisées autour des grandesquestions concernant les jeunes, susceptibles d’intéresser ceux quitravaillent avec eux et pour eux au sein des établissementsscolaires. Le contenu et la rédaction de cet ouvrage ont étéorientés par ces échanges et ces réflexions. C’est ainsi que le choixdes quatre thèmes traités dans cet ouvrage s’est fait en concertationavec le groupe de travail 6 .UNE MÉTHODOLOGIE RIGOUREUSELes résultats de l’enquêtePour faciliter la lecture de cet ouvrage, nous avons évité toutemploi de termes techniques. Les analyses sur lesquelles le textes’appuie reposent néanmoins sur des statistiques rigoureuses, sefondant notamment, lorsque sont comparés différents groupes, surl’analyse de tests de significativité 7 .Dans les domaines psychologique et social, on sait que lesattitudes et les comportements des individus sont influencés parde nombreux facteurs simultanés (âge, sexe, structure familiale,etc.). Pour tenir compte de ces interactions multiples, nous avonsréalisé des régressions logistiques, technique statistique permettantd’analyser un phénomène en tenant compte de l’action simultanéede plusieurs variables. Il faut souligner que les résultats issus de cetype d’analyse ne permettent pas d’établir des liens de cause à effetentre différents comportements, mais permettent de mettre enévidence des associations entre différents phénomènes.Les exemples d’outils d’interventionet d’actions d’éducation pour la santéLes outils d’intervention présentés dans la deuxième partiede cet ouvrage ont été sélectionnés sur la base des résultats d’une6. Nous sommes conscients que la sélection des thèmes a été opérée par ungroupe de travail créé sur la base du volontariat et présentant peut-être certainesspécificités en matière d’intérêts. Certains lecteurs peuvent donc être intéresséspar d’autres thèmes non traités dans cet ouvrage. Ils trouveront des donnéescomplémentaires dans le volume 2 du Baromètre santé 2000 et dans les volumes3.1 et 3.2, qui décrivent les résultats d’une analyse secondaire des comportements,attitudes, connaissances et opinions en matière de santé des jeunes âgés de 12 à25 ans (volume 3.1 : Les comportements des 12-25 ans : résultats régionaux ;volume 3.2 : Les comportements des 12-25 ans : synthèse des résultats nationaux etrégionaux).7. Pour une description plus précise des tests statistiques, voir le chapitre I duvolume 2 du Baromètre santé 2000, op. cit. : p. 19-25 ; pour la définition du« degré de significativité », voir p. 21-22.15


A D O L E S C E N C E E T S A N T Éanalyse portant principalement sur la qualité méthodologique deleur contenu. Chaque outil a été analysé par trois professionnelsau moins, de compétences différentes (acteur de terrain, conseilleren méthodologie, documentaliste, formateur, spécialiste du thème,etc.). Cette étude a été réalisée dans le cadre d’un dispositifnational d’analyse et de valorisation des outils d’éducation pour lasanté – la pédagothèque – formalisé depuis juillet 2001 au CFES,devenu Inpes.Ces outils ne sont que des exemples parmi d’autres de cequi peut être fait. Néanmoins, ils sont tous conçus autour d’unprincipe fondamental : l’approche globale de la santé, tenantcompte de ses dimensions physique, psychique et sociale, et seréférant à la notion de bien-être.Les actions d’éducation pour la santé menées à l’étrangerqui ont été sélectionnées pour cet ouvrage ont fait l’objet d’évaluationsissues d’enquêtes comparant les résultats obtenus chez desélèves ayant participé à ces actions aux résultats obtenus chez desélèves n’en ayant pas bénéficié.Les jeunesdisposentde ressourcessur lesquellesil est importantde s’appuyer.Une incitation à l’actionLes informations, ainsi que les outils et les actions proposésdans ce livre, ne prétendent pas à l’exhaustivité. Ils visent seulementà une meilleure connaissance de certaines questions concernantles comportements de santé des jeunes et apportent deséléments destinés à favoriser la réflexion et l’action de ceux qui,dans les collèges et les lycées, souhaitent aider les élèves en difficultéà mieux vivre leur adolescence. Précisons aussi que, sil’accent est plutôt mis sur les difficultés et les troubles du comportementliés à l’adolescence, il ne faut pas oublier que la majoritédes jeunes ne connaît pas de troubles majeurs. De plus, les jeunesdisposent de ressources sur lesquelles il est important des’appuyer : l’adolescence, parce qu’elle est une période où lapersonne se construit, est favorable aux évolutions positives, auxprises de conscience bénéfiques et aux apprentissages de tousordres.Sans doute faut-il aussi garder à l’esprit que les résultatsquantitatifs, qui relèvent d’une approche scientifique et technique,peuvent être utilement complétés par des études qualitatives.Nous espérons que cet ouvrage, qui a pour originalité dechercher à faire le lien entre des résultats d’enquête et des modalitésd’interventions, apportera une aide à ceux qui souhaitentcomprendre et agir au sein des établissements scolaires afin decontribuer au développement, chez les jeunes, de comportementsfavorables à leur santé.16


AdolescencesAujourd’hui évident, le concept d’adolescence correspondpourtant à une réalité relativement récente de notre société. « Nonseulement les sociétés primitives ne le connaissaient pas, mais il estignoré par des sociétés très évoluées, par la Grèce, par Rome, parles sociétés françaises du Moyen Âge et des Temps modernes 1 . » Lemot n’apparaît en effet dans les dictionnaires français qu’à la fin duXVII e siècle, le dictionnaire de l’Académie précisant alors qu’il nes’utilise que pour les garçons ; bien plus, le terme « adolescent » nes’emploie à cette époque que dans une intention comique ou satirique.Il faudra donc encore un long parcours, et de nombreusesfluctuations de sens, pour que le mot « adolescence » finisse parrejoindre, dans la seconde moitié du XIX e siècle et d’une manièreapproximative, l’acception d’aujourd’hui 2 . Ce qui montre combienl’adolescence – la manière dont elle se vit, mais aussi dont elle estperçue –, loin d’être une réalité universelle, est un phénomènehistorique, fortement marqué par des dimensions culturelles etsociales. Remarquons aussi que chaque adolescent étant unique,l’adolescence ne peut être qu’une réalité plurielle.Chaqueadolescentétant unique,l’adolescencene peut êtrequ’une réalitéplurielle.UNE MÉTAMORPHOSE PHYSIQUE ET PSYCHIQUEUne période de transitionLa définition actuelle de l’adolescence – « période quisuccède à l’enfance et précède l’âge adulte 3 » – signale d’embléel’une de ses caractéristiques majeures : c’est une période de transition,de passage entre l’enfance et l’âge adulte, ces deux pôlesfaisant déjà entrevoir l’origine des difficultés, ambivalences, conflitsqui marqueront le plus souvent ce que l’on appelle la « crise del’adolescence ». Celui (ou celle) qui s’éloigne de son enfance peutaussi la regretter. Celui (ou celle) qui aspire au statut d’adulte peutaussi le redouter. Ce va-et-vient entre passé et avenir, entre désir etcrainte, entre impatience et nostalgie, qui rend le présent incertain1. Bernard J. In : Huerre P., Pagan-Reymond M., Reymond J.-M. L’adolescencen’existe pas. Paris : Odile Jacob, 2002 : p. 8.2. Ibid. : p. 35-37.3. Le Petit Robert, 2001 : p. 35.17


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉAspirantà la liberté età l’autonomie,mais ayanttoujours besoinde l’affection etde la protectionde ses parents,l’adolescentoscille entreune attitudede révolte etde soumission.et parfois difficile, est générateur d’inquiétudes, de tensions.« Saison des attentes, l’adolescence est aussi le temps de la vulnérabilitéet de la sensibilité la plus vive aux carences. La définirrevient toujours à se référer au négatif : ce n’est plus l’enfance et cen’est pas encore l’âge adulte 4 . » Remarquons cependant que l’âgeadulte n’est pas exempt d’attitudes adolescentes ou enfantines.Sur le plan social, l’adolescence correspond aussi à unepériode charnière puisqu’elle doit ouvrir sur le monde du travail,c’est-à-dire mener d’une situation de dépendance à la conquête del’autonomie. Ce caractère transitoire, qui se manifeste par un éloignementprogressif de la cellule familiale, explique sans doutenombre de comportements apparemment contradictoires, correspondanten fait à une double motivation : aspirant à la liberté et àl’autonomie, mais ayant toujours besoin de l’affection et de laprotection de ses parents, l’adolescent oscille entre une attitude derévolte et de soumission, entre un désir de toute-puissance et unsentiment d’impuissance. Et plus il se sent dépendant des liensfamiliaux, plus il se sent menacé par ce qui l’attache et se tournevers des conduites d’opposition. Cette situation psychologiquementinconfortable est propice aux comportements extrêmes, quipeuvent mettre la santé, et parfois même la vie, en danger. Entémoignent les principales causes de décès chez les jeunes, quisont le suicide et les accidents de voiture.Une période de transformationL’adolescence correspond à une période de croissance etde transformation physique accélérée. C’est aussi une période deprofonde transformation psychique.Le début de l’adolescence est marqué par la puberté,phénomène physiologique par lequel l’organisme humain setransforme pour accéder à la fonction de reproduction. Sousl’influence des modifications hormonales associées à une fortepoussée de la croissance, le corps change, se métamorphose.L’adolescent peut alors avoir du mal à accepter l’image que luirenvoie le miroir : il peut se trouver trop gros ou trop maigre, troppetit ou trop grand, ne correspondant pas aux modèles médiatiques…N’adhérant pas à sa nouvelle image, l’adolescent accorderaalors une grande importance à sa tenue vestimentaire, parfoisrésolument provocante par son originalité (toute relative d’ailleurs,puisque le plus souvent calquée sur les extravagances vestimentairesde son modèle ou de ses pairs) ou son laisser-aller ; ou bienencore il maltraitera son corps par des pratiques de tatouage oude piercing : le marquage du corps est un moyen de se l’appro-4. Huerre P., Lainé T. « L’adolescence et la crise ou la saison des attentes ». Pour,n° 110-111. Toulouse : Privat, 1987.18


A D O L E S C E N C E Sprier, une manière de manifester sa différence par rapport aumonde des adultes, mais aussi son appartenance à tel ou telgroupe. Selon Xavier Pommereau, l’expérience montre que« l’importance et la multiplicité des signes distinctifs et desconduites de rupture adoptés sont proportionnelles à l’incapacitéque connaît l’adolescent à se vivre distinct et différencié 5 ».Les changements du corps liés à la puberté contribuent à laconstitution et à l’affirmation de l’identité sexuelle ; les garçons etles filles manifestent leurs différences, des décalages apparaissentvis-à-vis de certains apprentissages ou de certaines conduites. Enproie à des sentiments, des émotions et des désirs nouveaux,souvent ressentis d’une manière conflictuelle (l’attrait se mêlant àla peur, l’amour à la haine), l’adolescent se sent tiraillé entre sespulsions sexuelles et les difficultés ou l’impossibilité de lesassumer. Certains auront très tôt un premier rapport sexuel,d’autres au contraire le retarderont en attendant « le grand amour ».La difficulté à faire face aux risques liés à des rapports sexuels nonprotégés vient par ailleurs compliquer l’accès des jeunes à unesexualité adulte.Les changements biologiques ont entraîné des changementsphysiques, qui sont eux-mêmes associés à une série de changementspsychologiques et affectifs. C’est l’ensemble de ces bouleversements,plus ou moins bien assumés selon les cas, quedevront accompagner non seulement la famille, mais aussi lesenseignants et tous ceux qui, à l’école, ont vocation d’éduquer lesjeunes à la santé.Une quête d’identitéConfronté à un corps nouveau, à des sensations et des situationsjusque-là inconnues, l’adolescent doit apprendre à se reconnaître,à s’accepter, physiquement mais aussi psychiquement. Il aà se découvrir et à se construire, à « accoucher » de lui-même,pourrait-on dire. Mais il doit aussi, dans sa relation avec les autres,apprendre à accepter la différence (de sexe, d’âge, d’opinion, deculture, de religion, etc.). Ce qu’il aura à gagner à travers ce travailde reconnaissance de soi-même et de l’autre, c’est, dans la mesuredu possible, sa propre estime, mais aussi celle qui s’exprime àtravers le regard d’autrui.Dans la société d’aujourd’hui, où les valeurs et les repèresapparaissent brouillés, où la famille se transforme, où l’école esten débat, où le chômage menace, où les cultures se côtoient sansforcément se reconnaître, où les adultes dénient la vieillesse et lamort, il n’est pas étonnant que les adolescents aient parfois du malL’adolescentdoit apprendre àse reconnaître,à s’accepter,physiquementmais aussipsychiquement.5. Pommereau X. « Avoir mal, faire mal, mettre à mal ». In : Baudry P., Blaya C.,Choquet M. et al. Souffrances et violences à l’adolescence. Issy-les-Moulineaux :ESF éditeur, 2000 : p. 123.19


A D O L E S C E N C E E T S A N T É« L’adolescenta besoin dese définir, nonseulementpar rapportà ses parentsmais aussicontre eux. »BrunoBettelheimL’adolescentagit aussi parmimétisme.Il éprouvele besoind’appartenirà un groupe,celui deses pairs.à trouver leur place. Comme le remarque Xavier Pommereau,« dans notre société moderne, l’adolescence demeure longtempsen souffrance, dans l’attente interminable de trouver sa place, sonidentité, tout en étant écartelée par les nouvelles potentialités quelui octroient une puberté plus précoce et l’impossibilité de jouirpleinement dans tous les sens du terme 6 ».C’est à travers un double mouvement plus ou moins conscient,en imitant et en s’opposant, que l’adolescent va peu à peu seconstruire. Comme l’explique Bruno Bettelheim : « L’adolescent abesoin de se définir, non seulement par rapport à ses parents maisaussi contre eux, de crainte qu’ils ne lui imposent une personnalitéqu’il entend se construire lui-même. Pour être sûr qu’il est bien cequ’il désire être, il essaie, dans une certaine mesure, d’être aussi ceque ses parents ne veulent pas qu’il soit. Il suppose que seule cetteattitude peut lui assurer son indépendance 7 . » Une attitude d’oppositionpeut aussi donner à l’adolescent l’occasion d’éprouver la soliditédu lien qui le relie à ses parents et dont il a besoin. S’il rencontreprésence et attention, l’opposition « constitue alors pour l’adolescentune voie idéale de construction de sa personnalité 8 ». Cette dynamiqueéducative, qui joue à la fois sur l’autorité de l’adulte et surl’autonomie de l’adolescent, peut évidemment trouver son prolongementdans les relations de dialogue et d’échange qui se nouententre les éducateurs ou les enseignants et les jeunes.Mais l’adolescent agit aussi par mimétisme. Il éprouve lebesoin d’appartenir à un groupe, celui de ses pairs, dont il adopteles goûts, les comportements, le langage. Ce double mouvement –d’opposition aux adultes, d’identification aux pairs – renvoie à unmême processus d’individualisation par comparaison, par référenceà l’autre, que celle-ci soit positive ou négative. On connaîtaussi l’influence de la publicité sur l’adolescent : il consommepour être valorisé, être intégré dans un groupe (en adoptantcertaines marques, par exemple) et, plus largement, dans lasociété, ce qui n’est d’ailleurs pas l’apanage des adolescents.Une période de formation et de découverteL’adolescence correspond également à un moment fortd’expérimentation, d’exploration et de découverte. Comme l’écritPatrick Baudry à propos des adolescents, « il s’agit moins d’unecatégorie que d’un âge et plus encore d’un rapport au monde 9 ».L’adolescence ne se vit pas en milieu clos ; elle est un processus6. Pommereau X. Op. cit. : p. 106.7. Bettelheim B. Pour être des parents acceptables, une analyse du jeu. Paris :Robert Laffont, 1988.8. Jeammet P. (dir.) Adolescences. Paris : Syros, 1997 : p. 59.9. Baudry P. « Conflit, image du corps et rapport à la mort ». In : Baudry P.,Blaya C., Choquet M. et al. Op. cit. : p. 24.20


A D O L E S C E N C E Squi s’inscrit dans un environnement familial, social, mais aussiscolaire. L’histoire de tout adolescent renvoie à celle des autres, etc’est dans l’articulation du singulier et du collectif qu’il pourraespérer se trouver. « C’est en acceptant de se nourrir des autres quel’on devient soi 10 . »Là aussi se joue un double mouvement. D’un côté, l’adolescentest un être d’élan, d’enthousiasme. Il est naturellement portévers les autres, désireux d’explorer la réalité, d’apprendre, decomprendre, de voyager, etc. Le monde est neuf, multiple,passionnant ; tout reste à découvrir, à expérimenter. D’un autrecôté, l’adolescent a besoin d’un abri, d’un lieu sûr (sa chambre,par exemple) où il puisse rêver, se créer un monde de musiqueet d’images, se livrer à des activités qui lui sont propres. Cetespace personnel dessine un cadre où il est contenu, qui le protège,« un lieu où réunir son corps et son esprit qui sont en voie deconstitution 11 » .Il arrive que l’adolescent, porté par sa générosité et sonidéalisme, se tourne vers de grandes causes : la faim dans lemonde, la sauvegarde de notre planète, la lutte contre les inégalités,le racisme 12 , etc. Mais découvrant bientôt une réalité qui luiéchappe et sur laquelle il est difficile d’agir, il peut aussi s’impatienter,se décourager. La société de consommation promettant« tout, tout de suite », il est difficile aux jeunes d’apprendre lalenteur, la persévérance, de même qu’il leur est difficile d’accepterl’interdit. Cette déception, due à la limitation des possibles, estparfois mal supportée, et peut se transformer en révolte. Onretrouve ce même mouvement, qui va de l’idéalisation à la déception,dans les relations de l’adolescent avec ses parents : il vient unmoment où les parents, qui avaient été idéalisés dans l’enfance,apparaissent dans leur réalité humaine et sociale, avec leursdéfaillances, leurs limites, leurs insuffisances, etc. L’expérience dela déception et, dans certains cas, de l’humiliation sociale, estsource de violence, à la fois ressentie et dirigée vers les autres.« Faire mal et avoir mal s’avèrent résolument indissociables 13 . »Il n’en demeure pas moins que l’adolescence est la périodede toutes les potentialités. En tant que telle, elle a une grandecapacité de récupération et de transformation, d’apprentissage etd’acquisition. Elle est « une période de travail intensif, faited’essais, d’erreurs, d’avancées, de renoncements, de conquêtes,comme toute aventure humaine 14 ».« C’est enacceptantde se nourrirdes autresque l’ondevient soi. »PhilippeJeammetL’adolescenceest la périodede toutes lespotentialités.Elle aune grandecapacité derécupérationet detransformation,d’apprentissageet d’acquisition.10. Jeammet P. L’adolescence. Paris : Solar, 2002 : p. 6.11. Jeammet P. (dir.) Adolescences. Op. cit. : p. 25.12. Bon N. et al. « Adolescents : des mots sur la santé ». In : Les représentations dela santé. Paris : Inserm, 1989 : p. 205-227.13. Baudry P., Blaya C., Choquet M. et al. Op. cit. : p. 12.14. Jeammet P. (dir.) Adolescences. Op. cit. : p. 35.21


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉLES EXPÉRIMENTATIONSET LES RISQUES DE L’ADOLESCENCEPériode de quête et de vulnérabilité, l’adolescence est aussiune période à risques. C’est en effet à travers des conduites dangereusesqu’une frange de la jeunesse exprime son mal-être, sa difficultéde vivre. À travers la prise de risque, elle se cherche, se teste,s’affirme. Comme le remarque l’anthropologue David Le Breton,« les conduites à risque sont des manières ambivalentes de témoignerd’un manque à être, d’une souffrance, et de lancer un appelaux plus proches, à ceux qui comptent, ou parfois une manièredétournée de tester sa valeur personnelle 15 . »Comme le montrent les données du Baromètre santé 2000,la prise de risque ne concerne qu’une partie des adolescents, qu’ils’agisse d’une prise de risque perçue et déclarée comme telle parles jeunes ou d’un comportement pouvant être dangereux maisnon reconnu comme tel (consommation d’alcool, de tabac ou decannabis par exemple). Ainsi, à peine plus d’un jeune de 12 à 25ans sur dix déclare avoir pris un risque « par plaisir ou par défi »au cours du mois précédant l’enquête. La prise de risque déclaréeest néanmoins plus fréquente chez les jeunes que chez les adultes,puisqu’elle a été déclarée par 12 % des jeunes contre 6 % desadultes de 26 à 50 ans.Les conduitesà risque sont« des tentativesdouloureusesde se mettreau monde ».DavidLe BretonLe risque pour grandirLes conduites à risque, toujours selon David Le Breton, sont« des tentatives douloureuses de se mettre au monde. La tâche desparents, des travailleurs sociaux, des responsables politiques, desmédecins, etc., n’est pas de les juger, mais de les comprendre et des’efforcer, par l’échange, le dialogue, de les prévenir 16 ». Le risqueserait-il, dans ce moment de transition vers l’âge adulte, assimilableà un rite de passage ? La prise de risque permettrait au garçon de« devenir un homme » en affirmant sa virilité (par exemple, à traverscertains sports à risque, en conduisant vite, en buvant de l’alcool) età la jeune fille de « devenir une femme » en mettant en avant sa féminité17 ou en testant sa capacité à devenir mère (par exemple àtravers des relations sexuelles non protégées). Pourtant, cesconduites à risque apparaissent très différentes des rites de passagedes sociétés traditionnelles : elles ne sont pas codifiées et encadrées15. Le Breton D. (dir.) L’adolescence à risque. Paris : Autrement (coll.« Médiations »), 2002 : p. 5.16. Le Breton D. (dir.) 0p. cit. : p. 10.17. À l’inverse, le goût du risque « peut exprimer un refus de la féminité ressentiecomme réductrice sur le plan social et physique ». In : Difficile adolescence. Guidepour les parents, enseignants et éducateurs. Paris : Phare Enfants-Parents, 2002 :p. 23.22


A D O L E S C E N C E Spar les adultes, sont parfois solitaires et ne permettent pas toujoursau jeune de s’intégrer dans la société des adultes. Bien au contraire,elles peuvent rendre cette intégration plus difficile par leurs conséquences(handicap, rejet social, problèmes judiciaires, etc.). Il n’enreste pas moins que la plupart de ces comportements peuvent êtreconsidérés comme « constitutifs d’une étape inévitable du développementindividuel, qui marque le passage à l’âge adulte 18 ».Le risque n’est pas toujours perçu par l’adolescent : si laconsommation d’héroïne est facilement perçue comme dangereuse,la conduite à une vitesse excessive ou une très forteconsommation d’alcool le sont beaucoup moins. Cette perceptionne dépend pas tant du niveau de connaissances que le jeune a durisque (d’où les limites d’une prévention fondée sur la simpleinformation) que de l’image sociale de ces pratiques. Les campagnesde prévention insistent souvent sur l’importance du messagetransmis par les adultes, à travers leurs comportements, à desadolescents dont l’identité et la personnalité sont en pleine constructionet qui sont donc très influençables 19 . Se pose alors la questioncontroversée du statut de modèle de l’adulte pour le jeune.Certains pensent que l’adulte se doit d’être un exemple. Ils remettentainsi en cause la légitimité des enseignants fumeurs à interveniren prévention du tabagisme. Le slogan de la campagne decommunication contre la drogue mise en place en 2001 par leComité français d’éducation pour la santé et la Mission interministériellede lutte contre la drogue et la toxicomanie, « Il n’y a pasde meilleure influence que la vôtre 20 », va dans ce sens. D’autrespensent qu’un modèle lisse et vertueux, par son caractère deperfection, n’offrirait aucune prise identificatoire à l’adolescent ; ceserait aussi dans les failles des adultes que les adolescents trouveraientun espace de création personnelle, de construction de soien tant qu’êtres différenciés.Est-ce possible et souhaitable de chercher à prévenir toutrisque ? Certaines prises de risque ne sont-elles pas constructives ?Oui, il y a des risques nécessaires, des risques qui permettentd’expérimenter, de grandir, d’innover, de s’autonomiser, « ritesintimes de fabrication du sens 21 ». « C’est […] dans cette versionCertainspensent qu’unmodèle lisse etvertueux, parson caractèrede perfection,n’offriraitaucune priseidentificatoireà l’adolescent.18. Peretti-Watel P. La société du risque. Paris : La Découverte (coll. « Repères »),2001 : p. 82.19. À ce propos, il y a souvent débat entre ceux qui disent que les jeunes doiventêtre considérés comme responsables de leurs actes et ceux qui pensent que lesadolescents sont en pleine construction d’eux-mêmes et par conséquent trèsinfluençables. Ce type de débat sur les limites de la responsabilité des adolescentset sur le rôle éducatif des adultes est aussi présent dans le domaine de la justice,par exemple en ce qui concerne la question de la responsabilité des mineursdélinquants.20. Celle des adultes.21. Le Breton D. (dir.) L’adolescence à risque. 0p. cit. : p. 19.23


A D O L E S C E N C E E T S A N T Épositive du risque que la société progresse », affirme DominiqueCharvet 22 . Mais lorsque le risque est pris de façon inconsidérée etsans mesure, lorsqu’il devient une habitude ou lorsqu’il est tournévers un objectif de destruction de soi ou/et des autres, alors il y adanger. Et c’est ce risque-là qu’il faut tenter de prévenir, même sila limite entre le « risque nécessaire » et le « risque à éviter » estparfois difficile à établir.« Le jeusymboliqueavec la mort estune manièreradicale maispuissante dequestionner lesens de la vie ».DavidLe BretonLe risque pour se détruireLorsque le comportement à risque a des fins destructrices,lorsque « c’est le danger qui donne toute sa valeur à l’exploit 23 »,alors il faut chercher à le prévenir. « Le risque pour le risque » n’estplus ici un acte émancipateur visant à une intégration dans lasociété ; il cherche au contraire la rupture avec elle, tout en attirantl’attention sur son auteur. Être en rupture avec le monde, lesautres, la société, cela va parfois jusqu’à quitter le monde, s’enexclure à jamais. L’adolescent peut alors risquer la mort ; il peuttenter de se suicider. Comme si seule la violence de la conduitepouvait permettre de « changer la vie ». Il peut arriver que l’oncherche à se tuer pour ne pas mourir… et l’on sait que certainestentatives de suicide peuvent être interprétées comme un appeldésespéré, un ultime recours pour renouer le dialogue. « L’entretienavec l’adolescent suicidant révèle rarement une intention claire demourir », mais plutôt « une manière brutale de libérer une tensionintérieure réprimée », une manière de mettre en acte une souffrancepour la faire entendre et trouver ainsi un soutien 24 . Larecherche de sensations fortes, le goût du vertige, d’une intensitéd’être peuvent également mener à des prises de risque physiques,à des sports extrêmes donnant un moment l’illusion d’une toutepuissance,d’une souveraineté sur soi et sur l’environnement. Endéfinitive, on peut dire avec David Le Breton que « le jeu symboliqueavec la mort est une manière radicale mais puissante dequestionner le sens de la vie 25 ».La prise de risque et le groupeMême si le groupe peut parfois avoir un effet protecteur 26 ,c’est souvent en groupe que le risque se prend, avec ou face à lui.– D’abord, la proximité des autres adolescents au sein dugroupe génère, dans certaines circonstances, un trop-plein d’excitationque les jeunes peuvent chercher à évacuer dans des actions22. Charvet D. Jeunesse, le devoir d’avenir. Rapport de la commission présidée parDominique Charvet, Commissariat général du Plan, mars 2001 : 441 p.23. Difficile adolescence. Op. cit. : p. 77.24. Le Breton D. Passions du risque. Paris : Métailié, 1991 : 186 p.25. Le Breton D. (dir.) L’adolescence à risque. Op. cit. : p. 5.26. Le risque pris seul peut être fatal, la tentative de suicide en est un exemple.24


