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Haiti Liberte 29 Octobre 2014

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Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00

1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162

HAÏTI LIBERTÉ

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE

Email: editor@haitiliberte.com

Web: www.haitiliberte.com

ARRESTATION DE BYRON ODIGÉ ET DE

RONY TIMOTHÉE !

Gen polisye

pou kraze

manifestasyon

popilè yo, men pa

genyen pou bay

pèp la sekirite

Page 6

English

Page 9

Voir page 4

Qui finance le

juge «zafra»

Lamarre

Bélizaire?

Page 7

Les deux militants du Foparc arrêtés ont été emmenés à la Prison Omega à Carrefour. Malgré la représsion du gouvernement, les manifestations anti-

Martelly doivent se poursuivre !

PETIT-GOÂVE: FOYER DE MOBILISATION

ANTI-MARTELLY !

Nouvel ordre

mondial : De

nouvelles règles

ou un jeu sans

règles ? Discours

de Vladimir

Poutine !

Page 10

Voir page 4

Petit-Goâve, la population ne s'arrête pas de se soulever contre l’agent intérimaire de l’Exécutif, Sandra W. Jules, concubine du député PSP, Jacques

Stevenson Thimoléon.

Dilma Rousseff

réélue présidente

du Brésil

Page 17


Editorial

Martelly sur le fil du rasoir !

Par Berthony Dupont

Paniqué par le vent du changement en cours, ainsi que

par l’essor de la mobilisation populaire, Martelly a

peut-être entrepris sa tournée en France et en Allemagne

pour aller directement demander de l’aide de façon à

mater le soulèvement populaire, à moins qu’il ne soit

parti pour aller préparer un exil doré à l’instar de Jean-

Claude Duvalier.

Pour l’instant, il semble que le régime impopulaire

de Martelly fait face à deux menaces réelles: celle découlant

de la crise permanente qui expose ce régime de

mercenariat et de trafiquants à des lendemains difficiles

et incertains et celle de la mobilisation qui a repris en

intensité. Les alliés impériaux de Martelly vont-ils le

lâcher du fait que le régime n’a rien délivré ? Combien de

temps encore Washington va-t-il laisser pourrir la situation

? D’autant que l’on sait bien que l’empire n’a jamais

eu d’amis et d’alliés, sauf la sauvegarde de ses intérêts.

L’impérialisme n’est sans doute pas disposé à renflouer

en millions des caisses qui se vident encore plus vite que

le tonneau des Danaïdes.

Le gouvernement est pris d’un ahurissant délire narcissique

avec ses programmes bidon, sa stérile et tapageuse

propagande pour amadouer les naïfs dont la pire

expression est le funambulesque Gouvènman an Lakay

ou. Ces recettes mensongères n’ont pas donné le vertige

aux masses populaires, pas plus qu’elles ne les ont

empêchées de gagner les rues pour exiger le départ du

pouvoir de ce saltimbanque imposé par l’empire. Washington,

estime-t-on, viserait à repenser ses tactiques

et selon certains observateurs, les choses pourraient

brusquement changer si la mobilisation populaire continuait

à s’amplifier.

Est-ce pour y parer que Martelly a fait arrêter certains

militants, croyant par ainsi désamorcer la bombe

d’un rejet massif de ses extravagances néoduvaliéristes

assorti d’une explosion populaire ? Monstrueusement,

il utilise du gaz lacrymogène de façon massive sur des

milliers de manifestants pacifiques au risque même d’en

tuer un certain nombre. Mais malgré ce traitement infâme

infligé à des êtres humains, il ne saurait stopper les

manifestations qui doivent se répandre dans tout le pays

afin d’arracher Martelly du pouvoir.

A ce stade, une autre phase de la lutte est indispensable

et impérative. Il s’agit d’organiser l’alternative pour

remplacer ce régime. Il ne faut pas que nous laissions

à Washington le loisir de venir nous préparer la relève

qui consistera à placer au pouvoir ses hommes, d’autres

mercenaires apatrides moins discrédités certes, mais plus

capables de les servir que les actuels valets.

En conséquence, face à cette oligarchie dépravée

qui, pour un rien, fait appel aux forces d’occupation

étrangère, il nous faut tracer un exemple : déboucher sur

l’échec de Martelly-Lamothe qui est aussi celui des forces

occupantes de la Minustah. Le départ de cette force est

une condition sine qua non pour sauver la patrie en danger.

La vraie libération passe par la mobilisation et la lutte

continuelle. Alors, si vous tenez à sortir le pays du joug

de l’impérialisme, il apparaît illusoire que des pourparlers

à huis-clos qui se font devant des verres de champagne et

de barbancourt entre le gouvernement et certains partis

politiques, y parviennent. Un appel patriotique à toutes

les forces populaires, et démocratiques, conscientes du

fait que le pays ne peut plus continuer ainsi, est impératif,

afin qu’elles s’unissent pour le grand coup de balai

national et la riposte massive aux ennemis du peuple.

Il ne s’agit plus d’être dupe. Le pays doit se libérer

du néo-esclavage qui y sévit déjà. En ce sens, une opposition

organisée, structurée avec un minimum de plateforme

doit être mise en place pour qu’elle s’unisse et se

constitue en un vaste front de lutte anti-impérialiste pour

briser toute velléité de reconquête. La lutte doit s’entendre

et s’étendre sur une volonté largement partagée entre les

différents secteurs de l’opposition anti-martelliste devant

s’arcbouter sur des changements en profondeur dans les

structures et la nature de l’État.

Martelly sans aucun doute se trouve sur le fil du rasoir.

Le chaudron populaire bout. Alors qu’il est en pleine

ébullition, nous devons forcément et coûte que coûte le

faire exploser avant les fêtes de fin d’année pour qu'il ne

soit pas trop tard.

Que les flambeaux de la résistance et de la libération

s’allument dans tous les esprits et dans tous les coins et

recoins du pays ! Il est nécessaire de faire en sorte qu’ils

ne s’éteignent. Car si la résistance n’est pas organisée,

nos efforts pour amener la chute du régime s’effondreront

comme un château de cartes.

HAITI

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2

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014


A Travers Haiti

Haïti, chronique d’une crise électorale (24)

René Préval à la rescousse !

Par Catherine Charlemagne

Qui l’eût cru ! A la surprise générale,

le Président Michel Martelly a fait

appel à son prédécesseur René Préval

afin de trouver la recette pour sortir du

pétrin dans lequel il s’est englué avec la

crise préélectorale. Selon certains vieux

routiers de la politique haïtienne, il faut

que le chef de l’Etat se sente vraiment

en difficulté pour qu’il pense à faire venir

l’ancien Président de la République

au Palais national pour bénéficier de

son expérience. Décidément, être à

la tête de ce pays n’est franchement

pas la chose la plus facile. Comment

l’équipe du pouvoir « Tèt Kale » est-elle

arrivée à s’embourber de la sorte face

à quelques élus qui finalement s’en

sortent mieux qu’ils espéraient ?

Puisque, non seulement ces sénateurs

ultra- minoritaires, ne sont que

6 sur 20, finissent par constituer un

front commun de l’opposition, mais en

un laps de temps, ils deviennent quasiment

les maitres de la situation. Du G6

au MOPOD, le petit groupe, mené par

les sénateurs Moïse Jean-Charles élu du

Nord et son voisin du Nord’Est, Jean-

Baptiste Bien-Aimé, arrive à rendre

dysfonctionnel tout le système politique

du pouvoir en place. Malgré tous

les efforts entrepris par la présidence

de la République en vue de parvenir

à assouplir la position de l’opposition

en général, le G6 tient bon et parvient

à paralyser, voire bloquer, toutes les

démarches du Président Martelly pour

une sortie de crise avant le fameux

deuxième lundi de janvier 2015.

Sans moyen ou presque, sans

un vrai groupe parlementaire organisé,

sans un parti politique ayant pignon

sur rue, ces sénateurs de province

restent scotchés au talon du pouvoir,

l’empêchant d’avancer d’un centimètre

dans le processus électoral même avec

un CEP (Conseil Electoral Provisoire)

plus ou moins acceptable par tous.

Pourtant, l’exécutif ne reste pas inactif.

Certes, il a entrepris des démarches trop

tardivement laissant ainsi trop d’espace

ou de champ libre à une minorité qu’il

pensait pouvoir neutraliser qu’en activant

ses propres réseaux. Erreur ! Ni

les groupuscules politiques proches du

pouvoir, ni les Organisations Populaires

(OP) à tendance « Tèt Kale » et enfin ni

les regroupements de la Société civile

pro-Martelly, n’ont pas pu stopper les

manœuvres de ce groupe des six petits

sénateurs qui ont démontré qu’ils maitrisent

parfaitement l’espace politique

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

Family and Community

Medicine

Public health and Pediatrics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

tel. (305) 751-1105

Michel Martelly a fait appel à son prédécesseur René Préval afin de

trouver la recette pour sortir du pétrin dans lequel il s’est englué avec la

crise préélectorale

et social haïtien ou du moins dévoilé

sur la place publique l’inexpérience de

l’équipe au pouvoir.

Curieuse situation. Les six sénateurs

qui n’ont même pas un lieu

fixe pour se réunir sinon l’enceinte

du Sénat de la République pour leurs

conférences de presse quand ils veulent

dénoncer la politique du gouvernement

et critiquer l’attitude du chef de l’Etat

ont su trouver les moyens de tenir à

la gorge le Président Martelly qui s’essouffle

à force de se battre pour sortir

de ce guet-apens dans lequel il est tombé

maladroitement dès le début de son

quinquennat en 2011. Aujourd’hui,

le Président Michel Martelly se doute

de lui-même et de sa capacité à sortir

sain et sauf du piège politique et institutionnel

qui se referme petit à petit

sur lui. Le pire, c’est que le groupe des

six n’attend rien en retour, puisque

personne en Haïti ne pense que l’un

d’entre eux succèdera au Président

Martelly en 2016, l’essentiel pour la

bande à Moïse et ses amis demeurant

l’échec du régime.

Et cela devient de plus en plus

évident et même inquiétant pour

l’équipe au pouvoir. Car le plan du

Palais national de passer le pouvoir au

Premier ministre Laurent Lamothe en

2016 risque de tomber à l’eau sauf un

miracle. L’on ne voit pas, en effet, comment,

en cas d’échec de trouver une

entente avec ses protagonistes avant à

la fin de son mandat, le Président de

la République pourra mettre en exécution

son plan qui consiste à faire de son

ami et Premier ministre son successeur.

Certes, en politique il existe beaucoup

d’imprévus. L’élection en 2011 de Michel

Martelly à la présidence de la République

fait partie de ces choses dont

seule la nature a le secret.

Mais il est tout aussi vrai que les

choses ont elles aussi évolué en Haïti.

Dans cette affaire, le plus grand perdant

serait peut-être l’actuel chef du

gouvernement, autrement dit Laurent

Lamothe, le dauphin désigné. Pourtant

au fil des semaines, le Président

Martelly fait montre de plus en plus

de sagesses dans son comportement.

Sauf bien sûr sa tentation d’orienter la

Police Nationale d’Haïti (PNH), sous la

houlette de son Directeur général, Godson

Orélus, vers une police politique

en réprimant systématiquement toutes

les manifestations anti-gouvernementales

dans le pays. Et surtout la police

de Port-au-Prince, dirigée par Vladimir

Paraison, connu pour ses « tactiques

agressives pour réprimer des manifestations

au Cap-Haïtien », comme l’avait

écrit le Miami Herald lors de sa nomination

à la Direction Départementale

de l’Ouest (DDO) en remplacement de

Michel-Ange Gédéon.

A part cela, plusieurs faits sont

là pour témoigner un changement de

ton de la part du locataire du Palais

national. Tout d’abord, la disparation

brutale de l’ancien dictateur haïtien

Jean-Claude Duvalier, foudroyé par

une crise cardiaque le samedi 4 octobre

2014 a été l’occasion de découvrir un

autre Martelly. Les volte-face successives

de la présidence de la République

sur la marche à suivre vis-à-vis de ce

cadavre encombrant étant la preuve.

Après un premier communiqué officiel

du chef de l’Etat exprimant ses

sympathies, la douleur et le regret du

pays pour la mort du fils de François

Duvalier, l’on s’attendait à ce que les

choses s’arrêtent là. Mais voulant sonder

davantage l’opinion publique et le

sentiment des Haïtiens en particulier, la

présidence de la République laissait entendre

par diverses sources officieuses

qu’il pourrait avoir des funérailles officielles,

voire nationales pour Baby Doc.

Mais très vite, le ton monta d’un cran.

La nation tout entière s’est levée

et a fait comprendre au Président

Michel Martelly que les crimes et les

actions odieuses du duvaliérisme demeurent

encore vivaces dans le cœur

et dans la chair des haïtiens. Dans ces

conditions, la communauté nationale

n’était pas prête à accepter que le cercueil

du feu dictateur parade à travers

les rues de la capitale haïtienne. Face

à cette levée de boucliers et le front du

refus se mettant en place, le chef de

l’Etat a dû abandonner son idée et faire

machine arrière. Résultat des courses,

il n’y eut pas de funérailles officielles

encore moins nationales. L’ancien Président

à vie d’Haïti a eu droit à des obsèques

privées comme monsieur tout le

monde. Afin d’enlever toute ambiguïté

sur la position du Palais national, les

deux chefs de l’exécutif : Président et

Premier ministre, ont quitté subrepticement

le pays pour ne pas être associés

de près ou de loin à l’enterrement de

Jean-Claude Duvalier. C’est un signe de

sagesse.

Autre fait significatif auquel nous

avons assisté en ce mois d’octobre

2014 de la part du Président Martelly,

c’est son comportement à l’hôtel Karibe

où il devait rencontrer les responsables

des six partis politiques de l’opposition.

Sans prévenir, aucun des membres

desdits partis ne s’était déplacé. Abandonnant

le chef de l’Etat seul avec sa

rencontre sur la cour de l’hôtel. Or,

tout le monde s’était étonné de voir un

Martelly calme et serein rentrant chez

lui comme si rien d’anormal ne s’était

passé. Pourtant, l’affront était plus

qu’évident pour le chef de l’exécutif.

Deux ou trois jours plus tard,

peut être en guise de réponse aux leaders

de l’opposition radicale, Martelly

ne trouve rien de moins à faire qu’à

envoyer chercher l’ex-Président René

Préval depuis sa bourgade de Marmelade

où il habite depuis qu’il n’est plus

au pouvoir pour le ramener à la présidence

de la République en vue d’avoir

son avis sur cette crise préélectorale

qui ne cesse de ronger le tissu sociopolitique

haïtien depuis plus de trois ans.

Là encore c’est un signe qui prouve

que le Président Michel Martelly est

en passe de devenir plus raisonnable

dans la gestion des affaires politiques.

Même si, selon l’avis de plus d’un,

cette opération héliportée pour ramener

l’ancien Président du Parti Espoir

(ESPWA) dans la capitale ne devrait

rien changer dans le prolongement de

la crise préélectorale. Puisque l’ex-chef

de l’Etat n’ayant pas le charisme d’un

Jean-Bertrand Aristide et ne disposant

d’aucune troupe ni de crédit auprès de

l’opposition et encore moins auprès du

G6, peut tout juste servir de caution ou

d’alibi au locataire du Palais national

au moment opportun.

En revanche, devant la Communauté

internationale l’illustre enfant de

Marmelade apporte un peu de crédit au

compteur du Président Michel Martelly

qui prouve qu’il est prêt à tout pour

trouver une solution à la crise. Certes,

il ne compte pas céder aux pressions

des radicaux qui réclament à cor et à cri

son départ. Certes, il est déjà convaincu

qu’il ne parviendra pas à organiser des

élections avant à la fin de l’année 2014

et par conséquent le Parlement sera

dysfonctionnel, d’où l’option de gouverner

par décret. N’empêche, il veut

démontrer qu’il a appris et peut-être

même compris qu’être chef de l’Etat ne

signifie pas forcément être au-dessus

de tout et de tout le monde.

Si jusqu’à maintenant il ne pense

pas une minute abandonner le pouvoir

avant la fin de son mandat, il a

néanmoins pris conscience qu’il pourrait

perdre la partie devant ces six sénateurs

de province qui eux ont déjà

atteint leur premier objectif : brouiller

l’image, la politique et l’agenda de

l’ancien Président du Konpa. De toute

manière, au point où l’on est arrivé, il

ne fait quasiment plus de doute : si sur

le plan des infrastructures le pouvoir

« Tèt Kale » laissera sa marque dans le

pays, sur le plan institutionnel et politique

le bilan sera en dessous de ce que

l’on pouvait attendre d’une équipe qui

se prétendait vouloir changer l’ordre

des choses en Haïti en apportant du

sang neuf au sommet de l’Etat et une

nouvelle vision dans la gestion gouvernementale.

Les conseils de René Préval

en tant qu’ancien Président de la

République qui en a connu des crises

institutionnelles auraient pu servir à

aider son successeur, si du temps de

sa présidence, il avait apporté quelques

changements dans ce domaine.

Il n’en était rien. D’ailleurs, en

dehors des multiples gouvernements

de facto, c’est l’un des pires régimes

post-Duvalier que le pays ait connu

bien qu’il ait bénéficié, pendant ses

deux quinquennats, de la meilleure

conjoncture politique. Les problèmes

du non-respect des échéances électorales

ont commencé sous l’administration

de celui-ci. Faut-il le rappeler, c’est

sous la présidence de René Préval que

le pays a connu le premier dysfonctionnement

de son Parlement ; ce qui

a eu pour conséquence justement la

gestion du pays par décret après que

le chef de l’Etat eut à constater la caducité

de l’Assemblée nationale. C’est

peut-être l’une des raisons qui a motivé

le Président Martelly à le rencontrer. Il

avait certainement besoin de savoir

comment son prédécesseur s’en était

pris pour gouverner par décret après

avoir procédé à la fermeture des portes

du Parlement tout en plaçant des fonctionnaires

de police devant l’entrée du

bâtiment.

L’on ignore les conseils de celui

qui a bouclé presque sans encombre

ses deux mandats face à son opposition

qui était aussi têtue que celle qui

colle aujourd’hui aux basques du Président

Michel Martelly. L’histoire relèvera

certainement un jour ce qui avait

été dit entre les deux hommes. Pour

le moment, la crise préélectorale se

poursuit comme s’il n’y a jamais eu de

rencontre entre ce grand calme qu’est

René Préval dont la devise est « Naje

pou soti » (débrouille-toi pour t’en sortir)

et ce hyper agité, Michel Martelly

qui ne sait point par quel bout il doit tenir

une opposition qui jure de le rendre

responsable de sa propre perte, s’il ne

parvient pas, aux yeux de l’opinion

publique nationale et internationale, à

organiser des élections pour combler

le vide parlementaire et renouveler les

Collectivités Territoriales.

C.C

AVIS JUDICIAIRE

PAR CES MOTIFS, le Tribunal, sur les conclusions conformes du Ministère public,

accueille l’action en reconnaissance du droit de propriété de la dame Mildoit

Jolizaire et de sa fille unique Milna Jolizaire et relative à nullité du contrat de bail à

ferme signé uniquement par le sieur Mildoit Jolizaire et la dame Paulène Georges

échu depuis le huit (08) janvier deux mille sept (2007) ; maintient le défaut octroyé

à l’audience du mercredi quatorze (14) mai deux mille quatorze (2014) ; reconnait

le nullité et la caducité du contrat de bail à ferme signé uniquement par le sieur

Mildoit Jolizaire et la dame Paulène Georges échu depuis le huit (08) janvier deux

mille sept (2007) ; déclare que la dame Marie-Anna Orestal et Milna Jolizaire sont

propriétaires incommutables des vingt-cinq centièmes (25/100) de carreau de

terre ; ordonne l’expulsion de la dame Paulène Georges des lieux par elle occupés

illégalement depuis plusieurs années ; ordonne également la démolition de toutes

les constructions érigées sur la propriété de la dame Mildoit Jolizaire née

Marie-Anna Orestal et de Milna Jolizaire ; condamne la dame Paulène Georges à

cinquante mille gourdes (50.000.00Gdes) de dommages-intérêts au profit de la

partie demanderesse ; la condamne également aux frais et dépens de la procédure

; accorde l’exécution provisoire et sans caution de la présente décision sur le chef

du principal, conformément aux dispositions de l’article 276 du Code de procédure

civiles, vu qu’il y a titres authentiques et promesse expressément reconnue ;

commet l’Huissier Toussaint Pierre Sony pour la signification de la présente

décision

Ainsi jugé et prononcé par nous Me. Gérard Nertilus, Juge au Tribunal de Première

Instance de Miragoâne en audience publique du mercredi quatre (4) Juin deux mille

quatorze (2014) à deux heures de l’après-midi (02 heures PM), An 211e de

l’Indépendance, avec l’assistance de sieur Yves Antoine Dupervil, greffier du siège.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à

exécution ; aux officiers du ministère public près les Tribunaux civils d’y tenir la

main ; à tous commandants et autres Officiers de la force publique d’y prêter mains

fortes lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement est signée du Juge Gérard NERTILUS

et du Greffier Yves Antoine DUPERVIL

Pour Expédition conforme, collationnée

Yves Antoine DUPERVIL

Greffier

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 3


Arrestation de Byron Odigé

et de Rony Timothée !

Les manifestations anti-Martelly

doivent se poursuivre !

Les manifestants ont traversé Pétion-ville sans trop de difficultés, et ils

ont été accueillis par de centaines de personnes qui venaient grossir la

foule

Par Isabelle L. Papillon

La mobilisation du peuple haïtien

pour exiger le départ de l’occupant

du Palais national, le dictateur en herbe

Michel Joseph Martelly se poursuit

tant à la capitale que dans des villes

de province.

Ainsi, le dimanche 26 Octobre

2014 date à laquelle, le peuple haïtien

avait été invité à ses comices, afin de

remplir démocratiquement ses devoirs

de citoyens, des centaines de milliers

de personnes étaient descendues dans

les rues, une fois de plus, pour réclamer

le respect de la Constitution et la

poursuite du processus démocratique

en Haïti. Depuis plus de 3 ans, il

devait y avoir des élections pour renouveler

le personnel administratif et

politique ; cependant le régime néoduvaliériste

coloré en rose, Martelly-

Lamothe a refusé catégoriquement de

les réaliser. Alors qu’il a organisé 3

carnavals l’an et zéro élection depuis

plus 3 ans. Ce comportement répond

à ce qu’on dit souvent : « Macoute ne

réalise jamais des élections. » (Makout

pa janm fè eleksyon). Sous la

pression des forces populaires et de

l’international, par arrêté présidentiel

signé le 10 juin 2014, Monsieur

Martelly avait convoqué le peuple à

se préparer à aller aux urnes le 26

Octobre 2014. Vu que Martelly ne

respecte pas ses paroles, le peuple qui

a choisi la voie démocratique pour

élire ses dirigeants a gagné les rues

à la recherche des bureaux de vote.

N’ayant pas trouvé les bureaux de

vote, il exige la remise des clefs du

Palais national.

Dès 10 heures du matin,

des milliers de personnes se sont

rassemblées devant les locaux de

l’église Saint-Jean Bosco. Après la

cérémonie habituelle d’usage, la foule

s’est dirigée vers les quartiers populaires

de La Saline, de Saint-Martin, et

de Bel Air avant d’emprunter la route

de Delmas. De là, ils se sont dirigés

tête droite en direction de Pétionville.

Déterminés, les manifestants

sont montés pacifiquement à Pétionville,

malgré les tentatives de provocation

des bandits légaux tètkale au

niveau de Delmas 18. La police, présente

à cette manifestation a maitrisé

les provocateurs et pris le contrôle de

la situation.

Au niveau de Delmas 75, la Police

accompagnée d’un juge de paix et

des mandats tout préparés a procédé

à l’arrestation de deux (2) militants :

Timothée Rony et Biron Odigé. Ils ont

été conduits au commissariat de Pétion-ville

et quelques instant après, ils

ont été transportés au commissariat

de Carrefour, Sud de la capitale. Au

lendemain lundi, sans être entendus

par un juge, des mandats de dépôt ont

été décernés contre eux sous l’ordre

du commissaire du gouvernement

près le Tribunal de Première Instance

de Port-au-Prince, Me. Kerson Darius

Charles. Ils sont maintenant incarcérés

à la prison de Carrefour.

Les manifestants ont traversé

Pétion-ville sans trop de difficultés, et

ils ont été accueillis par de centaines

de personnes qui venaient grossir la

foule. Après avoir parcouru diverses

rues de ce quartier Chic, les manifestants

se sont dirigés en direction

du Palais national pour réclamer les

La manifestation du 26 Octobre au Cap-Haitien

clefs du palais présidentiel. Arrivés

au Champ-de-Mars, l’accès menant

devant le Palais national leur a été

interdit par la police. Ils se sont dirigés

vers la rue Capois pour se rendre

à Carrefour en vue d’apporter leur

solidarité à Biron Odigé et Timothée

Rony. En cours de route, à la rue

Magloire Ambroise, la police a violemment

mis fin à cette grande manifestation

à coup de gaz lacrymogène

pour une énième fois.

Petit-Goâve: Foyer de

mobilisation anti-Martelly !

Par Isabelle L. Papillon

Pendant tout le parcours, les

manifestants réclamaient la démission

de Martelly : « Démission immédiate

de Martelly. Michel Martelly est

un vagabond, il ne devrait pas être

président d’Haïti. Il a été imposé par

l’international. Il doit partir. Veut ou

pas, Martelly doit partir. A bas Martelly

! A bas Ti Simone. Appelle un sapeur-pompier

Martelly est tombé dans

une toilette. » Sur certaines pancartes,

on pouvait lire : « Martelly = Occupation

! Martelly = Choléra ! Martelly =

Morpion rose ! Martelly symbolise la

misère ! Martelly = restavèk kolon. »

Le peuple était en colère contre Martelly,

il s’en est pris à lui en arrachant

avec rage les posters sur lesquels est

inscrit : « Ayiti ap vanse. » Ils les ont

ont jetés par terre et y ont mis le feu.

La foule compacte chantait à pleins

poumons « Si Aristide n’est pas là,

Moise le remplacera ».

Divers représentants de partis

politiques y ont pris part : Dr. Maryse

Narcisse pour l’Organisation politique

Fanmi Lavalas, les ex-parlementaires,

Turneb Delpé et Serge Jean

Louis pour le MOPOD, des parlementaires

en fonction, les sénateurs Moïse

Jean Charles et John Joël Joseph. Pour

le sénateur Moise Jean-Charles, « Le

peuple ne veut plus de l’équipe tèt

kale et Martelly a perdu le contrôle de

la situation.»

A la nouvelle de l’arrestation

des deux militants du Foparc en l’occurrence

Byron Odigé et Rony Timothée

au sein de la foule, les manifestants

n’ont pas paniqué au contraire

ils redoublent de force, d’énergie, de

courage et de vigilance. Des rumeurs

ont fait savoir que les deux manifestants

arrêtés ont été emmenés à

la Prison Omega à Carrefour ; les

manifestants ont déclaré qu’ils se

rendraient au commissariat de Carrefour.

En un clin d’œil, un groupe de

manifestants y était déjà, criant : A

Bas Martelly ! A l’arrivée du sénateur

Moise et de l’avocat André Michel, les

manifestants se sont sentis renforcés

et Moise a lancé le cri de mobilisation

générale chaque jour contre cette dictature

naissante.

Au lendemain de la manifestation,

le lundi 27 octobre, dans une

note de presse de Fanmi Lavalas, lue

par Dr. Maryse Narcisse, la coordonnatrice

de l’organisation a félicité le

dévouement et la détermination de

la population, à l’occasion du déroulement

de la manifestation. Elle a

condamné avec rigueur l’arrestation et

l’emprisonnement arbitraire et illégal

de Biron Odigé et de Timothée Rony,

ainsi que 3 autres militants arrêtés

aux Cayes au début d’une manifestation.

Il s’agit de Frantzou Dieu, Frantz

Luxama et Mentor Pétuel. Elle a exigé

la libération de tous les prisonniers

politiques sans distinction aucune.

Voici donc la liste des prisonniers

politiques arrêtés entre le 17

et le 26 Octobre 2014 : A Port-au-

Prince :

Vladimir Pierre

Jean-Henry Delassin

Hérard Seradieu

Moïse Roody

Jean Jacques Renault

Lovenson Mersier

Depuis la célébration de la fête

patronale de Petit-Goâve, le 15

Août de l’année en cours, la population

n’arrête pas de se soulever contre

l’agent intérimaire de l’Exécutif, Sandra

W. Jules, concubine du député PSP,

Jacques Stevenson Thimoléon. On lui

reproche gabegie administrative, vol,

détournement de fonds, concussion,

népotisme. Les protestataires pointent

du doigt Jacques Stevenson Thimoléon

dans toutes ces affaires louches,

puisqu’en l’absence de sa concubine,

il assure l’intérimaire. Parmi les faits

reprochés on peut citer : 10 millions de

gourdes débloqués dans le budget pour

la réparation de la place Faustin Soulouque

; alors que les travaux restent

inachevés, et aucun rapport financier

n’a été donné.

