17.03.2026 Vues

Support de cours réseaux

Ce support de cours est destiné à tous ceux qui veulent savoir comment fonctionnent les réseaux informatiques. Que ceux-ci soient avec ou sans fil, qu'ils concernent des ordinateurs, des téléphones ou d'autres objets connectés, ils sont de plus en plus présents dans notre vie de tous les jours. Afin d'utiliser au mieux l'informatique, il est nécessaire de comprendre leur évolution, leur structure, leurs composants et interactions. Ce manuel peut être utilisé en auto-formation mais il est le support idéal d'une formation menée par un formateur. Quelles sont les architectures des réseaux locaux, quelles normes les régissent et quelles technologies les sous-tendent ? Quelles sont les caractéristiques des réseaux étendus, sur quels modèles reposent-ils et quels protocoles emploient-ils ? Comment s'articule la structure matérielle d'un réseau : équipements, médias physiques, câblage ? Quels sont les protocoles et modèles logiques qui gouvernent les échanges entre machines ? Qu'est-ce que la fibre optique : principes physiques, types de fibres, débits et mises en œuvre… Comment fonctionnent les réseaux de téléphonie mobile : de la 2G à la 5G, architectures et évolutions… Qu'est-ce que l'internet des objets : protocoles, capteurs, architectures et cas d'usage… Qu'est-ce qu'Internet : infrastructure mondiale, fournisseurs d'accès, protocoles applicatifs et services… Quelles perspectives d'évolution pour les années à venir Ce support apporte une réponse rigoureuse à chacune de ces questions, avec illustrations et commentaires à l'appui.

Ce support de cours est destiné à tous ceux qui veulent savoir comment fonctionnent les réseaux informatiques.
Que ceux-ci soient avec ou sans fil, qu'ils concernent des ordinateurs, des téléphones ou d'autres objets connectés, ils sont de plus en plus présents dans notre vie de tous les jours.
Afin d'utiliser au mieux l'informatique, il est nécessaire de comprendre leur évolution, leur structure, leurs composants et interactions.
Ce manuel peut être utilisé en auto-formation mais il est le support idéal d'une formation menée par un formateur.
Quelles sont les architectures des réseaux locaux, quelles normes les régissent et quelles technologies les sous-tendent ?
Quelles sont les caractéristiques des réseaux étendus, sur quels modèles reposent-ils et quels protocoles emploient-ils ?
Comment s'articule la structure matérielle d'un réseau : équipements, médias physiques, câblage ?
Quels sont les protocoles et modèles logiques qui gouvernent les échanges entre machines ?
Qu'est-ce que la fibre optique : principes physiques, types de fibres, débits et mises en œuvre…
Comment fonctionnent les réseaux de téléphonie mobile : de la 2G à la 5G, architectures et évolutions…
Qu'est-ce que l'internet des objets : protocoles, capteurs, architectures et cas d'usage…
Qu'est-ce qu'Internet : infrastructure mondiale, fournisseurs d'accès, protocoles applicatifs et services…
Quelles perspectives d'évolution pour les années à venir
Ce support apporte une réponse rigoureuse à chacune de ces questions, avec illustrations et commentaires à l'appui.

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S U P P O R T D E C O U R S

Réseaux

v e r s i o n 1 0

L a n , W a n , é q u i p e m e n t s , p r o t o c o l e s

i n t e r n e t , s é c u r i t é …

M I S E À J O U R M A R S 2 0 2 6


Quelles sont les architectures des réseaux locaux, quelles normes les régissent et

quelles technologies les sous-tendent ?

Quelles sont les caractéristiques des réseaux étendus, sur quels modèles

reposent-ils et quels protocoles emploient-ils ?

Comment s'articule la structure matérielle d'un réseau : équipements, médias

physiques, câblage ?

Quels sont les protocoles et modèles logiques qui gouvernent les échanges entre

machines ?

Qu'est-ce que la fibre optique : principes physiques, types de fibres, débits et mises

en œuvre…

Comment fonctionnent les réseaux de téléphonie mobile : de la 2G à la 5G,

architectures et évolutions…

Qu'est-ce que l'internet des objets : protocoles, capteurs, architectures et cas

d'usage…

Qu'est-ce qu'Internet : infrastructure mondiale, fournisseurs d'accès, protocoles

applicatifs et services…

Quelles perspectives d'évolution pour les années à venir

Ce support apporte une réponse rigoureuse à chacune de ces questions, avec

illustrations et commentaires à l'appui.

Cet ouvrage a été entièrement réalisé avec

Microsoft Word 365 ®,

Images des fonds de couverture reproduite avec l'aimable autorisation de Microsoft


I. LES RÉSEAUX LOCAUX (lan) 3

A. GÉNÉRALITÉS 3

1. Connexion 3

2. Normes 3

3. Architectures 4

4. Architectures LAN modernes 6

5. Technologies LAN 6

6. Méthodes d'accès 7

B. PROTOCOLES D'ACCÈS 7

1. CSMA/CD — Contention avec détection de collision 7

2. OFDMA et MU-MIMO (mécanisme, principe) 8

3. OFDMA et MU-MIMO (complémentarité et apport concret) 9

4. Passage du jeton (Token) 9

5. TDMA (Time Division Multiple Access) 10

C. TRANSMISSION 10

1. Transmission par câble 10

2. Transmission sans câble 10

3. Unités de débit 12

D. RÉSEAU LOCAL VIRTUEL (VLAN) 12

1. Avantages 13

2. Types de VLAN 13

3. Standard IEEE 802.1Q — Le trunk VLAN 13

E. PROTOCOLES DE COUCHE 2 15

1. Spanning Tree Protocol (STP — IEEE 802.1D) 15

2. Agrégation de liens (LACP — IEEE 802.3ad) 15

3. Qualité de service de couche 2 (IEEE 802.1p) 15

A. GÉNÉRALITÉS 17

4. Caractéristiques 17

5. Services WAN 17

6. Modes de fonctionnement 18

7. Architectures WAN modernes 18

B. LE MODÈLE OSI 18

1. La couche Application (C7) 19

2. La couche Présentation (C6) 20

3. La couche Session (C5) 20

4. La couche Transport (C4) 20

5. La couche Réseau (C3) 20

6. La couche Liaison de données (C2) 21

7. La couche Physique (C1) 21

C. LES PROTOCOLES 22

1. Commutation par paquets X.25 22

2. Frame Relay 23

3. TCP/IP (IPv4) 24

D. TCP/IP (IPv6) 31

1. Format d'un datagramme IPv6 31

2. Adresses IPv6 31

3. Types d'adresses IPv6 32

4. Sous-réseaux IPv6 32

5. Autres protocoles de la famille TCP/IP 33

E. ATM — ASYNCHRONOUS TRANSFER MODE 33

1. Format de cellule ATM 33

2. Services ATM 34

F. ISDN — RÉSEAU NUMÉRIQUE À INTÉGRATION DE SERVICES 35

1. Principe 35


2. Accès de base (BRI — Basic Rate Interface) 36

3. Accès primaire (PRI — Primary Rate Interface) 36

4. Composants ISDN 36

G. xDSL — DIGITAL SUBSCRIBER LINE 36

1. Caractéristiques communes 37

2. Solutions symétriques 37

3. Solutions asymétriques 38

4. Équipements xDSL 38

5. Tableau récapitulatif des technologies DSL 39

H. RÉSEAUX À HAUT DÉBIT 39

1. Ethernet (IEEE 802.3) 39

2. Trame Ethernet 40

3. Ethernet commuté 41

I. SDH/SONET — HIÉRARCHIE NUMÉRIQUE SYNCHRONE 42

1. PDH vs SDH 42

2. Hiérarchie SDH/SONET 42

3. Structure d'une trame SDH 42

4. Multiplexage SDH 43

J. RÉSEAU CELLULAIRE 43

1. Système GSM (2G) 43

2. Sous-systèmes GSM 44

3. Évolution des normes cellulaires 44

4. Liaisons Wi-Fi 45

5. WiMAX 46

K. INTERNET DES OBJETS (IoT) 47

1. Technologies IoT 47

2. Composants d'un système IoT 47

3. RFID (Radio Frequency Identification) 48

4. NFC (Near Field Communication) 48

L. ADMINISTRATION D'UN RÉSEAU 49

1. Protocole SNMP 49

2. Architecture SNMP 49

3. MIB — Management Information Base 49

4. Community Strings SNMP 50

II. L'ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 51

A. ÉQUIPEMENTS D'INTERCONNEXION 51

1. Répétiteur (Repeater) 51

2. Bridge (Pont) 52

3. Routeurs 53

4. Passerelles (Gateways) 56

5. Hubs (Concentrateurs) 56

6. Commutateurs (Switches) 57

7. Architectures de réseau d'entreprise 57

B. INTERFACES PHYSIQUES 58

1. Connecteurs RJ 58

2. Interface RS-530 60

3. Interface X.21 60

4. Interface G.703 60

5. Interface V.11 61

6. Interface V.24 62

7. Interface V.35 62

8. Interface V.36 63

C. SERVICES NUMÉRIQUES E0 ET E1 63

1. Service E0 (64 kbps) 63

2. Service E1 (2,048 Mbps) 63

3. Hiérarchies numériques européenne et américaine 64

D. MÉDIAS PHYSIQUES 64


1. Fibre optique 65

2. Câbles à paires torsadées (UTP/STP/FTP) 69

E. MULTIPLEXAGE 70

1. Multiplexage par Division de Temps (TDM) 70

2. Multiplexage par Division de Fréquences / Longueurs d'Onde 71

3. OFDM — Multiplexage par Sous-porteuses 72

F. REPRÉSENTATION BINAIRE, BIT ET OCTET 72

1. Le système binaire 72

2. Le bit 73

3. L'octet 73

4. Représentation hexadécimale 74

G. PORTS DE COMMUNICATION ET SÉCURITÉ RÉSEAU 74

1. Ports TCP principaux (entrée WAN → LAN) 74

2. Ports UDP principaux 75

3. Réseaux Privés Virtuels (VPN) 76

III. INTERNET 79

A. HISTORIQUE ET ÉVOLUTION D'INTERNET 80

1. Chronologie 80

2. Croissance du nombre d'utilisateurs 81

B. WEB 2.0, 3.0, 4.0 — ÉVOLUTION DES USAGES 82

1. Web 1.0 — Le Web statique (1990–2000) 83

2. Web 2.0 — Le Web social (2000–2015) 83

3. Web 3.0 — Le Web sémantique et décentralisé (2015–) 84

4. Web 4.0 — Le Web intelligent et immersif (émergent) 84

C. TECHNOLOGIES D'ACCÈS À INTERNET 84

1. ADSL — Asymmetric Digital Subscriber Line 84

2. ADSL2+ et évolutions 85

3. Fibre optique — FTTH/FTTB 86

4. Connexion par satellite 87

5. Connexion mobile 4G/5G 88

D. FOURNISSEURS D'ACCÈS INTERNET (FAI) 88

1. Rôle du FAI 88

2. Marché français 89

3. Types de connexions disponibles 89

E. GESTION DES RISQUES ET SÉCURITÉ INTERNET 90

1. Logiciels malveillants (Malwares) 90

2. Antivirus et protection des postes 91

3. Pare-feu (Firewall) 91

4. Menaces sociales — Spam et Phishing 92

5. Protection des données personnelles (RGPD) 93

F. SERVICES INTERNET 93

1. Email (Messagerie électronique) 93

2. DNS — Domain Name System 94

3. World Wide Web (HTTP/HTTPS) 94

4. FTP / SFTP / FTPS 95

5. Telnet et SSH 95

6. Services cloud et streaming 95

7. Usenet — Groupes de discussion 96

IV. PERSPECTIVES 97

A. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET RÉSEAUX (AI NETWORKING) 97

1. AIOps — L'intelligence artificielle au service de l'exploitation 97

2. Intent-Based Networking (IBN) 99

3. Network slicing 5G piloté par l'IA 100

4. Grands modèles de langage et assistance réseau 101

B. INFORMATIQUE QUANTIQUE ET RÉSEAUX 102

1. menace quantique pour la cryptographie actuelle 102


2. Cryptographie post-quantique (PQC) 103

3. Distribution quantique de clés (QKD) 104

4. Vers un Internet quantique 105

C. EDGE COMPUTING ET INFORMATIQUE EN PÉRIPHÉRIE 105

1. Hiérarchie de l'edge computing 106

2. MEC, Multi-Access Edge Computing 107

3. CDN, Réseaux de distribution de contenu 107

D. IPv6 ET L'ÉPUISEMENT DES ADRESSES IPv44 108

1. L'épuisement des adresses IPv4 108

2. IPv6, État du déploiement mondial en 2025 109

E. RÉSEAUX SATELLITAIRES DE NOUVELLE GÉNÉRATION 111

1. Les mégaconstellations LEO 111

2. Satellites GEO haute capacité 112

F. CLOUD COMPUTING ET ÉVOLUTION DES RÉSEAUX 113

1. Les réseaux backbone des hyperscalers 113

2. Architectures réseau cloud-native 113

G. TENDANCES ÉMERGENTES 114

1. La 6G, Au-delà de la 5G 114

2. Wi-Fi 7 et l'évolution du Wi-Fi 116

3. Green Networking, Les réseaux face au défi énergétique 116

4. Réseaux privés 5G 117

5. SASE, La convergence réseau et sécurité 118

V. GLOSSAIRE DES TERMES RÉSEAU 119

— # — 119

802.1Q / VLAN 119

— A — 119

ACK / ACQUITTEMENT 119

AIOPS 119

ANSI 120

API 120

APPLET JAVA ⚠ 120

ARP 120

ARPANET ⚠ 120

ASCII 120

ATM ⚠ 120

— B — 121

BACKBONE / ÉPINE DORSALE 121

BANDWIDTH / BANDE PASSANTE 121

BGP / PROTOCOLE DE ROUTAGE INTER-DOMAINE 121

BIT 121

BPS 121

BRIDGE / PONT ⚠ 121

BROADCAST / DIFFUSION 122

BROWSER / NAVIGATEUR 122

BUG / BOGUE 122

— C — 122

CACHE 122

CASB / COURTIER DE SÉCURITÉ D'ACCÈS AU CLOUD 122

CCITT ⚠ 122

CDN / RÉSEAU DE DISTRIBUTION DE CONTENU 122

CERT ★ 123

CGNAT / NAT DE QUALITÉ OPÉRATEUR 123

CIDR 123

CONTAINER / CONTENEUR 123

COOKIES ★ 123

CSMA/CD ⚠ 123


— D — 124

DATAGRAMME 124

DHCP / PROTOCOLE DE CONFIGURATION DYNAMIQUE 124

DKIM 124

DMARC 124

DNS / SYSTÈME DE NOMS DE DOMAINE ★ 124

DNSSEC / SÉCURITÉ DNS 124

DOWNLOAD / TÉLÉCHARGEMENT 125

— E — 125

EBPF 125

EDGE COMPUTING / INFORMATIQUE EN PÉRIPHÉRIE 125

ETHERNET ★ 125

— F — 125

FAQ 127

FDDI ⚠ 125

FIREWALL / PARE-FEU ★ 126

FLOW CONTROL / CONTRÔLE DE FLUX ★ 126

FTP ★ 126

FTTH / FIBRE JUSQU'À L'ABONNÉ 126

FULL-DUPLEX ★ 126

— G — 126

GATEWAY / PASSERELLE ★ 126

GPON 127

— H — 127

HDLC ⚠ 127

HERTZ 127

HTML ★ 127

HTTP ★ 127

HUB / CONCENTRATEUR ⚠ 127

— I — 128

IAB 128

IBN / RÉSEAU PILOTÉ PAR L'INTENTION 128

IEEE 128

IMAP ★ 128

IP ★ 128

IPV6 / PROTOCOLE INTERNET VERSION 6 128

IRC ⚠ 129

ISDN / RNIS ⚠ 129

ISP / FOURNISSEUR D'ACCÈS INTERNET 129

— J — 129

JAVA ★ 129

— K — 129

KUBERNETES 129

— L — 129

LACP / AGRÉGATION DE LIENS 130

LAN ★ 130

LINUX ★ 130

— M — 130

MAC 130

MEC / INFORMATIQUE EN PÉRIPHÉRIE D'ACCÈS MOBILE 130

MIB ★ 130

MIME ★ 131

MODEM ★ 131

MPLS / COMMUTATION PAR ÉTIQUETTES 131

— N — 131


NAT / TRANSLATION D'ADRESSES RÉSEAU 131

NETIQUETTE 131

NFS ★ 131

— O — 131

OCTET 132

OSI 132

OSPF / PROTOCOLE DE ROUTAGE INTRA-DOMAINE 132

— P — 132

PABX ★ 132

PAQUET 132

PDH ⚠ 132

PHISHING / HAMEÇONNAGE 133

PING 133

POE / ALIMENTATION PAR ETHERNET 133

POP3 ★ 133

PQC / CRYPTOGRAPHIE POST-QUANTIQUE 133

PROXY / SERVEUR MANDATAIRE ★ 133

— Q — 133

QKD / DISTRIBUTION QUANTIQUE DE CLÉS 134

QOS / QUALITÉ DE SERVICE 134

— R — 134

RANSOMWARE / RANÇONGICIEL 134

RFC ★ 134

RGPD / RÈGLEMENT GÉNÉRAL SUR LA PROTECTION DES DONNÉES 134

RIP ★ 134

ROUTEUR ★ 135

— S — 135

SASE / SERVICE D'ACCÈS SÉCURISÉ EN PÉRIPHÉRIE 135

SDH ⚠ 135

SD-WAN / RÉSEAU ÉTENDU DÉFINI PAR LOGICIEL 135

SLA / ACCORD DE NIVEAU DE SERVICE 135

SMB ★ 135

SMTP ★ 136

SNMP ★ 136

SPAM ★ 136

SPF 136

SQL ★ 136

SSH 136

SSL ⚠ 137

STP / RSTP / PROTOCOLE SPANNING TREE 137

STREAMING ★ 137

— T — 137

TCP/IP ★ 137

TDM / MULTIPLEXAGE TEMPOREL 137

TELNET ⚠ 137

TLS / SÉCURITÉ DE LA COUCHE TRANSPORT 138

TOKEN RING / ANNEAU À JETON ⚠ 138

TRACEROUTE ★ 138

— U — 138

UDP ★ 138

UIT-T / UNION INTERNATIONALE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS 138

URL ★ 138

— V — 139

VLAN / RÉSEAU LOCAL VIRTUEL 139

VPN / RÉSEAU PRIVÉ VIRTUEL ★ 139


— W — 139

WAN 139

WEBRTC 139

WI-FI 6 / 6E 139

WI-FI 7 139

WWW / TOILE MONDIALE ★ 140

— X — 140

XGSPON 140

XML ★ 140

— Z — 140

ZERO TRUST / ZÉRO CONFIANCE 140

ZTNA / ACCÈS RÉSEAU ZÉRO CONFIANCE 140

ABRÉVIATIONS ESSENTIELLES — AIDE-MÉMOIRE 141



Ce cours présente différentes rubriques repérées par une icône

✔ Action

Des procédures décrivent la marche à suivre pour effectuer une action :

3 commandes à se rappeler :

<CLIC G> pour appuyer sur le bouton gauche de la souris avec l'index

<CLIC D> pour appuyer sur le bouton droit de la souris avec le majeur

<DOUBLE CLIC> pour appuyer deux fois de suite très rapidement sur le bouton gauche de la souris avec

l'index

⚠ Attention

Des mises en garde vous permettent d'éviter les pièges ou d'en sortir

⚡ Avancé

Des procédures avancées décrivent des actions plus complexes

? Conseil

Des conseils vous aident à mettre en pratique vos connaissances

? Exemple

Des exemples viennent illustrer ces procédures

✏ Exercice

Des exercices vous permettent de mettre en pratique les connaissances acquises

i Informations

Des informations viennent compléter ces procédures

? Notes

Des emplacements vous permettent de prendre des notes directement sur le support en bas de

chaque page



I – RÉSEAUX LOCAUX 3

I. LES RÉSEAUX LOCAUX

(lan)

Un réseau LAN est un ensemble d'éléments (ordinateurs, serveurs, smartphones, objets

connectés…), connectés par des supports de transmission (câbles, ondes radio…). Le

réseau local a pour objectif d'être transparent pour l'utilisateur (comme si ce dernier utilisait

des ressources locales).

Les réseaux locaux ou LAN (Local Area Network) ont fait leur apparition dans les années

80 et correspondent à la multiplication des micro-ordinateurs. Leur débit va de 1 à 8

Gigabits (ordinateurs de bureau) jusqu'à plusieurs centaines de Gigabit, voire au Térabit

par seconde dans les coeurs et backbones des datacenters.

Quelle que soit leur topologie, bus, anneau ou étoile, ou leur architecture, poste à poste

ou client/serveur, les réseaux locaux ont la même fonction : relier des ordinateurs,

tablettes, mobiles… et des périphériques, leur permettant de partager ainsi des données

et des programmes et de communiquer.

1.

Une connexion au réseau nécessite 4 éléments principaux :

• le réseau et son système de diffusion (câblage, émetteur…)

• un adaptateur réseau (une carte réseau enfichée ou intégrée dans le PC, un

processeur Wi-Fi, bluetooth…)

• un ensemble logiciel adapté au protocole de communication du réseau (inclus

dans le système d'exploitation)

• l'application cliente (logiciel) qui va dialoguer avec un serveur

Généralement, la connexion se fait directement sur le câble pour les réseaux locaux à

travers la carte réseau et via le réseau fibre (ou encore le réseau téléphonique cuivre).

2.

Certains organismes ont la responsabilité de définir des normes (ou standards)

internationales de communication et de réseaux locaux.

i Organismes de normalisation

ISO (International Standard Organisation) — organisation internationale de normalisation, fondée en

1947. ANSI (American National Standard Institute) — organisme national de normalisation américain.

IEEE (Institute of Electrical and Electronic Engineers) — association professionnelle d'ingénieurs,

chargée notamment de la normalisation des réseaux locaux. Le comité 802 est celui qui a développé

les normes LAN. UIT (Union Internationale des Télécommunications) — agence des Nations Unies

coordonnant les réseaux et les services de télécommunication.

L'IEEE a eu la responsabilité de normaliser les technologies de réseaux locaux. Le comité 802 a

produit de nombreuses sur les couches physique et liaison de données du modèle OSI


3.

Selon la définition, un réseau est un système qui relie entre eux des postes de travail.

C'est précisément cette manière de relier les stations de travail qui définit la topologie. Il

existe trois topologies fondamentales : en bus, en étoile, en anneau.

a)

Fig. 1 — Les trois topologies fondamentales : bus, anneau, étoile

Les stations sont connectées le long d'un seul câble (ou segment), la limite théorique est

de 255 stations, ceci n'étant qu'une valeur théorique car la vitesse serait alors très faible.

Chaque liaison au câble est appelée communément « nœud ».

Tout message transmis emprunte le câble pour atteindre les différentes stations. Chacune

des stations examine l'adresse spécifiée dans le message en cours de transmission pour

déterminer s'il lui est destiné. Les câbles utilisés pour cette topologie bus sont des câbles

coaxiaux. Lorsqu'un message est émis par une station, il est transmis dans les deux sens

à toutes les stations qui doivent alors déterminer si le message leur est destiné.

L'avantage du bus est qu'une station en panne ne perturbe pas le reste du réseau. Elle

est, de plus, très facile à mettre en place. Par contre, en cas de rupture du bus, le réseau

devient inutilisable. Par ailleurs, le signal n'est jamais régénéré, ce qui limite la longueur

des câbles.

b)

⚠ Topologie en bus — obsolète

La topologie en bus avec câble coaxial est aujourd'hui obsolète dans les réseaux locaux. Elle a été

abandonnée au profit de la topologie en étoile avec switches dès la fin des années 1990.

Les stations sont connectées sur une boucle continue et fermée de câble. Les signaux se

déplacent le long de la boucle dans une seule direction et passent par chacune des

stations. On peut, si on le désire, attribuer des droits particuliers à un poste de travail que

l'on appellera alors nœud privilégié.

Chaque station fait office de répétiteur afin d'amplifier le signal et de l'envoyer à la station

suivante. Cette topologie permet d'avoir un débit proche de 90 % de la bande passante.

Cette topologie est fragile : il suffit qu'une connexion entre deux stations ne fonctionne

pas correctement pour que tout le réseau soit en panne.

⚠ Topologie en anneau — obsolète

La topologie en anneau (Token Ring, FDDI) est obsolète dans les réseaux locaux d'entreprise. Elle

subsiste sous une forme évoluée dans les réseaux métropolitains en anneau résilient (SONET/SDH) et

dans certaines architectures industrielles.


I – RÉSEAUX LOCAUX 5

c)

Les stations sont connectées par des segments de câble à un composant central appelé

concentrateur (hub) ou commutateur (switch). La solution du concentrateur puis du switch

offre certains avantages, notamment en cas de coupure de liaisons. L'ensemble de la

chaîne n'est pas interrompu comme dans une topologie en bus simple. Par l'intermédiaire

de ces derniers, les signaux sont transmis depuis l'ordinateur émetteur vers tous les

ordinateurs du réseau (dans le cas du hub) ou vers l'ordinateur ciblé uniquement (dans le

cas du switch).

Si une panne survient dans le nœud central, c'est l'ensemble du réseau qui est alors

paralysé. De plus, l'ajout d'une station nécessite un nouveau câble allant du nœud central

jusqu'à la nouvelle station. C'est la technologie la plus utilisée actuellement.

Étoile avec switch moderne

Avec les commutateurs (switches) modernes de couche 2 et 3, chaque port est dédié à

une connexion point-à-point full-duplex, ce qui élimine totalement les domaines de

collision et permet d'atteindre les débits nominaux des interfaces. La topologie en étoile

hiérarchique est la base de toutes les architectures d'entreprise modernes.

d)

Un réseau maillé possède plusieurs liaisons point à point, chaque point étant relié à tous

les autres. L'inconvénient est le nombre de liaisons nécessaires qui peut devenir très

élevé en fonction du nombre de postes.

Cette topologie se rencontre dans les grands réseaux de distribution (Internet).

L'information parcourt le réseau selon des itinéraires variés, sous le contrôle de

superviseurs de réseau, ou grâce à des méthodes de routage réparties.

Elle existe aussi dans le cas de couverture Wi-Fi étendue. On parle alors bien souvent de

topologie mesh, où les routeurs Wi-Fi communiquent entre eux via un protocole comme

OLSR (Optimized Link State Routing) pour offrir une couverture homogène sur de grandes

surfaces.

i Autres topologies

Il existe aussi le réseau hiérarchique (tree network), le réseau en grille, le réseau en hypercube,

moins utilisés dans les LAN courants mais présents dans les clusters HPC (High-Performance

Computing) et les supercalculateurs.

? Notes


4.

Dans les réseaux d’entreprise actuels, les LAN sont généralement organisés en plusieurs

couches logiques pour concilier performances, évolutivité et facilité d’administration. On

distingue classiquement la couche d’accès utilisateur, la couche de distribution et la

couche de cœur (core).

La couche d’accès regroupe les switches qui connectent directement les postes clients :

PC, imprimantes, téléphones IP, bornes Wi‐Fi, objets connectés. Les ports de cette

couche sont majoritairement à 1 Gbit/s, avec une montée en puissance vers 2,5 et 5

Gbit/s pour alimenter les bornes Wi‐Fi 6/6E et bientôt Wi‐Fi 7. De plus en plus de ports

d’accès fournissent l’alimentation électrique via PoE (Power over Ethernet) pour les points

d’accès Wi‐Fi, les caméras IP, les téléphones IP et divers équipements IoT, ce qui

simplifie grandement le câblage.

La couche de distribution agrège le trafic provenant de plusieurs switches d’accès et

applique des politiques de sécurité, de routage inter‐VLAN et de qualité de service. Les

liaisons entre accès et distribution sont généralement à 10 ou 25 Gbit/s, parfois 40 Gbit/s

selon la taille du site et les besoins en bande passante.

La couche de cœur (core) assure le transport très haut débit entre les différentes parties

du réseau (bâtiments, datacenters, interconnexion avec le WAN). Elle s’appuie sur des liens

à 40 ou 100 Gbit/s, voire au‐delà dans les grands environnements. Dans les datacenters

modernes, on trouve fréquemment une architecture leaf‐spine, où chaque switch d’accès

serveur (leaf) est relié à tous les switches de cœur (spine) pour garantir des chemins

courts et un haut niveau de redondance.

5.

Les réseaux locaux ont connu un énorme développement depuis les années 80. Plusieurs

normes ont successivement dominé le marché :

Token Ring (IEEE 802.5) : Réseau élaboré par IBM, basé sur le protocole du jeton

sur une topologie en anneau. Débits de 4 et 16 Mbps. Aujourd'hui totalement

obsolète, remplacé par Ethernet.

Arcnet : Développé initialement par la compagnie Data Point, Arcnet est basé sur

le protocole de passage du jeton (token passing). Cette technologie accepte les

topologies en bus et en étoile. Débit de 2,5 Mbps. Obsolète.

Ethernet (IEEE 802.3) — la plus utilisée : Mise au point par Digital, Xerox et Intel.

La communication a été longtemps assurée par le protocole CSMA/CD mais sur les

réseaux actuels (switch + full‐duplex) CSMA/CD n’est pratiquement plus utilisé. La

transmission se fait sous forme de trame (Frame) ou bloc d'information. Ethernet est

aujourd'hui la technologie LAN universelle, disponible de 10 Mbps à 400 Gbps.

Wi-Fi (IEEE 802.11) : Réseau local sans fil, opérant sur les fréquences 2,4 GHz, 5

GHz et 6 GHz selon les normes. Devenu le standard de connectivité sans fil dans

les entreprises et chez les particuliers.

? Notes


I – RÉSEAUX LOCAUX 7

6.

Dans un réseau local, chaque nœud est susceptible d'émettre sur le même câble de

liaison. L'ensemble des règles d'accès, de durée d'utilisation et de surveillance constitue

le protocole d'accès aux câbles ou aux médias de communication.

La couche 2 du modèle de référence OSI est divisée en deux sous-couches :

LLC (Logical Link Control) — Contrôle de liaison logique : assure

l'indépendance des traitements entre les couches supérieures et la couche MAC.

MAC (Media Access Control) — Contrôle d'accès au médium : est responsable

de l'accès au médium de transmission pour acheminer des trames d'information.

Elle essaie d'éviter les conflits d'accès au support.

i Couche LLC

La couche LLC assure l'indépendance des traitements entre les couches supérieures et la couche

MAC. Elle est définie par la norme IEEE 802.2 et s'applique à toutes les technologies LAN (Ethernet,

Token Ring, Wi-Fi).

Dans un réseau local, chaque nœud est susceptible d'émettre sur le même câble de

liaison. L'ensemble des règles d'accès, de durée d'utilisation et de surveillance constitue

le protocole d'accès aux câbles ou aux médias de communication.

Il existe trois principaux protocoles de contrôle d'accès au médium :

1.

• Contention CSMA (Carrier Sense Multiple Access)

• Passage du jeton (Token)

• TDMA (Time Division Multiple Access)

Dans les réseaux Ethernet modernes commutés et full-duplex, CSMA/CD n’est plus utilisé

en pratique, mais reste important pour comprendre le fonctionnement historique

d’Ethernet

Dans un protocole de contention de la couche MAC, chaque nœud a un accès égal au

support. Un système de détection du signal permet d'identifier un signal sur le médium.

Lorsqu'un nœud a une trame à transmettre, il examine le médium afin de déterminer s'il

est occupé par un autre poste. Si le médium est libre, il peut transmettre.

Plusieurs nœuds peuvent détecter que le support est libre et commencer à transmettre

immédiatement. Si deux ou plusieurs nœuds commencent à transmettre en même temps,

une collision se produit. Lorsqu'une collision est détectée, les nœuds envoyant les

messages doivent les retransmettre. Chaque nœud doit attendre pendant un délai de

durée aléatoire avant d'essayer de retransmettre les messages, ce qui réduit la probabilité

d'une autre collision.

CSMA/CD (CD pour Collision Detection) détecte la collision lorsque deux postes veulent

émettre en même temps. Une fois la collision détectée, le système calcule un temps

d'attente aléatoire (backoff exponentiel) pour chaque poste. Celui dont le temps d'attente

est le plus court réémettra en premier.


Le protocole CSMA/CD effectue une transmission broadcast à tous les postes. Tous les

postes du réseau écoutent le support et acceptent le message contenu dans cette trame

diffusée. Chaque message a une adresse de destination. Seul le poste de travail

possédant une adresse identique à celle de destination du message interprétera le

contenu du message.

CSMA/CD est une méthode rapide et fiable car, dans des situations normales (sans

charge excessive et sans problème matériel), il y a peu de collisions. Malgré la méthode de

détection des collisions, certaines pourraient passer inaperçues dans des configurations

non standards.

? Le problème de la trame courte et de la collision

Si les stations A et B sont éloignées sur le réseau, A peut émettre une trame très courte, écouter son

écho et penser que tout est bon. Cependant, il est possible que de l'autre côté B écoute, que la

trame de A ne soit pas encore arrivée, et donc émette. Une collision va se produire alors que A aura

cru que tout s'était bien passé — sa trame serait perdue.

Pour éviter cela, la norme impose une taille de trame minimale de 512 bits. Si le message

n'est pas assez long, on rajoute des bits de bourrage (padding) pour arriver à cette taille.

Cependant, ce n'est pas suffisant : si la taille du réseau n'est pas limitée, le problème peut

toujours se produire.

On limite donc la taille du réseau en fonction du temps de retournement (Round Trip Delay)

de la trame minimale et du débit. C'est-à-dire en fonction du temps que mettent 512 bits à

faire l'aller-retour entre les deux points les plus éloignés du réseau. Pour détecter une

collision, il faut que, avant que la station ait fini d'émettre ses 512 bits, le signal du premier

bit soit arrivé au bout et que, si une station du bout a émis un bit à ce moment, il ait eu le

temps d'arriver. En résumé : le temps d'émission de 512 bits doit être supérieur au Round

Trip Delay du réseau.

CSMA/CA — variante sans collision

CSMA/CA (CA pour Collision Avoidance) a comme objectif d'éviter les collisions plutôt que

de les détecter. Ce protocole est utilisé dans les réseaux sans fil IEEE 802.11 (Wi-Fi) où

la détection de collision est impossible en radio. Il s'appuie sur le mécanisme RTS/CTS

(Request To Send / Clear To Send) et sur un temps d'attente aléatoire (DIFS + backoff) avant

chaque émission pour minimiser les risques de collision.

2.

Wi-Fi 6 (802.11ax) introduit deux mécanismes complémentaires qui transforment

radicalement la gestion du canal radio. L'OFDMA (Orthogonal Frequency Division Multiple

Access) découpe chaque canal en sous-porteuses appelées RU (Resource Units),

permettant à un point d'accès de servir plusieurs équipements simultanément sur des

tranches de fréquences distinctes, sans que chaque client attende son tour. C'est une

rupture fondamentale avec les générations précédentes où le canal était alloué à un seul

émetteur à la fois.

? Notes


I – RÉSEAUX LOCAUX 9

3.

Le MU-MIMO (Multi-User Multiple Input Multiple Output) agit sur une dimension différente

: il exploite plusieurs antennes pour transmettre des flux de données indépendants vers

plusieurs clients en parallèle, aussi bien en émission (downlink) qu'en réception (uplink)

depuis Wi-Fi 6. Combinés, OFDMA et MU-MIMO permettent à un point d'accès de gérer

efficacement des environnements à forte densité — open space, amphithéâtres, hôtels —

là où les générations précédentes saturaient rapidement sous la contention.

4.

Ce protocole se présente sous deux formes :

• L'anneau à jeton circulant (token passing ring) est utilisé dans la topologie en

anneau.

• Le jeton logique circulant (logical token passing) est utilisé principalement dans

une technologie appelée Arcnet.

La technique du passage du jeton est le deuxième protocole de contrôle d'accès au

médium. Ce protocole est utilisé dans les topologies en bus et en anneau. Chaque nœud

a une chance égale de transmettre. Le droit de transmettre est accordé par le jeton qui se

transporte d'un nœud à l'autre de manière séquentielle. Seul le détenteur du jeton peut

transmettre un message.

Fonctionnement :

• Attendre la réception du jeton de transmission. Le jeton circule et passe de nœud

en nœud d'une manière séquentielle.

• Si le jeton est reçu et qu'il n'y a aucun message à envoyer, acheminer le jeton au

prochain nœud.

• Si le jeton est reçu et qu'il y a un message à transmettre : seul le détenteur du

jeton peut émettre. Le message est prélevé au passage par le destinataire, qui

renvoie à l'émetteur un accusé de réception.

• Lorsque le message a fait le tour de l'anneau, il est prélevé par l'émetteur, qui

vérifie sa bonne réception avant de le détruire et de libérer le jeton.

• Le jeton est passé au prochain nœud.

Avec l'anneau à jeton circulant, le jeton suit l'ordre physique des postes, tandis qu'avec le

jeton circulant, il suit le numéro logique qui se trouve sur la carte d'interface de réseau de

chaque poste.

La méthode du jeton circulant est très fiable car un seul poste peut émettre à un moment

donné, la collision est donc impossible. Comme tous les postes ont régulièrement accès

au câble, chacun se trouve servi également. Cette technique introduit cependant un délai

par rapport à la méthode de contention CSMA/CD.

⚠ Passage du jeton — obsolète dans les LAN

Token Ring (IEEE 802.5) et Arcnet sont aujourd'hui complètement obsolètes dans les réseaux locaux

d'entreprise. Ces technologies ont été supplantées par Ethernet commuté à partir des années 1990.

Le passage du jeton subsiste dans certains protocoles industriels (PROFIBUS) et dans les réseaux de

terrain.


5.

Dans cette méthode, le temps est divisé en tranches attribuées à chaque nœud. Ainsi,

une station peut émettre un message pendant une ou plusieurs tranches de temps qui lui

sont accordées. En dehors de cela, elle attend son tour pour émettre. Un poste privilégié

peut obtenir, par configuration, plus de tranches de temps qu'un autre poste. Cette

méthode évite les collisions.

Le TDMA est très peu exploité dans les LAN aujourd'hui. En revanche, il est massivement

utilisé dans les réseaux sans fil cellulaires (GSM, 2G) et dans les systèmes de

communication satellite et OFDMA/TDMA dans Wi‐Fi 6/7 (qui reste une forme d’accès

multiple temporel/ fréquentiel).

La transmission peut s'effectuer avec ou sans câbles. Le câble est le support essentiel de

la transmission entre deux réseaux, celui-ci diffère suivant le type de réseau.

1.

La paire de fils torsadée (UTP/STP) : encore le médium de transmission de

données le plus répandu pour les accès LAN. Il est réalisé à partir de paires de fils

électriques, parfois blindés. Ce câble est employé notamment par les technologies

Ethernet xBase-T. Il supporte des débits de 10 Mbps (Cat.3) jusqu'à 40 Gbps

(Cat.8) sur des distances de 30 à 100 mètres.

Le câble coaxial : spécialement conditionné et isolé (le conducteur central est

appelé âme), il est capable de transmettre des données à grande vitesse mais en

contexte LAN moderne, le coax n’est plus utilisé. Il est encore utilisé dans les

réseaux câblés HFC (câble TV + Internet) avec la technologie DOCSIS.

La fibre optique : permet de transmettre d'énormes volumes de données à la

vitesse de la lumière à travers de fins fils de verre ou de plastique. Elle remplace de

plus en plus rapidement tous les autres types de câble pour les longues distances

et les débits élevés. C'est le support de prédilection pour les backbones

d'entreprise, les liaisons WAN et les déploiements FTTH.

