Karaïbes Sports #4

karaibessports

Karaïbes Sports est un e-magazine qui met en valeur le football antillo-guyanais. Karaibes Sports Magazine | Numéro 4 | Mars 2020.

Dans ce numéro, nous effectuons un zoom sur la préparation mentale dans notre football local et international avec des intervenants Antillo-Guyanais. Nous avons souvent la capacité de rivaliser contre des nations et pourtant... il nous manque toujours ce petit truc... Devenir un Champion. Et si la préparation mentale était le secret ? va vous plonger dans cette aventure avec des joueurs, des préparateurs mentaux, des kinés, des sélectionneurs.
Raphaël HOMAT, Geoffrey DURBANT, Wilfried GALIMO, Michel SEBAS, PINEAU Thomas, PIEGAY Thomas, PIQUION Jean-Yves, BERNARDINE Stéphane, ARAS Marc-Albert, Thierry DE NEEF, Jocelyn ANGLOMA et Mario BOCALY
#Localementfiers
Ligue Guadeloupéenne de Football (LGF), Ligue de Football de Martiniique (LFM), La Ligue de Football de la Guyane (LFG). Retrouvez l'informations des antilles et sports sur Karaïbes Sports, la seule plateforme uniquement consacrée à l'information footballistique en Guadeloupe.

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01

#LOCALEMENTFIERS


Sommaire

5.

01/ portraits

L’importance de la préparation mentale avec Raphaël HOMAT,

Michel SEBAS. Goeffrey DURANT et Wilfried GALIMEO restent

performants malgré tout.

02/ la vie de kiné

Immersion dans le quotidien des kinésithérapeutes

de nos trois sélections

03/ les objectifs pour 2020

Découvrez les visions des patrons des sélections Guyanaise,

Martiniquaise et Guadeloupéenne.

EDITO

C’est à la même période l’année dernière, mi-mars 2019, que le

premier numéro de Karaïbes Sports est sorti. Je souhaite partager

avec vous quelques faits qui vous permettront de mieux comprendre

pourquoi j’ai créé ce magazine ainsi que son évolution.

Karaïbes Sports est né d’un constat amer. À la naissance de mon

fils, je sentais qu’il était important que les jeunes de sa génération

puissent avoir une trace numérique de leur culture footballistique. Un

magazine qui se plongerait dans le football antillo-guyanais avec des

articles qui montreraient comment réussir quelque soit les difficultés.

Des articles qui passeraient en revue les échecs, les défis ainsi que les

étapes par lesquelles sont passés nos compatriotes pour arriver où ils

sont aujourd’hui. Je n’avais pas réalisé le potentiel, le pouvoir de créer

un magazine numérique ainsi que le niveau d’influence que cela serait

susceptible de créer. J’ai sous-estimé l’opportunité que ce média me

donnerait de parler à des Antillo-Guyanais incroyablement accomplis et

extrêmement talentueux qui vivent un peu partout sur la planète.

Enfin, je n’ai jamais imaginé l’impact positif que je pourrais apporter

à la vie de celles et ceux qui prennent plaisir à lire Karaïbes Sports.

Pour moi, il n’y a rien de plus précieux que d’avoir un impact positif et

d’inspirer quelqu’un à vouloir s’en sortir, démarrer sa propre aventure

et défier le statu quo.

P.5

P.18

P.27

Raphaël Homat,

Préparateur mental

8.

Interview: Geoffrey Durbant

Joueur du CS Sedan

J’espère que tout cela vous éclairera sur la croissance de Karaïbes

Sports au cours de cette année passée. Je tiens à te remercier, toi,

lecteur (trice) car Karaïbes Sports ne serait pas là où il est aujourd’hui

sans ton soutien à cette petite startup. Si vous appréciez Karaïbes

Sports, n’oubliez pas de passer le mot à vos amis!

Ce trimestre, nous vous avons présenté quelques superstars.

Gaël de Karaïbes Sports. #LocalementFiers

Karaïbes Sports est un magazine indépendant et non-subventionné

REMERCIEMENTS : La team Karaïbes Sports remercie toutes les personnes qui ont contribuée de manière directe

ou indirecte à l’élaboration de ce quatrième numéro.

La rédaction n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes ou des photos non demandées

qui lui sont adressées. Toute reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, est interdite ou

subordonnée à l’autorisation écrite de CDKM Consulting Limited. les adresses qui figurent dans ce numéro sont

données à titre d’information sans aucun but publicitaire. Les prix peuvent être soumis

à de légères variations.

EDITEUR: CDKM Consulting Limited, 9 Dickens Place, SL3 0PU Colnbrook, Angleterre. Tel : 00 44 7 791 868 791. DIRECTEUR DE PUBLICATION : Gaël COUPPÉ DE K/

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2634-0038 | IMPRIMÉ PAR : Helloprint 2:06 Clockwise, Edward Pavilion, Albert Dock Liverpool, L3 4AF United Kingdom.,


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#LOCALEMENTFIERS


01

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05

« Travailler avec un préparateur

mental est une prise en compte

pragmatique et intelligente de sa

recherche de performance. »

Raphaël HOMAT

PORTRAITS

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portraits

Raphaël Homat

Un préparateur mental engagé

Karaïbes Sports a rencontré Raphaël Homat, préparateur mental. Avec lui, nous

sommes revenus sur son parcours, sur l’importance de la préparation mentale

dans le sport aujourd’hui, sur sa pratique ainsi que sur le rapport qu’il entretient

avec la Martinique.

SON PARCOURS

Raphaël Homat a fait des études en STAPS

à Lyon et à Montréal. Titulaire d’un DEA

(Diplôme d’Etudes Approfondies) en sport et

performance à l’université de Lyon et du CAPEPS,

il est devenu professeur d’EPS en Martinique et

a enseigné à la cité scolaire de Dillon de 2006

à 2009.En 2009, il est recruté par une école

d’ingénieurs, une belle opportunité pour lui de

retourner dans l’enseignement supérieur, lui qui

avait déjà donné quelques cours à l’université

de Lyon.

« J’ai eu le sentiment de faire une sorte de

grand écart pédagogique et que mon métier

était complètement différent selon le public que

j’avais face à moi » nous confie t’il.

Très vite, il réalise à quel point ces très bons

élèves peuvent manquer de confiance en eux

et parfois avoir du mal à gérer leur stress ou

leurs émotions. Ce constat le pousse à reprendre

ses études en 2011 et à obtenir un diplôme

universitaire en préparation mentale.

À partir de 2012, il accompagne les élèves

ingénieurs de cette école en préparation mentale

sous forme de cours collectifs et individuels.

En 2014, il commence à travailler avec des

sportifs professionnels.

En 2018, il met fin à son activité en école

d’ingénieurs. A la même période, l’université de

Poitiers lui propose de prendre la responsabilité

pédagogique d’un diplôme universitaire en

préparation mentale. « Depuis, mon activité

est entièrement dédiée à cette discipline, que

ce soit pour des coachings avec des sportifs

professionnels ou de la formation au sein de ma

société ou à l’université Poitiers » nous avoue

Raphaël.

afin de les encourager à s’engager davantage

dans ce sport qu’elles affectionnent tant !

l’enjeu n’est pas de

savoir si cela va être

difficile d’y arriver,

mais plutôt de savoir

comment la personne

va réagir face aux

difficultés.

Aujourd’hui, son voeu le plus cher serait de

s’épanouir dans son club en participant à un

maximum de rencontres.

Elle conseille à toutes celles qui souhaiteraient

embrasser une carrière footballistique, de

se donner les moyens car de nombreuses

possibilités existent.

Elle termine l’entretien avec une pensée positive

pour Karaïbes Sport : « Je viens de découvrir ce

média et je le trouve super intéressant : Mettre

en valeur des sportifs locaux, et le slogan est

cool ».