Après le passage du cyclone

Sandy en 2012, 10 millions de

gourdes avaient été décaissés pour la

réfection de 500 mètres sur le pont La

Digue. Seuls 50 mètres ont été réparés

; tout comme 2.5 mille dollars US

débloqués pour la réparation du Lycée

Faustin Soulouque ont été détournés.

15 millions de gourdes décaissés pour

les travaux de réparation du Bon Repos

Plage ont été volatilisées. La population

se demande également où sont

passés les fonds débloqués pour la célébration

des 350 ans de la fondation

de la ville de Petit-Goâve ?

Jacques Stevenson Thimoléon se

comporte en matador suprême à Petit-

Goâve. Il contrôle toutes les institutions

étatiques : la Justice, la Police, la Mairie,

l’éducation, la santé… Une bonne

partie de la presse a été cooptée par

le député-agent. A Petit-Goâve, l’Etat

c’est Thimoléon. Ses agents de sécurité

n’ont aucun respect pour les policiers.

Tout ceci révolte la conscience

de la population Petit-Goâvienne. Un

front Mixte pour la Libération de Petit-

Goave s’est mis en place pour lutter

contre Thimoléon et sa concubine,

Sandra Jules. Il est à sa 21e manifestation

pour exiger d’abord la démission

de l’agent intérimaire, Sandra Jules ;

et puisque le président Martelly refuse

de la révoquer, la population réclame

maintenant la démission de Martelly.

Pour l’obtenir, la population

manifeste jour et nuit durant toute

une semaine, du lundi au vendredi.

Toutes les activités sont complète-

La Police a lancé de bonbonnes

de gaz lacrymogène partout dans

la ville, des dizaines d'élèves sont

tombés en syncope, inhalés, tandis

que d’autres ont été blessés

ment paralysées : école, commerce,

banques, bureaux d’Etat n’ouvrent

pas leurs portes. Des barricades utilisant

des véhicules sont dressées tout

autour de la ville. La mairie a été saccagée

par une foule en colère, le mercredi

22 Octobre dernier. Les écoles

qui tentaient d’ouvrir leurs portes

ont été contraintes de les fermer. La

Police a lancé de bonbonnes de gaz

lacrymogène partout dans la ville,

des dizaines d’élève sont tombés en

syncope, inhalés, tandis que d’autres

ont été blessés. L’hôpital Notre Dame

de Petit-Goâve n’en pouvant plus, les

blessés sont transportés en toute urgence

ailleurs.

Le vendredi 24 Octobre, alors

que des milliers de personnes manifestaient

dans la ville de Léogâne et

de Petit-Goâve, les policiers et les

bandits légaux affectés aux cortèges

Gouvernementaux qui se rendaient

aux Côtes-de-Fer pour participer au «

Gouvènman Lakay » ont ouvert le feu

sur les manifestants. Deux jeunes ont

été blessés chez eux : Youri Laguerre

23 ans et Jocelyne René 16 ans. Ils

ont été transportés à l’hôpital. La police

a procédé à 8 arrestations, selon

le porte-parole de cette institution,

Garry Desrosiers. Cela porte le nombre

d’arrestation à 10 et 6 mandats

d’amener ont été émis à l’encontre des

dirigeants du Front. Adrienne Derival,

une jeune fille âgée de 24 ans est décédée

à l’hôpital Sainte-Thérèse de Miragoane

le jeudi 23 octobre dernier à 10

heures du matin suite à des blessures

par balles.

Malgré tout, la population

n’entend pas lâcher prise ; la détermination

reste toujours du côté de la

population pour continuer à manifester

jusqu’à ce que les revendications

soient satisfaites : le départ de Sandra

W. Jules et de monsieur Michel Joseph

Martelly à la tête du pays. Le samedi

25 Octobre dernier, le directeur adjoint

du ministère de l’Intérieur, Patrick Bastien

a procédé à l’installation d’un Comité

technique de gestion composé de

3 membres : Marc Chavannes, Mexon

Elvenson et Hugues Darin. En dépit de

l’installation de ce Comité, les portes

de la mairie sont restées toujours fermées

le lundi 27 Octobre ; les activités

n’ayant pas repris dans la mairie de

Petit-Goâve. Le ministre de l’Intérieur,

Reginald Delva a annoncé la formation

d’une autre commission en remplacement

de celle dirigée par Sandra W.

Jules. Entretemps 3 des 10 personnes

arrêtées la semaine dernière ont recouvré

la liberté, il s’agit de: Guirand

Auguste, St-Jean Harry et de Berthony

St- Hilaire.

Paul Joanel

Ralph Desilus

Lormicile Isaac Homme

Saint-Gourdain Dodelyn

Mersier Jean Louiné

Louiredant Louisvens

Clergé Jeff

Clervin MIdin

Sampeur Jonas

Laguerre Angelot

Fritzner Montinat

Charles Altès

Biron Odigé

Thimoté Rony

Aux Cayes :

1.Frantzou Dieu, 2) Luxama

Frantz et Mentor Pétuel et 10 autres

à Petit-Goâve, 3 d’entre eux ont été

libérés le lundi 27 octobre. Il s’agit

de : Guirand Auguste, St-Jean Harry

et Berthony St Hilaire.

Suite à tout ce qui s’est passé

dans le pays le dimanche 26 Octobre

dernier, les organisations de défense

des Droits humains, de la société civile

et d’autres citoyens avisés, ont

fait savoir qu’Haïti vit à nouveau sous

un régime totalitaire, rétrograde, fasciste

où les droits humains, les droits

à l’organisation et à la manifestation

sont systématiquement violés par le

pouvoir tètkale Martelly-Lamothe.

Selon le sénateur de l’Artibonite, François

Annick Joseph : « Aujourd’hui,

Haïti retourne dans un régime totalitaire

avec un dictateur sans vision.

Face à ce pouvoir, il faut la révolte

populaire, un soulèvement des citoyens.

Tous ceux qui supportent ce pouvoir

commettent des crimes contre le

peuple haïtien… »

4

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014


Twa Fèy! Twa Rasin O!

À la source même! Tous devant l’ambassade américaine !

Par Fanfan la Tulipe

La semaine dernière, dans mon

article «Ce 17 octobre 2014 de

la honte», j’évoquais le cauchemar

la commémoration de cette date par

le pouvoir Martelly-Lamothe dans

la honte, le déshonneur, l’opprobre,

l’indignité. Ce sont des centaines de

milliers qui, ce samedi 17 octobre,

ont eu un haut le cœur, se sont senti

amoindris, bafoués, insultés, humiliés

par la façon désinvolte, scandaleuse,

choquante, outrageante,

révoltante dont s’est pris le pouvoir

mickyste pour saluer la mémoire du

fondateur de notre indépendance assassiné

au Pont-Rouge en 1806.

Dans un article intitulé «La

nouvelle mise à mort de Jean-Jacques

Dessalines», Castro Desroches a

aussi exprimé toute son indignation,

et assurément celle de milliers sinon

de millions d’Haïtiens, à propos de

la «Commémoration du 208e anniversaire

de l’assassinat du fondateur

de la Nation haïtienne [qui] s’est

déroulée dans une ambiance de bacchanales

et de profanation». Ailleurs,

dans nombre de médias parlés, a été

manifestée cette même colère exprimée

au vu du comportement avilissant,

méprisable, scandaleux et honteux

de Martelly et de son équipe.

Bien sûr, il fallait dénoncer

cette barbarie des mœurs comme on

n’en a jamais vu dans nos annales

politiques. Seulement au niveau de

la porcherie morale mickyste, a-t-on

pu imaginer un comportement aussi

vil, aussi ignoble, aussi abject, aussi

ignominieux, aussi crapuleux ? Ce

débordement sordide de dépravation

et de haineuse perversion n’a pu

se manifester qu’à la faveur d’une

haine de classe. Pire, sans doute inspirée

par les infâmes transfuges de

la trempe des Mario Dupuy, Rudy

Hériveaux, Joseph Lambert et Youri

Latortue, la bande infâme à Martelly

a caricaturé son forfait en voulant

faire passer son odieuse et macabre

profanation de la mort de l’Empereur

comme une «célébration de sa vie».

Il est incompréhensible que

ce violent affront à la mémoire de

Dessalines n’ait pas soulevé un

vigoureux et continu tollé dans les

milieux médiatiques. La chose, généralement,

a été rapportée presque

comme un fait divers. Elle n’a pas

soulevé une colère soutenue et une

dénonciation manch long de ce

monstrueux sacrilège commis par les

rejetons politiques des parricides de

1806. Non. Tous les feux sont encore

concentrés sur de fumeuses élections

dont Martelly s’est servi comme

appât, comme miroir aux alouettes

pour mystifier les gogos, les naïfs et

les gobe-mouches.

Il est encore plus incompréhensible

que des hommes et femmes politiques

d’expérience aussi informés

du passé tortueux et immoral de Martelly,

aussi bien imbus des combines

d’officine qui ont présidé à son choix,

imposé par le couple Clinton pour être

président d’Haïti, aussi conscients

de ses dérives graves et honteuses,

aient pu se laisser mener en bateau et

manipuler pendant plus de trois ans

par ce maître en mystifications, par

ce saltimbanque, ce clown, ce bouffon

aux manières grossières dont les

processus de pensée et de décisions,

les comportements tout à fait hideux

et gesticulations de funambule sont

télécommandés par l’ambassade

américaine.

Comment s’asseoir avec un

mec aussi dévergondé et borné que

Martelly et croire à un «dialogue»

possible avec lui ? On a vu comment

La blonde Pamela à son bureau, en compagnie de son Valet au

crâne rasé, luisant d’ambitions. Une évidente félicité partagée,

complice, tèt kale.

Les manifestations de rejet de

Martelly doivent aussi viser la

soutirèz Pamela White. Le proverbe

le dit clairement : si pat gen soutirè

pa ta gen vòlè. S’il n’y avait pas

la «soutirance» de l’ambassadrice

qui protège les intérêts des

multinationales accapareuses de

nos richesses, il n’y aurait pas

l’arrogance, la suffisance (et aussi

les insuffisances) de Martelly.

ces ombres politiciennes, ces fantômes

sans caractère, sans principes,

sans amour propre, sans vraie vision

d’avenir se sont empressés d’accourir

à la mascarade «politichienne» de El

Rancho sous les auspices complices

de l’Église catholique en la personne

d’un certain évêque répondant au

nom de Chibly Langlois et dont on

présume que sa «prestidigitante»

prestation a été récompensée par la

pourpre cardinalice. L’homme s’est

«empourpré» et embourbé dans le

marécage vaticano-martellyste, on

se demande encore pourquoi.

Nombre de politiciens sans

mémoire se sont approchés de la

«sainte table», espérant recevoir le

pain de corruption du pouvoir et le

vin vatican, rouge de basses combines

«polititicouloutes». Certains,

comme les représentants de Fanmi

Lavalas, s’étant vite rendus compte

que le pain était rassis, fade, et le

vin aigre, piqué, tourné se sont éloignés

des roses appâts du pouvoir. Un

autre, réputé pour être un «éminent

professeur» et politologue averti a

mordu à l’hameçon bien que le vin

du cardinal fût de saveur vinaigrée.

Du vinaigre politique quoi.

Ces messieurs et dames, épouvantés

par le spectre d’un «chaos» si

au deuxième lundi du mois de janvier

2015 des élections («sincères, honnêtes

et inclusives») ne renouvellent

pas les chambres, les mairies et les

CASEC, n’ont pas arrêté de réclamer,

à cor et à cri, la tenue de ces

comices. Au dernier moment, se rendant

compte que les jeux étaient faits

et que la menace «chaotique» était

inévitable, ils se sont rabattus, cahincaha,

sur des «propositions de sortie

de crise» aussi oiseuses qu’inutiles et

Pamela White, ambassadrice sans

tenue, ni retenue, s’exhibant avec

l’homme del’ombre, «l’homme de

qui l’on craint», l’homme Gagòt,

Laurent ‘‘le magnifique’’.

dont Martelly n’a cure. L’une d’entre

elles, celle du journaliste Daly Valet, a

dû être remaniée par son auteur, sans

doute à la demande du saltimbanque

Micky ou même de l’ambassadrice

américaine, «maîtresse dame» qui

apparemment reçoit de temps à autre

son Valet dans ses bureaux.

En fait, Martelly se moque

éperdument de tous ces politiques qui

perdent leur temps à s’asseoir avec

lui pour d’impossibles négociations.

Je me l’imagine souriant sous cape,

se grattant le crâne dénudé, faisant

de brusques rots sans s’excuser, se

moquant follement de ces aryennafè

qui espèrent tirer leurs marrons

du feu électoral s’ils arrivent à un

«consensus» quelconque avec lui.

Car, ce ne sont pas les intérêts de la

nation, le développement rationnel

du pays, l’accès des miséreux à une

pauvreté digne qu’ils ont à cœur.

Même quand pour la façade

ils demandent que la MINUSTAH

s’en aille, ce n’est même pas du bout

des lèvres qu’ils le souhaitent, c’est

du bout de leur hypocrisie qu’ils le

disent; car, sauf la présence de forces

armées haïtiennes dont ils souhaitent

ardemment ou anbachal le retour,

leur pouvoir présidentiel éventuel

ne s’appuiera que sur la présence

minustahte. Et non pas sur un mandat

octroyé par une majorité du pays.

D’ailleurs, Martelly lui-même ne s’est

pas caché de cette protection dont il

bénéficie grandement de la part des

forces occupantes de l’ONU.

L’opposition dans sa presque

totalité s’est longtemps évertuée à

croire en un minimum de sens de

responsabilité de la part de Martelly

pour appeler le peuple en ses comices,

selon le vœu de la Constitution,

d’où leurs pirouettes politiques, les

appels à la formation d’un «Conseil

de Notables», de «gouvernement de

Salut Public» sorte de cousin germain

du «Gouvernement de consensus

Transitoire» de Daly Valet, sans oublier

l’invocation à tout casser de la

Constitution selon maints articles et

alinéas que l’on arrive plus à mémoriser,

tellement ils sont nombreux.

Entre-temps, Micky s’amuse.

Il reçoit en consultation nigauds

et nigaudes, larrons et larronnes,

atoufè et atoufèz, gueux et gueuses

politiques, epav de la société civile,

kaptenn anba kabann reponsable

de partis politiques dérisoires, parlementaires

coriaces et récalcitrants.

Jusqu’à Préval a été tiré de l’oubli

pour donner des conseils sur comment

«nager pour s’en sortir». De

toutes ces virées et dévirées politiques

«négotiantes», rien n’a encore

filtré. Peut-être que le tour d’Aristide

de venir s’asseoir avec le preyidan

n’est pas bien loin. Soyez sur vos

gardes, juge Lamarre Bélizaire ! Ah

ce crétin bélizairien !

Micky fera-t-il appel à nouveau

aux conseils «cardinaux» de

Langlois ? Comme il doit consulter

tous les secteurs de la société, il

faut s’attendre à ce qu’il fasse appel

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aux handicapés, aux sourds-muets,

aux kokobe, aux zèl ravèt, bref tout

ce qui ressemble de près ou de loin

aux membres de son gouvernement.

Paraît-il qu’il doit encore se décider

avec qui commencer. Brrrrrr ! D’ici là,

on finira bien par tomber au fond du

puits «chaotique».

En fait, Micky se la coule douce

parce que c’est l’ambassade américaine

qui lui dit et dicte quoi faire. Or

l’opposition s’entête à vouloir «négocier»

avec Martelly ki pa menm mèt

tèt li. Au mieux elle disait jusqu’à

récemment : élections ou démission.

Maintenant acculée, elle est pour le

rache manyòk. On se demande pourquoi

ces gesticulations puisque ce

sont l’ambassade et la MINUSTAH

qui contrôlent le terrain. Elle doit

faire un bon jan tèt kole avec le secteur

populaire radical pour faire savoir

à l’anbasadèz que c’est elle qui

tire les ficelles de son pantin Martelly.

Nous le savons.

De façon rétrospective, on se

rend compte, aujourd’hui, comment

le contre-ordre donné par Fanmi

Lavalas d’aller commémorer le 29

novembre à la ruelle Vaillant plutôt

que d’aller manifester devant l’ambassade

américaine, la source de nos

malheurs, a été un désastre politique,

télécommandé, on le sait, suivi d’ailleurs

du renvoi de l’organisation du

sénateur Moïse et du député Bélizaire.

Erreur et horreur à la fois. C’est justement

là que le bât blesse. L’opposition

devrait s’en rendre compte et y

mettre tout le paquet. Les manifestations

de rejet de Martelly doivent viser

aussi systématiquement l’ambassade

américaine. Il faut dénoncer la

soutirèz Pamela White. Le proverbe

le dit clairement : si pat gen soutirè

pa ta gen vòlè. S’il n’y avait pas la

«soutirance» de l’ambassadrice qui

protège les intérêts des multinationales

accapareuses de nos richesses,

il n’y aurait pas l’arrogance, la suffisance

(et aussi les insuffisances) de

Martelly.

C’est pourquoi nous clamons :

À la source même! À la source de

nos maux ! Manifestons tous devant

l’ambassade américaine, ce nid de

vipères ! Que l’opposition règle les

comptes de la nation avec Martelly,

certes, mais surtout avec l’anbasadèz,

la manman rizèz! Plus de

baignade avec «cachade» de lonbrik

! Devant l’ambassade US, tous,

toutes !

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 5


Kwonik Kreyòl

Antèman Paul Ambroise

ak Michaël Benoit tounen

manifestasyon kont Martelly

Chante rezistans ak kontestasyon

Nan dyaspora ayisyen an lan new

york sou rejim duvalier yo

(Dezyèm pati) Guy Gérald Ménard

Paul Ambroise alias Ti koton

Antèman 2 militan Lavalas yo Paul

Ambroise alyas Tikoton, 40 lane

ak Michaël Benoit alyas Pouchon, 29

lane, bandi legal tètkale yo te touye

mèkredi 8 oktòb pase a devan estad

Sylvio Cator, te chante mèkredi 22

oktòb la, nan lokal ONG brezilyen an

Viva Rio, kote Tikoton t ap travay. Nan

sal kote pè a t ap chante antèman 2

militan sa yo, paran ak pwòch pa t

ka rive konsole, se te rèl ak dlo nan

je. Antèman an te chante anprezans

yon delegasyon òganizasyon politik

Fanmi Lavalas, ki te gen nan tèt li; Kòdonatris

la, Dr. Maryse Narcisse, Dr

Louis Gerald Gilles ak Schiller Louidor.

Senatè Moïse Jean Charles ak plizyè

lòt militan politik te prezan tou. Yo te

pwofite okazyon sa a pou lonje dwèt

yo sou ajan enterimè ki nan tèt meri

Pòtoprens lan, Pierre Richard Duplan

alyas Pierrot yo di ki te kòmandite sasina

2 militan yo epi polisye Gregoire

alyas Grèg te egzekite zak kriminèl sa

yo.

Aprè antèman an te fin chante,

militan yo te pran kadav yo, pote yo

rive devan legliz Saint-Jean Bosco, al

depoze yo nan pye papa Dessalines

nan Pon Wouj, kote plizyè militan te

pran lapawòl. Se nan yon anbyans

manifestasyon pèp la te pote sèkèy

yo sou tèt li, sòti Pon Wouj pase Site-

Solèy, Taba pou al antere yo nan komin

Kwadèboukè.

Plizyè santèn moun te kondui

kadav 2 militan Lavalas yo, kote yo t

ap chante: Martelly ba nou kou a, kou

a fè nou ma l o ! Pierrot ba nou kou

a, kou a fè nou ma l o ! Wè pa wè n

ap vanje yo! Jistis pout Tikoton! Jistis

Gen polisye pou kraze

manifestasyon popilè yo,

men pa genyen pou bay

pèp la sekirite

Plizyè katye popilè nan kapital la,

tankou : Site solèy, Pele-simon,

Lasalin, Solino, Matisan, Kafou nan

lamanten 54, anba lavil nan Kwa bosal

ak anpil lòt zon, se tèt chaje . Gwo

kout zam ap tire san rete,lajounen kou

lannuit. Nou pa janm kapb rive idantifye

kilès ki lapolis kilès ki Bandi Legal

paske tout jan ou vire l, se zak abitrè,

yo tou de ap fè sou pèp la.

Nan diferan katye popilè yo, se

batay ki genyen ant yo, batay sa yo

leplisouvan se boujwazi a ki alimante

yo pou fè se teworize youn ap teworize

lòt nan kan pèp la. Travay destabilizasyon

sa a fè Ayiti ap vin chak jou pi

mal. Bagay yo vin pirèd sou pouvwa

makouto-boujwa a, se kònmsi pouvwa

tèt kale a pa vin pou kite lavi ditou nan

mitan mas pèp Ayisyen an.

Pouvwa Tèt Kale a pa janm sispann

depanse gwo lajan pou achte

zam, fè pwogram ki pa janm rive ede

pèp la vre, aloske moun nan katye popilè

yo ap peri anba grangou roz. Genyen

tou, yon tandans chèf pouvwa

Tèt kale a mete nan katye popilè yo:

Bandi Legal, li etabli yo sou pretèks lidè

Benoit Michel alias Pouchon

pou Pouchon! Arete Pierrot ! » Asasina

2 militan Lavalas sa yo vin alonje lis

militan Lavalas ekip tètkale a touye

apre Fritz Gerald Civil nan Miragwàn

pou konviksyon politik yo ak pil ak

pakèt lòt moun rejimMartelly-Lamothe

la touye : komèsan Octanol Derissaint,

sou fwontyè a, jij Jean Serge Joseph,

Daniel e Girldy Larèche, Evinx Daniel

yo disparèt pou zafè dwòg, polisye

Walky Calixte ak anpil lòt militan nan

katye popilè yo tankou : Site Solèy, Lasalin,

Bèlè, Granravin, Senmaten, Taba

elatriye.

Pandan antèman t ap chante

kout zam t ap chante tou nan mache

Kwadèbosal ak zòn Lasalin lan. Se 2

gwoup ame k ap goumen pou pran

kontwòl mache a ki t ap tire kout zam

ak lapolis. Lapolis bò kote pa l pa t ka

reziste anba kout zam nèg ame yo, yo

te sètoblije fè bak devan nèg ame yo.

Sitiyasyon sa a te paralize tout aktivite

komèsyal yo, plizyè machann viktim

nan kouri, genyen ki blese anba bal,

gen lòt ki tonbe nan kanal dlo santi,

nan twou egou. Selon machann yo,

gen yon moun ki mouri anba bal epi

lage kadav la nan yon kanal.

Aprè asasina Fritz Gerald Civil

nan Miragwàn, na mwa avril pase a,

militan Lavalas yo pa sispann tonbe

anba bal bandi legal tètkale yo nan

katye popilè yo, menm jan Tikoton ak

Pouchon tonbe anba bal bandi legal

Pierrot yo. Nan Site Solèy, plizyè militan

Lavalas tonbe anba bal ajan enterimè

yo. Se sa k fè pèp la nan manifestasyon

yo ap chante: “ Prese, prese,

prese O ! Martelly di l ap touye pèp la O

! O ! O ! prese prese, prese voye l ale.»

Yon jèn gason, yo sasinen

nan katye Belekou

zòn, pandan y ap bay gwo zam pou fè

presyon sou pèp la, pou l pa manifeste:

Nèg yo san konsyans anpil, se mechan

ak kriminèl ki pran peyi a.

Gen yon gwo dram ki te pase nan

site solèy espesyalman nan Belekou

jou ki te samedi 23 Out 2014 la nan

maten. Li te anviron 5 kè nan aprè midi

plizyè nèg ki sòti nan Boule; youn nan

34 katye nan site solèy, Bandi ak gwo

zam te antre nan Belekou, yo touye 5

moun san konte plizyè lòt moun ki te

blese.

Suite à la page (19)

Tanbou Libète: yon egzanp pou lòt

gwoup kiltirèl yo

Menm jan Troupe Kouidor te jwe yon

wòl enpòtan lan devlopman yon nouvo

teyat ayisyen, se konsa Tanbou Libète

ap sèvi egzanp pou tout gwoup atistik

pwogresis ki pral epapiye lan dyaspora

ayisyen an. Jan nou te wè deja, Koral

Patriyotik Tanbou Libète jwe premye

chante l sou antèn emysyon radyo

L’Heure Haitienne an septanm 1971 e

depi lè sa a gwoup la te anime laplipa

miting politik ki te fèt epòk sa. Tanbou

Libète pase lan diferan faz pandan devlopman

li.

Pandan ane 71/72 yo enstriman

debaz koral la se te òg ak tanbou akote

gita, batri, klòch ak maraka ki t ap

akonpaye yon ventèn vwa ki divize ant

alto, tenò ak bariton. Koral la te monte

lan tradisyon koral tip Troupe Simidor,

Les Caracos Bleus osnon Troupe Michel

Déjean.Twa koral sa yo t ap fonksyone

ann Ayiti lan ane 60 yo. Pandan de

premye lane egzistans li, Tanbou Libète

te gen yon kolaborasyon sere ak òganizasyon

politik tankou MHAP (Mouvement

Haïtien d’Action Patriotique)

ak UFHAP (Union des Femmes Haïtiennes

Patriotes). Apati 1972 koral

la te gen kontak regilye ak jenn nan

rali Sacré-Coeur lan Queens epi jenn

nan rali Bushwick ak koral legliz Sainte

Thérèse lan Brooklyn. Plizyè manm

Tanbou Libète t ap travay ak jenn sa

yo pou aprann yo chante patriyotik epi

devlope talan atistik yo.

Manm koral patriyotik la te wè

travay yo lan gwoup la kòm pwolonjman

lit pou liberasyon nasyonal la sou

plan kiltirèl. Lefèt chante patriyotik yo

te parèt lan yon peryòd byen detèmine

nan istwa peyi nou, sa pral make ni kalite

atis yo ni tèm ak lide y ap chante yo.

Ositou nou jwenn lan chante yo menm

demach anti diktatoryal ak anti enperyalis

ou rejwenn lan mitan mouvman

patriyotik la. Youn lan chante ki karakterize

premye faz Tanbou Libète a se M

ale : Vye frè m, vye kouzen m, vye sè

m, vye zanmi yo m ale. Mwen pral wè

kote Lan Ginen rive…Mwen pran vye

dyakout san m pa bliye vye karabin

Frè Bout ki te tire, ki te tire, ki te tire...

Mwen pran devan pou m fè chimen pou

sa k rete dèyè, menm si gen van menm

si gen san n a vin jwenn mwen…Chante

sa a sou premye plak 33 tou gwoup la

mete deyò 22 fevriye 1973 avèk tit

Chants revolutionnaires haïtiens.

Lan mitan ane 1973 la Tanbou

Libète te redui ak yon dizèn manm

konsa. Kòm enstriman lè sa a te gen de

gita, yon pè bongo, yon tanbourin ak de

maraka. Se lan dezyèm faz sa a gwoup

la lage non Koral Patriyotik la pou pran

non Òganizasyon Kiltirèl Revolisyonè

Tanbou Libète. Non sa a te vin pi kadre

ak nivo devlopman pratik gwoup la

ki te angaje l sou plizyè chantye kiltirèl

alafwa. Anplis chante, gwoup la te

lage kò l tou lan teyat. Menm jan ak

Troupe Kouidor, Tanbou Libète te gen

yon konsepsyon modèn sou teyat . Li te

chwazi pou fè yon teyat total ki makònen

ansanm plizyè fòm atistik : chante,

dans, mim, pwezi eksetera. Piblik la tou

te gen yon patisipasyon lan teyat sa. Te

gen yon dekò minimòm sou sèn nan e

li te posib pou yon aktè jwe plizyè wòl

nan yon menm tablo. Tanbou Libète

te rele estil teyat sa a montaj e li te

renmen itilize ladan maryaj vwa, kote

plizyè vwa ap antre soti youn apre lòt.

Lè nou konsidere etap sa a nou

pa ka pale ankò de mizik patriyotik sèlman,

men fòk nou pale de yon mouvman

kiltirèl patriyotik ki t ap defann

souverènte teritoryal nou e mete sou

sèn osnon lan chante : reyalite peyi

d Ayiti. Tanbou Libète te prezante de

montaj. Youn se Si kacho pran pale, ki

montre represyon politik sou rejim Duvalier

yo. Lòt la se Sou lanmè tout kannòt

yo rasanble ki dekri tribilasyon botpipòl

yo ak pèsonaj prensipal Turenne

Deville ki te pito pann tèt li lan prizon

Krome Avenue tan pou yo te depòte li

tounen Ayiti anba bòt fachis makout

yo. Dezyèm montaj sa a te monte nan

kolaborasyon avèk Atis Endepandan.