Les courants porteurs en ligne (CPL) : permettent le transfert d'information via les fils

électriques existants. Dans cette technologie, le signal passe par induction sur les

phases électriques. Les adaptateurs CPL se branchent directement sur les prises

électriques. Les normes HomePlug AV et IEEE 1901 offrent des débits jusqu'à 500

Mbps. La norme G.hn (ITU-T) de dernière génération atteint 2 Gbps.

2.

Plusieurs méthodes permettent la transmission sans câble :

La transmission par ondes infrarouges : à courte distance, basée sur la

fréquence de la lumière, utilise une radiation électromagnétique d'une longueur

d'onde située entre celle de la lumière visible et celles des ondes radio. Utilisée

essentiellement pour les télécommandes et les courtes distances. Très peu utilisée

en réseau informatique.

? Notes


I – RÉSEAUX LOCAUX 11

La transmission par ondes terrestres (liaisons hertziennes) : projette des

données dans l'espace par l'intermédiaire de signaux radio à haute fréquence de

l'ordre de 1 000 mégahertz (1 GHz). Les données peuvent être transmises sur une

route terrestre par des répétiteurs distants d'environ 40 kilomètres. Ces liaisons

sont utilisées pour les backbones WAN des opérateurs télécoms.

Les ondes radio pour réseau cellulaire : utilisent les hautes fréquences radio.

Des antennes sont placées géographiquement dans une région pour transférer le

signal d'un poste à l'autre. L'évolution des réseaux cellulaires a conduit aux

générations 2G, 3G, 4G LTE et 5G.

Le Wi-Fi (IEEE 802.11) : est un réseau WLAN (Wireless LAN) utilisant des

fréquences spécifiques des ondes terrestres. Les normes IEEE 802.11 ont

considérablement évolué depuis les premières versions : Wi-Fi 4 (802.11n, jusqu'à

600 Mbps), Wi-Fi 5 (802.11ac, jusqu'à 3,5 Gbps), Wi-Fi 6 (802.11ax, jusqu'à 9,6 Gbps),

Wi-Fi 6E (extension sur 6 GHz) et Wi-Fi 7 (802.11be, jusqu'à 46 Gbps théoriques). La

portée varie de 30 à 150 m selon l'environnement.

Le Bluetooth : permet l'échange bidirectionnel de données à courte distance en

utilisant des ondes radio UHF à 2,4 GHz. Il simplifie les connexions entre appareils

proches en supprimant les liaisons filaires. (Bluetooth est inspiré du nom d'un roi

viking Harald Blåtan, dont le logo représente les initiales en alphabet runique.) La

version Bluetooth 5.x atteint 2 Mbps avec une portée de 200 m.

Le WiMAX (IEEE 802.16) : est un réseau de transmission de données à haut débit

par voie hertzienne, conçu pour couvrir de larges zones géographiques (jusqu'à 50

km de rayon). Il a été déployé dans les années 2000 comme alternative au DSL en

zones rurales. Il est aujourd'hui largement abandonné, remplacé par les réseaux

4G LTE et 5G pour les accès sans fil longue distance.

La transmission par satellite : a l'avantage de permettre la connexion de zones

difficiles d'accès pour les autres médias. On distingue les satellites géostationnaires

(GEO, à 36 000 km d'altitude), qui offrent une couverture mondiale mais avec une

latence élevée (~600 ms), des constellations LEO (Low Earth Orbit) en orbite basse.

Starlink et les constellations LEO

Le réseau Starlink (SpaceX) est le plus avancé des systèmes satellitaires LEO, avec plus

de 6 000 satellites actifs en orbite entre 550 et 570 km d'altitude (objectif : 42 000

satellites). Les débits atteignent en 2025 entre 100 et 300 Mbps en descente pour 20 à 50

Mbps en montée, avec des latences de 20 à 40 ms — comparables à l'ADSL. Starlink est

désormais disponible dans plus de 100 pays. D'autres constellations sont en cours de

déploiement : OneWeb (Eutelsat), Amazon Kuiper, Telesat Lightspeed.

? Notes


3.

Les débits réseau se mesurent en bits par seconde (bit/s ou bps). Le tableau ci-dessous

récapitule les unités utilisées dans le Système International (SI) :

Fig. 2 — Unités de débit binaire (Source : Wikipédia)

i Débit théorique vs débit réel

Le débit affiché par une norme (ex. : 1 Gbps pour Ethernet gigabit) est le débit brut théorique. Le

débit réel (throughput) est toujours inférieur du fait des en-têtes de protocoles, des mécanismes de

contrôle, des collisions éventuelles et de l'overhead de chiffrement. En pratique, on observe

typiquement 60 à 90 % du débit nominal sur un réseau bien dimensionné.

Un réseau local (LAN) est basé sur le principe de la diffusion. Chaque information émise

par un équipement connecté sur le LAN est reçue par tous les autres équipements du

même domaine de diffusion (broadcast domain).

Avec l'augmentation du nombre d'équipements raccordés sur le LAN, on aboutit à des

situations de saturation. En effet, plus il y a de stations, plus il y a de risques de collisions

et plus les broadcasts consomment de bande passante.

Un VLAN (Virtual LAN) est un domaine de diffusion logique, créé par configuration

logicielle sur un ou plusieurs switches. Les VLANs permettent donc des regroupements

logiques d'utilisateurs ou de stations, indépendamment de leur localisation physique. Le

domaine de diffusion est l'ensemble des membres d'un VLAN habilités à communiquer.

i Informations

Sur un réseau local moderne, les hôtes reçoivent généralement leur adresse IPv4 privée

automatiquement via DHCP, ainsi que l’adresse de la passerelle et des serveurs DNS. En IPv6,

chaque interface dispose au minimum d’une adresse link‐local (préfixe fe80::/10), et peut

obtenir automatiquement une adresse globale par SLAAC (Stateless Address

Autoconfiguration) ou via DHCPv6. Sur un même VLAN, les machines partagent le même plan

d’adressage IP, ce qui facilite le routage et l’application de politiques de sécurité.


I – RÉSEAUX LOCAUX 13

1.

2.

• Augmentation de la sécurité en protégeant certaines ressources, en isolant

certains groupes (ex. : VLAN comptabilité, VLAN invités, VLAN IoT)

• Augmentation des performances en limitant les domaines de diffusion — les

broadcasts restent confinés au VLAN

• Flexibilité : un utilisateur qui déménage dans les locaux retrouve les mêmes

droits d'accès aux ressources LAN sans que l'exploitant n'ait eu à intervenir

physiquement

• Simplification de la gestion réseau : regroupement logique par fonction

(commercial, production, direction) plutôt que par emplacement géographique

⚠ Sécurité des VLAN

La segmentation en VLAN améliore la sécurité, mais elle ne suffit pas à elle seule à contrôler

qui a le droit de se connecter au réseau. Il est recommandé de combiner les VLAN avec des

mécanismes de contrôle d’accès comme le port‐security (limitation du nombre d’adresses

MAC approuvées sur un port) et l’authentification 802.1X basée sur un serveur RADIUS. Cela

permet de s’assurer que seuls les utilisateurs ou équipements autorisés peuvent accéder à un

VLAN donné.

3.

VLAN par port (Port-Based VLAN) : les VLANs sont définis comme groupe de

ports. Toutes les stations connectées aux ports du groupe appartiennent alors au

même VLAN. Ils sont surtout adaptés aux réseaux pour lesquels une seule station

est raccordée sur chaque port du switch. Simples à utiliser.

VLAN par adresse MAC (MAC-Based VLAN) : les VLANs sont définis comme

une liste de stations identifiées par leur adresse MAC. Plus souples, ils permettent

de définir l'appartenance à un VLAN pour chaque station, indépendamment de sa

situation géographique dans le réseau. Ces VLANs sont complexes à administrer

du fait de la difficulté à gérer les adresses MAC.

VLAN de niveau 3 (Subnet VLAN) : regroupent les stations utilisant le même

protocole de niveau 3 ou appartenant au même réseau logique (subnet IP). Ils

utilisent les mêmes critères de segmentation que les routeurs et s'adaptent bien

aux réseaux existants. Plus simples à administrer puisqu'ils travaillent sur des

adresses de niveau 3 bien connues des exploitants de réseaux.

VLAN sur critères applicatifs : associés aux VLANs de niveau 3, permettent

d'optimiser ou de personnaliser les VLANs pour des applications particulières (ex. :

VLAN VoIP, VLAN vidéosurveillance, VLAN multicast).

Pour transporter des informations VLAN entre switches ou entre un switch et un routeur,

la norme IEEE 802.1Q définit le mécanisme d'étiquetage (tagging) des trames Ethernet.

Un tag de 4 octets, inséré dans la trame Ethernet, identifie le VLAN d'appartenance.

? Notes


La structure du tag 802.1Q est la suivante :

TPID (Tag Protocol Identifier) : 2 octets — valeur fixe 0x8100, identifiant la trame

comme taguée 802.1Q

PCP (Priority Code Point) : 3 bits — priorité de la trame (0 à 7), utilisée pour la QoS

de couche 2 (IEEE 802.1p)

DEI (Drop Eligible Indicator) : 1 bit — indique si la trame peut être supprimée en cas

de congestion

VID (VLAN Identifier) : 12 bits — numéro du VLAN de 0 à 4095 (0 et 4095 réservés,

soit 4 094 VLANs utilisables)

Les liens entre switches transportant plusieurs VLANs sont appelés liens trunk. Sur un

trunk, chaque trame est étiquetée (tagged) avec son VLAN d'appartenance.

⚠ Attention

Le VLAN natif (native VLAN, par défaut le VLAN 1) n'est pas étiqueté sur le trunk — c'est un

point important de configuration et de sécurité.

Les VLANs étant des domaines de diffusion distincts, la communication entre deux

VLANs différents nécessite un routage de couche 3.

Deux approches sont courantes :

Router-on-a-Stick : un routeur connecté au switch via un seul lien trunk, avec des

sous-interfaces (sub-interfaces) configurées pour chaque VLAN.

Switch de couche 3 (L3 Switch) : le switch intègre un moteur de routage matériel

(ASIC). Le routage inter-VLAN est réalisé localement sur le switch via des

interfaces SVI (Switched Virtual Interface), sans nécessiter de routeur externe.

Solution préconisée pour les performances.

VXLAN — VLANs pour le cloud et les datacenters

La norme IEEE 802.1Q limite le nombre de VLANs à 4 094, ce qui est insuffisant pour les

clouds publics hébergeant des milliers de clients. VXLAN (Virtual Extensible LAN, RFC 7348)

résout ce problème en encapsulant les trames Ethernet de niveau 2 dans des paquets

UDP de niveau 3, avec un identifiant de segment sur 24 bits (VNI — VXLAN Network

Identifier) supportant plus de 16 millions de réseaux virtuels distincts. VXLAN est le

standard des datacenters et des clouds privés/publics.

? Notes


I – RÉSEAUX LOCAUX 15

Au-delà de CSMA/CD, plusieurs protocoles de couche 2 sont indispensables au

fonctionnement des réseaux locaux modernes. Les principaux sont le Spanning Tree

Protocol, l'agrégation de liens et la qualité de service de couche 2.

1.

⚠ VLAN natif et sécurité

Sur un lien trunk 802.1Q, le VLAN natif est le VLAN dont les trames sont envoyées non taguées.

Un mauvais usage du VLAN natif peut créer des failles de sécurité (attaques de type VLAN

hopping, confusion de configuration entre équipements). En pratique, il est conseillé de ne pas

utiliser le VLAN natif pour le trafic utilisateur, de le réserver à un VLAN dédié et de vérifier

systématiquement la cohérence des VLAN configurés de part et d’autre d’un trunk..

Dans les réseaux d'entreprise, les liens redondants entre switches sont nécessaires pour

assurer la disponibilité en cas de panne d'un lien. Cependant, les boucles physiques à la

couche 2 créent des tempêtes de broadcast qui peuvent paralyser l'ensemble du réseau.

Le Spanning Tree Protocol (STP, IEEE 802.1D) résout ce problème en créant un arbre

logique sans boucle à partir d'une topologie physique redondante. Il bloque logiquement

les ports redondants et les réactive automatiquement lors de défaillance du lien principal.

Ses successeurs améliorent la vitesse de convergence :

2.

RSTP (Rapid STP, IEEE 802.1w) : convergence en quelques secondes (vs 30 à

50 secondes pour STP). Standard actuel.

MSTP (Multiple STP, IEEE 802.1s) : permet d'avoir plusieurs instances de

spanning tree pour différents groupes de VLANs, optimisant ainsi le trafic en

utilisant différents liens physiques pour différents VLANs.

L'agrégation de liens (Link Aggregation, aussi appelée EtherChannel chez Cisco, bonding sous

Linux ou Port Channel) permet de regrouper plusieurs liens physiques en un seul lien

logique. Cela offre une augmentation de la bande passante et une redondance

automatique.

LACP (Link Aggregation Control Protocol, IEEE 802.3ad) est le protocole standard qui

négocie automatiquement la formation du groupe d'agrégation entre les deux extrémités

du lien. Par exemple, 4 liens de 10 Gbps agrégés forment un lien logique de 40 Gbps

avec tolérance aux pannes d'un lien individuel.

3.

IEEE 802.1p définit 8 niveaux de priorité de trafic (0 à 7) encodés dans le champ PCP du

tag 802.1Q. Les switches utilisent ces priorités pour assurer que les flux sensibles (voix,

vidéo) sont traités avant les données ordinaires.

? Notes


Les priorités standard IEEE 802.1p sont les suivantes :

Priorité Nom Usage typique

7 (max) Network Control Trafic de contrôle réseau (BPDU, OSPF)

6 Internetwork Control Protocoles de routage

5 Voice Voix sur IP (VoIP) — latence < 150 ms

4 Video Vidéoconférence, streaming

3 Excellent Effort Applications critiques d'entreprise

2 Spare Réservé

1 Background Transferts de fichiers, sauvegardes

0 (défaut) Best Effort Trafic standard non priorisé

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 17

II. LES RÉSEAUX ÉTENDUS

(WAN)

Les réseaux WAN (Wide Area Network) couvrent des communications mondiales ou des

zones bien plus vastes que les réseaux LAN (Local Area Network). L'objectif est de

transférer les données de manière fiable sur des distances de plus en plus longues.

Différents protocoles sont nécessaires pour prendre en compte les interruptions possibles

de la communication, les délais de bout en bout et le rétablissement des données

corrompues. Les passerelles assurent la conversion entre les protocoles du réseau.

1.

La conception d'un réseau WAN implique plusieurs contraintes spécifiques qui le

distinguent fondamentalement d'un réseau local :

• Il faut choisir le service WAN en prenant en compte les délais du réseau et

l'aspect financier. Les services WAN sont généralement plus coûteux que les

technologies LAN, notamment du fait de la distance et de l'implication

d'opérateurs de télécommunication.

• Comme différents opérateurs peuvent être impliqués, il est indispensable de

connaître les standards de communication et de respecter les interfaces

normalisées.

• Il faut des schémas d'adressage complets concernant plusieurs milliers d'unités,

notamment avec IP et les protocoles de routage associés.

• Un mécanisme de sécurité supplémentaire peut s'avérer nécessaire pour

restreindre l'accès à certains utilisateurs, notamment à travers des VPN (Virtual

Private Network) ou des liaisons chiffrées.

2.

Les services WAN sont chargés de transporter les données sur de longues distances,

avec l'aide d'un fournisseur de réseau. Ces services peuvent être facturés de différentes

manières mais en général on en distingue trois types principaux :

Les services fixes (lignes analogiques ou numériques louées) sont des circuits privés

spécialisés entre deux points. Ils sont facturés sur la base d'une location fixe, que la

liaison soit utilisée ou non. Ce type de service offre une bande passante garantie et

une latence constante, particulièrement adapté aux applications critiques.

Les services commutés tels que les lignes téléphoniques standard ou ISDN

établissent une connexion entre deux points d'extrémité, à la demande. Dans ce

cas, à un montant de location s'ajoutent des redevances quand la communication

est établie. Si aucune donnée n'est transmise sur la liaison pendant qu'une

communication est établie, la facturation demeure. Ce type de service est

aujourd'hui très peu utilisé.

Les services de commutation par paquets transportent les données de

l'utilisateur à sa destination, telles que, et au moment où, elles sont présentées au


réseau. L'utilisateur paie pour les données réelles transmises. Ce mode permet une

utilisation plus efficace des ressources réseau grâce au multiplexage statistique.

Dans les environnements WAN commutés et de commutation par paquets, le client paie

directement ou non pour la bande passante requise. Les coûts peuvent donc être réduits

si l'on supprime les parties de données redondantes par compression.

3.

Quelle que soit l'architecture physique d'un réseau, on trouve deux modes de

fonctionnement différents : le mode avec connexion et le mode sans connexion.

4.

Mode avec connexion : toute communication entre deux équipements suit un

processus en trois phases. L'émetteur demande l'établissement d'une connexion

par l'envoi d'un bloc de données spécial. Si le récepteur accepte, une connexion

est établie par mise en place d'un circuit virtuel dans le réseau reliant l'émetteur au

récepteur. Les données sont ensuite transférées d'un point à l'autre, puis la

connexion est libérée. Ce mode garantit un chemin dédié et un ordre d'arrivée des

données.

Mode sans connexion : les blocs de données, appelés datagrammes, sont émis

sans vérifier à l'avance si l'équipement à atteindre, ainsi que les nœuds

intermédiaires éventuels, sont bien actifs. C'est alors aux équipements gérant le

réseau d'acheminer le message par étape et en assurant éventuellement sa

temporisation jusqu'à ce que le destinataire soit actif. Ce mode offre plus de

flexibilité et de résilience, mais sans garantie de livraison ni d'ordre.

Les réseaux étendus d’entreprise reposent aujourd’hui sur un mélange de technologies

fournies par les opérateurs (MPLS, fibre dédiée, liens Internet) et de mécanismes de

superposition (overlay) comme les VPN IPsec ou SSL. L’objectif est d’interconnecter en

toute sécurité les sites distants, les datacenters et les ressources dans le cloud, tout en

optimisant les coûts et la qualité de service.

Les anciennes architectures basées uniquement sur des liens MPLS coûteux sont

progressivement remplacées par des solutions hybrides combinant plusieurs accès : fibre

haut débit, 4G/5G, xDSL résiduel. Les routeurs WAN peuvent basculer automatiquement

le trafic d’un lien à l’autre en cas de panne ou de saturation, selon des politiques définies

(priorisation des applications critiques, optimisation du chemin).

Les solutions SD‐WAN (Software‐Defined WAN) apportent une couche de contrôle

centralisée permettant de piloter dynamiquement les chemins réseau entre les sites, de

chiffrer systématiquement le trafic entre agences et de mesurer en temps réel les

performances (latence, gigue, perte). Elles sont particulièrement adaptées aux entreprises

réparties sur de nombreux sites et à l’usage massif d’applications hébergées dans le

cloud (SaaS, IaaS).

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 19

En 1977, l'Organisation Internationale de Normalisation (ISO) a créé, pour des raisons de

compatibilité entre les différentes machines, un ensemble de lois régissant les différentes

couches, baptisé modèle OSI (Open System Interconnection model). Celui-ci est appelé

modèle de référence OSI parce qu'il traite de la connexion entre les systèmes ouverts

(avec d'autres systèmes).

Le modèle OSI préconise le découpage de la communication en 7 couches, afin de

permettre de normaliser les méthodes d'échange entre deux systèmes. Chaque couche a

un rôle bien particulier et communique sur requête (sur demande) de la couche supérieure

en utilisant des services de la couche inférieure (sauf pour la couche physique 1).

Les données transférées par les services sont des SDU (Service Data Unit). L'échange de

l'information suit un protocole avec des couches distantes de mêmes niveaux. Les

données transférées par ce protocole sont des PDU (Protocol Data Unit).

Cette structure en couches a été créée pour simplifier considérablement la

compréhension globale du système et pour faciliter sa mise en œuvre. On doit pouvoir

remplacer une couche par une autre couche de même niveau, sans avoir à changer les

autres niveaux. Les interfaces entre couches doivent être respectées pour sauvegarder la

simplicité de l'édifice.

Fig. 1 — Couches du modèle OSI (Source : Wikipédia)

Les couches du modèle sont au nombre de sept. Les quatre premières couches sont les

couches réseau : elles transportent physiquement les données d'une application vers une

autre, sans erreur. Les trois autres sont chargées de formater les informations et de

procurer des voies d'accès multiples à la même application.

1.

Cette couche a pour objectif de fournir des services aux utilisateurs d'un réseau. C'est elle

qui contient l'application informatique (le programme) qui veut communiquer avec un

ordinateur distant. C'est à ce niveau qu'on rencontrera des programmes de transfert de

fichiers, d'émulation de terminal, de soumission de travaux à distance, d'échange de

courrier électronique, etc. Parmi les protocoles de cette couche : HTTP/HTTPS, FTP,

SMTP, DNS, SNMP, SSH, Telnet, RDP.

? Notes


2.

Elle fournit une représentation des données (une représentation qui ne dépend pas des

ordinateurs, systèmes d'exploitation, etc.) et inclut des services tels que le chiffrement, la

compression et le formatage des données. En effet, il existe de multiples manières de

coder les informations en informatique suivant le matériel et les logiciels utilisés.

• Divers codes existent pour coder les caractères (ASCII, EBCDIC, UTF-8,

Unicode, etc.).

• Les nombres peuvent être codés sur un nombre d'octets différents.

• Les octets de poids fort et de poids faible peuvent être répartis différemment

(endianness : big-endian ou little-endian).

3.

Cette couche offre la possibilité d'organiser les échanges en unités indépendantes. Elle

offre aussi une structure de contrôle pour la communication entre applications. Elle établit,

maintient et clôt les sessions entre les applications. L'un des points forts de cette couche

est la sécurité.

Organisation des échanges :

• Droit à la parole : half-duplex (l'un après l'autre) ou full-duplex (simultané).

• Notion d'activité : on peut la démarrer, l'arrêter, l'interrompre ou la recommencer.

• Points de synchronisation permettant la reprise après incident.

4.

i Couche session

La couche session est aussi la première partie de l'architecture de réseau hors de la communication

proprement dite. En pratique, dans le modèle TCP/IP, les couches session et présentation sont

fusionnées dans la couche application.

Elle est chargée d'établir les connexions, de maintenir la qualité de la connexion et

d'interrompre cette dernière de manière ordonnée une fois la conversation terminée.

Cette couche transporte des blocs d'octets de longueur quelconque. Elle s'assure que les

données sont délivrées sans erreur et dans l'ordre.

Protocoles utilisés à ce niveau :

TCP (Transmission Control Protocol) : protocole avec connexion, fiable, avec

contrôle de flux et retransmission.

UDP (User Datagram Protocol) : protocole sans connexion, non fiable, mais rapide

et léger.

QUIC (Quick UDP Internet Connections) : protocole moderne basé sur UDP,

combinant les avantages de TCP et TLS.

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 21

5.

Elle permet aux couches supérieures d'être indépendantes des types de liaisons de

données ou technologies de transmission. Elle transporte des blocs d'octets de taille

limitée (paquets). Elle s'occupe de l'adressage et du routage des paquets à leur

destination et a besoin d'un plan d'adressage et du contrôle de flux. Elle est responsable

de l'établissement d'une connexion logique entre source et destination sur un réseau.

Protocoles utilisés :

6.

IP (Internet Protocol) v4 et v6 : protocole principal de niveau réseau sur Internet.

ICMP : messages de contrôle et d'erreur (ping, traceroute).

X.25 : historique, commutation par paquets.

i Protocoles de routage

À ce niveau interviennent aussi les protocoles de routage tels que RIP (Routing Information Protocol),

OSPF (Open Shortest Path First), BGP (Border Gateway Protocol) et IS-IS, qui permettent aux

routeurs d'échanger leurs tables de routage et de déterminer les meilleurs chemins.

Elle fournit les moyens fonctionnels et procéduraux nécessaires à l'établissement, au

maintien et à la libération des connexions entre entités de réseaux. Elle est chargée

d'acheminer sans erreur les données sur chaque liaison du réseau en masquant aux

autres couches les différences physiques du réseau. Elle assemble les données en

trames, auxquelles elle ajoute des informations de contrôle : l'adresse de destination, la

longueur du message, l'information de synchronisation, la détection d'erreur, etc.

Exemples en contexte WAN :

HDLC (High Level Datalink Control) : utilisé par les réseaux X.25 et PPP.

Frame Relay : commutation de trames sur circuit virtuel.

ATM (Asynchronous Transfer Mode) : commutation de cellules de taille fixe.

Exemples en contexte LAN :

7.

Ethernet (IEEE 802.3) : standard dominant des réseaux locaux.

Wi-Fi (IEEE 802.11) : réseau local sans fil.

Elle permet de véhiculer l'information et de transformer des séquences de bits (0 ou 1) en

séquences de grandeur physique appropriée au médium de communication. Elle fournit

aussi les caractéristiques mécaniques (connecteurs), fonctionnelles (activation et

désactivation de la connexion physique), ainsi que les signaux électriques ou optiques.

Cette couche est matérialisée par le câble, les connecteurs et l'entrée de la carte de

communication.

Elle spécifie les éléments suivants :

• La vitesse de transfert des données (débit nominal).

• Le type de câble utilisé (coaxial, UTP, fibre optique, liaison radio).

• Le niveau du signal électronique ou lumineux représenté par un 1 ou un 0.


i Couches réseau et couches applicatives

Les quatre premières couches (1 à 4) sont les couches réseau : elles transportent physiquement les

données d'une application vers une autre, sans erreurs. Les trois autres couches (5, 6, 7) sont

chargées de formater les informations et de procurer des voies d'accès multiples à la même

application.

Pour qu'une transmission de données se déroule convenablement entre deux

équipements (qu'ils soient DTE — Data Terminal Equipment — ou DCE — Data Circuitterminating

Equipment), tous les maillons de la chaîne doivent suivre des procédures ou

des conventions préalablement définies qui constitueront la grammaire du dialogue. On

désigne ces conventions sous le nom de protocole.

Le protocole définit la synchronisation entre émetteur et récepteur, les règles de priorité,

la façon dont seront détectées et corrigées les erreurs de transmission, les procédures à

suivre en cas d'accident, ainsi que l'adaptation des flux de données au débit des canaux.

Les protocoles peuvent être implantés dans n'importe quel type d'équipement, soit sous

forme matérielle, soit sous forme logicielle.

1.

La spécification X.25 a pour origine les opérateurs téléphoniques. Elle définit un protocole

de niveau 3 destiné à gérer les circuits virtuels et basé sur les caractéristiques suivantes :

• Gestion de l'adressage des utilisateurs, en permettant notamment le

multiplexage des communications sur une seule liaison physique.

• Établissement et libération des circuits virtuels (PVC et SVC).

• Gestion des erreurs et des pannes à chaque nœud intermédiaire.

• Contrôle de flux sur chaque circuit, fragmentation et réassemblage des paquets.

X.25 est de moins en moins utilisé car il n'est pas adapté aux hauts débits et à la fibre

optique. La spécification X.25 définit une interaction point à point entre l'équipement

terminal de traitement de données (ETTD) et l'équipement de terminaison de circuit de

données (ETCD). Un ETTD est relié à un ETCD par une unité de traduction appelée

assembleur/désassembleur de paquet (PAD : Packet Assembler/Disassembler).

La communication de bout en bout entre les ETTD s'effectue par l'intermédiaire d'un

circuit virtuel. Les circuits virtuels permettent la communication entre des éléments de

réseau distincts, par un nombre quelconque de nœuds intermédiaires, sans qu'il soit

nécessaire de consacrer des portions fixes du réseau à la conversation. Les circuits

virtuels conservent l'ordre des paquets, autorisent l'échange full duplex, utilisent le

contrôle de flux et permettent le multiplexage.

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 23

On distingue deux types de circuits virtuels :

PVC (Permanent Virtual Circuit) : une voie logique permanente vers le réseau

entre l'origine et sa destination. Une fois que la voie logique a été établie dans des

conditions normales, tous les paquets la suivent. En cas de défaillance, une

nouvelle voie est négociée. Les PVC sont en principe utilisés pour les transferts de

données les plus fréquents.

SVC (Switched Virtual Circuit) : n'établit pas de voie logique permanente. Chaque

paquet se fraie un chemin vers la destination en utilisant le meilleur trajet à ce

moment donné. Avec cette méthode, les paquets suivent des routes différentes et

peuvent donc parvenir à destination dans un ordre incorrect. X.25 doit tenir compte

de cette situation pour assurer une transmission sans erreur. Les SVC sont utilisés

pour les transferts de données sporadiques.

Les paquets étant fragmentés, il serait fastidieux de transporter l'adresse complète dans

chacun des fragments. On a donc défini un numéro de voie logique lié au chemin virtuel.

Chaque voie logique est caractérisée par un groupe de voie logique (codé sur 4 bits) et un

numéro de voie logique (codé sur 8 bits).

Pendant le transfert des informations, X.25 utilise un protocole appelé LAPB pour

s'assurer que les trames arrivent à destination dans le bon ordre et sans erreurs. De

grandes mémoires tampons sont utilisées pour répondre à des pointes dans la demande

et pour vérifier le bon état des données à chaque étape de leur voyage. Cette technique «

stocker et retransmettre » (store and forward) et la vérification d'erreurs constante

génèrent des délais importants.

Pourquoi X.25 limite le débit à 9 600 bps par circuit virtuel

Les taux d'erreurs élevés sur les liaisons cuivre de l'époque imposaient un protocole très

vérificateur qui limitait énormément les débits. Sur de longues distances, un paquet n'avait

presque aucune chance d'arriver intact à l'autre bout. Il fallait donc que les commutateurs

discutent entre eux pour se renvoyer les trames (RR : Receive Ready, RNR : Receive Not

Ready, REJ : Reject). Ce protocole de dialogue appliqué aux niveaux 2 et 3 consommait une

bonne partie de la bande passante. De plus, X.25 segmente les paquets et les

réassemble à l'arrivée. Toute cette gestion des fautes ralentit le débit, limité à 9 600 bps

par circuit virtuel et 2 Mbps par ligne.

⚠ X.25 — totalement obsolète

X.25 est aujourd'hui totalement abandonné dans les réseaux de données. Les derniers réseaux X.25

publics en France (Transpac) ont été fermés entre 2012 et 2014. Il subsiste uniquement dans

quelques systèmes patrimoniaux (legacy) industriels ou bancaires.

? Notes


2.

Frame Relay (relais de trames) fait partie des protocoles qui opèrent dans la couche

liaison (couche 2) du modèle à sept couches. Il présente un overhead très faible, aucune

des corrections d'erreurs de X.25 et un très faible contrôle de débit. Frame Relay est plus

simple et plus direct, ce qui permet plus de performances et d'efficacité.

Frame Relay permet de multiplexer statistiquement de nombreuses conversations de

données logiques sur une seule liaison physique, d'où une utilisation plus rationnelle de la

bande passante disponible. Ce protocole s'appuie beaucoup sur la fibre optique et la

transmission numérique. Sur de telles liaisons, le protocole peut confier les tâches de

vérification d'erreurs aux couches supérieures.

Frame Relay est basé, comme X.25, sur l'établissement d'un circuit virtuel. Les taux

d'erreurs étant passés de 10−⁵ à 10−⁸ grâce à la fibre optique, le protocole a pu être

allégé. Frame Relay n'effectue plus de segmentation ni de contrôle entre les

commutateurs. Le seul contrôle qui reste est le CRC (contrôle de redondance cyclique)

effectué au niveau matériel. En cas de CRC erroné, le commutateur rejette simplement la

trame sans avertissement. La gestion des erreurs se fait directement au niveau des

stations dans les couches supérieures.

Le principal avantage de Frame Relay est que, comme avec X.25, les clients paient pour

le débit de données (CIR — Committed Information Rate), et non pas pour la vitesse de la

liaison. Le coût global est proportionnel à la valeur du débit garanti.

3.

⚠ Frame Relay — obsolète

Frame Relay a été largement déployé dans les années 1990-2000 pour les liaisons WAN d'entreprise,

notamment pour l'interconnexion de sites. Il a été progressivement remplacé par MPLS puis par SD-

WAN à partir des années 2010. Il est aujourd'hui obsolète.

La défense américaine (DOD — Department of Defense), devant le foisonnement de

machines utilisant des protocoles de communication différents et incompatibles, a décidé

de définir sa propre architecture. Cette architecture est la source d'Internet. IPv4 est la

version d'origine de TCP/IP, encore aujourd'hui la plus déployée bien qu'IPv6 soit en

progression constante.

TCP/IP est souvent assimilée à une architecture complète. Au sens strict, c'est l'ensemble

de deux protocoles :

IP (Internet Protocol) : un protocole de niveau réseau assurant un service sans

connexion.

TCP (Transmission Control Protocol) : un protocole de niveau transport qui fournit

un service fiable avec connexion.

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 25

Au sens large, la famille TCP/IP comprend aussi FTP (transfert de fichiers), SMTP

(messagerie électronique), Telnet (émulation de terminal), HTTP/HTTPS (web), DNS, et

de nombreux autres protocoles applicatifs.

a)

i Adressage IP sur les liaisons WAN

Fig. 2 — Architecture TCP/IP en couches

Sur les liaisons WAN, les adresses IPv4 sont généralement des adresses publiques ou des

adresses privées utilisées à l’intérieur d’un réseau d’opérateur, avec souvent des mécanismes

de translation d’adresses (NAT) en bordure d’Internet. En IPv6, les routes entre sites utilisent

des préfixes globaux fournis par l’opérateur ou par l’entreprise elle‐même, ce qui permet

d’acheminer le trafic sans NAT. Le choix du plan d’adressage (IPv4 privé + NAT, double pile

IPv4/IPv6, IPv6‐only avec mécanismes de transition) a un impact direct sur la simplicité du

routage et la capacité à exposer des services vers l’extérieur

Le Protocole Internet ou IP (Internet Protocol), qui correspond au niveau 3 de l'architecture

de référence, est la partie la plus fondamentale d'Internet. Pour envoyer des données sur

Internet, il faut les « emballer » dans des paquets IP, nommés datagrammes.

Le Protocole IP fonctionne en mode non connecté : l'émetteur envoie ses paquets sans

tenir compte de l'état du récepteur, dès lors qu'il est présent. Il n'y a ni établissement ni

fermeture de connexion, ni contrôle de flux. Les principales fonctions du protocole IP sont

l'acheminement des datagrammes sans connexion, le routage des données, ainsi que la

fragmentation et la reconstitution des données.

Les paquets IP, outre l'information, sont constitués d'un en-tête contenant l'adresse IP de

l'expéditeur et celle du destinataire, ainsi qu'un nombre de contrôle déterminé par

l'information emballée dans le paquet, qui permet au destinataire de savoir si le paquet a

été corrompu pendant son transport.

Les paquets sont indépendants les uns des autres et sont routés individuellement dans le

réseau par chaque commutateur (routeur). La sécurisation apportée par ce protocole est

très faible — pas de détection de paquets perdus, pas de possibilités de reprise sur

erreur. En fait, si IP ne vérifie pas la bonne réception des données, c'est parce que la

couche supérieure (TCP) s'en charge, l'ensemble assurant une transmission fiable.

Une partie du protocole IP correspond au protocole ICMP (RFC 792).

? Notes


Ce protocole de contrôle réalise les fonctions suivantes :

b)

• Contrôle de flux : lorsque les datagrammes arrivent trop rapidement, l'élément

destination renvoie un message de congestion.

• Détection de destination inaccessible : lorsqu'une destination s'avère

inaccessible, le système envoie un message « destination inaccessible » à la

source.

• Redirection des voies : une passerelle envoie un message de redirection pour

indiquer à une machine-hôte d'utiliser une autre passerelle.

• Vérification des machines-hôtes à distance : une machine-hôte peut envoyer un

message d'écho ICMP (ping) pour vérifier que le protocole Internet du système

distant est opérationnel.

L'un des points les plus intéressants du protocole TCP/IP est d'avoir attribué un numéro

fixe à chaque ordinateur connecté sur Internet ; ce numéro est appelé l'adresse IP. C'est

une adresse logique, à distinguer des adresses physiques des cartes réseau (adresses

MAC). Dans la version IPv4, les adresses sont codées sur 32 bits. Ainsi, tout ordinateur

sur Internet se voit attribuer une adresse de type a.b.c.d (où a, b, c, d sont des nombres

compris entre 0 et 255), par exemple 192.168.1.1.

Pour l'ordinateur, cette adresse IP est codée en binaire (4 x 8 bits = 32 bits). ex : L'adresse

192.168.1.1 correspond à 11000000.10101000.00000001.00000001 en binaire.

c)

? Décodage d'une adresse IP

L'adresse 202.15.170.1 se décompose en quatre octets : 202 = 11001010, 15 = 00001111, 170 =

10101010, 1 = 00000001. Pour nous, il est plus facile de retenir 202.15.170.1 que

11001010000011111010101000000001. Les deux premiers octets identifient le réseau, les deux

derniers identifient l'hôte sur ce réseau (pour une adresse de classe B).

L'adressage est structuré logiquement dans une architecture de réseaux et de sousréseaux.

Les adresses IP sont régies par un organisme international (IANA, puis les RIRs

régionaux), qui délivre les différentes classes de réseaux. Il y a 5 classes dont le rôle est

essentiellement de diviser l'adresse en une partie réseau et une partie hôte.

Classe A (126 réseaux, jusqu'à 16 777 214 hôtes) : premier bit à 0, premier octet entre 1

et 126.

La classe A est caractérisée par une adresse réseau sur 8 bits dont le premier bit est à 0

(premier octet inférieur à 128). Les adresses A sont du type rrr.hhh.hhh.hhh avec 7 bits

pour le numéro de réseau et 24 bits pour l'adressage local (plages 1.0.0.0 à 126.0.0.0). Il

existe un petit nombre de réseaux de classe A mais chacun peut contenir jusqu'à 16

millions de machines.


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 27

Classe B (16 384 réseaux, jusqu'à 65 534 hôtes) : deux premiers bits à 10, premier octet

entre 128 et 191.

La classe B est caractérisée par une adresse réseau sur 16 bits dont les deux premiers

sont 10. Les adresses de classe B sont du type rrr.rrr.hhh.hhh avec 16 bits pour le réseau

(128.1.0.0 à 191.255.0.0) et 16 bits pour les hôtes (soit 65 534 hôtes possibles). Il y a des

milliers de réseaux de classe B.

Classe C (2 097 152 réseaux, jusqu'à 254 hôtes) : trois premiers bits à 110, premier octet

entre 192 et 223.

La classe C est caractérisée par une adresse réseau sur 24 bits dont les trois premiers

bits sont à 110. Les adresses de classe C sont du type rrr.rrr.rrr.hhh avec 24 bits pour le

réseau (192.0.1.0 à 223.255.255.0) et 8 bits pour les hôtes (254 adresses locales

possibles). On peut envisager des millions de réseaux de classe C ne comportant pas

plus de 254 stations chacun.

Classe D (adresses multicast) : réseaux 224 à 239, ex. : 224.4.4.4. Transmissions point à

multipoint (vidéoconférence, streaming multicast). Pas de structuration réseau/hôte.

Classe E (réservée à l'expérimentation) : réseaux 240 à 255. Non utilisée en production.

d)

i Adresses réservées

Pour chaque classe d'adresse, certaines adresses sont réservées. L'adresse 0 de la classe A définit

l'acheminement par défaut et l'adresse 127 est associée à l'adresse de rebouclage (loopback :

127.0.0.1). Dans toutes les classes, les adresses 0 et 255 de machines sont réservées (adresse de

réseau et broadcast). L'adresse 255.255.255.255 représente une adresse de diffusion générale

(broadcast universel).