A D O L E S C E N C E Sviolentes comportant des risques pour leur santé ou celle desautres 27 .– Ensuite, avec le groupe, le risque semble amoindri 28 : laprésence des autres non seulement sécurise, mais plus encore dilueles responsabilités. C’est notamment le cas de la conduite automobileà risque (vitesse excessive, conduite sous l’emprise d’unproduit) ; en effet, il a été démontré que « les jeunes conduisantseuls sont sensiblement moins victimes d’accidents de la route 29 ».– Enfin, la valorisation apportée par le risque semble plusforte en présence des pairs. Montrer aux autres que l’on fume ouque l’on conduit vite assure une place dans le groupe. L’influencedu groupe a donc un effet aggravant. Parfois même, le jeune est misen situation de vivre un risque « obligé » pour être avec les autres(par exemple, dans les bizutages subis par les étudiants, dans lesconduites de défi des plus jeunes en réponse aux « t’es pas cap »).Le risque apparaît alors doublement violent : à la violence du risquelui-même s’ajoute celle de devoir le prendre sous la contrainte.Toutefois, rien ne permet d’assurer à l’adolescent que sa conduitele valorisera aux yeux des autres. Aucun risque ne mène obligatoirementà la reconnaissance. Il peut même avoir pour effet de menerau rejet, à l’exclusion du groupe (pour des raisons médicales,morales, sociales, etc.).EXEMPLE D’OUTIL N° 1Les jeunes et le risque : une vidéo pour en débattreLe film vidéo Risquer sa route, qui alterne témoignageset fiction, est un outil pour débattre de laprise de risque avec des adolescents. Si ce film,d’une durée de vingt minutes, aborde plus particulièrementla prise de risque au volant, il abordedes problématiques communes à bien descomportements à risque : l’influence du groupe,l’image de soi, le risque pour faire sa place, pourséduire, pour s’évader, les conséquences durisque (accidents par exemple). Les témoignagesde jeunes ayant eux-mêmes eu des comportementsà risque dont les conséquences ont étéparfois tragiques (handicaps, maladies, etc.),donnent au film une dimension humaine etconcrète qui touche le spectateur.Cet outil permettra d’aborder en classe cettethématique afin de susciter un débat, permettreun échange d’expériences, une analyse descomportements, une meilleure compréhensiondes autres et du désir de risque.Risquer sa route, un film de Serge Salicetti.Prix : 38 euros + frais de port (4,50 euros).La Cathode Vidéo, 119 rue Pierre-Sémard,93000 Bobigny.Téléphone : 01 48 30 81 60Télécopie : 01 48 30 81 26Courriel : la.cathode@wanadoo.frhttp://www.lacathode.org27. Chapelier J.-B., Privat P. (dir.) Violence, agressivité et groupe. Paris : Erès, 1999,244 p.28. Le Breton D. « Les conduites à risque des jeunes ». Agora 2002, n° 27 : p. 37.29. Le Breton D. Art. cit. : p. 38.25


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉLes décèsconsécutifsà une tentativede suicide sontplus fréquentschez lesgarçons quechez les filles.Filles et garçons face au risqueLes garçons et les filles ont des comportements différentsface au risque : on pourrait presque dire que « le risque est plusrisqué » chez les garçons. Ceux-ci sont en effet plus nombreux àêtre victimes d’accidents, voire à en mourir. Ils se mettent plusviolemment en danger que les filles. Sans doute parce que « cesconduites sont souvent valorisées, renvoyant à une image de virilité(vitesse, ivresse, etc.) 30 ». Et plus le garçon court de risque àbraver l’autorité des adultes, plus il se sent valorisé et estimé parle groupe de ses pairs.Les garçons s’expriment moins que les filles par la parole.Ayant moins aisément recours à la relation et à la verbalisation, ilsont davantage la tentation du passage à l’acte 31 . Lorsqu’ils vontmal, leur mode d’expression est plus brutal, plus radical. Ainsi,comme le montrent les données de mortalité de l’Inserm (CépiDC)évoquées dans le chapitre sur les problèmes de santé mentale desjeunes 32 , les décès consécutifs à une tentative de suicide sont plusfréquents chez les garçons que chez les filles.Plus soucieuses de leur intégrité physique, les adolescentesont plutôt tendance, quand elles tentent de se suicider, à user depsychotropes. Par ailleurs, la somatisation est un symptôme fréquentchez les jeunes filles. Leur corps est à la fois source et conséquencede leur mal-être ; elles souffrent de ce qu’il se transforme et leur malêtrepeut aussi se traduire par des douleurs physiques. Certainesexpriment leur difficulté en le mettant à l’épreuve par des conduitesalimentaires perturbées (anorexie, boulimie), par des grossesses nonplanifiées parfois suivies d’interruption volontaire de grossesse(IVG) 33 . Mais, dans les deux cas, les souffrances et les risques qui leursont associés sont intimement liés à « une conjonction complexeentre une société, une structure familiale et une histoire de vie 34 ».Des conflits de l’enfance plus ou moins bien résolus resurgissentbien souvent durant cette période de l’adolescence.Les ressources des adolescentsFace aux difficultés, au stress, voire au danger généré parune prise de risque, les adolescents ne sont pas démunis ; ils ontdes ressources souvent sous-estimées par les adultes, qui peuventleur permettre de réagir. C’est ce que l’on appelle la résilience, qui30. Le Breton D. Les conduites à risque des jeunes. Art. cit. : p. 42.31. Arènes J. et al. La communication sur la santé auprès des jeunes. Analyses etorientations stratégiques. Vanves : CFES (coll. « Dossier techniques »), 2000 : p. 61.32. Voir p. 41.33. En France, en 1997, sur mille jeunes femmes de 15 à 17 ans, sept ont eu uneIVG (en 1990, ce taux était de 6 %). Cf. « Les IVG en 1998 ». Études et résultats2000, n° 69, Drees, ministère de l’Emploi et de la Solidarité.34. Le Breton D. (dir.) L’adolescence à risque. Op. cit. : p. 36.26


A D O L E S C E N C E Sest « la capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement,de manière socialement acceptable, en dépit d’un stress ou d’uneadversité qui comportent normalement le risque grave d’une issuenégative 35 ». On peut se demander pourquoi certains adolescentsarrivent plus que d’autres à faire face à une situation difficile. Desétudes ont fait apparaître un certain nombre de facteurs individuelset environnementaux favorisant la résilience 36 : ces facteursont notamment trait au sentiment d’appartenance à une communautéou à un réseau informel, à la capacité de s’adapter et desusciter la sympathie, ou encore au sentiment d’avoir un contrôlesur sa vie et les événements qui s’y rapportent.L’un des problèmes posés par le concept de résilience est lerisque d’un désengagement des pouvoirs publics et des structuresassociatives 37 . Le raisonnement suivant risque en effet d’être tenu :ou les personnes sont résilientes et trouvent alors en elles-mêmesles ressources nécessaires, ou elles ne le sont pas et, quoi que l’onfasse, elles resteront en difficulté. Ce concept reste cependantriche en possibilités d’action : grâce à une multitude de facteursprotecteurs, les individus ont la capacité de rebondir, et il estpossible, notamment dans le cadre de programmes d’éducationpour la santé, de développer ces facteurs. Ainsi, l’un des facteursprotecteurs liés à l’environnement étant le sentiment d’appartenanceà une communauté, les actions d’éducation pour la santésusceptibles d’accroître ce sentiment, telle la mise en place d’unréseau d’entraide par les pairs, contribuent à renforcer la résiliencedes adolescents. De même, lorsque les professionnels d’éducationpour la santé favorisent une approche globale (c’est-à-direphysique, psychologique et sociale) de la santé 38 , cela les amèneà travailler sur l’amélioration de l’image de soi des adolescents etsur l’accroissement de leur sentiment d’avoir un contrôle sur leurvie, autant d’éléments favorables à la résilience. Ainsi, il serait bonque les actions de prévention adoptent une approche centrée surle développement de compétences accroissant la résilience 39 : lesens des responsabilités, l’autonomie, la capacité à faire des choix,Il serait bonque les actionsde préventionadoptentune approchecentrée surle développementdecompétencesaccroissantla résilience.35. Vanistendael S. « Clés pour devenir : la résilience ». Les Cahiers du Bureauinternational catholique de l’enfance, 1996.36. Ferron C. « Les éducateurs pour la santé et la résilience : du coup de foudreau mariage de raison. La Santé de l’homme, n° 355, septembre-octobre 2001 : p. 7-9. Lire dans ce même numéro l’entretien avec Boris Cyrulnick, « Résilience : lesblessures sont irréversibles mais elles sont réparables » : p. 4-6.37. Tomkiewicz S. « La résilience ». Revue adsp, n° 31, juin 2000 : p. 60-62.38. Pour en savoir plus à ce sujet, lire le chapitre suivant : « Quelques basesméthodologiques essentielles pour mener une action d’éducation pour la santé enmilieu scolaire ».39. Michaud P.-A., Baudier F., Sandrin-Berthon B. « L’éducation pour la santé ».In : La santé des adolescents : approches, soins, prévention (sous la direction deMichaud P.-A. et Alvin P.). Paris : Payot, 1997 : p. 611-621.27


A D O L E S C E N C E E T S A N T Éla créativité, la capacité d’adaptation, l’humour 40 , etc. L’école joueà ce titre un rôle primordial : non seulement l’éducation en ellemêmefavorise la résilience, mais c’est au sein des établissementsscolaires que les ressources des adolescents peuvent fortement sedévelopper, à condition de mettre sur pied « des programmesattractifs et participatifs qui favorisent l’insertion socioprofessionnelleainsi que l’épanouissement d’élèves peu favorisés 41 ».40. Michaud P.-A. « La résilience : un regard neuf sur les soins et la prévention ».Archives de pédiatrie, vol. 6, n° 8, 1999 : p. 827-831.41. Ibid.28


Bases méthodologiquespour mener des actionsd’éducation pour la santéen milieu scolaireLes analyses quantitatives qui vont suivre ont été, chaque foisque possible, accompagnées d’exemples d’outils ou d’actions deprévention susceptibles d’être mis en œuvre. Ces exemples ont pourobjectif d’encourager le personnel des établissements scolaires àmener des actions d’éducation pour la santé et de les soutenir danscette démarche.Toutefois, une action d’éducation pour la santé ne s’improvisepas et nous proposons ici quelques bases méthodologiquesessentielles pour mener ce type d’action.La question des représentations et des valeursde chacun des partenaires du projetAvant la mise en place d’une action d’éducation pour lasanté, il est essentiel de connaître les valeurs – les siennes et cellesdes autres collaborateurs – qui sous-tendent cette action. À quellesintentions éducatives ce projet tente-t-il de répondre ? Quelle en estla finalité ? Identifier les valeurs sous-jacentes au projet n’a pas pourobjectif d’homogénéiser toute action d’éducation pour la santé,mais de comprendre les bases du projet, les possibles décalagesentre les attentes de chacun des partenaires. Cela peut aussipermettre de comprendre les réactions du public auquel ce projetest destiné. En effet, les valeurs sont à mettre en lien avec lesnormes de comportement que l’on va chercher à promouvoir dansla population concernée. Pourquoi veut-on « prévenir » tel comportementet non pas tel autre ? Est-ce en référence à une normesociale ? Dans ce cas, qui la fixe et que signifie-t-elle ? Ces questionssont primordiales pour comprendre non seulement la pertinenced’un projet, mais aussi les réticences et les oppositions qu’ilest susceptible de soulever chez ceux auxquels il est destiné.Avant la miseen placed’une actiond’éducationpour la santé,il est essentielde connaîtreles valeurs quisous-tendentcette action.29


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉLe bien-être : une porte d’entrée pour une approche globalede la santéQue l’on souhaite travailler avec les élèves sur la questiondu tabac, de l’alcool, du suicide ou du sida, il est indispensable dereplacer le thème étudié dans la perspective plus large du bienêtredes adolescents. Travailler dans cette perspective, cela signifienon seulement prendre en compte les multiples composantes descomportements de santé – les relations avec la famille et avec lespairs, la vie scolaire, les transformations corporelles et psychologiquespropres à la période de l’adolescence – mais aussi amener lejeune à développer ses propres capacités, à être acteur de sa santé.Prenons l’exemple de la prévention du tabagisme : on ne peutmener une action sur ce thème sans aborder la question des relationsdu jeune avec ses pairs, de son degré d’autonomie oud’anxiété… bref, de son état de bien-être. Et il en est de mêmepour toutes les thématiques.Informer : un élément nécessaire mais pas suffisantInformer n’est pas une action d’éducation pour la santé, elleest l’une de ses composantes. L’information des individus commeunique intervention est sans doute insuffisante pour qu’ils changentleurs comportements. Les comportements de santé sontcomplexes et répondent à des représentations, désirs, contraintes,habitudes, normes sociales, psychologiques, voire économiques.Une action d’éducation pour la santé demande non pas seulementque l’on informe les élèves, mais que ceux-ci participent activementà l’action (par le biais de jeux, de débats…). Cette participationactive des élèves commence bien souvent par un travail surles représentations qu’ils ont de la santé.Il est essentiel,dans touteactiond’éducationpour la santé,de partir desreprésentationsqu’ontles élèves duthème abordé.Travailler sur les représentationsIl est essentiel, dans toute action d’éducation pour la santé,de partir des représentations qu’ont les élèves du thème abordé.C’est ainsi que l’animateur pourra mieux comprendre certainscomportements ou les freins qui empêchent d’en changer. Partirdes représentations permet de mieux orienter les activités à meneret de ne pas imposer une action ou un discours devant lesquelsles élèves ne se reconnaissent pas.Travailler en réseau pour pérenniser un projetet mutualiser des compétencesTravailler avec des élèves sur la question de la violence, desdépendances ou encore des relations sexuelles et affectives n’estpas anodin. Cela peut faire surgir chez eux bien des questions quine seront pas toujours immédiates, mais pourront apparaître plustard, une fois l’animation terminée. À qui le jeune pourra-t-il poserces questions ? Où trouvera-t-il des réponses ? Parfois, une action30


B A S E S M É T H O D O L O G I Q U E Sn’est pas menée par une personne de l’établissement scolaire, maispar des intervenants d’une association extérieure qui finiront parquitter l’établissement. Dans ce cas, il est plutôt recommandé demener l’intervention en binôme avec un personnel de l’établissementscolaire qui pourra ainsi répondre aux questions ultérieuresdes élèves ou relayer ces interrogations ou demandes vers d’autresprofessionnels ou associations adéquats. L’infirmière, le médecinou encore l’assistante de service social de l’Éducation nationale,auxquels les élèves se confient peut-être plus facilement en raisonde leur statut particulier (ils sont tenus au secret professionnel),seront particulièrement impliqués dans ce projet.Ainsi, travailler en réseau est primordial, car une interventionsans relais n’a parfois aucune répercussion : les adolescentsont en effet besoin de temps et de savoir qu’il y a un « adulteressource » dans l’établissement qui pourra les recevoir quand ilsseront prêts.Travailleren réseau estprimordial,car uneinterventionsans relaisn’a parfoisaucunerépercussion.31


Deuxième partieANALYSESET EXEMPLESD’OUTILSET D’ACTIONS


Les problèmes de santémentale des jeunesÊtre anxieux, mal dans sa peau, angoissé, timide, nerveux,stressé, triste, découragé… la santé mentale des adolescentss’exprime souvent à travers des plaintes mal définies, qui témoignentcependant d’une réelle souffrance psychique. Mais la santémentale des adolescents recouvre aussi des aspects positifs : « lessentiments de bonheur, de bien-être, les ressources de la personnalité,la résilience face aux difficultés grâce à la mise en place desmécanismes d’adaptation 1 ».Selon Daniel Marcelli 2 , le processus de l’adolescence luimêmeprédispose l’individu à ressentir des émotions de naturedépressive – ce qu’on appellera dans ce chapitre « mal-être » – etce pour trois principales raisons :– L’adolescent se trouve confronté à des pertes et des séparationsqui le fragilisent : perte de la quiétude du corps liée àl’irruption de la puberté ; perte de la stabilité de l’image du corpsliée à des transformations physiques donnant lieu à des interrogationsanxieuses ; perte du sentiment que tout est possible, quiprévalait durant l’enfance ; perte du refuge maternel et séparationd’avec les parents.– L’adolescent connaît un accroissement des pulsionsagressive et sexuelle, qui se traduit de diverses manières : expressiond’énervement ou d’agressivité, mouvements d’incompréhensionou de déception. Le retournement sur soi de l’agressivité (parl’intermédiaire de conduites dangereuses ou d’équivalents suicidaires),l’inhibition et la passivité constituent des défenses fréquentesdes adolescents contre ces sentiments agressifs.– L’adolescent doit procéder à un rééquilibrage entre l’intérêtpour le monde extérieur et l’intérêt pour le monde intérieur. PourL’adolescentse trouveconfrontéà des perteset des séparationsqui lefragilisent.1. Cléry-Melin P., Kovess V., Pascal J.-C. Plan d’actions pour le développement dela psychiatrie et la promotion de la santé mentale. Rapport d’étape de la missionCléry-Melin remis au ministre de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées,15 septembre 2003.2. Marcelli D. Les états dépressifs à l’adolescence. Paris : Masson, 1995.35


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉLes problèmesde santémentale dontnous parleronsici ne relèventpas de lapathologiementale, maisplutôt d’unmal-être auquelles adolescentsne peuvent pasdonnerd’explication.s’interroger sur le sens de la vie et de la mort, pour construire sonidentité, pour élaborer ses propres projets, pour recouvrer sonestime de lui-même, l’adolescent a besoin de se replier sur luimême.Cette focalisation sur soi-même s’accompagne alternativementde périodes de doute, d’ennui ou de malaise, et de périodes dejubilation, difficiles à comprendre et à accompagner par l’entourage.Par ailleurs, les amis, les pairs prennent une place prépondérante.Ils sont ceux dont on se rapproche pour pouvoir s’éloignerdes membres de sa famille, ceux avec lesquels la plupart des adolescentsfont corps en formant une bande pour quitter le cocon familial,ceux auxquels on se compare ou s’identifie, ceux dont on s’entourepour prendre appui, voire même pour se sentir exister. Si certainsadolescents vont mal, c’est parfois parce qu’ils ne parviennent pasà créer avec leurs pairs les liens qu’ils souhaiteraient : complexés,rejetés, malmenés, isolés, certains n’arrivent pas à fonder ces liensd’appartenance indispensables à la construction de soi.Les problèmes de santé mentale dont nous parlerons dans cechapitre ne relèvent pas de la pathologie mentale, mais plutôt d’unesouffrance psychique souvent caractéristique de l’adolescence,c’est-à-dire d’un mal-être auquel les adolescents ne peuvent pasdonner d’explication et dont ils parlent dans des termes vagues, malêtrequi passe et qui revient, au gré des relations, des amours, desdécouvertes, des décisions scolaires, professionnelles et des annéesqui passent. Ainsi, ce « mal de vivre », qui va et vient, est biensouvent « normal » car constitutif de l’adolescence. Quand celui-ci nepasse pas, quand le mal-être est plus profond, plus structurel etmoins conjoncturel, des tentatives de suicide peuvent se produire,des troubles graves comme l’anorexie peuvent apparaître, et c’estune prise en charge spécifique qu’il faut alors mettre en place.Dans ce chapitre nous verrons, d’une part, qui sont lesjeunes mal dans leur peau et dans quelles proportions, quellessont leurs caractéristiques sociales et familiales ; d’autre part, nousrendrons compte d’un mal-être plus profond qui s’exprime par lespensées suicidaires et les tentatives de suicide. Enfin, nous indiqueronsquels sont les interlocuteurs des jeunes, quels sont ceuxauxquels les jeunes s’adressent pour permettre que des motssoient mis sur leurs maux, pour tenter de les effacer – ou de lesguérir.LE MAL-ÊTREDans le Baromètre santé 2000, la santé mentale est évaluéeà travers différents indicateurs donnant une mesure de la dépression,de l’anxiété, de l’estime de soi (scores de Duke).Le score de « dépression » est ainsi calculé en combinant lesréponses à différentes questions relatives au sentiment de décou-36


L E S P R O B L È M E S D E S A N T É M E N T A L Eragement, de tristesse ou de déprime, à la difficulté de concentration,aux difficultés de sommeil et à l’impression de fatigue.Le score d’« anxiété » est obtenu à partir de questionsconcernant l’aisance avec les autres, le sentiment d’être ou nonquelqu’un de facile à vivre, l’impression d’avoir été tendu ounerveux au cours des huit derniers jours, les difficultés de concentration,l’impression de fatigue et les problèmes de sommeil.Le score d’« estime de soi » tient compte du sentiment desatisfaction par rapport à soi-même (« se trouver bien comme onest ») et par rapport à sa vie de famille, de l’aisance avec les autres,du sentiment d’être quelqu’un de facile à vivre et de l’impressionde se décourager trop facilement.État des lieuxD’après les données de notre enquête, les jeunes de 12 à25 ans, qu’ils soient scolarisés ou non, apparaissent en moins bonnesanté mentale que les adultes (de 26 à 75 ans). Cette fragilité n’estcertes pas ressentie par tous les jeunes, mais ils sont plus nombreuxà déclarer un certain mal de vivre que les adultes, qui parviennentpeut-être à mieux relativiser les épreuves ou à les affronter.En moyenne, les jeunes se déclarent plus anxieux, plusdéprimés et affichent une moins bonne estime d’eux-mêmes queleurs aînés. Ces tendances s’observent aussi bien chez les fillesque chez les garçons, mais le mal-être s’exprime particulièrementchez les jeunes filles, avec un pic entre 15 et 19 ans. Leursscores d’anxiété et de dépression dépassent nettement ceux desgarçons du même âge et ceux de l’ensemble des femmes adultes(fig. 1).Les jeunesde 12 à 25 ans,qu’ils soientscolarisésou non,apparaissenten moins bonnesanté mentaleque les adultes.FIGURE 1Score d’anxiété selon l’âge et le sexe4540353027,731,340,737,135,929,9 29,7 30,134,4 34,929,2 28,726,93431,52523,62015105012-14 ans15-19 ans 20-25 ans 26-34 ans35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-75 ansGarçonsFillesPlus le score est proche de 100, plus le niveau d’anxiété est élevé.37


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉChez les jeunesscolarisés,les scoresd’anxiété etde dépressiondéclarés parles filles sontplus élevésque ceuxdes garçons.Les mêmes tendances sont observées chez les jeunesscolarisés : les scores d’anxiété et de dépression déclarés par lesfilles sont plus élevés que ceux des garçons, et cette souffrancepsychique apparaît particulièrement marquée chez les lycéennes 3 .Cette surdéclaration féminine ne veut pas dire pour autant que lesgarçons ne souffrent pas psychologiquement, mais on peut fairel’hypothèse qu’ils le disent moins. Comme nous le verrons par lasuite, l’expression d’un mal-être chez les garçons se fait parfois pard’autres moyens, comme le passage à l’acte violent, l’abus deproduits psychoactifs, le suicide, etc.Les jeunes semblent être particulièrement enclins au sentimentde découragement, composante des scores de dépression et d’estimede soi. Près d’un sur cinq déclare se décourager trop facilement, alorsque les adultes sont moitié moins (un sur dix) à avoir ce sentiment.Chez les jeunes scolarisés et étudiants de 12 à 25 ans, ce sont les préadolescentsqui semblent le plus fragiles de ce point de vue. Plus d’uncollégien sur quatre dit se décourager trop facilement, alors que c’estle cas d’un jeune sur dix à un niveau d’études supérieur au bac.Contrairement à ce que l’on observe pour l’anxiété, ladépression ou l’estime de soi, les jeunes de 12 à 25 ans détiennentun meilleur score 4 de « santé sociale » que les adultes. Lorsque cesrésultats sont analysés par sexe, ce phénomène s’observe néanmoinsuniquement chez les garçons, la santé sociale des jeunesfilles étant à peu près équivalente à celle des femmes adultes.Tous les jeunes, cependant, n’ont pas forcément une viesociale très intense. Ainsi, chez les jeunes scolarisés et étudiants de12 à 25 ans, 23 % n’ont pas eu en dehors de l’école, au cours dela semaine précédant l’enquête, de rencontre avec des amis ou despersonnes de leur famille. Ce phénomène est plus fréquent chezles collégiens et en concerne près d’un sur trois. De même, plusd’un jeune scolarisé sur six n’a pas eu, au cours des huit joursprécédant l’enquête, d’activités de groupe ou de loisirs, les collé-3. Les élèves de CAP et BEP ont été classés dans le groupe des lycéens.4. Le score de santé sociale est obtenu par la combinaison des réponses aux cinqquestions suivantes :« Pour chacune des formules, dites-moi si vous pensez que c’est tout à fait votrecas, à peu près votre cas ou que cela n’est pas votre cas :1) Je ne suis pas quelqu’un de facile à vivre.2) Je suis content de ma vie de famille.3) Je suis à l’aise avec les autres.Diriez-vous qu’au cours des huit derniers jours :4) Pour les 12-17 ans : Vous vous être retrouvé(e) avec des gens de votre famillequi n’habitent pas chez vous ou avec des copains en dehors de l’école.Pour les 18-75 ans : Vous avez rencontré des parents ou des amis au coursde conversations ou de visites.5) Vous avez eu des activités soit de groupe, soit de loisirs, comme desréunions, des activités religieuses ou d’associations, aller au cinéma, fairedu sport, participer à des soirées. »38


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉOn observebeaucoup plusd’élèvesou étudiantsanxieux chezceux queles parentsne félicitentjamais.par rapport à l’école. Les jeunes semblent en particulier extrêmementsensibles aux encouragements de leurs parents. On observebeaucoup plus d’élèves ou étudiants anxieux chez ceux que lesparents ne félicitent jamais. De la même manière, les jeunes scolarisésqui se déclarent mécontents de leur vie de famille sont plusanxieux que ceux qui en sont très contents.Le mal-être ne semble pas être associé à la structure de lafamille. Les jeunes scolarisés vivant dans une famille monoparentaleou recomposée n’apparaissent pas plus anxieux que ceuxvivant avec leurs deux parents.L’environnement économique et socialL’anxiété ne semble pas liée à l’importance des activitéssociales. Les jeunes scolarisés qui, dans les quinze jours précédantl’enquête, n’ont pas rencontré d’amis ou de membres de leurfamille élargie ou n’ont pas eu d’activités de groupe, n’apparaissentpas plus anxieux que ceux dont la vie sociale est plus intense.Nos données ne mettent pas en évidence de lien entre santémentale et environnement économique. L’anxiété apparaît indépendanteaussi bien du niveau de revenu du ménage 5 que de lacatégorie socioprofessionnelle du chef de famille.Les comportements de santéSi l’environnement affectif a une influence notable sur lasanté mentale des jeunes, celle-ci semble également liée à certainscomportements comme la consommation de produits psychoactifset la violence. Ces interactions seront développées dans les deuxchapitres suivants.LES PENSÉES SUICIDAIRESET LES TENTATIVES DE SUICIDETous les adolescents qui vont mal n’en arrivent pas, heureusement,à un acte suicidaire. Cependant, le mal-être atteint chezcertains une telle intensité qu’une des issues envisagées est lesuicide. Différentes étapes précèdent le passage à l’acte 6 , l’apparitionde pensées suicidaires marquant le début de ce processus.Comme nous allons le voir, tous les jeunes ayant des penséessuicidaires ne les concrétisent pas et toutes les tentatives de suiciden’aboutissent pas à un suicide.5. Il s’agit du revenu par unité de consommation, c’est-à-dire du revenu duménage divisé par la taille de la famille, un poids spécifique étant attribué àchaque individu.6. Pour plus de précisions sur ces différentes étapes, voir le guide Difficile adolescencede l’association Phare Enfants-Parents, 2002 : p. 133.40


L E S P R O B L È M E S D E S A N T É M E N T A L ECombien de jeunes sont concernés ?Le rapport au suicide est marqué par une différence trèsnette entre les filles et les garçons. À tout âge, les femmes exprimentdavantage que les hommes leurs pensées suicidaires et sontplus nombreuses que ces derniers à avoir fait une tentative desuicide au cours de leur vie (fig. 2 et 3).FIGURE 2Proportion des personnesayant eu des pensées suicidairesau cours des douze derniers moisselon le sexe et l’âgeFIGURE 3Proportion des personnesayant fait au moins une tentativede suicide au cours de la vieselon le sexe et l’âge15 %12,010 %8,28,47,7 7,95,65,43,85 %4,9 5,0 4,8 4,8 4,83,72,92,30 %12-14 ans 15-19 ans 20-25 ans 26-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-75 ans12 %8 %7,07,76,73,44 %4,6 4,74,53,40,72,51,91,20 %12-14 ans 15-19 ans 20-25 ans 26-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-75 ans9,88,9 8,75,4HommesFemmesHommesFemmesLes pensées suicidaires sont particulièrement fréquenteschez les jeunes filles de 15 à 19 ans : près d’une sur huit déclareavoir pensé au suicide au cours de l’année. En revanche, leshommes qui, verbalement, expriment moins leur souffrance que lesfemmes, sont plus nombreux à y mettre fin par le suicide (fig. 4).FIGURE 4Taux de décès par suicide pour 100 000 habitants en 19995046,245HommesFemmes4039,236,034,13532,432,531,830,83028,42523,82017,41513,715,0 14,8 13,314,9 15,214,4107,56,39,0 8,8501,10,52,54,310-14 ans 15-19 ans 20-24 ans 25-29 ans 30-34 ans 35-39 ans 40-44 ans 45-49 ans 50-54 ans 55-59 ans 60-64 ans 65-69 ans 70-74 ansSource : Inserm CépiDC – Service d’information sur les causes médicales du décès(consultable sur internet : http : //www.inserm.fr)41