Apa 33 tou a, Tanbou Libète te

pwodui de 45 tou ki pote non: 4 Chante

flè solèy (novanm 1973) ak 4 Chabon

dife (desanm 1974). Gwoup la te

prezante espektak lan New York, New

Jersey, Pennsylvania ak Canada. Lan

twazyèm faz egzistans Tanbou Libète

atis yo te itilize pyano, gita ak tanbou

jan sa parèt nan entèpretasyon adaptasyon

kreyòl Basta ya ! Mizik sa a se

kreyasyon Atahualpa Yupanki, yon

gwo chantè ak gitaris otoktòn ajanten :

Monkonpè koute on koze. M gon pawòl

pou mwen pale. M ap travay pou blan

angle. M ap travay pou de gouden. Lè

m pran l li pase lan menm oooo...Ki

moun ki genyen lagè a yo te fè lan mòn

Vyetnam ? Se yanki yo lan sinema, se

Vyetkong yo sou tè a…

Eksperyans Asosyasyon

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Kiltirèl Solèy Leve

Nan fen lane 1972 Solèy Leve fè aparisyon

li sou sèn kiltirèl la apre yon seri

manm Tanbou Libète te kite gwoup la

pou al fòme pwòp koral pa yo. Ositou

se pa yon aza si de gwoup yo te

pòtre anpil lan yon premye tan. Tou de

te chita sou menm baz ideyolojik e yo

te gen menm konsepsyon mizikal ak

menm repètwa. Pi devan Tanbou Libète

ap vin kite estil koral Cœur Simidor la

ki te baze sou plizyè kategori vwa k ap

balanse ansanm. Solèy Leve okontrè ap

kenbe estil sa a nèt, sitèlman nou ka di

se te mak fabrik asosyasyon an. Enstriman

akonpayman yo se te òg, gita ak

tanbou. Kòd lonbrit asosyasyon an te

mare ak òganizasyon politik MHAP ak

UFHAP. Se konsa Solèy Leve te asire

animasyon kiltirèl pi fò rankont politik

gwoupman sa yo te òganize.

Sou plan atistik Asosyasyon Kiltirèl

Solèy Leve te gen yon atachman

espesyal ak Haïti Culturelle lan Boston

epi Gwoup Kiltirèl Vaksin lan Montréal.

Menm tip relasyon ki te gen sou plan

politik ant MHAP ak Groupe d’action

patriotique Vertières lan Boston e Mouvement

Patriotique Haïtien 18 mai

lan Canada. Menmman parèyman pou

UFHAP ak Détachement Féminin Vertières

lan Boston epi Comité Féminin

MPH 18 mai a. Kesyon lit pou liberasyon

fanm yo te gen yon gwo enpòtans

pou dènye gwoup sa yo. Se sitèlman

vre, sou premye plak Solèy Leve a ki

pote non li, gen senk powèm, chante

ak dyalòg ki debat divès aspè pwoblèm

sa a. Gen twa chante ki rele Fanm Ayisyèn,

Nou se fanm toutbon ak Fanm

vanyan, ni Tanbou Libète ni Solèy Leve

te konn chante, ki te sèvi kòn lanbi

rasanbleman pou mobilizasyon fanm

ayisyèn aletranje.

Asosyasyon Kiltirèl Solèy Leve

te gen yon repètwa laj e varye. Chante

Peyi an mwen ak N a prale poze pwoblèm

tribilasyon legzil ak konviksyon

nou pa vini tabli aletranje, depi lè a

sonnen n a prale lakay nou. Bèl flè d

Ayiti mande pou nou pa pran fanm

pou joujou men pou nou gade pito sa

yo pote. Lalam tire, Boukan ak Goudiye

sonnen raliman pou gwo batay

la ak asirans bato a gen pou rive lan

pò. Nesesite pou tèt ansanm poze nan

Ti sous ak Plante manyòk. Yon verite

rekonèt enpòtans lang kreyòl la pou

Ayisyen, yon eritaj nou dwe aksepte ak

fyète. N ap fè demen bèl ak Ayiti demen

montre liberasyon Ayiti ak lespwa pou

demen. Ayiti Demen se non twazyèm

plak Solèy Leve a tou.

Kwak gwoup sa a te plis espesyalize

nan chante li te eseye fòs li lan teyat

tou. Li te jwe yon pyès yo rele : Imigrasyon

Debake. Tit la tou di sijè pyès la.

Gen manm Solèy Leve ki te konn jwe

yon ti eskètch ki rele : Tribilasyon fanm

ayisyèn lan Nouyòk. Moso sa a sou

premye plak la. Gwoup la te prezante

tou de montaj atistik sou non Plante

manyòk ak Peyi an mwen. Ojis montaj

sa yo se te reprezantasyon vizyèl de

chante sa yo. Kidonk lan aktivite atistik

Solèy Leve nou jwenn : pwezi, chante

ak teyat.

Apa founi animasyon kiltirèl nan

miting politik jan nou te mansyonnen pi

wo a, Asosyasyon Kiltirèl Solèy Leve te

prezante plizyè espektak. Li te patisipe

lan piknik ak fèt etidyan. Epòk sa a li

te gen kat chante ki te mache lan san

piblik la anpil. Se : Peyi an mwen, Ayiti

Demen, Peze kafe ak Depi lendepandans.

Dènye chante sa a te jwenn yon

plas an desanm 1982 lan Sa k pase,

bilten Asosyasyon Etidyan Ayisyen lan

City College lan vil New York.

Eksperyans Gwoup

Atis Endepandan

Apa Tanbou Libète ak Solèy Leve ki

6

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014


t ap evolye nan vil New York te gen

yon twazyèm gwoup kiltirèl patriyotik

ki rele Atis Endepandan. Gwoup sa a

te konpoze ak atis ki t ap travay ansanm

depi 1971 ak emisyon L’Heure

Haitienne plis detwa lòt patriyòt ki te

rejwenn gwoup la pita. E li te kòmanse

ap jwe pasipala san li pa t gen yon non

pou idantifye li, jiskaske Komite k ap

Defann Dwa Pèp Ayisyen te mande

gwoup la non l pou mete sou afich yon

n fèt li t ap òganize. Atis yo te reponn

yo se atis endepandan pou montre kòd

lonbrit yo pa t tache ak ankenn gwoup

politik ni yo pa t sou lobedyans okenn

parenn k ap deside pou yo. Se konsa

non Atis Endepandan an tou rete kòm

non gwoup la.

An reyalite, yo te gen kontak

sere ak òganizasyon politik En Avant

ansanm ak emisyon radyo L’Heure Haitienne.

Atis Endepandan te jwe nan fèt

ak miting òganizasyon politik la e gen

yon epòk li te konn anime yon tranch

kiltirèl yon dimanch pa mwa sou antèn

L’Heure Haitienne. Lan pwogram sa

te genyen pwezi ak chante. Youn lan

chante ki te gen siksè se Dodinen. Se

nou ki boulanje a se nou k boule nan

fou. Se nou ki fezè d nat la se nou k

dòmi atè. Bagay sila pa kapab dire,

travayè di yon mo.Granmesi pa nou se

kout baton li ye, men zòt chita sou do

n l ap dodinen.

Atis Endepandan te kolabore tou

ak lòt gwoup atistik ak kiltirèl ayisyen

kou etranje. Yo te kolabore ak Atelye

Tanbou Libète lan montaj teyatral Sou

Lanmè Tout Kannòt yo Rasanble. Yo te

bay gwo konkou nan aspè mizikal la lè

yo te konpoze yon pati lan chante ki

anndan montaj la. Gen manm Atis Endepandan

tou dèyè kèk lan enstriman

ki te akonpaye aktè yo sou sèn, kit se

te lan Prospect Park, Brooklyn kit se te

lan oditoryòm lekòl Spring Valley, toujou

nan leta New York. Atis Endepandan

te devlope yon relasyon espesyal

ak yon gwoup atistik ameriken ki rele

Human Condition. Yo te jwe ansanm

lan anpil espektak.

Se Barbara Dane, yon atis militan

ameriken ak Paredon Records ki

te pwodui plak Atis Endepandan an

an 1975. Tit plak la se Ki sa pou n fè.

Se non tou yon mizik sou plak la ki te

popilè anpil. Human Condition te konn

entèprete chante sa a. Jou ap pase Ayiti

ap fè bak. Jaden seche, timoun ape

mouri grangou. Gen lenjistis, gwo ape

vale piti, peyi a se peyi n li ye se nou

ki pou di yon mo lan sa… Ki sa pou n

fè ? Revolisyon pou tout bagay kapab

mache…

Lan yon espektak li te fè nan

Park Slope, Brooklyn, Atis Endepandan

te prezante yon montaj pou premye

fwa e lan montaj sa a ou te santi

enfliyans Tanbou Libète. Pinga nou

kriye_ se non montaj la_ se dramatizasyon

yon chante gwoup la ki rele menm

jan. Pyès sa te mete sou sèn sitiyasyon

makawon peyi d Ayiti ak yon ekonomi

k ap dekrenmen. Li te montre tou koripsyon

ak vòl k ap layite lan mitan kad

administratif yo san konte wòl restavèk

leta ayisyen ap jwe pou enperyalis ameriken

an. Pinga nou kriye se non tou

plak moso sa parèt sou li a ; yon plak

L’Heure Haitienne te fè soti an 1979

pou komemore dizyèm anivèsè li. Van

sèk pase l soufle li touye jaden nou. Bèt

nou mouri grangou pinga nou kriye.

Se nou ki bay lavi pinga nou kriye n

a chache lavi a kote l al kache. Mwen

di nou konsa pinga nou kriye. Mwen di

nou konsa pinga nou kriye. Mwen di

nou konsa pinga nou kriye, ann mache

kontre pou n chache lavi.

Konklizyon

Se nan chèche lavi lòt kote apre yo pati

kite Ayiti, swa pou rezon ekonomik

swa pou rezon politik, konpatriyòt lan

dyaspora a mache kontre pou mete

sou pye yon mouvman politik nan bi

pou denonse opresyon ak eksplwatasyon

pèp ayisyen t ap sibi anba men

klas dominan lokal yo ak konplisite

boujwazi entènasyonal la, epi fè sa ki

posib pou chanje sitiyasyon malouk sa

a.Se nan kad kontestasyon ak rezistans

ki te pran chè nan okazyon pasasyon

pouvwa avi rejim diktatoryal divalyeris

la chante patriyotik yo wè jou.

Konpozisyon mizikal sa yo te

soti nan matris gwoup atis pwogresis

ayisyen ann Amerik di nò ak ann

Ewòp nan kad kanpay sansibilizasyon,

mobilizasyon ak konsyantizasyon

kominote ayisyen yo aletranje. Se te

rezilta jefò pou pote nouvo mesaj sou

nouvo fòm. An plis gwoup ki te baze

New York yo moun te pi konnen, gen

plizyè lòt gwoup nou pa t gen posibilite

pou sènen anndan tèks sa a ki

merite atansyon nou tou. Haïti Culturelle

jwe pou premye fwa nan Boston

an 1973 ; Grenn Banbou parèt North

Miami an 1980.Vaksin ak Kouto Digo

fòme nan Montréal an 1977. Shango

ak Kiskeya toulede te pran lari nan lane

1976, premye a nan Paris, dezyèm

nan nan Bruxelles. Pou fini nou ka di :

mizik patriyotik yo se te ekspresyon

yon mouvman kiltirèl revolisyonè ki li

menm te apiye sou yon mouvman politik

revolisyonè.

Par Thomas Péralte

Le juge «Zafra», Lamarre Bélizaire,

contesté par des organisations de

défense des droits humains a été chargé

de multiples dossiers par le gouvernement

Martelly-Lamothe.

Il est assisté du journaliste-mercenaire

Guyler Cius Delva, travaillant

pour le pouvoir tètkale vu qu’il s’est

engagé à publier les ordonnances de

son complice de juge. Delva, lui a le

privilège de savoir tout le secret des

instructions particulièrement, celles de

l’ancien président Jean Bertrand Aristide.

Alors que le principe de la justice

veut que l’instruction soit secrète ; en

Perspectives

Qui finance le juge «zafra» Lamarre Bélizaire ?

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(011 509) 3401-1254

Lamarre Bélizaire

Adresse aux États-Unis:

8 Mechanic Street, Glen Cove, NY 11542

954-579-6301

Adresse Internet: www.eliegroupe.com • info@eliegroupe.com

Guyler Cius Delva

ce sens, le secret de l’instruction est

violé par le juge qui a dévoilé tout le

secret de l’instruction de cette affaire.

Si elle existe vraiment.

Malgré sa récusation pour suspicion

légitime, Lamarre Bélizaire

n’entend pas lâcher prise. Il continue

sans désemparer la poursuite de la

persécution politique. Cela prouve que

l’intérêt est le mobile de ses actions.

L’avocat Me. Newton Saint-Juste

vient de vendre la mèche lorsqu’il a fait

savoir que le juge Lamarre Bélizaire,

embauché dans l’appareil judiciaire

en juillet 2012 et qui touche comme

salaire moins de 50 mille gourdes (à

45 G pour 1 dollar équivalent à 1,086

$ US) a acheté deux maisons, l’une à

Juvénat et l’autre à Nazon évaluées à

plus de 500 mille dollars US. Il avance

450 mille dollars sur une maison à

Delmas 75. Me. Newton Saint-Juste

demande à l’Unité Centrale de Renseignements

Financiers (UCREF) et à

l’Unité de Lutte Contre la Corruption

(ULCC) de diligenter une enquête sur

les avoirs du juge Lamarre Bélizaire.

Il est inconcevable qu’un juge, qui

touche comme émoluments mensuels

1,086 dollars US, ait dans son actif

des maisons qui coûtent plusieurs centaines

de milliers de dollars US achetées

dans ce court laps de temps.

Dans ce même ordre d’idées, des

manifestants, lors de la manifestation

du 17 Octobre dernier, commémorant

le 208 e me année d’assassinat du

père-fondateur de la Nation haïtienne,

Jean Jacques Dessalines, ont dénoncé

l’ex-notaire du président Aristide, Jean

Henry Céant dans ce vaste complot

contre son ancien client qui n’a aucun

lien politique et idéologique avec

lui. Sur une pancarte exhibée par un

manifestant, il est inscrit: «Me. Jean

Henry Céant bay jij Lamarre Bélizaire

500,000 dola » pour persécuter Dr.

Aristide. Est-ce une vérité ? Nous ne

le savons pas. Cette Pancarte a été

postée sur le site du Journal Le Nouvelliste

dans l’espace de l’actualité en

Jean Henry Céant

vidéo. Elle est également postée sur

Youtube.

Donc, avec Me. Anel Alexis

Joseph à la tête du Conseil Supérieur

du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) et le juge

«zafra» Lamarre Bélizaire, la justice

est devenue un instrument du pouvoir

tètkale pour persécuter les opposants à

ce regime. Tous les dossiers de persécution

politique ont été confiés à Lamarre

Bélizaire. Qu’il s’agisse du dossier

de Me. André Michel, du Dr. Jean

Bertrand Aristide, des frères Florestal,

de Louima Louis Juste, d’Anthony

Nazaire, de Nadal et Cleevens Aristide,

de Nazaire Thidé, des 18 manifestants

arrêtés le 17 Octobre 2014 ; tous se

trouvent dans le cabinet de Lamarre

Bélizaire.

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Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 7


Perspectives

Le vaudou, fondement gracieux de

l’épopée de 1804

D'Haïti au Libéria même

combat ?

Par Henry Robert PIERRE PAUL

Implanté dans ce pays au début du XVIè

siècle, avec l’arrivée des noirs d’Afrique

recommandée par le « fameux » prêtre

catholique Las Casas qui n’hésitait pas

à ordonner aux autorités coloniales de

l’époque de faire transporter jusque sur

la terre d’Hispaniola, ces créatures-là

qu’il ne considérait pas comme des êtres

humains à part entière, dans le but de

venir remplacer les « Indiens » qu’il aimait

tant, dans leurs rudes travaux qui

les décimaient en grand nombre, le vaudou

s’entend donc comme étant une

religion d’origine africaine pratiquée en

Haïti, qui emprunte certains de ses éléments

au rite catholique. Sa présence

ou du moins son acceptation dans le

milieu haïtien n’a jamais été chose facile,

ni sans conséquence. Dès ses premiers

jours, il devait faire face aux hostilités

féroces (attaques et persécutions

de toutes sortes) de ses détracteurs et

ennemis qui interdisaient son existence

même, tout comme ses manifestations.

Alors que pour certains, il était déterminant

dans le processus ayant conduit à

l’indépendance nationale, concrétisée le

1er Janvier 1804, pour certains autres,

l’aboutissement à cette épopée n’a pas

de rapports certains ou signifiants avec

lui. Aussi, une analyse même succincte

de cette religion qui, au dire de plus

d’un, allait représenter le foyer culturel

du peuple haïtien, nous permettra-telle

d’appréhender et de cerner la réalité

autour de cette religion dans la

dynamique de la lutte des esclaves de

Saint Domingue pour l’indépendance

nationale.

En effet, le vaudou haïtien est

constitué de trois éléments a) africain, b)

chrétien, c) indien. De l’avis de pas mal

de gens, l’essentiel de cette religion noire

qui, dès le début se mélangeait au christianisme

pour produire le vaudou peut se

résumer comme suit :

Indifférenciation de l’homme et

des choses.

Attribution des qualités de

l’homme aux animaux, plantes, minéraux,

objets. D’où la possibilité pour

l’homme de se transformer en animaux

ou en plantes.

Possibilité pour les groupes humains

de s’allier aux animaux et d’en

utiliser la puissance.

Comme toute autre religion, le

vaudou possède ses structures. A ce propos,

il convient de jeter un coup d’œil sur

le clergé qui occupe une place importante

dans l’existence de ce culte.

Le clergé (1)

On donne le nom de Houngan aux

hommes, et mambos aux femmes. Par

ailleurs, le fidèle ayant déjà subi l’initiation

est appelé ounsi. On rapporte que le

plus zélé est le ounguénicon. Quant au

père savann, il a pour mission de réciter

les prières vaudouesques et l’esprit

des talismans. En fait, celui qui veut

accéder à ces grades doit passer par des

stades : Laver-tête, Kanzo, Asson. Le

vaudou a également des rites. Plus précisément

trois dont a) le rada, qui est

bienfaisant, b) le pétro, qui apprécie le

porc dans les sacrifices et procure aux

cérémonies un caractère magique, c)

le congo, qui réunit des esprits assoiffés

de sang. L’exécution de ces riteslà

se réalise sur des autels différents.

Ainsi, l’autel personnel est : 1) le petit

rogatoire qui se trouve dans la chambre.

2) Le péristyle c’est là où ont lieu les

cérémonies et les danses. Au milieu du

péristyle se trouve le poteau mitan sur

lequel est représenté le vêvê ou symbole

du loa. 3) L’autel familial : le houmfort.

Le sanctuaire principal, c’est le badji où

l’on trouve des cruches contenant les

esprits des morts. 4) L’autel collectif,

c’est le lieu de pèlerinage (catholique).

Exemple : Limonade, bord de mer de Limonade,

Saut d’Eau, Plaine du Nord, etc.

La morale du vaudou consiste en une

Une cérémonie vaudou à Lakou Badjo

Une Haïtienne en transe pendant une cérémonie vaudou, à Souvenance

défense de tuer, en la défense aux prêtres

du vaudou de se servir des forces spirituelles

pour faire le mal. Contrairement

à d’autres, il est une religion pratique qui

ne prêche pas la résignation mais plutôt

qui pousse l’homme à rechercher son

bonheur sur la terre et non ailleurs. Il est

toute une vision, une conception, une

idéologie, une philosophie du monde. Sa

survivance est donc expliquée par tout

cela. Au cours de la colonisation, l’Haïtien

vaudouisant, nous rappelle le professeur

Micial Néréstant, était livré pieds et

poings liés à toute domination possible.

On lui coupait tout langage, on l’exilait

de lui-même, et il ne disposait pas de

défense. Durant ces époques-là, Haïti a

connu l’humiliation la plus terrible de

son histoire. Ainsi, le vaudou a donc été,

poursuit le professeur, (2) une forme de

résistance culturelle contre le système

esclavagiste. Il est aussi l’expression de

l’exploitation économique et de l’insécurité

fondamentale des couches populaires.

En outre, comme religion, il est un

système d’intégration de l’individu dans

le tout, c’est-à-dire une attitude d’harmonie

et de participation active et volontaire

de l’individu à tout son univers, l’expression

de l’être en monde du vaudouisant

se traduisant comme une attitude fondamentale

du paysan face à l’absolu.

Il remplit des fonctions de compensation

dans l’ordre économique,

social, politique, religieux. Il constitue

une sorte de refuge surnaturel pour les

vaudouisants et aussi leur fournit des

moyens de se récréer et de solutionner

leurs problèmes sanitaires et autres. C’est

dans ce contexte-là qu’au cours des

luttes acharnées que menait la masse

des esclaves de Saint Domingue pour

l’indépendance nationale, il a trouvé

l’opportunité, l’occasion propice pour

les incorporer durant les dures épreuves

qu’ils devaient surmonter, sans oublier

le profond désaccord qui existait entre

eux. Tout ceci rendait difficile et même

inimaginable l’aboutissement à l’objectif

primordial visé (l’indépendance).

Face à ce dilemme, il avait fallu

son intervention qui, plus tard allait

apporter un souffle nouveau dans la

dynamique du combat pour la liberté et

la libération, notamment l’union parfaite

des esclaves leur facilitant la tâche de

les libérer du joug de l’esclavage. Car,

à partir de lui leur arrivait une prise de

conscience, élément capital qui leur

manquait et qui représentait l’obstacle, la

barrière à briser, à franchir pour parvenir

à atteindre leur but, concrétiser leur

rêve d’affranchissement général. Cela

leur permettait de s’unir en un seul pour

livrer le bon et le vrai combat et arriver

à vaincre l’ennemi commun (le colon)

qui les réduisait à l’état infra-humain. La

question du vaudou en Haïti a tout au

long de son histoire été un sujet de vives

tensions et de controverses intenses.

Le vaudou a été l’objet de plusieurs

croisades ou même de guerres

de religion comme la campagne des

rejete de 1939 à 1942. La constitution

haïtienne a toujours été ambiguë, nous

signale monsieur Jean Yves Blot, face au

vaudou le traitant de pratiques superstitieuses,

de pratiques diaboliques, etc. A

son avis, certains prédicateurs, du haut

de leur chaire dénigrent publiquement

le vaudou dans leurs ‘‘voye monte’’(3)

simplistes qui frisent l’obscurantisme.

La perception des Haïtiens en général

face au vaudou ne diffère pas de celle

que les colons leur avaient inculquée à

travers le système colonial-esclavagiste,

jusqu’à traiter le vaudou de ‘‘pratiques

cannibales’’, de ‘‘superstitions’’, de principal

obstacle au développement. Somme

toute, le vaudou vu sa partition importante

qu’il a toujours su jouer dans la vie

du peuple haïtien a, et mérite lui aussi sa

place à côté des autres religions, dans la

société. D’ailleurs, son intervention dans

la dynamique de la lutte des esclaves

de Saint Domingue pour la liberté était

plus que décisive et salutaire. Il est donc

parmi tant d’autres choses un élément

relevant du patrimoine culturel haïtien.

_____________________________

_____

NERESTANT, Micial : Introduction

à la sociologie, à l’usage des infirmières,

éditions caraïbes, Cayes, 1987, p.97.

NERETANT, Micial : O.p. cit,

p.103.

BLOT, Jean Yves : Introduction à

l’anthropologie, p.17.

Henry Robert PIERRE PAUL

Sociologue.

Suite aux plaintes portées par la société civile haïtienne contre ce

contingent de casques bleus népalais, les Etats-Unis ont pourtant

soutenu l'impunité de l'Onu.

Une victime du Cholera de la

Minustah en Haiti

Ebola, Otan médical, Oms et forces

militaires atlantistes : une stratégie

de reconquête coloniale de l'Afrique de

l'Ouest ?

Une stratégie du soin ouvertement

colonialiste et impérialiste accompagne

la lutte contre Ebola. L'Union

africaine ne compte pour rien dans les

stratégies de l'Ue, de l'Otan, de l'Oms

et des Usa en Afrique ; qu'il s'agisse du

terrorisme en Afrique ou des problèmes

sanitaires. C'est le Nord qui décide pour

le Sud dans ses anciennes colonies de

ce qu'il y a de mieux pour ces populations

en s'appuyant sur des kleptocrates

mis au pouvoir par les pays occidentaux.

Au moment où près de 10 000

soldats des forces de l'Otan (Etats Unis,

Allemagne, France, Grande-Bretagne)

vont s'abattre sur l'Afrique de l'Ouest

pour lutter contre l'Ebola, dans le plus

grand silence de leurs médias complices,

on ne peut que s'étonner de cette

conception du soin si spécifique aux

pays occidentaux, tandis que les Russes,

les Cubains déploient laboratoires et

centaines de médecins sans déployer

aucun militaire. C'est à un tel point

que les autorités étatsuniennes étaient

incapables de justifier devant le Congrès

les subtilités et les détails de cette

opération militaire si ce n'est de créer

un centre de commandement Africom

à Monrovia.

Ce déploiement intervient au moment

où Foreign Policy (The Ultimate

Ebola Fighting Force) évoque la possibilité

de créer un Otan médical voulu

par l'Oms et les pays occidentaux. Une

force militaro-humanitaire capable

d'intervenir sans l'aval des pays hôtes

pour lutter contre une épidémie ravageant

ce pays : soit une reconquête militaire

de ces pays au nom du prétexte

médical.

« Cet «Otan médical», pour ainsi

dire, consisterait en une coalition de

pays qui recruterait des équipes spécialisées

- composées de médecins,

d'infirmières et autres - des organismes

et des systèmes de santé nationaux.

L'alliance pourrait nommer un médecin

en chef, et tous les pays participants

développeraient conjointement des

plans opérationnels pour mener des exercices

de répétition.

Les équipes seront déployées à la

demande de l'Oms, suite à la déclaration

d'une urgence sanitaire mondiale.

Elles pourraient être mobilisées pour

supprimer une maladie soit complètement,

ou à un niveau tel que le pays

pourrait alors gérer la crise lui-même.

Elles auraient le pouvoir de fournir

directement les traitements médicamenteux

et mettre en œuvre des

mesures de prévention, sans ingérence

politique de la part d'un pays dans lequel

une épidémie est en train de se

produire. » (Ebola et impérialisme militaro-médical

au Liberia : vers un "Otan

médical" ?).

On comprend alors mieux le

pourquoi du déploiement de ces milliers

de militaires, s’il faut effectivement administrer

aux populations locales des

traitements sans l'aval de leur population

ou de leur gouvernement. Rappelons

seulement qu'en Haïti les Etats

Unis avaient déployé 10 000 Marines,

le lendemain du tremblement de terre

en janvier 2010, pour envoyer dans un

second temps des équipes de médecins

et de chirurgiens sur le terrain, auxquels

Msf a reproché un usage abusif

de l'amputation. Fin 2010, une épidémie

de cholera a éclaté faisant 3000

morts en Haïti.

"Un groupe d'experts nommés par

l'Onu a conclu que l'épidémie de choléra

en Haiti était due à la contamination de

la rivière Meye, affluent du fleuve Artibonite,

par une souche pathogène de

Vibrio choléra d'origine sud-asiatique, à

la suite d'activités humaines. Selon le

ministre de la Santé haïtien, Alex Larsen,

il s'agit d'une souche de type O1,

la plus dangereuse. Une étude publiée

peu après a démontré l'identité parfaite

des souches isolées au Népal et en Haiti

au début de l'automne 2010. Selon une

synthèse publiée début 2012, les données

épidémiologiques et génétiques

montrent que la source du choléra en

Haiti provient de la relève d'un bataillon

de casques bleus népalais au début

du mois d'octobre 2010." (Wikipedia).

Suite aux plaintes portées par la société

civile haïtienne contre ce contingent de

casques bleus, les Etats-Unis ont pourtant

soutenu l'impunité de l'Onu.

Suite à la page (15)

Director: Florence Comeau

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8

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014


This Week in Haiti

Anti-Martelly Protests Grow in Haiti

by Isabelle L. Papillon and Kim Ives

Haiti Cholera Victims Get

First Hearing in Court

Haïti Liberté

Thousands marched through the streets of Port-au-Prince on Oct. 26,

2014, demanding the resignation of President Michel Martelly.