Pour laisser un maximum de souplesse dans le mode de décomposition de l'adresse IP

en sous-réseaux, la norme TCP/IP de sous-adressage permet de choisir l'interprétation

des sous-réseaux indépendamment pour chaque réseau. Une fois qu'une décomposition

en sous-réseaux a été choisie, toutes les machines du réseau doivent s'y conformer.

La création de sous-réseaux divise une adresse réseau en plusieurs adresses de sousréseaux

uniques, de sorte qu'une adresse spécifique puisse être attribuée à chaque


réseau physique. Le masque de sous-réseau est un nombre de 32 bits où les bits à 1

désignent la partie réseau et les bits à 0 la partie hôte.

? Masque de sous-réseau

Pour un réseau 192.168.1.0 avec un masque /24 (255.255.255.0), on peut avoir 254 hôtes. Avec un

masque /25 (255.255.255.128), on divise le réseau en deux sous-réseaux de 126 hôtes chacun :

192.168.1.0/25 et 192.168.1.128/25. La notation CIDR (Classless Inter-Domain Routing) comme /24

ou /25 indique le nombre de bits du masque réseau.

Adresses privées RFC 1918

Certaines plages d'adresses IPv4 sont réservées aux réseaux privés (non routées sur

Internet) par la RFC 1918 : 10.0.0.0/8 (classe A privée), 172.16.0.0/12 (classes B privées,

soit 172.16.x.x à 172.31.x.x) et 192.168.0.0/16 (classes C privées). Ces adresses sont

utilisées dans les LANs d'entreprise et les réseaux domestiques. Le mécanisme NAT

(Network Address Translation) permet aux machines disposant d'adresses privées

d'accéder à Internet via une seule adresse publique.

e)

Le protocole TCP (Transmission Control Protocol) est sans doute considéré comme le plus

important des protocoles au niveau transport, regroupant les fonctionnalités de niveau 4

du modèle de référence. TCP est en mode connecté, contrairement à UDP qui se

positionne aussi au niveau transport mais dans un mode sans connexion et avec

pratiquement aucune fonctionnalité de fiabilité. TCP a été développé pour assurer des

communications fiables entre deux hôtes sur un même réseau physique ou sur des

réseaux différents.

Caractéristiques de TCP :

• Protocole de fait (de jure), avec tous les avantages que cela procure, notamment

la disponibilité et l'indépendance du matériel ou du système d'exploitation.

• Transparence au matériel utilisé, avec pour conséquence l'utilisation possible sur

réseau Ethernet, Wi-Fi, liaison commutée ou liaison spécialisée.

• Universalité de l'adressage, qui permet d'adresser aussi bien une station du

même réseau local qu'une station reliée à Internet sur un autre continent.

TCP est chargé de couper le flux de données transmis par la couche supérieure en

segments. Pour éviter la perte éventuelle d'information, TCP utilise un mécanisme

d'acquittement positif avec retransmission. Ce mécanisme consiste, pour une station

désireuse d'envoyer un paquet, à l'envoyer à intervalles réguliers jusqu'au moment où elle

reçoit un acquittement positif. TCP utilise un numéro de séquence pour identifier chaque

segment afin d'éviter les duplications. Le nombre maximal de segments qu'une station

destinataire s'autorise à recevoir sans délivrer d'acquittement s'appelle une « fenêtre ».

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 29

f)

Fig. 3 — Format d'un segment TCP

Signification des champs du segment TCP :

• Numéro de port source et destination : entiers sur 16 bits qui identifient le point

de communication (les ports inférieurs à 1 024 sont réservés aux services bien

connus).

• Numéro de séquence (32 bits) : permet de rétablir l'ordre des paquets reçus et

d'écarter les paquets dupliqués. Ce numéro est incrémenté d'une unité chaque

fois qu'un octet est envoyé.

• Numéro d'acquittement (32 bits) : si le flag ACK est présent, ce champ désigne le

prochain numéro de séquence attendu. Il constitue un acquittement de tous les

segments dont le numéro de séquence est inférieur.

• Offset données (4 bits) : indique le nombre de mots de 32 bits dans l'en-tête TCP

(valeur minimale 5, maximale 15, soit de 20 à 60 octets d'en-tête).

• Drapeaux (flags, 9 bits) : URG (urgent), ACK (acquittement), PSH (push

immédiat), RST (reset de connexion), SYN (synchronisation lors de l'établissement),

FIN (fin de connexion).

• Fenêtre (16 bits) : nombre d'octets disponibles dans la fenêtre de réception, c'està-dire

le nombre d'octets pouvant être reçus avant acquittement.

• Somme de contrôle (16 bits) : contrôle d'intégrité de l'en-tête et des données.

• Pointeur urgent (16 bits) : valide si le drapeau URG est positionné. Pointeur sur

l'octet de donnée urgente.

• Options et bourrage : champs facultatifs permettant d'aligner l'en-tête sur des

mots de 32 bits.

Établissement et fermeture d'une connexion TCP

L'établissement d'une connexion TCP se fait par l'échange de trois messages (three-way

handshake) : SYN (client→serveur), SYN-ACK (serveur→client), ACK (client→serveur).

La fermeture utilise quatre messages (four-way close) : FIN (initiateur), ACK, FIN

(répondeur), ACK. Ce mécanisme garantit que les deux extrémités sont d'accord pour

ouvrir et fermer la connexion.

? Notes


g)

UDP (User Datagram Protocol) est un protocole du niveau de la couche transport, tout

comme TCP. Contrairement à ce dernier, il est non fiable et travaille en mode non

connecté. Il assure la détection d'erreur mais pas la reprise sur erreur. Il n'utilise pas les

accusés de réception pour garantir que les données ont été correctement réceptionnées,

ne reséquence pas les messages reçus, et n'assure pas de mécanisme de contrôle de

flux. Les datagrammes UDP peuvent donc être perdus, dupliqués ou déséquencés.

Néanmoins, la grande qualité d'UDP est sa simplicité. L'absence de mécanisme de

connexion accélère considérablement l'échange des données. UDP fonctionne de

manière très satisfaisante et performante en réseau local, ces derniers étant très fiables et

minimisant les risques d'erreurs. UDP est particulièrement adapté aux applications temps

réel (voix sur IP, vidéoconférence, streaming, DNS) où la latence prime sur la fiabilité.

h)

Fig. 4 — Format d'un datagramme UDP (4 champs : port source, port dest., longueur, checksum)

Les adresses physiques (MAC) des hôtes sont stockées en PROM sur les cartes

d'interface avec le réseau, tandis que les adresses logiques (IP) sont stockées dans des

fichiers sur disques. À l'intérieur d'un même réseau physique (ou sous-réseau), deux

machines ne peuvent communiquer que si elles connaissent leurs adresses physiques

respectives. Il est donc nécessaire d'établir un mécanisme de mise en correspondance de

ces adresses physiques (MAC) et logiques (IP).

i ARP en réseau Ethernet

Dans le cas d'un réseau Ethernet, l'adresse Ethernet d'un hôte est stockée sur 6 octets (48 bits), alors

que son adresse Internet est stockée sur 4 octets (32 bits). Le protocole ARP (Address Resolution

Protocol) convertit l'adresse logique sur 32 bits en adresse physique sur 48 bits.

Principe du protocole ARP : un hôte A veut émettre un message à l'attention d'un

hôte B dont il ne connaît que l'adresse IP. A émet un message broadcast sur le

réseau contenant sa propre adresse IP et MAC, et l'adresse IP de B. Seul l'hôte B

reconnaît son adresse IP et répond en envoyant son adresse MAC à A. La diffusion

broadcast étant coûteuse, chaque hôte gère un cache ARP contenant une table de

mise en correspondance des adresses récemment acquises.

Principe du protocole RARP : l'hôte du réseau qui veut faire l'acquisition de son

adresse logique émet un message RARP contenant son adresse physique en

broadcast. Un serveur d'adresses configuré à cet effet retourne à la station

l'adresse logique correspondante. Ce protocole n'est utilisé que par les hôtes qui

n'ont pas d'informations sur leur adresse logique (par exemple des stations sans

disques). RARP est aujourd'hui remplacé par DHCP.

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 31

Avec la convergence de l'ordinateur, de l'audiovisuel, des loisirs auxquels s'ajoutent les

besoins des entreprises, le nombre d'adresses disponibles avec le protocole IPv4 (2³² =

4,29 milliards) est épuisé depuis 2011. Le protocole IPv6 (appelé aussi IPng pour IP new

generation) offre plus de souplesse et d'efficacité. Il résout la pénurie d'adresses et

apporte de nouvelles fonctionnalités.

Les principales améliorations d'IPv6 par rapport à IPv4 :

1.

• IPv6 utilise des adresses plus longues qu'IPv4. Elles sont codées sur 128 bits et

procurent 2¹²⁸ = 3,4 × 10³⁸ adresses possibles, soit environ 4,3 milliards de fois le

carré du nombre d'adresses IPv4.

• La simplification de l'en-tête des datagrammes : l'en-tête de base IPv6 ne

comprend que 8 champs contre 14 pour IPv4, permettant aux routeurs de traiter

les datagrammes plus rapidement et améliorant leur débit.

• Plus de souplesse aux options : les champs obligatoires de l'ancienne version

sont maintenant devenus optionnels (en-têtes d'extension), permettant aux

routeurs d'ignorer les options qui ne leur sont pas destinées.

• Une plus grande sécurité : l'authentification et la confidentialité (IPsec) sont

intégrées nativement dans IPv6 (alors qu'elles sont optionnelles en IPv4).

• Configuration automatique des adresses (SLAAC — Stateless Address

Autoconfiguration) sans DHCP obligatoire.

2.

Fig. 5 — Format d'un datagramme IPv6 (en-tête simplifié à 8 champs)

La notation décimale pointée employée pour les adresses IPv4 est abandonnée. IPv6

utilise une écriture hexadécimale, où les 8 groupes de 16 bits sont séparés par un signe

deux-points, par exemple : 1fff:0000:0a88:85a3:0000:0000:ac1f:8001

Règles d'abréviation :

• Il est permis d'omettre de 1 à 3 chiffres zéros non significatifs dans chaque

groupe de 4 chiffres hexadécimaux. Ainsi, 0000 peut s'écrire 0.

• Une unique suite de un ou plusieurs groupes consécutifs de 16 bits tous nuls

peut être omise, en conservant les deux-points de chaque côté (double deuxpoints

::). Ce raccourci ne peut être utilisé qu'une seule fois dans une adresse.

• Ainsi, l'adresse 1fff:0000:0a88:85a3:0000:0000:ac1f:8001 peut s'abréger en :

1fff:0:a88:85a3::ac1f:8001


3.

? Notation compacte IPv6

L'adresse IPv6 2001:0db8:0000:0000:0000:0000:0000:0001 peut s'écrire 2001:db8::1. L'adresse de

loopback (équivalent de 127.0.0.1 en IPv4) est notée ::1. L'adresse nulle est notée ::. Quand une

adresse IPv6 est utilisée dans une URL, elle doit être encadrée de crochets :

http://[1fff:0:a88:85a3::ac1f:8001]/index.html.

Différentes sortes d'adresses IPv6 jouent des rôles particuliers. Ces propriétés sont

indiquées par le préfixe de l'adresse.

4.

• Adresses unicast globales (2000::/3) : adresses routables sur Internet,

commençant par 2 ou 3. L'espace 2001::/32 est alloué aux adresses publiques,

2002::/16 pour la transition 6to4.

• Adresses link-local (FE80::/10) : utilisables uniquement sur un même réseau

physique de niveau 2, non routables. Correspondent aux adresses 169.254/16

de l'IPv4.

• Adresses multicast (FF00::/8) : remplacent les adresses broadcast d'IPv4. Le

préfixe FF indique une adresse multicast.

• Adresses anycast : assignées à plusieurs interfaces, le paquet est délivré à la

plus proche (utilisées notamment pour les serveurs DNS anycast).

• Adresse de loopback : ::1 (équivalent de 127.0.0.1).

Un sous-réseau IPv6 est un ensemble d'adresses commençant par une même séquence

binaire. Le nombre de bits que comporte cette séquence est noté en décimal derrière un

slash (notation CIDR). Par convention, les entreprises reçoivent typiquement un préfixe

/48, ce qui leur permet de créer jusqu'à 65 536 sous-réseaux /64. Chaque sous-réseau

/64 peut accueillir en théorie 2⁶⁴ interfaces.

Coexistence IPv4/IPv6 — mécanismes de transition

Le déploiement d'IPv6 se fait progressivement en coexistence avec IPv4. Plusieurs

mécanismes de transition existent : Dual-Stack (les équipements supportent

simultanément IPv4 et IPv6), Tunneling (encapsulation d'IPv6 dans des paquets IPv4 :

6to4, Teredo, 6in4), et NAT64/DNS64 (traduction entre adresses IPv4 et IPv6 pour la

communication entre réseaux purement IPv4 et purement IPv6). En 2025, la plupart des

grands opérateurs et fournisseurs de contenu (Google, Meta, Apple) supportent IPv6

native.

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 33

5.

GGP (Gateway to Gateway Protocol) : permet à deux passerelles d'échanger des

informations de routage pour mettre à jour dynamiquement leurs tables. Il est utile

pour les réseaux longue distance. Les informations véhiculées par GGP sont des

couples d'adresse de réseau et de distance (nombre de passerelles à traverser).

Protocole historique, remplacé par BGP.

SMTP (Simple Mail Transfer Protocol) : protocole standard d'échange de courrier

électronique sur réseau TCP/IP. Utilise le port 25 (ou 587/465 pour la soumission

sécurisée).

SNMP (Simple Network Management Protocol) : permet l'acquisition de données

sur le fonctionnement du réseau (voir section Administration). Utilise UDP port 161.

ATM (Asynchronous Transfer Mode) a été présenté dans les années 1990 comme la

technologie du futur. Elle permet de transporter à la fois voix, vidéo et données à des

hauts débits (25, 155 et 622 Mbps) sur de grandes distances. ATM possède les

caractéristiques de la commutation par paquets dans le sens où chaque cellule contient

dans son en-tête un champ identifiant la connexion. Comme dans le mode de

commutation par paquets, ATM supporte les communications à débit variable et bénéficie

d'une certaine flexibilité dans l'attribution du débit aux connexions.

1.

Le choix de transmettre les données par petits lots de taille fixe est une caractéristique

essentielle d'ATM : c'est le principe qui permet d'augmenter de façon importante les

débits car cette petite taille permet de réduire énormément les temps de transit. ATM

subdivise les données en unités appelées cellules. Chaque cellule a 53 octets : 5 pour

l'information d'en-tête et 48 pour les données proprement dites.

Fig. 6 — Structure de la cellule ATM (5 octets d'en-tête + 48 octets de données)

La cellule contient dans son en-tête des informations relatives au routage, s'appuyant sur

les notions de canal virtuel et de conduit virtuel :

Canal virtuel (VC — Virtual Channel) : concept associé au transfert unidirectionnel de

cellules qui possèdent un identificateur commun unique, le VCI (Virtual Channel Identifier).

Conduit virtuel (VP — Virtual Path) : groupe de canaux virtuels partageant un

identificateur commun, le VPI (Virtual Path Identifier).

? Notes


Fig. 7 — Relation entre VCI (canaux virtuels) et VPI (conduits virtuels)

Les cellules traversent les réseaux ATM par des commutateurs ATM, qui analysent l'entête

et dirigent la cellule vers l'interface appropriée. On distingue deux types d'interfaces :

NNI (Node Network Interface) entre deux nœuds de commutation, et UNI (User Network

Interface) entre un utilisateur et un nœud de commutation. ATM combine les avantages

de la commutation de circuit avec ceux de la commutation par paquets.

2.

ATM prévoit 5 classes de service différentes selon la nature du trafic à transmettre :

Service Signification Usage typique

CBR

Constant Bit Rate — débit fixe

avec contraintes temporelles

Émulation de circuit, vidéo

non compressée

VBR-RT Variable Bit Rate Real-Time —

débit variable avec contraintes

temporelles

Voix compressée,

vidéoconférence

VBR-

NRT

ABR

UBR

Variable Bit Rate Non-Real-Time

— débit variable sans contrainte

temporelle

Available Bit Rate — débit

variable, débit minimum optionnel

garanti

Unspecified Bit Rate — aucune

garantie de service

Interconnexion Frame Relay,

CIR garanti

Interconnexion de réseaux

locaux

Transfert de données besteffort

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 35

En CBR et VBR, il y a réservation de ressources contrairement à ABR et UBR. Les

descripteurs de trafic permettent de paramétrer la connexion : PCR (Peak Cell Rate —

débit en pointe), SCR (Sustainable Cell Rate — débit moyen), MBS (Maximum Burst Size —

nombre maximal de cellules autorisées à débiter au PCR), CDV (Cell Delay Variation —

variation de délai) et CLR (Cell Loss Ratio — taux de perte de cellules).

⚠ ATM — historique mais remplacé

ATM a été largement déployé dans les réseaux cœurs des opérateurs (backbones) dans les années

1990-2000, notamment pour transporter la signalisation ISDN et les liaisons DSL. Il a été

progressivement remplacé par MPLS et Ethernet dans les réseaux optiques. ATM subsiste dans

l'infrastructure xDSL (ADSL/VDSL) comme protocole de transport sur la boucle locale et dans certains

réseaux cellulaires.

ISDN (Integrated Services Digital Network), aussi appelé RNIS (Réseau Numérique à

Intégration de Services), est un réseau tout numérique à large bande destiné à véhiculer la

parole, les données et l'image, qui jusqu'alors étaient transportées sur des réseaux plus

ou moins spécialisés. En effet, le seul moyen permettant de commuter ces trois types de

données en même temps est la commutation numérique accompagnée d'un protocole de

multiplexage.

La technologie ISDN permet également l'utilisation de nouvelles applications reposant sur

la transmission haute vitesse : l'accès à Internet, le télétravail, la vidéoconférence, le téléenseignement,

la radiodiffusion et la transmission audio à distance. Il propose des

interfaces de communication variées basées sur la commutation de circuits.

1.

i ISDN comme liaison de secours

L'ISDN a couramment été utilisé comme liaison de secours (back-up) et de débordement (overflow)

pour les liaisons fixes existantes. C'est à ce titre qu'il a perduré le plus longtemps dans les entreprises.

On veut numériser le signal d'un bout à l'autre. Pour numériser la voix (qui va de 300 à 3

400 Hz) selon les techniques traditionnelles, il faut 64 kbps. La régie reçoit l'appel et

l'envoie sur le bus, les informations transitant sur un canal B. L'utilisateur peut recevoir

une télécopie en même temps qu'une communication. On peut aussi transmettre à 2 × 64

kbps en utilisant les 2 canaux B entre deux ordinateurs.

Les canaux définis par l'ISDN sont :

Canal B (Bearer) : débit de 64 kbps — canal de données ou de voix.

Canal D16 : débit de 16 kbps — canal de signalisation de l'accès de base.

Canal D64 : débit de 64 kbps — canal de signalisation de l'accès primaire.

Canal H0 : débit de 384 kbps.

Canal H11 : débit de 1 536 kbps (24 canaux B, norme nord-américaine).

Canal H12 : débit de 1 920 kbps (30 canaux B, norme européenne).


2.

L'accès de base BRI autorise le branchement de 5 terminaux et l'établissement de deux

communications simultanées. Côté réseau public, cet accès est donné par une interface

T0, côté abonné par une interface S0. Sur les bus numériques de l'ISDN, un multiplexage

temporel sépare les intervalles de temps en trois canaux :

• 2 canaux B (Bearer Channel) à 64 kbps : pour le transfert de données, voix et

vidéo en mode commutation de circuit.

• 1 canal D à 16 kbps (D-channel protocol) : utilisé pour l'établissement de l'appel et

la signalisation, en mode commutation de paquets.

Le débit global de l'accès BRI est de 64 + 64 + 16 = 144 kbps. Cette transmission

synchrone à 144 kbps en full duplex s'effectue sur deux fils.

3.

Lorsque l'usager a des besoins importants de communications, le CCITT a défini un

accès de débit plus important. C'est l'accès primaire, principalement destiné aux PABX.

Ses caractéristiques sont :

4.

• Version européenne (E1) : 30 canaux B à 64 kbps + 1 canal D à 64 kbps, soit 2

048 kbps (T2/S2).

• Version nord-américaine et japonaise (T1) : 23 canaux B à 64 kbps + 1 canal D à

64 kbps, soit 1 544 kbps (23B+D).

• Interface R (Rated) : fournit une interface non-ISDN entre les équipements

utilisateurs non compatibles ISDN et un adaptateur de terminal (AT).

• Interface S (Subscriber) : sépare la partie utilisateur des fonctions réseaux du

terminal.

• Interface T (Terminal) : sépare l'équipement du fournisseur de réseau de

l'équipement de l'utilisateur.

• Interface U (Utilisateur) : interface entre l'équipement réseau et la ligne de

transmission vers le commutateur de l'opérateur.

⚠ ISDN — technologie obsolète

En France, le réseau RNIS (Numéris) a été progressivement fermé entre 2020 et 2023. L'ISDN est

remplacé par les accès IP (ADSL, VDSL2, fibre optique) pour les données et par la VoIP (SIP trunk)

pour la voix dans les entreprises. Les PABX modernes utilisent des interfaces SIP/ISDN vers IP.

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 37

Le terme DSL ou xDSL signifie Digital Subscriber Line et regroupe l'ensemble des

technologies mises en place pour un transport numérique de l'information sur une simple

ligne de raccordement téléphonique (paire torsadée cuivre). Les technologies xDSL sont

divisées en deux grandes familles : celle utilisant une transmission symétrique (même

débit montant et descendant) et celle utilisant une transmission asymétrique.

Le rapide développement des technologies de l'information a fait apparaître de nouveaux

services gourmands en capacité de transmission. L'idée d'utiliser la paire torsadée

existante semble la mieux adaptée car dans le monde plus de 800 millions de connexions

de ce type étaient déjà en place. Il suffit d'ajouter un équipement au central téléphonique

(DSLAM) et une installation chez l'utilisateur (modem/routeur) pour accéder aux services

xDSL.

1.

Ces technologies sont différenciées par la vitesse de transmission, la distance maximale

de transmission, la variation de débit entre flux montant et descendant, et le caractère

symétrique ou non de la liaison. La connexion point à point est effectuée via une ligne

téléphonique entre le NT (Network Termination) installé chez l'utilisateur et le LT (Line

Termination) installé dans le centre de raccordement.

2.

HDSL (High bit rate DSL) : première technique issue de DSL, apparue au début

des années 1990. Permet d'atteindre un débit de 2 Mbps dans les 2 sens sur trois

paires torsadées (norme européenne E1) ou 1,5 Mbps sur deux paires (norme

américaine T1). Distance : 3 à 7 km selon le diamètre du fil. Pas de canal

téléphonique disponible.

SDSL (Single pair DSL / Symmetric DSL) : conçue pour une plus courte distance

qu'HDSL, utilisant une seule paire torsadée. Débit symétrique de 128 kbps à 2

Mbps selon la distance.

Débit Downstream

(Kbps)

Débit Upstream (Kbps) Distance max (km)

128 128 7

256 256 6,5

384 384 4,5

768 768 4

1024 1024 3,5

2048 2048 3

Tableau — Distances et débits d'une liaison SDSL


3.

En étudiant différents cas de figure, on s'est aperçu qu'il était possible de transmettre les

données plus rapidement d'un central vers un utilisateur. L'idée est donc d'utiliser un

système asymétrique, en imposant un débit plus faible de l'abonné vers le central

(upstream). Ce déséquilibre est bien adapté aux usages internet résidentiels

(téléchargement >> envoi).

4.

ADSL (Asymmetric DSL) : système permettant de faire coexister sur une même

ligne un canal descendant (downstream) de haut débit (jusqu'à 8 Mbps), un canal

montant (upstream) de moyen débit (jusqu'à 1 Mbps) ainsi qu'un canal de

téléphonie (POTS). Distance maximale : 5,5 km depuis le DSLAM.

RADSL (Rate Adaptive DSL) : basée sur l'ADSL. La vitesse de transmission est

fixée de manière automatique et dynamique en recherchant la vitesse maximale

possible sur la ligne et en la réadaptant en permanence et sans coupure. Débits

montants de 128 kbps à 1 Mbps et descendants de 600 kbps à 7 Mbps.

VDSL (Very High bit rate DSL) : capable de supporter sur une simple paire

torsadée des débits de 13 à 55,2 Mbps en downstream et de 1,5 à 6 Mbps en

upstream sur des distances courtes (jusqu'à 1,5 km). Initialement développé pour

transporter l'ATM à haut débit.

VDSL2 (Very High bit rate DSL 2) : successeur du VDSL, atteint 300 Mbps en fullduplex

(profil 35b). Distance maximale entre l'abonné et le DSLAM : 3 500 mètres.

C'est la technologie sur laquelle est basé le déploiement FTTN/FTTB en France

(VDSL2 activé sur les lignes courtes depuis 2013).

DSLAM (Digital Subscriber Line Access Multiplexer) : équipement

généralement installé dans les centraux téléphoniques assurant le multiplexage des

flux ATM vers le réseau de transport. Il peut accueillir différentes cartes DSL (ADSL,

SDSL, VDSL) et concentre les connexions de plusieurs centaines ou milliers

d'abonnés.

Modem/routeur ADSL (ATU-R) : équipement chez l'abonné qui décode les

données ADSL et gère le partage de la connexion sur le réseau local (NAT, Wi-Fi,

VoIP).

Splitter et micro-filtre : le splitter est un filtre d'aiguillage qui sépare la bande

passante réservée au service téléphonique de la bande utilisée pour la

transmission DSL. Le micro-filtre est un filtre passe-bas installé sur les connexions

analogiques (prises téléphoniques) pour éviter les perturbations.

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 39

5.

Norme Nom complet Débit typique Distance max.

DSL Digital Subscriber Line 160 kbps duplex ~3 km

HDSL High bit rate DSL 2 Mbps

symétrique

3–7 km

SDSL

Single Line DSL

(symétrique)

2 Mbps

symétrique

3 km

ADSL Asymmetric DSL 8 Mbps / 1 Mbps 5,5 km

ADSL2+ Asymmetric DSL 2+ 24 Mbps / 1 Mbps 5,5 km

VDSL Very High bit rate DSL 55 Mbps / 6 Mbps 1,5 km

VDSL2 Very High bit rate DSL 2 300 Mbps FD 3,5 km

L'histoire des réseaux et des télécommunications pourrait se résumer à une perpétuelle

course au débit. Un réseau est à haut débit si son débit est au moins égal à 100 Mbps et

le très haut débit atteint et dépasse le Gbps. Avec un tel débit, il est capable d'acheminer

tous les types d'information : données, textes, graphiques, photos, images, animations,

vidéos, sons. Pour les applications « temps réel » (voix, vidéo), le réseau haut débit doit

être capable de supporter des flux isochrones.

Plusieurs technologies « haut débit » sont ou ont été couramment utilisées :

FDDI (Fiber Distributed Data Interface) : norme définissant les deux premières

couches de l'architecture de transport sur fibre, à 100 Mbps en anneau. Obsolète.

DQDB (Distributed Queue Dual Bus) : projet de normalisation pour les réseaux

métropolitains (MAN). Historique.

Ethernet commuté : solution dominante pour les réseaux à haut débit, de 100

Mbps à 400 Gbps.

ATM (Asynchronous Transfer Mode) : technologie de commutation de cellules,

supportant le réseau ISDN à large bande. Voir section E.

SDH/SONET (Synchronous Digital Hierarchy / Synchronous Optical

Networks) : couche de transport physique pour les réseaux optiques à très haut

débit.

TCP/IP large bande : solution préconisée pour les hauts débits sur IP. Le routage

IP peut aujourd'hui atteindre plusieurs Tbps dans les routeurs cœur de réseau.

? Notes


1.

Historiquement, c'est le premier réseau local et c'est aussi le réseau le plus utilisé.

Ethernet est une architecture de réseau local conçue par Xerox, puis normalisée IEEE

802.3 en 1980 par Xerox, Intel et Digital. Son principe est basé sur la diffusion des

messages sur un bus logique (qui peut être un bus ou une étoile physique) où tous les

hôtes partagent de façon équitable le support, avec le protocole CSMA/CD.

L'architecture Ethernet est constituée de deux couches fondamentales : la couche

physique et la couche de contrôle, correspondant respectivement aux couches 1 et 2 du

modèle OSI.

Les supports utilisés sont : le câble coaxial (historique), la paire torsadée UTP (catégories

3 à 8), la fibre optique multimode (MMF) et monomode (SMF).

Les principaux standards Ethernet :

2.

Standard Débit Support Distance max.

10Base-T 10 Mbps UTP Cat.3 100 m

100Base-TX 100 Mbps (Fast Ethernet) UTP Cat.5 100 m

100Base-FX 100 Mbps Fibre MMF 1 000 m

1000Base-T 1 Gbps (Gigabit Ethernet) UTP Cat.5e/6 100 m

1000Base-SX 1 Gbps Fibre MMF 550 m

10GBase-T 10 Gbps UTP Cat.6a 100 m

10GBase-SR 10 Gbps Fibre MMF 300 m

25GBase-T 25 Gbps Fibre / Cat.8 30 m

100GBase-SR4 100 Gbps Fibre MMF 100 m

400GBase-SR8 400 Gbps Fibre MMF 100 m

? Notes

Fig. 8 — Format d'une trame Ethernet (IEEE 802.3)


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 41

Signification des champs d'une trame Ethernet :

• Préambule (7 octets) : suite de 1 et de 0 alternés servant à synchroniser le

récepteur sur la trame émise.

• SFD (Start Frame Delimiter, 1 octet) : séquence 10101011 matérialisant le

début des informations exploitables.

• Adresse destination (6 octets) : adresse physique (MAC) de la station devant

recevoir la trame. Diffusion si tous les bits sont à 1 (broadcast : FF:FF:FF:FF:FF:FF).

• Adresse source (6 octets) : adresse Ethernet de la station ayant émis la trame.

• Type ou longueur (2 octets) : type de protocole encapsulé (0x0800 = IPv4,

0x0806 = ARP, 0x86DD = IPv6, 0x8100 = VLAN 802.1Q) ou longueur de la trame pour

Ethernet II.

• Informations / Données (46 à 1 500 octets) : données en provenance de la

sous-couche LLC.

• PAD : octets de bourrage sans signification, insérés si la trame est trop

courte (minimum 64 octets au total).

• FCS — Frame Check Sequence (4 octets) : résultat d'un calcul CRC effectué

sur la trame, sert à détecter les bits corrompus lors de la transmission.

3.

Avec l'Ethernet partagé (hub), tout message émis est entendu par l'ensemble des

machines raccordées et la bande passante disponible est partagée. Avec l'Ethernet

commuté, la topologie physique reste une étoile mais organisée autour d'un commutateur

(switch). Le commutateur utilise un mécanisme de filtrage et de commutation : il inspecte

les adresses de source et de destination des messages, dresse une table qui lui permet

de savoir quelle machine est connectée sur quel port (auto-apprentissage), puis ne

transmet le message que sur le port adéquat.

Il en résulte que chaque échange peut s'effectuer à débit nominal (plus de partage de la

bande passante), sans collisions, avec une augmentation très sensible des performances

(à vitesse nominale égale). Comme la commutation élimine les collisions et que les liaisons

10/100/1000 Base-T disposent de circuits séparés pour la transmission et la réception

(une paire par sens), les commutateurs modernes fonctionnent en mode full-duplex sur

leurs ports.

Le mode full-duplex est particulièrement intéressant pour les serveurs qui doivent

desservir plusieurs clients simultanément. De plus, comme le trafic émis et reçu n'est plus

transmis sur tous les ports, il devient beaucoup plus difficile d'espionner (sniffer) le réseau,

ce qui contribue à la sécurité générale.

? Notes


SDH est la version européenne (Synchronous Digital Hierarchy), SONET est la version

américaine (Synchronous Optical Networks). SDH a été normalisée par l'UIT-T et se situe

sur les couches 1 et 2 du modèle OSI. C'est la technologie de transport physique des

réseaux optiques des opérateurs télécom.

2.

3.

1.

PDH (Plésiochrone Digital Hierarchy) : la hiérarchie courante qui a évolué

principalement pour la téléphonie. PDH peut multiplexer et transporter des

éléments binaires de débit inférieur en les transmettant à des débits supérieurs par

injonction d'éléments binaires de justification. L'inconvénient est qu'il faut

démultiplexer complètement le signal pour accéder à un composant de bas débit.

SDH : offre des avantages significatifs sur PDH : souplesse d'extraction ou

d'insertion directe d'un signal constituant, facilité d'exploitation/maintenance,

possibilité d'évolution vers des hauts débits, interconnexion de systèmes facilitée

par la normalisation des interfaces optiques, et architectures de réseaux assurant la

sécurisation contre les défauts de ligne.

SDH SONET Débit

STM-1 OC-3 155 Mbps

STM-4 OC-12 622 Mbps

STM-16 OC-48 2,5 Gbps

STM-64 OC-192 10 Gbps

STM-128 OC-384 20 Gbps

STM-256 OC-768 40 Gbps

La trame de base est appelée STM-1 (Synchronous Transport Module, niveau 1). Cette

trame a une longueur totale de 2 430 octets (9 × 270 octets), une fréquence de

transmission de 125 µs (8 000 trames/s), soit une résultante de 155,52 Mbps. Sur les 270

octets par rangée, 9 octets sont réservés à la gestion et à l'adressage (SOH/PTR) et 261

octets constituent la charge utile.

Fig. 9 — Structure d'une trame SDH STM-1 (9 rangées × 270 octets)


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 43

Les signaux à transporter sont accumulés dans des conteneurs virtuels (VC : Virtual

Container) de différents types. Le VC avec le pointeur forme une AU (Unité Administrative).

4.

Fig. 10 — Structure de multiplexage SDH (conteneurs virtuels, AUG, STM)

SDH/SONET et les réseaux modernes

SDH/SONET reste la base des réseaux de transport optique des opérateurs. Les réseaux

modernes utilisent OTN (Optical Transport Network, ITU-T G.709) qui est l'évolution de SDH

pour les très hauts débits (100 Gbps, 400 Gbps, 1 Tbps), avec des mécanismes de

surveillance et de protection améliorés. OTN peut transporter SDH, Ethernet et autres

trafics encapsulés.

Le réseau cellulaire est un réseau de communications spécialement destiné aux

équipements mobiles. Il permet la communication entre ces unités mobiles ainsi qu'avec

l'ensemble des abonnés. L'onde radio dans le cas d'un réseau cellulaire est le lien entre le

mobile et l'infrastructure de l'émetteur.

1.

En 1982, le CEPT a décidé de normaliser un système de communication mobile dans la

gamme des 890-915 et 935-960 MHz pour l'ensemble de l'Europe. La norme GSM

(Global System for Mobile communication) a été finalisée au début des années 1990.

GSM est un système numérique complet comprenant tous les éléments nécessaires à un

système de communication numérique avec les mobiles.

Dans un système GSM, la station mobile comprend deux parties : l'équipement mobile qui

permet la communication radio, et le module d'identification (carte SIM) qui contient les

caractéristiques identifiant l'abonné.

Le réseau est découpé en cellules possédant chacune une station de base (BTS — Base

Transceiver Station) qui s'occupe des transmissions radio. Chaque station de base est

reliée à un contrôleur de station de base (BSC — Base Station Controller).

? Notes


Le cœur de réseau contient :

MSC (Mobile service Switching Center): commutateur qui communique avec les

différents systèmes radio.

HLR (Home Location Register): base de données de gestion des abonnés permanents.

VLR (Visitor Location Register): base de données des visiteurs dans une cellule.

Dans la méthode d'accès radio utilisée dans GSM,TDMA/AMRT (Time Division Multiple

Access), le temps est découpé en 8 tranches de 0,57 ms par canal radio. La parole est

compressée sur une bande de 22,8 kHz avec un codage de correction d'erreurs.

Le principal obstacle que doit surmonter un système de radiotéléphonie mobile est

l'étroitesse de la bande de fréquence disponible. D'où l'idée d'utiliser un grand nombre

d'émetteurs-récepteurs de faible puissance disséminés à travers tout le territoire (réseau

cellulaire). Quand un mobile se déplace d'une cellule à l'autre, le système effectue un

handover (transfert de canal) automatique en une fraction de seconde, sans que

l'utilisateur s'en rende compte.

2.

3.

• Sous-système radio : rassemble les BTS et les BSC (Base Station Controller).

Gère l'interface radio, les ressources radioélectriques et le handover entre cellules.

• Sous-système réseau : contient les MSC qui assurent l'interconnexion des

stations de base et avec les autres réseaux. Contient aussi le HLR (enregistreur

statique) et le VLR (enregistreur dynamique).

• Sous-système d'exploitation (OMC — Operations and Maintenance Center) :

permet à l'opérateur d'administrer son réseau.

Standard Génération Nature Débit typique

GSM 2G Voix ou données numériques

(petit volume)

9,6 kbps

GPRS 2,5G Voix ou données numériques 171,2 kbps

EDGE 2,75G Voix et données numériques 345,6 kbps

UMTS/WCDMA 3G Voix et données haut débit 2 Mbps

HSPA/HSPA+

3,5G-3,75G Voix et données haut débit

amélioré

42 Mbps

LTE 4G Données et voix VoLTE très

haut débit

LTE-A (Advanced) 4G+ Carrier Aggregation, MIMO

avancé

150 Mbps – 1

Gbps

300 Mbps – 1

Gbps

5G NR (New Radio) 5G

Très haut débit, ultra-faible

latence, IoT massif

Jusqu'à 20 Gbps

(théorique)


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 45

5G — architecture et cas d'usage

La 5G (norme IMT-2020, aussi dénommée NR — New Radio) repose sur trois grandes

familles de cas d'usage : eMBB (enhanced Mobile BroadBand, très haut débit), URLLC

(Ultra-Reliable Low-Latency Communication, latence < 1 ms pour les applications critiques :

véhicules autonomes, télémédecine) et mMTC (massive Machine Type Communication, IoT à

très grande densité). La 5G utilise de nouvelles bandes de fréquences : sub-6 GHz (bande

intermédiaire, bonne couverture) et mmWave / 26-28 GHz (très haut débit sur courte

distance). En France, les réseaux 5G sont déployés depuis 2020 par les opérateurs

nationaux.

4.

Wi-Fi est une technologie de réseau sans fil (WLAN) permettant de partager un accès

réseau dans une habitation ou une entreprise. Basé sur la norme IEEE 802.11, Wi-Fi

utilise les fréquences 2,4 GHz, 5 GHz et désormais 6 GHz.

Génération Norme Fréquences Débit max. théorique

Wi-Fi 1 802.11b 2,4 GHz 11 Mbps

Wi-Fi 2 802.11a 5 GHz 54 Mbps

Wi-Fi 3 802.11g 2,4 GHz 54 Mbps

Wi-Fi 4 802.11n 2,4 / 5 GHz 600 Mbps

Wi-Fi 5 802.11ac 5 GHz 3,5 Gbps

Wi-Fi 6 802.11ax 2,4 / 5 / 6 GHz 9,6 Gbps

Wi-Fi 6E 802.11ax (ext.) 2,4 / 5 / 6 GHz 9,6 Gbps

Wi-Fi 7 802.11be 2,4 / 5 / 6 GHz 46 Gbps

Le matériel Wi-Fi comprend des cartes d'interface (PCI, USB, intégrée), des points d'accès

(AP) ou routeurs/commutateurs Wi-Fi, des antennes directionnelles ou

omnidirectionnelles, et des répéteurs ou systèmes MeSH pour étendre la couverture.

i Bluetooth

La technologie Bluetooth, mise au point par Ericsson, fonctionne à la même fréquence que le Wi-Fi

(2,4 GHz), ce qui peut provoquer des interférences, mais dispose d'un débit plus bas. Bluetooth est

adapté à la connexion de téléphones portables et d'accessoires divers. Bluetooth 5.x atteint 2 Mbps

avec une portée de 200 m. Bluetooth LE (Low Energy) est la version économe en énergie utilisée

dans l'IoT.