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉÀ tout âge,la mortalitépar suicideest plusimportantechez leshommes.À tout âge, la mortalité par suicide est donc plus importantechez les hommes. Chez les jeunes, le taux de suicide des garçonsde 15 à 24 ans est quatre fois plus élevé que celui des filles appartenantà la même tranche d’âge.Comparés à ceux de l’ensemble des quinze pays de l’Unioneuropéenne (fig. 5), les taux de suicide en France sont particulièrementélevés. Chez les jeunes néanmoins, la différence est faiblejusqu’à 24 ans, mais s’accentue nettement entre 25 et 34 ans.FIGURE 5Taux de décès par suicide et traumatismes auto-infligéspour 100 000 personnes en 1999605047,74036,6302010023,424,625,730,522,416,822,416,5814,1 15 14,811,80,37,10,21-14 ans 15-24 ans 25-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-74 ans 75-84 ans 85 ans et +FranceUnion européenneSource : OMS / Europe, base de données HFA, juin 2002Les jeunesscolarisésvictimesd’agressionssexuellessont cinq foisplus nombreuxque les autresà avoirdes penséessuicidaires.Qui sont les jeunes ayant des pensées suicidaires ?Un certain nombre de facteurs associés aux pensées suicidaireschez les jeunes scolarisés ont été identifiés.L’histoire de vieLes pensées suicidaires sont largement liées à l’histoire devie, notamment lorsque celle-ci a comporté des épisodes traumatisantstels que des agressions sexuelles 7 ou le fait d’avoir étévictime d’autres types de violence. Avoir été abusé sexuellementest l’un des facteurs de risque les plus importants. Les jeunes scolarisésvictimes de telles agressions sont cinq fois plus nombreuxque les autres à avoir des pensées suicidaires.On observe aussi que les jeunes scolarisés ayant été frappésou blessés physiquement au cours de l’année ont été deux fois7. Cette question n’a pas été posée aux jeunes de moins de 15 ans.42


L E S P R O B L È M E S D E S A N T É M E N T A L Eplus nombreux que les autres (15 % contre 7 %) à avoir pensé ausuicide. En revanche, il n’y a pas de lien entre les pensées suicidaireset le fait d’avoir eu soi-même des comportements violents.Cette absence de relation entre pensées suicidaires et violence agiepeut paraître surprenante dans la mesure où, nous le verrons plusloin, il existe un lien fort entre la violence agie et le fait d’avoir faitune tentative de suicide au cours de sa vie.La familleLa satisfaction ou l’insatisfaction par rapport à la vie familialesemble jouer un rôle fondamental. Les jeunes scolarisés quidisent être mécontents de leur vie de famille sont huit fois plusnombreux à avoir eu des pensées suicidaires pendant l’année queceux qui s’en disent très satisfaits (26 % contre 3 %).De la même manière, l’attention et l’écoute des parentsparaissent un critère important. Ainsi, les jeunes scolarisésfréquemment félicités par leurs parents sont moins nombreux àavoir pensé au suicide que ceux qui ne sont jamais ou rarementfélicités par leurs parents. Il en est de même pour ceux qui déclarentbénéficier d’une écoute régulière de la part de leurs parents.La qualité des relations au sein de la famille est donc déterminante,et semble même dominer d’autres facteurs. En particulier,la structure de la famille dans laquelle vivent les jeunes n’est pasassociée aux pensées suicidaires, dès lors qu’est prise en comptela satisfaction de ces jeunes par rapport à leur vie de famille. Lefait de vivre avec ses deux parents ou dans une famille monoparentaleou recomposée ne joue pas, en soi, sur les pensées suicidaires.Ce qui compte, c’est la satisfaction du jeune par rapport àcette famille, quelle qu’en soit la structure.L’écoleSi l’ambiance familiale apparaît très importante, le rapportqu’entretient l’élève avec l’école joue également un rôle essentiel.Les jeunes scolarisés ayant eu des pensées suicidaires sont aussi,bien souvent, ceux qui disent ne pas aimer ce qu’ils font à l’écoleou dans le cadre de leurs études. Fortement lié à l’insatisfactionvis-à-vis de l’école, l’absentéisme n’apparaît pas, en soi, lié auxpensées suicidaires ; c’est le fait d’être insatisfait qui prime. Aucunlien, en revanche, n’apparaît ni avec le redoublement ni avec lafilière scolaire.L’environnement socialLe manque d’aisance dans les relations avec les autres apparaîtaussi fortement lié à la souffrance psychique. Les jeunes scolarisésse déclarant peu ou pas à l’aise avec les autres sont plusnombreux à avoir pensé au suicide que les jeunes se sentant trèsà l’aise avec leur entourage (11 % contre 5 %).La satisfactionou l’insatisfactionpar rapportà la vie familialesemble jouerun rôlefondamental.Le manqued’aisance dansles relationsavec les autresapparaît aussifortement liéà la souffrancepsychique.43


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉLa perceptionnégative quele jeune ade son corpsest associéeaux penséessuicidaires.La consommationfréquentede certainsproduitspsychoactifsapparaîtfortement liéeaux penséessuicidaires.La perception de son corps et les comportementsalimentaires perturbésPouvant être liée à cette aisance avec les autres ou au regardporté par les autres, la perception négative que le jeune a de soncorps est associée aux pensées suicidaires. Ainsi, on observe unerelation entre le fait de se sentir trop maigre et les pensées suicidaires(cette relation n’a pas été repérée chez les jeunes qui setrouvent trop gros).Il en est de même pour certains comportements alimentairesperturbés comme le fait de se faire vomir volontairement oude manger en cachette : ils constituent des signes d’alerte méritantattention.Les comportements de santéDes interactions existent entre les pensées suicidaires etcertains comportements adoptés par les jeunes scolarisés. Notamment,la consommation fréquente de certains produits psychoactifsapparaît fortement liée aux pensées suicidaires. C’est le cas dela consommation répétée ou régulière de cannabis (« avoirconsommé du cannabis au moins dix fois dans l’année ») et dutabagisme régulier (« fumer quotidiennement »). Un lien apparaîtaussi avec la consommation d’alcool : les jeunes ayant été ivrescinq fois ou plus dans l’année sont plus nombreux à avoir eu despensées suicidaires dans l’année.L’environnement économiqueLe fait de penser au suicide est indépendant du niveau devie du ménage et de la catégorie socioprofessionnelle du chef defamille. Avoir un père ou une mère au chômage ne constitue pasnon plus un facteur discriminant.Il est important de rappeler que les différents facteurs quiviennent d’être cités ne forment en aucun cas une liste exhaustived’indicateurs de repérage. Ils apportent seulement un éclairage surle profil des jeunes scolarisés et étudiants de 12 à 25 ans ayant eudes pensées suicidaires au cours de l’année précédant l’enquête.Ce faisant, ils complètent les éléments de repérage déterminés pardes experts (psychiatres, psychologues ou chercheurs) et disponiblesdans le rapport de la conférence de consensus de l’Agencenationale d’accréditation et d’évaluation en santé (Anaes) sur lacrise suicidaire, d’octobre 2000 8 .8. Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (Anaes), Fédérationfrançaise de psychiatrie (FFP), Direction générale de la santé (DGS). La crisesuicidaire : reconnaître et prendre en charge. Texte des recommandations. Conférencede consensus, Paris, 19-20 octobre 2000. Paris : FFP, 2000 ; texte long :31 p. ; texte court : 17 p.44


L E S P R O B L È M E S D E S A N T É M E N T A L ELe suivi d’une tentative de suicideLes données montrent que la prise en charge médicale et le suivi des jeunes scolarisés ayant fait unetentative de suicide sont insuffisants 1 .Près des trois quarts d’entre eux ne sont pas allés à l’hôpital après leur tentative de suicide. Plus dela moitié n’ont pas été non plus suivis, que ce soit sur le plan médical ou psychologique.Par ailleurs, on relève un déficit de communication, puisque seuls trois suicidants sur cinq ont parléde leur tentative à une autre personne qu’à un médecin ou un professionnel de l’aide psychologique.1. La conférence de consensus de l’Anaes (cf. note 8, p. 44) déclare pourtant que « le suivi est essentiel dans tous lescas » et donne un certain nombre de recommandations sur le suivi de la crise suicidaire : p. 29-31 du texte long.LES INTERLOCUTEURS DES JEUNESLe constat d’un mal-être plus ou moins profond chez certainsadolescents conduit à se demander vers quels interlocuteurs ilspeuvent se tourner en cas de besoin. À qui s’adressent-ils pour parlerde ce qui les préoccupe ? À qui se confient-ils quand ils vont mal ?À qui parlent-ils de leurs préoccupations ?Les jeunes scolarisés de 12 à 19 ans ont été interrogés surleur facilité de dialogue avec différentes personnes susceptiblesd’être leurs interlocuteurs. Sur certains points, des divergencesimportantes apparaissent entre les filles et les garçons.FIGURE 6Facilité de dialogue des scolarisés de 12 à 19 anssur des questions qui les préoccupent vraiment100 %90 %80 %70 %60 %50 %40 %30 %20 %10 %0 %82 %91 %Ami(es) dumême sexe84 % 84 % 83 % 81 %78 %71 %MèreConjoint(e),petit(e) ami(e)Sœur69 % 70 %60 %Ami(s) dusexe opposéFrère56 %63 %49 %Père34 %26 %48 %43 %66 % 62 %Professeur ouconseiller d’éducationMédecin scolaire ouinfirmière scolaireAutres professionnelsde santéGarçonsFilles45


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉLes garçonsse confientplus volontiersà des fillesque les fillesne se confientà des garçons.Pour unemajoritéd’élèvesdu secondaire,parlerde problèmespersonnelsavec lesprofessionnelsdu milieuscolairesemble plutôtdifficile.Dans leur entourage proche, les filles comme les garçons seconfient très facilement à trois catégories de personnes : leur mère,leur petit(e) ami(e) lorsqu’ils en ont un(e), le ou les amis du mêmesexe (fig. 6). Si les filles comme les garçons trouvent qu’il est facilede dialoguer avec leur mère et leur petit(e) ami(e), une nette différenceapparaît en ce qui concerne les amis du même sexe. Lesfilles préfèrent se confier à leur(s) « copine(s) », davantage mêmequ’à leur mère ou leur petit ami. De leur côté, les garçons ont unpeu plus de difficulté à parler de leurs préoccupations avec leur(s)« copain(s) ». En revanche, ils se confient plus volontiers à desfilles que les filles ne se confient à des garçons.Au sein de la famille proche, le dialogue avec le pèresemble assez difficile, particulièrement pour les filles. Une jeunefille scolarisée sur deux (de 12 à 19 ans) trouve qu’il n’est pasfacile de lui parler de choses qui la préoccupent vraiment, et prèsde quatre garçons sur dix ressentent aussi cette difficulté.Le fait de vivre dans une famille monoparentale ou recomposéepeut-il accentuer la difficulté de dialogue avec le parent nevivant pas à la maison 9 ? La réponse à cette question n’est pas lamême selon le parent qui est absent du foyer. Le dialogue avec lepère apparaît plus difficile aux jeunes dont le père ne vit pas à lamaison ; chez ceux qui vivent avec leurs deux parents ou leur pèreseul, 41 % trouvent qu’il est difficile de lui parler de leurs préoccupations,alors que 56 % des jeunes vivant sans leur père éprouventcette difficulté.Dans le cas symétrique, lorsque la mère n’habite plus dansle foyer du jeune, on n’observe pas de différences concernant lafacilité de dialogue avec la mère. Qu’ils vivent avec leurs deuxparents ou sans leur mère, plus de huit jeunes scolarisés (de 12 à19 ans) sur dix trouvent facile de se confier à elle.La facilité de dialogue avec le frère ou la sœur varie selonle sexe. Pour les filles, les confidences sont plus faciles avec leursœur et, pour les garçons, avec leur frère.Parler de ses préoccupations à une personne extérieure à lafamille ou qui n’est pas un ami proche semble moins évident.Ainsi, pour une majorité d’élèves du secondaire, parler deproblèmes personnels avec les professionnels du milieu scolairesemble plutôt difficile. Plus de deux élèves sur trois évoquent cettegêne vis-à-vis des professeurs ou des conseillers d’éducation. Lesfilles paraissent avoir encore plus de difficultés que les garçons àse confier à ce type d’interlocuteurs.9. Précisons que chez les jeunes scolarisés de 12 à 25 ans ne vivant ni seuls ni encouple, plus de trois sur quatre vivent avec leurs deux parents, 16 % avec leurmère (ayant ou non un nouveau conjoint), 3 % avec leur père et moins de 3 %avec d’autres personnes.46


L E S P R O B L È M E S D E S A N T É M E N T A L ELe dialogue semble moins difficile avec les médecins, lesinfirmières scolaires ou les assistantes sociales 10 , mais pour unélève sur deux, fille ou garçon, il reste cependant peu aisé. Cettegêne est plus marquée au lycée qu’au collège, où un élève surdeux déclare être à l’aise pour parler de ses préoccupations auxprofessionnels de santé de son établissement ou à une assistantesociale, alors que c’est seulement le cas de deux lycéens surcinq.D’une façon générale, au fur et à mesure qu’ils avancent enâge, les jeunes ont plus de mal à parler de leurs préoccupationsavec les adultes appartenant à leur environnement familial ouscolaire. Que ce soit avec la mère, le père, l’enseignant, le médecinet/ou l’infirmière scolaire, ce type de dialogue apparaît moinsfacile pour les lycéens que pour les collégiens. En revanche, leslycéens sont plus nombreux que les collégiens à se sentir à l’aisepour parler de choses qui les préoccupent vraiment avec leurpetit(e) ami(e), quand ils en ont un(e), ou avec un(e) ami(e) dusexe opposé.Développer, en dehors des cours, des moments et des lieuxd’expression collective au sein des établissements scolairesAfin de favoriser le dialogue, quelle qu’en soit sa nature, entre élèves et adultes en milieu scolaire, ilest important de créer dans l’établissement scolaire, pour les adolescents, des moments et des lieuxd’expression institutionnalisés. Il est essentiel que les collèges et les lycées multiplient, en dehors descours, des occasions de dialogue entre les jeunes et les enseignants, les surveillants, les personnelsde santé, les assistantes sociales, entre les pairs eux-mêmes, mais aussi avec certains intervenantsextérieurs.Mieux connaître les attentes des élèvesPour concevoir un projet ou une action de promotion de la santé, il est important d’identifier lesbesoins et les préoccupations des jeunes en les interrogeant directement et de ne pas se contenterde ce que les professionnels connaissent et perçoivent, généralement en fonction de leurs propresreprésentations. Associer les jeunes à la conception même du projet accroîtra aussi leur désir d’yparticiper.10. Celles-ci pouvant aussi bien exercer à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’établissement(il n’y avait pas de précision à ce sujet dans la question).47


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉEXEMPLE D’OUTIL N° 2« Histoire de dire » : un outil pour s’exprimerautour des relations adolescents-adultesCet outil est un support d’animation de groupequi comprend quatre-vingt-seize cartes répartiesen quatre séries :– les messages émis par les adultes (parexemple, « Je viens te chercher à minuit », « Lesrésultats ont sérieusement baissé ») ;– les messages émis par les adolescents (parexemple, « Moi aussi j’en prendrais bien », « Jeflippe », « Qu’est-ce que tu lui trouves ? ») ;– des visuels ;– des consignes d’utilisation.Ces cartes, qui désignent des situations, sontdestinées à servir de supports d’expression, deparoles, de débats. De nombreux sujets peuventêtre ainsi abordés : les relations adolescentsadultes,la dépendance, la sexualité, la violence,etc. On peut, selon le thème choisi, utiliser seulementune partie des cartes.L’intérêt de cet outil dépend beaucoup de l’utilisationqui en sera faite par les animateurs et deleurs capacités à définir les objectifs et les limitesde celle-ci. En effet, les cartes décrivant dessituations à partir desquelles les adolescentss’expriment traitent de sujets qui ne sont pasanodins et peuvent facilement provoquer desconfidences et des émotions. Les animateursdoivent donc être à même de gérer leséchanges. L’animation se fera de préférence parpetits groupes de huit à douze adolescents.Histoire de dire. Prix : 73,18 euros.Mezcal Édition, 18 rue de Godefroy,69006 Lyon.Téléphone : 04 78 89 11 64EXEMPLE D’ACTION N° 1Créer davantage de liens entre jeunes et professionnels :l’exemple d’un programme de prévention par les pairsdéveloppé dans des lycées du Nord-Pas-de-CalaisComme le montrent les données du Baromètresanté 2000, les jeunes sont généralement lespremiers à savoir que l’un de leurs amis va mal. Ilssont souvent au courant, alors que les professionnelsaptes à aider les jeunes en souffrance(psychiatre, infirmière scolaire, gynécologue d’unplanning familial, etc.) le sont beaucoup moins. Ceprojet, coordonné par le Comité régional d’éducationpour la santé du Nord-Pas-de-Calais, a pourobjectif non seulement de former des jeunes quipourront mieux soutenir et entendre leurs pairs,mais aussi de créer, grâce au rôle de relais jouépar les pairs, davantage de liens entre les jeuneset les professionnels. Pour que ce projet fonctionne,pour que le groupe de pairs aidants puisseréellement être reconnu sans être disqualifié, il estessentiel que l’ensemble de la communautééducative adhère au projet. Une partie de cettecommunauté s’impliquera davantage en constituantle groupe ressource auquel les pairs aidantspourront s’adresser pour être soutenus ou obtenirdes informations sur les professionnels compétentssusceptibles d’aider les jeunes.Ce projet crée ainsi du lien entre jeunes etadultes par le biais des pairs aidants. Ceux-cisont de jeunes lycéens volontaires ayant reçuune formation à l’écoute pour devenir « jeunesrelais» auprès de personnes ou de structuresspécialisées. L’un des critères d’évaluation estl’augmentation des sollicitations reçues par lesprofessionnels de la part des jeunes depuis lamise en place du projet.… /…48


L E S P R O B L È M E S D E S A N T É M E N T A L E… /…Au regard des résultats de cette évaluation, unréférentiel indiquant les points essentiels de cetype de projet a été rédigé.Pour en savoir plus sur ce projet et pour recevoirle référentiel, vous pouvez contacter le Comitérégional d’éducation pour la santé du Nord-Pasde-Calais,13 rue Faidherbe, 59046 Lille.Téléphone : 03 20 15 49 40.À qui se confient les jeunes ayant des pensées suicidaires ?Chez les jeunes scolarisés et étudiants de 12 à 25 ans ayantpensé au suicide au cours de l’année précédant l’enquête (6,7 %),un sur deux n’en a jamais parlé à personne.Pour ceux qui se sont confiés à quelqu’un, l’ami(e) dumême sexe est la personne à qui le plus de jeunes ayant eu despensées suicidaires en ont parlé : il (elle) est le (la) confident(e)de 42 % d’entre eux (fig. 7).FIGURE 7Personnes à qui se sont confiés les jeunes scolarisésayant eu des pensées suicidaires45 %40 %35 %30 %25 %20 %15 %10 %5 %0 %42 %Ami(es) du même sexePsychiatre, psychologue,psychothérapeute22 % 21 % 21 %MèreAmi(s) du sexe opposé15 %Conjoint(e), petit(e) ami(e)7 %MédecinPèreSœurFrèreAutre professionnel de santéProfesseur ouconseiller d’éducationOrganisme d’écoutetéléphoniqueAssociation d’aide5 % 4 %2 %0,5 % 0 % 0% 0 %Les autres personnes de l’entourage proche sont moinssouvent choisies comme interlocuteurs. Au sein de la famille, lamère est la personne à laquelle le plus de jeunes font part de leurspensées suicidaires, bien que cela ne concerne qu’un cas sur cinq.Le père, en revanche, ne semble pas un interlocuteur privilégié,puisque seuls 5 % des jeunes scolarisés ayant pensé au suicide luien ont parlé. Enfin, les jeunes ne confient que rarement leurs idéesnoires à leurs frères et sœurs.Du côté des professionnels, les spécialistes de l’écoutepsychologique sont, assez logiquement, ceux auxquels s’adressent49


A D O L E S C E N C E E T S A N T Éle plus les jeunes ayant pensé au suicide : plus d’un sur cinq leuren ont parlé. Cependant, peu d’entre eux sont suivis par cesprofessionnels. Chez les élèves et les étudiants ayant pensé ausuicide au cours de l’année, plus de sept sur dix n’ont pas consultéde « psy » durant cette même année.Les jeunes s’adressent peu souvent au médecin généraliste(moins d’un sur dix), et rarement aux autres professionnels desanté (pouvant inclure médecins, infirmières ou assistantessociales de l’Éducation nationale, bien que cela n’ait pas étéprécisé dans la formulation de la question).Dans le cadre de l’établissement scolaire, les enseignants oules conseillers d’éducation ne figurent pas parmi ceux auxquels lesjeunes confient leurs pensées suicidaires. Sur les soixante-septjeunes scolarisés de notre échantillon qui ont pensé au suicidedans l’année et en ont parlé à quelqu’un, aucun n’en a parlé à l’unde ces professionnels. Aucun non plus n’a déclaré s’être adressé àune association d’aide et aucun n’a appelé un organisme d’écoute.Toutefois, l’effectif dont nous disposons dans notre échantillonpour traiter de ce sujet est faible, du fait qu’il s’agit d’une enquêtenationale non spécifique à ce thème ni à cette population. Il nefaut donc pas en conclure que les professionnels de l’Éducationnationale, les organismes d’écoute téléphonique ou les associationsspécialisées sur ces questions ne sont jamais les interlocuteursde jeunes élèves ou étudiants ayant des pensées suicidaires.Mais, au niveau d’une enquête nationale, compte tenu de la spécificitéde la question traitée et de la population étudiée, leur partn’est pas visible, alors qu’elle peut apparaître dans des enquêtesplus ciblées 11 .Développer des projets avec les pairsEn cas de difficultés, les adolescents se confient surtout à leurs ami(e)s et beaucoup moins aux professionnelsdu secteur éducatif, social ou médical. Ce recours aux ami(e)s est notamment la preuve quel’adolescent grandit, qu’il s’organise avec ceux (celles) qu’il a choisi(e)s comme ami(e)s. Il est ainsiessentiel de développer des projets élaborés sur le principe de l’éducation par les pairs, notammentdans le domaine de la prévention du suicide. Il est alors indispensable que les jeunes « pairs » aientsuivi une formation spécifique et soient accompagnés par des « adultes ressources ».11. L’enquête de Marie Choquet, Xavier Pommereau et Christophe Lagadic,réalisée dans 21 établissements scolaires du département de la Gironde auprès de826 élèves ayant consulté l’infirmière scolaire, montre que le suicide est un sujetabordé au cours de l’entretien entre l’infirmière et l’élève pour 4 % des garçons et10 % des filles qui ont consulté.50


L E S P R O B L È M E S D E S A N T É M E N T A L EEXEMPLE D’OUTIL N° 3S’entraider entre amis du même âge :un guide de soutien entre pairsL’ami du même sexe est, nous l’avons vu, lepremier confident de l’adolescent qui a despensées suicidaires. Au Canada, il existe denombreux programmes visant à ce que lesjeunes deviennent acteurs de prévention : cesont les programmes d’éducation par les pairs.C’est ainsi que le Guide de gestion d’unprogramme d’entraide par les pairs, destiné auxintervenants dans les établissements secondaires,a pour objectif de monter un réseaud’entraide et de former les jeunes membres dece réseau.Le livret pédagogique comporte trois parties :la mise sur pied d’un réseau d’entraide, la formationà l’entraide et le guide des activitéspour dispenser cette formation. La formations’articule en deux sessions interdépendantes dequinze heures chacune ; la première s’intitule« Se connaître d’abord », la seconde « Devenir unbon confident ». Au cours de la seconde sessionsont abordées la relation d’aide et la préventiondu suicide.Ce programme a pour intérêt de proposer uneapproche globale de la santé en termes de bienêtre.Il apportera un soutien tant aux bénéficiairesdu réseau d’entraide qu’aux membres de ceréseau. C’est sur le développement des capacitéspersonnelles que s’appuie ce programme, facteuressentiel à la prise de confiance des adolescents.Notons enfin que ce guide de formation comporteun cahier distinct portant sur le problème plusspécifique du suicide chez les jeunes.Guide de gestion d’un programme d’entraide parles pairs.Prix : 20 dollars canadiens + frais de port.Fondation JEVI. 86, 13 e avenue Nord.Sherbrooke (Québec) - J1E 2X7 - Canada.Téléphone : (819) 564-1354Télécopie : (819) 564-448651


La violenceThème ultra médiatisé, la violence des jeunes est présentéecomme un phénomène de plus en plus répandu. La question del’accroissement de la violence est une question délicate et controversée.À la fin des années 1970, Jean-Claude Chesnais écrivait :« Le sentiment que la violence monte, qu’elle est aujourd’hui plusgrande que jamais, n’a jamais quitté l’opinion publique. Il se fondenon sur les faits mais sur les impressions les plus diverses… 1 »Au seuil du troisième millénaire, selon le sociologue HuguesLagrange, l’accroissement de la violence au cours des dernièresdécennies est bien réel 2 . En ce qui concerne spécifiquement lesjeunes, les résultats du Baromètre santé 2000 montrent, entre 1997et 1999, une stabilité de la violence physique exercée ou subie(« coups portés et coups reçus ») par les jeunes de 12 à 19 ans 3 .Mais il s’agit là d’une forme de violence particulière, et d’autrespeuvent s’être accrues. En particulier, les incivilités constituentaujourd’hui une forme de violence dont le caractère quotidiennourrit un sentiment d’insécurité.Sentiment d’abandon ou d’exclusion, volonté de s’intégrerà un groupe, difficulté à se projeter dans l’avenir ou à accepter lescontraintes de la vie sociale ou professionnelle, mais aussi pertede repères, perte d’autorité de parents eux-mêmes exclus socialementpour être au chômage ou exercer une profession peuvalorisée, les facteurs associés à la violence sont multiples. Àces causes peuvent s’en ajouter d’autres, de nature différente :les problèmes psychologiques liés à une situation familiale difficile,le manque d’intériorisation d’interdits durant l’enfance, la1. Chesnais J.-C. Histoire de la violence en Occident de 1800 à nos jours. Paris :Robert Laffont, 1981.2. Lagrange H. La civilité à l’épreuve. Crime et sentiment d’insécurité. Paris : Puf(coll. « Sociologie d’aujourd’hui »), 1995 : p. 144. Selon l’auteur, entre 1963 et 1989et pour l’ensemble des individus (et non pas uniquement les jeunes), on assiste àune augmentation remarquable (multiplication par 2,5) des homicides volontaires,à une forte hausse des coups et des blessures volontaires ayant entraîné une incapacitéde plus de huit jours (multiplication par 2 entre 1974 et 1989) et à uneexplosion des vols avec violence (multiplication par 20). L’usage et la revente destupéfiants, les vols de voiture connaissent des évolutions non moins fulgurantes.3. Lagrange H. « Échanges de coups, prises de risque, rapports sexuels forcés ».In : Baromètre santé 2000. Volume 2. Résultats. Vanves : CFES, 2001 : p. 193.53