#LOCALEMENTFIERS


portraits

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IMPORTANCE DE LA PRÉPARATION MENTALE

Il admet que « la préparation mentale prend de

plus en plus de place car nous avons conscience

qu’il s’agit d’un levier puissant pour performer.

Un sportif de haut niveau est peut-être déjà à 95

ou 98 % de son potentiel physique ».

«Par contre, il m’arrive encore de commencer

des collaborations avec des sportifs de haut

niveau qui n’ont jamais travaillé spécifiquement

leur mental et leur contrôle émotionnel. Pourtant

comme pour les éléments physiques, techniques

et tactiques, il est tout à fait possible d’entraîner

de manière spécifique nos capacités mentales et

émotionnelles. À très haut niveau, ces éléments

font la différence, il y a un réel impact du mental

sur la performance, c’est prouvé scientifiquement.

».

Interrogé sur l’âge minimum à avoir pour faire

appel à un préparateur mental, Raphaël nous

répond qu’ « il est possible d’initier les jeunes à

la préparation mentale très tôt. Cela ne se fera

pas dans un but de recherche de performance,

mais permettra à l’enfant de mieux se connaître

et d’être capable d’exprimer plus finement ce

qu’il ressent. Ainsi il est possible de travailler

sur des techniques de respiration, visualisation,

relaxation, fixation d’objectifs… dès les

premières années de pratique ».

Raphaël nous confie ensuite qu’il n’est pas

donné à tout le monde d’accéder au très haut

niveau. Selon lui, « l’enjeu n’est pas de savoir

si cela va être difficile d’y arriver, mais plutôt

de savoir comment la personne va réagir face

aux difficultés. Comment un sportif réagit à la

blessure, à l’éloignement familial, à la pression

etc. c’est l’interprétation que nous avons de ces

événements et les actions que nous mettons en

place qui définissent nos performances. Dans ce

contexte, un préparateur mental peut tout à fait

aider un jeune antillo guyanais à rester focus

sur ses ressources, ses points forts, le pourquoi

de ses sacrifices, de ses objectifs. La difficulté,

jusqu’à un certain point, aide à performer. J’ai eu

l’occasion de rencontrer des professionnels qui

avaient du mal à confirmer leur potentiel perçu

lorsqu’ils étaient jeunes. D’une certaine façon

ils ont été trop bon trop tôt dans un contexte

très favorisé. Ils ont ensuite du mal à exprimer

leur potentiel à haut niveau car ils n’ont jamais

lutté pour y arriver. Un sportif qui connaît tôt

la difficulté, encore une fois jusqu’à un certain

point, va développer d’autres ressources ».

FAIRE APPEL À UN PRÉPARATEUR

MENTAL : UN SIGNE DE FAIBLESSE ?

Dans la culture afro, partager ses peurs et ses

angoisses est souvent perçue comme un signe de

faiblesse. Nous avons donc voulu savoir comment

il arrivait à outrepasser et faire dépasser cette

barrière.

« Certains vivent cela en effet comme un signe de

faiblesse. De mon point de vue, travailler avec

un préparateur mental est une prise en compte

pragmatique et intelligente de sa recherche de

performance. Je m’explique : tous les sportifs, les

entraîneurs, les observateurs sont d’accord pour

dire que le mental joue un rôle important dans

la performance. Il serait, et il est dommage, de

ne pas utiliser ce puissant levier pour être le plus

performant possible.

La suite après le

portrait de Goeffrey

Durbant

#LOCALEMENTFIERS


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portraits

Goeffray Durbant

A la recherche de la performance

Geoffray Durbant est un Guadeloupéen qui évolue aujourd’hui en National 2 au

poste d’attaquant au Club Sportif Sedan-Ardennes. Il fait également partie de la

sélection de la Guadeloupe.

Karaïbes Sports a voulu en savoir un peu plus sur la vie professionnelle et

personnelle de ce jeune homme de 27 ans.

“Il est toujours bien de rester

un moment dans un club

mais pas trop longtemps.”

CHANGEMENTS DE CLUBS

Depuis le début de sa carrière, Geoffray

a souvent changé de clubs. Il est passé

dans des équipes telles que Vitré, Dieppe

ou encore St Maur.

Pour lui, ces transferts étaient soient motivés

par des changements au sein du club ou soit ils

étaient liés à un désir d’améliorer son niveau

sportif. Il considère qu’il « est toujours bien de

rester un moment dans un club mais pas trop

longtemps ».

SA SAISON ACTUELLE

Avec plus de 15 buts au compteur, Geoffray est

en train de vivre une de ses meilleures saisons

au CS Sedan.

Pour lui « ce club a une histoire, une identité, un

public. En conséquence, tu ne peux que te battre

sur le terrain ». Son souhait le plus cher serait

que le club monte en N1 en fin de saison.

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portraits

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TRAVAILLER AVEC UN PRÉPARATEUR MENTAL

En coulisse, il travaille avec un préparateur mental.

Ce dernier travaille avec pas mal de joueurs de L1

et L2 . Geoffray « trouve ça cool car ces séances

permettent de se vider la tête. Parler avec lui aide

à mettre des mots sur des maux bloqués au fond de

soi ».

UNE SEMAINE TYPE

« Entraînement matin et après-midi. Quand je peux

je fais du travail supplémentaire devant les cages,

c’est important pour un attaquant ! Ensuite, je rentre

chez moi je regarde des séries ou je joue à Call

of Duty. Je passe beaucoup de temps avec mes

coéquipiers. La veille des matchs je regarde toujours

la ligue 2 et multi ligue 2. Le jour du match, juste

avant la rencontre, en prenant ma douche j’écoute

du Bon kompa. Je le fais aussi juste avant de rentrer

sur le terrain ».

SA VIE DE PÈRE

Geoffray est père d’une petite fille de

3 ans et demi. Pour lui, « être père rime

avec responsabilités. Je me dois de lui

transmettre une bonne éducation, comme

mes parents l’ont fait avec moi. C’est très

important. Ma fille, c’est tout pour moi et je

donnerais tout pour elle ».

SES OBJECTIFS POUR 2020

« Monter en national et marquer un

maximum de buts ».

SON AVIS SUR NOTRE SLOGAN «

LOCALEMENT FIERS »

« Il est très cool. Les internautes, allez

guetter ça !! »

LA GUADELOUPE

Geoffray considère que « la Guadeloupe c’est mon

île où a grandi aussi mon père. J’ai de la famille à

capesterre. J’y retourne en vacances pour passer des

moments avec des ami(e)s et ma famille ».

Il affectionne tout particulièrement la plage de Sainte

Anne et les Chutes du Carbet.

LES GWADA BOYS

Son premier match avec la sélection de la Guadeloupe

a été marqué par un doublé de sa part. Quand il

y repense, il nous avoue que « ça a franchement

été une fierté de pouvoir représenter mon île, mes

origines et le doublé a été incroyable. J’ai ressenti

beaucoup d’émotion d’avoir marqué devant le public

de la Guadeloupe et aussi devant ma famille. Ce fut

une très belle expérience ».

Les qualifications pour la Gold Cup approchent à

grand pas. Geoffray ne sait pas s’il sera sélectionné,

comme il le dit si bien, « c’est le sélectionneur qui

décidera , mais que je fasse partie de l’aventure ou

pas, je serais à 100 %derrière les gwada boys ».

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portraits

Raphaël Homat, la suite

[...] Qu’un immense athlète comme Teddy

Riner explique faire de la préparation mentale

depuis plus de 10 ans est également un élément

salutaire dans l’évolution de cette discipline et

des mentalités.

De plus, les sportifs ressentent très vite les bienfaits

de la préparation mentale et notamment le fait

de pouvoir partager, avec une personne formée,

ses sources de stress, de perte de confiance… et

de travailler dessus pour trouver des solutions et

améliorer ses performances.

Le fait de travailler avec des sportifs qui

reconnaissent que la préparation mentale leur

a été utile est également un plus et permet aux

autres de lever plus rapidement ces barrières

mentales. »

COURS INDIVIDUELS OU COURS

COLLECTIFS ?