? Notes


LiFi (Light Fidelity)

Une adaptation future du Wi-Fi est le LiFi (IEEE 802.11bb), qui module les ondes

lumineuses (LED) pour transmettre l'information à très haut débit. L'avantage est une

bande passante très large et l'absence d'interférence radio. L'inconvénient est la

nécessité d'être dans le rayon direct de la source lumineuse et la sensibilité aux obstacles

opaques. Des débits théoriques de 224 Gbps ont été démontrés en laboratoire.

a)

En entreprise, Wi-Fi 6 et Wi-Fi 6E constituent aujourd'hui le socle des déploiements neufs

ou en renouvellement. Wi-Fi 6 répond aux besoins courants : mobilité des collaborateurs,

visioconférence, IoT industriel léger, avec une infrastructure maîtrisée sur les bandes 2,4

et 5 GHz. Wi-Fi 6E étend cette capacité à la bande 6 GHz, offrant des canaux moins

congestionnés particulièrement utiles dans les bâtiments multi-locataires ou les campus

densément équipés.

b)

Wi-Fi 7 (802.11be), dont les premiers équipements professionnels sont disponibles depuis

2024, commence à apparaître dans les appels d'offres pour les infrastructures à horizon

2026-2028. Ses apports — débit théorique jusqu'à 46 Gbit/s, MLO (Multi-Link Operation)

permettant l'agrégation simultanée de plusieurs bandes, latence réduite — ciblent des

usages émergents comme la réalité mixte en mobilité, les flux vidéo non compressés ou

la convergence Wi-Fi/filaire dans les datacenters de périphérie. Pour la majorité des

entreprises, il représente une évolution planifiée

5.

WiMAX (IEEE 802.16) est adapté aux secteurs périurbains voire ruraux qui n'ont pas

d'infrastructure téléphonique filaire exploitable. Il procure des débits de plusieurs dizaines

de Mbps sur une zone de couverture portant sur quelques dizaines de kilomètres. WiMAX

peut être, en fonction des bandes de fréquences, un simple prolongement du Wi-Fi ou la

convergence du Wi-Fi et du réseau cellulaire de troisième génération (UMTS ou 3G).

⚠ WiMAX — largement abandonné

WiMAX a été largement déployé dans les années 2000-2010 comme alternative au DSL en zones

rurales et dans les pays en développement. Il est aujourd'hui en grande partie abandonné, remplacé

par les réseaux 4G LTE et 5G qui offrent de meilleures performances en mobilité avec des débits

comparables. En France, quelques déploiements subsistent dans les zones blanches, en attendant la

couverture 4G/5G.

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 47

L'Internet des Objets ou IoT (Internet of Things) décrit la communication entre des objets

interconnectés, ces objets pouvant être n'importe quel objet de la vie courante : capteurs

environnementaux, véhicules, appareils électroménagers, équipements industriels,

équipements médicaux, etc.

Les réseaux utilisés pour l'IoT appartiennent à deux catégories principales :

1.

2.

LPWAN (Low-Power Wide-Area Network) utilisant des bandes de fréquences

ISM sans licence à 868 MHz (Europe) ou 915 MHz (Amérique du Nord) :

technologies Sigfox et LoRaWAN, optimisées pour la faible consommation et la

longue portée.

Les déclinaisons LPWAN cellulaires de réseaux licenciés (2G, 3G, 4G, 5G)

comme LTE-M (eMTC) et NB-IoT (Narrowband IoT), déployés sur l'infrastructure

existante des opérateurs.

Identification Outils/Capteurs Protocoles de connexion

Radio-identification (RFID) Accéléromètre Bluetooth / BLE

Onde acoustique de surface Gyroscope Wi-Fi / Wi-Fi HaLow

ADN / code-barres Capteurs miniaturisés ZigBee (IEEE 802.15.4)

NFC Nanotechnologies Z-Wave / Thread / Matter

• Une étiquette physique ou virtuelle pour identifier les objets et les lieux (RFID,

QR code, adresse IP).

• Un moyen de lire les étiquettes physiques ou de localiser les étiquettes

virtuelles (lecteur RFID, GPS, triangulation Wi-Fi/cellulaire).

• Un dispositif mobile ou embarqué (téléphone cellulaire, MCU, SBC) avec logiciel

embarqué.

• Un réseau sans fil (LPWAN, Wi-Fi, 4G/5G) permettant la communication entre le

dispositif et le serveur.

• Un serveur ou cloud IoT stockant et traitant les données (AWS IoT, Azure IoT

Hub, Google Cloud IoT).

• Un affichage ou tableau de bord pour visualiser les données (application

mobile, dashboard web).

? Notes


3.

Le système RFID est un réseau inerte qui s'active lors de la présence d'un lecteur. Il est

constitué de radio-étiquettes (puce + antenne, taille et poids négligeables) et de lecteurs.

À leur passage, les lecteurs activent les radio-étiquettes dans leur champ en leur

fournissant l'énergie nécessaire. De la longueur d'onde utilisée (de 125 kHz à 5,8 GHz)

dépend la distance (jusqu'à 200 m) et le débit. L'utilisation va du traçage d'objets à celui

d'êtres vivants, en passant par le contrôle d'accès.

4.

Fig. 11 — Caractéristiques des technologies RFID par bande de fréquences (Source : Wikipédia)

NFC utilise les standards RFID mais le lecteur est ici un téléphone mobile et la

communication s'effectue dans les deux sens. La portée est d'environ dix centimètres. La

fréquence de communication est de 13,56 MHz et le débit varie de 106 à 424 kbit/s.

Trois modes de fonctionnement :

Mode émulation de carte : la SIM stocke les informations chiffrées (contrôle

d'accès, paiement sans contact, billettique).

Mode pair-à-pair : deux terminaux mobiles échangent de l'information (contacts,

photos, vidéos).

Mode lecteur : le terminal mobile lit des cartes sans contact ou des radioétiquettes.

? Notes


II. RÉSEAUX ÉTENDUS 49

Compte tenu de la quantité et de la variété des unités présentes dans le réseau, il est très

important que l'administrateur puisse visualiser et/ou gérer toutes les entités disparates à

partir d'un point unique. Un bon système d'administration doit être capable de fournir des

informations d'état sur les différentes entités du réseau et d'exécuter toute action

administrative ou corrective jugée nécessaire.

1.

SNMP (Simple Network Management Protocol) est le protocole standard de supervision

des réseaux TCP/IP, issu de l'initiative du US Department of Defense. Il peut être

subdivisé en trois composants majeurs : Architecture, System Information available (MIB),

et Access Control.

2.

Les systèmes SNMP se composent de managers et d'agents. Le manager SNMP peut

demander des informations à l'entité agent en utilisant une structure de commandes très

élémentaire. Quand le manager a besoin d'informations en provenance de l'agent, il

envoie une commande « get-request ». C'est en fait une demande d'accès à la MIB

(Management Information Base) sur la machine agent. À réception de la commande,

l'agent vérifie d'abord si l'entité de management a fourni le community string correct et, si

oui, répond en fournissant l'information requise.

Les opérations SNMP de base sont :

• Get-Request : le manager demande la valeur d'une ou plusieurs variables de la MIB.

• Get-Next-Request : permet de parcourir la MIB de manière séquentielle.

• Get-Bulk (SNMPv2+) : récupération efficace de grandes quantités de données.

• Set-Request : le manager modifie la valeur d'une variable de la MIB.

• Get-Response : réponse de l'agent aux requêtes Get.

• Trap : message d'événement envoyé par l'agent au manager en cas d'incident.

3.

La MIB est une définition du type d'information qui doit être rendue disponible par l'unité

exécutant le logiciel agent SNMP.

Cette information peut inclure :

• L'état des interfaces réseau (up/down, vitesse, type).

• Le nombre de paquets transmis et reçus, le taux d'erreur.

• Les services disponibles sur l'unité et les connexions établies.

• Le nombre de paquets retransmis (indicateur de congestion ou de qualité de liaison).

• Les informations système (temps de fonctionnement uptime, version logicielle, etc.).

? Notes


4.

i Champs lecture seule et lecture-écriture

Certains des champs à l'intérieur de la MIB sont du type lecture seule et ne sont là qu'à titre

informatif. De manière plus utile, si un manager SNMP fournit le community string correct (Control

Community), il aura la possibilité de modifier les valeurs sélectionnées dans la MIB. Cette capacité de

modification doit être protégée avec soin pour éviter des modifications non autorisées.

SNMP fournit un mécanisme de sécurité rudimentaire pour contrôler l'accès manageragent.

Une « community string » est spécifiée dans la configuration et accompagne toutes

les requêtes.

Il existe trois types de community string :

Monitor Community : équivalent à l'accès Read-Only sur la MIB agent (lecture des

statistiques).

Control Community : équivalent à l'accès Read-Write sur la MIB agent

(modification de la configuration).

Trap Community : les SNMP Traps sont des messages d'événement transmis

vers une machine pour journalisation.

Les community strings peuvent comporter jusqu'à 32 caractères (sensibles à la casse).

Par défaut, les équipements utilisent 'public' (read-only) et 'private' (read-write), ce qui

constitue une faille de sécurité si elles ne sont pas changées.

⚠ Sécurité SNMP — utiliser SNMPv3

SNMPv1 et SNMPv2c transmettent les community strings en clair sur le réseau, ce qui les rend

vulnérables aux écoutes. SNMPv3 (RFC 3411-3418) apporte l'authentification (HMAC-MD5, HMAC-

SHA) et le chiffrement des données (DES, AES) ainsi que le contrôle d'accès basé sur les utilisateurs

(USM/VACM). SNMPv3 est aujourd'hui le standard de sécurité recommandé pour la supervision

réseau.

? Notes


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 51

III.

L'ÉQUIPEMENT DU

RÉSEAU

Un réseau informatique ne se limite pas aux hôtes (ordinateurs, serveurs, imprimantes). Il

comprend également des équipements d'interconnexion dont le rôle est d'acheminer,

filtrer ou convertir les données entre les différents segments. Ces équipements sont

classés selon le niveau du modèle OSI auquel ils interviennent, ce qui détermine leur

intelligence et leurs capacités de traitement.

On appelle équipements d'interconnexion les matériels connectés au réseau qui ne sont

pas des hôtes. Ils portent une appellation différente selon leur niveau d'intelligence ou le

rôle qu'ils jouent. Chaque génération d'équipements correspond à un niveau supérieur

d'analyse du trafic réseau.

1.

i Vue d’ensemble de l’équipement réseau

L’infrastructure réseau d’une entreprise moderne s’appuie sur plusieurs familles

d’équipements complémentaires. Au niveau de l’accès, les commutateurs (switches)

connectent les postes utilisateurs, téléphones IP, points d’accès Wi‐Fi et objets connectés,

souvent via des ports 1 Gbit/s alimentés en PoE. Plus en amont, des switches d’agrégation et

des routeurs assurent le routage inter‐VLAN, l’interconnexion avec le WAN et l’application de

politiques de sécurité (listes de contrôle d’accès, QoS, filtrage). Des pare‐feux dédiés, des

contrôleurs Wi‐Fi et des appliances spécialisées (VPN, proxy, IDS/IPS) complètent l’ensemble

pour sécuriser les flux et superviser le fonctionnement global du réseau.

Les répétiteurs travaillent au niveau 1 du modèle OSI (couche physique). Ils relient deux

segments entre eux, lisent les impulsions électriques sur leur entrée pour un type de

support donné (fibre optique, coaxial, paires torsadées) et génèrent des impulsions remises

en forme et amplifiées, après régénération de l'horloge et resynchronisation.

Fonctions du répétiteur :

• Permet d'étendre la longueur du réseau au-delà des 500 m d'un tronçon (4

répéteurs maximum entre deux nœuds) sans dégradation significative du signal.

• Amplifie et régénère le signal numérique.

• Isole un tronçon défaillant (partitioning) — par exemple en cas de rupture de câble.

• Adapte deux médias Ethernet différents (fibre, coaxial, Thick Ethernet vers Thin

Ethernet).

? Notes


i Domaine de collision

Tous les segments attachés à un répéteur font partie du même domaine de collision. Cela signifie

qu'une collision sur un segment se propage sur tous les segments reliés. Le répétiteur n'apporte donc

aucune segmentation logique du trafic.

Les causes de dégradation du signal que le répéteur corrige sont : la distance, les pertes

dues au temps de propagation, les interférences électromagnétiques, le type de câble et

la bande passante.

Utilisations courantes du répéteur : réseaux Ethernet coaxiaux (10Base5, 10Base2), hubs

(répéteurs multiports 10/100BaseT), réseaux Token Ring (chaque ordinateur y joue le rôle

de répéteur en transmettant le jeton au suivant).

2.

⚠ Répéteurs — équipements historiques

Les répéteurs autonomes et les hubs (répéteurs multiports) ont été presque entièrement remplacés

par les commutateurs (switches) dans les réseaux modernes. L'utilisation de répéteurs coaxiaux est

devenue anecdotique avec la disparition du câblage coaxial dans les LAN. On rencontre encore des

répéteurs de signal dans les liaisons longue distance (télécoms, fibre optique amplifiée — amplis

EDFA).

Les ponts travaillent au niveau 2 du modèle OSI (couche trame). Ils maintiennent les

messages sur un segment ou les font transiter vers un autre, en fonction des adresses

source et destination contenues dans les trames. Ils permettent notamment

d'interconnecter deux réseaux de même architecture physique tout en segmentant les

domaines de collision.

On peut distinguer deux algorithmes de filtrage principaux :

Spanning Tree (Ethernet) : le bridge écoute les réseaux connectés sur chacun de

ses ports et construit une table des adresses MAC (niveau 2) de toutes les stations

connectées. Il ne transfère les trames que vers le port où se trouve la destination.

Le routage dans un réseau multi-bridge se fait par l'échange de BPDU (Bridge

Protocol Data Unit) entre bridges : ces trames permettent à tous les bridges de se

connaître, d'élire un Root Bridge (priorité maximale), de désigner les bridges de

secours et d'éviter les boucles. Ce protocole est l'ancêtre de STP/RSTP/MSTP

traité dans la section LAN.

Source Routing (Token Ring) : pour découvrir la route la plus performante, le

bridge émet des trames spécifiques "route discovery". Les bridges intermédiaires

compatibles y insèrent des informations de routage. La première trame qui revient à

l'émetteur décrit la route la plus efficace, information qui sera ensuite insérée dans

chaque trame de données.

Les ponts permettent de séparer les trafics (segmentation) et de bloquer parasites et

collisions entre segments. Les trames de broadcast sont cependant diffusées sur tous les

segments. Les bridges sont transparents aux protocoles de niveau supérieur. Certains

bridges hybrides (BROUTER) utilisent des protocoles propriétaires permettant de partager

le trafic sur plusieurs lignes simultanément (load balancing).


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 53

3.

i Bridge transparent

Un bridge n'ayant pas d'adresse MAC propre visible sur le réseau (transparent), il doit mémoriser les

adresses de toutes les stations connectées. Sa mémoire doit être dimensionnée en conséquence. Les

bridges séparent les domaines de collision mais pas les domaines de broadcast — ce rôle appartient

aux routeurs.

Les routeurs travaillent au niveau 3 du modèle OSI (couche réseau) et s'occupent du

routage des unités de données (datagrammes IP). Ils permettent d'interconnecter des

réseaux de types différents. C'est l'outil le plus élaboré pour acheminer les données : le

routeur est quasiment un ordinateur à part entière, capable de décoder les trames jusqu'à

retrouver l'adresse IP de destination et de diriger l'information dans la bonne direction.

Dans une interconnexion de réseaux, chaque réseau ayant sa propre identité, la sécurité

est cruciale. Il va falloir filtrer en fonction de leurs provenances et destinations les

données entrantes et sortantes. Selon la complexité du réseau à protéger, la conception

de ces contrôles et leur maintenance sont plus ou moins difficiles.

a)

Le routage permet de déterminer où envoyer un datagramme.

Trois processus fondamentaux font partie d'un système de routage :

• La machine hôte doit savoir quand et comment communiquer avec un routeur

(passerelle par défaut).

• Le routeur doit être capable de déterminer un chemin d'accès vers le réseau

distant (table de routage, protocoles de routage).

• Le routeur du réseau de destination doit savoir se connecter à la machine hôte.

• Un protocole de routage effectue les tâches suivantes :

• Décrire le coût d'une route en fonction de la métrique (nombre de sauts, bande

passante, délai, fiabilité).

• Supporter plusieurs routes actives entre deux réseaux (load balancing, routes de

secours).

• Propager correctement les informations de routage entre routeurs.

• Réduire le trafic réseau lié au protocole de routage lui-même (convergence rapide).

• Gérer des fonctions de sécurité pour se prémunir des fausses annonces (route

poisoning, authentication MD5/SHA).

? Notes


b)

Les routeurs travaillent sur les adresses logiques IP. Ils communiquent entre eux et

peuvent échanger des informations avec d'autres périphériques ou des stations. Au fur et

à mesure que le nombre de réseaux s'accroît, la tâche du routeur devient plus complexe.

Les routeurs reliant des réseaux de différents types, la grande difficulté réside dans cette

dépendance aux protocoles. Des routeurs multi-protocoles ont vu le jour, pouvant

supporter dans une même machine une grande variété de protocoles. Les routeurs

modernes sont capables de router IP, MPLS, et divers protocoles de couche 2

encapsulés.

c)

On distingue le routage statique (tables configurées manuellement, simples mais sans

adaptation aux pannes) et le routage dynamique.

Deux grands algorithmes de routage dynamique :

d)

Distance Vector — RIP (Bellman-Ford) : basé sur le nombre de sauts (meilleure

route = minimum de « hop »). Chaque routeur connaît pour chaque destination le

nombre de sauts par l'échange d'informations avec ses voisins directs (RIP v1/v2,

EIGRP). Simple mais lent à converger et limité à 15 sauts (RIP).

Link State — OSPF : détermine la meilleure route en fonction du coût de la liaison

(bande passante, délai). Chaque routeur construit une carte complète de la

topologie du réseau (LSDB — Link State Database) par l'échange de LSA (Link State

Advertisement). Convergence rapide, pas de limite de sauts, supporte les

hiérarchies (zones OSPF). Protocole standard ouvert le plus utilisé dans les réseaux

d'entreprise.

BGP (Border Gateway Protocol) : protocole de routage inter-domaines utilisé sur

Internet pour l'échange de routes entre opérateurs (AS — Autonomous System). C'est

le protocole qui fait fonctionner Internet mondial.

Les algorithmes de routage IP utilisent sur chaque machine une table de routage Internet

(IP Routing Table). Cette table contient les informations relatives aux différentes

destinations possibles et la manière de les atteindre. À chaque fois que le logiciel IP d'une

passerelle ou d'une machine doit transmettre un datagramme, il consulte la table de

routage pour déterminer où l'envoyer.

Fig. 1 — Exemple de table de routage : un paquet à destination de B6 prend la sortie A3


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 55

Les tables de routage contiennent les adresses réseaux mais pas la totalité des adresses

IP, pour des raisons d'espace mémoire et de mise à jour. Si aucune route spécifique

n'apparaît dans la table pour une destination, les procédures de routage envoient le

datagramme à une passerelle par défaut (Default Gateway).

e)

f)

Routage centralisé : un nœud central reçoit les informations de tous les

composants du réseau et conçoit les tables de routage selon des algorithmes

déterminés. Ses critères peuvent être : le coût des liaisons, le débit demandé, le

délai de transit, le nombre de nœuds à traverser, la sécurité, l'occupation mémoire.

Simple à administrer mais point de défaillance unique (SPOF).

Routage distribué : chaque routeur calcule ses routes de manière autonome par

échange avec ses voisins. C'est le principe de RIP, OSPF, BGP. L'envoi

asynchrone des tables (dès qu'une variation significative est détectée) permet une

mise à jour en quasi-temps réel, au prix d'une charge supplémentaire sur le réseau

(paquets de contrôle).

Un routeur nécessite une table de routage stockée en RAM (DRAM/SRAM) pour la vitesse

d'accès et sur disque/flash pour la persistance.

Les caractéristiques techniques des routeurs varient selon les gammes :

Routeurs d'accès (PME/SOHO) : 1-4 interfaces WAN/LAN, débit 100 Mbps–1

Gbps, fonction NAT, pare-feu intégré, Wi-Fi optionnel.

Routeurs d'entreprise (edge) : 4-24 interfaces, débit 1–10 Gbps, support MPLS,

VPN IPsec/SSL, QoS avancée.

Routeurs cœur de réseau (core) : 10–400 Gbps par port, commutation matérielle

(ASICs/FPGAs), plusieurs Tbps de capacité de commutation totale. Exemples : Cisco

ASR 9000, Juniper PTX.

Routeurs virtuels et SD-WAN

La virtualisation des réseaux a donné naissance aux routeurs logiciels (vRouter) : des

instances logicielles pouvant tourner sur des serveurs standard (x86) ou dans le cloud. Le

SD-WAN (Software-Defined WAN) découple le plan de contrôle du plan de données,

permettant de gérer centralement les politiques de routage sur des liens WAN

hétérogènes (MPLS, 4G/5G, Internet). Les principales solutions SD-WAN sont Cisco

Viptela, VMware VeloCloud, Fortinet, Cato Networks.

? Notes


4.

Le terme passerelle est un terme générique qui désigne un équipement de niveau

supérieur ou égal à la couche 3. Il autorise l'interconnexion « intelligente » de réseaux

hétérogènes en convertissant les messages d'un format de réseau à un autre dans les

deux sens.

Selon le contexte, une passerelle peut désigner :

5.

Une passerelle de protocoles : convertit les protocoles entre deux réseaux de

nature différente (ex. passerelle SNA/IP pour interconnecter des mainframes IBM avec

des réseaux TCP/IP).

Une passerelle applicative (proxy) : opère au niveau 7, comprend le contenu des

échanges pour effectuer des traitements spécifiques (inspection, filtrage, cache,

translation).

Une passerelle VoIP (Voice over IP) : convertit les appels téléphoniques

classiques (RTC) en paquets IP et vice versa.

Une passerelle IoT : agrège les données de capteurs (protocoles Zigbee, Z-Wave,

LoRa) et les transmet vers Internet via IP.

Le hub (Host Unit Broadcast), aussi appelé concentrateur, est un petit appareil permettant

la connexion de plusieurs ordinateurs entre eux via des câbles Ethernet RJ-45. Les hubs

sont au centre des configurations en étoile et assurent l'interconnexion des différentes

branches.

Un hub peut être considéré comme un « prisme » électrique : tous les paquets émis sur

un segment ou appareil connecté à l'un des ports sont répercutés sur tous les autres

ports. Les hubs ne regardent pas le contenu des trames, ils se contentent de répéter

l'information. N'effectuant aucune analyse du contenu, ils travaillent au niveau 1 (physique)

du modèle OSI.

Conséquences pratiques : tous les ports d'un hub partagent le même domaine de

collision, la bande passante est partagée entre tous les équipements connectés et les

performances se dégradent rapidement avec le nombre d'utilisateurs.

⚠ Hubs — équipements obsolètes

Les hubs ont été entièrement remplacés par les commutateurs (switches) dans les réseaux

modernes. Il est désormais impossible d'acheter un hub 10/100 Mbps neuf pour usage professionnel.

Les hubs USB (qui partagent la bande passante USB) restent courants pour les périphériques, mais

leur principe est différent des hubs réseau.

? Notes


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 57

6.

La différence fondamentale avec le hub est que le commutateur sait quels ordinateurs

sont connectés sur chacun de ses ports. Ainsi, s'il reçoit une trame pour l'ordinateur X, il

ne l'envoie qu'à l'ordinateur X et pas aux autres. Il commute l'entrée des données vers la

sortie où se trouve l'ordinateur concerné.

Les commutateurs analysent le contenu de la trame, repèrent l'adresse MAC de

destination et envoient la trame vers le bon port. Cette table de correspondance MAC/port

est construite dynamiquement par auto-apprentissage (MAC address table ou CAM table).

Caractéristiques techniques des commutateurs :

• Fonctionnent aux niveaux 2 (L2 switch) ou 3 (L3 switch / switch routeur) du modèle

OSI.

• Chaque port constitue un domaine de collision distinct : plus de collision entre ports.

• Peuvent être autosensing 10/100/1000/10000 Mbps avec négociation automatique

duplex.

• Permettent de configurer des VLAN (Virtual LAN) pour segmenter logiquement le

réseau.

• Supportent l'agrégation de liens (LACP 802.3ad) pour augmenter la bande passante

ou assurer la redondance.

• Les commutateurs de niveau 3 peuvent router entre les VLAN sans passer par un

routeur externe (inter-VLAN routing), ce qui en fait des équipements polyvalents en

cœur de réseau d'entreprise.

Commutateurs modernes et SDN

Les commutateurs modernes supportent des capacités de commutation de plusieurs

centaines de Gbps à plusieurs Tbps (Tbps backplane). Le SDN (Software-Defined

Networking) découple le plan de contrôle du plan de données : le commutateur OpenFlow

devient un simple équipement de forwarding piloté par un contrôleur centralisé

(OpenDaylight, ONOS). Cette approche est massivement utilisée dans les datacenters

(spine-leaf architecture) et les réseaux des opérateurs cloud (hyperscalers).

7.

a)

En entreprise, l'architecture traditionnelle des réseaux s'organise en trois couches

hiérarchiques. La couche accès connecte directement les postes de travail, les

téléphones IP et les points d'accès Wi-Fi ; elle gère les VLANs, le PoE et les politiques de

sécurité par port. La couche distribution agrège les switchs d'accès d'un étage ou d'un

bâtiment, assure le routage inter-VLAN et applique les politiques de qualité de service. La

couche cœur de réseau (core) assure le transport à haute vitesse entre les blocs de

distribution et vers les datacenters ou les accès Internet, avec une priorité absolue

donnée à la disponibilité et aux performances.

? Notes


b)

Dans les datacenters et les infrastructures cloud privées, le modèle hiérarchique à trois

niveaux cède la place à l'architecture leaf-spine, mieux adaptée aux flux est-ouest (serveur

à serveur) qui dominent les charges de travail virtualisées et conteneurisées. Chaque

switch leaf (accès serveurs) est connecté à tous les switchs spine (cœur) sans exception,

ce qui garantit un chemin de deux sauts maximum entre deux serveurs quelconques et

supprime les goulots d'étranglement liés à l'agrégation verticale. Cette topologie facilite

également l'extension horizontale : ajouter de la capacité revient à raccorder un nouveau

leaf à tous les spines existants, sans restructurer l'ensemble du réseau.

L'interface sert à spécifier l'interconnexion entre le terminal (DTE — Data Terminal

Equipment) et le modem (DCE — Data Circuit-terminating Equipment), en ce qui

concerne les circuits (nombre, type et fonction), les signaux échangés (type et forme) et

les connecteurs utilisés.

Une jonction est définie par son interface de raccordement, les caractéristiques de la

jonction et le type de connecteur utilisé.

Une interface présente quatre types de caractéristiques :

1.

Mécaniques : type de connecteurs, nombre de broches (pins).

Électriques : niveaux de tension, impédances, modes de transmission

(symétrique/asymétrique).

Fonctionnelles : affectation des signaux aux broches (données, synchronisation,

contrôle, mise à la terre).

Procédurales : règles de fonctionnement de l'interface — comment les signaux

sont échangés entre l'émetteur et le récepteur.

Les connecteurs RJ (Registered Jack) sont des interfaces modulaires normalisées par la

FCC américaine, initialement pour la téléphonie, aujourd'hui omniprésents dans les

réseaux locaux.

a)

Le RJ-11 est le connecteur téléphonique standard, à 4 contacts (ou 6 contacts dans sa

variante RJ-12). Utilisé pour le raccordement des lignes téléphoniques analogiques et des

modems ADSL chez l'abonné.

Fig. 2 — Connecteur RJ-11 (brochage 4/6 contacts)


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 59

b)

Le RJ-45 est le connecteur réseau standard à 8 contacts, utilisé pour les câbles Ethernet

(10/100/1000BaseT). Les signaux sont les suivants pour une connexion Ethernet standard :

Fig. 3 — Connecteur RJ-45 (brochage 8 contacts)

Broche(s) Signal Rôle

1, 2 TX+ / TX− Émission (Transmit)

3, 6 RX+ / RX− Réception (Receive)

4, 5, 7, 8 Non utilisés

(masse)

En Ethernet 10/100 — utilisés pour PoE

et Gigabit

Pour l'ISDN BRI, le brochage RJ-45 diffère : broches 1/2 pour l'alimentation fantôme,

3/4/5/6 pour les signaux de transmission/réception, 7/8 pour la mise à la terre.

c)

Le câble croisé (crossover) relie les broches TX d'un côté aux broches RX de l'autre,

permettant de connecter directement deux équipements de même type (PC à PC, switch à

switch) sans hub ni switch intermédiaire. Boucle RJ-45 Ethernet : relier 1↔3 et 2↔6.

Aujourd'hui, les interfaces modernes supportent l'Auto-MDIX (MDI/MDI-X automatique),

rendant le câble croisé inutile.

Fig. 4 — Câble croisé Ethernet : croisement TX/RX


2.

L'interface RS-530 (EIA-530) est une interface série haute vitesse utilisant un connecteur

DB-25 à 25 broches, conçue pour remplacer RS-232 dans les applications nécessitant

des débits élevés (jusqu'à 2 Mbps). Elle utilise une signalisation différentielle (équilibrée)

selon EIA-422, compatible avec V.11. Elle permet des distances supérieures à RS-232

avec de meilleures performances en immunité aux perturbations.

Fig. 5 — Interface RS-530 : connecteur DB-25 et affectation des signaux

3.

L'interface X.21 est une norme ITU-T (CCITT) définissant l'interface entre un DTE et un

DCE pour la transmission synchrone sur réseaux à commutation de circuits numériques.

Elle utilise un connecteur DB-15 à 15 broches et une signalisation différentielle. X.21 est

notamment utilisée dans les réseaux PDH (E1/T1) et comme interface d'accès à certains

réseaux Frame Relay et ISDN.

Fig. 6 — Connecteur X.21 (DB-15, signalisation différentielle)

4.

G.703 est la recommandation ITU-T définissant les caractéristiques physiques et

électriques des interfaces numériques hiérarchiques (E0 à E4, T1 à T4). Elle spécifie les

niveaux de signal, les impédances et les connecteurs pour les liaisons numériques à 64

kbps (G.703/G.704 E0), 2,048 Mbps (E1), 8,448 Mbps (E2), jusqu'à 139 Mbps (E4).

Fig. 7 — Connecteurs G.703 (coaxial BNC et connecteur à paires)


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 61

5.

CCITT n° Pin DTE/DCE Désignation

G 8 — Signal ground (masse signaux)

T 2 / 9 DTE Tx Data (données émises)

R 4 / 11 DCE Rx Data (données reçues)

C 3 / 10 DTE Control (contrôle)

I 5 / 12 DCE Indication

S 6 / 13 DTE/DCE Signal element timing (horloge)

V.11 (équivalent EIA-422) est une norme ITU-T pour la transmission série synchrone à

haute vitesse (jusqu'à 10 Mbps) sur paires torsadées équilibrées. Elle définit les

caractéristiques électriques des circuits d'interface série numériques. V.11 est utilisée

dans de nombreuses interfaces WAN (X.21, G.703) et peut fonctionner en mode Tail

Circuit (connexion directe entre deux équipements sans modem interposé sur courte distance).

? Notes

Fig. 8 — Schéma de connexion V.11 en mode Tail Circuit


6.

V.24 est la recommandation ITU-T définissant les échanges entre DTE et DCE pour la

transmission série asynchrone ou synchrone, connue sous le nom RS-232 aux États-

Unis. V.24 spécifie les fonctions des circuits d'interface (données, contrôle,

synchronisation) sur un connecteur DB-25 ou DB-9. Elle supporte des débits jusqu'à 115

200 bps sur de courtes distances (< 15 m à pleine vitesse).

7.

Fig. 9 — Connecteurs V.24/RS-232 : DB-25 (a) et DB-9 (b)

i V.24/RS-232 — encore présent

V.24/RS-232 est considéré comme obsolète pour les réseaux haut débit mais reste très utilisé pour

l'administration des équipements réseau (port console des switches et routeurs Cisco, Juniper, etc.),

les systèmes industriels (automates, SCADA), les caisses enregistreuses et certains équipements

médicaux. Le port USB-to-RS232 est un accessoire courant.

V.35 est une norme ITU-T pour la transmission de données à haute vitesse (jusqu'à 2

Mbps et au-delà avec des extensions propriétaires) sur liaisons WAN. Elle utilise un

connecteur Winchester 34 broches (format bloc/boîtier). V.35 a été largement utilisée pour

connecter des routeurs aux équipements CSU/DSU (Channel Service Unit/Data Service

Unit) des liaisons T1/E1 et Frame Relay. La terminologie officielle CCITT V.35 est « Data

Transmission at 48 Kbps Using 60-108 kHz Group-Band Circuits ».

? Notes

Fig. 10 — Connecteurs V.35 (Winchester 34 broches — vue mâle et femelle)


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 63

8.

V.36 est une norme ITU-T pour la transmission synchrone à haute vitesse (48 kbps à 168

kbps) sur liaisons à large bande. Elle utilise un connecteur DB-37 à 37 broches et une

signalisation équilibrée (différentielle). V.36 est fonctionnellement similaire à V.35 mais

avec un connecteur différent, principalement utilisée dans les équipements télécoms

européens.

Fig. 11 — Connecteur V.36 (DB-37)

Les services numériques fixes (ou loués) sont des liaisons point à point entièrement

numériques, de bout en bout, sans conversion analogique. Ils ont remplacé les liaisons

analogiques louées dans les années 1980-1990 pour les connexions WAN des

entreprises.

1.

Le service standard numérique à 64 kbps a été baptisé E0 dans le secteur des

télécommunications européennes. Le modem analogique est remplacé par une NTU

(Network Terminating Unit) et le standard d'interface utilisé est X.21/V.11. Les données

restent en format numérique d'un bout à l'autre de la liaison, ce qui améliore la qualité et

réduit la latence.

2.

Lorsque la vitesse doit dépasser 64 kbps, une liaison E1 apporte la réponse. Ce type de

ligne fournit un service entièrement numérique à 2,048 Mbps (norme européenne). La

NTU est remplacée par un LTE (Line Termination Equipment) et l'interface avec l'unité du

client est conforme au standard G.703.

Il existe deux types de liaisons E1 :

Liaison non structurée : la bande passante totale de 2,048 Mbps est offerte

comme un service transparent (un seul canal de données).

Liaison structurée : la liaison est pré-divisée en 32 intervalles de temps (Time

Slots) de 64 kbps. 30 canaux sont disponibles pour les données, 1 pour la

synchronisation de trame (TS0) et 1 pour la signalisation (TS16).

? Notes


3.

Normes

Européennes (PDH)

Débit

Normes

Américaines

Débit

E0 64 kbps (1

canal DS0)

DS0

64 kbps

E1

2,048 Mbps

(30 canaux B)

T1 1,544 Mbps (24

canaux)

E2

8,448 Mbps

(4×E1)

T2

6,312 Mbps

E3

34,368 Mbps

(4×E2)

T3

44,736 Mbps

E4 139,264

Mbps (4×E3)

T4

274,760 Mbps

i E1 dans les réseaux modernes

L'accès E1 (2 Mbps) a été la liaison WAN de référence des entreprises de 1990 à 2010. Il est

aujourd'hui largement remplacé par les accès Ethernet (10/100/1000 Mbps sur fibre optique) et les

connexions Internet haut débit (VDSL2, FTTH). Les liaisons E1 subsistent dans certains réseaux de

signalisation téléphonique (SS7, ISDN PRI) et dans les pays en développement où les fibres ne sont

pas encore déployées.

Le média physique est le support sur lequel circulent les informations. Il peut s'agir d'un

câble (média relié) ou d'une transmission sans fil (média non relié). Le choix du média

physique conditionne le débit maximal, la distance couverte, la sensibilité aux

interférences et le coût d'installation.

Médias reliés (guidés)

Paire torsadée (UTP/STP/FTP)

Câble coaxial (10Base5, CATV)

Fibre optique (MMF, SMF)

Câble CPL (courant porteur de ligne)

Médias non reliés (non guidés)

Wi-Fi (802.11a/b/g/n/ac/ax/be)

Laser / infrarouge (FSO)

Micro-ondes terrestres et satellitaires

Radio cellulaire (4G/5G)

Les médias physiques sont évalués selon : la bande passante disponible, la distance

maximale avant régénération du signal, la résistance aux interférences

électromagnétiques (EMI/RFI), la facilité d'installation et le coût.


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 65

1.

La fibre optique représente l'une des plus grandes avancées technologiques en matière

de câblage. Elle transporte la lumière dont la source est soit un laser, soit une DEL (Diode

ÉLectroluminescente, LED). Elle est insensible aux perturbations électromagnétiques et

offre une immunité totale aux écoutes passives.

a)

La fibre optique est constituée de trois éléments concentriques :

• Le cœur (core) : partie centrale de la fibre servant à la propagation des rayons

lumineux. Composé de verre (silice) ou de plastique hautement raffiné.

• La gaine optique (cladding) : entoure le cœur d'un matériau dont l'indice de

réfraction est inférieur à celui du cœur. Cette différence d'indice confine la

propagation des rayons par réflexion totale interne.

• Le revêtement de protection (coating/buffer) : couche extérieure protégeant la

gaine optique des dégradations physiques (chocs, humidité, écrasement).

Fig. 12 — Structure d'une fibre optique (cœur, gaine, revêtement)

Un câble optique peut transférer jusqu'à plusieurs centaines de Gbps sur des distances

dépassant plusieurs kilomètres — ce qu'aucun câble en cuivre ne permet. Aujourd'hui,

c'est la solution de référence pour les grandes distances et les gros débits. Les fibres

optiques varient de 2 à 864 brins dans un même câble (un brin par sens de transmission,

par convention).

i Avantages de la fibre optique

Débit très élevé (de 1 Gbps à plusieurs Tbps/fibre avec DWDM), insensibilité totale aux perturbations

électromagnétiques, immunité aux écoutes clandestines (se ponter sur une fibre coupe

physiquement la connexion), légèreté et faible encombrement, faible atténuation sur de longues

distances. Rayon de courbure minimum à respecter lors de l'installation (~ 10× le diamètre du câble).

? Notes


b)

Fibre multimode (MMF — Multimode Fiber) : les rayons de lumière suivent

plusieurs chemins (modes) dans le cœur, ce qui génère une dispersion modale

limitant la distance et le débit. Utilisée pour de courtes distances (LAN, datacenter).

Émetteur : LED (850 nm) ou laser VCSEL (850 nm). Dimensions normalisées : cœur

50 µm / gaine 125 µm (ou 62,5/125 µm). Performances : de 1 Gbps/km (OM1) à 100

Gbps/100 m (OM5). On distingue les fibres à saut d'indice et celles à gradient

d'indice (onde sinusoïdale, meilleures performances).