The uprising across Haiti to demand

the resignation of President

Michel Martelly grew again

this week with massive marches

in the capital and several towns on

Oct. 26, 2014, the date on which

Martelly had promised elections

earlier this year.

As they had just nine days

earlier on Oct. 17, tens of thousands

of Haitians took to the

streets again to demand the holding

of elections, respect for the

Constitution, and the continuation

of the democratic process in Haiti.

But for this to happen, there is a

growing consensus around the

demonstrators’ principal demand:

“Martelly must go!”

In addition to Port-au-Prince,

demonstrators marched in Aux

Cayes, Petit Goâve, and Cap Haïtien.

Parliamentary and municipal

elections are more than three

years overdue because of Martelly’s

bureaucratic foot-dragging

and intransigence in naming a

compromise electoral council.

Nonetheless, Martelly has blamed

his political opposition and the

parliament for the delay and found

the time and resources to hold

three carnivals a year. The situation

seems to confirm the old Haitian

dictum: "Macoutes never hold

elections" (Makout pa konn fè

eleksyon), a reference to the repressive

paramilitary Tonton Macoute

force which was the armed

expression of the Duvalier dictatorships

Under pressure from the

Haitian people, and his imageconscious

backers in Washington,

Martelly signed a presidential

decree on Jun. 10, 2014 setting

elections for Oct. 26, 2014. But in

mid-August, Martelly’s electoral

council announced that the elections

would be postponed indefinitely.

In a symbolic move, the people

took to Haiti’s streets in search

of polling stations. Not finding

any, they asked for the keys to the

National Palace.

In the capital, the demonstration

started at 10 am. Thousands

gathered in front of the ruins of St.

Jean Bosco, the church where Father

Jean-Bertrand Aristide used to

preach. The crowd then marched

through the popular quarters of

La Saline, St. Martin, and Bel Air

before taking the Delmas Road.

Peacefully, but with determination,

the sea of demonstrators marched

to Pétionville

"We demand the immediate

resignation of Martelly,” chanted

demonstrators. “Martelly is a vagabond.

He should not be president

of Haiti. He was imposed on us by

the international community. No

matter what, Martelly must go!”

Militants of the Dessalines

Coordination party (KOD) carried

signs that read: “Occupation

= Martelly! Martelly = Cholera!”

Other signs said: “Martelly = a

pink flea! Martelly symbolizes

misery! Martelly = the colonists’

servant (restavèk kolon)."

Angry demonstrators tore

down pink government posters

proclaiming that “Ayiti ap vanse"

(Haiti is moving ahead). Protestors

burned and stamped on them.

Regime thugs tried to provoke

the crowd into a confrontation

at Delmas 18, but the Haitian

police stopped the harassment.

They had another agenda.

At Delmas 75, the police, accompanied

by a justice of the peace

with prepared warrants, arrested

Thimoté Rony and Biron Odigé,

the two leaders of the Patriotic

Front for Respect of the Constitution

(FOPARC). FOPARC was one

of the principal march organizers.

The two leadeers were taken to the

Pétion-ville police station and then

transported to the Carrefour police

station, in the south of the capital.

As news of the two leaders’

arrest spread through the crowd,

the protestors’ strength and determination

increased. It was resolved

to head to Carrefour.

Demonstrators arrived at

Pétion-ville without too much difficulty

and were greeted and joined

by hundreds of people who swelled

the crowd. After passing along

various streets of swank town,

the demonstrators headed towards

the National Palace to demand the

keys. But the police denied the

marchers access to the Champ de

Mars, the square in front of the

National Palace. So the protestors

headed down Rue Capois en route

to Carrefour to bring solidarity to

Biron Odigé and Thimoté Rony.

However, at Rue Magloire Ambroise,

as they did on Oct. 17, the

police broke up the demonstration

with tear gas and pepper water.

Haitians throughout the capital

had quickly learned that the

two arrested leaders were jailed

at the Omega Prison in Carrefour.

Within minutes, demonstrators

were protesting outside, chanting

“Down with Martelly,” even

as thousands were wending their

way down from Pétion-ville. When

Sen. Moïse Jean-Charles, the charismatic

leader of the anti-Martelly

movement, and lawyer André

Michel arrived at the prison, the

demonstration grew in size and

volume. Moïse called for a “permanent

mobilization” against the

“emerging dictatorship.”

"The people do not want the

tet kale (bald headed) group,” said

Sen. Moïse. “Martelly has lost control

of the situation."

The next day, Oct. 27, Portau-Prince

prosecutor Kerson Darius

Charles executed warrants of

committal against the two leaders,

who were not heard by a judge.

They remain incarcerated in Carrefour’s

Omega prison, where demonstrators

will again protest on

Oct. 30.

Along with Sen. Moïse Jean-

Charles and Sen. John Joël Joseph,

many political leaders marched in

the protest including former parliamentarians

Turneb Delpé and

Serge Jean-Louis of the Patriotic

Movement of the Democratic Opposition

(MOPOD), Oxygène David

and Thomas Jean Dieufaite of

KOD, and Dr. Maryse Narcisse, the

coordinator of the Lavalas Family

party of former President Jean-Bertrand

Aristide.

Narcisse condemned the arrest

and illegal imprisonment and

Biron Odigé and Thimoté Rony, as

well as three other demonstrators

arrested in Aux Cayes. She called

for the release of all Haitian political

prisoners.

The list of demonstrators

(now political prisoners) arrested

during the Oct. 17 and Oct. 26

marches include the following: in

Port-au-Prince, 1)Vladimir Pierre,

2) Jean-Henry Delassin, 3) Hérard

Seradieu, 4) Moïse Roody, 5)

Jean Jacques Renault, 6) Lovenson

Mersier, 7) Paul Joanel, 8) Ralph

Desilus, 9) Lormicile Isaac Homme,

10) Saint-Gourdain Dodelyn,

11) Mersier Jean Louiné, 12)

Louiredant Louisvens, 13) Clergé

Jeff, 14) Clervin Midin, 15)

Sampeur Jonas, 16) Laguerre Angelot,

17) Fritzner Montinat, 18)

Charles Altès, 19) Biron Odigé,

and 20) Thimoté Rony. In Aux

Cayes, 1) Frantzou Dieu, 2) Luxama

Frantz, and 3) Mentor Pétuel.

Ten other demonstrators

were arrested in Petit-Goâve, and

three of them were released on

Oct. 27: Guirand Auguste, St. Jean

Harry, and Berthony St. Hilaire.

"Today, Haiti is returning

into a totalitarian regime with a

dictator without vision,” said Sen.

François Annick Joseph of the Artibonite.

“Faced with this regime,

there must be popular uprising, an

uprising of citizens.”

Lawyer Brian Concannon, Jr. of the Institute for Justice and Democracy in

Haiti (IJDH) speaks to the press after the Oct. 23 hearing in Manhattan.

Lawyers Kertch Conzé (left) and Mario Joseph (right) also made

statements.

by Jake Johnston, Haiti Relief and Reconstruction

Watch (HRRW)

Haitian people are all too

familiar with the court expressing

sympathy to their plight but closing

doors to them,” concluded Muneer

Ahmad, Clinical Professor of Law at

Yale Law School, at an Oct. 23 federal

District Court hearing concerning

the UN’s immunity for introducing

cholera to Haiti. “That need not be

the case here,” said Ahmad.

For one day, at least, the Southern

District federal court in New York

did open their doors, as Judge J. Paul

Oetken heard oral arguments in the

case George et al. V. United Nations

et al. The question before the court

was whether or not the UN and its

officers should have immunity from

claims arising from the introduction

of cholera into Haiti by UN troops in

October 2010.

“It is not seriously disputed

that the UN is responsible for causing

this devastating epidemic,” stated

Beatrice Lindstrom, a staff attorney

at the Institute for Justice and Democracy

in Haiti (IJDH) and counsel

for the thousands of Haitian cholera

victims represented in the suit. The

UN did not appear in court, but rather

it was U.S. government attorney

Ellen Blain who spoke in defense of

UN immunity, citing the U.S.’s obligation

as host nation to the UN.

Lindstrom argued that the UN’s

immunity, as called for in Section 2

of the Convention on the Privileges

and Immunities of the United Nations

(CPIUN) did not need to be expressly

waived by the UN, because it

had failed to provide an alternative

dispute mechanism, as called for in

Section 29 of the CPIUN. Lindstrom

stated that these two sections were

“two-sides of the came coin” and

that the convention must be interpreted

“in whole.” By failing to live

up to its obligations under Section

29, the UN would not be able to then

claim immunity under Section 2.

U.S. attorneys argued that there was

no link between the two sections and

pointed to previous cases where U.S.

courts have upheld immunity.

However, in those previous

cases, the plaintiffs argued, the UN

had provided an alternative dispute

mechanism, and the question was

over its adequacy. This was the first

case before U.S. courts where the

UN had failed entirely to live up to

its obligations under Section 29, according

to the plaintiffs as well as

international law scholars, who filed

amicus curiae with the court.

“This case is without precedent,

for two reasons,” said Ahmad,

“The catastrophic scope of injury

Kim Ives/Haïti Liberté

caused by the UN; and the failure of

the UN to provide any forum whatsoever

in which victims of the cholera

epidemic may bring their claims.”

While the U.S. attorney argued

that allowing the case to go forward

would open the UN to a flood

of lawsuits, impacting operations

worldwide, Lindstrom countered by

requesting a “narrow ruling” based

on the specific facts of the case. As

Kertch Conzé, appearing on behalf of

the Haitian Lawyers Association and

the Haitian Women of Miami, noted,

if the UN had simply complied with

its own obligations under Section

29, “we wouldn’t be here today.”

Speaking to HRRW after the hearing,

Lindstrom explained that all the UN

would have to do to prevent a flood

of lawsuits is simply comply with

their own obligations.

Mario Joseph, Managing Attorney

of the International Lawyers

Office (BAI) in Port-au-Prince, Haiti,

who also represents the cholera victims,

noted in a press release after

the hearing that “the UN spends lots

of time and money telling our officials

and citizens to respect the rule

of law. Then it refuses to have the

law apply to itself after killing thousands

of Haitians. Does the UN think

Haitians do not notice the double

standard?”

U.S. attorney Blain argued that

any question regarding the interpretation

of the convention should be

brought to the International Court

of Justice, but that only signatories

to the convention could bring such

claims, meaning the U.S. government

or another UN member nation.

Asked by Judge Oetken if the U.S.

would bring the case to the international

court, Blain responded that

she was “not authorized” to speak

on that question.

Lindstrom, as lawyer for the

cholera victims, explained that the

Status of Forces Agreement signed

by Haiti and the United Nations explicitly

calls for third parties to be

able to present claims and further,

that Section 29 of the CPIUN deals

expressly with injuries to individuals.

The question of whether or not

the court’s doors remain open to Haitians

will have to wait; Judge Oetken

reserved judgment for now, and no

decision is expected for months.

Another case, filed in Brooklyn earlier

this year, is also making its way

through the U.S. court system. Dr.

Tim Howard, one of the lead attorneys

in the case, told HRRW that, “If

they lose here, and we lose there [in

New York’s Eastern District, where

the second case is being heard],

we’ll take it somewhere else. We

won’t stop until justice is done.”

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 9


NOUVEL ORDRE MONDIAL : DE NOUVEL

DISCOURS DE VLA

Vladimir Poutine a pris part à la

dernière séance plénière de la XIe session

du Club International de Discussion

Valdaï*. Le thème de la réunion

était : L’ordre mondial : de nouvelles

règles ou un jeu sans règles ?

Cette année, 108 experts, historiens

et analystes politiques originaires de

25 pays, dont 62 participants étrangers,

ont pris part aux travaux du Club.

La réunion plénière a présenté une

synthèse des travaux du Club au cours

des trois journées précédentes, qui ont

été consacrées à l’analyse des facteurs

d’érosion du système actuel des institutions

et des normes du droit international.

Voici en son intégralité, le discours

du Président Vladimir Poutine le

24 octobre 2014.

Chers collègues, Mesdames et

Messieurs, chers amis,

C’est un plaisir de vous accueillir

à la XIe réunion du Club Valdaï.

Il a déjà été mentionné que le

Club a de nouveaux co-organisateurs

cette année. Ils comprennent des organisations

non gouvernementales russes,

des groupes d’experts et de grandes

universités. Il a également été suggéré

d’élargir les discussions à des questions

qui ne sont pas seulement liées à la

Russie elle-même, mais aussi à la politique

et à l’économie mondiales.

J’espère que ces changements

dans l’organisation et le contenu des

sessions renforceront l’influence du

Club en tant que forum de discussion

et d’experts de premier plan. Dans le

même temps, j’espère que « l’esprit de

Valdaï » sera conservé – cette atmosphère

libre et ouverte, cette opportunité

d’exprimer toutes sortes d’opinions

très différentes et franches.

Permettez-moi de dire à cet égard

que je ne vais pas vous décevoir et que

je vais parler directement et franchement.

Certains de mes propos pourront

sembler un peu trop rudes ; mais

si nous ne parlons pas directement et

honnêtement de ce que nous pensons

vraiment, alors il est absolument inutile

de tenir de telles réunions. Il serait préférable,

dans ce cas, de se contenter des

rencontres diplomatiques, où personne

ne dit rien qui ait une véritable portée

et, reprenant les paroles d’un célèbre

diplomate, où vous vous rendez compte

que les diplomates ont une langue faite

pour ne pas dire la vérité.

Nous nous réunissons pour

d’autres raisons. Nous nous réunissons

pour nous parler franchement.

Nous avons besoin d’être directs et

francs aujourd’hui, non pas pour

s’envoyer des piques, mais afin de

tenter de faire la lumière sur ce qui

se passe dans le monde, d’essayer de

comprendre pourquoi le monde est de

moins en moins sûr et de plus en plus

imprévisible, et pourquoi les risques

augmentent partout autour de nous.

Les débats d’aujourd’hui se sont tenus

sous le thème : De nouvelles règles ou

un jeu sans règles ? Je pense que cette

formule décrit avec précision le tournant

historique que nous avons atteint

aujourd’hui et le choix auquel nous

sommes tous confrontés. Bien sûr, il

n’y a rien de nouveau dans l’idée que

le monde est en train de changer très

rapidement. Je sais que c’est quelque

chose dont vous avez parlé durant les

échanges d’aujourd’hui. Il est certainement

difficile de ne pas remarquer les

transformations dramatiques dans la

politique mondiale et dans l’économie,

dans la vie publique, dans l’industrie,

l’information et les technologies sociales.

Permettez-moi de vous demander

dès maintenant de me pardonner, si

j’en viens à répéter ce que certains des

participants à la discussion ont déjà

dit. C’est pratiquement inévitable. Vous

avez déjà eu des discussions détaillées,

mais je vais exposer mon point de vue.

Il coïncidera avec le point de vue des

participants sur certains points et divergera

sur d’autres.

Tandis que nous analysons la

situation d’aujourd’hui, n’oublions pas

les leçons de l’histoire. Tout d’abord, les

changements dans l’ordre mondial – et

tout ce que nous voyons aujourd’hui

constitue des événements de cette ampleur

– ont généralement été accompagnés

sinon par une guerre et des conflits

à l’échelle mondiale, du moins par

des chaînes de conflits locaux intenses.

Deuxièmement, la politique mondiale

est avant tout une question de leadership

économique, de guerre et de paix,

avec une dimension humanitaire, incluant

les droits de l’homme.

Aujourd’hui, le monde est plein

de contradictions. Nous devons être

francs en nous demandant mutuellement

si nous avons un filet de sécurité

fiable et bien en place. Malheureusement,

il n’y a aucune garantie et aucune

certitude que le système actuel

de sécurité mondiale et régionale soit

en mesure de nous protéger des bouleversements.

Ce système a été sérieusement

affaibli, fragmenté et déformé.

Les organisations internationales et

régionales de coopération politique,

économique, et culturelle traversent

également des temps difficiles.

Oui, un grand nombre des mécanismes

actuels visant à assurer

l’ordre mondial ont été créés il y a très

longtemps, y compris et surtout dans la

Pourquoi la Libye a-t-elle été réduite à cette situation ? Aujourd’hui,

c’est un pays en danger de démantèlement et qui est devenu un terrain

d’entraînement pour les terroristes.

période suivant immédiatement la Seconde

Guerre mondiale. Permettez-moi

de souligner que la solidité du système

créé à l’époque reposait non seulement

sur l’équilibre des forces et les droits

des pays vainqueurs, mais aussi sur le

fait que les « pères fondateurs » de ce

système se respectaient mutuellement,

n’essayaient pas de mettre la pression

sur les autres, mais tentaient de parvenir

à des accords.

L’essentiel est que ce système

doit se développer, et malgré ses diverses

lacunes, il doit au moins être

capable de maintenir les problèmes

mondiaux actuels dans certaines limites

et de réguler l’intensité de la concurrence

naturelle entre les nations. Je

suis convaincu que nous ne pouvions

pas prendre ce mécanisme de freins et

contrepoids que nous avons construit

au cours des dernières décennies, parfois

avec les plus grands efforts et difficultés,

et tout simplement le détruire

sans rien reconstruire à sa place. Sinon,

nous serions laissés sans instruments

autres que la force brute.

Ce que nous devions faire était

de procéder à une reconstruction rationnelle

et de l’adapter aux nouvelles

réalités du système des relations internationales.

Mais les Etats-Unis, s’étant

eux-mêmes déclarés vainqueurs de la

Guerre Froide, n’en voyaient pas le besoin.

Au lieu d’établir un nouvel équilibre

des forces, essentiel pour maintenir

l’ordre et la stabilité, ils ont pris des

mesures qui ont jeté le système dans un

déséquilibre marqué et profond.

La Guerre Froide a pris fin, mais

elle n’a pas pris fin avec la signature

d’un traité de paix comprenant des accords

clairs et transparents sur le respect

des règles existantes ou la création

d’un nouvel ensemble de règles

et de normes. Cela a créé l’impression

que les soi-disant « vainqueurs » de la

Guerre Froide avaient décidé de forcer

les événements et de remodeler le

monde afin de satisfaire leurs propres

besoins et intérêts. Lorsque le système

actuel des relations internationales, le

droit international et les freins et contrepoids

en place faisaient obstacle à

ces objectifs, ce système a été déclaré

sans valeur, obsolète et nécessitant une

démolition immédiate.

Pardonnez l’analogie, mais c’est

la façon dont les nouveaux riches se

comportent quand ils se retrouvent

tout à coup avec une grande fortune,

dans ce cas sous la forme d’un leadership

et d’une domination mondiale.

Au lieu de gérer leur patrimoine intelligemment,

pour leur propre bénéfice

aussi bien sûr, je pense qu’ils ont commis

beaucoup de folies. Nous sommes

entrés dans une période de différentes

interprétations et de silences délibérés

dans la politique mondiale. Le droit international

a maintes fois été forcé de

battre en retraite, encore et encore, par

l’assaut impitoyable du nihilisme légal.

L’objectivité et la justice ont été sacrifiées

sur l’autel de l’opportunisme politique.

Des interprétations arbitraires et

des évaluations biaisées ont remplacé

les normes juridiques. Dans le même

temps, l’emprise complète sur les médias

de masse mondiaux ont rendu possible,

quand on le désirait, de présenter

le blanc comme noir et le noir comme

blanc.

Dans une situation où vous aviez

la domination d’un pays et de ses alliés,

ou plutôt de ses satellites, la recherche

de solutions globales s’est souvent

transformée en une tentative d’imposer

ses propres recettes universelles. Les

ambitions de ce groupe sont devenues

si grandes qu’ils ont commencé à

présenter les politiques qu’ils concoctaient

dans leurs corridors du pouvoir

comme le point de vue de l’ensemble de

la communauté internationale. Mais ce

n’est pas le cas.

La notion même de « souveraineté

nationale » est devenue une valeur

relative pour la plupart des pays. En

essence, ce qui était proposé était cette

formule : plus la loyauté de tel ou tel

régime en place envers le seul centre de

pouvoir dans le monde est grande, plus

grande sera sa légitimité. Nous aurons

une discussion libre après mon propos

et je serai heureux de répondre à vos

questions et je tiens également à utiliser

mon droit à vous poser des questions.

Que personne n’hésite à essayer

de réfuter les arguments que je viens

d’exposer lors de la discussion à venir.

Les mesures prises contre ceux

qui refusent de se soumettre sont bien

connues et ont été essayées et testées

de nombreuses fois. Elles comprennent

l’usage de la force, la pression

économique et la propagande,

l’ingérence dans les affaires intérieures,

et les appels à une sorte de légitimité

« supra-légale » lorsqu’ils ont besoin

de justifier une intervention illégale

dans tel ou tel conflit ou de renverser

des régimes qui dérangent. Dernièrement,

nous avons de plus en plus de

preuves que le chantage pur et simple

a également été utilisé en ce qui concerne

un certain nombre de dirigeants.

Ce n’est pas pour rien que « Big Brother

» dépense des milliards de dollars pour

tenir sous surveillance le monde entier,

y compris ses propres alliés les

plus proches. Demandons-nous à quel

point nous sommes à l’aise avec tout

cela, à quel point nous sommes en sécurité,

combien nous sommes heureux

de vivre dans ce monde, à quel degré

Une vue des participants au Club de Discussion Valdaï, forum

international annuel qui vise à rassembler des experts pour débattre de

la Russie et de son rôle dans le monde.

de justice et de rationalité il est parvenu.

Peut-être n’avons-nous pas de

véritables raisons de nous inquiéter,

de discuter et de poser des questions

embarrassantes ? Peut-être que la position

exceptionnelle des États-Unis et

la façon dont ils mènent leur leadership

est vraiment une bénédiction pour

nous tous, et que leur ingérence dans

les événements du monde entier apporte

la paix, la prospérité, le progrès,

la croissance et la démocratie, et nous

devrions peut-être seulement nous détendre

et profiter de tout cela ?

Permettez-moi de dire que ce

n’est pas le cas, absolument pas le cas.

Un diktat unilatéral et le fait d’imposer

ses propres modèles aux autres

produisent le résultat inverse. Au lieu

de régler les conflits, cela conduit à leur

escalade ; à la place d’États souverains

et stables, nous voyons la propagation

croissante du chaos ; et à la place de la

démocratie, il y a un soutien pour un

public très douteux allant de néo-fascistes

avoués à des islamistes radicaux.

Pourquoi soutiennent-ils de tels

individus ? Ils le font parce qu’ils décident

de les utiliser comme instruments

dans la voie de la réalisation de leurs

objectifs ; mais ensuite, ils se brûlent les

doigts et font marche arrière. Je ne cesse

jamais d’être étonné par la façon dont

nos partenaires ne cessent de marcher

sur le même râteau, comme on dit ici en

Russie, c’est-à-dire de faire les mêmes

erreurs encore et encore. Ils ont jadis

parrainé des mouvements islamistes

extrémistes pour combattre l’Union

soviétique. Ces groupes se sont formés

au combat et aguerris en Afghanistan,

et ont plus tard donné naissance aux

Talibans et à Al-Qaïda. L’Occident les a

sinon soutenus, du moins a fermé les

yeux sur cela, et, je dirais, a fourni des

informations et un soutien politique et

financier à l’invasion de la Russie et

des pays de la région d’Asie centrale

par les terroristes internationaux (nous

ne l’avons pas oublié). C’est seulement

après que des attaques terroristes hor-

Vladimir Poutine à la dernière séance plénièr

Discussio

ribles eurent été commises sur le sol

américain lui-même que les États-Unis

ont pris conscience de la menace collective

du terrorisme. Permettez-moi

de vous rappeler que nous avons été

le premier pays à soutenir le peuple

américain à l’époque, le premier à réagir

comme des amis et partenaires après

la terrible tragédie du 11 Septembre.

Au cours de mes conversations

avec les dirigeants américains

et européens, je parlais toujours de la

nécessité de lutter ensemble contre le

terrorisme, de le considérer comme

un défi à l’échelle mondiale. Nous ne

pouvons pas nous résigner et accepter

cette menace, nous ne pouvons pas la

couper en morceaux séparés à l’aide

du deux poids deux mesures. Nos

partenaires ont exprimé leur accord ;

mais après quelques temps, nous nous

sommes retrouvés au point de départ.

Ce fut d’abord l’opération militaire en

Irak, puis en Libye, qui a été poussée

au bord du gouffre. Pourquoi la Libye

a-t-elle été réduite à cette situation ?

Aujourd’hui, c’est un pays en danger

de démantèlement et qui est devenu

un terrain d’entraînement pour les terroristes.

Seule la détermination et la sagesse

de la direction égyptienne actuelle

ont sauvé ce pays arabe clé du chaos

et de l’emprise des terroristes. En Syrie,

comme par le passé, les États-Unis

et leurs alliés ont commencé à financer

et armer directement les rebelles et leur

ont permis de remplir leurs rangs de

mercenaires provenant de divers pays.

Permettez-moi de vous demander où

ces rebelles obtiennent leur argent, leurs

armes et leurs spécialistes militaires ?

D’où tout cela vient-il ? Comment l’Etat

Islamique notoire a-t-il réussi à devenir

un groupe aussi puissant, de fait

une véritable force armée ? Quant aux

sources de financement, aujourd’hui,

l’argent ne vient plus seulement de la

drogue, dont la production a augmenté

non pas de quelques points de pourcentage,

mais dans des proportions

considérables depuis que les forces de

la coalition internationale sont intervenues

en Afghanistan. Vous êtes au

courant de cela. Les terroristes obtiennent

également de l’argent en vendant

du pétrole. Le pétrole est produit dans

le territoire contrôlé par les terroristes,

qui le vendent à des prix de dumping,

le produisent et le transportent. Mais

d’autres achètent ce pétrole, le revendent,

et font du profit, sans penser au

fait qu’ils financent ainsi les terroristes

qui pourraient venir tôt ou tard sur leur

propre sol et semer la destruction dans

leur propre pays.

Où trouvent-ils les nouvelles recrues

? En Irak, après que Saddam Hussein

eut été renversé, les institutions de

l’État, y compris l’armée, ont été laissés

en ruines. Nous avons dit, à l’époque,

soyez très, très prudents. Vous mettez

les gens à la rue, et que vont-ils y faire

? N’oubliez pas que légitimement ou

non, ils faisaient partie de la direction

d’une grande puissance régionale, et

en quoi est-ce que vous les transformez

maintenant ?

Quel fut le résultat ? Des dizaines

10

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014


LES RÈGLES OU UN JEU SANS RÈGLES ?

DIMIR POUTINE !

e de la XIe session du Club International de

n Valdaï

de milliers de soldats, d’officiers et

d’anciens militants du parti Baas

se sont retrouvés à la rue et ont

aujourd’hui rejoint les rangs des rebelles.

Peut-être cela explique-t-il

pourquoi l’Etat islamique s’est avéré

si efficace. En termes militaires, il agit

très efficacement et il a certains cadres

très compétents. La Russie a mis en

garde à plusieurs reprises sur les dangers

des actions militaires unilatérales,

des interventions dans les affaires des

Etats souverains, et des flirts avec les

extrémistes et les radicaux. Nous avons

insisté pour que les groupes luttant

contre le gouvernement syrien central,

surtout l’Etat islamique, soient inscrits

sur les listes des organisations terroristes.

Mais avons-nous vu le moindre

résultat ? Nous avons lancé des appels

en vain.

Nous avons parfois l’impression

que nos collègues et amis sont constamment

aux prises avec les conséquences

de leurs propres politiques,

et qu’ils dépensent tous leurs efforts

dans le traitement des risques qu’ils ont

eux-mêmes créés, en payant un prix de

plus en plus élevé.

Chers collègues,

Cette période de domination unipolaire

a démontré de manière convaincante

que le fait d’avoir un seul

centre de pouvoir ne rend pas les processus

mondiaux plus faciles à gérer.

Au contraire, ce type de construction

instable a montré son incapacité à lutter

contre les menaces réelles telles que

les conflits régionaux, le terrorisme, le

trafic de drogue, le fanatisme religieux,

le chauvinisme et le néo-nazisme. Dans

le même temps, il a ouvert une large

voie aux fiertés nationales exacerbées,

à la manipulation de l’opinion publique

à la brutalisation et à l’oppression des

faibles par les forts.

Essentiellement, le monde unipolaire

est tout simplement un moyen

de justifier la dictature sur les individus

et les nations. Le monde unipolaire

s’est avéré un fardeau trop rude, trop

lourd et trop ingérable même pour son

chef auto-proclamé. Des commentaires

ont été faits dans ce sens juste avant

mon intervention ; et je suis entièrement

d’accord avec eux. Voilà pourquoi

nous voyons, en cette nouvelle étape

de l’histoire, des tentatives de recréer

un semblant de monde quasi-bipolaire

en tant que modèle commode pour

perpétuer le leadership américain. Peu

importe qui prend la place du centre du

mal dans la propagande américaine,

peu importe qui remplace l’ex-l’URSS

en tant que principal adversaire. Cela

pourrait être l’Iran, en tant que pays qui

cherche à acquérir la technologie nucléaire,

la Chine, en tant que plus grande

économie mondiale, ou la Russie, en

tant que superpuissance nucléaire.