Nous avons voulu savoir quelles différences il

existe entre s’occuper d’ un athlète de manière

individuelle et prendre en charge un groupe tel

qu’ une équipe de football.

« Je fais partie de ceux qui pensent que le groupe

« appartient » à l’entraîneur. Aujourd’hui mes

interventions en coaching se font directement

auprès du sportif, à l’extérieur du club. Il s’agit

de séances individuelles où mon travail est

de comprendre et d’agir sur l’amélioration du

potentiel de l’individu et la réduction de ses

interférences, étant conscient que ses pensées

et ses émotions influencent directement sa

performance.

Travailler à l’intérieur du club a des avantages,

mais aussi des inconvénients. Le sportif peut

davantage hésiter à parler totalement librement

s’il sait que le préparateur mental est salarié du

club et devra peut-être « rendre des comptes

» à d’autres personnes du club. Dans ce type

d’organisation le préparateur mental doit être

très clair avec les sportifs, le staff et la direction,

afin de réaliser son travail dans des conditions

optimales.

Pour se faire une idée plus précise du métier de

préparateur mental, nous lui avons demandé de

nous raconter des expériences qui l’ont marqué.

« Je reconnais que j’ai la chance de faire un

métier que j’aime, que j’ai choisi. De nombreuses

expériences, retours d’athlètes, m’ont marqué. Je

peux éventuellement en choisir deux. Je pense au

témoignage d’Élise Eeckman qui après ses deux

podiums internationaux en taekwondo m’a dit :

« je te remercie de m’avoir amené là où je n’étais

jamais allé avant. » J’ai trouvé ce retour très fort

car pour moi il montre à quel point travailler

sur nos pensées, nos émotions, nos croyances

influencent directement nos comportements, nos

performances physiques.

Un autre retour que je souhaite partager est

lié à ma collaboration avec Dennis Appiah. Il

reste l’un des rares joueurs de champ en ligue

1 à avoir joué toute une saison en intégralité.

De plus, quand j’ai commencé ce métier j’avais

comme objectif de collaborer avec un joueur

disputant la ligue des champions. Cela a été le

cas avec Dennis lorsqu’il jouait sous les couleurs

d’Anderlecht ».

Raphaël est également revenu sur sa collaboration

avec le jeune footballeur Jeff Reine-Adélaïde.

« J’ai travaillé quelques mois la saison dernière

avec Jeff Reine-Adélaïde. Il était alors joueur du

SCO et j’habitais également à Angers. Nous

#LOCALEMENTFIERS


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sommes restés en contact depuis son transfert à

l’Olympique Lyonnais et mon déménagement en

Savoie (à une centaine de kilomètres de Lyon).

J’ai eu l’occasion de le revoir lors du match

Lyon Nantes, c’est toujours un plaisir de voir

sur le terrain plusieurs joueurs avec lesquels je

collabore ou ai collaboré (Dennis est actuellement

un joueur de Nantes).

J’ai une très grande pensée pour Jeff, car au

moment où je réponds à vos questions, il s’est

blessé avec son nouveau club et sa saison est

terminée. »

COMMENT SE DÉMARQUER DANS CETTE

PROFESSION ?

KS a voulu savoir comment Raphaël a réussi à

se démarquer dans cette profession qui reste très

controversée.

« Je pense que cette profession est de moins

en moins controversée. Elle l’est encore par

les personnes qui ne reconnaissent pas que

les habiletés mentales peuvent se développer,

s’entraîner. Par contre, elle est encore très

méconnue.

Pour me démarquer, je me suis centré sur deux

aspects :

• la formation : j’aime me former et j’essaye

d’avoir la formation la plus complète possible.

Je pense qu’être maintenant responsable

pédagogique d’un diplôme universitaire est

également un élément qui peut me différencier

aux yeux des sportifs, des agents, des directeurs

sportifs etc

• la communication : j’ai toujours trouvé important

de communiquer sur ce métier. Que ce soit via

mon site (raphaelhomat.com), des vidéos, des

conférences ou dans les médias, j’ai toujours

eu la volonté d’expliquer le plus simplement et

efficacement possible à quel point la préparation

mentale peut avoir un impact positif dans notre

vie de sportifs, d’étudiants, d’entrepreneurs etc.

Je considère également que l’on a rien sans rien.

C’est valable pour les sportifs

comme pour les préparateurs mentaux, il faut

faire preuve d’abnégation !

TRAVAILLER AVEC RAPHAËL :

À QUOI ÇA RESSEMBLE ?

Aujourd’hui, que ce soit dans la partie coaching

ou la partie formation, il a la « chance » de choisir

avec qui il travaille.

Il met alors des mots sur sa pratique : « concernant

la partie coaching, je travaille un peu comme le

fait un préparateur physique (je suis également

diplômé de cette discipline).

Après avoir bien compris la demande de la

personne qui souhaite faire de la préparation

mentale, mon ambition est de comprendre son

fonctionnement vis-à-vis de son sport, de la

compétition, sa relation avec son entraîneur,

ses partenaires, ses adversaires, ses proches

etc. d’une certaine façon je cherche à recueillir

le maximum d’informations afin d’évaluer ses

habiletés mentales : gestion du stress, confiance

en soi, fixation d’objectifs, contrôle émotionnel,

activation, relaxation,… j’utilise également

l’observation à l’entraînement et en compétition

quand cela est possible et certains tests comme les

tests de personnalité par exemple. Ensuite, je vais

mettre en place une planification de travail validé

avec le sportif. L’entraînement mental commence

réellement à partir de ce moment ».

VALEUR AJOUTÉE DE LA PRÉPARATION

MENTALE DANS LE FOOTBALL

ANTILLO-GUYANAIS

Pour répondre à cette question, Raphaël

commence par une comparaison : « Il m’arrive

souvent de présenter la performance comme un

smoothie. Il y a dedans différents ingrédients qui

sont mixés et que l’on n’arrive plus précisément

à distinguer. Pour la performance...

La suite après le portrait

de Wilfried Galimo

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Wilfried Galimo

Meilleur Buteur de la R1 de tous les temps

Originaire du Suriname, Wilfried Galimo, surnommé Bani, est âgé de 29 ans et

évolue au poste d’attaquant à l’étoile de Matoury.

Karaïbes Sports a rencontré ce talentueux joueur qui fait preuve d’humilité et de

simplicité autant dans sa vie professionnelle que personnelle.

MEILLEUR BUTEUR DE LA R1 DE

TOUS LES TEMPS

À

28 ans, il est officieusement devenu le

meilleur buteur de tous les temps de la

R1 en Guyane avec 31 buts (saison

2018/2019). Il est le détenteur de ce record

qui jusqu’alors était entre les mains de Rémy

Aubert pour la saison 1993-1994 avec 30

buts.

Quand on lui en parle, c’est avec beaucoup

d’émotion qu’il nous confie :

« Personnellement, c’est une fierté d’avoir

pu être reconnu comme le meilleur buteur du

championnat de tous les temps.

Mais pour être honnête,

le plus important c’était

l’impact que le collectif a

pu avoir pour m’aider à

marquer les buts. Sans

leurs passes ou encore

leur soutien, ce titre

n’aurait eu aucun sens

».

SA SAISON ACTUELLE

« Je suis assez satisfait de mes prestations avec

environ 13 buts en championnat. L’équipe

n’est pas au complet. Avec au moins 3 blessés,

l’entraîneur complète l’effectif avec les jeunes de

notre club ».

SON EXPÉRIENCE EN SÉLECTION

« Ma dernière sélection remonte à 8 ans déjà.

Peut être que je suis le meilleur buteur en Guyane

mais malheureusement je ne suis pas suivi, donc

c’est très difficile d’être rappelé en sélection.

Mais je suis très heureux de savoir qu’ils sont

qualifiés pour la GOLD CUP 2021 ».