A D O L E S C E N C E E T S A N T É« Les jeunes sontles premièresvictimesde la violencedes jeunes.Les violencestouchent lesparticuliersplus que lesinstitutions. »DominiqueCharvetCertainesformesde violencesont aussides réponsesaux violencesd’une sociétéqui exclut.violence physique ou psychologique subie dès le plus jeune âge,les deuils non dépassés… L’expression de la violence pourraitainsi constituer un moyen de communication pour ceux quiressentent une souffrance inexprimée, inexprimable, et surtoutnon entendue.La violence des jeunes se manifeste souvent contre les institutionscomme la police, l’école, les transports publics, etc. Dansle cadre de l’école, elle peut être dirigée contre les biens ou lespersonnes. C’est ainsi que des enseignants ou d’autres personnelsd’encadrement scolaire peuvent être victimes de violences dedifférents niveaux de gravité qui rendent parfois l’exercice de leurmétier extrêmement difficile.Mais la violence s’exerce d’abord entre les jeunes euxmêmes: « les violences augmentent entre interconnaissances, cequi signifie que les jeunes sont les premières victimes de laviolence des jeunes. Les violences touchent les particuliers plusque les institutions. Elles fonctionnent dans un réseau de familiarité(connaissances entre pairs) 4 ».Par ailleurs, la violence n’est pas seulement véhiculée parles jeunes ; d’autres violences peuvent s’exercer cette fois à leurencontre : la compétition scolaire, le chômage, la discriminationliée à la couleur de peau ou à l’apparence physique, la violenced’une société où la reconnaissance passe aussi par la consommation.Sans vouloir ni excuser ni culpabiliser, il faut souligner quecertaines formes de violence sont aussi des réponses aux violencesd’une société qui exclut. Il nous paraît important d’avoir ce doubleregard.Les violences exercées envers les adultes ou entre élèvespeuvent être de nature et de niveaux de gravité différents.Les adultes peuvent être victimes d’agressions physiques,de dégradations de biens, d’insultes et de « faits associés à ce quel’on appelait naguère l’indiscipline 5 », qualifiés aujourd’hui plutôtd’incivilités. Celles-ci traduisent bien souvent, de la part desjeunes, le besoin de tester l’autorité, de jouer avec les limites,d’attirer l’attention des adultes et finalement d’avoir le sentimentd’exister. Elles peuvent créer de grandes tensions et un profondmalaise chez ceux envers qui elles sont dirigées. Dans les établissementsscolaires notamment, la violence exercée par certainsjeunes est souvent très difficile à gérer et source d’une grandesouffrance pour les adultes qui les encadrent. Selon PhilippeLebailly, cette « difficulté des adultes de contenir [les violences ou4. Charvet D. Jeunesse, le devoir d’avenir. Rapport de la commission présidée parDominique Charvet, Commissariat général du Plan, mars 2001 : p. 85.5. Galand B. (interview de) « La parole aux élèves et aux équipes éducatives ».Bruxelles Santé, numéro spécial 2002 : Violence et adolescents. Les faussesévidences ? : p. 53-61.54


L A V I O L E N C Eincivilités] au lieu de les craindre témoigne par contre d’une dégradationdu lien social au niveau des relations d’échanges de proximitéet d’une dégradation des identités collectives 6 ».Les violences commises par les élèves et entre élèvespeuvent inclure des actes graves (délinquance, agressions…),mais ceux-ci sont plutôt isolés au sein des établissementsscolaires. Il est important de rappeler ici la place relativementfaible des violences scolaires parmi les comportements ayant uneffet létal ou des conséquences graves sur la santé des individus.Ainsi, selon Éric Debarbieux, « la plupart des travaux sont enaccord sur le fait que, sans pour autant devoir les mésestimer,l’importance quantitative des crimes et délits en milieu scolaire estsomme toute restreinte 7 ». Les résultats du Baromètre santé 2000vont aussi dans ce sens : la part de jeunes scolarisés blessés pararme à feu est nulle et celle de blessés par arme blanche, quasimentnulle.Cependant, un autre type de violence plus lancinant, plusinsidieux apparaît nettement plus fréquent dans le milieu scolaire.Il s’agit des brimades, des intimidations ou du harcèlement exercéscontre d’autres élèves souvent plus vulnérables, physiquementou psychologiquement. Ce peut être aussi des violences verbales(insultes, injures racistes, sexistes) dirigées contre d’autres élèves,mais aussi contre les enseignants ou autres personnels d’encadrement.Les violences exercées ou subies par les jeunes peuventdonc être de nature très diverse : verbales, psychologiques,physiques, sexuelles… Si tous ces phénomènes existent et sontun véritable problème dans certains établissements scolaires,seuls certains élèves sont directement impliqués dans des manifestationsde violence, comme nous allons le voir. Il semblenéanmoins qu’un petit nombre d’individus suffise parfois à créerde nombreux troubles au sein des établissements, ce qui peutconduire à une généralisation hâtive du problème de la violenceà l’école.Le Baromètre santé 2000 ne traitant pas de l’ensemble desdimensions que peut prendre la violence, nous aborderons iciuniquement la violence physique 8 (« coups donnés ou reçus aucours de l’année ») et les agressions sexuelles subies au cours dela vie par les jeunes scolarisés.Les violencesexercéesou subiespar les jeunespeuvent êtrede naturetrès diverse :verbales,psychologiques,physiques,sexuelles…6. Lebailly P. « Violence des jeunes : l’éducation avant le sécuritaire ». Agora 2001,n° 26 : p. 107.7. Debarbieux E., Blaya C. (dir.) La violence en milieu scolaire. Tome 3 : Dixapproches en Europe. Paris : ESF, 2001 : 200 p.8. Ces violences peuvent avoir eu lieu dans le cadre de l’école ou à l’extérieur decelle-ci.55


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉLA VIOLENCE PHYSIQUEOn observeun lien entreles violencesagies et subies :les jeunes ayantporté des coupssont plus nombreuxà en avoirreçu que ceuxqui n’en ont pasdonné.État des lieux de la violence physique exercée ou subiepar les jeunes scolarisésLa violence physique exercée par les jeunes est plutôt unphénomène masculin, mais les filles sont aussi concernées. Chez lesjeunes scolarisés et étudiants de 12 à 25 ans, 10 % des garçons et 4 %des filles, agissant seul(e)s ou en groupe, ont frappé ou blessé physiquementquelqu’un au cours de l’année précédant l’enquête. Concernantla violence subie, les garçons reçoivent également davantage decoups : un sur dix a été frappé ou blessé, alors qu’une fille sur vingtl’a été. On observe par ailleurs un lien entre les violences agies etsubies : les jeunes ayant porté des coups sont plus nombreux à enavoir reçu que ceux qui n’en ont pas donné (40 % contre 5 %).Le nombre d’agresseurs lors du dernier épisode de violencesubie indique une différence de nature entre les violences subiespar les filles et celles subies par les garçons. Chez les filles, lescoups reçus proviennent plus souvent d’un seul agresseur, alorsque les garçons ont été plus souvent frappés ou blessés par ungroupe (40 % contre 23 % des filles victimes de violence).La violence physique est plus fréquente à certaines périodesde la vie. Cela est particulièrement net chez les garçons en ce quiconcerne le fait de porter des coups (violence agie). En effet, ilssont plus souvent impliqués dans des phénomènes de violencequand ils sont au collège, où 15 % d’entre eux disent avoir frappéou blessé quelqu’un au cours de l’année, alors que c’est le cas de9 % des lycéens et de 7 % des étudiants de l’enseignement supérieur(fig. 8).FIGURE 8Violence physique exercée sur autrui par les jeunes scolarisésAvoir frappé ou blessé physiquement quelqu’unau cours des 12 derniers mois16 %14 %12 %15 %GarçonsFilles10 %9 %8 %6 %6 %7 %4 %4 %2 %2 %0 %CollègeLycéeEnseignement supérieur56


L A V I O L E N C EUn lien entre violence et non-scolarisation apparaît à certainespériodes de l’adolescence. Les garçons de 20 à 25 ans qui sont sortisdu système scolaire sont trois fois plus nombreux que les scolarisés(9 % contre 3 %) à déclarer avoir porté des coups dans l’annéeprécédant l’enquête. En revanche, chez les garçons de 16 à 19 ans 9 ,on n’observe pas de différence entre les scolarisés et les nonscolarisés: dans les deux cas, plus d’un jeune sur dix a frappéquelqu’un au cours de l’année. Pour les filles, on n’observe pas delien entre violence agie et scolarisation, quel que soit l’âge. En cequi concerne la violence subie, il n’y a pas de lien avec la scolarisation,et ce quel que soit le sexe.Qui sont les jeunes scolarisés ayant des comportementsviolents envers les autres ?Un certain nombre de caractéristiques sont associées, chezles élèves et les étudiants, au fait d’avoir frappé ou blessé quelqu’undans l’année. Ils sont d’abord plus anxieux et ont une moins bonneestime d’eux-mêmes que les jeunes scolarisés « non violents ». Ainsi,comme le souligne l’ouvrage collectif de l’association Phare Enfants-Parents, « n’est pas violent celui qui va bien. La violence naît del’impossibilité de s’exprimer autrement. Il s’agit plus souvent d’unexutoire qui permet d’éliminer un surcroît de tension 10 ».L’environnement économique et socialLa violence physique apparaît indépendante du niveau derevenu du ménage dans lequel vit le jeune. En revanche, le faitque le père soit au chômage semble déterminant. Les jeunesscolarisés vivant dans une famille où le père (ou le beau-père)est au chômage ont été nettement plus nombreux que les autresà avoir frappé ou blessé quelqu’un au cours de l’année (18 %contre 7 %). Ce phénomène ne s’observe pas lorsque c’est lamère (ou la belle-mère) qui est au chômage ou ne travaille pas.Ce n’est pas l’impact économique du chômage 11 qui joue,puisque, nous l’avons vu, la violence n’est pas liée au niveau derevenu. Par ailleurs, dans le cas où le chef de famille travaille, laviolence n’apparaît pas liée à la catégorie socioprofessionnellede celui-ci.La violencenaît del’impossibilitéde s’exprimerautrement.9. La comparaison est faite sur la tranche d’âge des 16-19 ans et non pas sur celledes 15-19 ans, car la scolarité est obligatoire jusqu’à 16 ans.10. Difficile adolescence : signes et symptômes de mal-être. Guide pour les parents,enseignants et éducateurs. Paris : Association Phare Enfants-Parents, 2002 : p. 67.11. L’impact économique est la réduction du niveau de revenu du ménage induitepar le chômage.57


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉLa violenceest fortementassociéeà l’échec etaux difficultésscolaires.Les jeunesvivant dansune famillemonoparentalene sont pasplus violentsque ceux vivantavec leursdeux parents.Le faitd’avoir subides agressionssexuelles esttrès fortementassocié àla violenceagie.L’écoleLa violence apparaît indépendante de la filière scolaire. Ellen’est pas plus fréquente dans les filières techniques ou professionnellesque dans les filières générales. En revanche, elle est fortementassociée à l’échec et aux difficultés scolaires. Pour les élèvesde 12 à 19 ans, le redoublement, l’absentéisme, la déclarationd’une insatisfaction relative aux études sont autant de manifestationsd’un malaise scolaire fortement liées à la violence exercée surautrui.La familleLe cadre familial et les rapports entretenus au sein de lafamille peuvent aussi jouer un rôle important par rapport à laviolence.La structure familiale n’est pas sans relation avec lescomportements violents des jeunes. En effet, ceux qui vivent dansune famille recomposée sont plus nombreux à avoir frappé oublessé quelqu’un au cours de l’année précédant l’enquête que ceuxvivant avec leurs deux parents ; en revanche, les jeunes vivantdans une famille monoparentale ne sont pas plus violents queceux vivant avec leurs deux parents.La qualité de la relation des jeunes avec leurs parents joueégalement un rôle. Le sentiment de ne pas être écouté, de ne pasêtre pris en considération par ses parents est associé à des comportementsviolents.Les relations avec les autresLa violence ne semble pas liée à des difficultés relationnellesgénérales. Les jeunes scolarisés ayant commis des actesviolents se déclarent aussi fréquemment à l’aise avec les autres queles « non-violents ».L’histoire de vieCertains éléments douloureux de l’histoire de vie apparaissentfortement liés aux phénomènes de violence. Le fait d’avoirsubi des agressions sexuelles est très fortement associé à la violenceagie. En outre, les jeunes scolarisés ayant fait une tentative desuicide au cours de leur vie ont été 2,5 fois plus nombreux (17 %contre 7 %) à avoir eu des comportements violents au cours del’année.Les comportements de santéLa consommation régulière d’alcool est aussi liée à descomportements violents. Les jeunes scolarisés qui déclarent enconsommer au moins trois fois par semaine ont été nettementplus nombreux à avoir été violents que les autres (12 % contre7 %). En revanche, notre enquête ne montre aucun lien entre la58


L A V I O L E N C Eviolence des jeunes scolarisés et la consommation régulière decannabis. Le tabagisme quotidien n’est pas non plus associé à laviolence.Informer les parents du fonctionnement du système scolaire :un moyen de prévenir la violence scolaireComme le montrent les résultats du Baromètre santé 2000, l’échec scolaire, les difficultés liées auxétudes, l’absentéisme sont associés aux comportements violents. Les causes de ces difficultésscolaires sont nombreuses ; l’une d’elles peut être le manque de suivi des adolescents par desparents qui ont du mal à comprendre comment fonctionnent le système scolaire, les filières, les orientations,les mécanismes de sélection, etc. Lutter contre la violence, c’est aussi tenter, même si celaest difficile, d’impliquer les parents dans la vie de l’établissement, et tout d’abord de mieux les informersur le fonctionnement du système scolaire. Il est en effet probable qu’une discrimination existe entreles parents qui connaissent ou non ce système (discrimination au niveau du capital culturel, rejoignantbien souvent la discrimination sociale) : les parents qui ont fait le moins d’études et ont des professionspeu qualifiées risquent de moins bien connaître le fonctionnement du système scolaire et d’êtrele moins à même de s’y impliquer et de pouvoir soutenir leurs enfants.EXEMPLE D’ACTION N° 2Un exemple d’action de lutte contre la violence en milieu scolaire :le Groupe académique de soutien et de préventionpour les adolescents à risques (Gaspar)Ayant pour vocation d’apporter une aide concrèteaux établissements confrontés aux différentesformes de violences scolaires, depuis les problèmesde comportements jusqu’aux actes pénalisables,le Gaspar a été créé en 1989 dansl’académie de Lille. Il intervient auprès des établissements,principalement du second degré, confrontésà ces différentes formes de violence.L’originalité de ce groupe organisé en réseau etanimé par des enseignants et des conseillers principauxd’éducation est qu’il s’inscrit dans une logiquede réponses concrètes aux problèmes deterrain. Ainsi, lorsqu’une difficulté est signalée, lesmembres du réseau se déplacent dans les établissementsdemandeurs pour voir et écouter lesacteurs concernés, qu’il s’agisse des membresde l’équipe de direction, des enseignants ou desélèves éventuellement. C’est une phase indispensablepour analyser les angoisses et les souffrancesavant de faire émerger les besoins réels et dedéterminer la stratégie à mettre en place, notammentà travers la formation des personnels.Outre l’accompagnement des établissementsdemandeurs, le Gaspar organise une écoute téléphoniquepermettant à chacun d’être informé etconseillé, ainsi que des rencontres ponctuellesavec tous les partenaires volontaires. Le Gasparpeut aussi apporter son expérience et son savoirfaireà la création de nouveaux groupes.D’autres groupes ont mis en place des dispositifssimilaires, comme c’est déjà le cas à Amiens, àLyon et à Versailles.Contact : Groupe académique de soutien et deprévention pour les adolescents à risques.Rectorat, 20 rue Saint-Jacques, BP 709, 59033Lille Cedex. Téléphone : 03 20 15 60 84.Télécopie : 03 20 15 65 25.Le Gaspar a également publié un document quicontient des fiches de « propositions d’actions » ;il est intitulé La violence, des réponses pourl’école. Le travail du Gaspar dans la zone deprévention 1998-2000. Vous pouvez vous leprocurer auprès du Gaspar.59


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉEXEMPLE D’ACTION N° 3La prévention du harcèlement entre élèves :l’exemple du programme d’Olweus mené en Norvège,en Grande-Bretagne, en Allemagne et aux États-UnisL’objectif de ce programme, conçu par le chercheurnorvégien Dan Olweus, est de prévenir oude réduire la persécution ou le harcèlement entreélèves à l’école primaire et au collège. Il s’appuiesur quelques principes clés selon lesquels il estimportant de créer un environnement à l’école (etaussi, idéalement à la maison) dans lequel lesadultes, d’un côté, manifestent de l’implication,de l’intérêt et de la chaleur envers les jeunes et,d’un autre côté, affirment avec fermeté deslimites aux comportements inacceptables.Ce programme comporte des interventions auniveau de l’école, de la classe et de l’élève :• Au niveau de l’école, les interventionscomprennent :– la formation d’un Comité de coordination de laprévention du harcèlement pour coordonnertous les aspects du programme ;– la réalisation d’une enquête par questionnaireanonyme auprès des élèves afin d’évaluer lanature et la prévalence de la persécution entreélèves dans l’école ;– la tenue d’une conférence d’une journée àl’école pour discuter des problèmes de harcèlementet planifier la mise en place duprogramme ;– la mise en place d’un système de supervisionpar les élèves ;– la mise en place de règles contre le harcèlementau sein de l’école ;– l’établissement d’une meilleure supervisionpendant la pause déjeuner et les récréations ;– la tenue de groupes de discussion entreenseignants ;– l’implication des parents dans la lutte contre leharcèlement.• Au niveau de la classe, les interventionsconsistent en :– la réaffirmation des règles contre le harcèlementdéfinies au sein de l’école ;– des sessions régulières avec les élèves pourdévelopper la connaissance de l’autre, l’empathieet encourager les normes et comportementspro-sociaux.• Au niveau individuel sont mis en place :– des entretiens avec les élèves persécuteurs etpersécutés ;– des entretiens avec les parents des élèvesconcernés.Ce programme a fait l’objet d’une évaluationauprès de quarante-deux écoles et collèges enNorvège où les participants ont été suivispendant deux ans et demi. Une réduction (plusde la moitié) de la fréquence de harcèlementdéclarée par les élèves a été obtenue.Pour plus d’information sur le programme :http://model.programs.samhsa.govEXEMPLE D’OUTIL N° 4Un cédérom pour prévenir la violence scolaireCe cédérom, destiné aux enseignants et pluslargement aux intervenants du monde scolaire,apporte non seulement des connaissances théoriquessur la violence scolaire (quelles en sont lescauses, les manifestations et les conséquences ?)mais, plus encore, il tente de répondre à laquestion : comment la prévenir et que faire lorsqu’elles’est produite ? Pour cela, des propositionsde réponses sont apportées à partir de situationsde violences quotidiennes (par exemple, le chahuten classe ou l’agression physique à l’encontred’un professeur). Ce cédérom contient une biblio-… /…60


L A V I O L E N C E… /…graphie commentée, une liste de vidéos sur lesujet, une centaine d’adresses utiles et une liaisondirecte avec une cinquantaine de sites internetpermettant d’enrichir et d’actualiser les informationsproposées.Facile à utiliser, cet outil contient une multituded’informations, notamment des commentairesd’experts sur des situations de violence analyséeset commentées.Prévenir la violence scolaire. Réalisé en 2000avec le concours de la MGEN, la Fas et l’Adosen.Prix : 20 euros.Adosen (Action et documentation santé pourl’Éducation nationale)Tour Maine-Montparnasse33, avenue du Maine, 75015 Paris.Téléphone : 01 45 38 71 93.http : //www.adosen.comEXEMPLE D’OUTIL N° 5La prévention de la violence par les pairs :lorsque les enfants deviennent médiateursCet outil édité par l’Université de Paix (Belgique)est composé d’un livret pédagogique et de deuxvidéos. Il est destiné avant tout aux enseignantsdes écoles primaires, mais il est adaptable auxclasses de sixième et de cinquième. L’un de sesintérêts est de faire comprendre ce qui peutconduire à la violence, et surtout de donner desmoyens de la prévenir ou de désamorcer lesconflits grâce à la médiation par les pairs. Distinguerles « faits » des « sentiments » et des« besoins » est l’un des grands axes de ce programmeexpliqué dans l’une des deux vidéos.Cette vidéo doit être utilisée avec le livret pédagogiquequi l’accompagne. Ce livret très complet(200 pages) propose dans l’introduction uneréflexion sur la médiation entre pairs, sur leconflit, ses différentes formes, les réactions qu’ildéclenche, les différentes possibilités de le gérerau mieux. Dans les deuxième et troisième parties,il présente des supports d’animation (des jeux parexemple) pour mettre en application les bases dela communication non violente (« Moi parmi lesautres », « Confiance et coopération », « Moi et leconflit », « L’écoute du non-verbal et du verbal »,« L’écoute de ce qui se vit », « Sortir du conflit »).Enfin, il explique comment le processus de médiationpar les pairs peut se mettre en place. Unedeuxième cassette vidéo met en scène les différentesétapes d’une médiation par les pairs ;cette présentation est idéalisée, mais elle a avanttout un objectif pédagogique.Les enseignants et professionnels de l’Éducationnationale qui souhaiteraient trouver dans cet outildes réponses rapides à leurs problèmes pourraientne pas être satisfaits, car ce qu’on leurpropose est un travail s’inscrivant dans unprocessus à long terme, qu’il est d’ailleurs plusfacile d’engager avec des enfants assez jeunes.Il n’en reste pas moins que la démarche surlaquelle s’appuie cet outil est intéressante.Université de Paix, Graines de médiateurs, éditéen 2000 par Mémor.Prix : 64,45 euros.Université de Paix, Secrétariat général,boulevard du Nord, 4 B, 5000 Namur.Téléphone : 00 32 (0) 81 22 61 02.Télécopie : 00 32 (0) 81 23 18 82.Courriel : universite.de.paix@skynet.behttp://www.universitedepaix.orgLES AGRESSIONS SEXUELLESLes viols, les tentatives de viol ou les attouchements quisont ici regroupés sous le terme d’agressions sexuelles sont uneautre forme de violence subie par certains jeunes fréquentant lesétablissements scolaires. Dans notre enquête, seuls les jeunes d’au61


A D O L E S C E N C E E T S A N T Émoins 15 ans ont été interrogés sur ce point. Par ailleurs, l’effectifde jeunes scolarisés déclarant avoir subi ce type d’agressions étantfaible, il ne nous a pas permis, comme pour les autres thèmes,d’analyser la situation de ces jeunes selon différents critèrespsychologiques, sociaux et économiques. C’est pourquoi seulsquelques éléments descriptifs sont présentés ici.Les violences à caractère sexuel touchent essentiellementles filles, même si les garçons sont aussi concernés. Ainsi, 4 % desjeunes filles et 0,3 % des garçons scolarisés de 15 à 25 ans disentavoir subi des agressions sexuelles. Il n’y a pas, pour ce type deviolence, de différence entre les scolarisés et les non-scolarisés.Pouvant faire partie de ces agressions (bien que la questionn’ait pas été posée explicitement dans l’enquête), les viols enréunion, encore appelés « tournantes », sont des crimes dont on arécemment beaucoup parlé dans les médias. Cette médiatisation aeu pour conséquence de susciter de nombreux débats, notammentdans les établissements scolaires, mais aucune étude, à notreconnaissance, ne permet d’affirmer que ce type de violencessexuelles a augmenté aux cours des dernières années. Il est importantde rappeler aussi que les agressions sexuelles envers lesfemmes semblent plutôt constantes depuis une décennie 12 . Ce quia sans doute changé, ce sont les circonstances de ces agressions etleur médiatisation.Les viols en réunion : quelques éléments de discussionLes viols en réunion ont été très médiatisés, notamment lors des débats sur l’insécurité qui ontmarqué la campagne présidentielle de 2002. Le fait de parler davantage de ce phénomène aujourd’huiqu’hier reflète, selon Julia Kristeva, un accroissement de « notre souci de respecter la personne,notamment les mineurs et les femmes, dans l’intimité et la différence de leur désir. Le sens del’horreur devant ces passages à l’acte s’en est trouvé renforcé, ainsi que le besoin de sécurité 1 ».Ce que révèlent les viols en réunionLes viols collectifs illustrent, dans les quartiers défavorisés où vivent la grande majorité de leursauteurs et de leurs victimes, « la position dominante des garçons dans les cités et, en même temps,ils renvoient à leur impuissance vis-à-vis du reste de la société 2 ». Cette pratique apparaît donc, chezles garçons, comme une façon de retrouver du pouvoir et de compenser, aux dépens des filles, leur… /…1. Kristeva J. Encore de la violence sexuelle, extrait d’une émission de radio diffusée le 20 février 2001 sur FranceCulture.2. Citation de Joëlle Bordet, psychosociologue et spécialiste des banlieues, publiée dans l’article de FrédéricChambon « Cités : le scandale des viols collectifs », Le Monde, 23 avril 2001.12. Lagrange H. « Échanges de coups, prises de risque, rapports sexuels forcés ».In : Baromètre santé 2000. Volume 2 : Résultats. Vanves : CFES, 2001 : p. 198.62


L A V I O L E N C E… /…sentiment de rejet et leur frustration. Les viols en réunion s’inscrivent ainsi dans le « repli viriliste » desquartiers populaires en France, analysé par le sociologue Daniel Welzer-Lang « comme une stratégiede défense collective en réponse à la peur du chômage, du racisme, de l’état de non-droit, à la souffrancede ne pouvoir exhiber d’autres attributs de la virilité. Il s’inscrit plus généralement dans unesociété de domination masculine 3 ».D’autres explications sont données à ce phénomène, notamment la perte des repères qui se traduitdans les rapports filles-garçons par un passage à l’acte banalisé, voire valorisé : « Les cités sont deszones de relégation qui sont régies par les rapports de force et où dominent les valeurs de virilité etde violence… Pour [les auteurs de ces actes], le viol collectif, c’est un jeu. Ils sont en permanencedans la transgression sans s’en rendre compte 4 », explique Saadia Sahali, agent de développementsocial à Sarcelles (Val d’Oise). Les auteurs de ces crimes disent bien souvent ne pas comprendre lespeines infligées en cas de poursuite judiciaire, ne reconnaissant pas la gravité de leurs actes. Quantaux victimes, non seulement elles craignent les représailles, mais plus encore elles intériorisentparfois l’image que les hommes donnent d’elles. « Dans les quartiers, les filles sont souvent considéréescomme des choses que l’on possède. Malgré elles, elles intériorisent. En cas de viol, elles sontvictimes, mais se sentent aussi coupables », constate Saadia Sahali. Les carences éducatives, notammenten ce qui concerne l’éducation sexuelle, sont également soulignées.Ainsi, la pratique des viols en réunion révèle d’abord une grande misère affective, sexuelle et sociale.Après avoir lu les résultats d’une étude menée par des éducateurs de banlieue parisienne auprès dedeux cents collégiens et lycéens 5 , Marie-Claude Fourment, professeur de psychologie, conclut : « Cequi est frappant, c’est l’absence d’affect, la grande pauvreté des sentiments et des affects. »Qui sont les auteurs de ces viols en réunion ?Nous n’avons des éléments d’information que lorsque la victime a déposé plainte. Le Dr PatriceHuerre 6 , psychiatre à la Cour d’appel de Paris, a étudié un échantillon de cinquante-deux expertisespsychiatriques réalisées ces quinze dernières années. Il n’est bien sûr pas possible de généraliser cesrésultats à l’ensemble des auteurs de viols en réunion, dont bien souvent, d’ailleurs, l’identité n’est pasconnue. D’après les résultats de ces expertises, il apparaît que les auteurs de ces viols sont jeunes(onze ont 16 ans, huit ont 15 ans et huit autres, 17 ans). Ils ont des difficultés scolaires (quarante-cinqont au moins redoublé une année). La majorité d’entre eux sont issus de familles nombreuses (vingttroissont issus de familles de cinq enfants et plus), au revenu modeste, résidant en banlieue. Cinq deces adolescents signalent que leurs parents sont séparés.Les auteurs de ces viols se disent sociables, bien intégrés dans le groupe. Aucun d’entre eux n’a auparavantété hospitalisé en psychiatrie. Un garçon fait état d’une tentative de suicide. Seize ont déjà eu affaireà la justice, généralement pour des vols sans violence. Seuls, deux d’entre eux avaient déjà étécondamnés pour des affaires de viol. La notion de groupe est très variable : plusieurs affaires concernentdeux agresseurs, parfois trois ou quatre, rarement cinq. Presque tous les agresseurs (quarante-neuf)connaissaient la victime, qui habitait dans leur quartier. La plupart des agresseurs décrivent un rapportconsenti, « ne trouvant aucun élément d’anormalité ni dans le lieu, ni dans le fait que plusieurs garçonsaient un rapport avec la même victime ». Dans tous les cas, la victime est décrite comme une « fille facile ».3. Welzer-Lang D. « Virilité et virilisme dans les quartiers populaires en France ». VEI Enjeux 2002, n° 128 : p. 10.4. Citation publiée dans Frédéric Chambon, art. cit.5. Ces éducateurs étaient chargés de demander à deux cents collégiens et lycéens d’écrire les questions qu’ils seposent sur les relations avec leurs parents, la drogue et le sexe.6. Huerre P. Psychopathologie et traitements actuels des auteurs d’agression sexuelle. Paris : Eurotext John Libbey,2002 : 594 p.63