Aujourd’hui, nous assistons à

de nouveaux efforts pour fragmenter

le monde, dessiner de nouvelles lignes

de clivage, réunir des coalitions qui ne

sont pas façonnées pour quelque chose

; mais dirigées contre quelqu’un, qui

que ce soit, pour créer l’image d’un

ennemi comme ce fut le cas pendant les

années de Guerre Froide, et s’emparer

du droit à ce leadership, ou diktat, si

vous préférez. La situation était présentée

de cette façon au cours de la Guerre

Froide. Nous savons tous cela et nous

le comprenons bien. Les Etats-Unis

ont toujours dit à leurs alliés : « Nous

avons un ennemi commun, un ennemi

terrible, le centre du mal, et nous vous

protégeons, vous nos alliés, de cet

ennemi, et nous avons donc le droit

de vous donner des ordres, de vous

forcer à sacrifier vos intérêts politiques

et économiques et à payer votre quotepart

des coûts de cette défense collective

; mais nous serons les responsables

de tout cela bien sûr. » En bref, nous

voyons aujourd’hui des tentatives,

dans un monde nouveau et changeant,

de reproduire les modèles familiers de la

gestion globale, et tout cela de manière

à garantir aux États-Unis leur situation

exceptionnelle et à récolter des dividendes

politiques et économiques.

Mais ces tentatives sont de plus

en plus déconnectées de la réalité et

sont en contradiction avec la diversité

du monde. Des mesures de ce

genre créent inévitablement des confrontations

et provoquent des contremesures,

et ont pour résultat l’effet

inverse de ce qui était souhaité. Nous

voyons ce qui se passe quand la politique

commence imprudemment à

s’ingérer dans l’économie et que la

logique des décisions rationnelles cède

la place à la logique de confrontation,

qui ne fait que nuire aux propres positions

et intérêts économiques des pays

en question, y compris les intérêts des

entreprises nationales.

Les projets économiques communs

et les investissements mutuels

rapprochent objectivement les pays et

contribuent à aplanir les problèmes actuels

dans les relations entre Etats. Mais

aujourd’hui, la communauté mondiale

des affaires fait face à des pressions

sans précédent de la part des gouvernements

occidentaux. De quelles affaires,

de quelles opportunités économiques

ou de quel pragmatisme peut-on encore

parler lorsque nous entendons des slogans

tels que « la patrie est en danger

», « le monde libre est menacé », et «

la démocratie est en péril » ? Et tout le

monde doit alors se mobiliser. Voilà à

quoi ressemble une vraie politique de

mobilisation.

Les sanctions sapent déjà les

fondements du commerce mondial,

les règles de l’OMC et le principe de

l’inviolabilité de la propriété privée. Ils

portent un coup dangereux au modèle

libéral de la mondialisation fondé sur

les marchés, la liberté et la concurrence,

qui, permettez-moi de le souligner, est

précisément un modèle qui a avant

tout bénéficié aux pays occidentaux.

Et maintenant, ils risquent de perdre la

confiance en tant que gouvernants de

la mondialisation. Nous devons nous

demander, pourquoi était-ce nécessaire

? Après tout, la prospérité des

États-Unis repose en grande partie sur

la confiance des investisseurs et des

détenteurs étrangers de dollars et de

valeurs mobilières étasuniennes. Cette

confiance est clairement mise à mal

et des signes de désillusion quant aux

fruits de la mondialisation sont maintenant

visibles dans de nombreux pays.

Le précédent bien connu de Chypre

et les sanctions pour des motifs

politiques n’ont fait que renforcer la

tendance à chercher à renforcer la souveraineté

économique et financière et la

volonté des pays ou de leurs groupes

régionaux de trouver des moyens de

se protéger contre les risques de pressions

extérieures. Nous voyons déjà

que de plus en plus de pays cherchent

des moyens de devenir moins dépendants

du dollar et mettent en place

des systèmes financiers, de paiement

et des monnaies de réserve alternatifs.

Je pense que nos amis américains

sont tout simplement en train de scier

la branche sur laquelle ils sont assis.

On ne peut pas mélanger la politique et

l’économie ; mais c’est ce qui se passe

maintenant. J’ai toujours pensé et je

pense encore aujourd’hui que les sanctions

pour des motifs politiques sont

une erreur qui nuira à tous ; mais je suis

sûr que nous reviendrons sur ce point.

Nous savons comment ces décisions

ont été prises et qui exerçait les

pressions. Mais permettez-moi de souligner

que la Russie ne va pas perdre

son calme, s’offenser ou venir mendier

Comment l’Etat Islamique notoire a-t-il réussi à devenir un groupe aussi

puissant, de fait une véritable force armée ?

à la porte de quiconque. La Russie est

un pays auto-suffisant. Nous allons

travailler au sein de l’environnement

économique international qui a pris

forme, développer la production et la

technologie nationales et agir de façon

plus décisive pour mener à bien

notre transformation. Les pressions de

l’extérieur, comme cela a été le cas à

plusieurs reprises par le passé, ne feront

que consolider notre société, nous

maintenir en éveil et nous amener à

nous concentrer sur nos principaux objectifs

de développement.

Bien sûr, les sanctions constituent

un obstacle. Ils essaient de nous

affaiblir par ces sanctions, d’entraver

notre développement et de nous pousser

à l’isolement politique, économique

et culturel ; en d’autres termes, nous

forcer à prendre du retard. Mais permettez-moi

de rappeler encore une

fois que le monde est un endroit très

différent aujourd’hui. Nous n’avons

pas l’intention de nous isoler de quiconque

ou de choisir une sorte de voie

de développement fermée, en essayant

de vivre en autarcie. Nous sommes

toujours ouverts au dialogue, y compris

au sujet de la normalisation de nos

relations économiques et politiques.

Nous comptons ici sur l’approche et

la position pragmatiques des milieux

d’affaires dans les principaux pays.

Certains disent aujourd’hui que la

Russie tournerait le dos à l’Europe – de

tels propos ont probablement été tenus

ici aussi lors des discussions – et rechercherait

de nouveaux partenaires commerciaux,

surtout en Asie. Permettezmoi

de dire que ce n’est absolument

pas le cas. Notre politique active dans

la région Asie-Pacifique n’a pas commencé

d’hier, et non en réponse aux

sanctions ; mais c’est une politique que

nous suivons depuis maintenant un

bon nombre d’années. Comme beaucoup

d’autres pays, y compris les pays

occidentaux, nous avons vu que l’Asie

joue un rôle de plus en plus important

dans le monde, dans l’économie et

dans la politique, et nous ne pouvons

tout simplement pas nous permettre

d’ignorer ces développements.

Permettez-moi de dire encore

une fois que tout le monde agit ainsi, et

nous allons le faire nous aussi, d’autant

plus qu’une grande partie de notre pays

est géographiquement en Asie. Au nom

de quoi devrions-nous ne pas faire

usage de nos avantages concurrentiels

dans ce domaine ? Ce serait faire

preuve d’une vue extrêmement courte

que de ne pas le faire.

Le développement des relations

économiques avec ces pays et la réalisation

de projets d’intégration communs

créent aussi de grandes incitations pour

notre développement national. Les tendances

démographiques, économiques

et culturelles actuelles suggèrent que

la dépendance à une seule superpuissance

va objectivement diminuer. C’est

une chose que les experts européens et

américains ont également évoqué dans

leurs réunions et travaux.

Peut-être que l’évolution de la

politique internationale sera le reflet

de l’évolution que nous constatons

dans l’économie mondiale, à savoir

la concurrence intensive pour des

niches spécifiques et des changements

fréquents de dirigeants dans des domaines

précis. Ceci est tout à fait possible.

Il ne fait aucun doute que

des facteurs humanitaires tels que

l’éducation, la science, la santé et la

culture jouent un rôle plus important

dans la concurrence mondiale. Cela

a également un impact important sur

les relations internationales, y compris

parce que cette ressource douce

(soft power) dépendra dans une large

mesure des réalisations concrètes dans

le développement du capital humain

plutôt que des trucages sophistiqués de

la propagande.

Dans le même temps, la formation

d’un soi-disant monde polycentrique

(je voudrais également attirer

l’attention sur cela, chers collègues),

en soi et d’elle-même, n’améliore pas la

stabilité ; de fait, il est plus probable que

ce soit l’inverse. L’objectif d’atteindre

l’équilibre mondial est en train de devenir

un casse-tête assez difficile, une

équation à plusieurs inconnues.

Qu’est-ce que l’avenir nous

réserve donc, si nous choisissons de ne

pas respecter les règles – même si elles

peuvent être strictes et peu pratiques –

mais plutôt de vivre sans règles du tout

? Et ce scénario est tout à fait possible ;

nous ne pouvons pas l’exclure, compte

tenu des tensions dans la situation

internationale. Beaucoup de prédictions

peuvent déjà être faites, en tenant

compte des tendances actuelles, et

malheureusement, elles ne sont pas optimistes.

Si nous ne créons pas un système

clair d’engagements et d’accords

mutuels, si nous ne construisons pas les

mécanismes de gestion et de résolution

des situations de crise, les symptômes

de l’anarchie mondiale vont inévitablement

s’accroître. Aujourd’hui, nous

voyons déjà une forte augmentation

de la probabilité de tout un ensemble

de conflits violents avec la participation

directe ou indirecte des plus grandes

puissances mondiales. Et les facteurs

de risque comprennent non seulement

les conflits multinationaux traditionnels,

mais aussi l’instabilité interne

dans différents États, surtout quand

on parle de nations situées aux intersections

des intérêts géopolitiques des

grandes puissances, ou à la frontière

de continents civilisationnels, culturels,

historiques et économiques.

L’Ukraine, qui j’en suis sûr a été

longuement évoquée et dont nous parlerons

encore, est l’un des exemples

de ces sortes de conflits qui affectent

l’équilibre international des puissances,

et je pense que ce ne sera certainement

pas le dernier. De là émane la prochaine

menace réelle de détruire le système

actuel d’accords de contrôle des armements.

Et ce processus dangereux a été

initié par les Etats-Unis d’Amérique

quand ils se sont unilatéralement retirés

du Traité sur les missiles anti-balistiques

(ABM) en 2002, puis se sont

lancés dans la création de leur système

global de défense antimissile et poursuivent

aujourd’hui activement ce processus.

Chers collègues et amis,

Je tiens à souligner que nous ne

sommes pas à l’origine de tout cela.

Une fois de plus, nous glissons vers

des temps où, au lieu de l’équilibre des

intérêts et des garanties mutuelles, ce

sera la peur et l’équilibre de la destruction

mutuelle qui empêcheront les nations

de se livrer à un conflit direct. En

l’absence d’instruments juridiques et

politiques, les armes deviennent encore

une fois le point focal de l’ordre du jour

mondial ; elles sont utilisées n’importe

où et n’importe comment, sans la

moindre sanction du Conseil de sécurité

de l’ONU. Et si le Conseil de sécurité refuse

de rendre de tels arrêts, alors on le

condamne immédiatement comme un

instrument dépassé et inefficace.

Irak, statue de Saddam Hussein abattue à Bagdad, en avril 2003 par les

soldats américains. Après que Saddam eut été renversé, les institutions

de l’État, y compris l’armée, ont été laissées en ruines.

De nombreux États ne voient pas

d’autres moyens d’assurer leur souveraineté

qu’en obtenant leurs propres

bombes. Cela est extrêmement dangereux.

Nous insistons sur la nécessité

de poursuivre les négociations ; nous

ne sommes pas seulement en faveur de

pourparlers ; mais nous insistons sur la

nécessité de poursuivre les pourparlers

de réduction des arsenaux nucléaires.

Moins nous aurons d’armes nucléaires

dans le monde, mieux ce sera. Et nous

sommes prêts à mener les discussions

les plus sérieuses et les plus concrètes

sur le désarmement nucléaire – mais

seulement des discussions sérieuses

sans aucun deux poids, deux mesures.

Qu’est-ce que je veux dire par

là ? Aujourd’hui, de nombreux types

d’armes de haute précision sont déjà

assimilables à des armes de destruction

massive en termes de capacité, et

en cas de renonciation complète aux

armes nucléaires ou de réduction radicale

du potentiel nucléaire, les nations

Suite à la page (16)

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 11


Perspectives

Journalistes achetés, journaux achetés :

l’exemple de la campagne de dénigrement

menée par George Soros contre la Russie

Le rôle diplomatique secret de

Google dénoncé par

Julian Assange

Par Jean-Paul Baquiast

Début octobre 2014, Udo Ulfkotte, ancien

journaliste au sein du grand média

allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung,

a publié un livre intitulé Journalistes

achetés – Comment les politiciens,

les services secrets et la haute finance

dirigent les médias de masse allemands

[1].

Dans ce livre, il révèle que pendant

toute sa carrière de journaliste

d’investigation, dont il ne renie pas par

ailleurs l’essentiel (notamment des enquêtes

sur le poids acquis par l’islamisme

en Allemagne), il a publié, sous son nom

et sans changements, des articles écrits

par des agents de la CIA ou d’autres

agences américaines. Ces articles visaient

à soutenir les interventions des

États-Unis sur la politique allemande ou

européenne, et à discréditer toutes réactions

politiques poussant l’Allemagne à

s’affranchir de ces influences.

Udo Ulfkotte reconnaît avoir, pour

ce faire, été rémunéré par les services

secrets américains, ce qu’il avait accepté

pour une raison simple : être journaliste

d’investigation indépendant ne nourrit

pas son homme. Il ne dissimule pas le fait

que, du temps de l’URSS, des agents du

KGB opéraient de même en Allemagne

auprès d’autres journalistes. Mais selon

lui, ils le faisaient sur une bien moindre

échelle et d’une façon qui a disparu

à la chute du Mur. Au contraire, plus

l’Allemagne prenait de l’influence au sein

de l’Union européenne et dans l’Otan,

plus il devenait important pour le gouvernement

américain et ses services que

l’opinion et le gouvernement allemand

soutiennent les stratégies américaines.

Pour cela la mobilisation de medias réputés

comme indépendants devenait essentielle.

Il est remarquable de constater que

le livre de Udo Ulfkotte, bien qu’il ait fait

le tour des cercles alternatifs et des blogs

politiques allemands, n’a pratiquement

pas été cité par la presse, qu’il faut bien

nommer officielle, qu’il faut bien aussi

nommer subventionnée par des flots de

dollars souterrains. Seule à ce jour, La

Voix de la Russie en a parlé. Pour connaître

le contenu du livre, il faut donc

se référer à cet organe, qui a publié une

interview de l’auteur. Rien d’étonnant,

diront les lecteurs animés d’une hostilité

envers la Russie encore très générale en

Europe. La Voix de la Russie n’est-elle

pas directement inspirée par les gouvernements

et les services secrets russes ?

Peut-être, mais la question n’est pas là

: elle est de pouvoir écouter ce que Udo

Ulfkotte a à dire [2].

La presse allemande n’est pas la

seule à être sous contrôle

Or, lorsque l’on y réfléchit un tant soit

peu, il ne fait aucun doute que les opinions

publiques qui en Europe font de

l’anti-poutine systématique ne le font pas

par conviction personnelle, mais parce

qu’elles sont influencées par le discours

– la propagande à la Goebbels faudraitil

dire – émanant des grands journaux

et des chaines de télévision. Il en est en

France et dans les autres pays européens

de même qu’en Allemagne. Comment

pouvoir juger indépendamment si l’on

est abreuvé en permanence de désinformation.

Or cette désinformation, s’exerçant

systématiquement en faveur des

intérêts géostratégiques et économiques

américains, ne tombe pas du ciel. A la

lecture du livre d’Udo Ulfkotte, l’on comprend

qu’elle est financée directement

par des dollars contribuant à l’équilibre

économique des grands médias, et

aux bénéfices de leurs actionnaires.

Il faut reconnaître

que les lanceurs d’alerte, tel Udo Ulfkotte

(que l’on peut comparer en son domaine

George Soros

à un autre dénonciateur de la CIA et de

la NSA devenu célèbre), ne sont pas les

seuls. Philippe Grasset, qui s’oppose quotidiennement,

sur son site Dedefensa, à

ce qu’il nomme le Système de l’américanisme,

vient d’en porter témoignage. Il

relate les pressions et les menaces qu’il

avait reçues, notamment, lorsque pratiquant

le journalisme indépendant en

Belgique, il avait, avec de bons arguments

techniques et politiques, critiqué

le choix fait par le gouvernement belge

de l’époque d’un avion de combat américain,

face à l’offre française reposant sur

l’avion Rafale, offre beaucoup plus avantageuse

à tous égards pour la Belgique

[3].

Aujourd’hui, La corruption permanente

qu’exercent sur les médias européens

les intérêts stratégiques et économiques

américains saute aux yeux de tout observateur

un tant soit peu averti. Ainsi,

pour ne citer que cet exemple, le grand

journal français de référence qu’est resté

pour de nombreux lecteurs Le Monde,

vient de publier un long article du grand

philanthrope et milliardaire George Soros,

titré curieusement de deux façons différentes

: L’Europe doit sauver la nouvelle

Ukraine (version papier) et Ukraine : «

L’Europe est indirectement en guerre »

(version électronique). Soros y conjure

les Européens à se ressaisir face à une

menace russe grandissante. Si l’Europe

ne soutient pas l’Ukraine de Kiev, tant

au plan économique que politique, elle

devra (écrit-il quasiment) s’attendre à

une invasion prochaine par l’Ogre russe

[4]. La diatribe guerrière est soutenue

par une illustration représentant un ours

immense déchiquetant entre ses dents

une Europe en lambeaux.

George Soros est devenu milliardaire, et

donc logiquement philanthrope, par des

comportements économiques souvent

proches de ceux de la maffia. Par ailleurs,

il a financé toutes les révolutions Orange

en mettant en place des gouvernements

corrompus de par le monde. Il vient de

dépenser sans compter pour porter vers

la victoire, d’abord Marina Silva, puis

Aecio Neves, l’adversaire conservateur,

et sous influence américaine, qui s’oppose

à Dilma Roussef lors du second tour

de l’élection présidentielle brésilienne en

cours [5].

Dans ces conditions, on devrait s’étonner

du fait que Le Monde et les principaux

journaux dits occidentaux (car la communication

de Soros est largement européenne,

comme le montre par exemple le

communiqué de Soros en espagnol) aient

publié ce tissu de mensonge et de désinformation,

d’incitation à la guerre, qu’est

cet article de George Soros, et cela sans

préambule, sans mise en garde. Dans la

version électronique, le nom de l’auteur

de l’article, en l’occurrence George Soros,

n’est même pas mentionné sous le titre,

ce qui peut faire croire que c’est un article

de la rédaction du Monde (voir copie

d’écran ci-dessous). Déontologie journalistique,

où es-tu ?

Mais peut-on encore s’en étonner,

quand, depuis des mois, on lit quasiment

chaque jour, en première page de

ce journal (il n’est pas le seul, mais c’est

un archétype), au moins un gros titre

dénigrant la Russie, férocement ou insidieusement

? Un travail de sape méthodique

(le fameux Bashing anglosaxon),

qui s’attaque à l’inconscient collectif d’un

peuple. Il est loin le temps où ce journal

était un lieu de débats, cherchant à peser

le pour le contre : il ne reste plus de cette

idée initiale que la mention Débats, en

haut à gauche de la version papier. Il est

loin le temps où les clients de ce journal

étaient ses lecteurs…

Cependant, pour ne pas sombrer dans le

pessimisme, on pourra constater, à la lecture

de leurs commentaires, que la plupart

des lecteurs du Monde ne s’en laissent

pas compter [6]. Sans doute est-ce là un

des bons effets de la numérisation de la

communication politique. Ceux qui proposent

sur le web, à titre individuel ou

collectif, des propos quelque peu alternatifs

parviennent de plus en plus, ne fut-ce

que faiblement, à se faire entendre.

Note de Tlaxcala

L’article de Soros publié par Le Monde

est paru en anglais dans la New York

Review of Books (Wake Up, Europe), repris

par le Kyiv Post en Ukraine et divers

sites ouèbe anglophones, et commenté/

paraphrasé dans un bref article par Julian

Borger dans The Guardian (George

Soros: Russia poses existential threat to

Europe). En français, à part Le Monde,

le quotidien La Tribune a publié une interview

de Soros (Le plan de George

Soros pour sauver l’Europe), présenté

ainsi : «Le légendaire créateur du fonds

éponyme et de l’Open Society était de

passage à Bruxelles jeudi pour promouvoir

son dernier livre, « Wake up Europe

!», qu’il vient de publier dans la New York

Review of Books». L’article de Soros est

devenu un livre… Le même article est

paru en espagnol dans La Vanguardia

(Despierta, Europa). Il n’est paru à notre

connaissance dans aucune autre langue,

certains médias européens se contentant

de reproduire des dépêches d’agence le

résumant. Cela paraît d’autant plus bizarre

que Soros est propriétaire du Project

Syndicate, qui diffuse des centaines de

tribunes libres de «grandes plumes» – de

Desmond Tutu à Bill Gates en passant

par Michel Rocard et Javier Solana - dans

181 quotidiens internationaux et dans

une douzaine de langues. Alors que son

précédent article (Sauver l’Ukraine pour

sauver l’Europe), de mai dernier, avait

été diffusé par cette entreprise, celui dont

il est question ici ne l’a pas été. Bizarre,

vous avez dit bizarre ?

Notes

[1] Gekaufte Journalisten: Wie

Politiker, Geheimdienste und Hochfinanz

Deutschlands Massenmedien lenken

(amazon, allemand)

[2] Udo Ulfkotte : l’Allemagne

n’est pas un Etat libre et souverain !

(partie 1) (french.ruvr.ru, français, 20-

10-2014)

[3] Le journalisme made in CIA,

aujourd’hui et hier (dedefensa.org, français

et anglais, 20-10-2014)

[4] Ukraine : « L’Europe est indirectement

en guerre » (lemonde.fr, édition

abonnés, français, 23-10-2014)

[5] Soros et la CIA misent maintenant

sur Neves pour vaincre Rousseff

(vineyardsaker, français, 22-10-2014)

[6] Citons une lectrice du Monde, à

qui « on ne la fait pas » :

« Soros, un « philanthrope » qui

défend l’État de Droit ! Qu’est-ce qu’il ne

faut pas entendre ! L’Europe se retrouve

bien avec une guerre civile à sa porte,

à cause de l’ingérence de monsieur

Soros et de ses amis américains, qui ont

voulu jouer au grand échiquier, et, tout

comme au Moyen-Orient, c’est le reflet

de l’interventionnisme et de l’ingérence

néocoloniale de l’Open Society. Il y a déjà

fort à faire en termes d’état de droit et de

philanthropie dans votre pays, monsieur

Soros, restez-y !

The Vineyard of the Saker Version

française

25 octobre 2014

Tlaxcala: 27 octobre 2014

Par Guillaume Champeau

Dans un livre publié en septembre

dernier, le fondateur de Wikileaks

décrit en profondeur le rôle diplomatique

joué très discrètement mais efficacement

par Google, en particulier

dans les pays arabes. Pour Julian Assange,

Google est devenu une officine

au service des intérêts américains,

notamment grâce à sa filiale Google

Ideas dirigée par Jared Cohen.

"Personne ne veut reconnaître

que Google a beaucoup grandi et en

mal. Mais c’est le cas". En septembre

dernier est paru chez OR Books le livre

When Google Met Wikileaks, écrit par

Julian Assange. Le magazine Newsweek

en publie cette semaine de très

longs extraits, dans lesquels le fondateur

de Wikileaks décrit avec minutie le

rôle de l’ombre joué par Google dans la

politique internationale des Etats-Unis.

Le passage est véritablement passionnant,

et mérite d’être lu. Il est étayé par

des documents, dont beaucoup avaient

fuité sur Wikileaks, qui donnent corps

à l’analyse.

En résumé, Julian Assange estime

qu’à travers l’action très politique

de deux responsables de Google, son

président Eric Schmidt et le beaucoup

plus discret Jared Cohen, la firme de

Mountain View est devenue une officine

diplomatique au service des intérêts

américains. Elle accomplirait

une version modernisée du soutien

qu’apportait la CIA aux dictateurs

d’Amérique du Sud pendant la guerre

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Julian Assange

L’action très politique de deux responsables de Google, son président Eric

Schmidt (à droite) et Jared Cohen, (à gauche) la firme de Mountain View

est devenue une officine diplomatique au service des intérêts américains.

froide. Il ne s’agit plus aujourd’hui de

soutenir les régimes autoritaires contre

les tentations communistes du peuple,

mais de soutenir les rebelles contre

les régimes autoritaires islamiques du

Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Déguisé sous des traits humanitaires,

l’objectif fondamental reste toutefois

le même : défendre le libéralisme

économique et les intérêts stratégiques

américains.

Le libéralisme économique étant

perçu comme une résultante des droits

de l’Homme, il suffirait de défendre la

liberté d’expression, de faciliter la communication

entre les hommes et de

mettre en valeur toutes formes de libertés

individuelles pour que le libéralisme

économique s’impose de lui-même. A

cet égard, Internet est une aubaine. On

sait que l’Agence des Etats-Unis pour

le développement international (US-

AID) a ainsi financé un clone de Twitter

à Cuba, ou tenté d’imposer des réseaux

sociaux en Afghanistan, au Kenya ou

au Pakistan.

Jared Cohen, l’homme de l’ombre

des révolutions arabes

De son côté, Google a fondé

Suite à la page (15)

12

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014


Suite de la page (20)

pour une cause politique juste, même

s’ils l’ont toujours fait comme un devoir.

Le personnel médical qui part

n’importe où pour sauver des vies,

même au risque de la sienne, est le

meilleur exemple de solidarité que

puisse offrir un être humain… »

Le fait est que le blocus

économique, commercial et financier

appliqué par les États-Unis à Cuba

s’est renforcé durant cette dernière

période et que son application extraterritoriale

à toutes les régions s’est intensifiée,

notamment par des amendes

aussi énormes qu’insolites – pour un

montant total de onze milliards de dollars

– infligées à trente-huit banques,

dont la banque française BNP Paribas,

qui font des transactions avec

Cuba et d’autres pays. Les préjudices

économiques cumulés qui en découlent

– énormes pour une petite économie

– se chiffrent au total à 1 112

534 000 000 de dollars, calculés à la

valeur de l’or, laquelle est manipulée

par les créateurs du néfaste système

monétaire actuel, en proie à une crise

insurmontable qui frappe les pays les

plus pauvres.

Les préjudices humains que

cause le blocus ne cessent de croître.

Dorénavant, 77 p. 100 des Cubains

sont nés sous son ombre. Il est impossible

de comptabiliser la souffrance

de nos familles. De nombreuses conventions

internationales prohibent le

recours au blocus, telle la Convention

de Genève de 1948 sur le crime de

génocide. Le blocus interdit la jouissance

des droits humains à tout un

peuple. Le blocus entrave sérieusement

le développement économique

du pays ».

Bien que nos systèmes

d’assistance sociale et de santé parviennent

à empêcher des pertes humaines,

aucune personne honnête

dans le monde, pas même aux États-

Unis, ne pourrait justifier les conséquences

dévastatrices de ce blocus.

Notre culture nationale, l’éducation

et la garantie de droits et de chances

égales pour tous nous permettent de

constituer une société instruite et solidaire.

Monsieur le Président,

Les peuples étasunien et cubain,

situés de part et d’autre du détroit de

la Floride, ont toujours eu des liens

profonds. Malgré les campagnes mensongères

orchestrées systématiquement

contre notre pays pendant plus

d’un demi-siècle, le peuple étasunien

a appuyé le renvoi dans sa famille du

petit Cubain séquestré en 1999.

Devant les terribles actes terroristes

du 11 septembre 2001, Cuba a,

dès les premières heures, offert toute

l’aide à sa portée quand des milliers

d’avions ne savaient où atterrir, et elle

l’a de nouveau offert, lors des attaques

au bacille de charbon, pour remédier à

la carence d’antibiotiques.

Sincèrement préoccupée par les

dommages qu’avait causés le cyclone

Katrina en 2005, Cuba a offert sa coopération

médicale à la population de la

Nouvelle-Orléans. C’est d’ailleurs de là

qu’est né le Contingent médical Henry

Reeve spécialisé en catastrophes et

épidémies – du nom d’un jeune Étasunien

qui a lutté héroïquement au

XIXe siècle pour l’indépendance de

Cuba. Ce contingent est maintenant

déployé au Sierra Leone, au Liberia

et en Guinée. Toujours en 2005, il a

prêté service au Pakistan à la suite du

terrible séisme qui a frappé ce pays.