CE QUI LUI PERMET DE FAIRE LA

DIFFÉRENCE SUR LE TERRAIN

« Je suis quelqu’un qui travaille énormément

mon physique, ma puissance et ma technique »

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WILFRIED, LE PÈRE

« Moi en tant que père ? » (sourire) « Intéressante

comme question ! Mon fils a 3 ans et s’appelle

Shaylann. Il est avec moi en Guyane alors que

ma femme est en ce moment employé en France

hexagonale. J’essaie d’inculquer les valeurs de la

famille à mon fils et l’importance des sacrifices. J’ai

la chance d’avoir toute ma famille autour de moi

pour m’épauler. Il était important pour notre couple

que ma femme puisse finaliser sa formation en

France... Ce n’est pas évident pour une femme de

laisser son bébé, mais j’ai su la rassurer quant à ma

capacité à prendre mes responsabilités en tant que

père. Mon fils est présent à la plupart de mes matchs

et c’est quelque chose qui me tient à cœur parce que

j’ai grandi dans cette optique. Il aura cependant la

liberté de choisir son sport ».

TRANSMISSION FOOTBALLISTIQUE PÈRE-FILS

« La transmission à cet âge se limite encore à sa

simple présence aux matchs (Futsal et foot 11)

parce qu’il est encore trop jeune pour comprendre

les fondamentaux. À part ça, avec la famille, nous

jouons souvent au ballon.

OBJECTIFS POUR 2020

« La coupe de MMG, la coupe de Guyane et finir

parmi les 4 premiers ».

SON AVIS SUR KARAÏBES SPORTS

« Votre initiative est une très bonne chose pour les

Antilles-Guyane. De nos jours, nous sommes très peu

suivis. J’ai même l’impression que nous sommes dans

l’ombre,mais grâce à Karaïbes Sports vous nous

redonnez l’envie de faire encore mieux!».

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portraits

Raphaël Homat, la fin

nous pouvons parler des habiletés physiques,

techniques, sociales, cognitives, mentales,

émotionnelles… il faut comprendre que toutes

ces habiletés s’influencent les unes les autres.

Par exemple selon l’ambiance qui existe dans un

groupe et la place que j’ai dans ce groupe je vais

me permettre de tenter ou non certains gestes

techniques en match. Les habiletés sociales et

techniques s’influencent donc.

Et de rajouter « selon mon niveau de forme

physique et ma capacité à répéter les efforts

cela va influencer directement mes habiletés

cognitives (ma capacité à analyser la situation,

prendre des informations et des décisions).

Ce que je veux dire c’est qu’en travaillant ces

habiletés mentales, émotionnelles, le préparateur

mental va forcément influencer le smoothie du

sportif, de l’équipe, du groupe ou la sélection.

En tout cas, ce serait un honneur pour moi un jour

de collaborer avec une sélection martiniquaise.

J’ai déjà été très content de travailler avec

des sportifs de l’équipe de France (athlétisme,

taekwondo, football, triathlon) mais je reconnais

qu’il y aurait une saveur particulière à collaborer

avec une sélection guyano-antillaise ! J’ai eu

plusieurs fois des échanges avec Fred Piquionne.

Nous verrons ce qu’il est possible de mettre en

place un jour. En tout cas, j’aimerais partager ce

que j’ai appris.

CONSEILS À UN JEUNE QUI SOUHAIT-

ERAIT DEVENIR PRÉPARATEUR MENTAL

« Inévitablement je lui conseillerais de se former,

de rencontrer des acteurs du monde sportif, de

faire des stages etc.

Au niveau de sa formation, selon son parcours,

je serais très heureux de l’accompagner au sein

de mon programme Mental 2 Pros*. Il pourrait

également envisager de passer un diplôme

universitaire. Je suis responsable pédagogique

de celui de Poitiers mais il en existe de nombreux

en métropole. À quand un partenariat pour un

créer un dans les Antilles ?

J’adorerais venir proposer une formation aux

Antilles. J’ai eu l’occasion de solliciter l’IMS à

plusieurs reprises ».

A bon entendeur, salut…

SON LIEN AVEC LA MARTINIQUE

Quand il revient sur le rapport qu’il entretient

avec la Martinique, c’est enjoué et ému qu’il

nous révèle :

« Mon père et mon fils aîné sont nés en

Martinique. Je suis heureux de voir le lien qu’ils

ont tous les deux et mon fils me chambre parfois

en me disant que je ne suis pas martiniquais.

Enfant, j’adorais venir en Martinique pendant

les congés bonifiés de mon papa. Lors de mes

études à Montréal, je suis venu pour la première

fois sans mes parents en Martinique. J’étais allé

voir le parrain de mon papa qui m’avait dit : «

tu as raison d’aller étudier ailleurs mais un jour il

faudra que tu reviennes donner à la Martinique

ce que tu as appris. »

C’était un homme que j’appréciais beaucoup

et que j’admirais. Il a été évident pour moi de

demander mon premier poste de professeur sur

l’île aux fleurs. C’est ainsi que j’ai travaillé trois

ans à Dillon. Cela me donnait parfois l’occasion

d’aller manger les bons plats de ma tante à

Volga Plage !

SON AVIS SUR NOTRE SLOGAN

“LOCALEMENT FIERS”

« Je le trouve très sympa mais n’est-il pas un

peu restrictif ? Des antillos guyannais réussissent

dans le football aux quatre coins de la planète.

Alors pourquoi pas un slogan « mondialement

fiers » ? nous répond t’il le sourire aux lèvres.

A la fin de l’entretien Raphaël rajoute : « Un

grand bravo pour votre travail de qualité. Le

site et le magazine sont tops ! Ça a été un réel

plaisir de répondre à vos questions ! Longue vie

à Karaïbes Sports ».

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#LOCALEMENTFIERS


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portraits

La préparation mentale

consiste à mettre un sportif dans

les meilleures dispositions

psychologiques avant d’aborder

un événement, qu’il présente ou

non un enjeu majeur. La notion

de mental, lié à la psychologie

est une notion parfois compliquée

à cerner, car non palpable, non

scientifique.

Rencontre avec Michel Sébas,

préparateur mental, qui nous

parle de son métier

Michel SEBAS

POUVEZ-VOUS VOUS PRÉSENTER ?

Originaire de la Martinique, j’aspire depuis ma

jeunesse à travailler dans le domaine sportif.

Titulaire du Brevet d’Entraîneur de Football et du

diplôme Européen de préparateur mental pour

les sportifs de haut niveau, obtenu à Perf’insport

à Liévin en juillet 2017, je suis actuellement

coach préparateur mental certifié. C’est mon

passé de joueur puis d’entraîneur de football qui

m’a orienté vers ce milieu.

En plus de mes activités sportives, j’ai créé

en 2008 ma propre marque de vêtements de

sport et sportswear, PEGASE, qui réussit le pari

d’intégrer la fibre de bambou à la production

de matières textiles. Cette création m’a valu

différentes médailles d’or et le prix de l’esprit

d’entreprise ; je suis également lauréat 2008 de

deux prix d’innovation mondiale, à Genève et

au Koweït.

Dans la préparation mentale pourrait se

résumer en parlant de la « règle des quatre C

» : Concentration, Calme, Confiance en soi,

Combativité.

UN PRÉPARATEUR MENTAL PEUT-IL

TRAVAILLER DURABLEMENT DANS

UN CLUB EN MARTINIQUE ?

Aujourd’hui, malheureusement, un préparateur

mental ne pourra pas travailler durablement si

les clubs ne sont pas plus structurés. Il y a en

effet très peu de clubs qui peuvent se permettre

d’avoir un staff complet, comprenant à la fois

un entraîneur, un préparateur physique, un

préparateur mental, un kiné, un naturopathe et

un médecin.

Cela prouve que nous avons un gros retard

à rattraper en matière d’accompagnement

psychologique pour faire évoluer le sport de

manière générale.