Fig. 13 — Propagation dans une fibre multimode (gradient d'indice et saut d'indice)

Fibre monomode (SMF — Single-Mode Fiber) : les rayons suivent un seul

chemin (mode fondamental) dans un cœur très étroit (5 à 10 µm / gaine 125 µm).

L'émetteur est un laser (1 310 nm ou 1 550 nm) offrant un signal très précis.

Performances : > 100 Gbps/km, utilisable sur des dizaines à centaines de

kilomètres. La dispersion chromatique (différentes longueurs d'onde se propagent à

vitesses légèrement différentes) est le principal facteur limitant, corrigé par des

compensateurs de dispersion ou des fibres DSF (Dispersion Shifted Fiber).

Fig. 14 — Propagation dans une fibre monomode (mode unique, faible dispersion)

Caractéristique Multimode (MMF) Monomode (SMF)

Diamètre du cœur 50 ou 62,5 µm 8–10 µm

Source lumineuse LED / VCSEL (850 nm) Laser (1 310 / 1 550 nm)

Distance max. ~ 550 m (OM4, 10 Gbps) Plusieurs dizaines de km

Débit max. 100 Gbps / 100 m (OM5) Tbps avec DWDM

Coût des émetteurs Faible (VCSEL) Plus élevé (laser FP/DFB)

Usage typique LAN, datacenter WAN, backbone, FTTH

? Notes


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 67

c)

Trois types d'émetteurs sont utilisés selon les applications :

LED (Light Emitting Diode) : émettent dans l'infrarouge à 850 nm. Utilisées avec

les fibres multimodes courte distance. Faible coût, longue durée de vie, modulation

lente.

Diodes laser infrarouge : émettent à 1 300 nm. Performances intermédiaires,

utilisées pour des distances moyennes.

Lasers DFB/FP : longueur d'onde de 1 310 nm ou 1 550 nm. Utilisés avec les

fibres monomodes longue distance et les systèmes DWDM. Largeur spectrale très

fine, nécessaire pour le multiplexage dense en longueur d'onde.

Fig. 15-16 — Émetteurs optiques : LED (850 nm) et laser (1 310/1 550 nm)

d)

Il existe de nombreux types de connecteurs fibre optique. Chaque connecteur comprend

une ferrule (cylindre de précision en céramique ou métal) qui maintient et aligne la fibre.

Les connecteurs les plus utilisés :

Fig. 17a-17b — Connecteurs ST (à baïonnette, gauche) et SC (push-pull, droite)

? Notes

Fig. 17c — Connecteur MIC double (utilisé dans les réseaux FDDI)


Connecteur Fixation Usage typique

ST (Straight Tip) Baïonnette (twist-lock) Réseaux LAN multimode

SC (Subscriber Connector) Push-pull (clip) FTTH, LAN, WAN — le

plus répandu

LC (Lucent Connector) Push-pull petit format SFP transceiver,

datacenters

FC (Ferrule Connector) Vissé Instruments de mesure,

télécoms

MIC (Media Interface

Connector)

Double, clip

FDDI (obsolète)

e)

SMA Vissé Applications militaires,

instruments

FCPC Vissé avec polissage PC Fibres monomodes

Le type de polissage de la terminaison optique (ferrule) détermine la qualité de la

connexion et les pertes d'insertion :

f)

• PC (Physical Contact) : la terminaison est polie pour obtenir une surface

convexe légèrement bombée. Atténuation de réflexion : −40 dB.

• UPC (Ultra Physical Contact) : convexité plus accentuée que PC, meilleure

qualité. Atténuation de réflexion : −50 dB. Connecteur bleu.

• APC (Angled Physical Contact) : polie en forme convexe et inclinée de 8

degrés, réduisant les réflexions parasites. Atténuation de réflexion : −60 dB.

Connecteur vert. Utilisé en FTTH multi-abonnés (GPON) et en systèmes CATV.

C'est le type de polissage le plus recommandé pour les liaisons longue distance.

• Couplage mécanique : deux connecteurs mis bout à bout au moyen d'une pièce

d'adaptation (accoupleur/adaptateur) de précision. Connexion démontable.

• Splice mécanique : raccordement permanent par pincement mécanique. Utilisé

pour les réparations suite à rupture. Perte d'insertion : ~0,5 dB.

• Fusion (soudure) : fusion des deux fibres au moyen d'un arc électrique

(fusionneuse). Solution la plus fiable et la moins pertuante. Perte d'insertion : <

0,1 dB. Utilisée pour les déploiements FTTH et les backbones.

? Notes


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 69

2.

Dans le cas le plus simple, une paire de fils permet de transporter le signal. Le courant

électrique génère un courant induit dans les liaisons voisines (diaphonie — crosstalk), qui

interfère avec le signal et réduit son efficacité. La torsade des paires annule ces

interférences : les courants induits dans chaque demi-tour s'annulent mutuellement.

Fig. 18 — Câble UTP 4 paires torsadées (structure et torsion des paires)

Le câble à paires torsadées existe sous trois formes principales :

a)

UTP (Unshielded Twisted Pair — paire non blindée) : quatre paires de fils

regroupés dans une gaine PVC. Le plus courant, le moins cher et le plus facile à

installer. Sensible aux interférences électromagnétiques externes.

FTP (Foiled Twisted Pair) : un blindage global aluminium entoure les 4 paires.

Protection contre les interférences électromagnétiques (EMI) sans blindage

individuel des paires.

STP (Shielded Twisted Pair) : chaque paire est blindée individuellement, puis

l'ensemble est blindé. Protection maximale contre EMI et diaphonie. Câble plus

rigide et plus lourd. Utilisé dans les environnements industriels ou très perturbés.

Catégorie Bande

passante

Débit max.

Usage typique

Cat 3 16 MHz 10 Mbps Téléphonie, Ethernet 10BaseT

Cat 5 100 MHz 100 Mbps Fast Ethernet 100BaseTX

Cat 5e 100 MHz 1 Gbps Gigabit Ethernet 1000BaseT

Cat 6 250 MHz 1 Gbps (10 Gbps < 55

m)

Gigabit, câblage structuré

Cat 6A 500 MHz 10 Gbps / 100 m 10GBaseT, bureaux modernes

Cat 7 600 MHz 10 Gbps Centres de données

Cat 8 2 000 MHz 25–40 Gbps / 30 m Serveurs, DataCenter ToR

? Notes


? Choix du câblage structuré

Pour un câblage structuré neuf en 2025, la catégorie minimale recommandée est la Cat 6A, qui

supporte le 10 Gigabit Ethernet sur 100 m et le PoE++ (90 W). La Cat 6A est obligatoire dans les

installations Wi-Fi 6/6E pour ne pas créer de goulot d'étranglement sur le câble d'alimentation du

point d'accès.

L'une des principales qualités des communications de données est la possibilité d'établir

plusieurs communications simultanées sur le même support physique. Cette technique

s'appelle le multiplexage. Elle permet d'optimiser l'utilisation de la bande passante

disponible, ce qui est crucial pour les liaisons longue distance coûteuses.

On distingue principalement deux types de multiplexage :

1.

a)

Fig. 20 — Multiplexage TDM : chaque canal occupe un intervalle de temps fixe

Le TDM synchrone (STDM) divise la bande passante disponible en un nombre fixe

d'intervalles de temps (IT — Time Slots). Un intervalle de temps est alloué à chaque canal,

qui peut l'utiliser exclusivement. Un IT de synchronisation est ajouté pour que le récepteur

identifie le début de la trame. Si un canal n'a pas de données à transmettre, son IT reste

vide (perte de bande passante). C'est le principe utilisé dans les réseaux E1/T1 (30 ou 24

canaux de 64 kbps) et SDH/SONET.

b)

Le TDM statistique (ATDM) n'alloue des intervalles de temps qu'aux canaux ayant des

données à transmettre. Comme toutes les unités ne souhaitent pas communiquer en

même temps, la bande passante disponible est partagée de manière dynamique. Les

données sont rassemblées en mémoire tampon puis regroupées dans des paquets avec

en-tête contenant l'adresse de destination. Si un seul canal transmet, il peut s'approprier

toute la bande passante.

Avantage majeur : meilleure utilisation de la bande passante disponible. Inconvénient :

quand les mémoires tampons sont pleines, les règles de contrôle de flux arrêtent la

transmission. Le délai variable (jitter) introduit par le stockage/retransmission (store-andforward)

rend ce procédé inadapté au trafic isochrone (voix, vidéo temps réel).


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 71

2.

Fig. 19 — Multiplexage WDM : plusieurs longueurs d'onde sur la même fibre

Le WDM (Wavelength Division Multiplexing) est né de l'idée d'injecter simultanément dans

la même fibre optique plusieurs trains de signaux numériques, chacun à une longueur

d'onde distincte. Chaque longueur d'onde constitue un canal optique indépendant ; les

signaux ne s'interfèrent pas entre eux.

WDM (2–8 canaux) : première génération, espacement large entre canaux (20

nm). 2 à 8 canaux optiques.

CWDM (Coarse WDM, 18 canaux) : espacement de 20 nm, bandes 1 270 à 1 610

nm. Émetteurs non refroidis, faible coût. Utilisé dans les métros et LAN longue

distance.

DWDM (Dense WDM) : espacement très fin entre canaux (0,8 nm = 100 GHz, voire

0,4 nm = 50 GHz). 40, 80 voire 160 canaux optiques sur la même fibre. Débit total :

jusqu'à 3 200 Gbps (80 canaux × 40 Gbps) et au-delà avec des canaux à 100/400

Gbps. C'est la technologie de transport utilisée dans tous les backbones opérateurs

et câbles sous-marins.

Fig. 21 — Architecture DWDM : multiplexeur/démultiplexeur et amplificateurs EDFA

DWDM et amplificateurs EDFA

Dans les réseaux DWDM longue distance, les amplificateurs EDFA (Erbium Doped Fiber

Amplifier) régénèrent tous les canaux optiques simultanément sans conversion

optique/électrique/optique. Les systèmes modernes DWDM cohérents (100G, 400G,

800G) utilisent des formats de modulation avancés (DP-QPSK, DP-16QAM) et des

algorithmes DSP pour compenser la dispersion chromatique et la dispersion des modes

de polarisation.

? Notes


3.

L'OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing) est une technique de modulation

multi-porteuses qui divise la bande passante en un grand nombre de sous-canaux étroits

(sous-porteuses) transmis en parallèle. Les sous-porteuses sont orthogonales entre elles,

éliminant les interférences inter-porteuses.

L'OFDM est la technique de modulation utilisée dans : ADSL/VDSL2 (DMT — Discrete

Multi-Tone, variante OFDM), Wi-Fi (802.11a/g/n/ac/ax), LTE/4G, 5G NR (pour les bandes

sub-6 GHz), DVB-T/T2 (télévision numérique terrestre).

Toute information traitée par un ordinateur ou transitant sur un réseau est représentée

sous forme binaire. La compréhension de la numération binaire est fondamentale pour

comprendre l'adressage IP, les masques de sous-réseau, et les protocoles réseau.

1.

Le système binaire utilise uniquement deux chiffres : 0 et 1. Ces chiffres peuvent être

représentés en électronique par deux états : absence de tension (0) et présence de

tension (1), ou par des impulsions lumineuses (0 = pas de lumière, 1 = lumière). La lecture

d'un nombre binaire s'effectue de la droite vers la gauche (bit de poids faible à droite).

Chaque position dans un nombre binaire représente une puissance de 2. Pour convertir

un nombre décimal en binaire, on identifie les puissances de 2 dont la somme donne le

nombre désiré :

2⁷ = 128 2⁶ = 64 2⁵ = 32 2⁴ = 16 2³ = 8 2² = 4 2¹ = 2 2⁰ = 1

1 1 0 0 0 0 0 0

Exemple : 192 = 128 + 64 = 11000000 en binaire

? Conversions décimal ↔ binaire

192 = 128+64 → 11000000 | 255 = 128+64+32+16+8+4+2+1 → 11111111 | 10 = 8+2 → 00001010 |

172 = 128+32+8+4 → 10101100. Ces valeurs sont fondamentales en réseau : 192.168.0.0 est le

préfixe des réseaux privés de classe C, 255.255.255.0 est le masque /24, et 10.0.0.0 est le préfixe des

réseaux privés de classe A.

? Notes


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 73

2.

Un bit (Binary Digit) est une information élémentaire pouvant prendre deux valeurs : 0 ou

1. C'est l'unité fondamentale de l'information numérique. Le débit réseau est mesuré en

bits par seconde (bps, kbps, Mbps, Gbps, Tbps).

C'est grâce à des séries de bits que l'on arrive à coder des informations. Plus le nombre

de bits est important, plus le nombre d'informations codables est grand : n bits permettent

de coder 2ⁿ valeurs différentes.

Largeur bus / encodage

Nombre de valeurs Application

8 bits 2⁸ = 256 ASCII étendu, octet, IPv4 (chaque

octet d'adresse)

16 bits 2¹⁶ = 65 536 Unicode BMP, numéros de port

TCP/UDP (0-65 535)

32 bits 2³² = 4,29 milliards Adresses IPv4, entiers 32 bits

48 bits 2⁴⁸ = 281 billions Adresses MAC Ethernet

64 bits 2⁶⁴ = 18,4 × 10¹⁸ Entiers 64 bits, CPU modernes

128 bits 2¹²⁸ = 3,4 × 10³⁸ Adresses IPv6

3.

Un octet (byte) est un groupe de 8 bits pouvant coder 2⁸ = 256 valeurs différentes (de 0 à

255). En informatique, l'octet est l'unité de base de la mémoire et du stockage. Attention à

la confusion fréquente : les débits réseau sont en bits/s (b minuscule), les tailles de fichiers

en octets (o majuscule ou B pour byte).

? Encodage ASCII

Le code ASCII (American Standard Code for Information Interchange) encode les caractères sur 7 bits

(128 caractères), étendu à 8 bits pour les caractères accentués. A = 65 décimal = 01000001 binaire. B

= 66 décimal = 01000010 binaire. Les protocoles réseau utilisent l'ASCII ou son successeur Unicode

(UTF-8) pour encoder les informations textuelles (noms de domaine DNS, en-têtes HTTP, etc.).

? Notes


4.

En réseau, on utilise fréquemment la représentation hexadécimale (base 16, chiffres 0-9 et

A-F) car elle permet de représenter un groupe de 4 bits (un nibble) par un seul caractère,

et un octet par deux caractères hexadécimaux. C'est le format des adresses MAC (6

octets : AA:BB:CC:DD:EE:FF) et des adresses IPv6 (16 octets :

2001:0db8:85a3:0000:0000:8a2e:0370:7334).

Les ports de communication sont des identifiants numériques (0 à 65 535) utilisés par les

protocoles TCP et UDP pour distinguer les différents services sur un même hôte.

Les ports sont divisés en trois catégories par l'IANA :

1.

Ports bien connus (Well-Known Ports) : 0–1 023, réservés aux services

standards (HTTP, FTP, SSH…).

Ports enregistrés (Registered Ports) : 1 024–49 151, utilisés par des applications

spécifiques.

Ports dynamiques/privés (Ephemeral Ports) : 49 152–65 535, utilisés pour les

connexions sortantes.

Port TCP Service Description

20 / 21 FTP (File Transfer Protocol) Transfert de fichiers (données / contrôle)

22 SSH (Secure Shell) Accès distant sécurisé, tunneling, SFTP

23 Telnet Accès distant non chiffré — ⚠ obsolète,

remplacé par SSH

25 SMTP Envoi de courrier électronique (serveur

sortant)

53 DNS Résolution de noms de domaine (aussi UDP

53)

67 / 68 DHCP Attribution automatique d'adresses IP

80 HTTP Navigation Web non chiffrée

110 POP3 Réception de courrier électronique

(téléchargement)

119 NNTP Groupes de news (obsolète pour la plupart

des usages)


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 75

143 / 220 IMAP 3 / IMAP 4 Accès courrier avec synchronisation serveur

443 HTTPS Navigation Web chiffrée (TLS)

445 SMB/CIFS Partage de fichiers Windows (NetBIOS over

IP)

465 / 587 SMTPS / SMTP

Submission

Envoi de courrier chiffré (SSL/STARTTLS)

2.

993 / 995 IMAPS / POP3S Courrier entrant chiffré

3389 RDP Bureau à distance Windows

8080 HTTP alternatif / Proxy Port alternatif HTTP, proxy web

Port UDP Service Description

53 DNS Requêtes DNS (résolution de noms — aussi TCP pour les

transferts de zone)

67 / 68 DHCP Attribution automatique d'adresses IP

69 TFTP Transfert de fichiers simplifié (firmware, configuration)

123 NTP Synchronisation de l'heure réseau

161 / 162 SNMP Supervision réseau (requêtes / traps)

500 / 4500 IKE / IKEv2 Échange de clés pour IPsec/VPN

1194 OpenVPN VPN open source (aussi TCP)

i NetBIOS — ports à sécuriser

Les ports UDP/TCP 137 (NetBIOS Name Service), 138 (NetBIOS Datagram) et 139 (NetBIOS Session)

sont utilisés pour le partage de ressources Windows. Ces ports ne doivent jamais être exposés sur

Internet : ils permettraient à des attaquants d'énumérer les ressources partagées, les utilisateurs et

d'établir des sessions non autorisées. En interne, SMB 445 a remplacé NetBIOS 139 depuis Windows

2000.

? Notes


3.

Un VPN (Virtual Private Network — Réseau Privé Virtuel ou RPV) permet d'établir un tunnel

de communication sécurisé et chiffré entre deux points géographiquement éloignés en

passant par un réseau public (Internet). Le tunnel VPN garantit la confidentialité

(chiffrement), l'intégrité (HMAC) et l'authentification des données.

Le VPN va fournir une adresse du réseau local à un PC connecté depuis Internet. Celui-ci

s'intègre alors automatiquement dans le réseau comme s'il était physiquement présent.

Le chiffrement empêche toute forme d'interception des données en transit.

a)

b)

IPsec (IP Security) : suite de protocoles cryptographiques opérant au niveau 3.

Deux modes : transport (chiffre uniquement la charge utile) et tunnel (chiffre

l'intégralité du paquet IP original, encapsulé dans un nouveau paquet). Utilisé pour les

VPN site-à-site et les accès distants. Protocoles associés : IKE/IKEv2 pour

l'échange de clés.

SSL/TLS VPN (HTTPS VPN) : utilise le protocole TLS opérant au niveau 7. Ne

nécessite qu'un navigateur ou un client léger. Plus facile à déployer que IPsec

(passe les pare-feux NAT). Exemples : Cisco AnyConnect, OpenVPN, WireGuard

(protocole moderne utilisant ChaCha20/Poly1305).

L2TP/IPsec : L2TP (Layer 2 Tunneling Protocol) encapsule les connexions PPP

dans un tunnel IP, combiné avec IPsec pour le chiffrement. Standard natif dans

Windows, macOS, iOS, Android.

PPTP : protocole propriétaire Microsoft, chiffrement RC4 considéré comme faible.

Obsolète et déconseillé.

WireGuard : protocole VPN moderne (2019), très simple (< 4 000 lignes de code),

utilise des algorithmes cryptographiques modernes (ChaCha20, Poly1305,

Curve25519, BLAKE2). Performances supérieures à IPsec et OpenVPN. Intégré au

noyau Linux depuis 5.6.

VPN site-à-site (LAN-to-LAN) : relie deux réseaux fixes de manière permanente.

Remplace les lignes louées coûteuses. Déployé sur des routeurs ou pare-feux aux

deux extrémités.

VPN accès distant (Remote Access VPN) : permet à un utilisateur mobile de se

connecter au réseau de l'entreprise depuis Internet. Client VPN logiciel installé sur

le PC/smartphone.

VPN MPLS (opérateur) : le service VPN est fourni par l'opérateur au niveau du

réseau MPLS. Le client ne gère pas le chiffrement (confiance dans l'opérateur).

Équivalent des anciennes lignes louées mais partageant l'infrastructure MPLS.

SSL VPN (clientless) : accessible via un simple navigateur web, sans client installé.

Limité aux applications web et applications publiées.

? Notes


III. ÉQUIPEMENT DU RÉSEAU 77

c)

• Un logiciel client VPN sur la machine distante (client natif OS ou logiciel dédié).

• Un équipement VPN (concentrateur, pare-feu avec fonction VPN) côté réseau

d'entreprise.

• Une adresse IP publique fixe (ou un service DDNS) pour joindre le VPN depuis

Internet.

VPN et architecture Zero Trust

L'architecture Zero Trust (ZTNA — Zero Trust Network Access) évolue au-delà du VPN

traditionnel : au lieu d'accorder un accès complet au réseau une fois connecté, ZTNA

applique une politique d'accès granulaire à chaque application ou ressource, avec

vérification continue de l'identité et de la posture de sécurité du terminal. Les solutions

SASE (Secure Access Service Edge) combinent SD-WAN et ZTNA dans un service cloud

unifié (Zscaler, Cloudflare Access, Palo Alto Prisma).

? Notes



IV – INTERNET 79

IV. INTERNET

Internet (INTERconnection of NETwork) est un regroupement de réseaux formé de milliers

d'ordinateurs de conceptions et d'architectures hétérogènes. C'est le plus grand réseau

d'informations dans le monde. Les ordinateurs sont reliés entre eux par une multitude de

médias. Ainsi, lorsqu'une information part d'un serveur web pour arriver sur votre

ordinateur, elle traverse souvent plus d'une dizaine d'autres ordinateurs. Si l'un de ces

ordinateurs tombe en panne, l'information parvient quand même au destinataire dans la

plupart des cas car elle empruntera un autre chemin grâce au maillage d'Internet.

Fig. 1 — Structure maillée d'Internet : la redondance assure la résilience

Il est ainsi possible de faire cohabiter au sein d'un même Internet des réseaux utilisant

des techniques aussi diverses qu'Ethernet, FDDI, ATM, Wi-Fi ou 5G. Le seul point

commun exigé aux réseaux composant Internet est un ensemble de protocoles de

communication identique. Cette suite de protocoles TCP/IP (regroupant IP, UDP, TCP,

HTTP, DNS, etc.) est de loin la plus connue et la plus utilisée. Du point de vue de

l'utilisateur, Internet apparaît comme un simple réseau unique, transparent dans sa

complexité.

i Dégroupage et boucle locale

Le dégroupage est la possibilité, pour les opérateurs alternatifs, d'accéder à la boucle locale du

réseau de l'opérateur historique (Orange en France). L'accès se fait au répartiteur (NRA — Nœud de

Raccordement des Abonnés) en connectant les lignes d'abonnés dégroupés à l'équipement de

l'opérateur alternatif. Le dégroupage de la sous-boucle permet d'effectuer cette opération au niveau

du sous-répartiteur, plus proche de l'abonné, ce qui raccourcit la paire cuivrée et améliore les débits

VDSL2.

? Notes


Fig. 2 — Chronologie des événements marquants de l'évolution d'Internet

1.

1959–1969 — Programme militaire américain ARPA (Advanced Research Projects Agency).

Les militaires utiliseront ensuite un réseau distinct MILNET, tandis que les universités et

administrations se connecteront à ARPANET.

1973 — Apparition du protocole FTP (File Transfer Protocol) permettant le transfert de

fichiers entre machines distantes.

1975 — Première version officielle du protocole TCP/IP (Transmission Control Protocol /

Internet Protocol).

1978 — ARPANET passe du stade expérimental au stade opérationnel. La gestion est

confiée à la DCA (Defense Communications Agency), aujourd'hui DISA.

1983 — TCP/IP adopté comme standard militaire (MIL STD). Implémentation de TCP/IP

sur UNIX par BBN à la demande de DARPA — origine de la suprématie TCP/IP dans le

monde Unix.

1986 — Création de NSFNET (National Science Foundation Network), réseau fédérateur

d'Internet aux États-Unis jusqu'en 1995.

1990 — Disparition d'ARPANET, intégré au réseau de la NSF. Création du WWW par Tim

Berners-Lee au CERN (Genève).


IV – INTERNET 81

1991 — Création de RENATER (Réseau National de télécommunications pour la

Technologie, l'Enseignement et la Recherche), réseau français inter-universitaire.

1992 — Naissance de l'Internet Society (ISOC) et de l'IAB (Internet Architecture Board),

chargés de normaliser les protocoles Internet.

1993 — Formalisation par l'administration Clinton de la NII (National Information

Infrastructure) — politique des Autoroutes de l'information, initiée par Al Gore.

1994 — Explosion du World Wide Web : généralisation de HTML, des URL (Uniform Resource

Locator) et de HTTP. Création du W3C (World Wide Web Consortium) par Tim Berners-Lee.

1998 — Création de l'ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) pour

superviser l'administration des noms de domaine.

2005 — Le terme Web 2.0 est formalisé par Tim O'Reilly. Lancement de YouTube

(racheté par Google). Premiers mashups (Google Maps API).

2009 — Naissance du Bitcoin, première cryptomonnaie basée sur la technologie blockchain.

2010 — Émergence de HTML5, qui transforme les pages web en véritables applications

et fait du navigateur le logiciel universel.

2014 — Le milliard de sites web est dépassé.

2018 — Entrée en vigueur du RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) à

l'échelle européenne.

2019 — Plus de 4 milliards d'utilisateurs Internet dans le monde.

2023+ — Explosion de l'IA générative (ChatGPT, Gemini, Claude). Généralisation du cloud

computing, l'edge computing et la 5G. Internet représente plus de 5 milliards d'utilisateurs.

2.

Fig. 4 — Croissance du nombre d'utilisateurs Internet (1984–2019)


Année

Utilisateurs approx.

1984 ~1 000

1987 ~28 000

1990 ~130 000

1992 ~1 000 000

2009 ~1 milliard

2011 ~2 milliards

2019 >4 milliards

2025 >5,5 milliards

Fig. 3 — Évolution du Web : Web 1.0 statique → Web 4.0 intelligent


IV – INTERNET 83

Le terme « Web x.0 » désigne les évolutions successives du World Wide Web, non pas

dans ses protocoles techniques (HTTP/HTML restent la base), mais dans ses usages, ses

modèles économiques et ses capacités.

Le web repose sur trois dimensions complémentaires :

1.

• Technologique : convergence de technologies (Ajax, APIs, HTML5,

WebAssembly) permettant des applications web riches directement dans le

navigateur.

• Social : émergence du contenu généré par les utilisateurs (UGC — User

Generated Content), des commentaires, partages et réseaux sociaux.

• Économique : Internet est devenu une plateforme économique à part entière (ecommerce,

SaaS, API economy, plateformes).

Pages HTML statiques publiées par des organisations ou experts, lecture seule pour les

visiteurs. Navigation hypertexte simple. Services : email, FTP, forums Usenet, pages

personnelles. Le contenu est produit par quelques-uns et consommé par tous.

2.

Révolution des usages avec l'apparition des outils participatifs.

Le Web 2.0 est caractérisé par :

Blogs : sites web composés de billets (posts) classés par date, faciles à publier,

permettant l'interaction avec les lecteurs (commentaires).

Wikis : systèmes de gestion de contenu collaboratif où les pages sont modifiables

par les visiteurs autorisés. Exemple emblématique : Wikipédia (2001).

Réseaux sociaux : Meta (Facebook, 2004), YouTube (2005), Twitter/X (2006),

Instagram (2010), TikTok (2016). En 2020 : Facebook 2,5 milliards, YouTube 2

milliards, WhatsApp 2 milliards, Instagram 1 milliard d'utilisateurs.

Mashups et APIs ouvertes : agrégation de services tiers via des APIs (Google

Maps, Stripe, Twilio). Le contenu provenant de plusieurs sources est combiné pour

créer de nouveaux services.

Fils RSS : diffusion automatique des mises à jour au format XML, permettant la

syndication de contenu.

i Cloud computing et Web 2.0

Une révolution du Web 2.0 est que l'ensemble des services sont disponibles en ligne (cloud

computing). La production s'effectue directement en ligne : plus rien n'est stocké localement, tout

est produit, stocké, partagé et échangé sur Internet. Les moteurs de recherche et les systèmes de

tags collaboratifs permettent de retrouver l'information dans cette masse.

? Notes


3.

Le Web 3.0 est caractérisé par la structuration de la masse d'informations disponibles.

Deux dimensions principales :

4.

Web sémantique : structuration des données pour les rendre compréhensibles par

les machines (ontologies, RDF, SPARQL, schema.org). Objectif : que les moteurs de

recherche comprennent le sens des pages, pas seulement les mots-clés.

Web décentralisé (blockchain) : applications décentralisées (dApps) fonctionnant

sur des blockchains (Ethereum). Cryptomonnaies (Bitcoin, Ether), NFT, DeFi (finance

décentralisée). L'objectif est de supprimer les intermédiaires centralisés.

Le Web 4.0 est intelligent : il utilise les données recueillies pour étudier et influencer les

comportements des utilisateurs grâce à l'intelligence artificielle. Les algorithmes de

recommandation (YouTube, Netflix, TikTok), les assistants conversationnels (GPT, Claude,

Gemini), la personnalisation en temps réel, et la réalité augmentée/virtuelle (Métavers, AR)

rendent encore plus diffuse la frontière entre le virtuel et le réel.

L'IA générative et l'évolution du Web

Depuis 2022, l'IA générative (grands modèles de langage — LLM) a profondément modifié

les usages d'Internet : recherche assistée par IA (Copilot, Perplexity), génération de code

(GitHub Copilot), création de contenu (images, vidéos, textes). Cette évolution remet en

question les modèles économiques basés sur la publicité ciblée et le référencement (SEO)

traditionnels.

La technologie d'accès conditionne le débit disponible, la latence et la fiabilité de la

connexion Internet. Le choix dépend principalement de la localisation géographique et de

l'infrastructure disponible.

1.

L'ADSL (Asymmetric Digital Subscriber Line) a été la technologie d'accès haut débit

dominante en France de 2000 à 2015. Elle utilise la paire de cuivre téléphonique existante

(boucle locale) pour transporter les données à haut débit, en exploitant la bande de

fréquences supérieure à celle utilisée par la voix (0–4 kHz).

L'ADSL est une technologie de transmission (couche physique) qui doit être complétée par

des protocoles de transport des données (paquets IP ou cellules ATM). La bande passante

de la paire de cuivre est divisée en trois canaux :

• Canal descendant (downstream) : occupe le haut de la bande (jusqu'à 1,1 MHz)

à débit élevé (jusqu'à 8 Mbps pour ADSL, 24 Mbps pour ADSL2+).

• Canal montant (upstream) : bande intermédiaire (25–138 kHz) à débit moyen

(512 kbps à 1 Mbps).

• Canal voix : bande basse (0–4 kHz) pour la téléphonie analogique standard

(POTS).


IV – INTERNET 85

Débit downstream

Distance abonné / NRA

1,5 Mbps 6 km

2 Mbps 5 km

6 Mbps 4 km

9 Mbps 3 km

13 Mbps 1,5 km

26 Mbps 1 km

52 Mbps 300 m

2.

Fig. 5 — Comparaison ADSL / ADSL2+ / RE-ADSL : débit en fonction de la distance

L'ADSL2+ double la bande passante utilisée (spectre jusqu'à 2,2 MHz au lieu de 1,1 MHz),

portant le débit descendant maximal à 24 Mbps pour les abonnés proches du central, au

prix d'une portée légèrement réduite. Le RE-ADSL (Reach Extended ADSL) améliore la

portée en zones rurales éloignées au détriment du débit maximal.

⚠ ADSL — en voie d'extinction

En France, l'ADSL est progressivement fermé dans les zones couvertes par la fibre optique (FTTH).

Orange a annoncé l'arrêt du réseau cuivre entre 2025 et 2030 selon les communes, au profit du

FTTH. Les abonnés ADSL dans les zones non encore fibrées bénéficient du VDSL2 (jusqu'à 100 Mbps)

si la ligne est courte.


3.

Fig. 6 — Architecture des réseaux d'accès fibre : FTTH, FTTB, FTTN

Le déploiement des réseaux d'accès à très haut débit consiste à rapprocher la fibre

optique de l'abonné (FTTx — Fiber to the x) :

FTTH (Fiber to the Home) : la fibre est amenée directement jusqu'au logement de

l'abonné. Solution offrant les meilleures performances (1 à 10 Gbps). C'est le choix

retenu en France après concertation entre opérateurs.

FTTB (Fiber to the Building) : la fibre arrive en pied d'immeuble, la partie

terminale restant une paire de cuivre (VDSL2). Débit jusqu'à 300 Mbps.

FTTN/FTTC (Fiber to the Node/Cabinet) : la fibre arrive au sous-répartiteur de

quartier, la partie terminale (quelques centaines de mètres) restant en cuivre avec

VDSL2.

FTTO (Fiber to the Office) : fibre dédiée jusqu'aux locaux professionnels, avec

garantie de débit et SLA (Service Level Agreement).

? Notes


IV – INTERNET 87

a)

En France, c'est la technologie PON (Passive Optical Network) qui est utilisée par les

opérateurs. La bande passante d'une fibre est partagée entre plusieurs abonnés (32 ou

64) grâce à des coupleurs optiques passifs (sans alimentation électrique).

Plusieurs normes PON sont disponibles :

Norme Abonnés / fibre Débit descendant Débit montant

GPON (ITU-T G.984) 64 2,5 Gbps 1,2 Gbps

10G-EPON (IEEE 802.3av) 32 10 Gbps 1,2 Gbps

XGS-PON (ITU-T G.9807) 64 10 Gbps 10 Gbps

(symétrique)

50G-PON (émergent) 64 50 Gbps 50 Gbps

4.

i XGS-PON et symétrie

Le XGS-PON (XGS = 10 Gigabit-capable Symmetric) permet d'avoir des flux montants et descendants

symétriques à 10 Gbps sur la même fibre. C'est la norme déployée par les opérateurs français depuis

2022 pour les nouvelles installations. Les offres commerciales « fibre 8 Gbps » ou « fibre 2 Gbps »

correspondent à des accès XGS-PON avec débits garantis partiels.

La connexion par satellite est utilisée dans les zones sans infrastructure terrestre (zones

blanches rurales, maritime, aviation).

Deux générations coexistent :

Satellites géostationnaires (GEO) : en orbite à 36 000 km (Eutelsat, SES, Viasat).

Débit de 50 à 100 Mbps, mais latence élevée (~600 ms aller-retour) incompatible

avec les jeux en ligne et certaines applications temps réel.

Satellites en orbite basse (LEO) : constellations à 500–600 km d'altitude

(Starlink/SpaceX : >6 000 satellites, OneWeb, Amazon Kuiper). Débit de 50 à 500

Mbps, latence faible (20–40 ms), couverture mondiale. Starlink déployé en France

depuis 2021, particulièrement adapté aux zones rurales non fibrées.

Starlink et la révolution des satellites LEO

La constellation Starlink (SpaceX) a radicalement changé l'équation du satellite : avec plus de

6 000 satellites en orbite basse, elle offre une couverture mondiale avec des performances

proches de l'ADSL (50–500 Mbps, latence 20–40 ms). En France, Starlink est éligible à des

dispositifs de financement pour les zones sans couverture haut débit. Les prochaines

générations (Starlink V2, avec lasers inter-satellites) visent des débits de 1–10 Gbps.

? Notes


5.

Les réseaux mobiles 4G LTE (depuis 2012 en France) et 5G NR (depuis 2020) offrent des

connexions Internet haut débit sans fil, utilisables comme accès principal (forfait data

illimité + routeur 4G/5G) ou comme solution de secours. Débits typiques : 4G 20–150

Mbps, 5G sub-6 GHz 100 Mbps–1 Gbps, 5G mmWave jusqu'à 10 Gbps. La couverture

4G couvre plus de 99% de la population française (obligations de couverture ARCEP).

Un fournisseur d'accès Internet (FAI ou ISP — Internet Service Provider) est un prestataire

qui dispose d'une liaison permanente sur le réseau Internet et propose à ses clients,

moyennant abonnement, d'utiliser son infrastructure pour se connecter à Internet. Il gère

également les services associés : adresses email, hébergement web, voix sur IP (VoIP),

télévision sur IP (IPTV).

1.

Fig. 7 — Rôle du FAI : intermédiaire entre l'utilisateur et le serveur distant

Le FAI réalise le transfert de données entre Internet et l'utilisateur selon le schéma

suivant :

• L'utilisateur émet une requête (ex. : accès à un site web).

• La requête est transmise au FAI qui va interroger, via le réseau Internet, le

serveur concerné.

• Le FAI retransmet à l'utilisateur la réponse reçue du serveur distant.

Le FAI dispose d'une connexion à Internet via des points d'échange (IX — Internet

Exchange) où il interconnecte son réseau avec d'autres opérateurs (peering) ou via des

accords de transit.

? Notes


IV – INTERNET 89

2.

En France, quatre opérateurs nationaux dominent le marché (Orange, Bouygues Telecom,

Free…), assurant une couverture nationale et un minimum de qualité de service. Des

opérateurs virtuels (MVNO et MVNE) utilisent leurs réseaux pour proposer des offres

alternatives.

Les critères de choix d'un FAI sont :

3.

• La couverture locale : zone urbaine ou rurale, éligibilité à la fibre FTTH, distance au

NRA pour l'ADSL, disponibilité de la 5G.

• Les performances technologiques : débit descendant/montant garanti ou « jusqu'à »,

latence, taux de disponibilité (SLA).

• Les offres tarifaires : frais d'installation, prix de l'abonnement mensuel, équipements

fournis (box multiservices), engagement minimum.

• Les services inclus : téléphonie illimitée, nombre de chaînes TV, décodeur 4K, options

cloud de stockage.

i RIP — Réseaux d'Initiative Publique

La loi de 2004 a introduit dans le code général des collectivités territoriales le RIP (Réseau d'Initiative

Publique) afin de garantir l'utilisation partagée du réseau dans les zones non rentables

commercialement. Ces réseaux, mis en place et gérés par des collectivités locales via des délégations

de service public (DSP), permettent aux opérateurs alternatifs d'y déployer leurs services. Le plan

France Très Haut Débit vise la couverture FTTH de 100% du territoire français d'ici 2025–2027.

Technologie Débit typique Zones Remarques

FTTH (fibre) 500 Mbps – 8

Gbps

Zones denses et

péri-urbaines

Solution recommandée

VDSL2 (cuivre

court)

Jusqu'à 100

Mbps

Lignes courtes < 1

km

Transition avant fibre

ADSL2+ Jusqu'à 24 Mbps Zones rurales encore

cuivre

En extinction progressive

4G fixe 30–200 Mbps Zones blanches fibre Box 4G en alternative

5G fixe (FWA) 100 Mbps – 1

Gbps

Zones 5G déployées

Déploiement en cours

Satellite LEO

(Starlink)

50–500 Mbps Partout, même

rural/montagne

Latence 20–40 ms

Câble coaxial

(docsis)

Jusqu'à 1 Gbps Zones câblées (SFR) Rare en France


La connexion à Internet expose les systèmes informatiques à de nombreuses menaces.

La sécurité est primordiale car elle assure l'intégrité, la confidentialité et la disponibilité

des informations. La sécurité doit être envisagée en couches complémentaires :

protection des postes de travail, filtrage réseau, sensibilisation des utilisateurs et mise à

jour continue.

1.

Un malware (malicious software — logiciel malveillant) est tout programme informatique

conçu pour nuire à un système ou à son utilisateur. On distingue plusieurs catégories :

Virus : programme qui s'auto-réplique en s'attachant à des fichiers hôtes légitimes.

Il s'active quand le fichier infecté est exécuté.

• Virus de boot (virus système) : infecte le secteur de démarrage (MBR/VBR).