La consommation desubstances psychoactivesTabac, alcool, cannabis : si tous ces produits sont des substancespsychoactives, leurs modes de consommation diffèrent.Ainsi, deux grandes tendances se dégagent : les jeunes quiconsomment occasionnellement de l’alcool, du tabac, du cannabisdans un désir de conformité au groupe des pairs, et les jeunes quiconsomment plusieurs produits ou ont une consommation trèsélevée, révélant un mal-être plus profond : c’est la « consommationproblématique » qui concerne une minorité de jeunes 1 . Cetteconsommation est « problématique » car elle est susceptible deprovoquer des dommages physiques, affectifs, psychologiques ousociaux pour le jeune consommateur et son entourage proche oulointain 2 . Les risques peuvent être sanitaires, entraînant une dégradationde l’état physique, la complication de certaines maladies,voire des décès prématurés ; ils sont sociaux lorsque la consommationet ses effets sont susceptibles de placer l’adolescent dansdes situations dangereuses, sources de dommages pour luimêmeou pour autrui, ou d’entraver son insertion scolaire ouprofessionnelle.« L’envie de goûter », de « faire une expérience 3 » est unemotivation évoquée par bien des jeunes à propos de leur premièrecigarette ou de leur premier verre d’alcool. Ces expériences sontdes « conduites d’essai 4 », caractéristiques de l’adolescence : onessaie un produit pour quitter l’enfance, tester ses limites, seconfronter au monde des adultes. Une autre motivation essentielle1. Michaud P.-A. « La recherche rend-elle la prévention efficace ? L’exemple desadolescents ». Dépendances 2001, n° 14 : p. 8.2. Drogues et dépendances : le livre d’information. Vanves : CFES/Mildt (coll.« Savoir plus, risquer moins »), 2000 : 146 p.3. Menetrey A.-C. « L’alcool, le tabac, des drogues légales toujours bien présentes ».In : Michaud P.-A., Alvin P., Deschamps J.-P. et al. (dir.) La santé des adolescents :approches, soins, prévention. Lausanne : Payot / Paris : Doin / Montréal : Presses del’Université de Montréal, 1997 : chap. 35, p. 389.4. Tomkiewicz S. « Les conduites de risques et d’essai ». Neuropsychiatr. Enf. 1989,n° 37 : p. 261-264.65


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉLa consommationrégulièred’un produitou la polyconsommationest surtoutrévélatriced’un mal-êtrepouvantconduire à ladépendanceou à l’exclusionsociale.correspond au souhait de se conformer au comportement despairs : on boit ou on fume pour faire comme les copains, pourfaire partie du groupe, pour faire la fête ensemble (c’est particulièrementle cas pour la consommation d’alcool).Mais lorsque les motifs évoqués sont « l’appréciation dugoût », « la recherche de l’effet 5 », alors la consommation est plusproblématique, car elle concerne des jeunes qui fument ou/etboivent non plus de façon occasionnelle mais régulièrement, voirequotidiennement. Le passage d’une consommation occasionnelleà ce type de consommation peut s’expliquer par une multitude defacteurs, en premier lieu la rupture scolaire et la difficulté d’autonomisation6 . Ainsi, la consommation régulière d’un produit ou lapolyconsommation est surtout révélatrice d’un mal-être 7 pouvantconduire à la dépendance ou à l’exclusion sociale.Des enquêtes réalisées auprès de jeunes d’Île-de-France 8montrent que la polyconsommation régulière associant cannabis,alcool, tabac et la monoconsommation élevée concernent plusfréquemment des jeunes en difficulté scolaire, ayant une vie familialeconflictuelle et exprimant, notamment pour les « gros » usagers decannabis, des inquiétudes quant à l’avenir. Les « polyconsommateursréguliers » commettent davantage d’actes de transgression, notammentdans les établissements scolaires ; ils exercent une violencedirigée vers les autres et eux-mêmes (tentatives de suicide, parexemple) et sont davantage victimes de violence. Enfin, ils ont plusfréquemment des comportements à risque qui se manifestent dansleur vie sexuelle (moindre utilisation de préservatifs lors du premierrapport sexuel, fréquence plus élevée de rapports sexuels sans utilisationde contraceptifs) 9 et dans la fréquence des accidents de deuxroues 10 .Aujourd’hui, les jeunes sont-ils nombreux à avoir uneconsommation problématique ? Dans quelle proportion fumentils,boivent-ils de l’alcool de façon occasionnelle ? Qui sont cesjeunes ? Ce chapitre dresse un état des lieux précis de la consom-5. Menetrey A.-C. « L’alcool, le tabac… ». In : Michaud P.-A., Alvin P., DeschampsJ.-P. et al. (dir.) La santé des adolescents. Op. cit. : p. 389.6. Choquet M., Ledoux S. Adolescents. Enquête nationale. Analyses et prospective.Paris : Inserm, 1994.7. Observatoire régional de la santé (ORS) Île-de-France, Centre régional d’informationet de prévention du sida (Crips) Île-de-France. « Usages de produits psychoactifset conduites associées chez les jeunes d’Île-de-France ». Bulletin de santé2000, n° 2 : p. 3.8. ORS Île-de-France, Crips Île-de-France. Art. cit. : 4 p.9. ORS, Île-de-France, Crips Île-de-France. Art. cit. : p. 4.10. Embersin C., Grémy I. Conduites à risques chez les jeunes de 12 à 19 ans enÎle-de-France. Analyse régionale du Baromètre santé jeunes 97/98 du CFES. RapportORS Île-de-France-CFES, mars 2000.66


L E S S U B S T A N C E S P S Y C H O A C T I V E Smation de produits psychoactifs chez les jeunes scolarisés ; ilsouligne également les caractéristiques de ceux qui fument régulièrementdu cannabis et fait un point sur la polyconsommation.LE TABACFumeur : personne qui fume, ne serait-ce que de temps en temps.Fumeur régulier : personne qui fume au moins une cigarette par jour.Fumeur occasionnel : personne qui fume moins d’une cigarette par jour.La consommation de tabacLes jeunes dans leur ensembleSur l’ensemble des jeunes de 12 à 25 ans (scolarisés et nonscolarisés), un peu plus d’un sur trois (37 %) fume, ne serait-ceque de temps en temps (contre 32 % des adultes de 26 à 75 ans).Le pourcentage de jeunes fumeurs varie selon l’âge. Simoins d’un jeune sur dix (8 %) fume entre 12 et 14 ans, près d’unsur deux (48 %) fume entre 20 et 25 ans. Des différences decomportement s’observent aussi selon le sexe. De 12 à 19 ans, lesfilles sont un peu plus nombreuses à déclarer fumer que lesgarçons, mais ensuite, la tendance s’inverse.Par ailleurs, les jeunes qui commencent à fumer deviennenttrès rapidement des fumeurs réguliers (c’est-à-dire consommantau moins une cigarette par jour). Ainsi, de 12 à 14 ans, lamoitié des fumeurs sont des fumeurs occasionnels, mais, dèsl’âge de 15 ans, la majorité des fumeurs sont des fumeurs réguliers(fig. 9).L’évolution du tabagisme des jeunesau cours des années 1990• Les jeunes de 12 à 19 ansSi l’on compare les deux enquêtes du Baromètre santé réaliséesen 1997 et en 1999 11 , on constate que la part des jeunesfumeurs de 12 à 19 ans est restée constante d’une enquête àl’autre. Dans les deux cas, 30 % environ des jeunes déclarentfumer, ne serait-ce que de temps en temps. Une différence apparaîtcependant entre les filles et les garçons : la comparaison desdeux enquêtes montre une stabilité du tabagisme des garçons,mais une augmentation de celui des filles (30 % en 1997 contre33 % en 1999).De 12 à 14 ans,la moitié desfumeurs sontdes fumeursoccasionnels,mais, dès l’âgede 15 ans, lamajorité desfumeurs sontdes fumeursréguliers.11. Cf. Baromètre santé jeunes 97/98, Vanves : CFES, 1999, et Baromètre santé2000, vol. 2 : Résultats, Vanves : CFES, 2001.67


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉFIGURE 9Tabagisme régulier et occasionnel selon l’âge et le sexe50 %45 %43,9 % 45,2 %40 %35 %30 %34,7 %32,0 %37,2 %37,4 %39,9 %33,4 %Tabagisme régulier27,7 %25 %20 %22,2 %22,4 %15 %10 %5 %0 %15,4 %Tabagisme occasionnel11,1 %9,2 %6,5 %6,6 %6,0 %4,9 %7,1 %5,7 % 5,9 %6,2 %3,8 %6,1 %4,9 % 5,2 %2,8 %3,6 %1,9 %2,5 %3,1 %1,1 %12-14 ans 15-19 ans 20--25 ans 26-34 ans 35-44 ans 45-54 ans 55-64 ans 65-75 ansTabagisme régulier HommesTabagisme régulier FemmesTabagisme occasionnel HommesTabagisme occasionnel Femmes• Les jeunes de 18 à 25 ansTrois Baromètres santé permettent de comparer la consommationde tabac en 1992, 1995 et 1999 12 . Le tabagisme des jeunesde 18 à 25 ans est stable entre 1992 et 1995 : environ 54 % sontfumeurs. En revanche, en 1999, la part de fumeurs diminue : 47 %des jeunes adultes de cette tranche d’âge se déclarent alors fumeurs.Les jeunes scolarisésDes différences de comportement tabagique apparaissent,en fonction de l’âge, entre jeunes scolarisés et non scolarisés. Chezles jeunes de 16 à 19 ans, les scolarisés fument moins que les nonscolarisés(41 % contre 59 %). Cet écart est dû à une différenceimportante de la fréquence du tabagisme chez les garçons : 38 %des scolarisés fument, contre 63 % des non-scolarisés. Entre 20 et25 ans, en revanche, aucune différence n’apparaît entre scolariséset non-scolarisés.12. Cf. Baromètre santé adultes 95/96, Vanves : CFES, 1997, Baromètre santéjeunes 97/98, Vanves : CFES, 1999, et Baromètre santé 2000, vol. 2 : Résultats,Vanves : CFES, 2001.68


L E S S U B S T A N C E S P S Y C H O A C T I V E SOn constate aussi que, chez les jeunes scolarisés (toutcomme pour l’ensemble des jeunes), la fréquence du tabagismevarie selon l’âge. Au collège déjà, plus d’un jeune sur dix fume. Aulycée, sur une classe de trente élèves, douze en moyenne sontfumeurs, dont dix sont des fumeurs réguliers. Dans l’enseignementsupérieur, un jeune sur trois est un fumeur régulier (fig. 10).FIGURE 10Proportion de fumeurs chez les jeunes scolarisésselon le cycle d’études45 %40 %39 %42 %35 %30 %25 %20 %15 %10 %11 %32 %33 %5 %0 %7 %Collège Lycée Enseignement supérieurFumeur régulierFumeur occasionnelChez les jeunes scolarisés, on observe une différence decomportement tabagique entre les filles et les garçons au niveaudu collège seulement. Les jeunes filles sont alors plus nombreusesà fumer que les garçons (15 % contre 8 %). On n’observe pas, enrevanche, de différence entre sexes au lycée et dans l’enseignementsupérieur.Nombre de jeunes scolarisés fumeurs déclarent avoir déjàessayé d’arrêter de fumer. Entre 12 et 25 ans, plus de deux fumeurssur trois (69 %) ont déjà arrêté de fumer au moins durant unesemaine. Les garçons sont plus nombreux à avoir fait des tentativesd’arrêt que les filles (74 % contre 65 %). Cependant, ces tentativessont souvent de courte durée. Dans un tiers des cas, l’arrêt n’a pasdépassé les quinze jours, et il n’a dépassé les six mois que dans1,2 des cas sur dix.Malgré ces difficultés, les jeunes fumeurs scolariséssemblent loin d’être insensibles à la question de l’arrêt du tabac,puisque nombre d’entre eux ont fait des tentatives d’arrêt et que69


A D O L E S C E N C E E T S A N T Éplus d’un jeune fumeur scolarisé sur deux, autant chez les fillesque chez les garçons, et quel que soit le cycle d’études, exprimeson désir d’arrêter. Cependant, pour une grande partie desfumeurs, ce projet reste flou et la date de mise à exécution lointaine.Ainsi, moins d’un fumeur sur trois envisage cet arrêt pour lemois à venir, alors que plus de deux sur cinq l’envisagent « dansun avenir indéterminé ». Cette dernière tendance, qu’on relèveaussi bien chez les filles que chez les garçons, est particulièrementnette dans l’enseignement supérieur, où un fumeur sur deuxdéclarant avoir envie d’arrêter de fumer ne s’est pas réellement fixéde délai pour le faire.Ainsi, même si elle manque de détermination, l’intentiond’arrêter existe clairement chez les jeunes fumeurs scolarisés, cequi est encourageant et devrait motiver des actions d’aide à l’arrêtdu tabac en milieu scolaire.Engager davantage de projets d’action sur l’arrêt du tabacLes adolescents étant nombreux à avoir déjà fait plusieurs tentatives pour arrêter de fumer, il apparaîtnécessaire d’encourager des projets d’action sur l’arrêt du tabac et d’associer à leur élaboration lesjeunes fumeurs ayant déjà essayé de ne plus fumer.Toutefois, si certaines actions de prévention de l’initiation au tabagisme ont montré leur efficacité,celles qui privilégient l’aide à l’arrêt du tabac sont encore récentes et rarement évaluées. Face aunombre élevé de tentatives d’arrêt chez les jeunes fumeurs, ce nouveau type de prévention du tabagismechez les jeunes tend à se développer, en France comme à l’étranger ; il n’en demeure pasmoins, pour le moment, au stade de l’expérimentation.Chez les fillesde 15 à 25 ansqui prennentla pilule, plusd’une sur deuxfume, qu’ellesoit étudianteou non.Pilule et tabacLa combinaison pilule-tabac a des effets nocifs, particulièrementchez les femmes de plus de 35 ans 13 . Elle accroît les risquescardiovasculaires, car elle favorise la formation de caillots, abîme laparoi des vaisseaux et les rétrécit. Elle augmente le risque de phlébite,de thrombose (formation d’un caillot dans un vaisseau oudans une des cavités du cœur) et d’accidents vasculaires cérébraux.Or, on constate que chez les filles de 15 à 25 ans qui prennentla pilule, plus d’une sur deux fume, qu’elle soit étudiante ounon. Le fait de prendre la pilule ne semble pas entraîner une diminutiondu nombre de cigarettes fumées par jour. Les fumeuses quiprennent la pilule, lycéennes ou étudiantes, consomment autantde cigarettes que celles qui ne la prennent pas.On peut faire plusieurs hypothèses à ce sujet. Il peut s’agird’une méconnaissance ou d’une indifférence aux risques liés à13. Schwingl P.J., Ory H.W., Visness C.M. « Estimates of the risk of cardiovasculardeath attributable to low oral contraceptives in the United States ». Am. J. Obstet.Gynecol. 1999, n° 180 : p. 241-249.70


L E S S U B S T A N C E S P S Y C H O A C T I V E Sl’association pilule-tabac, qui peut être due au caractère lointain dece risque pour les adolescentes. Il peut aussi s’agir d’une difficultéà s’arrêter du fait d’une dépendance tabagique.Qu’il s’agisse de l’une ou de l’autre de ces hypothèses,l’association pilule-tabac reste très fréquente chez les jeunes fillesscolarisées. La mise en place ou la poursuite d’actions de sensibilisationdes jeunes élèves et des étudiantes à ce problème apparaîtdonc nécessaire.Signalons qu’il convient d’être particulièrement attentif à lafaçon dont on délivre le message aux adolescentes. Aujourd’hui,en effet, certaines jeunes fumeuses abandonnent la pilule sousprétexte que l’association pilule-tabac n’est pas recommandée.Elles substituent alors aux dangers de cette association le risqued’une grossesse non planifiée.Respect des zones non-fumeurs dans les établissementsscolairesChez les jeunes scolarisés et les étudiants de 12 à 25 ans, plusd’un fumeur sur cinq (26 %) déclare avoir déjà fumé dans les zonesnon-fumeurs de son établissement. Ce non-respect de la réglementations’observe autant chez les filles que chez les garçons, et autantau collège qu’au lycée et dans l’enseignement supérieur.Les jeunes perçoivent plus ou moins clairement ce nonrespectdes zones non-fumeurs dans les établissements. La moitiéd’entre eux considère que ces zones ne sont pas bien respectées, etl’autre moitié qu’elles le sont. Cette perception du respect de ceszones varie selon le cycle d’études. Les étudiants de l’enseignementsupérieur sont particulièrement nombreux à déclarer qu’elles sontmal respectées (62 %). Ce sentiment est partagé autant par les nonfumeursque par les fumeurs. Au lycée également, ils sont autant defumeurs que de non-fumeurs à les trouver mal respectées (45 %).Au collège, en revanche, on observe une nette différence de perceptionentre les fumeurs et les non-fumeurs. Les fumeurs dénoncentplus que les non-fumeurs le manque de respect des zones nonfumeursau sein de leur établissement (61 % contre 42 %). Affirmationimplicite de leur conduite et de leur transgression de l’interdit ?La part des fumeurs qui disent fumer dans leur établissement n’esten effet pas plus élevée au collège qu’au lycée ou à l’université.Les élèves semblent ne pas être les seuls à transgresser laloi Évin. Une enquête menée en 2001-2002 par l’OFDT (Observatoirefrançais des drogues et des toxicomanies) 14 montre que lepersonnel des établissements scolaires ne respecte pas toujours laréglementation concernant le tabac. Ce comportement sembleChez les jeunesscolarisés etles étudiantsde 12 à 25 ans,plus d’un fumeursur cinq (26 %)déclare avoirdéjà fumédans les zonesnon-fumeursde sonétablissement.14. Costes J.-M., Diaz-Gomez C., Karsenty S. « L’application de la loi Évin enmilieu scolaire : premiers résultats de l’enquête ». Tendances 2002, n° 2 : p. 1-4.71


A D O L E S C E N C E E T S A N T Éplus fréquent dans les écoles et les lycées que dans les collèges ;alors qu’on n’observe « jamais ou rarement » de transgression dans70 % des collèges, ce n’est le cas que dans 46 % des lycées. Cesincivilités de la part des adultes (personnel enseignant ou nonenseignant) posent un problème en termes de cohérence éducative.Il est en effet difficile de demander aux élèves de respecter laloi et les règlements, quand les adultes les transgressent aussi.Loi Évin : petit rappelPour assurer la protection des non-fumeurs 1 , la loi Évin interdit de « fumer dans les lieux affectés à unusage collectif, notamment scolaire […], sauf dans les emplacements expressément réservés auxfumeurs ». Ces emplacements sont « dans l’enceinte des établissements publics et privés, ainsi quedans tous les locaux utilisés pour l’enseignement, des salles spécifiques, distinctes des salles réservéesaux enseignants, qui peuvent être mises à la disposition des enseignants et des personnelsfumeurs ». « En outre, dans l’enceinte des lycées, lorsque les locaux sont distincts de ceux descollèges, et dans les établissements publics et privés dans lesquels sont dispensés l’enseignementsupérieur et la formation professionnelle, des salles, à l’exclusion des salles d’enseignement, de travailet de réunion, peuvent être mises à la disposition des usagers fumeurs. » Toutefois, il faut savoir quel’aménagement de ces fumoirs relève d’une décision individuelle, et notamment de « la décision duchef d’établissement pour le public usager et à la décision collégiale du conseil d’administration dontla composition sera limitée aux représentants des enseignants et des personnels, excluant ainsi lesélèves et les représentants des parents d’élèves 2 ». De plus, « les mineurs de moins de 16 ans n’ontpas accès aux emplacements mis à disposition des fumeurs ».Un décret d’application du 29 mai 1992 précise que cette interdiction s’applique également « en cequi concerne les écoles, les collèges et lycées publics et privés, dans les lieux non couvertsfréquentés par les élèves pendant la durée de cette fréquentation », mais que cette interdiction « nes’applique pas dans les emplacements qui, sauf impossibilité, sont mis à disposition des fumeurs ».1. « Rappel du dispositif législatif. » Actualités Tabac 2002, n° 28 : p. 10.2. Le Cam R. Non-fumeurs, agissez ! Bien connaître la loi Évin pour la faire respecter. Paris : Guy Trédaniel, 2002 :p. 119.EXEMPLE D’ACTION N° 4La prévention du tabagisme : un exemple d’actionmenée avec des élèves de Sedan en 2001-2002Aborder la prévention du tabagisme de façon positiveet globale, en privilégiant la promotion dusouffle et du bien-être plutôt qu’en dénonçantles dangers du tabac, est l’approche choisie icipour faire de la prévention du tabagisme dansles établissements scolaires. Rendre les jeunesacteurs de cette action de promotion de la santéest l’autre objectif essentiel du programme. Ainsi,après avoir contacté les établissements scolairesde la ville de Sedan, Wilfried Viet, du Comité départementald’éducation pour la santé des Ardennes,et le Dr Charlot, médecin de l’Éducation nationale,avec la participation de l’inspection académiquedes Ardennes, ont coordonné un projet visant àimpulser la mise en place d’activités autour de laprévention du tabagisme et de la promotion du… /…72


L E S S U B S T A N C E S P S Y C H O A C T I V E S… /…souffle, conçus par les jeunes eux-mêmes. Plus dehuit cents élèves d’écoles primaires, de collègeset de lycées ont participé à ce projet : dans leursclasses, ils ont créé autour de ces questions desvidéos, des pièces de théâtre, une chorale, etc. Ilsont présenté l’ensemble de ces travaux le 31 mai2002, lors de la Journée mondiale sans tabac.Pour plus de renseignements sur ce projet et sonévaluation, vous pouvez contacter Audrée Ribaucour,Comité départemental d’éducation pour lasanté des Ardennes.Téléphone : 03 24 33 97 70.Télécopie : 03 24 33 84 34.Courriel : Co.des.08@wanadoo.frEXEMPLE D’ACTION N° 5« Lycées non fumeurs » : l’expérimentationde sites pilotes de lutte contre le tabagismeCe projet d’une durée de cinq ans (2003-2008)vise à ce que vingt-deux lycées deviennent totalementnon fumeurs (élèves et personnels), aumême titre que certains lieux de travail, de transportou de restauration, reflétant ainsi l’évolutionde la société sur ces questions. En effet, dans lesétablissements où ce type d’expérimentation adéjà été mené, les personnels ont déclaré unediminution de la consommation de tabac.C’est sur la base du volontariat que l’appel àcandidature a été lancé auprès des lycées, quidoivent disposer d’une infirmerie dotée d’un posted’infirmier(ère) à temps plein. Les conditions demise en œuvre et les modalités de ce projet sontles suivantes :– il concerne les élèves et les personnels ;– il implique la mobilisation du chef d’établissement,de l’infirmière et de la communautééducative autour du projet ;– le développement du travail en réseau avec lespartenaires locaux pour l’information et lesevrage tabagique sont envisagés ;– une journée de formation spécifique a étéorganisée pour les infirmières en septembre2003 ; elles accompagneront les élèves quisouhaitent engager une démarche de sevrageet pourront délivrer ponctuellement des substitutsnicotiniques ;– les infirmeries seront en outre équipées detesteurs de monoxyde de carbone.Ces établissements volontaires équipés de matérielset de documentation constitueront descentres de ressources pour l’information et leconseil sur le tabacUne évaluation de ce dispositif sera faite sur labase d’indicateurs établis au niveau national ; ellepermettra d’envisager les conditions d’une généralisationde ce principe à l’ensemble des lycées.Dans le cadre de cette évaluation, un état deslieux a été mené par l’Observatoire français desdrogues et des toxicomanies auprès de plus de15 000 élèves et de près de 1 500 personnelsdes établissements pilotes.Pour plus d’information sur cette expérimentation :http://www.eduscol.education.fr, rubrique « viescolaire et éducation à la citoyenneté ».EXEMPLE D’OUTIL N° 6« Libre comme l’air » : un coffret pédagogiquede prévention du tabagisme au collègeCe coffret est un outil qui permet d’entreprendredans une classe de collège une animation autourde la prévention du tabagisme. Il est composé desept fiches d’animation, de cartes de mises en… /…73


A D O L E S C E N C E E T S A N T É… /…situation, de brochures à distribuer aux élèveset d’un livret accompagné d’une disquette PCdestinée à l’animateur. La prévention du tabagismeest ici abordée de façon globale : ce nesont pas seulement les effets nocifs du tabac quisont évoqués, mais plus largement son coût, lerapport à la loi Évin et à la citoyenneté, la questionde la liberté individuelle et des dépendances,les représentations sociales liées au tabac, ouencore la valorisation du souffle.L’intérêt de cet outil est qu’il donne la parole auxjeunes ; ils sont les principaux acteurs de chaqueactivité : saynètes à jouer, jeux de rôles, enquêtesà mener, débats. Les activités sont clairementexpliquées et donc faciles à mettre en place. Iln’en reste pas moins qu’il nécessite la présenced’un adulte sachant gérer les conflits ou lesémotions qui peuvent émerger des jeux de rôles.Vous pouvez vous procurer ce coffret à l’Inpes,42 boulevard de la Libération, 93203 Saint-Denis. Prix : 30,49 euros.Téléphone : 01 49 33 22 22.Télécopie : 01 49 33 23 90.LE CANNABISAncien fumeur de cannabis : a déjà consommé du cannabis, mais pas depuis douze mois.Usager occasionnel : a consommé du cannabis une à neuf fois au cours de l’année.Usager répété : a consommé du cannabis au moins dix fois au cours de l’année, mais moins de dixfois lors des trente derniers jours.Usager régulier : a consommé du cannabis au moins dix fois lors des trente derniers jours.Plus de 70 %des jeunesscolarisésde 12 à 25 ansn’ont jamaispris decannabis.État des lieux de la consommation de cannabischez les jeunes scolarisésDe plus en plus d’enseignants se disent confrontés au faitque certains de leurs élèves consomment du cannabis. Déconcentration,passivité, assoupissement, absentéisme sont autant designes qu’ils ont pu observer chez les jeunes consommateurs decannabis. L’ampleur de ce phénomène a cependant tendance àêtre surestimé, aussi bien par les adultes que par les jeunes euxmêmes.En effet, si 4 % d’entre eux en consomment régulièrement(au moins dix fois par mois), plus de 70 % des jeunes scolarisés de12 à 25 ans n’ont jamais pris de cannabis. Ces proportions rejoignentles résultats de l’enquête Espad 1999 15 réalisée chez lesjeunes scolarisés de 14 à 18 ans.De 16 à 19 ans, la consommation de cannabis est la mêmechez les jeunes scolarisés et les non-scolarisés, alors que, de 20 à25 ans, des différences importantes apparaissent. En effet, de 16 à19 ans, autant d’élèves que de jeunes non scolarisés (un surquatre) ont consommé du cannabis au moins une fois dans l’annéeet, chez ces consommateurs, la part d’usagers réguliers est identiquedans les deux groupes. De 20 à 25 ans, au contraire, l’usage15. European School Survey on Alcohol and Other Drugs (OFDT/Inserm 472).74


L E S S U B S T A N C E S P S Y C H O A C T I V E Sdu cannabis est nettement plus fréquent chez les étudiants quechez les jeunes non scolarisés, que cet usage soit occasionnel(12 % contre 7 %) ou régulier (8 % contre 6 %). La consommationde cannabis des jeunes scolarisés varie selon le cycle d’études(fig. 11).FIGURE 11Consommation de cannabis chez les jeunes scolarisésselon le cycle d’études100 %94 %90 %80 %70 %68 %60 %50 %53 %40 %30 %20 %10 %0 %17 %11 %13 %11 %8 % 8 %5 %6 %1 %2 % 2 %1 %Collège Lycée SupérieurN’a jamais pris de cannabisAncien consommateur (n’en a pas pris depuis 12 mois)< 10 fois par an (usage occasionnel)> ou = 10 fois par an, mais < 10 fois par mois (usage répété)> ou = à 10 fois par mois (usage régulier)Au collège, la consommation de cannabis est faible. Enmoyenne, sur une classe de trente élèves, vingt-huit n’ont jamaisconsommé de cannabis ; un ou deux en ont consommé au moinsune fois dans l’année ; un sur cent seulement est un consommateurrégulier de cannabis, c’est-à-dire en consomme au moins dixfois par mois.75