Il faudrait que les dirigeants de clubs, les

présidents de ligues de comités, le Comité

Territorial Olympique Sportif Martiniquais

(CTOSM) et les Conseillers Techniques Régionaux

puissent impulser une dynamique dans ce

domaine, afin de généraliser la préparation

mentale dans les clubs ainsi qu’au niveau des

différentes sélections. J’ai rencontré le CTR

Jocelyn GERME et le Président de la ligue de

football Samuel PERREAU à ce sujet l’an dernier.

Le dossier est ouvert.

#LOCALEMENTFIERS


portraits

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PARLEZ-NOUS DES SPORTIFS QUE VOUS

AVEZ PU ACCOMPAGNER ?

Je suis issu du monde du football, mais la

préparation mentale concerne bien évidemment

l’ensemble des disciplines sportives. D’ailleurs,

de 2017 à aujourd’hui, j’ai accompagné de

nombreux sportifs, en individuel ou en équipe,

dans diverses disciplines.

En football, je peux citer le Club Franciscain,

champion de Martinique et champion des

clubs amateurs de la Caraïbe, un jeune du Pôle

Espoir, sacré meilleur buteur dans un tournoi

à Angoulême, ainsi que l’US Marinoise, qui

a terminé troisième du championnat R2. En

handball féminin, j’ai travaillé avec le Réveil

Sportif du Gros-Morne, vainqueur de la coupe de

Martinique ; en athlétisme, avec une médaillée

d’or, championne de

France du 4x100m,

issue de l’Aiglon du

Lamentin.

J’ai également

accompagné deux

judokas de l’Alliance

Sociale du Marin,

distingués par trois

podiums et une

médaille d’or dans un

tournoi international

en Guadeloupe, ainsi que l’équipage Zappéti,

vainqueur de la coupe de Martinique (yole). Et

enfin, depuis trois mois, je coache une jeune

basketteuse de l’Aiglon du Lamentin.

Je dois dire que je suis fier des performances de

tous les sportifs avec lesquels j’ai travaillé. Cela

prouve la réussite de la préparation mentale et

la nécessité de continuer à œuvrer dans ce sens.

J’en profite pour les remercier de m’avoir fait

confiance et de contribuer brillamment à faire

avancer l’accompagnement psychologique dans

le monde sportif.

AURIEZ-VOUS DES CONSEILS À

DONNER À DES JEUNES FOOTBALLEURS

MARTINIQUAIS QUI SOUHAITERAIENT

PROGRESSER ?

La performance c’est l’objectif que doit rechercher

le sportif et je le redis, la préparation mentale est

un point commun aux sportifs et entraîneurs qui

réussissent. Mais cette capacité à se concentrer

sur l’instant présent nécessite un entraînement

régulier pendant les phases de préparation

comme lors des compétitions. Il s’agit d’un travail

sur le long terme, qui vise à ouvrir les esprits,

libérer les énergies et renforcer la motivation.

En résumé, je pourrais donner trois conseils

essentiels à un jeune motivé :

- « Il faut être

“...La préparation mentale

pourrait se résumer en

parlant de la règle des

quatre C: Concentration,

Calme, Confiance en soi,

Combativité...”

dans le jeu et pas

dans l’enjeu » se

concentrer sur la

performance du

moment, pas sur

ses implications

futures

- « Être positif,

constructif,

bienveillant avec

soi. » : tirer les

enseignements

de ses expériences, se remettre en question de

manière juste, sans être trop dur avec soi-même

- « Avoir un niveau d’attente de résultats

raisonnable. » : le travail, la persévérance et la

patience sont les meilleurs facteurs de réussite,

inutile de chercher à brûler les étapes

Merci à vous pour la place que vous accordez à

la préparation mentale dans vos colonnes.

#LOCALEMENTFIERS


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Les

hommes

de

l’ombre

“...Souvent été blessé et j’ai dû côtoyer de

nombreux kinés…”

Thamas PINEAU • Kinésithérapheute sélection Guadeloupe

VIE DE KINÉ

“... je voyais des amis exclus des terrains

pour des pathologies de croissance...comprendre

pourquoi... comment faire pour

en guérir.”

Thamas PIEGAY • Kinésithérapheute sélection Guadeloupe

#LOCALEMENTFIERS


vie de kiné

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Les hommes de l’ombre

Karaibes Sports a rencontré les kinés des 3 sélections (Martinique,

Guyane et Guadeloupe).

Nous avons tenu à comprendre leurs parcours, leurs motivations,

leurs rôles, leurs organisations, et leurs affinités avec

les joueurs. Ils sont au abord des terrains et sont les premiers

à prendre contact avec le joueur une fois au sol pendant le

match, mais nous connaissons très peu de chose d’eux.

Découvrez ses hommes qui pourront être une source d’inspiration

pour certains.

PINEAU Thomas

Âgé de 28 ans, passionné de sport et

plus particulièrement de football, que je

pratique depuis 24 ans. En ce qui concerne

mon parcours sportif, j’ai été formé

à la RED STAR puis j’ai fait une année à

l’AS Gosier juste avant de signer en 2009 au Stade Malherbe

de Caen (club professionnel). Au sein de ce club,

j’ai pu côtoyer des joueurs comme Thomas LEMAR, Lenny

NANGIS, Raphaël GUERRERO, M Baye NIANG... Par la

suite, je suis parti jouer en Belgique et j’en ai profité pour

faire mon cursus de kiné et travailler au sein d’un club professionnel

(le White Star) en tant que tel. En 2014, je suis

rentré en Guadeloupe où je me suis installé à Tabanon.

Maintenant, cela fait bientôt 1 an que j’ai ouvert ma structure

en collaboration avec Malik MERION (ostéopathe),

Docteur GANE-TROPLENT et autres médecins. Il s’agit

d’une Maison de Santé Pluriprofessionnelle Universitaire

(une première en France) située à Boisripeaux aux

Abymes.

PIEGAY Thomas

Je suis né à Saint-Etienne, j’ai suivi des

études de kinésithérapie et rééducation

à la Haute école de la province de Liège

en Belgique.

Depuis 2010 je travaille au CREPS Antilles-Guyane

en tant que kiné du sport.

Aujourd’hui âgé de 34 ans, j’ai eu la chance de pratiquer

plusieurs sports comme la boxe, la natation, le rugby,

l’athlétisme et le football. Mes 3 sports préférés restent le

football, l’athlétisme et le rugby que je pratique toujours.

PIQUION Jean-Yves

Âgé de 41 ans, j’ai pratiqué du

taekwondo et du judo mais je pratique

le VTT. Ancien kiné et ergothérapeute

hospitalier en île de France, je pratique

l’ostéopathie du sport depuis 13 ans en Martinique.

BERNADINE Stéphane

Âgé de 34 ans, j’ai pratiqué du football,

jujitsu et du krav opérationnel mais

maintenant je pratique du crossfit.

ARAS Marc-Albert

Âgé de 54 ans kinésithérapeute depuis

30 ans presque et quasiment autant en

temps que kinésithérapeute du sport.

En fait avant même d’être diplômé, j’étais déjà kiné du

sport auprès de mes amis notamment pendant mes années

estudiantines à l UEG (union des étudiants guyanais)

J’ai personnellement pratiqué plusieurs sports depuis les

arts martiaux en passant par le basket, la natation et

surtout le handball.

J’aime, je pense tous les sports avec des connaissances

techniques selon le sport plus ou moins approfondis.

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vie de kiné

Thomas Pineau

COMMENT VIVEZ-VOUS LES MATCHS ?

Il y a toujours une pression d’avant-match qui est

présente, surtout si nous avons des joueurs de

retour de blessure ou avec des “petits bobos”

: on veut que tous nos joueurs soient mis dans

les meilleures conditions. On espère que tout se

passe bien.