Difficile à éliminer, cause des dysfonctionnements système graves.

• Virus de fichiers : infecte les fichiers exécutables (.exe, .com). S'active à

l'exécution du programme hôte.

• Virus macro : se propage via les macros des documents Office (Word, Excel).

Se copie dans le modèle global (NORMAL.DOT) et infecte tous les documents

créés ensuite.

• Virus de script : utilise les langages de script (VBScript, JavaScript) pour se

propager via les emails et navigateurs.

Vers (Worms) : contrairement aux virus, les vers n'ont pas besoin d'infecter un

fichier pour se reproduire. Ils se propagent de manière autonome via les

connexions réseau, exploitant des vulnérabilités ou les carnets d'adresses email.

Très rapides à se propager (WannaCry a infecté 230 000 machines en 24h en 2017).

Chevaux de Troie (Trojans) : se dissimulent à l'intérieur d'un programme légitime.

Actif dès l'utilisation du programme hôte. Variante : la bombe logique s'active à une

date précise ou selon des conditions particulières.

Ransomwares (rançongiciels) : chiffrent l'intégralité des fichiers de l'ordinateur et

des partages réseau accessibles, rendant le système inutilisable. La victime doit

payer une rançon en cryptomonnaie (intraçable) pour obtenir la clé de

déchiffrement — qui n'est pas toujours fournie. Les attaques par ransomware

ciblent de plus en plus les entreprises, hôpitaux et collectivités (rançons de plusieurs

millions d'euros).

Spywares / Adwares : collectent des informations (cookies, mots de passe,

habitudes de navigation, coordonnées bancaires) et les transmettent à des serveurs

distants à des fins malveillantes ou publicitaires.

Rootkits : se dissimulent au niveau du système d'exploitation ou du BIOS/UEFI,

rendant leur détection très difficile. Permettent un accès persistant et furtif à la

machine compromise.


IV – INTERNET 91

2.

L'antivirus est un outil indispensable pour toute machine connectée à Internet.

Les solutions modernes combinent deux méthodes complémentaires :

• Détection par signatures : comparaison des fichiers et processus à une base

de données de signatures de malwares connus. Efficace contre les menaces

connues, nécessite des mises à jour quotidiennes.

• Détection comportementale (heuristique) : analyse le comportement des

programmes pour détecter des activités suspectes (chiffrement massif de fichiers,

connexions inattendues) - efficace contre les nouvelles menaces (zero-day).

Composants d'une protection antivirale complète :

• Protection en temps réel (résident) : surveille en permanence tous les fichiers et

processus qui s'activent dans l'ordinateur. Représenté par une icône dans la

zone de notification.

• Analyse planifiée : analyse complète de la mémoire et des supports de

stockage (hebdomadaire recommandé).

• Mise à jour automatique des définitions : indispensable — sans mise à jour,

l'efficacité décroit exponentiellement face aux nouvelles menaces.

• Modules complémentaires : antispam, protection bancaire, contrôle parental,

gestionnaire de mots de passe.

3.

? Bonnes pratiques de sécurité personnelle

Installer un antivirus réputé et le maintenir à jour. Programmer une analyse complète

hebdomadaire. Ne jamais ouvrir les pièces jointes d'emails non sollicités. Méfier des faux antivirus

(scareware) qui affichent de fausses alertes pour vous pousser à installer le malware. Utiliser

l'authentification à deux facteurs (2FA) sur tous les comptes importants. Sauvegarder régulièrement

ses données (règle 3-2-1 : 3 copies, 2 supports différents, 1 hors site).

Un pare-feu (firewall) est un système ou groupe de systèmes qui renforce la sécurité

entre le réseau interne et Internet. Il constitue le point de centralisation du trafic réseau

entrant et sortant, et applique des règles de filtrage définissant ce qui est autorisé ou interdit.

Le pare-feu détermine :

• Quels services internes sont accessibles depuis l'extérieur (ex. : serveur web

public sur port 443, mais pas accès SSH direct).

• Quels éléments externes peuvent accéder aux services internes autorisés

(filtrage par adresse IP source, géo-blocage).

• Quels services externes sont accessibles depuis les machines internes (ex. :

autoriser HTTP/HTTPS, bloquer les protocoles P2P).

? Notes


a)

Pare-feu à filtrage de paquets (stateless) : analyse chaque paquet

individuellement selon les adresses IP et ports (niveaux 3 et 4 OSI). Simple et rapide,

mais sans contexte de connexion. ACL (Access Control Lists) des routeurs.

Pare-feu à état (stateful) : maintient une table d'état des connexions TCP/UDP

établies. Autorise le trafic de retour correspondant aux connexions légitimes initiées

depuis l'intérieur. Standard pour les pare-feux modernes.

Pare-feu applicatif (WAF — Web Application Firewall) : inspecte le contenu des

requêtes jusqu'au niveau 7 (application). Peut comprendre et filtrer le trafic

HTTP/HTTPS, SQL, XML pour détecter les injections SQL, XSS, etc.

NGFW (Next Generation Firewall) : combine filtrage stateful, inspection SSL/TLS,

identification des applications (App-ID), prévention des intrusions (IPS), sandboxing

des fichiers suspects, et threat intelligence en temps réel. Exemples : Palo Alto,

Fortinet, Cisco Firepower.

Critères de sélection d'un pare-feu :

• Niveau de protection (liste des attaques contrées, inspection SSL/TLS).

• Types d'authentification supportés (LDAP, Active Directory, certificats).

• Débit maximal (throughput) et nombre de connexions simultanées.

• Options VPN intégrées (IPsec, SSL VPN, SD-WAN).

• Flexibilité des politiques de sécurité et facilité d'administration.

• Évolutivité et support constructeur (licences de mise à jour des signatures).

i DMZ — Zone Démilitarisée

La DMZ (DeMilitarized Zone) est un segment réseau intermédiaire entre Internet et le réseau

interne, hébergeant les serveurs accessibles depuis l'extérieur (web, mail, DNS). Elle est protégée par

deux pare-feux : l'un entre Internet et la DMZ, l'autre entre la DMZ et le réseau interne. Ainsi, même

si un serveur DMZ est compromis, le réseau interne reste protégé.

4.

Spam : messages électroniques non sollicités (publicités, arnaques) envoyés en

masse. Ils peuvent contenir des virus, des liens vers des faux sites (phishing) ou

être simplement gênants par leur volume. Les filtres antispam modernes

(heuristiques + IA + listes noires) bloquent > 99% des spams avant qu'ils n'atteignent

la boîte de réception.

Phishing (hameçonnage) : tentative d'usurpation d'identité par email ou SMS

(smishing). L'attaquant se fait passer pour une entité de confiance (banque,

opérateur, administration) pour récupérer des identifiants, coordonnées bancaires

ou pour faire exécuter un malware. Le spear phishing cible une personne ou

organisation spécifique avec un message personnalisé.

Vishing : phishing par téléphone. L'attaquant appelle la victime en se faisant

passer pour un support technique, une banque ou une administration.

Ingénierie sociale : manipulation psychologique pour amener un utilisateur à

divulguer des informations confidentielles ou à effectuer des actions compromettant

la sécurité. Le facteur humain est le maillon le plus faible de la sécurité.


IV – INTERNET 93

5.

Le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données, GDPR en anglais), entré en

vigueur en mai 2018, encadre à l'échelle européenne le traitement des données

personnelles.

Il impose aux organisations (entreprises, administrations) :

• La transparence : informer les utilisateurs de la collecte et de l'utilisation de

leurs données.

• Le consentement explicite pour toute collecte de données non strictement

nécessaire au service.

• Le droit d'accès, de rectification, d'effacement (« droit à l'oubli ») et de

portabilité des données.

• La minimisation des données : ne collecter que ce qui est nécessaire (privacy

by design).

• La notification des violations de données à l'autorité compétente (CNIL en

France) dans les 72 heures.

• Des sanctions pouvant atteindre 4% du chiffre d'affaires mondial annuel ou 20

millions d'euros.

Internet permet aux utilisateurs d'accéder à de nombreux services et ordinateurs du

monde entier. Ces services s'appuient sur des protocoles standardisés de la suite TCP/IP

et opèrent au niveau de la couche application du modèle OSI. Chaque service utilise un

ou plusieurs ports TCP/UDP bien définis.

1.

L'email est l'outil Internet le plus largement utilisé depuis l'origine. Il permet aux utilisateurs

de communiquer de manière asynchrone. Les messages peuvent être envoyés à des

individus ou à des groupes via des listes de diffusion (mailing lists). La caractéristique

principale de l'email est qu'il est adressé à un utilisateur spécifique (identifié par son

adresse : utilisateur@domaine.tld) sur un hôte spécifique.

Architecture d'un système de messagerie :

Protocoles d'envoi : SMTP (Simple Mail Transfer Protocol, port 25/587/465) assure

le transfert des emails entre serveurs et depuis le client vers le serveur d'envoi.

STARTTLS et SMTPS chiffrent la communication.

Protocoles de réception : POP3 (Post Office Protocol 3, port 110/995) télécharge

les messages et les supprime du serveur. IMAP4 (Internet Message Access Protocol,

port 143/993) synchronise les messages avec le serveur, permettant l'accès depuis

plusieurs appareils.

Sécurité email : SPF (Sender Policy Framework), DKIM (DomainKeys Identified

Mail) et DMARC permettent de lutter contre l'usurpation d'identité (spoofing) et le

spam. S/MIME et PGP chiffrent et signent le contenu des messages.


2.

Le DNS (Domain Name System) est le système de résolution de noms d'Internet. Il traduit

les noms de domaine lisibles par l'homme (www.example.com) en adresses IP utilisables

par les ordinateurs (93.184.216.34). Sans DNS, il faudrait mémoriser les adresses IP de

tous les sites visités.

ARCHITECTURE DNS HIERARCHIQUE :

Serveurs racine (Root Servers) : 13 clusters de serveurs racine (a.root-servers.net

à m.root-servers.net) connaissent les serveurs autoritaires pour chaque TLD (Top

Level Domain).

Serveurs TLD (Top Level Domain) : gèrent les extensions (.com, .fr, .org, .net).

L'AFNIC gère le .fr.

Serveurs autoritaires : détiennent les enregistrements DNS pour un domaine

spécifique (A, AAAA, MX, CNAME, TXT, NS, SOA...).

Résolveurs récursifs (resolvers) : fournis par les FAI ou services tiers (Google

8.8.8.8, Cloudflare 1.1.1.1). Effectuent les requêtes pour le compte des clients et

mettent en cache les résultats.

DNSSEC, DoH et DoT

DNSSEC (DNS Security Extensions) ajoute des signatures cryptographiques aux réponses

DNS pour prévenir les attaques par empoisonnement de cache (cache poisoning). DoH

(DNS over HTTPS, RFC 8484) et DoT (DNS over TLS, RFC 7858) chiffrent les requêtes DNS

pour protéger la confidentialité des utilisateurs vis-à-vis de leur FAI. Ces protocoles sont

supportés par Firefox, Chrome, Windows 11 et les résolveurs publics modernes.

3.

Le World Wide Web (inventé par Tim Berners-Lee en 1991) est le service Internet le plus

visible. Il repose sur trois technologies fondamentales :

HTML (HyperText Markup Language) : langage de description des pages web,

structurant le contenu (texte, images, formulaires, liens). HTML5 (2014) a ajouté des

capacités multimédia natives (audio, vidéo, canvas 2D/3D, WebSockets).

URL (Uniform Resource Locator) : adresse unique identifiant une ressource sur

le web (format : protocole://hôte:port/chemin?paramètres).

HTTP/HTTPS (HyperText Transfer Protocol) : protocole de transfert des pages

web (port 80 en HTTP, port 443 en HTTPS). HTTP/1.1 est le standard historique ;

HTTP/2 (2015) améliore les performances par multiplexage des requêtes ; HTTP/3

(2022) utilise le protocole QUIC (sur UDP) pour réduire la latence.

La sécurisation via TLS (Transport Layer Security) est désormais obligatoire (HTTPS) pour

tout site professionnel : elle assure la confidentialité (chiffrement), l'intégrité des données

et l'authentification du serveur via certificats X.509 (Let's Encrypt, DigiCert).

? Notes


IV – INTERNET 95

4.

FTP (File Transfer Protocol, ports 20/21) permet le transfert de fichiers entre un

client et un serveur distant. L'accès peut être anonyme (FTP public) ou authentifié

par mot de passe. FTP transmet les données en clair — non recommandé sur

Internet.

SFTP (SSH File Transfer Protocol) : transfert de fichiers via un tunnel SSH chiffré

(port 22). Recommandé pour tout transfert de données sensibles.

FTPS (FTP Secure) : FTP avec chiffrement TLS (port 990 implicite ou 21 explicite).

Nécessite une gestion des certificats côté serveur.

⚠ FTP — protocole obsolète pour les échanges sécurisés

FTP ne doit plus être utilisé pour transférer des fichiers sensibles sur Internet, car les identifiants et

les données transitent en clair. SFTP ou FTPS doivent être préférés. Pour le partage de fichiers grand

public, les services cloud (Dropbox, Google Drive, OneDrive, Nextcloud) ont largement remplacé FTP.

5.

Telnet (port 23) permet d'ouvrir une session distante sur un ordinateur hôte en tant que

terminal non intelligent, pour accéder à ses fichiers et exécuter ses programmes. Telnet

transmet toutes les données (y compris les mots de passe) en clair.

SSH (Secure Shell, port 22) : remplace entièrement Telnet avec chiffrement fort (AES,

ChaCha20), authentification par clé publique/privée (RSA, Ed25519) et intégrité des données

(HMAC). SSH permet également le tunneling de ports (port forwarding), le transfert de

fichiers (SFTP/SCP) et la création de tunnels VPN. C'est le standard pour l'administration

distante des serveurs Linux/Unix et des équipements réseau.

⚠ Telnet — obsolète et dangereux

Telnet ne doit plus jamais être utilisé pour l'administration de systèmes sur un réseau non sécurisé.

SSH a complètement remplacé Telnet depuis les années 2000. Les équipements réseau modernes

(switches, routeurs) désactivent Telnet par défaut et n'acceptent que SSH.

6.

Les usages d'Internet ont évolué vers des services cloud massivement centralisés :

Cloud computing (IaaS/PaaS/SaaS) : AWS (Amazon Web Services), Microsoft

Azure et Google Cloud Platform hébergent la majorité des services web mondiaux.

Le cloud offre élasticité, disponibilité et économies d'échelle. En 2024, plus de 60%

du trafic Internet mondial transite par des infrastructures cloud.

Streaming vidéo : Netflix (>250 millions d'abonnés), YouTube (>2 milliards

d'utilisateurs), Disney+, Amazon Prime Video. Le streaming vidéo représente

environ 65% du trafic Internet mondial. Les CDN (Content Delivery Networks —

Akamai, Cloudflare, Fastly) distribuent le contenu depuis des serveurs proches de

l'utilisateur pour réduire la latence.


Visioconférence : Zoom, Microsoft Teams, Google Meet ont explosé depuis 2020.

Utilisation de protocoles WebRTC (Web Real-Time Communication) pour les

communications peer-to-peer navigateur-à-navigateur sans plugin.

IoT et APIs : l'Internet des Objets génère un trafic croissant de données de

capteurs (MQTT, CoAP, HTTP/REST). Les APIs REST (JSON/HTTP) et GraphQL

permettent l'interconnexion entre services web. Plus de 9 milliards d'objets

connectés en 2024.

7.

Usenet est l'un des premiers systèmes de discussion en ligne apparu avant le Web

(1979). Il permet aux utilisateurs de se joindre à des milliers de groupes de discussion

(newsgroups) organisés par thèmes, utilisant le protocole NNTP (Network News Transfer

Protocol, port 119). Usenet était très populaire dans les années 1990 pour les échanges

techniques et académiques. Il est aujourd'hui largement remplacé par les forums web,

Reddit, Discord et les réseaux sociaux.

? Notes


V – PERSPECTIVES 97

V. PERSPECTIVES

Le paysage des réseaux informatiques connaît en 2025-2026 des mutations profondes et

simultanées, portées par la convergence de plusieurs révolutions technologiques :

l'intelligence artificielle, l'informatique quantique, la 5G/6G, l'edge computing et la

généralisation du cloud. Ces évolutions ne sont pas indépendantes les unes des autres —

elles se renforcent mutuellement et redessinent ensemble l'architecture, la gestion et la

sécurité des réseaux. Comprendre ces tendances est indispensable pour tout

professionnel des réseaux, qui devra y faire face dans les années à venir.

Cette section analyse chacune de ces grandes tendances en profondeur, en expliquant

non seulement ce qu'elles sont, mais pourquoi elles émergent, quels problèmes elles

résolvent, et quelles implications concrètes elles ont pour la conception et l'exploitation

des réseaux.

⚠ Attention

Les chiffres et projections de ce chapitre sont indicatifs et susceptibles d’évoluer rapidement

(sources 2023–2025).

L'intelligence artificielle s'impose progressivement comme la technologie la plus

transformatrice de la gestion réseau depuis l'invention du protocole TCP/IP. Pendant des

décennies, les réseaux ont été configurés, surveillés et dépannés manuellement par des

ingénieurs spécialisés. Cette approche atteint aujourd'hui ses limites face à la complexité

croissante des infrastructures : un réseau d'entreprise moderne peut compter des

centaines d'équipements, des milliers de liens, des dizaines d'applications critiques avec

des SLAs différents, et des millions d'événements de journalisation par jour. Aucun être

humain ne peut surveiller et optimiser un tel système en temps réel. L'IA apporte la

capacité de traiter ces volumes de données pour détecter des anomalies, prédire des

pannes et automatiser des actions correctives avec une rapidité et une précision

inaccessibles à un opérateur humain.

1.

AIOps (Artificial Intelligence for IT Operations) désigne l'application des techniques d'IA et

de machine learning à l'exploitation des systèmes IT et réseaux. L'objectif central est de

faire évoluer la gestion réseau d'un mode réactif, où l'on répond aux pannes après

qu'elles se sont produites et ont impacté les utilisateurs, vers un mode prédictif et

autonome, où les problèmes sont détectés et résolus avant même que les utilisateurs en

soient affectés.

La détection prédictive des pannes est l'une des applications les plus valorisées de

l'AIOps. Elle repose sur l'analyse en continu de séries temporelles de métriques

(utilisation CPU des équipements, taux d'occupation mémoire, latence des liaisons, taux de


perte de paquets, température des composants) à l'aide d'algorithmes de machine learning

tels que les réseaux de neurones récurrents LSTM (Long Short-Term Memory), les

modèles de prévision de séries temporelles Prophet, ou les méthodes de détection

d'anomalies par isolation forests. Ces algorithmes apprennent les comportements

normaux de l'infrastructure et signalent toute déviation significative, permettant d'intervenir

préventivement.

La corrélation d'événements résout un problème différent mais tout aussi critique : la

multiplication des alertes. Un réseau complexe peut générer des milliers d'alertes par

heure, la grande majorité étant des symptômes d'un même problème sous-jacent. Un

équipement cœur de réseau défaillant peut, par exemple, déclencher simultanément des

centaines d'alertes sur les équipements qui en dépendent. L'AIOps associe

automatiquement ces alertes corrélées, identifie la cause racine (Root Cause Analysis, RCA)

et ne présente à l'opérateur qu'un seul incident structuré avec son diagnostic. Cette

réduction du bruit d'alertes (alert fatigue) est essentielle pour maintenir l'efficacité des

équipes opérationnelles.

Au-delà de la détection, la remédiation autonome représente le stade le plus avancé de

l'AIOps. Le système n'alerte plus seulement, il agit : redémarrage automatique d'un

service défaillant, basculement sur un lien de secours, modification dynamique d'une

règle de qualité de service, isolation automatique d'un équipement dont le comportement

réseau indique une compromission. Ces actions sont encadrées par des runbooks

(procédures automatisées) validés au préalable par les équipes, limitant les risques

d'erreur.

Parmi les plateformes AIOps qui font référence sur le marché, Cisco ThousandEyes se

distingue par sa capacité à surveiller l'expérience réseau de bout en bout, depuis le poste

utilisateur jusqu'à l'application cloud en passant par le réseau de l'opérateur et Internet,

permettant de localiser précisément où dans la chaîne un problème se produit. Juniper

Mist AI apporte l'AIOps spécifiquement aux réseaux Wi-Fi et Ethernet Juniper, avec une

détection d'anomalies et une RCA automatique très appréciées des administrateurs.

Aruba Central (HPE) offre une gestion cloud avec AIOps pour les réseaux campus. Des

plateformes d'observabilité plus génériques comme Datadog, Dynatrace et New Relic

couvrent l'ensemble de l'infrastructure, du réseau aux applications.

Capacity planning prédictif

L'AIOps permet également un capacity planning (planification de capacité) prédictif : en

analysant les tendances historiques de croissance du trafic, les événements calendaires

(campagnes marketing, fêtes, rentrée scolaire) et les projets de l'entreprise, le système

prédit quand les liens ou les équipements atteindront leurs limites et recommande les

renforcements nécessaires avant que les performances ne se dégradent. Cette approche

remplace les audits de capacité semestriels par une surveillance continue et proactive.

? Notes


V – PERSPECTIVES 99

2.

L'Intent-Based Networking (IBN, réseau piloté par l'intention) représente une évolution

fondamentale dans la philosophie de configuration et de gestion des réseaux. Pendant

des décennies, configurer un réseau signifiait se connecter manuellement à chaque

équipement, ligne de commande par ligne de commande, pour définir les VLANs, les

règles de routage, les ACLs et les politiques de qualité de service. Cette approche est

laborieuse, source d'erreurs humaines, et surtout déconnectée des objectifs métier réels.

L'IBN renverse cette logique : l'administrateur exprime ce qu'il veut obtenir en termes

fonctionnels, et le système se charge de déterminer comment le réaliser et de le déployer

automatiquement sur l'ensemble du réseau.

Le cycle de fonctionnement de l'IBN s'articule en quatre étapes complémentaires.

La première est la capture de l'intention : l'administrateur décrit son objectif en

termes métier, par exemple « tous les utilisateurs du département Finance doivent

accéder au serveur ERP avec une latence maximale de 50 ms et une bande

passante garantie de 10 Mbps, et aucun autre département ne doit avoir accès à ce

serveur ». Cette intention peut être saisie via une interface graphique, des

formulaires structurés, ou de plus en plus via du langage naturel interprété par un

LLM.

La deuxième étape est la traduction : le système IBN traduit automatiquement

cette intention déclarative en configurations réseau concrètes, création des VLANs

appropriés, définition des ACLs de filtrage, configuration des règles QoS sur

chaque équipement concerné, paramétrage des politiques de segmentation.

La troisième étape est l'activation : ces configurations sont déployées

automatiquement sur tous les équipements du réseau via des protocoles

d'automatisation standardisés tels que NETCONF, RESTCONF ou OpenConfig,

sans intervention manuelle sur chaque équipement.

La quatrième étape, l'assurance, est peut-être la plus innovante : le système

vérifie en continu que le réseau réel respecte bien l'intention déclarée. Si un

événement, panne d'équipement, modification non autorisée, saturation d'un lien,

crée un écart entre l'état souhaité et l'état réel, le système alerte immédiatement et

peut appliquer des actions correctives automatiques pour rétablir la conformité.

Deux implémentations IBN font référence sur le marché. Cisco DNA Center (renommé

Catalyst Center) est la plateforme IBN de référence pour les réseaux d'entreprise. Elle

intègre la segmentation basée sur des groupes d'utilisateurs (SGT, Scalable Group Tags),

permettant de définir des politiques d'accès indépendantes de la topologie physique du

réseau. Juniper Apstra est une solution IBN orientée datacenter, construite autour d'un

modèle de données unifié appelé "blueprint" qui décrit l'état désiré du datacenter et valide

en temps réel la conformité du réseau à cet état déclaré.

? Notes


LLMs et configuration réseau en langage naturel

Les grands modèles de langage (LLM) commencent à être intégrés dans les interfaces

IBN pour permettre une configuration réseau en langage naturel. Cisco AI Assistant,

Juniper Marvis et Aruba Copilot utilisent des LLMs pour interpréter des requêtes comme «

bloque l'accès de la caméra de surveillance à Internet mais autorise-la à envoyer ses

images au serveur de stockage local » et les traduire en configurations réseau précises.

Cette approche abaisse considérablement le seuil de compétence technique nécessaire

pour administrer un réseau complexe.

3.

Le network slicing (découpage réseau) est l'une des capacités les plus innovantes de la 5G

Standalone (SA). Il permet de créer plusieurs réseaux virtuels indépendants, appelés

slices, sur la même infrastructure physique 5G, chacun étant optimisé pour un cas

d'usage spécifique avec des caractéristiques de performance garanties. Sans l'IA,

l'allocation des ressources entre ces slices serait statique et inefficace. L'IA pilote

l'allocation dynamique en temps réel, en redistribuant les ressources radio, de transport et

cœur de réseau selon la charge instantanée et les SLAs contractuels de chaque slice.

Trois grandes catégories de slices 5G correspondent aux cas d'usage définis par le

standard 3GPP.

Le slice eMBB (enhanced Mobile BroadBand) est optimisé pour le haut débit :

streaming vidéo 8K, téléchargement massif de fichiers, réalité virtuelle. L'IA y

maximise le débit agrégé en allouant dynamiquement les ressources radio

disponibles.

Le slice URLLC (Ultra-Reliable Low-Latency Communications) est optimisé

pour la latence ultra-faible, inférieure à 1 ms, destiné aux applications critiques que

sont la chirurgie robotisée à distance, les véhicules autonomes communicants et la

robotique industrielle en temps réel. L'IA y garantit les SLAs en prioritisant

systématiquement ce slice sur les autres en cas de congestion.

Le slice mMTC (massive Machine-Type Communications) est conçu pour

connecter un très grand nombre d'objets IoT à faible consommation d'énergie :

capteurs agricoles, compteurs intelligents, suivi logistique. L'IA y gère les cycles de

réveil et d'endormissement des millions de capteurs pour optimiser la

consommation du réseau radio.

i Network slicing 5G SA en France

Le network slicing 5G Standalone est déployé progressivement par les opérateurs français pour les

entreprises industrielles. Orange Business Services, SFR Business et Bouygues Telecom Entreprises

proposent des offres de network slicing privé pour les usines et les sites industriels souhaitant

bénéficier de garanties de qualité de service que le réseau 5G public partagé ne peut pas offrir.

? Notes


V – PERSPECTIVES 101

4.

Au-delà de l'AIOps et de l'IBN, les LLMs (Large Language Models, grands modèles de

langage) transforment plus largement la manière dont les ingénieurs réseau interagissent

avec les équipements et diagnostiquent les problèmes. Ces modèles, entraînés sur

d'immenses corpus de documentation technique, de bases de connaissances et de logs

réseau, peuvent aujourd'hui répondre à des questions complexes en langage naturel,

analyser des fichiers de configuration, détecter des erreurs de paramétrage et générer

automatiquement des scripts d'automatisation.

L'assistant Cisco AI Assistant for Security, intégré dans les plateformes Cisco XDR et

SecureX, analyse les incidents de sécurité, explique les alertes en langage naturel

compréhensible par les non-spécialistes, et propose des actions de remédiation

concrètes. L'assistant Juniper Marvis Virtual Network Assistant va plus loin encore dans le

diagnostic : il répond à des questions opérationnelles précises comme « Pourquoi les

utilisateurs de la salle de conférence A ont-ils une mauvaise expérience Wi-Fi ce matin ?

» et remonte automatiquement aux causes : canal radio saturé, point d'accès voisin en

cours de redémarrage, pic de consommation de bande passante par une application de

sauvegarde.

La génération automatique de code d'automatisation constitue un autre apport majeur des

LLMs pour les équipes réseau. Un ingénieur décrivant en français ce qu'il souhaite

automatiser, par exemple "vérifier chaque nuit que tous les switchs du réseau ont bien

leur port 80 désactivé et envoie un rapport par email", peut obtenir un script Ansible ou

Python fonctionnel en quelques secondes, que le LLM génère, documente et explique.

Cette capacité démocratise l'automatisation réseau dans des équipes qui ne disposent

pas de compétences de développement avancées.

L'analyse des logs de sécurité par LLM ouvre également des perspectives importantes.

Un fichier de log d'un pare-feu peut contenir des millions de lignes sur une seule journée.

Un LLM spécialisé peut analyser ce volume en quelques minutes, identifier des patterns

d'attaque subtils (tentatives de brute-force lentes, mouvements latéraux furtifs, exfiltration

de données par petits paquets), et produire un rapport structuré avec les incidents classés

par criticité, réduisant drastiquement le temps d'investigation des équipes SOC (Security

Operations Center).

? Notes


L'informatique quantique représente à la fois la menace la plus sérieuse jamais connue

pour la sécurité des communications numériques et, paradoxalement, une opportunité

pour développer de nouvelles formes de communications intrinsèquement sécurisées.

Comprendre cet enjeu est devenu indispensable pour les professionnels des réseaux, car

la migration des infrastructures vers des solutions résistantes aux ordinateurs quantiques

est un chantier qui doit s'engager maintenant, bien avant que les machines quantiques

capables de menacer les algorithmes actuels n'existent.

1.

Les ordinateurs quantiques exploitent des phénomènes de la mécanique quantique, la

superposition (un qubit peut représenter simultanément 0 et 1) et l'intrication (deux qubits

peuvent être corrélés indépendamment de la distance), pour effectuer certaines classes de

calculs exponentiellement plus rapidement que les meilleurs ordinateurs classiques. Ce

n'est pas simplement une question de vitesse : certains problèmes mathématiques qui

nécessiteraient des milliards d'années sur les ordinateurs actuels pourraient être résolus

en quelques heures par un ordinateur quantique suffisamment puissant.

L'algorithme de Shor, proposé par le mathématicien Peter Shor en 1994, est au cœur

de la menace. Il permet théoriquement à un ordinateur quantique de factoriser en temps

polynomial des grands entiers, c'est-à-dire de trouver les facteurs premiers d'un nombre

de plusieurs centaines de chiffres en un temps raisonnable.

Or, c'est précisément ce problème de factorisation qui fonde la sécurité de

l'algorithme RSA, utilisé pour chiffrer la quasi-totalité des communications sur Internet :

• connexions HTTPS

• VPN IPsec

• SSH

• signatures de certificats numériques

• protocoles TLS.

Un ordinateur quantique capable d'exécuter l'algorithme de Shor à grande échelle

rendrait ces protections instantanément obsolètes.

L'algorithme de Grover, autre algorithme quantique fondamental, réduit par deux la

sécurité effective des algorithmes de chiffrement symétrique. Concrètement, AES-128

offrirait contre un attaquant quantique une sécurité équivalente à seulement 64 bits,

considérée comme insuffisante. La parade est simple : doubler la taille des clés

symétriques. AES-256 reste ainsi sûr même contre les ordinateurs quantiques, à

condition que son implémentation soit correcte.

L'état de l'art en 2025 montre que les ordinateurs quantiques existants sont encore loin de

pouvoir menacer les cryptosystèmes actuels. Les machines disponibles sont des

systèmes NISQ (Noisy Intermediate-Scale Quantum) : elles comportent entre quelques

dizaines et quelques centaines de qubits physiques, mais ces qubits sont très sensibles

aux perturbations extérieures (bruit quantique) et n'incorporent pas encore de correction

d'erreurs quantiques efficace. Le processeur Willow de Google (105 qubits, 2024) a


V – PERSPECTIVES 103

démontré une supériorité quantique sur des tâches spécifiques de calcul, mais ces tâches

n'ont pas d'application cryptographique directe. Les experts estiment qu'un ordinateur

quantique capable de casser RSA-2048 nécessiterait environ 4 000 qubits logiques faulttolerant,

ce qui correspond à des millions de qubits physiques avec correction d'erreurs,

un horizon estimé entre 2030 et 2040.

⚠ La stratégie « Harvest Now, Decrypt Later »

Même si les ordinateurs quantiques capables de casser RSA n'existent pas encore, des acteurs

malveillants (États-nations, groupes criminels sophistiqués) collectent dès aujourd'hui les

communications chiffrées en transit, dans l'intention de les déchiffrer ultérieurement quand les

ordinateurs quantiques seront disponibles. Cette stratégie « Harvest Now, Decrypt Later » (capturer

maintenant, déchiffrer plus tard) justifie une migration urgente vers la cryptographie post-quantique

pour toute donnée ayant une durée de sensibilité supérieure à 5-10 ans : secrets industriels, données

médicales, communications diplomatiques, propriété intellectuelle.

2.

La cryptographie post-quantique (PQC) désigne l'ensemble des algorithmes

cryptographiques conçus pour résister aux attaques d'un ordinateur quantique, tout en

fonctionnant sur des ordinateurs classiques ordinaires. Contrairement à la cryptographie

quantique (qui exige une infrastructure physique spéciale), la PQC est un ensemble

d'algorithmes logiciels qui peuvent être déployés sur les infrastructures existantes,

serveurs, routeurs, navigateurs, smartphones, simplement par mise à jour logicielle.

Ces algorithmes reposent sur des problèmes mathématiques différents de ceux menacés

par l'algorithme de Shor. Plutôt que la factorisation d'entiers ou le logarithme discret, ils

s'appuient sur des problèmes liés aux réseaux euclidiens (lattice-based cryptography), aux

codes correcteurs d'erreurs, aux fonctions de hachage ou aux systèmes multivariables.

Ces problèmes sont considérés difficiles même pour les ordinateurs quantiques, au moins

avec notre compréhension actuelle de la mécanique quantique.

Le NIST américain a conduit entre 2016 et 2024 un long processus de standardisation

internationale des algorithmes PQC, avec participation mondiale des cryptographes

académiques et industriels. En août 2024, le NIST a publié les premiers standards

officiels de cryptographie post-quantique. Le standard FIPS 203 (ML-KEM, issu de

l'algorithme CRYSTALS-Kyber) fournit un mécanisme d'encapsulation de clés (KEM) basé

sur les réseaux euclidiens, qui remplacera RSA et ECDH pour l'échange de clés dans

TLS. Le standard FIPS 204 (ML-DSA, issu de CRYSTALS-Dilithium) fournit un schéma de

signature numérique pour remplacer RSA et ECDSA dans les certificats. Le standard

FIPS 205 (SLH-DSA, issu de SPHINCS+) fournit une alternative de signature basée sur les

fonctions de hachage, dont la sécurité repose sur des hypothèses mathématiques plus

conservatives.

La migration vers la PQC est un chantier de longue haleine qui ne peut pas s'improviser.

Les organisations doivent d'abord conduire un inventaire cryptographique complet :

identifier tous les systèmes utilisant des algorithmes vulnérables (RSA, ECDSA, ECDH, DH),

les données qu'ils protègent et leur durée de sensibilité. Puis vient le déploiement

d'algorithmes hybrides, qui combinent l'algorithme classique existant et le nouvel

algorithme PQC en parallèle : si l'un est compromis, l'autre protège encore. Cette


approche hybride permet une migration progressive sans casser la compatibilité avec les

systèmes qui ne supportent pas encore la PQC. Enfin, la dépréciation progressive des

algorithmes classiques s'échelonnera entre 2026 et 2030 pour les infrastructures

critiques.

3.

i État du déploiement PQC en 2025

Les navigateurs Chrome et Firefox testent les algorithmes hybrides TLS (X25519Kyber768, combinant

Curve25519 et Kyber). Cloudflare, Google et Amazon CloudFront supportent expérimentalement le

PQC dans TLS 1.3. L'ANSSI française a publié ses recommandations de migration PQC en 2024,

prescrivant l'adoption des standards NIST. La NSA américaine impose la migration PQC pour les

systèmes de défense à partir de 2025.

La QKD (Quantum Key Distribution, distribution quantique de clés) est une approche

fondamentalement différente de la PQC. Tandis que la PQC est un ensemble

d'algorithmes logiciels dont la sécurité repose sur des hypothèses mathématiques (aussi

solides soient-elles), la QKD exploite les lois physiques de la mécanique quantique pour

garantir la sécurité des échanges de clés de manière prouvée par la physique : toute

tentative d'interception d'une clé QKD modifie inévitablement les photons transmis,

rendant l'interception détectable. Autrement dit, la QKD ne repose pas sur la difficulté de

résoudre un problème mathématique, mais sur l'impossibilité physique de mesurer un état

quantique sans le perturber.

Le protocole BB84, conçu par Charles Bennett et Gilles Brassard en 1984, est le

protocole QKD fondateur. Il encode des bits de clé sur la polarisation de photons uniques

envoyés sur une fibre optique. Émetteur et récepteur comparent publiquement leurs

bases de mesure (sans révéler les valeurs) pour extraire une clé commune. Si un espion

(Eve) a intercepté les photons pour les mesurer, ses perturbations introduisent des erreurs

détectables dans la clé, révélant la compromission. Le protocole E91 (Arthur Ekert, 1991)

utilise quant à lui des paires de photons intriqués pour une sécurité encore plus robuste

théoriquement.

Les déploiements QKD dans le monde illustrent l'intérêt des États pour cette technologie.

La Chine a déployé le réseau QKD le plus étendu au monde, reliant Pékin à Shanghai sur

2 000 km et opérant le satellite quantique Micius depuis 2016, qui a démontré la QKD à

plus de 7 000 km via l'espace. L'Union Européenne finance le projet EuroQCI (European

Quantum Communication Infrastructure) pour déployer un réseau paneuropéen de

communication quantique sécurisée d'ici 2027. En France, Orange, Thales et le CEA

conduisent des projets pilotes de réseaux QKD métropolitains.

La QKD présente cependant des limitations importantes qui en font aujourd'hui une

solution complémentaire à la PQC plutôt qu'un remplacement universel. La distance

maximale sur fibre optique sans répéteur quantique est typiquement limitée à une

centaine de kilomètres, au-delà de laquelle les pertes de photons deviennent

rédhibitoires. Les répéteurs quantiques, qui devraient pallier cette limitation, sont encore à

l'état de recherche. Le coût des équipements QKD (plusieurs dizaines à centaines de milliers

d'euros par nœud) et la nécessité d'une infrastructure dédiée limitent le déploiement aux

communications gouvernementales et financières les plus sensibles.


V – PERSPECTIVES 105

4.

Au-delà de la QKD point à point, la recherche travaille sur un concept beaucoup plus

ambitieux : l'Internet quantique, un réseau permettant de distribuer l'intrication quantique

entre nœuds distants à travers le monde. Un tel réseau permettrait non seulement des

communications parfaitement sécurisées de bout en bout, mais aussi le calcul quantique

distribué, permettant à plusieurs ordinateurs quantiques de coopérer sur des calculs

impossibles pour une machine individuelle, et la métrologie quantique, avec des horloges

atomiques synchronisées à distance avec une précision inégalée.

Les composants d'un Internet quantique présentent des défis scientifiques considérables.

Les mémoires quantiques doivent stocker des états quantiques pendant des durées

suffisamment longues pour permettre la synchronisation des nœuds. Les répéteurs

quantiques doivent amplifier les signaux quantiques sans les mesurer (ce qui détruirait

l'information quantique), en utilisant des techniques d'entrelacement par swapping et de

purification d'intrication. Les convertisseurs de fréquence quantiques doivent adapter les

longueurs d'onde des photons aux fenêtres de transmission optimales des fibres

optiques. Les premières démonstrations de répéteurs quantiques fonctionnels ont eu lieu

en 2023-2024 dans les laboratoires de TU Delft aux Pays-Bas et d'Harvard aux États-

Unis, marquant des étapes importantes vers cet objectif à long terme.

i Quantum Flagship européen

L'Union Européenne finance le programme Quantum Flagship avec un milliard d'euros sur la période

2018-2028, incluant des projets de réseaux quantiques, d'ordinateurs quantiques, de capteurs

quantiques et de simulation quantique. La Commission Européenne considère les réseaux

quantiques comme une infrastructure stratégique pour la souveraineté numérique de l'Europe, au

même titre que les câbles sous-marins ou les satellites Galileo.