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉAu lycée et dans l’enseignement supérieur, l’usage decannabis est nettement plus fréquent : 24 % des lycéens et 30 %des étudiants en ont consommé au moins une fois dans l’année.Cette consommation plus fréquente chez les étudiants que chezles lycéens s’explique par une consommation occasionnelle plusimportante chez les étudiants.Informer les jeunes scolarisés et les étudiants sur ce qu’il en est réellement de la consommation decannabis au collège, au lycée et dans l’enseignement supérieur peut être un moyen de corriger lesperceptions exagérées qu’ils ont de la consommation par leurs pairs, ou tout au moins de susciter undébat sur la question.Les garçonssont plussouventconsommateursréguliersde cannabiset les fillessont plusnombreusesà n’en avoirjamaisconsommé.Des différences par sexe apparaissent au lycée et dansl’enseignement supérieur (mais pas au collège). Les garçons sontplus souvent consommateurs réguliers de cannabis et les filles sontplus nombreuses à n’en avoir jamais consommé. Au lycée, lesgarçons sont deux fois plus nombreux que les filles (7 % contre 3 %)à fumer du cannabis au moins dix fois par mois, et quatre fois plusnombreux dans l’enseignement supérieur, où plus d’un garçon surdix est un consommateur régulier. Au lycée, en revanche, les fillessont aussi nombreuses que les garçons à avoir un usage répété ducannabis (au moins une fois dans l’année, mais moins de dix fois parmois). Dans l’enseignement supérieur, les garçons sont plusnombreux à avoir ce type de consommation (28 % contre 20 %).La fréquence de la consommation varie aussi selon la taillede l’agglomération. La part de jeunes scolarisés ayant un usageoccasionnel du cannabis ou considérés comme d’anciens consommateursde cannabis 16 est plus importante dans les grandes agglomérations17 que dans les villes moyennes (de moins de 200 000habitants). En revanche, ils sont autant à consommer du cannabisau moins dix fois par an dans les villes moyennes que dans lesgrandes agglomérations.Quels sont les principaux facteurs associés à l’usage régulierde cannabis ?Dans la mesure où l’effectif des jeunes scolarisés de 12 à14 ans dont nous disposons dans l’enquête Baromètre santé 2002est très faible, nous présenterons ici le profil des 15-25 ans. Uncertain nombre de facteurs associés à l’usage régulier de cannabis,16. C’est-à-dire ayant déjà pris du cannabis au cours de leur vie, mais n’en ayantpas consommé au cours des douze mois précédant l’enquête.17. Ont été regroupées sous le terme de « grandes agglomérations » la région parisienneet les agglomérations de 200 000 habitants et plus.76


L E S S U B S T A N C E S P S Y C H O A C T I V E Sde nature psychologique, sociale ou économique et relevant à lafois de la sphère familiale ou scolaire ont été identifiés.L’écoleOn constate un lien entre le mal-être scolaire et la consommationrégulière de cannabis. Ainsi, chez les 15-19 ans, l’absentéismescolaire va souvent de pair avec l’usage régulier decannabis. Par ailleurs, sur l’ensemble des élèves et des étudiantsde 15 à 25 ans, les fumeurs réguliers de cannabis sont presquedeux fois plus nombreux que les autres à déclarer « ne pas aimerdu tout » leurs études (24 % contre 13 %). La consommation régulièrede cannabis semble, en revanche, être indépendante de lafilière scolaire.La familleLa consommation régulière de cannabis est fortement liée àla façon dont l’adolescent perçoit le contrôle, mais aussi l’écouteet l’attention de ses parents à son égard. Ainsi, les jeunes scolarisésde 15 à 19 ans souvent félicités par leurs parents sont 3 % àconsommer du cannabis plus de dix fois par mois, alors qu’ils sont7 % quand leurs parents ne les félicitent que rarement ou jamais.L’usage régulier est aussi moins fréquent lorsque les parentscontrôlent l’heure à laquelle leur enfant rentre à la maison. Laconsommation régulière de cannabis n’est pas, en revanche, liée àla structure de la famille.Les relations avec les autresLe fait de fumer plus de dix fois par mois ne semble pasaller de pair avec une difficulté de communiquer avec les autres.Les usagers réguliers de cannabis ne se déclarent pas moins à l’aiseavec les autres que les non-consommateurs ou les consommateursoccasionnels.On constateun lien entrele mal-êtrescolaire et laconsommationrégulièrede cannabis.La consommationrégulièrede cannabisest fortementliée à la façondontl’adolescentperçoit lecontrôle, maisaussi l’écouteet l’attentionde ses parentsà son égard.L’histoire de vie et la difficulté à vivreLa proportion de jeunes déclarant avoir souffert d’unedouleur morale difficile à supporter au cours de l’année est plusélevée chez les consommateurs réguliers de cannabis que chez lesautres (respectivement 23 % contre 8 %). Par ailleurs, les signes deprofonde souffrance psychique que sont les idées suicidaires oules tentatives de suicide sont aussi fortement associés à uneconsommation régulière de cannabis. Il peut s’agir de différentesfacettes d’un même mal-être. Le fait d’avoir subi des agressionssexuelles semble aussi être un facteur favorisant la consommationde cannabis.L’environnement économiqueLe fait de fumer du cannabis plus de dix fois par mois apparaîtindépendant du revenu du ménage dans lequel vit le jeune,77


A D O L E S C E N C E E T S A N T Émais aussi de la catégorie socioprofessionnelle du chef de famille.Que le père ou la mère soit au chômage n’intervient pas non plus.L’abandon ou la réduction de l’activité socialeLa question se posait également de savoir si la consommationde cannabis pouvait entraîner l’abandon ou la réductiond’activités. Chez les jeunes scolarisés consommant du cannabis aumoins dix fois par mois, 17 % ont déclaré avoir déjà abandonnéou réduit leurs activités (scolaires, sociales ou de loisir). Ce phénomène,particulièrement marqué chez les consommateurs réguliersde cannabis, est beaucoup moins répandu lorsque la consommationest moins fréquente (inférieure à dix fois par mois). 1 % seulementdes usagers non réguliers a en effet déclaré un abandon ouune réduction d’activité liée au cannabis.EXEMPLE D’ACTION N° 6Prévenir les conduites addictives en milieu scolaire :une action menée dans les écoles primaires et les collègesdes Pays de la LoirePour prévenir les conduites addictives en milieuscolaire, le Credeps-Nantes 1 , le réseau des Codes 2et des CDPA 3 des Pays de la Loire ont élaboré,avec la participation de l’inspection académique, unprojet s’appuyant sur le renforcement des compétencespsychosociales des enfants de 7 à 12 ans.Il est guidé par trois principes :– intervenir précocement pour prévenir laconfrontation des jeunes avec les produits ;– inscrire l’action dans la durée : les enfants etles jeunes participeront au projet pendant aumoins deux années scolaires successives ;– privilégier la dimension globale de la santé et del’individu : développer notamment les capacitésdes jeunes à dire non, à faire des choix, à reconnaîtreleurs émotions, à verbaliser les situationsdifficiles auxquelles ils sont confrontés.Pour mettre en œuvre ce projet, un travail de sensibilisationdes enseignants et du personnel del’établissement a été engagé en 2001, afin qu’ilssoient réellement partie prenante de ce programme.Ensuite a commencé l’action proprementdite : un intervenant, en binôme avec l’enseignantvolontaire, et après en avoir informé les familles,anime de cinq à dix séances d’une heure durantdeux années scolaires ; ces séances privilégientles méthodes participatives et interactives et utilisentdifférents outils pédagogiques : Léo et l’eau,Léo et la Terre, Libre comme l’air, outils disponiblesdans les comités et à l’Inpes.Pendant les trois années du déroulement del’action (2002-2005), des ateliers d’échange depratiques sont organisés trois fois par an, afin defaciliter le transfert de compétences entre enseignantset acteurs d’éducation pour la santé. Cesateliers permettent d’élaborer un référentiel reprenantles étapes essentielles du programme, quece soit la phase initiale de préparation avec lesenseignants ou la phase d’animation avec lesélèves ; ils permettent aussi l’élaboration de grillesd’évaluation du projet.Pour en savoir plus sur cette action, vous pouvezcontacter le Credeps, hôpital Saint-Jacques,85 rue Saint-Jacques, 44093 Nantes Cedex 1.Téléphone : 02 40 31 16 90.Courriel : credeps@credeps.org1. Credeps : Comité régional et départemental d’éducation et de promotion de la santé.2. Codes : Comité départemental d’éducation pour la santé.3. CDPA : Comité départemental de prévention des addictions.78


L E S S U B S T A N C E S P S Y C H O A C T I V E SL’ALCOOLConsommateur occasionnel : personne qui boit de l’alcool moins d’une fois par mois.Consommateur mensuel : personne qui boit de l’alcool au moins une fois par mois, mais moins d’unefois par semaine.Consommateur hebdomadaire : personne qui boit de l’alcool au moins une fois par semaine, maismoins d’une fois par jour.Consommateur quotidien : personne qui boit de l’alcool au moins une fois par jour.La consommation d’alcool chez les jeunes scolarisésLa moitié des jeunes scolarisés et des étudiants de 12 à25 ans n’a jamais consommé d’alcool dans l’année précédantl’enquête ou en a consommé moins d’une fois par mois ; l’autremoitié en a consommé au moins une fois par mois. Cette répartitionvarie en fonction de l’âge et du sexe. La consommation d’alcool estplutôt masculine et sa fréquence augmente avec l’âge. Ainsi, aucollège, un peu plus des trois quarts des élèves n’ont jamaisconsommé d’alcool ou en consomment occasionnellement, alorsque, dans l’enseignement supérieur, cette tendance s’inverse : prèsdes trois quarts des étudiants consomment de l’alcool au moins unefois par mois, et à peine plus d’un quart d’entre eux sont abstinentsou buveurs occasionnels (fig. 12).Au lycée (y compris en CAP et en BEP), sur une classe detrente-cinq élèves, neuf boivent de l’alcool au moins une fois parmois et neuf au moins une fois par semaine (mais pas tous lesjours). Dans l’enseignement supérieur, la consommation hebdomadaireprédomine : près d’un étudiant sur deux boit de l’alcoolau moins une fois par semaine. La consommation quotidienned’alcool est, en revanche, assez rare, puisqu’elle concerne moinsd’un élève sur cent dans les collèges et les lycées, et à peine plusd’un étudiant sur cent (1,4 %) dans l’enseignement supérieur.Des épisodes d’ivresse caractérisent assez souvent lescomportements d’alcoolisation des jeunes scolarisés. Près d’unquart des élèves et étudiants de 12 à 25 ans ont déclaré avoir étéivres au moins une fois dans l’année, alors que c’est seulement lecas d’un adulte sur dix. Davantage de garçons que de filles ont étéivres au cours de l’année. Par ailleurs, la proportion de jeunesayant eu des ivresses dans l’année est plus importante dans l’enseignementsupérieur (quatre étudiants sur dix) qu’au lycée (trois surdix) et au collège, où seuls cinq élèves sur cent ont été ivres. Lenombre d’ivresses est également plus important chez les garçons :ils ont été ivres en moyenne six fois dans l’année, contre trois foischez les filles. Ce nombre augmente aussi nettement avec l’âge :les collégiens ayant été ivres l’ont été en moyenne deux fois dansl’année, alors que les lycéens l’ont été quatre fois et les étudiants,six fois.La consommationd’alcoolest plutôtmasculine etsa fréquenceaugmenteavec l’âge.Près d’un quartdes élèveset étudiantsde 12 à 25 ansont déclaréavoir été ivresau moinsune fois dansl’année.79


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉFIGURE 12Consommation d’alcool chez les jeunes scolarisés selon le cycle d’études60 %50 %50 %40 %38 %41 %34 %30 %20 %26 % 26 %21 %23 %14 %14 %10 %7 %6 %0 %Collège Lycée Enseignement supérieurN’a jamais consommé d’alcoolConsommation occasionnelleConsommation mensuelleAu moins une fois par semaineLes risques liés à l’alcoolSelon un test évaluant les risques de dépendance àl’alcool 18 , 4 % des jeunes scolarisés auraient un risque élevéd’avoir une consommation excessive ou une éventuelle alcoolodépendance.À titre comparatif, ce risque concerne 10 % des adultesde 26 à 75 ans, avec une prédominance des hommes sur lesfemmes (15 % contre 4 %). En revanche, chez les jeunes scolarisés18. Les risques d’alcoolodépendance sont évalués par le test clinique Deta,composé des quatre questions suivantes :– Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre consommation de boissonsalcoolisées ?– Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation ?– Avez-vous déjà eu l’impression que vous buviez trop ?– Avez-vous déjà eu besoin d’alcool tôt le matin pour vous sentir en forme ?À partir de deux réponses positives, le risque d’une consommation excessive oud’une éventuelle alcoolodépendance est jugé élevé.80


L E S S U B S T A N C E S P S Y C H O A C T I V E Set les étudiants de 12 à 25 ans, on n’observe pas de différenceselon le sexe.Au collège, la part des élèves présentant des risquesd’alcoolodépendance est relativement faible (1 %), alors qu’aulycée et dans l’enseignement supérieur, environ 6 % des élèvessont concernés par ce problème. Ces résultats doivent néanmoinsêtre considérés avec prudence, dans la mesure où les potentialitésde dépistage des problèmes liés à l’alcool chez l’adolescent participantà ce type de tests sont actuellement en discussion 19 .En dehors des risques physiologiques que peut entraînerune consommation excessive prolongée, la prise d’alcool peut,chez les jeunes, être à l’origine d’accidents de la route, de rapportssexuels non protégés, de violence.Du fait d’un trop faible effectif, nous n’avons pas pu, à partirde notre enquête, étudier le rôle de la consommation d’alcool dansles accidents de voiture, ni les liens entre la consommationd’alcool et les rapports sexuels non protégés. En ce qui concerneles liens entre l’alcool et la violence, comme nous l’avons vu dansle deuxième chapitre, la consommation fréquente d’alcool (aumoins trois fois par semaine) augmente fortement le risque d’avoirdes comportements violents envers autrui, aussi bien chez les fillesque chez les garçons.EXEMPLE D’OUTIL N° 7« Paroles d’ados » : un outil pour lancer le débatCette vidéo, présentant des témoignages degarçons et de filles âgés de 16 à 23 ans, est unoutil pour lancer un débat autour de thèmes aussidivers que l’ennui, le sentiment amoureux, boire,fumer, se protéger du sida, parler à ses parents.Chaque thème fait l’objet d’une séquence de cinqminutes, concise et riche. On peut choisir detravailler seulement sur un thème, ou partir d’unthème pour en aborder d’autres.Les témoignages sonnent juste ; ils ne sont nicaricaturaux ni culpabilisants. Outil pédagogiquepour lancer un débat, cette vidéo permet aussiune meilleure compréhension des adolescents.Elle peut également être utilisée avec un grouped’adultes, parents ou professionnels.Paroles d’ados, une vidéo de trente minutesréalisée par Eric Bitoun en 2001.Prix : 14,33 euros.Skopia Films, 21 rue de Fécamp, 75012 Paris.Téléphone : 01 42 42 02 35.Télécopie : 01 42 42 08 34.19. Inserm. Alcool. Dommages sociaux, abus et dépendance. Synthèse et recommandations.Expertise collective, 2003 : p. 47.81


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉLes comités d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) :un dispositif favorisant la mise en œuvre de l’éducation préventiveen matière de conduites à risque et de dépendancesLe dispositif des CESC, créé par la circulaire ministérielle n° 98-108 du 1 er juillet 1998, se situe dansla perspective d’une approche globale de l’éducation à la santé, prenant en compte les besoins del’élève et assurant son suivi dans et hors l’école.– Au sein des établissements scolaires, il est un outil fédérateur d’actions impliquant, outre lesmembres de la communauté scolaire, les familles et les élèves qui, responsabilisés, deviennentacteurs de prévention.–À l’extérieur des établissements, il est le relais le mieux adapté pour participer à la politique de laville, aux contrats locaux de sécurité, à la prévention des toxicomanies, et pour devenir, au niveaulocal, l’un des interlocuteurs privilégiés dans ces domaines.Dispositif centré sur l’établissement scolaire, le CESC, présidé par le chef d’établissement, organisedes actions de prévention à l’intérieur de l’établissement en lien avec l’environnement immédiat, enassociant aux membres de la communauté éducative les élèves, les parents et les partenaires extérieurs,dans une logique de réseau et de renforcement des liens.Inscrites dans le projet d’établissement, les actions de prévention mettent l’élève au cœur de la relationadulte-élève : l’élève devient responsable et acteur de sa propre prévention. Soutenu par des équipesd’adultes pluricatégorielles de la communauté éducative fortement impliquées, et formé pour cettemission d’acteur de prévention, l’élève développe à son tour une attitude positive dans une démarchevalorisante en matière de santé et de citoyenneté, profitable à tous et au climat de l’établissement.L’ensemble des actions proposées par les CESC sont sélectionnées avec le concours des groupes depilotage départementaux (coordinateur du CESC académique, chef de projet Mildt, conseiller techniquesanté et social, chef d’établissement…) qui ont au préalable défini avec les partenaires extérieurs unepolitique académique, notamment dans le cadre de la prévention des conduites addictives, en lien avecle chef de projet « toxicomanie » désigné par le préfet. La souplesse de ce dispositif permet notammentde regrouper toutes les structures existantes dans un même projet en créant des groupes de travailspécifiques à chaque action en fonction des besoins propres à son secteur, dans une approche globalede prévention et d’éducation à la santé et à la citoyenneté de l’élève dans son environnement.En 2002, 74 % des établissements en étaient déjà dotés.Pour plus d’information sur ce dispositif :http://www.eduscol.education.fr, rubrique « vie scolaire et éducation à la citoyenneté ».LA POLYCONSOMMATION ET LES MÉLANGESDE PRODUITS PSYCHOACTIFSLa polyconsommationSont considérés ici comme polyconsommateurs répétés lesjeunes déclarant un usage très fréquent d’au moins deux desproduits que sont l’alcool 20 , le tabac 21 et le cannabis 22 . Cette20. Consommation d’alcool au moins trois fois durant la dernière semaine.21. Au moins une cigarette par jour.22. Consommation de cannabis au moins dix fois par an.82


L E S S U B S T A N C E S P S Y C H O A C T I V E Sconsommation n’est pas forcément simultanée. La polyconsommationrépétée, telle que nous venons de la définir, concerne près de16 % des jeunes scolarisés de 15 à 25 ans. 2 % sont polyconsommateursde tabac, d’alcool et de cannabis, 3 % d’alcool et de tabac,10 % de cannabis et de tabac et 0,5 % d’alcool et de cannabis(fig. 13).FIGURE 13Pourcentage de polyconsommateurs répétéschez les jeunes scolarisés de 15 à 25 ansTabagismequotidien18 %10 %3 %2 %< 1 %5 %Consommationd’alcool au moinstrois fois durantla dernière semaine3 %Consommationde cannabisau moins dix foispar anLa polyconsommation des élèves et étudiants de 15 à 25 ansest plus fréquente chez les garçons (18 %) que chez les filles(13 %), et concerne davantage, dans les deux cas, les plus âgés. Eneffet, au collège, 7 % des élèves de 15 ans et plus sont des polyconsommateursrépétés, alors qu’ils sont 15 % au lycée et 18 %dans l’enseignement supérieur.À la polyconsommation répétée de ces trois produits (alcool,tabac, cannabis) s’ajoute parfois, sans qu’il y ait nécessairementmélange (c’est-à-dire consommation en une même occasion), uneprise de médicaments psychotropes tels qu’antidépresseurs, tranquillisantset somnifères. C’est ainsi que chez les jeunes scolariséset les étudiants de 15 à 25 ans, près de 3 % ont été à la foispolyconsommateurs répétés et consommateurs de médicamentspsychotropes au cours de l’année.Les mélanges de produits psychoactifsDans ce domaine, nous ne disposons d’informations quesur le mélange alcool-cannabis. Chez les jeunes scolarisés et lesétudiants de 15 à 25 ans, un sur cinq déclare avoir déjà consomméen une même occasion de l’alcool et du cannabis. Cette pratiqueconcerne davantage les garçons que les filles.83


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉAborder les substances psychoactives (alcool, tabac, cannabis…)sous l’angle des dépendancesLorsqu’on souhaite mener des actions autour du thème de l’alcool, du tabac, du cannabis ou de toutautre produit psychoactif, il est essentiel d’aborder ces questions sous l’angle des dépendances.Ainsi, les actions d’éducation pour la santé ont de moins en moins tendance à segmenter leurprogramme par type de produit (alcool d’un côté, tabac de l’autre, cannabis par ailleurs, etc.) ; avantd’aborder les spécificités de la consommation de tel ou tel produit, elles traitent davantage du thèmede la dépendance. Il est cependant important, lors d’une animation, de partir de la demande desadolescents. Si ces derniers souhaitent parler du tabac, il faut partir de là en gardant à l’esprit lanécessité d’élargir la thématique ultérieurement.EXEMPLE D’ACTION N° 7Prévenir l’usage de substances psychoactiveschez les adolescents :l’exemple du programme américain « Life Skills Training »(Développer les compétences psychosociales)Ce programme de prévention, destiné aux élèvesde l’école primaire et du collège, intervient sur desfacteurs de risque de consommation de substancespsychoactives (tabac, alcool et cannabis)mis en évidence par la recherche. Il comporteplusieurs composantes visant à la fois à donner del’information sur les produits et les conséquencesimmédiates de leur usage dans un objectif deprévention, à développer chez les élèves descompétences pour résister à la pression sociale àconsommer des substances psychoactives, quecette pression provienne des pairs ou des médias,et plus globalement à développer des compétencespsychologiques (estime de soi, maîtrise desoi, confiance en soi, gestion de l’anxiété, de lacolère, prise de décision) et sociales (communication,résolution de conflits).Le programme est conçu autour de trenteséquences sur une durée de trois ans (quinzeséquences la première année, dix la deuxième etcinq la troisième). Elles peuvent être menées pardes enseignants, des professionnels de la santéou des pairs. Une formation des personnes quimènent le programme n’est pas requise, mais elleest recommandée. Le matériel nécessaire est leManuel du professeur, le Guide de l’élève et unecassette audio avec des exercices de relaxation.Ce programme a fait l’objet de plusieurs évaluationsqui faisaient la comparaison entre desélèves issus d’établissements scolaires danslesquels le programme avait été mis en place etd’autres élèves issus d’établissements où il nel’avait pas été. Ces évaluations ont montré uneforte réduction de la consommation de tabac,d’alcool et/ou de drogues illicites des élèvesayant suivi le programme par rapport à ceux quine l’avaient pas suivi.Pour plus d’information sur le programme :http://www.lifeskillstraining.com84


La sexualitéCe n’est pas à l’adolescence qu’apparaissent les premierssentiments amoureux. Mais l’adolescence est souvent l’âge despremiers baisers et caresses, des premiers flirts. « Cette attiranceforte vers l’autre sexe ne se situe pas nécessairement dans le désird’un rapport sexuel. C’est le sentiment amoureux qui prédomine 1 . »Et ce sentiment se nourrit de rêves, d’attentes, de conversationsavec son (sa) meilleur(e) ami(e) au sujet de l’être aimé.C’est à l’adolescence que se fait, plus ou moins tôt selon lescas, le passage à une sexualité adulte, avec des différences selonqu’il s’agit des filles ou des garçons. Les filles sont plus nombreusesque les garçons à se déclarer amoureuses lors de leur premierrapport sexuel (87 % contre 69 %, selon les données d’une enquêteréalisée en 1994 auprès de plus de 6 000 jeunes de 15 à 18 ans 2 ).Chez les filles, « la reconnaissance d’un sentiment amoureux autoriseou légitime un échange physique plus poussé », alors que chezles garçons, il semble qu’il y ait peu de « présupposés affectifs àl’échange physique 3 ».Avant d’entrer dans une sexualité active, la plupart desadolescents passent par un temps de maturation psychique qui lesamène à se construire une représentation de ce que peut et doitêtre la sexualité adulte. Ils attendent l’autre, l’imaginent, le désirentet construisent des scénarios fantasmatiques afin d’anticiper lepassage à l’acte. Ce temps est indispensable pour intégrer lesnotions d’altérité et d’empathie nécessaires à la rencontre de l’autre.La place alors importante donnée aux fantasmes posenéanmoins la question de l’influence exercée par les films pornographiques.En effet, à travers l’image violente et dépersonnalisantequ’ils tendent à donner de la sexualité, ces films risquent deperturber les adolescents les plus immatures qui ont du mal àdistinguer réalité et fiction. En raison des situations et desperformances représentées, les jeunes peuvent se sentir complètementinhibés par l’incapacité à les réaliser ou encore être amenés« Cetteattirance fortevers l’autresexe ne se situepas nécessairementdansle désir d’unrapport sexuel.C’estle sentimentamoureux quiprédomine. »(Difficileadolescence)1. Difficile adolescence. Op. cit. : p. 36.2. Lagrange H., Lhomond B. L’entrée dans la sexualité. Le comportement desjeunes dans le contexte du sida. Paris : La Découverte, 1997 : p. 176.3. Ibid. : p. 176-177.85


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉL’entréedans la viesexuelle n’obéitplus tantaux règlesimposées parles adultesqu’aux normesimposées parles pairs.à avoir des relations marquées par la violence et l’absence decommunication. Pour éviter cet impact négatif, il est nécessaireque des adultes amènent les jeunes à décrypter ces images et lesaident à faire la différence entre la fiction, qui naît toujours del’imaginaire d’une personne et de la mise en image de sesfantasmes, et la réalité, qui, elle, s’inscrit dans la rencontre et larelation à l’autre et nécessite un échange sur les attentes, les désirsréciproques et le respect des limites de chacun.Le passage graduel des premiers gestes amoureux auxpremiers rapports sexuels serait un phénomène contemporain :« La transition à la sexualité génitale, qui traditionnellement sefaisait sans véritable préparation, s’est allongée : l’explorationphysique de l’autre – des premiers baisers aux premiers actes génitaux,en passant par les caresses du corps – prend aujourd’hui dutemps (trois ans et demi entre le premier baiser avec la langue et lepremier coït) 4 . » L’entrée dans la vie sexuelle n’obéit plus tant auxrègles imposées par les adultes (par exemple, la virginité de lajeune fille au moment du mariage) qu’aux normes imposées par lespairs. Elle peut d’ailleurs être un moyen pour le jeune d’acquérirson autonomie vis-à-vis des adultes, et notamment de ses parents.Ce passage du premier baiser au premier rapport sexuelpeut se faire plus ou moins rapidement selon les adolescents, etpeut commencer plus ou moins tôt. Ainsi, plus les adolescentsentrent tard dans la phase des premiers baisers et caresses, et plusla première relation sexuelle suit de près. Il semble que, dans cecas, les premiers baisers soient liés à une décision plus mûrie, àun sentiment amoureux plus déterminé 5 . Des facteurs socioculturelsjouent également : les élèves des filières professionnelles etd’apprentissage ont leur premier rapport sexuel plus tôt que ceuxqui font des études plus longues.La première expérience sexuelle n’est pas toujours bienvécue : souvent, la pudeur, le manque de confiance en soi, parfoisle décalage entre les sentiments des deux partenaires accompagnentcette première expérience. Et il arrive souvent que celle-ciréponde moins à un désir qu’au souhait de « faire comme tout lemonde ». Lorsque les filles et les garçons ont des relations sexuellestrès jeunes, cela peut aussi s’interpréter comme une « attitudetransgressive » à l’égard des adultes et de la norme sociale. Toutefois,précisent Hugues Lagrange et Brigitte Lhomond, comme cette4. Ce sont les résultats d’une recherche menée en 1994 sous la direction deHugues Lagrange et Brigitte Lhomond auprès de jeunes de 15 à 18 ans, dontMichel Bozon résume les principaux résultats. Cf. Bozon M. « L’entrée en sexualité.Une enquête statistique inspirée par la recherche anthropologique ». Transcriptase1997, n° 61 : p. 37.5. Lagrange H., Lhomond B. (dir.) L’entrée dans la sexualité : le comportement desjeunes dans le contexte du sida. Paris : La Découverte, 1997 : p. 145.86