Sinon, en ce qui concerne le côté purement

sportif, c’est que du plaisir. Il faut tout de même

rester concentré lors des interventions sur le

terrain, car il y a des choix à faire et il faut que

ce soient les bons.

COMMENT FAIT-ON POUR PASSER D’UN

TRAVAIL DE KINÉSITHÉRAPIE POUR PARTIC-

ULIERS À L’ENCADREMENT D’UNE ÉQUIPE

NATIONALE ?

Tout d’abord, pour être kiné pour une équipe

nationale, il faut déjà avoir une bonne gestion

de la kiné du sport. Après, il n’y a pas de cursus

particulier pour y arriver. Pour prendre mon

exemple, le Docteur GALLAIS m’a contacté il y

a maintenant 4 ans afin de monter une équipe

médicale, et par la suite, j’ai proposé à M.

PIEGAY de nous rejoindre.

IL Y A UNE RELATION PARTICULIÈRE QUI

S’INSTALLE ENTRE LE KINÉ ET LE JOUEUR ?

Effectivement, il est clair qu’une relation

particulière s’installe, car il y a beaucoup

d’échanges, les joueurs se confient beaucoup

aux kinés sur beaucoup de choses (rires). Et

nous avons un rôle important à ce niveau, car

il faut faire un tri entre ce qu’on doit dire au

coach ou non. Ce n’est pas parce que le joueur

nous fait part d’une petite gêne que nous devons

systématiquement le faire savoir au coach, et

c’est là qu’intervient la prise de risque de la part

du kiné.

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vie de kiné

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Thomas Pigeay

POURQUOI ES-TU DEVENU KINÉ ?

J’ai un papa professeur d’EPS (éducation

physique et sportive) et une maman infirmière,

on m’a dit que Kiné était la parfaite réunion des

deux !

Plus sérieusement, j’ai toujours fait et apprécié

le sport, lorsque adolescent, je voyais des amis

exclus des terrains pour des pathologies de

croissance, je voulais comprendre ce qui se

passait et comment faire pour en guérir.

COMMENT FAIT-ON POUR PASSER D’UN

TRAVAIL DE KINÉSITHÉRAPIE POUR PARTIC-

ULIERS À L’ENCADREMENT D’UNE ÉQUIPE

NATIONALE ?

J’ai la chance de travailler au CREPS Antilles

Guyane où je m’occupe principalement des

jeunes des pôles et de sportif hors pôles. Lorsque

nous sommes avec la sélection ce qui va changer,

c’est surtout l’organisation et le type de soins, il

faut être réactif, et s’adapter aux besoins des

joueurs, et aux plannings établis par les coaches.

En sélection, on vit au quotidien avec le groupe.

IL Y A UNE RELATION PARTICULIÈRE QUI

S’INSTALLE ENTRE LE KINÉ ET LE JOUEUR ?

Le temps d’une séance de kiné est d’une trentaine

de minutes, parfois plusieurs séances par jour,

tous les jours, pendant ce temps il y a en effet

une relation de confiance qui s’installe entre le

joueur et nous.

COMMENT VIVEZ-VOUS LES MATCHS ?

C’est un moment très intense : on a vécu toute

la préparation en amont, les entraînements, les

regroupements et les soins d’avant match, alors

on veut que les joueurs donnent le meilleur d’euxmêmes,

qu’ils marquent, mais aussi qu’ils ne se

blessent pas !

C’est donc très excitant d’être sur le banc, mais

stressant lorsqu’un joueur reste au sol.

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vie de kiné

Jean-Yves Piquion

POURQUOI ES-TU DEVENU KINÉ ?

J’ai fait le choix initial de la rééducation

fonctionnelle à l’âge de 16 ans, sensibilisé

par les situations de handicap et les personnes

traumatisées de la route. Passionné de sport, je

me suis également orienté par la suite vers la

prise en charge des sportifs.

L’ENCADREMENT DE L’ÉQUIPE NATIONALE

Je me suis naturellement orienté vers les sportifs

en travaillant avec les clubs de football en

Martinique.

J’ai pratiqué plusieurs années (9 ans) avec

le Racing club de Rivière-Pilote puis le club

Franciscain (4 ans) tout en continuant à me former

aux interventions sur le terrain en traumatologie

du sport ainsi qu’aux soins à apporter aux

sportifs (immersions et formations avec le staff

médical INF).

J’ai bénéficié de la confiance de la Ligue de

Football de Martinique afin d’encadrer la

sélection séniors en janvier 2012 en essayant

de continuer à développer la qualité des soins,

mais aussi la prévention des blessures, l’hygiène

et la nutrition du sportif.

J’ai été rejoint par mon partenaire Stéphane

Bernadine pour les deux dernières GOLD CUP,

nous bénéficions de ses compétences techniques

aïgues et de sa conscience professionnelle.

RELATION AVEC LE JOUEUR

Il y a en effet une relation particulière avec

chaque joueur, qui nous confie une douleur,

une blessure, parfois une simple appréhension.

Nous cherchons à le guider en confiance

vers une performance optimale. Parfois une «

réhathletisation » est nécessaire, c’est-à-dire un

ré entraînement athlétique spécifique aux gestes

du football après la blessure. La confiance et la

communication sont deux aspects indispensables.

RÔLE MENTAL

Nous avons un rôle dans la préparation «

mentale » du joueur à l’effort au niveau du

conditionnement à l’effort avant la compétition,

mais nous devons aussi rassurer et soutenir

moralement en cas de blessure.

Le médecin d’équipe est aussi avec nous, il

soigne, communique, informe et rassure quand

il le faut. Il garde un œil protecteur afin de

préserver la santé du joueur et la performance

sportive.

VÉCU DES MATCHS

Avec intensité et concentration, comme à chaque

match international. Sentiment unique, émotion

forte lors du moment de vérité en espérant avoir

apporté le meilleur aux joueurs pour un résultat

positif collectif.

Stéphane BERNARDINE

Jean-Yves PIQUION

#LOCALEMENTFIERS


vie de kiné

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Stéphane Bernadine

POURQUOI ?

Je suis devenu kiné, car plus jeune, suite à une

grave entorse de cheville au foot, j’ai eu pour

la première fois des séances de rééducation à

réaliser. J’ai apprécié ma prise en charge et

surtout l’aspect ludique de cette rééducation du

coup ça m’a donné envie d’exercer le métier.

L’ENCADREMENT DE L’ÉQUIPE NATIONALE

Me concernant, j’ai toujours été attiré par le

sport et c’est tout naturellement que je me suis

orienté vers cette pratique durant mon cursus

(formation en kinésithérapie du sport) . J’ai

commencé par le racing club de rivière-pilote

en passant par l’éclair de rivière-salée puis mon

collègue Jean-Yves Piquion m’a proposé de

l’aider sur cette campagne. Une proposition que

j’ai naturellement acceptée.

RELATION KINÉ-JOUEUR

Oui bien sûr, nous jouons également un rôle de

confident. Les soins sont généralement le moment

où le joueur fait ou refait son match. Il est dans

un cadre beaucoup plus intimiste et donc il est

plus facile pour lui de se livrer et de faire part de

ses ressentis.

VÉCU DES MATCHS

Nous vivons chaque match comme si nous étions

sur le terrain. L’ambiance des stades, les chants

du public tout cela contribue à nous transmettre

de vives émotions jusqu’à avoir parfois la

chair de poule. (je repense au match contre le

Mexique.)

DIFFÉRENCE ENTRE JOUEURS LOCAUX ET

PRO

À mon sens, hormis le salaire, la gestion de soi

est très importante.

Le joueur professionnel a conscience que son «

corps » est son outil de travail par conséquent,

il doit le préserver, ménager sa monture, être

performant et éviter les blessures. Il sait donc

se gérer sur le plan (thérapeutique, nutritionnel,

sportif, etc…) et a toutes les infrastructures

nécessaires à sa disposition pour réaliser

cela.