Pendant deux décennies, l'évolution dominante du secteur informatique a été la

centralisation : les applications, les données et les traitements ont migré vers des

datacenters de plus en plus grands et de plus en plus éloignés des utilisateurs finaux,

c'est le cloud computing. Cette centralisation présente des avantages considérables en

termes d'économies d'échelle, de disponibilité et de facilité de gestion. Mais elle se heurte

à une contrainte physique insurmontable : la vitesse de la lumière. La latence

incompressible entre un terminal et un datacenter situé à plusieurs centaines de

kilomètres, typiquement 20 à 100 ms aller-retour, est invisible pour une page web ou un

email, mais rédhibitoire pour une application chirurgicale à distance, un véhicule

autonome qui doit freiner en moins de 10 ms, ou une ligne de production robotisée

nécessitant une synchronisation à la milliseconde.

L'edge computing (informatique en périphérie, ou informatique de bordure) apporte la

réponse à cette contrainte en rapprochant le traitement des données de leur source.

Plutôt que d'envoyer toutes les données vers le cloud central pour les traiter et renvoyer

les résultats, on traite localement tout ce qui peut l'être, et on n'envoie vers le cloud que

les données agrégées ou les informations réellement utiles à une analyse globale. Cette

approche réduit la latence, consomme moins de bande passante réseau, préserve la


confidentialité des données sensibles (qui ne quittent pas les locaux de l'entreprise) et

permet un fonctionnement dégradé en cas de coupure de la connexion cloud.

1.

L'edge computing ne désigne pas un emplacement unique mais une hiérarchie de

niveaux de traitement, chacun offrant un compromis différent entre la proximité à la

source et la puissance de calcul disponible.

Le DEVICE EDGE représente le traitement directement sur l'objet source : un

microcontrôleur embarqué dans un capteur industriel, un processeur dédié dans

une caméra de surveillance intelligente, ou une puce de traitement du signal dans

un équipement médical portable. Le domaine TinyML (machine learning embarqué)

permet d'exécuter des modèles d'inférence IA directement sur ces microcontrôleurs

à très faible consommation d'énergie, pour des applications comme la détection de

mots-clés vocaux, la classification d'images ou la détection d'anomalies vibratoires

sur des machines industrielles.

Le NEAR EDGE correspond aux passerelles IoT, serveurs de rack locaux et PC

industriels situés dans l'usine, le bâtiment ou la station de base 5G. Ces

équipements peuvent agréger et prétraiter les données de dizaines à milliers de

capteurs, exécuter des algorithmes de contrôle en boucle fermée avec des latences

de quelques millisecondes, et stocker localement les données d'une journée de

production avant de les envoyer vers le cloud en dehors des heures de pointe.

Le FAR EDGE, ou REGIONAL EDGE, correspond à des points de présence (PoP)

situés à proximité des utilisateurs : datacenters de périphérie de quelques dizaines

de serveurs déployés par les opérateurs télécoms dans les villes moyennes, colocations

proches des zones industrielles, ou nœuds MEC (Multi-Access Edge

Computing) intégrés aux stations de base 5G. Ces nœuds offrent des latences de 5

à 15 ms et peuvent héberger des applications exigeantes comme le rendu

graphique 3D pour la réalité augmentée, l'analyse vidéo en temps réel ou le cache

de contenu local.

Enfin, le cloud central, les hyperscalers AWS, Azure, Google Cloud, reste indispensable

pour l'entraînement des modèles IA sur de grands volumes de données, les analyses

globales agrégées, le stockage à long terme et les applications qui ne nécessitent pas de

faible latence. Dans une architecture moderne, les quatre niveaux coexistent et travaillent

de concert, chaque traitement étant exécuté au niveau le plus approprié.

? Notes


V – PERSPECTIVES 107

2.

Le MEC (Multi-Access Edge Computing), standardisé par l'ETSI depuis 2014, est une

architecture qui place des capacités de calcul et de stockage directement à la périphérie

du réseau d'accès 5G, physiquement dans ou à proximité immédiate des stations de base

(gNB). Cette proximité permet d'offrir des latences inférieures à 5 ms entre les applications

et les équipements connectés, ce qui est impossible à atteindre en passant par le cœur

du réseau et le cloud.

Les applications MEC les plus prometteuses se concentrent dans trois domaines.

Dans l'industrie 4.0, les caméras de vision artificielle positionnées sur les lignes

de production envoient leurs flux vidéo au serveur MEC de l'usine, qui effectue en

temps réel le contrôle qualité par réseau de neurones convolutifs, détecte les

défauts à la milliseconde et déclenche l'éjection des pièces défectueuses. La

latence vers le cloud serait trop élevée pour une ligne de production cadencée à

plusieurs dizaines de pièces par seconde.

Dans le domaine des véhicules connectés, le standard V2X (Vehicle to

Everything) permet aux véhicules de communiquer avec l'infrastructure routière, les

feux de circulation et les autres véhicules. Le serveur MEC situé à proximité d'un

carrefour peut agréger les informations de tous les véhicules approchants, calculer

en moins de 10 ms les recommandations de vitesse ou de trajectoire pour éviter les

collisions, et les retransmettre aux véhicules. Une latence de 50 ms via le cloud

central ne permettrait pas cette réactivité vitale.

La réalité augmentée d'entreprise tire également profit du MEC : des lunettes AR

légères (Microsoft HoloLens, RealWear) qui ne disposent pas de puissance de calcul

suffisante pour le rendu 3D complexe délèguent ce traitement au serveur MEC, qui

renvoie le flux vidéo enrichi en quelques millisecondes. Un technicien de

maintenance peut ainsi voir en superposition les schémas de câblage d'une

machine sans avoir à consulter une documentation papier.

3.

Les CDN (Content Delivery Networks, réseaux de distribution de contenu) sont des réseaux

mondiaux de serveurs distribués qui mettent en cache les contenus statiques et

dynamiques au plus proche des utilisateurs finaux. Nés dans les années 1990 pour

distribuer des pages web et des images, ils sont devenus en 2025 des infrastructures

critiques qui transportent plus de 70 % du trafic Internet mondial, incluant le streaming

vidéo, les APIs, les mises à jour logicielles et la protection contre les attaques DDoS.

Le principe fondamental d'un CDN est simple : plutôt que tous les utilisateurs du monde

entier se connectent au serveur d'origine d'une application, ce qui créerait une latence

élevée pour les utilisateurs distants et une surcharge massive du serveur, le CDN réplique

le contenu sur des centaines ou milliers de points de présence (PoP) répartis

géographiquement. Quand un utilisateur demande une ressource, il est redirigé vers le

PoP le plus proche, qui lui répond en quelques millisecondes depuis son cache local.

Cloudflare illustre l'évolution récente vers des plateformes d'edge computing complètes.

? Notes


Avec plus de 300 PoPs dans plus de 100 pays, Cloudflare combine la distribution de

contenu avec

• La protection DDoS (capable d'absorber des attaques dépassant 2 Tbps)

• Le pare-feu applicatif (WAF), le Zero Trust Network Access (Cloudflare Access)

• L'exécution de code au bord via Cloudflare Workers plus récemment. Cette

dernière fonctionnalité permet aux développeurs d'exécuter du code JavaScript

ou WebAssembly directement dans les PoPs Cloudflare, à moins de 50 ms de

n'importe quel utilisateur dans le monde, sans serveur à gérer.

Akamai, pionnier fondé en 1998, exploite l'un des réseaux les plus étendus avec plus de 4

000 PoPs et 340 000 serveurs distribués. Sa position lui permet d'offrir des services de

sécurité étendus au-delà du CDN, notamment suite à l'acquisition de Guardicore pour la

microsegmentation réseau. AWS CloudFront, intégré à l'écosystème AWS, permet aux

développeurs d'exécuter du code à la périphérie via Lambda@Edge et CloudFront

Functions, avec une intégration native avec les autres services AWS. Fastly se distingue

par sa capacité de purge de cache quasi-instantanée (moins de 150 ms pour propager

une invalidation à l'ensemble du réseau), critique pour les éditeurs de presse qui publient

du contenu en continu.

La transition vers IPv6 est l'un des chantiers les plus importants et les plus prolongés de

l'histoire d'Internet. Décidée dans les années 1990 face à la croissance prévisible du

nombre d'appareils connectés, la migration est encore en cours en 2025, plus de vingt

ans après la publication du standard RFC 2460. Comprendre pourquoi cette transition est

à la fois urgente et complexe est essentiel pour appréhender l'architecture des réseaux

modernes.

1.

IPv4, conçu en 1981, offre un espace d'adressage de 2³² adresses, soit environ 4,3

milliards d'adresses IP uniques. Ce nombre paraissait astronomique en 1981,

lorsqu'Internet ne comptait que quelques centaines d'ordinateurs. Il est aujourd'hui

dramatiquement insuffisant face à l'explosion des terminaux connectés : smartphones,

tablettes, objets connectés IoT, véhicules, équipements industriels. Le monde compte

aujourd'hui plus de 15 milliards d'appareils connectés pour seulement 4,3 milliards

d'adresses IPv4 possibles.

L'épuisement s'est concrétisé par étapes. Le 3 février 2011, l'IANA (Internet Assigned

Numbers Authority) alloua les cinq derniers blocs /8 d'adresses IPv4 de son pool global,

marquant l'épuisement officiel du stock central.

Les registres régionaux (RIR) ont successivement épuisé leurs réserves :

• APNIC en 2011

• RIPE NCC (Europe) en 2012

• ARIN (Amérique du Nord) en 2015

• LACNIC et AFRINIC peu après.


V – PERSPECTIVES 109

Depuis lors, il n'existe plus d'adresses IPv4 publiques disponibles en allocation normale,

seules des adresses recyclées ou issues du marché secondaire peuvent être obtenues.

Face à cette pénurie, deux mécanismes palliatifs ont été massivement déployés. Le NAT

(Network Address Translation) permet à de nombreux appareils d'un réseau privé de

partager une seule adresse IP publique. C'est pour cette raison que votre box Internet a

une adresse publique, tandis que tous les appareils de votre domicile ont des adresses

privées (192.168.x.x, 10.x.x.x). Le NAT fonctionne bien pour les connexions sortantes, mais

il introduit des complications pour les protocoles peer-to-peer, la VoIP, les jeux en ligne et

les connexions entrantes. Le CGNAT (Carrier-Grade NAT), déployé par les FAI, va encore

plus loin en faisant partager la même adresse IPv4 publique à plusieurs abonnés

différents, créant un double NAT qui complique encore davantage les diagnostics et

certains usages.

Un marché secondaire des adresses IPv4 s'est développé face à la pénurie. Les

organisations disposant de vastes blocs d'adresses non utilisées (universités américaines

qui avaient reçu des blocs /8 complets dans les années 1980, entreprises en liquidation)

les revendent à des prix qui ont atteint 40 à 60 dollars par adresse en 2025, soit 40 000 à

60 000 dollars pour un bloc /24 de 256 adresses. Ces coûts élevés constituent une

incitation économique forte à la migration vers IPv6.

2.

IPv6 offre un espace d'adressage de 2¹²⁸ adresses, soit 340 sextillions d'adresses, de

quoi attribuer plusieurs milliards d'adresses à chaque grain de sable de la Terre. Au-delà

de l'espace d'adressage, IPv6 apporte des améliorations architecturales importantes :

l'en-tête IP simplifié accélère le traitement par les routeurs, le multicast natif remplace le

broadcast IPv4 de manière plus efficace, l'autoconfiguration stateless (SLAAC) permet à un

appareil de se configurer automatiquement sans serveur DHCP, et la mobilité IPv6 (RFC

6275) maintient les connexions actives lors des changements de réseau.

Le déploiement mondial d'IPv6 progresse significativement, même si des disparités

importantes subsistent entre pays et types de réseaux. L'Inde est devenue le leader

mondial de l'adoption IPv6 avec environ 70 % du trafic, grâce au déploiement massif par

l'opérateur Jio d'un réseau 4G/5G nativement IPv6 pour plusieurs centaines de millions

d'abonnés. Les États-Unis affichent environ 55 % d'adoption, tirés par Comcast, T-Mobile

et les grands services web (Google, Netflix, Facebook ont activé IPv6 depuis plusieurs

années). L'Allemagne approche également 55 %, Deutsche Telekom ayant massivement

déployé IPv6 sur ses réseaux fixes et mobiles.

La France se situe autour de 40 % d'adoption en 2025. Free est en avance avec environ

60 % de son trafic en IPv6, ayant été le premier FAI français à activer IPv6 par défaut sur

ses Freebox. Orange, SFR et Bouygues Telecom ont progressivement activé le dualstack

(IPv4 et IPv6 simultanément) sur leurs offres FTTH. La moyenne mondiale s'établit

autour de 45 % selon les statistiques APNIC et Google, mais cette moyenne masque de

grandes disparités : l'Afrique reste globalement en dessous de 10 %, freinée par des

équipements réseaux plus anciens et des coûts de migration.

? Notes


Région / Pays

Adoption

IPv6 (2025)

Situation

Inde ~70 % Leader mondial, réseau Jio natif IPv6

États-Unis ~55 % Comcast, T-Mobile, Google, Netflix déployés

Allemagne ~55 % Deutsche Telekom en tête

France ~40 % Free leader (~60 %), offres FTTH dual-stack

Japon ~45 % NTT, KDDI, SoftBank déployés

Chine ~30 % China Mobile, progression rapide

Afrique <10 % En développement, équipements anciens

Moyenne

mondiale

~45 % Source : APNIC / Google IPv6 Statistics 2025

Pour les réseaux d'entreprise, la migration IPv6 est souvent plus lente que pour les

réseaux grand public, car elle implique la mise à jour de nombreux systèmes internes :

adressage des serveurs, règles de pare-feux, scripts d'automatisation, systèmes de

supervision, annuaires LDAP. Le dual-stack, où chaque équipement dispose

simultanément d'une adresse IPv4 et d'une adresse IPv6, est la stratégie de transition

recommandée : elle permet d'adopter IPv6 progressivement sans perturber les services

IPv4 existants.

? Préparer son réseau à IPv6

Tout nouveau déploiement réseau en 2025 doit être conçu nativement dual-stack. Les équipements

achetés aujourd'hui seront encore en service dans 10 ans, quand IPv4 sera probablement déprécié

dans de nombreuses zones. Vérifier la compatibilité IPv6 de tous les équipements (pare-feux, sondes

de supervision, annuaires, systèmes de sauvegarde) avant de déployer. La gestion des préfixes IPv6

dans une entreprise nécessite une réflexion sur le plan d'adressage : contrairement à IPv4, il est

inutile de compter ses adresses, mais il est essentiel de structurer les préfixes de manière

hiérarchique pour faciliter l'agrégation dans les tables de routage.

? Notes


V – PERSPECTIVES 111

Pendant quarante ans, les satellites de télécommunications ont tous été placés en orbite

géostationnaire (GEO), à environ 36 000 km d'altitude. À cette altitude, un satellite tourne à

la même vitesse que la Terre et semble immobile dans le ciel, ce qui permet à une

antenne fixe de le pointer en permanence. Cette stabilité a un prix : la distance impose

une latence aller-retour d'environ 550 à 600 ms, rendant ces satellites inutilisables pour

les applications interactives (visioconférence, jeux, VoIP). La nouvelle génération de

constellations en orbite basse change fondamentalement ce paradigme.

1.

Les satellites en orbite basse (LEO, Low Earth Orbit), entre 300 et 2 000 km d'altitude, ne

peuvent pas rester fixes par rapport à un point sur Terre : ils se déplacent rapidement et

passent au-dessus d'un observateur fixe en quelques minutes. Pour offrir une couverture

continue, il faut donc des centaines à des milliers de satellites fonctionnant en

constellation, se relayant pour couvrir chaque point du globe à tout moment. Ces

mégaconstellations réduisent la latence à 20-60 ms, comparable à une bonne connexion

ADSL ou 4G, tout en offrant une couverture mondiale, y compris sur les océans, dans les

zones montagneuses et dans les régions rurales les plus isolées.

Starlink, opéré par SpaceX d'Elon Musk, est la constellation commerciale la plus

avancée de loin. Lancée progressivement depuis 2019, elle comptait plus de 6 800

satellites actifs en 2025, couvrant plus de 100 pays. SpaceX a réussi à réduire

drastiquement le coût de lancement grâce à ses fusées Falcon 9 réutilisables, permettant

d'atteindre une cadence de déploiement sans précédent. Les offres commerciales Starlink

couvrent plusieurs segments : l'offre résidentielle à environ 50 euros par mois pour 50 à

200 Mbps avec une latence de 20 à 60 ms, l'offre Business pour les entreprises avec des

débits garantis jusqu'à 500 Mbps et des SLAs, et les offres Maritime et Aviation pour les

navires et aéronefs. En 2024-2025, Starlink a lancé un service Direct to Cell permettant

aux smartphones standards (sans antenne spéciale) de se connecter directement aux

satellites, en partenariat avec T-Mobile aux États-Unis.

OneWeb, renommé Eutelsat LEO suite à la fusion avec l'opérateur satellite européen

Eutelsat, exploite une constellation de 648 satellites à 1 200 km d'altitude. Orientée

principalement vers les entreprises, les opérateurs de transport maritime et les

gouvernements, OneWeb offre une couverture mondiale avec des latences de 50 à 80

ms. Amazon Kuiper, la constellation de Jeff Bezos, a commencé son déploiement en

2024 et vise le service commercial en 2025-2026 avec une constellation de plus de 3 000

satellites, ce qui devrait intensifier la concurrence et la pression sur les prix. AST

SpaceMobile développe quant à elle une approche radicalement différente : des satellites

de grande taille capable de communiquer directement avec des smartphones standards

sans modification, ciblant les 3 milliards d'habitants de zones sans couverture cellulaire.

? Notes


Constellation Opérateur Satellites (2025) Latence Statut

Starlink SpaceX >6 800 20–40 ms Commercial

mondial, 100+ pays

OneWeb

(Eutelsat)

Eutelsat ~648 50–80 ms Commercial B2B et

maritime

Amazon Kuiper Amazon ~300 en

déploiement

30–50 ms Lancement

commercial 2025–

26

AST

SpaceMobile

AST ~30 (pilote) ~50 ms Direct-to-device,

pilote 2025

i Starlink dans les zones blanches françaises

Starlink joue un rôle crucial dans les zones blanches françaises (Alpes, Pyrénées, Massif Central,

zones rurales isolées) où ni la fibre ni la 4G ne sont disponibles. Il est éligible à certaines aides

publiques pour les collectivités non couvertes. Il a aussi prouvé son importance stratégique lors de

crises humanitaires : il a fourni la connectivité à l'Ukraine dès le début du conflit en 2022, au Maroc

après le séisme de 2023, et constitue une solution de redondance WAN pour les entreprises et

collectivités souhaitant se prémunir contre les coupures de leur connexion terrestre principale.

2.

La nouvelle génération de satellites géostationnaires (HTS, High Throughput Satellites)

modernise également les satellites GEO traditionnels. En utilisant des faisceaux multiples

de petite taille (spot beams) qui réutilisent les mêmes fréquences dans différentes zones

géographiques, ces satellites atteignent des capacités totales de plusieurs centaines de

Gbps, soit dix à vingt fois plus que leurs prédécesseurs. Le satellite Eutelsat KONNECT

VHTS, lancé en 2023, offre 500 Gbps de capacité totale sur l'Europe, avec des débits

jusqu'à 100 Mbps pour les utilisateurs finaux, ciblant les zones blanches européennes qui

ne sont pas encore couvertes par le FTTH. SES exploite sa constellation O3b mPOWER

en orbite MEO (8 000 km) avec une latence intermédiaire d'environ 150 ms, offrant des

débits très élevés pour les entreprises, navires et plateformes pétrolières.

? Notes


V – PERSPECTIVES 113

Le cloud computing a profondément reconfiguré l'architecture des réseaux d'entreprise.

Lorsque les applications vivaient dans le datacenter de l'entreprise, le réseau WAN avait

pour principale mission d'interconnecter les sites entre eux et de les relier au datacenter

central. Aujourd'hui, les applications d'une entreprise sont dispersées entre plusieurs

clouds publics (AWS, Azure, Google Cloud), des applications SaaS (Salesforce, Microsoft

365, ServiceNow) et parfois encore quelques serveurs locaux. Les réseaux doivent

s'adapter à cette dispersion radicale des ressources.

1.

Les trois grands hyperscalers, AWS, Microsoft Azure et Google Cloud Platform, ont

construit des réseaux backbone privés planétaires qui rivalisent aujourd'hui avec les

meilleures infrastructures des opérateurs de télécommunications. Ces réseaux

représentent un investissement de plusieurs dizaines de milliards de dollars chacun et

constituent un avantage compétitif considérable.

AWS exploite 33 régions géographiques avec 105 zones de disponibilité, interconnectées

par un backbone privé global comprenant plus de 25 câbles sous-marins dédiés ou coinvestis.

AWS Direct Connect permet aux entreprises de se connecter directement au

réseau AWS depuis leurs locaux via des connexions dédiées (1 à 100 Gbps), en

s'affranchissant du réseau public Internet pour leurs échanges avec le cloud, ce qui

améliore les performances et la prévisibilité de la latence. AWS Cloud WAN offre une

solution pour gérer un réseau hybride mondial, sites distants, datacenters locaux et

régions AWS, depuis une console d'administration unifiée.

Microsoft Azure, avec plus de 60 régions mondiales, dispose d'un réseau backbone de

quelque 200 000 km de fibres terrestres et sous-marines, dont les câbles Grace Hopper

(reliant les États-Unis à l'Europe et au Royaume-Uni) et AEC (Amérique-Europe-Caraïbes).

Azure ExpressRoute offre des connexions dédiées de 50 Mbps à 100 Gbps pour les

entreprises. Google Cloud exploite également un réseau privé parmi les plus étendus au

monde, incluant les câbles sous-marins Equiano (reliant l'Europe à l'Afrique occidentale) et

Dunant (Atlantique Nord). Ces investissements massifs dans les câbles sous-marins font

des hyperscalers des acteurs majeurs de l'infrastructure physique d'Internet.

2.

La généralisation des architectures microservices et des conteneurs (Docker,

Kubernetes) impose de nouvelles exigences aux réseaux au sein même des clusters

d'applications. Là où une application monolithique n'avait que quelques connexions

réseau, une application microservices peut générer des milliers d'appels réseau internes

par seconde entre ses composants. Gérer ces flux de manière fiable, sécurisée et

observable est devenu un défi en soi.

Le service mesh (maillage de services) répond à ce défi en ajoutant une couche

d'infrastructure transparente qui gère toutes les communications entre microservices :

équilibrage de charge, chiffrement mTLS (mutual TLS) automatique pour sécuriser chaque


appel interne, gestion des timeouts et des reprises en cas d'erreur (circuit breaker pattern),

et collecte de traces distribuées pour l'observabilité. Les solutions Istio, Linkerd et Consul

Connect déploient des proxys sidecar (processus auxiliaires) à côté de chaque instance de

microservice, interceptant et gérant le trafic de manière transparente pour les

développeurs.

eBPF (extended Berkeley Packet Filter) est une technologie du noyau Linux qui

révolutionne la gestion réseau dans les environnements cloud-native. Elle permet

d'exécuter des programmes vérifiés et sandboxés directement dans l'espace noyau Linux,

sans modifier le code du noyau lui-même et sans la surcharge d'un processus userspace.

Cilium utilise eBPF pour implémenter les politiques réseau Kubernetes avec des

performances quasi-natives, en remplaçant iptables par un plan de données eBPF

beaucoup plus efficace. Cloudflare utilise eBPF pour son load balancing et sa protection

DDoS. Facebook a développé Katran, un load balancer L4 basé sur eBPF capables de

traiter des millions de paquets par seconde par cœur de processeur.

L'Infrastructure as Code (IaC) applique les meilleures pratiques du développement

logiciel, versionnement dans Git, revue de code, tests automatisés, déploiement continu,

à la gestion de l'infrastructure réseau. Terraform, développé par HashiCorp, est devenu

l'outil de référence pour décrire de manière déclarative l'infrastructure cloud souhaitée

dans des fichiers de configuration, puis provisionner automatiquement les ressources

correspondantes sur AWS, Azure, GCP et les équipements réseau de nombreux

constructeurs. Ansible, outil d'automatisation agentless de Red Hat, est très répandu pour

la configuration des équipements réseau physiques : un playbook Ansible peut configurer

en quelques minutes des centaines de switches et routeurs de manière cohérente et

reproductible.

1.

Alors que la 5G est encore en cours de déploiement dans de nombreux pays, la

recherche et développement sur la 6G est déjà très avancée. L'UIT (Union Internationale

des Télécommunications) a formalisé en 2023 la vision IMT-2030 qui définit les objectifs de

performance de la 6G pour un déploiement commercial envisagé autour de 2030 (objectifs

IMT‐2030 non encore atteints en production). Ces objectifs sont d'une ambition

considérable : débit de crête d'un Terabit par seconde (soit 50 fois celui de la 5G), latence

inférieure à 0,1 ms (dix fois plus faible que la 5G), densité de connexions de 10 millions

d'appareils par km² et une efficacité énergétique cent fois supérieure à la 5G.

Les technologies envisagées pour atteindre ces performances explorent plusieurs pistes

en parallèle. Les bandes térahertz (THz, entre 100 GHz et 10 THz) offrent des largeurs de

bande gigantesques pour des débits de l'ordre du Tbps, mais souffrent d'une atténuation

atmosphérique extrême qui limite leur portée à quelques mètres ou dizaines de mètres au

mieux. Leur usage sera probablement limité à des environnements confinés, intérieurs de

bâtiments, halls industriels, datacenters, où la courte portée n'est pas un obstacle.

Les RIS (Reconfigurable Intelligent Surfaces, surfaces intelligentes reconfigurables)

constituent l'une des innovations les plus originales de la 6G. Ce sont des surfaces

composées de milliers d'éléments réflecteurs passifs ou semi-actifs, intégrées dans les


V – PERSPECTIVES 115

murs, les plafonds ou les façades de bâtiments, capables de réfléchir et de diriger les

ondes radio vers les utilisateurs avec une précision millimétrique. Elles transforment

l'environnement passif en un amplificateur et réflecteur programmable, permettant de

couvrir des zones d'ombre ou d'améliorer la qualité du signal sans déployer des

équipements actifs supplémentaires.

L'ISAC (Integrated Sensing and Communications, communication et détection intégrées) est

une autre caractéristique fondamentale de la 6G. Plutôt que d'utiliser des systèmes

séparés pour les communications et pour la détection (radars, lidars, systèmes de

localisation), la 6G utilisera les mêmes signaux radio à la fois pour transmettre des

données et pour « sentir » l'environnement : détecter des objets, estimer des vitesses et

des trajectoires, cartographier des espaces. Cette fusion offre des possibilités immenses

pour les véhicules autonomes, les villes intelligentes et la réalité augmentée.

Paramètre 5G (objectif 3GPP) 6G (objectif IMT-2030)

Débit de crête 20 Gbps 1 Tbps

Débit expérience utilisateur 100 Mbps 1 Gbps

Latence plan utilisateur <1 ms <0,1 ms

Densité de connexions 1 M appareils/km² 10 M appareils/km²

Fiabilité 99,9999 % 99,99999 %

Efficacité énergétique ×10 vs 4G ×100 vs 5G

Localisation 10 cm (intérieur) <1 cm (sub-centimétrique)

i Programmes de R&D 6G

L'Union Européenne finance les projets Hexa-X et Hexa-X-II (programme Horizon Europe, 25

partenaires industriels et académiques). La Corée du Sud vise un lancement commercial 6G en 2028

pour les JO d'hiver. Le Japon cible 2030 dans sa Beyond 5G/6G Promotion Strategy. La Chine est très

active en dépôts de brevets 6G via son IMT-2030 Promotion Group. La commercialisation mondiale

est attendue autour de 2030–2032.

? Notes


2.

La norme Wi-Fi 7 (IEEE 802.11be, EHT, Extremely High Throughput) a été finalisée en 2024

et les premiers équipements certifiés sont disponibles sur le marché. Elle apporte des

améliorations substantielles par rapport au Wi-Fi 6E, répondant aux besoins croissants en

bande passante des applications de réalité virtuelle, de streaming 8K et de bureau à

distance haute qualité.

L'innovation majeure du Wi-Fi 7 est le MLO (Multi-Link Operation), qui permet à un

appareil d'utiliser simultanément plusieurs bandes de fréquences, 2,4 GHz, 5 GHz et 6

GHz en même temps. Jusqu'au Wi-Fi 6E, un appareil ne pouvait utiliser qu'une seule

bande à la fois et devait basculer d'une bande à l'autre. Avec le MLO, les données

peuvent être envoyées simultanément sur plusieurs liens, ce qui augmente le débit

agrégé et améliore la latence par évitement automatique des interférences : si la bande 5

GHz est congestionnée, le trafic est automatiquement déporté sur la bande 6 GHz, sans

interruption perceptible.

Le Wi-Fi 7 introduit également des canaux de 320 MHz dans la bande 6 GHz, doublant la

largeur des canaux par rapport au Wi-Fi 6E (160 MHz). Combiné à la modulation 4096-

QAM (4K-QAM), qui encode davantage de bits par symbole au prix d'une sensibilité

accrue au bruit, le débit théorique maximal atteint 46 Gbps sur 16 flux spatiaux. En

pratique, les déploiements réels atteignent plusieurs Gbps dans des conditions

favorables, ce qui suffit largement pour tous les usages actuels et futurs prévisibles.

i Informations

en 2025–2026, les déploiements du Wi-Fi 7 restent essentiellement sur des sites pilotes et des

équipements haut de gamme.

La prochaine norme Wi-Fi 8 (IEEE 802.11bn) est déjà en cours de définition au sein du

groupe de travail IEEE, avec un horizon de finalisation vers 2027-2028. Les objectifs

déclarés incluent un débit supérieur à 100 Gbps grâce à l'utilisation de bandes de

fréquences encore plus larges et à des innovations sur la couche physique. Wi-Fi 8

devrait également renforcer la coordination multi-points d'accès (multi-AP coordination)

pour offrir une expérience homogène dans les déploiements denses.

3.

La consommation énergétique des réseaux de télécommunications est devenue un enjeu

environnemental et économique majeur. L'ensemble des réseaux et datacenters

représente aujourd'hui environ 2 à 3 % de la consommation électrique mondiale, et cette

part croît avec le déploiement de la 5G, la multiplication des objets IoT et l'explosion du

trafic vidéo et de l'IA. L'entraînement d'un grand modèle de langage comme GPT-4

consomme l'équivalent de la consommation annuelle de plusieurs centaines de ménages.

Face à ces réalités, l'efficacité énergétique est devenue un critère de conception essentiel

des réseaux modernes.

Dans les réseaux radio 5G, les équipements de nouvelle génération intègrent des

mécanismes sophistiqués de mise en veille dynamique (sleep mode) des antennes :

lorsqu'aucun trafic n'est détecté sur une cellule pendant quelques millisecondes, les

émetteurs radio peuvent être mis en veille partielle ou totale, réduisant la consommation


V – PERSPECTIVES 117

électrique de 60 à 80 % en dehors des heures de pointe. Nokia, Ericsson et Huawei ont

publié des feuilles de route ambitieuses pour réduire la consommation par bit transmis de

50 à 80 % d'ici 2030, en combinant ces optimisations logicielles avec des progrès dans

les technologies de semi-conducteurs.

Dans les datacenters, le refroidissement représente une part majeure de la

consommation totale.

Les hyperscalers adoptent des solutions innovantes pour réduire ce poste

• Le refroidissement liquide direct (DLC, Direct Liquid Cooling), où des fluides

caloporteurs circulent directement au contact des processeurs les plus

thermiques, notamment les GPUs utilisés pour l'entraînement des modèles IA

• L'immersion cooling, où des serveurs entiers sont immergés dans des liquides

diélectriques non conducteurs

• La récupération de chaleur pour alimenter les réseaux de chaleur urbains voisins,

transformant la chaleur des serveurs en ressource utile plutôt qu'en déchet.

Google, Microsoft et Amazon ont tous trois pris des engagements publics sur la neutralité

carbone ou la compensation carbone de leurs opérations, via des Power Purchase

Agreements (PPA) avec des producteurs d'énergies renouvelables. Google revendique

alimenter ses datacenters à 100 % d'énergie sans carbone en temps réel d'ici 2030. La

gestion logicielle de la consommation des équipements réseau, Cisco EnergyWise,

Juniper Energy Framework, permet d'adapter dynamiquement la consommation à la

charge réelle, en désactivant les ports inutilisés ou en réduisant la fréquence des

processeurs de routage en période creuse.

4.

Les réseaux privés 5G (également appelés 5G campus networks) permettent aux

entreprises et organisations de déployer leur propre infrastructure 5G dans leurs locaux,

sans dépendre d'un opérateur public. Cette approche offre des garanties de qualité de

service, de sécurité et de confidentialité que les réseaux 5G publics partagés ne peuvent

pas fournir, et une indépendance totale vis-à-vis des incidents du réseau public.

Dans le modèle de déploiement autonome, l'entreprise déploie l'intégralité de

l'infrastructure 5G, stations de base (gNB), cœur de réseau 5G SA (5G Standalone Core),

dans ses locaux. Les données de l'entreprise ne quittent jamais le site. La bande

passante est entièrement dédiée aux usages de l'entreprise. La latence atteint moins de 5

ms entre les équipements du site. Ce modèle est particulièrement pertinent pour les

usines avec des lignes de production automatisées, les ports et aéroports avec des

besoins logistiques intensifs, les mines et carrières en zones sans couverture publique, et

les hôpitaux avec des exigences strictes de confidentialité des données médicales.

En Europe, l'Allemagne a été pionnière en allouant dès 2019 une bande de fréquences

dédiée (3,7-3,8 GHz) aux réseaux privés 5G industriels, ce qui a permis à des entreprises

comme Volkswagen, BMW ou Siemens de déployer leurs propres réseaux 5G dans leurs

usines. La France avance plus progressivement sur ce sujet, l'ARCEP ayant lancé des

consultations sur l'attribution de fréquences locales pour les industriels en 2024, avec des

premières attributions attendues en 2025-2026.

? Notes


Convergence Wi-Fi 6E et 5G privé

Dans un réseau privé moderne, Wi-Fi 6E et 5G privé ne sont pas en compétition mais

complémentaires. Le Wi-Fi 6E couvre les espaces de bureau, les zones d'entrepôt fixes

et les salles de réunion à moindre coût. La 5G privé couvre les zones extérieures, les

équipements mobiles en déplacement (AGV, Automated Guided Vehicles, chariots élévateurs

automatisés), et les applications nécessitant des garanties de latence et de disponibilité

que le Wi-Fi ne peut pas offrir en environnement industriel perturbé.

5.

Le SASE (Secure Access Service Edge), concept formalisé par le cabinet d'analyse Gartner

en 2019, est devenu en 2025 l'architecture de référence pour les réseaux d'entreprise

distribués. Son émergence répond à une transformation profonde du contexte réseau des

organisations : les utilisateurs travaillent depuis partout (bureau, domicile, déplacements),

les applications sont dans le cloud (SaaS, IaaS), et les données traversent des réseaux

qu'on ne contrôle plus. Le modèle traditionnel, tout le trafic converge vers le datacenter

central qui héberge le pare-feu et les proxys, est devenu inadapté, car il crée des goulots

d'étranglement et détériore l'expérience utilisateur.

Le SASE converge en un service cloud unifié deux familles de fonctionnalités qui

étaient historiquement séparées.

Côté réseau, le SD-WAN gère intelligemment les liens WAN multiples (MPLS,

Internet haut débit, 4G/5G), en sélectionnant en temps réel le lien le plus performant

pour chaque flux selon sa nature (voix, vidéo, données critiques)

Côté sécurité, le ZTNA (Zero Trust Network Access) remplace le VPN traditionnel en

appliquant le principe "ne jamais faire confiance, toujours vérifier" : plutôt

qu'accorder un accès complet au réseau après authentification, chaque accès à

chaque application est vérifié individuellement selon l'identité de l'utilisateur, la

posture de sécurité de son terminal et le contexte de la connexion.

Les autres composants du SASE complètent cette protection :

• Le CASB (Cloud Access Security Broker) offre une visibilité et un contrôle sur

les usages des applications SaaS (partage fichiers, applications non autorisées)

• Le SWG (Secure Web Gateway) filtre le trafic web sortant et protège contre les

malwares

• Le FWaaS (Firewall as a Service) délivre les fonctions de pare-feu NGFW

depuis le cloud, sans nécessiter d'équipement physique dans chaque agence

• Le DLP (Data Loss Prevention) surveille les données en transit pour prévenir

les fuites d'informations sensibles.

En 2025, les quatre principaux acteurs du marché SASE selon le Magic Quadrant Gartner

sont Palo Alto Networks (Prisma SASE), Zscaler, Cisco (combinant Umbrella et Meraki SD-

WAN) et Netskope. Cato Networks se distingue par son architecture 100 % cloud-native,

construite dès l'origine autour du SASE sans couches logicielles héritées. L'évolution en

cours voit le SASE converger avec l'IAM (Identity and Access Management) et le XDR

(Extended Detection and Response) pour former la SSE (Security Service Edge), qui traite

la sécurité comme une couche continue autour des utilisateurs et des données,

indépendamment de leur localisation.


V – GLOSSAIRE 119

VI. GLOSSAIRE DES TERMES

RÉSEAU

Ce glossaire rassemble les termes fondamentaux et les acronymes utilisés tout au long

du cours sur les réseaux informatiques. Il constitue un outil de référence rapide pour

l'étudiant et le professionnel. Les entrées sont classées par ordre alphabétique et

couvrent à la fois les concepts historiques (signalés par ⚠) qui restent indispensables à la

compréhension de l'évolution des réseaux, et les technologies actuelles ou émergentes

de 2025-2026 telles que le SD-WAN, la cryptographie post-quantique, l'edge computing,

le Wi-Fi 7 et les architectures SASE.

? Convention de lecture

Terme technologie substantiellement

anglais historique (gras)

mis

suivi

à ou jour

de obsolète, sa

par

traduction

rapport maintenue au

française

glossaire pour quand sa original. valeur elle pédagogique. existe, puis de ★ la = définition. terme nouveau ⚠ = ou

Standard IEEE définissant le marquage des trames Ethernet pour les réseaux VLAN. Un

champ de 4 octets (tag) est inséré dans l'en-tête Ethernet, dont 12 bits d'identifiant VLAN

(VID — 4 096 VLANs possibles). Indispensable pour la segmentation logique des réseaux

d'entreprise.

(Acknowledgement) : Message envoyé pour confirmer la bonne réception de données

sans erreur. Mécanisme fondamental du protocole TCP garantissant la fiabilité des

transmissions.

Artificial Intelligence for IT Operations. Application de l'IA et du machine learning à

l'exploitation IT et réseaux, pour automatiser la détection prédictive des pannes (LSTM,

isolation forests), leur corrélation (RCA — Root Cause Analysis) et leur résolution

autonome. Exemples : Cisco ThousandEyes, Juniper Mist AI, Aruba Central.


(American National Standard Institute) : Organisation américaine non gouvernementale

fondée en 1918, membre de l'ISO, chargée de proposer et publier des normes dans les

domaines de l'informatique et des télécommunications.