L A S E X U A L I T Éattitude est influencée par les pairs, il s’agit davantage d’une« transgression conformiste ».Durant les premières années de vie sexuelle, les jeunes fillesdisent plus fréquemment que les garçons avoir vécu un chagrind’amour. Le chagrin d’amour, s’il fait souffrir et peut constituer uneblessure narcissique, permet à l’adolescent(e) de construire sa personnalité.Avoir un chagrin d’amour, c’est avoir eu une relation, avoir faitune rencontre, s’être lié et confronté à l’autre ; cela aide l’adolescent àgrandir, à s’autonomiser et à se détacher de ses parents 6 .En filigrane de ces émotions, de ces blessures, de l’intensitéde ces premières expériences, se pose pour l’adolescent la questionde la contraception et, plus largement, de la protection aucours des rapports sexuels. Ces réalités sont en effet difficiles àgérer et peuvent conduire certaines adolescentes à recourir à lacontraception d’urgence, voire à l’IVG. Le Baromètre santé 2000fournit quelques éléments d’information sur ces différents aspectsde la sexualité des jeunes scolarisés.Durant lespremièresannées de viesexuelle, lesjeunes fillesdisent plusfréquemmentque les garçonsavoir vécuun chagrind’amour.Mener une action d’éducation à la sexualité : comment faire ?Mener dans une classe une séance d’éducation à la sexualité nécessite un cadre pédagogique et desrègles méthodologiques qui favorisent la participation active des élèves.Quels intervenants ?Les séances doivent être préparées avec l’équipe éducative volontaire et formée de l’établissement,en particulier les enseignants de sciences de la vie et de la terre, le médecin, l’infirmière scolaire,l’assistante sociale et, le cas échéant, les partenaires extérieurs compétents et formés à ce typed’intervention qui doit se faire en binôme.En cas de recours à des intervenants extérieurs, il est indispensable que les animations se déroulenten présence et sous la responsabilité pédagogique d’un membre de l’équipe éducative, afin d’assurerla continuité, l’accompagnement et le suivi de ces actions.Règles méthodologiques• Prévoir des interventions par petits groupes en commun (15 à 17 élèves) pour favoriser un dialogueentre filles et garçons, et, le cas échéant, en groupes séparés garçons, filles. En effet, une certainesouplesse d’organisation est nécessaire : la demande des élèves ou l’analyse de certaines situationsdans la classe peuvent conduire à mener un travail en groupes non mixtes pour permettre àchacun de s’exprimer plus librement. Dans ce cas s’impose une restitution du travail de chaquesous-groupe dans le groupe mixte.• Poser les règles de fonctionnement du groupe :– respect de la parole de chacun ;– respect de la sphère intime : permettre aux jeunes de poser des limites entre leur intimité, qui relèvede l’espace privé, et ce qui, dans l’espace public, peut être dit, vu, entendu et exercé dans le domainede la sexualité.… /…6. Difficile adolescence. Op. cit. : p. 38.87


A D O L E S C E N C E E T S A N T É… /…En effet, il ne s’agit pas, pour les jeunes comme pour les adultes, de parler de leur intimité, ni d’êtredans la transparence. Chacun est libre de s’exprimer ou de se taire. Ce qui est dit dans le groupe peutêtre entendu par tous ; cela relève de la confidentialité, mais en aucun cas du secret ;– respect des valeurs laïques et des lois qui les sous-tendent.• Partir des préoccupations et questions des jeunes.• Amener le groupe à élaborer ses propres réponses.• Amener les jeunes à identifier les personnes-relais à l’intérieur de l’établissement (en particulier lespersonnels sociaux et de santé) ainsi que les partenaires-relais d’information et d’accueil extérieursà l’école, qui pourraient leur être utiles dans le cadre d’une démarche personnelle.Les rapports sexuels des jeunes scolarisésComme nous l’avons déjà indiqué, les premiers rapportssexuels sont souvent liés à un désir de « faire comme les autres »,voire d’« être dans la norme », en particulier la norme sociale : à17, 18 ou 19 ans, tout le monde a déjà eu une relation sexuelle, sedisent les adolescents. Ils ont ainsi tendance à surestimer laproportion des jeunes de leur âge qui ont déjà eu un rapport,comme le montrent les résultats du Baromètre santé 2000présentés ci-dessous (fig. 14). Les informer sur ce qu’il en est réellementpeut être intéressant lorsqu’on aborde avec eux la questionde la sexualité.FIGURE 14Proportion des jeunes scolarisés ayant déclaré,au moment de l’enquête (1999), avoir déjà eu un rapport sexuel120 %100 %95 % 95 %80 %72 %82 %86 % 87 %83 %60 %56 %47 %40 %39 %20 %16 %0 %15 ans 16 ans 17 ans 18 ans 19 ans 20 ans 21 ans 22 ans 23 ans 24 ans 25 ans88


L A S E X U A L I T ÉAu collège, moins d’un élève sur cinq de plus de 15 ans adéjà eu un rapport sexuel. Au lycée, c’est le cas de moins d’unélève sur deux (46 %), et au niveau de l’enseignement supérieur,plus des trois quarts des étudiants ont déjà eu un rapport sexuel.Quel que soit le cycle d’études considéré, il n’y a pas de différenceentre les filles et les garçons.EXEMPLE D’OUTIL N° 8« Parlez-moi d’amour » : une vidéo pour débattreavec des adolescents de la sexualité et de l’amourCette vidéo est constituée de témoignagesd’adolescents (filles et garçons) qui s’exprimentsur le langage qu’ils utilisent :– pour parler entre eux de leurs sentiments, deleurs désirs, de la contraception ;– pour en parler à leurs parents, souvent avecdifficulté.Ces témoignages soulignent les fortes différencesentre filles et garçons et montrent les décalageset incompréhensions qui peuvent survenir entreeux. Une gynécologue, directrice d’un planningfamilial, commente les différentes séquences.Cet outil permet d’animer un débat et de réfléchiravec les élèves sur l’amour, le désir, la contraception,la difficulté de parler de ces sujets avecses parents. Toutefois, il devra être utilisé enprésence d’un professionnel de santé, de préférenceformé à la psychologie.Parlez-moi d’amour, vidéo de 35 mn réalisée en1998. Prix : 45 euros (38 euros + frais de port).La Cathode Vidéo, 119 rue Pierre-Sémard,93 000 Bobigny.Téléphone : 01 48 30 81 60.http://www.lacathode.orgLa contraceptionUtilisation du préservatif au premier rapportLes jeunes scolarisés et étudiants de 15 à 25 ans ayant déjàeu un rapport sexuel ont majoritairement (85 %) utilisé un préservatiflors de leur premier rapport, les lycéens davantage que lesétudiants du supérieur (90 % contre 82 %) 7 .Cependant, après ce premier rapport protégé, 4 % ontdéclaré, au moment de l’enquête, « ne rien faire pour éviter unegrossesse », alors qu’ils avaient des rapports et ne désiraient pasavoir d’enfant. Par ailleurs, d’après les résultats de l’enquête sur« les connaissances, attitudes, croyances et comportements face auVIH/sida en France » de l’Observatoire régional de la santé en Îlede-France8 , l’utilisation du préservatif dans l’année par les jeunesde 18 à 24 ans a baissé entre 1998 et 2001.7. L’effectif des collégiens de plus de 15 ans ayant eu un rapport sexuel est tropfaible pour qu’il soit possible de comparer les chiffres concernant l’usage dupréservatif lors du premier rapport selon qu’il s’agit de collégiens ou d’étudiantsd’autres cycles.8. Les connaissances, attitudes, croyances et comportements face au VIH/sida enFrance. Évolutions de 1992 à 2001. ORS Île-de-France.89


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉMoyens contraceptifs utilisés par les jeunes scolarisésLes deux modes de contraception majoritairement utiliséspar les élèves et les étudiants de 15 à 25 ans sont le préservatifmasculin et la pilule.FIGURE 15Moyens de contraception utilisés par les jeunes scolarisésayant un partenaire au moment de l’enquête80 %70 %60 %58 %60 %76 %50 %40 %40 %30 %20 %10 %0 %LycéeEnseignement supérieurPréservatif masculinPiluleLe choix entre le préservatif et la pilule semble être lié àl’âge, avec lequel évolue aussi la nature de la relation (de passagèreà durable). Au lycée, les jeunes sexuellement actifs utilisentautant l’un que l’autre, alors que dans le supérieur, la pilule estnettement plus utilisée (fig. 15). Chez les étudiant(e)s ayant un(e)partenaire et ne voulant pas avoir d’enfant, plus de huit filles surdix prennent la pilule et plus de sept garçons sur dix déclarent queleur partenaire prend la pilule. Ce choix ne semble dépendre nidu revenu du ménage dans lequel ils vivent 9 ni de la catégoriesocioprofessionnelle du chef de famille.La contraception, le sida : deux thèmes de préventionau centre des relations affectives et sexuellesIl est important d’inscrire les thèmes du sida et de la contraception dans la perspective plus large desrelations affectives et sexuelles. Cela permet de resituer ces questions dans le cadre des relations fillesgarçons,de tenir compte de leur manière de communiquer entre eux, de leurs possibles décalages, deleurs attentes respectives, de leurs sentiments amoureux, bref de travailler sur tous les aspects de la« relation ».9. Si l’élève ou l’étudiant vit encore chez ses parents, le ménage sera constitué del’élève ou étudiant, de ses parents et autres personnes avec qui il vit. S’il ne vitplus chez eux et vit seul, par exemple, le ménage sera constitué de l’étudiant seul.90


L A S E X U A L I T ÉEXEMPLE D’ACTION N° 8Un exemple d’action d’éducation à la sexualité menédans un établissement classé en zone d’éducation prioritaireet sensible de MarseilleLe lycée professionnel La Viste est un établissementd’environ cinq cents élèves situé en zoned’éducation prioritaire et sensible dans les quartiersnord de Marseille. L’éducation à la sexualitéest l’un des thèmes inscrits au programme duComité d’éducation à la santé et à la citoyennetéde cet établissement.L’analyse de la situation dans l’établissement,effectuée en 2001, a montré :– des demandes fréquentes, à l’infirmerie, d’informationssur la sexualité et sur la contraceptiondès le début de l’année scolaire ;– un certain nombre de situations de détresse etd’urgence chez des adolescents telles que despremiers rapports non protégés induisant desrisques de grossesses non désirées.Face à ce constat, ont été organisées au coursde l’année 2002-2003 deux séances de deuxheures d’éducation à la sexualité en direction descent quatre-vingts élèves de première année deBEP et de CAP. Au préalable, une équipe de dixpersonnes volontaires (infirmière, conseiller principald’éducation, documentaliste, enseignants),intercatégorielle, interdisciplinaire et mixte a reçuune formation de quatre jours en éducation à lasexualité afin d’animer les séances. Cette actionmenée au cours de l’année 2002-2003 a faitl’objet d’un bilan et a été réajustée pour êtrereconduite en 2003-2004.Les objectifs visaient à :– faire diminuer les problèmes engendrés par uncertain nombre d’idées fausses (notammentsur la virginité, la sexualité féminine, les liensentre religion et sexualité), la méconnaissancede son corps, les moyens de contraception etde prévention ;– permettre aux élèves de mieux repérer desadultes référents dans l’établissement ;– permettre la confrontation des opinions, valeurset expériences des adolescents entre eux.Les animations ont été menées en binômehomme-femme, par groupe de vingt élèves ; unfonds documentaire a été mis en place au CDI(Centre de documentation et d’information).Les discussions entre adolescents, animées parles deux intervenants (autour du mot « relation »écrit au tableau), ont permis :– un travail sur les idées reçues et les représentationsdes adolescents (tels la virginité, lefonctionnement du corps humain, la puberté, lareproduction, la sexualité féminine…) ;– des échanges et des confrontations de pointsde vue sur la sexualité, la relation à l’autre, lesdésirs et les attentes de la relation amoureuse,le rapport religion-sexualité ;– la place des femmes dans la société ;– le rappel des lois (protection des mineurs,pornographie…).Dans une classe de primo-arrivants à majoritémusulmane pratiquante, les animateurs ont puégalement guider des échanges fructueux sur lethème « filles musulmanes et garçons musulmans ».Un premier bilan de cette action, établi à partird’un questionnement des élèves et des adultesayant animé les séances éducatives, a permis defaire apparaître des éléments d’appréciation trèspositifs, notamment en termes d’intérêt et d’excellenteréactivité des élèves, de perception nouvelledes relations entre filles et garçons, d’accès à uneinformation et à un discours sur la sexualité avecdes adultes.Certains aspects plus tangibles de cette actionne pourront être évalués qu’à moyen terme etdes améliorations restent à apporter dans lescontenus pour mieux répondre aux questionnementset aux attentes des élèves. En particulier,les aspects biologiques nécessitent une mise àniveau en amont pour les classes entrantes, quisera effectuée par les enseignants de biologiesur un créneau de deux heures.… /…91


A D O L E S C E N C E E T S A N T É… /…Par ailleurs, les situations de détresse decertains adolescents ont conduit les formateursà une formalisation écrite de leur pratique pédagogique,afin de constituer un fonds commun deconnaissances et de savoir-faire utile aux actionsfutures et nécessaire à leur propre analyse etréflexion.Enfin, cette action menée auprès d’élèves issusde cultures et de religions différentes a permisaux animateurs de mieux appréhender l’importancede la formation requise pour les intervenants,et en particulier dans le champ social de lasexualité.Pour en savoir plus sur cette action, vous pouvezcontacter Joëlle Durant, infirmière conseillère techniquedu recteur de Marseille (téléphone : 04 4295 29 50 ; courriel : ce.sante@ac-aix-marseille.fr)ou Joëlle Moulinas, infirmière de l’Éducation nationaledu lycée professionnel La Viste (téléphone :04 91 65 90 40).EXEMPLE D’ACTION N° 9La prévention du VIH, des infections sexuellement transmissibleset des grossesses chez les adolescents : l’exemple du programmeaméricain « Safer choices » (Choisir la sécurité)Dans le cadre de ce programme, financé par lesCentres de contrôle et de prévention des maladies,a été conçue, mise en place (de 1993 à1995) et évaluée une action de préventionauprès d’élèves de troisième et de secondevisant à réduire la part d’élèves ayant desrapports sexuels non protégés. L’améliorationdes connaissances sur le sida et les infectionssexuellement transmissibles (IST), l’acquisitiond’attitudes favorables quant à l’usage du préservatif,et le développement de la capacité àrefuser un rapport sexuel non désiré et/ou nonprotégé étaient des objectifs intermédiaires duprogramme.Ce programme était structuré en cinq axesd’intervention au niveau de la classe, de l’établissementscolaire et des parents :– La mise en place de vingt séances éducatives(dix chaque année) s’appuyant sur les compétencespsychosociales. Les enseignants encharge de ces séances sont formés pendantquatre jours et suivis tout au long du déroulementdu programme.– L’éducation par les pairs avec la constitution,dans chaque établissement, d’une équiped’élèves formés dont le rôle était de développerdes activités permettant de diffuser ausein de l’établissement scolaire des messagesde prévention sur l’infection par le VIH, lesinfections sexuellement transmissibles et lesgrossesses précoces. Il pouvait s’agir, parexemple, d’écrire des articles dans le journalscolaire, de tenir des stands, de placarder desaffiches, etc.– L’éducation des parents, par le biais notammentde lettres d’information, de groupes detravail ouverts aux parents, d’activités visant àdévelopper la communication entre parents etenfants sur le VIH, les IST et la grossesse.– Le développement de liens entre l’établissementscolaire et l’environnement pour faciliterl’accès des élèves aux structures de préventionou de soins, en mettant par exemple à ladisposition du personnel de l’établissement etdes élèves des guides des ressources existantes,en instaurant un groupe de discussionentre les élèves et une infirmière d’hôpital surle dépistage des IST, etc.– La coordination de toutes les activités duprogramme par un Conseil scolaire de promotionde la santé réunissant professeurs, autresmembres du personnel de l’établissement,élèves, parents, membres de l’administrationet représentants des collectivités locales.Ce programme a été évalué dans vingt établissementsscolaires de Californie et du Texas où près… /…92


L A S E X U A L I T É… /…de quatre mille élèves de seconde ont été suivispendant trente et un mois, de 1993 à 1996. Il apermis de réduire de moitié la fréquence desrapports sexuels non protégés au cours des troisderniers mois, de presque doubler l’usage dupréservatif au cours du dernier rapport sexuel etd’augmenter de 60 % l’usage de la contraceptionau cours du dernier rapport sexuel. En revanche,il n’a pas eu d’influence sur le nombre de rapportssexuels sans préservatif au cours des troisderniers mois, l’usage d’un préservatif au coursdu premier rapport sexuel, le nombre de rapportssexuels ou de partenaires au cours des troisderniers mois, l’âge du premier rapport. Leprogramme n’a pas non plus modifié l’usage desubstances psychoactives avant un rapportsexuel, ni le nombre de tests VIH ou IST.Pour plus d’informations sur le programme :http://www.etr.org/recapp/programs/saferchoices.htmAbsence de contraception, pilule du lendemain et IVGchez les jeunes filles scolariséesChez les jeunes filles scolarisées et étudiantes de 15 à25 ans, 5 % de celles qui sont potentiellement concernées par lacontraception 10 n’utilisent pas de moyens contraceptifs, alorsqu’elles ne désirent pas avoir d’enfant 11 .Près d’une sur cinq (17 %) de celles qui ont déjà eu unrapport sexuel a déjà pris la pilule du lendemain et une sur vingta eu une interruption volontaire de grossesse.Il semble aussi que certaines d’entre elles prennent desrisques répétés. Ainsi, 2 % de celles qui ont déjà eu recours à lapilule du lendemain ne font toujours rien, au moment del’enquête, pour éviter une grossesse, alors qu’elles ne désirent pasd’enfant.10. Sont potentiellement concernées par la contraception les jeunes filles qui onteu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois et ne sont ni seules nienceintes au moment de l’enquête.11. Faute d’effectif suffisant, nous n’avons pu analyser leurs caractéristiques sociodémographiques.93


Troisième partieANNEXES


BibliographieOuvrages, articles, revues, multimédia,matériel pédagogique, textes de référenceL’ADOLESCENCEBaromètre santé 2000 : les comportements des 12-25 ans.Composé de deux volumes, ce Baromètre santé décrit les résultats d’uneanalyse des comportements, attitudes, connaissances et opinions desjeunes âgés de 12 à 25 ans en matière de santé.– Volume 3.1 : Guilbert P., Gautier A., Baudier F., Trugeon A.(dir.) Synthèse des résultats nationaux et régionaux. Saint-Denis : Inpes, 2004 : 216 p.Ce volume se propose de dresser un portrait des pratiques de cette populationdans le domaine de la vaccination, des consommations de tabac,d’alcool, de cannabis ou encore dans le domaine de la contraception. Lesanalyses portent également sur des indicateurs de santé comme la santéperçue, la qualité de vie, mais aussi les violences subies ou les penséessuicidaires.– Volume 3.2 : Bournot M.-C., Bruandet A., Declercq C. et al.Résultats régionaux. Saint-Denis : Inpes, 2004 : 253 p.Ce volume présente, de façon détaillée et sur les mêmes thématiques quele volume précédent, les données de quatre régions ayant bénéficié d’unsur-échantillon dans quatre régions (Alsace, Nord-Pas-de-Calais, Pays dela Loire et Picardie). Ce travail, réalisé pour les Observatoires régionauxde la santé, a permis d’effectuer des comparaisons interrégionales enmatière de comportements de santé.Difficile adolescence : signes et symptômes de mal-être.Guide pour les parents, enseignants et éducateurs. Paris : AssociationPhare Enfants-Parents, 2002 : 178 p.Écrit dans un langage à la fois accessible et précis, cet ouvrage destiné auxparents et aux professionnels du secteur éducatif dresse un tableau del’adolescence et traite des signes de petite et grande détresse qui peuvent97


A D O L E S C E N C E E T S A N T Éapparaître à cette période de la vie. Il fournit à la fois information etconseils (« à éviter… », « préférer… ») par rapport à certains moments del’adolescence qui peuvent être difficiles pour les adolescents eux-mêmes,mais aussi pour les parents, les enseignants et/ou les éducateurs.Braconnier A. Le guide de l’adolescent. De 10 à 25 ans. Paris :Odile Jacob, 1999 : 583 p.Analyse des grands thèmes de la vie quotidienne pour chacune des étapesde l’adolescence (années collège, lycée, université). L’ouvrage se proposede répondre aux questions que se posent les parents d’aujourd’hui et deles accompagner dans leur démarche.Charvet D. Jeunesse, le devoir d’avenir. Rapport de la commission,Commissariat général du Plan. Paris : La Documentation française,2001 : 441 p.Ce rapport rend compte des travaux et débats conduits par la commission« Jeunes et politiques publiques », de janvier 1999 à décembre 2000.Prenant appui sur une analyse de la situation des jeunes au regard desévolutions de la société et de l’économie, il établit un diagnostic deslimites atteintes par les politiques et les actions destinées aux jeunes, quiont connu une considérable extension depuis une vingtaine d’années. Lerapport trace des perspectives qui tournent résolument le dos à l’idée defaire de la jeunesse une catégorie particulière de l’action publique.Dolto F., Dolto Tolitch C. Paroles pour adolescents : lecomplexe du homard. Paris : Le Livre de poche, 1989 : 186 p.Cet ouvrage s’adresse aux adolescents, parents et éducateurs. Découvertede soi, premières expériences sociales, sexualité, drogues, violences sontles principaux thèmes étudiés. L’ouvrage est ponctué de témoignagesd’adolescents.Jeammet P. (dir.) Adolescences. Repères pour les parents etles professionnels. Paris : Syros, 1997, 212 p.Cet ouvrage, destiné aux parents et aux éducateurs, évoque les grandestendances de l’adolescence et les obstacles qui peuvent altérer son bondéveloppement. Il présente des confrontations d’expériences et de pointsde vue, étayées par des données statistiques.Michaud P.-A., Alvin P. (dir.) La santé des adolescents.Approches, soins, prévention. Lausanne : Payot, 1997 : 636 p.Destiné aux professionnels de la santé qui travaillent auprès des jeunes, cetouvrage intéressera également tous les partenaires du secteur social etéducatif. Sont évoqués les problèmes rencontrés par les adolescents, et sontproposés des approches ou des programmes curatifs et préventifs adaptés.Pommereau X. Rapport sur la santé des jeunes. Orientationset actions à promouvoir en 2002. 2002 : 20 p. Disponiblesur : http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/jeunes/sommaire.htm98


B I B L I O G R A P H I EÉlaboré pour le compte du ministère de la Santé, le rapport s’articule entrois axes :– les enseignements récents des États généraux de la santé ;– des orientations et actions par thème : prévention des accidents de laroute, du suicide, de l’usage de substances psychoactives, des conduitessexuelles à risque, de l’obésité ;– douze actions prioritaires.MAL-ÊTRE, SUICIDEAgence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé(Anaes), Fédération française de psychiatrie (FFP), Directiongénérale de la santé (DGS). La crise suicidaire : reconnaîtreet prendre en charge. Texte des recommandations. Conférencede consensus, Paris, 19-20 octobre 2000. Paris : FFP, 2000 : textelong : 31 p. ; texte court : 17 p.Ces documents sont téléchargeables sur le site : http://www.anaes.fr (Publications/Lestitres).Ce texte présente différents signes de repérage de la crise suicidaire etdonne aux non-professionnels, d’une part, et aux professionnels du milieusanitaire, d’autre part, des recommandations sur les attitudes à adopter. Sontensuite discutés les modes d’intervention à proposer, notamment en milieuscolaire et universitaire, et le suivi de la crise suicidaire.Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés(Cnamts), Comité français d’éducation pour la santé(CFES), Fédération nationale de la mutualité française(FNMF) (dir.) Prévention primaire du suicide des jeunes.Recommandations pour les actions régionales et locales.Vanves : CFES (coll. « Guides d’action »), 2001 : 122 p.Destiné aux éducateurs de santé, cet ouvrage a pour objectif de favoriserl’initiative d’actions de prévention du suicide auprès des jeunes. Ilpropose des conseils sur les méthodes, démarches et outils à promouvoirdans ce domaine. Une série de propositions concrètes y est répertoriée.Choquet M., Pommereau X., Lagadic C. Les élèves à l’infirmeriescolaire : identification et orientation des jeunes àhaut risque suicidaire. Paris : Inserm, 2001 : 83 p.Cette enquête, réalisée en 2000 dans vingt et un collèges et lycées du départementde la Gironde auprès de huit cent vingt-six élèves ayant consultél’infirmière scolaire, décrit les spécificités des élèves consultants, et en particulierde ceux qui ont déjà fait une tentative de suicide. Elle étudie aussi lapratique professionnelle des infirmières vis-à-vis de cette population.Haut Comité de la santé publique. La souffrance psychiquedes adolescents et des jeunes adultes. Paris : HCSP, 2000 : 93 p.État des lieux du comportement des adolescents et des jeunes adultes, àpartir de données sur la mortalité, la morbidité, la violence, les trajectoires99


A D O L E S C E N C E E T S A N T Épathologiques ou délinquantes des jeunes de 12 à 25 ans. Exemplesd’actions de prévention réalisées au niveau régional.Pommereau X. L’adolescent suicidaire. Paris : Dunod, 2001 :271 p.Écrit par un clinicien dans un langage accessible à un large public, cetouvrage est destiné aux intervenants sociaux, soignants, enseignants. Ilpermet de mieux comprendre qui sont les jeunes suicidaires et commentleur apporter, avec le concours de leurs proches, une aide.VIOLENCERepères pour la prévention et le traitement des violencessexuelles. Ministère de l’Éducation nationale, Desco-CNDP, 2002.« Violence et adolescents : les fausses évidences ». Bruxellessanté 2002, supplément au n° 7 : 97 p.Dans ce numéro spécial, psychanalystes, criminologues et historiensoffrent une approche pluridisciplinaire de la violence, en particulier ausein du milieu scolaire.Baudry P., Blaya C., Choquet M., Debarbieux E., PommereauX. Souffrances et violences à l’adolescence. Qu’en penser ?Que faire ? Issy-les-Moulineaux : ESF éditeur, 2000 : 161 p.Ce rapport s’intéresse aux facteurs qui sont à l’origine de la violence desjeunes par le biais de quatre approches : sociologique, psychopathologique,épidémiologique et éducative. Les terrains d’action proposés sontles suivants : la famille, l’école, les partenariats inter-institutionnels, lespartenariats spécifiques pour les adolescents en difficulté, la formation,l’aménagement de l’espace urbain.Gaspar (Groupement académique de soutien et de préventionpour les adolescents à risque). La violence, des réponsespour l’école : le travail du Gaspar dans la zone de prévention1998-2000. Lille : CRDP (Centre régional de documentationpédagogique), 2000 : 93 p.Le Gaspar intervient sur les situations liées aux problèmes de violence etde toxicomanie en milieu scolaire, dans les établissements scolaires del’académie de Lille. L’expérience acquise, les réflexions et les travaux dugroupe l’ont amené à proposer une méthodologie pour aborder l’analysedes comportements de fuite et de rejet et pour essayer de construire desréponses adaptées.Kammerer P. Adolescents dans la violence. Paris : Gallimard,2000 : 361 p.Illustrant ses propos de nombreux exemples et expériences vécues,l’auteur, psychanalyste formé à l’ethnologie, s’adresse aux éducateurs et100


B I B L I O G R A P H I Eaux soignants. Il aborde la question des soins et des besoins psychiquesdes adolescents violents en liaison avec la question des interdits indispensablesà leur socialisation. Il insiste sur la nécessité de favoriser un cadrede vie qui leur permette de contenir leurs angoisses en désamorçantprogressivement leur désir de passage à l’acte.Lagrange H. De l’affrontement à l’esquive. Violences, délinquanceset usages de drogues. Paris : Syros, 2001 : 299 p.S’appuyant sur les résultats d’enquêtes menées dans plusieurs villes françaises,Hugues Lagrange analyse les différents aspects de l’affrontementdes jeunes des cités avec la société et les institutions. Il se penche aussisur les drogues, les violences sexuelles, les conduites de repliement.Lebailly P. « Violence des jeunes : l’éducation avant le toutsécuritaire ». Agora débats/jeunesses 2001, n° 26 : p. 105-122.Peyre V. « Jeunesse et violences collectives ». Agora débats/jeunesses 2000, n° 21 : p. 31-39.San Marco J.-L. « Les différents aspects de la violence ». Prioritéssanté 2002, n° 4 : p. 14.CONSOMMATION DE SUBSTANCES PSYCHOACTIVESCostes J.-M., Diaz-Gomez C., Karsenty S. « L’application de laloi Évin en milieu scolaire : premiers résultats de l’enquête ».Tendances 2002, n° 2 : p. 1-4.Hervé F. Les drogues et dépendances en 200 questions.Prévenir les différentes dépendances : au tabac, à l’alcool,aux médicaments… pour en améliorer l’évaluation, la priseen charge et le traitement… Paris : de Vecchi, 2002 : 159 p.Cet ouvrage accessible au grand public aborde, sous la forme de deuxcents réponses aux questions le plus fréquemment posées, la question desdrogues, de la prévention, des soins médicaux et psychologiques àapporter aux personnes souffrant de conduites addictives.Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie(Mildt), Comité français d’éducation pour la santé(CFES). Drogues et dépendances : le livre d’information.Vanves : CFES (coll. « Drogues savoir plus risquer moins »), 2000 :146 p.Destiné au grand public, ce document présente une information claire etobjective sur les principales substances psychoactives, licites ou illicites,de l’alcool à l’ecstasy, du tabac à la cocaïne, du cannabis aux produitsdopants. Composition, effets et dangers, dépendance, données épidémiologiqueset législation y sont présentés.101