Le joueur local, malheureusement, n’est

pas dans ces conditions avec toutes les

contraintes qui s’en suivent (salaire,

infrastructure etc..). Cela dit pour

ceux qui sont en sélection, on ressent

en eux cette prise de conscience et

d’implication dans la préservation

de leurs corps que ce soit au niveau

thérapeutique ou nutritionnel. Mes

collègues et moi travaillons en ce

sens pour les guider vers cet état

d’esprit.

#LOCALEMENTFIERS


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vie de kiné

Marc-Albert Aras

UN PARCOURS DÉFINI PAR UNE

SUITE LOGIQUE

Pour ARAS Marc-Albert, le fait de devenir

kinésithérapeute est « une suite logique ».

Auparavant, il souhaitait devenir ophtalmologue.

Mais le manque de conseil des spécialistes

d’orientation lui a fait changer d’avis.

Après des rendez-vous non fructueux, il a choisi

d’abandonner ce souhait.

Marc-Albert a déjà fréquenté des kinésithérapeutes,

lors de ses premières blessures. À l’époque,

il a déjà imaginé une « chose drôle » avec

son « petit côté rebelle tranquille ». « Je me disais

si c’était moi le kinésithérapeute, j’aurai fait

tel ou tel exercice » disait-il.

INTÉGRATION DANS DIVERS CLUBS DE

HANDBALL

Le diplôme en poche et après le passage de sa

certification sport, Marc-Albert intégrait le club

de handball US Créteil féminin en pro B, en

France. Il intervenait aussi auprès du centre de

formation d’US Ivry handball avant d’intégrer

l’équipe masculine professionnelle de D1.

Marc-Albert participait aux championnats de

France, en 1997, ainsi qu’à la Coupe d’Europe

jusqu’en demi-finale.

Toutefois, étant fatigué, il voulait intégrer le staff

et en finir une bonne fois pour toutes avec la

kinésithérapie du sport.

Il se concentre désormais sur la question

d’organisation et de planification, sans oublier

le suivi des résultats. Le reste appartient à la

métropole avec son expérience de haut niveau.

RELATION ENTRE LE KINÉSITHÉRAPEUTE ET

LE JOUEUR

L’expert de la kinésithérapie du sport met l’accent

sur l’existence d’une relation particulière entre

le joueur et le professionnel. Il qualifie cette

relation de « normale » sachant que son premier

rôle consiste à aider les joueurs à se débarrasser

de leurs souffrances aussi bien physiques que

psychologiques. « Et nous sommes souvent en

première ligne pour réconforter, rassurer et

toujours positiver » disait-il.

Il avouait même qu’une affinité peut s’installer,

ce qui ne doit avoir aucune influence sur les

décisions professionnelles. Il signalait aussi

le fait qu’il n’est pas toujours facile de rester

professionnel quand il s’agit de relations

particulières avec les joueurs.

KINÉSITHÉRAPEUTE DES PARTICULIERS ET

PROFESSIONNELS

De retour à son pays natal, il travaillait auprès

de toutes les sélections de basket, hand,

natation, cyclisme volley-ball, athlétisme, etc. Il

a consacré une douzaine d’années de sa vie en

tant que kinésithérapeute du pôle espoir basket,

notamment « Livio Jean-Charles, Smock Ywen,

Damien Inglis... » pour ne citer que ceux-là.

Selon lui, l’entraîneur gardien Gilles Kromwel

a tant insisté pour qu’il intervienne auprès des

Yana Doko, l’équipe de football de Guyane.

#LOCALEMENTFIERS


vie de kiné

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LA CONCACAF NATIONS LEAGUE 2019

Monsieur Marc-Albert s’est montré impressionné

du travail du staff lors de la Concacaf Nations

League 2019. Il n’hésitait pas à citer des noms,

comme Mr Joseph Rotam et Gilles Kromwel.

« Naturellement, je ne dis pas que les autres

ne sont pas à la hauteur », dit-il. Il a ainsi cité

d’autres professionnels, notamment « Mrs Louis

Lafontaine, Alain Midjt, le Dr Rollin Bellony,

naturellement le coach Thierry De Neef et une

pensée particulière pour MARIE rose CAREME

il sait pourquoi ».

EN TANT QUE SPECTATEUR DES MATCHS

« Je vis les matchs de manière très particulière

». Dans la plupart des cas, ses collègues

participent aux plaisanteries et se mettent à

rire ensemble pour faire baisser la pression.

Toutefois, Marc-Albert ne vit pas les matchs de

la même façon qu’eux : « Par contre moi, je

monte en pression juste 24 h ». Il se met ainsi

à s’intérioriser de plus en plus pour retrouver le

calme.

Durant le match, il garde presque une même

position tout en restant fixé sur son banc, les

yeux sur le terrain. Rares sont les moments où

les joueurs et spectateurs le trouvent en pleine

joie. Il reste pro et adopte cette attitude pendant

plusieurs minutes.

À la fin du match, il doit se concentrer sur son

travail, dont les soins et la récupération des

joueurs.

#LOCALEMENTFIERS


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WWW.KARAÏBES-SPORTS.COM | MARS 2020

vie de kiné

Pensez-vous que cette

histoire va continuer ?

ARAS MARC-ALBERT • GUYANE

« Pour les joueurs, pour le staff et pour la

Guyane, j’espère, car les précédemment cités

le méritent tous ». Néanmoins, il constate

un obstacle à la réalisation de ce rêve : «

les moyens restent encore limités ». Les

déplacements dans la Caraïbe ne sont pas

non plus faciles.

Il espère que l’histoire des Yana Doko ira

encore très loin surtout pour la Guyane, avec

ou sans lui.

PINEAU THOMAS • GUADELOUPE

Oui, je pense et je l’espère, car un groupe

est en train de se créer et c’est de bon augure

pour la suite. Oui, je pense et je l’espère, car

un groupe est en train de se créer et c’est de

bon augure pour la suite.

PIEGAY THOMAS • GUADELOUPE

On souhaite qu’elle aille le plus loin possible

(Gold Cup) ! Nous avons des joueurs d’un

très bon niveau, notre effectif est donc là

pour nous permettre de rêver au meilleur des

scénarios.

PIQUION JEAN-YVES • MARTINIQUE

Je souhaite continuer à encadrer la sélection

de football tant que la Ligue de football de

Martinique me renouvellera sa confiance.

BERNADINE STÉPHANE • MARTINIQUE

J’espère que cette histoire va continuer, que

les joueurs continuerons à nous faire faire

rêver et nous permettre de vivre ce genre de

compétitions.

#LOCALEMENTFIERS


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WWW.KARAÏBES-SPORTS.COM | MARS 2020

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Les

objectifs pour

2020

SÉLECTIONNEURS

“...La qualification de la Guyane pour la

prochaine Gold Cup en 2021…”

Thierry De neef • Sélectionneur d l’équipe de Guyane

“...La qualification de la Guadeloupe pour

la prochaine Gold Cup en 2021…”

Jocelyn Angloma • Sélectionneur d l’équipe de Guadeloupe

“...Antillo-Guyanais, puissions, ... imposer

nos compétences au niveau national...”

Mario Bocaly • Sélectionneur d l’équipe de Martinique

#LOCALEMENTFIERS


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WWW.KARAÏBES-SPORTS.COM | FÉVRIER 2020

sélectionneurs

Thierry De Neef

As tu une politique particulière pour intégrer les jeunes

joueurs dans ta sélection des U20 ?

Mon objectif a toujours été

d’avoir un large panel de joueurs

potentiels sélectionnables en

senior notamment sur la catégorie

U20.

© Antilles-Sports

Effectivement, j’attache une

attention toute particulière à cette

catégorie-là et il est question de

mettre en place une sélection U20

pour que les meilleurs de cette

sélection fassent partie des Yana

Doko.

© CONCACAF

#LOCALEMENTFIERS


© CONCACAF

Décris-nous une belle année 2020 footballistique

pour toi en tant que sélectionneur?