En 2011, en El Salvador, après un autre

séisme, ce contingent a collaboré

d’une manière fructueuse avec des

médecins militaires étasuniens, poursuivant

d’ailleurs par là une coopération

qui avait démarré au Guatemala,

en 2002-2003, durant le traitement

d’une épidémie d’onchocercose.

En 2010, à la suite du tremblement

de terre qui a frappé Haïti, les

États-Unis et Cuba ont aussi coopéré

en faveur de cette nation si pauvre. Le

gouvernement cubain a fait invariablement

parvenir à celui des États-

Unis des informations concernant des

projets d’actes ou d’attentats terroristes

visant ce pays. Malgré de vieilles

tensions et les tentatives d’extrémistes

violents et de groupes terroristes pour

la provoquer, la guerre n’a jamais

éclaté entre les deux pays et aucun

jeune Étatsunien n’est mort à Cuba.

Malgré des calomnies dans ce sens,

Cuba n’a jamais menacé la sécurité

nationale des États-Unis.

Aucune hostilité n’existe entre

nos peuples. Cuba accueille de façon

hospitalière les rares Étasuniens que

leur gouvernement autorise à venir ou

qui courent des risques légaux quand

ils le font, et ceux qui, comme les Pasteurs

pour la paix, nous offrent une

aide humanitaire ou viennent faire

des études de médecine chez nous.

Les sondages d’opinion prouvent

qu’absolument tous les secteurs de

la société étasunienne sont toujours

plus favorables dans leur majorité à

la levée du blocus et à la normalisation

des relations bilatérales. Il est

particulièrement symptomatique que

cette opinion soit encore plus marquée

en Floride, ce que confirme d’ailleurs

la tendance du vote lors des dernières

élections présidentielles.

Des personnalités politiques des

tendances les plus diverses et de prestigieux

universitaires reconnaissent

que cette politique a échoué quant à

ses objectifs et qu’elle ne répond pas

aux intérêts nationaux. Il suffit pour

s’en convaincre de lire les éditoriaux

que The New York Times a consacrés

à ce point ces dernières semaines.

Des leaders religieux invoquent des

raisons morales et humanitaires légitimes

et irréfutables pour demander un

changement de politique.

Les Étasuniens réclament le

droit de se rendre librement au seul endroit

de la planète où il leur est interdit

d’aller et de se faire personnellement

une opinion directe sur la réalité cubaine.

Des organisations d’entreprises

et d’hommes d’affaires estiment que le

blocus lèse leurs intérêts économiques.

L’opinion publique s’oppose dans

sa majorité à l’orientation actuelle

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et se montre toujours plus critique à

cet égard. L’émigration cubaine, qui

se heurte à des mesures discriminatoires

et à de nombreux obstacles en

matière de réunification familiale, de

voyages aux coûts excessifs dans les

deux directions, et qui est victime de

manipulation politique, voire de violence

terroriste, souhaite dans sa majorité

la paix et le bien-être pour ses

familles et son peuple, et des relations

normales avec sa nation d’origine.

Pourquoi stimuler l’utilisation illégale

des technologies de l’information, au

lieu d’autoriser des affaires mutuellement

avantageuses en télécommunications

? Pourquoi empêcher Cuba de

se connecter aux câbles sous-marins

tout proches, ce qui limite et entrave

sa connectivité ?

Le blocus nuit à Cuba, mais il

nuit aussi aux États-Unis. L’inscription

absurde et ridicule de Cuba sur la liste

des États parrainant le terrorisme, qui

sert uniquement à justifier des sanctions

financières internationales, jette

le discrédit sur les États-Unis. Les

seize ans d’emprisonnement injuste et

frauduleux infligés aux trois antiterroristes

cubains ne les ont pas abattus.

Au contraire, ils en ont fait des héros

et un exemple pour les futures générations

de Cubains et un motif de fierté

pour ceux qui, par leurs sacrifices, ont

frayé la voie de la nouvelle Cuba.

La décision de lever le blocus serait

la bienvenue dans la communauté

internationale et exercerait une influence

unitaire en faveur de la paix et du

règlement pacifiques des conflits et des

différends. Après les mesures limitées,

quoique positives, de 2009 et de 2011,

relatives aux visites familiales, aux

envois de fonds familiaux des Cubains

installés aux USA et aux voyages de

catégories données d’Étatsuniens en

vue d’échanges de différente nature,

le dialogue technique s’est élargi à

d’autres points et la coopération s’est

accrue dans des domaines tels que

la lutte contre le trafic de drogues, la

criminalité transnationale, la traite

d’êtres humains, la prévention des

marées noires, la recherche et le sauvetage

de personnes, la sécurité aérienne

et celle de l’aviation, ou face à

des événements spécifiques.

La société étasunienne et la

communauté internationale ont appuyé

et encouragé ces modestes

progrès. Le président Barack Obama

jouit de toutes les prérogatives constitutionnelles

pour modifier, sans avoir

à recourir au Congrès, des aspects clefs

du blocus et infuser une dynamique

nouvelle et décisive aux relations bilatérales.

Monsieur le Président,

Cuba invite l’administration étasunienne

à nouer des relations mutuellement

respectueuses et réciproques,

fondées sur l’égalité souveraine, les

principes du droit international et

la Charte des Nations Unies. Nous

pouvons tenter de trouver un règlement

à nos différends par le dialogue

respectueux et la coopération dans

des domaines d’intérêt commun. Indépendamment

de nos différences,

nous pouvons coexister et avoir des

relations civilisées. Cuba ne renoncera

jamais NI à sa souveraineté ni à la voie

que son peuple a choisie librement : la

construction d’un socialisme plus juste

et efficace, prospère et durable. Elle ne

renoncera pas non plus à sa recherche

d’un ordre international juste ni ne

cessera de lutter pour « l’équilibre du

monde ».

Monsieur le Président ;

Chers représentants permanents

;

Messieurs les délégués,

En cette conjoncture internationale

particulièrement difficile, je vous

demande de voter le projet de résolution

A/69/L.4 intitulé : « Nécessité de

lever le blocus économique, commercial

et financier appliqué à Cuba par

les États-Unis d’Amérique », afin de

soutenir l’idée que, compte tenu des

graves problèmes qui se posent de

nos jours à l’humanité, nous devons

impérieusement modifier la façon dont

nous entrons en rapport entre nous si

nous voulons les régler, préserver la

paix et sauvegarder l’espèce humaine.

Je vous remercie.

RHC Nations Unies,

28 octobre 2014

Mexique: une faillite planifiée

de l'État

Manifestation de parents des normaliens disparus d'Ayotzinapa

Par Raúl Zibechi *

L

’État mexicain est devenu une institution

criminelle où les narcos et les

politiciens fusionnent pour contrôler la

société. Un État dont la faillite a été organisée

durant les deux dernières décennies

pour conjurer le pire cauchemar des élites

: une deuxième révolution mexicaine. «

Ils les ont enlevés vivants, c'est vivants

que nous les voulons », crie Marie Ester

Contreras, tandis que vingt poings levés

accompagnent le slogan à la tribune de

l’Université (jésuite) ibéroaméricaine de

Puebla, lors de la réception du prix Tata

Vasco au nom du collectif Forces Unies

Pour Nos Disparus au Mexique (Fundem),

pour son travail contre les disparitions

forcées. La scène est saisissante : les

parentes des disparus, presque toutes des

mères ou des sœurs, ne peuvent retenir

leurs pleurs chaque fois qu’elles prennent

la parole au XIème Forum des Droits humains.

Rien à voir de la généalogie des

disparitions que nous connaissons dans

le Cône Sud. Au Mexique il ne s’agit pas

de répression, de disparitions forcées et

de tortures de militants ; mais de quelque

chose de beaucoup plus complexe et terrible.

Une mère a raconté la disparition de

son fils, un ingénieur en communications

qui travaillait pour IBM, séquestré par les

narcos pour le forcer à construire un réseau

de communications à leur service. «

Cela peut arriver à n’importe qui », avertitelle,

disant que toute la société est dans

le collimateur et que personne ne devrait

donc rester indifférent.

Fundem est née en 2009, à Coahuila,

et a réussi à réunir plus de 120

familles qui recherchent 423 personnes

disparues, et travaillent aussi avec le Réseau

Vérité et Justice, qui recherche 300

migrants d’Amérique centrale disparus en

territoire mexicain. L’ex-président Felipe

Calderón a nommé cela « des dommages

collatéraux », essayant de minimiser la

tragédie des disparitions. « Ce sont des

êtres qui n’auraient jamais du disparaitre

», réplique Contreras.

Pire que l’État islamique

Un communiqué de la Fundem, à

l’occasion de la Troisième Marche de la

Dignité célébrée en mai, souligne que «

selon le Ministère de l’Intérieur, jusqu’à

février 2013, on comptait 26 121 personnes

disparues », depuis que Calderón

a déclaré la « guerre au narcotrafic » en

2006. En mai 2013, Christof Heyns, rapporteur

spécial des Nations Unies sur les

exécutions extrajudiciaires a dit que le

gouvernement a reconnu 102 696 homicides

durant les six ans de présidence

de Calderón (1 426 victimes par mois en

moyenne). Mais en mars dernier, après

14 mois de présidence de Peña Nieto,

l’hebdomadaire Zeta comptabilisait 23

640 homicides (1 688 par mois).

La chaîne d’information Al Jazeera

a diffusé une analyse où sont comparées

les morts provoquées par l’État Islamique

(EI) avec les massacres des narcos mexicains.

En Irak, en 2014, l’EI a mis fin à la

vie de 9 000 civils, pendant que le nombre

de victimes des cartels mexicains en 2013

a dépassé 16 000 (Russia Today, 21 octobre

2014). Les cartels commettent des

centaines de décapitations tous les ans. Ils

en sont arrivés à démembrer et mutiler les

corps des victimes, pour ensuite les exposer

afin de terroriser la population. « Avec

la même intention, les cartels attaquent

aussi des enfants et des femmes, et, comme

l' EI, ils publient les images horribles

de leurs crimes sur les réseaux sociaux ».

De nombreux médias ont été

réduits au silence par des pots-de-vin ou

"La justice n'a pas de mère" -

Mexico, 10 mai 2013 : l'évêque de

Saltillo, Raúl Vera López, guidant

une manifestation nationale de

mères de personnes disparues

des intimidations et depuis 2006, les cartels

ont été responsables de l’assassinat

de 57 journalistes. L’État Islamique a assassiné

deux citoyens US, dont les cas

ont fait la Une des grands médias, mais

peu de gens savent que 293 citoyens USaméricains

ont été assassinés par les cartels

mexicains entre 2007 et 2010.

La question n’est pas, et ne doit pas

être, de savoir qui est le plus sanguinaire,

mais pourquoi. Depuis que nous savons

qu'Al Qaïda et l’État Islamique ont été

créés par les renseignements US, la question

de savoir qui est derrière le narcotrafic

mérite d’être posée.

Diverses études et enquêtes journalistiques

soulignent la fusion entre

les autorités étatiques et les narcos au

Mexique. Le magazine Proceso souligne

dans sa dernière édition que « depuis le

premier trimestre de 2013 le gouvernement

fédéral a été alerté par un groupe

de parlementaires, de militants sociaux

et de fonctionnaires fédéraux au sujet du

degré de pénétration du crime organisé

dans les secteurs de la sécurité de plusieurs

municipalités du Guerrero », sans

obtenir la moindre réponse (Proceso, 19

octobre 2014). Analysant les liens

derrière le massacre récent des étudiants

d’Ayotzinapa (six morts et 43 disparus),

le journaliste Luis Hernández Navarro

conclut que l'événement « a mis à jour le

cloaque de la narcopolitque guerreroise »

(La Jornada, 21 octobre 2014). Dans ce

cloaque pataugent des membres de tous

les partis, y compris du PRD, de centregauche,

où "militait" le président municipal

(maire) d’Iguala, José Luis Abarca,

directement impliqué dans le massacre.

Raul Vera a été évêque de San Cristobal

de la Casas quand la hiérarchie a décidé

d’écarter de cette ville Samuel Ruiz.

Mais Vera a suivi le même chemin que

son prédécesseur et maintenant il exerce

à Saltillo, la ville de l’État de Coahuila d’où

viennent plusieurs mères actives dans la

Fundem. Elles n’ont pas de local à elles

et se réunissent au Centre diocésain pour

les droits humains. L’évêque et les mères

travaillent au coude à coude.

En 1996 Mgr. Vera avait dénoncé

le massacre d’Acteal, où 45 indigènes

tzotzils, dont 16 enfants et adolescents et

20 femmes, avaient été assassinés alors

qu’ils priaient dans une église de la communauté,

dans l’État de Chiapas. Bien que

le massacre eût été perpétré par paramilitaires

hostiles à l’EZLN, le gouvernement

a essayé de le présenter comme un conflit

ethnique.

Contrôler la société

Sur la base de sa longue expérience, il

soutient que le massacre d’Ayotzinapa

« est un petit message au peuple, pour

nous dire : regardez de quoi nous sommes

capables », comme cela a été le cas

à San Salvador Atenco en 2006, quand

des militants du Frente de Pueblos en

Defensa de la Tierra (Front des peuples

en défense de la terre), qui participaient à

L’autre campagne zapatiste, ont été brutalement

réprimés avec un bilan de deux

Suite à la page (14)

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 13


Suite de la page (13)Pour Ankara... Suite de la page (13)Mexique..

était l’agent de liaison entre l’Otan et la

Turquie. En définitive, l’UÇK chassa les

Serbes orthodoxes et profana leurs lieux

de culte. En 2011, Hakan Fidan envoya

des jihadistes au Kosovo pour être formés

au terrorisme par l’UÇK, puis attaquer la

Syrie.

Durant l’occupation de l’Irak, les

États-Unis s’appuyèrent officiellement

sur la Turquie et l’Arabie saoudite pour

reconstruire le pays. La politique qui fut

alors conduite provoqua la guerre civile et

des massacres systématiques, principalement

de chiites et de chrétiens. Comme

l’a expliqué l’ancien conseiller de la Maison-Blanche

pour la Sécurité de la Patrie,

Richard A. Falkenrath, cette politique

était conçue pour enkyster le jihadisme,

l’utiliser sur place et s’assurer qu’il ne vienne

pas aux États-Unis [5].

En septembre 2013, des centaines

de jihadistes de l’Armée syrienne libre (la

milice soutenue par la France et qui arbore

le drapeau de la colonisation française)

soutenus par des éléments du Front al-

Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda) sont

arrivés de Turquie pour prendre le village

de Maloula, violer ses femmes, tuer ses

hommes et profaner ses églises. Maloula

n’offre aucun intérêt stratégique militaire.

Cette attaque était uniquement un moyen

de persécuter visiblement les chrétiens

dont Maloula est le symbole syrien depuis

près de deux mille ans.

En mars 2014, des centaines de jihadistes

du Front al-Nosra et de l’Armée

de l’islam (pro-Saoudiens) sont arrivés de

Turquie, encadrés par l’Armée turque, pour

mettre à sac la ville de Kessab. La population

réussit à fuir avant d’être massacrée.

Lorsque l’Armée arabe syrienne vint à la

rescousse, la Turquie la combattit et abattit

un de ses avions. Kessab présente un intérêt

stratégique pour l’Otan, en raison de

la proximité d’une base de radars russes

qui surveille la base turque de l’Alliance

d’Incirlik. Les habitants de Kessab sont

des Arméniens dont les familles ont fui les

massacres perpétrés par les Jeunes Turcs.

La Turquie actuelle admet-elle les

génocides ?

Force est donc de se poser la question :

en niant que le massacre des Arméniens

en général et de diverse minorités principalement

chrétiennes, survenu de 1915 à

1925, a été organisé par le Comité Union

et Progrès, la Turquie n’affirme-t-elle pas

qu’un génocide n’est pas un crime, mais

une politique comme une autre.

La politique de l’actuel gouvernement

turc se fonde sur la « doctrine Davutoglu

», du nom de l’actuel Premier

ministre. Selon ce professeur de Sciences

politiques, la Turquie doit rétablir son influence

de l’ère ottomane et unifier le Proche-

Orient sur la base de l’islam sunnite. Dans

un premier temps, l’administration Erdogan

a prôné la résolution des conflits laissés

en suspens depuis la chute de l’Empire

ottoman, qu’elle a qualifié de politique de

« zéro problème » avec ses voisins. Saisissant

la balle au bond, la Syrie et l’Iran négocièrent

alors une zone de libre-échange

qui provoqua un boom économique dans

les trois pays. Mais en 2011, durant la

guerre de l’Otan contre la Libye, la Turquie

abandonna son attitude conciliatrice pour

s’imposer comme puissance belligérante.

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Depuis lors, elle s’est à nouveau fâchée

avec tous ses voisins, à l’exception de

l’Azerbaïdjan.

Le soutien français à la Turquie

Durant les guerres contre la Libye et

contre la Syrie, la Turquie et la France se

sont rapprochées jusqu’à forger un véritable

pacte, dans la lignée de l’alliance

franco-ottomane voulue par François Ier

et Soliman Le Magnifique ; une alliance

qui dura deux siècles et demi et ne prit fin

qu’avec Napoléon Bonaparte, puis ressurgit

brièvement durant la guerre de Crimée.

La nouvelle alliance fut ratifiée par le

ministre français des Affaires étrangères,

Laurent Fabius, qui leva en février 2013 le

veto français à l’adhésion de la Turquie à

l’UE et s’engagea désormais à en favoriser

l’entrée.

Sur ce, François Hollande et Laurent Fabius,

Recep Tayyip Erdogan et Ahmet

Davutoglu commanditèrent une opération

conjointe pour faire assassiner le président

Bachar el-Assad et son ministre des Affaires

étrangères Walid el-Mouallem par

du personnel de nettoyage du palais présidentiel,

mais l’opération échoua.

À l’été 2013, la Turquie organisa le bombardement

chimique de la ghoutta et en

accusa la Syrie. Soutenue par la France,

elle chercha à impliquer les États-Unis

dans un bombardement de la capitale et

un renversement de la République arabe

syrienne. Les deux pays tentaient de ramener

Washington à son projet initial

de renversement de la République arabe

syrienne.

Un document, remis au Conseil de sécurité

des Nations unies, atteste qu’après le vote

secret par le Congrès US, en janvier 2014,

de l’armement et du financement de rebelles

syriens pour nettoyer ethniquement

la région, la France et la Turquie ont

continué secrètement à armer ensemble

le Front al-Nosra (c’est-à-dire Al-Qaïda)

pour qu’il lutte contre Daesh. Il s’agissait

toujours de ramener Washington à son

projet initial. On notera au passage,

que ce n’est pas seulement la Turquie,

mais aussi la France, qui ont armé

les jihadistes ayant attaqué les villes chrétiennes

de Maloula et de Kessab, violé

leurs femmes, tué leurs hommes et profané

leurs églises.

La corruption des dirigeants français

par la Turquie

Alors que la presse évoque fréquemment

la corruption de la classe dirigeante

française par le Qatar, elle ne dit

mot sur l’investissement colossal de la

Turquie dans des politiciens français. La

preuve de cette corruption : le silence

des dirigeants français sur l’évolution intérieure

de la Turquie (record du monde

de l’emprisonnement de journalistes,

d’avocats et d’officiers supérieurs), sur

son soutien au terrorisme international (la

Justice turque a établi qu’Erdogan a rencontré

12 fois le banquier d’Al-Qaïda ; la

Turquie abrite quatre camps d’Al-Qaïda et

a organisé le transit de dizaines de milliers

de jihadistes), sur le pillage de la Syrie (des

milliers d’usines ont été démontées dans

le district d’Alep et transférées en Turquie)

et sur ses massacres (Maloula, Kessab, et

bientôt peut-être Kobané).

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—a créé, en 2009, l’Institut du Bosphore

chargé de promouvoir les liens entre les

deux pays [6]. Son comité scientifique,

co-présidé par Anne Lauvergeon [7],

comprend la crème des politiciens français

de l’UMP (Jean-François Coppé [8] et

Alain Juppé [9]), du Parti socialiste (Élisabeth

Guigou [10] et Pierre Moscovici [11]

), beaucoup de très proches du président

Hollande (Jean-Pierre Jouyet [12] et Henri

de Castries [13]), et même d’anciens communistes,

pour ne citer que quelques exemples.

Il n’est certainement pas dans l’esprit de

ces personnalités, dont certaines sont honorables,

d’approuver les massacres commis

par Ankara. C’est pourtant ce qu’elles

font. En s’alliant à la Turquie, la France

est devenue complice active de ses massacres.

Notes

[1] “Remarks by Joe Biden at the

John F. Kennedy Forum”, by Joseph R.

Biden Jr., Voltaire Network, 2 October

2014.

[2] “Remarks by U.S. Treasury Under

Secretary David S. Cohen on Attacking

ISIL’s Financial Foundation”, David S. Cohen,

Carnegie Endowment for Internationale

Peace, 23 octobre 2014.

[3] Statistics of Democide : Genocide

and Mass Murder Since 1900, R.J.

Rummel, Transaction, 1998, p. 223-235.

[4] Les Jeunes-Turcs étaient un

parti politique nationaliste révolutionnaire

et réformateur ottoman, officiellement

connu sous le nom de Comité Union et

Progrès (CUP). Il s’allia aux minorités et

renversa le sultan Abdülhamid II. Arrivé

au pouvoir, il mit en œuvre une politique

de turquification qui le conduisit à planifier

le génocide des minorités, principalement

des Arméniens.

[5] Cité in « If Democracy Fails, Try

Civil War », Al Kamen, The Washington

Post, 25 septembre 2005.

[6] Voir le site internet de l’Institut

du Bosphore.

[7] Ancienne collaboratrice de

François Mitterrand, elle devint directrice

d’Areva (2001-11). Elle est actuellement

présidente de la Commission sur

l’innovation.

[8] Député, ancien ministre et ancien

président de l’UMP.

[9] Maire de Bordeaux, ancien

Premier ministre et ancien président de

l’UMP, il devint ministre des Affaires

étrangères au début des guerres contre la

Libye et la Syrie.

[10] Ancienne collaboratrice de

François Mitterrand et ancienne ministre,

actuelle présidente de la Commission des

Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

[11] Député et ancien ministre, il

a été désigné pour devenir commissaire

européen.

[12] Haut-fonctionnaire, ami de

longue date de François Hollande, il est

aujourd’hui secrétaire général de l’Élysée.

[13] Ami de longue date de François

Hollande, il est aujourd’hui directeur

général des assurances AXA.

Réseau Voltaire 27 octobre 2014

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"Par les temps qui courent, il est plus dangereux d'être étudiant que

criminel. Ils les ont enlevés vivants, c'est vivants que nous les voulons "

Normaliens d'Ayotzinapa

morts et plus de 200 arrestations, dont 26

viols. Le gouverneur responsable de ce

pataquès était Enrique Peña Nieto, l’actuel

président.

Ces « messages » se répètent à intervalles

réguliers dans la politique mexicaine.

Le père Alejandro Solalinde, qui a

participé au Forum des Droits humains,

coordonne la Pastoral de Movilidad Humana

Pacífico Sur - Pastorale des migrants

du Pacifique Sud - de l’Épiscopat mexicain

et dirige un foyer pour les migrants

en route vers les USA qui passent par le

Mexique, assure avoir été informé que les

étudiants ont été brûlés vifs. Après avoir

été mitraillés, les blessés ont été brûlés,

comme l’ont raconté les policiers qui ont

participé aux événements et « ont craché

le morceau par remords de conscience »

(Proceso, 19 octobre 201.

Si la manière d’assassiner est un

message mafieux clair, il faut en dévoiler

les objectifs, vers qui ils pointent et pourquoi.

La réponse vient de l’évêque Vera.

Il souligne l’intime relation entre les cartels

et les structures politiques, judiciaires

et financière de l’État, au point qu’il est

impossible de savoir où commence l’un et

finit l’autre. Constater cette réalité l’amène

à assurer que les dirigeants de son pays «

sont le crime organisé » et que, par conséquent,

« nous ne sommes pas dans une

démocratie » (Proceso, 12 octobre 2014).

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"Où sont-ils ?"

Mais l’évêque dirige sa réflexion

vers un point névralgique qui permet de

démêler le nœud. « Le crime organisé a

aidé au contrôle de la société et c’est pourquoi,

c’est un associé de la classe politique.

Ils ont obtenu que le peuple ne s’organise

pas, ne progresse pas ». C’est ce que le

sous-commandant Marcos a signalé à peu

près dans les mêmes termes.

En dernière analyse, il ne s’agit pas

d’une convergence fortuite, mais d’une

stratégie. L’un de ceux qui l'ont construite

sur le terrain, est le général colombien

Oscar Naranjo, qui a été l’un « des architectes

les plus remarquables de la narcodémocratie

colombienne actuelle » sous

le gouvernement d’Álvaro Uribe, comme

le dénonçait Carlos Fazio (La Jornada, 30

juin 2012). Naranjo, un protégé de la DEA

(Drug Enforcement Administration) et «

produit d’exportation » des USA pour la

région, est devenu le conseiller du gouvernement

Peña Nieto.

Fazio reprend une information du

Washington Post qui assure que « sept

mille policiers et militaires mexicains ont

été entraînés par des conseillers colombiens

». Il ne faut pas avoir beaucoup

d’imagination pour découvrir où on a

commencé à fabriquer l’État failli mexicain.

Mais il y a plus. « Le gouvernement

des USA a aidé plusieurs cartels à travers

l’Opération Fast and Furious (en espagnol

Rápido y Furioso)», durant laquelle deux

mille armes sont tombées "involontairement"

aux mains des narcos, rappelle le

site antiwar.com (voir Fast and Furious

- Blowback from Mexico). Il est possible,

comme le pensent des sites consacrés à

l’analyse stratégique comme le site européen

dedefensa.org, que le chaos mexicain

soit favorisé par la paralysie croissante

de Washington et la cacophonie émise par

ses divers services, en concurrence entre

eux [lire ici]. Mais en tout cas, tout indique

qu’il y a là quelque chose de délibéré. Que

cela puisse revenir en boomerang à travers

la frontière poreuse et étendue entre

Mexique et USA, ne devrait pas non plus

faire de doute.

Ndlr. * Raúl Zibechi: journaliste

uruguayen, commentateur et écrivain,

professeur et chercheur à la Multiversidad

Franciscana d’Amérique Latine, et conseiller

de plusieurs organismes. Il est responsable

de la section internationale de

l'hebdomadaire Brecha, édité à Montevideo.

Alainet.org 23/10/2014

Traduit par Fausto Giudice

Tlaxcala 24/10/2014

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Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014


Suite de la page (8)

Un travailleur de la santé en train d’asperger sur un homme des produits

chimiques désinfectants comme il est soupçonné de la mort due au virus

Ebola au Libéria.

La contamination de la rivière Meye, affluent du fleuve Artibonite

Assiste-t-on à un procédé similaire

avec l'Ebola ? Nul ne peut le dire

pour le moment. Mais la communication

de l'Oms apparaît de plus

en plus alarmiste alors que nombre

de ses derniers rapports ne vont

pas dans le même sens. Si l'on ne

peut nier la gravité de l'épidémie

actuelle, l'Oms semble reporter une

augmentation du nombre de cas relayés

par les médias de masse occidentaux

; alors que les derniers

rapports de l'OMS montrent un net

infléchissement de l'épidémie dans

certaines régions sans qu'il faille

crier victoires pour autant.

Dans son rapport du 1er octobre

(Ebola Response Roadmap

Situation Report), l'Oms notait une

baisse du nombre de nouveaux cas

depuis deux semaines en Afrique de

l'Ouest. Dans son rapport du 3 octobre

(WHO: Ebola response roadmap

update, October 3, 2014) reconnaissait

également avoir surévalué

le nombre de cas alors que la prévalence

des cas d'Ebola diminue.

Ainsi, au Libéria, il y a environ 931

cas avérés tandis que l'Oms en rapporte

plus de 3834. Le Libéria étant

précisément l'endroit où les 4000

militaires Us sont en train d'être déployés

(les Etats Unis ayant récemment

révisé leur nombre à la hausse

de 3000 le gouvernement Obama

est passé à 4000 soldats) sans que

les éléments sur le terrain puissent

justifier un tel déploiement d'après

les chiffres non diffusés de l'Oms

dans les médias.

Lorsque l'Oms communique

sur un nombre de cas de plus de

4000 morts liés à l'Ebola en Afrique

de l'Ouest, elle communique

un chiffre qui n'a pas été confirmé,

mais qui comprend les cas confirmés

avec les cas probables et les

cas suspectés. Ainsi si l'on consulte

leur rapport du 3 octobre (avant que

l'Oms annonce le chiffre de plus de

4000 décès) : il y aurait 3431 décès

liés à l'Ebola mais sur ces 3431

seulement 2071 ont été confirmés.