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉMission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie(Mildt), Comité français d’éducation pour la santé(CFES). Drogues et usages : chiffres clés 2002. Vanves : Inpes(coll. « Drogues savoir plus »), 2002 : 49 p.Ce livret accessible à tout public présente une synthèse d’informationsclés sur les drogues : définitions, consommations, profils des usagers,comportements de consommation et conséquences sur la santé (maladies,mortalité).Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie(Mildt), Comité français d’éducation pour la santé(CFES). Prévention de l’usage de drogues : questions éducatives.Vanves : CFES (coll. « Drogues savoir plus »), 2002 : 69 p.Destiné aux adultes (professionnels non spécialisés et bénévoles), celivret explique comment participer à la prévention de la consommationde produits psychoactifs. « Sans fournir de recettes, l’ouvrage proposequelques repères éducatifs et cherche à donner confiance à chacun dansl’action qu’il mène, en cohérence avec celle des autres. » Le chapitrecentral aborde l’identification et la prise en compte des facteurs de vulnérabilitéainsi que le développement et le renforcement des facteurs deprotection dans le cadre d’un processus éducatif qui devient le socled’une prévention de tous les risques et de toutes les dépendances.Morel A. (dir.) Prévenir les toxicomanies. Paris : Dunod,2000 : 319 p.L’auteur propose aux acteurs de prévention une stratégie et une méthodologiepour la mise en place de leurs actions. Synthèse explorant lethème de la prévention des toxicomanies au regard de l’histoire, de laculture et des représentations, de l’éthique et de l’éducation à la santé desjeunes, de modèles de prévention existants.Observatoire français des drogues et des toxicomanies(OFDT). Drogues et dépendances, Indicateurs et tendances2002. Paris : OFDT, 2002 : 368 p.Étude menée par l’OFDT permettant de réaliser un état des lieux duphénomène des drogues et dépendances en France et de son évolution.L’étude s’articule autour de trois axes :–le bilan des consommations de drogues licites ou illicites : conséquencessanitaires, sociales et pénales ;– une approche par produits sous forme de fiches synthétiques ;– un tableau du cadre légal actuel, des orientations récentes des politiquespubliques, des dispositifs et moyens de lutte contre les drogues.Le site internet www.drogues.sante.gouv.fr donne des informationsgénérales sur le cannabis, tout comme sur l’ensemble desdrogues. Il recense également les recherches effectuées à ce sujet.Cassette vidéo : Mission interministérielle de lutte contre ladrogue et la toxicomanie (Mildt), Comité français d’éduca-102


B I B L I O G R A P H I Etion pour la santé (CFES). Accro. Vanves : CFES (coll. « Droguessavoir plus vidéo »), 2000 : 195 mn.Série de quinze émissions télévisuelles thématiques de treize minutes. Cesdocuments à visée informative et préventive répondent de manière didactiqueaux besoins d’information du public sur les drogues et les dépendances.Cassette vidéo : Mission interministérielle de lutte contre ladrogue et la toxicomanie (Mildt), Comité français d’éducationpour la santé (CFES). Socle de connaissances. Approchemultithématique des questions de prévention de l’usage dedrogue. Vanves : CFES (coll. « Drogues savoir plus vidéo »), 2001 :120 mn.Série de dix interviews de dix à douze minutes chacune. Dix experts dedifférentes disciplines font part, de manière didactique et synthétique, deleurs connaissances sur les questions des drogues, des addictions, de laprévention, de la géopolitique, etc. Cette vidéo, qui permet d’accéder àdes connaissances souvent complexes, est destinée aux professionnelsdans le cadre de leur formation continue.VIE AFFECTIVE, SEXUALITÉ, CONTRACEPTION« Éducation à la sexualité : de l’intime au social ». La Santé del’homme 2001, n° 51 : p. 11-37.Le dossier propose une approche selon trois axes :– éléments généraux et théoriques sur les adolescences et la sexualité ;– pratiques et modes d’intervention en éducation à la sexualité ;– outils pédagogiques et témoignages.« La sexualité pendant les “années collèges” ». L’École desparents 2002, hors série : 66 p.Numéro spécial de la revue L’École des parents regroupant les conférences etinterventions réalisées lors du colloque national de la Fédération nationaledes Écoles des parents et éducateurs en 2001. Analyses de spécialistes(psychanalystes, historiens, sociologues, ethnologues), comptes rendusd’expériences de terrain et de débats autour de la sexualité des adolescents.Repères pour l’éducation à la sexualité au collège et au lycée.Guide du formateur. Ministère de l’Éducation nationale, Desco-CNDP, 2004.Bajos N., Giami A., Laurent R., Leridon H., Spira A. Comportementssexuels et sida en France. Données de l’enquête,analyse des comportements sexuels en France. Paris : Inserm,1998 : 417 p.L’ouvrage présente les résultats de l’enquête sur les comportementssexuels en France. Les données chiffrées sont accompagnées d’analyses.103


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉElles permettent d’alimenter les réflexions des professionnels travaillantdans le champ de la sexualité et de la prévention du sida.Bozon M. « L’entrée dans la sexualité : une enquête statistiqueinspirée de la recherche anthropologique ». Transcriptase1997, n° 61 : p. 35-42.Lagrange H., Lhomond B. L’entrée dans la sexualité. Lecomportement des jeunes dans le contexte du sida. Paris : LaDécouverte, 1997 : 431 p.Cet ouvrage présente les résultats d’une enquête sur la sexualité desjeunes, réalisée en France en 1994 auprès de 6 182 adolescents de 15 à 18ans, dans le milieu scolaire et en dehors. Grâce à la précision des questionsabordées, elle reste l’enquête française de référence sur la question.Spira A., Bajos N. Les comportements sexuels en France.Paris : La Documentation française, 1993 : 349 p.Document présentant l’une des rares enquêtes réalisées en France sur lasexualité. Les résultats mettent en évidence l’évolution de la sexualité survingt ans et mesurent l’impact du sida et des campagnes de prévention surles changements de comportement. Il permet notamment d’identifier lesréseaux de communication sur la sexualité, les normes qu’il convient devaloriser et le type d’information à privilégier.Mallette pédagogique : Bonheur d’aimer. Paris : ministère del’Éducation nationale, en collaboration avec les laboratoires Wieth-Lederlé, 2001.Cette mallette contient plusieurs cahiers (pour l’équipe éducative, pourl’enseignant des sciences de la vie et de la terre, pour l’infirmière) et des fichesthématiques pour les élèves.PRISE DE RISQUES« Les jeunes et le risque ». Agora débats/jeunesses 2002,n° 27 : 191 p.Ce numéro spécial consacré au risque à l’adolescence propose unecompilation d’articles qui explorent différentes pistes de recherche :analyses psychosociologiques, résultats d’une étude sur le risque et lesport, etc. À noter l’article de David Le Breton, « Les conduites à risquedes jeunes », p. 34-45.Le Breton D. (dir.) L’adolescence à risque. Paris : Autrement,2002 : 183 p.Les auteurs – médecins, psychiatres, philosophes, sociologues ettravailleurs sociaux impliqués dans la prévention ou la prise en charge desjeunes – apportent un éclairage sur les significations des conduites àrisque et exposent pourquoi et comment elles permettent aux jeunes dese construire et de devenir adultes.104


B I B L I O G R A P H I EPeretti-Watel P. La société du risque. Paris : La Découverte,2001 : 123 p.Cet ouvrage de synthèse sur le concept du « risque » tente notamment derépondre aux questions suivantes : pourquoi les risques occupent-ils unetelle place dans la société ? Existe-t-il une culture du risque ? Commentexpliquer les conduites à risque si souvent imputées aux adolescents ?ÉDUCATION POUR LA SANTÉSandrin-Berthon B. Apprendre la santé à l’école. Paris : ESFÉditeur (coll. « Pratiques & enjeux pédagogiques »), 1997 : 127 p.L’auteur s’appuie sur son expérience de médecin à l’Éducation nationale,puis au Comité français d’éducation pour la santé, pour présenter les principalesdémarches actuellement utilisées en éducation pour la santé dansles écoles, les collèges et les lycées. Les enseignants, les médecins et infirmièresde l’Éducation nationale, les parents et les associations qui interviennenten milieu scolaire y trouveront des pistes de réflexion et desrecommandations concrètes. De nombreux exemples viennent illustrer,au fil des pages, la présentation des concepts et des modèles théoriques.REVUESAgora débats/jeunessesRevue trimestrielle qui s’intéresse de manière ouverte et transdisciplinaireà tous les problèmes de société liés à la jeunesse. Travailleurs sociaux,animateurs, enseignants, responsables administratifs des services déconcentrésde l’État ou des collectivités territoriales, chercheurs, élus, tous lesacteurs impliqués dans la conception et la mise en œuvre des politiques« jeunesse » peuvent y trouver matière à enrichir la pensée et l’action. Enchoisissant de se situer à la croisée des questionnements professionnelset de la recherche, Agora débats/jeunesses se propose en effet de « créerdu débat » et de devenir un outil de réflexion pour ses lecteurs.L’Harmattan7, rue de l’École-Polytechnique, 75 005 ParisTéléphone : 01 40 46 79 20Télécopie : 01 43 25 82 03Courriel : harmat@worldnet.frLes Cahiers pédagogiquesCette revue éditée par le Crap (Cercle de recherche et d’actions pédagogiques)couvre le champ de l’éducation – maternelle, enseignementélémentaire, secondaire, professionnel, supérieur – et de la formation.CRAP10, rue Chevreul, 75011 ParisTéléphone : 01 43 48 22 30Télécopie : 01 43 48 53 21Courriel : cahier.peda@wanadoo.frhttp://www.cahiers-pedagogiques.com105


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉNon-violence ActualitéRevue mensuelle offrant des analyses, témoignages, reportages, outils,formations, conseils et propositions qui permettent de prévenir lesviolences et de mieux réagir face aux conflits de la vie quotidienne. Elleoffre une présentation des nouvelles parutions dans ce domaine (livres,vidéos, expos, affiches, etc.) et signale les différentes formations à lagestion de conflits en France et en Europe. Elle dresse aussi un panoramad’expériences pratiques de gestion constructive et non violente desconflits dans divers milieux : famille, quartier, école, entreprise, etc.« Non-violence Actualité »BP 241, 45202 Montargis CedexTéléphone : 02 38 93 67 22Télécopie : 02 38 93 74 72Courriel : nonviolence.actualite@wanadoo.frhttp://www.nonviolence-actualité.orgTEXTES DE RÉFÉRENCE– Circulaire n° 97-175 du 26 août 1997, relative aux instructionsconcernant les violences sexuelles. Bulletin officiel hors sérien° 5 du 4 septembre 1997.– Circulaire n° 98-108 du 1 er juillet 1998, relative à la préventiondes conduites à risque et aux comités d’éducation à la santé et àla citoyenneté. Bulletin officiel n° 28 du 9 juillet 1998.– Circulaire n° 98-237 du 24 novembre 1998, relative aux orientationspour l’éducation à la santé à l’école et au collège. Bulletinofficiel n° 45 du 3 décembre 1998.– Loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001, relative à l’interruption volontairede grossesse et à la contraception.– Circulaire n° 2003-027 du 17 février 2003, relative à l’éducationà la sexualité dans les écoles, les collèges et les lycées. Bulletinofficiel n° 9 du 27 février 2003.– Circulaire n° 2003-210 du 1 er décembre 2003, relative à la santédes élèves : programme quinquennal de prévention et d’éducation.Bulletin officiel n° 46 du 11 décembre 2003.106


Structures ressourcesL’ADOLESCENCEAssociation Phare Enfants-Parents13, rue Caumartin, 75 009 ParisTéléphone : 01 42 66 55 55Télécopie : 01 42 66 50 99Courriel : vivre@phare.orghttp://www.phare.orgFondée en 1991, cette association a pour but d’œuvrer dans la préventiondu mal-être des jeunes. Elle rassemble des parents d’enfants suicidés et despersonnes de tous horizons en France. Elle édite des brochures destinéesaux jeunes et des guides, organise et participe à des conférences, débatset colloques, intervient en milieu scolaire à la demande des chefs d’établissementou en milieu extra-scolaire (organismes, associations, etc.).Centre d’information et de documentation de la jeunesse(CIDJ)101, quai de Branly, 75 015 ParisTéléphone : 01 44 49 12 00http///www.cidj.asso.frLe CIDJ propose des informations concernant l’avenir professionnel desjeunes (formation, emploi, métiers) et la gestion de leur vie quotidienne(droits, logement, loisirs, vacances). Les questions de santé y occupentune place importante. Un accueil personnalisé, gratuit et anonyme, estassuré par des professionnels, six jours sur sept toute l’année, sansrendez-vous.Des espaces thématiques proposent une large collection de publicationsen libre consultation, une librairie pour retrouver les publications du CIDJ,et plus de huit cents références dans différents domaines susceptiblesd’intéresser les jeunes. La CIDJ anime un réseau national de mille six centsstructures d’information en France.Croix-Rouge Écoute0800 858 858Du lundi au vendredi de 10 h à 22 hLe samedi et le dimanche de 12 h à 18 hNuméro anonyme et gratuit107


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉCroix-Rouge françaisePlace Henri-Dunant, 75008 Parishttp://www.croix-rouge.fr/goto/actions/ecouteCette ligne téléphonique se consacre à l’écoute et au dialogue concernantla question des relations entre adultes et jeunes. L’entretien peut être poursuiviet approfondi au cours de plusieurs appels. Ce service généralistepropose un travail d’accompagnement de toutes formes de détresse :conflits familiaux, états de dépendance, solitude, violences, etc.Une équipe pluridisciplinaire est à l’écoute de toute personne en difficultépour entendre, aider à comprendre, dédramatiser une situation conflictuelle,renouer le dialogue, orienter vers une solution, une institution ouun service spécialisé.Écoles des parents et des éducateurs (EPE)5, impasse Bon-Secours, 75543 Paris Cedex 11Téléphone : 01 44 93 44 70Télécopie : 01 44 93 44 84Courriel : siteecoleparents@wanadoo.frhttp://www.ecoledesparents.orgImplantées dans toutes les régions, les EPE accompagnent les parents,bénévoles, associatifs, professionnels ainsi que les jeunes, dans le doubleobjectif de comprendre et de prévenir les difficultés. L’objectif des EPE estde favoriser le dialogue dans la famille, de contribuer à créer des passerellesentre parents et professionnels, d’être à l’écoute de leurs demandes.Une palette d’activités individuelles ou collectives est proposée : écoutetéléphonique, accueil, informations, animations, conférences, consultations,groupes de parole, formations spécifiques aux professionnels del’enfance, de la famille et de l’éducation...EPE publie la revue L’École des parents (cinq numéros par an, dont undouble et deux hors série).Fédération nationale des Observatoires régionaux de lasanté (Fnors)62, boulevard Garibaldi, 75 015 ParisTéléphone : 01 45 66 63 11Télécopie : 01 45 67 20 56Courriel : info@fnors.orghttp://www.fnors.orgAssociation régie par la loi de 1901, dont les membres sont les vingt-sixObservatoires régionaux de la santé (ORS).La Fnors tient en permanence à jour la liste des publications des ORS, àtravers le Panorama des travaux des ORS diffusé sur le site de la Fnors.Ces travaux fourniront des données aux professionnels à la recherched’informations sur l’état de santé et les besoins des Français. Les étudesépidémiologiques portent notamment sur des pathologies (sida, cancers,maladies cardiovasculaires,etc.) ou des facteurs de risque (alcool, tabac,toxicomanie, etc.), sur l’offre et la consommation de soins, sur des populations,des évaluations d’actions ou de structures.108


S T R U C T U R E S R E S S O U R C E SLes ORS alimentent une base de données « Score santé » (indicateursprésents dans les tableaux de bord régionaux sur la santé répartis en cinqgrands thèmes du champ sanitaire et social) ; elle est disponible sur le siteinternet à l’adresse suivante : http://www.fnors.org/Score/accueil.htmFil Santé Jeunes0800 235 2367 jours sur 7, de 8 h à minuitNuméro anonyme et gratuithttp://www.filsantejeunes.comCe service propose une écoute, une information et une orientationconcernant les questions relatives à la santé mentale et physique desadolescents de 10 à 25 ans. Cette écoute est assurée par une équipe demédecins, de psychologues, de conseillers conjugaux et familiaux,d’éducateurs. La ligne est gérée par l’École des parents d’Île-de-France.Inter Service Parents01 44 93 44 93Lundi, mardi et vendredi, de 9 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 hMercredi, de 9 h 30 à 12 h 30Jeudi, de 13 h 30 à 17 hIl existe plusieurs numéros Inter Service Parents locaux, dont chacun dépendd’une École des parents. Ces services destinés aux parents et aux famillesproposent une écoute et des conseils par téléphone, en tout anonymat. Ilssont assurés par des professionnels (psychologues, conseillères conjugale etfamiliale, juristes, conseiller loisirs-social) qui répondent à des questionsd’éducation quotidienne, de relations familiales, de vie scolaire, de droit dela famille.MAL-ÊTRE, SUICIDELa Note bleue01 40 47 73 737 jours sur 7, 24 heures sur 24162, boulevard Montparnasse, 75014 ParisAssociation créée en 1997, la Note bleue propose une écoute téléphoniqueouverte à tous les publics, mais traite plus particulièrement desproblématiques adolescentes : souffrance psychologique, troubles ducomportement alimentaire. Des psychologues bénévoles assurent uneécoute adaptée à chaque personne (adolescent ou parent), qui a pour butd’éclaircir une situation et d’orienter sur d’autres organismes ressources,associations, structures médicales, etc. La Note bleue propose également,sur rendez-vous, un accueil personnalisé dans ses locaux.SOS Amitié France01 40 09 15 227 jours sur 7, 24 heures sur 24Fédération Secrétariat109


A D O L E S C E N C E E T S A N T É11, rue des Immeubles-Industriels, 75011 Parishttp://www.sos-amitie.comService d’écoute et d’aide psychologique par téléphone, dont l’un desobjectifs est la prévention du suicide. Il existe quarante-quatre associationsSOS Amitié réparties sur le territoire métropolitain et regroupéesdans la Fédération SOS Amitié France, association reconnue d’utilitépublique depuis 1967.SOS Dépression01 40 47 95 957 jours sur 7, 24 heures sur 24Association d’écoute téléphonique de personnes de tous les âges, dépressivesou en souffrance. La permanence est assurée par des psychologues.Les écoutants n’assurent pas de suivi des appels, mais orientent vers desassociations, des écoles thérapeutiques, etc.Suicide Écoute01 45 39 40 007 jours sur 7, 24 heures sur 24http://suicide.ecoute.free.frFondée en 1994, l’association Suicide Écoute a pour ambition d’apporterune aide téléphonique anonyme aux personnes en détresse et de seconsacrer à la prévention du suicide. Les proches de personnes dépriméesou suicidaires, ceux qui ont fait l’épreuve du suicide d’un être aiméou le redoutent, peuvent également y trouver aide et réconfort. L’écouteest assurée par des bénévoles spécialement formés. L’association organisedes conférences et des débats, notamment auprès des jeunes, sur lethème du suicide et de sa prévention. Elle intervient dans les établissementsscolaires, les maisons de jeunes et auprès d’institutions spécialisées.Union nationale pour la prévention du suicide4, place Valois, 75 001 ParisTéléphone : 01 40 20 03 11http://www.infosuicide.orgL’Union regroupe vingt-quatre associations adhérentes. Elle a pourobjectif de sensibiliser le grand public et les professionnels à la questiondu suicide. Elle organise des colloques et des séminaires de formationpour les professionnels de l’éducation et de la santé ; elle est aussi àl’initiative de la Journée nationale pour la prévention du suicide.VIOLENCE119 ou 0800 05 41 41Numéro vert national, anonyme et gratuithttp://www.allo119.gouv.frService public créé par la loi du 10 juillet 1989.Des professionnels de l’enfance (juristes, psychologues, travailleurs sociaux)accueillent, soutiennent, suivent et orientent vers d’autres organismes (dix110


S T R U C T U R E S R E S S O U R C E Smille adresses en France) toute personne confrontée à une situation demaltraitance des enfants. Un compte rendu d’appels est régulièrementtransmis aux conseils généraux, afin de signaler les enfants en danger ouprésumés l’être.Jeunes Violence Écoute0800 20 22 237 jours sur 7, de 8 h à 23 hNuméro de la région Île-de-FranceDes psychologues et des juristes offrent une écoute, des conseils, desorientations aux jeunes confrontés, en Île-de-France, à des situations deviolence et au racket, que ce soit au sein des établissements scolaires ouen dehors. Cette ligne est gérée par l’École des parents.SOS Viols Femmes Information0800 05 95 95Numéro vert national, anonyme et gratuitPermanence téléphonique pour les victimes d’agressions sexuelles et leurentourage. Des écoutants, bénévoles et salariés, assurent un travaild’écoute, donnent des conseils (notamment juridiques) et proposent desadresses pour un suivi personnalisé : bureaux d’aide aux victimes, planningsfamiliaux, groupes de parole, etc.DÉPENDANCESAssociation nationale de prévention de l’alcoolisme (Anpa)20, rue Saint-Fiacre, 75 002 ParisTéléphone : 01 42 33 51 04http://www.anpa.asso.frL’Anpa est présente sur tout le territoire : dans chaque département, ilexiste un Comité départemental de prévention de l’alcoolisme (CDPA),souvent gestionnaire d’un Centre de cures ambulatoires en alcoologie(CCAA). Il s’agit de structures d’accueil, d’écoute et de soins, gratuites etouvertes à toute personne en difficulté avec l’alcool. L’équipe soignanteest formée d’infirmières, de médecins, de psychologues, de visiteurssociaux. L’Anpa est également à l’origine de plusieurs centres de postcureet participe à leur gestion. Par ailleurs, l’Anpa dispense des formations etintervient en milieu scolaire et en entreprise.L’association publie, quatre fois par an, le magazine Alcool ou Santé.Drogues Alcool Tabac Info Service (Datis)1137 jours sur 7, 24 heures sur 24Numéro vert gratuit, anonyme et confidentielhttp://www.drogues.gouv.fr/fr/pratique/dis/dis_home.htmlDrogues Alcool Tabac Info Service est un service d’information et deconseil qui répond, par téléphone mais également sur internet, à toutedemande concernant les consommations de drogues, d’alcool et de tabac.111


A D O L E S C E N C E E T S A N T ÉEn accédant au service, le grand public, les usagers et les professionnelspeuvent trouver :– une écoute, un soutien et des conseils liés aux consommations ;– des informations sur les produits, les effets, les risques, la loi, les lieuxd’accueil et de soins ;– une orientation vers les organismes compétents dans le domaine de laprévention, des soins, de l’insertion et de la réduction des risques.Pour répondre à toutes les demandes, les chargés d’accueil et les rédacteursdu service suivent une formation régulière dans les différentsdomaines de compétence du service : accueil, écoute, informations sur lessubstances psychoactives, leurs effets, leurs dangers, les dispositifs législatifset réglementaires, les dispositifs d’aide et de soin.Les professionnels peuvent avoir accès à une base de données nationale,régulièrement actualisée, de services spécialisés (coordonnées, activités,équipes, etc.). Plus de deux mille cinq cents structures y sont recensées :associations et institutions spécialisées dans les domaines de l’information,de la prévention, de la réduction des risques et des soins. Ces structuressont également accessibles sur www.drogues.gouv.fr, rubrique« Adresses utiles ».Sur internet également : www.drogues.gouv.fr, espace de dialogue « Vosquestions / Nos réponses ».Tabac Info Service0 825 309 3107 jours sur 7, de 8h à 22hLa ligne Tabac Info Service a été mise en place pour offrir un relais auxactions médiatiques de prévention du tabagisme. Elle est animée, tous lesjours y compris le week-end, par des téléconseillers et des tabacologuesqui répondent aux questions sur le tabac et les moyens de s’arrêter defumer. Les répondants envoient également aux appelants un guide d’aideà l’arrêt et les orientent, selon les cas, vers leur médecin généraliste ou versdes centres de consultation en tabacologie (tabacologie, dynamique degroupe, psychothérapie). Les écoutants sont formés par l’Office français deprévention du tabagisme (OFT).VIE AFFECTIVE, SEXUALITÉ, CONTRACEPTIONLigne Azur0810 203 040Lundi, mercredi et vendredi, de 14 h à 19 hMardi et jeudi, de 17 h à 22 hCe service d’écoute téléphonique anonyme mis en place par Sida InfoService propose un espace d’écoute et de soutien pour tous les jeunes,garçons ou filles, qui se posent des questions sur leur orientation sexuelleet leur difficulté à la vivre. La ligne s’adresse aussi aux adultes se trouvanten contact avec ces jeunes.Mouvement français pour le planning familial (MFPF)4, square Saint-Irénée, 75 011 Paris112


S T R U C T U R E S R E S S O U R C E STéléphone : 01 48 07 29 10htpp://www.planning-familial.orgÉcoute, aide et conseils à destination de tous les publics, y compris lesmineurs, par l’intermédiaire de soixante-trois associations départementales.Il existe deux types d’orientation possible :– Les plannings informent sur la contraception, orientent vers les médecinset partenaires, pratiquent des tests de grossesse, donnent la piluledu lendemain, distribuent des préservatifs féminins et masculins.– Les centres de planification peuvent prescrire la pilule.Sida Info Service0800 840 8007 jours sur 7, 24 heures sur 24Numéro vert national, anonyme et gratuithttp://www.sida-info-service.orgSpécialement formés, les écoutants de Sida Info Service ont pour missiond’écouter, d’informer et d’orienter les personnes s’interrogeant sur lesmodes de transmission et de dépistage des maladies sexuellement transmissibles(hépatites, VIH, etc.), l’observance et les modifications de traitements.Ils fournissent un soutien aux personnes concernées en leurfournissant les résultats de tests de dépistage. Les écoutants disposent d’unannuaire national (France et Dom) de six mille huit cents adresses d’associations,de réseaux de soins et d’actions sociales.Sida Info Service propose les lundis, mercredis et vendredis, de 14 heuresà 19 heures, des réponses en arabe, bambara, russe, anglais et espagnol.VIH Info soignants0810 630 5157 jours sur 7, de 9 h à 21 hUne équipe de dix professionnels de santé répond aux questions dessoignants (infirmiers, pharmaciens, médecins généralistes, spécialistes…)concernant le VIH, les hépatites et les accidents d’exposition au sang,ouvrant ainsi un espace d’échange d’informations, d’écoute et de soutien,dans un esprit confraternel respectant la déontologie médicale. Les thérapeutiques,la transmission, le dépistage et les pratiques médicales sontégalement des thèmes fréquemment abordés sur la ligne. L’objet de ceservice est aussi de limiter l’isolement des soignants, en leur offrant desconseils sur les pratiques et les réseaux de soins.ACTIONS D’ÉDUCATION POUR LA SANTÉLe réseau des Comités départementaux et régionaux d’éducationà la santé (Cres et Codes), présents sur toute la France, peutapporter un soutien essentiel à la conduite d’actions d’éducationpour la santé. Ce soutien peut se traduire principalement par :– une aide méthodologique à la mise en place ou au suivi de cetteaction ;113


A D O L E S C E N C E E T S A N T É– l’animation d’une action en éducation pour la santé ;– l’évaluation d’un projet ;– la création de partenariats avec des structures locales oudépartementales ;– une recherche documentaire et la mise à disposition d’ouvrageset d’articles.114


Conception graphiqueJean-Yves VerduMise en pagesDESKIllustration de couvertureClaudine Doury / Agence VU

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