Une belle année de football 2020 sera la qualification

de la Guyane pour la prochaine Gold Cup en 2021 avec

Yana Doko après les matches de barrage de mars et de

juin ce serait vraiment une très belle année sportive pour

le football guyanais et je serais très heureux.

#LOCALEMENTFIERS


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WWW.KARAÏBES-SPORTS.COM | FÉVRIER 2020

sélectionneurs

Jocelyn Angloma

© LGF

« Quand vous gagnez les équipes sont trop

faibles et quand vous perdez la sélection

est nulle ». Comment vis-tu cela en tant que

sélectionneur ?

Il y a pas mal de critiques dans le milieu

footballistique. Certains estiment que la

sélection devrait toujours gagner mais il faut

savoir relativiser. En tant qu’ancien joueur pro,

sélectionneur d’une équipe amateur, je suis

conscient que certains joueurs sont meilleurs

que d’autres en fonction des générations. De

ce fait, les résultats dépendent de la stratégie

mise en place sur le terrain. D’un autre côté, on

aurait aimé faire plus, mais malheureusement il

n’est pas toujours possible d’avoir les joueurs

qu’on veut, sans parler des infrastructures

pour s’entraîner qui ne sont pas forcément à

la hauteur. De plus, pour avoir de meilleurs

résultats, il aurait fallu suivre et préparer les

joueurs tout au long de l’année et non 3 ou

4 jours avant les matchs. Préparer les joueurs,

ça devrait être le rôle de leurs clubs, pas de la

sélection !

Fabrice a rejoint ton staff technique sur la Nation

League 2019. Qu’a t-il apporté de plus à la

sélection ?

En tant que technicien, Fabrice a indéniablement

apporté son savoir faire. Sa capacité à regrouper

des données et des vidéos sur internet avant

les matchs, à me les retranscrire afin que je les

transmette aux joueurs est un atout indispensable.

Ses analyses sont également très pertinentes. Je

suis très satisfait de cette collaboration et j’espère

qu’elle va durer.

© LGF

#LOCALEMENTFIERS


sélectionneurs

WWW.KARAÏBES-SPORTS.COM | FÉVRIER 2020

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Comment protégez-vous vos joueurs

mentalement contre ces commentaires ?

A mon avis, les joueurs de haut niveau seront

plus touchés par de mauvais commentaires,

car soucieux d’avoir un retour sur leurs

performances, c’est souvent par le biais de la

presse qu’ils découvrent leurs notes.

Pour les Gwada Boys, c’est différent. Ils savent

qu’en cas d’échec, c’est l’entraîneur qui va tout

prendre. En plus, je ne cesse de leur répéter

de faire ce qu’ils ont à faire sur le terrain et

que moi, je m’occupe des médias. En agissant

ainsi, je les protège d’une certaine façon !

En route pour la GOLD CUP 2021, comment

allez-vous préparer ce nouveau challenge ?

Pour moi, une belle année, ce serait commencer

tranquillement la saison et puis monter en

puissance, au fur et à mesure. Il ne s’agit pas

juste de remporter un titre. Pour un passionné de

la Coupe de France comme moi, ce serait de

bien la jouer et bien sûr de la remporter.

Une belle saison passe aussi par l’émergence

des jeunes qu’on forme et qu’on met au devant

de la scène. Mais il est aussi important de

souligner que le travail harmonieux de mon staff,

le médical ainsi qu’un groupe de personnes de

ligue qui gèrent tant bien que mal le quotidien

de la sélection contribua puissent continuer pour

rendre 2020 encore meilleur.

#LOCALEMENTFIERS


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WWW.KARAÏBES-SPORTS.COM | FÉVRIER 2020

sélectionneurs

Mario Bocaly

Karaibes Sport s’est entretenu avec Mario Bocaly,

sélectionneur de l’équipe de football de la Martinique.

Ce fut l’occasion pour lui de faire le bilan de l’année qui

vient de s’écouler et de se projeter en 2020.

Lors de vos déplacements à l’étranger, vous

avez été considérés comme une Nation. Vous

avez été escortés par les services publics

de l’aéroport à l’hôtel, de l’hôtel au stade.

Cependant, localement c’est une toute autre

histoire. Pourrais tu nous expliquer l’impact

positif que ca peut avoir sur une sélection ?

L’escorte c’est quelque chose d’important.

Être escortés montre qu’à un moment, on vous

considère comme une nation. Au Honduras, ce

fut un peu effrayant car le niveau d’escorte était

extrêmement important. Par exemple, une escorte

est même restée à l’hôtel. Personnellement, je

n’avais jamais vu ça! Une escorte comme celle

de la Gold Cup vérifie par exemple s’il y a des

« bombes ». C’est un autre niveau! Rien de

comparable avec le type d’escorte qu’on a aux

Antilles ou en Guyane. Je ne sais pas si on réalise

ce que c’est que d’escorter une équipe nationale

et les risques qui sont encourus! Une chose est

sûre, cette expérience a montré aux joueurs que

nous étions bien plus qu’une île. Nous étions et

sommes ce pays qui représente l’ensemble des

Martiniquais, ceux qui vivent localement ainsi

que ceux évoluent à l’extérieur du territoire.

part, on n’aura pas les moyens de préparer

ces matchs. Ce sera à nous de préparer

intelligemment notre planning, un planning

qui nous permettra déjà de faire des matchs

intéressants contre des nations caraïbéennes

ou centre américaines. Il nous faudra aussi

ruser pour trouver, dans les matchs amicaux,

des trajectoires qui nous permettront de

dépenser moins d’argent. Un circuit intelligent

nous permettant à un moment donné de faire

des matchs amicaux à moindre coût mais qui

soit une valeur ajoutée pour la sélection de la

Martinique

En route pour la GOLD CUP 2021. Comment allez

vous préparer ce challenge en sachant que

vous n’avez pas de match prévu ?

C’est très complexe de préparer la Gold Cup

2021. Pourquoi? Parce que quand on a des

matchs officiels, une aide financière de la

CONCACAF nous est versée. C’est l’un des

facteurs restrictifs qui nous ramène à notre statut

de département. Nous savons que quelque

©CONCACAF

#LOCALEMENTFIERS


sélectionneurs

WWW.KARAÏBES-SPORTS.COM | FÉVRIER 2020

33

©CONCACAF

Avez vous exploré la possibilité de jouer avec

un club pro européen ?

Oui c’est une piste que l’on étudie actuellement.

De telles rencontres permettraient également

au club professionnel européen de prendre

conscience de notre niveau. Je pense que

parfois ce dernier est mal perçu car beaucoup

de clubs considèrent que les joueurs partent

en vacances quand ils viennent jouer dans

les sélections d’outre-mer. Les joueurs pros qui

viennent sont souvent surpris quand ils sont

sur le terrain! C’est à nous aujourd’hui de

suivre le monde du football professionnel, plus

singulièrement le monde de la ligue 1. J’estime

que petit à petit, notre niveau se rapproche

de celui de la ligue 2. Ce serait bien de se

confronter à des clubs de ligue 1,histoire

de leur montrer notre niveau! Beaucoup de

personnes réalisent que l’on joue quand

même contre des équipes qui ont déjà affronté

l’équipe de France telles que le Honduras ou

le Mexique. Ces rencontres ont légitimé la

sélection de la Martinique

Que serait une bonne année footballistique

2020 en tant que sélectionneur ?

Au delà de la sélection de la Martinique, ce

serait que toutes les sélections antillo-guyanaises

brillent en Coupe de France, qu’elles fassent

un long parcours. Qu’on trouve notre place et

surtout qu’on réussisse à imposer nos qualités tout

en croyant en nos aptitudes.

Hormis mes souhaits de réussite nombriliste

martiniquais, je souhaite que Nous, Antillo-

Guyanais, puissions, à un moment donné,

imposer nos compétences au niveau national.

#LOCALEMENTFIERS

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