(Application Programming Interface) : Interface de programmation exposant les

fonctionnalités d'un service à d'autres applications, via des primitives, des bibliothèques

ou des appels HTTP/REST. Les APIs REST (JSON/HTTP) sont le standard dominant

pour l'interconnexion des services web et cloud modernes.

APPLET JAVA

Petit programme Java exécuté dans un navigateur web depuis un serveur distant. Les

applets ont été abandonnés dans tous les navigateurs modernes pour des raisons de

sécurité, remplacés par JavaScript, WebAssembly et les APIs web natives.

(Address Resolution Protocol) : Protocole établissant la correspondance entre une

adresse IP (couche 3) et une adresse MAC physique (couche 2). Une requête ARP est un

broadcast local ne traversant pas les routeurs. ARP est propre à IPv4 ; IPv6 utilise NDP

(Neighbor Discovery Protocol).

ARPANET

Réseau expérimental créé en 1969 par l'agence militaire américaine ARPA, ancêtre direct

d'Internet. Premier réseau à commutation de paquets opérationnel à grande échelle, il a

servi de banc d'essai pour les protocoles TCP/IP jusqu'à son intégration dans le NSFNET

en 1990.

(American Standard Code for Information Interchange) : Code d'encodage de caractères

sur 7 bits (128 caractères), étendu à 8 bits par IBM en 1981 (256 caractères incluant

lettres accentuées et caractères graphiques). Aujourd'hui complété par l'Unicode/UTF-8

qui supporte tous les caractères de toutes les langues.

ATM

(Asynchronous Transfer Mode) : Technique de commutation de cellules de taille fixe (53

octets) permettant de multiplexer voix, vidéo et données avec garanties de QoS. Déployé

dans les cœurs de réseaux d'opérateurs dans les années 1990-2000. Largement

remplacé par MPLS et Ethernet haut débit.


V – GLOSSAIRE 121

Réseau à très haut débit servant d'artère principale reliant entre eux plusieurs sousréseaux

ou sites. Aujourd'hui basé sur Ethernet 100G/400G et DWDM (Dense

Wavelength Division Multiplexing) sur fibre optique.

Capacité maximale de débit d'un lien ou réseau, exprimée en bits par seconde (bps,

Mbps, Gbps, Tbps). À distinguer du débit réel (throughput), qui tient compte des

surcharges protocolaires et des conditions de transmission.

(Border Gateway Protocol, RFC 4271) : Protocole de routage dynamique utilisé entre

systèmes autonomes (AS) sur Internet. Protocole de routage d'Internet lui-même,

maintenant une table de routage globale d'environ 900 000 préfixes. BGP4 est la version

actuelle ; BGP4+ supporte IPv6.

(Binary Digit) : Unité élémentaire d'information en informatique. Un bit vaut 0 ou 1. La plus

petite unité compréhensible par un système numérique. 8 bits forment un octet (byte en

anglais).

(Bits Per Second) : Unité de mesure du débit d'une liaison. Multiples : Kbps (kilobits/s),

Mbps (mégabits/s), Gbps (gigabits/s), Tbps (térabits/s). À ne pas confondre avec les

octets par seconde (B/s = 8 × bps).

BRIDGE / PONT

Équipement réseau interconnectant deux segments au niveau 2 OSI, sur la base des

adresses MAC. Aujourd'hui remplacé par les switches (commutateurs), qui offrent les

mêmes fonctions avec des performances bien supérieures grâce à leur table CAM et à

leurs ports dédiés en full-duplex.


Message envoyé simultanément à tous les équipements d'un segment réseau ou d'un

VLAN. L'adresse de diffusion IPv4 d'un sous-réseau se termine par 255. Les broadcasts

ne traversent pas les routeurs. IPv6 n'utilise pas de broadcast mais du multicast.

Logiciel permettant d'accéder aux ressources du Web et d'afficher les pages

HTML/CSS/JavaScript. Les navigateurs modernes (Chrome, Firefox, Edge, Safari)

supportent HTML5, WebAssembly, WebRTC et les APIs web avancées.

Terme anglais désignant un défaut de conception dans un logiciel ou un matériel, pouvant

provoquer un comportement inattendu ou incorrect. Un bug de sécurité exploitable est

appelé vulnérabilité.

Zone mémoire (RAM, disque ou serveur distant) stockant temporairement des données

récemment utilisées pour accélérer les accès futurs. Les CDN (Content Delivery

Networks) utilisent des caches distribués géographiquement pour réduire la latence des

contenus web.

(Cloud Access Security Broker) : Composant SASE assurant la visibilité et le contrôle des

accès aux applications SaaS (Microsoft 365, Salesforce, Google Workspace). Détecte les

usages non autorisés, applique les politiques de sécurité et prévient les fuites de

données.

CCITT

Comité Consultatif International pour le Télégraphe et la Téléphonie. Organisme de

normalisation des télécommunications dépendant de l'UIT, siégeant à Genève. Remplacé

en 1993 par l'UIT-T (Union Internationale des Télécommunications — Secteur de la

Normalisation).

(Content Delivery Network) : Réseau mondial de serveurs distribués mettant en cache les

contenus (pages web, vidéos, APIs) au plus proche des utilisateurs, réduisant la latence


V – GLOSSAIRE 123

et la charge sur les serveurs d'origine. Les CDN modernes (Cloudflare, Akamai, AWS

CloudFront, Fastly) intègrent également des fonctions d'edge computing, DDoS mitigation

et WAF.

CERT ★

(Computer Emergency Response Team) : Organisme chargé de la réponse aux incidents

de cybersécurité. Fondé en 1988 par DARPA suite au ver Morris. En France : ANSSI et

CERT-FR coordonnent la réponse aux cybermenaces nationales.

(Carrier-Grade NAT) : NAT mutualisé chez le FAI permettant à plusieurs abonnés de

partager la même adresse IPv4 publique. Déployé pour faire face à la pénurie d'adresses

IPv4. Crée un double NAT compliquant les diagnostics, la traçabilité judiciaire et certains

services peer-to-peer.

(Classless Inter-Domain Routing) : Format de notation des adresses IP et masques

introduit en 1993, remplaçant le système de classes A/B/C rigide. Notation slash :

192.168.1.0/24 signifie 24 bits de partie réseau. Permet une allocation plus efficace et

réduit la taille des tables de routage globales.

Unité logicielle légère encapsulant une application et ses dépendances dans un

environnement isolé et portable, partageant le noyau du système hôte (contrairement à

une machine virtuelle). Docker est le runtime de conteneurs le plus répandu. Kubernetes

orchestre les conteneurs à grande échelle.

COOKIES ★

Petits fichiers texte créés par un serveur web et stockés dans le navigateur client,

permettant de maintenir un état entre des sessions HTTP (authentification, préférences,

panier). Le RGPD impose d'obtenir le consentement avant de déposer des cookies non

strictement nécessaires.

CSMA/CD

(Carrier Sense Multiple Access / Collision Detection) : Protocole d'accès au médium

d'Ethernet classique (IEEE 802.3) en mode half-duplex. Les équipements écoutent avant

d'émettre et détectent les collisions. Obsolète dans les réseaux switched modernes où

chaque port opère en full-duplex dédié.


Unité de données autonome d'un réseau à commutation de paquets, contenant toutes les

informations nécessaires à son acheminement (adresses source et destination). Chaque

datagramme peut emprunter un chemin différent vers la destination. Modèle fondateur

d'IP (Internet Protocol).

(Dynamic Host Configuration Protocol, RFC 2131) : Protocole attribuant automatiquement

les paramètres réseau aux équipements (adresse IP, masque, passerelle, DNS). Ports

UDP 67 (serveur) et 68 (client). DHCPv6 est la version pour IPv6, souvent combinée avec

l'autoconfiguration SLAAC.

(DomainKeys Identified Mail) : Standard d'authentification des emails ajoutant une

signature cryptographique dans l'en-tête, permettant au serveur destinataire de vérifier

que l'email provient du domaine déclaré et n'a pas été altéré. Complémentaire de SPF et

DMARC.

(Domain-based Message Authentication, Reporting and Conformance) : Standard

combinant SPF et DKIM pour définir la politique de traitement des emails non authentifiés

(quarantaine ou rejet) et générer des rapports d'abus à destination de l'administrateur du

domaine.

DNS / SYSTÈME DE NOMS DE DOMAINE ★

(Domain Name System) : Annuaire distribué d'Internet traduisant les noms de domaine

(www.example.com) en adresses IP. Architecture hiérarchique : serveurs racine →

serveurs TLD (.com, .fr…) → serveurs autoritaires → résolveurs des FAI. Port UDP/TCP

53. DNSSEC ajoute la validation cryptographique des réponses.

(DNS Security Extensions, RFC 4033-4035) : Extension du DNS ajoutant des signatures

cryptographiques aux réponses pour prévenir les attaques par empoisonnement de cache

(cache poisoning). DoH (DNS over HTTPS) et DoT (DNS over TLS) chiffrent également

les requêtes DNS pour préserver la confidentialité.


V – GLOSSAIRE 125

Action de copier des fichiers depuis un serveur distant vers un équipement local via un

réseau. Le débit descendant (download speed) désigne la vitesse de réception.

L'opération inverse (envoi vers un serveur) est l'upload.

(Extended Berkeley Packet Filter) : Technologie du noyau Linux permettant d'exécuter

des programmes vérifiés et sandboxés dans l'espace noyau, sans modifier le code source

du noyau. Révolutionne l'observabilité réseau (Cilium), le load balancing (Cloudflare,

Facebook Katran) et la sécurité (Tetragon) dans les environnements cloud-native.

Architecture informatique rapprochant le traitement des données de leur source (capteurs

IoT, robots industriels, véhicules) plutôt que de tout centraliser dans le cloud. Réduit la

latence pour les applications temps réel, diminue la consommation de bande passante

WAN et améliore la résilience en cas de coupure réseau.

ETHERNET ★

Technologie de réseau local (LAN) standardisée par l'IEEE (802.3). Évolution des débits :

10 Mbps → 100 Mbps (Fast Ethernet) → 1 Gbps (Gigabit Ethernet) → 10/25/40/100/400

Gbps (datacenters). Standard LAN filaire dominant dans les entreprises, intégrant le PoE

(Power over Ethernet) pour l'alimentation des équipements.

(Frequently Asked Questions) : Document rassemblant les questions les plus

fréquemment posées sur un sujet, avec leurs réponses. Format standard pour la

documentation en ligne.

FDDI

(Fiber Distributed Data Interface) : Norme de réseau local en double anneau sur fibre

optique fonctionnant à 100 Mbps. Standard des années 1990 pour les backbones de

campus. Totalement remplacé par Ethernet Gigabit et 10 GbE depuis les années 2000.


Système renforçant la sécurité entre un réseau interne et un réseau non sûr (Internet), en

filtrant le trafic selon des règles définissant ce qui est autorisé. Types : filtrage stateless

(paquets), stateful (connexions), WAF (applicatif), NGFW (Next Generation Firewall :

inspection SSL/TLS, IPS, sandboxing). Composant central de toute architecture de

sécurité réseau.

FLOW CONTROL / CONTRÔLE DE FLUX ★

Mécanisme régulant le débit entre un émetteur et un récepteur pour éviter la saturation.

En TCP : fenêtre glissante et contrôle de congestion (slow start, CUBIC, BBR). En

Ethernet : protocole PAUSE (802.3x) et PFC (Priority Flow Control, 802.1Qbb) pour les

réseaux convergés.

FTP ★

(File Transfer Protocol) : Protocole de transfert de fichiers (ports TCP 20/21). FTP

transmet les identifiants et données en clair — à éviter sur Internet. Remplacé par SFTP

(via SSH, port 22) ou FTPS (FTP sur TLS) pour les échanges sécurisés.

(Fiber to the Home) : Déploiement de la fibre optique directement jusqu'au logement,

offrant des débits symétriques de 1 à plusieurs Gbps. Solution d'accès haut débit de

référence en France, déployée via PON (GPON/XGS-PON). Plan France Très Haut Débit

: couverture 100 % du territoire d'ici 2025-2027.

Mode de communication permettant l'émission et la réception simultanées sur le même

lien. Les réseaux Ethernet commutés modernes fonctionnent en full-duplex, éliminant les

collisions CSMA/CD. Opposé : half-duplex (émission et réception alternées).

GATEWAY / PASSERELLE ★

Équipement assurant l'interconnexion entre réseaux utilisant des protocoles différents, en

effectuant des conversions (niveaux 4 à 7 OSI). Exemples : passerelles VoIP (PSTN vers

SIP/IP), passerelles IoT (protocoles propriétaires vers IP), passerelles cloud (réseau local

vers VPC cloud).


V – GLOSSAIRE 127

(Gigabit Passive Optical Network, ITU-T G.984) : Norme de réseau d'accès fibre passive

partageant une fibre entre 64 abonnés grâce à des coupleurs optiques passifs (sans

alimentation). Débit descendant 2,5 Gbps, montant 1,2 Gbps. Technologie dominante

dans les déploiements FTTH français.

HDLC

(High Level Data Link Control) : Protocole de couche 2 orienté bit, fonctionnant en mode

synchrone avec contrôle de redondance cyclique. Base de nombreux protocoles WAN

historiques (SDLC/SNA, LAP-B/X.25, LAP-D/ISDN). Remplacé par Ethernet et MPLS

dans les réseaux modernes.

Unité de mesure de fréquence (Hz) correspondant à un cycle par seconde. Multiples :

kHz, MHz, GHz, THz. En réseaux, la fréquence caractérise les bandes radio (Wi-Fi

2,4/5/6 GHz, 5G sub-6 GHz, 5G mmWave 26-40 GHz, 6G térahertz).

HTML ★

(HyperText Markup Language) : Langage de balisage standard pour la création de pages

web. HTML5 (2014) introduit des capacités multimédia natives (audio, vidéo, canvas,

WebSockets, Web Workers), réduisant la dépendance aux plugins. Interprété par les

navigateurs en combinaison avec CSS et JavaScript.

HTTP ★

(HyperText Transfer Protocol) : Protocole applicatif de transfert de pages web (port 80 /

443 en HTTPS). HTTP/2 améliore les performances par multiplexage des requêtes.

HTTP/3 utilise QUIC (sur UDP) pour réduire encore la latence et améliorer la résilience

aux pertes de paquets.

HUB / CONCENTRATEUR

Équipement de couche 1 (physique) régénérant et redistribuant le signal électrique sur

tous ses ports, créant un domaine de collision partagé. Totalement remplacé par les

switches dans tous les réseaux modernes.


(Internet Architecture Board) : Organisme supervisant l'architecture technique d'Internet et

coordonnant les activités de l'IETF (Internet Engineering Task Force, éditeur des RFC) et

de l'IRTF (Internet Research Task Force).

(Intent-Based Networking) : Architecture réseau dans laquelle l'administrateur exprime

son objectif en termes métier (l'intention), et le système le traduit automatiquement en

configurations déployées sur l'ensemble du réseau (activation), puis vérifie en continu la

conformité (assurance). Exemples : Cisco Catalyst Center, Juniper Apstra.

(Institute of Electrical and Electronics Engineers) : Principal organisme de normalisation

pour les technologies électriques et informatiques. Éditeur des standards réseau IEEE

802 : 802.3 (Ethernet), 802.11 (Wi-Fi), 802.1Q (VLAN), 802.1X (authentification réseau),

802.3af/at/bt (PoE).

IMAP ★

(Internet Message Access Protocol, RFC 3501) : Protocole d'accès aux emails sur un

serveur distant, maintenant les messages sur le serveur et synchronisant l'état entre

plusieurs appareils. Port 143 / 993 (IMAPS/TLS). Remplace avantageusement POP3 pour

les utilisateurs multi-appareils.

IP ★

(Internet Protocol) : Protocole de couche réseau (couche 3 OSI) assurant l'adressage et le

routage des paquets. IPv4 (RFC 791, 32 bits, ~4,3 milliards d'adresses, espace épuisé) et

IPv6 (RFC 2460, 128 bits, quasi-illimité). Le protocole universel d'Internet.

(Internet Protocol version 6, RFC 2460) : Successeur d'IPv4 offrant 2¹²⁸ adresses (340

sextillions). Adresses sur 128 bits en hexadécimal séparées par « : » (ex. 2001:db8::1).

Autoconfiguration SLAAC, multicast natif, en-tête simplifié. Adoption mondiale ~45 % en

2025 ; France ~40 %.


V – GLOSSAIRE 129

IRC

(Internet Relay Chat) : Protocole de messagerie instantanée en temps réel par canaux

thématiques. Très populaire dans les années 1990-2000. Largement remplacé par Slack,

Discord, Microsoft Teams et les messageries mobiles.

ISDN / RNIS

(Integrated Services Digital Network / Réseau Numérique à Intégration de Services) :

Réseau numérique permettant voix, données et images sur lignes téléphoniques (64

Kbps par canal B). Totalement remplacé par la fibre optique, l'ADSL et les accès mobiles

4G/5G.

(Internet Service Provider) : Prestataire proposant l'accès à Internet via son infrastructure

(fibre, ADSL, mobile) moyennant abonnement. Fournit également email, hébergement,

VoIP, IPTV. En France : Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free.

JAVA ★

Langage de programmation orienté objet créé par Sun Microsystems (1995). Principe «

write once, run anywhere » via la JVM (Java Virtual Machine). Très utilisé pour les

applications d'entreprise côté serveur, les applications Android et les systèmes

embarqués.

(K8s) Plateforme open source d'orchestration de conteneurs créée par Google (2014).

Automatise le déploiement, la mise à l'échelle, l'équilibrage de charge et la gestion des

applications conteneurisées dans des clusters de serveurs. Standard de facto pour les

architectures cloud-native.


(Link Aggregation Control Protocol, IEEE 802.3ad/802.1AX) : Protocole regroupant

plusieurs liens physiques Ethernet en un seul lien logique (LAG — Link Aggregation

Group), augmentant la bande passante et assurant la redondance en cas de panne d'un

lien physique.

LAN ★

(Local Area Network) : Réseau informatique couvrant une zone géographique réduite

(bâtiment, campus) à haut débit. Basé sur Ethernet (filaire) et Wi-Fi (sans fil). Débits

typiques en 2025 : 1 Gbps vers les postes de travail, 10/25/100 Gbps dans les cœurs de

réseau.

LINUX ★

Système d'exploitation libre basé sur Unix, créé en 1991 par Linus Torvalds. Distribué

sous licence GPL. Omniprésent dans les serveurs (>70 % des serveurs web), les

systèmes cloud (AWS, Azure, GCP), les équipements réseau, les smartphones (Android)

et les supercalculateurs.

(Medium Access Control) : Sous-couche inférieure de la couche 2 OSI gérant l'accès au

médium. Chaque interface réseau possède une adresse MAC unique sur 48 bits (6 octets

hexadécimaux, ex. 00:1A:2B:3C:4D:5E) attribuée par le fabricant (OUI — Organizationally

Unique Identifier).

(Multi-Access Edge Computing) : Architecture ETSI plaçant des capacités de calcul et de

stockage à la périphérie du réseau d'accès 5G (dans ou près des stations de base gNB),

offrant des latences inférieures à 5 ms. Applications : industrie 4.0 (vision artificielle,

contrôle qualité), V2X (véhicules connectés), réalité augmentée.

MIB ★

(Management Information Base) : Base de données hiérarchique décrivant les objets

gérables d'un équipement réseau, utilisée par SNMP. Structurée en arborescence OID

(Object Identifier). La MIB-II (RFC 1213) définit les objets standard ; les constructeurs

étendent cette base avec des MIBs propriétaires.


V – GLOSSAIRE 131

MIME ★

(Multipurpose Internet Mail Extensions) : Standard étendant le format des emails pour

transporter des contenus non-ASCII : pièces jointes (images, audio, documents), textes

encodés, jeux de caractères. Utilisé aussi par HTTP pour indiquer le type de contenu

(Content-Type : text/html, application/json…).

MODEM ★

(MOdulateur/DEModulateur) : Dispositif convertissant les signaux numériques en signaux

analogiques pour la transmission (et inversement). Intégré dans les box des FAI

modernes (modem ADSL, ONT — Optical Network Terminal pour la fibre FTTH).

(MultiProtocol Label Switching) : Technique d'acheminement des paquets réseau basée

sur des étiquettes plutôt que sur l'analyse des adresses IP, permettant des VPNs

d'opérateurs avec QoS garantie et ingénierie du trafic. Utilisé dans les cœurs de réseaux

d'opérateurs. Progressivement concurrencé par le SD-WAN sur Internet.

(Network Address Translation) : Mécanisme permettant à plusieurs équipements d'un

réseau privé de partager une seule adresse IP publique. Pallie la pénurie d'adresses IPv4

mais complique les protocoles peer-to-peer. Rendu inutile par IPv6 qui rétablit la

connectivité bout en bout.

Ensemble des conventions et règles de bonne conduite dans les communications

électroniques (emails, forums, réseaux sociaux). Contraction de « Net » et « Etiquette ».

Principes : politesse, concision, respect de la vie privée, éviter les majuscules excessives.

NFS ★

(Network File System) : Protocole développé par Sun Microsystems permettant l'accès et

l'utilisation de fichiers distants comme s'ils étaient locaux. Standard sur Unix/Linux. NFSv4

(RFC 7530) améliore la sécurité et les performances. Concurrent de SMB/CIFS

(Windows).


Unité d'information correspondant à 8 bits. Un octet peut représenter 256 valeurs (0 à

255). Les adresses IPv4 sont composées de 4 octets. En anglais, l'équivalent courant est

« byte ».

(Open Systems Interconnection) : Modèle de référence en 7 couches défini par l'ISO pour

standardiser les communications réseau : 1-Physique, 2-Liaison, 3-Réseau, 4-Transport,

5-Session, 6-Présentation, 7-Application. Modèle théorique de référence ; en pratique, la

suite TCP/IP utilise 4 couches (accès réseau, Internet, transport, application).

(Open Shortest Path First, RFC 2328) : Protocole de routage dynamique à état de liens

(link-state) utilisé dans un système autonome. Chaque routeur construit une carte

complète du réseau (LSDB) et calcule les meilleures routes via l'algorithme de Dijkstra.

Convergence rapide, supporte VLSM et CIDR. OSPFv3 pour IPv6.

PABX ★

(Private Automatic Branch eXchange) : Autocommutateur téléphonique privé gérant les

appels internes d'une entreprise et leur connexion au réseau public. Les PABX modernes

sont des IPBX (IP-PBX) fonctionnant sur le protocole SIP (Session Initiation Protocol),

intégrant la téléphonie dans les réseaux IP.

Unité de transmission dans un réseau à commutation de paquets. Comprend un en-tête

(adresses source et destination, numéro de séquence, protocole) et une charge utile

(données). La taille maximale d'un paquet IP est la MTU (Maximum Transmission Unit) : 1

500 octets par défaut sur Ethernet.

PDH

(Plesiochronous Digital Hierarchy) : Hiérarchie de multiplexage numérique des opérateurs

historiques (E1 2 Mbps à E4 140 Mbps en Europe). Remplacée par SDH puis par

Ethernet et DWDM sur fibre optique.


V – GLOSSAIRE 133

Attaque par ingénierie sociale usurpant l'identité d'une entité de confiance (banque,

opérateur, administration) par email ou SMS pour subtiliser des identifiants, coordonnées

bancaires ou déclencher un malware. Le spear phishing cible une personne précise avec

un message personnalisé.

Utilitaire réseau utilisant le protocole ICMP pour tester l'accessibilité d'un hôte distant et

mesurer la latence aller-retour (RTT — Round Trip Time). Outil de diagnostic

fondamental. Commande : ping <adresse_IP ou nom_de_domaine>.

(Power over Ethernet, IEEE 802.3af/at/bt) : Technologie alimentant électriquement des

équipements (téléphones IP, caméras IP, points d'accès Wi-Fi, capteurs IoT) via le câble

Ethernet, sans alimentation secteur dédiée. PoE (802.3af) : 15,4 W — PoE+ (802.3at) :

30 W — PoE++ (802.3bt) : jusqu'à 90 W.

POP3 ★

(Post Office Protocol 3) : Protocole de récupération des emails depuis un serveur de

messagerie (port 110 / 995 en TLS). POP3 télécharge et supprime les messages du

serveur par défaut. Avantageusement remplacé par IMAP pour les utilisateurs multiappareils.

(Post-Quantum Cryptography) : Algorithmes cryptographiques résistants aux attaques

d'ordinateurs quantiques (algorithmes de Shor et Grover), fonctionnant sur des

ordinateurs classiques. Standards NIST publiés en 2024 : ML-KEM/Kyber (FIPS 203),

ML-DSA/Dilithium (FIPS 204), SLH-DSA/SPHINCS+ (FIPS 205). Destinés à remplacer

RSA, ECDSA et ECDH.

PROXY / SERVEUR MANDATAIRE ★

Serveur intermédiaire s'interposant entre les clients d'un réseau interne et les serveurs

externes. Relaie les requêtes HTTP/HTTPS, met en cache les contenus populaires, filtre

les URLs indésirables et anonymise les connexions. Les proxys inverses (Nginx,

HAProxy, Cloudflare) protègent les serveurs d'applications.


(Quantum Key Distribution) : Technologie utilisant les lois de la physique quantique pour

distribuer des clés cryptographiques avec une sécurité prouvée physiquement : toute

interception est détectable car elle perturbe les photons transmis. Principal protocole :

BB84 (1984). Complémentaire à la PQC pour les communications gouvernementales et

financières ultra-sensibles.

(Quality of Service) : Ensemble de mécanismes garantissant des niveaux de performance

(débit minimum, latence, gigue, taux de perte) pour certains trafics prioritaires (voix sur IP,

vidéoconférence, applications critiques). Mécanismes : marquage DSCP, policing,

shaping, files de priorité (FIFO, WFQ, LLQ).

Logiciel malveillant chiffrant les fichiers d'un système et exigeant une rançon en

cryptomonnaie pour fournir la clé de déchiffrement. Principale menace cyber pour les

entreprises, hôpitaux et collectivités depuis 2015. Propagation par phishing, exploitation

de vulnérabilités ou supply chain attack.

RFC ★

(Request for Comments) : Documents techniques publiés par l'IETF définissant les

standards, protocoles et bonnes pratiques d'Internet (TCP/IP, HTTP, DNS, SMTP,

IPv6…). Librement consultables sur rfc-editor.org. Les RFC constituent la documentation

de référence de tous les protocoles Internet.

Règlement européen (2016/679, en vigueur depuis 2018) encadrant la collecte, le

traitement et la conservation des données personnelles. Impose transparence,

consentement explicite, droit à l'oubli et à la portabilité. Sanctions jusqu'à 4 % du CA

mondial ou 20 M€. Supervisé par les CNIL nationales.

RIP ★

(Routing Information Protocol) : Protocole de routage dynamique à vecteur de distance,

utilisant le nombre de sauts comme métrique (maximum 15). Simple mais lent à

converger. Remplacé par OSPF et EIGRP dans la grande majorité des réseaux

d'entreprise. RIPng est la version IPv6.


V – GLOSSAIRE 135

ROUTEUR ★

Équipement réseau opérant au niveau 3 OSI (réseau), acheminant les paquets IP entre

différents réseaux selon sa table de routage (routes statiques ou dynamiques via RIP,

OSPF, BGP). Les routeurs modernes intègrent des fonctions pare-feu, VPN, QoS, SD-

WAN et sont souvent virtualisés (vRouter).

(Secure Access Service Edge) : Architecture convergeant fonctions réseau (SD-WAN) et

sécurité cloud (ZTNA, CASB, SWG, FWaaS, DLP) en un service unifié délivré depuis le

cloud. Formalisé par Gartner en 2019. Répond aux organisations dont les utilisateurs

travaillent partout et les applications sont dans le cloud. Acteurs : Palo Alto Prisma,

Zscaler, Cisco, Cato Networks.

SDH

(Synchronous Digital Hierarchy) : Standard de transmission numérique synchrone sur

fibre optique (STM-1 : 155 Mbps à STM-256 : 40 Gbps). Successeur de PDH dans les

réseaux d'opérateurs. Aujourd'hui largement remplacé par OTN (Optical Transport

Network) et DWDM.

(Software-Defined Wide Area Network) : Architecture WAN utilisant le contrôle logiciel

centralisé pour gérer intelligemment plusieurs liaisons WAN hétérogènes (MPLS, Internet,

4G/5G), en sélectionnant le meilleur chemin en temps réel. Principaux acteurs : Cisco

Viptela, VMware VeloCloud, Fortinet, Cato Networks.

(Service Level Agreement) : Contrat définissant les engagements de qualité de service

d'un prestataire : débit garanti, disponibilité (uptime ≥ 99,9 % ou 99,99 %), latence

maximale, temps de rétablissement (MTTR/RTO). Fondamental dans les accès WAN

professionnels et les services cloud.

SMB ★

(Server Message Block) : Protocole de partage de fichiers, imprimantes et ressources

réseau sur Windows (et Linux via Samba). SMB 3.1.1 (Windows 10/Server 2016) intègre

le chiffrement des données en transit et des améliorations de performance (multichannel,

compression).


SMTP ★

(Simple Mail Transfer Protocol) : Protocole d'envoi et de transfert des emails (port 25

entre serveurs, 587 pour les clients). Utilisé conjointement avec SPF, DKIM et DMARC

pour l'authentification. Les connexions modernes utilisent STARTTLS ou SMTPS (port

465) pour le chiffrement.

SNMP ★

(Simple Network Management Protocol) : Protocole de supervision et d'administration des

équipements réseau (routeurs, switches, serveurs) via UDP port 161 (requêtes) / 162

(traps). SNMPv3 ajoute authentification et chiffrement. Complété par des systèmes

d'observabilité modernes (Prometheus, Grafana, OpenTelemetry).

SPAM ★

Messages électroniques non sollicités envoyés en masse. Peut véhiculer virus,

ransomwares ou conduire vers des sites de phishing. Les filtres anti-spam modernes

combinent analyse heuristique, réputation IP/domaine, SPF/DKIM/DMARC et intelligence

artificielle.

(Sender Policy Framework) : Standard d'authentification des emails publiant dans le DNS

la liste des serveurs autorisés à envoyer pour un domaine. Permet de lutter contre

l'usurpation d'identité (spoofing) et le spam. À combiner avec DKIM et DMARC pour une

protection complète.

SQL ★

(Structured Query Language) : Langage standardisé d'interrogation et de manipulation

des bases de données relationnelles (SELECT, INSERT, UPDATE, DELETE). Normalisé

par l'ISO. Les injections SQL (SQLi) constituent une des principales vulnérabilités des

applications web insuffisamment sécurisées.

(Secure Shell, RFC 4251) : Protocole d'accès distant sécurisé (port 22). Chiffrement fort

(AES, ChaCha20), authentification par clé publique/privée (RSA, Ed25519), intégrité

(HMAC). Remplace entièrement Telnet. Supporte aussi le transfert de fichiers (SFTP,

SCP) et le tunneling de ports.


V – GLOSSAIRE 137

SSL

(Secure Sockets Layer) : Précurseur de TLS, développé par Netscape. SSL 2.0 et 3.0

sont obsolètes avec des vulnérabilités critiques (POODLE, DROWN). Tous les

déploiements doivent utiliser TLS 1.2 minimum, TLS 1.3 de préférence.

(Spanning Tree Protocol IEEE 802.1D / Rapid STP 802.1w) : Protocole de couche 2

éliminant les boucles dans les réseaux Ethernet redondants en bloquant logiquement

certains ports. RSTP converge en moins d'une seconde contre plusieurs dizaines de

secondes pour STP classique. MSTP (802.1s) supporte plusieurs instances par VLAN.

STREAMING ★

Diffusion de contenus multimédia (audio, vidéo) en temps réel via Internet, sans

téléchargement préalable complet. Protocoles : HLS, DASH, RTMP. Le streaming vidéo

représente environ 65 % du trafic Internet mondial. Les CDN distribuent le contenu depuis

des serveurs proches de l'utilisateur pour réduire la latence.

TCP/IP ★

(Transmission Control Protocol / Internet Protocol) : Suite de protocoles constituant la

base d'Internet. IP (couche 3) assure l'adressage et le routage. TCP (couche 4) assure la

fiabilité par acquittements et contrôle de congestion. UDP offre un transport sans

connexion pour les applications temps réel.

(Time Division Multiplexing) : Technique de multiplexage divisant le temps de

transmission en intervalles (time slots) alloués à chaque canal. Base de la hiérarchie

PDH/E1 et du standard SONET/SDH des opérateurs téléphoniques historiques.

TELNET

Protocole d'accès distant en mode terminal (port 23), transmettant toutes les données en

clair y compris les mots de passe. Totalement remplacé par SSH pour l'administration des

systèmes et équipements réseau. Désactivé par défaut sur tous les équipements

modernes.


(Transport Layer Security) : Protocole cryptographique assurant confidentialité

(chiffrement), intégrité (HMAC) et authentification (certificats X.509) des communications

Internet. Successeur de SSL. TLS 1.3 (RFC 8446, 2018) est la version recommandée.

Utilisé dans HTTPS, SMTPS, IMAPS, LDAPS, VPN SSL.

TOKEN RING / ANNEAU À JETON

Technologie de réseau local développée par IBM fonctionnant à 4 ou 16 Mbps, utilisant

un jeton circulant sur l'anneau pour arbitrer l'accès. Concurrent historique d'Ethernet dans

les années 1980-1990. Totalement remplacé par les switches Ethernet depuis les années

2000.

TRACEROUTE ★

Utilitaire réseau (traceroute Unix/Linux, tracert Windows) affichant le chemin suivi par les

paquets IP de la source à la destination, avec la latence de chaque saut (routeur

intermédiaire). Outil de diagnostic fondamental pour localiser goulets d'étranglement et

pannes réseau.

UDP ★

(User Datagram Protocol, RFC 768) : Protocole de transport sans connexion, sans

acquittement et sans garantie de livraison ou d'ordre. Privilégié pour les applications

temps réel (VoIP, streaming, DNS, jeux en ligne, DHCP) où la latence prime sur la

fiabilité. QUIC (HTTP/3) est basé sur UDP.

Secteur de normalisation de l'UIT (agence de l'ONU). Publie les Recommandations UIT-T

définissant les standards de télécommunications internationaux (G.711 voix, G.703 E1,

X.25, V.35). Successeur du CCITT depuis 1993.

URL ★

(Uniform Resource Locator) : Adresse unique identifiant une ressource sur Internet.

Format : protocole://hôte:port/chemin?paramètres (ex.

https://www.example.com/page?id=1). Les URLs utilisent le DNS pour résoudre les noms

d'hôtes en adresses IP.


V – GLOSSAIRE 139

(Virtual Local Area Network, IEEE 802.1Q) : Segmentation logique d'un réseau physique

en plusieurs réseaux virtuels indépendants, définis par configuration logicielle sur les

switches. Améliore la sécurité (isolation du trafic), réduit le domaine de broadcast et

simplifie la gestion sans modifier le câblage physique.

VPN / RÉSEAU PRIVÉ VIRTUEL ★

(Virtual Private Network) : Tunnel chiffré créant une connexion sécurisée sur un réseau

public (Internet). Types : IPsec (site à site, IKEv2), SSL/TLS VPN (accès distant),

WireGuard (moderne, ChaCha20/Poly1305, noyau Linux 5.6+). Le VPN traditionnel est

progressivement remplacé par ZTNA dans les architectures SASE.

(Wide Area Network) : Réseau informatique couvrant une grande étendue géographique

(nationale, internationale). Technologies WAN : lignes dédiées, MPLS opérateur, SD-

WAN sur Internet, liaisons satellite LEO (Starlink). Débits : de quelques Mbps (accès

ADSL/satellite) à plusieurs Tbps (backbones opérateurs).

(Web Real-Time Communication) : APIs JavaScript permettant des communications peerto-peer

directement dans le navigateur (voix, vidéo, transfert de données), sans plugin.

Basé sur UDP/SRTP/DTLS. Utilisé par Google Meet, Discord et les plateformes de

visioconférence web.

(IEEE 802.11ax) : Sixième génération de Wi-Fi (2019/2021). Innovations : OFDMA, MU-

MIMO 8×8, BSS Coloring, TWT (IoT). Wi-Fi 6E étend la norme à la bande 6 GHz (canaux

de 160 MHz sans encombrement). Débit théorique maximal 9,6 Gbps.

(IEEE 802.11be — EHT) : Septième génération de Wi-Fi, finalisée en 2024. Innovation

majeure : MLO (Multi-Link Operation) — utilisation simultanée des bandes 2,4, 5 et 6

GHz. Canaux de 320 MHz, modulation 4096-QAM. Débit théorique maximal 46 Gbps.


WWW / TOILE MONDIALE ★

(World Wide Web) : Système d'information hypertexte fonctionnant sur Internet, inventé

par Tim Berners-Lee au CERN en 1991. Repose sur HTML, HTTP et les URLs. Plus d'un

milliard de sites web actifs. La distinction entre « Internet » (l'infrastructure) et « le Web »

(un service parmi d'autres fonctionnant sur Internet) est fondamentale.

(10 Gigabit-capable Symmetric PON, ITU-T G.9807) : Évolution du GPON offrant 10

Gbps symétriques (montant et descendant) sur la même fibre. Déployé par les opérateurs

français pour les nouvelles installations FTTH depuis 2022, permettant les offres

commerciales multi-gigabits.

XML ★

(Extensible Markup Language) : Langage de balisage structuré développé par le W3C

pour définir des formats de données interopérables et personnalisés. Utilisé dans les

échanges de données (SOAP, NETCONF/YANG, fichiers de configuration). Concurrencé

par JSON pour les APIs REST modernes.

Modèle de sécurité réseau abandonnant le périmètre de confiance implicite (« tout ce qui

est dans le réseau d'entreprise est sûr ») au profit du principe « ne jamais faire confiance,

toujours vérifier ». Chaque utilisateur et terminal est authentifié et autorisé pour chaque

accès. Mis en œuvre via ZTNA, MFA renforcé et microsegmentation.

(Zero Trust Network Access) : Composant SASE remplaçant le VPN traditionnel. Chaque

accès à une application est vérifié individuellement selon l'identité (MFA), la posture de

sécurité du terminal (MDM) et le contexte. Principe du moindre privilège : l'utilisateur

n'accède qu'aux ressources nécessaires, jamais à l'ensemble du réseau.


V – GLOSSAIRE 141

i Protocoles fondamentaux

TCP/IP · UDP · IP v4/v6 · HTTP/2/3 · TLS 1.3 · DNS · DHCP · ARP · OSPF · BGP · MPLS · SSH · SMTP ·

IMAP · FTP/SFTP

i Sécurité

ZTNA · SASE · TLS · PQC · QKD · SPF · DKIM · DMARC · CASB · SWG · Firewall / NGFW · Ransomware ·

Phishing · Zero Trust

i LAN et accès

Ethernet · VLAN (802.1Q) · STP/RSTP · LACP · PoE/PoE+ · Wi-Fi 6/6E · Wi-Fi 7 · LLC · MAC

i WAN et cloud

WAN · SD-WAN · MPLS · VPN · FTTH · GPON · XGS-PON · CDN · Edge Computing · MEC · Container ·

Kubernetes

i IA, automatisation et tendances

AIOps · IBN · 5G · eBPF · RGPD · SLA · WebRTC · Zero Trust

i Organismes de normalisation

IEEE · IETF · ANSI · ETSI · UIT-T · IAB · CERT / ANSSI



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Dépôt légal 2 ème Trim 2026

ISBN : 978 2 491902 16 2

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réseaux informatiques : architecture des réseaux locaux et étendus, normes et

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