Dans son dernier rapport du

10 octobre, l'Oms estime le nombre

de décès à 4024 selon les mêmes

calculs alors que le nombre de décès

confirmé lié à l'Ebola est de 2423.

Vous aurez constaté que le

nombre de décès entre le rapport

du 8 octobre et celui du 10 octobre

bondit de 3431 à 4024 soit 593 de

plus imputables à l'Ebola alors que

le nombre de décès confirmés liés à

l'Ebola sur la même période bondit

de seulement de 352 (on passe de

2071 décès confirmés à 2423). Cela

veut dire que l'Oms rapporte 243

décès supplémentaires imputables

à l'Ebola sans aucune preuve biologique.

D'autre part l'Oms décrit

un nombre de décès supplémentaire

au nombre de cas car ceux-ci auraient

été rapportés récemment et

attribués à l'Ebola notamment en

Sierra Leone. Une comptabilité pour

le moins erratique qui tend à surévaluer

la crise sanitaire dans ces

pays même si on ne peut méconnaître

l'augmentation de l'incidence de

la maladie, selon l'Oms.

Dans son rapport du 8 octobre,

l'Oms, tout en tenant un ton

particulièrement alarmiste, annonce

que le nombre de cas a diminué

au Libéria dans la région de Lofa,

et en Sierra Leone dans les régions

de Kailahun et de Kenema (l'un des

épicentres où se situait un laboratoire

biologique Us luttant contre

le bioterrorisme qui a dû fermer en

aout devant les protestations des

populations et du gouvernement de

Sierra Leone). Ces deux pays sont

les endroits pourtant où les forces

militaires Us et britanniques vont

débarquer en force. Tandis que

des forces militaro-humanitaires

franco-allemande vont débarquer

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Suite de la page (12)

Google Ideas, une structure méconnue

dont l’agenda est exclusivement

politique. Il s’agit de voir "comment la

technologie peut permettre aux gens

de faire face à des menaces en étant

confrontés au conflit, à l’instabilité

et la répression". L’organisation est

dirigée par Jared Cohen, un ancien

conseiller diplomatique de Condoleeza

Rice et d’Hillary Clinton au ministère

des affaires étrangères du gouvernement

américain.

Selon sa fiche Wikipedia, Jared

Cohen est un jeune spécialiste (33

ans) de l’anti-terrorisme, de la "contreradicalisation",

du Moyen-Orient et de

l’Asie du Sud, des libertés sur Internet,

et de "l’encouragement à l’opposition

dans les pays répressifs". Il fut considéré

l’an dernier par TIME comme

l’une des 100 personnalités les plus

influentes, tandis que le New Yorker

lui avait consacré dès 2007 un portrait

élogieux, qui rappelle qu’il s’était

rendu en Iran pour aider l’opposition

dès ses jeunes années d’étudiant.

L’activité de Cohen au sein de Google

Ideas lui a valu jusqu’aux inimitiés

de Stratfor, l’officine privée très influente

et proche du pouvoir dont

les e-mails avaient fuité en 2011 sur

Wikileaks, valant au pirate-informateur

pas moins de 10 ans de prison.

Ils voyaient l’activité diplomatique de

Google comme une forme de concurrence.

Dans un courriel interne cité

par Julian Assange, daté du 27 février

2012, le responsable aux renseignements

de Stratfor avait parlé en ces

termes d’un projet confidentiel de

Jared Cohen de se rendre dans les semaines

suivantes à la frontière entre

l’Iran et l’Azerbaïdjan :

Google a le soutien et la protection

aérienne de la Maison Blanche et

du Département d’Etat. En réalité, ils

font des choses que la CIA ne peut pas

faire. Mais je suis d’accord avec toi. Il

va se faire kidnapper ou se faire tuer.

C’est ce qui pourrait arriver de mieux

pour exposer le rôle secret qu’a Google

pour faire mousser les soulèvements,

pour être franc. Le gouvernement US

pourra prétendre qu’il ne savait rien,

et c’est Google qui tiendra le sac de

merde.

Dans son livre, Julian Assange

en Guinée. A chacun sa sphère

d'influence. Quelque 4500 militaires

et civils allemands issus de l'armée

allemande sont prêts à intervenir.

Inutile de dire que dans ce

contexte les rumeurs les plus folles

circulent dans ces pays. Ainsi un

article du Liberian Observer met

en cause des faux diagnostics

d'Ebola par les hôpitaux locaux dû

à un leurre utilisé par des manipulateurs.

Selon ce journal qui n'en

est pas à des approximations près,

des personnes mal intentionnées

infesteraient les puits d'eau ou les

bouteilles d'eau à base de formaldéhyde

qui à haute dose dans l'eau

pourrait provoquer des symptômes

similaires à l'Ebola. La méfiance

s'installe au point que le ministre

de l'information du Sierra Leone

ait déploré le traitement sélectif de

l'information par les médias occidentaux.

Ce n'est pas le déploiement

massif de soldats des forces

atlantistes qui va rétablir la confiance

à moins qu'il s'agisse de cadrer

ses populations pour administrer les

traitements médicaux jugés nécessaire

par l'Otan médical en conjonction

avec l'Oms ?

D'ailleurs, l'Union européenne

(Ue) ne s'en cache pas puisque

les institutions de l'Ue ont prévu

de déployer des troupes militaires

pour restaurer la sécurité dans les

zones épidémiques. Une stratégie

du soin ouvertement colonialiste et

impérialiste. Il est vrai que l'Union

africaine ne compte pour rien dans

les stratégies de l'Ue, de l'Otan, de

l'Oms et des Usa en Afrique qu'il

s'agisse du terrorisme en Afrique

ou des problèmes sanitaires. C'est

le Nord qui décide pour le Sud dans

ses anciennes colonies de ce qu'il

y a de mieux pour ces populations

en s'appuyant sur des kleptocrates

mis au pouvoir par les pays occidentaux.

La présidente libérienne,

pour ne pas gêner le déploiement

des troupes Us, a demandé à ses

propres troupes de rentrer dans

les casernes tout en réclamant les

pleins pouvoirs, tandis que le Qg

des forces militaires Us s'est installé

au ministère de la défense libérienne.

Ebola et coups d'Etat militaire

occidental en Afrique de l'Ouest ?

Nous reviendrons ultérieurement

sur le parcours d'Ellen Johnson

Sirleaf [la présidente] qui a toujours

soutenu les intérêts étatsuniens

au Libéria, même durant la guerre

menée par la France et les Etats

Unis via le Burkina Faso et l'agent

de la Cia, Charles Taylor, contre le

dictateur Samuel Doe issu du peuple

autochtone libérien qui luttait contre

la pénétration Us au Libéria.

Une guerre civile menée dans les

coulisses par la France et les Etats-

Unis via leur pion Compaoré et Taylor,

qui a fait plus de 150 000 morts.

A noter que Charles Taylor n'a pas

été condamné pour ses crimes au

Libéria, soutenu qu'il était par les

Usa et indirectement par la France,

mais pour son soutien à la terrible

rébellion du Ruf en Sierra Leone.

La présidente Ellen Johnson

Sirleaf adulée par l'administration

Obama a joué un rôle de soutien

envers le criminel contre l'humanité

Charles Taylor à un point tel que la

Commission Vérité et Réconciliation

libérienne avait demandé à ce

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décrit par ailleurs toute une galaxie

de fondations et associations qui

sont directement ou indirectement

liées à Google Ideas et à la diplomatie

américaine, fondées ou rejointes

par Jared Cohen. Parmi elles figurent

Movements.org, créé par Cohen, qui

a fusionné avec Advancing Human

Rights. Or ce choix n’est pas neutre.

AHR a été fondé par Robert Bernstein,

qui a démissionné en 2010 de

la prestigieuse association Human

Rights Watch qu’il avait pourtant fondée.

Il reprochait à HRW d’avoir été

trop critique contre les violations des

droits de l’homme par Israël. Par opposition,

Advancing Human Rights

ne s’intéresse donc qu’aux "sociétés

fermées", fermant les yeux sur des

régimes critiquables aux apparences

plus démocratiques.

Un pouvoir d’influence sans

précédent ?

De là à dire que Google Ideas protège

aussi les intérêts israéliens en aidant

à déstabiliser les puissances arabes

voisines, il n’y a qu’un pas que Julian

Assange prend garde de ne pas

franchir. Il met toutefois en garde contre

le pouvoir d’influence politique de

Google, qui joue aussi bien sur des

faits de société que sur des enjeux

beaucoup plus stratégiques. "Google

est perçu comme une entreprise essentiellement

philanthropique", écrit

Assange. Mais, fait-il remarquer, si

une entreprise militaire privée comme

Academi (anciennement Blackwater)

"avait un programme tel que Google

Ideas, ça lui vaudrait un examen critique

intense" auquel Google échappe,

grâce à son image de bienfaiteur de

l’Internet. "Les aspirations géopolitiques

de Google sont fermement

mêlées dans celles de l’agenda des affaires

étrangères de la plus grande superpuissance

mondiale. A mesure que

le monopole de Google sur la recherche

et les services Internet s’accroît

(...), son influence sur les choix et

les comportements sur la totalité des

être humains se traduit en un véritable

pouvoir d’influer sur le cours de

l’histoire".

Numerama 24 Octobre 2014

LGS 26 octobre 2014

qu'elle soit écartée de la vie politique

pendant 30 ans. On comprend

mieux pourquoi à présent. On comprend

aussi mieux pourquoi Ellen

Johnson Sirleaf a reçu le prix atlantiste

de la paix (aka prix Nobel)

avant les élections qui devaient la

porter au pouvoir.

Chez les Occidentaux, "la

guerre c'est la paix" et "l'intervention

militaire ; c'est le soin". D'Haïti au

Libéria même combat ?

Pambazuka News 20 octobre 2014

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Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 15


Suite de la page (11)

qui sont des leaders dans la création et la

production de systèmes de haute précision

auront un net avantage militaire. La

parité stratégique sera perturbée, ce qui

est susceptible d’entraîner de la déstabilisation.

Le recours à une soi-disant

première frappe préventive globale peut

devenir tentant. En bref, les risques ne

diminuent pas, mais s’intensifient. La

prochaine menace évidente est l’escalade

plus avant de conflits ethniques, religieux

et sociaux. De tels conflits sont

dangereux non seulement en tant que

tels, mais aussi parce qu’ils créent des

zones d’anarchie, d’absence totale de

lois et de chaos autour d’eux, des lieux

qui sont commodes pour les terroristes et

les criminels, et où la piraterie, le trafic

d’êtres humains et le trafic de drogue

sont florissants.

D’ailleurs, nos collègues ont alors

essayé de contrôler plus ou moins ces

processus, d’exploiter les conflits régionaux

et de concevoir des « révolutions

colorées » en fonction de leurs intérêts ;

mais le génie s’est échappé de la lampe.

Il semble que les pères de la théorie du

chaos contrôlé eux-mêmes ne sachent

plus quoi en faire ; il y a confusion dans

leurs rangs.

Nous suivons de près les discussions

à la fois au sein de l’élite dirigeante

et de la communauté des experts. Il suffit

de regarder les gros titres de la presse occidentale

de l’année dernière. Les mêmes

personnes sont appelées des combattants

pour la démocratie, puis des islamistes ;

d’abord, ils parlent de révolutions, puis

ils parlent d’émeutes et de soulèvements.

Le résultat est évident : la propagation du

chaos mondial.

Chers collègues,

Compte tenu de la situation mondiale,

il est temps de commencer à se

mettre d’accord sur des choses fondamentales.

Ceci est d’une importance et

d’une nécessité extrêmes ; cela vaudrait

beaucoup mieux que de se retirer dans

nos propres retranchements. Plus nous

faisons face à des problèmes communs,

plus nous nous trouvons dans le même

bateau, pour ainsi dire. Et la manière sensée

de trouver une issue réside dans la

coopération entre les nations, les sociétés,

dans le fait de trouver des réponses

collectives aux défis croissants, et dans

la gestion commune des risques. Certes,

certains de nos partenaires, pour des raisons

bien à eux, ne se remémorent cela

que lorsque c’est dans leurs intérêts.

L’expérience pratique montre que

les réponses communes aux défis ne sont

pas toujours une panacée, et il faut que

nous comprenions cela. En outre, dans la

plupart des cas, elles sont difficiles à atteindre

: il n’est pas facile de surmonter

les différences dans les intérêts nationaux

et la subjectivité de différentes approches,

en particulier lorsqu’il s’agit de

pays ayant des traditions culturelles et

historiques différentes. Mais néanmoins,

nous avons des exemples où, ayant des

objectifs communs et agissant sur la base

des mêmes critères, nous avons obtenu

collectivement un réel succès. Permettezmoi

de vous rappeler la résolution du problème

des armes chimiques en Syrie, et le

dialogue de fond conséquent sur le programme

nucléaire iranien, ainsi que notre

travail sur les questions nord-coréennes,

qui ont aussi connu des résultats positifs.

Pourquoi ne pouvons-nous pas utiliser

cette expérience à l’avenir pour relever

les défis locaux et mondiaux ?

Quelle pourrait être la base juridique,

politique, et économique pour

un nouvel ordre mondial qui permettrait

la stabilité et la sécurité, tout en encourageant

une saine concurrence, et

en ne permettant pas la formation de

nouveaux monopoles qui entravent le

développement ? Il est peu probable que

quiconque puisse proposer dès à présent

des solutions absolument exhaustives et

prêtes à l’emploi. Nous aurons besoin de

beaucoup de travail et de la participation

d’un large éventail de gouvernements,

d’entreprises mondiales, de la société civile,

et de plates-formes d’experts telles

que celle-ci.

Cependant, il est évident que les

succès et les résultats réels ne sont possibles

que si les participants clés des affaires

internationales peuvent se mettre

d’accord sur l’harmonisation des intérêts

de base, sur le fait de s’imposer des limites

raisonnables, et de donner l’exemple

d’un leadership positif et responsable.

Nous devons identifier clairement où se

terminent les actions unilatérales et nous

avons besoin de mettre en œuvre des

mécanismes multilatéraux. Et dans le

cadre de l’amélioration de l’efficacité du

droit international, nous devons résoudre

le dilemme entre les actions de la communauté

internationale visant à assurer

la sécurité et les droits de l’homme, et le

principe de la souveraineté nationale et

de la non-ingérence dans les affaires intérieures

d’un État, quel qu’il soit.

Ces collisions mêmes conduisent

de plus en plus à une interférence extérieure

arbitraire dans des processus

internes complexes, et encore et encore,

ils provoquent des conflits dangereux entre

les principaux acteurs mondiaux. La

question de la préservation de la souveraineté

devient presque primordiale dans

le maintien et le renforcement de la stabilité

mondiale.

De toute évidence, discuter des

critères de l’utilisation de la force extérieure

est extrêmement difficile. Il est pratiquement

impossible de la séparer des

intérêts des nations particulières. Cependant,

il est beaucoup plus dangereux de

rester dans une situation où il n’y a pas

d’accords qui soient clairs pour tout le

monde, et où des conditions claires pour

l’ingérence nécessaire et légale ne sont

pas fixées.

J’ajouterais que les relations internationales

doivent être basées sur le droit

international, qui lui-même doit reposer

sur des principes moraux tels que la justice,

l’égalité et la vérité. Peut-être le plus

important est-il le respect de ses partenaires

et de leurs intérêts. C’est une formule

évidente, mais le fait de la respecter,

tout simplement, pourrait changer radicalement

la situation mondiale. Je suis

certain qu’avec une volonté réelle, nous

pouvons restaurer l’efficacité du système

international et des institutions régionales.

Nous n’avons même pas besoin de

reconstruire quelque chose de nouveau,

à partir de zéro ; ce n’est pas une « terre

vierge », d’autant plus que les institutions

créées après la Seconde Guerre mondiale

sont relativement universelles et peuvent

être dotées d’un contenu moderne et adéquat

pour gérer la situation actuelle. Cela

est vrai quant à l’amélioration du travail

de l’ONU, dont le rôle central est irremplaçable,

ainsi que celui de l’OSCE, qui,

durant 40 ans, a démontré qu’elle était

un mécanisme nécessaire pour assurer la

sécurité et la coopération dans la région

euro-atlantique. Je dois dire que même

aujourd’hui, en essayant de résoudre la

crise dans le sud-est de l’Ukraine, l’OSCE

joue un rôle très positif.

À la lumière des changements

fondamentaux dans l’environnement

international, l’augmentation des désordres

incontrôlables et des diverses menaces,

nous avons besoin d’un nouveau

consensus mondial des forces responsables.

Il ne s’agit pas de conclure certaines

transactions locales ou un partage

des zones d’influence dans l’esprit de la

diplomatie classique, ni d’assurer la domination

globale et complète de quiconque.

Je pense que nous avons besoin d’une

nouvelle version de l’interdépendance.

Nous ne devrions pas avoir peur de cela.

Au contraire, c’est un bon instrument

pour harmoniser les positions.

Ceci est particulièrement pertinent

étant donné le renforcement et la croissance

de certaines régions de la planète,

processus qui nécessite objectivement

l’institutionnalisation de ces nouveaux

pôles, par la création de puissantes organisations

régionales et l’élaboration de

règles pour leur interaction. La coopération

entre ces centres contribuerait sérieusement

à la stabilité de la sécurité, de

la politique et de l’économie mondiales.

Mais afin d’établir un tel dialogue, nous

devons partir du postulat selon lequel

tous les centres régionaux et projets

d’intégration qui se forment autour d’eux

doivent avoir les mêmes droits au développement,

afin qu’ils puissent se compléter

mutuellement et que personne ne

puisse artificiellement les forcer à entrer

en conflit ou en opposition. De telles actions

destructrices briseraient les liens entre

les Etats, et les Etats eux-mêmes seraient

soumis à des difficultés extrêmes,

voire même à une destruction totale.

Je voudrais vous rappeler les

événements de l’année dernière. Nous

avions prévenu nos partenaires américains

et européens que les décisions hâtives

prises en coulisses, par exemple,

sur l’association de l’Ukraine avec l’UE,

étaient emplies de risques graves pour

l’économie. Nous n’avons pas même

évoqué les problèmes politiques ; nous

n’avons parlé que de l’économie, en disant

que de telles mesures, mises en place

sans arrangements préalables, nuiraient

aux intérêts de nombreux autres pays,

dont la Russie – en tant que principal

partenaire commercial de l’Ukraine –, et

qu’un large débat sur ces questions était

nécessaire. D’ailleurs, à cet égard, je vous

rappelle que par exemple, les négociations

sur l’adhésion de la Russie à l’OMC

ont duré 19 ans. Ce fut un travail très

difficile, et un certain consensus a finalement

été atteint.

Pourquoi est-ce que je soulève

cette question ? Parce qu’en mettant

en œuvre ce projet d’association avec

l’Ukraine, nos partenaires seraient venus

à nous avec leurs biens et services par

la porte arrière, pour ainsi dire, et nous

n’avons pas donné notre accord pour

cela, personne ne nous a rien demandé à

ce sujet. Nous avons eu des discussions

sur tous les sujets liés à l’association de

l’Ukraine avec l’UE, des discussions persistantes

; mais je tiens à souligner que

notre action a été menée d’une manière

tout à fait civilisée, en indiquant des problèmes

possibles, et en soulignant les

raisonnements et arguments évidents.

Mais personne ne voulait nous écouter et

personne ne voulait discuter. Ils nous ont

simplement dit : ce ne sont pas vos affaires,

point, fin de la discussion. Au lieu

du dialogue global, mais – je le souligne

– civilisé que nous proposions, ils en sont

venus à un renversement de gouvernement

; ils ont plongé le pays dans le

chaos, dans l’effondrement économique

et social, dans une guerre civile avec des

pertes considérables.

Pourquoi ? Quand je demande à

mes collègues pourquoi, ils n’ont plus de

réponse ; personne ne dit rien. C’est tout.

Tout le monde est désemparé, disant que

ça c’est juste passé comme ça. Ces actions

n’auraient pas dû être encouragées – cela

ne pouvait pas fonctionner. Après tout (je

me suis déjà exprimé à ce sujet), l’ancien

président ukrainien Viktor Ianoukovitch

avait tout signé, il était d’accord avec

tout. Pourquoi ont-ils fait ça ? Dans quel

but ? Est-ce là une manière civilisée de

résoudre les problèmes ? Apparemment,

ceux qui fomentent constamment de

nouvelles « révolutions colorées » se considèrent

comme de « brillants artistes » et

ne peuvent tout simplement pas s’arrêter.

Je suis certain que le travail des associations

intégrées, la coopération des

structures régionales, doivent être construits

sur une base transparente et claire

; le processus de formation de l’Union

économique eurasienne est un bon exemple

d’une telle transparence. Les États qui

font partie de ce projet ont informé leurs

partenaires de leurs plans à l’avance, en

précisant les paramètres de notre association

et les principes de son travail, qui

correspondent pleinement aux règles de

l’Organisation mondiale du commerce.

J’ajouterais que nous aurions également

accueilli favorablement l’initiation

d’un dialogue concret entre l’Eurasie et

l’Union européenne. D’ailleurs, ils nous

ont presque catégoriquement refusé cela,

et il est également difficile d’en comprendre

les raisons. Qu’est-ce qu’il y a de si

effrayant à cela ?

Et bien sûr, avec un tel travail conjoint,

on pourrait penser que nous devons

nous engager dans un dialogue (j’ai

évoqué cela à de nombreuses reprises

et j’ai entendu l’accord de plusieurs de

nos partenaires occidentaux, du moins

en Europe) sur la nécessité de créer un

espace commun pour la coopération

économique et humanitaire, s’étendant

depuis l’Atlantique jusqu’à l’océan Pacifique.

Chers collègues,

La Russie a fait son choix. Nos

priorités sont d’améliorer encore nos institutions

démocratiques et notre économie

ouverte ; d’accélérer notre développement

interne, en tenant compte de

toutes les tendances modernes positives

observées dans le monde, et en consolidant

notre société sur la base des valeurs

traditionnelles et du patriotisme. Nous

avons un agenda pacifique et positif,

tourné vers l’intégration. Nous travaillons

activement avec nos collègues de

l’Union économique eurasienne, de

l’Organisation de coopération de Shanghai,

du BRICS et avec d’autres partenaires.

Ce programme vise à renforcer

les liens entre les gouvernements, pas à

les fragiliser. Nous ne prévoyons pas de

façonner des blocs ou de participer à un

échange de coups.

Les allégations et déclarations

selon lesquelles la Russie essaie d’établir

une sorte d’empire, empiétant sur la souveraineté

de ses voisins, n’ont aucun

fondement. La Russie n’a pas besoin

d’un quelconque rôle spécial ou exclusif

dans le monde – je tiens à le souligner.

Tout en respectant les intérêts des autres,

nous voulons simplement que nos propres

intérêts soient pris en compte et que

notre position soit respectée.

Nous sommes bien conscients du

fait que le monde est entré dans une ère

de changements et de transformations

globales, dans laquelle nous avons tous

besoin d’un degré particulier de prudence

et de la capacité à éviter toutes mesures

irréfléchies. Dans les années suivant

la guerre froide, les acteurs politiques

mondiaux ont en quelque sorte perdu

ces qualités. Maintenant, nous devons

nous les rappeler. Sinon, les espoirs d’un

développement stable et pacifique seront

une illusion dangereuse, tandis que la

crise d’aujourd’hui servira simplement

de prélude à l’effondrement de l’ordre

mondial.

Oui, bien sûr, j’ai déjà souligné

que la construction d’un ordre mondial

plus stable est une tâche difficile. Nous

parlons d’une tâche longue et difficile.

Nous avons réussi à élaborer des règles

pour l’interaction après la Seconde Guerre

mondiale, et nous avons pu parvenir à un

accord à Helsinki dans les années 1970.

Notre devoir commun est de résoudre ce

défi fondamental à cette nouvelle étape

du développement.

Je vous remercie vivement pour

votre attention.

Ndlr. Le Club de Discussion

Valdaï est un forum international annuel

qui vise à rassembler des experts

pour débattre de la Russie et de son rôle

dans le monde. La mission du Club est de

créer une plateforme internationale pour

permettre aux élites russes de débattre

du développement du pays et de son rôle

dans le monde, avec des experts étrangers

issus du monde académique, de la

politique et des médias. Le club Valdaï

défend la vision d'un monde multipolaire,

par opposition à un monde unipolaire

dominé par les États-Unis d'Amérique.

Traduction : http://www.

sayed7asan.blogspot.fr

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16

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014


A travers le monde

Dilma Rousseff réélue présidente du Brésil !

La fusillade d’Ottawa

Par José FORT

Pour les progressistes latino-américains

et au delà, le résultat de l’élection présidentielle

au Brésil est source de soulagement

et de satisfaction.

Avec 51,4% des suffrages (selon

le chiffre annoncé à 1h, heure française),

Dilma Rousseff est réélue présidente

du Brésil, pays de plus de 200 millions

d’habitants qui couvrent la moitié du territoire

de l’Amérique du Sud. Il y a quinze

jours, les sondages la donnaient perdante.

Tous les médias liés à l’oligarchie

ont été mobilisés contre celle qui symbolise

– malgré les limites de son action et

les dérives corruptives survenues jusque

dans son gouvernement – une politique

de progrès social, de souveraineté nationale,

de coopération avec les nations de la

région et plus généralement de projection

sur l’avenir dans le cadre des Brics, la nouvelle

structure internationale réunissant la

Chine, la Russie, l’Inde, l’Afrique du Sud

et le Brésil. Dilma Rousseff a dû subir durant

la campagne électorale tous les coups

bas, la bourgeoisie croyant son heure de

revanche arrivée, les marchés financiers

allant jusqu’à provoquer, à la veille du

scrutin, la chute de la bourse en annonçant

un possible marasme économique.

Les populations extirpées de la pauvreté

(quarante millions de Brésiliens au

Par Cathy Ceïbe

«Pepe» va passer la main. Les Uruguayens

s’étaient pourtant habitués à la

bonhomie de leur président au point de

l’appeler par son diminutif. Figure tranquille

et de bonté de 79 ans, José Mujica

est entré dans la vie de ses concitoyens

en 2009. Sans fracas. Lui qui fut l’un des

visages de la guérilla des Tupamaros. Pour

ses activités subversives, il sera emprisonné

treize années durant et torturé, s’il

fallait le préciser, avant d’être libéré en

1985. «Pepe» a incarné pendant cinq ans

le bon sens populaire. «Un monsieur Toutle-monde»,

en somme. «Ce n’est pas une

lutte des superhéros ou des phénomènes.

C’est la cause d’un peuple, une cause collective,

d’engagement. Aucun type ne

peut offrir la prospérité à une société. (…)

La prospérité, nous allons tous la gagner»,

a-t-il déclaré le soir de sa victoire. Sa première

mesure a été de réduire de 90% son

salaire de président. «Cet argent me suffit,

Dilma Rousseff est réélue

présidente du Brésil, pays de plus

de 200 millions d’habitants qui

couvrent la moitié du territoire de

l’Amérique du Sud. Il y a quinze

jours, les sondages la donnaient

perdante.

Uruguay:

« Pepe », Tabaré et les autres

et doit me suffire parce qu’il y a des Uruguayens

qui vivent avec moins. (…) Je ne

suis pas pauvre. Les pauvres ce sont ceux

qui croient que je le suis», a-t-il précisé un

jour. Son geste n’est pas étranger à celui

d’autres chefs d’État de gauche parvenus

aux plus hautes fonctions en Amérique

latine à l’aune des années 2000. Mais

cours des dernières années), une partie de

celles qui n’en sont pas encore sorties et

à qui la présidente sortante a promis des

mesures rapides et efficaces, une partie

de la classe ouvrière, des travailleurs agricoles

et des nouvelles classes moyennes

ainsi qu’une frange importante des jeunes

électeurs ont assuré la victoire de Dilma

Rousseff. Ce sont eux d’abord qu’il ne

faudra pas décevoir.

Rien n’était inscrit d’avance car

l’Amérique du Sud est confrontée actuellement

à une vaste offensive ultralibérale

inspirée et coordonnée depuis les officines

de Washington. Les Boliviens ont

déjà répliqué en réélisant triomphalement

Evo Morales. Les Brésiliens ont pris le

même chemin ; mais l’alerte fut chaude.

Ils avaient tout à perdre d’un retour de la

droite.

A l’heure des bilans, le géant brésilien

peut afficher une baisse considérable de

la pauvreté et des avancées considérables

en matière de santé et d’éducation. En

surfant sur des mécontentements justifiés,

souvent instrumentalisés, la bourgeoisie

a cru pouvoir prendre sa revanche. Si ses

plans ont été évincés dans les urnes, on

ne peut pas exclure de possibles provocations,

à l’instar des événements survenus

ces dernières semaines à Caracas.

Au lendemain de ce scrutin, il

y a un grand perdant : les Etats-Unis

d’Amérique. Les changements progressistes

intervenus dans la plupart des pays

latino-américains, la création de nouvelles

structures régionales d’intégration politique

et économique, la mise au pas des

multinationales, la distribution équitable

des richesses, la conquête des souverainetés

sont autant de crimes de lèse-majesté

vus du côté de Washington. Les veines

de l’Amérique latine sont-elles toujours

ouvertes ? Peu à peu, elles cicatrisent ;

mais restent toujours sous la menace du

prédateur.

LGS 27 Octobre 2014

José «Pepe» Mujica, (à gauche) le populaire président de gauche, passe le

relais dimanche à Tabaré Vasquez (à droite) lors des élections générales

il est suffisamment rare de ce côté-ci de

l’Atlantique pour ne pas le relever.

Un homme simple, proche des gens

Peu à peu, José Mujica s’est imposé,

s’attirant la sympathie des médias.

Suite à la page (18)

Par Keith Jones

Le gouvernement conservateur du

Canada a proclamé que le Canada et

la démocratie canadienne sont la cible

d'attaques terroristes. Ce n’est pas simplement

une exagération ou du sensationnalisme:

c’est un mensonge. Le gouvernement,

aidé par les médias, déforme les

faits pour justifier un tournant drastique à

droite de la politique extérieure et intérieure

du Canada.

Le gouvernement a deux objectifs

immédiats: délégitimer et étouffer

l’opposition à la nouvelle guerre menée

par les États-Unis au Moyen-Orient pour

que le Canada puisse s'y impliquer davantage;

et légiférer rapidement afin de

donner de nouveaux pouvoirs à l’appareil

de sécurité nationale. Les évènements de

mercredi à Ottawa – le meurtre d’un soldat

qui montait la garde au Monument

commémoratif de guerre du Canada, suivi

d’une fusillade dans le bâtiment principal

du Parlement canadien – ont été commis

par un individu désorienté, agissant seul.

C’est le même type d’individu, un récent

converti à l'islam radical, qui était impliqué

dans le meurtre, deux jours plus tôt, d’un

autre membre des Forces armées canadiennes,

qui a été renversé par une voiture

alors qu’il marchait dans le stationnement

d’un centre d’achats à St-Jean-sur-Richelieu

au Québec.

Aucun des agresseurs n’appartenait

à «un groupe terroriste du terroir», sans

parler d’Al-Qaïda, de l’État islamique (EI)

ou d’une quelconque organisation terroriste

basée à l’étranger. La police a conclu

que les agresseurs ne se connaissaient

pas et que les deux meurtres constituaient

des évènements complètement séparés,

même si ce n’est pas inconcevable que

le meurtre de St-Jean-sur-Richelieu ait pu

encourager le tireur d’Ottawa.

Malgré l’absence d’un complot terroriste,

le premier ministre Stephen Harper

et son gouvernement sont déterminés à

présenter le Canada comme étant assiégé.

Suite au délit de fuite de lundi dernier à

St-Jean-sur-Richelieu, Harper et le bureau

du premier ministre se sont empressés

d'occuper le devant de la scène. Rompant

avec les normes canadiennes, c'est

Harper, et non la police, qui a annoncé

publiquement qu’il y avait eu une possible

attaque «terroriste». Ce sont ses conseillers

qui ont continué d’être la principale source

d’information pour l’enquête de la police

et des agences de renseignement

Dans un discours télédiffusé mercredi

soir partout au pays – bien après

qu'il soit devenu évident que la fusillade

du matin à Ottawa avait été commise par

un individu agissant seul – Harper a tenté

d’adopter un ton churchillien, affirmant

que le Canada vaincrait les terroristes qui

ont attaqué et menacé ses «valeurs» et la

démocratie. Il a fait une référence gratu-

Le Canadien de 32 ans Michael

Zehaf-Bibeau qui a tué mercredi

un militaire à Ottawa cherchait

à obtenir un passeport afin de se

rendre en Syrie, a indiqué jeudi le

commissaire de la Gendarmerie

royale du Canada (GRC),

Bob Paulson

ite à la guerre au Moyen-Orient. Harper a

juré que le gouvernement «redoublerait»

d’efforts pour mieux collaborer avec les

partenaires militaires et stratégiques du

Canada et pour priver les terroristes de

«refuge» partout dans le monde. Les tentatives

de Harper de se présenter comme

un défenseur de la démocratie seraient

ridicules si les enjeux n’étaient pas aussi

sérieux. Son gouvernement a aboli de facto

le droit de grève des employés fédéraux

et des travailleurs soumis aux règlements

fédéraux et il a directement affirmé le droit

de l’État d’espionner à volonté les communications

électroniques des Canadiens. En

décembre 2008, il a imposé ce qui revient

à un coup constitutionnel. Il a eu le dernier

mot devant la gouverneure générale,

un poste non élu, afin d’utiliser les pouvoirs

antidémocratiques de cette instance

pour fermer le parlement et empêcher les

députés de voter pour renverser ce gouvernement.

Le scénario qui s’est

déroulé à Ottawa la semaine dernière

est devenu trop familier. Une fois après

l'autre depuis le 11 septembre 2001, les

gouvernements ont utilisé des actes terroristes

et des campagnes de peur pour

mettre de l’avant un programme politique

réactionnaire et prédéterminé. Les attaques

du 11 septembre sont devenues le

prétexte de l’administration de George W.

Bush pour lancer une guerre d’agression

contre l’Afghanistan et l’Irak et attaquer

les droits démocratiques des Américains.

Le Canada a rapidement emboîté le pas:

il a passé sa propre loi antiterroriste, s’est

réarmé et a joué un rôle de premier plan

dans l’invasion de l’Afghanistan.

L’offensive pour faire un tournant

aussi, sinon plus abrupt, est déjà en cours.

Le gouvernement était censé

dévoiler mercredi des amendements

controversés à la Loi antiterroriste canadienne

de 2001, qui donneraient de

nouveaux pouvoirs aux agences de sécurité,

y compris une plus grande intégration

de leur surveillance des Canadiens

avec la National Security Agency (NSA)

des États-Unis et d’autres services de

Suite à la page (18)

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Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014 Haiti Liberté/Haitian Times 17


Suite de la page (17)Uruguay...

De droite comme de gauche. On

le voit sur un cliché dans une salle

d’attente d’un hôpital public, refusant

tout passe-droit. Là encore, il est

au volant d’une voiture modeste à

l’image de sa maison, «sa chacra», où

il réside avec son épouse, la sénatrice

et elle aussi ancienne guérillera, Lucia

Topolansky. Loin des fastes de la République.

Pepe est un homme simple,

proche des gens.

Dimanche, lors du premier

tour des élections générales, il sera

candidat au Sénat «pour aider» son

Mouvement pour la participation

populaire, la Constitution lui interdisant

de briguer un second mandat

présidentiel. Il reviendra au socialiste

Tabaré Vazquez de défendre les couleurs

du Front ample (Frente amplio,

Fa), cette large coalition de vingt et

un partis, créée en 1971, et reliant

le centre gauche à l’extrême gauche

radicale. La chose n’est pas nouvelle

pour l’ancien maire de Montevideo

et cardiologue de profession. C’est

lui qui a ouvert en 2005 les portes

du pouvoir à la gauche. À l’époque,

ce succès n’avait pas autant réveillé

la curiosité qu’un «Pepe» en jean et

en basket. Ce fut pourtant une victoire

historique. Pour la première

fois depuis 168 ans, les Uruguayens

avaient refusé de sacrer l’une

des formations libérales traditionnelles,

le Parti national (Blanco) ou

le Parti colorado. Ces partis de droite,

qui ont scellé une alliance historique

Suite de la page (17)La fusillada..

renseignement étrangers. Mais,

cherchant maintenant à exploiter le

climat de peur et de nationalisme

qu’il a alimenté grâce aux attaques

de cette semaine, le gouvernement

a signalé qu’il va remettre à plus

tard l’introduction des amendements

pour pouvoir les réécrire et donner

aux agences de sécurité encore plus

de pouvoirs. Les amendements révisés

vont apparemment comporter

des pouvoirs accrus pour arrêter de

présumés terroristes – ce qui veut

dire, détenir des gens sans accusation

sur l’unique base qu’ils pourraient

commettre des gestes illégaux

dans le futur.

Même si les conservateurs

n’ont pas fait de nouvelles annonces

sur le rôle du Canada dans

la nouvelle guerre au Moyen-Orient,

l’armée canadienne et les médias de

la grande entreprise ont encouragé

fortement le gouvernement à «parler

franchement» aux Canadiens et

à leur annoncer que la mission de

combat du Canada durera plus longtemps

que les six mois prévus. Ils

ont aussi appelé le gouvernement à

augmenter de façon significative les

dépenses militaires, de pair avec son

discours belliqueux contre la Russie,

l’Iran et d’autres États.

Rejeter l’affirmation fausse et

politiquement motivée que le Canada

est sous un siège terroriste ne revient

pas à dire que le phénomène de

terrorisme du «terroir» est complètement

fabriqué. Mais, dans la mesure

où, pour les Canadiens ou des gens

aux États-Unis, en Europe et en

Australie, des individus désorientés

et influencés par la propagande

djihadiste de l’EI, d’Al-Qaïda ou de

leurs filiales posent un plus grand

danger, la responsabilité repose sur

les épaules des classes dirigeantes

des puissances impérialistes – y

compris le Canada.

Les puissances impérialistes

ont amené la destruction et la dévastation

sociale partout au Moyen-

Orient, en Afrique du Nord et en

Asie centrale, des régions à majorité

musulmane, avec leurs guerres,

leurs frappes par drones, leur appui

à des dictatures militaires et à des

monarques, et les plans d’ «ajustement

structurel» du FMI. Pour défendre

leurs intérêts de prédateurs, elles

ont renforcé, utilisé et manipulé pendant

des décennies les éléments islamistes.

Parfois, comme c’est le cas

pour l’Irak et la Syrie aujourd’hui,

ces éléments ont servi de prétexte

pour lancer de nouvelles guerres

d’alternance, avaient jusqu’alors

vampirisé les institutions du pays, à

l’exception de la sinistre période de

la dictature (1973-1985), lorsque

l’Uruguay avait activement participé

au plan «Condor» d’extermination

des démocrates et des opposants de

la région.

Tabaré Vazquez va creuser

une politique différente après les années

sombres des plans d’austérité.

Lorsqu’il quitte le pouvoir en 2010, il

laisse à son successeur «Pepe» Mujica

un bilan plutôt flatteur. Le PIB est en

hausse de 35,4%, tandis que les exportations

ont cru de 100%. Le taux

de chômage a été ramené à 7% contre

13% en 2004. Les salaires ont été

augmentés en moyenne de 30%. Ces

quatre dernières années, l’ex-rebelle

en armes a suivi le sillon de son prédécesseur.

La pauvreté a continué de

reculer, passant de 40% à 11%. Cette

dernière décennie, le salaire minimum

a été rehaussé de 250%. L’éducation

est devenue une priorité, même s’il

reste beaucoup à faire, au même titre

que l’accès à la santé, relevant ainsi

l’espérance de vie à 80ans pour les

femmes et à 73ans pour les hommes.

De manière générale, près de 44% de

la population reçoit une aide sociale

contre 15,4% en 2004. Mais on est

loin des réformes structurelles radicales

espérées et attendues au sein

du FA.

En une décennie, la gauche au

dont l’objectif est de défendre les

intérêts géostratégiques américains.

Plus souvent, ils ont été utilisés

comme des agents en sous-main

pour le compte de l’impérialisme.

Les Talibans et Al-Qaïda ont

émergé suite à l’organisation et à

l’armement par Washington des

fondamentalistes islamistes pour

combattre le gouvernement appuyé

par les soviétiques en Afghanistan.

L’État islamique (EI) est un produit

de l’invasion américano-britannique

de 2003 et de l’occupation de l’Irak.

Cela a mené à plus d’un million

de morts, à l’alimentation par les

États-Unis des tensions sectaires en

Irak dans le cadre de leur stratégie

de diviser pour mieux régner, et à

l’utilisation de forces islamistes sectaires

comme armées en sous-main

dans leurs guerres pour changer les

régimes en Libye et en Syrie.

Le vice-président américain,

Joe Biden, a récemment laissé échapper

que les alliés fidèles de Washington,

la Turquie, l’Arabie Saoudite et

les Émirats arabes unis, ont versé de

l’argent et des armes à l’EI dans le

cadre du conflit sectaire sunnite avec

l’Iran.

Le Canada, aussi bien sous les

Libéraux que sous les conservateurs,

a été complice de ces crimes. Il a joué

un rôle majeur dans les guerres en

Afghanistan et en Libye; il a appuyé

loyalement Israël, y compris

lors de sa récente agression contre

les Palestiniens à Gaza; il a défendu

la dictature de Moubarak et le retour

de l’armée au pouvoir en Égypte

en 2013; il a fourni des armes à

l’Arabie Saoudite… la liste est sans

fin. Même les médias de la grande

entreprise ont dit que les bombes canadiennes

pourraient bientôt tomber

en Irak sur les mêmes combattants

islamistes avec qui les Forces armées

canadiennes ont coordonné la campagne

de bombardement en Libye en

2011 et qu’Ottawa a présentés comme

des «combattants pour la liberté»

autant en Libye qu’en Syrie.

La hausse des crimes impérialistes

à l’étranger va de pair avec

la promotion du militarisme, la destruction

des droits démocratiques

et l’implantation d’un programme

social de droite au pays. Le Canada,

comme toutes les puissances

impérialistes, a vu une croissance

massive des inégalités sociales et

de l’insécurité économique dans le

dernier quart de siècle. Depuis 2008,

l’assaut sur les services publics, les

retraites, les prestations de chômage

pouvoir a augmenté le salaire

minimum de 250 %.

La dépénalisation du cannabis, la légalisation

de l’IVG ou encore la reconnaissance

officielle du mariage homosexuel

sont autant de réformes qui

ont constitué des ruptures dans une

région encore à la traîne en matière de

droits sociétaux. «J’aurais voulu faire

plus de choses», a récemment reconnu

Pepe Mujica à l’agence EFE, notamment

concernant l’enseignement ou

encore l’insécurité, thème récurrent

de cette campagne électorale. L’autre

grande dette laissée en suspens par

la gauche uruguayenne sont les lois

dites de «caducidad». Elles garantissent

jusqu’à présent une totale impunité

aux auteurs des crimes perpétrés

durant la dictature. Une aberration

aux yeux des démocrates et des

familles des victimes, et que Tabaré

Vazquez ne semble pas vouloir corriger.

Si l’Uruguay a changé, le poids

dont jouissent les militaires reste, lui,

quasi intact. Statu quo aussi du côté

de l’opposition. À droite, Luis Alberto

Lacalle défendra le Parti national. À

droite encore, Pedro Bordaberry, du

Parti colorado, retentera sa chance.

Les deux hommes –fils de président

impopulaire pour le premier et rejeton

d’un dictateur pour le second– avaient

été éconduits il y a quatre ans, face à

un «Pepe», symbole du dirigeant politique

proche du peuple.

L’Humanité 23 Octobre, 2014

et d’autres droits sociaux s'est intensifié.

Dans un tel environnement de

réaction, ce n’est pas surprenant que

des idéologies politiques perverses

puissent trouver un écho, particulièrement

chez les marginalisés et les

désorientés. Le tireur d’Ottawa, Michael

Zehaf-Bibeau, avait lutté contre

la dépendance à la drogue pendant

des années et avait eu, à cause

de cette dépendance, plusieurs accrochages

avec la loi. Il vivait dans

un refuge pour sans-abris dans les

derniers jours de sa vie. Son père, un

entrepreneur libyen-canadien, a apparemment

été actif dans une milice

djihadiste qui a participé en 2011 à

une insurrection contre le régime de

Kadhafi.

Parce que leur programme de

guerre et d’austérité va à l'encontre

des intérêts de la vaste majorité de la

population, les dirigeants au Canada,

comme leurs homologues de classe

aux États-Unis et dans les autres

pays impérialistes, ramènent au

pays les méthodes violentes et autoritaires

qu’ils ont toujours employées

en Asie, en Afrique et en Amérique

latine.

Wsws 27 octobre 2014

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1. Ni d’un côté, ni de l’autre

C’était au cours d’un «Allô

Presidente» que j’ai parlé d’un quotidien

qui, à une certaine époque,

était dans les rangs de la Révolution.

Maintenant, il est dans ceux de

la contre-révolution. Je me souviens

qu’en 1977, j’emmenais ce journal

avec moi quand j’étais dans le bataillon

des chasseurs. Précisément en

octobre 1977, j’écrivais cette consigne

dans le journal : un Vietnam,

deux Vietnam en Amérique latine.

Et j’écrivais «les soldats ne sentent

pas cette lutte». Nous parcourions

la montagne, nous pourchassions la

guerilla dans l’Oriente, à Anaco, à

Canaura, à Santa Rosa, Santa Anna,

Bergantin, Mesa la Tigra, Mesa La

Leona, La Vuelta del Caro. Je connais

tous ces coins comme ma poche,

même si trente ans ont passé et que je

n’y avais jamais mis les pieds. Mais

je les avais appris par cœur, comme

ça, en marchant, chemin après chemin,

montagne après montagne.

Au cours de ce mois d’octobre,

on nous a tué sept soldats près

d’Aragua de Barcelona [1], dans une

embuscade tendue par un groupe de

Bandera Roja [2]. Cette embuscade

m’a bouleversé. Elle m’a stoppé net

dans mon élan. Car mon plan était

de rejoindre la guérilla avec ces soldats.

J’ai été à deux doigts de passer

du côté de la guérilla. Je savais déjà

que nous défendions un système qui

n’avait pas raison, que ce que nous

défendions c’était Carlos Pérez, le

président du Venezuela. Le pays se

faisait piller, c’était les gringos qui

commandaient ici. Alors je pensais

:« Le Che avait raison». Et aussi :«

Le me suis trompé». Je me rappelais

mon enfance et les conversations de

mon père dans le bar de Francisco

Orta et je me disais: « Qu’et-ce que

j’ai fait mon dieu ! Dans quoi je me

suis engagé !»

«Ce que je dois faire c’est partir

dans la guérilla, maintenant que

je me suis entraîné en guerre irrégulière.»

Voilà ce que je me disais. J’étais

déjà un soldat chasseur, parachutiste,

spécialisé en explosifs. J’étais formé

pour le combat et en très bonnes conditions

physiques, en 77. Cette embuscade

m’a fait l’effet d’un tourbillon

et je ne savais plus quel chemin je

devais prendre. Pourquoi ? Pourquoi

avaient-ils tué lâchement ces sept

soldats ? alors je disais :« Quel genre

de guérilleros sont-ils pour avoir tué

ces pauvres garçons ?» Ils les ont

trouvés dans un camion et ils les ont

massacrés. C’est une chose de mourir

au combat, mais c’est autre chose de

massacrer, d’assassiner des garçons

endormis dans un camion.

Alors j’ai dit :« Non, non, ni

d’un côté, ni de l’autre.» C’est là

que j’ai prêté serment à l’Armée bolivarienne

de libération du peuple

de Venezuela. Quelques mois après

on m’a transféré à Maracay (4) et

nous avons commencé à travailler

à un autre niveau. En 1978, j’ai retrouvé

d’autres personnes, Douglas

Bravo (5), Alfredo Maneiro (6). Et

avec eux, je me suis plongé dans la

révolution, j’ai commencé à prendre

le rythme. Je me souviens de ce que

m’a dit Alfredo Maneiro la dernière

fois que je l’ai vu : « Écoute, Chávez,

cela va prendre du temps, alors du

calme, patience, parce qu’il va falloir

beaucoup de temps !» Et j’ai compris

que cela prendrait du temps. Car cela

prendra du temps. Notre vie entière

va y passer.

(1) Cette localité est le chef-lieu

de la municipalité d’Aragua, dans

l’État d’Anzoátegui, à l’est de Caracas.

(2) «Drapeau rouge» : Front

guérillero créé dans les années soixante-dix.

(3) Terme très courant en

Amérique latine pour désigner les

Étatsuniens

(4) Cette ville située à environ

80 km à l’ouest de Caracas est la

capitale de l’État d’Aragua.

(5) Homme politique vénézuélien,

ancien leader guérillero.

(6) Homme politique vénézuélien,

guérillero dans les années

soixante.

* Arañero: vendeur de gâteaux

(en forme d’araignée) [du mot araña

: araignée].

** Histoires racontées par

Chávez au cours de ses allocutions

télévisées «Allô Presidente !» pendant

ses 14 années au pouvoir, dont

300 ont été collectées par deux journalistes

cubains et traduites par Karine

Alvarez.

18

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014


Suite de la page (6)

Pele ak Simon menm gen plis pase 10

mwa nan yon batay san rete ki lakòz

anpil malere ak malerèz kouri kite

katye sa yo, Gen plis pase 15 moun ki

mouri nan batay sa a ak plizyè kay te

boule. Anba lavil Benoit Michel ak Paul

Ambroise ki se responsab opozisyon

nan lasalin ak kandida pou Majistra

nan Meri Pòtoprens viktim anba men

Majistra Potoprens lan: Joseph Pierre

Richard DUPLAN, ki te pase polisyè

Gregory alyas Grèg lòd pou fè egzekisyon

2 Jèn gason sa yo, Jou ki te 22

oktòb la, te gen plizyè milye moun ki

te pran lari pou denonse zak kriminèl

sa a epi mande jistis tou. Tout moun te

chante pou rele chalbari dèyè Martelly

: Mateli asasen, Mateli kriminèl !

Minis Jean Renel Sanon ki responsab

LaJistis ak Sekirite piblik nan

peyi a, kisa menm li itil ? Yon nèg tout

moun nan peyi a konnen byen anpil,

li se yon ansyen militè, yo temenm

revoke l nan lame Ayiti pou trafik ak

lòt zak malonèt. Jounenjodia, li se yon

gwo sispèk nan disparisyon dilè dròg

Daniel Evinx, li se moun ki fè madan

Sonson Lafamilya jwenn liberasyon’l,

youn nan gwo trafikan peyi a epi li se

yon sispèk nan lanmò Jij Serge Joseph,

ki te deside rele Sophia Martelly alyas

gro soso pou detounman lajan ak lòt

zak koripsyon.

Jounen jodia nou tout ka konstate

nou pa gen dirijan k ap panse pou

pèp men pito se fè krim ak koripsyon

tèt kale pou kale tèt pèp la wòz. Zak

ensekirite ap fèt toupatou nan peyi a,

pèp la pa janm wè limyè lapolis pou

vin pote l sekou. Epoutan depi se manifestasyon

ki genyen pou mande yon

lavi miyò, lapolis devlope ou pa konn

kote yo te kache. Yo vin voye makak

pou kraze zo moun, pou kase tèt, fè

represyon karebare sou mas pèp la.

Se nan bagay sa a, senatè Moïse

Jean Charles manke jwenn lanmò l

jou ki te 17 oktòb la nan gwo mobilizasyon

kont pouvwa Martelly a, paske

yon gwo konplo te fin fèt pou yo te

etenn souf li, men kou a te mal pase

men si se pou gaz lakrimojèn li jwenn

anpil, jouk li te menm pèdi konesans

se dlo yo vide sou li. Senatè Moïse di

Jiskobou epi li sèmante pou l denonse

tout zak malonèt ak koripsyon pouvwa

Martelly ap manniganse . Li fè

apèl ak popilasyon pou yon dozobeyisans

sivil kont pouvwa Martelly a.

Militan nan katye popilè mobilize

yo, di :«An n dechouke Tèt kale

pou Ayiti pa peri »

Tercier Daniel

Lannwit pote li nan

bwa l

Li vire do l ale

Tout moun

Plenyen nan nanm

Men pèsonn pa bridin

O kontrè yo regrèt

Paske lanmò enjis

Li pati san kreve

Ou sot kote w soti

De ran dlo de lari m

Pwononse mo regrè w

Menm si w se zotobre

Sou san kretyen vivan

ERITYE

Simen nan gran

kalfou

Plake nan mi prizon

Li te bon pitit kay

Fòk nou ta onore l

Eritye

Ou pa fè ka de moun

Fanmi ak tout zanmi

Viktim tonton makout

Tankou Roumain

Raymond

Bajeux ak Alexis

Sa pa vle di anyen

La vi k detwi nan

chouk

Lanmò k pran moun

nan wout

Pou asire pouvwa

Ou pyetine listwa n

Ou krache sou

memwa n

Eritye

Tèt moun bouda

mechan

Wap penchen n anba

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Le Non au blocus étasunien contre

Cuba retentit encore cette année à

l'Assemblée Générale de l'ONU

Le ministre cubain des

affaires étrangères, Bruno

Rodríguez

Le Non au blocus étasunien

contre Cuba retentit encore

cette année à l’Assemblée

Générale de l’ONU. En effet,

pour la 23e année consécutive

cet organe a adopté à une majorité

écrasante : 188 voix pour,

2 contre, les États-Unis et Israël

et trois abstentions, les Iles Marshall,

la Micronésie et Palau, la

résolution présentée par Cuba

intitulée « Nécessité de la levée

du blocus économique, financier

et commercial que les États-

Unis maintiennent contre Cuba.

Dans le discours de

présentation de la résolution

le ministre cubain des affaires

étrangères, Bruno Rodríguez

avait signalé : « L’Assemblée générale

des Nations Unies aborde

aujourd’hui, pour la vingttroisième

fois, ce point d’autant

plus important pour la communauté

internationale qu’il

concerne le droit international

qui protège pareillement tous

les États, qu’ils soient grands

ou petits, qu’ils soient riches ou

pauvres, ainsi que l’exercice de

la souveraineté nationale, assise

de l’égalité souveraine.

Ce point a aussi un rapport

direct avec la jouissance

des droits humains par toutes

les personnes et par tous les

peuples. Enfin, il a trait au libreéchange

et à la liberté de navigation

qui protègent les intérêts

des États, des compagnies et des

citoyens. »

« Nous nous réunissons

toutefois dans une conjoncture

très particulière, caractérisée par

les graves périls qui pèsent sur

la paix et la sécurité internationales,

par des guerres atroces et

des actes terroristes d’une cruauté

extrême, par l’existence

d’énormes arsenaux nucléaires

qui représentent un grand danger,

par des dépenses en armements

faramineuses qui ne servent

pourtant à rien pour régler

un seul des graves problèmes

d’une planète dont la population

atteindra très vite les huit milliards

d’habitants.

Le moment est aussi crucial

du fait des retombées des

changements climatiques qui

pourraient provoquer, entre autres

conséquences catastrophiques,

des famines inouïes, une

pauvreté extrême s’étendant

à des régions entières et des

vagues de migration massives.

Nous vivons une époque marquée

par une crise mondiale

systémique dans laquelle se

chevauchent les composantes

économiques, alimentaires, énergétiques

et hydriques.

De pair avec la pauvreté

qui fauche plus de vies que la

guerre, on voit s’accroître le risque

de maladies graves, telles

l’épidémie à virus Ébola qui,

faute de la juguler et de l’éliminer

grâce à la coopération urgente et

efficace de tous dans les nations

d’Afrique de l’Ouest déjà touchées,

pourrait devenir l’une des

pires pandémies de l’Histoire.

Comme l’a déclaré récemment

le président Raúl Castro : « Ce

noble objectif réclame impérativement

et d’urgence les efforts

et l’engagement de toutes

les nations du monde, selon les

possibilités de chacune. Compte

tenu de la gravité du problème,

j’estime qu’il faut éviter toute

politisation qui nous dévie de

notre objectif fondamental :

contribuer à juguler cette épidémie

en Afrique et à la prévenir

dans d’autres régions.

Ce lacis sans précédent de

problèmes vieux et nouveaux

tend à rendre la vie humaine

intenable. Mais aucun d’eux

ne pourra se régler si nous ne

modifions pas notre attitude et

notre manière d’aborder la réalité

en vue de la transformer et si

nous ne coopérons pas vraiment

à la survie de l’humanité ». Fidel

Castro a écrit ces jours-ci au

sujet de l’envoi en Afrique de

médecins cubains : « N’importe

quelle personne consciente sait

que les décisions politiques qui

entraînent des risques pour du

personnel hautement qualifié

impliquent une très grande responsabilité

de la part de ceux

qui invitent à accomplir une

tâche dangereuse. C’est même

une décision encore plus difficile

à prendre que d’envoyer des

soldats se battre, voire mourir,

Suite à la page (13)

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Vol. 8 • No. 16 • Du 29 Octobre au 4 Novembre 2014

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